Vive l'Anarchie - Semaine 10, 2019

Sommaire

Il manquait juste l’étincelle

Publié le 2019-03-11 13:20:05
Mar 102019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

On était tous et toutes là, à la manifestation Défonçons des portes ouvertes que des gens avaient organisée pour la rémunération des stages. C’était drôle. Le monde pétait les portes que les gens avaient sorti un moment dans la manif, beau coup! Pis là on a commencé à les entasser faire une petite pile. Y’a même une couple de personnes qui ont roulé en petites boules les tracts qu’illes avaient pis les ont pitché dans le tas de morceau de bois qui avaient été y’a 5 minutes des portes. Les bons vieux trucs de camping.

On était tous et toutes là, autour de la pile de bois, avec nos clopes, à regarder nos ami.es pis le potentiel incendiaires de ce qu’il y a avait devant nous. Mais personne a rien faite. On était pas tant aussi, pis la police était pas loin. Mais je nous ai déjà vu pas mal plus audacieux et audacieuses. Je nous ai déjà vu pas mal plus excité.es par une situation comme ça.

On était tous et toutes là, mais il manquait l’étincelle. L’étincelle qui manque d’ailleurs à cette grève depuis le début. En même temps c’est toujours notre premier réflexe au début de chaque mouvement social. On veut pas avoir l’air méchant.es. On veut bien paraître pis à un moment donné à force de se faire mépriser on s’en calisse pis on mets toute en feu. La rémunération des stages c’est genre la revendication la plus légit de l’histoire du mouvement étudiant. Arrêtons d’essayer de faire les beaux pis les belles pi devenons réellement combatif.

L’étincelle va sûrement venir sous peu. Il faut juste que la prochaine fois qu’on croise le regard de nos ami.es on se transforme en complices. Pis qu’on mette ensemble le feu au poudre !

Je nous souhaite une grève enflammée !

« les rues sont à nous », récit de la marche non mixte et féministe du 8 mars à nantes

Publié le 2019-03-11 13:20:07

Après le Cours des 50 otages, le cortège emprunte la rue de Strasbourg, interdite depuis plus d’un an aux manifestant.e.s. Des tags fleurissent sur la mairie, sous les applaudissements et les cris de joie de la foule. « Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère », « Fièr-e-s, vénères, pas prêt-e-s à se taire ! », « Qui va faire la vaisselle, nous on fait la révolution », « Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ! », « A-anti-anti-patriarcat !! », « Les féministes détestent la police ! ». Les slogans s’enchaînent. La manifestation se dirige ensuite vers Duchesse Anne pour longer le cours Saint Pierre. Tags multiples. Puis vers la Cathédrale, pour rentrer dans les rues de Bouffay où une partie de la tête de cortège entraîne la manifestation pour passer devant le Bagelstein, qui, comme à chaque manif féministe, en prend pour son grade : sa terrasse est renversée, sa vitrine taguée. Ce magasin qui fait sa pub sur la culture du viol n’a pas sa place dans nos rues. L’action est massivement soutenue par le reste du cortège, qui poursuit sa route sous les applaudissements. La fontaine de la Place Royale est envahie, des banderoles sont hissées à son sommet sous les cris de joie! C’est le seul moment où on apercevra une voiture de police banalisée.
On remonte vers Graslin, on redescend vers Commerce, pour finir devant la préfecture, protégée par deux fourgons de la CDI.

Tout au long du défilé, l’ambiance aura été à la fois joyeuse et déterminée, le ton offensif et l’atmosphère chaleureuse. Les gestes portés ont été non seulement acceptés mais en outre salués et applaudis, apportant une dynamique qui laisse penser qu’il est possible d’aller plus loin dans des manifestations féministes. Ceci d’autant que pour beaucoup, il s’agit aussi d’attaquer les institutions du patriarcat. Par ailleurs, le message est clair : les gestes offensifs n’appartiennent pas aux hommes, les femmes en sont partie prenante également, et ce serait une grave erreur que de mésestimer notre force. Enfin, la réussite incontestable de cette marche est qu’elle nous a donné confiance dans notre potentialité d’action collective. Il s’agit de poursuivre dans ce sens, pour que le féminisme révolutionnaire soit sur le devant de la scène.

Photos : ValK, Estelle Ruiz, Karine P …

Balance ton proc ! Solidarité avec les incriminé.e.s

Publié le 2019-03-11 13:36:04

Depuis quelques semaines, nous sommes plusieurs à nous rendre au tribunal, les lundis et mardis, pour apporter du soutien aux gilets jaunes interpellés les samedis et aussi faire le constat de la répression qui leur est faite. Jonglant d’une salle à l’autre, il n’est pas évident de les trouver, et rien n’est fait pour nous simplifier la tâche. On essaie au mieux de se répartir le temps et les salles afin d’éviter de louper leur audience. S’ils sont moins nombreux que lors des premiers actes, on estime qu’il est important de venir !



Certes, ce bâtiment est abominable, de près comme de loin. Immense tour autoritaire, intérieur spacieux, lumineux, transparent... avec interdiction de s’appuyer sur les rambardes (non mais !), une balance symbolique risible, cette inscription à l’entrée « Tout homme est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable »..., des flics qui se pavanent fièrement, d’autres qui t’accueillent dans les salles d’audience, parfois courtois et souriants (les « flics sympas »)... Bref, en ce lieu de souveraineté impeccable et implacable, tout est strict... mais il est nécessaire d’y passer pour comprendre, et il suffit d’assister à quelques audiences pour se faire une idée de comment fonctionne cette « justice » qui régit notre monde...

Alors on y va en témoins, pour que les juges et les procs se rappellent nos visages, pour insister, appuyer nos présences dans les salles, montrer que tout ce qui est dit laissera une trace, que rien ne se perd. Parce que la répression ne se fait pas (encore) dans un huis clos total, il faut qu’il y ait des yeux et des oreilles qui puissent assister à ces étapes clefs de la Punition.
Rien ne doit être oublié.

Ce qui suit n’est pas le compte-rendu précis et chronologique d’une séance unique, mais un récit plus global des comparutions des dernières semaines, une esquisse d’analyse de comment se comporte la justice face au mouvement des Gilets Jaunes. Plusieurs journées, plusieurs salles, et donc plusieurs juges, proc et avocats. En espérant que ça ne rende pas la lecture trop complexe...

Ce texte fait écho à d’autres écris très pertinents, parus ici, , , et encore , , et aussi , à lire, lire, lire, relire et rerelire !

Vous voulez le dossier 13 ? On vous le fait rentrer tout de suite !

La salle d’audience est un grand théâtre où chacun.e joue son rôle. Sauf les prévenu.e.s, qui n’ont pas trop choisi... Personne n’assiste au jeu pour les mêmes raisons. Les classes étudiantes vont et viennent, bruyamment, prenant une place conséquente pour assister au spectacle, mais c’est pas pour le même suspens... Spectatrice comme les autres, je me sens toujours un peu voyeuse. Ce doit être suffisamment dur pour les interpellé.e.s de devoir se mettre à nu devant des juges méprisants et une assemblée qu’on ne connaît pas... mais je veux tenter de croiser leur regarder pour briser leur isolement et pouvoir leur montrer qu’on est là.

Le tribunal a le beau rôle : personne ne sera inquiété de rien. Le monde semble convenir tel quel. Les juges regardent rarement dans les yeux à l’annonce du verdict, trop pressés de classer leur dossier pour traiter le suivant... Rappelons que ce n’est pas tant des personnes qu’on juge et qu’on punit mais plus quelque chose comme « une série de dossiers » ou « l’affaire de stups »... J’ai aussi entendu un avocat de la partie civile dire que « ya d’la victime aujourd’hui »...
« On essaie de vous juger rapidement ? » demandera une juge à un homme, pour faciliter je-ne-sais-pas-trop-quoi dans l’emploi du temps. Que penser aussi de ces avocat.e.s pleins de fierté lorsqu’il s’agit de défendre des gilets jaunes ? Chacun a sa place et c’est très bien comme ça...

C’est toujours écœurant de voir les gens prendre cher, qu’ils ou elles soient tes potes, ou juste des personnes chopées devant toi ou non. Eux, elles, c’est peut-être nous samedi prochain... Bref, c’est tout sauf un jeu. [1]

Aujourd’hui, c’est Audience X

Sans l’expérience de terrain, il est plus difficile de rendre compte des faits. On sait trop bien qu’il n’y a qu’en venant sur place et en se frottant au plus près possible des tensions qu’on parvient à saisir ce qu’il advient réellement. Si on se doute bien que la classe sociale à laquelle appartiennent les gens qui nous jugent a d’autres intérêts et priorités que les contestations sociales — mis à part pour les réprimer — , on se demande parfois si elle ne le fait pas un peu exprès... car c’est avec une profonde méconnaissance que les juges et les proc se permettent de livrer leur analyse de la situation, tel des faits avérés, des évidences incontestables. Certaines, carrément absurdes et illogiques montrent avec d’autant plus de flagrance à quel point leur parole est sensiblement révélatrice de leur position. Aussi, même si on s’y habitue, on se fait difficilement à leur jargon qui formate. Le flic devient une « personne dépositaire de l’autorité publique »... On aimerait nommer les choses telles qu’elles sont mais il y a toujours des termes tout minutieusement soustraits. Ce qui peut donc nous sembler hypocrite, révèle encore une fois un fort parti pris.

Une juge prétendra qu’elle est bien en mesure de comprendre le mouvement, puisque que pour elle, « aujourd’hui, c’est Audience X ». C’est sur, au tribunal, ça sent le gaz tout pareil... Après tous ces samedis passés en manif, les accusé.e.s savent pertinemment que ça dégénère. « On l’a tous vu sur BFM TV » indique la proc, déplorant les dégâts. Le tribunal est très bien renseigné...
A les entendre, les seules violences sont le fait des « casseurs », qui sont « équipés de façon impressionnante », leurs projectiles sont des armes extrêmement dangereuses et un pétard devient facilement un redoutable produit incendiaire, et d’ailleurs, les policiers risquent gros, surtout s’ils ont « le malheur de baisser leur bouclier »... Aussi, lancer une pierre sur le camion à eau, pourrait blesser le conducteur. (Eh non, il y a une sacrée grille...) Quelqu’un avait dans son sac un dispositif de lance pierre où il manquait l’élastique (mais comme les flics ne l’avaient pas précisé, c’était douteux...). C’est l’avocat qui a dû expliquer au procureur que sans élastique, il n’y avait pas de danger. J’ai aussi entendu un proc s’inquiéter de voir que des manifestants apportaient parfois des raquettes pour renvoyer les grenades lacrymogènes, et que probablement, ils pourraient faire la même chose avec les « flash ball » ! [2] … Très mal inspiré ou complètement à la ramasse ? Mais lorsqu’il s’agit de défendre la police, il faut trouver quelque chose. Et ce n’est visiblement jamais bien compliqué...

D’une tendance générale, le tribunal n’entendra et ne retiendra que ce qui pourra l’arranger, les proc étant maîtres dans l’art d’incriminer les contestataires : dramatisant tout abusivement, en instant sur la « gravité des faits », les « dégâts extrêmement sérieux », le « caractère exceptionnel des débordements », tout en victimisant les policiers « qui n’ont rien demandé » et « à qui ça ne fait pas plaisir d’être là tous les samedis »... L’une osera même aller plus loin : « Après 16 semaines, ça commence à être fatiguant pour le parquet. », usant d’ironie : « Les dossiers sont tous les mêmes : on est face à des gens absolument pacifistes. C’est la faute des CRS qui sont là uniquement pour casser du manifestant et aller contre leurs droits » et dénonçant un laxisme médiatique : « On entend beaucoup parler dans les médias des violences policières, mais parlent-on des gens comme monsieur, qui leur lancent des pierres ? » … Plus largement, les procs estiment défendre la République et ses valeurs, aimant d’ailleurs rappeler, avant toute réquisition, à quel point ils et elles tiennent à la liberté de manifester. Représentant.e.s des citoyen.ne.s modèles, ils et elles assument aussi, implacablement, leur intransigeance devant la moindre dérive.

Ça n’est pas la question...

Tous et toutes sont dans la négation formelle et permanente de la violence de la police. Si on les entend parfois évoquer les gaz lacrymogènes (le plus souvent de manière incriminante afin de reprocher aux personnes de n’avoir pas quitté les lieux, et sans avoir, bien sur, aucune idée de ses méfaits...), le LBD et autre arsenal répressif mutilant ne sera jamais invoqué ! Mais c’est qu’à aucun moment il ne faut victimiser les manifestants — qu’ils aient été offensifs ou non — puisque ce serait, quelque part, les défendre et leur donner raison sur pas mal de points, mais aussi, plus largement, esquisser un procès de la répression... Stratégiquement impossible, donc... En revanche, un procureur se souvient très bien « du policier qui a perdu un œil à cause d’un projectile ! » [3]

Toutes tentatives d’évoquer ces violences-là sont ainsi immédiatement esquivées, et la défense, même lorsqu’elle insiste, n’est jamais entendue... A plusieurs reprises, elle essaiera de contester les arguments des juges selon lesquels les policiers ne vont pas à la confrontation gratuitement et ne gazent que les cortèges offensifs. En vain. Une avocate rappelle que les manifestations sont également des moments festifs, que les gens se protègent aussi dans l’exercice du droit de manifester, et que donc, ce qui relève de l’ « attirail » pour le procureur, devient en fait de la « prévention » pour les personnes. Une autre demande à ce qu’on ne juge pas le contexte en incriminant une seule personne pour les actes de toute une manifestation. Une autre encore, défend le « pavé » comme un symbole fort, pavé dont on « se saisit » pour être « acteur de sa vie » saluant au passage le courage des gilets jaunes : « Une manifestation, c’est se mettre en danger ».

Un jeune homme tente aussi, soutenu par son avocate, de dénoncer la manière dont il a été interpellé : emmené à l’écart, les flics l’ont forcé à se coucher dans une flaque de pisse. Durant son audition, il a aussi subi insultes, pression, menaces... Mais le juge l’arrête direct : « Non mais on va pas jouer à ce jeu là hein, nous jugeons par rapport au dossier. Peut-être que c’est vrai, peut-être que c’est faux... » Pour ça, c’est sûr, il vaut mieux laisser planer le doute. En plus, les policiers ne l’ont pas mentionné au PV... S’ensuit une petite embrouille lorsque le prévenu rétorque au proc que le médecin qu’il demandait était soit-disant indisponible. Le juge interrompt une fois de plus la dispute, prétextant qu’« on ne va pas débattre des problèmes en GAV ou en audition »... Dommage.

De même, pour une autre affaire, lorsqu’un avocat tente de parler des conditions de détention à la prison de Fresnes, insistant et s’étendant un peu sur les différents problèmes, et ce pour éviter à son client de comparaître en détenu à la prochaine audience, une autre avocate (d’un gilet jaune...), assise dans la salle, s’empresse de tourner vivement les pages de son journal en soupirant très bruyamment, et tout en claquant fréquemment son talon au sol pour marquer son impatience. « On s’en fout... » lâche-t-elle, suffisamment fort pour que je veuille la fusiller du regard. La proc rappellera ensuite, en bonne arbitre, que ça n’était pas la question (avant d’enchaîner sur le cœur du sujet, à savoir, ce qui reproché au détenu...) « On n’est pas là pour faire le procès des aides sociales » ais-je également entendu plus tard...

Alors pourquoi c’est écrit sur le PV ?

Les juges et assesseurs semblent souvent n’écouter personne et ont toujours l’air préoccupés, absorbés ailleurs... (c’est que c’est dur de gérer des « dossiers » toute la journée) Comme si d’emblée, ces expert.e.s savaient ce qui aura de l’intérêt et ce qui n’en aura pas... Mais de fait, c’est assez simple : les déclarations des policiers suffisent. Leur parole, hautement sacralisée, incontestable, ne sera donc naturellement jamais remise en question. De même pour tout ce qui a été dit en GAV...

Un proc, qui vouait toute sa foi au fameux « Procès-Verbal d’interpellation », y revenait constamment et se basant continuellement dessus. On comprend qu’il « n’aime pas qu’on critique le travail des policer. », et il suffit donc, selon lui, de lire le PV, preuve irréfutable : la-base-vérité-de-toute-audience-qui-se-respecte. Ce même proc s’est étonné qu’un prévenu n’ait pas dit la même chose aux policiers et à son avocat... C’est que le niveau de pression n’est pas tout à fait le même... et lorsqu’on subit du chantage en GAV sans même connaître ses droits, forcément... De quoi ravir le proc ! D’ailleurs, dans le flot déchaîné d’une de ses réquisitions il a demandé à ce qu’on interdise Paris à quelqu’un qui y travaillait, et on a dû le lui rappeler pour qu’il revienne sur ses dires, confus, presque essoufflé... « je rejette cette particularité ».

Vous connaissez mes revendications par rapport aux débordements en manifestation...

C’est tellement simple d’incriminer. Il suffit d’un rien pour rendre une personne féroce et pouvoir tout amplifier. « Mr n’est pas un suiveur mais un leader » Il a fait « non pas 1 mais 2 doigts d’honneur » ! Et puis c’est toujours sympa de chercher les petits détails qui arrangent : une vilaine tête de mort sur un cache-nez, la taille exacte des pierres... qui a permit de nourrir ce passionnant débat sur la consistance des projectiles : pavé, bitume ou morceaux de goudron ? [4]

Un homme, qu’on accusait d’avoir lancé des pierres, paraissait d’autant plus suspect qu’il ne portait pas de gilet jaune (autrement, on lui aurait reproché de le porter et de s’être infiltré). De plus, il avait sur lui un bon masque de protection et du sérum phi, et était donc forcément venu pour en découdre !

Pour une autre affaire, un rapport de flic disait « ...tir tendu, le projectile est parti droit et avec force. Ce n’était pas un simple bout de plastique ou quelque chose de léger »... Bon, mais ça n’était pas vraiment nécessaire. Il suffit de moins que ça pour faire condamner les méchants casseurs. Quelqu’un a pris 6 mois de sursis pour avoir jeté un flacon de sérum...

Vous comptez vous faire un album ?

On n’a même plus le droit de ramasser ni de prendre les photos qu’on veut car ça va potentiellement nous retomber dessus si on se fait toper. Tout devient suspect. Un vêtement, une photo, reflètent tes intentions (qui sont forcément mauvaises). Pour les procs et les juges, ramasser des culots de grenades ou des palets de lacrymo, ça n’est pas pour conserver un « souvenir », mais bien pour rapporter un « trophée »... sacralisant la violence commise envers les forces de l’ordre.

« Ça vous amuse de photographier des vitrines cassées ? Vous ne vouliez pas plutôt photographier un magasin de fleur pour le montrer à votre copine ? » … Ce juge, particulièrement provoquant, infantilisant et trop fier de pouvoir rebondir sur tout, avait un ton de voix très désagréable, profondément ironique et malfaisant. Dans une affaire de pavé il s’est même permis un petit aparté nostalgique (ou pas) en invoquant les slogans de mai 68 « sous le pavé, la plage », « voici ton bulletin de vote »...

« Quand les policiers jettent du gaz, c’est pour qu’on parte. Si on obéit, en quittant les lieux, tout se passe bien. » Vraiment, notre inquiétude n’est pas partagé. Tout leur semble parfaitement maîtrisé. Et au pire, c’est selon leur bon vouloir : « Les manifestations sont déclarées tant qu’elles sont pacifistes. »

Oui maître.

Un homme, venu en famille, et qui ne portait sur lui qu’une sacoche de soin, s’est retrouvé pris dans une charge. Sa mère est tombée au sol, les CRS prêts à matraquer. Il s’est alors spontanément interposé, et le débat s’est centré sur la pertinence ou non d’une légitime défense : était-ce un coup de poing destiné aux forces de l’ordre, ou un bras protecteur ? Pour le juge, c’est assez simple, « si les CRS mettent une charge » c’est parce qu’on est resté sur place après les sommations. Donc, quand la police demande la dispersion, « si on est pacifiste, alors on se disperse. » C’est tellement simple la vie finalement... Pour le procureur, les faits sont graves car commis contre une personne dépositaire de l’autorité publique. « On n’a pas à contester les fonctionnaires de police. Il faut aussi être sérieux à un moment donné, les policiers sont là pour assurer la sécurité des manifestants. » La défense tentera, une fois encore, d’énoncer la réalité des violences policières : « On n’est pas sans ignorer qu’il y a eu des bavures policières et de nombreux blessés ». L’accusé essaiera, plein d’espoir, de faire comprendre au tribunal qu’il n’est « pas méchant ». Mais en vain.

Un autre, a vu son amie enceinte blessée, et « avec la peur et les nerfs », n’a « pas cherché à se contrôler » Il avait déjà fait de la GAV pour une autre manif, ce qui prouve tout ! « Ça ne vous a pas dissuadé » ? Ses 9 mentions au casier enchanteront le proc et finiront de l’achever : « Mr reconnaît tout en minimisant et en prônant légitime défense », « Son casier montre une délinquance assez inquiétante. » Il requiert 4 mois ferme. L’avocate indiquera que son client a été roué de coups et insulté, et que ça n’a pas été déclaré. (le juge essuie ses lunettes) Elle voudrait plaider la légitime défense mais « on ne peut pas le faire quand c’est face à la police »...

Je comprends mieux pourquoi certaines audiences se terminent à 6h du matin.

Dans une affaire de poubelle enflammée poussée sur les CRS, un dossier particulièrement « à charge », le procureur requiert 8 mois ferme dont 4 avec sursis pour un accusé niant les faits. Son avocat tente une approche audacieuse : il commence par questionner la limite du droit de manifester. « À partir de quand en sort-on pour entrer en infraction ? », puis fera remarquer qu’ « en étant entièrement pacifiques, indolore, on n’obtient pas grand chose. Les gilets jaunes ont obtenu, grâce aux débordements et infractions. » De fait, il « s’interroge sur l’utilité de la violence », indiquant « qu’en France, c’est comme ça que ça marche. Les contestations sociales sont déterminées, légitimes et approuvées ! » Puis il évoque la « présomption d’innocence », affirmant que « le doute profite à la personne mise en cause », et qu’ « un juge ne peut être intimement convaincu. », et rappelle aussi que « la loi pénale ne doit pas être interprétée strictement. » Il trouve légitime que les manifestants se protègent puisqu’ « on sait ce que sont les tirs de flashball et lacrymo. » (bien essayé mais...) Le juge semble ne plus écouter depuis un moment.
L’avocat souligne ensuite les incohérences des faits décris et dénonce la manière dont les accusateurs-policiers extrapolent, notamment lorsque sont évoquées des poubelles qui s’enflammeraient subitement, au premier coup de briquet...

« En vertus de tous les textes, le rôle de la Justice n’est pas de le déclarer coupable, faute de doute. » Il remet plusieurs fois en question les déclarations des policiers, notant les « complicités entre collègues », et estimant qu’ils ne peuvent pas tout maîtriser comme ils le souhaiteraient : tenir un coupable, absolument... Il plaide une relaxe totale, reconnaît lui-même que c’est « extrêmement ambitieux » mais estimant que son client « le mérite, et qu’il a été suffisamment puni par les deux jours de Garde à vue. »

Et le juge de conclure : « Je comprends mieux pourquoi certaines audiences terminent à 6h du matin ». Le prévenu prendra 8 mois fermes, sans mandat, donc aménageables.

Le même avocat défendra la personne comparaissant juste après, et commencera par s’excuser d’avoir pris trop de temps avant mais « les dossiers sont très à charge ». Effectivement puisque le proc aime à rappeler l’« ampleur du dossier », pourquoi la défense devrait être brève ?

C’est une histoire de projectile, avec un prévenu qui conteste la violence qu’on lui reproche, un juge qui ne comprends pas « pourquoi avoir donné cette version des faits en GAV ? » et un proc faussement naïf qui « ne voit pas de quoi Mr veut se défendre » puisque « les policiers sont là pour protéger. » tout en l’incriminant : « Mr avait pris le soin de se munir de ces pierres, il ne le conteste pas dans ses auditions » avec un avertissement : « on ne violente pas les policiers ».

L’avocat insistera sur l’importance qu’il y a de reconnaître le « rapport de force violent des deux côtés », rétorquant ainsi au procureur que si, « on sait de quoi on se défend ! ». Il ajoutera qu’il n’est pas fréquent de prendre les gens en flagrant délit, accusant ainsi les policiers d’interpeller « ceux qui les ont mal regardé ».

« L’emploi du conditionnel fait beaucoup de bien. » admettra-il en cherchant à requalifier les faits en « tentative de violence » (« il s’agit au mieux d’acte préparatoire »), violence qu’il contestera de toute façon avant de plaider la relaxe. Finalement, il un exposera un dilemme, jetant le doute quand à l’impartialité des juges dans leur décision : « soit on libère tout le monde, ce qui n’est pas possible, soit on accorde à la parole des policiers une force probante excessive, telle qu’elle suffit à emporter, seule, l’intime conviction du tribunal. »

Ça je veux bien entendre...

Tes convictions, on s’en fout, c’est pas une tribune politique, aujourd’hui tu es jugé.e individuellement, pour des faits précis ou pas, et tu vas payer pour le contexte et le payer cher, pour l’exemple ! « Je ne veux pas vivre dans un monde comme ça... Je dors à la rue, je suis français, j’essaie de m’en sortir mais j’y arrive pas. Je dois faire quoi ? », « J’ai traversé la rue, j’ai pas trouvé de boulot, il faut changer le système ». C’est politique, seulement lorsque les jugent le décident, le rapport de force étant formellement établi : leur plein pouvoir fait que la marge de décision leur appartient intégralement. Si tu te permets une seule note d’assurance, ils et elles y verront arrogance ou provocation ! On ne manquera d’ailleurs pas de te rappeler, et ce d’à peu près n’importe quelle façon, que c’est toi, aujourd’hui, qui te tient derrière la barre, qui est en faute, délinquant.e, ou pire, l’ « immature » à punir, citoyen.ne en dérive... Cette infantilisation, moralisatrice et méprisante, est une grande violence qui puise au plus profond de ton intimité... On te laisse agir dans un cadre que tu ne connais guère, avec des outils et un jargon peu voir pas du tout maîtrisés, et tu deviens, de fait, une proie pouvant facilement tomber dans les multiples pièges qu’on te tend. Comme on pourrait te donner des bons points, on te donne des avertissements, qui sont en fait des moyens de t’imposer une vision de société. La leur. Interpellé alcoolisé, tu seras doublement condamné, car « ça coûte cher à la société »... Si en plus tu es dysléxique, on te rappelera que « L’alcool n’aide pas à compter ni à trouver un emploi... ».

« Vous jugez un homme brisé... ». Certaines défenses, qu’elles soient ou pas de l’ordre de la stratégie, tendent à te rendre fragile « dépendant de pulsion, d’émotions, de démons », cela afin que tu ne sois pas assimilié.e au « casseur » (« Je ne vous demande pas de faire le procès des gilets jaunes, mais le procès des casseurs » plaidera une avocate pour défendre son client), mais surtout parce que la vulnérabilité, ça fait meilleure figure. Comme si t’enfoncer dans ta faiblesse allait jouer en ta faveur. Or la clémence est une illusion. Te faire plier, c’est juste un principe. Ça flatte leur autorité. Même honnête et coopérant, si tu reconnais les faits ou exprime des regrets, tu seras condamné, et fermement. L’auto-incrimination est fréquente... mais n’a, à priori, jamais préservé personne. [5]
Si on préférera évidemment te voir soumis, docile (d’ailleurs, on te laissera t’excuser presque autant que tu veux), ce que le tribunal veut entendre, même si tu le tais, il l’a, semble-t-il, déjà pris en note. En bref, il peut se durcir si tu l’offenses ou le vexes, mais ne fait pas dans le sentimentalisme. Il y a des règles... Si on étudie ta personnalité (ton « cas »), ça n’est pas par sympathie, mais pour mieux adapter la punition. Jamais pour te l’épargner.

De toute façon, si tu es ici, tu es forcément coupable de quelque chose. Puisque les policiers sont des professionnels qui ne peuvent pas se tromper...

Quelle que soit, finalement, la manière dont tu te comportes, on trouvera toujours, pour le principe, quelque chose à redire. Quand un proc ne supporte plus de voir les accusés se confondre en excuses en permanence puisqu’ils ont quelque chose à se reprocher, une autre, au contraire, trouvera regrettable qu’ils n’expriment ni regret, ni culpabilité... Cela démontre bien le risque de récidive ! C’est donc le gage pour entrer en voie de condamnation !

Des TIG pendant vos congés et jours de liberté.

Tu es jugé.e d’abord sur tes antécédents. Un proc expliquera que les délits que tu commets sont représentatifs de qui tu es aujourd’hui... Ton casier te sert, ainsi, ou pour t’incriminer, ou pour te protéger. Une avocate, pour défendre un client, plaidera que « son casier parle pour lui ». Les mentions qui y sont inscrites sont donc les étapes clefs de ton existence... Après, comme de toute façon le rôle des proc est d’être sévère, il n’est pas dit que tu échappes à l’ « appel de sanction malgré le casier néant ». On examine aussi ton degré d’intégration dans la société, et tes capacités concrètes à pourvoir te racheter.. (qu’on traduira en TIG ou obligation de soin...) Pour mieux cerner ta « personnalité », on cherchera grossièrement à savoir si tu te « considères comme quelqu’un de violent »..., histoire de te réduire une bonne fois pour toute à un simple tempérament, qu’il suffira de canaliser avec une sanction adaptée !

Selon les salles (les juges) c’est 4, 6 ou 8 mois de sursis, ou bien du ferme, avec ou sans mandat, avec ou sans interdiction de paris, avec ou sans TIG, bref, tout le monde prend cher, mais assaisonné différemment. Lorsqu’on t’explique ce que c’est que prendre du sursis, toujours selon les juges, c’est X mois de prison « posés sur la table » ou « au dessus de la tête ». Compris ? La prochaine fois, c’est VLAN ou BIM dans ta gueule !

L’un sera privé de 16e arrondissement (dur, dur) pendant 6 mois. L’autre sera interdit de Paris complet, et pour rencontrer son avocat... « Vous vous débrouillez... » Mais il faut bien comprendre que leur refuser l’accès à la capitale est une faveur : c’est pour les « aider à ne pas remettre les pieds dans une situation où le tribunal pourrait reconsidérer sa décision ». Comme tu es redevable envers la société, il faudra que tu fasses les efforts nécessaires, comme des TIG pendant tes congés, « ce sera plus utile vis-à-vis de la société et pour comprendre ce que c’est qu’être un citoyen ». Et puis les avertissements, ce n’est pas tant pour te « mettre en garde » que t’ « aider à sortir par le haut »... Donc « Prenez ça au sérieux ! » et « Tenez-vous à carreaux ! ».

Pourquoi vous partez pas ? Pourquoi vous persistez ?

Le message est en fait assez simple : on ne veut ni remettre en cause ton droit de manifester ni te dissuader de venir, mais c’est quand même mieux si tu reste chez toi, bien sage. « Mr est fragilisé par sa perte d’emplois (suite à un accident du travail) mais trouve la force de se rendre en manifestation. » Encore une fois, on ne te repproche rien, mais au vu de ta situation, on estime que tu as certainement d’autres priorités !

« Je pense à arrêter de manifester... »

« J’ai pas du tout l’intention de revenir. »

« Si je suis libre, je ne manifesterai plus. »

« Je reviendrai plus, j’ai qu’une envie, c’est de rentrer chez moi. »

« Pour moi, c’est la fin des gilets jaunes. »

« Moi, j’ai été traîné dans la pisse donc je ne m’arrêterai pas. »

On entendra tout au tribunal, mais rappelons que la GAV sert à nous faire craquer, nous humilier, perdre nos convictions et nous faire revenir sur ce que nous sommes...

« Vous avez été flashballé ? Ça ne vous a pas donné envie d’arrêter les manifs ? »

Bref, si ces séances peuvent entraîner une incapacité totale d’espérance, il reste nécessaire d’apporter un soutien à ces personnes qui, derrière la barre, doivent en avoir ont cruellement besoin...



Notes

[1J’assiste évidemment avec autant de colère aux procès des autres personnes qui comparaissent, qui prennent d’autant plus cher, (que ce soit pour des affaires de vols, de stup, ou de violences diverses...) et qui souvent, repartent ou partent en détention... Courage aux prisonnie.r.es !!

[2Le record de service au tennis est de 73,16 m/s... Le LBD tire à 92 m/s, Ace.

[3On attend toujours de pouvoir vérifier l’information.

[4Sous le bitume, les pavés !

[5A priori, les relaxes sont en grande partie obtenues suites à des défauts de procédures... Ceci est une analyse strictement personnelle. A vérifier, donc.

Berlin (Allemagne) – Notre propagande reste l’attaque : les flics sont des assassins !

Publié le 2019-03-11 13:37:05

Mpalothia / dimanche 10 mars 2019

Ce qui est arrivé à un poste de police de Berlin le matin du 27 février 2019 n’a besoin d’aucun mot de justification. Tous ceux qui ont déjà été menottés, humiliés par les flics, agressés sexuellement, tabassés, chassés dans les rues, emprisonnés ou enfermés dans des prisons pour mineurs, comprennent notre langage. Notre feu parle à ceux qui ont compris ou appris que tomber dans les mains de l’État est toujours un danger pour son corps et pour sa vie. Nombreux sont ceux qui, traînés dans des voitures de police ou des commissariats, n’en sont pas sorti vivants.

Nous n’avons pas d’espoir dans la justice, ni dans des flics plus humanistes. Au lieu de cela, nous approfondissons notre définition de l’ennemi et nous traçons une ligne de séparation qui est adaptée au conflit social. Il n’y rien à discuter avec des assassins et avec leurs collaborateurs. Même pas si, tous les ans à l’occasion de leur congrès de police, ils se présentent comme des amis et des secours – mais, au même temps, leur guerre contre la société s’intensifie, avec leur réarmement.

On n’oublie rien, et nous ne sommes pas prêts à pardonner. Au lieu de célébrer son propre rôle de victime, il faut organiser encore plus d’attaques contre les flics et démonter pas à pas leur sensation d’inviolabilité.

Avec notre action, nous avons en partie contribué à cela. La nonchalance avec laquelle flics et journaux parlent de l’attaque du bâtiment de l’Invalidensrasse voudrait cacher leurs pertes. Puisque on a allumé les 60 litres d’essence sous le auvent de l’entrée, le feu a pu passer sous le plafond et y causer des dégâts de taille, chose qui leur rappellera pendant longtemps qu’ils ne peuvent s’attendre à rien d’autre qu’à notre haine.

Nous saluons Loïc [camarade français accusé de l’émeute de juillet 2017 contre le sommet G20 ; NdAtt.], enfermé dans la prison de Hambourg, ainsi que tous les prisonniers de la guerre sociale qui restent droits, et leur promettons que nos continuerons à cibler les keufs.

Pour Ebuka Mama Subek, récemment assassiné dans un poste de police d’Athènes. Pour Oury Jalloh, Hans-Jürgen Rose et Mario Bichtemann, assassinés par les keufs à Dessau. Pour Halim, Carlo, Dennis et Amed !

Pour la vengeance révolutionnaire !

Acte XVII des Gilets Jaunes, France : Le zbeul aux portes des temples de la consommation – 9 mars 2019

Publié le 2019-03-11 13:38:04

A Montpellier (Hérault), plus de 1500 personnes ont pris les rues pour ce 17e samedi après-midi d’affilée. Une fois encore, le McDonalds qui fait l’angle sur la Comédie avec la rue de la Loge a été attaqué par des individus cagoulés. Ils ont défoncé le rideau de fer à coups de masse. Une fois que les flics ont repoussé le cortège offensif, des CRS se sont positionnés devant l’accès endommagé pour protéger le restaurant durant tout le reste de l’après-midi. Des banques (et leurs dabs), des abribus et distributeurs de la TAM et des panneaux publicitaires ont été détruits. Des affrontements ont eu lieu avec les CRS, notamment sur le cours Gambetta, à Plan Cabanes, aux Arceaux, avenues de Toulouse et Georges Clemenceau, avec à pluseurs endroits des pluies de merde qui sont tombées sur les gendarmes mobiles qui protégeaient le préf ou des groupes de bacqueux aux abords de la manifs.

Ce sont des flics en civil « qui ont infiltré les casseurs et procédé à 15 interpellations, notamment pour « feux volontaires de poubelles, jets de cocktails Molotov et bris de glace d’un abri bus de la TaM », selon un bilan provisoire. Parmi les gardes à vue figure un des présumés auteurs du saccage du McDo ».

Les quinze individus ont été placés en garde à vue (certains d’entre eux y étaient encore ce dimanche 10 mars dans la soirée), tous visés par le délit de « participation volontaire à un groupe en vue d’exercer des violences », et individuellement pour un « jet de cocktail Molotov sur des policiers de la compagnie départementale d’intervention (CDI 34) » , « six tirs tendus d’engins pyrotechniques » en direction des flics, un « jet de cacatov devant la préfecture de l’Hérault sur les gendarmes mobiles« , « outrage et rébellion sur des agents dépositaires de l’autorité publique », « dégradations volontaires de biens publics et privés (vitrines de banques et DAB) », ainsi que « non respect de l’interdiction de participation à la manifestation, à la suite de jugements récemment rendus par le tribunal correctionnel de Montpellier ».

Quatre flics auraient été blessés durant cette manif: l’un d’eux s’est tordu la cheville, d’autres ont été brûlés à l’avant-bras et aux mains par des jets de cocktails Molotov. Tous se porteront partie civile dans les procès à venir et seront présents dans la salle du tribunal pour les audiences de comparution immédiate de lundi après-midi. (Métropolitain, 10 mars 2019)

A Nantes (Loire-Atlantique), les Gilets Jaunes voulaient fuir le centre-ville surprotégé et agir ailleurs: des appels à bloquer des centres commerciaux avait notamment circulé parmi les gilets jaunes. Pour ce samedi, ils ont jeté leur dévolu sur le centre commercial Atlantis, à Saint-Herblain.

Après avoir été évacués du rond-point d’Armor vers 13 h et une brève tentative d’occupation du périphérique, plus de 300 personnes se sont repliées vers le théâtre Onyx, toujours à Saint-Herblain, rue James-Cook. L’établissement culturel fait face au centre commercial Atlantis où les forces de l’ordre protègent les entrées. Quelques affrontements ont eu lieu et des barricades de chariots ont été érigées dans les allées de la zone commerciale. Le jeu du chat et de la souris entre flics et manifestants s’est poursuivi tout l’après-midi, au milieu des consommateurs, imperturbables, qui vaquaient à leurs activités habituelles. La route 2X2voies reliant Nantes à Saint-Nazaire a également été bloquée.

Un petit groupe a réussi à pénétrer dans les allées du centre commercial dans l’après-midi. Les policiers ont rapidement mis fin à cette intrusion, qu’ils cherchaient à éviter depuis le début de la manifestation. Des jets de Cacatov sur les forces de l’ordre auraient été constatés à cette occasion.

À 19 h, selon la préfecture, douze manifestants ont été interpellés par les policiers au fil de ce rassemblement qui a rassemblé environ trois cents personnes. Aucune dégradation majeure n’a été déplorée dans les commerces. Quelques dégâts sont en cours de recensement le long de la quatre-voies vers Saint-Nazaire. À 19 h, la manifestation est complètement terminée. Les forces de l’ordre restent massées en nombre sur le rond-point d’Armor pour éviter son occupation. (Ouest France, 9 et 10.03.2019)


A Quimper (Finistère), plus de 800 personnes ont pris part à la manif régionale non-déclarée.  En tout, selon la préfecture du Finistère, ce sont neuf personnes qui ont été interpellées samedi. Trois d’entre eux étaient toujours en garde à vue dimanche après-midi. À partir de 16 h, les gendarmes mobiles et les policiers du commissariat positionnés devant la préfecture ont été la cible de jets de pierres, de bouteilles, de panneaux de circulation: « des pierres de ballast, prises sur la voie de chemin de fer. Mais aussi des cocktails Molotov, des panneaux de signalisation, des bouteilles, des boulons, de la peinture… énumère la préfecture. Un blessé (à la jambe) et plusieurs contusionnés sont à déplorer parmi les forces de l’ordre. » Le centre-ville, à proximité de la préfecture et sur l’autre rive de l’Odet, a vécu au rythme des charges menées par les forces de l’ordre pour repousser les manifestants agressifs. La vitrine d’une banque (agence de la BNP Paribas) a été brisée.

La préfecture va demander au procureur de la République « d’engager des poursuites contre la personne (identifiée) responsable de l’organisation de cette manifestation non-déclarée » (Ouest France, 9 et 10.03.2019).

A Bordeaux (Gironde), « cinq femmes et dix hommes, dont deux mineurs, ont été placés en garde à vue pour, principalement, « participation à un attroupement en vue de commettre des violences ou dégradations » et « détention de matériel offensif », à savoir des projectiles pouvant être jetés sur les forces de l’ordre, en marge de l’acte 17 des gilets jaunes à Bordeaux, samedi. Plusieurs l’étaient encore ce dimanche matin, le parquet devant décider des suites à donner à ces procédures. La majorité de ces personnes ont été arrêtées à partir de 18h30–19heures, alors que la manifestation, qui s’était déroulée dans le calme et avait évité soigneusement la place Pey-Berland où des heurts avaient éclaté les week-ends précédents, venait de se finir. Un groupe de manifestants, dont certains ne portaient pas de gilets jaunes mais des capuches et cagoules leur masquant le visage, a voulu poursuivre et a tenté de rejoindre l’hyper-centre. Ils ont été rapidement dispersés par les forces de l’ordre dans le quartier des Quinconces. Sur l’un des gardés à vue, une bouteille contenant des excréments a été retrouvée. » (Sud Ouest, dim 10 mars 2019)

A Caen, les flics ont interpellé douze personnes. Sur les douze interpellées, neuf ont été placées en garde à vue. Toutes ont été relâchées avec des mesures alternatives. Les mesures alternatives peuvent être par exemple un rappel à la loi ; une amende ou une demande de réparation en cas de dégâts occasionnés et avérés.

A Rouen (Seine-Maritime), le centre commercial des Docks 76 a été fermé durant une trentaine de minutes samedi après-midi. Trois vitrines et une porte ont été brisées. Plus tard, un cortège est remonté rue Jeanne d’Arc. Les manifestants ont démonté des panneaux de protection installés devant des agences bancaires avant de les incendier. La préfecture dénombre quatre interpellations pour incendie volontaire et six interventions des sapeurs-pompiers, uniquement pour éteindre les divers incendies.

[Repris de divers médias locaux, 09 et 10.3.2019]

[Turin] Bloquons la ville !

Publié le 2019-03-12 10:44:05

Bloquons la ville ! Manifestation à Turin le 30 Mars



BLOQUONS LA VILLE !

Ils font la guerre aux pauvres et ils appellent ça requalification.
Résistons contre les proprios de la ville !

Gouvernements et proprios essayent de nous étouffer avec une normalité
faite de guerres, militarisation des villes, conditions d’exploitation de
plus en plus dures, traque aux immigrés et haine entre les pauvres.

Ils veulent se débarrasser de celleux qui cherchent à lutter contre la
dégradation des conditions de vie et qui tentent de subvertir cet ordre
social. C’est le cas des 13 compagnon.ne.s arrêté.e.s en février dernier.

Continuons à résister et à lutter !

GIADA, SILVIA, ANTONIO, LORENZO, NICCO, BEPPE, POZA, STECCO, NICO, AGNESE,
SASHA, RUPERT, GIULIO.

LIBERTE POUR TOUS ET TOUTES !

SAMEDI 30 MARS 2019 MANIFESTATION A TURIN

Zurich, Suisse : Deux lettres du compagnon anarchiste incarcéré depuis le 29 janvier dernier – Février et mars 2019

Publié le 2019-03-12 23:01:04

1er Mars 2019, Prison de Zurich

Chers compagnons, chers amis

Un mois s’est écoulé depuis que, le 29 janvier, j’étais en route en vélo pour le boulot et je venais de tourner de la Langstrasse dans la Josefstrasse, lorsqu’une voiture en civil m’a contraint à m’arrêter et que deux autres flics en civil en vélo me sont tombés dessus par derrière. Il y avait parmi eux une femme dont je me souviens qu’elle m’avait suivi jusqu’à chez moi il y a peu. Ensuite nous sommes partis, en compagnie d’environ 15 autres hôtes non invités, pour une dernière visite dans mon appartement, ma voiture et la bibliothèque anarchiste, où ont entre autres été saisis des supports de données électroniques et des documents.

A présent, j’ai donc atterri dans cette autre dimension, constituée de pièces étroites, de mobilier sommaire, de longs couloirs, de barreaux, encore et toujours des barreaux et des portes en métal, dont l’ouverture et la fermeture dictent le rythme quotidien. Séparé des lieux et des personnes familières juste par quelques centaines de mètres, mais par la violence de toute une société qui préfère un régime de murs et de lois au règne de la liberté et de la conscience. Dehors, nous aimons rêver, expérimenter, nous rebeller, la dignité blessée par les ignominies sur lesquelles repose ce monde, peu à peu nos expériences et nos découvertes se tissent jusqu’à former une vision d’ensemble et nous prenons en compte, en pensée et en acte, les conditions de la domination pour nous en libérer, rejetant sans cesse le catalogue des modèles pré-établis, y compris anarchistes. C’est ainsi que nous développons, comme allant de soi, un projet révolutionnaire, dans lequel la théorie et l’action ne cessent de se lancer des défis et de s’entremêler, nous pouvons nous sentir grandir et nous pensons presque pouvoir embrasser le monde, pourtant crac!, en un instant tout peut se réduire à quelques mètres carrés. Chaque anarchiste le sait et l’a toujours plus ou moins présent dans un coin de la tête. L’existence de cette possibilité, particulièrement emblématique du noyau esssentiel de cet ordre social est justement une raison de ne pas faire de notre vie dehors déjà une prison : de conventions et de préjugés, de compromis progressifs et de satisfactions volatiles, qui nous permettent d’arriver au lendemain, de faire contraint et de la peur qui cherche à nous diminuer à nos propres yeux.

Ce projet révolutionnaire que chaque anarchiste développe en soi, continue à se développer même quand on est en prison. Y contribuer et ne pas sacrifier notre initiative propre au diktat de la répression constitue une solidarité révolutionnaire, pas uniquement anti-répressive, et bien entendue humaine, que j’éprouve aussi pour celles et ceux qui croupissent dans les geôles de l’État. Nous pouvons être amenés à accorder trop d’attention à la matraque du flic et à la taule. Mais dans le fond, la répression c’est aussi la propagation de rituels et de contenus symboliques nous enfermant dans un ghetto culturel et nous soustrayant à la réalité de la lutte sociale, l’offre de solutions participatives en échange de petites concessions, le harcèlement de toutes parts par des stimulis et des informations toujours plus dépourvus de signification réelle, la langue qui se vide de sens alors que c’est ce qui nous permet de rendre nos idées compréhensibles à nous-mêmes et aux autres. Tout cela contribue peut-être de manière beaucoup plus déterminante à réprimer tout soulèvement contre les rapports existants. Je pense que ces problèmes devraient au minimum être considérés dans ce même contexte.

En ce qui concerne ma situation personnelle, je vais aussi bien que possible dans ces circonstances. Je suis triste de me voir aussi soudainement arraché aux personnes aimées et aux rêves nourris. Mais je parviens plutôt bien à chercher le large, si ce n’est à l’extérieur, tout du moins en mon for intérieur. J’emploie mon temps à lire et à écrire, à apprendre et à étudier. Il y a quelques personnes avec qui je peux bien discuter. Je me réjouis de recevoir des nouvelles et des analyses sur ce qui se passe dans le monde, des publications anarchistes (à envoyer dans des enveloppes), ainsi bien-sûr que des lettres de compagnons et de connaissances amies.

Je comprends l’Allemand, le Français, l’Italien. L’Anglais et un peu d’Espagnol et de Turc. Comme de bien entendu, le procureur participe aussi à la lecture. Pour finir, j’aimerais remercier chaudement celles et ceux qui me soutiennent avec les moyens possibles.

Je vous souhaite du courage et de la force, là dehors, où ils sont encore plus nécessaires qu’ici, dedans. Du moins, il peut en sortir davantage. Le salut est en vous, comme cela a déjà été dit. Je vous donne l’accolade de tout mon cœur !

Anarchistische Bibliothek Fermento
Zweierstrasse 42
8005 Zürich
bibliothek-fermento [ät] riseup.net


Contribution non tenue à l’occasion de l’événement « Que veulent les anarchistes » le 09.02.2019

Chers compagnons

A l’occasion de la discussion autour de la question  » Que veulent les anarchistes ? », j’ai aussi envie de m’asseoir et de mettre sur papier quelques réflexions qui vous parviendront certainement avec un peu de retard, puisqu’ici tout doit passer par la censure.

Ne pas être en prison. C’est en quelque sorte la première chose qui me vient à l’esprit. Mais cela montre aussi clairement, tout comme les portes blindées devant moi, qu’il ne suffit pas de vouloir quelque chose. Sans les conditions qui permettent de saisir l’objet de la volonté dans la réalité et de le dépasser par l’action, cela reste la simple expression d’un désir, Semblable à celui de celles et ceux qui croient encore au père Noël ou qui, ayant pris de l’âge, croient en une force objective influençant le monde et censée nous libérer un jour. Qu’on l’appelle Dieu, Raison, Dialectique ou Progrès. Rien de tel.

Pour les anarchistes, ces principes abstraits représentent la même tromperie. Et peut-être avons-nous trop peu réfléchi au fait que chez les Grecs anciens, avant de devenir le synonyme de domination, archê désignait le principe premier, à la base de tout. C’est à partir de cet élément religieux originel que s’est développée la justification de l’autorité et finalement du monstre de l’État.

Ainsi, à défaut de Weltgeist [esprit/âme du monde], comme l’appelait Hegel, ou de matérialisme dialectique dans la variante directe de Marx, il nous faut nous libérer nous-mêmes. Et pour cela, il faut manifestement le vouloir. Mais la volonté peut aussi être une prison pour nous. Par exemple, à certains moments dehors, les ignominies qui nous entourent m’ont fait me sentir plus prisonnier qu’ici, dedans. Ici, la volonté se voit nécessairement amenée à réduire son périmètre. Mais dehors, elle se heurte aussi à des murs, moins clairs et pour cette raison même plus perfides. C’est ces derniers que nous devons d’abord identifier et démolir pierre par pierre, pour que les murs concrets des prisons puissent tomber un jour.

C’est pourquoi je ne souhaite pas parler ici de la beauté de l’anarchie, de la pureté des principes anarchistes. Ce sont de nobles choses, à propos desquelles nous pouvons renvoyer à un siècle entier de propagande anarchiste. Je veux diriger mon attention moins sur le problème du « Quoi » que sur celui du « Vouloir“.

Nous ne pouvons vouloir que ce que d’une manière ou d’une autre nous comprenons et que nous pouvons donc nous représenter, même s’il s’agit de la plus étrange de toutes les utopies. Cela signifie que notre vouloir n’est absolument pas aussi libre que ce sur quoi s’est longtemps fondée une tradition volontariste de beaucoup d’anarchistes. Il dépend de notre imaginaire, de notre culture dans le sens large du terme. Ces derniers n’incluent pas seulement la tradition littéraire et la culture générale, mais aussi ce que nous mangeons et comment, la manière dont nous nous habillons, dont nous nous rapportons, dont nous communiquons, dont nous chérissons, bref, tous les aspects de la vie quotidienne. Dans une société qui est sur le point de faire rentrer tous ces aspects dans un cercle fermé, administré par la technologie, le pouvoir se donne la possibilité de séparer toujours plus la culture de la réalité. Cela ne concerne pas seulement la masse majoritaire des exclus, administrés de manière passive, mais ceux-là mêmes qui sont aux postes d’administration. Dans ce sens on peut dire que la technologie annexe progressivement l’État, les anciennes structures de domination politiques et économiques.

Certains ont employé le concept de déréalisation dans une tentative encore incertaine de comprendre cette évolution englobant tout, et qui requiert tous nos efforts. Il ne faut pas comprendre la technologie uniquement comme l’ensemble de ses appareils, mais avant tout comme un voile de formes et de contenus sans substance qui recouvre toujours la réalité, en visant à la remplacer en tant que référence. Une fois ce cercle refermé de manière étanche, les contenus culturels, notre imaginaire, n’ouvriront plus aucuns débouchés d’action libératrice à notre volonté, ceux-ci ayant au moins besoin d’un contact avec la substance réelle du pouvoir dans toute son ampleur et de l’exploitation. La volonté de se libérer se transforme dès lors en de simples ersatz d’actions symboliques, enfermées dans leur propre univers culturel de cadres de pensée séparés. Les slogans et les symboles chargés, les bavardages et les rituels sévissent. Inutile de faire remarquer que les anarchistes sont aussi influencés par cette évolution. Et cela a peut-être à voir avec le fait que nous croyons trop avoir en poche la vérité ou le rosaire des principes, sans avoir besoin de nous atteler à approfondir les problèmes, qui finalement posent constamment problème à l’agir dans la réalité.

Les anarchistes ont une idée de la liberté qui ne se laisse ni diviser en gradations ou en secteurs, ni enfermer dans des mots. Comme ils ne veulent ni une simple adaptation de la domination existante , ni l’avènement d’une nouvelle domination sous d’autres formes, ils doivent partir d’une vision globale. Notre pensée est obligée de saisir le monde dans des concepts et des situations séparés pour aider à orienter la compréhension. Cependant, le monde en tant que totalité, de même que l’idée de liberté, est unique et indivisible et ne trouve de place que dans notre cœur. Sinon, l’affirmation de Bakounine ne serait pas compréhensible, selon laquelle nous ne pouvons être vraiment libres tant qu’un être humain est enchaîné dans le monde. Aujourd’hui plus que jamais, je pense que nous devons apprendre à ne pas faire attention qu’aux mots qui sont souvent trompeurs, mais plus au cœur, à ce qui résonne entre les mots. Si seuls les mots communiquent, la recherche de l’affinité finalement reste vaine. Un jour, quelqu’un a dit que celui qui a une tête d’âne ne peut soudainement découvrir en lui un cœur de lion.

Il me semble qu’aujourd’hui la seule issue pour la rébellion est de viser directement le cercle mentionné précédemment. Et pour cela, il nous faut aussi nous approprier les moyens culturels dont le pouvoir cherche à nous priver sur tous les plans. Un élément est certainement la connaissance sur l’objet de la volonté, celle-ci pouvant néanmoins aussi se transformer en obstacle et perdre le contact avec la réalité lorsqu’elle a une prétention exclusive. Un autre élément, encore plus important, sont certaines qualités, qui peuvent paraître fort peu modernes, mais qui sont la base pour le dépassement de la volonté vers l’action : en premier lieu le courage, la détermination, mais aussi, et absolument pas en opposition, l’amour, dans son fondement universel, l’ouverture aux autres, la sensibilité, la créativité.

Le livre, qui jusqu’alors semblait être au centre de l’évolution culturelle, est sans doute un objet passé de mode, et avec raison dans sa prétention à enserrer le monde dans une couverture. Nous pouvons bien-sûr vouloir l’envoyer au diable. Cependant, c’est un trésor quasiment inépuisable de stimulations devenues rares de nos jours qui pourrait nous échapper, comme occasion de réflexion provisoire d’approfondir et d’enraciner les éléments dont j’ai parlé.

Pour conclure, je pense que les anarchistes veulent la transformation révolutionnaire de l’ordre étatique reposant sur la violence et se fondant tout au long de son histoire sur les guerres, l’exploitation et la misère de masse pour procurer des privilèges à un groupe dominant. Une transformation dans le sens d’une association sans État, décentralisée, auto-organisée, d’individus, de groupes, de communautés, etc. Pas tous, mais la plupart des gens sont d’avis que les conditions de production technologiques actuelles sont incompatibles avec la perspective d’une autonomie en liberté. Les anarchistes veulent s’organiser spécifiquement en minorité révolutionnaire pour se battre à la première personne, ainsi qu’encourager à l’auto-organisation dans les luttes. En effet, seule cette dernière peut être la base d’une transformation révolutionnaire qui n’amène pas un nouveau groupe politique au pouvoir. Pas tous, mais la plupart pensent qu’une telle transformation ne peut être le résultat d’un Grand soir ou d’un simple travail éducationniste, mais qu’elle peut s’accomplir par une longue et parfois douloureuse série de luttes intermédiaires et de tentatives insurrectionnelles des opprimés. C’est pourquoi ils et elles veulent comprendre les évolutions des réalités sociales et des conflits, dans leur sens global, suffisamment pour s’impliquer, non pas comme un élément étranger, mais en y faisant des propositions et en y prenant des initiatives, là où ils voient un potentiel développement dans cette direction.

Bien-sûr, il se peut que je me trompe, mais c’est ce que je crois tirer de l’expérience du mouvement anarchiste, et aussi ce que je pense personnellement. Je pense en outre que des modifications globales du pouvoir sont en cours, qui pourraient signifier notre perte sans que nous le remarquions, si nous ne nous ouvrons pas à un renouvellement. Et le nouveau arrive toujours au travers de l’action.

J’espère que cette soirée a donné lieu à une discussion vivante, dans laquelle personne n’hésite à contredire et à confronter, non pas par volonté d’avoir raison, mais par la volonté de mieux comprendre pour mieux agir. En fin de compte, ayons le toujours à l’esprit, ce n’est rien de moins que notre vie qui est en jeu.

« Il faut encore avoir du chaos en soi, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. »

F. Nietzsche, « Ainsi parla Zarathoustra »

8 février 2019, prison de Zurich

[Traductions de l’allemand (Brief1 und Brief2) reçues par mail]


Relire deux affiches en solidarité avec le compagnon: 

Des attaques en solidarité avec le compagnon:

De Strasbourg à Charleville-Mézières à Angoulême : Dégradations contre superstition ! (MAJ 4/04/2019)

Publié le 2019-03-12 23:14:04

Strasbourg : Sympaty for the devil… mais surtout marre des bigots !

France3 / mercredi 6 mars 2019

« 666 » et autres « Satan » ont été retrouvés tracés à la craie sur les murs de l’église de Reichstett (Bas-Rhin), ce mercredi 6 mars 2019. L’un des vitraux centenaires a été brisé, de même que la totalité des fenêtres (en verre renforcé) des toilettes attenantes au lieu de culte.

L’acte aurait été commis dans la nuit du 5 au 6 mars, des riverains ayant entendu des éclats de voix d’adolescents entre 22 heures et 23 heures. Les gendarmes ont relevé des empreintes semblant appartenir à ces adolescents.

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Strasbourg : A l’église Saint-Louis de la Robertsau aussi

France 3 / lundi 11 mars 2019

Après l’église de Reichstett il y a moins d’une semaine, c’est l’église catholique Saint-Louis de la Robertsau à Strasbourg qui a été vandalisée, ce lundi 11 mars. L’abbé Pierre-Hubert Haag a découvert les dégâts vers 17h. Les bougies et la statue de Saint-Joseph ont notamment été renversées, l’autel dégradé, trois extincteurs vidés sur les boiseries. Le mardi 12 mars, le nettoyage des lieux a été entrepris par une poignée de fidèles. […]

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Charleville-Mézières : Allumer des cierges ? Mieux brûler une nappe sur l’autel !

L’Ardennais / jeudi 7 mars 2019

Un panneau d’affichage détérioré, tout comme des fleurs et le petit autel de la Vierge-Marie où le feu a été mis à une nappe. Des cierges ont été cassés. Mercredi vers 19 h 30, des fidèles ont aperçu deux jeunes partir en courant, de la basilique de Mézières.
Les deux jeunes venaient visiblement de commettre des dégradations dans l’édifice cultuel car les premiers témoins ont constaté tous ces dégâts dès leur sortie. Plus d’informations à venir.

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Angoulême (Charente) : L’église évangélique en aura pour 11 000 euros

Sud-Ouest / samedi 9 mars 2019

Samedi matin, à la première heure, l’équipe de fidèles chargée de faire le ménage dans les locaux de l’église évangélique d’Angoulême, située rue Fontchaudière dans le quartier de Saint-Cybard, a découvert un triste spectacle : le lieu de culte a fait l’objet d’un saccage en règle, vraisemblablement dans la nuit de vendredi à samedi. Les murs des couloirs et de la grande salle, les chaises et la scène ont été recouverts de peinture, tout comme la bibliothèque à l’entrée du bâtiment. La sonorisation neuve et le piano ont subi le même sort, recevant, en plus, le contenu des extincteurs… En plus de ces dégradations, du matériel a été volé, notamment des ordinateurs et des guitares… Le préjudice est estimé à près de 11000€.

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Mise à jour du 4 avril 2019 : Quatre jeunes arrêtés pour les dégradations de Strasbourg

extrait de France3 / jeudi 28 mars 2019

[…] Quatre mineurs (et non cinq comme indiqué plus tôt dans la matinée) deux filles et deux garçons âgés de 12 à 15 ans, scolarisés, (dont certain(e)s exclu(e)s) au collège Jules-Hoffman de Strasbourg ont reconnu les faits. Ils seront poursuivis pour dégradations volontaires en réunion par le parquet, nous a précisé la direction départementale de la sécurité publique du Bas-Rhin. Selon cette même source, ils seront présentés le 10 mai à un délégué du procureur de la République, qui décidera de la sanction à appliquer.

 

Lille : Les deux antipés incarcéré.e.s sortent en attente de leur procès

Publié le 2019-03-12 23:14:05

Le Figaro / mardi 12 mars 2019

Deux militants antispécistes, soupçonnés de dégradations de boucheries et restaurants dans le Nord, ont été remis en liberté aujourd’hui et placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur procès le 19 mars.

Le tribunal correctionnel de Lille a accédé à la demande de remise en liberté formulée par leur avocate Me Muriel Ruef, qui a plaidé qu’il n’y a «aucun motif de détention valable». Le ministère public avait requis le maintien en détention, estimant qu’il y a «un risque fort de réitération des faits». Les deux prévenus, une femme de 29 ans et un homme de 23 ans, sont poursuivis pour une quinzaine de dégradations de commerces dans la métropole lilloise du 28 décembre au 2 février, allant du «tag» au «jet de produits inflammables». Ils avaient été placés en détention provisoire le 8 février.

Ils seront jugés le 19 mars, avec deux autres prévenus placés sous contrôle judiciaire. Tous sont poursuivis en qualité d’auteurs ou complices des faits de dégradations volontaires aggravées, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte au deuxième semestre 2018 et confiée à la sûreté urbaine. Ces derniers mois, plusieurs commerces alimentaires de la métropole lilloise ont été vandalisés, parfois tagués «stop au spécisme». […]

Marseille : Le carnaval au soleil ? Les tisons !

Publié le 2019-03-12 23:14:06

Europe 1 / lundi 11 mars 2019

Le carnaval du quartier de La Plaine, à Marseille, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre dimanche après-midi, et de nombreuses dégradations ont été commises. Vitrines de magasins brisées, scooters et poubelles incendiés, caméras de vidéosurveillance détruites : sept personnes ont été interpellées dimanche soir à Marseille à l’issue du carnaval organisé dans le quartier de La Plaine, dont la rénovation est vivement contestée par des habitants depuis des mois. Le carnaval, qui avait débuté dans l’après-midi et rassemblé 3.400 personnes selon la police, a dégénéré en fin de manifestation et des affrontements ont éclaté jusqu’à 1h du matin entre les forces de l’ordre et quelque 300 manifestants.

Deux policiers ont été blessés lors des échauffourées, a indiqué la direction départementale de la sécurité publique (DDSP). L’Arc de Triomphe de la porte d’Aix a été taguée, des bombes agricoles jetées sur les policiers et « beaucoup d’établissements bancaires » vandalisés. Dans l’après-midi, des personnages en carton pâte caricaturant notamment le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin avaient été promenés dans la ville par les participants du carnaval, organisé chaque année.

La Provence / lundi 11 mars 2019

Scènes de guérillas urbaines hier soir dans le quartier de La Plaine et vers la Porte d’Aix. Selon nos informations, entre 100 et 150 personnes se sont opposées hier soir aux forces de l’ordre en marge du carnaval de La Plaine.
Outre l’Arc de Triomphe taggué sur toutes ses façades, du mobilier urbain a été dégradé en différents endroits. Des containers ont été incendiés. La vitrine d’une banque a été saccagée.
Des heurts concentrés en soirée autour des travaux menés sur la place Jean-Jaurès. Selon une source policière, il y a eu plusieurs tentatives pour faire tomber les murs encerclant le chantier.
Au total, sept personnes ont été interpellées pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique. Elles ont toutes été placées en garde à vue.

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Les couche-tard et le chantier…

extrait de Marsactu / lundi 11 mars 2019

Au milieu de la nuit de dimanche à lundi, la place Jean-Jaurès en chantier a été une nouvelle fois le théâtre d’affrontements, prolongement de ceux déjà esquissés durant l’après-midi, lors d’un face à face avec les forces de l’ordre en marge du carnaval. Selon La Provence, les agents de sécurité ont aussitôt prévenu les forces de l’ordre qui sont intervenues pour repousser la centaine d’individus qui tentaient d’occuper le chantier. Toujours selon le quotidien, sept interpellations ont eu lieu au cours de cette intervention et un policier a été blessé. […]

Graz, Autriche : Incendie d’une bagnole de Sodexo (collabo de la machine à expulser) en solidarité avec les prisonniers anarchistes en Italie – 6 mars 2019

Publié le 2019-03-12 23:22:04

Nous tenons spécifiquement à adresser une chaleureuse accolade à tous les anarchistes récemment incarcéré.e.s à Turin, Trente et Rovereto. SILVIA, NICCOLO, BEPPE, ANTONIO, STECCO, RUPERT, AGNESE, SASHA, POZA, NICO, GIULIO tutti liberi!

Paris/Vincennes : Un dimanche contre les Centres de Rétention

Publié le 2019-03-14 15:06:03

A 14h nous sommes près d’une centaine de personnes rassemblées devant la gare du Nord. Neuf camions de flics nous attendent au niveau du boulevard Magenta et sept autres vers la rue du Faubourg-Saint-Denis, prêts à nous barrer la route vers Barbès et La Chapelle où nous voulions passer.

On décolle finalement vers 14h30 à 150 en direction de Magenta derrière une banderole disant « Solidarité avec les révolté.e.s dans les centres de rétention » et traduite en arabe. Alors qu’on a à peine fait 20 mètres un flic s’approche et nous annonce pour la forme : « votre manif n’est pas déclarée. Vous serez bloqué.e.s. ». On fait quelques dizaines de mètres supplémentaires puis on est nassé.e.s. Dans un premier temps la nasse est plutôt lâche, plein de gens y entrent et en sortent (certain.e.s pour aller differ au rassemblement à République en soutien aux révoltes actuelles en Algérie) tandis qu’environ 150 personnes restent et entonnent des slogans (« Pierres par pierres, murs par murs, nous détruirons les centres de rétention ! », « Liberté pour tou.te.s ! Avec ou sans papiers ! », « Ni police, ni charité, vive la lutte des sans-papiers ! », « Liberté, Houriya, Freedom », etc…). Sur le parvis, en face de l’entrée principale de la gare, beaucoup de gens s’arrêtent, curieux. Certain.e.s leur donnent des tracts avec le texte d’appel en français et en arabe. Pendant au moins une heure, plusieurs slogans sont entonnés avec énergie.

Le temps passe et les gens se lassent, discutent mais ne gueulent plus. Après plus de deux heures les flics commencent à laisser les gens quitter la nasse de nouveau, mais par petits groupes et escortés jusqu’au métro. Une centaine de personne reste, exigeant de quitter la nasse tous.te.s ensemble, pour rester solidaires face aux éventuels contrôles d’identité. Les flics finissent par former une haie d’honneur entre la nasse et la bouche de métro. Tout le monde l’emprunte. Ils poussent les dernières personnes dans le couloir de la station puis, alors qu’un flic, seul, tente d’empêcher l’accès à la gare, plusieurs personnes le dépassent facilement suivies du reste du cortège qui s’élance à nouveau en reprenant les slogans. Ça résonne fort dans le grand hall de la gare ! On est une centaine à gueuler en avançant parmi la foule. Les flics, qui n’avaient pas prévu le coup, sont une petite dizaine à nous suivre sans nous bloquer. On décide de prendre le RER pour aller devant le CRA de Vincennes. Un rdv à 18h à la station Joinville-le-Pont avait circulé de bouche à oreille pour aller faire entendre notre solidarité avec les retenus par-delà les murs. Arrivé.e.s aux portiques on se les maintient ouverts pour que tout le monde passe.

On est encore une bonne soixantaine de personnes lorsqu’on arrive au RER de Joinville-le-Pont vers 17h45, soit un quart d’heure en avance sur l’horaire annoncé. Ne voyant pas de keufs sur notre chemin on décide de partir sans attendre en direction de l’arrière du CRA, d’où on est plus proches des retenus. Le cortège toujours bruyant prend la route banderole en tête, perturbant ainsi la circulation, et arrive sans encombre à proximité des bâtiments. Aucun flic à l’horizon. On fait le maximum de bruit en criant et en sifflant, certain.e.s en montant sur la butée alors que celleux resté.e.s sur la chaussée guettent l’arrivée des bleus. On marque une pause pour écouter s’il y a du répondant de l’autre côté des murs puis, entendant des cris, on recule vers l’A4 pour s’en rapprocher. Des bâches ont été posées sur les grilles intérieures pour empêcher les retenus de voir vers l’extérieur, sauf à certains endroits ! On a pu voir quelques personnes à travers une fenêtre qui n’avait pas été condamnée. Ils sautent à l’intérieur, nous sautons à l’extérieur. Il nous entendent et gueulent avec joie. Idem de notre côté. Après un quart d’heure d’échange, une dizaine de camions de flics arrive mais nous avons le temps de nous regrouper. Ils nous nassent pendant 10 minutes puis nous escortent jusqu’au quai du RER. On repasse devant un terrain de foot où des joueurs, nous ayant vu un peu plus tôt marcher en sens inverse, nous relancent en scandant « Liberté pour tou.te.s ! ».

Contre l’enfermement, à bas les frontières !

N.B : Le même jour, un rassemblement contre les CRA avait lieu à Toulouse.

Contact : anticra_AT_riseup.net

Repris d’Indymedia nantes

[Turin] Bloquons la ville !

Publié le 2019-03-14 15:06:03

BLOQUONS LA VILLE !

Ils font la guerre aux pauvres et ils appellent ça requalification.
Résistons contre les proprios de la ville !

Gouvernements et proprios essayent de nous étouffer avec une normalité faite de guerres, militarisation des villes, conditions d’exploitation de plus en plus dures, traque aux immigrés et haine entre les pauvres.

Ils veulent se débarrasser de celleux qui cherchent à lutter contre la dégradation des conditions de vie et qui tentent de subvertir cet ordre social. C’est le cas des 13 compagnon.ne.s arrêté.e.s en février dernier.

Continuons à résister et à lutter !

GIADA, SILVIA, ANTONIO, LORENZO, NICCO, BEPPE, POZA, STECCO, NICO, AGNESE, SASHA, RUPERT, GIULIO :

LIBERTÉ POUR TOUS ET TOUTES !

SAMEDI 30 MARS 2019 MANIFESTATION A TURIN

 

 

 

 

 

 

 

 

[reçu par mail]

Turin (Italie) – Les oreilles de Mme Petrotta

Publié le 2019-03-14 15:09:03

À force d’avoir les oreilles qui sifflent, le problème a finalement été trouvé et résolu. Les longues oreilles de la police et du procureur Pedrotta sont celles qui ont écouté secrètement les voix de la vie quotidienne et les mots échangées dans la cuisine du logement situé au cinquième étage de la maison occupée au 45 Giulio Cesare pendant deux ans et demi. Ce sont ces micros qui ont rassemblé des enregistrements, transcrits plus tard dans les dossiers de la dernière enquête, apportant la preuve que les personnes inculpées se connaissaient, parlaient ensemble régulièrement, s’inquiétaient de la création d’une base de données ADN et de l’impossibilité de résister au prélèvement, discutaient de la rédaction d’un texte à publier ou discutaient de ce qui les regardent.

À force d’écouter et de fourrer le nez dans la vie d’autrui on espère, au moins, que Mme Pedrotta, ait avalé de  travers ou qu’elle ai loupé la marche.

 repris de macerie

Opération Renata (Italie) – Demande de libération rejetée pour les compagnons arrêtés le mois dernier

Publié le 2019-03-14 15:09:04

Le tribunal des « riesame » (JLD) a statué et confirmé toutes les mesures préventives. 6 personnes sont actuellement en détention, et une assignée à résidence.

Selon la presse, 4 seraient sous le régime du 41 bis (régime spécial de haute sécurité qui suspend les conditions ordinaires de détention, mis en place à l’origine dans le cadre de la lutte antimafia, élargi ensuite au « terrorisme » : avec par exemple des restrictions ou contrôle du courrier et des visites, aucun contact avec les autres détenus, promenade d’une heure par jour…).

Quatre d’entre sont tenus responsables d’association subversive à finalité terroriste, tandis que trois d’entre eux d’attentat à finalité terroriste.

Les merdias porte-paroles dévoués des flics parlent également de fabrication de faux documents d’identité et de liens avec des réalités analogues en Italie, Suisse, Grèce et Espagne.

Pour rappel les compagnon.nes sont accusé.es de différentes attaques :

– contre le laboratoire de mathématiques industrielles et de cryptographie de l’Université de Trente;

– contre une filiale d’Unicredit, avec engin explosif;

– l’incendie d’une antenne relais, dans la région de Monte Finonchio. (des dispositifs utilisés pour la transmission des carabiniers, dont les dommages ont entraîné une interruption temporaire des liaisons radio);

– la tentative d’incendie de neuf véhicules de la police municipale;

– une attaque à l’explosif au siège de l’agence de travail temporaire Randstad;

– et la mise en place de deux engins explosifs, dont un seul a explosé, près du siège de la « Lega »  à Ala (la veille de la venu de Salvini).

Une manifestation a lieu samedi 16 mars à 15h, à Trente, en solidarité avec les personnes inculpé.e.s.

reformulé depuis la presse

Kiev (Ukraine) : Des anarchistes tirent contre les fenêtres du tribunal de Goloseyevsky

Publié le 2019-03-15 08:08:04

A2day /

Le matin du 12 mars 2019, la police a fait une déclaration à propos d’une attaque contre un tribunal.

La veille, nous, anarchistes de Kiev, avons mené une action en solidarité avec l’anarchiste Azat Miftakhov, emprisonné à Moscou.
En prison, dans les griffes du système pénal, nos compagnons doivent être conscients de notre soutien, qui s’exprime d’habitude avec des concerts, des rassemblements, des lettres… Mais plus important encore est la certitude que leur cause continue à vivre, la certitude dans le bien-fondé et dans la poursuite de leur lutte. Peu nous importe si Azat est impliqué ou pas dans des attaques à l’explosif et dans d’autres faits, puisque, aux yeux de l’État, quiconque se dise anarchiste est déjà coupable et mérite une punition.

Le mieux que nous pouvons faire pour eux est de continuer le combat et la résistance. Dire clairement que la répression n’est pas seulement une raison de montrer de la solidarité, pour camaraderie, mais aussi de comprendre une fois de plus la nécessité de la complète destruction de l’État et des toutes ses expressions. Qu’est ce qu’il pourrait y avoir de mieux pour un compagnon que de voir que la répression ne fait que radicaliser et rassembler le mouvement, que son enfermement n’est pas en vain et que, peu importe ce qui peut lui arriver, sa cause vivra jusqu’à la victoire complète de la révolution sociale.

Cette fois, nous avons décidé d’utiliser la méthode de l’attaque, peu courante dans le contexte de cette affaire, avec des tirs de fusils. On a fait 15 trous dans les fenêtres des juges du tribunal de l’arrondissement de Goloseyevsky, à Kiev.

L’angle de tir et le lieu ciblé n’ont pas été choisis au hasard ; on a pris toutes les mesures pour éviter des blessés parmi les personnes non impliquées. Seulement des personnes qui appartiennent à des structures de pouvoir, des représentants des autorités et des citoyens zélés qui auraient décidé de nous arrêter auraient pu être frappés. Toute victime accidentelle était exclue.

Liberté pour Azat ! Compagnons anarchistes, c’est l’heure de passer des protestations à la résistance ! Avec solidarité et salutations partisanes !

Des anarchistes

De Lyon aux Yvelines : L’envie de liberté est plus forte que leurs barreaux

Publié le 2019-03-15 08:42:03

Lyon : Pourquoi retourner derrière les barreaux ?

Le Progrès / jeudi 14 mars 2019

[…] Condamné à deux ans de prison pour vols aggravés, cet individu était incarcéré à la prison de Villefranche. Mi-janvier, il a bénéficié d’une permission mais n’a pas réintégré la prison. En fuite, il était susceptible de se trouver dans le 1er arrondissement, où il a des attaches. C’est là qu’il a été repéré mardi, rue des Pierres Plantées. Son interpellation n’a pas été facile, car il a pris la fuite en direction du Rhône. Après une longue poursuite, il a finalement été arrêté place Louis Chazette.

À la fin de sa garde à vue, il a été jugé ce mercredi pour évasion et condamné à deux mois d’emprisonnement

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Prison de Bois-d’Arcy : Pourquoi laisser les barreaux à leur place ?

Le Parisien / jeudi 14 mars 2019

[…] Deux détenus de 22 et 23 ans ont été déférés ce mercredi au parquet de Versailles. Jugés tard dans la soirée, les deux hommes ont écopé de huit et douze mois de prison ferme pour avoir fomenté un projet d’évasion à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, dans le courant du mois de février.
Le 22 février dernier, les gardiens mènent une inspection dans la prison et découvrent qu’il manque le barreau central à la fenêtre d’une cellule. Ils se rendent compte que les occupants des lieux ont également creusé un trou de trente centimètres sur trente au travers duquel un homme pourrait passer sans difficulté. Les agents mettent la main sur le barreau manquant caché dans la chambrée.
Les deux prisonniers suspects, qui sont incarcérés pour des faits de vol en bande organisée et association de malfaiteurs, sont immédiatement changés de cellule et le parquet demande aux enquêteurs du commissariat de Plaisir d’ouvrir une enquête. « Le trou menait dans la cour de la prison, explique une source proche de l’affaire. Une fois arrivé dans la cour, il faut passer un grillage et le mur d’enceinte avant de recouvrer la liberté, ce qui n’est pas vraiment facile. » […

Document interne des renseignements français : Aide technique à la surveillance et filature – le balisage

Publié le 2019-03-15 08:44:03

Des oreilles et des yeux / mardi 12 mars 2019

Aide technique à la surveillance et filature – le balisage, document interne des services de renseignements français, est un manuel expliquant la pose et l’exploitation de balises de localisation sur des véhicules dans le but de surveiller des déplacements. Il a été publié dans Tarnac, Magasin général, livre paru en 2012 qui raconte l’« affaire Tarnac » (dans laquelle des personnes ont été mises en examen, accusées de sabotages de lignes de chemin de fer). Il daterait du milieu des années 2000, d’après un article du journal Médiapart qui a accompagné la publication du livre.


Ce document peut être téléchargé ici.

Le document explique d’abord les techniques de pose de balises sur des véhicules selon différents cas de figure (emplacement du véhicule, possibilité de déplacer le véhicule ailleurs pour poser la balise…). Ensuite, il présente différents types de balises et la manière de les utiliser.

Dans le cas du « Tracking Datong », la balise (appelée « dispositif Datong » dans le document), placée sur le véhicule à surveiller, émet des ondes radios qui sont réceptionnées par un ou plusieurs « véhicules suiveurs » conduits par des flics. Les « véhicules suiveurs » se chargent de prendre en filature le véhicule à surveiller lors de ses déplacements. Ce type de balise implique que les flics restent à proximité du véhicule à surveiller (dans le périmètre d’émission des ondes radio de la balise) pour pouvoir le localiser.

Dans le cas du « Tracking GPS », la balise utilise le système de positionnement par satellites GPS (Global Positioning System) pour localiser le véhicule. Concernant la récupération par les flics des informations obtenues par la balise, le manuel détaille deux cas possibles :

Servanches (Dordogne) : Briquet contre fusils

Publié le 2019-03-15 09:02:03

France Bleu/ samedi 9 mars 2019

Le ball-trap de Servanches se retrouve de nouveau fermé, mais cette fois cela ne fait pas suite à une décision de justice. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un incendie a ravagé tout le club-house, un bâtiment qui abritait du matériel nécessaire au fonctionnement du site. Ce sont des employés qui ont découvert l’ampleur des dégâts à leur arrivée sur place.

« Des personnes ont pénétré sur le Périgord Shooting Club et ont incendié volontairement tout le club-house » explique Benjamin Tranchant, le propriétaire des lieux. […]
Depuis plusieurs années, le ball-trap de Servanches se trouve au cœur d’un conflit entre les opposants qui dénoncent le bruit et la pollution, et les amateurs de ball-trap ainsi que le propriétaire des lieux. Alors pour Benjamin Tranchant, difficile de ne pas faire le lien, même si l’enquête est en cours et les auteurs ne sont pas encore identifiés
[…] Suite à cet incendie, deux employés à plein temps se retrouvent au chômage technique. Certains prestataires ponctuels risquent de l’être également. Les dégâts ne sont pas encore chiffrés, mais selon Benjamin Tranchant, ils s’élèveraient à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Thérèse Kohler, la porte-parole du collectif d’opposant au ball-trap a exprimé sa colère suite aux propos de Benjamin Tranchant : « Cela me met hors de moi ! Le collectif se distance de l’incendie, on ne savait rien et on a rien à voir avec ça. » 

 

Grèce : Attaques incendiaires contre un commissariat et le consulat turc – 2 et 3 mars 2019

Publié le 2019-03-15 09:03:04

Les 2 et 3 mars, des révolutionnaires ont mené à bien des attaques contre un commissariat de police à Athènes et le consulat turc à Thessalonique.

Le 2 mars à Athènes, une quarantaine de compagnon.ne.s entièrement cagoulé.e.s a attaqué le commissariat du quartier de Koukaki en lançant au moins quatre cocktails Molotov. L’entrée du bâtiment a été endommagée, de même que deux véhicules de patrouille garés à l’extérieur. La police a arrêté dix personnes.

Le 3 mars à Thessalonique, environ cinquante révolutionnaires ont attaqué la police qui gardait le Consulat de Turquie vers 2h40, en lançant des pierres er des cocktails Molotov. La police a risposté par des salves de grenades lacrymo et assourdisssantes, mais les assaillants se sont enfuis sans qu’il n’y ait d’arrestation.

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, Marzo 6, 2019.]

Engie étend ses tentacules technologiques pour toujours plus de domestication et de contrôle

Publié le 2019-03-15 09:04:04

[Un article de BFM Business daté du 13 mars 2019 nous apprend que l’entreprise énergivore Engie, déjà connue pour être impliquée dans la prestation de services de nombreuses prisons et centres de rétention, se perfectionne dans de nombreux domaines autre que celui de la production et de la distribution d’énergies (y compris l’industrie éolienne), comme par exemple l’aménagement du territoire pour des villes connectées appelées « smart cities » ou la mise au point de plateforme big data (sa filiale Ineo a été choisie pour réaliser celle de Marseille, cf communiqué renvendiquant l’incendie d’un véhicule Engie). Ainsi, elle devient un rouage toujours plus nuisible et mortifère de la domination]. 


« Engie poursuit sa diversification et prend pied dans les télécoms

Nouveau champ de bataille pour Engie. L’acteur spécialisé dans l’énergie poursuit en effet sa diversification, le groupe entend en effet peser dans la question des territoires connectés, à savoir l’éclairage connecté, la sécurité, le stationnement intelligent mais également la connectivité à travers des solutions multi-technologies.

Dans ce cadre, à travers son entité Ineo Digital, l’entreprise s’est offert en décembre dernier une participation minoritaire aux côté d’un autre actionnaire dans Netalis [1], un opérateur télécoms alternatif B2B [2] basé à Besançon et spécialisé dans la fibre optique et les services pour les entreprises [2]. Sujet ô combien stratégique et porteur, le monde professionnel étant aujourd’hui moins bien pourvu que le grand public.

Cette opération est l’énième illustration de l’appétit grandissant envers les « petits » opérateurs télécoms à vocation professionnelle, un secteur en pleine croissance et effervescence vu l’importance croissance des questions de transformation numérique et/ou d’aménagement du territoire.

Mais si la plupart des opérations de rachat sont menées par des opérateurs historiques (exemple, les rachats de Nerim et Keyyo par Bouygues Telecom, celui de Jaguar Network par Free), cette fois c’est donc un acteur de l’énergie qui se positionne.

Adresser les Smart-Cities

« Il s’agit de compléter nos expertises par des solutions de connectivité multi-technologies », explique Engie. Il ne s’agira pas de lancer des offres grand-public haut débit ou mobiles ou encore venir se frotter aux géants que sont Orange Business Services ou encore SFR Business qui se partagent 85% du marché B2B mais de proposer des offres personnalisées de connectivité aux entreprises, villes ou aux collectivités qui sera alimentée par les briques technologiques de l’opérateur/hébergeur.

Engie proposera ainsi dans le même temps aux villes des solutions énergétiques et de connectivité combinées à des services dédiés, un ensemble résumé par l’appellation « smart-city » ou ville intelligente.

D’ailleurs, les deux entreprises ont déjà travaillé ensemble dans des projets de connectivité urbaine qui préfigurent les collaborations futures. La Ville de Gray, Netalis et Engie ont collaboré pour mettre en place un réseau de Wifi événementiel baptisé « Gray Open Wifi » (GoW) qui a pu être testé avec succès à l’occasion du festival Rolling Saône en 2016).

De son côté, Netalis met en avant un « partenariat renforcé avec une entité du groupe Engie au profit de nos clients respectifs pour créer des offres communes pour les entreprises et territoires ». C’est le premier tour de table pour l’opérateur dont les dirigeants-fondateurs conservent la majorité du capital.


Notes:

[1] Entreprise basée à Besançon (25000), elle a son siège au 4 chemin de l’ermitage
Immeuble Le Pulsar – ZI Palente.

Voici comment elle se présente: « Société créée en 2015 par des professionnels ayant une large expérience dans les infrastructures et services Internet, Netalis SAS est un opérateur de solutions numériques résolument tourné vers l’innovation et la proximité avec ses clients professionnels indépendants, TPE, PME et collectivités/institutions. Nous pensons qu’un fournisseur de services télécoms et IT doit avoir une vision « de bout en bout » pour accompagner l’entreprise jusqu’au data center. C’est pourquoi nous avons conçu des offres d’accès Haut Débit et Très Haut Débit qui peuvent être très simplement associées à des services Cloud (SaaS et IaaS).

[2]

[2]

Caen, France : Rien n’est fini…

Publié le 2019-03-16 08:22:04

Tract diffusé dans les rues de Caen (Calvados) sur la lutte en cours.

RIEN N’EST FINI…

Le mouvement dit des gilets jaunes semble être arrivé à un tournant. La répression et la fatigue ont fait leur œuvre, comme les appels incessants à rentrer dans des logiques institutionnelles (Grand débat, élections, RIC…), ou encore le manque de réaction face à la présence de groupes d’extrême-droite et de leur idéologie dont la seule volonté est de renforcer un ordre qui nous piétine. C’est pourquoi nous devons retrouver la force et la détermination de décembre et début janvier. Rappelons-nous le 5 janvier où nous étions nombreux et nombreuses à exprimer notre colère en restant solidaires et en assumant de prendre l’initiative. C’est d’ailleurs l’un des Actes où il y a eu le moins d’interpellations.

Pour nous, retrouver cette force peut passer aujourd’hui par clarifier nos positions contre le système capitaliste et lutter concrètement contre l’exploitation, les inégalités et la domination en général. Déjà, à plusieurs endroits, des Pôles emplois, ces lieux de répression des chômeurs et chômeuses, sont visés en semaine par des personnes en lutte. Des jonctions se font aussi avec des salarié-es grévistes et des boîtes en lutte. Ailleurs, ce sont des locaux de partis politiquesqui sont attaqués, tandis que globalement des actions de blocage économique continuent, que ce soit par des perturbations ou par des sabotages. A nous de trouver un second souffle localement.

La force du début du mouvement était dans sa détermination etsa capacité à imaginer de nouvelles actions, y compris des actions coups de poing en dehors des actes rituels du samedi. Ne pas être là où les flics nous attendent nous donne un avantage. Les reculs du gouvernement lors de la réforme des retraites de 1995, lors du Contrat Première Embauche en 2006, ou plus récemment à Notre-Dame-des-Landes contre le projet d’aéroport international, ont été arrachés par l’action déterminée, en multipliant les blocages et les occupations, en affrontant les flics quand c’est nécessaire, en perturbant le cours normal des choses jour après jour. Marcher n’est pas suffisant pour établir un quelconque rapport de forces. Et l’agglomération caennaise ne manque pas de cibles: lieux institutionnels (Préfecture, mairies, conseil régional), locaux d’élu-es et de partis, dépôts pétroliers, gare SNCF, centre routier de Cormelles, aéroport, périphérique, péage autoroutier de Dozulé, port de Caen-Ouistreham, pôle emploi, Direction départementale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi à Hérouville, zones industrielles de Blainville, d’Ifs ou de Carpiquet, commerces, banques, centres d’impôts, Data center etc.

Il y a encore beaucoup de pistes à expérimenter: des jonctions avec des habitants et habitantes des quartiers populaires, avec des salarié-es, avec des chômeurs et chômeuses, avec des lycéen-nes et des étudiant-es, toujours en s’auto-organisant à la base à travers des groupes affinitaires et des assemblées de lutte indépendantes des bureaucraties syndicales. Les assemblées sont des lieux de discussion, d’échange, de coordination et de prise de décisions. Elles regroupent des individu-es en lutte, syndiqué-es et non-syndiqué-es, en essayant que tous et toutes soient à égalité. Elles ne doivent se transformer ni en chambre d’enregistrement de décisions prises ailleurs (sur des réseaux sociaux, dans des commissions ou des groupes constitués), ni en agora où tout se discute mais rien ne se concrétise. Tout n’a pas à se décider en assemblée –par exemple un sabotage n’a pas besoin de permission –mais sans elle il est difficile d’être une force collective.

Au-delà, l’auto-organisation n’est pas seulement un moyen de lutter. Elle montre que nous sommes capables de se prendre en mains et de nous défaire de nos dépendances aux élu-es, au patronat et à l’Etat. A travers des assemblées de boîtes, de quartiers, de villages, des mutuelles d’entraide, des cantines populaires, des solidarités de base, des bandes de potes rebelles, des communautés séditieuses, nous pouvons nous auto-organiser de manière autonome et sans hiérarchie. C’est ce qui a commencé à se vivre sur les ronds-points. Nous n’avons pas besoin de chefs, seuls les chefs ont besoin de nous et de notre soumission.

L’arrivée des syndicats dans le mouvement n’est d’ailleurs pas une bonne nouvelle. S’ils peuvent contribuer à étendre le conflit en posant des préavis de grève, ce sont aussi les champions de la transformation de la lutte en mise en scène inoffensive et de la cogestion du système. Cela fait des années qu’ils nous baladent sans jamais vraiment lutter. En décembre, la plupart des directions syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU) s’étaient ralliées au gouvernement en condamnant la violence des gilets jaunes. Aujourd’hui, après 4 mois de gazet de coups de matraques, certaines se découvrent des affinités avec la lutte en cours… Mais les syndicats savent très bien faire semblant de mener des actions directes, mimant des blocages en réalité négociés à l’avance avec la Préfecture et le patronat.Ils nous ont déjà fait le coup à plusieurs reprises, comme lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2010, où les blocages étaient rendus effectifs qu’à la condition de déborder ceux prévus et négociés par les syndicats. Prévenu à l’avance, lepatronat s’était évidemment organisé en amont et legros descamions de marchandises était déjà parti. Quelques feux de palettes pour les caméras ne créent pas de rapport de force. Souvenons-nous aussi que la CGT avait en 2016 maintenu un espace entre la tête de manifestation et le reste du cortège à la demande du chef de la sécurité publique Papineau afin de faciliter l’intervention des flics… Un exemple parmi tant d’autres de ce que cogestion syndicale veut dire. C’est pourquoi nous avons tout intérêt à maintenir fermement notre autonomie par rapport aux syndicats. Des anarchistes.

Le tract au format PDF


[Reçu par mail]

Foix (Ariège), France : Le « pôle économique » au ralenti pendant une semaine après le sabotage incendiaire du répartiteur Orange (5 mars 2019)

Publié le 2019-03-16 08:22:06

Nous évoquions dans un précédent article la nouvelle d’un sabotage des télécommunications à Foix, en Ariège, dans la nuit du 4 au 5 mars 2019.

On en sait désormais davantage sur le procédé de mise à feu et les dégâts économiques engendrées par l’incendie de ce répartiteur Orange aux abords de la zone commerciale de Peysales, au sud de la ville. Les communications n’ont été totalement rétablies que dimanche 10 mars tard dans la soirée.

« Selon nos informations, ses auteurs ont d’abord tenté d’ouvrir au pied de biche le local technique d’Orange, sans y arriver. Ils ont néanmoins réussi à forcer l’ouverture d’une chambre souterraine, fermée par des plaques de fonte. Dans le trou, ils ont jeté des palettes, aspergé le tout d’essence et mis le feu. La chaleur et les flammes ont rongé la gaine des câbles de communication, ce qui oblige l’opérateur à changer l’ensemble de ces câbles [300 mètres de câbles ont entièrement cramé]. Un mode opératoire rarement observé par Orange dans la région, sur les cas de vandalisme ».

Ainsi, La Dépêche du 8 mars 2019 nous dit que « la zone commerciale de Peysales [fonctionne] au ralenti ».

Alors que dans un premier temps elle parlait uniquement des dysfonctionnements causés à l’enseigne Leclerc, on apprend que plusieurs autres enseignes et commerces de la zone (Intermarché, Lidl, Optique 2000, concessionnaire automobile…), ainsi que des organismes d’Etat comme Pôle Emploi ou la CAF ont connu de fortes perturbations une bonne partie de la semaine. C’est en partie le cas pour le magasin Intermarché qui, d’après le patron, aurait accusé environ 8 000 € de pertes financières en carburants par jour, entre mardi 5 et vendredi 8 mars. Mardi, le réseau interne de l’enseigne était hors-service. Ce vendredi, les paiements en carte bancaire à la station essence ne passaient toujours pas, ce qui a bloqué toute livraison 24 h/24. Concernant les commandes au « drive », qui se font uniquement par Internet, elles ont diminué de moitié ces derniers jours. Les « pertes totales sur la semaine pourraient s’élever à 10-15 %… », d’après l’exploiteur en chef.

« Dans la galerie marchande, la boutique Optic 2 000 est totalement privée de communication depuis mardi. « J’ai environ 70 montages optiques qui sont prêts, mais comme les paiements par cartes bancaires et le distributeur de billets de la galerie sont bloqués, je préfère attendre pour prévenir les clients », explique l’opticien Christian Buand. Même exaspération chez Jean-Paul Marhuenda, directeur de la concession Renault-Nissan. « Le planning de l’atelier était quasiment vide, faute de pouvoir prendre des rendez-vous par téléphone ou par Internet. Sans compter les essais de voitures qui n’ont pas eu lieu et l’insatisfaction des clients… » Pôle Emploi a également subi d’importants ralentissements. Ordinateurs bloqués, accès aux dossiers impossibles ou très lents. Difficultés à obtenir un interlocuteur local au téléphone. […] La Caisse d’allocations familiales de l’Ariège avait même baissé le rideau hier (jeudi 7 mars). Les premiers jours, les allocataires étaient pris en charge par téléphone via la plate-forme téléphonique de Tarbes, mais une coupure totale d’Internet à partir de jeudi après-midi a contraint l’administration à fermer ses portes aux quelque 200 usagers attendus hier.

Bien évidemment, quand les structures de l’économie sont à ce point perturber, les larbins de l’Etat que sont les journaflics se lancent dans des pistes d’enquête en s’interrogeant sur qui aurait bien pu « vouloir paralyser ce pôle économique »?

« La zone de Peysales, qui abrite une vingtaine d’entreprises et 300 emplois est une cible de choix pour qui voudrait frapper l’économie de la cité comtale. »

La seule piste évoquée reste celle des anarchistes, rappelant l’attaque incendiaire contre trois sites d’Enedis dans la nuit du 5 au 6 décembre 2018, revendiquée à travers un communiqué publié sur internet quelques heures après.

 

Comme une étincelle à travers la gorge – compil de textes sur les opérations répressives en italie

Publié le 2019-03-16 08:22:07

Les traductrices ont fait le choix de sortir des infos du tac-au-tac : cette petite brochure est vouée à servir de support pour des initiatives de solidarité en milieu francophone. Fait par-ci, par-là en début du mois de mars.
Textes tirés de diférents sites. Entre autres : www.autistici.org/macerie/ et roundrobin.info.

Lettre ouverte aux grévistes du climat

Publié le 2019-03-16 08:23:04
Mar 152019
 

Soumission anonyme à  North Shore Counter-Info

Préface: Nous avons écrit ce texte pour le distribuer à la manifestation de la grève du climat ce vendredi 15 mars. C’est un travail en cours, mais nous désirons le partager à l’avance au cas où d’autres aimeraient s’en inspirer pour d’autres villes. Adaptez ce texte à votre contexte.

Premièrement, Merci. Merci d’en avoir quelque chose à foutre. Merci de décider qu’il y a des futurs pour lesquels ça vaut la peine de se battre, même quand le futur qu’on nous propose semble de plus en plus sombre. La bonne nouvelle c’est que vous êtes ici, avec votre corps, en même temps que tellement d’autres à travers le monde. Aujourd’hui, nous avons l’occasion de reconnaître que nous sommes connectés les un.es aux autres et aux autres êtres vivants et non-vivants de cette planète, d’une manière beaucoup plus complexe et belle que ce que n’importe quel #hashtag pourrait exprimer.

Plusieurs fois par semaine, une nouvelle histoire d’horreur ou une ­autre prédiction catastrophique nous rappelle que nous sommes face à une menace existentielle. Les expert.es n’étudient plus comment prévenir les changements climatiques, mais bien comment nous pourrions en atténuer les effets. Nous savons déjà que tout va changer. La question pour 2019 et pour cette génération est : changer vers quoi ?

Les vautours tournent déjà en rond au-dessus de nos têtes.

Les corporations demandent : « Comment pouvons-nous en profiter ? » Leur but sera toujours le profit, que ce soit en forant un nouveau puits de pétrole sous les glaciers qui fondent ou en commercialisant un nouveau produit « vert » pour nous apaiser.

Les gouvernements demandent : « Comment gardons-nous le contrôle ? » Leur but sera toujours de consolider leur pouvoir, que ce soit en augmentant leurs programmes de surveillance ou en encourageant le « dialogue démocratique », tant que celui-ci ne devienne pas hors contrôle bien entendu. Les gouvernements les plus adaptés feront ceci au nom de la lutte contre les changements climatiques. Ici au so-called Canada, le gouvernement n’est pas aussi subtil et pousse encore pour une expansion massive de l’exploitation des hydrocarbures et des projets miniers, les imposant de force aux communautés autochtones par la force des armes si ils et elles ne peuvent pas être acheté.es.

Les politicien.nes, incluant les carriéristes qui se définissent comme activistes, demandent : « Comment exploiter la peur grandissante et l’insatisfaction générale à notre seul avantage ? » L’histoire nous démontre clairement que si ces personnes parviennent à prendre le leadership d’un mouvement, ils et elles récupéreront le pouvoir exactement au moment où nous devenons une véritable menace pour l’ordre établi. Ceux et celles au pouvoir dépendent de cette récupération, dépendent du fait que notre rage soit dirigée vers des cul-de-sac. Organisons-nous, mais pas derrière ces politicien.nes qui tentent de nous vendre la version de l’Espoir™ la plus tendance.

Nous ne savons pas exactement de quoi un « monde meilleur » aurait l’air. Mais comme vous, nous avons le sentiment qu’il faut essayer. Nous ne voulons pas simplement être du « bon côté de l’histoire », ce piège narcissique. Nous voulons être efficaces dans un cadre éthique qui met en valeur la liberté, l’autonomie et la solidarité. Commençons à prendre au sérieux l’idée que nous pourrions avoir un impact. Pour ce faire, nous proposons une résistance joyeuse, stratégique et féroce qui pourrait inclure ces ingrédients :

Des transformations, pas des réformes. Le capitalisme tue la planète. C’est un système basé sur une croissance infinie, et ne sert que les riches et les puissant.es. Aucun changement de mode de vie et aucune réforme gouvernementale ne parviendra à changer cela. Le capitalisme doit partir. Ceux et celles au pouvoir ne seront pas simplement persuadé.es de changer leurs façons de faire ou d’abandonner leurs pouvoirs et richesses accumulés à travers les siècles grâce au patriarcat, au pillage colonial et à l’exploitation des masses.

La police nous bloque le chemin. Peut-être retenez-vous déjà votre souffle quand vous croisez la police. Si ce n’est pas le cas, rappelez-vous que même la police la plus sympathique devra suivre des ordres pour éviter d’être renvoyée. Les policier.ères sont les chiens de garde violents de ce système pourri. Pour faire une simple brèche, beaucoup de gens devront briser de nombreuses lois, et pas simplement dans le style symbolique du « arrêtez-moi devant les caméras ».

Construisons des vies qui en valent la peine. Nous sommes cyniques, mais pas dépourvu.es d’espoir. Lorsque nous refusons d’abdiquer et construisons plutôt des vies qui valent la peine d’être vécues maintenant, nous avons un aperçu d’un futur différent et le désir grandissant de nous défendre. Nous voulons des vies collectives remplies d’empathie, de créativité et d’ouverture.

Merci encore d’être ici, d’être venu.es. Ceci est le début d’une longue route ou encore d’une corde raide. Marchons ensemble, et tentons d’éviter les pièges qui nous guettent.

-quelques anarchistes

Espagne : La compagnonne Lisa transférée en Catalogne – 13 mars 2019

Publié le 2019-03-16 14:04:04

Lisa a été transférée en Catalogne.
Mercredi 13 mars, nous avons reçu un appel de la compagnonne le soir même affirmant qu’elle avait été transférée en Catalogne, plus précisément à Brians I.

Son régime de détention reste le même qu’à Soto del Real, second degré, sans écoute des communications téléphoniques, ni restriction de courrier et sans être à l’isolement.

Nous continuons d’encourager à écrire et à continuer de rendre la solidarité latente.

Lisa Dorfer

C.P Brians I

Carretera de Martorell a Capellades, Km 23

08.635, Sant Esteve Sesrovires

España

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, 15.03.2019]

Elisa et Gabriel : Libres et dangereux.ses

Publié le 2019-03-16 14:04:05

Anarhija / vendredi 15 mars 2019

Ardire, Scripta Manent, opération Bujo… ça vous dit quelque chose? Voilà seulement quelques-unes des “opérations” judiciaires-policières que notre « clan » a vécu sur sa peau, à cause du fait qu’on est anarchistes et qu’on le reste, jusqu’au but.

On est un clan nomade, qui va de pays en pays à la recherche de complices qui pratiquent l’anarchisme sans demander approbation ni consensus, qui agissent sans se préoccuper des discours « politiquement corrects » (si à la mode de ces temps) qui hantent nos chapelles. Ce n’est pas non plus l’« esthétique » qui nous intéresse, mais l’« éthique », le concret, le réel…

On cherche un anarchisme qui se salisse les mains, qui nos garde éveillé.e.s et toujours en garde (au contraire de toute autosatisfaction) ; cet anarchisme qui ne plaît pas et qui dérange les serviteurs de l’État, qui n’épargnent pas leurs efforts pour nous emprisonner.

Ce n’est pas facile d’aller d’un lieu à un autre. C’est d’autant plus difficile avec notre fille, cette petite beauté qu’on a appelée Iraultza, et avec une compagnonne canine qu’on renoncera jamais à amener avec nous, puisqu’elle est partie intégrante de notre clan.

A ce qu’il paraît, l’État espagnol n’a pas encore arrêté de vouloir m’emprisonner, à cause d’une peine qui me reste à purger, et qui existe seulement dans son esprit pourri et dans ses papiers de merde.

Dans ces conditions, on a décidé de vivre dans l’ombre, en emmenant notre contribution invisible dans tous ces projets qui ont de l’intérêt pour nous et dont nous nous sentons complices.

Nous exprimons toute notre solidarité subversive avec les compagnon.ne.s dignes sous procès en Italie et dans le monde entier. Nous n’avons aucune déclaration à faire dans les salles de tribunal, parce qu’on s’en fiche de leurs théâtres et de leurs mascarades, de leurs accusations et de leurs acquittements.

La meilleure façon de propager l’Anarchie est celle de la vivre intensément, pas celle de la représenter. Mascarades et comédies ne nous vont pas.

Il n’y aura plus de « communiqué » de la part de notre clan : nous sommes libres et nous sommes dangereux.ses.

Pour l’Anarchie !

Le clan nomade-anarchiste
Elisa-Gabriel-Iraultza et la quadrupède

Op. Renata (Trentin) : transfert de quelques compagnon.nes

Publié le 2019-03-16 20:45:03

Des compagnon.nes de Trente ont été transférés :

Adresses MAJ:

Agnese Trentin
CC Di Rebibbia Femminile
Via Bartolo Longo, 92
00156 Roma

Roberto Bottamedi, Luca Dolce, Giulio Berdusco,
Via Paluzza, 77
33028 Tolmezzo

Nicola Briganti, Andrea Parolari,
C.C di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 Ferrara

 

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