Vive l'Anarchie - Semaine 07, 2024

Sommaire

Atlanta (USA) : Une voiture de patrouille de la police brûlée dans le quartier de Lakewood

Publié le 2024-02-12 08:35:03

Scenes from the Atlanta Forest / samedi 10 février 2024

Un véhicule de l’APD [Atlanta Police Department, la police de la ville d’Atlanta ; NdAtt.] a été brûlé pendant la nuit, en réponse à l’opération répressive du 8 février, qui a donné lieu à des descentes dans trois maisons et à l’arrestation de John « Jack » Mazurek, qui est détenu sans possibilité de sortir sous caution.

Nous souhaitons réfuter toute idée que les gens puissent réagir à cette dernière vague répressive en se couchant, ou que l’arrestation d’incendiaires présumé.es puisse dissuader les incendiaires futur.es.

Jack est accusé d’avoir participé à l’attaque incendiaire du 1er juillet 2023, quand huit motos de l’APD ont été brûlées, dans l’actuel centre de formation de la police, que la Cop City est censée remplacer. Le groupe qui a revendiqué cette action a appelé le mouvement contre la Cop City à se développer en une lutte de guérilla urbaine. C’est toujours la seule ligne de conduite raisonnable pour quiconque, à Atlanta, se considère comme un.e révolutionnaire sérieux.se.

Compte tenu des récents incendies de matériel de construction appartenant à Brent Scarbrough, sous contrat pour la construction de la Cop City, la police devait prendre des mesures pour rassurer les entreprises qui travaillent pour elle et ses bailleurs de fonds. Ne paniquons pas et ne nous décourageons pas ; ils sont en position de faiblesse. Nous répondrons à leur agression en maintenant le rythme de nos attaques.

La voiture de police que nous avons brûlé faisait partie du programme « voitures de fonction » de l’APD. Il y a au moins 40 (enfin… 39) flics à travers Atlanta avec des voitures de patrouille garées juste devant chez eux. La possibilité d’avoir une voiture de fonction flambant neuve serait avant tout une mesure de fidélisation les policiers. Cela est aussi censé fonctionner comme un moyen de dissuasion contre la criminalité dans leurs quartiers ; nous trouvons ça marrant. Cette voiture précise se trouvait à Lakewood, le même quartier où ont eu lieu deux des descentes dans les maisons. Notre message est simple : si nos compas ne peuvent pas dormir tranquillement chez eux/elles, les sales flics non plus.

Nous n’avons rien de spécial. Nos compétences ne sont pas excessivement techniques ou avancées et nous instruments sont simples à se procurer. Si vous lisez ceci, vous êtes capables de faire ce que nous faisons. Nous avons tou.tes quelque chose à perdre ; c’est simplement une question de vivre ce en quoi nous croyons ou de nous soumettre à l’État policier. L’inaction est un choix tout autant que l’action et nous devons tou.tes vivre avec les choix que nous faisons.

Athens: [EXCLUSIVE] PRODEA IS WITHDRAWING FROM LOFOS STREFI HILL in Exarchia area

Publié le 2024-02-12 08:40:03

Today, Monday, February 5. 2024, 16 months after their installation on the Hill, from the morning TOMI AVETE workers have been collecting the last of their rubble and removing the sheet metal from the construction site in the area of Byzantinos, opposite the theatre. TOMI ABETE is a subsidiary of AKTOR, the company that took over the subcontract from PRODEA for the regeneration of the Hill.

After 16 months of destruction and 3 years of struggle, the reconstruction workers are finally leaving, the cops have gone and Lofos is freed and the capital that they threatened to level.

PRODEA IS LEAVING THE HILL, STREFI’S HILL WILL STAY FREE AND WILD.

from an Open Assembly for the defense of Lofos Strefis

Ps: Prodea Investments is the leading real estate investment company in Greece

Saint Paul (USA) : Deux camions de distribution de Home Depot brûlés

Publié le 2024-02-12 08:45:05

Scenes from the Atlanta Forest / samedi 10 février 2024

Dans les premières heures de samedi 10 février, deux camions et leurs remorques chargées de bois de construction, garés dans un centre de distribution de Home Depot [une chaîne de magasins de matériel de construction, dont le siège se trouve à Atlanta ; NdAtt.], à Saint Paul (Minnesota) ont été incinérés.

Cela a été fait en représailles aux descentes de la police dans trois maisons et à l’arrêt d’un défenseur de la forêt [à Atlanta ; NdAtt.], le jeudi 8 février.

LIBERTÉ POUR JACK.

LE MOMENT EST VENU DE DÉTRUIRE CEUX QUI DÉTRUISENT LA TERRE.

Nichts als Gottes Gerechtigkeit
[« Rien que la justice de Dieu » – une référence luthérienne, qu’on prend comme de l’ironie ;) NdAtt.]

Laon : De la peinture pour le député facho

Publié le 2024-02-12 08:50:06

L’Union / dimanche 11 février 2024

Le groupe Renaissance Aisne a condamné « avec la plus grande fermeté » la dégradation de la permanence du député Nicolas Dragon dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 février à Laon. […]
Pour rappel, de la peinture rouge a été aspergée sur la porte d’entrée de la permanence de l’élu Rassemblement National, installée sur Eugène-Leduc. Le député s’est entretenu avec la police samedi après-midi et compte saisir le procureur de la République.

L’Union / samedi 10 février 2024

Dans la nuit de vendredi à samedi, la façade de la permanence du député du Rassemblement national Nicolas Dragon a été dégradée. De la peinture rouge a été étalée sur la porte. Le parlementaire s’est indigné de ce geste et a annoncé vouloir saisir le procureur de la République. Ce n’est visiblement pas la première fois puisque le mois dernier, les collaborateurs du député avaient découvert de la matière fécale sur la porte de cette même permanence, située rue Eugène-Leduc à laon.

San Francisco (Etats-Unis) : à l’assaut des robots-taxi !

Publié le 2024-02-12 10:15:06
Los Angeles (Etats-Unis), 10 février 2024 : le robot-taxi autonome de Waymo (Google) pris d’assaut puis incendié lors du Nouvel An lunaire

Que leurs concepteurs les nomment « robot-taxi », « voiture auto-pilotée » ou « taxi autonome sans conducteur », ce qui est certain est qu’ils sont en train de se multiplier dans les rues de Californie depuis quelques temps. Initialement autorisés dans cet État nord-américain en février 2022 avec toutefois un « chauffeur de sécurité » à bord pour reprendre le contrôle en cas de gros pépin, ces véhicules électriques sans conducteur ont finalement reçu l’autorisation de circuler tous seuls en août 2023. Deux opérateurs ont alors envahi les rues de San Francisco avec 600 robots-taxis, Cruise (filiale de General Motors) et Waymo (filiale de Google, plus précisément de sa maison-mère Alphabet), en les faisant tourner de jour comme de nuit pour réaliser des trajets à réserver et payer sur smartphone.

Afin de rassurer les braves citoyens tout en assurant les profits de la techno-industrie, le régulateur californien publie régulièrement des rapports d’incidents en contrepartie de ses autorisations de circuler, indiquant par exemple qu’au cours des cinq premiers mois de 2023, il en avait enregistré plus de 240 à San Francisco, au cours desquels un véhicule de Cruise ou de Waymo « aurait pu créer un risque pour la sécurité » (des piétons, cyclistes et autres véhicules). Mais comme il ne faut pas exagérer, ces deux entreprises peuvent en même temps conserver au chaud les chiffres à propos des accidents réellement causés par leurs voitures sans conducteur, cette fois au nom du sacro-saint « secret commercial ».

Sauf que voilà, le réel, plus sensible que les plans d’ingénieurs et les rapports de bureaucrates, plus réceptif que des capteurs motorisés dirigés par Intelligence Artificielle, a fini par rattraper les pontes du progrès à tout prix.

Cela a commencé en avril 2022, lorsque des flics se sont approchés en soirée d’une voiture autonome de Cruise, vide de tout occupant, roulant sans phares et s’étant arrêtée à un feu rouge : au moment où ils en faisaient le tour, celle-ci a soudain accéléré pour traverser l’intersection. « Ça c’est le futur ! », pouvait-on alors entendre au milieu des fous rires des passants. Cela a continué en juillet 2022, lorsqu’un groupe d’une dizaine de voitures Cruise se sont regroupées en soirée pour une raison inconnue en plein centre-ville, où elles sont restées inexorablement immobiles en bloquant la circulation pendant deux heures, jusqu’à ce que des employés de l’entreprise technologique aillent eux-mêmes les retirer physiquement de la rue.
Puis, en mai 2023, lorsqu’un chien qui traversait une rue de San Francisco a été tué en pleine journée par un robot-taxi de Waymo qui n’avait pas freiné à temps, beaucoup ont commencé à se poser des questions sous le soleil californien, et pas que les amis des animaux. Ensuite, en août 2023, lorsqu’un robot-taxi de Cruise s’est encastré à un carrefour dans un camion de pompiers en pleine intervention, des activistes ont commencé à s’en prendre à ces véhicules autonomes en plaçant un cône de chantier ou tout autre objet volumineux sur leur capot, ce qui a pour effet de les immobiliser. Et cela, pas uniquement parce que leur IA avait manifestement encore beaucoup à apprendre avant d’être lancée dans un espace urbain, mais surtout parce que ces voitures sans conducteur incarnent l’énième couche de l’envahissement technologique au quotidien.

Cette pratique a même commencé à se répandre à San Francisco, provoquant en retour la multiplication de reportages sur des bobos effrayés dont le robot-taxi refuse soudain de bouger à un stop, parce qu’un jeune ou un SDF vient de mettre une poubelle sur son capot, et qu’ils se retrouvent coincés dedans à devoir appuyer sur le bouton d’urgence. Une hostilité qui aussi allée jusqu’à toucher une rock star, puisqu’en ce même mois d’août 2023, juste avant que Patti Smith ne monte sur scène à San Francisco, au moment où les sponsors du festival qui l’accueillait étaient listés au micro… dont justement Waymo, le public s’est mis à huer en chœur ce digne représentant de la ville-laboratoire. Et on vous passe les promenades nocturnes où des créatures masquées et vêtues de noir s’acharnent sur les robots-taxis à grands coups de masse pour briser leurs caméras à 360° (qui filment tout en permanence, comme d’ailleurs les Tesla).

Finalement, un premier épilogue s’est conclu en octobre 2023 lorsqu’un autre robot-taxi de Cruise a heurté gravement une piétonne, en la traînant sous la voiture autonome pendant une dizaine de mètres avant de s’arrêter net (et pas à cause du corps encombrant coincé sous ses roues, mais pour se garer sur le côté !). Face à l’hostilité croissante d’une partie de la population et au petit scandale sur le fait que
Cruise ait refusé de fournir certains documents aux enquêteurs pour établir les tenants et les aboutissants de ce nouvel accident, le DMV (Department of Motor Vehicles) californien a fini par  « suspendre » l’agrément de cette entreprise, qui a alors dû rappeler l’ensemble de ses 950 véhicules-robots en circulation. A la grande satisfaction de Google, euh de Waymo, désormais en situation de monopole sur le marché franciscanais du transport sans conducteur de passagers payants.

Mais venons-en au Nouvel An lunaire, qui marque cette fois l’entrée dans l’année du dragon, et tombait samedi 10 février. A San Francisco, il se conclut traditionnellement deux semaines plus tard par une immense parade festive retransmise en direct à la télévision, qui existe depuis 1860 et attire chaque année des millions de touristes. Mais loin de cet événement, il est aussi célébré dès la première nuit avec force pétards et feux d’artifices dans le Chinatown de la ville, par une faune locale bien plus en quête d’ivresse et de joie que de spectacle exotique.

C’est donc là, vers 21h, aux alentours de la Jackson Street, qu’un robot-taxi est venu participer à la fête malgré lui. D’abord couvert de graffitis puis, la foule s’enhardissant, avec une puis toutes ses vitres brisées, parfois à coups de skateboard, il a fini par être embrasé à l’aide d’un feu d’artifice jeté à l’intérieur, sous les acclamations d’une foule dragonesque. C’était une belle Jaguar blanche de Waymo, sans passager, que son logiciel intelligent avait conduite jusque-là. Juste au bon endroit et au bon moment, en somme.

[Synthèse de la presse californienne, 12 février 2024]

[Vidéo] Sur la ZAD de la Crem’Arbre ou ailleurs, merci de ne pas filmer !

Publié le 2024-02-12T16:59:58+01:00

Démonstration en vidéo du danger que représente les faux reporters/vraies balances. À l’inverse de ses affirmations, une liveuse toulousaine filme les visages des camarades et leurs installations sur la ZAD.

SORTONS CES PERSONNES DE NOS LIEUX ET DE NOS LUTTES !

STOP à la mise en danger de la CREM’ARBRE !

Il y a quelques jours, une liveuse toulousaine débarque sur la ZAD. Elle tente de partir en voyant qu’elle est repérée en train de filmer.A l’inverse de ses affirmations, la liveuse a filmé nos visages et nos installations.Ses images prises en live sont restées plusieurs jours à disposition des flics sur différents réseaux.

Ce live n’est qu’un exemple des faux reporters et vraies balances qu’on trouve ici comme ailleurs.Qu’iels roulent pour les flics ou pas, celleux qui nous mettent en danger ne sont pas des camarades. Et leurs pratiques nocives ne doivent plus être tolérées dans nos milieux.

Des nouvelles des inculpé·es de la Saint-Sylvestre

Publié le 2024-02-12T23:40:36+01:00

Dans la soirée du 31 décembre dernier, 12 personnes ont été arrêtées dans le bois de Vincennes à proximité du centre de rétention administrative et placées en garde-à-vue. Elles seront déférées au tribunal de Paris le 3 janvier [https://paris-luttes.info/rdv-le-3-janvier-en-solidarite-17716?lang=fr], et renvoyées en procès, chacune pour un à cinq des chefs d’inculpation suivants : « groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », « transport d’explosifs », « refus de signalétique », « identité imaginaire », « refus de donner les codes de dévérouillage du téléphone ». La première audience sera ce mercredi 14 janvier, lors de laquelle un report sera demandé et certainement obtenu.

Ce texte est un récit qui revient sur des moments intéressants ou marquants de la GAV qui s’est déroulée majoritairement dans les locaux de la Sureté territoriale de Paris. C’est un récit plus ou moins général, qui par moment intègre des bouts de récit plus personnel, écrits à la 1ère personne par certain·es inculpé·es. Il comporte aussi des récits des prises d’empreintes de force et des tentatives d’y résister (TW violences des keufs).

Les identités : avantages d’être sous X ou faux nom

Au départ, on est séparé·es dans 2 commissariats, celui du 10e et celui du 20e et chaque groupe d’arrêté·es choisira une technique d’anonymisation différente. Hormis celleux qui avaient des justificatifs d’identité sur elleux au moment de l’interpellation, dans le 20e on choisit la fausse identité tandis que dans le 10e on est sous « X ». Au final, sur les 12 inculpé·es, 4 seront sous « X », 5 sous fausse identité et 3 ont leur pièce d’identité.

A posteriori, on se dit que c’était utile de ne pas donner nos véritables identités par nous-mêmes. Car pendant les 48H, les flics ont dû charbonner en priorité là-dessus. Vu le peu d’éléments qui leur ont été donnés au départ, les actes d’enquête pourtant nombreux qu’iels ont fait (et leur volonté de nous charger sur cette affaire) n’ont pas abouti à grand chose (le dossier reste assez vide). Autrement dit retrouver nos identités leur a demandé beaucoup d’énergie qu’iels auraient pu mettre ailleurs.

L’avantage d’être sous fausse identité c’est que les flics peuvent penser que c’est une vraie. Après, c’est quand même assez facilement vérifiable pour elleux par d’autres moyens. Ça dépend un peu du contexte d’interpellation, s’iels se doutent que c’est probable qu’on donne une fausse identité ou pas. En tout cas, s’iels gobent le faux nom et qu’il y a finalement rappel à la loi par exemple, la personne peut sortir sans qu’il n’y ait aucune trace de son passage en GAV. S’il y a convocation pour un procès futur, pareil, la personne est libre de ne pas se présenter à ce procès. Un des inconvénients de la fausse identité c’est que ça peut nous faire un chef d’inculpation en plus (mais pas systématique et mineur), mais aussi ça nous fait beaucoup de récidive si on le fait à chaque fois et on peut se retrouver avec un casier avec plusieurs condamnations pour identité imaginaire.

L’avantage d’être sous X c’est que les flics sont perdu.es dans les papiers, iels ne savent plus qui est qui, ont du mal à différencier les gardé.es-à-vues, ce dont on peut jouer. Après qu’iels soient perdu.es ou pas, dépend aussi pas mal de notre attitude: si c’est pas quelque chose auquel on avait pensé en entrant sous X, on se retrouve souvent malgré soi à leur faciliter le travail, en répondant par réflexe à la dénomination (X1, X2, etc.) qu’iels nous attribuent, ou bien lorsqu’iels viennent demander si oui ou non il s’agit bien de notre fouille, etc. Tout ça pour dire qu’entraver le travail des flics implique quand même une démarche active, autrement on se voit répondre à ces petites questions « anodines » souvent posées en cellule. Enfin, être sous X n’est pas répréhensible par la loi.{{ L’inconvénient}} c’est que c’est aussi très probable (mais pas certain) qu’iels renouvellent la GAV et nous défèrent car n’ayant aucune identité.

Avocate mystère

La première nuit vers 2 heures du matin, les flics viennent réveiller un camarade dans sa cellule en lui disant que sa commise d’office est là pour lui. Chelou, car il a demandé un avocat choisi… Mais il y va, après tout, ça le fait voir autre chose que les quatre murs gris de sa cellule. La meuf, en pantalon de cuir large et petit pull en laine se présente rapidement, lui pose des questions sur les faits et insiste sur sa grande identité. Elle dit qu’elle en a besoin pour les papiers d’AJ (Aide Juridictionnelle). Le camarade ne répond pas à ses questions, et lui dit qu’aucun de ses avocat·es par le passé n’a eu besoin de ça. Elle rétorque qu’elle doit remplir ce papier avec sa filiation et sa situation de vie, à retourner au tribunal pour être payée. Elle ajoute qu’il ne faut pas s’inquiéter, car c’est différent des papiers qu’elle laissera au comico, sous entendant que les flics n’auront pas accès à sa grande identité, qu’il n’a pas voulu donner à l’OPJ en arrivant. Après quelques échanges inutiles, où elle refuse de contacter son avocat choisi et de lui faire passer un message, toustes deux se disent au revoir. Quand le camarade ouvre la porte, un flic qui s’est cru au camping est posté là sur une chaise pliante, la tête à 5 cm de la porte, ayant écouté tout le dialogue. En retournant en cellule, les camarades se disent que c’est chelou cette histoire car les commis·es n’ont pas besoin de remplir les papiers d’AJ, en plus il est 2h du mat un 1er janvier. Finalement, après être sortie·s et avoir eu accès au dossier, aucune trace du passage de cette « avocate » dans les procédures. Sûrement une flic un peu zélée qui a tenté au bluff de partir à la pêche aux infos d’identification, du jamais vu par ici !

Sortir les infos : appeler un.e proche

Dès le début de la GAV, l’un·e d’entre nous demande à faire prévenir sa « cousine », en donnant son prénom, son nom de famille écorché et son numéro de téléphone de tête (c’est pas possible de faire appeler quelqu’un·e de son entourage autrement, alors il faut exercer sa mémoire…!) Cette personne est en réalité un·e ami·e qui s’occupe de l’anti-répression dehors, mais parler d’un·e membre de la famille, ça fait en général plus « sérieux » pour les flics.

Ça ne fonctionne pas toujours, mais cette fois iels ont transmis le message au parquet, la « cousine » a été prévenu·e le soir-même, et il lui a été dit dans quel commissariat nous étions.

Ça ne semblait pas évident pourtant, l’OPJ ayant pris note de tout ce qui lui était dit sur une feuille volante à notre arrivée dans le commissariat du 20e. Mais, du coup, ça valait la peine d’essayer !

Plus tard, une fois arrivée à la Sureté Territoriale (1er arrondissement), sachant qu’il était possible de demander à passer un appel soi-même à un·e proche, la personne demande à l’OPJ qui l’auditionne d’appeler en direct sa « cousine » au téléphone pendant l’audition, ce que l’OPJ accepte (ce ne sera pas le cas pour une autre compagnonne). L’OPJ se permet à ce moment-là une remarque du style « ah c’est votre cousine ? je pensais que c’était votre concubine…?! » alors qu’elle fait face à une personne assignée femme – elle s’imagine sans doute que ça va la déstabiliser.

En tout cas, ce moment aura permis de vérifier que la « cousine » était bien au courant, qu’elle savait où en était notre procédure et que les gens dehors s’occupaient de nos garanties de représentation. Mais aussi de s’assurer qu’elle était bien en contact avec l’avocate qui était venue nous voir en GAV. De même, en arrivant au dépôt du tribunal le soir du déferrement, elle a de nouveau été prévenue (c’est possible de le demander au moment où on nous demande de décliner notre état civil, avant de passer à la fouille).

Arrivée à la Sûreté territoriale

Dans la matinée du 1er on est transféré·es au commissariat de la « Sûreté territoriale de Paris », dans le centre de la capitale, près des Halles. Selon les flics, parce qu’on est dans une « affaire sensible » et que le dossier est « particulièrement suivi ». L’année commençait bien pour nous. Là, iels nous font rentrer un·e par un·e et direct, au milieu de ce couloir rempli de flics, on a le droit à un coup de pression sur la prise d’empreintes de force à venir.

« Iels me lancent « alors, prête pour la prise d’empreintes forcée? ». Je flippe mais ne veux pas leur laisser le plaisir de le constater. Alors je rétorque avec provoc « allez, c’est parti. » »

Dans ce comico, certain·es keufs nous font comprendre qu’on serait inculpé·es d’association de malfaiteurs. Ça pue. Sans doute pour mettre la pression et faire parler rapidement, puisque la suite montrera que c’était du flan.

Les auditions permettront aux prévenu⋅es d’admirer les locaux excentriques à souhait, de la lampe de bureau en forme de gros gun en or, à la vue qui donne sur la cour intérieure de cet ilôt urbain signé Dominique Perrault, mixant espace coworking cosy, hôtel cinq étoiles, restaurant concept et agence de La Poste, tout en écrans géants animés éco friendly.

La perquiz d’un camion

L’un·e des inculpé·es a été emmené·e pour la perquisition d’un véhicule, elle nous en fait ce récit : 

« À l’arrivée à la Sureté, les flics trouvent une clé de véhicule dans ma fouille, iels frétillent, c’est ce qu’iels cherchaient car un camion « louche » a été trouvé dans les parages de l’interpellation. Quelques dizaines de minutes plus tard iels viennent me chercher en cellule pour « une perquisition ». Je préviens les autres en criant, quelqu’un·e me répond qu’on est là pour association de malfaiteurs (à moi les flics m’avaient dit groupement). Du coup je pars pour la perquiz’ avec cette info en tête ce qui ne va pas m’aider à bien vivre le moment.

Je suis emmenée en voiture jusque dans l’enceinte du CRA de Vincennes par un commissaire et son adjoint qui le vouvoie. « Comme ça tu vas le voir de l’intérieur haha ». Des flics leur indiquent un parking et ils finissent par trouver le camion. Il est dans un périmètre de sécurité balisé par des plots.

Dans un premier temps ils me laissent dans la voiture garée plus loin, porte ouverte. Ils vérifient que la clé correspond, et attendent qu’un « chien explosif » vienne vérifier que le camion n’est pas dangereux. On est arrivé à la bourre du coup le chien était reparti, on attend qu’il revienne, c’est long. L’équipe de déminage est elle déjà présente, j’en entends un qui explique un peu embarrassé au commissaire que faut être précis sur les termes et que « ça c’est pas un véhicule suspect ». J’arrive pas à saisir plus car je suis loin, mais en tout cas je vois bien l’absurdité de faire tout le cérémonial de prévention explosif comme si le camion pouvait être piégé alors qu’iels l’ont remorqué pour le mettre de leur plein gré dans l’enceinte d’une taule…

Sans surprise, une fois Kiki le malinois arrivé il ne constate rien de dangereux (le sac poubelle contenant les feux d’artifice a été sorti le temps de son inspection, pour ne pas le perturber j’imagine) et la perquiz peut commencer. Ils me sortent de la voiture et me flanquent debout à coté du camion sous le regard de plein de flics du CRA venu.es voir si c’est bien vrai ce qu’on dit dans les journaux. Une déçue, à un nouvel arrivant : « Y’a pas de cocktails molotovs apparemment ». Et toustes de me dévisager comme une bête de foire, peut-être la première fois qu’iels voient une anarchiste de près, si tant est qu’iels sachent ce que ce mot veut dire : « Regarde, c’est la fille à Jean-Luc ». Au loin, il y a un monsieur bien habillé, caricature de bourgeois, entouré de sa cour, qui jette également un coup d’œil, je me dis que c’est le directeur du CRA. Bref, la mise en scène est assez désagréable, d’un coup j’ai l’impression d’être Mesrine et je me sens très vulnérable et inquiète. Sans compter que le temps est long et que je suis menottée depuis ma sortie de cellule, ce qui commence à me faire de sérieuses douleurs dans les épaules, et en plus je me caille le cul.

De leur côté, iels prennent tout leur temps. Le « labo » intervient une première fois pour faire trois relevés d’ADN (sur le volant et des canettes de bières). Ensuite le commissaire et son adjoint font la fouille, ils sortent chaque objet qui les intéresse du véhicule, m’interrogent (sans réponse) et les placent sous scellé. Mis à part le passeport d’une tierce personne qu’ils signalent « écarter pour les besoins de l’enquête », sans aucun statut juridique, et qui a certainement fini à la poubelle après avoir été utilisé durant certaines auditions. Un bout de shit finit lui dans la pelouse du CRA : « On va pas se prendre la tête pour ça hein, je le jette ??? ». Le « labo » intervient de nouveau pour mettre de la poudre noire sur chaque cm2 de la carrosserie et des vitres du camion et tous les objets qui s’y trouvaient, mais ne trouvent aucune empreinte exploitable (?!). Finalement, iels m’annoncent qu’iels vont remettre le camion dans la rue : « On aurait pu vous faire chier et le laisser ici mais bon ça aurait été aussi chiant pour les collègues du CRA, puis bon on va pas s’amuser à ça ».

Suite à ça iels vont toustes nous rajouter « transport d’explosifs » comme chef d’inculpation. »

Presse et avocat·es

Une avocate se pointe au comico, elle remplace un avocat choisi car elle fait partie du même cabinet. Lors de l’entretien avocat, elle nous informe d’un tweet publié par un journaliste de Valeurs Actuelles d’après une source policière qui concerne notre affaire. Ce tweet parle d’un « véhicule fiché » dans lequel sont « retrouvés des mortiers, fusées d’artifices et autres objets pyrotechniques » et fait le lien avec les évasions du 25 décembre et de possibles tentatives d’évasions.

Le lendemain, elle nous dit que tous les médias d’extrême droite comme Valeurs Actuelles, CNews, Europe 1 mais aussi Le Parisien et la presse régionnale ont écrit des articles sur « un projet d’attaque mortelle déjouée au CRA de Vincennes » (CNews) … la pression monte quelque peu.

RAD

Lors de la totalité des interrogatoires, les 12 inculpé·es n’ont « rien à déclarer », sachant pertinemment que c’est notre droit et que parler revient à remplir inutilement le dossier en se chargeant soi-même ou les autres. Lors des auditions des questions ont été posées sur le véhicule perquisitionné, la présence de feux d’artifice, la personne dont le passeport a été trouvé, nos liens entre nous, etc. Mais aussi si on faisait partie d’un groupe politique défini. 

« Iels tentaient des petites manip pour faire réagir et parler en audition, par exemple « Pourquoi gardez-vous le silence si ce n’est pour échapper à vos responsabilités et obéir à vos idéaux anarchistes ? » ou un simple « Vous avez quel âge déjà ? » dans un couloir. »

Se parler entre cellules, se brieffer

Un truc qui était cool c’était que bien qu’on ne pouvait pas se voir entre cellules, on pouvait communiquer en gueulant. De cette manière, on a pu échanger sur la situation, se rassurer, se donner les informations sur ce qui allait se passer ensuite. Ou bien se donner de la force pour essayer de résister à la prise d’empreinte. 

Prise d’empreinte (TW violences policières)

Depuis notre arrivée à la Sureté, les keufs nous mettaient régulièrement la pression pour qu’on donne nos empreintes. La menace de la prise forcée était donc bien présente dans nos esprits. Surtout qu’iels nous avait rajouté le chef d’inculpation de « détention d’explosifs » ce qui leur permettait légalement de le faire.

« Le deuxième jour, l’OPJ est venue me chercher dans ma cellule pour une nouvelle audition, je savais que la prise d’empreinte forcée risquait bientôt d’arrivée donc je me méfiais un peu. Surtout qu’une des potes était partie en audition avec cette même OPJ il y a pas longtemps mais n’était pas redescendue… Bizarre. Mais bon je sais pas trop pourquoi, je décide d’y aller quand même.

Il faut savoir que avant ça dans notre cellule (on était 5) on s’était motivé⋅es collectivement pour essayer de résister au moment de la prise d’empreintes. On avait prévu de refuser de sortir de la cellule, de se tenir les un⋅es aux autres et de faire un max de bruit. On en avait parlé entre cellules aussi. On voulait que ça leur prenne un max de temps et que ça leur coûte un peu. On se disait d’essayer de les fatiguer au maximum, que peut-être comme ça iels auraient la flemme pour les derniers. Mais que on faisait aussi ce qu’on se sentait de faire, que si ça nous faisait trop flipper c’était OK de ne pas résister, ou moins, ou d’une autre manière.

Aussi on était que des personnes blanches, ce qui participe sûrement au fait que les keufs ne se soient pas trop défoulé⋅es. En vrai, ça arrive souvent que les flics soient bien plus vener à ce moment là, qu’iels utilisent leurs tasers ou tapent même les personnes blanches.

Bref, l’audition se finit. On me sort du bureau et là, en plein milieu d’une sorte d’intersection de couloirs m’attendent une vingtaine de keufs. Je me met à trembler instantanément mais essaie que ça ne se voit pas trop (raté). Je me prépare mentalement, je regarde partout autour de moi. Sur une table les keufs ont ramené la machine à encre et le papier. Je demande un⋅e avocat⋅e. On me dit que c’est mort, que les empreintes c’est maintenant, et que le seul choix qu’il me reste c’est de les donner de moi-même.

Je serre mes poings dans mes poches et refuse. Plusieurs flics m’attrapent alors et essaient de choper mes mains. Je flippe, je hurle. Je refuse de me tenir debout et de marcher moi-même vers la table. Qu’iels me portent. C’est ce qu’iels finiront par faire. Après une petite pause leur permettant de reprendre leur souffle puant, iels me choperont les pieds pour me mettre en lévitation à l’horizontale. Clé de genou, clé de bras, des keufs tenant chaque bout de membre. Je ne peux plus gigoter comme avant, je ne sens plus ma main du tout.

Les empreintes et les photos finies, on me redescent en cellule.

J’ai la rage et crie aux autres que les prises d’empreintes commencent. On tape aux portes des cellules et hurle. Dès que les keufs reviennent choper quelqu’un.e on essaie de résister comme on peut. Je suis claqué mais je donne tout ce que je peux. Ça me défoule. »

« C’était long et fatiguant pour moi aussi. Tout était filmé avec une petite caméra et, bien que j’aie évidemment eu mal, j’aurais dit qu’iels auraient pu se lâcher encore plus. Peut-être que c’est que je me débattais pas tant que ça non plus. Quoiqu’il en soit, je fais ce que je peux pour maintenir mes poings fermés. Iels sont très nombreux⋅ses, une vingtaine autour et sur moi face à ce bout de table posé dans ce bout de couloir. C’était étonnant de voir tous ces nazes en chier autant pour déplier un simple doigt. Ça glissait tellement on transpirait tous. Je revoie le sbire de la scientifique tout rouge, le front qui perle de sueur. Tentant sans doute le tout pour le tout, il y en a un qui a essayé de me déstabiliser en me chatouillant un pied. Malgré mes efforts (chiffonner la feuille etc ;) les traces seront exploitables et inscrites au FAED selon le dossier.

« Si tu craches je vais m’énerver » me lance la capitaine avec son petit appareil photo face à moi. « Arrête de bouger c’est pas de très bonne qualité sinon. On peut pas s’offrir du bon matériel avec les impôts que tu paies pas. » Entre la grosse paluche qui me sert les joues et le pouce qui appuie sur ma machoire au niveau de l’oreille, j’essaie de reprendre du souffle et d’articuler que Lumix est une multinationale qui n’a pas besoin de recevoir de fric pour équiper la police, qu’on m’a déjà pris plusieurs fois en photo c’est dommage qu’iels se donnent autant de peine, et bref que c’est tous des nazes.»

Une prise avortée :

« En lisant le dossier plusieurs jours après, je remarque que je m’en suis tirée sans inscription de mes empreintes au FAED malgré la prise forcée. Bonne nouvelle, que me vaut ce petit traitement de faveur ? Le PV décrivant ma prise d’empreinte ne dit quasiment rien, si ce n’est « vu la tentative de relevé d’empreintes digitales concernant [x] dont se fut un échec au vu de son attitude ». Alors que d’autres PV sont plus fournis (coups de pieds, morsures, « [x] se jette à terre »…).

J’ai quand même ma petite idée, et je ne sais pas si c’est mon interprétation qui biaise mon souvenir mais j’ai le sentiment diffus qu’iels avaient un peu de mal à assumer de s’acharner sur une petite blanche comme moi. Je pèse 42kg, ça se lit bien à la largeur de mes poignets et de mes bras. Qui sait, j’ai peut-être le gabarit de leur adolescente à la maison.  

Quand iels m’ont soulevé les jambes, pour me mettre à l’horizontale, dans cette position ô combien humiliante, j’entendais une OPJ derrière avec son air inquiet : « allez-y doucement, elle est toute mince ». Avec le haut du corps écrasé contre la table tandis qu’une équipe de 3-4 flics s’occupaient du bras et de la main au bout qui les intéresse, je me suis uniquement acharnée à garder mon (tout petit) poing fermé lol, j’étais pas en train de me débattre de tout mon corps non plus. Ce qui n’aidait pas leur mauvaise conscience je pense.

En tout cas, quand au bout d’un moment le gars de la scientifique, après s’y être repris à deux fois sur la même main, a dit: « pff elle transpire trop [entendre de la main], est-ce qu’on s’arrête là ? », personne autour n’a insisté pour poursuivre. Peut être qu’en fait tout le monde était soulagé (?). 

Une fois terminée (empreintes, photos), qu’on te remet en position verticale merci, il y a cette assemblée de gens autour de moi qui me dévisagent longuement, dans le plus grand silence, image vraiment bizarre qui restera gravée dans ma mémoire. »

Une non-prise d’empreintes :

« Vu que j’avais ma carte d’identité sur moi, iels avaient pas le droit de prendre mes empreintes de force, quel que soit les chefs d’accusations. J’ai quand même reçu la réquisition du proc sur laquelle était bien précisée, à tord donc, qu’il n’y avait aucun autre moyen de vérifier mon identité. S’en est donc suivi plusieurs argumentations bruyantes avec divers OPJ afin de faire valoir qu’iels n’avaient pas le droit de faire ça.

On avait un peu préparé notre stratégie pour résister et on se tenait entre nous pour rendre la tâche de nous sortir des cellules plus difficile pour les keufs. C’était hyper impressionnant, iels venaient à une dizaine à chaque fois et les ami⋅x pris⋅es se débattaient et criaient. Nous pendant ce temps on gueulait, on frappait sur les vitres des cellules avec nos poings et nos pieds pour faire un maximum de bruit et leur rendre la tâche plus stressante, et aussi pour donner de la force aux copain.es quand iels étaient emmené⋅es. 

Iels sont venu⋅es chercher les compagnon⋅es les un⋅x après les autres, à chaque fois qu’iels revenaient, j’étais sur que j’allais être la prochaine. À un moment, presque tout le monde était déjà passé, alors je me préparais mentalement et physiquement. J’avais fait un élastique pour mes cheveux avec un des sacs plastique du kit hygiène et un des ami⋅x avait dit qu’attraper le fond de ses poches ou serrer un paquet de mouchoir dans sa poche avait bien marché. Je me souviens plus d’où est sortie l’idée à ce moment hyper chaotique mais je me suis dit qu’il fallait que je me dégueulasse les mains le plus possible. Quelques secondes plus tard j’étais en train de remplir ces fameux kits d’hygiène décidément très multifonctionnels du succulent et graisseux riz méditerranéen qu’on avait pas eu le temps de manger avant le début de la bataille. J’attendais assise dans mon coin de cellule avec les mains plongée dans les sacs plastiques cachés dans mes poches, des poignées de riz bien écrasés dans mes paumes. J’avais hyper peur à ce moment mais je crois que je riais aux larmes tellement la situation était absurde. 

Finalement ça y est, la petite armée arrivent à quelque un.es dans la cellule et appellent mon nom, moi j’avais déjà commencé à crier que j’avais ma carte d’identité alors j’entendais même pas ce que la flic essayait de me dire. Elle me demande si je veux donner mes empreintes. « Bah non. » « Et bah ok ! » elle répond agacée avant de tourner les talons et s’en aller avec sa clique. Je reste perplexe.

La technique avait été transmise à la cellule d’à côté qui a tenté l’expérience comme en atteste cet hilarant passage du dossier :

« Celles-ci ont les mains dans des petits sacs en plastiques (ceux issus du kit d’hygiène) dans lesquels se trouve la nourriture qui leur a été donnée antérieurement. Remarquons que les deux femmes triturent la nourriture tout en nous regardant fixement. »

{Les keufs elleux ont crus à une préparation d’attaque de bouffe et sont venu⋅es, armé⋅es, des matelas en guise de bouclier, leur confisquer la totalité des trucs dans leur cellule qui aurait pu servir de projectile.}

La résistance remarquable des compagnon⋅nes à la prise d’empreinte forcée aura donc au moins donné la grande flemme aux flics de me les prendre à moi, malgré la réquisition. »

Les keufs finiront par confisquer la nourriture de tout le monde avant qu’on est le temps d’y toucher, et se vengeront en restreignant au maximum l’accès au toilettes et à l’eau le reste de la GAV.

Une prise d’ADN par la ruse :

« Je n’arrivais plus à respirer à la fin de la prise de signalétique de force du coup les flics ont appelé les pompiers. En les attendant iels me mettent dans une cellule dans l’entrée, porte ouverte, iels sont plusieurs devant la porte et la chef qui a supervisé la prise de force s’assoit à côté de moi à l’intérieur.

Elle fait la gentille, et en chemin elle m’avait proposé un verre d’eau que j’avais accepté. Elle me demande plusieurs fois si je reveux de l’eau et d’un coup je me rends compte que c’est pas une bonne idée que les flics récupèrent ce gobelet. Jusque là j’ai pris soin de jeter mes couverts et gobelets à la poubelle ou de les racler dans les chiottes de la cellule, pour essayer de mélanger d’autres ADN au mien. Le fait d’être deux en cellule aide aussi à ce qu’iels ne puissent pas déterminer quoi appartient à qui. Mais là je me retrouve piégée au milieu d’eux avec mon gobelet. Du coup je réponds non aux propositions de la chef de reremplir le gobelet en espérant trouver un moment pour le jeter dans une poubelle. Elle finit par me le prendre des mains « bon bin si t’en veux plus », le donne à une autre flic devant la cellule en lui glissant un mot à l’oreille, et se casse.

Ça me semble maintenant sûr ce qu’iels ont derrière la tête, je dis à l’autre flic que je reveux bien un peu d’eau finalement, elle le remplit et me le donne direct, je le bois puis le racle au sol. Iels me le reprennent tout de suite donc vraiment pas sûr que j’ai réussi à saboter le truc. »

Douche

Après plusieurs passages aux toilettes, un camarade remarque avec étonnement qu’il y a en fait une douche dans ces chiottes de GAV ! Les flics l’ont sûrement eux-mêmes oubliée !

« Après m’être donné corps et âme pour le raffut des prises d’empreintes forcées, et puant littéralement des aisselles et probablement de partout ailleurs, je me dis qu’une petite douche, ça serait amplement mérité après une si belle rébellion. Me doutant qu’aucun gardé-à-vue ne l’a probablement utilisée depuis des mois (voire des années ?), et que les flics ne verraient pas d’un très bon œil que je me prélasse sous l’eau chaude de la Sûreté, je demande une nouvelle fois naïvement à aller aux toilettes, ayant au préalable fourré les serviettes hygiéniques du kit d’hygiène dans mes poches, en guise de serviette de toilettes. Une fois la porte rabattue (elle ne ferme pas), je me désappe ni une ni deux. L’eau est bel et bien chaude ! Quel plaisir ! Et il y a même du savon à l’amande, que j’applique sur mon doux corps, savourant ce moment unique dans l’histoire de mes GAV. Quoi de mieux ? Je me dis que si les flics entrent parce qu’iels se doutent de quelque chose, iels seront plus gêné.es que moi, me sachant sans pudeur aucune. » 

Dans le couloir sur le chemin du retour en cellule, il se pavane en caleçon, quand … chouip ! il manque de se casser la gueule, ses pompes étant toutes mouillées, mais les flics ne captent rien, malgré son sourire en coin.

Audition 2 : vous vous reconnaissez sur la photo ?

« Pour m’emmener à ma 2e audition, les flics viennent me chercher en cellule. Et là pour la première fois iels me menottent pour monter. Je trouve ça chelou alors je me méfie. Puis mon OPJ m’appelle pour la première fois par mon vrai blaz, alors que je suis sous faux nom depuis le début. J’essaie de rien laisser transparaître. Elle me demande combien je mesure. Là je me mets à phaser genre « Merde, iels prétextent une audition mais me remmènent pour un 2e tour d’empreintes forcées ». La mesure de la taille ayant généralement lieu en même temps que la prise d’empreinte et faisant partie de la signalétique. Du coup, je me remets à me rebeller, je refais le poids mort au sol et gigote dans tous les sens, iels sont obligé⋅es de me re-porter sur 2 étages, à cinq ou six, pour finalement… m’asseoir sur ma chaise d’audition dans le bureau de mon OPJ. Pas de 2e prise d’empreinte de force, ouf ! Mon OPJ, spécialisée dans les cambriolages d’importance, procède à mon audition normalement et à la fin me demande, vous confirmez vous appeler [faux blaze] ? Je confirme. Et là elle me sort une grosse photo de quelqu’un de très bg en me demandant, reconnaissez-vous la personne sur la photo ? Il s’agit de ma photo de passeport. Je n’ai rien à déclarer et fais un petit poker face inutile ; iels ont bel et bien retrouvé mon état civil.»

Les flics retrouveront les identités de toustes les arrêté⋅es sauf une, avant le déferrement.

Déferrement

Au final on est déferré⋅es, et 2 d’entre nous sont orienté⋅es en Comparution immédiate (CI en jargon juridique) tandis que les 10 autres sont orienté⋅es en CPVCJ, aka passer devant le juge des libertés et qu’on nous mette un CJ (Contrôle Judiciaire) jusqu’au procès. La distinction entre qui passe en CI et qui passe en CPVCJ c’est faite sur la base des antécédents judiciaires (TAJ) des inculpé⋅es (précédentes GAV, procès, etc.)

Pour les 10, la proc’ a demandé une interdiction du 12e arrondissement, une interdiction de se voir et un pointage 1 fois par semaine au commissariat. On est 2 CPVCJ à habiter ensemble alors on argumente qu’on peut pas être interdit⋅es de se voir, ce qui marche. Pour l’interdiction du 12e on dit que c’est impossible parce qu’une majorité d’entre nous habite Montreuil et que la ligne du métro de Montreuil pour aller à Paris passe par le 12e,qu’une personne est en formation dans le 12e, la juge propose de nous interdire simplement des abords du CRA (à 200m). Pour le pointage elle a juste dit d’emblée qu’elle comptait pas y donner suite.

Ce qui donne le CJ suivant : interdiction des abords du CRA de Vincennes, (elle avait l’air partie pour s’en tenir là mais elle nous rajoute au dernier moment :) interdiction de se voir sauf pour les gens qui habitent ensemble (au motif que notre accusation c’est groupement) et puis interdiction de port d’arme pour la beauté du CJ.

Pour les 2 qui passent en Comparution immédiate c’est un peu différent. Le risque de détention provisoire est réel. On a le seum, iels nous séparent pour essayer de mettre les 2 en prison (c’est la seule raison logique pour le parquet de faire ça). Dans les cellules, on discute de quelques préparatifs en cas d’incarcération.

Dans la salle d’audience, il y a quelques journalistes.

« Finalement la proc ne demandera pas la DP (détention provisoire), mais un CJ assez similaire aux autres. On sortira libres, avec une interdiction de paraître aux abords du CRA de Vincennes (moins de 200m). La pote a aussi une interdiction de rentrer en contact avec les autres (moi je l’ai pas). » 

Finalement les 2 procédures sont jointes à nouveau avec une première date d’audience pour les 12 ce mercredi 14 février à 13h30 au TGI de Paris. On demandera un report qui sera probablement accordé donc le procès aura lieu à une autre date.

Vous serez informé⋅es d’une manière ou d’une autre de la suite !

Des nouvelles des inculpé·es de la Saint-Sylvestre

Publié le 2024-02-13 07:50:05

Dans la soirée du 31 décembre dernier, 12 personnes ont été arrêtées dans le bois de Vincennes à proximité du centre de rétention administrative et placées en garde-à-vue. Elles seront déférées au tribunal de Paris le 3 janvier [https://paris-luttes.info/rdv-le-3-janvier-en-solidarite-17716?lang=fr], et renvoyées en procès, chacune pour un à cinq des chefs d’inculpation suivants : « groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », « transport d’explosifs », « refus de signalétique », « identité imaginaire », « refus de donner les codes de dévérouillage du téléphone ». La première audience sera ce mercredi 14 janvier, lors de laquelle un report sera demandé et certainement obtenu.

Ce texte est un récit qui revient sur des moments intéressants ou marquants de la GAV qui s’est déroulée majoritairement dans les locaux de la Sureté territoriale de Paris. C’est un récit plus ou moins général, qui par moment intègre des bouts de récit plus personnel, écrits à la 1ère personne par certain·es inculpé·es. Il comporte aussi des récits des prises d’empreintes de force et des tentatives d’y résister (TW violences des keufs).

Les identités : avantages d’être sous X ou faux nom

Au départ, on est séparé·es dans 2 commissariats, celui du 10e et celui du 20e et chaque groupe d’arrêté·es choisira une technique d’anonymisation différente. Hormis celleux qui avaient des justificatifs d’identité sur elleux au moment de l’interpellation, dans le 20e on choisit la fausse identité tandis que dans le 10e on est sous « X ». Au final, sur les 12 inculpé·es, 4 seront sous « X », 5 sous fausse identité et 3 ont leur pièce d’identité.

A posteriori, on se dit que c’était utile de ne pas donner nos véritables identités par nous-mêmes. Car pendant les 48H, les flics ont dû charbonner en priorité là-dessus. Vu le peu d’éléments qui leur ont été donnés au départ, les actes d’enquête pourtant nombreux qu’iels ont fait (et leur volonté de nous charger sur cette affaire) n’ont pas abouti à grand chose (le dossier reste assez vide). Autrement dit retrouver nos identités leur a demandé beaucoup d’énergie qu’iels auraient pu mettre ailleurs.

L’avantage d’être sous fausse identité c’est que les flics peuvent penser que c’est une vraie. Après, c’est quand même assez facilement vérifiable pour elleux par d’autres moyens. Ça dépend un peu du contexte d’interpellation, s’iels se doutent que c’est probable qu’on donne une fausse identité ou pas. En tout cas, s’iels gobent le faux nom et qu’il y a finalement rappel à la loi par exemple, la personne peut sortir sans qu’il n’y ait aucune trace de son passage en GAV. S’il y a convocation pour un procès futur, pareil, la personne est libre de ne pas se présenter à ce procès. Un des inconvénients de la fausse identité c’est que ça peut nous faire un chef d’inculpation en plus (mais pas systématique et mineur), mais aussi ça nous fait beaucoup de récidive si on le fait à chaque fois et on peut se retrouver avec un casier avec plusieurs condamnations pour identité imaginaire.

L’avantage d’être sous X c’est que les flics sont perdu.es dans les papiers, iels ne savent plus qui est qui, ont du mal à différencier les gardé.es-à-vues, ce dont on peut jouer. Après qu’iels soient perdu.es ou pas, dépend aussi pas mal de notre attitude: si c’est pas quelque chose auquel on avait pensé en entrant sous X, on se retrouve souvent malgré soi à leur faciliter le travail, en répondant par réflexe à la dénomination (X1, X2, etc.) qu’iels nous attribuent, ou bien lorsqu’iels viennent demander si oui ou non il s’agit bien de notre fouille, etc. Tout ça pour dire qu’entraver le travail des flics implique quand même une démarche active, autrement on se voit répondre à ces petites questions « anodines » souvent posées en cellule. Enfin, être sous X n’est pas répréhensible par la loi.{{ L’inconvénient}} c’est que c’est aussi très probable (mais pas certain) qu’iels renouvellent la GAV et nous défèrent car n’ayant aucune identité.

Avocate mystère

La première nuit vers 2 heures du matin, les flics viennent réveiller un camarade dans sa cellule en lui disant que sa commise d’office est là pour lui. Chelou, car il a demandé un avocat choisi… Mais il y va, après tout, ça le fait voir autre chose que les quatre murs gris de sa cellule. La meuf, en pantalon de cuir large et petit pull en laine se présente rapidement, lui pose des questions sur les faits et insiste sur sa grande identité. Elle dit qu’elle en a besoin pour les papiers d’AJ (Aide Juridictionnelle). Le camarade ne répond pas à ses questions, et lui dit qu’aucun de ses avocat·es par le passé n’a eu besoin de ça. Elle rétorque qu’elle doit remplir ce papier avec sa filiation et sa situation de vie, à retourner au tribunal pour être payée. Elle ajoute qu’il ne faut pas s’inquiéter, car c’est différent des papiers qu’elle laissera au comico, sous entendant que les flics n’auront pas accès à sa grande identité, qu’il n’a pas voulu donner à l’OPJ en arrivant. Après quelques échanges inutiles, où elle refuse de contacter son avocat choisi et de lui faire passer un message, toustes deux se disent au revoir. Quand le camarade ouvre la porte, un flic qui s’est cru au camping est posté là sur une chaise pliante, la tête à 5 cm de la porte, ayant écouté tout le dialogue. En retournant en cellule, les camarades se disent que c’est chelou cette histoire car les commis·es n’ont pas besoin de remplir les papiers d’AJ, en plus il est 2h du mat un 1er janvier. Finalement, après être sortie·s et avoir eu accès au dossier, aucune trace du passage de cette « avocate » dans les procédures. Sûrement une flic un peu zélée qui a tenté au bluff de partir à la pêche aux infos d’identification, du jamais vu par ici !

Sortir les infos : appeler un.e proche

Dès le début de la GAV, l’un·e d’entre nous demande à faire prévenir sa « cousine », en donnant son prénom, son nom de famille écorché et son numéro de téléphone de tête (c’est pas possible de faire appeler quelqu’un·e de son entourage autrement, alors il faut exercer sa mémoire…!) Cette personne est en réalité un·e ami·e qui s’occupe de l’anti-répression dehors, mais parler d’un·e membre de la famille, ça fait en général plus « sérieux » pour les flics.

Ça ne fonctionne pas toujours, mais cette fois iels ont transmis le message au parquet, la « cousine » a été prévenu·e le soir-même, et il lui a été dit dans quel commissariat nous étions.

Ça ne semblait pas évident pourtant, l’OPJ ayant pris note de tout ce qui lui était dit sur une feuille volante à notre arrivée dans le commissariat du 20e. Mais, du coup, ça valait la peine d’essayer !

Plus tard, une fois arrivée à la Sureté Territoriale (1er arrondissement), sachant qu’il était possible de demander à passer un appel soi-même à un·e proche, la personne demande à l’OPJ qui l’auditionne d’appeler en direct sa « cousine » au téléphone pendant l’audition, ce que l’OPJ accepte (ce ne sera pas le cas pour une autre compagnonne). L’OPJ se permet à ce moment-là une remarque du style « ah c’est votre cousine ? je pensais que c’était votre concubine…?! » alors qu’elle fait face à une personne assignée femme – elle s’imagine sans doute que ça va la déstabiliser.

En tout cas, ce moment aura permis de vérifier que la « cousine » était bien au courant, qu’elle savait où en était notre procédure et que les gens dehors s’occupaient de nos garanties de représentation. Mais aussi de s’assurer qu’elle était bien en contact avec l’avocate qui était venue nous voir en GAV. De même, en arrivant au dépôt du tribunal le soir du déferrement, elle a de nouveau été prévenue (c’est possible de le demander au moment où on nous demande de décliner notre état civil, avant de passer à la fouille).

Arrivée à la Sûreté territoriale

Dans la matinée du 1er on est transféré·es au commissariat de la « Sûreté territoriale de Paris », dans le centre de la capitale, près des Halles. Selon les flics, parce qu’on est dans une « affaire sensible » et que le dossier est « particulièrement suivi ». L’année commençait bien pour nous. Là, iels nous font rentrer un·e par un·e et direct, au milieu de ce couloir rempli de flics, on a le droit à un coup de pression sur la prise d’empreintes de force à venir.

« Iels me lancent « alors, prête pour la prise d’empreintes forcée? ». Je flippe mais ne veux pas leur laisser le plaisir de le constater. Alors je rétorque avec provoc « allez, c’est parti. » »

Dans ce comico, certain·es keufs nous font comprendre qu’on serait inculpé·es d’association de malfaiteurs. Ça pue. Sans doute pour mettre la pression et faire parler rapidement, puisque la suite montrera que c’était du flan.

Les auditions permettront aux prévenu⋅es d’admirer les locaux excentriques à souhait, de la lampe de bureau en forme de gros gun en or, à la vue qui donne sur la cour intérieure de cet ilôt urbain signé Dominique Perrault, mixant espace coworking cosy, hôtel cinq étoiles, restaurant concept et agence de La Poste, tout en écrans géants animés éco friendly.

La perquiz d’un camion

L’un·e des inculpé·es a été emmené·e pour la perquisition d’un véhicule, elle nous en fait ce récit : 

« À l’arrivée à la Sureté, les flics trouvent une clé de véhicule dans ma fouille, iels frétillent, c’est ce qu’iels cherchaient car un camion « louche » a été trouvé dans les parages de l’interpellation. Quelques dizaines de minutes plus tard iels viennent me chercher en cellule pour « une perquisition ». Je préviens les autres en criant, quelqu’un·e me répond qu’on est là pour association de malfaiteurs (à moi les flics m’avaient dit groupement). Du coup je pars pour la perquiz’ avec cette info en tête ce qui ne va pas m’aider à bien vivre le moment.

Je suis emmenée en voiture jusque dans l’enceinte du CRA de Vincennes par un commissaire et son adjoint qui le vouvoie. « Comme ça tu vas le voir de l’intérieur haha ». Des flics leur indiquent un parking et ils finissent par trouver le camion. Il est dans un périmètre de sécurité balisé par des plots.

Dans un premier temps ils me laissent dans la voiture garée plus loin, porte ouverte. Ils vérifient que la clé correspond, et attendent qu’un « chien explosif » vienne vérifier que le camion n’est pas dangereux. On est arrivé à la bourre du coup le chien était reparti, on attend qu’il revienne, c’est long. L’équipe de déminage est elle déjà présente, j’en entends un qui explique un peu embarrassé au commissaire que faut être précis sur les termes et que « ça c’est pas un véhicule suspect ». J’arrive pas à saisir plus car je suis loin, mais en tout cas je vois bien l’absurdité de faire tout le cérémonial de prévention explosif comme si le camion pouvait être piégé alors qu’iels l’ont remorqué pour le mettre de leur plein gré dans l’enceinte d’une taule…

Sans surprise, une fois Kiki le malinois arrivé il ne constate rien de dangereux (le sac poubelle contenant les feux d’artifice a été sorti le temps de son inspection, pour ne pas le perturber j’imagine) et la perquiz peut commencer. Ils me sortent de la voiture et me flanquent debout à coté du camion sous le regard de plein de flics du CRA venu.es voir si c’est bien vrai ce qu’on dit dans les journaux. Une déçue, à un nouvel arrivant : « Y’a pas de cocktails molotovs apparemment ». Et toustes de me dévisager comme une bête de foire, peut-être la première fois qu’iels voient une anarchiste de près, si tant est qu’iels sachent ce que ce mot veut dire : « Regarde, c’est la fille à Jean-Luc ». Au loin, il y a un monsieur bien habillé, caricature de bourgeois, entouré de sa cour, qui jette également un coup d’œil, je me dis que c’est le directeur du CRA. Bref, la mise en scène est assez désagréable, d’un coup j’ai l’impression d’être Mesrine et je me sens très vulnérable et inquiète. Sans compter que le temps est long et que je suis menottée depuis ma sortie de cellule, ce qui commence à me faire de sérieuses douleurs dans les épaules, et en plus je me caille le cul.

De leur côté, iels prennent tout leur temps. Le « labo » intervient une première fois pour faire trois relevés d’ADN (sur le volant et des canettes de bières). Ensuite le commissaire et son adjoint font la fouille, ils sortent chaque objet qui les intéresse du véhicule, m’interrogent (sans réponse) et les placent sous scellé. Mis à part le passeport d’une tierce personne qu’ils signalent « écarter pour les besoins de l’enquête », sans aucun statut juridique, et qui a certainement fini à la poubelle après avoir été utilisé durant certaines auditions. Un bout de shit finit lui dans la pelouse du CRA : « On va pas se prendre la tête pour ça hein, je le jette ??? ». Le « labo » intervient de nouveau pour mettre de la poudre noire sur chaque cm2 de la carrosserie et des vitres du camion et tous les objets qui s’y trouvaient, mais ne trouvent aucune empreinte exploitable (?!). Finalement, iels m’annoncent qu’iels vont remettre le camion dans la rue : « On aurait pu vous faire chier et le laisser ici mais bon ça aurait été aussi chiant pour les collègues du CRA, puis bon on va pas s’amuser à ça ».

Suite à ça iels vont toustes nous rajouter « transport d’explosifs » comme chef d’inculpation. »

Presse et avocat·es

Une avocate se pointe au comico, elle remplace un avocat choisi car elle fait partie du même cabinet. Lors de l’entretien avocat, elle nous informe d’un tweet publié par un journaliste de Valeurs Actuelles d’après une source policière qui concerne notre affaire. Ce tweet parle d’un « véhicule fiché » dans lequel sont « retrouvés des mortiers, fusées d’artifices et autres objets pyrotechniques » et fait le lien avec les évasions du 25 décembre et de possibles tentatives d’évasions.

Le lendemain, elle nous dit que tous les médias d’extrême droite comme Valeurs Actuelles, CNews, Europe 1 mais aussi Le Parisien et la presse régionnale ont écrit des articles sur « un projet d’attaque mortelle déjouée au CRA de Vincennes » (CNews) … la pression monte quelque peu.

RAD

Lors de la totalité des interrogatoires, les 12 inculpé·es n’ont « rien à déclarer », sachant pertinemment que c’est notre droit et que parler revient à remplir inutilement le dossier en se chargeant soi-même ou les autres. Lors des auditions des questions ont été posées sur le véhicule perquisitionné, la présence de feux d’artifice, la personne dont le passeport a été trouvé, nos liens entre nous, etc. Mais aussi si on faisait partie d’un groupe politique défini. 

« Iels tentaient des petites manip pour faire réagir et parler en audition, par exemple « Pourquoi gardez-vous le silence si ce n’est pour échapper à vos responsabilités et obéir à vos idéaux anarchistes ? » ou un simple « Vous avez quel âge déjà ? » dans un couloir. »

Se parler entre cellules, se brieffer

Un truc qui était cool c’était que bien qu’on ne pouvait pas se voir entre cellules, on pouvait communiquer en gueulant. De cette manière, on a pu échanger sur la situation, se rassurer, se donner les informations sur ce qui allait se passer ensuite. Ou bien se donner de la force pour essayer de résister à la prise d’empreinte. 

Prise d’empreinte (TW violences policières)

Depuis notre arrivée à la Sureté, les keufs nous mettaient régulièrement la pression pour qu’on donne nos empreintes. La menace de la prise forcée était donc bien présente dans nos esprits. Surtout qu’iels nous avait rajouté le chef d’inculpation de « détention d’explosifs » ce qui leur permettait légalement de le faire.

« Le deuxième jour, l’OPJ est venue me chercher dans ma cellule pour une nouvelle audition, je savais que la prise d’empreinte forcée risquait bientôt d’arrivée donc je me méfiais un peu. Surtout qu’une des potes était partie en audition avec cette même OPJ il y a pas longtemps mais n’était pas redescendue… Bizarre. Mais bon je sais pas trop pourquoi, je décide d’y aller quand même.

Il faut savoir que avant ça dans notre cellule (on était 5) on s’était motivé⋅es collectivement pour essayer de résister au moment de la prise d’empreintes. On avait prévu de refuser de sortir de la cellule, de se tenir les un⋅es aux autres et de faire un max de bruit. On en avait parlé entre cellules aussi. On voulait que ça leur prenne un max de temps et que ça leur coûte un peu. On se disait d’essayer de les fatiguer au maximum, que peut-être comme ça iels auraient la flemme pour les derniers. Mais que on faisait aussi ce qu’on se sentait de faire, que si ça nous faisait trop flipper c’était OK de ne pas résister, ou moins, ou d’une autre manière.

Aussi on était que des personnes blanches, ce qui participe sûrement au fait que les keufs ne se soient pas trop défoulé⋅es. En vrai, ça arrive souvent que les flics soient bien plus vener à ce moment là, qu’iels utilisent leurs tasers ou tapent même les personnes blanches.

Bref, l’audition se finit. On me sort du bureau et là, en plein milieu d’une sorte d’intersection de couloirs m’attendent une vingtaine de keufs. Je me met à trembler instantanément mais essaie que ça ne se voit pas trop (raté). Je me prépare mentalement, je regarde partout autour de moi. Sur une table les keufs ont ramené la machine à encre et le papier. Je demande un⋅e avocat⋅e. On me dit que c’est mort, que les empreintes c’est maintenant, et que le seul choix qu’il me reste c’est de les donner de moi-même.

Je serre mes poings dans mes poches et refuse. Plusieurs flics m’attrapent alors et essaient de choper mes mains. Je flippe, je hurle. Je refuse de me tenir debout et de marcher moi-même vers la table. Qu’iels me portent. C’est ce qu’iels finiront par faire. Après une petite pause leur permettant de reprendre leur souffle puant, iels me choperont les pieds pour me mettre en lévitation à l’horizontale. Clé de genou, clé de bras, des keufs tenant chaque bout de membre. Je ne peux plus gigoter comme avant, je ne sens plus ma main du tout.

Les empreintes et les photos finies, on me redescent en cellule.

J’ai la rage et crie aux autres que les prises d’empreintes commencent. On tape aux portes des cellules et hurle. Dès que les keufs reviennent choper quelqu’un.e on essaie de résister comme on peut. Je suis claqué mais je donne tout ce que je peux. Ça me défoule. »

« C’était long et fatiguant pour moi aussi. Tout était filmé avec une petite caméra et, bien que j’aie évidemment eu mal, j’aurais dit qu’iels auraient pu se lâcher encore plus. Peut-être que c’est que je me débattais pas tant que ça non plus. Quoiqu’il en soit, je fais ce que je peux pour maintenir mes poings fermés. Iels sont très nombreux⋅ses, une vingtaine autour et sur moi face à ce bout de table posé dans ce bout de couloir. C’était étonnant de voir tous ces nazes en chier autant pour déplier un simple doigt. Ça glissait tellement on transpirait tous. Je revoie le sbire de la scientifique tout rouge, le front qui perle de sueur. Tentant sans doute le tout pour le tout, il y en a un qui a essayé de me déstabiliser en me chatouillant un pied. Malgré mes efforts (chiffonner la feuille etc ;) les traces seront exploitables et inscrites au FAED selon le dossier.

« Si tu craches je vais m’énerver » me lance la capitaine avec son petit appareil photo face à moi. « Arrête de bouger c’est pas de très bonne qualité sinon. On peut pas s’offrir du bon matériel avec les impôts que tu paies pas. » Entre la grosse paluche qui me sert les joues et le pouce qui appuie sur ma machoire au niveau de l’oreille, j’essaie de reprendre du souffle et d’articuler que Lumix est une multinationale qui n’a pas besoin de recevoir de fric pour équiper la police, qu’on m’a déjà pris plusieurs fois en photo c’est dommage qu’iels se donnent autant de peine, et bref que c’est tous des nazes.»

Une prise avortée :

« En lisant le dossier plusieurs jours après, je remarque que je m’en suis tirée sans inscription de mes empreintes au FAED malgré la prise forcée. Bonne nouvelle, que me vaut ce petit traitement de faveur ? Le PV décrivant ma prise d’empreinte ne dit quasiment rien, si ce n’est « vu la tentative de relevé d’empreintes digitales concernant [x] dont se fut un échec au vu de son attitude ». Alors que d’autres PV sont plus fournis (coups de pieds, morsures, « [x] se jette à terre »…).

J’ai quand même ma petite idée, et je ne sais pas si c’est mon interprétation qui biaise mon souvenir mais j’ai le sentiment diffus qu’iels avaient un peu de mal à assumer de s’acharner sur une petite blanche comme moi. Je pèse 42kg, ça se lit bien à la largeur de mes poignets et de mes bras. Qui sait, j’ai peut-être le gabarit de leur adolescente à la maison.  

Quand iels m’ont soulevé les jambes, pour me mettre à l’horizontale, dans cette position ô combien humiliante, j’entendais une OPJ derrière avec son air inquiet : « allez-y doucement, elle est toute mince ». Avec le haut du corps écrasé contre la table tandis qu’une équipe de 3-4 flics s’occupaient du bras et de la main au bout qui les intéresse, je me suis uniquement acharnée à garder mon (tout petit) poing fermé lol, j’étais pas en train de me débattre de tout mon corps non plus. Ce qui n’aidait pas leur mauvaise conscience je pense.

En tout cas, quand au bout d’un moment le gars de la scientifique, après s’y être repris à deux fois sur la même main, a dit: « pff elle transpire trop [entendre de la main], est-ce qu’on s’arrête là ? », personne autour n’a insisté pour poursuivre. Peut être qu’en fait tout le monde était soulagé (?). 

Une fois terminée (empreintes, photos), qu’on te remet en position verticale merci, il y a cette assemblée de gens autour de moi qui me dévisagent longuement, dans le plus grand silence, image vraiment bizarre qui restera gravée dans ma mémoire. »

Une non-prise d’empreintes :

« Vu que j’avais ma carte d’identité sur moi, iels avaient pas le droit de prendre mes empreintes de force, quel que soit les chefs d’accusations. J’ai quand même reçu la réquisition du proc sur laquelle était bien précisée, à tord donc, qu’il n’y avait aucun autre moyen de vérifier mon identité. S’en est donc suivi plusieurs argumentations bruyantes avec divers OPJ afin de faire valoir qu’iels n’avaient pas le droit de faire ça.

On avait un peu préparé notre stratégie pour résister et on se tenait entre nous pour rendre la tâche de nous sortir des cellules plus difficile pour les keufs. C’était hyper impressionnant, iels venaient à une dizaine à chaque fois et les ami⋅x pris⋅es se débattaient et criaient. Nous pendant ce temps on gueulait, on frappait sur les vitres des cellules avec nos poings et nos pieds pour faire un maximum de bruit et leur rendre la tâche plus stressante, et aussi pour donner de la force aux copain.es quand iels étaient emmené⋅es. 

Iels sont venu⋅es chercher les compagnon⋅es les un⋅x après les autres, à chaque fois qu’iels revenaient, j’étais sur que j’allais être la prochaine. À un moment, presque tout le monde était déjà passé, alors je me préparais mentalement et physiquement. J’avais fait un élastique pour mes cheveux avec un des sacs plastique du kit hygiène et un des ami⋅x avait dit qu’attraper le fond de ses poches ou serrer un paquet de mouchoir dans sa poche avait bien marché. Je me souviens plus d’où est sortie l’idée à ce moment hyper chaotique mais je me suis dit qu’il fallait que je me dégueulasse les mains le plus possible. Quelques secondes plus tard j’étais en train de remplir ces fameux kits d’hygiène décidément très multifonctionnels du succulent et graisseux riz méditerranéen qu’on avait pas eu le temps de manger avant le début de la bataille. J’attendais assise dans mon coin de cellule avec les mains plongée dans les sacs plastiques cachés dans mes poches, des poignées de riz bien écrasés dans mes paumes. J’avais hyper peur à ce moment mais je crois que je riais aux larmes tellement la situation était absurde. 

Finalement ça y est, la petite armée arrivent à quelque un.es dans la cellule et appellent mon nom, moi j’avais déjà commencé à crier que j’avais ma carte d’identité alors j’entendais même pas ce que la flic essayait de me dire. Elle me demande si je veux donner mes empreintes. « Bah non. » « Et bah ok ! » elle répond agacée avant de tourner les talons et s’en aller avec sa clique. Je reste perplexe.

La technique avait été transmise à la cellule d’à côté qui a tenté l’expérience comme en atteste cet hilarant passage du dossier :

« Celles-ci ont les mains dans des petits sacs en plastiques (ceux issus du kit d’hygiène) dans lesquels se trouve la nourriture qui leur a été donnée antérieurement. Remarquons que les deux femmes triturent la nourriture tout en nous regardant fixement. »

{Les keufs elleux ont crus à une préparation d’attaque de bouffe et sont venu⋅es, armé⋅es, des matelas en guise de bouclier, leur confisquer la totalité des trucs dans leur cellule qui aurait pu servir de projectile.}

La résistance remarquable des compagnon⋅nes à la prise d’empreinte forcée aura donc au moins donné la grande flemme aux flics de me les prendre à moi, malgré la réquisition. »

Les keufs finiront par confisquer la nourriture de tout le monde avant qu’on est le temps d’y toucher, et se vengeront en restreignant au maximum l’accès au toilettes et à l’eau le reste de la GAV.

Une prise d’ADN par la ruse :

« Je n’arrivais plus à respirer à la fin de la prise de signalétique de force du coup les flics ont appelé les pompiers. En les attendant iels me mettent dans une cellule dans l’entrée, porte ouverte, iels sont plusieurs devant la porte et la chef qui a supervisé la prise de force s’assoit à côté de moi à l’intérieur.

Elle fait la gentille, et en chemin elle m’avait proposé un verre d’eau que j’avais accepté. Elle me demande plusieurs fois si je reveux de l’eau et d’un coup je me rends compte que c’est pas une bonne idée que les flics récupèrent ce gobelet. Jusque là j’ai pris soin de jeter mes couverts et gobelets à la poubelle ou de les racler dans les chiottes de la cellule, pour essayer de mélanger d’autres ADN au mien. Le fait d’être deux en cellule aide aussi à ce qu’iels ne puissent pas déterminer quoi appartient à qui. Mais là je me retrouve piégée au milieu d’eux avec mon gobelet. Du coup je réponds non aux propositions de la chef de reremplir le gobelet en espérant trouver un moment pour le jeter dans une poubelle. Elle finit par me le prendre des mains « bon bin si t’en veux plus », le donne à une autre flic devant la cellule en lui glissant un mot à l’oreille, et se casse.

Ça me semble maintenant sûr ce qu’iels ont derrière la tête, je dis à l’autre flic que je reveux bien un peu d’eau finalement, elle le remplit et me le donne direct, je le bois puis le racle au sol. Iels me le reprennent tout de suite donc vraiment pas sûr que j’ai réussi à saboter le truc. »

Douche

Après plusieurs passages aux toilettes, un camarade remarque avec étonnement qu’il y a en fait une douche dans ces chiottes de GAV ! Les flics l’ont sûrement eux-mêmes oubliée !

« Après m’être donné corps et âme pour le raffut des prises d’empreintes forcées, et puant littéralement des aisselles et probablement de partout ailleurs, je me dis qu’une petite douche, ça serait amplement mérité après une si belle rébellion. Me doutant qu’aucun gardé-à-vue ne l’a probablement utilisée depuis des mois (voire des années ?), et que les flics ne verraient pas d’un très bon œil que je me prélasse sous l’eau chaude de la Sûreté, je demande une nouvelle fois naïvement à aller aux toilettes, ayant au préalable fourré les serviettes hygiéniques du kit d’hygiène dans mes poches, en guise de serviette de toilettes. Une fois la porte rabattue (elle ne ferme pas), je me désappe ni une ni deux. L’eau est bel et bien chaude ! Quel plaisir ! Et il y a même du savon à l’amande, que j’applique sur mon doux corps, savourant ce moment unique dans l’histoire de mes GAV. Quoi de mieux ? Je me dis que si les flics entrent parce qu’iels se doutent de quelque chose, iels seront plus gêné.es que moi, me sachant sans pudeur aucune. » 

Dans le couloir sur le chemin du retour en cellule, il se pavane en caleçon, quand … chouip ! il manque de se casser la gueule, ses pompes étant toutes mouillées, mais les flics ne captent rien, malgré son sourire en coin.

Audition 2 : vous vous reconnaissez sur la photo ?

« Pour m’emmener à ma 2e audition, les flics viennent me chercher en cellule. Et là pour la première fois iels me menottent pour monter. Je trouve ça chelou alors je me méfie. Puis mon OPJ m’appelle pour la première fois par mon vrai blaz, alors que je suis sous faux nom depuis le début. J’essaie de rien laisser transparaître. Elle me demande combien je mesure. Là je me mets à phaser genre « Merde, iels prétextent une audition mais me remmènent pour un 2e tour d’empreintes forcées ». La mesure de la taille ayant généralement lieu en même temps que la prise d’empreinte et faisant partie de la signalétique. Du coup, je me remets à me rebeller, je refais le poids mort au sol et gigote dans tous les sens, iels sont obligé⋅es de me re-porter sur 2 étages, à cinq ou six, pour finalement… m’asseoir sur ma chaise d’audition dans le bureau de mon OPJ. Pas de 2e prise d’empreinte de force, ouf ! Mon OPJ, spécialisée dans les cambriolages d’importance, procède à mon audition normalement et à la fin me demande, vous confirmez vous appeler [faux blaze] ? Je confirme. Et là elle me sort une grosse photo de quelqu’un de très bg en me demandant, reconnaissez-vous la personne sur la photo ? Il s’agit de ma photo de passeport. Je n’ai rien à déclarer et fais un petit poker face inutile ; iels ont bel et bien retrouvé mon état civil.»

Les flics retrouveront les identités de toustes les arrêté⋅es sauf une, avant le déferrement.

Déferrement

Au final on est déferré⋅es, et 2 d’entre nous sont orienté⋅es en Comparution immédiate (CI en jargon juridique) tandis que les 10 autres sont orienté⋅es en CPVCJ, aka passer devant le juge des libertés et qu’on nous mette un CJ (Contrôle Judiciaire) jusqu’au procès. La distinction entre qui passe en CI et qui passe en CPVCJ c’est faite sur la base des antécédents judiciaires (TAJ) des inculpé⋅es (précédentes GAV, procès, etc.)

Pour les 10, la proc’ a demandé une interdiction du 12e arrondissement, une interdiction de se voir et un pointage 1 fois par semaine au commissariat. On est 2 CPVCJ à habiter ensemble alors on argumente qu’on peut pas être interdit⋅es de se voir, ce qui marche. Pour l’interdiction du 12e on dit que c’est impossible parce qu’une majorité d’entre nous habite Montreuil et que la ligne du métro de Montreuil pour aller à Paris passe par le 12e,qu’une personne est en formation dans le 12e, la juge propose de nous interdire simplement des abords du CRA (à 200m). Pour le pointage elle a juste dit d’emblée qu’elle comptait pas y donner suite.

Ce qui donne le CJ suivant : interdiction des abords du CRA de Vincennes, (elle avait l’air partie pour s’en tenir là mais elle nous rajoute au dernier moment :) interdiction de se voir sauf pour les gens qui habitent ensemble (au motif que notre accusation c’est groupement) et puis interdiction de port d’arme pour la beauté du CJ.

Pour les 2 qui passent en Comparution immédiate c’est un peu différent. Le risque de détention provisoire est réel. On a le seum, iels nous séparent pour essayer de mettre les 2 en prison (c’est la seule raison logique pour le parquet de faire ça). Dans les cellules, on discute de quelques préparatifs en cas d’incarcération.

Dans la salle d’audience, il y a quelques journalistes.

« Finalement la proc ne demandera pas la DP (détention provisoire), mais un CJ assez similaire aux autres. On sortira libres, avec une interdiction de paraître aux abords du CRA de Vincennes (moins de 200m). La pote a aussi une interdiction de rentrer en contact avec les autres (moi je l’ai pas). » 

Finalement les 2 procédures sont jointes à nouveau avec une première date d’audience pour les 12 ce mercredi 14 février à 13h30 au TGI de Paris. On demandera un report qui sera probablement accordé donc le procès aura lieu à une autre date.

Vous serez informé⋅es d’une manière ou d’une autre de la suite !

Douarnenez (Finistère) : « Baf 1 flic »

Publié le 2024-02-13 08:55:06

Le Télégramme / lundi 12 février 2024

Les locaux de la brigade de gendarmerie de Douarnenez ont été tagués durant le week-end. Sur la façade, les inscriptions comportent des messages hostiles aux forces de l’ordre : « Baf 1 flic » et « ACAB », acronyme d’une insulte en anglais contre la police. Ce n’est pas la première que la gendarmerie, au croisement des rues Berthelot et Duguay-Trouin, est ainsi prise pour cible. Les derniers tags avaient été réalisés dans la foulée de la mort de Nahel, l’été dernier.

Retour sur l'action du 24 janvier contre la CCI de Lyon et ses entreprises d'armement

Publié le 2024-02-13 09:05:07
L’ENS de Lyon est par­te­naire de plu­sieurs uni­ver­si­tés israé­lien­nes com­pli­ces du géno­ci­de : Urgence Palestine Lyon, l’asso­cia­tion NIDAL et plu­sieurs syn­di­cats et col­lec­tifs étudiants de l’ENS lan­cent une action en jus­tice.

Le procès sur l'éboulement mortel au labo de Bure en janvier 2016 a eu lieu

Publié le 2024-02-13 09:10:05

En début de semaine, s’est tenu au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, près de huit ans après les faits, le procès concernant l’effondrement d’une galerie du labo de Bure, le 26 janvier 2016, tuant un conducteur d’engin et blessant un autre ouvrier. Y étaient convoqués des représentants d’Eiffage, employeur pour cette mission, et Antéa France, maître d’œuvre.

En 2016, le chantier employait 400 personnes, dont 160 agents de l’Andra et 240 salarié.es d’entreprises prestataires. Ce jour du 26 janvier, les deux techniciens de la société Eiffage étaient affairés à une opération de boulonnage quand le front de taille s’est effondré. Plusieurs mètres cubes de roche se sont soudainement abattus sur eux. Les avocat.es des deux entreprises ont plaidé d’une même ligne de défense ne pas comprendre les causes de l’accident – ce qui, disons-le, n’est pas très rassurant pour CIGEO, si à ce stade ils ne savent pas ce qu’ils font… Pour le ministère public, s’il y a eu accident, c’est bien parce qu’il y a eu manquement au niveau de la sécurisation du chantier. Par exemple, ne pas utiliser de boulons de 6 mètres comme c’était pourtant autorisé, mais avoir recours à ceux de 12 mètres. Autre faute mise en avant par des rapports d’experts : le béton projeté qui n’a pas été appliqué assez rapidement, laissant le front de taille à nu. Le procureur requiert 30 000€ d’amende pour chaque entreprise. Le délibéré aura lieu le 4 avril prochain.

Il y a un peu plus d’un an, interrogé en aparté sur cet homicide professionnel lors d’une réunion publique à Mandres-en-Barrois, l’ingénieur en charge de la sûreté et de la sécurité dans les galeries (qui était alors en poste) nous a répondu qu’à chaque projet industriel, il y a inévitablement des morts. Il oublie de préciser qu’en 2016, l’éboulement dans les galeries n’était qu’à la phase test du projet ; que le labo était alors (et est toujours) constitué de 2 km de galeries à 500 mètres sous terre, alors que CIGEO en prévoit à terme plus de 270 km – si le projet est validé (la DAC ayant seulement été déposée). En effet, comme l’exprimait le collectif Bure Stop en janvier 2016, « cet éboulement pose clairement la question de la stabilité réelle de l’argile souterraine dans laquelle pourrait être creusé CIGEO. Si des fractures souterraines, liées notamment aux opérations de creusement des galeries, apparaissent dans le laboratoire, qu’en sera-t-il si le centre de stockage souterrain est construit et connaît un tel accident alors qu’il est rempli de déchets radioactifs ? »

En mai 2002, un accident avait déjà coûté la vie à un mineur du Groupement fonds Est alors que le forage atteignait 226 mètres de profondeur. Pour répondre de nouveau à cet ingénieur de l’ANDRA : combien d’ouvriers devront encore trouver la mort, dans la réalisation du plus grand projet industriel européen qu’est CIGEO ?

Quelle hypocrisie peut-on tirer de cette « affaire » alors que l’ANDRA a organisé avec France Travail, ce même 6 février 2024, une opération de recrutement, où ont été convoquées plus de 500 collégien.nes de 11 établissements meusiens et haut-marnais ; ainsi qu’une centaine de demandeurs d’emploi pour un job-dating avec les entreprises du nucléaire ?!

Et quel cynisme peut-on voir dans cette « affaire » quand on apprend que l’ANDRA vient de signer en septembre 2023 un nouveau contrat à plus d’1 millions d’euros avec Antéa France concernant les forages, pour les mois à venir !

Pour la présenter, Antéa Group travaille principalement comme bureau d’études environnement et notamment pour des industriels, des compagnies gazières et pétrolières et autres producteurs d’énergie, pour des gouvernements et collectivités. Auparavant, Antéa était une ancienne filiale du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), bien connu dans le monde de l’extractivisme.. D’ailleurs, le fait que le groupe compte plusieurs succursales en Françafrique (Mali, Burkina-Faso, Tchad et Bénin) ne laisse aucun doute sur ses activités néo-coloniales..

Antea France a, entre autres, réalisé la congélation des sols pour creuser les tunnels du Grand Paris Express. En 2020, il a également mené une étude, à la demande de l’Etat, concernant le déstockage de déchets Stocamine en Alsace. La conclusion en a été que les conditions n’étaient pas réunies quant au déstockage des déchets toxiques (arsenic, mercure, amiante, cyanure,..), qu’il fallait laisser enterrés malgré l’incendie survenu en 2002..

Le siège social français est situé près d’Orléans, et l’entreprise compte près d’une vingtaine de bureaux en France (Arras, Aubagne, Lorient, Lille, Angers, Lyon, Dijon, Colmar, Nancy, Toulouse, Paris, Rouen, Montpellier, Pau, Bordeaux, Grenoble, Clermont-Ferrand, Caen, Nantes, Strasbourg, Reims,..). Et les filiales du groupes sont IRH Ingénieur Conseil (spécialisée dans la gestion et le traitement de l’eau) ; ICF, (ingénierie environnementale en Ile-de-France et activités de due diligence) et Géo-Hyd (gestion de donnée environnementale).

Concernant Eiffage, l’entreprise est en charge des travaux de construction de tunnels, de puits et de passages souterrains pour CIGEO. Et récemment, elle a remporté l’appel d’offre pour les travaux de génie civil dans la construction des deux premiers EPR2 annoncés pour la relance, à Penly, pour plus de 4 milliards d’euros et un chantier de près de 4000 employé.es.

À Bure, l’enfouissement de la merde nucléaire produite ces dernières décennies par l’industrie capitaliste cause irrémédiablement des « risques » et des « dommages » humains et environnementaux. Après quelques rafistolages en matière de sécurité, l’ANDRA a continué la mise en œuvre du projet CIGEO en demandant l’autorisation de création (DAC) en janvier 2023, encore en instruction. Des risques sont encore à craindre pour les années à venir, si CIGEO est autorisé, quant à la vie de nombreux ouvriers contraints par le système capitaliste salarial de descendre dans ses galeries pour pouvoir gagner leur vie. Le salon de recrutement du 6 février en atteste : la propagande, tournée vers des collégien.nes (!) de la région, est particulièrement à gerber.

Encore une fois, l’ANDRA n’en a rien à faire et poursuit sa fuite en avant, répondant aux injonctions d’une industrie mortifère en pleine relance. Combien de morts devront encore être comptées dans la réalisation du projet CIGEO ? Quand apprendrons-nous la nouvelle d’un nouveau décès dans les entrailles du projet CIGEO ? Par quelle pirouette de communication l’ANDRA réagira-t-elle ? Et d’ici combien de temps un incendie se déclenchera, comme ce fut le cas à Stocamine au bout de 5 ans d’enfouissement des déchets toxiques ?

Plus que jamais, il est temps de nous mobiliser contre le projet de poubelle nucléaire. Que crève la société industrielle et le capitalisme !

Tentative de dissolution de la Défense Collective : l’état s’attaque au droit à la défense et au mouvement social

Publié le 2024-02-13T11:50:51+01:00

Nous avons pris connaissance par voie de presse d’une annonce gouvernementale concernant la dissolution de la Défense Collective.

Cette annonce intervient dans un contexte particulier : la préfecture d’Ille-et-Vilaine, récemment humiliée par le fiasco retentissant d’une longue enquête anti-stup, se trouve prise dans un conflit ouvert et très médiatique avec la mairie, la présidence de l’université Rennes 2 et la bâtonnière de Rennes, pour trouver un bouc émissaire à l’échec cuisant du maintien de l’ordre lors de la manifestation contre la loi immigration du 25 janvier.

Les articles de presse n’ont pas manqué pour attribuer à la Défense Collective, selon leurs habituelles sources policières, la responsabilité de l’ensemble des actes commis lors de cette manifestation (alors qu’aucun procès ni même aucune interpellation n’a eu lieu concernant cette soirée). Ce n’est pas un phénomène nouveau, comme nous l’a confirmé maintes fois l’étude de nombreux dossiers judiciaires et notamment les procès-verbaux de contexte. Systématiquement, et avant toute enquête, la police part du principe que la Défense Collective est responsable de tous les affrontements et dégradations lors des manifestations rennaises.

Publiquement mis en cause de tous côtés pour son échec à maintenir l’ordre lors de cette manifestation, le préfet d’Ille-et-Vilaine peut cependant compter sur le soutien de son ministre. En l’occurrence, le choix est fait de dissoudre la Défense collective par la voie administrative, le gouvernement espérant sans doute éteindre ainsi le foyer de contestation qu’est la ville de Rennes depuis de nombreuses années.

Cette dissolution était déjà envisagée de longue date : au printemps dernier, au plus fort du mouvement contre la réforme des retraites, Gérald Darmanin avait annoncé cette mesure, sans suite à l’époque. Cette fois-ci, il semblerait que le gouvernement compte aller au bout de ses annonces.

Nous le disions à l’époque et nous le réaffirmons aujourd’hui : une telle mesure de dissolution, prononcée contre un collectif qui assure la défense au tribunal des personnes inculpées lors des mouvements sociaux, est une attaque grave et inédite contre les droits de la défense.

Depuis notre fondation en 2016 et le mouvement contre la Loi El Khomri, nous nous réunissons en assemblées publiques hebdomadaires ouvertes à toutes celles et ceux qui souhaitent s’organiser contre la répression des mouvements sociaux. Nous avons ainsi travaillé avec plusieurs centaines d’inculpés et inculpées afin d’élaborer collectivement les meilleures défenses possibles. Nous avons de cette façon obtenu de très nombreuses victoires et jurisprudences utiles à tous les justiciables et à l’ensemble du mouvement social.

Notre dissolution, si elle venait à se concrétiser, ne mènerait évidemment pas à éteindre la combativité de longue date du mouvement social rennais. Elle ouvrirait en revanche un boulevard aux pratiques répressives, en interdisant purement et simplement le travail que nous menons pour assurer une défense de qualité et dans les meilleures conditions à toutes et tous les inculpés, quels que soient leurs revenus, leur situation sociale, judiciaire ou personnelle.

Nous réaffirmons également autre chose : notre activité de défense judiciaire des inculpés nous amène à défendre tous les camarades mis en cause lors des mouvements sociaux, quand bien même nous serions en désaccord politique ou stratégique avec les faits qui leur sont imputés. Ce débat sur la légitimité ou la pertinence des actions appartient aux espaces d’organisation du mouvement, tels que les assemblées générales ou les divers comités. Il ne pourrait être question de laisser ces considérations guider nos choix de défendre telle ou tel inculpé, à moins d’abandonner totalement toute notion de droit à la défense.

Au-delà de notre travail crucial dans les tribunaux, nous revendiquons une présence active dans la rue et assumons des pratiques de défense des cortèges face à la répression, parmi lesquelles l’organisation de la protection du cortège face au gazage généralisé, aux tirs de LBD, de grenades et autres armes de dispersion. Dans une période où le pouvoir et sa police ont maintes et maintes fois montré que tous les manifestants et manifestantes étaient une cible potentielle, nous croyons que la réponse la plus adaptée est la diffusion massive de pratiques de défense communes dans l’ensemble du mouvement social, de la rue aux tribunaux. Nous sommes fiers et fières de défendre une vision émancipatrice de la lutte grâce à nos ateliers juridiques et stratégiques, à la distribution de matériel de protection et de conseils en manifestation et en assemblées, ou encore à la diffusion d’une culture de la défense et de la solidarité à travers les cortèges et bien au-delà de notre petite ville.

Ce qui est attaqué, à travers la Défense Collective, c’est bien plus largement la possibilité même de se défendre ensemble au tribunal, ou de se protéger des armes de la police. Ce sont les pratiques du mouvement social et non seulement celles d’un collectif politique. La question se pose donc : quelles conséquences sur nos pratiques pourrait avoir une procédure de dissolution ?  Le pouvoir compte-il inculper pour « reconstitution de ligue dissoute » tout Rennais ou Rennaise qui déciderait de ne pas se défendre seul au tribunal ? de ne pas se défendre seul dans la rue ? de proposer des formations juridiques en assemblées de lutte ?

Comme nous l’avons déjà dis précédemment, nous pensons que l’emploi généralisé des procédures de dissolution aujourd’hui constitue une nouvelle étape dans la frénésie répressive d’un pouvoir aux abois. Nous tenons à rappeler ici notre opposition formelle à toute procédure de dissolution, qu’elle s’attaque aux camarades ou aux ennemis, car nous nous refusons à soutenir un dispositif répressif qui finit inéluctablement par se retourner contre le mouvement social, comme c’est le cas actuellement.

Une chose est certaine : peu importe la suite des évènements, le combat continuera. Il va sans dire que nous avons l’intention de nous défendre farouchement contre cette procédure si elle venait à se concrétiser. Nous tenons d’ailleurs à remercier tous les collectifs et organisations qui nous ont d’ores et déjà apporté leur soutien, et tous ceux qui continuerons de le faire en partageant ce communiqué.

En attendant d’en savoir plus sur ce qui justifie ce montage politique du ministère de l’Intérieur, nous voulons ici réaffirmer notre engagement auprès des 48 personnes dont nous assurons actuellement le suivi dans les différentes juridictions rennaises et à la Cour de Cassation, ainsi qu’envers toutes et tous les camarades qui subissent la répression policière et judiciaire.

L’appareil répressif, lui, semble encore loin d’être dissout, alors comme toujours nous vous invitons à aider à financer les frais de justice des nombreuses affaires que nous suivons en faisant un don à la Caisse de Soutien aux Inculpé-es du Mouvement Social.

Par ailleurs, nous tenons à rappeler que la Défense Collective s’exprime uniquement en son nom propre, et ne possède à son actif que les canaux de communication qui lui sont directement affiliés :

– notre site https://defensecollective.noblogs.org/
– notre mail defense.collective@riseup.net
– notre permanence téléphonique au +33 7.51.28.26.11 (également sur Signal)
– notre instagram @defensecollective
– notre facebook Défense Collective
– notre compte X @Defense_Co
– notre compte tiktok @defensecollective

Nous continuerons à communiquer sur cette procédure, et malgré les déclarations de Darmanin, aucun décret de dissolution n’a été promulgué contre nous. Nous continuons donc nos activités normalement et nous vous invitons à rejoindre nos prochains événements publics que nous organiserons pour continuer la lutte, qui seront eux aussi annoncés via les réseaux mentionnés plus haut.

Le prochain rendez-vous portera d’ailleurs sur cette dissolution, puisque nous vous convions à un atelier qui aura pour but d’expliquer l’histoire et le fonctionnement de cette procédure, le jeudi 15 février à 18h à la Bibliothèque Universitaire de Beaulieu.

À bientôt dans la rue et dans les tribunaux !
– LA DÉFENSE COLLECTIVE

La caisse de soutien aux inculpés reste active, pour faire un don et aider à défendre le mouvement : https://www.helloasso.com/associations/association-etudiante-de-soutien-juridique-et-administratif/formulaires/1

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DISSOLUTION DU « MOUVEMENT DEFCO » : COMMUNIQUÉ DE LA DÉFENSE COLLECTIVE SUITE AUX ANNONCES DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR (avril 2023)

Etats-Unis/partout : Ecrivons à Jack, défenseur de la forêt d’Atlanta

Publié le 2024-02-14 08:55:09

Unoffensive Animal / lundi 12 février 2024

Jack a été emprisonné suite à l’émission d’un mandat d’arrêt en relation avec l’incendie d’un parc de véhicules de la police, lié à la forêt d’Atlanta.

Il a été emprisonné sans la possibilité de sortir sous caution et il devra attendre la première audience pour voir s’ils sera relâché.

Rappelez-vous de ne pas parler de son affaire dans vos lettres. Au lieu de cela, choisissez un sujet dans la liste ci-dessous :
« Jack aime l’escalade, l’histoire, faire du Pilates avec Nicole, le bouddhisme, la poésie, les recettes véganes à cuisiner en prison, le hip hop, le straight edge, le punk, la menuiserie/la construction DIY, la couture, il veut écouter des anecdotes qui sont importants pour vous, sur des choses de tous les jours. Vous pouvez lui écrire d’un coucher de soleil, d’une rencontre salutaire ou de comment une chanson vous a fait sentir. »

Son anniversaire est le 1er mars.

Les lettres doivent :
– être écrites seulement avec de l’encre noir ou bleu
– peu importe leur longueur
– ne doivent pas faire mention de son affaire
– contenir une adresse pour les réponses, avec un nom et prénom, ou le nom d’une organisation

L’adresse pour lui écrire :

John Mazurek
Cell 101 2SOUTH
PO2402124
C/O Securus Digital Mail Center
FULTON COUNTY JAIL
PO BOX 989
LEBANON, MO 65536 (Etats-Unis)

S’il vous plaît, envoyez-lui une lettre aujourd’hui et assurez-vous qu’il sache qu’il est aimé.
Solidarité, toujours !

Trieste: videoconferenza a Stecco, solidarietà e cariche dentro il tribunale

Publié le 2024-02-14 09:55:05

Trieste: videoconferenza a Stecco, solidarietà e cariche dentro il tribunale

Blog-videoconferenza

Ci segnalano questo comunicato uscito su https://t.me/sullabreccia/546. Veniamo così a sapere, in ritardo, di quello che è successo in aula a Trieste il 19 gennaio scorso. L’imposizione della videoconferenza al nostro amico e compagno Stecco si è trasformata in una calorosa manifestazione di solidarietà dentro il tribunale, con tanto di cariche dei carabinieri. Alle compagne e ai compagni di Trieste tutto il nostro sostegno.

 

“Far trasudare anche nelle loro aule lo spirito che ci pulsa dentro, di opposizione, di conflitto, di dignità politica ed umana, di presa di parola”

L’altro giorno a Trieste si celebrava un’udienza che vedeva coinvolto Stecco. Speravamo di poterlo salutare, approfittando dell’accanimento giudiziario per cui anche la Procura di Trieste ci ha tenuto a fare la sua parte. Come annunciato, Stecco però è stato tenuto lontano per motivi di sicurezza perché considerato in regime di “alta sicurezza”. Un chiaro pretesto, visto che sappiamo che si trova nel carcere di Sanremo, come detenuto comune. La giudice ha comunque deciso di farlo collegare in “videoconferenza”, uno strumento sempre più usato per isolare ulteriormente alcuni detenuti, nonché per spezzare le catene della solidarietà.

Un po’ di contesto e la cronaca dell’udienza, dunque. Il processo è la ripresa della posizione di Stecco per un procedimento in cui era stato stralciato per irreperibilità (viva la libertà!) e che aveva già visto l’assoluzione di altre compagne e compagni. I fatti contestati erano una “manifestazione non autorizzata” avvenuta il Primo Maggio 2021, per un saluto al carcere e altre iniziative di denuncia del ruolo stragista di Confindustria (https://sullabreccia.noblogs.org/siamo-in-guerra-storia-di-una-strage/), dello Stato di Polizia e delle sue carceri, nonché di solidarietà ai lavoratori “essenziali”, come i rider, costretti a paghe da fame in nome della smaterializzazione dell’economia delle piattaforme.
Niente di che in realtà, ma Digos e PM erano (e sono sempre) alla ricerca minuziosa di reati “politici” per compagne e compagni e li trovano, alla fine, ovunque. Basti pensare che l’1 febbraio verrà avviato un nuovo processo, sempre a carico di Stecco, per un suo intervento considerato “istigazione a delinquere”, avvenuto lo stesso Primo maggio durante un presidio organizzato da sindacati di base e altre realtà. Su questo arriveranno aggiornamenti a breve: quel che possiamo dire, per ora, è che si tratta di parole chiare sull’azione rivoluzionaria e la paura che cambia segno.

Tornando all’udienza, per lunghissimi minuti abbiamo atteso che il collegamento venisse attivato, toccandoci in sorte la solita farsa della giustizia. Audio che non funzionava, telefonate in matricola a Sanremo, salvifico riavvio del PC e altre menate degne dell’apparato dello stato. Nel frattempo la giudice bofonchiava qualcosa, sulla videoconferenza perché “così le han detto…”, sul rinvio dell’udienza, sul fascicolo che non si trova.
Una farsa, se non fosse che dopo un tempo infinito finalmente qualcosa accade: sentiamo la voce di Stecco e lo salutiamo affettuosamente. Approfittiamo anche di quest’unico momento per contestare l’uso della videoconferenza. La giudice, nell’imbarazzo, scappotta (“permalosetta”, ha commentato qualcuno), fa intervenire i carabinieri e ne viene fuori un bel casino: coerente e giusta conseguenza delle decisioni assurde di cui si è resa responsabile, tenendo confinato Stecco di autorità.

Sono cose che accadono quando la “giustizia”, nel suo corso, non considera che la solidarietà – quando è sincera – non si incrina facilmente. Neanche quando qualche zelante carabiniere da tribunale decide di alzare le mani, perdendone berretto e gli ultimi, quantistici, bricioli di dignità. Alla fine l’aula è stata sgomberata di forza e – ciò ci rattrista, ma neanche troppo visto il livello – la giudice ha deciso che le future udienze saranno a porte chiuse.

Per chi c’era era importante da una parte far sentire vicinanza a Stecco, nonostante l’orrore del collegamento in video, e dall’altra denunciarne l’utilizzo sempre più esteso, in questa strategia di isolamento e confino che caratterizza sempre più il procedimento penale e il trattamento carcerario. Siamo venuti a sapere solo in seguito del comunicato che Stecco avrebbe voluto leggere durante l’udienza, anticipato da alcune parole sul contesto del processo a suo carico. Lo rilanciamo di seguito: https://ilrovescio.info/2024/01/22/oltrepassare-il-confine-dichiarazioni-di-stecco

Saïx (Tarn) : Des affrontements contre l’A69 (et une liveuse-balance)

Publié le 2024-02-15 08:10:06

Sud-Ouest / dimanche 11 février 2024

Des affrontements entre opposants et gendarmes ont eu lieu ce dimanche à Saïx, dans le Tarn. Pas de nouvelles arrestations après les 4 de vendredi et samedi. Le camp devrait être évacué dans les prochains jours. Les forces de l’ordre ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes dimanche, pour le troisième jour d’affilée, sur la commune tarnaise de Saïx, à proximité immédiate d’un camp d’opposants à l’autoroute A69.

« Cent personnes encore sur site au total, en cours de départ pour la majeure partie. Les gendarmes ont dégagé les barricades sur le chemin de la Gascarié », aux abords de la ZAD (zone à défendre) de la Crém’arbre, à la sortie de Castres, a indiqué dans un message en début d’après-midi la préfecture du Tarn.
Une journaliste et une photographe de l’AFP ont été témoins d’affrontements entre les gendarmes, qui ont effectué au moins une dizaine de tirs de gaz lacrymogènes, saturant l’air de fumée blanche irritante, et une bonne centaine d’opposants à l’autoroute en construction entre Toulouse et Castres.
Comme vendredi et samedi, les opposants ont occupé une voie ferrée longeant le terrain boisé et privé où des zadistes occupent des cabanes construites dans les arbres pour tenter d’empêcher la poursuite du chantier de l’A69, dont le tracé passe par ce terrain dont le propriétaire est en cours d’expropriation. La SNCF a mis en place un système de bus pour pallier l’interruption du trafic sur cette ligne.

Vendredi, le préfet du Tarn a pris un arrêté d’interdiction de toute manifestation ou rassemblement sur la voie publique sur la commune de Saïx en invoquant « des risques de troubles majeurs à l’ordre public ».
Depuis vendredi, les gendarmes dégagent systématiquement les barricades de fortune que les manifestants reconstruisent dans la foulée. La gendarmerie a procédé à deux interpellations vendredi et deux samedi, selon la préfecture, qui n’en a pas évoqué d’autres dimanche. Mais elle a laissé entendre que l’expulsion des occupants interviendra «dans les prochains jours».  […]

Deux condamnations

20 minutes / lundi 12 février 2024

Les affrontements du week-end à Saïx (Tarn) entre opposants à l’A69 et les forces de l’ordre vont laisser des traces. Deux militants anti-autoroute ont été condamnés ce lundi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Castres. Le premier, un homme de 45 ans, a écopé d’une peine de quatre mois de prison ferme qu’il devra purger sous bracelet électronique. Il était jugé pour avoir jeté, samedi, des projectiles contre les forces de l’ordre, en lisière de la ZAD que les opposants ont installé sur un terrain privé pour tenter d’empêcher la coupe de nouveaux arbres. « J’ai renvoyé des palets en plastique » à l’aide d’une raquette, a reconnu le quadragénaire devant le tribunal.
Un autre opposant à l’autoroute Toulouse-Castres a été condamné à six mois de prison avec sursis, assortis de 5 ans de mise à l’épreuve, pour avoir insulté vendredi les forces de l’ordre et s’être rebellé lors de son interpellation. Cet homme de 31 ans a concédé ne pas avoir été « facile à attraper », tout en précisant : « Je ne suis pas pour la violence, c’est absolument faux ». […]

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Sur la ZAD de la Crem’Arbre ou ailleurs, merci de ne pas filmer !

IAATA / mardi 13 février 2024

STOP à la mise en danger de la CREM’ARBRE !

Il y a quelques jours, une liveuse toulousaine débarque sur la ZAD. Elle tente de partir en voyant qu’elle est repérée en train de filmer.
A l’inverse de ses affirmations, la liveuse a filmé nos visages et nos installations.
Ses images prises en live sont restées plusieurs jours à disposition des flics sur différents réseaux.

Ce live n’est qu’un exemple des faux reporters et vraies balances qu’on trouve ici comme ailleurs.
Qu’iels roulent pour les flics ou pas, celleux qui nous mettent en danger ne sont pas des camarades. Et leurs pratiques nocives ne doivent plus être tolérées dans nos milieux.

Démonstration en vidéo du danger que représente les faux reporters/vraies balances. À l’inverse de ses affirmations, une liveuse toulousaine filme les visages des camarades et leurs installations sur la ZAD.
SORTONS CES PERSONNES DE NOS LIEUX ET DE NOS LUTTES !

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Mise à jour du 19 mai :

Encore une condamnation

La Dépêche du Midi / mercredi 15 mai 2024

L’étudiante parisienne, qui a toujours nié les faits, a été condamnée cet après-midi par le tribunal de Castres pour des faits qui datent du 9 février, à Saïx.

C’est un petit bout de femme d’une vingtaine d’années, au visage poupon à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. Louise était jugée ce mercredi 15 mai au tribunal de Castres, soupçonnée d’avoir jeté le 9 février, aux abords de la Zad de la Crem’arbre à Saïx, des pierres sur des gendarmes lors d’affrontements, en marge d’un week-end de lutte contre l’A69.

Depuis son interpellation il y a trois mois, l’étudiante en sociologie politique dans l’illustre EHESS (École des hautes études en sciences sociales, qui a vu passer des éminents sociologues, anthropologues ou économistes) a toujours nié les faits reprochés. C’était encore le cas hier, au cours d’un procès d’une heure environ. « Je n’ai pas jeté de cailloux », a-t-elle martelé.

Écolo et sensible aux sujets environnementaux dans ses recherches, la Béarnaise s’était rendue pour la première fois dans le Tarn pour profiter des ateliers-débats le temps d’un week-end, marqué par la venue de Greta Thunberg.

A-t-elle pris part aux affrontements contre les gendarmes dans l’après-midi ? Pour ces derniers, dans le compte rendu détaillé de contexte, la réponse est oui. Pour le tribunal aussi, convaincu de sa culpabilité et qui l’a condamnée à un an de prison avec sursis et interdiction de venir dans le Tarn pendant deux ans.

Déstabilisée par un parquet incisif, l’opposante a parfois eu recours à une défense maladroite, sur sa présence au coeur des tensions entre forces de l’ordre et blacks blocs. « Je suis petite, je ne fais pas de sport et je n’étais pas équipée. J’étais partie me réfugier dans la forêt avant de rejoindre mes amis pour déjeuner. Les forces de l’ordre aussi se sont arrêtées manger, je pensais que les violences allaient passer. »

Réponse de la substitut du procureur, Claire Marie de Agostini : « Ces explications font relativement sourire. C’est une jolie petite histoire loin de la réalité. On nous parle de pause déjeuner, il ne manquait plus qu’on agite le drapeau. Les gendarmes mobiles ont l’habitude et sont préparés pour tenir longtemps sur ce genre de conflits. Cette histoire de déjeuner où tout le monde casse la croûte, c’est n’importe quoi ! »

Me Claire Dujardin, son avocate, a plaidé la relaxe, en misant sur le manque d’éléments à l’encontre de sa cliente. « Elle aurait pu être poursuivie pour sa participation. Elle en est consciente et dit même qu’il y avait des affrontements. Mais il ne faut pas caricaturer le dossier : une jeune femme de petite taille habillée en noir, c’est tout ce que l’on a et cela crée forcément des confusions puisque tout le monde est habillé en noir. Aucune description précise de sa tenue, pas de photo, pas de vidéo, pas de résidus sur ses gants. Il n’y a aucun élément objectif contre elle. »

Assez pour la condamner d’après le tribunal.

 

La justice réprime la solidarité

La Dépêche du Midi / mercredi 15 mai 2024

Coup d’éclat au tribunal de Castres en ce début d’après-midi. À l’issue du procès d’une opposante à l’A69, condamné à un an de prison avec sursis pour jets de projectiles sur les gendarmes le 9 février, à Saïx, une seconde a été interpellée, puis placée en garde à vue devant un auditoire médusé.

Au moment où la décision du tribunal est tombée, un « fachos » a été entendu dans la salle d’audience, ainsi qu’un « vous détruisez des vies ». C’est la seconde phrase qui est reprochée dans un premier temps à l’opposante, tandis que l’auteur de la première insulte reste mystérieux. Le président du tribunal, Julien Forton a alors demandé à la jeune femme de s’avancer et de décliner son identité. À la barre, cette dernière s’est agenouillée, les mains croisées à l’arrière de la tête, en demandant qu’on la guillotine.

« Je n’ai pas de carte d’identité sur moi. Peut-être n’ai-je pas d’identité ? », a-t-elle lâché après s’être relevée et redirigée vers ses compagnons de lutte contre l’A69. Une scène théâtrale vécue comme une provocation par le président qui a décidé, avec le parquet représenté par Claire Marie de Agostini, de placer la militante en garde à vue pour outrage à magistrat. L’audience a été suspendue plusieurs minutes. La police nationale et municipale a bouclé la salle ainsi que renforcé la sécurité à l’entrée du tribunal.

Saïx (Tarn) : Encore des interventions policières sur la ZAD

Publié le 2024-02-16 07:40:04

La Dépêche du Midi / jeudi 15 février 2024

Les forces de l’ordre interviennent à nouveau ce jeudi après-midi aux abords de la Zad de Saïx occupée par des opposants à l’A69. Comme mercredi, et ce week-end, l’opération des gendarmes vise à déloquer les accès au hameau de La Gascarié où sont situées plusieurs habitations. Le chemin communal et la voie ferrée, qui passe à proximité reliant Castres à Toulouse, sont en effet encore obstrués par divers objets et barricades.
Les gendarmes brûlent sur place les palettes qui servaient d’obstacles sur la voie publique.
Les gendarmes, et quelques journalistes présents sur place, ont fait l’objet de jets de projectiles par certains Zadistes.

À leur arrivée sur place, les forces de l’ordre ont dû tirer quelques grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants qui les empêchaient d’avancer sur le chemin.

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Mercredi 14 février

La Dépêche du Midi / jeudi 15 février 2024

Trois jours après un week-end sous tension, marqué par la venue de Greta Thunberg sur la ZAD de la Gascarié à Saïx, les forces de l’ordre sont une nouvelle fois intervenues hier après-midi pour dégager la voie d’accès qui mène aux habitations, voisines de la centaine d’opposants à l’A69.

Sur place, quelques tirs de mortiers en direction des CRS et du Psig au départ de l’intervention, mais une ambiance un cran en dessous des jours précédents. L’accès était quadrillé et bloqué par plusieurs barrages filtrants de gendarmerie. Pour éviter tout accident, le trafic ferroviaire – au cœur d’une bataille de com’entre les deux camps […] – a d’ailleurs été stoppé durant l’opération de ce mercredi, et la voie dégagée par la suite.

À la veille de la reprise des abattages d’arbres sur le tracé de cette autoroute entre Castres et Toulouse, il pourrait s’agir des prémices à une expulsion des Zadistes de la « La Crém’arbre », dont certains sont perchés dans des arbres pour empêcher leur coupe. D’après le préfet du Tarn, Michel Vilbois, l’évacuation devrait intervenir incessamment, comme indiqué à plusieurs reprises dans les communiqués de presse.

Une fois les barricades enlevées et brûlées, le dispositif a été levé pour la nuit, après une opération qui s’est terminée sans blessé. Encadrés par les forces de l’ordre, des élus de Saïx, dont le maire Jacques Armengaud, sont venus prêter mains fortes aux employés municipaux pour nettoyer la zone. À noter quelques invectives de zadistes en direction des gendarmes, CRS et pompiers, en première ligne pour sécuriser l’accès aux riverains de la Gascarié, usés par la tension permanente qui règne autour de leurs domiciles. D’ailleurs, certains d’entre eux ont déposé plainte en gendarmerie pour dégradations de véhicules.

Les lignes devraient bouger dans les prochains jours, qui s’annoncent décisifs pour l’avenir du chantier de l’A69.

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100% radio / mercredi 14 février 2024

Plus d’une dizaines de camions de CRS et de gendarmes mobiles se sont déployés ce mercredi 14 février 2024, aux alentours de 15h30, aux abords de la ZAD de la Crémade à Saïx.

Les forces de l’ordre procèdent actuellement à l’évacuation du mobilier installé par les opposants sur la Gascarié. Pour la destruction et le déblayement, les spécialistes du maintien de l’ordre sont appuyés par un camions citernes feu de forêt des pompiers ainsi que deux camionnettes de la maire de Saïx.

Sur place, Hommes en bleu et zadistes se font face à face, séparés par un grillage, délimitant le terrain occupé par les opposants. Quelques invectives et « ACAB  » fusent, sur fond d’instrument à vent. Sur les réseaux sociaux, Extinction Rebellion fait état de « tirs de LBD » à l’arrivée des forces de l’ordre. Selon nos information, l’opération n’a pas entraîné d’interpellations.

Le trafic SNCF sur la ligne Castres-Toulouse a été une nouvelle fois coupé. Selon les services de la Préfecture, joints par la rédaction, les trains seraient à l’arrêt à cause d’opposants présents sur les voies. D’autres sources précisent que la circulation avait été coupée en amont de l’intervention, de façon préventive.

L’opération de ce mercredi 14 février 2024 intervient de la veille de la date de fin de la période de nidification des oiseaux, entrainant la possibilité de reprendre l’abattage des arbres sur le tracé de l’A69. Selon les chiffres du concessionnaire ATOSCA, il resterait environ 5% du déboisement à effectuer. […]

Lectures collectives contre la société techno-industrielle

Publié le 2024-02-16 17:35:08

Dimanche 25 février de 17h à 22h - à L’Impasse, 1 impasse lapujade toulouse
Suite à une discussion de décembre sur les critiques des technologies, on a eu envie de se retrouver à nouveau pour lire des textes ensemble et prendre le temps d’en discuter.
Nous avons choisi deux textes : « La domestication industrielle » du collectif Os Cangaceiros et « Trans n’est pas transhumanisme » d’Alex B.



"La domestication industrielle" c’est un texte qui a été publié en 1987 dans la revue du collectif, qui se définissait comme une bande de délinquant.es révolutionnaires. Le texte revient sur deux siècles "d’avancées" et de "progrès", aux frais des classes laborieuses et du reste du vivant. ça parle de la perte progressive d’autonomie et des diverses résistances à la construction de la société carcérale dans laquelle nous vivons.
"Trans n’est pas transhumanisme" Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer la condition humaine par l’augmentation des capacités physiques et mentales des êtres humains et de supprimer le vieillissement et la mort (et quelques maladies). Certain.es personnes considèrent que prendre des hormones et faire une opération de "réassignation sexuelle" sont des choses qui s’approchent du transhumanisme. Certaines personnes considèrent aussi que refuser la technologie et lutter contre la société industrielle veut dire revenir à l’age de pierre et que la "nature primitive" un homme une femme, c’est ça l’idéal qu’on a envie d’atteindre. Ce texte critique ces points de vue, certes ici caricaturaux, mais tout de même un peu trop répandus.

Les deux textes sont disponibles en ligne : La domestication industrielle -> http://1libertaire.free.fr/la-domination-industrielle-A5-cahier-20p.pdf Trans n’est pas transhumanisme -> https://infokiosques.net/spip.php?article1805 Ce ne sera pas nécessaire d’avoir lu les textes avant pour participer à ce moment, l’idée est de les lire ensemble. Nous précisons que ce n’est pas parce que nous proposons ces textes que nous sommes entièrement d’accord avec leur contenu. Nous estimons qu’ils apportent des points intéressants, et servent de bonne base de discussion, afin d’aiguiser nos couteaux contre cette société techno-indus gerbante qui détruit tout ! Si tu veux en proposer d’autres, n’hésite pas à en ramener quelques exemplaires !

On propose de se rejoindre à 17h à l’Impasse, squat situé 1 impasse Lapujade, à Toulouse, et on aura le lieu jusqu’à 22h (on finit avant si on veut et chacun·e part quand iel le sent). On essaiera de faire des pauses régulièrement. Pour ne pas mourir de faim, on se dit que ça peut être sympa de partager le repas et/ou grignoter un peu. Hésite pas à ramener des trucs (vegans de préférence).

Récit de la manif contre le CRA

Publié le 2024-02-16T19:33:11+01:00

Bon, c’était il y a presque un mois, alors ça fait pas vraiment des nouvelles fraiches. On a fait une manifestation contre le projet de CRA à nantes le 20 janvier. J’ai écrit ce récit d’après les retours collectifs qu’on a fait à la réunion bilan, j’avais un peu l’idée que se soit relu par d’autre gens pour que ce soit un récit collectif, mais ça a pas vraiment marché.

Nous nous sommes retrouvé à 14h sur le parking de Carrefour de la Beaujoire (Plus précisément devant le parking de Macdo). Il y avait deux ou trois voitures de flics pour nous observer, et deux RG. Ils sont restés à distance et n’ont pas fait de contrôles. Il y a eu une prise de parole pour faire un petit point pratique, expliquer le parcours et le déroulé prévu de la manif. Un point anti-répression aussi, les personnes de l’orga ont demandé à ce que la manifestation s’arrête si des personnes se font contrôler et qu’on soit vigilant.es que personne ne se fasse arrêter pendant la manif, en particulier les personnes qui pourraient ne pas avoir de titre de séjour. Il a été demandé aussi que dans la mesure du possible, on ne montre pas nos papiers d’identités en cas de contrôle pour rester solidaire avec celles et ceux qui en ont pas. Dans les fait, il n’y a sans doute pas eu beaucoup de personnes sans titre de séjours, ou en tout cas, elles ne se sont pas présentées comme telles. Et il n’y a eu – à notre connaissance – aucun contrôle d’identité. La préf’ avait pris un arrêté pour interdire les feux d’artifices et le transport de carburant.

La manifestation est partie. On était 130 personnes, ce qui fait moins que la capacité prévue du CRA (140). On imagine que beaucoup de personnes ont hésité à se déplacer loin du centre ville dans un endroit qu’elles ne connaissaient pas. Par contre, sitôt partie, l’ambiance était très bonne et les slogans enthousiastes ! On a longé la prison et on a scandé des slogans en solidarité avec les prisonnier.es. Beaucoup essayaient de nous répondre, mais on continuait à crier, alors on n’entendaient pas vraiment ce qu’iels disaient.

Arrivé en face de l’entrée de la prison on s’est arrêté.e.s. Les gendarmes mobiles s’étaient positionnés à distance, devant l’entrée de la prison, comme pour nous empêcher de la prendre d’assaut. (N’étant pas sûr que le rapport de force était en notre faveur, on n’a pas essayé). On a appris que l’administration pénitentiaire a décidé d’annuler les parloirs et on était dégoutté.  Le collectif anticra a fait une prise de parole pour parler des liens entre les prisons et les CRA, du risque de passer de l’un à l’autre, de la double peine, de la criminalisation des sans-papiers, du fait que la loi Darmanin semble un vrai sujet d’inquiétude parmi les détenu.es. La prise de parole s’est achevée par un soutien pour les enfermé.es, les victimes de la répression d’État et les étranger.es, qu’iels soient innocent.es, délinquant.es ou criminel.les.

La manifestation est repartie pour quelques dizaines de mètres pour aller jusqu’au début de la parcelle que l’État risque de choisir pour le projet de CRA. La parcelle était à notre gauche, c’est une grande étendue de bois et de champs laissés en friches qui s’appelle le champ de manœuvre. Sur notre droite, c’est la zone industrielles avec la plateforme logistique de liddl, véolia, amazon. On n’a pas pu faire le tour de la parcelle, parce que c’est trop grand et la manif était déjà longue. On s’est arrêté.es et celles et ceux qui le voulaient ont pu prendre la parole. Après les prises de paroles, on a fait demi-tour et on est revenus vers le point de départ.

En repassant devant la prison, on a fait plus attention à laisser des silences pour écouter les réponses des prisonnier.es. Iels avaient l’air content.es de nous voir et disaient des trucs contre les flics et la prison. Avec le retour, le parcours était un peu long et on était un peu fatigué en arrivant.

Au débriefing qu’on a fait après la manif avec les gens qui voulaient participer, on s’est dit qu’on avait trouvé chouette de se rencontrer et qu’on aimerait proposer un rassemblement régulier tous les premiers samedi du mois, à 14h au Miroir d’eau, pour continuer à se rencontrer et à s’organiser contre le projet de centre de rétention.

Les CPR se ferment par le Feu

Publié le 2024-02-18 07:15:07
L’ENS de Lyon est par­te­naire de plu­sieurs uni­ver­si­tés israé­lien­nes com­pli­ces du géno­ci­de : Urgence Palestine Lyon, l’asso­cia­tion NIDAL et plu­sieurs syn­di­cats et col­lec­tifs étudiants de l’ENS lan­cent une action en jus­tice.

Rocbaron (Var) : Quatorze miradors de chasse à terre

Publié le 2024-02-18 07:20:09

exrait de Var-Matin / vendredi 16 février 2024

La société de chasse de Rocbaron a constaté, la semaine dernière, la dégradation de 14 miradors dans la forêt de Limbaud. Une plainte a été déposée.

Les actes de vandalisme contre le matériel de chasse placé dans les forêts, ils ont l’habitude. Mais quatorze miradors détruits en une seule fois, ils n’ont jamais vu ça. C’est pourtant ce qu’a constaté la vingtaine de chasseurs de Rocbaron, mercredi, au moment de se mettre en place. […]

Pudahuel (Chili) : Commémoration des quatre ans de la mort de Jorge Mora «Neco»

Publié le 2024-02-18 07:25:06

Informativo Anarquista / samedi 17 février 2024

Dimanche 28 janvier 2024, il y a eu une commémoration de Jorge Mora, plus connu comme « Neco », qui, en cette même date mais en 2020, a été renversé et tué par une voiture des Carabineros, devant l’Estadio Monumental, pendant la révolte.

A cette occasion – comme lors des commémorations précédentes – il y a eu des affrontements avec des cocktails Molotov et des barricades ont été érigées, aux alentour du 55ème commissariat, ce qui s’est soldé avec quatre interpellations ; cette situation a été précédée par des contrôles policiers et par leur harcèlement de la part des civils, ce qui a duré tout l’après-midi, dans le secteur sud de la ville de Pudahuel, où habitait Neco.

Sur des banderoles et des tags on pouvait lire « Si je meurs pour quelque chose, je veux mourir en défendant notre cause », « Neco dans notre mémoire jusqu’à la victoire » et « Nous allons de l’avant avec le peuple, avec les gens. Neco immortel ».

Ci-dessous, quelques photos :

[Nancy] Lettre de motivation pour un poste de soudeur dans le nucléaire

Publié le 2024-02-18 23:55:06

À l’attention du service Ressources Humaines de Fives Nordon (filiale tuyauterie du groupe Fives)

Madame, Monsieur,

Dans mes recherches de nouvelles opportunités professionnelles, j’ai ouï dire que les annonces de relance du nucléaire boostaient plus que jamais votre entreprise. Alors que quelques années auparavant, elle était en nette baisse d’activité à cause des tristounettes annonces de fermetures de réacteurs nucléaires, concomitantes à la catastrophe de Fukushima.
Suite à cela, votre entreprise Fives Nordon a pointé le nez vers le combustible nucléaire, et a élargi le porte-feuille de la boîte avec le rachat de l’entreprise ACCP à la Hague (alors en redressement judiciaire), ce qui fait que la boîte est aussi concernée par les projets de tuyauterie et de chaudronnerie des nouvelles piscines de stockage combustibles. Alors que votre entreprise était déjà présente sur l’éternel chantier de l’EPR de Flamanville, elle participe aussi à la construction de nouvelles centrales et EPR en Finlande, Chine, Royaume-Uni, et même en Arabie Saoudite. Chouette, alors !
C’est suite aux annonces de relance du nucléaire, et aux appels d’offre remportés concernant l’ingénierie de la salle des machines des futurs EPR2 (s’ils arrivent un jour !) que votre entreprise a investi 40 millions d’euros [1] sur ses sites et lance le recrutement de près de 600 salarié.es dans le domaine de la tuyauterie et de la chaudronnerie nucléaire, dans ses ateliers, dont une partie (et le siège social) est situé 78 Avenue du 20e Corps à Nancy.
Plus largement, j’ai vu que la filière nucléaire compte aujourd’hui plus de 3 000 entreprises [2] et plus de 220 000 salarié.es, dont près de 20 000 dans le Grand Est. Selon le ministre de l’Economie, il en faudra 10 000 à 15 000 supplémentaires par an d’ici 2030 pour venir à bout des chantiers prévus par l’exécutif. C’est dans ce contexte florissant et plein de promesses d’emplois que je souhaiterais rejoindre votre entreprise.

En me renseignant, j’ai également appris le rayonnement de Fives Nordon en Lorraine, en tant que lauréat du Pass Nucléaire [3]. Votre grandiose entreprise forme et recrute depuis 2022, via les nouvelles formations de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) de Lorraine à Maxéville [4], dans la soudure ou la tuyauterie nucléaire.
Et même qu’en novembre dernier, l’ancienne députée macroniste nancéienne, Carole Grandjean, qui était alors ministre de l’enseignement et de la formation pro, est venue en personne encourager l’initiative, pleurnichant le manque d’effectifs actuels pour les besoins imminents de l’industrie nucléaire ! Quelle ne fut pas ma joie d’apprendre qu’elle encourageait même la formation et le recrutement des femmes dans cette filière industrielle !
En tout cas, heureusement que le plan France Relance est là pour aligner les chèques, et les journalistes à la queue-leu-leu pour vanter la propagande de recrutement du bon p’tit soldat Fives Nordon ! C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai découvert votre entreprise, lors d’une campagne de communication aux petits oignons relayée dans plusieurs médias régionaux, pour promouvoir la formation dans le nucléaire, avec un véritable sens du dévouement patriotique.

Pour convaincre plus d’étudiant.es et de lycéen.nes de rejoindre cette filière, le gouvernement a également lancé des bourses de 600€ mensuels attribuées par l’Université des Métiers du Nucléaire [5]. Si c’est pas généreux, ça !
Et y a pas qu’à Maxéville qu’on forme dans le nucléaire dans le Grand Est ! À l’ombre de l’UIMM, redorée par le talent et l’aveuglement de vos formateurs, on trouve aussi les formations de Chooz, via le GRETA-CFA des Ardennes, à St Dizier, au lycée pro Blaise Pascal, à Thionville à la briquerie, et même au lycée pro Loritz à Nancy. Parce que oui, va bien falloir les former les précaires qui vont aller se frotter aux radiations dans la maintenance des installations nucléaires, que ce soit dans les centrales prolongées dans le cadre du Grand Carénage (durée de vie de 60 ans) ou dans les futures projets lancés démocratiquement par notre doux gouvernement.
On peut même imaginer que s’il y a besoin de soudeurs à Bure, à 80 km de Nancy, là où l’Etat veut enfouir quelques 83 000 mètres cubes de déchets radioactifs dans un trou, c’est p’têt bien les salarié.es de Fives Nordon qui vont s’y coller ! 
Pour toutes ces missions, disons-le, il faut mettre les moyens pour le recrutement, parce que ça se bouscule pas au portillon ! J’avais d’ailleurs plusieurs fois entendu parler de Nordon Fives, entreprise de renom, lors des forum des métiers dans le nucléaire, comme celui organisé par la centrale de Cattenom en mars dernier, et plus récemment, ce 6 février 2024 lors de la 2ème journée des métiers du nucléaire à l’espace technologique de l’ANDRA à Bure-Saudron, où j’étais.

Pour moi, travailler aujourd’hui dans l’industrie nucléaire, c’est participer à redorer le blason et la grandeur de la France, sur un plan géopolitique avec l’utilisation du nucléaire à des fins militaires, grâce à l’usine de retraitement de la Hague et aux nombreux arsenaux et usines dans le secteur du nucléaire militaire (Cherbourg, Toulon, Brest,..). Cette énergie est propre, décarbonée (enfin, sauf au début, et à la fin, et aussi un peu pendant), et souveraine grâce à l’import et l’exploitation de mines d’uranium à l’autre bout du monde (et grâce à l’exportation de sa pollution dans les pays pauvres) ! C’est un atout majeur dans le développement industriel et militaire de la France et dans la poursuite de la sacro-sainte croissance que nous chérissons tous et toutes.
Passé outre les conditions sanitaires des travailleurs du nucléaire et des habitant.es à proximité des mines d’uranium, des centrales, des centres de retraitement, des diverses poubelles, et des transports de matières et de déchets radioactifs d’un bout à l’autre de la France, etc... passé outre la pollution des fleuves et des terres à proximité de tout ce raffut, et passé outre encore les risques d’accidents nucléaires qui pourraient se reproduire tels que Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima, il va de soi qu’il faut relancer cette industrie pleine de vie, de joie et d’espoir !

Ayant tout cela en tête, et par la présente, je souhaite postuler à un poste de soudeur dans le nucléaire, auprès de Fives Nordon. En tant que travailleur sous-traitant, je serai prêt.e à recevoir jusqu’à 80% des doses de radioactivité du parc nucléaire français, sans pour autant bénéficier d’un suivi médical adéquat. Pas de souci pour une leucémie ou un cancer de la thyroïde, je suis un candidat-clef pour une entreprise comme la vôtre.
D’un tempérament aventurier, je saurai affronter les défis que représente la relance du nucléaire, et saurai répondre à l’accélération des cadences dues à la mise en concurrence des entreprises sous-traitantes dans le secteur. Dans ces conditions, je tenterai tant bien que mal d’effectuer correctement l’ensemble des gestes nécessaires pour garantir la sûreté des installations. Pour y parvenir, la fusion en cours entre l’ASN et l’IRSN saura jeter un voile obscur sur ces conditions de travail dégradantes, ainsi que sur les risques d’accident nucléaire pesant, en conséquence, sur l’ensemble de la population. Au cas où, j’ai bien des capsules d’iode dans ma boîte à pharmacie !
Enfin, pour garantir une meilleure cohésion d’équipe au sein de l’entreprise, il va de soi que je saurai me taire et rester docile, et que je ne dénoncerai pas les conditions de mon travail, au risque d’une répression syndicale, comme ça a été le cas dernièrement pour Gilles Renault, accusé d’avoir trop parlé et mis à pied par sa hiérarchie [6] (filiale d’Orano, Tricastin, 2020), Laurent, dont la carrière a été stoppée pour discrimination syndicale [7] (Sud Energie à EDF, Belleville-sur-Loire), ou encore les travailleurs de RTE mis en garde à vue à la DGSI en 2022 [8]. Bref, j’aimerais vous rejoindre avec grand plaisir, Fives Nordon !

Il n’est pas nécessaire de me recontacter, vos adresses et votre agenda sont bien connues. Qu’il s’agisse de votre entreprise, d’une école de formation dans le nucléaire, ou de tout autre acteur de l’industrie du désastre, nous saurons vous recontacter par quelque moyen que ce soit.

À bientôt, Fives Nordon.

PS : en copie, l’UIMM de Maxéville, ainsi qu’Eric Molodtzoff de France 3, Guillaume Decourt et Pascal Salciarini de l’Est Républicain, Mickaël Demeaux du Républicain Lorrain, et ici-c-nancy, à l’origine d’articles élogieux et publicitaires vis-à-vis de Fives Nordon et de l’industrie nucléaire. Et en bonus également, quelques courriers ont été envoyés aux boîtes d’interim, formations et centrales nucléaires de la région.



Notes

[1Chiffre d’affaire de 126 millions d’euros en 2022.

Bientôt de nouvelles grenades dans les manifs Politis publiait l'info en novembre dernier, l'État français a passé une commande de 78 millions d'euros de grenades de maintien de l'ordre. Un nouvel article publié il y a quelques jours nous donne plus de précisions sur son contenu. https://www.politis.fr/articles/2024/02/eclats-et-traumatismes-sonores-les-nouvelles-grenades-du-maintien-de-lordre/ On avait déjà [...]

Publié le 2024-02-18T20:11:02+01:00

Bientôt de nouvelles grenades dans les manifs

Politis publiait l’info en novembre dernier, l’État français a passé une commande de 78 millions d’euros de grenades de maintien de l’ordre. Un nouvel article publié il y a quelques jours nous donne plus de précisions sur son contenu.

https://www.politis.fr/articles/2024/02/eclats-et-traumatismes-sonores-les-nouvelles-grenades-du-maintien-de-lordre/

On avait déjà les ASSD (grenades assourdissantes) depuis quelques temps, on aura bientôt aussi des GL-307 et probablement des GM2F : les deux sont « assourdissantes » mais provoquent aussi un flash lumineux éblouissant, et ont un effet sonore encore plus puissant.

À l’avenir, pensez donc aux bouchons d’oreilles en manif…