Vive l'Anarchie - Semaine 07, 2020

Sommaire

De Saint-Malo à Gardanne : Non à LREM

Publié le 2020-02-17 13:17:06

Saint Malo (Ille-et-Vilaine) : Non à LaREM 

Le Télégramme / lundi 17 février 2020

« Non à LaREM » : c’est probablement dans la nuit de samedi à dimanche que l’inscription avait été taguée à la peinture sur la vitrine de la permanence d’Anne Le Gagne, candidate centriste et tête de la liste de « Saint-Malo au cœur des possibles » pour les municipales. La permanence est située dans une rue commerçante du centre de Saint-Servan, à Saint-Malo (35). […]

*****

Gardanne (Bouches-du-Rhône) : « LREM » c’est déjà un insulte

La Provence / dimanche 16 février 2020

Dans la nuit de samedi à dimanche, la permanence de campagne de Jean-Marc La Piana (candidat aux élections municipales), située au n°5 du cours Forbin à Gardanne, a été dégradée. Selon le porte parole du candidat, Guy Porcedo, le sigle « LREM » aurait été tagué en rouge sur la façade. […]

[publication ] sortie du journal anarchiste apériodique sans detour n.3

Publié le 2020-02-17 13:17:06

Les personnes intéressées pour recevoir des copies, ou participer à sa diffusion, peuvent nous écrire pour nous demander des exemplaires de ce numéro, ainsi que du N.0 (mai 2018), du N.1 (novembre 2018) et du N.2 (mai 2019).

Édito de ce numéro:

Plus d’un an est désormais passé depuis ces jours où une révolte inédite
se déchaînait dans les rues de l’Hexagone, brisant l’ordre de la
normalité. Une révolte où les catégories utilisées par les flics, les
sociologues et les journalistes sautaient en l’air dans un joyeux
tumulte expropriateur et libérateur, révélant au grand jour un des
secrets les plus attentivement gardés – raison d’État oblige – :
qu’aucun pouvoir ne peut tenir sans la servitude volontaire de ceux qui
le subissent. Certains d’entre nous espéraient que cette puissante
révolte marquerait aussi la fin d’une époque, celle de la récupération
de gauche, des défilés inoffensifs, des pompiers au chasuble rouge. Le
récent mouvement des retraites a montré le contraire. Les syndicats ont
retrouvé leur place dans la rue, entre deux passages à la table de
négociations. Les émeutes incontrôlables ont été neutralisées non
seulement par une police toujours plus brutale et capable de gérer
l’affrontement, mais aussi par les rituels politiques de ceux qui
aspirent à contrôler les luttes et à les diriger vers des revendications
qui, par leur même essence, ne peuvent qu’être défensives et partielles.

Entre temps, de nouveaux incendies éclatent dans le monde, continuant à
alimenter un imaginaire global de liberté qui passe nécessairement par
la destruction. Tous ces moments, plus ou moins longs et intenses,
n’arrivent que rarement à aboutir à un renversement immédiat de la
domination. Néanmoins, peut-on vraiment parler d’un retour à la normale
une fois que le sentiment de la liberté a traversé et secoué des
dizaines de milliers de vies? S’il est certainement difficile de prévoir
les conditions d’une révolte généralisée, en tant que minorité
anarchiste nous ne pouvons que contribuer, par les idées et par
l’action, à son extension et son prolongement au-delà de ces moments.
Œuvrer pour la subversion du temps et des formes de la politique, de ses
machinations et de son travail de récupération, ouvrir de nouvelles
pistes sans aucune prétention de représentation, mais partant de
nous-mêmes, de nos analyses, de nos idées et des nos désirs. N’oubliant
pas que nous ne sommes pas seuls et qu’après chaque secousse, rien n’est
plus vraiment comme avant…

Au sommaire :

– Tu as dit « sabotage » ?
– Nous n’en voulons pas, d’aucune sorte
– Tic tac tic tac
– La reconnaissance faciale n’est pas une chinoiserie
– L’idéal est pavé de bonnes questions

 

 

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Au sommaire du N.2 (mai 2019) :

– Des chemins dans le brouillard
– Inactualités sur le Premier mai
– Quelques trous dans la toile : réflexions hors-réseaux
– L’inimitié envers la politique
– Parlons peur mais parlons bien
– Fous, rancuniers ou anarchistes?
-Hécatombe dém-ogratique
– Lectures intempestives

 

Au sommaire du N.1 (novembre 2018) :

Des litchis en hiver. A propos d’exotisme et d’internationalisme
Expansion techno-industrielle et résistances au pillage
L’idéologie de la science
2+2=7
Des coups contre la prison
Lectures intempestives

 

Au sommaire du N.0 (juin 2018) :

Destruction ou rituel politique ?
Les quatres murs de la société
La voix du coeur
A l’aube de l’anarchisme informel

 

 

Tract : Comment détruire des antennes-relais

Publié le 2020-02-17 13:18:08

325 / jeudi 13 février 2020

Recette pour une antenne de téléphonie mobile de taille standard, utilisée par deux ou trois opérateurs de téléphonie.
D’habitude, sur le devant de l’installation il y a un panneau indiquant les entreprises qui l’exploitent.

Ingrédients :

2 ou 3 compas

Des outils pour entrer (coupe-boulons, coupe-fils, etc.)
Des gants, quelque chose pour couvrir son visage, des vêtements propres, un chapeau, une casquette ou un capuche (pour limiter les traces ADN)

Du carburant (500 ml, du White spirit ou du kérosène, plutôt que de l’essence)
Du carburant (100 ml d’essence)
Des allume-feux, plusieurs briquets, une longue perche ou un bâton (allant jusqu’à 4,5 mètres)
Des chiffons épais ou des torchons (pour absorber le carburant)
Un petit pneu facile à transporter dans un sac à dos (pneu de brouette, de quad, de moto, etc.)

Étape 1. Repérage de la cible. Trouvez le point faible de l’installation, c’est-à-dire l’endroit où les câbles du réseau partent du mât vertical et entrent à l’horizontale, ou presque, dans l’armoire électrique, qui est généralement un petit bâtiment en béton ou un coffret. Les câbles exposés peuvent être situés au niveau du sol ou jusqu’à 4,5 mètres de hauteur sur mât, par exemple. Notez les timing estimé, les points d’entrée et de sortie, où sont les caméras de surveillance, les détecteurs de mouvement, l’éclairage, etc. Essayez d’exécuter l’action en 15 minutes.
Coincez bien le pneu entre les câbles et remplissez-le avec les chiffons, enroulez quelques chiffons autour des câbles qui montent au mât à partir de ce point. Trempez avec le carburant les chiffons à l’intérieur du pneu et ceux qui remontent le mât. Veillez à ne pas vous tacher de carburant, à éviter des preuves non nécessaires et qui pourraient être trouvées par la police scientifique et à ne pas vous brûler. Si vous utilisez un dispositif de retardement de la mise à feu, fabriqué en avance, placez-le à l’intérieur du pneu et enclenchez-le. Descendez.

Étape 3. Si vous utilisez un dispositif de retardement, quittez immédiatement les lieux. Sinon, vérifiez rapidement le site et vos points de sortie. Cette deuxième vérification a pour but d’éviter toute détection, toute blessure inutile ou la mort à cause de la nature importante de l’action.

Étape 4. Allumez le feu à l’aide d’un poteau ou d’un bâton enveloppé de chiffons imbibés de carburant. Ici, l’essence est préférable, car le vent peut devenir très fort là où ces mâts sont situés d’habitude. Allumez à distance les chiffons à l’intérieur du pneu, en vous éloignant le plus possible. Si le pneu est petit, le feu sera plus petit et la possibilité de détection est moindre. Entraînez-vous à opérer dans des environnements venteux, pour vous habituer à utiliser le feu en altitude et dans des circonstances difficiles. Partez immédiatement.

Sécurité : Débarrassez-vous de tout le matériel utilisé dans l’action de sabotage et ne revenez pas sur le lieu. Les équipes scientifiques de la police fouilleront minutieusement les environs de la cible, les points d’entrée et de sortie, ainsi que les itinéraires qui y mènent et qui en partent, à la recherche de toute trace qui pourrait être utilisé comme preuve.

Cette recette peut être adaptée et développée, afin d’être utilisée partout où elle est nécessaire ; des cibles et des systèmes plus grands et plus complexes nécessitent des plans d’attaque plus élaborés. On apprend des tentatives et des erreurs.

Contre la 5G et le monde qui en a besoin

Trente (Italie) : Vitrine brisée chez Vodafone

Publié le 2020-02-17 16:16:06

Round Robin / samedi 15 février 2020

La nuit du 26 au 27 janvier, à Trente, on a brisé la vitrine d’une boutique Vodafone [le deuxième opérateur de téléphonie fixe et le troisième de téléphonie mobile en Italie ; NdAtt.] et nous y avons laissé un tag : « Non à la société du contrôle ». Depuis des années, Vodafone est complice de l’appareil répressif et de contrôle (écoutes, reconnaissance faciale, mise en œuvre du réseau 5G).

Solidarité avec les inculpées et les inculpés des opérations Renata, Scintilla, Prometeo, Panico, Lince, avec Juan et Manu et avec celles et ceux qui courent en liberté.

Bristol (UK) : Une carte des incendies d’antennes-relais – Solidarité avec Badger

Publié le 2020-02-17 16:17:08

325 / jeudi 13 février 2020

Au cours de la dernière décennie, il y a eu quatorze attaque incendiaires contre des antennes de télécommunications et de téléphonie mobile, dans la région de Bristol et de Bath.

Cette carte imaginaire est une tentative de montrer une esquisse approximative de la manière dont ces attaques étaient répandues sur une large zone géographique.

La Terre est en train d’être rapidement détruite par une moule faite d’avidité, de consumérisme, de technologie et d’exploitation industrielle, qui a empoisonné l’air, les rivières et la terre, porté préjudice à tous les êtres vivants et fait disparaître des millions d’espèces.

Ces attaques ont causé des pertes considérables aux entreprises capitalistes et montrent que le système peut être saboté par l’organisation et l’action directe. Une façon de frapper le système est le sabotage économique et stratégique, dans tous les secteurs.

Le coût des dégâts ne peut jamais égaliser les profits que le système pille quotidiennement sur nos vies, ainsi que les dommages qu’il a causés à la Terre.

Malgré des années de répression policière contre le mouvement anarchiste, personne n’a été mis en cause pour ces incendies ; cependant, les flics ont accusé un compagnon anarchiste en cavale, « Badger », d’avoir participé, en 2013, à une attaque incendiaire qui a détruit la radio de la police, les services de Vodafone et de la télévision, ainsi que la couverture numérique de 80 000 foyers et entreprises.
L’action a été revendiquée par la FAI/ELF – Horizons of Burning Rage.
La police accuse également Badger d’avoir détruit les vitres du torchon de droite « Bristol Post », lors des émeutes de 2011. Innocent ou coupable, cela n’a aucun rapport avec notre solidarité.

Reste libre Badger – Vive l’anarchie !

Solidarité internationale avec Badger
Liberté pour TOU.TE.S – Détruisons la civilisation

Belfort (Territoire-de-Belfort) : La Banque Populaire prend cher – 16 février 2020

Publié le 2020-02-18 02:42:09

L’agence de la Banque Populaire, située rue du Peintre-Baumann à Belfort, a été attaquée en début d’après-midi dimanche 16 février.

« Vers 13 h 30, un homme s’est introduit dans le sas pour mettre le feu aux papiers qui se trouvaient dans une des poubelles. Les pompiers sont rapidement intervenus pour éviter que l’incendie ne se propage.

L’homme de 32 ans, « qui souffrirait de troubles psychologiques, s’en est aussi pris aux vitrines de l’agence bancaire, les brisant avec plusieurs projectiles. Il a été interpellé un peu plus tard à cause  du signalement d’un citoyen qui a assisté à l’attaque.

[Repris de l’Est Républicain, 16.02.2020]

Mulhouse (Haut-Rhin) : Week-end de vengeance contre la police et le supermarché – 15 et 16 février 2020

Publié le 2020-02-18 12:10:05

Au cours du week-end des 15 et 16 février à Mulhouse (Haut-Rhin), le supermarché Lidl du quartier Drouot a été attaqué. Situé rue de Sausheim, toutes les vitrines du magasin ont été brisées à coups de parpaing, les rideaux métalliques coupe soleil ont également été sérieusement endommagés.
La presse locale y voit un lien avec des émeutes qui ont secoué le quartier Drouot dans la soirée de dimanche. Vers 20 h 50, un groupe de jeunes a attiré les condés en mettant le feu à un véhicule dans la rue de la Navigation. Une fois sur place, les bleus se sont fait copieusement caillasser.

Quant au Lidl, situé dans le même quartier: « Toutes les vitres sont étoilées par des impacts sans doute laissés par des morceaux de parpaing. Les faits ont été constatés ce lundi matin au moment de l’ouverture du magasin. Faute de vidéosurveillance sur le site, il n’a pas été possible de déterminer l’heure des faits qui ont pu se dérouler entre l’heure de fermeture samedi soir et ce lundi matin. »

[Repris des Dernières Nouvelles d’Alsace, 17.02.2020]

Chili : Appel à semaine d'agitation internationale pour la liberté des prisonnier.e.s de la révolte

Publié le 2020-02-18 13:04:05

Du 16 au 22 Mars, semaine d’agitation internationale appelée par les kompas au chili.



Du 16 au 22 Mars, semaine d’agitation internationale pour la liberté des prisonnier.e.s de la révolte avec grosse manif le 17 et le 18 on fêtera les 4 mois de zbeul continu.

En france et sur les autres territoires, quelles sont les actions prévues ?
Solidarité internationale, nike les frontières comme les prisons !



PS :

Plus d’infos via : https://www.facebook.com/Infos-Anti-Autoritaire-Chili-espagnolfrancais-102090541222050

Châteaubriant (Loire-Atlantique) : CFDT collabos

Publié le 2020-02-19 01:59:03

L’Éclaireur de Châteaubriant / lundi 17 février 2020

« Collabos », « vendus ». Plusieurs tags insultants ont été récemment réalisés en ce début d’année 2020 sur les murs du local du syndicat CFDT, situé au 3 rue Gutenber, à Châteaubriant (Loire-Atlantique).



Des inscriptions qui font écho aux derniers tags observés début février 2020 sur les vitres de la banque BNP Paribas, située rue Pasteur, où le terme « vendus » avait déjà été tagué.

Saint-Gall, Suisse : Le service à l’immigration repeint en rouge – Fin janvier 2020

Publié le 2020-02-19 12:39:08

Fin janvier, nous avons attaqué avec de la peinture rouge le service à l’immigration de Saint-Gall.
La couleur rouge représente le sang qui colle aux mains des employé.e.s du service à l’immigration. Ils et elles se planquent derrière leurs lois et leurs paragraphes pour justifier leur action inhumaine devant la société et elle/eux-mêmes. Ils/elles enferment des gens sans qu’ils n’aient fait « quoi que ce soit de mal ». Il  ou elle est enfermé.e, surveillé.e et humilié.e, tout simplement parce que la personne a eu la malchance d’être né.e au « mauvais » endroit et s’efforce de mener une vie supposée meilleure et a donc émigré vers l’Europe au péril de sa vie.

La Suisse aurait une tradition humanitaire. Ceci est une pure plaisanterie et on ne peut guère difficilement égalé en hypocrisie. La Suisse, ses grandes banques et ses multinationales exploitent l’humain et la nature partout dans le monde et fournissent de véritables raisons de migrer. Tant que nous vivrons dans un système capitaliste, tant que les profits seront supérieurs à la vie humaine, des personnes tenteront de venir dans l’Europe forteresse pour une vie relativement meilleure. Ce sont les esprits que nous avons appelé.
Pour un monde de solidarité sans exclusion.

Nous sommes solidaires des luttes contre le Symposium de HSG de Saint-Gall car nous attaquons le système capitaliste sous toutes ses facettes qui exploite, détruit, méprise l’humain et la nature. 

Salutations à Pippi Langstrump
De rage, j’ai rendu ce monde gris et moisi un peu plus coloré…
Hihihi

[Traduit de l’allemand de Barrikade.info, 11.02.2020]

 

Bournand (Vienne) : Sabotage contre le projet de parc éolien – 10 février 2020 [Mis-à-jour, 20.02]

Publié le 2020-02-19 12:39:08

Dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 février, ce n’est pas la tempête Ciara qui, même si elle soufflé de fortes rafales de vent, a abattu un mât de mesure du vent à Bournand (Vienne). Elle y a contribué, mais n’aurait pas suffi sans l’intervention de quelques mains rebelles à l’industrie éolienne. Des coups de meuleuse à disque ont sectionné les tirants de réglage des haubans de ce mât de mesure du vent.

Ce mât de mesures anémométriques, installé dans le cadre d’un projet éolien de l’entreprise Voltalia pour disposer de mesures fines dans la durée de la capacité d’un site à faire tourner à plein régime les pales des aérogénérateurs, était érigé au lieu-dit Les Champs Ronds entre Bournand et La Dorelle.

« Le mât de mesure, qui avait été installé en août 2019, était destiné à évaluer la vitesse et la direction des vents et analyser la présence d’espèces de chiroptères sur le territoire ».
Après expertise, il s’avère qu’il s’agit bel et bien d’un sabotage car il a été constaté que plusieurs haubans retenant le mât ont été volontairement sectionnés.

C’est au moins le troisième sabotage de ce type qui est mené dans la Vienne.
« En juin 2019, c’est à Mouterre-Silly qu’un mât similaire de 120 m avait été retrouvé à terre trois jours après une manifestation d’opposants à l’éolien qui avaient condamné ce sabotage.
Deux ans plus tôt, en février 2017, c’est un mât de mesure du vent, implanté à Savigné dans le Sud Vienne, dans le cadre d’un projet de création d’un parc de huit éoliennes, qui s’était retrouvé à terre.
Les câbles qui le maintenaient depuis trois ans avaient été sectionnés. La rédaction de la Nouvelle République avait alors été destinataire d’un courrier de revendication adressé par un mystérieux « Collectif dissident action vent de colère ». »
Depuis, le projet de parc éolien a reçu l’autorisation préfectorale, les travaux devraient débuter en 2021 pour une mise en service l’année suivante.

[Repris de La Nouvelle République, 18.02.2020]

Buenos Aires (Argentine) : Action en solidarité avec la révolte au Chili

Publié le 2020-02-19 12:39:11

Contra Info / mardi 11 février 2020

ALLONS-Y, BORDEL, ET BRÛLONS TOUT ! (A)

« La mort n’arrive pas
a ramener les morts
quand ils ne sont pas les siens… »
Sergio Terenzi (Urubu)*

La douce nuit et le feu complice sont nos meilleur.e.s allié.e.s. Nous en avons assez – depuis longtemps – des caquètements inoffensifs. Nous sommes dangereux.ses, et nous sommes partout. Le moment d’attaquer est maintenant ou jamais, compas… Le Chili tombe en miettes, ce qui nous rend heureux.ses ; et nous encourage à étendre le conflit, de l’autre côté des Andes. On a urgent besoin de décision, de courage et d’action directe sous de nombreuses formes. N’hésitons pas à nous joindre à leur lutte héroïque dès maintenant.

Sur le territoire que l’État argentin pourri essaye (sans succès…) de contrôler, après d’innombrables actions de vengeance pour le lâche assassinat de notre compagnon Santiago Maldonado, les choses semblent s’être « calmées », depuis un peu de temps. Brisons la prétendue trêve et continuons à faire de nos rêves de libération totale le pire cauchemar du pouvoir : de ce nouveau gouvernement pseudo-progressif, nous ne voulons voir qu’une montagne de cendres !

Au petit matin du 26 janvier, dans une petite ville balnéaire de la province de Malos Aires**, deux conteneurs ont commencé à cracher une dense colonne de fumée noire et immédiatement des flammes incontrôlables se sont élevées de l’intérieur. Nous nous sommes arrêtés peu loin, pour profiter de la combustion. Une patrouille de police est arrivée rapidement, bouclant la zone, mais il était trop tard. Satisfait.e.s, nous avons quitté l’endroit avec le cœur qui battait.

Nous l’avons fait pour commémorer les 100 JOURS de révolte anarchiste ininterrompue, sauvage et incontrôlée de nos compas qui sont juste là-bas ; accolades amoureuses et insurrectionnels pour eux/elles tou.te.s ! Une rage indicible est ce que nous ressentons pour tant de morts, d’emprisonnements, de mutilations, de viols et de persécutions. Mais rien n’est fini tant que le soleil de l’Acracia brille sur nous ; et nous aiguisons la fureur, destructrice, de tout ce qui tente de nous maintenir en esclavage.

Que cette année 2020 marque un point de NON-RETOUR dans la guerre sociale mondiale. Multiplions l’offensive anti-autoritaire où que nous soyons ; avec la conviction que nous ne sommes pas seul.e.s, et qu’ils ne pourront pas nous attraper (facilement), si nous préparons avec soin chaque geste de lutte… Que chaque groupe soit présent dans son secteur, en déclenchant les alarmes et en mettant en échec leur putain de « paix », toute fictive. Cela ne s’arrête pas. Liberté ou mort : on y va.

Ils voulaient nous voir redoutables : nous sommes pires !
Vive l’anarchie et vive l’internationale noire

Cellule Pampa Libre – Avant M.A.K.(i)- FAI/FRI

 

Notes d’Attaque :
* Sergio Terenzi « El Urubú » était un compagnon qui est mort le 6 juin 1996, dans un conflit à feu avec la police argentine.
** Jeu de mot entre Buenos Aires, « bons vents » et Malos « mauvais »

Du Nord-Ouest au Sud-Est : Les candidat.e.s aux élections municipales ont des noms, des adresses… et des véhicules – 16 février 2020

Publié le 2020-02-19 15:38:07

Les attaques contre des élu.e.s et politicien.ne.s qui candidatent au poste de maire en mars prochain continuent. Mais cette fois, il ne s’agit pas de bris de vitrines de permanences mais d’un autre type de sabotage visant à s’en prendre à celles et ceux qui souhaitent nous administrer.
Dimanche 16 février 2020, des politicien.ne.s de gôche en campagne pour les prochaines élections municipales ont eu la désagréable surprise de découvir leurs véhicules de campagne ou personnels vandalisés. Voici donc deux exemples aux deux extrémités du pays:

Aux Andelys, dans l’Eure, le véhicule personnel de Martine Seguela, candidate PS aux prochaines élections municipales, a été vandalisé dans la nuit de samedi à dimanche. Celui-ci était garé devant son domicile, au Petit-Andely.

« Les quatre pneus ont été crevés et les deux rétroviseurs cassés. Garée un peu plus loin, la voiture de son mari a également vu ses deux rétroviseurs détruits. En raison de la tempête dans la nuit de samedi à dimanche, le couple n’a pas été alerté par le bruit. Selon les premières constatations, seuls ces deux véhicules ont été attaqués dans le quartier, laissant penser à la tête de liste qu’elle a été volontairement ciblée. « C’est une atteinte à l’élue », estime celle qui est conseillère municipale d’opposition. […] Le coût total des dégâts n’est pas encore estimé, mais la franchise à elle seule s’élève à 380 €. [Paris-Normandie, 18.02.2020]

A Grasse, dans les Alpes-Maritimes, c’est cette fois un véhicule de campagne qui a été saboté: le véhicule utilitaire de la liste « Univers Grasse » du candidat DVG Pierre-Marie Carlier, a été retrouvé les quatre pneus crevés. Le politicard précise dans un communiqué que « depuis [leur] entrée en campagne, les personnes engagées de [la] liste Univers Grasse subissent des pressions de toute nature ». [NiceMatin, 18.02.2020]

Grasse (Alpes-Maritimes) : En ce période de publicité électorale, il n’y a pas que les permanences…

Publié le 2020-02-19 15:38:09

Nice-Matin / mardi 18 février 2020

Dimanche, une étape supplémentaire a été franchie et l’inacceptable a été atteint», dénonce le candidat Pierre-Marie Carlier (DvG). [article payant ; NdAtt.]

Follonica (Italie) : Les murs aussi ont des oreilles

Publié le 2020-02-19 15:38:18

Round Robin / lundi 17 février 2020

Depuis deux ans environs, des espions biens connus écoutent sans aucun scrupule notre vie quotidienne et notre intimité. On a trouvé quatre mouchards, un par pièce, chez nous à Follonica. Chaque micro avait une puce SIM et une carte mémoire. Les mouchards étaient reliés directement à l’installation électrique de la maison, au moyen d’un transformateur et d’une batterie.
On a pu savoir que les flics devaient placer aussi une caméra, mais ils n’ont pas réussi à l’installer, à cause de la difficulté à la cacher.

L’État essaie de faire passer l’idée que nous sommes toujours surveillés et sous contrôle, comme s’ils comprenaient, par le trou de la serrure, comme l’on vit, ce qu’on pense, et ce que l’on désir, Mais ils ne comprendrons jamais la complexité de nos existences, peut-être qu’il arriveraient simplement à percevoir ce à quoi ils s’attendent déjà ou ce qu’ils veulent entendre, en en tirant seulement leurs misérables interprétations.
Ce que nous ressentons ne pourra jamais être rendu par de froides transcriptions dans les dossier de la police. Nos passions resterons toujours incompréhensibles pour leurs oreilles.

Bourges (Cher) : 9 horodateurs mis hors-service – Février 2020

Publié le 2020-02-20 02:09:05

En février, deux vagues de sabotage ont mis neuf horodateurs du centre-ville de Bourges (Cher) hors-service…

« Cinq au début du mois de février, puis à nouveau quatre dans la nuit du 17 au 18 février… les horodateurs de l’hyper centre-ville de Bourges sont la cible de dégradations ces derniers jours.
« Cela s’était déjà produit il y a quelques mois, précise Philippe Mercier, premier adjoint au maire de Bourges chargé de la prévention et de la sécurité. Cela arrive de temps en temps. »

Si pour la première vague, place George-Sand, rue Porte-Jaune et rue de la Monnaie, ce sont les vitres et les systèmes de paiement qui avaient été abimés et qu’il suffisait de changer des pièces pour les remettre en service, pour les quatre nouveaux horodateurs dégradés la nuit dernière (rue des Marronniers, rue des Trois-Maillets et rue Michelet), il faut attendre le passage d’un expert pour l’assurance, ce qui va certainement retarder un peu plus leur remise en route. 

« Jusqu’à maintenant, les ASVP passaient toujours même s’ils faisaient preuve d’indulgence car les automobilistes devaient aller chercher un autre horodateur pour payer leur stationnement mais désormais, ils ne vont plus verbaliser », poursuit Philippe Mercier ajoutant que la municipalité a déposé une plainte.

Le changement des 64 horodateurs de Bourges, en 2018, avait coûté 410.000 euros à la ville. 

Un des deux horodateurs de la place George-Sand mis hors service (ou cachez ce sabotage que le quidam pourrait imiter…).

[Repris du Berry Républicain, 18.02.2020]

Le Rheu (Ille-et-Vilaine) : Pas un seul DAB n’échappe au coup de marteau – 2 février 2020

Publié le 2020-02-20 02:09:09

Dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 février 2020, la totalité des distributeurs de billets des cinq agences bancaires du Rheu, près de Rennes, ont été détruits à coups de marteau.

L’exploitation des caméras aurait confirmé les informations fournies par des témoins de la scène, à savoir que cette virée nocturne a été menée vers 1h30 par un individu tout de noir vêtu muni d’un marteau.

[Reformulé de Ouest-France, 02.02.2020]

Verdun (Meuse) : La borne de la CAF de nouveau défoncée – 19 février 2020

Publié le 2020-02-20 05:08:06

On apprend ce mercredi 19 février 2020 que la toute nouvelle borne de la CAF de la Meuse a été détruite à Verdun, quelques jours seulement après sa remise en service. Mise en place en mars 2019, cette même borne avait déjà eu son écran tactile fracassé dans la nuit du 9 au 10 avril 2019.

« Et après de longues démarches (et des frais substantiels), une toute nouvelle borne venait d’être mise en service, en ce mois de février. Il n’a fallu que quelques jours, cette fois, pour qu’elle soit détruite à nouveau », déplore la Caisse d’allocations familiales.

« On n’a même pas eu le temps de communiquer sur la remise en service« , développe Jérôme Thirolle, le directeur de la CAF de la Meuse. La machine est évaluée à un coût d’environ 15 000 euros, ce qui après ce deuxième sabotage rend incertain l’installation d’une nouvelle borne, selon la CAF:  « Maintenant, on s’interroge sur l’intérêt de faire perdurer ce type d’équipement ».

Les allocataires y effectuent leurs démarches 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’organisme de flicage social a déposé plainte.

[Repris de l’Est Républicain, 19.02.2020]

Sombrer dans la folie

Publié le 2020-02-20 19:47:04

Chronique anarchiste et nihiliste de l’antipsychiatrie

Pour info

Les opinions formulées dans ce texte ne représentent rien d’autre que mon point de vue. Ma position à l’encontre de la psychiatrie se base sur mon expérience personnelle et ne doit pas être prise pour argent comptant. La psychiatrie, les traitements, et ou l’incarcération psychiatrique est considérée comme utiles par certaines personnes, et je leur souhaite de vivre cela de la meilleure manière qui soit.

Mais aussi…

Aux « fous », aux « tarées », aux « délinquants », et aux rebelles…
A celles et ceux qui se saisissent de ces mots comme des couteaux pointés contre la civilité,
A la jeunesse insubordonnée qui refuse de calmer leur jeu avec des médicaments,
A celles et ceux qui participent à des émeutes dans les asiles, et celles et ceux qui osent s’en échapper…

Que la lune illumine notre iconoclasme, à nous sorcières et animaux sauvages qui invoquons le feu dans la nuit, pour la destruction de la société, avec le courage de la confrontation sans médicaments.

Toute société que vous bâtirez aura ses limites. Et en dehors des limites de toute société, les clochards héroïques et turbulents erreront, avec leurs pensées vierges et sauvages – eux qui ne peuvent vivre sans concevoir de toujours nouveaux et terribles éclatements de rébellion ! Je serai parmi eux ! — Renzo Novatore

Je suis assis devant une grande table avec trois infirmières et deux docteurs. Mes yeux sont sensibles à la lumière, je n’ai pas dormi depuis trois jours. Une infirmière juste à côté de moi hoche doucement la tête avec le même regard inquiet depuis à peu près une heure. Ma vision n’arrête pas d’alterner entre le flou et le net. Mes mains tremblent un peu. Je dois lutter pour maintenir ma tête droite depuis que je me suis assise. Il semble que cet entretien embarrassant soit presque fini, et j’ai quelques papiers à signer. Le médecin qui parle depuis que je suis là est toujours en train de parler et je dois l’admettre, je n’ai pas beaucoup prêté attention à ce qu’il disait. Finalement la discussion s’arrête et tout le monde se lève. L’infirmière à côté de moi m’aide à me lever en me tenant le bras. Je commence à avoir la tête qui tourne. Nous commençons à suivre un long couloir et entrons finalement dans une chambre. Une autre infirmière m’y accueille avec un oreiller, une couverture, et un médoc pour « m’aider à me reposer ». Avant que je puisse m’asseoir sur le lit qu’on m’a attribué, un infirmier me demande calmement ma ceinture et mes lacets de chaussures. Je m’exécute et profite d’être débout pour aller chier avant d’aller dormir. Cinq secondes après que mon cul a touché la lunette des toilettes, j’entends du boucan – des martèlements frénétiques et on me somme de déverrouiller la porte. Confus et surprise, je me lève d’un coup, trébuche sur mon pantalon, et déverrouille la porte. Visiblement je ne suis pas autorisé à fermer la porte à clés de la salle de bain – ou qu’elle soit complètement fermée quand je suis à l’intérieur. Je me dépêche de finir de chier sous le regard d’un infirmier et retourne au lit. Je me rends compte qu’une autre infirmière a mis une chaise à côté et elle s’assoit avec un porte-bloc et un stylo. Je m’allonge et j’essaie de me mettre à l’aise en acceptant la surveillance gênante de cette infirmière. Alors que je commence à m’endormir, je réfléchis à tout ce qui est en train de se passer. Ah c’est vrai. Plus tôt dans la journée, j’ai essayé de me pendre dans mon appartement et c’est ma première nuit dans un service psychiatrique.

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Indianapolis, le 18 mars 2018 – Émeute au Resource Treatment Center

Près d’une dizaine de policiers d’Indianapolis sont intervenus mercredi soir suite à une émeute dans un centre psychiatrique et de désintoxication pour mineurs dans la partie Est de la ville.

Onze officiers ont été envoyés au 10404 S. State Avenue juste avant 23 heures, mercredi, suite à un appel signalant une émeute dans l’établissement. L’adresse est celle du Resource Treatment Center, établissement psychiatrique pour mineur, ainsi que de l’Options Transitional Living, qui fournit un hébergement de désintoxication pour sans-abris et jeunes à risque.

A son arrivée, la police a découvert qu’un groupe de résidents mineurs avait fait plus de 50 000$ de dégâts dans l’établissement et avait agressé quatre membres du personnel.

Les officiers ont placé en garde à vue 9 mineurs âgés de 13 à 17 ans accusés de vandalisme, émeute, agression et trouble à l’ordre public.

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Durant la période où j’étais dans cette prison psychiatrique, j’étais soumis à ce qu’on appelle une « surveillance constante » , ce qui signifie en gros que je suis un danger pour moi-même et que je dois donc être surveillée 24h/24 par le personnel. Deux infirmières me regardaient en train de chier, dormir, pleurer dans mon sommeil, et manger au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Je devais prendre des médocs et un somnifère tous les jours. J’avais une thérapie individuelle une fois par jour. Je n’étais autorisé qu’à 15 minutes d’appel téléphonique par jour. J’avais interdiction d’aller dehors. On m’a dit de « poser mes valises » parce que le personnel n’avait pas l’intention de me relâcher « de si tôt ».

Toutes les raisons pour lesquelles j’étais à la base déprimé devinrent secondaires par rapport à ce nouveau cauchemar dans lequel je me trouvais. Tout le monde dans mon service parlaient d’un jour sortir d’ici, malgré le fait qu’on leur ai dit qu’ils « ne sortiraient jamais ». Je ne pouvais pas m’empêcher de remarquer des similitudes frappantes avec l’enfermement dans une prison pénale. C’était une prison. Plus j’entendais des histoires de tentative d’évasion, de violente répression physique, d’isolement désespéré, plus je réalisais que ce n’était ni un lieu pour « se rétablir », ni aucun autre hôpital dans lequel j’étais déjà allée. Ces gardiens de prison portaient des blouses et imposaient l’ordre par la guerre chimique et la camisole de force. « Le trou » était la cellule capitonnée. Celles et ceux qui résistaient, étaient plaquées au sol, leur causant des coupures et des bleus. Et pour les infirmiers et médecins, nous étions juste des « dossiers » ou des « sujets » à qui s’adresser avec condescendance et à humilier. Nous étions désormais dans leur monde et c’était leurs règles.

Nous avons besoin d’un programme de psychochirurgie et de contrôle politique de notre société. Le but est le contrôle physique de l’esprit. Quiconque dévie de la norme donnée peut être chirurgicalement mutilé. L’individu peut penser que la réalité la plus importante est sa propre existence, mais c’est seulement son point de vue personnel. Ceci manque de perspective historique. L’homme n’a pas le droit de développer sa propre façon de penser. Ce genre d’orientation libérale est très séduisante. Nous devons contrôler le cerveau électriquement. Un jour, les armées et les généraux seront contrôlés par stimulation électrique du cerveau. — Dr Jose Delgado, professeur en neurophysiologie espagnol et auteur du livre « Le Conditionnement du cerveau et la liberté de l’esprit ».

L’époque de l’institutionnalisation du « soin » pour celles et ceux qui avaient des « maladies mentales » débuta aux alentours du XIXe siècle avec le soutien appuyé de l’État. Des asiles publiques furent construits en Angleterre après l’adoption du County Asylums Act 1808. Il y eut une recrudescence d’asiles construits partout. Ils étaient connus pour ses détenus qui devaient vivre dans des conditions insalubres avec des barreaux, des chaînes et des menottes.

Le Lunacy Act 1845 est connu pour avoir modifié le statut des « malades mentaux » en « patients » nécessitant un traitement. Cela a finalement conduit au traitement chimique des personnes en tant que « patients médicaux » – malgré le fait que les tests en laboratoire, les radiographies et les scanners cérébraux n’aient jamais prouvé que les troubles psychiatriques étaient des maladies ou des lésions cérébrales. Avec le temps, cela favorisa l’émergence des expériences psychiatriques sur des « patients » pour « guérir » chimiquement leurs « troubles ». Le XXe siècle a vu une explosion des médicaments psychiatriques. Le premier médicament antipsychotique, le Chlorpromazine (commercialement appelé Thorazine, Largactil, Hivernal et Megaphen) a été synthétisé pour la première fois en France en 1950.

La psychiatrie, les asiles et les prescriptions médicamenteuses ont fortement contribué à renforcer l’ordre social et la soumission individuelle par la peur. Au fil des années, la psychiatrie et les asiles se sont développés, redéfinissant et renforçant le pouvoir de la répression étatique et du contrôle civilisé.

Cela s’est accompagné d’une culture de plus en plus répandue de dénonciation publique des personnes considérées comme « dérangées » ou « malades mentales ». Les premières à être visées étaient celles qui ne correspondaient pas aux attentes comportementales strictement définies par la société. Du XVIIIe au début du XXe siècle, les individus assignés femme à la naissance étaient souvent internés pour tout et n’importe quoi, y compris pour les opinions impopulaires, l’indiscipline ou le refus politique d’être contrôlés par la société patriarcale. Les autres individus de diverses identités assignées qui s’écartaient sexuellement de l’hétéronormativité étaient internés et considérés comme « désorientés » et nécessitant d’être convertis.

L’un des principaux plan marketing mis en place par l’industrie pharmaceutique a été la construction sociale d’un état émotionnel idéal que chaque individu « normal » était censé vivre. Aujourd’hui ce même idéal se retrouve partout – du divertissement télévisé aux panneaux publicitaires etc. La dichotomie « heureux »/ « déprimé » a été utilisé pour créer une pression sociale menant les gens à se sentir isolés ou pas à leur place parce qu’ils n’acceptaient pas joyeusement les conditions de la société au quotidien. Être « triste tout le temps » était, et demeure blâmé et ridiculisé – en dépit de sa nature complexe et des raisons qui sous-tendent cet état.

Bien qu’étant instable émotionnellement par nature, il est attendu de l’individu (animal) humain qu’il remplisse le rôle civilisé de la suprématie positiviste. Cette obsession normalisée de la positivité joue un rôle clé dans la répression des réponses émotionnelles d’affront envers les multiples expériences oppressives. L’obsession – et la normalisation – de la performance positiviste encourage aussi les gens à ignorer les profonds traumatismes causés par la civilisation au quotidien. Tout, de la peur de l’avion, aux accidents de voiture, en passant par les accidents de travail, ou le retard du paiement des factures – autant d’exemples de peurs associées au traumatisme. Mais parce que la vie civilisée exige que l’esclavage salarial et l’internement perdurent, ces formes de traumatismes sont banalisées et ignorées – généralement suivies d’une phrase du genre « c’est la vie » ou « c’est comme ça ».

A mesure que la société techno-industrielle progresse, de nouvelles lois sont établies pour créer de nouvelles définitions de la « criminalité ». Cela veut dire qu’il y a une définition toujours plus étroite de la légalité. Il en va de même pour la psychiatrie. A mesure que des étiquettes et des identités pour les « troubles » sont créées, l’industrie pharmaceutique s’étend. Plus les conditions de la société capitaliste et industrielle continue d’empirer, plus la misère devient exploitable avec la vente de médicaments pour « se sentir bien ».

Sous le capitalisme, où il y a des établissements « pénitentiaires », il y a un intérêt marchand à les garder remplis. La où il y a des « détenues » pour peupler ces institutions, il y a du bénéfice ou une main-d’œuvre bon marché. Et là où il y a un potentiel d’agitation sociale, il y a une idéologie et une identité pour définir catégoriellement un individu indiscipliné comme « anti-social ». La société fait des « troubles » des identités catégorielles assignées à celles et ceux qui sont considérées comme « indésirables », afin de renforcer les conditions sociales qui poussent les gens à l’ uniformité comportementale.

Aujourd’hui, dans le domaine des politiques d’identité, les identités assignées par la psychiatrie génèrent du capital social partout où le victimisme est idolâtré comme avantage social. Comme pour toute politique d’identité, j’ai vu de nombreuses personnes exploiter ces identités psychiatriques en les brandissant comme des raisons pour se déresponsabiliser de leurs actes. Et comme il est de coutume avec le cannibalisme social des identités politiques que nous ne connaissons que trop bien, les individus s’approprient ces identités assignées par la psychiatrie et créent des hiérarchies inversées de reconnaissance sociale. Un nouveau mouvement identitaire finit par se constituer, obtient la reconnaissance des médias et devient intégré à la prison sociétale.

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Jeudi 4 Septembre 2014, émeute au Central New York Psychiatric Center

Une dizaine d’employés ont été blessés quand plusieurs détenus ont commencé, mercredi, une émeute dans les cuisines du Central New York Psyhiatric Center.

D’après les autorités, quatre personnes ont été hospitalisées pour leurs blessures.

Les échauffourées ont éclatées vers 11h45, lorsque cinq ou six détenus ont commencé à attaquer le personnel dans l’une des cuisines en utilisant des ustensiles comme armes, d’après la New York State Correctional Officers & Police Benevolent Association.

Les détenus ont essayé de forcer le passage dans le réfectoire.

Au même moment, un autre différend a éclaté entre les détenus et le personnel dans l’étage d’au-dessus, d’après les fonctionnaires.

Les alarmes ont été déclenchées et le personnel de sécurité de l’établissement a pu venir à bout des deux émeutes, avec l’aide de la police.

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Après une bonne préparation, j’ai été libéré de l’incarcération psychiatrique bien plus tôt que prévu. Les murs se refermaient sur moi et la monotonie de l’ennui quotidien, l’engourdissement provoqué par les médicaments, et l’enfermement commençaient à me détruire. En étant témoin du cannibalisme carcéral des conflits internes entre les prisonniers, j’ai commencé à partir en vrille plus qu’avant d’atterrir ici. En plus de ça, mes deux tentatives d’organiser secrètement une révolte avaient lamentablement échouées. Les unités ou les « dortoirs » étaient si petits qu’un lien artificiel se tissait facilement entre la plupart du personnel et des patients. Balancer était bien récompensé. Personne ne voulait le « moindre problème ». Alors je me suis ravisée à trouver une autre méthode d’émancipation ; en me servant de mes connaissances de psychologie acquises au lycée pour convaincre ma thérapeute que je souffrais juste d’une « peine de cœur » en raison d’une « récente rupture amoureuse ».

Malgré toute ma haine envers la société, la vie que je vivais à ce moment, et la tempête émotionnelle complexe qui faisait rage chaque jour dans ma tête, j’avais pu convaincre ma thérapeute et les autres infirmiers que j’étais juste bouleversé par une rupture. L’humiliation due au fait d’avoir à jouer un tel rôle faisait pâle figure comparé à mon désir d’être libéré de cet endroit. Relâché sous la garde de ma mère, je devais continuer de prendre mes médicaments trois fois par jour et devais voir une thérapeute une fois par semaine.

Contrairement aux prescriptions du service, je suis retournée vivre dans mon appartement. J’ai pu voir que la police avait feuilleté tous mes calepins ainsi qu’un carnet de numéros de téléphone. La corde que j’avais peiné à nouer et à attacher à une poutre en bois le long du plafond n’était plus là. Je ne sais toujours pas si c’est mon proprio ou les flics qui l’ont prise. Le paiement du loyer était en retard, d’après le courrier dans ma boîte aux lettres. Heureusement, à l’époque je faisais de la peinture en indépendant, donc je ne pouvais pas me faire virer. Je pouvais retourner bosser la semaine qui suivait.

Cette nuit-là je me suis masturbé pour la première fois depuis ce qui m’a semblé être des années. Mais je n’ai pas pu jouir. Le lendemain j’ai appelé le médecin qui me prescrivait mes médocs. Selon lui, mon impossibilité à avoir un orgasme était courante chez les personnes sous traitement psychiatrique. Une semaine s’est écoulée et j’ai continué à ne rien ressentir. Rien ne m’intéressait. Je me suis souvent retrouvé à regarder les aiguilles de l’horloge bouger ou regarder par la fenêtre les voitures qui passaient. Je ne me sentais pas triste. Mais je ne me sentais pas bien non plus. Je ne faisais qu’exister.

Près d’un mois après ma sortie du service psychiatrique, j’ai décidé d’arrêter de prendre mes médocs. La galère de devoir les renouveler et de devoir les prendre tous les jours ne valait pas la peine. Et je ressentais de nouveau quelque chose. Je ne savais pas ce qui allait se passer. Est-ce qu’ils allaient le découvrir et envoyer la police me chercher ? Quelques semaines se sont écoulées sans médicaments et j’ai commencé à ressentir de légers changements. J’étais effrayé mais préparée pour le sevrage infernal dont j’avais entendu parler. J’ai eu quelques vertiges et quelques maux de tête mais rien de plus. Très vite, j’ai arrêté de recevoir des appels de ma thérapeute. Je m’attendais à ce qu’elle soit en colère et me laisse des messages vocaux menaçants. Cela ne s’est jamais produit. J’ai fini par sentir mon appétit changer et j’éprouvais des émotions aux choses plus facilement et plus fréquemment. Et j’ai fini par avoir un orgasme !

Durant les deux années suivantes, j’ai réfléchi à ces expériences, et j’ai commencé à explorer l’origine de mes pensées suicidaires, de la dépression morbide qui en était les causes, ainsi que la vie consumériste que j’avais vécu en tant que citoyen esclave-salarié et respectueux des lois.

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Une émeute au matin du Thanksgiving de 2016, au Springfield Hospital Center (un hôpital psychiatrique régional et ancienne plantation situé à Sykesville, dans le Maryland)

Dans les premières heures du matin de Thanksgiving, Catherine Starkes et April Savage se sont réfugiées dans un bureau avec d’autres employées au Springfield Hospital Center dans le comté de Carroll alors qu’une émeute éclatait à l’extérieur.

Starkes et Savages ont dit que les patients jetaient des chaises, ont renversé des meubles de rangement et ont essayé de s’introduire dans le refuge en plexiglas du personnel. Les patients ont déversé de l’huile sur le sol, le rendant glissant. Un patient a essayé de ramper dans le bureau par le faux plafond, s’est rappelé Starkes.

Elle n’avait jamais connu ça pendant les 22 ans durant lesquels elle a travaillé avec des patients malades mentaux dangereux dans différents hôpitaux du Maryland.

« Ils voulaient prendre le contrôle du service. Ils se sont emparés du service » a t-elle dit.

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Nous appelons « vérité » ce qui fait l’unanimité. La psychiatrie est une religion : on décrète ce qui est vrai ou faux, qui est fou ou pas. J’ai un sérieux problème… Je perds la foi. — Dr. Railly, dans le film « L’armée des 12 singes ».

De la même manière que la religion, la psychiatrie endosse un rôle puissant en définissant ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais » en fonction d’un comportement « normal » ou « anormal ». La normalisation d’un comportement socialement attendu est importante pour créer des catégories d’individus définies par leur contribution à la réussite collective de la société. Avec la psychologie comme base pour délimiter les « problèmes » et proposer des « remèdes efficaces », la société de masse dépend de son autorité pour décider qui est « normal » et qui ne l’est pas. Certaines caractéristiques comportementales propres à une personne deviennent illégales pour que puisse se maintenir cette conformité sociale.

D’après mon expérience, la psychiatrie avec toutes ses théories, tous ses rôles et toutes ses prescriptions médicales vise au mieux à seulement gérer les « symptômes » des « troubles » – mais n’élimine pas les causes de leur existence.

Par « symptômes », je parle de tous les comportements ou de toutes les réponses émotionnelles qui montrent qu’une personne lutte pour se conformer aux attentes de la société ou à un comportement « normal ».

Par « troubles », je parle de tous les comportements ou de toutes les réponses émotionnelles qui ont été sélectionnées et condamnées par la société, et qui ont donc été considérées comme « maladies mentales » par l’autorité psychiatrique.

Par « causes », je parle de toutes les prisons, de toutes les formes de coercition sociétale et de la société civilisée – qui imposent toutes la soumission individuelle et la conformité idéologique.

Le conflit d’intérêt dans le fait de traiter les « malades mentaux » devient évident lorsque l’on prend acte du fait que les traitements efficaces à des comportements et des réponses émotionnelles spécifiques nécessiteraient la destruction de l’ensemble de la société civilisée – celle-là même qui crée des traumatismes, suivis du concept de maladie mentale et ensuite d’une « solution » à travers plusieurs formes d’anesthésie émotionnelle.

Un autre élément de contrôle social intégré à la psychiatrie est sa faculté à altérer et à contrôler les informations divergentes. Les systèmes sociaux qui ont besoin de l’asservissement des individus renforcent constamment leur capacité à détruire ou à diaboliser les informations – surtout celles qui découlent d’une expérience de révolte. Quand ce sont les personnes elles-mêmes qui sont considérées comme des incarnations de ces informations, ceux et celles qui recherchent un contrôle total les décriront de manière à faire passer la nature de leur révolte pour un simple résultat de la maladie mentale. L’Union Soviétique envoyait par exemple les insurgés dans des services psychiatriques appelés « Psikhouchka ». L’un des premiers était une prison psychiatrique dans la ville de Kazan. En 1939, il fut confié à la police secrète. L’incarcération psychiatrique était utilisée pour réagir aux manifestations et attaques politiques. Il était courant pour les psychiatres soviétiques dans les Psikhouchka de diagnostiquer la schizophrénie chez celles et ceux qui se rebellaient contre l’autorité soviétique.

Tout comme les figures de l’autorité religieuse parlent de laver les gens de leurs pêchés et de leurs démons, la psychiatrie cherche à laver les gens de leur « maladie » et de leurs « mauvaises » habitudes. Dans l’église de la psychiatrie, seules celles et ceux qui correspondent à la conformité sociale (ou qui refoulent leurs émotions) peuvent entrer au paradis de la reconnaissance sociale en tant que « sains » et « normaux ». Un comportement normal ou civilisé est récompensé par du capital social et un accès plus facile aux moyens de subsistance. Et aux yeux des personnes qui craignent une liberté débridée, sans l’église de l’autorité psychiatrique, « les masses » risqueraient de sombrer dans la folie.

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5 Septembre 2016, émeute à l’hôpital psychiatrique John George

Les infirmiers de l’hôpital psychiatrique en difficulté du Comté d’Alameda ont déclaré que trois patients ont essayé de déclencher une émeute dans la nuit et de s’échapper de l’établissement. Les membres du personnel accusent la surpopulation chronique des urgences de l’hôpital psychiatrique John George. C’est le dernier d’une série d’incidents troublants à l’hôpital découverts par 2 enquêteurs.

Les infirmières – qui n’ont pas voulu être identifiées par peur de perdre leur travail – disent aux 2 enquêteurs que deux hommes et une femme ont demandé à pouvoir sortir du service d’urgences psychiatriques de John George dans la nuit de Dimanche. Mais d’après le personnel, quand ça leur a été refusé, ils sont devenus violents.

Les patients auraient tenté d’encourager les autres à les aider à forcer les portes du bâtiment pour s’enfuir.

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Alors que je réfléchissais à mon expérience avec la psychiatrie, y compris au fait d’avoir été sous trois traitements différents et à mon séjour dans le service, j’ai commencé à me poser des questions qui ne m’étaient jamais venues auparavant : Quelles sont les conditions sociales qui expliquent mon désarroi ? Quel type de comportement est caractéristique d’une « maladie mentale » et d’un fonctionnement « normal » ? Qui impose ces définitions comme des vérités universelles au départ ? Est-ce la même autorité psychiatrique qui, à un moment, considérait l’homosexualité comme une maladie mentale – et qui s’est ensuite ravisée en 1973 ?

Je ne pouvais pas m’empêcher de remarquer que malgré la thérapie, les médocs, et l’hospitalisation psychiatrique, le monde à l’extérieur de ma tête était toujours le même. La pauvreté régnait toujours dans mon quartier, les riches milliardaires jouaient toujours au golf tandis que le gouvernement continuait de bombarder d’autres pays. Des millions d’animaux non-humains étaient mutilés dans les abattoirs chaque jour, et l’environnement continuait d’être dévasté par le développement industriel. Je devais encore subir l’esclavage salarial pour payer mon loyer. Et comme tout le monde, j’y étais contraint jusqu’à ce que je sois trop vieille et que je finisse mes jours dans une maison de retraite. Mais quelque part je devais m’estimer « heureux » – ou du moins je devais accepter apathiquement tout cela sans broncher. L’obéissance sans incident. Sans question. Ou « sans problème » comme d’autres dans le service me le disaient.

A ce stade de ma vie, je suis toujours en colère, toujours déprimé et toujours parfois suicidaire. Mais plutôt que de voir ces choses comme ce qui est brisé en moi, je les vois comme un reflet de la manière dont le monde est merdique autour de moi. Je trouve de petites choses qui m’aident à canaliser la colère, la dépression et les pensées suicidaires. Je fais de l’exercice, je pratique les arts martiaux mixtes, et aime me promener dans les bois la nuit. J’admire les étoiles depuis les bancs des parcs, les toits et les trains de marchandises en marche. Je mange de la nourriture volée et j’adore l’excitation procurée par l’activité illégale. Gérer mes émotions est une activité quotidienne couplée à l’observation et l’évolution personnelle. J’écoute les histoires des autres et apprends de leurs expériences. Je suis attentive à mes émotions et recherche leurs origines, ce qui m’aide à comprendre mes désirs et mes besoins. Mes émotions – ma folie – qui se manifestent par la colère, la dépression, etc. restent aiguisées et agissent comme les meilleurs outils pour comprendre les effets sur mon bien-être de cette société enfermante.

Mon tempérament ne manifeste aucune de preuve de lésion cérébrale ou que je suis brisée – bien au contraire. Mon état émotionnel est une réponse complexe à l’anxiété qui se fait jour quand on voit la société telle qu’elle est – une prison qui s’étend sous couvert de la vie « normale ». Et intégrée à cette prison, il y a une toile de réalités modifiées qui concrétisent la logique du contrôle et de la domination :

L’esclavage salarial qui se cache sous le masque de la productivité et de la responsabilité personnelle. La soumission et l’obéissance forcées à la Loi et l’ordre au « pays de la liberté » [1]. Les images de vaches heureuses sur les emballages de morceaux de corps mutilés. Les frontières, les biotechnologies, les communautés virtuelles d’amis interagissant avec le vide émotionnel de la communication numérique.

Et c’est ici, dans cette même prison sociale, que le mot folie est utilisé pour décrire une personne individuelle au lieu de la civilisation industrielle – incarnation du contrôle social mécanisé.

« Les étoiles, dans son voisinage immédiat, étaient pâles ; mais plus elles s’éloignaient du halo lumineux qui faisait cortège à l’astre géant, plus elles resplendissaient. » — Ken Kesey, Vol au-dessus d’un nid de coucou.

Je crois qu’au fond tout le monde est « fou » – non pas en matière de maladie mentale – mais en matière de différences individuelles, uniques, qui demeurent obstinément incompatibles à l’ordre comportemental. En société, certaines personnes cachent ces différences mieux que d’autres. Et beaucoup de gens que j’ai croisés expriment leur frustration d’avoir à se brider, désirant ardemment libérer leur vraie personne. La peur d’être étiqueté fou ou malade par la société rend les gens passifs et soumis. Mais certaines personnes éprouvent des difficultés à s’intégrer. Et alors que la société tente de contrôler et d’éliminer certains individus et comportements indésirables, les réponses naturelles aux conditions environnementales continuent de produire les deux.

Si l’on examine attentivement les interactions sociales entre les individus, on peut apercevoir des subtiles pointes d’animalité sous la couche d’humanité. C’est la peur d’être trop bruyante, trop en colère, trop triste, trop imaginatif – la peur de s’autoriser à exister dans son entièreté – qui enferme l’animal individuel. C’est la peur de montrer toute qualité personnelle ou toute caractéristique qui outrepasserait les limites du comportement socialement attendu. Enfreindre les lois de la psychiatrie pourrait être puni par les injections médicamenteuses, l’enfermement, ou même la mort.

La peur joue aussi un rôle essentiel dans la création d’une obsession à compter sur une spécialisation institutionnelle plutôt que sur le soutien d’égal à égal. Cette obsession est normalisée quand, en réponse à quelqu’un en recherche de soutien émotionnel, ses amis suggèrent « l’aide d’un professionnel », comme s’ils se considéraient incompétents par défaut. Cela en dit long sur la confiance, la capacité et la volonté qu’on a à soutenir quelqu’un d’autre lorsque ce soutien est souvent externalisé à une élite de « professionnelles ». Je n’essaie pas de dire que tout le monde a toujours la capacité à soutenir d’autres personnes : je suggère une analyse du complexe d’infériorité intériorisé par les individus face aux institutions, et de la manière dont elles sont souvent trop occupées à obéir aux exigences du capitalisme, ou trop distraites par le consumérisme pour trouver le temps de soutenir leurs semblables, et encore moins elles-mêmes.

Lorsque l’on analyse la société dans son ensemble, on peut voir comment des solutions sommaires et provisoires à des problèmes complexes y sont intégrées. Lorsque l’on examine cela, même à l’échelle individuelle, on peut voir comment toutes les facettes de la société industrielle réduisent le temps personnel à un point où l’on néglige souvent sa propre santé émotionnelle. Contre les exigences de l’addiction technologique et de l’esclavage salarial, et bien que cela soit sous-estimé, prendre le temps de prendre soin de soi-même et/ou de celles et ceux à qui on tient est déjà rien de moins qu’un acte de révolte individuelle. « Tu as besoin de l’aide d’un professionnel » est souvent la réponse rapide à une personne qui recherche simplement le soutien de ses amies proches. Tout le monde n’aime pas (moi y compris) être considéré comme malade ou se voir poser un diagnostic comme on le ferait pour une machine cassée. C’est cette « aide professionnelle » qui remplace le soutien personnel sous un capitalisme où quelqu’un traversant un moment difficile est traité comme un dossier rentable et se fait prescrire une boîte de comprimés.

D’une amie pleine de vie aux prises avec une histoire unique d’expériences émotionnelles complexes, à un patient à qui on colle un ensemble simpliste d’identités psychiatriques, l’individu devient simplement une unité de mesure diagnostique.

Les diagnostics agissent comme des configurations de l’identité définies par des similitudes basées sur les symptômes. Ces assignations identitaires sont construites par les spécialistes de l’autorité psychiatrique, et sont socialement imposées par celles et ceux qui font respecter son pouvoir. De la même manière que les gauchistes sont prompts à utiliser la terminologie étatique pour étiqueter publiquement et humilier les « indésirables » ou celles et ceux dont Le Mouvement ne veut pas (par exemple, utiliser le mot « terroriste » pour décrire les partisanes de l’attaque anarchiste), ils sont prompts à taxer quelqu’un de « malade mental », ou « toxique » – exigeant que la personne recherche une aide « professionnelle ». Peut-être sans s’en rendre compte, les gauchistes renforcent socialement la légitimité de l’autorité psychiatrique et étatique en réduisant la complexité du comportement individuel à de simples constructions psychiatriques et à la condamnation morale. La psychiatrie fournit un sentiment d’ordre rassurant dans le refus d’accepter la nature chaotique du comportement. En revendiquant la terminologie psychiatrique et la moralité, beaucoup de gauchistes cherchent à contrôler les interactions sociales avec l’intention de les aseptiser et de les homogénéiser. Cette tentative d’uniformité comportementale va de paire avec le fait de considérer les individus comme faisant partie de catégories identitaires monolithiques. L’unicité et la diversité comportementales sont souvent découragées ou condamnées lorsqu’elles ne collent pas parfaitement à des scripts construits. Un comportement ou l’expression d’une émotion peut être dévalorisée en étant socialement étiqueté comme « problématique » – une étiquette qui elle-même requiert la conformité d’un consensus à définir et imposer.

La société et tous ses défenseurs ont besoin du barrage de la psychiatrie pour subordonner et contrôler le raz-de-marée de la diversité d’individualités et de l’agitation sociale. Je ne peux qu’imaginer ce qui adviendrait si les mécanismes de contrôle échouaient à un niveau individuel – si la liberté de l’expression émotionnelle prenait pour cible les châteaux de cristal de l’autorité psychiatrique, faisant voler en éclats l’illusion d’un statu quo aseptisé. L’un après l’autre, les boulets de canon individuels mettent à mal la continuité de la structure, les individus ingouvernables compromettent la force de la soumission collective.

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31 Janvier 2006, Émeute au Riverview Hospital pour jeunes et enfants

Cinq patients d’un hôpital psychiatrique public pour enfants sont accusés d’avoir participé à une émeute, après avoir arraché une ligne téléphonique et tenté de voler les clés de voiture d’un employé avant de se barricader dans une chambre durant le week-end, d’après les déclarations faites Lundi par un agent de l’État et d’autres sources.

L’incident du Riverview Hospital pour jeunes et enfants s’est produit moins d’une semaine après que les employés ont protesté contre les conditions au sein de l’établissement, affirmant que l’hôpital est de moins en moins sûr en raison du mélange explosif de patients.

D’après nos sources, Samedi entre 23h et minuit, un groupe de garçons de l’unité Lakota de l’hôpital sont sortis de leurs chambres et ont commencé à faire face et à s’en prendre verbalement au personnel. Un médecin et deux employées étaient affectés à l’unité à ce moment.

Nos sources ont dit que les garçons ont encerclé l’homme et ont tenté de l’obliger de leur remettre ses clés mais il a refusé. Lorsqu’une des employées a voulu utiliser le téléphone pour appeler de l’aide, les garçons ont tiré la ligne téléphonique du mur. Les jeunes se sont ensuite barricadés dans une chambre et ont tenté de briser une grande fenêtre donnant sur l’extérieur, ce qui a détaché ses gonds.

D’après les sources, les garçons ont essayé de s’échapper par la fenêtre mais ont été arrêtés par un officier de police du Connecticut Valley Hospital qui avait été appelé sur place et se trouvait à l’extérieur à proximité de la fenêtre.

Les autorités n’ont pas divulgué les noms et l’âge des jeunes impliqués. Ils sont tous accusés d’incitation à l’émeute, de trouble à l’ordre public, de dégradation, de séquestration et de menaces.

***

Lorsque, en s’exprimant, les individus laissent leurs émotions rompre les limites de l’autorité psychiatrique, et attisent les flammes de leur mépris du contrôle social, la psychiatrie commence à ressembler à la carcasse d’une voiture de flic brûlée. Si la psychiatrie est l’agente exécutrice de la loi et de l’ordre mental – qu’elle crève comme chaque flic et agent de l’État. Comme pour les politiques d’identité, je refuse de participer à l’utilisation de la terminologie psychiatrique quand je décris d’autres individus. Comme pour toutes les autres assignations socialement construites, je rejette les étiquettes psychiatriques dans la mesure où elles cherchent à restreindre l’horizon de la complexité émotionnelle.

Lorsque, en s’exprimant, les individus deviennent sauvages avec une hostilité nihiliste envers toutes les identités et rôles idéologiques, que reste t-il d’une société sans la conformité individuelle ? Que sont « homme » et « femme » lorsqu’ils ne sont pas attachés à un rôle performatif ou esthétique ? Que sont « noir » et « blanc » sans la construction sociale de la race ? Qu’est ce que la binarité sain d’esprit/fou sans l’autorité de la psychiatrie ? Qu’est ce que la loi et l’ordre social sans personne pour obéir ?

Mon anarchisme se trouve dans l’anéantissement de ces constructions sociales et le rejet de leur « contrat social » qui généralise leur fausse existence. J’utilise l’expression contrat social parce c’est exactement ce qu’est l’acceptation de ces assignations d’identités.

Je suis surpris de voir si peu de solidarité entre les prisonniers et celles et ceux enfermées dans les établissements psychiatriques. Toutes les prisons – y compris toutes les manifestations du complexe industrialo-éducatif, tous les zoos et tous les asiles – réduites en cendre, voilà comment j’imagine l’anarchie.

***

Au jour de l’an 2018, dix enfants âgés de 12 ans ont déclenché une émeute et se sont échappées du Strategic Behavioral Health Center, en Caroline du Sud.

Lors de l’incident de la nouvelle année, les patients ont détruit du mobilier pour en faire des armes.

Le rapport de l’État indique que le personnel du centre ne s’est pas douté que les patients avaient prévu de s’échapper. Ils n’ont pas interrogé les résidents portant plusieurs couches de vêtements qui leur permettraient de se changer une fois sorti de l’hôpital.

En l’espace de moins de cinq heures à partir de la fin de l’après-midi, il y a eu sept incidents « code violet » qui alertent les employées en cas de problèmes. Un enquêteur d’État a examiné une vidéo qui montrait des patients aller de salle en salle, jeter une poubelle, déchirer du papier et arracher les emplois du temps des murs.

Lorsqu’un employé est arrivé, selon le rapport, il a entendu des bruits forts, des insultes et a vu une poubelle éparpillée sur le sol de l’entrée. Les patients s’étaient barricadés dans une pièce et avaient des armes qu’il a décrites comme des planches avec des vis de 15cm.

« Aucun employé n’essayait de rentrer dans la salle et ses collèges lui ont dit « Ils ont des armes. N’y rentre pas » signale le rapport. « L’infirmier a décrit la situation comme « une émeute, un chaos total » ».

Avant que la police n’arrive, le sud de l’hôpital psychiatrique Charlotte avait sombré dans le chaos.

Les patients du Strategic Behavioral Center – certains brandissant des planches en bois – ont attaqué un membre du personnel, se sont barricadés dans une pièce et se sont échappés par une fenêtre brisée.

***

Pendant des années, j’ai mis en avant la psychiatrie comme un instrument scientifique important pour comprendre les mécanismes internes du comportement humain. Je ne la trouve plus utile après avoir appris à reconnaître les gens comme des êtres complexes avec des réponses émotionnelles uniques à ce cauchemar civilisé. J’en suis venue à reconnaître la psychiatrie, au mieux, comme une autre forme de politique d’identité qui tente en fin de compte, de faire rentrer la complexité infinie des expressions émotionnelles dans des catégories rigides.

Les gens sont bien plus que ce que « bipolaire », « psychotique » etc. pourraient exprimer. Si une personne peut ressentir des ensembles d’émotions socialement identifiées par une catégorie psychiatrique, aucune liste de diagnostics ne peut résumer ou représenter leur état émotionnel.

Mon refus de définir une personne par les difficultés émotionnelles qu’elle vit est semblable aux raisons pour lesquelles je refuse de considérer les gens qui se battent contre la dépendance comme des « toxicomanes ». Le combat d’un individu pour faire face à la société est complexe et unique. Les étiquettes et identités psychiatriques sont des outils de l’État – une entité que je rejette. En tant qu’outil de la civilisation, la psychiatrie engendre de l’aliénation et de la violence en considérant comme « cassés », et donc socialement inférieurs, les gens vus comme émotionnellement inadaptés à la société. Je refuse personnellement de mépriser la lutte d’un individu pour sa survie en lui assignant une identité psychiatrique qui le fait passer pour « malade mental » – au lieu de porter l’attention sur la société industrielle. Comme les prisons pour « criminels », l’établissement « correctionnel » qu’est le service psychiatrique vise à imposer la soumission à travers la coercition et l’internement. Résoudre ou guérir la « maladie mentale », d’un point de vue sociétal, finit souvent par redonner la capacité à condamner, réprimer ou aseptiser les émotions.

Comme pour tous les gouvernements, les présidents et l’autorité, la psychiatrie ne m’a jamais rendu libre. Les étiquettes assignées par la psychiatrie ne m’ont pas aidée – elles m’ont seulement envahie d’un sentiment intériorisé de victimisme et d’infériorité. Les médicaments ne m’ont pas « guéri » ni « corrigé » – ils m’ont seulement nuit, anesthésiant mes sens pour créer un vide émotionnel entre moi et la merditude de la vie civilisée. Alors à la place, avec une joie nihiliste, je sombre dans la folie, en prenant pour cible l’ordre social et la civilisation. Avec une perversité armée, je me rends maintenant compte qu’il n’y avait rien à corriger – mon mépris naturel pour la domestication et le contrôle social me rappelle que je n’ai jamais été « brisée ».

D’un rire hystérique, je me moque de la normalisation du comportement humain. Je rejette les autorités psychiatriques, leur livre sacré (le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM–5)) et leurs prisons. Je refuse de continuer d’être un cobaye pour leur pharmacothérapie qui se développe constamment. Je suis un individualiste contre le consensus qui permet la matérialisation des institutions psychiatriques. Je suis un nihiliste – hostile à la dichotomie sain/fou et à toutes les constructions sociales qui, avec les pathologies tentent de soumettre l’individualité à des catégories. Je ne désire rien d’autre qu’une révolte sauvage à l’encontre de la civilisation. Si la civilisation et la psychiatrie se marient à l’église de la moralité, alors que mon anarchie soit une ardente fumée noire qui étouffe la parole d’évangile du contrôle social.

Flower Bomb

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NOTE

[1] Référence à l’expression « land of the free » qui apparaît dans l’hymne des États-Unis.

[Traduit de l’anglais et repris de Warzone Distro, 2020]

Lille : Métro gratuit pour tou.te.s – 18 février 2020

Publié le 2020-02-20 19:48:08

Mardi 18 février 2020 à Lille (Nord), deux jeunes ont forcé les coffrets de commande des portiques qui donnent accès aux quais dans trois stations de métro (Caulier, Fives et Marbrerie). Ce sabotage a permis d’ouvrir les portiques et de permettre à toutes et tous de voyager gratuitement. Malheureusement, les deux mineurs ont été interpellés par les flics.

« Vers 12 h 50, les policiers sont requis par des agents Ilévia pour effectuer un contrôlé d’identité. Sur place, les agents expliquent que deux mineurs sont les auteurs de dégradations dans les stations Caulier, Fives et Marbrerie.

Selon une source policière, les mis en cause ont forcé les coffrets de commande des portiques qui donnent accès aux quais. Ces dégradations ont ensuite permis la libre circulation des usagers dans ces trois stations de métro.
Les deux adolescents ont été interpellés par les policiers. Ils ont par la suite été remis à leurs parents dans l’attente de leur convocation devant le juge des enfants. »

[Repris de lille actu, 19.02.2020]

Bourges : Vagues de dégradations des horodateurs

Publié le 2020-02-21 00:17:07

Le Berry Républicain / mardi 18 février 2020

Cinq au début du mois de février, puis à nouveau quatre dans la nuit du 17 au 18 février… les horodateurs de l’hyper centre-ville de Bourges sont la cible de dégradations ces derniers jours. « Cela s’était déjà produit il y a quelques mois, précise Philippe Mercier, premier adjoint au maire de Bourges chargé de la prévention et de la sécurité. Cela arrive de temps en temps. »

Si pour la première vague, place George-Sand, rue Porte-Jaune et rue de la Monnaie, ce sont les vitres et les systèmes de paiement qui avaient été abimés et qu’il suffisait de changer des pièces pour les remettre en service, pour les quatre nouveaux horodateurs dégradés la nuit dernière (rue des Marronniers, rue des Trois-Maillets et rue Michelet), il faut attendre le passage d’un expert pour l’assurance, ce qui va certainement retarder un peu plus leur remise en route. […]

Pour s’en prendre aux politiciens, il y a les permanences et aussi leurs maisons

Publié le 2020-02-21 13:46:06

Amiens : LR€M

Le Courrier Picard / vendredi 21 février 2020

Le local de campagne de Brigitte Fouré, candidate à sa réélection à la mairie d’Amiens, a été vandalisé vraisemblablement dans la nuit de jeudi 20 à vendredi 21 février. La vitrine de ce local en vue des municipales 2020 a notamment été taguée. Les lettres « LR€M » ont été inscrites avec une peinture bleue et le visage de Brigitte Fouré a été barré par de la peinture blanche. […]
La brigade antitags va être requise pour nettoyer. Samedi après-midi, la présentation officielle de la liste « Vivons AmiENSemble » est programmée.

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Mayenne (Mayenne) : Les candidats ont des adresses…

FranceBleu / mardi 18 février 2020

Le domicile d’un candidat aux élections municipales à Mayenne a été tagué dans la nuit de lundi à mardi, celui de Josselin Chouzy, candidat soutenu par la République en Marche, encarté au parti. Des inscriptions en jaune, « le problème, c’est LAREM » [enfin, les autres aussi ; NdAtt.], et plusieurs autocollants en faveur du RIC, le référendum d’initiative citoyenne, ont été retrouvés sur les volets, la porte d’entrée et la boîte aux lettres. […]

Italie : Des nouvelles de l’opération Prometeo

Publié le 2020-02-21 13:47:04

Insuscettibile di ravvedimento / vendredi 21 février 2020

Le 14 février ont été closes les enquêtes pour l’opération répressive Prometeo, suite à laquelle Natascia, Robert et Beppe avaient été arrêté.e.s. Après 20 jour de la notification de cette clôture, le Procureur fixera une première audience et décidera de la suite de l’affaire.

Le 20 février, par contre, a été rejetée la demande d’assignation à résidencearresti domiciliari », la prison à la maison) pour Natascia . Ses avocats peuvent recourir en appel contre ce rejet, avant le 28 février.

On demande du soutien aux compas, aux solidaires et affin.e.s, pour une solidarité diffuse. Les frais liées à la défense légale et celles liées à la prison ne s’arrêtent pas, ne nous arrêtons pas non plus !
Pour des contributions économiques, veuillez utiliser ces données :

Carte Postepay evolution
titulaire : Vanessa Ferrara.
N°: 5333 1710 9103 5440
Iban: IT89U3608105138251086351095

Carte Postepay evolution
titulaire : Ilaria Benedetta Pasini.
N°: 5333 1710 8931 9699
Iban: IT43K3608105138213368613377

Et les adresses pour écrire à Natascia et Beppe (Robert est heureusement sorti de taule)

Natascia Savio
c/o C.C. « San Lazzaro »
Strada delle Novate 65
29122 – Piacenza (Italie)

Giuseppe Bruna
c/o C.C. di Pavia
Via Vigentina 85
27100 – Pavia (Italie)

Madrid (Espagne) : La répression de la solidarité anarchiste

Publié le 2020-02-21 16:46:07

Indymedia Barcelona / mercredi 19 février 2020

Mise à jour sur la situation des compas qui ont été frappé.e.s par la répression, à Madrid, à cause de de l’attaque d’un distributeur automatique de billets de Bankia

Le 29 octobre 2018, à Madrid, deux compagnons anarchistes ont été arrêtés, dans leurs maisons respectives, car accusé.e.s de dégradations.
Plus précisément, ils/elles sont accusé.e.s d’avoir incendié un DAB de l’établissement bancaire Bankia, le 11 avril 2018, en solidarité avec la prisonnière anarchiste Lisa, condamnée pour un braquage de banque à Aix-la-Chapelle (Allemagne).

Les compas ont été traduit.e.s devant le tribunal le 30 octobre 2018 et libéré.e.s dans l’attente de leur procès. Au cours de l’année suivante, ce crime a été déclassé en délit, mais en novembre 2019, après un appel du Parquet, il a de nouveau été classé comme crime, ce qui fait qu’elles/ils peuvent être condamné.e.s à de la prison. L’enquête est maintenant close et on attendent que le Procureur dépose l’acte d’accusation.

Au delà des faits et sans entrer dans des questions d’innocence ou de culpabilité, puisque ce ne sont que des mots du pouvoir, pour condamner et classer quiconque se rebelle contre son autorité, celle-ci n’est que l’une des nombreuses attaques que l’État mène contre l’anarchisme. Ce qui est poursuivi, ce sont les principes et les pratiques anarchistes, des pratiques légitimes telles que la solidarité et l’action directe contre tout ce qui nous opprime.

C’est pourquoi nous estimons important que cette affaire ne soit pas oubliée, car le travail répressif se nourrit en générant de la désinformation à propos des idées et des pratiques anarchistes et en essayant de les délégitimer et de les désamorcer par des « punitions exemplaires ». Face à leur répression permanente, les idées et les pratiques anarchistes doivent l’emporter et ainsi poursuivre l’offensive contre l’État.
Plus d’informations suivront.

MORT À L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !
SOLIDARITÉ AVEC TOU.TE.S LES COMPAS FRAPPÉ.E.S PAR LA RÉPRESSION

Maison centrale de Saint-Martin-de-Ré : De toit en toit…

Publié le 2020-02-22 11:40:04

Sud-Ouest / vendredi 21 février 2020

Escalade en série à la prison centrale de Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime). Alors que la soirée de jeudi avait vu deux détenus grimper sur le toit du gymnase de la caserne pour réclamer leur transfert et la sollicitation d’une unité des Équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) pour les faire redescendre, la matinée de ce vendredi a été émaillée par la tentative d’évasion d’un autre détenu.

Vers 11 h 30, au cours de la promenade, un détenu d’une vingtaine d’années a tenté de s’évader en grimpant au grillage de la cour puis sur le toit du gymnase. Malgré la rapidité des surveillants pour stopper sa progression, il a réussi à sauter de toit en toit pour atteindre les bâtiments en zone neutre, selon Didier Saulay, représentant du syndicat pénitentiaire de Force ouvrière.

Brochure : Sombrer dans la folie

Publié le 2020-02-22 11:41:07

Sombrer dans la folie

Chronique anarchiste et nihiliste de l’antipsychiatrie

Ad nihilo / jeudi 20 février 2020

Pour info

Les opinions formulées dans ce texte ne représentent rien d’autre que mon point de vue. Ma position à l’encontre de la psychiatrie se base sur mon expérience personnelle et ne doit pas être prise pour argent comptant. La psychiatrie, les traitements, et ou l’incarcération psychiatrique est considérée comme utiles par certaines personnes, et je leur souhaite de vivre cela de la meilleure manière qui soit.

Mais aussi…

Aux « fous », aux « tarées », aux « délinquants », et aux rebelles…
A celles et ceux qui se saisissent de ces mots comme des couteaux pointés contre la civilité,
A la jeunesse insubordonnée qui refuse de calmer leur jeu avec des médicaments,
A celles et ceux qui participent à des émeutes dans les asiles, et celles et ceux qui osent s’en échapper…

Que la lune illumine notre iconoclasme, à nous sorcières et animaux sauvages qui invoquons le feu dans la nuit, pour la destruction de la société, avec le courage de la confrontation sans médicaments.

Toute société que vous bâtirez aura ses limites. Et en dehors des limites de toute société, les clochards héroïques et turbulents erreront, avec leurs pensées vierges et sauvages – eux qui ne peuvent vivre sans concevoir de toujours nouveaux et terribles éclatements de rébellion ! Je serai parmi eux ! — Renzo Novatore

Je suis assis devant une grande table avec trois infirmières et deux docteurs. Mes yeux sont sensibles à la lumière, je n’ai pas dormi depuis trois jours. Une infirmière juste à côté de moi hoche doucement la tête avec le même regard inquiet depuis à peu près une heure. Ma vision n’arrête pas d’alterner entre le flou et le net. Mes mains tremblent un peu. Je dois lutter pour maintenir ma tête droite depuis que je me suis assise. Il semble que cet entretien embarrassant soit presque fini, et j’ai quelques papiers à signer. Le médecin qui parle depuis que je suis là est toujours en train de parler et je dois l’admettre, je n’ai pas beaucoup prêté attention à ce qu’il disait. Finalement la discussion s’arrête et tout le monde se lève. L’infirmière à côté de moi m’aide à me lever en me tenant le bras. Je commence à avoir la tête qui tourne. Nous commençons à suivre un long couloir et entrons finalement dans une chambre. Une autre infirmière m’y accueille avec un oreiller, une couverture, et un médoc pour « m’aider à me reposer ». Avant que je puisse m’asseoir sur le lit qu’on m’a attribué, un infirmier me demande calmement ma ceinture et mes lacets de chaussures. Je m’exécute et profite d’être débout pour aller chier avant d’aller dormir. Cinq secondes après que mon cul a touché la lunette des toilettes, j’entends du boucan – des martèlements frénétiques et on me somme de déverrouiller la porte. Confus et surprise, je me lève d’un coup, trébuche sur mon pantalon, et déverrouille la porte. Visiblement je ne suis pas autorisé à fermer la porte à clés de la salle de bain – ou qu’elle soit complètement fermée quand je suis à l’intérieur. Je me dépêche de finir de chier sous le regard d’un infirmier et retourne au lit. Je me rends compte qu’une autre infirmière a mis une chaise à côté et elle s’assoit avec un porte-bloc et un stylo. Je m’allonge et j’essaie de me mettre à l’aise en acceptant la surveillance gênante de cette infirmière. Alors que je commence à m’endormir, je réfléchis à tout ce qui est en train de se passer. Ah c’est vrai. Plus tôt dans la journée, j’ai essayé de me pendre dans mon appartement et c’est ma première nuit dans un service psychiatrique.

***

Indianapolis, le 18 mars 2018 – Émeute au Resource Treatment Center

Près d’une dizaine de policiers d’Indianapolis sont intervenus mercredi soir suite à une émeute dans un centre psychiatrique et de désintoxication pour mineurs dans la partie Est de la ville.

Onze officiers ont été envoyés au 10404 S. State Avenue juste avant 23 heures, mercredi, suite à un appel signalant une émeute dans l’établissement. L’adresse est celle du Resource Treatment Center, établissement psychiatrique pour mineur, ainsi que de l’Options Transitional Living, qui fournit un hébergement de désintoxication pour sans-abris et jeunes à risque.

A son arrivée, la police a découvert qu’un groupe de résidents mineurs avait fait plus de 50 000$ de dégâts dans l’établissement et avait agressé quatre membres du personnel.

Les officiers ont placé en garde à vue 9 mineurs âgés de 13 à 17 ans accusés de vandalisme, émeute, agression et trouble à l’ordre public.

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Durant la période où j’étais dans cette prison psychiatrique, j’étais soumis à ce qu’on appelle une « surveillance constante » , ce qui signifie en gros que je suis un danger pour moi-même et que je dois donc être surveillée 24h/24 par le personnel. Deux infirmières me regardaient en train de chier, dormir, pleurer dans mon sommeil, et manger au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Je devais prendre des médocs et un somnifère tous les jours. J’avais une thérapie individuelle une fois par jour. Je n’étais autorisé qu’à 15 minutes d’appel téléphonique par jour. J’avais interdiction d’aller dehors. On m’a dit de « poser mes valises » parce que le personnel n’avait pas l’intention de me relâcher « de si tôt ».

Toutes les raisons pour lesquelles j’étais à la base déprimé devinrent secondaires par rapport à ce nouveau cauchemar dans lequel je me trouvais. Tout le monde dans mon service parlaient d’un jour sortir d’ici, malgré le fait qu’on leur ai dit qu’ils « ne sortiraient jamais ». Je ne pouvais pas m’empêcher de remarquer des similitudes frappantes avec l’enfermement dans une prison pénale. C’était une prison. Plus j’entendais des histoires de tentative d’évasion, de violente répression physique, d’isolement désespéré, plus je réalisais que ce n’était ni un lieu pour « se rétablir », ni aucun autre hôpital dans lequel j’étais déjà allée. Ces gardiens de prison portaient des blouses et imposaient l’ordre par la guerre chimique et la camisole de force. « Le trou » était la cellule capitonnée. Celles et ceux qui résistaient, étaient plaquées au sol, leur causant des coupures et des bleus. Et pour les infirmiers et médecins, nous étions juste des « dossiers » ou des « sujets » à qui s’adresser avec condescendance et à humilier. Nous étions désormais dans leur monde et c’était leurs règles.

Nous avons besoin d’un programme de psychochirurgie et de contrôle politique de notre société. Le but est le contrôle physique de l’esprit. Quiconque dévie de la norme donnée peut être chirurgicalement mutilé. L’individu peut penser que la réalité la plus importante est sa propre existence, mais c’est seulement son point de vue personnel. Ceci manque de perspective historique. L’homme n’a pas le droit de développer sa propre façon de penser. Ce genre d’orientation libérale est très séduisante. Nous devons contrôler le cerveau électriquement. Un jour, les armées et les généraux seront contrôlés par stimulation électrique du cerveau. — Dr Jose Delgado, professeur en neurophysiologie espagnol et auteur du livre « Le Conditionnement du cerveau et la liberté de l’esprit ».

L’époque de l’institutionnalisation du « soin » pour celles et ceux qui avaient des « maladies mentales » débuta aux alentours du XIXe siècle avec le soutien appuyé de l’État. Des asiles publiques furent construits en Angleterre après l’adoption du County Asylums Act 1808. Il y eut une recrudescence d’asiles construits partout. Ils étaient connus pour ses détenus qui devaient vivre dans des conditions insalubres avec des barreaux, des chaînes et des menottes.

Le Lunacy Act 1845 est connu pour avoir modifié le statut des « malades mentaux » en « patients » nécessitant un traitement. Cela a finalement conduit au traitement chimique des personnes en tant que « patients médicaux » – malgré le fait que les tests en laboratoire, les radiographies et les scanners cérébraux n’aient jamais prouvé que les troubles psychiatriques étaient des maladies ou des lésions cérébrales. Avec le temps, cela favorisa l’émergence des expériences psychiatriques sur des « patients » pour « guérir » chimiquement leurs « troubles ». Le XXe siècle a vu une explosion des médicaments psychiatriques. Le premier médicament antipsychotique, le Chlorpromazine (commercialement appelé Thorazine, Largactil, Hivernal et Megaphen) a été synthétisé pour la première fois en France en 1950.

La psychiatrie, les asiles et les prescriptions médicamenteuses ont fortement contribué à renforcer l’ordre social et la soumission individuelle par la peur. Au fil des années, la psychiatrie et les asiles se sont développés, redéfinissant et renforçant le pouvoir de la répression étatique et du contrôle civilisé.

Cela s’est accompagné d’une culture de plus en plus répandue de dénonciation publique des personnes considérées comme « dérangées » ou « malades mentales ». Les premières à être visées étaient celles qui ne correspondaient pas aux attentes comportementales strictement définies par la société. Du XVIIIe au début du XXe siècle, les individus assignés femme à la naissance étaient souvent internés pour tout et n’importe quoi, y compris pour les opinions impopulaires, l’indiscipline ou le refus politique d’être contrôlés par la société patriarcale. Les autres individus de diverses identités assignées qui s’écartaient sexuellement de l’hétéronormativité étaient internés et considérés comme « désorientés » et nécessitant d’être convertis.

L’un des principaux plan marketing mis en place par l’industrie pharmaceutique a été la construction sociale d’un état émotionnel idéal que chaque individu « normal » était censé vivre. Aujourd’hui ce même idéal se retrouve partout – du divertissement télévisé aux panneaux publicitaires etc. La dichotomie « heureux »/ « déprimé » a été utilisé pour créer une pression sociale menant les gens à se sentir isolés ou pas à leur place parce qu’ils n’acceptaient pas joyeusement les conditions de la société au quotidien. Être « triste tout le temps » était, et demeure blâmé et ridiculisé – en dépit de sa nature complexe et des raisons qui sous-tendent cet état.

Bien qu’étant instable émotionnellement par nature, il est attendu de l’individu (animal) humain qu’il remplisse le rôle civilisé de la suprématie positiviste. Cette obsession normalisée de la positivité joue un rôle clé dans la répression des réponses émotionnelles d’affront envers les multiples expériences oppressives. L’obsession – et la normalisation – de la performance positiviste encourage aussi les gens à ignorer les profonds traumatismes causés par la civilisation au quotidien. Tout, de la peur de l’avion, aux accidents de voiture, en passant par les accidents de travail, ou le retard du paiement des factures – autant d’exemples de peurs associées au traumatisme. Mais parce que la vie civilisée exige que l’esclavage salarial et l’internement perdurent, ces formes de traumatismes sont banalisées et ignorées – généralement suivies d’une phrase du genre « c’est la vie » ou « c’est comme ça ».

A mesure que la société techno-industrielle progresse, de nouvelles lois sont établies pour créer de nouvelles définitions de la « criminalité ». Cela veut dire qu’il y a une définition toujours plus étroite de la légalité. Il en va de même pour la psychiatrie. A mesure que des étiquettes et des identités pour les « troubles » sont créées, l’industrie pharmaceutique s’étend. Plus les conditions de la société capitaliste et industrielle continue d’empirer, plus la misère devient exploitable avec la vente de médicaments pour « se sentir bien ».

Sous le capitalisme, où il y a des établissements « pénitentiaires », il y a un intérêt marchand à les garder remplis. La où il y a des « détenues » pour peupler ces institutions, il y a du bénéfice ou une main-d’œuvre bon marché. Et là où il y a un potentiel d’agitation sociale, il y a une idéologie et une identité pour définir catégoriellement un individu indiscipliné comme « anti-social ». La société fait des « troubles » des identités catégorielles assignées à celles et ceux qui sont considérées comme « indésirables », afin de renforcer les conditions sociales qui poussent les gens à l’uniformité comportementale.

Aujourd’hui, dans le domaine des politiques d’identité, les identités assignées par la psychiatrie génèrent du capital social partout où le victimisme est idolâtré comme avantage social. Comme pour toute politique d’identité, j’ai vu de nombreuses personnes exploiter ces identités psychiatriques en les brandissant comme des raisons pour se déresponsabiliser de leurs actes. Et comme il est de coutume avec le cannibalisme social des identités politiques que nous ne connaissons que trop bien, les individus s’approprient ces identités assignées par la psychiatrie et créent des hiérarchies inversées de reconnaissance sociale. Un nouveau mouvement identitaire finit par se constituer, obtient la reconnaissance des médias et devient intégré à la prison sociétale.

***

Jeudi 4 Septembre 2014, émeute au Central New York Psychiatric Center

Une dizaine d’employés ont été blessés quand plusieurs détenus ont commencé, mercredi, une émeute dans les cuisines du Central New York Psyhiatric Center.

D’après les autorités, quatre personnes ont été hospitalisées pour leurs blessures.

Les échauffourées ont éclatées vers 11h45, lorsque cinq ou six détenus ont commencé à attaquer le personnel dans l’une des cuisines en utilisant des ustensiles comme armes, d’après la New York State Correctional Officers & Police Benevolent Association.

Les détenus ont essayé de forcer le passage dans le réfectoire.

Au même moment, un autre différend a éclaté entre les détenus et le personnel dans l’étage d’au-dessus, d’après les fonctionnaires.

Les alarmes ont été déclenchées et le personnel de sécurité de l’établissement a pu venir à bout des deux émeutes, avec l’aide de la police.

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Après une bonne préparation, j’ai été libéré de l’incarcération psychiatrique bien plus tôt que prévu. Les murs se refermaient sur moi et la monotonie de l’ennui quotidien, l’engourdissement provoqué par les médicaments, et l’enfermement commençaient à me détruire. En étant témoin du cannibalisme carcéral des conflits internes entre les prisonniers, j’ai commencé à partir en vrille plus qu’avant d’atterrir ici. En plus de ça, mes deux tentatives d’organiser secrètement une révolte avaient lamentablement échouées. Les unités ou les « dortoirs » étaient si petits qu’un lien artificiel se tissait facilement entre la plupart du personnel et des patients. Balancer était bien récompensé. Personne ne voulait le « moindre problème ». Alors je me suis ravisée à trouver une autre méthode d’émancipation ; en me servant de mes connaissances de psychologie acquises au lycée pour convaincre ma thérapeute que je souffrais juste d’une « peine de cœur » en raison d’une « récente rupture amoureuse ».

Malgré toute ma haine envers la société, la vie que je vivais à ce moment, et la tempête émotionnelle complexe qui faisait rage chaque jour dans ma tête, j’avais pu convaincre ma thérapeute et les autres infirmiers que j’étais juste bouleversé par une rupture. L’humiliation due au fait d’avoir à jouer un tel rôle faisait pâle figure comparé à mon désir d’être libéré de cet endroit. Relâché sous la garde de ma mère, je devais continuer de prendre mes médicaments trois fois par jour et devais voir une thérapeute une fois par semaine.

Contrairement aux prescriptions du service, je suis retournée vivre dans mon appartement. J’ai pu voir que la police avait feuilleté tous mes calepins ainsi qu’un carnet de numéros de téléphone. La corde que j’avais peiné à nouer et à attacher à une poutre en bois le long du plafond n’était plus là. Je ne sais toujours pas si c’est mon proprio ou les flics qui l’ont prise. Le paiement du loyer était en retard, d’après le courrier dans ma boîte aux lettres. Heureusement, à l’époque je faisais de la peinture en indépendant, donc je ne pouvais pas me faire virer. Je pouvais retourner bosser la semaine qui suivait.

Cette nuit-là je me suis masturbé pour la première fois depuis ce qui m’a semblé être des années. Mais je n’ai pas pu jouir. Le lendemain j’ai appelé le médecin qui me prescrivait mes médocs. Selon lui, mon impossibilité à avoir un orgasme était courante chez les personnes sous traitement psychiatrique. Une semaine s’est écoulée et j’ai continué à ne rien ressentir. Rien ne m’intéressait. Je me suis souvent retrouvé à regarder les aiguilles de l’horloge bouger ou regarder par la fenêtre les voitures qui passaient. Je ne me sentais pas triste. Mais je ne me sentais pas bien non plus. Je ne faisais qu’exister.

Après près d’un mois à être sorti du service psychiatrique, j’ai décidé d’arrêter de prendre mes médocs. La galère de devoir les renouveler et de devoir les prendre tous les jours ne valait pas la peine. Et je ressentais de nouveau quelque chose. Je ne savais pas ce qui allait se passer. Est-ce qu’ils allaient le découvrir et envoyer la police me chercher ? Quelques semaines se sont écoulées sans médicaments et j’ai commencé à ressentir de légers changements. J’étais effrayé mais préparée pour le sevrage infernal dont j’avais entendu parler. J’ai eu quelques vertiges et quelques maux de tête mais rien de plus. Très vite, j’ai arrêté de recevoir des appels de ma thérapeute. Je m’attendais à ce qu’elle soit en colère et me laisse des messages vocaux menaçants. Cela ne s’est jamais produit. J’ai fini par sentir mon appétit changer et j’éprouvais des émotions aux choses plus facilement et plus fréquemment. Et j’ai fini par avoir un orgasme !

Durant les deux années suivantes, j’ai réfléchi à ces expériences, et j’ai commencé à explorer l’origine de mes pensées suicidaires, de la dépression morbide qui en était les causes, ainsi que la vie consumériste que j’avais vécu en tant que citoyen esclave-salarié et respectueux des lois.

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Une émeute au matin du Thanksgiving de 2016, au Springfield Hospital Center (un hôpital psychiatrique régional et ancienne plantation situé à Sykesville, dans le Maryland)

Dans les premières heures du matin de Thanksgiving, Catherine Starkes et April Savage se sont réfugiées dans un bureau avec d’autres employées au Springfield Hospital Center dans le comté de Carroll alors qu’une émeute éclatait à l’extérieur.

Starkes et Savages ont dit que les patients jetaient des chaises, ont renversé des meubles de rangement et ont essayé de s’introduire dans le refuge en plexiglas du personnel. Les patients ont déversé de l’huile sur le sol, le rendant glissant. Un patient a essayé de ramper dans le bureau par le faux plafond, s’est rappelé Starkes.

Elle n’avait jamais connu ça pendant les 22 ans durant lesquels elle a travaillé avec des patients malades mentaux dangereux dans différents hôpitaux du Maryland.

« Ils voulaient prendre le contrôle du service. Ils se sont emparés du service » a t-elle dit.

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Nous appelons « vérité » ce qui fait l’unanimité. La psychiatrie est une religion : on décrète ce qui est vrai ou faux, qui est fou ou pas. J’ai un sérieux problème… Je perds la foi. — Dr. Railly, dans le film « L’armée des 12 singes ».

De la même manière que la religion, la psychiatrie endosse un rôle puissant en définissant ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais » en fonction d’un comportement « normal » ou « anormal ». La normalisation d’un comportement socialement attendu est importante pour créer des catégories d’individus définies par leur contribution à la réussite collective de la société. Avec la psychologie comme base pour délimiter les « problèmes » et proposer des « remèdes efficaces », la société de masse dépend de son autorité pour décider qui est « normal » et qui ne l’est pas. Certaines caractéristiques comportementales propres à une personne deviennent illégales pour que puisse se maintenir cette conformité sociale.

D’après mon expérience, la psychiatrie avec toutes ses théories, tous ses rôles et toutes ses prescriptions médicales vise au mieux à seulement gérer les « symptômes » des « troubles » – mais n’élimine pas les causes de leur existence.

Par « symptômes », je parle de tous les comportements ou de toutes les réponses émotionnelles qui montrent qu’une personne lutte pour se conformer aux attentes de la société ou à un comportement « normal ».

Par « troubles », je parle de tous les comportements ou de toutes les réponses émotionnelles qui ont été sélectionnées et condamnées par la société, et qui ont donc été considérées comme « maladies mentales » par l’autorité psychiatrique.

Par « causes », je parle de toutes les prisons, de toutes les formes de coercition sociétale et de la société civilisée – qui imposent toutes la soumission individuelle et la conformité idéologique.

Le conflit d’intérêt dans le fait de traiter les « malades mentaux » devient évident lorsque l’on prend acte du fait que les traitements efficaces à des comportements et des réponses émotionnelles spécifiques nécessiteraient la destruction de l’ensemble de la société civilisée – celle-là même qui crée des traumatismes, suivis du concept de maladie mentale et ensuite d’une « solution » à travers plusieurs formes d’anesthésie émotionnelle.

Un autre élément de contrôle social intégré à la psychiatrie est sa faculté à altérer et à contrôler les informations divergentes. Les systèmes sociaux qui ont besoin de l’asservissement des individus renforcent constamment leur capacité à détruire ou à diaboliser les informations – surtout celles qui découlent d’une expérience de révolte. Quand ce sont les personnes elles-mêmes qui sont considérées comme des incarnations de ces informations, ceux et celles qui recherchent un contrôle total les décriront de manière à faire passer la nature de leur révolte pour un simple résultat de la maladie mentale. L’Union Soviétique envoyait par exemple les insurgés dans des services psychiatriques appelés « Psikhouchka ». L’un des premiers était une prison psychiatrique dans la ville de Kazan. En 1939, il fut confié à la police secrète. L’incarcération psychiatrique était utilisée pour réagir aux manifestations et attaques politiques. Il était courant pour les psychiatres soviétiques dans les Psikhouchka de diagnostiquer la schizophrénie chez celles et ceux qui se rebellaient contre l’autorité soviétique.

Tout comme les figures de l’autorité religieuse parlent de laver les gens de leurs pêchés et de leurs démons, la psychiatrie cherche à laver les gens de leur « maladie » et de leurs « mauvaises » habitudes. Dans l’église de la psychiatrie, seul celles et ceux qui correspondent à la conformité sociale (ou qui refoulent leurs émotions) peuvent entrer au paradis de la reconnaissance sociale en tant que « sains » et « normaux ». Un comportement normal ou civilisé est récompensé par du capital social et un accès plus facile aux moyens de subsistance. Et aux yeux des personnes qui craignent une liberté débridée, sans l’église de l’autorité psychiatrique, « les masses » risqueraient de sombrer dans la folie.

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5 Septembre 2016, émeute à l’hôpital psychiatrique John George

Les infirmiers de l’hôpital psychiatrique en difficulté du Comté d’Alameda ont déclaré que trois patients ont essayé de déclencher une émeute dans la nuit et de s’échapper de l’établissement. Les membres du personnel accusent la surpopulation chronique des urgences de l’hôpital psychiatrique John George. C’est le dernier d’une série d’incidents troublants à l’hôpital découverts par 2 enquêteurs.

Les infirmières – qui n’ont pas voulu être identifiées par peur de perdre leur travail – disent aux 2 enquêteurs que deux hommes et une femme ont demandé à pouvoir sortir du service d’urgences psychiatriques de John George dans la nuit de Dimanche. Mais d’après le personnel, quand ça leur a été refusé, ils sont devenus violents.

Les patients auraient tenté d’encourager les autres à les aider à forcer les portes du bâtiment pour s’enfuir.

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Alors que je réfléchissais à mon expérience avec la psychiatrie, y compris au fait d’avoir été sous trois traitements différents et à mon séjour dans le service, j’ai commencé à me poser des questions qui ne m’étaient jamais venues auparavant : Quelles sont les conditions sociales qui expliquent mon désarroi ? Quel type de comportement est caractéristique d’une « maladie mentale » et d’un fonctionnement « normal » ? Qui impose ces définitions comme des vérités universelles au départ ? Est-ce la même autorité psychiatrique qui, à un moment, considérait l’homosexualité comme une maladie mentale – et qui s’est ensuite ravisée en 1973 ?

Je ne pouvais pas m’empêcher de remarquer que malgré la thérapie, les médocs, et l’hospitalisation psychiatrique, le monde à l’extérieur de ma tête était toujours le même. La pauvreté régnait toujours dans mon quartier, les riches milliardaires jouaient toujours au golf tandis que le gouvernement continuait de bombarder d’autres pays. Des millions d’animaux non-humains étaient mutilés dans les abattoirs chaque jour, et l’environnement continuait d’être dévasté par le développement industriel. Je devais encore subir l’esclavage salarial pour payer mon loyer. Et comme tout le monde, j’y étais contraint jusqu’à ce que je sois trop vielle et que je finisse mes jours dans une maison de retraite. Mais quelque part je devais m’estimer « heureux » – ou du moins je devais accepter apathiquement tout cela sans broncher. L’obéissance sans incident. Sans question. Ou « sans problème » comme d’autres dans le service me le disaient.

A ce stade de ma vie, je suis toujours en colère, toujours déprimé et toujours parfois suicidaire. Mais plutôt que de voir ces choses comme ce qui est brisé en moi, je les vois comme un reflet de la manière dont le monde est merdique autour de moi. Je trouve de petites choses qui m’aident à canaliser la colère, la dépression et les pensées suicidaires. Je fais de l’exercice, je pratique les arts martiaux mixtes, et aime me promener dans les bois la nuit. J’admire les étoiles depuis les bancs des parcs, les toits et les trains de marchandises en marche. Je mange de la nourriture volée et j’adore l’excitation procurée par l’activité illégale. Gérer mes émotions est une activité quotidienne couplée à l’observation et l’évolution personnelle. J’écoute les histoires des autres et apprends de leurs expériences. Je suis attentive à mes émotions et recherche leurs origines, ce qui m’aide à comprendre mes désirs et mes besoins. Mes émotions – ma folie – qui se manifestent par la colère, la dépression, etc. restent aiguisées et agissent comme les meilleurs outils pour comprendre les effets sur mon bien-être de cette société enfermante.

Mon tempérament ne manifeste aucune de preuve de lésion cérébrale ou que je suis brisée – bien au contraire. Mon état émotionnel est une réponse complexe à l’anxiété qui se fait jour quand on voit la société telle qu’elle est – une prison qui s’étend sous couvert de la vie « normale ». Et intégrée à cette prison, il y a une toile de réalités modifiées qui concrétisent la logique du contrôle et de la domination :

L’esclavage salarial qui se cache sous le masque de la productivité et de la responsabilité personnelle. La soumission et l’obéissance forcées à la Loi et l’ordre au « pays de la liberté » [1]. Les images de vaches heureuses sur les emballages de morceaux de corps mutilés. Les frontières, les biotechnologies, les communautés virtuelles d’amis interagissant avec le vide émotionnel de la communication numérique.

Et c’est ici, dans cette même prison sociale, que le mot folie est utilisé pour décrire une personne individuelle au lieu de la civilisation industrielle – incarnation du contrôle social mécanisé.

« Les étoiles, dans son voisinage immédiat, étaient pâles ; mais plus elles s’éloignaient du halo lumineux qui faisait cortège à l’astre géant, plus elles resplendissaient. » — Ken Kesey, Vol au-dessus d’un nid de coucou.

Je crois qu’au fond tout le monde est « fou » – non pas en matière de maladie mentale – mais en matière de différences individuelles, uniques, qui demeurent obstinément incompatibles à l’ordre comportemental. En société, certaines personnes cachent ces différences mieux que d’autres. Et beaucoup de gens que j’ai croisés expriment leur frustration d’avoir à se brider, désirant ardemment libérer leur vraie personne. La peur d’être étiqueté fou ou malade par la société rend les gens passifs et soumis. Mais certaines personnes éprouvent des difficultés à s’intégrer. Et alors que la société tente de contrôler et d’éliminer certains individus et comportements indésirables, les réponses naturelles aux conditions environnementales continuent de produire les deux.

Si l’on examine attentivement les interactions sociales entre les individus, on peut apercevoir des subtiles pointes d’animalité sous la couche d’humanité. C’est la peur d’être trop bruyante, trop en colère, trop triste, trop imaginatif – la peur de s’autoriser à exister dans son entièreté – qui enferme l’animal individuel. C’est la peur de montrer toute qualité personnelle ou toute caractéristique qui outrepasserait les limites du comportement socialement attendu. Enfreindre les lois de la psychiatrie pourrait être puni par les injections médicamenteuses, l’enfermement, ou même la mort.

La peur joue aussi un rôle essentiel dans la création d’une obsession à compter sur une spécialisation institutionnelle plutôt que sur le soutien d’égal à égal. Cette obsession est normalisée quand, en réponse à quelqu’un en recherche de soutien émotionnel, ses amis suggèrent « l’aide d’un professionnel », comme s’ils se considéraient incompétents par défaut. Cela en dit long sur la confiance, la capacité et la volonté qu’on a soutenir quelqu’un d’autre lorsque ce soutien est souvent externalisé à une élite de « professionnelles ». Je n’essaie pas de dire que tout le monde a toujours la capacité à soutenir d’autres personnes : je suggère une analyse du complexe d’infériorité intériorisé par les individus face aux institutions, et de la manière dont elles sont souvent trop occupées à obéir aux exigences du capitalisme, ou trop distraites par le consumérisme pour trouver le temps de soutenir leurs semblables, et encore moins elles-mêmes.

Lorsque l’on analyse la société dans son ensemble, on peut voir comment des solutions sommaires et provisoires à des problèmes complexes y sont intégrées. Lorsque l’on examine cela, même à l’échelle individuelle, on peut voir comment toutes les facettes de la société industrielle réduisent le temps personnel à un point où l’on néglige souvent sa propre santé émotionnelle. Contre les exigences de l’addiction technologique et de l’esclavage salarial, et bien que cela soit sous-estimé, prendre le temps de prendre soin de soi-même et/ou de celles et ceux à qui on tient est déjà rien de moins qu’un acte de révolte individuelle. « Tu as besoin de l’aide d’un professionnel » est souvent la réponse rapide à une personne qui recherche simplement le soutien de ses amies proches. Tout le monde n’aime pas (moi y compris) être considéré comme malade ou se voir poser un diagnostic comme on le ferait pour une machine cassée. C’est cette « aide professionnelle » qui remplace le soutien personnel sous un capitalisme où quelqu’un traversant un moment difficile est traité comme un dossier rentable et se fait prescrire une boîte de comprimés.

D’une amie pleine de vie aux prises avec une histoire unique d’expériences émotionnelles complexes, à un patient à qui on colle un ensemble simpliste d’identités psychiatriques, l’individu devient simplement une unité de mesure diagnostique.

Les diagnostics agissent comme des configurations de l’identité définies par des similitudes basées sur les symptômes. Ces assignations identitaires sont construites par les spécialistes de l’autorité psychiatrique, et sont socialement imposées par ceux qui font respecter son pouvoir. De la même manière que les gauchistes sont prompts à utiliser la terminologie étatique pour étiqueter publiquement et humilier les « indésirables » ou celles et ceux dont Le Mouvement ne veut pas (par exemple, utiliser le mot « terroriste » pour décrire les partisanes de l’attaque anarchiste), ils sont prompts à taxer quelqu’un de « malade mental », ou « toxique » – exigeant que la personne recherche une aide « professionnelle ». Peut-être sans s’en rendre compte, les gauchistes renforcent socialement la légitimité de l’autorité psychiatrique et étatique en réduisant la complexité du comportement individuel à de simples constructions psychiatriques et à la condamnation morale. La psychiatrie fournit un sentiment d’ordre rassurant dans le refus d’accepter la nature chaotique du comportement. En revendiquant la terminologie psychiatrique et la moralité, beaucoup de gauchistes cherchent à contrôler les interactions sociales avec l’intention de les aseptiser et de les homogénéiser. Cette tentative d’uniformité comportementale va de paire avec le fait de considérer les individus comme faisant partie de catégories identitaires monolithiques. L’unicité et la diversité comportementales sont souvent découragées ou condamnées lorsqu’elles ne collent pas parfaitement à des scripts construits. Un comportement ou l’expression d’une émotion peut être dévalorisée en étant socialement étiqueté comme « problématique » – une étiquette qui elle-même requiert la conformité d’un consensus à définir et imposer.

La société et tous ses défenseurs ont besoin du barrage de la psychiatrie pour subordonner et contrôler le raz-de-marée de la diversité d’individualités et de l’agitation sociale. Je ne peux qu’imaginer ce qui adviendrait si les mécanismes de contrôle échouaient à un niveau individuel – si la liberté de l’expression émotionnelle prenait pour cible les châteaux de cristal de l’autorité psychiatrique, faisant voler en éclats l’illusion d’un statu quo aseptisé. L’un après l’autre, les boulets de canon individuels mettent à mal la continuité de la structure, les individus ingouvernables compromettent la force de la soumission collective.

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31 Janvier 2006, Émeute au Riverview Hospital pour jeunes et enfants

Cinq patients d’un hôpital psychiatrique public pour enfants sont accusés d’avoir participé à une émeute, après avoir arraché une ligne téléphonique et tenté de voler les clés de voiture d’un employé avant de se barricader dans une chambre durant le week-end, d’après les déclarations faites Lundi par un agent de l’État et d’autres sources.

L’incident du Riverview Hospital pour jeunes et enfants s’est produit moins d’une semaine après que les employés ont protesté contre les conditions au sein de l’établissement, affirmant que l’hôpital est de moins en moins sûr en raison du mélange explosif de patients.

D’après nos sources, samedi entre 23h et minuit, un groupe de garçons de l’unité Lakota de l’hôpital sont sortis de leurs chambres et ont commencé à faire face et à s’en prendre verbalement au personnel. Un médecin et deux employées étaient affectés à l’unité à ce moment.

Nos sources ont dit que les garçons ont encerclé l’homme et ont tenté de l’obliger de leur remettre ses clés mais il a refusé. Lorsqu’une des employées a voulu utiliser le téléphone pour appeler de l’aide, les garçons ont tiré la ligne téléphonique du mur. Les jeunes se sont ensuite barricadés dans une chambre et ont tenté de briser une grande fenêtre donnant sur l’extérieur, ce qui a détaché ses gonds.

D’après les sources, les garçons ont essayé de s’échapper par la fenêtre mais ont été arrêtés par un officier de police du Connecticut Valley Hospital qui avait été appelé sur place et se trouvait à l’extérieur à proximité de la fenêtre.

Les autorités n’ont pas divulgué les noms et l’âge des jeunes impliqués. Ils sont tous accusés d’incitation à l’émeute, de trouble à l’ordre public, de dégradation, de séquestration et de menaces.

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Lorsque, en s’exprimant, les individus laissent leurs émotions rompre les limites de l’autorité psychiatrique, et attisent les flammes de leur mépris du contrôle social, la psychiatrie commence à ressembler à la carcasse d’une voiture de flic brûlée. Si la psychiatrie est l’agente exécutrice de la loi et de l’ordre mental – qu’elle crève comme chaque flic et agent de l’État. Comme pour les politiques d’identité, je refuse de participer à l’utilisation de la terminologie psychiatrique quand je décris d’autres individus. Comme pour toutes les autres assignations socialement construites, je rejette les étiquettes psychiatriques dans la mesure où elles cherchent à restreindre l’horizon de la complexité émotionnelle.

Lorsque, en s’exprimant, les individus deviennent sauvages avec une hostilité nihiliste envers toutes les identités et rôles idéologiques, que reste t-il d’une société sans la conformité individuelle ? Que sont « homme » et « femme » lorsqu’ils ne sont pas attachés à un rôle performatif ou esthétique ? Que sont « noir » et « blanc » sans la construction sociale de la race ? Qu’est ce que la binarité sain d’esprit/fou sans l’autorité de la psychiatrie ? Qu’est ce que la loi et l’ordre social sans personne pour obéir ?

Mon anarchisme se trouve dans l’anéantissement de ces constructions sociales et le rejet de leur « contrat social » qui généralise leur fausse existence. J’utilise l’expression contrat social parce c’est exactement ce qu’est l’acceptation de ces assignations d’identités.

Je suis surpris de voir si peu de solidarité entre les prisonniers et celles et ceux enfermées dans les établissements psychiatriques. Toutes les prisons – y compris toutes les manifestations du complexe industrialo-éducatif, tous les zoos et tous les asiles – réduites en cendre, voilà comment j’imagine l’anarchie.

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Au jour de l’an 2018, dix enfants âgés de 12 ans ont déclenché une émeute et se sont échappées du Strategic Behavioral Health Center, en Caroline du Sud.

Lors de l’incident de la nouvelle année, les patients ont détruit du mobilier pour en faire des armes.

Le rapport de l’État indique que le personnel du centre ne s’est pas douté que les patients avaient prévu de s’échapper. Ils n’ont pas interrogé les résidents portant plusieurs couches de vêtements qui leur permettraient de se changer une fois sorti de l’hôpital.

En l’espace de moins de cinq heures à partir de la fin de l’après-midi, il y a eu sept incidents « code violet » qui alertent les employées en cas de problèmes. Un enquêteur d’État a examiné une vidéo qui montrait des patients aller de salle en salle, jeter une poubelle, déchirer du papier et arracher les emplois du temps des murs.

Lorsqu’un employé est arrivé, selon le rapport, il a entendu des bruits forts, des insultes et a vu une poubelle éparpillée sur le sol de l’entrée. Les patients s’étaient barricadés dans une pièce et avaient des armes qu’il a décrites comme des planches avec des vis de 15cm.

« Aucun employé n’essayait de rentrer dans la salle et ses collèges lui ont dit « Ils ont des armes. N’y rentre pas » signale le rapport. « L’infirmier a décrit la situation comme « une émeute, un chaos total » ».

Avant que la police n’arrive, le sud de l’hôpital psychiatrique Charlotte avait sombré dans le chaos.

Les patients du Strategic Behavioral Center – certains brandissant des planches en bois – ont attaqué un membre du personnel, se sont barricadés dans une pièce et se sont échappés par une fenêtre brisée.

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Pendant des années, j’ai mis en avant la psychiatrie comme un instrument scientifique important pour comprendre les mécanismes internes du comportement humain. Je ne la trouve plus utile après avoir appris à reconnaître les gens comme des êtres complexes avec des réponses émotionnelles uniques à ce cauchemar civilisé. J’en suis venue à reconnaître la psychiatrie, au mieux, comme une autre forme de politique d’identité qui tente en fin de compte, de faire rentrer la complexité infinie des expressions émotionnelles dans des catégories rigides.

Les gens sont bien plus que ce que « bipolaire », « psychotique » etc. pourraient exprimer. Si une personne peut ressentir des ensembles d’émotions socialement identifiées par une catégorie psychiatrique, aucune liste de diagnostics ne peut résumer ou représenter leur état émotionnel.

Mon refus de définir une personne par les difficultés émotionnelles qu’elle vit est semblable aux raisons pour lesquelles je refuse de considérer les gens qui se battent contre la dépendance comme des « toxicomanes ». Le combat d’un individu pour faire face à la société est complexe et unique. Les étiquettes et identités psychiatriques sont des outils de l’État – une entité que je rejette. En tant qu’outil de la civilisation, la psychiatrie engendre de l’aliénation et de la violence en considérant comme « cassés », et donc socialement inférieurs, les gens vus comme émotionnellement inadaptés à la société. Je refuse personnellement de mépriser la lutte d’un individu pour sa survie en lui assignant une identité psychiatrique qui le fait passer pour « malade mental » – au lieu de porter l’attention sur la société industrielle. Comme les prisons pour « criminels », l’établissement « correctionnel » qu’est le service psychiatrique vise à imposer la soumission à travers la coercition et l’internement. Résoudre ou guérir la « maladie mentale », d’un point de vue sociétal, finit souvent par redonner la capacité à condamner, réprimer ou aseptiser les émotions.

Comme pour tous les gouvernements, les présidents et l’autorité, la psychiatrie ne m’a jamais rendu libre. Les étiquettes assignées par la psychiatrie ne m’ont pas aidée – elles m’ont seulement envahie d’un sentiment intériorisé de victimisme et d’infériorité. Les médicaments ne m’ont pas « guéri » ni « corrigé » – ils m’ont seulement nuit, anesthésiant mes sens pour créer un vide émotionnel entre moi et la merditude de la vie civilisée. Alors à la place, avec une joie nihiliste, je sombre dans la folie, en prenant pour cible l’ordre social et la civilisation. Avec une perversité armée, je me rends maintenant compte qu’il n’y avait rien à corriger – mon mépris naturel pour la domestication et le contrôle social me rappelle que je n’ai jamais été « brisée ».

D’un rire hystérique, je me moque de la normalisation du comportement humain. Je rejette les autorités psychiatriques, leur livre sacré (le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM–5)) et leurs prisons. Je refuse de continuer d’être un cobaye pour leur pharmacothérapie qui se développe constamment. Je suis un individualiste contre le consensus qui permet la matérialisation des institutions psychiatriques. Je suis un nihiliste – hostile à la dichotomie sain/fou et à toutes les constructions sociales qui, avec les pathologies tentent de soumettre l’individualité à des catégories. Je ne désire rien d’autre qu’une révolte sauvage à l’encontre de la civilisation. Si la civilisation et la psychiatrie se marient à l’église de la moralité, alors que mon anarchie soit une ardente fumée noire qui étouffe la parole d’évangile du contrôle social.

Flower Bomb

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[1] Référence à l’expression « land of the free » qui apparaît dans l’hymne des États-Unis.

[Traduit de l’anglais et repris de Warzone Distro, 2020]

Valence d’Agen (Tarn-et-Garonne) : La Poste et la SNCF dans le viseur

Publié le 2020-02-22 14:39:05

La Dépêche / samedi 22 février 2020

La nuit a été mouvementée à Valence-d’Agen dans le Tarn-et-Garonne. Des dégradations ont été commises dans plusieurs endroits de la ville. Les faits auraient débuté vers 1h30 du matin. Deux pare-brise de véhicules appartenant à La Poste ont été fracturés. Les dégradations les plus importantes ont eu lieu un peu plus loin, au niveau de la gare SNCF. Deux bornes utilisées pour valider les tickets de trains, situées sur les quais, ont été cassées, de même que la pendule extérieure. Une vitre du bâtiment a également été explosée. Les premiers voyageurs ont pu constater l’ampleur des dégâts tôt dans la matinée.

Bure/Nancy : Kévin est sorti de prison !

Publié le 2020-02-23 11:43:04

Bureburebure / mardi 18 février 2020

Aujourd’hui (18 février), Kévin vient d’être libéré de prison ! Il était incarcéré depuis juillet 2019 au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville pour non-respect de son contrôle judiciaire, dans le cadre de l’enquête d’instruction pour association de malfaiteurs. Après sept mois d’incarcération provisoire, il est enfin sorti !

Nancy : Kevin sort de prison – 18 février 2020

Publié le 2020-02-23 22:17:04

Aujourd’hui (18 février), Kévin vient d’être libéré de prison ! Il était incarcéré depuis en juillet 2019 au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville pour non-respect de son contrôle judiciaire, dans le cadre de l’enquête d’instruction pour association de malfaiteurs. Après sept mois d’incarcération provisoire, il est enfin sorti !

[Publié sur Bureburebure.info, 18.02.2020]

Acte 67 des gilets jaunes : Le noir laisse des traces à Lille et Montpellier – 22 février 2020

Publié le 2020-02-23 22:17:06

Lille (Nord) : aux barricades et à l’attaque !

Plusieurs centaines de personnes (700 personnes selon la police, près de 2000 selon le journal LilleActu) ont répondu à un appel national à manifester à Lille (Nord) pour ce 67 ème samedi « gilets jaunes ». De nombreuses barricades, des affrontements, des attaques contre des banques et des panneaux publicitaires, la voiture Audi du sous-préfet retournée … La rage s’est exprimée dans les rues, loin des syndicats et de leur encadrement des défilés.

« Dans la foule, le noir l’emportait sur le jaune », selon la VoixduNord. Plus de 200 personnes ont composé un black bloc dès le départ de la manifestation qui avait été interdite par la préfecture. Sur le parcours, des abribus et panneaux publicitaires ont été brisés. Ainsi que des vitrines [de banques notamment].

« Dès le début de la manifestation, un cortège sauvage tente de s’engouffrer rue de Flandres, avant de se diriger, sous les jets de gaz lacrymogène, rue des Postes. Au croisement avec la rue Brûle-Maison, les premières barricades sont dressées. Fait rare à Lille, une quinzaine [de barricades] sont érigées au fil du parcours, avec des instruments de chantier, une remorque, et même une voiture retournée. » (La VoixduNordCelle-ci est en fait la voiture personnelle du sous-préfet du Nord, une Audi, comme le montre l’insigne sur le côté gauche du pare-brise.

Après avoir eu ses vitres et son pare-brise détruits, le feu a été mis à l’intérieur mais n’a pas pris longtemps à cause de la réactivité des pompiers.

« Pas de chants, pour rythmer le cortège. Mais de la colère. Celle des Gilets jaunes, contre le gouvernement. « Quatorze mois de mobilisation ! » Et celle des Black blocs, présents en nombre, contre la police. Rapidement, les premiers affrontements ont lieu. Aux jets de projectiles, les policiers répondent par du gaz lacrymogène et des grenades de désencerclement. Et par plusieurs charges, avec, au total, dix interpellations ». (VdN)

« De multiples dégradations, contre des banques, des abris bus, des panneaux publicitaires ont été commises par un groupe de manifestants habillés de noir. Au moins deux cabanes de chantier ont été retournées sur la route,  de même qu’une voiture dont les vitres ont été brisées rue Jeanne-d’Arc, et des feux de poubelles ça-et-là. » (LilleActu)

La voiture du sous-préfet légèrement cramée

L’insigne sur la bagnole du sous-préfet du Nord

Barricade rue des Postes


Montpellier (Hérault) : L’art du coup de pied anti-politicien – 22 février 2020

La permanence de campagne de Mohed Altrad a été prise pour cible ce samedi 22 février lors de la manifestation des Gilets jaunes. Au passage du cortège d’environ 200 personnes, un manifestant vêtu de noir et cagoulé a brisé la porte d’entrée du local, situé Grand Rue Jean Moulin, en donnant un coup de pied puissant et tout en retenue.

« Mohed Altrad est un chef d’entreprise, également président du Montpellier Hérault Rugby. Enfin, il est aussi un auteur reconnu de romans et d’ouvrages de management. Il annonce le 16 septembre 2019 sa candidature à la mairie de Montpellier lors des élections municipales de 2020 en expliquant vouloir composer une liste de rassemblement de la gauche à la droite, à l’exclusion des extrêmes. » (wikipedia)