Vive l'Anarchie - Semaine 03, 2025

Sommaire

Tours : « Alliance Vita = fachos »

Publié le 2025-01-20 00:00:00

Extraits d’RCF / lundi 20 janvier 2025

Ce matin, les sœurs dominicaines de la Présentation étaient plus surprises que l’antenne tourangelle d’Alliance Vita. La façade de leur couvent s’est retrouvée taguée d’inscriptions rouges, presque identiques à celles de l’an dernier : « ALLIANCE VITA = FACHOS » et « MON CORPS MON CHOIX ». L’association, connue pour ses actions en faveur de la vie, faisait déjà face à des manifestations de militants pro avortement lors de l’édition précédente de l’Université de la Vie. Les murs du couvent de la Grande Bretèche avaient subi le même sort l’an passé, au plus grand désarroi des religieuses qui l’occupent.  […]

Pour l’antenne tourangelle d’Alliance Vita, l’heure est plus à la sécurisation des lieux pour une tenue en toute tranquillité de la première soirée de l’Université de la Vie, et aux excuses vis-à-vis les religieuses, qu’à la réponse à ces tags.
Le cycle de formation se déroule en trois soirées, qui débute ce lundi, et aborde cette fois-ci le thème ‘Être humain et le rester demain’. […]

Le Bourget-du-Lac (Savoie) : « Stop Zac 3 »

Publié le 2025-01-20 00:00:00

L’Essor savoyard / lundi 20 janvier 2025

Locaux « condamnés » et tags. Des opposants au projet d’extension du parc d’activités de Savoie Technolac, au Bourget-du-Lac, ont ciblé les bureaux de l’entreprise Atawey et de Chambéry Grand Lac Économie dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 janvier.

Les cibles n’ont pas été choisies au hasard. Des opposants au projet d’extension de Savoie Technolac, baptisé « Zac 3 », ont mené une action coup de poing dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 janvier.
Dans un communiqué adressé à la presse, et photos à l’appui, ils annoncent avoir scellé les portes d’entrée principales et de livraison des locaux de Chambéry Grand Lac Économie (CGLE), le syndicat mixte en charge de l’aménagement et de la commercialisation des zones d’activités du territoire, et d’Atawey, qui se présente comme le leader européen des stations de recharge hydrogène.
Cette action, accompagnée de tags sur les façades des bâtiments, est présentée comme des « représailles au projet d’extension de Technolac (ZAC 3), qui prévoit d’artificialiser 21 ha de terres agricoles fertiles », et comprend notamment « une nouvelle usine d’hydrogène d’Atawey ».
Les opposants au chantier le qualifient de « projet de transition énergétique d’un ancien monde, puisque fait au détriment de terres fertiles et de notre souveraineté alimentaire ». Les auteurs pointent qu’il y a eu « 96 % d’avis défavorables en enquête publique » sur ce projet et se disent « déterminés à l’entraver ».
D’après le calendrier figurant dans le dossier d’enquête publique, l’aménagement de la Zac 3 doit se faire en deux phases entre 2024 et 2028. L’installation de ces entreprises pourrait représenter 3 500 emplois au maximum à la fin de la réalisation de la zone d’activités.
Le Collectif pour un projet agricole à Technolac (CPAT) a lancé une pétition en ligne, réunissant plus de 3 500 signatures, pour s’y opposer.

9 février : Parloir sauvage !

Publié le 2025-01-20 04:29:00
Table et ronde sur la situation en Palestine et nos résistances en soutien et en présence d’Urgence Palestine et à Thousands Madleens to Gaza au BAM (2, rue André Trasbot) mercredi 17 décembre à 18h. Suivi de la cantine du R2R

Hambach (Allemagne) : sabotage de stations de pompage de la mine de lignite

Publié le 2025-01-20 05:51:26

Traduit de l’allemand de de.indymedia, 15 janvier 2024

Plusieurs stations de pompage de la mine de lignite à ciel ouvert de Hambach, qui captent les eaux souterraines et en privent les forêts de Sündi et de Hambach, ont été sabotées. L’exploitant de la mine, RWE, a arrêté aujourd’hui les stations détruites. L’occupation de la forêt de Sündi continue, et n’est pas encore expulsée ! La porte est ouverte pour ceux qui luttent contre l’État, le capital et l’écocide ! Tout continue !


L’appel initial : tous à Sündi  !
(traduit de l’allemand de de.indymedia, 3 janvier 2025

Une fois de plus la machine monstrueuse frappe à notre porte ! Le plus grand trou d’Europe – la mine à ciel ouvert de Hambach – s’agrandit de jour en jour. Une… petite forêt, que nous appelons « Sündi » (qui faisait autrefois partie de la forêt de Hambach) se trouve désormais sur leur route (juste à côté des ruines du village de Manheim, que le géant du charbon RWE a déjà rayé de la carte).

Depuis septembre 2024, le bois de Sündi est occupé ! Là où la mine de charbon dévoreuse du monde est sur le point de s’étendre, une zone autonome a émergé, barrant le chemin à l’expansion de la mine et au système de mort qui l’anime. A présent nous arrivent la nouvelle que l’État souhaite expulser le bois de Sündi, certainement le 6 janvier.

Nous appelons tou-te-s celleux qui lisent cela à venir MAINTENANT au Sündi !!! Ou si vous voulez, venez chez nous dans la forêt de Hambach qui se trouve juste à côté, et qui va peut-être aussi être assiégée par les flics. Partagez les infos avec vos ami-e-s, choppez une tente et rejoignez un de nos endroits ! Ou faites des actions de solidarité où que vous soyez !

Nous envoyons amour et rage à nos ami-e-s à Dieti et Grünheide qui ont été expulsées ! Maintenant l’État tente d’expulser le Sündi – ne permettons pas que trois expulsions aient lieu en si peu de temps ! Transformons la tentative d’expulsion en cauchemar pour l’État et ses sbires !!!
Pas de compromis avec le Pouvoir ! Pas un pas de plus … pour l’expansion industrielle
En solidarité avec tou-te-s celleux qui luttent contre la domination

Quelques créatures vivant dans la forêt de Hambach (Hambi)

[Iran] Bye Bye les juges !

Publié le 2025-01-20 16:27:41

Initialement publié sur Secours Rouge le 18/01/2025

Ali Razini et Mohammad Moghiseh, deux juges iraniens de la Cour Suprême iranienne ont été abattus ce samedi 18 janvier dans l’enceinte de la Cour suprême à Téhéran. L’assassin s’est donné la mort par la suite.

Ali Razini et Mohammad Moghiseh ont été tués après qu’un homme armé est entré dans le tribunal de la capitale Téhéran, samedi matin. Les deux juges ont participé à la répression des opposants au gouvernement iranien depuis les années 1980. Ils comptaient parmi les membres les plus importants des commissions qui ont massacré les manifestants kurdes et baloutches en Iran et exécuté des milliers de prisonniers politiques au cours des dernières décennies. Mohammad Moghiseh avait présidé de nombreux procès politiques, notamment ceux impliquant des partisans du Mouvement vert en 2009. Il était sous le coup de sanctions de l’Union européenne et des États-Unis pour violations des droits de l’homme. Razini avait occupé de nombreux postes importants au sein du système judiciaire et avait été accusé par l’opposition iranienne d’être impliqué dans une série d’exécutions extrajudiciaires de prisonniers politiques en 1988.

 

Carapatage #81 : La double peine

Publié le 2025-01-21 00:00:00

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Pour cette émission, on avait envie de revenir sur l’histoire de la double peine (le fait d’être condamné pénalement et à être expulsé du territoire

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Allemagne – affaire des « antifas de Budapest » : Nous nous sommes livré.es

Publié le 2025-01-21 08:00:00

Allemagne – affaire des « antifas de Budapest » : Nous nous sommes livré.es

Traduction d’Attaque d’articles parus sur de.indymedia.org et basc.news au sujet de l’affaire des antifas de Budapest

Allemagne – affaire des « antifas de Budapest » : Nous nous sommes livré.es

Déclaration des sept antifascistes réapparu.es de la clandestinité

Nous nous sommes livré.es

En tant qu’antifasciste recherché.es, à cause de la procédure judiciaire à notre encontre, aujourd’hui nous nous sommes livré.es à la police, dans différents endroits d’Allemagne. Nous ne savons pas si les autorités allemandes vont nous extrader aux mains du gouvernement autoritaire de droite de la Hongrie. La possible volonté de nous extrader est l’expression d’une chasse aux antifascistes qui dépasse les frontières des différents pays. Les autorités allemandes, ainsi que les hongroises, sont prêtes à réprimer durement la pratique antifasciste.

L’accusation de tentative de meurtre, portée par le procureur général contre certain.es d’entre nous, est une escalade aux motivations politiques, dont le ridicule est difficile à égaler. Elle sert – comme l’accusation d’association de malfaiteurs – à dissuader la pratique antifasciste et à légitimer les interventions répressives. Il est évident que le mouvement antifasciste actuel n’a pas pour but de tuer des nazis et le procureur général le sait lui aussi.

Nous sommes solidaires de tou.tes nos coïnculpé.es, qu’ils/elles soient en prison ou dehors. Nous vous souhaitons beaucoup de courage, pour tout ce qui nous attend encore. Tout comme, ces deux dernières années, les autorités n’ont pas réussi à nous ôter notre liberté ni à nous mettre au pied du mur, elles ne réussiront pas, dans les années à venir, à briser nos convictions, à nous diviser ou à nous monter les un.es contre les autres. Nous sommes aux côtés de tou.tes les antifascistes qui luttent pour un monde libéré de l’oppression, de l’exploitation et de la violence. Ne vous laissez pas décourager par des situations souvent écrasantes !

Nous remercions tou.tes celles/ceux qui nous ont soutenu.es sur notre chemin jusqu’ici. Votre solidarité et votre attitude nous donnent du courage et de la confiance pour tout ce qui nous attend.

Quelques antifascistes réapparu.es de la clandestinité

*****

Une première déclaration sur les évènements du 20 janvier 2025

Budapest Antifascist Solidarity Committee / lundi 20 janvier 2025

Aujourd’hui, le 20 janvier 2025, certaines des personnes accusées dans l’affaires des « antifas de Budapest », jusqu’à présent introuvables, se sont livrées aux autorités répressives. D’autres n’ont pas pris part à cette démarche.

Pendant près de deux ans, ces mêmes autorités ont harcelé et espionné les accusé.es eux/elles-mêmes, leurs proches et leur entourage, en essayant de les mettre au pied du mur. Avec des avis publics de recherche, relayés par les médias et les autorités, plus de vingt perquisitions domiciliaires et descentes des unités spéciales d’intervention de la police, des surveillances et des tentatives de trouver des balances, de la part des services de renseignement, elles ont épuisé tout l’éventail des mesures policières et judiciaires employés depuis des années contre le milieu de gauche.

En plus, il y a la menace d’une peine allant jusqu’à 24 ans de prison, l’enlèvement de Maja vers la Hongrie et l’accusation de tentative de meurtre pour Hanna, ce qui a entraîné une escalade constante de la situation.

Malgré cette manière d’agir de l’État, la décision de se livrer ne doit pas être comprise comme une faiblesse des accusé.es ni comme une capitulation devant les enquêteurs. Mais plutôt comme une étape autodéterminée vers un nouveau chapitre de cette affaire. Comme la clandestinité, aussi la décision d’aller en prison peut être politique – non pas de gaîté de cœur, mais elle peut être choisie par soi-même. Car la prison aussi a toujours été, dans l’histoire du mouvement de gauche, un lieu de confrontation, de luttes politiques et sociales.

Nous ne voulons pas participer et ne participerons pas à des spéculations sur les motivations personnelles des accusé.es et nous vous invitons à faire de même.

Nous vivons dans un monde qui rend nécessaire la pratique antifasciste. Dans un monde où, en tant que mouvement, nous devons toujours décider d’agir contre ces conditions. Dans un monde qui nous oblige parfois à prendre des décisions difficiles et dans lequel il n’y a pas de solution idéale. Ces deux dernières années, pour les accusé.es c’était soit la taule soit la cavale. C’est à elles/eux seul.es de décider quel chemin est le bon pour eux/elles.

Nous pensons aux accusé.es, à leurs proches et à leurs ami.es avec une pleine solidarité et avec empathie.
Nous ne vous laisserons pas seul.es.
Jusqu’à ce que vous tou.tes soyez à nouveau libres, jusqu’à ce que toutes les prisons soient réduites en ruines et cendres.

Pour le moment, les informations à jour sont disponibles sur basc.news et sur nos réseaux sociaux.

Liberté pour tou.tes les antifascistes emprisonné.es et en cavale !

Mots-clefs : Allemagne | antifasciste | Hongrie

Tesla Dealership Arson – Salem, OR

Publié le 2025-01-21 21:57:58

burned trunk, broken window

January 20, 2025

Salem Police are investigating an early morning fire at a Tesla dealership as arson, police said in a news release Monday.

Police officers and firefighters responded to reports of a car fire at the Tesla dealership at 2755 Mission St SE at 3:45 a.m., the release said.

Agents from the Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives and the Salem bomb squad were at the scene Monday afternoon.

The fire was limited to one vehicle and no one was injured.

A window on the west side of the building also was broken, police said.

Found on Mainsteam Media

Election Office Vandalism – Portland, OR

Publié le 2025-01-21 23:00:21

January 20, 2025

Portland police are still searching for multiple suspects seen vandalizing the Multnomah County Elections Office around 2 a.m. Monday.

A group of eight to 10 vandals smashed 33 windows and two doors at the elections office, located near Southeast 10th Avenue and Morrison Street. Crews worked until 9 a.m. to clean the glass and graffiti.

Surveillance footage provided by Multnomah County shows vandals dressed in mostly gray or black all wearing hoodies, throwing rocks and other heavy objects through the windows.

Portland Police Chief Bob Day says despite the incident occurring on Inauguration Day, there is no reason to believe the attacks are politically motivated.

"I think it's important to remember that we have seen these types of attacks regardless of who's in office," he said. "It does not tend to be so much associated with the ruling party as much as it has to do with a ideological belief around government and establishment in general."

Graffiti sprayed on the building contained anarchy symbols and anti-government rhetoric.

Day noted the attack was likely planned because of the amount of damage done in a quick amount of time.

When asked whether there was any potential for a correlation to an arson attack at a Tesla dealership in Salem that occurred just shortly after, Day said they are working with Salem police to investigate a potential link.

Found on Mainstream Media

Le 3ème numéro du journal anarcho-nihiliste / insurrectionnel « Bénie Soit La Flamme » est paru

Publié le 2025-01-21T12:31:16+01:00

PDF download link: [FR] Bénie Soit La Flamme – Numéro #3

(Pour celles et ceux qui souhaitent imprimer le journal, veuillez consulter les instructions ci-dessous.)

Le troisième numéro du journal anarcho-nihiliste / insurrectionnel Bénie Soit La Flamme a été publié. Ses pages contiennent des récits d’actions directes, des revendications de responsabilité, des textes, des poèmes et des nouvelles provenant de prisonnier·e·s anarchistes et de procès publiées en novembre et décembre 2024 dans dix langues différentes à travers le monde, ou reçues par e-mail et publiées pour la première fois. (Certains textes inédits seront également publiés individuellement sur notre blog : blessed-is-the-flame.espivblogs.net.)

Notre objectif n’est pas seulement de briser les barrières linguistiques qui freinent l’information, la solidarité et la diffusion de la propagande par le fait au niveau international, mais aussi de donner une forme imprimée à la contre-information. Nous pensons qu’il est essentiel que la contre-information dépasse les limites du numérique.

Dans une époque marquée par des évolutions rapides, nous avons malheureusement publié ce 3ème numéro avec un léger retard par rapport à nos prévisions, car c’est la première fois que le journal est officiellement publié en sept langues différentes : grec, anglais, espagnol, indonésien, français, italien et allemand. Un nouveau post inclura les liens vers toutes ces traductions une fois qu’elles seront publiées sur les plateformes de contre-information concernées.

Nous adressons nos plus sincères remerciements à tou·te·s les camarades – en Grèce et ailleurs – qui contribuent en traduisant, en apportant un soutien financier, et en rendant possible la diffusion de ce journal dans différentes régions du monde. Toute personne intéressée par la traduction de Bénie Soit La Flamme dans encore plus de langues peut nous contacter à : blessedistheflame@riseup.net.

Instructions pour l’impression :

Pour celles et ceux qui souhaitent imprimer le journal, demandez à un·e imprimeur·e de confiance de le produire au format A5 sous forme de livret en couleur.

Pour l’impression, téléchargez directement le fichier PDF depuis notre site web, car le lien de téléchargement pourrait être mis à jour si nous détectons des erreurs mineures de mise en page qui auraient pu nous échapper.

THÉMATIQUES DU 3ÈME NUMÉRO :

ÉDITORIAL

Lorsque nous avons conçu l’idée de ce journal, il y a un an, nous n’aurions jamais imaginé qu’il prendrait une telle ampleur internationale, traversant des continents grâce à l’aide de compagnons/compagnes de divers coins de la planète. Le premier numéro avait été publié uniquement en grec, mais le deuxième a également été publié en anglais et en espagnol, et il est actuellement en cours de traduction en français. Ce numéro est publié dans encore plus de langues, et nous espérons que les efforts de traduction se multiplieront dans les numéros à venir. Tout compagnon/compagne intéressé(e) à contribuer à cette initiative peut nous contacter à l’adresse blessedistheflame@riseup.net.

L’anarchie de l’action a toujours été une petite mais vive flamme qui brillait avec mépris dans l’immensité sombre de l’apathie et du compromis. Faisons en sorte que cette lumière bénie atteigne les confins de la Terre et nourrissons-la avec notre passion dévastatrice pour la liberté. Chaque attaque née de cette passion est un rappel que la résistance contre le monde du pouvoir ne se limite pas à certains moments historiques approuvés par les masses, mais qu’elle est une affaire quotidienne, qu’il y aura toujours ceux qui luttent pour sortir du marasme de l’oppression. Chaque attaque est une déclaration qu’il existe des moutons noirs qui refusent la vie dégradée que cette société pourrie leur offre.

Chaque mot inflexible qui sort de la bouche des compagnons/compagnes emprisonné(e)s est la preuve que la répression ne brise pas les esprits révoltés. Et enfin, chaque mort en pleine action est un appel éternel au combat.

Bien que, de nos jours, l’intensité de l’attaque anarchiste ait considérablement diminué, les messages ci-dessus restent inchangés à travers les siècles, car cette intensité a toujours fait des cercles, et c’est entre nos mains de faire tourner la roue.

Pour la Internationale Noire

 

Creil (Oise) : brûler les chaînes technologiques

Publié le 2025-01-22 06:17:26


Vandalisme à Creil : les infrastructures fibre gravement touchées
Picardieweb, 18 janvier 2025

Des actes de vandalisme ont frappé la ville de Creil, provoquant une interruption significative des services internet pour de nombreux habitants. Ces incidents, survenus dans la nuit de mardi à mercredi [15 janvier], ont ciblé les armoires fibre optique de l’un des principaux opérateurs d’infrastructure. Ces équipements stratégiques, qui alimentent en fibre les différents opérateurs commerciaux, ont été gravement endommagés, perturbant les connexions Internet dans plusieurs quartiers.

L’armoire située rue Jean Biondi a été complètement détruite par un incendie criminel, impliquant ainsi des démarches complexes avant toute réparation. Selon les informations transmises par les autorités locales, les travaux de remplacement de cet équipement débuteront dès que la gendarmerie aura terminé ses investigations. Les délais de rétablissement sont estimés à une semaine, au minimum.

Un deuxième site, situé rue Madeleine Blin, a également été ciblé. Bien que les dégâts soient moins importants, les équipes techniques de l’opérateur ont immédiatement entamé des démarches pour une remise en service rapide. Aucune date précise n’a cependant été communiquée pour le moment, les interventions restant dépendantes des réparations matérielles et des conditions de sécurité.

Pour les Creillois, ces actes de sabotage engendrent de nombreux désagréments. En effet, les services internet sont désormais un élément vital du quotidien, que ce soit pour le travail, les études ou les loisirs. Les utilisateurs des opérateurs commerciaux dépendants de ces infrastructures ressentent de plein fouet l’impact de ces interruptions.

[Chili] Barricades en solidarité avec les prisonniers et en mémoire des camarades Lupi, Tortuga et Belén

Publié le 2025-01-22 12:07:22

Initialement publié sur  informativo anarquista le 19/01/2025

Des personnes cagoulé·es ont érigé des barricades dans la commune de Maipú, dans le but de manifester dans la rue la mémoire vivante de celleux qui ne sont plus présent·es physiquement et, en même temps, d’encourager la solidarité avec celleux qui sont en prison !

Mémoire anti-carcérale pour les 81 !
Lupi, Tortuga et Belén présents !
Anarchistes et subversifs dans la rue !

À plat les murs !

Publié le 2025-01-22 15:29:47

Il y a 50 ans la porte de la prison de Limoges volait en éclat. Petite nouvelle qui parle de faits réels, que ce soit l’attaque de la prison de Limoges la nuit de noël 1974, comme celle du 19 avril 1905.



Le tracto-pelle rompt le silence paisible de la campagne limousine, en cette heure tardive de la nuit de Noël. Marc, calé dans le fauteuil à suspension hydraulique, enclenche la troisième. Les cent chevaux de l’engin le portent puissamment et lentement vers son but ; Les néons de la voie express trouent le brouillard. Ils répandent une lumière diffuse.
Marc vient de récupérer l’engin qui dormait sur un chantier, au cœur de la zone industrielle Nord. Il n’a eu aucun mal à en trouver la clé de contact. Elle était accrochée à un tableau. Son pied de biche, sa « plume », a eu rapidement raison de la porte.
Maintenant il roule sur la voie express qui prolonge la nationale 20. Il va enfin réaliser son rêve.
La ville approche. La cité de la Bastide se dresse au fond de sa perspective. L’engin gravit la pente. Le vert du feu tricolore se répand en flaque sur la chaussé humide. Il est tard. Malgré cela, de nombreux petits points jaunes quadrillent les façades grises de la cité.

C’est la trêve de Noël. Demain les prolos n’iront pas travailler. Marc le sait. Il est passé par là lui aussi. Il longe le cimetière. Il descend l’avenue du Général-Leclerc. Il est dans Limoges. L’avenue est toute éclairée. Sur le trottoir des passants le regardent, sans doute étonnés par la présence d’un engin de travaux publics à 23 heures, la nuit de Noël. Marc s’en moque. Il passe la quatrième. L’aiguille marque 20 km/h. Il connaît bien son engin. Ca fait juste un mois qu’il est sorti de son stage FPA de conducteurs d’engins. L’ambiance n’y était pas marrante. Les enseignants s’y prenaient pour de petits chefs. Ses camarades n’étaient guère plus réjouissants. Leurs côtés infantiles l’avaient agacé, agressé même. Sortis du boulot où ils étaient totalement soumis, ils ne pensaient qu’à se saouler ou se faire des blagues douteuses. Tout au long de son stage sa révolte s’était exacerbée. Il avait pris conscience de l’isolement. Mais il s’était approprié une technique qu’il mettait ce soir au service de ses désirs.

L’avenue du Général-Leclerc est longue et l’engin, même en vitesse de croisière, roule lentement. Tout le long des panneaux publicitaires rythment sa progression. Ces panneaux clament insolemment le bonheur par la consommation et excluent un peu plus ceux qui ne peuvent consommer. Marc pensent aux prisonniers, exclus parmi les exclus. Certains, s’ils ont de la famille, ont dû recevoir leur colis de cinq kilos réglementaire. Demain ils mangeront la traditionnelle dinde surgelée servie dans toutes les prisons de France. Mais demain, à Limoges, par l’action de Marc, elle prendra peut-être une autre saveur.

Le tractopelle, avec ces cent chevaux, roule lentement et fait un bruit épouvantable. Les riverains encore éveillés, alourdis par leur réveillon, n’y prêtent aucune attention. Marc continue, déterminé. Il s’engage place Carnot, fait le tour du rond-point, passe devant la vieille halle et attrape la rue François-Chénieux. Sur le trottoir des fêtards éméchés marchent péniblement. Ils gesticulent et chantent de bon cœur. Marc ne se sent pas concerné. Dans ce moment présent, il a une distance aux choses qu’il n’a pas dans une situation normale. Les vitrines de nombreux magasins sont illuminées et clignotent au rythme des guirlandes électriques. Il longe la faculté de médecine qui dort, protégeant la morbidité de ses salles de dissection et la morosité de ses amphis. Sur le mur un bombage : « Désarmons le béton ». Marc le connaît déjà. Il l’avait découvert lors du repérage de son parcours. Il se marre tout seul. C’est de la provocation. Le béton, il va s’en occuper. Il est là pour ça. Si ça marche, il y en a qui ne sont pas près de l’oublier !

Devant la caserne de la Visitation, la sentinelle ne fait pas attention à lui. Triste et endormie elle attend la fin de son service pour rejoindre le poste de garde d’où parviennent des bruits de fête et de rigolade.

Au bout de la rue Marc aperçoit la place Denis-Dussoubs toute illuminée. La ville semble un peu reprendre vie : c’est la fin des séances de cinéma. Les derniers spectateurs sortent frileusement. Ils ne s’attardent guère sur la place. Derrière les vitres embuées du Café de Paris, des consommateurs sont attablés. Le but approche. Marc n’est pas très à l’aise. La tension monte. Il n’aimerait pas se trouver face à une patrouille de flics. Comment pourrait-il expliquer sa présence sur un bull, d’autant plus qu’il est piqué ?
Heureusement pour lui, ceux-là aussi pensent que c’est la trêve et font plus ou moins la fête dans leur commissariat.
Marc a peur mais il est déterminé. Il peut laisser tomber son projet, partir, il n’a de compte à rendre à personne. Il continue. Il rétrograde en troisième pour aborder la place. Ses yeux inspectent, interrogent chaque vitrine, chaque passant. Il sait ce qu’il a à faire. Il n’aimerait pas échouer si près. Il se souvient de ces militants maos qui avaient investi Fauchon, au moment de Noël et qui l’avaient pillé. Ils avaient distribué ensuite les boîtes de foie gras dans les bidonvilles de Nanterre. Marc était lycéen à ce moment-là. Il avait suivi cette histoire par la presse. Ce geste lui avait beaucoup plu. Quand il avait monté son action de ce soir il donnait à son geste la même signification que celle qu’il avait attribué aux maos à l’époque.
Il remonte le boulevard Victor-Hugo. Sur sa droite le Café de la Poste, chez « Dudule » pour les habitués, dort paisiblement. Après demain il y retournera, si tout se passe bien. C’est le café où il se sent bien, un peu sa maison même. Le poêle au milieu de la salle lui réchauffe le cœur par son odeur de bois brûlé. Ici il y a toujours un copain pour discuter ou jouer aux échecs. On  y trouve toute sorte de personnes et de denrées, y comprit du shit. Mais ce n’est pas le moment de s’attendrir.

Marc oublie tout ça et se crispe sur son volant. Il tourne à droite et débouche en plein sur le Champ de Foire : la place Winston-Churchill. La prison se dresse, banale, 200 mètres plus loin. Son long mur gris et hermétique ferme la perspective. Marc repasse la quatrième et traverse la place. Il est près de minuit. Elle est déserte hormis quelques voitures qui y dorment chaque nuit. Marc poursuit son avancée. Il a mal au ventre. Tous ses sens sont à fleur de  peau. Il n’a plus envie de rire. Il se dirige jusqu’à la porte principale.
C’est à cet endroit qu’il a choisi de frapper. Il se met en face. Par une manette il abaisse le godet jusqu’à un mètre du sol. Il s’arrête. Il passe la première et fonce. Il emboutit la porte métallique avec force.

La porte cède. Marc a envie de partir, d’en rester là. Mais la rage le prend. Ca a été trop vite, trop facile. Il fait marche arrière et attaque le mur. Le vacarme reprend.
Une partie du mur s’effondre. Les pierres tombent autour de lui. Il n’y fait plus attention. Il poursuit consciencieusement son travail. Le trou est béant. Il découvre la cour d’honneur de la prison. A 150 mètres un automobiliste médusé a assisté à la scène.
A l’intérieur aucune réaction. Les gardiens doivent cuver leur réveillon ou bien ils sont morts de peur pensant à une attaque généralisée de la prison. Cette prison dont la porte est enfoncée pour la deuxième fois dans son histoire. La première fois, c’était le 19 avril 1905. Des ouvriers l’avaient attaqué pour libérer leurs camarades. Ils avaient défoncé la porte avec un bélier. L’armée avait tiré.
Un jeune ouvrier de 20 ans avait été « tué par des balles françaises », pour reprendre l’épitaphe gravé sur sa tombe. Le grand-père de Marc l’avait amené, quand il était gamin, voir cette tombe, au cimetière de Louyat, à Limoges. Marc s’en souvient comme si c’était hier.
Ce soir, à lui tout seul, il a fait mieux que la cinquantaine d’ouvriers avec un bélier. Cette brèche énorme révèle le mur si anodin d’ordinaire ; ce mur qui permet l’enfermement. Pourtant ce mur, à lui seul, n’est rien. C’est tout ce qu’il cache qui fait la prison. Lui, s’est attaqué au mur et c’est, pense-t-il, aux prisonniers eux-mêmes de s’attaquer à ce qu’il y a derrière. Il enclenche la marche arrière. Il s’arrête. Il passe la marche avant.

Malgré la trêve, il ne faut pas rêver. Il faut penser à s’arracher. Les flics vont sans doute rappliquer sans tarder. Il descend la place et s’engouffre dans la rue Bernard-Palissy. Il s’arrête un peu plus loin. Il sort de sa cabine. Il remet son blouson et son écharpe. Il est pressé de déguerpir. La mobylette qu’il avait laissé là dans la journée l’attend au même endroit. Personne ne la lui a piqué, heureusement ! Il l’enfourche, et encore tout excité par sa folle équipée il disparaît dans la nuit. Il va rejoindre ses potes. Ils l’attendent pour réveillonner.

Christophe Soulié

Les vitres de GEO2X caressées à coup de masse

Publié le 2025-01-22 18:09:53
Écologie - Antiindustriel

Les vitres de GEO2X caressées à coup de masse

Au cours de la nuit passée, nous sommes allées fracker à la porte des collabos du projet de Géothermie profonde : l’entreprise GEO2X, à Yverdon-les-Bains. Personne n’a répondu... Nous leur avons donc laissé quelques mots doux au spray pour les convaincre de lâcher le sale projet expérimental de Géothermie profonde à Glovelier. Et on en a profité pour effectuer, nous aussi, des mesures géophysiques contre toutes les vitres de l’entreprise. Les résultats sont navrants...

Yverdon-les-Bains |

Quand tous les moyens légaux arrivent à bout de souffle, et que la confédération suisse et ses technocrates en viennent à imposer par la force leur projet expérimental dangereux, nous considérons que le passage à des actes d’autodéfense est complètement légitime ! Personne ne veut de leurs merdes qui vont créer des tremblements de terres et provoquer des dégâts environnementaux notamment dans l’eau recrachée.

Nous souhaitons juste pourvoir décider par nous-même de nos moyens de production énergétique. Nous, jurassien.nes, nous ne sommes pas des rats de laboratoire !

Par ce geste, nous nous inscrivons dans la lancée des courageu.ses qui ont tout récemment incendié quelques voitures à l’entreprise « Sitadel Sarl » à Delémont.

Geo-Energie Suisse SA, ni dans le Jura, ni ailleurs ! Laissons s’exprimer notre colère contre tout celleux qui participe à ce projet de GPP. Que ça s’intensifie et qu’ils reculent !
Soutenons la résistance !

Afin de mieux comprendre les enjeux et l’historique autour de ce projet nous te conseillons de lire ces articles suivants :

https://renverse.co/analyses/article/ni-ici-ni-ailleurs-de-la-lutte-locale-contre-la-geothermie-profonde-a-la-4555

https://renverse.co/infos-locales/Peut-etre-le-dernier-projet-pilote-de-geothermie-profonde-en-Suisse-1923

Après-midi de discussions contre l'extarcitivsme

Publié le 2025-01-22 20:20:00

Une après-midi de discussions contre l’extractivisme à l’Impasse (1 impasse Lapujade). Le premier Février à 14h. Discussions, infokiosque, goûter & repas.



Des personnes impliquées dans les luttes contre les projets de mines de lithium à Échassières dans l’Allier et à Barroso au Portugal viennent parler de leurs contextes. C’est un moment pour faire circuler des infos sur des endroits où des gent.es se bougent contre l’industrie minière, mais pas seulement. On a aussi pensé cette présentation comme un point de départ pour élargir la question et réfléchir au-delà des luttes spécifiques de sites. Suivra donc différentes discussions en parallèles autours de certains enjeux liés au boom minier actuel.

Aujourd’hui le système industriel connaît une restructuration technologique et énergétique majeure. À l’heure de chaos climatiques, de tensions sociales et d’escalades guerrières de plus en plus explosives, les États et les entreprises misent sur cette mutation pour perpétuer le système sur lequel ils reposent et avec lequel ils nous asservissent. La "transition énergétique et numérique" ne signifie qu’une chose : aggravation du désastre industriel, colonisation de nouveaux territoires, extraction de nouvelles ressources, extension du contrôle social, empoisonnements, pollutions, militarisation... Elle est au cœur du projet de puissance des États contemporains, et ils se livrent une féroce compétition pour la première place du podium. À l’heure actuelle les États européens sont dans une phase d’insécurité vis-à-vis de leur approvisionnement en matières premières minérales, nécessaires à cette compétition technologique et militaire. Cet approvisionnement est pour eux un enjeux majeur. Cela se traduit évidement par une intensification de l’exploitation minière hors de l’Europe et dans ses anciennes et actuelles colonies. Mais on voit aussi de plus en plus de projets miniers, et d’infrastructures correspondantes, voir le jour sur le sol européen. Fort heureusement, tout le monde ne se résigne pas à voir la terre éventrée pour obtenir les matériaux de nos chaînes.

Cet après-midi se veut être un moment pour échanger autour de l’extractivisme, donner de la visibilité et du souffle à des luttes existantes, et imaginer des moyens de mettre des bâtons dans le roues de la mégamachine, sans chef.fes, sans représentant.es et sans compromis.

Bienvenue !

Action contre les engins de NGE sur un chantier de la Liaison Ferroviaire Roissy-Picardie

Publié le 2025-01-22T19:59:16+01:00

A la fin de la semaine dernière, des anarchistes…euh…des individues ;) se baladaient dans le val d’oise pour le simple plaisir. Mais au lieu de voir des sangliers, iels ont croisé d’énormes monstres de métal. des grosses machines jaunes faisaient dodo sur un des chantiers de la liaison ferroviaire roissy-picardie.

Depuis début 2024, des SUPER ingénieurs de NGE et d’Egis <3 s’agitent dans tous les sens sur le tracé de la nouvelle voie de 4 km entre les communes de Fosses et de Vémars. Le projet est censé relier la gare Roissy TGV avec les Hauts-de-France pour faire de cette région une « plaque tournante logistique majeure ». des engins terrassent, construisent, montent des grillages autour des petits bouts de bois « préservés », tout ca pour la modique somme de 60 millions d’euros. trois fois rien en somme.

Face à ces monstruosités, les individu.es se sont arrêté.es près du chantier en question (un pont rail) et ont mis feu à la cabine d’une grue mobile à tour et d’un chariot élevateur qui se trouvaient malencontreusement à proximité. et pouf, tout est parti en fumée. on pourrait dire plein de choses sur l’arnaque que c’est la croissance économique verte et les transports de grande vitesse, mais en fait on a surtout trouvé le chantier très moche et les flammes l’ont grave embelli (aussi on aime pas les plaques tournantes)

soutien aux zadistes luttant contre l’A69 et les LGV bordeaux-toulouse ! vengeance contre NGE pour l’expulsion de la crém’arbre, la cal’arbre et du verger ! a bas Egis qui collabore à la construction de prisons à travers ses études d’impact environnemental (un monde sans prisons c’est plus écolo :p) !

ps. combien d’ingénieurs de NGE pour construire un pont rail avec une grue cramée ? on sait pas mais on veut bien la réponse !!!

SNAKE (Sommes (pas) Navré.es d’Avoir Kramé les Engins)

Portland (Etats-Unis) : « personne ne commande si personne n’obéit »

Publié le 2025-01-23 07:47:19

Au premier jour du 2e mandat de Donald Trump, une partie de la presse nord-américaine a sorti une info réjouissante qui s’est déroulée la veille, soit le jour même de l’investiture du 47e Président des États-Unis. Plutôt que de se lamenter devant leur poste de télévision ou avec des tweets rageurs, un petit groupe d’une dizaine de personnes masquées est en effet descendu dans la rue, et plus précisément devant le bureau des élections du comté de Multnomah, à Portland (Oregon), afin de lui rendre une petite visite vers 2h du matin.

Là, à l’aide de pierres et de masses, ce petit groupe s’est employé en moins de deux minutes chrono à démolir méthodiquement les 33 vitres et les deux portes du bâtiment électoral, situé près de la 10e avenue du Sud-Est et de la rue Morrison. Parmi les tags qui ont accompagné ce beau travail nocturne, on notera un « No one rules if no one obeys (A) ». Soit personne ne commande si personne n’obéit, ce qui est pour le moins une proposition adaptée à l’élection d’un nouveau Président, quel qu’il soit.

Le chef de la police de Portland, Bob Day, qui vu son poste n’est pas non plus la plus grande lumière de la ville, a tout de même eu une sorte d’étincelle dans sa déclaration à la presse, en précisant que même si l’incident s’est produit le jour de l’investiture de Trump, « il est important de se rappeler que nous avons déjà été témoins de ce type d’attaques, quel que soit le parti. Cela n’est pas tant lié au parti au pouvoir qu’à une croyance idéologique contre le gouvernement et l’establishment en général. » Il a ensuite affirmé que l’attaque avait probablement été planifiée au vu de l’ampleur des dégâts causés en si peu de temps.

28 octobre 2024, Multnomah (Portland, OR) sabotage d’urne électorale

Ne ratant pas non plus une occasion de citer de précédents épisodes d’attaques anti=électorales, l’agence de dépêches AP (Associated Press) nous rappelle que la police continue toujours d’enquêter sur le sabotage d’une urne urbaine (en mode drive-in) qui s’était produit dans ce même comté de Multnomah le 28 octobre 2024, lorsqu’un engin incendiaire avait détruit des bulletins de vote une semaine avant le jour du scrutin à la présidentielle.
Deux autres incendies dans des urnes à Vancouver (État de Washington) avaient alors également endommagé le même jour plusieurs centaines de bulletins de vote (aux Etats-Unis, on peut déposer son bulletin dans ces urnes de rue plusieurs jours avant le jour J).

A chaque fois, les dispositifs incendiaires étaient constitués d’un « mélange très volatile » de thermite et de ferraille, selon le FBI. Les dispositifs à base de thermite sont constitués de copeaux de métal et d’oxyde de fer, et peuvent brûler à une température de 2 204 degrés Celsius, a notamment détaillé l’agent spécial en charge des investigations aux journalistes, lors d’une conférence de presse le 16 janvier au bureau local du FBI à Portland.

[Synthèse de la chaîne locale KMTR et de AP, 17-21 janvier 2025]

28 octobre 2024, Vancouver (Etat de Washington) sabotage d’urne électorale
28 octobre 2024, Vancouver (Etat de Washington) beau comme des bulletins de vote en fusion
20 janvier 2025, Multnomah (Portland, OR) le bâtiment des élections perd une trentaine de vitres

prisoners mutiny on c wing – hmp swaleside, uk

Publié le 2025-01-23 08:26:56

21 January 2015

Prisoners in HMP Swaleside, C wing, have taken over that wing and staff

have retreated. We don’t have any more information at the moment. The reasons behind this are probably the bad conditions they’re under, lack of staff, lack of sanitary products, slavery wages and inconsistency onb the timetable (leading to being locked up more time and don’t know what their routine is). We’ll be updating when we get more information.

Please share! No one is free until all are free!

Plus there’s been a letter sent to the governor of HMP Swaleside from IWOC/IWW on behalf of G wing (Ryan Roberts is held there for the Bristol KTB riot) and some prisoners have been on the netting between the floors to protest for the bad conditions and just day to day degredations.

Against all prisons.

Prochaine réunion du collectif Non au D-Day Land Caen

Publié le 2025-01-23 12:52:31

Prochaine réunion du collectif Non au D-Day Land Caen

Brèves Tourisme - Urbanisme - Gentrification Guerres - Antimilitarisme Ecologies

On s’organise de diverses manières contre le projet Normandy Memory prévu à Colombelles. Les travaux ne commenceront pas avant l’été 2025. Ça laisse du temps pour s’organiser, communiquer, organiser des discussions et mobilisations sur le sujet et au-delà.

Ce collectif rassemble des personnes qui s’organisent sur des bases anti-autoritaires, contre le militarisme, contre le tourisme, pour une écologie anti-industrielle.

A lire aussi...

Ni prisons Ni patriarcat

Publié le 2025-01-23 16:19:30

En février, nous aborderons la question des violences patriarcales à travers deux évènements, deuxième thème du cycle sur l’abolition de la prison. Toujours dans une perspective anticarcérale anarchiste.



Présentations suivies de causeries collectives

D’autres réponses aux violences patriarcales

Mardi 11 février à 18h30

Les victimes de violences patriarcales font souvent face à un dilemme empoisonné : l’inaction ou le système police-justice-prison. Le « pardon » ou la dépossession de leurs histoires par les tribunaux. C’est ces chemins, pourquoi et comment qui sont proposés pour venir les arpenter avec nous. Avec les doutes qu’ils créent, leurs limites dans la société actuelle comme de leurs succès.

Gestion collective des violences sexuelles

Jeudi 27 février à 18h30

Comment réagir lorsque des proches commettent des violences sexuelles ? Comment soutenir les victimes ? Comment confronter les agresseur.eureuses ? Comment transformer les individus et les dynamiques de groupe pour éviter que cela se reproduise ?

Deuxième évènement du cycle sur l’abolition de la prison :

Janvier : Alternatives à la prison

Février : L’Anticarcéralisme face aux violences patriarcales

Mars : Les violences faites aux enfants

PDF - 6.7 Mo

Strasbourg/Cherbourg : deux exemples de banalisation des drones policiers

Publié le 2025-01-24 03:54:11

Les drones, nouveaux couteaux suisses de la police aux frontières
La Presse de la Manche, 11 janvier 2025 (extrait)

Depuis un an, au port de Cherbourg-en-Cotentin, des drones assurent la surveillance de la zone d’accès restreint. Un équipement high-tech désormais utilisé pour d’autres missions.

Depuis un peu plus d’un an, le préfet de la Manche a autorisé la mise en service de drones dédiés à la surveillance de la zone frontalière du port de Cherbourg-en-Cotentin, de la zone d’accès restreint (ZAR) et de ses abords immédiats. Là où les migrants ont l’habitude d’évoluer. Les drones évoluent en fonction de la météorologie et offrent des images de qualité avec une localisation précise.

« Ils peuvent voler à une altitude maximum de 120 mètres, dans le plus grand silence. Cela permet d’accéder à des endroits jusqu’à présent inaccessibles par voiture, comme le secteur des enrochements à proximité de la zone des Mielles qui sont des caches courantes pour les migrants« , explique le brigadier-chef Anthony, télépilote à Cherbourg. Les caméras thermiques qui équipent leurs drones les aident aussi à découvrir, notamment la nuit, où sont cachés les migrants.

Polyvalence

En 2024, la brigade des moyens aériens de Cherbourg créée en mai a apporté son soutien dans le cadre de missions judiciaires, comme la surveillance de trafics de stupéfiants (notamment sur le trait de côte après la découverte de nouveaux ballots de produits stupéfiants sur les plages) ou la sécurisation de sites sensibles, sur réquisition des procureurs de la République.

« En juin, nous avons prêté notre concours lors d’une opération de police sur un campement de la communauté des gens du voyage à Saint-Lô qui avait eu lieu après des tirs ayant touché des pavillons voisins, commente le brigadier-chef Anthony. Nous avons également été sollicités pour surveiller les abords de la mosquée de Cherbourg ou certains secteurs des Provinces après les violences urbaines qui ont suivi la disparition du jeune Sulivan il y a quelques mois. C’est un point fort. Le drone offre cette vision aérienne qui permet de détecter très rapidement un trouble à l’ordre public. Avec le renvoi des images en temps réel vers le poste de commandement, cela permet d’établir une stratégie d’intervention, d’appuyer les effectifs au sol et de les guider pour faire cesser le trouble. C’était vraiment pour nous une satisfaction » annonce le Brigadier-Chef Anthony.

Ils seront le samedi 11 janvier 2025 à Granville pour surveiller les abords du stade lors du match de gala du club local face à Bordeaux. Ils ont aussi encadré en août la parade du festival interceltique de Lorient, assuré en novembre la surveillance aux abords du Palais des sports de Caen-la Mer qui a fait l’objet, en novembre, de mesures de sécurité renforcées à l’occasion du match de basket féminin France-Israël. Ils étaient aussi présents à Angers sur une visite officielle de l’ex-Premier ministre Michel Barnier ou encore sur des missions sensibles de convois nucléaires.

Mais parmi les temps forts figure leur participation durant trois semaines au dispositif de lutte anti-drone sur le parcours de la Flamme olympique, entre Châteauroux et Cherbourg. Leur travail consistait à neutraliser tous les risques engendrés par les drones. Lors du 80e anniversaire du Débarquement dans la Manche, les deux fonctionnaires étaient enfin mobilisés lors des cérémonies à Saint-Lô et Cherbourg en présence du chef de l’État.


À Strasbourg, la préfecture banalise la vidéosurveillance par drone
Rue89, 21 janvier 2023 (extrait)

C’est une évolution classique pour les dispositifs sécuritaires. À Strasbourg, au tout début, les drones ont été utilisés dans les quartiers populaire. Ensuite, ils ont discrètement surveillé des manifestations. Puis ils sont apparus sur des évènements comme le Marché de Noël. Mais désormais, la vie courante semble suffire. Pendant dix jours du mois de janvier, la police nationale est autorisée à surveiller avec trois drones une zone très étendue de la ville.

Dans un premier temps , le 20 décembre 2024, la préfecture du Bas-Rhin a publié un arrêté autorisant « la captation, l’enregistrement et la transmission d’images » sur des drones les 3, 4, 10, 11, 17, 18 janvier trois week-ends), ainsi que pendant la session parlementaire européenne, du 22 au 25 janvier. Et ce, sur les rues aux alentours du centre israélite du Bas-Rhin, de la gare et des institutions européennes. Dans un second temps , le préfet a publié un nouvel arrêté le 17 janvier ajoutant l’ensemble de la Grande Île strasbourgeoise à la zone potentiellement surveillée du 22 au 25 janvier.

Pour se justifier, la préfecture du Bas-Rhin rappelle ainsi les différents attentats survenus en France depuis 2012, ceux déjoués depuis 2020, l’attentat sur le marché de Noël de 2018, les menaces d’Al Qaïda à l’encontre de l’Occident, ou encore l’arrestation d’un néo-nazi en Alsace en 2024. Certes, mais pourquoi la police a t-elle besoin de drones à ces dates précises à Strasbourg ? La préfecture ne justifie pas réellement ce point dans ses arrêtés.

Depuis que la loi l’autorise , le ciel de Strasbourg est parfois le terrain de vol de ces drones de surveillance. En 2024 , l’État a autorisé l’utilisation de drones dans plus de dix arrêtés distincts – pour une manifestation d’agriculteurs en février et novembre, contre les rodéos urbains à Hautepierre, à la Meinau, au Neuhof et à l’Elsau en avril, à l’occasion du match de football Strasbourg – Metz en mai, pour lutter contre les cambriolages en décembre ou encore pendant toute la durée du marché de Noël

En 2023, trois avocats avaient contesté la légitimité de l’utilisation des drones pour surveiller le marché de Noël . Si le Conseil d’État a décidé en référé qu’il n’y avait pas lieu de suspendre l’autorisation donnée par le préfet, le tribunal administratif n’a pas encore jugé le fond du dossier. Les avocats estiment notamment que l’atteinte à la vie privée que représente cette surveillance est disproportionnée par rapport aux bénéfices de l’utilisation des drones.

Quant à l’autorisation du mois de janvier 2025, c’est la première fois à Strasbourg qu’une session parlementaire européenne suscite à elle seule le déploiement de cet outil de surveillance. Aussi, les vendredis et samedis désignés par l’arrêté préfectoral ne correspondent pas à des manifestations annoncées.

Contactée pour savoir à quoi correspondent les jours de janvier où est autorisée la surveillance par drone, la préfecture du Bas-Rhin n’a pas répondu à l’heure de publier cet article.

Centimètres…

Publié le 2025-01-24 08:39:29

Entre gêne et sarcasme, piques et ricanements, c’est un sujet qui a toujours été disputé.

Les deux positions ont leurs partisans et leurs détracteurs ; on en parle dans les écoles, les bars et les milieux universitaires qui se sont occupés de la question avec des études scientifiques sérieuses. Pourtant, jusqu’à présent, du moins à notre connaissance, ce point délicat n’a pas encore été entièrement et totalement tranché.

Est-ce que les centimètres, ça compte, ou pas ?

Beaucoup, défenseurs de la mesure la plus rigoureuse qui soit, peut-être influencés par un imaginaire construit sur une abondante filmographie, soutiennent que oui. Qu’on ne peut absolument pas s’en passer dans certains domaines. Et beaucoup d’autres soutiennent qu’après tout, ils ne sont pas si importants que cela. Qu’on peut résoudre la question de bien d’autres manières, y compris en utilisant d’autres instruments…

Finalement, c’est l’histoire récente qui s’est chargée de donner une réponse, sinon définitive, en tout cas en faisant pencher la balance d’un côté.

Eh bien oui, les centimètres ça compte !

Si ce n’était pas le cas, un président différent se serait installé aujourd’hui à la Maison Blanche, et le nom de Thomas Matthew Crooks qui, le 13 juillet 2024, à 18h11, a effleuré d’une balle l’oreille droite de Donald Trump, n’aurait pas résonné de manière aussi anonyme.

Cela n’aurait pas changé grand-chose ; la plus grande démocratie du monde aurait toujours eu son président élu. Mais sur la planète entière, on aurait par contre pu apprécier tout ce qu’un individu, armé de sa propre ténacité et de son inventivité –et en l’occurrence aussi d’un bon fusil–, peut être capable de faire ; indépendamment de ses motivations, que personne ne connaît vraiment.

Lorsque le monde tourne de plus en plus vite, il est réconfortant de voir que quelqu’un parvient encore à se concentrer sur le bon objectif –et Luigi Mangione nous l’a encore rappelé quelques mois plus tard– au lieu de massacrer des innocents dans la rue ou dans les écoles. Pour cela, les États suffisent.

Pour leurs bombes, les centimètres n’ont aucune importance.

[Traduit de l’italien de Disordine, 20 janvier 2025]

[USA] Attaque contre un concepteur de la Cop city

Publié le 2025-01-24 11:58:34

Initialement publié sur Secours rouge le  21/01/2025

La nuit du 6 janvier, les locaux de Boomerang Design, ont été attaqués à Lexington, en Caroline du Sud. La porte vitrée a été brisée ainsi que les ordinateurs, imprimantes, téléphones, matériel de bureau, mixers audio et toutes les vitres, du sol au plafond. Boomerang est parmi les concepteur du nouveau centre d’entraînement de la police en construction, la « Cop city ». Des avertissements ont été tagués : « No Cop City CLT (Charlotte) », « Rompez le contrat », « 1 touché, 3 encore à faire » (Boomerang a quatre bureaux).

Quelques entreprises qui profitent de la relance des chantiers nucléaires

Publié le 2025-01-24T01:06:41+01:00

Liste gracieusement offerte par BFM Business en novembre 2021, pour rebondir sur les placements en bourse, après les annonces de relance de l’industrie nucléaire… Liste absolument pas exaustive, à compléter d’autres très nombreuses entreprises…

 

Assystem, le spécialiste de l’ingénierie nucléaire

Le plus impliqué est clairement Assystem. Ce groupe a été fondé en 1966 pour accompagner la mise en service et le démarrage du parc nucléaire français, et connu un important développement en parallèle du programme d’équipements lancé dans les années 1970 à la suite du premier choc pétrolier. Ce n’est qu’à partir de 1996, avec la fin d’un cycle d’investissements dans la construction de nouveaux équipements nucléaires (centrales et usines de retraitement) dans le nucléaire, en France et dans le reste du monde, que la société d’ingénierie a entamé une diversification vers les secteurs aéronautique et automobile.

Avec plus de 50 années d’expérience dans ce secteur complexe et extrêmement réglementé, le groupe est avant tout connu pour être l’un des tout premiers ingénieristes nucléaires au monde, parmi une petite poignée de spécialistes mondiaux comme SNC-Lavalin (par ailleurs partenaire d’Assystem dans le cadre du projet ITER), Jacobs (également partenaire sur un autre volet de ce projet) et WorleyParsons. Comptant 4000 collaborateurs dédiés aux projets nucléaires, Assystem intervient bien sûr largement en France mais aussi au Royaume-Uni, Turquie, Finlande, Arabie saoudite et Inde.

Gérard Perrier pour l’assistance et les contrôles

Le groupe Gérard Perrier Industrie est présent quant à lui un profil plus diversifié. Fondé en 1967, la firme est l’un des principaux acteurs français de la maintenance d’équipements électriques, électroniques et des automatismes en milieu industriel, avec une solide implantation dans l’énergie. Parmi les huit sociétés qui composent le groupe deux interviennent plus particulièrement dans l’énergie nucléaire. Technisonic, originaire de Thionville et racheté en 2017, intervient dans le secteur de l’assistance technique auprès des centrales nucléaires d’EDF, ainsi que dans le domaine des examens et contrôles non destructifs.

Ardatem, intégré en 2006, s’occupe des études, de l’installation, de la mise en service et de la maintenance des équipements électriques, d’automatismes, d’instrumentation et de la robinetterie dans les centrales en activité ou en démantèlement, ainsi que sur des parcs conventionnels, des sites industriels ou des centres de recherche.

[implantations de Gerard Perrier pas obtenues – problème de navigateur – si possibilité de l’avoir en commentaire, on pourra mettre à jour la photo des infos. Merci]

Spie, leader des services multi-techniques

Le leader européen indépendant des services multi-techniques dans les domaines de l’énergie et des communications Spie n’est pas non plus absent du marché. Sa filiale Spie Nucléaire est un partenaire de référence des grands donneurs d’ordre à tous niveaux du cycle global du combustible nucléaire. Le groupe s’est dernièrement renforcé sur ce marché en rachetant à l’américain Lincoln Electric la société Fluigetec originaire de Pierrelatte, qui lui apporte un savoir-faire particulier notamment dans l’inertage.

Les portes et cloisonnements fabriqués par Gorgé

Le Groupe Gorgé (ex-Finuchem) intervient à plusieurs niveaux sur le marché nucléaire. Sa filiale Baumert, spécialiste des portes et cloisonnements techniques, n’est autre que le leader mondial des portes neutroniques. La firme équipe 90% des portes installées actuellement au sein des 58 réacteurs du parc français (ses portes sont aussi présentes en Chine, aux États-Unis, en Finlande, en Ukraine, au Royaume-Uni ou encore en Turquie). Outre le nucléaire, Baumert produit également des portes et cloisonnements pour des centres de recherche, des usines de retraitement, des sites industriels sensibles, etc.

Autre filiale de Gorgé, ECA est l’un des seuls acteurs mondiaux à offrir des systèmes de drone opérant dans tous types d’environnements à risque sous l’eau, en surface, à terre et dans les airs: connu notamment pour ses drones de déminage, le groupe fournit aussi des engins destinés à évoluer dans un environnement à fortes radiations. Enfin une troisième société de Gorgé, Seres Technologie intervient dans la prévention des risques sûreté / sécurité pour les métiers de la sécurité, de l’environnement et du nucléaire.

Les tubes de Vallourec

Très majoritairement exposé au marché des produits tubulaires pour l’industrie pétrolière et gazière, Vallourec propose aussi des tubes de générateurs de vapeur et divers produits tubulaires à usage nucléaire en acier inoxydable et alliage de nickel, via Valinox, même si cela pèse assez peu dans le chiffre d’affaires total.

Nexans incontournable dans les câbles

Nexans s’intéresse aussi au marché nucléaire. Le câblier produit ainsi des câbles spéciaux à même de satisfaire aux critères de sécurité rigoureux de l’industrie nucléaire, avec notamment une gamme de câbles sans halogènes (composés nocifs voire mortels pour l’homme en cas d’incendie) qui restent opérationnels dans les situations d’urgence, tout en protégeant le personnel et les infrastructures.

Quelques entreprises qui profitent de la relance du nucléaire (2)

Publié le 2025-01-24T03:05:03+01:00

Lauréats issus des appels d’offres France 2030 pour bénéficier du fond de soutien de relance de la filière nucléaire.

Sources : https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/plan-de-relance/20210729_DP_Laureat_nucleaire.pdf?v=1645092297

https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/plan-de-relance/DP_Laureats_appel_projet_nucleaire_France_Relance_20211021.pdf

https://www.usinenouvelle.com/article/france-relance-voici-les-quatre-nouveaux-projets-collaboratifs-beneficiaires-du-fonds-de-soutien-au-nucleaire.N1152632

https://www.usinenouvelle.com/editorial/faute-de-budget-france-2030-se-recentre-sur-le-suivi-des-projets-deja-lances.N2225840

 

En 2020-2021, l’État a décidé de donner une enveloppe de 470 millions au nucléaire dans le plan de relance. Près de la moitié, 200 millions d’euros, alimente un fonds d’aide à l’investissement pour soutenir la filière (près de 3000 entreprises et 22 000 emplois).

Pour en bénéficier, les lauréats ont répondu à l’appel à projets lancé le 18 novembre 2020 par Bpifrance, avec un projet d’un minimum de 200 000 euros. Plusieurs levées et nominations de lauréats ont eu lieu jusqu’aujourd’hui (actuellement bloqué par l’absence de budget au gouvernement).

Les subventions sont versées aux porteurs de projets sur plusieurs années, à mesure que les entreprises franchissent certaines étapes, définies au préalable par France 2030. Or, trois ans après le démarrage de France 2030, aucun projet n’a encore été officiellement arrêté. D’ici mars une première liste de dossiers pour lesquels les financements vont s’arrêter va paraître, de la part de France 2030 – une échéance qui permettra de voir quels projets dans la liste ont plus ou moins avortés.

En attendant, et à toutes fins utiles, voici quelques noms de plus sur ceux qui collaborent à la relance du nucléaire… libres à chacun.e de chercher les adresses qui correspondent et d’en faire ce que bon leur semble :

 

Première vague de lauréats :

Onet Technologies CN, à Marseille (Bouches-du-Rhône) pour trois projets :

– l’industrialisation de procédés innovants pour étendre la durée de vie des installations nucléaires, notamment grâce à des applications de recherche de corrosion ou de contrôle de soudures en maintenance,

– l’industrialisation d’un laser pulsé pour la décontamination de composants au cœur d’un réacteur nucléaire

– le développement de procédés pour la réalisation de soudures « bonnes du premier coup » grâce d’intelligence artificielle, la mesure et la vision 3D

Framatome, pour trois projets :

– le projet Cap Industriel de ses sites de à Saint Marcel et Le Creusot (Saône-et-Loire), pour moderniser et mettre à l’échelle les moyens de production et de contrôle de la qualité et de la conformité des pièces mécaniques à très haute valeur ajoutée nécessaires à la fabrication de réacteurs nucléaires de dernière génération (de type EPR) ou en service

– un projet conjoint avec l’association Armines/Mines PariTech (Paris), l’Institut Jean Lamour à Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse (Gers), le pôle de compétitivité Nuclear Valley pour le projet French Fab Métallurgie, qui vise à repositionner Framatome comme le leader mondial des pièces forgées de grandes dimensions pour le nucléaire, grâce à des travaux de R&D sur la qualité et la variabilité process

– un projet avec le CEA baptisé FAB-ATF qui vise à développer et qualifier en France une nouvelle capacité de fabrication de combustibles dits « ATF » (Accident Tolerant Fuel), qui renforcent les marges de sûreté et la performance en opération des centrales nucléaires. Des investissements majeurs sont prévus sur les sites de production Framatome de Paimboeuf (Loire Atlantique) et Romans-sur-Isère (Drôme).

EDF avec Ansys France (Saint-Quentin-en-Yvelines), Corys à Grenoble (Isère), Human Design Group à Versailles (Yvelines) et Theoris, PME parisienne de la réalité augmentée, pour le projet ICAREx de construction d’un jumeau numérique interactif et immersif des nouveaux réacteurs et installations nucléaires, dès les premières phases de conception.

Sopemea à Vélizy-Villacoublay (Yvelines) pour l’acquisition d’un moyen d’essai tri-axe à destination de la filière nucléaire.

Bernard Controls S.A, ETI de Gonesse (Val d’Oise) fabricant des servomoteurs, pour l’automatisation et la digitalisation de ses processus métiers.

Mirion Technologies (MGPI) SAS, PME de Lamanon (Bouches-du-Rhône) pour un projet visant à réduire la quantité des déchets TFA (très faible activité) en identifiant, avec précision et fiabilité, les matériaux qui sont déclarés à tort comme radioactifs, grâce à une combinaison innovante d’intelligence artificielle et de méthodes d’imagerie médicale.

Monnot, une PME de Beaune (Côte d’Or) pour son projet Mecavision 21/23 d’élargir l’offre dans l’usinage de pièces complexes et confidentielles à fortes valeurs ajoutées, en relocalisant certaines fabrications et en modernisant l’outil de production.

Ateliers de Chaudronnerie de Monplaisir, PME de Saint-Priest (Rhône) pour déployer dans son futur atelier un système de production inédit qui robotiserait les étapes de préparation (découpe et chanfreinage) sur des pièces volumineuses et unitaires. Le projet prévoit la mise au point d’un robot nomade et intelligent pour obtenir une excellence opérationnelle encore jamais atteinte.

Reel SAS, à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône), pour développer une nouvelle machine à serrer ou desserrer les goujons des couvercles de cuves de réacteurs nucléaires.

Simsoft Industry, une PME de Labège (Gers) pour lever les verrous techniques et humains résiduels dans la mise au point d’une solution d’Assistance vocale intelligente (AVI) pour guider le technicien nucléaire du futur (Technuc) dans ses opérations de production, de maintenance ou de déconstruction.

Heverett Group, une société d’ingénierie de conseil en technologie de Lyon (Rhône), Aquila Data Enabler, une PME de Courbevoie (Hauts-de-Seine) spécialisée en intelligence artificielle, Exakis Nelite, une entreprise de services numériques de Lyon (Rhône), le pôle de compétitivité Nuclear Valley, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et l’Université Clermont-Auvergne à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour le Laboratoire d’informatique, de modelisation et d’optimisation des systèmes (Limos), associés pour mener à bien le projet D4N (Datalake for Nuclear), soutenu par EDF et le Gifen, d’application des techniques de l’intelligence artificielle et de big data au profit de la qualité et de la performance des réalisations nucléaires.

3D Plus, à Buc (Yvelines) pour développer une caméra Gamma servant à identifier, localiser et caractériser des sources radioactives.

Neotiss France, à Venarey Les Laumes (Côte d’Or) pour moderniser son site industriel.

Aergon, une PME d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), pour créer un système d’analyse intelligent des signaux faibles (SAIS), basé sur l’intelligence artificielle, visant à optimiser le fonctionnement des installations nucléaires.

Arcys, à Blagnac (Gers) pour renforcer son activité par la modernisation de son système d’information, la mise en réseau industriel cyber-sécurisé de ses moyens de production, la numérisation des activités de test et la montée en compétence des salariés. Il pérennisera les emplois existants et permettra la création de neuf emplois d’ici à 2024.

Velan SAS, à Lyon (Rhône) pour développer une solution numérique innovante capable d’introduire de la maintenance prédictive au niveau des équipements de robinetterie nucléaire.

 

Deuxième vague de lauréats :

– Spécialisée dans la recherche et le développement en défense et sécurité, la PME Ardanti (basée à Paris) va réaliser deux logiciels dédiés à la sécurité nucléaire : le premier concernera la formation à la gestion de crise, notamment devant un risque terroriste, et le deuxième permettra d’identifier mathématiquement les vulnérabilités des architectures des sites.

– L’ETI CLM Industrie (basée à Chevigny-Saint-Sauveur, Côte-d’Or), qui conçoit et assemble des pièces mécaniques et chaudronnées pour le secteur nucléaire, va acheter une machine d’usinage visant à améliorer la capacité dimensionnelle et l’efficacité de la fabrication de châssis et d’enceintes de boites à gants, et développer un bras d’inspection nucléarisé pour équiper les boîtes à gants produites.

– La PME Cita Production (basée à Lamarche-sur-Saône, Côte-d’Or) fabrique des pièces mécano-soudées, utilisées comme supports de tuyauterie pour la filière nucléaire. Son projet porte sur la modernisation de ses outils pour améliorer la productivité, la digitalisation et la traçabilité.

– Experte en solutions chimiques utilisées dans la décontamination nucléaire, la PME Fevdi (basée à Corbas, Rhône) va mettre en œuvre un nouveau procédé innovant permettant de traiter des bétons issus des programmes nucléaires sans pour autant détériorer leur surface.

– La PME Oreka Ingénierie (basée à Cherbourg-en-Cotentin, Manche) veut développer un jumeau numérique à destination des entreprises devant localiser et gérer en temps réel des stocks de produits à forte valeur ajoutée, des équipements stratégiques ou des déchets nécessitant une traçabilité tels que les déchets radioactifs. Son projet permet de visualiser l’ensemble des données et de créer des scénarios d’exploitation.

– Loire Industrie, une PME (basée à Saint-Chamond, Loire) qui fabrique des produits forgés et usinés pour les marchés industriels, a pour ambition de moderniser ses équipements afin de doubler sa capacité de production, en amélioration notamment son environnement numérique.

– Maintenance préventive et curative, travaux d’arrêt de tranche, travaux neufs, revampings d’installations et travaux de mise en conformité… Tels sont les services proposés par la PME Compagnie internationale de maintenance et d’assistance technique (basée à Laudun-L’Ardoise, Gard), qui souhaite automatiser les soudures et moderniser son outil de travail afin d’augmenter la qualité de ses produits.

– Fondée en 2019 par EDF et Veolia, la PME Graphitech (basée à Lyon, Rhône) a pour objectif de répondre aux enjeux du démantèlement des réacteurs nucléaires de technologie graphite, arrêtés depuis plusieurs décennies. Son projet prévoit notamment le déploiement d’outils de télé-opération et une salle numérique faisant appel aux technologies de l’industrie 4.0 (réalité virtuelle, immersive etc.)

– La PME Axone (basée à Meyreuil, Bouches-du-Rhône) va développer grâce à ces fonds une plateforme digitale de gestion de projets complexes. Celle-ci va mettre à disposition de ses clients un environnement basé sur les principes d’ingénierie système.

– Garante de la sécurité de nombreuses infrastructures sensibles, l’ETI Sites (basée à Ecully, Rhône) va créer un outil d’inspection du génie-civil de nouvelle génération pour les installations nucléaires, concernant la tenue structurelle des ouvrages et leur résistance aux incendies. L’outil permettra également de fiabiliser ces inspections au moyen de l’intelligence artificielle.

– Issue d’un essaimage technologique des laboratoires de Recherche et développement OrangeLabs, la PME Fastpoint (basée à Cherbourg-en-Cotentin, Manche) veut optimiser les zones de stockage par des moyens numériques et détecter les risques industriels associés aux équipements manutentionnés.

– Le premier projet commun est porté par l’ETI Intercontrole (basée à Chalon-sur-Saône, Saône-et-Loire), filiale du groupe Framatome et leader mondial pour le contrôle des cuves de réacteurs à eau sous pression, la PME Arkadia Energy (basée à Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône), dédiée aux travaux d’ingénierie et d’intervention en contrôle non destructif, et la PME Insavalor (basée à Villeurbanne, Rhône), qui favorise les relations entre les laboratoires et les entreprises en quête de solutions technologiques. Leur objectif est de développer une solution innovante de radiographie numérique par comptage de photons, un moyen d’améliorer la fiabilité et l’efficacité des processus d’inspection grâce à une meilleure traçabilité des contrôles.

– La PME Aquila Data Enabler (basée à Courbevoie, Hauts-de-Seine), experte en data science et en intelligence artificielle, la PME Spotlight (basée à Massy, Essonne), spécialisée dans la recherche développement en géophysique, et L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (basée à Châtenay-Malabry, Hauts-de-Seine), chargée de la gestion à long terme des déchets radioactifs produits en France, sont aux manettes du deuxième projet commun. Celui-ci vise à démontrer l’apport des modèles d’intelligence artificielle hybrides pour les contrôles non destructifs (CND), au travers de cas d’usages de surveillance géophysique d’ouvrages.

 

3ème vague de lauréats – projets

Dans la 3ème vague de lauréats, la plupart sont des projets de modernisation de l’outil industriel des acteurs de la filière, y compris des grands donneurs d’ordre comme GE à Belfort. Le grand projet d’industrie du futur d’Orano, UDD@Orano (usines sur les sites industriels d’Orano) doit, lui, faire entrer l’industrie du futur [sic!] (capteurs, algorithmes d’aide à la décision, plateformes de réalité mixte, outils robotiques qualifiés) dans les usines en exploitation et futures, en embarquant une dizaine de ses fournisseurs TPE et PME.

 

Quatre projets « collaboratifs »entre plusieurs entreprises :

Le projet 3F2E (Filière française de fibre pour environnement extrême), porté par iXblue, SEDI-ATI, TechnicAtome, EDF et la plateforme technologique de Photonics Bretagne, a pour ambition de développer des revêtements métalliques et ou en carbone sur fibres optiques spéciales, capables de permettre l’utilisation de capteurs en environnement nucléaire extrême. Ces travaux collaboratifs doivent permettre de mettre en place une filière intégrée 100% made in France pour garantir la souveraineté nationale sur une technologie stratégique.

Le projet Arqane (Actions de réalisation et de qualification en additif pour le nucléaire), porté par dix donneurs d’ordres dont EDF, Orano, TechnicAtome et le CEA mais aussi Naval Group, vise à démontrer et à valider la maturité industrielle de la fabrication additive métallique pour l’industrie nucléaire sur deux procédés complémentaires : fusion laser sur lit de poudre (LPBF) et dépôt sous énergie dirigée par technologie fil (WAM). Ces travaux de recherche et de développement doivent permettre d’établir les bases de référentiels techniques unifiées nécessaires à l’industrialisation de pièces complexes fabriquées en additif pour la filière nucléaire et d’autres filières industrielles.

Autre grand projet collaboratif porté par les donneurs d’ordre de la filière (EDF, Orano, Naval Group, Framatome, CEA…), Mecanum@ a pour objectif de développer des jumeaux numériques en simulation mécanique, pour réussir du premier coup les études et les chantiers mécaniques de l’industrie nucléaire. Il doit déboucher sur la réalisation d’une plateforme souveraine permettant de s’affranchir des éditeurs étrangers de logiciels de calcul.

– Enfin, côté formation, le projet collaboratif francilien NExIF, rassemble les lycées de la ville de Montereau et de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), les universités de Créteil et de Paris Saclay, le Greta MTI 77, le Groupe EDF et le CFA des métiers de l’énergie. Il propose une démarche inédite en Ile-de-France, d’offre de formation sous forme de parcours pédagogique, pour mieux préparer les étudiants de manière théorique et opérationnelle aux métiers en tension de la filière nucléaire.

 

Düsseldorf (Allemagne) : le « Commando Angry Birds » et l’effondrement…

Publié le 2025-01-25 00:16:23

[Dans la septième plus grande ville d’Allemagne, Düsseldorf, située dans la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le « Commando Angry Birds » fait régulièrement parler de lui.
En août 2024, il a par exemple revendiqué un incendie de câbles de signalisation ferroviaires à Mettmann, qui est venu se rajouter à ses précédents sabotages déjà menés contre le trafic ferroviaire : l’un à Düsseldorf en janvier 2024, et cinq autres dans la même ville revendiqués en mai 2023. Et vu que les oiseaux en colère peuvent aussi se montrer généreux, ils ont sorti en septembre dernier un petit manuel intitulé
« Mettre le feu aux câbles pour débutant.e.s », qui contient plusieurs techniques artisanales de retardateurs et dont on trouvera ici une traduction en langue française.
Mais venons-en à l’actualité récente : la nuit de jeudi à vendredi 24 janvier peu avant 6h du matin, un incendie s’est produit dans un puits de câbles du côté de la gare de Eller, un quartier au sud-est de Düsseldorf, interrompant le trafic ferroviaire de la plus importante voie de fret de la ville, ainsi que la ligne S1 de voyageurs entre Düsseldorf et Solingen. Cette fois, alors que le communiqué n°3 du Commando Angry Birds avait été rédigé en rimes, celui paru le lendemain sur de.indymedia et intitulé « Switch off Deutsche Bahn – Communiqué n°4 » l’est sous forme de Lettre ouverte.
Nous livrons ci-dessous une traduction de l’allemand de ce texte, qui développe sa propre vision de l’effondrement, à titre de contribution aux débats en cours au sein du mouvement révolutionnaire. Pour replacer ce communiqué d’Outre-Rhin dans son contexte, il n’est pas inutile de relire la brochure « 
Switch off! Interventions radicales contre la destruction de la planète« , qui a été traduite en français en septembre 2024….]


Vendredi matin (24 janvier), nous avons utilisé des moyens qui ont fait leurs preuves pour mettre hors service la plus importante voie de fret de Düsseldorf pendant au moins 12 heures. Pendant au moins 24 heures, son utilisation n’a été possible qu’avec de fortes restrictions. Outre les dommages économiques immédiats, il convient d’attirer l’attention sur l’appel ci-dessous. Nous tenons aussi à nous excuser auprès des voyageurs touchés, et espérons qu’au moins l’un ou l’autre des navetteurs a pu bénéficier de cette façon d’un jour de congé.

Cher concitoyen, chère concitoyenne,

On nous a menti. On nous a dit que les dirigeants agissaient toujours dans notre intérêt. On nous a dit que nous vivions dans la meilleure des sociétés. Que tout le monde nous l’enviait. Que jamais et nulle part cela n’avait été mieux. Que la réponse à toute question était « progrès technique ! » et que la réponse à tous les problèmes qui en découlent était « encore plus ! ». Nous sommes censés croire qu’on peut vivre sans baleines, sans hannetons, sans chauves-souris, sans forêts et sans eau propre.Mais que sans l’État, sans l’économie et sans la police, ne pourrions soi-disant pas survivre une semaine.  On nous a fait croire qu’Elon Musk et sa bande vont nous construire un paradis sur Mars et télécharger notre conscience dans le cloud, mais qu’une vie sans smartphones et sans voitures est utopique, qu’un changement économique est même impossible.
Et on nous a dit que tout irait bien si nous faisions bien notre travail, si nous votions, et si nous laissions les politiciens faire leur travail.

Regardons-nous : malades, lâches et paresseux, nous fixons nos écrans en nous demandant ce qui a mal tourné. Sous les coups de la propagande permanente, trop abrutis et confus pour reconnaître un génocide en tant que tel, il n’est pas étonnant qu’on puisse même nous vendre le gaz naturel, les avions de combat et l’énergie solaire comme durables. Le cancer, le diabète, une mauvaise posture, une dépression sévère et bien d’autres encore n’ont plus grand-chose d’exceptionnel de nos jours, même chez les jeunes. Nous nous traînons dans des emplois au salaire minimum où nous sommes traités comme des sous-humain. Nous sommes alors autorisés à y faire des choses qui n’ont pas vraiment de sens pour nous. Mais peut-être que les choses iront mieux avec les prochaines vacances. Ou la nouvelle télévision. Ou quand viendra la retraite. Ou tout simplement quand la prochaine bière aura été bue.

Mais il y a aussi de l’espoir : de plus en plus de gens voient clair dans les promesses creuses du système. Ils ne se laissent plus prendre pour des imbéciles par les politiciens, les profs, les journaux et les militants. Ils savent que les rapports de pouvoir ne changent pas sans lutter et ils apprennent à mener une telle lutte. En plus de volonté et de capacités tactiques, il faut d’abord un diagnostic correct, une stratégie et une organisation qui fonctionne. C’est ce qui manque au mouvement naissant.

Le problème le plus urgent de ce siècle est celui de l’escalade technologique. Même si de graves modifications de l’environnement ont déjà eu lieu depuis l’Antiquité par les peuples dits civilisés, l’ampleur de la destruction qui a commencé avec l’émergence de la société industrielle est d’un tout autre niveau. Plus aucun lieu ni aucun être vivant n’est à l’abri. Tous les écosystèmes de la planète sont endommagés ou déjà en train de s’effondrer. Il n’y a plus de rivière dans laquelle on puisse boire sans danger. Encore une fois, le système technologique a empoisonné toutes nos rivières. Ce crime à lui seul place le système au niveau des pires dictatures. Et il faut s’y opposer en conséquence – comme un mouvement de résistance.

Pourquoi en tant que mouvement de résistance ? La culture ne peut-elle pas être changée progressivement par un travail de persuasion ? Par des communes alternatives de plus en plus grandes qui montrent le bon exemple ? Par un mouvement de la base ? Ou en faisant pression sur les politiques ? Ou par un nouveau parti ?
Non. Le moteur de l’escalade technologique et de l’exploitation croissante des personnes, des animaux et de la nature ne réside pas dans des valeurs ou des convictions qui seraient erronées, mais par le simple fait que cette méthodologie est efficace.
– Les êtres humains se rassembleront toujours en groupes pour faciliter leur survie. Dans les groupes suffisamment grands, des sous-groupes se forment.
– Plus un groupe a besoin de ressources pour son mode de vie, plus il entre en concurrence avec les autres groupes.
– Les groupes sociaux qui cherchent à gagner du pouvoir sans considération s’imposeront toujours à la longue, dans une situation de concurrence, contre ceux qui ne le font pas ou qui le font de manière limitée, par exemple parce qu’ils sont limités par le souci des conséquences à long terme pour l’humain et pour l’environnement.
– La quête effrénée de pouvoir conduit à un mode de vie gourmand en ressources et donc à davantage de situations de concurrence.

Une façon moins abstraite de le dire est la suivante : peu importe à quel point votre ferme abandonnée est habitable, paisible et durable : si le système a besoin de vos terres, la police viendra les prendre. Et elle viendra avec de meilleures armes que les vôtres.
En raison du mécanisme décrit ici de manière frappante et succincte, peu importe que vous parveniez à convaincre le chancelier [chef d’Etat en Allemagne, ndt] ou le chef de la police de votre programme. S’il ne permet pas d’augmenter la puissance du système, à terme, soit il sera remplacé, soit il sera remis sur les rails, soit tout le système (dans ce cas : l’Allemagne) sera remplacé par un autre système, moins frileux et donc plus puissant. Il en va de même pour les chefs d’entreprise, etc. L’idée selon laquelle nous pouvons contrôler le développement technique et donc social et le façonner selon notre volonté est en grande partie une illusion.

La seule possibilité réaliste est donc de rendre physiquement impossible l’utilisation des technologies industrielles. Cela est plus facile qu’il n’y paraît et peut être réalisé par une partie relativement faible de la population. En raison de la nature hautement interconnectée de l’économie mondiale moderne, une crise économique grave dans l’un des pays industrialisés ou l’interruption des exportations de matières premières d’un important pays fournisseur aurait de graves conséquences pour les pays et leurs industries du monde entier. De telles crises peuvent être intensifiées, voire déclenchées, par des actes coordonnés de sabotage (selon l’ampleur du mouvement, éventuellement accompagnés de grèves, d’émeutes, d’occupations et de désobéissance civile). La rareté des ressources et les événements météorologiques extrêmes font le jeu de la résistance. Si le système industriel était mis à terre, il ne pourrait plus jamais être reconstruit, car les ressources qui, au début de l’ère industrielle, pouvaient encore être exploitées assez facilement, avec des pioches et des pelles pour ainsi dire, ne se trouvent plus qu’à une profondeur extrême. Il faut donc un appareil high-tech déjà EN FONCTION pour extraire les composants et les carburants nécessaires à cet appareil. Même le réseau électrique ne peut pas être réactivé après une panne nationale.
Le scénario d’un effondrement soudain de toute civilisation reste cependant l’apanage des films-catastrophe et des sectes apocalyptiques. Historiquement, de tels événements ont duré des décennies et ont été considérés par de nombreux contemporains comme des périodes de renouveau. Il faut également souligner que DANS TOUS LES CAS, le système s’effondrera. La seule chose qui dépend de nous, c’est la quantité de planète qu’il restera à ce moment-là.

Outre l’attaque proprement dite, il est important que les gens soient le mieux préparés possible à la lente désintégration du système. Les crises croissantes vers lesquelles le monde se dirige inévitablement rendront l’autosuffisance communautaire plus attrayante et nécessaire pour un nombre croissant de personnes. Cela réduit à son tour la dépendance vis-à-vis de l’État et augmente ainsi le potentiel de résistance. Il est également important que la situation soit expliquée avec patience et constance. Le plus grand nombre possible de personnes doivent savoir qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre elles, mais contre une culture qui les a égarées depuis trop longtemps. Cet endoctrinement subtil doit être brisé petit à petit. Ce faisant, il ne faut jamais édulcorer ou relativiser le message central pour s’attirer la sympathie à court terme. Ce n’est que lorsque la confiance dans le système sera définitivement ébranlée que les solutions radicales recevront un large soutien. Mais seulement si le mouvement a déjà défendu son point de vue de manière cohérente.

Mais pourquoi ce pauvre train ? Il est pourtant super durable !
La question montre à quel point la discussion s’est éloignée du sens réel des mots. Durable ne veut pas dire : la technique A rejette 10% de substance toxique B en moins que la technique C. Une culture ou une technique est durable si elle peut être pratiquée au même endroit pendant plusieurs milliers d’années sans que celui-ci soit détruit . Seule une culture durable peut être réellement pacifique, car elle seule ne dépend pas de conquêtes répétées. Au sens propre du terme, rien dans le secteur ferroviaire n’est donc durable. Ni l’acier, ni le plastique, ni l’aluminium, ni le diesel, ni même l’électricité, quelle qu’en soit la source. Mais en fin de compte, ce n’est pas le train qui est en cause. Il ne s’agit pas de savoir s’il fait de la logistique de guerre (c’est le cas), s’il soutient l’accaparement des terres des peuples autochtones (c’est le cas), s’il exploite ses employés (c’est le cas) ou si, avec ses tracés, il découpe les forêts et les prairies restantes en morceaux de plus en plus petits, empêchant ainsi les migrations d’animaux sauvages (c’est le cas aussi). Il s’agit d’une cible appropriée car elle permet de frapper pacifiquement l’ensemble du système et ses voies de transport de marchandises. Les pylônes électriques, les câbles de télécommunication, les entreprises de logistique, les pipelines et les usines constituent également des cibles légitimes.

Si tu as lu ces lignes, c’est que tu as déjà quitté le domaine restreint des informations qui t’étaient destinées. Il est probable que tu aies déjà de sérieux doutes sur l’autorité de l’élite dirigeante. Nous te demandons de réfléchir aux idées contenues dans ce court texte. Examine-les ; contredis-les là où il faut les contredire ; puis fais ce qui doit être fait. Le monde a besoin de toi. Nous avons besoin de toi.

[Grande Bretagne] Mutinerie à la prison pour hommes de Swaleside

Publié le 2025-01-25 07:06:52

Initialement publié sur Act for freedom now! le 23/01/2025

Les prisonniers de l’aile C du HMP Swaleside ont pris le contrôle de l’aile et le personnel s’est retiré. Nous n’avons pas plus d’informations pour le moment. Les raisons sont probablement les mauvaises conditions de détention, le manque de personnel, le manque de produits sanitaires, les salaires de misère et l’incohérence des horaires (ce qui fait que les prisonniers sont enfermés plus longtemps et ne savent pas quelle est leur routine). Nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons plus d’informations.

N’hésitez pas à les partager ! Personne n’est libre tant que tous ne le sont pas !

De plus, une lettre a été envoyée au gouverneur de HMP Swaleside par IWOC/IWW au nom de l’aile G (Ryan Roberts y est détenu pour l’émeute de Bristol KTB) et certains prisonniers ont été sur le grillage entre les étages pour protester contre les mauvaises conditions et les dégradations quotidiennes.

Contre toutes les prisons.

[France] Auto-combustions de Tesla en série

Publié le 2025-01-25 07:06:55

Reçu par mail.

Une Tesla a été retrouvé cramée du côté de Niort la nuit du 27 novembre. Quelques heures plus tard, une Citröen a pris feu sur un parking, « apparemment à cause d’un défaut électrique« , emportant avec elle une Peugeot garée à côté et dégradant une Renault garée juste derrière.

En fouillant, on se rend compte que c’est pas la première fois que des véhicules de bourges crament dans le coin :

Le 28 octobre, une Tesla avait été complètement embrasée sur un parking, à Chauray près de Niort, la cause étant accidentelle, « le feu serait parti de la borne de recharge ». Quelques jours plus tôt, le 15 octobre, une autre Tesla avait déjà été retrouvée calcinée à Niort, pour cause là-aussi accidentelle.

Une auto-combustion involontaire ? Pas de revendications pour le moment…

On pourrait aussi parler es deux voitures parties en fumées le 23 octobre (« problème électrique« ) et celle du 21 octobre (« problème d’alarmes« ), ou encore les huits voitures parties en fumée le 21 octobre suite à un incendie là bien volontaire de deux d’entre elles, et la propagation à six autres.

Le procureur Eric Vaillant s'installe à Caen !

Publié le 2025-01-25 09:12:29

Le procureur Eric Vaillant s’installe à Caen !

Infos locales Police - Justice - Répression

Le procureur Éric Vaillant, 59 ans, quitte Grenoble pour finir sa carrière à la cour d’appel de Caen ! Biographie du sale magistrat qui arrive...

Le procureur Éric Vaillant, 59 ans, quitte Grenoble pour finir sa carrière comme avocat général à la cour d’appel de Caen, c’est-à-dire qu’il sera placé sous les ordres du procureur général.

Petite biographie pour en savoir plus sur le sale magistrat qui s’installe au tribunal de Caen... :

Procureur pendant 6 ans à Grenoble (2019-2024), après l’avoir été à Douai (Nord) de 2010 à 2015 et à Cayenne (Guyane) où il s’était spécialisé dans la lutte contre le trafic de stupéfiants (2015-2019) - tâche qu’il a poursuivi à Grenoble.

Dès son arrivée à Grenoble en janvier 2019, il s’est attelé concernant les « incendies criminels » provenant de ce qu’il appelle « l’ultra-gauche libertaire insurrectionnelle » (église saint jacques en janvier 2019, france bleu isère en mars 2019, incendies de plusieurs transformateurs électriques..).
Il ressent aujourd’hui « un sentiment d’échec » de ne pas être parvu à « avoir arrêté et fait juger les auteurs de l’infraction. »Des enquêtes sont encore en cours concernant ces incendies. D’ailleurs sur plus d’une trentaine d’incendies volontaires, les enquêteurs se sont par exemple plaint que « l’exploitation de la téléphonie ou des immatriculations de véhicules est impossible puisqu’ils opèrent sans téléphone et sans voiture  ! ». L’article de presse d’avril 2022 du Daubé en dit plus sur les échecs répétés des enquêteurs.

Face à ces échecs, le procureur Eric Vaillant aura rempli son rôle de faire vraiment tout et n’importe quoi pour parvenir à ses fins : en septembre 2020, 6 personnes sont arrêtées après s’être introduites dans les jardins de la Buisserate, à Saint-Martin le Vinoux, dans l’agglomération de Grenoble. Cette nouvelle enquête prend une ampleur disproportionnée, la flicaille et le proc’ ayant l’impression de tomber sur les auteurs de sabotages.. tandis que les mis.es en examen déclarent qu’iels procédaient à des repérages dans le but de créer une ZAD pour s’opposer au projet immobilier de la Buisserate, et à la suppression de jardins collectifs. Tout un récit policier, avec comme narrateur privilégié Eric Vaillant, se détale alors dans la presse grenobloise... jusqu’à sonner l’association de malfaiteurs sur les zadistes, avec un contrôle judiciaire sévère pendant quelques mois.

Eric Vaillant, c’est aussi un procureur 2.0 qui communique beaucoup sur X/Twitter et qui a mis en place un compte Whatsapp avec environ 300 journalistes. C’est sa manière à lui de tenter de re-gagner la confiance des gens en la justice, comme il dit ! Un beau paquet cadeau et une apparence de transparence, pour une justice tout autant pourrie qui protège l’ordre établi et le système social..

C’est par exemple par le biais de sa communication qu’il a lâché qu’une enquête était ouverte par son parquet en septembre 2021 pour le déboulonnage de pylône POMA dans les Alpes, revendiqué contre l’implication de POMA dans l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure. Instruction toujours en cours, après l’arrestation de 2 compagnons en avril 2022, et pour lequel une brochure sortie récemment rappelle le contexte d’appel à actions contre POMA, les actions menées ainsi que la solidarité exprimée avec les compagnons arrêtés...

Sinon, concernant ses prises de positions vis-à-vis de la justice, en 2019, il souhaitait qu’il y ait davantage de comparution immédiates et il voulait remettre en place à Grenoble les comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), pour des procédures plus rapides et pour « un vrai dialogue avec les prévenus [...] pour les responsabiliser ». Un admirateur des procès à la chaîne.. pas étonnant pour un procureur !

A propos des Gilets Jaunes, sans vouloir s’exprimer sur le conflit social en public, il a quand même lâché qu’il ne tolérait pas les violences faites aux forces de l’ordre et souhaitait que ce soit poursuivi par la justice à chaque fois.
Aussi, durant les émeutes et pillages de juin 2023, il a augmenté les déferrements en comparution immédiate pour « réaffirmer l’autorité judiciaire ».
Punir, punir, punir... Protéger l’ordre établi...

« Sale bourgeois, je ne pourrai jamais me payer un costume comme le tien  ! », lui aurait été remarquablement apostrophé lors d’une altercation, place Grenette, le 23 juin 2021 à 22h45, entre le palais de justice, qu’il quittait, et son domicile - avant, malheureusement, que les personnes soient emmenées en garde-à-vue puis condamnées à du sursis et des dommages et intérêts pour le bourgeois (selon les réquisitions du proc !).

A voir s’il s’installe à Caen pour réformer les moyens de communication de la Cour d’appel de Caen, et imposer les réseaux sociaux à tout azimuts (à moins qu’il ne suive la vague de départ de X/Twitter en cours !), ou si sa venue ici laisse à craindre plus de répression, d’ouvertures d’enquêtes ou de procès expéditifs (CI, CRPC,..). Restons vigilant.es !

parce que... comme on peut l’écouter dans le rap antirep d’allume-toi...

"Le proc n’est pas une personne
c’est une guillotine qui veut ta tête
la gâchette d’une répression sanglante
un couteau sous la gorge qui persécute :
24h de garde-à-vue : c’est lui !
48h : c’est lui ! 72h : c’est lui !
96 : c’est lui ! L’accusation : c’est lui !
La peine : c’est lui ! Et le jugement : ce sera pas lui !
"

Fuck le proc !

A lire aussi...

Tire-au-flanc n°3 contre la guerre / contre l’exploitation – janvier 2025

Publié le 2025-01-25T13:45:40+01:00

TIRE-AU-FLANC N°3
A4 contre la guerre contre l’exploitation

Au sommaire :
– Les vautours après la tempête
– Misère de l’humanitaire
– Les rescapés des corons
– Brèves

À retrouver sur en pdf et dans les lieux de diffusions !

Tire-au-flanc-n3-4

LOUKANIKOS
Un local révolutionnaire à Rennes
OUVERT TOUS LES VENDREDIS DE 18h À 20H
Au square du 8 mai 1945Arrêt Héronière (C5)
mail : loukanikos_rennes@riseup.net

Les activités du local :

– L’élaboration d’un journal d’agitation, d’une revue, d’affiches et de tracts.

– Une bibliothèque subversive : des livres de théories critiques, sur des mouvements révolutionnaires, à emprunter ou consulter ainsi que des brochures ou textes choisis.

– Des lecture collectives : on prend un texte, un bouquin ou une brochure et on les décortique collectivement, on en discute, parfois on les traduit pour les propager après.

– Un ciné club : projection de bons et mauvais films, des productions de camarades, des blockbusters ou encore des curiosités, selons nos envies pour enrichir les imaginaires et en discuter ensemble.

– Un projet de radio : des podcasts sans transition,des lives publiques, dans un esprit de rupture.

 

 

Munich (Allemagne) : barbecue de fourgons de police

Publié le 2025-01-26 00:30:44

Dans la riche capitale de Bavière, la nuit de vendredi à samedi 25 janvier n’a pas été tout à fait ordinaire. Le maire de Munich, Dieter Reiter, qui en a pourtant vu d’autres depuis le perchoir où il administre ses sujets, s’est même fendu d’un communiqué officiel dans lequel il se déclare « horrifié ». Serait-il question dans ses propos d’une guerre au Moyen-Orient, ou de la civilisation techno-industrielle qui empoisonne la planète ? Pas le moins du monde. Mais c’est tout de même un cauchemar qui est venu secouer les endormis de la bonne société : un feu nocturne a réussi à se frayer un chemin jusqu’au seuil de leur porte. Puis il a goulûment ravagé les outils des larbins chargés de les protéger.

C’est vers 2 h 40, dans le quartier excentré d’Allach-Untermenzing, que des citoyens zélés ont commencé à alerter les pompiers, à propos d’un gigantesque incendie en cours du côté de la brigade cynophile. A leur arrivée, les 23 fourgons de police stationnés-là étaient déjà totalement enflammés, tandis le bâtiment (vide) de la brigade était en train de perdre ses vitres sous la chaleur. Les pompiers de Munich ont mis près d’une heure pour éteindre le tout, tandis qu’une cinquantaine de flics ratissaient en vain la zone à la recherche de suspects.

Cela ne surprendra personne, mais les autorités ont fort peu goûté le barbecue nocturne, et se sont empressées de multiplier les déclarations martiales au saut de lit. Le maire SPD (gôche) de la ville a précisé que « les soupçons penchent vers une attaque à motivation politique provenant du camp de l’extrême gauche », avant de dénoncer « une attaque contre notre démocratie », tandis que le ministre régional de l’Intérieur CSU (droite) a lâché un rôt sans s’excuser : « De mon point de vue, [cet incendie] présente déjà toutes les caractéristiques d’un acte terroriste », parce qu’il « vise spécifiquement ceux qui travaillent jour et nuit pour assurer la sécurité de nos citoyens ». Fermez le banc.

L’enquête a été confiée à la police criminelle de la ville, en collaboration avec le département n°4 de la police judiciaire, celui chargé des crimes contre la Sûreté de l’État (Staatsschutz). Et bien sûr, comme on est en Bavière, le grand quotidien régional a rajouté que « depuis six ans, des engins de chantier et des câbles électriques, des antennes-relais de téléphonie mobile et des installations ferroviaires brûlent à Munich », en se demandant s’il existait un lien avec cette attaque contre la police…

[Synthèse de la presse régionale allemande (BR24 & Süddeutsche Zeitung), 25 janvier 2025]

Plouédern (Finistère) : Soirée FRITES chez EVEL’UP

Publié le 2025-01-26 00:31:49

[Reçu par mail, 25 janvier 2025]

Soirée FRITES chez EVEL’UP

Cette nuit à Plouédern, un message a été adressé à l’entreprise EVEL’UP.
En effet, ses locaux ont été vandalisés, et la cible d’un incendie.

N’y voyez pas un acte malveillant, il s’agit de l’expression d’un amour flamboyant pour la paysannerie. Évidemment, EVEL’UP marche sur la tête et va a l’encontre des intérêts du monde paysan.
La question que l’on se pose : Qui engraisse qui ?
Un des enjeux primordiaux, qui a causé la colère de nombreux travailleurs agricoles, est la question du revenu.

Nous souhaitions saluer Philippe Bizien, patron d’EVEL’UP, engraisseur de paraît-il bientôt 26 000 porcs par an. Nous lui présentons nos félicitations pour s’être émancipé de la condition paysanne en s’élevant au rang de négociant. D’après www.pappers.fr il perçoit déjà des sommes astronomiques en cumulant les mandats dans différents organes de la filière porcine.

EVEL’UP participe à un modèle agricole où produire sur une seule ferme 26 000 porcs par an est envisageable. Un modèle agricole où un paysan se suicide tous les jours.

Pour nous, des petites FRITES parmi d’autres, cela est révoltant et inadmissible.

Nous avons, à notre sauce (la sauce barbecue), partagé ce soir l’intention d’abattre un élément d’un système violent et autoritaire.

Nous présentons nos sincères excuses pour les personnes endeuillées par toutes ces vitres brisées.

Forces Révolutionnaires Intergalactiques et Territoriales En Sauce (FRITES)

Vous pouvez consulter ce lien, ainsi que le document en pièce jointe.


Finistère : le collectif « FRITES » revendique un incendie contre le siège d’une coopérative agricole
Le Parisien, 27 janvier 2025

De lourds dégâts et un collectif au nom curieux possiblement derrière les faits. Un incendie survenu dans le siège social d’une coopérative d’éleveurs de porcs à Plouédern (Finistère) samedi a provoqué plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts et a été revendiqué sur Internet, a annoncé lundi la coopérative Evel’Up.

« Le bâtiment a résisté, les départs de feux ont été maîtrisés. Les locaux, imprégnés de suie et de gaz toxiques sont inutilisables pour plusieurs semaines. Du matériel a été détruit et une première estimation des dégâts s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros », a annoncé dans un communiqué la coopérative agricole, qui regroupe 680 éleveurs de porcs et emploie 116 personnes.

Evel’Up attribue cet incendie, intervenu samedi à 4 heures du matin, à des « activistes » qui auraient « fracturé des vitrages », puis introduit des « engins incendiaires dans le bâtiment principal » avant d’être mis en fuite par les alarmes. « Les gendarmes et pompiers ont confirmé le caractère criminel et intentionnel de cette action », a souligné la coopérative.

Aucune inscription ou lettre de revendication n’ont été retrouvées sur place, a précisé la coopérative. En revanche, un courrier de revendication daté de samedi et intitulé « Soirée FRITES chez EVEL’UP » a été publié en ligne sur le site infolibertaire.net.

Le courrier accuse Evel’Up d’aller « à l’encontre des intérêts du monde paysan », affirmant que la coopérative « participe à (…) un modèle agricole où un paysan se suicide tous les jours ». « Pour nous, (…) cela est révoltant et inadmissible », ajoute le groupe qui se surnomme Forces Révolutionnaires Intergalactiques et Territoriales En Sauce (FRITES).

Alfredo’s declaration and the hearing ended with a dismissal of all charges against all defendants for Sibilla trial in the preliminary hearing held on the 15th of January in Perugia. (Italy)

Publié le 2025-01-26 10:03:56

Act for free receive and spread :

PDF

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We publish the statements read by some of the anarchist comrades accused in the Sibilla trial in the preliminary hearing held on the 15th of January in Perugia. Amongst the defendants, is also Alfredo Cospito, who attended by videoconference from Bancali prison in (Sardinia) where he is locked up in the 41bis regime, who read a statement.

The hearing ended with a dismissal of all charges against all defendants, bringing to a conclusion an infamous case, which apart from aiming at the silencing of anarchist revolutionary publications, had a central role in Alfredo’s transfer to the 41bis regime. For a few hours Alfredo was able to hear the voices of his comrades, to see their faces, to speak, breaking the wall of silence in which they are trying to bury him. And this is certainly more stirring than any decision made by any state bureaucrat. In particular, Alfredo’s own words resonate as a powerful denunciation against the totalitarian horror of the 41bis regime. Those children’s handprints on the dividing glass in the visiting room should shake the consciences, of those who still have a conscience.

We do not know to what extent the intervention of the comrades in the courtroom somehow influenced the court’s decision not to venture into a shaky trial in itself. However, on January 15, it became clear that subsequent potential hearings would also undoubtedly provide an opportunity to intervene, breaking the wall of isolation of the 41bis, on behalf of Alfredo and the other accused comrades. Certainly, it should not take a trial like this one to initiate moments of mobilization against the international shame of 41 bis, and in Alfredo’s specific case, as of today the justifications for confinement in this special regime have one important piece missing. To make them pay the price for this contradiction, it is more urgent than ever to undertake other paths and revitalize initiatives against 41 bis and the warmongering and repressive policies of States.

Statement of Alfredo Cospito during the preliminary hearing for the “Sibilla Trial”

Today, you the representatives of the judiciary branch of this republic are putting us on trial for writing on the walls, for our words, for our books and magazines, forcing, as a matter of fact, anarchy into clandestinity. We are in good company, with this post-fascist government, censorship and repression are expanding to the entire social body, accelerating the transition from totalitarian democracy to a tragicomic opera regime. Saying this, I must thank you: after a year of silence, thanks to your embarrassing and anachronistic prosecution, I am allowed to express my thought publicly. Even if remotely, even if for the brief time of a blink of an eye, today I can tear off the gag, the medieval bridle of a 41bis that a moderate left-wing government applied to me years ago to silence an uncomfortable voice, for however minor and irrelevant, however surely an enemy of your democracy. These two years of special regime have most definitely opened my eyes to the true face of your law, of your constitutional rights, revealing to me a criminogenic system composed of an obscene, crude and murderous totalitarianism.

Today in this courtroom we are undergoing an inquisitorial trial based on an interview given through regular prison mail and not through a conversation with my sister in a prison visit as the prosecution wants us to believe, dragging her to the courthouse only for the mere fact of continuing undeterred to attend prison visits with her brother. It is a classic strategy of all authoritarian regimes, used regularly in the 41 bis regime, to burn all bridges with all emotional bonds at the exterior of the prison.

It is indicative, with every visit I attend, to see children’s handprints on the security glass that separates them from their fathers or mothers. But after all, what to expect from a democracy that puts children in prison?

Of course, I take full responsibility of the interview, which is the reason for which today I find myself in 41bis, after all I take full responsibility for all my writings, the last one in chronological order being a small essay on the MIL [1] experience in the post Francoist Spain, written in the High Security regime before being transferred to this grave for the living, which I am sure, has already been published or it is about to be.

And therein lies the particularity of this judicial story of mine. Placed in this regime to silence me permanently on charges of a “leading role”, as you define me in your contorted and twisted language. A nasty precedent, mine, with disturbing implications. Having succeeded in pushing through the thesis that an anarchist can play a leadership role, a role that is inherently authoritarian, thus incompatible with what is the very idea of anarchy, opens wide the gates of the 41bis to anyone who disturbs power, whether a single revolutionary or radical movement, as well as making abnormal prosecutions such as the one I have to witness today as a defendant, easier. I declare this because I firmly believe that my being transferred to 41bis regime and this very trial are fundamentally an attack on freedom of thought and freedom of press. This is the heart of the matter, the heart of this trial.

The dangerousness of the 41bis cannot be reduced to a ridiculous right-wing honcho who sets up a pathetic trap for an equally ridiculous political opposition (indicative in this regard is my other directed transfer two years ago from one section to another in view of the arrival of politicians from Rome to stage a little theatre with different actors on convenience)[2]. Its real danger is something far more obscure, a powerful instrument for a formidable repressive shortcut in the event of social conflict. What better way to silence radical movements and oppositions than an already active and tested emergency regime. A state of exception in which many rights are suspended, in which absolute censorship already tried and tested over decades of practice on the ground reigns. Who will be the first to experience this special regime on their own skin? The comrades who struggle for Palestine? The anarchists that continue to talk about a revolution? The communists who have never surrendered? Four of them are resisting with pride since dozens of years in this regime in the most absolute isolation, without ever bending over.

If the West’s imperialist war overflows by reaction from Ukraine’s borders and bursts on our doorsteps, if social conflicts exceed the sustainable limit of a shaky mechanism, or even if just the soft and gradual transition to a regime is not feasible, the 41bis, thanks to its very gloss of legality, will be the ideal repressive tool for a forced social anesthetization, a kind of castor oil to bring recalcitrant elements back in line, a gradual and lawful coup. And this would explain why an emergency regime is needed in the absence of a real emergency. To

[1] Iberian Liberation Movement – Movimiento Ibérico de Liberación

[2] Translator’s note: in January 2023, Alfredo Cospito was suddenly transferred in a new wing of Bancali prison. In the new wing Alfredo was “listened to” as he talked with prisoners sentenced for mafia association (the only prisoners he could actually talk to). The right-wing government, which had ordered the transfer to this new wing in the intent to set Alfredo up, instrumentalized the issue to underline Alfredo’s dangerousness and to propose an obscure theory of an alleged anarchy – mafia association. On the other hand, the left-wing opposition parties took Alfredo Cospito’s side, of course also in an instrumental manner.

[France] Sale mois pour les matons

Publié le 2025-01-26 13:52:29

Initialement publié sur un site d’un syndicat de maton

Petite liste non exhaustive d’attaques contre la taule et des gens qui y travaillent .

  
   
       
   

Non, nous ne serons jamais quittes

Publié le 2025-01-26 16:32:22

À lire ailleurs Genre - Féminismes Révoltes - Mouvements Sociaux

Non, nous ne serons jamais quittes


De septembre à décembre 2024 s’est tenu le procès dit “des viols de Mazan”.
Les médias, divers collectifs et personnalités politiques saluent en chœur une “prise de conscience historique”, capturant ainsi une colère largement partagée, et laissant croire que le modèle politique même qui produit les violences de genre serait capable de se remettre en question et de changer.

On ne s’est jamais vu, on ne s’est jamais parlé, mais quelque chose à travers Gisèle Pélicot nous a percutés. D’un coup, le temps s’est arrêté, et la vérité nous est apparue d’une manière si brutale qu’elle a tout éclairé de sa lumière crue : ce qui nous a construit, ce qui a toujours sonné faux et injuste , ce monde qui nous entoure, jusqu’à notre plus profonde intimité. Des déclencheurs, il y en a déjà eu, à travers nos histoires intimes ou d’autres affaires publiques. Cette fois, nous y faisons face dans la même profonde empathie pour Gisèle. On admire son courage de politiser son procès en refusant le huis-clos, de faire de son cas particulier une caisse de résonance. On se connecte à une colère latente à laquelle on s’accommodait presque et qui là, prend une autre dimension : on rompt avec une solitude, comme lorsqu’on lit un livre écrit par des inconnus et qui semble écrit pour nous. Une fenêtre s’est ouverte avec fracas, on a senti qu’on était nombreuses et nombreux à se dire : non, stop, plus jamais, ça doit s’arrêter maintenant. Malheureusement, le pas d’après, le pas politique, celui qui aurait pu donner suite à cet appel des tripes, fut bien vite étouffé par la machine institutionnelle. Comme un rendez-vous manqué.

Au début, on a tenu cette affaire à distance. Soit parce qu’elle nous faisait trop violemment écho, soit par saturation de la routine médiatique habituelle : l’accumulation de tragédies mises en équivalence finit par nous anesthésier, et tout devient juste « l’horreur de plus ». Ce dispositif nous maintient dans l’impuissance. Pourtant on y pensait chaque jour, c’était trop criant pour ne pas regarder les choses en face. On a donc fait le choix de ne pas réduire cette histoire à un énième fait divers glauque, ni a sa capture médiatique. Mais plutôt de se pencher sur ce qu’elle raconte de l’ordre des choses, pour y voir clair et se donner des armes.

On ne peut pas le nier, l’affaire fait événement, non seulement par le positionnement de Gisèle, mais aussi par sa dimension explicite : il n’y a jamais eu autant d’images et donc de preuves de viols (20 000 photos et vidéos archivées par son ex-mari), la soumission chimique rend l’absence de consentement indiscutable, et pourtant la négation du qualificatif de viols est largement partagée par les accusés. Ceux-ci sont nombreux et leurs profils ordinaires (51 accusés : un journaliste, un cadre, un infirmier, des militaires, électriciens, plaquistes, la plupart mariés et pères de familles).
Tout ces éléments dessinent de fait une contradiction d’apparence, certes déjà théorisée depuis longtemps, mais dont la démonstration prend une ampleur et une résonance exceptionnelles : la prédation se confondant avec la normalité, le violeur en « bon père de famille ». Coloniser le monde et les corps en les détruisant, tout en bénéficiant d’une place sociale, ce serait finalement juste la norme des rapports de genre et des rapports sociaux en général.
Mais ça ne suffit pas de le constater, il faut aussi en tirer les conséquences. La société en tant que telle est un système de prédation, on ne peut donc plus vouloir sa transformation mais sa destruction. Si on veut se battre contre ce modèle tout entier, il nous faut aller au bout de ce que cela implique : une révolution.

Pourtant, et au fond comme toujours, les termes du débat public autour de ce procès ne sont que des bâtons dans les roues d’une possible et réelle rupture avec ce monde : on nous parle de changer la société, les lois, les mentalités, d’exiger des peines maximales, une redéfinition juridique du viol, etc. Ce discours ne sert que le train-train réformiste, qui ne fait qu’enfermer à nouveau l’horreur dans le même cadre qui lui a permis de se produire. Il est là le foutage de gueule : pense-t-on vraiment que la Justice et l’État pourront nous apporter une quelconque consolation, une quelconque réparation ? On parle ici d’irréparable, pour Gisèle et pour toutes les autres. La Justice, c’est cette maîtresse d’école qui veut nous faire croire qu’un jour on sera quittes. Non, nous ne serons jamais quittes. Ceux qui attendaient quelque chose du procès, ont bien sûr été déçus. La justice et l’État seront toujours décevants, tout simplement parce qu’ils font partie du problème qu’ils prétendent régler, et que leur rôle ne sera toujours au fond que de maintenir la paix sociale. Pourquoi après un dévoilement aussi insupportable, ne nous sommes-nous pas toutes et tous retrouvés dans la rue pour attaquer les tribunaux, pour dire en actes : "on arrête tout" ? Parce que le réformisme est là pour étouffer la révolte, en prenant le problème en charge : voilà à quoi servent la justice et toute institution. Apporter des réponses toutes faites et améliorer la machine qui nous détruit, récupérer la colère pour la faire rentrer dans les clous. On nous promet des lendemains meilleurs derrière les mêmes barreaux d’une société qui ne se nourrit que de pouvoir, et voilà comment chacun rentre chez soi - avant même d’en être sorti.

Certains déplorent qu’il aura fallu une affaire aussi grave pour que les gens se rendent compte. C’est la différence entre le fait et l’événement : d’un côté on sait, de l’autre on éprouve. On les connaît les viols et les agressions sexuelles, on la connaît la violence que produit un monde patriarcal. Mais la reconnaître en nous et autour de nous, repérer ses schémas parfois insidieux, puis décider de dire non, ça n’est pas si simple et il faut parfois un événement pour passer le cap. Ça a été le cas de nombreuses personnes, bouleversées par Gisèle, qui ont chaque jour fait des kilomètres pour la soutenir, de celles qui grâce à elle ont trouvé la force de dépasser la honte ou le silence. De ces hommes, qui se sont décidés à remettre en question leur propre conditionnement d’hommes. Ou encore de toutes ces personnes qui ont, pendant ce procès, levé le voile sur leurs propres histoires, et réalisé qu’elles avaient elles-mêmes subi et intégré voire accepté cette violence dans leurs rapports.

Pas besoin d’aller très loin dans l’analyse pour comprendre comment la norme produit le viol. Déjà, la norme produit le genre et la hiérarchie de genre : le chemin est tout tracé. Arrêtons-nous un instant sur la production du rôle social féminin dans le modèle dominant hétéronormé - reproductible dans toute relation ne remettant pas en cause ce paradigme. « La femme » donc, doit intégrer et normaliser tout un tas de mécanismes, également rendus désirables, qui visent à être mise à l’entière disposition affective et sexuelle de l’homme. Être la propriété de l’homme, de gré ou de force. Être proie, de gré ou de force. On le vit dans la banalité du quotidien : intégration du devoir conjugal au détriment de son propre consentement, sexualité sous le régime du chantage ou de la culpabilité, priorisation du désir de l’homme au détriment du sien, sentiment d’avoir une dette sexuelle ou affective dans une situation intime ou sociale qui rend la possibilité du « non » très difficile (la drague ou le taf par exemple : je t’ai payé un verre ou je suis ton supérieur hiérarchique). Le pire c’est qu’on peut le vivre en s’en foutant (ou le croire), tellement on a pris l’habitude de se détacher de notre corps ( « c’est un mauvais moment à passer » ).

En somme, la règle c’est : être un objet au service de l’homme. Ou à l’image de l’homme (ce qui revient au même), lorsque ce qui est attendu d’une femme forte c’est de viser la place tout en haut de l’échelle. Cette objectivation est une opération du pouvoir : ranger les êtres dans des catégories binaires (l’homme/la femme , ou par exemple le blanc/le noir), et les placer sur une chaîne alimentaire soi-disant naturelle. Chaque identité devient alors un objet gouvernable, causant toujours un tort à l’étage du dessous. Voilà pourquoi cette affaire ne parle pas seulement de la domination homme-femme. D’abord parce que ce découpage même fait partie du problème, et qu’il n’y a pas que les femmes qui subissent la violence patriarcale. Si l’on veut la fin de cette domination, il nous faut voir bien au-delà d’une volonté d’égalité ou d’inversion des pôles. On doit viser la destruction pure et simple du système de domination comme rapport hégémonique entre les êtres. Et voir que celui-ci est certes un des piliers du modèle politique en place, mais pas le seul.

Pendant le procès, on a pu entendre ces réactions : « rendez-vous compte, les inculpés sont des hommes insérés dans la société, qui travaillent, qui ont des vies de familles. » C’est peut-être le moment de voir le lien et de remettre en cause la société et ses plus fidèles collaborateurs, comme la famille ou le travail, et de les regarder comme ce qu’ils sont vraiment : des institutions qui nous soumettent à leur emprise. Institutions dont on est obligé de jouer le jeu si on veut avoir droit à une existence sociale, voire à une existence tout court. Le prix à payer : l’enfermement dans des rapports de merde, et un engagement à les reproduire. Le travail, entreprise de soumission à une économie basée sur la contrainte, l’exploitation et la destruction, n’a par définition rien d’incompatible avec la prédation. On peut en dire autant de la famille : assignation à une appartenance non-choisie, dont la cellule fermée et sa valorisation permettent une division entre une façade sociale pour laquelle il suffit de jouer son propre rôle (le « bon père de famille »), et un noyau intérieur dont l’opacité sacrée est propice aux secrets et à la violence. Être « inséré » dans la société signifie bien jouer le jeu de cette économie de la soumission généralisée : produire de la valeur économique et sociale pour faire tourner l’industrie de la normalité, en fermant les yeux sur ce que cela implique vraiment. C’est bien là le principe de tout ce qui institue et normalise : ne jamais questionner le sens de ce qu’on fait, et ainsi reproduire sans cesse du pouvoir. L’institution, c’est cette emprise qui fait le ciment de la société. Il n’y a qu’en dynamitant les deux que d’autres rapports au monde pourront se trouver.

Cette affaire doit nous donner le courage de nous organiser pour faire face à cette guerre qui nous est faite, quel que soit notre genre, tant que quelque chose en nous résiste. L’ennemi qu’on affronte revêt bien des visages. Les prochains conflits seront à chaque fois une occasion de lui porter des coups et de trouver d’autres manières d’agir contre cette logique dévastatrice. On peut arrêter de subir et trouver des prises ensemble. Il n’y a pas de formule magique, les lignes de front sont face à nous et parfois entre nous. Mais partager une appartenance révolutionnaire et avoir un horizon commun, c’est déjà un bon début : on peut choisir de se subjectiver autrement que par toutes les catégories qui nous ont été assignées - bien qu’elles existent et que tout dans ce monde veut sans cesse nous y ramener. On peut choisir de se lier avec des camarades de tous genres sur des bases de refus communs politiques et éthiques, et en chemin se réapproprier les questions de l’amour, de l’amitié, de l’intimité. Ça ne signifie pas que les rapports de genre disparaîtront, mais c’est dans un commun politique que l’on peut puiser les ressources pour affronter ces enjeux. Il y a aussi de la joie à chercher dans les interstices du pouvoir des amitiés qui se nourrissent d’une confiance et d’une estime politique qui dépassent nos particularismes, et à se mettre en jeu ensemble quand s’ouvrent des batailles.

La moindre des réponses à cette affaire, ça aurait été un soulèvement. Aucune histoire, aucun déclencheur ne se ressemble, mais on a en tête l’exemple des émeutes et des occupations de fac au Mexique en 2019, en réaction aux féminicides quotidiens, et au viol d’une fille de 17 ans par 4 flics. L’appel que certains d’entre nous ont ressentis à travers Gisèle, c’est un commun de résistance, mais bizarrement sans espace à sa mesure pour le politiser et éprouver ensemble ses conséquences. Malgré cela, on s’est formulé à soi une promesse, une amorce de désertion : il y a des choses qu’on n’acceptera plus, dans l’intime comme dans tout espace de la vie. On sait que ces refus sont partagés quelque part et qu’ils peuvent à la moindre étincelle nous mettre en mouvement. On veut les prendre au sérieux et leur donner un prolongement, non pas pour améliorer ce monde, mais pour en sonner la fin.

Le vacarme médiatique a couvert de son bruit le message de cet événement. Mais il nous est parvenu, silencieux et souterrain. Gardons précieusement en nous ce qu’il n’a pas pu exprimer, chérissons cette colère qui nous a regardés droit dans les yeux, et à la prochaine occasion, retrouvons-nous pour enfin lui donner corps. Non, nous ne serons jamais quittes, et la prochaine fois, ce sera le feu.

604.cafe

Fight tesla, fight fascism

Publié le 2025-01-26 19:15:50
Infos locales Antifascisme – Extrêmes droites

[Nancy] Prochaine séance du séminaire antifasciste "Mario Club"

Le séminaire antifasciste Mario Club se tient un samedi par mois. Il a pour but de former toutes les personnes qui le souhaitent à l’histoire du fascisme et de l’antifascisme.
Prochain rendez-vous le samedi 13 décembre, de 10h à 12h

2025-01-26 11:11:34

Publié le 2025-01-26T12:11:34+01:00

Savenay (Loire-Atlantique) : Les fachos ne sont pas les bienvenus !

Désagréable découverte, ce vendredi matin 24 janvier, à la mairie de Savenay. Les murs de l’hôtel de ville ont été tagués de messages insultants et menaçants. […] D’après nos informations, ces tags feraient référence à la tenue, samedi 25 janvier, à Savenay, d’une réunion des instances départementales du Rassemblement national de Loire-Atlantique, pour la galette des rois du RN. Elle se déroule au centre sportif. […] La mairie de Savenay doit être bientôt inaugurée. Les murs tagués étaient fraîchement refaits.

Extraits d’Ouest-France / vendredi 24 janvier 2025

https://attaque.noblogs.org/post/2025/01/25/savenay-loire-atlantique-les-fachos-ne-sont-pas-les-bienvenus/

 

Pas de technologie Tesla à Nantes !

Publié le 2025-01-26T20:37:47+01:00

A l’ouest de Nantes, près du pont de Cheviré… Un projet de parc de stockage d’électricité par batteries… Sur les images c’est propre, c’est blanc. Le plus grand parc de France nous dit-on. Et patati et patata… Surtout, les batteries sont signées TeslaMegapack… Pour recharger des TeSSla ? Cela ne sent pas bon, ça pue.
Aujourd’hui, après le salut nazi du patron, à l’heure de tourner définitivement le dos au réseau X, de rayer ou taguer des bagnoles Tesla… Allons-y voir de plus près ! Livraison annoncée pour l’hiver prochain.

Quelques articles sont parus ici ou là ces dernières semaines (Ouest-France, Le Figaro). En voici un publié sur le site du port…
https://www.nantes.port.fr/fr/actualites/le-plus-grand-parc-de-stockage-delectricite-sinstalle-chevire