ON NE VEUT PLUS COMPTER LES MORT.ES
Le 04/12, le corps d’un homme a été retrouvé sur la plage de Dannes. Il s’agit du corps d’Eskeil, cet homme érythréen recherché par ses proches depuis le naufrage du 22/11 au large de Boulogne.
Le 09/12, Bashir, un homme soudanais est mort électrocuté dans un train de marchandises à Calais.
Le 15/12, Mustafa, un jeune homme iraquien s’est noyé au large de Grand-Fort-Philippe lors d’un naufrage. Deux autres personnes sont portées disparues.
Le 15/12, le même jour, Ahmed, un jeune soudanais a été retrouvé en arrêt cardiaque sur la plage suite au naufrage d’un small boat qui a eu lieu au large de Sangatte.
Le 22/12, un corps a été découvert au pied de la falaise à Audinghen près du cap Gris-Nez.
Toutes ces personnes sont décédées en tentant de rejoindre le royaume-uni.
En 2023, ce sont au moins 28 personnes qui sont mortes à cause de la frontière franco-britannique.
GREVE DE LA FAIM
Un bénévole d’une association présente à Calais et à Dunkerque a entamé une grève de la faim le 22/11. Ses revendications sont minces et pourtant ignorées : ravitaillement en eau par la sécurité civile pour les personnes exilées, respect du travail des associations et application de la trêve hivernale.
SQUATS
Le 08/12, des personnes exilées survivant à la rue et des solidaires ont officialisé l’occupation d’un petit immeuble à l’abandon pour y vivre loin des intempéries, du froid, des expulsions quotidiennes et du harcèlement policier. Les keufs ont expulsé 80 personnes de ce squat qui se trouvait dans le centre-ville de Calais. Les sortant.es qui n’acceptaient pas l’expulsion ont été gazé.es. Deux personnes (des soutiens) ont fait une garde à vue sans suite judiciaire.
Le 28/12, les flics ont fait une descente dans un autre squat d’environ 200 personnes installées depuis plusieurs semaines dans un grand hangar à l’abandon près de Marck. Ils ont demandé à tout le monde de sortir du hangar et 5 personnes ont été arrêtées par la PAF. Le soir même, les gens s’étaient déjà réinstallés. Logement pour toustes !
PALESTINE LIBRE
Le 09/12, à l’appel du collectif calaisien Free Palestine, une bonne centaine de personnes ont manifesté pour la paix en Palestine. Malgré la durée des combats et l’absence de perspective de paix, les rassemblements et les manifestations continuent. La complicité de l’état français, le blocus de Gaza, les bombardements et la colonisation doivent cesser.
VENUE DE DARMANIN
Le 15/12, Darmanin est venu à Calais pour faire la promo de sa loi immigration. Quelques dizaines de personnes venues crier leur désaccord avec cette loi ont été nassées aux abords du commissariat. Une personne a été violemment emmenée au poste pour une vérif d’identité.
Pendant ce temps, ce cher ministre de l’intérieur a salué la militarisation de la frontière et a décoré les « pauvres » policiers et gendarmes blessés lors des opérations de harcèlement sur les personnes exilées. Hors sol quand on pense aux deux personnes qui ont perdu la vie le matin même.
Il a aussi annoncé la création d’un nouveau commissariat de police à Calais (200 000 euros). Pour rappel, une enveloppe de 25 millions d’euros sera également mobilisée par l’état pour la construction d’un cantonnement de CRS.
Plus le gouvernement militarise la frontière, plus le nombre de morts augmente ! Une politique d’accueil et de libre circulation sera-t-elle un jour envisagée ?
MOBILISATION ANTI-CRA
Le 15/12, une réunion publique a eu lieu à Dunkerque contre la construction annoncée d’un Centre de Rétention Administrative. Une trentaine de personnes étaient présentes avec une forte envie de s’organiser contre cet énième projet de prison pour étranger.es. De prochains évènements sont à venir.
Retour sur le rassemblement du 21 décembre contre la loi immigration à Marseille
Ce jeudi soir se tenait un rassemblement contre la nouvelle loi "immigration", adoptée en début de semaine par l’Assemblée nationale, dans sa forme la plus dure. Cette loi, plus grosse attaque raciste depuis des décennies, signe, comme l’a dit elle-même Marine Le Pen, une victoire idéologique de l’extrême-droite puisqu’elle est directement inspirée du programme historique du Front devenu Rassemblement National.
Il s’avérait alors qu’à quelques mètres de là, dans un restaurant du Vieux-Port [1], le RN organisait un dîner de Noël, rassemblant une cinquantaine d’adhérents et de militants du coin, en présence de deux cadres du parti, Franck Allisio et Clémence Parodi.
Sachant cela le cortège se rendit devant le restaurant.
Les membres du RN décidèrent alors courageusement de s’enfermer à double tour, entendant les slogans particulièrement agressifs 🥹 scandés par la foule : « pas de resto pour les fachos, pas de dessert pour les racistes ! »
Au bout d’une demi-heure devant le restaurant, ne supportant plus la vue de leurs mines déconfites, la manifestation passa son chemin, chantant de plus belle "des papiers pour toustes, ou pas de papiers du tout !"
Alors que l’abattement ou le découragement induit par le vote de cette ignoble loi raciste ce mardi a pu se diffuser dans notre camp, ce moment de réaction collective a su nous redonner force et détermination pour la suite.
Ici comme ailleurs, nous sommes plus nombreux·ses que les fascistes, déterminé·es à s’opposer à leurs idées nationalistes et racistes, à lutter pour l’égalité, la solidarité et la liberté de circulation et d’installation de toustes.
Et ce n’est que le début...
Soutien au collègue interpellé
#loiimmigration #marseilleantiraciste #franckallisioplusgrosqueleventre #entreboycott #lamerenoelestuneordure
Photos : Jean Kader & Andrea Zennaro
Notes
[1] L’Entrecôte du Port. Si vous voulez gentiment lui laisser un avis, c’est par ici
reçu par mail (en grec et en italien, d’où nous traduisons) / vendredi 29 décembre 2023
Le 13 décembre, près d’un mois après ma libération, on m’a notifié le recours du substitut du procureur de la Cour d’appel d’Eubée contre la décision de suspendre ma peine, pour demander que je retourne en prison. Dans son recours, il demande la « disparition » de la sentence du tribunal du district de Thèbes, qui m’a fait sortir de prison. Il s’agit d’un geste politique dicté par le mécontentement évident que ma libération a suscité dans certains centres de pouvoir.
Étant donné la logique de ce recours en appel, ses argumentations et les « preuves » qui y sont citées, il est évident qu’aucun ministère publique s’en serait occupé s’il avait porté sur tout autre prisonnier ou détenu. Par exemple, dans son recours en appel, le substitut du procureur d’Eubée « critique » la « méthodologie » utilisée par le tribunal du district de Thèbes, c’est-à-dire le fait que je n’ai pas été convoquée en personne à l’audience où l’on a examiné ma demande de libération conditionnelle, alors qu’avant moi des milliers de femmes ont été libérées de la prison d’Eleónas avec l’utilisation de la même méthodologie, sans qu’aucun procureur ne s’en occupe jamais. Parce que, selon l’approche du tribunal du district de Thèbes à cette problématique – apparemment correct –, le procureur qui propose la libération conditionnelle d’une détenue est aussi celui qui travaille dans la prison, qui connaît les détenues et, en collaboration avec le service qui a les plus de « frictions » avec ces femmes, en a une opinion dont la valeur est particulière et qui, objectivement, ne peut pas être invalidée par quelques minutes de présence par Skype de la détenue elle-même, lors de l’audience, devant des magistrats qui la verraient pour la première fois. La présence d’une détenue à l’audience pour sa libération conditionnelle a lieu seulement si l’avis du procureur est négatif, dans le but de vérifier encore une fois si la prorogation de sa détention est justifiée.
Je ne crois pas que le parquet d’Eubée ait découvert seulement maintenant la méthodologie qui a été utilisée pendant des décennies pour les détenues de la prison d’Eleónas, lors d’innombrables audiences judiciaires à Thèbes (et à Athènes, parce que la même méthode est appliquée dans la prison de Korydallos). Ce n’est que dans mon cas qu’ils ont présenté un recours, bien entendu parce que… c’est moi et parce qu’il y a un certain cadre et une motivation politique.
Un autre point soulevé par ce recours en appel est l’évocation, de la part du procureur, des acquittements pour des rapports disciplinaires suite à des protestations, dans la prison de Korydallos, en 2017. Au delà du fait qu’il s’agit d’acquittements – mais même des condamnations pour des infractions disciplinaires ne seraient pas suffisantes, selon le Code pénal, pour empêcher la libération conditionnelle d’un détenu – il ne semble pas que le procureur se soit soucié du fait que ces rapports disciplinaires et les acquittements correspondants concernaient des dizaines de détenues qui avaient participé aux mobilisations. Aucune de ces femmes n’a eu de problèmes à cause de ces histoires, lors de son audience de libération conditionnelle. Le fait même qu’on les cites comme de arguments pour me renvoyer en prison montre sur quelles bases se fonde leur argumentation et quel est le niveau d’arbitraire qu’on essaye d’exercer à mon encontre.
Ce qui motive sans doute ce recours en appel est qu’il veut (ou, plus être plus précise, qu’ils veulent) de moi des déclarations de légitimité politique et des déclarations de repentir. On peut le déduire, entre autres, du fait que le recours fait référence aux motivations des deux premières décisions de la direction de la prison, qui a rejeté mes premières requêtes de permissions ordinaires pour des raisons de nature politique, puisque leur première décision portait sur des positions politiques que j’avais occasionnellement exprimé en public et au tribunal (en substance, c’était ma « ligne » de défense) et la deuxième portait sur mon livre « État contre État ». Les sept permissions ordinaires dont j’ai bénéficié sont considérées comme insuffisantes pour me concéder une libération conditionnelle, alors que la justification politique du rejet de mes deux premières demandes de permission, annulée par la suite, est considérée comme plus importante.
Il est aussi significatif que la seule procureur de la prison qui ait été citée par le procureur d’Eubée dans son recours soit celle qui m’a donné cinq permissions ordinaires et deux permissions d’urgence, de 48 heures, pour des graves raisons de famille, dont une sans escorte ; c’est précisément la procureur qui a proposé ma libération conditionnelle au tribunal du district de Thèbes. Bref, il « accuse » la procureur de Thèbes de ne pas s’être prise en considération… elle-même : un vieux avis à elle, exprimé il y a un an et demi. Je ne vais pas m’étendre plus, ici, sur les motivations de ce recours en appel, mais ces éléments confirment mon assertion qu’il s’agit d’une geste qui a des motivations politiques et que c’est voulu, car un recours contre la décision d’une commission pour la libération conditionnelle ne se fonde pas sur… des doutes, qui, en plus, ne sont même pas démontrés, mais bien sur des preuves fortes et concrètes. De plus, la libération conditionnelle n’est pas et n’a jamais été une « amnistie », mais une mesure qui est donnée de manière obligatoire, et un éventuel « doute » ne suffit pas pour prolonger la détention, sans conditionnelle. En cas contraire, l’existence d’une telle institution n’aurait pas de sens et dans mon cas – si, au final, la Cour d’appel m’imposera une nouvelle incarcération – le droit à la libération conditionnelle serait éludé et pratiquement aboli (d’abord pour moi, ensuite pour d’autres personnes également).
Le tribunal de Lamia a déjà atteint un tel niveau dans son abolition de facto du droit à la libération conditionnelle et elle insiste encore une fois dans le refus de libérer mon compagnon Nikos Maziotis de la prison de Domokos, même s’il a purgé bien plus de temps en prison que ce qui est exigé.
C’est le tribunal de Thèbes qui a décidé de me libérer, car les juges ont considéré que je ne pouvait pas être privée du droit de sortir en liberté conditionnelle, car aucune exception ne saurait exister, pour aucune raison, pour aucun détenu. La proposition du procureur de Thèbes d’accepter ma libération est fondée sur l’idée que je ne suis pas privée du droit à une libération conditionnelle à cause de motivations politiques. Le recours en appel du procure d’Eubée va à l’encontre de ce point de vue et en faveur de mon réincarcération, pour des motivations d’idées, de positions, de convictions et de valeurs politiques et il demande qu’on m’applique un état d’exception pour des motivations politiques.
Je pense que l’élément plus important, dans ce geste et dans cette méthode, est que ma sortie de prison est perçue comme une « défaite politique » par certains milieux du système et que la prorogation pour un temps indéterminé de ma détention serait pour eux une « correction ». Parce que, si la Cour d’appel d’Eubée accepte de me réincarcérer, en adoptant la logique du recours, c’est-à-dire sans preuves ni faits, mais seulement à partir de spéculations politiques, cela signifierait qu’ils veulent me garder en prison pour un temps indéterminé. Tout cela ne peut avoir lieu pour aucune autre raison que pour la nature politique de l’affaire pour laquelle j’ai été en prison pendant 8 ans et demi (treize ans en tout, entre prison et contrôle judiciaire) : l’action de Lutte Révolutionnaire, mais surtout à cause de mon attitude politique face à la persécution et aux procès. Ils considèrent mon parcours historique comme « réglé de manière efficace ». Il s’agit d’un geste de simple vengeance politique.
P.-S. Au moment de ma libération, quelques journalistes ont essayé de créer un climat politique de mécontentement à ce sujet – et on dirait qu’ils ont réussi –, en se concentrant sur une ancienne condamnation à la réclusion à perpétuité qui m’avait été infligée par un tribunal de première instance, pour l’attaque de Lutte Révolutionnaire contre l’immeuble de la Banque de Grèce (filiale de la BCE) et du FMI, en 2014, sans rien connaître de l’objet, de l’accusation et de sa nature, de la loi et des motivations politiques de ce tribunal, qui voulait, pour des raisons purement politiques, imposer cette condamnation comme réponse à la résistance offensive au « mémorandum »* (cette action était dirigée contre la « troïka » de l’époque). Le pouvoir que certaines personnes détiennent, accompagné de leur semi-alphabétisation ou même de leur ignorance la plus complète, devient dangereux.
Je voudrais vous informer du fait que la lois par laquelle moi-même et mon compagnon Nikos Maziotis avons été condamnés pour cette action de Lutte Révolutionnaire était une loi, la 270 PC, imposée par décret du président de la république pendant le gouvernement Papadopoulos, en 1969, pour faire face à des action offensives (des attentats explosifs) qui avaient lieu à l’époque, contre la junte des colonels. Nous l’avons souligné à plusieurs reprises au tribunal et avons demandé qu’elle ne soit pas appliquée (tout le monde peut facilement avoir accès aux nombreux enregistrements audios ou aux transcriptions du procès, où nous avons fait cette requête), étant donné que, en plus du lourd passé de cette loi, du cadre profondément réactionnaire qui lie cette époque lointaine aux années du « memorandum » et à la résistance contre ce dernier, il s’agit d’une loi que des analystes juridiques reconnus (par exemple Manoledakis Ioannis, dans « Théorie générale du droit pénal », pages 271, 276 et 338, et D. Spyrakou, dans Abstract Endangerment, de 1993), qui se sont opposés à des lois portant sur le « danger abstrait », comme celle-ci, considéraient comme un possible porte ouverte à des décisions arbitraires de la part des tribunaux. Avec une loi de ce type, on peut condamner quelqu’un (aussi à la peine maximale) non pas à cause des conséquences effectives d’un acte, mais à cause de ses conséquences potentielles, ce qu’on appelle une punition de l’intention et qui est jugée sur la base du degré de malveillance que le juge attribue à l’inculpé. Dans notre cas, le deux tribunaux ont fait recours à un fort degré d’arbitraire, parce que, même dans sa version actuelle, cette loi demandait des nombreuses acrobaties mentales pour porter à une telle sentence. L’élément essentiel de leur argumentation était constitué par nos positions politiques lors des procès. Au final, cette loi, avec d’autres sur le « danger abstrait », a été modifié par la loi PC 2019, en devenant enfin une loi spécifique et en cessant d’être un instrument pour des actions arbitraires dans les tribunaux.
S’il y a des gens qui s’intéressent vraiment à ces thématiques et ne veulent pas se limiter à écouter les minables porte-paroles réactionnaires de quelques obscurs cercles de pouvoir, qu’on arrête de se référer à des choses qu’ils ne connaissent pas et qu’ils lisent des textes à ce sujet. Dans le cas contraire, ceux qui insistent à critiquer ma libération en utilisant cet argument doivent accepter le fait qu’ils sont en train de surestimer la résurrection d’une loi promulguée par la junte militaire, riche d’une longue histoire d’arbitraire politique et juridique.
Pola Roupa
22 décembre 2023
* Note d’Attaque : le « memorandum » est le plan de sauvetage financier de l’État grec, approuvé par la Commission Européenne, la BCE et le FMI (la « troïka »). Ces institutions demandaient en contrepartie des lourdes mesures d’austérité sociale, qui ont fortement appauvri la population du pays, au profit des grandes entreprises et des bailleurs de fond internationaux.
Deux véhicules de police incendiés à Chastre
Un blog local (Belgique), 1er janvier 2024 (extrait)
La nuit de la Saint Sylvestre n’a pas été calme pour la police dans le Brabant wallon. Vers 3h du matin, un véhicule de la police locale de la zone Orne-Thyle a été incendié sur le parking de la maison communale. Le feu s’est propagé à un deuxième véhicule de police garé juste à côté. Le vent était assez fort et a favorisé l’embrasement des deux voitures. Plusieurs déflagrations ont été entendues dans le quartier.
La police est arrivée vers 3h30 précédant de quelques minutes les hommes du feu avec deux camions. Habituellement, plusieurs véhicules [de flics] sont stationnés sur le parking de la maison communale pour la nuit. C’est la première fois que ceux-ci sont la cible d’incendies volontaires.
Lundi 1er janvier à Montargis (Loiret), le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a dressé un bilan de la nuit de la Saint-Sylvestre en France, annonçant à 7h « 745 véhicules brûlés », en baisse de 10 % par rapport à l’an dernier, une quarantaine de policiers et gendarmes blessés, et 380 interpellations.
90 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés en France pour une Saint-Sylvestre sous haute surveillance (37 500 gendarmes et 52 500 policiers, dont 73 unités de force mobile comprenant les quatre CRS 8 spécialisées dans les violences urbaines, et sans compter les 5000 militaires en patrouille dans les grandes villes). Cette nuit était particulièrement scrutée, compte tenu de sa proximité avec les Jeux Olympiques de Paris prévus du 26 juillet au 11 août 2024.
En Alsace, on a dénombré près de 80 voitures brûlées : une soixantaine dans le Bas-Rhin, où les mineurs non-accompagnés d’un adulte étaient concernés par un couvre-feu de 22 heures à 6 heures du matin, et une vingtaine dans le Haut-Rhin. Un pic avait été atteint en 2020 avec plus de 300 véhicules incendiés à Strasbourg. Dans l’agglomération lyonnaise (essentiellement à Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Saint-Priest), une cinquantaine de véhicules ont été incendiés. En Île-de-France, 196 voitures sont parties en fumée dans les départements de petite et grande couronne. L’an dernier le bilan était de 180 véhicules détruits par le feu en Île-de-France. Les Yvelines et la Seine-Saint-Denis sont toujours les secteurs plus touchés.
Anvers (Belgique), nuit du 31 décembre au 1er janvier 2024
A Bruxelles (Belgique), 32 véhicules ont été brûlés et une cinquantaine de poubelles incendiées. Le commissariat de Bockstael a été visé par des jets de feux d’artifice, ce qui a brisé deux vitres et endommagé la porte d’entrée. La police bruxelloise a procédé à l’arrestation de 206 personnes la nuit du Nouvel An (170 administratives et 36 judiciaires).
A Anvers, dans les quartiers de Kiel, Deurne-Noord, Borgerhout et Anvers-Nord, la police a eu fort à faire avec les fauteurs de troubles. Parmi les images les plus marquantes, des jeunes dans le quartier du Kiel en train de saccager complètement un véhicule de police à coups de pierre. L’un d’eux a même réussi à s’emparer d’un gilet pare-balles, qu’il a enfilé triomphalement.
Le 22 décembre dernier, la police a installé une caméra de vidéosurveillance en face de la maison de quelques compas anarchistes, dans le quartier de Gracia, à Barcelone. La caméra se trouvait sur le côté du toit d’un restaurant, juste en face de la maison en question. Elle était protégée par un boîtier foncé, en verre, et visait directement la porte de la maison squattée par les compas (comme on peut le voir sur l’une des photos), raison pour laquelle il est impossible de penser qu’il s’agissait d’une forme de « sécurité » du restaurant, qui dispose déjà de son propre système de « sécurité ». Le restaurant a refusé de donner des explications cohérentes à ce propos.
Il faut dire que les compas ont été arrêté.es le 23 août dernier, car accusées d’avoir participé aux actions de la manifestation du 1er mai. C’est une affaire répressive qui est menée par la Brigada de Extremismos Violentos [brigade des extrémismes violents] des Mossos d’Esquadra [la police de la région autonome de Catalogne ; NdAtt.], une brigade de renseignement qui s’est maintenant spécialisée dans la persécution des anarchistes. Après des mois d’enquêtes, les compas ont été arrêtées en bas de chez elles et, depuis, on a aperçu la présence de membres de la police sécrète dans les environs de l’immeuble.
Nous savons que les forces de sécurité de l’État surveillent et espionnent, périodiquement et de différentes manières, les anarchistes et les mouvements révolutionnaires dont ils/elles font partie. La police a à sa disposition touts les moyens pour le faire, comme elle l’a déjà montré par le passé et comme elle fait partout dans le monde. Mais maintenant nous avons non seulement le pressentiment, mais la certitude et la preuve qui l’attestent, grâce aux images et aux informations que l’on fournit.
Par la diffusion de cette information, nous voulons dénoncer publiquement la grave violation de l’intimité et de la vie privée qu’entraîne un espionnage de ce type en face d’une maison squattée, résultat des enquêtes policières contre des compagnonnes anarchistes. Sans tomber dans la paranoïa ni dans la peur, nous voulons lancer un appel à faire attention à la sécurité dans nos espaces et nos milieux, de façon à pouvoir faire face à des faits comme celui-ci, qui pourraient arriver.
Le « progrès » ne s’arrête pas, la société de contrôle devient chaque jour plus forte. L’État et les entreprises privées, dans ce cas Dahua, s’enrichissent aux frais de notre sentiment limité de la liberté, en créant des ennemis communs, alors que ce sont eux qui nous exploitent et nous oppriment tous les jours. Nous refusons toute tentative de contrôle de la part de l’État, d’entreprises privées ou de citoyens, qui en ont tous tellement besoin. Si l’État nous espionne, on lui casse les yeux.
Courage à tou.tes les compas qui agissent contre le système.
Fin octobre 2023, aux heures les plus calmes de la nuit, un petit groupe a rapidement mis en place un blocus des voies ferrées du CN au « bc », dans la région de Hope.
Le blocus consistait en un étau de table de travail en fer de 100 livres – dont les mâchoires étaient fixées directement au rail – surmonté d’une pile de plusieurs centaines de livres de chaînes et de ferraille.
D’un côté du gigantesque étau de table de travail était peint en rouge « FREE GAZA ». De l’autre côté, on pouvait lire « CGL OFF THE YINTAH ». Le barrage était fixé à un tronçon de rail incurvé dans la forêt, à proximité d’aucune habitation. Les trains de marchandises du CN traversent cette zone plusieurs fois par heure. Le barrage a été fixé immédiatement après le passage d’un train, afin de laisser le plus de temps possible pour travailler en toute sécurité.
Seules deux lignes ferroviaires transportent l’ensemble du système de fret de la « Colombie-Britannique » : le CN et le CP. Leurs itinéraires se chevauchent dans une vaste zone du territoire Secwepemc, entre Hope et Kamloops, que les autorités qualifient de « point d’étranglement » pour le système de fret du gouvernement – ses lignes d’approvisionnement pour l’extraction des ressources. Si ces deux lignes sont perturbées ou fermées simultanément, c’est tout le système de fret ferroviaire de la « province » qui s’arrête. Mettons-nous au travail.
Veuilez jeter vos déchets sur les rails. Plus il y a de déchets, de verre brisé et de ferraille sur les rails, plus les travaux s’encrassent.
[Voir ce texte pour des méthodes permettant d’éviter de causer un déraillement ; NdMtlCI]
Alors que nous prenons les mesures nécessaires pour envoyer ce communiqué anonyme, nous souhaitons encourager des tactiques allant au-delà des boycotts. C’est une bonne chose de cesser de donner de l’argent aux entreprises génocidaires. Il est maintenant temps de franchir une nouvelle étape et de commencer à prendre l’argent de ces entreprises. La récente autoréduction massive de nourriture dans un Whole Foods à Lenapehoking, soi-disant New York, est un excellent exemple.
Vous avez cessé d’aller chez Starbucks – commencez maintenant à retourner chez Starbucks pour voler et détruire leurs marchandises. Perturbez leurs profits de manière de plus en plus directe. Les petits rasoirs cachés sont parfaits pour ouvrir les sacs de café et déchirer les produits, tout en ayant l’air de simplement manipuler et examiner les marchandises.
Les conteneurs d’huile de cuisson usagée sont parfaits pour être versés sur les livres et les produits en papier dans les magasins qui soutiennent le génocide. Huilez votre Indigo local par exemple – ciblez les produits les plus chers possible. Transportez l’huile dans une bouteille d’eau ou une tasse à café réutilisable, ou dans de minuscules flacons qui tiennent dans la paume de votre main.
Ne jetez plus les restes de nourriture, en particulier la viande, mais fabriquez des boules puantes. Mettez les aliments dans des récipients bien fermés et laissez-les pourrir à la chaleur. Lorsqu’ils sont prêts, déversez subtilement leur contenu dans les commerces que vous souhaitez perturber.
rassemblez-vous, faites preuve de créativité et allez-y
Aux premières heures du 10 octobre 2023, en vue des élections municipales et quelques heures avant le discours du maire de Maroússi [ville de la banlieue nord-est d’Athènes ; NdAtt.], Ambatzoglou, soutenu et renforcé par Néa Dimokratía [le parti au gouvernement, de droite ; NdAtt.], nous avons choisi de casser sa permanance.
Ce jour-là, il a celebré sa victoire et prononcé son discours avec des vitres brisées, ce qui a été caché par les médias.
Ni fascisme, ni démocratie, à bas les États, vive l’anarchie !
12 personnes ont été arrêtées à proximité de ce CRA le soir du réveillon, soutenons-les demain au Tribunal Judiciaire de Paris, à Porte de Clichy à 13h30.
Les 12 personnes ont été déférées au tribunal. Parmi les 12, 10 personnes sortent avec une convocation pour un procès et sont placées sous contrôle judiciaire (CPVCJ), et 2 personnes sortent après avoir refusé la comparution immédiate.
Le procès pour toustes se tiendra le 14 février à 13h30, en chambre 12.1 au tribunal de grande instance (TGI) de Paris situé à Porte de Clichy. Jusqu’au procès, toutes les personnes ont l’interdiction de s’approcher du CRA, et pour la majorité une interdiction de rentrer en contact entre elleux.
Leipzig, Saint-Sylvestre 2023, « Liberté et bonheur pour tou.tes les prisonnier.es et les clandestin.es »
Salut, cher.es camarades,
Malheureusement, je ne peux pas dire grand-chose sur moi, sauf que je suis antifasciste et que je fais l’objet d’un avis public de recherche. Après des longues réflexions et discussions, j’ai décidé de trouver, au moins par ces mots, une façon de faire face à peu près publiquement à ce mandat d’arrestation, qui a été vain jusqu’à aujourd’hui, heureusement. J’ai ainsi la possibilité de faire quelque chose contre mon impuissance et de raconter un peu ce que c’est la vie intérieure d’un.e antifasciste recherché.e. En plus, je voudrais saisir cette occasion pour dire ce qui m’a aidé à affronter la répression et pour faire appel à vous tou.tes.
Quand j’ai été informé.e de l’avis public de recherche, je savais quoi faire. Aller voir mes camarades. Au moment précis du choc, j’avais des personnes qui étaient à mes côtés. Avec qui je pouvais parler de mes sentiments, avec qui, surtout, j’ai pu discuter de ceux qui pouvaient être mes prochains pas et de comment faire par la suite. Ces camarades sont à mes côtés aujourd’hui encore et elles/ils sont souvent la raison pourquoi, malgré la répression, je ne me suis pas encore rétiré.e dans une vie rangée. Non seulement parce qu’ils/elles me soutiennent, mais avant tout parce qu’elles/ils discutent avec moi de comment on peut poursuivre politiquement et parce qu’elles/ils n’arrêtent jamais de mener leur lutte politique, malgré toutes les attaques contre notre mouvement. Ce dernier point, la poursuite de la lutte contre l’État et le Capital, est ce qui m’a le plus aidé à tenir le coup. Dans les premières semaines après avoir appris de l’avis public de recherche, je suis devenu.e dépressif.ve, j’ai eu des insomnies, je ne suis plus allé.e au travail. Mais j’ai pu poursuivre mon travail politique. Parce que j’ai des camarades qui, bien que je sois recherché.e, ont rendu pleinement possible mon activité politique et le font encore aujourd’hui, comme si cela allait de soi. C’est la solidarité qui a fait échouer la répression. Mais le fait de pouvoir continuer à agir n’est pas quelque chose qu’on puisse sous-estimer : quand le mouvement antifasciste arrête de lutter et ne tire aucune leçon offensive de la répression, c’est que la répression a atteint son objectif ; cela voudrait donc dire que, si un jour j’étais découvert.e, j’irais au tribunal sans soutien, sans que tout cela n’ait eu aucun sens.
Je pense que ce ne sont pas les petites organisations clandestines le plus discrètes possibles, qui nous protègent de la répression, mais au contraire qu’un mouvement aussi grand, vivant, diversifié et fort que possible est la protection la plus efficace contre la répression. Un tel mouvement est la raison pour laquelle je lutte et aussi le seul chemin valable, à mes yeux. Je ne veux pas dire que des organisations clandestines et de confiance ne soient pas également nécessaires, dans la situation actuelle et dans le futur, pour tenir le terrain de la lutte aussi dans les phases de faiblesse des mouvements révolutionnaires ou potentiellement révolutionnaires.
Je pense que nous ne devons jamais arrêter nos actions – surtout celles offensives – contre l’État, le capital et le fascisme. Si nous remarquons qu’une forme d’action ne marche plus parce qu’elle attire trop de répression, alors nous devons changer de forme d’action, mais sans baisser le niveau de l’attaque ni remettre en question la légitimité de l’action offensive en tant que telle.
La réponse politique à la répression est difficile, mais nécessaire. Dans la plupart des cas, la répression touche des individus, elle est douloureuse, elle isole si on ne la combat pas et si on n’a personne avec qui la combattre. La réponse politique à la répression, qu’il s’agisse de procès affrontés en tant que procès politiques, de manifestations de solidarité ou d’actions offensives, est le seul chemin qui, à long terme, rend la personne touchée et le mouvement dans son ensemble capables de continuer à lutter.
Pour finir, je voudrais souhaiter la liberté et beaucoup de chance à tou.tes les prisonnier.es et à ceux/celles qui se cachent, dont je me sens encore plus proche, depuis que je suis recherché.e. Feu et flammes pour la répression ! Liberté pour tou.tes les prisonnier.es, politiques et sociaux.les.
Note d’Attaque : on pourra trouver des informations sur des cas de camarades qui sont en cavale suite à des avis de recherche, en Allemagne, ici et ici. Une réflexion à ce sujet a été traduite ici.
Sans vouloir revenir ici sur le terme ambigu de « justice sociale » promue au siècle dernier, force est de constater qu’on assiste depuis quelque temps à de multiples tentatives contemporaines de ripoliner le concept même de « justice ». Du côté de l’État et de ses larbins universitaires comme de l’autre côté de la barricade, ce dernier est désormais mis à presque toutes les sauces : justice réparatrice, justice non punitive, vérité et justice, justice transformatrice, justice pour x, justice restaurative, et ainsi de suite. Leur point commun est généralement de souhaiter instaurer des médiations variées entre les individus impliqués dans le conflit (quitte parfois à les déposséder de leur histoire et de leur ressenti), quand il ne s’agit pas plus ou moins explicitement de tenter de préserver avant tout l’entité collective d’un éclatement brutal (la société, la communauté, le groupe humain, le milieu). Pourtant, si on sort un peu des dichotomies artificielles comme le fait que la justice serait l’opposé de l’injustice, alors qu’elle en est l’organisation à travers des codifications et des normes (ou des contre-normes) qui ne peuvent qu’écraser toute singularité, on pourrait s’interroger sur le sens d’un monde libéré de toute justice comme de toute autorité. Et puisque la façon dont nous luttons ici et maintenant n’est pas sans lien avec le monde auquel nous aspirons, commencer à nous débarrasser de toute notion de justice terrestre pour la renvoyer dans les mêmes poubelles que celles de l’inexistante justice divine…
Mise à jour (Indy Nantes, 2 janvier)
Pour écrire au compagnon anarchiste arrêté à Toulouse le 20 décembre 2023 et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses (jusqu’à son procès le 1er février), adresser un mail à lettreaucompagnon@riseup.net Il comprend l’Occitan, le Francais, l’Espagnol, le Catalan, l’Anglais et l’Italien. Il est bienvenue de faire circuler cette adresse mail et sa demande de recevoir du courrier, à condition que la diffusion de l’adresse ne soit pas accompagné d’un discours innocentiste.
Un compagnon anarchiste arrêté à Toulouse le 20 décembre Indymedia Nantes, 27 décembre 2023
Arrêté lors d’une manifestation contre la loi des retraites le 6 juin dernier, il avait comparu libre devant le tribunal début juillet. Le compagnon avait été condamné à 10 mois de sursis, 5 ans d’interdiction de manif en Occitanie, et de lourdes amendes et des dédommagements pour les flics.
Le 20 décembre 2023, il a été arrêté dans un parc, par des flics en civil (l’ayant apparemment suivi à vélo) et qui lui ont annoncé un mandat de recherche le concernant. L’avocate qui avait défendu les flics lors du procès en juillet aurait dit qu’à la sortie de ce procès, elle a été bousculée et elle accuse le compagnon. Lors de sa garde à vue il lui a été quasi impossible de rencontrer un.e avocat.e, la plupart des commis.es d’office refusant probablement de défendre un client contre une de leur consoeur.
Le vendredi 22 décembre, après son déferrement et une nuit passée à la maison d’arrêt, il a comparu devant le tribunal. Le compagnon a demandé un délai pour préparer sa défense. La juge a décidé de le placer en détention provisoire jusqu’à son procès, qui aura lieu le 1er février au tribunal de grande instance de Toulouse.Le compagnon est donc aujourd’hui incarcéré à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses.
Nous tenons à lui souhaiter force et détermination.
Les barreaux n’arrêteront ni notre rage, ni notre solidarité !
The media, the schools, the judges, the cops, politicians, surveillance, technology, work. All have their role to play in repression.
Repression is nothing but the interwoven attempts of all authorities to stupify thought, silence ideas, to freeze action, to weaken courage and to justify obedience. These efforts are always necessary to hold together the ranks.
When repression strikes in any form, as well as aiming at rebellion, or just exclusion from the world desired by power, it can also have the tragic effect of domesticating others who feel affinity with the acts, people or ideas put under the searchlights of the state. The drumbeat of court dates, investigations, punishments- risks turning a possibly expansive struggle, outside and against all power, into a protest against only a specific form of repression, or even worse, a bargaining of innocence. This is a real betrayal of subversive charge which is the only thing the state ever really wants to repress anyway.
A comrade from the context of struggle in and around Bristol over the last twelve years will give a presentation outlining their perspective on the moments of joy and freedom in the fight against capital and the state, but also describe moments of capitulation and retreat and what may have led to this. Particular attention will be paid to the Kill the Bill riot of 2021 for which there was a big solidarity movement- many people have been sent to prison.
We want to discuss what solidarity means to us without preconceptions,starting from the questions which have emerged from Bristol over this period. We want to share ideas and in doing so, to sharpen them.
Sabotage de cadenas et serrures d’églises et de centres commerciaux d’exploitation et de mort d’animaux
Ces derniers jours de décembre, au milieu de la frénésie consumériste des fêtes de fin d’année, nous, quelques individualités anarchistes, avons décidé d’agir, dix ans après sa mort, en souvenir de notre compagnon Sebastián Oversluij, qui a été assassiné à Pudahuel par le vigile d’une agence bancaire, alors qu’il essayait de l’exproprier, le 11 décembre 2013.
Ta mort nous chagrine, Angry… tes derniers instants nous chagrinent… mais la vie que tu as choisi de vivre nous remplit d’orgueil. Nous embrassons tes convictions anarchistes, nous embrassons ton chaos.
En ton souvenir, nous avons bloqué les cadenas d’un centre où l’on fait de l’argent et où l’on exploite des animaux, en plus de trois boucheries et de deux lieux d’endoctrinement religieux et autoritaire, le tout à Santiago, au Chili.
Sebastián Oversluij présent !
Solidarité avec les prisonnier.es antispécistes et anarchistes.
Rien n’est reglé.
Note d’Attaque, le 18 janvier 2024 : on pourra lire ici la revendication de cette action.
Le Figaro / dimanche 31 décembre 2023
Les photos ont fait le tour des médias et des réseaux sociaux. Ici, une cafetière. Là, une couette. Le tout accompagné d’un mystérieux communiqué envoyé à la presse locale, revendiquant cette série de vols «militants» dans les Airbnb de la ville. «Ces perquisitions ne sont que le début d’un projet plus large, qui vise à l’éradication des Airbnb et de la présence de leurs multipropriétaires dans la cité phocéenne», prévient le texte, signé d’un collectif baptisé « Ami&Co », détournant le nom de Patrick Amico, l’adjoint au maire de Marseille en charge du logement.
Contactés, ni le parquet de Marseille ni la police n’ont eu connaissance de plaintes suite à ces supposés vols dans les meublés de tourisme. Mais l’envoi de cet étrange communiqué intervient dans un contexte particulier dans la deuxième ville de France, qui a connu une série d’actions coup de poing visant spécifiquement les Airbnb.
Il y a eu d’abord en mars dernier des banderoles contre les Airbnb au carnaval de La Plaine, manifestation militante et politique qui a lieu chaque année dans le quartier du même nom sans être déclarée. Dans la rue, les contestataires accusent Airbnb d’aggraver une crise du logement que Marseille connaît depuis plusieurs mois. La ville, menée par l’ancien socialiste Benoît Payan, a d’ailleurs elle-même annoncé dès 2021 une série de mesures pour réduire le nombre de meublés touristiques.
Et quelques jours après cet événement militant, l’opposition se fait plus frontale, avec le saccage d’un Airbnb dans ce même quartier de La Plaine. Le propriétaire d’un T3 découvre ainsi son appartement mis à sac, avec, sur le mur, des inscriptions pour le moins explicites : «Stop Airbnb», «Les logements c’est pour vivre, pas pour se faire de l’argent», «Un Airbnb = un quartier qui meurt», « Airbnb fait exploser les loyers, dégagez !». Plusieurs semaines plus tard, les militants anti Airbnb s’en prennent aussi aux boîtes à clés de ces logements en les découpant. À la rentrée, des photos de propriétaires de logements Airbnb sont affichées en grand dans le quartier très touristique du Panier. En novembre, dans ce même quartier, des tags hostiles à Airbnb sont découverts sur les murs.
«Ça prend quand même des proportions… soupire une propriétaire marseillaise d’Airbnb sous couvert d’anonymat. Mon nom a été publié sur un blog, avec de fausses informations sur mon logement et les profits que j’en tirerais. J’envisage une plainte pour diffamation. Je trouve ça très triste qu’on en arrive là, au point peut-être de dissuader les touristes de venir à Marseille, à l’aube des Jeux Olympiques !»
«Il y a une gradation dans les actions qui interpelle quand même, constate Patrick Amico. Il faut déjà souligner que la mairie n’y est pour rien. On détourne mon nom, soit. La ville a sa brigade mais elle ne fait pas ce genre de choses ! Elle fait ce qu’elle peut pour lutter contre les Airbnb, en refusant par exemple 80 % des demandes de changement d’usage. Mais la ville reste dans ce que la loi lui permet de faire, et j’invite les propriétaires victimes à porter plainte.»
«On a des secteurs où les résidences de tourisme sont très nombreuses, poursuit l’adjoint au maire en charge du logement. Il y a une certaine exaspération de la population locale que je peux comprendre. La valse des valises à roulettes, les bruits la nuit, les dégradations des parties communes… Il y a un problème de cohabitation, sans compter qu’il est plus difficile de se loger dans certains quartiers. Pour autant, je ne peux que regretter ce qu’il se passe.»
«Nous condamnons fermement les actes de vandalisme et de violences observés à Marseille, qui sont inacceptables et ne résoudront en rien les problèmes de logement locaux», réagit auprès du Figaro une porte-parole d’Airbnb, qui précise qu’à Marseille, les locations de meublé de tourisme dédiées représentent 0,3% du parc de logement et que leur nombre est 28 fois inférieur aux logements vacants.
Particularité locale : les militants derrière ces actions ne sont pas clairement identifiés. «Il y a eu des actions contre les Airbnb plus dures que ce que Marseille vit en ce moment, comme en Aquitaine, rappelle Patrick Amico. Derrière, c’était Alternatiba, une organisation connue. Ici, on fait face à l’anonymat d’action coups de poing, dans le but de dresser les uns contre les autres.»
Vendredi 26 janvier, à 10 heures, aura lieu à Rome l’audience en Cassation contre notre compagnon Juan, pour l’attaque contre le local de la Lega de Villorba (TV).
Le chef d’inculpation de « massacre » a été retiré déjà pendant les débats, mais maintenant le parquet demande à la Cour de cassation de lui appliquer à nouveau celui de « mise en danger de la vie d’autrui », comme cela avait été le cas lors de la condamnation en première instance.
Dans la sentence en appel, cette attaque avait été considérée comme potentiellement dangereuse pour « la sécurité », mais non pour la vie d’autrui, ce qui a mené à une forte réduction de la peine (de 28 ans à 14 ans et 10 mois de prison).
Solidarité avec Juan et avec tous les compagnons et les compagnonnes emprisonnés ! Tous libres, toutes libres !
3 janvier 2023 : La situation du réseau ouest-breton en fin de matinée… après le début des réparations du câble de fibre optique « vandalisé »
Internet et téléphonie : énorme panne sur les réseaux bretons, acte de vandalisme évoqué
France3/France Bleu/Le Télégramme, 3 janvier 2024
Une panne géante touche Bouygues Télécom, SFR et Free depuis ce mercredi 3 janvier à 3h du matin dans les quatre départements bretons. Plus de connexion internet, plus de téléphone dans le Finistère, le Morbihan et les Côtes-d’Armor, ou la Loire-Atlantique, notamment dans les secteurs de Morlaix, Brest, Douarnenez, Concarneau et Quimper, en Finistère, mais aussi à Vannes et Lorient dans le Morbihan.
Cette coupure des réseaux mobiles et fixes concerne les opérateurs Bouygues, SFR et Free, qui partagent les mêmes lignes et les mêmes antennes et qui tous signalent cet incident réseau. L’origine de cette panne n’est pas due à la tempête comme beaucoup le pensaient, mais l’incident serait dû à une coupure physique de la fibre vers 3 h selon le service communication de Bouygues Telecom. Free précise davantage les circonstances de l’incident : « un acte de vandalisme sur les voies ferrées entre Saint-Brieuc et Morlaix ». Quant à Altice, la maison mère de SFR, elle précise qu’il s’agirait bien d’un acte malveillant.
Mise à jour (BFM, 3/1/24) : Cette fibre, dite « longue distance » est utilisée pour acheminer le trafic aux box, qu’elles utilisent ensuite la fibre jusqu’au domicile du client, mais aussi l’ADSL. Cette même fibre alimente par ailleurs les antennes mobiles, donc les SMS, communications vocales et accès à internet depuis son smartphone. De son côté, Orange, qui dispose de son propre réseau de fibre optique longue distance, confirme ne pas avoir été concerné par ces difficultés techniques.
Panne géante de réseau en Bretagne : SFR va porter plainte
France Bleu, 3 janvier 2024 (extrait)
SFR confirme l’information à France Bleu ce mercredi 3 janvier, l’origine de cette gigantesque panne de réseau mobile est bien due à un acte de vandalisme de ses équipements sur les voies ferrées entre Morlaix et Saint-Brieuc, cette nuit à 3h du matin. Les équipes ont pu réparer les fibres sectionnées, le réseau mobile est revenu à 11h45, et internet a pu être rétabli en début d’après-midi, à 14h15.
Cette panne est due à un certain nombre de fibres optiques, équipements majeurs de SFR, qui ont été sectionnés, explique Franck Coudrieau, responsable de la délégation Ouest chez Altice pour SFR : « Les fibres ont été coupées très nettement. (…) à de multiples endroits. » Comme SFR loue ses équipements aux opérateurs Bouygues Télécom et Free, les trois opérateurs ont subi cette panne.
Avec le concours de la SNCF, qui détient le long des voies ferrées vandalisées, SFR annonce son intention de porter plainte contre X. Des discussions régulières entre la SNCF et SFR ont lieu pour tenter de trouver des solutions afin d’éviter ces actes de vandalisme et donc ces pannes. Mais Franck Coudrieau le reconnaît, « c’est très compliqué de mettre des équipes derrière chacun des kilomètres de rail de la SNCF ».
« Une matinée de galère » : à Quimper, des habitants sans réseau pendant plusieurs heures
Ouest France, 3 janvier 2024 (extrait)
Et puis, ce fut le noir total. Dès 7 heures ce matin, les habitants de Quimper (Finistère) se sont réveillés sans réseau téléphonique, ni connexion internet. Une panne qui a affecté les réseaux dans une partie de la Bretagne et qui n’a été résolue qu’à partir de 11 h 40.
À la gare de Quimper (Finistère), au cours de la matinée, cela a contrarié plusieurs voyageurs, perturbés par la situation. À quelques mètres de là, des automobilistes tentent vainement de payer l’horodateur du parking de la gare. « Je suis pressé, souffle l’un d’eux. Je ne comprends pas, ça mouline depuis dix minutes. » Pas étonnant puisque la totalité des horodateurs de Quimper – notamment ceux des boulevards sur les quais – ont été bloqués pendant la durée de la panne.
Difficile également dans ces conditions d’espérer joindre les secours, autorités et pouvoirs publics, comme la gendarmerie et les sapeurs-pompiers. La compagnie de gendarmerie de Quimper a été elle-même touchée par la panne de téléphonie. Sur sa page Facebook, la préfecture du Finistère, située à Quimper, invitait d’ailleurs les gens à contacter les numéros d’urgence, en privilégiant le 112 depuis un téléphone fixe ou portable.
Située au Palais de justice, à quelques mètres de l’Odet, la permanence du parquet, dont l’opérateur est Bouygues, est toujours « coupée du monde » d’après le procureur de permanence.
Dans l’automne 2023, une nouvelle loi sur le travail, proposée par A. Georgiadis [ministre du Travail et des Affaires sociales ; NdAtt.], a été adoptée. Cette loi comprend, entre autres : des contrats de 13 heures [par jour ! ; NdAtt.], des contrats à zéro heures, l’abolition complète de la semaine de travail de cinq jours, l’interdiction des grèves, ainsi que la libéralisation complète des licenciements, en supprimant toute nécessité de les justifier.
Le lendemain de l’adoption de cette loi, la chaîne de supermarchés AB Vassilopoulos en a profité pour virer des centaines de salarié.es. Il est donc clair quels intérêts ces lois servent véritablement.
Ces activités n’arrivent pas dans le vide. Dans un moment où le coût de la vie s’envole, en pesant surtout sur les personnes qui sont en bas de l’échelle, AB Vassilopoulos et les autres supermarchés enregistrent des profits énormes, comme on peut le voir dans leurs bilans et données financières publiques. Leurs profits viennent d’un côté de l’augmentation des prix et de l’autre de la réduction du coût de la main-d’œuvre. Non seulement l’État n’« intervient » pas, mais, par des lois et des règlements, il favorise des conditions qui favorisent les patrons.
Selon le même schéma, il soutient également les autres « gros » secteurs de l’économie, comme le bâtiment et le capital de l’énergie, l’immobilier et le tourisme, en servant leur attitude prédatrice et en satisfaisant toutes leurs exigences anti-travailleur.euses, tout en abolissant aussi tout mécanisme de contrôle.
Dans ce contexte, lundi 20 et jeudi 23 novembre nous avons attaqué deux magasins AB Vasilopoulos, dans les quartiers de Patíssia et de Polýgono, respectivement, en brisant leurs vitrines.
Solidarité d’en bas.
Ne tolérons pas la dévaluation de nos vies.
Actions directes – Expropriations – Grèves
Celui passé enfermé.e en prison peut être un moment de grande solitude. Surtout pendant les prétendues fêtes. Recevoir des lettres ou y répondre peut donc être très important pour nos compas en prison, en ce jours sombres. Pourquoi ne pas leur apporter un peut de lumière, en leur écrivant ?
Si vous avez un.e ami.e en prison, vous pouvez lui envoyer une carte postale, pour lui faire savoir qu’elle/il n’est pas oublié.e. […]
Les quatre compas de l’affaire « Susaron ». Vous pouvez simplement écrire un émail à l’adresse suivante, en spécifiant à qui, des quatre, vous écrivez : SOLIDARIDAD.ANTIESPECISTA4@GMAIL.COM.
RU/GATO est un prisonnier anarcho-nihiliste, vegan, straight edge. Il a 28 ans, il aime les animaux et hait les drogues. Il garde sa conviction dans la pertinence de l’action directe illégale en tant qu’instrument pour lutter pour la libération animale et la libération totale. Il se considère comme un fier prisonnier politique, contre le monde des affaires qui contrôle le territoire chilien.
PANDA est un prisonnier anarchiste straight edge et vegan. Il a 26 ans. Ennemi de la loi et de l’ordre imposés par la force par le système capitaliste. Il aime la nature, les écosystèmes, les animaux et la simplicité. Fier prisonnier politique, honnête dans ses choix politiques et farouchement en faveur de la libration animale et humaine dans le territoire-entreprise appelé Chili.
ITA est une prisonnière vegan, straight edge. Elle a 23 ans. Elle aime la nature, les animaux et surtout les couleurs et les chats ! Elle s’est opposée au système et aux prétendus « loi et ordre ». Fière prisonnière politique anti-spéciste. Elle se sent calme et patiente, face aux conséquences de la lutte illégale contre le spécisme.
TORTU est un.e prisonnier.e politique anarcho-nihiliste, vegan, straight edge. Elle/il hait le système, aime la nature, les animaux et la liberté pour tout le monde. Fier.e prisonnier.e politique pour la libération animale.
Plus d’information sur l’affaire « Susaron » à cette adresse.
JAMAIS SEUL.ES / JAMAIS OUBLIÉ.ES – BRÛLONS TOUTE PRISON ET TOUT ABATTOIR – SOLIDARITÉ POUR TOUJOURS
Au sommaire : des nouvelles de la fin d’année riche en (tentatives d’) évasions et mutineries puis diffusion d’un récit d’enfermement d’une compagnonne à Fresnes et en Italie (55 min)
Sommaire
Brèves :
Rendu du procès du 8 décembre
Mutinerie dans un CRA italien
Retour sur la loi Darmanin + Soirée Anti-CRA
Tentative d’évasion à Rodez le 24/12/23
Attaque contre un constructeur de prisons et de CRA
Mutinerie au CRA de Vincennes
Feux d’artifice du Nouvel An
Deux rdv de la Coord Anti-rep
00:19:16 Récit d’enfermement à Fresnes et en Italie
Vous avez sans doute parcouru, ici ou la, le réquisitoire du Procureur contre le mouvement anti-industriel intitulé « la naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel – histoire de dix ans ». Avant de vous prononcer sur la peine requise – « élever des digues, de toute urgence » - je me permets de vous adresser une plaidoirie en défense des mis en cause.
Je précise que je ne fais pas partie de ceux-là et que si je connais bien certain-es, je n’ai ni lu ni croisé beaucoup d’autres. Je ne rentrerais pas ici dans les détails des accusations du Procureur mais m’attacherais à une défense collective, non pas pour « sauver » les accusés de la peine encourue, mais pour un intérêt bien supérieur, celui de la nécessité de penser par vous-mêmes – et de l’intérêt des idées anti-industrielles pour agir sur l’époque.
Je voudrais commencer en saluant la qualité du travail du Procureur, digne d’un grand professionnel. On ne peut qu’applaudir la ou les personnes ayant réalisé ce travail bénévolement, alors que vu la qualité des investigations policières et la froideur du texte – accumulation de faits dénuée de toute pensée -, elle(s) aurai(en)t pu prétendre à une brillante carrière dans la magistrature ou la police, avec les mirobolants salaires afférents. D’autant plus qu’en général, un tel travail bénévole est au moins récompensé par de la gloriole ou un minimum de reconnaissance sociale. Rien de tout ça n’est recherché ici, le Procureur restant complètement anonyme et injoignable, ne pouvant ni répondre à ses détracteurs ni se vanter d’un travail si bien fait.
Ma plaidoirie ne vise nullement à convaincre le Procureur ou les flics l’ayant aidé à bâtir ce dossier édifiant. Eux représentent l’Ordre, or on ne débat pas avec l’Ordre, on n’argumente pas avec l’Ordre, on ne peut pas convaincre l’Ordre, l’Ordre n’étant – malheureusement pour lui - pas capable de penser. J’ose croire, mesdames messieurs les Juré-es, que vous avez cette capacité et que peut-être même, elle vous procure plus de plaisir, de gratification et de jouissance que celle de respecter l’Ordre.
Ce qui est compliqué dans notre affaire, c’est que l’Ordre, ou la ligne du parti, que le Procureur veut faire respecter, n’est ni clairement établie, ni discutée ou débattue. Le Procureur s’est auto-saisi pour représenter les intérêts d’un « milieu » flou, plus ou moins « libertaire », gravitant autour des sites « mutu ». Un « milieu » qui, au moins sur les problématiques « récentes » (par exemple, la GPA, la PMA, la « question trans » ou la « crise Covid ») n’a pas de ligne claire vu qu’il ne s’agit pas d’un parti, et qu’il n’y a donc pas de congrès, pas de vote de motion, pas de débat entre différents courants.
Cette année, une partie de ce « milieu » s’est retrouvé en Suisse pour célébrer les cent-cinquante ans du Congrès de Saint Imier, actant la naissance de la première internationale anti-autoritaire. À l’époque, il s’agissait réellement d’un « congrès », avec des débats intenses entre plusieurs lignes possibles. L’édition de cette année ressemblait plus à un grand fourre-tout avec plus de 400 ateliers juxtaposés, sans jamais de débat organisé sur les désaccords présents à l’intérieur de ce « milieu ».
Alors, faute de texte officiel sur lequel se baser, le Procureur utilise, pour bâtir son réquisitoire, le terme repoussoir de « réactionnaire ». Dans la bouche du Procureur, comme dans celle de tous les ultra-progressistes, il équivaut au Mal, voir au Fascisme. Je ne peux que vous inciter à réfléchir à l’ambiguïté de ce terme, à une époque où le Progrès Tout-Puissant chamboule quotidiennement le monde. Si on ne veut pas être associé au Mal, faut-il accepter tout ce qui est nouveau ? Contester l’invasion des écrans, les robots-tueurs ou le perfectionnement incessant de la surveillance technologique, est-ce être « réactionnaire » ? Chacun peut constater que nombre des progrès technologiques sont en fait des regrès sociaux et humains. Il ne s’agit bien entendu pas de contester ou d’accepter toute nouveauté, mais de penser une prise de position – potentiellement complexe - selon chaque problématique.
À ce propos, on ne peut que s’étonner de la tendance dans ce « milieu », pourtant friand de la promotion de la « non-binarité », à des raisonnements très binaires.
1 : c’est OK.
0 : c’est pas OK.
S’agit-il d’une des conséquences de la domination de l’informatique sur le monde ? Dans quantité de polémiques modernes, il manque en tous cas foncièrement de raisonnements complexes et de possibilité d’exprimer des avis inattendus et paradoxaux. De droits à penser par soi-même et de pouvoir être dans des zones grises, non-définies, quelque part entre le 0 et le 1, et même potentiellement bien au-delà. Il y a vingt ans, suite aux attentats du 11 septembre, le discours du président américain Georges Bush « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes » avait choqué. Cette injonction à la prise de partie binaire semble pourtant avoir contaminé tous les débats actuels, et notamment les milieux militants dont les arguments impliquent souvent « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les fascistes ». Je pense que votre intelligence mérite mieux.
Le texte du Procureur est une caricature de cette manière de penser. En outre, son réquisitoire, à la manière de pamphlets complotiste-paranoïaques, mélange tout : quelques faits avérés et effectivement critiquables, comme par exemple la collaboration entre certains auteurs et certains médias véritablement d’extrême-droite, et, pour une grande partie du texte, des désaccords politiques. Évoquons brièvement certains d’entre eux, pour essayer de complexifier la présentation faite par le Procureur.
Il y a les questions de reproduction artificielle de l’humain : questionner ou critiquer la généralisation de la PMA (procréation médicalement assistée) pour tous et toutes (hétéros et homos) ne signifie pas être contre les homosexuels. Il ne s’agit pas de culpabiliser les personnes y ayant recours, mais de remettre en cause l’invasion des technologies dans un domaine jusque là épargné (la reproduction) et les nombreuses questions politiques que ça pose, notamment la création d’un nouveau marché au fonctionnement capitaliste. La question de la GPA (gestation pour autrui) est encore plus symptomatique. Est-on « homophobe » si on est contre cette pratique ? Ou juste « éveillé » sur l’exploitation humaine qu’elle implique ? Sans vouloir offusquer la binarité du Procureur, j’affirme connaître des lesbiennes et des homosexuels critiques de la PMA et de la GPA.
Il y a la question « trans ». On peut être contre les normes de genre, vouloir remettre en question ou « déconstruire » les rôles sexistes, n’avoir rien contre les changements de prénom, aimer les gens bizarres, celles et ceux qui se travestissent, s’habillent ou se coiffent comme bon leur semble ET questionner la pertinence de prendre des hormones ou de faire des opérations chirurgicales. On peut se positionner contre la possibilité pour les adolescents de modifier leur corps avec de la chimie ET être sensible à leur mal-être, empathique avec leur volonté de ne pas rentrer dans les normes, bienveillant avec leurs questionnements. On peut même trouver ça assez « réactionnaire » de penser que la chimie ou la technologie soient indispensables pour être qui on veut, potentiellement loin des injonctions sexistes.
Il y a la question du Covid ou de « l’autodéfense sanitaire ». Certains militants essayent d’imposer l’idée que la solidarité avec les plus fragiles imposerait une sorte de confinement autogéré permanent et que quiconque n’accepterait pas le port éternel du masque, les règles de distanciation et les vaccins réguliers a un comportement « eugéniste », « validiste », « égoïste » et donc fait le jeu de l’extrême-droite et du fascisme. Il est évident que loin de ce positionnement caricatural, de multiples prises de positions sensées sont possibles, et notamment celles critiquant les techniques de conditionnements de la population, l’opportunisme des firmes pharmaceutiques ou l’accélération technologique à l’œuvre depuis la pandémie. Il est surprenant que les tenants de « l’autodéfense sanitaire » ne s’alarment pas plus de l’extension du « distanciel » et des écrans, isolant bien souvent encore plus les plus fragiles et créant de multiples pathologies sanitaires et psychologiques. La meilleur des « autodéfenses sanitaire » ne serait-elle pas la résistance à l’ouragan numérique ?
En dehors de ces questions ayant trait à la technologie, il y a aussi, entre autres, la question de l’islam. Où l’on peut être anti-raciste (autant que faire ce peut), être horrifié par le climat grandissant de haine des arabes, tenter de se battre contre les nombreuses discriminations dues à l’origine ou à la couleur de peau, aider les sans-papiers et migrants en galère ET penser que l’islam, comme toute religion, est critiquable (et non pas les musulmans). Que son extension dans les quartiers ou ailleurs n’est pas forcément une bonne nouvelle. Que la centralité prise dans les luttes anti-racistes par les symboles religieux vestimentaires n’est pas une stratégie pertinente, qu’elle a avant tout pour résultat d’exciter et de radicaliser les racistes.
Bref. Excusez-moi d’avoir rappelé ce qui pour moi ne sont que de banales évidences, mais le manichéisme exacerbé des débats promu par certains médias ou groupes militants empêche bien souvent d’avoir ce minimum de raisonnement complexe. Sur ces désaccords politiques, le « milieu » libertaire, comme le reste de la société, souffre d’un manque criant de possibilités de débattre. Où sont les journaux, les sites internet, les lieux de discussions où des avis opposés peuvent co-exister, s’engueuler, se répondre ? Nulle part.
Il faut néanmoins souligner que, contrairement à leurs détracteurs, les membres du milieu anti-industriel, n’ont, sur ces sujets, fait que diffuser des textes. Ils n’ont jamais empêché quiconque de faire une GPA ou de prendre des hormones, n’ont pas saboté le moindre évènement de promotion de ces idées-là, n’ont pas imposé quoi que ce soit aux personnes pas d’accord avec elles.
Afin de nourrir l’esprit critique, ils ont simplement exprimé des idées. Mais c’est apparemment déjà trop pour le Procureur, qui pratique la reductio ad hitlerium et assimile toute personne en désaccord avec sa ligne, même sur un seul sujet, comme faisant le jeu de l’extrême-droite. Dans les débats exposés, certaines positions du mouvement anti-industriel (par ailleurs aussi traversé par des désaccords) recoupent effectivement en partie certains avis présents à l’extrême-droite. Mais pour le dire comme le sinistre Sarkozy : « Si Le Pen dit ‘‘Le soleil est jaune’’, devrais-je dire qu’il est bleu ? » Ou en version actuelle : si on pense, comme Marine Le Pen, que Macron est le président de l’oligarchie, fait-on le jeu de l’extrême-droite ? Tout ce qui ne s’est pas dit pour « ne pas faire le jeu de l’extrême-droite » s’est il avéré payant ne serait-ce qu’une seule fois ?
En-dehors de quelques avis se recoupant partiellement, que le Procureur et les antifascistes vigilants se rassurent ! L’extrême-droite est foncièrement pro-industriel et pro-technologies. Son parti dominant, actuellement dénommé le Rassemblement national, a toujours défendu le nucléaire, la chimie, l’industrie en général. Il ne s’est jamais opposé au progrès technologique, qui d’ailleurs pourrait grandement lui faciliter la tâche lors de sa probable prochaine accession au pouvoir. Pour un gouvernement fasciste, quoi de mieux que la vidéosurveillance biométrique, le flicage numérique, les passes-QR codes pour aller et venir ? Son nouveau patron, Jordan Bardella, a pris dernièrement des positions radicalement technophiles, célébrant les possibilités offertes par le développement de l’intelligence artificielle. Un de ses nouveaux conseillers s’appelle Laurent Alexandre : c’est le pape du transhumanisme en France, promoteur de « l’homme augmenté », issue logique des actuels développements technologiques. Cet avènement de surhommes assistés par la technologie est un projet d’élimination des plus faibles. Un minimum d’honnêteté intellectuel obligerait le Procureur à reconnaître que pour ces derniers, qu’ils soient immigrés ou non, il y a bien plus à craindre du techno-fascisme qui vient (avec Macron ou Le Pen au pouvoir) que des idées anti-industrielles.
D’autant plus que l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite, en France ou ailleurs dans le monde, est grandement facilitée par la vie à distance et le règne des réseaux asociaux comme moyen de diffusion d’idées. Il est frappant de constater comment ces technologies favorisent les opinions nauséabondes, les fascistes se servant par exemple du moindre fait-divers pour alimenter leur haine des étrangers avec une formidable caisse de résonance. Les nouvelles technologies ne permettent pas seulement une surveillance accrue : elles favorisent l’extension du domaine de l’aliénation. Il me semble qu’une certaine urgence « antifasciste » impose une critique radicale de ces canaux d’abêtissement général : qui d’autre que le mouvement anti-industriel la mène ?
C’est un fait très documenté : les algorithmes développés par les propriétaires des réseaux favorisent la création de « bulles » où chaque personne ne « reçoit » que des informations la confortant dans ses positions, sans être confronté à des avis opposés. De plus en plus, les débats s’hystérisent et les militants perçoivent les idées adverses comme des « agressions » desquelles il faut se protéger. Dans le texte du Procureur, on a l’impression que les idées sont considérées comme des virus pouvant potentiellement contaminer des esprits sains. Il appelle à « élever des digues » comme il appellerait à mettre un masque ou se laver les mains, dans un souci de protection sanitaire intellectuel. Ne lisez pas ces auteurs, sinon vous allez tomber malades !
À l’inverse, je pense qu’il faut se confronter à un maximum d’idées différentes. Il n’y a que les procureurs qui ne changent jamais d’avis. Quand je lis des choses avec lesquelles je suis en désaccord, elles ne me contaminent pas : si elles sont bien écrites et argumentées, elles me font même potentiellement réfléchir. Au « pire », elles m’ennuient et me confortent dans mes positions, mais je ne me sens pas « sali » d’avoir pris le risque de penser contre moi. Avec une diversité de points de vue, mon système immunitaire intellectuel se renforce, ma pensée s’affine, mes positions se complexifient et – je vous l’assure mesdames messieurs les Juré-es – ça a des fois quelque chose de jouissif. Et je dois bien vous l’avouer : dans cette quête évolutive de justesse intellectuelle, ce sont en majorité les auteurs anti-industriels qui m’ont le plus fait progresser. Dans une époque bouleversée par les chambardements numériques, où la plupart des humains ne sont plus capables de rien sans prothèse technologique, il me semblerait regrettable de se couper de ce courant de pensée.
Bien entendu, les lire ou les citer ne m’oblige nullement d’être en total accord avec eux. Il y a des auteurs cités dans la plaidoirie avec qui je suis en total désaccord sur certains points (ce qui ne me fait pas, par ailleurs, les traiter de « fascistes »). Il y en a d’autres dont le ton m’agace, dont le sarcasme caricatural me fatigue, dont les choix éditoriaux me rebutent, dont la verve elle aussi « binaire » me lasse. Il y a une grande diversité de manières de faire dans les mis en cause et je ne peux que m’étonner de voir le Procureur mettre tout le monde dans le même sac, avec une mauvaise foi remplie de citations sorties de leur contexte, de qualificatifs diffamants « gratuits » et de culpabilité par association. Ainsi des « camarades » s’investissant depuis des années dans des lieux ou collectifs libertaires sont – sans autre forme de procès – assimilés à l’extrême-droite pour un désaccord sur un sujet. Dans une interview au site Ballast (7/12/2023), l’autrice du très instructif Faire Justice, Elsa Deck-Marsault, parle de ce nouveau « moralisme progressiste » : « Les pratiques punitives nous enseignent qu’on est toujours sur la sellette. Quand on milite depuis dix ans dans un milieu et qu’on sait qu’on peut en être exclu d’une minute à l’autre parce qu’on aura fait ou dit telle chose, qui serait considérée comme inacceptable de la part de nos pairs, ça nous pousse à nous investir à demi — un pied dedans et un pied dehors. (…) Beaucoup de gens réagissent davantage par peur d’être vus comme mauvais⋅es allié⋅es ou militant⋅es que parce qu’ils sont vraiment d’accord avec la position prise. On en vient à se demander ‘‘comment faire pour montrer que moi, personnellement, je suis du bon côté de la barrière ?’’ Alors que les questions devraient être ‘‘qu’est-il juste de faire ? avec quoi je suis en accord politiquement et éthiquement ?’’ »
Voilà donc le moment de vous interroger sur ce qui est « juste de faire » avec les mis en cause. Faut-il « élever des digues » comme le demande le Procureur ? Une curieuse peine, pour un « milieu » qui se revendique « No border ». Concrètement, et suite à divers précédents, tout le monde comprend bien ce que cela veut dire : ne pas lire ni citer les accusés bien entendu, mais aussi ne pas les inviter dans vos lieux, « zbeuler » les évènements où ils seraient présents voire saccager leurs livres ou tables de presse. Des incitations qui peuvent coller aux basques des prévenus pendant très longtemps, un texte comme ça suffisant à discréditer définitivement les mis en cause, sans que la plupart ne prenne la peine de les lire ou de se faire réellement une idée sur leurs écrits.
Mais encore une fois, mon but n’est pas de vous apitoyer sur le sort des mis en cause, aussi injuste soit-il. Ce que je vous demande, c’est évidemment la relaxe des accusés mais surtout : la quête infinie de penser par vous-mêmes.
Riceviamo e pubblichiamo questo contributo – come chiamarlo? «né una fredda biografia né un pessimo sunto del pensiero di Alfredo» – sul percorso teorico-pratico di Alfredo Bonanno. Pensato e scritto per il contesto statunitense e per quello greco (di qui i “granuli di storia” italiana che contiene), il testo mantiene il suo interesse anche alle nostre latitudini, soprattutto per quei giovani compagni che rifiutano questo «clima di appiattimento e di uniformazione, di pietosa accettazione e di agonia scambiata per respirazioni e battiti del cuore».
Una vita illogica
L’unico modo per conoscere la morte è amare la vita.
A. M. Bonanno
La joie n’a pas besoin de justification.
E. M. Cioran
Il 6 dicembre 2023 è morto nella sua casa di Trieste Alfredo Maria Bonanno. Nato a Catania, in Sicilia, classe 1937, è stato un compagno anarchico, filosofo e rapinatore, teorico e agitatore, editore, traduttore e scrittore infaticabile. Tra i suoi studi, oltre ai classici dell’anarchismo, Hegel, Nietzsche, Stirner, ma anche Baudelaire, Paul-Henry Thiry d’Holbach e Machiavelli.
Con tutti i nostri limiti, cercheremo in questo articolo di fare, enpassant, un parziale tentativo per spiegare la sua figura, la sua storia.
Sul finire degli anni sessanta, come tutto il mondo, anche l’Italia viene investita da un sussulto libertario che sconquassa tutti i gangli della società. Il “più grande partito comunista d’occidente” intanto cominciava a trasformarsi in “partito dello Stato dentro la classe operaia” tentando di recuperare attraverso il sindacato le forme di autorganizzazione autonoma delle lotte operaie. Inizia la strategia del “compromesso storico” con la Democrazia Cristiana, partito mafioso e corrotto al potere da trent’anni; quindi la “politica dei sacrifici e dell’austerità”, ovvero sistematica concertazione subalterna al padronato. Chi non si fosse allineato all’interno del paradigma istituzionale sarebbe stato di seguito emarginato, criminalizzato e represso. Per dare appena alcune cifre: saranno circa quattromila gli inquisiti e i condannati per “banda armata”, “associazione sovversiva” o comunque “fatti legati a tentativi di sovversione dell’ordine costituzionale”; ben oltre ventimila le persone denunciate; per il Ministero degli Interni quelli dell’«area sociale sovversiva » erano più di centomila.
Alfredo comincia la sua militanza già negli anni ’60 del novecento nelle file del movimento anarchico siciliano e, dopo aver lavorato per una decina di anni come impiegato di banca e in seguito addirittura come dirigente industriale, prende parte alle lotte di quegli anni. In quel momento storico, dentro un contesto sociale di forti rivendicazioni salariali, di lotte operaie e per i diritti sociali, si sviluppò un’eccezionale effervescenza proletaria, un’insubordinazione diffusa, dando vita ad una rivolta che per dimensione, profondità sociale, estensione temporale e geografica ne avrebbe fatto l’ondata rivoluzionaria più significativa dell’Europa occidentale dal ’45 ad oggi.
La risposta del Potere non si fece attendere. Prima con i tentativi di golpe fascista appoggiati da alcuni apparati dei servizi segreti ed organizzazioni paramilitari come la Gladio, poi con l’uso sistematico del terrorismo di Stato con l’uccisione dell’anarchico Pinelli gettato dalla finestra di una questura, le bombe di piazza Fontana a Milano, quelle di Brescia e della stazione di Bologna.
Ai funerali di Pinelli parteciparono qualche centinaio di persone tra cui personalità di una certa autorevolezza intellettuale come Vittorio Sereni, Franco Fortini, Marco Forti, Giovanni Ramponi, Giorgio Cesarano, Luigi Manconi, oltre ad assistenti dell’università Cattolica di Milano, nonché molti anarchici tra cui lo stesso Bonanno. Quest’ultimo pubblicò, nel 1998, un opuscolo dal titolo Io so chi ha ucciso il commissario Calabresi, in riferimento all’uccisione nel 1972 del commissario di polizia addidato da gran parte del movimento anarchico e rivoluzionario come autore del defenestramento del Pinelli. Ebbene, in questo scritto si sostiene che ai funerali del Pinelli venne fuori un’idea di giustizia che prima non c’era, un desiderio condiviso di vendetta. Inoltre la mancanza di rivendicazioni, l’assenza di sigle che rivendicarono quest’atto, fece sì che quell’azione anonima e vendicatrice fosse intelleggibile e chiarissima a tutti.
In quest’epoca l’Italia vive da una parte un presunto “boom economico”, per alcuni settori di ceto medio e borghesia, dall’altra “crisi” economiche e forti scosse sociali. È in questo frangente storico che Alfredo mette in piedi le “Edizioni Anarchismo” e partecipa al dibattito scrivendo su giornali come “Sinistra Libertaria” e creando la rivista “Anarchismo” (1975-1994).
Per tutto il decennio degli anni settanta del secolo scorso il dibattito all’interno delle organizzazioni della sinistra extraparlamentare fu incentrato non tanto sull’uso o meno della violenza rivoluzionaria, ma piuttosto sul come e quando utilizzarla. Dagli scioperi selvaggi alle assemblee in fabbrica e nei quartieri, dalle manifestazioni di massa all’autoriduzione delle bollette, dagli espropri proletari ai sabotaggi si dispiegava un variegato panorama composto da studenti e operai, disoccupati ed “emarginati” e tra questi, un movimento composto da comunisti eretici e indiani metropolitani, Comontisti e consiliaristi, situazionisti e autonomi. Oltre alle Brigate Rosse, che portavano avanti la presa del potere e l'”attacco al cuore dello Stato”, esisteva un arcipelago di sigle (più di seicento quelle utilizzate) che praticavano forme di guerriglia metropolitana. Se il ruolo degli anarchici in questa fase storica, salvo qualche sparuta eccezione, risultava piuttosto marginale, con un antiquato movimento anarchico di sintesi, prese piede sempre più quello dell’anarchismo d’azione diretta, cioè l’esperienza dei gruppi d’affinità e dei nuclei autonomi; esperienze simili apparivano anche in Spagna, Inghilterra e Francia. Fuori e contro la burocrazia di ogni colore i giovani ribelli cercarono di coniugare la critica della vita quotidiana con la sovversione dei ruoli sociali imposti.
In questo scenario di autonomia proletaria e “bombe, sangue e capitale “, per usare l’espressione di un testo di quegli anni, l’anarchismo di Bonanno entrerà in polemica sia con le organizzazioni neoleniniste, staliniste e autoritarie, sia con l’ormai stantia Federazione anarchica tradizionale. Allo stesso modo dalla stessa penna verrà delineata una critica dello specialismo, dell’avanguardismo e del militarismo. Tra le ‘querelle’ di questo periodo significativa è quella tra il giornale “Insurrezione”, la rivista “Anarchismo” e il gruppo armato “Azione Rivoluzionaria”. Quest’ultima infatti fu un’esperienza di lotta armata libertaria a cui venivano rimproverate una serie di contraddizioni tra le quali «[…] quella sulla funzione dell’organizzazione armata che si persiste nel vedere come funzione “guida”, come funzione “primaria”, nei confronti del lavoro di massa, nella realtà di produzione e di sfruttamento; quando invece sarebbe stato più esatto parlare di indispensabilità dell’organizzazione armata specifica e della contemporanea importanza dell’allargamento del lavoro di massa, senza che l’una cosa sia subordinata all’altra o viceversa» (Contributi alla critica armata libertaria, Edizioni Anarchismo).
Nel 1977 la radicalizzazione e la generalizzazione dello scontro di classe si acuiscono ulteriormente ed Alfredo dàalle stampeLa gioia armata, pamphlet scritto proprio perché «[…] appariva quindi essenziale evitare che il gran numero di azioni che venivano realizzate giornalmente sul territorio dai compagni, azioni di attacco contro uomini e strutture del dominio e del capitale, non venissero convogliate nella logica dirigista di un partito armato, come le Brigate Rosse in Italia, tanto per fare un esempio.
Lo spirito del libro è tutto qui. Fa vedere come da una pratica quotidiana di liberazione, e di distruzione, possa venire fuori una logica gioiosa di lotta e non un metodo mortale e schematico di irrigidimento dentro i canoni prefissati da un gruppo dirigente». Ricordiamo che questo libro «[… ]è stato condannato in Italia alla distruzione. Una sentenza della suprema corte italiana lo ha destinato al rogo. […] Per avere scritto questo libro, sono stato condannato ad un anno e mezzo di prigione».
Ma è nel 1978 che si ha un vero scandalo nel mondo intellettuale; esce con le Edizioni Anarchismo ll mio testamento politico, a firma di Jean-Paul Sartre ma in realtà si tratta di un testo di 40 pagine di Joseph Déjacque, anarchico morto a Parigi nel 1864.
Agli inizi degli anni ’80, comincia un’importante fase di ristrutturazione, grazie alla telematica, dello Stato e del capitale e, in pieno periodo “emergenziale”, la controrivoluzione dispiega tutte le sue forze in un momento di forte riflusso del movimento rivoluzionario e antagonista. La creazione di carceri speciali e le leggi sulla dissociazione e sul pentitismo aprono un dibattito sulla questione della prigionia politica italiana. Alfredo pubblica nel 1984 E noi saremo sempre pronti a impadronirci un’altra volta del cielo; un libro contro l’amnistia e contro la “resa” ventilate da alcuni militanti comunisti. Si intravede oramai la fine della centralità operaia e del Partito e si rilancia, con la pratica del sabotaggio diffuso e l’attacco anonimo e polverizzato sul territorio, l’ipotesi armata. Da Londra Alfredo scrive La rivoluzione illogica, dove si rimarca la polarizzazione della realtà, l’importanza dell’intervento nelle lotte intermedie, dell’organizzazione informale e del progetto insurrezionale. Nei primi anni ottanta, sempre in Inghilterra, è presente durante la rivolta di Brixton.
Prende sempre più piede l’inadeguatezza di una certa visione ottocentesca dell’insurrezione anarchica, quella immaginata con le bandiere rosse e nere sopra le barricate: si osservano le sommosse irrazionali che caratterizzano le società capitaliste.
Nel frattempo si sperimentano i “nuclei autonomi di base” all’interno delle lotte rivendicative, specifiche, e si parla dei “ponti” tra il movimento specifico (i compagni) e il movimento reale (la realtà degli esclusi in lotta). Quindi si partecipa alle lotte dei ferrovieri del compartimento di Torino, si dà vita al Coordinamento delle Leghe autogestite contro la base missilistica di Comiso nel 1987 e si partecipa alle lotte contro il nucleare ed alle manifestazioni antimilitariste con dei precisi obiettivi di attacco.
Nasce la rivista “Provocazione” (1987-1991) e Bonanno viene arrestato con un altro compagno per una rapina in una gioielleria a Bergamo nel 1989. A proposito di azioni diffuse e decentralizzate, va ricordato che in Italia, dalla fine del 1977 al 1989, vengono abbattuti 1200 tralicci.
Sono anche gli anni in cui l’anarchico siciliano descrive la condizione de I giovani in una società post-industriale e la divisione tra gli esclusi e gli inclusi:
«Tempo fa, ho proposto una distinzione basata su questi due concetti. Da un lato, gli “inclusi”, racchiusi nel loro castello teutonico, possessori della nuova tecnologia e, solo per questo, dominatori; dall’altro lato, gli “esclusi”, destinati ad un impiego passivo della tecnologia, spossessati di qualcosa che non sarà mai più la loro arma di “lavoro” e, proprio per questo, dominati.
Ho spiegato, a me sembra in modo esauriente, che questa distinzione si adatta a sufficienza (pur restando modello di ragionamento) alla realtà post-industriale. La tecnologia di oggi è la “ricchezza”, ben al di là del semplice “capitale finanziario”, che andrà a diminuire sempre di più. Questa tecnologia non potrà essere condivisa da tutti. I più (gli esclusi) saranno abilitati solo ad un utilizzo passivo e non comprenderanno nulla al di là del semplice pigiare qualche bottone. I meno (gli inclusi) elaboreranno le ricerche e gestiranno il potere attraverso un possesso loro esclusivo»(I giovani in una società post-industriale, “Anarchismo”, 1988).
Arrivano gli anni ’90 e proseguono la decentralizzazione delle strutture produttive, la flessibilità e la precarietà. L’anarchismo viene sempre più considerato come una tensione etica individuale che deve fare i conti con una realtà mutevole e con un Dominio diffuso sul territorio, decentralizzato. Alfredo prova a spiegare questo cambiamento della “nuova” democrazia, il passaggio dalla prima alla seconda Repubblica, con La tensione anarchica, un libello tratto da una conferenza in un liceo di Cuneo nel 1995. Si organizzano conferenze anche nelle università greche dove parla di “Dominio e rivolta”. Sono gli anni del settimanale “Canenero”, un giornale redatto a Firenze da Alfredo ed altre varie individualità, ma anche del cosiddetto “Processo Marini” del 1996, dal nome del magistrato che indaga per una “banda armata” denominata ORAI (Organizzazione Rivoluzionaria Anarchica Insurrezionale), inventata dagli inquirentie che avrebbe a capo Bonanno. Sessantotto anarchici vengono accusati di rapine, sequestri, omicidi, detenzione di armi e varie attacchi alle strutture del potere. Alfredo farà un’autodifesa al processo di Roma, gli anarchici parleranno di una “montatura” e lanceranno una campagna per la liberazione degli inquisiti e su “Canenero” si scriverà: «L’insurrezione ha desideri e ragioni che nessuna logica militare potrà mai comprendere» (“CaneNero”, settimanale anarchico – 20 dicembre 1996 – numero 43). Ad ogni modo, tra pesanti condanne e molte assoluzioni, il teorema (l’esistenza di una “banda armata” con capi, covi, ecc.) non passa.
Nel Convegno a Velletri, nel dicembre del 2000, prende forma, anche se poi il progetto vero e proprio non decollerà mai, l’idea di «Pensare a una serie di rapporti stabili fra compagni nell’ambito del bacino del Mediterraneo […]», da qui il tentativo di mettere in piedi «una organizzazione informale raggruppante compagni e gruppi antiautoritari»: appunto, l’IAI (l’Internazionale Antiautoritaria Insurrezionalista).
I vent’anni trascorsi in questo nuovo secolo vedranno comunque un Alfredo ancora attivo e propagandista, sempre impegnato a pubblicare i suoi testi e sempre in giro in Italia e all’estero. Vengono stampati Il trattato dell’inutilità , libro che ha impegnato tanti anni della sua vita, le rivista “Senza Titolo” (2009) e “Negazine” (2017).
Arrestato a Trikala nel 2009 per una rapina in banca con un altro compagno greco, Alfredo riceverà una grande solidarietà internazionale.
Partendo da una “teoria dell’individuo” Bonanno ha cercato di superare, grazie al concetto nicciano di “oltrepassamento”, il “falso problema dell’individualismo e del comunismo”. Per sua stessa ammissione non è mai stato un nichilista ma piuttosto un comunista anarchico nella piena prosecuzione della tradizione di Bakunin, Kropotkin e Malatesta. In barba ad ogni intellettualismo specialistico, accademico, malgrado una scrittura non sempre semplice e a fronte di un pensiero teorico profondo, denso ed articolato, molte delle sue lucide critiche e considerazioni hanno dato un contributo enorme al movimento anarchico a livello internazionale.
Per il resto, va detto che le sue analisi sviluppate negli anni su “le nuove svolte del capitalismo”, le “trasformazioni nel mondo del lavoro e della scuola”, la “perdita del linguaggio”, la “miseria della cultura”, la “repressione e il controllo sociale”, le vediamo concretizzarsi purtroppo negli accadimenti sociali odierni.
Riteniamo che una parentesi vada comunque fatta sul suo essere internazionalista. Rispetto l’attuale contesto internazionale di guerra imperialista che stiamo vivendo oggi (scontro USA-UE-Nato e Russia), o più generalmente in questa fase di nazionalismi (oggi riverniciati in chiave sovranista), integralismi religiosi e razzismo di Stato, riportiamo proprio la posizione pubblicata nel 1989 su “Provocazione” (n. 19) in merito alla “questione palestinese”:
«[…] Occorre pertanto essere contrari sia allo Stato israeliano che allo Stato palestinese, per quanto la lotta contro il primo, che esiste ed è operante, si pone in termini pratici, mentre contro il secondo, che è solo in nuce [1989], si pone in termini politici.
Occorre sostenere la costituzione di una federazione di comunità di lavoratori, palestinesi e israeliani, libere di federarsi a proprio piacimento, di darsi i propri programmi, di fare le scelte organizzative e produttive, fuori delle ingerenze pelose dei grandi Stati e in particolare degli Usa.
È necessaria una collaborazione pratica e ideale, produttiva e culturale, tra il popolo palestinese e quello israeliano, perché si ponga fine a un conflitto nazionale e di razza che non ha ragione di esistere in quanto, in quelle terre, c’è posto per tutti e due i popoli, conservando e oltrepassando le differenze di razza, cultura, religione, tradizioni.
Occorre essere a fianco del popolo palestinese, ma anche a fianco del popolo israeliano, specialmente delle fasce più diseredate e miserabili dei due popoli che una politica internazionale di grandi interessi e sfruttamento spinge al reciproco massacro».
A tal proposito Alfredo aveva molto a cuore la causa di liberazione palestinese avendo preso parte alla lotta direttamente sul campo ed avendo subito una tortuta da parte del Mossad.
Ha avuto molto coraggio (nel senso etimologico del termine; cor, agis= agire col cuore), in questo senso, Alfredo, mettendo in gioco l’intera sua vita, consumandola con ardore – lentamente ma ininterrottamente, proprio come brucia la candela di cui ci parla Max Stirner – contro il sopruso e la dignità offesa, contro l’imbroglio ideologico e tutta l’intera organizzazione scientifica di questo ordine mortifero. La vita illogica di Alfredo sta tutta qui; nell’aver creato una frattura all’interno della logica razionale e del mondo borghese, nell’aver ribaltato l’ordine del discorso: «Tutta la macchina della tradizione culturale dell’Occidente è una macchina di morte, una negazione della realtà, un regno del fittizio che ha accumulato ogni sorta di nefandezze e di soprusi, di sfruttamenti e di genocidi. Se il rifiuto di questa logica della produzione è condannato come follia, occorre spiegare la differenza tra follia e follia».
Di fronte a noi abbiamo la fredda e mostruosa realtà ma anche la convinzione testarda e rivoluzionaria, ma assolutamente non deterministica, che «[…] siamo sicuri che ogni singolo momento della nostra vita, anche il più piccolo soffio di speranza, il semplice arrossire improvviso per una sensazione piacevole di cui non ci credevamo più capaci, siamo sicuri che tutto ciò non può andare perduto e che il mondo del futuro si costruirà proprio su questi materiali, non accumulabili, non quantificabili, produttivi di aperture nemmeno pensabili»(Senza una ragione).
Oggi, infatti, le questioni etiche e metodologiche poste in passato sono ancora aperte: di fronte alla guerra e alla “Quarta rivoluzione industriale”, davanti alla barbarie e alla violenta “Transizione” in atto, tra droni i dall’intelligenza artificiale, lo sfruttamento algoritmico e il dominio digitale, come possiamo bloccare la costruzione di questo tecno-uomo derealizzato ed atomizzato del XXI secolo?
«Un clima di appiattimento e di uniformazione, di pietosa accettazione e di agonia scambiata per respirazioni e battiti del cuore. Noi rifiutiamo l’appartenenza vitale di questa morte sostanziale ed è per ciò che vogliamo andare oltre, per questo vogliamo affermare la gioia come visione della vita e non un misero arroccamento difensivo», scrive la rivista “Negazine” nel 2017.
Dunque, per concludere, lungi dal voler riprodurre pedissequamente dei modelli, a scanso di qualsiasi tentativo di mitizzazione, Alfredo ha vissuto una vita contraddittoria, illogica, come lo è del resto quella di tutti noi, immersi in una realtà che è a sua volta illogica, a veder bene.
Una vita attanagliata dalle pulsioni di morte e dalla volontà di potenza, afflitta dalle ferite dei colpi ricevuti ed irrorata dagli slanci d’amore disinteressato.
Allora, se Alfredo da una parte è stato semplicemente un compagno tra gli altri e come tanti altri, nel corso della lunga storia della lotta contro l’oppressione, dall’altra ha portato alle estreme conseguenze il suo discorso e le sue pratiche. Un esempio di coerenza, una spina nel fianco della morale, un “pazzo Don Chichiotte” per tanti benpensanti e pusillanimi, che ha pagato con anni di carcere e repressione. Eclissando la questione: «Io non sono uomo, sono dinamite», avrebbe detto Nietzsche.
In fondo, dobbiamo continuare a desiderare, a giocare, ad odiare i nemici di sempre e ad amare la vita.
Perché, d’altronde, solamente l’autorganizzazione dei processi sociali e la passione rivoluzionaria nel pieno del suo scatenarsi restano un punto fondamentale per una vera… rivoluzione illogica.
Simone LeMarteu e Nada Lestricon
TecnoMondo, dicembre 2023
*Nota. Ad essere sinceri non volevamo correre il rischio di fare né una fredda biografia né un pessimo sunto del pensiero di Alfredo. Ma ci siamo assunti comunque la responsabilità di poter incappare in questo pericolo forse non riuscendo ad evitarlo proprio del tutto.
Abbiamo citato solo i testi per noi più significativi rispetto alla mole di libri, appunti, annotazioni, conferenze. Come ricorda lo stesso Alfredo «oltre le mie due tesi per come si usava all’epoca, ho scritto per altri, dal 1969 al 1997, circa 150 tesi di laurea». Perché se è vero che Alfredo, rifiutando cattedre e sapere accademico, ci ha parlato più volte dell’importanza della cultura, ci ha messo pure in guardia dicendoci sempre che «dalle biblioteche escono i massacratori».
HERAKLEIO CITY FOR THE ATTACK ON STARBUCKS ON 29/12/23
For the attack on Starbucks on 29/12 in Heraklion, Crete
In the night that dawned on 29/12, we decided to attack the Starbucks on Byronos and August 25th streets. The action was carried out by lighting two improvised smoke bombs and hitting the windows of the store with hammers.
After the door fell, we threw in bottles filled with red paint. Red like the blood of children in Palestine. Starbucks, among many other companies, choose not only to cover up Israel’s terrorism and murder of the Palestinian people, but are actively contributing by making deals that will take place over the soil where the victims of the Israeli State’s bloodlust are buried.
This action is an indication that we will continue to fight the terror imposed by States, despite repression and intimidation in the name of security and order.
Comme depuis de nombreuses années et sûrement tant qu’il y aura des lieux d’enfermement, des prisonnier-ere-s ont pu entendre des feux d’artifices.
Des feux d’artifice ont été tirés au pied des murs de la prison pour homme de Fleury-merogis; devant la prison de la Santé; celle de Villepinte ou encore au Mesnil-amelot où il y a un CRA (centre de rétention administrative) malgré une présence policière médiatisée comme au CRA de Vincennes ou à la prison de Villepinte.
Crève la taule ! Solidarité avec les personnes arrêté.e.s à côté du CRA de Vincennes !