Vive l'Anarchie - Semaine 02, 2020

Sommaire

Marseille: le s.o. cgt joue encore de la gazeuse

Publié le 2020-01-13 12:39:05

Au moment d’arriver à la Porte d’Aix, lieu supposé de fin de la manif pour les orgas syndicales, le camion de l’ud 13 cgt a avancé vers les personnes qui s’étaient placées en tête de cortège depuis la début de la manifestation (gilets jaunes, non syndiqué-e-s, autonomes…), et qui attendaient que le restant de la manif arrive pour continuer en dehors de tout tracé pré-défini.

Devant cette manoeuvre (visant à quoi au juste ? à reprendre le contrôle de la situation ?), des personnes se sont interposées et ont fait face à l’attitude hostile des gros bras du syndicat; la suite n’est pas vraiment surprenante, car déjà vues maintes et maintes fois, à Marseille comme ailleurs: les gazeuses « familiales » sont dégainées par le SO, et les gros bâtons aussi.

Plusieurs personnes sont soit blessées par les coups, soit crachent leurs poumons. Des slogans sont gueulés contre ces nervis, les assimilant aux flics. D’autres gens arrivent, certains essayant de « séparer » ou de pacifier la situation (« on est tous ensemble! »).

Comme d’habitude, on peut tirer plusieurs conclusions de ce genre d’épisode: soit oublier à chaque fois en disant qu’il s’agit de malentendus, soit ajouter cette attaque à la longue liste des malfaisances syndicales, qui sont prêtes à piétiner d’autres personnes en lutte pour s’arroger l’hégémonie qui leur permet de dialoguer et négocier avec le pouvoir.

Pas étonnant à ce compte que le mouvement des gilets jaunes, incontrôlable par bien des aspects, ait été snobé pendant plus d’un an par ces organisations..

Pour des luttes autonomes et débordantes.

Deux maraudeuse.eur.s en procès au tribunal de Gap

Publié le 2020-01-13 12:41:03

Le jeudi 13 février prochain, deux maraudeuse.eur.s passent en procès au tribunal de Gap pour « outrage sur agents » et « refus de signalétique » suite à une maraude effectuée le 26 novembre dernier.



Ce procès s’inscrit pleinement dans le contexte de répression qui existe aujourd’hui aux frontières et partout ailleurs, sur les personnes en soutien mais aussi et surtout sur les migrant.e.s.

Effectivement, les intimidations et la répression qu’exerce l’État sur les personnes solidaires à travers des contrôles ciblés, des amendes, du harcèlement policier, des procès,etc., ne sont qu’une petite partie de l’arsenal de répression mis en place par les autorités dans le cadre des politiques anti-migratoires.

Les contrôles au faciès, les tabassages et vols de la part des flics, le parcours du combattant en préfecture, la non prise en charge des mineurs dans certaines villes, l’enfermement en CRA (Centre de Rétention Administratif) dans des conditions atroces, les expulsions réalisées « parce que ton pays n’est pas considéré comme suffisamment dangereux » ou alors juste que la France s’en fout.

Tout ceci est le quotidien que peuvent vivre les gens arrivant ici sans les bons papiers.

Ces répressions orchestrées par l’État et mises en place par le duo Police-Justice semblent viser toutes les personnes et organisations considérées comme indésirables, toutes les formes de solidarités n’étant pas au profit de leur nation, toutes les formes d’actions ne s’inscrivant pas dans leur patriotisme.

Face à ces politiques mortifères, continuons à nous organiser !

Rendez-vous Jeudi 13 février dès 8h30 devant le tribunal de GAP.



PS :

Repris de Vallées en lutte

Que les ténèbres soient !

Publié le 2020-01-13 12:43:08

Sur le syndicalisme d’action directe et les coupures de courant...
Et sur un appel à la semaine d’action contre RTE et EDF du 13 au 18 janvier.



QUE LES TÉNÈBRES SOIENT

“Les coupures généralisées, c’est devenu un mythe, cela ne devrait plus faire partie de notre culture syndicale. (…) C’est plus compliqué de ne pas mettre la France dans le noir que de le faire, il suffit de trois personnes. Si cela ne s’est pas produit, c’est grâce au niveau collectif de conscience très fort, et non par discipline, notamment chez les jeunes”
Sophie Béroud, Les Robins des bois de l’énergie

On s’ennuie dans les défilés syndicaux ! Dites, il reste encore combien de kilomètres ?
On tourne en rond ! Et ça m’amuse même plus de tout casser en plus y’a J C Decaux et les karchers à la fin de la manif qui vont com d’hab tout nettoyer derrière.

Je fais la grève mais l’état s’en balance. Il continue de faire grandir son réseau du futur ultra connecté. En plus, lui il a des bulldozers et moi j’en ai pas. Alors moi je me sens toute petite.

Tout le monde parle de la fin du monde, mais le monde il est déjà fini. Pas la peine d’en faire tout un plat. De toutes manières depuis que je suis née c’est « la crise ». Et puis, on est assis sur une poudrière qui a déjà explosé.

J’aimerai retrouver l’envie d’avoir envie. Je voudrais bien que ça bascule une bonne fois pour toutes. J’ai envie de tout éteindre les interrupteurs. Peut-être même je vais couper le compteur. Je voudrais jouer à cache-cache dans le noir.

Il y a plein d’actions possibles

Le monde est hyperconnecté, et le réseau semble flotter dans les airs, comme si c’était magique, tous ces flux de partout à partout et de nulle part à nulle part. Les data volent de cloud en cloud, l’électricité et les SMS filent dans les airs, nous nous télétransportons en un claquement de doigt d’un bout à l’autre de la planète et tous les jouets dont tu as rêvé peuvent arriver dans tes chaussons demain matin.
Indicible mensonge et aubaine pour nous, il y a un truc, tous ces flux sont bien matériels et tout ce matériel, il faut bien le stocker et l’acheminer.

C’est la grève, alors on a du temps pour jouer, et on est plein à pouvoir faire des bêtises ensemble. Nous c’est les précaires, les profs, les étudiant.e.s, les lycéen.ne.s grève généralistes... Tou.te.s celleux qui n’ont pas la main sur les flux et qui pourraient s’inspirer de celleux qui travaillent tous les jours à les faire fonctionner. Parfois on pourrait quand même les aider.

En plus, les bandes de la CGT Energie, elles ont plein de bonnes idées. Et pas que des idées... Il paraît qu’il y en a qui sont venues en groupe mettre dans le noir des sièges sociaux de banques [1]. Il y en a qui débranchent les compteurs Linky des gens qui ont pas d’argent pour payer l’élec [2]. D’autres qui coupent le courant des plateformes logistiques [3]. Il y en a aussi qui ont éteint le comico et la préfecture de Versailles [4].. Il y en a même qui sont allés à plein envahir la salle de commandement d’une centrale thermique près de Nantes [5]
Réjouissant non ?

Malgré ce qu’illes en disent

Elisabeth Borne, depuis la tour sequoia de son ministère de la transition écologique et solidaire elle essaie de nous faire pleurer sur les cliniques et les pompiers qui ne peuvent plus sauver des vies à cause des méchants grévistes qui coupent le courant. Quelle menteuse ! Il y a un « plan croix rouge » [6] qui protège ces lieux au moment des coupures.
Après ça elle fait des guillis à Martinez : « On est très loin des modes d’action normaux, de ce qu’on peut attendre d’un Grand syndicat » Sacrée Babette ! Quelle flagorneuse !

Moi je voudrais bien savoir ce que c’est un grand syndicat. Des carriéristes du syndicalisme ? Des « partenaires sociaux » de l’état et de sa police ? Ou des travailleur.se.s en lutte qui veulent imposer un rapport de force ?
On veut mettre la pression à l’état oui ou non ? Si c’est le cas, alors il faut mettre en œuvre les moyens dont on dispose pour entraîner le plus rapidement possible leur réaction aux autres, en face.

Il s’agit là de faire rupture,
rupture par rapport aux « usagers pas contents" dont on nous rebat les oreilles et à « l’opinion publique » et rupture par rapport au patriotisme d’entreprise,
rupture avec les préventions sécuritaires de la frange réformiste de la CGT ancrées depuis 1914 ,
rupture avec le service d’ordre de la CGT qui veut empêcher toute entrave à la « bonne marche » des manifestations et de la grève et qui ne parle à personne d’autre qu’à lui-même et aux renseignements généraux.

Il s’agit donc de faire lien,
avec la base des organisations syndicales,
avec les syndicalistes qui prennent des risques (sanctions, répression, licenciement pour faute lourde…),
avec les modes d’actions des gilets jaunes et des CGTistes qui gardent encore pour référence le syndicalisme d’action directe.

Ce ne sera pas la première fois [7]

Suivons l’exemple d’Emile Pataud [8], l’« éteigneur d’étoiles » :

Dans Comment nous ferons la Révolution, révolution-fiction de Emile Pataud et Emile Pouget parue en 1909, les auteurs placent les producteurs d’énergie à l’avant-garde du mouvement social, en compagnie de l’élite militante de l’époque, les ouvriers du bâtiment. La situation révolutionnaire, ils la doivent à leur capacité d’user d’une pratique de rupture telle que préconisée par les syndicalistes d’action directe de la CGT, dont les plus radicaux justifient alors le sabotage comme arme de la lutte sociale.

Le livre débute par un arrêt de travail du bâtiment parisien qui dégénère en échauffourées meurtrières. La solidarité prolétarienne entraîne la généralisation de la grève. Après les conducteurs de métro, les électriciens-gaziers entrent très vite en scène. Le quatrième chapitre, au titre évocateur : « Que les ténèbres soient ! », leur est entièrement consacré. En quelques heures, la lumière artificielle n’éclaire plus Paris, les ténèbres recouvrent la capitale ! Pour éviter la mobilisation de l’armée et la remise en fonction des usines électriques, le sabotage est abondamment pratiqué : « De la poudre d’émeri avait été jetée dans les paliers et dans les coussinets ; certains enduits avaient été arrosés d’acide sulfurique, ce qui provoquait leur incendie, au bout de peu de temps ; des appareils, des tableaux de distribution avaient été mis en court-circuit. »

Gagnés par la formidable contagion de l’action directe, les gaziers réputés plus pusillanimes se convertissent également au sabotage : « Connaissant les points vulnérables des canalisations, ils les ouvrirent ou les blessèrent… Et, des usines, s’éleva la pestilence de l’hydrogène fusant par les plaies béantes ! » 

« La privation de lumière se doublait de la privation de force ! Quantité de moteurs, mus par l’électricité ou le gaz entraient en sommeil, obligeant nombre d’ateliers à l’arrêt du travail. De plus, l’obscurité allait faciliter l’action ultérieure des grève-généralistes. Ils seraient plus libres d’opérer, moins à la merci des forces gouvernementales. (…) Cette phase de la lutte (…) fut, avec la grève des cheminots et des postiers, le pivot de la grève générale dont, dès ce moment, on pouvait entrevoir le triomphe »

Souvenons-nous aussi qu’au cours du conflit de février 1905, le courant est interrompu un soir pendant 45 minutes dans un quartier proche de l’Opéra, ce qui suscite aussitôt la réaction du préfet. Les électriciens parisiens obtiennent alors des améliorations substantielles de leurs conditions de travail (augmentation des salaires, repos hebdomadaire, congés payés…). Le 17 mars 1906, c’est à la centrale de Puteaux que des coupures ont lieu mais les ouvriers sont remplacés. Trois jours plus tard, c’est à la centrale de Saint-Denis que le courant est suspendu. Deux ans après, en mars 1907, des coupures de courant à plus grande échelle sont décidées. En mars 1909, l’éclairage de l’hôtel Continental est interrompu par le personnel, en présence du ministre du Travail René Viviani ; en novembre, l’Opéra de Paris est plongé dans le noir alors que le roi du Portugal est dans la salle. Pataud négocie les accords qui interrompent ces conflits brefs mais spectaculaires. 

Et moins loin que ça, en 1968, des coupures ont ciblé les quartiers des ministères ainsi que les Champs-Elysées à Paris et c’est à l’automne 1995 qu’interviennent les dernières coupures de courant significatives.

Et ça n’est pas près de s’arrêter

La victimisation des usagers c’est pas nouveau, au moment de la grève d’août 1908 où, pendant deux heures, Paris perd ses lumières, est lancée la première campagne de presse sur le thème des « usagers-victimes » et trois artistes de variété assignent même Pataud en justice pour « entrave à la liberté du travail ».

A en croire ce qu’il se disait le 18 décembre 2019 [9], il faut encore aujourd’hui s’expliquer :

« On ne cible pas les usagers, mais c’est un effet inévitable, parce que le réseau est fait ainsi », a justifié Sébastien Menesplier, secrétaire général de la CGT Energie, sur RTL « Ce qu’on recherche, c’est peser sur l’économie ». Ce mode d’action pourrait être à nouveau utilisé. C’est en tout cas la volonté affichée au sein de la CGT. « Pendant les fêtes de Noël, on pèsera aussi par des formes de mobilisation et des rassemblements », a prévenu le même Menesplier.

Pour Francis Casanova, délégué syndical central CGT au sein du Réseau de transport d’électricité (RTE) , le gouvernement doit « prendre ça comme un premier avertissement ». « Il s’expose à des coupures plus massives », a-t-il lancé.

Julien Lambert, responsable fédéral de la CGT mines énergie, avait annoncé sur LCI l’intention du syndicat de procéder à des « coupures visant les bâtiments publics » et « tout ce qui est administration », à l’instar des préfectures, mais aussi « les entreprises où les salariés sont en action ». Ces coupures ne devaient cependant pas affecter les usagers, ou encore les hôpitaux. « C’est une journée de grève, on se réapproprie l’outil de travail », avait-il fait valoir. 

Et Martinez sur BFM TV : « Ceux qui sont ciblés, c’est les entreprises du CAC 40, c’est les grands magasins de distribution, ce sont quelques bâtiments publics, préfectures, etc., en aucun cas on ne cible les citoyens »

Mais la CGTE-RTE s’est également essayée à d’autres moyens de pression pour fin décembre. « Les quinze jours qui vont se suivre, on est en train e réfléchir comment on va pouvoir basculer en heure creuse les usagers et remettre l’énergie à ceux qui ont été coupés par impayé »

Si la CGT se bouge et déplace ses lignes, alors j’en suis.

Interrompons le quotidien et la bonne marche tranquille des manifestations. Soyons saboteuses, soyons bloqueuses. Soyons solidaires avec ces modes d’actions. Inventons en d’autres.

Ne nous laissons pas atomiser.

Et surtout, n’ayons plus peur du noir.

Et puis une autre information en passant

Des ami.e.s du hameau de l’Amassada, dans l’Aveyron, lieu en lutte contre un méga-transformateur RTE d’énergie éolienne industrielle, ont été expulsés par RTE et la police en octobre dernier. Illes appellent à une semaine de mobilisation nationale du 13 au 18 janvier contre RTE et EDF.

« Il est grand temps de visibiliser le fait que la transition énergétique, tant vantée comme la solution, dévaste les campagnes et sert à alimenter la smart city dont rêvent les gouvernants. Organisons-nous ensemble, rats des villes et rats des champs, contre leur fin du monde programmée »



Notes

[1Durant la troisième semaine de décembre la CGT Energies 33 organise des coupures d’électricité aux sièges sociaux de LCL, de BNP et du Crédit Agricole..

[2Au même moment, dans les Pyrénées Orientales, l’antenne locale du même syndicat débranche les cartes sources de milliers de compteurs dits « intelligents » qui limitaient la puissance disponible pour les foyers ayant des difficultés financières.

[3En Gironde, le 17 décembre, la plus grande Plateforme CDISCOUNT France a été privée d’électricité.

[4Début décembre, différentes coupures ont eu lieu à Versailles, dont une qui alaissé la préfecture et le commissariat sans électricité durant quatre heures

[5Lundi 9 décembre, des grévistes ont envahi la salle de commandement de la centrale EDF de Cordemais, près de Nantes. Les deux unités de production d’électricité étaient à l’arrêt.

[6Le plan croix rouge a été élaboré par la direction et les syndicats afin d’assurer, dans de telles circonstances, la sécurité des personnes et des biens, notamment en maintenant l’alimentation dans les hôpitaux, les cliniques, pour l’éclairage public ou encore la signalisation.

[7Tout ce paragraphe est tiré, coupé et recollé de Un siècle de coupures de courant dans les grèves des électriciens. De la centralité à la marginalisation (1905-2004), Stéphane Sirot, dans Annales historiques de l’électricité 2008/1 (N° 6), https://www.cairn.info/revue-annales-historiques-de-l-electricite-2008-1-page-29.htm#

[8Emile Pataud est l’une des figures de proue du syndicalisme d’action directe qui oriente la CGT entre 1905 et 1910.

Réhon (Meurthe-et-Moselle) : Des voitures de la Communauté d’agglomération de Longwy prise pour cible – 12 janvier 2020

Publié le 2020-01-13 13:10:05

Dans la nuit du 11 au 12 janvier à Réhon (Meurthe-et-Moselle), plusieurs voitures ont été dégradées sur le parking de la Communauté d’agglomération de Longwy (CAL). Toutes sont des voitures appartenant au service de l’intercommunalité. « Cinq ont été vandalisées sur les six qui étaient stationnées là », indique Christian Ariès, président de la CAL.

« Les faits se sont produits vers 1 h du matin. C’est la société de gardiennage qui surveille l’ensemble des sites dont la CAL est propriétaire qui a signalé les dégradations. Les vitres des portières, les pare-brise et les lunettes arrières ont été explosés, vraisemblablement avec l’aide d’outils. En revanche, aucun vol n’a été enregistré.

Dimanche matin, une patrouille de police du commissariat de Mont-Saint-Martin était présente pour effectuer les premières constatations. La Communauté d’agglomération devrait porter plainte ce lundi. Les enregistrements des caméras de vidéo-surveillance devraient permettre de déterminer le nombre d’individus impliqués dans ce délit, ainsi que le mode opératoire.

La CAL compte une flotte d’une dizaine de véhicules. Au début de cette année 2020, d’autres voitures avaient déjà été prises pour cible, sur ce même parking.« 

[Repris du Républicain Lorrain, 12.01.2020]

Chronique du mouvement contre « la réforme des retraites » – Du 8 au 12 janvier 2020 [Mis-à-jour, 15.01]

Publié le 2020-01-13 13:11:04

[Un aperçu du grabuge dans les rues entre le 8 et le 12 janvier dans le cadre du mouvement « contre la retraite à points », avec quelques crasses syndicales (dont de la CGT) répertoriées dans la chrono.]

Dimanche 12 janvier.
A Poitiers (Vienne), la permanence de campagne municipale du politicien LREM Anthony Brottier s’est fait attaquer dans la nuit de samedi à dimanche. La vitrine principale du local a été brisée.

Samedi 11 janvier.
A Paris, 150.000 personnes ont manifesté selon la CGT. Un black bloc s’est constitué en tête de cortège avec des gilets jaunes et n’a pris que quelques minutes pour s’échauffer: des vitrines de banques HSBC et BNP ou d’agence intérim Adecco sont tombées en miettes sur le trajet, des projectiles jetés en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. Plusieurs magasins ont été saccagés sur le parcours. La plupart des heurts et de la casse ont eu lieu dans le 12ème arrondissement.

Sur des vidéos, on voit notamment de nombreux panneaux publicitaires explosés, ainsi qu’un panneau 4X3 entièrement en flammes sur l’avenue Daumesnil (et des partisans de la paix sociale en train de tenter d’éteindre ces flammes libératrices à l’extincteur).
En fin d’après-midi, des centaines d’enragé.e.s se retrouvent sur la place de la république et s’affrontent aux flics anti-émeute, les faisant reculer sous une pluie de projectiles : des magasins de meubles sont expropriés et les barricadier.e.s se chauffent au bois de sapin. A 18h45, la préfecture faisait état de 19 interpellations.

A Strasbourg, la vitre du QG de campagne du premier adjoint au maire et candidat LREM Alain Fontanel, situé sur le quai des Bateliers, a été brisée. La police a interpellé en fin de manifestation et placé en garde à vue une quarantaine d’heures un homme qu’elle soupçonne d’être l’auteur des faits. Déféré le 13 janvier pour le chef de « dégradation volontaire de biens privés », ce manifestant a été convoqué en justice pour le 10 mars, indique une source policière. Ce n’est pas la première fois que ce local, « La Fabrique de la ville heureuse », est pris pour cible ces dernières semaines: il a notamment été tagué.

A Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), une vingtaine de personnes (dont plusieurs le visage dissimulé) sont venues gâcher le lancement de campagne du candidat LREM pour les prochaines municipales, en faisant irruption dans le local puis en détruisant leur matériel de propagande.

A Rouen (Seine-Maritime), des tensions sont apparues au moment des deux passages rue Jeanne-d’Arc, où quelques affrontements ont eu lieu avec la flicaille. « Au sein d’un groupe de 100 manifestants « assez virulents », certains ont tenté de commettre des dégradations, empêchés par le service d’ordre syndical. La police est intervenue et a lancé des grenades lacrymogènes. Il n’y a pas eu d’interpellation. » (France3 Normandie). En fin d’après-midi, une partie des manifestants est partie en sauvage et ont laissé derrière eux divers feux (de sapins et de poubelles) sur la chaussée.

A Caen (Calvados), « une ambiance giletjaunesque dans les rues », alors que dans de nombreuses villes de province les syndicats récupèrent même cette journée en bons politiciens de la lutte. Voici un récit, intitulé « pour un autre usage des chaises » (reçu par mail) :
« ce samedi, une ambiance giletjaunesque dans les rues de Caen. L’intersyndicale appelait à une manif à 14h30 en centre-ville. 3000 personnes environ. Un groupe de quelques dizaines de personnes font fermer Monoprix dès le départ, tout en distribuant un texte appelant à s’auto-organiser, à dépasser la réforme des retraites et à perturber cette première journée des soldes. La manif traîne-savates se déroule ensuite dans un profond ennui. Sauf qu’il semblerait que des tas de gens en aient marre qu’il ne se passe rien… A la fin de cette manif et après une longue attente, vers 16h30, c’est à peu près 1/3 des gens qui décident de continuer après la Pref, fin de la manif officielle. Les slogans se font bien plus offensifs et bien plus globaux que les psaumes sur cette énième réforme. La brigade d’intervention s’est déployée pour empêcher l’accès à l’hypercentre. Le cortège se dirige droit dessus.

Après moult hésitations, le cortège décide de passer. Les flics reculent, pressés par la foule. Le dispositif est petit, les gens déterminés. Des chaises des terrasses rebondissent sur les casques et les boucliers. Une grenade lacrymogène semble vouloir changer de camp et s’évade de la main d’un policier, aidée par un téméraire. Les flics parviennent à la récupérer de justesse. Une dernière volée de chaises les pousse à inonder le centre-ville de gaz lacrymogène. S’en suit une longue manif sauvage dans l’hypercentre, faisant fermer les magasins, incendiant les poubelles, et étoilant quelques façades de banques, le tout jusqu’à 19h. Une bien belle journée, sans interpell’. Une assemblée de lutte est appelée mercredi à 18h (galerie vitrée, campus 1). »

A Nantes, des affrontements ont eu lieu très vite entre forces de l’ordre et manifestants. Deux canons à eau ont notamment été utilisés au niveau de la préfecture, ce qui n’a pas pour autant dispersé les manifestants, puisque d’autres affrontements ont ensuite éclaté à l’entrée de la rue de Strasbourg, et au niveau de Commerce et de Bouffay. Le calme n’est revenu que vers 19h.

A Saint-Dizier (Haute-Marne), le local du candidat LREM aux prochaines élections municipales, Laurent Daval, est recouvert d’une « série de tags » lors de la manifestation contre la réforme des retraites.

A Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), une soixantaine de personnes ont tenté de s’inviter à la cérémonie des vœux d’Eric Faidy, le candidat investi par LREM aux prochaines élections municipales à Clermont-Ferrand. Slogans et quolibets fusent tandis que le politicien et sa garde rapprochée sont bousculés.

A Marseille, la CGT joue encore de la gazeuse. Un récit ici.


Vendredi 10 janvier.
Au cours de la nuit, à Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire), la permanence de campagne d’Ensemble Chalon, liste conduite par Alain Rousselot-Pailley (candidat investi par LREM pour les municipales), située au 20 Rue aux Fèvres, a été prise pour cible. Sa vitrine principale a été détruite, « peut-être dus à un ou plusieurs projectiles voire des coups de masses portés » (cf photo ci-contre).

Au Havre (Seine-Martime), environ 150 personnes perturbent la cérémonie des voeux du maire des Républicains, Jean-Baptiste Gastinne. Elles envahissent les locaux de l’Hôtel de Ville après avoir forcé les grilles. La municipalité a fait état de « dégradations », et indiqué que « l’état des salons ne permettait pas d’organiser la cérémonie prévue », car « les salons étaient en désordre. Certaines personnes se sont servies dans les petits fours et les bouteilles d’alcool », a précisé la municipalité. Le maire a déposé plainte.

Des blocus se sont poursuivis dans plusieurs lycées. A Montélimar (Drôme), les deux entrées du lycée polyvalent des Catalins ont été bloquées par des barricades composées de sapins et de palettes. Une action qui aurait été « perturbée par un feu de container sur le parking de l’établissement, comme le regrettaient ces enseignants mobilisés » d’après LeDauphiné.
A Besançon (Doubs), ce sont les entrées du lycée Jules Haag qui ont été bloquées par plusieurs centaines d’élèves et de soutiens. Aucun élève n’était à l’internat, car tous le personnel était en grève.

A Marseille, « alors qu’une délégation de la CGT était reçue au Medef en bas de la Canebière, environ 300 personnes se sont rassemblées devant le bâtiment. Le rassemblement a ensuite été rejoint par la manifestation de soutien aux délogé.e.s du boulevard Dadah. Après plusieurs tentatives d’arrachage et porté.e.s par les slogans « Retrait, retrait, retrait de la banderole« , la grande bâche « Retraites non aux blocages, oui au dialogue » a finalement été incendiée. La façade a quand à elle été copieusement arrosée de peinture » (source : Marseille-Infos.org).


Jeudi 9 janvier.
452 000 personnes ont manifesté dans plus de 80 villes contre la réforme des retraites, selon le ministère de l’intérieur. Contre 615 000 manifestants pour la mobilisation du 17 décembre.
Au 36e jour de grève, la circulation des trains et des transports publics parisiens reste très perturbée − à la SNCF, le taux de grévistes a grimpé à 32,9 % (contre 6,8 % mercredi) et les deux tiers des conducteurs sont en grève.

La direction générale de l’aviation civile (DGAC) anticipe également des « perturbations et des retards » possibles dans l’aérien. Dans l’éducation nationale, 18,8 % des personnels étaient en grève en primaire et de 16,5 % dans les collèges et lycées selon le ministère, et respectivement 40 et 50 % selon les syndicats.

A Paris, 44000 personnes ont manifesté et c’est vers la fin, en arrivant vers la place Saint-Augustin que la situation s’est agitée. Plusieurs vitrines de commerces (comme celles de la parfumerie Marionnaud et celles d’un Starbucks) et des abris bus dans une rue menant à la place ont été fracassées, des affrontements avec les flics se sont produits, charges et gazages répondant aux jets de projectiles. La boutique d’une enseigne MAAF, après s’être fait briser ses vitres, a également été vidée de son mobilier. Des tensions sont apparues dans le secteur de la gare Saint-Lazare.
Entre 100 et 200 personnes sont parvenues à partir en manif sauvage depuis la place de St-Augustin, en direction de l’Élysée.

A Lille la manif, à laquelle 6000 à 15000 personnes ont pris part, a été plutôt speed. Plusieurs vitrines de banques (Caisse d’Epargne) et d’agences immobilières (Orpi, Citya Immobilier) de la rue Nationale ont été brisées et taguées, tandis que les flics ont essuyé des jets de projectiles au niveau de la Grand’Place et à l’entrée de la rue Esquirmoise. Plusieurs personnes ont été interpellées mais la préfecture s’est refusée à donner de chiffres exactes.
À Dunkerque, 2 000 personnes ont défilé selon la police. Certain.e.s manifestant.e.s ont envahi les voies ferrées à la gare, ce qui a paralysé le trafic des trains.

A Nantes, des heurts avec les gendarmes mobiles se sont produits en fin de parcours aux abords de la préfecture, en bas du cours Saint-Pierre. Gaz lacrymo contre jets de pierres. 12.000 personnes ont participé à la manif.

A Saint-Nazaire, 300 lycéen.ne.s ont bloqué partiellement le lycée Aristide Briand dès 7h. Après des discussions et un feu de poubelle (éteint par des lycéens eux-mêmes), le cortège est parti grossir les rangs de la manif syndicale. « Les policiers de la Bac ont procédé à deux interpellations, à l’angle de l’avenue de la République et de la rue de la Paix, à 12 h 30 peu après la dislocation du cortège. Les deux jeunes, âgés de 21 et 32 ans, issus de la mouvance anarchiste, dont un fiché S, étaient tous les deux porteurs de bombe aérosol, peinture et marqueurs. Car en marge du cortège, plusieurs murs ont été tagués : rue Henri-Gautier, rue de Gaulle, la façade de la Société Générale. Des messages à connotation anarchiste et certains violents à l’encontre de la police. Après l’interpellation, des manifestants syndicalistes sont venus devant le commissariat en soutien. Mais pour Damien Girard, responsable de l’union locale CGT, on se dissocie du contenu du message, ça nous dérange. Les deux individus ont été interpellés grâce au signalement de plusieurs témoins. Ils ont été libérés mais l’enquête se poursuit. » (Ouest-France).

A Rennes, ça a été chaud avec les bleus dès le départ. Les CRS ont reçu des projectiles quelques minutes après le début, et ces derniers ont répliqué par des tirs de canon à eau. Huit interpellations ont eu lieu avant 14h ; six autres ont eu lieu en début d’après-midi, portant le nombre total d’interpellations à 14.

A Angers (Mayenne), une cinquantaine de personnes, dont principalement « des gilets jaunes et des anarchistes » (selon Ouest-France), ont voulu faire un after après la manif syndicale, en ne manquant pas de conspuer les responsables syndicaux restés sur la place du ralliement. Les manifestant.e.s ont tenté de rentrer dans des commerces rue Lenepveu et place Mondain-Chanlouineau à Fleur d’Eau notamment, afin de s’opposer à la société de consommation. Les flics anti-émeute sont intervenus en nombre, gazé et interpellé deux personnes. 

A Besançon (Doubs), après la classique promenade syndicale inoffensive, une action de blocage se tient vers 15h à Micropolis. Une centaine de personnes investit les deux voies pour bloquer le trafic, et notamment les camions. Très rapidement, des barricades de sapins, de palettes et de poubelles sont érigées puis incendiées. Les flics en surnombre et très réactifs, se sont rués pour déblayer la route. Après une déambulation dans Planoise, le cortège a bloqué les voies du tramway au noveau de la station ‘Allende’ avec des palettes et des rondins de bois. Plus l’étau des flics s’est resserré sur le cortège. Ces derniers ont pourchassé les manifestant.e.s jusqu’à la piscine municipale ‘Lafayette’, où un groupe de 50 personnes s’est fait contrôler leurs identités. D’autres, qui avaient échappé à la nasse, ont aussi été arrêtés par des groupes de flics à pied et à moto patrouillant en nombre dans le secteur. Quatorze personnes ont été interpellées et emmenées au poste, dont sept d’entre elles placées en garde à vue, poursuivies pour « entraves à la circulation ». Parmi les gardées à vue, trois d’entre elles sont en plus accusées de feux de poubelles. Un procès est fixé pour le 17 février prochain pour au moins deux manifestants.

A Dijon, un cortège de « gilets jaunes et d’anarchistes » joue les prolongations après le défilé encadré par les syndicats. Selon FranceBleu, « un cordon de policiers a bloqué la rue de la Liberté, principale rue piétonne commerciale de Dijon, avant de faire usage de lacrymogènes pour disperser une centaine de personnes ». Selon la préfecture, « des groupes hostiles aux forces de l’ordre ont jeté des projectiles sur celles-ci et brisé des vitres sur le Palais des Ducs en fin de manifestation« .

A Saint-Étienne (Loire), la devanture de la permanence du candidat maire des Républicains Gaël Perdriau, située place de l’Hôtel-de-Ville s’est mangé des œufs de peinture lors du passage du cortège de la manif.

Au nord de Toulouse (Haute-Garonne), un double incendie volontaire crame à deux endroits différents des câbles de fibre optique et des câbles de signalisation le long des voies ferrées. Résultats: internet et des télécommunications coupées pour des milliers de personnes (dont de nombreuses entreprises), des trains entre Toulouse et Montauban paralysés.


Mardi 8 janvier.
A Besançon (Doubs), la permanence de campagne municipale d’Alexandra Cordier, ancienne élue LREM soutenue par le maire sortant, est taguée pendant la nuit : « Dégage à la retraite ! (A) ».


Paris, 11 janvier 2020

idem

idem

Banque HSBC à Paris, 11 janvier 2020

Paris, 11 janvier 2020

Caen, 11 janvier 2020

Besançon, le 9 janvier devant le Palais des Congrès de Micropolis

Besançon, le 9 janvier devant le Palais des Congrès de Micropolis

Permanence LREM d’Anthony Brottier à Poitiers, dimanche 12 janvier 2020

Tags toulousains, 11 janvier 2020

idem

Façade du MEDEF à Marseille, vendredi 10 janvier

Les flics protègeant une permanence LREM à Lille (elle-même protégée par des plaques en bois – vitres déjà fracassées?)

Un des tags tracés à la manif de Saint-Nazaire

Le 4X3 après l’incendie, Paris le 11 janvier

Kiosque à journaux – Paris, le 11 janvier

Magasin rue de la Pépinière à Paris, le 9 janvier

rue de la Pépinière à Paris, 9 janvier

Lille, 9 janvier 2020

Lille, 9 janvier

Lille, 9 janvier

Paris, « ici gît la pub » samedi 11 janvier 2020

Poitiers : Courants d’air à la permanence LREM

Publié le 2020-01-13 13:11:07

France3 / dimanche 12 janvier 2020

La permanence du candidat de la République en Marche aux élections municipales de Poitiers a été vandalisée. […]

Les faits on eu lieu la nuit dernière, après 23 heures puisqu’il y avait encore du mode à ce moment là. Selon la police ce sont des coups de marteau ou d’un objet similaire qui ont fait voler la vitre en éclats. […]

Seyssinet-pariset : haine et dix…

Publié le 2020-01-13 13:12:05

Haine et dix raisons de s’attaquer à une entreprise qui promeut et propage l’électricité et le désastre.
Pour les anarchistes et autres antiautoritaires obsédés par le fait d’écrire ou pas des communiqués. Ou par le fait que les attaques puissent être « réappropriables » par leur « sujet révolutionnaire » préféré. On laisse les personnes qui le voudraient, trouver leurs propres raisons. Pour pouvoir s’imaginer être « les auteurs » de cette attaque.

Ce qu’on peut dire, c’est qu’on aime jouer. Jouer avec le feu. Jouer avec la vie, aussi, un peu. Vie qui ne tient qu’à tous ces fils électriques. Fils qu’on aimerait couper partout où on peut. Pour ne pas finir par définitivement péter les plombs.
En tout cas, n’en déplaise à ce répugnant fond de poubelle municipale qu’est Eric Vaillant (voir ce qu’à dit cet actuel procureur de la République de Grenoble sur le communiqué de l’incendie de France Bleue Isère). Ce texte est bien la « revendication » de l’attaque des « véicules » d’Enedis . Qui a eu lieu dans la nuit du 12 au 13 janvier 2020 à Seyssinet-Pariset (à côté de Grenoble).
Si on écrit « véicules », c’est pour faire un clin d’oeil complice aux « Energumènes Diablement Furax ». Qui ont incendié ceux d’EDF.

La vague de perquisitions qui a déferlé fin novembre 2019 à Grenoble, Fontaine et sur la ZAD de Roybon nous a débectés. Sans pour autant nous étonner. Car le gratin répressif a été si copieusement dépassé depuis les premières attaques de 2017 (voir la commission rogatoire lisible sur internet). Qu’on l’avait presque cru oublié dans le four de la justice étatique. A tel point que beaucoup de fumée s’est répandue dans « l’agglomération grenobloise » jusqu’à cet incendie.

Que les attaques continuent à se propager. Contre tout ce qui prétend apporter toujours plus de confort matériel et de liberté. Engendrant, en fait, toujours plus de contraintes existentielles et de morbidité.

Des disjonctés tenant tête.

« briser le mur qui sépare la prison de la zone du dehors »

Publié le 2020-01-13 13:46:05

Après un an et quatre mois d’enfermement, comment assembler les mots ? Comment connecter la réalité carcérale à la zone du dehors, briser le mur qui le sépare ? En prison, je me suis effacé, je n’ai plus pensé à moi. J’ai fait le vide afin de ne pas souffrir. Je me suis également fermé à mes souvenirs, à ce qui se passe au-delà de ces murs afin de me concentrer sur cette nouvelle vie avec les autres détenus. Ce fut une des raisons pour laquelle j’ai eu peu de forces pour répondre aux nombreuses lettres reçues. Aujourd’hui, je remarque que je ne ressens plus grand chose, que je n’ai plus de passion (si ce n’est la neige). Il y a un vide. Mon esprit est ailleurs. Une nouvelle conception de temps m’habite, j’ai des moments de contemplations, de silences, d’absences.

Le procès n’a pas arrêté d’être repoussé. Il devrait désormais finir en avril. La libération conditionnelle de ce 18 décembre était inespérée, quelques semaines auparavant, le procureur avait prévenu qu’il ferait appel contre la décision du tribunal de remise en liberté. Je m’attendais au mieux à bénéficier de deux heures de liberté avant de devoir retourner en prison, comme ce fut le cas précédemment pour les deux autres accusés qui ont été libérés mais contraints de revenir en prison après l’appel du procureur. Je me préparais à dire que je souhaiterais rester en cellule jusqu’à la décision finale. Car sortir deux heures, en plus de déglinguer votre cerveau, c’est risquer de devoir retourner dans le bâtiment A.

LE BÂTIMENT A

Ce bâtiment, c’est celui des arrivants. Là, on doit rester 23h/24 en cellule. C’est un endroit sombre où des détenus craquent, crient et tapent sur les murs. J’y suis resté quatre mois. Pendant le premier mois après mon extradition de France, je n’avais que les habits que je portais sur moi en arrivant. Impossible de récupérer mes affaires pourtant arrivées en même temps.

Dans ce bâtiment, c’est deux douches collectives par semaine, à 6h45 du matin. J’y lavais alors mon caleçon puis je me rhabillais sans car il fallait d’abord le faire sécher sur le radiateur de ma cellule. Dans ce bâtiment, c’est des gardiens qui vous gueulent dessus et vous poussent si vous dépassez la ligne invisible entre votre cellule et le couloir lors de la distribution du repas. L’unique instant de respiration dans une cellule de moins de deux mètres de large sur quatre mètres de long : c’est une heure de promenade par jour. Dans ce bâtiment, il y avait essentiellement des étrangers dont le crime est d’être sans papiers, des petits dealers ou des accusés de vols. J’ai vu des gardiens frapper un détenu d’origine étrangère qui voulait simplement récupérer un livre de la cellule d’à côté en retour de promenade. J’ai vu des regards haineux de gardiens se porter longuement sur des détenus racisés. La plupart des étrangers que j’ai croisés en promenade dans ce bâtiment A définissent les gardiens comme des nazis. Cela m’a fait bizarre d’entendre ça aujourd’hui, sachant que, dans cette même prison, il y a moins d’un siècle, des nazis ont tué plusieurs centaines de personnes.

LE PROCÈS ELBCHAUSSEE OU L’IMPROBABLE COMPLICITÉ

Le procès est particulier. 99 % des faits reprochés n’ont rien à voir avec les accusés. L’accusation s’étend à plus de 1 million d’euros de dégâts. Le procureur tente de construire et d’imposer une vision très large de la complicité, au point qu’il désire même l’étendre au-delà de la présupposée présence des accusés. Concrètement, imaginez-vous dans une manifestation, quelqu’un brûle une voiture à 50 mètres de vous : vous êtes considérés comme responsable des dégâts. Mais ce n’est rien ! Imaginez-vous maintenant quittant une manifestation, 10 minutes plus tard, un cocktail molotov est lancé : bien que vous n’êtes plus présent, vous êtes aussi considéré comme responsable.

Il y a beaucoup de problème dans ce procès, dans la prison, dans la police, dans le capitalisme, dans l’État et son monde. Ces différents thèmes ont, entre autres, comme pourritures communes : la soif de gestion, la globalisation, la classification. Votre personnalité, identité, créativité, unicité, doit rentrer dans une case.

« Le caractère unique d’un homme se manifeste dans chaque trait de son visage et dans chacune de ses actions. Confondre un homme avec un autre et toujours les considérer globalement est une marque de stupidité. Les esprits obtus ne distinguent que des races, des nations ou des clans, quand l’homme sage distingue des individus. »

Thoreau, Journal – juillet 1848, 169 ans avant le G20 de Hambourg

Au mois de novembre dernier, près d’un an après le début de ce procès, j’avais proposé de faire une déclaration à condition quelle soit entendue publiquement. La juge a d’abord dit que cela serait possible, avant de changer d’avis, probablement à cause de la procédure de huis-clos. Je n’ai donc pour le moment fait aucune déclaration malgré près de cinquante journées d’audiences. Les dernières devront obligatoirement être ouvertes au public, à la fin du procès. Depuis ma sortie de prison le 18 décembre, des personnes que je croise me disent que c’est un beau cadeau de Noël. Le soucis, c’est que le cadeau a un an de retard, j’ai déjà passé un Noël en prison.

LES RAISONS ET LES CONDITIONS DE LA LIBERATION

Toujours est-il que le tribunal a fini par accepter cette libération. Dans sa décision, il avance que le risque de fuite est écarté pour plusieurs raisons. D’abord, fuir signifierait retomber sous un nouveau mandat d’arrêt européen et alors le procès devrait recommencer depuis le début. Par ailleurs, si au mois de juin la demande de libération a été refusée, le tribunal considère six mois plus tard que la proportion de la peine qui reste à faire par rapport à ce qui a été réalisé a diminué. Le tribunal suppose également que je ne voudrais pas compromettre cette liberté de contact avec ma famille en m’échappant. Il s’appuie pour cela sur l’étude de ma correspondance privée. Le tribunal me reproche toutefois un manque de coopération avec l’État. On aurait voulu que je m’exprime, dans le cadre du huis clos, ce que j’ai refusé jusqu’ici. Cependant, ayant annoncé que je ferai une déclaration publique à la fin du procès, le tribunal considère que je ne vais pas fuir car je désire avoir la parole. D’une manière générale, le jugement de libération conditionnelle explique que la Cour considère que je suis « un jeune homme poli et amical », ce qui justifie apparemment la confiance qui m’est accordée.

Me voici donc depuis le 18 décembre 2019 en libération conditionnelle. Jusqu’à la fin du procès, je dois respecter les obligations suivantes :

Avoir une adresse de domiciliation à Hambourg.

Pointer le lundi et le jeudi à la police Hambourgeoise.

Travailler en tant que jardinier, dans le soin des arbres.

Donner mon passeport et mes papiers au tribunal.

Aller aux prochaines dates de procès.

Ne participer à aucune action illégale.

LA LIBERTÉ CONDITIONNELLE DE PENSÉE

Me voilà donc dehors et libre de m’exprimer. Mais cette liberté aussi est théorique et sous conditions. Ce n’est pas l’envie qui manque ou les choses à dire mais, compte tenu de ce que le tribunal dit attendre de moi et des risques qui pèsent encore sur moi, il est illusoire de croire que je peux m’exprimer « librement ». Dans ce domaine également, ma liberté retrouvée est très relative.

Pourtant, mon regard sur le monde n’a pas changé. Déconnecté depuis 16 mois, c’est particulièrement choquant de s’informer sur la répression à l’encontre des manifestations en France (gilets jaunes et autres). Il y a eu près d’un millier de peines de prison. J’ai entendu des peines allant jusqu’à 5 ans, et récemment 3 ans et demi de prison ferme pour une personne condamnée à Nancy. Pendant ce temps, un policier prend deux mois de sursis pour avoir lancé un pavé sur des gens non protégés. Il pourra continuer à exercer : aucune inscription au casier judiciaire. Si vous jetez un pavé sur des gens qui ont des casques et des boucliers, vous prenez plusieurs années de prison. C’est cela, la justice ? La prison est une folie. L’accepter est une folie. Les préjugés sont une folie générant des souffrances dans l’indifférence.

Les violeurs et assassins ne représentent que moins de 5% de la population carcérale. Ce sont des pauvres qui sont derrière les barreaux. Je n’ai pas vu, en prison, de bourgeois, de banquiers ni de policiers. Pourtant, la première des violences, la première des criminalités, c’est celle qui vient d’en haut de la pyramide sociale. Les personnes qui sont jetées en prison – dans la quasi-totalité des cas – le sont à cause de la pression qu’exercent les classes supérieures, l’exploitation des riches sur les pauvres et l’inégalité sociale. Je n’ai pas vu de riches en prison, seulement des pauvres. Il est temps d’admettre que le choix n’a presque aucun impact face à la situation. C’est la situation de pauvreté qui est criminelle. Huit personnes possèdent autant de richesse que la moitié de la population mondiale !

À CELLES ET CEUX QUI LUTTENT

Ayant goûté à l’incarcération, je me sens solidaire à l’égard des personnes qui restent encore enfermées.

C’est pourquoi, j’exprime une grande :

Solidarité & force à toutes les personnes incarcérées en France suite aux manifestations des gilets jaunes, contre la réforme des retraites de Macron & son monde privatisé et néolibéral.

Solidarité & force aux révolté.e.s du Chili souffrant de la même politique néolibérale & de privatisation.

Solidarité & force aux révolté.e.s de Catalogne.

Solidarité & force au quartier autonome d’Exarcheia en Grèce.

Solidarité & force aux anarchistes torturé.e.s en Russie.

Solidarité & force aux prisonnier.e.s torturé.e.s de Guantanamo.

Solidarité & force aux révolté.e.s de HongKong, que fleurissent toujours plus de drapeaux noir dans les cortèges, remplaçant les drapeaux américains.

Solidarité & force aux anarchistes & anti-nucléaires incarcéré.e.s aux USA, en France, en Allemagne & un peu partout dans le monde.

Solidarité & force au Rojava, que perdure l’histoire concrète de l’émancipation, de l’autonomie, de l’écologie & du féminisme.

Solidarité & force à l’Afrique, grande oubliée, pillée encore & toujours pour le confort des pays du Nord.

Que chaque prisonnie.r.e témoigne de son passage en prison, afin que le plus rapidement possible, nous brisions ces murs horribles qui sèment la souffrance. Ces murs que l’on accepte seulement parce que l’on ne peut pas voir dans les yeux celles et ceux qui y sont enfermé.e.s.

Loïc, Assigné à procès interminable à Hambourg.

Ps. Voici quelques brochures intéressantes pour repenser ensemble la société carcérale.

Pourquoi faudrait-il punir ? : https://infokiosques.net/spip.php?article578
La prison est-elle obsolète ? : https://infokiosques.net/spip.php?article1507
Historiques des luttes anticarcérales : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=753

Plus d’infos : https://laneigesurhambourg.noblogs.org

Appel à don pour soutenir Loïc : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/appel-a-dons-contre-la-repression-a-bure-et-son-monde

 

Athènes (Grèce) : Deux squats occupés à nouveau

Publié le 2020-01-13 16:10:08

AMWEnglish / dimanche 12 janvier 2020

Nous abattons des murs pour la liberté

La réoccupation des bâtiments Matrozou 45 et Panetoliou 21 est une action contre la peur imposée par la répression étatique. C’est un signal de résistance et un cri de ralliement pour intensifier la lutte. Ne laissons pas que le développement pille nos quartiers et la nature. N’acceptons pas le déplacement de nos vies. Gardons les parcs, les places et les collines libres. Opposons-nous aux mercenaires de l’État. Intensifions les luttes contre l’exploitation par le travail. Poursuivons la lutte pour la survie et la liberté. La lutte n’est ni légale ni illégale.

Avec des dizaines de compas anarchistes/antisociaux.ales, nous reprenons les maisons de la communauté, afin de répondre aux besoins de logement qui n’aurait pas été possible de satisfaire sans cette occupation ; afin de rouvrir des structures de solidarité et de rétablir des relations de vie libre, sans hiérarchie, de rouvrir des maisons dans le quartier et pour le mouvement avec des événements, des fêtes et des moments d’organisation.

Nous occupons des bâtiments et nous nous branchons illégalement à l’électricité et à l’eau. Nous travaillons pour rendre les occupations durables et nous assumons le coût de la répression. C’est un choix conscient de refuser le chantage du loyer et des factures. La satisfaction des besoins de base doit être une évidence pour tout le monde et non un outil entre les mains des patrons pour nous mettre face au dilemme entre la soumission ou la misère.

Les occupations de logements sont une réponse logique à l’irrationalité d’un système financier qui oblige les gens à vivre dans des taudis, dans la rue ou des camps de concentration, quand qu’il y a des milliers de bâtiments vides. Dans une métropole étouffante, noyée dans le ciment et les lieux de consommation, les squats sont des lieux de socialisation en dehors du contrôle institutionnel et financier, des lieux où les gens peuvent redéfinir leurs relations sur la base de la solidarité et du respect, en dehors des normes dominantes.

Et pour ceux/celles qui se plaignent des factures impayées des squats, il serait bon de creuser un peu plus à propos de tout ce qui a été volé par les politiques économiques étatiques et internationales, tous ces factures de partis impayées, les usines fermées et, bien sûr, les millions d’euros. Dans une situation à un pas du désastre, avec l’effondrement du système de santé et l’hémorragie du système éducatif, l’État choisit d’embaucher 1 500 policiers, avec de l’argent supplémentaire pour l’équipement. Parce que tout ce qui les intéresse, c’est de protéger d’une révolte leurs amis et les investissements de leurs amis.

D’autre part, la police et les médias grecs, le système de propagande, sont proches du discrédit complet, après la dernière opération à Koukaki. Ils ne veulent toujours pas admettre que des journalistes et des politiciens de haut niveau, ainsi que l’unité antiterroriste elle-même, ont condamné sans aucune preuve une « famille grecque innocente ». Parce que cela saperait la confiance sociale dans les fondements du système étatique et nous offrirait l’occasion pour dire une fois de plus que CE N’EST PAS UN CAS ISOLÉ. Ils préparent et construisent les prochains coupables… Tout cela est fait pour instiller dans l’esprit des gens la peur et la terreur vis-à-vis des squatter.euse.s et des lieux anarchistes /antisociaux.

Les squatter.euse.s sont attaqué.e.s par tout l’appareil d’état, pas seulement par le « gouvernement de droite ». Le désaccord entre SYRIZA et Néa Dimokratía porte sur la manière la plus efficace de supprimer le mouvement. L’État de police dans tout le secteur, avec l’engagement de la police anti- terroriste, existait aussi sous SYRIZA, il y a des multiples exemples. Un exemple de répression extrême a été l’envoi de deux escadrons de police anti-émeute sur la colline de Philopappou pour empêcher la plantation d’arbres. Qu’il soit de gauche ou de droite, un système aussi injuste et contradictoire ne peut survivre sans répression, la répression est quelque chose qui existera toujours et nous devrons la combattre pour obtenir ce dont nous avons besoin.

L’occupation de toutes les ressources nécessaires, des forces productives, des espaces, et, au final, de nos propres vies, est la voie des luttes des opprimé.e.s et des exploité.e.s ; nos modestes occupations préfigurent cet avenir heureux.

Communauté des squats de Koukaki
11 janvier 2020

São Paulo (Brésil) : Revendication d’une attaque contre la police militaire

Publié le 2020-01-13 16:10:08

reçu par mail / samedi 11 janvier 2020

A tou.te.s.
Nous revendiquons la bombe dans la caserne de la 2ème compagnie du 45ème bataillon de la brutale Police Militaire de l’État de São Paulo (PMESP), la nuit du 18 décembre 2019, dans la rue General Carneiro, centre-ville de São Paulo, près du Pateo do Collegio (le site de la fondation de la ville), d’une installation de Noël de la banque Santander et d’un poste de la, également brutale, Garde Civile Métropolitaine -JCG – que nous voulions aussi prendre pour cible. On a utilisé un engin artisanal fait à partir d’une petite bouteille de soda contenant 11 morceaux de verre tranchants, pour blesser les flics.

Il s’agissait de représailles pour le massacre de Paraisópolis, planifié et froidement exécuté le 12 décembre 2019 par le PMESP et son leader João Doria, le gouverneur fasciste de São Paulo, dans le cadre de la guerre de l’État brésilien contre les noir.e.s et les pauvres. Au lieu d’affronter les trafiquants de drogue, armés et violents, qui leur versent des pots-de-vin, le PMESP a assassiné 9 jeunes sans défense, lors d’une fête de rue, avec l’approbation de l’extrême droite. Leurs représentants dans le système politique bourgeois, comme que les députés fascistes, capitaine Conte Lopes et sergent Fahur, respectivement député provincial et fédéral des États de São Paulo et de Paraná, ont célébré le massacre et ont dit qu’il y en aurait d’autres. En décembre 2018, Doria a promis que pendant son mandat la police « tuerait » et elle a obéi.

C’était aussi une riposte au Congrès national brésilien pourri, pour l’approbation, le 12 novembre 2019, du « paquet anti-crime » des fascistes Bolsonaro et Moro, qui devrait s’appeler « paquet contre le peuple », puisqu’il comprend « l’exclusion de l’illégalité », une licence pour la police de tuer les pauvres, les noir.e.s, les militant.e.s sociaux.ales et syndicaux.ales, conformément au plan de Bolsonaro de noyer dans un bain de sang les protestations populaires qui arriveront prochainement et d’imposer une dictature au Brésil. En 2020, ce sera le début de la révolte populaire contre le désastreux régime de Bolsonaro et arrivera sa réaction violente au pouvoir.

La majorité de la police brésilienne veut « l’exclusion de l’illégalité », déteste le concept de droits de l’homme, a été achetée par Bolsonaro, avec une récente réforme des retraites qui leur donne des droits volés à la majorité du peuple brésilien, elle soutient son régime et veut réprimer le peuple.

Ils/elles ne comprennent pas que parmi les gens qu’elles/ils veulent tuer, il y aura leurs ami.e.s et leurs familles. Nous croyons que la plupart d’eux/elles changeraient d’attitude s’ils/elles pensaient à cela. Alors, nous les enjoignons au respect de la vie humaine avec les seuls arguments qu’elles/ils semblent comprendre : la force et l’intimidation.

Nous sommes fier.e.s d’être le premier collectif au monde à mener une action directe en représailles du massacre de Paraisópolis. C’était juste un avertissement. Plus le régime de Bolsonaro et sa police seront violents, plus les représailles seront dures. Les informateur.trice.s de la police et les partisan.ne.s de Doria et Bolsonaro aussi pourront être attaqué.e.s. Nos yeux sont partout et nos bras sont assez longs pour atteindre les ennemis du peuple. Les caméras de sécurité et celles de la police sont inutiles pour nous arrêter, nous attaquons un poste de police, nous nous retirons sans être vu.e.s et nous le referons si nécessaire. Alors, ne nous provoquez pas.

Nous appelons tous les militant.e.s sociaux.ales honnêtes, celles/ceux qui sont persécuté.e.s par le système, ainsi que le peuple brésilien à rompre avec les lâches bureaucraties syndicales et des partis de gauche et avec leurs politique de capitulation et de conciliation de classe, qui défend le pacifisme face à l’État bourgeois et ses flics assassins, à prendre une position de confrontation et passer à l’offensive avec la lutte de masse et l’action directe contre le système.

Bolsonaro et Doria sont contre le dialogue et s’imposent par la force. Contrairement à ce que dit la gauche réformiste, la voie pacifique est inutile. Seule la confrontation les intimidera et les fera reculer dans leurs attaques contre le peuple. Il est possible et nécessaire de faire face au système et le plus tôt sera le mieux. Le moment est venu !

Salutations et solidarité aux gens et aux compas anarchistes qui luttent contre l’État et le capital au Chili, en Bolivie et en Grèce !
TANT QU’IL Y AURA DE LA MISÈRE, IL Y AURA DE LA RÉBELLION !
FEU À L’ÉTAT, AUX ENTREPRISES ET À LEURS LAQUAIS !
VIVE L’ANARCHIE !

NOS – Núcleo de oposición al sistema

 

Les avocat.es de Marseille déposent leurs robes et 300 demandes de mise en liberté

Publié le 2020-01-15 00:49:06

À 11h ce matin, alors que les Instances Nationales de la profession étaient reçues par la garde des Sceaux, les Avocats Marseillais se sont réunis et ont déposé leurs robes sur les grilles du Palais de justice, en signe de contestation. Ils ont au passage déposé 300 demandes de remise en liberté.



On trouvait d’ailleurs hier un article relatant des faits forts intéressants dans les colonnes de BFM...

"Des avocats parisiens mobilisés contre la réforme des retraites ont obtenu lundi la libération sans procès de plusieurs prévenus en pratiquant une "défense massive" lors d’une audience houleuse de comparutions immédiates, un mode d’action dénoncé par le procureur de Paris.

Après une semaine de grève dure à Paris, pendant laquelle des prévenus ont comparu sans avocats commis d’office, les robes noires ont changé de méthode lundi : elles se sont rendues en nombre aux comparutions immédiates pour y plaider longuement chaque point de nullité de procédure.

Leur stratégie a ainsi conduit la 2e section de la 23e chambre correctionnelle a remettre en liberté au moins sept prévenus qui avaient été présentés hors-délais devant le tribunal à l’issue de leur garde à vue, ont constaté des journalistes de l’AFP.

[...]

"Dès qu’on fait 100% notre métier et qu’on soulève toutes les nullités, la machine se grippe", a déclaré Me Guillaume Grèze en marge de cette audience marquée par plusieurs incidents, se défendant "de toute manœuvre d’obstruction".

C’est pas mal que les avocats grévistes se posent ainsi la question des effets de leur grève sur les prévenus, et sur la machine judiciaire, et optent pour des actions de sabotage dont les conséquences sont la mise a mal de la machine de répression. Ainsi sensibilisés aux pratiques de lutte et inclus dans le mouvement social, invitons les à rejoindre les rangs des avocats des Legal Team et à exercer gratuitement pour défendre les personnes que la machine judiciaire broie.

Salut à toi Bruno « MAB » !

Publié le 2020-01-15 00:51:04

Bruno, longtemps l’imprimeur du mouvement libertaire lyonnais, est décédé samedi 11 janvier 2020.



C’est avec un immense regret que nous vous annonçons le décès de Bruno Bublex. Il s’est éteint sereinement auprès de sa famille et de ses amis, le matin du samedi 11 janvier 2020, à l’âge de 53 ans.

Beaucoup l’ont connu de très longue date.

A l’université il était l’un des “leaders” des grèves en 1986 contre les projets de loi Devaquet

En 1989, il était l’un des premiers à trouver et occuper le squat de la place Chardonnet “Vis-la sans soucis”, puis celui de la place Morel, l’usine Magneval, le Rap’Thou… Pour militer pour le droit au logement.

Il était très actif au sein de Wolnitza, s’occupant de la gestion du lieu, du bar, de l’organisation des concerts.

A partir de là, il a commencé à se passionner pour les arts graphiques et s’est investi dans l’imprimerie MAB à partir de 92. Il devint l’imprimeur du mouvement libertaire, imprima des affiches et des textes militants, on pouvait toujours compter sur lui même pour un tract de dernière minute pour les transports gratuits, l’affichage libre, la liberté d’expression, la CNT et toutes les luttes qui lui tenaient à cœur.

Lors de ses collaboration avec les ACL (Atelier de Création Libertaire), avec A plus d’Un Titre et encore beaucoup d’autres éditeurs et aussi avec les artistes du quartier et d’ailleurs, Bruno répondait toujours présent.

Les repas de quartier place Colbert et les espaces de gratuité étaient animés par sa présence chaleureuse de pizzaïolo, avec Bibi. Toujours présent aux manifestations il allait aux rassemblements... L’espoir l’a toujours fait vivre malgré la maladie qu’il a su affronter avec une force et un courage incroyables. Il s’est battu jusqu’à son dernier souffle mais le cancer a gagné.

Bruno nous ne t’oublierons jamais, tu resteras toujours un personnage de la Croix-Rousse, les Pentes garderont tes empreintes à jamais,

Une cérémonie aura lieu au crématorium de Lyon, 17 rue Pierre Delore, 69008 Lyon, ce vendredi 17 janvier à 15h15 et sera suivie d’un moment de partage en sa mémoire à l’imprimerie MAB, en collaboration avec le Kafton de la Cnt.

Sans fleurs ni couronnes.

Pour aider sa famille pour prendre en charge les frais d’obsèques une cagnotte a été créée à l’adresse suivante :

https://www.lepotcommun.fr/pot/7egb88vf

Fred

Communiqué de l’Atelier de Création Libertaire

Bruno Bublex, notre ami, notre ancien imprimeur avec qui nous partagions notre local, nous a quitté aujourd’hui.
Que la terre te soit légère, Bruno.

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Bruno avait repris l’imprimerie ISA, imprimerie lancée par les recettes des journées libertaires de Lyon en 1985. L’imprimerie s’était ensuite renommée MAB (Mon artiste est un boucher) car le local était une ancienne boucherie. Quand nous nous sommes fait virer de notre local rue Diderot, Bruno nous a chaleureusement accueilli dans son imprimerie. Nous occupions le niveau 1 et lui le rez-de-chaussée.

Bruno va nous manquer. Il nous manquait déjà car, ces derniers temps, nous ne le croisions plus au local ou sur les pentes.

On pense à sa compagne, sa fille et son fils, ainsi que ses parents et son frangin...

Tout à l’heure, en passant récupérer des livres au local et en ouvrant la porte, j’ai eu comme un vague à l’âme. On ne reverra plus l’ami Bruno.

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Bâle, Suisse : L’enfermement tue, crèvent ses collabos – Début janvier 2020

Publié le 2020-01-16 07:27:05

Aucune paix pour Bässlergut

En ce début d’année, nous avons crevé les pneus de 4 voitures de manière aussi silencieuse et discrète que l’inauguration du nouveau bâtiment de la prison de Bässlergut à Bâle en fin d’année :

deux voitures de la direction des Travaux Publics de la municipalité de Bâle (impliquée dans le chantier de la prison de Bässlergut)
une voiture de Rosenmund (entreprise également impliquée dans le chantier de rénovation de la prison de Bässlergut)
une voiture de Bouygues (impliquée dans la construction et le fonctionnement des prisons)

Toute la brutalité de l’enfermement a éclaté au grand jour peu avant la fin de l’année. Le 30 décembre, une personne a été retrouvée morte dans une cellule de Bässlergut.
Ca évoque une nouvelle fois d’un suicide. Mais pour nous, il n’y a aucun suicide derrière les barreaux.
En mémoire d’un énième mort anonyme…

Feu à toutes les prisons
Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s

 

[Traduit de l’allemand de Barrikade.info, 11. Januar 2020]

Plus de deux mois de révolte contre l’État du Chili : bilans rapides, projections instinctives et négations permanentes

Publié le 2020-01-16 10:26:05

“La passion de la destruction est en même temps une passion créatrice”
–Michel Bakounine–

L’insurrection est une fête. Le bruit de leur déroute nous amuse
–Fuerzas Autónomas y Destructivas [Forces Autonomes et Destructrices] León Czolgosz–

L’avancée de la révolte: des jours et des mois au combat

La révolte qui secoue la région chilienne se poursuit sans interlocuteurs valides ni aucune direction qui la guide. Elle continue à être acéphale, auto-convoquée, chaotique et destructrice … irréductible malgré les mort-e-s, les blessé-e-s, les mutilé-e-s et les presque 2000 prisonnier-e-s qui remplissent encore plus les taules de tout le Chili. L’étincelle initiée par une stratégie de fraude massive du métro en réponse à une nouvelle hausse du prix du trajet a cristallisé la continuité de luttes et de méthodes contre le pouvoir, en se déchaînant avec toute sa force et sa vitalité le 18 octobre.

Les répliques constantes du tremblement de terre qu’ont signifié les premières journées de révolte se répètent tous les jours avec plus ou moins d’intensité, s’exprimant par d’audacieuses attaques contre des commissariats, des symboles du capitalisme et dans les durs affrontements avec les carabiniers. Bien qu’ un certain amenuisement (normal et compréhensible après plus de 80 jours de combat) soit perceptible, la violence contre le pouvoir se porte bien, des secteurs qui la condamnaient jusqu’il y a peu la légitimant comme principal instrument pour rompre avec l’ensemble de l’ordre imposé. Nous pensons que cela, avec l’inexistence de toute conduite définie, représente, d’une manière ou d’une autre, l’un des principaux ingrédients ayant amené à ce que la révolte reste incontrôlable.

La présence anarchiste est claire et notoire depuis le premier jour dans les différents scénarios d’affrontement, comment ne le serait-elle pas, puisque celui-ci est l’expression débordante et massive de pratiques transgressives, menées à bien ou juste tentées, qui se reproduisent depuis des années ? Comment ne le serait-elle pas, puisqu’il s’agit d’une révolte incontrôlée et sans direction centralisée? Comment ne le serait-elle pas, puisqu’elle se trouve directement en phase avec nos appels constants et nos actions de propagande? La révolte fait partie de nous parce que nous en faisons partie; nous nous sentons tout-à-fait à l’aise et heureu-x-ses dans son tourbillon destructeur, essayant de l’étendre et de l’intensifier là où nous le pouvons et de toutes les manières possibles, éloigné-e-s et hostiles à toute prétention visant à la domestiquer et/ou à en prendre la tête.

En plein dans ces mois de révolte, nous faisons une pause, nous respirons, prenant une grande bouffée d’un air encore intoxiqué par les gaz, pour tirer quelques enseignements, mettre en commun nos évaluations, projections et, bien entendu, nos négations.

Violence de rue et répression

Cette révolte s’est avéré un changement, mais a aussi montré une continuité dans les formes qu’elle a prises et le défi lancé au monde du pouvoir. Nous avons pu noter une massification dans l’exercice de la violence contre des structures du pouvoir (institutions financières, partis politiques ou symboles du pouvoir) et bien-sûr contre ses différentes forces de choc (militaires, carabiniers, agents de la PDI et velléités de milices para-policières représentées par les gilets jaunes (1)).

Ces expressions généralisées ont contribué à l’ample trajectoire de combat qui, tout en n’ayant pas débuté le 18 octobre, a su innover à la chaleur du conflit et modifier ses stratégies offensives. Par exemple, l’utilisation systématique et massive de boucliers n’a été nécessaire qu’en réponse à l’énorme quantité de balles de LBD et de grenades lacrymogènes tirées au visage et sur le corps, causant le nombre de personnes blessées et mutilées que l’on connaît désormais dans le monde entier. En même temps, le caractère protéiforme s’est à nouveau exprimé dans la contribution au combat de chacun-e selon ses capacités. Il y a par exemple celles et ceux qui utilisent des pointeurs laser pour aveugler la répression, celles et ceux qui dépavent la chaussée pour sortir des pierres, celles et ceux qui fournissent en nourriture et en eau celles et ceux qui passent des heures dans l’affrontement. Tout cela s’est organisé de manière complètement informelle et à la chaleur de la lutte et de la rue.

La violence politique acquise se voit validée et totalement légitimée lors de ces journées, ce qui donne même lieu à un romantisme de la “première ligne” , lequel suscite en nous une certaine méfiance et plus d’une réserve en raison de l’exaltation héroïque de rôles particuliers dans la révolte qui pourrait dériver en fétichismes et en logiques d’avant-garde militariste.

Ainsi, on est passé d’affrontements décentralisés pendant les premiers jours à des combats circonscrits, principalement dans le centre de Santiago et différentes zones centrales de poblaciones ou de places et de villes à travers tout le Chili. Ces batailles qui se transforment souvent en combats pour des terrains gagnés et/ou perdus face à la répression.

Il y a divers protagonistes, nous ne fantasmons pas un rôle vedette, unique et excluant de la tendance anarchiste. Dans la rue, nous avons perçu derrière les capuches, les lunettes de protection et les masques à gaz, la variété de celles et ceux qui alimentent la révolte, ce qui ne va pas à l’encontre des caractéristiques anarchiques que nous voyons dans cette révolte : hostile au pouvoir, sans leaders, et forgeant des liens horizontaux de soutien mutuel et de solidarité. L’impression de protestation ou de dénonciation revendicative est clairement dépassée par la sensation de vouloir changer absolument tout, un sentiment qui, même s’il est éphémère et si nous ne savons pas combien de temps il va durer, est l’oxygène de la révolte ces jours-ci.

La répression reprend en partie son propre fil et sa mémoire historique avec des pratiques et des méthodes issues de la dictature, dont elle démontre l’évidente continuité. Diverses tactiques répressives ont été largement diffusées, allant des arrestations, tabassages, tortures, viols, abus sexuels, mutilations des yeux, jusqu’aux morts dans les circonstances les plus diverses (par tirs ou tabassages, des morts lancés dans des commerces incendiés pour les faire passer pour des “pillards”, ou encore des personnes écrasées par des véhicules et asphyxiées par les gaz).

En provenance de l’État, on entend des appels angoissés et désespérés à la paix et à l’unité des chiliens. Cette stratégie de pacification n’a jusqu’à présent donné aucun résultat d’ampleur, ne réussissant pas à s’imposer à la rage et à la négation de la normalité fissurée. Une campagne de paix ridiculisée en permanence par tout le monde, là où il n’y a simplement plus personne pour croire ou attendre quoi que ce soit des puissants. De leur côté, tous les partis politiques sont parvenus au consensus absolu pour expédier une série de lois répressives que la machinerie administrative est déjà en train d’approuver.

Apprenant de l’histoire, nous nous attendions de la part de la gauche à une stratégie de récupération de la révolte, l’amenant vers des revendications négociables, des leaders ou à la maîtrise par des organisations. L’agglomérat “Uni Sociale”, réunissant différents syndicats et organisations politiques, a essayé en vain de mettre en place cette stratégie. Malgré leurs misérables tentatives pour prendre la tête des manifestations, la rue fait bonnement la sourde oreille et les considère avec indifférence. Actuellement, si UniSociale appelle à déposer les armes de la révolte et au retour à la normalité, personne ne l’écoutera. Ce qui ne veut pas dire que les révolté-e-s ne profiteront pas de n’importe quel appel à la grève ou à d’autres mobilisations pour rassembler les forces dans toujours plus de combats.

De nouvelles manières de s’associer ont surgi sur les territoires à la chaleur du combat et directement en lien avec la révolte. Polémiques et contradictoires, les assemblées territoriales sont devenues un lieu commun pour discuter de nos projections, de manières de vivre et de nous associer en rupture avec le vieux monde.

Nouveau germe dans la révolte? Assemblées territoriales

Les assemblées territoriales, nées dans la révolte, se présentent aujourd’hui d’une part comme des initiatives intéressantes où il est possible de mener à bien des expériences d’auto-organisation dans divers contextes, en impulsant et en fortifiant des processus d’autonomie territoriale dans beaucoup de secteurs, de poblaciones et de quartiers dans tout le pays. D’autre part, la grande majorité de ces assemblées réclament pourtant la création d’une assemblée constituante qui établisse une nouvelle constitution pour remplacer celle existant depuis 1980. Des groupes politiques, des mouvements sociaux et des syndicats qui prônent l’assemblée constituante depuis des années, profitent de la conjoncture pour tenter de mettre en avant cette revendication comme seule et principale demande, ce qui représente de manière évidente une sortie pacifique et citoyenne à la révolte qui se traduirait par la refondation et donc, par le renforcement de l’État.

De même, nous avons affaire à des tendances politiques qui cherchent à transformer les assemblées en conseils autonomes auxquels le pouvoir incomberait à l’heure d’organiser (ou de supplanter) la “nouvelle société”, ainsi qu’à d’autres lignes qui cherchent à les transformer en instances de transition précédant un gouvernement des travailleurs.

À ce stade, il est nécessaire d’expliquer et de souligner avec véhémence qu’aucun groupe, aucune assemblée, fédération ou organisation anarchiste ne porte ni ne soutient la revendication d’assemblée constituante. Aucune expression du monde anarchiste ne perçoit une nouvelle constitution comme une issue valable ou un triomphe de la révolte comme cela a été affirmé de manière erronée dans un écrit diffusé au cours des dernières semaines. Qui plus est, toutes ces expressions ont pris de façon explicite position contre la voie constitutionnelle.

Si des compagnon-ne-s anarchistes participent activement à des assemblées territoriales (comme c’est effectivement le cas), c’est pour impulser des initiatives à même de satisfaire nos besoins et dans une perspective d’auto-organisation dans différents sens, dans le but de tenter de se passer de l’État et du capitalisme pour résoudre les nécessités, sachant clairement que nous nous trouvons dans une situation d’oppression où il est impossible d’échapper aux tentacules du pouvoir. C’est pour propager et réaliser des dynamiques anti-autoritaires partout où c’est possible, et non pas pour réclamer une nouvelle constitution, un nouveau collège ou un nouveau cabinet. En définitive, la participation aux assemblées territoriales s’inscrit dans la recherche permanente de nous réapproprier nos vies, de les reprendre en main, en expérimentant avec d’autres, proches ou pas, des manières de nous rapporter éloignées et contraires à celles qu’on nous impose. Dans ce sens, en tant qu’anarchistes nous nous impliquons à partir de notre position basée sur la conflictualité permanente et la recherche de la liberté individuelle, et nous ne nous mettons donc pas à la remorque des assemblées, pas plus que nous nous confondons avec des chemins qui ne sont pas les nôtres. Nous ne considérons pas ces espaces comme quelque chose d’achevé et si, le temps passant, ils devaient prendre des tonalités autoritaires et institutionnelles, nous serions alors sur le trottoir d’en face.

Le dernier mot n’est pas dit : les jeux sont ouverts

Ce panorama crucial, massif et dynamique, sans leaders, sans requêtes concrètes, et toujours pas récupéré par le système, a été le contexte dans lequel nous avons bougé et vécu ces derniers mois. Cela continue sans interruption, bien que l’intensité varie selon les événements et l’usure provoquée par la répression.

C’est en essayant de ne pas accommoder les faits à des conceptions pré-établies que nous remettons constamment nos conclusions en question, en les confrontant avec celles d’autres compagnon-ne-s, d’autres tendances subversives, et avec ce qui se passe dans la rue. En aucun cas, nous ne voulons tomber dans des fantaisies auto-complaisantes ou dans de ridicules théories complotistes qui voient des montages partout. Dans ce sens, il est nécessaire de signaler que tout n’est pas rejet et destruction de l’ordre établi dans la révolte, puisqu’il existe en son sein des groupes et des mouvements sociaux qui font partie du monde institutionnel et beaucoup d’autres qui, si ce n’est pas encore la cas, cherchent à y prendre part. Cependant, malgré leurs multiples et constantes tentatives, les expressions citoyennes et institutionnelles n’ont pas réussi à diriger, à centraliser et/ou à pacifier la révolte. Cet échec ressort en permanence et divers groupes anarchistes prétendent l’étendre jusqu’à un point de non-retour par des expressions de propagande – de tout type et dans différents environnements – visant le pouvoir et ses tentacules comme l’ennemi à détruire.

Construisant des chemins de destruction : évaluations, projections et négations

Cette période de révolte a mis en lumière nos faiblesses, celles-ci se manifestaient depuis plusieurs années, mais se notent avec plus de clarté encore dans le contexte actuel. D’une part, le manque d’articulation, de coordination et de communication entre groupes et sphères anarchistes, particulièrement entre celles et ceux qui font le pari de l’informalité et de la confrontation permanente, a induit entre autres choses le fait qu’on ne parvienne pas à mener à bien d’intéressantes initiatives d’envergure, en particulier lors des premiers jours de révolte (les 18, 19 et 20 octobre). Une coordination solide, qui aurait été forgée au préalable, aurait pu ouvrir de nouveaux chemins d’affrontement dans un contexte de débordement généralisé où tout était possible, où tout était à portée de la main. L’État tombait et il fallait aider à lui donner le coup de grâce. Il aurait été possible, parmi beaucoup d’autres choses, d’intensifier l’offensive, d’occuper des espaces, et pour cela nous pensons qu’il est indispensable de créer des canaux effectifs de communication et d’articulation entre celles et ceux qui, comme nous, luttent pour la destruction du pouvoir.

En lien avec ce qui précède, le manque d’espaces anarchistes où nous puissions nous réunir et réaliser des activités a aggravé cette absence de liens. Pouvoir compter sur des lieux stables aurait non seulement pu aider à tenter de générer des espaces de réunion (malgré le peu et la faiblesse de communication qui existe) ; mais cela aurait aussi servi à réaliser des actions de propagande, à collecter du matériel, etc. Bref, les possibilités d’avoir une incidence et une capacité de transgression sur les territoires se seraient considérablement accrues si ces espaces avaient existé, bien que demeure l’incertitude sur la manière dont la répression se serait comportée vis-à-vis de ces hypothétiques espaces.

Néanmoins, nous avons vu dans la révolte une réaffirmation de pratiques et de positions que nous propagions depuis des années et pour lesquelles beaucoup de compagnon-ne-s sont passé-e-s et se trouvent encore en prison. Nous faisons référence au pari de la destruction ici et maintenant de ce qui nous opprime, de la confrontation incontrôlée et permanente, de l’extension et du saut qualitatif dans le combat de rue, en somme à tout ce que nous avons pu vivre et apprécier ces derniers mois de manière massive et ininterrompue. Nous pensons que la conflictualité anarchiste continuelle a donné des fruits, perceptibles dans le combat de rue sauvage mené par les lycéen-ne-s au cours des dernières années, qui s’est caractérisé par l’indéniable sens anarchiste reflété dans leurs discours et leurs pratiques. Cette lutte des lycéen-ne-s, sans trêves et toujours plus incisives, a été directement précurseure du 18 octobre, il n’y a à notre avis pas de doute là-dessus. Les fraudes qu’ils et elles ont appelées, encouragées et réalisées ont été le déclencheur inattendu de la révolte que nous sommes en train de vivre, ces fraudes ayant d’ailleurs été précédées par des mois d’affrontement contre la police, principalement de la part des élèves de l’Institut National, lycée emblématique situé dans le centre de Santiago.

Le fait que la révolte continue, chaotique et acéphale, est dû à de multiples facteurs et circonstances dont l’analyse excéderait de beaucoup les limites de ce texte, cependant la forte présence anarchiste misant sur l’extension et l’intensification de la révolte a joué un rôle important dans l’échec des secteurs qui tentent de la pacifier et de la diriger. Les positions acrates exprimées et matérialisées dans le combat de rue et dans les autres aspects de cette révolte ont convergé presque harmonieusement avec la spontanéité destructrice des foules galvanisées, ce qui a en partie empêché la reprise en main de ce débordement.

Par rapport à ce qui précède, nous considérons comme une force que la totalité des sphères anarchistes informelles ne se soient pas obnubilées avec des prétentions avant-gardistes, ni avec de ridicules tentatives de former une grande organisation capable de diriger la révolte, comme l’évoquent d’ex-militant-e-s couche-tard de groupes politico-militaires d’extrême-gauche qui regrettent un passé où ils étaient les guides et les canalisateurs absolus des voix transgressives. Anarchistes, nous pensons et nous avons très bien compris que nous sommes un élément parmi d’autres dans cette révolte, ni en-dessous, ni au-dessus des autres, et que lutter pour l’étendre ne signifie pas que nous voulions la diriger, cela signifie au contraire, entre autres choses, combattre celles et ceux qui tentent d’en prendre les rênes parce que nous savons que si c’était le cas, ce serait la fin de la révolte.

La situation des compagnon-ne-s en prison avant la révolte était agitée en raison de possibles transferts et de l’imposition de lois faisant encore plus obstacle à leur remise en liberté. Le fait que les prisons n’aient pas été des lieux de soulèvements durant la révolte est une réalité, tout comme il est vrai que faire sortir nos prisonnier-e-s a toujours été une priorité dans toutes les révoltes, celle-ci ne doit pas faire exception pour la simple raison que ces personnes nous manquent dehors.

Les apprentissages et les questionnements sont multiples et se succèdent lors de chaque journée d’affrontement, de chaque repos à la chaleur des barricades ou de promenades à travers la ville. Il semblerait que les discussions et spéculations sur les possibles scénarios sont incessantes et qu’elles se reproduisent à chaque conversation entre compagnon-ne-s à l’occasion de quelque rencontre fortuite ou au beau milieu d’activités sur différents territoires. Ce sont ces leçons précipitées qu’il nous intéresse de partager avec les compagnon-ne-s de tous territoires et contextes, des leçons qui se transforment en noeuds de discussion sur les possibilités du conflit encore en cours.

Cela fait des années qu’à partir des tendances informelles de l’anarchie nous soulignons la nécessité de la libre-association et des groupes d’affinité, nous les avons mis en pratique dans différentes dimensions du conflit, puisque cela nous semble être la manière de nous organiser la plus cohérente et en accord avec nos positions, nous permettant de stimuler nos individualités collectivement, sans structures qui nous limitent ou nous forcent, nous unissant dans une volonté sincère.

Dans le développement de la révolte, les initiatives territoriales pour propager tant le conflit que l’autonomie sont multiples, partant des quartiers, des poblaciones, des bidonvilles ou des communes où ces élans ont pris corps. La dimension territoriale acquiert une force importante, aussi bien pour affronter l’État et son contrôle que pour impulser des initiatives antagonistes au vieux monde liées à la survie. Alors demeure la question : comment conjuguer l’affinité avec les perspectives territoriales où l’union repose principalement sur la situation géographique? À quel point se recoupent-elles et où s’éloignent-elles? Pouvons-nous ignorer les initiatives territoriales ou à l’inverse dédier toutes nos forces à ces seuls espaces? Voilà quelques questions qui ne sont pas encapsulées dans des discussions théoriques, mais se transforment en doutes éminemment pratiques de la vie quotidienne pendant la révolte.

Dans ce sens, des questions telles que celles-ci ou concernant les possibilités d’autogestion et d’autonomie lorsque l’État se fissure nous amènent aux débats de fond sur les projections anarchistes. C’est dans la révolte que nous nous sommes rendu compte que ces débats que nous avons souvent fuis, car ils nous semblaient chargés de promesses de révolutions à venir, sont en réalité valables quand nous les considérons dans l’optique du conflit permanent. Le pouls de la révolte et le conflit le disent, l’exigent.

Parmi celles et ceux qui, comme nous, cherchent la destruction effective du pouvoir et pas seulement une dynamique de protestation routinière, surgit la nécessité d’expérimenter les possibilités réelles de vivre de manière antagoniste à l’État, en détruisant l’État. Quand tous les supermarchés du secteur sont pillés; quand une grande partie du transport est saboté; quand les services de l’État-Capital ne fonctionnent simplement pas; quand la structure de la ville est détruite et ne fonctionne que de manière à peine intermittente, comment satisfaisons-nous nos besoins? Avec qui ? Entre qui? De quelle manière ?

À ce point-là, nous en revenons à l’essence de la lutte anarchiste avec la praxis destructrice/créatrice. Nous comprenons la destruction et la création comme allant simplement de pair, elles ne peuvent être vues comme deux étapes distinctes, mais se développent plutôt comme un exercice simultané. De manière plus profonde, le/la jeune qui décide de détruire une agence bancaire n’est pas juste en train de briser des vitres ou de réduire en cendres ce local, mais en plus de détruire le symbole, il/elle construit en parallèle une autre compréhension de la violence, de la normalité, de l’urbanisation, de la vie et de la manière d’affronter l’oppression. Pour être clair-e-s, il ne s’agit pas de vitres en plus ou en moins, mais de rapports sociaux et de structures de domination, et dans ce sens la révolte génère des dispositions, des volontés, des créativités, une imagination et une vitalité inconnues dans le monde du pouvoir. Nous l’avons éprouvé et vécu dans notre propre chair, dans des conversations, des dialogues et des liens.

De l’acte individuel au déploiement d’une révolte généralisée, la destruction de structures matérielles et la fissuration des rapports d’autorité portent en elles-mêmes la création presque instinctive, la négation du présent, et les possibilités de nouvelles manières de comprendre le monde. C’est sur ce terrain que nous avons besoin de vivifier les possibilités qui en émanent en les amenant à la praxis, à la matérialisation pour survivre et attaquer.

Nous avons toujours porté une critique destructive des bulles de liberté et nous n’allons pas y faire exception maintenant. Néanmoins, nous voyons bien que dans les contextes de révolte généralisée, de fracture et de cassure de l’État, c’est l’affrontement lui-même qui nous repose la question de comment résoudre notre vie quotidienne de manière antagoniste au pouvoir? Nous savons que la réponse ne réside pas dans une vie alternative et de coexistence, mais dans la conception d’expériences combatives et en opposition ouverte au monde du pouvoir. Les discussions sur le pari du contrôle territorial de petites communautés démultipliables et s’affrontant au pouvoir font partie de certaines conversations à la chaleur de la révolte. Nous apprenons d’expériences passées, mais nous avons besoin de les actualiser.

Nous avons misé sur le fait que nos moyens soient directement en accord avec nos fins, alors en partant des projections anarchistes informelles et négatrices, nous nous permettons de rêver éveillé-e-s en regardant le présent. Quelles sont nos fins ? Nous faisons le pari de l’association entre petites communautés qui se soutiennent mutuellement et contribuent les unes aux autres, sans structures stables au-dessus des individus, en maintenant la tension et le questionnement permanents sans jamais croire en une réalisation finale ou finalisée. Nos pratiques au présent doivent être capables d’aller dans ce sens.

La révolte nous ouvre constamment de nouvelles discussions, ces dialogues ne sont pas clos puisque nous sommes actuellement en train de vivre ce processus plein de vie. Nous nous demandons à nouveau quelles sont les limites de la révolte et comment la transformer en effondrement total de l’État et du régime d’autorité, comment abattre l’ordre établi. La révolte reflète nos propres limites, non pas celles qui parlent du manque d’une organisation spécifique, d’une structure, de positions et de manières de fonctionner, mais celles qui se réfèrent à nos capacités de faire tomber le vieux monde, ainsi qu’à l’expansion et la défense d’expressions anti-autoritaires.

Que pouvons-nous faire de plus ? Que pouvons-nous donner de plus ? La rue n’a pas cessé de brûler et le conflit acquiert son propre rythme, se massifiant et gagnant en qualité. Loin de souhaiter ou de regretter quelques partis armés pour rendre les coups et nous reposer sur ces structures, nous pensons que les révoltes ont des forces et des rythmes propres, et peut-être les révoltes en plein XXIème siècle ont-elles des dynamiques que nous sommes juste en train d’explorer et de connaître. Une mise au point à part, voilà ce que méritent ceux qui voient tristement la main de l’État derrière les débuts et le déploiement de la révolte, taxant la réalité vécue de “simulacre dinsurrection”, ces postures chargées de défaitisme sont empreintes d’une vision hygiénique et structurée du déroulement d’une révolte. Ces analyses resteront anecdotiques dans les mémoires et se perdront dans le feu de la révolte et la destruction de symboles du pouvoir, dans l’un des processus politiques et historiques les plus importants des dernières années, sous la domination de l’État Chilien et au niveau mondial, en ce qui concerne l’expérience anarchiste.

Aujourd’hui, les rues sont encore en feu, des centaines d’yeux sont rendus aveugles par les sicaires en uniforme, le sang continue à maculer les murailles des commissariats et des centaines de prisonnier-e-s affrontent la taule pour la première fois. L’odeur d’essence, de gaz lacrymogène, le bruit des explosions, la couleur du feu entre les laser savent se mélanger aux restes de statues et de monuments dispersés sur le sol. Chaque jour, dans chaque lieu, c’est une nouvelle journée de révolte, même si l’épuisement montre ses effets et si les combats sont plus épisodiques. Aujourd’hui, le pouvoir ne parvient pas à imposer l’ordre et la normalité absolue, tandis que pour notre part, les insurgé-e-s, nous n’avons pas non plus réussi à complètement renverser l’échiquier. Les jeux sont encore ouverts et continuent à se développer en ce moment-même, alors que nous écrivons ces mots apparaissent de nouvelles initiatives d’insubordination et de désobéissance insurgée.

Nous allons jusqu’au bout, misant le tout pour le tout.

Parce que la révolte est vivante: Que vive la révolte reproductible et contagieuse!

Kalinov Most
R
égion Chilienne.
Janvier 2020

(1) Ces gilets jaunes n’ont rien à voir avec ceux en France. Comme on l’indique, des groupes de citoyens organisés ont décidé de protéger les infrastructures du capital et de l’État dans leurs quartiers, utilisant cette tenue comme signe distinctif

 

[Traduction de l’espagnol reçue par mail]

Italie : Peppe transféré à la prison d’Alessandria

Publié le 2020-01-16 13:21:04

Insuscettibile di ravvedimento / jeudi 16 janvier 2020

Peppe, compagnon originaire de Catane, arrête à Vérone en novembre dernier, à été transféré à la prison « San Michele », dans la ville d’Alessandria.

Il est accusé de « fabrication, possession et transport d’explosif » pour l’envoi, en 2016, d’un colis piégé à Ladisa, l’entreprise qui, à l’époque, gérait la cantine du CRA (la prison pour sans-papiers) de Turin. Une action qui fait partie, avec d’autres, du dossier de l’opération Scintilla, qui a mené à l’arrestation d’autres compas, le 7 février 2019.

Pour lui écrire :

Giuseppe Sciacca
C. C. “S. Michele”
Strada statale per Casale, 50/A
15121 – Alessandria (Italie)

NdAtt. : et n’oublions pas d’écrire à Marco (Marco Bisesti), enfermé dans la même prison pour l’opértion Scripta Manent.

*****

Des infos sur sa situation avant ce transfert

Round Robin / mardi 13 janvier 2020

Peppe, compagnon anarchiste originaire de Catane, arrêté à Vérone en novembre dernier,est, depuis le 26 décembre, dans une cellule punitive de la prison de Montorio (à Vérone), dans des conditions vraiment inacceptables. Il est complètement isolé, dans la section « arrivants », sans eau chaude, sans chauffage, sans pouvoir sortir à la promenade. cela pour avoir protesté pour l’interdiction d’avoir des parloirs et de passer des appels téléphoniques et parce que la prison n’a pas laissé passer des colis et de l’argent qu’on lui avait envoyé. Il a protesté avec des cris et en frappant sur les barreaux à la fenêtre, imité par d’autres prisonniers de la deuxième section, où il était auparavant, là déjà seul dans sa cellule.
Au même temps, la direction de la prison a porté plainte contre lui pour menaces et dégradations (de la cellule) .
Solidarité avec Peppe et les détenu.e.s de Montorio !
Liberté pour Peppe ! Liberté pour tou.te.s !

Madrid (Espagne) – La force du fait : incendie d’une voiture de la banque Santander

Publié le 2020-01-16 13:24:08

ContraMadriz / mercredi 15 janvier 2020

Comment ne pas agir, dans une époque de désarmement théorique et pratique des forces révolutionnaires ? Comment ne pas recourir de nouveau à la force du fait, de l’action directe, pour rappeler que la lutte contre tout ce qui nous opprime sera l’œuvre des opprimé.e.s eux/elles-mêmes, ou ne sera pas ?

Dans la nuit de jeudi 9 janvier, un véhicule de la banque de Santander a été incendié dans le quartier de Vallekas. Parce que la lutte doit continuer à frapper ceux qui sont coupables de notre misère. Parce que nous n’oublions pas le rôle complice de la banque Santander dans la répression contre la révolte au Chili, parce que nous n’oublions pas leurs sales affaires avec les prisons, les CRA et les armes, parce qu’on peut voir leur avidité capitaliste dans chaque expulsion et évacuation, parce que les banques sont un élément clef dans le mécanisme du système qui nous soumet et nous exploite, de même que les hommes d’affaires, les ministres, les maires, les parlementaires, les conseillers municipaux, les politiciens, les juges, et en bref, l’État.

Force et solidarité à tou.te.s celles/ceux qui sont frappé.e.s par la répression l’État !
Des salutations en particulier aux compas de Tétuan frappé.e.s en mai et au compa accusé.e. d’avoir mis le feu à un distributeur automatique de billets, le 11 avril 2018 à Madrid !

Anarchistes

Fête à la zad

Publié le 2020-01-16 13:25:05

Le 17 janvier, comme tous les ans depuis la normalisation et la destruction des cabanes (appelée aussi « victoire »), y’a la fête à la ZAD !

Ça va festoyer dans l’bocage à s’en éclater la bedaine et pour cette occasion, j’ai écrit en cinq sec’ une petite bretonnade comme on les aime là-bas, dont vous m’en direz des nouvelles (bon, par les sales temps qui courent, où on doit se serrer les coudes et c’est pas forcément politiquement correcte, mais en même temps il faut rester réalistes, et regarder le futur bien en face, comme si c’était un peu le miroir du passé (et vis-versa), et se préparer aux éventuelles trahisons à venir…)

Bref, ça se chante comme ça vient sur cet air la : tadadadam tadadadam, etc  ! C’est beau hein !? Y’a une variante dans l’air sur les refrains, à vous de la trouver… c’est encore plus beau!

Si ça vous inspire, y’a moyen d’en écrire d’autres et de les offrir à nos ancienEs camaradEs de lutte.

Je pense que ça peut leur faire plaisir et leur monter qu’on ne les a pas oublié…

 

Couplet 1 :

La zad de notre dame des landes, le bobo s’encanail’-e (bis)

Avé’ les amis citoyens, ils ont rentré les foins-hein (bis)

Plus d’monde de l’est à nous gêner, on peu enfin s’groifrer-é (bis)

On fait des banquets et on frim’, sans remords ni complè-k’se (bis)

 

Refrain :

Maint’nant qu’on est chez nous y’a qu’nous, qui commandons pousse toi j’suis là

Maint’nant qu’on a la pref comm’ pote, on a plus besoin des vielles potes

 

Couplet 2 :

On a signé, on a gagné, on a r’tourner not’ vest’-e (bis)

Pour la victoire on est ruséEs, on a bien joué not’ coup-ou (bis)

En laissant casser les cabann’, contre le droit d’rester-hé (bis)

Et en trahissant nos aliéEs, qui dansaient pas comm’ nous-ou (bis)

 

Le refrain…

 

Couplet 3 :

Pour s’faire bien voir des gens d’la ville, on ravitaill’ les lutt-e(s) (bis)

On fait d’lentrism’ ça on connait, c’est un aire qu’on maitri-ze (bis)

Les gens nous aiment et ils oublient, qu’on trahi pour gagner-hé (bis)

Y’a pas d’autorité sans ça, car c’est l’plus fort qui ga-gne (bis)

 

Encore ce sacré refrain…

 

Couplet 4 :

On s’paie des terres avec les sous, qu’on gagne quand on ripaill’-e (bis)

On s’paie des fermes et on s’en fout, on cautionn’ c’qui s’mitonn’-e (bis)

Le coté vert d’la métropole, c’est nous qu’on est les peintr-e(s) (bis)

L’département et la région, sont nos meilleurs z’alliés-é (bis)

 

Et encore ce satané refrain !

Des mauvais moments pour les bleus (mi-janvier 2020)

Publié le 2020-01-16 16:23:05

Saint-Denis (La Réunion) : Une nuit de vengeance

France Info / samedi 11 janvier 2020

Les policiers de Saint-Denis ont géré une soirée particulièrement agitée ce vendredi. Une trentaine d’entre-eux sont intervenus pour ramener le calme dans le quartier des Camélias. Des jeunes ont brûlé des poubelles et mis le feu à 3 véhicules dans le secteur de l’allée des Cocotiers. Ces tensions sont liées à un contrôle routier et à un accident qui s’est produit dans l’après-midi dans les rampes de Saint-François, une collision entre une moto volée et une voiture [des flics; NdAtt.]. Le pilote du deux-roues âgé de 18 ans ne portait pas de casque.

L’individu connu des services de police a été pris en charge par les équipes du SMUR et les pompiers. La voiture impliquée dans cet accident appartient à la BAC, la brigade anti-criminalité. […]

un autre article du même torchon digitale

Ce matin, les carcasses de voitures fument encore près de l’allée des Cocotiers dans le quartier des Camélias, à Saint-Denis. Au milieu de la chaussée, des restes de poubelles incendiés contournées par des automobilistes dépités. La nuit a été courte et angoissante pour les habitants du quartier. […]
Lancés de galets contre gaz lacrymogènes : les affrontements entre les jeunes du quartier et les forces de l’ordre ont duré une bonne partie de la nuit. Dans ces conditions, impossible pour les pompiers d’intervenir en toute sécurité pour éteindre les feux de voitures et de poubelles. Une trentaine de policiers étaient mobilisés hier soir pour tenter de ramener le calme dans le quartier.
Vers 22h30, un salon de coiffure du quartier a été pris pour cible […] Des jeunes ont forcé le système de sécurité du salon avant d’y dérober des produits, des tondeuses et le fond de caisse. […]

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Compiègne (Oise) : Traquenard pour les keufs

actuOise / vendredi 3 janvier 2020

Dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 janvier, des policiers ont été pris à partie par une vingtaine d’individus dans le quartier du Clos des Roses, à Compiègne (Oise).
Dans un communiqué de presse, le maire de la ville, Philippe Marini, indique que deux agents de la police nationale ont été blessés légèrement.
Selon la mairie, les forces de l’ordre ont été victimes d’un « guet-apens » et ont essuyé des « tirs de mortier ».
La Police Nationale a mis plusieurs heures à rétablir l’ordre dans le quartier, pendant que la Police Municipale sécurisait les abords du Clos des Roses. Il n’y a pas eu d’interpellations.
Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, rappelle la municipalité, des sapeurs-pompiers et des policiers s’étaient confrontés à la même situation. Le maire a tenu à féliciter le travail des forces de l’ordre et à souligner le faible nombre de voitures incendiées pendant la nuit du réveillon.

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Douai (Nord) : Les flics, toujours une bonne cible

La Voix du Nord / vendredi 3 janvier 2020

Un homme de 33 ans a été placé en détention, ce vendredi, soupçonné de s’en être pris à des policiers, dans la nuit de jeudi à vendredi, à Douai
Des policiers ont été pris à partie à l’occasion d’une intervention qu’ils menaient, dans la nuit de jeudi à vendredi vers 1 heure du matin, dans le quartier de la résidence Gayant à Douai. Dans des conditions encore à éclaircir, des projectiles auraient été jetés en direction d’une patrouille, ce qui a nécessité le renfort de plusieurs équipes.
Une dizaine de personnes, qui habiteraient dans la résidence, sont soupçonnées d’être mêlées, de près ou de loin, aux échauffourées mais un seul suspect, âgé de 33 ans, a été interpellé, notamment pour outrages [article payant; NdAtt.]

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Les Mureaux (Yvelines) : Les flics ne sont pas les bienvenues

infornormandie.com / dimanche 5 janvier 2020

Un homme, fortement alcoolisé, s’en est pris à un bus et a brisé une vitre du véhicule blessant très légèrement à la main un passager.
Les faits se sont déroulés samedi vers 18h30 avenue de la République aux Mureaux (Yvelines). Le conducteur a exercé son droit de retrait ce qui a eu pour conséquence d’annuler les bus circulant sur cette ligne.

Dépêchés sur les lieux pour effectuer les constatations, les policiers ont été à leur tour la cible de jets de pierres. Les projectiles ont brisé la vitre arrière droite du véhicule administratif. Aucun blessé n’a été déploré.
Les recherches n’ont pas permis de retrouver les auteurs de ces dégradations.

Ni seigneurs ni Vassal

Publié le 2020-01-16 23:26:05

Un joli détournement est venu remplacer pour quelques heures la banderole du Conseil Départemental et de la mairie sur l’église des Réformés... Longue vie aux petits malins !



Tout le monde a rêvé de décrocher l’odieuse provocation qui trône depuis quelques semaines sur l’église des Réformés, annonçant clairement que la mairie et le département préfèrent subventionner l’Opus Dei plutôt que reloger convenablement les délogés de Noailles, ou investir pour les quartiers. Ce matin, quelques badauds chanceux ont pu avoir le plaisir de prendre leur café devant ce détournement... Avant que les ouvriers ne s’occupent de réparer la banderole et faire rentrer les choses dans l’ordre...



PS :

La Provence s’est empressée de relayer cette action sans mentionner en omettant le "Ni seigneurs ni Vassal", et en publiant une photo où cette partie du texte avait déjà été décrochée. Peu surprenant étant donné qu’elle fait campagne pour Vassal... Lire Scandale à La Provence : Vassal détourne 1,2 million pour se payer une couverture favorable, et pour le texte et la photo de la Provence, voir Crise du logement : la publicité de la métropole détournée.

Le monument de Macdonald vandalisé avec de la peinture en solidarité avec les défenseur.e.s des terres autochtones qui luttent contre les pipelines

Publié le 2020-01-16 23:27:10
Jan 162020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

-> Photos: https://postimg.cc/gallery/odqgsg22/

16 janvier 2020, Tiohtiá:ke/Montreal — Plus tôt ce matin, un petit groupe d’artistes anticoloniaux a attaqué le Monument de John A. Macdonald à Montréal avec de la peinture bleue. Cette attaque s’insère dans une série d’au moins une douzaine d’autres actions à caractère antiracistes et anticoloniales ciblant spécifiquement la statue.

Nous avons entrepris notre action en solidarité avec les défenseur.e.s des terres autochtones qui, au front, continuent de s’opposer et de résister à la construction de pipelines sur leurs terres ancestrales. Nous pensons spécifiquement aux nations Wet’suwet’en et Secwepemc (entre autres) qui maintiennent depuis des années l’unique opposition à la construction du gazoduc Coastal GasLink (CGL) et du projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain sur leurs territoires respectifs. Ils ne sont toutefois pas impliqués directement ou indirectement dans notre action. Nous vandalisons la statue de Macdonald comme un simple message de soutien anticolonial en provenance de l’autre côté de l’Île de la Tortue. Nous encourageons toutes et tous, à faire de même.

John A. Macdonald était ouvertement raciste et il prônait le génocide des peuples autochtones. Nous avons ciblé le monument de Macdonald, mais notre message s’adresse plus spécifiquement à Justin Trudeau et au gouvernement fédéral qui est directement responsable du Square Dorchester et de ses monuments situés au centre-ville de Montréal. Pendant que Trudeau fait l’éloge de la réconciliation, le capitalisme corporatif, en ce qui concerne la construction des pipelines et l’extraction des ressources en général, piétine tous engagements significatifs pris avec les nations autochtones.

Toute la force répressive de l’État canadien est actuellement déployée contre les défenseur.e.s des terres autochtones (et leurs complices) qui sont au front de la lutte contre les pipelines. Nous faisons référence ici aux services de polices militarisées, aux injonctions judiciaires, aux accusations criminelles, aux zones d’exclusion, aux barrages policiers et à la complaisance des médias dominant. Le moins que nous puissions faire est de poser des gestes symboliques de solidarité et ce que nous en tant que non-autochtones résidant sur l’île de la Tortue DOIVENT faire, est de se livrer à des actes significatifs de perturbation économique. C’est parti !

– Certaines personnes anticoloniales de Montréal
info: MacdonaldMustFall@riseup.net

Jeudi 23 janvier #Bloque ta ville

Publié le 2020-01-17 15:40:04

Un appel à diffuser , relayer, s’approprier. De l’aube jusqu’à la manifestation, nous bloquerons les flux de circulation. Ce jour-là rendons la grève visible et bloquons la ville. Rendez-vous 4h30 aire de covoiturage de Balma Gramont !



Quelque part en France : RTE dégage – sabotons leurs saccages en soutien à l’AMASSADA

Publié le 2020-01-18 12:18:10

Bureburebure.info / mercredi 15 janvier 2020

Communiqué en soutien à l’Amassada – quelque part en france

Bon, on ne va pas vous faire un énième communiqué pour vous raconter comme le monde dans lequel on vit est pourri. Dégueu. A vomir.
A partir de là, on a essayé d’imaginer des mondes où tout se renverserait. Où on arrêterait de dépenser une énergie folle pour fabriquer des objets de consommation inutiles.
Des clowns peupleraient la planète, le travail ne serait plus que volontaire, l’anarchie triompherait.
‘’Frontière’’ serait bannît du vocabulaire. La Nature ne serait plus une ressource dont on veut maximiser l’exploitation économique mais une chose à respecter en tant que telle, à préserver pour continuer de vivre dedans. ‘’Équité’’ ne seraient plus un simple mot prononcé, il trônerait auprès de ‘’liberté’’ dans nos cœurs et nos gestes.
On pourrait même mettre ‘’ adelphité‘’ en rab’.
Seulement il y a pas mal de murs à franchir (ou démolir) avant les fêtes et les arcs-en-ciel.

L’État autoritaire et liberticide, allié à un capitalisme repeint en vert, polluant et exploitant allégrement comme à son habitude, doit être détruit. Aucune réforme n’en viendra à bout.
Bulletin, manif, ou scie ? Nous ne croyons plus en cette « démocratie », qui est verrouillée par le lobbyisme et les médias de masse. Plus personne n’y croit d’ailleurs. Nous choisissons donc la scie.
L’action directe.
L’action directe pour voir émerger partout des groupes de saboteureuses ; autonomes et libres. De partout voir des pylônes tomber, des usines socialement mortifères fermées, des massacres environnementaux dénoncés, des comicos brûlés.
Être partout. Se rendre vives, furtives. Agir et disparaître. Se cacher. Être insaisissables.
Saboter tout ce qui tombe entre nos paluches gantées.

Hm hmm. Un soir au clair de lune, nos mains ont pris des scies. Nous avons coupé les pieds d’un pylône d’une ligne très haute tension.
Et peut être – silesdéessesdelavieetdel’amourleveulent,acabélluia – un de ces jours il s’écrasera par terre.

L’énergie est le nerf de leur guerre.
Les tours de la Défense tiennent au nucléaire.
Les pylônes transportent leur pouvoir autoritaire. Faisons les tomber.
Les dégâts se chiffrent, les entreprises privées vont avoir mal à leur biff, l’État a les choquottes.

A l’abordage
RTE dégage

[in italiano][en español]

Dorengt (Asine) : Le mat de mesure pour le parc éolien saboté

Publié le 2020-01-18 12:20:09

L’Aisne Nouvelle / jeudi 16 janvier 2020

C’est une première en Thiérache et peut-être même dans le département, des individus ont saboté un mât de mesure de vent (installé dans le cadre d’un projet de parc éolien) à Dorengt.


Le sabotage a eu lieu entre le 4 et le 5 janvier [article payant ; NdAtt.]

Les Sept Laux (Isère) : Aujourd’hui, y a pas ski

Publié le 2020-01-18 12:20:09

France Bleu / jeudi 16 janvier 2020

Des graviers ont été déposés dans les réservoirs de toutes les dameuses de la station des 7 Laux (Isère) dans la nuit de mercredi à jeudi. Cet acte de vandalisme a empêché les machines de préparer les pistes. […] Au moment de mettre en route les dameuses dans la nuit de mercredi à jeudi, ils ont eu la mauvaise surprise de découvrir des graviers dans les réservoirs de toutes les machines. Impossible de les faire démarrer.

La station a été dans l’incapacité de préparer ses pistes et a donc ouvert ce jeudi avec des tarifs adaptés en compensation.

La campagne anti-électorale démarre en trombe

Publié le 2020-01-18 15:19:07

Brest (Finistère) : D’abord la permanence de campagne du maire socialiste…

Le Télégramme / jeudi 16 janvier 2020

Située au 111, rue Jean-Jaurès, à Brest, la permanence de campagne de François Cuillandre, chef de file de la liste « Brest au cœur » pour les prochaines municipales, a été victime de vandalisme. Les faits se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi. Des coups, semble-t-il à l’aide d’objets contondants, ont été portés sur les vitrines qui se sont étoilées. Aucun message n’a été laissé.

…puis celle de la concurrance Soumise

FranceBleu / vendredi 17 janvier 2020

De la peinture noire jetée à travers la vitre et un tag : la permanence de campagne du candidat de la France Insoumise aux municipales à Brest a été, à son tour, prise pour cible. C’est un membre de l’équipe qui l’a découvert ce vendredi matin.
Une banderole du parti avec l’inscription « quand tout sera privé, on sera privé de tout » a été complétée par un tag « sauf du nationalisme ». L’équipe ne compte pas porter plainte et va se contenter de nettoyer les dégâts. […]

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Saint Denis (Seine-Saint-Denis) : Rebelote pour le candidat LREM

actu.fr / mardi 14 janvier 2020

[…] Dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 janvier 2020, la permanence de campagne de la liste Changeons Saint-Denis a été vandalisée. [de nouveau ; NdAtt.]
Le candidat Alexandre Aïdara, de la République en Marche aux prochaines élections municipales qui avait choisi ce local. Il a rapidement réagi via les réseaux sociaux en dénonçant ces dégradations. […]

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Agde (Hérault) : La permanence du faf taguée

Midi Libre / lundi 13 janvier 2020

Trois ans après son ouverture, rue Ernest-Renan, la permanence du candidat RN aux municipales agathoises, Jean-Louis Cousin, a été taguée pour la troisième fois à la peinture rouge.
« On a l’habitude, on  a même un pot de peinture blanche et des rouleaux d’avance dans la permanence », ironise Cousin. Cette fois, des inscriptions « Antifas » […] ont été peintes sur la devanture… juste en-dessous d’une caméra de vidéosurveillance de la Ville. « Elle avait été installée peu après l’ouverture du local », ajoute le candidat, qui préfère ne pas faire une montagne de cet incident. […]

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Grenoble : La permanence de la candidat LREM « murée », la serrure engluée

France Bleu / mardi 14 janvier 2020

Le local de campagne de la candidate LREM à Grenoble pour mars prochain a été dégradé dans la nuit de lundi à mardi. Le 5 place Saint-André a été symboliquement muré par du polystyrène orné de motifs « briques ». Le tout assorti de « menaces » dénonce sur son compte twitter la candidate et député de l’Isère, qui précise dans un communiqué que les « portes et serrures (ont été ) condamnées« . […]
Ce n’est pas la première fois qu’Emilie Chalas et ses militants sont visés. En fin d’année dernière une distribution de tracts avait été malmenée par des manifestants et samedi dernier leur stand de campagne a été dégradé et des militants à nouveau insultés.

Du Rhône aux Bouches-du-Rhône : toujours essayer de regagner la liberté

Publié le 2020-01-18 15:19:10

Villefranche-sur-Saône (Rhône) : Cours, mec, cours !

Le Progrès / vendredi 17 janvier 2020

Incarcéré à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône, ce Caldois de 25 ans était conduit ce jeudi 16 janvier au commissariat dans le cadre d’une enquête préliminaire pour vol avec effraction. Alors qu’il descendait, escorté par les forces de l’ordre, du fourgon de police, il a réussi a retirer ses menottes et à s’enfuir, blessant un policier au passage. Le détenu est activement recherché pour évasion. [article payant ; NdAtt.]

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Luynes (Bouches-du-Rhône) : Comme l’éclair

La Provence / mercredi 15 janvier 2020

Un homme, les mains menottées, courant à contresens sur l’A 51. Dans l’autre sens de circulation, des véhicules hurlants, gyrophares tournoyant, lancés à ses trousses pour tenter de l’attraper et de le sauver de sa folie. C’est à cette scène digne d’un film d’évasion qu’ont pu assister, samedi dernier, les automobilistes qui circulaient entre Aix et Marseille, au niveau de Luynes.

Tout commence un peu avant 15 heures. Un équipage de gendarmes ramène à la maison d’arrêt un individu placé sous main de justice. L’homme est menotté. Au moment où les portes du fourgon s’ouvrent, il bondit et s’enfuit à travers la forêt en direction de la rue des Trois-pigeons. Des renforts sont appelés pour tenter de rattraper le fugitif, repéré une première fois au niveau d’un rond-point, en direction de Bouc-Bel-Air. La police arrive en appui de la gendarmerie et s’engage sur l’autoroute en direction de Marseille lorsqu’elle aperçoit, sur la voie opposée, le détenu au pantalon rouge qui court comme un dératé sur la bande d’arrêt d’urgence en direction d’Aix-en-Provence.

À la vue des policiers, ce dernier tentera de traverser les voies au péril de sa vie et de la sécurité des automobilistes. La circulation sera coupée par mesure de sécurité, permettant l’interpellation de l’évadé, après 90 minutes de cavale. Il a réintégré sans attendre sa cellule à la maison d’arrêt.

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Grasse (Alpes-Maritimes) : Huit mois de taule en plus pour sa tentative d’évasion

RTL / vendredi 17 janvier 2020

En décembre dernier, un prisonnier avait réussi à s’évader quelques minutes de la maison d’arrêt de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, avant d’être rattrapé par un gardien sur le parking. Il vient d’être condamné à une peine de 8 mois de prison.

Au parloir avec sa compagne, le détenu de 36 ans a franchi tous les sas de contrôle et de sécurité, rapporte Ouest France. Une fois dehors, l’individu a été rattrapé sur le parking par un des gardiens de la prison qui lui a demandé sa pièce d’identité. Pour cette courte évasion de 4 minutes, l’homme a écopé d’une peine administrative de 30 jours en quartier disciplinaire et d’isolement carcéral. Il est aussi condamné à 8 mois avec maintien en prison.

La procureure de la République a reconnu, dans le quotidien Var Matin, des « défaillances, notamment l’absence de comptage. Tous les voyants étant au vert, il en a délibérément profité ». Convoqué le 13 janvier devant le tribunal correctionnel de Grasse, le prisonnier a tenté de s’expliquer : « J’ai voulu récupérer ma carte de prisonnier, la porte s’est refermée, […] j’ai passé tous les sas de contrôle de la prison et j’ai suivi le mouvement », a-t-il déclaré.

Italie : Des nouvelles des opérations Prometeo et Scintilla

Publié le 2020-01-19 13:45:03

Opération Prometeo

Round Robin / vendredi 17 janvier 2020

Le 2 décembre dernier, Robert, incarcéré à Bancali, a été libéré sans suites. C’est le Juge des libertés et de la détention qui l’a décidé, après que la Cour de Cassation a annulé l’ordonnance d’emprisonnement émise par le Juge d’instruction, car il n’y a pas des « graves indices de culpabilité ». Le recours en Cassation avait été fait pour Robert et aussi pour Beppe ; malheureusement dans le cas de Beppe il a eu un résultat négatif.
Ces jours-ci, le Parquet aussi a saisi la Cour de Cassation, pour s’opposer à la libération de Robert ; l’audience aura lieu le 4 février.

L’enquête est encore ouverte et on rappelle que Natascia n’est plus soumise à la censure de la poste.

Pour écrire à Natascia et Beppe :

Natascia Savio
C. C. di Piacenza
Strada delle Novate, 65
29122 – Piacenza (Italie)

Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 – Pavia (Italie)

[…]

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Opération Scintilla et suites de l’expulsion de l‘Asilo

extrait de Macerie / mercredi 15 janvier 2020

Silvia, en assignation à résidence depuis fin septembre, pour l’opération Scintilla, a été libérée et de suite soumise à la mesure administrative de l’interdiction de se rendre à Turin. Silvia n’était pas loin de la date après laquelle sa détention préventive (ou des mesures alternatives comme l’assignation à résidence) expirait, du coup la Proc’ Pedrotta a décidé d’agir en avance, pour éviter que la compagnonne soit complètement libre, et elle lui a collé une autre mesure. […]

Domenico Colosimo, interdit de se rendre à Turin à la suite des affrontements du 9 février, après l’expulsion de l’Asilo Occupato, et qui devait pointer au commissariat, n’est pas allé pointer et a donc été arrêté. Il est maintenant à la prison des Vallette.

Pour lui écrire :

Domenico Colosimo
C.C. Lorusso e Cutugno
Via M.A. Aglietta, 35
10151 – Torino (Italie)

Panorama d’une semaine contre la prolongation (et le durcissement) de l’esclavage salarial

Publié le 2020-01-19 13:46:08

Saint-Dizier (Haute-Marne) : Quand la manif passe devant le local de LREM

La Voix de la Haute-Marne / lundi 13 janvier 2020

Le candidat LREM qui brigue le siège de maire de Saint-Dizier a déposé une plainte ce matin contre les auteurs de tags sur son local de campagne situé rue du Docteur Mougeot. Les faits ont eu lieu pendant la manifestation contre la réforme des retraites le 11 janvier. […]

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Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) : Blocage et affrontements au centre de tri des déchets

RT / mardi 14 janvier 2020

Des échauffourées ont éclaté à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne, 94), ce 14 janvier au matin, entre une centaine de manifestants et les forces de l’ordre. En effet, une centaine de syndicalistes interprofessionnels et salariés ont bloqué l’incinérateur et le centre de tri de déchets afin de demander le retrait pur et simple du projet de loi sur la réforme des retraites. Certains militants ont même soudé des poteaux en métal afin d’empêcher l’accès aux infrastructures. […]

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Le Havre (Seine-Maritime) : Les dockers vont à la Chambre de commerce et le flic y laisse un doigt

France Bleu / mercredi 15 janvier 2020

Une manifestation a dégénéré ce mercredi 15 janvier peu après 18h à la CCI du Havre. Au tout début de la manifestation, une cinquantaine de dockers se rassemblent devant l’établissement puis le groupe devient plus important : selon la préfecture, ils sont entre 250 et 300. Les policiers se mettent en protection à l’intérieur de la CCI alors que l’institution décide d’annuler ses vœux.
Toujours selon la préfecture de Seine-Maritime, les manifestants ont tenté d’investir de manière très violente les locaux. Ils ont cassé la porte d’entrée de la CCI puis lancé des pétards artisanaux de très forte puissance et des fumigènes. Un commissaire de police a été touché grièvement à la main : il a au moins un doigt arraché selon les premières constatations [selon d’autres médias, il a ramassé le pétard par terre et… boum ! NdAtt.]. Un second fonctionnaire de police est légèrement touché : il souffre d’acouphène. […]

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Rennes : Saccage du CROUS

France Bleu / mercredi 15 janvier 2020

Quelques dizaines d’étudiants ont investi le siège du Crous (centre régional des œuvres universitaires et sociales) de Bretagne à Rennes ce mercredi 15 janvier. En début d’après-midi ces manifestants ont voulu occuper le hall du bâtiment pour dénoncer la précarité, grandissante selon eux, qui touche les étudiants. Cette action s’inscrivait aussi dans la continuité de celle menée par les opposants à la réforme des retraites devant le rectorat de Rennes et les locaux du Medef dans la matinée.
Sur Facebook, les étudiants ayant participé à cette action expliquent qu’il s’agissait d’obtenir « le remboursement des frais engagés par les étudiants à distance pour se rendre à leurs examens annulés par la présidence de Rennes 2 ».
Les manifestants ont demandé à rencontrer le directeur du Crous pour lui faire part de leurs demandes. Mais ni lui, ni son adjoint n’étaient présents ce mercredi. Il a donc été demandé aux manifestants de revenir lundi prochain. « Non satisfaits de cette réponse, nous avons décidé d’envahir les bureaux situés à l’étage ».
Face à l’envahissement, un membre du personnel du Crous a accepté la création d’une commission spéciale chargée d’attribuer des aides ponctuelles aux étudiants ayant engagés des frais pour se rendre à leurs examens.
Les manifestants qui occupaient le Crous n’ayant pas obtenu de date précise pour la tenue de cette commission ont alors envahi à nouveau l’étage du bâtiment et ont déplacé certains meubles. A l’arrivée des forces de police, ils sont partis mais promettent sur les réseaux sociaux « d’autres actions ».
La manifestation a laissé des traces dans les locaux du Crous. Ce mercredi 15 janvier, la direction déplore « les dégradations commises au sein du bâtiment, la détérioration de dossiers administratifs, les fouilles dans les bureaux et les vols de matériel. » Une partie du groupe aurait également intimidé le personnel. Le Crous doit déposer plainte.

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Manifs de jeudi 16 janvier

Lille : Des affrontements

lilleactu / jeudi 16 janvier 2020

Regain de mobilisation et de tension à Lille (Nord), lors de la manifestation du 16 janvier 2020 contre la réforme des retraites. Contrairement à la précédent, où un arrêté a interdit le parcours habituel, les manifestants ont pu cette fois défiler dans l’hypercentre de la ville. Le cortège a été émaillé d’incidents : dégradations, jets de projectiles, interpellations et au moins un blessé.
[…] de nombreuses dégradations ont été constatées en tête de cortège, principalement rue Nationale. Là, des vitrines de commerces ont été brisées, des abribus et panneaux d’affichage ont été vandalisés. La situation tendue a poussé des CRS à répliquer par une charge, coupant ainsi le cortège au niveau du Printemps. Du gaz lacrymogène a également été employé pour disperser la foule.
Avant cela, un photographe a été blessé, semble-t-il par le jet d’un pavé, au niveau de l’Opéra et de l’Apple Store, où la situation se crispe généralement à la vue des policiers qui encadrent le magasin.
Arrivé à l’angle de la rue Solférino, l’ambiance était « électrique », comme l’a constaté l’un de nos journalistes. Les CRS ont une nouvelle fois chargé vers les manifestants. Plusieurs d’entre-eux ont été interpellés. L’espace d’un instant, la zone a été noyée sous les gaz lacrymogènes.
Le cortège a ensuite suivi le chemin habituel jusqu’à la place du Sébastopol puis de la République. Là, après que des manifestants ont jeté quelques projectiles sur les policiers, une nouvelle salve de lacrymogènes a été tirée. Puis une autre, intense, lorsque des manifestants sont allés au contact des policiers pour réclamer la libération d’un des leurs, interpellé. Après de nouveaux projectiles jetés en leur direction, les forces de l’ordre ont noyé la place de la République sous les lacrymogènes
Selon une source judiciaire, 10 personnes ont été placées en garde à vue à l’issue de la manifestation pour les dégradations, jets de projectiles sur les forces de l’ordre, pour avoir participé à la manifestation avec le visage dissimulé… Plusieurs policiers ont été légèrement blessés par les jets de pavés. […]

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Lyon : Quelques tensions

actuLyon / jeudi 16 janvier 2020

La mobilisation contre la réforme des retraites semble s’être un peu essoufflée ce jeudi à Lyon (Rhône). D’après la préfecture du Rhône, 6600 personnes étaient présentes ; les syndicats parlent de 16 000 manifestants.
Il y a une semaine, entre 11 000 et 27 000 personnes avaient été comptabilisées. Ce jeudi 16 janvier, malgré quelques petites tensions, aucune interpellation significative n’a été signalée par les services de l’État.
Le cortège s’est élancé de la Manufacture des Tabacs vers 12h pour rejoindre la place Bellecour. Encore une fois, les profils présents à la manifestation étaient très variés : syndicalistes, étudiants, lycéens, militants pour le climat, etc. […]

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Chambéry : Dites bonjour au député !

France Bleu / vendredi 17 janvier 2020

La permanence du député Patrick Mignola été dégradée jeudi pendant la manifestation intersyndicale contre la réforme des retraites. Plusieurs personnes se trouvaient à l’intérieur, impuissantes, quand les fait se sont produits. La police a même assisté à la scène.
Les vitres ont été recouvertes de peinture, le portrait du député à été « déformé » par des collages peu avantageux. Sur la route, devant la permanence une inscription s’étalant sur plusieurs mètres insulte le député. […]

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Bayonne : Des manifestants s’invitent au déjeuner du ponte local de LREM

France Bleu / jeudi 16 janvier 2020

La manifestation à Bayonne avait pourtant bien commencé sur les coups de 10h30 ce jeudi matin. En 2000 et 2800 manifestants selon les sources se sont rendus de la gare jusqu’au rond point du grand basque. C’est en début d’après midi, sur la place de la mairie alors que la manifestation était en train de se terminer que les choses se sont envenimées.
Un groupe de manifestants a voulu pénétrer de force dans le Café du Théâtre, au pied de la mairie, où déjeunait à l’étage le représentant Pays Basque LREM Loïc Corrégé. Deux employés ont voulu s’interposer, tous les deux ont été blessés. Un cuisinier a été légèrement blessé au coude en tentant de protéger une serveuse. Cette collègue, a quant à elle été plus gravement blessée, au dos. Elle a dû être transportée à l’hôpital de Bayonne. Les deux employés se sont vus prescrire une ITT de 8 jours.
Le patron de l’établissement Pierre Goardet a décidé de porter plainte, « comprenez que je sois choqué et en colère ». Il sera par ailleurs contraint de garder son établissement fermé ce vendredi matin.

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Annonay (Ardèche) : Ce sont les lycéen.ne.s qui manifestent

Le Dauphiné Libéré / jeudi 16 janvier 2020

Ce jeudi 16 janvier matin, un cortège de 90 personnes dont une immense majorité de lycéens de Boissy-d’Anglas, ont improvisé une manifestation dans les rues d’Annonay. Encadrés par quelques membres de CGT [en bons politiciens/pompiers ; NdAtt.], ils ont défilé avec trois pancartes et un haut-parleur contre la réforme du bac et celle des retraites, […]

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Strasbourg : La permanence de LREM est une étape obligée des manifs !

extrait de 20 Minutes / jeudi 16 janvier 2020

[…] L’intersyndicale (FO, Solidaires, CGT, CNT et FSU) a eu « la surprise » d’apprendre qu’il lui était interdit d’intégrer le quai des Bateliers dans le parcours de la manifestation lors du dépôt du parcours à l’hôtel de police ce mercredi. La raison ? Le QG de campagne du premier adjoint au maire et candidat LREM Alain Fontanel, situé sur cette voie, est devenu une cible privilégiée pour les manifestants qui défilent contre le projet de loi du gouvernement. A trois reprises ces dernières semaines, les vitres de « La Fabrique de la ville heureuse », les locaux du candidat, ont été recouvertes d’autocollants hostiles et taguées […]
Samedi dernier, la vitre a également été endommagée, comme en a été témoin 20 Minutes. La police a interpellé en fin de manifestation et placé en garde à vue une quarantaine d’heures un homme qu’elle soupçonne d’être l’auteur des faits. Déféré le 13 janvier pour le chef de « dégradation volontaire de biens privés », ce manifestant a été convoqué en justice pour le 10 mars, indique une source policière. […]

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Paris : Comment bloquer le tram

actuParis / jeudi 16 janvier 2020

[…] Plusieurs tramways ont été la cible, jeudi 16 janvier 2020, de jets de projectiles. Le trafic a été interrompu sur cet axe desservant le nord de Paris, entre les portes de Vincennes et d’Asnières.
La nature des projectiles et la raison de leur jet ne sont pas connues, jeudi à 8h30. Seule certitude : il est très compliqué de circuler, la ligne T3b étant interrompue. Plusieurs tramways ont été ciblés, peu après 7 heures du matin, par des projectiles.
L’interruption du trafic sur l’ensemble de la ligne est prévue pour durer jusqu’à 9h30, après avoir un temps été annoncée pour 8h30. […]
Selon la ligne T3b opérée par la RATP, « le nombre de tramways endommagés ne permet pas d’exploiter la ligne en toute sécurité ».

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Paris : La secrétaire d’Etat s’enfuit devant les manifestant.e.s

Franceinfo / vendredi 17 janvier 2020

Soirée agitée pour Marlène Schiappa. La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, candidate dans le 14e arrondissement de Paris pour les élections municipales, a eu le droit à un comité d’accueil, jeudi 16 janvier, lors de son arrivée dans un restaurant où elle tenait une réunion publique […]
Une cinquantaine de manifestants contre la réforme des retraites ont perturbé la réunion de campagne. Certains sont entrés dans le restaurant, criant des slogans tels que « on est là » et « Marlène Schiappa, c’est dégueulasse ». La secrétaire d’Etat a fini par quitter les lieux. […]
Selon la candidate, les manifestants ont eu « des gestes de violence et de menace », ont « crié des injures vis-à-vis de moi » et « des colistiers qui étaient présents ». Ils ont « fait de l’intimidation pour empêcher la réunion de se tenir en hurlant, en faisant du bruit, en tapant sur les murs ou avec des verres », a-t-elle ajouté, dénonçant une attitude « antidémocratique ».

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Toulouse : On continue

extrait de France3 / jeudi 16 janvier 2020

[…] Au lendemain d’une nouvelle déclaration du premier ministre Edouard Philippe, rappelant le dicton « il faut savoir arrêter une grève », les syndicats qui réclament toujours les retrait pur et simple du projet de retraite universelle par points font ainsi la preuve que l’opposition de la rue ne faiblit pas.

Mise à jour du 20 janvier …et la permanence taguée deux fois en deux semaines

La Dépêche / samedi 19 janvier 2020

Situé rue Alsace, côté boulevards, et forcément exposé lors des manifestations des Gilets jaunes, le local de campagne de Nadia Pellefigue, candidate UNE, PS, PRG et PCF, aux municipales à Toulouse a à nouveau été tagué ce samedi. Il y a une semaine, les inscriptions disaient: « Rémi Fraysse, ni oubli, ni pardon » et s’en prenait au Parti socialiste. Plusieurs individus avaient aussi pénétré dans les lieux sans causer cependant de dégradations. Cette fois, des manifestants ont tracé : « Loi El Khomri, ni oubli, ni pardon », du nom de la ministre du travail de 2016 dont le projet de loi avait provoqué de nombreuses manifestations. Un A d’« anarchie » identifie par ailleurs clairement les auteurs. À Toulouse, la manifestation du samedi, on le sait, est pour une bonne part le fait de l’ultra-gauche qui, l’an dernier, visait ses cibles habituelles : banques, assurances, cabinets immobiliers… […]

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Quimper : Deux jeunes interpellés lors du blocage du centre commercial

Ouest-France / vendredi 17 janvier 2020

Deux lycéens, âgés de 15 et 17 ans, avaient été interpellés jeudi 16 janvier 2020, en marge de la manifestation contre la réforme des retraites à Quimper (Finistère), qui avait rassemblé 600 personnes. À l’issue de la matinée de contestation, les grévistes avaient décidé de bloquer les accès au centre commercial Géant. Les deux jeunes gens avaient été interpellés pour entrave à la circulation et participation à une manifestation non déclarée.
Placés en garde à vue, les deux mineurs avaient été remis en liberté, jeudi, en fin de journée. Ils sont convoqués, courant février, devant le délégué du procureur de Quimper.

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Rennes : Quelques affrontements

Ouest-France / jeudi 16 janvier 2020

Jeudi 16 janvier, 3 000 manifestants ont battu le pavé à Rennes contre la réforme des retraites. Une mobilisation qui s’est globalement passée dans le calme. Des incidents ont eu lieu en marge, devant l’hôtel de ville et aux abords de l’université Rennes 2. [article payant ; NdAtt.]

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Paris : Les grévistes passent dire bonjour aux jaunes de la CFDT

extrait de France Info / vendredi 17 janvier 2020

Des opposants à la réforme des retraites se sont introduits « violemment » vendredi dans les locaux de la CFDT à Paris, où ils ont « agressé verbalement et physiquement des salariés », dénonçait vendredi 17 janvier dans un tweet le secrétaire général de la confédération, Laurent Berger. […]

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Reims : CFDT vendus collabos

L’Union / vendredi 17 janvier 2020

Une inscription hostile à la CFDT taguée sur le circuit automobile de Gueux

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Marseille : Au port, blocage rime avec sabotage

Corse Net Infos / vendredi 17 janvier 2020

Une vingtaine de remorques appartenant à des transporteurs corses ont été saccagées, ce vendredi, sur le port de Marseille. D’où la fureur des transporteurs qui subissent déjà le contrecoup du blocage des navires par les marins STC de La Méridionale et du blocage des ports par les dockers de la CGT protestant contre la grève des retraites. Les remorques étaient pleines de marchandises et bloquées depuis neuf jours sur le port de Marseille. Depuis le 9 janvier, les personnels STC de La Méridionale sont en grève et cinq navires, dont le Piana et le Kallisté, et trois de la Corsica Linea – le Vizzavona, le Méditerranée et Le Paglia Orba – sont immobilisés. Sont également à quais le Monte d’Oru à l’Ile Rousse et le Pascal Paoli à Toulon. A cette contestation née notamment de l’annulation de la DSP (Délégation de service public) entre Marseille et les ports de Propriano et de Porto-Vecchio, s’est ajoutée la grève pour la réforme des retraites qui a achevé de bloquer les ports, et même la grève des personnels de la Corsica Linea. Conséquence : le trafic de fret entre la Corse et Marseille est dans l’impasse. Alors que jeudi un accord semblait avoir été trouvé avec la Corsica Ferries pour le transport de quelques remorques au départ de Nice et de Toulon, les transporteurs corses, déjà fort impactés et dont l’activité est au point mort, ont vu, vendredi matin, une vingtaine de leurs remorques saccagées et leurs cargaisons répandues à terre à Marseille. Certaines remorques ont même été taguées avec des messages anti-Collectivité de Corse et anti-Corsica Linea.

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Paris : « Macron, on vient te chercher au théâtre. » Fuite d’un président.

Paris-luttes.info / vendredi 17 janvier 2020

Le mot circule sur les boucles. Macron aux Bouffes-du-Nord. La Chapelle. L’appel à se rassembler tourne. […] vers 21h45, plusieurs centaines de personnes sortent de tous les coins du carrefour de La Chapelle, foncent gentiment vers le théâtre qui fait l’angle, et dépassent les vigiles déboussolés.
Les flics de service, qui stationnaient à proximité, képis sur la tête, tentent de bloquer l’entrée. Quelques dizaines de personnes ont pu entrer, les autres ne tentent pas plus et se rassemblent devant en criant le désormais classique « On est là ». Une centaine de personnes, peut-être un peu plus. Les flics sont clairement en sous-nombre, mais devant il n’y a pas vraiment l’envie d’en découdre.
On le saura plus tard, en discutant avec les spectateurs sortant du théâtre, un groupe de personnes a réussi à entrer dans la salle, aux cris de « Macron démission ». Quelques spectatrices et spectateurs se sont à leur tour levés de leur siège pour crier avec les nouveaux arrivants. C’est à ce moment-là que Macron se fait exfiltrer de la salle.
Devant le théâtre, ça bloque un peu la circulation. Les flics en armure se déploient, mais là encore, pas vraiment nombreux. On crie, on bloque (un peu) la circulation, on chante, on cause avec les éboueurs : « On a fait 15 jours de grève, mais on est là, c’est pas fini ! » Sur les côtés, les foules se rassemblent « Non sérieux, le président ?? ». Incrédules.
Charge. Histoire d’évacuer la place. Un peu de gaz à la familiale.
Puis. Mouvement de foule de CRS, technique du crabe, incroyable, presque Le Lac des cygnes version tortues ninja. Les flics lâchent la façade du théâtre pour se déplacer de l’autre côté du métro aérien. C’est un peu la pagaille. Des voitures noires et des camionnettes de flics filent. Y aurait Macron dedans. Hop c’est fini.
Enfin presque. Face au théâtre, les deux centaines de gens rassemblés gueulent toujours. […]

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Paris : Manifestation du samedi 18 janvier

extraits du suivi de Paris-luttes.info / samedi 18 janvier 2020

La manif s’est dispersé vers Nation après quelques bagnoles retournées voire enflammées. Les voltigeurs font des contrôles tout autour, faites gaffe à vous le périmètre peut être large !

La manif a continué à grossir au fil du parcours, ponctué par quelques interpell très véner. Ça s’est vraiment échauffé une fois devant Gare de Lyon vers 18h, fin du parcours déposé, où les gaz et le canon à eau sont entrés dans la danse. C’est ensuite reparti en sauvage toujours en cours vers Nation. Cet après-midi on se chauffait au sapin, ce soir à la voiture !

Le Mans : Visite à l’église des fachos

Publié le 2020-01-19 13:49:06

Ouest-France / samedi 18 janvier 2020

Le prêtre qui célèbre la messe dans cette église du Vieux-Mans a découvert ce samedi matin 18 janvier 2020 de nombreux tags hostiles à l’Action française, [article payant ; NdAtt.]

NdAtt. : le 14 décembre dernier, après leur marche aux flambeau, les ordures monarchistes de l’Action Française avaient attaqué un bar considéré comme « de gauche » et tabassé un gars coupable de ne pas avoir la peau de la « bonne » couleur. 

Digoin (Saône-et-Loire) : Murs blancs, peuple muet

Publié le 2020-01-19 13:50:09

Le journal de Saône et Loire / jeudi 16 janvier 2020

« Interdit d’interdire », « Murs blancs, peuple muet », « Destroy capitalisme », « Chacun pour soi, Google pour tous », « Travaille et ferme ta gueule », symboles anarchistes. Mardi matin, à leur réveil, les habitants de la place Vollat ont découvert, sur les murs de leur quartier, de nouvelles et étonnantes inscriptions. […]

En grève jusqu’à la retraite : Chronique du désordre – Du 13 au 18 janvier 2020 [Mise-à-jour, 19.01]

Publié le 2020-01-19 13:54:05

Paris – Affrontements, caméras HS par incendie et barricades
Des milliers de personnes ont répondu à l’appel national à manifester à Paris ce samedi. Les premiers heurts ont eu lieu en milieu d’après-midi dans le quartier de la gare de l’Est, où un gros cortège sauvage est sorti du parcours déposé : des vitrines de commerces (dont la multinationale allemande ‘Sixt’ de location de véhicules) et de panneaux publicitaires ont été détruites. La fin de journée et le début de soirée sera l’occasion d’autres manifs sauvages mais aussi d’actions offensives au niveau de l’arrivée de la manif déclarée, à Gare de Lyon. Plusieurs caméras de surveillance devant la gare de Lyon sont sabotées au milieu des affrontements (canons à eau et lacrymo vs projectiles) : après avoir forcé les trappes, les câbles sont incendiés, mettant hors-service les yeux de l’Etat.
Malgré les flics qui resserrent l’étau sur les révoltés, de nombreuses personnes parviennent à sortir de la nasse et à partir en manif sauvage, retournant voitures, érigeant des barricades et brûlant des poubelles au milieu des rues en direction de Nation. La manif s’est dispersée dans les environs de Nation après quelques bagnoles retournées voire enflammées. Au moins 37 personnes ont été placées en garde à vue.

Toulouse – Des tags en pagaille… Et sur la permanence de campagne de la candidate de gôche
Lors des manifestations du samedi après-midi, beaucoup de tags sont réalisés, et un grand nombre sont tracés sur des vitrines d’agences immobilières, banques, assurances… Cette fois, outre la façade du Capitole, le local de campagne de Nadia Pellefigue, candidate UNE, PS, PRG et PCF, aux municipales à Toulouse a une nouvelle fois été tagué: « Loi El Khomri, ni oubli, ni pardon », accompagné d’un « (A) ». Le samedi précédent, cette même permanence de campagne avait déjà taguée d’un « Rémi Fraisse, ni oubli, ni pardon ».

Besançon – La députée LREM non grata à l’ISBA
Fannette Charvier, députée LREM du Doubs, devait présenter ses voeux 2020 vers 11h à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts, avec bien sûr l’accord de la direction de l’établissement. Or, une centaine de personnes s’est donnée rendez-vous pour lui en empêcher l’accès, en bloquant les accès avec des palettes et des pneus. De nombreuses affiches dénonçant les violences policières ont été collées sur les bâtiments.

Paris – Un petit feu suffit à faire fermer la brasserie des bourges (et du chef de l’État)
Vers 5h, un incendie volontaire s’est déclaré dans le restaurant parisien La Rotonde, situé au cœur du quartier de Montparnasse dans le 6e arrondissement de la capitale.
Les intrus ont «cassé une vitre de la terrasse au rez-de-chaussée», avant d’y allumer un feu à l’intérieur à l’aide d’un produit accélérant. A leur arrivée, les policiers ont découvert un départ de feu sur la terrasse fermée. Même s’il a été rapidement éteint au moyen d’une lance et que seulement dix mètres carré ont brûlé, les dégâts sont importants. La célèbre brasserie, dans laquelle le chef de l’État avait fêté son arrivée en tête le soir du premier tour des élections d’avril 2017, restera fermée pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon le gérant du commerce.
Quelques heures avant, en début de soirée, des dizaines de personnes sont allées chercher le chef de l’État qui assistait à une pièce de théâtre aux Bouffes du Nord à La Chapelle (10ème arr.). Certains sont parvenues à pénétrer à l’intérieur avant d’en être expulsées par les keufs.
Peu après, le chef de l’État a été exfiltré du théâtre par les flics sous les huées et slogans (parmi eux : « Louis XVI, Louis XVI, on l’a décapité, Macron Macron, ça peut recommencer ! »).

Marseille – Grèves, blocage … et sabotage !
Durant le blocus du port de Marseille, de nombreuses remorques pleines de marchandises appartenant à plusieurs transporteurs insulaires ont été sabotées. Des tags nominatifs écrits à la peinture rouge ont par ailleurs été retrouvés sur plusieurs remorques vandalisées, tags s’en prenant notamment à des élus de la Collectivité de Corse ou à des dirigeants de la Corsica Linéa.
« Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse, Jean Dominici, ainsi que l’ensemble des élus consulaires de la Haute-Corse et de la Corse du Sud, condamnent avec la plus grande fermeté, les actes de vandalisme, commis durant le blocus du port de Marseille, et portés sur de nombreuses remorques pleines de marchandises appartenant à plusieurs transporteurs insulaires.
Le mouvement de grèves qui perdure depuis plusieurs jours vient de franchir la ligne rouge, cette escalade d’actes violents à l’égard des entreprises de transports et plus largement des socio-professionnels de l’île est inacceptable.
Cette mobilisation était déjà lourde de conséquence sur l’économie corse dans son ensemble, aujourd’hui, les transporteurs auront à subir en sus, la perte d’une partie de leur outil de travail et certains socio-professionnels déjà en souffrance, ne pourront être approvisionnés. Il est fort à parier que les répercussions de ce conflit se feront sentir durant plusieurs mois, ayant également un impact sur le secteur touristique. […] » (CorseNetInfos, 17.01.2020)

Cargaison éventrée

Quimper – Blocage du centre commercial Géant.
À l’issue de la manifestationdans la matinée, un groupe de manifestant.e.s a décidé de bloquer les accès au centre commercial Géant. Deux jeunes gens ont été interpellés pour entrave à la circulation et participation à une manifestation non déclarée.
« Placés en garde à vue, les deux mineurs ont été remis en liberté, jeudi, en fin de journée. Ils sont convoqués, courant février, devant le délégué du procureur de Quimper ». (OuestFrance)

Paris – La secrétaire d’Etat et candidate LREM aux prochaines élections contrainte de s’enfuir
Dans la soirée, un comité d’accueil attendait Marlène Schiappa lors de son arrivée dans un restaurant où elle tenait sa réunion publique de campagne en vue de sa candidature dans le 14e arrondissement de Paris pour les élections municipales. « Une cinquantaine de manifestants contre la réforme des retraites ont perturbé la réunion de campagne. Certains sont entrés dans le restaurant, criant des slogans tels que « on est là » et « Marlène Schiappa, c’est dégueulasse ». La secrétaire d’Etat a fini par quitter les lieux. […] Selon la candidate, les manifestants ont eu « des gestes de violence et de menace », ont « crié des injures vis-à-vis de moi » et « des colistiers qui étaient présents ». Ils ont « fait de l’intimidation pour empêcher la réunion de se tenir en hurlant, en faisant du bruit, en tapant sur les murs ou avec des verres », a-t-elle ajouté, dénonçant une attitude « antidémocratique ». » (FranceInfo)

Blocus de lycées [1]
A Paris, le fonctionnement de 25 lycées est perturbé, dans le cadre de la lutte contre la réforme des retraites, mais aussi contre celles de parcoursup et du bac.
A Reims
, l’entrée principale du lycée Roosevelt est bloquée par une centaine de personnes, perturbant par la même occasion la circulation dans le secteur.
A Perpignan, des jeunes du lycée Arago « ont profité de la récréation, aux alentours de 10 heures, pour bloquer l’entrée de leur établissement. En entassant des poubelles, les lycéens d’Arago ont enfin réussi ce qu’ils avaient loupé quelques heures plus tôt. De l’aveu d’un élève, à 8 heures déjà, le jeu des poubelles avait commencé : « On les avait empilés devant la grille mais, de l’intérieur, ils ont ouvert le portail et ils ont rencontré les conteneurs. » (L’indépendant)

Paris – Caillasser les tramways, c’est bloquer les flux
Plusieurs tramways ont été la cible de jets de projectiles peu avant 8h. Le trafic a été interrompusur la ligne T3b, axe desservant le nord de Paris, entre les portes de Vincennes et d’Asnières. « Vers 9h30, le trafic n’a repris qu’entre Porte de Pantin et Porte de Vincennes, « le nombre de tramways endommagés ne permettant pas d’exploiter l’ensemble de la ligne en toute sécurité », selon la RATP. La société a été contrainte de mettre en place des bus de substitution entre Porte d’Asnières et Porte de Vincennes ».

Brest (Finistère) – Contre les élections, contre tout parti
Au cours de la nuit, la permanence de campagne de François Cuillandre, maire de Brest et candidat PS aux municipales, située rue Jean Jaurès, a été vandalisée : « une dizaine d’impacts sur la vitrine et le miroir recouvrant le pilier a été bien abîmé », selon son directeur de campagne.
La nuit suivante, c’est la permanence de la FI qui a reçu de la visite : il y a eu des projections de peinture noire sur la vitrine et une banderole du parti avec l’inscription « quand tout sera privé, on sera privé de tout » a été complétée par un tag « sauf du nationalisme ».

Station de ski des 7 Laux (Isère) – Saboter le tourisme hivernal.
« Au moment de mettre en route les dameuses dans la nuit de mercredi à jeudi, les salariés de cette station de ski ont eu la mauvaise surprise de découvrir des graviers dans les réservoirs de toutes les machines. Impossible de les faire démarrer. La station a été dans l’incapacité de préparer ses pistes et a donc ouvert ce jeudi avec des tarifs adaptés en compensation ».

Saint-Etienne (Loire) – Nouveau blocus enflammé au lycée [1].
« Des jeunes ont à nouveau dressé une barricade devant l’entrée du lycée Honoré d’Urfé vers 8 heures. Ils ont mis le feu à leur barricade de fortune avant d’être délogés manu militari par les forces de l’ordre. Les pompiers sont venus éteindre le brasier. A 9 heures, le calme était revenu aux abords de l’établissement scolaire. Mais, à 9 h 30, deux fourgons de police se trouvaient encore aux abords […] » (LeProgrès)
A Roanne, 70 élèves ont aussi bloqué leur lycée, tout comme ceux du lycée Pyrène à Pamiers (Ariège).

Quelques attaques et affrontements en manif
A Lille, nouvelle manif offensive à laquelle plusieurs centaines de personnes ont pris part. Dans la rue Nationale, des vitrines de commerces ont été brisées, ainsi que de nombreux panneaux publicitaires. « Un photographe a été blessé, semble-t-il par le jet d’un pavé, au niveau de l’Opéra et de l’Apple Store, où la situation se crispe généralement à la vue des policiers qui encadrent le magasin. […] » Des projectiles ont aussi volé sur les flics à de multiples reprises. « Le cortège a ensuite suivi le chemin habituel jusqu’à la place du Sébastopol puis de la République. Là, après que des manifestants ont jeté quelques projectiles sur les policiers, une nouvelle salve de lacrymogènes a été tirée. Puis une autre, intense, lorsque des manifestants sont allés au contact des policiers pour réclamer la libération d’un des leurs, interpellé. Après de nouveaux projectiles jetés en leur direction, les forces de l’ordre ont noyé la place de la République sous les lacrymogènes. Selon une source judiciaire, 10 personnes ont été placées en garde à vue à l’issue de la manifestation pour les dégradations, jets de projectiles sur les forces de l’ordre, pour avoir participé à la manifestation avec le visage dissimulé… Plusieurs policiers ont été légèrement blessés par les jets de pavés. […] » (LilleActu)

A Rennes, Quelques affrontements ont eu lieu devant l’hôtel de ville et aux abords de l’université Rennes 2 lors de la manifestation contre les retraites, à laquelle 3000 personnes ont participé. Des heurts ont également eu lieu à Rennes.

Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). A la fin de la manifestation à laquelle 3000 personnes ont participé, « un groupe de manifestants a voulu pénétrer de force dans le Café du Théâtre, au pied de la mairie, où déjeunait à l’étage le représentant Pays Basque LREM Loïc Corrégé. Deux employés ont voulu s’interposer, tous les deux ont été blessés. Un cuisinier a été légèrement blessé au coude en tentant de protéger une serveuse. Cette collègue, a quant à elle été plus gravement blessée, au dos. Elle a dû être transportée à l’hôpital de Bayonne. Les deux employés se sont vus prescrire une ITT de 8 jours. Le patron de l’établissement Pierre Goardet a décidé de porter plainte, « comprenez que je sois choqué et en colère ». Il sera par ailleurs contraint de garder son établissement fermé le lendemain matin. » (FranceBleu)

 

Labastide-de-Lévis (Tarn)- Une bonne idée pour bloquer les flux.
« Trois fois en une semaine que les barrières de ce passage à niveau restent baissées, tôt le matin, aux heures de pointe ». Et il ne s’agit pas d’une « défaillance technique, mais bien d’un acte de malveillance », selon la SNCF qui a déposé plainte.
« Mardi 7 janvier, les barrières sont restées baissées dès 7 h 20 pendant environ 45 minutes. Même scénario ce mardi 14 janvier et à nouveau ce mercredi 15 janvier. « Le trafic est très important sur cet axe routier. C’est environ 10 000 véhicules par jour qui circulent et entre 2000 et 3000 aux heures de pointe, ce qui a généré de très importants bouchons », réagit le maire François Vergnes. Et d’ajouter : « ceux qui subissent ces actes, ce sont les personnes qui vont travailler le matin, les enfants qui vont à l’école, c’est pénible », poursuit-il. D’autant que les véhicules doivent ensuite emprunter les routes communales qui bordent la RD 988 pour sortir des embouteillages, assure le maire. » (LaDépêche)

Rennes. Envahissement sauvage des locaux du CROUS.
En début d’après-midi, le hall du service administratif du CROUS est investi par une trentaine de personnes pour dénoncer la précarité qui touche les étudiants.
Cette occupation-éclair a laissé des traces dans les locaux du Crous. « La direction déplore « les dégradations commises au sein du bâtiment, la détérioration de dossiers administratifs, les fouilles dans les bureaux et les vols de matériel. » Une partie du groupe aurait également intimidé le personnel. Le Crous doit déposer plainte. »
Cette action s’inscrivait aussi dans la continuité d’autres actions contre la réforme des retraites qui ont lieu le matin même, devant le rectorat de Rennes et les locaux du Medef.

Le Havre (Seine-Maritime) – Rassemblement festif devant la CCI, le commissaire en perd un doigt
Les dockers du port du Havre qui sont en grève depuis la veille et qui bloquent toute entrée et sortie de camions, décident de partir en cortège vers la Chambre du Commerce et de l’Industrie. Fort de 50 personnes à 18h, le cortège grossit au fil des minutes pour atteindre 250 à 300 personnes. Alors que la CCI est contrainte d’annuler in extremis sa cérémonie de vœux (pour des raisons de sécurité afin de « ne faire courir aucun risque aux collaborateurs et personnes invitées »), les flics se positionnent dans le bâtiment. Les manifestants deviennent très vite extrêmement vindicatifs et essayent de pénétrer dans le bâtiment. Après avoir mise à terre la porte vitrée du bâtiment, ils se sont mis à lancer dans le hall des fumigènes et des pétards artisanaux de forte puissance, selon le directeur de cabinet du préfet de Seine-Maritime, Benoît Lemaire. L’un d’eux n’a pas explosé dans le vide, puisqu’il a arraché partiellement une main d’un commissaire de police. On pourrait croire que le pétard lui a explosé au niveau de la main en plein vol, mais pas du tout. On apprend qu’en réalité le commissaire a lui-même ramassé le gros pétard artisanal, qui lui a fait sauter « au moins un doigt ». Un autre gradé de la maison poulaga souffrirait d’acouphène.

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) – Nouvelle visite chez le candidat LREM à la mairie.
Au cours de la nuit, le local de campagne électorale du candidat LREM de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Alexandre Aïdara, de la liste « Changeons Saint-Denis », a subi une attaque : plusieurs carreaux de la porte d’entrée ont été brisés. «Il y a environ un mois, cette même permanence située rue de la Boulangerie avait été taguée d’un « Aïdara dégage de là. Pas de Macronie à Saint-Denis. »

Digoin (Saône-et-Loire) – Des tags en série
Dans la nuit, plusieurs tags sont inscrits dans le centre-ville. « Interdit d’interdire », « Murs blancs, peuple muet », « Destroy capitalisme », « Chacun pour soi, Google pour tous », « Travaille et ferme ta gueule », des symboles anarchistes. Mardi matin, à leur réveil, les habitants de la place Vollat ont découvert, sur les murs de leur quartier, de nouvelles et étonnantes inscriptions. Nouvelles car depuis plusieurs mois déjà, des tags réalisés à la bombe de peinture apparaissent régulièrement dans le secteur. « Il y en a même qui sont là depuis deux ou trois ans », confie une riveraine ». Mais cette fois, les vandales ont ciblé quelques murs et façades appartenant à des institutions, comme l’immeuble de l’Opac ou encore le bâtiment de La Poste.

Nouveau blocus de lycée [1].
A Saint-Etienne
, des élèves du lycée Honoré-d’Urfé otn bloqué les accès à l’établissement en dressant des barricades, avant de les embraser. « Le mouvement a débuté vers 7h30. Pompiers et policiers sont rapidement intervenus. Le dispositif a été levé à 10h15, tandis que de nombreux jeunes se trouvent encore devant l’entrée du lycée. Au moins un blessé léger est à déplorer. Une manifestation avait déjà eu lieu jeudi dernier devant le lycée d’Honoré d’Urfé. Les jeunes manifestants avaient essuyé des jets de gaz lacrymogènes lancés par la police.

Grenoble – La permanence LREM bloquée
Dans la nuit, le local de campagne pour les élections municipales du 5 place Saint-André a été symboliquement muré par du polystyrène orné de motifs « briques ». Le tout assorti de « menaces » dénonce sur son compte twitter la candidate et député de l’Isère, qui précise dans un communiqué que les « portes et serrures (ont été ) condamnées ». […]

Caméra qui fume et mat qui crame à l’émeute gare de Lyon (Paris, 18.01.2020)

Feu devant la gare de Lyon, 18 janvier 2020

Affrontements devant la gare de Lyon, 18 janvier 2020

Après le départ en sauvage de gare de Lyon, sur le boulevard Diderot

Pub dans le secteur de la gare de l’Est, 18 janvier

Permanence PS à Brest

idem

Rennes, Hall d’accueil du CROUS après envahissement

Sas d’entrée de la CCI brisé et en partie démonté au Havre

Paris, Incendie à la brasserie ‘La Rotonde’ samedi 18 janvier

Tag à Digoin (71)

Permanence LREM à Saint-Denis (93)

La permanence de campagne municipale de la candidate de gôche, ce 18 janvier à Toulouse

Besançon, 18 janvier. Le blocage de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts contraint la députée LREM F. Charvier à annuler ses voeux


NdSAD
[1] Concernant les blocus de lycées, on en a énuméré certains qui semblaient être tenus par les lycéen.nes e.lles.ux-mêmes, car depuis la rentrée de janvier 2020, profs et autres intersyndicales encadrent ces blocages de lycées, lors desquels quasi aucun lycéen.ne ne prend part. Un des exemples les plus criants est sans doute le blocage du lycée Pasteur du mardi 14 janvier à Besançon, qui s’est fait par une chaîne humaine accompagnée de prises de paroles syndicales/professorales (toujours ultra-chiantes et pacificatrices) puis se finissant par une AG. Mais ce coup-ci, c’est allé plus loin dans la collaboration: le blocage du lycée était déposé en préfecture (comme le sont depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites les opérations « péages gratuits », déposées par les syndicats). Il y a un abîme entre ce folkore de « la lutte intersyndicale » par rapport à ces mêmes « péages gratuits » réalisés par des « gilets jaunes », qui ne demandaient aucune permission et n’attendaient absolument rien de la part de l’Etat et de ses flics.

 

Affiche collée à Nantes

Les lycéen.ne.s bloquent encore

Publié le 2020-01-19 16:48:06

Saint-Etienne : Barricades en flamme devant le lycée

Le Progrès / mardi 14 janvier 2020

Entrée tendue, ce mardi matin, au lycée Honoré-d’Urfé à Saint-Etienne. Des manifestants ont tenté d’empêcher les accès au lycée en dressant des barricades sur les voies d’accès à l’établissement. Les barricades ont ensuite été embrasées.
Le mouvement a débuté vers 7h30. Pompiers et policiers sont rapidement intervenus. Le dispositif a été levé à 10h15, tandis que de nombreux jeunes se trouvent encore devant l’entrée du lycée. Au moins un blessé léger est à déplorer.
Une manifestation avait déjà eu lieu jeudi dernier devant le lycée d’Honoré d’Urfé. Les jeunes manifestants avaient essuyé des jets de gaz lacrymogènes lancés par la police.

Le Progrès / jeudi 16 janvier 2020

Comme mardi et déjà la semaine dernière, des lycéens ou apparentés ont à nouveau dressé une barricade devant l’entrée du lycée Honoré d’Urfé, ce matin, vers 8 heures.
Ils ont mis le feu à leur barricade de fortune avant d’être délogés manu militari par les forces de l’ordre. Les pompiers sont venus éteindre le brasier. A 9 heures, le calme était revenu aux abords de l’établissement scolaire. Mais, à 9 h 30, deux fourgons de police se trouvaient encore aux abords de l’établissement.

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Bordeaux : Le blocage du lycée bloque aussi la route

Sud-Ouest / jeudi 16 janvier 2020

Cheminots, lycéens, professeurs… Plusieurs centaines de personnes sont rassemblées devant l’établissement, ciblé pour une opération « blocus »
Le secteur de la rue des Treuils, à Bordeaux, est à éviter ce matin. La circulation y est très perturbée par une « opération blocus » menée devant le lycée Magendie, dans le cadre du mouvement social contre la réforme des retraites.
Plusieurs centaines de personnes se retrouvent rassemblées devant l’établissement d’enseignement secondaire, dont l’accès est bloqué. Parmi les manifestants, des lycées et des professeurs, y compris venus d’autres établissements bordelais : Brémontier, Montesquieu. Mais aussi d’autres catégories professionnelles, comme les cheminots.
D’autres opérations ont eu lieu ce jeudi matin, notamment au rectorat, où ils étaient quelques uns à bloquer l’entrée dès 7 heures, cours d’Albret. Avant de rejoindre, là aussi, la manifestation de 11h30. […]
À noter qu’un appel à une nouvelle action est lancé dans l’établissement, pour lundi 20 janvier. Il s’agira cette fois de protester contre la réforme du bac. Lundi est en effet la date des premières épreuves du tout nouveau contrôle continu (E3C) pour les classes de première. Des épreuves dont l’organisation est très contestée.
Toujours contre les mêmes E3C, un sit in est organisé dès ce jeudi à 10 heures dans le lycée Mauriac.

Selon France Bleu du même jour, « Répondant à l’opération « ports morts » lancé par la CGT, des manifestants bloquent depuis ce mardi le port autonome de Bordeaux. C’est le terminal de Bassens, le plus important du port, qui est concerné par l’opération. Ce vendredi , un piquet de grève est prévu devant la direction du port à Bordeaux »

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Perpignan : Contre les réformes du lycée et du bac

L’indépendant / mardi 14 janvier 2020

Les élèves de la 1re G6 d’Arago appellent les jeunes des P.-O. à se mobiliser contre les réformes du lycée et du bac. Ils pointent du doigt un certain nombre de problèmes en lien avec la mise en œuvre de ces textes, notamment en ce qui concerne le déroulement des épreuves de contrôle continu du nouveau bac.

L’indépendant / vendredi 17 janvier 2020

Ils ont profité de la récréation, aux alentours de 10 heures, pour bloquer l’entrée de leur établissement. En entassant des poubelles, les lycéens d’Arago ont enfin réussi ce qu’ils avaient loupé quelques heures plus tôt. De l’aveu d’un élève, à 8 heures déjà, le jeu des poubelles avait commencé : « On les avait empilés devant la grille mais, de l’intérieur, ils ont ouvert le portail et ils ont rencontré les conteneurs. »
Derrière les poubelles se cache un message de colère que ces jeunes adressent au gouvernement. Ils réclament le report des « E3C », soit les épreuves communes de contrôle continu prévues dans la nouvelle formule du baccalauréat. […]
Cette mobilisation qui faisait suite à un premier rassemblement jeudi 16 janvier, pourrait être reconduite jeudi prochain. Les lycéens promettent en tout cas d’être au rendez-vous.

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Lille : Tentatives de blocage

La Voix du Nord / jeudi 16 janvier 2020

Comme en décembre, des lycéens ont tenté de bloquer l’accès au lycée Montebello ce jeudi matin. Vers 7 h 30, une quinzaine d’élèves se sont positionnés en ligne devant les grilles, afin d’empêcher leurs camarades de pénétrer dans l’établissement. Ils ont été rejoints vers 8 h 30 par quelques élèves du lycée Pasteur, situé rue des Urbanistes, qui ont eux aussi tenté de bloquer l’accès à leur lycée, sans succès [article payant ; NdAtt.]

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A Paris

Le Monde / vendredi 17 janvier 2020

Le SNES-FSU, majoritaire dans le secondaire, a recensé quelque vingt-cinq lycées parisiens mobilisés, « certains contre la retraite à points, d’autres contre la réforme du lycée et du bac, souvent sur les deux tableaux car les colères sont cumulatives », affirme Nathalie Dehez, elle aussi responsable du SNES-Paris, et enseignante au lycée Duryy (7ème arrondissement) [article payant ; NdAtt.]

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A Reims

Champage FM / jeudi 16 janvier 2020

La nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites a déjà débuté.
Une centaines de manifestants, dont de nombreux lycéens, bloquent actuellement l’entrée principale du lycée Roosevelt à Reims. La circulation devant l’établissement est évidemment perturbée. La police vient d’arriver sur place […]

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A Roanne (Loire)

La Progrès / jeudi 16 janvier 2020

[…] Depuis 7 h 30, environ 70 élèves organisent un blocus devant leur établissement en réponse à plusieurs points de la réforme Blanquer. Parmi eux, le nouveau baccalauréat prévu pour 2021 et dont la première promotion d’élèves a fait sa rentrée en septembre dernier. […] Les jeunes manifestants entendent rejoindre le cortège contre la réforme des retraites qui doit démarrer devant la gare à 10 h 30.

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A Besançon

macommune / mardi 14 janvier 2020

Suite à l’appel de l’intersyndicale, environ 200 personnes (dont de nombreux lycéens) se sont mobilisées ce mardi 14 janvier 2020 à partir de 7h15 devant le lycée Pasteur à Besançon. […]

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A Caen

Ouest France / vendredi 17 janvier 2020

Les cours ont été fortement perturbés, jeudi 16 et vendredi 17 janvier 2020, au lycée Malherbe. Seuls les élèves des classes préparatoires étaient « autorisés » à pénétrer dans l’établissement.

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A Pamiers (Ariège)

La Dépêche / jeudi 16 janvier 2020

[…] 7 heures, c’est aussi l’heure à laquelle les jeunes ont décidé de rentrer dans la danse avec une action de blocage du lycée Pyrène à Pamiers.

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Montauban : Les lycéen.ne.s vont boycotter les preuves du Bac

La Dépêche / vendredi 17 janvier 2020

[…] Ce vendredi après-midi, lors d’une assemblée générale qui s’est déroulée au foyer du lycée, près de 200 élèves ont voté le boycott des épreuves d’histoire et géographie, mathématiques et langues vivantes qu’ils doivent passer de lundi à mercredi. La semaine dernière, certains d’entre eux ont été convoqués chez le proviseur afin que leurs cahiers soient étudiés par les inspecteurs pédagogiques régionaux qui devraient faire passer les épreuves. Cette décision fait suite à l’action de la totalité des professeurs du lycée de demander le report des épreuves du contrôle continu du baccalauréat de ces trois matières [article payant ; NdAtt.]

Publication : Avis de Tempêtes n°25 – Janvier 2020

Publié le 2020-01-19 23:32:13

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°25 (janvier 2020) vient de sortir.

« Comme tous les mythes, celui de Prométhée a fait l’objet d’interprétations les plus diverses, puisque leur fonction est précisément de mobiliser le passé en fonction du regard qu’on porte sur le présent. A partir de ce feu volé symbole de connaissance, certains ont par exemple insisté sur les tourments courus d’avance par Prométhée comme une métaphore des craintes de l’avenir ; d’autres l’ont utilisé pour mettre les humains en garde contre une volonté de toute puissance technicienne confinant à la démesure ; et d’autres encore l’ont parfois convoqué au nom du mythique destin de masses prolétaires marchant vers le grand soir. Mais qu’arriverait-il en fin de compte, si plutôt que de se réfugier derrière le mythe d’un nécessaire passeur de feu intermédiaire, on se débarrassait une fois pour toutes de sa figure pour se tourner vers l’utopie et agir à la première personne ? Celle de consciences individuelles insurgées, celle de Titans fabuleux brisant les chaînes forgées par les dieux modernes de l’autorité et du progrès.
Ô, comme il semblerait alors absurde à tout être dont la prothèse technologique ne sert ni de conscience ni de cœur, de demander aux tyrans de régler un problème dont ils sont la cause ! »

[Reçu par mail]

Récit du contre G5 Sahel de Pau, le 13 janvier 2020

Publié le 2020-01-19 23:35:07

Comme annoncé trois semaines auparavant, le seigneur macron a accueilli le 13 janvier 2020 dans le digne Château d’Henri IV, à Pau, les dirigeants de Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, à l’occasion du sommet du G5 Sahel. Récit de cette journée du contre G5 Sahel...



Pour que la descente du roi en province qui accueille ses préfets africains se fasse dans un calme propre et diplomatique, le centre ville a été divisé en trois zones [1] : rouge, autorisée aux résident·es et commerçant·es sous présentation d’un document d’identité, document justifiant l’accès et d’une fouille et palpation ; bleue, autorisée à tou·tes sous présentation d’un document d’identité et d’une fouille et palpation ; et blanche, libre.

Tout l’après-midi, c’est le défilé des voitures vitres teintées, encadrées par des flics en moto, des cars de CRS, des cars de GM, les voitures de mili du vigipirate, un flic plancton qui surveillera un parc toute l’après-midi (si, si, on l’a vu pendant des heures, debout, là, tout seul et sans relève !). On retrouve évidemment des flics plantés aussi au niveau des péages et ronds-points de sorties d’autoroutes. L’hélico rôde et la circulation est difficile pour rejoindre le centre ville bunkerisé. Y a du monde en service, on sent qu’y a du gratin à protéger.

A 12h a eu lieu une première manif de la diaspora africaine contre le sommet du G5 Sahel. L’information n’a malheureusement pas trop circulé sur les réseaux, ce qui donnait l’impression que la seule manifestation contre le G5 Sahel était celle programmée à 18h devant la Préfecture par les organisations syndicales et politiques. Ce fut bien dommage. Depuis maliweb, on peut lire que :

En marge du sommet du G5 Sahel, la diaspora africaine de la France a organisé hier une marche pacifique dans les rues de Pau. En plus des ressortissants des cinq pays du sahel, la manifestation a enregistré la participation de plusieurs autres nationalités dont des ivoiriens, des sénégalais, des camerounais, des algériens et même de l’Afrique du sud et d’Éthiopie. Les marcheurs ont réclamé une clarification de la France par rapport à la situation dans le sahel. Tout au long de l’éternitaire, ils ont appelé à la liberté. Sur des banderoles, on pouvait lire : “Marionnettes africaines au service du système français. Tenez compte de ; l’avis de votre peuple ou dégagez”. “Les chefs d’Etats du Sahel sont des préfets, qu’ils disent la vérité”, “Non à l’impérialisme, à la dictature, au néocolonialisme”, etc. Les manifestants ont fait plus de 500 ou 800 km pour participer à cette manifestation.

Au parc Beaumont, vers 15h30, on assistera à des contrôles d’identité, fouilles et palpations bien humiliantes, pour que patte blanche soit faite au passage de Monsieur le Président de la République. Alors que circulaient séparément un binôme de schmitts avec des chien·nes tenu·es en laisse sous musolière, et un peu plus loin un autre binôme de policières à cheval. Ca sent la grosse pression psychologique sur les habitant·es et passant·es de Pau : va falloir se tenir à carreaux et filer droit, pas une seule barrette de shit ne doit dépasser.
Deux minutes après le début de leur ballade, un·e chien·ne renifle et bondit violemment, plein·e de bave, sur un passant d’un groupe de quatre-cinq personnes. Va falloir fouiller et contrôler. Histoire d’avoir du renfort, déboulent rapidement les deux policières à cheval, des flics piétons et un joli faux couple hétéro de flics en civil. Le contrôle et la fouille de ces personnes (noires de peau) durera pas loin de quinze minutes avant de se terminer sans arrestation. Sait-on jamais, ces passant·es du parc Beaumont pourraient bien perturber la venue du Seigneur Macron et de ses disciples françafricains, à quelques 2,5km de là. C’est préventif, on sait jamais, hein. Une population bien cadrée, c’est tout c’qu’on souhaite : la peur face à un·e chien·ne agressif·ve qui te saute dessus, la venue de près de dix policier·es dont deux à cheval, et les éventuels traumat’ que ça peut opèrer, ça, c’est pas notre souci.

Une ballade un peu plus loin au centre ville nous amène vers 17h devant le local autogéré de Libertat "La Tor deu Borrèu", où une banderole contre l’impérialisme français est descendue et où on entend au mégaphone, relié à la sono divers slogans anti-macron et anti-autoritaires ("A bas l’Etat, les flics et les fachos !" ; "Macron dictateur" ; ".. on va tout casser chez toi !!") avant de voir débouler des escaliers de la rue des flics en civil ou en uniforme afin de "garder l’ordre public". Une cinquantaine de keufs va par la suite défoncer la porte sans mandat, se jeter violemment sur les militant·es présent·es, se saisir de toutes les enceintes visibles et embarquer six militant·es au commissariat. Les personnes seront relâchées au bout de 3h45 de garde à vue, pleine de vices et de confusions et celleux resté·es dehors se sont vu·es interdire d’avance l’accès de la zone de sécurité "bleue" et faire l’objet d’une attention particulière de la part des forces de répression. Un communiqué plus détaillé de la part de Libertat a été publié le soir-même.

Vers 17h, au même moment, au niveau de l’église St Jacques, un joyeux raffut se fait entendre dans la rue voisine : une groupe de gentes directement concernées par la françAfrique et determinés passe à vive allure en criant "Aba(t)s ! Aba(t)s la françAfrique !!", suivi par un troupeau de keufs désorganisés.

Le rendez-vous de 18h devant la Préfecture, en zone blanche mais limite de la zone bleue n’a a priori pas laissé place à des contrôles ou des fouilles. On y retrouve un rassemblement (et non une manifestation) de 700 à 1000 gentes selon la presse locale, ce qui est peu pour un rassemblement contre un sommet aussi crade et douloureux que le G5 Sahel [2], mais pas tant au vue de l’orga de cette manif dont la comm’ s’est faite 3 jours avant. On peut y voir pas mal de personnes avec chasuble jaune, des drapeaux bleu blanc rouges et des insignes syndicalistes ou politiques. L’ambiance est plutôt au boucan en frappant sur diverses casseroles et objets métalliques, avec en arrière fond un camion sono. On entend aussi divers slogans Gilets Jaunes, anti macron et pour le retrait de la réforme de la retraite à point. D’ailleurs, des flyers pour une pétition contre cette même reforme circulent parmi les gentes. En fait, on assiste au même type de manif syndicale qu’on se bouffe depuis le 5 décembre - la présence de macron dans la ville en plus. La dernière prise de parole demandera de continuer la mobilisation et le combat, mais pas celui contre le néocolonialisme ni l’impérialisme français. Drôle d’ambiance, pour nous qui pensions être venu·es pour une manif contre le G5 Sahel, la présence militaire de la fRance en Afrique, les intérêts économiques qui découlent du système de la françAfrique, l’industrie minière dont l’extractivisme de l’uranium au Niger (énergie nucléaire), etc.. Des brochures ont pourtant été distribuées de main à main sur les sujets mentionnés just’avant [3]. Au bout d’un certain temps de rassemblement, des gentes se sont finalement avancées vers la ligne de bleus, prétextant le droit de manifester. Le passage leur sera refusé, apparemment sans heurt ni gazage.

D’une manifestation contre le G5S, comme annoncée sur Occitania Arroja, il fallait comprendre rassemblement contre macron et sa dernière réforme. A 18h, il n’y a eu aucune prise de parole dénonçant la présence française au Sahel et la politique néocoloniale et impérialiste qui y règne encore aujourd’hui, et il n’y a eu aucun lien de fait avec les personnes directement concernées (une convergence aurait pourtant pu avoir lieu au motif de "Unissons-nous pour dégommer tous ces dictateurs !"). Bref, cette manif a été une fois de plus une récupération politique par manque de politisation générale. Mais si ces événements restent encore de sombres déceptions, ils permettent la rencontre de certaines personnes avec qui nous partageons des valeurs, des colères et des utopies communes, et ainsi d’étendre toujours plus le réseau anti-autoritaire.

Soit dit en passant, que l’info circule déjà.. un sommet fRance-Afrique est organisé à Bordeaux le 4-6 juin prochain [4].

QUE CREVE LA FRANCAFRIQUE ET SON MONDE !



Notes