Vive l'Anarchie - Semaine 08, 2020

Sommaire

Gières (Isère) : Le labo de l’école d’ingénieurs part en fumée – 23 février 2020

Publié le 2020-02-24 01:16:08

Dans la nuit du 22 au 23 février 2020, un incendie volontaire a ravagé un bâtiment de l’école d’ingénieurs INP à Gières, en banlieue de Grenoble (Isère). Une porte a été fracturée et plusieurs départs de feu ont été constatés.

Le feu s’est déclaré vers 4h dans le bâtiment « Eiffel » de l’université Grenoble Alpes, situé sur le campus universitaire rue de la piscine à Gières (Isère). Le feu s’est déclenché dans des salles de classe ainsi qu’un laboratoire associant l’université Grenoble Alpes, le CNRS et l’école d’ingénieurs de Grenoble (INPG), propriétaire des lieux, où l’on travaillait notamment sur la mécanique des matériaux.

Plus de 1 000 mètres carrés de surface ont été détruits par les flammes au 1er étage de ce bâtiment qui compte deux niveaux (rez-de-chaussée et 1er étage). Les dégâts se chiffrent à plusieurs centaines de milliers d’euros, beaucoup de matériel de recherche a été détruit.

« Le laboratoire visé par l’attaque incendiaire menée dans la nuit de samedi à dimanche est le laboratoire 3SR (pour Sols Solides Structures et Risques), une unité mixte de recherche située rue de la Piscine, sur le campus de Grenoble (qui se trouve sur les communes de Saint-Martin-d’Hères et Gières). Il est réparti sur deux bâtiments : l’unité Galilée, qui accueille des bureaux, et Eiffel, pour les installations expérimentales.
Ce laboratoire mène à bien des recherches de pointe en mécanique des solides. « Il s’agit de recherches qui touchent des domaines de l’ingénierie des structures, des ouvrages et des matériaux pour le génie civil, le transport, l’industrie manufacturière ou la santé », est-il précisé sur le site web du 3 SR. «Dans tous ces domaines, les recherches s’appuient à la fois sur l’expérimentation et sur la modélisation, aussi bien à l’échelle du matériau qu’à celle de la structure. Les études expérimentales sont conduites pour comprendre, analyser et nourrir la mise au point de modèles théoriques et numériques en prenant en compte les couplages physico-mécaniques et les analyses multi-échelles ».
« Nous faisons notamment des essais dynamiques sur les roches, les sols, les bétons, les matériaux, ainsi que des essais sur des micro-structures », précise encore Robert Peyroux, le directeur du laboratoire. » (LeDauphiné)

Besançon (Doubs) : Deux patrouilles de CRS se mangent des pierres – 22 février 2020

Publié le 2020-02-24 01:16:08

Ce samedi 22 février en début de soirée, deux véhicules de CRS ont été caillassés dans le quartier de Planoise à Besançon : une dizaine de jeunes ont attaqué les keufs à coups de pierres, du côté de la rue de Champagne.

Peu après 19h, les policiers ont relevé cinq impacts sur un des fourgons, un impact sur l’autre véhicule. Deux mineurs de 13 et 14 ans ont été interpellés. Depuis plus d’un mois et demi et , le quartier de Planoise est sous occupation policière de toutes sortes (Bac, CRS, PN, PM, etc).

L’Etat prend pour prétexte les récents tirs d’armes à feu attribués à des règlements de compte entre trafiquants.

[Repris de la presse locale]

Bouin (Vendée) : Il n’y a pas de bon chasseur

Publié le 2020-02-24 11:47:10

Ouest-France / lundi 24 février 2020

Le Mouvement de la ruralité (LMR 85) condamne les attaques anti-chasse commises à Bouin, dans la nuit du vendredi 21 février.


Le mur de l’ancienne supérette a été tagué par « des écrits inqualifiables, scandaleux », dénonce Érick Marolleau, président départemental, qui sort de ses gonds. « Depuis quelques semaines, le Marais breton est visé par ces dégradations criminelles […], ce qui concrétise un délit d’entrave aux activités cynégétiques. »
Un mur à Bois-de-Céné avait aussi été dégradé, il y a quelques jours. LMR 85 demande « la mise en place de sa cellule Démeter* en Vendée, pour répondre en urgence aux actes malveillants des antichasse ».

 

* NdAtt. : cellule de la Gendarmerie crée en décembre dernier par le ministre Castener qui, en travaillant  coude à coude avec la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), est censée protéger les entrepreneurs agricoles, notamment des attaques antispécistes.

Centre pénitentiaire de Potiers-Vivonne (Vienne) : Évasion facile, dommage qu’on le retrouve

Publié le 2020-02-24 14:46:10

Centre Presse / samedi 22 février 2020

Mercredi 19 février, un jeune homme d’une vingtaine d’années s’est évadé le plus simplement du monde… en ouvrant la porte de la voiture de la pénitentiaire alors qu’elle se trouvait dans un rond-point.

La voiture s’apprêtait à rejoindre le centre pénitentiaire de Vivonne. Mais voilà, le passager qui revenait d’un rendez-vous pour aménager les peines qu’il finit de purger ne voulait pas retourner en détention.
Il craint pour son intégrité physique, parle de violences et de menaces dont il est l’objet après avoir dénoncé un trafic mettant en cause des détenus et un surveillant. L’évadé a été retrouvé facilement… sous le lit de la femme qui vient lui rendre visite en prison! Hier, le jeune fuyard a été condamné à trois mois de prison ferme. Il est retourné en détention… mais dans une autre prison de la région.

Thessalonique (Grèce) : Revendication de la destruction de caméras de surveillance

Publié le 2020-02-24 14:47:05

Act for freedom now ! / dimanche 23 février 2020

« Entre l’idée
Et la réalité
Entre le mouvement
Et l’acte
Tombe l’Ombre »

La société de contrôle sème dans chaque quartier ses « yeux » de surveillance. Nous allons nous réunir pour les détruire, afin de pouvoir nous déplacer librement et avec souplesse dans les rues et les ruelles étroites des villes, en observant et sans être observé.e.s.

Dans un système de surveillance généralisée, d’une part, les surveillants de la normalité sont omniprésents pour contrôler et faire respecter l’ordre. Ils empêchent sa « perturbation », avec des mesures de sécurité toujours plus perfectionnées (caméras, alarmes, émetteurs radio). Ils guettent les insubordonné.e.s jusqu’à ce qu’ils détectent un « mauvais » comportement, puis ils établissent leur profil criminel. D’autre part, les individus internalisent ce contrôle sur leur vie, ce qui entraîne progressivement l’automatisation du mécanisme de l’autorité, puisque chacun.e se soumet à sa visibilité permanente.

Face au contrôle généralisé, nous allons diffuser notre action de manière incontrôlée.
Face à ceux qui veulent l’ordre, nous serons les sauvages qui n’ont pas été domestiqué.e.s.
Vous n’aurez pas de repos avant l’explosion finale de ce monde.

La semaine dernière (à la fin de janvier 2020), nous avons pris d’assaut les quartiers bien gardés de Triandria, Toumpa, Neapoli, Analipsi et le centre-ville et rendu inutilisables (en les cassant ou en les enlevant) 22 caméras de sécurité.

Attaquons les systèmes de surveillance électroniques des banques, des maisons, des magasins.
Luttons par tous les moyens, jusqu’à l’anarchie.

Force et solidarité avec les compas G. Michailidis, K. Athanasopoulou et avec la compagnonne arrêtée avec eux lors de l’opération antiterroriste du 28 janvier.

des ombres qui n’ont pas été détectées par un « œil »

« on étouffe ! on étouffe ! »

Publié le 2020-02-25 01:09:10

alentin B. est accusé d’avoir incendié La Rotonde, ce restaurant où le président Emmanuel Macron est venu fêter son accession au second tour de l’élection présidentielle. Incarcéré à la prison de la Santé, nous publions ici sa première lettre publique.

Selon les sondeurs, encore une ou deux enquêtes d’opinion et Emmanuel Macron deviendra le président le plus impopulaire de la Ve République. Nul besoin d’être un fin observateur, ni même d’attendre d’autres sondages, pour pouvoir affirmer que l’actuel chef de l’Etat s’impose chaque jour comme le plus détesté. Si personne n’aimait Hollande, celui-ci n’était guère aussi haï que celui qui fut son Ministre. Loin de la posture bravache qu’il adopte devant ses proches (« qu’ils viennent me chercher », « Ils me tueront peut-être d’une balle, mais jamais d’autre chose ») il s’en était parait-il ému quand en décembre 2018, à la faveur d’un déplacement au Puy-en-Velay, il avait été hué et le cortège présidentiel poursuivi. Un épisode qui a dû lui revenir en mémoire quand en janvier dernier il fut exfiltré d’une représentation théâtrale dans le Xe arrondissement (c’était le mouvement social qui cette fois toquait à la porte).

Selon le journal le Parisien, c’est pourtant un autre événement qui a marqué le couple présidentiel ce soir-là : l’incendie partiel de la Rotonde, brasserie du 105 bd de Montparnasse. Si l’on cherche les symboles qui accompagnèrent la prise de pouvoir du manager Macron, il faut se plonger en mai 2017. On a alors en tête peut être la longue marche dans la cour du Louvre, mais certainement aussi cette petite sauterie deux semaines plus tôt, qui rassembla ses soutiens et fidèles, c’était à la Rotonde, son Fouquet’s à lui.

Le 16 mars 2019, lors d’un des plus mémorable samedi jaunes, les GJs, prisonniers des Champs Élysées, incendièrent le Fouquet’s – comme pour dire qu’ils n’étaient pas obsessionnels, et que d’autres que ‘EM’ méritaient leur détestation. Le pouvoir entendit l’avertissement, et le 1er mai suivant, alors que la grande manifestation syndicale devait arpenter le quartier Montparnasse, la fameuse brasserie fut protégée par une bonne centaine de policiers anti-émeutes. « On » avait compris que sur la liste des brasseries peu appréciées, elle était plutôt bien placée.

Finalement ce n’est pas une manifestation qui provoqua sa dégradation symbolique, mais un acte nocturne. A sa suite, la machine à fantasmes policiers s’est certainement mise en branle : « on » imagina l’oeuvre de fameux (mais toujours introuvables) groupuscules toujours déjà radicalisés, ultra-jaunes ou gauche. Comme toujours depuis le début du mouvement des GJs cette hypothèse s’est avérée trop vulgaire. C’est le propre d’une situation pré-insurrectionnelle : lorsque le mécontentement est tellement large, partagé et diffus que chacun depuis là où il est fomente sa propre manière d’harceler le pouvoir.

Un suspect a été arrêté quelques semaines après l’incendie du bar à huitres. Nous ne connaissions pas Valentin B.. Ce que nous avons appris c’est qu’il était acteur, que sa vie tournait autour du théâtre et qu’elle s’est retrouvée prise dans le mouvement des GJ .On souhaite bon courage aux experts pour le « qualifier » de ceci ou de cela. Nous commencerons, de notre côté, par lui laisser la parole. Voici donc la lettre qu’il nous a fait parvenir depuis sa cellule.

On étouffe ! On étouffe !
Laissez-nous respirer, laissez-nous être, laissez-nous vivre ! Libres ! Dignes ! Debouts !

Quand la douleur se heurte au mépris et au cynisme. Quand l’autoritarisme prend le masque de la démocratie, alors, oui, il peut monter le coup de colère, elle peut venir l’envie d’effacer, même pour un instant, ce sourire serein et moqueur du visage de cette élite auto-proclamée qui détruit tout et de griffer le masque de tyran qui les inspire.

Ils crachent sur le peuple et piétinent nos droits dans le silence feutré des salons de velours rouge.

A ces « élites », que désormais seule la violence d’État et les propagandes éditoriales/publicitaires protègent, pour tous ceux qui souffrent par votre faute, je veux dire ceci :

Sachez que nous ne baisserons pas les yeux, nous n’aurons pas honte devant vos injonctions aux condamnations morales et que nous continuerons de rêver, que nous continuerons de lutter, car notre cause est belle, car notre cause est juste, car nous portons en nous l’invincible espoir d’un monde meilleur, où brille la lumière de la liberté.

Tous ceux qui « condamnent la violence » sans jamais en interroger les causes, ces éditorialistes, ces petites moralistes d’état, tous ceux qui obéissent au clergé médiatique et s’offusquent entre gens de bonne compagnie traitent l’action symbolique d’« attaque contre la démocratie ». « Mais où va-t-on ? », « Mais ce n’est pas comme ça que l’on exprime sa colère en démocratie ». Démocratie. Démocratie ?
Mais laquelle ?
Nous sommes au contraire un cri d’amour pour la démocratie, qui ne demande qu’à naître. Enfin ! Car la démocratie est aujourd’hui confisquée par une petite mafia qui se distribue tous les pouvoirs et manipule les consciences.
Oui, un cri de révolte lancé à la face de ceux qui se pensent au dessus des lois, au dessus des gens, prisonniers qu’ils sont de leur petit monde de compromissions et de corruption.
Un cri. Un cri pour tenter de les réveiller.
Enfin !

Puisse la fumé noire qui monte des rues de Paris, le samedi, le jour et parfois la nuit, leur remonter jusqu’au narines et peut-être leur rappeler que partout dans ce pays des gens souffrent en silence et ne parviennent plus à vivre.

Puisse le feu de la colère qu’ils ont allumé eux-même éblouir leurs yeux aveugles, si possible, et purifier leur âme corrompue… et pourquoi pas leur rappeler que l’on ne répond pas à la colère légitime d’un peuple par la violence et la mutilation de masse en toute impunité.
Ah oui ! Voilà les véritables attaques contre la démocratie. Sanglantes !
Qui sera jugé pour ces crimes de sang ?
Et par quelle justice ?
Où se cachent le(s) responsable(s) ?
Où faut-il venir le(s) chercher ?
Non, non, quand la violence disproportionnée et illégitime est utilisée systématiquement pour écraser le peuple souverain, il ne faut pas s’étonner que le ton de la résistance se durcisse un peu, non ?
État, « élites », je veux dire encore un mot, quand même.
Si notre violence est toujours proportionnée, symbolique, mesurée, la votre est criminelle : c’est bien notre sang que vous avez sur les mains ! Et aucune assurance ne remboursera le prix du sang versé. Dans ce combat, des gens honnêtes et droits engagent leur vie pour la dignité de toutes les autres. Et vous ? Que faites-vous ?
Vous qui condamnez la main qui jette l’allumette, drapés que vous êtes dans votre petite morale bon marché, ignorants que vous êtes de l’histoire des luttes et des révolutions, vous qui vous tenez pour toujours du côté des maîtres, des esclavagistes, des tyrans, des petits marquis poudrés, vous qui vous indignez de la perte provisoire de l’un de vos repères à huitres, vous restez muets, et aveugles – et lâches ! – devant la misère, la violence sociale et la répression sanglante que votre monde inflige à des gens vertueux, courageux, qui se battent pour la liberté et pour le droit de tous à vivre dignement. Oui, juste dignement ! Ne serait-ce pas la solution pour que cessent tout violences ? Dignement.

Nous sommes un cri. Un cri dans la nuit. Un cri d’amour, un cri pour la vie. Un cri vibrant d’espérance.

Un cri : nous ne sommes plus à genoux devant vous. Nous vous voyons. Nous n’avons plus peur.

À tous ceux qui se battent pour leurs droits, qui souffrent dans leur chair mais qui se tiennent debout, qui paient cher leur soif de justice, je dis : merci. Nous sommes le futur.

Valentin

 

 

Pau : Damien en prison à nouveau

Publié le 2020-02-25 01:09:10

Le compagnon anarchiste Damien Camélio est à nouveau en prison. Il est enfermé à la taule de Pau, pour purger une peine de 5 mois. Il a été condamné pour blessures sur agent de police, suite à une embrouille qui a eu lieu à Saint-Malo le 31 juillet 2017.

Damien n’était même pas au courant de cette condamnation : ses signatures en bas des notifications de la date du procès, de la condamnation et de la convocation devant le JAP sont fausses…

Le compagnon garde la pêche.
La solidarité c’est l’attaque !

Pour lui écrire :
Damien Camélio
n° d’écrou : 28499
Maison d’Arrêt de Pau
14, rue Viard
64000 – Pau

 

[in italiano][in english]

Montreuil (Seine-Saint-Denis) : Portes ouvertes à l’extincteur chez Pole Emploi

Publié le 2020-02-25 04:08:04

Indymedia Nantes / lundi 24 février 2020

Dans la nuit du 20 au 21 février on a unilatéralement pris rendez-vous avec le Pole Emploi de Montreuil, situé à Croix de Chavaux. Premièr.e.s arrivé.e.s pour les portes ouvertes du vendredi, nous avons vidé un extincteur plein de peinture sur l’entrée de cette institution de merde. Marrant de constater que quelques gouttes de peintures les obligent à fermer l’entrée pendant plusieurs jours.

Dans un contexte de galère généralisée, on est favorable aux initiatives qui s’attaquent directement aux dirigeant.e.s. Prenons tout ce qui nous appartiens, sans demander. Nous saluons les compagnon.ne.s qui ont auto-reduit un magasin bio à Paris et les actions de CROUS gratuit, un peu partout en France. Force aux mineur.e.s accusé.e.s d’avoir forcé les portes du métro pour permettre aux gens de voyager gratuitement.

Multiplions les actions contre la société du travail. Les raisons d’attaquer sont multiples. Elles ont été rappelées il y a peu par d’autres compagnon.ne.s. Utilisons nos revendications pour visibiliser nos actions afin des les multiplier le plus possible!

 

[in italiano][en español]

Montréal – Une boîte signalétique au bord des rails du CN part en fumée

Publié le 2020-02-26 10:23:06
Fév 252020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Dans la nuit de dimanche à lundi, une boîte électrique de signalement se trouvant aux abords du chemin de fer du CN dans Pointe-St-Charles, a été cramée. Nous espérons que le trafic soit interrompu à nouveau, et cela, le plus longtemps possible. Nous avons ciblé les rails car, non seulement sont-elles les infrastructures coloniales par excellence, mais une grande partie du transport des ressources naturelles transit par les voies ferrée. Nous saluons chaleureusement celles et ceux qui luttent contre l’extractivisme et la domination ; les mines qui détruisent les territoires (et même les mines de lithium, nécessaire à la conception de batteries de voitures électriques), l’exploitation et le transport du pétrole et du gaz naturel, la dévastation des forêts, d’un bout à l’autre du pays. Nous voulons la liberté, la dignité, l’autodétermination et une vie saine, pour tous et toutes sans concession.

La réconciliation est morte: proposition stratégique

Publié le 2020-02-26 10:24:17
Fév 252020
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-Info

LA RÉCONCILIATION EST MORTE

par tawinikay
(aka Southern Wind Woman)

La réconciliation est morte. Elle est morte depuis un certain temps.

Si une seule chose m’a apporté de la joie ces dernières semaines, c’est ce qui a commencé lorsque les matriarches de Unist’ot’en ont brûlé le drapeau canadien et ont déclaré la réconciliation morte. Comme une traînée de poudre, cette déclaration a traversé le cœur des jeunes aux travers des territoires. De leur bouche, les dents dénudées, ils ont fait écho : « la réconciliation est morte ! la réconciliation est morte ! » Leurs yeux sont plus aiguisés à percevoir une vérité que beaucoup de nos aînés ont été trop timides pour nommer. L’ère Trudeau de la réconciliation a été une farce dès le début. Elle a toujours été plutôt destinée aux colons canadiens qu’aux autochtones.

« La réconciliation est morte » est un cri de guerre.

Cela signifie que la pression pour respecter notre part du marché est terminée. La jeune génération a jeté les menottes au sol. Nous entrons peut-être dans une nouvelle ère, où le militantisme remplace la négociation et la contestation juridique. Une époque où nous commençons à nous soucier moins du jugement juridique et moral du colonisateur et plus de nos responsabilités.

Critiquer la réconciliation, ce n’est pas faire honte aux anciens et aux personnes qui ont participé à la Commission Vérité et Réconciliation, c’est attaquer un gouvernement qui a profité de ce moment de vulnérabilité pour renforcer son image globale. Je l’ai déjà dit et je le répète, je ne blâme pas notre génération âgée d’espérer un avenir plus pacifique. Ceux qui ont vécu l’horreur des pensionnats et le scoop des années 60, les jours d’autorisation de circuler et les abattages de chiens de traîneau ne pouvaient que souhaiter une vie meilleure pour les générations à venir. Il est de la responsabilité de ces jeunes générations de se lever et de dire que ce qui leur est offert n’est pas suffisant. C’est à nous de dire que nous préférons encore cent ans de lutte plutôt que d’accepter la douce assimilation qui nous est offerte. C’est à nous de remercier nos aînés pour leur service et de nous tourner ensuite vers les lignes de front avec nos plumes, nos tambours et nos poings.

Parce que les idées seules ne changent rien. C’est un mensonge libéral. Il faut que les mots soient supportés par l’action pour faire la différence. Cette action doit être entreprise ensemble. Ni les idées ni la pratique ne sont créées par les individus. Tout ce qui est écrit ici est le résultat de discussions et d’interactions avec d’autres défenseurs des terres, des amoureux, des anarchistes, des mères, des enfants et des résistants. Nous devons être responsables de ce que nous disons tout en reconnaissant que le savoir est créé par les communautés. Il faut toujours voir les choses de cette façon afin de subvertir la hiérarchie, de ne jamais permettre qu’une personne soit élevée au-dessus d’une autre.

Ce qui est écrit ici vous appartient donc à tous. Prenez-le et faites-en ce que vous voulez.
Discutez. Défendez-le. Dénoncez-le. Faites-en votre affaire.

Oubliez les règles.

Le Canada est un État colonial. Il existe pour gouverner un territoire et gérer les ressources de ce territoire. Ce n’est ni plus ni moins que ça. Il a fait un excellent travail afin de convaincre ses citoyens qu’il défend quelque chose, quelque chose de bon. C’est ainsi qu’il maintient sa légitimité. Le mythe national de la politesse et de la civilité gagne le soutien des électeurs. Il a été soigneusement construit au fil du temps et il peut être déconstruit. En fait, les règles du Canada changent tout le temps. J’écrirais bien davantage à ce sujet, mais la vérité est que je ne pourrais pas faire mieux que ce que j’ai récemment découvert en ligne. @Pow_pow_pow_power a récemment écrit ce qui suit :

Les gouvernements des colons ont inventé les règles au fur et à mesure depuis le début de leurs invasions. Alors que chaque génération lutte pour s’éduquer au respect des règles, ils les ignorent et font ce qu’ils veulent quand ils veulent. Cela ne devrait pas être une surprise. Il en a toujours été ainsi parce qu’ils se placent au-dessus de tout – des autres personnes, de nos frères et soeurs animaux, de l’équilibre de la nature et certainement de « ce qui est juste ». Les lois ont toujours été adoptées pour légitimer leurs caprices et leurs intérêts en tant qu’intentions de dirigeants apparemment rationnels, et pour nous garder soumis à leurs besoins.

Nous vivons actuellement à une époque où nos structures impérialistes se sont montrées très soucieuses de paraître ordonnées et civilisées aux yeux des autres régimes de pouvoir afin de cultiver un sentiment de supériorité. C’est pourquoi la violence à laquelle nous nous sommes habitués ne prend plus la forme de massacres, de tortures publiques et d’exils, mais de raids nocturnes et de disparitions, de criminalisations et de l’enfermement dans des systèmes de négligence. Elle est devenue plus dépendante de la violence structurelle et de l’effacement que de la violence directe, et donc plus insidieuse. L’insidieux est plus efficace et plus difficile à identifier comme source d’injustice.

C’est pourquoi, lorsque nous les abordons, dans la légalité, la paix, la rationalité, l’équité et la douceur, avec autant de grâce et de calme que possible, nous sommes facilement rejetés avec des sourires blancs polis de « meilleures intentions », de « regrets les plus profonds » et de « nous faisons de notre mieux », en fait « nous faisons mieux que la plupart ». Et lorsque nous insistons, plus fermement, plus passionnément, plus justement, la réponse des gouvernements des colons est aussi claire que nous le voyons maintenant : « Pourquoi ne pouvez-vous pas simplement obéir ? »

Les Canadiens veulent croire que la violence coloniale est une chose du passé, donc le gouvernement la leur cache. C’est pourquoi la GRC n’autorise pas les journalistes à les filmer alors qu’ils lancent leurs chiens sur les femmes qui défendent leurs terres. C’est pourquoi ils s’en tireront à bon compte.

Le temps est venu d’arrêter de chercher la justice dans le droit des colons.

Pour les peuples autochtones du Canada, il est impossible d’éviter la violence que nous inflige l’État. Lorsque nous levons le poing et que nous ripostons, c’est toujours un acte d’autodéfense. Toujours. S’engager dans la non-violence ou le pacifisme face à un ennemi violent est une chose dangereuse. Pourtant, essayer d’éviter d’utiliser la violence jusqu’à ce que cela soit absolument nécessaire est un principe noble. Un principe qui porte en lui le plus d’espoir pour un nouvel avenir. Mais que signifie la violence pour l’État colonisateur ?

Pour eux, prendre d’assaut un territoire avec des armes à feu et en retirer ses occupants légitimes, ça, ce n’est pas violent. Raser les sommets des montagnes ou les forêts coupées à blanc, ou aspirer le pétrole du sol pour ensuite le brûler dans l’air, ce n’est pas violent. Confiner des poulets, des cochons et des vaches dans de minuscules caisses, sans leur permettre de voir la lumière du soleil, en les utilisant comme des machines à manger, ce n’est pas violent.

Mais briser une fenêtre d’un bureau du gouvernement…
Cela va trop loin.

Il est temps que nous voyions leurs lois pour ce qu’elles sont : imaginaires et hypocrites. Les lois sur les colons existent pour protéger les colons. Nous ne sommes pas des colons. Nous sommes Michif. Nous sommes Anishinaabek. Nous sommes Onkwehón. Nous sommes Nêhiyawak. Nous sommes Omàmiwininì. Nous sommes Inuits. Nous sommes Wet’suwet’en. Alors pourquoi continuons-nous à faire appel à leurs lois pour notre légitimité ?

À chaque fois, les communautés dépensent des centaines de milliers de dollars pour contester les droits fonciers. La Première nation Chippewa of the Thames a utilisé l’argent gagné dans le cadre d’une revendication territoriale pour lancer une contestation judiciaire contre le Canada disant qu’ils n’ont jamais été consultés de manière appropriée, et qu’ils n’ont pas consenti à ce que le pipeline de la ligne 9 traverse leur territoire. La Cour suprême s’est prononcée contre eux, affirmant que les peuples autochtones n’ont pas le droit de dire non à des projets industriels sur leurs territoires. La ligne 9 est toujours opérationnelle. Les Wet’suwet’en ont sans doute remporté la plus importante contestation judiciaire de l’histoire du Canada. Le verdict Delgamuukw a vu les tribunaux reconnaître que le territoire des We’suwet’en n’est pas cédé, qu’ils détiennent le titre et la juridiction légale, et pourtant, regardez comment le Canada honore cela. Ce n’est pas avec des victoires juridiques que nous gagnerons notre terre et notre dignité. Le Canada se soucie aussi peu du droit canadien que du droit autochtone…

Il en va de même pour les Nations unies et leur précieuse UNDRIP. Nous avons vu que l’État adoptera les principes de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) et les interprétera en fonction de leurs besoins. Ce document stipule que les gouvernements et les entreprises doivent obtenir un consentement préalable, libre et éclairé pour s’engager dans des projets sur leurs territoires. La Colombie-Britannique l’a adopté et, pourtant, proclame que cela ne signifie pas qu’ils doivent obtenir le consentement des Wet’suwet’en. Le consentement ne signifiera jamais réellement le droit de dire non. Et l’ONU n’a aucun moyen de le faire respecter.

Le temps est passé pour les contestations judiciaires devant leurs tribunaux qui ne font que drainer nos ressources et nous ralentir. Je rends hommage aux parents et aux ancêtres qui ont tenté de trouver une solution pacifique, qui ont fait confiance aux bonnes intentions des autres humains. Mais les colons ont prouvé que les options pacifiques qu’ils nous ont offertes sont des mensonges. Trompez-nous une fois, honte à vous.

Il ne s’agit plus seulement d’Unist’ot’en.

Il s’agit de nous tous. D’un jour à l’autre, la GRC pourrait tenter d’intervenir et d’expulser le blocus ferroviaire de Tyendinaga. Je suis solidaire avec eux autant qu’avec les Wet’suwet’en. Il ne s’agit pas seulement de faire reculer le gouvernement et ses hommes de main militarisés à Unist’ot’en et Gitdum’ten, il s’agit aussi de les amener à desserrer leur emprise sur nous tous. Il s’agit de proclamer la mort de la réconciliation et de reprendre notre pouvoir.

Cela ne veut pas dire que nous devons oublier Unist’ot’en et les abandonner au moment où ils ont le plus besoin de nous. Il s’agit d’une proposition visant à élargir notre champ d’action afin que nous ne perdions pas notre élan vers l’avant si ce qui se passe à l’Ouest ne répond pas à nos rêves les plus fous. Il s’agit d’élaborer un récit plus fort.

Cela signifie que nous devrions réfléchir avant de prétendre que les Wet’suwet’en ont le droit à leur terre parce qu’elle n’est pas cédée. N’avons-nous pas tous droit à la terre volée à nos ancêtres ? Pour qu’une terre soit non cédée, cela signifie qu’elle n’a jamais été vendue, cédée ou perdue par conquête. La Proclamation royale de 1763 a exhorté le Canada et le Dominion à ne s’approprier des terres que par la conclusion d’un traité. C’est ce que les agents du Canada ont entrepris de faire. Ils ont continué à conclure des traités sur tout le continent, parfois en mentant sur le contenu des traités à des ancêtres qui ne parlaient pas anglais, parfois en trouvant celui qui signerait le traité sans se soucier de savoir si cette personne agissait avec le soutien de la communauté. Après la signature du dernier traité, le Canada a interdit aux Indiens d’engager des avocats pour contester les revendications territoriales. Et ils ont ensuite volé le reste de ce qu’ils voulaient. Ils ont continué à inonder les terres avec des colons jusqu’à ce que les peuples autochtones ne disposent plus que de 0,2 % des terres qu’ils protégeaient et sur lesquelles ils vivaient.

Je n’ai que faire d’en appeler à la légitimité d’un territoire non-cédé. Toutes les terres ont été volées. Le Canada ne possède de juridiction sur aucune de celles-ci, parce que tous les accords conclus pour les acquérir ont depuis été brisés.

On peut adresser la même critique à l’idée que la gouvernance héréditaire est le seul vrai leadership des peuples autochtones. Je ne suis pas pour les conseils de bandes. Mais c’est important de comprendre que plusieurs de nos relations ont perdu le système héréditaire qui nous a jadis aidés à bien vivre. Nous devrons raviver notre gouvernance. Nous pouvons nous inspirer des formes du passé et nous pouvons aussi en inventer de nouvelles. Toutes les formes d’organisation choisies librement sont légitimes. Notre légitimité ne sort pas de la bouche de nos leaders, mais elle réside dans notre connexion au territoire et à l’eau, ainsi que dans notre engagement à nos responsabilités envers toute la vie, celle d’aujourd’hui comme celle des générations à venir.

Tout ceci peut constituer une bonne chose, si nous l’acceptons ainsi. C’est insensé de croire que nous n’avons pas changé et évolué en 300 ans. De toute façon, nos systèmes se seraient transformés. Voilà une opportunité de combiner de nouvelles et belles idées avec les traditions et les cérémonies ancestrales des anciens, des communautés spirituelles où la hiérarchie est subvertie et le genre est libéré!

C’est le moment de tout renverser.

Le Canada a toujours eu peur que prenions notre pouvoir en mains. La réconciliation a été une distraction, une carotte agitée devant notre nez, une ruse pour que nous nous comportions bien. Le moment est venu de leur montrer à quel point nous voyons clair. Être déterminés et assurés ne veut pas dire ne pas avoir peur. Les temps qui arrivent sont dangereux. Dire : « Je n’obéirai pas », c’est dangereux.

La première chose à faire est d’arrêter de nous poignarder dans le dos entre nous. Siégez au conseil de bande si vous le voulez, mais que ça ne vous monte pas à la tête. Ne vous percevez jamais plus qu’un serviteur, un distributeur d’argent et quelqu’un qui fait respecter la loi. Ce n’est pas parce que vous êtes élu que vous avez gagné le respect de votre communauté. Ça ne fait pas de vous un aîné. Laissez-moi prendre le temps de lancer un gigantesque fuck you aux nations Métis qui ont signé les accords de pipeline parce qu’elles étaient si heureuses que le gouvernement les considère autochtones. Les Métis n’ont pas de droits de territoire en Ontario et continuent de signer des accords comme si c’était le cas, en poussant les nations autochtones qui ont réellement un territoire à se jeter sous un train. Laissez-moi étendre ce « fuck you » aux nations autochtones qui ont signé les accords de pipeline et restent en silence alors que leurs relations se font attaquer pour protéger l’eau. Ou encore pire, qui donnent des entrevues avec des lobbyistes pro-pétrole et des médias conservateurs en dénigrant les défenseurs de la terre dans leur entourage. Ne voient-ils pas comment les Canadiens dévorent leurs mots et salivent en constatant notre division, et l’utilisent pour dénigrer notre manière de vivre? Je n’excuse pas les attaques contre nos pairs qui ont perdu le chemin rouge, mais nous devons trouver une façon de les rallier à nous. Tout le monde n’est pas obligé d’être sur la ligne de front dans sa communauté, mais on devrait au moins refuser de coopérer avec le gouvernement colonial et les entreprises à son service.

La deuxième chose que nous devons faire, c’est agir. Mais nous ne devons pas nous limiter aux actions qui demandent le retrait policier du territoire Wet’suwet’en. Le gouvernement fédéral mène le bal; pas seulement à Unist’ot’en mais à tous les niveaux où des autochtones sont opprimés à travers le territoire. Toute attaque contre l’État canadien est une action de solidarité. Solidarité encore, toute affirmation de la souveraineté autochtone.

C’est le moment de commencer l’occupation dont vous rêvez.

Un bout de votre territoire a été annexé? Reprenez-le. Un nouveau pipeline doit être construit dans votre cour? Bloquez le chemin. Des propriétaires de chalets souillent le lac près de votre communauté? Donnez-leur un avis d’expulsion et installez un campement. Sabotez les fermes aquacoles qui tuent les saumons. Détruisez le barrage qui bloque la rivière. Jouez avec le feu.

Lorsqu’on canalise tous nos espoirs et nos rêves de lutte vers un même endroit, on va tout droit à l’épuisement avec le cœur brisé. Luttons pour le peuple Wet’suwet’en, oui! Mais honorons leur courage et leurs actes en les laissant nous inspirer à faire de même. Luttons pour eux en luttant pour le manoomin, les milieux humides et les grizzlis.

Choisissez bien vos complices. Les libéraux qui reconnaissent qu’ils sont en terres volées ont souvent trop investi dans ce système pour le voir changer réellement. Les communistes imaginent un système sans un Canada capitaliste, mais ils veulent un État communiste, qui aura inévitablement besoin de contrôler le territoire et de l’exploiter. Construisez des liens de confiance avec des ceux qui veulent la destruction de l’État pour que des communautés autonomes prennent place et pour restaurer l’équilibre entre les humains et toutes nos relations. Choisissez ceux qui écoutent plus qu’ils ne parlent, mais pas ceux qui feront tout ce que vous leur direz sans réfléchir. Ceux-là sont motivés par la culpabilité. Trouvez ceux dont le feu intérieur brûle pour un monde plus sauvage et plus juste. La plupart sont anarchistes, mais pas tous. Et tous les anarchistes n’ont pas un bon esprit.

La création d’un champ de bataille à plusieurs fronts divisera leurs énergies. Les blocages de chemins de fer fonctionnent! Si les sabotages ferroviaires nocturnes, les fils de cuivre et les blocages continuent et se multiplient, cela entraînera l’arrêt de tout le trafic ferroviaire dans cette terrible économie. Plus il y en aura, mieux ce sera. Ne le faites pas que pour les Wet’suwet’en, faites-le pour les rivières et les cours d’eau qui sillonnent sous les rails. Faites-le pour les ancêtres qui ont vu ces chemins de fer envahissants annoncer leur disparition.

Et comme le dit cette critique venant de Montréal : ne vous organisez pas en vue d’une arrestation intentionnelle et symbolique.

S’ils viennent exécuter une injonction, déplacez-vous vers une autre partie du chemin de fer.
S’ils arrivent avec une deuxième injonction, bloquez l’autoroute la plus importante dans les environs.
S’ils arrivent avec une troisième injonction, déplacez-vous vers le port le plus proche.
Restez en liberté et soyez féroce. Les gens d’Unist’ot’en et de Gidum’ten n’ont pas eu cette option, mais vous, vous l’avez. Anticipez leur prochaine intervention et gardez une longueur d’avance.

C’est un moment parmi bien d’autres. Nos ancêtres ont été habiles, parfois dans l’attente silencieuse, parfois en luttant, tout en continuant de transmettre secrètement nos cérémonies et nos histoires. Je les honore autant que je vous honore maintenant. Nous sommes encore ici grâce à eux, et nos enfants et nos petits-enfants seront encore là grâce à nous. N’oublions jamais qui nous sommes. Luttons avec cérémonie.

Je suppose que ceci est une proposition d’adopter une stratégie d’anarchisme autochtone, ici, sur l’Ile de la Tortue. Un rejet des tactiques qui demandent des choses à des gens puissants et un retour à la fabrication d’une multitude de solutions locales et diverses. C’est un rejet du style d’organisation à la Idle No More. Ne reproduisons pas les erreurs du passé (pour une critique détaillée d’INM, voir https://warriorpublications.wordpress.com/2012/12/12/idle-no-more-speak-for-yourself/ , et pendant que vous y êtes, lisez tout le reste). C’est un appel à choisir nos propres leaders et à créer une gouvernance qui refuse la hiérarchie. C’est une demande qu’on rejette la réconciliation et qu’on aille vers une revendication militante. L’idée d’un anarchisme autochtone est encore jeune. Écrivez-moi à ce sujet.

Ceci est un de nos moments. Faisons en sorte que ce ne soit pas qu’une demande de quitter Unist’ot’en, mais une demande de quitter tout le territoire. L’idée n’est pas que CGL cesse de faire de l’argent, mais de dénoncer le rôle même de l’argent. Ce moment parle de la colonisation partout. Ce moment nous concerne tous.

Aux colons qui vont inévitablement lire ce texte.

Ce qui est écrit ici vous concerne aussi. Pas dans le sens de : « Soulevez-vous et reprenez vos terres ». Ça, ça a déjà été fait.

Mais je lis les messages des récits d’actions et les médias, et je vous vois tomber dans toutes sortes de vieux pièges. Vous n’êtes pas seulement un rouage dans la machine de la solidarité. Vous pouvez aussi entreprendre des luttes dans votre ville. Souvenez-vous du Two Row: vous pouvez mener des batailles parallèles vers les mêmes objectifs.

J’ai entendu plusieurs aînés dire que nous ne gagnerons pas cette bataille seuls, et c’est certainement vrai. Merci pour les façons dont vous avez attaqué l’économie et l’État. Merci d’avoir répondu à l’appel. Maintenant, prenez ces réflexions et faites-en ce qui vous plaira.

Vous aussi devriez chercher des moyens de défendre le territoire et l’eau là où vous vivez. Chercher les manières de miner et d’affaiblir le pouvoir du gouvernement sur ces terres. Ne vous découragez pas si la GRC ne quitte pas Unist’ot’en. Ce n’est qu’une bataille parmi d’autres. Ce n’est qu’un début. Ne tombez pas dans le piège de faire appel aux lois canadiennes ou internationales.

Voyez-vous tels que vous êtes, telle qu’est votre communauté. Agissez de manière à créer un monde où la réconciliation est possible, un monde dans lequel les vôtres redonnent les terres et vous démantelez l’État canadien centralisé. Ne romantisez pas les autochtones avec qui vous vous organisez. Ne croyez pas que vous ne pouvez pas questionner leur jugement, ou choisir de vous organiser avec certains plutôt que d’autres. Trouvez ceux qui gardent une flamme vive dans le cœur, ceux qui préfèrent continuer à lutter plutôt qu’accepter la carotte de la réconciliation. N’agissez jamais par culpabilité et par honte.

Et ne vous laissez pas croire que vous pouvez transcender votre colonialisme en faisant du travail de solidarité. Comprenez que vous pouvez et devez trouver vos propres façons de vous connecter à ce territoire. À partir de vos propres traditions, héritées ou créées par vous-mêmes.

Imprimez ce zine et distribuez-le à vos compagnons autochtones [PDFs ci-dessous].
Prenez des risques. Rêvez grand. Poursuivez l’anarchie. Restez humbles.

CE ZINE A ÉTÉ PUBLIÉ PAR APHIKONA DISTRO
Contactez-les à aphikonadistro@riseup.net

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Pour plus de lectures sur le sujet (principalement pour les colons), voyez les derniers écrits de l’auteure – Autonomously & with Conviction: a Metis Refusal of State-led Reconciliation

Penza (Russie) : Le côté sombre de l’affaire “Réseau”

Publié le 2020-02-26 10:33:03

A2day.net / s.d. [mais peu avant le 23 février 2020]

Nous avons déjà exprimé par le passé notre opinion sur l’affaire « Réseau » et sur les contradictions qui y sont liées. Depuis, rien ne s’est amélioré. Les inculpés ont choisi le rôle typique des victimes du régime, sans se démarquer de toutes les autres. C’était plus pratiques pour les familles, les militant.e.s des droits de l’homme et les milieux libéraux, qui dénonçaient une nouvelle 1937 [référence aux procès que le régime stalinien a engagé contre des opposants, réels ou plus souvent supposés, en cette année ; NdAtt.]. Le procès du groupe de Penza s’est terminé, et les accusés ont reçu des peines énormes, de 6 à 18 ans.

Le pire, c’est que la défense est rentrée dans le jeu des autorités. Le FSB [les services secrets russes; NdAtt.] ont essayé de prouver le crime de conspiration anarchiste, tandis que la défense a passionnément nié l’existence même d’une organisation anarchiste, sans contester son caractère « criminel ». Mais, dans cette affaire, l’existence d’un groupe clandestin anarchiste aurait été de la plus grande importance, puisque cela aurait donné un sens à la punition cruelle qui avait lieu : au moins quelqu’un.e aurait osé défier cette autorité tant détestée. Qui sait, si les gars avaient endossé une position active de participants à un groupe anarchiste clandestin, les autorités n’auraient peut-être pas osé les faire connaître avec des sentences si énormes.

Au lieu de cela, il n’y a eu que d’autres victimes du système répressif russe, punies de façon démonstrative, pour intimider la société. Les autorités et l’opinion publique ne se sont pas souciés de l’idéologie de ces types, l’anarchisme est resté parole morte, sans aucun contenu. Pour les autorités, le fait de se justifier et la non-violence semblent être des éléments aggravants ; les faibles sont toujours frappés et punis d’autant plus qu’ils clament leur innocence. Dans cette affaire, l’effet d’intimidation maximale est atteint et il a été largement relayé et diffusé parmi l’opinion publique. Nous ne pouvons que regretter cette évolution.

On aurait pu s’arrêter là, si la situation n’avait pas été encore pire. Il y a des côtés sombres dans cette affaire, qui ont été constamment passés sous silence par le groupe de solidarité, ainsi que par d’autres personnes. À l’automne 2019, plusieurs filles ont accusé Arman Sagynbaïev de sadisme, de viol et d’abus de confiance. Il s’est avéré que les participant.e.s du groupe de Penza, ainsi qu’un certain nombre d’autres anarchistes, connaissaient dans une certaine mesure ces faits. Le groupe de Penza a même éloigné Sagynbaïev « pour son attitude inacceptable envers les femmes », mais il est resté en contact avec lui, d’une certaine manière. Cependant, Sagynbaïev n’était pas le plus grand salaud parmi eux.

Au début, on savait que Kulkov et Ivankin étaient accusés de trafic de drogue. Cela semblait n’être qu’un épisode privé, insignifiant. Avec le temps, la véritable ampleur de cet « épisode privé » a été connue, par le biais des documents de l’affaire et à la correspondance de Tchernov, versée au dossier. Au moins sept (!) personnes de la bande de Penza, sous la direction de Pchelintsev, étaient impliquées dans la production et le commerce de drogue à une grande échelle. Il est probable que seulement Shakursky et Kuksov, qui se tenaient un peu à l’écart des autres, n’aient pas été au courant de ce qui se passait. Rien que cela suffirait pour tourner le dos avec ressentiment à ces personnes et pour avoir une discussion publique sur cette situation. Alors, comment les membres de ce « cartel de la drogue de Penza » peuvent-ils être considérés comme des révolutionnaires et des héros ?

Mais les faits sont encore plus choquants. Pris au piège pour la drogue, Kulkov, Ivankin et Poltavec ont décidé de s’enfuir. Ils étaient accompagnés de deux autres personnes qui participaient au trafic de drogue, qui ont décidé ensuite de rentrer chez elles. Au lieu de rentrer, elles ont été simplement tués, parce que que témoins indésirables. Nous ne considérons pas fondamental de savoir qui précisément les a tués, cela sont les conséquences typiques de la transformation d’un collectif en une bande de trafiquants de drogue.

Le groupe de soutien craignait que de telles informations ne portent atteinte à la réputation des autres accusés dans l’affaire « Réseau ». Depuis février 2019, le groupe de soutien a continué à façonner une image positive des accusés de Penza, en manipulant les sentiments et la solidarité de tou.te.s ceux/celles qui croyaient en eux, en Russie et dans le monde entier. Comme on peut le constater, couvrir des crapules, même avec des bonnes intentions, ne peut qu’entraîner les pires conséquences pour tout le monde. En raison de ce genre d’attitude envers le mouvement anarchiste, il est impossible de faire encore confiance à l’Anarchist Black Cross Moscou ; nous ne pouvons pas être sûr.e.s qu’ils ne cachent pas des informations de ce genre.

Nous tenons particulièrement à souligner, vis-à-vis des anarchistes du monde entier, que les membres des groupes autonomes du Réseau de Saint-Pétersbourg et d’autres villes n’ont rien à voir avec les événements honteux de Penza.

Nous appelons à la solidarité avec Ilya Romanov, Viktor Filinkov, Julian Boyarshinov, Azat Miftakhov, Evgeny Karakashev.

Most (République Tchèque) : Procès Fenix 2 : sixième audience

Publié le 2020-02-26 10:33:04

reçu par mail / mardi 25 février 2020

Lundi 9 mars, à 8h30, au tribunal de Most (République Tchèque), il y aura la prochaine audience du procès Fenix 2. A cette occasion, il y aura les auditions des témoins et des experts qui ont donné leurs avis sur les sujets suivants :

– politologie (Miroslav Mareš)
– expertise du langage et détermination de l’auteur d’un texte (Václava Musilová)
– psychologie clinique (Pavel Král)

Pour rappel, les inculpé.e.s dans ce procès sont quatre anarchistes et un.e militant.e écologiste ; elles/ils risquent de 3 à 10 ans de prison. Montrons notre solidarité aux inculpé.e.s avec la présence au tribunal ou avec toute autre action de solidarité.

Contre les lieux d’enfermement en France et ailleurs, attaquons Eiffage !

Publié le 2020-02-26 13:23:05

90 jours de rétention maximale, 481 nouvelles places en CRA dans les prochaines années en France hexagonale : l’État s’emploie à enfermer, torturer et expulser de plus en plus d’étranger·ère·s. Et il ne lésine pas dans la guerre qu’il mène contre les personnes qui n’ont pas les bons papiers.



Ainsi, entre la réouverture des CRA de Hendaye et de Geispolsheim,l’extension des CRA de Nîmes et de Coquelles, le lancement de la construction des CRA de l’Olivet, de Bordeaux et du second CRA de Lyon (voici une photo de présentation du projet), les appels à projets fleurissent sur les plateformes d’annonces de marchés publics, et les promoteurs immobiliers constructeurs de taules partent à la cueillette. Les boîtes qui collaborent avec l’État dans l’industrie de l’expulsion lorgnent logiquement sur les dizaines de millions d’euros d’argent public qu’elles peuvent empocher !

Une poignée d’entreprises se partagent le marché (Thémis – FM [filiale Bouygues], Gepsa [filiale d’Engie], Sodexo, Spie Batignolles, Eiffage) [1]. Ciblons plus particulièrement Eiffage, groupe expert de la construction immobilière répressive et mortifère !

Eiffage gère 100 000 chantiers en France et à l’international ; parmi ceux-ci, on compte la gestion de la « réalisation » du nouveau CRA de Lyon à Colombier-Saugnieu (69), dont les travaux vont s’étendre de mai 2020 à septembre 2021. Eiffage sera assistée par l’entreprise ICAMO, qui sur son site internet place la construction d’un CRA dans la rubrique « Sureté » [2].

Eiffage, c’est des millions d’euros amassés sur le dos des sans-papiers qui subissent la violence de l’enfermement dans les CRA, tandis que l’entreprise redore son blason en prétendant avoir un discours écologiste [3] et être contre les discriminations [4]. PDG d‘Eiffage depuis 2016, Benoît de Ruffray aurait perçu un salaire global de 1 515 416 € [5] en 2016 quand son groupe présente un chiffre d’affaires pour l’année 2018 de 16,6 milliards d’euros [6]. Faire trimer des ouvriers pour faire construire des taules, ça paie.

L’entreprise reçoit de l’argent de l’État qui, lui, s’endette durablement (c’est le principe des fameux partenariats public-privés). Les populations pauvres, racisées, sans-papiers, construisent ces taules et risquent d’y être enfermées.

De l’État aux entreprises, les acteurs de la machine à expulser participent à bâtir et entretenir ce monde d’exploitation et de domination qui a besoin de prisons et de frontières pour continuer d’exister.

Déclare ta flamme aux boîtes collabo !
Contre Eiffage, on s’organise !
À bas les CRA et les frontières !



Notes

Minsk (Biélorussie) : Solidarité avec l’anarchiste emprisonné Nikita Emelyanov

Publié le 2020-02-26 13:32:09

A2day.net / s.d. [mais peu avant le 23 février 2020]

Emelyanov était en troisième année à l’Université technique nationale de Biélorussie et travaillait comme coursier à côté de ses études. Il a été arrêté avec un complice le 20 octobre 2019, car soupçonné d’avoir essayé de mettre le feu à la prison pour détentions provisoires de Minsk, le SIZO1. L’action a été menée en solidarité avec des prisonniers politiques. Le juge Alexander Yakunchikhin l’a condamné à 7 ans de prison dans une colonie à régime renforcé.

Emelyanov est arrivé à l’anarchisme progressivement, en évoluant à partir d’une position social-démocrate, avec un bref passage par des idées nationalistes de gauche. Il était administrateur du canal Telegram « Chorny Supracivus ».

« Je ne voulais pas m’adresser à des dirigeants, je voulais être autonome ».

Se rendant compte qu’il était anarchiste, Nikita a pris la sage décision de ne pas rejoindre les organisations existantes. Les groupes anarchistes, qui sont sous étroite surveillance policière, ne peuvent vous apprendre que l’intrigue et la façon ne pas dépasser les limites établies par le système, transformant ainsi la lutte anarchiste en une farce. Au lieu de simuler un activisme, Nikita a choisi le chemin des attaques directes contre l’État.

Après avoir mené une belle attaque contre la prison et avoir réussi à s’échapper, le compagnon est tombé sur une patrouille de police et a été interpellé, avec un complice.

« La patrouille a vu deux jeunes hommes à un feu de circulation. Les fonctionnaires se sont approchés d’eux et leur ont demandé de montrer leurs documents et ouvrir sacs à dos. Ils ressemblaient à des randonneurs et ce qui était encore plus suspect, c’est qu’ils étaient habillés assez légèrement, par rapport au temps qu’il faisait. Ils avaient des pulls à capuches et des coupe-vents dans leurs sacs à dos, l’un d’eux sentait les produits chimiques ». (d’après le témoignage des flics)

Malheureusement, des erreurs qui ont été commises ont attiré l’attention de la patrouille. Des habits bizarres pour la saison, de l’essence dans son sac à dos, attendre à un feu de circulation, à un endroit visible… Une fois arrêté, Nikita s’est comporté avec fermeté, il a refusé de déverrouiller son téléphone et de parler aux enquêteurs.

Les recherches ultérieures et l’expertise informatique n’ont donné aucun résultat. La préparation de l’action avait été faite avec soin ; les matériels compromettants et les informations sur les participant.e.s avaient été nettoyés à l’avance. Aucune substance combustible n’a été trouvée sur les vêtements ou sous les ongles. L’itinéraire de retour a été retracé grâce à des caméras de surveillance de différents magasins, de son lieu de résidence à d’autres endroits de la ville, mais les participant.e.s à l’action n’y apparaissent pas.

N’ayant aucune preuve directe, les policiers ont eu recours à leur solution préférée et ont fait pression sur le complice de Nikita, Komar. Celui-ci a rapidement craqué et a signé une confession. En réalisant que son complice avait craqué et compte tenu des circonstances de son arrestation, Nikita a décidé de ne pas nier l’ensemble des accusations et a essayé de tout prendre sur lui. De cette façon, le tribunal n’aurait pas pu les inculper d’ « association » et les peines auraient été bien plus légères. Cependant, dans son témoignage lors de l’enquête, Nikita a commis une erreur et a dit qu’il y avait eu une distribution des rôles (prendre des photos, faire le guet, monter la vidéo), et que l’achat du matériel pour le cocktail Molotov avait été fait ensemble.

Pendant sa détention, Emelyanov n’a pas perdu courage, malgré l’interdiction de recevoir ou envoyer du courrier pendant toute la durée de l’enquête. Pour protester contre l’interdiction de correspondance, il a envoyé des lettres avec des dessins de flics, avec ses commentaires, ce qui lui a valu le mitard. Les policiers ont demandé les noms des participant.e.s à d’autres actions, ainsi que l’accès à son canal Telegram, en vain.

Au cours du procès, face à la possibilité d’une longue peine de prison, Nikita a fait preuve de courage et de dignité personnelle, sans se rabaisser à demander clémence. Contrairement aux inculpés de l’affaire « Réseau », Emelyanov n’a pas caché ses idées, afin de faire passer comme un pacifiste, et sa dernière déclaration au procès a été faite avec impassibilité. « Je crois que, dans la lutte pour la liberté, la justice et les droits humains, le but justifie les moyens ».

Nikita Emelyanov a prouvé qu’il était un anarchiste cohérent et un combattant digne d’exemple. Des idéaux et des qualités personnelles élevés exigent un prix élevé, que notre compagnon a accepté la tête haute, ce pour quoi il est respecté et tenu en grande estime.

Des tags sur des permanences électorales et sur la maison d’un facho

Publié le 2020-02-26 20:29:04

Nancy : Le facho n’a pas de permanence ? On tague chez lui

L’Est Républicain / mercredi 26 février 2020

« Je n’ai pas pris de local de campagne pour ne pas être la cible de dégradations et finalement je les subis quand même mais à mon domicile. Je suis choqué, ma famille aussi, un pas supplémentaire a été franchi ». Grégoire Eury, tête de la liste RN (Rassemblement National) aux municipales à Nancy qui n’est pas encore tout à fait bouclée, a été la cible d’un acte de vandalisme. La porte de son domicile à Nancy a été taguée. Des insultes ont été écrites à la peinture blanche.

« Heureusement qu’un voisin a surpris le vandale, qui a pris la fuite, sans cela je pense que tout l’immeuble aurait été ainsi dégradé », estime Grégoire Eury, qui a annoncé le dépôt d’une plainte.
Ce mardi à 23 h, un homme portant un long manteau noir et le visage partiellement dissimulé sous une capuche a eu le temps d’écrire quelques insultes sur la porte qui visaient nommément le candidat, avant d’être interrompu par le voisin. Ce jeudi main, les services de la Métropole ont procédé au nettoyage.

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Châteauneuf-sur-Charente (Charente) : Trop ambitieux, le politicard 

extrait de Sud-Ouest / lundi 24 février  2020

[…] La permanence électorale de Pierre Berton a été taguée. On peut y lire « Trop ambitieux pour Saint-Simeux ». L’actuel maire de Saint-Simeux et candidat à Châteauneuf préfère jouer la carte de l’humour sur Facebook. […]

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Metz : Le nouveau visuel de LREM

France3 / dimanche 23 février 2020

Samedi 22 février 2020, Richard Lioger, député LREM et candidat aux municipales à Metz (Moselle) a été pris pour cible par des militants. Ils ont apposé des autocollants détournant le sigle de « La République en Marche » sous forme de croix gammée nazie sur la vitrine de la librairie. […]
Dans le centre ville de Metz, sa permanence, a également été recouverte d’autocollants en forme de croix gammées, référence au nazisme. […]

Bure : sabotage d’un forage de l’andra

Publié le 2020-02-27 17:19:05

Il semble qu’on se soit introduit dans une des grosses boîtes vertes qui protègent les forages de l’Andra le long de son projet de voie ferrée.
Cette voie ferrée qui doit servir au chantier de Cigéo puis au transport des déchets radioactifs.

La sonde a été retirée, le forage bétonné et le matériel électronique, subitement exposé, a été tout cassé.

Cigéo ne se fera pas.
Partout, attaquons l’industrie nucléaire.

https://www.liveleak.com/view?t=CtZGs_1582664082

Nîmes (Gard) : Histoire peu banale d’un fraudeur des transports – 25 février 2020

Publié le 2020-02-27 17:20:05

Deux bus de la ville ont été pris pour cible, dans la matinée de ce mardi 25 février, à hauteur du quartier du Chemin-Bas d’Avignon à Nîmes.

Les deux bus ont eu plusieurs vitres brisées. Un homme d’une trentaine d’années a rapidement été interpellé par les forces de police et placé en garde à vue. Il a expliqué aux enquêteurs qu’il était un habitué des bus de la ville qu’il prenait sans payer. Il a été destinataire de plusieurs procès-verbaux. Des PV qu’il n’aurait pas payé et qui se sont soldés par la venue d’un huissier à son domicile…

Il explique avoir attaqué les bus en réponse au harcèlement que lui ont récemment fait subir les percepteurs de l’Etat.

« Il était recherché pour une précédente condamnation à 14 mois de prison« , complète Patrick Bottero, le vice-procureur de permanence. Une ancienne condamnation qui pourrait le conduire dans la soirée en détention outre sa nouvelle procédure pour les dégradations sur les bus Tango. »

[Repris de ObjectifGard, 25.02.2020]

Aller chercher le facho en campagne, à sa permanence ou directement chez lui – Fin février 2020

Publié le 2020-02-27 20:19:05

Bruay-la-Buissière : aller chercher le député facho dans sa permanence – 25 février 2020

« Mardi 25 février, en fin d’après-midi, le député Rassemblement national et candidat à la mairie de Bruay-la-Buissière, Ludovic Pajot, a dénoncé une forme d’attaque perpétrée contre sa permanence parlementaire. Il rapporte : « Alors qu’il travaillait, mon collaborateur, Jimmy Vallé a été agressé par deux individus. »
Toujours selon le député, les deux intrus auraient tenté d’« extirper » son collaborateur à l’extérieur du local. Dans la confusion, Jimmy Vallée est lourdement tombé, se blessant à une main.
« Mon collaborateur est particulièrement traumatisé  », déclare Ludovic Pajot. Une plainte a été déposée. Au-delà de cet épisode, le benjamin de l’Assemblée nationale confie : « Cette agression fait suite à de multiples actes de vandalisme perpétrés contre ma permanence parlementaire depuis plusieurs mois. Le dernier date du mois de janvier avec des inscriptions anarchistes et des insultes diverses. » En 2017, il avait lui-même essuyé des coups sur la Grand’Place de Béthune. » (L’Avenir de l’Artois, 25.02.2020)

Nancy (Lorraine) : Le politicien facho a beau se planquer … (23 février 2020)

Grégoire Eury, tête de la liste RN (Rassemblement National) aux municipales à Nancy, a beau n’avoir pas pris de local de campagne pour ne pas subir de dégradations, il en reste qu’il a bien un domicile à une adresse… Ce mardi 23 février 2020 vers 23h, la porte de son domicile à Nancy a été taguée. Des insultes ont été écrites à la peinture blanche. » (L’est républicain, 26.02.2020)

 

Munich, Allemagne : Incendie d’une antenne-relais à Unterhaching – 19 février 2020

Publié le 2020-02-28 10:14:05

Ce mercredi matin (19 février 2020) vers 6h00, un.e ou quelques assaillant.e(s) a/ont mis le feu à une antenne-relais et à deux boîtiers électriques, à l’aide d’engins incendiaires, dans la forêt de Perlach à proximité de l’autoroute 995.

Malheureusement, les pompiers ont pu éteindre les flammes avant qu’elles n’embrasent l’antenne car un automobiliste qui passait devant a remarqué la lueur de l’incendie. Toutefois, les dégâts matériels sont chiffrés à plusieurs milliers d’euros.

L’extension du réseau de données par l’installation d’antennes-relais est une composante importante de la restructuration technologique en cours de Munich. Cela permet non seulement une réception permanente pour les téléphones mobiles (ayant internet) qui peuvent fournir en permanence des données sur leurs propriétaires à diverses entreprises mais permet également à toutes sortes d’appareils innovants de communiquer entre eux et ainsi d’établir un réseau de contrôle. Que ce soient des caméras, des offres de (micro)mobilité, des réverbères intelligents ou bien les innombrables gadgets connectés que tant de gens portent sur eux de manière volontaire, tous ces appareils contribuent à nous rendre toutes et tous contrôlables de façon subtile. Avec l’introduction prochaine de la nouvelle norme de télécommunication 5G, les maillages de ce réseau ne feront que se resserrer : des milliers d’antennes supplémentaires feront en sorte que chaque coin de cette ville soit couvert par l’émission d’ondes radio.

L’attaque de l’antenne-relais dans la forêt de Perlach est loin d’être une première contre cette infrastructure à Munich. En novembre 2019 une antenne de télécommunication a brûlé dans la Landsberger Straße, après que le(s) assaillant.e(s) aient mis le feu à une plateforme à une hauteur de 40 mètres, en mars et en décembre 2019 des assaillant.e.s ont incendié plusieurs faisceaux de câbles à fibre optique de Vodafone et des services municipaux sur des ponts et depuis des mois on voit partout en ville des trottinettes électriques, des vélos en « libre-service » et autres sabotés.

[Traduit de l’allemand de Zündlumpen Nr 54 (Anarchistisches Wochenblatt), 24. Februar 2020]

Mexique : Appel à l’action anarchique pour le mois de mars, par des « Sorcières phénoménales et insurrectionnalistes » [+ Aperçu des récentes émeutes à Hermosillo et à Mexico]

Publié le 2020-02-28 10:15:09

Faisons de mars le mois le plus chaud de l’histoire !

Appel urgent à l’action anarchique:

En tant que GUERRIÈRES ANARCHIQUES EN LUTTE CONTRE LE PATRIARCAT, nous appelons toutes nos compagnonnes à être présentes dans le combat de rue le dimanche 8 mars et à prolonger l’insurrection tout au long du mois de mars : un jour n’est pas suffisant pour exprimer toute notre colère !

Nous sortons de nouveau avec notre rage contre le système et espérons répandre la colère dans les parties endormies du soit-disant « mouvement féministe ».

Ceci est une guerre et nous nous y sommes préparées. Nous savons que depuis les hauteurs du pouvoir on prépare la répression de la manifestation. Mais nous ne sommes pas intimidées, nous transformerons la protestation en insurrection généralisée.

Lors de sa messe-cirque matinale, le président peje-ganzo-caca, il lance chaque jour la machine à manipulation et tente de transformer la réalité pour s’assurer le soutien de l’opinion publique et pouvoir réprimer à son aise.

Il a d’abord accusé les anarchistes d’être « conservateur.e.s » et il élargit à présent ce titre à ce qu’il nomme « le mouvement féministe ».

Il accuse une « main noire » dans la lutte pour la destruction du patriarcat. Il dit que derrière la rage en raison du fait qu’ils nous violent et nous tuent, se trouve la main de la droite, du fascisme.

Cet inversement des rôles est le scénario de changement de réalité que tente d’imposer le pouvoir.

Encore une fois, ils pensent nous prendre pour des connes mais nous ne nous laissons pas tromper. Nous savons qui sont les vrais conservateurs et fascistes. Tout gouvernement est par essence conservateur et fasciste.

Dans sa Quatrième Transformation les exemples de conservatisme abondent… L’alliance entre le fascisme évangélique et la gauche bolchevique vintage est la principale preuve de l’union des porcs misogynes.

Le message matinal de moralité chrétienne et leur appel à renforcer la famille hétéro-patriarcale mexicaine en sont la preuve. La structure de la famille hétéro-patriarcale est la base de l’État (sacré ou laïc) et la continuité du patriarcat.

Comme nous l’avons déjà dit : nous sommes conscientes de la présence au palais national d’un fasciste misogyne et sexiste, pro-vie, ultraconservateur et évangéliste auquel s’est alliée la gauche dans son opportunisme permanent visant à « prendre le pouvoir » à tout prix.

Ils peuvent tromper les bonnes gens (heureuses, satisfaites et ignorantes) mais nous NON. C’est pourquoi nous ne limiterons pas la révolte. Nous continuerons à libérer les tourniquets du métro tout au long du mois de mars, appelant à la désobéissance individuelle et collective, en propageant la colère…

Nous ne voulons ni de dialogue ni de nouvelles lois : nous voulons détruire le système hétéro-patriarcal. Et nous le ferons avec toute notre créativité, comme nous l’enseigne Mme Yakul, en apprenant des insurgé.e.s chilien.ne.s, non pas avec des tambours et des chorégraphies mais avec des pierres et des cocktails Molotov.

La lutte a atteint un tournant décisif : propageons la révolte.
Que le ciel éclat dans sa totalité avec son dieu de merde !
Détruisons tout ce qui nous domine !
La place du métro « Insurgés » sera la Place des Insurgées !
Si un jour nous ne rentrons pas chez nous : allumez des barricades, pas des bougies !
Ni Dieu, ni État, ni Maître ni Mari !
L’État-Capital, avec AMLO ou sans AMLO, tisse le patriarcat !
Détruisons tout ce qui nous opprime et nous conditionne !
Solidarité anarchique avec tou.te.s les compagnon.ne.s incarcéré.e.s partout dans le monde !
Contre la civilisation patriarcale !
Pour le contrôle de nos vies !
Pour la destruction du genre !
Pour la tension anarchique internationale !
Pour l’anarchie !
Feu à tout ce qui existe !

Sorcières phénoménales et insurrectionnalistes, anciennement Femmes Sorcières et Insurrectionnalistes.
[Fenoménicas Brujas e Insurreccionalistas (F.B.I), antes Féminas Brujas e Insurreccionalistas]

Ville de Mexico, lundi 24 février 2020

[Reçu par mail et traduit de l’espagnol ici-même, 24.02.2020]


Depuis cet été 2019 à Mexico, la révolte contre la société hétéro-patriarcale ne faiblit pas (cf les articles mis en lien dans le texte ci-dessus).

La dernière manifestation vénère « contre la violence du genre » remonte au dimanche 23 février 2020 et s’est tenue à Hermosillo (dans l’Etat de Sonora): plusieurs centaines d’enragées  (plus de 500 personnes selon les médias) ont déambulé à partir de 18h, taguant de nombreux slogans contre le système-hétéro-patriarcal, les meurtres et les violences sexistes sur les façades de bâtimets d’Etat. Puis le cortège est allé jusqu’au tribunal. Plusieurs d’entre elles ont pénétré de force à l’intérieur, en brisant des vases et des vitres, en retournant et détruisant le mobilier, mais aussi en mettant le feu à des documents judiciaires. Cette protestation s’est tenue en mémoire de nombreuses femmes violées et assassinées.

Le tribunal de Hermosillo saccagé

idem


Vendredi 14 février à Mexico, plusieurs centaines de femmes ont exprimé leur rage collectivement après un énième meurtre sexiste, celui d’Ingrid Escamilia, poignardée par son mec/mari au nord de la ville. Des tags ont été tracés sur diverses façades du Palais National/Présidentiel contre le patriarcat et la violence de genre. La colère s’est ensuite exprimée contre les médias puisqu’en véritables charognards, les journaflics n’ont pas hésité à publier des photos du corps déchiqueté dans leurs torchons, fournies par le médecin légiste et les flics. C’est notamment ce qu’a fait le journal ‘La Prensa’, ce qui lui a valu une visite plus tard dans la journée. Après avoir tagué et brisé des vitres du siège du journal, des dizaines de personnes cagoulées ont ensuite mis le feu à quatre de leurs véhicules (la plupart étant des camions). 

 

Prison d’Alessandria (Italie) : Une lettre de Peppe

Publié le 2020-02-28 10:16:04

Round Robin / lundi 17 février 2020

Centre de détention « San Michele » (Alessandria), 8 février 2020

Une forte accolade à tous les compagnons qui m’ont soutenu et à ceux qui, à une heure inattendue, ont exprimé leur bruyante solidarité devant la prison d’Alessandria, ainsi qu’a ceux qui, même si enfermés, ont le cœur qui bat pour l’action directe contre l’État, l’Église et le Capital et leurs serviteurs en uniforme, afin d’essayer de se libérer des chaînes physiques et mentales avec lesquelles les Procs’, l’AP et le parquet de Turin voudraient nous enserrer.

Ces messieurs essayent à tout moment de nous annihiler, mais je vous garantis qu’ils n’y arriveront jamais, parce qu’en tant qu’anarchistes, en vivant notre tension chacun à sa manière, en détruisant et en sabotant cette société oppressante avec les moyens à notre disposition et quand nous le voulons, on a déjà gagné et on a ressui a faire sauter le verrou qui ferme cette chaîne autour de nous !!! Parce que, comme tous les compagnons dehors, qui peuvent exprimer leur rage de milles façons différentes, nous luttons toujours dans le même but de détruire ce statu quo !!!
En effet, les tentacules pourris, empoisonnés et mortels de l’État répressif, qui s’allongent de jour en jour, essayent de nous briser et de nous envelopper dans leur obscurité. Il suffit de peu pour les obliger à lâcher prise : une coupure, quelques brûlures ou bien attaquer la pieuvre directement au cœur, là où on peut lui faire le plus de mal possible, en arrivant ainsi à échapper à la sale machine de la répression !!! Pour nous, prisonniers anarchistes et révolutionnaires, ou autres, la confrontation avec l’autorité est comme une guerre dans les tranchées : nous sommes tous les jours face à face avec l’ennemi et même si nous avons peu de possibilités de mouvement, on arrive à garder vivante cette noble idée d’opposition aux prisons et à la société qui les maintient, contre leurs cellules, contre ceux qui voudraient nous priver de nos choix.

C’est justement de cela que je voudrais parler, de mes choix et de la façon par laquelle un individu peut et veut s’exprimer. Le 20 janvier, cet amour de la Proc’ Pedrotta m’a fait notifier la date de l’interrogatoire, le 7 février, dans la prison d’Alessandria. Avec mon avocat, j’ai choisi de ne pas me présenter, car j’aurais utilisé mon droit de ne pas répondre, et on lui donc a communiqué ce choix et depuis l’intérieur et depuis l’extérieur de la prison [c.à.d. que le refus a été communiqué par Peppe et aussi par son avocat ; NdAtt.]. Cet amour de Proc a rejeté notre demande et a décidé que si je ne me présentais pas, les matons seraient venus me prendre par la force, dans ma cellule, pour m’amener dans la salle réservée aux juges, toujours à l’intérieur de la prison d’Alessandria. Mais, mes chers compagnons, cet « amour » de Proc n’a pas beaucoup de fantaisie, parce qu’elle a fixé l’interrogatoire à la date anniversaire de l’opération « Scintilla », qui, il y a un an, a frappé les compagnons de Turin, et moi aussi, qui habite en Veneto, et a même réussi à frapper à la porte blindée d’un autre compagnon, déjà incarcéré et sous enquête pour une autre affaire ! [Peppe parle probablement de Beppe, incarcéré suite à l’opération Prometeo et récemment accusé d’une attaque comprise dans l’affaire Scintilla ; NdAtt.]

Par ces éléments, on a bien compris que la Proc’ essaye de faire sa carrière sur notre peau :
1. elle n’a aucune intention de clôturer l’enquête
2. elle essaye obstinément de capturer, au delà des Alpes, quelqu’un qui s’est mis au vert, en utilisant tout instrument cruel, en espionnant, en dénigrant et intimidant ceux qui sont dehors « en liberté », de façon à faire la terre brûlée autour de nous, et, pour en rajouter à sa mesquinerie, elle nous fait enfermer dans une section de prison inhabitable. Ou même dans une sections pour prisonniers protégés [c’est à dire les balances et les prisonniers accusés de viols, qui ne peuvent pas rester dans les sections avec les autres prisonniers ; NdAtt.]. Mais elle n’obtient rien.

Indigné par tout cela, un seul son sort de ma bouche : « La seule ordure c’est vous, Procureur Pedrotta ! ». En effet, ma réponse à un interrogatoire forcé n’a pas tardé, ayant dans mon cœur le souvenir de l’expulsion de cette magnifique maison qui se trouvait en Barriera di Milano [l’Asilo occupato ; NdAtt.]. Depuis le 6 février, je lui prépare donc l’accueil qu’elle mérite, en créant une journée de désordre dans la prison, en essayant de provoquer le plus de dégâts matériels possible. En faisant travailler les matons zélés et en arrivant à lui faire parvenir une jolie relation, à cette merde de Proc’.

Disons que ça a été une journée intense. Pleine de la joie de me rebeller, de l’amour de casser et de la rage pour l’imposition que j’étais obligé de subir. Pour commencer, le matin du 6 février j’attends l’ouverture des cellules, puis à 9h je refuse de descendre à la promenade et je reste seul dans la section, afin d’éviter de causer des problèmes à d’autre prisonniers. A 9h10 je vais dans la salle de socialité et je casse tous les volets. Quand j’ai fini, je suis passé à ceux du couloir et, après m’être libéré de ces objets de torture opaques, qui t’empêchent de voir le ciel, même à carreaux car derrière ces foutus barreaux, on me déplace dans ma cellule, où je continue à taper sur les barreaux, en criant des slogans contre la prison et les CRA. A 10h, le gradué des matons me fait appeler. Pendant que je suis entouré par quatre matons, on me demande gentiment et poliment la raison de ma protestation. Je déclare que « si cette ordure veut me convoquer, le 7, même en me faisant amener de force, ma réponse sera claire et directe ». Lorsqu’il sont convaincus que tout est fini, je reviens à la section. J’aveugle les caméras du couloir, en leur bouchant les objectifs avec de la colle et des autocollants, et j’essaye de débrancher les fils, mais j’arrive à les détacher seulement du côté du mur. On m’amène dans ma cellule et je continue à faire du bruit jusqu’à 11h. Quand les autres reviennent aux cellules, je suspend ma protestation. On mange à 12h. A 13h, je me préparé un café et je descend tout seul dans la cour de promenade, en portant avec moi ma cafetière ; trois matons m’escortent et m’enferment dans la cour ; peu après je commence à taper à coups de moka [la cafetière italienne ; NdAtt.] sur les fenêtres de la cour de promenade et sur les fenêtres du côté du mur ; après quelques cris et le bruit des vitres blindés, arrivent trois matons qui me prennent la cafetière. Je crie encore un peu et à 15 heures je remonte en cellule. Depuis, je n’ai plus eu la possibilité de faire rien d’autre, parce qu’on me surveillait strictement, mais j’ai quand-même pu faire des gros dégâts, sans arriver à l’affrontement avec les matons.
Le lendemain, 7 février, je vais à la promenade avec les autres et à 10h on m’appelle ; j’essaye de dire que je refuse de me présenter, mais c’est inutile, ils ont l’ordre de m’amener, je vais donc voir d’abord l’avocat. A 11h, je suis convoqué devant la Proc’ et avant de rentrer dans la salle, en présence de mon avocat, je déclare encore une fois que je ne veux pas me présenter ; une fois à l’intérieur nous exprimons notre opposition, mais la Proc’ insiste avec l’avocat pour qu’on reste. Ensuite son discours théâtrale commence, avec comme assistance six porcs venu de l’extérieur, ainsi que des matons restés dans la pièce d’à côté ; elle touche à des arguments différents, mais nous on reste en silence, en répétant à chaque fois « avez-vous fini, puis-je retourner dans ma cellule ? ». Quand son spectacle finit, je laisse sortir l’avocat et je reste dans le bureau pour briser le silence avec des slogans, je fais voler quelque papiers et fais un peu de boucan, cela dure environs une minute, puis on m’amène rapidement à la section !!!

Avoir réaffirmé, encore une fois, qu’il n’y aura jamais un salut cordial à l’encontre de quelqu’un qui porte une uniforme ou une conversation agréable avec un juge, un magistrat ou un Procureur, qui chaque jour essayent de nous enterrer vivants. Au contraire on continuera fièrement, contre cette torture qui est la prison et que chaque action que nous, les détenus, arrivons à mener puisse porter un rayon de lumière et envoyer une « étincelle » [« scintilla », en italien ; NdAtt.] qui puisse allumer les cœurs des penseurs libertaires et faire passer l’idée qu’on a aucune intention de changer nos choix, sans aucun pas en arrière, et que toute cage peut être brisée !!!
Pour l’action directe, pour la liberté, diffusons l’anarchie !

Giuseppe Sciacca

 

Pour lui écrire :

Giuseppe Sciacca
C. C. “S. Michele”
Strada statale per Casale, 50/A
15121 – Alessandria (Italie)

NdAtt. : et n’oublions pas d’écrire à Marco (Marco Bisesti), enfermé dans la même prison, suite à l’opération Scripta Manent.

Pontoise : Vandalisme en série des armoires de fibre optique

Publié le 2020-02-28 18:49:10

La gazette du Val-d’Oise / vendredi 28 février 2020

Au moins une vingtaine de boîtiers et d’armoires de raccordement à la fibre Internet ont été dégradés dans différents quartiers de Pontoise.
Après la parution de plusieurs articles concernant des dégradations (boîtiers arrachés, locaux forcés, fils sectionnés, câblages emmêlés, etc.) dans les quartiers de Marcouville et en plein centre-ville de Pontoise (Val-d’Oise), au restaurant Lucy Bistro, de nombreux lecteurs et internautes ont signalé avoir été victimes ou témoins de faits similaires un peu partout.

Même chose quartier des Louvrais près de la piscine. L’armoire est grande ouverte ! », indique Michel.
« Idem pour celle de la Poste, face à la mairie et rue de Gisors face à la Citadelle », précise Étienne Doumenc, l’ancien président de l’association de commerçants Les Vitrines de Pontoise.
« Très souvent les armoires du centre-ville sont ouvertes. J’ai moi-même été victime d’un arrêt Internet après un acte de vandalisme rue de la Bretonnerie », confie Élisabeth.
« Les armoires sont ouvertes en permanence. N’importe qui peut trifouiller dedans ! », regrette Daniel.[…] Des faits pas seulement observés à Pontoise.

Mais qui est responsable de ces « hubs » de raccordement ?
« Seul le premier opérateur à avoir installé les boîtiers peut déposer une plainte en cas de vandalisme, répond la Ville de Pontoise. C’est donc Orange sur la quasi-totalité du territoire de la commune. Excepté pour certains grands ensembles collectifs qui ont opté pour une répartition des charges entre les bailleurs et les opérateurs. » […]
« Notre réseau a subi récemment des dégradations dues aux intempéries et surtout au vandalisme », admet Orange.
L’opérateur téléphonique indique qu’il « remet en état son réseau, en coordination avec les municipalités, en particulier celle de Pontoise, dont la réactivité est à saluer ».
Quant au remplacement des hubs :
« Dans quelques cas, l’armoire doit être reprise totalement avec les autres opérateurs présents, ce qui se fait avec un certain délai variable selon chaque interlocuteur. Il faut intégrer que les interventions sur les connexions clients ne sont réalisées que par l’opérateur du client, selon la règle de la concurrence. Un délai d’au moins un mois est, en général, nécessaire. » […]

La mairie de Pontoise refuse, par ailleurs, « d’affirmer qu’il s’agit bien de délits ». Selon elle, les vandalismes peuvent tout aussi bien être liés à « des conflits de voisinage, à l’expression d’une opposition sociale, à certains prestataires employés par les opérateurs qu’à un réseau organisé ».
Selon un cadre technique de chez Orange, il n’y aurait « rien de financièrement intéressant à voler » dans ces fameuses armoires. Pour ce dernier, l’existence d’un trafic serait donc « fortement improbable ». Le commissariat de Cergy-Pontoise ne dispose, quant à lui, « pas d’élément sur le sujet ».

Certains habitants craignent cependant pour la sécurité de leurs données personnelles.
« Non seulement les armoires contiennent du câblage, mais des dispositifs de gestion qui contiennent, entre autres, des adresses IP. Cerise sur le gâteau, des informations techniques assez confidentielles sont dans une pochette plastique dans la porte intérieure », remarque Jean-Noël Wintergerst, internaute bien connu à Pontoise, qui se dit « du métier ».
« Non seulement le réseau d’un hub de raccordement est passif, mais il est impossible de s’y raccorder sans un matériel de pointe et des compétences exceptionnelles, tant le signal est puissant. Pour pirater les données des utilisateurs, il faut auparavant connaître les identifiants et mots de passe de chacun. Un tel fait n’a jamais été constaté en France », répond le cadre technique de chez Orange.

Du Morbihan au Lot, contre les politiciens

Publié le 2020-02-28 18:50:05

Pontivy (Morbihan) : La politicienne reste enfermée dehors

Le Télégramme / jeudi 27 février 2020

Mauvaise surprise, ce jeudi, pour Soizic Perrault, candidate aux élections municipales à Pontivy. Un ou plusieurs individus ont injecté de la colle dans la serrure de la porte donnant normalement accès à sa permanence, 81 rue Nationale.

Après avoir constaté cet acte de vandalisme, Soizic Perrault a alerté les gendarmes qui ont effectué différents relevés. Une plainte doit être déposée. En attendant, Il est impossible d’entrer dans le local.

*****

Figeac (Lot) : États assassins

La Dépêche / jeudi 27 février 2020

Située au centre-ville de Figeac rue Legendre, la permanence de la députée du Lot, LREM, Huguette Tiegna a une nouvelle fois subi des dégradations. Cette fois des inscriptions de couleur jaune ont notamment été taguées sur la vitrine.
La parlementaire a réagi sur son compte Facebook : « Je condamne et regrette la méthode et l’attitude de certain(e) s qui, sous couvert d’anonymat, dégradent ma permanence chaque semaine plutôt que de discuter. Taguer « états assassins » ne fait pas avancer les problématiques de notre ruralité. […]

LA RUE OU RIEN

Publié le 2020-02-28 21:49:06

Contre les politiciens, contre tout gouvernement – Du 27 février au 3 mars 2020 [Mise-à-jour, 3 mars 2020]

Publié le 2020-02-29 11:39:03

Carhaix (Finistère) : Pas besoin d’étiquette pour être dans le viseur – 3 mars 2020

La permanence de campagne de Jérôme Yvinec, tête de liste de « Un temps d’avance pour Carhaix-Plouguer » a été taguée dans la nuit de lundi 2 au mardi 3 mars. « 49.3 en loucedé », « ça va péter ! » « ou encore « LREM dégage » pouvait-on lire sur la vitrine du local, situé rue Général-Lambert, dans l’artère principale de Carhaix. Contacté ce mardi 3 mars, Jérôme Yvinec condamne fermement cet acte. « Nous ne sommes apparentés ni LR, ni LREM, ni France Insoumise. Est-ce si difficile à comprendre ? Nous sommes juste une liste sans étiquette qui veut œuvrer pour le territoire, au-delà des clivages politiques ». (LeTélégramme, 03.03.2020)

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) : le député, un ennemi bien identifié – 2 mars 2020

La permanence du député LREM Jean-Pierre Pont a une nouvelle fois été attaquée dans la nuit de dimanche à lundi. Des tags à la peinture noire ont été tracés sur les vitres du local. Par ailleurs, des coups ont été portés sur chacune des vitres, laissant un impact blanc au milieu.
Début Janvier, sur DeltaFM, il avait provoqué la colère des manifestants dans la France entière après avoir qualifié certains actes grévistes de “terrorisme”. Deux personnes ont été arrêtés pour cette attaque. Elles sont également accusées pour d’autres faits similaires au cours de cette même nuit.
En septembre dernier, la permanence de ce même politicard avait déjà été prise pour cible.



Caen (Calvados) : saccage de la permanence du maire sortant … et les vandales forcent le député ‘En Marche’ à fermer sa permanence – 1er et 2 mars 2020

Suite au recours au 49.3 pour faire passer la réforme des retraites, une manif sauvage a eu lieu samedi soir en centre-ville. La permanence de campagne du maire actuel Joël Bruneau (LR, soutenu par LREM) a été la cible de jets d’oeufs. Le lendemain, quelques centaines de personnes défilent de nouveau docilement derrière le camion syndical. Quelques personnes s’en sont échappées pour saccager la permanence de Joël Bruneau, au 9 rue Demolombe. Le local de campagne de Joël Bruneau, maire de Caen et candidat aux élections municipales, a été saccagé. La vitrine de la permanence a été brisée et une trentaine de personnes se seraient introduites pour renverser le matériel de campagne, vider les étagères et détruire le mobilier. Deux membres de l’équipe de campagne qui se trouvaient à l’intérieur ont pris la fuite quand ils se sont rendus compte que la tension montait en queue de manifestation.
Joël Bruneau, qui brigue un second mandat sous l’étiquette Les Républicains et qui a ouvert sa liste à des personnalités de La République en marche doit porter plainte lundi.

La permanence du député LREM du Calvados, Fabrice Le Vigoureux, a également été vandalisée. Plusieurs tags concernant le 49-3 ont été inscrits sur la porte et les volets, comme « le 49.3, on n’en veut pas ». Suite à cette dernière visite, le député a annoncé fermer définitivement sa permanence parlementaire située au 6 rue Sadi Carnot en centre-ville de Caen. Il précise que cette décision est le résultat « de nombreux actes de vandalisme, de menaces et d’intimidations » envers les personnes qui l’hébergent, envers ses collaboratrices et son voisinage de la rue Sadi Carnot. Dans son communiqué de presse, Fabrice Le Vigoureux continue : « Mes propriétaires, qui habitent et travaillent dans l’immeuble, leur famille et les autres locataires subissent depuis de longs mois de la part de petits groupes violents des dégradations répétées (déjections, tags, murs de poubelles), insultes et tentatives d’intrusions violentes. » (France3, FranceBleu, et un journal caennais 01 et .03.2020)


Agen (Lot-et-Garonne) : Le dialogue parlementaire en prend un coup (même plusieurs) – 1er mars 2020

Située rue Jeanne-d’Arc, la permanence du député LREM Michel Lauzzana a reçu une visite pleine de rage dans la nuit entre samedi 29 février et dimanche 1er mars. Sa plaque de député a été cassée et les deux vitres de la porte d’entrée étoilées.
L’élu s’est offusqué sur son compte Twitter, estimant que « la violence ne peut être tolérée en démocratie et n’est jamais un moyen pour faire avancer ses idées. Ma porte est toujours ouverte pour le dialogue » (SudOuest, 02.03.2020)


Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) : la permanence du maire trashée – 1er mars 2020

Graffitis, autocollants, jets de farine, serrure bouchée… A Bayonne, le local de campagne de Jean-René Etchegaray, maire sortant et tête de liste aux élections municipales, a été pris pour cible dans la nuit du samedi 29 février au dimanche 1er mars.
Le A cerclé symbole des anarchistes et plusieurs mentions à la réforme des retraites ont été découverts, au petit matin, par des employés municipaux. Jean-René Etchegaray (UDI) conduit une liste composée de plusieurs membres de LREM.


Le Havre (Seine-Maritime) :  Aller chercher le premier ministre chez lui – 29 février 2020

Dans la soirée de samedi 29 février 2020, après l’annonce, à Paris, par Edouard Philippe de la volonté de recourir au « 49-3 » pour faire adopter par l’Assemblée nationale le projet de réforme des retraites, une manifestation a été aussitôt organisée au Havre, ville où dont le Premier ministre est l’ancien maire et où il est actuellement tête de liste aux élections municipales de mars 2020. La devanture de sa permanence a été recouverte de slogans hostiles. Une vitre a notamment cédé sous le poid d’un pavé lancé. Pendant que des poubelles étaient renversées et qu’une voiture garée devant était dégradée, des manifestants auraient tenté de rentrer dans la permanence. (Source : France3 Normandie, 01.03.2020)


Montélimar (Drôme) : la vitrine de la permanence du maire étoilée – 28 février 2020

Dans la nuit du 27 au 28 février 2020, la permanence de campagne de Franck Reynier (UDI/ Mouvement Radical), actuel maire de Montélimar et candidat à sa propre succession, a été attaquée : la vitrine principale ainsii que la porte d’entrée ont été étoilées, apparemment par des jets de projectile. Au moins huit impacts ont été relevés.
De petites dégradations avaient aussi été constatées en début de semaine sur la vitrine des locaux de campagne d’Alice Thourot (LREM) et Julien Cornillet (LR non-investi).


Figeac (Lot) : « Etats assassins » – 27 février 2020

Située au centre-ville de  rue Legendre, la permanence de la députée du Lot, LREM, Huguette Tiegna a une nouvelle fois été pris pour cible, dans la nuit de mercredi à jeudi. Cette fois, des tags de couleur jaune ont notamment été inscrits sur la vitrine. On peut notamment y lire « Etats assassins ».


Pontivy (Morbihan) : la permanence électorale de la maire-adjoint LR reste porte close – 27 février 2020

« Mauvaise surprise, ce jeudi, pour Soizic Perrault, candidate aux élections municipales à Pontivy. Un ou plusieurs individus ont injecté de la colle dans la serrure de la porte donnant normalement accès à sa permanence, au 81, rue Nationale. Après avoir constaté cet acte de vandalisme, Soizic Perrault a alerté les gendarmes qui ont effectué différents relevés. Une plainte doit être déposée. En attendant, Il est impossible d’entrer dans le local. » (LeTélégramme, 27.02.2020)

Thueyts (Ardèche) : Feu de joie et de bagnoles de la Gendarmerie (MAJ 4/03)

Publié le 2020-03-01 12:29:08

France Bleu / vendredi 28 février 2020

Trois voitures de gendarmerie ont brûlé vers 2h15 du matin, ce vendredi, à Thueyts, en Ardèche. C’est un chauffeur poids-lourd qui a donné l’alerte en apercevant les flammes dans la cour de la brigade, depuis la route. L’immeuble d’habitation des gendarmes n’a pas été touché mais la façade du bâtiment de bureaux a été noircie. […]
Cause accidentelle ou criminelle, les gendarmes n’excluent aucune piste.

*****

Mise à jour du 4 mars : bah, alors ? L’incendie était bien volontaire !

France Bleu / mardi 3 mars 2020

Les trois véhicules de gendarmerie qui ont brûlé dans la nuit du 27 au 28 février à la brigade de Thueyts en Ardèche ont bien été volontairement incendiés. Les résultats des prélèvements effectués sur place ne sont pas encore connus. Mais selon les deux experts (automobile et incendie) qui ont examiné l’état des véhicules, il y a forcément eu utilisation d’un produit inflammable pour que les voitures brûlent ainsi complètement. […]

Portugal : Des nouvelles de Gabriel Pombo Da Silva

Publié le 2020-03-01 12:29:12

reçu par mail / samedi 29 février 2020

Après un mois de détention, pour notre compagnon Gabriel, arrêté le 25 janvier dernier au Portugal, le tribunal de Guimaraes a donné un avis favorable à son extradition en Espagne.

Cela ne nous surprend pas, étant donné la soif de vengeance que la juge Mercedes Navarro, du tribunal n° 2 de Gérone, veut assouvir contre Gabriel. Il s’agit de la même juge qui, en mai 2016, a averti le directeur de l’époque de la prison de Dueñas (Palencia), pour qu’il cache l’ordre de libération immédiate de Gabriel, qui, après trois semaines de « séquestration », a enfin goûté à la liberté le 16 juin (à cause de cela, Navarro a été dénoncée pour « prévarication »).
La dite Navarro n’a jamais arrêté, pendant ce dernier mois, de faire pression sur le Portugal afin que ce « très dangereux individu » lui soit remis.

On rappelle que l’objectif de la défense est avant tout la libération de Gabriel, en vertu du « principio de especialidad » (suivant lequel Gabriel a été libéré, il y a quatre ans, et qui n’a pas perdu sa validité juridique) et, en tout cas, éviter son extradition, étant donné que Gabriel a récemment obtenu la nationalité portugaise (le Portugal ne peut pas extrader un citoyen « à lui »).
Ni le « principio de especialidad », ni sa nationalité portugaise ont été pris en compte par le tribunal de Guimaraes, qui s’est limité à nous donner raison pour ensuite conclure qu’il faut procéder à l’extradition (c’est à dire qu’il ne peut pas rester indifférent face à la pression de la juge Navarro).

L’avocat est en train de présenter un recours auprès du tribunal supérieur de Lisbonne et jusqu’au quand celui-ci n’aura pas statué (dans quelques semaines) Gabriel restera enfermé dans les locaux de la police judiciaire de Porto.

Continuons à exprimer toute notre solidarité à son encontre… et que celle-ci ne reste pas un simple mot.

Liberté pour Gabriel !
Liberté pour tou.te.s !
Vive l’anarchie !

 

Pour lui écrire :

Gabriel Pombo Da Silva
EPPJ Porto
Rua Assis Vaz, 109
4200-096 Porto (Portugal)

Suite à l’incendie du hangar de l’avenir droit de réponse de modérateurs.trices de la page facebook zone à défendre de nddl

Publié le 2020-03-01 12:30:03

Dans un premier temps il semble nécessaire de rappeller que cette page facebook « Zone à défendre de Notre dame des landes » est une page RELAI entretenue pendant des années par un ensemble de composante issues d’un mouvement de luttes pluriels, habitants et non habitants de la ZAD. Nous nous sommes éfforcés.es pendant toutes ces années à relayer au maximum et sans prise de partie, l’ensemble des voix de la ZAD, qu’elle nous plaise ou non, de la plus complaisante à la plus radicale. 
Nous avons fait preuve de la plus grande réactivité en situation d’expulsion et ceci grace à une équipe de modération diversifiée, et toujours disponible qui croulait sous un travail de modération et d’information arrassant. Le dernier exemple en date fut la dernière opération de destruction de la cabane de « lama traquée » au bord de la D281 que votre site (zad nadir) n’a su relayer que deux jours après les faits (pour des habitants vous êtes soit très lent, soit vous avez une réactivité très selective.) Aujourd’hui comme sur la ZAD, depuis l’abandon du projet d’aeroport, l’équipe de modération s’est clairsemée et ne compte plus autant de contributeur, soit par désertion, soit par choix politique, parfois par dégout et très souvent par fatigue. Les sensibilités restent plurielles mais le parti pris reste le même : relayer. Quelqu’en soit le contenu ! car celles et ceux qui ont porté cette lutte de prêt ou de loin ont le droit d’avoir accès à l’ensemble des témoignages concordant ou non sur l’évolution de cette espace bocager qui a maintenu éveillé leurs espoirs et leurs rêves. Dire que « la ZAD appartient à celles et ceux qui l’ont défendu » n’est pas qu’un effet d’annonce pour remplir les caisses destinées à acheter des terres. Elle appartient à celle et ceux qui comme nous avons mis notre vie et notre temps dans cete lutte, sur place ou ailleurs. Et ces gens ont le droit à l’information.
Nous ne sommes pas de celles et ceux qui confisquent les listes mail des comités de soutien pour en maitriser le contenu, qui monopolisent la gestion du groupe chargé de s’occuper du contact presse, qui se servent des listes d’AG (des usages) sans accord pour vendre ou diffuser leur mensuel (ZADIBAO), nous ne sommes pas de celles et ceux qui use du site ZAD NADIR pour censurer les voix qui dépassent et qui ne représente plus désormais qu’une seule et unique voix. De l’exterieur il faut avoir l’air uni et ne pas perdre la face.Ce que vous désirez, c’est un seul récit, un seul discour, le votre. Comme si nos/vos soutiens de la dernière décennie n’étaient pas doté de sens critique, ni capable de faire la part des choses entre calomnie, volonté de nuire, témoignage ou analyse politique. 
Nous continuerons de partager l’ensemble de ce qui sera dit et écrit, car les voix que vous avez faites taire mérite d’exister, comme la votre. Et si par malheur dans ces voix il y a des calomnies, des mensonges, des interpretations érronnées, nous prenons le risque de ne faire taire personne, plutôt que de faire taire tout le monde sous pretexte que l’un.e parle mal, car en maitrisant ainsi l’information nous pourrions passer à coté de la vérité, et nous la devons à celles et ceux qui nous/vous ont porté. 
Pour clore cette lettre et en solidarité à tout les herbergeurs de contenus ou de textes que vous fustigez et qui ont pris le parti de l' »open publishing » (publication ouverte), quand on est à court d’argument pour se défendre, il n’est pas necessaire de tuer le messager. 
des modérateurs.trices de la page

De la Drôme à la Corse : Visites des permanences électorales

Publié le 2020-03-01 15:28:08

Montélimar (Drôme) : La vitrine du maire-candidat saccagée

Le Dauphiné / vendredi 28 février 2020

La permanence de campagne du maire sortant Franck Reynier (MR), rue Pierre-Julien, a été dégradée dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 février. Huit éclats étaient visibles sur la vitrine hier matin. Le candidat à sa succession a dit « condamner cet acte avec la plus grande fermeté » et annonce « avoir déposé une plainte au commissariat ».

De petites dégradations avaient aussi été constatées en début de semaine sur la vitrine des locaux de campagne d’Alice Thourot (LREM) et Julien Cornillet (LR non-investi). […]

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Bastia : Clanisme dehors

France3 / vendredi 28 février 2020

Des actions « tout à fait inacceptables« . Tels sont les mots utilisés par Jean Zuccarelli pour qualifier les dégradations « dont ont été la cible [les] deux permanences » de sa liste « Choisir Bastia ». L’équipe du candidat a ainsi eu la mauvaise surprise de découvrir ce vendredi 28 février matin des tags, « C’est faux ! » et « Clanismu fora » sur les façades des ses locaux, situés boulevard Paoli et à Lupino.
Un panneau recensant les cinq axes de la campagne de Jean Zuccarelli a également été endommagé : les mots « confiance » et « expérience » ont été barrés d’un trait noir. […]

[in english]

Des mauvais moments pour les bleus (fin février 2020)

Publié le 2020-03-01 15:28:13

Kawéni (Mayotte) : Émeute et pillages après qu’une personne a été assassinée par la police

FranceInfo / lundi 24 février 2020

C’est en fin de journée que des jeunes commencent à ériger des barrages sur la route nationale à hauteur du quartier Gaza et au niveau du rond-point Tati ; Des voitures sont caillassées, elles font demi-tour pour fuir les agressions. Dans un second temps les jeunes émeutiers vont saccager les magasins TATI et SOMACO.
Entre temps, les forces de l’ordre (Police et Gendarmerie) vont s’employer à rétablir la situation, qui sera maîtrisée vers 23H00. Mais des foyers de tensions vont demeurer. […]

C’est aux alentours de midi, qu’une altercation se serait déroulé entre plusieurs personnes sur la descente SOGEA à Kaweni. La police nationale, prévenue intervient rapidement sur le lieu de l’incident. Alors que les agents sur place tentent d’en savoir plus sur les faits, un individu en possession notamment d’une matraque s’en serait pris à une autre personne. L’homme refuse d’obtempérer après plusieurs sommations, obligeant un des policiers à faire usage de son arme à feu. La victime âgée d’une trentaine d’année est vite prise en charge par les secours. En fin de journée la nouvelle tombe. L’homme a succombé à ses blessures. A partir de ce moment tout s’enchaine, alors la nouvelle se répand dans le village. […]

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Les Mureaux (Yvelines) : Feu à la caméra de surveillance, tirs de mortier contre pompiers et flics

InfoNormandie / vendredi 28 février 2020

Brutale poussée de fièvre aux Mureaux (Yvelines), où des violences urbaines se sont produites au cours de cette nuit de jeudi à vendredi. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles et ont dû faire face à un attroupement armé, dans le secteur des Bougimonts, un quartier classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP).

Les premiers incidents ont éclaté vers 23h30, avenue Paul-Raoult. Alors qu’ils intervenaient pour éteindre un feu sur un poteau électrique, les sapeurs-pompiers ont été la cible de tirs de mortier d’artifice de la part d’une quinzaine d’individus.
Les soldats du feu ont été touchés mais aucun n’a été blessé par les projectiles, selon une source policière.
En revenant sur le feu du poteau, les policiers ont fait l’objet à leur tour de plusieurs tirs de mortier. Ils ont dû faire usage de l’armement collectif (grenades lacrymogènes et de désencerclement).
Un peu plus tard, vers minuit, des individus ont disposé des poubelles autour d’un mât équipé d’une caméra de vidéo-protection et y ont mis le feu. A l’arrivée des forces de l’ordre, les assaillants ont tiré de multiples mortiers en leur direction, contraignant les policiers à faire usage une nouvelle fois de l’armement de dispersion.

Renforcés par la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI), les policiers des Mureaux ont finalement interpellé six individus dont certains étaient en possession de cagoules et de marteaux. Il s’agit de jeunes âgés entre 16 et 19 ans qui ont été placés en garde à vue pour « violences volontaires avec armes par destination », « dégradations volontaires de bien d’utilité publique par incendie » et « attroupement armé ».
Aucun blessé n’est à déplorer mais un véhicule de police a été endommagé ainsi qu’une caméra de vidéo-protection de la ville.

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Brunoy (Essonne) : Répondre aux mutilations provoquées par les flics

Le Parisien / lundi 24 février 2020

La nuit de samedi à dimanche a été brûlante aux Hautes-Mardelles, une cité de Brunoy. À la suite d’affrontements entre des jeunes du quartier et des policiers, un homme de 19 ans a été gravement touché à l’œil par un tir de lanceur de balle de défense (LBD). […]

Samedi soir, vers 23 heures, une patrouille de policiers contrôle un groupe de jeunes dans les parties communes d’un bâtiment du quartier. Mais le contrôle dégénère. Les jeunes parviennent à prendre la fuite dans les allées des Hautes-Mardelles. Dans la cohue, ils laissent derrière eux « une chicha et un pass Navigo », indique la procureure. Ils ont été ramassés par les policiers. Ce qui a provoqué la colère des jeunes voulant les récupérer. Plusieurs pavés sont lancés sur les forces de l’ordre, avant un bref retour au calme.
Plus tard dans la nuit, le quartier s’embrase. Une dizaine de jeunes s’en prennent alors aux policiers. « Ils ont monté des barricades. Il y a eu des jets de pierre, de bouteille et de parpaings », poursuit Caroline Nisand. Les forces de l’ordre répliquent par des tirs de grenade lacrymogène et de LBD. Dont l’un atteint à l’œil l’un des jeunes.
La situation était si tendue que les bus Transdev ont décidé de ne pas desservir le quartier ce dimanche, « en raison de graves incivilités et pour des raisons de sécurité ». Les bus de la ligne C y roulent à nouveau depuis ce lundi matin. […]

…et le maire instaure le couvre-feu pour les mineurs

extrait du même torchon, édition de mercredi 26 février 2020

[…] À la suite d’un contrôle de police qui a dégénéré aux Hautes-Mardelles, le quartier a connu deux nuits d’échauffourées entre policiers et jeunes. L’un d’eux, une jeune de 19 ans, a perdu un œil suite à un tir de LBD. Le maire de la ville, Bruno Gallier (LR), a instauré un couvre-feu pour les mineurs. […]

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Sevran (Seine-Saint-Denis) : Les caméras sont les yeux des flics, donc on cible les deux !

FranceBleu / samedi 22 février 2020

Six personnes interpellées à Sevran en Seine-Saint-Denis après avoir dégradé une caméra de surveillance. Les faits se sont produits dans la nuit de vendredi à samedi, dans le secteur de la gare RER Sevran Beaudottes, aux environs de 4 heures du matin. Des projectiles ont notamment été jetés sur la caméra. Les policiers se sont rendus sur place et ont eux aussi essuyé des jets de projectile, selon une source proche de l’enquête. Des containers incendiés ont également été découverts sur place, mais sans qu’aucun lien ne puisse être établi pour l’heure avec la dégradation de la caméra de surveillance.
Après l’arrivée des policiers, les six individus ont pris la fuite à bord de trois voitures différentes. Selon une source proche de l’enquête, l’un des conducteurs a tenté de percuter un policier. Celui-ci n’est pas blessé. Selon une autre source proche de l’enquête, les policiers ont dû faire usage de leur arme pour se défendre et interpeller les six suspects, sans faire de blessé.
Les six personnes ont placées en garde à vue puis remises en liberté en fin d’après-midi. En effet, le rôle de chacune des six personnes n’est pas encore clairement déterminé ; une analyse de la vidéo-surveillance aura lieu dans le courant de la semaine du 24 février. […]

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Mulhouse : Les flics caillassés et LIDL perd ses vitres

L’Alsace / lundi 17 février 2020

[…] Des patrouilles de police du commissariat central sont intervenues pour un feu de véhicule rue de la Navigation vers 20 h 50. Les fonctionnaires ont été pris à partie par des jeunes trublions. Les policiers ont essuyé quelques jets de projectiles.
L’autre fait se déroule rue de Sausheim, toujours dans le quartier Drouot. L’ensemble des baies vitrées de l’enseigne Lidl et les rideaux métalliques coupe soleil ont été sérieusement dégradés. Toutes les vitres sont étoilées par des impacts sans doute laissés par des morceaux de parpaing. Les faits ont été constatés ce lundi matin au moment de l’ouverture du magasin. […]

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Besançon : Bowling avec les CRS

FranceBleu / dimanche 23 février 2020

Deux véhicules de CRS caillassés ce samedi vers 19h à Besançon dans le quartier de Planoise : une dizaine de jeunes ont jeté des cailloux sur les fonctionnaires de police, du côté de la rue de Champagne. Les policiers ont relevé cinq impacts sur un des fourgons, un impact sur l’autre véhicule. Dans la foulée, les CRS ont interpellé deux mineurs de 13 et 14 ans. Ils ont été immédiatement placés en garde à vue. Ils devraient être présentés à un juge des enfants dans les heures à venir.

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Montbéliard (Doubs) : Le maire impose un couvre-feu aux jeunes

RTL / jeudi 27 février 2020

C’est une mesure assez exceptionnelle. Un arrêté de la maire de Montbéliard (LR), dans le Doubs, en Bourgogne-Franche-Comté, met en place un couvre-feu de le quartier de la Chiffogne. Les mineurs de moins de 16 ans ont interdiction de circuler entre 21h et 7h de ce mercredi 26 février au 8 mars prochain [c’est à dire que ça couvre toutes les vacances scolaires ; NdAtt.] s’ils ne sont pas accompagnés de leurs parents.
Comme le rapporte L’Est Républicain, cette décision fait suite à une série d’incidents ce week-end, notamment des incendies. La nuit dernière, un local à poubelles a été mis à feu, alors que lundi 24 février, une réunion de campagne de la maire sortante a été perturbée dans un autre quartier, la Petite-Hollande.
Un tel arrêté avait déjà été pris par la maire en juillet dernier. Le couvre-feu avait été décidé dans le cadre de la finale de la Coupe d’Afrique des nations de football.