Vive l'Anarchie - Semaine 06, 2019

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Marseille: « Vous videz la ville pour les bourgeois, spéculateurs on vous traquera »

Publié le 2019-02-11 07:38:05

Marseille: « Vous videz la ville pour les bourgeois, spéculateurs on vous traquera »


Rue de la République, à Marseille, le 5 février 2019, trois mois après les effondrements de la rue d’Aubagne, pour l’occupation des logements vides.

2004: rue de la République, 200 familles déplacées
2018: Marseille, 2 000 délogés
et 33 000 logements vides.
Occupons !

Turin: bref retour sur la manif de solidarité avec l’Asilo expulsé

Publié le 2019-02-11 07:39:03

Turin: bref retour sur la manif de solidarité avec l’Asilo expulsé


Plusieurs centaines de personnes ont manifesté en fin d’après-midi et durant la soirée du samedi 9 février 2019, derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire en italien: «Ils font la guerre aux pauvres et appellent cela rénovation. Nous résistons contre les patrons de la ville».

Sur le parcours, des containers à poubelles ont été incendiés, des axes de circulation bloqués, les flics anti-émeute ont canardé de lacrymo et ont été caillassés, quelques véhicules ont été endommagés (dont un bus de la ville), des vitrines de bâtiments institutionnels ont été brisées. Il y aurait eu une douzaine d’interpellations.

La maire populaiste de Turin, Chiara Appendino, issue du Mouvement 5 étoiles (M5S), a déclaré que «ce qui est en train de se passer ne peut être confondu en aucune manière avec l’exercice de la démocratie», dénonçant des violences «d’une gravité inédite». La bonne blague!

Le ministre de l’Intérieur, le facho bien connu Matteo Salvini, a lui tout simplement déclaré: «La prison pour ces infâmes!»

Solidarité avec tou·te·s les squatteur·euse·s, tou·te·s les galérien·ne·s et tou·te·s les rebelles, de Turin et d’ailleurs!

Publication : Possibilités sans mesure

Publié le 2019-02-13 08:49:04

Il y a ceux qui regardent les révoltes et les sabotages qui sont en train de se passer en France avec un regard langoureux, et ceux qui en saisissent les possibilités. Il y a ceux qui restent au large, et ceux qui veulent stimuler les événements. Il y a ceux qui ne se sentent pas d’intervenir, et ceux qui pensent qu’être là où l’ennemi ne t’attend pas incarne la perspective de ne pas renoncer à l’irrévérence et à la furie iconoclaste : pour pousser ce monde à sa perte, plutôt qu’à sa gestion réaliste et prudente.

Lorsque la révolte se généralise, elle devient une revanche contre ce qu’on a toujours vu de loin. Toute marchandise volée, toute technologie interrompue, tout lieu du pouvoir abattu permettent non pas de reconnaître leur valeur d’usage et d’échange, mais la destruction de ce qui est distant. A travers le pillage de ce qui nous emprisonne, ce sont également les bases de la communication policière qui sont attaquées. Dans la révolte on aime avec passion et on hait à l’infini.

Pour le réaliste, pour le gauchiste, l’efficacité est une mesure indiscutable. Ce qui fonctionne est ce qui est juste. Les pétitions, les négociations, les tables rondes sont vues comme des bienfaits pour mendier quelque chose à l’intérieur du monde actuel. Le réalisme du « ce qui existe, est ce que nous devons utiliser » est la logique de la misère et de la soumission. Pour se libérer de cette logique, un lieu différent à partir duquel regarder le monde et une position différente pour tenter d’agir peut brûler la séparation entre le rêve et la réalité. Plutôt que de partir de l’idée de s’adapter à la réalité pour la changer, on peut très bien choisir d’empoigner sa propre vie dans les termes que nous voulons. Libérer le désir des chaînes qui nous emprisonnent débute par un renversement de perspective : partir des passions déchaînées de nos rêves les plus sauvages pour interrompre la réalité. Si la bureaucratie du détail veut en permanence balayer l’immédiateté d’un sens incompréhensible pour ceux qui ne veulent pas rêver, est-ce un problème ? Si les moments oscillent entre réalisme, politique et simple militantisme, qu’est-ce que nous pouvons attendre ?

La transformation sociale n’est pas une science, et il n’existe aucun mécanisme historique qui nous conduira à la liberté. Compter ceux qui y participent, vérifier la couverture médiatique et faire des prévisions de bilan est tout ce qui concerne la mesure, c’est-à-dire les carcans de la réalité. L’excès qui brise tout calcul et les désirs effrénés nous invitent à comprendre que la domination n’est pas un organisme, qu’elle n’a aucun coeur à attaquer, mais qu’elle se trouve partout. Se déplacer ailleurs, parce qu’il ne s’agit pas de vaincre ou de perdre comme dans l’esprit obsédé de tout militant, signifie alors tenter de vivre la seule vie dont on dispose en tentant de la vivre à sa manière.

Et donc, qu’est-ce qu’on en fait, du feu français ? C’est simple, saisissons l’occasion.

Un ami de Poe*

* NdT : Ce numéro mensuel de Frangenti est sous-titré d’une citation d’Edgar Allan Poe disant : « Ceux qui rêvent en plein jour savent beaucoup de choses / qui échappent à ceux qui ne rêvent que la nuit ».

[Traduit de Frangenti (Italie) n°35, février 2019, p.3 par Cracher dans la soupe]

Indymedia Lille

Publié le 2019-02-13 08:52:02

Quatre militantEs, soupçonnéEs de dégradations et incendies sur commerces et restaurants spécistes, sont passéEs en comparution immédiate ce vendredi 8 février 2019, après avoir été arrêtéEs à leurs domiciles (portes fracturées par les forces de l’ordre et chatTEs présentEs sur place, laisséEs à l’abandon même si des proches ont pu s’occuper d’elleux) et gardéEs à vue jusqu’à 48h.

Le procureur a préferé criminaliser les prévénuEs plutôt que d’écouter leurs revendications politiques et il a requis 10 ans de prison pour deux et un contrôle judiciaire pour deux autres.

Après un long délibéré, Eden et Sacha (prénoms d’emprunt) ont été placées sous contrôle judiciaire jusqu’au 19 mars 2019 à 14h (procès concernant les 4 soupçonnéEs) et doivent quitter leur département avec l’interdiction de se contacter, et un couvre-feu de 21h à 6h.
Les deux autres prévenuEs, Alix et Lou (prénoms d’emprunt), ont été incarcéréEs et leur avocate fera appel lundi afin qu’il et elle soient placéEs sous contrôle judiciaire également.

Par conséquent, Lou et Alix sont en ce moment détenuEs à la prison de Sequedin, nous pouvons leur écrire notre soutien par courrier dès aujourd’hui, mais sachez que toutes les lettres seront lues par le système carcéral. Par mesures de sécurité, nous vous donnerons pas leurs noms et donc nous transmettrons les lettres que vous voulez écrire.
⚠ Vous pouvez nous envoyer vos scans de dessins, vos petits mots, blagues, ou autre qu’on lui transmettra. Veuillez nous les envoyer à l’adresse suivante : comite2soutien-antispe@protonmail.com
Pour les colis (livres, photos, dessin, nécessaire de courrier) il faudra nous les remettre lors des évènements du CSAA.

Elle et il sont des prisonnierEs politiques, nous ne cautionnons pas l’enfermement et demandons leur libération immédiate.

Lou et Alix ont entamé une grève de la faim dès leur arrivée en garde-à-vue, pour dénoncer les conditions indignes dans lesquelles iels sont misES, suivie par Eden.

Nous n’oublions pas et pensons fort à Matthias, toujours enfermé à la prison de Champ-Dollon en Suisse depuis le 1er décembre 2018, en attente de son jugement.

Merci de les soutenir !


Manifestation contre les centres de rétention

Publié le 2019-02-13 08:52:04

Contre les rafles et les expulsions, contre l’enfermement et les frontières, liberté pour tous.tes ! Manif le 3 mars, rendez vous à 14h à Gare du Nord !



Saint-Timothée, Québec : Un collabo de la future prison pour migrants de Laval repeint – 29 janvier 2019

Publié le 2019-02-13 08:52:05

Selon cet article d’un journal local de Salaberry-de-Valleyfield paru le 29 janvier [1], la façade de l’édifice de l’entreprise d’excavation Loiselle, situé au 280 boulevard Pie-XII à Saint-Timothée, a été redécorée. On peut y lire l’inscription « NON À LA PRISON POUR MIGRANTS ».

L’article soutient que ce crime a été posé avec des intentions racistes, précisant que l’entreprise n’a aucune idée de pourquoi elle aurait été visée.

Nous ne connaissons pas les intentions des vandales, mais nous savons qu’une nouvelle prison pour migrants est en voie de se construire à Laval, et que cette entreprise a obtenu le contrat de décontamination et d’excavation de ce projet. N’est-ce pas le fait d’enfermer et de déporter plus de migrants qui est raciste ? Il est bien logique que les entreprises impliquées dans la construction de cette prison soient ciblées.

FUCK LOISELLE, FUCK L’AGENCE DES SERVICE FRONTALIERS DU CANADA, FUCK LES PRISONS.
SOLIDARITÉ AVEC LES MIGRANT.ES AVEC OU SANS PAPIERS

[Publié sur Montreal Contre-information]

[1] Vous pourrez le consulter en retapant l’adresse url: hxxps://xxx.journalsaint-francois.ca/graffitis-haineux-chez-loiselle.

 

Saint-Ébremond-de-Bonfossé (Manche), France : Ni Marine ni Macron nid d’étrons !

Publié le 2019-02-13 08:52:07

Samedi 9 février 2019, Marine Le Pen s’est rendue dans la petite ville de Saint-Ébremond-de-Bonfossé, dans la Manche. Elle y tenait un meeting dans la salle des fêtes communale avec son parti, Le Rassemblement National. Et comme souvent, les orgas et partis de gôche organisaient leur sempiternelle contre-manif inoffensive de 200 personnes le jour J, devant des rangées de gendarmes armés jusqu’aux dents.

Mais en fin de compte, cette opposition antifasciste n’en est pas restée au folklore gauchiste habituel. Durant la nuit de vendredi à samedi, un ou des anonymes sont passés sur les lieux, recouvrant de tags les murs de la salle municipale grâcieusement prêtée au parti d’extrême-droite en campagne. 

Cette petite action a eu le mérite de gâcher leur événement, puisque les militants fascistes n’ont pas eu le temps d’effacer les tags à temps et ont tenté de les camoufler en les recouvrant des affiches du meeting. Deux plaintes ont été déposées à la gendarmerie: l’une par le secrétaire départemental du Rassemblement national, Jean-Jacques Noël, pour « menace de mort » (en raison du slogan « Une balle dans le Front »), l’autre pour « dégradations » par le maire de la petite commune, qui a mis ses locaux à disposition des fachos.

[Reformulé de la presse locale, 9 et 10 février 2019]

 

Je m'appelle Nicolas Verrier

Publié le 2019-02-13 08:59:04

Moi, Nicolas Verrier, je suis solidaire des actes que les flics attribuent à un individu qu’ils ont arrêté samedi et dont ils ont confié la liste à leurs journalistes préférés.



En matière de journalisme directement branché aux sources policières, on n’a pas mieux que le journal Le Parisien : la voix de son maître y sonne avec un rare éclat. On y lit donc les accusations que les flics portent contre un individu qu’ils ont arrêté samedi 9 février à Paris : attaque contre les vitres d’une banque Bred, et contre des caméras de surveillance, et contre une voiture de police Golf, et contre un ordi. de chez Allianz, et contre une agence Paribas, et contre une concession Renault, et contre une Porsche, et contre une sacoche dans une BMW, et contre une Honda, et contre les vitres de la tour Eiffel, et contre un Kangoo de l’armée (qui fait tellement peur aux fous de Dieu).

Il n’y avait peut-être qu’un seul individu manifestant dans les rue de Paris, samedi... En tous cas, ce qui est bien avec le langage de la casse, c’est que plus la liste est longue, plus c’est un langage qui nous parle. Et ce qui est réjouissant aussi, c’est l’esprit dont fait preuve l’individu qu’ils ont arrêté : je m’appelle Nicolas Verrier, dit-il. Ah, verrier, ce métier d’art ! Et puis, une dernière remarque : quand on lit ce rapport de police, autrement dit cet article, difficile de ne pas imaginer que les keufs ne sont pas à l’intérieur du cortège pour consigner ensuite de telles accusations... Ouais, faudrait peut-être songer à les dégager, eux aussi !

L’article de la voix de son flic est ici.

Acte XIII des « Gilets jaunes » : Souffler sur les braises de la révolte – 9 février 2019

Publié le 2019-02-13 08:59:06

[Ci-dessous une compilation de plusieurs articles des médias locaux d’un peu partout qui relatent des actes offensifs contre ce monde de domination lors de ce nouveau samedi du mouvement de révolte en cours. D’ailleurs, ceux-ci ne se sont jamais limités aux samedis, pour qui veut bien les voir. A certains endroits, peu d’infos sont sorties dans la presse, chose encore plus banale lorsque la révolte persiste (maintenant depuis deux mois et demi). Nous avons également fait le choix de mettre en avant le désastre financier causé à l’Etat et au capital par les insurgés depuis fin novembre 2018, ce qui est du jamais vu depuis de nombreuses années. Rappelons par ailleurs qu’il y a plusieurs semaines, les organes de presse se fendaient de plusieurs articles évoquant la « catastrophe économique » liée à ces manifs. Le montant des dégâts dépassait déjà ceux causés par les nuits d’émeutes de novembre 2005. De plus, la volonté de rester incontrôlable est claire dans de nombreuses villes, en dépit des tentatives des légalistes et pacificateurs de tous poils (porte-paroles des GJ, syndicats…) de rétablir l’ordre par l’instauration des services d’ordre, des déclarations de manif… Enfin, de ces dernières manifs ressort la volonté d’en découdre également avec les franges réactionnaires et fascistes des Gilets jaunes, ce qui est de bonne augure pour la suite. Nos luttes se passeront toujours dans les rues, jamais dans les salons ou sur internet]

Dès le lendemain de cet acte XIII, des commerçants de plusieurs villes et métropoles ont demandé à être reçus pour « une réunion d’urgence » au gouvernement, compte tenu des « préjudices subis par les les commerçants » après treize semaines de mobilisation des « gilets jaunes ». Ils disent être « pris en otage par des casseurs » et les pertes sont de l’ordre de plusieurs « millions d’euros dans nombre de grandes villes (Bordeaux, Dijon, Lyon, Nantes, Paris, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Toulouse…) », dénonce France Urbaine à travers un communiqué, qui réunit les élus des grandes villes et métropoles. L’association « demande au Premier ministre une rencontre avec le ministre de l’Economie (…) et la ministre de la Cohésion des territoires » afin « de définir les modalités d’indemnisation et d’accompagnement, au nom de la solidarité nationale ».

Dimanche 10 février, le ministre de l’intérieur Castaner a affirmé sur France Inter et franceinfo que depuis le début du mouvement, 1 900 commerces ont eu leurs vitrines vandalisées rien que sur Paris.

Pour ce qui est de cet acte XIII dans la capitale : « La quasi-totalité des distributeurs de billets de banque du parcours de la manifestation d’hier ont été détruits, mais aussi du mobilier urbain et des voitures, souvent de luxe : c’est très classique del’ultra gauche »

Un peu partout, 9 février 2019 : un nouveau samedi de villes en feu et d’affrontements

A Paris, les émeutes ont une fois de plus fait rage. Là où les manifs syndicales restreignent nos possibilités d’attaques, cette nouvelle journée a ouvert de larges champs à l’action directe et au sabotage, par la formation de divers cortèges sauvages sillonnant les rues des quartiers bourgeois de la capitale : des banques, des concessionnaires automobiles et des agences intérim, d’assurances et immobilières ont été défoncées, des bagnoles de luxe (notamment des Porsche) incendiées, tout comme un véhicule de militaires de l’opération Sentinelle garée aux pieds de la Tour Eiffel. Un autre véhicule de l’armée à côté a eu ses vitres brisées, mais il semble qu’il était lui aussi voué à partir en fumée. Ce sont des pompiers de la révolte, des street medics Gilets jaunes, qui aurait sauvé de peu ce deuxième véhicule des flammes. D’après des témoignages publiés sur les réseaux sociaux, ils auraient agi de cette sorte tout l’après-midi pour sauver ce qui nous opprime et nous dépossède.

Pour les incendies contre l’armée et les riches (et bien d’autres attaques que nous ne pouvons que partager, bien évidemment), un « individu bien connu de la mouvance anarcho-autonome » a été arrêté en fin de journée. Les flics ont fourni à plusieurs journaux leur manière de procéder pour l’interpeller. Des flics en civil l’auraient suivi durant plus de trois heures d’émeutes. Les journa(flics) détaillent aussi une série d’actes qui lui sont attribués (que ce soit vrai ou bidon, tous sont à défendre à 100%). Extrait de cet exemple de propagande policière: « Les policiers reportent son interpellation car il évolue au sein d’un groupe très hostile […]. Mais ils le suivent et le filment alors qu’il s’en prend à pas moins de six commerces en à peine une heure. A chaque fois, le jeune homme récupère les morceaux de marbre des devantures pour les jeter sur les policiers en uniformes. Il s’en prend également à plusieurs voitures, notamment des BMW ou encore tous les modèles d’exposition d’une concession Renault. Une Porsche appartenant au célèbre chef cuisinier Christian Etchebest est incendiée. Il s’attaque également tour à tour à un véhicule de police, à un véhicule de patrouille Sentinelle et à un fourgon de l’administration pénitentiaire. C’est une charge menée par les CRS aux abords des Champs-Elysées, qui permet aux policiers d’isoler et d’arrêter le jeune homme après trois heures et demi de violence. Proche de la mouvance d’ultra gauche, il est déjà connu des services de police pour des dégradations ». (Europe 1, 11.02.2019)

Alors que les fascistes étaient quasi absents des cortèges parisiens, des antifascistes aux mains libres ont saisi l’occasion du désordre ambiant pour aller rendre visite à la librairie qui sert de passerelle entre la droite & l’extrême-droite:  la « Nouvelle Librairie » située au 11, rue de Médicis à côté du Sénat et ouverte lors de cet acte XIII, a été attaquée vers 14h30. L’intervention des CRS semble avoir limitée les dégâts.

Selon François Bousquet, son gérant dépité : « Les plus timides ont jeté et éparpillé nos livres sur le trottoir, les plus audacieux ont tenté de s’introduire dans la librairie, jusqu’à ce qu’une dizaine de CRS les disperse. Le sang-froid de notre libraire – qui, au passage, a essuyé plusieurs coups de matraque télescopique sur la tête – a permis d’éviter un drame humain plus lourd en prenant l’initiative d’évacuer en urgence la petite dizaine de clients, sous les jets de bouteilles et de blocs de goudron. Les dégâts matériels sont considérables : vitrines cassées, porte d’entrée dégradée, etc. »

Sur les émeutes de ce samedi dans les rues de Paris, on peut aller lire un récit plus détaillé sur Paris-luttes.

A La Roche-sur-Yon, plus de 1000 personnes ont pris part à la manif régionale (après Angers et Nantes…). Panneaux publicitaires, banques (au moins deux agences, d’après France Bleu Loire-Atlantique) ou encore l’Hôtel du Département ont été pris pour cible. Des poubelles ont été incendiées, des barricades avec du matériel de chantier érigées…  L’entrée de la banque BNP Paribas rue Sadi Carnot, qui était barricadée de planches en bois, a été forcée et s’est fait péter plusieurs vitres. Plusieurs commerçants avaient baissé le rideau. Au U express, on a pris la décision de fermer peu avant 17 h. « J’ai fait sortir les derniers clients par l’arrière du magasin », raconte Florent Rimbault, le gérant, alors qu’un employé nettoyait ce matin les dernières traces d’un feu devant l’entrée de la supérette.

L’Hôtel du Département

A Nantes, il y a eu de nombreux tags, comme souvent. Onze personnes ont été arrêtées par les flics en marge de la treizième manifestation des Gilets jaunes. Trois d’entre elles ont été déférées au parquet ce lundi 11 février, dont une personne pour une mise à exécution d’un jugement. Pour les huit autres personnes interpellées, cinq font l’objet d’une convocation par un officier de police judiciaire (COPJ), deux obtiennent une composition pénale, et une dernière personne bénéficie d’un classement sans suite.

Nantes, le 5 février dernier

A Rennes, 500 personnes ont affronté la police lors de cet acte XIII. Comme pour Nantes, la presse ne fait pas état de vitrines brisées.

A Lorient, 3000 personnes (2 000 selon la police) ont participé à la manif régionale pour la Bretagne. Des affrontements ont eu lieu à proximité du commissariat central, bien protégé en vue de cette journée. Dix personnes ont été interpellées.

« Des dégradations, survenues à la fin de la manifestation, se limitent à quelques feux de poubelles, une vitrine cassée et des pavés démontés pendant les face-à-face tendus entre les manifestations et les CRS et forces mobiles. La manifestation, non déclarée et sans itinéraire préalable, s’est terminée vers 18 h 30, dans une ville quasi déserte, après les mises en garde de la préfecture, incitant beaucoup de commerces à baisser le rideau dans l’après-midi. » (Le Télégramme, 10.02.2019)

Au Mans, des fachos de l’Action Française arborant des drapeaux royalistes se se font dégager du cortège illico presto, sous des slogans tels que « Dehors les rois », « Cassez-vous » ou des cris comme « Guillotine », « On vous a déjà cupé des têtes auparavant ». Un court récit est paru sur Indy Nantes.

A Bordeaux, plus de 5000 personnes (selon les chiffres de la police à 15h) sont descendues dans les rues. Comme lors des douze derniers épisodes, des centaines de personnes ont affronté les forces de l’ordre autour de la place Pey-Berland après 17h. Vers 17h45, les flics ont chargé sur la place Pey-Berland, provoquant la dispersion des manifestants. Dans une rue adjacente, deux véhicules ont été incendiés. Des commerces ont été attaqués, même si il semble qu’il n’y en ait eu moins que les semaines précédentes. 18 personnes ont été interpellées mais 13 d’entre elles ont été placées en GAV pour « participation à attroupement en vue de commettre des violences, violence sur personnes dépositaires de l’autorité publique sans ITT ou rébellion ». 12 agents en uniforme ont été blessées. Au total, ce sont 8 gendarmes mobiles et 4 CRS qui ont été blessés, touchés par des jets de projectiles ‘mortiers, boulons, bouteilles, pavés…). La Préfecture recensait aussi 7 traumatismes sonores et des blessures diverses.

Il est à noter que, comme pour de nombreuses villes, la Préfecture ne communique plus de chiffres sur la manifestation.

Dès lundi 11 février, une dizaine de salariés de la Chambre de commerce & d’industrie (CCI) et de la Chambre de métiers vont s’engager dans un porte à porte inédit. Leur mission est d’aller au contact des commerçants les plus impactés par les manifestations des gilets jaunes. Selon les études produites par la CCI, l’activité des commerces bordelais a baissé de 51 % les samedis.

A Toulouse, « entre 5000 et 7000 personnes » étaient dans les rues pour cet acte XIII. La presse locale affirme qu’il n’y a pas eu de casse « majeure » sur le parcours (une première depuis le début) et rappelle que les commerces et les banques avaient mis les moyens pour défendre leurs biens en installant des panneaux. Par contre, ces surfaces de protection toutes vierges ont été utilisées pour inscrire de nombreux « messages hostiles à la police, anticapitalistes, ou incitant à l’insurrection ».

Dans le quartier des Chalets, quatre personnes ont été interpellées alors qu’elles s’en prenaient à un véhicule.

Au sujet de la répression, un texte est paru sur iaata.info concernant le placement en détention provisoire d’un compagnon après son arrestation lors de l’acte XII samedi 2 février.

Quant à la violence des flics, elle est toujours plus intense : « Selon l’observatoire des pratiques policières, le nombre de blessés parmi les manifestants serait plus important. place du Capitole, une femme aurait été blessée au visage par un projectile identifié comme venant d’un tir de lanceur de balles de défense. Trois photographes de presse ont été touchés par une grenade de désencerclement ».

Par ailleurs, une baston a éclaté avec une quinzaine de fascistes repérés en queue de cortège, à l’angle de la rue de Metz et de la rue d’Alsace-Lorraine, au même endroit où la victime fasciste Vincent Lapierre (« un journaliste indépendant », d’après le journaleux de La Dépêche) s’était mangé des coups la semaine précédente. « La scène n’a duré que quelques secondes. Quelques coups de poing ont volé. Un commissaire de la sécurité publique s’est d’abord interposé et les forces de l’ordre ont dispersé les belligérants à coups de grenade lacrymogène évitant ainsi une bataille rangée annoncée ». Fidèles à leur idéologie pro-patronale en parfaite milice des riches et du capital, les fachos « ont expliqué leur présence au sein du cortège « dans le but de chasser les casseurs… ». Des SO parisiens et marseillais jusqu’aux manifs à Toulouse, les fafs sont des auxiliaires des flics, depuis toujours. Au vue du montant des dégâts liés à ce mouvement, voilà qui est rassurant. [Toutes les citations sont tirés de La Dépêche, 10.02.2019]

A Montpellier, plusieurs centaines de personnes ont manifesté. Parmi elles, un enfant de 12 ans a été arrêté durant l’acte 13 des « gilets jaunes ». Présent depuis plusieurs semaines dans les rassemblements, il a été interpellé alors qu’il visait les vitres de la préfecture avec une fronde et des billes, selon cette source. Il a expliqué à la police vouloir atteindre les vitres mais aussi le drone employé par les forces de l’ordre durant leurs interventions. Il a été récupéré par son père dans la soirée et sera convoqué prochainement auprès du tribunal pour enfants. Il était déjà suivi par un juge pour enfant.

Plus de 1500 personnes ont déambulé dans le centre-ville dès 14h. C’est en fin de journée que les affrontements ont été saisis pour attaquer ce monde d’argent et de marchandise. Il y a eu un véritable « acharnement » sur les banques, et en particulier leurs distributeurs de billets, selon le Midi Libre.

Ce samedi, les distributeurs automatiques de la plupart des établissements bancaires de l’Ecusson ont une nouvelle fois été fracassés lors de l’acte XIII des « gilets jaunes ». « Conséquence : sur les dix distributeurs de la place de la Comédie, aucun n’était disponible ce dimanche. Les trois de la Banque postale ont été fracassés dans les violences qui ont suivi la manifestation de samedi. Quant à ceux de la CIC, de la Banque populaire et de la Société marseillaise de crédit, ils étaient protégés ou barricadés par des plaques en fer ou des panneaux de bois. A l’angle de l’Esplanade, en rez-de-chaussée d’immeuble, les Dab de la Société générale étaient là aussi inaccessibles. Pareil pour le Crédit agricole, à proximité de la préfecture ».

A Lyon, la manif de ce samedi a été marquée par de gros affrontements avec les fascistes qui ont chargé le cortège. Au bout de quelques minutes, la petite centaine de soldats de la peste brune ont dû se replier, une nouvelle fois.

A Besançon, les centaines de personnes présentes place de la révolution en début d’après-midi ont choisi de déserter le centre-ville pour tenter d’aller bloquer le centre commercial de Chalezeule (nord-est) en empruntant les voies du tramway, plutôt que d’aller au casse-pipe à la préf’ (là où depuis le début ont lieu les affrontements avec la flicaille, qui est maintenant bien préparée, et qui vient d’installer une nouvelle caméra 360). Les gendarmes mobiles se sont très vite déployés en nombre pour protéger l’enseigne Carrefour, gazant en rafales le cortège (certaines grenades sont tombées directement sur les automobilistes consommateurs). En réponse, les bleus ont reçu une pluie de cailloux et une rafale de pétards et de mortiers. N’ayant pas réussi leur action, les manifestants sont redescendus vers le centre-ville : en pasant par Chamars (à proximité de la préfecture), ils ont été abondamment gazés et sont repartis en direction du quartier Battant par les voies du tramway, de fait bloqué tout l’après-midi. De nouveaux affrontements se sont déroulés rue de la Madeleine (devant l’église) : coups de flashballs à ras des têtes et rafales de lacrymos n’ont pas découragé certains qui ont continué jusqu’à la gare Viotte, avant de se faire une nouvelle fois gazer et de se disperser. Une personne a été interpellé avant la manif.

Des batailles de rues avec les uniformes ont fait rage ailleurs, comme à Metz et Dijon. Dans la capitale burguignonne, trois des quatre personnes séquestrées au comico par les forces de l’ordre ont vu leur garde à vue prolongée. « Le quatrième interpellé est un mineur de 17 ans, vivant à Dijon. En passant devant des policiers, il leur a adressé un geste grossier. Contrôlé, il s’est avéré porteur de deux couteaux et d’un gros caillou. Il a admis qu’il comptait le jeter sur les forces de l’ordre durant la manifestation ». [Le Bien Public, 11.02.2019]

La ville de Metz a connu « les affrontements les plus violents depuis le début des manifestations des gilets jaunes », selon le patron de la police locale. Alors que « tous les signaux étaient au vert » (rangement de mobiliers extérieurs et terrasses, une présence des syndicats FO et CGT plus importante qu’ailleurs (« la participation de ces routards des manifestations était rassurante », selon le républicain lorrain), un parcours de manif déposé mais surtout pour la première fois un SO de 50 personnes), la manif a quand même débordé: « Place Mazelle, le cortège est sorti des clous. […] les « organisateurs » ont eu peur de ne pas pouvoir maîtriser leurs troupes. Alors qu’ils hésitaient, d’autres meneurs ont emmené la foule vers le centre-ville et la préfecture. On connaît la suite : un premier face-à-face avec les forces de l’ordre qui a fait pschitt. Et un second, explosif, à la tombée de la nuit. Devant le pont de la préfecture, il y a eu « l’attaque la plus violente perpétrée à Metz » depuis le début du mouvement, considère le chef de la police locale. Ses services ont repéré dans les rangs « des groupes d’extrême gauche et d’extrême droite venus notamment des Vosges et de Meuse » et plus nombreux que d’habitude. Pour protéger la préfecture, les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants vers la ville à coups de bombes lacrymogènes, gazant au passage des familles avec leurs enfants. 

Concernant les dégradations: « la vitrine d’une banque et un distributeur de billets ont été détériorés place Saint-Jacques. La terrasse et le mobilier d’un restaurant ont été saccagés place de Chambre. Une grille d’avaloir, des pavés et des panneaux de signalisation ont été arrachés et un horodateur mis hors-service rues des Piques et du Vivier ainsi que places de Chambre et Saint-Etienne. Des feux ont été allumés dans les rues Paul-Bezanson, Ladoucette, Dupont-des-Loges et en Fournirue. » Des tags contre la police ont été inscrits sur un mur du tribunal et sur des bâtiments rues des Roches et du Pont-de-la-Préfecture.


Chroniques de la répression

Ajaccio, 8 février 2019 : deux hommes de 34 et 24 ans sont passés en jugement pour avoir, le 2 janvier dernier, tagué à la peinture jaune les initiales « GJ » sur le portail de la CAF avant de le dégrader, empêchant employés et usagers d’entrer dans les locaux.

« Le trentenaire était poursuivi pour « dégradation, entrave à la liberté de travail, rébellion » mais aussi « dégradation d’un radar automatique » et « menace de mort à l’encontre du président Emmanuel Macron ». « Il avait été vu sur Facebook avec un gilet jaune où il était écrit vendetta pour Macron. A mort Macron. Macron, du plomb pour cette ordure », a précisé à l’AFP le procureur de République d’Ajaccio, Éric Bouillard. Il a été condamné à six mois d’emprisonnement dont deux mois avec sursis, l’obligation d’indemniser les victimes et l’interdiction de détenir une arme. L’homme de 24 ans, poursuivi pour « dégradation », « entrave à la liberté de travail » et « rébellion », a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général. La CAF a obtenu indemnisation de son préjudice évalué à 1.500 euros, a précisé le procureur. A l’audience aujourd’hui, un incident a eu lieu avec une autre « gilet jaune » qui a été placée en garde à vue pour outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique. Le jour des faits, le 2 janvier, d’autres « gilets jaunes » avaient immédiatement tenu à se désolidariser de cette action en se présentant à la police et en demandant à être entendus pour rejeter l’appartenance des deux hommes au mouvement, avait alors indiqué le parquet. » (Le Figaro, 8 février 2019)

Motreff (Finistère), 7 février 2019 : la résidence secondaire du président de l’assemblée nationale, Richard Ferrand, a été ciblée par un incendie volontaire. Peu d’infos ont filtré sur les dégâts causés par les flammes : on sait juste qu’une porte d’entrée a été détruite et que les murs d’une pièce ont été noircis par la fumée. « C’est un voisin qui s’est aperçu que quelqu’un a voulu mettre un incendie, il s’en est aperçu [jeudi] vers 14 heures. Le procureur a précisé qu’il n’était pas en mesure de dire quand les faits ont été commis. « Un volet a explosé la vitre, cela s’est arrêté là. Il n’y a pas de tag qui permettrait de mettre en lien avec les Gilets jaunes, pas de revendications, pas de pénétration hostile dans la maison », a poursuivi le procureur, confirmant l’ouverture d’une enquête. Le procureur de Brest, Jean-Philippe Recappé, a confirmé que, selon les premiers éléments « il s’agit d’un incendie criminel. Cela ne fait aucun doute. On a trouvé un reste de pneumatique, et visiblement du carburant ».

Plusieurs domiciles et permanences d’élus de la majorité présidentielle ont été pris pour cible depuis le début du mouvement des Gilets jaunes en novembre et certains d’entre eux ont fait l’objet de menaces. De source parlementaire, une cinquantaine de députés ont été visés ces dernières semaines. (Le Parisien, 08.02.2019)

Quelques jours après cette tentive d’incendie d’une résidence secondaire déserte, les déclarations de politiques se sont succédé pour condamner cette action : tout le spectre politique, allant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, ont condamné cette attaque incendiaire. Le journal de la gauche autoritaire, L’Humanité, en a même fait un article ce lundi 11 février dans lequel il est dit : « le patron de LR, Laurent Wauquiez, a condamné « un acte honteux et consternant ». Jean-Luc Mélenchon (FI) a indiqué, lui, avoir adressé « un message personnel de solidarité ». Fabien Roussel (PCF) a déclaré : « Qu’on partage ou non les idées de Richard Ferrand, rien ne justifie la violence. Rien ne justifie de porter atteinte à la vie (sic). ». Du côté de l’extrême-droite (en plus de Dupont-Aignant), Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a dénoncé un « acte extrêmement grave et totalement inadmissible ». De son côté, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) du Kreiz-Breizh réagit, dans un communiqué, après la tentative d’incendie contre la maison de Richard Ferrand à Motreff. « Le NPA Kreiz-Breizh considère que l’atteinte aux biens personnels et aux personnes ne fait pas partie de son combat, et nous condamnons cet acte » écrit son porte-parole Matthieu Guillemot.

Rouen, 7 février 2019 : sept personnes ont été déférés au parquet de Rouen pour « destruction et dégradations par incendie ». Sept personnes ont été interpellées le 7 février sur les coups de 6h au Havre, à Rouen et près de l’Aigle. Elles sont suspectées d’avoir incendié un distributeur de billet à Rouen lors de l’acte VIII des gilets jaunes le 5 janvier dernier où de nombreuses dégradations avaient été constatées. Cet incendie s’est déroulé le 5 janvier dernier rue Louis-Ricard. « Aux alentours de 14h30, un groupe de casseurs a mis feu à un distributeur de billet en y accumulant des conteneurs. Le préjudice des dégradations s’élève à 63000 € », précise une source judiciaire. Si l’un des suspects a tenu à minimiser son implication, tous ont reconnu les faits. Les sept prévenus, âgés de 21 à 43 ans, « sont tous connus pour violence aggravée, participation à attroupement ou incendie volontaire » pour des actes parfois commis lors des précédentes manifestations de gilets jaunes. L’un deux a même dû être extrait de sa cellule de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), où il purge une peine de deux mois de prison pour des jets de projectiles sur des forces de l’ordre ayant eu lieu à Paris lors de l’acte XII du samedi 2 février. (France 3 Normandie, 08,02,2019)

Niort, 28 janvier 2019 : un cinquantenaire a été placé en GAV pour avoir saboté la porte d’entrée du tribunal de Melle dans l’après-midi du 12 janvier, en pleine manifestation des Gilets jaunes. Les flics disposaient des images de caméras du bâtiment d’Etat sur lesquelles il aurait formellement été identifié. Il a reconnu avoir introduit de la colle dans la serrure de la porte d’entrée et comparaîtra devant le tribunal de Niort le 19 mars prochain pour « dégradation de bien public ». Placé sous contrôle judiciaire jusqu’à cette date, il devra pointer chaque samedi à la brigade de gendarmerie de Melle, sa commune de résidence.

A noter qu’une dizaine de Gilets jaunes des Deux-Sèvres s’étaient regroupés en soutien à l’inculpé devant les grilles du comico. (La Nouvelle République, 28.02.2019)

A Lille

Bréhain-la-Ville (Meurthe-et-Moselle) : Contre l’exploitation animale

Publié le 2019-02-13 12:09:04

extrait du Républicain Lorrain / dimanche 3 février 2019

[…] On avait déjà fait l’objet de tags, mais jamais de tags vegans », assure l’exploitant céréalier et éleveur bovin. C’est justement cette deuxième activité qui lui est reprochée par ses visiteurs nocturnes. Un slogan « Stop élevage » a été inscrit, à la bombe de peinture rouge, sur des bottes de paille conservées dans un champ bordant la RN 52. Les faits ont été constatés le 26 décembre, en fin de matinée. « La veille, au moment de partir pour le repas de Noël dans ma famille, je me suis aperçu que les bottes sur les côtés du stock s’étaient affaissées. Je suis allé voir de plus près le lendemain : les filets de 250 bottes de paille de colza ont été coupés, même pour celles situées au milieu. Ceux qui ont fait ça se sont donné du mal ! » L’agriculteur évalue le préjudice à « environ 10 000 € ». Il espère récupérer une partie de cette matière destinée aux litières des animaux, « peut-être 50 %. Mais depuis, la paille a pris l’eau, ça pourrit ». […]

« Et ça ne s’arrête pas là », poursuit l’exploitant. Le 30 décembre, l’un de ses associés le contacte, car il craint que le parc à vaches attenant n’ait été vandalisé. « J’ai fait le tour de la clôture. Elle a été coupée tous les 20 mètres. Juste à côté des poteaux, de manière à ce que ce soit irréparable. On peut tout arracher ! » Au total, l’enclos est composé de 11 km de barbelés. Le préjudice représenterait « 4 000 €, rien que pour le matériel. Après, il faut compter un à deux mois pour tout replanter. » Ce job devra être soldé avant avril, période à laquelle 80 vaches limousines prennent leurs quartiers sur place.  […]

 

Dinan (Côtes-d’Armor) : Voilà pour la banque et pour les journaflics !

Publié le 2019-02-13 12:09:06

Le Télégramme / samedi 9 février 2019

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 février, la gendarmerie de Dinan a été appelée pour constater plusieurs actes de vandalisme perpétrés dans le quartier de la gare. Peu avant 23 h 30, c’est le distributeur automatique de billets du Crédit Mutuel de Bretagne qui a fait l’objet d’un tag à la peinture noire [enfin, sur la photo il paraît qu’ils ont pris un sacré coup; NdAtt.], place du 11-Novembre. La vitrine de notre agence Le Télégramme, rue du Colombier, a également été taguée, puis fracturée. Dans les deux cas, la nature des tags était insultante. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ces méfaits et retrouver les auteurs. […]

Anti-terrorrisme et censure du web, l’état ne peut pas (encore) faire ce qu’il veut

Publié le 2019-02-13 13:02:05

L’État, par le biais de l’OCLCTIC, attendait cette décision pour mettre à exécution sa menace de priver les mouvements sociaux de ces outils devenus des points de repère dans le paysage des médias libres. Les deux sites étaient accusés d’avoir diffusé des contenus « à caractère terroriste » de par la publication des revendications des incendies qui avaient visé les gendarmeries de Grenoble, Meylan et Clermont-Ferrand en septembre 2017.

Le tribunal administratif a finalement décidé de ne pas sanctionner les deux Indymedia par une coupure. Ces médias libres peuvent donc continuent d’exister, encore et toujours accessibles via leurs adresses habituelles.

C’est un important précédent qui fait jurisprudence et laisse entrevoir la possibilité de mettre des bâtons dans les roues de la machine à censure de l’État. Cela dit, il y a de fortes chances pour que ce dernier s’adapte rapidement et trouve de nouvelles parades pour pouvoir censurer la contestation sur Internet en évitant les déboires de cette affaire. La prochaine loi européenne sur le sujet que nous avons déjà mentionnée leur donnera notamment un nouveau cadre légal [2]. Et de toute façon étant donné le nombre croissant de mesures de ce type, cette « victoire » n’est qu’une goutte dans un océan de coupures (sans compter celles que les entreprises privées comme facebook opèrent déjà sur leur propre site).

Malgrès tout, dans cette décision [3], on trouve quelques extraits qui méritent d’être cités, pour ce qu’elles peuvent apporter à l’avenir, y compris dans ce qu’elles clarifient de la définition d’actes de terrorrisme. Au delà de l’aspect comique de voir un tribunal se livrer à une analyse de texte des revendications, citation à l’appui, on peut lire dans le rendu que :

* « ces agissement procèdent d’un facteur immédiat, à savoir l’ouverture d’un procès médiatique, et circonscrit dans le temps et dans l’espace »

* « Il ne ressort pas des pièces du dossier que les auteurs de ces faits auraient agi de manière concertée, ni même que des liens existeraient entre eux, en dépit de la concomitance temporelle de leurs agissements »

* « Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les auteurs de ces incendies, qu’aucun élément ne permet de rattacher à une organisation terroriste préexistante, auraient adhéré à un projet collectif de déstabilisation de l’Etat et de ses institutions, de désorganisation de l’économie, de fracturation de la société et, plus généralement, d’instauration d’un climat de peur et d’insécurité »

* « l’existence d’une entreprise terroriste ne peut être déduite de la seule expression d’idées radicales au moyen de « communication au public par voie électronique » »

* « il n’est cependant pas démontré que leur retentissement (de « ces actes de destruction par incendie des véhicules des forces de sécurité », NDLR) présente un caractère national, ni même qu’il a affecté une partie substantielle de la population. »

Nous ne sommes pas juristes, mais ces quelques points seront sans doute précieux pour des affaires où des actes de résistances se voient qualifiés et poursuivis pour « terrorisme ».

En attendant, nous comptons bien profiter du répis que cette décision nous laisse !

[1] Anti-terrorisme et censure du Web, les Indymedia toujours menacés : https://nantes.indymedia.org/articles/44313

[2] Une loi européenne pour censurer les mouvements sociaux sur Internet ? : https://www.laquadrature.net/2018/12/07/une-loi-europeenne-pour-censurer-les-mouvements-sociaux-sur-internet/

[3] http://cergy-pontoise.tribunal-administratif.fr/content/download/154036/1559647/version/1/file/1801344.pdf

Nique la Saint-Valentin ! Le 14 février, viens organiser la résistance de l'Obs

Publié le 2019-02-13 13:03:05

Réunion de réflexion et d’organisation face à la mise en vente -et donc à la future expulsion- de l’Obs, lieu de vie et d’organisation implanté à Toulouse depuis plus de 15 ans.



L’Obs est mis en vente par le Domaine public de l’Etat cette année. A notre connaissance, aucune procédure d’expulsion n’est engagée pour le moment. Difficile de savoir quand est-ce qu’un huissier passera faire son sale boulot. En attendant, on est quelques-un.e.s à s’être
retrouvé.e.s au début du mois de janvier pour faire connaitre la situation et réfléchir aux réactions qu’on voudrait opposer ensemble.
Nous avons décidé de poursuivre ces réflexions le 14 février prochain à partir de 18h à L’Obs.

L’idée c’est de se causer des rapports qu’on entretient avec ce lieu et des manières de s’organiser pour empêcher son expulsion. On prévoit 2h de réunion, avec un rapide point pour partager les nouvelles infos qu’on aura grapillées d’ici là.
On a commencé à réflechir quelques axes de discussion qu’il nous semble important d’avoir ensemble pour définir les contours de la lutte qui s’annonce :

On précise qu’il n’y a pas besoin d’être expertE en squat ou autre pour venir participer à la discussion, l’appel se destine plutôt à toute personne qui se sent concernéE par l’utilisation de l’Obs comme lieu d’activités et de recontres, et qui a envie de penser à la suite face aux projets de gentrification qui attaquent toute la ville et désormais un de nos lieux d’organisation.

A partir de 20h, on propose de prolonger cette soirée sous une forme plus informelle. On assure les frites et on prévoit aussi quelques boissons à prix libre.

S’ils essaient de nous virer, c’est la guerre !

Crève la propriété privée ! Crève la spéculation ! Rage, paillettes et barricades !

Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines) : Jésus était anarchiste ? En tout cas ses adeptes pas du tout !

Publié le 2019-02-13 13:04:04

Le Parisien / mardi 12 février 2019

La série noire continue. L’église Sainte-Julitte de Saint-Cyr-l’Ecole a été le théâtre d’une dégradation. Une responsable de la paroisse a découvert, lundi 11 février vers 19 heures, une inscription sur le clocher de l’église faite à l’aide d’une bombe de peinture. « Jésus était anarchiste » est-il ainsi tagué.


Cet acte fait suite à ceux survenus ces derniers jours. Tout d’abord, l’acte de vandalisme, découvert lundi matin, de l’église Saint-Nicolas à Houilles, où une statue de la Vierge à l’Enfant, datant du XIXe siècle, a été renversée ainsi qu’une croix portant le Christ. Un autre méfait s’est produit, dimanche 10 février à l’église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte. Peu avant la messe, le prêtre s’est aperçu que le tabernacle était renversé sur le sol. Dans la même journée, la police a interpellé un SDF, âgé de 36 ans, qui a reconnu ses actes à l’issue de sa garde à vue.

Du côté de l’institution catholique, Monseigneur Bruno Valentin, évêque auxiliaire, a relayé les faits survenus à Houilles sur les réseaux sociaux et sur l’antenne d’une radio nationale. « Sans minimiser la gravité de ces faits qui heurtent les fidèles et les croyants, nous appelons à l’apaisement afin que nos églises restent des lieux de prière et d’accueil », explique l’évêché.

Le Conseil des Institutions Musulmanes des Yvelines (CIMY) manifeste également son indignation face à ces événements, survenus également dans des villes de province. « Une église est un lieu de paix et de recueillement, une maison de Dieu sacrée et consacrée », écrit son secrétaire général, Mehdi Berka. Le CIMY, qui continuera « inlassablement » à « défendre la cohésion nationale », exprime sa « solidarité chaleureuse » avec ses « frères catholiques ».

NdAtt. : on se souviendra qu’en octobre dernier une autre église de Saint-Cyr avait, justement, servi comme chiottes.

Fontaine (Isère) : Les abribus ? Pétés. Et l’entrepôt de JCDecaux ? En feu !

Publié le 2019-02-13 13:05:03

France Bleu Fumée / mardi 12 février 2019

Le feu a pris vers 3h15 ce mardi matin à Fontaine (Isère) dans la Métropole de Grenoble, dans le bâtiment commercial de la société JCDecaux situé 2 rue d’Arcelle. C’est sur ce site que sont entreposés et entretenus les abribus de l’agglomération grenobloise ainsi que les panneaux publicitaires . […] Un local de 50 m2 a été très endommagé, le recensement des autres dégâts est toujours en cours. Six collaborateurs de la société (sur les 35 du service) n’ont pas pu travailler ce mardi, mais devraient reprendre leurs activités dès ce mercredi. La police a trouvé des traces d’effraction qui orientent les enquêteurs vers la piste criminelle. La société JCDecaux a porté plainte contre X. […]

Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) : L’armoire téléphonique crame, internet disparaît

Publié le 2019-02-13 13:05:05

extraits du Parisien / mardi 12 février 2019

[…] Lundi soir, ce quartier [la Noé; NdAtt.] a été la cible d’un incendie criminel qui a ravagé une armoire téléphonique d’Orange située mail du Coteau. Résultat, des milliers de personnes sont désormais privées de téléphone, d’Internet et de télévision. 332 logements du bailleur social Les Résidences sont touchés ainsi que la maison de la petite enfance, le groupe scolaire Rimbaud et une partie du quartier des Feucherêts, soit près de 500 foyers. […]

Rapidement, les services municipaux se sont rendus sur place en compagnie des techniciens d’Orange. « Nos experts sont en cours d’évaluation du sinistre pour une remise en état des réseaux », indique-t-on chez l’opérateur. Ce dernier a dans la foulée annoncé des travaux d’urgence pour les équipements publics, qui devraient être raccordés sous 48 heures. En revanche, le reste du réseau ne devrait pas être rétabli avant fin février. […]
Mardi après-midi, la mairie de Chanteloup-les-Vignes, en plus de gérer les conséquences de cet événement, s’organisait pour « sécuriser » l’équipe de techniciens qui devait intervenir sur l’armoire téléphonique…

Vous étiez filmé·e·s, vous serez bientôt écouté·e·s

Publié le 2019-02-13 13:05:07

A Sainté, des micros dissimulés dans le mobilier urbain pour écouter la rue... mais pas d’inquiétude, la CNIL a dit oui.
La smart city, on dit tou·te·s oui ?



A Sainté, des micros dissimulés dans le mobilier urbain pour écouter la rue... mais pas d’inquiétude, la CNIL a dit oui.
La smart city, on dit tou·te·s oui ?

Nuremberg (Allemagne) : Le centre de recrutement de l’armée pris pour cible

Publié le 2019-02-13 13:07:03

Mpalothia / mardi 29 janvier 2019

Dans la nuit de dimanche à lundi [28 janvier; NdAtt.], on a profité de la couverture de l’obscurité pour attaquer un outil de l’impérialisme allemand. Nous avons pris pour cible le centre de recrutement de la Bundeswehr (les Forces armées allemandes), à côté de la gare Frankenstrasse. On a détruit l’entrée, ainsi que quelques vitres, à coup de pierres et de peinture. On a choisi la Bundeswehr parce qu’elle sert directement à mettre en œuvre les intérêts géopolitiques de l’impérialisme allemand. Peu importe s’ils qualifient leurs guerres d’aides humanitaires ou de mesures visant à l’établissement de la démocratie, ils ne peuvent pas cacher la vraie nature de la Bundeswehr et de ses missions.

Leur paix signifie guerre, leur justice signifie oppression et leur liberté signifie surveillance.

Tout le monde à Munich le 16 février pour manifester par milliers contre la militarisation interne et les guerres à l’étranger.

Contre la guerre et l’armée, feu et flammes pour la Bundeswehr!

 

Turin (Italie): infos suite aux expulsions et arrestations récentes

Publié le 2019-02-13 13:07:05

Turin (Italie): infos suite aux expulsions et arrestations récentes

Jeudi 7 février au petit matin, les flics, avec l’aide des pompiers, ont pris d’assaut l’Asilo, endroit occupé depuis 1995 et lieu d’organisation des luttes sociales (contre les expulsions locatives, contre les prisons pour migrants, il y a quelques années encore contre le TAV…). Des personnes sont montées sur le toit, où elles ont tenu bon pendant plus de 24 heures. Au final, les flics ont réussi à faire sortir tout le monde et condamner le bâtiment. Même chose pour l’occupation habitative de Corso Giulio Cesare.
Plusieurs rassemblements solidaires ont eu lieu dans le quartier, complètement bouclé par les flics. Apparemment des personnes auraient été interpellées pour résistance ou violence contre les bleus. Le rassemblement du soir pour discuter de la situation, au siège de Radio Blackout, s’est transformé en manif sauvage.

L’opération répressive visait, en plus d’expulser les lieux, à arrêter des personnes accusées d’association subversive. Les 6 arrêté.e.s (une autre personne, sous mandat de capture, n’a pas été trouvée) sont accusé.e.s d’une série d’attaques explosives et incendiaires contre des entreprises et des institutions (dont l’ambassade de France et plusieurs bureaux de la Poste) liées à l’enfermement et à l’expulsion des migrants.

Vendredi soir, une petite manifestation solidaire a eu lieu à Bologna. Aujourd’hui, samedi, une manifestation est appelé à Turin.

Liberté pour Larry, Silvia, Niccolò, Giada, Beppe et Antonio!

Résumé depuis Macerie et Radio Blackout / jeudi 7 et vendredi 8 février 2019

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Mise à jour du 11 février :

Trois des personnes arrêtées  jeudi 7 pour les actes de solidarité à l’extérieur de l’Asilo ont été relâchées (une avec une interdiction de territoire de Turin), une quatrième, Francesco, est en prison [source : Macerie].

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Résumé des journaux / samedi 9 et dimanche 10 février 2019

Manifestation solidaire

Samedi 9, une manifestation a sillonné le centre de Turin, derrière la banderole “Ils font la guerre aux pauvres et ils l’appellent requalification. Résistons face aux patrons de la ville”. Voitures dégradées et vitrines (dont celles de l’agence urbaine de production et distribution d’eau) cassées, des poubelles en feu, la porte d’un immeuble de bureaux de la Mairie défoncée, des bus avec leurs vitres pétées… Un millier de personnes, venues de plusieurs villes d’Italie, se sont affrontées avec les flics, qui les ont empêché de traverser la Dora, rivière qui sépare les quartiers du centre du quartier Aurora, où se trouve l’Asilo. Il y a eu quatre personnes blessées par les flics (dont une, Andrea, a été arrêtée à l’hôpital) et douze arrestations (quatre personnes ont été relâchées après quelques heures de GAV, huit sont en prison en l’attente de passer devant un juge, a priori mercredi 13).
Comme ils les disent les compas sur Macerie, “on ne peut pas mesurer notre haine et notre rage, mais une chose que l’on sait bien : aujourd’hui plus que jamais on a toute la ville pour les exprimer”.

Feu aux prisons

Dimanche 10, un rassemblement a eu lieu devant la prison des Vallette, pour passer le bonjours aux compas arrêté.e.s. Parmi les nombreux pétards balancés au delà des grillages, il y en a eu un qui a provoqué un incendie dans un atelier de boulangerie où les détenus sont “formés” au travail. Les flammes ont fait exploser des bonbonnes de gaz et le bâtiment s’est écroulé !

*****

Solidarité depuis Milan

Round Robin / samedi 9 février 2019

Milan. Dans la nuit entre vendredi 8 et samedi 9, on a pris pour cible l’agence de Poste Italiane de la Via d’Agrate. Vitres, portes et DAB cassés à coups de marteau. Sur place les tags “Feu aux CRA” et “Solidarité avec les compagnons arrêtés à Turin”.

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Pour écrire aux compas arrêté.e.s :

Les six arrêté.e.s pour association subversive :

Rizzo Antonio
Salvato Lorenzo
Ruggeri Silvia
Volpacchio Giada
Blasi Niccolò
De Salvatore Giuseppe

Francesco Ricco, arrêté pour la solidarité de rue de jeudi.

Les personnes arrêtées pendant la manif de samedi :

Antonello Italiano
Irene Livolsi
Giulia Gatta
Giulia Travain
Fulvio Erasmo
Caterina Sessa
Martina Sacchetti
Carlo De Mauro
Andrea Giuliano

Pour l’instant tout le monde est aux Vallette. Une seule adresse, donc :

C.C. Lorusso e Cutugno
Via Maria Adelaide Aglietta, 35
10149 – Torino (Italie)

[Compilé sur Attaque.]

Un jc dec’ en moins !

Publié le 2019-02-13 22:03:03

Des messages publicitaires qui nous sollicitent en permanence.

Des multinationales et grandes entreprises dont l’existence nous enrage.

Leurs véhicules sérigraphiés dans les rues qui nous incident à les saboter.

JC Decaux comme les autres, on aime les voir en flamme.

(Soit dit en passant, on le trouve plus joli l’entrepôt JC Decaux depuis ce mardi.)

 

Soutien à tou·t·e·s les saboteureuses, les incendiaires, celleux qui luttent (en dehors ou enfermé·e·s).

Doubs : Incendies en série sur des pylônes téléphoniques

Publié le 2019-02-13 22:06:04

L’Est Républicain / mercredi 13 février 2019

« C’est la première fois que je vois ça en 18 ans de carrière », confie un prestataire, chargé de la gestion des pylônes téléphoniques. Depuis le mois de septembre et les premières constatations à Chapelle-des-Buis, quatre relais téléphoniques ont été brûlés dans les environs de Besançon de façon criminelle selon toute vraisemblance.


Difficile de déceler le mode opératoire des incendiaires, pour mettre hors-service ces mâts métalliques. « À Amagney, on voit que ça a bien chauffé. L’échelle qui permet de monter au-dessus a été tordue par le feu. Ils ont dû utiliser de l’essence ou des produits accélérants. On ne peut plus monter au sommet ». Au sol, des arbres et des branches retrouvés à proximité ont servi à alimenter le brasier.

Au moins deux sites à Chapelle-des-Buis au niveau du monument aux morts et chemin de la Jourande, un à Amagney et le dernier en date, ce lundi à Mérey-Vieilley. La liste s’allonge sans que les autorités n’aient de piste sérieuse sur cette action d’envergure. « On ne sait pas si c’est politique ou alors le fait d’un illuminé », confie une source proche de l’enquête. En tout état de cause, ces mâts métalliques sont situés dans des zones isolées, difficiles d’accès. Pour Amagney, il faut emprunter une petite route qui s’enfonce dans la forêt, avant de passer devant une ferme et, quelques centaines de mètres plus loin, le relais apparaît au-dessus des arbres. Des emplacements isolés que les malfaiteurs connaissent ou ont repéré sur internet.

Le dernier incendie a eu lieu sur la commune de Mérey-Vieilley, en forêt de Chailluz. « Cet acte a mis neuf autres relais hors-service. Pour donner un ordre d’idées, ça représente plusieurs dizaines de milliers de communications impactées, tous les jours. » Des câbles ont été tirés pour résoudre rapidement le problème. Plusieurs mois seront nécessaires avant une remise en service complète de l’antenne. « Il faut attendre le compte rendu des expertises pour que des travaux soient effectués. »

Cette série trouve écho dans deux autres départements. Des faits similaires ont été constatés en Alsace et dans le Cher. « On ne sait pas si c’est lié. C’est assez inexplicable pour nous », poursuit le prestataire. Contactée, la préfecture du Doubs confirme qu’une enquête est en cours. Pyromanes, anarchistes, vengance vis-à-vis d’un opérateur ? Les enquêteurs n’excluent pour l’heure, aucune piste.

[По Rусский]

La réforme on s'en fout on veut pas de prison du tout !

Publié le 2019-02-15 09:25:04

Expo de panneaux grand format (A1) sur la dernière réforme pénitentiaire (de fin 2018), les luttes à l’intérieur et à l’extérieur contre la taule, et sur le démantèlement d’une ancienne prison à Lyon. Ils ont été affichés dans la rue lors du rassemblement à la prison de la Santé le 12 janvier dernier.



La réforme pénitentiaire à venir a de quoi nous faire rêver.

Que ce soit la création de nouvelles places en prison ou la multiplication des peines « alternatives », tout va dans un sens rassurant pour notre fibre humaniste, à savoir le désengorgement des prisons, la baisse de la « surpopulation carcérale ». Et pourquoi pas, ô bonheur, l’encellulement individuel pour tou-te-s les taulard-e-s, normes européennes obligent.
Déjà on peut se questionner sur l’intérêt des législateurs européens pour le bien-être des détenu-e-s. A priori, leur exigence d’un-e seul-e détenu-e par cage relève plus d’une considération sécuritaire qu’autre chose. Tout comme avec la douche en cellule, l’important est de limiter les échanges entre prisonnier-e-s et faciliter le travail de la matonnerie. Ceci dit, même s’il est imposé, un peu plus de confort ne fait pas de mal.

Mais peu importe, vu que la seule conséquence de la réforme pénitentiaire sera en réalité de multiplier le nombre de personnes en prison, et plus généralement sous main de justice. Comme toujours, l’augmentation de la capacité d’enfermement permettra d’enfermer plus, et les peines alternatives se traduiront par la mise sous contrôle de personnes qui ne risquaient pas la prison. Des peines supplémentaires donc, et un déploiement de la prison hors les murs facilité par les avancées technologiques.

Non seulement la réforme se traduira par plus de gens sous contrainte, mais elle prévoit aussi plus de subtilité dans la gradation de la punition. Depuis l’invention du purgatoire, la bonne vieille technique de la carotte et du bâton n’a plus besoin de faire ses preuves dans sa capacité à garder les individus soumis. Ainsi plein d’infrastructures différentes voient le jour, parmi lesquelles on peut progresser ou au contraire être rétrogradé-e-s. Prisons étanches pour détenu-e-s « radicalisé-e-s », quartiers de préparation à la sortie, SAS... A noter d’ailleurs que le pouvoir ne crache pas sur des peines plus lucratives, celles qui mettent les justiciables au boulot, comme le développement des TIG auprès des entreprises privées. Parce qu’en prison, même s’il y a peu d’alternatives au travail à la chaîne sous-payé, il n’est pas encore forcé, et un petit coup de pouce à l’économie n’est pas de refus.

Au passage on n’oublie pas tous les charognards qui vont profiter de la manne, des constructeurs de taule aux associations de réinsertion, en passant par les fournisseurs de bracelets électroniques, la liste est longue.

La bonne nouvelle c’est qu’il est plus facile de s’opposer à ce qui est encore en construction qu’à ce qui est entériné depuis de longues années. Peut-être que quelques oreilles sont ouvertes et qu’il est possible de trouver des complices pour s’attaquer concrètement à ces aménagements à venir, qui représentent une menace pour toutes celles et ceux qui ne comptent pas vivre en accord avec la loi. Une occasion de plus de faire savoir ce qu’on pense de la taule, de la justice, et de cette société qui en a besoin.

Brique par brique
Introduction
Carte des nouvelles prisons
Réforme pénitentiaire, réforme sécuritaire
Peines alternatives
2918 : un an de lutte contre les barreaux

Poligny et sa région (Jura), France : Les distributeurs ne crachent plus de thunes – 12 février 2019

Publié le 2019-02-15 09:43:04

Dans la nuit de lundi à mardi 12 février, neuf distributeurs de billets de plusieurs agences ont été sabotées à Poligny, Salins-les-Bains et Arbois: pour ce faire, les saboteur-euse-s ont obstrué les fentes des machines avec de la mousse expansive.

« Il est impossible de retirer des espèces aux distributeurs ce mardi 12 février à Poligny, les cinq machines du centre-ville ayant été vandalisées. À Salins-les-Bains, au moins un distributeur, celui de la Banque Postale, a été dégradé. La commune d’Arbois est aussi concernée. »

[Repris de France3 et Le Progrès, 12.02.2019]

Chanteloup-les-Vignes, France : Orange perd le fil – 11 février 2019

Publié le 2019-02-15 09:44:04

Dans la soirée de lundi 11 février à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), une armoire téléphonique d’Orange, située mail du Coteau dans le quartier de la Noé, a été incendiée: des milliers de personnes sont désormais privées de téléphone, d’Internet et de télévision. 332 logements du bailleur social Les Résidences sont touchés ainsi que la maison de la petite enfance, le groupe scolaire Rimbaud, l’espace emploi entreprise et le Centre médico-psychologique et infantile, ainsi qu’une partie du quartier des Feucherêts, soit près de 500 foyers.

On apprend que si les équipements publics ont été raccordés sous les 48 heures, le reste du réseau ne devrait en revanche pas être rétabli avant fin février.

[Repris de la presse: 78Actu et LeParisien]

 

Baratier (Hautes-Alpes), France : Attaque incendiaire contre le MacDo – 11 février 2019

Publié le 2019-02-15 09:44:05

Le MacDonalds de Baratier (ZA des Portes du Lac) a été ciblé par un incendie volontaire à l’aube du lundi 11 février: vers 5 h 30, un pneu enflammé a endommagé le guichet du « drive », qui permet de prendre une commande à emporter. Le sinistre a provoqué quelques dégâts matériels sur la façade noircie, ainsi que des vitres fissurées.

 

[Repris du Dauphiné Libéré, lundi 11 février 2019]

« Gilets jaunes » : Infos sur la répression en cours – 14 février 2019

Publié le 2019-02-15 09:44:07

Ce jeudi 14 février, le ministre de l’intérieur a donné quelques chiffres sur la répression depuis le début du mouvement de révolte il y a trois mois: « environ 8.400 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, il y a près de trois mois, et 7.500 ont été placées en garde à vue ». Il a également affirmé que « près de 1.300 policiers, gendarmes et pompiers ont été blessés ». Bien évidemment, il n’évoque à aucun moment les centaines de cas de blessures et de mutilations à vie infligées par les forces de l’ordre.

Voici une petite liste non-exhaustive de chiffres et comptes-rendus des médias au sujet de la répression en cours, et du caractère incontrôlable et destructeur qui a émergé ces derniers temps dans l’Hexagone, depuis le début de ce mouvement. Quelques infos sur la journée du 9 février viennent par ailleurs compléter l’article (déjà long) paru récemment  « Souffler sur les braises de la révolte« .

«Gilets jaunes»: la délinquance explose ces trois derniers mois

C’est ainsi que le Figaro titre son article (payant) du 13 février, donnant un aperçu sur la hausse des incendies visant les institutions étatiques et privées depuis les trois derniers mois: 

« L’effet «gilets jaunes» sur la délinquance? «Il est dévastateur», déplore un haut responsable du ministère de l’Intérieur. «D’autant que ces événements mobilisent, samedi après samedi, des dizaines d’unités de CRS et de gendarmes mobiles qui ne peuvent dès lors assurer leur mission de pacification des quartiers difficiles aussi bien qu’il le faudrait», reconnaît un cadre du syndicat Unsa-Police. Sur douze mois (de février 2018 à janvier 2019), les incendies de biens publics et privés ont ainsi grimpé de 6,7% (passant de 36.997 à 39.474 faits). Et si l’on s’en tient aux trois derniers mois, de novembre 2018 à janvier 2019, période qui couvre l’essentiel des manifestations du mouvement citoyen des «gilets jaunes», c’est une véritable explosion à laquelle on assiste, les incendies volontaires passant alors de 8982 à 13.042, soit une hausse 45,2 % ».


Acte XIII à Paris, 9 février 2019: Thomas -Pierre Verrier- incarcéré

L’homme interpellé samedi en marge de l’acte 13 de la mobilisation des Gilets jaunes à Paris après l’incendie d’un véhicule de la mission antiterroriste Sentinelle a été mis examen ce mardi pour dégradations d’un bien appartenant à autrui, dégradations par un moyen dangereux, dégradations par un moyen dangereux de biens destinés à l’utilité
publique, violences aggravées, violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique, prise du nom d’un tiers et participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations).
Il a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet, selon une source judiciaire.

Originaire de la région bordelaise, cet homme connu des services de renseignement et fiché S (Sûreté de l’Etat) pour appartenance à la mouvance anarchiste, avait été interpellé samedi après quatre heures de filature dans la capitale, selon des sources policières. Lors de son arrestation, il avait donné une fausse identité aux policiers.

Les enquêteurs le soupçonnent également d’être impliqué dans l’incendie d’une Porsche, celle du chef cuisinier Christian Etchebest, selon le Parisien, et dans des violences visant un fourgon de l’administration pénitentiaire, non loin des Champs-Elysées, l’un des épicentres habituels de la mobilisation des Gilets jaunes.


Paris, 12 février 2019, affaire du chariot élévateur : 5 gardes à vue

Tout le monde se souvient certainement de ce groupe de personnes hilares et joyeuses le samedi 5 janvier à Paris, debout sur un chariot élévateur de chantier abandonné, rue de Varenne (Paris VIIe), et fonce sur la lourde porte en bois du secrétariat d’Etat au porte-parole du gouvernement. Celle-ci cède sous le choc. Profitant de l’absence des forces de l’ordre, débordées ailleurs par les rassemblements, les assaillants pénètrent dans l’enceinte, dégradent des voitures et repartent. L’attaque – rapide – provoque l’évacuation en catastrophe de Benjamin Griveaux, alors en interview avec des journalistes et accompagné de son officier de sécurité.

Cinq semaines plus tard, six suspects ont été placés en garde à vue mardi matin au 3e district de la police judiciaire parisienne. Ces cinq hommes et une femme, âgés de 21 à 54 ans, sont pour moitié originaires du Nord, de l’autre de l’Ile-de-France (Val-de-Marne, Val-d’Oise et Yvelines).

Les policiers les ont identifiés après un minutieux travail d’enquête mêlant analyses ADN, travail de téléphonie et exploitation des vidéos – de surveillance et amateurs. Leur « plus gros client » est Romain M., 23 ans, interpellé dans le Nord. Celui-ci est soupçonné d’avoir conduit le transpalette électrique et l’avoir précipité sur le ministère.

Lors de l’attaque, le jeune homme est apparu visage découvert, vêtu d’un gilet jaune. Deux de ses proches, un père et son fils habitant également dans le Nord, ont été convoqués hier au 3e DPJ puis placés en garde à vue : Fabrice et Brice D. Le premier, doyen du groupe, est le seul à être connu des renseignements territoriaux pour ses liens avec la mouvance anarchiste locale. Les trois derniers suspects – Thomas S., 21 ans, Sylvie B., 46 ans et Jonathan B., 35 ans – sont quant à eux soupçonnés d’avoir été présents lors de l’attaque.

Les gardes à vue, pouvant durer 48 heures, ont été prolongées mercredi.


Nîmes (Gard), 12 février 2019 : condamnations pour l’incendie des impôts

Dans la nuit du 31 décembre au 1 janvier dernier, la façade du centre des impôts de Nîmes était incendiée par un groupe de gilets jaunes. Pendant près d’un mois, le centre des finances publiques du Gard est alors fermé. Bilan des dégradations près de 100.000 euros.

Mardi 12 février, 6 accusés, 2 hommes et 4 femmes, passaient au tribunal de Nîmes, accusés de cet acte avec « association de malfaiteurs ». A 19h, les jugements sont tombés. Les 6 gilets jaunes gardois sont condamnés à des peines allant de 4 mois de prison ferme à 8 mois avec sursis, pour l’incendie volontaire d’un centre des impôts nîmois.

Une mère de famille âgée de 26 ans et jusque-là inconnue de la justice a écopé de la peine la plus lourde. Un an de prison dont 8 mois avec sursis pour « complicité de dégradation » et « association de malfaiteurs ». Elle est considérée comme l’organisatrice, la nuit du réveillon du jour de l’an, de ce périple vers le centre des impôts au coeur de la ville de Nîmes. 3 autres personnes ont été condamnées à 8 mois de prison, dont 6 avec sursis, la peine réclamée par le parquet, toujours pour des infractions de « dégradations », « complicité de dégradations » et « association de malfaiteurs ».

Une femme a été condamnée à 10 mois de prison dont 8 avec sursis, pour complicité de dégradations et association de malfaiteurs, tandis que la dernière prévenue a écopé de 8 mois avec sursis.


Pyrénées-Orientales, 13 février : « Les stigmates de la guerre des ronds-points »

En moins de deux mois, le mouvement des « gilets jaunes » a entraîné près de 500 000 euros de dégâts sur les routes départementales. Sans compter les dégradations sur les radars, que l’Etat refuse de chiffrer, c’est la réparation des chaussées qui va coûter le plus cher. Quelques extraits choisis du Midi Libre (13.02.2019)

« Mais ce qui fait grimper l’addition, c’est la réfection des chaussées endommagées, principalement par les incendies. Selon les services du Département, 340 000 euros de travaux sont à prévoir pour 2019 afin de réparer le bitume devant les péages nord et sud sur les routes départementales D900a, D900, D83 et D12. […] Au Boulou, l’enrobé destiné à rénover le giratoire d’accès à l’A9 sera facturé 45 000 euros de plus. Les stigmates de la guerre des ronds-points entamée par les Gilets jaunes sont aujourd’hui encore visibles des automobilistes. » […] les agents étant victimes de jets de cailloux et d’insultes sur le terrain, leur encadrement a préféré attendre avant de lancer les travaux. D’autant que la poursuite du mouvement, de semaine en semaine, pouvait laisser augurer de nouvelles dégradations sur du matériel neuf. »

Montpellier (Hérault) : 130 vigiles embauchés par la CCI pour protéger les commerces lors de l’acte 14

Le président de la Chambre du Commerce et de l’Industrie, André Deljarry, vient d’annoncer le déploiement de 130 agents de sécurité devant les commerces du centre-ville de Montpellier, samedi 16 février, de 12h30 à 19h30. Ce déploiement de 130 agents de sécurité, correspondant à 1 agent pour 4 à 5 commerces, a pour objectif, « à l’image d’un centre commercial, de faciliter l’accès des clients aux commerces et d’apporter une présence sécurisante aux commerçants et aux salariés » (Midi Libre, 12.02.2019)

Vesoul (Haute-Saône), 12 février : 4 mois de sursis pour des jets de bouteille sur les gendarmes.

Mardi 12 février, un « Gilet jaune » de 30 ans comparaissait devant le tribunal de Vesoul pour « violence sur les forces de l’ordre ». Le 17 novembre 2018, alors qu’il occupait avec plusieurs centaines de personnes le rond-point de Saint-Sauveur (près de Luxeuil-les-Bains, sur la RN57). Il faisait partie de celles et ceux qui avait refusé de rentrer de chez eux/elles après 18h, heure à laquelle prenait fin la manif déposée en préfecture. Il « avait été identifié par les forces de l’ordre comme ayant jeté trois bouteilles en verre vides, deux de bière et une de vin, en direction des forces de l’ordre. Il aurait ensuite pris la fuite à travers champ, avant d’être maîtrisé ». Il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis (le proc en demandait 6) et devra verser 300 euros à « la victime principale » et 100 euros à chacun des deux autres gendarmes qui se sont portés partie civile.  (L’Est Républicain, 13.02.2019)

 

Quelques précisions sur l’acte 13 à Dijon et Besançon :

A Dijon (Côte-d’Or), samedi 9 février, des « Gilets jaunes » ont attaqué la prison. On n’en sait un peu plus depuis que l’administration pénitentiaire a déposé plainte pour « dégradations et mise en danger d’autrui »: la porte donnant accès au domaine pénitentiaire étant restée fermée, l’interphone avait été saccagé, la porte avait reçu des coups de pied, des containers avait été incendiés [à quelques mètres seulement de celle-ci, ce qui aurait pu l’embraser], nous rapporte l’Est Républicain (13.02.2019).

A Besançon (Doubs), des affrontements « brefs mais intenses » avaient eu lieu à proximité du centre commercial de Chalezeule. L’Est Républicain (14.02.2019), toujours présent quand il s’agit de plaindre et de défendre les forces de l’ordre et d’en faire de pauvres victimes, nous apprend que parmi les sept gendarmes blessés, deux d’entre eux ont eu leur tympans crevés, semble-t-il par les explosions de pétards et de mortiers: « On a essuyé des pétards agricoles et des bisons, mais également des tirs de ballast, de grosses billes de verre, des bouteilles vides, ainsi qu’un feu d’artifice, qui a brûlé certains pantalons », précise le général Langlois, commandant de la région de gendarmerie Franche-Comté.

Des gendarmes provenant des casernes de l’agglomération bisontine, absolument pas préparés au situation d’affrontements, avaient très vite été épaulés par des gendarmes mobiles.


Thionville (Moselle), 11 février: la sous-préfecture prend des couleurs

La façade de la sous-préfecture de Thionville a été ciblée par des jets de peinture fraîche dans la nuit de dimanche à lundi 11 février. Ce sont les employés qui ont découvert les tâches de peinture sur la façade, provoqué par des jets de « boules remplies de peinture ».

Dinan, France : Attaquer les banques et ceux qui les défendent – 9 février 2019

Publié le 2019-02-15 09:44:15

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 février à Dinan (Côte-d’Armor), plusieurs écrans de distributeurs du Crédit Mutuel de Bretagne ont été défoncés dans le quartier de la gare (au moins deux, cf photos). La vitrine de l’agence des journaflics de proximité « Le Télégramme », située rue du Colombier, a également été taguée et explosée.

Brest – Le Mans : Ni Le Pen ni Macron, ni patrie ni patron !

Publié le 2019-02-15 09:44:16

Le Mans (Sarthe), 10 février 2019 : Une vitre en moins pour le député En Marche

Dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 février au Mans, la permanence du député LREM de la 1re circonscription de la Sarthe, Damien Pichereau, a été attaquée: au moins deux gros impacts sont visibles sur une des vitrines. C’est le député lui-même qui a signalé ce nouvel acte commis contre sa permanence, située rue Gougeard et qui a déjà été dégradée à plusieurs reprises.

Selon un article en accès payant de Ouest-France (11.02.2019), une personne a été  interpellée pour cette attaque.


Brest (Finistère) 13 février 2019 : Harceler les fascistes RN, toujours !

Dans la nuit du 12 au 13 février, le local du « Rassemblement National » s’est faite recouvrir ses murs et ses rideaux métalliques de tags antifascistes. C’est la conseillère régionale RN de Bretagne, Renée Thomaïdis, qui s’en indigne sur son compte twitter. C’est la 22ème fois qu’elle porte plainte pour des dégradations contre la permanence (on n’ignore par contre depuis quelle date).

 

Haïti : Révolte contre la misère … Et les prisonniers saisissent l’occasion

Publié le 2019-02-15 09:44:18

Depuis jeudi 7 février, des milliers de personnes manifestent contre la misère et la corruption à travers le pays, exigeant que le président Jovenel Moïse dégage. Des barricades sont érigées, des voitures incendiées et des entreprises attaquées, les magasins pillés. Ecoles et administrations restent fermées. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont déjà fait 6 morts. Les habitants, notamment les plus pauvres, se révoltent face à l’inflation qui a dépassé la barre des 15%, la corruption et le gaspillage de l’aide au développement. 

Ce mardi 12 février, de nouvelles émeutes ont éclaté à Port-au-Prince, se soldant par la mort d’un manifestant: « un jeune homme a été tué par balle à un carrefour proche du palais présidentiel. La police n’a fourni un bilan des pertes en vies humaines qu’après la première journée de mobilisation nationale de l’opposition, le 7 février : deux personnes avaient été tuées. Depuis, quatre autres morts par balle ont été recensés par les journalistes de l’Agence France-Presse« .

Le même jour, dans la petite ville d’Aquin sur la côte sud, des prisonniers ont saisi l’occasion du chaos général pour s’évader. 78 d’entre eux se sont faits la belle à la mi-journée. Les circonstances exactes de l’évasion ne sont pas encore déterminées. Selon les témoins, un rassemblement contre l’exécutif avait lieu devant le commissariat jouxtant l’établissement pénitentiaire.

Depuis le début de la révolte, le pouvoir exécutif reste mutique. Seul le secrétaire d’Etat à la communication a publié une note de presse en créole sur Twitter lundi matin. « Le gouvernement reconnaît le droit de toute personne à manifester et exprimer ses droits selon la loi mais piller des magasins, bloquer la rue, brûler des pneus, briser les vitres des voitures et jeter de l’huile sur la chaussée n’entre pas dans ce cadre », a écrit Eddy Jackson Alexis.

Lundi soir, les milieux d’affaires et du patronat ont déploré, via une note de presse, « une colère populaire légitime qui est malheureusement orientée à tort vers les entreprises qui créent des emplois » et souhaitent restaurer. Pour leur part, les évêques catholiques, en bons garants de l’ordre social en place, en appellent également « à la conscience citoyenne des différentes parties en vue d’une décision patriotique », selon leur note de presse publiée lundi soir.

Face à la situation insurrectionnelle en Haïti, Washington a ordonné mardi à tous les enfants du personnel diplomatique de l’ambassade des Etats-Unis de quitter le territoire. Dans son communiqué, le département d’Etat approuve également le départ du personnel non essentiel et des membres adultes des familles de personnel américain.

Dimanche le Core Group (composé de représentants des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Organisation des Etats américains ainsi que des ambassades d’Allemagne, du Brésil, du Canada, de la France, des Etats-Unis et de l’Espagne) a déploré « les pertes de vies humaines et les dégâts matériels occasionnés par les inacceptables actes de violences qui ont eu lieu en marge des rassemblements », dans un communiqué.

« Jovenel a fait du mal au pays, estime un manifestant. On meurt de faim, il n’y a pas d’hôpital, d’eau ou d’électricité. Les policiers nous tirent dessus. », a déclaré un insurgé.

La frustration populaire a été exacerbée par la publication, fin janvier, d’un rapport de la Cour supérieure des comptes sur la gestion calamiteuse et les possibles détournements des fonds prêtés depuis 2008 par le Venezuela à Haïti pour financer son développement. Une quinzaine d’anciens ministres et hauts fonctionnaires sont épinglés. De même qu’une entreprise dirigée à l’époque par Jovenel Moïse, identifiée comme bénéficiaire de fonds pour un projet de construction d’une route sans signature de contrat.

[Repris des agences de presse]

Comptines et prières pour nos amis

Publié le 2019-02-15 09:47:04

[brun]NdNF : Un de nos plus éloquents lecteurs nous envoyait il y a peu quelques fragments de poésie invisibles sur lesquels il avait pu mettre la main gantée de latex dans les tréfonds du darkweb. Nous les relayons ici, en espérant qu’ils rapportent en attendant la restauration messianique où les blooms anarchistes et autres formes de vie autonomes et anti-autoritaires seront enfin abattus par les forces vives de l’Armée de Libération de la Magouille Politique et de la Collaboration avec l’Etat (l’A.P.P.E.L.). Merci àlui 4 ever, et longue vie àla muerte, aux négociations, aux partis et àleurs barbouzeries. Nous sommes les meilleurs, nous sommes une image du futur, vous êtes tous des flics, que vivent nous-mêmes ! [/brun]



(Sur un air de Lundi matin, l’empereur sa femme et le petit prince.)

Lundi matin Coupat, Burnel et puis Hazan
Sont venus chez moi pour me vendre l’Appel
Mais comme j’étais parti, le p’tit Coupat a dit
Puisque c’est ainsi nous reviendrons lundi

Lundi matin, l’empereur, sa femme et leur mécène
Sont venus chez moi pour m’vendre L’Insurrection
Mais comme elle n’venait pas, le p’tit chef a dit
Puisque c’est ainsi nous reviendrons lundi

Lundi matin, l’empereur, sa femme et leur mécène
Sont venus chez moi pour m’vendre des formes de vie
Comme j’voulais pas d’ses amis, le p’tit chef a dit
Puisque c’est ainsi nous reviendrons lundi

Et Maintenant, l’empereur, sa femme et leur mécène
Sont venus chez moi pour m’vendre la négociation
Mais comme j’aime pas les flics, le p’tit chef a dit
Puisque c’est ainsi, nous reviendrons milice

Mardi matin, gavé, lassé et révolté
J’ai quitté la ZAD, ses flics et ses curés
Et comme j’étais parti, le p’tit chef a dit
Puisque c’est ainsi je vais racheter l’pays


Amico nostro

Notre ami invisible qui es àla Fabrique,
que ton nom soit dans Libé,
que ta zone d’opacité soit offensive,
que ton insurrection vienne,
que ta volonté soit faite, en manif’ comme àla ZAD.
Sers-toi de nous, de notre argent, de nos révoltes
Donne-nous maintenant notre guerre véritable.
Pardonne-nous nos critiques,
Comme nous barbouzons ceux qui nous ont critiqué.
Et ne nous laisse pas tenter par l’Anarchie,
Mais délivre-nous de la Révolution.
Destitue-nous et institue-toi.
Lundi.Amen

[Extrait de Comptines et prières pour nos amis, co-édité par la Fabrique, Mauvaise troupe et infokiosques.net et imprimé en auto-gestion sur papier en fécule de pomme de terre sans gluten àl’Usine de pâte, projet éco-citoyen et socialo-responsable, et distribué à1001 exemplaires dont 1000 très chers, numérotés et signés réservés aux librairies de gauche. Merci àGiorgio Agamben et Serge Quadruppani pour leurs relectures attentives. Pour tout contact : lundi.am@zad.gouv.fr.]

Turin : La prison en proie aux flammes

Publié le 2019-02-16 08:13:05

Résultat de recherche d'images pour ""les prisons en feu les mâtons au milieu"Le 10.02 lors de la manifestation devant la prison « les Vallettes » de Turin, en soirée, après les émeutes qui ont suivis l’expulsion du squat l’Asilo, un cortège d’une centaine de personnes a avancé jusqu’aux abords de la prison en solidarité avec les personnes interpellées, des slogans « feu aux prisons » et quelques fumigènes ainsi que des molotovs ont été lancé sur des murs de la prison. Un incendie a ensuite été déclenché par le jet d’un engin incendiaire au dessus de l’enceinte de la prison (le compost et les ateliers de pâtisserie-boulangerie ont pris feu), les flammes ont fait exploser des bonbonnes de gaz et un pan de l’atelier s’est écroulé un peu plus tard dans la soirée.

Au sein de la prison étaient détenues les 11 personnes emprisonnées (libérées depuis) suite aux émeutes ayant suivi l’expulsion du squat de l’Asilo et les 6 personnes incarcérées lors de l’expulsion (pour association subversive)*.

reformulé de la presse

* Pour écrire aux six arrêté.es :

Rizzo Antonio
Salvato Lorenzo
Ruggeri Silvia
Volpacchio Giada
Blasi Niccolò
De Salvatore Giuseppe

C.C. Lorusso e Cutugno
Via Maria Adelaide Aglietta, 35
10149 – Torino (Italie)

** Niccolò, Giuseppe, Antonio Rizzo et Lorenzo ont été transférés à la section de AS2 de la prison de Ferrara.

Pour leur écrire :
C.C. di Ferrara Via Arginone 327, 44122 Ferrara (Fe)


* Le lendemain (11.02) a eu lieu une énième audience du procès pour l’opération « Scripta Manent » (23 personnes sont inculpées dans la cadre de cette opération dont 7 toujours emprisonnées). La salle d’audience (Salle « Bunker ») située au sein de la prison Le Vallette a été évacuée après que des personnes solidaires aient tenté de perturber le réquisitoire du Procureur Sparagna.

(Pour écrire aux prisionnier.ères : https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?page_id=1403)

Turin : l’opération « Scintilla » élargie à une quarantaine de personnes

Publié le 2019-02-16 08:13:08

On apprend des merdias italiens que l’enquête ne concerne pas seulement les six personnes arrêtés ces derniers jours par la Digos mais une quarantaine de personnes. Cette enquête concernerait l’envoi de paquets explosifs, également « des documents et sites Web incitant à commettre des actes de violence contre les prestataires des centres d’expatriation », ainsi que le soutien des révoltes à l’intérieur du CPR [centre de rapatriement] de corso Brunelleschi à Turin, frappé par de fréquents incendies et saccages.

Les investigations de l’opération « Scintilla » regarderaient l’ensemble du réseau anarchiste turinois mais également de nombreux « activistes » d’autres régions et de l’étranger.

reformulé depuis la presse

Action à Thessalonique en solidarité avec les Turinois

Publié le 2019-02-16 08:13:08

Résultat de recherche d'images pour "cadeau"Le samedi 9 février, nous avons attaqué la chambre de commerce italo-grecque de Thessalonique, laissant un engin explosif devant l’entrée principale, une action qui n’a pas été divulguée par les médias.
Cette attaque est une réponse à la répression exercée par l’État italien, avec le dernier exemple de l’opération d’évacuation de l’asilo de Turin.
Au petit matin du jeudi 7 février, l’occupation a été expulsée et le même matin, six compagnons ont été arrêtés sous prétexte d’association subversive.
L’occupation existe depuis 24 ans et constitue un point de référence pour les actions continues menées contre les centres de détention pour immigrés, contre les expulsions de logements populaires et contre l’embourgeoisement des quartiers.
Ce coup répressif arrive à la fin d’un climat de persécution qui a frappé les anarchistes turinois ces dernières années, notamment par des arrestations, des obligations et des interdictions de séjour, et bien plus encore.

Cette attaque est un signal de solidarité envers les compagnons de Turin qui continuent à lutter
C’est aussi un signal de solidarité avec Spyros Christodoulou, en grève de la faim depuis le 14 janvier. Tiens bon Spyros.

CRÉONS DES LIENS DE SOLIDARITÉ ENTRE LES FRONTIÈRES QUI NOUS DIVISSENT

POUR UN MONDE SANS PRISON SOLIDARITÉ AVEC L’ASILO OCCUPATO

LIBERTÉ POUR LES 6 ARRÊTÉS

LIBERTÉ POUR BATTISTI, MORT À L’ÉTAT

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS DE L’OPÉRATION SCRIPTA MANENT ET PANICO

POUR L’ANARCHIE

 publié sur indymedia athènes

 

Re-cherche

Publié le 2019-02-16 08:13:10

«Ceci est un laboratoire de re-cherche. Re-chercher veut-il dire chercher à nouveau ? Cela veut-il dire que nous sommes en train de chercher quelque chose que nous avions autrefois trouvé, puis qui nous a échappé d’une façon ou d’une autre, et que nous devons maintenant re-chercher ? (…) Et qu’est-ce qu’ils cherchent à trouver de nouveau ? Et qui l’a perdu ?» K. Vonnegut

Qu’est-ce qui alimente les grands mensonges de notre temps, et qu’est-ce qui les légitime à exister ? Sommes-nous toutes si aveugles qu’on accepte par exemple la fable d’une énergie nucléaire « renouvelable et sûre » ? N’avons-nous donc rien appris ? Pour que cet état d’éternel étonnement dure à travers le temps, il faut prendre acte de l’existence d’une culture de la dévastation, développée par ses spécialistes, constamment produits par les universités et les centres de recherche : chercheurs expérimentaux, scientifiques en tout genre, et techniciens de secteur. Des auteurs de la dévastation, qui se prosternent aux pieds des exigences de ce monde au nom du fantomatique progrès (la nouvelle religion contemporaine à la sauce laïque). Grâce à leur travail intellectuel et à leurs inoffensifs modèles réduits ou à leurs machines, ils légitiment les pillages de terres et de ressources, notamment là où la vie des personnes a moins de valeur. Ils assurent ainsi l’existence d’un pouvoir technoscientifique qui meut l’économie et produit du travail au son de guerres et de bombardements, de modifications génétiques des formes de vie, d’empoisonnements de masse, tant de la planète que des êtres vivants qui y habitent.

Réussir à ne voir que le côté négatif de la recherche est pourtant plus difficile qu’on ne le pense. Les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki, ne sont par exemple pour beaucoup de monde que des exemples d’un mauvais usage de la recherche sur la fission nucléaire : qui aurait pu penser à cette utilisation, alors que les mêmes données peuvent donner vie à des réacteurs qui produisent plus d’énergie pour tous ?

Certes, pour tous… Mais on oublie souvent de dire que cette énorme quantité d’énergie si convoitée ne sert pas tant à répondre aux besoins de consommation d’une personne quelconque, mais bien plus à alimenter l’économie, les infrastructures et les machines de guerre, qui ne lâchent jamais prise : elles consomment de l’énergie et empoisonnent sans fin, nous entraînant vers la prochaine catastrophe annoncée. Ce n’est qu’un mauvais usage de la science, disait-on. Un bon usage de la science serait à l’inverse investir dans les dites ressources renouvelables (énergie solaire, éolienne, hydroélectrique, géothermique, etc), parce qu’après avoir pillé pendant des siècles le sous sol, après avoir surexploité les gisements d’hydrocarbures, creusé des mines pour arracher le charbon et le cobalt nécessaires à la conservation de toute cette énergie, nous aurons aussi besoin d’avoir recours à l’impérissable, comme nous prétendons l’être nousmêmes. Dans le même ordre d’idées, pour la vie ce serait un bon usage de la science que de modifier gé- nétiquement le maïs ou d’autres semences afin que les récoltes soient plus productives, parce qu’on le sait, après avoir rendu la terre infertile en la contraignant à des rythmes de production trop artificiels, nous devrons tout de même continuer à manger. et cela vaut pour tous les êtres de ce monde. Une timide mise en garde date de quelques siècles : « Ce qui vient n’est pas toujours un progrès »… Alors, sommes-nous prêtes à aller de l’avant, en imaginant un sabotage de ce présent ?

Traduit de Frangenti (Italie) n°29, octobre 2018

 

Extrait d’Avis de tempêtes #14 – février 2019

Disponible ici : https://avisdetempetes.noblogs.org

 

Le Mans : Quelqu’un est aller rendre visite au députe

Publié le 2019-02-16 08:49:04

extrait de Le Maine Libre / lundi 11 février 2019

La permanence du député LREM de la 1re circonscription de la Sarthe, Damien Pichereau, a été la cible de quelques casseurs, dans la nuit de samedi à dimanche. C’est le député qui signale ce nouvel acte commis contre sa permanence, située rue Gougeard et qui a été déjà dégradée à plusieurs reprises. […]

Jura : Neuf DABs bouchés à la mousse expansive

Publié le 2019-02-16 08:50:04

France3 / mercredi 13 février 2019

Mauvaise surprise pour les habitants de Poligny, Arbois et Salins-les-Bains mardi matin : plusieurs distributeurs automatiques de billets (DAB) des centre-villes étaient inutilisables. En cause : de la mousse polyuréthane, une mousse expansive habituellement utilisée comme isolant, avait été introduite dans les fentes des machines.

En tout, neuf distributeurs de différents établissements du secteur ont été détériorés dans la nuit du 11 au 12 février. […]

Des mauvais moments pour les bleus (mi-février 2019)

Publié le 2019-02-16 08:50:06

Seine-Maritime : Des surprises pour les flics

76actu / jeudi 14 février 2019

Deux voitures ont pris feu à Bihorel, près de Rouen (Seine-Maritime), dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 février 2019. La même nuit, un autre incendie a été déclenché à Darnétal, devant le commissariat.
La voiture était-elle déjà en feu quand elle a été lancée contre le commissariat de Darnétal, ou a-t-elle été incendiée après ? C’est la question que se posent les enquêteurs. Toujours est-il qu’au milieu de la nuit, une Renault Clio volée mardi 12 février sur les Hauts de Rouen, a été lancée contre le poste de police, indique une source judiciaire. Selon un témoin, trois individus encagoulés ont fui les lieux en direction de la rue Longpaon.
La voiture s’est encastrée « juste à côté de la porte », situe une source judiciaire. L’incendie qui a rongé le véhicule a noirci le mur, mais a aussi gondolé la porte d’entrée blindée du commissariat, qui ne s’ouvre plus. Les locaux sont donc fermés jusqu’à ce qu’une nouvelle porte soit confectionnée.

Les enquêteurs font le lien avec l’incendie de deux véhicules, survenu à 45 minutes d’intervalle, devant les locaux de la police municipale de Bihorel, ancien poste de police nationale. Les véhicules étaient stationnés place Saint-Louis lorsque l’incendie s’est déclenché vers 4 heures du matin. Les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre les feux. Ces incendies n’ont fait aucune victime.
Une enquête a été ouverte pour ces deux faits. « On n’a pas l’habitude que les voitures soient incendiées ici », déplore Pascal Houbron, maire de Bihorel. Selon une source judiciaire, des commissariats n’ont pas été délibérément ciblés de cette façon depuis la fin des années 1990, dans l’agglomération rouennaise. Les policiers vont donc redoubler de vigilance lors de leurs patrouilles, qui incluent déjà les postes de police.

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Nanterre (Hauts-de-Seine) : Ce qui arrive aux matons quand ils sortent de leurs forteresses

ActuPenit / samedi 9 février 2019

Cet après-midi, une escorte pénitentiaire de Nanterre a été caillassé par une bande d’individus alors qu’elle était en mission d’extraction vers l’hôpital.
Par chance, aucun agent n’a été blessé. Cependant ils ont été très choqué de cette attaque.
Le message est clair, les surveillants pénitentiaires sont des cibles, et plus rien n’arrête ces individus sans foi ni loi. [ça, c’est notre rêve ! NdAtt.]

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Fréjus : Pour affronter les flics, même les palmiers partent en feu !

Var Matin / dimanche 11 février 2019

Après les deux incendies successifs du centre social qui ont eu lieu au cours des dernières semaines, c’est un nouvel épisode de tensions qui s’est joué ce dimanche soir, vers 23h30, dans le quartier de la Gabelle, à Fréjus.
La police repère alors des départs d’incendies simultanés à divers endroits du secteur. Poubelles, palmiers où encore scooter : au moins cinq brasiers sont déclenchés. Ces derniers, placés en travers des artères principales, rendent difficile l’accès de la zone aux forces de l’ordre. Une scène de violences survient alors : une vingtaine de personnes affronte une vingtaine d’agents des forces de l’ordre. Les premiers jetant divers projectiles tel des pierres. Les seconds répondant à l’aide de leurs lanceurs de balle de défense (LBD). Se dispersant, ré-incendiant derechef avant de prendre de nouveau la fuite, la police n’a pas pu interpeller de malfaiteurs à la suite de ce jeu du chat et de la souris qui aura duré une heure et demie.
Une caméra de vidéosurveillance stratégique, placée au centre du quartier afin d’enrayer le trafic de stupéfiant, a été la cible des forcenés. Les enquêteurs envisagent la possibilité qu’elle ait été la cible principale de ces multiples dégradations. Si bien que la police nationale invite les résidents agacés par ces incivilités à témoigner anonymement au commissariat.

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Rezé : Face aux petits voyou en bleu qui défendent la loi des riches

extraits de France Bleu / mardi 12 février 2019

Incivilités, vandalisme, policiers caillassés. Ces incidents empoisonnent le quotidien des 4.000 habitants du quartier du Château, à Rezé près de Nantes. Mairie et forces de l’ordre essayent de pacifier la zone. Sur la place François Mitterrand, les vestiges d’un acte de vandalisme : trace d’incendie sur le bitume, poteau de caméra de vidéo-protection scié […].
Ici le taux de chômage est de 21%.  Plus d’une personne sur cinq ne travaille pas. 35% de la population vit sous le seuil de pauvreté […]. Le quartier du Château de Rezé a commencé à se vider il y a plusieurs années : de 99 à 2010 sa population a baissé de 10%.
Au Château de Rezé la liste des faits divers récents est conséquente. Lors des émeutes de l’été dernier, la pharmacie de la place François Mitterrand a été incendiée. […].

Depuis 2017 une équipe de médiateurs de proximité sillonne le quartier. Les après-midi, le soir, pendant les vacances scolaires,  ils vont au contact des jeunes. Cela n’empêche pas les guet-apens comme celui organisé le 20 janvier dernier, un dimanche, par une douzaine de personnes encagoulées contre un livreur de pizzas . Un fait divers qui s’ajoute à celui de la veille, quand le bureau de tabac de la rue du Château est victime d’un braquage éclair : en deux ans c’est la troisième fois en pleine journée.
Il y a aussi des plots en béton installés sur la place principale du quartier pour éviter les rodéos. En vain. En voulant interpeller l’un de ces pilotes qui circulait sans casque et à vive allure le 23 janvier dernier les motards de la police ont été caillassés par rien moins qu’une vingtaine d’individus.

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Les Mureaux (Yvelines) : Face aux flics, il ne se laisse pas faire

Le Parisien / jeudi 14 février 2019

Un adolescent de 16 ans a été interpellé, mercredi soir, au Mureaux, après avoir foncé sur un policier au guidon d’un scooter. Il est un peu plus de 20 heures, quand les forces de l’ordre interviennent avenue de la République pour déloger un groupe qui squatte les caves d’un immeuble. Lorsque les fonctionnaires arrivent, les ados prennent la fuite. L’un d’eux, encagoulé, monte sur un scooter et refuse d’obéir aux injonctions des forces de l’ordre. Pire : il fonce sur un policier et s’échappe. Finalement rattrapé, il abandonne son engin, qui s’est avéré avoir été volé dans l’après-midi à Meulan, avant de prendre la fuite à pied. Il sera finalement stoppé non sans résister, blessant un policier au visage d’un coup de coude. Ce dernier s’est vu prescrire un arrêt de travail de dix jours.

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Pierre-Bénite (Métropole de Lyon) : Jamais trop jeunes pour caillasser les flics

Radio Scoop / lundi 4 février 2019

Un équipage de police a été la cible de jets de pierre et de menaces de mort, le 30 janvier, à Pierre-Bénite, dans la Métropole de Lyon. La scène s’est déroulée mercredi soir, à 20h45, avenue de Haute-Roche, à Pierre-Bénite, dans la banlieue sud de Lyon.
Les policiers, intervenus pour une affaire de moto volée, ont été la cible de jets de pierre, depuis le toit d’un immeuble. La lunette arrière de leur voiture a été brisée, et le pare-brise a été endommagé.
Cinq suspects ont été arrêtés : un Pierre-Bénitain de 17 ans (12 antécédents judicaires), un Pierre-Bénitain de 15 ans, un Oullinois de 14 ans (2 AJ), un mineur SDF de 15 ans (50 antécédents judiciaires) et un Fidésien de 14 ans (2 AJ). Le premier Pierre-Bénitain, reconnu par les policiers, a été interpellé en bas de l’immeuble, et aurait menacé de mort l’un des policiers. Les 4 autres ont été interpellés sur le toit de l’immeuble.
Deux d’entre eux ont nié les faits. Les 3 autres les ont reconnus partiellement. Quatre ont été présentés au parquet vendredi. Poursuivis pour violences volontaires avec arme sur agent de la force publique et dégradations de biens publics, ils ont été laissés libres, mais une information judiciaire est ouverte. Le mineur SDF, très défavorablement connu de la justice, n’a pas pu être incriminé dans cette affaire, les faits étant « insuffisamment caractérisés » selon la police. Mais il a tout de même été écroué, dans le cadre d’une autre procédure.

Turin (Italie) : Les arrêtés de samedi relâchés (et quelques actions en solidarité) – MAJ 16/02

Publié le 2019-02-16 08:50:08

résumé de Macerie / mercredi 13 février 2019

Les 11 personnes arrêtées lors de la manif de samedi 9 ont été relâchées sous contrôle judiciaire.  Elles devront pointer une fois par jour dans le commissariat le plus proche de leur domicile. Le seul chef d’accusation retenu à leur encontre est « rébellion », pour la résistance au moment de leurs arrestations.

Restent donc en taule les personnes accusées d' »association subversive ». Pour leur écrire :

Au consulat italien de Patras, en Grèce

Rizzo Antonio
Salvato Lorenzo
Ruggeri Silvia
Volpacchio Giada
Blasi Niccolò
De Salvatore Giuseppe

C.C. Lorusso e Cutugno
Via Maria Adelaide Aglietta, 35
10149 – Torino (Italie)

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Milan : Une banque perd ses vitres en solidarité

Round Robin / vendredi 15 février 2019

Hier nuit, on a brisé à coups de marteaux le DAB et les vitrines de la banque Intesa-San Paolo de Via Meda. Sur la porte, le tag : « Liberté pour les compagnons arrêtés à Turin ».

On a choisi Intesa-San Paolo parce qu’elle est un des plus importants responsables de la gentrification du quartier Aurora [le quartier de Turin où se trouve l’Asilo; NdAtt.], responsable par conséquent de l’expulsion de l’Asilo et, d’une certaine façon, de l’arrestation des compagnons.

Liberté pour tous, liberté pour toutes.

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Thessalonique (Grèce) : Action en solidarité avec les compas de Turin

Round Robin / jeudi 14 février 2019

Samedi 9 février, on a attaqué la Chambre de commerce Italo-Grecque de Thessalonique, en laissant un engin explosif devant son entrée principale; cette action a été cachée par les médias.
Cette attaque est une réponse à la répression exercée par l’État italien, dont le dernier exemple est l’opération d’expulsion de l’Asilo Occupato à Turin.

Au petit matin du jeudi 7 février, ce squat a été expulsé et six personnes ont été arrêtées, inculpées d’association subversive.
Ce squat était ouvert depuis 24 ans et était un repère pour les actions qui ont lieu sans arrêt contre les Centres de Rétention Administrative, contre les expulsions locatives et contre la gentrification du quartier. Ce coup répressif arrive après une escalade de poursuites qui ont frappé les anarchistes de Turin ces dernière années, avec des arrestations, des interdiction ou des obligations de séjour et bien d’autre.

Notre attaque est un geste de solidarité avec les compagnons de Turin, qui continuent à lutter.
C’est aussi un geste de solidarité envers Spyros Christodoulou, qui est en grève de la faim depuis le 14 janvier. Tien bon, Spyros !

Créons des liens de solidarité à travers les frontières qui nous divisent !
Pour un monde sans prison, solidarité avec l’Asilo Occupato !
Liberté pour les six inculpés.
Liberté pour Battisti, mort à l’État !
Liberté pour les prisonniers des opérations Scripta Manent et Panico !
Pour l’anarchie !

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Patras (Grèce) : Le consulat redécoré en solidarité

Act for Freedom Now ! / vendredi 15 février 2019

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Mise à jour de samedi 16 février – Venise : un DAB attaqué

Round Robin / samedi 16 février 2019

Probablement, le matin du 12 février quelque bourgeois ou touriste s’est trouvé décontenancé et indigné à cause du fait qu’il ne pouvait plus retirer de l’argent à la banque Unicredit de San Pantalon, à Venise. « Terroriste est l’État ! Solidarité avec les arrêté.e.s de Turin ! »
Les forces du M.A.L. ont encore frappé… dans le silence assourdissant des journaux de merde, contre la ville-vitrine, brisons-la ! Liberté pour tout.e.s !

 

La prison isole ... Rassemblons nous !

Publié le 2019-02-16 08:50:10

Depuis mi-novembre, une trentaine de personnes ont été incarcérées dans le cadre du mouvement des gilets jaunes à Toulouse et environ 200 à l’échelle nationale. Ces peines oscillent entre 1 mois et 2 ans de prison ferme.
Rassemblons-nous devant Seysses pour manifester notre rage et notre solidarité le 21 février 18h à la prison de Seysses ( RDV parking de la prison seysses)



Depuis mi-novembre, une trentaine de personnes ont été incarcérées dans le cadre du mouvement des gilets jaunes à Toulouse et environ 200 à l’échelle nationale. Ces peines oscillent entre 1 mois et 2 ans de prison ferme.
Comme si l’enfermement ne suffisait pas, l’institution pénitentiaire punit et isole encore plus les détenus en faisant galérer leurs proches à obtenir des parloirs, en limitant leurs nombre, et en faisant traîner les procédures.
Tout cela contribue à une logique punitive, à casser les liens entre l’intérieur et l’extérieur de la taule et à isoler toujours plus les détenues.
A travers ces personnes, c’est le mouvement dans son ensemble qui est touché : l’Etat utilise la répression pour casser une contestation qui malgré cela ne dégrossi pas semaine après semaine….
Nous devons continuer à montrer notre solidarité partout : dans la rue, devant les tribunaux, les prisons… Et pas seulement avec les gilets jaunes, mais aussi avec tous les détenus.
Car la répression est toujours politique, elle cherche à briser des vie, faire taire des révoltées, écraser encore plus les pauvres et les opprimés et nous devons continuer à lutter contre toutes les formes d’enfermement !

LIBERTE POUR TOUTES, AVEC OU SANS GILETS !

Rassemblons-nous devant Seysse pour manifester notre rage et notre solidarité
le 21 février 18h à la prison de seysses ( RDV parking de la prison seysses)
point covoit’ : 17h parking du Quick de Basso Cambo

Pour diffuser les affiches :

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Je n’ai jamais tenté de vous tuer - Retour sur l'affaire de la Caravane

Publié le 2019-02-16 08:52:04

Le procès du Maréchal des logis-chef Vilamanya du Psig de Gaillac pour avoir blessé volontairement une zadiste du Testet qui occupait une caravane avec ses camarades en octobre 2014 a eu lieu le 8 janvier au TGI de Toulouse. Après 7h d’audience, le tribunal delibère en 15 minutes. Le gendarme est jugé coupable de violence volontaire, cependant le juge ne suivra pas les requisitions du procureur et le condamnera seulement à 6 mois de prison avec sursis, 6 mois de suspension de port d’arme et 1000€ d’amende. Bien peu en comparaison avec les condamnations qui pleuvent dans la salle d’à côté où se suivent les comparutions immédiates des militants gilets jaunes qui ont participé aux dernières manifestations.



Devant les grilles du tribunal les flics sont tendus, ils refusent de laisser rentrer les proches de E., méprisent les temoins,... la salle est pleine, 2 ou 3 rangs de gendarmes. Dehors, malgré le froid, il y a la chorale, les crêpes, la banderole et l’infokiosque, les soutiens suivent le procès grâce à celleux qui relaient en direct depuis l’interieur. On peut lire le suivi sur Iaata ici

Le gendarme à la barre fait vraiment pitié, la tête enfoncée, les yeux fixés au sol, il bafouille, il cherche du regard la victime pour demander pardon alors qu’à tout les stades de l’instruction où il a été entendu (par 3 fois) il ne reconnaissait même pas les faits.

Du coté de la partie civile il y a 4 temoins qui permettront de rappeler à la fois le contexte de la ZAD du Testet et de la violente réponse de l’État face à la contestation du projet de barrage inutile mais aussi que les armes de la police mutilent et blessent pour réprimer les mouvements sociaux. Nous reclamons le desarmement de la police !

Le texte qui suit aurait dû être lu en entier par E. mais les juges et procureur s’énervent : « Ce n’est pas une tribune politique ! » crient-ils pour lui couper la parole. Or ce procès est politique, par ce que la repression à Sivens était politique, par ce que l’utilisation des armes par la police est politique, par ce que la complicité de la justice avec la police est politique.

Mais cette condamnation ne suffit pas, c’est l’État qu’il s’agira de condamner pour le maintien de l’ordre ubuesque qui a aboutit à cette blessure et à la mort de Remi Fraisse.

Et puis il s’agissait de ne pas se contenter d’un sermon, il s’agissait de se redonner de la force et de se soutenir, d’inventer des outils, de partager des savoirs et de rester unis, mais aussi de transmettre ce que nous avons appris de cette lutte.

Suite aux discussions qui ont eu lieu autour du procès un groupe de Soin et de Soutien à vu le jour pour travailler sur le soutien collectif face à la repression violente que connait le milieux militant.
Un film vient d’être publié pour raconter un peu ce qui se vivait sur la ZAD du Testet. Il est visible par ici !

« Malgré les quatre années que j’ai passé à ruminer mes mots pour savoir ce que j’allais pouvoir vous raconter de mon malheur dans ce tribunal, j’ai décidé de ne pas livrer en pâture mes états de souffrances les plus intimes. La douleur, la culpabilité, l’angoisse et la colère qui m’ont habité m’ont assez pourri la vie comme ça. M. Vilamanya vous en êtes grandement responsable, mais il y aussi M. Carcenac, M. Gentilhomme, et toute la ribambelle de technocrates éhontées qui ont œuvré pour défendre le barrage de Sivens. Mon histoire si je dois la raconter ce n’est pas pour tenter de faire pitié a un juge ou un procureur, mais pour remercier celles et ceux qui me soutiennent et qui m’entourent de leur solidarité.

Par ce que ce que ce qui m’importe davantage, c’est que, vous qui jugez, vous compreniez les combats dans lesquels je me suis engagé et ceux que je poursuis aujourd’hui. Car vous avez beaucoup trop tendance à condamner mes camarades sans connaître leurs histoires mais simplement en vous basant sur une image floue des idées que vous leur attribuez.

Cet homme en tenue militaire qui m’a blessé représente a lui seul un bon paquet d’oppressions contre lesquelles mes amies et moi luttons. Je vous rappelle que les oppressions sont sources de la souffrance de la plupart des habitantes de ce bas monde, pour les oppresseurs la souffrance est un signe de faiblesse. Je sais que par ce qu’il profite au quotidien des privilèges de sa domination il ne se laissera pas déstabiliser par une femme sans avenir comme moi, que ce soit par ma sensibilité ou par ma force. Mais tout de même, je veux que M. Vilamanya et ses compagnons des forces de l’ordre sachent qu’ils représentent beaucoup de ce que je déteste dans ce monde et je crois que c’est réciproque. Ce qui n’est pas réciproque en revanche c’est notre façon de le faire savoir : je n’ai jamais tenté de vous tuer.

En tout cas sachez que je suis bien vivante et que cette attaque après m’avoir fait sombrer ne m’a rendue que plus forte.

Forces de l’ordre, votre autorité est relative à la dangerosité de vos armes, j’aime trop ma vie pour vous la donner, je pleure ceux que vous avez tués, je ne me laisserai pas terroriser par vos uniformes.

Vous êtes nombreux, gendarmes qui avaient défendu les intérêts d’une entreprise vicieuse et d’un conseil général borné dans la forêt de Sivens. La stratégie de déshumanisation que vous avez mis en place en nous considérant au choix comme des parasites ou des terroristes, vous permettait de ne pas vous interroger sur le sens de votre travail et de votre présence dans cette forêt : il fallait simplement éliminer cette pourriture zadiste. Nul besoin donc de questionner le bien fondé d’une mission de maintien de l’ordre pour garantir l’avancée de travaux controversés. Les auditions des gendarmes présents le 7 octobre m’ont permis de constater que cette mission ne vous a pas laissé indemne, « c’était la guerre » et peut être vous auriez préféré ne pas la faire.

Comment se peut-il que des militaires formés et entraînés aux affrontements et à la guerre soient si effrayés par des idéalistes non violents qui se défendaient par des jets de cailloux et d’artifices artisanaux ? David contre Goliath, le mythe en vrai ?

Peut-être aviez-vous tout de même quelques doutes sur le bien fondé de votre mission ? Ou était-ce par ce que vous constatiez notre détermination malgré la disproportion des dispositifs ? Ou bien par ce que vos cibles ressemblaient plus à vos proches que ce qu’on voulait vous faire croire ?

Sur le terrain c’est vous qui avez gagné, la forêt et toute la vie qui remplissait sa zone humide ont été détruites à jamais, vous nous avez fait reculer, vous nous avez blessé, humilié et traumatisé sans compter, vous avez même tué un homme… et maintenant il vous reste quoi ? La fierté du travail bien fait ?

L’armée utilise des armes qui blessent et qui tuent, la justice punit et enferme, tout cela au service des gouvernements qui étouffent dans un silence éblouissant celleux qui se dressent face aux incohérences, a l’aberration, aux oppressions et a la destruction. Et tout va bien dans le meilleur des mondes. »

Témoignage de TIG & perspectives collectives

Publié le 2019-02-16 08:53:04

Récit d’une condamnation pénale à des heures de Travail d’Intérêt Général (TIG), par la justice, pour donner des billes à celleux qui y seraient confrontées. Au-delà du retour d’expérience, ce texte lance aussi un appel à réflexion collective sur les TIG pouvant mener à une organisation concrète, en faveur des copaines condamnées.



Contrairement au contrôle d’identité, à la vérif d’identité, la garde à vue, au procès,… je n’ai trouvé aucune information papier ou internet m’informant sur ce qu’étaient concrètement les TIG (condamnation à des heures de Travail d’Intérêt Général), si je les accepte ou pas, à quoi m’attendre lors de mon rendez-vous SPIP [1] pour en décider. En cherchant les mots-clefs « TIG » sur les principaux mutu [2], on ne trouve que les compte-rendus de procès publiés, sans savoir comment se déroule la suite – et quelques articles sur la dénonciation du processus judiciaire et carcéral, évoquant brièvement les TIG entre autres condamnations pénales. Les informations, peu précises et parfois erronées, passaient surtout en informel. De ce fait, j’ai ressenti le besoin de communiquer mon témoignage sur les TIG, du choix de les accepter à mon procès, au rendez-vous SPIP pour les définir (dates, mission) jusqu’à leur réalisation.
J’espère que ce témoignage pourra donner des billes pour l’acceptation ou le refus des TIG au tribunal, au-delà du fait d’accepter de travailler gratuitement « pour payer sa dette à la société » comme condamnation. Du coup, d’autres témoignages et analyses sur les TIG sont carrément les bienvenues pour compléter et/ou critiquer ce texte.
Au-delà du retour d’expérience individuelle, ce texte lance aussi un appel à réflexion collective sur les TIG pouvant mener à une organisation concrète, en faveur des copaines condamnées ayant accepté les TIG.

Pour commencer, c’est quoi les TIG ?

Pour reprendre Face à la Police, Face à la Justice [3], Le Travail d’Intérêt Général (TIG) « est un travail (non-rémunéré) qui est censé, selon les parlementaires, « ajouter aux vertus dissuasives de la peine les effets socialisants du travail » : nettoyer des graffitis, jardiner, faire le larbin dans une administration… Les TIG doivent être effectuées dans un délai fixé par le tribunal et qui ne peut dépasser dix-huit mois.
La durée des TIG, fixée par le tribunal, est comprise entre vingt et deux cent quatre-vingt heures. Le type de travail, le lieu et l’emploi du temps des TIG sont décidés par lae JAP (art.R131-23 du CP) au sein d’une association agréée, d’un établissement public ou d’une collectivité. Si lae condamné.e a déjà un emploi, son temps de travail hebdomadaire en comptant les TIG ne peut excéder de douze heures la durée légale du travail (art.R131-25 du CP).
Avant de rendre le jugement, lae juge doit demander à la/au prévenu.e s’iel accepte des TIG. Si lae prévenu.e refuse ou est absent.e à l’audience, iel ne peut être condamné.e à des TIG (art. 131-8 du CP).
C’est une décision à laquelle il est préférable de réfléchir à l’avance. Refuser les TIG ne veut pas forcément dire aller en prison : souvent, mais pas toujours, lae prévenu.e sans antécédents judiciaires qui a refusé les TIG sera condamné.e à du sursis. Cependant, quand on a déjà eu affaire à la police ou à la justice, il peut être préférable de les accepter, même si les TIG équivalent, d’une certaine manière, à reconnaître sa culpabilité. »

Condamnation & choix des TIG

Informations données, enquête de personnalité, et condamnation aux TIG

En fait, après avoir été déferré.e au parquet [4] en sortie de garde-à-vue, et entre un entretien avec l’avocat.e [5] et l’entretien mené (accompagné.e de l’avocat.e) avec lae Juge des Libertés et de la Détention (JLD) pour déterminer si je serais libre ou en taule (détention provisoire) avant ma Comparution Immédiate, j’ai été emmené.e à un.e professionnel.le du SPIP pour déterminer mon type de profil, via l’enquête de personnalité.

Via Face à la police, face à la justice (p.87), on a comme infos qu’
« à la suite du déferrement au parquet après la garde à vue ; la circulaire recommande […] d’effectuer une enquête de personnalité, qui pourra être confiée aux flics, pour déterminer les ressources de la personne, ses charges de famille, etc. : cette requête permet d’évaluer le montant de l’amende ou d’envisager les aménagements de peine que proposera le procureur. »

Alors voilà, après la fatigue de la garde-à-vue et des geôles du tribunal, et après avoir subi tout l’après-midi un chantage selon lequel je passerais sûrement les deux prochaines nuits en taule avant ma comparution immédiate, le réflexe du « Je n’ai rien à déclarer » du comico peut facilement se perdre. Et pourtant, comme son nom l’indique, l’enquête de personnalité va bien plus loin que les éléments d’identité (nom, prénom, date et lieu de naissance) et poursuit le fichage en profondeur : enfance difficile ou pas, nombre de frères et sœurs, leurs âges, âges des parents et professions, études et emplois réalisées, projet professionnel si sans emploi, revenu... Autant de questions qui peuvent se retourner contre toi lors de ton procès (et tes futurs procès !), étayer ta biographie en public au tribunal, réduire les garanties de représentation possibles...
L’enquête tire profit des éléments de personnalité, pour mieux jouer sur la différence de profils entre les individus jugés dans le même contexte. En effet, ces éléments biographiques peuvent catégoriser plus facilement l’ « erreur de parcours » de la bonne personne à remettre dans le droit chemin ou le profil à punir plus sévèrement. De ce fait, l’enquête peut jouer sur la division dans une défense collective.
Pour toutes ces raisons, il est important de refuser de déclarer ces informations lorsqu’elles te sont demandées, même si elles permettent « faussement » de peser sur les conditions de ta détention avant ton procès (liberté, nuit en taule, contrôle judiciaire,..), car les informations lâchées alimentent ton dossier judiciaire et peuvent, à terme, te diriger vers des sanctions « moralisantes » telles que le stage de citoyenneté, les TIG, visant l’inclusion aux bonnes normes de la société (l’emploi,..). Autant laisser le moins d’infos sur toi, ça fait chier la justice.
Autre info à savoir sur l’enquête de personnalité : les éléments « psychologiques » ou liés à la consommation de drogues peuvent également servir à te mettre des obligations de soin, c’est-à-dire des rendez-vous chez un médecin.

La décision sur le fait d’accepter ou non les TIG avant le délibéré de ton procès ne permet pas de savoir si en cas de refus, les TIG seraient remplacées par la relaxe, une amende, du sursis, du ferme – il dépend évidemment du contexte et des chefs d’inculpation. En fait, on peut supposer que les TIG, machine à travail gratuit de la Justice, peuvent être données aux profils sans emploi, afin de les « occuper » et de participer à un processus de non-exclusion de la société. Dans certains cas, on peut supposer que le refus des TIG peut donner lieu à la relaxe, alors que l’acceptation mènerait à une peine de TIG pour « remettre sur la bonne voie ».
Afin de « rentabiliser l’arrestation à tout prix et donner des gages à l’institution policière », il faut que la « violence policière, industrielle soit systématiquement traduite en peines de prison, en amende, en TIG ou autres stages de citoyenneté. » [6] L’industrie de l’arrestation et de la condamnation à laquelle se mêle le couple police-justice mène à un véritable Pôle Emploi des TIG, qui, en parallèle du développement de la surveillance électronique, étend toujours plus la prison dans la société [7].

Entre la condamnation et la convocation SPIP

Environ 6 mois après ma condamnation au tribunal, j’ai reçu une convocation au SPIP par courrier, à l’adresse donnée au Juge des Libertés et de la Détention (JLD) – dans mon cas, il n’était pas nécessaire de se rendre au BEX (Bureau d’Exécution des Peines), encore moins le plus vite possible, comme il m’avait été demandé lors de mon délibéré.
Avant ce rendez-vous, et par manque d’informations, j’avais peur de me faire avoir par les structures qui profiteraient de ma condamnation, des missions à effectuer, de ne pas avoir de marge de manœuvre dans le choix. Quitte à faire un travail gratuit, je voulais a minima réaliser ces heures dans la structure qui me conviendrait le plus pour que le temps passe rapidement, que l’expérience m’apporte des compétences / connaissances qui soient utiles dans un avenir proche (bricolage, jardinage, media...), bref que je n’ai ni l’impression d’être en train de purger ma peine, ni celle de travailler gratos pour une structure qui profite de ce genre de statut.
Mais en réalité, ayant pris contact avec plusieurs copaines de Toulouse et d’ailleurs (comme j’aurais pu faire facilement mes TIG dans d’autres villes, il suffisait simplement que je fasse un déménagement administratif), il m’a été difficile de savoir quelles asso étaient conventionnées avec le ministère de la Justice pour y réaliser des TIG. Dans quelques villes, des copaines m’ont listé des asso sympas, qui collaient à peu près avec mes envies, que je devais ensuite contacter pour demander si elles étaient conventionnées. Pour certaines c’était non, d’autres ne répondaient pas à mes mails, et deux-trois asso copaines étaient intéressées de se conventionner et me demandaient en retour la procédure, mais je n’ai fait que les diriger vers le SPIP de leur ville – celui-ci ne me délivrant aucune information sur le conventionnement.
Il m’était impossible, aussi, d’obtenir la liste des structures où je pourrais réaliser mes TIG directement auprès du SPIP, avant ma convocation. Pour la justice, je devais garder cette posture passive de condamné.e qui attend sagement son rendez-vous et fait le « choix » de sa structure en deux minutes, le jour de la convoc – bref, ne pas prendre les devants de ce rendez-vous ni me renseigner par anticipation.
Enfin, j’avais contacté la CAJ [8], la caisse d’autodefense juridique de Toulouse, afin d’avoir des infos sur le rdv SPIP que je pourrais avoir, les structures connues qui me seraient proposées – toujours dans l’optique d’avoir un maximum d’infos en amont pour avoir plus de choix et limiter le poids ressenti de ma condamnation. Mais à nouveau, les informations communiquées par la CAJ n’étaient pas à jour.

Si tu connais une asso chouette qui est conventionnée pour les TIG, où il est possible de passer ses heures à apprendre / réaliser autre chose que repeindre des murs de graff ou bosser comme travailleureuse non-rémunéré.e qui remplace un.e salarié.e, fais-le savoir ! L’info peut passer via les legal team, les collectifs qui touchent l’autodéfense juridique, l’antirep, et toujours, les condamné.e.s aux TIG, elleux-mêmes. Que ces infos quittent l’informel arbitraire, les structures conventionnées et les seules conseillères SPIP. Et sinon, n’hésite pas à faire les démarches pour conventionner ton asso si elle peut se justifier d’ « intérêt général » pour rendre moins pénibles les TIG des copaines, et passe l’info autour de toi !
Dans mon cas, même pendant mes TIG, où j’expliquais aux copaines ce que je faisais à ce moment-là, on me proposait encore d’autres asso conventionnées TIG où il aurait été sympa que j’aille – et ces asso ne m’avaient pas été proposées lors de mon rendez-vous SPIP. Autant dire qu’il ne faut pas trop attendre sur le SPIP pour avoir le choix de ta structure.

Convocation SPIP

Du coup, comment s’est passé mon entretien SPIP et quelles structures m’ont été proposées ? Seule personne assignée meuf dans la salle d’attente, après avoir ressenti la froideur de la personne de l’accueil pouvant évoquer les conditions carcérales, feuilleté les magasines d’automobile, dans le même registre, on m’a automatiquement appelé.e « Monsieur » avant de rectifier le tir en me voyant arriver.
Sur le fond, l’entretien cerne les questions de mes ressources financières, si je travaille ou pas, mes disponibilités, si j’ai le permis de conduire et mes possibilités de déplacements, ma domiciliation, avant de juger l’ensemble de mes réponses par « Est-ce que vous êtes heureuse dans votre vie ? ». Pour cibler les missions qu’on pourrait me donner, on n’oublie pas de me demander mon niveau d’études et mes expériences professionnelles, avant de réduire, il était temps, par la question plus concrète que toutes les cases sociales : « Qu’est-ce que vous faites / aimez faire, dans la vie ? ». C’est bon, t’as assez cerné qui je suis ? On peut passer aux structures où j’peux passer mes heures, maintenant ?
Je comprends que je suis orienté.e arbitrairement par lae conseiller.e SPIP selon mon profil, comme je l’aurais été à Pôle Emploi, et qu’on ne me présentera pas une liste des structures / missions dans lesquelles je pourrais entièrement choisir où effectuer ma peine : on décide presque pour moi où je passerai mes heures. D’où l’importance de savoir d’avance dans quelles asso copaines / chouettes il est possible de faire ses TIG pour avoir quelques billes sur l’entretien et ne pas dépendre entièrement des infos du / de la conseiller.e SPIP – même si, globalement, on peut supposer que c’est ellui qui aura le dernier mot.
Dans mon cas, mon profil m’orientait ainsi : « Bon, vous avez peu de possibilités, on a surtout des postes masculins pour les TIG », sous-entendu de la manutention (nettoyer les rues dans le service voirie, nettoyer les véhicules de Tisseo [9], maintenance du bâtiment vétuste d’un centre d’hébergement d’urgence, ménage d’une cité universitaire au centre ville,..). Les personnes catégorisées meufs, comme moi, sont quant à elles dirigées vers des missions dans le social : on me propose directement les Restos du Cœur, la Croix Rouge (accueil SDF, distribution, écoute), la banque alimentaire, un centre d’hébergement d’urgence (préparation à l’installation des repas), distribution de colis repas aux personnes en difficulté pour une asso (la mission comprenant une collecte en supermarché).
Il aura fallu insister et inventer des arguments bidons de refus pour avoir accès à d’autres missions. On propose également de l’animation et de l’accompagnement scolaire pour les 6-12 ans via une régie de quartier, ou encore faire l’accueil de 9h à 12h et de 14h à 18h dans un Centre Socio Culturel – autrement dit, faire le taf d’un.e salarié.e. J’ai aussi dû nommer deux asso : une radio associative et militante pour entendre qu’il n’est plus possible d’y faire ses TIG (contrat terminé), et une asso de réparation de vélo, dans laquelle il n’est pas non plus possible d’aller, car ce travail est réservé uniquement aux condamné.e.s à 35h maximum de TIG [10], les plus petits délits, en somme.
Il me sera demandé de faire le « choix » rapidement entre ces propositions données de mémoire par lae conseiller.e SPIP, entre plusieurs structures, temps pleins et temps partiels, et différentes localisations dans la ville. Le choix de l’asso doit être vite bouclé, les dates de missions posées, et le rendez-vous de « présentation à la structure » arrêté. Dossier suivant.

Le statut de TIG

Se retrouver à faire du travail gratuit pour la justice dans une structure agréée, ça a pour conséquences une belle confusion entre les différents statuts de travailleureuses, que ce soit lae salarié.e (que l’on complète – remplace), le service civique (autre statut fourre-tout, pour sa part mal payé), le bénévole (qui choisit son travail gratuit), le stagiaire (qui travaille gratuitement aussi, dans le cadre de ses études), etc. Un simple statut professionnel et on en oublie que les TIG sont une condamnation pénale.
À titre d’exemple, lae conseiller.e SPIP qui se croit tout permis et décide que je fasse les TIG pendant 10 jours sans fractionnement (sans journée de repos), car « comme ça, vous serez tranquille, ce sera fini plus vite », et à mon besoin de faire une pause au milieu, de me répondre « vous êtes jeune, vous êtes en forme, non ? ». De m’imposer ça, sans prendre en compte mon opposition, avant de s’apercevoir que ce n’est pas légal.

Lors du rendez-vous de présentation de la structure avec lae directeurice, dans le discours, nous sommes appelées « candidat.e.s » afin de « compléter et renforcer les salarié.e.s dans leurs tâches ». En effet, il nous est dit que cette structure pourrait très bien tourner sans les personnes y faisant des TIG, que nous ne remplaçons en aucun cas les salarié.e.s, « contrairement à d’autres prestataires » (dixit lae conseiller.e SPIP). Les tâches à réaliser étant celles qui sont moins quotidiennes (ménage, etc), cela permettrait d’alléger les salarié.e.s qui n’ont pas toujours le temps de les faire.
Dans les faits, il était clairement soulageant que je sois là à réaliser les tâches quotidiennes, d’autant plus que des salarié.e.s n’étaient pas toujours à leur poste (arrêt maladie, grève d’une partie du personnel). En fait, du point de vue de structures (les Restos du Coeur, la Croix Rouge, la Banque Alimentaire...), on remarque que les TIG sont surtout là pour renforcer les effectifs, là où l’État ne donne pas assez de moyens financiers, aux côtés des services civiques, stagiaires et appels à bénévoles. Lae directeurice de la structure fera aussi un beau lapsus en disant de nous, « candidat.e.s » au poste, que nous étions service civique, et non pas en TIG. Ça en dit long sur les statuts fourre-tout qui servent ces structures. Et c’est principalement vers ces structures où l’État met peut de moyens que lae conseiller.e SPIP va t’orienter, étant au courant des besoins « humains » de ces structures, et jouant le jeu de l’État, afin que lae condamné.e « paie sa dette à la société ».

En guise de conclusion

Je n’irai pas plus loin sur l’expérience TIG en tant que telle parce qu’il n’y a pas de réel intérêt à la relater. Ce témoignage avait ainsi pour but d’éclairer sur ce que sont les TIG, à partir de mon expérience personnelle, avec les limites qu’elle comporte (ressenti subjectif, profil et assignation vis-à-vis de mes interlocuteurices, personnels rencontrés ayant influé sur ce non-choix, etc). D’avoir échangé avec plusieurs personnes ayant également été condamnées à des TIG, les expériences ont été très différentes : plusieurs rendez-vous SPIP jusqu’à trouver la structure qui convienne le mieux, lae conseiller.e SPIP plus conciliant.e donnant plus de choix dans les TIG (maraîchage, etc), les TIG qui n’ont pas été réalisées jusqu’au bout,.. Mais à mon sens, laisser une large part de ce choix dans les mains de la/du conseiller.e SPIP concernant le cadre où seront réalisées plusieurs dizaines d’heures de condamnation a quelque chose de déroutant, et, il me paraît ainsi pertinent de réfléchir collectivement à des stratégies TIG (recensement de structures, conventionnement d’asso de copaines, retours d’expériences) afin de ne pas laisser lae condamné.e seul.e dans la réalisation de cette peine.



Notes

[1Le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) est un service déconcentré de l’administration pénitentiaire dans chaque département. C’est lui qui assure le contrôle et le suivi des peines exécutées.

[2Liste des mutu sur : http://mutu.mediaslibres.org

[3Face à la police, face à la justice – Guide d’autodéfense juridique, Collectif CADECOL, Elie Escondida et Dante Timélos, 2ème éd. (2016) ; p.119

[4Après la garde à vue, on peut être déféré.e au parquet, c’est-à-dire présenté.e devant lae procureur.e.

[5Pour anonymiser un peu le truc, les professionnel.le.s que j’ai rencontré.e.s sont genrées neutre.

[9Tisseo : réseau de transports en commun à Toulouse et son agglomération

[10La raison donnée par lae conseiller.e SPIP étant que l’asso est sur-demandée par des bénévoles, TIG et services civiques, et qu’il n’est donc pas possible d’y rester plus de 35h en TIG.

Avranches (50): expulsion express d’un squat ouvert par des Gilets jaunes

Publié le 2019-02-16 08:53:06

Avranches (50): expulsion express d’un squat ouvert par des Gilets jaunes

Mercredi 13 février 2019, les Gilets jaunes d’Avranches (Manche) ont squatté une maison abandonnée de Saint-Senier-sous-Avranches, propriété de l’Etat, pour en faire un lieu d’auto-organisation.

Installés sur le rond-point de Moncreton, à Avranches, pendant un peu plus d’une semaine lors du lancement du mouvement le samedi 17 novembre 2018, avant d’en être expulsés par les gendarmes le lundi 26 novembre 2018, les Gilets jaunes d’Avranches avaient ensuite monté un campement à Ponts, sur un terrain privé situé derrière les établissements Leroy. Fait de palettes et de bâches, il devenait difficile, avec le froid et les intempéries, d’y passer du temps et d’y dormir, ce que faisaient les Gilets jaunes.

Depuis quelques semaines, les Gilets jaunes cherchaient un meilleur endroit pour se poser et s’organiser. Et quoi de mieux que cette belle maison abandonnée, à Saint-Senier, près d’Avranches, propriété de l’Etat.

Située au 6 rue des Chevaliers à Saint-Senier, la maison était abandonnée depuis quinze ans, date des expropriations ordonnées par l’Etat dans le cadre du projet de déviation Est d’Avranches, le prolongement de l’A84 qui n’a jamais vu le jour en raison de son coût. L’achat des terrains, 60 hectares, correspondant à l’emprise de la quatre voies fantôme, avait coûté 1,5 million d’euros à l’Etat.

Dans un communiqué des Gilets jaunes d’Avranches, ont peut lire qu' »à l’heure où l’Etat demande au peuple de faire de gros efforts financiers, nous avons décidé d’investir le 6 rue des Chevaliers (…). Aujourd’hui, à l’abandon, notre venue dans cette bâtisse n’aura aucun impact négatif dans la vie des citoyens des alentours. »

A peine installés, les Gilets jaunes ont reçu la visite des gendarmes, leur expliquant qu’ils devaient partir. Ils ont refusé, arguant que cette décision relevait de la Justice.

Comme souvent dans de tels cas, alors que ça faisait plus de 5 000 jours que le propriétaire se désintéressait de son bien, il a suffi de 2 jours pour qu’il se réveille et fasse expulser en speed les nouveaux occupants. La propriété est sacrée, la nécessité du logement ou de la lutte ça ne compte pas…

Les gendarmes sont en effet intervenus sur ordre de la Préfecture de la Manche dans la matinée du vendredi 15 février 2019 pour expulser les Gilets jaunes. Dans la foulée, les gendarmes, aidés par des employés d’une entreprise de BTP, ont condamné toutes les entrées de la bâtisse avec des parpaings…

Malgré une tentative de résistance des Gilets jaunes, arguant notamment du fait qu' »Ils n’ont pas le droit de nous expulser ainsi. Ils n’ont aucun papier officiel du tribunal pour le faire », selon Benoît, un des Gilets jaunes d’Avranches, l’expulsion a eu lieu. Le même Benoît a ajouté: « nous faire ça la veille de la marche de samedi ! (…) Nous avons toujours été calmes à Avranches, mais en faisant ça, ils jettent de l’huile sur le feu ! »

Samedi 16 février 2019, les Gilets jaunes organisent en effet une marche à Avranches. Le parcours prévu a été modifié en raison du refus de la mairie de valider le circuit au départ du rond-point de Moncreton. Le point de rassemblement est prévu place Carnot à 14h. La manif devrait prendre le boulevard Foch en direction de la place Patton puis descendre la rue de la Constitution jusqu’à la mairie.

Dans tous les cas, la lutte continue !
Contre l’Etat et la propriété privée, solidarité avec les Gilets jaunes !

[Sources: La Manche libre 14 février 2019 et 15 février 2019.]

Expulsion de l’asilo, opération étincelle, la répression n’arrêtera pas les luttes

Publié le 2019-02-16 18:19:04

Si ce n’est pas la première fois, celle-ci est différente des précédentes puisqu’il s’agit cette fois d’expulser le bâtiment occupé depuis 24 ans. Décidé-e-s à résister, les habitant-e-s présent-e-s à l’intérieur réussissent à monter sur le toit de l’ancienne école et à y rester 30 heures, soutenu-e-s par des rassemblements et manifestations de solidarité s’approchant du bâtiment aussi près que le permet l’impressionnant dispositif policier. Une semaine après, le quartier reste lourdement militarisé.

Les flics ne se sont par ailleurs pas présentés les mains vides, mais avec des mandats d’arrêts à l’encontre de sept personnes, six d’entre elles se trouvent actuellement en détention provisoire à la prison de Turin. Elles sont accusées d’« association de malfaiteurs à visée subversive », joker de l’arsenal répressif italien, fréquemment utilisé dans les dernières décennies contre des compagnon-ne-s. D’après les médias, il s’agirait de 21 attaques dans toute l’Italie entre 2015 et 2018 contre des entreprises qui collaborent à la machine à expulser, de la construction à la gestion des CIE/CPR (centres de rétention). Des informations plus précises de la part des compagnon-ne-s de Turin arriveront bientôt. Dès le début de matinée, Chiara Appendino, maire de Turin, s’est félicitée de l’expulsion sur les réseaux sociaux. Son parti, le Mouvement 5 Étoiles, fondé en 2009 a dès ses débuts surfé sur la vague du populisme, se déclarant NoTav, prônant un revenu universel et la participation citoyenne, tout en proposant la fermeture des centres de rétention et l’expulsion immédiate des personnes sans papiers. Aujourd’hui au gouvernement en coalition avec la Ligue du Nord depuis mai dernier, il montre une nouvelle fois son vrai visage : celui des expulsions de sans-papiers, celui du décret Salvini, ramassis de mesures contre l’immigration et sur la sécurité, et enfin celui des expulsions des maisons occupées.

Occupé depuis 1995, l’Asilo est un lieu d’habitation mais surtout un lieu d’organisation pour les luttes qui agitent le quartier et même un peu plus loin : contre les expulsions de logement, contre les centres de rétention et les rafles, contre la taule, la construction du TAV, nombreuses ont été les occasions de s’y rencontrer, de discuter et d’y trouver des complices. Son expulsion, bien loin de mettre fin à ces luttes, a donné lieu à de belles démonstrations de solidarité : derrière la banderole « Ils font la guerre aux pauvres et l’appellent rénovation urbaine », samedi 9 février, une manifestation de plus d’un millier de personnes part du centre de Turin et se dirige vers le quartier de l’Asilo. La manifestation est offensive et déterminée, mais les anti-émeutes bloquent tous les ponts qui séparent le quartier du centre et en interdisent ainsi l’accès. La manif se replie vers un autre quartier et continue son chemin derrière des barricades enflammées. Dans différentes villes d’Italie, en Grèce ou encore au Mexique, des manifestations, rassemblements, banderoles et actions de solidarité se multiplient. En solidarité avec les personnes incarcérées, des rassemblements contre les centres de rétention et des actions contre les collabos de la machine à expulser ont lieu.
« Mais ça ne s’arrête pas là, la manif du 10 février est seulement un début, maintenant c’est le moment de commencer une lutte acharnée, qui, des cendres de cette opération répressive, fera naître une nouvelle fleur »  

Que l’opération l’opération éteincelle allume les feux de la solidarité

Solidarité avec les compagnon-ne-s expulsé-e-s

Solidarité avec les compagnon-ne-s incarcérées

Contre toutes les expulsions

À bas CRAs, à bas la taule

Brétigny-sur-Orge (Essonne) : Quelques ennemis de la République et de la démocratie à l’œuvre

Publié le 2019-02-17 11:38:04

Le Républicain de l’Essonne / samedi 16 février 2019

C’est ce samedi 16 février au matin que Laëtitia Romeiro-Dias, député de la République en Marche, a découvert que sa permanence de Brétigny-sur-Orge avait été vandalisée. Ce n’est pas la première fois que la permanence de la député de la 3e circonscription de l’Essonne, qui va de Brétigny-sur-Orge à Dourdan en passant par Arpajon, est ainsi mise à mal. Cette fois-ci le message affiche la couleur et sa provenance d’une mouvance anarachiste [sic! NdAtt.] de l’extrême-gauche [confusion, tu me tiens… enfin, on ne peut pas prétendre beaucoup plus de la part des journaflics… NdAtt.].

Laëtitia Romeiro-Dias ne se laisse en tout cas pas intimider : « Qu’on ne s’y trompe pas : c’est l’œuvre d’ennemis de la République et de la démocratie. Malgré les menaces et les minables tentatives d’intimidations, je continuerai à porter le changement pour lequel j’ai été légitimement élue », a-t-elle réagi après cette attaque sur Twitter. [avis aux amateurs (ou aux pros du désordre) : cette permanence se trouve au 11 Avenue du Colonel Rozanoff – 91220 Brétigny-sur-Orge; NdAtt.]

Pour écrire à la copaine arrêtée à Bure

Publié le 2019-02-17 11:38:05

Bureburebure.info / vendredi 15 février 2019

Une personne s’est faite interpeller le 3 février et est passée le lendemain, ce lundi, en comparution immédiate. Elle n’a pas donné son identité en garde à vue. Elle a pris 3 mois de prison ferme avec mandat de dépôt (elle est envoyée directement en taule, à Nancy-Maxéville), peine que demandait le procureur.

La personne est d’accord pour qu’on diffuse son numéro d’écrou. Pour lui écrire :

Pierre Robert
n°ecrou : 15816
Centre pénitentiaire Nancy-Maxéville
300 rue de l’Abbé Haltebourg
54320 Maxéville

La copaine parle français et anglais.

Sur anonymat, revendication et reproductibilité des actions

Publié le 2019-02-17 11:39:04

Fenrir, pubblicazione anarchica ecologista, n° 8 / septembre 2017

Je pense qu’il est important de revenir sur la question de l’anonymat ou de l’utilisation de revendications pour les actions, reprendre le fil d’un débat avorté non pas parce que peu intéressant, mais parce qu’il a pris dès le début des tons polémiques et offensants, de la part des partisans des deux positions. Une telle approche n’est nullement utile dans le but d’un débat fructueux, qui devrait avoir comme finalité l’enrichissement de la connaissance de chacun.e à travers le partage d’analyses critiques des différentes réflexions, au lieu de tomber dans une défense statique de sa position en discréditant « l’adversaire », parfois à l’aide de coups bas. Cela tout en gardant toujours à l’esprit que la pensée anarchiste est quelque chose qui n’est jamais figé, quelque chose de subjectif et en perpétuelle évolution ; c’est précisément à travers l’analyse et la confrontation qu’on peut éviter de se fossiliser dans des catégories dogmatiques et des divisions basées sur des simples différences d’approche pouvant tranquillement coexister.

Il convient d’ajouter qu’une approche dogmatique par rapport à cette question n’est même pas représentative de la réalité, puisqu’elle ne tient pas compte du fait que le même individu ou groupe d’action, dans son parcours d’attaque au pouvoir, peut décider, tour à tour ou dans des moments différentes, de revendiquer ou pas ses actions, de les signer ou pas, d’écrire des longs communiqués ou seulement deux lignes, d’utiliser un sigle ou un nom fixe pour sa cellule, d’en inventer un nouveau à chaque fois, tout comme les différents individus peuvent choisir de s’organiser toujours avec les mêmes personnes ou successivement avec des complices différents. La flexibilité et l’imprévisibilité ont toujours été des armes de choix dans l’arsenal anarchiste. Ce sont précisément ces caractéristiques qui compliquent pour l’État la tâche d’effacer complètement la conflictualité anarchiste et ses groupes d’action, du moment que ceux-ci ne se connaissent pas entre eux, souvent n’ont pas une structure fixe et changent dans le temps leur façon d’agir et leur composition. Le fait de créer des divisions tranchées entre les divers courants du mouvement anarchiste, d’un côté celui qui maintiendrait l’utilisation de sigles et revendications et de l’autre côté celui qui serait partisan de l’action anonyme ou de la revendication minimale, au delà de ne pas tenir compte des nuances existantes entre ces deux extrêmes, participe à exacerber les conflits entre anarchistes sur des question secondaires, aidant ainsi la répression dans sa tâche.

Je veux toujours mettre à la base de mon raisonnement le respect de l’autonomie individuelle, présupposé fondamental de l’idée anarchiste et point de référence incontournable pour éviter la reproduction d’attitudes idéologiques et donneuses de jugements. Mon souhait est que l’approfondissement de la question et le débat entre les différentes approches mènent à un enrichissement individuel et à une utilisation plus consciente des instruments que nous avons à notre disposition. Analysons donc quelles sont les implications du choix de revendiquer ou pas ses actions, et de quelle façon, et creusons la question si la revendication puisse être un instrument utile pour renforcer le potentiel d’une action directe.

Le choix de ne pas revendiquer, d’aucune manière, une action directe qu’on a réalisé, de rester donc dans le plus complet « anonymat » (un terme, celui-ci, que je vais continuer à utiliser parce qu’il fait désormais partie du débat, mais que je pense décidément inapproprié, parce qu’il est évident que aussi ceux/celles qui revendiquent leurs actions veulent rester anonymes!) peut dériver de différentes considérations sur l’individu ou le groupe d’affinité. Il peut s’agir d’une considération stratégique, selon laquelle il est préférable de ne pas fournir aux enquêteurs d’éléments en plus, comme ceux qu’ils peuvent déduire d’un communiqué de revendication, surtout si dans un certain territoire la présence anarchiste est petite et/ou particulièrement exposée ou encore si la conflictualité sociale est très faible : laisser planer le doute sur l’origine « politique » ou pas d’une action et sur les raisons qui ont motivé ceux/celles qui l’ont accomplie peut indubitablement servir à confondre les enquêteurs et à essayer de prolonger les hostilités le plus longtemps possible.

Dans d’autres cas, et plus simplement, le choix de ne pas revendiquer une action peut être dicté par le désintérêt envers la volonté de communiquer quoi que ce soit à la société ou aux représentants du pouvoir. Mener une action peut être une réponse à un désir purement égoïste d’auto-libération, un défi lancé à l’autorité par le Moi, qui n’a aucun intérêt à communiquer avec autrui et n’a pas besoin de fournir des explications.

Ces choix sont parfaitement valides et respectables. Même dans ces cas, l’action atteint l’un de ses objectifs primaires, c’est à dire infliger un dégât matériel et psychologique à l’ennemi. Le dégât matériel reste un résultat concret qu’on a obtenu, indépendamment des mots qui accompagnent ou pas l’action. D’un point de vue psychologique, dans certains cas la pression exercée peut même être plus forte si les responsables de l’exploitation qui ont été frappé.e.s ne savent pas précisément qui les a attaqué.e.s, ni pourquoi (même s’ils/elles peuvent facilement le deviner). Dans d’autres cas, au contraire, ce qui fait peur pourrait être précisément la « renommée » des anarchistes ou d’un certain sigle, ou les mots menaçants qui éventuellement accompagnent la revendication d’une action. Ces conséquences varient et il demeure difficile de les prévoir à l’avance et de les évaluer avec certitude.

L’inconvénient évident dans le choix de ne pas revendiquer une action se trouve au niveau de la communication. Si la finalité d’une attaque contre le pouvoir ne consiste pas seulement dans le préjudice matériel et psychologique porté dans l’immédiat, mais aussi dans le fait de montrer la possibilité elle-même de l’attaque contre le pouvoir, ainsi que certaines de ses possibles modalités, il est alors important que les informations à propos de ces attaques se diffusent le plus possible. On sait bien que les médias ont parfois la tendance à taire l’existence même de certaines attaques, parfois à en parler de façon spectaculaire, en les réduisant à des actes de vandalisme insensé. Le fait d’écrire ne fussent que deux lignes de revendication sert avant tout à répandre la nouvelle d’une attaque, au-delà de ce qu’ils en disent ou pas les médias, et qui sera connu seulement à un niveau local. De cette façon, la nouvelle se répand plus facilement à travers les canaux de contre-information, atteint d’autres personne hostiles à l’autorité et surtout elle arrive sans la médiation du pouvoir, mais avec les mots directs de celles/ceux qui ont réalisé l’attaque, et elle peut inspirer d’autres à passer à l’action. Cela est l’objectif minimal d’une revendication.

Un texte plus développé sur une action qu’on a mené peut servir aussi à d’autres finalités : approfondir les raisons du choix de l’objectif, de l’infrastructure ou de la personne qui a été frappée, son importance stratégique ou ses responsabilités spécifiques ; dévoiler des détails techniques sur la réalisation de l’attaque, comme les moyens employés ou la façon dont on a approché l’objectif, la présence d’obstacles (alarmes, caméras, etc.) et la manière employée pour les neutraliser, développer une analyse plus large du contexte social/politique dans lequel cette attaque s’insère, avancer des propositions de projectualité anarchiste.

Des parcours et des contextes différents ont porté les individus et les groupes qui réalisent des actions, à utiliser des revendications, en mettant en avant à chaque fois certains de ces aspects plutôt que d’autres. Par exemple, des nombreuses revendications non signées, ou signées avec des acronymes comme ALF [Animal Liberation Front, NdAtt.] ou ELF [Earth Liberation Front, NdAtt.], ont depuis toujours la tendance à être plus succinctes et à se focaliser sur le choix de l’objectif et les moyens employés, laissant peu d’espace à une analyse sociale/politique plus large et à une éventuelle proposition de projectualité. D’autres groupes d’action, surtout ceux qui, avec le temps, ont adopté une forme organisationnelle stable, avec leur nom (accompagné ou pas par une sigle déterminée) ont souvent utilisé les revendications principalement pour développer une analyse sociale/politique, avec laquelle les différentes actions sont insérées dans le cadre d’une évolution théorique et d’une projectualité à long terme propre au groupe. Ces dernière années, grâce à la contribution théorique de groupes comme la FAI [Fédération Anarchiste Informelle, NdAtt.] et la Conspiration des Cellules de Feu, s’est renforcée aussi la proposition d’utiliser les revendications comme un moyen pour communiquer entre groupes d’action, afin de renforcer le débat sur les analyses et les stratégies, en plus d’accroître la solidarité face aux attaques répressifs. La proposition initiale de la FAI – faite justement à travers les revendications des actions, reprise et relancée ensuite par les membres emprisonné.e.s de la CCF – d’étendre l’utilisation de ce sigle, de façon que d’autres anarchistes puissent l’utiliser pour revendiquer leurs actions, à condition qu’il y ait le partage de quelques points de base (internationalisme, informalité, solidarité avec les prisonnier.e.s, etc.) rentre justement dans cette perspective.

Une proposition de ce type, qui peut et veut être une possibilité en plus dans la boite à outils à disposition de l’individualité anarchiste qui tend vers l’action, n’a pas été bien comprise par les partisan.ne.s de l’« anonymat » à tout prix, qui ont interprété l’essor de longues revendications/analyses comme des exhibitions d’égocentrisme et d’auto-referentialité et non comme une nouvelle modalité de dialogue et de discussion entre groupes et individus ayant comme point commun l’action. Ces critiques en sont arrivé.e.s à maintenir que le choix de revendiquer ses actions et d’utiliser des telles revendication aussi comme un moyen pour dialoguer entre groupes d’action cacherait en réalité la volonté de se mettre en avant, d’être reconnu.e.s, d’imposer une hégémonie sur le mouvement, d’avoir des attitudes d’avant-gardes, d’être au centre du théâtre médiatique, ainsi que d’autres critiques de la même teneur. Au-delà du fait que ceux/celles qui revendiquent leurs actions continuent à être anonymes et elles/ils peuvent donc difficilement devenir célèbres, il est évident que si on pose les critiques à ce niveau aucun débat n’est possible. En lisant entre les lignes, ce qui semble être sous-jacent au conflit entre les deux méthodologies est une différente vision des possibles modalités d’intervention sur la réalité : d’un côté ce qui est considéré comme prioritaire c’est la recherche de complices et compagnon.ne.s et la solidarité envers ceux/celles-ci, de l’autre côté c’est la tentative d’impliquer d’autres « exploité.e.s et exclu.e.s ». Des approches qui semblent s’exclure l’une l’autre, mais pas nécessairement, si on garde à l’esprit que toute action directe agit, de quelque façon, et sur l’imaginaire collectif et sur celui individuel, donnant de l’inspiration à d’autres anarchistes et rebelles, obligeant les indifférent.e.s à prendre position et mettant en garde les complices de la domination.

A cette question-ci est liée celle de la reproductibilité, autre nœud important du débat. Ce concept, qui accompagne souvent celui d’anonymat, est devenu un des mots d’ordre de l’insurrectionnalisme « classique » ; pourtant il n’a que rarement été discuté et soumis à une réflexion critique, tout en devenant parfois un lieu commun aux tonalités prescriptives.

Le souhait que ces actions servent d’inspiration pour d’autres personnes et que la conflictualité s’étende est compréhensible. Le problème est dans l’affirmation que la reproductibilité serait possible seulement sous certaines conditions, c’est de dire que seulement les actions anonymes, non revendiquées et menées avec des modalités simples puissent appartenir à tout le monde et par conséquent être reproduites plus facilement. Selon cette conviction, il est préférable qu’on ne puisse pas relier une action à une « identité », comme celle anarchiste (ce qui devient évident dans le cas d’une revendication), de façon que toute personne qui se reconnaît dans cette attaque puisse y donner son propre sens et reproduire à son tour cette méthode contre ce qui l’opprime.

Ce postulat est problématique à plusieurs niveaux. Ce qui est proposé ici à l’individu qui attaque c’est d’annuler sa propre individualité et les motivations qui le poussent à agir, afin de se fondre dans la masse et d’être plus compréhensible par celle-ci. Il est en outre évident que ceux/celles qui répliquent certaines actions sont principalement d’autres anarchistes, ou en tout cas des personnes hostiles à ce monde, du coup la présence d’une revendication anarchiste pourrait au contraire être source d’inspiration pour elles/eux, bien plus que pour la grande masse des personnes exploitées qui jamais penseraient de lever leur tête et réagir face à l’exploitation de soi-même et d’autrui.

Mais on retrouve surtout, ici, cette exaltation du moyen au-dessus de la finalité qu’on a déjà critiqué ailleurs. Si l’objectif d’une action n’est en aucun cas de communiquer quelque chose, cet aspect peut ne pas intéresser ses auteur.e.s, puisqu’il y a quand-même et toujours le dommage matériel occasionné à un des tentacules de la domination. Mais si l’objectif d’une action est aussi (ou surtout) de type communicatif, le fait de viser à la reproductibilité d’une méthode en la détachant de la finalité qu’elle poursuit et qui la motive, rendant donc impersonnelle cette action, devient insensé ou même contre-productif. Je vais expliquer cela avec quelques exemples.

Entre février et avril 2016, quatre bombes ont explosé devant des églises et cathédrales de la ville de Fermo, dans la région des Marche. Peu de temps après, un site internet anarchiste [cf. note 1] a parlé de ces faits divers, qui avaient trouvé peu d’attention au-delà du niveau local, en exaltant le geste et en faisant l’hypothèse d’un mobile iconoclaste (l’hypothèse que ces attaques auraient pu avoir été menés par des membres de l’extrême droite à été mise de côté comme peu probable). Dans le mois de juillet de la même année, deux personnes ont été arrêtées et accusées, sur la base de preuves irréfutables, d’avoir posé les quatre engins explosifs. Tout d’abord présentées comme anarchistes par les médias, les deux personnes arrêtées appartenaient à l’extrême droite ; elles étaient actives parmi les supporters de foot locaux et avaient des rapports amicaux avec Amedeo Mancini, hooligan néofasciste qui, quelques jours auparavant, toujours dans la même ville, avait tabassé à mort Emmanuel Chidi Namdi, demandeur d’asile originaire nigérienne, puisque celui-ci avait défendu sa copine d’insultes racistes. En cette occasion, sur les réseaux sociaux, les deux qui seront ensuite arrêtés pour les bombes devant les églises avaient exprimé leur totale solidarité et proximité avec l’assassin de Emmanuel, en plus de se laisser aller à leur tour à des commentaires et des déclarations lourdement racistes. Une des églises frappées à Fermo était d’ailleurs celle qui hébergeait Emmanuel et d’autres demandeur.se.s d’asile.

Ce cas me semble un bon exemple de la manière dont une même action et une même méthode peuvent avoir des significations complètement différentes, selon qui en est l’auteur et quel en est le but. Les actions dont il est question, n’ayant été accompagnées d’aucune explication qui exprimait clairement leurs motivations, laissaient planer l’ambiguïté, ne participant donc en aucune manière à l’avancée de la lutte contre la domination. Une explosion frappant une église peut être autant le geste d’un athée iconoclaste qui veut frapper l’Église en tant que telle ou le geste d’un fasciste indigné par les politiques d’accueil de cette église-là à l’encontre des réfugié.e.s. Deux mobiles évidemment aux antipodes et incompatibles.

Un autre exemple : le 8 juillet 2016 un grand incendie a presque complètement détruit la station de ski de Fossolo, dans la Val Brembana. Une action à l’allure écologiste, dans le pur style du Earth Liberation Front, ou bien une machination des politiciens locaux corrompus et des entreprises qui ont gagné l’appel d’offre pour la reconstruction, comme cela a été supposé par les enquêteurs ?

Certes, lire de faits divers de ce type peut au début susciter de la jubilation, mais au fond les doutes et l’incertitude sur les mobiles du geste restent. Un communiqué de revendication, ou même un simple tag, une sigle ou un symbole laissé sur les lieux auraient enlevé tout doute. Dans le cas contraire, ces actions anonymes, dont le sens reste inconnu, peuvent e trouver réappropriées vraiment par tout le monde, y compris fascistes et mafieux. Les anarchistes et les rebelles à l’autorité n’ont pas le monopole de la pratique de l’action directe. L’État, les groupes de droite, la criminalité organisée et les extrémistes religieux, juste pour donner quelques exemples, ont utilisé et parfois utilisent des moyens semblables aux nôtres pour attaquer leur cibles, avec des motivations très peu partageables.

La cible d’une attaque peut être la même – une église, un tribunal, une institution étatique, une banque – mais les motivations complètement différentes des nôtres, par exemple parce que l’une de ces institutions a une attitude trop « modérée », du point de vue de ceux/celles qui ont une idéologie réactionnaire.

Quelque chose de semblable peut se produire dans le cas que les cibles d’attaques et leurs revendications portent sur un aspect spécifique de l’exploitation, sans mentionner une critique plus large du système de la domination dans sa totalité. Certaines luttes spécifiques peuvent possiblement mettre ensemble des anarchistes/libertaires ainsi que des personnes de tendance opposée, si la façon dont cette lutte spécifique s’insère dans une lutte plus large pour la libération totale n’est pas claire. On se rappellera du cas des deux fascistes arrêtés en janvier 2013 pour quatre attaques incendiaires qui avaient été menés par l’ALF [cf. note 2], contre l’industrie de la viande et des produits laitiers, des attaques revendiquées avec des textes très courts et généraux, focalisés uniquement sur l’aspect spécifique de l’exploitation animale.

Est-ce que cela a du sens de dire que seule l’action en soi compte, au-delà des motivations et de l’élan qui arment les mains de celui/celle qui l’a réalisée ? Cela signifierait tomber dans un fétichisme des moyens, le fétichisme de l’action violente en elle-même, le fétichisme de la bombe. Un des présupposés fondamentaux de l’anarchisme est justement le lien entre moyens et finalités ; si on parle donc de propagande par le fait ces deux aspects devraient être manifestes tous les deux, puisque la simple reproductibilité du moyen utilisé n’est pas suffisante pour une avancée qualitative de la lutte contre le système.

Quand les Weather Underground frappaient des objectifs politiques et militaires des États-Unis, ils avaient l’habitude d’expliquer très bien leurs actions, puisque leur but n’était pas seulement de se venger du gouvernement étasunien en réponse aux massacres au Vietnam, mais aussi d’encourager d’autres personnes à agir contre la guerre et l’impérialisme, « porter la guerre chez nous » dans un sens plus large. Du coup, les motivations politiques et les objectifs qui étaient choisis se voulaient d’être expliqués très clairement. Celles/ceux qui le partageaient en était inspiré.e.s et étaient encouragé.e.s à agir à leur tour.

Est-ce qu’aujourd’hui, dans un contexte médiatique hystérique qui crie au terrorisme islamique, le même effet serait produit par une explosion qui aurait lieu devant un bâtiment d’État, dans une capitale européenne, même si cela était réalisé par des anarchistes, mais non revendiqué ? Le fait de souligner le sens de ses actions peut être une stimulation à l’attaque pour d’autres compagnon.ne.s ou complices encore inconnu.e.s. Si une action est accomplie aussi avec le souhait qu’elle serve d’inspiration pour autrui, alors le fait de rendre ses motivations claires est d’importance fondamentale, tout comme le fait de diffuser les nouvelles à propos d’actions qui ont eu lieu et les mots qui éventuellement les accompagnent.

On parle ici, évidemment, d’actions qui sont extérieures à un contexte plus large de conflictualité sociale. La question de l’ambiguïté d’une action anonyme ne se pose pas dans les cas où une campagne d’actions ou de protestations contre cette cible est déjà en cours, quand il y a une lutte locale ou bien quand l’action s’insère dans le sillon d’autres actes similaires qui ont déjà été précédemment expliqués. Les exemples de cela sont innombrables, même si on regarde seulement à l’Italie ; des centaines de pylônes d’ENEL [le EDF italien ; NdAtt.] abattus dans les années 80, pendant la lutte contre le nucléaire, aux champs de OGM détruits, aux nombreux sabotages contre des lignes de train à haute vitesse qui ont eu lieu partout en parallèle avec une phase de la lutte No TAV en Val Susa. Dans ces cas on peut indubitablement parler d’actions relativement simples, reproductibles en tout lieu et dont le sens est clair, au-delà du fait qu’elles soient revendiquées ou pas (même si le problème du caractère spécifique de ces luttes persiste, du coup même une action qui vise des tels objectifs spécifiques pourrait être réalisée par des individus aux idées même très éloignées des celles anarchistes).

L’autre présupposé de l’insurrectionnalisme « classique » est que les actions, pour être reproductibles, doivent être, en plus qu’anonymes, aussi simples à réaliser et doivent frapper des tentacules périphériques du pouvoir. Des petites actions diffusées partout auraient donc plus de valeur que des actions plus complexes et plus ciblées, qu’on considère nécessiter une plus grande spécialisation.

Je ne trouve pas bon de fixer des paramètres qui mesurent l’intensité des moyens du conflit, tout en choisissant, en plus, de viser au rabais. Je ne trouve pas bon non plus de poser une hiérarchie entre des actions reproductibles et des actions non reproductibles, comme si cela était le seul critère qui compte et comme si des différentes modalités d’attaque ne pouvaient pas coexister. Bienvenue à la variété des formes d’action, à la multiplication et des attaques aux réseaux de la domination qui sont éparpillés partout, sont moins surveillés et donc plus faciles à atteindre (des attaques qui prennent plus de valeur justement si elles sont nombreuses et permanentes), et des attaques contre des centres importants du pouvoir, qui nécessitent parfois une préparation soignée et des moyens appropriés. Le souhait est que celles/ceux qui possèdent les capacités techniques et les moyens pour des actions plus destructives et plus complexes les utilisent au maximum de leur potentialité, plutôt que de baisser le niveau de leurs actions pour que celles-ci soient mieux « reproductibles » par autrui. Certaines actions bien ciblées et pas forcément simples à mener ne sont pas reproductibles, mais cela n’enlève rien à leur importance. La question de la reproductibilité ne peut pas contenir tout le spectre de l’action anarchiste.

Pour compliquer tout cela, la réalité participe à démonter la conviction que seul des actions simples et anonymes puissent être reproduites. Il arrive parfois que le conflit explose là où on ne l’attendait pas, tandis que des nombreuses tentatives de l’accélérer de manière volontaire échouent complètement. C’est presque impossible de tirer des règles ou des schémas fixes à ce propos. Le fait que des actions puissent tomber dans le vide ou bien être reproduites de façon virale dépend d’une infinité de facteurs qui ne touchent pas seulement au choix de la cible ou des moyens employés.

Il y a un exemple à ce propos, venant d’Italie, qui dément toute théorie préconçue, si on veut parler de consensus social et de reproductibilité. L’action qui, ces dernières années, a produit le plus de consensus social et qui a déclenché une série d’attaques aux modalités les plus disparates contre la même cible a été un colis piégé, signé par la FAI, qui a mutilé le directeur général d’Equitalia [cf. note 3]. Les actions directes qui, suite à celle-ci, ont fait tâche d’huile partout en Italie n’ont pas été réalisées seulement par des anarchistes, mais aussi par des gens normaux, qui partageaient la haine à l’encontre de cette agence de l’État qui était en train de briser leurs vies. Pourtant, l’action initiale, qui en a déclenché une série d’autres, n’était ni anonyme ni facilement reproductible d’un point de vue technique. Dans ce cas, le choix avisé de la cible a été le facteur déterminant en vue de la reproductibilité de l’action, tandis que le haut niveau destructif et la spécialisation du moyen employé, au lieu de décourager à cause de leur difficile reproductibilité, ont participé à chauffer les esprits.

On a aussi les exemples des incendies de voitures, qui se sont diffusés dans des nombreuses villes d’Europe jusqu’à devenir difficilement maîtrisables de la part des autorités étatiques, qui ne savaient pas où donner de la tête pour en trouver les responsables. Des actions anonymes, que n’importe qui peut avoir mené, pour les raisons les plus disparates.

Cependant, même des actions revendiquées et signées avec un sigle précis ont eu une diffusion importante – souvent à un niveau international, plutôt que local – devenant une inspiration pour des très nombreuses personnes. C’est le cas des actions signées par l’ELF ou l’ALF, qui, depuis les années 80 jusqu’à aujourd’hui, ont participé à diffuser largement la pratique de l’action directe, en démontrant que pour réaliser des attaques conséquentes il n’y avait pas forcément besoin d’une grande spécialisation ou de gros moyens.
On peut tirer une suggestion intéressante de l’expérience de ces groupes, qui avaient une autre opinion à propos de la façon d’encourager la reproductibilité des actions, par rapport à la proposition de l’anonymat. L’ALF et l’ELF ont participé à la transmission de leurs expériences avec la publication et la distribution des plusieurs brochures, manuels, comptes-rendus et articles sur les manières de former des groupes d’affinité, de réaliser des sabotages et des libérations d’animaux, avec des recettes pour construire des engins incendiaires simples et des conseils pour maintenir la sécurité du groupe et faire face à une éventuelle répression.

La distribution anonyme de tels écrits, en plus d’explications techniques sur le fonctionnement des structures de l’ennemi (par exemple les flux de transports, de données et d’énergie) et sur la façon de les saboter pourrait être une idée différente dans le but d’alimenter la reproductibilité des actions et élargir les possibilités d’attaquer, pour tout un tas d’individus désirant se mettre en jeux, mais exclus de certaines connaissances.

En général, je pense que la prolifération d’attaques contre les symboles du pouvoir ne peut qu’être salutaire, cela sans hiérarchies de modalités ou de moyens, mais à travers une multiplicité de formes d’attaque. Si la reproductibilité de ces actions est l’un des objectifs qu’on veut atteindre, au-delà du dégât immédiatement provoqué, à mon avis la seule pierre de touche devrait être la clarté des motivations qui nous poussent à attaquer une cible donnée. De façon à ce que la perspective dans laquelle se situent les différentes formes d’attaque, leurs raisons et finalités soient claires, visant une croissance de type qualitatif.

Fenrir

 

Notes d’Attaque:

1. Le texte dont il est question est « Nel nome degli spiritosi santi », sur le site Finimondo (https://finimondo.org/node/1856). On remarquera que l’hypothèse d’une origine fasciste de ces bombes a été formulé tout de suite, à cause de l’aide que l’église locale donnait aux migrants.
2. Le 31 décembre 2012, à Montelupo Fiorentino, 8 camions d’une entreprise de produits laitiers sont incendiés (un entrepôt subit aussi des dégâts) ; sur place est laisse le tag « ALF ». Les flics arrêtent trois gars, accusés également d’autres attaques antispécistes dans les deux mois précédents. Les trois, qui passent aux aveux, sont très proches de l’extrême droite locale.
3. Equitalia était l’agence de perception des impôts et de recouvrement des crédits de l’État italien. Le 9 décembre 2011 son PdG, Marco Cuccagna, est blessé par un colis piégé qui contenait un écrit de revendication signé par une cellule de la Fédération Anarchiste Informelle.

Crémone (Italie) : Découverte d’un micro

Publié le 2019-02-17 21:14:04

CSA Kavarna / samedi 16 février 2019

Un an après la dernière découverte d’un GPS dans la voiture appartenant à une compagnonne et à un compagnon de Cremona, voilà qu’on vient de faire une autre trouvaille. Dans la même voiture, on a trouvé un mouchard, lié à une carte SIM Vodafone (protégée par un code PIN), avec le micro placé dans le ciel du véhicule. Le travail, tout en finesse, a été fait à l’intérieur de la voiture et les fils du mouchard ont été cachés dans la gaine d’isolation. L’appareil était relié au système électrique de la voiture, du coup le mouchard s’allumait au démarrage de la voiture.

On ne sait pas quand ce joujou de contrôle a été mis en place. Peut-être que c’est parce que ça n’a pas été sympa, pour les espions, de se faire chopper avec les mains dans le pot à confiture, l’année dernière. Dommage que ces mains ne sont pas sales de confiture, mais de sang. Ce sang qui vient des guerres, du contrôle, de la répression, des cages. Nous n’avons que du mépris pour ceux qui espionnent la vie des gens. La passion pour la liberté est plus forte que toute autorité.

Voici les photos :

Des nouvelles de Naples

Publié le 2019-02-17 21:16:03

Jeudi 14 février, après d’innombrables reports, l’audience  qui devait décider des mesures préventives contre vingt compagnons et compagnonnes et la mise sous séquestre du C.S.L. « Louise Michel » et du 76, a eu lieu au tribunal des réexamens de Naples. Au début de l’audience, la Cour a elle-même soulevé la question de l’irrecevabilité du recours présenté par le proc. Catello Maresca. Après avoir écouté les parties sur cette question spécifique, il s’est réservé le droit de statuer dans un délai de cinq jours. Ce matin, le 15 février la Cour a déclaré l’appel irrecevable.

Des Anarchistes à Naples

repris de roundrobin.info

 

voir aussi :  https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=2294