Vive l'Anarchie - Semaine 00, 2026

Sommaire

[Partout] Bien réveillonner : mortiers, molotovs, églises et voitures crâmées

Publié le 2026-01-02 13:51:43

Volé dans la presse, le 01/01/2026.

Un premier bilan du Nouvel An en France comptabilise 813 véhicules incendiés dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, dont 183 enflammés par propagation. Le grand gagnant semble être le département du Bas-Rhin avec 117 voitures brûlées (contre 71 l’an dernier) dont 101 rien qu’à Strasbourg, suivi par le Rhône avec 82 voitures, puis par la Gironde et le Val d’Oise (réparties entre Garges-lès-Gonesse, Villiers-le-Bel, Ermont, Argenteuil), ex aequo avec 36 voitures (contre 32 l’an dernier pour la Gironde, et 31 pour le Val d’Oise).

Viennent ensuite le Nord avec 32 véhicules en feu (en diminution par rapport aux 35 de l’année dernière), et ensuite des départements à moins de 30 véhicules incendiés : l’Essonne (une vingtaine entre Grigny, Evry-Courcouronnes et Corbeil-Essonnes), les Yvelines (dont 28 réparties entre Mantes-la-Jolie et Trappes), la Moselle, l’Isère, la Loire-Atlantique (Saint-Herblain, Nantes), la Seine-et-Marne (entre Melun, Dammarie-les-Lys, Savigny-le-Temple), la Haute-Garonne (14 à Toulouse), la Côte-d’Or (13 à Dijon), le Gard (5 ou 6 à Nîmes), l’Indre-et-Loire (5 à Tours), le Loir-et-Cher (4 à Blois et Vendôme). Au total, 99 véhicules ont été incendiés en grande couronne parisienne. A Charleville-Mézières (Ardennes), deux voitures ont été incendiées et une troisième touchée pour commencer les festivités dès la veille, dans la nuit du 30 décembre. Plus de 386 tirs de mortiers ont été tirés dans la nuit.

Plusieurs centaines de personnes ont été interpellées en France, dont quasiment 200 en région parisienne (notamment pour des violences sur les flics), avec 125 à Paris même, et 139 hors IDF.

A Rezé (agglomération de Nantes) le comico a été attaqué par des centaines de tirs de mortiers et des barricades montées autour. A Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), un mortier a été tiré sur le comico de la municipale.

Une vingtaine de policiers ont été blessés dans la nuit, dont 16 CRS (ou 25 selon les sources) légèrement blessés là encore à Strasbourg, grande gagnante de la nuit dernière. A Rennes, une centaine de personnes (« de la mouvance d’ultragauche », disent les flics) ont affronté les flics à coups de projectiles et de mortiers (blessant légèrement un flic) et allumé un feu. A Nice, 12 personnes ont fini en garde à vue après avoir pris à partie des flics. A Lormont (Gironde), une cinquantaine de personnes se sont affrontées aux CRS. A Montauban (Tarn-et-Garonne), une quarantaine de tirs de mortiers ont visés les flics, quatre personnes arrêtées. A Saint-Etienne, des cocktails molotovs ont été utilisés. Des CRS ont été visés par des tirs de projectiles à Mantes-la-Jolie (Yvelines), par des tirs de mortiers dans l’Essonne, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), à Mulhouse et à Colmar (où une voiture de police a aussi eu un phare cassé), à Vannes (Morbihan), à Toulouse, à Reims, à Lens, et des affrontements ont aussi eu lieu avec les flics à Bordeaux et à Paris.

Dans les autres faits notables, on peut noter une tentative d’intrusion à la maison d’arrêt de Charleville-Mézières (Ardennes) en tentant d’arracher des grilles d’aération, l’attaque d’un bus à Roubaix ou le blocage du tramway T5 en Seine-Saint-Denis.

Aux Pays-Bas, un nombre record de feux d’artifice a été tiré dans la nuit, alors que c’est le dernier nouvel an avant une interdiction nationale des feux d’artifice. Une église a été incendiée à la Vondelkerk, une attraction touristique de la ville d’Amsterdam, la tour s’effondrant et le toit étant gravement endommagée. Les flics font état d’une « quantité sans précédent de violences contre la police et les services de secours » durant la nuit dans tout le pays, notamment par des mortiers. Dans la ville de Breda, des personnes ont lancé des cocktails molotovs et des dalles arrachées du trottoir sur la police, endommageant aussi l’un de leurs véhicules, et mettant feu à plusieurs voitures (5 personnes y seront interpellées). 250 personnes ont été arrêtées dans le pays, tandis que d’autres incendies notables incluent un gymnase à Bedum, un magasin de matelas à Hillegom ou un arrêt de tram à La Hague.

En Belgique, 70 personnes ont été arrêtées à Bruxelles, 104 à Anvers (où des enfants de 10 et 11 ont déjà pu être initiés à l’art du mortier), 30 à Gand pour avoir visé les keufs avec des mortiers à plusieurs reprises ou allumé des feux. En plusieurs endroits du pays, des feux ont été allumés, des barricades érigées puis embrasées, des projectiles lancés sur la police et les secours, des véhicules et du mobilier urbains ont été endommagés (dont des arrêts de bus à Gand, et des trams et bus à Bruxelles). Une source policière témoigne aussi de l’utilisation de quelques engins explosifs conçus à l’aide de feux d’artifice et d’essence. Plusieurs flics ont été blessés dans la soirée. 684 interventions de la police ont eu lieu à Bruxelles, et plusieurs dizaines des pompiers. Les festivités avaient aussi commencé la veille, avec notamment plusieurs petits incendies dans la région-capitale, notamment visant un commissariat à Berchem.

En Allemagne, 400 personnes ont été interpellées à Berlin, où 24 flics ont été blessés, notamment par des tirs de feux d’artifice. Dix autres keufs ont aussi été blessés à Hambourg.

 

Nucléaire : EGIS inaugure ses bureaux à Cherbourg

Publié le 2026-01-02 13:56:45

Alors que l’EPR de Flamanville a récemment atteint sa pleine puissance, et que les nucléocrates vantent un peu partout les mérites du projet Aval du Futur, l’entreprise EGIS, boostée par la croissance du nucléaire, s’installe à Cherbourg.



Une quinzaine d’ingénieur-es, tous et toutes dédiées au travail sur le nucléaire, ont commencé à bosser dans les nouveaux locaux d’EGIS, situés dans la pépinière d’entreprises de la rue Franche-Comté, à proximité des Provinces. A terme, la participation d’EGIS (en tant que bureau d’études) au projet Aval du Futur doit amener plus d’une centaine d’ingénieur-es à venir travailler dans le Cotentin ou dans les locaux caennais, situés à Ifs. EGIS, que ce soit en tant que bureau d’étude ou avec sa filière bâtiment, entend aussi décrocher des contrats dans la région avec Naval Group ou EDF. Pour l’instant, dans la Manche, l’entreprise travaille sur différents projets : les chantiers de l’IFSI (école d’infirmières), du palais des sports de Chantereyne, du groupe scolaire de Flamanville, d’un bâtiment de bureaux non nucléaires sur la centrale de Flamanville, ainsi que sur les nouvelles nefs de Naval Group… et bien sûr la conception de l’Aval du Futur avec Orano. Elle collabore aussi avec le Service d’Infrastructure de la Défense (École d’Application Militaire) et le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique).

En France, le groupe EGIS, qui compte plus de 6000 salarié-es, participe à de nombreux projets dans le bâtiment, entre autres, la construction de nouvelles prisons du « plan 15 000 » et de nouveaux Centres de Rétention Administrative. L’entreprise rayonne à l’international grâce à son implication dans une myriade de projets nucléaires, comme l’explique dans la presse François Martin, directeur nucléaire Egis : « le nucléaire revient et c’est un domaine d’excellence de la France. Nous travaillons sur des études de génie civil pour Penly, sur le réacteur ITER, ainsi que sur des projets nucléaires en Pologne, au Canada et en Angleterre… notre expérience est solide ».

EGIS dans la Manche :
Pépinière D’Entreprises, 3, Rue De Franche Comté, 50 100 CHERBOURG

EGIS dans le Calvados :
Zac Object’Ifs Sud, 1089 boulevard Charles Cros, BP 08, 14 123 IFS

De gauche à droite : Dimitri Pyron, directeur Assistance Technique (Egis), Léopold Pinaud, responsable commercial (Egis), François Martin, directeur de l’activité Nucléaire (Egis), Julien Vinatier, Responsable partenariat Orano (Egis), Natalia Zolnikova, responsable commerciale (Egis), Hugues Hingana, responsable d’activité (Egis).

Le pouvoir s’alarme de l’antimilitarisme des « ennemis de l’intérieur »

Publié le 2026-01-02 14:01:46
Novembre 2024 : transit par route d’une centaine d’engins blindés et de matériel sensible de l’US Army, entre Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Ottmarsheim (Haut-Rhin)
Attisé par l’ultragauche, l’antimilitarisme fait une inquiétante
percée en France

Le Figaro, 29 décembre 2025
« La guerre à la guerre » : derrière ce mot d’ordre droit venu du socialisme révolutionnaire défendu par Rosa Luxemburg il y a un peu plus d’un siècle, toute une nébuleuse d’ultragauche orchestre à bas bruit une campagne de sabotages et d’actions de déstabilisation ciblant l’appareil militaro-industriel de défense à travers tout le pays. Vent debout contre l’augmentation du budget des armées, doté d’une enveloppe de 400 milliards d’euros consentie dans la loi de programmation 2024-2030, ulcérés par la relance d’un service national volontaire censé exalter l’élan patriotique et furieux après la confirmation, le 21 décembre dernier par Emmanuel Macron, de la construction d’un futur porte-avions de nouvelle génération, les plus « ultras » font grimper la fièvre antimilitariste. Depuis des mois, leurs manifestations prennent les formes les plus inquiétantes.Ainsi, le 21 juin dernier, la police judiciaire de Paris a interpellé sept activistes qui projetaient de perturber le 55e Salon aéronautique du Bourget en lâchant dans le ciel un essaim de ballons gonflés à l’hélium pour empêcher les avions de s’envoler. Selon nos informations, plusieurs mis en cause étaient fichés par les services. Le groupuscule avait prévu de passer à l’action en marge d’une manifestation regroupant près de l’aéroport quelque 1 400 personnes venues dénoncer l’« économie de guerre » et le « business de la mort » au nom de la lutte contre « le militarisme, l’extrême droite et le racisme, le colonialisme et le patriarcat ». « Autant dire que tout le spectre contestataire est balayé », siffle un policier spécialisé qui rappelle que les perquisitions avaient permis de saisir une « bonbonne de grande taille ainsi que 200 ballons ». L’enquête a permis d’esquisser des liens entre ce projet clandestin et collectif « guerre à la guerre », au sein duquel se sont agrégés depuis janvier dernier des « antifas », des féministes révolutionnaires, des étudiants des comités propalestiniens, des militants de la Marche des solidarités ou encore des « gilets noirs », composés majoritairement de sans-papiers se battant pour la « régularisation des migrants de France ».Selon nos informations, les agents de la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT), à la pointe de la lutte contre cette menace, ont détecté en septembre dernier des activistes qui s’apprêtaient à attaquer un transformateur électrique alimentant le futur campus de Thales de Meudon-la-Forêt, volontiers décrit comme l’un des plus grands du monde, qui a vocation à accueillir d’ici 2027 environ 5 500 salariés experts dans le domaine de la sûreté et la sécurité des vols, tant civils que militaires.« Alors que le génocide à Gaza est en phase terminale, les marchands d’armes “collabos” ont plus que jamais pignon sur rue », s’étranglent les saboteurs en puissance sur les réseaux sociaux. Derrière les slogans « FreePalestine » et « IDF en feu » (IDF pour Israel Defense Forces), ces derniers légitiment leur action et appellent à changer de braquet : « Brûlons leurs entrepôts et chantiers, leurs câbles et leurs bagnoles, cassons et sabotons leur matériel pour les faire payer… » « Plutôt que de s’attaquer physiquement à des responsables d’entreprises de sous-traitance et d’essuyer les foudres de la machine antiterroriste, les antimilitaristes préfèrent cibler les réseaux qui alimentent les sites protégés », explique un cadre de la police judiciaire qui garde en mémoire le raid contre des installations électriques de la Côte d’Azur, perpétré en mai dernier pour paralyser le dernier ­Festival de Cannes et s’offrir une résonance médiatique internationale.La Sous-direction antiterroriste avait été saisie et l’action revendiquée par deux bandes d’anarchistes. « Et… coupez ! Votre spectacle qui sert de vitrine à une République française grandiloquente, défenseuse des valeurs du ­Progrès sur la scène internationale, mais surtout deuxième exportatrice d’armes dans le monde », avaient-elles cinglé sur la plateforme d’ultragauche ­Indymédia tandis que 160 000 foyers s’étaient retrouvés privés d’électricité. « Cette action visait non seulement à perturber le festival, mais aussi à priver de courant les centres de recherche et les usines de Thales Alenia Space, ses dizaines de sous-traitants, les start-up de la French Tech qui s’imaginent à l’abri, l’aéroport et tous les autres établissements industriels, militaires et technologiques de la zone », ont assumé les artisans du chaos en terminant par ce mot : « Et… coupez ! Le courant de vos industries militaires-technologiques ».

« L’antimilitarisme est un sujet qui monte depuis le début de la guerre en Ukraine et qui s’est exacerbé après l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023 », souligne un fonctionnaire de haut rang. Même si ce thème est un “classique” chez les anarchistes et l’extrême gauche, personne n’a vraiment vu venir le mouvement s’élargir jusqu’à l’écologie radicale. »

Un peu partout sur le territoire, l’antimilitarisme ne cesse d’enfler au moment même où le pays se réarme pour faire face à la menace russe et que l’esprit patriote reste vivace dans l’opinion, à l’image de ces agriculteurs de Corrèze qui ont entonné La Marseillaise, un genou à terre, chantant leur amour de la France devant des gendarmes mobiles venus le 19 décembre dernier les déloger de l’A20 bloquée depuis plusieurs jours. Le mois dernier, des individus ont vandalisé une agence d’assurances à Toulouse sous prétexte que la compagnie est en lien avec l’entreprise israélienne Elbit Systems, qui fabrique notamment des drones de reconnaissance. L’action a été revendiquée sur un blog de la mouvance « anarcho-autonome » hostile aux sociétés qui acceptent d’ « assurer le génocide ». Ceux que les autorités désignent à mots couverts comme des « ennemis de l’intérieur » tissent leur toile à l’international et mettent en œuvre les engagements pris lors du 16e Salon du livre anarchiste des ­Balkans, exhortant, depuis Pristina, à l’été 2024, ses troupes – dont une délégation française – à « agir contre le militarisme et le nationalisme ».

Leur communiqué final fustige une « pression croissante sur les sociétés locales pour accepter une nouvelle réalité toujours plus militarisée sous la prétention de peur et d’incertitude pour l’avenir ». En caractères gras, les anarchistes affichent la couleur : « Nous appelons à des actions contre l’industrie de l’armement et le transport d’armes, contre tous les appareils militaires nationaux, les coalitions militaires multinationales et la militarisation croissante de nos sociétés. » « En France, le message a été reçu 5 sur 5, observe-t-on au sein des services de renseignements. Relayé par la mouvance propalestinienne, il a aussi fédéré les opposants au “techno-totalitarisme” hostiles à toutes les innovations, les pacifistes de toutes obédiences et les jusqu’au-boutistes de la défense de l’environnement hostiles à l’extractivisme, c’est-à-dire l’exploitation intensive des ressources naturelles. »

En creux, toutes les franges contestataires semblent se retrouver dans ce nouveau combat synonyme, espèrent-elles, d’un grand désordre à venir. Avant le grand soir tant espéré, les groupuscules intensifient le harcèlement tous azimuts, fidèle à la stratégie dite des « mille entailles », qui vise à épuiser peu à peu l’adversaire et à vaincre sa capacité de résilience en lui infligeant une multitude de blessures jusqu’à lui faire mettre un genou à terre. Derrière l’ambition de « désarmer le militarisme », des rassemblements se sont formés devant des sites symboliques. Lors du mouvement Bloquons tout, près de 150 activistes ont manifesté le 10 septembre dernier à Marseille devant le site Eurolinks, fabriquant des composants pour armes automatiques. Visages masqués et porteurs de keffieh, ils brandissaient des drapeaux palestiniens et une banderole accusant l’armateur Maersk d’être un « transporteur d’armes, complices du génocide » à Gaza.

Quand bien même les exportations françaises d’armement au profit de régime de Tel-Aviv sont quasi nulles – en 2024, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, les estimait à 0,2 % du total, soit 27,1 millions d’euros -, le mouvement Stop Arming Israël maintient la pression en distribuant des tracts devant des sites de production et anime une carte interactive livrant à la vindicte des internautes les entreprises jugées complices de « l’économie de guerre » au Proche-Orient.

Sur le terrain, les sabotages sont bien préparés. Les services spécialisés ont répertorié des destructions volontaires d’installations alimentant un pôle technologique dans le Calvados dès mai et août 2023. Début octobre 2024, une opération de sabotages des voies ferroviaires a été attribuée dans la région de ­Toulouse à des « libertaires » visant explicitement à entraver les « chemins de guerre ». Objectif ? « Empêcher les salariés des entreprises d’armement du secteur de se rendre sur leur lieu de travail », avance une source informée. Sur le qui-vive, les services français sont attentifs à tous les signaux inquiétants visant des sites protégés.

Opération Mousquetaire I à La Rochelle en juillet 2020

Plusieurs alertes ont été lancées après trois survols de drones détectés les 10 et 12 novembre derniers au-dessus de bâtiments produisant des explosifs et propulseurs d’obus du site Eurenco de ­Bergerac. Entre ces deux épisodes, le 11 novembre, un engin non identifié a effectué au moins deux passages au-dessus de la gare de triage de Mulhouse où stationnait un convoi de chars ­Leclerc revenant d’un exercice militaire. L’attention est d’autant plus grande que la France est périodiquement le théâtre d’opérations Mousquetaire [déploiement d’une brigade US depuis les États-Unis et via un port français] ultrasensibles. Sous très haute protection, elles ont déjà conduit, notamment au départ du port de Dunkerque, à l’acheminement « logistique » de l’armée américaine destiné à ravitailler ses unités en ­Allemagne et en Pologne. Et donc à « durcir » la posture en Europe de l’Est.

Dans le contexte actuel, les cargaisons bénéficient d’une « bulle de protection » qui tient à distance toutes menées subversives. À l’heure où la France doit rassembler ses forces vives, les menaces visant à affaiblir nos armées sont réelles. Un rapport d’information de la commission des finances consacrée à la guerre économique et présenté en juillet dernier rappelle que la base industrielle technologique et de défense (BITD) n’a jamais fait l’objet d’autant d’attaques en tous genres (vols, intrusions non autorisées, sabotages, espionnages, déstabilisation informationnelle venue de Russie). Le nombre des atteintes se situe désormais entre 500 et 550 par an. Dans ce contexte, les menées antimilitaristes cherchent à affaiblir l’outil tricolore. Ignorer ce danger serait conduire le pays sur un chemin funeste.


* NdSN : Tous les neuf mois, les États-Unis procèdent à la relève de leurs forces stationnées en Europe. En juillet 2020 s’est déroulé « Mousquetaire I » : 374 matériels roulants, 56 hélicoptères et 250 conteneurs appartenant à la 101st Combat Aviation Brigade de l’US Army ont débarqué à Bordeaux et La Rochelle depuis Jacksonville (Floride), en direction de l’Allemagne, la Pologne et la Lettonie. En février 2021 s’est déroulé « Mousquetaire II » : 55 hélicoptères, 610 véhicules et 312 conteneurs appartenant à la 1st Combat Aviation Brigade ont débarqué dans le port de Dunkerque et sur l’aéroport de Calais-Marck, avant de rejoindre l’Europe de l’Est, via la Belgique et l’Allemagne. En novembre 2024 s’est déroulé l’opération Atlantic Resolve concernant la 3e brigade de la 1re division blindée de l’US Army, du Portugal à la Pologne, faisant transiter par la route dans l’Hexagone, près de 937 pièces, dont 90 engins blindés chenillés, et du matériel sensible, entre Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Ottmarsheim (Haut-Rhin), en provenance du Portugal et en direction de la Pologne.

Dunkerque (Nord), février 2021 : Opération « Mousquetaire II », déploiement d’une brigade US depuis les États-Unis et via un port français, en direction des pays de l’Est

 

Quelques infos sur un sous traitant du nucléaire (et pas que)

Publié le 2026-01-02 14:06:42

[Vu sur Trognon.info]

Nucléaire : EGIS inaugure ses bureaux à Cherbourg

Alors que l’EPR de Flamanville a récemment atteint sa pleine puissance, et que les nucléocrates vantent un peu partout les mérites du projet Aval du Futur, l’entreprise EGIS, boostée par la croissance du nucléaire, s’installe à Cherbourg.



Une quinzaine d’ingénieur-es, tous et toutes dédiées au travail sur le nucléaire, ont commencé à bosser dans les nouveaux locaux d’EGIS, situés dans la pépinière d’entreprises de la rue Franche-Comté, à proximité des Provinces. A terme, la participation d’EGIS (en tant que bureau d’études) au projet Aval du Futur doit amener plus d’une centaine d’ingénieur-es à venir travailler dans le Cotentin ou dans les locaux caennais, situés à Ifs. EGIS, que ce soit en tant que bureau d’étude ou avec sa filière bâtiment, entend aussi décrocher des contrats dans la région avec Naval Group ou EDF. Pour l’instant, dans la Manche, l’entreprise travaille sur différents projets : les chantiers de l’IFSI (école d’infirmières), du palais des sports de Chantereyne, du groupe scolaire de Flamanville, d’un bâtiment de bureaux non nucléaires sur la centrale de Flamanville, ainsi que sur les nouvelles nefs de Naval Group… et bien sûr la conception de l’Aval du Futur avec Orano. Elle collabore aussi avec le Service d’Infrastructure de la Défense (École d’Application Militaire) et le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique).

En France, le groupe EGIS, qui compte plus de 6000 salarié-es, participe à de nombreux projets dans le bâtiment, entre autres, la construction de nouvelles prisons du « plan 15 000 » et de nouveaux Centres de Rétention Administrative. L’entreprise rayonne à l’international grâce à son implication dans une myriade de projets nucléaires, comme l’explique dans la presse François Martin, directeur nucléaire Egis : « le nucléaire revient et c’est un domaine d’excellence de la France. Nous travaillons sur des études de génie civil pour Penly, sur le réacteur ITER, ainsi que sur des projets nucléaires en Pologne, au Canada et en Angleterre… notre expérience est solide ».

EGIS dans la Manche :
Pépinière D’Entreprises, 3, Rue De Franche Comté, 50 100 CHERBOURG

EGIS dans le Calvados :
Zac Object’Ifs Sud, 1089 boulevard Charles Cros, BP 08, 14 123 IFS

De gauche à droite : Dimitri Pyron, directeur Assistance Technique (Egis), Léopold Pinaud, responsable commercial (Egis), François Martin, directeur de l’activité Nucléaire (Egis), Julien Vinatier, Responsable partenariat Orano (Egis), Natalia Zolnikova, responsable commerciale (Egis), Hugues Hingana, responsable d’activité (Egis).

À nous Noël

Publié le 2026-01-02 14:11:49
Jan 022026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le mot d’ordre a été lancé par une horde de lutins : « À nous, Noël ». Au cœur de Montréal, un groupe autonome nommé Les Robins des ruelles a dévalisé, quelques jours avant Noël, une épicerie Métro. Ce geste semble répondre à l’appel lancé par Les Soulèvements du Fleuve la semaine précédente et qui invitait à rejeter le système de production et de distribution alimentaire actuel. Dans un geste de partage exemplaire, une partie des victuailles a été déposée au beau milieu de la Place Valois (dans Hochelaga) – au pied d’un sapin érigé pour l’occasion – tandis que le reste aurait été disséminé dans les frigos communautaires qui parcourent Montréal.

Cet acte de résistance inspirant invite à la plus grande ouverture pour ce temps des fêtes qui approche. Laissons aux curés et aux laïcards les débats ennuyeux sur les festivités du solstice. Noël n’appartient à personne et donc à tout le monde ! Retrouvons l’esprit des fêtes, celui du don et du partage qui s’impose nécessairement contre la logique de l’économie. Signant en gros le retour de la question révolutionnaire, les lutins se sont prononcés sans ambiguïté : « exproprions les chaînes d’épiceries, créons des cuisines collectives, changeons les parkings en grands potagers, les champs de monoculture en garde-manger collectif. Ce monde ne leur appartient pas. » Comme le disait le philosophe Alain Badiou, sans doute aussi vieux et rouge que le père Noël :

Si la révolution est pensable pour nous, c’est comme la tradition créée par ces moments célèbres ou obscurs, où de simples travailleurs, hommes et femmes ordinaires ont montré leur capacité de se battre pour leur droit et pour les droits de tous, de faire marcher des usines, des sociétés, des administrations, des écoles ou des armées en collectivisant le pouvoir de l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui.

L’appel des lutins à exproprier les chaînes d’épicerie – et à la faire dès maintenant – s’inscrit timidement dans cette longue tradition de gestes portés par la puissance de l’égalité dont le temps des fêtes est toujours un moment propice. Lorsqu’on parle de conspirations noëliques, on revient toujours sur cette fameuse affaire du Noël 1914, lorsque des soldats allemands et britanniques avaient décidé de laisser les armes le temps d’une soirée, dansant, buvant et jouant même quelques parties de soccer pour se détendre. Ce qu’on ignore pourtant c’est que ce genre de trêves improvisées se sont poursuivies au fil des années de la Grande Guerre. Pendant ces trêves, des réunions étaient souvent organisées sur le front de l’Est entre soldats allemands et russes. On y échangeait des informations sur les conditions de vie, des commentaires mécontents vis-à-vis de la haute direction militaire, mais c’était aussi le terrain du partage de l’idée de la révolution.

On s’imagine bien, lors de ces trêves noëliques, les soldats s’échanger quelques mots : ’À nous Noël… et bientôt, à nous le monde !’ En effet, cette série de petites conjurations entre soldats sera annonciatrice de la plus grande conspiration internationale jamais vue : la révolution russe et la révolution allemande. Entre les deux, un fil rouge : les conseils (Soviet ou Räte). La destitution immédiate des autorités dans les usines, les ports, les théâtres, les quartiers, les écoles, les gares et à tous les étages de la fonction publique et de l’armée. Pendant plusieurs mois, et à certains endroits plusieurs années, c’est l’autogestion sans compromis. Des conseils qui surgissent de partout, ingouvernables, égalitaires et donc une idée qui se répand : le monde est à nous, dès maintenant.

Un peu plus d’un siècle plus tard, il est temps de reprendre ce mot d’ordre. S’il faut bien commencer quelque part, partons de cet appel des lutins ; commençons par Noël. Comme ils l’expliquent dans leur lettre ouverte :

Notre horizon doit se lier au tapage de nos pas fermes qui descendent dans la rue. Le prix du pain augmente et l’histoire se répète. Ceux qui espèrent n’entendre dans le présent que le silence de la paix sociale doivent se préparer à être déçus. L’avenir appartient à ceux qui se soulèvent. Nous ne resterons pas affamés bien longtemps.

Profitons de ces moments de retrouvailles et de partage pour inventer d’autres rapports que ceux médiés par la marchandise. Refusons par tous les moyens les logiques du droit et de l’économie. Retrouvons ce Noël rouge qu’ont dessiné les conspirateurs et déserteurs de la Première Guerre mondiale. À l’heure du retournement autoritaire, refusons les logiques du monde capitaliste – celles de l’exploitation et de la guerre impériale. Exproprions ceux qui nous exploitent, retournons les armes contre ceux qui nous dominent, et lançons notre guerre : la révolution est à notre portée.

Indonésie : Liste des détenu.es pour les manifestations de masse à Bandung

Publié le 2026-01-02 18:51:43

Dark Nights / jeudi 1er janvier 2026

Liste des détenu.es pour les manifestations de masse à Bandung – Soulèvement d’août 2025

Groupe « Loi TNI »
Compagnons MTH et MSA

Au milieu des vives protestations contre la loi TNI [Loi sur les forces armées nationales indonésiennes, qui rétablit une orientation vers un ordre paramilitaire de la société civile] à Bandung (le 20 et 21 mars 2025), au début ces deux amis étaient simplement en train de passer par là, en rentrant chez eux. Cependant, en voyant l’esprit impétueux de la jeunesse, cette nuit-là, ils ont garé leur moto et ont rejoint la manifestation. Avant d’arriver chez eux, ils se sont brièvement arrêtés à la radio CK Taman, parce que MSA ne pouvait plus contenir son envie.
De manière inattendue, un mois plus tard, ils ont été mis en cause par la police de Java occidental pour agression et dégradation de biens – seulement sur la base des images de la vidéosurveillance d’un magasin. Ils devraient être libérés le 3 janvier 2026, après avoir purgé une peine d’un an. Préparons-nous à accueillir leur retour avec le plus grand respect !

 

Groupe des arrestations injustifiées et des cas de torture
Compas Very Kurniaa Kusuma, Joy Erlando, EY, MVA, MSAG, MRA, MJM, JAR

Huit jeunes ont fait face à des circonstances tragiques. Ils/elles n’avaient pas l’intention de rejoindre la manifestation du 30 août 2025, mais un destin cruel les a impliqué.es, avec des accusations de jets d’objets et d’agression contre de policiers. Leurs arrestations ont été aussi déchirantes que leurs histoires : Very a été embarqué pendant qu’il achetait des cigarettes près de la zone de la manifestation et JAR a été arrêté.e alors qu’il/elle mangeait du riz frit. Les autres ont connu des interpellations tout aussi malheureuses, victimes d’arrestations injustifiées, se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment.
Leurs malheurs ne se sont pas arrêtés là. On raconte que, derrière les barreaux, des tortures brutales les attendaient. Des rapports ont fait état de mauvais traitements lors des interpellations, du transport au commissariat et d’interrogatoires poussés. Assistez aux procès de ces huit inculpé.es et aidez à faire entendre jusqu’au bout la voix de la vérité.

 

Groupe des arrestations arbitraires
Compagnons AOD, AF, PRA, WAR

La mort tragique d’Affan Kurniawan (un chauffeur de moto-taxi à commander en ligne, renversé par un véhicule de la Brigade motorisée), le 28 août, a profondément affecté les quatre amis, les incitant à exprimer leur indignation. Avant même de participer à une quelconque protestation, ils ont été arrêtés par la police. Dans le parking, avant même d’avoir finit de se garer, ils ont été attrapés par les mains de la loi. L’un d’eux a été accusé de transporter un cocktail Molotov. Ils ont été arrêtés sans résistance, réduits au silence avant d’avoir pu parler.

 

Groupe des arrestations aléatoires
Compagnons WH et RFA

La nuit à Bandung est, depuis longtemps loin, d’être paisible, mais remplie de violence : vols, bagarres entre bandes et affrontements entre clans criminels. Du coup, W. portait parfois un objet tranchant pour se protéger, en travaillant comme employé dans un parking près de la zone DPRD-Dukomsel [le Conseil municipal de Bandung ; NdAtt.]. Cependant, dans la nuit de la manifestation du 30 août 2025, il a été soudainement interpellé. Les autorités lui ont collé plusieurs chef d’inculpation, simplement parce qu’il portait un outil de défense.
Comme W., R. – à qui il est arrivé de passer à travers le secteur des manifestations, le 30 août après avoir terminé son travail – a été bloqué par des agents en faction. Sans une raison claire, il a été arrêté lui aussi, seulement pour avoir transporté un objet tranchant qu’il avait gardé cette nuit-là pour se protéger, craignant d’être attaqué à tout moment par des clans criminels, des bandes ou des groupes similaires.

 

Groupe des poursuites pour délits liés à internet
Compas Rifa Rahnabila, Arfa Febrianto, Rifal Zhafran, Deni Ruhiyat, Rizky Fauzi, Azriel Agung, Yusuf Miraj, Moch Sidiq, Muhibuddin

La tragédie de la mort d’Affan Kurniawan, renversé par un véhicule de l’anti-émeute, le 28 août 2025, a enflammé les cœurs de Rifa et de ses six ami.es, les poussant à protester pour réclamer justice. Comme beaucoup de jeunes, ils/elles ont documenté les événements sur leurs comptes Instagram privés – un archive personnel de leur activisme. Cependant, les autorités chargées de surveiller internet ont rapidement agi pour les faire taire. Rifa et ses ami.es ont été accusé.es de provocation aux crimes et délits.
À un autre endroit, Sidiq (« Acil ») a été arrêté pour une publication sur les réseaux sociaux, accusé a tort d’avoir brûlé un drapeau, alors qu’il a seulement filmé des banderoles.
Muhibuddin, un chauffeur de moto-taxi à commander en ligne, a été arrêté lui aussi simplement pour avoir diffusé sur TikTok un live de la manifestation.

 

Groupe des personnes arrêtées en vertu de la Loi ITE
Compas Muhammad Zaki, AY et MAK

Les histoires de Zaki et d’AY relèvent de l’ironie. Ils voulaient simplement diffuser en direct sur TikTok la manifestation du 29 août 2025, comme le font les médias grand public. Savoir n’est pas un droit du public ? Pourtant, aux yeux des autorités, il s’agissait d’une violation grave des lois. Leurs téléphones, une fois ouverts, ont été considérés comme une violation de certains articles de la loi ITE [Loi sur l’information et les transactions électroniques]. La liberté d’expression a été étouffée, remplacée par des menaces de poursuites pénales.
MAK a été une victime directe, touchée par une balle en caoutchouc pendant la manifestation. Ses blessures, recousues par des street medics et attestées au tribunal, étaient une preuve claire de la violence qu’il a subie. Au lieu de lui rendre justice, quand il a partagé sur TikTok son supplice, les autorités ont traité cela comme une provocation aux crimes et délits.

 

Groupe de la chasse aux admins
Compagnons M. Ainun Komarullah, Andi Muh. Ashabufirdaus, Dana Ditya Pratama

Komar, Dana et Andi ont ouvertement reconnu être les administrateurs du site de propagande Black Block Zone. Ils ont leurs propres opinions et méthodes pour exprimer leur protestation contre l’État. Maintenant, ils font face à des poursuites en vertu de la loi ITE, concernant les SARA (questions ethniques, religieuses, raciales ou liées à des groupes). Le contenu qu’ils ont produit était clairement une critique des institutions et une protestation et non des attaques en raison de l’ethnie, de la religion, de la race ou de l’appartenance à un groupe. Ils sont prêts à prendre la responsabilité de leurs actions réelles. Cependant, en ce qui concerne les accusations fausses et infondées, ils ne resteront pas silencieux.ses – la vérité sera ouvertement révélée au tribunal.

 

Groupe de la chasse à l’expression politique
Compas AD, TA, RF, RS, JF

AD, TA, RF, RS et JF sont étudiant.es universitaires à Bandung. Ils/elles ont des perspectives différentes sur la réalité politique, dépendant de leurs préoccupations et exprimant celles-ci. Pour elles/eux, les manifestations pacifiques répétées, ignorées par l’État, ne suffisaient plus ; des méthodes alternatives étaient nécessaires pour exprimer la résistance contre la brutalité de l’État. Pendant qu’ils/elles exprimaient leurs idées politiques, elles/ils ont été arrêté.es et font face à plusieurs chefs d’inculpation – dont la véracité sera vérifiée au tribunal. Ironiquement, depuis leur arrestation, leurs droits fondamentaux en tant que suspect.es ont été ignorés : l’accès à l’aide juridique a été entravé, les familles ont été intimidées et la protection juridique leur a été refusée.

 

Deuxième groupe de la chasse à l’expression politique
Compas GH, RM, HS, MN, MJF

Comme dans l’affaire d’AD, TA, RF, RS et JF, ces cinq accusé.es ont été arrêté.es seulement pour leurs activités politiques, considérées par l’État comme une menace. Ils/elles ont ouvertement admis leur participation à plusieurs manifestations qualifiées comme « violentes », ce qu’ils considèrent comme des tactiques de protestation. Leur détention souligne la manière dont l’expression politique différente est immédiatement présentée comme dangereuse, sans aucune place pour le dialogue ou la compréhension de la raison profonde de leur résistance.

L’original de ce texte et les photos des compas emprisonné.es peuvent être trouvés à cette adresse, sur les médias commerciaux :
https://www.instagram.com/p/DSqzOzCEzQj/?img_index=17&igsh=MWljd3NtbzlhODdwZg

Grèce : K. Sakkas et G. Petrakakos sont sortis de prison

Publié le 2026-01-02 18:56:41

Act for freedom now! / mercredi 31 décembre 2025

Nous sommes heureux.ses d’annoncer que le compagnon anarchiste Kostas Sakkas* est à nouveau libre dans la rue, après plus de sept ans passés dans la prison de Korydallos.

Et même chose pour le combattant du mouvement social Giorgios Petrakakos**, après dix ans en prison…

FEU AUX PRISONS !
LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !

 

Notes d’Attaque :
* arrêté, avec deux autres compas, lors de l’expropriation d’un convoi de fond, en juin 2019, Kostas a été condamné à sept ans et dix mois. Giannis Dimitrakis, arrêté avec lui, est encore train de purger sa condamnation à onze ans et demi.
** Condamné à plusieurs reprises pour des braquages de banque, en prison il s’est lié avec des compagnons anarchistes. De ce fait, les flics ont essayé de le présenter comme membre de Lutte Révolutionnaire, ce qu’il a nié.

Nouvel an : des feux d'artifice contre la taule

Publié le 2026-01-03 04:36:43

En 2026, on lâche rien ! Cette année encore des feux d’artifice ont été tirés devant certaines taules lyonnaises : le centre de semi-liberté de Jean Macé, l’EPM de Meyzieu (établissement pénitentiaire pour mineurs) et le CRA 2 de Lyon Saint-Exupéry (centre de rétention administrative).



On perpétue la tradition, mais surtout on pense aux personnes enfermées, dans les taules et dans les CRAs, on vous envoie de la force et du love. On pense à celleux qui ont encore des grosses peines à tirer, à celleux qui vont sortir bientôt, à leurs proches, à celleux qui sont isolé-es.
On pense aussi à toutes les personnes à Villefranche, à Corbas et au CRA 1 à qui on n’est pas allé faire coucou et on espère que d’autres s’en sont chargés à notre place !

On répète encore et encore que le système carcéral est par essence raciste, classiste, patriarcale, validiste, breve que c’est de la merde.

Liberté pour toustes !
Solidarité avec toutes les personnes enfermées !
Crève la taule !

[Archives] 2013 : Mierda sempre Comandante !

Publié le 2026-01-04 16:09:08

[Article paru en mars 2013 sur le site italien Finimondo, à l’occasion de la mort d’Hugo Chávez, auquel a directement succédé à la tête de l’État vénézuélien son vice-président, Nicolás Maduro,  celui qui vient d’être enlevé de son palais par une opération militaro-pétrolière des États-Unis. Traduction initialement publiée en ligne le 15 mars 2013 dans la partie Brèves du désordre du site « cette semaine ».]


Mierda sempre Comandante !

Plusieurs jours ont maintenant passé depuis l’annonce de la mort d’un chef d’État étranger, malade depuis longtemps, dans un pays d’Amérique du Sud. L’info n’a surpris personne. Elle était attendue, presque annoncée. Tout comme étaient prévues les condoléances plus ou moins hypocrites de la moitié des chancelleries du monde entier, et le deuil de millions de ses compatriotes, ces sujets qui infestent la planète depuis des siècles en se serrant les coudes autour de leurs maîtres. Désirant la mort de tout État, la mort de ce type nous a laissé plutôt indifférents. Seul un sourire entendu -parce que la mort d’un chef de gouvernement fait toujours plaisir-, mais rien de plus. Si elle avait été provoquée par un acte de révolte, là oui il y aurait eu de quoi fêter sa disparition. Mais pour un cancer, qu’il soit naturel ou pas, quel goût y trouverions-nous ?

Si l’annonce de sa mort nous avait à peine effleuré, quelques nécrologies parues ici en Italie les jours suivants ont par contre réussi à attirer notre attention. Eh oui, parce tout le monde n’a pas partagé notre indifférence, certains ont vraiment pleuré sa mort. Nous aurions du nous en douter. En qualité de porte-drapeau du socialisme d’État sud-américain, désigné comme héritier de Fidel (qu’il a précédé dans la tombe), il était évident que sa disparition serrerait pour de bon les glandes lacrymales de tous les sinistres tiers-mondistes.

Nous sommes là face à un de ces exemples qui montre comment, dans le milieu subversif, ce qui sépare les autoritaires des anti-autoritaires n’est pas seulement une divergence théorique, une différence d’objectifs ou une diversité de méthode. Il y a un abîme anthropologique — si on veut bien nous excuser du terme. Les tiers-mondistes sont ces révolutionnaires occidentaux bien nourris qui approuvent quiconque, à un continent de distance, affirme se battre pour défendre les opprimés. Ils sont persuadés que dans ces contrées lointaines, l’esprit critique doit être banni, parce que sinon, on fait -« objectivement », ça va de soi- le jeu de l’ennemi, c’est-à-dire de l’impérialisme yankee. Il s’agit de la reformulation moderne de la vieille litanie stalinienne, selon laquelle ceux qui critiquaient le gouvernement de Moscou étaient par la force des choses au service des gouvernements de Berlin ou de Washington. Cette accusation a disparu peu à peu, pour n’être plus réservée qu’aux « ennemis de l’intérieur ». Les dissidents cubains en exil (anarchistes compris), ont par exemple été accusés plusieurs fois d’être financés par la CIA. Si ce n’était pas le cas, pourquoi n’auraient-ils pas su apprécier avec gratitude les lois du Leader Maximo ? Craignons que les dissidents vénézuéliens du défunt commandant ne soient victimes des mêmes misérables insinuations.

Mais ici, à un océan de distance, eh bien on préfère utiliser d’autres arguments. Ici, ceux qui critiquent les lointains États socialistes pécheraient par « européocentrisme », parce qu’ils ne comprennent pas que les critères d’interprétation habituellement utilisés en Occident ne peuvent pas être appliqués de la même façon ailleurs. C’est une remarque incroyable ! C’est d’ailleurs plus ou moins celle qu’utilisent pour se défendre ceux qui pratiquent le tourisme sexuel. Avec une différence : ces soi-disant touristes sexuels vont faire ailleurs ce qu’ils ne peuvent pas faire dans leur propre pays, tandis que les tiers-mondistes acceptent ailleurs pour d’autres ce qu’ils n’accepteraient jamais pour eux dans leur pays. Vous imaginez la réaction si ici, en Europe, un officier des paras, après avoir passé quelques années de prison pour une tentative de coup d’État, arrivait au pouvoir ? On invoquerait au minimum une mobilisation permanente contre le fascisme. Par contre, si c’est un officier des paras d’Amérique du Sud… hasta siempre comandante ! Il suffit d’avoir une main rouge, une propagande qui crache le mot peuple en permanence, et voilà que l’État, le gouvernement, l’armée, la police, la magistrature, les prisons… et tout ce qui a toujours défendu l’horreur quotidienne deviennent d’un seul coup de nobles institutions à défendre et à protéger. Ils ne se rendent même pas compte que leur soi-disant « refus de l’européocentrisme » n’est rien d’autre qu’une forme de racisme inversé. Pourquoi les exploités d’autres pays devraient-ils accepter ce qui est considéré comme inacceptable par les exploités d’ici ? En Amérique du Sud, pourquoi devrait-on applaudir les militaires ? En Asie, pourquoi devrait-on se prosterner devant un Comité central ? En Afrique, pourquoi devrait-on honorer les rites religieux ?

Pourquoi partout, sous n’importe quelle latitude, ne devrait-on pas lancer un défi à l’existant, contre ses certitudes, ses habitudes, ses lieux communs, ses institutions ? Voilà l’abîme anthropologique auquel nous faisions allusion, la différence radicale et infranchissable entre ceux qui veulent une réorganisation différente de la réalité telle qu’on la connaît, et ceux qui désirent tout autre chose.

[Italie] Révolte dans une prison de Bologne

Publié le 2026-01-04 22:29:08

Volé dans la presse, le 31/12/2025.

« Forte protestation » dans la prison de Dozza, à Bologne, de la part des détenus d’une section entière : c’est ce qu’a rapporté, dans une note, le vice-secrétaire régional du Sappe [syndicat de matons]. Un prisonnier aurait avalé un cure-dent et demandé à être transporté à l’hôpital : devant le refus du médecin de la prison, « qui n’aurait pas jugé nécessaire le transfert vers l’hôpital, les compagnons de section de l’homme auraient mis le feu » et enfoncé la grille de la section. Une dizaine de matons ont dû être soignés dans les hôpitaux de Bentivoglio et Sant’Orsola.

Afin de mater la révolte, le maton-syndicaliste raconte que des agents hors-service, les pompiers, des ambulances et la police ont été appelés. Leurs collèges de Modène sont aussi venus leur apporter le soutien – entre tortionnaires, on se comprend. Il poursuit en précisant « que la prison de Bologne devient ingérable en raison de l’arrogance et de la violence des détenus qui n’ont plus aucun respect pour les règles, l’État et ceux qui le représentent.», suivie d’autres déclarations racistes. Si on a aucun doute que l’arrogance et la violence viennent avant tout des matons, on soulignera et soutiendra l’ingouvernabilité de la prison et des prisonniers, et on espère que le prisonnier blessé pourra être soigné et que ses compagnons échapperont à la répression. 

[Palestine] Deux prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les prisons de l’Autorité Palestinienne

Publié le 2026-01-04 22:34:12

Initialement publié sur la chaine Telegram RNN Prisoners, le 24/12/2025.

Les deux frères Abdullah et Mohammed Al-Bishr ont officiellement commencé une grève de la faim ouverte pour protester contre leur détention politique par les services de renseignement de l’Autorité Palestinienne à Salfit [en Cisjordanie]. Les deux frères ont lancé cette grève de la faim le jour de leur arrestation, le 22 décembre. Cette action suit la détention prolongée de leurs deux autres frères, Abdul Rahman et Musab Al-Bishr, dans les prisons de l’Autorité Palestinienne depuis un an et demi. Depuis son arrestation, Mohammed a déjà subi une intense torture et des abus de la part des forces de l’Autorité Palestinienne, notamment des passages à tabac et des chocs électriques. Il souffre depuis d’une blessure à la tête, d’importants saignements, et de brûlures visibles sur son torse.

Le père des prisonniers, Hussein Al-Bishr, 70 ans, a été convoqué par l’Autorité Palestinienne pour intimider la famille. Ces arrestations se placent dans une campagne brutale des forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne pour réprimer la population de Cisjordanie, menant de nombreuses arrestations politiques.

Mauvais Sang numéro 12 / Édito

Publié le 2026-01-04 22:39:07

Le numéro 12 du journal Mauvais Sang est sorti ! Et avec lui, nous comptons bien continuer de dézinguer les dégueulasseries à droite et à gauche que nous voyons fleurir ici et là.
Fabien Mandon, chef d’état-major de l’armée, déclare le 18 novembre 2025 qu’il faudrait se préparer à « accepter de perdre ses enfants » dans l’effort de guerre menée par la France et l’Union Européenne contre la Russie. Si sa déclaration crée bien un effet d’alerte et qu’on y sent une bourde de communication, il en dit long sur le contexte politique dans lequel nous grandissons et vieillissons. Alors que depuis l’invasion de l’Ukraine, on nous rabâche que la guerre est à nos portes (retour du SNU pas retour du SNU), le budget de l’armée doublera entre 2017 et 2027, le service militaire volontaire a finalement été adopté, redessinant le visage d’une armée inclusive, qui compte bien s’étendre et faire de la « jeunesse » son fer de lance, sa chair à canon, ses petits soldats.
Du 5 au 7 décembre a eu lieu le week-end anti-travailliste organisé par le CAT (Collectif Anti-Travail) à Paris où plusieurs dizaines de personnes sont venues discuter de l’histoire des luttes contre le travail mais aussi de perspectives de luttes actuelles. Partout, on nous demande de travailler toujours plus, partout, le travail, mais aussi la perspective et les logiques de l’effort de guerre s’infiltrent. A l’école, au collège, au lycée, à l’université, à l’hôpital. Peut-être faudrait-il s’inspirer de ce type dans les Vosges qui, le 20 novembre, suite à un retard de paiement de ses allocations, est revenu dans son agence France Travail avec l’intention affichée de tout péter à la batte de base-ball !
Depuis tout ce temps, notre ennemi (l’État, le Capital, sa police, son armée qui veut nous envoyer crever au front, son industrie qui veut nous envoyer crever à l’usine et dans des bureaux) n’a pas changé, et il passe sérieusement à l’offensive.
Mais la meilleure défense, c’est l’attaque ! Vive la révolution !
Il est possible de nous contacter par mail, que ce soit pour entrer en conflit, pour poser des questions ou autres contributions. Il est aussi possible que nous vous contactions, que ce soit pour entrer en conflit, pour poser des questions ou autres contributions.

Des enfants bâtards de l’anarchisme et du communisme.

Mauvais-Sang-N12

[UK] Grève de la faim de demandeureuses d’asile dans un centre de détention

Publié le 2026-01-04 22:44:06

Volé dans la presse, le 26 novembre.

Le lundi 24 novembre, une trentaine de demandeureuses d’asile incarcéré·es au Royaume-Uni ont mené une grève de la faim contre leur déportation vers la France, prévue par le plan « un qui entre, un qui sort » le jeudi 27. Ce plan prévoit le retour de demandeureuses d’asile du Royaume-Uni vers la France afin de décourager les personnes à traverser la Manche dans des bâteaux.

Une personne en grève de la faim a déclaré : « Je suis fatigué de cette situation, et la trouve profondément injuste. Je suis arrivé sur un bâteau avec 83 personnes, et 12 d’entre nous ont été mis en centre de détention. Le reste passe par la procédure normale d’asile, et est désormais en hôtel, alors que nous sommes détenu·es ici, avec des personnes qui ont possiblement des condamnations criminelles. J’ai demandé encore et encore des informations au bureau ici, et ai attendu des heures chaque jour, mais on ne m’a donné aucune information. A chaque fois, on m’a renvoyé dans ma cellule. Me sentant démuni, j’ai décidé de rejoindre les autres pour lancer une grève de la faim. »

Une autre déclare : « La vie s’est complètement arrêtée pour moi depuis que je suis détenu. On dirait que je vis dans l’incertitude, avec la peur constante d’être renvoyé dans des endroits qui sont dangereux pour moi, tels que la France ou mon pays natal. »

Une troisième : « Nous avons décidé de mener une grève de la faim car nous avons été traité·es comme des criminel·les. Nous avons une raison pour être venu-es dans ce pays : être protégé·es. Nous n’avons rien fait, ni contre la société ni contre personne… Nous sommes des personnes normales, nous voulons être libres et obtenir nos droits humains, et la protection. »

Deux des prisonnier·es pour la Palestine en grève de la faim ont écrit des communiqués solidaires depuis la prison de Bronzeville, au Royaume-Uni :

D’une grève de la faim à une autre : Un message de solidarité de Qesser aux demandeureuses d’asile [Free the Filton 24, 09/12/2025]

À nos demandeureuses d’asile en grève de la faim dans les centres de rétention dépravés du Royaume-Uni, je vous envoie les salutations de la révolution que les prisonnier·es palestinien·es libéré·es nous ont envoyées. Votre grève de la faim est une affirmation du fait que la grève de la faim est un hymne pour la vie, et que la vie consiste en bien plus que l’air auquel vous avez droit dans les cages dans lesquelles vous êtes confiné·es.
La vie est dignité, la vie est liberté, la vie est sécurité. Et c’est cette vie dont vous avez été privé·es non pas une mais deux fois par l’état britannique. La première fois lorsqu’ils ont ravagé et détruit notre terre natale, et la deuxième fois lorsqu’ils ont eu l’audace de retenir celleux qui fuyaient la destruction que leurs troupes et leur mission colonisatrice laissaient derrière elles, ce qu’ils continuent de faire aujourd’hui.

Mes frères et soeurs dans ces cages, vous n’avez pas besoin de justifier votre présence sur ces terres, ou de prouver que vous êtes aptes à y vivre. C’est le gouvernement britannique qui doit être interrogé sur sa présence continue sur nos terres, et ce sont ses troupes coloniales qui doivent montrer qu’elles sont aptes à marcher dans ces rues, après avoir commis de tels atroces crimes de guerre.

Lorsque le ministère de l’intérieur prétend de manière hypocrite et audacieuse que certaines personnes n’ont aucun droit à être ici, souvenez-vous qu’il s’agit seulement d’une confession de leurs crimes coloniaux dans nos terres natales, et non d’une accusation que vous devez réfuter. Vous êtes ici car ils étaient là-bas et le sont toujours. Vous nous avez lié·es à vous d’un lien qui déborde vos cages et nos murs de béton, et dont les racines vont jusqu’aux tombes de nos ancêtres.

Vous êtes nos camarades et nos frères et soeurs dans la lutte pour la poursuite déroutante de nos droits les plus élémentaires. Vous nous avez donné de la force pour persévérer. Nous vous envoyons la paix, la miséricorde et la protection d’Allah, qui nous ont été transmises par nos prisonnier·es palestinien·es libéré·es, et nous vous souhaitons victoire et succès dans cette bataille des estomacs vides que vous avez rejointe. Tout ce que nous voulons est la vie. Longue vie à l’Intifada.

Une déclaration de solidarité de la part d’Amu Gib [Prisoners for Palestine]

Trente détenu·es dans les centres de rétention administrative britanniques sont en grève de la faim depuis lundi en refus de leur déportation imminente. Les personnes qui remplissent les poches et les lits de ces paysages infernaux privatisés sont indispensable au fonctionnement des centres de rétention, tandis que des entreprises de sécurité transforment la souffrance des migrant·es en profit.

Serco est l’une des entreprises avec lesquelles le gouvernement britannique contracte pour faire tourner ses centres de rétention. Elle n’est pas qu’une entreprise qui tournoie autour de la misère comme un vautour dans nos ciels tachés de sang, elle participe activement à la machine de guerre qui conduit tant de personnes à chercher la sécurité dans les lieux-mêmes dont proviennent ces armes.

Serco est partenaire d’Elbit Systems, le fabriquant d’armes d’israël, dans le cadre d’un contrat à £2Md auquel ils candidatent auprès du Ministère de la Défense. Serco fournit déjà des services à Rafael, l’une des filiales d’Elbit Systems, et cherche maintenant non seulement à armer les forces d’occupation israéliennes, mais aussi à entraîner 2000 soldats britanniques à l’art du génocide. Prenez garde : toustes celleux qui tenteront d’intervenir dans cette chaîne logistique pourrie verront leur dernier instant hors de la prison à travers la vitre Perspex d’un camion prison de Serco.

Ici, au 27ème jour de notre propre grève de la faim, nous voyons la grève de la faim comme une balise allumée, qui se réclame d’un réseau de connections cachées par la distance et l’obscurité ; un appel à l’action, avec nos corps pour voix. Alors, solidarité avec les trente détenu·es. Votre choix d’action nous dit tout ce que nous avons besoin de savoir à propos de votre lutte, puisqu’une grève de la faim est un pari qu’on fait avec sa vie, un pari qui n’est jamais fait avec légèreté.

Un roi n’a jamais fait une grève de la faim. Parce que ce sont les rois, et non les migrant·es, dont on peut se passer. Depuis les prisons de sa majesté, nous sommes avec vous.

[France] Grève de la faim des prisonniers du CRA de Toulouse

Publié le 2026-01-04 22:49:07

Initialement publié sur Toulouse Anti CRA le 27/12/2025.

Les prisonniers du CRA de Toulouse, en grève de la faim, nous ont contacté pour témoigner de leur condition d’enfermement et de leur lutte. La question des repas est récurrente dans tous les CRA, les personnes sont affamées. Cette maltraitance fait partie d’un système de torture avec de nombreuses violences exercées par l’administration et la police aux frontières à l’encontre des personnes étrangères.  

« On est dans le centre de rétention administratif de Toulouse. On fait grève de la faim dans le secteur B et C, pour la liberté et à cause des repas. On mange un repas par jour, on mange un bout de pain et une compote, les plats puent, c’est immangeable. Un humain peut pas manger ça. On a dit aux policiers on mange pas jusqu’à qu’ils trouvent une solution.

On n’a pas de droit, ya pas de loi pour nous. On a besoin de la voix, personne nous entend, personne n’est avec nous. Quand tu parles avec la police, ils disent « si vous mangez pas, mon chien il aime bien ça », ils nous prennent pour des chiens. Ils disent vous pouvez rester 15 jours sans manger, ça changera rien.

Le secteur C refuse les repas aussi, on a vu les flics en train de frapper quelqu’un, ils l’ont emmené au mitard.

On est arrivé à bout, c’est une maltraitance, ils nous travaillent sur la tête, c’est une politique. On arrive pas à manger, à penser bien, on n’a pas de téléphone, ça nous fait sortir de la société. Les policiers ont dit d’aller parler à la Cimade, c’est férié y’a personne et nous on galère ici. J’essaie de contrôler les nerfs, y’a des gens ici qui prennent des trucs, ils sont nerveux. On n’est pas des criminels. On est là pour des problèmes administratifs.

Moi ça fait 8 ans que je vais à la préfecture pour déposer mon dossier. C’est la France qui nous laisse pas régulariser nos papiers. J’ai des fiches de paie, des diplômes, je paye des impôts, j’ai travaillé partout.

Et ici ils te parlent comme à une merde. On patiente, on patiente après c’est la limite. Les policiers nous ont ramené des policiers arabes pour parler avec nous, pour nous consoler. Ils nous disent « mangez du pain ». Soit vous êtes avec nous soit non, comment tu dis mange du pain ? Ils ont dit « oui c’est vrai, personne peut manger ça, la situation ici est difficile ». Mêmes les prisonniers qui viennent de sortir de prison, ils disent je préfère rester 3 mois en prison qu’ici. ça veut dire qu’on est pire que des criminels, les blédards sans papiers.

On a un problème avec la graille ça sert à rien de casser les trucs, si on casse la télé, on sera sans rien après. On va se parler entre nous, on va être solidaires. Les fics nous menacent, ils ont dit si vous faites du bordel, ça va se passer mal. Ils vont faire quoi ? ils vont nous tuer ? Y’a pas besoin de nous menacer. Déjà vous m’avez éloigné de ma femme et mon fils, vas-y mets moi une balle dans la tête, dis moi on tue les arabes et ça y est. La peur je la connais pas, j’ai traversé la mer, et la plupart on est comme ça ici, c’est pas la peine de nous menacer, on connait pas la peur. »

Les CRA tuent à l’abri des regards. Soutien à tous les prisonniers !
Ni CRA ni prison ni expulsion !

Déclarations d’Anarchistes d’Iran sur les manifestations en cours

Publié le 2026-01-04 22:54:07

Déclaration du Front Anarchiste en soutien aux grèves populaires en Iran.

Publié par le Front Anarchiste le 29/12/2025.

La dévaluation continue de la monnaie officielle en Iran n’est pas seulement une crise économique ; c’est le signe de l’effondrement d’un ordre politico-économique qui a érodé et déstabilisé la vie sociale au profit de l’accumulation de pouvoir et de rentes. Le déclin de la valeur de l’argent a directement conduit au transfert organisé de la pauvreté, de l’insécurité et de l’instabilité aux classes moyennes et défavorisées, transformant le quotidien en une question de survie.

La grève du bazaar et son intersection avec l’action collective d’autres groupes sociaux est une réponse rationnelle et nécessaire à cette situation. Les marchand-e-s, les travailleur-euse-s, les étudiant-e-s, les professeur-e-s, les infirmier-e-s, les retraité-e-s, et les pompiers convergent tous-te-s, d’une façon différente mais vers un point similaire : la dépossession du contrôle sur sa vie, son travail et son avenir. Puisque cette crise n’est pas seulement individuelle ou sectorielle, mais bien structurelle, la réponse à y apporter ne peut donc pas être fragmentée ni séparée.

Le Front Anarchiste estime que seules la solidarité horizontale, l’aide mutuelle, l’auto-organisation, l’autogestion, et l’action décentralisée peuvent permettre de lutter contre ce cycle épuisant. Les manifestations dans la rue et les grèves ne sont pas le chaos, mais plutôt un effort de retrouver sa voix, sa diginité humain, et le droit à une auto-détermination collective, et une forme de résistance sociale contre l’ordre imposée de l’Etat capitaliste rentier-mafieux au pouvoir, qui n’a aucun moyen ou réelle réponse à apporter pour résoudre cette crise de subsistance.

Nous soutenons la solidarité entre les luttes et la présence empathique de tous les groupes sociaux, et nous soulignons que le vrai pouvoir de la société ne réside pas dans l’Etat et ses institutions affiliées, mais dans des réseaux d’aide mutuel, de confiance mutuelle, et d’action collective.

Ce chemin est la voie vers la reconstruction d’un « nous » contre un ordre qui veut une société fragmentée et impuissant.

FEMME – VIE – LIBERTE
Front Anarchiste


Déclaration du Front Anarchiste condamnant toute potentielle attaque étrangère sur la géographie de l’Iran

Publié par le Front Anarchiste le 30/12/2025.

Nous traversons des jours de manifestations intenses, motivées par la pauvreté et la hausse des prix ; la solidarité des guildes, étudiant-e-s, et des gens dans son ensemble est sans pareille. Des manifestations et grèves spontanées sont en cours, sans chefs ni structures hiérarchiques, et indiquent la croissance de l’auto-organisation collective et des intérêts communs.

En même temps, l’appareil de propagande du gouvernement essaie d’éteindre les flammes des grèves et des manifestations et d’unir de nouveau le peuple contre un ennemi étranger, en faisant monter le conflit avec Israël et en intensifiant les pressions psychologiques liées à la guerre,

Des nouvelles se répandent sur les préparations d’Israël pour relancer une guerre, et même les systèmes de défense aériens et les avions de chasse de l’Iran sont en état d’alerte. Nous estimons qu’à l’heure actuelle toute attaque étrangère serait préjudiciable au mouvement et ne servirait qu’à créer la division avec l’union volontaire du peuple, qu’elle soit initiée par Israël ou par la République Islamique.

Il est nécessaire de confronter ces hérauts du déspotisme et de ne pas laisser s’éteindre les flammes qui ont été allumées par la colère populaire contre le gouvernement.


Soulèvement dans la rue, pour la liberté, pour la vie.

Publié par Revolt of the Shadow sur Telegram. 

Les rues respirent aujourd’hui. Non pas de calme, mais d’une colère accumulée qui ne peut plus rester enfermée dans les maisons. Les rassemblements spontanés ont commencé dans les marchés, où les commerçants ont baissé leurs rideaux et sont descendus dans la rue, mais cela s’est rapidement transformé en un large mouvement populaire : des jeunes, des travailleurs, des femmes et des hommes écrasés depuis des années par la pression de l’inflation écrasante, du chômage et de la pauvreté. Ce n’est pas seulement une protestation contre le prix du pain et de la monnaie ; c’est un rejet complet d’un système qui a transformé la vie en marchandise et la liberté en chaînes idéologiques et policières.

La répression est brutale (gaz lacrymogène, matraques, tirs directs) mais chaque fois que les forces répressives attaquent, la résistance grandit. Les gens ne reculent pas ; ils forment des chaînes humaines, se défendent mutuellement et reprennent la rue. Cela montre que la machine de répression, aussi puissante soit-elle, ne peut briser la volonté collective quand cette volonté est enracinée dans la vie quotidienne et le rejet total de la domination.

C’est un moment historique. La crise économique n’était que l’étincelle ; le feu principal vient de la contradiction intrinsèque d’un système qui gère à la fois un capitalisme sauvage, transforme la religion en outil de contrôle et pille les ressources. Les gens ne rient plus des promesses de réforme ; ils veulent construire eux-mêmes la vie : sans État central, sans hiérarchie, sans que personne décide pour eux d’en haut. Ce soulèvement peut être la base d’une société libre où la production et la distribution sont basées sur les besoins collectifs, non sur le profit et le pouvoir.

Mais ce n’est pas facile. Le système utilisera tous ses outils pour détourner, diviser ou réprimer le mouvement. La seule voie vers la victoire est d’étendre cette structure horizontale : conseils locaux, solidarité directe, rejet de toute direction qui voudrait recentraliser le pouvoir. Aujourd’hui, les rues appartiennent au peuple ; demain, elles peuvent appartenir à une vie vraiment libre, si nous maintenons cette énergie et avançons de manière plus radicale.
Ce n’est pas une fin, mais le début d’une longue lutte contre toutes les formes de domination.

Zanyar
Hiver 1404


Au-delà de la réforme : la destruction de l’autorité (Fissure dans le mur de l’autorité)

Publié par Revolt of the Shadow sur Telegram.

Dans les rues des villes, là où le gaz lacrymogène se mêle à l’odeur de la poudre et où le bruit des vitres brisées s’entrelace avec des cris de colère, quelque chose se passe qui dépasse une simple protestation. Cette vague déferlante ne s’oppose pas seulement à un régime particulier, mais au principe même de tout régime qui cherche à dominer nos vies. Les gens, sans attendre d’ordre venu d’en haut, ont pris les rues eux-mêmes, décident eux-mêmes où s’arrêter, où reculer, où allumer le feu. C’est à ce moment précis que le pouvoir d’en bas, le vrai pouvoir, se manifeste.

L’État (quel qu’il soit) repose toujours sur un grand mensonge : que sans lui, sans les chaînes des lois, de la police et des prisons, nous sombrerions dans l’anarchie. Mais ces manifestations montrent que le vrai chaos est l’ordre imposé par l’État ; un ordre qui organise la pauvreté, institutionnalise la discrimination et transforme la vie en une marchandise échangeable.

Quand les gens, sans leader central, sans parti avant-gardiste, et sans programme dicté d’en haut, se retrouvent, s’entraident, partagent la nourriture, soignent les blessés et abattent ensemble les murs, c’est précisément à ce moment-là que nous comprenons que la société peut s’organiser sans domination.

Cette révolte, si elle tombe dans le piège de la réforme, si elle cherche un meilleur gouvernement, une constitution plus démocratique ou un leader plus populaire, retombe dans le même vieux cycle : le pouvoir se recentre, la hiérarchie se reproduit, et l’oppression ne fait que changer de visage. Les expériences historiques l’ont prouvé maintes fois ; des révolutions commencées avec l’espoir d’un État ouvrier ou d’une vraie république se sont terminées par une nouvelle dictature. La véritable voie de la libération n’est pas de remplacer une autorité par une autre, mais la destruction complète de la structure de l’autorité.

Au cœur de ces jours, les graines d’un autre monde sont semées : des assemblées locales qui décident par elles-mêmes, des groupes de voisinage qui répondent directement aux besoins, des réseaux d’entraide qui ne laissent personne de côté. Ce ne sont pas seulement des outils de survie en période de répression ; ce sont les formes primitives d’une société libre. Si nous préservons ces formes, si nous ne laissons pas les partis, les leaders et les États les avaler et les transformer en institutions officielles, alors nous pourrons avancer vers un monde où personne ne domine un autre.

Cette lutte n’est pas encore terminée. La répression s’intensifiera, les promesses mensongères de réforme se multiplieront, et la tentation du pouvoir sera toujours là, tapie. Mais chaque fois que quelqu’un se tient dans la rue, chaque fois que quelqu’un pense et agit par lui-même au lieu d’obéir, une véritable fissure s’ouvre dans le mur de l’autorité. Nous devons agrandir ces fissures, non pas dans l’espoir d’une victoire finale, mais en vivant dès maintenant, ici et maintenant, d’une manière qui esquisse le monde à venir : sans maître, sans serviteur, sans État.

Zanyar
11/10/1404

Les grèves contre la vie chère tournent à l’émeute en Iran

Publié le 2026-01-04 22:59:07

Compilé à partir de différentes sources sur Telegram (notamment du Front Anarchiste et d’autres chaines telegram anarchistes iraniennes), Instagram (notamment iranrevolution_ ou popular.front) et de la presse. 

Depuis le 28 décembre, des grèves et manifestations ont lieu tous les jours un peu partout en Iran. Le mouvement s’est déclenché à partir de grèves des commerçants et dans les bazars, subissant l’hyperinflation et la dépréciation de la monnaie iranienne. Il a vite été rejoint par les étudiant-e-s dans les universités et par tout un pan de la population à travers le pays, des manifestations ayant été comptabilisées dans plus de 32 villes réparties dans plus de 14 provinces. Après quelques jours de manifestations, celles-ci ayant atteint le sixième jour au 2 janvier, elles ont pu commencer à gagner une composante émeutière, une généralisation des slogans contre le gouvernement et pour la chute du régime, et une intensification des affrontements avec les forces de sécurité. Sur les cinq premiers jours, au moins 119 arrestations, 8 personnes tuées et 33 blessées par la police ont pu être comptabilisées. On pourra trouver des déclarations d’anarchistes d’Iran qui donnent plus de contexte sur la situation et le mouvement ici.


Jour 2 – 29 décembre : Des grèves et manifestations ont eu lieu dans les provinces de Hamedan (à Hamedan), Téhéran (à Téhéran, Malard), Kerman (à Kerman), Hormozgan (à Qeshm), Khouzestan (à Ahvaz, Zahedan), Guilan (à Marlik), Zandjan (à Zandjan), Qazvin (à Qazvin), Alborz (à Karadj, Fardis), Ispahan (à Ispahan).

Jour 3 – 30 décembre : Des grèves et manifestations ont eu lieu dans les provinces de Téhéran (à Téhéran), Fars (à Shiraz), Ispahan (à Fouladshahr, Ispahan) Kermanshah (à Kermanshah), Azerbaïdjan occidental (à Ourmia), Khorassan-e Razavi (à Machhad), Yazd (à Yazd).

A noter notamment des jets de projectiles et affrontements contre les flics à Téhéran, forçant les flics à fuir à certains endroits.

Jour 4 – 31 décembre : Des grèves et manifestations ont eu lieu dans les provinces de Kermanshah (à Kermanshah), Hamedan (à Asadabad, Hamedan, Nahavand), Lorestan (à Kouhdasht, Khorramabad, Doroud), Fars (à Fassa), Ispahan (à Ispahan, Fouladshahr), Markazi (à Arak), Téhéran (à Téhéran), Guilan (à Rasht, Marlik), Khorassan-e Razavi (à Sabzevar), Kohguilouyeh-et-Bouyer-Ahmad (à Yassoudj), Mazandéran (à Babol), Tchaharmahal-et-Bakhtiari (à Farsan), Khouzestan.

A Asadabad, les manifestant-es ont incendié un commissariat des Bassidj [une milice paramilitaire formée de volontaires, qui fait partie du corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC)], tandis qu’à Kouhdasht, des affrontements ont eu lieu avec les flics qui ont mené à la mort d’un flic du Bassidj et de 13 autres flics blessés par jets de pierre. D’autres affrontements et caillassages de flics ont eu lieu dans les villes de Hamedan, Fassa, Fouladshahr, Farsan et du Khouzestan – avec à de nombreuses reprises des flics mis en déroute et forcés à fuir, voir poursuivis par les manifestant-es comme à Kouhdasht ou avec des incendies de leurs véhicules comme à Rasht.

Des bâtiments des institutions de l’Etat ont aussi été attaqués, avec une tentative d’incendie de la mosquée à Hamedan (où des drapeaux du régime ont été arrachés), un caillassage d’un bâtiment gouvernemental à Fassa et d’autres incendies à Fouladshahr.

Jour 5 – 1er janvier : Des grèves et manifestations ont eu lieu dans les provinces de Hamedan (à Hamedan, Nahavand, Asadabad), Lorestan (à Azna, Nourabad, Kouhdasht, Aligoudarz), Ardabil (à Ardabil), Tchaharmahal-et-Bakhtiari (à Lordegan, Farsan, Juneghan), Fars (à Marvdasht, Kavar, Shiraz), Téhéran (à Téhéran, Baharestan), Kermanshah (à Kermanshah), Ispahan (à Ispahan), Bouchehr (à Bandar Ganaveh), Khorassan-e Razavi (à Machhad), Qom (à Qom), Ilam (à Ilam, Dehloran), Alborz (à Karadj), Guilan (à Rasht), Khouzestan (à Dezfoul, Ahvaz), Hormozgan (à Bandar Abbas), Markazi (à Arak).

A Azna, les manifestant-e-s ont gagné le contrôle d’un commissariat de police, libéré des dizaines de manifestant-es qui y avaient été arrêté-es et allumé des feux, notamment en incendiant des véhicules de flics et une partie du commissariat – des armes auraient aussi été volées dans l’armurerie. A Hamedan, des manifestant-e-s ont lancé des grenades artisanales et tiré des mortiers sur l’IRGC [organisation paramilitaire menant la répression policière des manifestations], forcé à fuir les flics sous les jets de projectiles et tabassé certains qui ont pu être rattrapés, et détruit des caméras de vidéosurveillances. A Arak, les manifestant-e-s ont aussi affronté les flics, notamment en usant de cocktails molotovs, donnant de très belles images d’un flic en tenue anti-émeute qui prend feu.

Des affrontemments et caillassages de flics ont aussi eu lieu dans de nombreuses autres villes (Hamedan, Azna, Lordegan, Marvdasht, Nourabad, Qom, Kavar, Abdanan, Asadabad, Ispahan, Ilam, Dezfoul, Ahvaz, Machhad…), forçant parfois les flics à fuir (Marvdasht, Nourabad, Qom…), les attaquant parfois avec des mortiers (Asadabad, Hamedan…) ou des armes (Ahvaz), et montant des barricades souvent enlammées pour s’en défendre (Kavar, Karadj, Abdanan…).

D’autres bâtiments sont aussi pris pour cibles, comme le gouvernorant, la mosquée, la Fondation des martyrs, la mairie et des banques caillassées à Lordegan, des bâtiments du clergé caillassés et une école coranique d’instruction des mollahs incendiée à Farsan, le bureau de l’imam incendié à Juneghan ou la statue d’Ebrahim Raisi (ancien président d’Iran) renversée à Ardabil.

Jour 6 – 2 Janvier : Des grèves et manifestations ont eu lieu dans les provinces de Téhéran (à Téhéran, Chahriar, Parand), Fars (à Marvdasht, Shiraz), Lorestan (à Kouhdasht, Nourabad, Azna, Khorramabad, Doroud, Aligoudarz, Boroudjerd), Baloutchistan (à Zahedan), Ispahan (à Fouladshahr, Khomeynichahr, Ispahan), Khorassan-e Razavi (à Machhad), Qom (à Qom), Khouzestan (à Dezfoul, Ramhormoz), Kohguilouyeh-et-Bouyer-Ahmad (à Yassoudj), Alborz (à Karadj), Mazandéran (à Babol), Hamedan (à Hamedan, Malayer),Tchaharmahal-et-Bakhtiari (à Farsan, Hafshejan), Azerbaïdjan oriental (Tabriz), Ilam (à Darrehshahr, Ilam, Sarableh), Markazi (à Arak, Mahallat), Qazvin (à Qazvin), Guilan (à Roudsar), Yazd (à Yazd), Kerman (à Kerman), Bouchehr (à Borazdjan), Kermanshah (à Kermanshah, Harsin).

A Marvdasht, les manifestant-es prennent un comico, mettant en fuite les flics à l’intérieur tandis que d’autres tirent à balles réelles depuis les toit. Là comme à Kouhdasht, des affrontements ont eu lieu aux funérailles de manifestants assassinés par les flics, mettant notamment en fuite des flics qui ont tenté de voler le cadavre d’un manifestant. Une base des Bassidj a été incendiée à Machhad, des commissariats ont été attaqués à Qom et Shiraz, tandis que c’est le palais de justice / bureau du procureur qui a été incendié à Hamedan, et au moins trois banques à Sarableh. Un séminaire Khomeini [un centre d’espionnage et de répression du régime] a été incendié à Harsin, des bâtiments du clergé aussi à Farsan, et des vitrines de banque ont été éclatées à Téhéran. Des panneaux de propagande du régime ont été incendiés à Shiraz et Kerman.

De nombreux affrontements et caillassages de flics ont encore eu lieu (à Kouhdasht, Marvdasht, Nourabad, Téhéran, Tabriz, Darrehshahr, au Khouzestan, Khorramabad, Hafshejan, Ilam, Aligoudarz, Hamedan, Ispahan, Kermanshah), les mettant parfois en fuite (Darrehshahr) voir jusqu’à les poursuivre (Khorramabad, Ispahan), où des barricades souvent enflammées ont aussi été érigées pour se défendre (à Nourabad, Téhéran, Tabriz, Dezfoul, Khorramabad, Hafshevan, Roudsar, Aligoudarz, Qom). Des véhicules de flics ont aussi été incendiés à Téhéran (où des véhicules de militaires ont aussi été incendiés), Qom, Sadeghieh ou Zahedan entre autres, tandis qu’à Ilam des manifestant-e-s ont utilisé des mortiers voire des armes à feu pour attaquer les flics et qu’à Kermanshah un engin explosif a été lancé sur un véhicule de flic et ceux autour.


Bilan du Front Anarchiste sur les manifestations du 2 janvier

Initialement publié sur leur chaine Telegram.

Aujourd’hui, vendredi 12 Dey 1404 / 2 janvier 2026 / 12 Jadi 1404

Karadj et Gohardasht : le boulevard Restaakhiz et les rues se sont remplies, la foule a augmenté de minute en minute, ils et elles ont brûlé le drapeau du régime, même les personnes âgées ont scandé « Mort à la dictature ».

Shiraz et Marvdasht : les mercenaires ont tiré des balles de guerre directement. Trois combattants (Vahid Mokhtari, Shirvani et Erfan Bozorgi) ont été tués, mais Marvdasht est resté sous la fumée et le feu. Les jeunes ont attaqué le poste de police de Maaliabad, des gaz lacrymogènes ont été utilisés mais ils n’ont pas reculé.

Machhad et Tabriz : la circulation à Machhad est devenue un champ de bataille, la base du Bassidj a pris feu, les arrestations ont été transférées au lycée Saadi. Tabriz (Shahnaz et alentours) a connu de violents affrontements, les forces ont fui.

Qom : le régime a tiré de rue en rue, un combattant a été tué, une voiture des forces répressives a pris feu, ils ont fait tourner le turban d’un mollah, symbole d’humiliation du régime.

Hamedan, Kermanshah, Ilam : Hamedan a passé la nuit la plus dangereuse mais les gens sont restés. Kermanshah a subi des tirs directs, Ilam un bruit continu de balles, des rapports font état d’armes prises par le peuple et d’affrontements avec des Kalachnikov.

Chaharmahal et Bakhtiari (Shahrekord, Farsan, Hafshejan, Lordegan, Sureshjan) : les rues se sont remplies, un slogan unanime : « Mort à Khamenei, mort au régime des exécutions ». Des combats au corps à corps, les télécommunications de Farsan ont été coupées.

Yazd, Qazvin, Arak, Bandar Abbas, Bushehr (Borazjan), Babol, Anzali, Aligoudarz, Khorramabad, Azna, Ramhormoz, Bahmai, Shahriar et des dizaines d’autres villes : rassemblements dispersés mais continus, les motos des forces spéciales sont tombées aux mains du peuple, gaz lacrymogènes mais la résistance continue.

Le régime a coupé ou ralenti Internet pour isoler les gens, mais les appels en ligne ont fonctionné et les rues se sont remplies. Même lors de l’anniversaire de Soleimani à Kerman, chaque bannière installée a été incendiée.

La rue, l’endroit où la vie a trouvé son sens. La joie au milieu de la tristesse, le courage face à la peur et l’explosion de colère refoulée qui éclaire nos jours.

L’insurrection joyeuse a crié si fort que personne n’a pu faire semblant de ne pas entendre. Les flammes du feu s’étendent, un feu qui s’est allumé lui-même ne s’éteint pas si facilement.

Le chiffre du jour : 1173

Publié le 2026-01-04 23:04:07

Malgré l’important dispositif de sécurité déployé, le ministère de l’Intérieur a dénombré 1 173 véhicules brûlés dans la nuit du mercredi 31 décembre au jeudi 1er janvier. Soit une progression de près de 20%, puisque ce chiffre était de 984 lors de la Saint-Sylvestre marquant le passage entre 2024 et 2025.

Le grand gagnant semble être le département du Bas-Rhin avec 117 voitures brûlées (contre 71 l’an dernier) dont 101 rien qu’à Strasbourg, suivi par le Rhône avec 82 voitures, puis par la Gironde et le Val d’Oise (réparties entre Garges-lès-Gonesse, Villiers-le-Bel, Ermont, Argenteuil), ex aequo avec 36 voitures (contre 32 l’an dernier pour la Gironde, et 31 pour le Val d’Oise). En grande couronne parisienne, 99 véhicules ont été incendiés au total.

Au total 505 personnes ont été interpellées sur toute la France (420 en 2024) et 403 placées en garde à vue (310 en 2024). Selon la place Beauvau, il a, par ailleurs, été fait usage d’un nombre important de moyens collectifs de défense, « attestant de la réaction systématique des forces de sécurité intérieure » : 1 262 tirs.

(Le Parisien/France Info, 1er janvier 2026)

[Canada] L’église de Burns Lake part en flammes

Publié le 2026-01-04 23:09:15

Avec l’approche rapide de la saison des vacances, d’ardentes festivités ont frappé l’église Island Gospel à Burns Lake le 20 décembre. Lorsque les équipes d’incendie sont arrivées elles ont trouvé la majorité du bâtiment englouti dans les flammes. L’incendie a été considéré comme criminel, avec des dommages estimés à plus de cinq millions de dollars. Ceci n’est pas le premier incendie criminel ciblant l’Église et nous pouvons êtres sûrs que ce ne sera pas le dernier.

Depuis la découverte en 2021 de tombes anonymes d’enfants autochtones sur les sites d’anciens pensionnats, des vagues d’attaques anonymes non revendiquées contre des églises se sont répandues sur le territoire contrôlé par l’État canadien. À partir de début 2025, au moins 85 églises ont été signalées vandalisées, dont environ 50 étaient des incendies criminels. Quelques estimations plus généreuses suggèrent que presque 120 églises ont été vandalisées d’une manière ou d’une autre. Une large part de ces attaques ont eu lieu sur des réserves autochtones dans les communautés mêmes où l’Église – aux côtés de l’État canadien – a mené sa tentative de génocide. La tension contre l’institution coloniale est souhaitable. Les simples moyens utilisés par les rebelles, leur anonymat, et leur décentralisation créent quelque chose d’imprévisible pour l’État. Tandis que la pratique consistant à brûler des églises a ralenti au cours des dernières années, la contagion continue sans cesse.

Unsung

Source : BC Counter Info

Unsung est une initiative écrite qui met en lumière l’action directe auto-organisée à travers la Colombie-Britannique. Les agences étatiques et les médias ont une pratique qui masque les ruptures avec la paix sociale lorsqu’ils pensent que cela sert leurs intérêts. Nous estimons qu’il est important pour l’imaginaire rebelle de mettre en lumière la pratique toujours présente de l’attaque. Unsung met en lumière des actions anonymes non revendiquées que nous trouvons dans les médias, les rapports de police et les histoires que nous entendons. Nous explorerons certaines des réalités économiques, écologiques et politiques qui façonnent le contexte dans lequel chaque action est survenue. Il est important de se rappeler que nous ne connaissons pas l’intention de ceux qui mènent des actions et ne pouvons pas parler en leur nom. Unsung n’est pas un effort pour explorer des actions prises exclusivement par des anarchistes, mais se concentre à la place sur toute action qui pourrait stimuler l’imagination anti-autoritaire. Nous ne publions pas de communiqués ou de revendications d’action, nous estimons que des contributions régulières sur des sites de contre info sont suffisantes pour cet effort.

Soutien aux prisonnièr.es de la Talaudière pour le nouvel an !

Publié le 2026-01-04 23:14:06

Ce 31 décembre 2025, on est allée tirer quelques feux d’artifices, passer des musiques et gueuler, en soutien aux prisonnièr.es de la Talaudière. Pour leur montrer qu’on ne les oublie pas depuis l’extérieur. Pour tenter d’égayer un peu leur réveillon, et faire du bruit contre les prisons et les matons.
On a commencé à gueuler, ça répondait aux fenêtres, ça criait, on a répondu à leur rage par des mots de solidarités et des slogans qui exprimaient la nôtre « liberté pour toustes les prisonièr.es », « liberté, freedom, hourriya », « pierre par pierre et mur par mur, détruiront toutes les prisons », « crève la taule », « acab »… Des voix fortes venant du quartier des femmes nous ont souhaité une « bonne année », on leur a souhaité en retours, mais surtout du courage, pour elleux qui commencent cette année enfermé !

Liberté pour toustes !
Que crève la taule et ce monde qui en a besoin !

[Nantes] Free Gino – Comité de mobilisation contre les extraditions ! Solidarité internationale !

Publié le 2026-01-04 23:19:10

COMITÉ DE MOBILISATION MERCREDI 07/01
18H PARVIS DE CENSIVE

Contre les extraditions
Contre les prisons
Pour une solidarité internationale

Le camarade Gino, arrêté une première fois en France, n’a pas été extradé vers la Hongrie suite à la décision du tribunal.Il est arrêté une seconde fois et sera jugé ce 28 janvier pour une possible extradition vers l’Allemagne où il risque 10 ans de prisons.

Jusque là la France avait toujours accueilli les réfugiés politique. C’est un tournant qui ne doit pas se produire.

Organisons-nous pour montrer notre solidarité et refuser toutes les extraditions !