Vive l'Anarchie - Semaine 03, 2023

Sommaire

Cesena – Attaque d’un concessionnaire BMW

Publié le 2023-01-16 09:15:03

Dans la nuit du 30 décembre, des bouteilles de verre remplies d’asphalte liquide et des pierres ont été jetées sur les vitres et les voitures d’un concessionnaire BMW près de Cesena en solidarité avec Alfredo Cospito en grève de la faim et avec tous les prisonnier-e-s.

MORT À L’ÉTAT ET À TOUS LES EXPLOITEURS !

Traduit d’ IlRovescio

Cesena – Attaque d’un concessionnaire BMW

Publié le 2023-01-16 09:15:03

Dans la nuit du 30 décembre, des bouteilles de verre remplies d’asphalte liquide et des pierres ont été jetées sur les vitres et les voitures d’un concessionnaire BMW près de Cesena en solidarité avec Alfredo Cospito en grève de la faim et avec tous les prisonnier-e-s.

MORT À L’ÉTAT ET À TOUS LES EXPLOITEURS !

Traduit d’ IlRovescio

Naples – Contre les cages de l’État et du patriarcat – Texte distribué lors d’une marche de solidarité

Publié le 2023-01-17 11:20:02

Naples – Contre les cages de l’État et du patriarcat – Texte distribué lors d’une marche de solidarité

Le dimanche 15 janvier à Naples, plusieurs dizaines d’individus anarchistes et transféministes ont improvisé une manifestation à travers les principales rues commerçantes, bondées par la foule des soldes, en solidarité avec Alfredo, maintenant presque trois mois dans sa grève de la faim, et tous les prisonnier-es en lutte, contre le 41bis, la perpétuité et les prisons. Se rappeler que la lutte du compagnon est la lutte de tout-es et que la lutte pour la liberté contre une société oppressive n’a rien à voir avec les indignations démocratiques hypocrites. L’État est responsable de chaque personne qu’il enferme dans ses cages. Tant que celles-ci existent, pas de paix pour leurs villes vitrines. Mort à l’État et au patriarcat

Vous trouverez ci-dessous le texte du tract distribué lors de la manifestation :

Contre les cages de l’Etat et du patriarcat

En tant que féministes, nous connaissons le visage patriarcal et violent de l’État, dont l’une des expressions les plus extrêmes est la torture du 41bis.

Les régimes différenciés et les prisons spéciales ont en fait pour objectif la privation sensorielle et la dépersonnalisation du détenu-es.

Nous, femmes, lesbiennes, pédés, trans* et personnes non binaires, connaissons bien la discipline et l’oppression qui passent par les corps. Lorsque nous refusons d’adhérer aux normes de genre et à l’hétéro-patriarcat, nous sommes enfermé-es et stigmatisé-es comme fous/folles. La prison est la punition pour celleux qui désobéissent aux règles de ce système, à son ordre, car tout corps dissident hors du genre est remis sur les rails. Chaque femme, lesbienne, queer, trans* et personne non-binaire est ramenée à son devoir, tête basse devant son père, son maître, son mari, l’État.

La stratégie de l’État consiste à retirer à ceux qui rejettent l’ordre imposé tout ce qu’ils ont : la liberté, les relations, la possibilité d’agir et d’être. Dans une situation d’isolement carcéral extrême, la seule arme qui reste est le corps. C’est ce qu’Alfredo a choisi de faire depuis plus de 80 jours, en menant une grève de la faim jusqu’à l’extrême. Il a été rejoint au cours des deux derniers mois par plusieurs compagnons – Juan, Ivan, Anna. Pour les juges et les journalistes, pour qui un monde sans hiérarchie est inconcevable, Alfredo serait le « chef d’une organisation ». Ils ne pourront jamais comprendre que, pour les anarchistes, les chefs, les structures et les hiérarchies ne peuvent exister. D’autre part, ils oublient la compagnonne Anna, emprisonnée pour la même opération répressive, qui avec Alfredo et les compagnon-nes anarchistes poursuivent cette lutte depuis toujours. La force de leur résistance résonne en de nombreux endroits et transforme la colère en action.

Nous voulons que notre solidarité passe à travers ces barreaux détestés et atteigne Alfredo et tous ceux qui sont en prison, car nous croyons que la poussée vers la liberté est contagieuse et peut résonner plus fort que leur autorité.

Nous connaissons l’importance de la solidarité directe et active, car en tant que féministes, nous n’avons aucune confiance dans l’État et sa justice. Les magistrats, les inspecteurs, les gardiens de prison et les violeurs nous criminalisent au pire lorsque nous nous auto-défendons ou que nous échappons aux normes de genre qui nous sont imposées. Au mieux, ils nous traitent avec paternalisme, prétendant qu’ils doivent nous défendre. Nous rejetons toute délégitimation et tout paternalisme qui, lorsqu’il ne nous considère pas comme passifs et victimes, nous montre du doigt.

En tant que féministes anarchistes, nous nous reconnaissons dans une lutte contre le 41bis et l’emprisonnement à vie, car une opération répressive de cette ampleur est un avertissement clair pour quiconque mène des idées et des pratiques anarchistes. Alfredo n’est pas le premier camarade soumis à ce régime, nous nous souvenons de quatre autres camarades qui ont été dans le 41bis pendant presque vingt ans. Parmi eux, deux camarades, Diana Blefari, morte aux mains de l’État, et Nadia Lioce, qui lutte depuis des années contre ce régime de torture.

En tant qu’identités sexuelles et de genre dissidentes, nous nous joignons à la lutte d’Alfredo et de tous les autres compagnons contre le 41bis, un régime dont on ne peut d’ailleurs sortir que par l’abjuration. Chaque jour, on nous demande de nous renier pour nous adapter à une norme qui voudrait que nous soyons domestiqués et pacifiés. Refusant tout compromis avec l’Etat et la justice, nous reconnaissons la lutte contre le 41bis et toutes les formes de détention comme notre combat.

Liberté pour tou-tes

Feu aux prisons

Traduit de Inferno Urbano

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[MaJ] Milan – Récit de la manif du 15 janvier

Publié le 2023-01-17 14:00:05

CONTRE LE 41 BIS, PROC PROC PROC PROCESSION À MILAN !

Dimanche après-midi, à Milan, un cortège important et composite a défilé de manière décidée dans les rues qui croisent la place Porta Genova, la prison de San Vittore et la Darsena, en criant haut et fort sa solidarité avec Alfredo, en grève de la faim depuis 89 jours dans la prison de Bancali, et avec tous les détenus.

Malgré l’hostilité des flics, qui sont entrés sur le terrain comme toujours avec un énorme dispositif d’hommes et de véhicules, en direction d’une place qui n’avait aucune intention de passer des accords ou de communiquer avec eux, le cortège était déterminé à maintenir les Digos et les celere à distance, les empêchant de marcher à l’intérieur et sur les côtés de la manifestation.

Divers discours, tracts et slogans ont été utilisés pour raconter la lutte menée par Alfredo, et par de nombreux camarades solidaires avec lui, contre le régime carcéral 41 bis et contre la prison à vie, véritables formes de torture que l’État met en œuvre dans ses prisons. Hier, nous avons réaffirmé à quel point la solidarité avec cette grève de la faim est forte et transversale, à quel point le cas d’Alfredo est un pas important dans une large lutte qui critique profondément et fondamentalement toute la prison et la société dont elle est une institution fondamentale pour opprimer et punir. Notre solidarité ne peut donc manquer de s’étendre à tous ceux qui lèvent la tête et décident de se battre à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison, à tous ceux qui subissent une répression de plus en plus asphyxiante.
Nous continuerons à nous mobiliser pour être aux côtés d’Alfredo et nous invitons tout le monde à contribuer à ce combat et à maintenir notre attention à un niveau élevé.

ALFREDO HORS DU 41 BIS !
TOUT LE MONDE HORS DU 41 BIS !
CONTRE TOUTES LES PRISONS !

P.s. :
Malgré la tentative de la préfecture de décourager camarades et compagnons, même par une extraordinaire opération de prévention qui a même permis de saisir de dangereux oeufs de peinture, les rues traversées par le cortège étaient remplies de slogans écrits sur les murs et certaines vitres se sont fissurées à cause des notes trop aiguës des uvules qui ont chanté les refrains tout au long de la manifestation😎.

Traduit de carceri in revolta

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Histoires de démocrature….

Milan, dispos diffitif d’ordre public pour la manifestation anarchiste.

Le Prefet de Milan, Giuseppe Petronzi, a préparé pour cet après-midi un dispositif d’ordre public, auquel participent la Police d’État, les Carabinieri et la Guardia di Finanza, pour la gestion du cortège appelé par les membres du mouvement anarchiste, en solidarité avec le prisonnier Alfredo Cospito, déjà condamné et emprisonné pour la mise à genoux de l’ingénieur Adinolfi à Gênes et pour des délits de nature associative.

Environ 600 personnes issues des milieux anarchistes, marxistes et du syndicalisme de base, venant également d’autres villes italiennes, se sont rassemblées vers 15 heures sur la Piazzale Stazione Porta Genova d’où elles se sont déplacées en cortège, encadrées par les unités encadrées, le long du Corso Cristoforo Colombo en déployant des banderoles et en allumant des fumigènes.

Le long du parcours, certains manifestants, dont le noyau le plus radical a toujours eu une attitude fortement antagoniste, ont effectué des dégradations. La police est souvent et promptement intervenue pour interrompre les actions criminelles. En particulier, la police d’État a dû intervenir à quelques reprises, comme près du COIN à Corso Cristoforo Colombo, pour empêcher des approches dangereuses et des dégradation.

Plus tard, les manifestants ont atteint la prison de San Vittore où ils se sont arrêtés, ont parlé et lancé des slogans en solidarité avec les détenus. Les unités encadrées des forces de sécurité ont empêché le cortège de s’approcher du centre de détention et les manifestants ont été canalisés pour retourner à leur lieu de départ.

Sur le chemin du retour, le dispositif d’ordre public est intervenu en installant des barrages à plusieurs endroits afin d’empêcher le cortège d’emprunter certaines rues, comme le Corso Genova, pour s’approcher du centre-ville. Pendant ce temps, la police locale s’est efforcée d’atténuer les effets sur la circulation.
Pendant l’initiative, les inscriptions en faveur du détenu Cospito et contre l’application du 41bis et les dégradations, notamment des vitrines de la poste de Viale Gorizia, n’ont pas manqué.

En ramenant les manifestants à la piazzale Stazione di Porta Genova, le point de départ, l’initiative a pris fin.

Au cours des activités de prévention et de contrôle ciblées, la police a saisi 25 pétards, 16  fumigènes, de la colle, des pinceaux et des tracts auprès des manifestants.

De nombreux individus ont été identifiés et les séquences vidéo seront examinées afin d’identifier les responsables des dégâts.
Frank Cimini

Traduit pour info de NO41bis

Buenos Aires – Revendication de l’incendie d’un concessionnaire d’automobiles Volkswagen

Publié le 2023-01-18 13:15:03

En guise de complicité avec le compagnon Alfredo Cospito et contre ceux qui soutiennent l’emprisonnement, la torture, l’exploitation et la domination ; le mercredi 4 janvier 2023, à 02h00, j’ai provoqué un incendie chez le concessionnaire automobile Volkswagen, Avenida San Martin 6701, Villa Devoto, Buenos Aires, laissant derrière moi au moins quatre véhicules endommagés.

Individualité anarchique

Traduit de La Nemesi

 

Presidio al carcere di Bancali domenica 22 gennaio

Publié le 2023-01-18 23:15:03

Presidio al carcere di Bancali domenica 22 gennaio

Domenica 22 gennaio 2023 web

Riceviamo e diffondiamo:

DOMENICA 22 GENNAIO 2023 H:15:00/18:00 e finché ci va!
al CARCERE DI BANCALI – SASSARI
PRESIDIO SOLIDALE
con Alfredo Cospito
in sciopero della fame dal 20 ottobre
e con i/le prigionieri/e in lotta


Benvenuti interventi, musica, cori, poesia… bevande calde e biscottini!

Per chi non può venire: mandate saluti e messaggi ad Alfredo scrivendo e inviando mp3 alla mail: evaliber2@inventati.org

verranno rilanciati al presidio!


Indossate scarpe comode adatte al terreno fangoso, siamo in campagna e fa freddo!
Si può parcheggiare nelle strade campestri laterali.

Vieni e fai venire!

“Abolizione del regime del 41bis.
Abolizione dell’ergastolo ostativo.
Soidarietà a tutti i prigionieri
anarchici, comunisti e rivoluzionari nel mondo.
Sempre per l’anarchia.”
Alfredo Cospito

LIBERX TUTTX LIBERE TUTTE LIBERI TUTTI

Incendiary Attack Against a Bank in Thessaloniki, Greece in Solidarity with Anarchist Prisoners

Publié le 2023-01-18 23:15:08

Thessaloniki – Claim of Responsibility

Because we’re the ones who hang out at night, conspire in our meetings and constantly think of ways to act. When we are hit, we have an obligation to make our presence felt, to show a signal of resistance, to give a breath of life to what we call solidarity.

We are hit in many ways, at work where the need to survive is exploited, on the street where a person may think a person is vulnerable and become abusive or an immigrant is dangerous and let out their racist rant, at the demonstrations with the riot police attacking, but we have shown that we have aggressive characteristics too and we will be confronted, in our social and political spaces where the power behind the bullshitocracy thinks it will suppress us. But we will not let that happen.

We experience violence in various forms every day, we have learned to resist through our relationships, collectively and individually we are determined and we will win.

The road to anarchy is rough, if it is not done today, it will be done tomorrow, if you and I don’t see it, the next ones will see it, but we will not give up, that is the only certainty.

And when one is imprisoned, that is when one is confronted with power in all its glory, that is when the system thinks it has a victory to show its masters.  But no. Because inside and outside the walls that separate us we continue to act. For each other, we are side by side, fighting to change what oppresses us, what we will no longer tolerate.

With all our strength, with thought and patience, we never lose the appetite to come back, to challenge what you have turned into a giant prison of fear and repression.

We have sharpened our blades to cut the chains you are wrapping around our bodies.

As a minimal sign of solidarity with imprisoned comrades on Thursday 29/12 at dawn, we placed an incendiary device in a bank on Martiou Street in Thessaloniki.

STRENGTH AND SWIFT RECOVERY TO THE ANARCHIST MILITANT THANOS HATZIANGELOS

SOLIDARITY TO THE ANARCHIST HUNGER STRIKER ALFREDO COSPITO. VICTORY FOR HIS STRUGGLE

Anarchists

source: https://athens.indymedia.org/post/1623240/

translated by Nae Midion

Note: photo not associated with action.

Protester Killed, Trooper Injured in Shooting Near the Defend the Atlanta Forest Encampment

Publié le 2023-01-19 00:10:03

A protester was shot dead Wednesday morning and a Georgia state trooper was shot near Atlanta’s Stop Cop City encampment.

From ‘Defend the Atlanta Forest: “Police killed a forest defender today, someone who loved the forest, someone who fought to protect the earth & its inhabitants. This is why we organize to stop Cop City. And we will. In honor of their life, and the lives of everyone killed and imprisoned by the police.

Defend the Forest & Stop Cop City is a grassroots movement of many groups and individuals from Atlanta and beyond, working together and separately to prevent the South River Forest from becoming either a police training compound or a new Hollywood soundstage complex.

Atlanta Police Foundation is trying to build the largest police training facility in the US in Weelaunee or South River Forest, a watershed. The plans include military-grade training facilities, a mock city to practice urban warfare, dozens of shooting ranges, and a Black Hawk helicopter landing pad.

On the heels of the historic 2020 uprising following the murder of George Floyd by the Minneapolis Police Department, the current movement inherits all of the wisdom and ingenuity of those unforgettable days. After millions marched, demonstrated, and took action against police brutality, the Atlanta government and countless others found creative ways to give local law enforcement even more resources and funds, under the cover of “reform” and “trainings.”

The South River Forest, one of Atlanta’s largest remaining green spaces. The forest encompasses a three-hundred-acre, city-owned tract of land that sits in a poor and predominantly Black part of unincorporated DeKalb County. Underground are the much older remains of the Muscogee Creek people, who lived in what they called the Weelaunee Forest until they were forcibly removed by white settlers in the eighteen-twenties and thirties.

The plans for Cop City have been met with exuberant from forest defenders and the broader community.

At the end of July, someone set fire to a truck that had hauled construction equipment to a trailside parking lot. On its charred remains were scrawled the words “No Cop City” and “No Hollywood Distopia.”

Board of Trustees of the Atlanta Police Foundation include members from: Waffle House, Home Depot, AT&T, UPS, Delta Airlines, JP Morgan, Wells Fargo, Merrill Lynch, Chick-fil-A, Equifax, and SunTrust Bank. A complete list can be found here: https://atlantapolicefoundation.org/about-the-atlanta-police-foundation/#board-members

Support arrestees by donating here: https://actionnetwork.org/fundraising/contribute-to-the-atlanta-solidarity-fund

Buenos Aires (Argentine) : incendie solidaire chez un concessionnaire Volkswagen

Publié le 2023-01-19 07:25:15

Traduit de l’espagnol de Contrainfo, 17 janvier 2023

Comme geste de complicité avec le compagnon Alfredo Cospito et contre ceux qui cautionnent l’enfermement, la torture, l’exploitation et la domination ; le mercredi 4 janvier 2023 à 2 heures du matin, j’ai provoqué un incendie chez le concessionnaire automobile Volkswagen du 6701 avenue San Martín , dans le quartier de Villa Devoto, à Buenos Aires, laissant au moins quatre véhicules endommagés.

Individualité anarchique

Mühleim an der Ruhr (Allemagne) : Lützerath est partout !

Publié le 2023-01-19 07:25:34

Une voiture de Strabag incendiée
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 18 janvier 2023

Le groupe de BTP Strabag exerce un sale métier : la construction d’autoroutes et de prisons. De plus, elle collabore intensivement avec le trust énergétique RWE dans l’exploitation de mines à ciel ouvert dans le bassin de lignite rhénan, y compris directement près de Lützerath. Nous nous sommes donc inscrit dans la série en cours
d’actions contre Strabag et nous poursuivons de manière décentralisée la lutte contre l’exploitation du lignite extrêmement nocive pour le climat ! Lützerath est partout et partout notre résistance peut se déployer de manière diversifiée !

Le petit hameau de Lützerath a connu une renommée mondiale suite à son occupation, que ce lieu était depuis longtemps voué à disparaître. La lutte contre son expulsion et les intérêts capitalistes de RWE, Strabag and Co. a été grandiose, même si la destruction de cet endroit n’a pas pu être empêchée. Depuis, Lützerath est le symbole de la résistance contre la politique énergétique mortifère du gouvernement au niveau national et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Des milliers, peut-être des dizaines de milliers de personnes, ont montré clairement que quelque chose doit changer fondamentalement et que l’État et sa police n’apportent pas la justice mais soutiennent brutalement le capital dans la poursuite de ses objectifs.

Lützerath est perdu mais la lutte peut désormais être menée avec un nouveau feu! En tout lieu !

Nous avons apporté une petite contribution avec nos formes et nos moyens très simples et nous nous considérons comme faisant partie de toutes les formes de lutte du mouvement anticapitaliste pour le climat. Manifestations, Sit-in, discussions, attaques, collages, sabotages, look-ons, occupations et tunnels, tout ce qui aide à notre contre-offensive pour une vie bonne pour toutes et tous !

Salutations à tous les blessé-e-s et prisonnier-e-s.

Berlin (Allemagne) : le parking d’Amazon part en fumée

Publié le 2023-01-19 07:28:13

Traduit de l’allemand de Sozialer Zorn, 16 janvier 2023

[La nuit du 16 janvier vers 3h40 dans le quartier de Berlin-Tempelhof, près de 25 camionnettes de livraison de l’entreprise Amazon ont flambé sur son parking situé le long de l’autoroute A100 : 18 ont été entièrement calcinées, et 7 de plus ont été endommagées par les flammes. Voici une traduction de la revendication de cette attaque signée « Des anarchistEs ».]


Aux premières heures du 16 janvier 2023, nous nous sommes frayés un accès sur un site bien sécurisé de la rue Germaniastraße, dans le quartier de Berlin-Tempelhof, et nous avons retiré de la circulation 25 véhicules Amazon-Prime à l’aide de dispositifs incendiaires. Un feu de solidarité avec les occupant-e-s à Lützerath et les prisonnier-e-s en grève de la faim.

La frénésie de consommation du Black Friday et les ventes lucratives de Noël sont passés. L’amour de son prochain et le peu de recueillement érigés en devoir laissent de nouveau la place à l’habituelle routine du quotidien. On joue à nouveau des coudes, pour tenir dans la lutte concurrentielle de la société actuelle. Malgré l’inflation et l’augmentation du coût de la vie, la course aux marchandises et le pillage de la planète et de ses ressources se poursuivent imperturbablement en cette nouvelle année, remplissant les caisses des profiteureuses de guerre du commerce en ligne. Par sa position de monopole et un vaste modèle économique, Amazon s’est révélé depuis longtemps être un facteur de dépendance pour beaucoup. Mais ce groupe est bien plus qu’un simple fournisseur de produits à bas prix.

Tes pensées et sentiments valent de l’or

Les développements technologiques de ce géant de l’informatique indiquent l’avenir sombre d’une société dystopique de surveillance et de contrôle. En tant que force motrice dans l’établissement du capitalisme numérique, Amazon ne modifie pas seulement l’économie de manière durable, mais aussi le quotidien, le comportement social et même nos modes de pensée. Les intelligences artificielles et les algorithmes sont en mesure de piloter et de manipuler les besoins. Les calculs qui en découlent façonnent dès aujourd’hui ce qui fera de l’argent demain. Avec une large palette de produits et d’infrastructures technologiques (serveurs), cette entreprise s’impose dans toujours plus d’aspects de la vie pour satisfaire son insatiable soif de données. Que ce soit par le logiciel de surveillance Amazon-Ring, qui veille comme un œil tout puissant sur les propriétés des riches et qui – désormais aussi intégré dans des véhicules dès la construction– soumet l’environnement à un contrôle permanent. Par l’assistance vocale Alexa qui, en tant qu’oreille de l’IA, se tient à l’affût dans les salons et les chambres à coucher et assiste même aux moments les plus intimes. Par les programmes de reconnaissance faciale et les capteurs censés interpréter les sentiments et diriger les client-e-s à travers les magasins en libre service Amazon-Go. Ou avec une multitude de développements dans les domaines de la santé et de la biotechnologie, afin de capturer tout ce qui est physique et de le décomposer en chiffres. Amazon sait que celui qui dispose de grandes quantités d’informations et de données et qui peut traduire le présent en dimensions mathématiques, a aussi le pouvoir d’influencer l’avenir pour son propre profit.

Sur le worldwideweb concernant le site de Berlin

La responsabilité du maintien de l’ordre social est certes beaucoup plus diffuse, pourtant ce groupe, avec quelques autres géants de la Tech, joue un rôle très particulier dans le réagencement du monde par la smartification. L’intervention dans de nombreux domaines nos vies est déjà beaucoup plus grande que ce que nous croyons. Elle ne se limite pas uniquement à celles et ceux qui ont déjà volontairement remplacé leurs ami-e-s par Alexa, qui servent une économie à la demande hautement connectée en achetant des produits Prime, ou qui s’abrutissent en achats sur les plate-formes du commerce en ligne sur le dos de travailleur-euse-s aux conditions précaires. Sur Internet, il est désormais presque impossible de passer à côté d’Amazon. Et pour qu’il en soit bientôt de même dans l’espace physique, Jeff Bezoz est en train de planter une tour dépassant toutes les autres en hauteur au milieu de Berlin. Avec ses 140 mètres de haut, c’est un symbole sans équivoque de la revendication de pouvoir blanc-patriarcal d’une crapule égomaniaque. En outre, la construction de cette Tower aura des conséquences profondes pour les quartiers alentours. L’arrivée de milliers d’employé-e-s de l’informatique d’Amazon viendra alimenter la spirale des prix sur le marché du logement et poursuivre et accélérer des processus d’éviction. Comme toujours, ce seront les exclu-e-s qui en porteront le poids, eux et elles qui ressentent déjà le plus fortement la pression financière due à l’augmentation des coûts. Ce n’est donc qu’une maigre consolation que des plus hauts étages de cette tour qui s’élève de manière si éhontée, on aurait pu sans problème s’émerveiller de la combustion du parc automobile d’Amazon à l’autre bout de la ville.

Amazon passe sur des cadavres

Le fait que la Amazon-EDGE-Tower soit prétendument construite avec des matériaux durables peut faire bien au niveau marketing, mais cela n’en rend pas le tout meilleur. Au contraire, cela masque les conséquences climatiques de la fabrication et de l’exploitation de milliers et milliers de serveurs, ainsi que le caractère désastreux du commerce en ligne et de l’adhésion à l’idée de consommation de masse face à la crise écologique. Si une grande entreprise telle qu’Amazon fait de la pub pour le développement durable, ça n’est sûrement pas parce qu’elle reconnaît les conséquences de ses activités, mais par calcul affairiste pur et dur. Le label de protection du climat permet désormais d’engranger de bons profits. Ce faisant, on ne mentionne pas que le complexe techno-industriel s’est avant tout développé par le biais d’innombrables crimes contre l’humain et la nature, dont découlent les crises actuelles. Seule sa destruction totale, au moyen de la violence libératrice nécessaire, pourra y mettre un terme.
Enfin, la smartification, le contrôle et la surveillance concernent au premier chef aussi les employés malmenés des centres de distribution d’Amazon, qui, contrairement à leurs collègues informaticiens bien formés, doivent fournir des performances maximales contre de mauvais salaires et dans des conditions de travail misérables. Même lorsque l’un-e d’entre eux en meurt, cette entreprise de merde n’a même pas la décence d’accorder à ses collègues une pause pour s’arrêter un moment et souffler un peu, comme ça s’est passé récemment à Leipzig. Ce feu est aussi pour vous !

Pour l’anarchiste Alfredo Cospito qui, à l’isolement, est en grève de la faim et en lutte contre le régime 41bis en Italie depuis 89 jours.
Pour Thanos Chatziangelou qui se bat pour sa dignité dans les geôles de Grèce.
Pour Ivan, en grève de la faim en France et pour les 11 prisonniers de Turquie qui sont en grève de la faim dans les taules grecques.

En lien avec les occupant-e-s de Lützerath.
Contre l’avancée du pillage de la planète – Attaquer le complexe techno-industriel.
Liberté pour tous les prisonniers !

Quelques anarchistEs

Chili – Mots de Juan Aliste Vega – La vie que nous défendons

Publié le 2023-01-19 08:15:05

Chili – Mots de Juan Aliste Vega – La vie que nous défendons

Texte – cri de guerre – de Juan Aliste concernant la grève de la faim d’Alfredo Cospito contre le régime d’isolement.

Quand l’aller est sans retour, ni hésitation, pour un révolutionnaire subversif et anarchiste, les choix de lutte sont basés sur la certitude de la vie.

La vie que nous défendons de manière intègre et cohérente, face à toute situation. Nous concevons la vie comme le reflet de nos actes, nous la saisissons dans le sauvage, dans ce qui agite et combat l’ordre esclavagiste, et non dans le format capitaliste précaire et misérable dans lequel on peut choisir entre des alternatives de bien-être et de consommation.

Ainsi, maîtres de nos pas et de notre souffle, maîtres de la vie qui parcourt nos os et notre peau dans la guerre.

La vie que nous défendons

La vie que nous défendons est libre, de n’importe où et avec tous les moyens et potentiels. En tenant la décision par la main, nous reprenons le fil ininterrompu de l’action directe, en tant que frères et sœurs, en brisant les frontières et l’impossible. Aujourd’hui, la complicité, la conspiration multiforme et horizontale, s’élabore et se déploie en construisant la résistance et la solidarité internationale.

Loin des logiques organisationnelles éculées ou des partis autoritaires, je lance mon cri de guerre. De la même tranchée qu’Alfredo Cospito, qui a commencé par rendre visible l’isolement et le caractère éternel de sa condamnation. Contre un État qui peut compter sur tout un cadre structurel et une doctrine d’oppression constante, infâme et basée sur les classes. Aujourd’hui, la mobilisation du compagnon anarchiste italien défie la mort. A près de 90 jours de grève de la faim et d’autres à venir, ne les soutenant que par la conviction et l’intégrité d’un cœur inébranlable et d’une vie en guerre. Faire de son corps une arme de conflit et de lutte est une démonstration de force révolutionnaire. De par sa base anarchiste, Alfredo n’est pas du genre à passer et repasser. Alfredo se bat contre toute la pourriture de l’État et de ses appareils.

Il mène ce combat subversif avec son corps. J’écris avec reproche et en tant qu’ennemi de l’État, à partir de la douleur qui nous rend plus forts et nous met à l’épreuve. La vraie parole émane de la certitude farouche que la seule liberté réside dans l’action. Que ces prisons qu’ils ont inventées pour nous enfermer sont un échec et le seront toujours, tant que nous resterons sur le pied de guerre, contre eux et toute la merde qui les soutient.

Force compagnon/frère, mon respect de guerre.

Je n’ai rien à dire au pouvoir. Mes énergies sont pour toi, Alfredo, chaque bouffée d’oxygène de ces mots t’appartient ainsi qu’à tous et chacun des des compagnon-nes qui se battent pour la fermeture du 41 bis.

Une étreinte complice, de lutte et de résistance inébranlable dans la tendresse.

Notre vie dans la guerre ne se termine ni avec la torture, ni avec l’emprisonnement, ni avec la mort.

Mort à la société carcérale, à tous les États et aux institutions qui les soutiennent.

Solidarité internationaliste avec Alfredo Cospito.

Contre le 41bis et la perpetuité incompressible

Juan Aliste Vega
Prisonnier subversif.
Carcere La Gonzalina
Janvier 2023
Territoire occupé par l’état $Chilien

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A tutte le ore. Sugli ultimi mesi di mobilitazione

Publié le 2023-01-19 18:20:02

A tutte le ore. Sugli ultimi mesi di mobilitazione

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Riceviamo e volentieri pubblichiamo questo contributo scritto da compagne e compagni di Roma sullo sciopero di Alfredo, sulla storia in cui si inserisce, sul fronte di lotta che ha già determinato e sulle prospettive che questo potrebbe aprire. Se condividiamo sia l’invito a un dibattito a più voci, sia buona parte dei ragionamenti ch’esso contiene, ci limitiamo qui a un’unica annotazione-aggiunta critica. Nel contributo si sottolinea giustamente il ruolo che ha giocato, nel far conoscere la lotta di Alfredo e l’abominio del 41 bis, il comunicato degli avvocati – aspetto che mancava, invece, nel testo Lo Stato è debole, per altro assai apprezzabile; tuttavia ci sembra che quel primo colpo al muro di silenzio venga messo sullo stesso piano delle successive prese di posizione di intellettuali, giuristi, preti ecc., mentre si tratta di aspetti politicamente (oltre che umanamente) distinti. Non è facile per i media ignorare un comunicato di avvocati che in qualche settimana raggiunge oltre duecento sottoscrizioni. Quel buco nel muro del silenzio non è stato né un regalo del destino né un mero riflesso delle tante iniziative e azioni solidali. È stato il frutto di un impegno preciso da parte dei nostri avvocati. Non solo gli argomenti, ma anche il linguaggio in cui è stato scritto hanno fornito spunto e materiale per le varie prese di parola dentro il mondo borghese, e solo poi (!) in parte di quello antagonista. Le intelligenti pratiche di agitazione (occupazione di Amnesty e delle gru) hanno puntellato autonomamente la crepa; l’azione diretta internazionale e internazionalista vi ha messo tutto il suo peso di irrecuperabilità. Mettendo sulla bilancia la tempestività nel cogliere la posta in gioco, la persuasione dell’idea e il coraggio dell’azione, il movimento anarchico ha visto cadere frutti utili dall’albero riformista-democratico senza mettersi a scuotere direttamente la pianta.

Ottenuta la declassificazione di Alfredo, sarà tanto necessario quanto prezioso ragionare a fondo sui punti di forza e sui limiti di ciò che è emerso in questa importantissima battaglia.

Qui il testo in pdf: A tutte le ore (2) (1)

A tutte le ore
Alcune riflessioni sugli ultimi mesi di mobilitazione

Io credo certamente che, quando altri non ci insegnasse, che la necessità ci insegni. Voi vedete tutta questa città piena di rammarichii e di odio contro a noi: i cittadini si stringono, la Signoria è sempre con i magistrati: crediate che si ordiscono lacci per noi, e nuove forze contro alle teste nostre si apparecchiano. Noi dobbiamo per tanto cercare due cose e avere, nelle nostre deliberazioni, duoi fini: l’uno di non poter essere delle cose fatte da noi ne’ prossimi giorni castigati, l’altro di potere con più libertà e più soddisfazione nostra che per il passato vivere.

Niccolò Machiavelli, Istorie fiorentine

 

Scriviamo queste riflessioni a quasi novanta giorni dall’inizio dello sciopero della fame da parte di Alfredo, giorni di lotta come di rabbia. Crediamo sia importante scrivere e confrontarsi a mobilitazione in corso, per continuare a lottare con più lucidità e determinazione e per questo leggiamo con interesse chiunque voglia partecipare al dibattito.

Riflettiamo principalmente sull’area anarchica ma crediamo che se il dibattito (e la lotta) avesse una maggiore pluralità sarebbe anche semplicemente meglio. Il ragionamento che qui proveremo a fare riguarda sia le mobilitazioni di solidarietà alla lotta di Alfredo, sia coloro, che con più testa e più cuore, si sono maggiormente spesi.
Lo Stato è in difficoltà, ma non perché teme gli anarchici per la forza che oggi sono in grado di esprimere, quanto piuttosto per quella che potrebbero innescare o alimentare. Gli anarchici oggi non sono un pericolo per lo Stato, come non lo sono stati gli attacchi degli ultimi cinque o sei anni visti in sé e per sé. Ciò che crediamo rappresenti un pericolo per lo Stato, e di cui vi è la piena consapevolezza, non sono tanto gli anarchici, quanto ciò che rappresentano in prospettiva e, per noi, è ad essa che bisogna volgere lo sguardo.

Negli ultimi anni l’area anarchica è stata l’unica – o una delle poche – a preservare l’attacco come pratica legittima, a individuare nello Stato un nemico quotidiano con cui non scendere a patti, la critica rivoluzionaria come rottura costante. Per quanto queste scelte nel loro particolare possano essere state più o meno strategiche, più o meno condivisibili, alla luce dei fatti hanno significato la conservazione di un’integrità rivoluzionaria, di una memoria conflittuale, quindi di una forza. Da un lato il continuo esercizio di questa forza, rappresentato da pratiche conflittuali, è sicuramente pesato a livello di riproduzione numerico, incomprensibilità da occhi esterni e prezzo da pagare con la giustizia. Dall’altro lato questo è accaduto, e in parte è stato possibile, di conseguenza e in continuità con un momento in cui il conflitto sociale veniva sempre meno, e tanti compagni e compagne hanno preferito la diluizione della propria identità rivoluzionaria e, con essa, la sempre maggior messa da parte delle proprie pratiche conflittuali. Ma d’altro canto crediamo che se la forza, di chi ha deciso di preservarla, oggi non rappresenta alcuna reale minaccia in sé, al contrario, nella possibilità del rapporto con una società in fermento, carica di rabbia e frustrazioni, potrebbe esserci la miccia che inneschi le rivolte contro il potere e le sue ingiustizie. È questo un primo punto: ad oggi lo Stato teme e attacca questa possibilità, non rappresentata solo dagli anarchici, ma di cui gli anarchici fanno da monito. Se è vero che negli ultimi tempi, un certo tipo di attacco repressivo, è stato diretto nei confronti degli anarchici, nondimeno è vero che è rivolto anche ad un pubblico più ampio, cioè a chiunque avesse voglia di organizzarsi nella rabbia e tessere ribellione.

Questa possibilità, dunque, è rappresentata da una componente che va oltre quella dell’area anarchica, da una parte; dall’altra vi sono invece le frustrazioni quotidiane che la società produce e che incidono su quella forza.

Crediamo siano almeno due gli elementi della società con cui lo Stato non vuole che gli anarchici, e i rivoluzionari in generale, entrino in rapporto: un primo aspetto è una riattivazione giovanile in pratiche conflittuali, avvenuta negli ultimi anni seppur a bassa intensità. Un secondo aspetto è un possibile fermento sociale mosso da una frustrazione generata dal deterioramento delle condizioni di vita.

Partendo dal primo aspetto è interessante qui osservare alcuni passaggi che sono avvenuti negli ultimi cinque anni. Questa riattivazione giovanile si è manifestata le prime volte già da prima del lockdown, quando le strade erano attraversate da grandi numeri di studenti e studentesse, cosa che non si vedeva da tempo. Le tematiche che hanno maggiormente coinvolto questa componente studentesca molto giovane erano quelle ecologiste e transfemministe. Nel tempo vi è stata un’evoluzione del fenomeno, considerata la determinante parentesi della quarantena con le sue implicazioni sociali, ciò che ne è conseguito è stata una riduzione dei numeri nelle mobilitazioni, ma una radicalizzazione di alcune pratiche di lotta. I licei della città di Roma nel 2021 sono stati attraversati dal movimento de “la lupa”, dalle occupazioni in molti licei ed istituti della capitale e qualcosa di simile è avvenuto un po’ in tutta Italia: dalle manifestazioni in seguito alla morte di Lorenzo studente impegnato nell’alternanza scuola-lavoro (PTCO) agli scontri fuori Confindustria a Torino e il carcere per alcuni di loro. Nessuna forte identità politica, né tanto meno rivoluzionaria, è riuscita a rappresentare queste spinte. Forse gli unici che sono riusciti ad assorbire parte di queste “istanze” sono gli attivisti di Ultima Generazione (con le sue evoluzioni) che continuano a tenere botta ed esistere ed insistere nelle loro pratiche.

Se prendiamo questo come una rappresentazione realistica dell’ultimo quinquennio, dobbiamo considerare anche che il tutto è stato accompagnato da due anni quantomeno di agitazione sociale, anche se comunque di bassa intensità rispetto a periodi di mobilitazioni passate maggiormente dense. Inoltre, le rivolte in carcere (mai tante carceri si sono ribellate con quell’intensità nello stesso momento), la prima rabbia nelle strade a causa delle chiusure dovute al covid, le già nominate proteste studentesche dell’ultimo anno e quelle, ancora precedenti, contro il greenpass (pensiamo a proposito che, a torto o a ragione, proprio in questi momenti di piazza sia stata praticamente solo l’area libertaria ad avervi intravisto una potenzialità conflittuale. Crediamo non sia un elemento ininfluente nel disegno repressivo).
Ed è proprio in questo contesto sociale che, quando si pensava di aver trovato una “via di uscita” dalla pandemia, si è affacciata una guerra alle porte dell’Europa. Se gli effetti della pandemia in parte si sono già manifestati, quelli della guerra iniziano a farsi strada.
Crediamo sia alla luce di questo contesto che si potrebbe creare quella possibilità, quell’incontro che lo Stato mai vorrebbe avvenisse. Alla base di ciò si va consolidando il tentativo di prevenire la rabbia sociale non riducendo i motivi di frustrazione quanto più attaccando ed escludendo chi quella rabbia saprebbe bene dove canalizzarla. Quello che lo Stato, nelle veci della procura, ha provato a fare nell’ultimo periodo è quindi di provare a chiudere una partita con gli anarchici, i loro slogan e le loro pratiche, tutto ciò prima che si possano venire a creare queste due possibilità: una conflittualità giovanile che diventa rivoluzionaria e la rabbia sociale mossa da necessità materiali.

Ma il movimento dello Stato è duplice e simultaneo. E qui arriviamo al secondo aspetto importante di questo testo ma soprattutto di questa mobilitazione. Il tentativo di emarginare totalmente e punire in modo esemplare quella che rimane una minoranza rivoluzionaria è stato accompagnato dal tentativo di normalizzazione di uno strumento eccezionale: l’utilizzo del 41bis, nato per l’emergenza della mafia stragista, applicato ora ad un anarchico, in vista di una nuova possibile emergenza (questa volta di carattere sociale). La comprensione di questo duplice movimento restituisce un significato in più alla lotta di Alfredo. Alfredo sottraendosi a questo tentativo ne nega la normalizzazione: “No Stato, non sulla nostra vita distendi il tuo potere”. Non significa che la procura non ci possa riprovare, ma che questo primo tentativo ha dato un’indicazione. Alfredo ha reagito mettendo in campo due fra le caratteristiche che più hanno contraddistinto gli anarchici: compagni e compagne testardi quanto inassorbibili.


Ciò che ne è nata è una mobilitazione, la quale, a nostro avviso, non è del tutto riassumibile con gli anarchici davanti e la parte riformista in coda, soprattutto se ne facciamo un’analisi qualitativa. Fino ad ora il rapporto fra le parti che compongono queste diverse forme di attivazione andrebbe visto più come un rapporto dialettico involontario.

Facciamo una piccola premessa, superflua ma chiarificatrice: la distinzione anarchici e riformisti crediamo sia riduttiva. Non solo perché la minoranza che si è mobilitata non è ascrivibile solo all’interno dell’area anarchica, ma soprattutto perché ci si perde tutta una serie di anime che puramente riformiste non sono, in primis: gli avvocati, solo per farne un esempio, non saranno anarchici ma chi ha detto che sono riformisti?

Se è fuori discussione che i compagni e le compagne anarchici siano state tra le prime ad attivarsi in solidarietà ad Alfredo, assumendo uno sguardo attento, pensiamo si possa riscontrare come non siano state né le uniche né viste da sole siano state determinanti. Piuttosto le vediamo come una parte del tutto, un tutto composto anche da miserie e miserabili. In questo senso, l’appello scritto da una ventina di avvocati in alcune città italiane è stato per tutta la mobilitazione un contributo importante, forse decisivo. Non lo diciamo come nota di merito, ma perché ha avuto per noi questo valore e sotto alcuni aspetti, l’appello in questione, ha fatto da apripista. Anche alcuni “intellettuali” hanno preso parola quasi fin da subito, piaccia o meno quello che dicono, piaccia o meno la dubbia dignità che li rappresenta.

Fatta questa puntualizzazione, il rapporto fra le diverse parti lo abbiamo definito come dialettico e involontario. La lettera iniziale degli avvocati ha posto la questione creando una certa legittimazione, le azioni nelle strade hanno dato un significato politico che non schiacciasse la possibilità della lotta sulla mera opinione, le parole di un Manconi o di un Cacciari hanno dato un significato alle azioni, diverso dalla criminalizzazione che subivano dal mainstream, e così via (le iniziative in Sapienza, gli striscioni dalle gru, i/le compagni/e sui tetti). Quando di una vetrina rotta si provavano ad additare i responsabili come “i vandali contro il 41bis”, quest’ultima parola rimandava ormai ad un immaginario diverso dal solito: un anarchico che non ha commesso reati di sangue trattato come i boss mafiosi. Questo significava che quelle azioni venivano legittimate o accettate? No di certo, ma sicuramente assumevano un significato diverso. Alla luce di ciò stabilire una priorità è difficile, forse possibile, ma anche superfluo. Quello che crediamo sia importante cogliere è: a) l’importanza della lotta di Alfredo; b) la necessità del contributo di ogni parte di quel tutto. Ci teniamo a sottolineare che non tutti i contributi a questa lotta abbiano assunto la prospettiva per noi adeguata, quella rivoluzionaria, anzi, però pensiamo anche che debbano essere considerati per il loro reale valore e il ruolo che hanno svolto.

Negli anni abbiamo assistito al triste spettacolo di pagine e pagine di “ottime” ragioni che giustificavano la propria inazione. Per fortuna questa volta, forse il pudore o anche l’intelligenza, hanno prevalso, anche se in questa occasione tanti sono rimasti sull’uscio, esprimendo una solidarietà che a tratti sapeva più di condoglianze.

La disabitudine degli ultimi 6 o 7 anni alla lotta, a reggere uno scontro, a difendersi dalle stigmatizzazioni, stanno facendo sicuramente la loro parte rendendo la partecipazione difficile. Dall’altro canto Cospito, che nella distinzione fra “buoni e cattivi” diffusa dalla retorica democratico-liberale, rappresenterebbe il “cattivo” per antonomasia. Qui il nostro ruolo, qui l’intelligenza di ribadire, come compagni e compagne, che quella distinzione non esiste, è strategia della procura per rompere il conflitto sociale. Lo ribadiamo per i più sordi: oppressi e oppressori, l’unica distinzione che conosciamo. E se comunque ad ora Alfredo rimane per molti sinceri democratici un cattivo… che si tengano le loro sincere ragioni, per noi Alfredo rimane un compagno che lotta.

Il dato, ad oggi lampante, è che da tutto ciò ne è nata una mobilitazione; una crepa nella società, seppur piccola, è stata incisa.

Come tutte le mobilitazioni anche questa si nutre e si riproduce nella sua pluralità (che ci auspichiamo si moltiplichi ancora). Non solo, un altro aspetto che ha fatto avanzare la mobilitazione è sicuramente la forza delle ragioni. Il fatto che Alfredo Cospito stia ingiustamente in 41bis è un dato abbastanza condiviso da tutti, non vi è scontro interpretativo. Nessuno, o quasi, prende le difese della sua classificazione al regime del 41bis, se non attraverso il responso del Tribunale di Sorveglianza. La correttezza morale della causa è molto chiara, la sua determinazione nella pratica disarmante ed anche la mostruosità della macchina statale appare altrettanto limpida. Sia per l’applicazione della misura in sé, ma anche per il meccanismo che l’ha messa in campo: cinico, senza responsabili, impossibile da fermare. Quella che Hannah Arendt definiva la banalità del male è venuta allo scoperto, sotto gli occhi di tutti. La mobilitazione avanza all’interno del conflitto fra la ragion di Stato e uno stato di ragioni chiaro a tutti, tranne che alla feroce macchina statale. Partendo da questa condizione di ragione assoluta (o quasi), quanto terreno o quanta legittimità politica possiamo guadagnare dipende dall’intelligenza che siamo in grado di mettere in campo.

Da una parte lo Stato sta cercando di chiudere una partita con gli anarchici. Il 41bis ad Alfredo e la condanna a ventotto anni a Juan ne sono forse l’espressione maggiore. Secondo noi ciò sta avvenendo per due ragioni principali: la prima è sicuramente quanto abbiamo cercato di esprimere all’inizio del testo, ovvero la paura degli anarchici in potenza, escludere e mandare un messaggio a tutte quelle singole gocce che in una situazione di fermento sociale potrebbero alimentare una tempesta, grazie anche a quell’esercizio di preservazione della memoria conflittuale. La seconda ragione è la debolezza del movimento rivoluzionario in Italia: se si sta annegando lo Stato non ti pone certo una mano per tirarti su. Coglie l’occasione per cercare di eliminarti definitivamente; un problema in meno. Il fatto di soffrire una solitudine, quindi una distanza dal resto della società, è forse l’elemento di principale debolezza che ha caratterizzato gli ultimi anni, e che però, al seguito di questi ultimi mesi è stato, seppur in piccola parte, spezzato.

Dall’altra i tentativi di scendere in strada sono stati più o meno goffi, tutti comunque necessari, tutti una parte del tutto. Crediamo che l’intelligenza collettiva, le capacità conflittuali non siano qualcosa che si preservino per il “momento propizio” (attendisti!), non si congelano e scongelano dal freezer a proprio piacimento. Sono capacità che necessitano di essere coltivate e di un esercizio costante, per non perdere la confidenza né la memoria. A priori, la controparte si metta l’anima in pace, in ogni caso non finirà tutto in pochi giorni. Gli indecisi invece scavalchino la rete. Ognuno come crede, ognuno come può purché sia esplicito. È necessario che la frustrazione lasci posto alla speranza e che la speranza si trasformi in impazienza.

Veniamo qui a una possibile riflessione conclusiva sulle prospettive di questa mobilitazione. Se Alfredo muore abbiamo perso? Vincere significa salvargli la vita? La sconfitta è nella morte e nell’insuccesso della lotta contro 41bis ed ergastolo ostativo? A questa domanda potremmo rispondere con un bel forse, ma anche qui uno sguardo così dicotomico rischia di essere miope. La morte è un aspetto della vita con cui un rivoluzionario dovrebbe fare i conti. Non sappiamo se noi li abbiamo fatti, sembrerebbe però che Alfredo invece sì, e questo andrebbe colto e rispettato. Rintracciamo due lotte che si stanno svolgendo contemporaneamente: la prima è quella di Alfredo contro lo Stato, la seconda è la nostra contro il potere. Al di là della retorica, la prima la sta vincendo Alfredo. Se non abbiamo una visione cristiana della vita come qualcosa di sacro, dal punto di vista politico lo Stato è in contraddizione esplicita, nessuno ne riesce a prendere le difese. Lo Stato voleva e insiste nel piegare un prigioniero, legittimare ancor di più lo strumento d’eccezione del 41bis e Cospito non glielo permette, vi si sottrae. Alfredo piuttosto dona la propria vita, questa volta tutta, per far conoscere al mondo questi due abomini repressivi di questo paese, aprendo così una crepa. Noi è lì che dobbiamo stare, nella lotta in tensione con la possibilità rivoluzionaria. Non si tratta solo di salvare Alfredo, ma di dare senso e continuità alla lotta per la quale lui stesso ha messo in gioco la propria vita, di continuare a incidere lì dove vi è già una crepa. Se vincere significa abolire i due abomini repressivi, cogliere questa occasione per fare passi in avanti nel percorso rivoluzionario significa non perdere. È importante la lotta come strada percorribile e possibilità riconosciuta di cambiamento delle condizioni, come anche la legittimazione e la riproduzione delle minoranze rivoluzionarie all’interno della società. Dopo anni di repressione, lo Stato è in difficoltà, perde terreno e noi abbiamo la possibilità di avanzare.

Per l’abolizione del 41bis e dell’ergastolo ostativo,

per la libertà di Alfredo.

Alcuni compagni e alcune compagne

Roma, gennaio 2023

Ambush on the Motorcycle Police Unit in Zografou, Athens, Greece

Publié le 2023-01-20 08:20:03

FEAR CHANGES SIDE

On Thursday night 12/1 we organized and carried out an ambush against cops of the DIAS [motorcycle police] group in the area of Zografou. The way the ambush was set up and the intensity of the attack we carried out, resulted in the serious injury of a cop and the total destruction of a motorbike -only this one arrived at the scene- of this particular group. The high strength of firepower used was proportional to the impunity of this group, which already counts 2 murdered Roma in the last 16 months and dozens of incidents of “police arbitrariness”. This was a powerful response to the crescendo of police repression orchestrated by the New Democracy government, which has given the police force free rein to beat, torture and shoot in cold blood, knowing that none of them will be punished and their crimes will be covered up by the lies of journalists, the impunity of the bourgeois justice system and the cover of the political leadership.

We say to the cops in the ranks and to their superiors: For the wanton violence you have used, we will punish you with our own hands. Your colleague’s cries of despair are proof of your weakness when faced with organized forces of revolutionary violence. Panic, pain, fear, insecurity, these are the emotions we offered you during the ambush against you. Draw your conclusions from them because your sense of omnipotence ended with a bang in a dead end at Zografou. With this action we want to pass the message that with organization, planning and discipline we can hit the forces of repression by causing fear and material costs to both animate and inanimate material.

The law and order doctrine that the New Democracy government has been applying since the first moment of its election has left behind dead, wounded, tortured and raped. The constant impunity of the cops is not an accidental fact but the essence of this doctrine. The last link in a huge chain of incidents is the cold-blooded execution of the 16-year-old Roma Kostas Fragoulis, because he ‘dared’ not to pay 20 euros for petrol.

The state is sending the following message to its praetorians in all possible tones: You can execute unarmed civilians, beat up whoever you want, torture and rape inside the stations; there will be those mechanisms that will make sure that you get the oil. This message has been received by the police force as their demoralization has gone beyond all limits. The question is when we will receive it too. Attacking the pigs of the police at the present juncture is an existential issue for the struggle itself. If the fear they sow wins then we will be defeated for good. If the fear changes sides, then we will become their hunters.

The puppets that staff the Greek Police are not invulnerable, they have families, homes, vehicles, hobbies. What is missing is the will to track them down and organize an act of revenge against them. Because this is the only way to break in practice the culture of decadence where responsibilities, personal costs, consequences, are buried under hollow words, unaffective activism, academic frivolity. Revolutionary war is not a theatrical performance, nor does it survive in the misery of cycles of inaction. Rather, as a living process it will develop in the tensions, the passions, the inverse of the instincts that capitalist society cultivates in us. It will develop when political thought develops a critical stance, sees the world around it with a clear eye, breaks the glasses of ideology that cloud its vision. When it realises its true magnitude and moves with the steps that its footing allows it to strengthen itself within the anvil of revolutionary practice.

So let’s go back to basics: things in the field of police repression are simple, the facts are on the table, anyone who is interested observes them and takes a stand. For our part, with our limited forces, we have made it clear that no state murder will go unanswered. That the attempt to annihilate any form of resistance, the futility and the entrenchment of fear in our souls and minds will not become a reality. Comrades, heads up, the attack on the doctrine of law and order always and especially now that we are entering an election period multiplies our political momentum and deconstructs one of the main agendas of the government. With planning, belief, determination, our actions will be our best judges.

Strength and Solidarity to anarchist hunger striker Alfredo Cospito who is fighting against the torture of the 41 BIS solitary confinement regime

Strength to the imprisoned member of the Anarchist Action organisation Thanos Chatziangelou

Solidarity to all political prisoners around the world

Solidarity to the struggles of prisoners against the new prison code

Vengeance Cell “Kostas Fragoulis”

Source: athens.indymedia

Translation: Dark Nights

Lützerath is Everywhere! Strabag Vehicle Torched in Mülheim, Germany

Publié le 2023-01-20 08:35:07

The Strabag construction group runs a dirty business: highway and jail construction. In addition, the company cooperates intensively with the energy company RWE on the opencast mines in the Rhenish lignite mining area, also directly near Lützerath. Now we have joined the action campaign against Strabag and continue the fight against the mining of the extremely climate-damaging lignite in a decentralized way! Lützerath is everywhere and wherever we are, our resistance can unfold in many ways!

The small hamlet of Lützerath has made it to worldwide fame after its occupation, although this place had been doomed for a long time. The fight against the eviction and the brutally enforced capital interests of RWE, Strabag and Co. was magnificent, although the destruction of the place could not be prevented. Lützerath is currently the symbol of resistance against the deadly energy policy of the government at the federal level and in NRW (North Rhine-Westphalia). Thousands, perhaps tens of thousands, have made it clear that something has to change fundamentally and that the state and its police do not bring justice, but rather help capital achieve its objectives in the most brutal way.

Lützerath is lost, but the battle can now be fought with renewed fires! In any place!

With our small contribution and very simple means, we see ourselves as part of an alliance with all forms of struggle of the anti-capitalist climate movement. Demonstrations, sit-ins, discussions, attacks, gluing, sabotage, lock-ons, occupations and tunnels – anything that helps in our counterattack for the good of all life!

Much love to all the injured and the prisoners.

source: https://de.indymedia.org/node/252737

translated by Nae Midion

Note: photo not associated with action.

Arson Attack Against the Tax Office in Heraklion, Crete, Greece

Publié le 2023-01-20 08:35:10

In the morning of 20/12/22 it was announced on the radio that early in the morning a huge fire broke out in the Heraklion Tax Office following an arson attack. After several hours the fire brigade managed to extinguish the fire but the damage to the logistical infrastructure and the building is estimated at tens of thousands of euros.

You who are reading these lines, stop for a moment and ask yourself if your life is a life worth living as a human being. If the answer is no, then you ought to seek out those responsible for dictating your life and undermining your dignity. Evictions of first home owners at the crack of dawn, with armed forces of cops carrying out the vile entreaties of their bosses, taxes, sky-high rents, inflated electricity bills, food and fuel shortages, meagre wages, uninsured work, half pay and bonuses that get returned to the hands of the bosses, cut pensions and a broken health care system. All of this adds up to a suffocating daily life in which you have no time to live.

There are many voices of reaction and more, but all kinds of exploiters make sure to silence and suppress them as much as they can. Whether it is the upgrading of the penal code, the law on “football supporter violence”, cameras everywhere, entry/exit barriers on public transport and in schools, the ban on strikes and demonstrations, terror laws, inspections, fines, thugs, raids, threats, beatings, staged trials, detentions, punitive sentences, deportations of immigrants, torture, murders and much more.

Faced with this dystopian present, we have been giving our own answer for years. We refuse to entrust our lives to the dogs of the state, whether right or left. We firmly believe in the unconstrained and unmediated action of those who struggle. All that remains is for us to meet with our people at work and in our neighborhoods and to chart our common “paths” with our dreams and dignity as our compass. We stand wholeheartedly in the direction of rejecting the legalization of state dictates and the monopoly of violence. We seek the diffusion of a mass illegality that will create ruptures in the smooth flow of capital and the imposed by force “social peace”.

Consistent with the struggle for the liberation of the people, we open a dialogue with the people of our class about the necessity of violent insurrection. Every small or large action breaks the vicious cycle of victimization and defeatism. So, on 20/12/22, we invaded the 1st floor of the Heraklion tax office on Knossos Avenue and emptied a few cans of petrol. We set it on fire and left. Our action is not revenge or a response but a reminder that people like us do not forget and keep the knife in their teeth:

THE SYSTEM OF OPPRESSION DESERVES TO BURN

THE ACCOUNTS OF THE RULERS AND MURDERERS REMAIN OPEN

Our solidarity with the voiceless of this society and the squatters is a given.

ΑΛΕΞΗ ΣΑΜΠΑΝΗ ΦΡΑΓΚΟΥΛΗ ΗΡΑΚΛΗ

ΓΙΑ ΤΗΝ ΕΛ.ΑΣ ΘΑ ΕΙΣΤΕ ΜΙΑ ΑΝΟΙΚΤΗ ΠΛΗΓΗ

Anti-Authoritarian Pranksters

source: https://athens.indymedia.org/post/1623246/

translated by Nae Midion

Note: photo not associated with action.

A propos de la plainte de l’Est Rép. contre bureburebure.info

Publié le 2023-01-20 17:10:05

Nous avons été récemment informé.es qu’une plainte a été déposée par Sébastien GEORGES, rédacteur en chef de l’Est Républicain, le 2 mars 2022, à la gendarmerie de Commercy, contre des personnes inconnues (décrites comme des « anti-Bure ») qui gèrent le site internet bureburebure.info

Cette plainte a été versée au dossier de l’enquête concernant Ivan, accompagnée d’un constat d’huissier comme quoi le 23 février a été republié sur bureburebure.info le texte « C’est l’histoire d’un journaliste mal avisé ». Il s’agit de la revendication de l’incendie quelques jours auparavant, d’une voiture de l’Est Républicain à Montreuil (93), dont Ivan est accusé. Le communiqué, qu’on vous invite à relire, rappelle que l’Est Républicain est partie prenante en faveur du projet de poubelle nucléaire CIGEO (notamment à travers la couverture médiatique de l’évènement Vent de Bure en 2019).

Le rédacteur en chef dépose plainte contre les admins de bureburebure.info pour :

– « Entrave concertée avec violence et voie de fait à l’exercice de la liberté du travail

– Menace de mort matérialisée par écrit, image ou autre objet

Menace de dégradation ou détérioration dangereuse pour les personnes matérialisée par écrit, image ou objet »

Et il ajoute que « A ces jours, nous craignons pour la sécurité du personnel et des locaux de l’Est Républicain », et plus loin (on ne sait pas si c’est lui qui le dit ou lae gendarme qui l’ajoute) que « les renseignements territoriaux de Bar-le-Duc ont été avisés des faits ».

Les méthodes de répression et de mises en lien du compagnon anarchiste, et l’hallucination sécuritaire parmi les institutions qui soutiennent l’implantation de la poubelle nucléaire ne nous étonnent guère et nous rappellent que la répression, aussi alambiquée soit-elle, n’est jamais bien loin pour qui s’oppose aux projets autoritaires de l’État nucléaire. Ces exemples, comme le rendu du procès en appel de l’association de malfaiteur.ices de Bure qui approche à grand pas, ne font qu’attiser notre rage et renforcer notre détermination.

De tels communiqués revendiquant les attaques envers l’État et sa soif d’énergie nucléaire, dont aujourd’hui les plus vives contestations sont CIGEO et la relance du nucléaire, continueront d’être relayés sur bureburebure.info et sur d’autres sites.

Depuis Bure, nous envoyons toute notre solidarité au compagnon Ivan incarcéré à la prison de Villepinte, nous lui envoyons une forte accolade et saluons sa deuxième grève de la faim en solidarité avec Alfredo Cospito.

Nique la diplomatie, les médias et le nucléaire ! La solidarité c’est l’attaque !

Des compas de la lutte anti-CIGEO à Bure.

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source : https://bureburebure.info/a-propos-de-la-plainte-de-lest-rep-contre-bureburebure-info/

Chili : Des arrestations et des perquisitions pour une attaque contre la Direction Nationale de l’Administration Pénitentiaire

Publié le 2023-01-20 17:15:04

Publication Refractario / vendredi 23 décembre 2022

Le 27 décembre 2021, le groupe Negra Venganza a revendiqué l’attaque à l’explosif contre la Direction Nationale de l’Administration Pénitentiaire, en provoquant des importants dégâts à ses bureaux et aux immeubles, après l’explosion d’un engin explosif professionnel contre leurs locaux.

Presque un an après cette attaque, les forces de la répression ont mené de nombreuses perquisitions et arrestations, pour en retrouver les auteur.es. Le 22 décembre dernier, la police a perquisitionné plusieurs maisons à Santiago et à Valparaiso et a arrêté environ 7 personnes.

Cinq des arrêté.es seraient mis.es en examen pour différents objets illégaux retrouvés chez elles/eux, un sixième serait accusé directement de l’attaque explosive contre l’AP, un septième parce qu’on aurait trouvé de la poudre noire chez lui.

[…]

Publication Refractario / samedi 24 décembre 2022

Le 22 décembre 2022, le Parquet Sud [compétent pour les attaques « terroristes » qui ont lieu dans la région de Santiago ; NdT] a ordonné des nombreuses perquisitions, dans une opération qui avait pour but de retrouver les auteurs.es de l’attaque à la Direction Nationale de l’Administration Pénitentiaire, qui a eu lieu en décembre 2021, une action revendiquée par Negra Venganza.

L’opération a porté, le 23 décembre, à quatre mises en détention

Trois personnes ont été mises en cause pour possession de différents objets illégaux, qui ont été trouvés chez eux/elles, et restent en détention préventive. Aldo Hernández, pour sa part, a été mis en examen pour l’attaque contre la Direction Nationale de l’Administration Pénitentiaire, ainsi que pour 16 délits de coups et blessures (pour les matons qui étaient à l’intérieur des locaux) et pour transport d’armes et de munitions.

Le dixième tribunal des libertés a accordé 120 jours pour les enquêtes, du coup les arrête.es ont été incarcéré.es à la prison/entreprise de Santiago 1 et la prison « La Gonzalina », à Rancagua.

Solidarité avec ceux/celles qui arment leur opposition et attaquent les bourreaux !

Portland (USA) : Une succursale de la Bank of America incendiée

Publié le 2023-01-20 17:15:05

Scenes from the Atlanta Forest / dimanche 1er janvier 2023

L’autre nuit, je me suis introduit.e dans une succursale de la Bank of America, à Portland, dans l’Oregon, et j’ai allumé un gros feu. Selon les médias, le feu a pris rapidement et ça a pris plus d’une heure aux pompiers pour l’éteindre.

J’ai attaqué pour vengeance contre le capital, à cause des enfers qu’il crée, pour briser l’illusion du contrôle policier qui habituellement nous protège et simplement parce que je pouvais.

La Bank of America finance la Fondation de la police d’Atlanta et des milliers d’autres projets de contrôle. Plus tôt, ce jour là, les six ami.es d’Atlanta accusé.es de « terrorisme intérieur » sont sorti.es de taule. Que ce feu puisse leur porter un peu de chaleur en hiver.

Vive l’anarchie !

Serres (Grèce) : Une déclaration de Thanos Hatziangelou, en grève de la faim et de la soif

Publié le 2023-01-20 17:15:06

Act for freedom! / mardi 3 janvier 2023

Une déclaration du compagnon Thanos Hatziangelou, de l’organisation Action Anarchiste, en grève de la faim et de la soif, à propos des tentatives de le nourrir de force

Au cours des années, moi-même et aussi l’organisation Action Anarchiste avons été aux côtés de la communauté du secteur de la santé en lutte, par des formes, des fronts et des actions de violence révolutionnaire qui ont montré notre solidarité par la pratique.

Mon respect pour la vocation de cette communauté de gens, qui luttent pour la santé collective de la base de la société, complètement mises à l’écart par l’État et les monopoles capitalistes, est exactement le même.

Mais s’ils/elles agissent comme des persécuteurs, en violation de ma volonté cosciente, elles/ils verront un homme qu’ils/elles n’ont pas encore vu jusqu’ici. Manque de bol pour mes tortionnaires, j’ai encore beaucoup de marge de manœuvre, pour défendre ma responsabilité politique.

La ligne rouge se trouve dans mes veines. Si du sang est versé, ça ne sera pas que le mien.

Thanos Hatziangelou
membre captif de l’organisation Action Anarchiste
Hôpital de Serres
1et janvier 2023

Verona: Presidio solidale per Alfredo

Publié le 2023-01-20 17:15:08

Verona: Presidio solidale per Alfredo

presidio verona

Riceviamo e diffondiamo

«Andrò avanti fino alla fine»

Publié le 2023-01-20 17:15:09
cospito

La dottoressa che visita Alfredo Cospito, Angelica Melia, ha dichiarato ieri 19 gennaio: «Siamo al bivio, da un momento all’altro può crollare, siamo sull’orlo del precipizio. Gli ho sconsigliato di camminare nell’ora d’aria perché consumando ulteriori energie potrebbe far precipitare la situazione».

Alfredo, che ha superato i tre mesi di sciopero della fame, ha affidato queste parole al suo avvocato:

Il sottoscritto Alfredo Cospito comunica al proprio avvocato Flavio Rossi Albertini che, in pieno possesso delle mie capacità mentali, mi opporrò con tutte le forze all’alimentazione forzata.

Saranno costretti a legarmi nel letto. Dico questo perché ultimamente mi è stata adombrata la possibilità di un T.S.O. (trattamento sanitario obbligatorio).

Alla loro spietatezza e accanimento opporrò la mia forza, tenacia e la volontà di un anarchico e rivoluzionario cosciente. Andrò avanti fino alla fine. Contro il 41 bis e l’ergastolo ostativo.

La vita non ha senso in questa tomba per vivi.

Alfredo Cospito

https://www.agi.it/cronaca/news/2023-01-22/condizioni-critiche-cospito-parole-medico-19731897/amp

New York (USA) : Le bâtiment où vit le vice-président d’Atlas attaqué en solidarité avec les six d’Atlanta

Publié le 2023-01-20 17:20:03

Scenes from the Atlanta Forest / mercredi 21 décembre 2022

Le bâtiment de Manhattan où vit le vice-président d’Atlas (330 3rd Ave) attaqué en solidarité avec les défenseur.euses de la forêt Weelaunee arrêté.es

Six compas ont été arrêté.es, sans possibilité de sortir sous caution, avec des accusations foireuses. Au début, on leur a refusé de l’eau courante et des médicaments essentiels.

Nous sommes solidaires de leur courageuse et aimable défense des arbres de la forêt de Weelaunee. L’État n’aime pas, ne comprend pas ni permet cela – ni en faveur de la terre, ni de quoi que ce soit d’autre, du tout. Mais nous, les gens, l’aimons et le comprenons. Et par cette attaque, dans le langage de notre lutte commune, nous exprimons notre amour pour nos ami.es qui souffrent et pour le territoire qui souffre, et nous espérons que ses échos rejoindront tout l’amour et tout le courage nés de ce mouvement.

Rami Boundouki est le vice-président d’AtlaVista, une filiale d’Atlas Technical Consultants, une des entreprises qui a signé un contrat pour essayer de construire le plus grand centre d’entraînement pour policiers, géré par la fondation, privée, des keufs d’Atlanta, où des keufs de toute la planète, qui essayent de réprimer et d’emprisonner des gens, pourront venir s’entraîner.

Nous refusons cet ordre du monde fait de prisons et de keufs et de forêts mortes, nous refusons leur fausse paix, nous refusons l’État dans son intégralité !

Comme l’immeuble redecoré de Rami le clame maintenant, LAISSEZ TOMBER LE CENTRE D’ENTRAÎNEMENT DES FLICS !

LE CENTRE D’ENTRAÎNEMENT DES FLICS NE SERA JAMAIS CONSTRUIT !
LIBERTÉ POUR LES SIX D’ATLANTA !

Le chiffre du jour : 413

Publié le 2023-01-20 18:15:03

Emmanuel Macron a dévoilé, vendredi 20 janvier, les grandes orientations de la future loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030.  Depuis la base aérienne de Mont-de-Marsan, située dans les Landes, le président de la République a notamment annoncé « un effort budgétaire de 400 milliards d’euros, qui permettra de couvrir un total de 413 milliards d’euros de besoins militaires » dans les sept années à venir, soit un tiers de plus que l’enveloppe de la précédente LPM.

La prochaine loi de programmation militaire, qui sera présentée au Parlement en mars et soumise au vote d’ici à l’été, promet donc de poursuivre l’effort financier en matière de défense après une LPM 2019-2025 de 295 milliards d’euros, qui avait mis fin à des années de coupes budgétaires dans les armées.

Le budget alloué au renseignement militaire augmentera ainsi de près de 60 % sur la période 2024-2030, a également annoncé le chef de l’Etat, citant le doublement du budget de la direction du renseignement militaire (DRM) et de la direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD).

(Le Monde, 20 janvier 2023 – extrait)

Bologne – Manifestation en solidarité

Publié le 2023-01-20 23:00:14


Il corteo degli anarchici a Bologna per Cospito: vetri rotti delle banche e scritte sui muriVerre brisé de deux banques et écriture sur les murs contre le régime 41 bis et pour la libération d’Alfredo Cospito, jeudi soir à Bologne, lors d’un cortège anarchiste. Les manifestants, au nombre d’une centaine, sont partis de la place Malpighi armés de gourdins, de casques et de bâtons et, malgré la neige et le froid, ont défilé avec leurs banderoles jusqu’à la prison pour mineurs de Pratello, en passant par la rue Marconi, la rue Lame et la rue Riva di Reno, où ils ont vandalisé quelques vitrines, dont celles du Carisbo, dans la rue Riva di Reno.

Traduit de la Presse

 

Rovereto – Banques défoncées en solidarité

Publié le 2023-01-20 23:00:16

5 décembre – Rovereto, Les vitres de l’agence Via Baratieri de la banque rurale Vallagarina ont été défoncées en solidarité avec Alfredo Cospito en grève de la faim contre 41 bis et la prison à vie. Allez, compagnon ! non au 41 bis, non à la condamnation à perpétuité.

Traduit de la nemesi

Leipzig – Attaque de deux bâtiments publics et d’une voiture de la société Kühne Immobilien

Publié le 2023-01-20 23:00:17

Attaque de deux bâtiments publics et d’une voiture de la société Kühne Immobilien en solidarité avec Alfredo Cospito et tous les prisonniers en grève de la faim et ceux qui luttent à Lützerath (Leipzig, Allemagne, 11 janvier 2023)

Notre petite cellule d’anarchistes a décidé d’attaquer en solidarité avec Alfredo Cospito et d’autres personnes en grève de la faim dans le monde. Le 11 janvier, nous avons endommagé deux bâtiments publics à Leipzig. L’un est l’administration de la ville [Bürgerverwaltung] et l’autre est le centre de « soutien » pour la criminalité juvénile. Tous deux représentent des institutions que l’État utilise pour nous contrôler. Nous considérons l’État comme notre ennemi qui se dresse entre nous et notre libération, et nous devons donc l’attaquer sans relâche.

Ce soir, nous avons raisonné sur la façon dont l’État italien torture Alfredo Cospito. Nous suivons la lutte dans les prisons du monde entier et nous voulions nous aussi soutenir les personnes en grève de la faim. Vos écrits et vos actions en tant que membre de l’Internationale noire ont toujours été très proches de la façon dont nous comprenons l’anarchie. L’anarchie comme une attaque sans compromis contre toute autorité. Nous continuerons à le faire tant que nous serons libres !

Le 11 janvier est également le jour où la partie subversive des militants de Luetzerath appelle à une journée d’action. A Lützerath, plusieurs personnes affrontent actuellement les flics pour protester contre l’expansion de la mine de charbon voulue par le géant de l’énergie RWE]. Sur le chemin du retour, nous avons vu une voiture de l’une des plus grandes sociétés immobilières de Leipzig, « Kühne Immobilien ». En solidarité avec ceux qui défendent courageusement Luetzerath, nous avons également détruit cette voiture. Le mouvement pour le climat pourrait apprendre beaucoup des actions de Cospito. Quel rêve ce serait d’entendre parler de l’explosion d’une bombe devant le commissariat de police d’Aix-la-Chapelle ou de la rotule du PDG de « RWE ». Peut-être que tôt ou tard, nous y arriverons aussi en Allemagne.

La nuit suivant notre action, à Leipzig, des anarchistes ont mis le feu à six voitures Hertz en solidarité avec Cospito ! C’est de la musique pour nos oreilles !

Le pouvoir à tous les prisonniers !
Liberté pour tous !

Traduit de La Nemesi

Naples : Marche de solidarité contre le 41bis, la perpétuité et les prisons

Publié le 2023-01-20 23:00:20

Le dimanche 15 décembre à Naples, plusieurs dizaines d’individus anarchistes et transféministes ont improvisé un cortège dans les principales rues commerçantes, encombrées par la cohue des soldes, en solidarité avec Alfredo, qui a entamé sa grève de la faim il y a maintenant presque trois mois, et tous lesx prisonniersx en lutte, contre le 41bis, la perpetuité et les prisons. Se souvenir que le combat du compagnon est le combat de tous et que la lutte pour la liberté contre une société oppressive n’a rien à voir avec les indignations démocratiques hypocrites.
L’État est responsable de chaque personne qu’il enferme dans ses cages.
Tant que ceux-ci existent, pas de paix pour leurs villes vitrines.
Mort à l’État et au patriarcat
Vous trouverez ci-joint un tract distribué pendant du cortège.

Traduit de Il Rovescio

La meilleure attaque n’est pas la défense

Publié le 2023-01-20 23:00:25

La meilleure attaque n’est pas la défense

Lettre ouverte (et désespérée) à ceux qui mangent notre propre pain

Chers compagnons,
c’est vers vous, et seulement vers vous (démolisseurs, pas intercepteurs de consensus ; rêveurs définitifs, pas pragmatiques quand il le faut – s’abstenir militants et opportunistes) que nous nous tournons en ces temps sombres, où chaque horizon semble se fermer définitivement à notre vue. A vous, connus au fil des ans en Italie et dans le monde entier, ou même totalement inconnus, les seuls à pouvoir comprendre notre état d’esprit actuel et nos paroles.
Nombreux sont ceux qui disent que ceux qui n’ont aucun espoir à transmettre devraient se taire. Bien que cela puisse expliquer le silence dans lequel beaucoup d’entre nous glissent, nous ne sommes pas d’accord. En fait, d’une certaine manière, nous pensons exactement le contraire : ce sont ceux qui persistent à colporter des récits incantatoires (du paradis céleste comme récompense de la résignation terrestre au communisme comme aboutissement inéluctable du développement capitaliste, en passant par l’insurrection qui accompagne chaque mobilisation citoyenne ou soulèvement de quartier) qui devraient se taire. Surtout aujourd’hui – alors que l’humanité est en voie d’extinction, que la planète est au bord de l’effondrement écologique, que le massacre social s’aggrave de jour en jour, que la guerre fait usage de l’arme nucléaire, que la servitude volontaire est si généralisée qu’elle rend ridicule toute aspiration à la moindre liberté – il nous semble plus urgent et essentiel que jamais de regarder la réalité en face et de ne pas effleurer la surface des choses pour en tirer des illusions réconfortantes. C’est pourquoi cette lettre est désespérée, parce qu’elle découle de notre découragement face à une situation qui semble désespérée à tous égards, sans issue.

Nous ne le cachons pas. Nous avons parié sur la rencontre entre la pensée et l’action, nous sommes assiégés par l’opinion et la représentation. Nous avons invoqué l’Unique et sa propriété, nous sommes entourés par le Selfie et sa vanité. Nous avons essayé de répandre l’utopie, nous sommes dépassés par le réalisme. Nous avons aimé les idées les plus excessives et les plus singulières, nous sommes à la merci de la propagande la plus homogénéisante et la plus massifiante. Nous aspirions à l’éveil de la conscience, nous nous retrouvons piégés dans le calcul de l’algorithme. Nous avons donné la priorité à l’éthique, nous sommes dépassés par la politique. La poésie a peut-être survécu à Auschwitz (et à la télévision ?), mais l’esprit critique a été anéanti dans la Silicon Valley. Nous sommes devenus comme les révolutionnaires allemands rencontrés par Stig Dagerman dans l’immédiat après-guerre : des ruines vivantes, dignes mais peu fréquentes.
Et maintenant ? Que (nous) reste-t-il à dire maintenant, alors que les mots ont perdu tout sens partout ? En haut comme en bas, dans les palais comme sur les places, tout s’est transformé en bavardage quérulent, en une immense farce qui laisse consterné et étonné. L’énième démonstration en ce sens est donnée ces jours-ci par la réaction à la grève de la faim jusqu’au bout entreprise par le prisonnier anarchiste Alfredo Cospito, sur le cadavre annoncé, attendu, redouté, par certains souhaité, s’est ouvert un véritable bal masqué.

Avez-vous déjà entendu parler de Satanta, c’est-à-dire de l’ours blanc, chef guerrier des Kiowas, l’une des nombreuses tribus amérindiennes ? Grand, de corpulence massive, il a participé à de nombreuses batailles, se distinguant par son courage. Il est l’un des premiers chefs indiens à être jugé par un tribunal blanc. Il a passé deux ans en prison puis a été libéré, mais craignant qu’il n’éveille les instincts belliqueux des jeunes Indiens, il a été remis en prison peu de temps après. Pendant des années, White Bear a passé des heures et des heures à regarder à travers les barreaux. Ses yeux regardent vers le nord, le territoire de chasse de son peuple. Lorsqu’il a réalisé qu’il ne pourrait plus jamais chevaucher librement au milieu des forêts et des prairies, lorsqu’il a réalisé qu’il ne pourrait plus jamais dormir dans un tipi (tente à base circulaire, symbole de mouvement et d’égalité), lorsqu’il a réalisé qu’il ne verrait plus jamais les autres membres de sa tribu, mais qu’il croupirait dans une cellule rectangulaire en béton, il a décidé d’en finir. Il s’est jeté par la fenêtre d’un hôpital pénitentiaire à Huntsville, au Texas, le 11 octobre 1878. Un choix compréhensible, le sien. Un choix humain.
Alfredo Cospito est également grand et, jusqu’à récemment, de forte corpulence ; ce n’est pas un Amérindien, c’est un anarchiste qui est allé en prison il y a plus de 10 ans pour avoir tiré dans les jambes du principal gestionnaire de l’énergie atomique en Italie, l’administrateur délégué d’Ansaldo Nucleare à Gênes. Depuis le 20 octobre, il a entamé une grève de la faim pour protester contre le régime carcéral de 41 bis auquel il est soumis depuis le mois de mai dernier. Sa vie est en danger, mais il n’a pas l’intention d’abandonner. Il dit qu’il continuera jusqu’à son dernier souffle et, connaissant son entêtement et sa détermination, il en est capable. Lui seul est en mesure de dire ce qu’il peut et ne peut pas accepter. Lui seul peut décider de ce qu’il fait de son propre corps. Comment vivre, comment mourir. Et pourquoi.

Jusqu’à présent, rien à redire. A chacun ses choix, qu’ils soient partagés ou non. Cependant, contrairement à White Bear, Alfredo Cospito a fait un choix politique. Il défie la mort pour poursuivre une revendication spécifique. Par sa grève de la faim, il veut obtenir l’abolition du 41 bis, c’est-à-dire qu’il veut pousser l’État à supprimer de son règlement la « prison dure ». Au fil des jours, de la propagation d’actions de solidarité plus ou moins marquantes dans le monde entier et de l’approche d’une issue tragique, son combat suscite de plus en plus de clameurs. Que les réactionnaires s’indignent de ce « chantage » des institutions par un condamné est dans l’ordre des choses et ne mérite pas qu’on s’y attarde. De même, il n’est pas étonnant que des progressistes ou des pseudo-dissidents de divers poils s’empressent de chevaucher cette  » protestation non-violente civilisée « , raison pour laquelle on ne peut que hausser les épaules devant la solidarité exprimée par les belles âmes habituelles (prêtres, intellectuels, artistes), et tourner le nez devant celle exprimée par les personnages immondes (comme les magistrats, les ex-ministres et les néo-fascistes)… C’est le jeu des parties, et il est inutile de chercher à lui donner un sens.

Cela dit, on ne peut s’empêcher de poser une question à ceux qui ont les oreilles et le cœur pour écouter : tant d’intérêt transversal mielleux aurait-il été possible si la revendication de départ n’était pas en soi de nature politico-humanitaire ? Ce que nous entendons par là, l’avocat de l’anarchiste lui-même l’explique clairement lorsqu’il déclare que « le grand mérite de Cospito est d’avoir ramené dans le débat public ce qu’est le 41 bis et s’il est ou non compatible avec la Constitution ». Ce ne sont pas simplement les mots d’un avocat qui fait son travail du mieux qu’il peut, c’est la seule perspective possible de la question posée : si la prison a pour mission de rééduquer, comme on prétend nous le faire croire, quel sens a un régime punitif dur comme le 41 bis ? L’État ne devrait-il pas l’abolir, ou du moins la limiter autant que possible (aux mafiosi qui dissolvent les enfants dans l’acide, dit le refrain populaire, comme si l’on ne savait pas que l’État libérait ces mafiosi une fois repentis) ? Elle peut faire l’objet d’un débat public, mais elle reste une question purement institutionnelle. Pas sociale, ni populaire, ni de classe, encore moins nihiliste, mais institutionnelle. Ceci est saisi et réitéré dans l’appel en faveur de Cospito adressé « à l’Administration pénitentiaire, au Ministre de la Justice et au Gouvernement » et signé par des dizaines et des dizaines de juristes, magistrats et universitaires à divers titres : »Configurer comme un défi ou un chantage l’attitude de ceux qui font du corps l’instrument ultime de protestation et d’affirmation de leur identité signifie trahir notre Constitution, qui place la vie humaine et la dignité de la personne au sommet des valeurs, à la protection desquelles l’État est chargé, pour sa propre légitimité et crédibilité, et non comme une concession à ceux qui s’y opposent. C’est là que réside la différence entre les États démocratiques et les régimes autoritaires ».
Ici, il suffit de lire ces phrases et les noms des signataires pour comprendre ce qui motive réellement leur préoccupation : la tentative de sauver ce qui peut l’être dans le naufrage total qu’a connu la loi. Dans un certain sens, ceux qui disent vouloir sauver Alfredo Cospito pour défendre la démocratie disent la vérité, car cette dernière est tellement délégitimée qu’il est nécessaire de contrebalancer ses aberrations par un geste noble. Sauver la vie d’un anarchiste qui n’a jamais tué personne pourrait être la bonne occasion. « Oui, c’est vrai, nous avons tué les émeutiers de Modène et massacré ceux d’Ivrée, nous avons rendu la vie impossible à des millions de personnes, mais allez, après tout nous avons été indulgents avec cet anarchiste… ». C’est ce qui peut pousser un Gherardo Colombo à s’inquiéter de Cospito, lui dont on se souviendra toujours comme le magistrat qui a tué Pinelli pour la deuxième fois. Une motivation qui peut également être étendue à ceux qui, comme Adriano Sofri ou Donatella Di Cesare, ont participé au lynchage des opposants au pass sanitaire

Mais toutes les effusions occasionnelles de bons sentiments dans ce monde ne sont plus en mesure de cacher la dure réalité : la démocratie est un régime autoritaire. Et ceci, après trois ans d’humiliation de la vie et de la dignité humaine par l’État au nom de la santé publique, n’est plus une critique radicale formulée par quelques têtes brûlées, c’est un constat banal.
Il n’est pas nécessaire d’être anarchiste pour se rendre compte que la Constitution n’est rien d’autre qu’un papier d’âne, il suffit de voir l’usage public répété qu’en font ses propres admirateurs ces derniers temps. Même ceux qui ont construit une solide érudition et une réputation philosophique sur l’exégèse du droit ont récemment été forcés d’admettre qu’ils ne peuvent plus « affronter un juriste ou toute personne qui dénonce la façon dont le droit et la constitution ont été manipulés et trahis, ni remettre en question le droit et la constitution en premier lieu ». Est-il nécessaire, sans parler du présent, que je rappelle ici que ni Mussolini ni Hitler n’ont eu besoin de remettre en cause les constitutions en vigueur en Italie et en Allemagne, mais qu’ils y ont trouvé les dispositifs dont ils avaient besoin pour établir leurs régimes ? Il est possible, c’est-à-dire que le geste de ceux qui cherchent aujourd’hui à fonder leur combat sur la constitution et les droits soit déjà vaincu dès le départ… C’est comme si certaines procédures ou certains principes auxquels on croyait ou, plutôt, faisait semblant de croire, avaient maintenant montré leur vrai visage, que l’on ne peut manquer de regarder. Il est paradoxal que ce que même un universitaire comme Agamben a réussi à comprendre échappe à la plupart des subversifs qui réclament aujourd’hui la fin du 41 bis. Attirés par la pression morale pour éviter la mort d’un anarchiste, ils ne voient pas l’intérêt de leur mobilisation..

Il suffit d’observer comment, dans cette grève de la faim qui se poursuit, le ton reste le même si l’on descend dans la rue depuis les palais et les salles d’audience. En effet, cela devient pour le moins pathétique. Peu importe l’embarrassant panégyrique de la sainteté du martyre. Mais que dire de cette distinction continuelle entre les mauvais mafiosi et les bons anarchistes, ou de la déplorable dénonciation de la disproportion entre les faits commis et les peines infligées (ce n’est certes pas nouveau, vu les 14 ans de prison infligés pour les journées de Gênes 2001), des appels au bien fondé dans la salle d’audience, mais décidément nauséabonds dans la bouche de ceux qui n’ont plus l’audace de soutenir toujours et seulement la destruction des prisons ? Que dire de l’habituelle « manie quantitativiste », qui fait tant gonfler mais rien grandir, cultivée par ceux qui enregistrent les quelques rots de conscience des magistrats et des intellectuels comme la preuve d’un large consensus ? Il est certainement impossible de dire ce qui est le plus involontairement comique, que ce soit la proposition d’un politicien norvégien de décerner le prix Nobel de la paix à l’un des plus grands chefs de guerre (le secrétaire de l’OTAN), ou l’initiative de quelques « anarchistes » visant à briser le « silence assourdissant du locataire du Quirinal », à « réveiller la conscience (et le sommeil béat…) de ceux qui devraient protéger la sécurité d’Alfredo ». En apprenant de ceux qui ne cessent de se déclarer « solidaires d’Alfredo et de ses pratiques » qu’un chef d’État doit veiller à la santé d’un ennemi de l’État, on a envie de paraphraser les paroles d’un célèbre anarchiste français monté à l’échafaud – dans la guerre virtuelle qu’ils ont déclarée à la bourgeoisie, certains anarchistes demandent protection ; ils ne donnent pas la mort, ils exigent de ne pas la subir.

Contrairement à ceux qui se prélassent dans un mirage, déduisant une faiblesse électrisante de l’État à partir des expressions de certains journalistes de télévision commentant la grève de la faim de Cospito, il nous semble, au contraire, que ce sont les anarchistes qui sont devenus plus que des faibles, d’authentiques marionnettes, lorsqu’ils sont réduits à devenir des mégaphones de batailles politiques constitutionnelles. L’État n’a même plus besoin de liquider le mouvement anarchiste, qui s’est liquidé lui-même en renonçant à ses propres idées pour mettre en œuvre des convergences tactiques pragmatiques. Si une si grande partie de la gauche rejoint aujourd’hui les anarchistes, ce n’est pas parce qu’elle y est contrainte par la force des choses, mais parce que ces anarchistes sont désormais presque les seuls à reprendre l’appel à « dire quelque chose de gauche, quelque chose qui ne soit pas de gauche, quelque chose de civilisé… quelque chose » – comme demander l’abolition du 41 bis. Au fait, vous êtes-vous demandé quelle lueur de victoire est possible dans une telle bataille ? Étant donné que l’agonie d’un anarchiste en prison et quelques vitres brisées ne parviendront probablement pas en 2023 à briser l’État, pas plus que les bombes de la mafia qui ont explosé il y a trente ans, que reste-t-il d’autre sur la table ? La remise dans son cas de la détention du 41 bis et la non-application de l’emprisonnement à vie incompressible ? Mince, quelle grande victoire : il ne risquait que vingt ans de prison sous le régime de haute sécurité…

Il y a quarante ans, certains critiquaient la proposition d’amnistie pour les prisonniers politiques en suivant ce raisonnement : la pression morale de quatre mille corps mourant dans la solitude ne peut justifier un marchandage avec l’État, il ne faut pas exiger la libération des camarades pour reprendre la lutte, il faut reprendre la lutte pour imposer la libération des camarades. Même en tenant compte des différents contextes historiques, un millénaire s’est en effet écoulé si l’on en vient aujourd’hui à faire du changement de régime carcéral d’un anarchiste (plus trois staliniens et quelques centaines de mafiosi présumés) l’objectif de la mobilisation de tout un mouvement. On a un beau conte à raconter sur l’extraordinaire anarchisme dans l’ensemble de la situation italienne, en imaginant aujourd’hui les tourments de la bourgeoisie en colère contre l’État coupable d’avoir  » lâché  » les anarchistes, comme hier quelqu’un a imaginé la résurrection de la Commune de Paris sous le ciel de Vénus. La réalité est que l’État domine aujourd’hui de manière si incontestée qu’il peut tout se permettre, qu’il s’agisse de laisser les anarchistes croupir en prison comme bon lui semble, d’inculper des syndicalistes pour extorsion, ou d’appliquer une surveillance spéciale aux militants écologistes.Pourquoi ne le ferait-il pas ? Parce que c’est anticonstitutionnel ? S’il a enfermé 60 millions d’honnêtes citoyens sans que personne ne bronche, sous les applaudissements de nombreux r-r-révolutionnaires, il peut bien enterrer un anarchiste mort ou vif. Sans même avoir à justifier ses actions. A qui doit-il rendre des comptes ? Aux journalistes ? Aux intellectuels ? Aux politiciens ? Aux juristes ? A l’opinion publique ? Aux sujets qui ont peur de leur propre ombre et même de leur propre souffle ? À ces subversifs capables seulement d’exiger que l’État se comporte de manière meilleure, plus juste, plus équitable ?
La victoire de l’État est vraiment totale lorsque ses ennemis sont réduits à parler sa propre langue et montrent qu’ils ne veulent plus prendre d’assaut le ciel (se contentant de défendre quelques tanières dans la terre).

Alfredo Cospito est toujours en vie et poursuit sa grève de la faim. Il fait ce qu’il peut et ce à quoi il pense pour sortir du trou dans lequel il a été enfermé. Mais comme il est entre les mains de l’État, et que c’est exclusivement sur le terrain institutionnel que se joue ce jeu, il n’y a aucune raison d’être optimiste quant à son sort. Le gouvernement a tout le loisir de jongler avec la situation. Il peut s’en moquer et aller tout droit selon une tradition patriotique pessimiste, il peut prolonger le calvaire du prisonnier en le gavant, il peut faire preuve de magnanimité aujourd’hui pour être encore plus cruel demain. Il peut même faire preuve d’une certaine disposition humanitaire et ensuite tirer la prise (« oups, une complication est intervenue, nous sommes désolés, nous avons tout fait, mais vous savez comment c’est, son corps était affaibli »). Comme tous les joueurs le savent, la maison gagne toujours à long terme.

« Si les Sinopes m’ont condamné à l’exil, je les condamne à rester dans leur patrie », aurait dit Diogène le Cynique. Art de faire bonne figure ou philosophie de vie furieuse ? Chers compagnons, nous sommes nous aussi condamnés à l’exil, à l’exil perpétuel puisqu’il n’y a plus de place pour nous dans ce monde. Un rêve après l’autre, un désir après l’autre, une liberté après l’autre, tout nous est arraché. Et le fait de savoir que l’extinction des amoureux de la liberté précédera de peu celle des partisans de l’autorité n’est pas une grande consolation pour nous. Mais ici, au milieu de la solitude et du désespoir, il n’y a pas seulement l’abattement, l’amertume, la mélancolie, la nausée. Il y a aussi ce qu’on appelle le courage du désespoir, cette détermination à tout essayer parce qu’on n’a plus rien à perdre.
Trouvons ce courage. Persuadons les bipèdes domestiqués de rester dans leur patrie, et de ne plus perdre de temps à courir après leurs partis, leurs classes, leurs mouvements. Enrichissons les chemins de l’exil. Préparons-nous à affronter la solitude. Entraînons-nous à survivre dans le désert, à nous déplacer dans le désert, à nous battre dans le désert. Sans plus de scrupules, sans plus de pitié. Par une philosophie de vie furieuse, par une philosophie de vie vengeresse.
Mort, la vie t’attends.

Traduit de Ab Irato

 

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A toute heure. Sur les derniers mois de mobilisation

Publié le 2023-01-20 23:00:29

A toute heure. Sur les derniers mois de mobilisation

Note D’il rovescio :

Nous recevons et publions avec plaisir cette contribution écrite par des camarades de Rome sur la grève d’Alfredo, sur l’histoire dans laquelle elle s’insère, sur le front de lutte qu’elle a déjà déterminé et sur les perspectives qu’elle pourrait ouvrir. Bien que nous partagions à la fois l’invitation à un débat à plusieurs voix et une grande partie du raisonnement qu’elle contient, nous nous limitons ici à une seule annotation critique – un ajout. La contribution souligne à juste titre le rôle joué par le communiqué des avocats pour faire connaître le combat d’Alfredo et l’abomination du 41 bis – un aspect qui faisait défaut au texte Lo Stato è debole (L’État est faible), pourtant fort appréciable. Il n’est pas facile pour les médias d’ignorer un communiqué d’avocats qui atteint plus de deux cents signatures en quelques semaines. Ce trou dans le mur du silence n’était ni un cadeau du destin ni un simple reflet des nombreuses initiatives et actions de solidarité. C’était le résultat d’un engagement précis de la part de nos avocats. Non seulement les arguments, mais aussi la langue dans laquelle il a été écrit ont fourni l’inspiration et la matière pour les différents cris au sein du monde bourgeois, et seulement ensuite ( !) en partie du monde antagoniste. Des pratiques astucieuses d’agitation (occupation d’Amnesty et de grues) ont soutenu la fissure de manière indépendante ; l’action directe internationale et internationaliste y a mis tout son poids d’irrécupérabilité. Mettant sur la balance l’opportunité de saisir les enjeux, la persuasion de l’idée et le courage de l’action, le mouvement anarchiste a vu des fruits utiles tomber de l’arbre réformiste-démocratique sans secouer directement la plante.

Une fois la déclassification d’Alfredo réalisée, il sera aussi nécessaire que précieux de réfléchir en profondeur aux forces et aux limites de ce qui a émergé dans cette très importante bataille.

A toute heure
Quelques réflexions sur les derniers mois de mobilisation

Je crois certainement que lorsque les autres ne nous enseignent pas, c’est la nécessité qui nous enseigne. Vous voyez toute cette ville pleine de regrets et de haine contre nous : les citoyens se serrent les coudes, la Signoria est toujours avec les magistrats : vous croyez que des pièges sont tissés pour nous, et que de nouvelles forces contre nos têtes se préparent. Nous devons donc chercher deux choses et avoir deux buts dans nos délibérations : l’un, que nous ne soyons pas punis pour les choses que nous faisons dans les jours à venir, et l’autre, que nous vivions avec plus de liberté et plus de satisfaction que par le passé.

Niccolò Machiavelli, Histoires florentines

Nous écrivons ces réflexions presque quatre-vingt-dix jours après le début de la grève de la faim d’Alfredo, des jours de lutte autant que de rage. Nous pensons qu’il est important d’écrire et de se confronter à la mobilisation en cours, pour continuer à lutter avec plus de lucidité et de détermination, et pour cette raison nous lisons avec intérêt tous ceux qui veulent participer au débat.

Nous réfléchissons principalement sur le mouvement anarchiste, mais nous pensons que si le débat (et la lutte) avait une plus grande pluralité, il serait aussi simplement meilleur. Le raisonnement que nous allons essayer de faire ici concerne aussi bien les mobilisations de solidarité avec la lutte d’Alfredo que ceux qui, avec plus de tête et de cœur, ont fait plus.
L’État est en difficulté, mais pas parce qu’il craint les anarchistes pour la force qu’ils sont capables d’exprimer aujourd’hui, mais plutôt pour la force qu’ils pourraient déclencher ou alimenter. Les anarchistes d’aujourd’hui ne représentent pas un danger pour l’État, pas plus que les attentats des cinq ou six dernières années ne représentaient un danger en soi. Ce que nous croyons être un danger pour l’État, et dont on a pleinement conscience, ce ne sont pas tant les anarchistes que ce qu’ils représentent en perspective, et pour nous c’est vers cela qu’il faut tourner notre regard.

Ces dernières années, le mouvement anarchiste a été le seul – ou l’un des rares – à préserver l’attaque comme une pratique légitime, à identifier dans l’État un ennemi quotidien avec lequel il ne faut pas composer, la critique révolutionnaire comme une rupture constante. Si ces choix, dans leurs particularités, ont pu être plus ou moins stratégiques, plus ou moins agréables, ils ont signifié, à la lumière des faits, la préservation d’une intégrité révolutionnaire, d’une mémoire conflictuelle, donc d’une force. D’une part, l’exercice continu de cette force, représentée par des pratiques conflictuelles, a certainement pesé lourd en termes de reproduction numérique, d’incompréhensibilité par des regards extérieurs et de prix à payer par la justice. D’autre part, cela s’est produit, et dans une certaine mesure a été possible, comme conséquence et en continuité avec un moment où le conflit social devenait de moins en moins important, et où de nombreux compagnons préféraient la dilution de leur identité révolutionnaire et, avec elle, la mise à l’écart croissante de leurs propres pratiques conflictuelles. Mais d’un autre côté, nous pensons que si la force, de ceux qui ont décidé de la préserver, ne représente pas aujourd’hui une réelle menace en soi, au contraire, dans la possibilité de la relation avec une société en ébullition, pleine de colère et de frustrations, il pourrait y avoir la mèche qui déclenche des révoltes contre le pouvoir et ses injustices. C’est un premier point : à ce jour, l’État craint et attaque cette possibilité, qui n’est pas seulement représentée par les anarchistes, mais dont les anarchistes se font les avertisseurs. S’il est vrai que ces derniers temps, un certain type d’attaque répressive a été dirigé contre les anarchistes, il est également vrai qu’elle vise un public plus large, c’est-à-dire tous ceux qui veulent s’organiser dans la colère et tisser une rébellion.

Cette possibilité est donc représentée par une composante qui va au-delà de celle du mouvement anarchiste, d’une part ; d’autre part, il y a les frustrations quotidiennes que la société produit et qui affectent cette force.

Nous pensons qu’il existe au moins deux éléments de la société avec lesquels l’État ne veut pas que les anarchistes, et les révolutionnaires en général, entrent en relation : un premier aspect est une réactivation juvénile des pratiques conflictuelles, qui s’est produite ces dernières années, bien qu’à faible intensité. Un deuxième aspect est un possible ferment social motivé par la frustration générée par la détérioration des conditions de vie.

En partant du premier aspect, il est intéressant ici d’observer certaines étapes qui ont eu lieu au cours des cinq dernières années. Cette réactivation de la jeunesse s’est manifestée avant même le verrouillage, lorsque les rues ont été sillonnées par un grand nombre d’étudiants et d’étudiantes, ce qui ne s’était pas vu depuis longtemps. Les questions qui impliquaient le plus cette très jeune composante étudiante étaient les questions écologistes et transféministes. Avec le temps, il y a eu une évolution du phénomène, étant donné la parenthèse décisive de la quarantaine avec ses implications sociales, ce qui s’est traduit par une réduction du nombre de mobilisations, mais une radicalisation de certaines pratiques de lutte. Les lycées de la ville de Rome en 2021 ont été traversés par le mouvement « la lupa », par des occupations dans de nombreux lycées et instituts de la capitale, et quelque chose de similaire s’est produit un peu partout en Italie : des manifestations suite à la mort de Lorenzo, un étudiant impliqué dans le programme d’alternance école-travail (PTCO), aux affrontements devant la Confindustria à Turin et à l’emprisonnement de certains d’entre eux. Aucune identité politique forte ou même révolutionnaire n’a réussi à représenter ces pulsions. Les seuls qui ont réussi à absorber certaines de ces « instances » sont peut-être les militants de l’Ultima Generazione (avec ses évolutions) qui continuent à s’accrocher, à exister et à insister sur leurs pratiques.

Si nous prenons cela comme une représentation réaliste des cinq dernières années, nous devons également considérer que cela a été accompagné d’au moins deux années d’agitation sociale, bien que de faible intensité par rapport aux périodes passées de mobilisations plus denses. En outre, les émeutes dans les prisons (jamais autant de prisons ne se sont rebellées avec une telle intensité en même temps), les premières colères dans les rues à cause des fermetures dues à la covid, les manifestations étudiantes déjà mentionnées de l’année dernière et celles, encore plus anciennes, contre le greenpass (nous pensons d’ailleurs que, à tort ou à raison, ce n’est pratiquement que le secteur libertaire qui a vu un potentiel conflictuel dans ces moments de la place. Nous pensons qu’il ne s’agit pas d’un élément non pertinent dans la conception répressive).

Et c’est précisément dans ce contexte social que, alors que l’on pensait avoir trouvé une « issue » à la pandémie, une guerre est apparue aux portes de l’Europe. Si les effets de la pandémie se sont déjà partiellement manifestés, ceux de la guerre commencent à se faire sentir.
Nous pensons que c’est à la lumière de ce contexte que cette possibilité pourrait être créée, cette rencontre que l’État ne voudrait jamais voir se produire. La consolidation de la tentative de prévenir la colère sociale, non pas en réduisant les raisons de la frustration, mais plutôt en attaquant et en excluant ceux qui sauraient bien où canaliser cette colère, est sous-jacente. Ce que l’État, sous couvert du ministère public, a essayé de faire dans la dernière période, c’est donc d’essayer de fermer un jeu avec les anarchistes, leurs slogans et leurs pratiques, tout cela avant que ces deux possibilités ne se présentent : un conflit de jeunes qui devient révolutionnaire et une rage sociale motivée par des besoins matériels.

Mais le mouvement de l’État est double et simultané. Et nous en arrivons au deuxième aspect important de ce texte mais surtout de cette mobilisation. La tentative de marginaliser totalement et de punir de manière exemplaire ce qui reste une minorité révolutionnaire s’est accompagnée de la tentative de normaliser un instrument exceptionnel : l’utilisation du 41bis, créé pour l’urgence du massacre de la mafia, maintenant appliqué à un anarchiste, en vue d’une éventuelle nouvelle urgence (cette fois de nature sociale). La compréhension de ce double mouvement donne à la lutte d’Alfredo un sens supplémentaire. Alfredo refuse la normalisation de cette tentative : « Pas d’État, loin votre pouvoir de nos vies ». Cela ne signifie pas que l’accusation ne peut pas réessayer, mais que cette première tentative a donné une indication. Alfredo a réagi en déployant deux des caractéristiques qui ont le plus distingué les anarchistes : des compagnons obstinés ainsi qu’irrécupérables.

Il s’en est suivi une mobilisation qui, à notre avis, ne peut pas être entièrement résumée aux anarchistes en tête et aux réformistes en queue, surtout si nous en faisons une analyse qualitative. Jusqu’à présent, la relation entre les parties qui composent ces différentes formes d’action doit être considérée davantage comme une relation dialectique involontaire.

Faisons une petite prémisse, superflue mais clarificatrice : la distinction entre anarchistes et réformistes nous semble réductrice. Non seulement parce que la minorité qui s’est mobilisée ne peut être imputée uniquement au mouvement anarchiste, mais surtout parce qu’il nous manque toute une série d’âmes qui ne sont pas purement réformistes, avant tout : les avocats, pour ne citer qu’un exemple, ne sont peut-être pas anarchistes, mais qui a dit qu’ils étaient réformistes ?

S’il ne fait aucun doute que les compagnons anarchistes ont été parmi les premiers à agir en solidarité avec Alfredo, en y regardant de plus près, nous pensons qu’il est possible de constater qu’ils n’ont pas été les seuls, ni considérés seuls comme décisifs. Nous les voyons plutôt comme une partie du tout, un tout également composé de misère et de détresse. En ce sens, l’appel rédigé par une vingtaine d’avocats dans certaines villes italiennes a constitué une contribution importante, voire décisive, à l’ensemble de la mobilisation. Nous ne disons pas cela comme une note de mérite, mais parce qu’il avait cette valeur pour nous, et à certains égards, l’appel en question était un précurseur. Même certains « intellectuels » ont pris la parole presque immédiatement, que ça plaise  ou non ce qu’ils disent, que ça plaise ou non la dignité douteuse qu’ils représentent.

Cela étant dit,  nous avons défini la relation entre les différentes parties comme dialectique et involontaire. La lettre initiale des avocats posait la question en créant une certaine légitimité, les actions dans les rues donnaient un sens politique qui n’écrasait pas la possibilité de la lutte sur une simple opinion, les paroles d’un Manconi ou d’un Cacciari donnaient un sens aux actions, différent de la criminalisation qu’elles subissaient de la part du courant dominant, et ainsi de suite (les initiatives à Sapienza, les banderoles sur les grues, les compagnons sur les toits). Lorsque l’on a essayé de désigner les responsables d’une vitrine brisée comme étant « les vandales du 41bis », ce dernier mot renvoyait à une image différente de la normale : un anarchiste qui n’a pas commis de crime de sang est traité comme un mafieux. Cela signifie-t-il que ces actions sont légitimées ou acceptées ? Certainement pas, mais ils ont certainement pris un sens différent. Dans ces conditions, il est difficile, peut-être possible, mais aussi inutile, d’établir des priorités. Ce qu’il nous semble important de saisir, c’est : a) l’importance de la lutte d’Alfredo ; b) la nécessité de la contribution de chaque partie de cet ensemble. Nous tenons à souligner que toutes les contributions à cette lutte n’ont pas adopté la perspective appropriée pour nous, la perspective révolutionnaire, mais nous pensons également qu’elles doivent être considérées pour leur valeur réelle et le rôle qu’elles ont joué.

Au fil des ans, nous avons assisté au triste spectacle de pages et de pages d' »excellentes » raisons justifiant leur inaction. Heureusement, cette fois-ci, la modestie ou même l’intelligence l’ont emporté, même si, à cette occasion, beaucoup se sont tenus à la porte, exprimant une solidarité qui, parfois, ressemblait davantage à des condoléances.

La déshabitude des 6 ou 7 dernières années à se battre, à tenir une confrontation, à se défendre contre la stigmatisation, jouent certainement leur rôle en rendant la participation difficile. En revanche, Cospito, qui dans la distinction entre « bons et méchants » propagée par la rhétorique démocratique-libérale, représenterait le « méchant » par excellence. Ici notre rôle, ici l’intelligence de réitérer, en tant que compagnons et compagnonnes, que cette distinction n’existe pas, c’est une stratégie de l’accusation pour casser le conflit social. Nous le répétons pour les sourds : opprimés et oppresseurs, la seule distinction que nous connaissons. Et si Alfredo reste pour beaucoup de démocrates sincères un méchant… qu’ils gardent leurs raisons sincères, pour nous Alfredo reste un compagnon qui se bat.

Le fait flagrant est qu’une mobilisation a émergé de tout cela ; une fissure dans la société, bien que petite, a été creusée.

Comme toutes les mobilisations, celle-ci se nourrit et se reproduit aussi dans sa pluralité (qui, nous l’espérons, se multipliera encore). Mais ce n’est pas tout, un autre aspect qui a fait avancer la mobilisation est certainement la force des raisons. Le fait qu’Alfredo Cospito soit injustement en 41bis est un fait équitablement partagé par tous, il n’y a pas de conflit d’interprétation. Personne, ou presque, ne défend sa classification au régime 41bis, sauf à travers la réponse de la Cour de surveillance. La justesse morale de l’affaire est très claire, sa détermination dans la pratique désarmante, et la monstruosité de la machine étatique semble tout aussi claire. À la fois pour l’application de la mesure elle-même, mais aussi pour le mécanisme qui l’a mise en branle : cynique, sans compte à rendre, impossible à arrêter. Ce que Hannah Arendt appelait la banalité du mal est apparu au grand jour. La mobilisation avance dans le cadre du conflit entre la raison d’État et un état de raison qui est clair pour tous, sauf pour la féroce machine d’État. A partir de cette condition de raison absolue (ou presque), le terrain ou la légitimité politique que nous pouvons gagner dépend de l’intelligence que nous sommes capables de mettre en œuvre.

D’un côté, l’État essaie de conclure un jeu avec les anarchistes. Le 41bis à Alfredo et la peine de 28 ans à Juan en sont peut-être la plus grande expression. À notre avis, cela se produit pour deux raisons principales : la première est certainement ce que nous avons essayé d’exprimer au début du texte, c’est-à-dire la peur de la puissance des anarchistes, d’exclure et d’envoyer un message à toutes ces gouttes individuelles qui, dans une situation de ferment social, pourraient alimenter une tempête, grâce aussi à cet exercice de conservation de la mémoire conflictuelle. La deuxième raison est la faiblesse du mouvement révolutionnaire en Italie : si vous vous noyez, l’État ne pose certainement pas la main sur vous pour vous remonter. Il en profite pour essayer de vous éliminer pour de bon ; un problème de moins. Le fait de souffrir d’une solitude, et donc d’une distance par rapport au reste de la société, est peut-être le principal élément de faiblesse qui a caractérisé ces dernières années, et qui a toutefois été brisé, bien que de façon minime, dans le sillage de ces derniers mois.

D’autre part, les tentatives de descendre dans la rue ont été plus ou moins maladroites, toutes cependant nécessaires, toutes faisant partie de l’ensemble. Nous pensons que l’intelligence collective, les capacités conflictuelles ne sont pas quelque chose que l’on conserve pour le « moment propice » (attendez !), on ne congèle pas et on ne décongèle pas du congélateur à volonté. Ce sont des capacités qui doivent être cultivées et constamment exercées pour ne pas perdre confiance ou mémoire. A priori, les indécis devraient se faire une raison, tout ne sera pas fini dans quelques jours de toute façon. Les indécis, quant à eux, contournent le filet. Chacun comme il croit, chacun comme il peut tant qu’il est explicite. Il faut que la frustration fasse place à l’espoir et que l’espoir se transforme en impatience.

Nous en arrivons ici à une réflexion finale possible sur les perspectives de cette mobilisation. Si Alfredo meurt, avons-nous perdu ? Gagner signifie-t-il sauver sa vie ? La défaite est-elle dans la mort et dans l’échec de la lutte contre le 41bis et l’emprisonnement à vie incompressible ? Nous pourrions répondre à cette question par un joli peut-être, mais même ici, un tel regard dichotomique risque d’être à courte vue. La mort est un aspect de la vie qu’un révolutionnaire doit accepter. Nous ne savons pas si nous l’avons fait, mais il semblerait qu’Alfredo l’ait fait, et cela doit être saisi et respecté. Nous voyons deux luttes se dérouler simultanément : la première est celle d’Alfredo contre l’État, la seconde est la nôtre contre le pouvoir. Au-delà de la rhétorique, le premier est remporté par Alfredo. Si nous n’avons pas une vision chrétienne de la vie comme quelque chose de sacré, politiquement l’État est en contradiction explicite, personne ne peut la défendre. L’État a voulu et insiste pour faire plier un prisonnier, légitimant encore plus l’instrument exceptionnel du 41bis, et Cospito ne le permet pas, il le fuit. Au contraire, Alfredo donne sa vie, cette fois toute sa vie, pour faire connaître au monde ces deux abominations répressives de ce pays, ouvrant ainsi une brèche. C’est là que nous devons nous tenir, dans la lutte en tension avec la possibilité révolutionnaire. Il ne s’agit pas seulement de sauver Alfredo, mais de donner un sens et une continuité à la lutte pour laquelle il a mis sa vie en jeu, de continuer à avoir un impact là où il y a déjà une fissure. Si gagner signifie abolir les deux abominations répressives, saisir cette opportunité pour avancer sur la voie révolutionnaire signifie ne pas perdre. La lutte est importante en tant que voie viable et possibilité reconnue de changer les conditions, tout comme la légitimation et la reproduction des minorités révolutionnaires au sein de la société. Après des années de répression, l’État est en difficulté, il perd du terrain et nous avons la possibilité d’aller de l’avant.

Pour l’abolition du 41bis et de l’emprisonnement à vie incompressible,

pour la liberté d’Alfredo.

Des compagnons

Rome, janvier 2023

Traduit D’il Rovescio

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Je continuerai jusqu’au bout

Publié le 2023-01-20 23:00:34

Je continuerai jusqu’au bout

Le médecin qui s’occupe d’Alfredo Cospito, Angelica Melia, a déclaré hier, 19 janvier : « Nous sommes à la croisée des chemins, il peut s’effondrer à tout moment, nous sommes au bord du précipice. Je lui ai déconseillé de marcher pendant l’heure de promenade car en consommant plus d’énergie, il pourrait précipiter la situation ».

Alfredo, qui fait une grève de la faim depuis plus de trois mois, a confié ces mots à son avocat :

Le soussigné Alfredo Cospito informe son avocat Flavio Rossi Albertini que, en pleine possession de ma capacité mentale, je m’opposerai de toutes mes forces à l’alimentation forcée.

Ils seront obligés de m’attacher au lit. Je dis cela parce que récemment on m’a fait allusion à la possibilité d’un T.S.O. (traitement sanitaire obligatoire). ( Gavage, ndt)

A leur impitoyabilité et leur acharnement, j’opposerai ma force, ma ténacité et la volonté d’un anarchiste et d’un révolutionnaire conscient. Je vais continuer jusqu’à la fin. Contre 41 bis et la prison à vie incompressible.

La vie n’a aucun sens dans cette tombe pour les vivants.

Alfredo Cospito

Traduit d’Il Rovescio

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Lizzano (Italie) : les sabotages de canons à neige franchissent les Alpes

Publié le 2023-01-21 07:40:06

On se souvient que l’année dernière, les attaques contre l’industrie du tourisme hivernal n’avaient pas attendu l’arrivée de la belle saison, en ouvrant le bal par l’incendie volontaire de la gare d’arrivée du télésiège des Ébats, sur le domaine du Grand Revard (Savoie) la nuit du 8 au 9 novembre 2022, causant pour 650 000 euros de dégâts. Avec l’arrivée de Noël et de touristes fortunés sur les pistes alors péniblement enneigées à grand renfort de canons si gourmands en eau et en énergie, ce sont ensuite ces derniers qui ont commencé à être pris pour cible en sabotant leurs câbles : d’abord aux Gets (Haute-Savoie) la nuit du 24 au 25 décembre 2022 ; puis à Chesières (Suisse) la nuit du 30 au 31 décembre ; à Verbier (Suisse) la nuit du 2 au 3 janvier 2023 et aux Diablerets (Suisse) la même nuit ; suivies par La Clusaz (Haute-Savoie) la nuit du 6 au 7 janvier.

Mais ce n’est pas tout, puisqu’on apprend par la presse italienne du 9 janvier dernier que dans les Appenins, et plus précisément dans la station de ski de Corno alle Scale située à Lizzano in Belvedere (Bologne), ce sont neuf canons à neige qui ont également été sabotés en sectionnant leurs câbles : quatre de toute dernière génération, et cinq plus anciens dont le gérant précise qu’ils ne seront pas réparables. Alors que le maire du coin a aussitôt hurlé au « sabotage de l’économie du territoire », les journaflics locaux se sont à leur tour lâchés en mode « Chasse ouverte aux terroristes des neiges » (titre de l’édito du Resto del Carlino du 15 janvier), afin de dénoncer un «  acte d’éco-terroristes », selon la novlangue du pouvoir en train de se répandre des deux côtés des Alpes…

[Synthèse de la presse italienne, 9 & 15 janvier 2023]

L’état est faible

Publié le 2023-01-21 13:50:02

L’état est faible

La décision du tribunal de surveillance de Rome, rendue publique le 19 décembre, de confirmer la détention sous le régime du 41 bis de l’anarchiste Alfredo Cospito est en fait une condamnation à mort, étant donné la décision de notre compagnon de ne pas interrompre la grève de la faim jusqu’au bout entamée le 20 octobre. L’État montre ses muscles et se prépare à l’épreuve de force. Sa devise pourrait se résumer à tuer un pour en arrêter cent, visant à la liquidation du mouvement anarchiste, du moins celui de notre génération. Ce qu’il montre en réalité, cependant, c’est une démonstration de faiblesse. Depuis deux mois, nous nous disons que l’heure n’est pas à l’analyse et à la réflexion, que la situation est urgente, qu’il faut agir.
Pourtant, s’il est vrai que pour l’anarchisme la théorie n’est jamais séparée de la pratique, puisqu’elles sont inextricablement liées, alors peut-être est-ce précisément le moment de ne pas s’arrêter pour réfléchir, mais de raisonner tout en continuant à agir.
En un mot. Nous pensons que l’État italien a commis une grave erreur en décidant d’ouvrir pour la première fois les 41 bis à un anarchiste emprisonné. Cette erreur a conduit à l’apparition de la plus grande mobilisation de dénonciation et de lutte, concrète et internationale, contre les 41 bis depuis l’inauguration de cet infâme régime d’anéantissement et de torture en 1992. Ce mouvement n’est pas dirigé par des démocrates sincères, mais est animé dans son essence propulsive par l’action individuelle d’un camarade indomptable, qui dans cette lutte risque sa propre vie, et par les nombreuses actions et initiatives, individuelles et collectives, d’un mouvement anarchiste qui a su retrouver colère et vitalité.
Face à tout cela, paradoxalement, aujourd’hui, l’État pourrait considérer que – étant donné qu’à présent l’erreur a été commise et qu’il devra la payer – tuer Alfredo Cospito pourrait être l’option la moins douloureuse. L’alternative serait la défaite et la nécessité de faire un grand pas en arrière, notamment parce que le mouvement anarchiste international ne promet pas, pour sa part, de faire des pas en arrière en échange de la vie d’un camarade. L’anarchisme n’est pas un troc (et ne pourra jamais l’être), une sorte de désarmement en échange de la déclassification d’Alfredo. L’État n’a donc aucune garantie que les anarchistes s’arrêteront. Au contraire, elle craint qu’ils soient revigorés par une victoire contre les 41 bis.
C’est un pari risqué. Et la vie d’Alfredo passe aujourd’hui par les dés de ces infâmes joueurs.

Les anarchistes du 41 bis : genèse d’une tentative de percée politico-militaire

C’est le printemps 2022. Le pays est soutenu par le gouvernement d’unité nationale dirigé par ce que beaucoup considèrent comme l’homme le plus influent des élites politiques et économiques européennes : Mario Draghi. La paix sociale est étouffante. D’autre part, il y a la guerre, la vraie guerre, aux portes de l’Europe. Le gouvernement Draghi, en particulier sa composante de centre-gauche, est un fervent partisan de la politique de l’OTAN. De loin l’un des gouvernements les plus bellicistes de l’alliance. Cela entraîne d’énormes sacrifices pour la population. Draghi le sait bien et il sait aussi que la paix sociale est un mariage fragile qui peut s’effondrer à tout moment. Draghi le sait bien, précisément parce que, en tant que directeur de la Banque centrale européenne, il est l’un des responsables de la boucherie sociale en Grèce.
Les anarchistes peuvent être précisément ce fusible qui fait déflagrer la situation : ils sont les seuls qui, en fait, n’ont jamais désarmé les raisons de l’offensive, d’où l’importance d’un mariage entre la critique et la pratique qui, par sa nature même, est profondément sociale et jamais simplement politique. En effet, comme nous aimons souvent le répéter, nous nous plaçons directement au sein du conflit, exploités parmi les exploités, opprimés parmi les opprimés, sans l’affronter ni le diriger de l’extérieur. Cependant, les anarchistes apparaissent à ce moment-là, aux yeux des dirigeants, aussi faibles et divisés que jamais. Il faut rappeler que le 41 bis est de loin le moment le plus politique de tout le mécanisme judiciaire, à tel point que c’est le ministre de la Justice qui signe les décrets d’internement, ce qui ne se produit pour aucun autre ordre ou sentence de quelque ordre ou degré que ce soit. C’est ainsi que la ministre de l’époque, Marta Cartabia, a signé le 4 mai le décret de détention dans le 41 bis pour l’anarchiste Alfredo Cospito, une mesure qui est devenue exécutoire le jour suivant.
Nous sommes en temps de guerre et une métaphore de type militaire peut donc s’avérer utile. Au cours de ces mois, l’État a tenté une percée en profondeur, l’attaque contre le mouvement anarchiste devait servir de tête de pont à une répression globale contre ceux qui persistaient à croire en la possibilité d’une transformation révolutionnaire et, plus généralement, contre l’antagonisme et l’opposition sociale. Ce sont les mois au cours desquels le parquet de Piacenza, pour donner l’exemple le plus frappant, est allé jusqu’à arrêter six syndicalistes, les accusant d’extorsion parce qu’ils demandaient des augmentations de salaire au patron. Si contre le mouvement antagoniste des coups de fouet sévères suffisaient, contre les anarchistes on visait la liquidation, la punition exemplaire ; l’État ne voulait pas gagner, il voulait gagner gros. En l’espace de quelques semaines vient la condamnation de Juan Sorroche à 28 ans pour l’attentat à l’explosif contre le siège de la Ligue de Villorba, dans la province de Trévise, le 12 août 2018, vient le transfert d’Alfredo Cospito en 41 bis et vient, en cassation, toujours contre Alfredo et Anna Beniamino, la requalification de « massacre contre la sécurité publique » en « massacre contre la sécurité de l’État » d’un des chefs d’accusation (inhérent au double attentat à l’explosif contre la Caserma Allievi Carabinieri de Fossano, dans la province de Cuneo, le 2 juin 2006) pour lequel ils ont déjà été condamnés, en première instance et en appel, dans le procès Scripta Manent. Si vous demandez à quelqu’un dans la rue ce qu’est un massacre, il répondra sûrement le meurtre de nombreuses personnes. En réalité, ce n’est pas le cas. En Italie, vous pouvez être condamné pour massacre même s’il n’y a pas de morts ou de blessés.
L’article 285 du code pénal est le plus grave du code pénal italien. Les mots d’un passage dans les motivations de l’arrêt de la Cour de cassation du 6 juillet devraient être gravés dans la pierre, pour une infamie éternelle. Aux défenseurs, qui objectaient que l’article 285 n’était pas utilisé même pour les massacres mafieux et les massacres fascistes (les vrais), la Cour a répondu que « dans ces cas, les objections concernaient des événements dans lesquels, en présence de victimes humaines, la distinction dogmatique entre massacre commun et massacre politique perdait son sens » (p. 63). En d’autres termes, lorsqu’il y a des morts, il n’est pas important d’appliquer l’article 285, car la prison à vie arrive de toute façon, mais avec les anarchistes, pour un crime moins sanglant, il faut les punir de l’infraction la plus grave. Sinon, comment pouvons-nous avoir la prison à vie ?
Un passage qui non seulement condamne à l’infamie perpétuelle et entache pour l’histoire le nom de son auteur – Luciano Imperiali, président du tribunal – mais qui est révélateur de ce qui se prépare : d’énormes composantes de l’État, à tous les niveaux, du ministre de la justice aux chefs de l’organe judiciaire suprême italien, « conspirent » pour abattre politiquement l’anarchisme. C’était le pari présomptueux de l’État italien. Autant de personnages qui se sont mis en danger, qui ont terni leur honneur bourgeois pour arriver au résultat.

Le plus long pas de la jambe : la plus grande mobilisation de tous les temps contre le 41 bis

Je continue avec la métaphore de la guerre. L’État tente une percée en profondeur, une accélération répressive telle qu’on n’en a pas vu depuis longtemps. Elle désire une tête de pont où de nouvelles troupes peuvent affluer et ainsi s’étendre. Comme dans toute guerre, la percée en profondeur présente d’énormes dangers : en particulier, la difficulté de défendre la position avancée qui a été acquise. Un massacre sans victimes, n’est pas facile à défendre. Une condamnation à perpétuité sans mort, n’est pas facile à justifier. Tout comme il n’est pas facile d’expliquer pourquoi le 41 bis, créé pour lutter contre les mafiosi, puis étendu dans le silence général aux camarades des Brigades Rouges pour la construction du Parti Communiste Combattant arrêté en 2003, est maintenant aussi utilisé pour les anarchistes.
L’État ne sait pas comment défendre cette position. Et ce qui est incroyable, c’est que ce n’est pas le cas. Il ne se défend pas, il ne s’explique pas. En deux mois de grève de la faim, pas un seul chroniqueur, pas un seul intellectuel, n’a « mis son visage » pour écrire un article, faire une interview, se mettre en danger pour dire que oui, il est juste qu’un anarchiste détenu soit transféré à 41 bis et y reste à vie. Ils se précipitent pour tuer Alfredo et ne le justifient pas publiquement. Ils jouent, mais ils n’ont pas les cartes. Ce comportement se poursuit tout au long des deux premiers mois de la grève de la faim, jusqu’à la publication (comme mentionné, le 19 décembre) de l’ordonnance du tribunal de surveillance de Rome pour l’audience du 1er décembre sur le recours contre le transfert au 41 bis, lorsque dans certains journaux apparaissent « timidement » les premiers titres qui, de manière rabougrie, tentent de soutenir la mesure. Mais c’est très peu.
L’anarchisme est vraiment quelque chose de merveilleux et nous apporte toujours de grandes confirmations. Jamais, comme dans le cas d’Alfredo Cospito, l’action individuelle et l’action de masse ne semblent entremêlées, indissociables, car c’est un individu, Alfredo, avant tout, qui fait la différence. Alfredo a décidé qu’une vie sans aucun contact, une vie sans dialogue avec ses compagnons, ne vaut pas la peine d’être vécue. Dans la Phénoménologie de l’esprit, Hegel décrit une lutte imaginaire pour la vie et la mort entre deux individus. L’un des deux a peur de la mort et se soumet à l’autre, ainsi naît la civilisation. Le serviteur choisit la vie et renonce à la liberté. Alfredo a montré qu’il n’est pas un domestique, il prouve qu’il ne veut pas vivre dans la civilisation des domestiques et, surtout, que la liberté vaut plus que sa propre vie.
Le 20 octobre, le compagnon entame une grève de la faim. L’occasion est une audience au tribunal de surveillance de Sassari concernant une saisie de correspondance. Nous n’avons pas lu sa déclaration, peut-être ne la lirons-nous jamais, saisis comme tout ce qui sort du 41 bis. Celui qui est enfermé dans 41 bis n’a pas le droit de parler, pas un seul de ses mots ne doit sortir de ces murs. Pas même ce qui aurait pu être les derniers mots de sa vie, pas même la déclaration où il annonce une grève de la faim jusqu’à la mort.
Cette énième pièce de la couverture d’isolement imposée par l’État devient une première faiblesse pour ce dernier. C’est à ce moment-là que l’on commence à écrire, à traduire en de multiples langues, qu’en Italie il y a un camarade anarchiste en grève de la faim jusqu’à la mort, mais que l’État l’empêche d’expliquer ses motivations. Même à l’étranger, les gens commencent à concevoir, encore vaguement, quel genre d’enfer est le 41 bis.
Les programmes d’information occidentaux nous martèlent chaque jour les crimes commis par leurs dictatures ennemies. Ils nous parlent des infamies de Poutine, mais nous découvrons ensuite que les opposants politiques de Poutine tweetent depuis leur prison. Ils nous parlent de la condamnation à mort de manifestants en Iran, et ce faisant, ils touchent nos émotions avec leurs derniers mots. Aujourd’hui, le monde apprend qu’en Italie, un homme condamné à mort s’est vu retirer son dernier mot.
L’infamie du 41 bis – les 22 heures d’isolement par jour, la socialisation maximale à quatre, l’entretien d’une heure par mois avec vitre de séparation, la censure de la correspondance, les journaux qui arrivent avec les articles interdits découpés, les fenêtres obscurcies, les allées où aucune lumière ne passe, l’interdiction d’avoir des photos, des dessins, des livres – devient de notoriété publique. A l’heure où les gouvernements nous demandent des sacrifices toujours plus importants dans leur guerre perpétuelle contre leurs tyrans ennemis, il commence à devenir indéfendable que des révolutionnaires en Italie soient enfermés dans 41 bis.
L’État italien s’est mis dans un sacré pétrin. Une ombre comme on n’en a jamais vu se répand sur l’organisme antimafia – et par conséquent, sur sa structure de gestion, la Direction nationale antimafia et antiterroriste, directement responsable du transfert du camarade du 41 bis et organe de coordination des plus récentes opérations répressives contre les anarchistes -, jusqu’au 20 octobre dernier une institution héroïque et intouchable pour la plupart, alors qu’aujourd’hui les murs de nombreuses villes italiennes affichent en grosses lettres que « l’antimafia torture » ou qu’il faut « fermer le 41 bis ». Pendant ce temps, les bourreaux s’enferment toujours dans le mutisme. Comme s’ils espéraient s’en tirer en tuant Alfredo dans le silence général.

Une mobilisation radicale. Les réformistes restent dans la file d’attente

Le caractère radical de ce qui se passe ne doit pas être sous-estimé, car il est sans précédent, du moins pour notre génération. La grève de la faim d’Alfredo contre le 41 bis et l’emprisonnement à vie hostile n’est pas, pour prendre un exemple historique, comparable à la grève de la faim que certains dissociés ont faite dans les années 80 contre l’article 90 de l’ordre des prisons (l’ancêtre du 41 bis). Cospito n’est pas un dissocié, il n’est pas repenti, tant qu’il a pu il a continué et persévéré à écrire des articles, des contributions et des interventions depuis la prison, en soutenant toujours la signification de l’action révolutionnaire contre l’état et le capital. Cet aspect en lui-même rend ce qui se passe radical : la plus grande mobilisation de l’histoire contre le 41 bis a comme  » fer de lance  » un compagnon anarchiste révolutionnaire qui risque sa propre existence, contribuant énormément à renforcer le sens et la perspective de la solidarité révolutionnaire internationale.
Le soutien à Alfredo Cospito s’est concrétisé, du moins pour une bonne partie de la mobilisation, non pas comme une dénonciation générique du 41 bis en tant que régime carcéral d’annihilation psycho-physique, mais comme un soutien spécifique à la lutte d’un camarade avec une connotation révolutionnaire très spécifique. Bien sûr, tout le monde ne partage pas, ou n’affronte pas volontiers, toute l’histoire d’Alfredo, mais il est clair que cette même histoire existe. C’est un fait, clair et inéluctable. Alors que, d’autre part – et cela ne représente pas, ou en tout cas ne devrait pas représenter un problème pour ceux qui, dans notre mouvement, ont des opinions différentes – beaucoup d’autres peuvent affirmer, comme nous l’avons fait, qu’ils partagent avec Alfredo un partage profond et radical des principes de l’anarchisme, qu’ils respectent son histoire sans si et sans mais, qu’ils soutiennent les raisons et la valeur des pratiques pour lesquelles il a été accusé et condamné ou qu’il a revendiquées (comme dans le cas de la blessure de l’ingénieur Adinolfi, responsable de la catastrophe nucléaire).
Cette évidence inhérente à la nature de la mobilisation a fait que pour la première fois, en ce qui concerne notre génération, nous assistons à une situation dans laquelle les réformistes, les garants, les démocrates, quand ils sont là, restent en queue de peloton. Cette situation est tellement inédite à nos yeux que nous sommes confrontés à la nécessité de développer des outils politiques et culturels appropriés. Dans la relation avec les mouvements antagonistes ou les instances de critique sociale de certaines réalisations du pouvoir, nous avons toujours eu l’habitude d’être – permettez-nous la simplification – la  » zone la plus dure  » au sein des luttes, celles qui sont souvent éloignées des leaders, ou des prétendus leaders, et des services d’ordre, quand nous ne sommes pas effectivement en dehors d’elles, méprisant parfois ces mêmes luttes pour leurs connotations réformistes ou entièrement récupérables. Contre toute logique frontiste, nous nous trouvons à soutenir une lutte dans laquelle il n’y a pas de front commun visant à agréger des entités ayant une conception radicalement différente de l’affrontement et des tâches des révolutionnaires : comme nous l’avons déjà mentionné, les « composantes » non révolutionnaires attentives à la lutte en cours se trouvent, par nécessité, contraintes de suivre les événements, en se réservant peut-être le droit de ricaner des « truculences » des anarchistes, mais sans pouvoir faire substantiellement plus. De même, désespérément réticents à tout ajustement vers le bas sur le terrain de la méthode, nous nous trouvons dans une dimension où le moteur propulsif est représenté par la radicalité de l’anarchisme révolutionnaire : d’où celle des camarades en grève de la faim et des actions de solidarité.
Cela dit, une initiative réformiste-démocratique a bien eu lieu, avec la prise de position de certains intellectuels de premier plan sur la situation d’Alfredo : Luigi Manconi, collectionneur de parcours politiques (ex-Lotta Continua, ex-Verts, ex-Parti Démocratique) ; Frank Cimini, journaliste chroniqueur judiciaire ; le philosophe Massimo Cacciari et la philosophe Donatella di Cesare ; Wu Ming, brillants écrivains représentants du monde de la désobéissance civile ; le dessinateur engagé Zerocalcare. Nous ne sommes pas particulièrement intéressés par le discours des médias, mais suivre l’histoire de ces deux mois à travers la presse bourgeoise peut être utile ici comme un backstory intelligible pour montrer comment les réformistes étaient cette fois à la queue de la mobilisation.
Lorsqu’Alfredo, puis les autres camarades – d’abord Juan Sorroche et Ivan Alocco les 25 et 27 octobre, puis Anna Beniamino le 7 novembre – entament leur grève de la faim, la « puissance de feu » de la presse démocratique-réformiste est reléguée à des revues spécialisées à très faible tirage. Quand les anarchistes (déjà avant le début de la grève, en solidarité avec Alfredo emprisonné dans le 41 bis) ont commencé à gâcher la fête des démocrates et des faux critiques dans leurs kermesses, puis quand la grève a commencé à organiser des marches spontanées, à occuper Amnesty International et les grues, à tapisser les villes de fresques murales, à réaliser les initiatives de solidarité les plus disparates, la presse locale a dû en parler. Autour et après la manifestation du 12 novembre à Rome et ses échauffourées, les réformistes font la une des journaux nationaux : Cacciari écrit un article dans « La Stampa » et Manconi dans « La Repubblica ». Les rédacteurs en chef des principaux journaux se sont fixé comme problème éditorial d’expliquer ce qui se passe, car leurs lecteurs ne savent pas grand-chose à ce sujet, puisque jusqu’à quelques jours auparavant, la censure était absolue sur le sujet. Et ainsi de suite, après les actions directes de plus en plus destructrices.
La croissance de la campagne démocratique ne pouvait se faire que dans les conditions de la croissance de la mobilisation radicalement révolutionnaire des anarchistes et autres camarades solidaires. Et, bien sûr, dans la prolongation de la grève de la faim et donc dans la dramatisation de la condition d’Alfredo, qui pourtant – nous l’avons rappelé – est un compagnon à l’identité claire, et donc difficile à instrumentaliser en termes humanitaires.
Il est curieux de voir comment certains de ces personnages – en particulier Frank Cimini et Luigi Manconi – ont commencé à s’inquiéter lorsque les actions directes ont commencé à prendre certaines proportions, tant du point de vue de la destructivité sur le terrain matériel que de celui de l’importance médiatique assumée par certains d’entre eux. Non seulement en prenant de la distance, ce dont nous ne doutions pas, mais Frank Cimini allant jusqu’à dire que « les manifestations extérieures de solidarité risquent d’alimenter la thèse de la dangerosité sociale et d’être contre-productives comme cela s’est déjà produit dans le passé pour d’autres prisonniers politiques », tandis que Manconi a déclaré vouloir « connaître le génie d’un anarchiste qui, pour soutenir la grève de la faim d’Alfredo Cospito contre le 41 bis, a jugé utile de perpétrer un attentat incendiaire contre le premier conseiller de l’ambassade d’Italie à Athènes », car cette action aurait « créé une confusion et [… …] a intimidé quelqu’un », permettant d’ailleurs « au rédacteur en chef du Giornale […] d’écrire que, puisque Massimo Cacciari et moi avons traité le sujet, Cospito aurait « séduit les salons chics » ». Indigné après l’attaque incendiaire contre les véhicules de Susanna Schlein, le pauvre Manconi nous éclaire également en nous informant que « seule une conception politique et bureaucratique, par essence autoritaire, de la lutte politique peut expliquer l’action d’Athènes ». En d’autres termes, les réformistes, en donnant une lecture totalement égocentrique de la réalité, confondent l’effet et la cause et ne voient pas comment, s’ils ont eu une voix dans cette affaire, c’est exclusivement grâce à la mobilisation entreprise par les anarchistes, et non l’inverse.

Les échelles de l’État

Ce qui a été dit, cependant, mène paradoxalement à l’issue dramatique de ces journées. En supposant que cette tentative de percée ait été une erreur pour l’État, en supposant qu’une clique de « manectariens » ait plongé le pays dans ces bouleversements, maintenant que nous sommes dans la tempête, les appareils institutionnels les plus profonds de ces jours-ci mettent probablement deux alternatives sur la balance : faisons-nous moins de mal si nous le tuons ou si nous le sauvons ?
Déclasser Alfredo pour l’État signifierait faire un pas en arrière très précieux. Car il ne s’agit pas d’une erreur spécifique, ce que les bien-pensants appelleraient une erreur judiciaire. Si l’on compare l’État à un organisme vivant, on constate que de nombreuses structures sont mises en mouvement, de manière organisée et même organique. Une chaîne « protéiforme » qui part du précédent gouvernement d’unité nationale et de ses ministres les plus influents (dans le cas de Marta Cartabia, on a souvent parlé d’une possible première femme à la présidence de la république), passe par une structure autosuffisante et incontestable comme l’anti-mafia, implique les juges de la cassation, elle descend jusqu’aux bureaux de nombreux procureurs italiens (Turin pour le procès Scripta Manent, puis l’accusation de massacre, Pérouse et Milan pour les enquêtes contre la publicité anarchiste, en particulier contre le journal anarchiste « Vetriolo », puis l’accusation d’actions « inspiratrices » ou « orientatrices », etc.) ).
De plus, ce retour en arrière se ferait sans aucune garantie. Les anarchistes ne promettent rien à l’État, ils ne l’ont jamais fait, ils ne le peuvent pas par leur nature même et parce qu’ils n’ont pas de structure politique unitaire. Et surtout, ils ne veulent pas le faire. L’État italien perdrait la bataille sans aucun lot de consolation. La condamnation à perpétuité d’Alfredo et d’Anna est désormais plus difficile à obtenir, après la décision du 5 décembre du tribunal de Turin de saisir la Cour constitutionnelle, estimant qu’il est d’une légitimité douteuse d’être obligé (comme le prétend la cassation) de prononcer une condamnation à perpétuité en l’absence de victimes.
Enfin, l’État dispose de structures d’autosuffisance, véritables « bunkers » à l’abri de tout ce qui se passe à l’extérieur. Même Silvio Berlusconi, lorsqu’il était Premier ministre, n’a pas réussi à arrêter les magistrats qui voulaient le condamner. Comment Alfredo Cospito peut-il y parvenir ? Le tribunal de surveillance de Rome, chargé de confirmer les ordres de détention 41bis, est un organe qui, dans son histoire, les a toujours tous confirmés. Ce sont des personnes payées pour rejeter les appels des avocats des détenus de 41 bis. Ils ne reculent jamais, ils sont une usine à rejet et ils se sont confirmés comme tels cette fois encore. Révoltes et appels dans les journaux, attaques et prises de position des politiciens, ils n’entendent personne.
Néanmoins, l’État, dans l’intention de tuer Alfredo, choisit de jouer aux dés avec le Diable. Personne ne sait où le jeu va le mener. L’espoir qui anime les partisans de la ligne dure est qu’Alfredo s’arrête au dernier moment ou que, en le tuant, ils puissent réunir de nombreuses preuves contre ceux qui se mobilisent afin de procéder à une vague d’arrestations et de (s’illusionner sur) la fermeture du jeu avec les anarchistes. Tuer un pour en arrêter cent.
Il s’agit d’un pari risqué parce qu’il est complètement joué en étant assis du mauvais côté de la barrière. Il est vrai qu’il ne suffit pas d’avoir raison pour réussir ; en fait, le fait que l’injustice domine sur la planète Terre indique plutôt le contraire. Cependant, ce qui a déjà été dit – le caractère vexatoire et inhumain du 41 bis, le massacre sans victimes, la condamnation à vie sans morts, l’inauguration du 41 bis pour les anarchistes – est si difficile à justifier que l’État n’aura pas la partie facile en avançant vers le massacre d’Alfredo et de nous tous. L’affaire Cospito est désormais dans l’air du temps, tous les journaux télévisés en parlent depuis plusieurs jours et continueront d’en parler. Alors que, nous le répétons, il n’y a pas un seul flagorneur du parquet – pas un Saviano, pas un Travaglio, pas un fonctionnaire du gouvernement – qui mette son visage pour expliquer pourquoi la condamnation à mort d’un anarchiste emprisonné est juste.

Signes de fatigue du front bourgeois

Le 19 décembre, le tribunal de Rome, qui s’était réuni le 1er décembre, a rejeté le recours contre le transfert au 41 bis. Presque trois semaines pour dire non, qu’Alfredo doit mourir. Dans la soirée, le journal télévisé LA7 a diffusé un long reportage de quatre minutes sur cette affaire. A la fin de laquelle le réalisateur lui-même, Enrico Mentana, prend la parole et dit des choses très lourdes.
Avant de les rapporter, un postulat sur le rôle éditorial de LA7 et la figure de Mentana. Née avec l’ambition de devenir le troisième pôle de télévision, LA7, au cours de ses 15 années d’existence, a tenté de se présenter comme une alternative à la fois à la télévision appartenant à la famille Berlusconi et à la télévision d’État, la RAI. Avec le rachat de l’éditeur Urbano Cairo, LA7 fait partie d’un grand bloc d’édition qui contrôle également ce qui a toujours été le journal le plus autorisé de la bourgeoisie italienne, le « Corriere della Sera ». Le bloc LA7-Corriere représente donc la voix du maître ; un maître équilibré, centriste, modéré, bien pensant.
Dans ce cadre, le directeur de l’information joue un rôle éminent. Mentana présente lui-même le journal de 20 heures et le fait à travers ce qui apparaît très souvent comme une présentation commentée et ennuyeuse des faits. Après quelques rapports, il prend une poignée de secondes pour ses commentaires non sollicités. Mentana joue le rôle qui, dans les tragédies grecques, était occupé par le chœur : l’opinion publique qui compatit ou stigmatise les vicissitudes du héros. Et que dit Mentana cette fois-ci ?
C’est une question très très épineuse. Pour l’observateur qui, comme dans mon cas, n’a peut-être pas toutes les données en main, il semble qu’il n’y ait aucune proportion à demander la prison la plus sévère possible pour ceux qui n’ont ni tué ni blessé, pour ceux qui ont commis des délits qui ne sont pas assimilables à ceux de Totò Riina et autres, ce n’est pas le cas. D’ailleurs, il est dans l’intérêt de tous de ne pas créer un cas aussi épineux qui entraîne aussi ces réactions. Mais il y a une question de justice, et nous le savions, et nous ne le découvrons pas aujourd’hui ».
La voix de la bourgeoisie, par la bouche du coryphée Enrico Mentana, dit au moins deux choses très lourdes. La première, de nature humanitaire : il n’y a pas de proportion entre les anarchistes et les mafieux, entre Alfredo Cospito et Totò Riina, le 41 bis pour Cospito est disproportionné. C’est une déclaration évidente, objective et banale. Cela confirme le fait que l’État fait un pari en se plaçant du mauvais côté de la barrière. Même les rédacteurs en chef le disent maintenant, et pas une seule fois quelqu’un ne s’est manifesté dans l’opinion publique pour soutenir le contraire. Ils vont le tuer et ne défendent pas leur décision. Ils vont le tuer et essaient encore de le faire en silence, ils sont complètement  » fous  » et ne voient pas que le silence est maintenant rompu. Ils se taisent, se mettent des bouchons dans les oreilles et recommencent le garrot.
La deuxième déclaration, cependant, est encore plus retentissante : « En outre, l’intérêt de chacun est de ne pas créer un cas aussi épineux qui entraîne aussi ces réactions ». Le commentaire fait référence aux actions directes qui ont eu lieu ces derniers jours, actions qui venaient d’être mentionnées dans le rapport diffusé. La bourgeoisie italienne, avec cette très courte déclaration, dit quelque chose de très lourd : nous sommes fatigués. La bourgeoisie ne comprend pas pourquoi les appareils de sécurité l’ont mise dans ce pétrin. Nous devons déjà faire face à la guerre, à la crise, à l’énergie chère, pourquoi diable avoir lâché les anarchistes sur nous, qui plus est avec des répercussions internationales ? Alors, pourquoi partir d’une position aussi faible pour se défendre ?
Enfin, le coup de gueule stylistique contre les responsables de ce désastre : en Italie, il y a un problème avec le système judiciaire, et ce n’est pas aujourd’hui que nous le découvrons.
En fait, un bloc de pouvoir incontestable s’est établi en Italie depuis 1992. Si nous étions des démocrates sincères et préoccupés par le sort du pays, nous l’appellerions « un bloc de pouvoir subversif ». La logique de l’anti-mafia est une logique totalement indifférente au monde et à ses sollicitations. Et il en est ainsi de manière constitutive. Dans la paranoïa de la mafia, personne ne peut arrêter les anti-mafia. Si le système juridique avait prévu, par exemple, qu’un ministre, un parlement, une commission pouvait arrêter la lutte contre la mafia, la pensée paranoïaque aurait pu dire : qui peut nous garantir que ce ministre, ce parlement, cette commission n’est pas aux mains de la mafia elle-même ?
Aujourd’hui, la bourgeoisie italienne paie le prix des fibrillations provoquées par le mouvement de solidarité avec la grève de la faim d’Alfredo Cospito. L’anti-mafia, comme toute institution, indépendamment de sa rhétorique d’autosuffisance, repose sur le soutien populaire. Son « bunker » politico-militaire a été construit sur ce soutien. Aujourd’hui, la vie d’Alfredo passe aussi par la dénonciation des responsabilités de l’anti-mafia. Ce soutien doit et peut être remis en question. Ceux qui veulent tuer Alfredo doivent savoir que, ce faisant, ils répandent une brosse à merde sur les moustaches de Falcone et de Borsellino.
En conclusion, une composante de l’État a voulu faire condamner les camarades Anna Beniamino et Alfredo Cospito en visant des peines allant jusqu’à la prison à vie et a voulu transférer Alfredo au 41 bis afin que cela agisse, en termes de dissuasion, comme un avertissement contre le mouvement anarchiste. De la même manière, cette même composante de l’État a maintenant l’intention de tuer Alfredo comme une démonstration de force extrême. Mais il s’agit en fait d’une preuve de faiblesse. Face à la détermination et à la mobilisation solidaire d’Alfredo, l’organisme complexe de l’État-capital n’est pas du tout cohérent, puisqu’il existe en son sein des ressorts manifestement contradictoires, des contradictions qui se greffent sur cette même affaire de la grève de la faim. Ils sont du mauvais côté et sont incapables de justifier publiquement le meurtre qu’ils ont prémédité. La tête de pont que l’État a tenté d’ériger en transférant pour la première fois un anarchiste à 41 bis est fragile. Les approvisionnements sont difficiles. Ils ont voulu aller trop loin et maintenant ils n’ont pas le courage de se retirer.
Comme l’écrit le camarade Ivan Alocco, qui entame une nouvelle grève de la faim le 22 décembre aux côtés d’Alfredo et en solidarité avec ses camarades emprisonnés : « Que ce soit par la torture psychologique de l’isolement (une forme de mort sociale et intellectuelle) ou par la torture physique d’une mort lente, ce qu’ils veulent, c’est anéantir un de leurs ennemis. Mais Alfredo n’est pas seul. Il ne le sera jamais. Son courage face à l’acharnement destructeur de la répression renforce notre détermination. Nous devons continuer, continuer. Alfredo est toujours en vie. Aujourd’hui comme hier, ils ne parviendront pas à éteindre la pensée et les pratiques anti-autoritaires, à briser la tension révolutionnaire.

Emmeffe
Efferrement

24 décembre 2022

 

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«…tutte quelle luci che hanno illuminato da più di un secolo il cammino di molti sfruttati e ribelli, tra cui io»

Publié le 2023-01-21 13:55:03

«…tutte quelle luci che hanno illuminato da più di un secolo il cammino di molti sfruttati e ribelli, tra cui io»

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Riceviamo e diffondiamo la dichiarazione letta da Dayvid in aula nel tribunale di Milano il 2/12/2022, durante l’udienza del processo “Rompere il silenzio”, e data come motivazione per non rientrare dall’aria per un’ora a San Vittore, in solidarietà con Alfredo.

Dichiarazione di Dayvid in solidarietà con Alfredo

“Il motivo per cui oggi ho scelto di stare in quest’aula e presenziare a quest’udienza è uno solo. Ho deciso di essere qui ed usare questo mezzo, la dichiarazione spontanea, perché è uno dei pochi che la condizione di detenuto mi lascia. Voglio usarla per urlare la mia rabbia verso una situazione che voi, uomini e donne di tribunale, dovreste conoscere. Mi sto riferendo alla condizione detentiva del compagno Alfredo Cospito dal 25 maggio sottoposto al regime del 41 bis. Faccio una premessa: l’atto che ha portato Alfredo in carcere e da lui stesso rivendicato in aula è la gambizzazione dell’A.D. di Ansaldo Nucleare Roberto Adinolfi in conseguenza del disastro atomico e conseguente strage della centrale di Fukushima.
Per questo, a mio avviso, quest’atto fa parte a pieno titolo di tutte quelle luci che hanno illuminato da più di un secolo il cammino di molti sfruttati e ribelli, tra cui io. Questa è l’anarchia di azione e per questo non può che trovare tutta la mia complicità e solidarietà. Venendo a tempi più recenti il fatto che Alfredo nonostante gli anni di carcere non si sia mai piegato e abbia sempre con costanza invidiabile portato avanti le sue lotte pubblicamente ha fatto aggravare il suo regime detentivo fino alla massima espressione di tortura psicologica e sensoriale che il nostro ordinamento prevede: il 41 bis. Regime a cui si è opposto decidendo dal 20 ottobre di intraprendere uno sciopero della fame fino alle estreme conseguenze. Non voglio qui perdere tempo chiedendo umanità o facendo l’elenco delle immani restrizioni che questa detenzione prevede. Come scriveva Machiavelli qualunque Stato, sia esso monarchico o repubblicano, basa la sua opulenza, la sua ricchezza e la sua forza sul delitto. Per me semplice persona che
prova a vivere d’anarchico è impensabile chiedere giustizia a quest’ultimo o a uno dei suoi rappresentanti, ma qualunque azione tesa ad aumentare la forza della lotta di Alfredo contro il 41 bis può avvicinare alla necessità a lui e a noi più prossima: averlo in salute e in contatto con i suoi affetti.
Per il declassamento di Alfredo
Per la fine delle gabbie fisiche e mentali che rendono possibile lo sfruttamento dell’uomo sull’uomo e dell’uomo sulla natura
Per l’anarchia”.

Dayvid

Déclaration de Dayvid en solidarité avec Alfredo

Publié le 2023-01-21 14:50:03

Déclaration de Dayvid en solidarité avec Alfredo

Nous recevons et diffusons la déclaration lue par Dayvid dans la salle du tribunal de Milan le 2/12/2022, lors de l’audience du procès « Rompere il silenzio », et donnée comme raison pour ne pas revenir de promenade pendant une heure à la prison de San Vittore, en solidarité avec Alfredo.

« La raison pour laquelle j’ai choisi d’être dans cette salle d’audience et d’assister à cette audience aujourd’hui est la même. J’ai décidé d’être ici et d’utiliser ce moyen, la déclaration spontanée, car c’est l’un des rares que ma condition de prisonnier me laisse. Je veux l’utiliser pour exprimer ma colère face à une situation que vous, les hommes et les femmes de la Cour, devriez connaître. Je fais référence à la condition de détention du compagnon Alfredo Cospito qui est soumis au régime du 41 bis depuis le 25 mai. Permettez-moi de formuler une hypothèse : l’acte qui a conduit Alfredo en prison et qu’il a lui-même revendiqué devant le tribunal est la mise à genoux de l’administrateur délégué d’Ansaldo Nucleare, Roberto Adinolfi, à la suite de la catastrophe atomique et du massacre qui en a résulté à la centrale de Fukushima.
C’est pourquoi, à mon avis, cet acte fait légitimement partie de toutes ces lumières qui ont éclairé le chemin de nombreuses personnes exploitées et rebelles, dont je fais partie, depuis plus d’un siècle. C’est l’anarchie de l’action et pour cela elle ne peut que trouver toute ma complicité et ma solidarité. Pour en venir à une époque plus récente, le fait qu’Alfredo, malgré ses années de prison, n’ait jamais courbé l’échine et ait toujours, avec une constance enviable, mené ses luttes publiquement, a aggravé son régime de détention jusqu’à l’expression maximale de torture psychologique et sensorielle que notre système juridique prévoit : le 41 bis. Un régime auquel il s’est opposé en décidant depuis le 20 octobre de mener une grève de la faim à l’extrême. Je ne veux pas perdre de temps ici à demander de l’humanité ou à énumérer les immenses restrictions que cette détention entraîne. Comme l’a écrit Machiavel, tout État, qu’il soit monarchique ou républicain, fonde son opulence, sa richesse et sa force sur le crime. Pour moi, une personne simple qui
essaie de vivre en anarchiste, il est impensable de demander justice à cette dernière ou à l’un de ses représentants, mais toute action visant à augmenter la force de la lutte d’Alfredo contre le 41 bis peut le rapprocher du besoin qui lui est le plus proche et qui nous est le plus cher : le voir en bonne santé et en contact avec ses affinités.
Pour le déclassement d’Alfredo
Pour la fin des cages physiques et mentales qui rendent possible l’exploitation de l’homme sur l’homme et de l’homme sur la nature.
Pour l’anarchie ».

Dayvid

Traduit de Il Rovescio

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Salut à Claude Guillon

Publié le 2023-01-21 16:50:03

Salut à Claude Guillon

20 janvier 2023 par Floréal

Claude Guillon est mort ce jeudi 19 janvier. Il était l’un de ces militants anarchistes dont j’aimais lire les textes et analyses sur son blog « Lignes de force » et dont j’ai apprécié le travail sur la Révolution française, et les Enragés en particulier, qu’il proposait à la lecture sur son autre blog, « La Révolution et nous ».

Connu au début des années 80 pour son livre Suicide, mode d’emploi, écrit en collaboration avec Yves Le Bonniec et qui fit scandale au début des années 80, il est aussi l’auteur de plusieurs autres ouvrages, consacrés notamment à la sexualité, à la Révolution française, à la fin de vie. Sur Radio-Libertaire, il fut un invité régulier de l’émission « Chronique Hebdo », qu’animaient Jacques Bouché et Gérard Jan le jeudi matin. Avant que la pandémie de Covid ne vienne mettre fin à toutes les rencontres publiques, au début de l’année 2020, il organisait « Les rendez-vous de Claude », des rencontres-débats mensuelles et conviviales, au café « Le Lieu-dit », sur les hauteurs de Ménilmontant.

Les messages qu’il publiait régulièrement ces derniers mois sur son état de santé en montraient la gravité et laissaient entendre que la maladie ne lui laisserait plus guère de temps à vivre.

Dans le combat contre ce monde dégueulasse, il aura fait sa part. Salut Claude.

https://florealanar.wordpress.com/2023/01/20/salut-a-claude-guillon/

[Italie] 3 mois de grève de la faim et de lutte contre le 41 bis

Publié le 2023-01-21 16:50:04

Cela fait maintenant plus de 3 mois que le compagnon Alfredo Cospito est en grève de la faim contre le régime d’isolement et de torture 41 bis. Il a perdu plus de 40 kilos et s’il a, depuis le début, clairement mis sa vie en jeu, il semble se trouver à un moment charnière. Il se bat contre l’existence-même de ce régime non seulement pour lui, mais aussi pour les 750 autres détenus qui y sont soumis. À l’extérieur, dans diverses parties du globe, de nombreuses actions ont eu lieu et continuent de faire écho à cette lutte. Des lettres de solidarité aux refus de plateau et à la grève de la faim d’autres prisonnier-es. Des occupations, rassemblements, manifestations, sabotages, attaques contre les personnes et institutions responsables a l’extérieur. C’est tout un panel d’actions qui se sont déroulées et dont chacun et chacune peut s’inspirer. A cette fin, et pour que la solidarité résonne au-delà des frontières transalpines, nous co mpilons les textes,réflexions et actions sur ce blog, tout comme nous maintenons à jour une chronologie.

Contre l’isolement, liberté pour toutes et tous !

luttercontrele41bis.noblogs.org

Saint-Étienne – banderole en solidarité

Publié le 2023-01-22 19:00:13

 

⚫️Banderole NO 41 BIS sur le crassier en solidarité à Alfredo !

 

  1. ➡️Dans la nuit de samedi à dimanche, des militant-es ont accroché une banderole sur le Crassier de Saint-Étienne en solidarité à Alfredo Cospito, un anarchiste italien torturé par l’État Italien dans le régime du 41 bis, régime de haute sécurité qui est le degré extrême de l’acharnement en prison avec des restrictions de liberté et des conditions de vie atroce, afin de d’empêcher le/la détenu de continuer à nuire depuis sa cellule.

 

▶️Il a entamé une grève de la faim depuis maintenant plus de 90 jours pour protester contre le régime carcéral du 41 bis auquel il est soumis depuis le mois de mai dernier.

Sa vie est en danger, mais il n’a pas l’intention d’abandonner. Alfredo Cospito a fait un choix politique.

Il défie la mort pour poursuivre une revendication spécifique. Par sa grève de la faim, il veut obtenir l’abolition du 41 bis et la fin de la perpétuité incompressible.

 

▶️Le 19 janvier, il a déclaré à son avocat qu’il était en pleine possession de sa capacité mentale et qu’il s’opposerait de toutes ses forces à l’alimentation forcée.

 

« A leur impitoyabilité et leur acharnement, j’opposerai ma force, ma ténacité et la volonté d’un anarchiste et d’un révolutionnaire conscient.

 

Je vais continuer jusqu’à la fin. Contre 41 bis et la prison à vie incompressible.

 

La vie n’a aucun sens dans cette tombe pour les vivants.

Alfredo Cospito »

 

 

Contexte de la situation :

 

➡️Alfredo Cospito est un anarchiste emprisonné depuis 2013 condamner à 9 ans de prison pour avoir tiré dans les jambes du principal gestionnaire de l’énergie atomique en Italie, l’administrateur délégué d’Ansaldo Nucleare à Gênes.

Puis en 2020, dans le cadre du procès « Scripta Manent » impliquant 23 anarchistes, il a été condamner à 20 ans de prison pour « association subversive avec finalité de terrorisme et de subversion de l’ordre démocratique». C’est le cas aussi d’Anna qui à été condamner dans le cadre du procès Scripta Manent à 16 ans de prison.

 

▶️À la suite de l’opération Scripta Manent, Alfredo et Anna sont également accusé-es d’avoir commis un « massacre politique », pour la pose de deux bombes en 2006 devant une école de carabanieri (équivalent des gendarmes) qui n’ont tué et blessé personnes.

Pour deux actions démonstratifs, Alfredo et Anna sont poursuivies pour massacre mais sans morts, ni blessé-es, tout un concept. Le procureur demande la prison à perpétuité incompressible pour Alfredo et 27 ans de prison pour Anna.

 

Cette accusation de « massacre politique » est aussi utilisé contre Juan, militant anarchiste Italien condamner à 28 ans de prison le 9 juillet 2022, car il a été tenu pour responsable de l’attaque explosive contre le siège trévisan du parti d’extrême-droite la Lega en août 2018, à Villorba. Un « massacre » encore une fois sans morts, ni blessé-es.

Il est fort probable que ces accusations deviennent normalité à l’encontre des militant-es anarchistes et révolutionnaire.

 

[En fin d’article, les déclarations d’Alfredo et Anna devant la cour d’appel des assises de Turin.]

 

➡️Face à cette répression inédite, un appel international à l’action pour une semaine de solidarité avec Alfredo Cospito et pour la fin du 41 Bis, aura lieu du 22 au 28 janvier.

 

« il est urgent d’approfondir et de multiplier nos gestes de solidarité internationaliste et de déployer toutes nos forces contre toutes les expressions de domination.

 

Nous espérons que cette initiative pourra être traduite et diffusée par les camarades anti-autoritaires du monde entier.

 

Nous espérons également que cette campagne pourra surmonter les murs de la prison qui isolent le camarade Alfredo, afin qu’il puisse ressentir toute notre solidarité et notre complicité dans cette guerre. »

 

➡️ La semaine d’action qui arrive risque d’être historique dans la démonstration de solidarité de la part des anarchistes du monde entier !

 

🔴 NE LAISSONS PAS ALFREDO TOUT SEUL ! FIN DU RÉGIME 41 BIS ! LIBERTÉ POUR ALFREDO COSPITO ! MORT À L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !

 

Trouvé sur le gueuloir

Atlanta (USA): manif sauvage en mémoire de Manuel « Tortuguita » Teran

Publié le 2023-01-22 19:00:17

22 janvier 2023
Par Squat.net (source)
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Atlanta (USA): manif sauvage en mémoire de Manuel « Tortuguita » Teran

Dans la soirée du samedi 21 janvier 2023, à Atlanta, des centaines de manifestant-e-s ont défilé dans les rues en réponse à l’assassinat policier commis le 18 janvier dernier dans la forêt Weelaunee. Ce jour-là, Manuel Teran, un anarchiste défenseur de la forêt, connu sous le surnom de Tortuguita, a été tué par balles par les flics.

Lors de la manifestation sauvage à Atlanta, des vitres et portes vitrées ont été brisées, et pas n’importe lesquelles: celles des Deloitte Towers, où se trouve le quartier général de l’Atlanta Police Department, et celles de Wells Fargo, qui s’occupe du financement de l’Atlanta Police Foundation, tout ce beau monde étant directement impliqué dans l’entreprise de destruction de la forêt Weelaunee.

Lors de la même manifestation sauvage, une voiture de police a été attaquée, voyant une de ses fenêtres brisée. Plus loin, un autre véhicule de la police d’Atlanta a été incendié.

Une heure après le début de la manif, la police a réussi à disperser la manifestation, notamment en fonçant en voiture sur des gens ! Au moins quatre personnes ont été arrêtées.

Il y a aussi eu un rassemblement à Minneapolis en mémoire de Tortuguita. Et de nombreuses actions directes de solidarité ont déjà eu lieu dans de nombreuses villes aux USA.

Ci-dessous, des photos du samedi 21 janvier à Atlanta:




Source: Fr.squat.net

A Night of Vigils and Vengeance for Slain Revoluionary Tortuguita

Publié le 2023-01-22 19:00:19

On Friday January 20, vigils were held around the world for Tortuguita, an Atlanta Forest Defender who was killed by police as they raided the No Cop City defense encampment in the Atlanta Forest.

On Saturday, protestors in Altanta went on the offense, throwing rocks and lit fireworks at a skyscraper that houses the Atlanta Police Foundation, shattering large glass windows. They then lit a police cruiser on fire, smashed more windows and left walls painted with anti-police graffiti.

Tortuguita was a radiant, joyful, beloved community member. They fought tirelessly to honor and protect the sacred land of the Weelaunee Forest. They took great joy in caring for each and every person that they came across. Tortuguita brought an indescribable jubilance to each and every moment of their life. Their passing is a preventable tragedy. The murder of Tortuguita is a gross violation of both humanity and of this precious Earth, which they loved so fiercely.

Tortuguita was participating in the active defense of the Atlanta Forest from being transformed into Cop City, an idea that came after the 2020 uprisings, by the city of Atlanta, the Atlanta Police Department and the Atlanta Police Foundation. The idea is that they want to develop a militarized police base that’s right next to a Black and Brown working-class community. And by building this base, they want to cut down over a hundred acres of forest. They want to develop an area where there is room for explosives testing, over 12 firing ranges, a place where there’s a Black Hawk helicopter landing pad, a training center for them to practice crowd control. We should also mention that they are engaged in international training with the Israeli police. This project really is the beginning of a militarized police base in Atlanta, which will be the largest facility of its kind in the country.

[Berlin] Feu au capitalisme vert – Solidarité avec A. Cospito

Publié le 2023-01-22 19:05:04

Dans la nuit de jeudi (le 19.01.) à vendredi, une station de recharge de voitures électriques à l’Engelbecken à Berlin Kreuzberg a été incendiée. Cela s’est produit au cours d’une nuit pleine d’actions internationales pour montrer la solidarité avec notre camarade Alfredo Cospito. Il est rapporté qu’il sera bientôt nourri de force, ce à quoi il s’oppose clairement et énergiquement. Dans une lettre à son avocat, il écrit :

« […] La vie n’a aucun sens dans cette tombe pour les vivants. »

Cet acte est aussi un acte contre le capitalisme vert, qui est vendu comme une solution sacrée au capitalisme d’aujourd’hui. Il s’agit bien entendu d’un non-sens qui continue de renforcer les mécanismes d’oppression déjà inhérents au système actuel. Parmi ceux-ci, on peut citer le colonialisme, dont souffrent de nombreux pays du Sud parce que les entreprises capitalistes du Nord y pillent les ressources. En effet, pour assouvir la ruée vers la mobilité électrique, il faut extraire des tonnes de terres rares, de minéraux et de matières premières et ainsi voler d’innombrables vies humaines, déchirer des familles, ruiner des communautés, détruire des écosystèmes. Nous aimerions partager avec vous un article détaillé sur le lien entre capitalisme et colonialisme avec le lien suivant :

https://kontrapolis.info/7953/

Par ailleurs, les conséquences du capitalisme destructeur, dans une moindre mesure, se font également sentir près de nous. Nous pensons aux personnes qui ont défendu Lützerath jusqu’au bout et saluons ceux qui ont résisté par tous les moyens. Mais après l’expulsion est malheureusement encore avant l’expulsion, c’est pourquoi nous envoyons beaucoup de force à toutes les autres occupations (forestières) (Heibo, Fecher, etc.).

Ces stations de recharge sont souvent utilisées pour charger des SUV électriques ou des voitures de covoiturage, pour ceux qui peuvent se permettre autre chose que les transports publics. Cela envoie de l’électricité dans des moyens de transport individuels inefficaces et de l’argent dans les poches de sociétés privées. Le gaspillage d’argent est encore plus important, puisque le Sénat de Berlin soutient la « mise en œuvre de l’électrification des flottes de véhicules à moteur commerciaux dans la capitale » par le biais du programme de financement WELMO. A l’heure où de plus en plus de personnes ont des difficultés à payer leurs factures (d’électricité)… inutile d’en dire plus.

Cette seule action reste en soi symbolique. Une colonne parmi les centaines qui existent à Berlin, ce n’est pas grand-chose. Mais cette nuit, nous avons vu que ces stations sont des cibles relativement faciles pour les actions directes et sont difficiles à empêcher. Il faut donc une fois une bonne force et un outil sans ADN pour forcer la porte, et un paquet inflammable qui peut être placé à l’intérieur.

Nous voulons aussi appeler à des journées d’action en solidarité avec Alfredo Cospito ! https://de.indymedia.org/node/253254

Traduit de anarchistnews

Trento : manifestation anarchiste – des dizaines de bâtiments historiques tagués ontre l’Etat

Publié le 2023-01-22 19:05:07

Dans la nuit du vendredi 20 janvier, après la manifestation pour demander la libération d’Alfredo Cospito, détenu sous le régime du 41 bis, des slogans contre l’État et en solidarité avec les anarchistes détenus sont apparus sur de nombreux bâtiments. La manifestation, qui s’est déroulée tard dans la soirée dans le centre-ville, a ensuite donné lieu à des actes de vandalisme avec des inscriptions sur les murs des palais et des bâtiments historiques et sur les vitrines de certains magasins, dans plusieurs rues du centre. A la fin, une assemblée s’est tenue dans l’amphithéâtre de Sociologie pour le cas d’Alfredo Cospito, l’anarchiste de 55 ans en prison, accusé de massacre pour une attaque contre une caserne de carabiniers. Les participants se sont ensuite rassemblés dans un cortège improvisé et ont défilé da   ns le centre ville contrôlé par la police.

Extrait de la presse