Vive l'Anarchie - Semaine 03, 2026

Sommaire

Insurrection en Iran : discussion et perspectives de soutien.

Publié le 2026-01-19 13:06:21

Rendez-vous jeudi 22 janvier à l’impasse à18H30 pour parler de la situation actuelle en Iran et discuter de perspectives, depuis un point de vue anti-autoritaire/anarchiste/anarco-communiste, etc..



Depuis un peu plus de vingt jours a éclaté en Iran une nouvelle phase de révolte face au pouvoir. Celle-ci est rapidement devenue extrêmement massive, se transformant en une situation insurrectionnelle à l’échelle du pays. Face à ça, le pouvoir capitaliste de la république islamique a répondu par une coupure totale d’internet, permettant d’entamer un répression sans bornes de la population : à l’heure ou nous écrivons ces lignes, et alors même que les informations ont énormément de mal à nous parvenir, des ONG parent de 12 000 morts.
Nous proposons de se retrouver le jeudi 22 Janvier à 18h30 à l’Impasse pour parler de la situation actuelle, échanger les informations qu’on a, et débattre de perspectives - notamment celle de faire exister une ligne de soutien anti-autoritaire aux insurgé.e.s ici.
On pense que c’est important à l’heure où l’Etat iranien essaie de faire disparaitre toute image de ce qui se passe et que la population se retrouve menacée par les intérêts des bourgeoisies iranienne et américaine. On affirme que ni le régime des mollahs, ni la monarchie du chah ne sont des solutions libératrices, ni d’ailleurs aucune autre solutions étatique ou bourgeoise.
Si tu te retrouves dans ces perspectives, retrouvons-nous et discutons ! Hésite pas à amener des documents ou sources qui permettent de comprendre un peu mieux la situation. C’est possible d’amener des petits trucs à boire et à manger, aussi.

Contre tous les massacres, tous les pouvoirs et tous les Etats : communisme maintenant.

Le nord de Minneapolis chasse l'ICE - Un compte rendu de première main de la réponse à un autre tir de l'ICE

Publié le 2026-01-19 13:11:26

Il y’a plusieurs mois on vous relatait les soulevements à Los Angeles contre les mesures fascistes de Trump en matière d’immigration via des traductions de textes de première main sur les évenements. Aujourd’hui, après des mois d’occupation fédérale par les milices ICE dans tous le pays et l’assassinat de Renee Good par un de leur mercenaire, nous vous proposons la traduction d’un article paru sur Crimethinc qui relate la soirée d’émeute qui a vu Minneapolis se soulever contre le fascisme.



Après que les agents de l’immigration et des douanes aient tiré sur au moins une personne dans le nord de Minneapolis la nuit du 14 janvier, une foule s’est rassemblée et les a affrontés, franchissant le rubalise jaune qu’ils avaient mis autour de la zone. La police a renforcé les milices fédérales, les rejoignant pour tirer une énorme quantité de gaz lacrymogène et de grenades flash-bang sur les manifestant-es ainsi que sur les voitures et les maisons dans le quartier résidentiel. Néanmoins, les flics ont perdu le contrôle de la zone et se sont retirés, cédant les rues à celleux qui les avaient défiés.

Dans leur fuite, les agents de I’ICE ont abandonné plusieurs véhicules. Les manifestant-es ont ouvert les véhicules et trouvé des cartes d’identité, des papiers, des plaques d’immatriculation, des plans opérationnels, du matériel tactique et d’autres articles. Des images de manifestant-es récupérant ce matériel ont été diffusées en direct sur Internet.

Cela fait suite au meurtre atroce, une semaine plus tôt, de Renee Good, perpétré par l’agent de l’ICE Jonathan Ross en pleine lumière du jour et filmé sur plusieurs vidéos. Vous pouvez lire un compte rendu de la façon dont les manifestant-es ont répondu ici.

Au cours du dernier mois et demi, le régime de Trump a envoyé de plus en plus de troupes dans les "Twin Cities" [1] parce qu’il sait que ce qui se passe là-bas a des implications pour l’ensemble du pays—et parce qu’il perd. Si la bataille de Minneapolis en hiver 2026 se déroule comme la bataille de Portland à l’été 2020, cela ne présage rien de bon pour la capacité de Trump à conserver le contrôle par la force brute.

Il est important de noter le rôle que la police locale de Minneapolis a joué dans l’agression des manifestants ce soir, malgré le fait qu’elle obéisse à un gouvernement démocrate de la ville qui s’est opposé à l’ICE. La police à travers le pays a joué un rôle essentiel en permettant à l’ICE de terroriser les communautés. Sans l’aide et le soutien continus des services de police locaux, les agences fédérales auraient déjà été dépassées par les mouvements de protestation. Lorsque les politiciens démocrates prétendent qu’ils doivent « maintenir l’ordre », ils tentent de se positionner comme des partenaires secondaires dans la consolidation du fascisme. Il peut être dans leur intérêt de « maintenir l’ordre » alors que des milices enlèvent et assassinent des gens, mais ce n’est pas notre cas.

Nous offrons ici un compte rendu anonyme de première main des manifestations suite à la fusillade de North Minneapolis.

Les manifestant-es ont retrouvé sur les véhicules ICE abandonnés ces « pièces de défi » que les mercenaires ICE reçoivent lorsqu’ils enlèvent des personnes. Cette « pièce » est décorée d’un crâne portant une couronne. Les mercenaires de l’ICE servent le roi mort.

Il me restait deux heures de travail quand mon téléphone a commencé à surchauffer. Plusieurs camarades ne savaient pas où j’étais et pensaient que je pourrais être dans la rue.

« Où es-tu ? »

« Tu vas bien ???? »

« Des coups de feu ont été tirés au 24 et Lyndale »

« Ils viennent de tirer sur une autre personne »

Chaque discussion de groupe parlait de la même chose. Toutes sortes de rumeurs circulaient. Ont-ils tiré sur une ou deux personnes ? Les victimes étaient-elles vivantes ou mortes ? Quelqu’un a dit que l’ICE avait tiré sur un garçon vénézuélien de 12 ans à la jambe. Quelqu’un d’autre a dit que la victime se cachait dans sa maison de peur d’être arrêtée et avait désespérément besoin de soins médicaux. Je ne savais pas quoi croire.

C’est toujours comme ça quand une nouvelle urgence se produit. Au cours des 45 derniers jours d’occupation fédérale, se frayer un chemin à travers le brouillard de guerre pour découvrir ce qui vient de se passer est devenu une sensation familière. Quelqu’un m’a envoyé un livestream d’une foule s’enfuyant alors que les agents de l’ICE tiraient des grenades lacrymogènes et des flashbangs sur elles.

Le temps a ralenti subrepticement. Je me suis dépêché pour finir la corvée sur laquelle je travaillais aussi vite que possible. Quand j’ai senti que je pouvais partir, j’ai dit à mes collègues que j’avais une urgence familiale et que je devais partir tôt. J’ai sauté dans ma voiture et j’ai vérifié chaque intersection sur le chemin de 24th and North Lyndale.

Je suis tombé sur une équipe de médic à deux pâtés de maisons au nord de la foule. Ils m’ont dit ce qu’ils avaient vu avant que j’arrive. ICE avait attrapé deux enfants soupçonnés de leur lancer un feu d’artifice—20 mecs masqués s’étaient précipités pour attraper les enfants, avant de les relâcher une demi-heure plus tard sous la pression intense du reste de la foule. Les médecins m’ont averti qu’ils allaient partir avant que les flics ne commencent à arrêter en masse les gens. À leur avis, je marchais dans un boubier. L’air puait déjà la lacrymo.

À la 24e rue, j’ai trouvé une foule d’environ cent personnes face à une ligne d’escarmouche de flics en tenue anti-émeute du département de police de Minneapolis. Les fédéraux étaient déjà partis et avaient remis la situation dans les mains des flics locaux. Quelqu’un battait lentement un tambour. À ma droite, des enfants se sont levés sur une pelouse surélevée devant la maison, criant « Fuck ICE ! » et « Fuck 12 ! » au MPD. Quelqu’un brandissait une bombe lacrymogène qui avait été tirée sur eux, le montrant à ses amis. Une équipe de télévision était là. Ils ont essayé de me parler. J’ai taillé mon chemin à travers la foule pour m’éloigner des caméras. Au-delà de la ligne d’escarmouche, à un bloc au sud sur Lyndale près de la 23e rue, j’ai entendu des bruit du verre brisé.

Je me suis replié et j’ai fait le tour du pâté de maisons. Je suis sorti de l’autre côté de la ligne d’escarmouche. Il y avait aussi une foule de jeunes de ce côté. Ils défoncaient deux SUV que j’ai immédiatement reconnus comme des véhicules ICE à leurs fenêtres noircies et leurs plaques hors d’état. Les gars brisaient les fenetres de la voiture. Quelqu’un affichait fièrement un grand drapeau mexicain. Quelqu’un a sauté sur le capot et a écrasé le pare-brise avec son pied. Quelqu’un, avec une bombe de peinture rouge, taguait « HANG KRISTI NOEM » sur le côté de l’autre voiture.

Un graffiti identifi les mercenaires de l’ICE pour ce qu’ils sont : des nazis.

Quelques personnes ont sorti un coffre-fort verrouillé ansi qu’une arme à feu du coffre d’une des voitures. Quelqu’un a jeté un kit de prise d’empreintes digitales par terre. Quelqu’un d’autre fouillait dans un dossier de documents à un rythme frénétique, prenant des photos de chacun avec un téléphone portable. Il y avait un masque facial ICE dans la porte côté conducteur du SUV le plus proche. Bien rangé, il y avait un grattoir à glace sur le sol du véhicule.

Soudain, j’ai entendu un grand bruit derrière moi. Le goût familier et âcre de la bombe lacrymogène a rempli mes narines. J’ai commencé à courir vers le sud avec le reste de la foule. Quand nous sommes arrivés à la l’intersection suivante, je me suis retourné et j’ai vu que les flics se retiraient, tirant des projectiles sur la foule alors qu’ils se déplaçaient vers l’Est. La foule a pris ses marques et nous avons fait demi-tour et couru jusqu’à la 24e rue. Il y avait de tels nuages de gaz lacrymogène à l’Est de nous que je ne pouvais plus voir les flics.

“This is one ! This is ICE !” J’ai entendu quelqu’un crier avec excitation. Elle pointait du doigt un autre SUV argenté garé sur la 24e. J’ai vérifié les plaques dans la base de données des véhicules ICE que les militants conservent, j’ai vu qu’elle avait raison, et je me suis instantanément senti bête d’avoir fait du travail administratif au milieu d’une émeute. Quelqu’un a commencé à exploser l’une des vitres latérales avec le grattoir à glace qui était dans le véhicule précédent, en frappant aussi fort que possible. Après quelques coup chancelants, il y a eu un craquement satisfaisant. Les gens autour de moi ont commencé à donner des coups dans les fenêtres aussi. Quelqu’un a ouvert la porte côté conducteur et a lancé un pétard à l’intérieur.

Un cameraman trop zélé—je ne pouvais pas dire si c’était le même gars que quand je suis arrivé— s’est frayé un chemin à travers la foule pour obtenir une photo du véhicule ICE. « Pas de vidéo ! » lui a t-on crié. « Si vous le laissez prendre des photos de cette merde, quelqu’un va aller en prison ! » Quelques personnes ont encouragé avec force le caméraman à faire demi-tour et à quitter la zone.

Quand les gaz lacrymogènes se sont dissipés, j’ai vu que les flics étaient partis. Cela semblait trop beau pour être vrai. J’ai couru sur quelques pâtés de maisons pour inspecter le périmètre. Ils étaient introuvables.

Je suis retourné à l’endroit où se trouvaient les deux véhicules ICE détruits. Une ambiance de fête de quartier s’était installée. Les gens lançaient des feux d’artifice. Quelqu’un essayait de forcer l’ouverture de l’étui à arme. Quelqu’un dansait à nouveau sur le toit d’un véhicule pendant que quelqu’un d’autre lançait « I Don’t Fuck With You » par Big Sean. Les jeunes ont fait passer une bouteille de Hennessy. Une voie de circulation s’était ouverte. Certains automobilistes de passage ont levé leurs poings par la fenêtre et ont crié « FUCK ICE ! »

« Je suis tellement fier de ma ville, » me suis-je retrouvé à murmurer à haute voix. Après sept semaines d’atrocités aux mains de ces fascistes, les gens se battaient enfin. J’ai pensé aux libéraux qui étaient chez eux en train de se tordre les neurones pour savoir comment nous étions entrain de donner aux fédéraux une excuse pour nous réprimer (n’ est-ce pas ce qu’ils été déjà être en train de faire ?) et de poster sur Facebook à propos de notre « violence inouïe ». Les nouveaux camarades avec lesquels je faisais la fête autour des véhicules pillés me semblaient parfaitement éloquents.

Le soulèvement de George Floyd en 2020 n’a jamais été très loin. Son spectre a hanté Minneapolis tout au long de ce qui s’est passé pendant le dernier mois et demi. Ce soir, le 14 janvier, il a finalement repris une forme corporelle. Les gens se souviendront de ce soir comme la salve d’ouverture de la contre-attaque du peuple contre une invasion fasciste.

Quand l’histoire sera écrite comme elle devrait l’être, ce ne sera pas notre férocité, mais plutôt la modération et la longue patience des Twin Cities qui feront hocher d’émerveillement la tête aux gens.



Notes

[1Le terme « Twin Cities » aux États-Unis désigne les villes de Minneapolis et Saint Paul, qui sont situées dans le Minnesota. Ces deux villes sont situées sur des côtés opposés du fleuve Mississippi et forment ensemble une zone métropolitaine importante.

Attaque fasciste contre le Centre Culturel Libertaire de Lille

Publié le 2026-01-19 13:16:25

Jeudi 16 janvier 2026, le Centre Culturel Libertaire (CCL) de Lille a été la cible d’une attaque menée par une dizaine d’individus se revendiquant de l’idéologie nazie, alors qu’un concert s’y tenait. Cette attaque n’est ni un fait isolé, ni un simple « incident » : elle s’inscrit dans une offensive politique délibérée de l’extrême droite contre nos lieux, nos corps et nos idées.

Le CCL est un lieu anarchiste, antifasciste, autogéré, un espace essentiel de la vie culturelle, militante et populaire lilloise. On y construit des solidarités, on y débat, on y crée, on y résiste. S’attaquer au CCL, c’est s’attaquer à tout ce qu’il représente :

Cette attaque fait écho à de nombreuses agressions récentes visant des personnes racisées, LGBTQIA+, des militant·es, des lieux culturels et sociaux, partout en France. Elle rappelle une évidence : le fascisme ne débat pas, il attaque. Il cherche à intimider, à faire taire, à isoler. Il teste le terrain.

Nous ne céderons pas.

Nos lieux sont des bastions de résistance, des espaces de respiration face à un climat politique de plus en plus étouffant, nourri par les discours racistes, sécuritaires et autoritaires. Les laisser tomber, ce serait laisser gagner la peur.

La réponse doit être collective, déterminée et solidaire, à Lille comme ailleurs. Pour la préservation de nos lieux de rassemblement, pour nos libertés, pour nos luttes, organisons-nous, soutenons-nous, faisons front.

Face aux fascistes : pas de neutralité, pas de silence. Solidarité antifasciste.

Carrara, 24 gennaio: Fuori Alfredo dal 41-bis! Dibattito per rilanciare dei momenti di mobilitazione

Publié le 2026-01-19 13:21:31

Carrara, 24 gennaio: Fuori Alfredo dal 41-bis! Dibattito per rilanciare dei momenti di mobilitazione

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Riceviamo e diffondiamo:

Scarica la chiamata in pdf: fuori alfredo dal 41 bis dibattito per rilanciare dei momenti di mobilitazione sabato 24 gennaio 2026 a carrara imp

Scarica la locandina in pdf: carrara-24-gennaio-2026

Fuori Alfredo dal 41 bis: dibattito per rilanciare dei momenti di mobilitazione. Sabato 24 gennaio 2026 a Carrara

Se la guerra imperialista dell’Occidente tracimerà per reazione dai confini dell’Ucraina irrompendo nelle nostre case, se i conflitti sociali supereranno il limite sostenibile di un meccanismo traballante, o anche solo se la transizione morbida e graduale in regime non sarà praticabile, il 41 bis grazie proprio alla sua patina di legalità sarà lo strumento repressivo ideale per un’anestetizzazione sociale forzata, una sorta di olio di ricino per rimettere in riga i recalcitranti, un golpe graduale e a norma di legge (Alfredo Cospito, dichiarazione durante l’udienza preliminare del procedimento “Sibilla”, 2025).

Ore 16:30 – Dibattito sulla reclusione di Alfredo Cospito in 41 bis al fine di rilanciare nuovi momenti di mobilitazione

Mentre gli Stati si attrezzano per la guerra, prosegue l’offensiva repressiva contro il “nemico interno” e particolarmente contro gli anarchici, un nemico da debellare perché da sempre in lotta contro lo Stato e il capitalismo. Il regime detentivo del 41 bis contro i rivoluzionari è tra le massime espressioni di quest’offensiva. Con l’approssimarsi del momento in cui il Ministero della giustizia potrà esprimersi sul rinnovo della reclusione di Alfredo in 41 bis, è quindi importante mantenere delle occasioni di confronto al fine di sviluppare delle iniziative che possano rinnovare e dare respiro alla nostra lotta.

A seguire aperitivo a buffet per sostenere le spese relative al processo sulla manifestazione del 28 gennaio 2023 a Trastevere, per cui il “Gruppo antiterrorismo” della procura di Roma ha ottenuto il rinvio a giudizio di 13 imputati/e per resistenza a pubblico ufficiale e porto di armi o di oggetti atti a offendere, con numerose circostanze aggravanti.

Circolo Culturale Anarchico “G. Fiaschi”, via Ulivi 8/B, Carrara

E-mail: circolofiaschi@canaglie.org

* * *

Alleghiamo il testo che segue come contributo al dibattito.

Una breve panoramica e qualche considerazione sulla lotta contro il 41 bis e la repressione anti-anarchica nell’ambito delle politiche di guerra dello Stato italiano

Un anno fa a Perugia è stata emessa la sentenza di non luogo a procedere al termine dell’udienza preliminare del cosiddetto procedimento “Sibilla”, diretto dalla DDAA del capoluogo umbro e coordinato dalla DNAA con sede a Roma, nei confronti di Alfredo Cospito, attualmente prigioniero nel carcere di Bancali (in Sardegna), e di altri 11 anarchici e anarchiche. Le accuse: istigazione a delinquere pluriaggravata, e con finalità di terrorismo, perlopiù in relazione alla pubblicazione del giornale “Vetriolo” e di altri testi. “Siamo stati inquisiti non per delle parole in libertà, o qualche scritta sul muro, ma per quello che siamo: anarchiche e anarchici coerenti. Questa ennesima operazione repressiva va a colpire, tra le altre cose, un giornale anarchico e rivoluzionario come ‘Vetriolo’, che in un periodo pregno di rivolte (e quindi di occasioni da non mancare) e di confusione ideologica ha continuato imperterrito a fomentare lotta di classe in un’ottica anarchica ed insurrezionale”, scrisse Alfredo nel 2021. Quella di Perugia è stata l’ultima circostanza in cui il compagno ha potuto esprimersi, sebbene in videoconferenza dal carcere di Bancali (in Sardegna), squarciando la coltre di isolamento del regime detentivo previsto dall’art. 41 bis dell’ordinamento penitenziario. Uno tra i regimi carcerari più afflittivi esistenti in Europa, che gli è stato imposto per metterlo a tacere e per dare un monito – nell’ambito dell’allora crescente clima bellicista – alle componenti più avanzate sul terreno della lotta rivoluzionaria e anche a tutte le forme di conflitto radicale.

In quella come in altre occasioni gli esponenti della nuova inquisizione di Stato hanno parlato a gran voce di capacità “istigatorie” e “orientative” in un ambito come quello del movimento anarchico, da sempre fautore di un’ostinata e radicale autonomia di pensiero e di azione. Un’affermazione che fa il paio con l’aver sostenuto nel processo “Scripta Manent”, svoltosi a Torino, delle condanne per “strage politica” in relazione a una strage senza strage attribuita senza prove (il duplice attacco esplosivo contro la Caserma Allievi Carabinieri di Fossano, 2 giugno 2006), nel paese in cui dagli anni Sessanta le stragi, quelle vere, le hanno perpetrate sempre gli apparati dello Stato e della NATO, coadiuvati dai neofascisti.

Assieme alla condanna per associazione sovversiva con finalità di terrorismo o di eversione dell’ordine democratico nel processo d’appello a Torino (2020), l’operazione “Sibilla” (2021) è stata determinante nel trasferimento in 41 bis di Alfredo Cospito, già condannato per il ferimento – in una splendida mattina di maggio del 2012 – dell’amministratore delegato di Ansaldo Nucleare, tra i principali responsabili del nucleare in Italia ed Europa. Un’azione rivendicata durante il processo tenutosi a Genova l’anno seguente. È quindi venuta meno una delle basi giudiziarie e repressive che sostenevano l’imposizione di quel regime di tortura. Tuttavia, naturalmente, non ci facciamo illusioni sulla facoltà del Ministero della giustizia nel trovare nuove e sempre più “fantasiose” motivazioni a sostegno della permanenza di Alfredo in 41 bis.

A partire dal trasferimento in 41 bis (5 maggio 2022), veniva avviata una mobilitazione che nel corso dei mesi seguenti assumeva una dimensione internazionale. Con l’esito del processo “Scripta Manent” in Cassazione (6 luglio), che rinviava alla Corte d’appello di Torino la definizione dell’entità delle condanne in relazione alle sole posizioni processuali di Anna Beniamino e Alfredo Cospito, per i due compagni condannati (anche) per “strage politica” si prefigurava la seria possibilità di una pena molto estesa. Rispettivamente, a 27 anni e 1 mese e all’ergastolo con 12 mesi di isolamento diurno, come richiesto dal procuratore generale di Torino. Pertanto, l’imposizione del 41 bis e la possibile condanna all’ergastolo ostativo significavano un’intenzione di annientamento totale.

Mesi dopo (20 ottobre 2022) Alfredo iniziava un lunghissimo sciopero della fame contro il 41 bis e l’ergastolo ostativo, interrotto solo dopo oltre 180 giorni (19 aprile 2023) a seguito del pronunciamento della Corte costituzionale sulla normativa inerente l’applicazione dell’ergastolo come pena fissa in circostanze processuali come quella presentatasi a Torino per “Scripta Manent”. Il movimento di solidarietà internazionale sviluppatosi negli anni 2022-’23, grazie alle contraddizioni generatesi in pressoché tutti gli ambiti istituzionali e repressivi, ha quindi impedito una condanna all’ergastolo ostativo per Alfredo e ampiamente ridotto quella richiesta per Anna, gettato luce sulla natura di un regime detentivo di tortura prima di allora intoccabile, messo un serio bastone tra le ruote della macchina della repressione che ci riguarda tutti. Azioni dirette e rivoluzionarie, uno sciopero della fame a oltranza, iniziative nelle carceri di mezzo mondo, manifestazioni in ogni dove. Impeti di dignità che non hanno riguardato solamente le sorti processuali e detentive di qualche anarchico recluso.

La rappresaglia dello Stato dopo la mobilitazione l’abbiamo vista negli ultimi anni con alcune operazioni repressive, particolarmente “Scripta Scelera” dalla DDAA di Genova (mirata contro il quindicinale “Bezmotivny”), “City” dalla procura di Torino e “Delivery” dalla DDAA di Firenze (che ha coinvolto compagni tra Faenza, Pisa, Carrara e le Alpi Apuane), nonché con l’avvio di indagini e processi a Roma, Milano, Bologna, in Sardegna e altre località. Analogamente, gli organi antiterrorismo e la magistratura stanno tutt’oggi dando seguito agli esiti finali del processo “Scripta Manent” anche nei confronti dei compagni condannati per istigazione a delinquere (sempre con l’aggravante della finalità di terrorismo) in relazione alla pubblicazione dell’ultima edizione di “Croce Nera Anarchica” e alla gestione di alcuni siti internet. Si vedano in questo senso la perdurante reclusione di Lello Valitutti agli arresti domiciliari e il recente mandato di arresto europeo per Gabriel Pombo da Silva, in Spagna, che ha già trascorso decenni nelle carceri tedesche e spagnole, dove peraltro ha scontato 2 anni e 8 mesi in eccesso. Un arresto, quest’ultimo, che nonostante le forze repressive nostrane abbiano “cantato vittoria” strombazzando la notizia tramite i mass-media, non è stato convalidato dalla magistratura spagnola (che ha solo imposto alcune restrizioni).

Mentre gli Stati si attrezzano per la guerra e i profitti per gli armamenti crescono a dismisura, mentre si sprecano le parole a giustificazione del genocidio a Gaza, mentre assistiamo alle consuete chiacchiere sulle stragi sul lavoro a difesa degli interessi dei padroni, mentre con l’attuazione dell’ennesimo decreto sicurezza viene portato un ulteriore attacco al conflitto sociale… prosegue l’offensiva repressiva contro il “nemico interno”, nel caso degli anarchici un nemico da debellare perché da sempre in lotta contro lo Stato e il capitalismo, senza compromessi né mezze misure. Il 41 bis contro i rivoluzionari è precisamente una tra le massime espressioni di quest’offensiva. Con l’approssimarsi del momento in cui il Ministero della giustizia potrà esprimersi sul rinnovo della reclusione di Alfredo in 41 bis, è quindi importante mantenere delle occasioni di confronto al fine di sviluppare dei momenti di mobilitazione che possano rinnovare e dare respiro alla nostra lotta.

Alpi Apuane – Carrara, gennaio 2025

Affaire du 15 juin : suivi

Publié le 2026-01-19 13:26:22

Cinq ans après le 15 juin 2021, un procès se tiendra à Limoges les 19 et 20 mars 2026, au cours duquel deux personnes vont être jugées pour des faits de « destruction ou dégradation du bien d’autrui par moyens dangereux pour les personnes » et « association de malfaiteurs », en rapport avec l’incendie de huit véhicules d’ENEDIS et de deux antennes-relais de téléphonie mobile et de télévision. Faisons du procès de Limoges celui des technologies du numérique.





Archives de l’affaire

2023

Affaire du 15 juin : inculpé à tort mais solidaire !
F. est sous contrôle judiciaire depuis sa mise en examen le 15 juin 2021. Actuellement son CJ, après quelques allégements, est : pointer une fois par mois chez les gendarmes, ne pas rencontrer les deux autres personnes mises en examen et ne pas se rendre à des manifestations publiques... Ces lignes sont le fruit de ses réflexions qu’il souhaite partager.

2022

Affaire du 15 juin : sortir du silence
Quinze mois se sont écoulés depuis les arrestations du 15 juin 2021 en Limousin. Les mois passent, le dossier des trois mis en examen a dû s’alourdir de procès-verbaux. Sensation de surplace qui entrave la vie de nos trois ami.es, dont celle de Marie-Claire.
Affaire du 15 juin : un an déjà
Pour marquer « l’anniversaire » des arrestations du 15 juin 2021, deux des mis.e.s en examen ont pris la parole pour dénoncer leur situation : un contrôle judiciaire qui, depuis un an, les empêche de vivre leur relation amoureuse.
Affaire du 15 juin : où en sont nos camarades ?
Retranscription de l’interview réalisée par Radio Vassivière, de Marie-Claire, l’une des trois mis.e.s en examen pour l’affaire du 15 juin, enrichie de quelques réflexions.
En pièces-jointes, deux documents permettront d’avoir les dernières nouvelles (dont des bonnes, enfin). L’un concerne les contrôles judiciaires, le second rappelle les principaux événements depuis ce funeste 15 juin 2021.

2021

Dossier : arrestations du 15 juin 2021 en Limousin. L’affaire, les interventions publiques, les analyses
Ce dossier revient sur les événements qui se sont déroulés le mardi 15 juin 2021, mais aussi sur les soutiens et les analyses qui ont suivi ces interventions.

Soirée de soutien aux inculpé·es du 15 juin à Limoges

Publié le 2026-01-19 13:31:21

Soirée de soutien aux inculpé·es de « l’Affaire du 15 juin » à Limoges le vendredi 6 fevrier 2026 à partir de 19 heures, Maison du temps libre de Landouge, 222, avenue du Mas-Loge, Limoges.



Les 19 et 20 mars prochain, le procès de « l’Affaire du 15 juin » se tiendra à Limoges, au cours duquel deux personnes seront jugées en rapport avec l’incendie de 8 véhicules d’Enedis et de 2 antennes-relais de téléphonie mobile et de télévision.

Une soirée de soutien est organisée à Limoges ce 6 février.

Au programme :

Chorale des Résistances Sociales
Les Poupées Gonflantes
La Militante Limousine Fanfare

Concert : Banturles, poésie, punk transfuge et diverses interventions autour des technologies du numérique.

Cantine à prix libre, buvette
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Ecully (Métropole de Lyon) : « RN héritier des nazis »

Publié le 2026-01-19 13:36:28

Le Progrès / vendredi 16 janvier 2026

Pendant la nuit de jeudi à vendredi, de nombreux tags ont été laissés sur les murs de l’Espace Ecully… Le message est destiné au député (RN) Jonathan Gery, attendu vendredi soir dans cette salle pour présenter ses vœux à la population.

L’Espace Ecully accueillait jeudi soir les vœux du maire Sébastien Michel à sa population. C’est donc après la cérémonie, sans doute tard dans la nuit, qu’ont agi les auteurs des nombreux tags écrits sur les murs de la salle municipale.

Des messages politiques à l’encontre du Rassemblement National, parti du député de la 8e circonscription Jonathan Gerry, attendu vendredi pour présenter ses vœux dans cette même salle. « RN = parti raciste », « RN = 4,5 millions d’€ détournés », ou bien encore « RN ennemi du peuple », « Islamophobe », « Ennemis des agriculteurs »… Les messages sont clairement ciblés. L’un d’eux s’en prend nommément à Marine Le Pen.

Mais le député ne les verra pas : repérés ce matin dès 5 h 30, le nettoyage/effacement par une entreprise spécialisée a aussitôt été mandaté. En fin de matinée, un employé était déjà en train de le recouvrir par de la peinture. « A Ecully, on a une tolérance zéro pour les tags, nous avons l’habitude de les faire disparaître dans les 24 heures » explique la Ville qui annonce avoir déposé une plainte. Une enquête est en cours, qui devrait pouvoir bénéficier des renseignements fournis par les images de vidéosurveillance.

Superbulletin d'infokiosques.net

Publié le 2026-01-19 13:41:23

Nouvelles et présentations de publications récentes sur le site de brochures militantes d’infokiosques.net.





>-I-N-F-O-K-I-O-S-Q-U-E-S-.-N-E-T-<------------


> Le super bulletin n°50 de nouvelle année 2026 (janvier 2026)



Pour les personnes qui ne connaissent pas infokiosques.net, il s’agit d’un site internet qui regroupe des pdf faciles à imprimer avec une mise en page brochure sur du contenu politique anarchisant qui dure dans le temps et qui a été créé en 2003. Infokiosques.net regroupent des collectifs et individus qui peuvent reproposer des textes qu’iels mettent en page, trouve ailleurs sur le web, ou peuvent publier des brochures proposer par mail.
On essaye de publier annuellement un superbulletin pour donner des nouvelles de ce qui s’est passé sur le site et donner des envies de lecture.

Mais on aurait pas un peu oublié le superbulletin ?
Il s’en est passé, des choses, depuis notre dernier super bulletin... d’août 2023 !
On a changé pas mal de p’tits trucs sur le site.

On a créé une page qui explicite comment proposer une brochure sur infokiosques.net, mais aussi mis à jour l’onglet des liens qui donnent des pistes d’où trouver / proposer des brochures ou encore un tuto sur comment faire une mise en page facilement d’une brochure.

Parce que la façon dont on classe et on nomme les choses a son importance, on a retravaillé nos catégories de brochure. Parmi ces changements, on a séparé les thèmes "Antivalidisme" et "Corps, soin, santé mentale", parce que l’antivalidisme ne se résume pas à prendre soin de soi, et pour avoir plus d’espace pour cette lutte.
Ainsi a pu y être publié roule ou crève, Tips de lutte anti validiste mais surtout pour mieux vivre sa vie handi, Toujours mal quelque part, Vélovalidisme
On a aussi inauguré la nouvelle catégorie "Fiction, BD", et on a reformulé plein de thème.

2025 a été marquée par les attaques de l’État sur les lieux de luttes écologiques. Avec la violente répression de la ZAD de l’A69, ainsi que l’avancement du projet CIGEO à Bure (55), où l’ancienne Gare de Luméville a été déclaré expulsable. Elle est à ce jour toujours occupée.
On oublie pas (et on pardonne pas) comment, partout, les Etats poussent leur projets industriels de mort. Depuis octobre 2023, la Palestine subit une envolée de violence : états et industriels main dans la main pour coloniser, tuer et dominer.


> Genocide powered by Google
Comment Israël organise le premier génocide alimenté par l’IA à grande échelle, et ce grâce à la technologie offerte par Google.


Auteur.es : Collectif Féministes contre l’armement 69
Première parution novembre 2025.
Mise en ligne janvier 2026.

"Cette brochure décrit comment Google et d’autres entreprises de la big tech se sont mises au service de l’armée israélienne et tirent profit du génocide contre le peuple palestinien."


> Zone à Défendre


Auteur.es : multiple.
Première parution 15 décembre 2024.
Mise en ligne le 7 novembre 2025.

"Du 16 septembre au 7 octobre 2024, des militant·es écureuil·les et chauves-souris sont monté·es dans les arbres et sur les toits du Verger pour défendre la dernière Zad, Zone à défendre, du tracé de l’A69.

L’A69 est un projet d’autoroute entre Castres et Toulouse inutile et catastrophique sur le plan environnemental. Pour empêcher sa réalisation, une Zad s’est déployée sur son tracé, installée sur plusieurs zones, dont le Verger. Ces zones ont été habitées et partagées par des personnes venues un jour, une semaine, des mois, lutter pour la survie de ces habitats contre les machines destructrices de ce chantier.

Ce zine rassemble les illustrations quotidiennes d’une grimpante déter, écureuille lors de l’évacuation des derniers arbres du tracé. On y retrouve un récit des cinq dernières écureuilles qui ont résisté, pendant ce siège de vingt-deux jours, perchées dans deux noyers du Verger."


> Microfissure
Le nucléaire en Belgique


Auteur.es : atomium244
Première parution : mai 2025
Mise en ligne le 4 octobre 2025

« MicroFissures dresse un état des lieux sur le nucléaire en Belgique. Actuellement la Belgique compte deux centrales nucléaires, quelques missiles états-uniens, et elle projette d’enfouir des déchets radioactifs pour 500 000 ans. Elle abroge la loi de sortie du nucléaire tout en investissant dans des projets de recherches.... On est un petit groupe d’antinuke, non-spécialistes, qui pensons qu’à l’heure de Trump et de la montée du fascisme en Europe et dans le monde, il serait temps de faire savoir ce qu’il se passe ici !

Comprendre l’histoire de la nucléarisation belge, ses acteur.ices principaux.les ainsi que son lien avec l’histoire coloniale et l’extractivisme impérialiste est aujourd’hui essentiel ! »


> Dans la nuit du...
Tactiques & strategies offensives dans le contexte de la lutte anti-CIGÉO


Auteur.es : anonymes
Première parution : mars 2024
Mise en ligne le : 22 août 2024

Récits et compilation d’articles d’actions directes contre le nucléaire et le projet d’enfouissement nucléaire à Bure.


Plusieurs guides pratiques publiés sur le site ont été mis à jour en 2025.
Comme Téléphonie mobile Surveillances, répressions, réduction des risques, le tuTORiel tails, la bibliothèque des menaces, Guide de survie en protection numérique à l’usage des militant.es, Sans droit ni titre vraiment ? Auto-formation juridique sur le squat



125 brochures publiées depuis Aout 2023 (20nov 2025)



Depuis le précédent super-bulletin, 125 nouvelles brochures
ont été mises en ligne. Il y a maintenant plus de 1000 brochures, trouvables ainsi :

par date de publication sur le site

par titre

par auteur·e

par infokiosque/distro

par langue

On a créé une nouvelle section, "brochure audio", pour permettre d’ajouter des fichiers MP3 pour avoir des versions podcast des brochures. Y en a pas encore beaucoup mais n’hésite pas à en proposer !
Par version audio

ou par l’onglet "thèmes" de la page d’accueil.



> TRADUCTIONS



Parmi les textes disponibles sur infokiosques.net, si vous avez des traductions en d’autres langues, écrivez-nous, que vous les ayez au format brochure ou pas. On essaiera de les ajouter, et au fur et à
mesure, de constituer une base de données plus importante de brochures non-francophones. Pour l’instant, tout est là (cliquez sur la langue souhaitée pour voir la liste complète des brochures disponibles dans la langue voulue).

Si vous pouvez/voulez donner des coups de main pour des traductions, du français vers d’autres langues, ou d’autres langues vers le français, écrivez-nous aussi, votre aide sera utile !

Pour tout contact : discutaille at infokiosques.net



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Si tu veux en savoir encore plus, voici quelques brochures pris aléatoirement publié récément :


> Guerre à l’IA !
L’industrialisation de l’« intelligence artificielle », stratégie des bourgeoisies dans un capitalisme de plus en plus brutal


Auteur.es : anonymes
Première parution : août 2025
Mise en ligne le : 23 septembre 2025

Depuis la ré-élection de Donald Trump au pouvoir des États-Unis, ce qui s’y passe vient clarifier la brutalisation des rapports sociaux capitalistes. Entre rafles racistes massives et guerres pour contrôler les infrastructures énergétiques et minerais indispensables au développement capitaliste, cette brutalisation est une manière de poursuivre inexorablement ce développement malgré son état de crise permanent. La principale décision de cette prise de mandat est la mise à disposition de 500 milliards d’euros pour l’« intelligence artificielle ». Quelques semaines plus tard, le président français Emmanuel Macron annonce 105 milliards pour les mêmes effets à l’occasion du sommet de l’IA à Paris. Et en avril dernier, un budget de 200 milliards a été annoncé par la Commission Européenne pour y développer l’IA. Les bourgeoisies et leurs managers semblent mettre toutes leurs promesses dans ces technologies pour mieux nous gouverner, nous mettre au travail et se faire la guerre par l’intermédiaire de nos corps, à condition que les populations les acceptent.

Cette brochure synthétise de nombreuses lectures (de la presse industrielle notamment) sur le sujet, en resituant cette stratégie dans la militarisation actuelle, en essayant de saisir certains enjeux de l’industrialisation de l’IA dans notre quotidien, et en désignant les infrastructures sensibles de ce projet (data-centers, usines à IA, supercalculateurs), en espérant nourrir des désirs d’y mettre un coup d’arrêt.


> Racisme et néocolonialisme français


Auteur.es : Survie
Première parution : octobre 2024
Mise en ligne le : 27 décembre 2024

« Esclavage, colonisation, Françafrique et racisme systémique en France, c’est l’objet de [cette] brochure de l’association Survie.
Ce texte vise à fournir quelques réflexions sur les liens entre le colonialisme, la Françafrique et le racisme. Il vise aussi à faire des ponts entre les mouvements anticoloniaux, antiracistes et décoloniaux actuels pour nous renforcer mutuellement et trouver des axes de luttes communes.
Le racisme moderne, construction développée pour justifier l’esclavage et la colonisation entre le 16e et le 19e siècle, structure encore la société française. Il continue d’imprégner les politiques menées par l’État français dans ses anciennes colonies africaines, dans les territoires jamais décolonisés et dans le traitement des personnes descendantes de colonisé-e-s en France. L’idéologie de la "grandeur de la France", si consensuelle dans l’hexagone, occulte systématiquement que la richesse et la puissance française se fondent sur l’exploitation des peuples (néo)colonisés, dont les vies, du fait du racisme, sont moins considérées. »


> La colonisation de la Palestine et ses conséquences
Quelques points de repères


Auteur.es : Jonathan Feynton-Harvey, Mehdi Belmecheri-Rozental, Ziad Majed
Première parution : juin 2024
Mise en ligne le : 9 septembre 2024

4 textes sur la situation coloniale historique et actuelle en Palestine
1. La colonisation de la Palestine et ses conséquences quelques points de reperes
2. « les conditions de vie à gaza constituent une « urgence humanitaire », prévient une ong (2017)
3. En Cisjordanie, l’apartheid israélien déstructure la vie des palestiniens (sept 2023)
4. Droit international · peut-on parler de génocide à gaza ? (déc 2023)


> Guide de voyage pour planer sans (trop) se crasher
Un support pour vivre bien avec les drogues


Auteur.es : anonymes
Première parution : octobre 2023
Mise en ligne le : 2 août 2024

==> Mis à jour en septembre 2024
Cette brochure est issue des réflexions de quelques personnes qui ont eu envie d’échanger et de communiquer collectivement sur leurs consommations de drogues.
Parce que les drogues sont partout : alcool, cannabis, tabac, substances chimiques légales ou illégales et autres plantes hallucinogènes… [...]
L’objectif de cette brochure, tout comme celle dont nous nous inspirons : Guide de navigation en eaux troubles, est de : « se bricoler des outils pour soi-même en temps de tempête [ou quand tout va bien] et pour faciliter la coordination entre soi et ses soutiens ».
Cette brochure ne vise pas à diaboliser les consommations de drogues ni au contraire à les banaliser. Il s’agit ici de prendre au sérieux ces pratiques, de ne pas les nier, de les accepter en partant du point de départ qu’elles existent et de fait, occupent un grand espace dans la société. Cette brochure n’est pas un outil pour se sevrer ou arrêter de consommer, sauf si c’est ton besoin. Le but étant de mettre à plat tes forces, tes ressources et tes difficultés pour t’aider à t’approprier tes consommations et les vivre sereinement dans le cadre qui te fait du bien.

« Forêt Rouge », l'arbre qui cache la forêt

Publié le 2026-01-20 08:06:23

Ce texte nous a été transmis suite à la réalisation et la programmation du film documentaire « foret rouge » au festival du film documentaire de douarnenez.



Ce texte nous a été transmis suite à la réalisation et la programmation du film documentaire « foret rouge » au festival du film documentaire de douarnenez.

Le rouge de cette forêt n’est que le sang des oubliés et des exclus, sacrifié sur l’autel de la préfecture, livré par des marchands de bois pretenduement zadiste pour pérenniser leur exploitation du vivant et leur « machine de guerre communiste ».

« Forêt Rouge », l’arbre qui cache la forêt

Encore une œuvre d’invisibilisation des compromis de la ZAD de NDDL, des perdants de la victoire, de la trahison des négociations.

Le film se veut poétique, parler de forêt et montrer des salamandres. Mais il montre aussi en l’esthétisant un rapport utilitaire aux arbres, des discussions stratégiques entre chefs zadiste sur comment négocier avec la préfète, l’expulsion de la seule cabane médiatisée au dépend des dizaines d’autres dont pas une mention n’est faite, les rires de certains zadistes pendant que d’autres pleurent, car sacrifiés pendant cette période de victoire et de compromis l’année 2018, quand l’État donne la victoire sous conditions : la destruction par les zadistes elleux-même des cabanes de la D281, le fait que seul·es les habitant·es présentant un projet agricole individuel et crédible pourront rester,etc. Et les zadistes les mieux installé·es, doté·es en capital social et économique, appuyé·es par des agriculteurices et citoyen·es en tout genre se plieront à ces conditions sans continuer à faire face à l’État. Retour à l’ordre. Reproduction du mépris et de la violence de classe.

Le film ne le montre pas comme ça. Et merci quelques paroles dépassent ce récit. Mais ce qu’on y voit globalement c’est un récit de la victoire joyeuse et de la machine productiviste locale version zadiste-alternative et sa scierie mobile, invisibilisant les luttes de pouvoir et les personnes qui ont été sacrifiées lors de ces négociations avec l’État et qui ont dû partir, dégoûtées et silenciées. Voire même décrédibilisées, décrites comme des lâches qui avaient prévu de ne pas rester vivre là, ou même des idiot·es qui n’ont jamais rien compris à la stratégie. Celleux qui ont été brisé·es par les trahisons et violence internes venues s’ajouter à la violence et la répression d’état. Eparpillé·es aux quatre coins du pays, et au-delà. Qui ont pourtant beaucoup donné à cette lutte.

Ce texte est pour leur rendre hommage. Car le film ne le fait pas.

Publié sur Indymedia Nantes le 19/08/2025.

Réédition du livre "Histoires de la zad de Notre-Dame-des-Landes"

Publié le 2026-01-20 08:11:26

Réédition du livre Histoires de la zad de Notre-Dame-des-Landes. 4 nouveaux entretiens. Des nouvelle couverture et photos.



4 nouveaux entretiens. Des nouvelles couvertures et photos. 400 pages, 25 témoignages et de nombreuses photos.

Préface (extraits) :

Ce bouquin entend conserver l’esprit de «  masse anonyme  », du bouillonnement qui a animé la «  zone  ». Pas de chef, pas de porte‐parole. À rebours du parti pris de livres publiés depuis 2012, aux clichés mettant en avant certains groupes ou individus qui ne représentent pas l’extrême hétérogénéité des occupant‑es.

L’intention première de cet ouvrage est de donner la parole à celles et ceux qui, jusqu’ici, pour de multiples raisons, n’ont que peu ou pas été entendues. La diversité des personnes sollicitées et des lieux représentés, leur difficulté à s’exprimer aussi, expliquent souvent les délais — plusieurs années dans certains cas —, avant d’accepter l’écriture d’un récit ou l’enregistrement d’un témoignage. Celles et ceux qui ont offert leurs récits ne se sont pas concertés  ; certains faits sont donc évoqués à de multiples reprises.

couvs

On peut lire :
(..)Un recueil délibérément éloigné du fil narratif homogène qui voudrait donner à voir, laisser croire à une unité éclairée et soudée, à un combat organisé et bien rangé : les histoires de 24 personnes occupantes de la zone sur de plus ou moins long séjour et qui ont bien voulu, et surtout réussi, à raviver les souvenirs et rouvrir les plaies pour restituer.
Avant les porte-paroles qui jaillirent autoproclamés, avant les sociologues sachant, avant la récupération politique, avant la normalisation légaliste, un moment d’histoire.(...)

De l’enfumage à l’électricité. Des critiques et des informations pratiques pour (re)commencer à démanteler le complexe électrique national.

Publié le 2026-01-20 08:16:24

Partie 1 (des critiques) : Complexe climatique = complexes énergétiques + complexes extractivistes + complexes militaires = confiscation de nos vies par le complexe militaro-industriel

Partie 2 (des informations pratiques) : la relance énergétique → ses complexes portuaires pétroliers + sidérurgiques + ses giga-usines

Partie 3 (des pistes) : comprendre le complexe électrique national + l’électrification des complexes portuaires→ par où (re)commencer à démanteler le complexe militaro-industriel ?

« J’aimerais que les luttes climatiques et écologiques en général aient le courage de remettre en question la production industrielle d’énergie et d’être honnêtes sur le fait que toute production d’énergie à grande échelle, comme l’électricité en général, ne peut fonctionner que dans la mesure où elle ravage la planète. Dans certains cas, c’est des mines comme celle-ci que les Européens peuvent voir dans leurs prés carrés et dans d’autres cas, elles sont exportées vers des endroits qui sont plus loin de la vue. Et j’ajouterais que même avec la production d’énergie à petite échelle, comme l’utilisation décentralisée de panneaux solaires par exemple, cela dépend toujours d’une économie mondiale hautement globalisée et coloniale impliquant l’extraction de ressources dans les pays du tiers monde et, dans certains cas, le travail forcé. » Un habitant d’une forêt en lutte contre une mine de charbon à Hambach (« La Culture Mangeuse de Monde. Entretien » dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus. Apériodique pour chahuter l’extractivisme à la page 47)

Partie 1 (des critiques) :

Complexe climatique

L’un des plus grands mensonges qu’il est important de détricoter est celui qui consiste à croire que la relance énergétique, appelée « transition énergétique » ou « transition écologique », est une solution pour « sauver le climat ». On pouvait clairement douter du fait que les énergies dites « décarbonées » (énergies solaires, éoliennes, nucléaires, agro-carburants et captage-stockage du CO2…) remplacent le pétrole et le charbon étant donné qu’une énergie n’a jamais vraiment remplacé une autre dans l’histoire du capitalisme [1]. Il n’a jamais tant été question de faire une « transition écologique » vers une production « respectueuse de la planète », mais plutôt de continuer le développement capitaliste en anticipant des pénuries présentes et à venir : l’histoire de l’Agence Internationale de l’Énergie est claire à ce sujet [2]. Cette institution reconnaît à présent officiellement que la décroissance de la consommation d’énergies fossiles ne devrait pas avoir lieu dans les cinquante prochaines années.Dans son nouveau rapport de novembre 2025 sur les perspectives énergétiques mondiales, elleréintroduit un scénario, abandonné en 2020, prenant en compte les politiques actuelles. Dans ce scénario, bien que la relance énergétique a lieu, la demande en pétrole et en gaz naturel augmente jusqu’en 2050, et seule la consommation de charbon atteint un pic en 2030 avant de redescendre. Ce scénario, qui prévoit au moins 3°C de plus à la fin du siècle, est réintroduit suite aux conséquences des offensives armées de la RussieTM [3] en UkraineTM.La priorités des puissant.e.s n’est pas d’arrêter la dévastation du monde mais plutôt denourrirl’économie de guerre et de développer ses capacités à l’aide de l’intelligence artificielle [4].

 

[1] : Ce qu’en disent les historiens Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz à la page 121 du livre de 2013 l’Évènement Anthropocène : « La mauvaise nouvelle est que si l’histoire nous apprend bien une chose, c’est qu’il n’y a en fait jamais eu de transition énergétique. On ne passe pas du bois au charbon, puis charbon au pétrole, puis du pétrole au nucléaire. L’histoire de l’énergie n’est pas celle de transitions, mais celle d’additions successives de nouvelles sources d’énergie primaire. L’erreur de perspective tient à la confusion entre relatif et absolu, entre le local et le global : si, au XX’ siècle, l’usage du charbon décroît relativement au pétrole, il reste que sa consommation croît continûment, et que globalement, on n’en a jamais autant brûlé qu’en 2014. » On pourrait rectifier cependant que cette « histoire » dont ils tirent des enseignements est celle où les États imposent à chacun de lier son destin à la production industrielle agencée en fonction de l’économie capitaliste. C’est justement l’objet de ce texte de nourrir nos initiatives pour nous émanciper de ce destin imposé.

[2] : L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) est fondée à la suite du mouvement de panique déclenché par la pénurie de pétrole en 1973 (« choc pétrolier ») pour gérer la coordination des réserves parmi les États membres de l’OCDE. Depuis 2009, elle anticipe une pénurie de pétrole et appelle à remplacer les énergies fossiles par des énergies « décarbonées ».

[3] : On a trouvé ça drôle d’ajouter « TM » (le symbole « trademark », qui nomme une entreprise reconnue dans le marché capitaliste) à côté des États-nations que nous mentionnons. Comme dans toute entreprise, des élites y managent des politiques dont les conséquences s’abattent surdes subordonné.e.s.

[4] : Un rapport d’octobre 2025 du Shift Project (think tank co-fondé pour faciliter la « transition énergétique ») s’intéresse à l’industrialisation de l’intelligence artificielle en prenant comme exemple la situation de l’IrlandeTM (où cette industrialisation est plus avancée qu’ailleurs dans l’Union EuropéenneTM). Malgré la montée en puissance de la relance énergétique venant de sources décarbonées, cette industrialisation crée un excédent qui amène à une réouverture des centrales électriques à gaz.

 

= complexes énergétiques + complexes extractivistes + complexes militaires

Ce qu’il y a de commun à la quasi-totalité des énergies fossiles et dites décarbonées, c’est qu’elles ont besoin de minerais et de métaux en abondance. Les extractions de ces ressources sont passées de 21,1 milliards de tonnes par an en 1970 à 96,1 milliards de tonnes en 2019 et dépassent les 100 milliards en 2022. Cette dynamique s’accentueavec la relance énergétique : les éoliennes ont besoin d’aluminium, de cuivre, de nickel et de terres rares ; les panneaux photovoltaïques ont besoin d’aluminium, d’argent, de cuivre, de silicium, de zinc, de graphite, d’indium, de germanium ou d’antimoine ; et les véhicules électrifiés de cobalt, de cuivre, de nickel ou encore de lithium. Pour se faire une idée, il faudrait 1 ou 2 kilo de terres rares pour fabriquer un moteur de véhicule électrique, et parfois plus d’une tonne pour fabriquer une seule éolienne en mer. Étant donné que cette relance énergétique alimente intrinsèquement la numérisation du monde, on pourrait aussi répertorier tous les minerais et métaux nécessaires aux smartphones, aux data-centers ou par exemple aux puces électroniques… Selon plusieurs expert.e.s, au moins 10 % de l’énergie primaire produite servirait à extraire et à traiter les minéraux. On pourrait ajouter à cette somme toute celle qui est utilisée pour transporter, fabriquer, assembler et faire fonctionnerles chaînes de production des infrastructures énergétiques et de la distribution d’énergie jusqu’aux armes de guerre qui permettent à l’extractivisme de prospérer. Et voilà la farandole des serpents qui se mordent la queue pour nous enfermer dans la spirale du capitalisme : énergies, extractivismes et guerres [5]. Sans trop approfondir ce sujet qui nécessiterait un texte à part entière [6], cette interrelation est flagrante dans les guerres actuelles en République Démocratique du CongoTM [7] et en UkraineTM [8]. Même lorsque ces extractions ne s’imposent pas par des groupes militaires ou policiers, elles s’accompagnent de la destruction du tissu végétal et des sols, de la pollution de l’eau par l’utilisation des produits d’extractions, et par la production de déchets radioactifs et le rejet de métaux lourds dans certaines cas.

 

[5] : La brochure « Danse Macabre » approfondit cette corrélation entre guerre et extractivisme. Voir « Synthèse et extraits : Danse macabre. Un slow entre guerres et mines » aux pages 35 à 40 dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus Apériodique pour chahuter l’extractivisme. Pour commander des exemplaires : contactez sansdessousdessus@distruzione.org

[6] : Un texte qui traite davantage de l’articulation entre guerres et énergies devrait être publié dans quelques semaines. En ce qui concerne la corrélation entre extractivisme et industrialisation énergétique, l’article « L’extractivisme vert au secours de la société techno-industrielle. Sur la transition énergétique et la destruction de la nature ainsi que sur la nécessité de résister et d’attaquer » est traduit aux pages 58 à 67 du numéro 4 Printemps – Été 2025 de la revue Takakia. Chants sous-marins pour couler la mégamachine. Voir le blog de la revue : takakia.noblogs.org

[7] : En République Démocratique du CongoTM où se trouvent 80 % des réserves mondiales de coltan (utilisé dans les condensateurs de smartphone, ordinateurs, batteries, drones, véhicules électriques) ; et des réserves massives de cassitérite (indispensable pour les soudures électroniques), de tungstène, d’or, de cuivre, de cobalt, de germanium et de lithium. Depuis 1996, cette guerre par l’intermédiaire de groupes armés qui vendent ensuite aux puissances industrielles, se fait sur le dos de plus de 6 millions de morts, de près de 8 millions de déplacé.e.s, de violences sexuelles massives (avec l’utilisation systématique du viol comme armes de guerre) et de rapts d’enfants éduqués à devenir enfants soldats. Ce carnage ne concerne pas que les humain.e.s mais passe aussi par une déforestation massive, une pollution de l’eau, et le braconnage d’animaux lié à l’économie des groupes armés.

[8] : La guerre en UkraineTM est aussi liée au fait que ce territoire contient 5 % des réserves critiques mondiales (avec de vastes réserves exploitables de lithium, de cobalt, d’uranium, de scandium, de manganèse, de gallium, de titane, de niobium, de tantale comme nulle part ailleurs en Europe, ou encore de graphite où s’y trouve 20 % des ressources mondiales estimées). Une partie de ces zones se trouvent à l’est du pays sous le contrôle de la RussieTM depuis la guerre. Ces ressources sont également un enjeu que l’administration de Trump négocie avec le gouvernement ukrainien pour renouveler son soutien militaire. Zelensky avait refusé lors de la Conférence de Munich de signer un accord octroyant 50 % de ces terres rares aux États-Unis en raison de contreparties jugées insuffisantes (l’aide américaine équivaudrait à 100 milliards d’euros plutôt que 500 milliards annoncés). Les États de l’Union EuropéenneTM qui soutiennent l’UkraineTM sont aussi intéressés par ces réserves minérales.

 

= confiscation de nos vies par le complexe militaro-industriel

 

La guerre mondiale de 1914 – 1918 a fait apparaître la nécessité pour les État-nations militaires de disposer du pétrole afin de pouvoir mobiliser leurs forces sur une carte, sinon quoi les soldats se retrouvent rapidement au chômage technique [9]. Dans les décennies qui suivent, la recherche coloniale de pétrole cherche un débouché économique « civil » pour se régulariser. L’histoire de la Volkswagen (« voiture du peuple ») en AllemagneTM commandée par Hitler en 1933 est exemplaire de ce phénomène : en généralisant la consommation d’un outil qui permet d’activer la recherche industrielle du pétrole (et la filière sidérurgique qui fait de l’acier en masse pour les voitures afin d’être prête pour en faire pour des chars et des avions), l’économie de guerre se prépare. Et c’est pareil dans le sens inverse : selon les historiens Bonneuil et Fressoz (dans l’Évènement Anthropocène aux pages 160 et 161), «la guerre [1939 – 1945] imposa la construction de raffine­ries et d’un réseau de pipelines pour acheminer le pétrole vers les aérodromes militaires », permettant « la massification de l’automobile après la guerre ». La généralisation des tracteurs dans le travail agricole en FranceTM à partir des investissements du Plan Marshall (permis par les puissances des États-UnisTM) y participe également : la puissance de destruction énergétique mise au point pour la guerre se reproduit par l’exploitation des sols. On peut observer la même logique avec la mise en place du programme électro-nucléaire en FranceTM : la priorité a été de maîtriser et de disposer de la bombe atomique (le moyen de destruction le plus avancé à ce moment) puis de développer cette filière en la liant au quotidien des civil.e.s avec la construction massive de centrales nucléaires et une électrification des usages (comme le chauffage électrique). Peut être qu’en sachant cela, vous aussi avez envie de cracher à la gueule des expert.e.s et pseudo-expert.e.s qui nous montrent des schémas sur « notre consommation énergétique » ? qui en plus d’inclure l’énergie des guerres, des industries et de la logistique industrielle aux consommations individuelles, effacent le fait que nous avons été faits otages de ce mode de vie morbide.

 

[9] : Le 5 décembre 1917, une lettre de la chambre syndicale avertit les pouvoirs publics qu’il n’y aurait plus de stocks de pétrole au 1er mars 1918. À la suite de quoi Georges Clémenceau adresse un télégramme le 15 décembre 1917 au président américain Woodrow Wilson avec ce message : « Au moment décisif de cette guerre, où l’année 1918 va ouvrir des opérations militaires capitales sur le front français, les armées ne doivent à aucun moment être exposées à manquer de l’essence nécessaire aux camions automobiles, à l’aviation et à l’artillerie de campagne par tracteurs […]. Si les Alliés ne veulent pas perdre la guerre, il faut que la France combattante, à l’heure du suprême choc germanique, possède l’essence aussi nécessaire que le sang dans les batailles de demain. ».

 

Partie 2 (des informations pratiques) :

 

La relance énergétique

 

En FranceTM, le contexte énergétique est très tendu et rend cette relance indispensable pour l’économie. Pour atteindre les objectifs prévus, il faudrait que 45 % d’électricité en plus soit produite en vingt ans. Mais en plus de cela, cette relance doit compenser la fermeture des centrales nucléaires actuelles (fournissant 65 % de l’électricité française en 2023) à l’horizon 2040 [10], ce que des responsables politiques français anticipent depuis le début des années 2000 en annonçant un « effet falaise ». La dernière loi de programmation énergétique a soulevé du mécontentement en annonçant la construction de 14 EPR2 (grands réacteurs nucléaires) et 15 SMR (petits réacteurs nucléaires) d’ici à 2050. Pourtant, la filière nucléaire française n’est pas en capacité de produire des réacteurs au même rythme que pendant les années 1970 et 1980 [11] et ce n’est qu’à partir de 2035 que le « nouveau nucléaire » ( le terme pour désigner EPR2 et SMR) doit commencer à être mis en service. Entre temps, c’est surtout le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires actuelles de 40 à 60 ans [12] qui entretient la relance énergétique. De plus, la relance énergétique doit être comblée par d’autres productions d’énergies qui devraient laisser le temps et l’énergie (littéralement) à la filière nucléaire française d’amorcer ses grands chantiers [13]. Pour la période 2024 – 2030, c’est surtout des installations photovoltaïques et éoliennes terrestres qui doivent être installées en masse. Il s’agirait de passer d’une vingtaine de gigawatts (GW) de photovoltaïque en 2023 à 54 GW en 2030 et de 65 à 90 GW en 2035. L’éolien terrestre devrait passer de plus de 20 GW en 2023 à 33 GW en 2030 et 40 à 45 GW en 2035. Pendant les 5 années suivantes (2030-2035), l’éolien en mer doit approvisionner 18 GW [14]. Si certain.e.s cherchent un filon pour bloquer l’économie, mettre des bâtons dans les roues à la relance énergétique est sans doute une piste sérieuse [15]. Et si certain.e.s cherchent à faire chier Macron et sa bande : cette relance énergétique est sans doute la priorité gouvernementale [16] étant donné que depuis le début de son quinquennat actuel, tous les premier.ère.s ministres se voient attribué.e.s le statut de « chargé de la Planification écologique et énergétique ».

[10] : Ces 58 réacteurs ont été construits durant le plan Messmer dans les années 1970 et 1980. Conçus au départ pour une échéance de 40 ans, ils arrivent dans une période de prolongement encadrée par les prescriptions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), jusqu’à 60 ans de fonctionnement.

[11] : Elle n’est pas traitée dans ce texte étant donné que, en faisant nos recherches, nous nous sommes rendus compte qu’elle ne semble pas centrale au sein de la relance énergétique, en tous cas pour la prochaine décennie.

[12] : Il y a des usines qui contribuent à la maintenance nécessaire à ce prolongement, comme l’usine de maintenance Framatome à Maubeuge (Nord) ou celle d’Arabelle Solutions à Belfort (Alsace). Cette dernière, concernée par le possible raccordement à venir de la zone Sud Alsace, est essentielle pour la filière nucléaire française. Il est important de savoir que Catherine Cornand, nommée récemment présidente d’Arabelle Solutions (dorénavant filiale de Framatome) occupait auparavant un poste de vice-présidente à Framatome qui consistait à piloter les opérations de service et de maintenance des centrales nucléaires.

[13] : Les chantiers de deux réacteurs EPR2 en cours se trouvent à Penly (Seine Maritime), Gravelines (à côté de Dunkerque, Pas-de-Calais) et Le Bugey (à côté de Lyon, Rhône). Les nouveaux réacteurs de Penly doivent démarrer en 2037. En ce qui concerne les SMR, il semblerait que les premiers réacteurs pilotes doivent être mis en service en 2030 – 2032 mais il faudrait un texte entier pour rendre compte de la totalité des entreprises et des différents projets SMR, de leurs avancées et de leurs chaines de production.

[14] : Pour s’informer sur les éoliennes maritimes, voir l’article du numéro 4 de la revue contre la société techno-industrielle Takakia (« L’éolien offshore: survol d’un projet écocidaire », Chants sous-marins pour couler la mégamachine, Takakia N°4 Printemps – Été 2025, p.18-20). Pour découvrir la revue : takakia.noblogs.org. Voir aussi le site : https://www.eoliennesenmer.fr/ou le site de RTE pour les projets spécifiques.

[15] : Les luttes anti-nucléaires des années 1970 et 1980 en FranceTM ou en AllemagneTM dans des perspectives d’action directe sont très inspirantes.Il faudrait aussi en discuter les limites, et notamment le fait qu’elles se soient concentrées sur le nucléaire et ont manqué de s’élargir à une remise en cause générale de l’énergie.

[16] : Il ne faudrait pas pour autant en conclure qu’il s’agit du sujet prioritaire des personnes qui nous gouvernent. La question militaire et policière est peut être au moins aussi centrale, bien qu’elle soit logiquement traitée au sein des Conseils de défense et de sécurité nationale (CDSN) qui, depuis la crise du Covid-19, ont été programmés juste avant le Conseil des ministres.

ses complexes portuaires et pétroliers

 

Regardons plus en détails les « zones de mutualisation » prioritaires pour les raccordements électriques. Il s’agit des Grands Ports Maritimes de Dunkerque, Fos-sur-Mer, Le Havre-Port Jérôme et Saint-Nazaire-Nantes. Il est possible également que les zones de Saint-Avold et Sud Alsace soient renforcées par la suite. On retrouve dans ces zones la grande majorité de l’industrie pétrolière, gazière et pétrochimique de FranceTM [17]. Le port de Dunkerque accueille le terminal méthanier le plus important de FranceTM, du côté de Loon-Plage, mis en service en 2017 comme point d’arrivée de gaz naturel via gazoduc et navires méthaniers. Relié aux deux réseaux de transport de gaz français et belge, il alimente 20 % de la consommation annuelle de la FranceTM et de la BelgiqueTM en gaz. Un autre terminal méthanier important est celui d’Elengy à Montoir-de-Bretagne (près de Nantes-Saint-Nazaire), port d’escale privilégié des méthaniers de RussieTM et des États-UnisTM, et hub logistique international de GNL. La plus grande raffinerie de pétrole de FranceTM se trouve à Gonfreville-l’Orcher [18], au sein du complexe portuaire du Havre-Port-Jérôme, et remplit 1/6 du marché français (particulièrement le bassin parisien relié à cette zone par la Seine). La seconde plus grande s’y trouve aussi à Port-Jérôme-Gravenchon [19]. La troisième plus grande se trouve à Donges [20], dans le complexe portuaire de Nantes-Saint Nazaire, et fournit 12 % du traitement national de pétrole brut. La zone de Fos-sur-Mer regroupe les raffineries de Fos [21], La Mède [22] et Lavéra [23] qui produiraient 32 % du raffinage français sur l’année 2008.

[17] : On a choisi de pas approfondir la documentation des grandes industries pétrochimiques de ces zones en espérant que cela soit fait ailleurs.

[18] : La raffinerie de Normandie est mise en service en 1933 et traite jusqu’à 16 millions de tonnes de pétrole brut par an, surtout en provenance du golfe Persique, pour en transformer une douzaine de millions de tonnes en essences, gazoles, carburants pour avions, huiles, lubrifiants… Ce pétrole arrive du port du Havre, est stockée dans le dépôt de la Compagnie Industrielle Maritime (CIM) avant d’être acheminé par oléoducs à la raffinerie. Elle emploie 1 500 personnes dont 200 ingénieur.e.s et technicien.ne.s dans le centre de recherche de Gonfreville.

[19] : La raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon regroupe deux raffineries mises en service en 1933 et 1935 traite jusqu’à 12 millions de tonnes de pétrole brut par an acheminé par oléoducs depuis le port du Havre pour produire des huiles de base, huiles blanches, des bitumes, gaz propane et butane. Un site pétrochimique lui est associé.

[20] : La raffinerie de Donges est située au bord de la Loire entre le port de Saint-Nazaire et celui de Nantes et de la ligne ferroviaire Nantes – Le Croisic. Elle est créée en 1917 lorsque l’armée des États-UnisTM s’implique dans la Première Guerre Mondiale et construit le premier port pétrolier de FranceTM le long du chemin de fer. Elle traite environ 11 millions de tonnes par an pour produire des carburants automobiles, du kérosène, du butane, du propane, des bitumes et des fiouls domestiques et emploie 5 000 personnes. Elle est reliée au pipeline Donges-Melun-Metz.

[21] : La raffinerie de Fos est créée dans les années 1930 pour permettre l’arrivée de pétroliers venant d’AlgérieTM et du Moyen-OrientTM. Elle appartient depuis fin 2024 au consortium « Rhône Énergies ».

[22] : La plateforme de la Mède ou raffinerie de la Mède a été mise en route en 1935 et les activités de raffinage pétrolier s’arrêtent à la fin 2016. Il s’agit à présent d’une bio-raffinerie produisant du bio-gazole (notamment pour l’aviation) avec des huiles végétales et alimentaires. Elle abrite également une plateforme logistique de stockage d’1,3 millions de m³ , une unité de régénération de résidus maritimes, un centre de formation et une centrale solaire.

[23] : La raffinerie de Lavéra, mise en service en 1933, emploie environ 450 personnes et produit environ 350 000 tonnes de pétrole brut par an et expédie des essences, gazole, fioul domestique, kérosène, fiouls louds et bitumes. Elle alimente également un vapocraqueur d’une capacité de 750 000 tonnes par an appartenant à Naphtalchimie.

Si complexes pétroliers et relance énergétique sont tant intriquées, et si l’AIE prend acte du refus de réduire la croissance de la consommation de pétrole, c’est une conséquence de la militarisation des sociétés où les rivalités interétatiques se durcissent. Le texte « La guerre commence ici : paralysons son infrastructure là où nous le pouvons » publié en 2022 [24] avance que « le pétrole, et plus largement l’énergie en général » serait trop laissée de côté par les attaques contre la machine de guerre alors qu’elles en constitueraient « la matière première principale ». Avant d’ajouter :

« Précisément au début d’une guerre le besoin en énergie nécessaire au transport de troupes est gigantesque, mais au fond tout au long de la guerre du combustible doit être acheminé des lieux de stockage et/ou raffineries jusqu’au front où il est utilisé pour faire marcher les moteurs de la machine de guerre. Et justement quand une guerre ne se déroule pas directement sur le territoire où l’on vit, mais que la logistique d’approvisionnement en énergie des troupes passe par ce territoire, cela pourrait valoir la peine de s’occuper de plus près de cette infrastructure. »

De fait, toutes ces zones de raccordement s’intègrent au Central Europe Pipeline System (CEPS), le plus important réseau d’oléoducs de l’OTAN [25] financé en 1959. Pour alimenter en carburant les véhicules des forces armées des nations centre-européennes membres de l’OTAN, il traverse la FranceTM, l’AllemagneTM, la BelgiqueTM, les Pays-BasTM, le LuxembourgTM et peut être bientôt la PologneTM et la TchéquieTM (suite à un accord préliminaire d’octobre 2025 entre l’OTAN et l’opérateur polonais de pilelines PERN) [26]. Les ports de la zone de Le Havre-Port-Jérôme et de celle de Fos-sur-Mer-Marseille constituent des points de départ de ce réseau (avec Rotterdam, Anvers et Gand) pour alimenter 28 bases aériennes, six aéroports internationaux (Amsterdam, Liège, Bruxelles, Cologne, Francfort, Bâle, Zurich et Luxembourg), 34 dépôts de l’OTAN et 5 non-OTAN. Il intègre également le terminal pétrolier de Dunkerque et des liaisons avec les pipelines civils Le Havre-Paris (au départ du port du Havre-Port-Jérôme) et Donges-Melun-Metz (au départ du port de Nantes-Saint-Nazaire). Ce réseau alimente pour la majeure partie des activités civiles mais reste opérationnel si des forces militaires doivent s’y approvisionner pour leurs opérations. D’autres raffineries et terminaux méthaniers sont fermées dans ces zones, mais peuvent redémarrer si la conjoncture économique et militaire le demande [27]. Ce réseau de pipelines de l’OTAN, d’un diamètre de 15 à 30cm, a été attaqué plusieurs fois dans les années 1980 dans le cadre d’actions revendiquées par des groupes communistes [28].

[24] : Ce texte a été publié initialement sur le site zuendlappen.noblogs.org et a été traduit dans la brochure « Fragments pour une lutte insurrectionnelle contre le militarisme et le monde qui en a besoin », disponible sur sansnom.noblogs.org.

[25] : L’OTAN est une alliance militaire fondée à la fin des années 1950 sur un principe défensif (si l’un des membres est attaqué par une autre armée nationale l’ensemble riposte contre l’ennemi en question). Il regroupe également des capacités militaires communes. Les États-nations qui en sont membres sont ceux d’Amérique du nord et d’Europe. La FranceTM quitte l’OTAN en 1966 tout en restant membre de l’Alliance atlantique, puis en redevient membre à part entière en 2009.

[26] : La partie française est appelée oléoducs de défense commune en France (ODCF). Son exploitation effective est confiée à la société Trapil avec, en 2013, un effectif de 261 personnes au Central Europe Pipeline System (CEPS). Il assure la moitié des approvisionnements en produits pétroliers nécessaires aux Forces armées françaises, via les établissements du Service des essences des armées (SEA) qui lui sont rattachés. En 2013, le SEA est constitué de trois dépôts d’infrastructure à Orges, Bouy et Hesse (Moselle), et de cinq dépôts sur des bases aériennes à Nancy-Ochey, Saint-Dizier, Istres, Orange et Luxeuil. Si les forces armées sont les premiers destinataires, elles utilisent moins de 10 % des carburants en temps de paix et les 90 % restant sont destinés à des clients civils.

[27] : Du côté de Fos-sur-Mer, l’ancienne raffinerie de Berre, mise en service en 1931, est fermée en 2012. À Fos-sur-Mer, les terminaux méthaniers Antifer, FosFaster et Cap Tonkin sont fermé depuis 2011 puis abandonnés en 2014 et 2015. La raffinerie de Dunkerque est également fermée bien qu’une partie doit être reconvertie en stockage d’hydrocarbures.

[28] : En juin 1984, les Cellules Révolutionnaires (RZ) d’AllemagneTM ont fait sauter un pipeline près de Lorch en RFA. En décembre 1984, les Cellules Communistes Combattantes de BelgiqueTM ont détruit 6 relais de sécurité du réseau des pipelines de l’OTAN à travers la Belgique à l’aide de charges explosives placées dans des trappes d’accès disséminées sur tout le territoire, souvent aux abords des stations de pompage. En décembre 1985, la même organisation organisait le même type d’attaques et a dynamité des relais de sécurité. Simultanément, un groupe de Communistes Internationales en FranceTM dynamitait le Central Europe Operating Agency, le Quartier Général du CEPS au 11 avenue Général Pershing à Versailles. Ces attaques ont lieu pour des motifs anti-impérialistes qui considèrent que ce soit un moindre mal de taire la critique des États ou encore de bosser pour des groupes de résistance autoritaires et militaristes (mais excusés car victimes de la colonisation et de l’impérialisme) afin de lutter contre les impérialismes. De fait, c’était surtout l’impérialisme représenté par les États-UnisTM qui était attaqué par ce type de groupes.

Carte du Central Europe Pipeline System en 2008

+ sidérurgiques

Ces zones ont également en commun d’accueillir la majeure partie des activités sidérurgiques de FranceTM. Ce secteur a toujours été étroitement lié à la consommation d’énergie et à la guerre. Nécessitant beaucoup de charbon pour alimenter ses fours, il s’est développé pour permettre les guerres coloniales françaises (napoléoniennes notamment) et britanniques en produisant des boulets, bombes, grenades, canons et fusils pour l’artillerie et les arsenaux … Ces sites sont quasiment tous des sites Seveso, parmi ceux rejettent le plus d’émissions carbone ou considérés « électro-intensifs ». Pour autant, le secteur est en crise et le groupe ArcelorMittal, qui détient les plus grandes usines de ce secteur en FranceTM, a décidé de licencier 10 % de ces effectifs en réaction à cette crise et pour délocaliser ses fonctions support en IndeTM. Les deux plus grands complexes sidérurgiques se trouvent près des zones de Dunkerque et de Fos-sur-Mer. Près de Dunkerque, sur la commune de Grande-Synthe, l’usine ArcelorMittal (anciennement Usinor) a une des capacités de production les plus importantes d’Europe occidentale. Près de Dunkerque également, celle de Mardyck, en plus de la galvanisation de bobines d’acier pour l’automobile pour laquelle travaillent 450 personnes, a pour objectif de produire de l’acier dit électrique (doté de 3 % silicium pour des propriétés magnétiques) nécessaire aux moteurs électriques, turbines d’éoliennes ou aux transformateurs électriques. À l’aide de cinq nouvelles lignes de production et de 200 nouveaux employé.e.s, il serait question d’en produire plus de 150 000 tonnes chaque année à partir de 2027. Celle de Fos-sur-Mer, située près de l’embouchure du Rhône, emploie près de 2 500 salarié.e.s et 1 200 sous-traitants pour produire des aciers de spécialités pour l’automobile et d’autres industriels. Dans le but de remplacer les hauts fourneaux qui fonctionnent au charbon, des fours à arcs électriques doivent être mis en service dans les usines de Fos-sur-Mer et de Dunkerque (Grande-Synthe) d’ici 2027 / 2028. Une autre grande usine sidérurgique d’Arcelor Mittal Florange se trouve en Moselle non loin de Saint-Avold [29].

[29] : Ce complexe sidérurgique situé sur les communes de Hayange, Serémange, Ébange et Florange. Très ancienne, la force d’Hayange est boostée par les guerres coloniales napoléoniennes. Les autres guerres opposant souvent la FranceTM à l’AllemagneTM ont davantage déstabilisé son activité, cette industrie étant une des cibles premières des stratégies militaires qui s’opposaient. Il ne reste depuis 2020 qu’un laminoir à chaud, laminoirs à froid et lignes de revêtement de l’ancien complexe (ce qui est déjà beaucoup). Elle produit notamment des rails.

Près de Dunkerque, à Loon-Plage, Aluminium Dunkerque [30], premier producteur d’aluminium primaire de l’Union européenneTM, représente deux tiers de la production française d’aluminium pour des applications à forte valeur ajoutée (aéronautique, automobile…). À Fos-sur-Mer, la multinationale Marcegaglia a repris et investi 600 millions d’euros dans l’ancienne usine d’Ascometal pour y construire un four électrique et produire entre 1,8 et 3 millions de tonnes d’acier, notamment pour la défense nationale. À Dunkerque et Fos-sur-Mer toujours, deux usines d’Imerys produisent des ciments réfractaires nécessaires pour la construction de pas de tir de fusée (ou autres missiles on imagine) ou encore de fixations d’éoliennes et assurent chacune respectivement 20 % de la production mondiale de ciment d’aluminate de calcium. À Saint-Nazaire, les Chantiers de l’Atlantique [31] produisent, dans le cadre d’une commande de 4,5 milliards d’euros pour RTE, des sous-stations électriques pour les parcs éoliens de Normandie et d’Oléron, ainsi qu’un navire pour la pose d’éoliennes (projet Poséole) ou encore le futur porte avions de la Marine française (PANG) de 2027 à 2035. Pour s’affranchir du charbon et remplacerles hauts fourneaux, en plus de la construction de fours à arcs électriques,le recours àl’hydrogène [32] ou au gaz naturel se développe. Assez régulièrement, des incendies et autres accidents de travail viennent mettre leur activité à l’arrêt [33].

[30] : L’usine Aluminium Dunkerque consommerait l’équivalent d’une demi-tranche de réacteur nucléaire depuis la centrale nucléaire de Gravelines (1 % de la demande totale du pays en électricité, soit l’équivalent de la consommation de l’agglomération de Marseille). La production se fait par électrolyse pour extraire l’aluminium.

[31] : Avec une superficie de plus de 150 hectares, il s’agit de l’un des plus grands sites de construction naval au monde. Dans les années 1970, les Chantiers de l’Atlantique a livré pour la construction de pétroliers géants, et notamment des quatre plus grands pétroliers du monde. Ils produisent également des paquebots de croisière.

[32] : Autour de Fos-sur-Mer, GravitHy doit produire 2 millions de tonnes par an de fer réduit bas carbone et 120 000 tonnes d’hydrogène avec des électrolyseurs de 700 à 900 MW pour produire du HBI (Fer briqueté à chaud). Geosel à Manosque doit produire annuellement 15 000 tonnes d’hydrogène vert d’ici 2028 / 2030 par électrolyse grâce à une alimentation de 500 hectares de panneaux solaires flottants sur deux étangs de saumure (soit 800 MW/h par an). H2V veut produire lui 28 000 tonnes d’hydrogène par an dès 2028 puis 84 000 tonnes par an à compter de 2030. Le H2Med contient un gazoduc maritime qui doit acheminer de l’hydrogène renouvelable de Barcelone jusque Marseille. GRTgaz étudie également un hydrogénoduc de 150 km entre Fos et Manosque. Un pipeline d’hydrogène (une canalisation de 8 à 10 centimètres de diamètre), reliant la plateforme industrielle de Fos-sur-Mer à la Moselle ou à l’Alsace, est envisagé à partir d’un projet autour d’un électrolyseur de 20MW à Pierre-Bénite (Rhône) dans la Vallée de la Chimie (à proximité du barrage hydroélectrique, il passerait sous le Rhône), est envisagé. À Dunkerque, ArcelorMittal prévoir d’installer un réacteur DRI d’ici à 2027 (qui produit du HBI Fer Briqueté à Chaud utilisé dans les aciéries). Au Havre, entre 2026 et 2029, une usine d’Air Products et une usine de Qair doivent produire et stocker de l’hydrogène sur un site « clé en main » de 30 hectares dans le port du Havre et doivent approvisionner la raffinerie de Normandie de TotalEnergies de 70 000 tonnes d’hydrogène vert par an.

[33] : Le 8 octobre, un incendie a mis l’usine ArcelorMittal de Fos-sur-Mer à l’arrêt jusqu’au 22 décembre 2025. Il a été déclenché par l’inflammation d’une brique HBI (Fer Briqueté à Chaud) qui a incendié un tapis roulant, puis un autre, qui est tombé sur une sous-station électrique et l’a détruite. Le remplacement de cette dernière doit nécessiter encore quelques mois. Il s’agit de la même matière fabriquée à l’aide d’hydrogène dans les usines décrites précédemment.

+ ses gigas-usines

Histoire de boucler la boucle, on y trouve également les principales usines censées construire cette relance énergétique. Celles-ci sont pour la plupart conçues sous la forme de « giga-usines » : des usines gigantesques et ultra-numérisées (parfois assistées par IA et/ou par le biais d’un modèle numérique des flux circulant dans l’usine) de manière à optimiser la production en série. À Dunkerque, au cœur d’un bassin industriel porté par l’automobile et proches des régions industrielles automobiles allemandes et britanniques, on trouve les trois giga-usines de production de batteries électriques pour voitures de ACC (co-entreprise de Stellantis, Mercedes-Benz et une filiale de TotalEnergies) [34], Verkor à Bourbourg (qui doit démarrer en 2026) [35] et ProLogium à Dunkerque (dont l’ouverture est repoussée à 2028) [36]. Le groupe Blue Solutions (filiale de Bolloré) doit également construire une giga-usine dans l’agglomération de Mulhouse (donc dans la région Sud Alsace), peut être dans la commune de Wittelsheim, pour une mise en service à l’horizon 2030 afin de produire de quoi équiper 250 000 véhicules par an [37]. Malgré des investissements conséquents, l’avenir du secteur est fragile et dépend principalement de l’interdiction à la vente de véhicules neufs thermiques à partir de 2035 [38] pour que les voitures électriques deviennent la norme. Le groupe Eramet devait construire une usine hydro métallurgique de recyclage de batteries à Dunkerque mais a suspendu ce projet en constatant un manque d’approvisionnement en matières premières et un manque de débouché pour les métaux issus du recyclage ainsi qu’une absence de « montée en puissance en Europe des usines de batteries ». Cela n’empêche pas Orano et XTC New Energy de poursuivre leur projet de trois usines à Dunkerque, représentant 1,5 milliards d’euros d’investissement et 1 300 emplois, pour recycler 220 000 à 250 000 batteries de véhicules électriques par an dès 2026 et alimenter les deux usines voisines. Une usine de raffinage de lithium, portée par Livista Energy, doit également être construite au Havre, avec un accès direct au Grand canal du Havre qui conduit à la Manche, pour raffiner d’ici 2030 80 000 tonnes de lithium par an (soit 1 500 000 voitures électriques) [39].

[34] : Alors qu’elle annonçait une production de 2 000 batteries par jour, la giga-usine ACC n’en produit qu’une centaine et a laissé tomber ses deux projets d’usines de batteries en AllemagneTM et en ItalieTM.

[35] : L’usine de Verkor, qui doit employer 1 200 personnes, a été inaugurée en décembre 2025 et doit démarrer sa production début 2026. Elle vise une capacité d’approvisionnement de 300 000 véhicules électriques par an, en grande partie destinée à Renault pour les Alpine.

[36] : La construction de l’usine de ProLogium doit être repoussée d’un an pour développer une batterie solide. En attendant, ProLogium travaille sur une solution intermédiaire de batteries céramiques au lithium considérée comme semi-solide. La construction doit débuter début 2026 pour un lancement de la production au premier semestre 2028.

[37] : La technologie de ces batteries solides sont en Lithium-Métal-Polymère que le groupe Bolloré seraient les seul.e.s au monde à maitriser. Un centre de Recherche et Développement avec une première ligne pilote doit être mises en service en 2026 dans la communauté de communes de Quimper (Finistère).

[38] : Cet objectif est fixé depuis 2022 par le gouvernement français. Volkswagen a indiqué que 100 % de ses véhicules vendus en 2035 seront électriques et Renault s’est donné pour objectif d’arriver à ce que 90 % des véhicules vendus soient électriques d’ici 2030. Le 16 décembre 2025, l’Union EuropéenneTM a renoncé à cette interdiction en considérant avec la filière automobile l’objectif inatteignable, mais maintient des restrictions avancées en la matière.

[39] : L’usine doit être construite sur une parcelle de 27 hectares près du port du Havre, issu d’un site « clé en main France 2030 » partagé avec l’usine d’hydrogène d’Air Products et celle d’hydrogène et de méthanol Qair sur 60 hectares de foncier. Une première tranche doit démarrer d’ici à 2028 puis une seconde en 2030. Le port en eau profonde du Havre offre des infrastructures logistiques idéales pour approvisionner l’usine en matières premières et exporter le lithium raffiné destiné aux batteries électriques. Ce projet a été reporté récemment pour intégrer la technologie de batteries LFP (lithium-fer-phosphate), moins chère mais aussi moins performante que les batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt).

À Fos-sur-Mer on retrouve la giga-usine Carbon [40], qui cherche à développer toute la chaîne de valeur de la production de panneaux photovoltaïque (une première dans l’Union EuropéenneTM), et doit fabriquer 10 millions de panneaux par an (soit 5 GW) à partir de fin 2026. Au cours de l’année 2026, les travaux doivent commencer pour la giga-usine d’Holosolis à Hambach [41] dans la zone de Saint Avold (où des gens luttent contre la destruction d’une forêt par une mine de charbon) qui doit démarrer sa production à la fin de l’année / début 2027 pour atteindre 10 millions de panneaux par an (soit 5GW) en 2028. Ce serait alors la plus grande usine de panneaux photovoltaïques d’Union européenneTM, située à quelques kilomètres de la frontière allemande et à pas plus d’une journée de route de 85 % du marché européen (FranceTM, AllemagneTM, BeneluxTM, ItalieTM, PologneTM…). À Le Havre- Port Jérôme, l’usine Siemens Gamesa [42], leader mondial de l’éolien en mer, doit fabriquer des pales et assembler les génératrices et nacelles éoliennes en mer. Elle serait particulièrement stratégique pour le programme éolien en mer français. Toutes ces usines sont sur-financées par les pouvoirs publics (Union EuropéenneTM, État français, administrations régionales…).

[40] : Cette giga-usine comprendrait une fonderie de lingots de silicium, des ateliers de découpe de plaquettes de silicium (wafers), des salles blanches pour la fabrication des cellules, des ateliers d’assemblage des modules et des entrepôts logistiques – sur environ 60 hectares d’installations industrielles au Grand Port Maritime de Marseille. Elle doit être approvisionnée en électricité par deux lignes de 225 000 volts sur 700 mètres de long en souterrain depuis le poste de darse du Port (en plus des panneaux sur le toit et les ombrières de parkings), et en eau puisée dans le canal d’Arles à Bouc relié au Rhône. Les travaux doivent commencer fin 2025 jusque fin 2027. Afin d’amorcer la production de cette giga-usine, Carbon a acquis l’usine de Photowatt à Bourgoin-Jallieu (Isère), seul fabricant de lingots de silicium en FranceTM, pour lancer une production pilote et profiter des compétences de ses 170 salarié.e.s. En plus de cette giga-usine, une usine d’assemblage est envisagée à Aix-Marseille (Carbon One) et un laboratoire à Istres (Carbon Lab) sur un terrain de 13,9 hectares et des bâtiments désaffectés au même rythme que la construction de la giga-usine.

[41] : Ce site de cinquante hectares doit accueillir 18 hectares de bâtiments : un de 500 mètre de long destiné à la production des cellules photovoltaïques et un de 350 mètres de long dans lequel doivent être fabriqués et stockés les panneaux. 1 900 salarié.e.s doivent participer à la production, assistée par IA pour traiter une masse considérable de données et managée à l’aide d’un jumeau numérique de l’usine. Une partie de l’électricité doit être produite sur place par les panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments et les ombrières des parkings. L’autre partie doit être acheminée par RTE par l’installation d’une ligne Très Haute Tension ou Haute Tension arrivant sur le site. Rappelons que la forêt de Hambach est occupée depuis 2002 par des personnes en lutte contre la destruction de celle-ci par l’agrandissement d’une mine de charbon exploitée par RWE. Pour en savoir plus : « La Culture Mangeuse de Monde. Entretien » dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus. Apériodique pour chahuter l’extractivisme

[42] : Sur un terrain de 36 hectares sur le quai Joannès-Couvert, l’usine Siemens Gamesa doit créer 750 emplois directs et indirects liés aux activités de production, d’assemblage, de logistique et d’installation. Les éoliennes seront assemblées en mer à partir de composants préalablement assemblés sur le quai. Ils seront chargés sur des navires de levage spécifiques (jacket vessels) qui peuvent accoster sur le quai et se poser sur les fonds marins avec quatre « jambes/pieds » rétractables. Le site accueille aussi des zones de stockage ainsi qu’un hub logistique pour l’export des composants vers d’autres sites.

 

Partie 3 (des pistes) :

Comprendre le complexe électrique national

En nous intéressant à la relance énergétique, l’idée est de mettre à nu le corps de la domination industrielle qui permet la production capitaliste. Pour mieux comprendre le fonctionnement du réseau électrique en général, on a luL’électricité de la production à la consommation pour les Nuls de Renault Enguérand publié en 2023, et notamment la partie 4 « Les réseaux de transport et de distribution » des pages 190 à 258 et des documents de RTE [43] en accès libre. Il n’empêche qu’on peut écrire des imprécisions et des erreurs. Le réseau électrique est équipé d’une multitude de postes électriques [44] et de lignes électriques Très Haute Tension (THT, 400 000 volts) et Haute Tension (HT, 225 000) [45] et le raccordement des zones de mutualisations (précisé plus bas) passe par des rénovations en ce sens. RTE investit une cinquantaine de milliards d’euros pour cela, dans le cadre d’un plan de financement de 100 milliards d’euros par lequel RTE envisage également de rénover ses infrastructures pour les adapter au réchauffement climatique. De plus, un autre investissement essentiel concerne le renouvellement et la modernisation du réseau de télécommunications. Celui-ci est composé d’un réseau de fibre optique noire propre à Arteria (filiale télécoms d’RTE) qui suit les tracés des lignes électriques du haut des pylônes et redescend parfois se connecter dans des postes électriques [46], ainsi que de réseaux plus traditionnels opérés par des tiers comme le réseau cuivre, les réseaux de fibre optique qui circulent sous des plaques d’égout jusqu’à des baies de répartitions (ou armoires) ou encore des antennes-relais qui communiquent par faisceaux hertziens (pour les postes reculés). Dans une logique de « smart grind » (« réseau intelligent »), ce réseau télécom surveille en permanence l’état du réseau électrique, à l’aide d’innombrables capteurs et faisceaux qui acheminent l’information jusqu’aux centres de conduite ou « dispatching ». C’est depuis ces centres de conduite [47] que des ordres sont envoyés aux différents équipements du réseau pour éviter la propagation des pannes électriques en les isolant du reste du réseau (et empêcher de potentiels black-out [48]). Sans cette logique de « smart grind », le réseau électrique s’effondrerait sans doute de lui-même étant donné que les coupures automatiques de lignes électriques en raison d’un problème (souvent lié à la foudre) sont légion (entre 5 000 et 10 000 par an). D’ici 2030, 100 % des postes électriques essentiels à la conduite du réseau doivent être équipés de deux lignes télécoms [49] et le réseau cuivre doit être retiré ou remplacé par Orange par des solutions de fibre optique ou faisceaux hertziens [50].

[43] : Au sujet de RTE : « RTE gère un réseau de transport de plus de 106 000 km de lignes à haute et très haute tension et emploie environ 10 000 salariés pour alimenter 500 clients industriels et desservir 2 500 postes-sources à l’interface avec les réseaux de distribution. Il est également responsable du raccordement des nouvelles unités de production d’énergie renouvelable les plus puissantes (champs d’éoliennes offshore, éoliennes terrestres, fermes photovoltaïques), ainsi que des interconnexions avec les pays voisins. RTE investit fortement dans le développement du réseau, mais aussi dans le numérique pour optimiser l’utilisation et l’efficacité du réseau. »(p.205-206). Pour apprendre l’exploitation, la maintenance et l’ingénierie des ouvrages électriques haute et très haute tension, la filiale d’RTE Cirtéus proposent des formations dans le centre de formation RTE de Jonage.

[ 44] : Les transformateurs sont inclus dans des poste-sources, de gigantesques postes électriques : « On peut les imaginer comme les connexions nerveuses qui, au sein du cerveau, relient les neurones. Dans cette image, les neurones seraient les « postes électriques » : c’est là que se concentrent tous les moyens de connaître et contrôler ce qui se passe sur le réseau. » (p.230)

[45] : «Plus la tension est élevée, moins il y a de perte d’électricité. La haute et la très haute tension permettent donc de transporter de l’électricité sur de longues distances en perdant le moins d’énergie possible. » (p.204)

[46] : RTE équipe son réseau électrique de son propre réseau de télécommunications par le biais de sa filiale Arteria créée fin 2002 (à l’image de SNCF et de sa filiale Terralpha qui fait la même chose le long des voies ferrées) qui exploite les 25 000 km de fibre optique installés sur les points hauts des pylônes du réseau électrique français. Bien que nous avons pas trouvé plus d’informations à ce sujet, elle posséderait un petit data-center à Nantes dans un local RTE réhabilité et souhaiterait en disposer d’un autre à notamment à Marseille. Elle intègre également une interconnexion de fibre optique au projet de câble électrique sous-marin « Celtic Interconnector » de 700MW entre les réseaux électriques de FranceTM (RTE) et d’IrlandeTM (Eirgrid) et les postes électriques de Knockhara (près de Cork) et La Martyre (près de Brest) dont la mise en service est prévue pour printemps 2028. Employant 17 salariés au 2 place des Vosges à La Défense (Courbevoie), elle loue également ses services sur les pylônes du réseau électrique français, qui permet des itinéraires différents que ceux empruntés par les opérateurs télécoms traditionnels et donc une solution parallèle, aux clients qui le demandent. Elle offre également une solution au déploiement des data-centers dans des endroits éloignés des principales zones d’interconnexion (Paris et Marseille) en proposant une solution de connectivité : c’est ainsi qu’une liaison Paris-Lille aboutissant au data center d’Etix dans le nord de la métropole de Lille a été établie, et que ce partenariat Artesia-Etix doit être renouvelé pour un data-center à Nantes. Elle exploite aussi un « backbone » de 1 Tbit/s entre Lyon et Toulouse qui permet d’y rerouter instantanément le trafic de fibre optique en cas d’incident. Ce serait les seuls à faire cela selon le directeur Gilles Calligaro, avec une incidentologie sept fois inférieure aux réseaux terrestres classiques : « Les grands mâts de RTE, c’est ceinture et bretelles. Et honnêtement, qui s’amuserait à saboter un pylône à 400 kV ? ». Voir : https://fibre.wiki/index.php/Arteria

[47] : Le dispatching national serait situé à Saint-Ouen (Seine Saint Denis) et veille au maintien de l’équilibre offre-demande, à la maîtrise des flux et au plan de tension sur les réseaux nationaux et les interconnexions européennes. Il y a aurait 7 dispatchings régionaux mais il est envisagé d’en conserver seulement 3. Les Agences de conduite régionale (ACR) gérés par la société Enedis surveillent le réseau à l’échelle d’un ou deux départements sur les flux à moyenne tension et sont en interaction permanente avec les dispatchings régionaux de RTE. Pour étudier la téléconduite, des formations sont dispensées à Campus Transfo, le laboratoire technologique et industriel de RTE à Jonage dans l’agglomération de Lyon.

[48] : Avant un black-out, les centres de conduite tentent d’isoler la panne, et la commande déploie ensuite des solutions de délestage qui fonctionnent par paliers pour privilégier l’alimentation de zones « essentielles » comme les hôpitaux ou les commissariats. Ce n’est pas le sujet ici mais le livre L’électricité de la production à la consommation pour les Nuls décrit ce fonctionnement et présente plusieurs exemples de pannes électriques majeures.

[49] : C’est ainsi que RTE peut disposer d’un réseau autonome pendant 24 heures pour redémarrer le réseau en cas de black-out. À l’heure actuelle, 650 postes électriques essentiels (soit 80 % du total) sont déjà équipés d’une conduite en temps réel appartenant à RTE et résilient en cas de black-out. L’enjeu est d’installer d’ici 2028 un lien télécom exploité par RTE sur les 132 postes électriques restants. D’ici 2030, il est question que chaque poste dispose de deux liens télécoms.

[50] : Cela concernerait 3 400 installations réparties sur l’ensemble du territoire. La technologie la moins coûteuse sera installée est fonction des caractéristiques (proximité d’une infrastructure optique tiers utilisable, site déjà équipé de solutions numériques…). Selon un document de RTE, le principal enjeu « réside dans la bonne coordination entre le programme d’Orange et celui de RTE pour que les installations disposent toujours d’un lien de télécommunication (ou que la période sans lien de télécommunication soit la plus courte possible) » sachant que le programme d’Orange doit être connu 3 ans en avance.

L’électrification des complexes portuaires

 

En ce qui concerne la zone de Dunkerque, un nouveau poste-source THT nommé « Flandres Maritime » est en cours de construction depuis 2024 sur la commune de Saint-George-sur-l’Aa, pour remplacer à l’horizon 2030 (au bout d’une mise en service partielle prévue mi-2026) celui de Warande (situé à Bourbourg). Il doit diffuser dans le réseau l’énergie produite par les réacteurs nucléaires de Gravelines (la plus grande centrale de FranceTM) et sans doute du parc éolien en mer de Dunkerque (d’une capacité de 600MW et dont l’atterrage se trouve entre Grande-Synthe et Loon Plage). D’une superficie de 24 hectares et comptant 21 départs 400 000 volts, 12 départs 225 000 volts et 3 départs 90 000 volts, ce poste serait le « maillon essentiel de la colonne vertébrale électrique du territoire ». Il serait ensuite question de créer le poste électrique du Puythouck sur 16,5 hectares et de le raccorder par la création de trois liaisons souterraines à double circuit 225 000 volts aux cellules aériennes existantes de celui Grande-Synthe (qui transforme en 225 000 pour alimenter le grand port). Ces deux postes de Flandres Maritime et du Puythouck seront ensuite reliés par deux liaisons à double circuit 400 000 volts sur environ 10,5km afin de donner plus de résilience au réseau. Des restructurations du réseau électrique local à 225 000 volts (constitué aux abords du port par les postes de Grand Port et de Grande-Synthe) et 90 000 volts sont également envisagées par la création de liaisons souterraines aux abords des postes de Puythouck et Flandres Maritime pour démonter des lignes aériennes existantes. Une ligne THT doit également être construite d’ici 2030 entre le poste de Navarre (près de Petit Caux) en Seine Maritime et celui d’Argoeuvres (près d’Amiens) dans la Somme pour créer un axe de mutualisation entre ces régions et l’énergie venant des centrales de Paluel et de Penly d’un côté et de celle de Gravelines de l’autre (même si en regardant sur une carte, Amiens est bien plus au sud que Gravelines).

Dans la zone du Havre-Port-Jérôme, une ligne aérienne THT (400 000 volts) doit être créée sur 30km entre le poste-source de Rougemontiers (27) et celui de Havre (qui doit être par la suite remplacé par Noroit et raccourcir cette ligne THT [51]). Ensuite, une ligne souterraine de 225 000 volts doit être créée sur 20km entre les zones industrielles de Port-Jérôme et de Le Havre, c’est à dire entre les postes de Noroit et de Roseaux. Ces deux postes-sources doivent être construits pour l’occasion, le premier sur un terrain appartenant à RTE, à partir de fin 2029. La production d’énergie arrive des centrales nucléaires de Paluel (et plus tard peut être de Penly) depuis le poste de Vaupallière, et de l’autre côté de la centrale nucléaire Flamanville et du parc éolien Centre Manche 2 d’ici 2032 (d’une puissance de 1,5 GW et dont le raccordement se fait au poste de Tourbe à Bourguébus), depuis le poste de Rougemontiers (27). Les parcs éoliens en mer Fécamp Grand Large 1 et 2, envisagés à l’horizon 2035, d’une puissance de 2GW chacun, doivent eux directement être raccordés à cette zone par les postes de Noroit et Roseaux. De l’électricité arrive également du parc éolien en mer de Fécamp d’une capacité de 500MW jusqu’au poste de Sainneville-sur-Seine, puis par liaison souterraine de 12 km jusqu’au port du Havre (poste de Pont VII).

[51] : La zone est également alimentée par une liaison 225 000 volts depuis le poste de Vaupalière par deux liaisons 225 000. Les postes HTB3 (400 000) de la zone sont Havre qui doit être remplacé par Noroit, les postes HTB2 (225 000) sont Havre, Noroit, Roseaux, Marais de Radicatel, Gabion, Pont-Sept, Port-Jérôme, Ratier, Sainneville et Sandouville. Les postes HTB1 (90 000) sont Antifer, Auberville, Bleville, Charles-Laffitte, Criquet, Ecrainville, Fécamp, Gabion, Montivilliers, Pont-Sept, Port-Jérôme, Ratier, Sainneville, Saint-Jean-de-Folleville et Sandouville.

[52] : Les parcs éoliens en mer sont raccordés par liaison sous-marine en courant continu depuis la plateforme en mer (transformateur maritime) du parc jusqu’une jonction d’atterrage sur le littoral qui connecte liaison sous-marine et liaison terrestre. Ensuite une liaison souterraine transporte l’électricité (toujours en courant continu) jusqu’une station de conversion terrestre qui la convertit en courant alternatif pour l’adapter au réseau électrique terrestre (souvent à côté du poste-source qui sert de raccordement). Les localisations précises des éléments de ce circuit sont souvent trouvables sur internet selon chaque parc éolien en mer spécifique.

avantaprès

Le raccordement de la zone de Fos-sur-Mer-Marseille dépend de la création, devant aboutir en 2030, d’une ligne électrique THT (400 000 volts) aérienne à double circuit sur 65km entre les postes-sources de Jonquières-Saint-Vincent (30) et Feuillane, proche de Fos-sur-Mer (13). La structure du réseau électrique dans la zone du Golfe de Fos s’articule autour d’un axe 400 000 volts reliant la vallée du Rhône à la Provence, composé des postes électriques de Tavel (Drôme) et de Réaltor (Bouches-du-Rhône) et d’une architecture plus générale de 225 000 volts qui dessert le littoral (composée autour de la zone industrielle par Darse, Feuillane et Lavéra). Sans ce renforcement du poste HT (225 000 volts) de Feuillane depuis Jonquières-Saint-Vincent, celui-ci ne serait supporté que depuis le poste-source Réaltor, relié au poste-source de Tavel d’où l’énergie de la centrale nucléaire de Tricastin semble rentrer dans le réseau. Entre 2026 et 2030, en plus du poste de Feuillane, le plus proche de la zone industrielle, doit être créé celui de Roquerousse d’une capacité de 400 000 volts, renforçant l’axe 400 000 volts Réaltor-Ponteau-Feuillane. Notons tout de même que même avec la création de cette ligne THT depuis Jonquières-Saint-Vincent, c’est toujours depuis le poste-source de Tavel que l’énergie provient, bien qu’un parc éolien flottant doit se raccorder directement au poste de Feuillane. Le poste de Feuillane doit être alimenté par les parcs offshore de la zone de Fos sur Mer (d’une capacité de 750MW à d’ici 2031-2035). RTE prévoit également le raccordement de la zone de Plan de Campagne (au nord de Marseille) pour l’accueil de nouveaux projets de data-centers [53], avec un premier palier à l’horizon 2030 d’une capacité de 320 MW et d’un second à l’horizon 2032 d’une capacité totale de 550 MW. Sans ce renforcement, cette zone, particulièrement propice à l’accueil de data-centers avec l’arrivée de 16 câbles sous-marins de télécommunications, est saturée en termes d’approvisionnement électrique. Il nécessite la création du poste HT (225 000 volts) Plan de Campagne et une restructuration du poste de Réaltor, reliant le premier par la création de deux lignes souterraines 225 000 volts de 4,5km en 2030. Puis d’ici 2032, une nouvelle restructuration de ces deux postes ainsi qu’une création d’une liaison souterraine de 9,5km. La mutualisation de la large zone de Midi Provence (et des besoins de la zone de Fos sur Mer) dépend du sens de transit des flux sur l’axe La Gaudière – Tavel sachant que le sens peut aller vers les interconnexions FranceTM – EspagneTM depuis La Gaudière [54]. Selon un document de RTE, l’axe Roquerousse – Réaltor resterait un point faible de ce réseau. Semble-t-il que les 5GW supplémentaires apporté à cette large zone Midi Provence (déjà saturée), sera

utilisée pour moitié par les industriels.

[53] : Une deuxième zone privilégiée en FranceTM dans l’accueil de nouveaux data-centers et dont le raccordement est étudié par RTE est celle d’Ile de France Sud.

[54] : Le poste la Gaudière précède celui de Baixas en Pyrénées Orientales qui permet une interconnexion FranceTM EspagneTM de 2GW jusqu’au poste de Santa Llogaia en Catalogne depuis 2015.

Le raccordement de la zone Nantes-Saint-Nazaire (« Loire Estuaire ») [55] dépend de la création préalable du poste « Donges Ouest » (qui doit changer de nom à l’issue de la concertation dite « Fontaine » au sujet des raccordements). En 2030, celui-ci doit être étendu avec la création d’un jeu de barres. Deux liaisons souterraines (225 000) doivent être créées entre ce poste de Donges Ouest et le poste de Prinquiau, dont l’une ferait 12 km. Une autre ligne souterraine (225 000) doit être créée entre Donges Ouest et Guersac sur 8 km. En 2030, un 5e autotransformateur du 400 000 au 225 000 Volts sur le poste de Cordemais (HTB3), puis d’un sixième en 2031 ainsi que des travaux des tronçons souterrains vers Guersac, Prinquiau, Donges Ouest… Alors que la centrale à charbon de Cordemais devait arrêter sa production en 2022, elle a été prolongée jusqu’en 2027 (et peut être plus par la suite) pour approvisionner le réseau d’1GW. Sa fermeture sera envisagée [56] lorsque d’autres approvisionnements viendront compenser son apport, notamment par la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) ou avec la mise en service progressive des parcs éoliens de Saint-Nazaire et de Saint-Brieuc ou de Centre Manche 1 et de Fécamp ou la centrale à gaz de Landivisiau. Ces approvisonnements devraient arriver toujours par le poste de Cordemais ou par celui de Prinquiau.

[55] : Un document précise que, dans cette zone, les postes électriques HTB2 qui transforment du 225 000 volts sont ceux de Donges Ouest, Saint Nazaire, Prinquiau, Guersac, Cordemais et Grandes-Rivières. Les postes électriques HTB1 qui transforment du 63 000 volts se trouvent à Donges Ouest, Donges, Guersac, Saint Nazaire, Heinlex, Guérande, La Baule, Montoir, Brivet et Trignac.

[56] : Plusieurs options semblent évoquées pour l’avenir de ce site de 130 hectares sur la rive nord de la Loire : miniréacteur nucléaire (SMR), site de Framatome pour produire des éléments de la tuyauterie pour le circuit secondaire principal des nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, non produits par l’entreprise actuellement, stockage énergétique en lien avec les électrolyseurs des champs éoliens offshore…

avantaprès

Par où (re)commencer à démanteler le complexe militaro-industriel ?

 

C’est sans doute plus intéressant d’essayer de répondre à cette question en en discutant de vive voix, en espérant que ce travail soit un support pour de vives discussions et de vives contributions !

 

Pour se quitter sur une inspiration, on se permet de relayer l’action du groupe Volcan, qui a incendié cinq câbles de 110 000 volts et des câbles de 10 000 volts d’une centrale à gaz fossile, à Berlin samedi 3 janvier vers 6h30. Rappelons tout de même que c’est très dangereux : toutes les tensions au-delà de 50 volts sont potentiellement mortelles… Et en incendiant un câble pour le détruire, l’idée est que l’isolant fonde jusqu’à ce que la partie conductrice apparaisse… C’est d’ailleurs ainsi qu’iels ont pu provoquer un court circuit : en disposant des barres d’acier sur les câbles et que leurs courant respectifs s’entrechoquent une fois l’isolant brûlé. De plus, si un câble qui n’est pas relié à la terre perd son isolant ou se coupe, l’électricité peut partir dans l’air et c’est très dangereux pour les personnes qui se trouvent aux alentours ! Dans tous les cas, l’action du groupe Volcan a semble-t-il dépassé leurs attentes (à savoir exclusivement déconnecter la centrale à gaz du réseau) en provoquant un black out chez les riches. Même que plusieurs cambriolages ont pu avoir lieu dans les villas, supermarchés et distributeurs de billets ! Celle-ci, et les réappropriations qu’elle a rendu possible, nous montrent que les pannes électriques peuvent aussi être pensées comme des choses heureuses, des opportunités à saisir. Cultiver un tel état d’esprit est sans doute indispensable si l’on veut s’affranchir du complexe militaro-industriel et du conditionnement qu’il nous a imposé.

 

https://sansnom.noblogs.org/archives/27208 :

 

[Samedi 3 janvier à Berlin, vers 6h30 du matin, le « groupe Volcan : Couper le jus aux dominants » a incendié plusieurs câbles de la centrale à gaz fossile située à Lichterfelde. Cela a eu pour conséquence d’interrompre la fourniture d’électricité à 2200 entreprises et à 45000 foyers (soit 100 000 personnes), dans différents quartiers huppés du sud-ouest de la capitale allemande (Lichterfelde, Zehlendorf, Nikolassee, Wannsee). Concrètement, cinq câbles de 110 000 volts (haute tension) et dix câbles de 10 000 volts (moyenne tension) ont été détruits par cet incendie volontaire, à l’endroit où ils franchissaient le canal de Teltow sur une passerelle dédiée, déconnectant du réseau berlinois la partie « électricité » de la centrale à gaz, tandis que sa partie « chauffage urbain » était préservée. L’opérateur municipal Stromnetz Berlin a immédiatement eu recours à des solutions de contournement pour rétablir 7 000 foyers et 150 entreprises prioritaires, tout en annonçant que le rétablissement complet (et provisoire) du réseau ne sera pas effectif avant jeudi prochain, 8 janvier. Mardi soir, près de 25 500 foyers et 1 220 entreprises étaient encore privées de courant, dans ce qui a été qualifié de « pire attaque terroriste jamais perpétrée contre les infrastructures critiques de la capitale » par un des principaux journaux berlinois (Berliner Zeitung, 6 janvier).

A noter aussi, que saisissant l’occasion du black-out chez les riches, plusieurs expropriations ont eu lieu : entre samedi et lundi soir, les autorités ont par exemple recensé 7 cambriolages/vols réussis et 13 tentatives, concernant aussi bien villas que supermarchés ou distributeurs de billets, les conduisant à déployer chaque nuit 450 flics supplémentaires et un hélicoptère équipé de caméras thermiques et de projecteur dans ces quartiers. Dès dimanche, la ministre régionale (SPD) de l’Intérieur avait d’ailleurs décrété l’état d’urgence, facilitant ainsi l’intervention de l’armée et de la police fédérale. Côté antennes de téléphone portable mises en tilt, Vodafone a annoncé 27 sites coupés (sur 39), Telekom 17 sites touchés (sur 29), tandis qu’O2 en recensait 18. Deux jours plus tard, la couverture de la téléphonie mobile est revenue au sud-ouest de Berlin, mais reste en mode dégradé.  Et idem pour les lignes de S-Bahn (S1 et S7) et celle du train express régional (RE7), qui toutes ont été interrompues, puisque leur poste d’aiguillage a lui aussi été privé de jus. Et petite cerise sur le gâteau, une vingtaine d’écoles resteront également fermées jusqu’à mercredi. Rappelons qu’en mars 2024, un « groupe Volcan : EteindreTesla ! » avait revendiqué l’incendie d’un pylône à haute-tension à Berlin alimentant la Gigafactory de cette entreprise (lire ici leur premier communiqué à ce propos, et là leur second), tandis qu’en septembre 2025 « Quelques anarchistEs » avaient déjà provoqué un black-out partiel dans la capitale allemande, lors du sabotage antimilitariste d’un pylône alimentant le plus grand parc technologique d’Europe (voir leur communiqué ici) .

On trouvera ci-dessous une traduction partielle (en attendant la version complète) du texte de revendication du « groupe Volcan : Couper le jus aux dominants », publiée dès le lendemain 4 janvier sur le site switchoff, titrée : « Bonne année 2026. Courage ! ».]

BONNE ANNÉE 2026. COURAGE !

(Introduction du communiqué)

Nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir des riches. Nous pouvons amorcer la fin du mode de vie impérial. Nous pouvons mettre un terme au pillage de la planète.

A cause de la quête d’énergie, la Terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite. Des régions entières deviennent inhabitables sous l’effet de la chaleur. Elles sont littéralement brûlées. Ou bien ce sont des habitats qui disparaissent sous les flots lors d’inondations, ou en raison de l’élévation du niveau de la mer.

La fermeture des centrales thermiques est un travail manuel. Ayons du courage. Nous savons que nous devons mettre fin à cette destruction. Nous savons que nous ne sommes pas seuls. Ne perdez pas espoir en un monde où la vie a sa place, et non plus la soif d’argent, de pouvoir et de destruction.

 

Cette nuit, nous avons saboté avec succès la centrale à gaz de Berlin-Lichterfelde. Des coupures de courant ont eu lieu dans les quartiers aisés de Wannsee, Zehlendorf et Nikolassee. Les coupures de courant n’étaient pas le but de notre action, mais plutôt l’industrie des énergies fossiles. Nous présentons nos excuses aux personnes les moins aisées du sud-ouest de Berlin. En revanche, notre compassion pour les nombreux propriétaires de villas dans ces quartiers est limitée. Nous expliquons pourquoi dans notre texte ci-dessous.

Notre action, orientée vers le bien commun, est socialement bénéfique. Nous nous en expliquons également de manière plus détaillée dans notre revendication relative à l’action.

L’attaque contre la centrale à gaz est un acte de légitime défense et de solidarité internationale avec toutes celles et ceux qui protègent la planète et la vie. Les infrastructures qui servent à l’« agression technologique » et entraînent la destruction de la planète peuvent être sabotées. La production d’énergie fossile peut être arrêtée. Les métropoles-smart city, comme Berlin est en passe de le devenir, peuvent être bloquées. A travers Stromnetz Berlin [gestionnaire du réseau électrique de la capitale], c’est un élément constitutif de cette vision-catastrophe d’une ville « intelligente » qui a été touché. Il va sans dire que nous avons exclu à chaque instant tout danger pour la vie humaine.

Notre revendication détaillée est jointe à ce texte.

* * * * (extrait de la revendication)

 

(…) Switch off pour la soif d’énergie, Switch off pour la gestion numérique de la vie, Switch off pour la progression de la destruction [de la planète].

Aujourd’hui, nous avons attaqué la centrale thermique à turbines à gaz et à vapeur de Lichterfelde. Cette centrale produit une puissance électrique totale de 300 MW à partir de gaz naturel. Notre objectif était les lignes à haute tension, afin de causer des dommages importants à l’entreprise. Nous avons mis le feu à la passerelle de câbles, qui n’est pas répertoriée publiquement et qui relie la centrale de Lichterfelde en enjambant le canal de Teltow, du côté des espaces verts. Nous avons également court-circuité les câbles brûlés à l’aide de barres d’acier qui traînaient par là.

 

L’entreprise d’énergie devra racheter de l’électricité en temps réel sur le marché libre afin de remplir les obligations qu’elle a contractées concernant la livraison d’électricité, dès que la panne sera constatée. Nous ne pensons pas avoir déconnecté 100 000 foyers du réseau électrique berlinois, mais seulement les avoir déconnectés du réseau de cette centrale à gaz. Le réseau énergétique à sécurité multiple reconnectera les foyers au réseau électrique très ramifié dans les plus brefs délais, via d’autres voies d’alimentation. L’achat d’énergie à court terme aux prix du marché peut être plus coûteux qu’au moment où l’entreprise l’avait initialement acheté à la bourse de l’électricité de Leipzig (EEX). Pour éviter de payer des pénalités contractuelles élevées aux différents consommateurs, elle n’a pas d’autre choix. Nous avons court-circuité plus de vingt lignes 110 kV et n’avons pas inclus les conduites de chauffage urbain dans l’action. Mais nous ne pouvons pas exclure des répercussions sur le chauffage urbain.

Notre action diffère dans la pratique de celle menée à Adlershof le 9 septembre 2025 contre le parc technologique. Il s’agissait là d’une ligne d’alimentation qui négligeait la protection redondante. La situation était similaire avec le « groupe Volcan : Eteindre Tesla », qui a déconnecté Tesla du réseau en détruisant une ligne d’alimentation et a touché environ 5 000 foyers.

Dans notre cas, ce n’est pas l’électricité d’un bâtiment comme le parc technologique ou la Gigafactory qui sera coupée, entraînant une panne générale, mais ce sera la centrale électrique avec son vaste réseau de câbles qui sera déconnectée du réseau électrique. Elle continuera à produire de l’électricité, mais ne pourra plus l’injecter dans le réseau et donc plus la fournir. La capacité d’approvisionnement des foyers par d’autres centrales électriques reste toutefois intacte, ce qui est d’ailleurs l’intention des autorités et des géants de l’énergie. Néanmoins, il n’est pas exclu que notre action affecte davantage certaines stations de transformation. L’approvisionnement en chauffage urbain (puissance thermique d’environ 690 MW) n’a pas été interrompu à cause de notre action.

Les foyers individuels ne sont pas la cible de cette action. L’objectif de cette dernière est de porter un coup dur à l’industrie gazière et à la cupidité énergétique. Si des coupures prolongées surviennent dans les domicile privés, nous tenons à préciser qu’ils ne sont pas la cible de cette attaque. Cet effet n’était ni intentionnel ni calculé de notre part. À aucun moment nous n’avons mis en danger la vie humaine. Comme nous ne pouvons pas être sûrs à 100 % des réactions en chaîne, qui ne relèvent pas de notre responsabilité, que pourrait entraîner la fermeture de la centrale à gaz, nous avons la demande suivante à adresser aux foyers qui pourraient être affectés : sonnez chez vos voisins. Pensez à aider les personnes âgées ou dépendantes en cas de panne de courant. Prenez soin de vous et des autres en vous entraidant solidairement. Informez-vous les uns les autres.

(…) Les attaques concrètes contre le parc technologique d’Adlershof [en septembre 2025], contre la Gigafactory de Tesla [en mars 2024], contre l’infrastructure de la centrale à charbon Reuter de Vattenfall [en juin 2023] et contre le nœud de communication de Vodafone à Adlershof [en août 2025] sont des points de référence pour notre attaque, tout comme les nombreuses actions militantes qui mettent l’accent sur la destruction de notre planète. Même si ces actes de sabotage entraînent des pertes financières importantes, ils ne peuvent, en tant qu’actions isolées (!), imposer un changement d’orientation politique. Mais ils indiquent une voie et une direction que nous recommandons à toutes les métropoles. Paralysez les infrastructures qui servent à « l’agression technologique » et entraînent la destruction de la planète. Le consensus sur la participation au projet d’un mode de vie impérial peut être rompu. Un mouvement social de masse contre la destruction mondiale des bases de la vie, contre toutes les guerres et le pillage des ressources va de pair avec la capacité de saboter les réseaux électriques et les artères énergétiques.

L’attaque contre la centrale à gaz est un acte de solidarité internationale avec toutes celles et ceux qui protègent la Terre et la vie. Notre résistance est multiple et, souvent, dans le brouillard de la désinformation, des différentes approches culturelles et des différences linguistiques, nous avons encore besoin de trop de temps pour reconnaître nos points communs. Mais nous sommes convaincus que dans l’obscurité, la lumière n’est pas loin. Si nous plaçons cette action dans le contexte d’une résistance mondiale, que ce soit aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, en Chine ou en Russie, en Europe ou en Australie, contre toutes les formes d’oppression, de domination et de destruction de la Terre, nous sommes convaincus que nous serons entendus, que ces contributions seront traduites, que les contributions traduites nous parviendront, qu’une communication subversive aura lieu sur les chemins sinueux de la résistance, une communication qui se reconnaîtra. Et qui interviendra. Et ce, si possible sans effusion de sang, mais avec la détermination de couper le jus aux dominants.

Groupe Volcan : Couper le jus aux dominants

Nous ne pouvons plus nous permettre les riches Initier la fin du mode de vie impérial Fermer les centrales à combustibles fossiles est un travail manuel Mettre fin au pillage de la planète Liberté pour tous les antifascistes, les militant.es pour le climat et tou.tes les autres rebelles

Contre la prison des Baumettes et son agrandissement

Publié le 2026-01-20 08:21:35

[MANIFESTATION] Rendez-vous le 22 février à 16h, place de la providence !



Contre la prison des Baumettes et son agrandissement
Contre l’isolement et la nouvelle prison de haute sécurité de Luynes
Contre les rafles et le harcèlement policier dans nos quartiers
Pour les prisonniers⋅es dont la voix n’est jamais écoutée et pour les proches qui subissent aussi la violence de l’enfermement

Manifestation le 22 février à 16h
Place de la providence, 13001 Marseille

È nato un nuovo blog anarchico: ISPIRA-AZIONE

Publié le 2026-01-20 08:26:30

È nato un nuovo blog anarchico: ISPIRA-AZIONE

Riceviamo e diffondiamo:

https://ispiraazione.noblogs.org/?page_id=57

Ispirare l’azione…

Come potremmo sovvertire questo mondo se non agiamo per farlo? La lotta, quando è diretta emanazione di una consapevolezza armata di idee e valori divergenti, ha il potere di far cadere la maschera che copre questo mondo ridotto a merce, scuotendo più di mille parole le coscienze assopite dalle luci degli schermi e dal mantra del produci-consuma-crepa. A patto che ci sia qualcuno disposto a guardare oltre, distogliendo lo sguardo dalla routine accattivante del conformismo; che qualcuno sia disposto ad ascoltare le voci dell’abisso che si levano contro la vita spogliata di senso e le devastazioni e le guerre che sono il motore dell’eterna rincorsa alla potenza che caratterizzano il capitalismo e lo stato.

L’agire non è mai privo di senso, perché rappresenta la ripresa tra le proprie mani di una vita espropriata, è esperienza viva di liberazione, è libertà in atto.

La lotta stessa è azione, se non vuole ridursi a mera voce dissonante.

L’autorità ha mille facce e il dominio è globale e pervasivo, non mancano gli obiettivi da colpire o le motivazioni per farlo. Ciò che manca, forse, è un progetto che conferisca senso ed entusiasmo, fiducia nelle proprie capacità e possibilità e la percezione di riuscire a superare i limiti dell’azione per l’azione sentendosi unite ad altre molteplici volontà determinate a sconvolgere l’ordine leviatanico che governa questo mondo.

Questo blog nasce con l’ambizioso proposito di stimolare le menti e armare le mani di chiunque, anarchiche, anarchici, ribelli di ogni risma, senta l’insopprimibile bisogno di liberarsi dalle catene dell’autorità e distruggere le gabbie mentali, virtuali e materiali del carcere a cielo aperto che chiamiamo società.

Qui ci proponiamo di diffondere la conoscenza di ciò che accade anche altrove, tradurre testi di rivendicazioni e notizie di azioni prese dai siti di controinformazione di tutto il mondo come contributo allo sviluppo dell’immaginazione, di progetti di lotta che si pongano in continuità e dialogo con le prospettive di chi condivide una propensione all’azione diretta. Uno sguardo internazionale insomma, che permetta di scorgere e tessere i sottili fili che collegano l’agire anarchico aldilà dei confini degli stati e delle coscienze.

È un contributo volto ad ampliare gli orizzonti di lotta, affinare le nostre competenze pratiche e conoscenza dei punti deboli del nemico, imparando dalle intuizioni altrui e diffondendo le idee che scorgiamo materializzarsi tra i densi fumi le scintille e le detonazioni, con la convinzione che le parole che accompagnano i gesti di rivolta aprano nuovi immaginari, permettendo di individuare bersagli, scoprire modalità di agire ed ispirare ad attaccare i molteplici volti di ciò che opprime quotidianamente le nostre vite.

Questo sito è aperto a contributi, traduzioni e comunicati di chiunque lo reputi uno strumento utile: si pubblicherà tutto ciò che va nella direzione di promuovere l’azione diretta antiautoritaria, compresi manuali per la diffusione di competenze pratiche e informatiche.

È completamente anonimo e tale vuole rimanere, per la sicurezza di chi lo cura e di chi vi contribuisce, perciò caldeggiamo l’utilizzo di Tails, i sistemi di anonimizzazione come i servizi di TempMail e l’uso di chiavette criptate per salvare materiale scaricato (consultare il manuale nella sezione dedicata). Vista la tendenza sempre più diffusa delle polizie di ogni stato a reprimere la semplice parola nel timore che si trasformi in qualcos’altro di ben più pericoloso, crediamo sia importante affinare pratiche di sicurezza collettive per spezzare l’illusione di un controllo infallibile a darci nuovo respiro.

Per comunicazioni dirette (e criptate) al blog è disponibile un form di contatto in basso a sinistra, oppure è possibile contattarci all’indirizzo e-mail “ispira-azione[at]autistici.org” (disponibile chiave PGP nella pagina “Contatti”).

Duk Dig: aktionskronik (Scandinavia)

Publié le 2026-01-20 10:11:28
Welcome to Duk Dig!

A blog for group statements and reports of actions happening in Scandinavia. We center direct action, sabotage, property damage, riots, expropriation and calls to action. This is not a platform for NVDA, civil disobedience, or petitions.

How to post? Post on this website anonymously and ONLY using TOR + TAILS. If you are new to this, find instructions here. Everyone is able to make a post by using this encrypted form, our admins will publish your content as soon as possible. Want to attach files? Use bayimg or sendvid, and send us the link.

dukdig.noblogs.org/

Mérignac (Gironde) : Vandalisme sur le chantier du futur CRA

Publié le 2026-01-21 07:56:55

France 3 / mardi 20 janvier 2026

Les dégâts ont été découverts par les ouvriers lors de leur prise de service, lundi 19 janvier. Le chantier du futur centre de rétention administrative de Mérignac près de Bordeaux a été vandalisé, “probablement au cours du week-end dernier, entre le 16 et le 18 janvier”, indique le parquet de Bordeaux.

Destiné à retenir des personnes étrangères en attente d’expulsion du territoire français, le site a été sérieusement saccagé. L’ensemble des vitrages par balles [hem… « pare-balles » peut-être ? NdAtt.] a été détruit, “à l’aide d’un objet lourd, type marteau”, précise le parquet de Bordeaux. Le carrelage a été brisé et des gaines électriques ont été sectionnées. “Ça dépasse la centaine de milliers d’euros de dégâts, le vitrage spécifique coûte notamment très cher », conclut le parquet.
Une enquête a été ouverte et confiée à la direction interdépartementale de la police nationale. Les faits n’ont pas été revendiqués. Pour l’heure, personne n’a été interpellé et aucune piste n’est privilégiée.

Malgré ces nombreux dégâts, « l’ouverture au premier semestre 2026 sera maintenue », assure la Préfecture de la Gironde.
Cette infrastructure doit remplacer l’actuel centre de rétention administrative, situé au sous-sol de l’hôtel de Police de Bordeaux qui est « le plus petit CRA de France hexagonale, avec une capacité de 20 places hommes avec peu de lumière naturelle et une importante promiscuité du fait de l’étroitesse des lieux”, détaille la CIMADE, l’association de soutien aux exilés dans son bilan 2024.

Le nouveau centre de Mérignac pourra lui accueillir 140 personnes, aussi bien des hommes que des femmes dans des zones de vies distinctes.

 

Selon ici [ex France Bleu], même date : « […] Ce lundi matin, plusieurs dégradations ont été découvertes sur le chantier : la quasi-totalité des panneaux vitrés, pare-balles, ont été fissurés, ainsi que le carrelage du bâtiment. Plusieurs gaines électriques ont également été sectionnées. Le préjudice est estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros. […] »

 

Et Sud-Ouest du 19 janvier précise : « […] Grillage découpé, système de vidéosurveillance anéanti, vitres étoilées, câbles électriques arrachés, canalisations d’eau endommagées, carrelage brisé, murs dégradés, mousse expansive déversée dans des siphons, etc. Le ou les auteurs qui ont vandalisé les bâtiments du futur centre de rétention administrative (CRA) de Mérignac ont dévasté une grande partie du site.
Les dégâts sont très importants. Le préjudice, en cours d’estimation, pourrait s’élever à près de 300 000 euros.

Le saccage a été découvert ce lundi 19 janvier, en début de matinée, par les ouvriers qui s’apprêtaient à attaquer leur journée de travail. Plusieurs responsables du groupement d’entreprises œuvrant à la construction se sont déplacés pour constater l’ampleur des dégradations et ont immédiatement alerté la police.
Les experts de la police technique et scientifique ont passé les lieux au peigne fin pour tenter de relever de précieux indices. L’enquête a été confiée à la Division de la criminalité territoriale (DCT). […] »

Poster: Let's Cut the Net of Control (English / Español)

Publié le 2026-01-22 08:31:51

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Rassemblement contre la technologie mortifère du Tech&Fest

Publié le 2026-01-24 11:11:19

Tech & Death : Rassemblement jeudi 5 février - 13h - devant Alpexpo

Nous vous proposons de joyeusement huer l’écosystème technologique-militaire-universitaire (cracra) de Grenoble !

Le rassemblement se déroule en marge du salon Tech&Fest (beurk), qui "célèbre le meilleur [et surtout le pire] de l’innovation".

Si vous aussi :

- le capitalisme de surveillance vous horripile

- l’impérialisme derrière le vernis de la technologie vous fait vomir

- l’IA dégénérative vous dégoute

- le greenwashing vous exècre

- l’avènement d’une recherche au service de l’armée vous insupporte

Rejoignez-nous pour contester l’événement Tech&Fest (yeurk) et sa vision d’un monde sur-technologisé !

Réunion publique contre les Centres de Rétention Administrative – Mobilisation contre les nouvelles constructions – Mercredi 28 janvier à 19h!

Publié le 2026-01-24 11:16:16

LIEU A VENIR – ANNONCE TRES PROCHAINEMENT

L’Etat prévoit toujours plus de lieux d’enfermement. D’ici 2027 le gouvernement veut atteindre 3 000 places en centre de rétention administrative (CRA). Des ouvertures de CRA sont ainsi notamment prévues à Dijon, Mérignac, Béziers, Aix/Luynes, Dunkerque, Goussainville, Nantes et Oissel.

Face à cette offensive de l’Etat des collectifs se bougent partout en France et se coordonnent pour organiser une mobilisation nationale.

L’Assemblée contre les Centre de rétention d’Île-de-France propose de faire un point sur cette mobilisation lors d’une assemblée publique ce mercredi 28 janvier.

Qui dit construction, dit boîtes qui en profitent pour ce faire de la maille sur le dos de l’enfermement et cette assemblée sera également l’occasion de parler de la nouvelle version de la brochure sur les boîtes collabos.

Plus largement on présentera aussi l’Assemblée antiCRA, on évoquera la situation dans les CRA franciliens et ce sera l’occasion d’échanger des idées et des pratiques pour faire vivre les luttes contre l’enfermement.

Familier.es des luttes anti-carcérales ou non, vous êtes toustes les bienvenu.es !

Les CRA (Centre de Rétention Administrative) sont des lieux de privation de libertés dans lesquels l’état enferme les personnes qui n’ont pas les bons papiers. Combinant des logiques d’enfermement et d’expulsion, ils maintiennent le système d’exploitation raciste qui s’appuie sur les frontières et les politiques migratoires. En réaction, les personnes enfermées s’organisent et se révoltent (grèves de la faim, tentatives d’évasion, émeutes, incendie, etc.). C’est en solidarité avec elles qu’existe l’assemblée contre les CRA.

Pour nous, s’organiser contre les CRA c’est à la fois s’inscrire dans une lutte anti-carcérale et s’attaquer aux frontières. Par l’intermédiaire du site abaslescra.noblogs.org et de l’émissions de radios l’Envolée, l’assemblée relaye les paroles, les révoltes et les revendications des personnes enfermées en CRA.

On organise aussi des formes d’actions en solidarité et en coordination avec l’intérieur et contre les boîtes collabos, notamment lors des moments de lutte, nous diffusons des conseils de débrouille « juridiques et pratiques » à destination des personnes qui n’ont pas les bons papiers, des personnes enfermées et de leurs proches.

Nous partageons également des informations sur le fonctionnement des CRA et les acteurs qui les créent et les font tourner. La lutte contre les CRA se construit de part et d’autre des murs et des barbelés.

Que brûlent les CRA, les frontières et la PAF avec !

Contact :
mail : anticra@riseup.net
telegram : https://t.me/abaslescra
twitter : @bas_cra
mastodon : @abaslescra@todon.eu

Nussir is a mountain, not a mine! – Call to action against the “Nussir mine” beyond liberal environmentalism in Norwegian-Occupied Sápmi

Publié le 2026-01-24 11:21:23

This is a global call to action against the copper-mine currently under construction in Riehpovuotna (called “Repparfjord” by the colonizers), in Norwegian-occupied Sápmi.

1. WHAT IS THIS?

This is a global call to action against the copper-mine currently under construction in Riehpovuotna (called “Repparfjord” by the colonizers), in Norwegian-occupied Sápmi.The Canadian company Blue Moon Metals (BMM) – full owner of the mine’s operator Nussir ASA – is actively involved in the colonization of Sámi ancestral lands through the construction of two copper and precious metals mines in the region. This is part of a rapid expansion of corporate extractivism stemming from the EU’s Critical Minerals Act, as the “Nussir mine” has been named a “Strategic Project,” allowing for large land grabs and cutting through any environmental or Indigenous land protection under the banner of a so-called “Green Transition”. More information on the history of the land and the numerous Sámi-led struggles, can be found in the later sections.

2. WHAT CAN BE DONE?

Besides the Nussir copper-gold-silver project, BMM is currently advancing two other brownfield polymetallic projects, Nye Sulitjelma Gruver (NSG) copper-zinc-gold-silver project in Norway and the BMM zinc-gold-silver-copper project in California. All 3 projects are located within existing local infrastructure including roads, power grids, railways, and/or previous extractivist projects. This makes them desireable for investors, but also more easily accessible for those who wish to intervene.
In December 2025, the first phase of the Nussir-mine project was completed, by detonating an entrance tunnel through the mountain. The next phase entails preparation of surface areas, which means more activity above ground and around the mine. This is a crucial moment, as BMM now depends on much more investments to further pursue their operation. So let’s make this a nightmarish quest! We believe that there is a possibility to win this fight if we broaden our ways of attack and internationalize the struggle. We do not want to define your means or your targets. Do whatever feels in line with your way of acting and existing skills. It could be organizing a blockade, a banner drop, or a solidarity photo, while emphasizing the need for the most materially impactful actions at this time. We welcome your creativity and experience, and hope to see many different approaches on all kinds of platforms.

Main investors: These are the main targets on which we suggest to put pressure.

Hartree Partners LP has invested $140 million USD in BMM, in conjunction with subsidiaryOaktree Capital Management, in the Nussir mining project, and is one of the largest investors in BMM. They have offices all over the world in, New York City, Istanbul, London, Geneva, Hamburg, Oslo, Cape Town, Dubai, Shanghai, Melbourne, Mexico City, Santiago, Lima, Houston, St. Louis, Washington DC, Tokyo and Toronto.

Oaktree Capital Management has offices in Stockholm, London, Frankfurt, Amsterdam, Luxembourg, Zurich, Paris, Madrid, New York, Los Angeles, Dallas, Houston, Sydney, Singapore, Dubai, Bejing, Mumbai, Hyderabad, Hong Kong, Seoul, Shanghai.

Monial Norwegian LLC, owned by the Holta family, owns 10% of the shares in Blue Moon Metals and 32% (6,74 mill NOK) of Nussir ASA. Office is outside of Oslo.

Other key collaborators/companies involved: Engage with these based on where you are located and what’s possible for you.

Wheaton Precious Metals operates and invests in mining projects and contributes 3% of BMM’s funding as a strategic shareholder.Wheaton has offices in Vancouver, Cayman Islands and Luxembourg.

Altius Minerals Corporation is a 2% shareholder and Canadian company that owns royalties for 12 mines producing Potash and “High Purity” Iron Ore, Gold and Base & Battery Metals as well as 13 renewable energy projects worldwide. Exploration for more possible mining activities in Swedish-occupied Sámpi is currently happening through the Canadian-based mineral exploration company Gungnir Resources around Knaften. Their offices are located in St. John’s, Newfoundland, Labrador and Surrey, Canada.

Baker Steel Resources Trust(BSRT) Guernsey registered investment company. BSRT have 7,5% ownership in BMM.Owned by Baker Steel Capital with offices in London and Perth.

WG-Wergeland Group is a Norwegian investment office with interests in the maritime and industrial sectors, and a 5% strategic shareholder inBMM.They are an important base for the Norwegian shareholders and provide economic stability as “a trustworthy investor in the European market”. Locations in Dalsøyra and Sløvåg.

LNS AS (Leonhard Nilsen og Sønner AS) is a Norwegian company working onsitemaking the tunnel,roads and building barracks. They’re a 3% strategic shareholderin BMM with offices in Risøyhamn and Andøya. The largest owners of LNS are:

28,59% Tuncomp AS, consulting (Risøyhamn)

21,6% Malmat Invest AS(Narvik)

20% Hospitality Invest Capital AS, electrical installation work (Oslo)

Entrepenør Harald Nilsen AS is a Norwegian construction company based in Alta. Owns 3,48% shares in Nussir ASA.

Anlegg nord AS is a Norwegian machinery contractor based in Alta and owns 1,69% shares in Nussir ASA.

Alessa AS/Multi Service Nord AS is a Norwegian company based in Kvalsund and works on site renovation and building maintenance, cleaning services, snow removal, providing security guards, etc.

Research institutions:

UiT The Arctic University of Norway

Norwegian Mining Museum

Norwegian University of Science and Technology

Norges geologiske undersøkelse (NGU)

3. WHY TO ACT NOW

Just like other projects that are currently attempting to colonize Sápmi (e.g. North Bothnia Line Railway,Beowolf’s Gállok Iron Ore Mine, LKAB’s Per Geijer mining expansion in Giron,420kV power lines), the “Nussir-mine” is still vulnerable. Its completion depends on funds that are still lacking, as well as on unfinished or non-existant infrastructures. So, while any form of attack weakens the full realisation of these projects, the success of any one such project will also open the door for many more landgrabs and the finalization of Norway’s and Europe’s white supremacist colonial expansion on the continent.
In the case of Riehpovuotna, we can already see how Nussir ASA aspires to follow the footsteps of LKAB in Giron, Swedish-occupied Sápmi. There, an entire village was transformed into a corporate nightmare, where, in addition to lost reindeer herding grounds, the city center and several homes had to be resettled due to sinking grounds caused by mining. Currently, Nussir ASA is exploring the potential of platinum and palladium deposits to possibly extend the current mining project throughout the region. To increase their influence and secure future control over the territories, they also plan to finance local startups (e.g. Alessa AS, see targets below) and homeowners.
BUT: To realize their colonizer fantasies, Nussir ASA still needs to aquire funds and will make a final investment decision in March 2026. They will go public on the NASDAQ in April 2026, making the company’s shares available for purchase on the stockmarket, also in an effort to secure more capital and funding. In short: the infrastructures of present day colonialism are being built and financed now and must therefore be attacked now. This is why we urge actions to happen inJanuary through March, although extended pressure will be needed to discourage future extractivism in the region.

4. BRIEFLY ON SÁMI HISTORY

The Sámi are the Indigenous people that together with other minorities have been inhabiting the region of Sápmi for several thousands of years. Today Sápmi encompasses vast areas in the northern parts of Norway, Sweden, Finland, and of the Kola Peninsula in Russia.
Sámi traditional livelihoods and survival include mainly reindeer herding, fishing, and hunting which depend on access to large areas, at the same time as maintaining a reciprocal, non-exploitative relationship to these lands. For hundreds of years these traditional activities have been (and still are!) under constant pressure by land theft and destruction associated with the construction of ever new cabins and roads, power lines, wind factories, hydroelectric power stations, data centers, towns, tourism, etc.
Settlers have also violently attacked Sámi and other minorities’ traditional ways of life through religious indoctrination and assimilation, forced settlements, child theft, forced sterilization, enslavement, and installing capitalist economies which push them into more and more so-called “modern” ways of existing. This is the ugly truth we forget when simply thinking about North American boarding schools in Turtle Island and rubber plantations when speaking of colonialism. The Sámi face a multi-faceted oppression which has many layers worth attending.
This text, however, will focus on the material aspects of colonial expansion and the accelerated exploitation that is being imposed through multinational cooperations and their “democratic processes” to extract from the land for the sake of the “The Green Transition”

5.”GREEN” COLONIALISM IN SÁPMI

Located on the ancestral territories of several Sámi communities, the “Nussir mine” will make it impossible to continue traditional Sámi practices. Remarkably, the company’s name itself embodies colonial theft and violence, as “Nussir” is the traditional North-Sámi name for the mountain which Nussir ASA’s machines and dynamite currently eat up.
As such, this project presents one (of many) of the latest manifestations of Norway’s and Europe’s white supremacist colonial expansion unfolding right in front of our eyes in Sápmi. All of these projects are connected by being critical infrastructures of extraction necessary for feeding the so-called “Green Transition”.
What’s happening at Riehpovuotna is yet another gruesome example which should clarify once and for all that so-called renewable energy technologies are actually made with non-renewable source materials and produced with high-powered fossil fuel machines. We refuse to call them wind or solar ‘farms’. We refuse to call them ‘forests’. They are colonial industries, factories and plantations. Wind, solar, biomass, are all just new ways to maintain industrial civilization’s deathly grasp on the world. As slick and well-marketed products, they give the illusion of change, while in fact feeding a society that nutures itself on the destruction of ancestral lifeways.The global demand for “green energy” doesn’t lead to less consumption, rather it means an explosion in overall energy use and the need toextract critical minerals with no end in sight. It is a race to the top, and therefore the “Green Transition” is a militarized proxy war of influence fought between powerful nation states for control of the world’s energy infrastructures and economy. Instead on the ground, these extractivist projects are met with attack and resistance everywhere. We refuse to let Sápmi be an easy target.

6. HISTORY OF RESISTANCE IN RIEHPOVUOTNA

The region around Riehpovuotna has witnessed a long history of resistance against this and similar projects, and has especially been shaped by large protests connected to the Áltá hydroelectric power station in the 1970s and 80s.
From these struggles emerged an autonomous movement with the Sámi resistance call to “ČSV!” (Čájet Sámi Vuoiŋŋa!/”Show Sámi Spirit!”) and a demand to take back the languages, culture, and land that had been stolen through colonization. This ultimately lead to a number of societal reforms, such as state investment in cultural production and the creation of the Sámi Parliaments, among other forms of “acknowledgment”, although without the material transformation needed to end centuries of dispossession.
Mining activities in Finnmark date back to at least 1826, with the first mine at Riehpovuotna opening in 1905. From 1972-1979, mining company Folldal Verk promised riches for the community, only to shut down 8 years later leaving behing a scarred mountain, sick reindeers and toxic tailings in the fjord that poisoned fish leading to deformities. Current plans include, again, to dump two million tons of mining waste annually into the protected salmon fjord.
While more aggressive actions have taken place over generations of resisting Scandinavian colonialism, for a long time the Sámi people have tried to navigate the colonial legal avenues and “democratic processes.” This has included talking to politicians and companies, engaging in peaceful actions and filing suits and cases through the judicial system. All they have gotten are weak compromises and a government institution to document the “truth” about the horrible mistakes made by the Norwegian state and suggested ways for superficial reconciliation, while material colonization continues as before, and even accelerates. In the Fosen case the Norwegian Supreme Court ruled that the wind factory destroyed traditional reindeer herding grounds and violated human rights. Yet, it is still operating, with no intention for it to be dismantled. As said by the former President of the Norwegian Sámi Parliment, Aili Keskitalo, these processes are intentionally designed as a form of endless distraction where they “can kill us with dialogue”.
This call to action is an attempt to diversify and move beyond the dogmatic approach of liberal environmentalism propped up by the state, NGOS, non-profits, and other related actors. There already is a strong desire to broaden and diversify the resistance emerging among Sámi, non-Indigenous locals and supporters.We need to regrow our imagination of what is possible, necessary, and legitimate to stop this colonial expansion in all its dimensions. We need this imagination, because we cannot take down the colonizer’s house with his own tools. If we want to make more than mere dents in the “green” colonialist machinery, we need to intertwine a plurality of approaches and spin a web of affinites, tactics, and attacks. We need to fight by the means each of us aligns with and use our creativity, skills and experience. Against investors, contractors, infrastructure, politicians, equipment and machines. Resistance against the “Nussir mine” is (or should be) resistance against white supremacy and the settler colonial state. Otherwise, how is this struggle supposed to be successful if it acts exclusively within the laws and boundaries set by the colonial system?

7. WHO ARE “WE”?

This communique has been authored by a loose group of people. Some of us who decided to write this are non-Indigenous, some are Indigenous. Some of us identify as anarchists. We all share the desire to dismantle systems of domination and destruction, like those we can see currently enforcing colonial plunder in Sápmi.
We have found our own reasons to act and invite the reader to do the same. When our fighting is rooted in relationship – to the land, to the people most impacted, to the spiritual realms – it tends to lend itself to respect and love-filled resistance; while those fights rooted in pure politics or excitement to break things often end up being saviourist.
We do not wish to speak on behalf of all Sámi people, to romanticize Indigenous lifeways, or to tokenize their struggles for ours. We support Sámi claims of autonomy and freedom, and aim to understand and recognize a history that has been erased or attempted to be erased. We hope and strive for collaboration and crossing paths, and mutual respect as accomplices to oppose this ongoing violent extractivism and insatiable destruction. We believe, simply said, that we should all work together because everyone’s liberation is entangled.
Please read more about indigenous and anarchist critique of activism in our resource section.

8. ADDITIONAL RESOURCES & LINKS

   STRATEGIC DISCUSSIONS ON DIVERSITY AND ATTACK

Peter Gelderloos, The Failure of Non-Violence https://theanarchistlibrary.org/library/peter-gelderloos-the-failure-of-nonviolence

Targets that exist Everywhere https://ia903104.us.archive.org/24/items/ZineArchive/Targets_That_Exist_Everywhere-Read.pdf

Zündlappen, Targets that do not exist anywhere else https://archive.org/download/ZineArchive/zundlappen-README.pdf

   INSPIRING STRUGGLES

Against the North Bothnia Line in Swedish-occupied Sápmi https://theanarchistlibrary.org/library/anonymous-train-to-nowhere

Swedish Northvolt in Montérégie (German)

https://switchoff.noblogs.org/post/2024/05/07/doppelter-angriff-auf-geplante-batteriefabrik/#more-940

https://switchoff.noblogs.org/post/2024/01/29/sabotage-auf-dem-northvolt-gelaende-bewaffnung-des-waldes/

Against the Lithium mines in Barroso (Portuguese)

https://www.jornalmapa.pt/2023/11/20/desastres-ambientais-conflitos-e-corrupcao-minas-nao/

https://barrososemminas.org/

NO TAV

https://www.infoaut.org/english/a-short-intro-to-the-no-tav-movement

https://www.notav.info/ (Italian)

No Al Tren Maya solidarity action in Berlin

https://actforfree.noblogs.org/2022/04/01/berlin-germany-sabotage-of-rail-traffic-against-tesla-the-war-and-the-tren-maya/

https://actforfree.noblogs.org/2024/03/14/berlin-germany-sabotage-of-a-high-voltage-pylon-brings-tesla-factory-to-a-standstill/

https://actforfree.noblogs.org/2022/11/23/athensgreece-taking-responsibility-against-the-war-industry-by-anarchists/

ON BEING A NON-INDIGENOUS ACCOMPLICE

Settlers on the red road, Tawinikay https://theanarchistlibrary.org/library/tawinikay-settlers-on-the-red-road

Accomplices Not Allies, Indigenous Action https://theanarchistlibrary.org/library/indigenous-action-accomplices-not-allies

Water falling on Granite https://archive.org/download/zines-eco-defense/Water_Falling_on_Granite.pdf

ON THE STRUGGLES OF SÁMI PEOPLE

Information about the Nussir case (Norwegian) https://nussir.info/

Liberating Sápmi: Indigenous Resistance in Europe’s Far North, Gabriel Kuhn, PM Press, 2020

No mine in Gállok: Ecocide and colonialism in Swedish-occupied Sápmi, Kolonierna.se 2023 https://kolonierna.se/gallokbooklet/

“You Can Kill Us with Dialogue:” Critical Perspectives on Wind Energy Development in a Nordic-Saami Green Colonial Context, Eva Fjellheimhttps://www.researchgate.net/journal/Human-Rights-Review-1874-6306/publication/369172420_You_Can_Kill_Us_with_Dialogue_Critical_Perspectives_on_Wind_Energy_Development_in_a_Nordic-Saami_Green_Colonial_Context/links/640d416b315dfb4cce723ccd/You-Can-Kill-Us-with-Dialogue-Critical-Perspectives-on-Wind-Energy-Development-in-a-Nordic-Saami-Green-Colonial-Context.pdf

Decolonize Sápmi Infotour https://decolonizingsapmitour.noblogs.org/resourcen/

ON GREEN LIES AND ACTIVISM

Kolonial Infrastruktur (website with information about many of the colonial projects in Swedish-occupied Sápmi) https://kolonialinfrastruktur-noblogs-org.translate.goog/norrbotniabanan/?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=en&_x_tr_hl=en-US&_x_tr_pto=wapp

The ‘Green’ Farce – Everywhere and Nowhere Else, Anonymous & Return Fire https://theanarchistlibrary.org/library/anonymous-return-fire-the-green-farce-everywhere-nowhere-else

Give Up Activism Zine https://theanarchistlibrary.org/library/andrew-x-give-up-activism

This System Is Killing Us, Xander Dunlap https://www.plutobooks.com/product/this-system-is-killing-us/

original post: https://de.indymedia.org/node/621129
cover image: https://img.tedomum.net/data/291727-72d514.png

Unexpected Items – Issue 1 January 2026 beautiful inconveniences anarchist paper

Publié le 2026-01-24 11:31:13

Unexpected Items – Issue 1 – for printing 

Editorial:

Economy, progress, security. It is impossible to imagine the quality and quantity of human life which is sacrificed every moment to this bloodthirsty and meaningless triad. Financial and data-driven advancement for its own sake has achieved dictatorship over our world, not by reasoned persuasion or inspiration or enthusiasm, but by omni-resignation and perma-policing. The economy must grow, technological progress must extend, and both of these must be secured by means of militarised controls, from everyday surveillance to ‘emergency laws’ to the tonnes of explosive material dumped from planes and drones on the latest inconveniently-located population.

The need for a general desertion of norms and rules, an outbreak of heresy against the market and its massacres has never been so clear. The protests which come and go answer nothing of this problem. They amount to a dutiful collection of raucous opinions. What we want to see, write about and spread is a more total refusal of what is on offer, expressed in big and small ways. An unceremonious spoiling of the party rather than nervous responses to each invitation to join. Abrupt endings to the social discipline which has been our collective lobotomy from our school days, an overturning of tables, a leap over the wall.

The porcelein icons (economy, progress, security) demanding reverence and obedience in this society conduct everyone – friends, family, the community at large – to walk a dreary dead-end pilgrimage. Stepping away requires the daring for blasphemy: it means toppling these sacred objects, smashing them to pieces, proudly going in the other direction to the stream of the frienzied worshipers of efficiency.

This publication wants to hold up courageous ideas and acts that leave no place for the shattered icons. Ideas and acts which reveal the possibility of returning the personal damage caused by alienation and poison back to the senders. Muzzled thought and repressed activity can turn inside-out in a flash, breaking out into a storm of sabotage and fire. In these pages we want to hear the thunder. And let the din of machines, the buzz of notifications, the chatter of fake sociality, the bark of command, fall into silence.

To those who might wish to shut them up for good: we hope this will be a fruitful unexpected encounter. To those who prefer the sentiments of the national anthem (See it, Say it, Sorted): we make no apology for any inconvenience caused.

unexpecteditems [at] bastardi [dot] net

unexpecteditems.noblogs.org/

Anathema A Philadelphia Anarchist Periodical

Publié le 2026-01-25 09:21:33

Words Mean Things Zine

This compilation is coming together in a moment when it feels that many  anarchist ideas are losing their meanings. Dragged out of anarchy into leftism or activism, drained of their radical content. Mutual aid is giving away supplies, direct action is a more aggressive form of begging, anti-fascism is reduced to publishing personal details about our enemies, attack is left to gather dust or spectacularized as a social media aesthetic.

Lining up anarchist ideas and practices is not always easy, which is no reason to lower the bar. It’s with this in mind that it felt useful to
compile these articles, to clarify just how radical anarchist ideas
really are, to encourage people to keep imagining and moving toward absolute hostility with authority and anarchic relations with everyone else.

Screen reading PDF

Zine printing PDF

anathema.noblogs.org/

Toulouse Morte-pole 2025

Publié le 2026-01-25 19:57:45

Compilation d’agitations contre la guerre, la militarisation et l’industrie de l’armement autour de Toulouse durant l’année 2025.



(Brochure réalisée début 2026)

Toulouse Morte pole, capitale de l’armement

Agitations contre la guerre, la militarisation et l’industrie de l’armement autour de Toulouse
Année 2025

Cette compilation reprend une sélection de diverses traces sélections d’agitations contre la guerre, la militarisation et l’industrie de l’armement, qui ont eu lieu à Toulouse ou dans la région, durant l’année 2025. Cette brochure est la suite de 2 autres : "Traces d’agitation contre la guerre" et "Toulouse Mortepole - actions directes contre la fabrication d’armement Made in Toulouse" qui compilaient des traces de luttes de 2022 à 2024. Elles sont toutes trouvables sur iaata.info

Toulouse est une ville sous perfusion économique de l’industrie de l’armement, notamment par l’omniprésence de l’industrie aéronautique. Les acteurs du complexe militaro-industriel pullulent, que ce soient des start-ups, des sous traitants, des grosses boites, mais aussi des universités, des écoles d’ingénieurs,..... qui toutes participent, à différents niveaux, à fabriquer la guerre ici.

Avec l’accélération de l’ambiance guerrière, une idée s’est répandue : "Puisque la guerre se fabrique ici, nous pouvons agir ici !". Et la france, 2ème exportateur d’armes, ne manque de cibles auxquelles s’attaquer.

Les éléments compilés ici ne représentent pas une voix commune et portent parfois des perspectives différentes que nous ne partageons pas entièrement. Par ailleurs, certaines initiatives nous ont surement échappé, ou n’ont pas été relayées publiquement.

Cette brochure regroupe des tracts, des communiqués d’actions directes, des appels à manifestations ou à des moments de rencontres antimilitaires, anticoloniaux, contre l’extractivisme.... Nous avons fait le choix de les compiler parcequ’elles rendent compte de tentatives diverses de critique en actes qui ont eu lieu dans le contexte de Toulouse. L’idée de cette compilation est de nourrir les réflexions et les débats dans les luttes présentes et à venir autour de ces questions, ici comme ailleurs. Parceque nous les trouvons plus que jamais nécessaires dans l’ambiance guerrière et nationaliste qui s’intensifie toujours plus.

Bonne lecture !

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Au sujet des agressions fascistes de jeudi dernier au Centre Culturel Libertaire

Publié le 2026-01-25 20:02:43

Mise à jour le 24 janvier : voir compléments et rectifications sur cette attaque dans ce nouveau texte.

Ce jeudi 15 janvier 2026 au soir, un groupe d’une huitaine de fascistes zonait dans Wazemmes pour en découdre. Arrivés au CCL peu avant 21h, sur un temps de faible affluence et alors que le concert n’avait pas débuté, ils ont frappé plusieurs personnes, dont des musiciens présents au rez-de-chaussée et la personne qui faisait l’accueil. Heureusement, pas de blessures vraiment graves à déplorer, mais l’œil tuméfié pour l’un d’entre nous, ainsi que du matériel, de la nourriture et du mobilier renversé.

Ça s’est passé vite. La moitié de ce groupe entre dans le CCL, l’un d’eux adopte une attitude provocante et s’accoude sur le comptoir à l’accueil. Une remarque lui est faite, le coup part.
L’autre partie du groupe, masquée et restée dehors, contrôle l’accès à la porte tout en filmant la scène avec des téléphones portables (nous attendons leur reportage !).

Même s’ils ne mouftent pas beaucoup faute d’idées valables à faire valoir, l’un d’eux arbore sur sa main une croix celtique, et, par leur attitude et leurs méthodes, nous avons peu de doutes sur leurs appartenances.
Cette intrusion n’aura duré que quelques minutes. Les concerts prévus pour la soirée ont eu lieu malgré cela.

Le mot a rapidement circulé sur les réseaux, bravo et merci aux personnes qui étaient dans les parages et sont venues soutenir les personnes présentes le soir-même.

Un rendez-vous est posé pour le lendemain à midi, créneau où le CCL est hebdomadairement ouvert pour la cantine végane. Environ 150 personnes viennent alors témoigner de leur soutien, s’informer de ce qui s’est passé, avec l’envie de réagir. Ces événements interpellent, y compris en dehors des milieux libertaires.

Plusieurs dizaines d’entre nous diffusent des tracts et font de l’affichage dans les quartiers concernés par ces violences. Le surlendemain, samedi 17 janvier, 350 personnes se rassemblent à Wazemmes et déambulent, slogans et percussions à l’appui, pour interpeller les habitant·es sur la banalisation des expéditions punitives de l’extrême droite et aussi contre les violences policières en hausse depuis des années.
Le soir, nous nous retrouvons autour d’un événement musical et festif au CCL en soutien aux luttes LGBTQI+ en Afghanistan.

Nous continuerons !

Nous ne sommes pas complètement surpris·es par cet épisode, mais la grande majorité des habitué·es du lieu n’ont pour autant jamais assisté à ce genre de scènes.
Le contexte social et politique invite à de tels actes. Le fascisme se diffuse jusqu’à l’absurde dans les médias, et les gouvernements ne semblent avoir comme méthode et horizon que l’autorité et l’austérité, que cela soit au niveau économique (pression sur les travailleur·euses et les précaires, expulsions locatives alors que les loyers montent en flèche, casse du secteur associatif et social...), législatif (hausse de la surveillance, harcèlement des musulman·es par des directives prétendument laïques...). Tout cela nous divisant, et ayant des effets bien concrets sur nos vies et nos interactions sociales. Cerise sur ce gâteau pas très végane, la police est applaudie par nos ministres pour les meurtres qu’elle commet. Le 1er décembre, Mohamadou Oury Sow, jeune guinéen de 29 ans est mort chez lui et en présence de ses parents à Lille-Sud pendant une intervention policière. Les officiers attendent leur médaille.

Les flics et les fascistes sont des formations violentes, l’une légalisée, l’autre proto-milicienne, entretenant souvent de cordiales relations entre elles et toutes deux au service de l’idéologie des dominants. Un exemple à Calais, où ce sont des racistes britanniques qui viennent suppléer Frontex dans leur chasse aux exilé·es. Les uns sont financés par des fonds européens, les autres équipés de moyens technologiques offerts par une caste bourgeoise et réactionnaire dérangée par la vue des personnes de couleurs. Comment peut-on légitimer l’un sans en même temps justifier l’existence de l’autre ?

L’antifascisme n’est pas la tasse de thé de tout le monde, sinon à Lille il n’y aurait eu ni homosexuels, punks, ou racisés noyés dans la Deûle, ni agressions islamophobes dans les rues commises par les sympathisants néo-nazis du bar désormais fermé de la Citadelle (gageons que ces néo-nazis ont su se reloger dans d’autres établissements conciliants), ni d’autres heurts concernant des camarades en raison de leurs engagements antifascistes, normalement « légaux » sauf au pays de Donald, ce qui montre à quel point ce n’est pas la norme.

Merci aux nombreuses personnes qui ont relayé les informations concernant ces événements, et à celles qui ont témoigné de leur inquiétude et de leur soutien. Courage et soutien à celleux qui étaient présent·es ce soir là, retrouvons-nous et restons en lien !

Vive l’antifascisme, la diversité, l’underground musical et l’anarchie !

Des soutiens qui côtoient régulièrement le CCL.

Communiqué en soutien au CCL par le CCLA de Belem do Para, Brésil : https://cclamazonia.noblogs.org/post/2026/01/17/comunicado-de-solidariedade-do-ccla-ao-ccl-d

Texte repris de : https://lille.cybertaria.org/spip.php?article5732


Pantin : ouverture d’un squat dans le bâtiment de l’ancien cinéma Météore

Publié le 2026-01-25 20:07:47

Pantin : ouverture d’un squat dans le bâtiment de l’ancien cinéma Météore

L’union syndicale locale Aubervilliers Pantin La Courneuve Solidaires 93 apporte son soutien à l’occupation en cours du bâtiment de l’ancien cinéma Météore à Pantin (80 avenue Jean Jaurès, métro 4 chemins) dans le cadre du week-end de rencontre sur l’autonomie quotidienne.

Ces dernières années, les mobilisations contre les expulsions de squats auxquelles nous avons participé à Aubervilliers et à Pantin et les menaces de fermeture de la Bourse du travail d’Aubervilliers, nous ont permis de réaffirmer la nécessité d’avoir des lieux d’organisation collective.

Réunion publique ou d’organisation, projections de films, permanences syndicales, cuisines et cantines collectives… tout cela ne serait pas possible sans lieux où nous retrouver et nous organiser.

En parallèle, le droit à se loger, et à se loger convenablement est loin d’être réalisé. Aujourd’hui, nous constatons tous les jours que des personnes vivent à la rue, des personnes vivent dans des appartements insalubres, trop petits, trop froids ou trop chauds, trop loin de leur travail, trop chers…

Tout ceci alors que des milliers de logements et de bâtiments sont vides, et n’ont pour (in)utilité que la spéculation et le profit de quelques-uns, toujours prompts à s’enrichir sur la misère des autres. Cette logique capitaliste et libérale, qui croise également les oppressions racistes et sexistes, se trouve renforcée par l’arsenal judiciaire et policier développé ces dernières années pour réprimer toute tentative d’occupation de logements et de bâtiments vides.

Contre les politiques anti-pauvres et anti-sociales, le mouvement social s’auto-organise. Des discussions et des activités auront lieu tout le week-end dans ce lieu nouvellement occupé.

Nous voulons un logement pour toutes et tous et des lieux pour habiter le monde !

Occupation de l’ancien cinéma Météore
80 avenue Jean Jaurès, Pantin
Avant-première : https://radar.squat.net/fr/avant-premiere
tasfermelaporte [at] systemli [point] org (si vous avez des propositions pour faire vivre le lieu durant la semaine ou des plans de récup/cantine à proposer)


Des squats à Paris et banlieue https://radar.squat.net/fr/groups/city/paris/country/FR/squated/squat
Des squats expulsés: https://radar.squat.net/fr/groups/city/paris/field_active/1/squated/evicted
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Paris et banlieue https://radar.squat.net/fr/groups/city/paris/country/FR
Des événements à Paris et banlieue https://radar.squat.net/fr/events/city/Paris

Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/country/FR/squated/squat
Des groupes en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR


[Extrait d’un article publié le 25 janvier 2026 par Solidaires 93 https://solidaires93.org/pantin-ouverture-du-squat-dans-le-batiment-de-lancien-cinema-meteore/]

De l'enfumage à l'électricité. Critiques et informations pour (re)commencer à démanteler le complexe électrique national.

Publié le 2026-01-25 20:12:49

Partie 1 (des critiques) : Complexe climatique = complexes énergétiques + complexes extractivistes + complexes militaires = confiscation de nos vies par le complexe militaro-industriel

Partie 2 (des informations pratiques) : la relance énergétique → ses complexes portuaires pétroliers + sidérurgiques + ses giga-usines

Partie 3 (des pistes) : comprendre le complexe électrique national + l’électrification des complexes portuaires→ par où (re)commencer à démanteler le complexe militaro-industriel ?



« J’aimerais que les luttes climatiques et écologiques en général aient le courage de remettre en question la production industrielle d’énergie et d’être honnêtes sur le fait que toute production d’énergie à grande échelle, comme l’électricité en général, ne peut fonctionner que dans la mesure où elle ravage la planète. Dans certains cas, c’est des mines comme celle-ci que les Européens peuvent voir dans leurs prés carrés et dans d’autres cas, elles sont exportées vers des endroits qui sont plus loin de la vue. Et j’ajouterais que même avec la production d’énergie à petite échelle, comme l’utilisation décentralisée de panneaux solaires par exemple, cela dépend toujours d’une économie mondiale hautement globalisée et coloniale impliquant l’extraction de ressources dans les pays du tiers monde et, dans certains cas, le travail forcé. » Un habitant d’une forêt en lutte contre une mine de charbon à Hambach (« La Culture Mangeuse de Monde. Entretien » dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus. Apériodique pour chahuter l’extractivisme à la page 47)

Partie 1 (des critiques) :

Complexe climatique

L’un des plus grands mensonges qu’il est important de détricoter est celui qui consiste à croire que la relance énergétique, appelée « transition énergétique » ou « transition écologique », est une solution pour « sauver le climat ». On pouvait clairement douter du fait que les énergies dites « décarbonées » (énergies solaires, éoliennes, nucléaires, agro-carburants et captage-stockage du CO2...) remplacent le pétrole et le charbon étant donné qu’une énergie n’a jamais vraiment remplacé une autre dans l’histoire du capitalisme [1]. Il n’a jamais tant été question de faire une « transition écologique » vers une production « respectueuse de la planète », mais plutôt de continuer le développement capitaliste en anticipant des pénuries présentes et à venir : l’histoire de l’Agence Internationale de l’Énergie est claire à ce sujet [2]. Cette institution reconnaît à présent officiellement que la décroissance de la consommation d’énergies fossiles ne devrait pas avoir lieu dans les cinquante prochaines années. Dans son nouveau rapport de novembre 2025 sur les perspectives énergétiques mondiales, elle réintroduit un scénario, abandonné en 2020, prenant en compte les politiques actuelles. Dans ce scénario, bien que la relance énergétique a lieu, la demande en pétrole et en gaz naturel augmente jusqu’en 2050, et seule la consommation de charbon atteint un pic en 2030 avant de redescendre. Ce scénario, qui prévoit au moins 3°C de plus à la fin du siècle, est réintroduit suite aux conséquences des offensives armées de la RussieTM [3] en UkraineTM. La priorités des puissant.e.s n’est pas d’arrêter la dévastation du monde mais plutôt de nourrir l’économie de guerre et de développer ses capacités à l’aide de l’intelligence artificielle [4].

[1] : Ce qu’en disent les historiens Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz à la page 121 du livre de 2013 l’Évènement Anthropocène : « La mauvaise nouvelle est que si l’histoire nous apprend bien une chose, c’est qu’il n’y a en fait jamais eu de transition énergétique. On ne passe pas du bois au charbon, puis charbon au pétrole, puis du pétrole au nucléaire. L’histoire de l’énergie n’est pas celle de transitions, mais celle d’additions successives de nouvelles sources d’énergie primaire. L’erreur de perspective tient à la confusion entre relatif et absolu, entre le local et le global : si, au XX’ siècle, l’usage du charbon décroît relativement au pétrole, il reste que sa consommation croît continûment, et que globalement, on n’en a jamais autant brûlé qu’en 2014. » On pourrait rectifier cependant que cette « histoire » dont ils tirent des enseignements est celle où les États imposent à chacun de lier son destin à la production industrielle agencée en fonction de l’économie capitaliste. C’est justement l’objet de ce texte de nourrir nos initiatives pour nous émanciper de ce destin imposé.
[2] : L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) est fondée à la suite du mouvement de panique déclenché par la pénurie de pétrole en 1973 (« choc pétrolier ») pour gérer la coordination des réserves parmi les États membres de l’OCDE. Depuis 2009, elle anticipe une pénurie de pétrole et appelle à remplacer les énergies fossiles par des énergies « décarbonées ».
[3] : On a trouvé ça drôle d’ajouter « TM » (le symbole « trademark », qui nomme une entreprise reconnue dans le marché capitaliste) à côté des États-nations que nous mentionnons. Comme dans toute entreprise, des élites y managent des politiques dont les conséquences s’abattent sur des subordonné.e.s.
[4] : Un rapport d’octobre 2025 du Shift Project (think tank co-fondé pour faciliter la « transition énergétique ») s’intéresse à l’industrialisation de l’intelligence artificielle en prenant comme exemple la situation de l’IrlandeTM (où cette industrialisation est plus avancée qu’ailleurs dans l’Union EuropéenneTM). Malgré la montée en puissance de la relance énergétique venant de sources décarbonées, cette industrialisation crée un excédent qui amène à une réouverture des centrales électriques à gaz.

= complexes énergétiques + complexes extractivistes + complexes militaires

Ce qu’il y a de commun à la quasi-totalité des énergies fossiles et dites décarbonées, c’est qu’elles ont besoin de minerais et de métaux en abondance. Les extractions de ces ressources sont passées de 21,1 milliards de tonnes par an en 1970 à 96,1 milliards de tonnes en 2019 et dépassent les 100 milliards en 2022. Cette dynamique s’accentue avec la relance énergétique : les éoliennes ont besoin d’aluminium, de cuivre, de nickel et de terres rares ; les panneaux photovoltaïques ont besoin d’aluminium, d’argent, de cuivre, de silicium, de zinc, de graphite, d’indium, de germanium ou d’antimoine ; et les véhicules électrifiés de cobalt, de cuivre, de nickel ou encore de lithium. Pour se faire une idée, il faudrait 1 ou 2 kilo de terres rares pour fabriquer un moteur de véhicule électrique, et parfois plus d’une tonne pour fabriquer une seule éolienne en mer. Étant donné que cette relance énergétique alimente intrinsèquement la numérisation du monde, on pourrait aussi répertorier tous les minerais et métaux nécessaires aux smartphones, aux data-centers ou par exemple aux puces électroniques… Selon plusieurs expert.e.s, au moins 10 % de l’énergie primaire produite servirait à extraire et à traiter les minéraux. On pourrait ajouter à cette somme toute celle qui est utilisée pour transporter, fabriquer, assembler et faire fonctionner les chaînes de production des infrastructures énergétiques et de la distribution d’énergie jusqu’aux armes de guerre qui permettent à l’extractivisme de prospérer. Et voilà la farandole des serpents qui se mordent la queue pour nous enfermer dans la spirale du capitalisme : énergies, extractivismes et guerres [5]. Sans trop approfondir ce sujet qui nécessiterait un texte à part entière [6], cette interrelation est flagrante dans les guerres actuelles en République Démocratique du CongoTM [7] et en UkraineTM [8]. Même lorsque ces extractions ne s’imposent pas par des groupes militaires ou policiers, elles s’accompagnent de la destruction du tissu végétal et des sols, de la pollution de l’eau par l’utilisation des produits d’extractions, et par la production de déchets radioactifs et le rejet de métaux lourds dans certaines cas.

[5] : La brochure « Danse Macabre » approfondit cette corrélation entre guerre et extractivisme. Voir « Synthèse et extraits : Danse macabre. Un slow entre guerres et mines » aux pages 35 à 40 dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus Apériodique pour chahuter l’extractivisme. Pour commander des exemplaires : contactez sansdessousdessus@distruzione.org
[6] : Un texte qui traite davantage de l’articulation entre guerres et énergies devrait être publié dans quelques semaines. En ce qui concerne la corrélation entre extractivisme et industrialisation énergétique, l’article « L’extractivisme vert au secours de la société techno-industrielle. Sur la transition énergétique et la destruction de la nature ainsi que sur la nécessité de résister et d’attaquer » est traduit aux pages 58 à 67 du numéro 4 Printemps – Été 2025 de la revue Takakia. Chants sous-marins pour couler la mégamachine. Voir le blog de la revue : takakia.noblogs.org
[7] : En République Démocratique du CongoTM où se trouvent 80 % des réserves mondiales de coltan (utilisé dans les condensateurs de smartphone, ordinateurs, batteries, drones, véhicules électriques) ; et des réserves massives de cassitérite (indispensable pour les soudures électroniques), de tungstène, d’or, de cuivre, de cobalt, de germanium et de lithium. Depuis 1996, cette guerre par l’intermédiaire de groupes armés qui vendent ensuite aux puissances industrielles, se fait sur le dos de plus de 6 millions de morts, de près de 8 millions de déplacé.e.s, de violences sexuelles massives (avec l’utilisation systématique du viol comme armes de guerre) et de rapts d’enfants éduqués à devenir enfants soldats. Ce carnage ne concerne pas que les humain.e.s mais passe aussi par une déforestation massive, une pollution de l’eau, et le braconnage d’animaux lié à l’économie des groupes armés.
[8] : La guerre en UkraineTM est aussi liée au fait que ce territoire contient 5 % des réserves critiques mondiales (avec de vastes réserves exploitables de lithium, de cobalt, d’uranium, de scandium, de manganèse, de gallium, de titane, de niobium, de tantale comme nulle part ailleurs en Europe, ou encore de graphite où s’y trouve 20 % des ressources mondiales estimées). Une partie de ces zones se trouvent à l’est du pays sous le contrôle de la RussieTM depuis la guerre. Ces ressources sont également un enjeu que l’administration de Trump négocie avec le gouvernement ukrainien pour renouveler son soutien militaire. Zelensky avait refusé lors de la Conférence de Munich de signer un accord octroyant 50 % de ces terres rares aux États-Unis en raison de contreparties jugées insuffisantes (l’aide américaine équivaudrait à 100 milliards d’euros plutôt que 500 milliards annoncés). Les États de l’Union EuropéenneTM qui soutiennent l’UkraineTM sont aussi intéressés par ces réserves minérales.

= confiscation de nos vies par le complexe militaro-industriel

La guerre mondiale de 1914 - 1918 a fait apparaître la nécessité pour les État-nations militaires de disposer du pétrole afin de pouvoir mobiliser leurs forces sur une carte, sinon quoi les soldats se retrouvent rapidement au chômage technique [9]. Dans les décennies qui suivent, la recherche coloniale de pétrole cherche un débouché économique « civil » pour se régulariser. L’histoire de la Volkswagen (« voiture du peuple ») en AllemagneTM commandée par Hitler en 1933 est exemplaire de ce phénomène : en généralisant la consommation d’un outil qui permet d’activer la recherche industrielle du pétrole (et la filière sidérurgique qui fait de l’acier en masse pour les voitures afin d’être prête pour en faire pour des chars et des avions), l’économie de guerre se prépare. Et c’est pareil dans le sens inverse : selon les historiens Bonneuil et Fressoz (dans l’Évènement Anthropocène aux pages 160 et 161), « la guerre [1939 – 1945] imposa la construction de raffine­ries et d’un réseau de pipelines pour acheminer le pétrole vers les aérodromes militaires », permettant « la massification de l’automobile après la guerre ». La généralisation des tracteurs dans le travail agricole en FranceTM à partir des investissements du Plan Marshall (permis par les puissances des États-UnisTM) y participe également : la puissance de destruction énergétique mise au point pour la guerre se reproduit par l’exploitation des sols. On peut observer la même logique avec la mise en place du programme électro-nucléaire en FranceTM : la priorité a été de maîtriser et de disposer de la bombe atomique (le moyen de destruction le plus avancé à ce moment) puis de développer cette filière en la liant au quotidien des civil.e.s avec la construction massive de centrales nucléaires et une électrification des usages (comme le chauffage électrique). Peut être qu’en sachant cela, vous aussi avez envie de cracher à la gueule des expert.e.s et pseudo-expert.e.s qui nous montrent des schémas sur « notre consommation énergétique » ? qui en plus d’inclure l’énergie des guerres, des industries et de la logistique industrielle aux consommations individuelles, effacent le fait que nous avons été faits otages de ce mode de vie morbide.

[9] : Le 5 décembre 1917, une lettre de la chambre syndicale avertit les pouvoirs publics qu’il n’y aurait plus de stocks de pétrole au 1er mars 1918. À la suite de quoi Georges Clémenceau adresse un télégramme le 15 décembre 1917 au président américain Woodrow Wilson avec ce message : « Au moment décisif de cette guerre, où l’année 1918 va ouvrir des opérations militaires capitales sur le front français, les armées ne doivent à aucun moment être exposées à manquer de l’essence nécessaire aux camions automobiles, à l’aviation et à l’artillerie de campagne par tracteurs […]. Si les Alliés ne veulent pas perdre la guerre, il faut que la France combattante, à l’heure du suprême choc germanique, possède l’essence aussi nécessaire que le sang dans les batailles de demain. ».

Partie 2 (des informations pratiques) :

La relance énergétique

En FranceTM, le contexte énergétique est très tendu et rend cette relance indispensable pour l’économie. Pour atteindre les objectifs prévus, il faudrait que 45 % d’électricité en plus soit produite en vingt ans. Mais en plus de cela, cette relance doit compenser la fermeture des centrales nucléaires actuelles (fournissant 65 % de l’électricité française en 2023) à l’horizon 2040 [10], ce que des responsables politiques français anticipent depuis le début des années 2000 en annonçant un « effet falaise ». La dernière loi de programmation énergétique a soulevé du mécontentement en annonçant la construction de 14 EPR2 (grands réacteurs nucléaires) et 15 SMR (petits réacteurs nucléaires) d’ici à 2050. Pourtant, la filière nucléaire française n’est pas en capacité de produire des réacteurs au même rythme que pendant les années 1970 et 1980 [11] et ce n’est qu’à partir de 2035 que le « nouveau nucléaire » ( le terme pour désigner EPR2 et SMR) doit commencer à être mis en service. Entre temps, c’est surtout le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires actuelles de 40 à 60 ans [12] qui entretient la relance énergétique. De plus, la relance énergétique doit être comblée par d’autres productions d’énergies qui devraient laisser le temps et l’énergie (littéralement) à la filière nucléaire française d’amorcer ses grands chantiers [13]. Pour la période 2024 – 2030, c’est surtout des installations photovoltaïques et éoliennes terrestres qui doivent être installées en masse. Il s’agirait de passer d’une vingtaine de gigawatts (GW) de photovoltaïque en 2023 à 54 GW en 2030 et de 65 à 90 GW en 2035. L’éolien terrestre devrait passer de plus de 20 GW en 2023 à 33 GW en 2030 et 40 à 45 GW en 2035. Pendant les 5 années suivantes (2030-2035), l’éolien en mer doit approvisionner 18 GW [14]. Si certain.e.s cherchent un filon pour bloquer l’économie, mettre des bâtons dans les roues à la relance énergétique est sans doute une piste sérieuse [15]. Et si certain.e.s cherchent à faire chier Macron et sa bande : cette relance énergétique est sans doute la priorité gouvernementale [16] étant donné que depuis le début de son quinquennat actuel, tous les premier.ère.s ministres se voient attribué.e.s le statut de « chargé de la Planification écologique et énergétique ».

[10] : Ces 58 réacteurs ont été construits durant le plan Messmer dans les années 1970 et 1980. Conçus au départ pour une échéance de 40 ans, ils arrivent dans une période de prolongement encadrée par les prescriptions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), jusqu’à 60 ans de fonctionnement.
[11] : Elle n’est pas traitée dans ce texte étant donné que, en faisant nos recherches, nous nous sommes rendus compte qu’elle ne semble pas centrale au sein de la relance énergétique, en tous cas pour la prochaine décennie.
[12] : Il y a des usines qui contribuent à la maintenance nécessaire à ce prolongement, comme l’usine de maintenance Framatome à Maubeuge (Nord) ou celle d’Arabelle Solutions à Belfort (Alsace). Cette dernière, concernée par le possible raccordement à venir de la zone Sud Alsace, est essentielle pour la filière nucléaire française. Il est important de savoir que Catherine Cornand, nommée récemment présidente d’Arabelle Solutions (dorénavant filiale de Framatome) occupait auparavant un poste de vice-présidente à Framatome qui consistait à piloter les opérations de service et de maintenance des centrales nucléaires.
[13] : Les chantiers de deux réacteurs EPR2 en cours se trouvent à Penly (Seine Maritime), Gravelines (à côté de Dunkerque, Pas-de-Calais) et Le Bugey (à côté de Lyon, Rhône). Les nouveaux réacteurs de Penly doivent démarrer en 2037. En ce qui concerne les SMR, il semblerait que les premiers réacteurs pilotes doivent être mis en service en 2030 – 2032 mais il faudrait un texte entier pour rendre compte de la totalité des entreprises et des différents projets SMR, de leurs avancées et de leurs chaines de production.
[14] : Pour s’informer sur les éoliennes maritimes, voir l’article du numéro 4 de la revue contre la société techno-industrielle Takakia (« L’éolien offshore : survol d’un projet écocidaire », Chants sous-marins pour couler la mégamachine, Takakia N°4 Printemps – Été 2025, p.18-20). Pour découvrir la revue : takakia.noblogs.org. Voir aussi le site : https://www.eoliennesenmer.fr/ ou le site de RTE pour les projets spécifiques.
[15] : Les luttes anti-nucléaires des années 1970 et 1980 en FranceTM ou en AllemagneTM dans des perspectives d’action directe sont très inspirantes. Il faudrait aussi en discuter les limites, et notamment le fait qu’elles se soient concentrées sur le nucléaire et ont manqué de s’élargir à une remise en cause générale de l’énergie.
[16] : Il ne faudrait pas pour autant en conclure qu’il s’agit du sujet prioritaire des personnes qui nous gouvernent. La question militaire et policière est peut être au moins aussi centrale, bien qu’elle soit logiquement traitée au sein des Conseils de défense et de sécurité nationale (CDSN) qui, depuis la crise du Covid-19, ont été programmés juste avant le Conseil des ministres.

→ ses complexes portuaires et pétroliers

Regardons plus en détails les « zones de mutualisation  » prioritaires pour les raccordements électriques. Il s’agit des Grands Ports Maritimes de Dunkerque, Fos-sur-Mer, Le Havre-Port Jérôme et Saint-Nazaire-Nantes. Il est possible également que les zones de Saint-Avold et Sud Alsace soient renforcées par la suite. On retrouve dans ces zones la grande majorité de l’industrie pétrolière, gazière et pétrochimique de FranceTM [17]. Le port de Dunkerque accueille le terminal méthanier le plus important de FranceTM, du côté de Loon-Plage, mis en service en 2017 comme point d’arrivée de gaz naturel via gazoduc et navires méthaniers. Relié aux deux réseaux de transport de gaz français et belge, il alimente 20 % de la consommation annuelle de la FranceTM et de la BelgiqueTM en gaz. Un autre terminal méthanier important est celui d’Elengy à Montoir-de-Bretagne (près de Nantes-Saint-Nazaire), port d’escale privilégié des méthaniers de RussieTM et des États-UnisTM, et hub logistique international de GNL. La plus grande raffinerie de pétrole de FranceTM se trouve à Gonfreville-l’Orcher [18], au sein du complexe portuaire du Havre-Port-Jérôme, et remplit 1/6 du marché français (particulièrement le bassin parisien relié à cette zone par la Seine). La seconde plus grande s’y trouve aussi à Port-Jérôme-Gravenchon [19]. La troisième plus grande se trouve à Donges [20], dans le complexe portuaire de Nantes-Saint Nazaire, et fournit 12 % du traitement national de pétrole brut. La zone de Fos-sur-Mer regroupe les raffineries de Fos [21], La Mède [22] et Lavéra [23] qui produiraient 32 % du raffinage français sur l’année 2008.

[17] : On a choisi de pas approfondir la documentation des grandes industries pétrochimiques de ces zones en espérant que cela soit fait ailleurs.
[18] : La raffinerie de Normandie est mise en service en 1933 et traite jusqu’à 16 millions de tonnes de pétrole brut par an, surtout en provenance du golfe Persique, pour en transformer une douzaine de millions de tonnes en essences, gazoles, carburants pour avions, huiles, lubrifiants… Ce pétrole arrive du port du Havre, est stockée dans le dépôt de la Compagnie Industrielle Maritime (CIM) avant d’être acheminé par oléoducs à la raffinerie. Elle emploie 1 500 personnes dont 200 ingénieur.e.s et technicien.ne.s dans le centre de recherche de Gonfreville.
[19] : La raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon regroupe deux raffineries mises en service en 1933 et 1935 traite jusqu’à 12 millions de tonnes de pétrole brut par an acheminé par oléoducs depuis le port du Havre pour produire des huiles de base, huiles blanches, des bitumes, gaz propane et butane. Un site pétrochimique lui est associé.
[20] : La raffinerie de Donges est située au bord de la Loire entre le port de Saint-Nazaire et celui de Nantes et de la ligne ferroviaire Nantes – Le Croisic. Elle est créée en 1917 lorsque l’armée des États-UnisTM s’implique dans la Première Guerre Mondiale et construit le premier port pétrolier de FranceTM le long du chemin de fer. Elle traite environ 11 millions de tonnes par an pour produire des carburants automobiles, du kérosène, du butane, du propane, des bitumes et des fiouls domestiques et emploie 5 000 personnes. Elle est reliée au pipeline Donges-Melun-Metz.
[21] : La raffinerie de Fos est créée dans les années 1930 pour permettre l’arrivée de pétroliers venant d’AlgérieTM et du Moyen-OrientTM. Elle appartient depuis fin 2024 au consortium « Rhône Énergies ».
[22] : La plateforme de la Mède ou raffinerie de la Mède a été mise en route en 1935 et les activités de raffinage pétrolier s’arrêtent à la fin 2016. Il s’agit à présent d’une bio-raffinerie produisant du bio-gazole (notamment pour l’aviation) avec des huiles végétales et alimentaires. Elle abrite également une plateforme logistique de stockage d’1,3 millions de m³ , une unité de régénération de résidus maritimes, un centre de formation et une centrale solaire.
[23] : La raffinerie de Lavéra, mise en service en 1933, emploie environ 450 personnes et produit environ 350 000 tonnes de pétrole brut par an et expédie des essences, gazole, fioul domestique, kérosène, fiouls louds et bitumes. Elle alimente également un vapocraqueur d’une capacité de 750 000 tonnes par an appartenant à Naphtalchimie.

Si complexes pétroliers et relance énergétique sont tant intriquées, et si l’AIE prend acte du refus de réduire la croissance de la consommation de pétrole, c’est une conséquence de la militarisation des sociétés où les rivalités interétatiques se durcissent. Le texte « La guerre commence ici : paralysons son infrastructure là où nous le pouvons » publié en 2022 [24] avance que « le pétrole, et plus largement l’énergie en général » serait trop laissée de côté par les attaques contre la machine de guerre alors qu’elles en constitueraient « la matière première principale ». Avant d’ajouter :
« Précisément au début d’une guerre le besoin en énergie nécessaire au transport de troupes est gigantesque, mais au fond tout au long de la guerre du combustible doit être acheminé des lieux de stockage et/ou raffineries jusqu’au front où il est utilisé pour faire marcher les moteurs de la machine de guerre. Et justement quand une guerre ne se déroule pas directement sur le territoire où l’on vit, mais que la logistique d’approvisionnement en énergie des troupes passe par ce territoire, cela pourrait valoir la peine de s’occuper de plus près de cette infrastructure. »
De fait, toutes ces zones de raccordement s’intègrent au Central Europe Pipeline System (CEPS), le plus important réseau d’oléoducs de l’OTAN [25] financé en 1959. Pour alimenter en carburant les véhicules des forces armées des nations centre-européennes membres de l’OTAN, il traverse la FranceTM, l’AllemagneTM, la BelgiqueTM, les Pays-BasTM, le LuxembourgTM et peut être bientôt la PologneTM et la TchéquieTM (suite à un accord préliminaire d’octobre 2025 entre l’OTAN et l’opérateur polonais de pilelines PERN) [26]. Les ports de la zone de Le Havre-Port-Jérôme et de celle de Fos-sur-Mer-Marseille constituent des points de départ de ce réseau (avec Rotterdam, Anvers et Gand) pour alimenter 28 bases aériennes, six aéroports internationaux (Amsterdam, Liège, Bruxelles, Cologne, Francfort, Bâle, Zurich et Luxembourg), 34 dépôts de l’OTAN et 5 non-OTAN. Il intègre également le terminal pétrolier de Dunkerque et des liaisons avec les pipelines civils Le Havre-Paris (au départ du port du Havre-Port-Jérôme) et Donges-Melun-Metz (au départ du port de Nantes-Saint-Nazaire). Ce réseau alimente pour la majeure partie des activités civiles mais reste opérationnel si des forces militaires doivent s’y approvisionner pour leurs opérations. D’autres raffineries et terminaux méthaniers sont fermées dans ces zones, mais peuvent redémarrer si la conjoncture économique et militaire le demande [27]. Ce réseau de pipelines de l’OTAN, d’un diamètre de 15 à 30cm, a été attaqué plusieurs fois dans les années 1980 dans le cadre d’actions revendiquées par des groupes communistes [28].

[24] : Ce texte a été publié initialement sur le site zuendlappen.noblogs.org et a été traduit dans la brochure « Fragments pour une lutte insurrectionnelle contre le militarisme et le monde qui en a besoin », disponible sur sansnom.noblogs.org.
[25] : L’OTAN est une alliance militaire fondée à la fin des années 1950 sur un principe défensif (si l’un des membres est attaqué par une autre armée nationale l’ensemble riposte contre l’ennemi en question). Il regroupe également des capacités militaires communes. Les États-nations qui en sont membres sont ceux d’Amérique du nord et d’Europe. La FranceTM quitte l’OTAN en 1966 tout en restant membre de l’Alliance atlantique, puis en redevient membre à part entière en 2009.
[26] : La partie française est appelée oléoducs de défense commune en France (ODCF). Son exploitation effective est confiée à la société Trapil avec, en 2013, un effectif de 261 personnes au Central Europe Pipeline System (CEPS). Il assure la moitié des approvisionnements en produits pétroliers nécessaires aux Forces armées françaises, via les établissements du Service des essences des armées (SEA) qui lui sont rattachés. En 2013, le SEA est constitué de trois dépôts d’infrastructure à Orges, Bouy et Hesse (Moselle), et de cinq dépôts sur des bases aériennes à Nancy-Ochey, Saint-Dizier, Istres, Orange et Luxeuil. Si les forces armées sont les premiers destinataires, elles utilisent moins de 10 % des carburants en temps de paix et les 90 % restant sont destinés à des clients civils.
[27] : Du côté de Fos-sur-Mer, l’ancienne raffinerie de Berre, mise en service en 1931, est fermée en 2012. À Fos-sur-Mer, les terminaux méthaniers Antifer, FosFaster et Cap Tonkin sont fermé depuis 2011 puis abandonnés en 2014 et 2015. La raffinerie de Dunkerque est également fermée bien qu’une partie doit être reconvertie en stockage d’hydrocarbures.
[28] : En juin 1984, les Cellules Révolutionnaires (RZ) d’AllemagneTM ont fait sauter un pipeline près de Lorch en RFA. En décembre 1984, les Cellules Communistes Combattantes de BelgiqueTM ont détruit 6 relais de sécurité du réseau des pipelines de l’OTAN à travers la Belgique à l’aide de charges explosives placées dans des trappes d’accès disséminées sur tout le territoire, souvent aux abords des stations de pompage. En décembre 1985, la même organisation organisait le même type d’attaques et a dynamité des relais de sécurité. Simultanément, un groupe de Communistes Internationales en FranceTM dynamitait le Central Europe Operating Agency, le Quartier Général du CEPS au 11 avenue Général Pershing à Versailles. Ces attaques ont lieu pour des motifs anti-impérialistes qui considèrent que ce soit un moindre mal de taire la critique des États ou encore de bosser pour des groupes de résistance autoritaires et militaristes (mais excusés car victimes de la colonisation et de l’impérialisme) afin de lutter contre les impérialismes. De fait, c’était surtout l’impérialisme représenté par les États-UnisTM qui était attaqué par ce type de groupes.


+ sidérurgiques

Ces zones ont également en commun d’accueillir la majeure partie des activités sidérurgiques de FranceTM. Ce secteur a toujours été étroitement lié à la consommation d’énergie et à la guerre. Nécessitant beaucoup de charbon pour alimenter ses fours, il s’est développé pour permettre les guerres coloniales françaises (napoléoniennes notamment) et britanniques en produisant des boulets, bombes, grenades, canons et fusils pour l’artillerie et les arsenaux … Ces sites sont quasiment tous des sites Seveso, parmi ceux rejettent le plus d’émissions carbone ou considérés « électro-intensifs ». Pour autant, le secteur est en crise et le groupe ArcelorMittal, qui détient les plus grandes usines de ce secteur en FranceTM, a décidé de licencier 10 % de ces effectifs en réaction à cette crise et pour délocaliser ses fonctions support en IndeTM. Les deux plus grands complexes sidérurgiques se trouvent près des zones de Dunkerque et de Fos-sur-Mer. Près de Dunkerque, sur la commune de Grande-Synthe, l’usine ArcelorMittal (anciennement Usinor) a une des capacités de production les plus importantes d’Europe occidentale. Près de Dunkerque également, celle de Mardyck, en plus de la galvanisation de bobines d’acier pour l’automobile pour laquelle travaillent 450 personnes, a pour objectif de produire de l’acier dit électrique (doté de 3 % silicium pour des propriétés magnétiques) nécessaire aux moteurs électriques, turbines d’éoliennes ou aux transformateurs électriques. À l’aide de cinq nouvelles lignes de production et de 200 nouveaux employé.e.s, il serait question d’en produire plus de 150 000 tonnes chaque année à partir de 2027. Celle de Fos-sur-Mer, située près de l’embouchure du Rhône, emploie près de 2 500 salarié.e.s et 1 200 sous-traitants pour produire des aciers de spécialités pour l’automobile et d’autres industriels. Dans le but de remplacer les hauts fourneaux qui fonctionnent au charbon, des fours à arcs électriques doivent être mis en service dans les usines de Fos-sur-Mer et de Dunkerque (Grande-Synthe) d’ici 2027 / 2028. Une autre grande usine sidérurgique d’Arcelor Mittal Florange se trouve en Moselle non loin de Saint-Avold [29].

[29] : Ce complexe sidérurgique situé sur les communes de Hayange, Serémange, Ébange et Florange. Très ancienne, la force d’Hayange est boostée par les guerres coloniales napoléoniennes. Les autres guerres opposant souvent la FranceTM à l’AllemagneTM ont davantage déstabilisé son activité, cette industrie étant une des cibles premières des stratégies militaires qui s’opposaient. Il ne reste depuis 2020 qu’un laminoir à chaud, laminoirs à froid et lignes de revêtement de l’ancien complexe (ce qui est déjà beaucoup). Elle produit notamment des rails.

Près de Dunkerque, à Loon-Plage, Aluminium Dunkerque [30], premier producteur d’aluminium primaire de l’Union européenneTM, représente deux tiers de la production française d’aluminium pour des applications à forte valeur ajoutée (aéronautique, automobile…). À Fos-sur-Mer, la multinationale Marcegaglia a repris et investi 600 millions d’euros dans l’ancienne usine d’Ascometal pour y construire un four électrique et produire entre 1,8 et 3 millions de tonnes d’acier, notamment pour la défense nationale. À Dunkerque et Fos-sur-Mer toujours, deux usines d’Imerys produisent des ciments réfractaires nécessaires pour la construction de pas de tir de fusée (ou autres missiles on imagine) ou encore de fixations d’éoliennes et assurent chacune respectivement 20 % de la production mondiale de ciment d’aluminate de calcium. À Saint-Nazaire, les Chantiers de l’Atlantique [31] produisent, dans le cadre d’une commande de 4,5 milliards d’euros pour RTE, des sous-stations électriques pour les parcs éoliens de Normandie et d’Oléron, ainsi qu’un navire pour la pose d’éoliennes (projet Poséole) ou encore le futur porte avions de la Marine française (PANG) de 2027 à 2035. Pour s’affranchir du charbon et remplacer les hauts fourneaux, en plus de la construction de fours à arcs électriques, le recours à l’hydrogène [32] ou au gaz naturel se développe. Assez régulièrement, des incendies et autres accidents de travail viennent mettre leur activité à l’arrêt [33].

[30] : L’usine Aluminium Dunkerque consommerait l’équivalent d’une demi-tranche de réacteur nucléaire depuis la centrale nucléaire de Gravelines (1 % de la demande totale du pays en électricité, soit l’équivalent de la consommation de l’agglomération de Marseille). La production se fait par électrolyse pour extraire l’aluminium.
[31] : Avec une superficie de plus de 150 hectares, il s’agit de l’un des plus grands sites de construction naval au monde. Dans les années 1970, les Chantiers de l’Atlantique a livré pour la construction de pétroliers géants, et notamment des quatre plus grands pétroliers du monde. Ils produisent également des paquebots de croisière.
[32] : Autour de Fos-sur-Mer, GravitHy doit produire 2 millions de tonnes par an de fer réduit bas carbone et 120 000 tonnes d’hydrogène avec des électrolyseurs de 700 à 900 MW pour produire du HBI (Fer briqueté à chaud). Geosel à Manosque doit produire annuellement 15 000 tonnes d’hydrogène vert d’ici 2028 / 2030 par électrolyse grâce à une alimentation de 500 hectares de panneaux solaires flottants sur deux étangs de saumure (soit 800 MW/h par an). H2V veut produire lui 28 000 tonnes d’hydrogène par an dès 2028 puis 84 000 tonnes par an à compter de 2030. Le H2Med contient un gazoduc maritime qui doit acheminer de l’hydrogène renouvelable de Barcelone jusque Marseille. GRTgaz étudie également un hydrogénoduc de 150 km entre Fos et Manosque. Un pipeline d’hydrogène (une canalisation de 8 à 10 centimètres de diamètre), reliant la plateforme industrielle de Fos-sur-Mer à la Moselle ou à l’Alsace, est envisagé à partir d’un projet autour d’un électrolyseur de 20MW à Pierre-Bénite (Rhône) dans la Vallée de la Chimie (à proximité du barrage hydroélectrique, il passerait sous le Rhône), est envisagé. À Dunkerque, ArcelorMittal prévoir d’installer un réacteur DRI d’ici à 2027 (qui produit du HBI Fer Briqueté à Chaud utilisé dans les aciéries). Au Havre, entre 2026 et 2029, une usine d’Air Products et une usine de Qair doivent produire et stocker de l’hydrogène sur un site « clé en main » de 30 hectares dans le port du Havre et doivent approvisionner la raffinerie de Normandie de TotalEnergies de 70 000 tonnes d’hydrogène vert par an.
[33] : Le 8 octobre, un incendie a mis l’usine ArcelorMittal de Fos-sur-Mer à l’arrêt jusqu’au 22 décembre 2025. Il a été déclenché par l’inflammation d’une brique HBI (Fer Briqueté à Chaud) qui a incendié un tapis roulant, puis un autre, qui est tombé sur une sous-station électrique et l’a détruite. Le remplacement de cette dernière doit nécessiter encore quelques mois. Il s’agit de la même matière fabriquée à l’aide d’hydrogène dans les usines décrites précédemment.

+ ses gigas-usines

Histoire de boucler la boucle, on y trouve également les principales usines censées construire cette relance énergétique. Celles-ci sont pour la plupart conçues sous la forme de « giga-usines » : des usines gigantesques et ultra-numérisées (parfois assistées par IA et/ou par le biais d’un modèle numérique des flux circulant dans l’usine) de manière à optimiser la production en série. À Dunkerque, au cœur d’un bassin industriel porté par l’automobile et proches des régions industrielles automobiles allemandes et britanniques, on trouve les trois giga-usines de production de batteries électriques pour voitures de ACC (co-entreprise de Stellantis, Mercedes-Benz et une filiale de TotalEnergies) [34], Verkor à Bourbourg (qui doit démarrer en 2026) [35] et ProLogium à Dunkerque (dont l’ouverture est repoussée à 2028) [36]. Le groupe Blue Solutions (filiale de Bolloré) doit également construire une giga-usine dans l’agglomération de Mulhouse (donc dans la région Sud Alsace), peut être dans la commune de Wittelsheim, pour une mise en service à l’horizon 2030 afin de produire de quoi équiper 250 000 véhicules par an [37]. Malgré des investissements conséquents, l’avenir du secteur est fragile et dépend principalement de l’interdiction à la vente de véhicules neufs thermiques à partir de 2035 [38] pour que les voitures électriques deviennent la norme. Le groupe Eramet devait construire une usine hydro métallurgique de recyclage de batteries à Dunkerque mais a suspendu ce projet en constatant un manque d’approvisionnement en matières premières et un manque de débouché pour les métaux issus du recyclage ainsi qu’une absence de « montée en puissance en Europe des usines de batteries ». Cela n’empêche pas Orano et XTC New Energy de poursuivre leur projet de trois usines à Dunkerque, représentant 1,5 milliards d’euros d’investissement et 1 300 emplois, pour recycler 220 000 à 250 000 batteries de véhicules électriques par an dès 2026 et alimenter les deux usines voisines. Une usine de raffinage de lithium, portée par Livista Energy, doit également être construite au Havre, avec un accès direct au Grand canal du Havre qui conduit à la Manche, pour raffiner d’ici 2030 80 000 tonnes de lithium par an (soit 1 500 000 voitures électriques) [39].

[34] : Alors qu’elle annonçait une production de 2 000 batteries par jour, la giga-usine ACC n’en produit qu’une centaine et a laissé tomber ses deux projets d’usines de batteries en AllemagneTM et en ItalieTM. 
[35] : L’usine de Verkor, qui doit employer 1 200 personnes, a été inaugurée en décembre 2025 et doit démarrer sa production début 2026. Elle vise une capacité d’approvisionnement de 300 000 véhicules électriques par an, en grande partie destinée à Renault pour les Alpine.
[36] : La construction de l’usine de ProLogium doit être repoussée d’un an pour développer une batterie solide. En attendant, ProLogium travaille sur une solution intermédiaire de batteries céramiques au lithium considérée comme semi-solide. La construction doit débuter début 2026 pour un lancement de la production au premier semestre 2028.
[37] : La technologie de ces batteries solides sont en Lithium-Métal-Polymère que le groupe Bolloré seraient les seul.e.s au monde à maitriser. Un centre de Recherche et Développement avec une première ligne pilote doit être mises en service en 2026 dans la communauté de communes de Quimper (Finistère).
[38] : Cet objectif est fixé depuis 2022 par le gouvernement français. Volkswagen a indiqué que 100 % de ses véhicules vendus en 2035 seront électriques et Renault s’est donné pour objectif d’arriver à ce que 90 % des véhicules vendus soient électriques d’ici 2030. Le 16 décembre 2025, l’Union EuropéenneTM a renoncé à cette interdiction en considérant avec la filière automobile l’objectif inatteignable, mais maintient des restrictions avancées en la matière.
[39] : L’usine doit être construite sur une parcelle de 27 hectares près du port du Havre, issu d’un site « clé en main France 2030 » partagé avec l’usine d’hydrogène d’Air Products et celle d’hydrogène et de méthanol Qair sur 60 hectares de foncier. Une première tranche doit démarrer d’ici à 2028 puis une seconde en 2030. Le port en eau profonde du Havre offre des infrastructures logistiques idéales pour approvisionner l’usine en matières premières et exporter le lithium raffiné destiné aux batteries électriques. Ce projet a été reporté récemment pour intégrer la technologie de batteries LFP (lithium-fer-phosphate), moins chère mais aussi moins performante que les batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt).

À Fos-sur-Mer on retrouve la giga-usine Carbon [40], qui cherche à développer toute la chaîne de valeur de la production de panneaux photovoltaïque (une première dans l’Union EuropéenneTM), et doit fabriquer 10 millions de panneaux par an (soit 5 GW) à partir de fin 2026. Au cours de l’année 2026, les travaux doivent commencer pour la giga-usine d’Holosolis à Hambach [41] dans la zone de Saint Avold (où des gens luttent contre la destruction d’une forêt par une mine de charbon) qui doit démarrer sa production à la fin de l’année / début 2027 pour atteindre 10 millions de panneaux par an (soit 5GW) en 2028. Ce serait alors la plus grande usine de panneaux photovoltaïques d’Union européenneTM, située à quelques kilomètres de la frontière allemande et à pas plus d’une journée de route de 85 % du marché européen (FranceTM, AllemagneTM, BeneluxTM, ItalieTM, PologneTM…). À Le Havre- Port Jérôme, l’usine Siemens Gamesa [42], leader mondial de l’éolien en mer, doit fabriquer des pales et assembler les génératrices et nacelles éoliennes en mer. Elle serait particulièrement stratégique pour le programme éolien en mer français. Toutes ces usines sont sur-financées par les pouvoirs publics (Union EuropéenneTM, État français, administrations régionales…).

[40] : Cette giga-usine comprendrait une fonderie de lingots de silicium, des ateliers de découpe de plaquettes de silicium (wafers), des salles blanches pour la fabrication des cellules, des ateliers d’assemblage des modules et des entrepôts logistiques – sur environ 60 hectares d’installations industrielles au Grand Port Maritime de Marseille. Elle doit être approvisionnée en électricité par deux lignes de 225 000 volts sur 700 mètres de long en souterrain depuis le poste de darse du Port (en plus des panneaux sur le toit et les ombrières de parkings), et en eau puisée dans le canal d’Arles à Bouc relié au Rhône. Les travaux doivent commencer fin 2025 jusque fin 2027. Afin d’amorcer la production de cette giga-usine, Carbon a acquis l’usine de Photowatt à Bourgoin-Jallieu (Isère), seul fabricant de lingots de silicium en FranceTM, pour lancer une production pilote et profiter des compétences de ses 170 salarié.e.s. En plus de cette giga-usine, une usine d’assemblage est envisagée à Aix-Marseille (Carbon One) et un laboratoire à Istres (Carbon Lab) sur un terrain de 13,9 hectares et des bâtiments désaffectés au même rythme que la construction de la giga-usine.
[41] : Ce site de cinquante hectares doit accueillir 18 hectares de bâtiments : un de 500 mètre de long destiné à la production des cellules photovoltaïques et un de 350 mètres de long dans lequel doivent être fabriqués et stockés les panneaux. 1 900 salarié.e.s doivent participer à la production, assistée par IA pour traiter une masse considérable de données et managée à l’aide d’un jumeau numérique de l’usine. Une partie de l’électricité doit être produite sur place par les panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments et les ombrières des parkings. L’autre partie doit être acheminée par RTE par l’installation d’une ligne Très Haute Tension ou Haute Tension arrivant sur le site. Rappelons que la forêt de Hambach est occupée depuis 2002 par des personnes en lutte contre la destruction de celle-ci par l’agrandissement d’une mine de charbon exploitée par RWE. Pour en savoir plus : « La Culture Mangeuse de Monde. Entretien » dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus. Apériodique pour chahuter l’extractivisme
[42] : Sur un terrain de 36 hectares sur le quai Joannès-Couvert, l’usine Siemens Gamesa doit créer 750 emplois directs et indirects liés aux activités de production, d’assemblage, de logistique et d’installation. Les éoliennes seront assemblées en mer à partir de composants préalablement assemblés sur le quai. Ils seront chargés sur des navires de levage spécifiques (jacket vessels) qui peuvent accoster sur le quai et se poser sur les fonds marins avec quatre "jambes/pieds" rétractables. Le site accueille aussi des zones de stockage ainsi qu’un hub logistique pour l’export des composants vers d’autres sites.

Partie 3 (des pistes) :
Comprendre le complexe électrique national

En nous intéressant à la relance énergétique, l’idée est de mettre à nu le corps de la domination industrielle qui permet la production capitaliste. Pour mieux comprendre le fonctionnement du réseau électrique en général, on a lu L’électricité de la production à la consommation pour les Nuls de Renault Enguérand publié en 2023, et notamment la partie 4 « Les réseaux de transport et de distribution » des pages 190 à 258 et des documents de RTE [43] en accès libre. Il n’empêche qu’on peut écrire des imprécisions et des erreurs. Le réseau électrique est équipé d’une multitude de postes électriques [44] et de lignes électriques Très Haute Tension (THT, 400 000 volts) et Haute Tension (HT, 225 000) [45] et le raccordement des zones de mutualisations (précisé plus bas) passe par des rénovations en ce sens. RTE investit une cinquantaine de milliards d’euros pour cela, dans le cadre d’un plan de financement de 100 milliards d’euros par lequel RTE envisage également de rénover ses infrastructures pour les adapter au réchauffement climatique. De plus, un autre investissement essentiel concerne le renouvellement et la modernisation du réseau de télécommunications. Celui-ci est composé d’un réseau de fibre optique noire propre à Arteria (filiale télécoms d’RTE) qui suit les tracés des lignes électriques du haut des pylônes et redescend parfois se connecter dans des postes électriques [46], ainsi que de réseaux plus traditionnels opérés par des tiers comme le réseau cuivre, les réseaux de fibre optique qui circulent sous des plaques d’égout jusqu’à des baies de répartitions (ou armoires) ou encore des antennes-relais qui communiquent par faisceaux hertziens (pour les postes reculés). Dans une logique de « smart grind » (« réseau intelligent »), ce réseau télécom surveille en permanence l’état du réseau électrique, à l’aide d’innombrables capteurs et faisceaux qui acheminent l’information jusqu’aux centres de conduite ou « dispatching ». C’est depuis ces centres de conduite [47] que des ordres sont envoyés aux différents équipements du réseau pour éviter la propagation des pannes électriques en les isolant du reste du réseau (et empêcher de potentiels black-out [48]). Sans cette logique de « smart grind », le réseau électrique s’effondrerait sans doute de lui-même étant donné que les coupures automatiques de lignes électriques en raison d’un problème (souvent lié à la foudre) sont légion (entre 5 000 et 10 000 par an). D’ici 2030, 100 % des postes électriques essentiels à la conduite du réseau doivent être équipés de deux lignes télécoms [49] et le réseau cuivre doit être retiré ou remplacé par Orange par des solutions de fibre optique ou faisceaux hertziens [50].

[43] : Au sujet de RTE : « RTE gère un réseau de transport de plus de 106 000 km de lignes à haute et très haute tension et emploie environ 10 000 salariés pour alimenter 500 clients industriels et desservir 2 500 postes-sources à l’interface avec les réseaux de distribution. Il est également responsable du raccordement des nouvelles unités de production d’énergie renouvelable les plus puissantes (champs d’éoliennes offshore, éoliennes terrestres, fermes photovoltaïques), ainsi que des interconnexions avec les pays voisins. RTE investit fortement dans le développement du réseau, mais aussi dans le numérique pour optimiser l’utilisation et l’efficacité du réseau. » (p.205-206). Pour apprendre l’exploitation, la maintenance et l’ingénierie des ouvrages électriques haute et très haute tension, la filiale d’RTE Cirtéus proposent des formations dans le centre de formation RTE de Jonage.
[ 44] : Les transformateurs sont inclus dans des poste-sources, de gigantesques postes électriques : « On peut les imaginer comme les connexions nerveuses qui, au sein du cerveau, relient les neurones. Dans cette image, les neurones seraient les « postes électriques » : c’est là que se concentrent tous les moyens de connaître et contrôler ce qui se passe sur le réseau. » (p.230)
[45] : « Plus la tension est élevée, moins il y a de perte d’électricité. La haute et la très haute tension permettent donc de transporter de l’électricité sur de longues distances en perdant le moins d’énergie possible. » (p.204)
[46] : RTE équipe son réseau électrique de son propre réseau de télécommunications par le biais de sa filiale Arteria créée fin 2002 (à l’image de SNCF et de sa filiale Terralpha qui fait la même chose le long des voies ferrées) qui exploite les 25 000 km de fibre optique installés sur les points hauts des pylônes du réseau électrique français. Bien que nous avons pas trouvé plus d’informations à ce sujet, elle posséderait un petit data-center à Nantes dans un local RTE réhabilité et souhaiterait en disposer d’un autre à notamment à Marseille. Elle intègre également une interconnexion de fibre optique au projet de câble électrique sous-marin « Celtic Interconnector » de 700MW entre les réseaux électriques de FranceTM (RTE) et d’IrlandeTM (Eirgrid) et les postes électriques de Knockhara (près de Cork) et La Martyre (près de Brest) dont la mise en service est prévue pour printemps 2028. Employant 17 salariés au 2 place des Vosges à La Défense (Courbevoie), elle loue également ses services sur les pylônes du réseau électrique français, qui permet des itinéraires différents que ceux empruntés par les opérateurs télécoms traditionnels et donc une solution parallèle, aux clients qui le demandent. Elle offre également une solution au déploiement des data-centers dans des endroits éloignés des principales zones d’interconnexion (Paris et Marseille) en proposant une solution de connectivité : c’est ainsi qu’une liaison Paris-Lille aboutissant au data center d’Etix dans le nord de la métropole de Lille a été établie, et que ce partenariat Artesia-Etix doit être renouvelé pour un data-center à Nantes. Elle exploite aussi un « backbone » de 1 Tbit/s entre Lyon et Toulouse qui permet d’y rerouter instantanément le trafic de fibre optique en cas d’incident. Ce serait les seuls à faire cela selon le directeur Gilles Calligaro, avec une incidentologie sept fois inférieure aux réseaux terrestres classiques : « Les grands mâts de RTE, c’est ceinture et bretelles. Et honnêtement, qui s’amuserait à saboter un pylône à 400 kV ? ». Voir : https://fibre.wiki/index.php/Arteria
[47] : Le dispatching national serait situé à Saint-Ouen (Seine Saint Denis) et veille au maintien de l’équilibre offre-demande, à la maîtrise des flux et au plan de tension sur les réseaux nationaux et les interconnexions européennes. Il y a aurait 7 dispatchings régionaux mais il est envisagé d’en conserver seulement 3. Les Agences de conduite régionale (ACR) gérés par la société Enedis surveillent le réseau à l’échelle d’un ou deux départements sur les flux à moyenne tension et sont en interaction permanente avec les dispatchings régionaux de RTE. Pour étudier la téléconduite, des formations sont dispensées à Campus Transfo, le laboratoire technologique et industriel de RTE à Jonage dans l’agglomération de Lyon.
[48] : Avant un black-out, les centres de conduite tentent d’isoler la panne, et la commande déploie ensuite des solutions de délestage qui fonctionnent par paliers pour privilégier l’alimentation de zones « essentielles » comme les hôpitaux ou les commissariats. Ce n’est pas le sujet ici mais le livre L’électricité de la production à la consommation pour les Nuls décrit ce fonctionnement et présente plusieurs exemples de pannes électriques majeures.
[49] : C’est ainsi que RTE peut disposer d’un réseau autonome pendant 24 heures pour redémarrer le réseau en cas de black-out. À l’heure actuelle, 650 postes électriques essentiels (soit 80 % du total) sont déjà équipés d’une conduite en temps réel appartenant à RTE et résilient en cas de black-out. L’enjeu est d’installer d’ici 2028 un lien télécom exploité par RTE sur les 132 postes électriques restants. D’ici 2030, il est question que chaque poste dispose de deux liens télécoms.
[50] : Cela concernerait 3 400 installations réparties sur l’ensemble du territoire. La technologie la moins coûteuse sera installée est fonction des caractéristiques (proximité d’une infrastructure optique tiers utilisable, site déjà équipé de solutions numériques…). Selon un document de RTE, le principal enjeu « réside dans la bonne coordination entre le programme d’Orange et celui de RTE pour que les installations disposent toujours d’un lien de télécommunication (ou que la période sans lien de télécommunication soit la plus courte possible) » sachant que le programme d’Orange doit être connu 3 ans en avance.

L’électrification des complexes portuaires

En ce qui concerne la zone de Dunkerque, un nouveau poste-source THT nommé « Flandres Maritime » est en cours de construction depuis 2024 sur la commune de Saint-George-sur-l’Aa, pour remplacer à l’horizon 2030 (au bout d’une mise en service partielle prévue mi-2026) celui de Warande (situé à Bourbourg). Il doit diffuser dans le réseau l’énergie produite par les réacteurs nucléaires de Gravelines (la plus grande centrale de FranceTM) et sans doute du parc éolien en mer de Dunkerque (d’une capacité de 600MW et dont l’atterrage se trouve entre Grande-Synthe et Loon Plage). D’une superficie de 24 hectares et comptant 21 départs 400 000 volts, 12 départs 225 000 volts et 3 départs 90 000 volts, ce poste serait le « maillon essentiel de la colonne vertébrale électrique du territoire ». Il serait ensuite question de créer le poste électrique du Puythouck sur 16,5 hectares et de le raccorder par la création de trois liaisons souterraines à double circuit 225 000 volts aux cellules aériennes existantes de celui Grande-Synthe (qui transforme en 225 000 pour alimenter le grand port). Ces deux postes de Flandres Maritime et du Puythouck seront ensuite reliés par deux liaisons à double circuit 400 000 volts sur environ 10,5km afin de donner plus de résilience au réseau. Des restructurations du réseau électrique local à 225 000 volts (constitué aux abords du port par les postes de Grand Port et de Grande-Synthe) et 90 000 volts sont également envisagées par la création de liaisons souterraines aux abords des postes de Puythouck et Flandres Maritime pour démonter des lignes aériennes existantes. Une ligne THT doit également être construite d’ici 2030 entre le poste de Navarre (près de Petit Caux) en Seine Maritime et celui d’Argoeuvres (près d’Amiens) dans la Somme pour créer un axe de mutualisation entre ces régions et l’énergie venant des centrales de Paluel et de Penly d’un côté et de celle de Gravelines de l’autre (même si en regardant sur une carte, Amiens est bien plus au sud que Gravelines).

Dans la zone du Havre-Port-Jérôme, une ligne aérienne THT (400 000 volts) doit être créée sur 30km entre le poste-source de Rougemontiers (27) et celui de Havre (qui doit être par la suite remplacé par Noroit et raccourcir cette ligne THT [51]). Ensuite, une ligne souterraine de 225 000 volts doit être créée sur 20km entre les zones industrielles de Port-Jérôme et de Le Havre, c’est à dire entre les postes de Noroit et de Roseaux. Ces deux postes-sources doivent être construits pour l’occasion, le premier sur un terrain appartenant à RTE, à partir de fin 2029. La production d’énergie arrive des centrales nucléaires de Paluel (et plus tard peut être de Penly) depuis le poste de Vaupallière, et de l’autre côté de la centrale nucléaire Flamanville et du parc éolien Centre Manche 2 d’ici 2032 (d’une puissance de 1,5 GW et dont le raccordement se fait au poste de Tourbe à Bourguébus), depuis le poste de Rougemontiers (27). Les parcs éoliens en mer Fécamp Grand Large 1 et 2, envisagés à l’horizon 2035, d’une puissance de 2GW chacun, doivent eux directement être raccordés à cette zone par les postes de Noroit et Roseaux. De l’électricité arrive également du parc éolien en mer de Fécamp d’une capacité de 500MW jusqu’au poste de Sainneville-sur-Seine, puis par liaison souterraine de 12 km jusqu’au port du Havre (poste de Pont VII).

[51] : La zone est également alimentée par une liaison 225 000 volts depuis le poste de Vaupalière par deux liaisons 225 000. Les postes HTB3 (400 000) de la zone sont Havre qui doit être remplacé par Noroit, les postes HTB2 (225 000) sont Havre, Noroit, Roseaux, Marais de Radicatel, Gabion, Pont-Sept, Port-Jérôme, Ratier, Sainneville et Sandouville. Les postes HTB1 (90 000) sont Antifer, Auberville, Bleville, Charles-Laffitte, Criquet, Ecrainville, Fécamp, Gabion, Montivilliers, Pont-Sept, Port-Jérôme, Ratier, Sainneville, Saint-Jean-de-Folleville et Sandouville.
[52] : Les parcs éoliens en mer sont raccordés par liaison sous-marine en courant continu depuis la plateforme en mer (transformateur maritime) du parc jusqu’une jonction d’atterrage sur le littoral qui connecte liaison sous-marine et liaison terrestre. Ensuite une liaison souterraine transporte l’électricité (toujours en courant continu) jusqu’une station de conversion terrestre qui la convertit en courant alternatif pour l’adapter au réseau électrique terrestre (souvent à côté du poste-source qui sert de raccordement). Les localisations précises des éléments de ce circuit sont souvent trouvables sur internet selon chaque parc éolien en mer spécifique.

(avant)

(après)

Le raccordement de la zone de Fos-sur-Mer-Marseille dépend de la création, devant aboutir en 2030, d’une ligne électrique THT (400 000 volts) aérienne à double circuit sur 65km entre les postes-sources de Jonquières-Saint-Vincent (30) et Feuillane, proche de Fos-sur-Mer (13). La structure du réseau électrique dans la zone du Golfe de Fos s’articule autour d’un axe 400 000 volts reliant la vallée du Rhône à la Provence, composé des postes électriques de Tavel (Drôme) et de Réaltor (Bouches-du-Rhône) et d’une architecture plus générale de 225 000 volts qui dessert le littoral (composée autour de la zone industrielle par Darse, Feuillane et Lavéra). Sans ce renforcement du poste HT (225 000 volts) de Feuillane depuis Jonquières-Saint-Vincent, celui-ci ne serait supporté que depuis le poste-source Réaltor, relié au poste-source de Tavel d’où l’énergie de la centrale nucléaire de Tricastin semble rentrer dans le réseau. Entre 2026 et 2030, en plus du poste de Feuillane, le plus proche de la zone industrielle, doit être créé celui de Roquerousse d’une capacité de 400 000 volts, renforçant l’axe 400 000 volts Réaltor-Ponteau-Feuillane. Notons tout de même que même avec la création de cette ligne THT depuis Jonquières-Saint-Vincent, c’est toujours depuis le poste-source de Tavel que l’énergie provient, bien qu’un parc éolien flottant doit se raccorder directement au poste de Feuillane. Le poste de Feuillane doit être alimenté par les parcs offshore de la zone de Fos sur Mer (d’une capacité de 750MW à d’ici 2031-2035). RTE prévoit également le raccordement de la zone de Plan de Campagne (au nord de Marseille) pour l’accueil de nouveaux projets de data-centers [53], avec un premier palier à l’horizon 2030 d’une capacité de 320 MW et d’un second à l’horizon 2032 d’une capacité totale de 550 MW. Sans ce renforcement, cette zone, particulièrement propice à l’accueil de data-centers avec l’arrivée de 16 câbles sous-marins de télécommunications, est saturée en termes d’approvisionnement électrique. Il nécessite la création du poste HT (225 000 volts) Plan de Campagne et une restructuration du poste de Réaltor, reliant le premier par la création de deux lignes souterraines 225 000 volts de 4,5km en 2030. Puis d’ici 2032, une nouvelle restructuration de ces deux postes ainsi qu’une création d’une liaison souterraine de 9,5km. La mutualisation de la large zone de Midi Provence (et des besoins de la zone de Fos sur Mer) dépend du sens de transit des flux sur l’axe La Gaudière – Tavel sachant que le sens peut aller vers les interconnexions FranceTM – EspagneTM depuis La Gaudière [54]. Selon un document de RTE, l’axe Roquerousse – Réaltor resterait un point faible de ce réseau. Semble-t-il que les 5GW supplémentaires apporté à cette large zone Midi Provence (déjà saturée), sera utilisée pour moitié par les industriels.

[53] : Une deuxième zone privilégiée en FranceTM dans l’accueil de nouveaux data-centers et dont le raccordement est étudié par RTE est celle d’Ile de France Sud.
[54] : Le poste la Gaudière précède celui de Baixas en Pyrénées Orientales qui permet une interconnexion FranceTM EspagneTM de 2GW jusqu’au poste de Santa Llogaia en Catalogne depuis 2015.

Le raccordement de la zone Nantes-Saint-Nazaire (« Loire Estuaire ») [55] dépend de la création préalable du poste « Donges Ouest » (qui doit changer de nom à l’issue de la concertation dite « Fontaine » au sujet des raccordements). En 2030, celui-ci doit être étendu avec la création d’un jeu de barres. Deux liaisons souterraines (225 000) doivent être créées entre ce poste de Donges Ouest et le poste de Prinquiau, dont l’une ferait 12 km. Une autre ligne souterraine (225 000) doit être créée entre Donges Ouest et Guersac sur 8 km. En 2030, un 5e autotransformateur du 400 000 au 225 000 Volts sur le poste de Cordemais (HTB3), puis d’un sixième en 2031 ainsi que des travaux des tronçons souterrains vers Guersac, Prinquiau, Donges Ouest… Alors que la centrale à charbon de Cordemais devait arrêter sa production en 2022, elle a été prolongée jusqu’en 2027 (et peut être plus par la suite) pour approvisionner le réseau d’1GW. Sa fermeture sera envisagée [56] lorsque d’autres approvisionnements viendront compenser son apport, notamment par la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) ou avec la mise en service progressive des parcs éoliens de Saint-Nazaire et de Saint-Brieuc ou de Centre Manche 1 et de Fécamp ou la centrale à gaz de Landivisiau. Ces approvisonnements devraient arriver toujours par le poste de Cordemais ou par celui de Prinquiau.

[55] : Un document précise que, dans cette zone, les postes électriques HTB2 qui transforment du 225 000 volts sont ceux de Donges Ouest, Saint Nazaire, Prinquiau, Guersac, Cordemais et Grandes-Rivières. Les postes électriques HTB1 qui transforment du 63 000 volts se trouvent à Donges Ouest, Donges, Guersac, Saint Nazaire, Heinlex, Guérande, La Baule, Montoir, Brivet et Trignac.
[56] : Plusieurs options semblent évoquées pour l’avenir de ce site de 130 hectares sur la rive nord de la Loire : miniréacteur nucléaire (SMR), site de Framatome pour produire des éléments de la tuyauterie pour le circuit secondaire principal des nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, non produits par l’entreprise actuellement, stockage énergétique en lien avec les électrolyseurs des champs éoliens offshore…

(avant)

(après)

→ Par où (re)commencer à démanteler le complexe militaro-industriel ?

C’est sans doute plus intéressant d’essayer de répondre à cette question en en discutant de vive voix, en espérant que ce travail soit un support pour de vives discussions et de vives contributions !

Pour se quitter sur une inspiration, on se permet de relayer l’action du groupe Volcan, qui a incendié cinq câbles de 110 000 volts et des câbles de 10 000 volts d’une centrale à gaz fossile, à Berlin samedi 3 janvier vers 6h30. Rappelons tout de même que c’est très dangereux : toutes les tensions au-delà de 50 volts sont potentiellement mortelles… Et en incendiant un câble pour le détruire, l’idée est que l’isolant fonde jusqu’à ce que la partie conductrice apparaisse… C’est d’ailleurs ainsi qu’iels ont pu provoquer un court circuit : en disposant des barres d’acier sur les câbles et que leurs courant respectifs s’entrechoquent une fois l’isolant brûlé. De plus, si un câble qui n’est pas relié à la terre perd son isolant ou se coupe, l’électricité peut partir dans l’air et c’est très dangereux pour les personnes qui se trouvent aux alentours ! Dans tous les cas, l’action du groupe Volcan a semble-t-il dépassé leurs attentes (à savoir exclusivement déconnecter la centrale à gaz du réseau) en provoquant un black out chez les riches. Même que plusieurs cambriolages ont pu avoir lieu dans les villas, supermarchés et distributeurs de billets ! Celle-ci, et les réappropriations qu’elle a rendu possible, nous montrent que les pannes électriques peuvent aussi être pensées comme des choses heureuses, des opportunités à saisir. Cultiver un tel état d’esprit est sans doute indispensable si l’on veut s’affranchir du complexe militaro-industriel et du conditionnement qu’il nous a imposé.

https://sansnom.noblogs.org/archives/27208 :

[Samedi 3 janvier à Berlin, vers 6h30 du matin, le « groupe Volcan : Couper le jus aux dominants » a incendié plusieurs câbles de la centrale à gaz fossile située à Lichterfelde. Cela a eu pour conséquence d’interrompre la fourniture d’électricité à 2200 entreprises et à 45000 foyers (soit 100 000 personnes), dans différents quartiers huppés du sud-ouest de la capitale allemande (Lichterfelde, Zehlendorf, Nikolassee, Wannsee). Concrètement, cinq câbles de 110 000 volts (haute tension) et dix câbles de 10 000 volts (moyenne tension) ont été détruits par cet incendie volontaire, à l’endroit où ils franchissaient le canal de Teltow sur une passerelle dédiée, déconnectant du réseau berlinois la partie « électricité » de la centrale à gaz, tandis que sa partie « chauffage urbain » était préservée. L’opérateur municipal Stromnetz Berlin a immédiatement eu recours à des solutions de contournement pour rétablir 7 000 foyers et 150 entreprises prioritaires, tout en annonçant que le rétablissement complet (et provisoire) du réseau ne sera pas effectif avant jeudi prochain, 8 janvier. Mardi soir, près de 25 500 foyers et 1 220 entreprises étaient encore privées de courant, dans ce qui a été qualifié de « pire attaque terroriste jamais perpétrée contre les infrastructures critiques de la capitale » par un des principaux journaux berlinois (Berliner Zeitung, 6 janvier).
A noter aussi, que saisissant l’occasion du black-out chez les riches, plusieurs expropriations ont eu lieu : entre samedi et lundi soir, les autorités ont par exemple recensé 7 cambriolages/vols réussis et 13 tentatives, concernant aussi bien villas que supermarchés ou distributeurs de billets, les conduisant à déployer chaque nuit 450 flics supplémentaires et un hélicoptère équipé de caméras thermiques et de projecteur dans ces quartiers. Dès dimanche, la ministre régionale (SPD) de l’Intérieur avait d’ailleurs décrété l’état d’urgence, facilitant ainsi l’intervention de l’armée et de la police fédérale. Côté antennes de téléphone portable mises en tilt, Vodafone a annoncé 27 sites coupés (sur 39), Telekom 17 sites touchés (sur 29), tandis qu’O2 en recensait 18. Deux jours plus tard, la couverture de la téléphonie mobile est revenue au sud-ouest de Berlin, mais reste en mode dégradé. Et idem pour les lignes de S-Bahn (S1 et S7) et celle du train express régional (RE7), qui toutes ont été interrompues, puisque leur poste d’aiguillage a lui aussi été privé de jus. Et petite cerise sur le gâteau, une vingtaine d’écoles resteront également fermées jusqu’à mercredi.
Rappelons qu’en mars 2024, un « groupe Volcan : EteindreTesla ! » avait revendiqué l’incendie d’un pylône à haute-tension à Berlin alimentant la Gigafactory de cette entreprise (lire ici leur premier communiqué à ce propos, et là leur second), tandis qu’en septembre 2025 « Quelques anarchistEs » avaient déjà provoqué un black-out partiel dans la capitale allemande, lors du sabotage antimilitariste d’un pylône alimentant le plus grand parc technologique d’Europe (voir leur communiqué ici) .
On trouvera ci-dessous une traduction partielle (en attendant la version complète) du texte de revendication du « groupe Volcan : Couper le jus aux dominants », publiée dès le lendemain 4 janvier sur le site switchoff, titrée : « Bonne année 2026. Courage ! ».]

BONNE ANNÉE 2026. COURAGE !
(Introduction du communiqué)
Nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir des riches.
Nous pouvons amorcer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons mettre un terme au pillage de la planète.
A cause de la quête d’énergie, la Terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite. Des régions entières deviennent inhabitables sous l’effet de la chaleur. Elles sont littéralement brûlées. Ou bien ce sont des habitats qui disparaissent sous les flots lors d’inondations, ou en raison de l’élévation du niveau de la mer.
La fermeture des centrales thermiques est un travail manuel. Ayons du courage.
Nous savons que nous devons mettre fin à cette destruction. Nous savons que nous ne sommes pas seuls. Ne perdez pas espoir en un monde où la vie a sa place, et non plus la soif d’argent, de pouvoir et de destruction.

Cette nuit, nous avons saboté avec succès la centrale à gaz de Berlin-Lichterfelde. Des coupures de courant ont eu lieu dans les quartiers aisés de Wannsee, Zehlendorf et Nikolassee. Les coupures de courant n’étaient pas le but de notre action, mais plutôt l’industrie des énergies fossiles. Nous présentons nos excuses aux personnes les moins aisées du sud-ouest de Berlin. En revanche, notre compassion pour les nombreux propriétaires de villas dans ces quartiers est limitée. Nous expliquons pourquoi dans notre texte ci-dessous.
Notre action, orientée vers le bien commun, est socialement bénéfique. Nous nous en expliquons également de manière plus détaillée dans notre revendication relative à l’action.
L’attaque contre la centrale à gaz est un acte de légitime défense et de solidarité internationale avec toutes celles et ceux qui protègent la planète et la vie. Les infrastructures qui servent à l’« agression technologique » et entraînent la destruction de la planète peuvent être sabotées. La production d’énergie fossile peut être arrêtée. Les métropoles-smart city, comme Berlin est en passe de le devenir, peuvent être bloquées. A travers Stromnetz Berlin [gestionnaire du réseau électrique de la capitale], c’est un élément constitutif de cette vision-catastrophe d’une ville « intelligente » qui a été touché.
Il va sans dire que nous avons exclu à chaque instant tout danger pour la vie humaine.
Notre revendication détaillée est jointe à ce texte.
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(extrait de la revendication)

(…) Switch off pour la soif d’énergie, Switch off pour la gestion numérique de la vie, Switch off pour la progression de la destruction [de la planète].
Aujourd’hui, nous avons attaqué la centrale thermique à turbines à gaz et à vapeur de Lichterfelde. Cette centrale produit une puissance électrique totale de 300 MW à partir de gaz naturel. Notre objectif était les lignes à haute tension, afin de causer des dommages importants à l’entreprise. Nous avons mis le feu à la passerelle de câbles, qui n’est pas répertoriée publiquement et qui relie la centrale de Lichterfelde en enjambant le canal de Teltow, du côté des espaces verts. Nous avons également court-circuité les câbles brûlés à l’aide de barres d’acier qui traînaient par là.

L’entreprise d’énergie devra racheter de l’électricité en temps réel sur le marché libre afin de remplir les obligations qu’elle a contractées concernant la livraison d’électricité, dès que la panne sera constatée. Nous ne pensons pas avoir déconnecté 100 000 foyers du réseau électrique berlinois, mais seulement les avoir déconnectés du réseau de cette centrale à gaz. Le réseau énergétique à sécurité multiple reconnectera les foyers au réseau électrique très ramifié dans les plus brefs délais, via d’autres voies d’alimentation. L’achat d’énergie à court terme aux prix du marché peut être plus coûteux qu’au moment où l’entreprise l’avait initialement acheté à la bourse de l’électricité de Leipzig (EEX). Pour éviter de payer des pénalités contractuelles élevées aux différents consommateurs, elle n’a pas d’autre choix.
Nous avons court-circuité plus de vingt lignes 110 kV et n’avons pas inclus les conduites de chauffage urbain dans l’action. Mais nous ne pouvons pas exclure des répercussions sur le chauffage urbain.
Notre action diffère dans la pratique de celle menée à Adlershof le 9 septembre 2025 contre le parc technologique. Il s’agissait là d’une ligne d’alimentation qui négligeait la protection redondante. La situation était similaire avecle « groupe Volcan : Eteindre Tesla », qui a déconnecté Tesla du réseau en détruisant une ligne d’alimentation et a touché environ 5 000 foyers.
Dans notre cas, ce n’est pas l’électricité d’un bâtiment comme le parc technologique ou la Gigafactory qui sera coupée, entraînant une panne générale, mais ce sera la centrale électrique avec son vaste réseau de câbles qui sera déconnectée du réseau électrique. Elle continuera à produire de l’électricité, mais ne pourra plus l’injecter dans le réseau et donc plus la fournir. La capacité d’approvisionnement des foyers par d’autres centrales électriques reste toutefois intacte, ce qui est d’ailleurs l’intention des autorités et des géants de l’énergie. Néanmoins, il n’est pas exclu que notre action affecte davantage certaines stations de transformation.

L’approvisionnement en chauffage urbain (puissance thermique d’environ 690 MW) n’a pas été interrompu à cause de notre action.
Les foyers individuels ne sont pas la cible de cette action. L’objectif de cette dernière est de porter un coup dur à l’industrie gazière et à la cupidité énergétique.
Si des coupures prolongées surviennent dans les domicile privés, nous tenons à préciser qu’ils ne sont pas la cible de cette attaque. Cet effet n’était ni intentionnel ni calculé de notre part. À aucun moment nous n’avons mis en danger la vie humaine.

Comme nous ne pouvons pas être sûrs à 100 % des réactions en chaîne, qui ne relèvent pas de notre responsabilité, que pourrait entraîner la fermeture de la centrale à gaz, nous avons la demande suivante à adresser aux foyers qui pourraient être affectés : sonnez chez vos voisins. Pensez à aider les personnes âgées ou dépendantes en cas de panne de courant. Prenez soin de vous et des autres en vous entraidant solidairement. Informez-vous les uns les autres.

(…) Les attaques concrètes contre le parc technologique d’Adlershof [en septembre 2025], contre la Gigafactory de Tesla [en mars 2024], contre l’infrastructure de la centrale à charbon Reuter de Vattenfall [en juin 2023] et contre le nœud de communication de Vodafone à Adlershof [en août 2025] sont des points de référence pour notre attaque, tout comme les nombreuses actions militantes qui mettent l’accent sur la destruction de notre planète. Même si ces actes de sabotage entraînent des pertes financières importantes, ils ne peuvent, en tant qu’actions isolées (!), imposer un changement d’orientation politique. Mais ils indiquent une voie et une direction que nous recommandons à toutes les métropoles. Paralysez les infrastructures qui servent à « l’agression technologique » et entraînent la destruction de la planète. Le consensus sur la participation au projet d’un mode de vie impérial peut être rompu. Un mouvement social de masse contre la destruction mondiale des bases de la vie, contre toutes les guerres et le pillage des ressources va de pair avec la capacité de saboter les réseaux électriques et les artères énergétiques.
L’attaque contre la centrale à gaz est un acte de solidarité internationale avec toutes celles et ceux qui protègent la Terre et la vie. Notre résistance est multiple et, souvent, dans le brouillard de la désinformation, des différentes approches culturelles et des différences linguistiques, nous avons encore besoin de trop de temps pour reconnaître nos points communs. Mais nous sommes convaincus que dans l’obscurité, la lumière n’est pas loin. Si nous plaçons cette action dans le contexte d’une résistance mondiale, que ce soit aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, en Chine ou en Russie, en Europe ou en Australie, contre toutes les formes d’oppression, de domination et de destruction de la Terre, nous sommes convaincus que nous serons entendus, que ces contributions seront traduites, que les contributions traduites nous parviendront, qu’une communication subversive aura lieu sur les chemins sinueux de la résistance, une communication qui se reconnaîtra. Et qui interviendra. Et ce, si possible sans effusion de sang, mais avec la détermination de couper le jus aux dominants.

Groupe Volcan : Couper le jus aux dominants

Nous ne pouvons plus nous permettre les riches
Initier la fin du mode de vie impérial
Fermer les centrales à combustibles fossiles est un travail manuel
Mettre fin au pillage de la planète
Liberté pour tous les antifascistes, les militant.es pour le climat et tou.tes les autres rebelles