Vive l'Anarchie - Semaine 04, 2024

Sommaire

Nancy : Boris recondamné en appel pour l’incendie de deux antennes-relais

Publié le 2024-01-22 12:35:07



Le 25 septembre 2023, la Cour d’appel de Nancy a rejugé le compagnon anarchiste Boris, pour avoir incendié l’antenne-relais des quatre opérateurs télécoms, ainsi que celle des flics et des gendarmes, en avril 2020 sur le Mont Poupet (Jura).

Suite à cette attaque qui avait mobilisé en plein confinement des techniciens du ministère de l’Intérieur jusqu’au fin fond du Jura pour tenter de rétablir au plus vite leurs communications, de l’ADN du compagnon avait été retrouvé sur place. Après des mois d’écoutes et de filatures menées notamment par le Groupe Anti-Terroriste (GAT) de Dijon et des membres du GIGN venus spécialement de Versailles, et ce dans le cadre d’une enquête confiée à la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy, Boris avait été arrêté à Besançon le 22 septembre 2020. Incarcéré en préventive à la prison de Nancy-Maxéville, il sera condamné en première instance le 19 mai 2021 à 4 ans de prison, dont deux ans assortis d’un sursis probatoire de deux ans (obligation de travailler, de rembourser les parties civiles et interdiction de porter une arme). Jugé sans avocat et dans un tribunal gardé par des CRS pour en interdire l’accès à l’ensemble des compagnon.nes solidaires présents sur place (au prétexte des restrictions liées au covid-19), Boris fera appel les jours suivants. Il sortira également une lettre publique de derrière les barreaux en juin, dans laquelle il défendra les raisons de cette double attaque.

Le 7 août 2021, et alors que la date d’appel avait été fixée pour fin septembre, un incendie dans la cellule où il était enfermé le blessera grièvement (en le laissant notamment tétraplégique). Plongé plusieurs mois dans le coma avec un pronostic vital engagé, sa chambre restera gardée par deux gendarmes jusqu’à la levée d’écrou par la Cour d’appel de Nancy le 20 septembre 2021. La suite est un long parcours médical du compagnon dans différents hôpitaux, où il a dû continuer à lutter à la fois contre le pouvoir médical et d’autres instances judiciaires (notamment contre une tentative de mise sous tutelle à la demande de la médecin-chef du service des palliatifs de Besançon). Du côté de la Cour d’appel de Nancy, alors que la fixation d’une date d’audience pour l’incendie des antennes restait suspendue sine die depuis deux ans au vu de l’état de santé de Boris, c’est pourtant en plein mois de juillet 2023 qu’elle a soudain décidé de le reconvoquer. Pour cela, elle a utilisé le vil prétexte que le compagnon avait réussi à s’exprimer en visio depuis l’hôpital devant une autre juridiction, en mars 2023, afin de signifier avec succès à une juge qu’il s’opposait à toute mise sous tutelle (de l’Etat comme de la famille) !

Désormais hébergé dans un lieu de vie adapté, Boris a finalement choisi d’accepter cette audience du 25 septembre 2023 devant la Cour d’appel (en visioconférence), pour que cette histoire soit terminée. Alors que quelques compagnon.nes étaient présents dans la salle du tribunal nancéien avec son avocate, d’autres étaient aux côtés de Boris dans sa chambre aménagée, notamment pour l’aider face aux aléas du wi-fi et de la trachéotomie. Pour l’anecdote, Boris avait également pris soin de faire régler l’angle de la petite caméra pour qu’apparaisse derrière lui et devant les juges l’affiche « De l’ombre des villes aux lueurs de l’insurrection » accrochée sur son mur.

Quant à l’audience elle-même, tout y fut odieux, comme c’est le lot quotidien de n’importe quel tribunal où des ordures en toge se permettent de juger de la vie des autres et d’en envoyer une grande partie dans cet instrument de torture institutionnelle qu’est la prison. Avec ici tout ce qui peut caractériser ce genre de charognards lorsqu’ils sont confrontés à des individus qui s’écartent de la norme. Alors que l’état physique du compagnon lui était bien connu, cela n’a par exemple pas empêché le juge Pascal Bridey de demander à plusieurs reprises au compagnon de lever la main s’il souhaitait prendre la parole. Ou encore le procureur Hadrien Baron d’ironiser dans son réquisitoire sur le fait que Boris avait été victime d’un incendie (accidentel selon le rapport d’expertise) de cellule, tandis qu’il avait lui-même cramé des antennes. Une sorte de châtiment divin, en quelque sorte, selon cette sous-merde au service du plus froid des monstres froids. Quant à l’avocat de l’entreprise Orange, spécialement venu de la capitale, il n’a pas résisté au fait de pointer que si Boris était contre la technologie, cette dernière pouvait tout de même lui être bien utile… comme cette visioconférence lui permettant d’être jugé sans se déplacer (sic).

De son côté, Boris affichait un grand sourire à la lecture du dossier par le juge, qui incluait notamment l’incendie du local technique d’une antenne SFR sur le Mont Bregille (Besançon) survenu deux semaines avant ceux dans le Jura, et pour lequel le compagnon avait finalement été mis hors de cause. Tout comme il le fera à la lecture de cet extrait tiré de sa déclaration en garde-à-vue, où à la question « Qu’avez vous ressenti après avoir commis cet acte ? », il avait répondu « J’étais content d’avoir réussi ce challenge, de m’être surpassé et d’avoir porté un coup au développement de cette nouvelle technologie », avant de conclure « j’étais tout seul et j’assume la commission de ces faits ». Suite à ce résumé sans ambiguïté, le juge demandera à Boris s’il avait quelque chose à rajouter, plus de trois ans après les faits. Lors de cette rare prise de parole devant le tribunal, le compagnon lâchera sobrement : « ça c’est sûr, à l’époque j’étais déterminé », avant de décider de se taire pour laisser son avocate continuer à sa place.

En conclusion de cette audience d’une heure à peine, l’avocate de Boris s’est d’abord interrogée à voix haute sur « le sens de la peine » au vu de la lourde situation médicale du compagnon, avant de préciser que même si l’incendie de cellule n’avait pas été accidentel mais un geste de révolte ou de désespoir comme cela arrive régulièrement en taule, cela n’enlèverait rien à la responsabilité première des bourreaux qui enferment. Puis elle a terminé sa plaidoirie sur le fait que certes, si Boris ne pouvait aujourd’hui plus continuer de mettre ses idées en pratique de la même manière qu’en avril 2020, ce n’était en tout cas pas parce qu’il avait changé de convictions, au contraire ! Inutile de dire que le compagnon était plutôt réjoui de cette défense explicite, et qu’à l’ultime tentative d’humiliation du juge lui demandant avec un paternalisme dégoulinant « est-ce que vous avez bien compris ce qu’a dit votre avocate ? », il a répondu du tac-au-tac : « oui, et je suis d’accord avec elle ! ».
De leur côté, les deux avocats des parties civiles (Orange et l’agent judiciaire de l’État pour les antennes des flics et gendarmes) ont froidement réclamé leur fric pour les dégâts causés, en blablatant comme attendu sur la gravité de ces derniers. Quant au procureur, il avait rappelé au préalable que cette attaque n’était pas isolée à l’époque (avec 175 pour toute l’année 2020, soit quasi une tous les deux jours), et que l’État avait alors craint que leur multiplication, « si elles avaient été couplées avec d’autres contre l’énergie et l’eau », ait pu mettre « le pays à genoux en trois jours ». Il justifiait par cette présomption d’actions coordonnées les moyens d’enquête anti-terroristes déployés contre le compagnon, ainsi que le lourd verdict de première instance (bien que l’association de malfaiteurs ait finalement été abandonnée à la clôture de l’instruction)… avant de réclamer à présent « compte tenu de l’atteinte gravissime portée à Monsieur X pendant sa détention », une peine de 8 mois fermes « couvrant sa détention provisoire » (d’après ses mauvais calculs).

Le jugement définitif est tombé le 25 octobre 2023, en condamnant sans surprise Boris à une peine équivalente à sa détention provisoire, soit un an de prison ferme, plus 1000 euros à Orange et à l’agent judiciaire de l’Etat pour leurs avocats, plus 169 euros pour avoir fait appel et avoir été reconnu coupable, plus une confirmation des « réparations » accordées aux parties civiles en première instance (environ 91 500 euros à Orange, Enedis et l’agent de l’Etat, les autres compagnies de téléphonie mobile ayant lâché l’affaire). Pour info, il a été signifié aux avocats de ces dernières à la sortie du tribunal que si jamais leurs mandataires osaient essayer de prélever du fric sur le dos du compagnon dans un futur proche (c’est-à-dire concrètement sur son AAH) cela leur ferait certainement une nouvelle publicité qu’ils préféreraient éviter…

A présent, ne reste en cours qu’une seule procédure judiciaire, celle aux mains d’une juge d’instruction de Nancy concernant l’incendie de cellule. Encore une fois, force et courage à Boris, qui a par ailleurs reçu mi-novembre le fameux fauteuil de compet’, pour lequel il remercie celles et ceux qui ont participé à le financer par la solidarité, et qui lui offre désormais de nouvelles possibilités d’autonomie.

Des anarchistes complices et solidaires,
16 janvier 2024

[Trouvé sur indymedia Lille, 22 janvier 2024
(avec les véritables liens hypertexte du communiqué original)]

L’affaire du limonadier : Le retour

Publié le 2024-01-22 19:05:07

Le procès de G, dans la sombre affaire dite du “limonadier”, se tiendra mercredi 24 janvier au TJ de Paris, à partir de 9h30.



Le soir du 24 avril 2022, G est arrêté à Châtelet alors que des rendez-vous ont été appelés pour l’annonce des résultats du second tour des présidentielles, et que le dispositif policier se montre particulièrement massif pour tenter de décourager les contestataires, contrôlant à tout va les passants qui lui apparaîtraient être ici pour semer le désordre. La BRAV-M contrôle et fouille ainsi G, qui est ensuite interpellé et conduit au poste pour une GAV de 48 heures, qui ira jusqu’au dépôt. G est initialement inculpé de tentative de port d’arme blanche, en l’espèce un limonadier et d’un refus de signalétique. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, un limonadier est un ustensile somme toute assez banal, composé d’un décapsuleur, d’un tire-bouchon et d’une lame d’environ 1,5 cm utilisé pour enlever l’opercule des bouteilles et éventuellement agresser de touts petits êtres vivants (pas plus de 5 centimètres). G se verra proposer à l’issue de sa GAV une composition pénale avec reconnaissance de culpabilité, qu’il refusera. On trouvera plus de détails sur les circonstances et le déroulement de cette arrestation dans le texte : “Et maintenant, il faut des limonadiers” :

Jugeant que cette affaire hautement explosive le méritait, la proc’ a décidé de faire passer cette affaire en correctionnelle. L’inculpation a été depuis requalifiée en “port d’arme blanche de catégorie D”. Une première audience fut tenue le 13/12 2023 mais fut reportée, la proc’ “ne se sentant pas en état” (sic) de participer à l’audience. On la comprend, une affaire de tentative de port de limonadier mal jugée et c’est tout le système judiciaire et l’État qui s’écroulerait !

Soyons ainsi nombreux le 24 janvier pour faire face à la justice

Décapsulons le monde !

Arrestations du 1er mai 2023 : la suite

Publié le 2024-01-22 19:10:06

Le 23 janvier 2024 au TGI de Paris, à partir de 13h30, chambre 24 deux personnes au moins seront jugées après s’être faites arrêtés le soir du 1er mai 2023, en plein mouvement social contre la réforme des retraites.



Ce soir-là, la police, craignant des débordements similaires à ce qui s’était passé le soir de l’annonce du 49.3 où les contestataires étaient partis en manifestations sauvages dans toute la ville, avait procédé à la chasse aux manifestants potentiels et ainsi à de nombreuses arrestations. Les chefs d’inculpation étaient généralement “participation à un groupement” ou “refus de signalétique” pendant la GAV. Nombre des procédures de ces manifestants interpellés se sont depuis soldées par un abandon des charges, des relaxes ou des peines mineures, les dossiers étant bien souvent presque complètement vides et/ou ne reposant que sur la fiche d’interpellation. Le but de ces manœuvres policières et judiciaires était sûrement de décourager les participants à un mouvement social qui durait alors depuis 5 mois, ainsi que d’arriver à récolter quelques précieuses empreintes, le chantage aux empreintes pour éviter la CI ayant été employé fréquemment lors de ces GAV ou au dépôt, ce qui n’empêche pas qu’un certain nombre de ces manifestants se soient retrouvés plusieurs jours, et pour l’un d’entre eux pendant deux semaines, incarcérés en détention provisoire en attente de leur comparution immédiate. À propos de ces arrestations parisiennes le soir du 1er mai 2023, un collectif de solidarité ouvert à tous ceux qui s’étaient faits arrêter s’était réuni et deux tracts d’appel à soutien avaient tourné à ce moment là, “1er Mai/Boucherie au TGI de Paris” :

et “1er mai /Un manifestant retourne en prison” :

Comme nous l’avions été alors pour les soutenir suite au 1er mai, soyons nombreux lors de ces deux audiences pour montrer que nous ne laissons pas seuls ceux qui subissent la répression de l’État.

Soirée de soutien à la lutte contre le lithium et pour l'accès à l'eau en Argentine.

Publié le 2024-01-22 19:21:05

Le lithium et le capitalisme électrique !

Rejoignez-nous à 18h à la Trotteuse (61 rue Charles Nodier à Pantin) le samedi 27 janvier pour une soirée de soutien à la lutte contre le lithium et pour l’accès à l’eau en Argentine.
Au programme :
🔸 Présentations et témoignages de luttent en Argentine et en France !
🔸 À partir de 20h venez profiter d’une délicieuse cantine vegane pour soutenir les camarades !



Le lithuim, ou l’or blanc se trouve en majorité dans 3 pays : en Australie, au Chili et en Chine.
Au Chili, l’extraction se fait dans « le triangle du lithium » qui comprend le nord-est du Chili, le nord-ouest de l’Argentine et le sud de la Bolivie. Ce triangle est l’un des espaces géographique qui concentre le plus de réserves de lithium dans le monde.

Que ce soit par extraction dans des mines de roche ou dans des lacs de sel, sa production est très polluante et destructrice pour la nature qui l’entoure. L’extraction est aussi dévastatrice pour les populations vivant à côté des mines. Elle demande une forte utilisation d’eau douce pompée dans les nappes phréatiques. C’est cette eau qui manque aux habitant.es pour vivre. L’utilisation de produits chimiques est essentielle pour extraire entièrement le lithium. Cette utilisation pollue l’eau et la nature autour des mines et atteint les habitant.es.

Le lithium est utilisé à 80% pour fabriquer des batteries : l’électrification de la production ( notamment de l’industrie automobile ) augmente avec la transition énergétique, avec l’extraction du lithium, de nombreux espaces sont détruits, pollués et obligent beaucoup de personne à quitter leur lieux de vie.

Certains et certaines d’entre nous s’organisent pour lutter contre ça :

Nous écouterons des récits de lutte en Argentine et en France. Les camarades partageront leurs expériences, leur travail, leurs actions mais aussi les enjeux de la présence de cette exploitation chez elles et eux.

Au programme à la Trotteuse (61 rue Charles Nodier à Pantin) :

Durée du film : 75 minutes.

Manifestation sauvage antifasciste le jeudi 25 janvier à Saint-Lazare, 11h !

Publié le 2024-01-22 19:50:06

🌊Faisons du 25 janvier, jour de l’examen par le conseil constitutionnel de la loi immigration, une journée de mobilisation !

💥 Ne laissons pas passer cette loi infâme ! Il faut se mobiliser le plus largement possible et multiplier les offensives !

🔥 RDV à 11h à Saint Lazare (Cour de Rome) pour une manif sauvage antifasciste !



Jeudi 25 janvier, le Conseil constitutionnel se prononcera sur la loi asile immigration. Rappelons que cette loi remet en cause le droit du sol, instaure la double peine en expulsant les personnes en situation irrégulière considérées comme une « menace pour l’odre public », rend plus difficile les conditions du regroupement familial, en plus de bien d’autres mesures dégueulasses. C’est une loi qui va accentuer le clivage racial dans les pratiques administratives et juridiques de l’État, directement issue dans son contenu des propositions de l’extrême droite.

Si elle venait à être adoptée, cela constituerait une victoire pour cette dernière et viendrait couronner sa stratégie. Celle-ci consiste en un travail de liaison : les groupuscules d’extrême droite font de l’agitation dans la rue sur des thèmes précis (happenings médiatisés, rassemblements, marches..), ces thèmes sont ensuite repris par les médias et partis politiques sous une forme plus respectable (propositions de loi, débats TV).
Enfin le gouvernement les fait aboutir en des propositions de loi et des pratiques de gouvernement.

L’adoption de cette loi conforterait ainsi l’extrême droite dans sa stratégie et les gavalniserait pour chercher d’autres victoires, et rendre ainsi encore plus hégémonique son programme politique raciste. C’est pourquoi il est de première importance d’empêcher son passage. Mais nous n’attendons rien du Conseil Constitutionnel, habitué à ne plus faire autre chose qu’acquiescer à la politique gouvernementale.

Ainsi, il a été décidé en assemblée antifasciste de nous joindre à l’appel de la Marche des Solidarités à faire du jeudi 25 janvier une journée de mobilisation complète contre cette loi. Seul un rapport de force dur et déterminé sera en mesure de nous faire remporter la victoire dans cette bataille.

💥 Ne laissons pas passer cette loi infâme ! Il faut se mobiliser le plus largement possible et multiplier les offensives

🔥 RDV à 11h à Saint Lazare (Cour de Rome) pour une manif sauvage antifasciste !

Saint-Basile-le-Grand (Canada) – Sabotage sur le terrain de Northvolt : donner des armes à la forêt

Publié le 2024-01-22 20:00:09

Montréal Contre-Information / lundi 22 janvier 2024

Un des derniers milieux naturels de la Montéregie est mis en péril ! La construction planifiée de l’usine de batteries Northvolt à Saint-Basile-le-Grand est un affront écocidaire. Si ce projet a lieu, 1,4 kilomètres carrés de milieux humides et de zones boisées vont être rasés, servant la stratégie de greenwashing de nos gouvernements, et ce, en puisant à même les fonds publics.

La zone abrite une faune diversifiée (chauves-souris, oiseaux, amphibiens, tortues, serpents, etc.) parmi laquelle on compte plusieurs espèces classées comme « menacées » ou « en voie de disparition ». On dénombre même 142 espèces d’oiseaux qui fréquentent le site ! Alors qu’au même moment, les sociétés de transports en commun subissent une vague de compressions budgétaires, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral préfèrent donner 7,3 milliards de dollars au secteur privé pour perpétuer la « culture de l’automobile ». Plutôt que de miser sur des solutions collectives plus écologiques et solidaires (trains, bus, autopartage) en ville comme en région, les gouvernements perpétuent notre dépendance à la voiture main dans la main avec les industries polluantes et les plus fortunés.

Le projet d’usine à Saint-Basile-le-Grand fait partie intégrante du « Projet Saint-Laurent », une stratégie de développement économique défendue par François Legault qui vise à transformer les basses-terres du Saint-Laurent en une sorte de Silicon Valley québécoise misant sur des « zones d’innovations ». Northvolt s’inscrit donc dans une approche capitaliste de la transition écologique au même titre que d’autres projets dont celui du Littoral Est à Québec, le REM ou encore la plateforme de transbordement de Ray-Mont Logistiques contre laquelle se battent les citoyens de l’Est de Montréal. Sous le capitalisme, la transition énergétique, c’est-à-dire la sortie des hydrocarbures, signifie la multiplication des mines à ciel ouvert, notamment dans le Sud global, pour y extraire les métaux servant à fabriquer les batteries, la construction de nouveaux barrages hydroélectriques sur les terres de Premières Nations, l’implantation de méga-usines aux abords de nos cours d’eau sans compter l’ambition de nombreux pays d’accroître le nucléaire. Contre ces fausses solutions qui ravagent les écosystèmes, nous nous mobilisons. De plus, ce projet ne bénéficiera pas à la population et risque de produire un « effet boomtown ». L’arrivée soudaine de milliers de travailleurs en zone rurale va engendrer une pression sur le marché immobilier de même que sur les services de santé, d’éducation et d’aide sociale.

Nous avons pris l’initiative de nous opposer à ce déboisement en insérant des barres d’aciers et des clous dans les troncs des arbres qui sont menacés par la construction de l’usine. Tout en ayant un impact minimal sur la santé des arbres, ceux-ci posent un risque important pour la machinerie lourde. Les abatteuses actuellement employées sur le terrain seront sévèrement endommagées si leur tête entre en contact avec les objets métalliques au moment de la coupe*. Pour arrêter Northvolt, nous devons multiplier les tactiques et frapper là où ça fait mal : c’est-à-dire en causant un risque économique et de l’incertitude. Contrairement à ce qui prétend le ministre Fitzgibbon, nous n’avons pas croisé de « poissons à trois yeux », mais avons plutôt été accompagné·es du chant des oiseaux et avons pu marcher dans les innombrables chemins tracés par les bêtes qui habitent le boisé. ​​​​​Nous avons donné des armes à la forêt pour qu’elle puisse se défendre !

Le cloutage, ou « spiking », est une méthode d’action directe qui a fait ses preuves. Elle a été utilisée au début des années 1980 par Earth First ! pour empêcher l’abattage des séquoias dans le Pacific Northwest américain et a été popularisée par le livre « Ecodefense: A Field Guide to Monkeywrenching » écrit par Dave Foreman, l’un des fondateurs du groupe écologiste (l’ouvrage est disponible en ligne ici). La méthode a d’ailleurs été utilisée contre la coupe à blanc des forêts primaires de Clayoquot en Colombie-Britannique. Cette mobilisation a culminé à l’été 1993 avec l’acte de désobéissance civile le plus important de l’histoire du Canada avant les blocages de Fairy Creek en 2021 où la méthode a de nouveau été utilisée par les activistes. Au mois de mai de cette année, des activistes des Soulèvements de la Terre ont fait de même pour protéger les chênes de la forêt de Bord à l’est de Rouen en France.

Aujourd’hui, nous appelons à une mobilisation large contre le projet destructeur que constitue la méga-usine de Northvolt. Il faut s’en prendre à cette machine à broyer le vivant en visant ses points faibles. Sabotons l’équipement, bloquons les chantiers et harcelons les élus à la solde de l’industrie. Le mouvement écologiste doit redoubler d’ardeur.


*De même, lors de la coupe, si une tronçonneuse heurte un clou, celui-ci va abîmer ou briser la chaîne. Il faudra refaire l’affûtage, – perte de temps – voire changer toute la chaîne, puis reprendre l’abattage un peu plus haut pour ne pas heurter de nouveau le clou en espérant ne pas en rencontrer un second. La déforestation sera rendue d’autant plus pénible, coûteuse, et potentiellement dangereuse.

P. S : Nous ne sommes en aucun cas hostiles aux travailleur·euse·s : nous en avons contre ceux qui profitent de la destruction de nos milieux de vie et qui font passer le profit avant tout. En ce sens, la classe ouvrière est, au même titre que la terre, les animaux et les végétaux qui font prospérer le territoire, exploitée par notre système économique. Pour nous assurer que les personnes engagées pour raser la forêt soient bien conscientes des risques de l’opération, nous avons marqué les arbres cloutés d’un signe de S peinturé à l’aérosol en plus d’ajouter des affiches expliquant notre tactique. Nous espérons que les travailleur·euse·s sauront faire respecter leurs droits et se tiendront loin des arbres identifiés.

Atlanta (USA) : Deux agences de Nationwide défoncées pour la Journée du/de la défenseur.seus de la forêt

Publié le 2024-01-22 20:05:04

Scenes from the Atlanta Forest / samedi 20 janvier 2024

A celles/ceux qui sont en fuite, enfermées, qui sentent le poids de la répression ; à ceux/celles qui font des projets et s’organisent :
dans la nuit du 18 janvier, un an après que notre camarde Tortuguita a été tué.e aux mains de la police de la route de l’État de Géorgie, nous avons mené une attaque coordonnée contre deux agences de l’assurance Nationwide, à Atlanta (en Géorgie). Aux deux endroits, nous avons utilisé des marteaux pour briser les fenêtres des façade.

Nationwide Insurance est le principal assureur de la Cop City. Nous invitons Nationwide à annuler son contrat avec la Fondation de la police d’Atlanta.
Nous avons mené ces actions lors de la Journée du/de la défenseur.seus de la forêt, pour honorer le souvenir de Tortuguita. Si vous avez peur, sachez que nous avons peur aussi. Mais notre peur de ne rien faire dépasse notre peur de la répression. Le pouvoir ne concède rien sans lutter. Tortuguita était un.e brave défenseur.euse de la forêt, avec un cœur d’or, et nous honorons son souvenir par l’action directe.

TORTUGUITA VIVE. LA LUCHA SIGUE.
[Tortuguita vit. La lutte continue.]

Oltrepassare il confine. Dichiarazioni di Stecco

Publié le 2024-01-23 06:35:04

Oltrepassare il confine. Dichiarazioni di Stecco

Reticolati-lungo-una-frontiera.-Fonte-contropiano.org_

Riceviamo e diffondiamo dal nostro Stecco:

Qui in pdf: Comunicati di Stecco

COMUNICATO DI STECCO RIGUARDO ALL’IMPOSIZIONE DELLA VIDEOCONFERENZA, E DICHIARAZIONE CHE AVREBBE VOLUTO LEGGERE IL 19 GENNAIO AL TRIBUNALE DI TRIESTE

Ieri, 17 gennaio, mi è stata notificata dalla matricola del carcere di Sanremo la decisione del DAP del 16 gennaio, di impormi la videoconferenza presso il Tribunale di Trieste per i due processi che avrei dovuto avere in presenza i giorni 19 gennaio e 1 febbraio. Il giudice che ha avallato questa decisione è la dottoressa Valentina Guercini.

Il motivo è semplice, e per noi anarchici ormai noto, cioè di essere classificato come un anarchico insurrezionalista, e quindi per ragioni di sicurezza è stata revocata la precedente traduzione disposta dalla stessa giudice.

Non ripeterò i motivi per cui sono totalmente contro questo tipo di imposizione, in tanti e tante compagne nel tempo ci si è espressi a riguardo, sia sulla impossibilità di difendersi decentemente e guardare in faccia i propri inquisitori, ma soprattutto – cosa più importante – è trasformare questi momenti repressivi in momenti di lotta, di far trasudare anche nelle loro aule lo spirito che ci pulsa dentro, di opposizione, di conflitto, di dignità politica ed umana, di presa di parola.

E visto che proprio per queste occasioni, avevo preparato un testo di solidarietà internazionalista, spendo qualche parola su questa situazione di censura e depoliticizzazione del processo. Cosa che non riguarda me, ma tutti i compagni e compagne, tutti i detenuti e detenute in generale.

Sappiamo bene cosa sta avvenendo nel mondo della giurisprudenza e della giustizia borghese con l’introduzione della tecnologia, conosciamo i responsabili materiali che permettono tutto questo, la cui videoconferenza è per certi versi già antiquata, il futuro è molto più raccapricciante con l’introduzione dell’intelligenza artificiale. Basta leggere giornali e riviste del settore per farsi un’idea del dibattito in corso a riguardo.

Visto che per questi processi non ho ancora potuto vedere di persona la mia avvocatessa di fiducia di Trieste, sarò costretto a partecipare alla videoconferenza per interloquire con lei per alcune questioni tecniche. Fatto questo dichiarerò quello che penso e accuserò la giudice di questa sua decisione impostale dal DAP, in poche semplici parole, e me ne andrò.

Per essere chiaro questo avverrà in questi due processi al Tribunale di Trieste.

Il 10 gennaio invece mi era stata imposta la videoconferenza dal giudice Marco Tamburino di Trento, con delle scuse più sottili. Vedremo se in futuro mi farà presenziare al processo per l’operazione “Senza nome” come da me richiesto tramite avvocato.

18/01/2024

Carcere di Sanremo

Luca Dolce detto Stecco

Di seguito il testo di solidarietà con il prigioniero palestinese Georges Ibrahim Abdallah

A causa del confine, che nella percezione dei più del nostro Paese può essere solo di tipo nazionale e linguistico, sono tenuta a dichiarare e dimostrare la mia identità. Chi sono, a chi appartengo, perché scrivo in sloveno o parlo in tedesco. In queste affermazioni c’è un cono di guerra in cui si aggirano fantasmi che rispondono al nome di fedeltà e tradimento, possesso e territorio, mio e tuo. Oltrepassare il confine qui non è un gesto naturale, è un atto politico.

Così scrive l’austriaca Maja Haderlap nel suo romanzo L’angelo dell’oblio, nel descrivere il vissuto della minoranza slovena nella Carinzia austriaca durante la Seconda Guerra Mondiale. Storie di genti che convissero e condivisero fatiche, culture, sfruttamento e violenza.. Da troppo tempo qualcuno mette su carta una linea tratteggiata, che nella realtà si concretizza in uomini e donne armati e in uniforme, tecnologie del controllo, documenti, filo spinato, burocrazia, giudici, propaganda e scribacchini privi di cuore.

Passare quella linea politica era un atto politico, come oggi.

La mia famiglia, di origine istriane da parte di padre e di madre, nel dopoguerra ha dovuto varcare quei confini decisi dai trattati tra lo Stato italiano e quello jugoslavo con la mediazione degli alleati vincitori. Confini i cui cippi, nei decenni, son stati spostati un po’ più in qua, un po’ più in là, a scapito di chi lì ci viveva. Han lasciato tutto, le loro case, le loro reti da pescatori, le loro colline con i peri e i perseghi dove da piccoli andavano a mangiare i loro frutti, che con nostalgia ancora ricordano.

Confini, varchi, zona A, zona B, campi profughi, fame, povertà, pregiudizi, violenza.

Eliseé Reclus descriveva il suo concetto di esule in modo diametralmente opposto a quello che oggi i politici, gli storici, i conservatori nazionalisti vogliono fare: assimilare come concetto patriottico.

L’esule per lui è quella persona che a causa di forze esterne alla propria volontà, è costretto a lasciare la propria terra natia. Ma il ricordo, la memoria, non sono legati allo straccio che si appende nelle caserme o negli uffici pubblici. Bensì ai propri ricordi, ai profumi e frutti della propria terra, ai giochi d’infanzia, al paesaggio che fin da piccoli ci circonda, ai piccoli e grandi avvenimenti della vita, anche negativi. A chi si vuole bene e che t’ha cresciuto, alle storie che t’ han raccontato. Oggi questa parola suona solo come ricordo di divisioni, di odio, di prepotenza, di memoria selezionata, perché essa è intrecciata con una realtà che nasconde ed offusca la vera fonte del dramma dell’esodo istriano-dalmata. Cioè che chi pagò ancora una volta le scelte sconsiderate e nefaste del regime fascista che difendeva i privilegi della borghesia, della vecchia nobiltà e del clero, erano solo e sempre gli ultimi, le escluse, indipendentemente da che parte del conflitto si trovavano.

Dinamiche molto simili successero dopo, in modi differenti, durante il regime titino con i suoi campi come Goli Otok, o nella nuova Repubblica Democratica Italiana.

La Giornata del Ricordo, del 10 febbraio, che si celebrerà tra pochi giorni, sarà ancora il momento della retorica nazionalista, dove le cause che portarono a certi avvenimenti, vengono ancora negate e revisionate per necessità di potere.

Ci si è abituati bene in questi anni ed a queste latitudini con un poco di pace e di abbondanza nel far finta che tutto va per il meglio. Ci si dimentica della recente guerra fratricida jugoslava, dove le bombe della NATO cadevano sulle genti nostre sorelle, con cui da tempo si convive e ci si mescola parole, usanze, vicissitudini.

Si è più vicini di quanto non si creda.

Oggi si dà per scontato che quel confine orientale sia veramente “aperto”, che esso sia un ricordo del passato.

Esso non è aperto per chi scappa da altre violenze, guerre, fame, o semplicemente parte per cambiare vita. Poco importa. Si danno per scontate cose che non lo sono, come l’aver il documento giusto, la fedina penale immacolata, il colore della pelle adatto. Le guardie alle garitte ti lasciano passare solo se hai certi requisiti, ma oggi il confine, non è lì dove c’è concretamente la frontiera, ma ovunque.

Poi succede un avvenimento che si percepisce come lontano, la TV mostra luoghi che sembrano di un’altra epoca, ma ormai ci si è assuefatti a vedere immagini di città bombardate, a gente che estrae i propri morti dalle macerie, alle file di profughi.

Il 7 ottobre 2023 la Resistenza Palestinese attacca Israele. La macchina dello Stato si mette in moto. I telegiornali giustificano la chiusura di quello che la gente non avrebbe più immaginato, cioè i confini di Schengen. Si spargono parole d’odio ed usurate: terrorismo, sicurezza, chiusure, allarme.

Chissà che qualche europeo adagiato nel benessere si risvegli dal proprio sonno e comprenda che queste barriere hanno degli scopi precisi per il mantenimento della divisione dell’umanità in nazioni e classi. Esse sono aperte solo quando chi governa ne ha la necessità e gli vien concesso. Ancora una volta la macchina patriottica macina e schiaccia, innalza il mito della “difesa” della Nazione.

Ogni giorno le immagini della guerra contro le persone palestinesi ci vien sbattuta in faccia con tutta la sua violenza, con il conteggio dei morti, con la retorica cinica e guerrafondaia di chi ha il potere. Dove anche l’Italia con le sue navi da guerra, con le sue basi NATO-USA in Sicilia a Sigonella, con le sue fabbriche di armi e nei suoi laboratori ed università continua inesorabilmente a creare marchingegni di morte tramite la mano d’opera e l’ingegno di chi ha ormai la propria coscienza coperta da un elmetto. L’Italia continua dalla fine della seconda guerra mondiale a supportare il suo blocco imperialista, mentre ancora una volta un’intera comunità viene massacrata, affamata, perseguitata senza fine.

Spendo povere parole da questa cella, in questo carcere dove il confine italo-francese si fa sentire. Dove molte persone sono rimaste impigliate nei fili del controllo della frontiera. Dove la gente muore nella Roja, per i proiettili della gendarmérie, o nei freddi sentieri di montagna. Mentre qualche mese fa il ministro dell’interno Piantedosi proclamava l’apertura di nuovi lager, e nelle radio i discorsi dei politici e dei giornalisti erano perfettamente in sintonia con la vecchia propaganda nazista e fascista. Non vi han fatto rabbrividire le decisioni di utilizzare delle tecniche antropometriche per capire se una persona è maggiorenne o no?

Un giorno all’aria un uomo afghano mi ha chiesto come stava il mio cuore? Lui che non ha nessuno, che non ha niente, si è preoccupato per me, in un giorno in cui i miei pensieri volavano verso qualche mio affetto che non c’è più. Mi ha parlato di chi a Trieste in piazza Libertà, anni fa, gli ha dato un po’ di cibo, un qualcosa con cui scaldarsi. Ha dovuto per anni camminare fino a qui, superare le frontiere e sbirri vari, sentirne il peso degli stivali. Lui che nonostante tutto canta del cielo della sua terra, che è anche il mio, il nostro stesso cielo stellato. Basta così poco a volte per sentirsi fraterni pensavo, mentre ascoltavo la sua nenia.

Scrivo questi pensieri perché al Tribunale di Trieste il 19 gennaio avrò un’udienza per un processo.

Nello stesso luogo i giudici strafanici della storia (nel dialetto triestino strafanici significa anche di uomo malandato, inservibile, da gettare tra i ferrivecchi), con il cuore da burocrati intriso di grigie leggi, tra qualche mese, in aprile, porteranno a processo il prigioniero rivoluzionario palestinese Georges Ibrahim Abdallah per giudicarlo della sua storia, della sua resistenza, della sua dignità di uomo in lotta, rinchiuso da decenni nelle carceri francesi.

Io mi metto al suo fianco, perché ho fatta mia l’idea della solidarietà rivoluzionaria ed internazionalista. Dove la lotta di emancipazione deve scavalcare ogni frontiera, patria, religione, cultura.

Perseguendo nella profondità della propria coscienza, la necessità di una lotta senza respiro contro le forze che ci opprimono e che mai potranno mettere in silenzio le idee di libertà ed emancipazione.

Saluto qui i miei compagni e compagne coimputate con cui il 1 maggio 2021 decidemmo di scendere in piazza al di fuori delle autorizzazioni di questura, per rompere un poco la cappa del controllo e della paura.

Facciamo sentire anche qui la giusta resistenza ed ostilità contro chi ci trascina nell’odio e nell’oblio della guerra fratricida tra sfruttati e sfruttate. Troviamo i modi più consoni per rilanciare il grido di “guerra alla guerra”.

Facciamo nostri gli atti di resistenza che arrivano dai disertori, dalle donne contro la guerra, gli antimilitaristi e antimilitariste della Bielorussia, Russia, Ucraina, di chi in Palestina decide di combattere ed opporsi alla guerra sionista, con obiettivi di emancipazione e libertà.

La nostra patria è il mondo intero!

Per una Palestina libera da Stati, frontiere, per una vita senza autorità!

Libertà per Georges Ibrahim Abdallah!

08/01/2024

Carcere di Sanremo

Luca Dolce detto Stecco

Sulla mia condanna in appello, la mobilitazione per Alfredo e le accuse di “strage politica”. Riflessioni da Juan

Publié le 2024-01-23 06:45:04

Sulla mia condanna in appello, la mobilitazione per Alfredo e le accuse di “strage politica”. Riflessioni da Juan

tumblr_lzu4dmRVqN1r5i65eo1_500

Riceviamo e diffondiamo dal nostro Juanito, rinchiuso nel carcere di Terni:

considerazioni juan

[AMBERT] Derrière les murs : rencontres et discussions sur la prison et ses violences

Publié le 2024-01-23 06:50:07

L’enfermement est loin d’être un phénomène à la marge de notre société. Alors que le nombre de personnes incarcérées ne cesse de croître, les prisons – surpeuplées – apparaissent comme une solution évidente à ce que l’État nomme délinquance et criminalité. Si la prison est présentée comme la solution, ses logiques sous-jacentes et les violences qu’elle produit questionnent.

Qui sont les personnes enfermées, et pour quels motifs ? Quelles sont les conditions de vie en détention ? Quels impacts sur les proches ? Pourquoi construit-on toujours plus de prisons, et à quoi les plus modernes ressemblent-t-elles ? Quelles logiques économiques sont à l’œuvre au sein des prisons ? À qui profite le système carcéral ? Que valent les ‘alternatives’ à la prison ? Une justice sans privation de liberté est-elle concevable ? Quelle place pour l’abolitionnisme ?

Autant de questions qui pourront être abordées durant ces rencontres, notamment à travers les voix des personnes ayant vécu de près ou de loin la prison.



L’enfermement est loin d’être un phénomène à la marge de notre société. Alors que le nombre de personnes incarcérées ne cesse de croître, les prisons – surpeuplées – apparaissent comme une solution évidente à ce que l’État nomme délinquance et criminalité. Si la prison est présentée comme la solution, ses logiques sous-jacentes et les violences qu’elle produit questionnent.

Qui sont les personnes enfermées, et pour quels motifs ? Quelles sont les conditions de vie en détention ? Quels impacts sur les proches ? Pourquoi construit-on toujours plus de prisons, et à quoi les plus modernes ressemblent-t-elles ? Quelles logiques économiques sont à l’œuvre au sein des prisons ? À qui profite le système carcéral ? Que valent les ‘alternatives’ à la prison ? Une justice sans privation de liberté est-elle concevable ? Quelle place pour l’abolitionnisme ?

Autant de questions qui pourront être abordées durant ces rencontres, notamment à travers les voix des personnes ayant vécu de près ou de loin la prison.

Victoire Tuaillon : du ‘féminisme radical’ aux pub pour Airbnb

Publié le 2024-01-23T18:11:25+01:00

Alors que je suis en train de chercher des ressources pour écrire un article critique du polyamour, je lance un podcast du ‘cœur sur la table’, chez Binge Audio. C’est un podcast de Victoire Tuaillon, sur le même mode que les ‘couilles sur la table’, mais au lieu de parler masculinités, ça parle relations amoureuses et sexuelles. Victoire Tuaillon, c’est une féministe radicale, journaliste de formation, qui a une grande aura en France depuis quelques années. Elle est directice de collection chez Binge Audio Editions. ‘La Collection sur la Table’ rassemble «des essais pour des vies respirables ».

« Cher-es auditeurices,

Nous sommes fin 2023, et avec le sponsor de cet épisode du « cœur sur la table », Airbnb, on vous propose de vous projeter vers 2024, au moment des jeux olympiques en France. Par exemple, si vous habitez en région parisienne et que comme moi vous comptez vous mettre au vert au moment des jeux olympiques l’été prochain, et bien vous pourriez en profiter pour mettre votre logement sur Airbnb pour gagner un revenu supplémentaire. J’ai des amis qui ont déjà mis leur deux pièce en location pendant un mois pour l’été 2024, et ça leur a permis de financer une partie de leurs vacances. Est-ce que ça vaut le coup ? Pour découvrir combien ça pourrait vous rapporter, vous pouvez aller sur Airbnb.fr/hote

Et maintenant, bon épisode »

C’est sur ces mots que la féministe Victoire Tuaillon introduisait son podcast Binge Audio il y a quelques semaines. Elle y faisait au calme la pub pour Airbnb à l’heure des JO. L’occasion pour nous de rappeler

Je me repasse la pub bien cinq fois pour m’assurer de ce que je viens d’entendre. Victoire Tuaillon me propose bien de sous-louer mon appart sur Airbnb pendant les JO de 2024! Et je n’arrive pas à compter le nombre de truc qui me font grincer des dents dans cette pub. Je regarde le nom de l’épisode « la révolution romantique n’est pas un dîner de gala ». Et je me demande si Victoire Tuaillon n’est pas en train de se payer ma tête. Airbnb ? Sérieux ? Pile au moment où s’annonce une grosse crise sociale avec la tenue d’un événement sportif international en France, elle fait la promo, au calme, d’un des plus gros agents de la gentrification et de la spéculation immobilière. C’est pas du foutage du gueule quand on se prétend anticapitaliste, critique de la domination de classe et que sais-je encore ?

Je suis sur mon ordi, avec l’envie de faire un gros fuck à la page internet.

Au bout d’une ou deux minutes, je lance quand même le podcast. Mais tout ce qu’elle raconte sonne faux. La mise en scène de sa critique du polyamour me donne envie de lui cracher à la gueule. Introduire sa critique du polyamour en parlant de permaculture, c’est pas un truc de bobo ça?

« Nos relations comme des créatures vivantes dont il faut prendre soin… J’aime toujours le pouvoir consolatoire de cette image.

Tu vois, il y a un truc vraiment intéressant avec la permaculture, bon là c’est un peu classique… mais tu vois de planter des carottes à côté des poireaux, et bien il y a une plante qui protège l’autre. En fait, elles s’encouragent l’une l’autre. Et des fois les relations c’est pareil, il y a des relations qui encouragent d’autres relations »

J’arrête son podcast-navet. Non pas que je sois contre la permaculture, mais j’ai ma dose de bullshit pseudo-révolutionnaire saupoudré de paillettes de compost. J’overdose.

Sûrement Victoire Tuaillon n’a pas choisi elle-même ce sponso. Sûrement est-ce Binge Audio le responsable. Perso, si j’avais à parler de Airbnb, ça serait sûrement pas pour en faire la promo. Mais plutôt pour créditer le site militant https://vismaviedemarseillaise.wordpress.com. Un shoot de critique virulente de Airbnb. C’est un blog qui, depuis plusieurs années, recense l’avancée dramatique des locations Airbnb dans les quartiers populaires de Marseille. Et c’est pas joli à lire.

à lire sur le blog valleedeslarmes.noblogs.org parmi d’autres critiques anarchistes d’actualité ou de fond.

+

ça donne envie de mettre le zbeul dans les JO, de péter tous les AirBNB et d’écraser le féminisme pseudo-radical médiatique de vitrine.

Preciado, beaucoup plus reconnu, qui bosse au calme pour la grande bourgeoisie : Libé, la Fondation Cartier et le Musée d’art contemporain de Barcelone avec ses « Technologies du genre« , ou encore récemment pour le groupe de luxe, fleuron du capitalisme LVMH (Gucci). etc

Finalement, c’est peut-être ça l’intersectionnalité de terrain ! Un bon programme politique pour les mois qui viennent.

Düsseldorf (Allemagne) : [Switch off] La grève des chemins de fer est prolongée

Publié le 2024-01-24 08:30:03

de.indymedia.org / dimanche 21 janvier 2024

Il y a deux semaines, nous avons profité des grèves et protestations qui s’enchaînaient, pour paralyser à nouveau la voie ferrée près de la gare de Düsseldorf-Eller, au moyen d’un engin incendiaire. Elle n’a pas pu être réparée avant le début de la grève du transport de marchandise. Le fait que maintenant la Sécurité intérieure enquête nous montre le potentiel que des moyens si simples peuvent développer, grâce à un bon timing.

Nous pensons qu’un État qui détruit nos moyens de subsistance et profite des guerres impérialistes ne mérite vraiment aucune protection. Au contraire, nous devons nous protéger de lui.
Alors que certains confondent la politique avec la comptabilité et ont érigé leur calculateur d’émissions de CO2 en seule boussole morale, alors que d’autres se demandent encore si on n’exige pas trop du bon citoyen, avec sa colle à prise rapide et sa purée de pommes de terre, on fonce sans freins vers la sixième extinction de masse. Entre-temps, plus de cent espèces disparaissent chaque jour. Chaque jour.
Pour nous, les besoins du monde naturel ne sont plus négociables. Pour les défendre, il faut une résistance coordonnée par des réseaux clandestins.
En parallèle à cela, il faut développer, ou plutôt redécouvrir, des modes de production et de vie alternatifs, qui puissent atténuer les défaillances croissantes du système, dans les prochaines décennies. Mais les alternatives ne remplacent pas l’opposition. Après des millénaires d’éviction et d’assassinat des sociétés autochtones, qui pense encore que le système tolérera une quelconque alternative est un naïf. Après des millénaires de surenchère technologique et d’extraction de ressources, il est tout aussi naïf de penser que l’on puisse tracer une limite quelque part et dire : « Jusqu’ici et pas plus loin ! Cela doit rester comme-ça ! ».
Le fait d’endiguer certaines techniques destructives ou la défense de certaines endroits a certes du sens, mais la défense ne remplace pas l’offensive. Le monde pourra respirer seulement quand plus d’une centaine d’entreprises et de sociétés feront faillite chaque jour. Chaque jour.
Le Kommando Angry Birds salue toutes les forces révolutionnaires.

Kommando Angry Birds

A muret, tu fouilles, on t’embrouilles (enfin on espère) !

Publié le 2024-01-24 08:35:04

Ça y est, on y est. Les premiers aménagements en vu de la construction d’une nouvelle prison à Muret ont commencé.



Allemagne : Maja a été placé.e en isolement !

Publié le 2024-01-24 08:45:06

Budapest Antifascist Solidarity Commitee / samedi 21 janvier 2024

CONTRE LEURS TAULES – ROMPRE L’ISOLEMENT

Selon nos informations, Maja se trouve en isolement depuis au moins dix jours ! Maja n’a plus de contacts avec sa famille, ni avec ses codétenu.es. C’est insupportable de couper à un tel point quelqu’un de tout, de n’autoriser que peu ou pas de contacts avec ses semblables, d’empêcher tout échange sur la situation en taule et même les « ça va ? ».

Manifestement, ils essayent de cette manière d’exercer une pression tellement forte qu’elle fasse craquer Maja et la/le pousse à coopérer – peu importe s’il y a des informations à en tirer ou pas. Cette mesure est insupportable, surtout compte tenu du fait que Maja doit déjà faire face à la possibilité d’être extradé.e vers l’Hongrie et d’y être placé.e en détention provisoire – donc avant même d’être condamné.e !

Au vu de cette pratique inhumaine, la solidarité devient d’autant plus importante.

Liberté pour Maja ! Free All Antifas!

*****

Pour écrire à Maja

extrait de BASC / jeudi 14 décembre 2023

[…]

Pour l’instant, on ne publiera pas le vrai nom de Maja, ni celui de la prison où elle/il se trouve. Si vous voulez lui envoyer du courrier, vous pouvez passer par nous des deux manières suivantes :

Par lettres :
Gefangenensolidarität Jena
c/o Infoladen Jena
Schillergässchen 5
07745 Jena (Allemagne)

Par émail (svp, demandez la clef PGP) :
solibriefe-budapest@systemli.org

S’il vous plaît, prenez en compte les informations suivantes :
– faites-nous savoir dans une note quel nom vous voulez utiliser pour les lettres en prison et comment on doit faire pour vous envoyer les réponses (adresse émail, adresse postale, en personne).
– Maja utilise une écriture non genrée.
– S’il vous plaît, joignez un timbre (0,85 euro) pour la lettre que nous ferons parvenir à Maja et indiquez dans votre lettre pour Maja combien de timbres vous avez joint à cette lettre.
– Aucun commentaire sur l’affaire en cours.
– L’enquête continue. Il est possible que le chef d’inculpation devienne celui d’association de malfaiteurs. Cela signifie que le courrier sera lu et pourra être versé au dossier, y compris certains contenus et noms. Décidez en connaissance de cause ce que vous voulez révéler de vous-mêmes. Vous pouvez aussi écrire sous un nom d’emprunt (voir ci-dessus).
– Sinon, ne vous inquiétez pas de ce que vous devez écrire exactement. C’est le geste qui compte.

Pour toute question, contactez-nous par émail (voir l’adresse ci-dessus).

Notre anti-colonialisme est anti-carcéral

Publié le 2024-01-24 08:50:05

Un texte de positionnement du RISI (Réseau insurrectionnel de solidarité internationaliste) sur la situation en Palestine et au génocide en cours. Versions française, arabe et anglaise dans le texte.



Notre anti-colonialisme est anti-carcéral

Si la prison est bel et bien obsolète, elle existe pour maintenir un ordre social, capitaliste, sexiste et colonial. L’exécution de condamnations pénales mises en place par l’administration pénitentiaire vise toujours les même personnes : les pauvres et les personnes racisé.e.s. Dans le cas du colonialisme, la prison joue alors un rôle très important pour punir toute une population qui refuserait de se laisser faire.

Depuis 1967, les Palestinien.ne.s sont incarcéré.e.s massivement dans les prisons coloniales israéliennes. Le nombre de palestinien.nes détenu.e.s en prisons coloniales jusqu’à fin décembre 2023 a atteint les 8,800 prisonnier.es, dont plus de 4,000 ont été arrêté.es depuis le début de l’offensive génocidaire lancée sur Gaza en octobre. L’Autorité Palestinienne collabore aussi à cette incarcération de masse en lien étroit avec l’État d’Israël. En 2022, sous les ordres du président palestinien Mahmoud Abbas, 94 palestinien.ne.s ont été incarcéré.e.s .

Les palestinien.ne.s peuvent être interpellé.e.s à tout moment par l’armée et la police sans aucun mandat d’arrêt, et déféré.e.s la plupart du temps devant la justice militaire, par exemple dans les territoires occupés en Cisjordanie, alors que les colons israéliens eux sont traduits devant la justice civile, même lorsqu’ils sont accusés des mêmes choses au même endroit. Il s’agit là d’un des aspects les plus flagrants et brutaux du système d’apartheid colonial.

Plus globalement, toute forme d’engagement politique, militant, associatif et civil est criminalisée. Les conditions de détention sont particulièrement violentes, les prisonnier.e.s subissent de la torture ainsi qu’un usage de l’isolement dans des formes particulièrement cruelles. Tous les ans, plusieurs centaines d’enfants et d’adolescent·es mineur·es sont incarcéré·es et subissent les mêmes sévices que les adultes. Beaucoup de prisonnier·es sont considéré·es en « rétention administrative » sans aucune forme de procès. On ne ressort pas de ces taules sans avoir été marqué à vie physiquement et psychiquement, sans avoir développé des traumas lourds.

Pourtant, ce qu’il se passe en prison n’est que la continuité de ce que la population palestinienne vit hors des murs, par le contrôle du territoire (murs, checkpoints, contournements routiers, etc.). L’objectif est de réduire au silence et isoler à tout prix les voix palestiniennes, grâce à une surveillance omniprésente.

Si Israël obtient tant de soutien de la part des États occidentaux, c’est parce que le système répressif israëlien constitue un modèle pour ces États. Des programmes d’échange existent déjà, parmi lesquels le Georgia International Law Enforcement Exchange (GILEE), un programme de la police de l’État de Géorgie aux États-Unis, qui a pour but d’entraîner la police israëlienne aux techniques répressives et létales. Ils feront tout pour défendre cette démocratie coloniale, soyons déterminé·es pour la détruire.

Il est donc plus qu’important de soutenir les luttes des prisonnier-es partout dans le monde, y compris les prisonnier·es palestinien·nes ! Depuis le CRA de Vincennes à la prison de Gilboa, vive la belle et feu aux prisons !

حركتنا المناهضة للاستعمار هي أيضا مناهضة للسّجون،

إذا كان نظام السجون قد ولّى عليه الزمن، فهو موجود للحفاظ على نظام اجتماعي رأسمالي، ذكوري واستعماريّ. إن الإدانات الجنائية التي تقوم بها إدارات السجون تستهدف دائمًا نفس الأشخاص : الفقراء والأجانب. وفي ظل الاستعمار، يلعب السجن دورا هاما جدا في معاقبة الأشخاص الذين يرفضون الخضوع والاستسلام للمستعمر.

منذ العام ١٩٦٧، يقوم الاحتلال الإسرائيلي باعتقال الفلسطينيين على نطاق واسع في السجون الاستعمارية الإسرائيلية. وبلغ عدد الفلسطينيين المحتجزين في السجون الاستعمارية حتى نهاية كانون الأول/ديسمبر ٢٠٢٣ ٨,٨٠٠ سجينا، تم اعتقال أكثر من ٤٠٠٠ منهم منذ بداية الإبادة الجماعية التي يقوم بها الاحتلال في غزة. وتتعاون السلطة الفلسطينية مع الاحتلال في هذه الاعتقالات الجماعية بحيث أن في عام ٢٠٢٢ مثلا و بأوامر من الرئيس الفلسطيني محمود عباس تم سجن ٩٤ فلسطينيا

وبصورة عامة، إن الفلسطينيين معرضون للسجن في أي وقت من قبل جيش وشرطة الاحتلال دون أي أمر بالقبض عليهم، وفي معظم الأحيان يتم إحالتهم إلى القضاء العسكري. ويُجرَّم أي شكل من أشكال . مشاركتهم في العمل السياسي، النضالي، المؤسساتي، والمدني. وفي كل عام، يُسجن مئات من الأطفال والقاصرين ويعملون بنفس الطرق ويتعرضون لنفس الإساءات التي يتعرض لها البالغون. ويعتبر العديد من السجناء رهن "الاعتقال الإداري" دون أي شكل من أشكال المحاكمة. وتتسم ظروف السجن بالعنف بوجه خاص، ويعاني السجناء من التعذيب وكذلك من العزل بأشكال قاسية بحيث يغادر المعتقلين السجون مع صدمات واضطرابات خطيرة.
.

إن ما يحدث في السجون الاستعمارية ليس سوى امتداداً لما يعيشه الفلسطينيون خارج الجدران من احتلال وعزل، ومراقبة وسيطرة على تحركاتهم وتنقلاتهم والهدف من ذلك هو إخضاع وإسكات الأصوات الفلسطينية بأي ثمن ومحاولة عابثة لنشر فكرة أن المقاومة لا تجدي نفعا.

إذا كان لدى إسرائيل الكثير من الدعم من قبل الدول الغربية، فذلك لأن النظام القمعي الإسرائيلي هو نموذج لهذه الدول. وتوجد بالفعل برامج تبادل خبرات مثل برنامج جورجيا لتبادل الخبرات حول تطبيق القانون الدولي (GILEE) بين شرطة ولاية جورجيا في الولايات المتحدة والشرطة الإسرائيلية لتدريب عناصرها على التقنيات القمعية والقاتلة. وهم سيفعلون أي شيء للدفاع عن هذه "الديمقراطيات" الاستعمارية، فدعونا نكون مصممين على تدميرها.

ولذلك، فإن دعم نضال المعتقلين في السجون في جميع أنحاء العالم له أهمية بالغة، بما في ذلك نضال المعتقلين والمعتقلات الفلسطينيين ! من مركز الاحتجاز الإداري (CRA) في Vincennes إلى سجن جلبوع يحيا الهروب من السجن، ولتشتعل السجون بالنيران !

Our anti-colonialism is abolitionist

If prison is indeed obsolete, it exists to maintain a social, capitalist, sexist and colonial order. The execution of criminal convictions set up by the prison administration always targets the same people : the poor and racialized people. In the case of colonialism, prison plays a very important role in punishing a whole population who is refusing to let themselves be wiped out.

Since 1967, Palestinians have been massively incarcerated in Israeli colonial prisons. The number of Palestinians detained in colonial prisons as of the end of December 2023 reached 8,800, more than 4,000 of whom have been detained since the beginning of the occupation’s genocidal offense launched on Gaza in October. The Palestinian Authority also collaborates in this mass incarceration in close connection with the settler colonial state of Israel. In 2022, under the orders of Palestinian President Mahmoud Abbas, 94 Palestinians were incarcerated. The Palestinians can be arrested at any time by the army and the police without any arrest warrant, and referred to the civil or military justice. Any form of political, militant, associative or civil engagement is criminalized. The conditions of detention are particularly violent, prisoners suffer torture as well as the use of isolation in particularly cruel forms. Some people leave prisons with serious sequels and trauma.

What happens in prison, however, is only a continuum of what the Palestinian population experiences outside the walls via a control of the territory (walls, checkpoint, road bypass etc.). The goal is to silence and isolate Palestinian voices at all costs through ubiquitous surveillance.

If Israel has so much support from Western states, it is because the Israeli repressive system is a model for these states. Exchange programs such as the Georgia International Law Enforcement Exchange (GILEE) already exist between the police of the State of Georgia in the United States and the Israeli police to train them on repressive and lethal techniques. They will do anything to defend this colonial democracy, let us be determined to destroy it.
It is therefore more than important to support the struggles of prisoners around the world, including those of Palestinian prisoners ! From the detention center of Vincennes to the prison of Gilboa, long live the escapes and fire to the prisons !

Réseau insurrectionnel de solidarité internationaliste
risi-1967@protonmail.com

Iels font appel - 6 des 7 inculpé.e.s du  8 decembre 2020 ont fait appel de la violente décision du tribunal. Pour rappel : l’AMT a été retenue, le tribunal ne reconnaît pas pourtant ni projet, ni groupe, uniquement des intentions supposés Force à elleux! #QuiTerroriseQui

Publié le 2024-01-24T20:26:01+01:00

Iels font appel – 6 des 7 inculpé.e.s du  8 decembre 2020 ont fait appel de la violente décision du tribunal.

Pour rappel : l’AMT a été retenue, le tribunal ne reconnaît pas pourtant ni projet, ni groupe, uniquement des intentions supposés

Force à elleux!

#QuiTerroriseQui

Atlanta (USA) : Du feu pour les destructeurs de la forêt

Publié le 2024-01-25 08:05:09

Scenes from the Atlanta Forest / mardi 16 janvier 2024

Pour les studios Shadowbox :
Bande d’enfoirés débiles, vous avez laissé votre abatteuse-groupeuse près de l’autoroute, où tout le monde pouvait la voire brûler foutrement bien dans le ciel nocturne. Vous êtes tous des foutus losers et nous espérons que la pluie qui est tombée par dessus tout ait enfoncé son corps sans vie si profondément dans la boue qu’il faudra des semaines pour la sortir.

A tou.tes les autres :
Il y a encore une forêt à défendre et certain.es d’entre nous ont l’intention de le faire, avec ou sans un « mouvement » pour nous soutenir. La forêt de Weelaunee est plus grande que la section qui est clôturée et sous occupation policière 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7*. Nous avons promis de défendre la forêt aussi de Blackhall. Peu importe quel est le projet, tout ce qui détrui des forêts doit être accueilli avec la même rage, la même hostilité et la même violence. Weelaune est notre maison et nous ne l’abandonnerons pas.

Fuck l’abatteuse-groupeuse. Fuck Shadowbox Studios. Hollywood brûlera partout où il décidera d’aller, tout comme les keufs qui essayeront de le protéger.

L’image ci-dessous est une représentation visuelle de la partie de la forêt qui est menacée. Il y a encore beaucoup à perdre, mais aussi beaucoup d’occasions de frapper. Saisissons-les.

Pour Tort, qui apporte le pluie pour couvrir les traces des saboteur.euses, partout, qui leur apporte un esprit vif, de la chance et une protection éternelle, entre les limites d’une forêt toujours foisonnante et grandissante. Nous ne t’oublierons jamais et rien, jamais, n’éteindra le feu que tu as allumé dans nos cœurs. Qu’il puisse se répandre partout et pour toujours.

* Note d’Attaque : le chantier de construction du centre d’entraînement de la police d’Atlanta, appelé Cop city par ses opposant.es. Les studios Shadowbox (qui s’appelaient Blackhall jusqu’en 2022) veulent raser une autre partie de la forêt pour agrandir leurs salles d’enregistrement.

Prison de Garth (UK) : La civilisation est un cancer

Publié le 2024-01-25 08:10:04

Dark Nights / lundi 22 janvier 2024

La civilisation est un cancer – Une lettre du compagnon anarchiste emprisonné Toby Shone

« Ce n’est pas la mort qu’un homme devrait craindre, mais il devrait craindre de ne jamais commencer à vivre »
Marc Aurèle, Pensées pour moi-même

Certaines problèmes doivent être dénoncés de la manière la plus forte ; l’un de ceux-ci est la façon dont la santé des prisonnier.es est traitée. La négligence et les mauvais traitements sont endémiques ; si ce n’est pas de la malveillance, c’est du moins institutionnalisé.

Fin octobre 2023, j’avais une réservation au Bristol Royal Infirmary, pour un IRM et des analyses du sang, pour une recherche de marqueurs de cancer. J’aurais dû être placé en détention médicalisée et recevoir ce traitement, mais j’ai été transféré dans la section de haute sécurité pour longs séjours, où l’équipe médicale de la prison ne m’a pas fait faire d’analyses du sang avant fin décembre. Les autorités médicales de la prison ne m’ont jamais communiqué les résultats de ces analyses du sang. En fait, j’ai obtenu les résultats seulement après qu’un.e camarade a appelé le service d’oncologie de l’hôpital de Bristol. A deux reprises, l’équipe de la prison n’a pas réussi à rendre possible une consultation téléphonique avec mon docteur, pour recevoir les résultats des analyses du sang. Le système médical carcéral a complètement échoué, de tout point de vue, à assureur une continuité à mon parcours oncologique. L’IRM qui est réservé pour moi, sur lequel on ne m’a donné aucune information, ne m’est pas annoncé à l’avance, de peur que je n’utilise cette occasion pour m’enfuir. La dernière fois, ces ignobles lâches de l’administration pénitentiaire m’ont attaché les mains avant que je sois placé dans le tunnel du scanner IRM, une indignité que je n’accepterai plus, même au risque de ma santé.

Chaque jour, des prisonnier.es meurent enchaîné.es à leurs lits, dans des unités de soins palliatifs, surveillé.es par des bâtards avec des clefs et des matraques. La prison est une abomination et le seul avenir pour lequel nous nous battons est celui où elle sera détruite à jamais. Je vivrai et mourrai de la manière que je choisis.

Mort à l’État !

Toby
18 janvier 2024, prison de Garth

(USA) Anathema A Philadelphia Anarchist Periodical : Volume 10 Issue 1

Publié le 2024-01-26 09:15:03
Anathema
Volume 10 Issue 1 (PDF for reading 8.5×11)
Volume 10 Issue 1 (PDF for printing 11×17)
In This Issue:
  • What Went Down
  • Fashion
  • Things Are Getting Weirder
  • Shifts In The Philadelphia Anarchist Space
  • World War III?
  • What The Fuck Does Reconstruction Even Mean To Y’all?

Manif sauvage contre la Loi Immigration dans les quartiers chics de Bordeaux

Publié le 2024-01-26 11:55:06

Après le rassemblement à Victoire, quelques centaines de personnes partent en manif sauvage, direction le Triangle d’Or. Détermination, fanfare, tags et feux de poubelles rythmeront ce début de soirée qui aura réchauffer les coeurs.



Le rassemblement était appelé à 19h place de la Victoire. Plusieurs orgas sont présentes avec leur drapeau, mais comme les précédentes semaines c’est surtout beaucoup de personnes sans partis ni syndicats qui grossissent le rassemblement.

On se chauffe un peu en chantant des slogans, puis la foule prend la direction du Cours Pasteur. Plusieurs fourgons commencent déjà à suivre de près mais sans que trop de pression ne se fasse ressentir. Une fanfare nous accompagne et c’est dans une bonne ambiance qu’on arrive sans encombres place Pey Berland, en face de la Mairie.

Les tags fleurissent sur les murs en soutien à la Palestine et aux agris, un peu moins à Darmanin et aux porcs..

On arrive à atteindre le Triangle d’Or de Bordeaux, ces quartiers tellement protégés pendant le dernier mouvement social. On arrive ici à s’y tenir ensemble en manif sauvage. Certes, avec les flics sur les talons, mais nous pressons le pas, arrivé.e.s dans la rue Sainte-Catherine, quelques vitrines subissent des bricoles, quelques poubelles entrent en combustion spontanée.

Arrivé.e.s place Saint Projet, les flics tirent des gazs lacrimogènes, n’étant plus très nombreux.ses, on se disperse dans les rues adjacentes, sans encombres et toujours le sourire aux lèvres.

La mobilisation contre la loi immigration prend de l’ampleur à Bordeaux et cette soirée laisse présager que ça ne s’arrêtera pas là

A très vite, dans la rue !

Rennes : « Loi raciste, réponse antifasciste »

Publié le 2024-01-27 08:35:06

Le Télégramme / jeudi 25 janvier 2024

Une importante manifestation sauvage s’est déroulée dans le centre-ville de Rennes dans la soirée de ce jeudi 25 janvier contre la loi immigration. D’importantes dégradations et des scènes de pillage ont été constatées.
À 21 h, entre 500 et 800 personnes y prenaient part, selon nos estimations ; après s’être rassemblées place Sainte-Anne, dans le calme, un peu après 20 h.
Le cortège a arpenté le centre-ville. Plusieurs débuts de barricades ont été montés, place de la mairie, du Champs Jacquet et rue d’Orléans.

Les forces de l’ordre, des effectifs de police et de gendarmerie mobile, se sont déployées, à 21 h, aux abords immédiats de la place du Parlement.
De nombreuses dégradations ont été constatées. De nombreux murs ont été recouverts d’un grand nombre de tags revendicatifs. Plusieurs distributeurs de billets ont été saccagés, ainsi que de nombreuses vitrines de magasins. Au moins une vingtaine d’enseignes ont été dégradées. Une dizaine d’autres ont été pillées.

Parmi elles, le magasin Crazy Republik, au carrefour de la place Sainte-Anne et de la rue d’Antrain, a de nouveau mis à sac. Ce magasin indépendant de prêt à porter avait déjà été la cible d’un pillage lors du mouvement contre la réforme des retraites. Selon son patron, c’est la troisième fois qu’il est touché en sept mois. Au milieu des vêtements qui jonchent la chaussé, les voisins de l’enseigne étaient en larme en constatant les dégâts. D’autres scènes de pillages ont été relevées dans le magasin Fursac, le magasin de danse Attitude, rue Victor Hugo. L’enseigne Zadig et Voltaire a également été sérieusement touchée.
Plusieurs véhicules ont été sérieusement dégradées. [les plumitifs, apprenez à écrire, avant de juger ! NdAtt.]
A 22 h, les forces de l’ordre, disposées en marge du cortège n’étaient pas intervenues.
Des manoeuvres ont été opérées afin de scinder le cortège en deux blocs : radical et suiveurs.
[…] A 22 h 45, plusieurs dizaines de personnes continuaient de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre dans les rues du centre historique. Des charges et des jets de lacrymogènes ont été opérées. A l’heure où nous mettons en ligne, nous ne sommes pas en mesure d’indiquer si elles sont soldées par des interpellations.

 

France Info ajoute que « [p]arti de la place Sainte-Anne vers 20h30, le cortège a sillonné le centre-ville derrière une banderole proclamant « loi raciste réponse anti fasciste » » et que « [l]e préfet condamne également des « jets de projectiles sur les forces de l’ordre » ».

Italie – Op. Scripta Scelera : des nouvelles du procès avec jugement immédiat. La prochaine audience fixée pour le 8 mars

Publié le 2024-01-27 21:55:03

La Nemesi / jeudi 18 janvier 2024

La 16 janvier, au tribunal de Massa, a eu lieu la deuxième audience du procès avec jugement immédiat contre Gaia, Gino, Luigi et Paolo, qui sont aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions pour l’opération Scripta Scelera contre le bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny.

Lors de l’audience du 9 janvier, le juge avait décidé un renvoi au 16 janvier et un possible changement du juge unique, ce qui a effectivement été le cas. Le nouveau juge a fixé la prochaine audience pour vendredi 8 mars, à 15 heures, toujours au tribunal de Massa (nous vous invitons à être présents et à vous solidariser avec les compagnons). Lors de l’audience du 8 mars, ou à sa suite, le juge devrait décider de manière définitive s’il accepte d’être chargé de ce procès ou s’il va le renvoyer devant une cour d’assises. Cette date ultérieure a été décidée avant tout pour pouvoir tenir en compte les résultats de l’audience sur les mesures de contrôle judiciaire, qui aura lieu le 21 février à la cour de cassation, à Rome, et qui sera essentiellement axée sur le délit d’association dont sont accusés les prévenus (l’article 270 bis du code pénal, alinéa 2 « […] parce qu’ils participent à une association qui se propose d’accomplir des actes de violence dans le but de subvertir l’ordre démocratique, en particulier par le biais de la constitution d’un groupe informel d’inspiration anarcho-insurrectionaliste qui opère à Carrara, auprès du Circolo Culturale Anarchico « Gogliardo Fiaschi », ils participent à l’organisation subversive-terroriste nommée Fédération Anarchiste Informelle – Front Révolutionnaire International »). Le tribunal des libertés de Gênes, suite à l’audience du 28 août, a révoqué les contrôles judiciaires pour ce qui concerne ce délit, les laissant inchangées pour les autres chefs d’inculpation (la provocation aux crimes et délits avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme et le délit, de moindre importance, d’atteinte à l’honneur ou au prestige du président de la république). Le procureur Manotti a donc présenté ce recours pour casser la décision du tribunal des libertés, peut-être dans l’espoir de rétablir les mesures de contrôle judiciaire aussi pour le délit d’association (chose qui, en théorie, prévoirait la détention préventive en prison).

Pendant cette dernière audience, les avocats ont demandé encore une fois que les inculpés puissent se rendre au tribunal par leurs moyens, sans y être escortés par la police. Au début, pour l’audience du 9 janvier, c’est cette modalité qui avait été prévue (comme c’est habituellement le cas dans des telles occasions et comme il l’a déjà été dans d’autres circonstances au cours de cette même procédure). Le juge à demande l’avis du Procureur sur ce sujet et ce dernier a répondu que cette possibilité ne peut pas être acceptée, pour des impératifs de sécurité, car, en quelques mots, le long du parcours ils pourraient en théorie avoir des contacts qui pourraient porter à la réalisation d’activités éditoriales. Du coup le Proc estime possible l’éventualité que les inculpés, dans les trajets qui séparent leurs habitations du tribunal, fabriquent de toutes pièces un journal. Le juge, qui accepte évidemment cette interprétation très réaliste, a refusé qu’ils puissent se déplacer par leurs propres moyens et a encore ordonné le transfert des compagnons par la police. Nous soulignons aussi que, pendant le trajet entre leurs habitations et le tribunal, ils sont amenés au poste de police, où ils sont soumis à une perquisition.

Repetita iuvant. Les opérations répressives, ainsi que ces mesquineries mises en place contre les compagnons, ne suffiront certainement pas à nous faire renoncer à l’agitation et à la propagande anarchiste, à nous pousser à faire des pas en arrière. Chaque censure contre les idées et les pratiques révolutionnaires est systématiquement et constitutivement destinée à échouer.

Nous profitons de l’occasion pour remercier tous ceux qui, le long de ces mois, ont soutenu les compagnons sous enquête dans cette opération répressive. Voici les coordonnées du compte pour la caisse de solidarité :
titulaire : Ilaria Ferrario
IBAN : IT12R3608105138290233690253

Angers et Avrillé (Maine-et-Loire) : « Fuck les fafs » !

Publié le 2024-01-27 22:00:16

A Avrillé (Maine-et-Loire)

extraits d’Ouest France / samedi 27 janvier 2024

Une salle communale couverte de tags antifas : c’est ce qu’ont découvert des policiers municipaux d’Avrillé, près d’Angers, samedi 27 janvier vers 8 h 30. La salle Victor-Hugo devait accueillir en début d’après-midi un meeting de Reconquête avec, comme invité, l’influent militant identitaire Damien Rieu, responsable des réseaux sociaux du parti. […]

La réunion devait réunir 150 participants, sur les 550 adhérents que compte le mouvement d’Eric Zemmour en Maine-et-Loire. […]

*****

A Angers

même torchon, même date

Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 janvier, le grenier Saint-Jean, bâtiment classé monument historique à Angers (Maine-et-Loire), a été pris pour cible par une action antifasciste. Une partie de la façade a été recouverte de tags. La ville d’Angers va déposer plainte.

La raison ? Le lieu accueille, ce samedi 27 janvier, un banquet traditionaliste organisé par le Canon français SAS (société par action simplifiée). […]

Athènes (Grèce) : Revendication de l’attaque explosive contre la Banque nationale de Petrálona

Publié le 2024-01-27 22:05:06

Dark Nights / samedi 27 janvier 2024

A l’heure où l’économie « libérale » est imposée par le système capitaliste, étant la base du programme de la droite, tant en Grèce que dans la plupart des pays du monde, les banques sont le joyau de la couronne.

Le proxénète légal qui intervient dans nos vies et les influence au nom de l’argent, en appauvrissant le peuple et en enrichissant les larbins et les valets des gouvernements.

Ce n’est pas un hasard si la cabale des géants du secteur privé, des banquiers et des gouvernements est le principal bénéficiaire de la crise permanente qui frappe ce pays depuis des années. Ils privatisent tous les services publics qui appartiennent au peuple, mettent leur argent en sécurité dans des banques, avec un taux d’intérêt exorbitant, en devenant de plus en plus riches. Ils jouent un rôle important dans les ventes aux enchères, en saisissant les maisons des gens aussi vite que possible, sans qu’aucune lumière soit faite sur le fait que des personnes souffrent depuis des années à cause d’eux.

Les exemples sont innombrables : des personnes âgées avec des problèmes de santé, les chômeur.euses et bien d’autres encore, qui simplement n’appartiennent pas au cercle corrompu des escrocs – les prédateurs du gouvernement, les grandes entreprises et les banquiers. Il va sans dire qu’ils ont le soutien et l’aide des ordures en uniforme de la police, des marionnettes bien connues des riches, qui courent à droite et à gauche pour effectuer leur « missions » d’expulsions locatives, en prenant des pots-de-vin des grands usuriers.

On pourrait en dire beaucoup, mais tout le monde connaît le rôle misérable des banques. Nous y reviendrons donc après notre prochain coup.

La raison principale pour laquelle nous avons choisi d’attaquer, dans un contexte de solidarité pratique, cette banque précise, au 115, rue Trion Ierachon, dans le quartier de Petrálona, est l’audience en appel du compagnon anarchiste Fotis Tziotzis*, qui aura lieu le 2 février 2024.

Cette banque était le premier objectif financier de son action, dans le but de poursuivre le chemin conscient de l’illégalité qu’il avait choisi en ne respectant pas sa permission de sortie de la prison de Larissa, car il n’était pas retourné en détention mais avait choisi avec dignité de continuer à parcourir les chemins de la liberté et de la lutte armée.

Aucun bâtard au service de l’État ne peut se mettre de travers sur la voie de la liberté.

Rien ne restera sans réponse : juges, procureurs, flics qui transférez volontiers les prisonnier.es vers les tribunaux et retour, rappelez-vous que personne n’est seul.e.

Tout continue…

Le groupe prend ses responsabilités.

Conspiracy Vengeance
[Conspiration de la vengeance]

 

* Note d’Attaque : Fotis a été arrêté en 2015, accusé de braquage et de tentative d’homicide sur des flics. Après sept ans de prison, il n’est pas rentré d’une permission, mais malheureusement il a été rattrapé peu après.

Nancy,France: Anarchist comrade Boris convicted on appeal for the fire of two relay antennas

Publié le 2024-01-28 08:49:53

Nancy,Boris convicted on appeal for the fire of two relay antennas

sent to Lille Indymedia 01/22/24 by abc
translated by others a little later

On September 25, 2023, the Nancy Court of Appeal tried again the anarchist comrade Boris (transl. as is customary the word companion is used in the French, which highlights more the sense that everyone is fighting their own struggle), for having burned the relay antenna of the four telecoms operators, as well as that of the cops and gendarmes, in April 2020 on the Mont Poupet (Jura).

Following this attack which had mobilized in full capacity technicians of the Ministry of the Interior until the bottom of the Jura valley to try to restore their communications as soon as possible, the DNA of the comrade had been found on the spot. After months of eavesdropping and surveillance conducted by the Anti-Terrorist Group (GAT) of Dijon and members of the GIGN specially come from Versailles (transl. equiv. to SAS or Special Ops), and as part of an investigation entrusted to the Specialized Inter-regional Jurisdiction (JIRS) of Nancy, Boris had been arrested in Besançon on September 22, 2020.

Incarcerated on remand at the Nancy-Maxéville prison, he will be sentenced at first instance on May 19, 2021 to 4 years in prison, being two years definitely served with a recallable probation of two years (with the obligation to work, to reimburse the civil parties and prohibition on carrying a weapon). Tried without a lawyer and in a court guarded by riot police to prohibit access to all the solidarity companions present on the spot (under the pretext of restrictions related to covid-19), Boris appeals within the following days. He also releases a public letter from behind bars in June, in which he will defend the reasons for this double attack (https://sansnom.noblogs.org/archives/7006)

On August 7, 2021, and while the appeal date had been set for the end of September, a fire in the cell he was locked in seriously hurt him (most notably leaving him paralysed from the neck down). Plunged several months into a coma and prognosed as struggling for his life, his room was guarded by two gendarmes until the lifting of these conditions by the Court of Appeal of Nancy on September 20, 2021. The rest is a long medical journey of the comrade in different hospitals, where he had to continue to fight both against medical authority and other judicial bodies (notably against an attempt to put him under custodianship at the request of the chief physician of the palliative service of Besançon). On the side of the Court of Appeal of Nancy, while the fixing of a date of hearing for the fire of the antennas remained suspended sine die for two years in view of the state of health of Boris, it was in the middle of July of this year 2023 that they suddenly decided to reconvene. For this, they used the vile pretext that the comrade had managed to express himself in video from the hospital before another jurisdiction, in March 2023, in order to successfully inform a judge that he opposed any custodianship (of the State as well as of the family)!

Now housed in a center for adapted living, Boris finally chose to accept this hearing of September 25, 2023 before the Court of Appeal (telecommuted), so that this story could be over. While some companions were present in the courtroom of Nancy with his lawyer, others were alongside Boris in his room, especially to help him face the vagaries of wi-fi and tracheotomy. For the sake of the anecdote, Boris had also taken care to adjust the angle of the small camera so that appearing behind him and in front of the judges was the poster “From the Shadows of the Towns the Glimmer of Insurrection”. (https://cestdejatoutdesuite.noblogs.org/2013/01/11/de-lombre-des-villes-aux-lueurs-de-linsurrection/)

As for the hearing itself, everything was odious, as is the daily lot of any court where trash in robes allow themselves to judge the lives of others and send a large part of them into this instrument of institutional torture that is prison. With here any words can be used to characterise these kinds of scavengers when confronted with individuals who deviate from the norm. While the physical state of the comrade was well known to him, this did not prevent Judge Pascal Bridey from repeatedly asking the companion to raise his hand if he wanted to speak. Or the prosecutor Hadrien Baron to communicate in his indictment his sense of irony over the fact that Boris had been the victim of a cell fire (accidental according to the expert report) while he himself had burned antennas. A kind of divine punishment, in a way, according to this sub-shit in the service of the coldest of cold monsters. As for the lawyer of the company Orange, come down specially from the capital, he did not resist pointing out that if Boris was against technology, the latter could still be very useful to him… like this videoconference allowing him to be judged without having to move (sic).

For his part, Boris showed a big smile when reading the file by the judge, which included the fire of the technical room of an SFR antenna on Mont Bregille (Besançon) two weeks before those in the Jura, and for which the comrade had finally been dismissed. Just as he will do when reading this excerpt from his statement in custody, or when he asks, “How did you feel after committing this act?” , he said, “I was happy to have succeeded in this challenge, to have surpassed myself and to have dealt a blow to the development of this new technology”, before concluding, “I was all alone and I take responsibility for these facts”. Following this unambiguous summary, the judge asks Boris if he had something to add, more than three years after the facts. During this rare speech before the court, the comrade soberly let go: “that’s for sure, at the time I was determined“, before deciding to remain silent to let his lawyer continue in his place.

At the conclusion of this one-hour hearing, Boris’ lawyer first asked herself aloud about “the meaning of the sentence“ in view of the companion’s heavy medical situation, before specifying that even if the cell fire had not been accidental but a gesture of revolt or despair as it happens regularly in prison, it would not remove anything from the primary responsibility of the executioners who locked him and others up. Then she finished her argument on the fact that although Boris could no longer continue to put his ideas into practice in the same way as in April 2020, it was not because he had changed his convictions, on the contrary! Needless to say, the comrade was rather pleased with this explicit defence, and that at the judge’s final attempt at humiliation, asking him with a dripping paternalism, “Did you understand what your lawyer said?” , he replied from the dock “yes, and I agree with her!”.

For their part, the two lawyers of the civil parties (Orange and the judicial agent of the State for the antennae of the cops and gendarmes) coldly claimed their money for the damage caused, blaming as expected the great seriousness of this financial matter. As for the prosecutor, he had previously recalled that this attack was not isolated at the time (with 175 for the whole year 2020, almost one every two days), and that the State had then feared that their multiplication, “if they had been coupled with others against energy and water”, could bring “the country to its knees in three days”. He justified by this presumption of coordinated actions the means of anti-terrorist investigation deployed against the companion, as well as the heavy verdict of first instance (although the association of criminals was finally abandoned at the closure of the investigation)… before claiming now “taking into account the serious harm inflicted on Mr X during his detention”, a sentence of 8 months “covering his pre-trial detention” (according to his bad maths).

The final judgment fell on October 25, 2023, by unsurprisingly condemning Boris to a sentence equivalent to his pre-trial detention, ie one year in prison, plus 1,000 euros paid to Orange and the judicial agent of the State for their lawyers, plus 169 euros for appealing and being found guilty, plus a confirmation of the “reparations” granted to civil parties at first instance (about 91,500 euros to Orange, Enedis and the agent of the State, the other mobile companies having dropped the case). For information, it was communicated to the lawyers of the latter at the exit of the court that if ever their representatives dared to try to make a buck off the comrade in the near future (that is to say concretely on his disability benefit) it would certainly give them publicity that they would rather prefer to avoid…

At present, only one legal proceeding is pending, that in the hands of an investigating judge of Nancy concerning the cell fire. Once again, strength and courage to Boris, who also received in mid-November the famous ‘high-flight’ wheelchair, for which he thanks those who participated in financing it through solidarity, and who now offers him new opportunities for autonomy.

Anarchists in complicity and solidarity,
16 January 2024

Affaire du 8/12: le devenir terroriste des luttes

Publié le 2024-01-28T19:30:32+01:00

Une belle solidarité !

Plus de 200 personnes sont présentes au rassemblement pour soutenir les ami.es. Une présence chaleureuse et solidaire, avec banderoles, pinata, boissons chaudes, gâteaux, tee-shirts, stickers et batucada. Le rassemblement sera bref, presque tout le monde s’engouffre dans cet immense immeuble de verre et de béton armé, pilier du pouvoir d’État qui trône Porte de Clichy à Paris.

La salle est pleine à craquer, la tension palpable.

Les inculpé·es entrent petit à petit et des applaudissements retentissent en guise d’encouragements.

Des proches sont présent.es, la famille et les ami·es, et également beaucoup de soutiens politiques.

 

Rejet des demandes de la Défense

L’alarme sonne, le Tribunal entre et exige le garde-à-vous de la salle. L’audience démarre. Brigitte Roux – la présidente -, le regard sévère, ouvre rapidement les hostilités : toutes les demandes de la Défense sont rejetées une par une.

La Question Prioritaire de Constitutionnalité (à propos de la possibilité de faire citer des agents du renseignement) : « Pas transmise ».

La récupération des données sous scellé (accès à divers supports de stockage détenus par la DGSI pour vérifier des éléments d’accusation) : « Il n’y a pas lieu vue la complétude des débats ».

Faire citer les agents 856SI et 1207SI : « pas nécessaire ».

Déclassifier les informations  « secret-défense » de l’expert en explosifs de la Préfecture de Police: « Les parties ont pu débattre », donc c’est non.

Écarter l’expertise si les sources ne sont pas déclassifiées (car cela pose un problème de « contradictoire ») : « Il n’existe aucune disposition pénale qui permettrait d’écarter les rapports », c’est possible au Civil mais pas dans le cadre d’une procédure pénale.

Demander à la DGSI de transmettre les vidéos des GAV (durant lesquelles de nombreux actes illégaux ont été dénoncés) : « Les inculpé·es n’auraient pas exprimé une « contestation des propos », mais uniquement une dénonciation des conditions de GAV, donc c’est non ».

Ces réponses radicales et arbitraires illustrent l’orientation politique du Tribunal : tout doit être fait pour sauver cette procédure montée par la DGSI pour le Ministère de l’Intérieur.

La QPC aurait pu inscrire dans le Droit la possibilité pour le Tribunal Correctionnel de faire citer des agents du renseignement sans lever leur anonymat.

La restitution des scellés aurait permis de récupérer de nombreux éléments à décharge. Cela aurait également permis de contextualiser la détention de brochures présentées comme « la matrice idéologique » du présumé « groupe » et utilisées pour caractériser des intentions terroristes. Au lieu de cela, le Tribunal a ordonné la destruction de ces scellés afin que la vérité ne puisse définitivement plus être démontrée.

La citation des agents de la DGSI était primordiale pour mettre à jour les procédés manipulatoires et les irrégularités constatés tout au long de l’instruction. Ces agents avaient déjà été convoqués par la Défense et s’étaient soustraits à leurs obligations légales à comparaître. Dans le cadre du procès la Défense aurait pu notamment les questionner sur la suppression d’une vidéo à décharge, les erreurs de retranscription des sonorisations, les faux procès-verbaux, les nombreux horodatages irréguliers constatés, et autres barbouzeries dénoncées par les inculpé·es.

Les informations « secret-défense » concernaient la provenance de la recette de l’ANSU (ammonitrate + sucre). L’expert affirmait en effet que cette recette proviendrait de la zone irako-syrienne (Kurdistan), serait utilisée par DAESH puis aurait été apprise par les YPG. Cela lui permettait de contredire les témoignages d’anciens combattants du Rojava (qui n’acquièrent aucune compétence en confection d’explosifs sur le terrain) et aussi de Libre Flot qui affirmait que cette recette est connue de tous·tes dans le milieu agricole. La levée du secret-défense aurait permis de contredire l’affirmation inexacte de l’expert.

Enfin, le refus de verser aux débats les vidéos des GAV est l’illustration la plus perverse de la volonté politique du Tribunal. L’argument avancé par la Présidente (qu’il n’y aurait pas eu de contestation des propos tenus eux-mêmes mais seulement une dénonciation des conditions dans lesquelles ils ont été prononcés) est un mensonge pur et simple. Les propos tenus en GAV ont été contestés à de nombreuses reprises par plusieurs mis.es en examen. « Je conteste absolument tout ce que j’ai dit en garde à vue » avait déclaré Bastien. Mais là encore, l’unique preuve que ces propos ont bien été tenus mot pour mot réside dans les notes d’audience, prises par une greffière que l’on voyait somnoler régulièrement, et devant être signées par la Présidente elle-même. (Ces notes ont été transmises à la Défense plusieurs semaines après le délibéré.)

 

Jurisprudence AMT (association malfaiteur terroriste)

Après le mensonge sur la contestation des propos lors des GAV, l’indignation dans la salle commence à se faire sentir. La juge rappelle la salle à l’ordre et menace une première fois de la faire évacuer. Elle continue son œuvre autoritaire avec une lecture très scolaire de l’article 421 du Code Pénal afin de remédier à notre « méconnaissance » de la loi, puis elle résume (en reprenant l’interprétation exacte du PNAT) les jurisprudences  en matière d’AMT. A sa façon de lire, tout le monde comprend qu’elle maintient la qualification terroriste. Des murmures de protestations commencent à se faire entendre dans la salle.

En effet, pour constituer une association de malfaiteurs terroristes : il n’est pas nécessaire de prouver qu’un projet terroriste existe bel et bien. Il est seulement nécessaire de démontrer qu’un.e inculpé.e avait des intentions « à plus ou moins long terme », de « troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur » pour condamner tout le monde. Il n’est pas nécessaire que chaque individu ait connaissance de ces intentions terroristes pour être coupable, mais uniquement d’y avoir « participé » d’une manière ou d’une autre.

La présidente réaffirme que les intentions terroristes sont matérialisées pour Libre Flot, et que les autres sont donc tous.te.s coupables par « association ».

 

Rupture de l’ordre dans la salle

À l’issue de 30 pénibles minutes d’audience, la présidente demande donc l’évacuation de la salle. Tout le Tribunal se retire et les flics se positionnent en vue d’expulser par la force les quelques deux cents personnes présentes. Certains enfilent leurs gants coqués. Les proches se lèvent et viennent serrer dans leurs bras les inculpé.es, qui, on l’a compris, vont être déclaré.es « terroristes d’ultragauche ».

Selon certain.es avocat.es, les réactions de la salle étaient minimes par rapport à d’autres audiences beaucoup plus agitées. Iels tentent d’établir un dialogue avec les juges pour trouver un compromis afin que l’audience puisse reprendre. La juge refuse de les recevoir. De nouveaux policiers rentrent en masse pour évacuer la salle, ils demandent aussi aux journalistes de quitter les lieux, personne ne bouge.

Deux inculpé.es s’expriment face à la salle. On réfléchit avec les avocat.es : tout le monde doit-il sortir ou pas ? « Oui, laissons la farce continuer toute seule ! » lance Camille. « Je dois rester dans la salle au cas où un mandat de dépôt différé se transforme en mandat d’arrêt immédiat » ajoute Florian après réflexion. Les trois quarts de la salle sortent finalement et une quarantaine de proches restent.

Ce moment de flottement dure plus d’une heure. L’ambiance est électrique, même les journalistes semblent choqué.es du résultat du jugement et de la tournure que prend l’audience.

À son retour, la juge dénonce des propos « injurieux et outrageants ». Elle répète un article de loi pour menacer les personnes qui recommenceraient. Les propos en question étaient: « Menteuse! », « C’est vous les terroristes ! », « Nos réactions sont le reflet de vos immondices « , etc.

Bouffie d’orgueil, elle constate que la salle n’a pas été totalement évacuée et essaye de réaffirmer son autorité, que plus personne ne considère légitime (même pas les flics on dirait !). Elle prétend que la salle est encore trop pleine, et exige arbitrairement que seules 3 personnes par inculpé.e soient autorisées à rester. Elle lance également : « Je ne rendrai pas le délibéré devant une audience vide ! » Puis les 3 juges repartent, on croit rêver.

Le caprice passé, les juges reviennent à nouveau (personne n’a bougé !). Furieuse, la juge passe outre ses devoirs de fonctionnaire de justice, rémunérée par nos impôts, et décide de passer directement au prononcé des peines, sans prendre la peine d’expliquer en détail ses motivations. Les avocat.es s’offusquent mais, autoritaire, elle demande aux prévenu.es de s’aligner devant elle pour annoncer les peines.

 

Peines

Le verdict est tranchant et plus sévère pour la plupart que les réquisitions du PNAT (parquet national anti-terro). Tous.tes sont reconnu.es coupables d’« association de malfaiteurs terroriste » et trois d’entre-elleux de « refus de communiquer ses conventions de déchiffrement ».

Les peines vont de 2 à 5 ans de prison, dont plusieurs mois de sursis probatoire (de 15 à 30 mois). Des périodes de prison ferme sont prononcées pour cinq inculpé·es (aménageables en prison à domicile sous bracelet électronique). Iels devront effectuer entre 8 à 12 mois de bracelet.

L’inscription au FIJAIT (20 ans) est actée pour tout le monde sauf pour un inculpé, « au vu de sa personnalité », autrement dit, le moins militant.

Sont également prononcées l’interdiction de communiquer entre elleux pendant tout le temps de leur peine, et l’interdiction de porter une arme pendant dix ans.

Détails du probatoire : la période de sursis probatoire est assortie d’un panel de mesures de contrôle médico-social : obligations de soin (notamment addictologie) et obligations de travail. Six d’entre-elleux écopent d’une inscription au FIJAIT.

Florian – 5 ans dont 30 mois avec sursis probatoire. Reste à purger : 8 mois de bracelet.

Simon – 4 ans dont 25 mois avec sursis probatoire. Reste à purger : 12 mois de bracelet.

William – 3 ans dont 20 mois avec sursis probatoire. Reste à purger : 12 mois de bracelet.

Camille – 3 ans dont 2 ans avec sursis probatoire. Reste à purger : 8 mois de bracelet.

Manuel – 3 ans dont 15 mois avec sursis probatoire. Reste à purger : 11 mois de bracelet.

Bastien – 3 ans avec sursis probatoire.

Loïc – 2 ans de sursis simple. Pas d’inscription au FIJAIT.

 

Une volonté d’enterrer définitivement les inculpé.es

Plusieurs inculpé.es avaient commencé ce procès par des déclarations spontanées. Beaucoup ont témoigné avoir été « terrorisé.es » par cette procédure qui les a affaibli.es moralement et physiquement. Plusieurs ont déclaré devoir suivre un traitement depuis, et avoir développé des douleurs physiques somatiques.

Dans leurs mots de la fin, plusieurs ont également déclaré vouloir reprendre une vie normale, développer leurs projets d’autonomie, s’occuper de leurs ami.es en situation de handicap, retrouver leur santé d’avant la répression, devenir parent, tout en restant fier.es de leurs idéaux libertaires et souhaitant continuer à militer pour leurs causes.

Pourtant, le tribunal a décidé de les écraser encore plus que le PNAT. Des peines de prison ferme ont été ajoutées concernant quatre inculpé.es, là où le PNAT n’en demandait que pour Libre Flot.

Le summum du sadisme est atteint avec les interdictions de communiquer. Plusieurs inculpé.es, au fil de l’instruction, avaient obtenu le droit de communiquer ensemble, donc il n’y a aucun intérêt d’ordre sécuritaire derrière cette décision punitive.

On pourrait y voir une forme de vengeance perverse, d’autant plus que certaines personnes ont beaucoup insisté sur les liens forts qui les unissaient, depuis parfois de très nombreuses années, sur le fait d’avoir des ami.es en commun et même, pour certains, des projets de vie conjoints.

La probable intention derrière ces interdictions est d’anticiper l’Appel, et ainsi d’empêcher encore une fois les inculpé.es et leurs proches d’organiser leur défense collectivement, de se remémorer ensemble les faits qu’on leur reproche, de travailler sur leur dossier en échangeant, etc.

Nous faisons face à une institution qui ne supporte pas que l’on s’oppose à elle, qui monte de toute pièce des « groupes » inexistants puis cherche par tous les moyens à isoler les personnes qu’elle réprime. Il n’y a évidemment aucune notion de Justice, ni même de sécurité, qui entrent en considération dans ces calculs, mais uniquement un projet politique d’écrasement des opposant.es. Il s’agit de les empêcher de se reconstruire entre pairs.

 

Rappel du réquisitoire

– Loïc : 2 ans d’emprisonnement avec sursis simple, 1500€ d’amende, 10 ans d’interdiction arme

– Manu : 3 ans d’emprisonnement dont 2 ans sursis et probatoire, 10 ans d’interdiction de détention d’armes

– Camille : 3 ans d’emprisonnement avec sursis et probatoire, 1500€ d’amende, 10 ans d’interdiction de détention d’armes

– Bastien : 3 ans d’emprisonnement avec sursis et probatoire, 10 ans d’interdiction de détention d’armes

– William : 4 ans d’emprisonnement dont 3 ans avec sursis et probatoire, 10 ans d’interdiction de détention d’armes

– Simon : 5 ans d’emprisonnement dont 4 ans avec sursis et probatoire, 10 ans d’interdiction de détention d’armes

– Florian : 6 ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt différé, plus 3 ans de sursis, 10 ans d’interdiction de détention d’arme.

 

FIJAIT : terroristes à vie

La condamnation pour terrorisme et l’inscription au FIJAIT (Fichier des Auteurs d’Infractions Terroristes) constituent une condamnation à vie. L’antiterrorisme étant devenu le principal moteur des politiques militaro-sécuritaires, les lois évoluent à chaque fait divers, tandis que la notion de « terrorisme » s’élargit en permanence.

Concrètement, l’inscription au FIJAIT dure 20 ans après la condamnation, il empêche l’exercice d’un certain nombre d’emplois. Pendant 10 ans, toute personne au FIJAIT doit pointer tous les trois mois au commissariat, justifier de son domicile auprès de la préfecture et signaler chaque déplacement à l’étranger au minimum 15 jours avant son départ.

Le non-respect de ces règles peut entraîner 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

La loi sur le séparatisme a élargit l’inscription au FIJAIT au délit d’ « apologie du terrorisme » et nul doute que ce n’est que le début de l’offensive du pouvoir dans le but d’élargir le champ d’application de ce fichier et les obligations qui l’accompagnent.

Dans le contexte actuel d’extrême-droitisation de l’Europe, il est évident que les mesures administratives liberticides vont se multiplier et se durcir. Le développement d’une gouvernance antiterroriste s’accompagne d’un déploiement de la répression administrative. Cette répression se décide directement dans les bureaux du Ministère de l’Intérieur sans passer par l’institution judiciaire.

En suivant la logique de guerre sociale à l’oeuvre actuellement, on pourrait facilement imaginer que, dans les années à venir, les personnes fichées seront privées de droits sociaux (RSA) voir de moyens de transport collectifs (SNCF).

Dans un tel contexte, l’inscription au FIJAIT est une condamnation à vie qui aura des répercussions pour l’instant encore impossibles à mesurer. Elle plonge les camarades dans une incertitude et une vulnérabilité extrême face à l’avenir et à leur capacité à s’impliquer dans les mouvements sociaux.

 

APPEL de la décision de justice

Les six inculpé.es condamné.es à du sursis probatoire et à l’inscription au FIJAIT font appel de la décision de justice. Cinq d’entre elleux ont une peine ferme aménageable en bracelet électronique avec exécution provisoire (de 8 à 12 mois), ce qui signifie que l’appel n’est pas suspensif de leur peine.

Seul l’inculpé qui écope de 2 ans avec sursis simple sans inscription au FIJAIT ne fait pas appel.

Lors des rendez-vous avec la juge d’application des peines anti-terroriste (JAPAT) du 15 et du 22/01/24, cette dernière a décidé de suspendre la peine ferme aménageable en bracelet des cinq condamné.es concerné.es, considérant que l’appel est suspensif, malgré l’exécution provisoire requise. En temps normal, la mention d’exécution provisoire est ajoutée à la peine (prononcée ici par la juge Roux) pour empêcher justement que l’appel suspende la peine à exécuter.

Pour ce qui concerne les mesures prescrites par le sursis probatoire (obligation de soins, obligation de travailler) et l’interdiction de communiquer entre les inculpé.es, la mention d’exécution provisoire est maintenue par la juge d’application des peines.

Concrètement, aucun des 6 inculpé.es (faisant appel) n’aura l’obligation de porter un bracelet électronique pour le moment.

Tout dépend maintenant du résultat de l’appel, qui peut avoir lieu dans environ 12-15 mois, voire plus :

– Relaxe ou peine correspondant à la détention provisoire déjà effectuée : pas de nouvelle peine de prison

– Confirmation du verdict du 22 décembre 2023 : entre 8 et 12 mois de bracelet pour les inculpé.es

– Ou alors, dans le pire des cas, la peine prononcée peut être encore plus lourde… (notamment avec mandat de dépôt)

_________

source : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/post/2024/01/23/affaire-du-8-12-le-devenir-terroriste-des-luttes/