Vive l'Anarchie - Semaine 09, 2019

Sommaire

De la responsabilité collective face au sexisme ordinaire

Publié le 2019-03-04 18:24:04

Ce texte livre un retour et des propositions de pratiques collectives suite à la soirée au Dar Lamifa et au comportement (attitude, parole des morceaux...) sexiste et putophobe d’un des groupes conviés.



Soirée de soutien au Dar Lamifa pour la Legal Team ce vendredi 1er mars 2019. Du monde, de la bonne bière artisanale, un bon accueil, une chouette équipe de soirée et des artistes rap pour le concert, puis set dj pour clore la soirée ou commencer le début de nuit, c’est selon.

CiZiF, "rap de looser" entame la soirée, les têtes commencent à bouger après deux morceaux, Cuillère à Caf enchaine son rap, sans chaussures et elle assure ; les deux nous partage leur vision de leur existence, en mode dans la foule car petits problèmes de régie son, ça arrive, mais c’est cool. Foule mixte, en bon entrain, salle remplie, plein de meufs dans le public autour de Cuillère à Caf. Pour le troisième volet, arrivée sur scène des gars (et d’une meuf qui sert de caution) du groupe de rap/trap 237 Undersea qui vont nous faire vivre un moment craignos dans la soirée.

Changement d’ambiance directe

Là, changement d’ambiance directe, les meufs du public refluent de la salle, s’en vont vers le bar, en arrière, vers l’extérieur et, à l’inverse, c’est le flux soutenu de gars qui arrivent, clairement le public venu plus spécifiquement pour ce groupe. Nous, on se pose plus loin avec des copines, on se sent plus trop concerné.e.s par ce qui se joue sur scène.

En fait, on est contrarié·e·s, même si on sent bien que le rythme est entrainant et met l’ambiance (une ambiance). Sur scène, ça gesticule partout, ca crie, ça brasse de l’air, ca marmonne, on ne comprend rien à ce qu’ils disent dans leur micro et, sans trop savoir pourquoi, en fait, nous sommes vite indisposé·e·s et pas content·e·s, on trouve ça bancal et pas approprié par rapport à ce qui avait été crée auparavant par les autres artistes. Les oreilles agressées, on reste là mais, vraiment, on se passerait bien de ce qui est en train de se jouer. On lâche quelques bouhouuus.

Là, une amie jusque là restée en avant de la scène (parce que, selon elle, même si elle aimait pas spécialement, elle tenait à rester dans l’ambiance et être ouverte), arrive à nous et nous dit "ah là, ça va pas du tout, un des seuls trucs que j’ai entendu et compris c’est "pute, pute, pute, pute" et "même les lesbiennes sucent des bites"" ! Les ami·e·s de la poésie apprécieront.

C’est inadmissible et on ne veut plus les entendre

C’est la goutte d’eau à notre malaise, là, ni une ni deux, l’une de nous se rend au comptoir pour signifier clairement à E. de la Dar que c’est inadmissible et qu’on ne veut plus les entendre. C’est tout aussi clairement entendu. On alpague B. de la Dar qui passait par là, pour compléter. Tou·te·s deux sont d’accord mais précisent qu’illes ne sont pas responsables de la programmation, que c’est peut-être pas à elleux seul·e de gérer la suite. Très bien, on va donc voir à l’entrée C. et E. qui sont les heureux organisateurs. Même topo, tout en ajoutant alors : "Mais c’est qui ces mecs sur scène ? Et qu’est-ce qu’ils font là ?". E. nous dit qu’on leur a effectivement déjà (!) dit que leurs propos étaient craignos et reconnait que le choix du groupe est du coup malvenu. On ressent un peu d’hésitation de leur part quant à (comment) réagir.

Les gars sur scène pensent pouvoir enchainer et, non, c’est pas vraiment possible, y’a plus d’amplification pour la merde qui sort de ta bouche.

On donne un petit coup de fouet motivant en mode, "et bien allez, on y va, on ne veut pas qu’ils aient un seul autre morceau" (il leur en restait trois, ouch). Maintenant déterminés ce sont E. et E. qui se dirigent rapidement jusqu’à la Régie son pour que les micros soient coupés, juste à temps pour la fin du morceau en cours. Les gars sur scène pensent pouvoir enchainer et, non, c’est pas vraiment possible, y’a plus d’amplification pour la merde qui sort de ta bouche.

Afin d’appuyer les (ré)actions, E. monte sur scène pour tenter d’expliquer pourquoi le set est coupé. Au Dar Lamifa, lieu où ont déjà eu des agressions dont personne ne peut être fier·e·s, on veut veiller à faire attention à ce qui peut mettre mal à l’aise ou insulter ou agresser les gentes et que ça a justement été le cas avec tels et tels de leurs propos.

Bien sûr, les gars se remettent à gesticuler et ne sont pas contents. Chacun.e son tour. L’un d’entre eux nous dit qu’il s’excuse s’ils ont dérangé des personnes tout en ajoutant quand même qu’on les a contacté pour les faire jouer ce soir, qu’ils savaient que ça serait peut-être limite et qu’ils ont hésité à venir. Un deuxième, très vexé le pauvre, continue d’être un merdeux en criant dans son micro "Ouaip, ben ouaip, c’est sûr, hein, on est des masculinistes et on est anti-féministes, ouaip, hein !" (et "mais nous, on aime les Femmes, on les aime, que de l’amour pour les Femmes"). Si on comprend bien que c’est une insolence parce que môsieur est vexé, on l’imagine mal crier "ben ouaip, on est des racistes et on est colonialistes, hein !".
Micros coupés bis, tout le monde descend, y’a plus rien à entendre, et une grande vague du public sort sans trainer. Ah, on respire mieux à nouveau. Littéralement.

Le dernier artiste rap "conscient de ses limites", Cerna, montera sur scène quelques dix minutes plus tard, en commençant son set par un "contre toutes les oppressions et les dominations". Les acolytes, sincères, se font plaisir sur scène et ont été généreux pour partager leur son et leurs paroles. La fin très dansante de la soirée s’est passée au son des Dj Charly B2B Lau.Leï.

À nos yeux, cet épisode constitue un exemple de responsabilisation collective.

Entre la fin coupée du groupe rap/trap et la reprise du concert par Cerna, sans s’éterniser mais nombreux·euses à se sentir interpellé·e·s et concerné·e·s, nous avons continué à discuter et à commenter l’enchainement de l’ensemble des réactions dont nous avons fait preuve.
À nos yeux, cet épisode constitue un exemple de responsabilisation collective.

D’autres idées sont les suivantes :

  • Pour les personnes qui programment une soirée, quelle qu’elle soit, il est nécessaire d’être vigiliant·e·s aux artistes convié·e·s. Si tu te dis, "ah, ouaips, peut-être qu’il y a un risque d’avoir des propos sexistes, bah, dans le doute, comme on sait pas vraiment, on programme quand même" et bien, c’est l’inverse qu’il faut faire, dans le doute de propos ou d’idées nuisibles à qui que ce soit, tu ne programmes pas et même, tu entames une liste noire.
Le sexisme, comme tout système de domination et d’oppression, est l’affaire de tout le monde, pas juste celle des personnes ciblées et vulnérabilisées et violentées par tel ou tel système.
  • .On ne le répètera jamais assez mais le sexisme, comme tout système de domination et d’oppression, est l’affaire de tout le monde, pas juste celle des personnes ciblées et vulnérabilisées et violentées par tel ou tel système. Une expérience comme lors de ce vendredi passé, nous l’espérons, permettra à ceux qui ont tout d’abord hésité à effectivement réagir à ne plus hésiter, ou à hésiter moins longtemps À celleux qui se sont senti·e·s oppressé·e·s, à savoir qu’on est rarement seules à le ressentir et que quand nous avons le pouvoir de réagir, autant le faire. Et à chacun chacune dans notre ensemble et nos diversités à faire partie de plus en plus des solutions.
Nos ressentis sont étonnamment pointus et justes ; nos expériences à la fois uniques et communes, à la fois intimes et collectives.
  • Nos ressentis sont étonnamment pointus et justes ; nos expériences à la fois uniques et communes, à la fois intimes et collectives.nAlors que nous étions en train de vivre dans un lieu festif et familier la réplique des tensions sociales genrées quotidiennes et ordinaires (des personnes - en l’occurrence des mecs cis- à l’aise, bruyantes, gesticulantes, virilisées, sur une scène où ils ont la parole amplifiée face à un public majoritairement composé d’hommes cis qui sont ravis, qui occupent tout l’espace où les quelques femmes cis présentes se sont d’elles-mêmes échappées et dispersées dans le reste du lieu), il n’était nul besoin de comprendre des paroles pour ressentir, vivre et partager un malaise diffus pourtant bien dérangeant, oppressant.
La confirmation de ce ressenti par des propos ici misogynes, putophobes et lesbophobes assumés a constitué un déclencheur.
  • La confirmation de ce ressenti par des propos ici misogynes, putophobes et lesbophobes assumés a constitué un déclencheur. Il n’y a pas eu le besoin de réfléchir à ce qu’on devait ou pouvait faire pour mettre un terme à cette situation nuisible, il fallait (ré)agir.
    De se savoir dans un lieu qui cherche justement à instituer des pratiques de constitution de safe space et de se savoir (re)connu·e·s par les personnes du lieu (bar, accueil, salle) ont bien sûr énormément facilité nos réactions et ont surtout renforcé leur prise en considération, et leur prise en charge. Il faut surement profiter de ces lieux-moments pour approfondir des protocoles de vigilance, de réaction collective, d’écoute et de soutien ; pour réfléchir à des possibilités de diffuser ces mieux-faire et ces mieux-réagir à d’autres lieux festifs, publics ou collectifs.
  • Les outils et moyens ainsi élaborés et développés devront être adaptés à plus forte raison aux situations plus graves et violentes de discriminations, de harcèlements sexistes et sexuels, d’agressions sexuelles, de viols.

Différents comptes-rendus de l’acte 16 des gilets jaunes à nantes

Publié le 2019-03-04 20:29:04

Brèves publiées sur indymedia nantes

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Street Medic Nantes

[ACTE XVI – 02/03/2019 – NANTES] [BILAN PROVISOIRE]

Nous tenons tous d’abord à remercier les nombreux-ses medics venu-es d’ailleurs en France pour leur venue et leur solidarité, ce fut un grand plaisir de s’organiser avec vous !

Une pensée particulière pour le Medic transporté hier au CHU, on espère que ça va mieux.

A bientôt dans les luttes ;)

Les manifestant-es se regroupent entre la croisée les trams et la place de la bourse (Commerce) entre 13h et 14h, où le cortège s’élance le long des quais de la fosse. Il est très rapidement stoppé par les forces de l’ordre (Gendarmes Mobiles) dans une tentative de rallier la place Graslin, alors que le marché de la Petite Hollande n’est pas encore remballé. Nombreux tirs de lacrymogènes, au moins 4 tirs de grenades désencerclantes et usage de GLI-F4, usage disproportionné de la matraque et du tonfa envers celleux qui tenaient la banderole, et une tentative d’interpellation qui n’a pas aboutie par les GM. Deuxième tentative de percer de la part du cortège via une rue parallèle, de nouveau repoussée sous les lacrymogènes.

Le cortège fait demi-tour, après un moment de flottement, vers la croisée des trams à Commerce. Les manifestant-es se dirigent vers le château en passant devant la place Bouffay sous les invectives de la BAC et de la BRI, présentes en nombre. Vers 14h35, les camions de la CDI stationnés rue Kervégan et près du McDo Feydeau se mettent en mouvement en direction de la gare. La CDI contourne le McDo et forme un cordon jusqu’au terrain de football, maintenant les LBD en joue en direction des manifestant-es. Au passage du cortège devant l’entrée de la rue de Strasbourg, les CRS y sont déjà positionnés, ainsi que côté château, de part et d’autre du Live Bar.

A 14h50, le gros du cortège est situé au miroir d’eau, les GM se mettent entre le cortège et la gare, et la BAC se planque derrière les CRS. Alors, au niveau de l’arrêt de Duchesse Anne, le pont Lu est bloqué par les forces de l’ordre, ainsi que l’accès à la gare. Un cordon de CRS suit le cortège, en compagnie de la BAC, à l’entrée du cours St Pierre, alors inatteignable. Les forces de l’ordre, positionnées entre la gare et le cortège lance une salve de lacrymos envers les manifestant-es, suivi d’un deuxième gazage massif, et la BAC s’approche du cortège au niveau de Duchesse Anne.

Recul des manifestant-es vers Bouffay, où au niveau du fast-food, une manifestante lance aux flics « Il faut protéger le MacDo hein ? ». S’en suit une impressionnante charge de la BAC à 15h, coordonnée avec la CDI et les CRS au niveau de la place Bouffay. Une enfant de 4/5 ans se retrouve perdue, au beau milieu de la charge, et sera exfiltrée par un groupe de Street-Medics pour retrouver ses parents. La place Bouffay se retrouve inondée de lacrymos, tandis qu’au moins 8 grenades de désencerclement seront lancées à hauteur de tête, dont les projectiles en caoutchouc seront retrouvés jusque sur les terrasses.

Un cordon de CRS et de BAC-queux bloquent l’accès à la croisée des trams. Gazage observé au niveau du CHU, les personnes visées rejoindront le cortège vers Bouffay. Vers 15h20, après un moment de flottement, le cortège se re-dirige vers Duchesse Anne, puis vers le cours St-André/Cathédrale où règne une grande confusion sous les nombreux tirs de lacrymos, de grenades et de LBD40. Une grosse partie du cortège parvient à atteindre la Préfecture, tandis qu’une autre reste bloquée Cours St André. La première partie du cortège reste sur le cours des 50 otages. La deuxième partie du cortège (environ 300 personnes), cours St André, se fait à ce moment-là viser par la BAC. La première partie du cortège ayant dépassé la Préfécture cherche à rejoindre le reste des manifestant-es, mais le canon à eau leur barre la route. S’en suivront plusieurs charges de la BAC visant à mettre en échec la réunion des deux cortèges, pendant l’une d’entre elles, on dénombrera au moins neuf tirs de grenades désencerclantes. Le cortège se réunit enfin et parvient à se diriger vers la croisée des trams à commerce.

A partir de Place du Cirque, les GM suivent le cortège au pas de course. Avant la croisée des trams, les GM sont posés Rue d’Orléans, empêchant le cortège d’avancer, Le cordon de forces de l’ordre coupe la tête du cortège. Arrivé à la croisée des trams, tous les accès sont bouchés par les forces de l’ordre. Le cortège tente une percée vers la place du Bouffay avant de se faire gazer massivement et repousser à nouveau vers la croisée des trams, puis la place de la Bourse (Commerce) vers la Fnac et le cinéma Gaumont. Le cortège dépasse alors le square Daviais vers le CHU.

Une partie se dirige vers le pont de la Madeleine, une autre vers le CHU, le cortège étant coupé en deux par les CRS sous un gazage massif. Arrivés devant le CHU, la première partie du cortège se dirige vers le quartier des Olivettes, suivi par la BAC. A nouveau gazé et grenadé, une partie de la manif poursuit son parcours vers rue des Olivettes, jusqu’à Tripode, sur l’île Beaulieu.

L’helico survolera le cortège en prenant des photos aériennes durant la majeure partie de la manifestation.
Nous avons entendu parler d’une tentative d’ouverture d’une maison du peuple sur l’île de Nantes, immédiatement réprimée par les GM.

À 20h, une cinquantaine de camions de CRS continuent de tenir de le centre-ville en état de siège, alors qu’il n’y a plus d’affrontements.

Les interpellations de cette journée seront décrites comme extrêmement violentes. On en dénombre une quinzaine.

Ce bilan est provisoire, c’est à dire qu’il sera corrigé, modifié et complété.

[ source sur facebeurk: https://www.facebook.com/streetmedicnantes/posts/2706724809354157 ]

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Action Medic 44 – Street-medics et secouristes

[Compte rendu évolutif de l’épisode XVI des gilets jaunes à Nantes]
Ce compte rendu n’est pas exhaustif, plusieurs groupes medics étaient présents et nous n’avons pas encore réunis toutes les infos !

La manifestation débute avec énergie à la croisée des trams, vers commerce, puis le quai de la Fosse. On note une forte volonté de montrer que non, le mouvement ne s’essouffle pas comme annoncé depuis décembre.
Rue Maréchal de Lattre de Tassigny la route est bloquée par les forces de l’ordre. Le cortège tente de les faire reculer et se fait repousser par gazage conséquent accompagné de grenades désencerclantes et de coups de matraque.
La manifestation repart vers Commerce, puis la place du Bouffay. La BAC surgit de la rue de la paix et fonce dans la foule pour s’emparer des banderoles (Il est de notoriété publique sur BFMTV, que les gilets jaunes n’ont pas de revendications et ne peuvent donc pas avoir de banderoles). L’attaque commence par des coups de matraque télescopique. Une personne sera ouverte au tibia jusqu’à l’os et nécessitera quatre points de suture. Suit une pluie de grenades désencerclantes et au moins six tirs de LBD. Plusieurs personnes sont touchées, une au visage, une au dos, deux à la cheville, une à la cuisse, une au mollet et une à l’épaule. Il est à noter que plusieurs médics seront blessés, dont l’équipe de Poitiers, clairement identifiable par ses T-shirt blancs.
Le cortège reprend sa route. A Duchesse Anne, les gendarmes stoppent la manifestation en la noyant sous les gaz. La Bac charge alors sur le parking de Vinci et repousse les manifestants jusqu’au miroir d’eau avec les gendarmes. Les équipes de médics régionales prennent en charge plusieurs blessés.
Le cortège retourne à Bouffay et reprend la route de duchesse Anne juste avant d’arriver à la croisée des trams, qu’elle passe alors sans encombre. Arrivée Cours Saint Pierre vers 15h30, la Bac longe le cortège en le menaçant et tire au LBD40. Un homme est touché dans le dos, et un autre au-dessus du genou. Des désencerclantes blessent de nouveau les manifestants, plusieurs personnes sont touchées dont une au tibia.
Un tir tendu de lacrymo vers la place Louis XVI fera un blessé léger.
Cours Saint André, on dénombre au moins cinq blessés : deux par tir tendu de lacrymo (un à la jambe et un au genoux droit), un par désencerclante (coude), et deux par tir de LBD40 (un au genou gauche et un autre au ventre).
Le cortège est coupé en deux au milieu du Cours St André, et restera statique un long moment, avant que la Bac vienne menacer les manifestants descendus vers la préfecture, du haut du monument au mort.
Le cortège reprend son cours en passant devant la préfecture. Les forces de l’ordre attaquent alors avec des lances à eau et tentent vainement de renverser les manifestants. Le gazage intempestif continu.
Au niveau de la préfecture, charge (encore) de la Bac. Un LBD heurte une personne à la cheville, une autre dans le dos (un passant, pris en charge par les médics d’Ancenis et d’Angers), un palet touche une personne au niveau du nez. Un médic est blessé par un LBD à la jambe.
Puis sur un mouvement de retour vers le rond point devant la Prefecture, au moins sept personnes sont blessées par des désencerclantes lancées en l’air (elles exploseront à hauteur de tête). Par chance les blessures se situent au niveau des membres et du tronc mais, à notre connaissance, pas au visage.
Les tirs continuent. Une médic s’interposant entre la BAC et un blessé est frôlée à la tête par un tir de LBD, une personne est touchée au LBD40 dans les parties génitales. Trois autres personnes sont touchées par LBD, désencerclante, et un une arme indéterminée.

Le cortège reprend vers Commerce et est immédiatement chassé par les murs de boucliers et les gaz vers la Fnac. Après avoir longé le square Daviais, il retourne vers Hôtel-Dieu, toujours sous les gaz. A ce moment une femme et un enfant, passantes, sont gravement atteintes par les gaz, et se réfugient grâce aux medics poitevins dans les pompes funèbres générales. Au moins trois personnes sont en détresse respiratoire.
À hôtel-Dieu deux médics sont encore attaqués de manière intentionnelle, une au mollet avec une désencerclante, et un au genou par tir tendu de lacrymo. Au moins deux personnes, dont un photographe, sont blessés au LBD40. Une à la main, et une au bras, en tentant d’évacuer le premier en le protégeant avec son bras. Un mur de CRS empêche le blessé à la main de passer, malgré son état clairement signifié. Un tir de LBD40 touche une autre personne à la jambe. Malheureusement, le contexte empêche les medics de la prendre en charge.

Vers la rue des olivettes, suite à un gazage visant à circonscrire les manifestants, les forces de l’ordre chargent et matraquent les manifestants. Une personne en particulier est frappée aux jambes, aux fesses et aux mains. Une autre, violemment gazée, déclenche une détresse respiratoire.

En fin de manifestation vers le commissariat, plusieurs arrestations ont lieu. La violence de ces interpellations et leur nombre choquent les témoins. D’autres militants sont repoussés à la gazeuse à main.

Un grand Merci à tous les médics qui sont venus à Nantes pour soutenir cette manifestation inter-régionale, à notre connaissance de La Roche-sur-Yon et de Vendée, D’Ancenis et d’Angers, de Poitiers et du 86, de Rennes, de Tours, et de la Sarthe !

[ source sur facebeurk: https://www.facebook.com/actionmedic44/posts/1344055602398817 ]

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Nantes Révoltée

ACTE XVI – 2 MARS À NANTES – LA TEMPÊTE QUI S’ANNONCE

– 5000 manifestants. Très forte répression. Une « maison du peuple » expulsée immédiatement –

Pour la première fois depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, la ville de Nantes accueillait une manifestation « inter-régionale », dans le sillage d’autres mobilisations à Angers, Rennes ou la Roche-sur-Yon. L’État en avait profité pour annoncer une déploiement policier « inédit ». Alors que Nantes est déjà militarisée chaque samedi, que les blessés et les arrêtés ne se comptent plus, comment cela pouvait-il être encore pire ? C’était pire. Récit d’une grosse manifestation fortement réprimée.

Bien avant le départ, des dizaines et des dizaines de contrôles, de fouilles, de vols de matériel sont commis par la police. A la gare, sur les routes qui mènent à Nantes ou sur les places du centre-ville. Le ton est donné : l’ambiance est celle d’une occupation. A 13H, des centaines de personnes se réunissent sur la place du Commerce. Un deuxième rendez-vous avait été lancé Place Viarme. Mais les rares personnes présentes se font dépouiller par la police, et finissent par rejoindre le gros de la manifestation. Dommage, car un deuxième cortège aurait permis d’investir des parcours originaux. Résultat, toutes les forces de l’ordre se concentrent sur le rassemblement dans l’hyper-centre.

Après à peine 5 minutes de marche : un déluge de grenades lacrymogènes. Le cortège qui s’apprêtait tranquillement à remonter vers la place Graslin est attaqué par une ligne de gendarmes mobiles. Visiblement, toute tentative de sortir des grands axes contrôlés par la police sera empêché. Les premières lignes ne se découragent pas. Deuxième tentative pour passer : même scénario. Des manifestants jettent des fruits et des poissons périmés ramassés sur le marché de la Petite Hollande. Affrontements au corps à corps. Le message est clair : « retournez sur l’habituel cours des 50 Otages, où la répression sera implacable ». Heureusement, une première ligne équipée de banderoles poétiques protège le défilé.

Demi tour vers le château, où la police lance à nouveau l’assaut. Le périmètre « autorisé » pour défiler se limite donc à quelques centaines de mètres seulement : de Commerce au Château. Les 5000 manifestants présents, venus de tout le grand ouest, seront systématiquement attaqués au cours de l’après-midi. La manifestation est donc interdite de fait.

En plus des centaines de policiers en armure, une escouade de civils, tous cagoulés et armés, vient sans cesse au contact. Ce « Détachement d’Action Rapide », créé par Castaner et composé de Brigades Anti-criminalité et de BRI, est d’une violence extrême. Et terriblement nombreux. Plus encore que lors des plus grosses mobilisations anti-aéroport. L’objectif est clairement d’empêcher toute expression contestataire, puisqu’une charge monumentale est lancée à Bouffay, avec des dizaines de grenades explosives pour … voler les banderoles ! Plusieurs blessés sont à déplorer. Des journalistes, y compris de la presse locale, sont menacés. Mais les silhouettes noires repartent en meute, satisfaites, avec leurs trophées.

Le cortège est scindé en deux, et des affrontements éclatent devant la préfecture et sur le Cours Saint-Pierre. A plusieurs reprises, des lignes de CRS sont repoussées, et ont un recours massif aux gaz lacrymogène. Insolite : des balles de tennis atterrissent sur les boucliers. Un échange est entendu au sein d’une unité : « vous pouvez tirer autant que vous voulez ». On se demande si les commandes faramineuses de grenades faites par Macron au début du mandat ne vont pas, tout de même, s’épuiser prématurément.

Devant la préfecture, des canons à eau arrosent longuement les premières lignes, protégées par des parapluies. Nouvelle charge de la BAC avec beaucoup de blessés. L’avant du cortège tentera de sortir de cette nasse mobile et anxiogène, mais sera repoussée par les gendarmes mobiles. Il y aura de nouveaux affrontements au CHU, où des jets de cocktails molotov sont aperçus. Des street medics sont tabassés sur la ligne de tram. Les effectifs de police paraissent trop nombreux et en roue libre, les lignes de différentes unités se superposent, et parfois se gazent par erreur. A Bouffay, nouvelle confrontation au corps à corps.

Mais l’enjeu est ailleurs : il s’agit d’ouvrir d’un lieu pour servir de QG aux Gilets Jaunes. Quelques centaines de personnes pénètrent dans le quartier des Olivettes. Alors que le cortège n’est plus qu’à quelques dizaines de mètres du bâtiment ouvert, le bruit court que les éclaireurs ont déjà été arrêtés. A peine ouvert, le lieu est déjà expulsé. La BRI est dans le bâtiment. Elle rudoie les personnes à l’intérieur, casse des portables, insulte une militante. La détermination pourtant élevée vient de prendre un coup. Dans la rue, des policiers en tenue de ninja tirent une grenade de désencerclement pour évacuer la foule qui stagne devant le bâtiment.

Les manifestants restants retournent à la croisée des trams, entourent les camions de CRS. La police reste omniprésente et la confusion est grande. Dans ce contexte, un manifestant reçoit un tir de balle en caoutchouc dans le visage avant d’être arrêté alors qu’il est traîné presque inconscient vers le CHU. Il sera emmené au commissariat malgré sa blessure. D’autres personnes sont touchées et arrêtées, notamment un manifestant qui s’écroule après avoir reçu un tir dans le dos.

La nuit tombe, les rues retrouvent leur calme, les camions de CRS continueront de sillonner la ville jusque tard dans la nuit. 15 personnes ont été arrêtées. La répression a remporté la partie. Pour cette fois.

Pour l’Acte 17, il s’agira de sortir du centre-ville et de reprendre les ronds points pour bloquer l’économie, comme au début du mouvement des Gilets Jaunes. Et la semaine suivant, pour l’Acte 18, la France envahit Paris.

D’ici là, restons déter’ et solidaires.

Photos : Maka, NDR, Estelle Ruiz,Jah, James, Alexis C., Elsa G.

[ source sur facebeurk: https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/posts/2099241546778674 ]

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Y’a aussi pas mal de d’infos live sur twitter, avec en particulier un « moment » qui rassemble pas mal de trucs : https://twitter.com/i/moments/1101856093007945730 ou via la recherche ciblée https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=Nantes%20%28%23GiletsJaunes%20OR%20%22gilets%20jaunes%22%20OR%20%23ActeXVI%20OR%20%23acte16%20OR%20%22acte%2016%22%29&l=fr&src=typd

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Action contre Arnaud Alessandrin le 1er Février au Mirail

Publié le 2019-03-05 06:48:05

Voici de récit de l’action menée le 1er Février à l’université du Mirail, contre le séminaire "Transidentités : Nouveaux aspects émergents", organisé par Daniel Welzer-Lang et Chantal Zaouche-Gaudron, invitant Arnaud Alessandrin.



Le 1er Février 2019, à la MDR (Maison De la Recherche) du Mirail, devait se tenir un séminaire intitulé "Transidentités : nouveaux aspects émergents". Nous avions décidé collectivement de zapper cet événement (après avoir laissé la parole aux intervenant-e-s durant la moitié du temps de la conférence), et d’y lire un texte.

Les raisons qui nous ont poussé.e.s à vouloir intervenir étaient multiples. Premièrement, il s’agissait encore d’une conférence portant sur les transidentités non seulement menée par des personnes non concernées, mais aussi et bien sûr sans l’intervention ni même la simple présence de personnes concernées. Une association locale avait envoyé un e-mail deux semaines avant l’événement pour demander des explications à ce sujet et proposer un partage du temps de parole à la tribune, et n’a jamais reçu de réponse.

Ensuite, il y avait la présence d’Arnaud Alessandrin. Ce sociologue cisgenre construit sa carrière sur nos corps et nos vies, parle à notre place, et exploite notre communauté en s’appropriant notre culture et nos avoirs.

De plus, le séminaire était co-organisé par Daniel Welzer-Lang, un enseignant-chercheur accusé à maintes reprises par des étudiant.e.s de harcèlement et d’agression sexuelle, et dont l’inacceptable attribution de l’éméritat avait fait l’objet d’oppositions. En co-organisatrice, on trouvait également Chantal Zaouche-Gaudron. Nous ne savions rien de cette personne avant de la rencontrer, et de faire sur elle des recherches encouragées par cette rencontre. Il s’avère que cette personne aurait à elle-seule justifié un zap, tout comme chacun des deux autres intervenants. Nous avions donc là une belle brochette de personnes hautement problématiques, qu’il fallait arrêter à tout prix.

Les faits mentionnés ici étaient les points qui nous unissaient dans notre volonté d’agir, mais chaque personne avait aussi, à n’en pas douter, des raisons individuelles d’intervenir ce jour-là.

L’arrivée

Nous sommes arrivéEs sur place une heure avant le début. Une partie du groupe est entrée tout de suite dans le bâtiment pour localiser la salle où devait se tenir l’événement. Les autres sont resté-e-s dehors en attendant le départ des festivités.

A l’heure où le séminaire devait commencer, aucun.e des organisat.eur.rice.s n’était arrivé.e dans la salle du séminaire, et les deux groupes se sont rejoints à l’entrée de la MDR. Le groupe de l’extérieur (resté quelque peu dissimulé pour ne pas attirer les regards) a annoncé avoir vu passer Arnaud Alessandrin et Daniel Welzer-Lang. Étonnant donc qu’aucune de ces deux personnes ne se soit présentée à la salle de conférence à l’heure fatidique. Une dizaine de minutes plus tard, s’est approchée une femme, accompagnée de deux agents de sécurité, on a tout de suite deviné que ce trio était là pour nous. Elle est entrée dans la MDR et a marché jusqu’à la salle sans rien dire.

Nous l’avons suivie et elle nous a annoncé que la conférence était annulée sous prétexte que "les conditions n’étaient pas propices à un débat". On était pas venu.e.s pour débattre de toute façon... Notre première réaction a été un grand cris de victoire, face auquel notre interlocutrice a simulé un étonnement totalement surjoué.

Mais qui donc était cette personne en face de nous ? Portrait.

Chantal Zaouche-Gaudron, La psychologue masculiniste (d’après ses propres travaux)

Nous avons eu une longue et pénible discussion avec elle, durant laquelle elle s’est foutu de nous de la manière la plus visible qu’elle pouvait. On apprendra le soir même qu’elle a par le passé travaillé avec Colette Chiland (une psychiatre transphobe de la SOFECT) sur de réjouissants ouvrages tels que "Filles, garçons" ou "La problématique paternelle" aux éditions Eres . Il nous paraît évident qu’Arnaud et Daniel l’ont envoyée comme bouclier, n’ayant pas eu courage de venir nous affronter eux-mêmes. Quant aux deux gros gars de la "sécurité", ils attendaient derrière la porte et sont partis au bout de dix minutes, ils n’avaient visiblement aucune idée de ce qu’ils faisaient là. Chantal les avait probablement fait venir en croyant nous intimider.

Durant cette conversation, qu’elle a mené avec un grand sourire et un ton ouvertement méprisant ; elle aura (entre autres) refusé de nous dire où se trouvaient Daniel et Arnaud, pris la défense de Daniel quand à ses agissements sous couvert de neutralité, prétendu être la seule organisatrice du séminaire et l’avoir annulé elle-même (l’autre organisateur était Daniel, c’était visible sur l’affiche de l’événement), et affirmé que ce n’était pas de sa responsabilité d’avertir des personnes concernées lorsque de telles conférences sont organisées (ni même de répondre à leurs e-mails). Elle a éructé différentes formes de transphobie et d’homophobie ordinaire et de négation des oppressions et des luttes (dans le best of : "J’ai un ami homosexuel, je comprend ce qu’il vie" ; "Vous savez des discriminations y’en a partout" pour minimiser nos discours et délégitimer notre présence). De plus, elle s’est déresponsabilisée de l’absence de personnes concernées par des analyses symétriques et sans rapport ("Je travaille sur la question de la paternité, donc selon votre raisonnement, je devrais contacter toutes les associations de pères chaque fois que j’organise une conférence ?"), ou en nous répétant que le séminaire était "réservé aux doctorants de l’université et pas ouvert à la société civile" (on avait rien à faire là en gros). La victimisation était bien entendu au rendez-vous, c’est la base dans ce genre de situation.

Des étudiant.e.s présent.e.s pour le séminaire sont resté.e.s dans la salle durant tout ce temps et ont écouté ce que nous avions à dire.

A la recherche des fuyards

Après que les personnes présen.te.s aient quitté la pièce une par une, à cause du malaise provoqué par Chantal pour certain.e.s, et pour éviter que l’envie de lui mettre des tartes ne devienne irrésistible pour d’autres ; nous nous sommes retrouvé.e.s dans le hall de la MDR. Nous étions alors déterminé.e.s à mettre la main sur les deux fuyards. Des personnes ont fouillé tout le bâtiment pendant que d’autres essayaient de se renseigner pour trouver le bureau de Daniel (nous nous disions que les deux hommes se cachaient peut-être là-bas, même si ça semblait peu probable). Nous étions durant tout ce temps la cible de moqueries de personnes du personnel administratif (de l’humour Canal+ notamment : "Pas content ! Pas content ! Pas content !").

Nous nous sommes lancé.e.s en direction du bureau de Daniel dès que nous avons eu connaissance de sa position. Des personnes de l’UET nous avaient rejoint entre temps, iels avaient sûrement prévu une action contre Daniel. Arrivé.e.s sur place, nous avons trouvé une porte fermée. Personne ne répondait quand on frappait (nous n’avons jamais écarté l’hypothèse selon laquelle nos deux amis se trouvaient tout de même à l’intérieur). Nous avons attendu un moment devant la porte, avant de partir en laissant un tract sur place.

En repartant d’Olympe de Gouges, nous avons décidé de vérifier la MDR une dernière fois. Nous nous attendions à ce qu’ils décalent ou déplacent le séminaire pour se débarrasser de nous. Le personnel du bâtiment n’a pas manqué de renouveler ses sarcasmes en nous voyant arriver. Les salles de conférence étaient vides. Nous sommes monté.e.s vérifier la salle de repos (une cafétéria découverte plus tôt par les personnes qui avaient fouillé le bâtiment) dans un dernier élan de désespoir. Aucune traces de Daniel ou Arnaud, nous sommes rentré.e.s chez nous.

The Aftermath*

Cette action nous a laissé un goût amer de frustration et d’accumulation de colère et de malaise. Mais nous ne manquerons pas d’apprendre de nos erreurs pour nos interventions futures. On avait pas imaginé que les cibles d’un zap puissent décider de prendre la fuite et se cacher, encore moins en ce dissimulant derrière une tierce personne. On peut aussi parler du manque de respect que représente le fait de bloquer ainsi une action quand des gen.te.s ont pris le temps de préparer un texte, un déroulement, des tracts et des pancartes.

Dans les semaines qui ont suivi, des petits groupes de personnes présen.te.s ce jour-là ont écrit des textes concernant les personnages contre lesquels nous avions décidé d’intervenir. Ceux-ci sont publiés sur le blog Translouse créé pour l’occasion : https://translouse.noblogs.org. D’autres pourraient bien émerger plus tard. Ce blog servira à l’avenir d’outil de communication pour la communauté trans radicale de Toulouse.

To be continued...**

* Le contrecoup.
** La suite au.x prochain.s épisode.s (la forme plurielle étant très probable).

Ratoma (Guinée-Conakry): un quartier squatté a été entièrement démoli par l’État

Publié le 2019-03-05 06:49:04

Ratoma (Guinée-Conakry): un quartier squatté a été entièrement démoli par l’État

Début février 2019, à Ratoma (une des cinq communes constituant la ville de Conakry), Ibrahima Kourouma, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire a annoncé son intention de faire « nettoyer » le site du centre directionnel de Koloma, c’est-à-dire détruire tout un quartier squatté où vivent des dizaines de personnes pauvres.

L’expulsion-destruction de ce quartier (« déguerpissement » est l’expression utilisée localement), connu sous le nom de Kaporo rail, a débuté le mardi 19 février. Le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire s’est cette fois déployé avec des chefs de la Gendarmerie nationale et de la Justice militaire ainsi que tout un paquet de soldats en armes et des machines du génie militaire, pour démanteler les engins et voitures qui se trouvaient dans le quartier.

Dans un premier temps, le pouvoir a donc détruit des objets, des véhicules, puis des kiosques, des bars-cafés, des petits commerces, épargnant les habitations.

Comme souvent lors de telles circonstances, le ministre Ibrahima Kourouma a tenté de justifier cette action de démolition en la faisant passer pour une action d’intérêt commun : «à Conakry, les gens se lèvent tous les matins pour se diriger vers Kaloum où se trouve l’administration publique et privée. C’est le centre des affaires en quelque sorte. Donc, le président de la République, dans son souci de faire en sorte que la ville soit décongestionnée et que chaque Guinéen puisse vivre de façon décente et à l’aise, s’est investi pour avoir ce schéma directeur de Kaloum Vision 2040 et de Conakry vision 2040. Le centre directionnel de Koloma qui est un domaine réservé de l’Etat, doit être viabilisé pour accueillir l’administration publique, le centre des affaires. C’est pour cette raison que le président de la République a instruit le ministère de la Ville non seulement pour travailler sur les réserves foncières mais aussi à récupérer les domaines réservés de l’Etat.» Donc, si on écoute bien le ministre, commencer à détruire les lieux de vie d’un quartier de Conakry, c’est pour que chaque Guinéen puisse vivre de façon décente et à l’aise. Ça doit dépendre des Guinéen·ne·s quand même, non ?

Il faudrait demander à celles et ceux qui ont perdu leurs affaires, leurs véhicules, leurs lieux de vie sociale, puis, les jours suivants, leurs domiciles…

Mais en Guinée-Conakry comme ailleurs, c’est l’État qui décide. Le ministre Kourouma a d’ailleurs ajouté, toujours le 19 février dernier: «les gens savent qu’ils doivent quitter. Non seulement nous avons envoyé des inspections pour sensibiliser les populations, mais nous avons envoyé aussi un huissier qui est venu déposer les documents et des préavis avec des dates bien définies pour les gens qui doivent quitter. Ensuite, je me suis déplacé en personne avec les chefs de quartier et chefs secteur pour les sensibiliser à quitter. Ils savent qu’ils sont illégalement installés et il faut qu’ils assument et prennent leur responsabilité de quitter pendant qu’il est encore temps de partir librement.»

Partir librement… Si on disait au ministre « écoute coco, on te laisse quelques jours pour partir librement, car on a besoin de ta maison, tu comprends ? », il réagirait comment à votre avis ? Il aurait peut-être envie de rester librement chez lui…

Comme on peut le lire dans un article publié sur guineenews.org, certain·e·s habitant·e·s ont bien compris le message, mais c’est pas comme si les solutions de rechange étaient toutes trouvées. D’autant que plusieurs y ont passé quasiment toute leur vie et n’ont aucune idée ni aucun moyen pour aller s’installer ailleurs. Par exemple, Elhadj Youssoupha Diallo, qui a plus de 80 ans: «nous savions que les garages allaient être déguerpis. Mais en ce qui concerne les habitations, le chef de quartier nous avait signifié qu’avant de nous faire quitter les lieux, on nous dédommagerait d’abord. Moi depuis 1970, j’habite là, je ne refuse pas de quitter ici mais je n’ai vraiment pas où aller à moins que l’Etat m’indique où partir».

Le jeudi 21 février, les démolitions reprenaient de plus belle, s’attaquant cette fois à toutes les constructions du quartier: boutiques, bars-cafés, ateliers de couture, garages, hangars, restaurants, et maisons d’habitation !

Dans les cris et larmes, la colère des habitant·e·s n’est pas entendue. Mariam Diallo, une des habitantes expulsées: «vraiment, nous on est perdu·e·s, on ne sait plus quoi faire et que dire par rapport à cette situation. Il n’y a pas où aller ni rien. Beaucoup gagnaient leurs quotidiens ici mais hélas tout est démoli (…). J’ai ma grande sœur aussi qui a une boutique là mais malheureusement ils ont tout cassé.»

Sur les lieux ce matin-là, plusieurs véhicules de la gendarmerie (17 selon un des habitant·e·s du quartier !) étaient postés pour protéger les machines de démolition. Et si la colère pouvait se sentir, il n’y avait pas encore de résistance active à l’opération de démolition du quartier.

Le lundi 25 février, les démolitions ont redoublé d’intensité, touchant cette fois principalement des habitations. La révolte a commencé à se faire entendre, et les forces anti-émeute ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule, rendant la tâche encore plus compliquée à celles et ceux qui tentaient de réunir quelques affaires personnelles avant de partir.

Début mars, la zone est devenue un vaste champ de ruines. Même les écoles du quartier sont démolies. Comme on peut le lire dans un article d’africaguinee.com, le quartier vit au rythme des bruissements des Caterpillars de l’armée qui rasent tout, sous les yeux impuissants des victimes.

Selon Mamadou Samba Sow, un habitant du quartier, «ce qui s’est passé à Kaporo-rail ici c’est la démonstration et l’accomplissement d’une haine, parce qu’il faut dire les choses par leurs noms, c’est une haine contre la communauté locale et celle qui est majoritaire ici c’est la communauté Peulh, c’est elle qui habite Kaporo-rail. (…) Aujourd’hui la haine s’est matérialisée par la destruction de nos maisons et l’arrestation de nos frères.»

Et tandis que le quartier de Kaporo-rail est quasi entièrement détruit, ce lundi 4 mars 2019, plusieurs habitant·e·s d’une des zones de la cité Soloprimo (Koloma) ont été surpris·es par des agents de l’habitat qui sont venus mettre des croix sur leurs habitations, signe qu’elles sont les prochaines cibles des autorités. Ibrahima Kourouma a encore frappé et vise encore un autre quartier de la capitale guinéenne…

Ce week-end, le président Alpha Condé a promis d’être intraitable dans la récupération des domaines appartenant à l’Etat, alors que le passage des bulldozers à Kaporo-rail a laissé de nombreuses personnes et familles dans la misère et l’abandon.

[Sources: Libre Opinion Guinée | Guinée News | Guinée-Matin | Ma Guinée Infos | Mosaïque Guinée | Africaguinee.com 1 & 2.]

« Dans un climat insurrectionnel on fait ce que tout le monde fait : au lieu de participer on part » : récit des jugements de gilets jaunes du 25 & 26 février

Publié le 2019-03-05 07:00:05

Les comparutions immédiates de gilets jaunes se suivent et se ressemblent au tribunal de grand instance de Lyon. Les juges obéissent aux ordres de leur hierarchie et condamnent à tout va avec l’espoir de casser le mouvement et peut-être d’obtenir une promotion. Récit de quelques jugements.



Affaire n°1

Un gilet jaune est poursuivi pour jets de projectiles contre des forces de l’ordre lors de la manifestation. Deux policiers se constituent parties civiles. Il a été interpelé à 15h15 vers le Sofitel de Bellecour. 310 policiers ont été mobilisés lors de cette journée

La juge commence par rendre compte de la version policière des faits : « Voici les faits qui vous sont reprochés. Vous en avez déjà eu connaissance ce matin devant madame la procureure. Le contexte est assez simple, les faits se passent pendant la manifestation à Lyon. Nous avons un procès-verbal de contexte de 9 pages qui résume ce qu’il s’est passé de 12h30 à 19h. Quand j’ai lu ce PV, j’ai compris qu’il y avait des gens en gilet jaune qui venaient manifester et puis des gens pas du tout en gilet jaune, plutôt en noir, qui cherchaient à en découdre. Ce sont des gens qui sont équipés en noir avec des capuches et des masques. »

« Il est indiqué que vous vous êtes particulièrement distingué parmi ce groupe. On vous désigne parce que vous êtes habillé de manière particulièrement voyante : Une casquette orange, un survêtement rouge et une veste bleue et blanche. C’est la raison pour laquelle vous avez été repéré. »

(On ne le répètera jamais assez mais attention aux vêtements visibles. Il ressort des audiences que les flics peuvent garder votre tenue longuement en tête et vous retrouver plusieurs heures après les faits…).

J : « Vous acceptez de vous expliquer ? »
Le prévenu explique qu’il s’est retrouvé là par hasard et alors qu’une personne âgée se faisait gazer, il aurait relancé un palet de lacrymogène.
J : « Vous y croyez, vous à tout ça ? »
P : « Bien sûr. »
J : « La procureure vous a entendu dans le cadre d’une visio-conférence. Lors de vos déclarations je ne vois pas le même aspect héroïque du pauvre pépé qui était là. Ça me parait trop beau pour être vrai. Surtout qu’il est précisé que le cortège était belliqueux. »
P : « C’était une personne âgée mais pas un papi avec une canne comme vous pouvez l’imaginer. Il manifestait aussi. »

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J : « Monsieur qu’est-ce que vous pensez de votre comportement ? »
P : « Immature . »
J : « C’est juste immature de jeter des cailloux sur les forces de l’ordre ? » [Pourquoi se priver de faire courber encore un peu plus l’échine au prévenu ?]
P : « Et c’était stupide. »
J : « Surtout que ce n’est pas la première fois que vous avez des problèmes avec des policiers. J’ai votre casier sous les yeux et je vois qu’en 2018, il y a une mention pour outrage et rébellion. »

Partie civile (avocat des flics) : « Comme vous avez bien dit madame le président, on constate que les manifestations ne sont pas que des rassemblements de gilets jaunes mais aussi de personnes qui viennent en découdre. »

L’avocat demande des dommages et intérêts au titre du « préjudice moral ». Renvoyer un palet de lacrymogène sur un policier qui vous l’envoie dessus leur cause un « préjudice moral ». Sans commentaire.

Procureur : « C’est une bien jolie histoire que vient raconter monsieur à votre barre. Mais aujourd’hui j’ai un peu de mal à croire monsieur. Ce matin je lui ai expliqué pourquoi il passait en comparution immédiate. On a des faits envers les policiers qui se répètent samedi après samedi. Ce qui me dérange c’est cette minimisation. Ça ne correspond pas au dossier. Pourquoi ce choix de comparution immédiate ? Une réponse ferme et rapide à des faits qui se répètent contre les forces de police. »

Réquisitions : 6 mois de sursis avec interdiction de manifester pendant 6 mois et interdiction de séjour à Lyon pendant 6 mois. 

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L’avocate de la défense nous sort une plaidoirie extraordinairement bienveillante envers les magistrats. Il s’agit de jouer sur la peur commune du contexte pour s’attirer la clémence du tribunal.

Extraits choisis : « Tout le monde est d’accord, on comprend l’exaspération par rapport à des faits qui sont semblables, qu’on soit juge ou citoyen. »
« Mais vous l’avez vu, il y a de la maladresse chez monsieur. Maladresse parce qu’il est jeune, maladresse parce qu’il connait l’enjeu de cette audience et que ça lui fait peur. »
« Si ce jeune garçon savait réagir comme il faut au moment où il faut, il ne serait pas là. »
« N’importe qui de sensé, là on est d’accord avec madame le procureure, n’importe qui de sensé part au moment des échauffourées. »
«  Alors sanction ? Évidemment sanction ! Pour lui, pour nous, parce qu’il y a des gestes qui ne se font pas. » [il faut rappeler ici que le rôle de l’avocat de la défense n’est pas d’accabler le prévenu et de demander une sanction, le procureur s’en charge déjà, mais de le DÉFENDRE au mieux de ses intérêts]
« Je vous demande une sanction qui soit en rapport à sa personnalité et à son âge. »
« Ce n’est pas quelqu’un que vous retrouverez dans les manifestations. »

Délibéré : 4 mois de sursis + interdiction de paraître à Lyon le samedi pendant 6 mois.

Affaire n°2

L’homme a été interpellé place Bellecour vers 17h. Il est poursuivi pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique et « groupement en vue de » . Il aurait relancé un palet de lacrymogène. Pour ce fait de violence il est en état de récidive légale puisque condamné précédemment pour des faits semblables. Dès le début de l’audience, à la question « Souhaitez-vous être jugé aujourd’hui ? » son avocate demande un délai accompagné d’une expertise psychiatrique. Cette expertise a pour but de comprendre si l’homme était conscient lors des faits et donc responsable pénalement.

Le débat se situe alors sur la situation du gilet jaune en attendant son procès (détention provisoire ou contrôle judiciaire.)

La procureur : « Sur la demande de délai, je n’ai pas mon mot à dire puisqu’il est de droit. Par rapport à l’expertise psychiatrique, je ne suis pas favorable mais bon s’il y a un délai pourquoi pas. »

Elle demande la détention provisoire : « D’une part il y a un risque de réitération manifeste. Sur les garanties de représentation j’ai des doutes. Pourquoi ? On a un justificatif de propriété fourni par la défense. Mais on s’aperçoit que monsieur est mobile puisqu’il peut venir à Lyon et il n’a pas de travail. »

L’avocate de la défense met en avant que son client est propriétaire d’un logement et que lors d’un précédent suivi judiciaire tout s’était bien passé. Elle propose un contrôle judiciaire strict avec pointages réguliers au commissariat

Délibéré : contrôle judiciaire avant le procès début avril.

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Comparution immédiate du lendemain (26/02)

En cette période tendue, les juges titulaires sont partis en vacances en même temps. Du coup des intérimaires occupent le poste...

Affaire n°1

Le premier Gilet jaune qui se présente a déjà fait l’objet d’un renvoi, pour des raisons administratives, la cour demande le renvoi, le conseil du prévenu est d’accord, seule la proc s’oppose à ce que le dossier soit renvoyé. Le jeune homme qui comparait libre est soumis à un contrôle judiciaire qui l’oblige à pointer une fois par semaine : son conseil demande l’allègement du contrôle… il n’est pas fait mention des faits : la cour intérimaire qui ne sera pas là pour le jugement n’a pas souhaité les rappeler.

Après délibération : il est reconvoqué le 30 avril et son contrôle est allégé, il passe à deux signatures par mois.

Affaire n°2

Le deuxième gilet jaune comparaît libre aussi, bien entouré par ses ami.e.s et sa famille. Ses soutiens restent jusqu’au bout de l’audience.

Il a 23 ans et est mis en examen pour : violences volontaires (commises le 19 janvier 2019) sur personnes représentantes de l’ordre… (sans ITT) et participation à un attroupement en vue de… Au moment de son arrestation il est porteur d’un casque de roller, d’un masque de ski et de deux cailloux (trouvés dans ses poches) deux bouteilles de bières vides trouvées dans son sac à dos.

Il est étudiant- en musicologie et travaille dans l’animation.

Il y a trois dépositions de policiers contre lui : une commissaire de Vaulx-en-Velin, un CRS et un brigadier. Une vidéo est visionnée à l’audience qui le montre armant son bras pour lancer un projectile en direction des forces de l’ordre.
La controverse porte sur la nature du projectile : une pierre pour la police, une relance d’une grenade lacrymo pour le prévenu. Ensuite il y a controverse entre les policiers sur le nombre de projectiles envoyés : deux pour les premiers, un pour le dernier.

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La scène sur la vidéo : un jeune homme jette un projectile, les flics se mettent en mouvement, le jeune homme tombe et il est arrêté.
- Commentaire du point de vu des policiers : il a lancé une pierre, puis une autre, il s’est enfui et a chuté. On l’a chopé, force est restée à la loi.
- Commentaire du gilet jaune : « j’ai ramassé une grenade lacrymo qui a atterri vers moi, je l’ai relancée. Et au moment où j’ai fait cela, j’ai pensé qu’on allait m’accuser d’être propriétaire de cette grenade. J’ai décidé de partir et un tir de flashball m’a touché au genou et je suis tombé. »

Sur la pierre trouvée sur lui : il dit que plus tôt dans l’après-midi il se trouvait place Carnot, des gens tiraient des pierres sur les policiers, un certain nombre de gilets jaunes constatant que ces pierres passaient au-dessus d’un petit parc où jouaient des enfants ont confisqué ces pierres aux lanceurs. Il faisait partie de ceux qui ont confisqué les pierres, il a mis les pierres dans ses poches et les a oubliées. Pour les bouteilles vides : ne trouvant pas de poubelle sur son passage il les a gardées dans son sac à dos. Les raisons de sa course ; il a eu peur d’être interpellé, le casque pour se protéger, il a vu à la télé ce que peuvent faire les policiers aux gilets jaunes qu’ils attrapent, il sait ce qu’il peut arriver en manif.

Pierre ou grenade, la réponse à la question qui se pose se trouve sur la vidéo, la juge va faire repasser les images plusieurs fois, lui demander de venir commenter et il va montrer qu’un mince filet de fumée s’échappe du projectile quand il est lancé. Les pierres ne fument pas…la proc’ est très réticente et ne veut pas venir voir les images, elle finira par céder (elle a passé une grande partie de l’audience sur son mobile, ça se voit et ça fait l’objet de commentaires dans le couloir en attendant la délibération).

Juge : « - Pourquoi étiez–vous venu à cette manif ? »
Prévenu : « Je suis venu en soutien aux gilets jaunes et en observateur avec des intentions pacifiques. »
J : « Vous ne faisiez pas partie du cortège quand on vous arrête ! »
P : « C’était à Bellecour, on était pour ainsi dire nassés et j’ai perdu les autres. »
J : « Vous dites que c’est votre première manif, vous affirmez vos intentions pacifiques et apolitiques et vous venez protégé, vous prenez les précautions de quelqu’un qui veut être au cœur de l’action alors que vous vous dites observateur ! »
P : « C’est le cœur de l’action qui est venu à moi ! »
J : «  Monsieur dans un climat insurrectionnel on fait ce que tout le monde fait : au lieu de participer on part. »
Pré : « J’aurais dû partir… »

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La procureure qui a l’habitude des gilets jaunes enchaîne : « La poursuite du prévenu s’inscrit dans le mouvement de durcissement des Gilets Jaunes, ici on est place Bellecour lieu des affrontements. Dans le cas de monsieur on a bien participation à un groupement en vue de commettre des dégradations et des violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique. »

Et là elle refait toute l’histoire… Elle retourne les arguments du jeune homme en faveur de sa réquisition, elle n’en démord pas, deux pierres ont été jetées, pas de grenade. Elle doute que ce soit sa première manif, il réplique que c’est sa première manif en tant que gilet jaune. Elle note que ce jeune homme n’a pas le profil habituel des comparutions immédiates mais qu’il est là dans le cadre de la banalisation des actes de violence contre les forces de l’ordre. Elle relève, à charge, l’intelligence du prévenu et s’inquiète car, s’il n’a pas de casier judiciaire, son intelligence et sa capacité de réflexion auraient dû lui commander de s’éloigner en situation de manif : il n’est donc pas capable de discernement. CQFD. Elle demande au tribunal d’entrer en voie de condamnation et requiert : 4 mois d’emprisonnement avec sursis avec 105 heures de TIG. Elle prévoit que l’avocate va demander la non inscription sur le casier (B2) et par avance s’y oppose.

Défense : l’avocate qui a rencontré le jeune en garde-à-vue reprend toute l’histoire et abonde dans le sens de son client. Le tir du jeune homme est un « tir réflexe ». Elle justifie son accoutrement défensif en rappelant que désormais à Lyon il y a des manifestants et des casseurs, et avance l’argument que cet attirail a pour objectif de se protéger des violences de quel-qu’endroit qu’elles viennent.
Elle rejette l’idée de « participation à un groupement en vue de... » car il n’y a pas le début d’une telle intention dans les agissements de son client.
Elle trouve acceptable la proposition de TIG mais insiste sur la nécessité pour le jeune homme de conserver un casier vierge puisqu’il travaille pour une association en lien avec l’administration et qu il ne peut déjà plus y travailler avec son contrôle judiciaire… il risque de perdre cet emploi si la sanction est inscrite au casier.
Elle possède des tas de recommandations de profs en faveur du jeune homme.

Le jeune gilet jaune, lorsqu’on lui rend la parole, déclare ne pas venir en manif pour en découdre avec les forces de l’ordre.

Délibéré : 2 mois avec sursis avec 105h de TIG et dispense d’inscription au B2 + interdiction de porter une arme pendant deux ans.

Lettre de prisonniers de l’ « opération étincelle », en italie : le plus beau des cadeaux

Publié le 2019-03-05 07:03:05

 

Le plus beau des cadeaux

C’est arrivé souvent au fil des années que nous nous soyons laissés aller à la fantaisie, en essayant d’imaginer comment et quand aurait lieu l’expulsion de l’Asilo. Combien de flics envahiraient le quartier, combien de temps tiendraient les barricades, à quel point résisteront ceux qui seront montés sur le toit, si cela coïnciderait avec une opération répressive et quelle serait la réponse à l’extérieur.

Aujourd’hui, deux semaines après, beaucoup de réponses ont été données. Mais on n’arrive toujours pas à se faire une raison.

Peut-être parce qu’ils nous ont traînés les uns après les autres d’abord à l’isolement aux Vallette (prison de Turin), puis à la section spéciale de la prison de Ferrara. Frappés d’une enquête qui nous décrit comme étant une secte interne et cachée au plus large milieu de compagnons qui s’est organisé à l’Asilo pendant des années.

Une ordonnance dégueulasse qui a permis de sélectionner et de déformer des bouts de nos conversations intimes, politiques et amicales dans le but de soutenir leur thèse inquisitoire. Une reconstruction qui, en aucun cas, ne peut saisir la variété des tensions, idées et élans rebelles qui se sont déchaînés, à partir de ce lieu, vers le monde extérieur.

Peut-être aussi, parce que nous n’avons pas vu les blindés et les CRS fermer pendant plus d’une semaine des morceaux entiers du quartier et refoulé quiconque n’y habite pas ou ne peut pas le prouver, dans le but d’isoler complètement le désormais ex-foyer des subversifs. Peut-être parce que nous n’avons pas entendu de jour comme de nuit les ouvriers rendre la structure inaccessible, mais surtout inutilisable.

Ou peut-être parce qu’au fond ça ne nous intéresse pas. Ces derniers jours, passés ici en taule, ne se sont pas écoulées dans la nostalgie de tous les souvenirs et moments passés à l’intérieur, de ce que cela pouvait signifier pour chacun de nous, des luttes qui y sont apparues et qui l’ont traversé au fil des années. Ils se sont écoulés plutôt avec le regret de ne pas avoir été avec vous durant ces journées, là dehors, le long de la rue qui va du centre jusqu’au quartier d’Aurora (nom du quartier de l’Asilo), aux assemblées publiques ou au bar à cuver les lacrymos.

Parce que si avec cette expulsion, certains ont perdu leur logement, un endroit où s’organiser et se confronter, beaucoup se sont sentis privés d’un bout de liberté, arraché par la force et par une modalité marquant un point de non-retour. Une « étincelle ». Une déclaration de guerre à laquelle tout le monde s’est senti de réagir et dont les échos sont arrivés au-delà des kilomètres, des murs et des barreaux qui nous séparent.

Et cela, c’était le plus beau des cadeaux que vous pouviez nous faire : savoir que l’expulsion de l’Asilo et la réponse à cette enquête ont été l’occasion pour chacun d’exprimer son malaise, sa propre rage et rébellion bien au-delà des luttes et initiatives singulières de ceux qui s’organisaient avec constance là-dedans.

Et qu’importe si après, quand nous sortirons nous ne reconnaîtrons pas l’Asilo pour ce qu’il a été, si dans les yeux de ceux qui seront là nous retrouvons le même amour et la même rage qui se respire aujourd’hui à Turin.

Il y a une espérance. Mais cette espérance n’est pas dans un asilo occupato mais dans le cœur, l’esprit et les bras de ceux qui ont décidé.

« les prisonniers »

Antonio, Beppe, Lorenzo et Niccolo’

18 février 2019

28 février

https://www.autistici.org/macerie/?p=33434

 

Mise-à-jour de la situation des détenu-e-s :

Suite à leur incarcération les six compagnons de l’opération « étincelle » (https://paris-luttes.info/turin-expulsion-de-l-asilo-11678 ) avaient fait appel. Le 1er mars, le tribunal a rendu sa décision : l’ « association subversive » (art ; 270) est tombée, deux personnes ont été libérées. Cependant trois autres restent incarcérées pour des délits spécifiques tandis qu’une quatrième subit une seconde procédure d’incarcération en rapport avec la perquisition menée le jour de leur arrestation.

 

Pour écrire aux compagnon-ne-s :

Antonio Rizzo, Via Arginone, 327 – 44122 Ferrara, Italie

Silvia Ruggieri, Via Bartolo Longo, 72 – 00156 Roma, Italie

Niccolò Blasi, Via Arginone, 327 – 44122 Ferrara, Italie

Giuseppe De Salvatore, Via Arginone, 327 – 44122 Ferrara, Italie


Pour envoyer une aide financière pour aider à soutenir la détention des compagnon-ne-s :

IBAN: IT61Y0347501605CC0011856712   

ABI: 03475  CAB: 01605   BIC: INGBITD1

Giulia Merlini et Marco Pisano

Istituto Centrale Banche Popolari Italiane, c.so Europa 18 Milano – 20122

 

Pour un mouvement excrémiste et quelques bocaux de plus

Publié le 2019-03-05 07:07:04

ACACAB



C’est donc parti.

Le grand #bocacalgame a commencé.

La grosse commission tient à faire part de sa satisfaction enthousiaste et de son ravissement complet face à la série en cours.

Les cris d’orfraies de l’UNSA SDSS (en est-ce ?), qui rappelons-le syndique des matraqueurs-gazeurs-grenadeurs, suite au « petit problème » à la manif du 23 février ont été un tel délice que nous ne pouvions rester silencieux.

Et que dire de la « mésaventure » de la BAC de Marseille ce 2 mars sinon que les mots de l’ordre sont devenus magiques :

« Ils en avaient dans les cheveux, sur les chaussures, ils ont dû jeter leurs fringues. Jamais, m’ont-ils dit, ils n’ont été aussi humiliés », peste le leader du syndicat Alliance 13.

Du coup, un gros coup de gros chapeau entremêlé de gros bisous aux complices du pire !

....

Rions peu rions bien.

Les frontons et intérieurs de leurs bâtiments aux devises frauduleuses ne méritent pas mieux.

Finalement, ce n’est peut-être pas le feu qui leur fait le plus peur.

Acte XVI des « Gilets jaunes », France : Nouveau samedi de casse et d’affrontements – 2 mars 2019

Publié le 2019-03-05 07:08:04

Au menu de ce 16ème samedi de casse et d’affrontements avec les sbires armés de l’Etat: désordres un peu partout, Cacatov dans le sud-est, cellules d’enquêteurs spéciales « Gilets jaunes casseurs » à Bordeaux et Toulouse…

A Montpellier (Hérault), la manif s’est soldée par de nombreux affrontements, n’en déplaisent aux partisans de la paix sociale (des Gilets jaunes, mais aussi les street medics et observateurs de la Ligue des Droits de l’Homme, présents en nombre dès le début de l’après-midi). Aux abords de la préfecture, des manifestants « ont rempli des ballons d’excréments » avant de les lancer sur la police, « qui recevait jusque-là parfois de la peinture mélangée avec de l’acide », a déclaré Rémy Alonso, secrétaire départemental d’Alliance dans l’Hérault.

Des groupes d’émeutiers se sont ensuite éparpillés dans les rues de plusieurs quartiers, en érigeant des barricades afin de ralentir les flics qui leur coller au cul. De nombreux panneaux publicitaires ont été fracassés, au moins une station de tram et ses distributeurs de tickets saccagés. « Après avoir mis le feu à des poubelles et renversé du mobilier urbain dans le quartier des Beaux-Arts, ces groupes ont pris la direction de Louis Blanc où ils ont brisé les vitres d’un arrêt de tramway […] A 19 h, la préfecture indiquait que les forces de l’ordre avaient essuyé des jets de cocktails Molotov et des tirs tendus de feux d’artifice. Sept personnes au moins ont été interpellées ». (Midi Libre, 02.03.2019)

A Alès (Gard), les affrontements ont débuté vers 16h. Divers projectiles ont atterri sur les bleus, qui ont répondu avec des lacrymo et grenades GLI-F4. Au milieu des affrontements, la voiture du procureur d’Alès, François Schneider, « passant par là de manière fortuite au volant de sa voiture, avec le gyrophare en fonctionnement », s’est fait caillasser. Bilan officielle de cette journée (par la sous-préfecture) : « onze interpellations, une quinzaine de blessés légers côté forces de l’ordre (dont onze CRS et le commissaire de police d’Alès) et un seul chez les manifestants, qui a été évacué vers l’hôpital » (Midi Libre, 02.03.2019).

A Lyon (Rhône), pour la grande manif GJ régionale, à laquelle entre 3000 et 5000 personnes ont participé, il y a eu des affrontements sporadiques avec les flics durant l’après-midi. Cette journée a été pourri par une centaine de fascistes qui ont fait le coup de force à plusieurs moments : par exemple, sur la place Guichard, vers 15h30, des fachos – en défenseurs zélés du capital – ont attaqué un groupe de personnes « gilets jaunes » qui était en train de fracasser les vitres d’une agence bancaire (cf le suivi de Rebellyon).

D’autres témoignages (publiés sur twitter) rapportent que la peste brune a fait des ratonnades en fin de journée en vociférant des slogans racistes (non évoqué sur Rebellyon).

A Lille (Nord), il y a eu un bloc anticapitaliste et déterminé de plus de 150 personnes (d’après la Voix du Nord) au sein de la manif régionale des gilets jaunes. Les premières provocations et intimidations des flics ne restent pas sans réponse puisque des banques et des panneaux publicitaires sont fracassées, des poubelles incendiées au milieu des rues pour bloquer l’avancée des flics. Mais le fait du jour, c’est Jean-François Papineau, le nouveau directeur de la sécurité publique du Nord, en poste depuis le 7 février, qui a fait le cow-boy, épaulé par un de ses collègues : en tentant d’interpeller un jeune qu’il accusait d’avoir jeté des projectiles sur les flics, le chef de la police du Nord s’est fait encercler par des manifestant-e-s qui sont parvenu-e-s à libérer l’interpellé. Ce cow-boy, très connu du milieu anarchiste poitevin à la fin des années 2000 pour sa politique de répression féroce (ce qui lui a valu une promotion), y est allée de sa version : « Plusieurs individus, dont un membre du service d’ordre des Gilets jaunes, nous ont contraints de le relâcher en nous bousculant. Je vais porter plainte. Pour lui, « une centaine de personnes ont été acceptées au sein de la manifestation, à côté du fourgon des organisateurs : ça pose question. »

Au début de la tentative d’interpellation, avec son collègue

La tentative d’interpellation avortée

 

 

« Plus tard, Papineau goûte à la sauvage lilloise. Ils sont toujours deux, rue des ponts des Comines. Gazeuse au format familiale et grenade de désencerclement à la main. Face à eux : chaises, tables et parasol en guise de bouclier, les deux flics flippe et recule ». (Source: Lille Insurgée sur twitter)


A Rouen (Seine-Maritime), des dizaines de personnes se sont levées de bonne heure pour aller bloquer la zone commerciale de Tourville-la-Rivière. Dès 7h du matin, près d’une centaine de gilets jaunes ont bloqué des accès de la zone avec des barricades en feu. Les forces de l’ordre sont alors rapidement intervenues. S’en est suivi une matinée mouvementée durant laquelle les manifestants ont cherché à contourner le dispositif des flics, qui leur couraient après toute la matinée.

A Nantes, où 1800 personnes ont défilé d’après la préf’, la situation a très vite été explosive, comme beaucoup de monde pouvait s’y attendre. Les journaflics l’avaient signalé bien avant, en détaillant le plan de quadrillage policier de la ville en vue de cette manif régionale : « Dès le début de la manifestation vers 14h, les premières violences entre manifestants et forces de l’ordre ont éclaté. « Il y a eu des jets de projectile contre les forces de l’ordre, preuve que ce n’est pas une manifestation qui a dégénéré mais bien le but de la manifestation », a indiqué la préfecture. Elle a par ailleurs donné quelques exemples des dégradations commises du jour : « Il y a eu beaucoup de dégradations, du mobilier, des abribus, une agence bancaire, une agence de voyage, un commerce », mais en précisant toutefois que « les manifestants n’ont pas pu entrer comme ils le voulaient dans l’hyper-centre, le dispositif a été efficace ». Une quinzaine de personnes ont été interpellées par les flics, la plupart pour des jets de projectiles sur la flicaille.


A Bordeaux (Gironde), bastion du mouvement en cours, plus de 4000 personnes ont manifesté. « Des premiers tirs de grenades lacrymogènes ont été entendus Place de la Comédie après 16h50. Vers 17h15, le face-face entre certains manifestants et les forces de l’ordre commençaient Place Pey-Berland, avec l’utilisation d’un canon à eau. Au total, il y a eu « 15 interpellations pour détention de matériels offensifs, dégradations de biens publics et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Douze ont été placées en garde à vue à l’hôtel de police. Ils se voient reprocher des dégradations de biens destinés au public, comme ce distributeur de tickets de tramway brisé à coups de marteau, apparemment par un adolescent de 17 ans. La justice leur reproche également la participation à un groupement en vue de commettre des infractions, des outrages et rébellions et des violences à personne dépositaire de l’autorité publique, par un jet de pétards. La quasi-totalité des gardes à vue a été levée ce dimanche. Quatre d’entre elles ont été convoquées devant le tribunal correctionnel de Bordeaux et deux devant le juge des enfants. Quatre ont bénéficié d’un rappel à la loi et un autre doit être présenté au parquet ce lundi matin et devrait être jugé en comparution immédiate cet après-midi. Il s’est débattu lors de son interpellation, a insulté les policiers et n’a pu cacher que son sac contenait une fronde et des billes d’acier. Enfin, un seul a vu sa garde à vue prolongée ce dimanche soir ». (Sud Ouest, 03.03.2019)

Le « Cacatov », nouvel arme contre la police, d’une efficacité redoutable, a été utilisé à Montpellier (cf ci-dessus), mais aussi à Marseille, lors de ce 16e acte des gilets jaunes : « En 3 mois, ils avaient reçu des pavés, des cocktails Molotov, mais jamais ils n’avaient été souillés. Hier, au cours de la manifestation des gilets jaunes au centre-ville, trois policiers de la Bac Nord ont été atteints par des sacs remplis d’excréments (dont l’un d’entre eux aurait été blessé). « Ils en avaient dans les cheveux, sur les chaussures, ils ont dû jeter leurs fringues. Jamais, m’ont-ils dit, ils n’ont été aussi humiliés », peste Rudy Manna, le leader du syndicat Alliance 13. « Et comme c’était vraiment une après-midi de merde, les douches ne marchant pas au commissariat Nord, ils ont dû se nettoyer à l’eau glacée dans le garage… » (La Provence, 03.03.2019)

Les merdeux de la BAC dans le caca !

Cellules d’enquêtes spéciales « Gilets jaunes casseurs » dans le sud-ouest : « anarchistes, zadistes et antifascistes en ligne de mire ».

A Toulouse (Haute-Garonne) et à Bordeaux (Gironde), deux villes où la conflictualité sociale est la plus intense lors des manifestations de « gilets jaunes » depuis trois mois », deux cellules d’enquêtes spéciales « Gilets jaunes casseurs » ont été créées mi-décembre. France Inter communique le jour même de l’acte 16 les résultats de leurs potes de la maison poulaga. Depuis la mi-janvier, il y a eu plus de 40 interpellations dans les deux villes sur la base du travail de ces cellules d’investigations. À Bordeaux, « ce sont 21 personnes qui ont été interpellées après enquête sur les 150 à 200 casseurs présents chaque samedi depuis 3 mois ». À Toulouse, huit personnes ont été interpellées la semaine dernière alors qu’ils fabriquaient des bombes artisanales avec tout l’attirail des produits chimiques nécessaires.

Ces cellules d’enquêtes sont composées d’agents du renseignement territorial, des brigades anti-criminalité et des enquêteurs de la Sûreté départementale, « rassemblés pour analyser des centaines d’heures de vidéos ». Il faut y ajouter des profils en cybercriminalité qui ont pu infiltrer, selon nos informations, certains groupes d’activistes en gilet jaune. Les cellules d’enquêtes spéciales « gilets jaunes casseurs » ont démarré avec l’identification à Bordeaux d’un trio de lanceurs de pavés qui utilisaient une fronde géante. Pour l’un des chefs des investigations « on a tous les profils évoqués depuis les premiers samedis de violence : des ‘gilets jaunes’ de la première heure qui se sont ‘radicalisés’ et qui ont adopté tous les codes, y compris vestimentaires, des anarchistes, antifascistes et autres zadistes. On a identifié des profils, évidemment connus des services de renseignements intérieurs, surtout d’extrême gauche, des jeunes de 25 à 35 ans, originaires des départements concernés. » Quatre ou cinq suspects sont désormais interpellés chaque semaine à Toulouse et Bordeaux. Et selon nos informations, à Bordeaux encore une vingtaine de personnes a été repérés, mais ils ne sont toujours pas identifiés formellement. « On en a nous aussi plusieurs dizaines » affirme un enquêteur haut-garonnais, « on distribue chaque samedi leurs portraits au cas où, car ce sont ceux qui ont cherché à fracasser des collègue et on ne les lâchera pas ».»

Allemagne : De Brême à Berlin, attaque contre des responsables de la guerre aux pauvres

Publié le 2019-03-05 07:08:06

Berlin : incendie de deux responsables de la guerre aux pauvres – 28 février

S’étant réjoui.e.s de la diversité des actions des dernières semaines sur le thème de l’embourgeoisement, nous nous sommes senti.e.s motivé.e.s à apporter notre propre contribution contre ses acteur-e-s. C’est pour cette raison que nous avons incendié deux véhicules d’entreprise floqués HOWOGE et WISAG dans la nuit du 28 février 2019.

HOWOGE, en tant que constructeur de logements de la ville, est responsable de 355 expulsions par la force en 2017 et est donc à la deuxième place juste derrière la société de construction d’immeubles d’habitations de la ville et du Land avec ses 412 expulsions. De plus, elle fait partie des cinq entreprises qui ont investi dans la communauté d’intérêt « Eigentümer in der Rummelsburger Bucht [1] » et est donc directement impliquée dans le « plan d’occupation des sols Est » [2] et dans les expulsions des espaces libres qui sont établis dans ce secteur de la ville.

L’entreprise WISAG GmbH concentre notamment ses services de sécurité et de surveillance contre les personnes qui fraudent dans les transports, taguent et sont à la rue. Ainsi elle prend une part active dans la répression des pauvres et s’enrichit sur la misère des autres. Par exemple, ses employé-e-s interdisent aux sans-abris vivant dans la Rummelsburger Bucht [1] de faire des feux de campement, même par des températures glaciales et ont pris part activement aux expulsions des personnes qui habitent sur ces terrains vagues et espaces verts en les intimidant et en leur intimant l’ordre de bouger par des avis d’expulsion avec des dates inventées.

Contre la ville des riches !

Pour le maintien de tous les espaces libres et la solidarité interkiezonale [3] !

[Traduit d’Indymedia Deutschland, 01.03.2019]

NdT:

[1] Soit la communauté d’intérêts « des propriétaires de de la Baie de Rummelsburg », qui se situe aux confins des quartiers-est de la capitale berlinoise, entre Lichtenberg et Friedrichshain. Il s’agit d’une zone de l’Est Berlinois en proie à la spéculation immobilière et à la gentrification.

[2] Lié directement au règle de l’urbanisme de l’est de la ville. Conditions à remplir pour avoir l’autorisation de construire de nouveaux immeubles et parcs immobiliers

[3] Jeu de mots allemand difficilement traduisible entre « internationale » (en français et en allemand) et « kiez », qui veut dire « quartier ». L’idée est d’exprimer une « lutte internationale des quartiers contre la spéculation immobilière et la gentrification ».


Brême : Vandalisme contre la ville des riches

A de multiples reprises, des immeubles de luxe ont été attaquées à la peinture à Brême.

Celles et ceux qui gardent les yeux ouverts peuvent observer que la gentrification et la revalorisation urbaine des quartiers ne se passent pas sans résistance. Il y a eu des attaques directes contre les nouveaux immeubles du Steffanibrücke ainsi qu’au carrefour de la Langenmarkstraße et de la Lahnstraße et même sur une agence immobilière du Ostertorsteinweg.

Dévaluons la revalorisation urbaine !

[Traduit d’indymedia Deutschland, 01/03/2019]

Italie : La solidarité, c’est l’attaque ! (3) [27 février-1er mars]

Publié le 2019-03-05 07:08:08

[Suite de la chronologie des attaques en solidarité avec les anarchistes faisant face à la répression en Italie. Pour la période du 22 au 24 février et celle du 7 au 21 février]

Varese, 1er mars : Attaque du local de la Lega (Ligue du Nord)

Dans la nuit du jeudi 28 février au vendredi 1er mars 2019, vers 1h00, des anonymes ont brisé la vitre du local de la Lega à l’extincteur, situé dans la Via Dante.

Ils sont entrés à l’intérieur, ont volé un drapeau, ont tagué à la bombe sur le mur extérieur « La Pacchia è finita » (« Fini le laisser-aller »)* et vidé deux extincteurs à l’intérieur du local. 

NdT: *Commentaire de Salvini juste après l’expulsion de l’Asilo à Turin. « Pacchia » en italien signifie à la fois « le bon temps », « la détente », « la partie de plaisir » ou « fête »…

[Via la presse italienne]


Rome, 27 février : Attaque incendiaire de trois voitures d’auto-partage de la multinationale Eni

ENI tue et pollue, en Italie et à l’étranger. Dans la nuit du 26 au 27 février, on a laissé trois engins incendiaires sur trois voitures Enjoy*.

Solidarité avec tous les anarchistes en prison.

NdT: *’Enjoy’ est un service de voitures en auto-partage qui appartient au géant du pétrole ENI

[Source: Round Robin, 02.03.2019]


Milan, 27 février : Une agence de la Poste attaquée en solidarité

Dans la nuit du 26 au 27 février, on a détruit deux distributeurs de billets, les vitres et la porte de la Poste de la Via Franco Tosi, à Milan.

Liberté pour Nicco, Larry, Silvia, Giada, Antonio et Beppe.
Liberté pour Rupert, Agnese, Stecco, Giulio, Nico, Sasha et Poza.

[Source: Round Robin, 01.03.2019]

Grenoble, France : Deux nuits d’émeutes après une tentative de contrôle mortelle de la police – 2 et 3 mars

Publié le 2019-03-05 07:08:09

Le quartier du Mistral de Grenoble a vécu deux nuits d’émeutes. L’explosion de rage est directement liée à la mort de deux jeunes du quartier du Mistral, après avoir été pris en chasse par les flics de la BAC, dans la soirée de samedi 2 mars 2019.

Samedi 2 mars un peu après 22h, deux jeunes de 17 et 19 ans circulant à scooter sont morts après avoir été pris en chasse par les flics qui ont voulu les contrôler. « Ils ont percuté un bus dans leur fuite, sur le pont de Catane, dans l’ouest de la ville, tandis qu’un véhicule de la brigade anticriminalité les suivait » (Francetvinfo, 04.03.2019). Deux morts suplémentaires au tableau de chasse de la police, qui cette fois, ne sont pas restées sans réponse.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des dizaines de personnes cagoulées ont affronté les forces de l’ordre avec des cocktails Molotov et des pavés à proximité du lieu de la mort des deux jeunes. La caserne des CRS d’à côté a également été prise pour cible. Des poubelles et des véhicules ont été incendiés dans le quartier du Mistral, situé à proximité. Les émeutes se sont poursuivies jusqu’à 4h du matin. 

Dans la nuit de dimanche à lundi 4 mars, ce sont une quinzaine de véhicules, dont deux engins de chantier, qui ont été incendiés au cours de cette seconde nuit d’émeutes. Le rez-de-chaussée d’un bâtiment de deux étages du service voirie de la Ville de Grenoble, qui se trouve dans le quartier, a été détruit par le feu. Par ailleurs une dizaine d’incendies de véhicules ont été recensés en divers lieux de l’agglomération grenobloise, sans que le lien soit établi avec les événements du quartier Mistral » (Le Dauphiné, 04.03.2019).

« Dès 20 heures, les feux de voitures ont repris, de même que les barricades barrant l’avenue Rhin et Danube. Exactement au même endroit que la nuit dernière, une trentaine d’individus a brûlé une dizaine de voitures et affronté les forces de l’ordre. Le quartier a été totalement bouclé et l’avenue Rhin et Danube coupée des deux côtés durant près de trois heures. […] Rue Anatole France, c’est un bâtiment municipal servant de garage et de dépôt qui a également été incendié. Les [six] véhicules [techniques] situés à l’intérieur ont été entièrement détruits. » (France 3, 04.03.2019).

Selon le procureur, « le scooter poursuivi par un véhicule de la BAC a doublé le bus par la droite et les deux passagers ont été écrasés entre le véhicule et la barrière sur le bord de la route, alors que le bus serrait à droite pour laisser passer la police. Ce « car d’un club de football amateur sortait de l’autoroute A480 et circulait dans le même sens sur le pont de Catane, ont indiqué les pompiers » (Le Monde, 03.03.2019).

La semaine précédente, les flics et leurs véhicules avaient été attaqués par une centaine de personnes alors qu’ils étaient en train d’arrêter un homme pour « détention de stupéfiants ». Malheureusement, l’otage des sbires armés de l’Etat n’avait pas pu être libéré.

Italie : Des nouvelles de Turin et du Trentino – 2 mars et 25 février 2019

Publié le 2019-03-05 07:08:11

Turin : Deux compas vont sortir – 2 mars 2019

Des nouvelles du côté du Juges des libertés et de la détention : l’accusation d’association subversive (art. 270 bis du Code pénal) est tombée, Giada et Larry sont sur le point d’être libéré.e.s. Nico attend la réponse concernant une autre demande de remise en liberté, puisqu’il a une double ordonnance de détention, l’issue sera connue d’ici peu; les autres chefs d’accusations sont maintenus pour tous les autres compas, ils restent donc en prison.

Nous ne pouvons pas être heureux, puisque des compagnons restent en taule, mais on attend avec impatience que Larry et Giada arrivent de Ferrara et de Rome.

[Repris de Macerie]


Que ça se sache. Communiqué depuis le Trentino

Pendant la méga-opération contre les anarchistes du 19 février et les jours qui ont suivi, certaines choses qui se sont passées doivzent être rendues publiques, au-delà de toute pleurnicherie et de tout victimisme.

Durant la perquisition de mardi 19 février, un des compagnons arrêtés a été obligé de se mettre à genoux par un carabiniere ou un policier, qui lui a pointé son flingue sur la tempe.

Durant une autre perquisition, des policiers ont essayé d’entrer dans une cave avant de réveiller les compagnon.ne.s qui vivent dans la maison et se sont ensuite plaints en cachette de ne pas avoir réussi à y cacher ce qu’ils voulaient.

Alors que la perquisition était déjà terminée, par l’arrestation d’une compagnonne et de compagnons, d’autres compagnons relâchés peu de temps avant découvrent des flics en civil à leur domicile. La porte de l’espace anarchiste « El Tavan », fermée par les compagnons après la perquisition, est retrouvée ouverte une heure plus tard.

En même temps que se tenait l’assemblée en solidarité avec les compas arrêtés, la maison de Bosco di Civezzano où vivait, en plus des quatre compagnons arrêtés, un autre compagnon, a été mise sous scellée par la justice. Du coup, les hommes du DIGOS et du ROS peuvent y rentrer et sortir comme bon leur semble, sans aucun contrôle. Toujours le vendredi 22 février, une autre maison a été perquisitionnée sans qu’aucun compagnon ne soit présent. Certains propriétaires des maisons où vivent des personnes sous enquête ont été menacés par la DIGOS et le ROS afin d’en expulser les compagnons.

A bon entendeur…

25 février 2019
Des anarchistes de Trento et Rovereto

[Traduction de l’italien de Rete Evasioni (28.02.2019) par Attaque, revue par Sans Attendre]

Italie : Leo en taule

Publié le 2019-03-05 07:15:03

Insuscettibile di ravvedimento / dimanche 3 mars 2019

Mardi 19 février, notre ami et compagnon Leonardo Landi a été emprisonné pour purger le restant d’une condamnation, de 2 ans et 8 mois. La Cour de cassation vient en effet de confirmer la sentence de 2012, par rapport à un braquage de banque de 2007. La peine est donc définitive. En ce moment, Leo se trouve dans la prison de Lucca.
Nous confirmons notre proximité et solidarité avec Leo.

Cassa AntiRepressione delle Alpi Occidentali

Pour lui écrire :

Leonardo Landi
Casa circondariale di Lucca
Via San Giorgio, 108
55100 – Lucca (Italie)

Dijon : Des tags chez les intégristes cathos

Publié le 2019-03-05 07:15:05

Le Bien Public / vendredi 1er mars 2019

[…] dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 février, le prieuré de la Sainte-Famille, situé rue Pierre-Thévenot à Dijon et dépendant de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, a été tagué à plusieurs reprises.
« Chri Chri Boutin t’es où ? », « Jésus antifa » ou « Bas les pattes du corps des femmes » pouvait-on lire sur les murs de l’édifice. Contactée, la communauté a annoncé ne pas avoir l’intention de porter plainte.

Dieppe (Seine-Maritime) : Encore un incendie au club des riches

Publié le 2019-03-05 07:16:07

France 3 / dimanche 3 mars 2019

Les pompiers de Seine-Maritime sont intervenus au golf de Dieppe, samedi 2 mars 2019 vers 20h20. Un feu s’est propagé dans un hangar servant de lieu de stockage d’entretien d’espace vert, d’une surface totale d’environ 250 m2. A l’arrivée des secours, le bâtiment était déjà entièrement embrasé. Les pompiers ont éteint le feu à l’aide de trois lances à incendie. Au total, treize sapeurs-pompiers et trois engins ont été mobilisés sur cet incendie.

Le hangar contenait du matériel spécifique dédié à l’entretien des pelouses de golf, dont plusieurs tracteurs. L’entreprise en charge de l’entretien estime les pertes à plus de 300 000 euros en matériel.
Il s’agit du second incendie qui touche le golf ces derniers mois. En décembre, un autre bâtiment s’était embrasé.

En lutte contre le patriarcat, mais avant tout… contre toute forme d’autorité

Publié le 2019-03-05 10:34:03
« Si notre désir est de détruire toute domination, il est alors nécessaire que nous allons au-delà de ce qui nous opprime, au-delà du féminisme, et au-delà du genre, parce que c’est là que nous trouverons la capacité de créer notre individualité indomptable pour affronter toute domination sans vaciller. Si nous désirons détruire la logique de la soumission, cela doit être notre objectif minimal. » (Willful Disobedience Vol. 2, No. 8.)
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En tant qu’antiautoritaires, cela fait longtemps que nous n’avons la moindre doute par rapport au caractère patriarcal du système de domination en vigueur. Dans ce modèle de société, la différence de sexe biologique (génétique) entre hommes et femmes se traduit en une construction sociale de genres et de rôles qui imposent une supériorité du « masculin » sur le « féminin ».
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Ainsi, les puissants, l’État et ses défenseurs s’efforcent de nous enseigner ce que c’est « être » une femme et « être » un homme. Dès l’enfance, on nous bombarde avec des définitions imposées, établissant des règles et des comportements, imposant des normes aux goûts et aux pratiques, cherchant à nous normaliser et à nous « différencier » les unes des autres avec des catégories fonctionnelles à l’ordre établi.
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Entre compagnonnes et compagnons antiautoritaires, il est clair que le pouvoir cherche à nous définir et nous refusons de l’accepter, déconstruisant en nous-mêmes les choses avec lesquelles l’ennemi nous contamine depuis notre enfance. Il s’agit alors à se défaire de l’éducation citoyenne, à travers la confrontation et la construction de valeurs propres qui donnent forme et contenu au sentir, à la parole et à l’agir anarchiste.
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On affronte ainsi cette dimension intérieure comme une partie de la recherche insatiable de la totalité de notre guerre contre la domination que nous amène à affronter tout ce que nous entoure, de l’intimité de nos sentiments, de la forme de laquelle nous les donnons vie, de ce que nous mangeons, de comment nous nous habillons, jusqu’à la manière que nous agissons contre l’autorité.
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Il s’agit d’aller à fond, pour tout, sans ambiguïtés ni renonciations ni compromis qui nous réconcilieraient avec la norme sociale.
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Nier l’existant, c’est déclarer la guerre à toute quadrillage du pouvoir, à ses lois, à sa culture, à son idéologie, à sa science etc. Pour cette raison, notre lutte n’est pas seulement anti-patriarcale, ni uniquement anti-spéciste, antifasciste ou anticapitaliste. Notre lutte est essentiellement ANTIAUTORITAIRE, car nous savons que ce qui est sous-jacent à toute forme ou expression de la domination (tant le patriarcat comme l’anthropocentrisme, la science, le capitalisme etc.), sont les rapports de pouvoir, les hiérarchies et le principe de la domination. Contre ces expressions autoritaires, nous dirigions notre critique destructrice, marquant une ligne de feu et de confrontation. L’objectif, c’est d’amener au  quotidien la rupture avec le pouvoir.
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Comme conséquence de ce qu’on vient de dire, notre proposition d’organisation et de vie est de lutter contre toute forme de pouvoir, purgeant nos rapports et nos vies en tension et conflit constants avec les logiques du pouvoir, construisant des relations d’affinité en libre association avec nos compagnonnes et compagnons, sans mettre en avant l’importance de leur sexe, leurs organes génitaux, leur « race » ou de leur espèce, car ce qui importe vraiment, ce sont nos négations des conditions que la société nos impose. L’important, ce sont les décisions que nous prenons pour rompre avec ces conditions et avec l’ordre établi.
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Ainsi, nous nous éloignons des fausses communautés basées sur des aspects biologiques que nous ne pouvons pas choisir, tout comme nous prenons distance de n’importe quel discours qui attribue des rôles de protagonistes ou « plus révolutionnaires » à certains sujets opprimés à cause d’une supposé transcendance à partir de leur rôle de « victime historique » que le réseau de la domination a l’habitude de les octroyer.
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Ce qui nous importe, c’est de comment nous affrontons au quotidien la vie, et pas avec quels organes génitaux nous sommes nées. Ce qui importe, ce sont nos valeurs et nos actions, notre cohérence dans la lutte, et pas notre biologie, car ce ne seront pas les chromosomes, ni le rôle social que l’ennemi cherche à nous imposer qui définiront nos affinités, mais bien notre intégrité dans la guerre contre le pouvoir.
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Ce que nous décidons et réaffirmons de façon constante et quotidienne, ce n’est pas uniquement de ne pas reproduire les logiques de la domination, mais aussi de les combattre activement, car ce que nous rejetons, ce sont les rapports de domination en soi, peu importe d’où ils viennent ou contre qui ils se dirigent, sans donner plus d’importance à l’une ou à l’autre, sans invisibiliser l’une ou l’autre.
Si nous comprenons l’autorité comme un ensemble, comme la déprédation de tout aspect de la vie, attaquons-la alors à la racine, à la base qui permette toute expression autoritaire. Attaquons l’essence même du pouvoir, et pas ses tentacules comme quelque chose de séparé, même si ces tentacules sont ou paraissent très vieilles ou fortes.
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Sur le chemin vers la libération total, nous ne sommes pas des victimes, nous nous définissons à travers le poids de nos décisions dans les passages à l’offensive. Et dans la lutte contre toute autorité, nous sommes toutes et tous appelés à être des protagonistes et à donner le meilleur de nous-mêmes.
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Ni patriarches, ni matriarches, feu à toutes les hiérarchies de la domination
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Contra Toda Autoridad
Septembre 2015 – Chili
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[Repris de la revue anarchiste Avalanche n°7, juin 2016, téléchargeable ici : https://avalanche.noblogs.org]
repris à cracherdansla soupe

Angers : L’hostilité envers le maton, à l’extérieur des murs

Publié le 2019-03-06 22:00:04

Les Nouvelles de Sable / mercredi 6 mars 2019

Vers 3 h mercredi 6 mars 2019, huit voitures ont été dégradées dont deux incendiées devant la prison d’Angers (Maine-et-Loire). Les véhicules étaient stationnés devant le mur d’enceinte de la prison. A Angers, ces dégradations de véhicules, dont certains appartenant aux membres du personnel, n’étonnent Anthony Klingler secrétaire de l’UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire) à Angers. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive ».

[Les journaflics font un parallèle gratuit avec les matons blessés par un illuminé à Condé-sur-Sarthe, histoire de faire pleurer dans les chaumières; NdAtt.]
C’est arrivé à Angers il y a quelques mois. Un surveillant a été égorgé à la prison. Tout ça, ce ne sont pas des choses qui doivent arriver ». Le représentant syndical poursuit « L’an dernier, après des négociations, nous avons obtenu au niveau national que les agents soient équipés de protections pare-balles et anti armes blanches. On ne les a toujours pas ».
A Angers, les surveillants pénitentiaires devraient bloquer la prison jeudi 7 mars.

extrait de Ouest France / mercredi 6 mars 2019

[…] Cinq voitures seraient complètement détruites, trois autres en partie dégradées. Ce mercredi matin 6 mars, les enquêteurs de la police technique et scientifique étaient sur place pour relever les traces. Sachant que les caméras sont nombreuses sur les murs d’enceinte de la maison d’arrêt. On ne sait pas encore si plusieurs foyers ont été allumés, les flammes s’étant propagées entre les véhicules. […]

Foix et Nîmes : Les câbles, ça se brûle, la fibre optique ça se coupe

Publié le 2019-03-06 22:00:08

Foix : Mille clients d’Orange sans téléphone ni internet

La Dépêche / mercredi 6 mars 2019

A quoi ça ressemble les câbles incendiés

Panne téléphonique ce mercredi dans le quartier de Peysales à Foix : un répartiteur de connexion a été vandalisé. Selon Orange, près de mille clients résidentiels seraient impactés par cette panne.
Coincés dans une chambre technique de quelques malheureux mètres carrés. Depuis hier, à Foix, dans le quartier de Peysales, des techniciens d’intervention s’affairent à retirer des câbles calcinés pour les remplacer. C’est une urgence : plus de mille clients fuxéens, résidentiels et commerçants, sont privés de téléphonie et d’internet depuis mardi matin.

En cause : un acte de vandalisme qui s’est déroulé dans la nuit de lundi à mardi. « Une personne a fait couler un liquide inflammable sur une trappe d’accès, qui mène à une chambre souterraine, avant d’y mettre le feu, indique Christian Gesbert, responsable de la communication d’Orange en Occitanie. Dans cette chambre, se trouvent des câbles qui permettent à nos abonnés de se connecter à internet ou de téléphoner. »

A l’intérieur de la trappe

Si l’incident a impacté de nombreux particuliers, les commerces fuxéens du quartier de Peysales ont été touchés. C’est le cas entre autres du supermarché Leclerc, situé à proximité du site incendié : « Nous n’avons pas de standard téléphonique, et nous avons dû procéder autrement pour contacter notre centrale d’achat », avance Pascal Arzens, de la comptabilité du centre commercial. Le site internet, qui permet aux particuliers de commander leurs courses en ligne est fermé. […]

« Nos techniciens vont devoir travailler jour et nuit jusqu’à la fin de la semaine, explique Alex de Gruttola, de la société Artec, chargée de réparer le réseau pour Orange. C’est très difficile de rester longtemps dans cette trappe, à cause de l’odeur. »
L’entreprise Orange estime que le réseau sera rétabli d’ici dimanche.

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Nîmes (Gard) : La fibre optique ça se coupe

Le Midi Libre / mardi 5 mars 2019

Lundi 4 mars, les services d’Orange en Occitanie constatent une coupure fibre. Selon eux, il s’agit d’un acte de malveillance. Conséquence, environ un millier de foyers sont actuellement privés d’internet, aux abords de l’avenue Pompidou.
Orange informe que ses équipes sont à l’œuvre pour réparer les dégâts, et estiment à jeudi 7 mars après-midi la fin des travaux.

Grenoble : Les familiers jouent les pompiers

Publié le 2019-03-06 22:00:11

Quatrième nuit beaucoup plus calme

Le Dauphiné Libéré / mercredi 6 mars 2019

La nuit de mardi à mercredi a été relativement calme par rapport à la nuit précédente où une soixantaine de véhicules avaient été volontairement incendiés dans plusieurs quartiers de l’agglomération grenobloise et d’importants affrontement avec les forces de l’ordre avaient éclaté au sein du quartier Mistral à Grenoble, après la mort de deux jeunes hommes dans un accident de scooter survenu samedi soir sur le pont de Catane.

Craignant une nouvelle nuit d’émeutes et de violences urbaines, les services de police ont mobilisé d’importants moyens, comprenant même un hélicoptère qui a survolé Grenoble toute la soirée de mardi et une bonne partie de la nuit.

Selon nos informations, le bilan de ce mercredi matin fait état de 18 véhicules brûlés (principalement entre minuit et 1h30) dans l’agglomération : deux dans le quartier Mistral, deux autres dans le quartier de La Villeneuve à Grenoble, huit dans le quartier Teisseire, quatre dans le secteur de la rue de Stalingrad et enfin deux sur la commune de Fontaine.

Les sapeurs-pompiers ont essuyé quelques jets de pierres en intervenant pour éteindre ces incendies mais personne n’a heureusement été blessé.

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La famille d’un des gars tués joue les pompiers, suivant l’illusion de la Justice

France Infos / mercredi 6 mars 2019

La famille Soli réclame l’apaisement à l’heure des funérailles de son fils Adam. Le jeune homme de 17 ans est décédé dans l’accident du samedi 2 mars 2019 alors qu’il circulait sur un scooter volé en compagnie de son ami Fathi 19 ans, lui aussi décédé dans les mêmes circontances.

Les obsèques d’Adam seront organisées mercredi 6 mars 2019. La famille et les proches du jeune garçon se retrouveront à 13h30 à la mosquée d’Echirolles avant de se rendre au carré musulman du cimetière de Poisat, dans la circonscription de Grenoble, pour la mise en terre. Le jeune Fathi sera, lui, inhumé ultérieurement en Turquie.

Cette journée du mercredi 6 mars 2019 sera également consacrée à l’organisation d’une marche blanche en mémoire à Adam et Fathi. Une marche qui partira à 16h du quartier Mistral en direction du lieu de l’accident.

Les 3 jours qui ont suivi cet évènement tragique ont laissé place à de nombreux actes de violence, entre autre dans le quartier Mistral d’où était originaires les deux jeunes gens.

Malgré l’épreuve traversée, la famille Soli s’est exprimée mardi 5 mars 2019 dans une interview accordée, depuis son domicile, à nos confrères du Dauphiné Libéré : pour elle, la violence n’est pas une solution, elle ne ramènera pas Adam et Fathi et surtout, la famille ne veut pas prendre le risque d’avoir d’autres victimes potentielles, en cas d’affrontements ou d’échauffourées.

Le père d’Adam, Hassan Soli, a déclaré « que la famille était représentée par un avocat et qu’il fallait laisser la justice faire son travail ».

Une information judiciaire a été ouverte suite au décès des deux jeunes, âgés de 17 et 19 ans. Les Soli se sont constitués partie civile pour tenter d’obtenir un maximum d’informations sur le contenu du dossier et les circonstances du drame.

 

 

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) : Dégradations à la basilique (MAJ du 18/04)

Publié le 2019-03-06 22:00:13

Le Parisien / mardi 5 mars 2019

C’est l’organiste qui a découvert, dimanche matin, les dégradations. Alors qu’il s’installait devant son imposant instrument avant la messe, il a constaté que les deux portes du buffet avaient été fracturées. Le moteur a également été endommagé. « Les dégradations sont majeures », déplore Saadia Tamelikecht, conservatrice de la basilique.

L’orgue de la basilique est unique en son genre. Conçu par le facteur d’orgue Cavaillé-Coll entre 1834 et 1841, il est classé monument historique pour sa partie instrumentale et son buffet néogothique. Il fait partie des premières orgues romantiques.
Pour expliquer ces dégradations, la conservatrice évoque l’hypothèse d’un intrus qui aurait pénétré dans l’orgue et serait resté coincé dans cette machine gigantesque. « Pour sortir, il a endommagé le moteur et cassé les portes ».

Ce ne sont pas les seuls dégâts relevés dans la cathédrale. Ce mardi, on a découvert que deux vitraux avaient été brisés. Il s’agit de deux éléments de la rose sud, qui fait actuellement l’objet d’une restauration. Deux serrures ont également été forcées.
L’auteur des actes de vandalisme aurait profité des travaux et aurait grimpé par une terrasse de la basilique. Il aurait cassé les vitraux pour percer une brèche d’un mètre de haut et il aurait atterri au niveau du triforium, une coursive. L’opération s’est révélée périlleuse puisque le monte-en-l’air s’est coupé lors de l’effraction. Des traces de sang ont été retrouvées parmi les verres pulvérisés. Les vitraux brisés datent du XIXe siècle. Ils font partie de ces pièces retravaillées par Debret et Viollet le Duc suite aux destructions de la Révolution.

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Mise à jour du 18 avril : un suspect interpellé

extrait de France Bleu / vendredi 12 avril 2019

Une homme de 41 ans a été mis en garde à vue jeudi. Il est soupçonné d’avoir endommagé l’orgue de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) qui reçoit 130.000 visiteurs par an. Une source proche de l’enquête indique qu’il a été trahi par son ADN. Pour l’instant le mobile est « complètement flou« , précise cette même source. […]

 

Italie: la solidarité, c’est l’attaque !

Publié le 2019-03-06 22:00:15

Italie: la solidarité, c’est l’attaque !

Encore des actions de solidarité suite à l’expulsion de l’Asilo occupato et la répression due à l’opération Étincelle:

Milan, 27 février: une agence de la Poste attaquée en solidarité

Dans la nuit du 26 au 27 février, on a détruit deux distributeurs de billets, les vitres et la porte de la Poste de la Via Franco Tosi, à Milan.

Liberté pour Nicco, Larry, Silvia, Giada, Antonio et Beppe.
Liberté pour Rupert, Agnese, Stecco, Giulio, Nico, Sasha et Poza.

[Source: Round Robin, 1er mars 2019.]

Rome, 27 février: attaque incendiaire de trois voitures d’auto-partage de la multinationale ENI

ENI tue et pollue, en Italie et à l’étranger. Dans la nuit du 26 au 27 février, on a laissé trois engins incendiaires sur trois voitures Enjoy*.

Solidarité avec tous les anarchistes en prison.

* NdT: Enjoy est un service de voitures en auto-partage qui appartient au géant du pétrole ENI.

[Source: Round Robin, 2 mars 2019.]

Varèse, 1er mars: attaque du local de la Lega (Ligue du Nord)

Dans la nuit du jeudi 28 février au vendredi 1er mars 2019, vers 1h, des anonymes ont brisé la vitre du local de la Lega à l’extincteur, situé dans la Via Dante.

Ils sont entrés à l’intérieur, ont volé un drapeau, ont tagué à la bombe sur le mur extérieur « La Pacchia è finita » (« Fini le laisser-aller »)* et vidé deux extincteurs à l’intérieur du local.

* NdT: Commentaire de Salvini juste après l’expulsion de l’Asilo à Turin. « Pacchia » en italien signifie à la fois « le bon temps », « la détente », « la partie de plaisir » ou « fête »…

[Publié le 4 mars 2019 sur Sans Attendre Demain.]

Réouverture de la Santé : réflexions ouvertes sur un lieu fermé

Publié le 2019-03-06 22:00:17

Quelques réflexions de militantEs anticarcéraux sur la réouverture de la prison de la Santé et le discours politique et médiatique qui l’accompagne.



Si vous êtes un·e habitant·e du quartier Saint-Jacques à Paris, la réouverture de la prison de la Santé ne vous a sans doute pas échappée. Le 12 janvier dernier, place de l’Ile de Sein, à proximité de la prison se tenait un rassemblement d’une centaine de personnes protestant contre sa remise en service et contre tous les lieux d’enfermement. Pourquoi s’opposer à cette réouverture et, a fortiori, à l’emprisonnement lui-même ? Avec ce livret, nous espérons apporter quelques éléments à cette réflexion et soulever les questions que posent la rénovation de la Santé, sa réouverture et le discours qui l’accompagne.

Livret réouverture de la Santé

Actuellement, les projets de construction de prisons vont bon train : le gouvernement vient de faire voter à l’Assemblée Nationale un budget de 625 millions d’euros pour la construction de nouvelles places de prison qui, selon l’objectif annoncé, devraient atteindre le nombre de 7000 d’ici à 2022. Dans ce contexte, nous ne pouvons ni ne devons faire l’économie d’une réflexion approfondie - que ce soit ou non en tant que riverain·es - sur ce que signifie la réouverture de la Santé aujourd’hui. Nous nous devons de nous interroger sur la “qualité” de symbole qu’on lui prête, sur la façon dont elle est mythifiée et romantisée dans les discours alors même qu’il s’agit avant tout - et peut-être uniquement - d’un lieu d’enfermement. Passé le vernis du roman historique, on en arrive à questionner ce que signifie la modernisation de la Santé, l’économie qui la sous-tend, la surveillance qui en est la règle et les efforts déployés pour la faire entrer dans le giron du patrimoine culturel parisien, voire français.

La construction de places de prison supplémentaires n’est pas une réponse efficace à la surpopulation carcérale comme l’a montré le temps : les chiffres montrent que plus on construit, plus on incarcère, à taux de criminalité stable voire diminuant. Il est donc plus que nécessaire de s’interroger sur les logiques qui président au discours favorable qui entoure actuellement le développement des prisons et leurs rénovations, quand bien même elles seraient porteuses d’une supposée modernité. Les effets dévastateurs du système carcéral sont quasiment absents du débat public, il est urgent de les placer au centre de nos réflexions.

Grèce : Solidarité avec Spyros Christodoulou en grève de la faim – MAJ du 6/03

Publié le 2019-03-06 22:00:20

Mise à jour du 6 mars 2019 – Spyros a interrompu sa grève de la faim

Anarquia.info / mardi 5 mars 2019

Spyros Christodoulou a interrompu sa grève de la faim, il est revenu à la prison de Larissa, son état de santé est bon et on l’attend.

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Act for Freedom Now ! / vendredi 25 janvier 2019

Spyros Christodoulou est détenu dans les cachots de l’État grec depuis sa dernière arrestation, le 29 mai 2015 [ce jour là, la police a arrêté Spyros Christodoulou et Grigoris Tsironis. Un troisième compagnon, Spyros Dravilas, s’est donné la mort pour ne pas être arrêté. Les trois étaient accusés de braquage et d’évasion ; NdAtt.]. En ce moment, il se trouve enfermé dans la prison de Larissa et, depuis le 14 janvier, il mène une grève de la faim pour demander la confusion des peines qui lui ont été infligées le long de ces années, de façon à pouvoir connaître la date de sa libération.
La Justice, représentée par le Procureur Dracos, ne reconnaît pas ses propres lois et essaye de l’emmurer vivant, en rejetant les demandes qu’il a jusqu’ici présenté pour qu’on lui fixe une date de sortie.

Force à l’esprit indomptable de Spyros Christodoulou.

Des compagnon.ne.s

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Athènes : Attaque contre l’Institut national d’assurance

Act for Freedom Now ! / jeudi 28 février 2019

13/02/2019
L’anarchiste Spyros Christodoulou est en grève de la faim depuis le 14 janvier, demandant la confusion de ses peines. Otage du tribunal, sa sentence sera prolongé d’autres dix ans si sa demande n’est pas acceptée, même si ses autres affaires sont terminées.

Les raisons de son maintient en prison sont l’obsession, la vengeance et les basses machinations de ses persécuteurs, à la tête desquels il y a le Procureur à la Cour d’appel Drakos. L’attitude du système judiciaire à l’encontre de Spyros Christodoulou n’est pas due au hasard, mais vise à la punition exemplaire de quiconque, derrière les barreaux, ne se laisse réformer ou ne se repentit pas.

Pour toutes ces raisons, nous avons choisi de mener une attaque à coup de masses contre les bureaux centraux de l’Institut national d’assurance et la voisine Banque nationale, sur l’avenue Syggrou. Une avenue pleine de bureaux des géants capitalistes, de lieux d’exploitation des femmes et de contrôle total, que ce soit par la police, par les groupes mafieux ou par les caméras.

Notre solidarité ne se contente pas de vides menaces et d’un bla-bla facile, mais construit sa chair et ses os à travers l’action multiforme. Avec notre acte, nous voulons contribuer à l’intensification des actions en solidarité, jusqu’à l’acceptation des demandes du compagnon, qui est en grève de la faim depuis un mois.

Force et solidarité au gréviste de la faim Spyros Christodoulou !
Spyros, garde-toi bien jusqu’à ta libération.

Des anarchistes.

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Crète : Sabotage de DABs

Act for Freedom Now ! / jeudi 28 février 2019

Chacun.e de nous choisit une façon d’exprimer son refus de la normalité d’une société indifférente, de l’oppression de la part du pouvoir et de l’appauvrissement dû au modèle capitaliste, dont les régulateurs sont les banques. Quelqu’un le vide, d’autres le brûlent, d’autres les sabotent.

Nous aussi, du coup, à l’aube de lundi 11 février, on a choisi de « mettre hors service » 22 distributeurs de billets des banques, dans le centre et la banlieue de Héraklion. Les saboter a été un geste minimal de solidarité avec Spyros Christodoulou, en grève de la faim depuis le 14 janvier pour les raisons les plus fondamentales et évidentes.

Victoire pour la lutte de Spyros Christodoulou, en grève de la faim depuis le 14 janvier.
Confusion des peines par la court d’appel d’Athènes.
Les mafieux du Parquet n’ont pas de raisons de dormir tranquilles.

PS. : nous ne sommes pas surprises du fait que cette action a été cachée par les médias locaux, puisque la lutte de Spyros a rencontré le même silence de la part des médias officiels.

Collusion pour la solidarité

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Athènes : Appel pour une manifestation à moto en solidarité avec la grève de la faim de Spyros Christodoulou

Act for Freedom Now ! / mardi 5 février 2019

Lundi 11 février à 18h, Place Exarchia, Athènes.

Extrait d’une lettre de Spyros Christodoulou :
“Aujourd’hui 14 janvier 2019, à 10h, je commence la grève de la faim que j’avais annoncé et je vous promet que j’irai jusqu’au but, quel que ce soit le coût pour ma santé, je m’en fiche. Après tout, toutes les vraies luttes se gagnent avec des sacrifices. Je veux que vous, et tout le monde, sachiez que je vous remercie de cœur et que je lutterai toujours pour le futur de nos rêves, conduit par une opposition inébranlable à la loi. Après tout, la vie et la mort ont un point en commun que nous tou.te.s partageons : une lutte vraie, sincère, réelle.”

Satisfaction immédiate des demandes du gréviste de la faim Spyros Christodoulou.

Spyros, reste en forme jusqu’à ta libération.

Assemblée de solidarité avec le gréviste de la faim Spyros Christodoulou

Extraits d’un texte du compagnon anarchiste Spyros Christodoulou :

“Compagnon.ne.s, je vous salue tou.te.s avec une grande accolade adressée à chacun.e de vous individuellement. Il y a une semaine, mon avocat à dépose une nouvelle demande auprès de la Cour d’appel d’Athènes. J’ai fait ma demande pour la confusion et l’addition de mes sentences, décision qui dépend de la Cour d’appel d’Athènes, ce qui correspondrait pour moi à 14 ans, 11 mois et quelques jours de taule.

Je veux vous remercier encore une fois, compas, pour votre solidarité et pour les activité que vous avez fait tout ce temps pour moi. Merci aux compas de l’Evangelismos Squat de Héraklion, Crète, du squat de Dougrou, à Larissa, du Utopia a.d. à Komontini, des squats de Dougrou Larissa, des squats à Bolo et de ceux de Chaim, de ceux de Chania, du Rethymno, du Karditsa, à ceux de Trikala, Thessalonique, Athènes et tous les collectifs et les individus qui m’ont montré leur solidarité et leur camaraderie. Et aussi aux camarades qui, depuis l’intérieur de ceux trous, me montrent leur solidarité; pour ma part je souhaite liberté et force à tous les prisonniers politiques et aux anarchistes.

Je continue mon combat, jusqu’au but.

Spyros Christodoulou
prison de Larissa – 31 janvier 2019

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Plovdiv (Bulgaria) : Tags en solidarité avec Spyros

Indymedia Athens / mardi 26 février 2019

Aujourd’hui, 26 février 2019, nous appelons au soutien envers le prisonnier politique Spyros Christodoulou, qui est en grève de la faim depuis le 14 janvier. En lutte ensemble, jusqu’à quand chaque cage ne sera vide !


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Une lettre de Spyros Christodoulou, depuis la prison de Héraklion

Act for Freedom Now ! / lundi 30 mai 2016

26 mai 2015 : la journée était brûlante, puis tout s’assombrit…
Nous nous sommes réveillés sous un ciel nuageux et à la mi-journée, pendant que le soleil resplendissait, tout s’assombrit…

C’était 16 heures environ quand le EKAM [le forces spéciales antiterrorisme de la police grecque ; NdAtt.] nous a ordonné de nous rendre !

J’ai pensé que ce n’était pas vrai, j’ai pensé que j’entendais des trucs…
Mais le EKAM avait encerclé la maison, l’hélicoptère volait au dessus de nous et on a cherché de voir qu’est ce qu’on pouvait faire en quelques deux/trois minutes.
Mes pensées allaient aux cachots où j’allais retourner.
Les couloirs où j’allais errer inutilement.

Mes proches que j’allais laisser derrière moi !
Tout à coup, quand il entend le EKAM, Spyros, notre petit Spyros le jeun gars qui ne connaissait rien à la diplomatie, qui se distinguait par son courage, par son intégrité et par la passion pour cette liberté pour acquérir la quelle il se battait si fort, il attrape la Kalachnikov et la met sous sa gorge, mettant fin à sa vie !
Tout était effacé. La pièce remplie de fumée. Il est tombé en souriant !

Il était heureux de cette décision et on pouvait le voir sur son visage.
C’était son choix, c’est pourquoi son visage rayonnait.
J’étais surpris et effrayé, mon cœur battait si fort, je pensais que ce que je venait de voir était faux.

Mais non, notre aimé Spyros (le petit Spyros) était mort.
Il avait eu le courage et l’audace, il avait eu l’esprit de faire ce qu’il avait fait, tandis que je ne les avais pas eu !
Sa décision avait été courageuse, pas la mienne.
Il était fatigué d’errer dans les couloirs des prisons et de laisser s’écouler des années sans sens.

Spyrakos, je suis désolé si quelques fois on était en désaccord et désolé de n’avoir rien fait pour t’arrêter.
Je suis désolé, petit frère, si parfois je t’ai contrarié !
Tu es et tu seras toujours dans ma vie.
Je me souviendrai des moments quand on rigolait, quand tu me faisais sentir un enfant !

Tu est notre Spyrakos, le jeun garçon qui a tout donné, sans récompense.
Je t’aime et t’auras toujours une place dans mon cœur et quand nous nous rencontrerons à nouveau tu me racontera à nouveau tes blagues !

Honneur à Spyros Dravilas, qui vivra toujours dans mon cœur.

Spyros Christodoulou

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Nea Anchialos : Sur la mort de Spyros Dravilas

325 / lundi 22 juin 2015

Le 29 mai 2015, lors d’une opération antiterroriste de la police grecque dans le secteur de Nea Anchialos, en Magnésie (près de la ville de Volos) Spyros Dravilas a trouvé la mort dans une cachette, dans des circonstances non claires. L’opération de police contre les soi-disant « braqueurs de Distomo » a porté non seulement à la mort de Spyros Dravilas (bandit et ex-prisonnier en lutte), mais aussi à l’arrestation de Grigoris Tsironis (un compagnon anarchiste, très actif pendant les deux dernières décennies, en cavale depuis 2006) et de Spyros Christodoulou (bandit et ex-prisonnier rebelle).
Les autorité ont effectué une autopsie d’où résulte que Dravilas s’est tiré une balle dans la bouche. Évidemment, on ne peut pas savoir ce qui s’est passé réellement, mais il paraît que ses proches et les deux arrêtés n’ont pas contesté cette version e l’histoire.

En 2006, Spyros Dravilas n’est pas rentré d’une permission de la prison de Korydallos (il n’est jamais rentré en prison). Arrêté à nouveau en 2008, il a été accusé (accusations qu’il a repoussé) d’avoir libéré, en juin 2006, deux prisonniers (Vassilis Palaiokostas, qui est à nouveau en cavale après une nouvelle évasion en hélicoptère et Alket Rizai, qui a été arrêté à nouveau en 2009), faisant atterrir, pour la première fois, un hélicoptère dans la cour de la prison de Korydallos.

En 2009, Dravilas a été condamné à 17 ans de prison et incarcéré à Domokos. Pendant l’été 2013, Dravilas n’est à nouveau pas rentré d’une permission et est parti en cavale.

A la suite de l’opération antiterroriste de Nea Anchialos, la police et les médias ont essayé de décrire Dravilas comme l’auteur de l’homicide du chef des matons de la prison de Domokos, Serafeim Kallimanis, qui a eu lieu le 21 février 2015 dans le secteur de Kouvela, département de Stylida. C’est probablement pas une coïncidence si, au milieu de l’hystérie des médias, l’exécution de ce maton en chef a été revendiquée le 31 mai par un communiqué signé par « Militia organisation/Popular justice » (sans faire mention de Dravilas).

Quelques extraits d’un texte du 1er juin, écrit par des compagnons et amis de Spyros Dravilas et de ceux arrêtés à Nea Anchialos :

« Grigoris a toujours été et reste un compagnon. (…) Spyros Christodoulou a toujours été et reste un prolétaire insubordonné, qui a tracé et encore trace son chemin dans la dignité, dans les conditions les plus adverses : emprisonnement et clandestinité. Exactement comme Spyros Dravilas… Certes, personne peut penser qu’il craignait des possibles représailles de la part des matons ! Aucune sale main de maton n’aurait pu le toucher sans prendre en compte le prix à payer. Pourquoi donc Spyros a considéré qu’il devait tourner le fusil contre soi-même ? Parce que Spyros, toujours souriant, le jeun qui avait toujours honoré l’amitié et tenu ses promesses, avec son dynamisme, l’ami qui a courageusement fait face aux risques que sa vie de hors-la-loi et sa liberté portaient avec elles, savait ce qui l’attendait. Il l’avait expérimenté depuis l’age de 21 ans, quand il avait connu pour la première fois la dure réalité de la prison. Après avoir passé des nombreuses années en prison, il est devenu un incontrôlé en fuite de la justice jusqu’à quand, à l’age de 34 ans, il a consciemment rejeté la possibilité de la perte de sa liberté pour une longue période. Il a refusé, comme peu de monde sait le faire, de se voire errer dans ces misérables couloirs et dans les cellules d’une maison centrale, il a refusé de se rendre, avec ses dernières années d’une jeunesse insoumise, aux bagnes modernes. Honneur perpétuel pour Spyros Dravilas ! Pour nous, Spyros n’est ni le « gars aux cheveux rasés », ni le « gars de l’évasion en hélicoptère », mais Spyros, le « kra », le vagabond du quartier de Tavros [dans la banlieue sud-ouest d’Athènes ; NdAtt.], jovial et imperturbable, l’ami au cœur d’or… Nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas. Solidarité avec Grigoris Tsironis et Spyros Christodoulou, arrêtés.

Pour rappel, en janvier 2006, suite à un braquage de banque dans la rue Solonos, dans le centre d’Athènes, l’anarchiste Yannis Dimitrakis a subi des graves blessures et a été arrêté. Son arrestation a été suivie par une propagande policière/médiatique délirante à propos d’une supposée « bande de braqueurs en noir ». Cette année là, les anarchistes Simos Seisidis, Marios Seisidis et Grigoris Tsironis ont été accusés de ce braquage et a été émis un mandat d’arrestation à leur encontre. En 2009, une prime de 600 000 euros a été mise sur leurs têtes (à ces jours, Marios Seidis reste en liberté).

Ici, une déclaration du compagnon Giorgios Tsironis, pendant qu’il était en garde à vue dans les locaux de la police d’Athènes (GADA), le 2 juin 2015 :

« Une période de 9 ans de liberté dans la clandestinité est finie, peut-être dans la manière la pire possible : la mort du frère Spyros Dravils. Je voudrais exprimer de tout mon cœur mes condoléances à sa famille et leur souhaiter du courage, pour supporter cette perte. Spyros, dés à présent libre pour toujours, vivra toujours dans mon cœur et dans mes pensées. Ceux/celles qui sont encore recherché.e.s, puisqu’ils/elles marchent le long des chemins inexplorés de la liberté, elles/eux aussi restent dans mon cœur et dans mes pensées. Beaucoup de force pour vous, frères et sœurs.

Pour finir, depuis une cellule de GAV au 12ème étage du siège central de la police d’Athènes, j’envoie mes salutations aux camarades emprisonné.e.s, leur souhaitant une rapide libération, jusqu’à qu’on se retrouve, bientôt.

P.S. Je remercie, reconnaissant, celles/ceux qui, en connaissance de cause ou pas, m’ont aidé et m’ont donné des moments de joie, de bonheur et de camaraderie le long de ces années.

Grigoris Tsironis

Le 2 juin, Grigoris Tsironis et Spyros Christodoulou ont été présentés au juge d’instruction et au procureur dans le Palais de justice de la rue Evelpidon, à Athènes, où presque 50 compas se sont rassemblés en solidarité. En entrant dans le bâtiment, Tsironis et Christodoulou ont insulté les journalistes. A la sortie, les flics anti-émeute n’ont pas permis que les solidaires voient les deux arrêtés, exfiltré par l’arrière du Palais de justice. Les solidaires ont crié des slogans et s’en sont suivies quelques petites échauffourées.
Les arrêtés ont été envoyés en détention préventive. Leurs ADN ont été pris de force. Leurs demandes d’être enfermés à la prison de Korydallos ont été refusées. Grigoris Tsironis sera probablement envoyé à la prison de Trikala et Spyros Christodoulou à celle de Héraklion (sur l’île de Crête).

Grenoble : Troisième nuit de rage

Publié le 2019-03-06 22:00:22

France Bleu / mardi 5 mars 2019

La tension ne paraissait pas retomber ce lundi dans le quartier Mistral à Grenoble, deux jours après la mort de deux jeunes de 17 et 19 ans du quartier qui fuyaient la police. La soirée et la nuit l’ont prouvé. Cette nuit de lundi à mardi a été très agitée à partir de 19h et jusqu’à 1h30. Les forces de l’ordre, dont une compagnie de CRS en renfort, qui avaient pris pied dès le début de soirée dans le quartier Mistral ont été ciblées par des boules de pétanques et des bouts de parpaings lancés depuis les toits, alors que plusieurs petits groupes très mobiles allumaient un peu partout des incendies. Faits nouveaux par rapport aux deux nuits précédentes : l’utilisation de cocktails Molotov.

La situation, qui était a peu près retombée vers 1h30 quartier Mistral a connu de nouveaux épisodes entre 2h40 et 5h30 ce matin selon la police avec de nouveaux feux de voitures. À Mistral mais aussi dans d’autres quartiers grenoblois : Villeneuve, Teisseire, Village Olympique et jusqu’au centre-ville, ainsi que dans les communes d’Échirolles, Fontaine et Saint-Martin-le-Vinoux. Quartier Mistral les forces de l’ordre ont intercepté un jeune homme de 25 ans pour jet de projectiles.

extraits du Parisien / mardi 5 mars 2019

[…] Lundi soir, les forces de l’ordre étaient de nouveau déployées dans le quartier pour prévenir de nouveaux troubles après les soirées agitées de samedi et dimanche. Les policiers ont été la cible, selon la préfecture, de caillassages avec des parpaings, principalement à partir des étages des immeubles.
Plusieurs départs de feu de poubelles et de véhicules ont aussi eu lieu. Selon une source policière, 65 véhicules ont été incendiés. Un fourgon de pompiers aurait notamment été visé par trois cocktails Molotov.

Les cocktails Molotov tombent sur les flics depuis les toits des immeubles

La ville, la nuit, l’espace public et les murs gris

Publié le 2019-03-06 22:00:38

Encouragées par l’apparition de plus en plus de tagues féministes (vulv, clit, cunni etc.) nous estimons essentiel de percer ce milieu des graffitis dominé par les hommes, dans lequel les femmes* n’osent souvent pas se lancer. Le fait de laisser son tag personnel partout consiste un marquage territorial et une prise de la place considérable. 
Il demeure par ailleurs un clivage énorme entre l’évidence avec laquelle les hommes pénètrent l’espace public versus le manque général des femmes* dans les espaces qu’on habite, y compris mais pas exclusivement en politique, dans la culture populaire, dans les sciences etc.



La monopolisation de l’espace par l’homme découle directement du fait que l’espace publique a été construit par et pour les hommes, ce qui confine les femmes* au privée et à leur absence. Cela provoque une tabouisation des sujets féministes* et renforce ainsi le discours publique hégémonique fait par les hommes cis-blancs privilégiés.

Il n’y a malheureusement pas assez de murs vierges et pas assez d’heures sombres pour nos critiques queer-fémi-écolo-anti-ca/spé/sexiste mais cela pour dire que ces tags sont pas de la dégradation de propriété, du barbouillage sur les murs, ils sont l’emblème de contestation contre notre société patriarco-capitalo-oppressive.

C’est pour cela que nous trouvons scandaleux qu’il y ait une criminalisation de telles actions et qu’il n’y ait pas plus d’opposition face au système hégémonique patriarcale, dans la rue comme partout et par tous les moyens envisageables.

Car nous avons marre des hommes célèbres, marre de n’apprendre que l’histoire de grands hommes à l’école, au collège, à l’uni, marre de ne pas être représentées et d’être invisibilisées sous l’excuse du contexte historique, marre des monuments, des noms de rues et de la glorification historique des hommes (toute glorification tout court en vrai).
Vous racontez une histoire incomplète, exclusive et discriminatoire !!!

Nous nous ne contentons pas de manifester une fois par an le 8 Mars (venez touteX !!!) Nous voulons la rue toute l’année !

La ville, la rue et l’espace public sont à nous touteX

Un immense merci à touteX qui se manifestent et luttent, bisous
#supportyourlocalgirlgang



Le 15 mars contre la police

Publié le 2019-03-06 22:00:42
Mar 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Parce qu’une police moins brutale, c’est pas ça le point du tout, et ben voici une affiche qui réflète mieux l’intention de plusieurs d’entre-nous.

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Turin : Opération étincelle, la suite...

Publié le 2019-03-07 07:04:03

L’opération « Scintilla  » élargie àune quarantaine de personnes

On apprend des merdias italiens que l’enquête ne concerne pas seulement les six personnes arrêtés ces derniers jours par la Digos mais une quarantaine de personnes. Cette enquête concernerait l’envoi de paquets explosifs, également « des documents et sites Web incitant àcommettre des actes de violence contre les prestataires des centres d’expatriation  », ainsi que le soutien des révoltes àl’intérieur du CPR [centre de rapatriement] de corso Brunelleschi àTurin, frappé par de fréquents incendies et saccages.

Les investigations de l’opération « Scintilla  » regarderaient l’ensemble du réseau anarchiste turinois mais également de nombreux « activistes  » d’autres régions et de l’étranger.

[Reformulé depuis la presse par Cracher dans la soupe.]


Un texte et un rencard diffusés àTrente en solidarité avec les compagnons arrêtés :

Le cœur par-delàles barreaux

.
En attente d’une analyse plus approfondie, quelques mots.
Une autre « association subversive àdes fins terroristes  » (article 270 bis), assortie d’une série d’infractions contestés (de l’interruption du service public àla destruction, du sabotage de dispositifs télématiques à« l’attaque terroriste  », de l’incendie au transport de matériel explosif). 50 perquisitions, 150 policiers et carabiniers mobilisés, des rues entières bloquées, irruption d’agents munis de passe-montage et de gilets pare balle. Et surtout, 7 camarades arrêtés. Une opération en grande pompe – menée àla fois par les Digos et les Ros -, avec une conférence de presse de « l’antiterrorisme  » àRome. Et le lynchage habituel des médias.
Pas de surprise. Non seulement parce que c’est l’énième enquête pour 270 bis, mais aussi parce que « arrêter les anarchistes  » a été pendant des semaines le refrain préféré des préfets de police, préfets, magistrats, hommes politiques et journalistes.
Quel est le problème pour les gardes armés et en toges de ce magnifique ordre social ?
Dans le Trentin-Haut-Adige, il y a présence anarchiste trentenaire. Des compagnons et compagnonnes ont toujours été présents dans toutes les luttes, grandes et petites, contre l’exploitation, contre la dévastation du territoire, contre le racisme d’État. Dans les les luttes et dans la rue, l’action directe de nuit n’a jamais fait défaut (dans les dossiers du Parquet, depuis 2014 ànos jours, environ soixante-dix attaques petites ou grandes contre des banques, des casernes, des antennes relais, des véhicules militaires, des tribunaux, sièges de parti). Alors, comment la paix sociale peut-elle continuer àrégner jour et nuit ? La recette est toujours la même : attribuer quelques attaques àcertains anarchistes (6 sur 70 …) et affirmer que tout – des tags sur les murs àl’attaque incendiaire – est planifié par une fantasmatique association subversive avec beaucoup de rôles (le chef idéologique, le responsable du secteur la logistique, responsable des relations avec les avocats, etc.), pour tenter ainsi de distribuer des années de prison. Plus généralement, dégager les casse-pieds pour passer avec le rouleau compresseur sur ce qu’il reste de liberté. La première étape consiste àisoler. C’est pourquoi les maisons des compagnons deviennent « des repaires  », l’attitude obstinée àne pas être espionné est présentée comme « quelque chose qui rappelle la mafia  », etc. « Ils faisaient beaucoup les gentils et les solidaires, mais entre-temps, ils préparaient des attaques. Prenez vos distances  ».
Comme d’habitude, il s’agit de faire le contraire. Continuer les luttes. Ne pas laisser pas seuls nos compagnons. Défendre publiquement les actes dont ils sont accusés. Relancer la solidarité contre une attaque qui veut aussi écraser les relations et les affects.
Nous n’avons pas de réponses simples. Mais quelques bonnes questions. Pouvons-nous changer cet état de choses sans nous battre ? Pouvons-nous nous battre sans prendre de risque ? Les conditions pour lesquelles cela vaut la peine de risquer ne mà»rissent jamais seules ? En attendant, on fait quoi ?
De toute part on hurle au fascisme pour la politique de Salvini. Et ensuite ? On est horrifié pour une explosion au siège de la Ligue ? Allons. Que chacun y mettre du sien, pour que quelqu’un n’ai pas àtout mettre.

Le terroriste, c’est l’État !
Agnese, Sacha, Poza, Stecco, Nico, Giulio et Rupert libres de suite !

VENDREDI 22 FÉVRIER 18h00, FACULTÉ DE SOCIOLOGIE
(via Verdi, Trente)
ASSEMBLÉE PUBLIQUE EN SOLIDARITÉ AVEC LES ARRÊTES

Des anarchistes

[Traduit de Round Robin par Cracher dans la soupe.]


Le plus beau des cadeaux

C’est arrivé souvent au fil des années que nous nous soyons laissés aller àla fantaisie, en essayant d’imaginer comment et quand aurait lieu l’expulsion de l’Asilo. Combien de flics envahiraient le quartier, combien de temps tiendraient les barricades, àquel point résisteront ceux qui seront montés sur le toit, si cela coïnciderait avec une opération répressive et quelle serait la réponse àl’extérieur.

Aujourd’hui, deux semaines après, beaucoup de réponses ont été données. Mais on n’arrive toujours pas àse faire une raison.

Peut-être parce qu’ils nous ont traînés les uns après les autres d’abord àl’isolement aux Vallette (prison de Turin), puis àla section spéciale de la prison de Ferrara. Frappés d’une enquête qui nous décrit comme étant une secte interne et cachée au plus large milieu de compagnons qui s’est organisé àl’Asilo pendant des années.

Une ordonnance dégueulasse qui a permis de sélectionner et de déformer des bouts de nos conversations intimes, politiques et amicales dans le but de soutenir leur thèse inquisitoire. Une reconstruction qui, en aucun cas, ne peut saisir la variété des tensions, idées et élans rebelles qui se sont déchaînés, àpartir de ce lieu, vers le monde extérieur.

Peut-être aussi, parce que nous n’avons pas vu les blindés et les CRS fermer pendant plus d’une semaine des morceaux entiers du quartier et refoulé quiconque n’y habite pas ou ne peut pas le prouver, dans le but d’isoler complètement le désormais ex-foyer des subversifs. Peut-être parce que nous n’avons pas entendu de jour comme de nuit les ouvriers rendre la structure inaccessible, mais surtout inutilisable.

Ou peut-être parce qu’au fond ça ne nous intéresse pas. Ces derniers jours, passés ici en taule, ne se sont pas écoulées dans la nostalgie de tous les souvenirs et moments passés àl’intérieur, de ce que cela pouvait signifier pour chacun de nous, des luttes qui y sont apparues et qui l’ont traversé au fil des années. Ils se sont écoulés plutôt avec le regret de ne pas avoir été avec vous durant ces journées, làdehors, le long de la rue qui va du centre jusqu’au quartier d’Aurora (nom du quartier de l’Asilo), aux assemblées publiques ou au bar àcuver les lacrymos.

Parce que si avec cette expulsion, certains ont perdu leur logement, un endroit où s’organiser et se confronter, beaucoup se sont sentis privés d’un bout de liberté, arraché par la force et par une modalité marquant un point de non-retour. Une « Ã©tincelle  ». Une déclaration de guerre àlaquelle tout le monde s’est senti de réagir et dont les échos sont arrivés au-delàdes kilomètres, des murs et des barreaux qui nous séparent.

Et cela, c’était le plus beau des cadeaux que vous pouviez nous faire : savoir que l’expulsion de l’Asilo et la réponse àcette enquête ont été l’occasion pour chacun d’exprimer son malaise, sa propre rage et rébellion bien au-delàdes luttes et initiatives singulières de ceux qui s’organisaient avec constance là-dedans.

Et qu’importe si après, quand nous sortirons nous ne reconnaîtrons pas l’Asilo pour ce qu’il a été, si dans les yeux de ceux qui seront lànous retrouvons le même amour et la même rage qui se respire aujourd’hui àTurin.

Il y a une espérance. Mais cette espérance n’est pas dans un asilo occupato mais dans le cÅ“ur, l’esprit et les bras de ceux qui ont décidé.

« les prisonniers  »
Antonio, Beppe, Lorenzo et Niccolo’
28 février 2019

[Traduit de l’italien de Macerie sur Indymedia Nantes.]

Mise-à-jour de la situation des détenu-e-s :

Suite àleur incarcération les six compagnons de l’opération « Ã©tincelle  » (https://paris-luttes.info/turin-expulsion-de-l-asilo-11678 ) avaient fait appel. Le 1er mars, le tribunal a rendu sa décision : l’ « association subversive  » (art ; 270) est tombée, deux personnes ont été libérées. Cependant trois autres restent incarcérées pour des délits spécifiques tandis qu’une quatrième subit une seconde procédure d’incarcération en rapport avec la perquisition menée le jour de leur arrestation.

Turin : deux compagnons vont être remis en liberté

Des nouvelles du côté du « riesame  » [réexamen des mesures, plus ou moins équivalant au juge des libertés et de la détention en fRance] : l’accusation d’association subversive (art. 270 bis du Code pénal) est tombée, Giada et Larry vont être libérés sous peu. Nico attend la réponse d’une autre demande de réexamen pour sa remise en liberté, puisqu’il a une double ordonnance de détention, l’issue sera connue sous peu ; pour tous les autres, ils restent en prison, les autres chefs d’accusations sont maintenus.

Nous ne pouvons pas jubiler, puisque des compagnons restent en prison, mais nous attendons avec impatience ensemble qu’arrivent Larry et Giada, de Ferrara et Rome.

Pour écrire aux compagnon-ne-s :

Pour envoyer une aide financière pour aider àsoutenir la détention des compagnon-ne-s :

Du 29 au 31 mars : bloquons l’usine alsetex et toutes les usines d’armement !

Publié le 2019-03-07 18:19:04

Dans le cadre du maintien de l’ordre en métropole et dans les territoires d’outre-mer, l’État français a recours à un arsenal militaire sans commune mesure avec celui utilisé par ses voisins européens. Il est le seul à utiliser des grenades et un des rares à tirer sur la foule avec des balles de gomme.

Cette usage légitime de la violence était jusqu’alors réservé aux quartiers populaires et aux mouvements de révolte. L’histoire de l’après-guerre est rythmée par une violence systémique qui nous a amené à faire le constat suivant : sur les 20 dernières années, les forces de l’ordre françaises ont mutilé en moyenne 2 à 3 personnes par an et en ont tué en moyenne 15 chaque année.

Mais depuis le mois de novembre 2018, face à l’ampleur et la spontanéité du soulèvement des Gilets Jaunes, la violence de l’État à l’égard des manifestations s’est considérablement durcie, faisant naître une prise de conscience collective des violences policières. Trois mois de révolte intense ont démontré, par une hécatombe sans précédent, que le facteur principal déterminant la violence d’État, c’est le caractère potentiellement révolutionnaire d’un mouvement de révolte.

Pourtant, sans être partie prenante du mouvement, Zineb Redouane a été tuée à Marseille, visée à sa fenêtre du quatrième étage par une grenade lacrymogène tirée en plein visage.

Également, trois personnes ont été éborgnées par des tirs de LBD à la Réunion dans les deux premières semaines de la révolte, suivies de 17 autres en métropole, dont 2 lycéens de 15 et 16 ans et 1 collégien de 14 ans.

Cinq personnes se sont fait arracher une main par des grenades GLI F4 à Paris, Tours et Bordeaux.

Plusieurs centaines d’autres ont été grièvement blessées, dont les deux tiers à la tête.

Et malgré ce carnage, aucun mot, aucun regret, aucune excuse de la part des autorités. Au contraire, la répression se fait chaque jour plus féroce et le ministre de l’intérieur, au comble du cynisme, explique à des enfants dans une mise en scène télévisée comment tirer au LBD.

Le maintien de l’ordre protège l’État et non le peuple, il est à la fois un placement politiquement rentable pour le pouvoir, apeuré par sa chute possible, et un commerce juteux.

L’État français se vante en la matière d’un savoir faire et d’une doctrine développés dans les anciennes colonies et sur les territoires d’outre-mer, et inspirées depuis les années 1980-90 par les théories sécuritaires et logiques commerciales agressives des idéologues au service du complexe militaro-industriel étasunien (hypothèse de la vitre brisée, brigades antigang et d’intervention en civil, armes sublétales, militarisation de la police).

La France achète et utilise des armes chimiques (proscrites par les conventions internationales sur les terrains de guerre) : les grenades lacrymogènes.

La France achète, vend et utilise des armes de guerre : les grenades GLI F4, les grenades de désencerclement…

La France achète et utilise des munitions qui mutilent : les cartouches à destination des Lanceurs de balles de défense de 40 et 44 mm (Flash Ball SuperPro et SuperPro2, LBD 40, Kann 44, Riot Penn Arms).

L’État français offre des milliards d’euros à sa police et aux marchands de mort, tandis que son système de santé est en faillite, que son système social est en faillite, que son système éducatif est en faillite, que son système de transports sert à nous taxer alors qu’il devrait être gratuit (pour le peuple et pour l’environnement) et que les grandes entreprises qui servent l’État refusent de payer des impôts, d’augmenter les salaires et de baisser le temps de travail, et cela alors même que le chômage bat des records.

Les augmentations d’impôts contre lesquelles nous nous battons servent à payer les armes qui répriment nos révoltes, alors il est temps de frapper là où le bât blesse.

Bloquer le complexe militaro-industriel français, c’est bloquer l’économie de mort de ce système.

POUR ZINEB REDOUANE, POUR LES BLESSE-ES, POUR TOU-TES CELLES ET CEUX MORTES DE S’ETRE REVOLTE-ES, DU 29 AU 31 MARS 2019, BLOQUONS L’USINE ALSETEX.

ET POUR TOU-TES CELLES ET CEUX QUI NE POURRONS VENIR DANS LA SARTHE, NOUS APPELONS A BLOQUER TOUS LES SITES SUIVANTS :
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VERNEY CARRON : fabrique pistolets Flash-ball, grenades de désencerclement – 54 Boulevard Thiers, 42002 Saint-Étienne

NOBEL : fabrique grenades lacrymogènes – 5 Rue du Squiriou, 29590 Pont-de-Buis-lès-Quimerch

SAPL : fabrique grenades de désencerclement, gazeuses, matériels de maintien de l’ordre – La Ferté Fresnet, Le Biot, 61550 La Ferté-en-Ouche

REDCORE : fabrique lanceurs de balles de défense, grenades de désencerclement – Technellys Bât C – 165 rue de la Montagne du Salut, 56600 Lanester

BGM : distributeur des lanceurs de 40 mm (LBD40 et lanceurs multicoups Penn Arms) – 15, Route de Meaux, Le Bois-Fleuri, 77410 Claye-Souilly

MSA : fabrique matériels de maintien de l’ordre (casques, boucliers…) – ZI Sud, 01400 Chatillon sur Chalaronne

PROTECOP : fabrique matériels de maintien de l’ordre – 2194 Route de Thiberville, 27300 Bernay

RIVOLIER : commercialise et importe les armements étrangers en France – Z.I. Les Collonges, 42173 Saint-Just-Saint-Rambert

SECURITE TIR EQUIPEMENT : commercialise et importe les armements étrangers et français destinés au maintien de l’ordre – 477, Chemin de l’Avenir, 13300 Salon de Provence

CENTRE D’EXPERTISE ET D’APPUI LOGISTIQUE : test et homologation des armes destinées au maintien de l’ordre – 168 rue de Versailles, 78150 Le Chesnay

BANC NATIONAL D’EPREUVE ET D’HOMOLOGATION : test et homologation des armes destinées au maintien de l’ordre – ZI Molina Nord, 5 rue de Méons, 42002 Saint Etienne

ETABLISSEMENT LOGISTIQUE DE LA POLICE : ZI Buxerolles, 1 rue Faraday, 87000 Limoges

NOBEL : siège social – 57 rue Pierre Charron, 75008 Paris : fabrique les système de mise à feu des grenades lacrymogène

BRÜGER & THOMET : fabrique les lanceurs de balles de défense de 40 mm – Tempelstrasse 6, CH-3608 Thun

__________

PRECISION : même si les événements venaient à être supprimés des réseaux sociaux (pressions des autorités), les rassemblements seront maintenus dans tous les cas. A chacun-e de s’organiser localement pour parvenir jusqu’aux sites, pour s’y rassembler selon les modalités qui lui conviendront et pour prendre ses précautions pour que tout se passe au mieux pour lui/elle.

Prévoyez de partir de chez vous 40 minutes à l’avance et de vous garer à 30 minutes à pieds du lieu de rassemblement s’il devait être difficile de se rendre en voiture sur place ou de s’y garer. Organisez vous pour ne pas garer votre véhicule sur le bas-côté de la chaussée, mais sur des chemins vicinaux où le stationnement ne gêne pas. Si les sites devaient être inaccessibles, nous invitons à bloquer les axes qui y mènent ou à se rassembler sur la place principale du village ou de la ville la plus proche.

Yoyo n°4, en ligne et dans la rue !

Publié le 2019-03-08 09:41:04

Yoyo, journal de lutte contre les barreaux, en ligne et dans la rue ! Un numéro en images, qui revient aussi sur les solidarités à l’extérieur et les luttes à l’intérieur dans les centres de rétention.



Edito du numéro

La prison sert à punir toutes les personnes qui ne respectent pas les règles imposées par ceux qui les gouvernent. En les enfermant l’état conserve son autorité sur elles et toutes les autres à l’aide de ses flics, ses juges, ses procureurs et ses matons. Une lutte anti-carcérale, celle à laquelle ce journal cherche à contribuer, vise à détruire tout ce système autoritaire et punitif, qu’il prenne finalement la forme d’une cellule, d’un bracelet électronique ou d’un TIG*.
Construire des prisons, ce que l’état entreprend de nouveau un peu partout en France actuellement, n’est qu’un moyen parmi d’autres pour maintenir son contrôle sur nos vies. L’enfermement, matérialisé ici par des murs et des barbelés, prend ailleurs la forme de dispositifs de surveillance toujours plus précis et étendus. Dans les rues des villes, le nombre de caméras ne cesse d’augmenter tandis que la reconnaissance faciale s’invite désormais à l’entrée des écoles. En effet, à Nice et Marseille, deux lycées s’apprêtent à tester cette technologie, fournie par l’entreprise Cisco, pour « éviter les intrusions » et « sécuriser les accès aux lieux ».
Yoyo, c’est une initiative parmi d’autres pour tenter d’enrayer le fonctionnement de la société carcérale, en donnant un aperçu des résistances collectives et individuelles à l’intérieur des prisons mais aussi des solidarités qui prennent forme à l’extérieur. C’est un petit journal contre toutes les prisons, avec ou sans barreaux, que ce soit les centres de rétention administrative (CRA) où l’on enferme les étrangè.re.s, ou celles qui se cachent derrière un discours médical, comme les hôpitaux psy.
Déjà 2019, l’année a filé mais le réveillon s’est déroulé en beauté, et pas seulement sur les Champs-Élysées. Dans ce numéro tant attendu, vous trouverez également des nouvelles du rassemblement du 12 janvier contre toutes les taules à l’occasion de la réouverture de la Santé. Mais aussi des infos à propos du contrôle à la frontière franco‐italienne ainsi que des luttes qui se déroulent actuellement dans les CRA et les soutiens qu’elles trouvent. Déjà qu’on était content.e.s d’apprendre l’évasion d’un détenu de la maison d’arrêt de Fresnes, en plus ça se bouge dans plein de villes contre l’enfermement, alors bonne lecture et à bientôt !

* travail d’intérêt général (voir yoyo n°3

Angers (Maine), France : La rage incendiaire contre les matons frappe au pied de la taule – 6 mars 2019

Publié le 2019-03-08 09:41:06

Vers 3 h mercredi 6 mars 2019, huit voitures ont été dégradées dont deux incendiées devant la prison d’Angers (Maine-et-Loire). Cinq voitures seraient complètement détruites, trois autres en partie dégradées. Les véhicules étaient stationnés devant le mur d’enceinte de la prison. Certaines appartenaient aux membres du personnel, ce qui n’étonnent guère Anthony Klingler secrétaire de l’UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire) à Angers, qui a une petite idée des raisons de cette haine incendiaire qui les frappe en plein milieu de la nuit. Il précise que « ce n’est pas la première que ça arrive ». Et certainement pas la dernière…

[Repris de la presse, 06.03.2019]

Grenoble, France : Militarisation, marche blanche et appel au calme n’arrêtent pas les pluies de parpaings et de Molotovs sur les bleus – 4, 5 et 6 mars 2019

Publié le 2019-03-08 09:41:07

Les émeutes se sont poursuivies dans le quartier du Mistral à Grenoble, après la mort de deux jeunes pourchassés par les flics dans la soirée de samedi 2 mars.

Quelques heures après cette prise en chasse mortelle réalisée par les keufs, des appels à l’émeute ont circulé sur les réseaux sociaux (Snapchat et Instagram), comme le rapporte France Bleu Isère dans son article répugnant du lundi 4 mars, intitulé Émeutes dans le quartier Mistral à Grenoble : haro sur les « fake news » . Un des textes qui circule sur la toile dit notamment: « Brûlez tout, retournez tout, partagez le message de partout et agissez » (cf capture d’écran de l’appel en fin d’article).

Il y est dit notamment: ‘ »Cet appel à la violence, notamment contre les policiers, est partagé par bon nombre de jeunes de l’agglomération grenobloise. Des photos sont également diffusées, comme celle d’une plaque d’immatriculation présentée comme celle de la voiture de la bac qui suivait les jeunes au moment de l’accident.« 

La troisième nuit a été marquée par un grand nombre de feux de poubelles et de voitures dans l’ensemble de l’agglomération grenobloise. Cette fois-ci, les émeutes se sont propagées à d’autres zones de l’agglo, qui ont brûlé jusqu’à 5h30 à certains endroits.

Dans la nuit de lundi 4 à mardi 5 mars, 65 véhicules ont été incendiés dans les quartiers du Mistral et de la Villeneuve, mais aussi à Echirolles, Fontaine et Saint-Martin-le-Vinoux. Un jeune homme de 25 ans a été interpellé pour « jet de projectiles ».

Dès le début de soirée, de très importants effectifs de gendarmerie mobile, de CRS et de policiers de la Sécurité publique ont investi le quartier, notamment sur toute la longueur de l’avenue Rhin-et-Danube, l’artère qui traverse le quartier. Vers 21 heures, des boules de pétanque, de pavés, et d’une dizaine de cocktails Molotov ont été lancés depuis les étages des tours de la cité du quartier du Mistral sur les forces de l’ordre qui ont été déployées en masse pour cette troisième nuit. Au même moment, plusieurs petits groupes très mobiles allumaient un peu partout des incendies.

Des affrontements ont eu lieu. Les gendarmes ont tiré des grenades lacrymo en direction des immeubles, tandis que des parpaings continuaient de tomber du ciel sur les bleus. Comme pour signifier le déclenchement des hostilités et/ou à amplifier le désordre, des feux d’artifice ont été tirés au milieu du quartier par les émeutiers, des barricades de poubelles et de bagnoles érigées à travers les rues. Vers 22h45, un fourgon des pompiers, qui intervenait pour éteindre un panneau publicitaire en feu, a été attaqué aux cocktails Molotov.

Après une petite accalmie, les feux et les affrontements ont repris vers 00h30. Des cocktails Molotov ont été balancés sur les flics, plusieurs voitures incendiées.

Par ailleurs, à Saint-Martin-le-Vinoux, « la police a enregistré trois faits en l’espace d’une heure après 5 heures ce matin : selon la Direction départementale de la sécurité, cinq jeunes gens portant des capuches ont brûlé des poubelles posées au milieu de la route, ils ont ensuite caillassé un camion poubelle au niveau du 124 rue des Droits de l’Homme, menacé les employés et volé les clés du camion. L’agression n’a pas fait de blessé. Par la suite, plusieurs jeunes ont incendié une camionnette stationné au 131 Bis avenue Général Leclerc. Enfin, trois jeunes gens ont crevé les pneus d’une dizaine de véhicules dans la rue du Petit-Lac, toujours à Saint-Martin-le-Vinoux. »

La nuit de mardi à mercredi a été un peu plus calme. « Craignant une nouvelle nuit d’émeutes et de violences urbaines, les services de police ont mobilisé d’importants moyens, comprenant même un hélicoptère qui a survolé Grenoble toute la soirée de mardi et une bonne partie de la nuit. »

La police a fait état de 18 véhicules brûlés (principalement entre minuit et 1h30) dans l’agglomération : deux dans le quartier Mistral, deux autres dans le quartier de La Villeneuve à Grenoble, huit dans le quartier Teisseire, quatre dans le secteur de la rue de Stalingrad et enfin deux sur la commune de Fontaine. Les sapeurs-pompiers ont essuyé quelques jets de pierres lors de leur intervention de maintien de l’ordre.

Après les appels au calme lancés par la famille d’un des jeunes tués, une marche blanche était organisée dans le quartier du Mistral ce mercredi après-midi. Cette tentative de rétablir la paix sociale, qui intervient après seulement trois nuits d’émeutes, n’a pas réellement fonctionné car, dès 21h mercredi soir, des pavés et des cocktails Molotov ont été de nouveau jetés depuis les immeubles sur les uniformes assassins. Des poubelles et des voitures ont été incendiés, servant à barricader les grands axes du quartier. Un peu avant 23h, deux compagnies de CRS ont été appelées en renfort pour rétablir l’ordre.

« Plusieurs fourgons de forces de l’ordre se trouvaient sur place et la police a effectué des fouilles dans les parties communes de plusieurs tours du quartier. Tard dans la soirée, deux personnes porteuses d’objets dangereux (couteaux, mortiers, jerricane d’essence…) ont été interpellées, selon la préfecture ».

Mercredi 6 mars, dans la soirée

idem

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Plue de parpaings et de cocktails Molotov sur les bleus, lundi 4 mars en début de soirée.

Lundi 4 mars, dans la soirée

Un car de l’industrie du tourisme incendié dans la nuit de lundi à mardi, quelque part dans l’agglomération grenobloise

Un des appels à l’émeute publié sur les réseaux sociaux

[Repris en grande partie du Dauphiné, 04, 05 et 06.03.2019]

Allemagne : Brèves d’attaques (anonymes ou non) contre les flics, le travail et les flux ferroviaires [24 février-1er mars 2019]

Publié le 2019-03-08 09:41:09

Berlin, 1er mars 2019 : contre le travail et l’exploitation

Vendredi 1er mars vers 7h30, un employé d’une société de gardiennage a remarqué que plusieurs vitres du Jobcenter de Neukölnn avaient été brisées. Le gros des dégâts a été constaté au premier étage du bâtiment, situé Rollbergstraße.


Berlin, 27 février 2019 : attaque incendiaire du poste de police

Mercredi 27 février, un peu avant 4h, un incendie s’est déclaré devant l’entrée principale du commissariat de Mitte, situé dans la Invalidenstraße. Les flammes ont endommagé la partie accueil et la façade du bâtiment, qui a été noircie sur plusieurs mètres de haut.

D’après la police, un kiosque mobile de distribution de journaux dans lequel se trouvait un engin incendiaire a été déplacé devant la porte d’entrée principale. Des individus l’auraient ensuite allumé. La Sûreté de l’État a lancé une enquête. L’attaque a été revendiquée sur la plateforme indymedia allemagne (mais lien non disponible.. Censure?). Une traduction en anglais est disponible ici.


Dresde, 24 février 2019 : l’antiterrorisme saisie pour l’incendie de l’antenne de la Deutsche Bahn (qui ne s’est pas immolée)

« La direction régionale de la police judiciaire de Saxe (LKA) enquête sur un éventuel incendie criminel contre une antenne à Dresde et n’exclut pas une motivation à caractère politique. En l’état actuel des choses, un défaut technique n’en est pas la cause. L’incendie s’est déclaré tôt dimanche matin à proximité de l’arrêt ‘Dresden-Trachau’ du RER. Les dégâts ne sont pas chiffrés. La Deutsche Bahn a dû suspendre momentanément la ligne. Le centre anti-terroriste et anti-extrémiste de la direction régionale de la police judiciaire s’est saisie de l’enquête. [le « Gemeinsame Terrorismus- und Extremismus-Abwehrzentrum (GETZ) » est une commission d’enquête réunissant plus de 40 autorités régionales et fédérales visant à combattre l’extrémisme de droite et de gauche, la menace intérieure liée au terrorisme étranger et l’espionnage ». Elle est basée à Cologne et à Meckenheim au sein des locaux de la direction fédérale à la sécurité intérieure et de la direction fédérale de la police judiciaire].

Nîmes (Gard) et Foix (Ariège), France : Orange perd le fil – 4 et 5 mars 2019

Publié le 2019-03-08 09:41:10

Foix (Ariège), 5 mars 2019 : les flux du commerce et de l’aliénation paralysés pour plusieurs jours

Dans la nuit de lundi 4 au mardi 5 mars à Foix (Ariège), un répartiteur de connexion a été vandalisé. Selon Orange, l’opérateur ciblé, près de mille clients résidentiels seraient impactés par ce sabotage. « Une personne a fait couler un liquide inflammable sur une trappe d’accès, qui mène à une chambre souterraine, avant d’y mettre le feu, indique Christian Gesbert, responsable de la communication d’Orange en Occitanie. Dans cette chambre, se trouvent des câbles qui permettent à nos abonnés de se connecter à internet ou de téléphoner. » Si l’incident a impacté de nombreux particuliers, ce sont avant tout les commerces fuxéens du quartier de Peysales qui ont été touchés. C’est le cas entre autres du supermarché Leclerc, situé à proximité du site incendié : « Nous n’avons pas de standard téléphonique, et nous avons dû procéder autrement pour contacter notre centrale d’achat », avance Pascal Arzens, de la comptabilité du centre commercial. Le site internet, qui permet aux particuliers de commander leurs courses en ligne est fermé.

« Nos techniciens vont devoir travailler jour et nuit jusqu’à la fin de la semaine, explique Alex de Gruttola, de la société Artec, chargée de réparer le réseau pour Orange. C’est très difficile de rester longtemps dans cette trappe [« une chambre technique de quelques malheureux mètres carrés »], à cause de l’odeur. » L’entreprise Orange estime que le réseau sera rétabli d’ici dimanche 10 mars.

« Ludovic et Vincent, techniciens d’intervention pour Artec, doivent enlever les câbles endommagés. » (Légende de la photo de La Dépêche, 06.03.2019)

[Repris de la dépêche, 06.03.2019]


Nîmes (Gard), 4 mars 2019 : la fibre optique d’Orange coupée

« Lundi 4 mars, les services d’Orange en Occitanie constatent une coupure fibre. Selon eux, il s’agit d’un acte de malveillance. Conséquence, environ un millier de foyers sont actuellement privés d’internet, aux abords de l’avenue Pompidou. Orange informe que ses équipes sont à l’œuvre pour réparer les dégâts, et estiment à jeudi 7 mars après-midi la fin des travaux. »

[Le Midi Libre, 04.03.2019]

Montpellier : Les Gueux fêtent le Karnaval malgré interdictions et flics

Publié le 2019-03-08 09:44:03

Europe 1 / mercredi 6 mars 2019

Quelque 400 personnes, selon la police, ont participé mardi soir à Montpellier, malgré une interdiction préfectorale, au « Karnaval des Gueux », une déambulation anarcho-libertaire nocturne. Sept personnes ont été interpellées, a indiqué la police.
Contrairement aux années précédentes, le cortège n’a pas réussi à entrer dans le centre-ville, protégé par plusieurs camions des forces de l’ordre, dont un canon à eau. Le cortège, qui comprenait une dizaine de personnes vêtues de gilets jaunes, a déambulé dans les rues autour du centre historique de la ville, durant près de trois heures, au son de chants médiévaux. Plusieurs éléments du mobilier urbain ont été dégradés par les participants et des poubelles incendiées.

Un épouvantail à l’effigie de Philippe Pétel, – ancien doyen de la faculté de droit de Montpellier interdit d’enseigner pendant cinq ans suite à des violences survenues dans la faculté en 2018 -, a été brûlée devant la porte de l’université de Montpellier.
En fin de soirée, une centaine de personnes dont certaines étaient déguisées, et portaient des masques, demeurait sur la place Carnot dont les issues ont été bloquées par les forces de l’ordre. Quelques grenades lacrymogènes ont été lancées par les forces de l’ordre à mi-chemin du parcours. Vers 22h30, un ordre de dispersion a été lancé par la police.
Cette manifestation avait été interdite par le préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel, qui avait mis en avant des « débordements récurrents » lors de cet événement annuel.  En février 2018, une interdiction préfectorale n’avait pas empêché la tenue de cette manifestation. Selon la préfecture, quatre policiers avaient été blessés, dont un grièvement au visage, et 200 personnes avaient défilé dans les rues de Montpellier, où des dégradations de commerces, panneaux publicitaires et mobilier urbain avaient été commises.

Selon le MidiLibre, […] des incidents ont eu lieu dans le quartier d’Antigone, où la police a usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Une banque au moins a été l’objet d’actes de vandalisme ainsi que des panneaux publicitaires et des tags disséminés un peu partout. […]

Et, selon e-metropolitain, […] six personnes ont été interpellées, conduites au commissariat central et placées en garde à vue pour transport d’engins incendiaires -des cocktails- Molotov, selon nos informations, inscriptions et tags illégaux, rébellion et outrages à des agents de la force publique dépositaire de l’autorité publique. […]

Un peu de bon sens sous l’image du Préfet-résistant a scandalisé élus et journaflics..

[en english]

Madrid (Espagne) : Troisième rencontre anarchiste contre le système techno-industriel et son monde

Publié le 2019-03-08 09:44:05

reçu par mail / mardi 5 mars 2019

Pour la troisième année consécutive, aura lieu, les jours 25, 25 et 26 mai, à La Gatonera (C/ Valentin Llagino, 32 Madrid), la Rencontre contre le système techno-industriel.

Cette rencontre naît de la nécessité de construire un discours contre le système de domination dans lequel nous nous trouvons, un système qui imprègne le monde qui nous entoure, avec une logique techno-scientifique dans laquelle tout est mesurable, quantifiable et donc sujet à contrôle. Ce progrès se fonde sur le remplacement des procès naturels avec des procès techniques, en assujettissant ainsi les individus, les animaux et l’écosystème à la mega-machine.

En tant qu’anarchistes, nous considérons que notre lutte doit intégrer la nécessité de protéger notre environnement et de récupérer l’autonomie que ce système nous a arraché.

Pendant la rencontre, il y a aura des discussions sur :
– l’intelligence artificielle
– la lutte contre le progrès technologique en Angleterre
– le transhumanisme
– contre l’ecoextremisme et les tendances misantropiques

Et bien plus…

Plus d’infos à venir sur : contratodanocividad.espivblogs.net
Pour contacts : contratodanocividad (at) riseup.net

Participe et diffuse.
Pour la libération totale !

Les loups dans la bergerie

Publié le 2019-03-08 16:39:02

Banalités de base sur la révolte en cours



Nous sommes ce que nous faisons

La seule façon de définir une révolte, qui ne dispose pas d’une théorie préalable partagée par l’ensemble de ses participants, est de s’en tenir à ses pratiques. C’est une méthode qui s’oppose à celle de tous les commentateurs extérieurs qui s’imaginent encore que la pensée consciente, c’est-à-dire individuelle, prime sur les actes. L’essence de la révolte des gilets jaunes, sans leaders et autoconvoquée à l’origine via les réseaux sociaux, réside dans l’ensemble des pratiques collectives de tous ceux qui y ont participé sans se connaître préalablement. Par leur nouveauté, leur radicalité, leur ubiquité et leur unité, elles forment déjà un discours. Elles définissent un parti pris parce qu’elles rompent avec l’ordre des choses, avec la résignation et la soumission ordinaires. Rupture en deçà de laquelle il n’y a rien que le retour inexorable du même. La critique en actes reconnaît la part d’inconnu qu’elle contient, la traduction théorique qui lui manque encore, et le possible qu’elle ne peut fermer prématurément. Une telle rencontre, basée sur l’insatisfaction, progresse à ce rythme, dans son rapport de force avec tous les pouvoirs en place et par les perspectives nouvelles qu’elle ouvre. Sa négativité est féconde.

Fin des mouvements sociaux

Quoi de plus scandaleux que la révolte des gueux ?

Le tour offensif qu’a pris la contestation depuis la fin du mois de novembre constitue la nouveauté principale en France. Blocages, émeutes, destructions de péages, attaques de bâtiments publics et gouvernementaux, affrontements avec la police, agressions publiques d’élus et de journalistes : nous ne sommes pas dans un énième mouvement social aux motifs défensifs et réactifs, mais dans la forme moderne de la révolte. Ces pratiques inaugurales ne sont pas le fait de casseurs ou d’ultras, contrairement à ce que le matraquage médiatique et gouvernemental tente de faire croire, mais celui des acteurs principaux du soulèvement. En parler autrement et propager ces anathèmes consiste à trahir tous ceux qui, plus courageux que d’autres, en payent aujourd’hui le prix en prison. Le pouvoir a bien compris le danger d’un tel basculement, au point d’utiliser des moyens exceptionnels pour l’éradiquer ; on a pu vérifier à cette occasion le mensonge sur l’Etat de droit s’assumant en l’espace de quelques semaines comme un Etat autoritaire. La guerre qui s’est instaurée, siège des antagonismes fondamentaux, ne laisse place à aucune négociation, réforme ou compromis possibles. Un cap a été franchi à l’automne 2018 avec la sortie de tous les chantages, dont en premier lieu celui à la catastrophe écologique. A la différence de mobilisations antérieures, la révolte dont il est ici question contient un enjeu historique. Attaquer pour ne plus subir s’y est imposé comme une nécessité.

L’illégalité assumée

Il n’y a pas de révolte légale

Durant sa phase ascendante, c’est-à-dire jusqu’au 1er décembre inclus, nul ne se souciait de la légalité des actions entreprises dans le cours de la révolte, chacun sachant bien alors que l’on ne transforme pas les conditions existantes en respectant des lois édictées pour leur conservation. Paralyser la circulation, ne pas déclarer une manifestation, y participer dans ce cas, occuper l’espace public sans autorisation, y porter un masque de chantier ou des lunettes de piscine, taper dans un bouclier de CRS, tout cela est puni par la loi. Jamais dans l’histoire ceux qui l’ont faite, aux prises avec toutes les forces organisées et unifiées de la conservation, ne se sont posé la question du respect de la loi. L’histoire n’est ni le domaine de la morale ni celui du droit, les temps d’obéissance y sont ses pages blanches. L’émeute parisienne du 1er décembre a été le point culminant de cette négativité où personne n’entendait déplorer les dégâts qu’elle causait dans les quartiers les plus riches de France. Sans ces heures d’émeute, nous n’en serions pas là. Les mesures d’exception prises en urgence pour accentuer la répression nous montrent, s’il en était besoin, qui détient l’arme de la loi et pour quel but.

Refus des encadrements

Ni Macron, ni Mélenchon, ni Le Pen ni personne

La décomposition de la classe politique, du pouvoir séparé, et celle de l’encadrement syndical du défunt mouvement ouvrier, est arrivée en phase terminale. La révolte des gilets jaunes a acté cette décomposition. Le néo-monarque Macron, qui gouverne par ordonnances, n’a pas fait ce vide, il est le résultat transitoire de ce vide. Le système représentatif produit des spécialistes, des professionnels d’une comédie stérile conduisant à l’usurpation systématique du pouvoir. La plupart des pauvres n’en étaient pas dupes avant, mais une partie d’entre eux agit désormais en conséquence suivant des constats qui ne peuvent plus être occultés : l’Etat libéral dit la vérité de l’Etat, il est au seul service de la marchandise ; les syndicats ne sont qu’un rouage du pouvoir, dernier recours pour éteindre tout mouvement social conséquent ; les partis politiques, confinés à l’impuissance perpétuelle, sont périmés par une révolte qui a su si bien transcender les divisions et catégories préexistantes : leurs « logiciels » comme leurs conditions mêmes d’existence sont obsolètes.

Refus de la représentation

On veut pas plus de SO que de Jacline Mouraud

Une telle lucidité a mené au rejet systématique de toute forme de représentation de l’ensemble des gilets jaunes. Toute parole qui prétendrait s’exprimer au nom de cet ensemble est une usurpation. Les « figures » encore tolérées du mouvement ne sont que des relais qui ont survécu en sachant, pour l’instant, rester à leur place et ne jamais se risquer à cette prétention quand tous ceux qui voulaient capitaliser pour leurs propres intérêts ont été systématiquement et dûment expurgés. Nous connaissons le résultat de l’appropriation privative du pouvoir. Qui veut encore de sa personnalisation ? Elle appartient au passé.

Refus de la négociation avec le pouvoir

11 morts, 1 900 blessés, on débat pas, tu dégages

La radicalité du mouvement sur les ronds-points et dans la rue, associée à ce rejet de toute forme de hiérarchie et de porte-parolat, nous a préservés d’une prise de langue avec le pouvoir qui, sourd jusque-là, ne demandait que ça une fois mis sur la sellette. Il est évident qu’après la répression qu’il a menée, la calomnie qu’il a déversée, la division qu’il a distillée, il serait insensé et indigne de s’asseoir à sa table. L’Etat a du sang sur les mains et se vautre dans une arrogante impunité, son chef poussant l’ignominie jusqu’à nier devant son homologue égyptien la mort directe d’une femme tuée par sa police dans le cadre de la répression. Qui dialogue avec un tel pouvoir, après les éborgnements et mutilations en série, s’en fait immédiatement le complice. Il ne peut y avoir de retour en arrière.

Le rôle des revendications

Les miettes, c’est pour les pigeons

Tous les récupérateurs potentiels ont cru voir dans la multitude des revendications, émises au fil des semaines, le travestissement possible de la révolte en mouvement revendicatif, sans comprendre en quoi leur rôle principal est de recenser, de faire connaître et de mettre en commun les raisons de la colère. Il n’a jamais été question depuis décembre de réclamer quelques miettes à Macron, la principale et unanime revendication exigeant son départ, lui dont la politique et le programme antisocial s’opposent en tous points à l’ensemble de ces constats critiques sur l’augmentation de tous les prix, l’accroissement corollaire des restrictions et des contrôles, le démantèlement accéléré des vestiges du « service public », les faveurs accordées aux plus riches. S’imposant dans un moment de reflux de la révolte, le désormais célèbre RIC a représenté une sorte de compromis consensuel entre l’exigence minimale portée par la radicalité de la rue et le souci inquiet de proposer une réforme étatique raisonnable. Reprise depuis comme une formule magique, cette proposition de modifications des institutions, plus ou moins profondes suivant les versions, a l’inconvénient de poser les limites de la révolte dans une traduction prématurée de ses buts qui relègue ses acteurs principaux actuels, ce sujet collectif nouveau, à un rôle in fine consultatif. S’il évoque une saine intervention de la majorité dans le contrôle du pouvoir, ce plafond de verre théorique tend surtout une perche à tous les partisans d’une résolution du conflit social par une réforme de surface telle que le « grand débat » la prépare. L’insertion dans le cadre pragmatico-rationnel de tous les gestionnaires à partir de leur postulat autoritaire sur la réalité est un tombeau. La réalité est à faire et non plus à subir comme un donné. Il suffit de constater l’état du monde pour juger de la vertueuse rationalité économiste brandie par tous ceux qui en font un argument d’autorité à la seule fin de maintenir le statu quo.

La critique de l’information dominante

Journalistes, vous avez toléré trop de choses pour être tolérés

La même clairvoyance s’est manifestée à propos des médias dominants auxquels, dès les premières semaines, les gilets jaunes se sont montrés hostiles. Il est aujourd’hui partagé par une grande partie de ceux qui subissent son monologue permanent que l’information dominante travaille à la conservation de la société en place et prend systématiquement parti contre ce qui en menace la continuation paisible. Il n’est plus toléré qu’une petite caste, sans aucune légitimité, parle à la place des autres, encore moins quand cette caste est tenue par une poignée de milliardaires, et qu’elle se montre l’ennemi le plus direct de la révolte depuis plusieurs semaines, par la calomnie la plus grossière, par le mensonge sur les effectifs des manifestations, par son travail d’auxiliaire de police. Elle, qui se flatte encore de sa liberté d’expression, s’est révélée comme la plus caricaturale des presses aux ordres. Elle n’est plus que le porte-voix du gouvernement. Avec les moyens nouveaux à notre disposition, nous n’avons pas besoin des « médias », qu’ils soient au service de l’Etat français, en roue libre pour leur propre compte, ou pilotés de l’étranger pour des intérêts qui nous sont tout aussi hostiles.

L’auto-organisation

Un peuple qui vit ne rond-point

L’ensemble de ces refus traduisent un même sentiment chez ceux qui font la révolte, celui de la dépossession permanente. S’est ancrée pour chacun la conviction scandaleuse de n’être pas maître de l’emploi de sa vie. D’une contestation sur les difficultés mêmes de survivre, conséquence ultime de cette dépossession, la puissance collective qui s’est déployée a commencé de poser la question de ses causes fondamentales. Le cours commun de la séparation s’est brisé, d’abord sur les lieux de blocage en petits groupes locaux, ensuite dans les manifestations offensives et sauvages où ces groupes locaux ont vu concrètement leur effectif, leur unité, à l’échelle de tout le pays, et la force qu’ils constituaient. La rupture enjouée du quotidien vécu jusque-là dans l’isolement et la prise festive de l’espace ont été le premier pas d’une appropriation collective de l’existant, puisque de possession véritable nous n’avons jamais eue. La richesse de cette expérience ne peut mieux se mesurer que dans son terrible contraste avec la désespérante survivance de la résignation qui la cerne encore. L’ordinaire de la servitude n’a jamais paru si misérable.

Les assemblées

On débattra quand on vous aura tous virés

Aucun groupe local sur les ronds-points n’a eu besoin d’experts en conseillisme pour pratiquer spontanément la démocratie directe à cette échelle. Pour faire de cette pratique une forme de continuation de la critique du système de dépossession, un appel a été lancé à la création d’assemblées populaires. Rapidement et paradoxalement, cet instrument a été une sorte de porte d’entrée pour les groupes militants, associatifs et partis politiques préexistant à la révolte et tentant de s’y greffer pour y imposer leurs marottes, leur programme et leurs vieilles lunes au mépris de ce qui a lieu. Les assemblées parisiennes, qui ne comptaient que quelques dizaines de participants à tendance militante, et plutôt faibles dans leurs pratiques, étaient ainsi surreprésentées à « l’assemblée des assemblées » de Commercy. Il serait pour autant inconséquent de laisser au parasitage militant cette pratique qui représente encore, sous sa forme authentique du moins, le moyen de s’approprier le débat exécutoire sans aucun intermédiaire sinon strictement mandaté. La pertinence des assemblées dépendra de leur capacité à assumer et appuyer la critique en actes qui a eu lieu depuis novembre. L’intelligence collective, manifestée jusque-ici, et la défiance qui l’accompagne paraissent à même de déjouer le noyautage par des délégués dont jusqu’ici la double appartenance éventuelle n’a, à notre connaissance, pas été questionnée, comme si l’assemblée n’était qu’un organe de vigilance citoyenne, le dernier avatar de la démocratie participative, une organisation compatible avec tout ce qui est là plutôt que sa négation pratique.

Pour un dépassement

Des maisons du peuple partout !

Si l’on met de côté les « actions » symboliques, aux visées seulement médiatiques, issues d’un aveuglement sur l’historicité de l’événement en cours, la principale préoccupation actuelle consiste à savoir comment pousser l’avantage d’une révolte qui a su s’enraciner dans une séquence de basse intensité, au risque sinon de voir le processus de son intégration au décor la conduire à l’étiolement. Les modalités de mobilisation depuis le début répondent aux contraintes géographiques et de survie de ses participants les plus actifs, elles ont déterminé une intermittence de l’intervention massive et offensive, la permanence sur les ronds-points étant de son côté de plus en plus entravée. Les manifestations urbaines des samedis n’ont ainsi jamais pu s’étendre au-delà de cette journée au point que la question d’une conquête de lieux ou d’une installation dans le temps a fini par ne plus se poser. La scission entre le lieu d’origine de la majorité des participants et la ville s’est ainsi maintenue faute d’une implication massive des habitants des centres urbains. C’est probablement dans le sens de cette jonction qu’il faut désormais porter l’appel à multiplier les « maisons du peuple », non pas comme des zones de repli, mais comme des lieux à conquérir au cœur des métropoles pour y poursuivre la rencontre dans une pratique offensive d’occupation. Rompre ainsi avec le quotidien et l’intermittence, assurer des points de ralliement, créer enfin la situation qui rende impossible tout retour en arrière. En appeler pour cela à tous ceux qui sont en situation d’occuper, qu’ils mènent un mouvement social dans leur entreprise, qu’ils aient pris leur université, qu’ils aient les clés d’un lieu culturel, pour qu’ils inscrivent leur action dans la critique unitaire en transformant leur lieu encore spécialisé en « maison du peuple ». La préparation de la journée nationale du 16 mars à Paris doit se hisser à la hauteur de cet enjeu, le printemps nous rappelant aussi l’opportunité de tenir durablement des places pour la rencontre la plus ouverte de tous. Quand la révolte devient ce qu’il y a de mieux à faire, tout le monde finit par s’y joindre ; Tahrir nous l’enseigne, le 1er décembre nous en a donné un avant-goût, le rendez-vous du 8 mars propose déjà cet envahissement de l’espace-temps et des esprits.

Pour une extension

Paris, debout, soulève-toi !

Le parti de l’ordre met tout en œuvre pour empêcher le ralliement d’une autre partie de la population à la révolte dont l’avenir dépend. Pour s’assurer du soutien de « l’opinion », une partie du mouvement est entrée dans la guerre de communication menée conjointement par les médias et le gouvernement. Une fois dans ce piège de légitimation à partir des catégories dominantes, il ne s’agit plus que de donner une bonne image de la protestation, certifier de son innocence parfois jusqu’à la repentance, au reniement amnésique de sa négativité. Ceux qu’il s’agirait de convaincre – les téléspectateurs dociles – en se pliant ainsi aux injonctions de l’ennemi sont précisément les plus hostiles à toute forme de changement profond. Il conviendrait plutôt d’en appeler à tous ceux parmi les plus relégués, de la grande masse des précarisés aux pauvres des banlieues, qui ont les meilleures raisons de se révolter. En finir avec la division qui est entretenue depuis des décennies par la diabolisation de cette jeunesse qui a expérimenté bien avant cet automne les violences policières et les stigmatisations médiatiques dont on s’indigne maintenant qu’elles concernent d’autres qu’eux. On peut mesurer le danger de cette jonction possible à la manière dont il a fallu terroriser les lycéens pour leur passer le goût de manifester. Quand partout règne la valeur marchande, l’exclusion, la répression et la relégation ne sont plus la condition d’une minorité, mais notre devenir à tous. « Gilet jaune » n’est pas une identité à l’intérieur d’une entité close sur elle-même, mais un signe de ralliement pour l’irruption tapageuse de tous les invisibles dans la chose publique.

Pas seuls au monde

Haïti, France, Soudan, révoltés de tous les pays unissez-vous !

En Algérie, au Soudan, en Haïti, dans les Balkans, des situations de révolte que l’on aurait pu auparavant attribuer à tort à des conditions essentiellement différentes des nôtres nous sont désormais visiblement proches. Nous savons que les raisons de l’insatisfaction sont les mêmes quand la tiers-mondisation ne concerne plus seulement quelques zones reculées du monde, mais qu’elle produit au cœur des Etats dits développés du déchet humain dans le sillage du cours autonomisé de « l’économie ». La particularisation des colères à quelque contexte national est le moyen d’empêcher la reconnaissance mutuelle de leur communauté par-delà les frontières, or partout le parti de la conservation travaille à l’interdiction du débat des humains sur leur vie, pour maintenir la verticalité du pouvoir, la domination marchande, l’usurpation de la parole publique. Notre avenir dépend de l’internationalisation du possible ouvert ici contre la caricature qui en est donnée à l’étranger via l’information dominante. La situation de nos pairs d’Algérie nous place devant l’impérieuse responsabilité d’un rendez-vous historique. Macron dégage ! Bouteflika dégage ! Pour des manifestations communes dans toutes les villes de France !

Le peuple veut la chute du régime

Le 4 mars 2019,
Comité pour la prolifération des loups

Le Grand Départ
https://cpl1.noblogs.org/
cpl (at) riseup.net

Trente : six micros et une caméra retrouvés

Publié le 2019-03-08 18:32:03
A la suite de « l’opération Renata » qui a conduit à l’arrestation de sept compagnons et compagnonnes et à une cinquantaine de perquisitions pour la plupart à Trente et à Rovereto, mais aussi à Rome, à Naples et à Cagliari, nous avons décidé de contrôler nos habitations, à la recherche d’oreilles ennemies. 

En fouillant dans les boîtiers de prises et d’interrupteurs, nous avons trouvé 6 dispositifs accoustiques, des puces avec microphones, batterie, sim et carte mémoire (la sim et la carte mémoire étaient présentes dans chacunes sauf pour une).

Deux d’entre eux étaient situés à deux endroits différents du salon, l’espace commun de la maison. Un autre se trouvait dans le couloir qui mène de l’entrée aux chambres et au reste de la maison, les trois dernièrs ont été trouvés dans les chambres personnelles, une pour chaque chambre.

En cherchant mieux, nous avons remarqué qu’un micro placé au-dessus de l’interphone dans le couloir (celui sans carte sim ni carte mémoire) était équipé d’un canal de transmission vidéo. Nous avons découvert que les câbles étaient connectés à l’interphone, à l’intérieur duquel une caméra avait été montée avec un travail très précis. Comme le montrent les photos ci-dessous, l’objectif de la caméra pouvait observer à travers un petit trou déjà présent dans la structure d’interphone légèrement travaillé pour être adapté à l’appareil. Ce qui permettai aux flics de contrôler l’entrée de la maison, le couloir et même les portes des chambres privées des locataires.

C’est la deuxième fois que nous trouvons une caméra dans une maison habitée par des compagnons, ce qui montre un clair saut en avant en matière de répression.

Non seulement au téléphone, dans la voiture, pendant les assemblées, à la maison, mais également surveillé chez nous minute après minute et allant même jusqu’à écouter l’intimité de nos chambres à coucher.

Ces découvertes ne font que nourrir notre colère et notre haine pour la Digos et la Ros, ce à quoi nous voudrions dire qu’il ne suffira pas de nous observer de plus près et de nous faire sentir le souffle dans le cou pour nous faire peur et nous faire revenir sur nos idées.

des compagnons et compagnonnes espionnés

ci-dessous quelques photos des dispositifs :

Repris de roundrobin.info (si les images ne s’affichent pas cliquer sur le lien)

https://roundrobin.info/2019/03/trento-sei-microspie-e-una-telecamera-immagini-pesanti/

 

Turin (Italie) – Procès Scripta Manent : Les requêtes du parquet

Publié le 2019-03-08 18:32:03

Les condamnations demandées par le Procureur Roberto Maria Sparagna, du parquet de Turin, pour les inculpés du procès Scripta Manent sont :

– Alfredo Cospito : 30 ans
– Anna Beniamino : 29 ans
– Nicola Gai et Danilo Cremonese : 10 ans
– Carlo Tesseri : 8 ans et 3 mois
– Alessandro A. , Francesca G. : 8 ans
– Gioacchino Somma : 7 ans et 6 mois
– Patrizia Marino : 7 ans et 3 mois
– Gabriel Pombo Da Silva, Stefano Fosco, Elisa Di Bernardo : 7 ans
– Valentina Speziale, Marco Bisesti, Pasquale Valitutti, Omar Nioi, Erika Preden, Alessandro Mercogliano, Daniele, Stefano, Claudia, Sergio : 6 ans et 6 mois

Aucune circonstance atténuante n’a été retenue pour personne, ni aucune récidive.

traduit par attaque depuis Croce Nera Anarchica  (https://www.autistici.org/cna/2019/03/06/scripta-manent-richieste-di-condanna-del-pm/)

Thessalonique (Grèce) : Intervention au consulat de Suisse suite à l’arrestation d’un compagnon anarchiste

Publié le 2019-03-08 22:19:03

Le 29 janvier, la police suisse arrête un compagnon anarchiste à Zurich. S’en suit une perquisition dans une maison et dans une bibliothèque anarchiste, un lieu auquel il participe activement. Il convient de noter que la bibliothèque anarchiste est un lieu des plus actifs avec d’importants livres et revues du mouvement anarchiste du 19ème et du début du 20ème siècle.

Il est poursuivi et accusé d’avoir participé :

  • à une attaque incendiaire contre des véhicules de l’armée suisse
  • à une attaque incendiaire sur la tour radiofréquence de la police suisse
  • au collage d’une affiche qui préconise « la destruction de biens et le recours à la violence à l’encontre d’entreprises et de personnes qui participent à la construction de la prison de Basslergut (centre de détention pour migrants) à Bâle et à la construction du nouveau centre de police et de tribunaux à Zurich »

Le compagnon sera placé en détention préventive pendant au moins trois mois, car, conformément au code pénal suisse, les demandes de libération sont réexaminées tous les trois mois. Résultat ? Le compagnon risque d’être en détention préventive pendant très longtemps (dans certains cas, la détention préventive pourrait durer jusqu’à deux ans et demi).

Quelques mots sur la « neutralité » de l’État suisse.

Pendant près de deux siècles, l’État suisse lutte pour être (et y est très bien parvenu) réputé dans le monde entier pour sa «neutralité et son maintien de la paix». Encore un mensonge, car même s’il n’a pas été directement impliqué dans des guerres entre États, il ne l’a fait que pour renforcer encore sa position de « tirelire » capitaliste, en tant qu’endroit sûr pour les riches, afin de préserver cette richesse ensanglantée. Contre l’ennemi interne, il n’hésite pas à montrer, comme tous les États, son visage de guerre. Quiconque brise la façade de la richesse, quiconque conteste la loi et l’ordre sera puni.

Face à tous les efforts d’inclusion et de répression déployés par l’État suisse, le combat des compagnon continue et continueront à se battre. Nous sommes à leurs côtés. La lutte et la solidarité ne connaissent pas les frontières.

Attaque contre l’État et ses dispositifs

Solidarité avec tous ceux et celles qui sont poursuivis pour actes de violence révolutionnaire contre l’État suisse

depuis https://actforfree.nostate.net

Végan signifie attaquer

Publié le 2019-03-08 22:21:03

Végan signifie attaquer.
Fomenter un incendie contre le spécisme et l’anthropocentrisme moral.

Warzone Distro / samedi 9 septembre 2019

Mon véganisme existe comme une confrontation nihiliste contre l’actuelle structure morale de l’anthropocentrisme et du spécisme. Ici, sur cette portion de terre appelée « amérique », les justifications morales de la consumation de chair et des secrétions d’animaux non-humains vont de paire avec l’industrialisation de leur esclavage et leur réduction au statut de marchandise. C’est le reflet de la société capitaliste, qui réduit le chaos à l’ordre, les corps des animaux de sauvage à domestiqué, et la commercialisation de corps qui sont socialement considérés comme des simples biens de consommation. Mon véganisme est défini non seulement par un refus individuel d’internaliser, valider et renforcer ces valeurs sociales autoritaires, mais aussi, en conséquence, par le fait de les attaquer.

Mon anarchisme rejette la civilisation spéciste, non pas à partir d’une perspective de retour au « chasseur-t cueilleur », mais à partir d’un point d’hostilité constante envers les hiérarchies arbitraires, l’autorité et la gouvernance qui vont avec la pre- ou post- civilisation. Cela inclut la restauration de traditions ou cultures qui tentent de faire ressurgir des valeurs et des visions du monde hiérarchiques et anthropocentriques. Mon but n’est pas la restauration d’une existence passée. Mon but est la création d’une vie heureuse ici et maintenant, à travers la confrontation destructive avec tout élément dominant qui tente de maintenir le pouvoir hiérarchique. Je suis hostile à tou.te.s celles et ceux qui voient les animaux non-humains et le monde sauvage comme de simples matières premières pour l’exploitation et la consommation anthropocentristes.

A vrai dire, ça m’étonne de voir des autoproclamés anarchistes remplir le rôle anthropocentriste de consommateur d’animaux non-humains – des rôles qui leur sont assignés par le capitalisme, la tradition et les cultures, à travers l’éducation reçue dans leur enfance. Remplir les rôles d’êtres « Humains » et embrasser une moralité qui standardise les rôles de contrôle et domination sur ce qui est sauvage. Combien de temps il faudra, aux « anarchistes » contemporain.e.s, pour remarquer les cages d’élevage, les prisons à ciel ouvert que sont les enclos, les exhibitions des zoos, la cruauté dissimulée des abattoirs, le spécisme consistant à consommer certains animaux non-humains, tout en construisant des relations avec d’autres ? Ou les façons interconnectées dont la société voit les animaux non-humains comme le plus petit dénominateur commun auquel comparer celles/ceux qui appartiennent aux catégories opprimées ? Pourquoi merde la pratique anti-autoritaire s’arrête-t-elle devant la marchandisation des corps, humains ou non-humains (mais, dans ce cas, non-humains), qui sont réifiés afin de justifier leur réduction à l’esclavage, leur assassinat et leur consommation ?

Tout comme le soutien aux prisonnier.e.s et l’abolition des prisons, où est la prise de conscience de – et la solidarité avec – les millions d’animaux qui restent emprisonnés dans des abattoirs avec des condamnations à mort, justifiées par la simple demande pour leurs corps mutilés et proprement empaquetés ?
La prise de conscience de leur lutte pour la survie contre l’enfermement et la domination est limitée par la suprématie humaine. Quand l’anarchie ne parvient pas à inclure le sauvage libre au-delà du cadre limité de la suprématie humaine, il n’est qu’un simple réformisme humano-centré, qui reste en deçà de la destruction de la logique même du contrôle et de la domination.

La société est la mort programmée. La mort et la non prise en compte des animaux non-humains sont dans dans les fondements de la conception des autoroutes, des chemins de fer, de l’agriculture et de toute autre forme d’anthropocentrisme structurel. Je préconise son effondrement total à travers l’émancipation du monde sauvage. La domestication est un processus d’automatisations intériorisé, conditionné par un sentiment de supériorité par rapport au sauvage, qui se manifeste institutionnellement par une pensée du type l’humain-avant-l’animal. Je rejette cette façon de penser avec ses allégations, selon lesquelles les corps des animaux non-humains sont de simples produits alimentaires à chasser et à consommer – une allégation qui ne prend pas en compte leurs intérêts individuels et leur autonomie physique. Je rejette l’humanisme, ses rôles et traditions autoritaires et son identité assignée qui limite mon potentiel d’explorer ma propre animalité au delà de la domestication civilisée.

Il y a une guerre à mener contre la société, aux côtés des animaux non-humains qui refusent l’asservissement domestiqué et qui sont chassés de leurs habitats à cause de la déforestation massive, du développement humain et de la technologie. Un véganisme alourdi par le poids du progressisme n’arrive pas à prendre en compte critiquement la civilisation capitaliste, industrielle comme étant elle-même l’incarnation massifiée de la domination anthropocentrique. Un anarchisme qui n’arrive pas à remettre en question le spécisme à un niveau individuel reproduit les valeurs autoritaires intériorisées de la domination humaine. Puisque le spécisme est omniprésent dans la société, il est protégé et bien préservé par une normalisation rassurante – normalisation qui permet l’endoctrinement culturel et l’apathie. La confrontation est nécessaire afin de bousculer les habitudes socialement établies et l’ordre moral de la domination sur les animaux non-humains. Mon anarchisme végan incarne la solidarité non seulement en tant que régime alimentaire, mais aussi armée par l’attaque ; une attaque définie par les actions concrètes d’un désir incendiaire de détruire les manifestation sociales de la suprématie humaine.

Flower Bomb

Défonce ta ville et ses promoteurs !

Publié le 2019-03-09 08:20:02

Des projets d’urbanisation fleurissent aux quatre coins des villes. Ca bétonne à tout va pour faire place nette à de nouveaux centres commerciaux et quartiers qui seront occupés par des citoyen.ne.s éco-responsables. Desservis  par des transports doux et fluides (vélocités, tram, véhicules d’auto-partage…) et équipés de voies vertes, ils prolifèrent dans les villes et à leurs périphéries.

La domination s’adapte à l’air du temps pour promouvoir ses projets qui puent le fric et le béton.

Au sein des villes, le contrôle et la surveillance ne cessent d’être toujours plus étouffants: prolifération de caméras, de spots d’éclairage public plus puissants et de patrouilles de flics…

Dans ces quartiers ciblés par les urbanistes (à travers leurs PLU) pullulent spéculateurs du logement, recruteurs d’esclaves à patrons, bistrots et restos branchés vegan et bio, magasins et épiceries bio et écolo (sans sac ni plastique). A Besançon, le quartier Battant en fait partie.

Ainsi, dans la nuit de lundi à mardi, nous avons fracassé toutes les vitres de l’agence Foncia (y compris celles de l’entrée), au croisement du quai de Strasbourg et de la rue du Petit Battant.

Un big up aux incendiaires anonymes de la Maison de l’écoquartier des Vaîtes. La voir partir en fumée

Guerre à la ville-prison !

Guerre aux riches !

 

 

 

 

Un dimanche contre les centres de rétention

Publié le 2019-03-09 08:20:04

A 14h nous sommes près d’une centaine de personnes rassemblées devant la gare du Nord. Neuf camions de flics nous attendent au niveau du boulevard Magenta et sept autres vers la rue du Faubourg-Saint-Denis, prêts à nous barrer la route vers Barbès et La Chapelle où nous voulions passer.

On décolle finalement vers 14h30 à 150 en direction de Magenta derrière une banderole disant « Solidarité avec les révolté.e.s dans les centres de rétention » et traduite en arabe. Alors qu’on a à peine fait 20 mètres un flic s’approche et nous annonce pour la forme : « votre manif n’est pas déclarée. Vous serez bloqué.e.s. ». On fait quelques dizaines de mètres supplémentaires puis on est nassé.e.s. Dans un premier temps la nasse est plutôt lâche, plein de gens y entrent et en sortent (certain.e.s pour aller differ au rassemblement à République en soutien aux révoltes actuelles en Algérie) tandis qu’environ 150 personnes restent et entonnent des slogans (« Pierres par pierres, murs par murs, nous détruirons les centres de rétention ! », « Liberté pour tou.te.s ! Avec ou sans papiers ! », « Ni police, ni charité, vive la lutte des sans-papiers ! », « Liberté, Houriya, Freedom », etc…). Sur le parvis, en face de l’entrée principale de la gare, beaucoup de gens s’arrêtent, curieux. Certain.e.s leur donnent des tracts avec le texte d’appel en français et en arabe. Pendant au moins une heure, plusieurs slogans sont entonnés avec énergie.

Le temps passe et les gens se lassent, discutent mais ne gueulent plus. Après plus de deux heures les flics commencent à laisser les gens quitter la nasse de nouveau, mais par petits groupes et escortés jusqu’au métro. Une centaine de personne reste, exigeant de quitter la nasse tous.te.s ensemble, pour rester solidaires face aux éventuels contrôles d’identité. Les flics finissent par former une haie d’honneur entre la nasse et la bouche de métro. Tout le monde l’emprunte. Ils poussent les dernières personnes dans le couloir de la station puis, alors qu’un flic, seul, tente d’empêcher l’accès à la gare, plusieurs personnes le dépassent facilement suivies du reste du cortège qui s’élance à nouveau en reprenant les slogans. Ça résonne fort dans le grand hall de la gare ! On est une centaine à gueuler en avançant parmi la foule. Les flics, qui n’avaient pas prévu le coup, sont une petite dizaine à nous suivre sans nous bloquer. On décide de prendre le RER pour aller devant le CRA de Vincennes. Un rdv à 18h à la station Joinville-le-Pont avait circulé de bouche à oreille pour aller faire entendre notre solidarité avec les retenus par-delà les murs. Arrivé.e.s aux portiques on se les maintient ouverts pour que tout le monde passe.

On est encore une bonne soixantaine de personnes lorsqu’on arrive au RER de Joinville-le-Pont vers 17h45, soit un quart d’heure en avance sur l’horaire annoncé. Ne voyant pas de keufs sur notre chemin on décide de partir sans attendre en direction de l’arrière du CRA, d’où on est plus proches des retenus. Le cortège toujours bruyant prend la route banderole en tête, perturbant ainsi la circulation, et arrive sans encombre à proximité des bâtiments. Aucun flic à l’horizon. On fait le maximum de bruit en criant et en sifflant, certain.e.s en montant sur la butée alors que celleux resté.e.s sur la chaussée guettent l’arrivée des bleus. On marque une pause pour écouter s’il y a du répondant de l’autre côté des murs puis, entendant des cris, on recule vers l’A4 pour s’en rapprocher. Des bâches ont été posées sur les grilles intérieures pour empêcher les retenus de voir vers l’extérieur, sauf à certains endroits ! On a pu voir quelques personnes à travers une fenêtre qui n’avait pas été condamnée. Ils sautent à l’intérieur, nous sautons à l’extérieur. Il nous entendent et gueulent avec joie. Idem de notre côté. Après un quart d’heure d’échange, une dizaine de camions de flics arrive mais nous avons le temps de nous regrouper. Ils nous nassent pendant 10 minutes puis nous escortent jusqu’au quai du RER. On repasse devant un terrain de foot où des joueurs, nous ayant vu un peu plus tôt marcher en sens inverse, nous relancent en scandant « Liberté pour tou.te.s ! ».

Contre l’enfermement, à bas les frontières !

N.B : Le même jour, un rassemblement contre les CRA avait lieu à Toulouse.

Toulouse la canaille

Publié le 2019-03-09 08:21:04

Samedi 9 février, Toulouse. Prix de la meilleure pancarte : « Les flics ne tuent pas, les curés ne violent pas et moi je ne suis pas en jaune.  » Prix du meilleur graffiti sur une banque dévastée : « Casseurs, brutes peut-être, mais nous on n’est pas payés pour ça. »

Et pourtant cette manif rituelle du samedi ne fut pas la plus marrante. Une charge de fafs attirés par quelques drapeaux rouges, assez vite matés par la bande d’en face (les antifas, donc) et des Gilets jaunes anonymes. Et à partir de 16 h 30, ça gaze, ça rafale grenades et Flash-Balls, la chasse est ouverte, on compte les premiers blessés et les arrestations. Seul bon moment, une tortue romaine improvisée vers la place Dupuy mettra les condés en fuite.

Et ça fait plus de deux mois que ça dure. Comme une routine qui s’installe. Mais qui ne fatigue pas.

Le réveil de l’assoupie

Toulouse l’endormie retrouve ses couleurs des années 1970 et 1980, lorsqu’elle était la rebelle. Réappropriation d’une ville de plus en plus aseptisée ? Vengeance des périurbains, puis de toute une région vis-à-vis de la pieuvre ? Opportunisme politique ? Allez savoir.

Peut-être que si un escadron de flics n’avait pas bêtement tiré à bout portant sur les manifestants qui prétendaient bloquer la gare le samedi 1er décembre en début d’après-midi, provoquant une émeute spontanée de plus de cinq heures, on n’en serait pas là. Ou peut-être que si.

Comme ailleurs, ça a commencé par des ronds-points bloqués, des péages ouverts, des déambulations dans un centre-ville interdit aux manifs depuis des années. Des méfiances face aux drapeaux français, aux Marseillaise, à des revendications bizarres. Et puis le mépris du pouvoir, sa brutalité…

Surtout, c’est ce dont on rêvait qui se produit : blocages illégaux, manifs jamais déclarées, refus de la hiérarchie, rejet des appareils politiques, des petits chefs autoproclamés, surtout s’ils ont un passé d’extrême droite. Ce qui n’est pas le cas partout dans la région. Mais ici, c’est surtout l’extrême gauche institutionnelle qui saute sur le mouvement comme la Légion sur Kolwezi. Quitte à transformer les AG de Gilets jaunes en avatar de l’impuissante Nuit Debout.

Mais des commissions (action, communication…) se forment, où de vraies décisions sont prises. Naissent aussi des groupes de banlieue, de zones de la ville, des points d’infos de permanence. Pour décembre, rajoutons-y un mouvement lycéen particulièrement virulent, spontané, excité. Mais là, ça tourne au massacre et le corps enseignant, après avoir d’abord manifesté sa plus totale indifférence, va encadrer les minots, vidant les manifs de leur substance. On verra même certains « parents d’élèves » aller faire le coup de poing pour dégager le blocus d’un lycée.

Chiffres d’affaires

Reste que ces trois premières semaines du mois ont été magiques : malgré des transports en commun stoppés par ordre préfectoral (et si les banlieusards déferlaient ?) et un foutoir permanent, la population se parle enfin, polémiques et conversations naissent au petit bonheur. On retrouve des potes perdus de vue depuis des lustres. Et quelques commerçants se mettent à pleurer après leur chiffre d’affaires. Certains vont jusqu’à évoquer la création de milices ! Le marché de Noël est un désastre. Jean-Luc Moudenc, médiocrité faite maire (LR), trépigne. Il raconte être allé incognito dans les manifs et y avoir vu gauchistes et fascistes main dans la main – devenant ainsi la risée de pas mal de ses administrés et récoltant un « Moudenc, on te voit plus dans les manifs  » sur les murs de « son » Capitole.

Alors que les tentatives de blocage des points névralgiques de l’économie (dépôts de carburant, plateformes de la grande distribution) se font petit à petit dégager par les flics, une certaine coordination se met en place avec les Gilets jaunes des alentours (Ariège, Gers, Tarn, Tarn-et-Garonne, Aude…). Résultat parmi d’autres : évanescent presque partout ailleurs, le blocage « national » du 13 janvier est vraiment effectif à Toulouse / Pamiers / Carcassonne.

Mais après quelques beaux succès, les barrages s’effilochent. Même si on a vu plusieurs centaines d’encagoulés (la plupart étrangers aux « radicaux » traditionnels) bloquer, en nocturne, les zones industrielles de Saint-Jory et Fondeyre (en périphérie de Toulouse) avec des moyens conséquents. Même si on a passé des nuits sous la pluie à bloquer des autoroutes, dans une ambiance de kermesse, face à des gendarmes relativement placides, se contentant de détourner la circulation vers la nationale 20, créant ainsi de monstrueux embouteillages.

Les appels à la grève se sont multipliés. Des équipes se sont chargées de les diffuser avec acharnement. Mais comme on a eu le défaut d’attendre la grève du 5 février comme la venue du Messie (ou du Grand Jour), on n’a pu qu’être déçus par une mobilisation syndicale, certes énorme, mais qui est retournée au turbin après avoir traîne-savaté, en imaginant s’être refait une virginité.

La justice en délire

En face, la flicaille, quelque peu débordée les 1er et 8 décembre, s’organise. Toulouse hérite de deux blindés de gendarmerie, d’un canon à eau et les rendez-vous du samedi sont désormais rythmés par le son de l’hélicoptère qui désigne aux commandos d’intervention les individus à neutraliser. Mais malgré la disproportion des moyens, la mobilisation ne faiblit pas. La ville brûle littéralement certaines fins de semaine. Les barricades se multiplient. Au prix de nombreux mutilés et, pour l’instant, d’une bonne trentaine d’emprisonnés.

On ne peut ici que regretter que les manifestations virent au rituel. Alors que, justement, elles ont surtout eu pour effet de faire voler en éclats le quotidien d’une ville qu’on croyait matée. Ça tire désormais vers 16 h 30, les affrontements se concentrent dans la capitale régionale alors que les actes des autres préfectures sont d’un calme effrayant. Une fois de plus la métropole vampirise et nous sommes trop souvent là où les bourriques nous attendent.

La justice, au tout début plutôt calme, se met à faire tomber des têtes. Les contrôles judiciaires sont délirants (interdictions de manif, puis de la ville, puis de s’approcher d’une banque, d’un commerce) et, comme il s’agit de vider les rues, de nombreux Toulousains refusant les comparutions immédiates se voient entaulés à titre préventif. Argument entendu dans la bouche d’un procureur : « Vous vous êtes fait arrêter à 16 h. À cette heure-là, il n’y a plus de manifestation, juste une émeute. Vous êtes donc un émeutier.  » Des exemples ? Un manifestant tâchant de se débarrasser des motards de la Bac avec son parapluie (si !) prend quatre mois ferme. Dernièrement, un individu trouvé en possession d’une clé passe-partout PTT a mangé une association de malfaiteurs. Des perquisitions ont suivi.

Une équipe de « Défense collective » assure le suivi des arrestations. Des lettres, souvent émouvantes, arrivent depuis les prisons. Et il faut organiser le soutien, parce que tout ça va coûter fort cher et tape sur des gens peu ou pas fortunés.

« Même les mémés… »

Alors on joue à quoi ? Au pourrissement ? À un mauvais remake des Versaillais de 1871 rêvant d’écraser d’improbables communards ? En tout cas, on rigole doucement à lire, ce lundi 11 février, dans le torche-cul local : « Malgré les diverses manœuvres tendant à minimiser l’ampleur du mouvement, la détermination des manifestants reste intacte.  » Eux qui n’ont eu cesse de cogner sur les protestataires, allant jusqu’à multiplier par quatre les chiffres de la minable contre-manifestation du 2 février dans la ville rose et à diviser par deux ou trois ceux des sauteries hebdomadaires.

À vrai dire, on se fout de savoir si, comme l’affirment ces tristes sbires, « Toulouse est la ville-phare  » d’un mouvement dont personne ne peut prédire ni la direction ni l’avenir. On sait juste que dans la cité du bel canto où « même les mémés aiment la castagne  » [1], des refrains naissent parmi les émeutiers – qui raillent l’hélicoptère de la gendarmerie, qui reprennent les mots du rappeur D1ST1N (superbe clip [2] tourné sur le vif) sans oublier la remise au goût du jour de l’immortel Riot in Toulouse (1977) du grand rocker Little Bob.

Et putain, ça aussi, ça fait du bien.

http://cqfd-journal.org/Toulouse-la-Canaille

Causeries à la Bibliothèque Libertad de mars/avril

Publié le 2019-03-10 12:02:03

Mardi 19 mars à 19h
On fête la fin de l’hiver avec un apéro et des affiches à emporter.

Jeudi 28 mars à 18h
Causerie libre : Gilets jaunes et désordre diffus.
En ces temps de restructuration de la domination, certains révolutionnaires voient dans ce mouvement de révolte le début d’une vague réactionnaire, d’autres une opportunité pour renforcer leur projet politique autoritaire (destituant ou populaire) ; et si on réfléchissait plutôt à partir de nos propres idées et perspectives anarchistes au sein de la guerre sociale, dont ce mouvement est une expression parmi d’autres ?

Mardi 9 avril à 18h30
Projection du documentaire inédit « Lances en l’air contre les mines »
sur les luttes contre l’extraction minière à la frontière Pérou-Équateur
et causerie avec les compagnons qui l’ont réalisé.

Télécharger le fly et le faire tourner

Bombasses à retardement

Publié le 2019-03-10 12:06:05

Récit subjectif de la marche nocturne féministe le 8 mars 2019 à Genève



Vendredi, entre copaines on va à la marche nocturne féministe à Genève, dans l’espoir qu’il y aura du monde, de la solidarité, de la visibilité et surtout de la rage.
Un enchaînement d’événements auquel on ne s’attendait pas vient nous faire une bonne piqûre de rappel : mais quel monde sexiste de merde !!

Sur le chemin une copaine nous raconte qu’elle a pris un autostopeur qui lui a demandé si elle n’avait pas peur de conduire seule (situation qu’elle pensait rencontrer seulement quand elle faisait du stop), qu’elle lui avait retourné la question et qu’il lui avait répondu « Pourquoi ? Ton copain est dangereux ? »

On traverse la rue à pied, une voiture est à l’arrêt sur un passage piéton, le conducteur avance comme pour nous dégager et fait des signes comme quoi on traverse n’importe comment (le feu est vert pour nous). Musique qui sort par les fenêtres ouvertes, un mec nous alpague et chante, sourire dragueur sur la figure.
Au début, on allait presque l’ignorer et puis on s’est rendu.e compte qu’ils nous ciblaient en tant que perçues comme meufs. Pas compliqué de s’en rendre compte, ils avancent au ralenti en nous regardant fixement.

On répond deux trois trucs, et puis on veut pas laisser ça passer. Il y a une copaine qui prend une serviette hygiénique et qui la colle sur sa voiture. Au début ils captent pas c qu elle fait et puis ils comprennent et commence à s’véner, à nous insulter en rafale : « ta mère à quatre pattes j la baise, sales putes... » (et on en passe). Un des passagers a sorti sont smartphone et nous filme. On lui gueule dessus, on s’approche de sa voiture en frappant du poing. Le mec fait genre il descend nous casser la gueule, il ouvre la portière et met un pied à terre mais finalement rerentre direct. A un moment, on est revenu.e sur le trottoir. La voiture se rapproche, le mec balance sa boisson sur la copaine qui a collé la serviette et puis la voiture accélère et part direct.

Ce moment a duré super longtemps. Aucune réaction parmi les passant.es.
Pire, on se disait qu’on devait être pris.e pour des hystériques : des personnes perçues comme meufs qui gueulent et s’époumonent dans la rue, ça doit pas être joli à voir...

Un peu plus loin, on entend la conversation de deux mecs cis qui passent et parlent d’une meuf qu’ils veulent pécho, se l’enfiler.

Plus loin encore, une voiture tente de dépasser une copaine sur la route : « bouge tes fesses ! ». Elle le traite de gros macho, court après la voiture qui accélère.

On rejoint la manif en cours, la haine à fleur de peau. Ça rappelle toutes ces situations dans lesquelles on s’est senti.es humilié.es et ou notre réponse a pas été à la hauteur de notre colère.
On se sent pas de crier avec les autres « On est fortes et fières et féministes et en colère ». On est trop dépité.es pour ça.

Ça rappelle à un des copaines une manif sauvage sans mec cis à Grenoble où un mec avait interpellé les manifestant.es en les traitant de sales putes, en souhaitant que son sperme dégouline sur leur tête et en les filmant avec son téléphone. Ielles étaient deux à aller le voir, l’embrouiller, alors que le cortège d’une quarantaine de personnes criait juste avant « Ta main sur mon cul, mon poing dans ta gueule ». Le copaine sentait le désir monstre de casser son téléphone et de lui en mettre une, il voulait enchaîner les mots, les insultes.

Un autre grincement de dent nous cause l’impression d’être filmé.es de l’intérieur comme de l’extérieur de la manif. Si c’est ultra chelou de voir des gars-cis nous mater et filmer en marge de manif, c’est aussi relou de voir scintiller des smartphones à tout bout de champs au sein même du cortège.

Des flics se baladaient tranquilos sur les côtés du cortège. Quand les rues sont étroites on dirait même qu’ils en font partie. À un moment, l’un deux nous pousse pour passer. Pas de groupe de manifestant.es pour les tèj. Ces flics qui avaient traité le copaine de ptite salope, de ptite pute lors d’une interpellation. Ces flics qui foutent nos copaines en taule, nous harcèlent, nous mutilent, nous agressent, nous contrôlent. Cette institution qui nous renvoit l’image d’un patriarcat intouchable, humiliant, toujours présent. Qu’ils crèvent !

On appelle à devenir violent.es.
Et non on attend pas comme Diams le mec parfait (d’ailleurs ça foutait quoi ça dans la play-list ?), on avait pas envie de danser à ce moment la, de mettre en spectacle nos corps et nos luttes.
Non, à ce moment on voulait juste être affreu.ses, des monstres, faire peur, tacher les murs du sang de nos règles (et pas que), bref tout casser.
On appelle à s’entraîner à réagir aux situations d’agressions, verbalement et physiquement, à apprendre de nouveaux codes de défense qui soient offensifs.
Qu’ils comprennent enfin, qu’à force de nous pousser à bout on finira par leur exploser à la gueule.

PS : Alors, meme si on était vraiment à cran, il y a eu des trucs trop chouettes qui se sont passés. Feu d’artifice avec banderole « Feu à la dictature des normes » affichée en hauteur, du monde, des tags partout, des discours, des rencontres, du fumi-rouge, une fête la nuit où on se sent bien.



Rome (Italie) : Un DAB saboté en solidarité

Publié le 2019-03-10 12:06:06

Round Robin / samedi 9 mars 2016

“Aïe”, a dit la vitrine, mais le DAB n’a pas répondu, car on lui avait fermé la bouche.

Dans la nuit du 7 mars, on a blessé une vitrine et mis hors service le DAB d’une agence de la banque Intesa San Paolo, en solidarité avec les compagnon.ne.s de Turin et avec toutes les personnes qui luttent chaque jour.
Contre les frontières.
Contre les cages.
Contre le patriarcat.
Contre la gentrification.
Contre chaque état, chaque chef, chaque mari, chaque parti.

Trentino (Italie) : Compte-rendu des premières initiatives en solidarité avec les compas arretés

Publié le 2019-03-10 12:06:07

Round Robin / mercredi 6 mars 2019

Le 19 février, le même jour des arrestations et des perquisitions, à Trente il y a eu une petite manifestation en solidarité, avec des prises de parole et des tags.

Le lendemain, le rassemblement devant le local de la Lega Nord de Trente lors de la journée nationale contre le gouvernement et en solidarité avec les compagnons arrêtés à Turin, organisé auparavant, a vu la participation d’une grosse centaine de compagnons et de solidaires. Le rassemblement s’est transformé en manifestation : prises de parole, tags et, vers la fin, une banque dégradée à coups de marteau. Le même soir, à Rovereto, la conférence de Pietro Basso sur les causes structurelles des migrations internationales et sur le racisme d’État est l’occasion pour le local Circolo Cabana (qui a été perquisitionné) d’exprimer avec un tract sa solidarité avec les personnes arrêtées ; un compagnon prend la parole pour parler de ce qui s’est passé.

Trento, le 20 février.


Vendredi, dans une salle de la faculté de Sociologie de Trente, il y a une assemblée solidare, avec beaucoup de monde, pour échanger des nouvelles et réfléchir sur différentes initiatives. Les élus locaux de la Lega gueulent que la police devrait empêcher avec la force des telles assemblées, puisqu’on y défend ouvertement des « actes de terrorisme ». Le lendemain, dans une place de Rovereto, il y a un « apéritif avec finalité de terrorisme » qui dure quelques heures, avec des prises de parole et des diffusions de tracts. On y raconte les méfaits de Digos et ROS pendant les perquisitions et les arrestations. Le dimanche, il y a une première tournée pour passer le bonjour aux prisonniers, devant les prisons de Brescia, Verona et Vicenza.

Mercredi 27 février, toujours à Rovereto, il y a une conférence anarchiste : qui sont les anarchistes ? Qu’est ce qu’ils veulent ? Pourquoi font-ils peurs ? C’est la première fois qu’on raconte en public du flingue pointé à la tête d’un compagnon pendant son arrestation. On ajoute que la politique délègue la répression à des « spécialistes », mais qu’elle aussi est responsable. D’autant plus que les arrestations sont arrivées quelques jours après que le Comité pour l’ordre et la sécurité (avec les maires de Trente et de Rovereto, le Préfet, le préfet de police et les dirigeants de police et Carabinieri) s’est réuni à Rovereto pour discuter du « problème anarchiste » et que les maires ont par la suite fait leurs compliments à Justice et forces de l’ordre pour leur œuvre. A la fin de la conférence, une quarantaine de personnes (compagnons et solidaires) est allée interrompre la réunion du Conseil municipal, en demandant de façon provocatrice au maire si dans ses compliments sont compris aussi les flingues pointées sur les compagnons et en lui rappelant que si les flics touchent aux compagnons ça sera à lui aussi d’en répondre. Pendant qu’il bafouille, embarrassé et embarrassant, on répond avec les slogans criés en cœur « le terroriste c’est l’État » et « Liberté pour Sasha, Agnese, Rupert, Nico, Giulio, Stecco, Poza ». Quand flics et Carabinieri arrivent, compagnons et solidaires sont déjà partis. Le Comité pour l’ordre et la sécurité n’avait pas promis que les sièges des institutions auraient été constamment surveillées ?

Le vendredi il y a un autre rendez-vous à la fac’ de Sociologie, pour un échange des nouvelles et des propositions (dont la manifestation de solidarité avec les compagnons arrêtés dans les différentes villes, le samedi 16 mars, à Trente). Samedi et dimanche, rassemblements solidaires devant les prisons de Tolmezzo, Vicenza, Verona, Brescia, Ferrara et Rome.

Comme on peut le voir, on est en train de donner beaucoup d’importance à la prise de parole en public, afin de défendre les actions dont les compagnons sont accusés, de réfléchir sur l’époque que nous traversons, de pousser les luttes et l’utopie pour laquelle nous luttons. En plus de la solidarité de ceux à côté desquels on a lutté ces années, il nous semble qu’autour de nous il y a de l’attention pour ce qui s’est passé. On ne va pas se faire enfermer dans un coin si facilement que ça.
Les initiatives et les actions qui ont lieu un peu partout en solidarité avec les différents compagnons arrêtes nous réchauffent le cœur, mais elles démontrent aussi que la volonté affichée d’en finir avec le « problème anarchiste » en Italie peut être une étincelle de rescousse pour ceux qui aiment la liberté.

On vit une époque difficile, il n’y a pas de doute. Mais est-ce qu’on a jamais pensé que ça serait facile ?
Il nous faut des idées, des vitamines, du cœur.

compagnonnes et compagnons du Trentino

Turin (Italie) – Procès Scripta Manent : Déclaration du compagnon Gioacchino Somma

Publié le 2019-03-10 12:10:04

Croce Nera Anarchica / vendredi 8 mars 2019

Deux ans après le début de ce procès qui me voit inculpé, avec mes compagnons, frères et sœurs anarchistes, et après avoir laissé parler et raconter, avec une fantaisie maladive qui ne surprend personne, le Procureur ci-présent, aujourd’hui plus que jamais je réaffirme avec plus de force encore le fait que je suis anarchiste, individualiste et pour l’insurrection.
Le fait d’avoir lu des milliers de pages de dossiers judiciaires, écrits à plusieurs mains par les différents inquisiteurs de Turin et Naples, a fait grandir encore plus en moi la conviction qu’il vaut mieux avoir parfois des problèmes avec la justice, plutôt qu’être d’accord avec vous.
Je garde mes idées, que vous n’aimez pas parce qu’elles visent la destruction de tout ce qui a à voir avec votre monde misérable.
Si j’avais pu choisir, je ne serais jamais né, mais d’autres ont choisi pour moi et il ne me reste que vivre dans ce monde à ma façon. Je ne ferai jamais partie du troupeau auquel vous dictez le chemin du pâturage… Je suis diffèrent, je préfère quitter les sentiers et marcher avec les loups.

Coupable ou innocent ?
Non, merci. Je vous laisse ce sale petit jeu.
Je suis anarchiste, donc votre ennemi pour toujours !
Je suis à côté de mes frères et sœurs, que vous gardez enfermés dans vos bagnes d’État. Je suis solidaire et complice d’Alfredo, de Nicola, d’Alessandro, de Danilo, de Marco, d’Anna, de Valentina e de tous les anarchistes détenus pour d’autres affaires dans tout le monde… de l’Amérique du Sud à la Grèce !
Ça ne sera pas la menace du couperet d’une condamnation qui pend sur ma tête qui m’éloigner d’eux.

Ça m’a blessé de ne pas pouvoir leur écrire pendant ces deux années, mais j’avais décidé de ne plus jeter des perles aux pourceaux… et que ce soit clair que les pourceaux ce ne sont pas mes frères et sœurs prisonniers, mais ceux qui m’ont filé pendant six ans, ceux qui ont ordonné de placer un micro dans ma chambre et ceux qui écoutaient tout ce qui se passait dans cette chambre. Heureusement j’avais bouché l’œil de votre Agent Elena chéri, cette merde qui végète encore aujourd’hui dans mon ordinateur. J’espère de ne vous avoir offert du matériel que pour vos « branlettes mentales » et rien d’autre…
Pour moi, c’est un compliment d’être défini « terroriste » par un État qui, à travers son bras armé, assassine dans ses commissariats, dans ses casernes et dans ses prisons ; qui est, depuis toujours, la façade légale de la Mafia, de la Camorra, de la ‘ndrangheta et de la Sacra Corona Unita, en plus d’être l’auteur de massacres dans des places, dans des trains, sur les avions et qui, dernièrement, fait couler des bateaux chargés de personnes qui abandonnent les endroits où elles sont nées à cause des guerres que l’Occident a porté dans leurs pays.
Oui, je veux subvertir tout cela !

Comme je l’ai déclaré au début de ce procès, je revendique comme mien et seulement mien le projet de RadioAzione, sur le site duquel j’ai publié tous les textes avec lesquelles je me sens affin, complice et solidaire. Je revendique les textes signés « RadioAzione » comme miens et je confirme que je pense encore aujourd’hui ce que je pensais à cette époque-là. Je revendique chaque mot dit à la radio. Je revendique la volonté de traduire des textes de revendication d’actions directes menées par des compagnons anarchistes dans tout le monde. Parce que je suis pour l’action directe ! Je revendique le fait d’avoir traduit les textes des compagnons anarchistes enfermés dans les bagnes de tout le monde. Je revendique le fait d’avoir soutenu, d’avoir collaboré et d’avoir organisé des rencontres pour Croce Nera Anarchica. Je revendique le fait d’avoir toujours soutenu les compagnons détenus, même avec des initiatives pour leur soutien économique. Je revendique d’être anti-autoritaire, individualiste, pour l’insurrection, pour la destruction de ce monde sale et fétide et pour la destruction de l’État-Capital !

Toujours votre ennemi !
Pour l’Anarchie !

Gioacchino Somma

Pau : Des tags féministes à la fac

Publié le 2019-03-10 12:10:05

La République des Pyrénées / vendredi 8 mars 2019

Une dizaine de tags féministes ont été peints dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 mars sur plusieurs bâtiments de l’université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA)
Une date qui n’a pas été choisie au hasard : ce vendredi 8 mars étant la journée internationale des droits des femmes.

Tous les tags ou presque ont été effacés dans la matinée par les services techniques de l’université. Ces derniers ont carrément repeint par-dessus les tags.
Les différents messages inscrits dénonçaient notamment les violences faites aux femmes comme « Féminicides : ni oubli, ni pardon« . D’autres rebondissaient sur l’actualité récente, c’est le cas de « Barbarin au goulag » [pour notre part, on ne souhait pas la prison à personnes, encore moins les camps de la dictature stalinienne, même pas à des ordures comme Barbarin; NdAtt. ]. D’autres enfin s’opposaient plutôt à la domination masculine : « le patriarcat en feu, les violeurs au milieu ». […]

Landerneau (Finistère) : Panne de téléphone suite à un incendie

Publié le 2019-03-10 12:10:07

Côté Brest / vendredi 8 mars 2019

Dans la nuit de jeudi 7 à vendredi 8 mars 2019, à 2h54, un équipement (une armoire) télécom Orange, situé allée des Quatre-Vents à Landerneau, près de Brest, dans le Finistère, a subi un incendie.
Dans un communiqué transmis aux médias, Orange fait savoir que «cet incident a impacté le réseau cuivre entraînant une coupure du réseau fixe et l’arrêt des services de téléphonie et d’internet pour 627 lignes, en service au nord de la commune de Landerneau».

Les équipes techniques de l’entreprise se sont rendues sur les lieux pour constater les dégâts, sécuriser le site et évaluer les travaux.
Depuis vendredi après-midi, 8 mars, les experts d’Orange ont commencé les premiers travaux. Ils précisent :  » Le rétablissement des lignes se fera progressivement. Un retour à la normale est envisagé pour le 20 mars.  » […]

Grenoble : Le calme n’est pas encore revenu au Mistral

Publié le 2019-03-10 12:10:09

Le Dauphiné Libéré / dimanche 10 mars 2019

Dans un quartier Mistral encore endormi et où les stigmates des derniers affrontements [cf. par exemple ici, ici ou ici; NdAtt.] sont encore visibles, la pépinière d’entreprises Artis La Pousada est ce dimanche matin placée sous la surveillance de la police et des sapeurs-pompiers. Ce samedi, le bâtiment a été incendié pour la deuxième fois en une semaine. Un sinistre contre lequel les soldats du feu on lutté pendant plusieurs heures avant d’en venir à bout. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un premier incendie volontaire avait dévasté le rez-de-chaussée de la structure mettant quelque cent personnes au chômage technique.

Châtellerault (Vienne) : Des banques et un bar pris pour cible – MAJ du 12/03

Publié le 2019-03-10 12:10:10

La Nouvelle République / dimanche 10 mars 2019

[…] Quatre commerces ont été pris pour cibles dans la nuit de vendredi à samedi et ont été vandalisés. Les dégâts sont conséquents et impressionnants. Le préjudice se chiffre à des dizaines de milliers d’euros.
Ce sont précisément les trois banques (La Poste, le Crédit Agricole et la Caisse d’Épargne) et le bar PMU de la zone qui ont été cassés.

Toutes les vitrines, ou presque, des établissements bancaires ont été détruites. Explosées, brisées ou fissurées. Sur place, on compte des dizaines d’impacts et certaines devantures détériorées sont maculées de sang, certainement celui du ou des auteurs qui se seraient blessés en commettant leurs méfaits.
Les distributeurs automatiques de billets de ces trois banques ont également été vandalisés : les écrans d’affichage ont été frappés violemment et les claviers arrachés. Hors services, ils ont été recouverts d’une bâche pour deux d’entre eux. Les agences ont dû fermer leurs portes au public ce matin et faire venir des réparateurs en urgence pour sécuriser les lieux.
Pour le bar PMU voisin, toutes les grandes baies vitrées ont également été attaquées et portent une quinzaine d’impacts. À l’intérieur, les deux télés ont aussi été cognées. […]

*****

Mise à jour du 12 mars : Une interpellation

La Nouvelle République / mardi 12 mars 2019

Un jeune homme de 24 ans, suspecté d’être impliqué dans les faits de vandalisme survenus à Ozon, à Châtellerault, dans la nuit de vendredi à samedi, a été interpellé par la police, hier lundi, en fin de journée. Il a été placé en garde à vue. […]

Selon France Bleu, « un homme de 28 ans s’est présenté lundi au commissarirat [si, si, il est allé au « commissarirat » ! NdAtt.], il a reconnu être l’auteur des dégradations dans le quartier de la plaine d’Ozon. »

Il n’y a pas que pour casser qu’on peut avoir besoin de dissimuler son visage en manif

Publié le 2019-03-10 12:11:05

Alors que la loi « anticasseurs » est sur le point d’être définitivement adoptée par le parlement, quelques réflexions sur la mesure consistant à interdire aux manifestant·e·s la dissimulation de leur visage.





Notes

[2Il y a bien sûr eut le 22 février 2014, mais aussi d’autres comme à Rennes le 6 février 2016 !

De nouvelles actions en solidarité avec les arrêté.e.s de Turin et de Trente

Publié le 2019-03-10 13:48:02

* Athènes : Action à l’école italienne en solidarité avec l’asilo et les arrêté.e.s de Trente et de Turin

post imageDans la nuit du jeudi 07/03, nous avons tagué et laissé des tracts à l’école italienne d’Athènes. Nous avons agit en solidarité avec l’expulsion de l’asile par l’État italien et en solidarité avec les compagnon.nes touché.e.s par l’opération Renata.

Le terroriste c’est l’Etat
Feu à toutes les prisons et aux centres de détentions
La solidarité est notre arme

* Rome : Un DAB saboté en solidarité

 “Aïe”, a dit la vitrine, mais le DAB n’a pas répondu, car on lui avait fermé la bouche.

Dans la nuit du 7 mars, on a blessé une vitrine et mis hors service le DAB d’une agence de la banque Intesa San Paolo, en solidarité avec les compagnon.ne.s de Turin et avec toutes les personnes qui luttent chaque jour.
Contre les frontières.
Contre les cages.
Contre le patriarcat.
Contre la gentrification.
Contre chaque état, chaque chef, chaque mari, chaque parti.

 

traduit de roundrobin.info par attaque.noblogs.org

Bologne (Italie) – Délires policiers

Publié le 2019-03-10 13:49:07

Ce n’est pas une nouveauté le climat d’un point de vue sécuritaire et répressif est plutôt pesant ces jours-ci. Ça ne l’est pas non plus que Bologne sous cet aspect ait été de nombreuses fois une ville exemplaire, ceci étant dit, les policiers locaux parviennent encore parfois à surprendre. Dans la soirée du jeudi 7 mars, vers 21 heures, une patrouille des Digos, après avoir remarqué quelques visages familiers près d’un parc de la ville dans le quartier de Bolognina, juge bon de dépêcher une patrouille sur place. En quelques instants, on entends les sirènes des patrouilles venant de partout, percevant toute cette agitation, quelqu’un décide naturellement de s’éloigner de la zone, car avoir à faire aux uniformes est tout sauf agréable. Les flics lancent alors une véritable chasse à l’homme qui dure plus de deux heures, au cours desquelles au moins cinq patrouilles et deux voitures de la Digos plus quelques-uns circulant à pieds à toute vitesse allées et venues et sirènes hurlantes tournant dans le quartier à la recherche de visages connus.

Ce petit cirque se terminera par au moins dix personnes arrêtées, certaines même plusieures fois, dans différentes rue de la zone et des perquisitions. Les perquisitions n’ont rien donné.

Outre l’énorme disproportion entre les moyens, les objectifs et les résultats de cette opération délirante, on pourrait revenir sur la stupidité des déclarations de ces délirants en uniforme lors des perquisitions, liées, entre autres aux vêtements et à l’âge des personnes arrêtées, ou au nombre élevé de femmes parmi eux, mais peut-être vaut-il mieux ne pas s’arrêter là dessus.

Si ces sujets n’étaient pas relégués au maintient de l’ordre établi par la force, défendant les riches et les patrons, en l’occurance, en tuant, violant, frappant et emprisonnant, ils pourraient très bien être traités pour ce qu’ils sont fondamentalement :  des couillons.

À ces derniers, nous disons que ces bouffoneries spectaculaires plutôt que d’intimider les rendent ridicules; à tous ceux qui n’ont pas de sympathie pour eux, en revanche, nous vous invitons plutôt être attentifs lorsque vous vous promenez le soir près des parcs et des jardins publics parce que la chasse à l’homme est au coin de la rue.

C’est comme ça ces jours-ci. Nous le garderons en tête.

Des anarchistes

depuis roundrobin.info