Vive l'Anarchie - Semaine 11, 2019

Sommaire

Quelques notes sur notre 15 mars

Publié le 2019-03-18 14:24:05
Mar 182019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Je veux me souvenir du sentiment d’être ébranlé.e par la beauté de la foule. La peur et l’anxiété se dissipent quand un black bloc d’une centaine de personnes prend la rue, réalisant sa force collective qui oblige les flics à rester loin. C’est maintenant que ça se passe. On peut y arriver.

D’attaquer des voitures de luxe, des hôtels, et des banques quand la police est incapable de les défendre est une attaque contre la police, qui doit montrer son habileté à défendre la loi et l’ordre pour être respectée par les bon.nes citoyen.nes et crainte par les exclu.es. Des échos de vitrines fracassés se font entendre sur la rue Peel, alors que des rafales de projectiles volent en direction des banques. Pas besoin de s’inquiéter, des roches, des flares, et au moins un feu d’artifice de qualité sont aussi réservés pour le SPVM.

La spontanéité, ça fonctionne bien parfois. C’est cool quand des gens sortent un dumpster d’une ruelle, que d’autre y balance un flare allumé pendant que quelqu’un y tag un « ACAB », et que finalement, plusieurs personnes utilisent le tout pour charger les flics devant la manif, presque comme une chorégraphie. Notre temps ensemble est limité, mais riche en possibilités.

Des anti-émeutes sont arrivés par derrière sur Maisonneuve et nous ont rapidement balancé des lacrymos, ce qui a eu l’effet escompté sur cette manif relativement petite. Deux arrestations ont eu lieu, et des gens ont été blessé.es. Ce qui nous amène aux suggestions tactiques pour la prochaine fois:

Rendre la dispersion dangereuse (pour les flics) : quand une manif se sépare après que les flics l’aient attaqué, on devrait essayer de rester calme, de voir qui est encore avec nous et où nous sommes rendu, et de voir si on peut se regrouper avec ceux et celles qui ont pris le même chemin. On a beau être moins nombreux.euses, mais l’attention des flics est divisée, et ils auront moins de chances d’être en position pour nous attaquer encore immédiatement. On peut même croiser un groupe de flics isolé qui ne sont pas prêts à faire face à une foule hostile. L’état utilise des armes chimiques et des coups pour anéantir une initiative qui diverge joyeusement de la routine dévastatrice d’une société-prison, et ça, en blessant nos ami.es. Répliquons à la hauteur de leur aggression.

Des fluides combustibles : amenons-en/utilisons-les? Le dumpster dont on a parlé plus tôt aurait pu être un meilleur bélier si il avait été complètement en feu.

Retour au Manuel du black bloc, 13e édition, chapitre 12 : Choisir les bons outils. Tout objet n’est pas forcément une alternative pour un bon marteau. Deuxièmement, mettre un masque ne suffit pas pour être anonyme. Si votre masque ou d’autres vêtements sortent de l’ordinaire par rapport aux autres casseurs, ça pourra aider la police à vous trouver (soit par des agents en civil, des livestreams, ou des vidéos accessibles après les faits), ce qui peut être dangereux pour vous vers la fin de la manif ou par après.

L’arrière de la manif : Les tactiques de dispersion de vendredi et du soir de la dernière élection étaient identiques: les anti-émeutes arrivent un coin de rue derrière la manif et balancent des lacrymos. La panique qui s’en suit leur donne l’opportunité de foncer dans la foule avec leur véhicules, et d’accélérer la dispersion. Qu’est ce qui serait possible si il y avait un crew combatif à l’arrière de la manif? Pas de propositions spécifiques ici mais nous pensons que c’est une question à se poser pour la prochaine fois.

Salutations chaleureuses à tous les autres groupes affinitaires et individus qui sont venus, et à tout le monde qui était là en esprit. Prenons soins les un.es des autres et détruisons toutes les formes d’autorité. On aimerait bien entendre d’autres récits de ce 15 mars.

Une petite pensée pour tou.tes les rebelles qui sont derrière les barreaux. Feu aux prisons.

Finalement, on se souvient du sacrifice de Anna Campbell, une anarchiste qui a combattu avec le YPJ au Rojava et qui a été tuée avec quatre camarades par l’armée fasciste turque il y a un an, le 15 mars 2018.

On se voit le premier mai ou plus tôt! Nique la police.

[berlin, allemagne] du feu contre thyssenkrupp, db schenker, dr.house et wisag – pour la convergence des luttes

Publié le 2019-03-18 14:25:05

Si on a gagné quelque chose pendant les dernières années de rebellion contre la ville des riches, c‘est seulement le courage de lutter quand même. Et aussi l‘assurance que les militant.es autonomes se tiennent côte à côte avec beaucoup d‘autres qui se trouvent dans une situation aussi précaire. Côte à côte, par exemple, avec beaucoup de locataires.trices berlinois.es. Ou bien avec la population de Rojava. Nous avons tou.tes le choix : assimilation ou conspiration. Sur le terrain militaire, les porcs gagneront d‘une manière ou d‘une autre. Et ceux qui gagnent seront toujours des porcs. C‘est pourquoi notre but n‘est pas une victoire militaire, mais l‘émiettement du pouvoir, la subversion.

L‘idée de combattre l‘Etat par la violence et ce faisant créer des lieux et temps de liberté fait néanmoins partie de notre strategie. Les dégats (matériels) sont nécessaires comme instruments de peur dans le Häuserkampf(4), d‘inquiétude dans les territoires de l‘État. Mais que la guerre sociale, avec ses nombreuses strates, ne soit pas transformée en un simple conflit militaire entre deux camps est un défi considérable. Comme le soldat turc peut être un prolo, la squatteuse peut avoir un passeport allemand. C‘est pour cela que notre slogan reste encore et toujours „Guerre à la guerre !“.

Mais pourquoi vous racontons-nous cela ? Nous n‘ agissons pas en bras armé de la Liebig34 ou des YPG/YPJ. Nous ne sommes pas des prestataires de service, auxquel.les on pourrait faire appel accessible à tout moment de pression. Nous nous allions à celles et ceux chez qui nous sentons la même haine, la même poussée à détruire l‘existant, le même voeux indomptable d‘une vie plus digne pour les humains. Ou bien à celles et ceux qui nous donnent l‘espoir que l‘humanité n‘est finalement pas pourrie tout entière, celles et ceux qui font soudain briller dans les yeux la lueur totalement inattendue d‘une rebellion toute personnelle contre l‘oppression quotidienne. A la place de la construction d‘un contre-pouvoir et du militarisme, nous préconisons l‘état d‘esprit patient, véritablement révolutionnaire, qui intériorise l‘insurrection et la rebellion et les pratique quotidiennement. Nous considérons donc l‘harmonisation de groupes militants (en allemand le mot „militant“ implique la pratique d‘actions directes, ndlt) à une politique d‘appels et de campagnes comme critique, si celle-ci s‘arrète sans raison et si elle n‘est pas une base pour une pratique continuée, comme c‘était le cas avec Fight4Afrin, quand les batailles au Kurdistan continuent au quotidien.

Nous prenons parti d‘attaquer en permanence les ennemies de la liberté, sans tenir compte des logiques militaires, telles une apaisement de la Turquie par la présence des troupes des USA ou les tables rondes de la politique. Notre solidarité tout entière va aux peuple de Rojava. C‘est après cela seulement que notre solidarité critique va aux YPG/YPJ comme puissance protectrice de ces personnes, dont nous n‘osons ni mettre en doute, ni fonder la légitimité, mais dont nous tenons néanmoins les objectifs ambitieux pour crédibles. Les opérations militaires au Kurdistan modifient aussi peu les orientations de nos attaques que les négociations de la Liebig 34 avec Padovicz ou Florian Schmidt(5).

Avec une attaque incendière contre un camion de la flotte des véhicules de Dr.House, le 16 janvier 2019 à Pankow, nous émettons la proposition d‘intensifier la lutte contre Padovicz en attaquant massivement ses entreprises et sa proprieté. Nous souhaitons que les actions se concentrent premièrement autour de la lutte dans le Nordkiez de Friedrichshain et dans le Rummelsburger Bucht(6), pour ne pas noyauter les conflits d‘autres Hausgemeinschaften(7) avec Padovicz sans demander. Quand c‘est la Liebig 34 qui est attaquée, nous préconisons des réactions entraînant des dégâts matériels considérables. Padovicz et Schmidt doivent se casser les dents sur nous !

Avec des attaques incendières contre un véhicule de ThyssenKrupp (le 14 janvier à Prenzlauer Berg(8)), un de DB Schenker (le 15 janvier à Lichtenberg(9)) un de Wisag (le 21 janvier à Lichtenberg), nous appelons à se renforcer mutuellement dans un échange de références entre luttes sociales globales, et ne pas rester coincé.es dans des soi-disant divisions. ThyssenKrupp et DB Schenker ont été touchés en tant que profiteurs de l‘agression turque à Rojava, l‘entreprise de sécurité Wisag prend part au délogement des SDF dans la Rummelsburger Bucht au profit des investissements de Padovicz là-bas.

La parole de la solidarité et de la convergence des luttes ne se réalise en pratique qu‘en s‘exprimant dans la radicalité des failles entre nous et les rapports de l‘ordre dominant. Les régimes autoritaires doivent craindre le courroux des humains, les élites doivent craindre nos rues, leurs keufs et leurs biens partir en fumée !

Pour la convergence des luttes !

Padovicz, Schmidt et keufs hors de nos rues !

Solidarité avec Rojava !

Construisons des espaces de liberté et défendons-les ensemble !

Groupes autonomes – cellule „Soledad Casilda Hernáez Vargas“

__________________________________________________________________________________

(1) Capitaliste fortement impliqué dans le secteur immobilier berlinois. Propriétaire de nombreuses maisons, par exemple à Friedrichshain (quartier de l‘est berlinois).

(2) Ancien squat anarcha-queer-féministe à Friedrichshain, encore une fois menacé d‘expulsion.

(3) „Kiez“ synonyme de quartier. „Nordkiez“ (littéralement: „quartier nord“) désigne ici la partie nord (au nord de la Frankfurter Allee) du quartier de Friedrichshain, dans l‘est berlinois. Le „Nordkiez“ a été partiellement declaré zone sensible en 2016, ce qui y donne des pouvoirs particuliers aux keufs.

(4) Littéralement „lutte des maisons“ : lutte urbaine historique dont le squat est l‘élément principal.

(5) Politicien local qui se positionne régulièrement contre les squats „Liebig 34“ et „Rigaer 94“ (squat historique, à proximité de la Liebig 34).

(6) Quartier aux abords de la Spree.

(7) „Hausgemeinschaft“ (ou „Hausprojekt“) : maison ou bâtiment (souvent un ancien squat)où les habitant.es s‘organisent collectivement de facon militante.

(8) Quartier berlinois.

(9) Quartier berlinois.

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Givors (Rhône), France : Sus à la municipalité !

Publié le 2019-03-18 17:32:04

Des structures de la municipalité de Givors (Rhône) sont la cible d’incendie ces dernières nuits.

« Après la salle de musculation incendiée dans la nuit de jeudi à vendredi [du 15 au 16 mars], allée Jean-Moulin, ce sont à nouveau des locaux municipaux qui ont été pris pour cible dans la nuit de samedi à dimanche [16 au 17 mars] par des pyromanes sur ce même quartier. Des fumées qui s’échappaient de la toiture de l’espace culturel, situé entre les rues Anne-Franck et Romain-Rolland, ont alerté des habitants vers 01h35. Les services de secours ont rapidement maîtrisé le sinistre qui a endommagé environs 25m2 dans ces locaux. » (Le Progrès, 17 mars 2019)

Opération Renata, Italie : Demande de libération rejetée pour les compagnons arrêtés le mois dernier

Publié le 2019-03-18 17:32:06

Le tribunal des « riesame » (JLD) a statué et confirmé toutes les mesures préventives. Six personnes sont actuellement en détention, et une assignée à résidence.

Selon la presse, quatre d’entre elles seraient sous le régime du 41 bis (régime spécial de haute sécurité qui suspend les conditions ordinaires de détention, mis en place à l’origine dans le cadre de la lutte antimafia, élargi ensuite au « terrorisme » : avec par exemple des restrictions ou contrôle du courrier et des visites, aucun contact avec les autres détenus, promenade d’une heure par jour…).

Quatre d’entre elles sont tenues responsables « d’association subversive à finalité terroriste », tandis que trois autres « d’attentat à finalité terroriste ».

Les merdias porte-paroles dévoués des flics parlent également de fabrication de faux documents d’identité et de liens avec des réalités analogues en Italie, Suisse, Grèce et Espagne.

Pour rappel les compagnon.ne.s sont accusé.e.s de différentes attaques :

– contre le laboratoire de mathématiques industrielles et de cryptographie de l’Université de Trente;

– contre une filiale d’Unicredit, avec engin explosif;

– l’incendie d’une antenne relais, dans la région de Monte Finonchio (des dispositifs utilisés pour la transmission des carabiniers, dont les dommages ont entraîné une interruption temporaire des liaisons radio);

– la tentative d’incendie de neuf véhicules de la police municipale;

– une attaque à l’explosif au siège de l’agence de travail temporaire Randstad;

– et la mise en place de deux engins explosifs, dont un seul a explosé, près du siège de la « Lega »  à Ala (la veille de la venue de Salvini).

Une manifestation a lieu samedi 16 mars à 15h, à Trente, en solidarité avec les personnes inculpées.

[Reformulé depuis la presse par cracher dans la soupe (texte revu ici), 14 mars 2019]

France : Contre la religion, contre toute forme de sacré

Publié le 2019-03-18 17:32:07

Paris : La seule église qui illumine reste celle qui brûle – 17 mars 2019

Dimanche 17 mars en début d’après-midi, l’Eglise Saint-Sulpice dans le VIème arr. s’est enflammée, à en croire les journaux, qui affirment que « pour le moment, aucune information n’a filtré sur l’origine de l’incendie. » Les flammes se sont mises à embraser le sas d’entrée de l’édifice alors que de nombreux touristes étaient en train de la visiter. La porte d’entrée en bois a été entièrement détruite, tout comme un vitrail situé juste au-dessus.

Présente dans l’église au moment du miracle, une internaute a posté une vidéo montrant l’intérieur de l’édifice en proie aux flammes. « Je me trouvais à l’arrière de l’église quand le feu s’est déclaré, raconte-t-elle à LCI. J’ai vu beaucoup de fumée s’accumuler jusqu’au plafond et je me suis dit qu’il s’agissait de bougies. Mais en me rapprochant, je me suis retrouvé face à une vive lueur orangée qui s’est avérée être l’incendie. J’ai pris la vidéo juste avant d’évacuer avec les autres personnes présentes ».


Alsace : « Le manque de respect du sacré » inquiète la mairie – mars 2019

« L’église catholique Saint-Louis de la Robertsau à Strasbourg a été vandalisée, ce lundi 11 mars. L’abbé Pierre-Hubert Haag a découvert les dégâts vers 17h. Les bougies et la statue de Saint-Joseph ont notamment été renversées, l’autel dégradé, trois extincteurs vidés sur les boiseries. […] Le premier adjoint au maire de Strasbourg, Alain Fontanel, est « en colère » et a dénoncé dans une publication Facebook « des dégradations insupportables. Ce manque de respect du sacré dans notre société est très inquiétant. » Le député du Bas-Rhin Bruno Studer a également dénoncé ces actes. (France 3, 11 mars 2019)

Quelques jours auparavant, c’est l’église de Reichstett qui a été prise pour cible: dans la nuit du 5 au 6 mars, l’un des vitraux centenaires a été brisé sur plusieurs dizaines de centimètres, de même qu’une porte et la totalité des fenêtres (en verre renforcé) des toilettes attenantes au lieu de culte. Des tags sataniques ont été écrits à la craie. « Ce sont des paroissiens qui ont alerté la mairie le lendemain matin en découvrant leur église sinistrée. Le maire (LR) de Reichstett, Georges Schuler, est consterné: « Ça questionne sur le respect porté aux édifices religieux. Lors d’Halloween, c’était le temple protestant qui avait été visé. Et maintenant, ça continue avec l’église… «  (France 3, 6 mars 2019)

 

Plusieurs vitres brisées au temple protestant début novembre à Reichstett. « Des pierres ont été retrouvées à l’intérieur de l’édifice » (l’Alsace, 05.11.2018)


Vendée : Deux églises prises pour cible depuis plusieurs mois

Depuis plusieurs mois, deux églises vendéennes sont prises pour cible à Saint-Gilles-Croix-de-Vie et dans la commune voisine de Saint-Hilaire-de-Riez. Et ces visites iconoclastes se sont intensifiées cet hiver, notamment à la mi-janvier.

« Statues poussées à terre et brisées en mille morceaux, pierres jetées dans les vitraux, bénitier et crèche de Noël dégradées... la paroisse de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée ne compte plus les actes de vandalisme sur ses deux églises, Saint-Gilles et Sainte-Croix, et dans les locaux de la paroisse. Et c’est pareil dans la commune voisine de Saint-Hilaire-de-Riez. « Quelqu’un en veut à la religion, on ne sait pas très bien pourquoi. C’est infernal. On se demande à qui ils en veulent », déclare Marc, un paroissien. « Il y a des années, des gamins venaient fumer de la drogue dans l’église, certains même y faisaient leurs besoins. Mais là, c’est autre chose », affirme Paul, l’organiste. La mairie est responsable des bâtiments des deux églises. A ce titre, elle va devoir par exemple réparer les vitraux vandalisés : « Il faut les démonter puis les réparer, ça va nous coûter cher, entre 3000 et 5000€ », se désole Josette Alabert. Depuis, la porte principale de l’église Sainte-Croix a été fermée, et les paroissiens s’y relaient pour surveiller les lieux, au cas où le ou les vandales reviendraient. » (France Bleu, 03.02.2019)

Op. Panico (Florence, Italie) – Des nouvelles de l’audience du 12 mars 2019

Publié le 2019-03-20 08:56:03

Aujourd’hui a eu lieu une audience relative à l’expertise de la défense. Les consultants légistes, l’experte en explosif et de nouveau la généticienne de l’accusation ont fait leur déclarations, avec le contre-interrogatoire de la défense. Afin de ne pas ennuyer, un résumé détaillé ne sera pas écrit, mais en substance, cela s’est plutôt bien passé, l’accusation ne semble pas avoir fait une bonne impression. En conclusion, les juges ont décidé d’ordonner des expertises avec leurs experts « super partes* », tant en ce qui concerne la génétique médico-légale (probablement l’ADN de Ghespe, qui n’a encore jamais été analysé), que la biologie statistique (vu les doutes apparus en ce qui concerne l’analyse statistique de données qui ne devraient pas être valables à des fins de preuve) et par rapport à l’expertise médico-légale. Les audiences ont donc été reprogrammés comme suit :

14 mars – désignation officielle des experts du tribunal, de l’accusation et de la défense

4 avril – examen (ils seront interrogés sur leurs expertises au tribunal, ndt) des experts; déposition de l’accusation sur les écoutes environnementales (qui doivent encore être déposées)

11 avril – plaidoirie de l’accusation / des parties civiles

12 et 18 avril – plaidoirie de la défense

Les dates des reconstitutions et du jugement seront probablement fixées ultérieurement.

depuis panicoanarchico.noblogs.org

 

* hors de tout parti pris : soit disant neutres  …

Châteaubriant (Loire-Atlantique) : Détruire les preuves…

Publié le 2019-03-20 09:31:03

L’éclaireur de Chateaubriant / mardi 19 mars 2019

Neuf véhicules ont été sévèrement endommagés par un incendie, qui s’est déclenché samedi 16 mars 2019 autour de minuit, dans l’enceinte du garage Renault, rue du Général Patton à Châteaubriant (Loire-Atlantique). Trois d’entre eux ont été retrouvés totalement brûlés.

Bruno Perochaud, capitaine de la compagnie de gendarmerie de Châteaubriant, précise : « Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un acte criminel. L’enquête suit son cours, notamment pour identifier les produits qui ont été utilisés pour déclencher l’incendie. » Les véhicules touchés – dont certains avaient été saisis par la justice – étaient stationnés à l’arrière du garage, dans l’espace fourrière.

Givors (Rhône) : Les salles municipales brûlent

Publié le 2019-03-20 09:31:04

Le Progrès / vendredi 15 mars 2019

L’alerte a été donnée vers 1 h 35 dans la nuit de jeudi à vendredi. La salle de musculation municipale installée allée Jean-Moulin, dans le quartier des Vernes, était en feu.
Une quinzaine de sapeurs-pompiers se sont immédiatement rendus sur place et le sinistre a été rapidement maîtrisé au moyen d’une lance. Sur les 200 m2 de surface, un quart des locaux ont été complètement ravagés par les flammes. Le reste est tout de même fortement endommagé.
D’après la mairie, les premiers éléments recueillis confirment l’origine criminelle du sinistre.

*****

Le Progrès / dimanche 17 mars 2019

Après la salle de musculation incendiée dans la nuit de jeudi à vendredi, allée Jean-Moulin, ce sont à nouveau des locaux municipaux qui ont été pris pour cible dans la nuit de samedi à dimanche par des pyromanes sur ce même quartier. Des fumées qui s’échappaient de la toiture de l’espace culturel, situé entre les rues Anne-Franck et Romain-Rolland, ont alerté des habitants vers 01h35, qui ont fait appel aux sapeurs pompiers. Les services de secours ont rapidement maîtrisé le sinistre qui a endommagé environs 25m2 dans ces locaux.

Trèbes (Aude) : FN de merde !

Publié le 2019-03-20 09:31:06

L’Indépendant / dimanche 17 mars 2019

Dans la nuit de samedi à dimanche, les façades et l’entrée de la permanence départementale du Rassemblement National (ex-FN) de l’Aude, sis au n°1 de l’avenue Pasteur à Carcassonne, ont de nouveau été la cible de dégradations, avec des inscriptions au feutre noir dénonçant la politique portée par le mouvement de Marine Le Pen : « LepenNiketesmorts, FN de merde (sic)« .

Sur ces faits, constatés ce dimanche matin par un locataire résidant au-dessus de la permanence visée, le responsable audois du RN, Christophe Barthès, souligne qu’il ira déposer sa 23e plainte à la gendarmerie ce lundi 18 mars, tout en regrettant que « le parquet de Carcassonne passe sous silence ces actes inadmissibles » depuis le début des premiers dépôts.

Crest,Drôme : une voiture ciglée Vinci abîmée

Publié le 2019-03-20 09:39:06

(communiqué recu par mail)

A Crest, nos marteaux ont redécoré une voiture de la multionationale du crime

Communiqué de revendication

Dans la nuit des morts qui reviennent à la vie, du 31 octobre au 1 novembre, le vent de la tempête et des rafales de pluies ont réveillé nos ardeurs. Vers 4h du mat, nos joues étaient rouges de colère et nos marteaux avaient faim.

A Crest, dans la Drôme, une voiture siglée Vinci, innocemment garée dans une rue sans caméras ni flics de passage, près de Carrefour centre ville, s’est offerte à nos gestes révoltés. Sa carcasse blanche s’est faite d’abord redécorée à la bombe noire :

  • Ni Cigeo
  • Ni CGO
  • ni prisons
  • Vinci dégage !

Ensuite, nos marteaux ont caressé sa tôle, les deux vitres des portières avant ont explosée joyeusement, et le pare brise s’est fendu la gueule, un phare avant n’éclairera plus les chantiers inutiles et destructeurs ni ici ou ailleurs. Puis, satisfaits, même si nos marteaux réclamaient plus -des camions, des usines, des machines…- nous sommes repartis silencieusement dans la nuit, pour rejoindre le torrent en crue et nous joindre intimement à ses flots en furie.

Ce geste n’est qu’une petite égratignure, mais qui sait parfois une petit coupure s’infecte, ça purule, la gangrène s’y met, et c’est tout le bras qu’il faut couper. Et puis, avec un peu de chance, le monstre entier est contaminé, il pourrit sur pied et retourne à la poussière.

Solidarité avec toutes les résistances contre ce système infernal, à Bure, à Strasbourg, à l’Amassada, à Nddl, contre les centre de rétentions et toutes les infrastructures de mort. Solidarité avec tous les rebellEs, seulEs ou en meutes ingouvernables, qu’iels cassent, qu’iels aiment, qu’iels volent, qu’iels construisent ou qu’iels crient en silence. Tuons partout les monstres avant qu’ils nous tuent pour de bon.

Signé ; des arbres, des écureuils, des sources, des papillons et des tritons

PS : condoléances aux familles de la voiture

Op. Scintilla – Niccolò transféré à Ivrea

Publié le 2019-03-20 13:21:02

Nous apprenons que Niccolò, détenu dans le cadre de l’opération Scintilla, a été transféré à la prison d’Ivrea.

Pour lui écrire :

Niccolò Blasi c.c. Ivrea corso Vercelli 165, 10015 Ivrea (To)

 

vu sur roundrobin.info


MAJ

Italie – Opération Scintilla : Nico encore transféré

 

Niccolò Blasi, anarchiste arrêté le 7 février dans le cadre de l’opération répressive « Scintilla« , qui a mené à l’expulsion de l’Asilo occupato à Turin et à l’arrestation de six personnes (dont deux sorties par la suite, parce que l’accusation d’ »association subversive » est tombée), a été transféré à nouveau, cette fois depuis Ivrea vers Cuneo.

L’adresse pour lui écrire :

Niccolò Blasi
Casa Circondariale di Cuneo
via Roncata 75
12100 Cuneo (Italie)

Traduit de roundrobin.info par attaques.noblogs.org

Castaner annonce son intention d’utiliser les marqueurs chimiques dès samedi prochain

Publié le 2019-03-20 13:21:03

Parmi les mesures anti-émeute annoncées lundi par le Premier ministre suite aux réjouissances de samedi sur les Champs-Elysées, figurent les marqueurs chimiques de vêtements mais aussi de peau, cheveux, poils, etc (il s’agit de deux techniques différentes).

-« Testés depuis plusieurs mois, les produits marquants codés (PMC) font partie des « moyens nouveaux » listés lundi par le Premier ministre pour identifier les casseurs.

Ils font partie des « moyens nouveaux » dégainés par Édouard Philippe pour lutter contre les casseurs après le saccage des Champs-Elysées ce week-end pendant l’acte 18 des Gilets jaunes. Les produits marquants codés, ou PMC, censés permettre d’identifier plus facilement les auteurs de dégradations, selon le Premier ministre, seront utilisables « dès la semaine prochaine », a assuré ce mardi matin le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur France Inter. »

(http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-produits-marquants-nouvelle-arme-pour-suivre-les-casseurs-a-la-trace-19-03-2019-8035257.php?fbclid=IwAR1AFYLO78TFof_MxjHukqwZSMAS1Mi6i3duJB1WrByYtyvmxLO6MqfZXFI)

Aussi : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/19/01016-20190319ARTFIG00101-manifestations-des-gilets-jaunes-qu-est-ce-que-le-marquage-code-evoque-par-le-gouvernement.php

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-19-mars-2019 (Castaner sur France Inter).

Et aussi :

https://sansattendre.noblogs.org/post/2019/03/20/breves-gilets-jaunes-france-letat-alourdit-son-arsenal-anti-insurrectionnelle-apres-les-emeutes-du-16-mars/

Gourdon (Lot), France : Ni flics ni banques – 16 mars 2019

Publié le 2019-03-20 13:23:04

Dans un article de la Dépêche paru le 17 mars, on apprend que dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 mars à Gourdon (Lot), la sous-préfecture et deux banques ont été prises pour cible.

Des tags de couleur jaune ont été tracés sur la grande porte de la sous-préfecture: « ACAB »  et le symbole du « Mort aux vaches ». Pour les journaflics, ce sont « trois points placés en triangle » sur chacun des deux panneaux du bas de la porte.

Sur la façade de la Banque Populaire, a été taguée (toujours en jaune) l’inscription « Anti capitaliste ». Le distributeur de billets du Crédit Agricole a été mis hors service avec de la peinture jaune. Sur la façade de la banque BNP, on pouvait également voir une tâche de peinture jaune.

Brèves « Gilets jaunes », France : L’Etat alourdit son arsenal anti-insurrectionnel après les émeutes du 16 mars [Mis-à-jour, 21.03.2019]

Publié le 2019-03-20 13:30:04

[Immédiatement après les émeutes du 16 mars dans le Paris des riches, qui a été « le saccage de trop » pour l’Etat, le ministre de l’Intérieur a annoncé un nombre important de mesures anti-insurrectionnelles contre ce « mouvement qui n’existe plus » (sic). Quand la démocratie vacille et que le capital connaît des pertes financières comme il n’en a que très rarement connu (dépassant désormais de loin les émeutes de novembre 2005), elle n’hésite pas à militariser les villes, à terroriser les révoltés en les mutilant à vie (parfois en les tuant), à interdire tout rassemblement à certains endroits « critiques », à avoir recours à des marqueurs chimiques indélébiles… L’Etat franchit un cap en matière de répression en se dotant d’instruments de maintien de l’ordre encore jamais utilisés en manif ou dans les quartiers périphériques des villes.].

[Mis-à-jour, 21.03.2019] Pluie de condamnations après les Champs (23 condamnations à du ferme, 17 mandats de dépôt, 11 mises en examen)

Le tribunal de Paris a prononcé 23 peines de prison ferme et 19 peines de prison avec sursis pour les violences, dégradations et pillages commis samedi dernier dans la capitale. Ces condamnations sont au nombre de 86 décisions rendues en comparution immédiate.

Le tribunal a prononcé six relaxes, renvoyé 26 audiences à la demande des prévenus, pour qu’ils préparent leur défense, prononcé une condamnation à des jours amende ou à une amende et dix condamnations à un travail d’intérêt général (TIG) ou à une peine de prison assortie d’un sursis avec obligation d’accomplir un TIG, précise une source judiciaire. Les 23 peines de prison ferme le sont en totalité ou en partie, complétées par «19 condamnations à une peine de prison assortie d’un sursis ou d’un sursis avec mise à l’épreuve». S’y ajoute enfin un renvoi du parquet à mieux se pourvoir.

Les différentes chambres ont prononcé 54 interdictions de séjour à Paris et délivré 17 mandats de dépôt, indique-t-on de même source. Onze personnes ont par ailleurs été mises en examen hier pour le pillage, samedi, du magasin de bijoux et d’objets en cristal Swarovski sur les Champs-Elysées, a appris Reuters auprès du parquet. Trois d’entre elles ont été placées en détention provisoire et les huit autres sont sous contrôle judiciaires. Les suspects sont mis en examen des chefs de «vols aggravés, recel et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations».


Et l’armée intervient dans le mouvement de révolte

L’idée de l’Etat est de remplacer des policiers en faction pour protéger les bâtiments officiels (et c’est large cette notion de « bâtiments institutionnels ») par des militaires de l’Opération Sentinelle, mais aussi de « sécuriser les points fixes et statiques » (soit faire des barrages), pour gagner des effectifs de police et effrayer les émeutiers.

Concrètement, si ces derniers avaient réussi à passer l’Arc de Triomphe samedi dernier sur les Champs, au lieu d’être face à des CRS qui bloquaient tout passage vers les ministères ou l’Elysée, ils auraient eu des soldats. Et idem lors de la manif sauvage qui avait réussi à se retrouver devant le ministère dont la porte avait été enfoncée au transpalette…

La justification du porte-parole du gouvernement est simple : « Des individus ont décidé de casser la démocratie, de s’en prendre à la République et à ses symboles », a déclaré Benjamin Griveaux. « Ce ne sont donc plus des manifestants à qui nous avons affaire mais des émeutiers. Les manifestants défendent une cause, à côté de ceux-là il y a des émeutiers qui sont simplement mus par la haine ».


Les précédentes interventions de l’armée en métropole dans un conflit social

L’utilisation de l’armée lors d’un conflit social n’est pas une première. En 1992, Pierre Bérégovoy, alors premier ministre de gôche, avait fait appel aux militaires pour dégager des axes routiers bloqués par des camionneurs qui protestaient contre l’instauration du permis à points. Plus de cinq cents militaires, des blindés légers et un char AMX 30, avaient notamment été envoyés sur l’autoroute du Nord, près de Phalempin, afin de libérer l’axe Paris-Lille. L’armée était déjà intervenue plusieurs fois au cours du week-end, avec des camions et parfois des hélicoptères, mais pour atténuer les effets des blocages, a indiqué hier le ministère de la Défense. En région parisienne, quelque 80 militaires ont effectué à partir du port de Gennevilliers, sur réquisition des autorités civiles, des livraisons de camions-citernes chargés d’essence pour approvisionner les stations-service. Dans la région de Lyon-Satolas, une douzaine de militaires ont participé également à des navettes de camions-citernes.

A la RATP, le plus important mouvement social avant celui de 1995 a été celui des ouvriers d’entretien des rames du métro et du RER, du 14 novembre 1988 au 1er janvier 1989. Les lignes A et B du RER fermèrent purement et simplement pendant une semaine et furent remplacées par des navettes en camions militaires (365 camions bâchés de l’armée venus des garnisons de l’Est du pays utilisés, et les honnêtes travailleurs n’éprouvant aucun problème à monter dans des camions militaires pour aller au turbin).

Lors des grèves et des manifestations de Mai 1968, les militaires ont assuré plusieurs missions dans la capitale :
– le transport des Parisiens dans des camions militaires,
– le ramassage de ordures au volant des véhicules de la ville, notamment
dans le quartier des Halles,
– la remise en état par les sapeurs du 5e RG (Régiment du Génie) de la chaussée, dépavée et encombrée d’automobiles détruites et renversés, dans le Quartier Latin.


Sur la répression des émeutes de l’acte XVIII à Paris

Selon un bilan actualisé, 256 personnes ont été placées en garde à vue, à Paris, lors de l' »acte 18″ des « gilets jaunes ». Parmi elles figurent 235 majeurs. 41 personnes seront déférées au parquet dans la soirée de lundi.

Dans le détail, 138 ont été déférés (58 comparutions immédiates aujourd’hui, 11 présentations à un juge d’instruction, 6 notifications d’une convocation devant le tribunal correctionnel, 7 CRPC, et 56 rappels à la loi par un magistrat du parquet où un délégué du procureur). Au total, 41 procédures ont été classées, dont 22 après rappel à la loi.
Trois personnes ont été convoquées en justice.

Enfin, 12 gardes à vue ont été levées, avec poursuite de l’enquête.

Et sept enquêtes ont été ouvertes pour les pillages de bijouteries

La police judiciaire de Paris a ouvert sept enquêtes différentes à la suite des nombreux pillages et dégradations commis samedi 16 mars sur les Champs-Élysées, lors de la manifestation des « gilets jaunes », a-t-on appris ce lundi.

Ces enquêtes concernent les vols et dégradations commis contre les magasins Bulgari, Mauboussin, Swarovski, Éric Bompard et Hugo Boss, ainsi que l’établissement le Fouquet’s et la banque Tarneaud (avenue Franklin Roosevelt). Dans ces dossiers, douze personnes ont déjà été interpellées samedi en flagrant délit et placées en garde à vue (une pour le magasin Bulgari, onze pour Swarovski).

Gare aux balances !

Quelques après les saccages de ce 16 mars, un passager a appelé les keufs en entendant un groupe de cinq gilets jaunes qui rentraient chez eux à Montluçon (Allier) discuter dans le train de leur récolte d’objets, bijoux et vêtements expropriés chez les riches des Champs. Les flics ont réagi très vite et les ont arrêtés dès l’arrêt suivant à Fleury-les-Aubrais. Les cinq « gilets jaunes » (quatre femmes et un homme) affirment avoir seulement « récupéré les objets ». Elles ont été inculpées pour « recels » et comparaîtront le 3 juin devant le tribunal.

Les nouvelles mesures annoncées lundi

Les lieux systématiquement concernés par les émeutes, à commencer par les Champs-Elysées à Paris, la place Pey-Berland à Bordeaux ou celle du Capitole à Toulouse seront interdites de manifestation aux « gilets jaunes » dès lors que les menaces de violences se feront jour. « Nous interdirons les manifestations se revendiquant des  »gilets jaunes » dans les quartiers qui ont été les plus touchés, dès lors que nous aurons connaissance de la présence d’éléments ultras et de leur volonté de casser », a détaillé le Premier ministre.

Par ailleurs, Édouard Philippe a annoncé avoir demandé à la Garde des Sceaux « d’augmenter très nettement le montant de la contravention en cas de participation à une manifestation interdite ». Actuellement les personnes qui se rendent à un rassemblement interdit encourent une amende d’un maximum de 38 euros, tandis que les organisateurs sont eux passibles de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Ce montant passerait à 135 euros, selon Matignon.

Tout un éventail de mesures sera mis en place – recours à la vidéo, aux drones, aux produits marquants, appelés « PMC » (cf ci-dessous) – et la tactique policière sera modifiée pour endiguer la révolte. Ce dispositif a été décidé lors d’une réunion lundi matin à l’Elysée, en présence des ministres concernés et d’Emmanuel Macron. Le gouvernement compte aussi sur la loi anti-casseurs, actuellement examinée par le Conseil constitutionnel.


Les « PMC » (« Produits de Marquage Codés »)

Parmi les mesures anti-émeute annoncées lundi par le Premier ministre suite à celle de samedi sur les Champs-Elysées, figurent les marqueurs chimiques de vêtements mais aussi de peau, cheveux, poils, etc (ce sont deux techniques différentes).

Tiré du Figaro, 19/03/2019: « Castaner a différencié mardi matin deux types de marqueurs: «Le premier est un marqueur coloré qui fait que si vous êtes marqué au moment d’une infraction par exemple et qu’on vous retrouve deux heures plus tard dans le métro, il est plus facile de faire un lien».

Le second type de marquage codé est un «marqueur transparent qui fait que quelques semaines plus tard, si l’enquête aboutit à penser que c’est vous qui êtes en responsabilité, que vous êtes interpellé, on va retrouver des traces», selon le ministre de l’Intérieur. D’après le pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, les produits de marquages codés (PMC) sont des dispositifs indétectables à l’œil nu, inodores et incolores (non-toxiques) permettant le marquage des biens, des personnes et des lieux. Mais à ce stade, le PMC n’est encore utilisé que sur du mobilier, ou pour la sûreté d’un bâtiment.

Interrogé par Le Figaro, Maître Thierry Vallat, avocat au Barreau de Paris, indique que le code, intégré dans la substance, permet un marquage spécifique d’une localisation à un moment donné. Par exemple, si vous êtes aspergé devant un établissement, à une heure précise, le code intégré au produit le prouvera. En effet, «le marquage peut rester sur la peau pour plusieurs semaines, sur les cheveux pour six mois, et les habits sont quant à eux marqués à vie», confirme l’avocat.

La précision de Castaner sur France Inter, mardi 19 mars.


Lyon (Rhône) : Un antifasciste arrêté pour l’attaque d’un véhicule de police à La Part-Dieu – 13 mars 2019

« Un jeune homme de 17 ans a été interpellé, ce mercredi [13 mars], dans le foyer où il réside, à Ambérieu-en-Bugey, dans le département de l’Ain, pour avoir dégradé un véhicule de police, à Lyon, lors de l’acte XV de la mobilisation des Gilets jaunes, le 23 février dernier. Il a été identifié comme ayant participé à la dégradation d’un véhicule de police dans le 3e arrondissement de Lyon, avec un autre individu interpellé sur le coup. Après l’arrestation d’un premier individu, « la cellule « gilets jaunes » de la Sûreté départementale poursuivait ses investigations aux fins d’identification du second individu, écrit la préfecture. Après le visionnage de vidéos de multiples sources, il leur était possible de le retrouver à visage découvert et ainsi de l’identifier. » 

Lors de l’Acte XV des Gilets Jaunes, samedi 23 février 2019 à Lyon, une manif sauvage avait déambulé dans le IIIè arr. après la fin de la manifestation. Les révoltés « s’en étaient pris à un véhicule de police garé devant le bâtiment de la Police aux frontière. Vitres brisées, rétroviseurs arrachés, carrosserie enfoncée… les réparations serait chiffrées à 6000 euros selon la préfecture. Sortis du bâtiments, les policiers avaient ensuite été visés par des jets de projectiles. Le cortège avait ensuite pris le chemin du centre commercial de la Part-Dieu où quelques vitres avaient été abîmées. Le jeune homme, qui se présente comme un militant antifasciste, a été présenté à un juge d’instruction, ce jeudi. Il a reconnu les faits. »


Les députés sous protection renforcée

Gilets jaunes : une note de la police demande de renforcer la protection des parlementaires (Le Parisien, 18 mars 2019)

On apprend donc que vendredi 15 mars, à la veille d’une nouvelle journée d’émeutes, une note a été envoyée à tous les comicos de France de renforcer la sécurité autour des domiciles d’élus et de députés du parti de la majorité.

« Le directeur de la sécurité publique demande donc à ses troupes « une surveillance dynamique (NDLR : des rondes et patrouilles) autour des domiciles et des locaux professionnels », qui pourront aussi faire l’objet au préalable de « diagnostics de sécurité ». La note transmise à tous les commissariats de France insiste aussi sur l’impérative réactivité des services de police, en « communiquant à l’élu un numéro de téléphone dédié […] permettant un suivi opérationnel immédiat ». Le télégramme demande aussi que « pour les situations d’urgence, l’inscription des coordonnées de l’élu dans les outils de gestion des appels d’urgence » soit effectuée, ce qui permettra d’identifier tout de suite que c’est bien l’élu qui appelle en cas de problème. »


Les intellectuels collabos

Bien que sous pression après le saccage samedi des Champs-Elysées qui a relancé la crise des « gilets jaunes », Emmanuel Macron a reçu dans la soirée de ce lundi 18 mars à l’Elysée une soixantaine d’intellectuels pour échanger dans le cadre du grand débat. Ces universitaires, économistes, spécialistes des sciences humaines ou de l’environnement débattront avec le chef de l’Etat « des principaux défis et enjeux d’avenir auxquels la France est confrontée », selon la présidence.

Cette réunion, qui a débuté à 18 h 20, est animée par Guillaume Erner, producteur de la tranche matinale de France Culture, qui se présente comme « le média de la vie des idées » et qui la retransmettra en direct.

Parmi les personnalités attendues figurent les philosophes Marcel Gauchet, Souad Ayada, Frédéric Worms et Monique Canto-Sperber, les sociologues Jean Viard et Michel Wieviorka, le psychiatre Boris Cyrulnik, l’historien Benjamin Stora, le climatologue Jean Jouzel, les économistes Philippe Aghion et Jean Pisani-Ferry, ainsi que les prix Nobel Serge Haroche et Jules Hoffmann. Gilles Finchelstein (Fondation Jean Jaurès), Thierry Pech (Terra Nova) et le mathématicien Cédric Villani, également député La République en marche), sont eux aussi invités.


L’ordure du moment

Eric Delbecque, Chef du pôle intelligence économique de l’IFET (Institut pour la Formation des Élus Territoriaux), auteur du livre « Les Ingouvernables » (Grasset, sorti le 6/03) ne cesse de s’étaler dans les médias depuis la sortie de son bouquin, comme un spécialiste de l’ultragauche. Il a été conseiller auprès du ministre de l’Intérieur de 2009 à 2012, et enseigne notamment à l’École des officiers de la gendarmerie nationale. Il est aussi ex-chef du Département sécurité économique de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Ayant lu les « bonnes feuilles » de son bouquin (dispos sur le site de Grasset), non seulement il écrit super mal, mais c’est aussi un vrai bouffon.

Présentation de son livre : « Éric Delbecque s’est plongé dans les arcanes de l’ultra-gauche. Entre black blocs, zadistes et autres militants ayant renoncé à l’utopie pour la violence, la France de ceux qu’il nomme les « ingouvernables » »

Voici un exemple de ses interventions :


6.000 voitures et 4.000 commerces « dégradés » depuis le début (sans compter la journée du 16 mars)

Le coût des dégradations commises depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes », le 17 novembre dernier, sans compter les dégâts de samedi dernier, s’élève à environ 170 millions d’euros, a annoncé lundi le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

« L’ensemble des déclarations de sinistres représente environ 170 millions d’euros », a déclaré Bruno Le Maire sur la base de chiffres fournis par la Fédération française de l’assurance, excluant le samedi 16 mars. « C’est 10.000 déclarations de sinistres sans compter les déclarations de samedi », a-t-il ajouté, précisant qu’elles concernaient 6.000 voitures et 4.000 commerces.

En comptant le samedi 16 mars, les dégâts atteignent les 200 millions d’euros (soit 30 millions rien que sur la journée).

 

Bruxelles, Belgique : Deux incendies en deux jours à l’école de formation des technocrates européens – 19 et 20 mars 2019

Publié le 2019-03-21 02:10:04

L’école européenne de Bruxelles IV, située Drève Sainte-Anne à Laeken, a été incendiée par deux fois en deux jours.

Le feu est parti du troisième étage tôt ce mercredi 20 mars.

Le porte-parole des pompiers de Bruxelles, Walter Derieuw, confirme lui aussi. « Quelqu’un a bouté le feu à une poubelle, au troisième étage dans une remise. Deux incendies au même endroit, en deux jours, on peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’un acte volontaire. La police a ouvert une enquête.

« Hier, le feu s’est déclaré dans les sanitaires« , indique Walter Derieuw. « Le feu a été bouté à une poubelle. C’est un acte malveillant. Il s’est ensuite propagé au sèche-mains et au plafond. L’un des membres du personnel de l’école qui a tenté d’éteindre l’incendie a été intoxiqué par les fumées. Il a été emmené à l’hôpital« .

« Les Écoles européennes (EE) sont des écoles à base intergouvernementale gérées par la Commission européenne, fondées sur un traité international (la Convention des écoles européennes), ayant pour but principal d’accueillir les enfants des fonctionnaires européens et de leur offrir un enseignement complet (maternelle, élémentaire, secondaire) dans leur langue maternelle1. Cette formation débouche sur le baccalauréat européen. Il existe treize « Écoles européennes », dont quatre rien qu’à Bruxelles. […] Les Écoles européennes sont des écoles aux financements européens au recrutement sélectif, réservé par priorité aux enfants des fonctionnaires européens (personnes travaillant pour les institutions ou organes européens, et de leur offrir un enseignement complet (maternelle, élémentaire, secondaire) dans leur langue maternelle). Des enfants d’autres institutions intergouvernementales (OTAN…) ou de sociétés privées ayant conclu un accord spécial peuvent aussi être admis […] (Wikipedia)

[Repris de la RTBF, 20.03.2019]

Alès (Gard), France : Cramer les yeux de l’Etat – 20 mars 2019

Publié le 2019-03-21 02:10:05

Plusieurs caméras de vidéosurveillance de la municipalité ont été incendiées durant la nuit entre mardi et mercredi, dans le quartier des Près Saint Jean à Alès (Gard).

Seul Objectif Gard relaie l’info. Mais l’article ne communique pas le nombre de caméras détruites ni la manière dont les incendiaires ont procédé pour mener à bien ce sabotage. Par le passé, des incontrôlables avaient réussi à mettre ces caméras hors-service en incendiant les fils électriques à l’intérieur des poteaux. Pour ce faire, ils avaient forcé les accès au pied des mâts.

Op. Panico : Paska transféré à Viterbo

Publié le 2019-03-21 08:47:03

Paska a été transféré à la prison de Viterbo, connue pour son régime particulièrement violent vis à vis des détenus.

Pour lui écrire :

Pierloreto Fallanca, Casa Circondariale Mammagialla
Strada Statale, Str. Santissimo Salvatore, 14/B, 01100 Viterbo VT

 

Lu sur freccia.noblogs.org


Op. Renata : Mise à jour au 20 mars

 

Les juge des libertés et de la détention ont décidé que les accusations de terrorisme ne tiennent pas; à savoir l’article 270bis (association avec finalité de terrorisme) et les circonstances aggravantes. Le délit contesté à ce point est défini par l’article 270 à savoir l’association subversive. Quoi qu’il en soit, les compagnonnes et les compagnons restent pour le moment en prison.

Liberté pour tous, liberté pour toutes !

depuis roundrobin.info

Procès contre des anarchistes en Belgique

Publié le 2019-03-21 08:47:03

Activités à venir en solidarité avec les compagnons poursuivis par l’État belge

De 2008 à 2014, l’État belge a mené une vaste enquête visant les luttes multi-formes – mais toujours sans concessions – qui s’attaquaient aux centres fermés, aux frontières, aux prisons et à ce monde basé sur l’autorité et l’exploitation. Dans son collimateur : la bibliothèque anarchiste Acrata, des publications anarchistes et anti-autoritaires (Hors Service, La Cavale et Tout doit partir), des dizaines de tracts et affiches, une bonne centaine d’actions, d’attaques et de sabotages… bref, la lutte contre le pouvoir sous ses différentes expressions.

Initialement poursuivis pour « participation à un groupe terroriste », c’est finalement sous l’inculpation d’« association de malfaiteurs » que 12 compagnons seront jugés tout au long de la semaine du 29 avril 2019.

- Dimanche 24 mars – 17h00 – Passiflore (boulevard du Jubilé 180, 1080 Molenbeek)
Les plantes comme alliées précieuses pour nos luttes ici

- Mercredi 27 mars – 19h00 – l’Agitée (rue Gaucheret 114, 1030 Schaerbeek)
Retour sur la lutte contre la construction d’un centre fermé à Steenokkerzeel ici

- Dimanche 31 mars – 14h00 – l’Agitée (rue Gaucheret 114, 1030 Schaerbeek)
Discussion luttes et enfants ici

- Lundi 1 avril – 19h00 – Acrata (rue de la Grande Île 32, 1000 Bruxelles)
Les « mesures particulières de recherche » de l’État belge ici

- Jeudi 4 avril – 18h00 – NOVA (rue d’Arenberg 3, 1000 Bruxelles)
Projections et souper en soutien à la Lime ici

- Lundi 8 avril – 19h00 – L’Anarchive (avenue Buyl 131, 1050 Ixelles)
Projection du film Point.s de Fissures ici

vu sur bxl.indymedia.org

voir aussi : https://bxl.indymedia.org/spip.php?article23212

Le temps perdu

Publié le 2019-03-21 10:28:05

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste



et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’Å“il
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
àun patron ?

Jacques Prévert,
In Paroles, 1946.

Prisons de Bourg-en-Bresse et de Luynes : Ça vaut toujours la peine d’essayer

Publié le 2019-03-21 10:29:03

Prison de Bourg-en-Bresse : Un détenu tente de s’évader avec un grappin

Le Progrès / mercredi 20 mars 2019
Ce mercredi, vers 15 heures, un détenu du centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse se trouvait sur le terrain de sport quand il a tenté de s’évader.
Il avait confectionné un grappin artisanal avec une corde et un morceau de grille de frigo pour franchir le mur d’enceinte.
Mais il a été arrêté après avoir escaladé à mains nues un premier grillage, d’une hauteur de sept à huit mètres.

*****

Prison de Luynes : La liberté met les ailes

La Provence / mardi 19 mars 2019

Souffrant, il avait été extrait de sa cellule de la prison de Luynes pour être soigné dans une unité spécialement aménagée pour les détenus à l’hôpital Nord. Mais le 6 février dernier, ce Marseillais de 27 ans a subitement retrouvé la forme…
Incarcéré pour des vols avec violence, il est parvenu à déjouer la surveillance des gardiens, sortir de son lit et à prendre le large. Une cavale qui a conduit la Sûreté départementale, saisie des investigations, à se lancer dans une traque serrée pour retrouver la trace de cet homme considéré comme dangereux. « La brigade des mandats a mis des gros moyens pour le localiser. Particulièrement, avec des écoutes et des surveillances de ses proches« , indique une source policière. Un travail payant : en fin de semaine dernière, les enquêteurs parvenaient à la certitude que le fuyard logeait la nuit chez un proche, dans la commune de Les Mées, au coeur des Alpes-de- Haute-Provence. Après avoir monté autour de cette maison un discret dispositif d’interpellation, les forces de l’ordre sont intervenues le 14 mars, à 6 h, sortant brutalement le fuyard de son sommeil. Il a été présenté dans la foulée à un magistrat aixois et remis en détention.

Gourdon (Lot) : Des tags et un DAB hors-service

Publié le 2019-03-21 10:29:03

La Dépêche du Midi / dimanche 17 mars 2019

A Gourdon, dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 mars, plusieurs édifices publics et privés ont été tagués. Sur la grande porte de la sous-préfecture, des inscriptions en lettres jaunes ont été tracées. Il y a d’abord un sigle «A C H B» ou «A C A B» et trois points placés en triangle [le bien connu « mort aux vaches ! »; NdAtt.] sur chacun des deux panneaux du bas de la porte. Sur la façade de la Banque Populaire était inscrite l’affirmation, toujours en lettre jaunes : «Anti capitaliste», et le distributeur de billets du Crédit Agricole a été mis hors service par une projection de peinture jaune. […]

[b] liebig34.restera.bruyante.sale. résistante… et plus que jamais! + video

Publié le 2019-03-21 10:29:03

 

Il nous faut profiter du temps restant pour augmenter la pression. Nous ne voulons pas quitter notre maison et nous allons la défendre. Nous n‘accepterons pas que notre espace de vie, de protection et d‘organisation doive disparaître en faveur des intérêts économiques d‘un spéculateur. Par l‘expulsion, la rénovation et la location de la Liebig34, Padovicz deviendra encore plus riche pendant que nous nous retrouverons dans la rue. Le quartier sera encore plus gentrifié, les loyers encore plus chers, le voisinage sera privé d’espaces non-commerciaux et autogérés, et le monde privé d’espaces féministes et safe. Nous ne partirons pas. Nous resterons et nous n‘arrêterons pas d‘être désagréables.

Nous avons expliqué que nous n’allons pas passer d’accords sales sur les dos d‘autres locataires.trices. Nous souhaitons garder notre maison, mais pas à n‘importe quel prix (politique) et seulement en solidarité avec tout.es les personnes concerné.es. Nous sommes conscient.es que l‘intérêt de l‘État pour la négociation ne vient pas de nulle part. Notre voix vient de la popularité internationale de la Liebig34 et des liens de nombreux.ses personnes autour du monde. De plus, notre position dans la partie nord de Friedrichshain (quartier de l‘est berlinois), à proximité d’autres projets politiques, notamment le squat de la Rigaer94 qui résiste depuis des années, nous donne de la force. L‘expulsion du squat de la Liebig14 qui était imminent en 2011 a produit un moment de résistance collective et est devenu une motivation pour la gauche radicale.
La Liebig34 n‘est pas tout seule. Solidarité avec toutes les personnes concerné.es par la gentrification et l‘éviction. Solidarité avec „Potse“, „Drugstore“ et „Syndikat“ qui sont priés de partir de leurs espaces, avec „Meuterei“, „Großbeerenstraße 17a“ et „B5355“ qui tournent leurs yeux vers un avenir incertain. Même si nous n’arrivons pas à sauver notre maison, nous n‘avons pas non plus aboli le capitalisme. Il reste beaucoup à faire.

 

 

Concernant la situation de la Liebig34

 

Original: https://de.indymedia.org/node/28120 vom 11.01.2019

 

Il y a deux semaines que nous avons écrit que Padovicz ne peut pas nous faire expulser sans rien, qu‘il doit porter plainte avant. Nous avons expliqué qu‘il y avait encore quelque négociations en cours entre Padovicz et le district administratif (ndlt allemand « Bezirk ») . A ce moment là nous ne savions pas qu‘il avait déjà deposé sa plainte, il y a longtemps: Le 13.11.2018, LASCAR avocats, in persona Ferdinand Wrobel sur demande de Siganadia Grundbesitz GmbH und co KG ont porté plainte contre „Raduga e.V.“ (association responsable pour la maison) en vue de la restitution de la Liebig34. Malin comme il est, il a expliqué la plainte prématurée entre autre par notre volonté de ne pas quitter la maison. Le fait que Padovicz et ses avocats ont porté plainte avant même que les „négociations“ ne soient finies nous montre encore une fois que celles-ci n’ont été mises en place que pour nous distraire. Si nous pensions vraiment qu’une sortie de cette situation était possible, c‘était un espoir naïf qui nous aurait mené.es nulle part. Depuis 11 jours, „Potse, „Syndikat“ et nous nous retrouvons sans bail dans notre espace et envisageons d‘y rester. La plainte contre „Raduga e.V.“ nous rend furieux.ses mais nous ne voulons pas semer la résignation, mais au contraire canaliser notre colère et la tourner vers ceux et celles qui sont responsables. Avec vous, nous voulons montrer l‘amour pour notre maison et notre colère contre ce système capitaliste et ses représentantes comme Padovicz et Wrobel en résistant, créatif et variés. Le seul moyen qui nous reste est la pression qu‘on peut leur mettre dans la rue. Alors c‘est parti!

Contre le capitalisme et le patriarchat! Contre la ville des riches! Pour l‘amour de la vie et la ville d‘en bas! L34 résiste! 2019 sera une année très dure. Tellement de projets sont menacés d‘expulsion et l‘État prend des mesures encore plus répressives. Pendant ce temps, le racisme et le facisme se montrent de plus en plus forts. Il s‘agit d’attaques contre nos projets qu‘on ne peut jamais accepter. Il nous reste la riposte. Il nous faut nous défendre contre la gentrification et le fascisme galopant. Soyons encore plus actif.ves et montrons nos diverses formes de résistance! Pour plus d‘informations et d’actualités concernant la Liebig 34, suivez le compte twitter: @Liebig34Liebig (https://twitter.com/Liebig34Liebig)

 

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ndlt: il ne s‘agit pas des textes entiers, mais de quelques extraits pour détailler un peu la situation autour la Liebig34.

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Saint-Jean-du-Gard (Gard) : La Borie est expulsable, appel à soutien

Publié le 2019-03-21 10:30:02

Squat!net / mercredi 20 mars 2019

La Borie c’est précieux parce que c’est un endroit refuge depuis plus de dix ans pour plein de personnes pour qui la société est invivable, excluante, oppressante.
Comme tableau actuel, on pourrait dire un peu rapidement que les racines sont anti-psy, que le tronc est féministe et anti-autoritaire, que les branchages sont denses et chaotiques, shlag, à vif, désorganisés, mais laissent passer la lumière selon les secousses du vent. Tu vois ?
La Borie est précieuse parce qu’elle est multiple et complexe, parce qu’elle demande du temps et de l’observation avant de révéler ses secrets.
Ça fait aussi qu’elle est fragile parce que cell.eux qui l’habitent et la traversent ne sont pas constitué.es en un noyau fort, en une unité sûre d’elle-même. Plutôt certain.es cultivent l’errance, le temps pour soi, d’autres bataillent avec leurs casseroles ou encore bricolent, farfouillent, construisent en solo ou en bande.
Oui les énergies sont parfois volatiles et disparates. Mais il est en tous cas certain que beaucoup sont déter’ à défendre le lieu !

La Borie elle en a vu passer des luttes. D’il y a trente ans, pour empêcher la construction d’un barrage, à maintenant où la mairie de Saint-Jean-du-Gard veut en expulser ses habitant.es.
On s’attend à voir débarquer prochainement des centaines de flics et des machines pour détruire les constructions légères et murer les bâtiments. Et on voudrait que ceux qui nous menacent ne s’en tirent pas si facilement.
La date d’expulsabilité n’est pas encore précise. C’est possible que ce soit fin avril (deux mois après le rendu du procès) mais on n’en est pas encore certain·e·s.
Ceci est un appel à venir faire vivre la Borie tant qu’on le pourra. Dès maintenant, on appelle à venir partager des outils, à réfléchir aux stratégies de défense et/ou les concrétiser, à venir s’inscrire dans le territoire à la fois de manière créative, autonome et attentionnée.

Si tu veux t’installer ici, il y a des espaces d’accueil et plein de cabanes à construire. Si tu veux venir faire un concert, une performance, une pièce de théâtre, montrer un film, il y a une yourte dédiée à ça. Si tu as du matos utile pendant les périodes d’expulsions (médic’, communication, etc.), c’est très bienvenu. Si tu veux ouvrir d’autres espaces autour de nous pour nous soutenir, c’est génial.
Voici un petit film qu’on a tourné à la Borie contre les expulsions. Ça laisse imaginer qu’il y a ici une armée de meufs sur-vénères et prêtes à en découdre. Ce qui arrive parfois, mais pas tout le temps :)

Pour nous suivre et en savoir plus : https://laborie.noblogs.org/

Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) : Barbecue de caméras !

Publié le 2019-03-21 16:02:03

Le Parisien / samedi 16 mars 2019

[…] Une quinzaine de caméras de vidéosurveillance, qui venaient d’être installées la semaine dernière, ont été détruites dans la nuit de vendredi à samedi à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Les policiers sont intervienus aux alentours d’1h30 du matin au niveau du 4 rue Albert-Schweitzer, dans le quartier sensible des Hautes-Noues, pour un feu de poubelle. Les fonctionnaires ont alors découvert une quinzaine de caméras à l’intérieur. Le marche-pied et le clignotant d’une pelleteuse ont également été endommagés par propagation du feu.

« Je déplore cet incident, mais ça ne m’étonne pas. C’est un lieu de trafic de drogue et les dealeurs ne veulent pas être vus. On avait avertit Paris Habitat (NDLR, le bailleur) que ces caméras ne devaient pas être accessibles. Or, quand je me suis rendu sur place vendredi, elles étaient visibles et accessibles », regrette Jacques-Alain Bénisti (LR), le maire de Villiers.
D’après l’édile, la ville a investi 600 000 € entre l’année dernière et cette année pour financer 51 caméras sur la partie Paris Habitat dans le cadre de l’exonération de la taxe foncière demandée par la ville de Paris. La ville prévoit également d’en installer sur l’espace public, mais ça n’est pas encore fait. L’enquête a été confiée au commissariat de Chennevières.

Le vrai « drame de condé-sur-sarthe », c’est son existence même

Publié le 2019-03-21 16:03:05

Cette lettre a été écrite en juin 2017 du centre pénitentiaire de Condé-Sur-Sarthe, prison dont  la presse ne se ressouvient que depuis quelques jours. Un prisonnier y répétait ce que les premiers prisonniers enfermés dans ce QHS moderne disaient déjà en 2013, quelques mois après son ouverture ; le N°39 était entièrement consacré à la publication de leurs témoignages. Comme sa petite sœur de Vendin-le-Vieil, ouverte deux ans plus tard, Condé a été placée dans une région dévastée par l’industrie puis par la désindustrialisation. Ces prisons sont destinées à l’enfermement ad vitam des prisonniers qui ont à faire des « peines infaisables ». Des prisonniers à qui les cours d’assises n’ont même pas eu la « politesse des bourreaux » de laisser l’espoir d’une possible sortie. Des prisonniers considérés comme les plus rétifs, dont la plus grande faute est bien souvent de ne pouvoir se résoudre à être enfermés ; ce qui leur vaut de prendre des peines supplémentaires à l’intérieur.

Le 5 mars, un prisonnier et sa femme auraient attaqué deux matons dans l’unité de vie familiale (UVF) de Condé-sur-Sarthe et s’y seraient retranchés jusqu’à l’intervention des policiers du Raid. Ceux-ci ont blessé le prisonnier et abattu sa compagne. L’usage du conditionnel s’impose car la seule version dont nous disposons est celle des matons et des policiers cagoulés eux-mêmes, celle que les médias se sont empressés de reprendre en chœur : le prisonnier condamné à une peine de vingt-huit ans d’enfermement se serait radicalisé en prison, et il aurait attaqué les surveillants pour des motifs religieux. La ministre des tribunaux et des prisons, Nicole Belloubet, a parlé d’une « attaque terroriste », et la section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête.

Une version au mieux simpliste et partielle, puisqu’elle fait abstraction des conditions dans lesquelles l’attaque –supposée !- se serait produite, c’est-à-dire les conditions d’enfermement insupportables dénoncées par tous les prisonniers de Condé… Et peut-être fausse : la « radicalisation » du prisonnier pourrait aussi bien avoir servi à maquiller une simple embrouille de fin de parloir qui a dégénéré, comme c’est fréquemment le cas à Condé. Il y a quelques semaines encore, nous relayions à l’antenne de L’Envolée (sur FPP, 106.3, tous les vendredis de 19 heures à 20 h 30) le récit des provocations et des brimades subies par la compagne d’un prisonnier qui s’est vu refuser l’accès au parloir et suspendre son permis parce qu’elle a répliqué. Une seule chose est certaine : c’est que l’unité d’intervention a abattu la compagne du prisonnier en entrant dans l’UVF. Là-dessus, la presse préfère glisser rapidement.

Ce qui est sûr, aussi, c’est ce que les matons veulent faire de cette tragédie le fait divers qui fera aboutir leurs sempiternelles revendications. En décembre 2017 et janvier 2018 déjà, ils avaient pris prétexte d’une « agression terroriste » pour lancer le mouvement de blocage des prisons le plus dur depuis des années. N’ayant pu obtenir la revalorisation de leur statut -en gros, ils veulent autant d’argent et le même équipement répressif que leurs grands frères policiers-, ils essayent de remettre le couvert depuis décembre 2018. Au moment où les flics peuvent se vanter de réprimer sans aucune retenue les mobilisations des gilets jaunes, et ont obtenu une prime à la matraque sur la simple menace d’un mouvement de grève, les matons se sont saisis du prétexte terroriste pour booster une mobilisation qui piétinait depuis des semaines.

En dépit des airs qu’ils se donnent, des feux de palettes qu’ils allument, des gilets jaunes qu’ils enfilent parfois devant les caméras, les surveillants ne sont pas des travailleurs précaires comme les autres ; et leur mouvement « social » est surtout corporatiste et franchement réactionnaire. Toutes leurs revendications sans exception visent au durcissement de la répression. D’ailleurs les gendarmes qui viennent quotidiennement disperser leurs blocages pour qu’un peu de nourriture puisse tout de même rentrer ne s’y trompent pas : ils les gazent au-dessus de la tête, les manipulent avec une sollicitude inhabituelle… On les a même vus, après, se faire des checks comme des footballeurs d’équipes adverses à la fin du match.

Cette pantomime a déjà permis de remettre en avant les revendications phares des #MatonsQuiPleurent : rétablissement des fouilles à nu systématiques –rappelons au passage que si elles sont limitées par le droit en théorie, elles n’ont en fait jamais disparu d’aucune détention- , autorisation de la palpation des proches lors des visites même si les détecteurs n’ont rien décelé d’illégal, multiplication des unités cynophiles, Statut d’OPJ, obtention de Tasers… La revalorisation d’un métier qui a du mal à trouver des candidats au concours -et on comprend pourquoi-, passe exclusivement  par l’obtention de moyens légaux et techniques de réprimer plus et mieux. Les négociations sont en cours : le patron de l’AP propose, la ministre discute, les matons sont déçus… mais quoi qu’ils obtiennent cette fois-ci, ce sera toujours aux dépens des prisonniers et de leurs proches.

En attendant, le blocage de Condé continue, et aggrave encore tragiquement les conditions d’une privation de liberté déjà insupportable. On aimerait bien que les journalistes, si prompts à parler de prise d’otage dés que des cheminots font une demi-journée de grève, osent titrer :  « LES PRISONNIERS ET LEURS FAMILLES PRIS EN OTAGE ! » Car c’est bien de ça qu’il s’agit : confinement en cellule, fin des activités, absence de travail, suppression des cantines, des parloirs, de la distribution du courrier, la coupure des lignes téléphoniques, et des réseaux… Ça fait maintenant plus de dix jours que les enfermés de Condé-Sur-Sarthe sont coupés du monde.

Comme le dénonce le syndicat PRP, des familles qui avaient fait des centaines de kilomètre pour voir leur proche se sont vues refouler et railler sur le parking par les matons qui ne les laissent même pas accéder à l’abri familles. Certains continuent cependant à se rendre au parloir tous les jours. Ils ne veulent rien lâcher, et demandent aux matons pourquoi ils ne prennent pas plutôt leur courage à deux mains pour aller bloquer le ministère de la justice, leur employeur. Pour certains proches, les matons cherchent vraiment à ce que ça pète à l’intérieur.

A part un petit nombre de familles qui ont pu échanger quelques mots au téléphone avec leur proche au début de cette semaine, aucun témoignage n’est sorti pour l’instant. Par le biais de leur avocat Me Benoit David, deux prisonniers ont tout de même réussi à porter plainte au tribunal administratif contre les traitements inhumains que le blocage de la prison leur fait subir : Jeudi 14 mars, le juge des référés du tribunal administratif de Caen a considéré que la « dégradation des conditions de détention au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe n’était pas d’une gravité suffisante pour constituer une atteinte grave et illégale. »

Une fois de plus, l’institution judiciaire et pénitentiaire, celle-là même qui marque les prisonniers du sceau infamant de la « dangerosité », se rend directement responsable de la dite dangerosité ; c’est elle qui la fait naître. La prison remplit ainsi pleinement sa fonction d’élimination sociale. Ces taules de Condé et de Vendin visent à permettre au système pénal de tenir ses promesses ; même au risque de se prendre les pieds dans le tapis des peines infinies qu’il a lui-même prononcé. Même si ces peines sont infaisables. On est loin des doctes péroraisons des experts en radicalisation qui permettent d’occulter totalement cette réalité pénitentiaire !

A l’heure où nous publions ce texte, nous apprenons que la police, appuyée par le Raid, a fait une descente dans la prison de Condé et que cinq prisonniers ont été placé en garde à vue. Nous continuerons à faire connaître ce qu’il se passe à Condé dès que nous disposerons de plus d’informations sur ces nouvelles représailles.

SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS DE CONDE-SUR-SARTHE ET LEURS PROCHES !

Le Syndicat Pour la protection et le respect des prisonnier.e.s, des proches de prisonniers enfermée à Condé appellent à  un rassemblement devant la prison de Condé-Sur-Sarthe à partir de vendredi  22 mars à  13 heures (début des parloirs en temps normal) pour soutenir les familles et les prisonniers pris en otage par le blocage des surveillants.

VENEZ nombreux et nombreuses !!!

Munich, Allemagne : Des câbles de fibre optique du réseau Vodafone incendiés – 12 mars 2019

Publié le 2019-03-21 16:26:03

A Munich (Bavière), la police criminelle du service à la sûreté de l’Etat suppose qu’un incendie criminel a été commis dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mars, entre 1h et 2h15, contre une infrastructure de télécommunication. La police écarte d’emblée un quelconque défaut technique et parle de sabotage délibéré. En dépit du fait qu’aucun communiqué de revendication n’ait été publié sur internet et qu’aucun tag n’ait été laissé sur les lieux et dans les environs, les flics parlent de « motivation criminelle à caractère politique » et n’excluent pas la piste des milieux autonomes en raison de la nature de cet acte visant à couper les télécommunications d’une partie de la ville.

Un peu après minuit, à l’est de Munich, les flammes ont rongé une partie des câbles de fibre optique de l’opérateur Vodafone qui passent sous le pont « John Kennedy », non loin du « jardin anglais ». Cette ligne de télécommunication permet de relier deux extrémités de l’Isar. Selon la ‘Süddeutsche Zeitung’, les télécommunications n’ont pas été totalement interrompues, mais l’entreprise ciblée estime les dégâts à environ 100.000 euros.

Dès le lendemain, mercredi, les enquêteurs de la police munichoise ont placardé des affiches « d’appel à témoins » dans les environs où s’est produit ce sabotage. 

Les journaflics rappellent que des véhicules utilitaires d’entreprises de téléphonie ont été incendiés au moins à trois reprises à Haidhausen ces dernières années.

[Repris de Chronik, 12.03.2019]

Salzbourg, Autriche : Attaque de la future école de police en solidarité – 19 mars 2019

Publié le 2019-03-21 16:27:04

Dans la nuit du 18 au 19 mars 2019, nous avons rendu visite à la future école de police de la Weiserstraße dans le quartier de Schallmoos en faisant éclater une vitre et en laissant le message « Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s ».

L’action s’est passée dans le cadre de la « journée des prisonnier.e.s politiques ». Toutefois, nous appelons délibérément à la libération de tou.te.s les prisonnier.e.s des Etats capitalistes, puisqu’à notre avis, il n’existe pas de prisonniers « non-politiques » parmi elles/eux.

Nos salutations révolutionnaires s’adressent en partie aux 18 de Bâle et à la personne derrière les barreaux depuis l’expulsion de Nele35 à Vienne [1].

[Traduit de l’allemand de Deutschland Indymedia, 20.03.2019]

NdT:
[1] Le 7 décembre 2018, une personne a été arrêtée par les flics lors de l’expulsion du squat Nele35 à Vienne, accusée d’avoir résisté à l’autorité de l’Etat dans le cadre d’une vérification d’identité. Elle a été incarcérée le jour-même en détention provisoire à la prison viennoise de la Josefstadt en raison du fait que la justice la considère comme une multirécidiviste. Le 27 décembre, elle a été condamnée à 5 mois de prison. Elle a été libérée le 15 mars 2019 après l’acceptation de sa demande de remise en liberté.

Joux-la-Ville (Yonne), France : Cellule de la prison incendiée – 18 mars 2019

Publié le 2019-03-21 16:27:05

On apprend par les médias qu’un détenu du centre de détention de Joux-la-Ville a volontairement mis le feu à sa cellule lundi 18 mars vers 9h30. Il y a eu des dégâts matériels.

Le détenu a été incommodé par les fumées ainsi que deux surveillants. Tous les trois ont été emmenés à l’hôpital d’Avallon pour observation. « Une enquête est en cours » a précisé la procureure de la République d’Auxerre Sophie Macquart-Moulin.

Montevideo, Uruguay : Attaque de l’ambassade d’Italie en solidarité avec les compagnons de Turin incarcérés – 25 février 2019

Publié le 2019-03-21 16:27:07

Solidarité avec les compagnon.ne.s de Turin.

Dans la matinée du jeudi 7 février, les forces de l’ordre de la ville de Turin ont déployé l’ensemble de leur appareil répressif dans le but d’expyulser le centre social « Asilo Occupato » dans le quartier Aurora.
Un centre social ouvert depuis plus de 20 ans dans le quartier et qui lutte contre les frontières et le racisme.
Un espace horizontal, autogéré qui lutte contre les inégalités sociales et affronte un capitalisme de plus en plus cruel.

C’est pour toutes ces raisons que nous avons décidé de faire jaillir notre solidarité avec les compagnon.ne.s qui ont résisté pendant plus de 36h sur les toits.

Dans la matinée de lundi 25 février 2019, nous avons décidé d’attaquer l’ambassade d’Italie en faisant exploser des bombes de peinture sur sa façade puante et en taguant ses murs d’un « Asilo Occupato résiste! ».

Pour les compas arrêté.e.s en vertu de la loi antiterroriste !
Contre les expulsions !
Pour l’anarchie !

Action directe.

[Traduit de l’espagnol de Contrainfo, 12.03.2019]

Contre la grève des matons

Publié le 2019-03-22 10:22:04

Le 5 mars 2019, deux matons ont été agressés et blessés à l’arme blanche par un détenu et sa compagne au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, lors d’une UVF (unité de vie familiale). Le détenu aurait revendiqué l’attaque comme une vengeance pour l’auteur de l’attentat de Strasbourg abattu par la police en décembre 2018. Après l’intervention du RAID, on apprend que la femme a été abattue et que le détenu est blessé.



Dès le lendemain, suite à l’appel des syndicats de matons, beaucoup se mobilisent et une vingtaine d’établissements est bloquée. Depuis ce jour, quelques établissements sont totalement bloqués et un grand nombre est mobilisé. Si le mouvement ne fait que commencer, les personnes incarcérées et leurs proches en subissent déjà les conséquences. Les entrées et les sorties (fins de peine ou permission) sont bloquées, les parloirs sont annulés, le dépôt de linge est rendu impossible. Dans certaines taules, les matons ne maintiennent plus que le « service minimum », compliquant encore plus la vie quotidienne, en compromettant l’accès aux activités par exemple.

Les grèves des maton·ne·s sont régulières ces derniers temps et les habituelles revendications portées sont largement relayées par les médias. Bien ancré·e·s dans le discours sécuritaire ambiant, les maton·ne·s se plaignent du manque d’effectifs et de matos autorisé ainsi que du salaire qui inspirerait peu de vocations.

Comme à leur habitude, ils et elles sautent sur un fait divers, une situation particulière, pour réclamer le renforcement du système sécuritaire pour tout le monde dans et autour des prisons. Alors, les polémiques sont lancées et chacun·e pointe du doigt tel ou tel dysfonctionnement, un détenu « radicalisé » ne devrait pas avoir accès aux UVF, les personnes extérieures venant aux parloirs devraient être palpées, comme le propose le premier ministre. En réalité, les UVF, ces appartements sécurisés où les prisonnier·e·s peuvent voir leurs proches dans une relative intimité entre 6 et 72h d’affilé, sont déjà très difficiles d’accès et constituent ainsi une carotte qui permet de conserver la paix sociale à l’intérieur. Le nouveau plan prison de 2018 s’inscrit lui aussi dans cette lignée en poussant l’isolement au maximum avec la construction de « quartiers étanches », comme les QPR, quartier de prise en charge de la radicalisation, dont reparlent les maton·ne·s et leurs soutiens aujourd’hui.

Une grève de matons, ce n’est une lutte dans une perspective d’émancipation, ce n’est pas se battre pour la fin des oppressions. Une grève de matons, c’est le renforcement du contrôle sur tou·te·s.

Pas de compassion pour les matons, pour un monde sans prisons !

Contre la grève des matons

[Acte XVIII] De l’autre côté du miroir

Publié le 2019-03-22 11:08:04

Retour sur la journée insurrectionnelle du 16 mars 2019, acte XVIII du mouvement des Gilets jaunes. Texte publié dans le n°15 d’Avis de Tempêtes.



Le type sourit aux photographes, lunettes de soleil vissées sur le nez et sommets enneigés en arrière-plan. Arrivé jeudi soir dans une station de ski des Hautes-Pyrénées, il a prévu d’y passer le week-end. Cet homme est président de la République. Il est venu fêter au calme la fin d’un Grand Débat censé remettre sur les rails institutionnels un mouvement de révolte qui dure depuis quatre mois. Samedi 16 mars en plein après-midi, ce même homme à présent grimaçant a pourtant été contraint d’écourter ses vacances de toute urgence. Un peu plus tôt, la maire du plus riche quartier de la capitale vient de réclamer, ivre de colère, qu’on puisse décréter l’état de siège afin de confier des fonctions de police à l’armée. Quelques heures plus tard, le Premier ministre blêmit presque en faisant valser des gros mots qui écorchent sa langue, de ceux qui fustigent pêle-mêle les actes « de casseurs, de pillards, d’incendiaires, de criminels ». Et même d’ « assassins » a tenu à rajouter sans sourciller son spécialiste du terrorisme d’État. C’est qu’en ce 18e samedi consécutif, le pouvoir s’est à nouveau fait surprendre : occupé à surprotéger son petit triangle de ministères, d’ambassades et du Palais présidentiel, il a dû céder du terrain face à une rage et une détermination qui ont saccagé la plus grande vitrine du pays. Et dans les grandes largeurs cette fois.

Samedi 16 mars, dès la fin de la matinée, il y en avait en effet pour tout le monde sur les Champs-Élysées. Les bijouteries de luxe Bulgari, Mauboussin et Swarovski ont été pillées une fois leurs lourdes protections arrachées, de même que la boutique Célio dont les vêtements ont été partagés à la volée, en plus de celles des cosmétiques Yves Rocher, des macarons Ladurée, du prêt-à-porter Tara Jarmon, Zara, H&M et Lacoste, d’électronique Samsung, de téléphonie Xiaomi et SFR, de chaussures Weston, du PSG, de maroquinerie Tumi et Longchamp, ou encore dans le désordre les boutiques Hugo Boss, Eric Bompard, Nespresso, Etam, Al Jazeera Perfumes, Arabian oud, Nike, Foot Locker, Léon de Bruxelles, Disney, Gaumont, MI Store et même le chocolatier Jeff de Bruges. Soit 110 commerces attaqués, dont 26 pillés, plus une centaine d’autres le long des manifs sauvages. Bien peu ont été épargnés lors de cette journée portes ouvertes sur les Champs, malgré les 256 manifestants gardés à vue et les blessés, une journée ensoleillée qui a su conjuguer d’autres disciplines olympiques non officielles, comme le lancer de pavé descellé ou l’incendie volontaire (notamment celui du restaurant Le Fouquet’s, d’un engin de chantier et de voitures, dont une de police devant le commissariat des Halles). Lorsque fringues et bijoux de luxe commencent à voleter joyeusement dans les airs aux cris de « révolution ! révolution ! » et que d’autres biens finissent dans les flammes ou en plusieurs morceaux, cela renvoie bien sûr au temps arraché à l’exploitation, à ce turbin qui broie jour après jour chairs et neurones contre quelques miettes. Mais le pillage conséquent de toutes ces marchandises qui nous emprisonnent touche également à une autre dimension, celle de son ultima ratio comme disait l’autre à propos des émeutes de Watts : il atteint la fonction même de la police, dont l’une des raisons d’être est justement d’obtenir que le produit du travail humain reste une marchandise dont la volonté magique est d’être payée.

Porté par une foule hétérogène, ce samedi parisien a donc marqué de façon éclatante une bonne vieille pratique émeutière qui ne manque pas non plus dans plusieurs autres villes (comme Toulouse, Bordeaux, ou Montpellier) depuis décembre : briser les vitrines qui nous narguent jour après jour, mais surtout tenter de passer derrière pour saisir l’occasion de s’emparer ou détruire ce qu’elles protègent. En y prêtant quelque attention, fracasser le miroir de la normalité et se retrouver de l’autre côté pourrait même se révéler plus surprenant encore. Car en plus du renversement provisoire de l’espace et du temps de la domination, c’est jusque la perspective qui pourrait s’en trouver chamboulée. Une fois rompu le charme de la vitrine, une fois le regard capable de se projeter au-delà de sa façade, pourquoi devrait-il en effet s’arrêter en si bon chemin ? La liberté et la rage ne seraient-elles pas aussi contagieuses que la passivité et la soumission ? L’imagination et la perspicacité ne sont-elles pas des qualités pour celles et ceux qui veulent aller plus loin encore ? Et dans ce cas, pourquoi le regard ne continuerait-il pas à vagabonder à sa guise, non seulement derrière les vitrines mais aussi dans toutes les autres directions, y compris en bas ou en haut, là où prolifèrent les flux de données et d’énergie qui les alimentent. Sous nos pieds ou peut-être au-dessus de nos têtes. Comme une manière de continuer à éliminer le problème, cette fois directement à la source. Même à quelques-uns, et chacun selon ses propres échéances.

villeneuve -de- Berg, Ardèche: Des filles s’amusent à l’église contre le patriarcat

Publié le 2019-03-22 16:06:04
France bleu Drome Ardèche

Cinq adolescentes de 14 et 15 ans ont reconnu ce mercredi être les auteures des incivilités à répétition dans l’église de Villeneuve-de-Berg en Ardèche. Pour elles, il s’agissait d’un jeu. Elles se filmaient et diffusaient les vidéos sur les réseaux sociaux.

L'église Saint-Louis de Villeneuve-de-Berg est ouverte toute l'année
L’église Saint-Louis de Villeneuve-de-Berg est ouverte toute l’année – Photo du site www.ardeche-guide.com

Villeneuve-de-Berg, France

Qui n’a pas fait de bêtises à l’adolescence ? Mais celles-ci sont quand même très saisissantes. Depuis le mois d’octobre, des incivilités étaient régulièrement commises dans l’église de Villeneuve-de-Berg : traces de pas sur la nappe de l’autel, livres de messe en partie brûlés, urine dans le bénitier. Dans le délicat contexte des attaques contre les lieux de culte, les gendarmes ont pris l’affaire très au sérieux et ils ont identifié les cinq adolescentes, un groupe de copines originaires de la commune et des villages environnants.

Des vidéos sur les réseaux sociaux

Auditionnées mercredi en présence de leurs parents, elles ont reconnu les faits. Elles disent avoir agi « par jeu ». Elles filmaient leurs « exploits » et diffusaient les vidéos sur les réseaux sociaux. Les adolescentes, sans histoire, ont été laissées libres. Le parquet de Privas a ordonné à leur encontre des mesures de réparation (stage ou petits travaux) sous l’égide des éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse

Kiev (Ukraine) : Actions en solidarité avec les anarchistes prisonniers en Russie

Publié le 2019-03-22 16:09:07

AMWenglish / jeudi 14 mars 2019

Des anarchistes révolutionnaires de Kiev, en Ukraine, ont mené une série d’actions en solidarité avec les anarchistes emprisonnés en Russie. Parmi ces actions, une banderole de posée, des tags et l’incendie d’une filiale de la Srerbank, banque de propriété de l’État russe.


Voici leur communique :

 » L’apparat répressif de la dictature russe continue à faire rage. Les terroristes du FSB [le service secret russe, héritier du KGB soviétique ; NdAtt.], non contents que des personnes soient prêtes à répondre à leur terreur, ont attaqué avec toutes leurs forces pour détruire le mouvement anarchiste en Russie. Ils torturent des gens avec des tasers, les tabassent pour leur soutirer des témoignages, fabriquent des preuves – c’est à dire qu’ils font tout pour protéger leur régime de cannibalisme. Dans un tel moment de difficulté pour le mouvement, c’est important de se serrer les coudes et de faire tous les efforts pour soutenir les compagnon.ne.s.

Les anarchistes de Kiev, dans le cadre de la semaine d’actions coordonnées en solidarité avec les prisonniers politiques anarchistes en Russie, ont mené une série d’actions. N’oublions pas nos compagnon.ne.s, écrivons-leur des lettres, et souvenons-nous de la chose la plus importante : personne doit être laissé seule face à la machine répressive de l’État.
Viendra le jour quand tout responsable de torture, tout fonctionnaire qui a couvert la répression et terrorisé la population aura ce qu’il mérite.

La solidarité est plus forte que vos frontières !  »

[NdAtt. : une vidéo des actions est disponible sur AMWenglish]

Nérondes (Cher) : Virée incendiaire au village et… aujourd’hui y a pas école (MAJ du 4/04)

Publié le 2019-03-22 16:09:08

Le Berry Républicain / vendredi 22 mars 2019

Un incendie a eu lieu ce vendredi 22 mars, à Nérondes (Cher), avant six heures du matin, à l’école élémentaire, rue de la Croix Blanche. Un sinistre d’origine volontaire, d’après les premières constatations. Des objets volés ont été retrouvés dans les rues adjacente. Une voiture a par ailleurs été retrouvée calcinée, rue des Ecoles. Une classe a été détruite totalement, et une autre partiellement. Le bureau de la directrice a également été touché par le sinistre. Une voiture a par ailleurs été incendiée dans une rue à proximité. 

Le secteur a été bouclé par les gendarmes. Les parents des 128 élèves ont été avertis à temps. Une dizaine d’enfants a pu être accueillie au centre de loisirs, à deux pas de l’école. Les autres sont restés chez eux. C’est certainement dans ce centre de loisirs que les  élèves pourront être accueillis lundi matin. L’école de Nérondes accueille des enfants de neuf communes. […]

*****

Mise-à-jour du jeudi 4 avril : Deux personnes arrêtées (faut pas trio boire…)

FranceBleu / jeudi 4 avril 2019

L’un des deux jeunes interpellés mercredi après l’incendie de l’école de Nérondes le 22 mars, sera traduit en comparution immédiate ce vendredi après-midi devant le tribunal de Bourges. Le second , mineur, sera convoqué devant un juge pour enfant et doit se soumettre en attendant, à un contrôle judiciaire. La troisième personne qui avait été arrêtée, à été relâchée mercredi soir et mise hors de cause. Les deux auteurs présumés semblent avoir agi par désoeuvrement.

Le plus âgé n’a que 18 ans ; il est originaire de Vierzon et n’a jamais été condamné. Difficile d’établir le rôle de chacun puisqu’ils se rejettent mutuellement la responsabilité. Ce qui est sûr, c’est qu’avec son camarade de 17 ans, originaire de Sancoins, ils avaient beaucoup bu cette nuit là, peut-être fumé. Des jeunes, expliquent le parquet, en manque de cadre et de repères. Les pompiers étaient intervenus vers 2H du matin pour un feu de poubelle dans la cour de l’école. Trois heures plus tard, ils étaient à nouveau appelés pour un incendie dans l’école et sur une voiture garée dans une rue adjacente. Deux classes et le bureau de la directrice ont été gravement endommagés. Des travaux et du mobilier à changer : une facture salée de 250.000 euros. Les vandales avaient disséminé du matériel scolaire aux alentours de l’école : des raquettes, des crayons et même un ballon. La police scientifique avait pu relever certaines traces. L’enquête de voisinage et des caméras de surveillance ont également donné quelques éléments aux gendarmes.

 

 

Flers (Orne) : Le distributeur de billet incendié

Publié le 2019-03-22 16:09:11

L’Orne combattante / jeudi 21 mars 2019

Le distributeur automatique de billets du quartier Saint-Michel, rue du Mont-Saint-Michel, à Flers, a été incendié dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 mars 2019. L’appareil est hors de service. D’après nos informations, un ou plusieurs individus auraient mis le feu à un conteneur à poubelles, vers 0 h 20, avant de le placer contre le local qui abrite le distributeur. […]

Madrid, Espagne : Agences immobilières et bookmakers vandalisés – Février 2019

Publié le 2019-03-24 07:58:04

En réponse à la « semaine d’agitation et de propagande contre la gentrification, la spéculation capitaliste et en défense aux squats » [1], nous rapportons plusieurs attaques au cours du mois de février dernier contre des agences immobilières et des bureaux de placement (bookmakers), par des bris de vitres, de la peinture ou des serrures engluées, dans divers quartiers de Madrid: Vallekas, Chamberí, Malasaña…

Pour la reproduction de l’attaque !

Vive l’anarchie !

Des anarchistes.

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, Marzo 22, 2019]


NdT:
[1] D’autres actions directes se sont produites à Madrid dans le cadre de cette « semaine d’agitation ». Deux voitures d’auto-partage ont été incendiées en février (lire le communiqué de revendication). Dans la nuit du 18 février 2019, un distributeur de billets d’une agence Bankia est incendié en solidarité avec Lisa et d’autres anarchistes entre les griffes de l’Etat. Mais les auteur.e.s du communiqué ont également tenu à inscrire « cette petite action comme une contribution à la « semaine d’agitation et de propagande contre la gentrification, la spéculation capitaliste et en défense des squats ». »Le 13 février, lors d’une action sauvage inopinée contre la spéculation immobilière et les expulsions de squats, la circulation de la ‘calle de la Oca’ est bloquée avec deux banderoles, une agence immobilière est repeinte.

Besançon, France : Beau comme un rêve d’urbanistes qui part en fumée !

Publié le 2019-03-24 07:58:05

 Tract diffusé aux habitants du quartier des Vaîtes (mars 2019) 

Beau comme un rêve d’urbanistes qui part en fumée !

Dans la nuit de dimanche à lundi 25 février 2019, la Maison du projet de l’écoquartier des Vaîtes est partie en fumée. Installée aux abords des voies du tramway chemin du Vernois et inaugurée en avril 2018, cette salle d’exposition d’un coût initial de 90.000 euros était destinée non seulement à promouvoir ce projet urbaniste de grande envergure, mais servait aussi à la société immobilière Icade à commercialiser les milliers d’appartements qui sortiront de terre, tous destinés aux spéculateurs du logement. C’était aussi le lieu de travail des promoteurs, constructeurs, architectes et urbanistes¹ en charge de ce méga-projet écocide, porté par le maire J-L. Fousseret depuis des années.

Nous sommes de celles et ceux, nombreuses et nombreux, à avoir accueilli avec joie la nouvelle de ces flammes dévastatrices. Quoi de plus réjouissant en effet que de voir une partie de cet écoquartier en cendres !

Cet incendie ravageur a montré une fois de plus l’efficacité du sabotage et de l’action directe : d’abord, il a permis de redonner de l’écho à la lutte contre ce projet qui était en sommeil depuis quelques temps. Et quoi qu’en dise l’association citoyenne « Le Jardin des Vaîtes » qui s’est précipitée devant micros et caméras pour s’en distancier et le condamner, il semble difficile de considérer l’avis défavorable au projet prononcé par le conseil de protection de la nature (issu du DREAL) et la décision du préfet de mettre le chantier à l’arrêt pendant quelques semaines comme de pures coïncidences. D’autant que ces deux décisions interviennent quelques heures après ce feu nocturne.

Après les expropriations de terres et le saccage de plusieurs hectares de zones humides et de jardins ouvriers, le rouleau-compresseur urbaniste a marqué une courte pause grâce à cet incendie. Mais lundi 18 mars, le préfet a sifflé la reprise du chantier, et notamment des opérations d’abattage des arbres sur la zone. Il semblerait par ailleurs que l’entreprise en charge de l’abattage des arbres ait fait le choix – peu étonnant – de rentrer, après chaque intervention, ces machines pour la nuit.

Face à ce système qui bétonne à tout va, qui tend à nous maintenir toujours plus en cage, à détruire la planète et ses êtres vivants pour toujours plus de profit et de contrôle, nous n’avons d’autre choix que celui de lutter.

Loin des projecteurs et des vautours médiatiques, luttons directement contre le désastre en cours : C’est en s’opposant physiquement aux machines, en les bloquant ou en les détruisant que nous pourrons espérer venir à bout de leurs velléités autoritaires.

C’est aussi l’occasion de relancer une lutte directe et auto-organisée contre l’écoquartier des Vaîtes. Diverses formes d’actions s’offrent à nous : par exemple en occupant la zone pour y vivre – comme en 2016 pendant le mouvement d’opposition à la loi travail, avec ses jardins potagers autogérés et ses discussions horizontales – ou alors en harcelant les responsables du projet¹ ou bien en s’associant et en formant des petits groupes autonomes et/ou coordonnés pour mener à bien toutes sortes d’action directe (du tag à l’incendie) sur la zone en chantier, de jour comme de nuit.

Il est donc hors de question pour notre part de composer avec des politiciens qui siègent dans les conseils, se dissocient de la révolte, n’agissent jamais par eux-mêmes mais toujours dans le respect des institutions et de l’ordre en place. Leur interlocuteur, c’est l’État, ce monstre froid qui exercera sa violence face à quiconque n’empruntera pas le chemin du spectacle, de la représentation ou de la légalité contre un de ses plans urbanistes dévastateurs et mortifères.

Quelques ennemi.e.s de l’urbanisme « greenwashing », aux Vaîtes comme ailleurs


Note :
¹Tels que La Ville de Besançon ; Territoire 25 (6, rue Louis Garnier à Besançon) ; Territoires Paysagistes (22, rue Mégevand à Besançon) ; Conseil Régional Bourgogne-Franche-Comté (4, Square Castan à Besançon) ; l’ADEME ;

Voir/Télécharger le tract au format PDF en cliquant sur l’image.

[Reçu par mail, 22 mars 2019]

Flers (Orne), France : Le distributeur ne crachera plus de thunes pour un moment – 21 mars 2019

Publié le 2019-03-24 07:58:07

Au beau milieu de la nuit, entre le mercredi 20 et le jeudi 21 mars, un distributeur de billets a été incendié dans le quartier Saint-Michel à Flers (Orne).
D’après les informations données par les (journa)flics, « un ou plusieurs individus auraient mis le feu à un conteneur à poubelles, vers 0 h 20, avant de le placer contre le local qui abrite le distributeur ». Le DAB est désormais hors-service.

|Repris de la presse locale, 22.03.2019]

« Gilets jaunes », France : Des lettres et des chiffres – Mars 2019

Publié le 2019-03-24 07:58:09

Des lettres…

Depuis le début du mouvement de révolte dit des « gilets jaunes » il y a quatre mois, les sabotages variés tout au long de la semaine en dehors ou à partir des ronds-points occupés n’ont pas manqué. Collectives comme individuelles, elles ont aussi bien touché péages et distributeurs de billets, centres des impôts et trafic ferroviaire ou autoroutier, supermarchés et antennes de téléphonie, permanences de partis et domiciles d’élus ou mairies, pour n’en citer que quelques-unes. Si quelques sites ou publications anarchistes en ont rendu compte, c’est malheureusement lors de l’arrestation de personnes qu’on peut parfois trouver des traces de ces activités nocturnes, puisque les journaflics préfèrent de loin en faire part à cette occasion que tout court. Il y a un mois l’Etat se vantait par exemple de l’arrestation de petits groupes de gilets jaunes auto-organisés pour flamber centre des impôt à Nîmes ou péages à Narbonne, mais d’autres nouveaux exemples sont sortis ces derniers jours.

A Segré dans le Haut-Anjou, deux supermarchés ont été sabotés la nuit du vendredi 8 au samedi 9 février 2019. Tandis que le Super U recevait de la mousse expansive pour bloquer ses portes coulissantes et que plusieurs pompes de sa station-service étaient mise hors-service de la même façon, une cinquantaine de chariots de l’enseigne Lidl recevaient du silicone dans la fente du consigneur en place sur chaque caddie (9000 euros de dégâts). Accusés en outre pour deux d’entre eux de dégradations du centre de tri postal de Combrée et d’avoir muré l’entrée de la sous-préfecture de Segré dans la nuit du 7 au 8 décembre 2018, cinq personnes ont été interpellées le 21 mars et passeront au tribunal d’Angers en septembre.

A Maubeuge dans le Nord, la nuit du 31 décembre le distributeur de Crédit Mutuel est brisé à coups de masse. Durant cette même nuit, à Aulnoyes-Aymeries, les distributeurs de trois banques (Crédit du Nord, Crédit Mutuel et Société Générale) sont aussi fracassés. Le 11 janvier, c’est au tour de celui de La Poste et d’une station-service Carrefour Market de Ferrière-la-Grande. Le 7 février, le distributeur du Crédit agricole et les stations essence d’Auchan et Intermarché à Aulnoye-Aymeries sont aussi attaquées, les conduisant à fermer leurs portes durant plusieurs jours (200 000 euros de dégâts). Le 18 mars, six personnes ont été interpellées avec l’aide des renseignements territoriaux qui ont orienté l’enquête sur des « Gilets jaunes issus de la mouvance anarchiste » suite aux tags ACAB retrouvés à côté de certains sabotages. Elles ont été placés sous contrôle judiciaire. Selon les journaux, certaines auraient parlé en garde-à-vue et d’autres pas. Au total, les dégâts causés sont estimés à près de 200.000 euros.

En Dordogne, la nuit du 23 au 24 décembre 2018 plusieurs bâtiments publics dont la maison des services publics à la Force et la mairie à Colombier ont été incendiés, puis une guinguette municipale pour bobos la nuit du 29 au 30 décembre, suivis de l’incendie d’un engin de chantier du Conseil Départemental à Prigonrieux et d’un pylône de téléphonie SFR à Gardonne (260 000 euros de dégâts). Selon la procureure, l’incendie du pylône de télécommunication avait pour but de « bloquer la communication de la police et de la gendarmerie ». Le 18 mars, cinq personnes de 27 à 50 ans qui « se seraient rencontrés lors de divers événements en lien avec le mouvement » ont été interpellées à Bergerac, deux d’entre elles étant en plus accusées d’avoir participé à la manifestation parisienne du samedi 16 mars, puisque plusieurs habits de grandes marques appartenant aux boutiques pillées sur les Champs Elysées auraient été retrouvés chez elles. Mises en examen pour « incendies par moyens dangereux » et « association de malfaiteurs », trois d’entre elles ont été placées sous contrôle judiciaire et deux incarcérées placées sous mandat de dépôt en préventive. Selon les journaux, elles sont inconnues des services de police, et « tous ont [auraient] reconnu les faits qui leur sont reprochés ».

Enfin, citons deux derniers petits exemples tirés des faits divers et concernant les manifs du samedi. A Niort, dans les Deux-Sèvres, c’est un « Monsieur tout le monde » père de famille de 50 ans comme l’a dit le tribunal, qui entendait protester contre les peines distribuées aux manifestants. Ce type ordinaire, peut-être en mémoire de ses lointaines années d’enfance, a ainsi profité de la manif du 12 janvier pour vider un tube de colle forte dans la serrure de la porte d’entrée du palais de justice de Niort, retardant ainsi son ouverture pour les comparutions immédiates du lendemain. Arrêté et placé en garde à vue le 28 janvier dernier, il a pris le 19 mars un mois de prison avec sursis et 1.111,81 € de facture des réparations à payer. Le second exemple est celui d’un jeune antifasciste de 17 ans résidant en foyer, qui a été interpellé le 13 mars à Ambérieu-en-Bugey (Ain). Il est accusé d’avoir participé à l’attaque éclair de la voiture de police garée devant le bâtiment de la Police aux frontière (Vitres brisées, rétroviseurs arrachés, carrosserie enfoncée, 6000 euros de dégâts) à Lyon lors de la manif sauvage du 23 février dernier. Mis en examen par un juge d’instruction suite aux investigations de la « cellule spéciale gilets jaunes » des enquêteurs, il aurait reconnu les faits, ainsi que sa participation à une manifestation non autorisée à Bourg-en-Bresse en décembre.

Chacun sait qu’une semaine ordinaire dure sept jours, et que le samedi n’est que l’un d’entre eux. C’est ainsi que certains s’organisent à nombreux et de jour pour bloquer des zones industrielles ou commerciales (et parfois des dépôts pétroliers ou des ports), tandis que d’autres s’organisent à quelques-uns de nuit pour saboter leurs installations électriques ou de fibre optique. C’est ainsi que certains pratiquent l’émeute du samedi, et d’autres des attaques variées de l’économie et de la technologie toute la semaine. Et qui sait si ce ne sont parfois pas les mêmes, comme en témoignent encore ces arrestations récentes, même si la question, au fond, n’est pas là : elle est plutôt de savoir, chacun, comment nous souhaitons approfondir l’antagonisme en cours, quelle est de façon plus générale notre perspective autonome, y compris dans ou en dehors d’un tel mouvement de révolte ? Un mouvement qui n’est de toute façon pas anodin, et qui vaut même une avalanche de chiffres récents que nous avons recueilli ci-dessous. Des chiffres qui comme les actes, ne parleront qu’à ceux qui savent les saisir (après tout il n’est question ici que de banques, d’abribus et de bijouteries, et le monde à détruire est vaste). Non pas pour exalter artificiellement la situation, mais pour aller au-delà, en tentant par exemple d’étendre la critique en acte là où elle peine à se faire jour.

…Et des chiffres

Chaque journal s’est évertué ces derniers jours à publier son petit scoop en tentant de se renseigner auprès de qui de droit pour évaluer les dégâts en cours depuis le début du mouvement. Ainsi, « Si l’on regarde plus précisément la manifestation du samedi 16 mars, l’évaluation globale du coût des dégradations est de 30 millions d’euros, et porte donc le coût total des dégradations de 170 à 200 millions d’euros » depuis le 17 novembre, a déclaré Bruno Le Maire devant les commissions des affaires économiques et des finances de l’Assemblée. En dehors des « dégradations » directes, laissons tomber de détail des pertes conséquentes de chiffres d’affaires, en ne relevant qu’un chiffre donné par le Ministre de l’économie : « S’agissant des grands centres commerciaux, la baisse sur les quatre mois de manifestations est de l’ordre de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en raison de la baisse de fréquentation ».

Concernant les intérêts du groupe JCDecaux, c’est le magazone économique Challenge qui a farfouillé (22/3). La maison mère JCDecaux a compté 471 dégradations en Île-de-France depuis le début des manifestations (kiosques et mobiliers urbains soit abribus, colonnes etc.) et 584 dans le reste de la France, essentiellement à Bordeaux, Nantes et Toulouse. Soit plus de 1.000 mobiliers d’affichage JCDecaux dégradés en France depuis le début du mouvement des gilets jaunes, à Paris et en régions.
Ce week-end des 16 et 17 mars, sept kiosques parisiens ont brûlé, cinq d’entre eux sont totalement détruits. Au total, JCDecaux a constaté sur ces seuls deux jours la dégradation de 77 mobiliers urbains en France, dont 57 en région parisienne.
Le numéro deux du mobilier urbain en France, l’Américain Clear Channel, fait lui aussi face à des destructions dans les villes où il est présent, particulièrement à Avignon, Bordeaux, Rennes, Caen ou Dijon. Au total, il compte six panneaux (dits sucettes) brûlés, deux mobiliers digitaux (des matériels coûteux) détruits et près de 500 vitres brisées ou à remplacer. Clear Channel estime la facture à 250.000 euros.

Concernant les pillages sur les Champs-Elysées du 16 mars que 20Minutes (22/03) a tenté d’évaluer, les responsables de la boutique de cachemire Bompard estiment que le préjudice subi atteint 50.000 euros, hors dégradations, ceux du magasin Hugo Boss le chiffrent à 70.000 euros, tandis que la BRB (brigade de répression du banditisme), elle, enquête sur le saccage des bijouteries Bulgari (700.000 euros de préjudice), Swarovski (500.000 euros de préjudice) et Mauboussin (400.000 euros de préjudice). Bien qu’elles se soient vantées que l’essentiel des bijoux de valeur se trouvait au chaud dans leur coffre-fort, il en restait apparemment assez en vitrine et en magasin pour contenter un paquet de monde.

Concernant les banques, « une des cibles préférées des casseurs lors des manifestations de gilets jaunes », c’est Europe1 (21/3) qui s’y colle : Au total, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » le 17 novembre dernier, 760 agences bancaires ont été dégradées partout en France. Parmi elles, 500 cas sont jugés « importants » par les professionnels du secteur (vitrines et DABS en miettes), et 40 cas sont même qualifiés de « graves » (agences saccagées ou incendiées). Par ailleurs, les différents grands groupes bancaires interrogés n’ont pas souhaité divulguer le montant des dégâts subis par leurs différents établissements.

Allez, comme on dit parfois, à chacun le sien, feu aux prisons et liberté pour toutes et tous!


Pour lire par soi-même :

Bergerac,
hxxps://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/dordogne-des-vetements-voles-sur-les-champs-elysees-retrouves-chez-des-gilets-jaunes-bergeracois-1553178322
Maubeuge,
hxxp://www.lavoixdunord.fr/555867/article/2019-03-21/ils-avaient-detruit-stations-service-et-distributeurs-six-gilets-jaunes
Segré,
hxxps://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/segre-en-anjou-bleu-49500/segre-supermarches-degrades-des-gilets-jaunes-segreens-identifies-6275000

Des intellectuels causant dans le salon de l’elysée et au balcon quand passe le mouvement social

Publié le 2019-03-24 08:04:03

Un lieu où auparavant ils n’avaient droit qu’à aller lécher les vitrines, sauf pendant le marché de Noël, organisé par les forains, quand ils pouvaient aller s’y promener et voir les lumières de « la plus belle avenue du monde », manger un kebab ou une choucroute pas chers, et penser qu’eux aussi pouvaient profiter de la belle vie.

Je suis atterré d’avoir vu Michel Wieviorka, Irène Théry, Dominique Méda, Luc Boltanski et d’autres collègues jouer les faire-valoir de la légitimité de ce débat bidon. Un « Grand débat » censé faire démocratie face aux revendications des gilets jaunes qui réclament une démocratie directe, l’horizontalité, l’égalité de parole et de dignité. Un « Grand débat » organisé par le haut, où le Président-Monarque répond pendant sept heures à ses interlocuteurs triés sur le volet : fondamentalement des élus municipaux, départementaux, régionaux, plus des retraités à qui on donne la possibilité de décrocher de leur série télé pour aller voir et écouter Le Président, espérant lui serrer la main. Un débat tournant au monologue du monarque-énarque, expliquant à un public soumis et dévoué les raisons de sa politique.

Comme dans tout ce « Grand débat » d’enfumage, le résultat a été à côté de la plaque. Alors que depuis quatre mois des millions de personnes (des centaines de milliers actives dans la rue et sur les ronds-points) crient au Président et au Gouvernement qu’ils n’en peuvent plus d’une vie de merde, de bosser comme des malades pour des salaires de misère, de gaspiller leur argent et leur temps sur la route, de ne pas pouvoir partir en vacances, les intellectuels convoqués se sont dérobés à leur devoir critique. Bien sûr, certains ont critiqué la politique universitaire et de recherche du Gouvernement, questionné le Président sur ses grands choix stratégiques en matière fiscale, territoriale, économique, tout en restant bien sages, assis à leur poste, en attendant leur tour de parole donné par le Président. Pour une fois, les Professeurs d’Université se retrouvaient à la place des étudiants, en attendant d’être interrogés après la leçon donnée par le Prof-Président.

Certains ont avancés leurs analyses, souvent pertinentes, sur les fractures sociales, raciales, territoriales, numériques, dans l’espoir d’avoir l’oreille du Président, d’influencer les décisions de l’exécutif, d’avoir le sentiment de pouvoir orienter la politique de l’Etat, et au passage satisfaire leur ego. Mais ils sont tous restés bien respectueux, voire obséquieux face au Monarque qui depuis quatre mois est conspué par le Peuple en colère dans la rue. Une suggestion par-ci, une évaluation par-là, en attendant de rentrer chez soi avec le sentiment d’avoir influencé le cours de la décision présidentielle et donc de l’histoire.

Je vous plains, chers Collègues, que je connais, pour certains, depuis des décennies, d’avoir accepté de jouer au jeu de sauver le soldat Macron, perdu sur le front de la confrontation sociale. Deux jours après que BFM (dans un impair hors-pair) faisait voir les Champs Elysées saccagés et « en même temps » Macron tout souriant faire du ski à la Mongie, vous avez accepté de participer à ce simulacre de débat. C’était déjà grave comme ça, mais au lieu d’apporter des critiques sur les réponses du Pouvoir aux revendications claires et simples des gilets jaunes, vous en avaient rajouté pour faire de la confusion, pour noyer le poisson dans l’eau, et finalement dénigrer les hommes et les femmes en gilet jaune, qui depuis des mois luttent, débattent, réfléchissent et s’expriment publiquement, pour qui veut bien les entendre-droite-toute.

Intellectuels connus pour leurs analyses critiques du système, de la domination et des mécanismes du Pouvoir, vous avez accepté de servir de chiens de garde du Pouvoir aux couleurs soc-dém-droite-toute. Ce qui correspond aux discours, à l’action et finalement à la position sociale à défendre. Parce-que, même si vous pouvez avoir fait des recherches et analyses approfondies sur les mouvements sociaux, sur la violence politique, sur les révoltes et révolutions, vous êtes, sauf exception, des bourgeois, qui au bout du compte finissent par défendre leur classe et leurs privilèges. Une certaine forme d’inconscient dissociatif, de séparation entre l’objet d’étude et le sujet agissant sous vos propres yeux. Vous prônez la mise à distance de l’objet d’études, la neutralité épistémologique, mais c’est des sujets sociaux agissants et pensants que vous vous éloignez.

Le jour d’avant, dimanche soir 17 mars, j’avais été sidéré d’entendre Esther Benbassa, sur BFM, demander à l’Etat la tête des ’casseurs’, selon elle étrangers au mouvement des gilets jaunes, infiltrés dans les manifs et laissés agir impunément par l’Etat et la Préfecture de Police de Paris, afin de discréditer le mouvement. Comme si les dizaines de milliers de personnes présentes le samedi 16 mars 2019 sur les Champs Elysées et dans les ’beaux quartiers’ parisiens n’étaient pas solidaires de ceux qui avaient le courage d’y aller à l’affrontement, de mettre en danger leur corps et leur liberté pour défendre une cause commune.

J’étais doublement effrayé, ensuite, par les commentaires sur le plateau télé du député LAREM des Côtes d’Armor, Hervé Berville : un discours ultra-répressif, liberticide des droits fondamentaux, porté par un élu des ’minorités visibles’ (comme on dit en politiquement correct), envoyé au front pour défendre l’homme blanc, riche et puissant. Une instrumentalisation indigne et finalement raciste de la part de la com du Pouvoir.

Je me demande quelle est cette maudite maladie d’intellectuels, de toute discipline en sciences sociales, qui se pose un frein à la réflexion dès que cela touche à l’interdit, au respect de la loi, à la défense de la ’Police républicaine’. Si Esther Benbassa, connue pour défendre les Palestiniens qui combattent avec des pierres, des cerfs-volants enflammés et des lance-roquettes, une puissance nucléaire, qui défend les migrants, les pauvres, les fumeurs de cannabis, les défenseurs de l’écologie et tant d’autres justes causes, si la sénatrice et professeure engagée ne comprend pas qui sont ’les casseurs’, il ne restera plus personne au sein des Institutions pour comprendre la souffrance, la révolte et la rage exprimées par le saccage des vitrines de banques, d’assurances, de boutiques et de voitures de luxe.

Alors qu’au commencement du mouvement des gilets jaunes toutes les oppositions parlementaires regardaient avec complaisance et commisération cette révolte des ’gueux’, des « classes laborieuses » selon Macron, que les médias officiels essayaient de comprendre ce mouvement populaire d’un genre nouveau et disruptif, les portes de la perception se sont ensuite refermées, bloquées par l’irruption de la résistance violente aux violences subies. Des fachos à la droite classique, dont les fondamentaux sont l’ordre et la discipline, aux Partis moribonds de la gauche traditionnelle, la complaisance a laissé la place au mépris et à l’hostilité ouverte. Les gilets jaunes ne sont presque plus invités sur les plateaux télé, tous les Partis du Parlement sont unanimes pour condamner les violences des manifestants, alors que les violences policières ne sont condamnées que par des bonnes âmes humanitaires, mais seulement quand elles touchent des ’victimes innocentes’. Les violences policières qui s’exercent depuis quatre mois sur les gilets jaunes, et qui s’exercent de la même manière au quotidien depuis des années contre le peuple discriminé et racisé confiné dans les banlieues, sont toujours couvertes et justifiées par la lutte contre « les casseurs, les méchants, les criminels, les dealers ». Mais pourquoi, en droits humains, la violence policière serait légitime ? Un mort est un mort, un blessé un blessé, une souffrance une souffrance, peu importe la main qui la donne et son statut : jusqu’à quand ce principe de droit universel ne sera pas inscrit et appliqué dans la loi, tout débat sur la violence est faussé.

Alors : qui sont ’les casseurs’ ? Au-delà de l’instrumentalisation politique, dans laquelle tant d’intellectuels, pour ne pas parler des journalistes, sont tombés, il suffit de regarder le profil des milliers de gilets jaunes arrêtés, des centaines de condamnés, des dizaines de blessés et mutilés, il suffit de visionner les images des affrontements avec la Police, des barricades et des saccages, où l’on voit plein de gilets jaunes (pas seulement Christophe Dettinger) agir mains nues et à visage découvert, pour comprendre que ’la casse’ n’est que l’expression d’une violence subie qu’à un certain moment on trouve insupportable et donne le courage de se révolter.

« Qu’est-ce que le casse d’une banque face à la fondation d’une banque ? » (Berthold Brecht)

 

Invisible mais vrai

Publié le 2019-03-24 19:13:04

Il n’aura pas échappé à certains que les Champs-Elysées en flammes de samedi dernier peuvent être considérés comme une magnifique commémoration de la Commune de Paris. Qui sait combien y ont pensé. «  Paris respirait !… Partout s’agitait une vie intense… Adieu au vieux monde et à la diplomatie » écrivait Louise Michel à propos des événements qui ont débuté le 18 mars 1871 à Paris. « La Commune a été la plus grande fête du XIXe siècle » – commentèrent un siècle plus tard les situationnistes. « Ça a été fantastique, d’une joie impressionnante » – nous a écrit un anonyme compagnon à propos du 16 mars 2019 à Paris. L’ivresse de la révolte, dans l’assaut contre le pouvoir et ses petites mortifications quotidiennes, est un plaisir qui n’a pas besoin de chefs… Ah oui, au fait, et les chefs ?

Quelle tristesse, même les leaders révolutionnaires ne sont plus ceux d’autrefois. Si le 18 mars 1871 l’aspirant général de l’insurrection Blanqui ne put participer au soulèvement, c’est parce qu’il se trouvait en prison. Craignant son influence sur un climat social désormais incandescent, le chef du gouvernement Thiers avait pris des mesures et l’avait fait arrêter la veille. Eh bien, il semble que le 16 mars 2019, même l’autoproclamé héritier de Blanqui n’a pu (tenter de) chevaucher la révolte dans les rues de Paris. Mais pour une raison bien plus vulgaire : il était (et est toujours) en tournée à travers l’Italie pour vendre sa marchandise imprimée.

Le 15 mars, il était en effet à la Book Pride de Milan, un festival servile de l’édition indépendante organisé sous le patronage de l’administration locale (« Nous pouvons maintenant faire de notre mieux sans être contre quiconque », a déclaré sa nouvelle directrice générale). C’est là qu’il a présenté le recueil de textes du Comité Invisible, à peine sorti chez Nero Editions, « maison d’édition présente dans le monde de l’art international depuis 2004 », et dont le catalogue est un véritable waouh ! (du xénoféminisme à la camelote high-tech yankee, en passant par Bifo*). Ce recueil est un beau volume de 354 pages qui contient L’insurrection qui vient, A nos amis et Maintenant, avec une quatrième de couverture des plus sobres (trois citations promotionnelles de Nina Power, The News Statesman et Fox News… pas de la gnognotte). Ce premier rendez-vous milanais a été la première étape d’un véritable Magical Commodity Tour qui l’a aussi mené à Bologne (le 16, à la librairie Modo Infoshop), à Rome (le 18, à la librairie-café Tomo), à Naples (le 20, à l’Ex-Asilo Filangieri), et le mènera à Turin (le 23, à Radio Blackout) puis encore à Milan (le 24, à la librairie Calusca).

D’après ce que nous avons compris, jusqu’à présent à chaque date le petit-fils en herbe de Blanqui a disserté sur les troubles sociaux et les conspirations criminelles en compagnie de ceux qui en connaissent un rayon : des professeurs d’université et des journalistes. A la Book Pride de Milan, il était avec le fidèle Marcello Tarì (auquel Toni Negri et le sénateur du Parti Démocrate Tronti ont déjà eu l’occasion d’expliquer ce qu’est le communisme), à ​​Bologne il était avec Andrea Cavalletti (professeur ambulant, collaborateur au journal de gôche Il Manifesto), à Rome il était avec Luca Pisapia (footballologue militant qui, depuis toujours fan de révolte, collabore au journal de gôche Il Fatto Quotidiano)… et à Naples avec qui ? avec le procureur-maire qui a béni l’espace artistique qui héberge sa présentation ? À Turin, il risque cependant de devoir se contenter des petits-chef No Tav balances et de leurs porte-serviettes, tandis qu’à Milan pour la fin, ça va, il jouera à la maison dans l’auge où tout-mais-vraiment-tout-tout-tout-sert-à-faire-la-soupe…

Mais ce n’est pas vraiment un hasard, en réalité. Professeurs, journalistes, artistes et récupérateurs de tous poils sont en effet les seuls qui peuvent prendre au sérieux le Comité Invisible. Littéralement. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire l’hilarante introduction de cette anthologie, écrite dans le parfait style de la double-pensée blanquiste, généreusement reproduite par le célèbre quotidien subversif Il Fatto Quotidiano. Les auteurs mettent comme signature « des contrebandiers franco-italiens », mais s’y plaignent en braves douaniers que les livres du Comité Invisible n’aient connu jusqu’à présent en Italie que des éditions pirates (est-ce à dire… qu’ils ont coffré ceux qui les ont publiés sans avoir acheté et payé les droits d’auteur réguliers ?). D’abord ils observent que « la lumière de la publicité obscurcit tout », puis ils allument à fond tous les néons à leur disposition pour bien mettre en valeur leur produit dans un crescendo de superlatifs commerciaux. Parmi les « vérités » du Comité Invisible ils rappellent le « dégoût de la politique » et « l’anonymat », mais… oups… ils oublient de préciser que ses membres présumés ne les ont jamais pratiquées. Qui a pleurniché sa propre innocence face aux juges jusqu’à leur suggérer quelle piste (allemande) il valait mieux suivre ? Qui est devenu conseiller municipal ? Qui fait la promotion de ses produits éditoriaux, lorsque tout va bien, dans les espaces de la gôche ? Qui participe à des programmes télévisés ? Qui lâche des interviews et des articles aux journaux du régime ? Qui a enterré la ZAD en défendant sa régularisation à travers des négociations avec les institutions ? Et ils ont même l’hypocrisie de soutenir avec morgue que « ce n’est pas avec ceux qui ont niqué le monde que nous le réparerons » !

Allez, mais à qui voulez-vous faire avaler de telles conneries ? A quelques professeurs, quelques journalistes, quelques artistes et quelques récupérateurs, justement. Les gens qui proclament combattre le capitalisme en votant pour le parti Potere al Popolo (Pouvoir au Peuple) ou arrêter le réchauffement climatique en marchant derrière une ado de 16 ans, sont les seuls qui peuvent lire les livres du Comité Invisible en croyant faire l’insurrection. Alors, s’il est vrai que les révoltes modernes sont le fait de « gens qui lisent peu de livres », s’il est vrai que leurs motivations principales sont éthiques et pas politiques, il va de soi que les essais politiques du Comité Invisible ne sont évidemment pas destinés à ceux qui s’insurgent. Ça doit être pour ça que les « contrebandiers » préfaciers du Comité Invisible n’aiment pas les éditions pirates qui circulent parmi les gueux subversifs, préférant de loin vendre des éditions officieuses à un public de bobos radical-chic en manque d’émotions esthétiques-choc… les seuls qui peuvent avaler que « de livre en livre, le Comité Invisible est devenu comme un spectre qui obsède les dirigeants français ». Ainsi donc, après avoir constaté que ceux qui se rebellent ne lisent pas beaucoup, on en conclut que les dirigeants français ne craignent pas les rebellions qui incendient les rues, mais plutôt les livres qui spéculent dessus ?!

Cela ressemble à une blague, n’est-ce pas ? La représentation spectaculaire qui vient faire sa vantarde sur le dos de la vie. Paris brûle et la caricature post-tout de Blanqui est ici en Italie pour faire le paon avec son tam-tam publicitaire pour un livre. Plus qu’une bataille digne de l’Enfermé, c’est un battage digne d’un épicier. Il faut vraiment s’appeler Julien Coupat et ne s’être jamais émancipé d’un fade blanquisme de fond pour croire que l’insurrection ait besoin d’intellectuels narcissiques pour lui servir de porte-paroles et de conseillers-placiers.

sans attendre demain a traduit de l’italien de finimondo reçue par mail, 22 mars 2019]


NdT:
* Franco Berardi « Bifo» est un ex-leader de l’autonomie organisée de Potere Operaio (Pouvoir ouvrier, tout est dit) dans les années 70, qui collabore et publie notamment chez l’éditeur négriste Derive Approdi.