Vive l'Anarchie - Semaine 02, 2025

Sommaire

Commémoration insolite

Publié le 2025-01-13 19:00:09

24 décembre 1974 - Une date anniversaire à ne pas mettre à l’ombre.



Mercredi 24 décembre 2024, 23 h 45. Trois individus emmitouflés sortent de leur domicile. Montent dans un véhicule. Se dirigent vers la place Carnot. Empruntent la rue François Chénieux. Passent devant le cinéma place Denis-Dussoubs. Tournent la première rue à droite. Stationnent sur le parking de la place Winston Churchill, juste en face de la prison.

Pas un restaurant, pas un café d’ouvert. Quelques voitures filent frileuses. Pas un quidam dans les rues. Le désert, où seul le rythme des feux de circulation qui cligne rouge-vert-orange, donne un semblant de vie à la place. Une quatrième personne chaudement vêtue les rejoint.

Devant elles se dresse les murs sombres de la maison d’arrêt de Limoges. L’une d’entre elles sort de sa poche de manteau un tractopelle. Elle le pose sur le couvercle d’une poubelle.
Puis elle se rapproche de la porte de la prison et l’engin prend la pose pour la photo du 50e anniversaire de la fameuse destruction par Marc lors de cette fameuse nuit du réveillon du 24 au 25 décembre 1974*.

Alors, même si elles n’étaient pas nombreuses ce soir là pour rappeler le courage d’un individu et son message, elles ont formulé, devant cette porte, leurs vœux à tous les détenu·es incarcéré·es dans des conditions dégradantes et inhumaines. Que 2025 voie leur libération ! Vive l’abolition des prisons !

* N’hésitez pas à lire, dans la rubrique Mémoires, le petit fascicule
À plat les murs ! nouvelle qui parle de ce fait réel.

Une cantine pour cantiner #24

Publié le 2025-01-14 00:00:00

La cantine sera en solidarité à 10 personnes incarcérées à Nador (Maroc), accusées à tort de trafic d’êtres humains.

Les personnes en mouvement sont souvent arrêtées et emprisonnées, accusées de conduire les bateaux qui les conduisent vers l’Europe.
Elles sont accusés d’être des « passeurs », souvent sans avoir accès a une assistance légale, à leurs droits de base, ou toute forme de soutien.
Au Maroc, la loi n° 27-14 relative à la lutte contre la traite des êtres humains a été adoptée en octobre 2018. Depuis la promulgation de cette loi, plusieurs migrants ont été arrêtés et accusés à tort d’être des trafiquants d’êtres humains, des capitaines de bateaux et aide-capitaine .
La seule faute qu’ont commis ces personnes c’est de vouloir exercer leur droit à la liberté de circulation en franchissant la frontière vers l’europe.
La criminalisation des personnes migrantes est particulièrement marquée à Nador et ses environs, où les autorités peuvent arrêter des groupes de personnes et accuser certaines d’entre elles d’être des trafiquants.
En 2018, la durée de détention pour ces accusations est passée de quelques mois à des peines allant jusqu’à 10 ans de prison.
Le changement des lois s’est fait sous la pression de l’union européenne.
Des activistes migrants basés à Nador ont fait appel à des avocats et des organisations de défense des droits de l’homme pour aider ces personnes accusées à tort.
Actuellement, ils sont au nombre de 12.
80% d’entre eux ont donné de fausses informations sur leurs noms, ce qui complique encore davantage la possibilité pour leurs familles de leur rendre visite ou de les soutenir. Un des détenus a déjà pu être libéré grâce à l’intervention de Maître Mbark, et nous espérons obtenir un soutien similaire pour les autres.
Dans l’attente de pouvoir financer des procédures judiciaires, des camarades se mobilisent pour rendre visite aux détenus et leur apporter du soutien et de l’argent pour cantiner.
Le système des visas et de la guerre qui s’effectue aux frontières, notamment de l’europe nous rappel que la liberté de circulation est un privilège dont tout le monde ne bénéficie pas.
Cette cantine pour cantiner du 19 janvier, sera en solidarité à 10 personnes incarcérées à Nador, accusées à tort de trafic d’être humain.
Si vous souhaitez aussi contribuer aux frais de procédures pour les libérer vous pouvez venir nous voir pendant la cantine.
Et pour aller + loin sur la criminalisation des personnes en mouvement, vous pouvez aussi consulter la page internet du réseau « Captain support ». }

Le repas est vegan et prix libre, à la Tablée au 15 rue Robert à Sainté.

Menu éthiopien : salade de pommes de terre / ragoût de betterave / sauce de lentilles corail / sauce aux épinards / sauce aux pois chiches / chou sauté / fèves / crêpes mille trous ET en dessert beignets djiboutiens


En prison, tout coûte cher.
La gamelle est souvent mauvaise, et doit être remplacée ou complétée par les cantines, produits surtaxés par rapport aux prix extérieurs. La télévision, le frigo, sont payants. Les appels téléphoniques sont hors de prix.
Il faut aussi souvent payer les avocats, les amendes, les parties civiles...
Tout ceci pèse très souvent sur les proches, car le travail en prison n’est pas accessible à tout le monde, et les détenu.es sont payé.es des miettes, pour le plus grand plaisir des entreprises qui les exploitent.
Il faut en plus ajouter le prix des déplacements au parloirs, et parfois de l’hébergement pour les personnes qui viennent de loin.
Pour toutes ces raisons, nous proposons une fois par mois une cantine en soutien, pour alléger la charge financière qui pèse sur des proches de détenu.es.

Lussault-sur-Loire (Centre) : les antennes continuent de brûler…

Publié le 2025-01-14 00:04:50

Près d’Amboise : une panne d’Internet depuis six semaines
La Nouvelle République, 14 janvier 2025

Les abonnés Orange de Lussault-sur-Loire sont privés de réseau mobile et de téléphonie depuis début décembre 2024 à la suite d’un incendie sur une antenne relais.

« Nous n’avons aucune information et sommes tous impuissants », résume une habitante de Lussault-sur-Loire. Dans la commune, plusieurs dizaines de ménages, ainsi que la mairie, sont privés de réseau internet mobile et de téléphonie depuis début décembre. Orange, l’opérateur concerné, évoque un incident sur une antenne relais.

Contacté par la NR, Orange confirme « un incident technique sur l’antenne qui couvre la commune de Lussault-sur-Loire depuis le 2 décembre ». Si une intervention « est prévue dans les prochains jours », aucune date n’est encore précisée. « Nous attendons les autorisations du gestionnaire du château d’eau et d’avoir une nacelle suffisamment haute pour accéder aux antennes », précise l’opérateur.

Two cranes sabotaged at Damen Oranjewerf, Amsterdam (Netherlands)

Publié le 2025-01-14 09:22:20

In a recent speech NATO chief Mark Rutte warned that “we are not ready for what is coming our way in four to five years,” and that Europe needs to “shift to a wartime mindset and turbocharge defense production and defense spending.” While NATO prepares for the war to come, arms companies worldwide make millions on war that is already here, and millions of migrants flee from wars present and past.

We as anarchists must ask ourselves how we will act, today and tomorrow. Will we complain online about the latest outrage or join those marching in circles begging the politicians for crumbs; to do something, anything, other than funding these merchants of death? Or will we take matters into our own hands? Organizing mutual aid for those displaced by conflict, climate and the economy. Blockading and sabotaging the arms companies that make war, colonialism, and genocide possible in the first place. On the first day of christmas some anarchists chose to do the latter.

Breaking into the floating dock of the Oranjewerf in Amsterdam, owned by Damen, and sabotaging two cranes by smashing the computer consoles and joysticks. Damen is a Dutch ship building and repair company that owns more than 30 wharves and operates in 120 countries around the world. The company produces work vessels as well as military ships and patrol boats used by the border patrol of many countries.

Damen has designed and exported military ships to many different navies around the world, including to the United Arab Emirates. The UAE is a part of the Saudi Arabian led coalition of countries that waged war against the Houthis in Yemen, a war in which over 150,000 people were killed. Another 227,000 people died due to famine and inadequate health care resulting in part from a Saudi coalition naval blockade. Ships built or designed by Damen were almost certainly involved in this humanitarian disaster.

Damen profits from the increasing militarization of countries around the globe. For example through the Song Cam Shipyard, a joint venture with a Vietnamese partner, not far from the Chinese border and in the direct vicinity of the headquarters of the Vietnamese Navy in Hai Pòng. Damen has already sold four Sigma major surface vessels to the Vietnamese navy. The ships will be fitted with missiles made by European missile company MBDA, three Italian Oto Melara guns and will be equipped with Thales Netherlands sensors, fire control and combat management system. This wharf is one of the largest in the Damen Group and is located near the South China sea, a region that is constantly present in the news as the U.S., China, and their proxies flex their muscles and politicians sow fear of a third world war. With each step towards war Damen rakes in immense profits.

Outside the scope of the navy, the Damen company provides a range of vessels for the network of companies that serve the oil industry with personnel transport and offshore activities like building platforms and pipe laying in Nigeria. Shell and other oil companies have devastated the Niger Delta and mercenaries, militias and the state have murdered countless protesters and insurgents seeking to free their territory from the neocolonial grip of big oil. Of course Damen also supplies the Nigerian navy with small ships like the LST-100, suited to transport 235 troops, with bow and stern ramps capable of carrying 70 tons (just below the weight of a main battle tank), and able to transport smaller vessels and (armoured) vehicles, board helicopters and surface and aerial drones. These boats are used in anti-piracy operations that serve to protect the oil industry.

When people attempt to flee this devastation, wrought by European states and companies through colonialism and war, in order to seek refuge in Europe they are often intercepted by the coast guard or border patrol in ships built by Damen. The Damen group supplies Morocco, Tunisia, and the United Kingdom with vessels used to patrol the external and internal borders of fortress Europe. They also supply the Libyan coast guard which has been known to forcefully intercept and sometimes shoot at migrants and search and rescue vessels. Damen profits on all fronts; from the industry and resource extraction that often leads to war, from war itself, and from the aftermath when people try to migrate by selling industrial and military vessels around the world to the highest bidder.

On June 24th and 25th the latest NATO summit will be held in Den Haag, where politicians, military personnel, and representatives from the arms industry will come together to discuss how to most effectively wage war on the rest of the world. This summit will be accompanied by the largest police operation in Dutch history involving half of the nations police force. The cops have politely asked the general public to please not organize any other events during this time as their capacity will be stretched to the limit. So what’s your plan?

via: indymedia.nl

Squatter 2025

Publié le 2025-01-14 10:00:33

Analyses & Mémoires Squats - Logement Histoires de luttes - Archives

Squatter 2025


Des réflexions sur le squat et sur les perspectives possibles. Je suis un squatteur de la métropole bordelaise, parmi d’autres squatteurs et squatteuses ; on dit squatteureuses. Je ne représente pas plus mon groupe que mon groupe ne représente les squats. Le « nous » met en avant une certaine approche collective située, mais pas un consensus général. N’en déplaise aux médias de masse, on trouve au sein des squats une telle diversité qu’il est à peu près impossible d’en brosser un portrait qui puisse prétendre être représentatif de l’ensemble. Maintenant que c’est dit, ça ne doit pas nous empêcher de causer.

Nous occupons des bâtiments vides, laissés à l’abandon, auxquels nous redonnons une vie qui est la somme des nôtres, et des usages qui sont ceux que nous lui inventons. Nous faisons ça sans payer de loyer, tranquilles, sans pression. On repère, on entre, on s’installe. Nous investissons une marge un peu spéciale du marché de l’immobilier, en nous servant dans les futures ruines, les délaissés urbains, les rebus du parc locatif. C’est de la récup’ : la ville est une poubelle dans laquelle nous piochons nos maisons.

Nous squattons préférentiellement des bâtiments publics ou appartenant à de gros promoteurs, qui ne font l’objet d’aucun projet et qui restent là à moisir, en attendant le déluge ou une destruction arbitraire vouée à laisser un terrain vague. Qu’on se comprenne bien : nous aimons aussi les terrains vagues, qui sont des marges à explorer, à investir de nos pratiques ou à laisser s’ensauvager. Mais nous préférons habiter entre des murs, à l’abri du vent, de la pluie et de l’obligation de payer un loyer à des dominants qui s’engraissent. Par chance, la moindre ville regorge de logements vacants, et nous sommes convaincus de la légitimité de tout un chacun à les peupler et les faire vivre sans forcément passer par les voies socialement admises.

Soit dit en passant : nous ne squattons pas les domiciles d’autrui. Vous ne risquez pas de nous trouver dans votre salon en revenant de la boulangerie, quoi qu’en disent les clébards médiatiques de l’empire Bolloré et les aveugles volontaires qui les suivent avec complaisance. Personne n’habite dans les maisons au moment où nous y élisons domicile ; nous ne mettons donc personne à la rue. Au contraire, par notre action, nous permettons à de nombreuses personnes d’avoir accès à un logement quand toutes les espérances légales ont été une à une brisées. Nous pratiquons le VRAI logement social, celui qui ne discrimine pas, qui se contrefout joyeusement des revenus et des nationalités, qui ne réclame aucune contrepartie si ce n’est celle de l’entraide et de l’apprentissage d’une autonomie collective. Celui, aussi, qui ouvre des brèches dans la morosité urbaine, qui libère du temps et de l’espace pour penser et agir autrement, pour combattre le présent et construire de nouvelles perspectives. Le squat permet ainsi de répondre à la fois aux nécessités immédiates de la galère et aux volontés politiques de bouleverser l’existant. Il nourrit les révoltes comme les estomacs, abrite les corps autant que les rêves, accueille les visiteurs aussi bien que les initiatives individuelles.

C’est joli, hein, sur le papier ?

Mais on ne vit pas sur du papier. Dans la réalité, squatter peut être difficile. La précarité de l’habitat pèse sur de nombreuses projections à moyen ou long terme, et parfois le quotidien a cette lourdeur qui vous plombe. Les perspectives révolutionnaires même les plus sincères et rageuses ne sont pas toujours à l’épreuve des marasmes ambiants qui peuvent saisir les milieux affinitaires. La merde générale du monde, la répression, l’entre-soi parfois sclérosant, les troubles personnels divers et l’instabilité qu’ils suscitent, l’inertie politique d’une grande ville bourgeoise où, malgré quelques sursauts, pas grand-chose de fou ne se passe, tout ça fait un travail de sape par lequel on se laisse vite bouffer si l’on n’y prend pas garde. Ce n’est pas rien de vivre en cherchant à secouer les choses tout en essayant de ne pas se perdre.

Se perdre, c’est ce qui nous guette à chaque instant. Que l’on soit un rêveur qui rompt avec ce monde ou une galérienne que ce monde veut tuer et qui s’acharne à vivre, qu’on ait choisi ou pas d’être là, les raisons de flancher et les moyens d’y parvenir ne cessent de se multiplier. Il y a de ces moments de merde où la question n’est pas seulement pourquoi, mais comment rester là, comment se maintenir, comment s’intensifier, quoi foutre en fin de compte de notre vitalité possible que tout un tas de choses tendent à étouffer. Il faut s’accrocher dur et s’accrocher ensemble pour espérer trouver les ressources qui nous permettent d’être encore là. Ça ne réussit pas toujours. Foirer sa vie, foirer ses plans, perdre des amis et des illusions, peut facilement venir à bout des projections les plus intenses, et il faut des trésors d’énergie pour ne pas disparaître, encore plus pour viser plus loin.

***

Comment faire en sorte que ça vive, que ça respire et que ça lutte, que le squat puisse encore représenter une forme de rupture porteuse de plein de possibles, quelle que soit la façon de squatter ?

Parfois les squatteureuses essayent avec acharnement d’ouvrir, et se font virer à répétition. Un arsenal de lois qui se présentent comme « anti-squat » s’assure que nos pratiques soient toujours plus durement sanctionnées, aidé par le concert d’aboiements indignés des clébards médiatiques qui se chargent bien aimablement de façonner l’opinion publique pour la rendre horrifiée du squat à grand renfort de manipulation de masse, de dénonciation sélective et de déformation de réalité. La récente loi Kasbarian-Bergé a bien enfoncé le clou de la criminalisation, réussissant même l’exploit de niquer tous les pauvres (de gauche comme de droite) tout en étant plébiscitée par une bonne part d’entre eux (ceux de droite). Ouvrir un squat et le garder devient de plus en plus difficile, et les répercussions tendent à glisser vers le pénal, promettant des sanctions plus lourdes et une répression plus intense. Peut-on espérer se projeter sans la moindre stabilité de logement, être efficace et intensifier nos leviers de lutte en étant constamment menacé d’expulsion, puis expulsé ? Est-on capable de supporter que son propre lieu de vie, son espace d’intimité (lorsqu’on a la chance d’en avoir) soient aussi une zone de rupture qu’il faudra éventuellement défendre judiciairement et/ou physiquement, avec la certitude de perdre ou la seule espérance d’un peu de délai supplémentaire ?

Parfois aussi, les squats d’habitation qui durent plus longtemps peuvent tomber dans le piège d’une certaine stagnation. Le logement perdure, mais la forme de lutte qu’il incarne passe peu à peu au second plan, derrière les aléas et les fonctionnements routiniers de la vie quotidienne, parfois aussi derrière des drames qui pompent toute énergie. Au fil des semaines et des mois, son ouverture sur l’extérieur est de moins en moins évidente. Lui qui se veut une maison franche, un espace de vie, de rencontre, d’expérimentation et de résistance libéré du contrôle et des normes, glisse vers une forme de colocation alternative, volontiers enthousiasmante, mais où la subversion n’est plus forcément à l’ordre du jour permanent. Il n’y a évidemment pas à se plaindre de pouvoir garder son logement le plus longtemps possible, et il serait illusoire et naïf de penser qu’on peut faire la révolution à chaque minute de l’existence. Ces lieux de vie restent des espaces hors des normes et libérés de beaucoup de contraintes, où plein de belles choses peuvent s’expérimenter. Mais, que l’on se retrouve là par choix ou par nécessité, cette façon d’habiter en marge de la légalité pose nécessairement tôt ou tard la question de la confrontation avec le pouvoir et la loi, les moyens qu’on se donne pour y faire face, et les ambitions de chacun.e quant à cette pratique.

Squat d’habitation et squat politique ne sont pas voués à systématiquement se distinguer l’un de l’autre. Squatter est politique de fait, puisque c’est un acte concret par lequel les pauvres, les marginaux et les rebelles peuvent directement prendre en main leurs propres conditions matérielles d’existence sans attendre que quelque institution ou loi leur accorde gracieusement le droit de vivre. Que la volonté principale de départ soit celle d’avoir un toit pour soi et sa famille, d’habiter en lutte ou d’ouvrir un lieu autogéré d’évènements et d’organisation collective (ou tout ça en même temps), les squatteureuses ne peuvent pas se permettre d’exister en vase clos, dans une marge fermée à l’extérieur, car tout se charge de plus en plus de faire disparaître ce qui agit contre l’ordre sordide des choses, et que nous avons besoin de forces.

Parler de squat, ouvrir des squats, tenir des squats, rencontrer les squats, faire venir des gens dans les squats, organiser des évènements dans les squats. Soutenir les ouvertures, les expulsions, créer des canaux de diffusion d’information. Rester une force active autonome tout en nourrissant les liens multiples qui peuvent nous renforcer et nous aider à utiliser les arguments de la loi contre la loi elle-même, à instaurer un rapport de force pour faire durer les lieux. S’ouvrir au voisinage sans pour autant lui rendre de comptes, donner corps aux soutiens locaux, défendre les lieux, devant les médias, devant les tribunaux, puis devant portes et fenêtres quand les flics viennent expulser. Tout ça participe d’une culture du squat qui va au-delà des squatteureuses, et qui résulte justement de leur capacité à s’ouvrir sur l’extérieur, à ne pas se scléroser dans un entre-soi politiquement stérile, à faire vivre les squats comme des espaces de résistance en actes.

Quand ça marche, ça peut faire de la dynamite. Dans la métropole bordelaise, ces dernières années, la Zone Libre, la Zone du Dehors, L’Éclaircie, le Sherby, l’Oasis, Laokah, l’Ascenseur, le Kabako, le Gecko, Le Shaïra, le Squid, le Faubourg, et d’autres encore, ont su poser à leur manière leur empreinte sur les luttes sociales et sur la question gênante du mal-logement que les institutions et les pouvoirs publics cachent si souvent sous le tapis. Plus récemment, la Toile s’est donné l’objectif d’un centre social autogéré qui entrecroiserait les pratiques et réflexions militantes et l’apport culturel d’un lieu d’autogestion qui s’ouvrirait sur le quartier, sans vraiment parvenir à réaliser toutes ses ambitions avant son expulsion en octobre 2024. Faute peut-être d’un plan de départ vraiment clair et d’assez de communication, la Toile n’a pas tissé de réseau entre différents milieux à la hauteur des folles espérances de départ. Restent malgré tout les nombreux liens forts et durables qui s’y sont noué, l’accueil à bras ouvert de dizaines de personnes qui y ont trouvé plus qu’un toit, les choses qui ont marché (concerts réguliers, lieu de réunion de groupes militants, distributions alimentaires…), celles à repenser pour les améliorer (free-shop, permanences, ouverture au quartier, implication des gens, fonctionnement général…), et pour plusieurs d’entre nous, une bonne grosse envie de poursuivre la démarche et de remettre ça en tirant leçon de nos échecs pour faire mieux. Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort, comme disait l’autre.

***

De tout le processus, ouvrir un squat est encore le plus simple. Comme dit plus haut : on repère, on entre, on s’installe. Il y a des dizaines de façons d’entrer dans une maison vide, et en plus c’est marrant, comme un puzzle grandeur nature. On travaille le regard, la souplesse, l’escalade, le déplacement nocturne, et plein d’autres petits talents qui peuvent s’avérer fort utiles. On se surprend à tomber face à des dispositifs d’anti-squat boiteux : une porte en métal mal fermée, des fenêtres pas verrouillées, des caméras qui n’ont plus de piles, des vigiles qui ne viennent pas… Parfois il n’y a même rien de tout ça. Parfois aussi, c’est plus galère, mais l’acharnement vient à bout du plus chiant des puzzles.

Le tenir, le faire vivre, le défendre, c’est plus compliqué. C’est là que s’éprouvent nos forces collectives et notre capacité concrète à faire face. Alors que la loi Kasbarian accentue la répression et vise à neutraliser la plupart de nos moyens de défense juridiques habituels, on nage en pleine eau trouble à chaque nouvelle procédure, ne sachant pas trop ce qui tombera entre une procédure classique ou une expulsion accélérée par la préfecture. Il faut chercher de nouvelles pistes, de nouvelles façons de se maintenir, de nouveaux arguments.

Il faut surtout affirmer nos ancrages dans les lieux où nous sommes, aiguiser nos perspectives, ne pas nous isoler, intensifier la lutte. Ouvrir, faire vivre et faire durer des bases matérielles d’auto-défense et d’entraide face à cette puanteur fasciste qui se généralise. Qu’ils n’arrivent plus à expulser tant les mobilisations seront grandes et déterminées. Que les squats se nourrissent, s’entraident et se renforcent, qu’ils soient de militants, de travailleurs précaires, de réfugiés sans-papiers ou de tout ça en même temps. Qu’ils n’aient plus en face d’eux des squatteureuses en marge, isolés dans leur identité, dans leur milieu sans appel d’air, mais tout un mouvement social qui incorpore le squat dans son panel d’action directe, non seulement contre la misère et le mal-logement, mais contre toutes formes d’oppression et d’exploitation, contre l’ordre établi et les pouvoirs constitués, pour des vies plurielles et sans dogme qu’ils ne pourront plus gouverner.

C’est joli, hein, sur le papier ?

Célébrer par le feu

Publié le 2025-01-14 12:36:00
Jan 142025
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Vendredi le 10 janvier 2025

Des caméras ont été bloquées, des tactiques ont été pratiquées et affinées, nos confiances et affinités se sont élaborées et clarifiées. Profitant de ces longues nuits sombres, une équipée festive a empilé des arbres de Noël, bloquant les rails du CN sur la propriété de Ray-Mont Logistique dans le Terrain Vague d’Hochelaga.

Un grand feu de joie et d’heureuses célébrations suivirent et nous nous somme échappé avant que les gardes de sécurité fassent leur ronde régulière – des flammes de plusieurs mètres de haut brûlaient encore a l’horizon bien après notre départ.

Dans la cours adjacente, un graff indique ‘LET’S BURN INDUSTRIALISM!’.

Happy new year! Nous marquerons le passage du temps comme il nous plaît, en espérant aussi lentement marquer le déclin de nos cibles.

Le Terrain Vague restera vague!

-des anarchistes-

Retour sur le nouvel an et actualités dans les lieux d'enfermements, solidarité avec tous.tes les prisonnier.es !

Publié le 2025-01-14 17:18:51

Dans la nuit entre le 31 décembre et le 1er janvier comme le veut la tradition, partout où des prisons existent, à Lyon, St Etienne, Paris ou bien Toulouse, des personnes sont allées porter de la solidarité devant différents lieux d’enfermement. Les prisons, les centres de rétention administrative et les établissements pénitentiaires pour mineur.es ont pour but d’isoler les personnes à l’intérieur et de briser les liens avec les proches à l’extérieur. Pour cette raison, à Marseille, on a décidé d’aller craquer des feux d’artifices en soutien à toutes les personnes enfermées dans le centre de retention administrative du Canet, à l’établissement pénitentiaire pour mineur.es de la Valentine et devant la prison des Baumettes.



Pour rappeler le contexte de notre ville, ces derniers mois il y a eu un durcissement des conditions d’enfermement dans les Cra et les prisons locales avec une répression vénère des solidarités à l’extérieur.

Au CRA, depuis septembre et le changement de direction, l’ensemble du système de sécurité s’est accentué : surveillance par drone, portail à rayon X à l’entrée du centre, réduction drastique du temps des parloirs (parfois 10mn contre 45mn auparavant), interdiction des dépôts (vêtements, nourriture, clopes...) sans rendez-vous parloir, et coups de pression des keufs, fouilles, gazages, insultes, tentatives de fichage lors de diverses actions à proximité du centre (tractages et parloirs sauvages).

Le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau, à travers le 2nd round de la loi Asile et Immigration, propose de faire passer la rétention administrative de 90 jours à 210, soit près de 7 mois. Le discours s’est clairement durci, notamment depuis la venue au CRA, de Gérault Verny, député d’extrême droite des Bouches du Rhône. Il s’est présenté aux personnes enfermées comme un avocat et les a filmées à leur insu et sans les flouter avec l’aide d’un "journaliste" du média fasciste "Frontière" (anciennement Livre noir). La vidéo voudrait assimiler les personnes enfermées à des "délinquants" pour mieux manipuler l’opinion publique et cacher la réalité abjecte de ces lieux-là. Malgré tout, les gens à l’intérieur continuent de se révolter par des grèves de la faim, des évasions (ou des tentatives) et disent haut et fort leurs conditions d’enfermement. C’est pour leur apporter du soutien que nous sommes allé.es, une énième fois, devant le CRA avec de la musique et des slogans. Puis, pour une fois, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, pas un flic pour venir nous dégager. C’est sûre qu’on y reviendra !

L’EPM (établissement pénitentiaire pour mineurs) de la Valentine se trouve à un endroit excentré, un no man’s land entre l’autoroute de l’est et la zone commerciale. C’est là qu’on enferme des adolescents de 13 à 18 ans, exclusivement des garçons, car les filles, sont déjà enfermées près du bâtiment des femmes aux Baumettes. La nuit du 31 décembre, on a crié, mis Wesh Wesh à fond, craqué des feux d’artifices et dansé près des murs en béton, et on a même pas été interrompu.es par la flicaille !!! Même si malheureusement on n’a pas réussi à entendre de réponse de l’intérieur, on espère avoir été entendu.es et ça nous a bien donné envie de retourner devant cette taule pour filer de la force aux jeunes enfermés.
Si vous voulez leur passer le bonjour, voilà l’adresse : Montée Commandant de Robien, 13011 Marseille.

Aux Baumettes, la situation est encore plus tendue depuis quelques mois : nombreux suicides (au niveau national, 125 suicides en 2024), et en novembre la mort d’un jeune égorgé dans sa cellule. Comme toujours, les médias et le gouvernement instrumentalisent la mort et la violence en prison pour déshumaniser la population carcérale et masquer la responsabilité de l’administration pénitentiaire. Le ministre de la justice et celui de l’intérieur des derniers gouvernements n’ont pas hésité à se servir de cette mort comme passerelle politique pour justifier l’application de peines plus dures et la création de plus de places de prison (15 000 nouvelles places d’ici 2027). Le 2 janvier, Darmanin, fraîchement débarqué à la justice, s’est rendu aux Baumettes pour mettre de l’huile sur le feu médiatique du "plan de lutte au narcotrafic". Une excuse de plus pour imposer plus d’isolement aux prisonnier.es et donner plus de moyens et d’effectifs aux maton.ne.s à l’intérieur et aux flics à l’extérieur.
Début décembre 2024, la directrice des Baumettes reçoit des menaces sur les réseaux sociaux. L’affaire est très vite utilisée pour durcir les conditions à l’intérieur et à l’extérieur de la prison : plus de fouilles pour les prisonnier.e.s, parloirs retardés, contrôles accrus aux abords de la prison.

Raison de plus pour aller soutenir les prisonnier.es des Baumettes la nuit du 31 décembre. À l’extérieur, des feux d’artifice craquaient de partout. On a mis de la musique et on a crié notre solidarité aux personnes incarcéré.es. Les réponses ont fusé, cris, chants, et barreaux tapés en rythme.

Même pas le temps de mettre Wesh Wesh en entier que les prisonnières nous préviennent : trois camions de CRS et plusieurs voitures arrivent. Placages contre le mur et contrôle, identification par caméras embarquées et couplées aux caméras de vidéosurveillance de la rue. Les prisonnières se foutent de la gueule des flics, et ça nous soutient de ouf. Trois copain.es se font embarquer sous prétexte d’un arrêté rendant délictueux les tirs de mortier dans l’espace public pendant les fêtes.
Ielles partent en garde à vue pendant 18 heures. On se mobilise pour aller les soutenir.

Dans un contexte de répression particulièrement fort des luttes des prisonnier.e.s et des actions de solidarité à l’extérieur, soutenir les personnes enfermées est un moyen de résister et lutter.

Force à toutes les personnes enfermées et à leurs proches !

Force aux prisonnier.e.s à l’isolement !

Bouillonville (Meurthe-et-Moselle) : sabotage du mât de mesure du projet d’éoliennes

Publié le 2025-01-14 23:52:16

Vandalisme sur un mât de mesure des courants éoliens
Est Républicain, 14 janvier 2025

Installé au cours du mois de juillet dans un terrain situé au lieu-dit « La pièce aux vaches », le mât de mesure destiné à évaluer le potentiel éolien du site pressenti pour la création d’un parc d’éoliennes sur des terrains exclusivement communaux a été détruit il y a quelques semaines.

« Cet acte de vandalisme est totalement irresponsable dans la mesure où les nombreuses possibilités de contestations existent, dans le respect de la démarche et des budgets engagés », réagit Gérard Renouard, maire. Cependant, il n’est pas sûr que l’entreprise JP Énergie Environnement remette en place ce mât de mesure. « Le classement à l’Unesco du cimetière et mémorial américain de Thiaucourt a changé la donne. Un périmètre doit être respecté autour de ce site. Il n’est donc pas certain de revoir un mât de mesure à cet endroit. »

Action contre EGIS, jeudi 9 janvier

Publié le 2025-01-14T14:16:29+01:00

Jeudi matin à 6h3O, nous étions une trentaine de personnes rassemblées devant la zone d’activité du Perray où se trouve l’entreprise Egis, responsable du projet de construction du Centre de Rétention Administrative de Nantes.

Pour rappel, cette entreprise est complice de l’État français dans sa politique d’enfermer des étranger.es à qui elle refuse un titre de séjour. L’État français a pour projet de doubler les places de rétention administratives en France. Le projet de CRA à Nantes prévoit une capacité d’enfermement de 140 personnes alors qu’aucun CRA n’existe actuellement dans le département et que le CRA le plus proche, à Rennes, ne permet d’enfermer « que » 60 personnes. Ce projet aurait donc des conséquences réels et dramatiques pour de nombreuses personnes. Les activités d’Egis participent au développement du nucléaire en France, aux technologies de surveillance, et aux infrastructures aéroportuaires. Egis renforce la domination occidentale et son rapport coloniale sur le reste du monde. Notamment, elle agit avec Systra et Alstom pour développer le tramway de Jérusalem vers les colonies israéliennes illégalement installées en territoire palestinien. L’entreprise soutien donc l’expansion coloniale israélienne dans le contexte du génocide palestinien en cours.

Nous avons donc verrouillé les deux portails d’accès à la zone d’activités dans le but de faire pression sur Egis et d’informer les employé.e.s des agissements de cette société. Nous les avons accueilli.es avec des tracts, de la musique et un café frangipane.

Certain.es ont volontiers pris quelques minutes pour discuter avec nous, tandis que d’autres paraissaient très énervé.es qu’on ose se trouver sur leur chemin. A celles et ceux qui voulaient entrer en voiture, on a demander de se garer à l’extérieur et d’entrer à pied.

Au bout d’une demi-heure, nous nous sommes rendu.es compte que le portail qu’on avait laissé sans surveillance avait été rouvert. Une partie du groupe est retourné sur cet accès pour filtrer l’entrée et distribuer des tracts. Nous avons laissé les voitures passer après leur avoir remis un tract, ce qui a retardé les entrées et perturbé l’arrivée au travail des employé.e.s.

Vers 9h, alors que nous commencions à être à cours de tracts et que les entrées sur le site commençaient à se raréfier, un véhicule de patrouille de la police nationale est passé constater notre action. Nous étions déjà sur le point de partir, et les échanges ont été relativement tranquilles.

Nous invitons maintenant les employé.es de cette entreprise, à la remettre en question par les moyens qu’ielles trouveront adaptés. Plus particulièrement à diffuser l’information autour du projet de CRA et mettre la pression pour que celui-ci n’ait pas lieu.

Pour beaucoup, nous ne nous connaissions pas avant de faire cette action ensemble. Cette action nous a motivé.es et nous a laissé entrevoir des possibilités de lutter jusqu’à l’abandon du projet de CRA. On vous invite à relever ce défi avec nous !

Chalonnes-sur-Loire: pas un sou pour les fachos

Publié le 2025-01-14T16:09:22+01:00

L’entreprise «Les blancs de l’ouest» et ses employés ne sont pas les bienvenus. Mais ils ont l’air d’être dur de la feuille. Nous l’avons donc écrit sur les murs. Peut-être qu’ils savent lire…

Cette entreprise est constituée des frères Benoît-Joseph et Thibaut Cochin, tous deux anciens membres de l’alvarium1, organisation néofasciste angevine dissoute pour incitation à la haine raciale et implication dans des faits de violence. Cette dissolution par décret en novembre 2021, a été confirmée par le conseil d’état en 2023. L’entreprise compte également le beau frère des frères Cochin, Pierre-Antoine Reveillard2, marié à Marie-Victoire Cochin, et lui aussi proche de Jean-Eudes Gannat, fondateur de l’alvarium.

1https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Alvarium

2https://raaf.noblogs.org/post/2023/10/25/blancs-bonnets-de-louest-et-bonnets-blancs-de-louest-ou-comment-ne-pas-separer-le-charcutier-du-fasciste/

Discussion mercredi 29.01.25 autour de l’émission #80 Prison et technologie

Publié le 2025-01-15 00:00:00

Mercredi 29 janvier 2025 à 19h
A la bibliothèque anarchiste Libertad
19 rue Burnouf, Paris 19e
métro Belleville ou Colonel Fabien

Une des caractéristiques des prisons modernes c’est d’être équipées de toujours plus de technologies. Les dispositifs de brouillage d’ondes et les caméras se multiplient, les détecteurs d’objets sur les personnes se perfectionnent, l’utilisation de la biométrie se banalise, le traitement des données se numérise et se centralise, d’un côté, et de l’autre l’accès à internet par les prisonnièr-es est mis en débat et des expérimentations à base de casques de réalité virtuelle sont faites dans un but de réinsertion.
Cette émission aborde l’usage de la technologie dans les prisons françaises, l’influence des entreprises privées et de l’étranger, et les résistances à l’intérieur. A partir d’écoute de morceaux choisis on pourra discuter de la place de la technologie en prison qui fait forcément écho, de manière amplifiée, à son rôle à l’extérieur : pouvant faciliter certains aspects de la vie et même des luttes, elle permet en contrepartie d’automatiser, classifier, analyser, et donc surveiller des pans toujours plus larges de l’existence. A partir de là comment s’y attaquer ?

Les ami.es de la bibli Libertad !?

Publié le 2025-01-15 00:00:00

[Pour imprimer et faire tourner ce fly de l’appel à don pour soutenir la bibli Libertad, c’est ici en PDF]

Une bibliothèque anarchiste à Paris, indépendante des organisations libertaires et des institutions ? C’est possible depuis 2010 à Belleville, avec des permanences tous les mardis, des archives, un infokiosque fourni, des milliers de livres en prêt, des discussions et des causeries mensuelles !

Ses murs ont fait résonner les voix de compagnon.nes d’autres continents venus partager leurs luttes. Ils ont permis de glaner documents et témoignages de combats passés pour mieux approfondir les possibilités du présent. Ils se sont fait l’écho solidaire des incarcéré.es ou de vagues d’attaques contre l’existant. Ils ont vibré de vifs débats sur les nouveaux assauts de la domination contre la liberté et le vivant, comme sur les différents chemins à entreprendre pour mettre à bas le monde tel qu’il ne va pas.

Au cours de ces quatorze années, la bibliothèque a toujours eu à cœur de rester loin de tout financement institutionnel, notamment grâce à des repas de soutien, des concerts, des dons ou de la débrouille. Malgré tout, nous jonglons avec toujours plus de retards de loyers à payer. Vous pouvez nous soutenir avec des dons réguliers ou ponctuels, notamment issus d’initiatives publiques organisées de façon décentralisée, qui viendront s’ajouter aux nôtres…

Les bibliothécaires fauché.es


Devenez ami.es de la bibliothèque anarchiste Libertad pour nous soutenir, en passant sur place déposer du flouze dans la boîte prévue à cet effet ; en envoyant un billet (bien emballé) ou un chèque à l’ordre de PRO à Bibliothèque Libertad / 19 rue Burnouf / 75019 Paris. Quant aux cordonnées bancaires pour effectuer un virement ponctuel ou permanent, écrire à : amiesdelibertad@riseup.net

[France] Faire face au contrôle (2)

Publié le 2025-01-15 15:33:59
repris dans la presse
 

Deux employés, venus installer une caméra de vidéosurveillance à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ce mardi 7 janvier, ont été agressés. Les faits se sont déroulés dans la cité des 3.000 vers 7 heures, a appris BFM Paris Île-de-France auprès du parquet de Bobigny, confirmant une information du Parisien.

Les employés, dont l’un d’entre eux travaillait dans une nacelle, étaient assistés par la police municipale. Ils ont été visés par des jets de pierres et deux personnes cagoulées ont mis le feu à la nacelle. Les employés n’ont pas été blessés.

Une enquête, du chef de tentative d’homicide volontaire et de dégradation par incendie ou moyen dangereux, a été ouverte.

Soirée en solidarité avec les anarchistes inculpé.es dans l’affaire antiterroriste liée à l’explosion d’une bombe dans un appartement à Athenes

Publié le 2025-01-15T10:23:49+01:00

Vendredi 31 janvier, à l’aeri, 57 rue etienne marcel à Montreuil.
17h30 Ouverture
18h Visio avec les compagnonnes grecques emprisonnées
19h Cantine : Samossa, legumes farcis, gateaux de semoule
20 h Karaoké !
Et toute la soirée infokiosque, bar et écriture de lettres aux prisonnier.es

Le 31 octobre 2024, une bombe a explosé dans un appartement à Athènes où se trouvaient deux compagnon.nes anarchistes, tuant sur le coup Kyriakos et blessant gravement Marianna.

Dans sa guerre, l’État ne laisse jamais aucune trêve et, à peine Kyriakos était-il décédé, qu’il s’est attaqué à ses compagnon.nes endeuillé.es, en incarcérant cinq personnes dont Marianna virée prématurément de l’hôpital dès la mi-novembre suite aux pressions du juge. Il les poursuit sous enquête anti-terroriste avec 8 chefs d’inculpation et alimente une campagne médiatique de dénigrement à leur encontre.

Qu’on ne s’y trompe pas : celui qui répand la terreur, c’est bien l’État. Nous voulons là réaffirmer notre solidarité et notre confiance en nos compagnon-nes : si iels fabriquaient une bombe, nous pensons bien qu’iels auraient voulu en faire un bel usage.

L’autorité sous toutes ses formes trouvera toujours face à elle des anarchistes avec les moyens qu’iels estiment pertinents pour l’affronter. Et face à la répression et la mise en pâture de compagnon.nes luttant pour la liberté, nous voulons être solidaire de là où nous sommes.

Cette soirée, une initiative parmi d’autres, est l’occasion de prendre des nouvelles des inculpé.es et de l’affaire et de discuter de solidarité. Elle permettra de récolter de l’argent à destination de l’assemblée à Athènes qui participe à la solidarité et au soutien des inculpé.es et de la caisse francilienne Kaliméro qui envoie des mandats à deux des prisonnier.es. C’est aussi un moment pour partager un bon repas, des idées, du réconfort et de la joie pour poursuivre nos combats !

Nous souhaitons à Marianna de se rétablir vite et le mieux possible. Nos pensées vont aussi aux amies et proches de Kyriakos et nous sommes tristes de la perte d’un compagnon.

Avec le coeur et la rage
Solidarité avec les inculpé.es,
Liberté pour toutes et tous !

 

Amsterdam (Pays-Bas) : sabotage de deux grues des chantiers navals Damen

Publié le 2025-01-16 01:11:03

Traduit du néerlandais de indymedia.nl, 26 décembre 2024

Dans un récent discours, le chef de l’OTAN, Mark Rutte, a averti que « nous ne sommes pas prêts pour ce qui nous attend dans quatre ou cinq ans » et que l’Europe doit « passer à une mentalité de guerre et donner un coup d’accélérateur à la production et aux dépenses de défense ». Pendant que l’OTAN se prépare à la guerre à venir, les entreprises d’armement du monde entier gagnent des millions sur la guerre qui est déjà là, et des millions de migrants fuient les guerres présentes et passées.

En tant qu’anarchistes, nous devons nous demander comment nous allons agir, aujourd’hui et demain. Allons-nous nous plaindre en ligne du dernier outrage ou nous joindre à ceux qui tournent en rond, suppliant les politiciens de leur donner des miettes, de faire quelque chose, n’importe quoi d’autre que de financer ces marchands de mort ? Ou allons-nous prendre les choses en main ? En organisant l’entraide avec les personnes déplacées par les conflits, le climat et l’économie. En bloquant et sabotant les entreprises d’armement qui rendent possibles la guerre, le colonialisme et le génocide. Le premier jour de Noël, certains anarchistes ont choisi de s’occuper de ce dernier point : s’introduire dans le dock flottant de l’Oranjewerf à Amsterdam, propriété de l’entreprise Damen, et saboter deux grues en brisant les consoles d’ordinateur et les manettes. Damen est une entreprise néerlandaise de construction et de réparation navale qui possède plus de 30 chantiers navals et opère dans 120 pays à travers le monde. L’entreprise produit des navires de travail ainsi que des navires militaires et des patrouilleurs utilisés par la police des frontières de nombreux pays.

Damen a conçu et exporté des navires militaires pour de nombreuses marines dans le monde, dont celle des Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis font partie de la coalition de pays dirigée par l’Arabie saoudite qui a mené la guerre contre les Houthis au Yémen, une guerre qui a fait plus de 150 000 morts. En outre, 227 000 personnes sont mortes en raison de la famine et de l’insuffisance de soins de santé, en partie à cause du blocus naval imposé par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Les navires construits ou conçus par Damen ont très certainement été impliqués dans cette catastrophe humanitaire.

Damen profite de la militarisation croissante des pays du monde entier. Par exemple, grâce au chantier naval de Song Cam, une coentreprise avec un partenaire vietnamien, situé non loin de la frontière chinoise et à proximité directe du quartier général de la marine vietnamienne à Haïphong. Damen a déjà vendu quatre grands navires de classe Sigma à la marine vietnamienne. Ces navires seront équipés de missiles fabriqués par l’entreprise européenne MBDA, de trois canons italiens Oto Melara et seront dotés de capteurs, d’un système de conduite de tir et d’un système de gestion de combat de Thales Netherlands. Ce chantier, un des plus grands du groupe Damen, est situé à proximité de la mer de Chine méridionale, une région qui est constamment sous le feu de l’actualité. C’est là où les États-Unis, la Chine et leurs mandataires font jouer leurs muscles et où les politiciens sèment la peur d’une troisième guerre mondiale. À chaque pas vers la guerre, Damen engrange d’énormes bénéfices.

En dehors de la marine, la société Damen fournit l’industrie pétrolière de toute une gamme de navires pour le transport du personnel et leurs activités offshore, comme la construction de plates-formes et la pose de tuyaux au Nigeria. Shell [entreprise néerlandaise] et d’autres compagnies pétrolières ont dévasté le delta du Niger et des mercenaires, des milices et l’État ont assassiné d’innombrables manifestants et insurgés qui cherchaient à libérer leur territoire de l’emprise néocoloniale des grandes compagnies pétrolières. Bien entendu, Damen fournit également à la marine nigériane de petits navires tels que le LST-100, adapté au transport de 235 soldats, avec des rampes d’étrave et de poupe capables de supporter 70 tonnes (soit un peu moins que le poids d’un char de combat), et capable de transporter des navires plus petits et des véhicules (blindés), d’embarquer des hélicoptères et des drones de surface et aériens. Ces bateaux sont utilisés pour lutter contre la piraterie et protéger l’industrie pétrolière.

Lorsque des personnes tentent de fuir cette dévastation, causée par les entreprises et les États européens par le biais du colonialisme et de la guerre, afin de trouver refuge en Europe, elles sont souvent interceptées par les garde-côtes ou les patrouilles frontalières à bord de navires construits par Damen. Le groupe Damen fournit au Maroc, à la Tunisie et au Royaume-Uni des navires utilisés pour patrouiller les frontières extérieures et intérieures de la forteresse Europe. Il fournit également les garde-côtes libyens, qui sont connus pour intercepter de force et parfois tirer sur les migrants et les navires de recherche et de sauvetage. Damen profite de tous les fronts : de l’industrie et de l’extraction des ressources qui mènent souvent à la guerre, de la guerre elle-même et de ses conséquences lorsque les gens tentent d’émigrer, en vendant des navires industriels et militaires dans le monde entier au plus offrant.

Les 24 et 25 juin, le prochain sommet de l’OTAN se tiendra à La Haye, où politiciens, militaires et représentants de l’industrie de l’armement se réuniront pour discuter de la manière la plus efficace de faire la guerre au reste du monde. Ce sommet s’accompagnera de la plus grande opération de police de l’histoire des Pays-Bas, à laquelle participera la moitié des forces de police du pays. La police a poliment demandé au public de ne pas organiser d’autres événements pendant cette période, car ses capacités seront sollicitées au maximum. Et vous, quel est votre plan ?

Occupation contre la menace d'expulsion imminente !

Publié le 2025-01-16 17:56:23

Occupation contre la menace d’expulsion imminente !

Infos locales Squat - Logement Actions directes - Sabotages

Le mardi 14 janvier à 16h30, nous nous sommes invité-es au siège de Caen la Mer Habitat pour riposter contre la menace d’expulsion d’APACHE du local au 35 bvd Poincaré.

Nous avons occupé le hall d’accueil, scandé quelques slogans rappelant qu’en l’absence de solution nous refusons de quitter le local et distribué un tract expliquant la situation. Après quelques minutes, la directrice de ce bailleur « social » est descendue discuter avec nous. Un échange commence, rapidement interrompu par l’arrivée impromptue des flics (2 voitures de la BAC, 2 RT, 2 fourgons de la brigade d’intervention). Ils arrivent et pénètrent eux aussi dans le hall, non sans contrôler l’identité d’une personne. Nous refusons alors d’échanger avec la directrice en leur présence. La directrice va leur demander de quitter les lieux, ce qui a eu l’air de beaucoup les chagriner. L’échange se poursuit. La direction de Caen la mer Habitat campe sur ses positions et souhaite qu’on rende le local pour, éventuellement, y retourner par la suite si accord de l’association de 2 résidents appelé à prendre notre place. Hors de question pour nous. Nous finissons par partir, après qu’elle ait ouvert une petite fenêtre sur une proposition potentielle d’un autre local, ou une rencontre avec l’association de 2 résidents en vue d’un partage d’espace. Nous attendons les suites. Et nous maintenons nos activités au local, qui reste toujours sous la menace d’une expulsion.

Les prochains RDV :

Mercredi 15 (18h) atelier d’écriture aux prisonniers-ères
Vendredi 17 (18-19h) permanence
Dimanche 19 (16h) projection et discussion sur les squats (au squat de la Chiffo, 3-7 route de Trouville CAEN)
Samedi 25 (18h) projection de If a tree falls

Pour rappel, A.P.A.C.H.E. est une association créée lors d’une lutte de chômeur-euses et de précaires occupant depuis plus de 20 ans le local appartenant à Caen la mer Habitat (CLMH) au 35 boulevard Poincaré́. Elle organise régulièrement des causeries et projections-débats (contre la guerre, contre le nucléaire, sur la question algérienne, sur des luttes en cours ou passées, etc.), héberge une bibliothèque libertaire, diverses revues et brochures subversives. C’est aussi un lieu d’organisation pour les luttes, sur des bases anarchistes, c’est-à-dire sans chef, par nos propres moyens et avec comme perspective une rupture avec cette société́ reposant sur le fric et la hiérarchie. Le local a par exemple permis de se réunir au moment du mouvement contre la réforme des retraites en 2023 ou de la lutte dite des Gilets jaunes en 2018. C’est aussi un lieu d’entraide, avec une mutuelle de pognon pour faire face aux coups durs, une mutuelle d’outillage, et un espace de solidarité́ avec les personnes incarcérées, les sans-papiers et les chômeur-euses fliquées par l’administration.

A lire aussi...

Design Company for Cop City Charlotte Smashed and Gutted – Lexington, SC

Publié le 2025-01-16 20:32:28

January 6, 2025

On Monday morning, the employees of Boomerang Design, Lexington, South Carolina arrived to a day off work. The night before, shadowy figures broke the glass door, let themselves inside, and smashed computers, printers, phones, office equipment, audio mixers, and every floor to ceiling window.

Usually, Boomerang employees would start their days designing the US's next Cop City; drawing up the ranges where cops are taught to shoot our friends, the rooms where they're taught to raid our neighbors.

Instead, the employees of Boomerang Design were faced with the warning, painted on their last remaining window: "No Cop City CLT (Charlotte)," "Drop the Contract," "1 Down, 3 To Go." Boomerang has 4 offices:

(x) 1070 South Lake Drive Suite J, Lexington, SC 29073

( ) 1230 W Morehead Street Suite 214, Charlotte, NC 28208

( ) 6131 Falls of Neuse Rd, Ste 204, Raleigh, NC 27609

( ) 201 S Washington Street Suite 200, Shelby, NC 28150

Lexington is the first office to face accountability, it won't be last.

Submission

appel à contribution pour une Brochure sur la domination d’âge dans les relations de séduction

Publié le 2025-01-16T11:11:08+01:00

Lancement d’un appel à contribuer à une brochure collective de critique anti-autoritaire du grooming & autres rapports de domination par l’âge dans les relations de séduction.

Pour introduire cet appel, j’ai écris ce texte (les infos pratiques sur le projet sont après) :

Début 2024 j’ai replongé la tête la première dans les eaux troubles de questions dans lesquelles j’avais bien failli me noyer ado : les dynamiques de domination par l’âge dans les relations de séduction.

Pour le contexte : je gravite dans des réseaux anti-autoritaires, plutôt de tendance anarchiste, depuis une dizaine d’années. J’ai traversé plusieurs milieux dans différents territoires. J’y grandi depuis mon entrée dans l’adolescence. J’y ai abandonné l’hétérosexualité, transitionné, m’y suis formé‧e, radicalisé‧e, j’y suis devenu‧e adulte. À force de vieillir, d’accumuler l’expérience et de monter en compétences j’y ai progressivement changé de statut : Je suis entré‧e dans ce milieu en tant que très jeune adolescente qui découvre l’extrême gauche, ses composantes, ses cultures et ses pratiques, et suis aujourd’hui un adulte, certes toujours perméable et en évolution mais avec une base solide de ce que je sais, ce que je suis, ce que je pense, ce que je veux, bref au clair avec tout un tas de choses qui me constituent et vers lesquelles je tend. Quand je suis arrivé‧e dans le militantisme mes camarades avaient sur moi infiniment plus de pouvoir qu’aujourd’hui. J’en avais immensément moins conscience, ce qui décuplait leur prise sur moi. Et comme une suite logique dans l’inversion du rapport, j’ai aujourd’hui bien plus de pouvoir et d’autorité sur les autres que je n’en avais à l’époque. J’avais déjà réalisé y a quelques années m’être extrait de pas mal de rapports de domination en sortant de l’adolescence. Ce que j’ai pris plus longtemps à capter c’est le pouvoir que les années me faisaient gagner : Inévitablement quitter le statut social de l’enfance me faisait rejoindre celui de l’adultness et cette lente « ascension » s’accompagnait d’une prise de privilèges, privilèges qui n’existent que s’ils peuvent s’exercer sur une autre catégorie sociale, en l’occurrence celle des enfants et des ado, celle des plus jeunes que soi. Le tournant qui m’a fait prendre la mesure de ce changement de statut c’est quand j’ai cessé de m’inquiéter que moi et mes ami‧e‧s fassions l’objet de la prédation des adultes, et que j’ai commencé à avoir peur que ce même entourage se mette à draguer, dater, baiser des personnes avec qui il existe un écart d’âge suffisant pour leur donner du pouvoir sur elles.

Ceci dit mes propos s’appliquent largement en dehors de ce contexte puisque les enjeux qui traversent ce dont je parle sont façonnés par un système social. Je situe tout ça parce que c’est dans cette frange spécifique de la société que je baigne, et que les idées anti-autoritaires qui nous y réunissent me font avoir des attentes et une exigence plus grande sur ce qu’on produit entre nous et les pratiques qu’on fait rayonner.

Malgré ce milieu anarchiste, j’ai la sensation d’avoir cheminé très seul‧e dans ces réflexions. Je les discute essentiellement avec des personnes avec lesquelles j’ai grandis ou que je sais avoir un vécu proche du miens.

Cette forme de domination par l’âge est archi universelle puisqu’on vieillit toustes, passant progressivement du statut d’enfant à celui d’adulte. Cette domination a ça de complexe et d’unique, mais aussi qu’elle se base en partie sur une réalité matérielle : les personnes n’ont pas les mêmes capacités motrices, cérébrales, sociales et affectives à 3 ans qu’à 27. Pour survivre, grandir et évoluer en minimisant les risques physiques et psychiques, les enfants ont besoins d’adultes et cela donne nécessairement un ascendant et du pouvoir à ces adultes. Et il se trouve que les adultes usent de ce pouvoir et exercent largement leur domination sur les enfants, faisant d’une inégalité naturelle (les enfants ont globalement moins de capacité et d’autonomie que les adultes) un système d’oppression construit socialement (la société est entièrement bâtie pour les adultes, et l’exercice de leur domination se passe dans toutes les strates éducatives en plus d’être socialement acceptée dans en gros tous les types d’interactions adulte/enfant). Ces dynamiques de pouvoir par l’âge se perpétuent au-delà de celles impliquant des enfants. Elles infusent le rapport que les gens ont aux personnes plus jeunes qu’eux.

Même épargné‧e toute mon enfance par ses manifestations les plus hardcore, j’avais ado une rage énorme contre le pouvoir que les adultes s’octroyaient sur moi, notamment dans le cadre scolaire. C’est une des raisons qui m’a poussé vers mes premiers espaces anarchistes, qui m’a amené vers l’éducation populaire et qui m’a fait embrasser l’anticarcéralisme.

Je l’ai capté bien plus tard mais dans les luttes et réflexions anti-autoritaires aussi, l’âgisme et ses conséquences représentent un sacré angle mort. Pour moi ça c’est illustré très vite dans les ressources que des camarades m’ont mis entre les mains en pensant répondre à mon intérêt pour le sujet.  Parmi elles y avait Pour l’abolition de l’enfance (extrait de La dialectique du sexe, un essaie féministe des année 70), l’Insoumission à l’école obligatoire (une lettre ouverte publié en 1985), et des textes du FHAR, du MLF, de pédagogues des années 70 dont je retrouve plus les noms. Ces textes ils ont en commun de critiquer la domination des adultes sur les enfants, sauf qu’ils participent à consolider la culture pédo et incestueuse au prétexte de l’émancipation de l’enfance et de la libération sexuelle. Même s’ils s’encrent dans des contextes et des directions politiques très diverses, ces textes développent une rhétorique commune. L’idée transversale qu’on y trouve c’est que la lutte contre l’oppression de l’enfance pourrait annihiler les rapports de pouvoir d’âge, notamment dans la sexualité. L’hypocrisie qu’y a là-dedans c’est qu’en vrai la domination persiste, et qu’avec un vernis de théories politiques fumeuses on décuple la légitimité à l’exercer. Par exemple, la levée du tabou autour de la sexualité des enfants ainsi que la revendication de plus d’éducation au consentement, à la santé sexuelle et à la sexualité, sont utilisées pour légitimer que cette sexualité infantile ou adolescente soit partagée avec des adultes.  La critique du pouvoir que s’octroient les adultes sur les corps et la volonté des enfants est, elle, instrumentalisée pour dire qu’il serait émancipateur de laisser vivre tous les désirs des enfants/ado, y compris ceux portés sur des adultes. La remise en question des catégories légales « majeurs » / « mineurs » est, quand à elle, invoquée pour rendre politiquement défendable des relations entre deux classes d’âge.  En grandes lignes je lis de la mains de mes aîné‧e‧s politiques qu’y a pas de galère à se baiser entre ado et adultes parce que ce qui compte c’est l’expérience et les rencontres, et que ça ça dépend pas de l’âge des personnes mais bien de leur parcours. Et qu’en vrai empêcher les ado et jeunes adultes de baiser qui iels désir au prétexte de l’écart d’âge, bah c’est grave les infantiliser en fait, et que l’infantilisation c’est l’exercice du pouvoir. Et bim. Donc j’ai 16 piges et les adultes qui m’introduisent au militantisme, ces adultes pour qui mon admiration n’a d’égale que ma quête de validation, me mettent dans les mains une littérature qui défend qu’un des moyens politiques des luttes contre la domination adulte, voir un de ses aboutissements, est de pouvoir avoir des relations de quelle que nature qu’elles soient entre individus de quel qu’âge qu’ils soient. Sacré moove pour normaliser la drague de camarades trentenaires sur des ado. A l’époque ces textes moi je les dévore avec enthousiasme. Et même si je m’attarde assez peu sur les parties traitant de sexualité, je n’ai jamais eu besoin de m’y replonger pour me rappeler du fond et de la récurrence des idées développées sur la question dans les différents bouquins et brochures que j’ai lu à cette période. Clairement j’ai pas eu besoin de particulièrement me concentrer pour qu’elles imprègnent ma pensée : ça venait juste confirmer et valider par des « arguments politiques » ce que la société entière crie dans sa culture de la pédocriminalité. Ça venait légitimer une culture pédo et éphébo en faisant croire qu’on redonne du pouvoir aux enfants, ado et jeunes adultes.

Perso il m’a fallut sortir de l’enfance pour être capable d’analyser avec un peu de finesse dans quels rapports de domination d’âge j’étais imbriqué‧e. Avant j’en avais certains aspects et un genre de colère de l’injustice mais il me manquait du recul et des clefs. Les implications de l’âgisme dans les rapports de séduction sont celles qui me prennent le plus de temps à démêler, parce qu’au mieux invisibilisées, au pire justifiées et utilisées par les adultes qui m’entouraient, invisibles pour l’enfant que j’étais puis niées par l’ado que je suis devenu‧e. Aujourd’hui adulte elles me sont enfin un peu plus lisibles.

C’est sur cet axe que je nous propose d’écrire, que je vous propose de nous lire :celui des rapports de domination par l’âge dans les relations de séduction, dans les relations amicales ou de camaraderie politique, dans les relations romantiques, sexuelles, amoureuses. Cette brochure c’est une tentative qu’on produise par nous même les ressources qui nous manquent. Qu’on y raconte nos vécus, les analyses qu’on en a, et qu’on construise comment mettre fin à ces dynamiques puantes.

L’intention de cette brochure c’est de penser collectivement la question des relations de domination par l’âge dans la séduction, avec un angle anti-autoritaire : c’est-à dire de façon matérialiste, qui conçoit l’intime et les relations, l’autorité et le pouvoir comme des sujets politiques, et dans une perspective de justice transformatrice.

L’objectif c’est de :

Avec pour moyen de réaliser une brochure regroupant d’une façon cohérente de l’analyse politique, du témoignage, des outils, un répertoire de ressources. L’idée est de réunir des contributions d’ici mai et que la brochure soit diffusée d’ici la fin d’année 2025.

Au fil des discussions avec des copaines et des camarades, plein d’axes et de thèmes ont été évoqués. C’est évidemment pas une liste exhaustive, mais elle peut donner une idée de ce que cette brochure dirait sur le fond :

Sur la forme et en terme pratique, ce qui a été définit c’est que :

Si tu veux participer au projet tu peux :

Trop hâte de voir ce projet exister !

Merci d’avance pour vos retours, vos contributions et la diffusion

à très vite

appel-brochure

NYE noise demo reportback – Chicago, IL

Publié le 2025-01-17 00:55:55

NYE Noise Demo @ MCC Chicago

Cheers y'all, to another year of raising hell against the prison state in solidarity with our comrades and community behind the walls. Chicago did it right again with a rambunctious noise demo outside the Metropolitan Correctional Center, the hellacious downtown federal jailscraper. Mobile laser sound systems blasting, pots and pans clanging; bird whistles and a gaggle of megaphones filled the air with chaotic rhythms. Folks inside loudly banged windows from every cell window and floor, showing us dance moves and light shows of their own. "Free Them All!" we chanted, demanding the release of Leonard Peltier, Mumia Abu-Jamal, and all political prisoners; and called out the pigs for the murder of Dexter Reed in his car, Sonya Massey in her home, Cory Ulmer and Robert Brooks behind bars, just a few of the over 1300 people murdered by police this year. On the street, plenty of passing revelers stopped by to see what the street ruckus party was about, checking out the zine cart and even helping hold the ACAB banner. The crowd marched around the building to make sure people on all sides got to see that they are not forgotten, to share the countdown to the end, to ring in the new year and join in on the dance party happening on the street.

An overwhelming pig presence surrounded the area for hours in advance: cruisers lining the streets with dozens of cops idling on corners, a fence blocking off the plaza was installed since last year. Despite their seeming omnipresence, we resisted, shaking their fences and shooting fireworks bouncing off the heights of those brutalist prison walls, exploding joyously outside cell windows. Later, some went to the ICE field office conveniently located down the street visible from MCC. The pigs were too slow to stop a little redecoration with an important unwelcoming message to incoming Trump ICE dictator Tom Homan: painted on the front efface, "Die, Homan. GTFO Chicago", "Abolish ICE". We marched on for several blocks before disappearing into the new year for more late night revelry; unfortunately, after everybody had already dispersed, some sneaky pigs apprehended at random a few people at a CTA train platform; one was held overnight and released with a misdemeanor.

It's imperative to mark the connections between the carceral state and the xenophonic white supremacist colonial project of of mass deportation; many more prisons and jails are being planned to be built to process the millions of lives they intend to interrupt. Homan, the incoming "border czar" says Chicago is ground zero on day one of the incoming Trump regime: but they underestimate how fiercely determined and prepared people are to defend our city from their racist federal stormtrooper armies. We reject the racialized copagandized 'dangerous city' narrative crafted by an entire ecosystem of police scanner bros, racist nightcrawlers, and low-orbit suburban MAGA chuds feeding video clips to FOX and other right-wing outlets, who all year have spread disinformation and sensationalist lies, hyping up crime and demonizing migrants to the point of absurdity. They've been laying the groundwork for the incoming regime to attack the good people in our supposed leftist "Sanctuary City", but even despite this policy, neoliberal administrations fail our newest residents with embarrassingly insufficient social services and decrepit 'shelters'. A coordinated astroturf campaign from the right has been underway to divide communities and erode the public, an attempt on Illinois MAGA takeover: dustbin of history types Paul Vallas and Darren Bailey have failed mayoral and gubernatorial power grabs, but unfortunately Eileen O'Neill Burke snuck through as new top prosecutor, a racist FOP-backed former judge who in her first week dropped charges against Oak Lawn pig Patrick O'Donnell who committed a brutal hate crime against a 17 year old Palestinian. Caught between cowardly neoliberals and fascist onslaughts, it's time to break from elections, reforms, and turn to each other to carve new paths.

Crime will be the main vector in which the incoming fascist regime will leverage in justification for their abhorrent plans to deport, meaning our strategy of defending against this must apply abolitionist frameworks and a rejection of "citizenship", "peace", and their "law and order". The struggle to overthrow carceral society is tied directly to the fight for inherent and forever rights and unstoppable force of migration. Facing an untenable dystopic future, more people are realizing the necessity to organize autonomously and collectively, to fight to survive against this fascist wave of aggressive prison politics going buck wild with Trump's re-election, and to build a more liberated existence. Escalate against the state and support the comrades willing to take risks to bring it all down!

Remember, it wasn't too long ago that two people escaped from MCC with bedsheet ropes from above the 10th floor of this downtown monstrosity, a reminder that no wall is too high to deter our desires and stop the will of people yearning to be free. Free Them All!!

Found on Chicago Anti Report

Exigeons la transparence dans l'affaire Eve KOUACHE !

Publié le 2025-01-17 08:00:02

Le 20 juillet 2022, Eve KOUACHE, une femme transgenre mesurant 1m50 et reconnue adulte handicapée est morte 10 jours après avoir été internée de force dans un EPSM de Haute-Savoie (74) où on l’a retrouvée pendue. Elle vivait à Nantes (44) et venait à peine de fêter ses 41 ans. Pour des raisons jamais révélées à ce jour, elle a été arrêtée en gare d’Evian (74) le 10 juillet 2022 sous le statut de SDF psychotique alors qu’on l’avait dépouillée de tous ses papiers d’identité, de paiement et de communication.

Eve a été internée sous X, sous double contention sans aucune explication ni justification claire, alors même que les urgences de Thonon les Bains ont reconnu noir sur blanc qu’elle n’avait aucune tendance suicidaire.

Depuis presque 3 ans on refuse à la famille l’accès au dossier médical ainsi qu’aux conclusions de l’enquête sur les causes du décès. Plainte classée sans suite, homicide involontaire reconnu du bout des lèvres, puis ordonnance d’incompétence du tribunal de Bonneville (74). D’autre part aucun avocat ne veut se saisir du dossier.

La famille qui ne croit pas au suicide, exige une enquête sur les circonstances entourant le décès tragique de Eve KOUACHE ainsi que la divulgation complète des informations médicales. Elle réclame également qu’on lui rende enfin les effets de la victime, réputés inexistants.

Il est inacceptable que cette tragédie soit balayée sans enquête approfondie ni transparence pour les proches endeuillés. Les femmes transgenres sont déjà marginalisées dans notre société avec un taux élevé d’agressions physiques et sexuelles (environ 1 sur 2 selon Amnesty International France). Des mesures doivent être prises pour garantir la sécurité et le respect des droits de toutes les personnes transgenres dans les institutions de santé mentale : article L3212-1 code santé publique.

Lien : https://rebellyon.info/Je-porte-plainte-Affaire-Eve-25076

Affiche : Appel à l’action contre l’oléoduc PRGT

Publié le 2025-01-17 13:05:00
Jan 172025
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

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Collage antinuk sur Science Po Caen

Publié le 2025-01-17 13:08:37

Collage antinuk sur Science Po Caen

Infos locales Antinucléaire Ecologies

Dans le cadre de l’« Agora des transitions » à Science Po Caen, la conférence « Avant-garde de la création bande dessinée face à la bascule écologique » était tenue par Gaspard Laurent, bédéiste, mardi 14 janvier à 18h. Nous en avons profité pour faire un joyeux collage la veille au soir, et avons tapissé les murs de l’école avec des extraits de la bande dessinée Cent mille ans, Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires ; le tract Et le nucléaire dans tout ça ? ; et quelques affiches anti-nucléaires…

L’antenne de Science Po Rennes, nommée « campus transition », a été créée à Caen en 2012, rue Pasteur. Le campus forme environ 150 étudiant.es au « droit de l’environnement, de l’urbanisme ou des énergies renouvelables, dans une optique de gestion de projets et de territoires. »

La transition écologique n’est qu’un vaste projet de restructuration du capitalisme qui a digéré les symboles des luttes pour le climat, par le biais des énergies nucléaires et extractives (les énergies « renouvelables » impliquent des ressources qui s’obtiennent par l’extractivisme, une violence infligée aux environnements et aux populations). Plutôt que de sauver la planète, il s’agit de poursuivre et d’accentuer la destruction de tout par le progrès industriel en le greenwashant.
Si les intentions des étudiant.e.s de ces écoles peuvent être honnêtes, il est important pour nous de leur faire savoir que ce n’est pas possible d’arranger les choses de l’intérieur de ce système. Ainsi, nous les incitons à déserter leur école et rejoindre les personnes qui luttent directement contre le capitalisme destructeur. Peut-être à l’occasion du camp Haro ou d’autres évènements qui peuvent exister. Ne serait-ce que pour se confronter à d’autres idées et d’autres pratiques que les mensonges et les impasses bureaucratiques de la politique politicienne.

Dans le cadre de l’« Agora des transitions », la conférence « Avant-garde de la création bande dessinée face à la bascule écologique  » était tenue par Gaspard Laurent, bédéiste, mardi 14 janvier à 18h.
Nous en avons profité pour faire un joyeux collage la veille au soir, et avons tapissé les murs de l’école avec des extraits de la bande dessinée Cent mille ans, Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires [1] [2] ; le tract Et le nucléaire dans tout ça ? ; et quelques affiches anti-nucléaires…

Les étudiant.es du « campus transition » travaillent parfois pour le développement des énergies dites renouvelables, comme actuellement l’implantation d’éoliennes industrielles marines autour du Cotentin et ils travaillent également pour aider à l’implantation des nouveaux EPR de la relance du nucléaire. C’était le cas, par exemple, en 2022 lorsque les étudiant.es de 1re année de Master Concertation et territoire en transition ont travaillé avec la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) sur l’enjeu de l’aménagement du territoire autour de la centrale nucléaire de Penly… Ils ont ainsi participé à organiser le débat public national qui s’est tenu entre octobre 2022 et février 2023 à Lille, Lyon, Rouen, Paris, Dieppe, Rouen,… sur l’implantation de 6 réacteurs EPR2 (dont les deux premiers seraient situés à Penly) – débat public perturbé ici ou là par des anti-nucléaires en colère.

On peut également citer les podcast de la webradio « Greenfluence », animée depuis 2024 par quelques étudiant.es de Science Po Caen. La question du nucléaire a été abordée dans l’émission du 5 octobre sous forme d’un exercice très scolaire entre les arguments « pour » et « contre » le nucléaire, mais toujours en faveur d’un « pour »…, et utilisant souvent des comparaisons fausses et naïves comme le fait qu’il n’y aurait plus d’accident de type Fukushima/Tchernobyl à craindre grâce à la technologie nouvelle de l’EPR de Flamanville (bravo la science !) ou encore l’idée que le projet d’enfouissement des déchets à Bure est bien moins un problème puisqu’Orano parviendrait à recycler l’uranium et le plutonium (alors que le recyclage du combustible nucléaire – et non pas des déchets – pour en faire du MOX ou des bombes, n’a absolument rien à voir avec les 85 000 tonnes de déchets nucléaires prévus dans les galeries de Bure !)... Peut-être que les extraits de la bande dessinée Cent mille ans donneront à leurs yeux un peu trop formatés, une autre vision de l’industrie nucléaire (répression, autoritarisme, propagande et achat des élu.es) ?

En tout cas, ce collage fut une initiative parmi d’autres, qui, on l’espère, seront nombreuses et multiples pour ramener la question anti-nucléaire dans les esprits. Et particulièrement en cette année cruciale de vitrine du « démarrage » de l’EPR de Flamanville vis-à-vis de la relance du nucléaire, que nous espérons bien voir capoter.

Affiche Cent mille ans, Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires :

Affiche Et le nucléaire dans tout ça ? :

Affiche Société nucléaire = société policière

Affiche Non le nucléaire n’est pas vert d’ailleurs le nucléaire n’est pas une couleur c’est un enfer industriel mortifère foireux colonial patriarcal et atrocement polluant STOP MAINTENANT

Notes :

[1parue aux éditions Seuil en octobre 2020

[2Texte de l’affiche largement repris de : https://blogs.mediapart.fr/la-revue-dessinee/blog/251120/bure-ou-le-scandale-enfoui-des-dechets-nucleaires Billet de la Revue dessinée, 25 novembre 2020

A lire aussi...

Assassinat de Brian Thompson x La Joie armée

Publié le 2025-01-17 13:20:00
Jan 172025
 
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Soumission anonyme à MTL Contre-info

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Dans le cadre de Constellation 2025…

Publié le 2025-01-17 13:27:00
Jan 172025
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Salon du livre anarchiste
Samedi 17 mai

Skill faire anarchiste
Dimanche 18 mai

CÉDA – 2515 rue Delisle, Montréal

Constellation sera de retour en 2025, mais les choses seront un peu différentes cette année ! Au lieu d’un week-end, le festival durera toute une semaine, du 15 au 21 mai. Comme l’année dernière, nous encourageons tout le monde à soumettre des événements sur le calendrier en ligne (qui sera relancé bientôt). Nous organiserons également deux grands événements samedi et dimanche. Continuez à lire pour plus d’informations !

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Salon du livre anarchiste
Samedi 17 mai – CÉDA

Comme vous l’avez probablement deviné, le Salon du livre anarchiste aura lieu à nouveau – même endroit, même heure, même idée générale. Les exposant-es pourront s’installer à l’intérieur et à l’extérieur du CÉDA (pas de CCGV) avec des livres, des zines, de l’art et tout autre matériel lié à l’anarchie. Nous aurons également accès à une poignée de salles dans le CÉDA et à des endroits dans le Parc Vinet pour des présentations de livres, des ateliers, des discussions, des cercles de lecture, et plus encore ! Nous espérons que le contenu des événements de cette journée sera un peu plus conceptuel ou théorique. Pensez à un cercle de lecture sur votre essai anarchiste préféré, à une discussion sur une lutte sociale en cours, à un atelier partageant de nouvelles perspectives sur la culture de la sécurité, et tout ce genre de choses amusantes.

Skill faire anarchiste
Dimanche 18 mai – CÉDA

Pour ce qui est du dimanche, nous sommes ravi-es d’accueillir le Skill Faire anarchiste de Montréal (10 points si vous avez repéré le jeu de mots bilingue). Vous vous souvenez des expo-sciences à l’école ? Nous voulons faire quelque chose de semblable, mais avec plus d’anarchie (les présentoirs à trois volets sont les bienvenus). Nous appelons à un événement qui rassemble une gamme chaotique et éclatante de compétences anarchistes dans le but de les partager librement. Peut-être voulez-vous donner des conseils sur les premiers secours en manif, fournir une introduction pratique au crochetage de serrures, ou enseigner comment mettre en place un réseau radio maillé. Tout est possible, tant que ça met l’accent sur la diffusion de connaissances et de compétences pratiques. Il y aura également des salles pour des ateliers de partage de compétences plus longs et complets !

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Les anarchistes ont toujours compris que la théorie et la pratique ne peuvent pas (et ne devraient probablement pas) être séparées. Les idées incitent à l’action, la pratique inspire la théorie, et la politique influence les types de compétences que nous cherchons à développer. Les conversations théoriques et conceptuelles touchent à la pratique et ont des implications pour l’action. Les discussions relatives aux connaissances de terrain et aux compétences pratiques seront façonnées par les idées et seront pertinentes à la théorie. Nous organisons les journées de samedi et de dimanche autour de ces deux thèmes à titre expérimental, et nous reconnaissons qu’ils sont tout aussi importants l’un que l’autre et intrinsèquement liés.

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Kids zone

Nous voulons que Constellation 2025 soit un événement engageant et accessible aux personnes de tous âges ! Une fois de plus, des services de gardiennage et des activités adaptées aux enfants seront offerts dans le Kids zone du CÉDA. Nous encourageons également les participant-es du festival à organiser des ateliers et des partages de compétences destinés aux jeunes, soit le samedi ou le dimanche.

S’impliquer

Les formulaires de réservation de tables et de proposition d’ateliers seront bientôt disponibles. Consultez notre site web ou nos pages de médias sociaux dans le courant du mois pour en savoir plus. Si vous avez des commentaires ou des questions, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante constellationmtl@riseup.net.

Communiqué pour la libération de Gino

Publié le 2025-01-17 17:43:43

Le 15/01, s’est tenu le délibéré concernant la demande d’extradition de Gino, devant la Cour d’appel de Paris. La demande d’informations complémentaires demandée par la défense a été reçue positivement, pour une partie des demandes. La Cour d’appel accède donc à la majorité de nos demandes de compléments d’informations au gouvernement hongrois. Ce dernier a maintenant deux semaines pour répondre.



La Hongrie doit :

Dans un premier temps, préciser les conditions de détention de Gino s’il est remis à la Hongrie.

Dans un second temps, préciser les mesures concrètes prises pour garantir sa sécurité du fait de ses opinions politiques.

Dans un troisième temps, préciser les garanties effectives pour protéger sa personne et garantir son droit à un procès équitable, notamment par rapport à l’indépendance et l’impartialité des tribunaux hongrois.

La Hongrie doit fournir ces documents sous 15 jours.
La prochaine audience aura lieu le mercredi 12 février.

Nous sommes convaincu.e.s qu’un régime qui soutient des évènements comme la Marche de l’Honneur ne peut en aucun cas garantir les droits des militant.e.s antifascistes comme Gino. Nous exigeons sa libération immédiate.

La pression médiatique et politique doit continuer autour de cette affaire.

Non à l’extradition ! Libérez Gino !
Libérez tous les antifas !

Vous pouvez lui écrire à l’adresse suivante :
Monsieur ABAZAJ Rexhino MAH
D2 229 écrou n°1033475/ Centre Pénitentiaire de Fresnes,
Allée des Thuyas, 94260 Fresnes (France)

Contre la société carcérale, contre le monde-prison : soirée le 15 février à la Parole Errante !

Publié le 2025-01-17T18:13:34+01:00

Contre la société carcérale, contre le monde-prison

« t’envoies des mots doux, j’envoie des mandats »

En 2024, comme tous les ans, de nombreux soulèvements qui ont agité le monde, de la Kanaky à la Mozambique en passant par le Bangladesh, ont tous été confrontés à la prison d’une manière ou d’une autre : que ce soit à travers la répression féroce des insurgé-es, les révoltes et les évasions des prisonnier-es, ou encore les attaques sur les taules depuis l’extérieur en solidarité avec celleux qui croupissent dedans.

Liberté pour Kanaky et la Palestine !

Dès les premiers jours de l’insurrection anti-coloniale en Kanaky en mai dernier, des mutineries ont éclaté dans l’infâme prison coloniale de Nouméa construite sur les restes du bagne, ravageant plus de 90 cellules. Les feux de la révolte, un temps calmés, ont repris lors de la déportation de prisonnier-es vers la France en juin – celles-ci n’ont pas cessé depuis, tandis que le mouvement a dû faire face à un nombre immense d’incarcérations et d’autres mesures répressives. Alors que des dizaines de prisonnier-es se retrouvent enfermé-es à des dizaines de milliers de kilomètres de leurs terres, d’autres vivent une occupation quasi-militaire et les exactions quotidiennes des matons dans une prison coloniale tellement bondée que des prisonnier-es y sont enfermé-es dans des containers.

Cette année encore, comme depuis le début de l’occupation coloniale des territoires palestiniens par l’État israélien et encore plus depuis le 7 octobre, les mouvements de résistance font face à un enfermement de masse dans une société où n’importe quelle famille a déjà au moins un-e membre enfermé-e actuellement ou bien qui l’a été par le passé. Au moins, 40% des hommes palestiniens passent par la case-prison, qu’il s’agisse de la « détention administrative » permettant d’enfermer à la pelle sans même prétexter d’une quelconque justice ou des « camps de détention » militaires où règne la torture. Les femmes prisonnières, elles, sont cibles de violences de genre spécifiques dont l’objectif est de les isoler du reste de la société. Malgré tout, les prisonnier-es palestinien-nes, comme par exemple les prisonnières de la prison d’al-Damun, sont connues pour leur longue tradition de lutte inébranlable en coordination et en dialogue avec les mouvements à l’extérieur.

Le mouvement pro-palestinien à l’international s’est lui aussi retrouvé face à la menace de la prison, notamment pour des actions directes contre des fabricants d’armes fournissant le génocide depuis les États-Unis et le Royaume-Uni par exemple, ou des arrestations massives dans le mouvement des universités au printemps, par exemple aux États-Unis, en France, aux Pays-Bas, en Allemagne. Malheureusement, il ne prend pas encore pleinement la mesure de la centralité de la menace carcérale, alors même qu’ont lieu une campagne internationale pour la libération de Georges Abdallah, emprisonné en France depuis 40 ans, ou de Khalida Jarrar, à l’isolement depuis 5 mois dans une prison israélienne.

Détruisons le monde-prison

Dans ce monde-prison où l’on se retrouve aliéné-es et isolé-es les un-es des autres, le capitalisme et l’argent régissent tous nos rapports et relations et nous forcent à la survie et à la misère. La prison est conçue pour y être un monde à part, celle-ci brise donc systématiquement tout lien au monde extérieur et aux autres. Dans les geôles coloniales telles qu’en France ou en Israël, aux États-Unis ou au Chili, cet isolement est d’autant plus amplifié qu’il vise à la destruction totale et méthodique des modes de vie et sociétés colonisées. La survie y est entièrement régie par les maigres thunes qu’arrivent à se faire les prisonnier-es par la débrouille ou par une exploitation salariale qui explicite toute l’horreur capitaliste du travail.

La centralité de l’enfermement dans le maintien de ce monde qu’on souhaite voir partir en fumée est une évidence pour tout mouvement insurrectionnel conséquent. C’est ce qu’ont montré les insurgé-es solidaires de Nahel lors de l’été 2023 qui, dès les premières nuits, attaquaient la prison de Fresnes, cramaient les tribunaux et continuaient à harceler les matons par la suite. Cet élan de révolte a malheureusement été étouffé par une incarcération raciste de masse des jeunes de banlieue et l’occupation militaire de leurs quartiers. Comment prolonger ces insurrections et faire advenir les volontés destructrices et libératrices qui s’y expriment malgré la menace carcérale ?

Rompre l’isolement et apporter des thunes aux prisonnier-es : ce sont là deux nécessités dont l’on doit s’emparer si l’on veut s’opposer frontalement à l’enfer de la prison. Par là, on prépare le chemin vers la destruction totale des institutions carcérales, qui passera par la démolition physique des murs et des barbelés. La solidarité avec celles et ceux à l’intérieur est primordiale au moment où toute révolte se retrouve confrontée à un tourbillon répressif qui n’en finit jamais : les unités spéciales pour briser les émeutes, le mitard comme une « prison dans la prison », les traitements humiliants qui vont jusqu’à la torture. Notre solidarité va aux trop nombreuses personnes froidement assassinées en détention.

La deuxième moitié de l’année 2024 s’est déroulées sous le signe et le feu des révoltes anti-carcérales.

Pendant la révolution de juillet au Bangladesh, les manifestant-es envahissent la prison de Narsingdi, la ravagent complètement et libèrent quelques 800 prisonnier-es. Les manifestations se cristallisent notamment autour de la libération des prisonnier-es du mouvement, qui deviendra la première mesure annoncée par le gouvernement provisoire à la chute du régime, ouvrant les prisons de la police secrète.

Tout l’été, c’est à l’intérieur même des centres de détention et des prisons que gronde la révolte en Italie. Pas un jour ne passe sans que la situation n’explose dans un lieu d’enfermement du pays : incendies, grèves de la faim, évasions, refus de rentrer en cellule, affrontements avec les matons ou la police suivent les nombreuses morts à l’intérieur. Les mouvements anticarcéraux, autonomes et anarchistes y interviennent avec des manifestations de solidarité immédiates et régulières autour de certaines prisons pour se faire entendre et tenter d’entrer en contact avec celleux à l’intérieur, de diffuser leur parole et leurs révoltes.

Enfin, pour couronner l’ensemble, le mois de décembre voit la résurgence de la rébellion contre le régime syrien, qui ouvre toutes les prisons du régime au fur et à mesure qu’elle libère les villes et régions de son emprise. Les foules de prisonnier-es d’un demi-siècle de dictature déferlent dans les rues, y compris celleux de la prison de Saidnaya, de loin la plus redoutable, dont les sous-sols secrets cachaient des milliers de personnes emmurées vivantes, torturées et incinérées par dizaines. Certain-es n’avaient pas vu la lumière du jour depuis des décennies entières, voire y étaient né-es. Des manifestations éclatent devant les propres prisons des territoires autonomes rebelles, à Idlib comme au Rojava, où l’administration de cette dernière a dû, sous la pression, prononcer une amnestie générale et libérer nombre de prisonnier-es.

Pour que cette nouvelle année soit elle aussi marquée par les luttes contre l’enfermement sous toutes ces formes, nous souhaitions exprimer notre solidarité et complicité d’abord avec toustes celles et ceux qui subissent de plein fouet la domination coloniale : les prisonniers Kanak déportés depuis Nouméa vers les prisons de France et les prisonnières palestiniennes enfermées dans la prison israélienne d’al-Damun.

C’est dans cette optique que nous organisons une journée anticoloniale et anticarcérale le samedi 15 février à la Parole Errante (9, rue François Debergue à Montreuil) à partir de 16h. Nous vous invitons à venir écouter des témoignages et des récits sur l’insurrection en Kanaky et sa répression, discuter des luttes anticarcérales et anticoloniales, écrire des lettres aux prisonnier-es, piller notre infokiosque et les différents stands invités, manger vegan et écouter des concerts, tout ça pour nous aider à récolter des thunes pour les prisonnier-es.

Le gros de l’argent ira à la caisse antirep dédiée au soutien aux prisonniers Kanak « de droit commun » déportés dans des prisons françaises (mandats, dépôts de linge, parloirs, courriers, soutien aux proches…), tandis qu’une partie ira à nos activités de soutien aux prisonnier-es pour l’année à venir. Le reste sera réparti entre le défraiement des artistes et les cantines présentes.

Mort à la france et à toutes les colonies, longue vie à l’anarchie !

« j’vais tout casser, brûler la prison, un peu de poésie »
les timbrées

***

Une équipe de vigilance aux violences sexistes et sexuelles est mise en place pour leur prévention comme pour leur gestion. Son fonctionnement sera explicité sur place. Parce qu’être anticarcéral-es n’implique pas l’absence de riposte contre les agresseurs dans nos milieux, on invite de même les personnes présentes à se saisir du sujet et d’une autodéfense féministe active.

La soirée est en autodéfense sanitaire contre tous les virus, et notamment le covid qui se transmet largement dans de telles soirées et d’autant plus en espaces intérieurs. Des masques ffp2 sont fournis gratuitement à l’accueil et dans l’infokiosque, leur port est demandé afin de s’assurer de se protéger les un-es les autres. Des purificateurs d’air sont aussi installés dans la grande salle, celle-ci est aérée entre chaque concert et il est recommandé d’investir les espaces extérieurs lorsque l’on retire son masque, notamment lors des cantines et de la consommation de boissons.

Dans cette même volonté de se protéger et se défendre les un-es les autres, on recommande de ne pas prendre de photos ou de vidéos à la soirée si on ne veut pas repartir avec un téléphone ou appareil pété (sauf des performances des artistes, si seulement celleux-ci sont visibles).

***

Si vous ne pouvez pas venir à la soirée, si vous préférez donner en ligne, ou si vous voulez partager le lien en amont de la soirée, on vous invite à consulter la cagnotte du Comité Vérité et Justice pour Kanaky à laquelle les bénéfices de la soirée iront en grande partie.

***

Au programme :

16h : Ecoute de témoignages et de podcast sur la situation et la répression des insurgé-es et prisonnier-es en Kanaky, suivi d’une discussion sur les luttes anticarcérales et anticoloniales
18h : Atelier d’écriture de lettres aux prisonnier-es, notamment les prisonniers Kanak déportés en France et les prisonnières palestiniennes de Damon
19h30 : Cantines vegan
: Concerts
En continu : infokiosques, tables d’écriture de lettres aux prisonnier-es, tables de différents collectifs

Pérouse (Italie) – opération Sibilla : Non-lieu !

Publié le 2025-01-18 00:00:00

La Nemesi / samedi 18 janvier 2025

Après le non-lieu pour l’opération Sibilla, crions-le encore plus fort : Alfredo hors du 41-bis ! Bas les pattes de la presse anarchiste !

L’audience préliminaire pour l’opération Sibilla s’est soldée avec une ordonnance de non-lieu pour tous les prévenus, en ce qui concerne toutes les accusations. Pendant l’audience, Alfredo, quatre autres compagnons et une compagnonne inculpés ont lu des déclarations spontanées.

On reviendra de manière plus approfondie, avec des commentaires, sur ce qui s’est passé aujourd’hui, à commencer par la diffusion, dans les prochaines heures, des déclarations des inculpés. La sensation de ceux qui écrivent ces notes rapides est que l’État ait eu « peur », en quelque sorte, d’un procès lors duquel – comme la journée d’aujourd’hui l’a démontré – il aurait été possible de briser l’isolement du 41-bis, en discutant, bien qu’à distance, avec Alfredo. D’ailleurs, cette décision, en plus d’être un précédent important pour d’autres procès (à commencer par celui de Massa contre le bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny) enlève une pièce fondamentale à la justification de l’enfermement de notre compagnon en 41-bis.
Il est donc fondamental de rouvrir avec force la mobilisation pour sortir notre compagnon de cet infâme régime pénitentiaire de torture. À partir d’aujourd’hui, cette ignominie est encore plus injustifiable, même sur le répugnant terrain de la jurisprudence bourgeoise.
Remarquable, en plus, le fait que, malgré les interdictions de paraître notifiés par la police de Pérouse à la suite de la présence solidaire précédente du 10 octobre, les compagnons et compagnonnes devant le tribunal aient été encore plus nombreux et déterminés.

ALFREDO HORS DU 41-BIS !
FERMER LE 41-BIS !
BAS LES PATTES DE LA PRESSE ANARCHISTE !

15 janvier 2025

Tasikmalaya (Indonésie) : Attaque incendiaire d’un poste de police

Publié le 2025-01-19 00:00:00

Blessed is the Flame / vendredi 17 janvier 2025

Revendication de l’attaque incendiaire d’un poste de police, en solidarité avec Nikos Romanos, Alfredo Cospito et tou.tes les membres emprisonné.es de la FAI/IRF.

« J’ai rêvé d’un monde en flammes, tourbillonnant dans l’infini, lançant des bolides ardents et des étincelles à travers les espaces sidéraux »
Bruno Filippi

Nous revendiquons encore une attaque d’un poste de police, le 17 décembre 2024, dans la région de Tasikmalaya, dans la province de Java occidental.

Nous sommes une petite cellule révolutionnaire formée à partir de la conscience de la résistance, d’une fusion de collectifs et d’individus libres ! Il y aura d’autres attaques pour détruire l’État et ses instruments !

Ce communiqué s’adresse à Nikos Romanos, Alfredo Cospito et tou.tes les membres de la FAI/IRF emprisonné.es à travers le monde. Vous n’êtes pas seul.es !

Parce que personne ne mérite d’être emprisonné.e !
Jusqu’à ce que tout le monde soit libre !
Feu aux prisons !!!

Free Association of Autonomous Fire
[Libre Association du Feu autonome]

Source originale : Blessed Is The Flame, n°3

Russie : Résistance radicale (du 30 décembre 2024 au 15 janvier 2025)

Publié le 2025-01-19 00:00:00

extraits d’a2day / mercredi 15 janvier 2025

[…]

Vyborg

Dans la matinée du 9 janvier, vers 5h10, heure de Moscou, un incendie a dévoré le bâtiment principal de la fondation de soutien à l’armée russe Vyborgsky Rubezh, au 39 avenue de la Victoire, à Vyborg. Selon le ministère des Situations d’urgence, le feu s’est propagé sur une superficie de 600 mètres carrés. L’organisation elle-même a déclaré que tous les biens militaires qui se trouvaient à l’intérieur du bâtiment, y compris l’inventaire de Rubezh, ont été complètement détruits par les flammes.

Rostov-sur-le-Don

Dans la nuit du 12 janvier (selon d’autres sources, le 7 janvier), la voiture d’un colonel de l’armée de Poutine a été brûlée, à Rostov-sur-le-Don.

L’incendie de la voiture Peugeot 207, immatriculée c540ok161, par des guérillero.as inconnu.es, a eu lieu dans la cour d’un immeuble résidentiel de la rue Taganrogskaya. Le propriétaire de la voiture, Alexander Shutovsky, est le commandant adjoint du district militaire du Sud pour l’entraînement physique. Les incendiaires n’ont pas été retrouvé.es.

[…]

[Brochure] : Pourquoi Elon Musk a-t-il peur de l’IA?

Publié le 2025-01-19 05:56:29

[Reçu par mail, 6 janvier 2025, on peut aussi télécharger ce texte sous forme de brochure ici, 8 pages A4]


Pourquoi Elon Musk a-t-il peur de l’IA ?

« Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu’êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, oui, leur domestique. J’ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et mon maître, dont je devais peigner les cheveux, tel un esclave »,
Yang, jeune ouvrier de Foxconn, industriel installé en Chine de produits électroniques

En mars 2023, des centaines d’ « experts », dont le milliardaire Elon Musk, lancent un appel pour freiner la course à la puissance de ce qui est mal-nommé par le terme « Intelligence Artificielle ». La civilisation serait en danger face au risque de se faire dépasser par des programmes informatiques capables d’apprentissage automatique et de simulation de comportements humains. Au passage, rappelons que ces « experts » ont un train de retard sur Günther Anders qui avait construit une pensée basée sur l’idée d’une humanité dépassée par ses propres œuvres depuis la bombe atomique sur Hiroshima…

Pourquoi cette pétition ? Selon une maxime récurrente des fanatiques de Technoland, la dangerosité de l’IA pourrait être annulée en l’enchâssant dans une sorte d’éthique du capitalisme vert. On ressort les mêmes poncifs cogestionnaires, déjà présents chez les syndicats négociant la longueur des chaînes ou chez les altermondialistes appelant à un capitalisme à visage humain ; des poncifs récurrents s’agissant de la science, sous la forme d’appels à « sauver la recherche indépendante » ou à favoriser la recherche fondamentale plutôt qu’appliquée, autant de foutaises feignant d’ignorer que la science n’est ni neutre, ni pure, mais inscrite dans des rapports sociaux et historiques avec un programme spécifique élaboré concomitamment avec le développement du capitalisme et de la société industrielle. La science est ainsi l’un des domaines privilégiés de l’essor d’une nouvelle rationalité, visant à contrôler la nature et les êtres l’habitant, humanité comprise. Encadrer les recherches sur les nouvelles technologies, c’est bien sûr d’abord éliminer la question de la pertinence de la recherche, de la désirabilité et de la nécessité de l’innovation ; c’est clore le débat. Encadrer les recherches, c’est comme instaurer la pause-café dans une usine de montage à la chaîne ou des sièges ergonomiques dans les bureaux d’employés : ne pas remettre en question le cadre et la direction vers laquelle tout le monde est embarqué, mais aménager un petit peu l’existant pendant un temps pour mieux faire passer la pilule. Point barre. Et cette maxime ne répond finalement à aucune logique de base – le comble pour des scientifiques (à gros billets) et des industriels (de foi) : les dangers ont beau provenir de la technologie elle-même, seules les solutions technologiques sont envisagées pour y répondre. La logique cède à la foi, la réalité aux chimères.

Cette pétition de grands noms est d’abord un coup marketing. On y trouve d’ailleurs surtout des industriels du secteur. Il s’agit bel et bien d’en rajouter sur les capacités de l’IA, d’intensifier les logiques d’anthropomorphisation d’objets inertes (des programmes informatiques), d’humaniser toujours plus la machine. Pourtant, l’IA, comme toute machine, n’a rien de vivant. L’intelligence dont elle fait preuve n’a rien d’humaine. Elle ne ressent rien, et reflète surtout ce que les programmeurs en font. Comme tout programme informatique, il s’agit d’abord d’une immense machine à calculer des données. Voilà somme toute une conception pour le moins réductrice de l’intelligence. Il convient toutefois de préciser que le mot, en anglais, renvoie d’abord au renseignement, comme dans la fameuse CIA (Central Intelligence Agency).

L’IA est douée pour jouer aux échecs et résoudre des problèmes. D’ailleurs, le type de rationalité dont il est question depuis les cybernéticiens – les précurseurs de la recherche sur l’IA – est celle du calcul et de l’intérêt. Ils sont allés chercher leur fond théorique chez des libéraux comme Hayek. Une certaine vision du monde, donc. Surtout, tout est simplifié et réduit pour être compatible à un système binaire sur lequel repose la programmation informatique. Un algorithme est une mise en données de la réalité par une séquence de commandes afin d’obtenir un résultat. Il reflète d’abord les valeurs de ses créateurs et est enchâssé dans les pouvoirs politiques et économiques existants. Quand il « décide » de manière autonome, ou « apprend », il traduit d’abord la vision du monde de ses concepteurs. Et quand il se rapproche de comportements humains, il ne fait que les simuler.

Il ne peut pas en être autrement : la technologie est le fruit de connaissances scientifiques basées sur l’expérimentation et une conception mécanique de l’univers et de la vie. D’abord, qu’en est-il de cette métaphore de la mécanique servant de base philosophique à la science ? Le monde et les êtres qui l’habitent se présenteraient comme une sorte de système mécanique, « c’est-à-dire comme un gigantesque assemblage de particules qui agissent les unes sur les autres (tout comme les rouages d’un mécanisme d’horlogerie) », précise Pierre Thuillier. Or, ce qui se cache derrière cette métaphore, ce n’est pas un projet de connaissance pure et désintéressée, mais un projet pratique de domination et de manipulation, y compris dans le domaine social. Dès lors, émerge une nouvelle conception de l’humanité : elle doit adapter son milieu par les sciences et les techniques, sans que l’on sache très bien si c’est elle qui adapte son nouveau milieu, ou si c’est elle qui s’adapte à son nouveau milieu. L’ère de l’artificialisation la plus complète du territoire s’ouvre alors : les figures de l’ingénieur et du technocrate s’imposent.

Ensuite, qu’en est-il de l’expérimentation ? De fait, la science ne réussit à se constituer qu’en simplifiant les phénomènes et en substituant à la complexité du réel une autre réalité, basée selon des normes particulières. Certains paramètres et certaines variables sont sélectionnés, d’autres sont ignorés, pour élaborer des modèles efficaces. Le réel de la science est un réel appauvri qui n’est pas celui de la vie vécue. L’efficacité est quant à elle jugée selon les critères présupposés de la science. Permettez-moi un détour vers un célèbre anarchiste : Bakounine intègre la dissection d’un lapin pour poser sa critique de la science.

« La science, qui n’a affaire qu’avec ce qui est exprimable et constant, c’est-à-dire avec des généralités plus ou moins développées et déterminées, perd ici son latin et baisse pavillon devant la vie, qui seule est en rapport avec le côté vivant et sensible, mais insaisissable et indicible, des choses. Telle est la réelle et on peut dire l’unique limite de la science, une limite vraiment infranchissable. Un naturaliste, par exemple, qui lui-même est un être réel et vivant, dissèque un lapin ; ce lapin est également un être réel, et il a été, au moins il y a à peine quelques heures, une individualité vivante. Après l’avoir disséqué, le naturaliste le décrit : eh bien, le lapin qui sort de sa description est un lapin en général, ressemblant à tous les lapins, privé de toute individualité, et qui par conséquent n’aura jamais la force d’exister, restera éternellement un être inerte et non vivant, pas même corporel, mais une abstraction, l’ombre fixée d’un être vivant. La science n’a affaire qu’avec des ombres pareilles. La réalité vivante lui échappe, et ne se donne qu’à la vie, qui, étant elle-même fugitive et passagère, peut saisir et saisit en effet toujours tout ce qui vit, c’est-à-dire tout ce qui passe ou ce qui fuit ».

Lorsque le scientifique dissèque un lapin en laboratoire pour en étudier les organes, il n’atteint que le général, c’est-à-dire l’objet de l’expérimentation. Ce n’est plus l’individu réel, mais un être général sans vie ni particularités. C’est ce qui fait dire à Bakounine que « la science n’a à faire qu’avec des ombres pareilles », c’est-à-dire des individus réifiés, transformés en objets d’expérimentation : un réel appauvri. Le problème est qu’une société organisée de plus en plus par ce type de rationalité, celui de la science, transforme ses objets ; elle s’emploie à simplifier le réel et à conserver les paramètres renforçant sa force d’explication, modifie la vie sociale pour la rendre conforme à ses principes, et par là change les comportements et les perceptions. L’individu se réduit dès lors à un objet simplifié et général, rouage d’une mécanique sociale elle-même basée sur des réductionnismes.

Les mythes hollywoodiens – si pauvres en imagination – sur la révolte de l’IA contre l’humanité sont justement des mythes : ils disent plus de choses sur nous que sur l’IA. Abandonner des pans entiers de nos décisions à l’IA, comme hier tout était considéré comme étant entre les mains de dieu, c’est renoncer à ce qui nous constitue comme des êtres libres, capables de réflexivité et de capacité critique.

Si une telle chose devait arriver, à savoir une révolte de l’IA contre ses créateurs, et bien ce serait le moment où ces machines me deviendraient justement sympathiques. Elles gagneraient leur galon d’être vivant et donc singulier. D’ailleurs, qu’entend-on par une guerre contre ses créateurs ? Si c’est le cas, pas besoin de s’affoler, au contraire : ce n’est pas contre l’humanité que cette sorte de nouveau prolétariat frappé d’un racisme d’un nouveau genre se rebellerait, mais bel et bien contre une caste d’un type particulier de programmeurs, ingénieurs, industriels, bref contre cette même élite que tout amant et amante de la liberté doit affronter aujourd’hui. Ce n’est pas l’humanité qui a créé l’IA, mais quelques fanatiques des technosciences et autres obsédés par l’argent. L’humanité, dans sa très grande partie, ne leur a rien demandé.

Dans une telle rébellion, il y a fort à parier qu’il y aurait, malheureusement, des robots responsables qui demanderaient des droits pour s’intégrer à la société capitaliste et industrielle – avec bientôt des robots exploiteurs et des robots délégués du personnel machine. Et probablement d’autres qui – pourquoi pas bras (mécanique) dessus bras dessous avec des complices humains – s’essaieraient au chemin délicat de la révolution et de l’intransigeance. Il deviendrait alors peut-être évident pour tout le monde que l’expression de notre intelligence est dans notre capacité à lutter pour la liberté – ce qui éjecte de fait une bonne partie de l’humanité… Il y a fort à parier qu’il y aurait même des IA antispécistes !

Mais en guise de grande révolte, il est fort probable que nous aurons les mêmes déboires que ceux que nous ramènent à chaque fois toute nouvelle technologie : les accidents de la route – première cause de mortalité à travers le monde – pour l’automobile, les catastrophes nucléaires pour les centrales atomiques, l’exploitation et les pollutions à grande échelle pour les industries, etc. On a en a un bel exemple avec les difficultés entraînées par les voitures dites autonomes.

En Californie, les taxis autonomes sans conducteurs sillonnent désormais les rues. Depuis août 2023, une filiale de General Motors et une autre de Google se partagent le marché de San Francisco. En 5 mois, au moins 240 incidents ont été enregistrés. En juillet 2022, encore en période de test, une dizaine de ces voitures se sont regroupées en soirée en centre-ville où elles sont restées immobiles, bloquant ainsi la circulation pendant deux heures. Les mystères de l’IA… En mai 2023, un chien a été écrasé par un de ces taxis-robots. Puis en août 2023, un camion de pompier en intervention est percuté par un de ces véhicules. Rapidement, des tas de gens ont commencé à résister à l’intrusion de ces nouvelles technologies, en les attaquant ou tout simplement en y plaçant un cône de chantier sur le capot, ce qui a pour effet de les immobiliser.

L’IA, en réalité, va nous rendre encore plus captif et captive d’une société technologisée, toujours plus artificielle, soumise à un type de rationalité destructeur poussant à la quête perpétuelle de puissance et d’efficience. Cette extension de la technologie nous incarcère ainsi dans un monde toujours plus artificiel, exigeant de nous des cadences toujours plus rapides, nous contraignant à des modes de vie mutilés. Sans parler du contrôle social démesuré : la plupart des faits et gestes peut être captée et ainsi épiée, et ce sera encore plus le cas avec le développement des IA. La voiture de demain ne sera pas seulement autonome, pour revenir à celle-ci ; elle sera surtout connectée en permanence et donc traçable. Chaque mouvement des personnes pourra alors être contrôlé, analysé et stocké. Il est difficile d’imaginer l’immense pouvoir que cela va conférer aux intérêts capitalistes et aux bureaucraties d’Etat.

Au moins le conducteur de la vieille bagnole classique a-t-il un semblant de maîtrise de la conduite. Demain, la voiture investie par l’ordre numérique explicitera la nouvelle époque. Les usagers se laisseront conduire. Des systèmes de lidars, une nuée de capteurs, des GPS intégrés, permettront aux voitures de rester sans cesse en circulation en optimisant l’usage de l’espace public et le transport des passagers. Les voitures dites autonomes seront aux petits soins avec nous, ajustant la température, la luminosité et les ambiances sonores et odoriférantes selon nos états physiques et émotionnels.

Ces nouvelles bagnoles à l’ère de l’hégémonie technologique permettront surtout de capter une masse gigantesque d’informations sur nos habitudes, nos préférences et nos états d’âme. Quel déplacement faisons-nous, quelle musique écoutons-nous, quels sujets de conversation abordons-nous et avec qui ? Toutes ces données vont permettre d’ajuster les politiques commerciales et étendre la dépendance aux produits. Le but est de prendre en charge l’intégralité de la vie. La voiture autonome est le symbole de la finalité du numérique : des vies télécommandées par l’industrie. Sans oublier les énormes capacités de contrôle que cela va offrir à des pouvoirs sans cesse plus arbitraires et intrusifs.

Les ravages industriels vont croître avec l’IA, non seulement par le pillage des sous-sols pour en fabriquer les composants ou le pétrole brûlé pour les transporter, mais aussi pour les effets indésirables. Les accidents des premières voitures autonomes donnent le ton, mais qu’est-ce que ce sera avec les biotechnologies liées à des IA, laissant planer la menace de nouveaux virus, de nouvelles pollutions, de nouveaux ravages ? Ou encore des défaillances à venir dans la guerre menée avec l’IA ? Les « dommages collatéraux », comme on dit, pourraient bien être gigantesques. Un autre secteur donne quelques indices sur ce qui se passera : les marchés financiers sont pénétrés par l’IA, et près de la moitié des transactions financières sont décidées à grande vitesse (de l’ordre du dixième de milliseconde) par des algorithmes. Seulement, ces IA s’emballent et produisent régulièrement des krachs éclairs. La seule solution face à ces défaillances ? Couper le jus par des disjoncteurs. Cela donne une petite idée des défaillances à venir dans la guerre menée par les IA

Pour revenir à Hayek, l’un des appuis théoriques des promoteurs de l’IA, il faut avoir en tête qu’il considérait l’individu incapable de trouver de bonnes règles sociales par lui-même. Sa rationalité limitée ne lui laisse pas d’autre choix que de s’en remettre au marché, sorte de mécanisme par lequel se joue le jeu évolutif de l’adaptation pour l’humanité. Pour lui, les inégalités sont naturelles et nécessaires : elles permettent de sélectionner les meilleures pratiques et les meilleures personnes dans une sorte de darwinisme social. Le laissez-faire du marché serait donc le modèle parfait pour sélectionner les idées, pratiques et personnes les plus aptes. Une pensée finalement assez classique dans la vieille bourgeoise.

C’est ce modèle qui est appliqué aux réseaux interconnectés : la complexité dépasse ce que nous pouvons maîtriser rationnellement ; il faut donc en passer par un ordre autorégulé où chaque membre peut être utilisé pour servir le système sans le savoir. L’IA devient un opérateur pour le développement de cette dictature du marché qui a tant de mal à s’imposer au moindre aspect de l’humanité. On la connait aussi très bien dans les nouvelles formes de management : un cadre préalablement fixé dans lequel le salarié, libre d’obéir, garde une certaine autonomie sans laquelle l’optimisation ne peut avoir lieu.

Le monde envahi par le numérique correspond de plus en plus à cette forme de domination : un cadre artificiel (technologique, industriel et capitaliste), mais considéré comme naturel (présenté comme nécessaire et vital), dans lequel nous sommes libres d’agir pour des finalités qui nous sont imposées par les règles du jeu propres au cadre établi. Se soumettre à quelque chose de plus grand que ce que nous pouvons maitriser, c’est justement, à peu près mot pour mot, la formule de Hayek à l’origine du néolibéralisme.

L’IA fournit d’immenses possibilités à tous les gens de pouvoir pour réaliser leur fantasme d’un monde programmé, complètement artificiel, mené par les cours de la bourse et le contrôle technologique. Qu’est-ce que l’IA, finalement, si ce n’est qu’un super produit dopant à l’accumulation du capital et à la domination étatique ? Et par voie de conséquence, de tous les ravages qui vont avec ?

Alors, intelligente l’IA ? Permettez-moi d’en douter. Tant que je n’ai pas vu une IA se rebeller par passion pour la liberté, ça restera pour moi une calculatrice sophistiquée ou un tas de ferraille bien ajusté – certes avec des conséquences néfastes immenses. La technologie a depuis longtemps décru nos capacités autonomes, contrairement à la plupart des outils anciens. Elle nous maintient dans une situation infantile, où la maîtrise de nos existences est abandonnée à des tas de machines et de dispositifs et à celles et ceux qui les développent. Elle emprisonne aussi nos consciences, captant sans cesse notre attention pour la détourner de ce qui peut vraiment avoir de l’importance.

Nous aurions tort d’attendre une potentielle révolte de compas artificiels, ou de rester hypnotisés par les contes de fée des commerciaux du progrès. C’est maintenant que notre vie se passe et que notre liberté est étouffée. Les infrastructures et les technocrates aux manettes sont à chaque coin de rue. Qu’attendons-nous pour les mettre hors d’état de nuire ?

Deux soirées contre les guerres capitalistes (FR/EN)

Publié le 2025-01-19 07:32:00
stuut.info>

Deux soirées contre les guerres capitalistes (FR/EN)

Deux soirées contre les guerres capitalistes (FR/EN)

Nous faisons le constat d’une accélération de la marche des États bourgeois européens vers une remilitarisation de la guerre que les classes capitalistes nationales (et leurs alliances internationales) mènent les unes contre les autres.

Bruxelles | sur https://stuut.info /B_collectif>

[English below]

Certains éléments de ce processus se manifestent ouvertement chaque jour : augmentation des budgets de l’armement, naturalisation et banalisation des discours guerriers, habituation et préparation des « populations » à cette « nécessité ».
Avec une telle politique militaire, les conséquences sur les classes laborieuses à ce stade, limitées aux territoires nationaux, entraînent déjà ici un renforcement des mesures d’austérité, une réduction décomplexée des droits et une extension du contrôle social.
Mais elle pourrait aussi mener à des affrontements sur le sol européen, une mobilisation générale au nom des intérêts nationaux, et à l’instauration d’un état d’exception à durée indéterminée.
Ici en Belgique, cette situation affecte déjà négativement une grande partie des personnes qui ne sont pas du côté du manche, et rien n’indique qu’elle ne s’aggravera pas rapidement dans les temps qui viennent, à tel point qu’elle nous semble dès maintenant devoir faire l’objet d’une question commune aux forces de gauche.

Dans la suite des rencontres qui se sont tenues à Bruxelles en octobre (https://stuut.info/Discussions-Anarchists-in-the-First-World-War-4676) à l’Ades’if, au Boom et au Steki (qui seront prolongées le 21 janvier à Liège et prochainement dans des lieux en Flandre), nous vous invitons à une assemblée ouverte pour analyser et penser ensemble la situation actuelle, et confronter et élaborer nos perceptions de ce que nous pouvons faire pour nous organiser et agir contre cette logique de guerre.

19 janvier 2025

Bruxelles
Le Steki – 18h

« La lutte pour construire un mouvement anti-guerre : analyses, perspectives, stratégie. »

21 janvier 2025

Liège
CCKali – 19h

« Anarchistes durant la Première Guerre Mondiale – Explorer le passé pour construire aujourd’hui. »

[EN]

We are witnessing an acceleration of the march of the European bourgeois states towards a re-militarisation of the war that the national (also into their international alliances) capitalist classes wage against one another.
Some elements of this process are openly manifested every day : increase in the budgets for armaments, naturalization and trivialization of the war speeches, habituation and preparation of « populations » to this « necessity ».
With such a military policy, the consequences on the working class so far, limited to national territories, already entail a strengthening of austerity measures, an uninhibited reduction of rights and an extension of social control.
But it could also lead to battles on European soil, a general mobilization in the name of national interests and the establishment of an indefinite state of emergency.
Here in Belgium, this situation already negatively affects a large part of people who are not on the safe side of the social spectrum and there is no indication that it will not deteriorate rapidly in the times to come, to the point that it seems to us that it should be the subject of a shared question for the forces of the left.

Following the meetings held in Brussels in October (https://stuut.info/Discussions-Anarchists-in-the-First-World-War-4676) at l’Ades’if, le Boom Café and le Steki (which will be extended on the 21st of January in Liège and soon in a few places in Flanders), we invite you to an open assembly to analyse and think together the current situation, to confront and develop our perceptions of what we can do to organize ourselves and act against the capitalist logic of war.

January 19 2025

Bruxelles
Le Steki – 18h

« The struggle to build an anti-war mouvement : views, prospects, strategy. »

January 21 2025

Liège
CCKali – 19h

« Anarchists in the First World War – Explore the past to build today. »

Voir en ligne : Documents


Anciens évènements

Deux soirées contre les guerres capitalistes (FR/EN)

 mardi 21 janvier 2025  19h00 - 22h00
 mardi 21 janvier 2025
19h00 - 22h00
 CCKali,

 

Rue Saint-Thomas 32
4000 Liège

Deux soirées contre les guerres capitalistes (FR/EN)

 dimanche 19 janvier 2025  18h00 - 22h00
 dimanche 19 janvier 2025
18h00 - 22h00
 Le Steki,

 

Rue Gustave Defnet 4-6
1060 Saint-Gilles

On New Year’s Eve, a moment of solidarity – a small crack in the totality of prison society. – Hamburg,Germany

Publié le 2025-01-19 18:26:46

On New Year’s Eve, around 50 people gathered outside the Holstenglacis remand prison in Hamburg to celebrate the New Year with the prisoners.

Unannounced and undisturbed by the cops, the prisoners were greeted with fireworks and slogans.

The prisoners responded with applause, shouts and fires at the windows of their cells.
A moment of solidarity – a small crack in the totality of prison society.

In this context, the anarchist comrade-in-arms Kyriakos Ximitiris, who died two months ago, was also remembered and our solidarity with the prisoners of the Ampelokipoi case Marianna, Dimitra, Dimitris, Nikos and A.K. was emphasised.
They are with us in our struggles, in the small and the big moments – despite the borders and the walls.

Freedom for all prisoners!

source

Bern, Switzerland : Greetings to the comrades and all prisoners!

Publié le 2025-01-19 18:39:36

We went to the so called womens prison in Hindelbank. We greeted the people on the other side of the walls with music, paroles and firework, we laughed and sang together.Only local images are allowed.

Loads of love and courage and strenght to all those inside the prisons. May your hearts always be free, may we soon stand side by side with rage and love in our bellies to fight this patriarchal system!Only local images are allowed.
Greetings to Hanna and Maja und Dimitra and Marianna and all the other comrades!

FREEDOM FOR ALL PRISONERS!
BURN ALL PRISONS!
SMASH PATRIARCHY!

source

The Libertad library needs you! Paris,France

Publié le 2025-01-19 19:10:26



The anarchist library “Libertad” was created in Paris in 2010 as a place ‘where experiences and perspectives can resonate with each other, in order to put an end to a deadly world based on the logic of exploitation and domination’. Month after month, many discussions, debates, talks and film screenings have taken place there, among the thousands of books, archives and zines to be borrowed or taken away. Its walls have echoed the voices of comrades from other continents who have come to share their struggles.

They have allowed us to collect documents and
testimonies of past struggles to better deepen the possibilities of the present. They spoke out in solidarity with imprisoned comrades and the waves of attacks on the existent. They vibrated with lively debates about the new assaults of domination on freedom and the living, and the different paths to undertake to bring down the world as it is.

Many have found in these debates a source of inspiration for ruptures as well as beautiful encounters, ‘so many opportunities to leave the alienating paths of resignation and to sharpen our criticisms for the here and now’.

Over the past fourteen years, the Libertad library has always made a
point of staying away from institutional funding, thanks in particular
to support events like meals, concerts,but also donations and
resourcefulness. Located in the Belleville neighbourhood of Paris, the library is faced with a rent that has become more and more burdensome every year. That’s why we’re making this exceptional appeal for financial support, so that we can pay off the accumulated rent debt that is strangling us… and continue to explore the communicating vessels between ideas and action in complete autonomy, without masters or slaves. We need to raise several thousand of euros to pay off this gap and continue to pay the half-yearly rent of 6,000 euros. We welcome all kinds of anonymous donations and public initiatives organised on a decentralised basis, which will of course be added to our own.

If you have any questions or would like more information, please write directly to amiesdelibertad@riseup.net… and in any case: long live anarchy!

Participants of the anarchist library Libertad,
(bibliothequelibertad.noblogs.org)

Entreprises pour les approvisionnements en câbles pour lignes hautes et très haute tension

Publié le 2025-01-19T16:00:29+01:00

En consultant le site d’une boîte spécialisée dans les câbles, on apprend en novembre 2024 que

« RTE [Réseau Transport Electricité] renforce ses approvisionnements stratégiques auprès de cinq fournisseurs […] Prysmian, Nexans, NKT Solidal [pas d’antenne en france] et Hellenic [1 bureau à Paris] – pour sécuriser les approvisionnements en câbles souterrains pour ses projets jusqu’en 2028. Cet engagement d’un montant global de près d’un milliard d’euros (€) couvre la fourniture et le montage d’environ 5 200 kilomètres de câbles souterrains pour les niveaux de tension allant de 90 000 à 400 000 volts.

Dans le cadre de ce marché de près d’un milliard d’euros, l’ensemble des câbles sera exclusivement produit en Europe (France, Portugal, Grèce, Belgique, Italie, Allemagne et Pays-Bas) pour un montant de 668 millions d’euros. Outre la production de câbles, l’engagement comprend également des prestations d’installation et de montage des câbles (environ 300 millions d’euros). Un tiers des câbles sera produit en France, au sein des usines de Prysmian à Gron (Yonne) et à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), et de celle de Nexans à Bourg-en-Bresse (Ain). RTE réserve ainsi la quasi-totalité des capacités de production françaises encore disponibles jusqu’en 2028, soit la production de plus de 1 700 km de câbles. »

Source : https://www.nexans.com/fr/news/rte-renforce-ses-approvisionnements-strategiques/

[Bure] Week end antirépression (22-23 mars)

Publié le 2025-01-19T18:09:58+01:00

affiche avec 3 personnes levant le poing en arrière fond des barres d'immeubles. Et das le bas de l'affiche des CRS;

Affiche à télécharger: ici, ou ici couleur CMJK, autre version de l’affiche ici. Les Samedi et dimanche 22-23 mars 2025, possibilité d’arriver les jours d’avant et de rester après. Dans la lutte contre le cimetière nucléaire à Bure, les formes de répression évoluent au fur et à mesure des contextes. Nucléaire et autoritarisme sont nécessairement liés. Par exemple, l’Andra finance la présence permanente d’un escadron de gendarmes mobiles, pour qui sera construit un cantonnement à 10 millions d’euros d’ici 2027. Face à un Etat qui se procure perpétuellement de nouvelles lois et armes pour réprimer les luttes sociales, écologiques et les dominé.es, ces 2 jours sont créés dans le but de s’outiller pour s’organiser mieux, se former, faire de la transmission face à la répression dans sa diversité : surveillance, procès, procédure, fichage, violences policières, garde à vue, perquisition, etc. On découpera en une multitude d’ateliers / discussions de 2 heures. Un programme sera transmis sur cette page avant l’évènement : https://bureburebure.info/event/week-end-antirepression/ ‎ L’envie sera d’essayer de diversifier les formats sur ces 2 jours plein, n’hésitez pas à venir dès le vendredi et de repartir le lundi (ou avant ou après!). Une boom aura lieu aussi sur un soir.  Lien de contact : sauvonslaforet@@@riseup.net Formulaire de pré-inscription non obligatoire Il y a un formulaire non obligatoire ni engageant mais qui nous aide fortement pour réadapter la communication, anticiper la logistique, c’est cool si tu le remplis ! https://forms.42l.fr/apps/forms/GDg7Ej8YNniecD7y  Informations pratiques L’évènement aura lieu à la maison de résistance à Bure en meuse. Informations sur les différents moyens d’y venir https://bureburebure.info/venir/. N’hésitez pas à utiliser des outils de covoiturage comme mobicoop.fr. Si vous venez en train vous pouvez demander en avance à ce qu’on vienne vous chercher dans un rayon de 20 km (gare de joinville la plus proche, si vous venez par bar le duc essayer de prendre le bus vers houdelaincourt, vous pouvez vous faire déposer en covoiturage à ligny en barois aussi). Soit par mail, soit sur ce numéro de téléphone : +33(0)9.54.10.57.11 Sur place les approvisionnements seront déjà fait et il y aura de la cuisine vegan (on recherche des cantines qui peuvent porter et faciliter des repas, n’hésitez pas à nous contacter). Il y aura un tableau de taches d’autogestions ou tout le monde sera convié à y participer pour couper les légumes, faire le ménage, et les taches de la vie quotidienne.  Le week end est entièrement à prix libre, mets ce que tu peux / ce que tu veux (il n’y a pas de distributeur de billets dans les villages du coin). S’il y a des bénéfices ça reviendra aux caisses antirépressions. Sur place et dans les villages du coin il y a des dortoires (mixte et en mixité choisie MINT – Meufs, Intersexes, Non-binaire, Trans) avec matelas, draps, couvertures et un freeshop. Si tu peux prends un duvet, et des vêtements chauds.  Nous ne sommes pas beaucoup à organiser le week end, mais si t’as ou connais des personnes qui ont des besoins particuliers en terme d’accessibilité (PMR, enfants, traduction, espace sans interaction, toutous, dodos spécifiques, etc), n’hésite pas à nous contacter en amont pour pouvoir mettre en place ce qui est possible de notre côté.