Vive l'Anarchie - Semaine 07, 2019

Sommaire

Acte XIV des « Gilets jaunes » : Sauvages et imprévisibles !

Publié le 2019-02-18 07:37:04

Lors de ce nouveau samedi de manif, le quatorzième depuis le 17 novembre, ce sont dans les villes de province que les désordres se sont exprimées de manière sauvage et imprévisible, allant bien au-delà des affrontements rituels avec les forces de l’ordre qui ont eu lieu à Paris, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Dijon… Au Mans notamment, la déambulation a très vite été ponctuée ar des destruction de vitrines de ce monde d’argent et d’exploitation (et de leurs représentants).

Au Mans (Sarthe), la manif (d’un peu plus de 300 personnes selon Ouest-France) s’est élancée en allant faire un tour par le commissariat de police de la rue Paixhans, où une quinzaine de flics était massée derrière les grilles. Quelques pierres et de pétards sont jetés en leur direction. Une vitre du pôle administratif est brisée. En prenant ensuite la direction des Jacobins, la permanence du député LREM Damien Pichereau se trouvant sur le trajet est littéralement saccagée. Ce n’est pas juste une ou plusieurs vitres qui tombent (comme ce fut déjà le cas lors des manifs précédentes du samedi et même parfois en semaine, hors de tout regroupement massif), mais tout le mobilier qui est retourné à l’intérieur. Un tag inscrit sur la façade est on-ne-peut-plus-clair: « pas de député, pas de président ».

Ensuite, le cortège continue sa route en direction du tribunal, où il s’arrête quelques minutes. En tout cas assez de temps pour que des enragés (en jaune ou non) saisissent l’occasion pour exprimer leur rage: si certains allument des feux de poubelles devant et autour du Palais de Justice, d’autres décident de l’attaquer à coups de pierre, détruisant ainsi plusieurs vitres du bâtiment institutionnel.

Vers 16 h, les vitrines de l’agence Ouest-France sont explosées à coups de marteau. Un individu aurait tenté de s’introduire dans la rédaction, selon les journaflics directement visés.

Mais les dégâts ne s’arrêtent pas là, d’après le journal local Les Nouvelles de Sable: rue du vert galant, une voiture décapotable est incendiée. Une barricade a été formée avec du matériel du chantier de la visitation. Au cours de l’après-midi, d’autres vitrines ont été fracassées, comme celles de l’agence immobilière Citya, l’agence Groupama ou encore la boucherie dans le secteur Gambetta Eperon. 

Groupama

A Nantes (Loire-Atlantique), plus de 1300 personnes s’élancent vers 14h de la Place du Commerce en direction de la préfecture. Une heure plus tard, les premiers gazages ont lieu alors que le cortège tente de se frayer un chemin vers la gare SNCF. Vers 16h, le Mac Do de Feydeau est visé par une tentative d’incendie. Des panneaux publicitaires JC-Decaux se font exploser les uns après les autres. Les jets de projectiles répondent aux salves permanentes de lacrymos des flics sur la Cours des 50 Otages, puis à proximité du château des ducs de Bretagne. Trois quart d’heure après la première attaque, le Mac Do de Feydeau est de nouveau la cible des émeutiers. A 19h30, 14 personnes ont été interpellées.  

Trois vont être déférées devant un magistrat du parquet, ce lundi 18 février, pour des violences sur les forces de l’ordre. Deux hommes, 18 et 34 ans, vont être jugés en comparution immédiate. Un adolescent de 16 ans va être présenté devant une juridiction pour mineurs. On lui reproche des violences, mais aussi des dégradations de biens publics. Les douze autres ont été libérés avec des convocations devant le tribunal correctionnel dans les prochains mois. Ils sont poursuivis pour différents faits : outrage, rébellion, port d’arme, participation à un attroupement armé… Parmi eux, se trouvent sept mineurs, qui devront répondre de leurs actes devant un juge des enfants ou recevront une composition pénale (peine alternative aux poursuites).

A Montpellier (Hérault), deux caméras de vidéosurveillance de la Ville ont été volontairement saccagées, après que des individus cagoulés ont grimpé aux mâts où elles étaient fixées, dans le quartier des Beaux Arts et près du musée Fabre, sur l’Esplanade Charles de Gaulle. Une voiture de la police municipale, sans flic à l’intérieur et en stationnement devant une annexe du centre-ville, a eu ses vitres brisées par des jets de pierres, alors que les gendarmes mobiles étaient en train de charger le cortège.

Parmi les huit personnes interpellés et placés en garde à vue, figure l’auteur présumé de l’attaque de la caméra de vidéosurveillance aux Beaux Arts. Il a été interpellé en flagrant délit par la police.

Le samedi précédent pour l’acte 13, la Ville de Montpellier avait déjà déposé une plainte contre X, après que des pierres ont été lancées sur un véhicule de la police municipale, avec cette fois des agents à l’intérieur, lors du passage du cortège des Gilets Jaunes dans la rue de la Saunerie. Cet équipage se trouvait derrière les halles Laissac en vue d’assurer une protection des commerces. (Le Métropolitain, 17.02.2019)


A Besançon (Doubs), comme chaque samedi, rendez-vous était donné à 14h. Plusieurs centaines de personnes décident de s’éloigner du centre-ville et d’aller bloquer les gros axes de la ville, avec deux grandes banderoles: « Ni capitalisme ni fascisme » et « la solidarité est notre arme ». Le cortège s’élance en direction de la rue de Dole, où un détour est fait par la prison de la Butte, où deux personnes sont désormais incarcérées dans le cadre des manifs « Gilets Jaunes »: descris du type « Libérez nos camarades » ou « Libérez Jordan » fusent, et le cortège repart en direction de Micropolis, en bloquant la circulation. C’est à ce moment précis, au niveau du rond-point, qu’une voiture force le barrage et fonce dans la foule, manquant de peu d’écraser des manifestant.e.s. Mais la réponse est immédiate et le chauffard se fait calmer ses ardeurs: des vitres sont brisées, la carrosserie enfoncée.

Le cortège repart en direction du centre commercial de Chateaufarine (celui qui brasse le plus de thunes dans Besançon et son agglo), en empruntant l’axe principal, c’est-à-dire la rue de Dole. Un radar est défoncé par un petit groupe cagoulé. Alors que les gendarmes mobiles se sont positionnés et attendent de pied ferme les manifestants au premier rond-point d’entrée dans la zone, ces derniers déjouent le dispositif des bleus et optent plutôt pour déambuler à travers le quartier de Planoise. L’ambiance se réchauffe immédiatement et, face à l’afflux des jeunes du quartier (parfois des minots de 12 ans!), la patrouille de flics qui suivait la manif quitte le secteur à toute allure. Des abribus sont défoncés à coups de caillasses. Après plusieurs kilomètres de marche, le cortège se retrouve devant les portes closes du centre commercial de Chateaufarine, gardées par les vigiles. N’ayant pas marché tous ces kilomètres pour rester sages aux portes du temple de la consommation, certains enragés s’équipent de pierres, d’autres de caddies… et ça passe en force, faisant sauter les portes en verre de l’entrée principale. Des coups de pétards retentissent dans la galerie, les DABs aux écrans tactiles du Crédit Agricole sont fracassés, tandis que les plus déterminés partent à l’assaut de la marchandise: quelque-uns réussiront à ressortir avec des fringues expropriés en quelques minutes, juste avant l’arrivée des gendarmes. Les hauts parleurs du centre commercial annoncent « Suite à un mouvement des gilets jaunes, veuillez fermer les boutiques et restez à l’intérieur, merci ». Une vendeuse dira: « On ne s’y attendait pas. Il y a eu un mouvement de panique, j’ai vu au moins vingt clients sortir en courant par la sortie de secours. On a dû baisser les grilles, sans trop savoir ce qu’il se passait au départ ». Lors de la dispersion sur le parking, deux personnes sont interpellées, l’une pour « jets de projectiles »et l’autre pour « outrages ». La première ressortira de GAV le lendemain après-midi sans suites.

Plus loin, le cortège se reforme et retourne en direction de la prison en prenant la rue de Dole. Mais un gros cordon de GM bloque la route d’accès vers la Maison d’Arrêt. La manif se retrouve coincée dans cette grande allée cloisonnée par les murs de la caserne militaire, avec des bagnoles qui continuent de circuler. Après quelques minutes, les gendarmes bombardent la foule de grenades lacrymos, dont certaines rebondissant directement sur les voitures. Des projectiles sont lancés en retour, des barricades de poubelles sont incendiées au milieu de la chaussée. Et le cortège repart en esquivant une fois de plus le dispositif des forces de l’ordre et en contournant la méga-caserne pour se rediiger vers le centre-ville. Après un défilé au pas de course tout l’après-midi, toute le monde se disperse au niveau du lycée Jules Haag, en se promettant de se retrouver samedi prochain.

A Belfort (Territoire-de-Belfort), près de 400 « Gilets jaunes » ont investi à la mi-journée le péage Belfort-Fontaine sur l’A36 pour la rendre gratuite, prévoyant de rester tout le week-end. Mais plus tard, l’opération qui consistait à lever les barrières a tourné au sabotage destructeur: « Sur les coups de 19 h 15, une cabine a été incendiée par des manifestants et des atténuateurs de choc, les blocs verts qui délimitent les pistes, ont été démontés. Un coffret d’îlot qui permet d’éclairer les cabines a aussi été vandalisé et les caméras de vidéosurveillance arrachées. Dans le sens Belfort-Mulhouse, la circulation se fait désormais sur deux voies, contre six normalement et sous la surveillance des forces de l’ordre » (Est Républicain). Selon France Bleu, « plusieurs départs de feu ont été observés dans la soirée sur le péage. L’un sur un tampon amortisseur, devant une cabine. L’autre dans un espace vert, à côté du péage. Le troisième sur un boîtier électrique ».

Toulouse (Haute-Garonne): Plus de 5000 personnes ont défilé à travers le centre-ville. C’est vers 16h15 que des affrontements ont éclaté au niveau du théâtre de la Cité (ex-TNT), sur les boulevards. Les forces de l’ordre ont essuyé divers projectiles et répliqué en faisant usage de grenades lacrymogènes. Des incidents qui se sont poursuivis au niveau du Monument aux Morts, puis vers la Côté Pavée et au centre-ville.  « Quelques incidents ont eu lieu à différents endroits à Toulouse avec des tags et appositions d’affiches, des feux de poubelles et des jets de projectiles en direction des forces de l’ordre », a précisé la préfecture. À 19h30, une source policière indiquait à Actu Toulouse que 17 personnes avaient été interpellées suite aux débordements.

A Lyon, le fourgon de police n’a pas survécu à la traversée du périph’ bouchonné…

Brétigny-sur-Orge (Essonne), aube du 16 février : Tags sur la permanence de la députée LREM de la 3e circonscription de l’Essonne

Besançon, France : Contrôleurs, flics et juges travaillent… Une fraudeuse envoyée 2 mois en prison – 13 février 2019

Publié le 2019-02-18 20:29:03

Mercredi 13 février, alors que les contrôleurs Ginko mènent leur besogne quotidienne dégueulasse, une femme est sommée de descendre du tramway pour lui infliger une amende car elle n’a pas de ticket (ou ne le retouve pas).

La fraudeuse ne l’entend pas ainsi et se révolte: « Claque, crachat, insultes, coup de pied ». « À deux pas de là, des « gilets jaunes » protestaient contre des gardes à vue au commissariat. Le groupe s’en est mêlé. Certains manifestants ont pris la défense de l’usagère, mettant une forme de pression sur les agents, selon le procureur. Les policiers ont mis fin à la scène de violence et ont aussitôt interpellé la passagère rebelle. » nous dira l’Est Répugnant.

Déférée devant le tribunal en comparution immédiate, les juges suivront les réquisitions du proc, en l’envoyant directement en taule pour une durée de deux mois (et dix avec sursis).

Que crèvent les contrôleurs, les flics, les juges et leur justice !

Madrid, Espagne : Action contre la spéculation immobilière et les expulsions de squats – 13 février 2019

Publié le 2019-02-18 20:29:05

Le 13 février dernier, le trafic a été interrompu dans la calle de la Oca, au niveau de la station de métro Vista Alegre. Deux banderoles ont été accrochées, sur lesquelles on pouvait lire « Aucune expulsion sans réponse » et « Contre la gentrification et la spéculation capitaliste: action directe », plusieurs feux d’artifice allumés et une agence immobilière a été repeinte. Des tracts ont également été distribués pour informer de l’expulsion de la calle Postal*, arrêtée la semaine dernière mais exécutée ce mercredi 13 février. Après cela, nous nous sommes dispersés. Personne n’a été contrôlé et lorsque la police est arrivée, il n’y avait plus personne.

Cette petite action est une réponse aux expulsions, aux condamnations** et aux menaces qui pèsent sur les espaces squattés, tels que les centres sociaux, les logements… Carabanchel est en proie à la gentrification et d’autres processus de revalorisation urbaine au service du marché et du contrôle social.

L’Etat et le capitalisme nous confronterons toujours aux processus qui transforment nos quartiers et nous expulsent de nos maisons et de nos projets. Face à ce monde d’exploitation et de misère.

Solidarité et force aux compagnon.ne.s frappé.e.s par une nouvelle opération anti-terroriste à Turin en Italie et par l’expulsion de l’Asilo Occupato.

Solidarité avec les compagnon.ne.s à Barcelone qui luttent pour empêcher la démolition du lieu expulsé Ca La Trava et font face à la gentrification et à l’Etat.

Pas d’expulsion sans réponse !

Détruisons la ville du capital !

Guerre à l’Etat ! Pour l’Anarchie ! 

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, 14 février 2019]


NdT:
*Squat qui était situé au n°5 de la calle Postal. Le 1er février dernier, l’entraide et la solidarité étaient venues à bout des expulseurs. Près de 40 personnes solidaires se sont rendu devant le squat menacé d’expulsion. Elles sont parvenues à empêcher les flics et la société de déblaiement venus vider les occupant.e.s et le mobilier à l’intérieur. Leur sale besogne a été reportée. Et c’est le 13 février que le squat a finalement été expulsé.
** Comprendre le fait de condamner l’accès au lieu par tous les moyens à disposition des proprios et des autorités: appel à des sociétés de vigiles et de télésurveillance, renforcement des serrures ou murage pur et simple des squats.

Berlin, Allemagne : Vague d’attaques contre les responsables de l’embourgeoisement des quartiers – 11 et 12 février 2019

Publié le 2019-02-18 20:30:04

[Une série d’attaques ont visé les responsables de l’embourgeoisement à Berlin les 11 et 12 février dernier, notamment en solidarité avec plusieurs centres sociaux et lieux d’auto-organisation menacés d’expulsion ces dernières semaines. Les cibles étaient claires: promoteurs immobiliers, espaces de co-working, nouveaux immeubles de logements du luxe, politiciens, flics… En voici une liste non-exhaustive, avec des extraits de communiqués].

Berlin, 12 février 2019 : attaque de Rent24 et de l’agence d’assurance Allianz.

« Dans la nuit du 11 au 12 février, les bureaux de Rent24 et de l’agence d’assurance Allianz ont été attaqués. L’action se dirige contre les expulsions locatives et la guerre au Kurdistan.  A l’aube du 12 février, l’espace de co-working de Rent24 et l’agence d’assurance Allianz de Kottbusser Damm ont été attaqués. Il existe bien assez de raisons pour cela : L’inauguration d’un café super chic et ultra-cher contribue d’un côté à expulser les petits commerces tenus par des migrants qui sont implantés dans Kreuzberg. D’un autre côté, le temps libre des travailleur.euse.s est toujours plus utilisé à une visée commerciale par le concept néolibérale « d’espaces de co-working ». […] Ainsi, Rent24 est clairement responsable de l’expulsion des centres auto-gérés de jeunes de Schöneberg Potse/Drugstore.

Pour sa part, la firme Allianz est impliquée dans les entreprises d’armements telle que Rheinmetall, avec des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros. Rheinmetall produit des armes pour le régime fasciste turque et soutient ainsi directement la guerre à Afrin. […] Peinture et vitres pétées pour celles et ceux qui font obstacle à une vie libre! »


Berlin, 12 février: Les acteurs de l’embourgeoisement « Studi-Living B.1 » et « herzBERLIN » attaqués

« Dans la nuit entre le 11 et le 12 février 2019, nous avons détruit aux marteaux et à la peinture le container de « Studi-Living B.1″/ « herzBERLIN » de la Tegelerstr/ Ecke Lynarstrasse à Wedding. Avec notre action, nous voulons envoyer un message de solidarité aux projets menacés comme le Liebig34, la Potse… […] Nous nous associons donc aux actions diverses des deux dernières nuits qui signifient qu’une seule chose : chaque tentative d’expulsion coûtera vraiment chère. Le projet « Studi-Living B.1 », c’est-à-dire « HerzBerlin » appartient à l’investisseur « Project Immobilien » et se met dans la lignée d’autres constructions de luxe comme le « Youniq », « Campus Viva 1+2 », « Studio B II », « Cresco Capital » de la Brunnenstraße, d’une réévaluation urbaine du quartier de Wedding, qui n’est pas totalement resté sans réaction (par exemple « Campus Viva II redécoré » [1]). Derrière le nom cynique « HerzBerlin » se cache le nouvel immeuble d’appartements en copropriété à des prix allant jusqu’à 699.000 euros et 120 studios meublés qui sont vendus pour 450.000 euros (à 35 euros le mètre carré), dont une bonne partie des gens du quartier ne peuvent pas payer. […] « HerzBerlin » symbolise un développement promu politiquement du quartier Wedding pour en faire un quartier de Start-Up cool et branché, où les pauvres, les SDF ou les bons à rien n’auront plus leur place […] Par notre attaque, nous voulons mettre des grains de sable dans les rouages de l’exploitation de nos vies et des quartiers. Des groupes autonomes. ».

NdT:

[1] Dans la nuit du 15 octobre 2018 à Berlin, la nouvelle résidence universitaire du « Campus Viva » aux 11-12 de la Koloniestraße a été décorée à l’extincteur rempli de peinture et s’est fait détruire quelques vitres. Le communiqué précise: « il s’agit d’un énième projet d’immeuble de logements, qui n’a pas été construit pour répondre d’urgence au besoin de logements à des prix accessibles et bon marché, mais plutôt pour tirer profit de la crise du logement qui s’envenime. Les studios meublés de ce nouvel immeubles sont vendus à des prix exorbitants à des investisseurs avec la promesse d’obtenir des bénéfices élevés […] ».


Berlin, 12 février : pour faire cauchemarder les responsables des expulsions locatives…

« Nous nous sommes inscrit-e-s dans la journée d’action nocturne dans tout Berlin et au-delà et rendu visite au nouvel immeuble de luxe au 36-38 Maybachufer.

Ce nouvel immeuble a déjà été la cible d’une intervention anarchiste pendant la toute première phase du chantier en décembre 2016 [1]. […] Nous chions sur cette ville de riches et votre prétendu « droit à la propriété » ! » signé « Les barbouilleur-euse-s de peinture autonomes ».

NdT:

[1] Dans un texte intitulé « Contre la ville des riches », les auteur.e.s détaillent quelques points pour entrer en lutte contre ce projet qui à l’époque en était à sa phase initiale. Situé au nord du quartier de Neukölln, ce nouvel immeuble pour bourgeois entre parfaitement dans la métamorphose du quartier au profit des riches, avec son lot d’épiceries et de boulangeries bio, ces bars à hipsters et appartements pour vacancier.e.s et autres RBNB.


Berlin, 11 février : Visite vandale chez Stephan von Dassel, maire des Verts de l’arrondissement de Mitte, qui remercie ses flics pour le nettoyage social du quartier

«Des ami.e.s de la vengeance (Friends of Revenge ») » revendiquent l’attaque des bureaux du maire des Verts von Dassel à l’aube du 11 février 2019. « Comme chaque année en Hiver la lutte contre les sans domiciles fixes se renforce à Berlin. Et comme toujours ce sont les mêmes acteurs qui se font un nom. L’un d’eux est Stephan von Dassel, maire Vert de l’arrondissement de Mitte. […] Les craintes de nouvelles violences contre les sans-abris se sont concrétisées, au moins une personne est morte de froid récemment. Cela réjouira les précurseurs du capital qui, non seulement passent leur temps à dévaluer les vies humaines, mais œuvrent en permanence à adapter leurs discours.

L’intervention des flics, des agents de l’ordre public [de la mairie] et des services de propreté de la BSR [1] le 9 janvier 2019 dans l’arrondissement de von Dassel ont plutôt provoqué le dégoût. Stephan von Dassel a été l’un des rares à féliciter les flics pour cette intervention.

Comme signe minimal de notre haine envers lui, nous avons détruit à coups de pierre les vitrines et la porte d’entrée du bureau de circonscription électorale du maire social-darwiniste des Verts, von Dassel, à Wedding, au petit matin du 11 février 2019. Salutations aux voisin.e.s solidaires qui ont accueilli notre intervention avec une indifférence bienveillante plutôt que d’appeler les flics tout de suite. Les Verts ne semblent pas avoir tant de potes que ça ici.

NdT :

[1] Pour « Berliner Stadtreinigungsbetriebe“ : services de propreté de la ville de Berlin.


Berlin, 11 février : attaque contre le siège de la firme Zalando

Dans la nuit du 11 février, nous avons attaqué le siège de Zalando de la Neuen Bahnhofstraße à Ostkreuz. Le verre brisé et la peinture signifie clairement qu’il ne s’agit en aucun cas, concernant cette entreprise, d’une start-up de proximité conviviale qui ne représente qu’elle-même. Cette action fait partie d’une série d’attaques de ces dernières nuits contre les acteurs/actrices des expulsions de logements.

Zalando s’implique bien davantage dans les procédures d’expulsions locatives. Ainsi, l’entreprise entrait en jeu pour devenir le principal gérant de ce qu’on appelle le Cuvry-Campus, dont les locataires ont été expulsé.e.s par la police en 2014. Zalando s’accapare toujours plus d’espaces commerciaux […] L’entreprise vient d’ailleurs d’ouvrir un nouveau QG juste à côté de la Mercedes-Benz-Arena, « contribuant à la ghettoïsation du quartier entre la Ostbahnhof et la Warschauerstraße. Au sein de cette jungle de béton où il n’est possible que de travailler et de consommer, des espaces de bureau sont créés pour qu’ils puissent se sentir « comme à la maison ». »


Berlin, 20 janvier : voiture personnelle d’un flic incendiée

« Elle assassine, torture, expulse. Le gang le plus répugnant et le plus méprisé du monde : la police.

Que ce soit la NSU 2.0, 3.0 ou 4.0*, que ce soit les flics anti-émeutes, les porcs en civil, les bâtards de la PJ ou les flics de la protection des biens et des personnes, tous suivent une logique qui place la liberté, la vie et l’amour derrière les profits des dominant.e.s.

Meurtres, tortures et menaces ne sont pas des cas isolés mais la terrible réalité dans chaque quartier. « Nous sommes aussi des humains », c’est le nom de leur campagne publicitaire, selon quoi être humain n’appartiendrait plus à ce qu’on appelle « le pendant de police ».

Nous avons vu les images de la femme SDF, à qui les flics ont foutu un sac sur sa tête.
Nous avons entendu vos discussions au sujet des nouvelles lois sur la police.
Nous en avons assez !

C’est pourquoi le 20 janvier 2019 nous avons incendié le véhicule privé d’un flic qui habite dans le quartier Lichtenberg à Berlin.

Le métier et la vie privée ne peuvent pas être séparés. Surtout pas quand le métier va à l’encontre de tout ce qui porte atteinte à l’humanité. […]

Brûlons toutes les prisons** !

Brûlons toutes la bagnoles de flics** !

Luttons contre l’État** ! »

Ndt :

* Fait référence au « National-Socialist Underground » un groupe néonazi qui a semé la terreur en réalisant des attentats contre des foyers d’immigrés et en assassinant de nombreuses personnes d’origine étrangère (turque pour la plupart) pendant de nombreuses années, toujours avec le soutien de la police allemande.

** En anglais dans le texte

[Traductions d’extraits de communiqués publiés sur Deutschland Indymedia]

Langenhard, Allemagne : L’éolienne s’enflamme, ça devient une habitude – 8 février 2019

Publié le 2019-02-18 20:30:06

A Langenhard, sur les hauteurs de Lahr (Bade-Wurtemberg), une éolienne a pris feu dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 février. Ce monstre métallique est situé dans le petit triangle formé entre l’Alsace, la Suisse et l’Allemagne.

L’extinction de l’incendie a été particulièrement compliquée, le système électrique de l’appareil se trouvant à près de 100 mètres de hauteur, a déclaré un porte-parole de la police d’Offenburg vendredi matin. Mais il n’y a pas de danger pour la population. « Tout est terminé maintenant », a ajouté le porte-parole. Les secours ont reçu un appel d’urgence vers 2h30 faisant état d’un « grand incendie » sur les hauteurs. De nombreux pompiers se sont rendus sur les lieux dans la nuit. La police a dû faire appel à un hélicoptère pour avoir une vue d’ensemble du sinistre. Les causes de l’incendie demeurent inconnues. Les dégâts sont estimés à 100 000 euros.

[Repris des DNA, 08.02.2019]

France : Brèves du désordre et de la répression (Du 7 au 16 février 2019)

Publié le 2019-02-18 20:30:08

Agglo de Rouen, 14 février 2019 : bagnoles comme poubelles, des engins incendiaires qui se révèlent efficaces…

Deux voitures ont été incendiées devant les locaux de la police municipale de Bihorel, jeudi 14 février 2019. Un autre incendie s’est déclaré devant le commissariat de Darnétal. 

Le commissariat de Darnétal a été pris pour cible à la voiture-bélier. « au milieu de la nuit, une Renault Clio volée mardi 12 février sur les Hauts de Rouen, a été lancée contre le poste de police, indique une source judiciaire. Un témoin aurait aperçu trois individus encagoulés en train de prendre la fuite. L’incendie qui a rongé le véhicule a noirci le mur, mais a aussi gondolé la porte d’entrée blindée du commissariat, qui ne s’ouvre plus. Les locaux sont donc fermés jusqu’à ce qu’une nouvelle porte soit confectionnée. L’incendie qui a rongé le véhicule a noirci le mur, mais a aussi gondolé la porte d’entrée blindée du commissariat, qui ne s’ouvre plus. Les locaux sont donc fermés jusqu’à ce qu’une nouvelle porte soit confectionnée.

A 45 minutes d’intervalle, deux autres voitures ont été incendiées devant les locaux de la police municipale de Bihorel, ancien poste de police nationale. Les véhicules étaient stationnés place Saint-Louis lorsque l’incendie s’est déclenché vers 4 heures du matinSelon une source judiciaire, des commissariats n’ont pas été délibérément ciblés de cette façon depuis la fin des années 1990, dans l’agglomération rouennaise.


Colomiers (Haute-Garonne), 13 février 2019 : la vengeance est un plat qui se mange (vraiment) froid

Mercredi 13 février à Colomiers, le restaurant du chef étoilé Yannick Delpech a été de nouveau incendié. Et selon le parquet de Toulouse, la piste criminelle ne semble guère faire de doute, comme  pour le 29 janvier dernier : ce jour-là, le feu avait détruit son véhicule personnel, avant de se propager à une partie des cuisines et du stock alimentaire… L’établissement était fermé depuis cette date.

Cette série de sinistres fait suite à deux cambriolages et à une série de dégradations qui avaient visé l’Amphitryon. Ils étaient intervenus après un post Facebook du cuisinier dénonçant les exactions d’une « minorité qui ne veut que le chaos » en marge des manifestations des « gilets jaunes ». Il rajoutait aussi qu’il ne serait pas « l’otage de petites terreurs complotistes, anarchistes, racistes qui sèment le trouble au milieu d’un mouvement social porté par de vraies revendications sur le pouvoir d’achat ».


Aulnoye-Aymeries (Nord), 7 février 2019 : stations-services sabotées, et le Crédit Agricole perd ses vitres

Il est environ une heure du matin ce jeudi quand un véhicule s’arrête rue Mirabeau, la rue adjacente au supermarché. Quatre individus en descendent et font le tour d’Intermarché pour gagner la station-service. Là, les individus se déchaînent. En un éclair, ils cassent tous les distributeurs automatiques, pulvérisent les vitres de la cabine. Ils finissent par s’enfuir, en reprenant le même chemin par lequel ils sont venus. Slon le patron de la station-service, « Tout le matériel est hors service. Il faut tout changer, les distributeurs, tout le système informatique etc. Sans compter le manque de chiffre d’affaires avec la fermeture. Il y en a au moins pour 50 000 €. » La station-service est donc fermée, le temps d’être réparée.

La station-service d’Auchan rue de la Fontaine a également été vandalisée, mais paraît que c’était moins sauvage. L’agence du Crédit Agricole, en centre-ville de Berlaimont, s’est fait casser ses vitres.


Marmande (Gironde), 10 février : six DABs aveuglés

Dans la nuit de samedi à dimanche 10/02, quelques heures après l’acte XIII, six distributeurs de billets de banques ont vu leurs écrans obstrués de peinture blanche et noire, et leurs agences recouvertes de tags. « Deux hommes cagoulés sont à l’origine de ces inscriptions réalisées à partir de peinture de couleur blanche et noire dans le quartier de la Gravette, en centre-ville et sur la route de Bordeaux. » (Sud-Ouest, 11.02.2019)


Besançon (Doubs), février 2019 : parking dégradé, parking gratuit !

À chaque nouvel acte des « gilets jaunes », son lot de dégradations et de casse gratuite. Arrêts de bus et de tram, sucettes publicitaires, mais pas que… Les barrières automatiques des parkings et leurs caisses de paiement volent souvent en éclats comme le confirme le service voirie du Grand Besançon : « Le parking du Petit Chamars comme celui d’Arènes en ont fait les frais… Si ce dernier a pu être réparé par notre exploitant, il n’y avait plus les pièces nécessaires pour celui du Petit Chamars. Une commande est en cours, on espère que ça va se régler rapidement mais comme nous ne sommes pas la seule ville à connaître ce genre de déboires, il faut espérer que les délais ne vont pas s’allonger anormalement ».

Un vandalisme ciblé qui a un coût : 30 000 €. Auquel s’ajoute chaque jour le manque à gagner. Et comme le bouche-à-oreille fonctionne rapidement lorsqu’il s’agit des bons plans pour stationner gratuitement, le parking du Petit Chamars est régulièrement complet. Ce qui ne manque pas de courroucer celles et ceux qui y ont leurs habitudes, contraints d’aller voir ailleurs.


Alès (Gard), février 2019 : Mal de crâne pour le Préfet

Le sous-préfet d’Alès a déposé plainte ce vendredi 15 février, auprès du procureur de la république. Depuis un mois, chaque vendredi soir, des gilets jaunes ou prétendus tels, manifestent bruyamment devant son domicile privé. Une enquête de police a été déclenchée et la résidence de Jean Rampon est placée sous surveillance. La police procèdera également à des contrôles d’identité en cas de réitération de faits « inqualifiables » qui menacent la famille et les proches du sous-préfet. » De véritables harcèlements, des hurlements, des cris nocturnes, des jets de pétards à l’intérieur d’un domicile privé. Je ne baisserai pas les bras. » Ce ne sont pas les gilets jaunes qui sont visés par la plainte du sous-préfet d’Alès. Selon lui, depuis un mois, ces rassemblements nocturnes devant son domicile qui inquiète sa famille, sont à mettre sur le compte des anarchistes. […]


Casseuil (Gironde) : Toujours pas de signal pour les opérateurs téléphoniques (sur les répercussions liées à l’incendie d’une antenne relais le 24 décembre dernier)

On se souvient que la nuit du dimanche 23 au lundi 24 décembre, en deuxième partie de nuit, un incendie s’était déclaré contre le relais téléphonique de Casseuil (Gironde), utilisé par différents opérateurs. Des inconnus avaient pénétré par effraction dans ce relais en découpant un grillage, puis forcé la porte du bâtiment technique et mis le feu à l’intérieur. L’installation et l’antenne relais de 120 m avaient été fortement endommagés.

Eh bien on apprend le 7 février grâce au journal local « Le Républicain Sud-Gironde » que depuis plus d’un mois autour de Langon, Bazas, La Réole, Monségur, il n’y a toujours aucun signal dans la zone, peu importe l’opérateur. Ce qui méritait bien les gros titres de l’édition du jour, barrée d’une photo sur laquelle on vous laisse méditer…


Besançon, 15 février : 6 mois de taule pour des tirs de mortier

La veille de l’Acte 14 à Besançon, les gendarmes francs-comtois célébraient, comme au niveau national, la date anniversaire de la fondation de leur corps militaire, en février 1791. A cette occasion, le
Général Langlois, directeur de tous les pandores de la région, n’a pas hésité une seule seconde à mélanger la mort de leur « héros national » Beltrame (tué en mars 2018 à Trèbes lors d’une intervention contre un terroriste religieux) et les gilets jaunes : « Que nous débattions, c’est une chose. Néanmoins, c’est le vote qui nous permet d’exprimer notre opinion. Aujourd’hui, en ce jour anniversaire, en hommage notamment au Colonel Arnaud Beltrame, c’est vraiment un appel à la paix publique que je voudrais lancer. » Pour rappel, en Franche-Comté, en 2018, les atteintes contre les forces de l’ordre ont augmenté de 30%, et + 40% dans le Doubs. Pour l’acte 13 de la semaine dernière, ce même général s’était plaint que « On a essuyé des pétards agricoles et des bisons, mais également des tirs
de ballast, de grosses billes de verre, des bouteilles vides, ainsi qu’un feu d’artifice, qui a brûlé certains pantalons. »

Et comme la vengeance d’Etat ne se fait pas toujours attendre longtemps, ce même vendredi 15 février était jugé un jeune de 21 ans pour avoir lancé trois gros mortiers contre les gendarmes lors des affrontements sur le rond-point de la zone commerciale de Chalezeule lors de l’acte 13. Face à ses déclarations en garde à vue du genre « On ne peut pas aller chercher le président à l’Élysée, les gendarmes sont là pour prendre des coups dans la gueule à sa place », le procureur de Besançon Etienne Manteaux s’est comme d’habitude lâché : « On est dans une société libre, mais cette liberté n’est pas absolue, et heureusement ! Sinon, ce serait l’anarchie. (…) Tous les auteurs de violence seront poursuivis. Tous. On ne doit pas laisser un système d’intimidation des Gilets jaunes s’installer. » Le manifestant, accusé d’avoir provoqué des acouphènes chez 7 gendarmes avec ses mortiers, dont un qui a eu un tympan crevé, a même pris avec son casier vierge une peine supérieure à celle réclamée par le procureur. Alors que ce dernier réclamait trois mois de prison ferme, plus neuf mois de sursis, les juges lui ont fourgué six mois de prison ferme, plus six mois de sursis, avec mandat de dépôt. Le jeune est parti en prison le
soir-même.

Une autre personne a été envoyée en détention provisoire à la prison de La Butte, à l’issue de sa garde à vue et de sa comparution devant le tribunal.

Dans la semaine du 11 au 15 février, plusieurs personnes (dont il est difficile de faire un décompte exact) ont été soit perquisitionnées, soit convoquées au comico et placées en garde-à-vue pour les blocages et affrontements de ces derniers samedis, notamment pour ceux du 26 janvier dernier (acte XI). L’une d’elles a été placée sous contrôle judiciaire jusqu’à la date de son procès. Elle a « interdiction de paraître à Besançon les samedis ».


Pont-de-Claix (Isère), 14 février 2019 : l’Etat se venge

L’enquête sur l’incendie des bureaux de la police municipale de Pont-de-Claix, près de Grenoble, vient de franchir une nouvelle étape. Deux suspects, âgés de 22 et 25 ans, nés dans la métropole grenobloise ont été identifiés. Jeudi 14 février, les deux individus ont été mis en examen par le juge d’instruction en charge du dossier pour destruction volontaire de biens par incendie en raison de la qualité de dépositaire de l’autorité publique de la personne propriétaire du bien. Ils sont placés sous contrôle judiciaire. Dans la nuit du 5 au 6 novembre 2018, un incendie criminel avait détruit le bâtiment de la Police municipale de Pont-de-Claix près de Grenoble. Les 100 m2 de locaux étaient partis en fumée. L’enquête a été menée par la brigade de gendarmerie de Grenoble. La peine encourue est de 20 ans de réclusion criminelle.


La Ciotat (Var) : Condamnations pour le saccage du péage du 29 novembre dernier

Le 29 novembre dernier, sept individus, âgés de 19 à 40 ans, avaient été interpellés par la police lors d’affrontements violents et à la suite du saccage du péage de La Ciotat. Lors de leur passage devant le tribunal de Marseille, ce mercredi 13 février, trois d’entre eux ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Les quatre autres mis en cause ont, eux, écopé de six mois de prison aménageables.

Un local commercial de Vinci avait notamment été incendié au Muy (cf photo ci-contre). 


Bordeaux, 13 février 2019 : Des antifascistes à la barre pour le saccage du péage d’autoroute

Fin novembre, le péage de Virsac, sur l’A10, avait été le théâtre d’importantes dégradations. Plus de trente cabines avaient été cassées, pillées et incendiées. A l’époque les gilets jaunes s’étaient désolidarisés de ces violences. Ce mercredi 13 février, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné à quatre mois de prison ferme et un an de prison ferme deux jeunes de la région bordelaise. Comme le précise le journal Sud Ouest, « assez vite, la piste d’une possible implication de membres des Ultramarines est devenue l’une des hypothèses de travail des enquêteurs ».

En effet, les deux condamnés : Thomas et Maxime (par ailleurs membre du collectif La Gamelle bordelaise) sont des sympathisants de cette association de supporters du club de foot de Bordeaux, proche de la mouvance « antifa ».

Au total, la section de recherches de Bordeaux a fait condamner 15 personnes (plusieurs avec du ferme sont incarcérées) en plusieurs vagues d’arrestations (dont des hools antifas). Sans compter de futures audiences au civil d’ores et déjà programmées, pour faire payer les dégâts aux condamnés. Et elle tient à le faire savoir ! On pourra lire ici son incroyable communiqué du 16 février.


Aubenas (Ardèche), 7 février 2019 : un manifestant placé sous contrôle judiciaire pour avoir rayé la voiture de la préfète

Un Ardéchois devait être jugé en comparution immédiate ce jeudi 7 février dans l’après-midi pour les dégradations commises deux jours avant à Aubenas sur le convoi transportant la préfète de l’Ardèche. Il a demandé un délai pour préparer sa défense. En attendant le procès, il a été placé sous contrôle judiciaire et devra pointer une fois par semaine au commissariat d’Aubenas.

Ce prof de lycée âgé de 40 ans vit à Jaujac. Il est soupçonné de dégradations. Il a d’ailleurs reconnu avoir rayé la voiture de la préfète. La préfète de l’Ardèche avait été stoppée au rond-point de Millet à Aubenas mardi 5 février lors du passage de la manifestation de la CGT et des gilets jaunes. Sa voiture avait eu les pneus crevés et sa carrosserie taguée et rayée.

La Spezia (Italie) – Mises à jour sur les poursuites du 6 janvier 2019

Publié le 2019-02-19 08:56:03

Le 5 janvier 2019 à La Spezia* 14 personnes sont arrêtées et emmenées au commissariat pour être identifiées à travers la prise d’empreintes et de photos. Les infractions reprochées sont dégradations, peinture et détérioration d’œuvres architecturales publiques et privées en réunion. Selon le dossier « En plein centre de La Spezia [ils] ont enduit de peinture rouge l’une des rues historiques de la ville, endommageant la fontaine artistique adjacente de la Piazza Garibaldi et apposant des dépliants contenant un écrit en solidarité avec Paska, Ghespe et Giova et tous les inculpés de l’opération de Panico ». Pour 10 d’entre eux, la police a émis un avis d’expulsion [foglio di via] de 3 ans de la municipalité de La Spezia. Moins d’un mois plus tard, le Parquet de La Spezia a émis, pour 14 personnes une demande d’interdiction de séjour et de surveillance spéciale. Le 29 Janvier, le tribunal de Gênes (section des mesures préventives) a rejeté la demande d’interdiction de résidence, mais a fixé l’audience pour décider de la surveillance spéciale au 27 mars 2019.

Les mises à jours suivront

*Voir ici : https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=3593

repris de roundrobin.info


Quelques notes à propos de la Surveillance Spéciale :

La Surveillance Spéciale correspond ici à l’application de mesures de prévention appliqués à une personne soupçonnée et jugée “socialement dangereuse”, ayant fait l’objet ou non d’une condamnation (elle peut par exemple être appliqué à une personne sortant de prison).

Régie par le décret législatif du 6 septembre 2011 du code pénal Italien, le fameux code Rocco, resté casi inchangé depuis l’Italie fasciste, elle a la particularité de pouvoir être appliquée sur la base de simples “présomptions”. Elle n’est pas considérée comme une peine (mais comme une “mesure de restriction de liberté”) et est ordonnée par le procureur de la république ou le préfet de région (questore), l’audience ayant lieu à huit clos.

Originellement destinée aux « activités criminelles » (mise en place principalement dans le champ de l’antimafia), elle est destinée à un public “produisant des d’activités criminelles … ;  et à tous ceux qui de part leur comportement offensent ou mettent en danger l’intégrité physique ou morale du mineurs, la santé, la sécurité ou la paix publique” et à l’égard des personnes “opérant seules ou en groupe” qui “participent à des activités préparatoires, objectivement liées, visant à renverser l’ordre juridique de l’Etat (…) en commettant des crimes dans un but de terrorisme, y compris le terrorisme international”…

Selon les circonstances, peuvent être ajoutées à la mesure de surveillance spéciale, différentes mesures restrictives (interdictions et obligations diverses) : comme ne pas séjourner ou visiter une ou plusieurs municipalités ou provinces, ou à contrario l’obligation de séjourner dans une commune de résidence ou de résidence habituelle, ne pas fréquenter certaines personnes/lieux… Le passeport et permis de conduire sont aussi à priori régulièrement retirés. En relation à cela, peuvent déterminées différentes dispositions que la personne surveillée doit observer : comme trouver un emploi, avoir un logement fixe et le communiquer aux autorités, et ne pas partir sans en aviser les autorités locales.

Dans tous les cas cas, il est « prescrit» de vivre honnêtement, respecter les lois, ne pas donner de motif de suspicion et ne pas s’éloigner de la résidence sans notification préalable; il est également prescrit de ne pas fréquenter habituellement les personnes qui ont été condamnés et soumis à des mesures préventives ou de sécurité, ne pas rentrer à la chez soi tard le soir et ne pas partir le matin avant une certaine heure sans en avoir averti les autorités locales, de ne pas détenir ni porter d’armes, de ne participer pas aux réunions publiques ou manifestations (selon la norme, il s’agirait de rencontrer plus de 3 personnes à la fois…). Elle contraint donc à la personne « surveillée » à devenir son propre geôlier. Cette mesure peut durée jusqu’à deux ans et pour une durée de deux mois minimum…

Il n’existe pas actuellement de recensement des différentes mesures de surveillance spéciale en Italie mais la tendance va en s’accélérant au moins depuis ces deux dernières années.

Besançon : Ni église ni État !

Publié le 2019-02-19 10:34:04

L’Est Républicain / lundi 18 février 2019

« Ni église ni État » ou encore « L’autorité c’est le viol ». Voilà les écriteaux que les habitants du secteur ont découverts sur les murs de l’église Saint-Joseph, samedi. Des inscriptions faites en lettres capitales et à la bombe de peinture noire, de chaque côté de l’édifice. « Les faits se sont sûrement déroulés dans la nuit puisqu’on les a découverts au petit matin », confie une paroissienne du quartier. […]


Ce n’est pas la première fois que le bâtiment est victime de d’actes de vandalisme. En 2017 déjà, dans la nuit du 17 au 18 mai les murs de l’église avaient été recouverts par des inscriptions « À bas la charité, vive la solidarité. »

[photos toujours depuis L’Est Républicain  / samedi 20 mai 2017]

*****

Mais les jolies nouvelles continuent… la croix a changé de forme !

L’Est Républicain / lundi 18 février 2019

Dans la montagne qui domine le village de Deluz, une branche de la croix a été sciée.
Une équipe de bénévoles va se charger de réparer ce que d’autres ont brisé. Sylvaine Barassi, maire de la commune, a d’ores et déjà déposé plainte auprès de la gendarmerie, qui a ouvert une enquête. La première croix de Deluz a été installée en 1934 sous l’impulsion de l’abbé Bello. Une seconde croix a remplacé la précédente, le 9 juin 1984, veille de Pentecôte. Pour mémoire, elle avait été installée par l’abbé Eblin, avec l’aide de douze paroissiens.

Cerbère (Pyrénées-Orientales) : Face aux pauvres qui passent la frontière, les bons citoyens demandent plus de flics

Publié le 2019-02-19 10:34:05

L’Indépendant / mercredi 13 février 2019

La population de Cerbère dénonce des incivilités à répétition. « Cerbère est une ville frontalière. On y passe comme dans du gruyère. » Entre ras-le-bol et sentiment d’insécurité, la parole se libère chez les habitants et les commerçants de cette commune de la Côte Vermeille. Dernier acte en date : un bar-restaurant de l’avenue du Général-de-Gaulle saccagé en pleine nuit le week-end dernier. Quatre jeunes ont été interpellés : ils sont mineurs et en provenance d’Espagne par le train.

Dimanche 10 février, 8 heures. Philippe Budet, propriétaire du bar-restaurant de la plage en plein centre-ville, est informé que son établissement a été cambriolé pendant la nuit : « La porte d’entrée est explosée. A l’intérieur, c’est Bagdad. » Les chambres à l’étage, faisant office de domicile pour les saisonniers l’été, sont dégradées, des biens ont été volés et de la nourriture (glaces, paquets de chocolats, boîtes de conserve) a été consommée sur place. Les caméras de surveillance du restaurant ont immortalisé la scène pendant 20 minutes avant que les 4 malfrats ne s’aperçoivent qu’ils sont filmés et n’arrachent tout le matériel. En deux ans, c’est la quatrième fois que le commerce de Philippe Budet est victime de tels agissements.

Retour en arrière. Le mercredi 23 janvier, 3 jeunes gens sont retrouvés sur le quai de la gare en possession de sacs de plongée. Le matériel provient du club Cap Cerbère dont Gilles Lescure est gérant. La porte a été fracturée, et celle du gîte attenant abîmée. Le restaurant limitrophe La Coba a une vitre cassée. Fait cocasse à souligner : outre les vols dans le club de plongée, les suspects ont… grignoté tous les bonbons qu’ils ont trouvés [ouais, ça s’appelle de la misère, les citoyens ! NdAtt.].

Jacques Dalmau, voisin de Philippe Budet et propriétaire du magasin La Gambine, se souvient : « Il y a deux ou trois ans, j’ai été cambriolé. Des cannes à pêche ont été subtilisées. Je retrouve dans la foulée un jeune garçon avec le butin à la gare. Je l’ai surveillé pendant une heure en attendant l’arrivée de la PAF. »   

Sans compter la multiplication de cambriolages et d’intrusions chez l’habitant, « chez des personnes âgées, et jours de grand vent », supputent les administrés. Les anecdotes pleuvent à Cerbère. Autant que les solutions proposées par les premiers concernés : « De la vidéo surveillance en front de mer », « des renforts de la PAF après 19 heures », « une présence accrue des gendarmes et des policiers municipaux », « plus de voisins vigilants. » Mais surtout : « Mettre le préfet devant le fait accompli, lui qui a les chiffres de la délinquance dans les P.-O. »

Apatou (Guyane) : Aujourd’hui (encore) il n’y a pas école

Publié le 2019-02-19 10:35:03

France Guyane / lundi 11 février 2019

Habitués à partir à 5 h 30 du matin, les bus de la compagnie Nord Ouest Transport ont subit un sabotage empêchant les élèves de se rendre au lycée pour le deuxième lundi de suite. « La semaine dernière, des individus avaient coupé la courroie moteur, et dégonflé les pneus des trois bus, et ce weekend, la courroie d’un bus à une nouvelle fois été coupée. » à réagit M. Bantifo, responsable de la compagnie de transport, venu constater les dégâts. Les bus passant la nuit devant le collège d’Apatou sur la place des fêtes, c’est dans le weekend que l’acte de vandalisme à eu lieu, empêchant ainsi une soixantaine d’élèves d’aller sur les bancs de l’école.

Marseille, France : Sabotage de trottinettes électriques

Publié le 2019-02-19 15:26:03

Cette dernière semaine, nous avons saboté 7 trottinettes électriques Lime-S à Marseille, parce qu’elles sont clairement agaçantes, là, à glisser légèrement dans la ville qui se transforme en chantier géant.

Contre la gentrification de nos espaces de vie, et en espérant que ça donnera des envies !

[Reçu par mail]

Allemagne : Tout feu tout flamme contre l’armée, les flics et les fachos (15-17 février 2019)

Publié le 2019-02-20 14:58:04

Brême, 17 février : incendie de deux camions de l’armée allemande

Dans la nuit de samedi 17 février à Brême, deux camions de l’armée allemande ont brûlé dans le secteur de Neustadt. L’un a été entièrement détruit par les flammes, l’autre fortement endommagé. Les enquêteurs de la Staatschutz se sont saisis des investigations.

C’est vers 2h30 samedi qu’un citoyen vigilant signale aux flics que les flammes sont en train d’embraser un camion de la Bundeswehr sur un parking de véhicules utilitaires à Neustadt. Le montant des dégâts n’a pas été communiqué. Un communiqué de revendication a été publié sur la plateforme de publication libre de.indymedia.org. En voici la traduction:

« A l’occasion de la conférence de l’OTAN sur la sécurité à Munich, nous avons incendié deux camions de l’armée à Brême dans la nuit du 17 février 2019. Nous avons allumé les deux véhicules par les pneus avants. Les camions civils se trouvaient à une distance suffisante.

Les temps qui courent sont à la guerre. La résiliation du traîté de désarmement des forces nucléaires à portée intermédiaire et l’augmentation du budget de l’OTAN pour l’armement n’en sont que deux signes parmi tant d’autres. En ces temps de réarmement international et de montée du militarisme, notre perspective est celle du désarmement pratique par la base. Nous avons établi une pratique locale de sabotage directe contre la folie mondiale de l’oppression militaire et économique. »

La presse (à travers le quotidien Weser Kurier) rappelle la longue tradition locale d’incendies criminels ayant ciblé l’armée allemande ces dernières années à Brême. Comme par exemple celui d’un véhicule civil de l’armée sur un parking du centre de recrutement le 8 février 2017. Ou encore des 18 véhicules lourds de l’armée (des véhicules sanitaires, des voitures de terrain et des camions) qui ont flambé sur un parking d’une zone industrielle brêmoise dans la nuit du 22 au 23 octobre 2016, causant plus de 15 millions d’euros de dégâts.

[Traduit des médias allemands via Chronik]


Munich (Bavière), 15 février : Les keufs perdent un minibus en pleine conférence de l’OTAN sur la sécurité

Dans la nuit du 14 au 15 février à Munich, un véhicule de police a été incendié dans le quartier Zamdorf.  Cette attaque incendiaire, que les flics attribuent à la mouvance autonome/anarchiste, intervient alors que se déroule au même moment à Munich la conférence de l’OTAN sur la sécurité.

C’est vers 2h du matin que des agents de la police fédérale de Rhénanie-Palatinat, présente à Munich pour protéger cette réunion de l’OTAN sur la sécurité, ont vu leur minibus en flammes. Le véhicule était garé dans la Lüderitzstraße, dans le secteur d’Ina-Seidel-Bogen et de la Eggenfeldener Straße. Les flics ont immédiatement alerté les pompiers, tout en s’attaquant aux flammes à l’extincteur.

La police chiffre les à hauteur de 70.000 euros de dégâts. Le service d’enquêteurs de la police criminelle de la Staatchutz est en charge des investigations.

[Traduit de l’allemand de Chronik, 15. Februar 2019]


Leipzig (Saxe), 15 février 2019 : La voiture du candidat au conseil municipal de l’AfD incendiée

Le communiqué de revendication :

« Dans la nuit du 15 février, le véhicule du candidat au conseil municipal, Gert Pasemann, a été incendié.

Depuis début 2017, il est membre de l’AfD et depuis peu est également tête de liste de l’AfD dans la première circonscription de Leipzig. Entre 1995 et 1999, il a siégé pour la CDU au conseil municipal de la ville.

Entre-temps, il a été contraint de découvrir que son alliance avec l’AfD lui a attiré pas mal d’ennemi.e.s.

Nous devons nous-mêmes prendre en main la confrontation avec l’AfD.

Nous sommes conscient.e.s du fait que cette confrontation ne se gagnera ni par urnes, ni par des discours et des débats.

Les textes, les discussions et les manifestations n’aident plus. Il faut que ça tende vers plus pratique, vers des actions plus personnelles. Durant les mois précédents les élections au Landtag de 2019 en Saxe, pourrissons autant que possible la vie des membres, électeurs/électrices et sympathisant.e.s de l’AfD, et causons-leur le maximum de dégâts possible.

A tous les niveaux, par tous les moyens !

[Traduit de l’allemand de Chronik, 15. Februar 2019]

France : Du désordre ambiant actuel – Du 16 au 19 février 2019

Publié le 2019-02-20 14:59:04

Villars (Loire), 19 février : sabotage de la station-service d’Auchan

Dans la nuit du 18 au 19 février, vers minuit et demi, plusieurs pompes de la station-service de l’enseigne Auchan, dans la commune de Villars, ont été sabotées: les tuyaux situés en dessous du pistolet de 19 pompes sur 24 ont été sectionnés.

« Une plainte a été déposée par la direction de la grande surface. C’est le troisième dépôt en moins de trois mois pour la station-service d’Auchan Villars qui a déjà fait l’objet d’actes de malveillance à deux reprises en décembre. » (Le Progrès, 19.02.2019)


Villeneuve-les-Avignon (Gard), 18 février 2019 : bombe artisanale contre le centre des impôts

Peu après 22 heures lundi, une bombe artisanale, composée d’une pile, de fils électriques et d’un gros pétard, a explosé devant le centre des finances publiques. C’est une voisine qui a alerté les flics. Une paroi de l’édifice a été noircie par l’explosion de la bombe. Aucune revendication n’a été retrouvée sur place et aucune interpellation n’a été effectuée à ce stade. « Une enquête en flagrance pour destruction par moyen dangereux pour les personnes a été ouverte par le parquet de Nîmes et confiée à la sûreté départementale d’Avignon ». (France 3 Occitanie, 19.02.2019)


Montpellier (Hérault), 16 février : Des caméras sabotées, un comico caillassé et une agence AXA en miettes

Samedi 16 février, lors de l’acte XIV, deux caméras avaient été sabotées (leurs mâts abattus, et les appareils entièrement détruits) et un véhicule de la police municipale n’avait pas survécu au passage de la foule en train de se faire disperser à coups de lacrymo.

On apprend par ailleurs que plus d’une centaine de personnes ont attaqué le commissariat de la police nationale de Comédie-Centre. Des vitres ont été brisées, le rideau métallique enfoncé. Huit personnes avaient été interpellées, cinq policiers légèrement blessés, notamment aux chevilles, au visage et au cou.

La CCI Hérault avait déployé 134 agents de sécurité du groupe Nicollin dans l’Écusson pour sécuriser les boutiques et commerçants pour cet acte XIV (une première en France). Et pourtant, l’enseigne du groupe d’assurances AXA sur le boulevard du Jeu de Paume a été saccagée pour la deuxième fois en une semaine.

Le cortège a aussi déambulé pour la première fois dans le quartier des Beaux Arts, où des containers ont été incendiés. (E-Metropolitain, site faf)


Belfort (Territoire-de-Belfort), 16 février 2019: de gros dégâts pour l’APRR

Samedi 16 février, des centaines de Gilets Jaunes ont mené une opération « péage gratuit » à la mi-journée au péage de Fontaine sur l’A36, entre Belfort et Mulhouse. L’action s’est prolongée jusque tard dans la soirée, et certain.e.s comptaient même y rester la nuit. Dès la nuit tombée, l’action de blocage a tourné au saccage des infrastructures du gestionnaire de l’autoroute, l’APRR (filiale Eiffage). Les incendies ont touché plusieurs parties du péage : trois atténuateurs de choc, des coffrets électriques et la façade de deux cabines ont brûlé. Des caméras ont été détériorées et de la colle a été découverte dans plusieurs lecteurs de carte bleue. Les dégâts n’ont pas encore été officiellement chiffrés, mais ils pourraient s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon France Bleu. (18.02.2019)

« C’est la première fois depuis le début du mouvement des gilets jaunes qu’un péage est autant abîmé en Franche-Comté selon la société APRR, qui est en charge de cette zone autoroutière. « D’habitude, on avait plutôt des dégâts sur nos caméras qui étaient tournées, qui étaient occultées, parfois taguées, mais un feu comme on en a eu là, c’est la première fois pour la partie APRR » explique Mélanie Le Devedec, responsable de la sécurité chez la société autoroutière ».

 

Soirée paris-luttes , « la fête à Mutu » le samedi 16 mars à la Parole Errante !

Publié le 2019-02-20 14:59:06

Paris-Luttes.info vous invite à la soirée de soutien du réseau de médias libres Mutu le samedi 16 mars à partir de 18h à Montreuil !
Cantine et concerts, entrée prix libre, amenez vos potes !



Lancé en 2013, le réseau Mutu regroupe des sites d’information locale anti-autoritaires dans toute la France et en Suisse. De Toulouse à Paris, de Rouen à Bern, ces sites constituent autant d’espaces d’expression et d’information pour les luttes. Le réseau tire son nom de la volonté de mutualiser les outils techniques et de mettre en commun les expériences.

Pour faire face à ses frais de fonctionnement [1], le réseau a besoin du soutien financier de ses lecteur-ices et contributeur-ices, et organise donc une fête le samedi 16 mars 2019. Ça sera l’occasion d’échanger, de partager un verre et de danser sur des rythmes endiablés.

Au programme :

Le samedi 16 mars à partir de 18h.
À la Parole Errante (9 rue François Debergue à Montreuil), métro Croix de Chavaux (ligne 9). Entrée libre.
http://laparoleerrantedemain.org/

Musique

Cantine et bar

Tables d’infos

Espace jeux pour enfants (en début de soirée)

plus d’infos à venir...

Le réseau Mutu, c’est :

À retrouver sur https://reseaumutu.info



Notes

[1L’ensemble des sites mutu sont hébergés sur un serveur qui nous est propre, que l’on gère entièrement pour assurer l’autonomie du réseau et sa sécurité. C’est un coût en matériel mais aussi en électricité et en bande passante. À ça s’ajoute des dépenses pour faire connaître les différents sites du réseau (affiches, flyers, stickers)

Nous

Publié le 2019-02-20 23:49:03

Selon le célèbre mot de Mark Twain, « les rédacteurs et les gens ayant les vers » sont les seules personnes pouvant utiliser le terme « Nous », mais à ce que nous en savons, personne n’a jamais fait d’analyse approfondie des rapports de pouvoir cachés dans cette monosyllabe.

« Nous » sonne égalitaire, commun et coopératif, même s’il désigne en fait plus souvent des rapports sociaux hiérarchiques et coercitifs. Le fascisme, ne l’oublions pas, est aussi une forme de collectivité.

Dans la première phase de notre enquête, nous avons découvert plusieurs variantes du terme « Nous ». La-voici, même s’il s’agit d’une liste qui est loin d’être exhaustive :

Le Nous du leader : « … et nous donnerons nos vies, s’il le faut, pour protéger notre patrie ! »

Le Nous du manager : « Nous avons réussi à augmenter la productivité de 25 % cette année, et cela se verra ensuite dans les profits. »

Le Nous du chef : « Nous devons urgemment nettoyer cette cuisine en moins d’une demi-heure. »

Le Nous du baby-sitter : « Nous sommes un peu vexé ce soir ? Peut-être est-il temps pour nous d’aller au lit ? »

Le Nous du supporter : « Nous allons à la coupe du monde cette année ! » Bien sûr que tu y vas!

Le Nous de l’activiste : « Whose streets? Our streets! » De qui précisement ? »

Le Nous du parti : « Maintenant que les usines sont entre les mains des ouvriers, nous pouvons initier la création du paradis sur terre pour l’Humanité ! » (Un instant avant l’aller simple vers Sibérie.)

Le Nous de Zamyatin : un roman sous-estimé dont Orwell s’est beaucoup inspiré pour écrire 1984.

Certaines formes de Nous font référence à des corps sociaux totalement mythiques: le Nous du citoyen par exemple, lequel désigne toutes les personnes regroupées au sein de la citoyenneté, elle-même donnée par l’Etat-nation, même si certains citoyens ont une position critique vis-à-vis de cet Etat. D’autres formes, comme le Nous de l’identité, veulent créer des corps sociaux conscients d’eux-mêmes (ou « ayant une conscience de soi ») en mettant en avant une communauté mythique sur base d’une argumentation indirecte.

Nombreuses sont les formes de processus collectifs qui se cachent dans le « Nous ». Dans le monde de la politique, il s’agit du Nous démocratique – « Nous avons voté pour l’expulsion de 40 % de nos membres » – et le Nous du consensus – « Nous avons eu besoin de quatre semaines pour écrire un paragraphe que j’aurais pu écrire seul en trois minutes. »

Un exposé anarchiste du mot « Nous » ne pourrait être complet sans une enquête concernant le « Nous » du propagandiste. Celui-ci est un proche parent du Nous « royal »[1], car c’en est tout sauf un.

Le Nous du propagandiste est populaire surtout  parmi les radicaux voulant se faire passer pour des personnes comprenant en elles seules tout un mouvement social cohérent. Dans le meilleur des cas, il s’agit d’une imagination pleine d’espoir ; mais dans le pire, il s’agit par contre de celle d’un futur despote fantasmant la formation d’une armée de mécanisations, car il ne peut pas s’imaginer d’autres formes de rapports.

Ayant ces ambiguïtés en tête, quelle utilisation du mot « Nous » est-elle encore possible ?

Nous (le voilà, le « nous » !) voudrions appeler l’attention du lecteur sur la blague bien connue dans laquelle Tonto et Lone Ranger sont poursuivis par une horde sanguinaire de soi-disant Indiens :

« Il semble que nous soyons dans la merde, mon pote, » constate Lone Ranger.

Auquel Tonto répond : « Que veux-tu dire par ‘nous’, homme blanc ? »


[1]    L’idée derrière le Nous royal – pluralis majestatis –, c’est que le monarque parle toujours pour son peuple. De là même manière, on réfère à des décisions du conseil municipal comme celles de « la » ville, plutôt que le gouvernement de cette ville. Par exemple, « Pendant des années, la commune de Anderlecht a tenté infructueusement d’empêcher ses habitants à se réunir au bord du canal lors du week-end. »

https://salto.noblogs.org

 

Archives : Abandonnez l’activisme !

Publié le 2019-02-20 23:49:03

Un des problèmes apparent lors de la journée d’action du 18 juin 99 a été l’adoption d’une mentalité d’activiste. Ce problème est devenu particulièrement évident avec ce 18 juin précisément parce que les personnes qui se sont investies dans son organisation et celles qui ont participé à cette journée ont essayé de repousser ces limites. Ce texte n’est pas une critique sur des personnes investies — mais plutôt une occasion qui inspire des réflexions sur les enjeux auxquels nous sommes confrontés si nous voulons sérieusement en finir avec le mode de production capitaliste.

Experts

Par « une mentalité d’activiste », je veux désigner les gens qui se considèrent eux-mêmes d’abord comme activistes et comme appartenant à une large communauté d’activistes. L’activiste s’identifie à ses actions et les conçoit comme le rôle qu’il doit jouer dans la vie, comme un travail ou une carrière. De même, certains s’identifient à leur travail comme médecin ou enseignant, cela devient une part essentielle de leur image de soi au lieu d’être seulement quelque chose qu’il leur arrive de faire.

L’activiste est un spécialiste ou un expert du changement social. Se considérer comme activiste signifie se considérer comme privilégié ou plus avancé que les autres dans l’appréciation du besoin de changement social et de la manière d’y parvenir ; se considérer comme l’avant-garde de la lutte concrète pour créer ce changement.

L’activisme, comme tout rôle d’expert, est basé sur la division du travail — c’est une tâche séparée et spécialisée. La division du travail est le fondement de la société de classes, la division fondamentale étant celle entre le travail manuel et le travail intellectuel. La division du travail est par exemple présente dans la médecine et l’éducation : guérir et élever des enfants, au lieu d’être des savoirs communs et des tâches auxquelles chacun participe, deviennent la propriété spécialisée de médecins et d’enseignants — des experts sur lesquels nous devons nous reposer et qui effectuent ces choses pour nous. Les experts gardent jalousement les capacités qu’ils ont et les mystifient Cela maintient les gens séparés et dépossédés de leur pouvoir, tout en renforçant la société de classes hiérarchisée.

La division du travail implique qu’une personne endosse un rôle et que beaucoup d’autres lui délèguent leur responsabilité. Une séparation des tâches signifie que d’autres vont cultiver votre nourriture, fabriquer vos habits et vous procurer de l’électricité pendant que vous vous occupez de réaliser le changement social. L’activiste, en tant qu’expert du changement social, présume que les autres gens ne font rien pour changer leurs vies et ainsi se sent un devoir ou une responsabilité de le faire à leur place. Les activistes pensent qu’ils compensent le manque d’activité des autres.

Nous définir comme activistes signifie définir « nos » actions comme celles qui vont amener le changement social, en faisant l’impasse sur l’activité de milliers et de milliers d’autres non-activistes. L’activisme est basé sur la fausse conception qu’il n’y a que les activistes qui produisent le changement social — alors que bien sûr la lutte des classes se produit tout le temps.

Forme et contenu

La tension entre la forme d’ « activisme » dans laquelle notre activité politique apparaît et son contenu toujours plus radical s’est développée seulement durant ces quelques dernières années. Le background de beaucoup de gens impliqués dans le 18 juin est d’être des « activistes » qui font des « campagnes » sur des « thèmes ». La scène activiste s’est transformée ces dernières années ; beaucoup de gens sont passés de campagnes sectorielles contre les entreprises ou des développements spécifiques à une perspective anticapitaliste plus floue. Ainsi, le contenu de l’activisme a changé, mais pas sa forme. Au lieu d’attaquer Monsanto et d’occuper leurs quartiers généraux, nous regardons maintenant au-delà de la facette isolée du capital représentée par Monsanto et développons une « campagne » contre le capitalisme. Et que peut-on occuper de mieux que ce qui est perçu comme le quartier général du capitalisme — la City ?

Nos méthodes sont toujours les mêmes, comme si nous attaquions une entreprise ou un développement spécifique, alors que le capitalisme n’est plus du tout du même type et que les moyens par lesquels on pourrait faire tomber une compagnie spécifique ne sont pas du tout les mêmes que ceux par lesquels on pourrait faire tomber le capitalisme. Par exemple, en menant de vigoureuses campagnes pour les droits des animaux, les activistes ont réussi à ruiner à la fois les éleveurs de chiens Consort et les éleveurs de chats Hillgrave Farm. Leurs business ont été ruinés et ils ont été mis en liquidation judiciaire. De même, la campagne soutenue contre Huntingdon Life Sciences, des partisans convaincus de la vivisection, a réussi à réduire le prix de leur action de 33 %, mais l’entreprise vient de réussir à survivre en lançant une campagne de relations publiques désepérée à la Bourse pour remonter les cours [11]. L’activisme peut ruiner une entreprise avec beaucoup de succès, mais détruire le capitalisme requiert beaucoup plus que de simplement étendre ce genre de méthode à chaque entreprise dans chaque secteur. De même, lorsque les activistes des droits des animaux prennent pour cible les boucheries, le seul résultat direct est probablement d’aider les supermarchés à faire fermer toutes les petites boucheries, ce qui renforce le processus de compétition et de « sélection naturelle » du marché. Ainsi, les activistes parviennent souvent à détruire un petit commerce, mais renforcent en même temps globalement le capital.

La même chose s’applique à l’activisme contre les routes. Les luttes à grande échelle contre les routes ont créé des débouchés pour tout un nouveau secteur du capitalisme — la sécurité, la surveillance, des experts, des tunneliers et des grimpeurs, des consultants. Nous sommes maintenant un « risque du marché » parmi d’autres à prendre en compte pour conclure un contrat de route. Nous avons peut-être renforcé la loi du marché, en forçant les entreprises les plus faibles à abandonner le marché. La consultante Amanda Webster affirme : « Les mouvements de protestation vont fournir des avantages de marché aux entreprises qui peuvent efficacement les maîtriser » [12]. A nouveau, l’activisme peut mettre en faillite un commerce ou stopper une route, mais le capitalisme continue, plus fort qu’auparavant.

Ces choses sont certainement une indication, si besoin est, de ce qu’attaquer le capitalisme ne requiert pas seulement un changement quantitatif (plus d’actions, plus d’activistes), mais surtout un changement qualitatif (nous devons découvrir des manières plus efficaces d’agir). Il semble que nous n’avons qu’une très petite idée de ce que requiert en fait la destruction du capitalisme. Comme s’il suffisait de parvenir à une sorte de masse critique d’activistes occupant des bureaux pour avoir une révolution…

La forme de l’activisme a été conservée alors que le contenu de son activité s’est transformé au-delà de la forme qui le contenait. Nous continuons à penser en termes d’« activistes » faisant une « campagne » sur un « thème », et parce que nous sommes des activistes pratiquant l’action directe », nous allons « faire une action » contre notre cible. La méthode de campagne contre des développements spécifiques ou des entreprises isolées a été transplantée telle quelle sur ce nouvel objet qu’est l’attaque du capitalisme. Nous tentons d’attaquer le capitalisme et de conceptualiser ce que nous faisons dans des termes complètement inappropriés, en utilisant des méthodes qui sont celles du réformisme libéral. On a ainsi le spectacle bizarre de « faire une action » contre le capitalisme — une pratique profondément inadéquate.

Rôles

Le rôle de l’« activiste » est un rôle que nous adoptons tout comme celui du policier, du parent ou du prêtre — une forme psychologique étrange que nous utilisons pour nous définir et pour définir notre relation à l’autre. L’« activiste » est un spécialiste ou un expert en changement social — plus nous nous accrochons à ce rôle et à la notion de ce que nous sommes, plus nous empêchons en fait le changement que nous désirons. Une vraie révolution impliquera de s’extraire de tous les rôles préconçus et de détruire tous les spécialismes — la réappropriation de nos vies. L’acte de la révolution est la prise de contrôle de nos propres destinées ; il impliquera la création de nouveaux individus et de nouvelles formes d’interaction et de communautés. Les « experts » en tous genres ne peuvent que l’empêcher.

L’Internationale Situationniste a développé une critique stricte des rôles et en particulier du rôle du militant. La critique des situationnistes était surtout dirigée contre les idéologies de gauche et social-démocrates parce que c’était ce à quoi ils étaient principalement confrontés. Bien que ces formes d’aliénation existent toujours, nous sommes, dans notre milieu particulier, plus souvent confrontés à l’activiste libéral qu’au militant gauchiste. Ils partagent toutefois beaucoup de traits en commun (ce qui bien sûr n’est pas étonnant).

Le situationniste Raoul Vaneigem définit ainsi les rôles : « Les stéréotypes sont les images dominantes d’une période… le stéréotype est le modèle du rôle ; le rôle est un comportement modèle. La répétition d’une attitude crée un rôle ». Jouer un rôle signifie cultiver une apparence en négligeant toute authenticité : « Nous succombons à la séduction d’attitudes empruntées ». En tant que joueurs de rôles, nous résidons dans l’inauthenticité — en réduisant nos vies à une suite de clichés — « transformant notre journée en une suite de poses choisies plus ou moins inconsciemment parmi la gamme des stéréotypes dominants » [13]. Ce processus a été à l’œuvre depuis le tout début du mouvement contre les routes. A Twyford Down après Yellow Wednesday en décembre 1992, la presse et la couverture médiatique se sont focalisées sur la tribu Dongas et l’aspect contre-culture dreadlocks des protestations. C’était certainement à l’origine l’élément prédominant — il y avait par exemple un important groupe de nomades lors de l’évacuation [14]. Mais les gens attirés à Twyford par la couverture médiatique pensaient que tous ceux qui étaient là-bas avaient des dreadlocks. La couverture médiatique a eu pour effet d’éloigner les gens « ordinaires », et plus de gens du style contre-culture dreadlocks sont venus, réduisant ainsi la diversité des protestataires. Plus récemment, une chose similaire s’est produite quand les gens attirés sur les lieux de protestations par la médiatisation de Swampy qu’ils avaient vu à la télévision commencèrent à reproduire dans leurs propres vies les attitudes présentées par les médias comme étant caractéristiques du rôle de « guerrier écologiste » [15].

« Tout comme la passivité du consommateur est une passivité active, de même la passivité du spectateur repose dans sa capacité à assimiler des rôles et à les jouer en accord avec les normes officielles. La répétition des images et des stéréotypes offre une panoplie de modèles dans laquelle chacun est supposé choisir un rôle » [16]. Le rôle du militant ou de l’activiste n’est que l’un de ces rôles, et c’est en cela qu’il est conservateur malgré toute la rhétorique révolutionnaire qui l’accompagne.

L’activité prétendument révolutionnaire de l’activiste est une routine terne et stérile — une constante répétition de quelques actions sans potentialité de changement. Les activistes résisteraient probablement au changement s’il se produisait parce qu’il briserait les certitudes faciles de leurs rôles et la jolie petite niche qu’ils se sont creusée pour eux-mêmes. Comme les chefs syndicaux, les activistes sont d’éternels représentants et médiateurs. Tout comme les dirigeants syndicaux qui seraient contre les travailleurs victorieux dans leur lutte parce que cela les priverait de leurs fonctions, le rôle de l’activiste est menacé par le changement. En effet, la révolution, ou même n’importe quel mouvement réel dans cette direction, troublerait profondément les activistes en les privant de leur rôle. Si « tout un chacun » devient révolutionnaire, alors vous n’êtes plus si spéciaux, n’est-ce pas ?

Pourquoi nous comportons-nous comme des activistes ? Seulement parce que c’est l’option facile des lâches ? Il est facile de tomber dans le rôle de l’activiste parce qu’il convient à cette société et ne la défie pas — l’activisme est une forme acceptée de divergence. Même si comme activistes nous faisons des choses qui ne sont pas acceptées ou illégales, la forme même de l’activisme, par sa similitude avec un emploi, s’ajuste à notre psychologie et à notre éducation. Elle est attirante précisément parce qu’elle n’est pas révolutionnaire.

Nous n’avons plus besoin de martyrs

La clé de compréhension du rôle du militant et de celui de l’activiste est le sacrifice de soi — le sacrifice de soi à « la cause » qui est perçue comme étant séparée du soi. Cela n’a bien entendu rien à voir avec la vraie activité du révolutionnaire qui est la saisie du soi. Le martyre révolutionnaire va de pair avec l’identification d’une cause séparée de sa propre vie — une action contre le capitalisme qui identifie le capitalisme comme étant « là-bas » dans la City est une erreur fondamentale — le pouvoir réel du capitalisme est ici même dans nos vies quotidiennes — nous recréons son pouvoir chaque jour car le capital n’est pas une chose mais une relation sociale entre des gens (et donc entre des classes) médiatisée par les choses.

Bien sûr, je ne suis pas en train de suggérer que chaque personne impliquée dans l’action du 18 juin adopte ce rôle et le sacrifice de soi qui l’accompagne avec la même intensité. Comme je l’ai dit tout à l’heure, le problème de l’activisme est apparu de manière particulièrement criante dans l’action du 18 juin précisément parce que c’était une tentative de sortir de ces rôles et de nos pratiques habituelles. La plupart de ce qui est souligné ici est un « scénario du pire », de ce à quoi peut conduire le rôle de l’activiste. Dans quelles proportions nous pouvons reconnaître ceci dans notre propre mouvement nous donnera une indication sur la quantité de travail qu’il reste à faire.

L’activiste rend la politique terne et stérile et en éloigne les gens, mais jouer ce rôle détruit aussi l’activiste lui-même. Le rôle de l’activiste crée une séparation entre les fins et les moyens : le sacrifice de soi signifie créer une division entre la révolution comme amour et joie dans le futur mais devoir et routine maintenant. L’activisme dans sa globalité est dominé par la culpabilité et le devoir parce que l’activiste ne se bat pas pour lui-même mais pour une cause séparée : « Toutes les ‘causes’ sont également inhumaines » [17].

En tant qu’activiste, vous devez nier vos propres désirs parce que votre activité politique est définie de telle sorte que ces choses ne sont pas considérées comme « politiques ». Vous mettez la « politique » dans une boîte séparée du reste de votre vie — c’est comme un travail… vous faites de la politique de 9 heures à 17 heures puis vous rentrez à la maison pour faire autre chose. Parce qu’elle est dans cette boîte séparée, la « politique » existe sans être gênée par aucune considération pratique d’efficacité. L’activiste se sent obligé de constamment s’attacher à la vieille routine sans penser, incapable de s’arrêter ou d’examiner, le principal étant que l’activiste soit toujours occupé et assouvisse sa culpabilité en se frappant la tête contre un mur de briques si nécessaire.

Savoir quand s’arrêter et attendre peut faire partie de l’activité révolutionnaire. Il peut être important de savoir comment et quand faire grève pour le maximum d’efficacité, mais aussi comment et quand NE PAS faire grève. Les activistes ont cette attitude du « nous devons faire quelque chose MAINTENANT ! » qui semble nourrie par la culpabilité. Ceci n’est pas du tout tactique.

Le sacrifice de soi du militant ou de l’activiste est reflété dans son pouvoir sur les autres en tant qu’expert — comme en religion, il y a une sorte de hiérarchie de la souffrance et de la droiture. L’activiste prend du pouvoir sur les autres en vertu de son haut degré de souffrance (les groupes activistes « non hiérarchisés » forment de fait une « dictature des plus impliqués »). L’activiste utilise la coercition morale et la culpabilité pour régir ceux qui sont moins expérimentés dans la théologie de la souffrance. Leur propre subordination va de pair avec la subordination des autres — tous esclaves de « la cause ». Les politiciens qui se sacrifient forcent leur propre vie et leur volonté de vivre — cela génère une amertume et une antipathie à la vie qui est ensuite tournée vers l’extérieur pour flétrir le reste. Ils sont «  les grands contempteurs de la vie… les partisans du sacrifice de soi absolu… leurs vies tordues par leur monstrueux ascétisme… » [18]. Nous pouvons voir cela dans notre propre mouvement, par exemple sur les lieux occupés, dans l’antagonisme entre le désir de s’asseoir et de prendre du bon temps versus l’éthique coupable du type travail de construction/fortification/barricadage, et dans la passion quelque fois excessive avec laquelle les « déjeuners en ville » sont dénoncés. Le martyr qui se sacrifie lui-même est offensé et outragé quand il en voit d’autres qui ne se sacrifient pas. De même, quand l’« honnête travailleur » attaque le petit voleur ou le vagabond avec une telle haine, nous savons que c’est en fait parce qu’il hait son travail et le martyre qu’il a fait de sa vie, et pour cela déteste voir quiconque échapper à ce destin, quiconque s’amuser alors qu’il souffre — il doit entraîner tout le monde dans la boue avec lui — une égalité du sacrifice de soi.

Dans la vieille cosmologie religieuse, le martyr victorieux allait au ciel. Dans la vision moderne, les martyrs victorieux peuvent aspirer à entrer dans l’histoire. Le plus grand sacrifice de soi, la plus grande création de rôle (ou, mieux, l’invention d’un tout nouveau rôle pour stimuler les gens — par exemple celui de guerrier écologiste) gagne une récompense dans l’histoire — le paradis des bourgeois.

La vieille gauche était assez franche dans son appel au sacrifice héroïque : «  Sacrifiez-vous dans la joie, frères et sœurs ! Pour la cause, pour l’ordre établi, pour le parti, pour l’unité, pour la viande et les patates ! » [19]. Mais tout ceci est beaucoup plus voilé ces temps-ci : Vaneigem accuse les jeunes gauchistes radicaux d’« entrer au service d’une Cause — la ‘meilleure’ des Causes. Leur temps de créativité, ils le passent à distribuer des tracts, à coller des affiches, à manifester, à prendre à partie le président de l’assemblée régionale. Ils militent. Il faut bien agir, puisque les autres pensent pour eux » [20].

Cela résonne en nous — particulièrement l’idée du fétichisme de l’action — les militants gauchistes peuvent s’engager dans un travail sans fin parce que le chef ou gourou a le petit nécessaire de théories, qui est pris pour du pain béni — la « ligne du parti ». Il n’en est pas tout à fait de même pour les activistes pratiquant l’action directe — l’action est fétichisée, mais plus par aversion pour la théorie quelle qu’elle soit.

Cet élément du rôle de l’activiste qui s’appuie sur le sacrifice de soi et le devoir était présent, mais pas si significatif, dans l’action du 18 juin. Ce qui pose le plus de problèmes pour nous, c’est ce sentiment de séparation du reste des gens “ordinaires” que l’activisme implique. Les gens s’identifient à d’étranges sous-cultures ou à des clans, ils se voient en tant que “nous” opposé au “eux” sous lequel est regroupé le reste du monde .

Isolement

Le rôle d’activiste est un isolement volontaire par rapport à tous les gens avec lesquels nous devrions communiquer. Endosser le rôle de l’activiste vous sépare du reste du genre humain, comme quelqu’un de spécial ou de différent. Les gens ont tendance à penser leur propre personne au pluriel (à qui te réfères-tu quand tu dis “nous” ?), en se référant à une communauté d’activistes plutôt qu’à une classe. Par exemple, il est à la mode depuis quelque temps dans le milieu activiste d’argumenter en faveur de « moins de thèmes sectoriels » et de l’importance de « créer des liens ». Cependant, pour la plupart, il s’agit de « faire des liens » avec d’autres activistes et d’autres groupes de lutte. Le 18 juin l’a assez bien démontré, l’idée étant de rassembler tous les représentants de toutes les différentes causes ou questions dans le même lieu au même moment, en nous reléguant volontairement dans le ghetto des bonnes causes.

De la même manière, les divers forums qui ont récemment proliféré à travers tout le pays — Rebel Alliance à Brighton, NASA à Nottingham, Riotous Assembly à Manchester, London Underground, etc. — ont un but similaire : amener tous les groupes activistes de la région à parler ensemble. Je ne dénigre pas cela, c’est un préliminaire essentiel à toute action, mais cela devrait être reconnu comme une forme extrêmement limitée pour « créer des liens ». Il est aussi intéressant de noter que ce que les groupes qui participent à ces rencontres ont en commun, c’est d’être des groupes activistes — ce dont ils s’occupent en fait semble être secondaire.

Il ne suffit pas de chercher à lier tous les activistes du monde entier, pas plus qu’il ne suffit de chercher à transformer plus de gens en activistes. Contrairement à ce que certains peuvent penser, nous ne serons pas plus proches d’une révolution si énormément de gens deviennent des activistes. Certains semblent avoir l’étrange idée qu’il faut que chacun soit d’une façon ou d’une autre convaincu de devenir un activiste, et alors nous aurons une révolution. Vaneigem dit : « La révolution est faite chaque jour en opposition à, et malgré, les spécialistes de la révolution » [21].

Le militant ou l’activiste est un spécialiste du changement social ou de la révolution. Le spécialiste recrute dans sa minuscule zone spécialisée pour augmenter son propre pouvoir et ainsi combattre sa propre impuissance. « Le spécialiste… s’enrôle pour enrôler les autres » [22]. Selon le principe de la pyramide, la hiérarchie se réplique — vous êtes recruté et pour ne pas être en bas de la pyramide, vous devez recruter plus de gens qui soient en dessous de vous, qui à leur tour font exactement la même chose. La reproduction de la société aliénée des rôles s’accomplit à travers les spécialistes.

Jacques Camatte, dans son essai Sur l’organisation (1969) [23], souligne judicieusement que les groupements politiques finissent souvent comme des « gangs » qui se définissent par l’exclusion — la loyauté des membres du groupe va à ce dernier plutôt qu’à la lutte. Sa critique s’adresse particulièrement à la myriade de sectes gauchistes et de groupuscules, mais s’applique aussi, bien que moins profondément, à la mentalité activiste.

Le groupe politique ou parti se substitue au prolétariat ; sa propre survie et sa reproduction deviennent la valeur suprême — l’activité révolutionnaire devient synonyme de « construire le parti » et recruter des membres.

Le groupe se considère lui-même comme l’unique détenteur de la vérité et ceux qui sont hors du groupe sont traités comme des idiots devant être éduqués par cette avant-garde. Au lieu d’un débat équitable entre camarades, on obtient une séparation entre la théorie et la propagande, où le groupe a sa propre théorie qui est presque gardée secrète dans l’idée que les autres, les arriérés mentaux, doivent être attirés dans l’organisation par une stratégie populiste avant que la politique surgisse devant eux par surprise. La façon malhonnête de traiter avec ceux qui sont hors du groupe est semblable à un culte religieux — dans lequel on ne dit jamais en face de quoi il s’agit.

Nous pouvons trouver des similitudes avec l’activisme, en cela que le milieu activiste agit comme une secte gauchiste. L’activisme dans son entier a certaines caractéristiques propres à un « gang ». Les gangs d’activistes peuvent souvent se révéler être des alliances ignorant les classes sociales, et incluent toutes sortes de réformistes libéraux parce qu’eux aussi sont des « activistes ». Les gens se pensent d’abord comme activistes et leur loyauté première va à la communauté d’activistes et non à la lutte elle-même. Le « gang » est une communauté illusoire qui nous détourne de la création d’une plus large communauté de résistance. L’essence de la critique de Camatte est une attaque contre la création d’une division interne/externe entre le groupe et la classe sociale. Nous en arrivons à nous considérer comme des activistes, en cela séparés et ayant des intérêts divergents par rapport à la masse des prolétaires.

Notre activité devrait être l’expression immédiate d’une lutte réelle et non pas l’affirmation du caractère séparé et distinct d’un groupe particulier. Dans les groupes marxistes, la possession de la « théorie » est ce qui détermine le pouvoir — c’est différent dans le milieu activiste, mais pas si différent : le savoir, l’expérience, les contacts, l’équipement, etc. sont ce qui détermine le pouvoir.

L’activisme reproduit la structure de cette société dans ses opérations : « Quand le rebelle commence à croire qu’il combat pour un bien supérieur, le principe autoritaire revient » [24]. Ceci n’est pas un sujet trivial, mais est à la base des relations sociales capitalistes. Le capital est une relation sociale entre des gens médiatisés par des choses — le principe de base de l’aliénation est de vivre sa vie au service d’une chose qu’on a soi-même créée. Si nous reproduisons cette structure au nom d’une politique qui se déclare anticapitaliste, nous avons perdu avant d’avoir commencé. On ne peut combattre l’aliénation avec des moyens aliénés.

Une modeste proposition

La modeste proposition est que nous devrions développer des moyens d’agir qui sont en rapport avec nos idées radicales. Cette tâche ne sera pas facile et l’auteur de ce texte n’a pas d’apperçu plus clair que quiconque sur la façon dont nous devrions nous y prendre. Je ne dis pas que l’initiative du J18 aurait dû être abandonnée ou attaquée, en fait ce fut une tentative courageuse de repousser nos limites et de créer quelque chose de mieux que ce que nous avons déjà. Cependant, dans ses tentatives de rompre avec les manières antiques d’agir, elle a éclairci les liens qui nous rattachent encore au passé. Mes critiques de l’activisme, ci-dessus, ne s’appliquent pas toutes au 18 juin. Mais il y a un certain paradigme de l’activisme qui au pire inclut tout ce que j’ai souligné là, et le 18 juin partage ce paradigme dans une certaine mesure. C’est à chacun de déterminer dans quelle mesure.

L’activisme est une forme en partie obligée par notre faiblesse. Comme l’action commune menée par Reclaim the streets et les dockers de Liverpool — nous vivons une époque dans laquelle les politiques radicales sont souvent le produit de faiblesses mutuelles et d’isolation. Si tel est le cas , il ne nous est peut être même pas possible de nous débarrasser de ce rôle d’activiste. Il se peut que dans des temps d’affaiblissement de la lutte, ceux qui continuent à travailler à la révolution sociale soient marginalisés et en viennent à être perçus (et à se percevoir eux-mêmes) comme un groupe séparé des gens. Il est possible aussi que ce phénomène ne puisse être inversé que par un déferlement général de la lutte, lorsque nous ne serons plus considérés comme des freaks et des weirdos [NdT : des semi-clochards et des marginaux], nous serons l’expression des idées de tout un chacun. Cependant, pour travailler à intensifier la lutte, il sera nécessaire de rompre avec le rôle d’activistes dans toute la mesure du possible — d’essayer constamment de passer au-delà des frontières de nos limites et contraintes.

Historiquement, ces mouvements qui ont réussi à déstabiliser, supprimer ou à dépasser le capitalisme n’ont pas tous pris la forme de l’activisme. L’activisme est essentiellement une forme politique et une méthode d’action adaptée à un réformisme libéral poussé au-delà de ses propres limites et utilisé à des fins révolutionnaires. Le rôle de l’activiste, en soi, devrait être problématique pour tous ceux qui désirent la révolution sociale.

Andrew X.

Ce texte a pour titre original « Give up activism ». Il est paru après le carnaval anticapitaliste du 18 juin 1999 à Londres qui a viré à l’émeute, dans une brochure intitulée « Reflections on J18 » éditée en octobre 1999 par Reclaim the Street. Il a été traduit en français dans Je sais tout de décembre 1999 et dans Échanges n°93 au printemps 2000.

Andrew X. – Reflections on J18, octobre 1999

 

https://infokiosques.net/lire.php?id_article=117

Solidaires et complices avec les personnes arrêté.es à Trente et à Rovereto. Liberté pour tou*tes!

Publié le 2019-02-20 23:50:02

Opération Renata.

À 4 heures du matin, ce matin, perquisitions dans les lieux et chez des compagnons et compagnonnes entre Trente, Bolzano et Rovereto. 7 arrestations, 6 en préventive et 1 assigné à résidence. Les infractions contestés sont les 270 bis* et 280 bis**.
Perquisition au Tavan et à la Gym populaire de Trento, à la Nave dei Folli et à la Cabana de Rovereto, au Katakombenstube à Bolzano. Certains arrêtéssont transferés dans d’autres prisons.
Unités d’intervention présentes dans différentes zones de la ville (Palazzo Regione, Municipio, Palazzo del Governo).
Aujourd’hui, à 16 heures [19/02], rdv au Tavan, via Muredei 34/3 Trento
AGNESE, GIULIO, NICO, POZA, RUPERT, SASHA, STECCO LIBRES!!
LIBERTE POUR TOUS ET TOUTES BON SANG

Source : csakavarna.org

Nous publions les adresses des personnes arrêtées (celles connues actuellement) :

Rupert:
Roberto Bottamedi
Casa Circondariale Brescia Canton Mombello
Via Spalto S. Marco, 20
25100 Brescia (BS)

Nico:
Nicola Briganti
Casa Circondariale Verona Montorio
Via S. Michele, 15
37131 Verona (VR)

Agnese:
Agnese Trentin
Casa Di Reclusione Verziano
Via Flero, 157
25125 Brescia (BS)

Poza:
Andrea Parolari
Via Basilio Dalla Scola, 150
36100 Vicenza (VI)

Giulio:
Giulio Berdusco
Casa circondariale via Paluzza n. 77
33028 TOLMEZZO (UD)

repris de roundrobin.info

* association subversive à finalité terroriste

* attentat à finalité terroriste

voir aussi : https://attaque.noblogs.org/post/2019/02/21/trentino-italie-operation-repessive-contre-des-anarchistes/

Trente (Italie) : Manifestation en solidarité avec les arrêté.e.s du 19.02

Publié le 2019-02-21 08:32:03

Une cinquantaine de personne ont manifesté dans les rues de Trente après l’épisode répressif du 19/02, aux cris de « LIberté pour tous », « Salvini tu es le premier sur la liste », « Le terroriste c’est l’Etat ». Quelques tags ont été laissés sur les murs. 

Les faits contestés concerneraient différentes attaques ayant eu lieu entre 2017 et 2019, dans le cadre d’une enquête ayant débuté en 2016 pour laquelle plusieurs compagnon.nes ont été arrêté.e.s le 19/02 à la demande du parquet de Trente, pour, à titre divers, « association à des fins de terrorisme ou de subversion de l’ordre démocratique, de possession et de fabrication de faux documents d’identité, de fabrication, de détention et de port d’armes et d’explosifs, incendie et dommages causés aux systèmes informatiques ou télématiques, d’utilité publique, à des fins terroriste ». 

Selon les merdias, l’enquête regarderait des attaques contre un laboratoire de mathématiques industrielles et de cryptographie du département de mathématiques et de physique de l’Université de Trente, avec l’utilisation d’une bombe explosif ou incendiaire qui, le 8 avril 2017, a détruit les systèmes d’information ; des dommages causés à un pylône de transmission de signaux de radio et de télévision et du matériel de retransmission, le 7 juin 2017 à Monte Finonchio (Rovereto). Auraient également été détruits des équipements utilisés pour la transmission des carabiniers, dont les dommages ont entraîné une interruption temporaire des liaisons radio. L’enquête regarde également l’attaque contre neuf voitures de la police locale, avec des cocktails Molotov, le 3 décembre 2017 à Trente ; une succursale d’Unicredit, toujours avec un engin explosif, le 25 juillet 2018 à Rovereto ; le siège de l’agence de travail temporaire Randstad le 1er septembre 2018 à Rovereto. Egalement deux engins explosifs, dont un seul a explosé, devant le siège de la « Ligue », le 13 octobre 2018, à Ala*. (https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=1015)

 

reformulé de la presse.

Italie : dissocié-e-s et balances, bien que gouines&pds* !

Publié le 2019-02-21 08:32:05

À l’aube du 7 février à Turin, Chiara Appendino et sa clique étoilée** assument la responsabilité politique d’évacuer de manière militaire l’Asilo, occupé depuis 24 ans. Six compagnon-ne-s sont arrêté-e-s accusé-e-s d’association subversive pour la lutte contre les CPR (Centres de rétention).

Chiara Appendino et sa clique: ceux-là mêmes qui depuis des années réalisent un travail parfumé de « pink washing » se déclarant amis d’une prétendue identité lgbtq*ia+, afin de légitimer cette guerre contre les pauvres appelée le réaménagement des périphéries. Avec cette stratégie de gouvernement, à Turin comme ailleurs, la Ville élargit les droits des « citoyens gays » pour blanchir leur image et se dédouaner de leur propre violence contre les pauvres, les délinquant-e-s et les hors-la-loi.

La reconnaissance en échange du soutien politique, l’assimilation en échange du silence : à Turin, la Normalité Gay – celle blanchissime, bourgeoise, maritale, blindée d’argent, de papiers et de droits – nettoie l’image des expulsions, déportations et arrestations du mouvement 5 étoiles. Sans aucune charge subversive, les corps autrefois considérés comme « anormaux » sont aujourd’hui les complices actifs des maîtres de cette ville.

D’un autre côté, il n’est pas surprenant qu’il y ait beaucoup de Gouines&PDs et d’associations lgbtiq de tous les genres parfaitement intégré-e-s au capitalisme urbain et en connivence avec ceux qui gouvernent Turin. Nous le répétons clairement, si c’était encore nécessaire : il n’existe pas d’identité lgbtq*ia+ universelle et se définir Gouine&PDs ne nous rend pas en soi copain-e-s, complices, compagnon-ne-s.
Hier justement un énième geste infâme est venu d’une partie des associations Lgbtiq Turinoise : la déclaration de Maurice Glbtq à propos de la manif du samedi 9 février contre l’expulsion de l’Asilo et les arrestations effectuées au cours de l’opération « Scintilla ». De toute évidence, certains « citoyens gays » ne profitent pas de cette énième vague de répression pour réfléchir sérieusement – et une fois pour toutes – à leur connivence avec l’administration étoilée
Ou alors pour critiquer les politiques de « pink washing » de la mairie. Ou encore pour s’interroger sur la violence de la « normalité » que Chiara Appendino, en louant le travail de la police et des forces de l’ordre, voudrait imposer à Turin. Sur ce, l’histoire des corps définis comme « anormaux » pendant des siècles en Occident pourrait nous apprendre quelque chose.
Au lieu de cela, Maurice glbtq choisit de réifier un récit fantasmé et légaliste, prenant ses distances par rapport à la rage qui éclate dans la rue, aux corps indociles qui, au cours de ces journées de résistance, ont défendu l’asilo, tentant à juste titre de contre-attaquer pour reprendre un espace qui depuis 24 ans impulse de la vie dans le quartier et qui est aujourd’hui entouré d’une zone rouge*** de mort.

Le Maurice glbtq qui se dissocie de la rage du défilé, tout en rendant son hommage à un homosexuel arrêté, lui imposant, entre autre, une visibilité sans consentement, à l’instar des journaflics. Une prise de position imbibée d’identitarisme et de respectabilité, qui ne soutient certainement pas ce que portent ces subjectivités anormales qui se battent depuis des décennies contre la famille hétérosexuelle patriarcale bourgeoise et contre la violence de l’État.
Condamner les actes de la manifestation ? En tant qu’expression d’une « masculinité mal vécue » est l’autre côté de cette violence et de sa logique paternaliste et pathologique. Très loin de l’intersectionnalité tant revendiquée des luttes, il ne s’agit certainement pas d’une simple liste d’identités ou d’appartenances, ni d’une distinction infâme entre les gentils dociles, normaux, visibles et les mauvais-e-s émeutièr-e-s, indécentes, marginaux.

Nous Guines&PD qui nous vivons différent-e-s tant du masculin que du féminin, sommes resté-e-s dans ce cortège jusqu’au bout, avec toute notre colère. Contre ceux qui, à Turin, répriment, éliminent, arrêtent et expulsent au nom de la normalité et du décorum. De l’Asilo aux CRA, en passant par les camps roms et le marché aux puces.

Complices et solidaires avec l’Asilo et les arrêté-e-s !
SILVIA, LARRY, NICCO, BEPPE, GIADA, ANTONIO, ANTONELLO, IRENE, GIULIA, FULVIO, GIULIA, CATERINA, MARTINA, CARLO, FRANCESCO ET ANDREA LIBER*!
Tutt* liber*!
Nos pensées vont également aux poules qui ont résisté à l’éviction de l’Asilo jusqu’à la fin.
Toutes les poules détestent la police! (ndt en francais dans le texte)

Puisse notre colère balayer la normalité fasciste.

Quelques anorma* de Turin

*Frocie : Tapette, tafiole. J’ai pas trouvé d’équivalent en francais, fonctionnant quelque soit le genre, et réaproprié par les concerné-e-s.

**Chiara Appendino : Maire 5 étoiles de Turin, quelques jeux de mots peu traduisibles sont devenus un qualificatif  » étoilé ».
*** Durant l’expulsion de l’asilo et les jours qui ont suivit, une zone rouge empecher l’acces au batiment.

 

Trentino (Italie) : Opération répressive contre des anarchistes

Publié le 2019-02-21 10:10:03

résumé de Macerie et Round Robin / mercredi 20 février 2019

Le 19 février la DIGOS et le ROS [la police politique et la brigade des Carabinieri qui “s’occupe” de criminalité organisée et de terrorisme; NdAtt.] ont arrêté 7 compas en Trentino, dans le nord-est de l’Italie, avec les accusations d’association subversive avec finalité de terrorisme (l’éternel article 270 bis du Code pénal) et d’attentat avec finalité de terrorisme (art. 280 C.p.). En plus des arrestations il y a eu une trentaine de perquisitions de maisons et d’espaces collectifs.

Les personnes arrêtées (6 sont maintenant en préventive, une aux arrestations domiciliaires) sont de compas engagé.e.s dans la lutte contre la guerre et le militarisme, contre les frontières, contre les rafles de sans-papiers, contre les prisons et la police, contre les projets de dévastation de l’environnement, contre le fascisme et le vent réactionnaire qui souffle sur l’Italie.

Les journaflics disent que les 7 compas seraient accusé.e.s d’une attaque contre le laboratoire de mathématique industrielle et cryptographie de l’Université de Trente, le 8 avril 2017 ; de l’incendie d’une antenne relai, sur le Mont Finonchio, le 7 juin 2017 ; de la tentative d‘incendie de neuf voitures de la police municipale de Trente, le 3 décembre 2017 ; d’une explosion contre une banque, à Rovereto, le 25 juillet 2018 et contre une agence de travail intérimaire, toujours à Rovereto, le 1er septembre 2018 ; d’un engin explosif devant le siège de la Lega Nord de Ala, le octobre 2018 (la veille d’une conférence de Salvini). Les flics les accusant aussi de fabrication de faux documents et ajoutent que les compas auraient fait de l’agitation publique avec le bulletin « I giorni e le notti » (ce qui, jusqu’à là, n’est quand-même pas un délit, même dans l’Italie de Salvini).

Dans l’après-midi de mardi, une manif solidaire d’une cinquantaine de personnes a parcouru les rues de Trente, laissant derrière elle des tags en solidarité et contre l’État.

Liberté pour Agnese, Giulio, Nico, Poza, Rupert, Sasha et Stecco !

 

Les adresses connus pour l’instant (on ne sait pas encore dans quelle taule a été amené Stecco, Sasha est aux arrestations domiciliaires) :

Roberto Bottamedi
Casa Circondariale Brescia Canton Mombello
Via Spalto San Marco, 20
25100 Brescia

Nicola Briganti
Casa Circondariale Verona Montorio
Via San Michele, 15
37131 Verona

Agnese Trentin
Casa Di Reclusione Verziano
Via Flero, 157
25125 Brescia

Andrea Parolari
Via Basilio Dalla Scola, 150
36100 Vicenza

Giulio Berdusco
Casa circondariale
Via Paluzza, 77
33028 Tolmezzo

Turin (Italie) – Opération Scintilla : Les compagnons transferés

Publié le 2019-02-21 10:11:03

résumé de Macerie / lundi 18 février 2019

Dimanche 17 février, à Turin, il y a eu un rassemblement sous les murs de la prison pour étrangers sans-les-bons-papiers, pour poursuivre la lutte qui a mené en taule 6 compas. Par la suite, beaucoup de monde est allé devant la prison des Vallette passer les bonjour au compagnonnes arrêtées pour l’opération Scintilla.

En effet, seules Silvia et Giada sont encore enfermées à Turin. Les gars ont été transférés dans la section de Haute Sécurité de la taule Ferrara (la “prison pour anarchistes”, où sont déjà détenus la plupart des compagnons prisonniers pour l’opération Scripta Manent).

Pour leur écrire, donc :

Antonio Rizzo
Giuseppe De Salvatore
Lorenzo Salvato
Niccolò Blasi

via Arginone 327
44122 – Ferrara (Italie)

 

Silvia Ruggeri
Giada Volpacchio

C.c. Lo Russo e Cutugno
Via M.A. Aglietta 35
10151 Torino (Italie)

Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) : Des perquisitions pour punir la solidarité (MAJ du 28/02)

Publié le 2019-02-21 10:11:04

extrait du Parisien / mercredi 20 février 2019

Six lycéens de Romain-Rolland à Ivry ont été placés en garde à vue ce mercredi matin. Parmi eux, trois mineurs seraient toujours retenus à la brigade des mineurs de Créteil ce mercredi soir. Des trois majeurs gardés à vue au commissariat de Vitry, deux auraient été libérés en fin de journée.

Une quarantaine de personnes, des élus, des parents, des enseignants et des élèves, se sont rassemblées devant le commissariat de Vitry ce mercredi soir pour dénoncer la « disproportionnalité » de ces arrestations [pourquoi, si ça avait été « proportionné » ça aurait été mieux ? NdAtt.].
Début décembre, alors en pleine mobilisation lycéenne contre la réforme du baccalauréat, cinq élèves avaient passé 36 heures en garde à vue pour un tag « Macron démission » sur le panneau d’affichage du lycée Romain-Rolland. Précipitant le blocage du lycée durant près de quinze jours. Suite au refus du rectorat de retirer sa plainte, des propos injurieux à l’encontre de la proviseure avaient été découverts sur les murs et les portes du lycée à la mi-décembre. Le lycée avait alors été fermé plusieurs jours. […]

*****

Au lycée, des tags en solidarité avec les taggueurs

extrait du Parisien / lundi 17 décembre 2018

[…] Le lycée Romain-Rolland est fermé depuis ce lundi matin après la découverte, à l’intérieur de l’établissement, de plusieurs graffitis injurieux, dont des menaces directes visant la proviseure du lycée. « Le lycée a été saccagé cette nuit […] les élèves ne pourront être accueillis jusqu’à nouvel ordre », a communiqué tôt ce matin la direction de l’établissement aux élèves et à leurs parents.
Un déferlement d’injures écrites au marqueur noir, sur les murs et les portes notamment. Des dégradations « sans doute réalisées dans la nuit », et ce, trois jours après le refus du rectorat de retirer la plainte contre des élèves soupçonnés d’avoir tagué « Macron-démission » sur le panneau d’affichage de l’établissement.
Un tag qui leur avait valu 36 heures de garde à vue et qui avait précipité le blocage de l’établissement — tout comme le soutien de tous les élus communistes (maires d’Ivry et de Vitry, sénateur) du secteur et de la députée France insoumise, encore présente jeudi dernier devant l’établissement pour [se faire de la pub’; NdAtt.]

*****

Se faire balancer, coups dans les couilles, 36 heures de GAV pour des tags… la découverte de la Justice à 16 ans

extrait du Parisien / mercredi 5 décembre 2018

[…] « Macron démission », « Stop Parcoursup » et « On veut des profs » [sic ! NdAtt.]. Ces trois slogans tagués à la hâte au marqueur bleu sur la façade du lycée Romain-Rolland, à Ivry-sur-Seine, ont valu trente-six heures de garde à vue à six mineurs dont quatre âgés de 16 ans, interpellés dans la nuit de lundi à mardi aux alentours de l’établissement, où ils sont scolarisés. Un témoin avait appelé la police. […]
A leur sortie du commissariat d’Ivry, mercredi en début d’après-midi, ces jeunes n’en menaient pas large devant le comité de soutien qui les attendait de pied ferme.
« C’est violent : on est resté deux heures menottés au banc avant d’être transféré dans une cellule où ça puait l’urine, témoigne l’un d’eux. Un policier m’a même mis un coup de tête. »
L’un de ses amis dénonce les conditions d’interpellation et de la garde à vue. « Pendant le contrôle, un policier de la Bac (Brigade anticriminalité) m’a balancé un coup de pied dans les testicules, dit-il. J’ai même dû insister pour lire le procès-verbal de l’interrogatoire, mais on me l’a ensuite arraché des mains en me disant que je ne savais pas lire. » […]

*****

Mise à jour du 28 février : Les convocations arrivent

extrait du Parisien / mercredi 27 février 2019

[…] Plus de deux mois après les faits qu’on leur reproche, la lettre est arrivée : quatre élèves, dont trois mineurs, sont convoqués chez le juge aux fins de mises en examen. Ils sont accusés d’avoir « pénétré dans l’enceinte de l’établissement sans y être habilité », « d’avoir dégradé un établissement scolaire » et d’avoir « commis des menaces ou actes d’intimidation » envers la proviseure de l’établissement. […]

Murs en béton, rage en béton armé, désespoir en matière inoxydable

Publié le 2019-02-21 12:41:03
4medecouvJ’ai été hospitalisée le 19 novembre 2007, sous le régime de l’hospitalisation libre. Être libre de s’enfermer, quelle aubaine, c’est une idée géniale. Ce séjour était le deuxième. Un séjour de rêve – une grande bouffée de volupté.
Impossible de choisir où je vais atterrir cette nuit. Ce ne sera pas sur un terrain mou. Certains ont déjà choisi la destination. Le chemin est long, en ambulance. De la nuit et des lumières alarmantes : gyrophares, néons dans la cabine qui me transporte… Je n’avais choisi que l’abandon de mes sens à un long sommeil mais on m’a réveillée en plein rêve d’oubli. Je n’aime pas qu’on me réveille pour ces conneries : s’habituer, s’adapter, vivre comme n’importe qui d’autre.
« On va vous envoyer dans un endroit où vous allez pouvoir vous reposer, faire le point. » Tu parles ; le repos mon cul, l’ennui qui dégouline et le point, re-mon cul, explosions, traits malmenés, enragement. Heureusement j’ai parfois rigolé. Arrivée dans mon pavillon 26 à l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif : dans la salle du bas. Une table de ping-pong, un baby-foot, des tables, des plantes merdiques, encore des néons et une infirmière. Je comprends de moins en moins. On m’aurait embarquée dans une colonie de vacances ?
.
Le bruit que je passerai mon temps à espérer et détester en même temps fait son entrée : les clefs s’entrechoquent, le verrou est débloqué, la porte s’ouvre, la porte claque, la porte est fermée à clefs. Ça tinte, ça claque, ça glisse, ça reclaque, ça t’enferme. Dans même pas quarante-huit heures je n’essaierai même plus d’ouvrir une porte pour aller d’un endroit à un autre. Devant une porte je ne sors plus les mains de mes poches. Je sais qu’elle est fermée. Tout est fermé ici. Les portes, les fenêtres, les stores, les radiateurs, les chambres, les armoires. Ils ont peur que l’ennui dégouline hors les murs ? Que la folie cadenassée ne se mette à battre le pavé ? Pas de pavé pour les dingues. Des portes verrouillées et des nantis qui ont les clefs. Nous montons – premier étage du pavillon – je suis en larmes, j’ai encore plus envie de crever qu’il y a douze heures. Je quitte ma sœur et son mec, je quitte mes vêtements, mes affaires, mes clopes, mon stylo, mon cahier, mon téléphone. Les revoir sera une entreprise compliquée. Nous sommes alors le 20 novembre déjà. Je suis habillée en pyjama bleu, dix fois trop grand. J’ai tant pleuré que j’ai encore plus envie de fumer.
« C’est pas possible mademoiselle ». J’apprendrai vite que rien n’est possible ici, ou pas grand chose. « Et c’est possible de vous foutre mon poing dans la gueule ? » je pense déjà. Après une journée entre hôpital, larmes, ambulances, noir compact, dégueulade, je ne peux pas fumer ? J’aurais mieux fait de crever, j’aurais fumé des clopes au goût de nuage et pas senti cette odeur de mépris…
Nuit très courte. Réveil en fanfare. Pour que je me lève, une infirmière arrache ma couverture. Ainsi j’ai froid et je ne reste pas longtemps allongée. Je me cacherais bien sous le matelas mais je ne crois pas qu’on aime les blagues ici. Ça rigole pas quoi ! Je me dirige vers la salle de réfectoire – qui est en fait salle de tout – et là j’hallucine. Appuyée contre un mur, je découvre mes nouveaux potes, prêts à petit-déjeuner. Certains. D’autres font encore la queue à la station-service. Station-service : chariot rempli de boîtes, carafes, verres, liquides colorés, piluliers… surveillé de près par une infirmière. Les médocs. Chacun son carburant. Passage obligatoire. Je n’ai encore vu aucun médecin. J’échappe à cette étape. Pas pour longtemps ! J’ai une tête de dessous de bras, une gueule en papier mâché, les pieds nus, les seins presqu’à l’air. Je dois tenir mon futal de pyjama pour pas me retrouver complètement à poil. La veste est tellement grande que le bouton du haut arrive un peu au-dessus du nombril. Joyeux décolleté ! Et sinon, nue. Je vais rester comme cela quatre jours. Sans chaussettes (ils me trouveront des espadrilles dix fois trop grandes elles aussi dans deux jours). Je tiens mon futal. Je cache tant bien que mal ma poitrine. Ça va être pratique de manger !
Personne ne me propose de douche. Personne ne me parle. Je me remets à pleurer. Je me remettrai souvent à pleurer. Ou à gueuler. Cracher sa hyène. Et plus souvent pour des raisons inhérentes au système hospitalier qu’à mon système que je sens fragile et défaillant. Au-delà de l’angoisse qui m’habite, c’est la douleur du corps qui me détruit le plus ces premiers jours. J’ai froid. Tout le temps. La journée, juste ce putain de pyjama. Quand on peut enfin sortir le premier jour pour fumer une clope, c’est pieds nus que je déboule dehors, flottant dans le XXL réglementaire. Sol en béton froid, murs en béton, rage en béton armé, désespoir en matière inoxydable. Les gardes – euh pardon – les personnels soignants passent leur temps à nous compter et nous fermer les portes au nez. « Vous irez fumer quand on aura pris notre petit-déjeuner [ils n’ont pas de café chez eux ?], fumé nos clopes, fermé les chambres, repris un café, refumé un clope… » La liste est longue. Pendant ce temps c’est le défilé aux chiottes (un seul pour vingt personnes hospitalisées) pour fumer. On y va à deux, trois, pour que tout le monde puisse passer. Mecs, meufs, ensemble dans cet espace qui pue plus la fumée que la pisse au fur et à mesure que l’attente se prolonge. Pour nous dissuader, une affiche représentant une cigarette et tous ses composants poisons est collée sur la porte des toilettes. Morts de rire ! Et ils nous bassinent avec le « c’est interdit de fumer dans les lieux publics, à l’hôpital, c’est pas bon pour la santé… » Et ta sale gueule qui m’impose de prendre des sales médocs, elle n’est pas bonne pour ma santé non plus. Argument suprême : vous n’avez pas le droit de vous enfermer dans les chiottes à plusieurs, encore plus si mecs et meufs se mélangent. Pas de relations sexuelles ici, c’est interdit, c’est aussi mauvais pour la santé ?
Un jour, je sors avec un pote des chiottes, on venait de fumer. Une infirmière nous cueille à la sortie et mon pote devance la réprimande : « Ne vous inquiétez pas, on n’a pas fumé, avec Melle I. c’est purement sexuel ! ». Morts de rire, l’autre fait une tronche de six pieds de long. Elle en réfère. Entretien avec la psychiatre le lendemain pour tous les deux (on a la même) et question : « Quels sont vos rapports avec Monsieur C. ? » et pareil pour mon pote : « Quels rapports entretenez-vous avec Melle I. ? ». Elle y avait cru. Ici le second degré existe très rarement, l’humour je l’ai déjà dit, est banni. Donc pas de cul. Et comme on est en chambre de trois, pas moyen de se masturber tranquille ! Range ta libido, range tes envies, range ta vie, nettoie-toi de tes idées morbides morveuses et tu te sentiras tellement mieux !
Je reste avec le corps. Pendant trois jours, je réclame au moins une culotte et mon soutien- gorge. Je leur aurais demandé un flingue j’aurais peut-être eu plus de chance. Non pas possible, c’est encore dangereux. Dangereux ? Ah oui je peux me pendre avec mon soutien-gorge (55 kgs au bout d’un morceau de dentelle, ça promet) voire me crever un œil avec une baleine et je vais fumer ma culotte peut-être ? J’en peux déjà plus, j’ai mal aux seins, je me sens moche, vulnérable, j’ai mal au bide, d’angoisse, j’ai froid. Il me faut attendre que ma mère ait droit à une visite pour que je récupère mes habits. Je dois être présentable tout de même ! Habits du dimanche ! Flonflons ! Une fois la visite terminée, pyjama. Rideau. Le spectacle est fini. Coulisses. La tenue de scène est rangée au placard (inaccessible) des infirmiers.
Finalement je vais pouvoir m’habiller en civil. Au bout de ces quelques jours. Récompense, bonne conduite, hasard, décision arbitraire… je ne sais pas mais j’ai pris une douche brûlante et remets des vêtements familiers. Les petites douleurs du corps se succèdent en s’empilant. Quand la pile est trop conséquente, ça énerve. Pas possible de se laver les dents après le petit-déjeuner, on est parqué dans la salle commune et on attend le Père-Noël ou je ne sais qui d’autre. Pas possible de se reposer sauf recroquevillé sur des vieux sièges encore dans cette salle commune ou (c’est ma place) sur un radiateur qui scie les fesses, comme un gros chat. Cela sera possible jusqu’à ce que la chaudière pète. On avait froid.Maintenant on est transis. Pas de couverture supplémentaire disponible, plus de sieste sur le radiateur, même plus de chaleur qui se dégage, que le froid et le mépris.
L’odeur qui flotte au réveil dans les chambres est insupportable. Sudations médicamenteuses. Nuits agitées. Cris. Les oreilles aussi sont malades de ces cris. Ça me rend malade. Je voudrais libérer tous ces hommes et ces femmes qui crient. Enfermés pour des conneries. Chambre d’isolement. Des hurlements incessants. Je ne vois pas comment on va faire pour se sentir vivants et contents de ce qu’on entreprend. La question ne se pose presque plus. L’entreprise et l’action sont impossibles ici. Tu subis, tu fermes ta gueule et tu quémandes. Si tu émets une idée qui va contre le bien-être train-train des soi- gnants, isolement. Ils vont pas s’emmerder avec les grumeaux. L’hôpital psychiatrique, c’est ça : cacher les grumeaux avec comme but ultime de les dissoudre, les atomiser et les œufs en neige seront bien battus. Battus comme certains patients ici. Battus d’avance, par les vents, les détresses. À plate couture.
I.

 

Pinerolo (Italie) : Attaque en solidarité avec les anarchistes arrêtés

Publié le 2019-02-21 13:57:03

Cette nuit, nous avons attaqué le bureau de poste de Pinerolo, solidaires et complices avec les anarchistes arrêtés à Turin et dans le Trentin, et avec les compagnons arrêtés pour les événements de Florence et pour l’opération Scripta manent. SALVINI BOIA – L’ASILO EST PARTOUT

repris de roundrobin.info

voir aussi : https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=4123 (maj régulièrement)

Rennes, France : Saccage du centre de contrôle de Pôle Emploi – 15 février 2019 [Mis-à-jour]

Publié le 2019-02-21 13:57:05

Dans la matinée de vendredi 15 février, environ 40 personnes se sont introduites dans les locaux Pôle Emploi, installés dans une impasse de la zone industrielle de Chantepie, où ils ont arraché des fils et détruit des téléphones et des ordinateurs. Le montant des dégâts est estimé à 3.000 euros.

Certains contrôleurs sociaux présents ont également été insultés. «Ils ont été choqués bien sûr mais il n’y a pas eu de menace physique», indique la direction de Pôle Emploi, qui a porté plainte pour « dégradations et vols ».

Depuis cette visite sauvage, des vigiles ont été engagés pour sécuriser les accès du bâtiment.

Dans un article de Ouest France en date du 21 février 2019, on apprend que la « CGT-Pôle emploi Bretagne » n’a pas tardé à condamner l’action: « Occuper un lieu symbolique pour faire entendre ses revendications est une chose mais détériorer le matériel, s’en prendre aux collègues, fouiller et déplacer leurs affaires personnelles en est une autre. La CGT Pôle emploi Bretagne condamne ce genre d’initiative et tient à assurer de son soutien l’ensemble des collègues légitimement choqué-e-s. C’est le gouvernement et ses orientations que nous devons combattre pas les agents de Pôle emploi ! ». Sans rire, le flicage des pauvres il se fait tout seul !

L’action a été revendiquée le jour même par « le collectif contre la réforme de l’assurance-chômage ». Voici le texte dans son intégralité:

Si aujourd’hui, vendredi 15 février 2019, nous avons envahi la plateforme de contrôle de Pôle emploi à Rennes, située au 1 Allée de la Guérinière, au premier étage d’un batiment moderne à la facade verte au dessus des locaux de la RAM, c’est pour manifester notre opposition au contrôle des chômeurs, et particulièrement à la multiplication par 5 des équipes de contrôles (passage de 215 à 1000 contrôleurs à l’horizon 2020), et au décret du 30 décembre 2018.
Ce récent décret introduit des sanctions sans précédent qui donnent le pouvoir à Pôle-emploi de baisser les revenus de ceux qui perçoivent les allocations chômage. En effet, un contrôle peut donner lieu à une suspension des versements, sur une période qui peut aller de 15 jours et 6 mois. Pire encore, il est même possible désormais de faire disparaître des mois de chômage pour lesquels des cotisations ont pourtant été versées (par le salarié et le patron), détruisant purement et simplement des droits.

Comment le contrôle se concrétise-t-il ?
Les conseillers pôle emploi se retrouvent à gérer le contrôle continu et quotidien (vérifier le pointage aux multiples rendez-vous et formations obligatoires, surveiller les démarches de «recherche active d’emploi»…). En plus de cela, des équipes uniquement dédiées au contrôle, mises en place en 2015, produisent un flicage plus intense et spécifique, pouvant provoquer un sentiment de harcèlement administratif. Les contrôleurs envoient des questionnaires sur la recherche d’emploi qu’ils analysent, poursuivent les interrogatoires par téléphone, peuvent demander des copies de mail de «candidature spontanée», ou vérifier sur un compte facebook du chômeur qu’il ne s’est pas évadé à l’étranger… Et pour celles et ceux qui se disent qu’ils s’en sortiront en respectant les règles de recherche d’emploi, ils font erreur, penser s’en sortir tout seul c’est ne pas comprendre que le coeur de cible de ces dispositifs sont les usages courant du chômage. Par cette double forme du contrôle (quotidien et/ou ciblé), ce sont tous les chômeurs qui sont visés, quant bien même ils pensent ‘‘jouer le jeu’’, puisque la finalité de ces mesures c’est de remettre au plus vite le plus de gens possible au travail dans des conditions et à des niveaux de rémunérations dégradés. Qui plus est, désormais, Pôle emploi est complètement autonome pour contrôler, prendre la décision d’une sanction et la mettre en application (là où, auparavant, cette procédure devait avoir la validation de la préfecture).

Ajoutons à cela qu’en ce moment, sur injonction du gouvernement, les « partenaires sociaux » (syndicats de travailleurs et représentants du patronat) qui gèrent actuellement l’assurance chômage, se sont mis autour de la table afin de négocier les nouvelles conditions « d’accompagnement » et d’indemnisation des chômeurs et des chômeuses. La fin de ces négociations est annoncée pour ces jours-ci, à la mi-février. Il y a donc une nécessité particulière à lutter ces temps-ci.
Pour donner le ton de cette négociation imposée, le gouvernement a produit un document de cadrage qui laisse envisager un durcissement des conditions d’indemnisation des chômeurs. Les logiques qui en ressortent, telles que le lissage des droits chômage ou la dégressivité, visent à réduire les revenus de celles et ceux qui touchent ou toucheront un jour le chômage.
Rester au chômage, toucher ses droits, être inscrit à pôle emploi devient de plus en plus compliqué: entre la baisse des revenus mensuels et la hausse des contrôles, réagissons et luttons collectivement !

Luttons contre la réforme chômage et sa mise en place, organisons nous pour refuser des mois sans aucun revenus et l’effritement continu des droits au chômage.

Le collectif Contre la Réforme Chômage

Saint-Lin–Laurentides, Québec : Les bourgeois.e.s ne dorment plus tranquilles – 20 février 2019

Publié le 2019-02-21 14:04:03

Quand les flammes viennent sortir les bourgeois de leur sommeil…

Dans la nuit de mardi 19 au mercredi 20 février, une bagnole de luxe a cramé sous les yeux des bourgeois à Saint-Lin–Laurentides, dans Lanaudière.  

Les flammes ont ravagé la voiture, une Porsche Cayenne 2014 de type SUV, qui était stationnée dans l’entrée d’une résidence sur la Côte St-Ambroise.

La propriétaire du véhicule, qui vit avec son conjoint, a raconté au Journal de Montreal que c’est son voisin qui l’a réveillée en frappant à sa porte lorsque le véhicule flambait. «Sa femme a vu une veille voiture avec deux hommes, dont un qui a débarqué pour casser la fenêtre et lancer un objet dans le véhicule. Ça flambait très rapidement et je n’ai pas dormi de la nuit», lance la femme qui préfère ne pas mentionner son nom.

Cet incendie a de quoi raviver l’hostilité à ce monde de riches et de perturber la tranquilité nocturne de celles et ceux qui vivent de l’exploitation et de la misère des autres.

Prison pour migrant.e.s : une manif de bruit empêche la visite du site de construction, avec une mise à jour sur les nouvelles compagnies impliquées et les enchères en cours

Publié le 2019-02-21 15:01:04
Fév 212019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis des semaines, le sol est recouvert d’une épaisse plaque de glace et des montagnes de neige s’accumulent autour du site de construction pour la nouvelle prison pour migrant.e.s à Laval; mais cela n’empêche pas le gouvernement du Canada de travailler d’arrache-pied pour préparer les prochaines étapes de la construction de cette monstruosité. Nous ne devons pas détourner notre attention sous prétexte d’attendre le dégel du printemps.

Vers début février, il est devenu public que la période d’enchères pour le contrat d’Entrepreneur général avait débuté et qu’il y aurait une visite du site pour les soumissionnaires le 20 février à 10 heures du matin. Suivant cette information, tôt le matin du 20 février, un groupe de personnes s’est rassemblé afin de prendre un bus pour rejoindre le site de construction à Laval.

Le groupe s’est rapidement frayé un chemin sur la route menant au contrôle de sécurité pour les soumissionnaires, et a établi un piquet pour bloquer les véhicules des compagnies souhaitant soumissionner de se rendre au site. Les véhicules là pour chercher des ami.es et membres de famille sortant de la prison ont été les bienvenus de traverser le blocage, et ont répondu avec des klaxonnes et cris de soutien pour la manif. Les personnes présentes ont bruyamment communiqué la nature déplorable du projet de prison et ont fait comprendre à tous ceux et celles considérant y travailler qu’il y aurait des gens présent.e.s pour bloquer ce projet à chacune de ses étapes.

Le groupe a crié, tapé sur des poêles et casseroles et soufflé dans des cornes pendant plus d’une heure, brandissant des signes et bannières contre les prisons et les frontières ainsi que des affiches présentant les silhouettes de personnes déportées au courant des dernières années. Des représentants de compagnies ont été apostrophé.e.s personnellement, afin de leur laisser savoir que les personnes opposées au projet savaient qui ils et elles étaient. Certains représentants présents, y envoyés par leur patron, ont exprimé leur soutien pour la manif suite à des discussions avec des manifestant.e.s. Après une heure, la plupart des soumissionnaires potentiels avaient quitté dans leur voitures, après avoir accepté qu’ils ne passeraient pas. À 11h, une heure après le début planifié de la visite, les manifestant.e.s sont parti.e.s, ne laissant derrière eux qu’un petit groupe, principalement composé de policiers.

Avec un mois restant dans la période de soumission, c’est le moment d’évaluer ce que nous savons et ce que nous pouvons faire pour perturber le projet. En continuant à lire, vous trouverez des mises à jour importantes sur l’état du projet de prison ainsi que des informations nouvellement publiques à propos d’autres compagnies impliquées.

Ce qui est arrivé jusqu’à maintenant

Depuis l’été 2017, le groupe Lemay, basé à Montréal, et le Groupe A, basé à Québec, travaillent sur les plans architecturaux de la prison. En décembre 2018, Englobe Corporation et Excavation Loiselle ont complété leurs travaux d’assainissement sur les vastes terrains du CSC, qui pourraient servir à accueillir une prison additionnelle sur la Montée St-François. Ces terrains accueillent déjà la prison pour migrant.e.s actuelle, les prisons fédérales pour hommes à sécurité minimale et moyenne et l’institution provinciale Leclerc. Depuis un certain temps déjà, le calendrier censé indiquer les dates réelles du début de la construction est incertain.

Le 31 janvier 2019, toutefois, le ministère des Travaux publics et services gouvernementaux Canada a lancé l’appel d’offres pour les soumissionnaires qui seront en charge de la plus grande partie du travail relatif à la construction de la prison (l’Entrepreneur général). Les documents remis aux soumissionnaires intéressés fournissent de l’information importante sur les prochaines phases du travail.

La période d’enchères en cours

Le 31 janvier est donc le jour 1 de la période d’enchères de six semaines pour la position d’Entrepreneur général. Les soumissions seront acceptées jusqu’au 20 mars, date à laquelle la compagnie avec l’offre la plus petite obtiendra le contrat.

Au cours de la période d’enchères, les compagnies intéressées à faire des offres pour le projet sont invitées à enregistrer leurs informations sur la liste publique des soumissionnaires intéressés. Sur cette liste, accessible sur le site du gouvernement, on peut trouver le nom de la compagnie, la personne ressource, un courriel et un numéro de téléphone pour chaque compagnie qui démontre publiquement son intérêt envers le projet. Notons que certaines compagnies peuvent être intéressées au projet sans le déclarer publiquement sur cette liste.

En date du 20 février, les informations suivantes sont disponibles pour six soumissionnaires potentiels :

  1. Contact Shane Ross, President
    Compagnie Standard Building Contractors
    Courriel shane@standard.builders
    Téléphone 6138477258
  2. Contact Richard Paradis, Estimateur Senior
    Compagnie Construction SOCAM ltée
    Courriel r.paradis@socam.ca
    Téléphone 450-662-9000 #223
  3. Contact Matthew Poplaw, Sales
    Compagnie Securassure
    Courriel matthew@securassure.ca
    Téléphone 5143733131
  4. Contact Lina Tremblay, Estimateur
    Compagnie Groupe Geyser
    Courriel ltremblay@groupegeyser.com
    Téléphone 4506252003
  5. Contact Richard A. Germano, Président
    Compagnie Corporation de construction Germano
    Courriel info@germanoconstruction.com
    Téléphone 450-668-7807
  6. Contact Jacques Hosson, Estimateur
    Title Estimateur
    Company Tisseur Inc.
    Email estimation@constructiontisseur.ca
    Phone 8193221523 #258

Aussi présents pour la visite au site:

Compagnie Bruneau électrique Inc.
Email info@bruneauelectrique.com
Phone 514 353-4343, 450 759-6606

Compagnie Construction CYBCO
Email info@cybco.ca
Phone 514 284-2228

Peu importe qui obtiendra le contrat, la compagnie sera impliquée dans le projet jusqu’à la fin projetée de celui-ci (à la fin de mars 2021). Elle sera responsable de la sous-contraction de plus petites parties du travail de construction, contrats qui ne seront probablement pas rendus publics.

Autres compagnies impliquées dans le projet

Parmi les documents publiés avec l’appel d’offres se trouve une liste d’autres compagnies avec des contrats reliés à la prison, ainsi qu’à la personne responsable pour le dit contrat au sein de chaque compagnie. Certaines, comme Lemay ou le Groupe A, sont des noms que nous avons déjà vus, leurs contrats étant publics depuis un certain temps déjà.

Lemay et le Groupe A

Ces deux compagnies sont listées comme étant en charge de la partie « architecture » du projet, représentées respectivement par les architectes Pierre Larouche et Patrice Beauchemin.

Mylène Carreau, une architecte paysagiste affiliée à Lemay, représente sa firme pour le rôle additionnel que joue cette dernière en tant que chargée de l’architecture du paysage pour le projet.

LEMAY
3500, rue Saint-Jacques
Montréal (QC) h4c 1h2
t. (514) 932-5101
f. (514) 935-8137

Groupe A
819, avenue Moreau
Québec (QC) g1v 3b5
t. (418) 653-8341
f. (418) 653-1989

Certaines compagnies présentes sur la liste sont nouvelles et seraient possiblement membres d’un groupe de firmes avec lesquelles le gouvernement entretient ce qu’on appelle un « offre permanent ».

KJA Consultants Inc.

L’ingénieur Louis Beauchemin, du bureau montréalais de KJA Consultants Inc., est mis à l’honneur dans le document présentant sa compagnie de design d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques, ainsi que son travail sur un éventuel système de convoyage pour la prison.

KJA CONSULTANTS INC .
1410, rue Stanley, bur. 1003
Montréal (QC) h3a 1p8
t. (514) 284-3119

BPA (Bouthillette Parizeau)

La firme de consultation en ingénierie BPA, autrement connue en tant que Bouthillette Parizeau, sera impliquée dans les services alimentaires et la mise en service de la prison. Pour cette dernière, ce sera l’ingénieure Dalia Ramy qui représentera la firme, tandis que Sylvie Savoie sera en charge des services alimentaires.

BPA
6655, boul. Pierre-Bertrand
Bureau 250
Québec (QC) g2k 1m1
t. (514) 383-3747

Stantec

Stantec, une importante firme de design, consultation et ingénierie dont les bureaux se trouvent à Longueuil, semble être fortement impliquée dans plusieurs aspects du projet.

Les ingénieurs Alexandre Manseau-Nguyen et Bruno Lehoux sont respectivement en charge des travaux électriques et d’alarme d’incendie, ainsi que des services de protection contre les incendies, tandis que Jonathan Hallee est en charge de l’aspect télécommunication.

Stantec est aussi impliqué dans plusieurs aspects des travaux d’ingénierie, avec les représentants suivants responsables des différentes sous-sections : Louis-Stéphane Raciot comme Gestionnaire de projet en ingénierie, l’ingénieur Alexandre Jean en charge de la mécanique, Michel Gendron de l’électrique, Patrick Bourgeois de la structure et Martin Charron pour le génie civil.

STANTEC
400-375, boul. Roland-Therrien
Longueuil (QC) j4h 4a6
t. (514) 281-1033

Horaire de travail et sécurité du site

Il n’est toujours pas clair quel type de travail sera réalisé à quel moment, mais les documents de l’appel d’offres indiquent que lorsque la construction débutera, les travaux se termineront avant 21 heures, du lundi au vendredi. Les travaux causant du bruit seront réalisés entre 7 heures du matin et 18 heures, et aucun travail ne sera effectué le dimanche ou les jours fériés.

Il y aura des bureaux sur le site afin de conserver les documents de manière sécuritaire, ainsi que deux caméras qui feront du live streaming et dont les images seront accessibles à des représentants du gouvernement en tout temps.

Des barrières obstruant la vue du site seront érigées. Les documents mentionnent que tous les travailleurs et travailleuses devront passer un contrôle de sécurité et seront interdits de communiquer avec les détenus de la prison Leclerc (située juste à côté du site).

Qu’attendre de l’avenir proche

Il est raisonnable de s’attendre à ce que des travaux de re-excavation et de fondations débutent assez rapidement suivant l’octroiement du contrat d’Entrepreneur général à la fin du mois de mars. Cela signifie que celles et ceux opposé.e.s à la construction d’une nouvelle infrastructure créée uniquement dans le but d’augmenter la capacité du gouvernement à détenir et déporter des migrant.e.s, doivent se mettre aussi rapidement au travail, la construction pouvant débuter sérieusement dès le mois prochain.

Les compagnies considérant s’impliquer dans ce projet totalement inacceptable, servant uniquement à déchirer des familles et des communautés, feraient bien de rester à l’écart. Elles pourraient risquer leur réputation, leur clientèle et leur argent en choisissant d’offrir leur expertise à ce projet qui est sans ambiguïtés violent et raciste, à un moment où il est extrêmement important pour tout le monde de se positionner contre la suprématie blanche et la xénophobie. Les compagnies fournissant des matériaux pour la construction, ou qui seraient intéressées à sous-contracter pour travailler au projet même à un niveau plus limité devraient aussi y penser à deux fois avant de prendre une décision immorale et indéfendable.

Pour un monde sans prisons ni frontières
Pour la liberté de mouvement et la liberté de vivre pour toutes et tous

Pour plus d’information concernant le projet de prison pour migrant.e.s, et pour télécharger du matériel et des documents de recherche reliés à la lutte contre celui-ci, visitez stopponslaprison.info

Pour lire les documents résumés ici, vous pouvez les télécharger directement sur le site du gouvernement du Canada à partir de ce lien. Nous recommandons d’utiliser la navigateur TorBrowser afin d’éviter de donner votre adresse IP.

Trente – Solidarité avec les compagnons arrêtés

Publié le 2019-02-21 21:27:03
Un texte et un rencard diffusés à Trente en solidarité avec les compagnons arrêtés.arrêtés:
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LE CŒUR PAR-DELÀ LES BARREAUX
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En attente d’une analyse plus approfondie, quelques mots.
Une autre « association subversive à des fins terroristes » (article 270 bis), assortie d’une série d’infractions contestés (de l’interruption du service public à la destruction, du sabotage de dispositifs télématiques à « l’attaque terroriste », de l’incendie au transport de matériel explosif). 50 perquisitions, 150 policiers et carabiniers mobilisés, des rues entières bloquées, irruption d’agents munis de passe-montage et de gilets pare balle. Et surtout, 7 camarades arrêtés. Une opération en grande pompe – menée à la fois par les Digos et les Ros -, avec une conférence de presse de « l’antiterrorisme » à Rome. Et le lynchage habituel des médias.
Pas de surprise. Non seulement parce que c’est l’énième enquête pour 270 bis, mais aussi parce que « arrêter les anarchistes » a été pendant des semaines le refrain préféré des préfets de police, préfets, magistrats, hommes politiques et journalistes.
Quel est le problème pour les gardes armés et en toges de ce magnifique ordre social?
Dans le Trentin-Haut-Adige, il y a présence anarchiste trentenaire. Des compagnons et compagnonnes ont toujours été présents dans toutes les luttes, grandes et petites, contre l’exploitation, contre la dévastation du territoire, contre le racisme d’État. Dans les les luttes et dans la rue, l’action directe de nuit n’a jamais fait défaut (dans les dossiers du Parquet, depuis 2014 à nos jours, environ soixante-dix attaques petites ou grandes contre des banques, des casernes, des antennes relais, des véhicules militaires, des tribunaux, sièges de parti). Alors, comment la paix sociale peut-elle continuer à régner jour et nuit? La recette est toujours la même : attribuer quelques attaques à certains anarchistes (6 sur 70 …) et affirmer que tout – des tags sur les murs à l’attaque incendiaire – est planifié par une fantasmatique association subversive avec beaucoup de rôles (le chef idéologique, le responsable du secteur la logistique, responsable des relations avec les avocats, etc.), pour tenter ainsi de distribuer des années de prison. Plus généralement, dégager les casse-pieds pour passer avec le rouleau compresseur sur ce qu’il reste de liberté. La première étape consiste à isoler. C’est pourquoi les maisons des compagnons deviennent « des repaires », l’attitude obstinée à ne pas être espionné est présentée comme « quelque chose qui rappelle la mafia », etc. « Ils faisaient beaucoup les gentils et les solidaires, mais entre-temps, ils préparaient des attaques. Prenez vos distances ».
Comme d’habitude, il s’agit de faire le contraire. Continuer les luttes. Ne pas laisser pas seuls nos compagnons. Défendre publiquement les actes dont ils sont accusés. Relancer la solidarité contre une attaque qui veut aussi écraser les relations et les affects.
Nous n’avons pas de réponses simples. Mais quelques bonnes questions. Pouvons-nous changer cet état de choses sans nous battre? Pouvons-nous nous battre sans prendre de risque? Les conditions pour lesquelles cela vaut la peine de risquer ne mûrissent jamais seules? En attendant, on fait quoi?
De toute part on hurle au fascisme pour la politique de Salvini. Et ensuite? On est horrifié pour une explosion au siège de la Ligue? Allons. Que chacun y mettre du sien, pour que quelqu’un n’ai pas à tout mettre.
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Le terroriste, c’est l’État!
Agnese, Sacha, Poza, Stecco, Nico, Giulio et Rupert libres de suite!
VENDREDI 22 FÉVRIER 18h00, FACULTÉ DE SOCIOLOGIE
(via Verdi, Trente)
ASSEMBLÉE PUBLIQUE EN SOLIDARITÉ AVEC LES ARRÊTES
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Des anarchistes
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Repris de roundrobin.info

Le pouvoir de l'amour vaincra !

Publié le 2019-02-22 08:26:07

La nuit du 14 février, à l’approche des élections complémentaires, nous avons célébré la Saint-Valentin à notre manière.



La nuit du 14 février, à l’approche des élections complémentaires, nous avons célébré la Saint-Valentin à notre manière. Loin des magasins de fleurs rose pétrole, des restos au menu genré, de la consommation des corps et l’échange du plaisir conditionné nous avons rappelé la dimension révolutionnaire de l’amour. Bientôt, le pouvoir de l’amour vaincra l’amour du pouvoir. Sur la façade méprisante du château abritant le Conseil d’État, nos mots tracés à l’encre noire semblent bien pâles. Pourtant, ils sont porteurs d’une puissance capable de renverser ces vieilles pierres. Car l’amour, cette force qui mène les êtres collectifs à s’unir, peut aussi être disruptive en nous menant à refuser la société abjecte qu’on nous impose et en s’opposant aux liens économiques oppressants et aliénants.

Nous ne voulons nous associer que par affinité, créer des forces collectives capables de repousser nos limites individuelles et affirmer ainsi des rapports radicalement autres et émancipateurs. Il s’agit alors de libérer l’amour de tous ses carcans normatifs. Il nous faut lutter contre les injonctions du patriarcat, du capitalisme et de l’État (hétéronormativité, consommation, mariage, hiérarchie a priori de différentes catégories de relations…) et leurs cohortes de normes romantiques et sexuelles mutilant l’infinité des possibles relationnels. Ensemble, reprenons le pouvoir sur nos vies.

Nous construisons un monde sans dominations, où chaque personne est libre d’exister dans toute sa singularité et d’aller au bout de ce qu’elle peut, un monde réellement solidaire, féministe, anticapitaliste, antiautoritaire et socialement écologiste. Pour cela, il faut que ces murs ainsi que bien d’autres tombent et la peinture ou les mots d’amour ne suffiront pas. Car si nous nous efforçons d’en construire un nouveau, le vieux monde ne s’effondrera pas tout seul.

On nous propose d’élire prochainement quelqu’un·e pour nous représenter au Conseil d’État, instance exécutive du canton de Vaud. L’idée même qu’une institution prétende se substituer à nous alors qu’elle usurpe nos forces et nous dicte une manière d’être nous répugne. Le pouvoir de l’État n’existe qu’en confisquant le nôtre. Tout comme nous refusons les intermédiaires nous refusons d’entrer dans leur système de compromission hypocrite et hiérarchique. Notre soi-disant démocratie ne fait que maintenir les mêmes élites politiques et économiques au pouvoir qui ne servent que leurs propres intérêts, ceux des lobbys, ceux des riches. Nous ne prendront pas part à leur mascarade écoeurante. Voici notre bulletin de vote. Voici notre voix, notre cri. Il est chargé d’amour et de colère. Puisse-t-il s’unir à ceux de toustes les révolté·e·s !

Bisous aux camarades en exile.

Anarchie relationnelle et révolte amoureuse,

CUNI
(Collectif Uni par la Nécessité Insurrectionnelle)



Dijon, France : La permanence LR prend l’air – 22 février 2019

Publié le 2019-02-22 14:53:09

Dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 février à Dijon, les locaux de la permanence Les Républicains situés Boulevard de la Marne ont été attaqués: des tags ont été inscrits et des vitres brisées.

Sur les photos, on voit au moins deux vitrines du local brisées par des jets de pierre. Selon France3 Bourgogne, l’attaque aurait eu lieu aux alentours de 3h30. Ce n’est que vers 8h que les responsables du parti et la police ont été prévenus de cette visite hostile par des voisins. 

Outre le symbole anarchiste tagué à la peinture noire, un autre inscription faisait clairement référence à l’adoption récente de la « loi anti-casseur » par l’assemblée nationale qui est un texte émanant directement du parti LR (Bruno Retailleau).

L’Assemblée nationale a adopté très largement début février la proposition de loi LR « anticasseurs ». « Le texte retournera au Sénat le 12 mars pour une deuxième lecture, le gouvernement souhaitant une adoption définitive rapide dans le contexte de la crise des « gilets jaunes ». » (AFP, 22.02.2019)

Charleville (Ardennes), 9 février 2019: la permanence du parti LR à la peinture

Dans la nuit du 9 au 10 février à Charleville (Ardennes), la permanence Les Républicains a été badigeonnée de peinture: la porte du local, ainsi que les vitres et une partie du mur ont été maculées de peinture.

[Reformulé de la presse]

Londres, Angleterre : Balade sauvage et anticarcérale à Bronzefield – 14 février 2019

Publié le 2019-02-22 14:53:11

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, entre 40 et 50 personnes furieuses sont allées jusqu’à la prison HMP Bronzefield pour y faire une déambulation bruyante. En solidarité avec les plus de 500 jeunes et femmes enfermé.e.s là et toutes les personnes qui sont incarcérées dans une société oppressive et discriminatoire.

Nous n’avons aucun amour pour l’Etat et son appareil institutionnel de punition et de contrôle.

Sans être interrompu.e.s par les porcs ou les matons, nous avons déversé notre rage pendant des heures au pied des murs de la prison en déployant des banderoles, en inscrivant des messages de soutien, en tirant des feux d’artifice ou en chantant.

La rage et l’énergie partagées cette nuit-là nous ont toutes et tous enthousiasmé.e.s quant aux perspectives anticarcérales pour la suite.

Contre la société carcérale !

« Notre passion pour la liberté est plus forte que vos prisons »

« Nous sommes aussi belles/beaux qu’une prison en feu »

« Les seules bonnes prisons sont en ruines »

 

[Traduit de l’anglais de London Anarchist Black Cross, 20.02.2019]

Espagne : Lisa en détention ordinaire

Publié le 2019-02-22 21:24:04

Soligruppe für Gefangene / lundi 18 février 2019

Après son transfert depuis la prison de Willich [Allemagne; NdAtt.] à Madrid, Lisa avait été placée à l’isolement [au fait, elle est en régime FIES; NdAtt.]. Dans une lettre récente, elle dit qu’elle est passée au régime de détention ordinaire et que les restrictions à sa poste [elle pouvait écrire seulement deux lettres par semaine; NdAtt.] sont terminée. Elle est forte et va bien.

Pour lui écrire :

Lisa Dorfer
C.P. Madrid V
Módulo 13
Carretera M609, km 3,5
28971 Soto del Real (Espagne)

Italie : Solidarité face à la répression (MAJ 24/02)

Publié le 2019-02-22 21:26:03

Milan : Une banque attaquée

Round Robin / jeudi 21 février 2019

Attaquée cette nuit la banque Intesa San Paolo de Viale Umbria, à Milan. Brisée à coups de marteau toutes les vitrines et un DAB.

Liberté pour les compagnons et les compagnonnes de Turin !
Liberté pour les compagnons et les compagnonnes de Trente et Rovereto !

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Pinerolo : Attaque solidaire

Round Robin / jeudi 21 février 2019

Cette nuit on a attaqué à coup de marteau le bureau de la Poste de Pinerolo [près de Turin, NdAtt.], comme geste de solidarité et de complicité avec les anarchistes arrêté.e.s à Turin et dans le Trentino et avec les compagnons détenus pour les affaires de Florence et pour l’opération Scripta Manent.
Salvini bourreau – l’Asilo est partout

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Turin : Manif dans les rues d’Aurora

résumé de Macerie / vendredi 22 février 2019

Hier, jeudi 21 février, une manif sauvage/carnaval de quelques 200 personnes a parcouru le quartier Aurora, toujours militarisé suite à l’expulsion de l’Asilo (il y a quelques jours les habitants des rues aux alentours devaient montrer leurs documents aux flics pour pouvoir passer et rentrer/sortir de chez eux). Un tract rappelant le rôle des artistes dans la « requalification » du quartier a été diffé. Les flics ont bloqué pendant des heures les rues principales du quartier.

[Pour d’autres exemple de solidarité face à ces dernières vagues répressives, voir par exemple ici ou ici; NdAtt.]

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Mise à jour du 24 février : Action en solidarité à Cremona

Round Robin / dimanche 24 février 2019

Après les arrestations et les perquisitions dans le Trentino, cette nuit on a mis hors service un armoire de fibre optique. Faire taire le techno-monde pour laisser hurler la chair vive.  En solidarité aussi avec les compagnons de Turin, avec le compagnon de Fermento, les prisonniers de l’opération Scripta manent et Panico. Parmi le brouillard de Cremona non plus, on avale pas la pillule de la répression.

 

Bordeaux : Des interpellations pour des tags à Chantilly… il y a deux ans

Publié le 2019-02-22 21:27:03

Le Courrier Picard / jeudi 21 février 2019

Les « tagueurs de Chantilly » ont finalement été interpellés le week-end dernier. Les dégradations avaient été perpétrées en mars 2017 sur des bâtiments publics de la commune. Ainsi, les murs de la mairie, de la police municipale et de la gare avaient été tagués. Des insultes et des tags à caractère « anarchiste, d’une violence et d’une incivilité extrêmes », dénonçait alors Yvan Le Norcy, l’adjoint au maire en charge de la sécurité. Trois banques avaient également été dégradées dans la commune de Saint-Leu-d’Esserent. L’exploitation de la vidéo-protection a permis de remonter jusqu’à des jeunes gens, auteurs présumés des faits. « Il s’agit de deux zadistes », estime une source proche du dossier [ah, bon, si c’est les flics qui le disent… NdAtt.]. Ils ont été interpellés ce week-end à Bordeaux.

Madrid (Espagne) : Le monument à la Division Azul vandalisé

Publié le 2019-02-22 21:31:04

Contramadriz / mercredi 13 févier 2019

Vendredi dernier, le 8 février, on a vandalisé le monument de la Division Azul, au cimetière de La Almudena, à Madrid. Il y a plein de raison pour le faire chaque jour, mais on a choisi cette date avec plaisir, puisque le lendemain les fascistes devaient y rendre un hommage et le dimanche un mélange de conservateurs, intégristes cathos, fascistes, réacs, néonazi et imbéciles différents et variés faisaient défiler leur symboles anachroniques et répugnants dans certaines rues de Madrid.

Nous portons la mémoire historique dans nos cœurs. Dans les cicatrices invisibles qui nous ont laissé des siècles d’oppression. Dans nos idées et dans nos pratiques. Dans notre incessante recherche de liberté. Nous n’avons pas besoin de gouvernements ni de lois qui changent un symbole avec un autre. On s’amusera toujours à souiller les sales symboles de l’autorité, qu’ils représentent la démocratie ou les dictatures fascistoïdes.

Mort à l’État et vive l’Anarchie !

 

NdAtt. La Division Azul (« division bleue », du couleur des chemises des phalangistes) était un corps de volontaires espagnols qui ont participé à la Deuxième guerre mondiale sur le front russe (notamment au siège de Leningrad) aux côtés de l’Allemagne nazi et de l’Italie fasciste. En grande partie des vétérans de la Guerre civile, notamment phalangistes, ses quelques 50 000 membres faisaient serment d’“obéissance absolue au chef suprême de l’armée allemande, Adolf Hitler, dans sa lutte contre le bolchevisme”.

Les journaux espagnols disent que, en réponse, les fachos ont déversé de la peinture sur la tombe de Pablo Iglesias, fondateur du Parti socialiste ouvrier espagnol et sur celle de Dolores Ibarruti, la « Pasionaria » stalinienne (secrétaire du Parti communiste espagnol pendant presque vingt ans), les deux situées aussi à La Almudena.

La liberté vient toujours avec un couteau entre les dents [+ traductions en anglais, italien, espagnol et allemand]

Publié le 2019-02-23 22:34:06

Regardez autour de vous, mais faites-le avec vos propres yeux. Voyez-vous comment la planète est devenue une gigantesque poubelle industrielle ? Voyez-vous comment les États étranglent les esprits et portent la guerre et le massacre partout ? Voyez-vous comment tout repose autour de nous sur l’exploitation et l’oppression de milliards de personnes ? Pouvez-vous encore compter les millions de morts de cet immense bain de sang sur lequel ce monde a construit ses gratte-ciels, ses supermarchés et ses usines ? Les affamés, les noyés, les massacrés, les bombardés, les irradiés, les torturés, les voyez-vous toutes ces piles de cadavres entassés ?

Peut-être. Mais tout est fait pour que vous n’en voyiez rien. Vous êtes exploités au travail, où vous accomplissez des tâches dont le sens vous échappe, sans la moindre satisfaction. Vous produisez des objets nuisibles, des aliments toxiques, des instruments de mort, des marchandises inutiles. Vous surveillez votre semblable, vous le tenez en laisse par l’administration, les papiers, les allocations. Vous êtes contrôlés à chaque instant de votre vie, tenus à l’œil par mille caméras et anesthésiés par mille drogues et ersatz. Vous êtes dégradés en votre for intérieur, car vous vivez avec, pour et grâce aux appareils technologiques qui vous dominent. Vous ne voulez plus rien qui ne soit déjà pré-formaté pour vous, vous ne désirez plus rien qui ne s’affiche déjà sur les écrans. Vous ne faites, en fin de compte, qu’obéir.

Et pourtant, c’est à vous tous que nous adressons ces paroles. Car nous nous reconnaissons aussi dans ce sombre tableau. Il faut avoir le courage de regarder les choses en face, et de se regarder soi-même dans le miroir. Que sommes-nous devenus ?

Les ennemis de la liberté sont forts. L’État dispose de puissants moyens de coercition et de contrôle (de la police à l’armée, de la prison à l’école, de l’administration aux tribunaux). Les capitalistes ne cessent de progresser dans le perfectionnement de l’exploitation. Les chercheurs rajoutent chaque jour un nouveau barreau à notre cage technologique. Les politiciens, les chefs religieux, les intellectuels au service de l’ordre tiennent fermement en main les troupeaux humains.

Mais voyez-vous, rien n’est complètement perdu. Nous en sommes convaincus au plus profond de nos cœurs. Car d’autres choses sautent également aux yeux. Hier, ce sont des régions entières qui se sont insurgées au cri de la liberté  ; aujourd’hui, une vague de révolte déferle sur l’hexagone français et ailleurs. Des poignées d’insurgés lancent des attaques à tout va. Des casernes crament. Des entreprises crament. Des chantiers de nouvelles horreurs crament. Des institutions crament. Des laboratoires crament. Des antennes-relais crament. La rage montre ses dents.

Rien n’est complètement perdu. Chaque individu recèle en lui le choix de s’insurger. Seul ou avec d’autres, mais toujours en affrontant le pouvoir, en luttant. C’est le défi de la liberté qui réveille la dignité offusquée, la vie piétinée, le rêve aplati. Voilà pourquoi se battent les anarchistes, ces ennemis de tout pouvoir  : réveiller la liberté, la liberté qui viendra avec un couteau entre les dents.

Début février 2019, dans la Suisse montagneuse, un anarchiste a été jeté en prison [1]. On l’accuse d’avoir appelé à la révolte contre le pouvoir, et d’avoir agi contre l’État, le militarisme et la guerre, notamment en livrant aux flammes dix véhicules de l’armée suisse sur la base militaire de Hinwill en 2015 et en brûlant une antenne-relais des services de police à Zurich en 2016.

Ce compagnon anarchiste pris en otage par l’État est le nôtre. Solidaires avec lui, continuons de conjuguer la pensée libératrice et l’action destructrice, rivant nos regards sur l’ennemi. Solidaires avec tous les prisonniers anarchistes, continuons d’aller de l’avant sur les sentiers révolutionnaires de la seule guerre qui vaille : la guerre contre tous les oppresseurs et les exploiteurs, la guerre pour la liberté. Donnons à la vie l’exquise élévation de la rébellion du bras et de l’esprit.

Solidarité avec les prisonniers anarchistes

Mort à l’État

Des anarchistes de Zurich, Franche-Comté, la plaine d’Alsace et le massif vosgien, la Meuse, Paris et banlieue, Marseille, Bruxelles, Gand, Amsterdam, Barcelone, Berlin, Munich, South London, les Alpes occidentales, Trieste, Rome, Milan, Pise, Naples, le Salento, Sicile, Montréal.


Pour recevoir des exemplaires de cette affiche, vous pouvez écrire à anarchistes_solidaires@riseup.net

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Les affiches en d’autres langues:

[en italien (au format Jpeg)] [en anglais (au format PDF)] [en espagnol] [en allemand]


NdSAD:

[1] Une autre affiche est sortie en solidarité avec le compagnon incarcéré à Zurich.