Vive l'Anarchie - Semaine 01, 2020

Sommaire

« nous, les anarchistes ? »_ réflexions suite à la mise en lien du journal « l’envol » sur certains sites « anarchistes »

Publié le 2020-01-06 03:58:04

Au fouille-merde (en uniforme ou non) qui tenterait d’utiliser ce post pour nourrir ses sales fichiers ou rumeurs. Je te chie dessus.

Ceci étant dit… Les sites internet sont tenus par des individus de chair et de sang, auréolés d’un anonymat tout relatif qui leur permet de cueillir les durs fruits de leur labeur en échappant (en partie seulement) aux critiques qui pourraient leur être faîtes… Associer un individu à un site qui publie des textes subversifs, ce serait « faire un travail de flic » et exposer possiblement cet individu à la répression. Les choses sont ainsi faites que chacun-e ou presque en vient pourtant « mystérieusement », c’est-à-dire sans recherches particulières, à savoir qui se cache derrière tel ou tel blog/site/outil issu « du mouvement » mais est censé ne rien en faire. Ce qui s’avère parfois extrêmement compliqué tant le décalage entre les belles idées relayées par tel ou tel compagnon (euh…site) et ses comportements quotidiens est criant, provoquant à juste titre des réactions pouvant aller jusqu’à la fureur. Les idées gagneraient souvent à rester complètement désincarnées.

Ce décalage entre les idées et les manières de les faire vivre dans le concret serait déjà problématique si les compagnons teneurs de site se contentaient de publier leurs propres textes, et s’abstenaient de relayer, plus ou moins compulsivement, des textes publiés sur d’autres sites ou sur un blog spécifique. Mais publier un texte « anarchiste », et se nommant tel revient bien souvent à être utilisé contre son gré dans cette course effrénée à « qui publie le plus vite » ou « qui est le plus à jour » (course se jouant bien souvent, il faut le remarquer, entre compagnons). Leur anonymat tout relatif dispensant trop souvent les tenants de sites de se demander d’où ils parlent/relaient ces textes, et leur permet de le faire sans avoir à se situer en tant que gars, ou envisager qu‘ « ils » sont très mal placés pour  relayer des textes anarchistes/féministes s’ils ont déjà été confrontés sur leurs comportements sexistes « dans le réel »« Mais faut leur donner de la visibilité » à ces petits textes écrits par des anarca-féministes, ils sont si « rares » , « ils n’en auraient pas sans  notre intervention » s’insurgent ces hérauts autoproclamés (et paternalistes) du mouvement …

Faut dire qu’ils en sont friands, de ces textes! Ça leur refait une vitrine à peu de frais. Ça leur permettra peut-être même d’approcher des compagnonnes dans la vraie vie ? ce serait ballot de ne pas profiter un peu (quand même) de ce petit prestige cybernétique…

En décidant de publier ce journal sur ces thématiques-là sur internet je savais que je m’exposais à le voir repris (entre autres) par les site attaque et non fides. J’ai hésité à mettre dans le petit mot d’introduction au journal que je ne voulais pas qu’il soit posté à ces endroits-là (pour des raisons singulières qui touchent chacune – en autres – à la lutte contre le patriarcat). Quelque chose de soft, que j’ai finalement renoncé à faire parce que je ne voulais pas donner aux contributeurs historiques de ces sites cette importance-là. Si je mettais cette foutue phrase dans mon intro c’est cette dernière qui allait faire débat, polémique, allant sans doute jusqu’à éclipser le contenu du journal. Le comble !

Il se trouve également que les crapules en question sont plus proches de leurs claviers que moi, ayant un goût de la polémique virtuelle que je ne partage pas du tout : je ne peux que me faire ratatiner sur ce terrain-là. Je me suis donc ravisé.e, décidant de ne pas parler de ces sites dans mon intro de journal, et de le publier en tant que tel, pour son contenu propre: avec un peu de bol les sites en question auraient la décence de ne pas le relayer. Encore loupé!

Me voilà dans la situation que je voulais éviter ; l’anonymat « officiel » du journal a permis au contributeur historique d’attaque de le relayer sur son site. Il s’agit dans le meilleur des cas d’un ravalement de façade et de récup’ : il est bien placé pour savoir qu’il aurait sa place dans la catégorie « brèves » en tant que personne ciblée par l’un de ces actes de vengeance. Dans le cas que j’estime très probable où M. Attaque sait d’où le journal est issu, il s’agit d’un énorme foutage de gueule, doublé d’une tentative d’humiliation supplémentaire et particulièrement malvenue. Mettre en lien un texte posant une critique sans concession du patriarcat et de l’état écrite par quelqu’un que l’on a soi-même agressé, humilié, dénigré… afin de se parer d’une image « d’allié » ou plus précisément de personne qui partage une critique en idée et en actes du patriarcat… Gros niveau !

On me dira sans doute qu’une fois que le texte est public, il ne m’appartient plus de décider qui peut le reprendre ou pas… En gros « je n’avais qu’à pas le mettre sur internet ». Je devrais donc leur laisser cet espace-là.

Cela n’est ni une solution, ni un argument entendable

On me dira sans doute que je ne met pas assez d’éléments, ou que j’en mets trop, ou que j’aurais effectivement dû écrire quelque chose au moment de le publier. Que « Ça ne se fait pas » de poster des accusations aussi graves sans donner plus de précision.  Me voilà sommée d’inventer une issue « convenable » à une situation qui ne peut pas en avoir. J’estime que n’ayant pas choisi grand-chose dans  cette  «histoire » ; que l’on parle évidemment de l’agression, de la campagne de calomnies qui a suivi ou de la publication de ce journal sur ce site particulier, il me reste, à minima, la possibilité de décider à quel point je me mets à poil sur la toile. C’est pas mirobolant, autant en profiter. Je me permets (tout de même) d’attirer l’attention de chacun-e sur le fait que le M. Attaque en question, à défaut d’être de bonne foi, sait parfaitement de quoi il retourne.

Je ne vais donc pas m’étendre davantage sur les situations précises, mais suis éventuellement choppable pour en discuter « en vrai » avec des compagnons ou compagnonnes qui en éprouveraient le besoin pour et par elles mêmes et qui n’auraient pas trouvé le chemin pour le faire durant les six/sept années qui viennent de s’écouler (hum).

Toi qui t’apprêtes peut-être à crier au scandale et prendre la défense  de ce site (et donc de son contributeur historique), et défendre le fait que c’est normal que ce journal puisse être repris à cet endroit-là comme partout ailleurs je me méfies de toi également. Qui préserves tu ? Quelle-s place-s tentes tu de protéger  ? Quels intérêts ? En niant quoi et en piétinant qui  ?

« Nous, Anarchistes ? »

Force est de l’admettre, se dire Anarchiste ne dispense nullement de reproduire les rapports de domination qui structurent cette société moisie, que ce soit de manière délibérée ou involontaire. Or, qui prétendrait décider à la place de quelqu’un-e s’il ou elle peut (réellement) se dire anarchiste ? Il y a donc un problème lorsque les termes « anarchiste » ou « compagnon.ne » sont utilisés comme des mots magiques posant comme acquis tout un rapport au monde et aux idées. Romantiser ces termes et concepts revient trop souvent à mettre la focale sur une identité plus que sur la tension (indispensable, permanente) poussant chacun.e à essayer de vivre au plus près de ses aspirations anti-autoritaires, en affrontant au passage ses propres comportements merdiques.

Et certain-es, fort-es de leurs positions valorisé-es, perpétuent avec beaucoup d’assurance cette illusion d’un faux « Nous, Anarchistes », doté de tout un tas de qualités spécifiques fleurant l’ héroïsation. En gommant les doutes et les aspérités des parcours, cette héroïsation entretient certains mécanismes d'(auto)-valorisation (avec son revers de la médaille : l'(auto) dévalorisation) vis-à-vis de supposés manières-d’être-modèles. Cette idéalisation rajoute une couche d’obstacles non négligeable au fait de nommer et d’affronter une multiplicité de comportements problématiques, voire exécrables. En plus de remettre en cause certains (individus ayant eu des) comportements problématiques, nommer ce qui se passe questionne alors cette identité en elle-même, renvoyant chacun-e à ses propres idées, fonctionnements, affinités, zones d’ombres et compromissions.… toucher à ces tabous entraînant trop souvent des louches de répression supplémentaires. Les fossés qui existent entre les manières d’être et de porter les idées (anarchistes) sont pourtant sources de désaccords, quand il ne s’agit pas de conflits irréconciliables. Non tous-tes les anarchistes ne sont pas mes compagnon.nes, et refuser de s’associer avec des compagnons visibilisés comme ayant eu des comportements de merde ou refusant « tout simplement » de prendre en compte une grille de lecture matérialiste (quitte à nuancer/affiner la notion de privilèges) réduit considérablement le champ des associations possibles. Je suis en colère et fatiguée de me trouver englobé.e par d’autres dans un « nous anarchistes » ou une catégorie « les anarchistes » (ayant fait le choix de l’organisation informelle) au même titre que toute une palanquée de connards avec qui je ne voudrais partager ni journées ni nuits. Je n’ai plus la patience de me trouver face à des compagnon.nes qui me soupçonnent de réformisme parce que féministe (ça en dit long sur le niveau de réflexion en ce qui concerne le patriarcat). C’est à peu près aussi insultant de me demander de «répondre de mon positionnement » vis-à-vis des féminismes institutionnels genre « osez le féminisme » que de demander à un compagnon de « répondre de son positionnement » par rapport à la france insoumise. [je passe pour cette fois le niveau des réflexions concernant les mixités choisies, non mixité…] Je ne vais pas arrêter de me dire anarchiste pour autant, mais bien sûr que ça pousse à ça.

Soit dit en passant, l’exclusion, qui n’est qu’une réponse parmi d’autres, questionne vachement moins quand il s’agit d’un-e « compagnon.ne » qui aurait balancé aux flics, ou bavé dans les médias, ou frayé avec des autoritaires… Partager une affinité avec quelqu’un.e qui s’organise avec des appelistes (au hasard) est souvent une source de conflit beaucoup plus vifs que si c’est avec quelqu’un.e qui s’organise avec un compagnon ayant été l’auteur de violences sexistes (violences conjugales, agression, viols, etc). Ça raconte le peu de cas qui est fait de ces situations : c’est fou la diversité d’excuses qui leur sont trouvées, aux auteurs de violences sexistes/sexuelles, et venant de gens qui, souvent, ne prennent même pas la peine de les confronter! Et quand il y a prise en compte, est-ce que les rôles sont distribués d’avance ? Qui s’y colle ? Qui prend soin des personnes ayant subi ces violences, qui prend la peine de capter de quoi elles auraient envie ou besoin ? Qui use son temps, son énergie et son intelligence à se farder des discussions chiantes avec l’auteur des violences, lui mettre le nez dans sa merde, contrer les arguments de mauvaise foi, tenter de capter et de démonter les schémas puants, lui mettre la pression pour qu’il sache que ses actes ne resteront pas sans réponses et qu’il a des trucs à perdre s’il refuse de se mettre en question radicalement ? Qui a toujours « plus important » à faire, qui a le choix de s’impliquer ou de regarder ailleurs, qui se prétend au-dessus de la mêlée ? [Qu’on ne me dise pas que la construction sociale n’a rien à voir là-dedans.] Qui se planque systématiquement derrière le fait qu’il-e n’a pas assez d’éléments ? Qui décide de (ne pas) mettre en jeu ses équilibres affectifs, matériels et affinitaires, lorsque les auteurs de violences refusent de « travailler » sur leurs actes ? Quelle-s position-s de pouvoir ça assoit ?

Mais pourquoi s’impliquer, puisque ça n’est pas forcément valorisant, que ça force à faire d’énormes constats d’impuissance, que les conséquences en sont rarement satisfaisantes ? La tension anarchiste, ce moteur censé pousser les individus à analyser leurs pratiques à l’aune de leurs idées (et vice versa), devrait selon moi impliquer une remise en question permanente, afin de contrecarrer les rapports de domination présents partout, y compris entre compagnon.nes.

Celles et ceux qui s’inquiètent des « divisions » que pourraient provoquer une plus grande prise en compte de ces enjeux pourraient songer un instant à la différence que cela ferait pour des compagnon.nes (présent-es et à venir) qui se coltinent (entre autres priorités) ces questions de violence systémiques au quotidien et dans n’importe quel espace (je ne prétends pas qu’il puisse exister d’espace safe, ou que le concept d’espace safe me fasse envie, mais on est tellement loin du compte, que c’est pas vraiment la question, là…)

Pour un anarchisme sans jeu de rôles ni postures, protéiforme et sans concessions.

Bordeaux – Un bon moyen pour faire fermer la fac: la dévaster !

Publié le 2020-01-06 13:23:03

20 Minutes / samedi 4 janvier 2020

Le campus de la Victoire à Bordeaux restera fermé lundi en raison de dégradations commises pendant l’occupation des étudiants en décembre, a indiqué la présidence de l’université de Bordeaux. Les étudiants ont occupé début décembre ce site situé dans le centre-ville jusqu’à son évacuation par les forces de l’ordre le 27 décembre, pour dénoncer la précarité et la réforme des retraites.

« Des dégradations importantes et multiples dont certaines touchent les équipements indispensables pour garantir la sécurité et donc le fonctionnement de ce site » ont été constatées, a indiqué dans un tweet et sur sa page Facebook la présidence. « De telles conditions nous obligent à prolonger la période de fermeture pendant plusieurs semaines jusqu’à ce que les exigences de sécurité puissent être rétablies », a-t-elle poursuivi, précisant que « l’ensemble des activités, notamment pédagogiques, devra donc faire l’objet d’une relocalisation pendant cette période ». […]

Philadelphie (USA) : Récit de la nuit du Nouvel an

Publié le 2020-01-06 13:24:05

Philly Anti-Capitalist / jeudi 2 janvier 2020

Nous ne savons pas s’il y a eu une manifestation bruyante devant la prison, cette année, s’il y en a eu nous ne l’avons pas su [on trouvera un compte rendu, en anglais, de la manif devant la prison fédérale de Philadelphie, et les jolis photos des tags laissés sur le parcours, ici ; NdAtt.]. Mais on a pris nos feux d’artifice et on a fait une petite fête du Nouvel an, pour préparer notre propre action. Presque toutes les vitres de la Millcreek Tavern ont été brisées, ce qui coûtera environs 7000 à 10000 dollars de réparations à ce salaud d’ex-flic de propriétaire, si le chiffre qu’il a donné dans une émission radio, après la dernière fois qu’une fenêtre a été brisée, soit 1500 $ par fenêtre, est exacte.

Il y a quelque chose de beau dans le fait de faire équipe avec ses ami.e.s et ses amant.e.s, et d’y aller plus fort que ce qu’on a déjà fait.

Aussi, il y a deux nuits, on a trouvé l’endroit où les bus de la Drexel University dorment la nuit, et on en a mis complètement hors service un, vite fait, bien fait, en crevant les pneus avec un poinçon, puis on a découvert qu’il avait été laissé ouvert, et on a tagué toutes les fenêtres, ainsi que le pare-brises, de l’intérieur.

La gentrification rapide portée par les universités peut être combattue ; tout ce qu’il faut, c’est de la créativité, de petits groupes et des outils faciles à se procurer.
Pour les fenêtres renforcées à double vitrage d’un quart de pouce d’épaisseurs, il faut environ 2 à 3 coups de marteau pour les faire tomber entièrement, dans une belle cascade de verre.
Bonne année à tou.te.s, une année 2020 sans loi.

Signé :
Une bande anarchiste fatiguée, heureuse et gay de Philly

Chili : Quelques brefs récits de la révolte (9 – 27 décembre)

Publié le 2020-01-06 13:25:11

Noticias de la guerra social / jeudi 2 janvier 2020

(Récits rédigés et diffusés sur les réseaux sociaux)

Le monument aux « martyres des Carabineros », à Santiago

Santiago du Chili [si ce n’est pas indiqué diversement, ce qui suit se passe dans la capitale du pays ; NdAtt.]
9 décembre
53ème journée de la révolte sociale
L’AMOUR POUR LA LUTTE EST NOTRE ÉNERGIE !
De moins en moins de gens se rassemblent sur Plaza de la Dignidad. Aujourd’hui, nous ne sommes pas des milliers, nous sommes à peine quelques centaines. Malgré cela, la conflictualité ne diminue pas, l’amour pour la lutte et la soif de vengeance ne sont pas combustibles.
Le monument à Baquedano [général chilien du XIXème siècle, qui donne son nom officiel, Plaza Baquedano, à Plaza Italia, encore rebaptisée par les manifestant.e.s Plaza de la Dignidad ; NdAtt.] est entouré de banderoles contre les abus du SENAME [Servicio Nacional de Menores, un peu comme le PJJ française ; NdAtt.], de belles banderoles en jute et de travaux de couture célébrant la révolte. Il y a aussi des chemamüll [sorte de totems ; NdAtt.] mapuches.

A partir d’ici, les images sont celles de la manif du 3 janvier, lors de laquelle l’église San Francisco de Borja, destinée aux messes des Carabineros, a été saccagée, comme le monument, proche, de leurs « martyres ».

Arrivée d’un groupe qui marchait depuis la ville de Concepción, à 500 km ; elles/ils font leur chemin au milieu des applaudissements et dans leurs yeux on peut voir la décision de continuer à avancer ; les flics, qui tenaient sous contrôle le lieu, se retirent.
Bientôt arrive une caravane de véhicules blindés de la police ; ils sont reçus par des personnes cagoulées avec une pluie de bombes incendiaires et de pierres.
Des frères/sœurs de la première ligne racontent que vendredi un manifestant s’est retrouvé avec une fracture au crâne et une hémorragie interne, après avoir été frappé directement à la tête par une grenade lacrymogène ; il est gravement blessé et hospitalisé.
A l’extérieur de la Cour suprême commence le campement « Mesa Social ».
Des personnes cagoulées font une protestation bruyante à l’intérieur d’un centre commercial, contre le consumérisme de Noël.
Les travailleuses de Starbucks exigent le licenciement du directeur qui s’est moqué des femmes et des dissident.e.s sexuel.le.s qui ont exécuté la représentation « Le violeur, c’est toi ».
La commission des droits de l’homme du Parlement a auditionné le chef de la police et a déclaré que le liquide lancé par le canon a eau monté sur les blindés contient du gaz CS qui, selon des études, cause de graves dommages aux poumons, au cœur et au foie.
A la Poste centrale [les plus important service des urgences médicales de Santiago, situé près de l’ancien bâtiment de la poste ; NdAtt.], on a déjà créé un protocole pour les personnes blessées, en raison de l’augmentation significative des cas de brûlures chimiques.
Selon les médecins, deux nouveaux gaz utilisés par la police anti-émeutes ont été détectés, ceux-ci contiendraient 27% d’arsenic. Ces armes chimiques sont utilisées pour faire beaucoup vomir les manifestant.e.s.
A Valparaiso, samedi soir, un policier en civil est reconnu et attaqué par la foule à coups de pierres, il est battu et poignardé à cinq reprises. On dénonce le fait que, à Viña del Mar, les flics tirent à la chevrotine depuis des hélicoptères et que des policiers en civil, dans une voiture aux couleurs de la ville, essayent de kidnapper un manifestant, mais des personnes solidaires réussissent à les en empêcher et à sauver le garçon.
A Copiapó, deux personnes encagoulées taguent la maison du Général régional des Carabineros avec des insultes et des slogans anarchistes. Dans la fuite, ils sont intercepté.e.s et interpellé.e.s par la PDI [la police judiciaire ; NdAtt.].
A Loncoche, les fascistes attaquent le seul centre culturel de la ville. Anonymous Chile laisse filtrer les noms, adresses et numéros de téléphone des groupes fascistes.
Par peur des attaques et des menaces, le restaurant fasciste « Lili Marlen » ferme définitivement.
A Quilicura, à l’endroit où il y avait une banque, aujourd’hui on trouve une belle place, avec des jardins entretenus par les voisin.e.s, qui échangent aussi des graines.
Lors de la COP25 à Madrid, le ministre de l’énergie annonce la fermeture de la centrale à charbon Ventanas I d’ici 2020 et Ventanas II d’ici 2022. Les écologistes et les habitant.e.s de Quintero sont heureux.ses, mais elles/ils restent en alerte et décrivent la fermeture comme un triomphe de la pression sociale.
Le Président annule son voyage pour le changement de gouvernement en Argentine [le 10 décembre est investi le nouveau président de l’Argentine ; NdAtt.], tout le monde pense que c’est dû à la crainte de manifestations hostiles dans le pays transandin.
La situation des prisonnier.e.s de la Révolte sociale commence à être largement connue, grâce à l’organisation de la « Coordinadora 18 de Octubre ».
L’ANEF [syndicat des fonctionnaires ; NdAtt.] annonce une grève pour mardi 10 décembre.
Un appel circule pour des actions, samedi 14, dans le métro Rondizzoni, pour le 105ème anniversaire de l’attaque vindicative de l’anarchiste Antonio Ramón Ramón contre le boucher de l’école de Santa Maria de Iquique [le 21 décembre 1907, pendant une grève des mineurs, l’armée a tué entre 2200 et 3600 personnes, mineurs et leurs familles, rassemblées dans une école, dans la ville de Iquique; cette répression a été guidée par le général Roberto Silva Renars, qui a été poignardé par le compagnon Antonio Ramón Ramón, le 14 décembre 1914, et est resté invalide pour le reste de sa vie ; NdAtt.].
Nous attendons toujours les améliorations promises en matière de pensions, de salaires, de santé, d’éducation et d’environnement… Ce n’est pas fini.
Nous ne sommes la chair à canon de personne, nous nous battons pour nos propres convictions !
LA RÉVOLTE PLUS GRANDE EST DANS NOS CŒURS !
Honneur à l’anarcho-nihiliste Sebastían Oversluij (Angry), tué lors d’une expropriation de banque le 11 décembre 2013. Tout ça est pour toi aussi…

***

10 décembre
54e jour de la Révolte sociale
OBSTINÉMENT REBELLES !
A l’occasion de la « Journée internationale des droits de l’homme », le cynique Président de la République s’exprime sur une chaîne nationale à propos de son engagement en ce sens. Ses mots claquent, comme ceux d’un robot programmé pour répéter encore et encore des banalités et des lieux communs.
Au Congrès, l’ancien ministre de l’Intérieur Andres Chadwick, l’air triste et la main sur la poitrine, dit : « Je suis innocent ». L’avocat de Chadwick est Luis Hermosilla, un ardent défenseur des militaires condamnés pour crimes contre l’humanité. Le maquillage démocratique ne peut pas cacher la cicatrice assassine et dictatoriale de ceux qui font étalage de leur pouvoir.
La mise en état d’accusation de l’un des responsables politiques des atrocités commises par l’armée et la police pendant la Révolte sociale avance, il manque maintenant le vote au Sénat.
Mais Chadwick n’est pas le seul. Sera bientôt discutée la pertinence ou non d’une mise en accusation du Président de la Nation.
Il y a plus de gens dans les rues que ces derniers jours, mais pas autant que les vendredis. Sur Plaza de la Dignidad, il y a un nombre important de manifestant.e.s, probablement parce que c’est la « Journée des droits de l’homme » et l’anniversaire de la mort du dictateur Augusto Pinochet.
Une manifestation nommée « Femmes pour la vie » vient en marchant et en chantant, du secteur Carlos Antunez, à beaucoup de monde parmi nous vient à l’esprit un « déjà vu » des années 80 [les dernières années de la dictature ; NdAtt.]. Les gens portent 352 affiches aux yeux peints et se promènent dans la capitale, s’arrêtant à des points emblématiques, leur destination finale étant Ground zero, où elles/ils se réunissent dans une banderole géante faite d’yeux cousu qui dit : « Leurs yeux, notre mémoire » . Alors que les autorités se remplissent la bouche d’appels à la cessation de la violence, ce mardi, onze personnes ont été gravement blessées et deux risquent de mourir, dont un adolescent de 15 ans seulement, à cause des grenades lacrymogènes tirées directement à la tête.
On signale l’utilisation, de la part de la police, d’une munition appelée « bean bag » (c’est celle qui a tué Dilan en Colombie) : un sachet de matière textile qui contient des grenailles en plombs. On en trouve aussi d’autres « faite maison », qui contiennent du verre moulu, pour que les blessures ne puissent pas cicatriser.
Les personnes cagoulées continuent à se battre avec une passion débordante et par moments font reculer les flics, les personnes de la « première ligne » continuent à mettre en jeu leur peau et leur liberté. Il ne suffit pas de les soutenir sur les réseaux sociaux, pour atteindre des objectifs il faut faire pression sur tous les fronts.
Les slogans anarchistes retentissent sporadiquement et d’une flûte arrivent les notes de chansons de la Révolution sociale de 1936.
Le soir, les assemblées locales et des individus auto-organisent des veillées pour toutes les personnes frappées par la répression.
A La Reina, a lieu une attaque à l’acide contre un véhicule privé appartenant à un policier.
De forts affrontements à Coquimbo et Antofagasta. A Viña del Mar, des inconnu.e.s sortent une pelleteuse d’un chantier et la mettent en travers de la rue, au milieu des barricades. La province est brûlante et son niveau de conflit est remarquable. La Plaza Anibal Pinto de Valparaiso se réveille avec un arbre avec yeux ensanglantés et grenades lacrymogènes comme décorations de Noël.
Le ministre des Finances exclut catégoriquement l’annulation des dettes d’études.
Une fois de plus, pendant le mandat de Sebastian Piñera, un avion Hercules de l’Armée de l’air tombe, alors qu’il y a des conflits sociaux, et la suspicion qu’il s’agisse d’un écran de fumée se répand. La nouvelle de l’avion disparu est largement couverte par la presse du capital, laissant en arrière-plan tout le reste, y compris la Révolte sociale.
Trois prisonniers de la Révolte entament une grève de la faim dans la Prison de haute sécurité.
Un appel circule pour que les anarchistes, antifascistes et antispécistes se rassemblent le vendredi dans un black block pour la journée anti-police (13-12) ; il y a aussi un autre appel pour une manifestation pour les prisonnier.e.s.
Que les prisonnier.e.s sortent et que toutes les cages brûlent !
Avec une conviction intacte… AVANÇONS FIER.E.S AVEC NOTRE REFUS !

***

13 décembre
56e jour de la Révolte sociale
BELLE VIOLENCE ANTI-FLIC !
Nous sommes aujourd’hui le 13 du 12 et l’appel était de le célébrer, les initiales ACAB et les insultes aux keufs sont repris dans tous les coins de la ville.
Le neuvième vendredi de la Révolte sociale, cinq cent mille personnes s’entassent sur Plaza de la Dignidad.
La présence anarchiste est hallucinante, aujourd’hui plus visible que jamais. Partout des brochures, des slogans, de la musique, des drapeaux et des banderoles à tendance anarchiste. C’est vraiment beau la façon dont les anti-autoritaires laissent leur empreinte, pratiquement en marquant le territoire avec la propagande.
Au milieu des affrontements, les flics sont contraints de battre en retraite, se retirant à l’extérieur de l’église Castrense [l’église des Forces armées et des Carabineros du Chili ; NdAtt.]. Des voisins solidaires de La Victoria donnent boissons et nourriture aux combattant.e.s.
Pendant les échauffourées, il y a une attaque incendiaire contre les locaux et un véhicule d’un hôtel (c’est l’hôtel qui a fourni ses installations pour le lancement du livre d’Álvaro Corvalán [officier de l’Armée ayant servi au Central Nacional de Informaciones, la police politique de la dictature de Pinochet; NdAtt.]).
Un groupe d’affinité anarchiste distribue des centaines de brochures du texte insurrectionnaliste « A couteaux tirés » parmi les personnes cagoulées de la « Première ligne ».
Il y a aussi des affrontements devant le monument à la police, soudain un rire coupe l’air comme un éclair… L’hymne insurrectionnel joué par la « Banda Bonnot » résonne fort, des personnes cagoulés lancent des feux d’artifice et des pierres sur les flics. La voix du « Punky Mauri » nous émeut et nous chantons à tue tête… dans la strophe « qu’on apprête les bombes » une pluie d’engins incendiaires traverse l’air vers le bras armé du capital. Un moment inoubliable !
Quelques heures auparavant, une marche pour la liberté des prisonnier.e.s de la Révolte organisée par la Coordinadora 18 octubre avance et fait son chemin du GAM [centre culturel dans le centre de Santiago ; NDAtt.] jusqu’à Plaza Italia.
A un moment de la manifestation, est installée une scène, d’où chante The Bunkers.
La « Radio Plaza de la Dignidad » commence ses transmissions, avec plusieurs haut-parleurs fixés aux fenêtres d’un bâtiment sur Ground zero.
La nuit, des gros bras de l’extrême droite vénézuélienne tabassent et poignardent les manifestants dans le Barrio Bellavista ; les fascistes sont principalement videurs et serveurs du local Harvard.
Pétards, peinture, feux d’artifice et pierres sont utilisés pour attaquer la maison d’un flic, à Peñalolen.
A Antofagasta, des inconnu.e.s ont fait irruption dans la basilique, en détruisant des statues religieuses et du mobilier. Ils/elles laissent des tags avec le symbole du chaos et le A cerclé.
A Melipilla, une attaque incendiaire contre une voiture se solde par la propagation de l’incendie à plusieurs véhicules.
A Osorno, une femme est accusée d’avoir aveuglé avec un pointeur laser le chauffeur d’une voiture de police.
A Concepción, des personnes cagoulées obligent les flics à la retraite, ceux-ci qui se plaignent amèrement de l’interdiction de mélanger des produits chimiques dans le liquide du canon à eau des véhicules blindés.
A San Antonio, on libère le fleuve Rio Maipo, en détruisant un barrage qui empêchait son avancée naturelle.
A Cerro Navia, des habitant.e.s auto-organisé.e.s occupent illégalement un terrain pour y construire leur maisons. Cette occupation est appelée « Macarena Valdés » (une écologiste assassinée par les sociétés d’exploitation forestière).
Des inconnu.e.s occupent le siège du Parti Radical.
Devant le Palais du Gouvernement, 14 personnes participent à une pathétique manifestation de soutien à la police.
Appels à des Assemblées Anarchistes à Valparaiso et Bio Bio ; à Santiago on commence à préparer un Congrès Anarchiste pour début janvier.
Les anti-autoritaires appellent à ne pas utiliser les outils du pouvoir pour résoudre nos problèmes, « Si les élections pouvaient résoudre quoi que ce soit, elles seraient déjà interdites » soulignent-on.
Multiplions les instances de propagande, d’organisation et d’action ! Continuons à danser le rock de la ligne du front… QUE L’ON VOIT QUE NOUS SOMMES LA !

***

16 décembre
59ème jour de la révolte sociale
NOTRE PARI EST L’AUTONOMIE !
Aucun outil de pouvoir ne nous libérera !
Face à la très faible présence de manifestant.e.s sur l’emblématique Plaza de la Dignidad, des centaines de flics en profitent pour s’emparer de Ground zero, avec un contingent impressionnant de forces spéciales, de police montée et de voitures de patrouille. Les parcs Bustamante, Forêt et Aviation sont assiégés. Impossible de se rassembler sans être des contrôlé.e.s, gasé.e.s ou trempé.e.s ; des membres de la «Première ligne » observent de loin, en essayant de cacher leurs boucliers. Il n’y a que de petites escarmouches qui ne parviennent même pas à arrêter la circulation, même si un jeune homme est blessé à un œil par la répression policière.
La découverte de soude caustique dans des échantillons venants de deux réservoirs de canons à eau différents qui ont été analysés par le « Mouvement de Santé de la Résistance » provoque de l’émoi.
Deux jeunes sont été arrêtés pour une action incendiaire contre une banque, le 6 décembre ; une fois de plus, les enregistrements faits par un citoyen-policier avec son téléphone portable ont été la clé pour les retrouver, la PDI [la police judiciaire ; NdAtt.], aidé par un système de reconnaissance faciale, est arrivé à eux parce qu’ils n’étaient pas cagoulés. En faisant une descente dans les maisons des inculpés, les flics ont trouvé les vêtements qu’ils portaient lors de l’attaque, une autre erreur récurrente parmi celles/ceux qui sont capturé.e.s. Les vêtements on peut les jeter, notre liberté NON !
A San Joaquin, des inconnus attaquent un poste de police avec des bombes incendiaires, des feux d’artifice et des pierres.
Le Président présente un projet de loi pour renforcer les sanctions contre celles/ceux qui s’attaquent aux policiers et aux matons.
Le sous-secrétaire du ministère de l’Intérieur démissionne, le taux d’approbation du gouvernement, de 13%, se dégrade lentement.
Le directeur général des Carabineros appelle pitoyablement à lutter contre le « sabotage psychologique », en offrant des sucreries et de l’eau minérale aux flics pour leur remonter le moral.
Il y a eu un vol à la Commission des droits de l’homme : seuls les ordinateurs, les disques durs externes et les caméras ont été pris. Tous des dispositifs électroniques où étaient stockées des données provenant de rapports d’emprisonnement illégale pendant la Révolte sociale.
Hier, dimanche, plus de 2,1 millions de personnes ont voté lors de la consultation citoyenne organisée par les municipalités ; le résultat est de 92,4% en faveur d’un changement de la Constitution. L’illusion de la participation démocratique est de retour et la plupart des Chiliens croient encore que c’est le pouvoir lui-même qui résoudra les problèmes qu’il a créés. Les puissants n’abandonneront jamais leurs privilèges aussi facilement, au Congrès ils planifient déjà des failles pour que l’élite continue à exploiter à volonté avec des changements cosmétiques du néolibéralisme. C’est nous-mêmes qui, par une organisation horizontale, autonome et autogérée, pouvons détruire le système capitaliste.
Anonymous a fait fuiter les courriels de l’armée, découvrant les pots-de-vin entre l’armée et les entreprises privées. Le piratage a révélé des liens de l’armée avec la firme israélienne MER Group, dont la division du renseignement a été créée par un ancien directeur du Mossad et un ancien chef des services secrets israéliens. Les hackers ont également attaqué le site de la DICOM [entreprise publiant le « bulletin commercial » chilien ; NdAtt.], le laissant momentanément injoignable.
Jacqueline van Rysselberghe, présidente du parti d’extrême droite UDI, est harcelée avec de la musique dans un avion et l’association « Salvemos al Rio Maullín » reproche au sénateur Ivan Moreira (UDI) ses activités dans dans la région de Los Lagos.
Un jeune transsexuel qui se trouvait au bureau de l’état civil pour changer de nom et de sexe légal laisse le ministre de la Justice avec la main tendue, en se mettant la main sur l’œil au lieu de le saluer. Il n’y a pas de paix pour les politiciens, à tout moment et en tout lieu ils peuvent être engueulés.
Dans la ville de El Melón, on campe à l’extérieur du puits 9, pour protester contre le manque d’eau, accaparé par la mine. Et à Viña del Mar on campe aussi, mais pour protéger le parc naturel Kan-Kan de la dévastation des sociétés immobilières.
A Valparaíso, des policiers à moto effectuent des saluts nazis pour intimider les manifestant.e.s.
Une plaque en l’honneur de Jaime Guzmán (l’idéologue de la Constitution de 1980 et sénateur d’extrême droite, abattu par le Frente Patriótico Manuel Rodríguez) est retrouvée dans la décharge de Chimba à Antofagasta.
Manifestation animées à l’intérieur de centres commerciaux de Concepción et d’Antofagasta.
A Copiapó, un cycliste de 17 ans a été écrasé par une patrouille du PDI. Il a été traîné sur 300 mètres et est mort sur le coup. La « Première ligne » a fait une manifestation en sa mémoire, avec feux d’artifice et barricades.
A Rancagua, un homme a été gravement blessé car frappé à la tête par une grenade lacrymogène.
A Ovalle, des inconnu.e.s ont mis le feu au péage, en réponse à une hausse (mardi) de 500 pesos du ticket.
A Los Angeles (USA), on interprète « Le violeur c’est toi » devant un Starbucks, en solidarité avec les travailleuses du Chili et en réponse aux gérants, qui les ont qualifiés de « pathétiques » et de « délinquants ».
Quelques jours avant l’anniversaire des deux mois de l’explosion sociale, les gens sont appelés à se rendre à Ground zero mercredi.
La Coordinadora 18 de octubre annonce des manifestations dans toute la région dominée par l’État chilien, pour le jeudi 19 dicembre, en solidarité avec les 2500 prisonnier.e.s de la Révolte sociale.
Les anarchistes appellent à remplir chaque espace de lutte avec de la propagande et à se rendre massivement sur la Plaza de la Dignidad le vendredi.
Nous construisons notre histoire noire… Boycottons et sabotons les outils du pouvoir !
ALLUMONS LES BARRICADES AVEC LES BULLETINS DE VOTE !
Pas de pacte, pas de négociation avec le capitalisme, la rue nous attend…

***

20 décembre
63ème jour de la révolte sociale
RIEN N’ARRÊTE LA « PREMIÈRE LIGNE », SAUF LE CONSUMÉRISME DE NOËL !
Les menaces du maire de la capitale ont eu un effet, un millier de flics protégeront Plaza de la Dignidad. Ils sont arrivés sur place dès les premières heures de la nuit et ont entouré avec des clôtures l’ovale autour du monument, au matin le lieu symbolique était derrière les barreaux, un coup d’intimidation médiatique et psychologique.
La peur d’être présent.e.s à Ground zero s’est emparée des citoyens ; à partir de 16 heures, les plus têtu.e.s et enthousiastes ont pu flairer ce qu’allait se passer. Un jour de combat de rue féroce.
Lentement, les manifestant.e.s se sont approché.e.s du point de rassemblement, essayant de se débarrasser de la chaleur de 32 degrés et des flics qui demandaient les documents à tou.te.s celles/ceux qui se baladaient dans le secteur. En même temps, plusieurs anarchistes transportaient une charrette avec des amplis pour un concert qui, étant donné le niveau de répression, n’a jamais pu avoir lieu. On a essayé et reporté, mais cette fois-ci, cela n’a pas pu être fait.
Les heures passent et il commencent à y avoir des affrontements à différents endroits, dans le Parque Forestal la police montée écrase un manifestant et lui casse une jambe. Il y avait deux points principaux d’affrontements, dans le premier on s’emparait parfois du monument de Baquedano et le second se trouvait sur l’avenue Alameda, devant le GAM.
Lors les violents affrontements entre personnes cagoulées et flics, un accident intentionnel provoque un mouvement de foule, une voiture blindée écrase un jeune contre une autre, ce qui entraînera de multiples fractures du bassin, des hémorragies internes et des préjudices à la vessie ; tou.te.s celles/ceux qui ont assisté à cette tentative de meurtre se sont souvenu.e.s du cas de Carlo Giuliani [à qui, par contre, un Carabiniere a tiré dans la tête, avant qu’un 4×4 lui passe dessus à deux reprises ; NdAtt.], seule la chance a rendu ses blessures non mortelles. Au même endroit, des personnes cagoules ont arraché sa moto à un policier, l’ont traînée et jetée d’un pont sur la rivière Mapocho et lui ont ensuite mis feu.
La « reconquête » de la Plaza de la Dignidad a généré un nouvel élan chez les vingt mille manifestant.e.s qui ont participé au dixième vendredi de Révolte sociale.
Dans l’autre foyer de conflit, les affrontements ont été tout aussi violents, un grand nombre de personnes encagoulés ont jeté des pierres, des pétards et des cocktails Molotovs sur les flics et ont réussi à les faire reculer. La branche armée du pouvoir a répondu avec des grenades lacrymogènes, des fusils de chasse et des pierres. La force des projectiles tirés par la police a fait que des dizaines de personnes encagoulés, en première ligne, se sont retrouvées avec des coupures et des contusions à la tête. Une personne cagoulée a été touchée par un projectile non identifié directement au crâne, grâce à sa protection l’impact n’a fait que briser son casque, le coup a fait un tel bruit que tout le monde autour de lui a pensé au pire, mais il était indemne.
Plusieurs flics ont été blessés par les effets des dizaines de bombes incendiaires, les désespoir des hommes en uniformes est telle qu’ils ont tenté à maintes reprises d’écraser les manifestant.e.s avec un véhicule blindé, mais ils sont reçus par une pluie de bombes artisanales qui illuminent et incendient le pare-brise du fourgon de police.
Cette fois, le niveau élevé de conflit ne va pas de pair avec la participation massive : par rapport aux fois précédentes, beaucoup moins de monde a répondu à l’appel à venir protester. Comme toujours, les anarchistes, les antifascistes, les Barras Bravas [groupes organisés de supporters de foot ; NdAtt.] et les jeunes de la « première ligne » s’affrontent avec les flics. Les citoyen.ne.s, ceux/celles qui, sur les réseaux sociaux, idéalisent la cagoule, étaient en train d’acheter des cadeaux de Noël. Le Chili n’a PAS assez changé pour mettre fin aux traditions chrétiennes et au bonheur à codes barres que le capitalisme nous vend. Le consumérisme aliénant a fait que la grande majorité de la population s’est tournée vers les centres commerciaux pour acheter et s’endetter. Ce 20 décembre, elles/ils ont tourné le dos aux mobilisations pour s’aligner sur le marché.
Pendant la nuit, à Villa Portales, la police a tiré sur les manifestant.e.s, ce qui provoque un.e blessé.e grave avec des lésions oculaires. A Lo Prado, des personnes cagoulées ont intercepté et incendié un bus du réseau Red, la police est arrivée et, à quelques rues de là, elle gazé un marché de Noël. La presse du capital répand des mensonges, en prétendant que l’endroit avait été pillé.
Pendant la semaine, un anarchiste bien connu est arrêté, accusé d’une action incendiaire à quelques mètres de Plaza de la Dignidad. Deux autres personnes sont arrêtées pour une attaque incendiaire contre une banque à Villa Alemana.
Les autorités menacent le groupe « NO+TAG » [collectif citoyen qui s’oppose à l’augmentation des péages autoroutiers… NdAtt.] d’appliquer la loi sur la sécurité intérieure de l’État s’ils bloquent les routes.
A Concepción, on proteste devant la prison de El Manzano, qu’on appel « les barreaux », et on transforme une pizzeria détruite dans le centre culturel Resistencia. Le public qui assiste à une projection de film expulse le maire de Bio Bio du théâtre municipal. À Santiago, des féministes ont trouvé la ministre Plá [Isabel Plá, Ministre de la Femme et de l’Égalité de genre, connue par exemple pour son dure opposition à l’avortement ; NdAtt.] devant une station de radio et sa voiture a été endommagée. Les fascistes taguent le monument des détenu.e.s disparu.e.s à San Antonio.
Mercredi, à Valparaiso, une voiture de police en patrouille écrase intentionnellement un manifestant et il y a des affrontements entre flics et personnes cagoulées sur les collines de la ville portuaire. Les Carabineros et la PDI sont attaqués avec un grand nombre de bombes incendiaires et l’un d’eux aura des brûlures à la partie supérieure du corps.
Écologistes et habitant.e.s d’El Melón protestent devant les bureaux de la compagnie minière anglo-américaine, à cause du vol d’eau et de leur responsabilité dans la sécheresse dans la région. Des inconnu.e.s libèrent la rivière Elqui, en détruisant les digues que les propriétaires terriers construisent pour monopoliser l’eau pour leurs intérêts économiques.
A Osorno, on let le feu à l’arbre de Noël installé sur la place d’armes et à Quilpue on brûle une crèche grandeur nature.
Dans la partie ouest de Santiago, l’occupation de terres de la « Macarena Váldes » a été violemment expulsée.
Le taux de fraude dans les transports publics atteint 85 % dans certaines zones de la capitale et les opérateurs craignent que le sabotage ne se poursuive dans le temps.
En Allemagne, les supporters de l’Union Berlin accrochent des banderoles dans le stade pour soutenir la Révolte ici.
L’appel est de participer au rassemblement de vendredi 27 à Plaza de la Dignidad.
FEU AUX TRADITIONS !
LIBERTÉ POUR LES PRISONNIER.E.S DE LA RÉVOLTE SOCIALE !
La rue crie LIBERTÉ !
Frère emprisonné, ça c’ est pour toi aussi…

***

27 décembre
70e jour de la révolte sociale
UN AUTRE ASSASSINAT D’ÉTAT !
La première ligne est en deuil…
Sebastian Piñera, dans un délire exaspérant, tient encore une fois pour responsables de la Révolte sociale des « organisations et pays étrangers ». Le président et son gouvernement se ridiculisent dans le monde entier avec leur rapport Big Data, qui accuse la K-Pop d’être l’un des principaux facteurs de l’explosion sociale. Non content de cela, il va encore plus loin, niant et minimisant les violations des droits de l’homme de la part l’armée et des Carabineros, en affirmant de manière délirante que la plupart des vidéos incriminant les flics sont des Fake news réalisés hors du Chili, dans le cadre d’une campagne contre lui. La vérité est que rien ne surprend le président, qui a à peine 11% de soutien.
Les mobilisations diminuaient, mais les déclarations stupides du président chilien ont ravivé la mèche du mécontentement.
Le dernier vendredi de l’année, Plaza de la Dignidad était pleine, la force et la décision des manifestant.e.s ont fait reculer les flics. Ce n’est que lorsque les gens ont commencé à se rassembler que le son des sirènes des pompiers a saturé l’air : plusieurs compagnies sont arrivées pour éteindre le feu dans le Centro Arte Alameda, un endroit qui servait de lieu de stockage de fournitures médicales et de soins infirmiers. On présume que l’incendie a commencé à cause des nombreuses grenades lacrymogènes lancées sur le toit par la police.
Profitant d’un bouchon de la route, la foule a attaqué et détruit une voiture et un fourgon de police dans le parc Bustamante, et au milieu des échauffourées, un fusil de chasse de la police aurait été dérobé. Deux keufs blessés, dont un avec une mâchoire cassée.
Dans un match retour attendu, La Furia et Banda Bonnot jouent sur al colline Welen, en imprégnant de musique combative la Révolte sociale. Tandis qu’un groupe d’affinité anarchiste distribue des centaines de brochures du texte insurrectionnaliste « A couteaux tirés ». Des banderoles pour la libération des prisonnier.e.s de la guerre sociale et à la mémoire de Claudia López sont accrochées dans différents endroits. D’un côté du GAM, on peut voir un tag de plusieurs mètres avec une phrase du « Punky Mauri » (Mauricio Morales) et dans la première ligne attire mon attention un bouclier à la mémoire d’Angry (Sebastián Oversluij). Un grand nombre de tracts est lancé au le sol, avec des slogans anti-autoritaires, et quelques drapeaux noirs flottent près d’une banderole sur l’éducation libertaire.
Les manifestants lancent sur les flics des balles symboliquement peintes comme des yeux. Un groupe autonome et auto-organisé, « Salvaojitos » [protège-yeux ; NdAtt.], distribue des lunettes de protection parmi la première ligne ; ils/elles ont donné en solidarité plus de 1700 verres avec certification anti-balistique. On dénoncent le fait que les policiers tirent des balles acier avec leurs fusils lanceurs de grenades lacrymogènes, cela s’est produit à Santiago et à Antofagasta.
Devant l’Université Catholique, où il y avait une statue de prêtre, se lève aujourd’hui une belle installation en mémoire de la vie de Pedro Lemebel [écrivain et artiste chilien, anti-autoritaire, mort en 2015 ; NdAtt.], la statue en son honneur est très photographiée et applaudie.
Au milieu de l’obscurité et dans l’un des événements les plus graves des dernières semaines de la Révolte sociale, une personne cagoulée qui fuyait la répression policière est tombée dans une fosse remplie d’eau, où il y avait des câbles souterrains, et a été électrocutée. Son nom n’a été connu que quelques heures plus tard, il s’agit de Mauricio Fredes, qui serait un membre de la « première ligne ». La mort de Fredes est aggravée par la découverte, cette semaine (après un mois), dans le centre commercial Hites, de deux corps, avec des blessures par balle ; même si l’endroit a subi un incendie les corps n’auraient pas été brûlés. Une horrible ressemblance avec les personnes retrouvées sans vie dans l’entrepôt Kayser, qui présentaient des signes de strangulation, de torture et de blessures par balle. Cela confirmerait ce que nous avons tou.te.s pensé : il s’agissait de meurtres et des tentatives d’effacer les preuves.
A la tombée de la nuit, un groupe de personnes cagoulées a attaqué avec des cocktails Molotov un siège de l’Université Saint-Sébastien, dont les propriétaires sont des hommes d’affaires liés au parti d’extrême droite UDI. La nuit précédente, des inconnu.e.s ont mené une attaque incendiaire contre le poste de péage dans le secteur de Rinconada de Maipu. Deux policiers ont également été agressés, l’un à Peñalolen, l’autre à Padre Hurtado. La voiture d’un policier a été vandalisée dans le quartier de La Granja.
A Valparaíso et Antofagasta, deux manifestant.e.s sont blessé.e.s et ont des lésions oculaires à cause des tirs des flics. Dans cette dernière ville, les « mères de la première ligne » défilent le visage couvert de mouchoirs, en soutien et en solidarité avec les personnes encagoulées.
Les fascistes taguent le mémorial des détenu.e.s disparu.e.s de La Serena et d’Osorno.
Malgré 70 jours de mobilisation, aucune des revendications de la rue n’a été satisfaite : amélioration des retraites et fin des AFP [les fonds pension privés ; NdAtt.], augmentation du salaire minimum, annulation de la dette étudiante (CAE), une meilleure protection de l’environnement et la gratuité de l’eau, etc.
Il y a un appel à un rassemblement pour attendre la nouvelle année sur la Plaza de la Dignidad, puis, au même endroit le vendredi 3 janvier, on appelle à une manifestation antifasciste massive en mémoire de Mauricio Fredes et Matias Catrileo.

« Quand la terreur se cache, le vent murmure : Continuez ! »
Nous pleurons d’impuissance…
NOTRE CŒUR NOUS DEMANDE VENGEANCE !
« Lambi », tout ça est pour toi aussi…

Déclaration du collectif iranien “Ere anarchiste” sur l’assassinat d’un terroriste d’État iranien

Publié le 2020-01-06 13:25:11

Actualité de l’anarchosyndicalisme / samedi 4 janvier 2020

Qasem Soleimani a longtemps tourmenté le peuple et nous félicitons les survivants de ses crimes au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, en Irak et au Yémen. Et tandis que nous sommes heureux de la mort de ce criminel de guerre, nous déclarons notre forte opposition à la possibilité d’une guerre d’État (entre le terrorisme d’État américain et le terrorisme d’État iranien)

Il y a quelques heures, Qasem Soleimani, l’un des plus hauts responsables militaires du gouvernement iranien, responsable pour le Moyen-Orient, a été tué à Bagdad sur ordre direct de Donald Trump.

Qasem Soleimani était un homme génocidaire qui a tué des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans les conflits en Syrie, en Irak et au Yémen. Il a dirigé des sièges [de villes insurgées] pour le compte d’Assad et a recruté des réfugiés afghans en Iran, dont beaucoup d’enfants, pour mourir dans la guerre civile syrienne. Cet assassinat d’État a été commis par les États-Unis dans l’intérêt évident de la campagne électorale de Donald Trump et ce qui a été fait n’a pas été et ne sera pas dans l’intérêt du peuple du Moyen-Orient.

Malgré beaucoup d’agitation et de controverse faites par le régime islamique sur ses capacités de sécurité et de renseignement, nous voyons qu’en fait ce régime n’est pas capable de maintenir sa force transnationale la plus importante et Qasem Soleimani a été assassiné dès que les États-Unis ont décidé de le supprimer.

D’une part, la méchanceté du régime islamique criminel est devenue plus apparente et, d’autre part, elle a en outre montré la nature corrompue du terrorisme d’État américain, qui ne se soucie pas de la vie de ses propres citoyens ni de celle des gens du Moyen-Orient – car sinon ces terroristes d’État iraniens auraient pu être facilement traqués et capturés au fil des ans.

Nous réaffirmons que le Moyen-Orient contemporain est façonné par les guerres, les massacres, les déplacements et la famine en raison des fanatiques religieux et des terroristes d’une part et de l’ingérence des capitalistes internationaux et de leurs soutiens (impérialisme oriental et occidental) d’autre part.

Nous espérons que tous ces terroristes religieux seront tués dès que possible et que ces gouvernements assassins seront détruits afin que le peuple du Moyen-Orient revive dans la paix et la prospérité

Anarchist Union of Afghanistan and Iran

Toulouse : Sabotage d’une quinzaine de commerces – 21 décembre 2019

Publié le 2020-01-06 15:37:04

On apprend que le dernier samedi avant Noël, de nombreux commerces du centre-ville toulousain sont restés portes closes, au moins pour la matinée. Les serrures d’une quinzaine de magasins de la rue Saint-Rome ont été engluées au cours de la nuit.

Une responsable d’une enseigne de vêtements de la rue raconte: « en arrivant ce matin à 8h40, j’ai découvert de la colle dans la serrure, évidemment impossible d’introduire la clé. J’ai du faire appel à un serrurier pour changer la serrure, soit 314 euros de frais ». Même sort pour un magasin de jeans.

« Une quinzaine de magasins ont connu le même sort », assure Marc Fridman de l’association des commerçants, « tous ceux dont la vitrine précède la grille avec une serrure sur la rue. J’ai du moi-même faire appel à un serrurier. Selon moi, c’est clairement un acte pour nous empêcher de travailler et les clients d’acheter. »

D’après un serrurier, le sabotage de ce type de serrure, qui s’accompagne souvent de la nécessité de changer les clés, peut coûter jusqu’à 600 euros.

Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire en charge du commerce, n’écarte aucune piste mais pense à un acte d’anti-consommation.

[Repris de ladepeche.fr, 21.12.2019]

Montgenèvre (Hautes-Alpes) : Des tags contre l’État, ses frontières, ses flics…

Publié le 2020-01-06 16:22:04

La Provence / lundi 6 janvier 2020

Ce lundi matin, près de 25 tags visant le capitalisme, les forces de l’ordre et plus globalement le tourisme ont été découverts à Montgenèvre (Hautes-Alpes), station de ski située à la frontière franco-italienne. Parmi les inscriptions taguées sur des murs, sur des panneaux de signalisation, ou dans le tunnel de Montgenèvre (RN94) : « la frontière tue, le tourisme est complice« , « mort à l’État« , « Acab » (All cops are bastards, « tous les flics sont des batards » ndlr), « No border, no nation, stop deportation » (« pas de frontière, pas de nation, stop à la déportation » ndlr), slogan régulièrement utilisé par les militants de l’ultra-gauche […]. . Une voiture de luxe stationnée, en l’occurrence une Porsche, a été taguée de l’inscription « brûlez-la« .

Le mois dernier, toujours à Montgenèvre, trois tags avaient été retrouvés sur la commune visant notamment les forces de l’ordre et soutenant le mouvement anarchiste. Plus globalement, des tags de l’ultra-gauche sont retrouvés depuis près d’un an. Une manifestation côté italien est attendue dimanche matin à Clavière, commune italienne et station de ski située à la frontière avec les Hautes-Alpes. Cette manifestation organisée par l’ultra-gauche mise à sensibiliser selon eux les touristes à la problématique des migrants.

Turin (Italie) : Dans la nuit… (révolte à la prison pour sans-papiers)

Publié le 2020-01-06 16:24:08

Macerie / dimanche 5 janvier 2020

Moins d’un mois après les dernières révoltes, hier soir les retenus ont commencé à nouveau leur travail de démolition du CPR [Centro di permanenza per i rimpatri, « centre de permanence pour les rapatriements », des camps pour sans-papiers, comme les CRA français; NdAtt.] de Corso Brunelleschi. Le feu démarre vers minuit dans les sections verte et rouge, puis il se propage aussi à la section blanche. La seule section non touchée est, donc, la bleue. Tandis que les flammes enveloppent les cages, les retenus sont dans la cour, entourés par les policiers. Tout à coup un groupe de personne solidaires arrive devant le centre et pendant quelques minutes, des deux côtés du mur, des cris de “Liberté” montent au ciel, avec la fumée. […]

Depuis quelques semaines, le CPR de Turin n’est plus le seul existant dans l’Italie du Nord. Un autre centre vient en effet d’ouvrir à Gradisca d’Isonzo. Le projet, tant vanté par le gouvernement, de construire un centre dans chaque région semble lentement se réaliser. L’obstacle principal sont toujours la rage et le courage des retenus : en plus des révoltes des derniers temps, des innombrables protestations et actes de résistance individuels ou par petits groupes marquent le temps dans le centre de Turin ; apparemment dans celui de Gradisca aussi, quelques jours à peine après son ouverture, les retenus ont protesté et il y a eu des épisodes de résistance.

La vengeance de ceux qui font marcher la machine des expulsions n’a pas tardé. Dimanche après-midi, quelques heures à peine après la révolte, après que les pompiers ont éteint les feux dans les sections incendiées, les forces anti-émeute sont entrées en force, d’abord dans la section verte, puis dans la rouge, ils ont tabassé les retenus et les ont fouillés. Après cette opération, sept gars ont été embarqués et arrêtés en tant que responsables des incendies.
La seule section qui a encore des chambres habitables est la bleue, dans les autres les retenus doivent passer la nuit dans la salle ou dans la cour, sans couvertures.

Samedi 11 janvier il y aura deux rassemblements, devant les CPR de Turin et de Gradisca.

La moindre des choses est de faire sentir notre solidarité à ceux qui continuent à se rebeller, avec détermination et courage, jusqu’à quand de ces centres ne resteront que des cendres…

[zad nddl]  « les communs » ou le majoritarisme ?

Publié le 2020-01-07 11:49:09

« Les communs » ou le majoritarisme ?

L’existence est un rapport conflictuel dans la vie, dans le monde, dans l’existence en global comme sur l’ex zad de Notre-dame -des-landes.

Il y existe encore en ce début de 2020 plusieurs groupes, plusieurs positionnements politique et stratégique, plusieurs classes sociales, plusieurs genres, nationalités, ages, « races », « religions ou croyances », validité/état de santé, philosophies…  qui sont niés ou minimisés ou invisibilisés. Il y a des choses non assumées, non dites.
Il n’y a pas un collectif mais un groupe majoritaire et dominant. Ce groupe a été nommé, analysé par d’autres dans des brochures et des zines récents ou anciens.

La fausse communication soit disant commune, collective et décisionnelle y est permanente. L’illusion de consensus y est entretenue. Rien n’ y est jamais stable ou acquis. Les manipulations, les secrets et les trahisons y sont nombreuses et constantes.

Il n’y a pas de consensus !

Il n’y a pas de commun !

Le groupe majoritaire/dominant (qui serait plutôt l’agrégat de collectifs/groupe/bande dominants) ne veut pas d’autres discours, d’autres point de vue que le sien qui se vit comme le seul « collectif », le juste « commun ». La présence de voix dissonantes et d’individu-e-s autres ; leur fait grand problème depuis longtemps. Ainsi les embrouilles, coups de pression et autres saloperies sont à l’œuvre de longs temps. Numériquement, beaucoup d’opposant-e-s à la normalité administrative et étatique sont parti-e-s. Ou, comme on l’a constaté, beaucoup sont poussé-e-s au départ. N’assumant que peu des conflictualités ouvertes, militarisées et médiatisées comme : expulsions, procès, bannissements etc, ces groupes majoritaires ont des pratiques plus « feutrées » qui mènent la vie dure et contraignent au départ plus d’un-e. Ici, nous constaterons que les griefs de ces dominant-e-s en plus des divergences politiques se doublent des clivages classistes. Le groupe dominant après les avoir utilisé dans les luttes, veux  éliminer, atomiser les dissident-e-s qui sont aussi les plus « pauvres » de la zone et les plus issu-e-s des classes sociales les plus basses.

L’opposition au capitalisme ( annoncée ou de façade) semble se vivre, se penser et se reproduire sur des schémas de personnes ayant des forts réseaux, moyens et capitaux.

L’opposition à l’Etat, lorsqu’elle n’est pas récusée par stratégie sous divers arguments fallacieux et rhétoriques, se ferait en invitant la préfète à goûter la bière bio ou à visiter les lieux. D’autres loin des déclarations creuse et des doubles jeux, à cette même préfète, montrent leurs culs !

 

Conclusion provisoire :

la Zad est devenue en majorité une zone de normalité où des « gauchistes-autoritaires », bien né-e-s, agriculteur-rice-s/bucheron-ne-s jouent aux opposant-e-s en continuant de dégager ou d’acheter les dernier-e-s résistant-e-s révolutionnaires.

Plusieurs lignes de TER à destination de Paris au ralenti – 6 janvier 2020

Publié le 2020-01-09 00:38:04

Ce lundi 6 janvier, des pétards de sécurité (ou pétards de voie) ont provoqué de nombreuses perturbations sur les lignes vers Paris, notamment Paris-Chartres, Paris-Compiègne ou encore Paris-Amiens. À chaque passage de train, « le conducteur doit faire un freinage d’urgence, suivi d’une procédure de sécurité et de vérifications qui prennent du temps », d’après la direction de la SNCF.

Certains ont été placés à hauteur de Rambouillet, Versailles et Trappes, occasionnant des retards en cascade, entre 5 et 9 heures, sur la ligne Paris-Chartres dans les deux sens. « Le premier train de la journée a déclenché trois pétards, dans le sens Chartres-Paris, et est arrivé avec 3h30 de retard à Montparnasse. La voie 2bis a été ouverte vers 7h15. Dans le sens Chartres-Paris, sept trains ont accusé des retards de 45 minutes à 1h30 et un train a été supprimé. Dans le sens Paris-Chartres, trois trains ont pris du retard et un train a été supprimé. Un premier départ était annoncé vers 8h15, mais le premier train de la journée n’est parti qu’à 8h54.

Les lignes Amiens-Paris et Compiègne-Paris ont également connu des perturbations. Selon la SNCF, ces retards s’expliquent par une « panne de signalisation » entre Clermont-de-l’Oise et Laigneville, peu avant 7h. Il s’agirait d’un blocage de barrières à un passage à niveau. La SNCF a ajouté que « plusieurs actes de malveillance entre Compiègne et Creil et à Longueil » ont continué de perturber le trajet des TER se dirigeant vers Paris Nord ». Il s’agirait de plusieurs pétards placés sur les voies. Il y a eu de nombreux retards et deux trains ont du être annulés. (cf ci-dessous)

Vers 7h10, un « acte de malveillance » a été commis sur la ligne N du Transilien. La SNCF signale que le trafic est « fortement ralenti entre Rambouillet et la gare Montparnasse ». « Un acte de malveillance a été commis près de La Verrière ».

En début de matinée du lundi 23 décembre, des pétards de voie ont été posés sur la voie ferrée entre Compiègne et Creil, occasionnant des retards sur la ligne Compiègne-Paris. « Ces pétards ont été déposés avant le passage du premier train de la matinée, circulant entre Compiègne et Paris. En cascade, le retard de ce premier train en a engendré d’autres sur les trains suivants. Lundi 16 décembre, des faits similaires avaient été constatés entre Clermont et Creil. »

[Repris de divers articles de presse]


[On reproduit un article du Parisien en date du lundi 6 janvier 2020, qui fait état de plusieurs actes de « sabotage » dans l’Oise et ailleurs en région parisienne ces derniers jours. Là où les flics débloquent au bout d’un quart d’heure des dépôts de bus ou de tram bloqués par des dizaines de personnes, d’autres (pas nécessairement aussi nombreuses) causent des retards conséquents en bloquant la signalisation ou les barrières des passages à niveau, ou encore en plaçant des pétards « de sécurité ». Bien évidemment, à chaque fois que d’autres moyens que la grève sont utilisés, les syndicats se dissocient de ces actes, ici un syndicaliste de la CGT]

Les sabotages sur les rails sèment la discorde chez les grévistes de l’Oise

Expression de la colère pour les uns, sabotage contre-productif pour les autres… Les pétards installés sur les voies près de Creil divisent les syndicats, qui craignent de se mettre définitivement à dos les usagers.

Une détonation retentit au passage du train et, pour les usagers à bord, c’est le signal du début des ennuis. Depuis décembre et le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, la circulation des trains régionaux est fortement impactée dans l’Oise.

Dimanche, la direction régionale des Hauts-de-France de la SNCF était pourtant toute heureuse d’annoncer une amélioration du trafic pour ce lundi, avec 4 TER sur 10. Résultat ? Une pagaille générale et des trains dépassant l’heure de retard.
Car le plan de circulation annoncé, et d’ailleurs identique pour ce mardi, ne prend pas en compte une autre réalité de la grève : les sabotages. Des « actes de malveillance », annoncent les écrans de la SNCF, qui se multiplient depuis le début du mouvement social.

Dans l’Oise, ils sont de plusieurs types. Mais deux modes d’actions reviennent souvent : le blocage de la signalisation ou des barrières au niveau des passages à niveaux et le placement de « pétards » sur les rails. Ce lundi, les usagers de la ligne Compiègne-Paris et Amiens-Paris auront souffert des deux.
« On est parti à 7h07 de Compiègne », raconte Guillaume Toussaint, usager et membre du collectif Sncfvamtuer. « Nous sommes arrivés à 9h30 à Paris au lieu de 8h11. »
Sur leur trajet, plusieurs incidents sont survenus entre Pont-Sainte-Maxence et Creil. « On a eu une détonation avant Rieux, puis un nouvel arrêt juste après, avec cette fois un problème de signalisation bloquée. Ensuite, on a été arrêté deux fois à cause de pétards sur les voies avant Creil », soupire-t-il. Ces actions ont entraîné d’autres retards et l’annulation de deux trains.

Ces « pétards » ne sont pas ceux que l’on trouve dans le commerce. Il s’agit d’un outil de signalisation, qui prend la forme d’une capsule explosive munie de griffes qui se fixent au rail. Cette dernière explose lorsqu’elle est écrasée par les roues d’un train.
Leur but? Attirer l’attention du conducteur sur un danger potentiel ou prévenir de travaux. Ce dernier doit alors s’arrêter. « C’est une consigne à laquelle aucun conducteur ne déroge, une des priorités, presque la première chose qu’on apprend », explique la SNCF.

Combien d’incidents recense-t-on depuis le début du mouvement ? La SNCF ne donne pas de chiffres mais indique que, depuis le début de la mobilisation, elle porte plainte à chaque fois. Contre qui ? Si les pétards utilisés suggèrent que les saboteurs connaissent la maison, la direction se refuse à incriminer les cheminots grévistes : « Il est toujours possible que des personnes n’appartenant pas à la SNCF aient volé des pétards pour les utiliser. »

Mais en interne, d’autres persiflent : « A chaque grève, les pétards ressortent. C’est une manière de perturber le trafic quand le nombre de grévistes n’est pas suffisant pour le faire », estime un cadre, pour qui « il s’agit bien sûr de gens de chez nous. Il faut s’y connaître pour savoir où et quand les poser, c’est dangereux ! »

Ces accusations font bondir les syndicats. « Nous ne sommes pas les seuls à utiliser ce type de pétards. Des sociétés privées en utilisent aussi, précise Cédric Truant, de la CGT des cheminots du Beauvaisis. Par ailleurs, nous n’incitons jamais les grévistes à faire cela. C’est par l’explication et la discussion qu’on arrive à convaincre les gens. Ce sont des actes isolés et indépendants. »
Stéphane Simon, responsable syndical FO Cheminot sur le Bassin creillois, est plus nuancé. Pour lui, le mot « sabotage » est de trop. « Il n’y a rien de violent, rien de saboté. C’est simplement une colère qui s’exprime face à un gouvernement qui n’entend pas les grévistes. »
Ce mode d’action ne fait en tout cas pas l’unanimité chez les grévistes. Car certains redoutent de perdre le soutien de la population. « Les gens sont derrière nous. Si on sabote les lignes qui fonctionnent, on va perdre cet élan de sympathie. C’est contre-productif », jugent-ils.
C’est également l’avis des usagers. « On respecte le droit de grève, réagit Guillaume Toussaint. Mais ce type de sabotage, c’est la goutte d’eau, ça nous met en colère. On en parle dans le train et même ceux qui soutiennent les grévistes n’acceptent pas ce genre d’actes. »
Pour y faire face, la SNCF multiplie les tournées là où les « sabotages » sont les plus fréquents ; « à la sortie de Lille, à Amiens et dans le Creillois. » Mais elle regrette qu’on mobilise du personnel, « alors qu’il pourrait être utile ailleurs ».

Tag à Paris, janvier 2020

À Maxéville, des chants contre la taule

Publié le 2020-01-09 00:38:12

extrait de Manif-est.info / mardi 7 janvier 2019

Lundi 30 décembre, en fin d’après-midi, une belle cinquantaine de personnes se sont retrouvées aux abords de la prison de Nancy-Maxéville pour témoigner, force chansons et feux d’artifice, leur soutien aux personnes incarcérées ainsi que leur opposition aux prisons. […]

Réflexions à propos de la ZAD : une autre histoire

Publié le 2020-01-09 00:38:12

Un regard en arrière un an après les expulsions

J’ai écrit ce texte au printemps 2019. Il était en anglais, pour un public anglophone, parce qu’il n’y avait presque pas d’information disponible, et j’étais fatiguée de répondre toujours cette même question : « Mais merde, qu’est-ce qu’il s’est passé ? ». C’était aussi douloureux d’en parler, il me semblait plus simple d’avoir quelque chose d’écrit et partageable. J’ai été longtemps opposée à sa traduction, car il était simplifié et écrit pour des personnes qui ne comprennent pas le contexte en France ni sur la ZAD. J’aurais écrit quelque chose de très différent en français, avec plus d’analyses sur les rôles des différentes composantes, et des groupes qui ont existé sur la ZAD. J’espérais et j’espère toujours que quelqu’un.e va écrire ce texte. Mais évidemment, d’autres sont toujours en train d’essayer de réécrire l’histoire, je ne devrais pas en être surprise, leur franchise(1) dépend de ces mensonges. C’est cette réécriture de l’histoire qui m’as motivé à publier une traduction.

1. Au sens de la license commerciale, et non de l’honnêteté évidemment



Introduction de Crimethink

À partir des années 1960, des personnes se sont organisées pour bloquer la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes dans l’Ouest de la France. C’est devenu l’occupation connue à travers le monde comme la ZAD - la Zone À Défendre. En janvier 2018, le gouvernement français annonçait que l’aéroport ne serait pas construit ; en Avril et Mai 2018, la police française menait une opération militaire brutale pour y ré-introduire le contrôle de l’État. De nos jours, le ZAD n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était.

Comment est-il possible pour l’État français d’écraser cet exemple aussi puissant d’autonomie ? Dans la rétrospective qui suit, une résidente de longue date explore comment les dynamiques internes ont aidé à ouvrir la voie à la répression par l’État. C’est l’une des nombreuses histoires qui pourraient être racontées à propos de la ZAD, mais nous considérons que c’est un document historique important qui pose des questions cruciales sur la façon d’équilibrer autonomie et responsabilité et comment combattre des dynamiques autoritaires qui émergent de l’intérieur. Nous espérons que cela aidera les luttes menées autour du globe de nos jours.

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Péage de narbonne: 21 peines de prison ferme pour des dégâts matériels

Publié le 2020-01-09 00:38:12

AUDACE

Ce samedi là, à Narbonne, des centaines de Gilets Jaunes se retrouvent au péage à la sortie de la ville. Un péage de la multinationale Vinci. Cette entreprise qui fait des milliards de profits sur les autoroutes françaises, jadis publiques, qui devraient être gratuites. Vinci, qui bétonne, saccage, détruit et précarise aux quatre coins de la planète. Au cours de cette soirée, sur cette autoroute, les gendarmes sont chassés par les Gilets Jaunes. Le péage est incendié. Le « peloton autoroutier » des gendarmes aussi est mis à sac, dans une sorte de liesse insurrectionnelle que les témoins ont eux même du mal à décrire. “Je ne reverrai plus jamais ça de ma vie” déclare un prévenu.

Il n’y a pas de blessés. Les dégâts sont uniquement matériels. Mais c’est une offense majeure pour l’Etat : les gueux ont mis en échec les forces de l’ordre et détruit un péage. Audace ultime, un véhicule en feu a même été projeté, grâce à un engin de chantier sur la structure de Vinci. Les images font le tour des réseaux sociaux. C’est cette audace qu’il faut briser, anéantir, terroriser. Des moyens gigantesques sont mis en œuvre pour arrêter un maximum de personnes présentes.

PROCÈS POUR L’EXEMPLE

Il y aura trois vagues d’interpellations pendant plus de 6 mois. Au total, 31 personnes inculpées. Et un procès à grand spectacle, organisé en décembre 2019, un an après les faits. Il ne faut pas moins de 10 jours d’audience. On entendra beaucoup les gendarmes lors de ce procès. « Psychologiquement, la blessure est profonde. Abandonner des locaux de service, c’est douloureux, c’est une forme de défaite. » se lamente un colonel, « voir des énergumènes revêtir des uniformes de gendarmerie sur les réseaux sociaux, ce sont autant de coups de poignard. » Un capitaine se plaint d’avoir utilisé tout son arsenal : « à un moment, il n’y a plus de grenade de désencerclement, on n’a plus de Flash-Ball. » La commissaire ajoute : « on a 200 personnes enfermées en train de faire la fête dans une gendarmerie et dans les locaux de Vinci. Je suis seule au monde, ma ville va cramer, voilà ce que je me dis.”

Tout le monde s’accorde à dire que ce soir là, la situation bascule. C’est l’ insurrection. La commissaire : « on a fait la chasse dans la ville, avec le PSIG et huit policiers. C’était apocalyptique. […] On ne s’y attendait pas. On ne pouvait pas le prédire. Quand ça pète partout, au même moment comment on fait ? »

Les Gilets Jaunes sont salis, décrits comme des fous ou des animaux par les forces de l’ordre : « ils étaient dans un état de démence totale, du fait de l’alcool et de la drogue. C’était des sauvages. » Les gendarmes réclament 12 000€ chacun au titre du « préjudice moral ». Vinci va demander de son côté plus de 10 millions d’euros !

La procureure parle d’une foule « bête et brutale », ce qui mérite une punition collective, pour toutes les personnes arrêtées. Elle fait le parallèle avec un acte terroriste, et multiplie les diatribes félicitant les gendarmes, et regrettant presque qu’ils n’aient pas tiré à balles réelles.

Les prévenus sont décrits et interrogés un par un. On dissèque leurs vies. On parle de leurs problèmes sociaux, familiaux, ou d’alcool. On les humilie. Parmi eux, Sofiane, accusé d’avoir volé un playmobil dans les locaux de Vinci. Oui, un playmobil. La procureure demande « deux ans d’emprisonnement dont un an de sursis » ! Pour un autre, dont le téléphone a simplement borné sur place, « 12 mois de prison avec sursis ». Autrement dit, pour rien. Un Gilet Jaune qui s’est filmé avec une veste de gendarme ? 30 mois de prison. Pour Jeremie, accusé d’avoir emporté une veste de flic : 30 mois de taule. Pour Adrien, qualifié de « révolutionnaire », 5 ans de prison dont deux avec sursis mise à l’épreuve. Ou encore, pour Kevin, soupçonné d’avoir conduit le fameux engin de chantier : 5 ans ferme. Les réquisitions sont délirantes. Digne du grand banditisme. On demande des dizaines d’années de prison pour des dégâts matériels.

BALANCES

Ce procès est celui de la délation. La plupart des personnes arrêtées l’ont été sur dénonciation. Beaucoup se sont balancés mutuellement en garde à vue, ou on fait des aveux stupides. Parmi les pires balances, un certain Jimmy, qui a « identifié » plusieurs prévenus. Il a notamment chargé Kevin, en l’accusant de tous les faits les plus grave. Sa lâcheté ne sera même pas payante, puisque la procureure demande quand même de la prison pour lui.

A la lecture des déclarations, si personne n’avait balancé ou parlé en garde à vue, il y aurait eu très peu d’arrestations.

Ce procès laisse un goût amer : des dizaines de vies détruites par la naïveté ou par la collaboration. Sur 31 personnes jugées, le parquet aura demandé l’enfermement de 27. Tous auront été humiliés lors de l’audience, et contraint de s’excuser platement. La plupart devront rembourser « solidairement » les millions d’euros de dommages estimés.

VERDICT

Le 7 janvier, le verdict final tombe. Les juges suivent les réquisitions : 21 peines de prison ferme. Plusieurs maintiens en détention. Et surtout, 5 années de taule pour Kevin, accusé sans preuve d’avoir conduit le véhicule avec la camionnette en feu. La seule preuve, c’est la dénonciation de son ancien « ami », Jimmy. Pourtant, à la sortie du verdict, plusieurs personnes remercient les juges, et se félicitent de leur « clémence ». Comme si le fait de distribuer des années de prison pour des dégâts matériels n’était finalement pas si grave. Alors que les policiers assassins et les criminels en col blanc se pavanent en tout impunité.

 

A Narbonne, ce sont donc 21 vies heurtées en ce début d’année 2020. Brisées par l’enfermement, ou les dettes à vies qui découleront de ce procès. 21 personnes qui paient très cher le fait d’avoir effrayé, un soir de fête, ce pouvoir mortifère.

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Saint-Maximin (Oise) : La voiture de la police municipale incendiée

Publié le 2020-01-09 00:38:15

Le Courrier Picard / mercredi 8 janvier 2020

Il était environ 23 h 45 lorsque l’unique véhicule de la police municipale de Saint-Maximin (Oise) a été incendié, mardi. Stationné sur le parking de la mairie, le véhicule a vu ses pneus exploser à cause de la chaleur. Le feu s’est ensuite propagé au bâtiment communal tout proche qui abrite la cantine. « Heureusement, les pompiers ont vite circonscrit le feu en passant par le toit car les portes extérieures étaient bloquées.

Aucun dommage n’est à déplorer au sein des locaux 
», rassure Serge Macudzinski, maire de la commune. Pour les gendarmes, il s’agit d’un acte volontaire. « C’est scandaleux, effarant, s’insurge Serge Macudzinski. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Je ne comprends pas. » L’enquête est confiée à la brigade de recherche de Chantilly. La vidéo de la caméra située sur ce parking est en cours d’exploitation et une enquête de voisinage est en cours. Le véhicule devrait être remplacé rapidement. En attendant, un autre véhicule de la commune sera mis à disposition de la police municipale.

Agadez, Niger : Révolte incendiaire de réfugiés soudanais dans un camp de l’ONU – 4 janvier 2020

Publié le 2020-01-09 03:37:06

Une révolte a éclaté dans un camp de l’ONU à Agadez au Niger, samedi 4 janvier 2020. Près de 90% du camp ont été réduits en cendres. Ils protestent depuis mi–décembre pour un traitement de leurs demandes du statut de réfugié plus rapide et leur acheminement vers l’Europe.

La police nigérienne affirme avoir “identifié 335 demandeurs d’asile soudanais” ayant participé à l’incendie de leur centre d’hébergement, un camp situé à 15 km d’Agadez, au centre du Niger. Selon Seyni Saidou, le procureur du tribunal de grande instance d’Agadez s’exprimant lundi 6 janvier à la télévision locale, le groupe a été “interpellé et mis à la disposition de la police” samedi 4 janvier.

Ces arrestations ont eu lieu après après que des centaines de demandeurs d’asile soudanais ont été délogés par les forces de sécurité des locaux du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) où ils avaient entamé un sit-in depuis le 16 décembre afin d’exiger l’accélération du traitement de leurs demandes du statut de réfugié et leur acheminement vers l’Europe. Tous ont fui la misère et l’esclavage en Libye.

« Une fois ramenés sur leur site dans des bus, ils ont d’abord mis le feu au camp » avant de s’en prendre « à coups de projectiles aux éléments des forces de sécurité » qui les ont escortés, a expliqué un responsable municipal cité par l’AFP. Sur les « 331 habitations » du camp, « 290 habitations et l’infirmerie ont été réduites en cendres« , ont déploré les autorités locales. Au moins deux personnes ont été blessées par les manifestants qui ont « cassé des vitres des bus ».

Avant l’incendie, quelque 1 400 migrants, majoritairement des Soudanais ayant fui depuis 2017 l’insécurité et l’esclavage en Libye, vivaient dans ce camp du HCR. Depuis 2018, ces Soudanais manifestent régulièrement à Niamey et à Agadez pour exiger l’accélération de leur procédure de réinstallation dans des pays d’accueil en Europe. Ils demandent notamment à être traités comme ces centaines d’Éthiopiens et d’Érythréens passés par Niamey et qui ont pu être réinstallés en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande.

Interrogé en décembre par l’AFP, le ministre nigérien de l’Intérieur a assuré que « les dossiers des Soudanais d’Agadez [étaient] en train d’être traités dans la célérité ».

Berlin (Allemagne) : La solidarité c’est l’attaque – une action pour les squats en Grèce

Publié le 2020-01-09 03:37:14

de.indymedia.org / mardi 7 janvier 2020

Le 6 janvier, nous avons choisi de déployer une banderole au carrefour de la Liebig- et de la Rigaer Strasse et d’attaquer une voiture de police, pour montrer notre solidarité avec les projets de maisons collectives menacés à Berlin et les squats expulsés à Athènes.
La banderole dit : « Solidarité avec les squats en Grèce – Vengeance pour les expulsions de Koukaki ».

Lorsqu’elle a été posée de travers de la rue, une voiture de patrouille de la police est arrivée ; elle a été attaquée à coups de pierres par l’équipe d’appui et forcée à fuir.

Les mouvements anarchistes à Berlin et à Athènes font face à des conditions similaires, par exemple la volonté du gouvernement de nous éliminer et de s’emparer de nos quartiers et des espaces occupés. Malgré les différences entre le mouvement en Allemagne et celui en Grèce, l’ennemi est le même. L’odeur des ordures en uniforme est le même, les barrières des prisons sont les mêmes. Au final, le but de ces deux États est le même : éliminer la résistance des mouvements anarchistes combatifs.

Ce n’est pas facile de lutter contre une force de police qui agit comme une armée, avec des tactiques de contre-insurrection et de désinformation. Nous sommes tout à fait d’accord avec la citation de Sun Tzu, que nous avons trouvée dans la revendication des compas d’ Athènes, lorsqu’ils/elles ont attaqué certaines cibles, le 6 décembre :

« Si vous avez les capacités, paraissez incapable, si vous passez à l’action, paraissez inactif, si vous êtes proches, paraissez lointain, si vous êtes lointain, paraissez proche.
Si vos ennemis ont l’avantage, faites leur des promesses. S’ils sont désordonnés, capturez-les. S’ils sont nombreux, protégez-vous d’eux. S’ils sont forts, évitez-les. S’ils sont en colère, perturbez-les. S’ils sont prudents, rendez-les téméraires. S’ils sont inattentifs, piégez-les. S’ils sont unis, divisez-les. Attaquez là où vos ennemis ne sont pas préparés. Allez là où ils ne vous attendent pas. »
(Attaques coordonnés contre 30 cibles étatiques et capitalistes, le jour anniversaire de l’insurrection de 2008)

Comme en Grèce, à Berlin le gouvernement veut expulser les squats, tel Liebig34. Cette action a eu lieu devant leur porte. Les sous-fifres de l’État sont peut-être partout dans Friedrichshain [le quartier où se trouvent Liebig- et Rigaerstrasse; NdAtt.], mais ils ne seront pas en sécurité, si nous suivons davantage des tactiques de guérilla.

Pour l’instant les squats sont l’enjeu plus important, car ils sont un des outils les plus précieux pour le mouvement anarchiste. Ils représentent un monde d’égalité, loin de la hiérarchie, du sexisme et du racisme.

Du coup, en raison de notre « faiblesse » dans la rue, nous avons réalisé cet guet-apens pour exprimer notre lutte commune contre la violence capitaliste. Peut-être que demain nous attaquerons ailleurs. Ou bien nous apparaîtrons d’un coup, avec beaucoup de monde, pour transformer une manifestation en émeute. Si on ne permet pas aux squats, aux migrant.e.s et aux pauvres de vivre à leur manière, nous ne permettrons pas à la société de reposer en paix et dans l’ennui.

quelques bahalakides*

P.S. Ce n’est pas par hasard si cette action s’est déroulée dans la nuit du 6 au 7 janvier. Il y a 15 ans, dans un poste de police de la ville de Dessau, la police allemande a brûlé vif dans une cellule de garde à vue le prisonnier Oury Jalloh.

 

* Note d’Attaque : émeutier.e.s, en grec.

Crémone (Italie) : 1,2,3 black-out

Publié le 2020-01-09 03:37:14

Round Robin / mercredi 8 janvier 2020

1,2,3 black-out
entre fin décembre et début janvier, il y a eu 3 black-outs, en plein centre-ville, à Crémone.
Le pouvoir parle d' »accident non spécifié ». Des rebelles évoquent un sabotage ciblé. Et voilà une fois pour trois !
Depuis les révoltes à travers le monde, diffuser black-out et obscurité.

Chauvé (Loire-Atlantique) : L’enfant Jésus a passé un sale quart d’heure

Publié le 2020-01-09 03:37:14

Le Courrier du Pays de Retz / mercredi 8 janvier 2020

Triste spectacle pour les paroissiens, jeudi 2 janvier 2020. En entrant dans l’église, en fin d’après-midi, ils ont découvert que des objets ont été dégradés.
Dans la crèche, la statuette représentant Jésus a été en partie cassée. Des chaises ont été renversées, des livres de prières se trouvaient aussi à terre.

La paroisse comptait déposer plainte en gendarmerie, compte tenu du fait que cet acte n’est pas le premier relevé dans l’église. D’autres faits ont eu lieu au cours de ces dernières semaines.

Montpellier : Deux ans de prison ferme pour l’incendie de la voiture de la police municipale du 7 septembre 2019 – 3 janvier 2020

Publié le 2020-01-09 03:37:14

Selon Me Aude Widuch, les preuves contre son client ne sont pas solides. Elle a expliqué que les équipements saisis ne correspondaient pas à ceux visibles sur les images de vidéosurveillance sachant que, ce jour-là, des dizaines de personnes avaient le même équipement. Pour elle, le bornage effectué n’est pas probant.

« Le feu est déclenché à 15 h 24 et son téléphone a borné au relais du haut de la rue à 16 h 06, donc mon client serait resté dans la rue 45 minutes, pour qu’on vienne le chercher ? Super le Back bloc ! », a-t-elle ironisé.

Apportant une autre explication au parcours de son client pendant la manifestation.  » Comment a-t-il pu parcourir 3,7 km en 6 minutes ? « , a-t-elle interrogé le tribunal.  » En fait, il a pris le tram et il est rentré chez lui « , dit-elle faisant remarquer que le dernier bornage était celui du domicile du prévenu.

Réflexions à propos de la zad : une autre histoire

Publié le 2020-01-09 11:40:03

Introduction de Crimethink

À partir des années 1960, des personnes se sont organisées pour bloquer la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes dans l’Ouest de la France. C’est devenu l’occupation connue à travers le monde comme la ZAD – la Zone À Défendre. En janvier 2018, le gouvernement français annonçait que l’aéroport ne serait pas construit ; en Avril et Mai 2018, la police française menait une opération militaire brutale pour y ré-introduire le contrôle de l’État. De nos jours, le ZAD n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était.

Comment est-il possible pour l’État français d’écraser cet exemple aussi puissant d’autonomie ? Dans la rétrospective qui suit, une résidente de longue date explore comment les dynamiques internes ont aidé à ouvrir la voie à la répression par l’État. C’est l’une des nombreuses histoires qui pourraient être racontées à propos de la ZAD, mais nous considérons que c’est un document historique important qui pose des questions cruciales sur la façon d’équilibrer autonomie et responsabilité et comment combattre des dynamiques autoritaires qui émergent de l’intérieur. Nous espérons que cela aidera les luttes menées autour du globe de nos jours.

https://crimethinc.com/2019/04/23/reflections-on-the-zad-looking-back-a-year-after-the-evictions

Pyrénées-Atlantiques : Des statues de la Vierge en miettes

Publié le 2020-01-11 11:44:05

La République des Pyrénées / jeudi 9 janvier 2020

En moins d’une heure ce jeudi matin, cinq statues de la Vierge Marie ont été vandalisées dans les églises Saint-Martin, Saint-Jacques et Notre-Dame de Pau. Une autre statue a été détruite à Saint-Julien, à Lons. Les mêmes faits se sont reproduits à Artix, Mourenx et Denguin. […]
Le diocèse, en début de soirée signalait d’autres statues de la Vierge vandalisées ailleurs en Béarn.

A l’église d’Artix, mais aussi à Mourenx et Denguin. « Le mode opératoire est le même qu’à Pau, ce qui laisse supposer que ces actes devandalisme sont le fait d’une seule et même personne ou du même groupede personnes, agissant dans la même intention qu’à Pau », écrit Olivier Drapé, Directeur diocésain de la communication.

Besançon : Les politiciens à la retraite

Publié le 2020-01-11 11:45:10

extrait de l’Est Républicain / mercredi 8 janvier 2020

Ça n’a pas tardé : inauguré ce lundi le local de campagne d’Alexandra Cordier, 16 rue Pasteur, a déjà été tagué. Par des anarchistes, si l’on en croit le signe tracé à la peinture.


Lesquels ont laissé deux messages relativement brefs. Le premier (« dégage ! ») est assez classique. « Le second ( « à la retraite ! ») est plus surprenant : une allusion au conflit social en cours, sans doute […]

Toulouse : Comment faire d’une pierre (à briquet) deux coups

Publié le 2020-01-11 11:46:03

extrait de La Dépêche / vendredi 10 janvier 2019

Des milliers d’abonnés de l’opérateur Free ont été privés de l’accès à leur box, ce jeudi. La plateforme téléphonique de Leroy Merlin a dû s’interrompre. À l’origine de cette panne géante deux incendies criminels près du réseau de fibre optique au nord de Toulouse.

Les abonnés de l’opérateur Free dans le Tarn-et-Garonne ont été privés de connexion internet et même de ligne téléphonique fixe une bonne partie de ce jeudi. […]
En attendant, des milliers d’abonnés dont de nombreuses entreprises du département ont été contraintes de lever le pied à l’instar de la plateforme téléphonique de Leroy Merlin Montauban. […]

Une situation qui ne touche pas uniquement le Tarn-et-Garonne. « La panne fait suite à un incendie à proximité du réseau de fibre qui relie les sites techniques entre Toulouse et Montauban« , a fini par nous informer le service presse du groupe Iliad.
Cette liaison fibre concerne et impacterait plusieurs opérateurs dont SFR. « Les équipes sont sur place afin de procéder au rétablissement du service qui nous l’espérons sera finalisé dans l’après-midi », confirme la responsable. Peu avant 16 heures, les abonnés ont pu retrouver leur moyen de communication après une panne qui aura duré plus de huit heures.
Quant à l’incendie, il serait d’origine criminelle. Il a aussi lourdement impacté le trafic ferroviaire entre Toulouse et Montauban. « Vers 6 h 30, deux feux volontaires ont endommagé des câbles de signalisation sur la ligne Toulouse – Montauban à proximité de Lacourtensourt (31) », confirme la direction régionale de la SNCF. Cet incident a fortement perturbé le trafic ferroviaire entre Toulouse et Montauban. […]

Contre toutes les guerres, contre tous les gouvernements, contre toutes les oppressions : comprendre la « guerre » iran-usa

Publié le 2020-01-11 12:01:04

Après les frappes de missiles, le gouvernement irakien a annoncé que l’armée iranienne avait tiré 22 missiles et que 17 d’entre eux avaient touché la base aérienne d’Al-Asad, dont 15 ont explosé – sans faire de victime. Dans une déclaration ultérieure, le gouvernement irakien a déclaré que des responsables iraniens les avaient avertis à l’avance des attaques. Si cela est vrai, il semble probable que le gouvernement iranien ait délibérément évité de tuer des troupes américaines tout en démontrant qu’il est capable de toucher des cibles américaines. C’est une façon pour le gouvernement iranien de sauver la face et de calmer les extrémistes, tout en laissant aux États-Unis la possibilité de ne pas intensifier les hostilités officielles.

Moyen Orient

La véritable réponse à l’assassinat  de Soleimani (qui était un militaire sanguinaire) aura probablement lieu en dehors du théâtre officiel de la guerre, sous forme de violence par procuration et d’attaques terroristes. L’Iran soutient des forces dans tout le Moyen-Orient, en particulier en Irak et au Liban, où son mandataire, le Hezbollah, est sans doute plus puissant que le gouvernement officiel. L’Irak et la Syrie ont déjà connu de nombreuses années de violence; maintenant, il semble inévitable que tout le territoire de la mer Caspienne à la Méditerranée sera déchiré par la guerre civile pour les années à venir. L’État islamique, qui a perdu le dernier de son territoire il y a moins d’un an, sera remplacé par d’autres groupes qui ont appris de sa montée et de sa brutale et rapide chute.

Donc, que l’escalade des États-Unis avec l’Iran déclenche un conflit au sol ou mène à une occupation, cela représente une autre étape vers une politique étrangère américaine qui présume et accélère un avenir de guerre civile mondiale. En tant qu’opposants à la fois à la guerre et à la tyrannie, nous devons analyser ce que les autoritaires de tous bords peuvent tirer de cette approche.

Tout d’abord, il convient de répéter que l’escalade du conflit américain avec l’Iran confirme notre thèse selon laquelle lorsque Donald Trump a encouragé le président turc Recep Tayyip Erdo?an à envahir la Syrie, ce n’était pas une étape vers le retrait américain de la région, mais simplement un remaniement des alliances américaines dans le Moyen-Orient vers des acteurs plus autoritaires. Les États-Unis avaient déjà envoyé 14 000 soldats supplémentaires dans la région avant de donner le feu vert à Erdo?an; depuis, des milliers de soldats les ont suivis. Les «anti-impérialistes» supposés qui ont raconté le mensonge de Trump selon lequel il tirait les États-Unis des «guerres sans fin» ont naïvement couvert son effort pour encourager les ambitions impériales turques et russes  (d’autres impérialismes) tout en lui préparant le terrain pour intensifier le conflit avec l’Iran.

Malgré les craintes généralisées des démocrates que Trump essaie de déclencher une guerre pour détourner l’attention des procédures de destitution (dans l’impasse) ou pour manipuler le public (déjà polarisé) avant les élections, il semble clair que Trump ne cherche pas une guerre conventionnelle avec l’Iran. . Il veut peser sur le poids militaire américain sans être impliqué dans des opérations terrestres. S’inspirant d’Israël, il espère pouvoir ordonner des frappes aériennes chirurgicales contre des adversaires étrangers de haut rang sans avoir à occuper un autre pays; de cette façon, il peut obtenir le crédit de sa base islamophobe pour avoir été dur, tout en perpétuant la tromperie mince qu’il «tire l’Amérique des guerres sans fin». En bref, il veut une escalade sans enchevêtrement.

Guerres ?!

La vérité est que la guerre du 21e siècle sera différente de l’invasion et de l’occupation de l’Irak en 2003. Le conflit en Syrie nous donne une idée de ce à quoi nous pouvons nous attendre: une guerre civile de longue date impliquant des mandataires représentant la plupart des acteurs mondiaux du pouvoir, dans laquelle les distinctions entre civils et militaire s’estompent de toutes parts. Nous verrons probablement plus de cas dans lesquels la violence officielle de l’État est performative, comme les frappes de missiles iraniens d’hier, tandis que les vrais combats et les morts sont perpétrés par des mandataires, des forces paramilitaires et des civils. L’effondrement du vol 752 d’Ukraine International Airlines immédiatement après la frappe de missiles, dans laquelle un grand nombre de Canadiens et d’Ukrainiens ainsi que d’Iraniens ont été tués, illustre cela, tout comme les deux tirs de roquettes qui ont frappé la «zone verte» à Bagdad immédiatement après Trump a annoncé qu’il ne répondrait pas aux frappes iraniennes.

Civil

Ainsi, les principales victimes de l’escalade de Trump seront des civils – probablement des citoyen-ne-s américain-e-s,  Iranien-ne-s ou des Irakien-ne-s. Pourtant, il semble clair que Trump ne s’inquiète pas de la probabilité que des civils américain-e-s soient ciblé-e-s en raison de sa décision de cibler Soleimani. Au contraire, il peut même accueillir de telles attaques, comptant sur elles pour conduire des Américains plus craintifs et ignorants dans son camp.

Depuis 2001, les républicains n’ont profité que de politiques qui ont polarisé des populations entières, entraînant la montée de l’Etat islamique, des attaques terroristes et des morts de centaines de milliers de civils. Ils comptent sur la menace du fondamentalisme islamique pour rendre leur propre autoritarisme fondamentaliste attrayant. Cela nous donne un autre angle sur le tweet de Trump déclarant «Tout va bie n! »  Et «Jusqu’à présent, tout va bien ! » Immédiatement après la frappe de missiles iraniens.

Aucune force brute ne peut maintenir l’ordre mondial néolibéral – et Trump n’essaie pas de le maintenir ensemble. Au contraire, lui et ses compatriotes nationalistes visent à faire en sorte que les conflits qui succèdent à l’ordre néolibéral se déroulent sur des bases ethniques et nationales plutôt que d’unir tout le monde contre la classe dirigeante qu’il représente. Exemple concret: le gouvernement iranien, menacé par des troubles massifs il y a à peine deux mois, peut maintenant utiliser l’escalade du conflit avec les États-Unis pour légitimer son autorité au niveau national.

Contre tous les Etats !

En réponse aux machinations des gouvernements iranien et américain, nous visons à identifier et à résister à tout effort pour nous retourner les un-e-s contre les autres. Nous visons à renforcer la solidarité au delà des frontières nationales, ethniques et religieuses tout en faisant tout notre possible pour renverser les gouvernements autoritaires deWashington DC à Téhéran. Nous espérons que des mouvements révolutionnaires vont éclater des deux côtés de chaque frontière. L’escalade de la violence d’État est censée rendre cela impossible – substituer la guerre à la révolution. Dans un monde dirigé vers des guerres toujours plus diffuses, aiguillonnées par des hommes forts nationalistes, notre meilleure chance de survie est de tisser des liens entre des mouvements sociaux combatifs comme ceux du Liban, de l’Égypte et de l’Iran – et il n’y a pas si longtemps, même en Russie et en Turquie – et j’espère bientôt aux États-Unis, ainsi qu’à Hong Kong et au Chili. Combattons celleux qui voudraient nous faire mourir en leur nom, pas les un-e-s les autres.

Cela contraste fortement avec la stratégie impliquée par l’approche de certain-e-s gauchistes autoritaires aux États-Unis ou ailleurs, qui, toujours à la recherche d’une autorité pour affirmer, ont décidé de légitimer le gouvernement iranien. Soyons clairs: cela revient à cracher sur les tombes des + de 1 500 personnes tuées par le gouvernement iranien pour réprimer les récents soulèvements, émeutes, manifestations ou révoltes. C’est pour légitimer toutes les prisons et la police en Iran et toutes les formes de tyrannie contre lesquelles le peuple iranien s’est élevé. Nous n’avons pas à affirmer la légitimité des autorités iraniennes pour condamner Trump pour avoir tenté de les inciter à nous viser. S’il y a des alliés naturels pour nous dans cette situation, ce devraient être ceux qui résistent à l’autorité du gouvernement iranien de la même manière que nous nous opposons à l’autorité de Trump.

Pour notre part, notre réseau comprend des réfugié-e-s qui ont été contraint-e-s de fuir le gouvernement autoritaire d’Iran. Nous ne pouvons pas soutenir «le moindre de deux maux», ni accepter le genre de raisonnement binaire qui suggère que quiconque s’oppose au gouvernement américain doit donc être un gouvernement bon et légitime. Nous sommes aux côtés de celleux du Moyen-Orient qui ont déclaré que :

    L’opposition aux frappes aériennes de l’impérialisme américain et aux menaces de guerre contre l’Iran et l’Irak ne peut être efficace que si elle est enracinée dans la solidarité avec les forces progressistes et révolutionnaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et une opposition totale à tous les gouvernements autoritaires et puissances impérialistes de la région.

Nous aimerions voir d’autres aux États-Unis consacrer plus d’énergie à découvrir les mouvements de résistance anti-autoritaires en Iran et ailleurs au Moyen-Orient, et moins d’énergie à essayer de réhabiliter Soleimani en héros «anti-impérialiste».  Les deux parties qui souhaitent nous imposer le faux binaire «Trump ou Iran» sont symétriques en ce qu’elles comptent sur la menace représentée par l’alternative pour nous forcer à nous rallier à elles. Nous devons rendre une autre option envisageable: une route commune vers la liberté.

    «Le monde n’est pas divisé en pays. Le monde n’est pas divisé entre l’Est et l’Ouest. Vous êtes américain, je suis iranien, nous ne nous connaissons pas, mais nous parlons ensemble et nous nous comprenons parfaitement. La différence entre vous et votre gouvernement est beaucoup plus grande que la différence entre vous et moi. Et la différence entre moi et mon gouvernement est beaucoup plus grande que la différence entre moi et vous. Et nos gouvernements sont à peu près les mêmes. »

    -Marjane Satrapi

Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) : Contre la démocratie, contre la république (en marche ou à l’arrêt)

Publié le 2020-01-11 12:02:04

info-chalon.com / vendredi 10 janvier 2020

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la permanence de campagne d’Ensemble Chalon, liste conduite par Alain Rousselot-Pailley, candidat investi par la République en Marche pour les municipales, située au 20 Rue aux Fèvres, a été prise pour cible.
La vitrine du local est criblée d’impacts, peut-être dus à un ou plusieurs projectiles voire des coups de masses portés contre celle-ci, créant un certain émoi au sein de l’équipe de campagne, qui a découvert, au petit matin, la scène.

Le candidat […] dénonce «un acte anti-démocratique et anti-républicain d’une extrême violence» […]

Contre la réforme des retraites : les manifestations du 9 janvier

Publié le 2020-01-11 14:44:07

Grève et manifestations

Le Monde / jeudi 9 janvier 2020

A Paris

L’exécutif tente de négocier, les syndicats de mobiliser. Jeudi 9 janvier, 452 000 personnes ont manifesté dans plus de 80 villes contre la réforme des retraites, selon le ministère de l’intérieur. Contre 615 000 manifestants pour la mobilisation du 17 décembre.
Quasiment toutes les villes s’inscrivaient en deçà de la jauge de la première journée de manifestations, le 5 décembre. De leur côté, les syndicats revendiquaient près de 1,2 million de manifestants dans 65 cortèges.
A Paris, environ 44 000 personnes étaient rassemblées, selon un comptage du cabinet indépendant Occurrence pour un collectif de médias – quand le ministère de l’intérieur annonce 56 000 personne et la CGT revendique 37 000 manifestants dans le cortège.

Toujours à Paname

Au 36e jour de grève, la circulation des trains et des transports publics parisiens reste très perturbée − à la SNCF, le taux de grévistes a grimpé à 32,9 % (contre 6,8 % mercredi) et les deux tiers des conducteurs sont en grève.
La direction générale de l’aviation civile (DGAC) anticipe également des « perturbations et des retards » possibles dans l’aérien. Dans l’éducation nationale, 18,8 % des personnels étaient en grève en primaire et de 16,5 % dans les collèges et lycées selon le ministère, et respectivement 40 et 50 % selon les syndicats.
Les avocats continuent leur mobilisation, tout comme les salariés de raffineries qui ont voté sa poursuite, mardi, jusqu’à la fin de la semaine. La tour Eiffel est à nouveau fermée. […]

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Paris, la manifestation se réveille vers la fin

extrait du suivi de Paris-Luttes.info / jeudi 9 janvier 2020

Rue de la Pépinière : c’est tendu mais grosse ambiance, « tout le monde déteste la police », « on ira jusqu’au retrait », « flics violeurs assassins », feux d’artifices sur les flics. Tirs de grenades de désencerclement, des blessé·e·s., des flics sont perdus entre deux cortèges…

Après une tentative des flics de stopper la manif a St-Lazare, le cortège finit par avancer au contact de la ligne de flics, c’est assez chaud. Plusieurs centaines de personnes sont coincées devant.

Un Starbucks, un Marionnaud et tout ce qui ressemble à une vitrine se fait éclater. Ça a l’air parti pour une soirée de folie !

Nasse à St-Augustin, gazages à répétition qui freinent l’avancée du cortège. [faut aussi dire que selon d’autres sources, à Saint-Augustin, des jets continuels de projectiles ont répondu – ou provoqué, d’ailleurs on est pas des victimes, non ? – aux charges des flics. Par ailleurs la place est si petite que les escadrons de flics se sont envoyé des grenades lacrymos dans la gueule les uns les autres :-) NdAtt.] Charge violente rue de la Pépinière, certainement des blessé·e·s et des interpellations.

Depuis 16h, grosse charge des voltigeurs, matraques et gaz ; plusieurs blessés. Riposte du cortège qui tient la charge : jets de projectiles, œufs de peinture et pommes déters. ;)

Le Huffington Post / jeudi 9 janvier 2020

Des tensions entre les forces de l’ordre et des manifestants ont émaillé ce jeudi 9 janvier la fin de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, où les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l’AFP.
À l’arrivée place Saint-Augustin autour de 16h30, l’ambiance s’est soudain tendue en tête du cortège: les forces de l’ordre ont répondu par des charges et des tirs de gaz lacrymogène à des jets de projectiles […].
Des manifestants ont ensuite cassé plusieurs vitrines de commerces et des abris bus dans une rue menant à la place Saint-Augustin. La boutique d’une enseigne MAAF a également été vidée de son mobilier, a constaté une journaliste de l’AFP.
[…] Des tensions sont également apparues au niveau de la gare Saint-Lazare où le reste du cortège était bloqué.

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Bordeaux : La manif sauvage tente d’entrer dans la gare

Sud-Ouest / jeudi 9 janvier 2020

[…] Vers 11h30, le cortège s’est élancé comme prévu. Vers 14 h 30, 10 000 personnes étaient dans la rue selon la police, 70 000 selon l’intersyndicale et 20 à 25 000 selon notre propre estimation. Une participation proche de la manifestation du 17 décembre et en deçà de celle du 5 décembre, date de début du mouvement. La manifestation s’est dispersée sans heurts vers 15 heures place de la République, tandis qu’une partie du cortège rejoignait la gare Saint-Jean, où les attendaient les forces de police.
Là, environ 400 manifestants selon la préfecture ont pénétré dans le hall de la gare malgré des tirs de grenades lacrymogènes de la part des forces de l’ordre, avant de défiler sur les rails. Les trains ont été bloqués avant que les manifestants ont été délogés par la police.
A l’issue de cette journée de manifestation, 4 personnes ont été interpellées pour « jet de pétard », « visage dissimulé », « port d’arme ». Selon la préfecture, certain s’en sont pris à un véhicule de la police près de la Bourse du travail. […]

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Lille : Une manifestation vivante

France Bleu / jeudi 9 janvier 2020

Cheminots, pompiers, électriciens, gilets jaunes, enseignants… Entre 6 000 et 15 000 personnes ont défilé à Lille, jeudi après-midi, lors de la 4e journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites. Le défilé a été émaillé par des incidents : des vitrines dégradées, des jets de projectiles sur la police de la part de certains manifestants habillés de noir. Les forces de l’ordre ont répliqué à coups de grenade lacrymogène et la Grand Place, avec sa grande roue de Noël, a été plongée dans un épais brouillard.
Il y a eu plusieurs interpellations mais la préfecture refuse de communiquer un chiffre. Selon la police, un fonctionnaire a été blessé.

À la fin de la manifestation, le quartier autour de la Place de la République a été plongé dans le noir. Enedis confirme qu’il s’agit d’un acte de malveillance.
Plus tôt dans la journée, c’est à Hazebrouck que 2 000 foyers et entreprises ont été privés d’électricité. À la centrale nucléaire de Gravelines, les syndicats annoncent la poursuite de leur mouvement ce vendredi. 400 manifestants ont bloqué jeudi matin les accès du site. Selon la CGT, il y a eu une baisse de la production d’énergie. Cela ne perturbe pas la production, assure la direction.
À Dunkerque, 2 000 personnes ont défilé selon la police. Certains manifestants ont envahi les voies de la gare, ce qui a paralysé le trafic des trains.
Les manifestations ont été plus calmes jeudi matin à Calais, où ils étaient un millier, comme à Douai. Ils étaient 1 400 à Arras et 1 500 à Boulogne, selon les forces de l’ordre.

Les flics défendent la permanence de la Violette Spillebout candidate de la République en Marche aux municipales

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A Rennes, ça commence fort, tout de suite

extrait de France Bleu / jeudi 9 janvier 2020

[…] Malgré la pluie, entre 6.000 et 10.000 manifestants ont défilé dans les rues de Rennes ce jeudi. […] Les CRS ont reçu des projectiles quelques minutes après le début de la manifestation. Les forces de l’ordre ont répliqué avec le canon à eau. Huit interpellations ont eu lieu avant 14h ; six autres ont eu lieu en début d’après-midi, portant le nombre total d’interpellations à 14. […]

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Saint-Étienne : Quand la manif passe devant la permanence électorale du Maire

extrait de zoomdici / vendredi 10 janvier 2020

La devanture de la permanence du candidat maire Gaël Perdriau [Les Républicains; NdAtt.], située place de l’Hôtel-de-Ville à Siant-Etienne, a essuyé des jets de peinture, ce jeudi matin, lors de la manifestation contre la réforme des retraites.

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Saint-Nazaire : Manif calme, deux interpellation et la CGT qui prend les distances

Ouest-France / jeudi 9 janvier 2020

La manifestation nazairienne contre la réforme des retraites s’est déroulée dans le calme ce matin à Saint-Nazaire. C’est d’ailleurs le cas depuis la première journée de mobilisation du 5 décembre. Mais cette fois, les policiers de la Bac ont procédé à deux interpellations, à l’angle de l’avenue de la République et de la rue de la Paix, à 12 h 30 peu après la dislocation du cortège. Les deux jeunes, âgés de 21 et 32 ans, issus de la mouvance anarchiste, dont un fiché S, étaient tous les deux porteurs de bombe aérosol, peinture et marqueurs.
Car en marge du cortège, plusieurs murs ont été tagués : rue Henri-Gautier, rue de Gaulle, la façade de la Société Générale. Des messages à connotation anarchiste et certains violents à l’encontre de la police. Après l’interpellation, des manifestants syndicalistes sont venus devant le commissariat en soutien. Mais pour Damien Girard, responsable de l’union locale CGT, on se dissocie du contenu du message, ça nous dérange. Les deux individus ont été interpellés grâce au signalement de plusieurs témoins. Ils ont été libérés mais l’enquête se poursuit.

Turin (Italie) : Tout le monde fait ainsi

Publié le 2020-01-11 15:00:07

Macerie / mercredi 8 janvier 2020

Révoltes après révoltes, c’est cela qui a donné le rythme des derniers six mois à l’intérieur du CPR [Centro di permanenza per i rimpatri, « centre de permanence pour les rapatriements », des camps pour sans-papiers, comme les CRA français; NdAtt.] de Turin: peu à peu ou bien par flambées plus incandescentes, le centre est, encore une fois, presque détruit. Ce n’est pas un slogan, pas de la rhétorique, quand, depuis l’extérieur, on crie que cette cage doit brûler ; c’est parce que les retenus des prisons pour sans-papiers on démontré, en vingt-deux ans d’existence de la rétention administrative, qu’il s’agit d’un souffle commun, qui revient même si les « personnes hébergées » changent, qui explose malgré la menace de la répression, qui continue à indiquer clairement la direction vers la liberté, sans permissions ni formulaires.

Ces dernières semaines, la direction du centre a continué a garder haut le nombre des retenus, cent environs, malgré deux sections hors service (et à ce qu’on peut voire peut-être déjà en cours de réparation), du coup les salles à manger ont été transformées en en chambres et des tas de couvertures sont devenus des lits. Après la révolte de dimanche, qui a porté à d’autres dégradations dans la section verte et la rouge, la situation est devenue impossible à gérer et du coup des personnes ont été libérées, faute de place ; on en sûrs de six personnes relâchées, par contre d’autres ont été expulsés, malheureusement. Aujourd’hui il y a seulement trois chambres ouvertes dans la section bleue et une à la section blanche, ce qui signifie trente places au total.

Parmi les sept gars embarqués direction la prison, un a été ramené en arrière tout de suite, les autres ont chopé un procès en comparution immédiate, qui a par la suite été renvoyé à avril, ce qui a motivé leur renvoi fissa au CPR, à l’isolement et privés de téléphone, ce qui n’est pas rien.

Dans l’attente de plus d’informations, il est nécessaire de soutenir cette démonstration de liberté, avec un rassemblement devant la prison pour sans-papiers de Turin, au même temps que les rassemblements devant le CPR de Gradisca (rouvert il y a peu) et de Ponte Galeria [à Rome ; NdAtt.].

Rendez-vous donc samedi 11 janvier à 16h en Corso Brunelleschi, carrefour avec Via Monginevro (le défilé à vélo depuis Piazza Castello est par contre annulée).

Jusqu’à quand les places disponibles deviennent zéro et que de toutes ces cages il ne reste que des ruines.

Cayenne (Guyane) : « Oisifs et immoraux » en virée nocturne contre l’école – 9 janvier 2020

Publié le 2020-01-12 10:53:04

Durant la nuit du 9 janvier, plusieurs établissements scolaires de la Ville de Cayenne ont été vandalisés. Le lendemain matin, le personnel communal et les équipes pédagogiques n’ont pu que constater les dégradations commises juste avant l’arrivée des élèves.

« Le Maire de la Ville de Cayenne Marie-Laure PHINERA-HORTH juge « ces actes inqualifiables commis par des individus oisifs, et immoraux contre «un sanctuaire de la République». »

 

Saint-Denis (La Réunion) : La vengeance contre les flics est (parfois) un plat qui se mange chaud – 10 janvier 2020

Publié le 2020-01-12 10:53:06

Un énième jeune blessé dans un état grave par la police dans le quartier des Camélias à Saint-Denis. En milieu d’après-midi, une voiture des flics de la BAC prend en chasse un jeune de 18 ans à moto sur le boulevard de Saint-François, à hauteur de l’usine EDF.. Puis ce dernier s’est (fait) encastré-er et est actuellement hospitalisé dans un état grave. Il souffre d’un traumatisme crânien et se trouve dans l’unité de réanimation. Seulement une fois la nuit noire tombée, des flammes sont venues crier vengeance dans le quartier.

Entre 21h et 1h du matin, plusieurs feux ont été déclenchés dans le quartier des Camélias. Trois voitures ont été brûlées, ainsi que de nombreux containers à poubelles.
Vers 22h30, un salon de coiffure du quartier a été saccagé et pillé. Des jeunes ont forcé le système de sécurité du salon avant d’y dérober des produits, des tondeuses et le fond de caisse.

Dans leurs articles les journaflics diffusent comme d’hab la version policière. Et font l’habituelle liste de délits commis par la personne tuée qui, selon eux, devrait justifier sa mort (ou la relativiser). « Jeune circulant sans casque et sans permis, à bord d’un scooter volé ». Une flic syndiquée à FO, Edwige Guesneux, avec un cadavre à la bouche, affirme qu’il se serait encastré dans la voiture de la BAC qui était alors à l’arrêt.
Ce que dit l’article de La1ère du 11.01.2020: « Les collègues étaient en mission de sécurisation à Saint-François, explique Edwige Guesneux, du syndicat FO Police. Ils ont vu un individu rouler à vive allure, sans casque, sur une grosse cylindrée signalée volée. Ils ont voulu procéder au contrôle du véhicule. Ils ont actionné le gyrophare. Quand le motard a vu qu’il s’agissait d’un véhicule de police, il a paniqué et est venu s’encastrer dans la voiture de police qui était à l’arrêt lors de l’impact ».
Peu importe les détails, quand la police est dans le coup on sait qu’elle est le responsable.

 

Toulouse : Double sabotage incendiaire contre l’autoroute de la fibre optique entre Toulouse et Montauban – 9 janvier 2020

Publié le 2020-01-12 10:54:03

Des milliers de clients d’opérateurs (dont Orange, Free et SFR) ont été privés d’accès à internet et au téléphone, à l’aube de ce jeudi 9 janvier 2020. Le fonctionnement de plusieurs entreprises a été fortement perturbé, comme la plateforme téléphonique de Leroy Merlin de Montauban qui a dû s’interrompre. À l’origine de cette panne géante deux incendies volontaires près du réseau de fibre optique au nord de Toulouse. Un des feux a également paralysé le trafic ferroviaire

« Les abonnés de l’opérateur Free dans le Tarn-et-Garonne ont été privés de connexion internet et même de ligne téléphonique fixe une bonne partie de ce jeudi.
En attendant, des milliers d’abonnés dont de nombreuses entreprises du département ont été contraintes de lever le pied à l’instar de la plateforme téléphonique de Leroy Merlin Montauban. « Chers clients, suite à un incident technique de notre opérateur, notre plateforme téléphonique est momentanément indisponible. Nous sommes désolés de la gêne occasionnée. Nous vous tiendrons au courant de l’avancée », publiait sur son compte Facebook la grande surface de bricolage montalbanaise.

« Une situation qui ne touche pas uniquement le Tarn-et-Garonne. « La panne fait suite à un incendie à proximité du réseau de fibre qui relie les sites techniques entre Toulouse et Montauban », a fini par nous informer le service presse du groupe Iliad.
Cette liaison fibre concerne et impacterait plusieurs opérateurs dont SFR. « Les équipes sont sur place afin de procéder au rétablissement du service qui nous l’espérons sera finalisé dans l’après-midi », confirme la responsable. Peu avant 16 heures, les abonnés ont pu retrouver leur moyen de communication après une panne qui aura duré plus de huit heures.
Quant à l’incendie, il serait d’origine criminelle. Il a aussi lourdement impacté le trafic ferroviaire entre Toulouse et Montauban. « Vers 6 h 30, deux feux volontaires ont endommagé des câbles de signalisation sur la ligne Toulouse – Montauban à proximité de Lacourtensourt (31) », confirme la direction régionale de la SNCF. Cet incident a fortement perturbé le trafic ferroviaire entre Toulouse et Montauban. Un service de bus de substitution entre les gares de Toulouse, Montauban et Brive a dû être mis en place. La SNCF a déposé plainte, une enquête a été ouverte ».

[Extraits d’un article de LaDépêche, 10.01.2020]

Faye-l’Abbesse (Deux-Sèvres) : L’enfant Jésus disparaît… et réapparais en morceaux

Publié le 2020-01-12 11:06:09

Ouest-France / samedi 11 janvier 2020

Le soir du 24 décembre, une messe était célébrée en l’église de Faye-l’Abbesse. Selon la tradition, au cours de cette célébration, le prêtre déposait l’enfant Jésus dans la crèche. Ce samedi 11 janvier, dans la matinée, des bénévoles ont constaté la disparition de l’enfant Jésus et du seul mouton qui restait sur quatre il y a plusieurs années.
Les morceaux de la statuette de Jésus ont été retrouvés au fond de l’église, le corps, les bras et la tête éparpillés.

Prévenus, les gendarmes sont venus constater des faits hélas récurrents depuis plusieurs années : pillage de troncs, sectionnement du fil d’alimentation de l’orgue, disparition des moutons de la crèche, incendie de partitions de chant et des rideaux d’un confessionnal, revêtements de l’autel et de l’ambon cisaillés, et bien d’autres méfaits tout aussi délictueux.

Bâle (Suisse) : Aucune paix pour Bässlergut

Publié le 2020-01-12 11:11:06

Barrikade.info / vendredi 11 janvier 2020

Aussi discrètement et secrètement que le nouveau bâtiment de la prison de Bässlergut à Bâle a été ouvert, en fin de l’année, en ce début d’année nous avons crevé les pneus de 4 voitures :

deux voitures du service principal des bâtiments de la ville de Bâle (impliqué dans les travaux de rénovation de la prison de Bässlergut)
une voiture de Rosenmund (également impliqué dans les travaux de rénovation de la prison de Bässlergut)
une voiture de Bouygues (participant à la construction et à l’exploitation de prisons)

Toute la brutalité de l’enfermement est devenue évidente peu avant la fin de l’année. Le 30 décembre, une personne a été retrouvée morte dans une cellule de Bässlergut.
Encore une fois, on parle de suicide. Mais pour nous, il n’y a pas de suicide derrière les barreaux.
En mémoire d’un autre mort anonyme…

Feu à toutes les prisons
Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s

Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) : Feu de cellule à la prison d’Eysses – 10 janvier 2020

Publié le 2020-01-12 13:52:04

Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 janvier à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), un prisonnier a mis le feu à sa cellule à la prison d’Eysses peu après minuit.

« Les détenus ont été évacués par les équipes de nuit dans une des cours de promenade pendant que les pompiers mettaient un terme à l’incendie tout en lançant une série de tests mesurant la propagation des fumées. Un autre détenu a été hospitalisé pour des examens complémentaires. L’incendiaire présumé a été placé en quartier disciplinaire « en prévention ». »

[Repris de LaDépêche, 10.01.2020]

Prison Bonne-Nouvelle (Rouen) : Tentative d’évasion à l’ancienne

Publié le 2020-01-12 14:05:05

France Bleu / vendredi 10 janvier 2020

Deux détenus ont réussi à sortir de leur cellule, vers 21h ce jeudi soir à la prison Bonne-Nouvelle de Rouen (Seine-Maritime), selon un surveillant, membre du syndicat UFAP-Unsa. Selon un autre surveillant, les détenus auraient descellé leurs barreaux, avant de descendre le long du mur en nouant des draps et des couettes, jusqu’à atteindre le sol de la prison.

C’est là qu’ils sont repérés par des surveillants, depuis un mirador, qui les mettent en joue. Les deux hommes ont réussi à aller jusqu’au chemin de ronde, dernière étape avant la sortie de la prison nous confie une source syndicale.
Une équipe d’intervention arrive et récupère les deux prisonniers, qui n’opposent pas de résistance.
Les échappés étaient condamnés pour des faits de droit commun. L’un d’eux était même libérable dans les prochains mois.
Ils vont devoir repasser au tribunal, comme le veut la procédure en cas de tentative d’évasion. Ils risquent de voir leur peine alourdie entre quatre mois et plusieurs années. [mais au moins ils auront essayé ; NdAtt.]

Contre la réforme des retraites : les manifestations du 11 janvier

Publié le 2020-01-12 14:10:04

Paris : L’age pivot on s’en fout, on veut pas travailler du tout !

extraits du suivi de Paris-luttes.info / samedi 11 janvier 2020

15h10 : une agence Adecco (interim) et une banque prennent conscience de leur inutilité et s’effondrent sur elles-mêmes
15h15 : Cortège coupé à Daumesnil, une partie reflue après un gros gazage et une charge
15h25 : un drone recule après s’être fait bolosser par des mouettes ! Et des keufs parce qu’ils avaient oublié de bloquer la promenade plantée…
15h41 : L’avant de la manif stagne sans être vraiment bloqué par autre chose qu’un nuage de gaz sur Daumesnil, tandis qu’à l’arrière des barricades sont montées rue de Charenton



15h57 : Le repli de la ligne de keufs a permis à la manif de repartir sur du « On est là ! »
Barricade éteinte par les pompiers mais la Brav a fui la queue entre les jambes face à une offensive déterminée ! Du coup gros gazage qui a redivisé le cortège
16h49 : Pendant que la manifestation reçoit des gaz rue du Pasteur Wagner, la BNP bénéficie d’un juste ravalement de façade.
17h12 : Gros cortège de tête qui occupe tout le bvd Beaumarchais. Le dispositif semble plus léger qu’aux manifs précédentes, s’attendaient-ils à moins de monde ? Mais on reste déter, on ne s’essouffle pas malgré les gaz !
17h24 : La manif arrive à Répu. 150 000 personnes selon la CGT. Philippe a annoncé le retrait « provisoire » de l’age pivot : on s’en fout, on veut pas travailler du tout !
18h01 : C’est toujours le zbeul à Répu. « L’âge pivot on s’en fout, on veut pas de réforme du tout ! »Les flics semblent paumés face à la détermination des manifestants. De rage, ils gazent le SO de solidaires.
18h15: Autoréduc de meubles en cours à République, encore mieux que les soldes ! On se chauffe au meuble en sapin par solidarité avec les travailleur.euse.s de l’énergie en grève !


extrait de France Info / samedi 11 janvier 2020

Rapidement, le cortège qui est parti à 14h de la place de la Nation a été arrêté avenue Daumesnil (XIIe arrondissement). Selon l’AFP, les manifestants en tête d’un pré-cortège composé de personnes vêtues de noir et cagoulées ainsi que de gilets jaunes, ont brisé des vitrines. Des projectiles ont aussi été lancés en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.
Des pavés ont été descellés; une agence bancaire HSBC et plusieurs magasins ont été saccagés. Selon la préfecture de police de Paris, la devanture d’un restaurant a été incendié. […]

et selon Le Parisien / samedi 11 janvier 2020

[…] La situation était tendue sur la place où se terminait le cortège. Des heurts ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants, dans le brouillard des gaz lacrymogènes. De petits incendies étaient visibles par-ci par là. Vers 19h30, le calme semblait revenu. Le nombre de blessés n’a pas été communiqué. […]

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Nantes : Le canon à eau ne brise pas la détermination

extrait de France Bleu / samedi 11 janvier 2020

[…] Si le cortège du matin a défilé dans le calme, c’est en revanche une toute autre musique qui s’est jouée l’après-midi. Les manifestants se sont retrouvés au miroir d’eau, avant de monter jusqu’à la préfecture. Là, ils ont fait face à un cordon de CRS qui leur bloquaient le passage vers le cours des 50-Otages. Les forces de l’ordre ont tenté de les disperser avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes, en vain. Les manifestants ont ensuite été concentrés sur le cours Saint-Pierre avant de se disperser à plusieurs endroits du centre-ville, notamment vers l’arrêt de tramway Commerce et sur l’île de Nantes, en face du CHU.

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Clermont-Ferrand : On va dire bonjour au candidat LREM aux municipales

La Montagne / samedi 11 janvier 2020

Ce samedi matin, une soixantaine de manifestants ont tenté de s’inviter à la cérémonie des vœux d’Eric Faidy, le candidat investi par LREM aux prochaines élections municipales à Clermont-Ferrand. […]

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Toutes les images sont de Paris