Vive l'Anarchie - Semaine 11, 2020

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Buchelay (Yvelines) : Prendre d’assaut les supermarchés ? Non, les brûler

Publié le 2020-03-18 10:24:06

Le Parisien / lundi 9 mars 2020

Lorsque les pompiers sont appelés, vers 1 heure du matin, le magasin Mondial Frais, situé au 4, rue de L’Aveyron, est déjà en feu. Cinquante-deux pompiers, venus de six casernes du secteur, sont envoyés sur place. Ils mettent en place deux lances à incendie et combattent le brasier, parti de l’intérieur du bâtiment de 800 m2. L’incendie est rapidement maîtrisé mais les soldats du feu sont restés à pied d’œuvre sur place jusqu’à 6 heures du matin.
Le restaurant voisin touché

Ce supermarché, qui proposait des fruits et légumes, de la charcuterie, des surgelés mais aussi des produits turcs, orientaux et africains est entièrement détruit. Ce lundi matin, les autorités ignoraient encore combien d’employés travaillaient pour cette société créée en octobre 2018. Les fumées ont également endommagé le restaurant voisin, où onze personnes se retrouvent au chômage technique.

Les policiers ont rejoint les pompiers sur place pour rechercher les causes du sinistre. Le caractère volontaire de l’incendie ne fait pas de doute : une porte d’entrée latérale du magasin a été fracturée et deux bidons en plastique vides de 15 et 20 litres, ayant contenu une substance incendiaire ont été découverts à proximité.

Des prélèvements ont été réalisés sur ces objets, envoyés au laboratoire de la police. Le commissariat de Mantes-la-Jolie est chargé de mener la suite des investigations. Acte de malveillance, conflit de voisinage ou geste d’un déséquilibré ? Pour l’heure, aucune piste n’est privilégiée par les enquêteurs qui doivent entendre les dirigeants et les employés du supermarché.

Tract : Pour une propagation de la révolte !

Publié le 2020-03-18 10:25:05

Indymedia Nantes / jeudi 12 mars 2020

Pour une propagation de la révolte !

A propos des mutineries dans les prisons italiennes, contre les mesures de l’Etat face au coronavirus

Depuis plusieurs semaines le gouvernement italien a testé des mesures de plus en plus radicales de restrictions de liberté dans le but de gérer l’épidémie du coronavirus.
Si l’isolement et le contrôle deviennent de plus en plus durs à l’extérieur, la situation se fait insupportable à l’intérieur des taules. Cela fait déjà deux semaines que les parloirs, le travail et les activités complémentaires sont interrompus. Ces derniers jours, les personnes qui étaient en semi-liberté ne peuvent plus sortir et les permissions spéciales ne sont plus autorisées. Cela signifie aussi la privation d’accès à des produits et biens de base (nourriture,vêtements propres,argent…)

Suites à ces décisions, les premières mutineries éclatent le samedi 7 mars, pour s’étendre à une trentaine de prisons en l’espace de 2 jours sur l’ensemble du territoire italien.
Les moyens de révolte se font clairs et efficaces. Du nord au sud de l’italie, le feu se propage d’une prison à l’autre, des prisonniers montent sur les toits aux cris de « liberté et amnistie », des matons sont pris en otage, les barreaux se tordent, des documents officiels partent en cendre. Plus de traces des agents de l’ordre dans certaines ailes des bâtiments. A Modène, c’est l’entiereté de la prison qui a fermé, car les révoltes l’ont rendue inutilisable.
Les chiffres qui commencent à circuler parlent de plus d’une centaine de prisonnier.es évadés. On leurs souhaite bon courage !

Tandis que la fumée monte haut dans le ciel les proches et personnes solidaires se retrouvent en bas des prisons, que ce soit pour crier leur soutien ou organiser des barrages de rue, bloquant ainsi l’arrivée de la police, des GOM (équivalent des ERIS, CRS de la prison) et des militaires.

La révolte est intense, la répression est féroce : coupures d’eau et d’electricité, hélicos survolant des taules, violences policières… On compte au moins 12 morts dans plusieurs prisons. Si la presse bourgeoise et l’administration pénitentiaire parlent d’overdoses suite aux pillages d’infirmeries, les proches ont entendu des coups de feu. Et plusieurs prisonnier.es sont hospitalisés en soins intensifs.
Parallelement, politiciens en tout genre cherchent à pacifier en proposant des accès à des téléphones ou à skype, tout en demandant aux familles de calmer leurs proches… mais ça n’a pas suffit à casser leur détermination.
On leur envoie toute notre solidarité!

Nous n’avons pas besoin de faire des analyses des révoltes en cours, elles parlent d’elles-mêmes de l’attaque d’un système qui enferme et contrôle par la peur et la menace.
En s’appuyant sur une urgence et une peur généralisée qu’ils ont contribué à créer, les différents états se placent en sauveurs face à la catastrophe et nous imposent leur logique et leurs mesures. Ils rivalisent d’inventivité pour approfondir le contrôle et la surveillance et expérimentent au passage différents outils de gestion des populations.
D’ailleurs, la France parle de mettre en place un dispositif spécifique par rapport aux prisons dans les jours qui viennent.
En dehors de ces situations, la réalité carcérale est toujours dégueulasse. Face à l’enfermement, il n’y a que des bonnes raisons de se révolter!

Corona virus ou pas, en Italie ou ailleurs, feu à toutes les prisons !!

11 mars 2020

 

Ce tract, recto et verso.

[in english]

Le roi des virus : la peur

Publié le 2020-03-18 10:28:04

Round Robin / vendredi 28 février 2020

« Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. »
« [le spectateur] plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. »
« Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. »

Guy Debord, La société du spectacle

Dans cette époque, dans ce monde, la recherche des mots à utiliser pour décrire et analyser le moment présent est toujours un défi qui me donne le vertige. Je ne sais pas si on me lira, si on me comprendra, si on m’instrumentalisera, si on me jettera en pâture aux commentaires de forums et, ce qui est plus important pour moi, je ne sais pas non plus si je réussirai à être à la hauteur de mes nécessités communicatives.
De plus, écrire sur le présent depuis le moment présent, c’est comme poursuivre ses patin à glace ensorcelés : on est sur eux, mais ils glissent plus vite, plus loin, toujours en mouvement, toujours plus vite que soi.
Mais, chatouillé.e par des nuits passées à me retourner dans mon lit, avec des phrases qui débordent de mon esprit, dans la tentative de mettre un peu de chaos dans l’ordre de mes pensées, j’essaye un saut, une bouffée d’oxygène et de mots…

Puisque je ne possède pas de smartphone et je n’ai pas non plus une connexion permanente au réseau Internet, pour moi le Coronavirus n’existe pas.
Je dis cela en pleine conscience du fait que ce virus, tout comme d’autres avant lui (mais celui-ci semble plus puissant) est une pure construction spectaculaire.
Le fait de raisonner en termes de « données réelles » et de « projections plausibles de la réalité » m’amènerait à me couvrir de nombres et de chiffres comme un miroir « réel » de ce qui existe en dehors des écrans, ce que personne ne peut prétendre de bonne fois avoir.
Tout.e spécialiste bien payé.e sera prêt.e à dire tout et son contraire dés que l’odeur d’une promotion ou d’une augmentation de salaire arrivera à ses narines.
Ce virus s’est diffusé dans le réseau internet bien avant les marchés, les salles d’hôpitaux et les rues. C’est un virus fait de doigts qui glissent sur un écran, un virus de tweets numériques, une excroissance virtuelle virale (n’est ce pas génial qu’on définisse également comme« virales » les vidéos de Youtube qui font un carton ?!) qui a attaqué l’esprit et les ersatz de perception de milliards de personnes partout dans le monde, bien plus profondément et plus rapidement que ne le fait sur les corps sa contrepartie biologique.
Je pourrais dire que, pour moi, il y a deux virus : un, le vrai (dans le sens de Debord), qui inonde les pages des journaux en ligne, les réseaux sociaux, les écrans et les télés de tout le monde et que les gouvernements gèrent comme une catastrophe naturelle, avec tout son corollaire d’ « urgences » ; l’autre, le faux (toujours dans le sens de Debord), qui apparemment a tué environs 1700 personnes dans le monde (dont 98% en Chine) et que j’ai découvert quand j’ai commencé à voir les premiers visages portant des masques… six tout au plus et sur des personnes saines qui avaient, comme seul symptôme de la maladie, un smartphone.

Si on veut jouer au jeu du pouvoir, avec ses statistiques, sa rhétorique paternaliste qui t’instille la terreur du noir et puis te donne une lampe (mais seulement si tu es sage), j’aurais envie de demander : si les institutions publiques sont vraiment préoccupées du salut de la population, si les gouvernants sont des philanthropes si généreux qu’ils ne veulent même pas voir une seule vie sacrifiée sur l’autel de la négligence, qu’on me dise alors combien de morts il y a chaque année à cause de l’alcool et des cigarettes, monopole d’État?!*
Et si ces grands philanthropes ont horreur de voir des cadavres et l’injustice sociale dont ceux-ci sont le signe, qu’en est-il des milliers de morts chaque année** provoqués par les frontières qu’ils ont eux-mêmes érigées, pour le salut et la gloire de leurs marchés ?!
Pourquoi n’ont ils pas interdit les bureaux de tabac, ostracisé les buralistes, mis les fumeurs.euses en quarantaine, pour nous sauver tou.te.s de la plaie du cancer du poumon et de tout ce qui va avec ?
Pourquoi plein de lois qui condamnent des individus à mourir de mort violent, à être torturé.e.s, violé.e.s dans les camps en Lybie ou à mourir en mer ?
Ou au contraire, puisqu’ils n’ont pas géré le tabagisme avec une main de fer, comme c’est le cas avec le Coronavirus, peut-être à cause de leur esprit libéral, pourquoi alors ne se sont ils pas limités, pendant cette épidémie, à placarder des affiches dans les villes, comme ceux qu’on trouve sur tout paquet de cigarettes ou de tabac, avertissant les sujets des risques qui, consciemment, en utilisant son libre arbitre, on assume en se promenant sur une place ou en allant au théâtre ?
Et n’est ce pas surprenant l’oubli qui veut que l’on ferme théâtres, écoles et musées, mais qu’on ne parle pas des centres commerciaux ? Qui, au jours d’aujourd’hui sont les (non-)lieux, je ne dirais pas les plus vivants, parce que je considère que la Vie est autre chose, mais du moins les lieux les plus traversés d’une ville ?
C’était mon âme citoyenniste qui parlait, là, celle que j’ai enterré il y a bien d’années, sous des tommes de gaz lacrymogène et de désillusion… poser le discours dans ces termes ne m’intéresse pas. Je ne veux pas critiques une attitude ou l’autre du système de pouvoir, comme si je voulais dire que le pouvoir pourrait agir de façon plus juste, plus respectueuse, plus équitable.

Pour moi, les termes du discours sont à poser ailleurs, contre tout cela : déserter la narration spectaculaire faite par le système et par ses faux critiques, c’est à dire ces spécialistes (des médecins, dans le cas présent) qui sont en lice pour prendre le sceptre de la vérité des mains du pouvoir, de façon à le lui rendre encore plus poli et plus propre dés que la crise sera passée.
La question n’est pas si l’État est trop alarmiste ou pas assez, la question est de saisir la stratégie que les États sont en train de déployer pour exploiter cette occasion spectaculaire (en tous les sens du mot).
En effet, je n’ai pas la capacité et peut-être même pas la volonté ni l’envie, de comprendre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, où se trouve le faix (relatif, dépendant du contexte, jamais absolu ! N’exagérons pas) ; j’ai néanmoins encore la possibilité de faire confiance à mon propre corps, à mes entrailles, à mes yeux, à mes sentiments.
Je peux donc entrevoir les « conséquences » de ce virus.

Je ne peux pas assurer si le Coronavirus, celui biologique (le vrai), vient d’un serpent ou d’un agent de la CIA, mais puisque je ne veux pas rentrer dans le manège du complotisme, il me suffit (largement) de m’appuyer sur ce que je vis, à la suite des éventements déjà déclenchés.
Cela ne signifie pas, pour moi, être indulgent avec les responsables, mais avoir bien clair en tête que c’est le système techno-industriel, dans sa totalité, avec toutes ses émanations (humaines ou appendices technologiques) qui est responsable des souffrances et des morts qui nient le vivant et ses palpitations inconnues.

Je pense pouvoir dire par expérience personnelle et par mon souvenir (de 2001, les Tours jumelles et Gênes, en passant par les militaires dans les rues et les tremblements de terre…) que l’état d’urgence n’a rien d’urgent ni de temporaire ; il s’agit au contraire d’une forme de gouvernement politique-militaire bien testé.
Ce moment historique, avec un siège social mené par un virus virtuel/biologique, n’est pas une exception, au contraire : il catalyse, amplifie et perfectionne tous les dispositifs de domination expérimentés jusqu’ici.
Les sempiternels soldats (et s’ils pouvaient tirer sur des terroristes, qu’est ce qu’ils vont faire au virus ?!), flics, gardes de tout type et avec toute uniforme (y compris la Protection civile), mobilisés en premiers, en passant par quarantaines et des régions entières blindés et transformés en « no man’s land » du droit, jusqu’aux vaccinations de masse qui attendent seulement que la compagnie pharmaceutique de service ponde la panacée miraculeuse (des vaccinations de masse obligatoires, exactement comme celles qui sont déjà imposées aux enfants en âge scolaire, en Italie, depuis un an : rien d’inimaginable).
Comme toujours, à mon avis, les premier.e.s à être harcelé.e.s par ces sévices répressives sont les dernier.e.s.
Les migrant.e.s, déjà détesté.e.s, persécuté.e.s et opprimé.e.s plus de ce que l’on puisse supporter, qui étaient vu.e.s, même avant le Coronavirus, comme des untori [terme utilisé au XVI et XVII siècles pour indiquer une personne supposée répandre volontairement des épidémies, notamment la peste ; NdAtt.] et porteur.euse.s de contagions exotiques (comme la Legionella), sont désormais taxé.e.s d’être des bombes virales sur pattes, quoi qu’en disent les spécialistes, de toute façon la vérité est dans l’écran de chaque main et cet écran parle la langue du patron.
Maintenant, grâce au Coronavirus, grâce à la paranoïa endémique, c’est à dire grâce au véritable virus qui se répand, ils/elles seront enfermé.e.s de façon légale dans les bateaux qui les portent du large aux côtes, une mesure de « quarantaine » : une nouvelle du 26 février fait état du fait qu’un bateau d’une ONG s’est vue interdire l’accotement et imposer la « quarantaine à bord » et apparemment c’est ça la protocole qu’il faudra suivre.
Exactement ce qu’il a fait, en avance sur les temps, le testostéronique ministre de l’Intérieur issu de la Lega Nord, maintenant sous procès (ha ! ha! ha !) pour enlèvement, mais là ça sera fait sans trop de réticences, sans même pas ces faible voix gauchistes ou démocratiques qui se plaignent pour l’injustice ou le caractère inhumain du nazisme ministériel et de ses flics exécuteurs.
Des dernier.e.s et des damné.e.s qui voient les perspectives de leurs jours devenir, si possible, encore plus sombres, tel les prisonnier.e.s des « zones contaminées » qui, on ne sait pas jusqu’à quand, ne pourront plus avoir de parloirs avec personnes d’externe à la prison (c’est par exemple le cas de Nat, compagnonne anarchiste enfermée dans la prison de Piacenza).

La crise enveloppe tout dans une cape d’impénétrabilité : les questions sont séditieuses et les réponses sont le domaine de ceux qui ont le savoir et les instrument pour l’obtenir.

Avec le virus, on est comme lors d’une guerre et on sait que la guerre a toujours été un collant social très puissant, ou du moins une ligne de partage sociale : soit tu es avec la patrie, soit tu es avec les ennemis de la patrie. Point.
Et on parle déjà de « gouvernement de salut national » pour faire sortir l’Italie de la crise du virus, avec chemises vertes [les membres de la Lega Nord: NdAtt.] et démocrates et droite et gauche et centre et blablabla… et visages sérieux et responsables qui passent à la télé, en se serrant les mains comme des très occupés Churchill de chez nous.
La même farce de toujours, à vomir, mais elle a le poids des chaînes qui se serrent un peu plus, la puanteur infecte de l’air qui commence à manquer, enfermé.e.s derrière cette fenêtre que l’on a, jour après jour, un plus de peur à ouvrir, elle a la consistance huileuse de la démocratie policière qui arrive à son sommet (provisoire) : elle n’a même plus besoin d’un ennemi en chair et en os, comme c’étaient les Communistes, les Talibans et les Terroristes.
Aujourd’hui la peur pour la peur suffit, l’invisible, le virus qu’existe parce que, sans besoin de trop de morts ou de symptômes, il suffit la sensation de la contamination pour être contaminé.e.s.

Sur le « quoi faire » ou sur le « où rester »

Je pense que, quand on rend visible ses contradictions, le système n’en prend pas un coup, parce qu’il est en train de devenir très habile à gérer et récupérer ses propres contradictions.
Je pense que la domination peut en prendre un coup quand quelqu’un.e fait face à ces contradictions depuis une perspective qui nie sa propre participation au jeu.
Une négation qui n’attire pas l’attention sur l’utilité ou pas de ce vote-ci ou de celui-la, mais qui déserte et incendie l’urne ; une négation qui ne veut pas choisir entre un « accueil » de type nazi dans des camps ou un autre « diffus » et démocratique, mais qui combat l’existence même de sociétés privilégiés qui « accueillent » des personnes opprimées qui fuient. Qui combat, ajouterais-je, l’existence même de toute société.
La contradiction existe s’il y a quelqu’un pour la remarquer, parce que je pense qu’elle aussi est une relation sociale entre des aspects différents du tissu économique-social-politique. Mais il n’y a pas de contradiction dans ce virus, tout est parfaitement logique et fonctionnel : s’il y a un virus mortel (et je crois que c’est évident qu’il n’y a PAS un virus et qu’il est d’autant évident qu’il y A un virus), il faut des mesures extraordinaires pour garantir la survie du peuple.
Et la guerre des données, qui pourrait donner raison au camp moins alarmiste et laisser émerger ces différences de traitement dont on parlait ci-dessus, est truquée depuis le début : les cartes, la table de jeu, le publique qui a payé son ticket s’appellent médias de masse et ils sont l’épine dorsale de la société elle-même.
L’intangibilité de ce virus, de ses effets sur les corps, est compensée par le caractère concret de l’action répressive introjectée pendant des années de politique-de-la-sécurité.
A mon avis, aujourd’hui il y a très peu d’individus, dans le pays appelé Italie, qui seraient disposés à défier la quarantaine des corps et des émotions au nom de leur désir de ne pas voir leur liberté annihilée.
La loi est une pure abstraction, une théorie que l’on introjecte et à cause de l’obéissance qu’on lui porte on réussi à ne pas dépasser une barrière, non pas parce qu’elle est trop haute pour nos capacités à escalader, mais à cause de l’écriteau rouge sur fond blanc qui dicte « ne pas dépasser ».

Tel un virus, la loi s’installe dans les corps et elle évolue, se modifie, se défend des attaques des antidotes, des élans de libération. La loi devient concrète sous la forme de la matraque et du loquet, le virus sous la forme de la quarantaine, de la blouse blanche, de l’isolement, de la seringue, mais le fond du problème est le même.
Le peuple horrifié, en s’enfermant chez lui, ne s’enfuit pas devant les morts assassinés par les bombes qui tombent du ciel, mais devant des nombres, des chiffres, des ordres, des règles, des ordonnances.
La peur et la recherche immédiate de réconfort sont le moteur perpétuel de la répression.
A mon avis, le pouvoir montre bien quelles sont les priorités (certaines des priorités, du moins) de son action répressive: fermer.
Fermer le plus possible les espaces: les rues, les lieux, les possibilités, l’opposition.
Rien de nouveau, ni de diffèrent de ce que l’État italien met en œuvre depuis des décennies, mais, maintenant, avec une capacité technologique et une rapidité d’exécution vraiment virales.
Restez enfermé.e.s dans vos maison, enfermé.e.s dans les communes, dans les régions.
Des clôtures qui s’ajoutent à d’autres clôtures, dans une spirale répressive potentiellement sans fin…

Je pense que le pouvoir est multiforme, tout comme l’attaque que je choisis de lui porter.
Aujourd’hui c’est la réclusion et l’auto-réclusion qu’il applique avec décision, dans le territoire sous sa domination (et comme territoire j’entends aussi les consciences et les corps des individus), du coup je crois que ce que je veux c’est rester à l’air libre.
Ouvrir des espaces de dialogue, de jeu, de discussion, déserter la narration des « terrorisateurs » ainsi que la contre-narration des plus « prudents », ouvrir les rues, ouvrir les bras, ouvrir des espaces recouverts de béton.
L’image la plus féerique que j’arrive à produire dans ma tête palpitante est celle d’individus sauvages qui se donnent l’accolade et échangent des effusions devant des pharmacies en flamme et des serviteurs/serveuses (en uniforme ou pas) horripilé.e.s… mais rien que le fait de se pointer dans des places absolument interdites peut être un début.
Comprendre qu’est ce que la loi d’urgence prévoit pour celles/ceux qui ne respectent pas la quarantaine, ses masques (au jour d’aujourd’hui les masques sont à la mode), déserter l’annihilation, la refuser, cracher le virus de la révolte à la figure du virus de la peur.
Les temps du pouvoir sont toujours plus rapides et les actions de la domination semblent toujours plus sûres et fortes et sans opposition : on ne sait pas pendant combien de temps encore on pourra rester à l’air libre sans devoir se cacher, pendant combien de temps je pourrais écrire des textes comme celui-ci, sachant que quelqu’un.e pourra « librement » le publier ; pendant combien de temps encore on aura la possibilité de refuser, pour nos corps, des prothèses biotechnologiques ayant le but de corriger la faillibilité de notre finitude.
Sortir à l’air libre me semble un bon exercice aussi pour nous-mêmes (anarchistes, anti-autoritaires, individus révoltés…), afin de ne pas se flétrir dans la paranoïa rampante qui veut que plus on délègue les perceptions à des machines, plus on devient fort.e.s, tandis que nos instincts flétrissent et on devient incapables de faire confiance à soi-même, de se guider, de prendre soin de soi-même.

Et je ne crois pas que le peuple acclamera une poignée de pirates empoisonné.e.s par le germe impossible à éradiquer de la subversion, mais peut-être que quelque individu à la recherche d’un quelque chose d’autre, d’un ailleurs par rapport à l’écran qui l’a contaminé, rejoindra notre danse, ou bien, plus simplement, je l’aurais fait pour moi-même. Pour rester là où j’aime être, du mauvais côté, du côté opposé, du côté de l’inconnu.

Peut-être parce que j’ai toujours imaginé la couronne [« corona » en italien ; NdAtt.] seulement sur la tête d’un Roi, peu importe si celui-ci a l’aspect d’un homuncule avec des perruques prétentieuses ou bien d’un virus à la forme circulaire, le Roi détient le pouvoir absolu… cependant l’important est que la tête du Roi tombe dans le panier.

Un.e pestiféré.e

 

Notes :
* Juste pour caprice numérologique :

Compte-rendu de la recherche « Enquête sur l’alcoolisme en Italie. Trois parcours de recherche », réalisée par l’Osservatorio permanente Eurispes-Enpam sur « Santé, prévoyance et légalité ». Entre 2008 et 2017, il y a eu 435.000 mort.e.s à cause de maladies liée à l’alcool, ainsi que les accidents, les homicides et le suicides provoqués par l’alcool. Pour qui en est de la fumée de cigarettes (données de mai 2019) : rien qu’en Italie en meurent 70 000 personnes par an. Selon les estimations de l’OMS, environs 165 000 enfants meurent avant de leurs 5 ans, à cause d’infections respiratoires causé par la fumée passive.
** Amnesty International parle d’environs 15 000 morts rien que dans la Méditerranée, depuis 2015. Si on arrive à concevoir des nombres de si grande et horrible portée, on peut bien se dire que les chiffres réelles sont beaucoup plus grandes.

Prison de Monza (Italie) : Une lettre de Manu

Publié le 2020-03-18 10:33:03

Round Robin / lundi 9 mars 2020

Note de Round Robin : Manu est sorti de prison le 6 mars, pour aller aux “arresti domiciliari” avec toutes les restrictions (enfermé chez lui, il peut avoir des contacts seulement avec les membres de sa famille qui vivent à la même adresse).

Chères compagnonnes et chers compagnons,
Maintenant que j’ai atteint une situation de détention qui me permet de récupérer l’intégralité de mes facultés physiques et psychiques, j’écris cette lettre afin de raconter mon arrestation et la situation que j’ai vécu en prison. Pour gagner cela, j’ai beaucoup combattu et lutté et j’ai « payé » chaque mot de cette lettre. Et j’en suis fier. Certaines de mes lettres ne sont jamais arrivées à destination. On à essayé de me mettre dans un certain régime de détention et de désagréger le cercle le plus intime de mes proches.

Lors de mon arrestation, j’ai été victime de violences psychologiques et de menaces, tant à mon encontre qu’à l’encontre de mes parents. On m’a provoqué des heures durant, dans une salle du commissariat du Brescia. Pendant les premiers mois de mon incarcération à Monza, en plus de la menace de me soumettre à des soins psy, à cause de mon lointain passé, j’ai été victime de menaces physiques, psychologiques et sexuelles de la part de certains détenus. Si cela n’a pas eu de graves conséquences, c’est seulement grâce à la capacité, que j’ai immédiatement trouvé, de réagir, de lutter, avec beaucoup d’energie, jusqu’à arriver, à la fin de l’été dernier, à renverser la situation dans ma section de taule, par ma participation à des formes embryonnaires de mobilisation, surtout à propos de la question sanitaire interne à la prison. Pendant des mois, j’ai fait face à des crises dues au manque de drogues, à des automutilations, au vomit et à la pisse de mes codétenus, cela à cause d’une utilisation abusive de médicaments psychotropes. Je ne vais pas entrer les détails, mais je peux vous assurer que la situation était vraiment tendue. Si je n’ai pas écrit auparavant à propos de ce qui se passait, c’était parce que je ne voulais pas que mes proches se préoccupent – mais aujourd’hui je sais que c’était une erreur, parce que cela nous fait plier face au chantage.
Le pire c’est que j’ai du lutter contre d’autres détenus. Le fait de voir à quel type de bassesses peuvent se plier des personnes appartements à ma classe sociale m’a causé beaucoup de chagrin. J’ai du affronter, jour après jours, des nazis, des extrémistes musulmans, des collaborateurs de justice, des violeurs et des pédophiles. Je viens de la rues. Ce n’est pas nouveau pour moi. Cela ne m’a pas étonné, mais blessé.

J’ai pu compter sur le soutien de quelques gars avec une éthique forte, qui auparavant étaient des adversaires potentiels, mais sont ensuite devenus des amis. J’ai gagné cette lutte petite et partielle grâce à la présence, dehors, de mes compagnonnes et de mes compagnons, de mes proches et des personnes solidaires, en suivant tous ensemble et fièrement l’idée dans laquelle ils croient et je crois.

Si je fais mentions de cela, ce n’est pas par « victimisme », ni pour demander de l’aide. Maintenant je vais très bien. Je n’ai jamais rien attendu de mon ennemi, comme je ne suis pas étonné par les comportements souvent indigne de la classe sociale à laquelle j’appartiens. Mais j’ai pu compter sur le respect des « vieux » taulards et donc, par conséquence, de la section toute entière.

Je suis fier d’être anarchiste. Fier d’avoir réussi à me débrouiller ici, d’avoir eu le courage et la force de lutter. Je revendique le fait d’avoir un cœur qui existe et bat seulement dans la solidarité et avec la solidarité envers les exploités et chaque individu en lutte. Et c’est justement cet élan de l’esprit qui est criminalisé et que l’on essaye de tuer. Se révolter contre ce monde de mort, de misère et d’oppression est quelque chose de beau et de nécessaire, quel qu’en soit le prix, quelle qu’en soient les difficultés et les erreurs. C’est notre cœur qui nous le dicte, parce qu’un abîme, éthique et pratique, nous sépare du pouvoir.

Et maintenant j’en viens au but. Après cet esquisse partiel de mon expériences, je veux dire deux choses, afin de contribuer à une réflexion commune avec les compagnonnes et les compagnons. Par mon arrestation et ma condamnation, avec la circonstance aggravante de « terrorisme », à cause de l’aide donné à Juan quand il était au vert, ils ont voulu créer un précédent. Le précédent de la criminalisation explicite de la solidarité. Grâce à une lois récente (du 1er mars 2018), ils peuvent en charger chaque « délit », de facto sans aucune preuve. Et cela ne vaut pas seulement vis-à-vis du milieu anarchiste, mais aussi de tout exploité qui lutte. Je me pencherai la-dessus avec une analyse plus approfondies, dans le futur. Grâce à ces circonstances aggravantes, les possibilités de perquisitions, d’enlèvements, d’intimidations ont été élargies, en frappant toute une série de liens affectifs, un peu au hasard. Face à tout ça, il est fondamental de réaffirmer haut et fort qu’ils ne nous font pas peur, parce que la solidarité est partie intégrante de nos cœurs, de notre action et du monde diffèrent que nous portons en nous. Quelque chose à lier en permanence à la nécessité de la révolte éthique et pratique contre ce monde vulgaire, fait d’exploitation et d’autorité et contre les privilèges qui le rendent possible. La Domination a peur des rapports directs entre les personnes, c’est à dire de l’entraide à partir d’en bas, et les combats continuellement à partir des lois « anti-insécurité » jusqu’à cet ensemble de normes bureaucratiques qui, de facto, empêchent toute forme d’autonomie agricole et alimentaire.

Pour cette raison (et pas que), face à la répression il faut une attitude d’autodéfense collective. Seulement un discours clair et en même temps multiple, ouvert aux nouveautés venants des différentes sensibilités, permet d’accumuler les forces et de renverser le discours de l’ennemi de classe.

Une accolade à toutes et à tous !

Prison de Monza, 6 février 2020
Manuel Oxoli

Comment la «distanciation sociale» sauva le capitalisme…

Publié le 2020-03-18 10:34:06

…en tuant la vie sociale.

Nous en sommes là.

Remisés (quoique de validité permanente) les violences d’État, les gazages, les éborgnements: il s’agit de la survie biologique du «capital humain», sans lequel il n’est ni extraction de plus-value ni démocratie représentative.

On décrète «dispensables» à la vie sociale les lieux de socialité (cafés, restaurants, discothèques) et les lieux de culture (musées, librairies) et l’on ouvre les bureaux de vote et laisse ouverts temples et églises. Toute illusion demeure bonne à prendre et à diffuser.

[Sérieusement! Vous approuvez les mesures de confinement mais vous êtes assez con·ne·s pour aller voter?!!].

Les habitant·e·s de la vieille Europe sont prié·e·s d’adopter un nouveau principe – relativement nouveau en fait, puisque Toqueville le dénonçait jadis comme conséquence probable des «démocraties»: la «distanciation sociale».

Cet oxymore, moins poétique que l’obscure clarté qui tombe des étoiles signifie que la survie biologique dépend désormais de la destruction de la société.

On croyait nos sociétés déjà gangrenées par l’indifférence et la hantise du contact sensuel: point du tout. Nos compatriotes continuaient sottement d’aller boire un coup vite fait sur le zinc, d’organiser des repas de famille et de prendre le métro pour aller niquer leur chaire et tendre.

Là au moins les choses sont claires. Ou plutôt presque claires.

De braves gens ont jugé de mauvais goût mon précédent billet, intitulé «Éros confiné?». En réalité, il était à peine en avance sur l’événement.

La fermeture des cafés, restaurants et commerces (autre que de bouche) est un signal. Ce que le Premier ministre français vient de rappeler c’est qu’il est désormais mortel de se fréquenter et de se parler à moins d’un mètre, ce qui – braves gens – inclut évidemment le fait de baiser entre vous.

Ah bien sûr, on pourrait rêver d’un système où l’on pourrait se faire dépister (voyer le VIH) du corona avant de s’envoyer en l’air sans «masque canard». Hélas, ça coûterait beaucoup trop cher. Embrasser avec la langue devient donc un équivalent de la roulette russe.

Vous êtes ainsi prié·e·s de ne pas sortir, de ne pas communiquer en chair et en os et de ne pas baiser. Sous peine de mort.

Reconnaissez qu’à côté de ça, le 49.3 a des allures de blague de Toto!

Et comme l’histoire aime l’ironie, c’est maintenant que nous aurions le plus besoin d’un système de santé publique sur lequel les gestionnaires s’acharnent depuis des années pour le démanteler et en éradiquer l’esprit.

Nous savons donc que tous les malades ne seront pas soignés et qu’un pourcentage inestimable (dans les deux sens du terme) sera abandonné à une sale mort, parce que nous ne disposons ni d’assez de lits ni d’assez de matériels (assistance respiratoire, notamment).

C’est l’occasion pour le bouffon qui «préside» à nos destinées de nous confier avoir découvert l’intérêt de la sécurité sociale… D’ici qu’il meuble ses loisirs en lisant le programme du Conseil national de la Résistance, il n’y a qu’un pas. En vérité, en vérité je vous le dis, celui-là n’a pas fini de nous filer la gerbe.

Jusqu’à ce point de mon discours, vous étiez plutôt en accord avec moi. Tant mieux. C’est ici que ça se gâte.

Avez-vous remarqué à quel point le récent mouvement social apparaît comme une pâle répétition de la catastrophe qui se joue maintenant? Non? Et pourtant…

Limitation des déplacements, coup mortel porté à certains lieux de rencontres (cafés) et de diffusion de la culture (librairies) [Aujourd’hui, c’est le coup de grâce.]. «Grève» de lieux de pensée et d’échange (séminaires). Ce que le mouvement social a tenté à petite échelle pour manifester sa force et sa détermination, le système le réussit en (très) grand. Et chers amis, compagnons et camarades, cerise sur le gâteau: c’est pour notre bien!

On ne peut pas jouer petit bras avec un tel système, ou alors c’est lui qui garde la main et nous la balance dans la gueule. Il faut l’abattre, comme une bête malfaisante. Les banderilles, ça l’excite.

La bourgeoisie avait, avec la guerre de 1914, réussi le «Grand Soir» que le syndicalisme révolutionnaire avait manqué.

Le capitalisme nous tient aujourd’hui à sa merci: réellement contraint·e·s de renoncer à vivre, nous sommes acculés à mendier notre survie. Il ne s’agit plus d’une métaphore de la conscience révoltée, mais d’une sèche statistique de décès hospitaliers.

Voici prononcé le fin mot de la terrorisation démocratique: la décimation civile.

Et nous n’aurons pas même la (très maigre) consolation d’être demain «un mot d’or sur les places»; elles ont été détruites.

Saint-Etienne : Retour sur la manifestation antifasciste du samedi 7 mars

Publié le 2020-03-18 10:35:03

Numéro Zéro / vendredi 13 mars 2020

Samedi 7 mars a eu lieu une manifestation antifasciste à Saint-Étienne. À l’approche des municipales, il semblait bon de dénoncer le fascisme ambiant, qu’il soit frontal ou diffus, qu’il vienne de l’ex-FN ou de LAREM… Plus de 200 personnes se sont réunies en un beau cortège déterminé à partir de 14h sur la Place du Peuple.

Prenant d’abord la direction du local de Sophie Robert (RN), le cortège sera bloqué, le local était totalement protégé par la police, qui allait même jusqu’à bloquer l’accès à la place Albert Thomas aux les manifestants.
Sans surprise la police nationale est au coude à coude avec les fascistes.

Les antifas toujours déterminés décident de reprendre la direction du centre ville par la Rue Michelet, la police nationale en 2 roues chargée d’encadrer le cortège manque de peu les jets de peinture.
Sur la route, les locaux des syndicats de police sont rapidement recouverts de peinture.
La manifestation passe par la place Chavanelle et se dirige jusqu’au local de Patrick Revelli (LREM), là un dispositif policier important protège encore une fois le local. Le cortège fait face en vain au son du slogan « Police nationale, milice du capital ».

Les manifestant·es effectuent un demi tour et repassent par la place Chavanelle pour accéder à l’hypercentre.
Ils prennent alors la police de vitesse et parviennent à accéder la Rue des Martyrs.
Après de multiples tentatives, toutes les issues menant à l’hyper centre ou rapprochant du local de Sophie Robert sont bloquées.
Quelques minutes plus tard, la manifestation est de retour à la place Chavanelle, quelques barricades sont montées, une banque est dégradée dans la foulée.
Un cordon de police arrive très vite, quelques projectiles les atteignent, les policiers décident de tirer des gaz lacrymogènes et chargent la foule.

Les manifestant·es restent unis et déterminé.es et esquivent la charge, à ce moment la police n’épargne pas une photographe qui se trouvait en avant du cortège : ils la gaze à bout portant.
Le cortège est repoussé jusqu’au camion rouge, à ce moment là les manifestant·es commencent à se faire nasser.
Les manifestant·es bien que déterminé.es prennent l’initiative d’abandonner le matériel qui ont fait tenir le block, la police maintient la pression et continue l’envoie de gaz lacrymogènes.

On peut entendre au mégaphone un appel à se disperser pour éviter de se faire coincer et interpeller, à ce moment la police charge les manifestant.es de tous les côtés.
La bac n’allait visiblement pas assez vite et la plupart des manifestant·es réussissent à échapper à la police qui les traque.
Certain.es seront fouillé.es et contrôlé.es, mais aucune interpellation n’a donné suite à une garde à vue.

La manifestation sauvage aura duré jusqu’à 16h/16h30. Les antifas sont déterminé.es à combattre le fascisme et les oppressions si la police a réussi à protéger les fascistes, les macronistes et l’hypercentre, cela ne sera pas éternel…

Ce fût une belle journée de mobilisation réaffirmant le caractère antifasciste, cosmopolite et prolétaire de Saint-Étienne.
Un appel à une prochaine mobilisation a d’ores et déjà été évoquée.

 

et selon Le Progrès

[…] Quelques dégradations sont également relevées : un distributeur automatique de billets et la façade du bureau de police de Chavanelle ont été souillés à la peinture et la vitrine d’un assureur a été endommagée. Ce samedi soir, aucune personne n’avait été interpellée mais des contrôles d’identité ont été réalisés. […]

Bure (Meuse) : Une lettre d’Alfredo Cospito pour les journées anti-carcérales

Publié le 2020-03-18 10:37:04

Anarchist Bure Cross / jeudi 12 mars 2020

Contribution aux journées anti-carcérales à Bure.

Dans l’écrit suivant, bien que votre initiative soit une initiative anticarcérale, je ne mentionnerai que brièvement ma situation actuelle de prisonnier anarchiste. Pour deux raisons, la première est que je ne veux pas manquer l’occasion de m’exprimer sur la lutte de « bure », sachant que beaucoup d’entre vous participent à cette lutte et que je la ressens comme la mienne ainsi que toutes les luttes contre le monstre nucléaire. L’autre raison est que je veux souligner le fait que lorsque l’un de nous se retrouve à l’intérieur, la meilleure façon de résister est de continuer les luttes pour lesquelles vous vous êtes retrouvés « enchaînés » et vous me donnez cette opportunité. Je ne sais pas grand-chose de la situation de la lutte des prisonniers en France. Je pourrais donc dire des bêtises, c’est pourquoi je joins ma contribution à une réunion anticarcérale qui se déroule ces mêmes jours à Naples en Italie, peut-être que les choses ne sont pas si différentes de nous, et les mêmes considérations (à la distinction des faits) peuvent aussi s’appliquer à vous. Je vous remercie beaucoup pour cette opportunité que vous me donnez.

C’est un grand honneur pour moi (terroriste anarchiste actuellement détenu dans une cellule d’une prison italienne) de contribuer par un écrit (bien que modeste) à votre lutte, que je ressens également comme la mienne. Je commence par me présenter, il y a 8 ans j’ai tiré dans les jambes du PDG de l’Ansaldo nucléaire, concepteur et constructeur de centrales nucléaires. Il est bon de savoir que l’Italie, même si elle n’a pas de centrales nucléaires, les exporte en toute tranquillité vers des pays comme la Roumanie, la Croatie, l’Albanie… L’objectif de cette action était de revitaliser le mouvement antinucléaire en Italie, en donnant une accélération agressive à la lutte contre le système techno-industriel. Par une action « retentissante », nous voulions montrer que les anarchistes pouvaient frapper dans la « chair vivante » l’un des principaux responsables de la relance de l’énergie nucléaire dans « notre » pays. Pour une fois, nous ne nous sommes pas « limités » à la seule action destructrice contre les choses, mais nous avons pris une autre direction en frappant directement les responsables de la destruction de « notre » planète. Nous avons revendiqué cette action avec l’acronyme « Nucleo Olga (FAI-FRI) ».

Nous voulions rendre les différentes perspectives évidentes dans leur faisabilité et stimuler une plus grande ouverture aux différentes formes et pratiques de l’action écologique anarchiste. Rejeter le tabou selon lequel seules les actions contre les choses pourraient avoir une justification. Remettre en cause la conviction absurde de l’inviolabilité absolue de la vie humaine, même celle de ceux qui, au nom de la science du progrès, font des massacres. L’objectif n’a été que marginalement atteint (même s’il a fait réfléchir de nombreuxses camarades) ceci parce que la pratique de l’action « multiforme » n’a pas encore été pleinement comprise (du moins ici en Italie) et encore moins pratiquée dans toute sa potentialité et que de nombreux préjugés subsistent encore. Beaucoup de gens voient des barrages « pacifiques » aux affrontements dans les rues, des attaques contre les gens aux attaques contre les choses, de l’utilisation d’acronymes persistants pour donner une continuité (comme FAI-FRI) aux acronymes temporaires… Peu de gens se rendent compte que toutes ces pratiques ont leur propre raison, leur propre but spécifique et ne sont pas nécessairement en conflit les unes avec les autres. Et dans certaines situations (comme à Bure), si elles sont pratiquées sans préjugés, elles se complètent et deviennent réellement efficaces, dévastatrices et désorientantes pour le pouvoir. Ceci, bien sûr, si vous ne criez pas à l »excommunion » lorsque certaines actions vont plus loin, frappant plus fort. Ce sont toutes des pratiques qui, si elles se poursuivent en parallèle, sans se contredire et sans s’opposer les unes aux autres, peuvent faire la différence, rejoindre l’objectif. L’absence de l’une de ces pratiques affaiblit la force de toutes. L’important est qu’elles contiennent le rejet de toute contamination institutionnelle, sinon cela devient une acceptation du système, seulement des paliatifs contre-productifs. Une lutte spécifique sur un territoire circonscrit comme celui de « Bure » peut être renforcée non seulement par des actions dans le reste du pays mais plus loin encore. Il suffit de penser à cette sorte d’ »internationale noire » qui, sans avoir besoin d’une organisation centralisatrice, a prouvé à maintes reprises qu’elle avait la force de soutenir « nos » luttes de l’extérieur (des quatre coins du monde). Je ne me lasserai jamais de le dire, au risque de devenir répétitif, nous les anarchistes, nous avons une arme puissante d’une efficacité extraordinaire dans sa simplicité : le « groupe d’affinité ». Des camarades lié-es par une profonde affection et confiance qui décident d’agir, de faire la grève et de rentrer chez eux en bonne santé, puis de faire à nouveau la grève. Le « groupe d’affinité » lorsqu’il se fait « groupe d’action » trouve son sens le plus fort dans l’action illégale, destructrice et risquée. Ces groupes ne dépendent pas des assemblées plénières, ils sont autre chose, ils n’ont rien à voir avec l’organisation, ils vivent de gestes libérateurs, destructeurs et peuvent devenir vraiment dangereux pour le système. Surtout lorsqu’elles n’incluent pas le mépris ou la supériorité envers le peuple, leurs assemblées de lutte. Lorsque l’action individuelle ou de petits groupes n’est pas antagoniste à la lutte « populaire », elle la renforce, elle la pousse plus loin. L’action violente et armée n’est qu’une partie (importante) de la vie d’un-e anarchiste, et il n’y a rien de contradictoire à se retrouver après avoir agi aux côtés des « gens » dans une assemblée pour avoir son mot à dire, ou sur une barricade ou un blocage routier, la seule chose à éviter a priori est le dialogue avec le pouvoir, avec les institutions. Mais ces constatations sont inutiles, car c’est précisément de France que sont venus ces dernières années des exemples très clairs de mise en pratique de l’ »informalité » et de l’action directe généralisée. Les nouvelles des actions menées dans votre région du monde nous parviennent constamment (même à l’intérieur de ces quatre murs), nous donnant des idées et nourrissant notre enthousiasme. Je conclus ce discours en vous disant que même en Italie, il existe des dépôts épars de déchets nucléaires, ces dernières années l’État a décidé de les rassembler tous sur un seul site. Dans le passé, il y a eu des tentatives pour arrêter le transport de déchets, par exemple dans la région du Valsusa, les déchets venaient de chez vous en France. Je suis convaincu que votre exemple sera important pour nous aussi. Il est clair pour tous qu’il s’agit d’une lutte pour la survie non seulement de notre espèce, mais de la vie même de « notre » planète, la nature risquant jour après jour d’être « monstrifiée ». La science et la technologie nucléaires bouleversent l’ordre chaotique de la nature depuis ses fondements. Nous n’avons pas beaucoup de temps et si nous voulons vraiment changer les choses et inverser ce processus autodestructeur. Nous ne devons pas, et surtout, nous ne pouvons plus fixer de limites à l’action, nous devons surmonter les craintes et abandonner les scrupules et foncer.

Alfredo Cospito
Février 2020

 

[in italiano][in English]

Espagne : Des nouvelles de Lisa

Publié le 2020-03-18 10:42:06

Round Robin / samedi 14 mars 2020

Le 10 mars dernier, le JAP a décidé de réduire la liberté de Lisa, qui était en train de « jouir » d’une mesure de semi-liberté (« tercer grado » : elle pouvait sortir de prison la journée, les fins de semaines et avoir d’autres permissions), en lui appliquant l’article 100.2, un régime qui interdit les sorties de taule en fin de semaine, ainsi que celles non justifiées par des raisons de travail.

Cette décision est une conséquence du recours que le Parquet a présenté en novembre dernier à l’Audiencia Nacional, en demandant le retour de Lisa au « segundo grado » (c’est à dire aucune possibilité de permis de sortie), à cause du fait que la compagnonne n’a jamais renié ses idées anticapitalistes et anarchistes.
L’avocat de Lisa a fait recours contre cette décision, étant donné que la rétrocession de régime pénitentiaire pour des raisons idéologiques n’est pas contemplée dans les normes pénitentiaires.
La réponse à ce recours arrivera dans un ou deux mois ; pendant ce temps la compagnonne aura une réduction de ses possibilités de rester en dehors de la prison.
La décision est dans les mains de l’Audiencia Nacional, un tribunal qui, comme on l’a toujours dit, est issu d’une tradition conservatrice et franquiste.
Nous savons que les décisions arbitraires et les harcèlements juridiques que notre compagnonne subit ne sont pas une exception, mais font partie d’une réalité carcérale subie par la plupart des détenu.e.s.
Entre-temps, nous demandons de relayer cette nouvelle et de continuer la lutte pour détruire tous les murs, avec toute forme de solidarité. D’autres infos suivront.

Liberté pour Lisa, liberté pour tou.te.s !
Feu aux prisons !

Pour lui écrire (Lisa parle espagnol, allemand et italien) :
Lisa Dorfer
C.P. Brians I
Carretera de Martorell a Capellades, km 23
08635 – Sant Esteve Sesrovires
ESPAGNE

L’infection qui vient aura raison des élections ? (en tout cas mieux l’action directe !)

Publié le 2020-03-18 10:47:03

Grenoble : La vitrine rencontre la barrière de chantier

France Bleu / dimanche 15 mars 2020

L’équipe de campagne d’Alain Carignon a fait la drôle de découverte dans la nuit de samedi à dimanche. Entre minuit et une heure du matin, un individu encore inconnu aurait vandalisé la permanence de l’ancien maire de Grenoble en lançant une barrière de chantier sur la vitre. La police s’est rendue rapidement sur place pour faire les premières constatations.


Le directeur de campagne du candidat, Nicolas Pinel, déplore « une campagne sous haute tension à Grenoble et à l’image de ces dernières semaines ». Dès qu’ils ont eu connaissance des faits, les équipes d’Alain Carignon ont directement appelé la police. La police judiciaire a aussi prélevé des empreintes sur place et les résultats sont attendus pour éclaircir les faits […]

*****

Dieppe (Seine-Maritime) : « On n’a pas besoin de vous »

Les Informations Dieppoises / dimanche 15 mars 2020

Ce dimanche 15 mars 2020 a lieu le premier tour des élections municipales. À Dieppe (Seine-Maritime), le candidat de la liste « Dieppe, une ambition nouvelle », Dominique Garçonnet a eu un drôle de réveil. Sa permanence située dans le quartier du Pollet a été taguée à la peinture rouge. Les inscriptions sont nettes et lui reprochent notamment ses accointances avec le parti la République en marche.
On peut lire « République en vrac » ou encore « on n’a pas besoin de vous ». Une croix rouge a également été inscrite sur le visage du candidat.

Prison de Terni (Italie) : Sur le prélèvement forcé de l’ADN de Juan

Publié le 2020-03-18 10:47:07

Round Robin / samedi 14 mars 2020

Comme il l’avait annoncé dans une lettre précédente, le 4 mars Juan a été soumis à un prélèvement forcé de l’ADN, dans la prison de Terni.

Suite à son refus, déjà exprimé par le passé, le Procureur avait demandé au juge du tribunal de Venise, qui avait donné son accord, que les flics puissent procéder « par la coercition physique ».
Le 4 mars il y avait, en plus de l’avocat du compagnon, un médecin, deux spécialistes (probablement des RIS [Reparto Investigazioni Scientifiche, la « police scientifique » des Carabinieri ; NdAtt.] de Parma), deux officiers de la police pénitentiaire et trois matons.
Juan a opposé une résistance passive, symbolique, en s’asseyant par terre, en baissant sa tête et en refusant, par principe, d’ouvrir sa bouche. Les matons l’ont soulevé, puis ils lui ont ouvert la bouche par la force, tandis que les experts lui mettaient le tampon dans la bouche. Une procédure protocolaire de coercition.

Spoleto (Italie) : Tout le monde dehors, sans crainte

Publié le 2020-03-18 10:48:05

Round Robin / samedi 14 mars 2020

Depuis moins d’une semaine, le couperet d’une législation d’urgence, progressivement endurcie de 48 heures en 48 heures, est tombé sur l’Italie, dans le but de contenir la pandémie du nouveau coronavirus, la Covid-19. On se trouve dans une situation où on ne peut même plus sortir de chez soi sans une autorisation écrite venant des autorités publiques.
On a regardé dans les yeux la faiblesse inhérente à notre société, qui normalement reste cachée. Le consumérisme et la mondialisation, de panacée pour tous les maux, se muent en cauchemar.
L’éclectisme administratif des politicards : d’abord la course à la normalité, visant à tranquilliser et à minimiser les dangers, puis le soudain virage répressive de masse, le tout retransmis par toutes les télés et tous les médias, seul canal de socialisation aliénée qui est désormais octroyé aux individus. Tout cela dans l’acceptation passive de millions de sujets obéissants, prêts à se transformer en espions qui appellent les forces de l’ordre pour faire disperser des groupes de jeunes qui jouent ou encore les quelques personnes qui résistent à la psychose et sortent se balader.

Parce qu’il y a des personnes qui se rebellent à cette condition dystopique. En sont en exemple emblématique les incroyables révoltes qui ont touché une cinquantaine de prisons italiennes, qui ont saccagé et rendu inutilisables des dizaines de sections, avec le superbe épisode de l’évasion collective de la taule de Foggia.
L’État n’a pas hésité à réagir avec une violence qui n’a pas de précédents depuis les années 70 : jusqu’ici il y a eu 14 morts connus, entre Modena, Rieti et Bologna. Certains pour « overdose », nous disent les médias, d’autres massacrés. On sait très bien comment sont les matons et ceux qui les dirigent, d’autant plus quand ils ont une couverture politique totale et ils jouissent d’un silence presque totale de la part des organes d’information. A Modena on a entendu clairement le bruit des tirs et les prisonniers eux-mêmes ont demandé de l’aide aux solidaires dehors, en disant qu’ils se faisaient massacrer.
Dans une situation d’obligation de soins de masse, comme jamais auparavant, l’ensemble de l’information publique est contrôlée par l’idéologie étatiste, tout débat est suspendu, tout doute est considéré comme une trahison.

Dans ce cadre de militarisation médicale, un épisode qui a eu lieu à Spoleto le 10 mars nous paraît intéressant. Trois de nos compagnons ont été interpellés juste après avoir accroché une banderole, les flics leur ont collé une plainte. Ils ont d’abord été filés par des flics en civil, puis interpellés par une patrouille de Carabinieri. Puisqu’ils ont refusé de suivre les pandores au poste, en plus que pour violation de la loi d’urgence sur le coronavirus et pour affichage abusif, ils ont reçu aussi des plaintes pour résistance à agent de police. Une deuxième banderole a été confisqué avant même d’être accrochée. N’empêche, d’autres banderoles sont apparues ailleurs en ville.

On pouvait y lire :
« Tout le monde dehors, sans crainte (A) »
« Complicité et solidarité avec les prisonniers en révolte »
« Modena et Rieti : matons assassins »
« Contre l’État militaire, évasion générale »

Avec la ferme intention de continuer à refuser l’auto-incarcération, avant ou après le 3 avril [date jusqu’à laquelle sont valables les mesures d’urgence qui imposent le confinement ; NdAtt.]

Anarchistes à Spoleto

Discussion publique face aux mesures de l'Etat liées au coronavirus

Publié le 2020-03-18 10:49:08

Depuis la découverte du coronavirus il y a trois mois en Chine, celui-ci est devenu une véritable pandémie et s’est répandu partout. Petit à petit les mesures sécuritaires tendent à être les mêmes et à se propager elles aussi : fermeture des frontières, interdiction de se rassembler à plus de X personnes, fermeture des commerces et activités non « nécessaires » (au maintien partiel de l’économie), confinement et replis chez soi…
Le climat est à la peur généralisée et permet plus facilement de légitimer, d’accélérer et d’accentuer la mise en place de méthodes de contrôle et de gestion des populations. C’est un véritable laboratoire pour chaque État.

En Chine par exemple, les drones prolifèrent dans les rues quasi vides des villes, fliquant les personnes n’ayant pas l’autorisation de se déplacer ou n’ayant pas de masque, équipés de thermocapteurs pour mesurer en permanence la température des gens dans la rue, mais aussi dans leur propre maison.
En parallèle, un confinement d’une immense partie de la population est assuré par de nombeux check-points. Depuis quelques temps, une partie du confinement est levé, mais les contrôles se maintiennent : prise de température régulières, comme pour entrer dans un magasin par exemple. Cet allègement du confinement ne peut se faire qu’à partir du terreau déjà bien fertile de la pandémie des nouvelles technologies. En effet, les conditions de sortie sont soumises au fait d’avoir un smartphone géolocalisé en permanence, et de l’installation d’une application mesurant la température de chaque individu et lui donnant des indications sur les marches à suivre : code vert pour sortir, orange pour confinement de 7 jours, rouge pour confinement de 14 jours.

Si la sécurisation de chaque espace n’est pas aussi poussée en europe, le contrôle reste présent. En Italie, premier foyer européen du virus, la population est confinée depuis le 10 mars. Check points et contrôle en rue, autodéclaration de confiance pour pouvoir se déplacer, les amendes (pénales) pour le non respect de l’interdiction de sortir sont aussi exponentielles que le coronavirus. L’État prévoit aussi la possibilité d’une incarcération jusqu’à 3 mois. Si les drones ne répondent pas présent, la peur collective et l’État assurent le maintien du contrôle social : poucaverie de personnes qui prennent l’apéro chez eux, assemblée dans la rue dénoncée aux flics, arrestation d’ouvriers en grève dans une usine à modène suite à la mort d’un de leur collègue, répression suite aux nombreuses révoltes dans les taules italiennes...

La France semble prendre des mesures similaires à celles de l’Italie, avec quelques jours de décalage. Ça s’est accéléré vraiment vite ces derniers jours avec un discours de culpabilisation axé sur notre « irresponsabilité individuelle », on peut imaginer un confinement obligatoire bientôt pour répondre à notre soi-disant « insouciance ». A partir de là, on n’a pas envie d’accepter une position de confiance aveugle dans les choix de l’État et des scientifiques qui nous dépossèdent de toute liberté. Ça nous fait peur de voir que cette panique accentue des comportements de flicages intériorisés et de chacun pour sa gueule, par exemple dénoncer des personnes qui ne se plient pas aux recommandations, ainsi que se ruer dans les magasins pour assurer ses stocks individuels.

Cette situation exacerbe les rapports de classe (accès aux soins, à la garde d’enfants, impossibilité de télétravail pour beaucoup de pauvres) , mais aussi entre autres la place de discours réactionnaires et racistes (à l’égard des personnes asiatiques ou des migrants par exemple). L’isolement s’amplifie et ça nous semble important de réfléchir à comment casser ça.
Par ailleurs, le tableau n’est pas que noir, de nombreux gestes de solidarité et d’entraide voient le jour.
Sans rentrer dans des discours complotistes ou dire qu’il ne faut pas du tout faire attention, on aimerait réfléchir à quelles marges de manœuvre on peut avoir face à des mesures très strictes de contrôle et comment continuer à porter des idées et pratiques anti-autoritaires dans ce contexte.

Corona ou pas, toujours en lutte pour la liberté. Le pire virus c’est l’autorité !

Rendez vous à 20h30 à l’Obs, 87 rue du 10 avril

Durant le confinement, les dominations de genre et d’âge continuent de s’exercer… en pire !

Publié le 2020-03-18 11:01:07

On entend ici et là des pronostics coquins sur l’une des conséquences du confinement général : il y aura des « bébés coronavirus ». Ah ! l’esprit français, la bonne gauloiserie nationale, toujours prête à remonter le moral des populations…

Il se trouve hélas que le confinement, qui ne se confond pas avec l’isolement des individus, va avoir d’autres conséquences, celles-là immédiates (ou presque) et fâcheuses, dont le confinement de certains territoires (palestiniens, par ex.) donne un avant-goût.

En effet, à part pour des familles accidentellement séparées ou vivant dans des conditions particulières (grandes propriétés, pleine campagne), le confinement place les individus, vivant en couple seul ou en famille avec enfant·s, dans des conditions dont ils n’ont aucune expérience, n’était pendant des périodes réduites (une semaine à un mois).

L’expérience vécu par des millions de personnes durant les «vacances» – promiscuité, ennui, exaspération notamment vis-à-vis des enfants – va se trouver multipliée, dans ses aspects les plus nocifs, par un facteur «n», impossible à quantifier. Mais très simple à décrire. Les premières victimes en sont évidemment les enfants et les femmes.

«La romantisation de la quarantaine est un privilège de classe»

Les femmes et les enfants d’abord

La situation des enfants

Dans l’immense majorité des cas de couples hétérosexuels, seules les femmes ont une expérience prolongée et répétée de la proximité des enfants. La répartition genrée des rôles ainsi que l’existence de divers systèmes de garde (éducatif/école; garde simple/nounou et garderie) ont pour conséquence que la plupart des hommes n’ont l’expérience de la présence de leurs enfants que durant un bref laps de temps quotidien (le soir, en général), les week-end et les vacances. Ces périodes sont encore réduites dans les cas de travail posté, d’éloignement et·ou de garde alternée (à noter que la garde alternée peut mettre un homme en situation de fréquenter davantage ses enfants en temps cumulé, sur une année par ex., qu’un homme vivant en couple).

Constater que cohabiter avec ses enfants est un enfer qu’ils ne peuvent endurer plus de deux heures d’affilée est une expérience banale pour des hommes. Si vous leur faites remarquer que leur compagne est amenée régulièrement à multiplier cette performance par cinq (au moins), ils se replieront sur des «explications» tautologiques (elles ont l’habitude) ou essentialistes (elles sont faites pour ça).

Le confinement obligatoire, dans des espaces souvent inadaptés, ajouté aux soucis légitimes liés à la pandémie (problèmes de travail, souci des proches, incertitude de l’avenir) auront pour conséquences 1° Que les enfants déjà victimes de mauvais traitements (violences physiques et·ou violences sexuelles; violences psychologiques) seront à la merci de leurs bourreaux habituels; 2° Que des enfants qui subissent d’ordinaire une domination adulte «modérée» deviendront des souffre-douleur providentiels pour des adultes excédés.

La situation des femmes

Tous les problèmes posés par les rapports sociaux de sexe sous régime de domination masculine se trouvent exacerbés par le confinement.

Les tâches ménagères

Il n’existe généralement ni «répartition» ni «partage» des tâches ménagères. Le problème se pose en terme d’assignation aux hommes de la part purement symbolique que leur amour-propre de genre est susceptible de supporter, ou symétriquement de «délestement» d’une part de la charge ménagère des femmes suffisante pour entretenir la fiction romantique d’une aventure commune.

Les femmes connaissent bien l’incroyable longévité du caractère gratifiant, pour un homme, d’une expérience ménagère courte et ancienne. Un homme se souvient de la (dernière) fois où il a passé l’aspirateur ; il est capable d’en parler comme un ancien combattant d’un fait d’arme.

Le confinement présente pour les hommes une série d’inconvénients. Ils sont confrontés au quotidien à la quantité de travail ménager gratuit nécessaire au maintien du bon état de leur lieu de vie. Du coup, voir l’autre (la femme) accomplir un grand nombre de «taches ménagères» insoupçonnées (en temps normal, ils n’en voient que le résultat) sera vécu comme une incitation culpabilisante à y participer et·ou comme une manière de fuir son contact (– Mais laisse-donc ce balai et viens t’asseoir près de moi!).

On peut parier que la tendance habituelle des hommes à prendre en charge les «tâches ménagères extérieures» sera – au moins dans un premier temps – renforcée. J’entends par tâches extérieures le fait de sortir la poubelle et surtout d’aller faire des courses pour garnir le réfrigérateur. Dans un premier temps, les hommes seront disposés à affronter tous les dangers, réels ou fantasmés (contamination, tracasseries policières) pour saisir l’occasion de fuir le domicile. À la longue, cependant, les conditions pratiques et notamment l’obligation de faire le pied de grue dans de longues files d’attentes pourraient renverser la tendance; alors, les files d’attente retrouveront leur caractère traditionnel de corvée féminine.

Les «rapports sexuels»

Le confinement a un double effet (hétéro)sexuel : Il maintient à domicile une «offre» féminine permanente (24/24), tandis qu’il interdit de recourir aux habituels moyens de «soulagement» (peep-show, prostitué·e·s, relation extra-conjugale), dont les femmes ont une idée aussi abstraite (ou inexistante) que celle que les hommes ont des tâches ménagères. Ce double mouvement pulsionnel, limité à une unité de lieu, de recentrement sur un partenaire unique a pour conséquence de soumettre la femme à une pression inédite. Non dans sa nature, mais dans son intensité et dans sa durée. Loin du fantasme romantique de «l’île déserte à deux», le confinement prend pour les femmes l’allure d’une assignation (renouvelée) à la satisfaction des hommes.

Or si les hommes seront tentés de profiter du renouvellement de cette autorisation tacite d’exploitation sexuelle des femmes, ils en voudront bien vite à leur partenaire de n’être qu’elle, et d’incarner par force toutes les autres femmes. La belle sublimation poétique – «Je t’aime, pour toutes les femmes que je n’aime pas» (Éluard) – risque de virer au cauchemar.

Dans un système de domination masculine les «coups» (sexuels) que l’on tire, et les coups (de poing) que l’on donne s’inscrivent dans un continuum. Le confinement prive les femmes (et les ados) de prétextes et de raisons réelles de s’absenter du domicile et les met, là encore, à la merci du conjoint violent. Au-delà de l’aspect strictement matériel, on peut penser que le confinement peut apporter une «couverture» idéologique et psychologique supplémentaire (qui s’ajoute à la notion de «vie privée») au violent.

En résumé : si pour une très petite minorité de gens, bénéficiant de conditions de vie agréables (vaste espace vital; maison et jardin) et surtout dotés d’un équipement théorique et émotionnel suffisant, le confinement peut être l’occasion d’une remise à plat des règles de la relation, y compris érotiques, pour une grande majorité il sera l’occasion d’une aggravation des conditions de vie et d’une dégradation de la qualité relationnelle.

Un certain nombre d’infanticides et de féminicides seront «facilités» par cette situation inédite. De très nombreux viols, de très nombreuses violences, rarement mortelles, le plus souvent psychologiques seront infligées aux enfants et aux femmes sous son couvert.

Les associations de protection de l’enfance et les associations féministes (sans parler du gouvernement, auquel je ne m’adresse pas) seraient bien inspirées de saisir cette occasion pour rappeler par tous les moyens disponibles les numéros d’appel d’urgence à disposition des enfants et des femmes.

Il n’est peut-être pas non plus inutile «politiquement» de rappeler que les circonstances exceptionnelles que nous subissons n’entrainent ni ne justifient une «trêve du consentement».

À rebours de (ou en parallèle à) l’insouciant pronostic évoqué en ouverture de ce billet, il y aura de très nombreux «divorces coronavirus» et «séparations coronavirus». Mais ça, c’est plutôt – pour les survivant·e·s – une bonne nouvelle.

Contre le confinement généralisé

Publié le 2020-03-18 11:02:06

Alors oui, lavons nous les mains, évitons de nous toucher ou nous tousser dessus, désinfectons régulièrement autours de nous, ne côtoyons plus les personnes les plus à risque (tout en maintenant le lien) mais le confinement général, sérieux ? S’assigner à résidence pendant 15 jours, 1 mois, plus ? Devoir justifier ses déplacements ? Ces mesures malheureusement vont au-delà des considérations sanitaires, elles ont de grosses conséquences économiques, sociales et politiques. Bon l’économique, pour le moment l’État promet d’en prendre une partie en charge et du reste que le capitalisme tourne au ralenti ou s’en trouve affaiblit ne peut que nous réjouir. Les bon.ne.s français.e.s travailleu.r.euse.s verront leurs loyers sauter et pourront toucher le chômage partiel, super ! Ah oui mais les autres ? Celleux qui ne sont pas français.e.s ou qui n’ont même pas de papiers, celleux qui bossent au black ou dans « l’économie parallèle », celleux qui n’ont pas de loyer mais dépendent d’actes illégaux comme squatter ou faire les poubelles pour survivre et tout.te.s celleux qui n’ont pas de chez elleux où se confiner…

Dans les rues désertes des villes confinées devinez qui devient tout d’un coup visible, sans plus pouvoir compter sur la protection (certes insuffisante) des passant.e.s qui peuvent réagir en cas de problèmes ou d’abus. Merci la ville laissée aux flics en toute impunité… Comme les rafles de sans-papiers vont être facilités, comme le commerce de drogue et la prostitution vont être limités, comme les manifestations et autres contestations politiques vont disparaître ! Quelle aubaine pour l’État !

Alors oui, on va éviter les activités trop collectives, les réunions superflues, on va maintenir des distances de sécurité, mais on niquera votre confinement, déjouera autant que possible vos contrôles, hors de question qu’on cautionne la restriction de nos libertés et la répression ! A tou.te.s les pauvres, les marginaux et les révolté.e.s, soyons solidaires et entre-aidons nous pour maintenir les activités nécessaires à notre survie, éviter les arrestations et les amandes et continuer à nous exprimer politiquement.

Par solidarité avec celleux qui ont besoin de se déplacer pour survivre et avec celleux qui hier comme aujourd’hui ne peuvent pas se permettre un contrôle de police, on propose pour commencer un info-traflic des contrôles sur Nantes, ce peut être au moins ici en commentaires ou sur d’autres plateformes sécurisées. On espère aussi que les camarades continuerons de s’organiser (pensez outils informatiques sécurisés) pour résister et lutter contre toutes les oppressions, la lutte ne doit pas s’arrêter. S’adapter, trouver de nouveaux outils, de nouvelles failles, l’épidémie et l’état de restrictions sanitaires que nous traversons peuvent être un bon exercice, un bon test pour les milieux militant.e.s face au sécuritaire. Il nous faut dès aujourd’hui échanger les informations : Qui se fait contrôle ? Est ce qu’ils demandent les attestations ? Est ce qu’ils vérifient les identités ? Est ce qu’ils donnent des amandes systématiquement, envoient en vérif ou en gardav’ ? Tester et si besoin déjouer ou saboter les dispositifs de contrôle (tout en restant lucides sur les risques sanitaires), observer, produire de la réflexion et de l’analyse sur les évènements mais surtout garder coûte que coûte notre esprit de solidarité et d’autonomie, passons nous autant que faire se peut des institutions.

Alors oui, c’est la pandémie et cette grosse bronchite de Covid-19 est mortelle et fait peur, mais nous voulons, hier comme aujourd’hui avoir et garder le contrôle de nos vies. Je veux pouvoir choisir et que chacun.e ait le choix de s’exposer ou non, de prendre des risques mais surtout de se soigner comme iel l’entend. C’est pourquoi on ferra tout notre possible pour ne mettre en danger personne mais on se sentira libre aussi de ne pas choisir le médecin ou l’hôpital, de tester nos propre remèdes. Il serait idiot de faire soudainement pleine confiance à l’institution médicale qui à si souvent prouvé quels intérêts elle sert. Si patriarcale, si capitaliste nous ne pouvons nous en remettre à elle seule. Si nous ne voulons pas engraisser les gros laboratoires pharmaceutiques alors soignons nous par nous même, mais si nous estimons qu’eux seuls possèdent des remèdes efficaces alors choisissons leurs produits pour le moment, à chacun.e de juger, mais nul doute que dans ce domaine aussi une lutte est nécessaire pour se ré-approprier les savoirs et les ressources et gagner notre autonomie.

Comme toujours c’est la balance entre liberté et sécurité, si vous pencher vers l’un vous payerez par l’autre. L’État nous ordonne la sécurité sanitaire et nous la fait payer de notre liberté de circulation. Que chacun.e trouve l’équilibre qui lui convient mais par pitié qu’on arrête, par peur, de cracher sur celleux qui choisiront toujours la liberté parce que mourir du coronavirus ou d’autre chose leur importe peu, vivre est un risque et vivre sans liberté c’est, pour elleux être déjà mort.e.s !

Courage à tou.te.s les malades et personnes vulnérables. Force aux illéga.ux.les et claustro de tout poils.

Eradiquons le Corona et l’Etat ! Solidarité et autonomie.

Berlin, Allemagne : Sale nuit pour les fachos de l’AfD – 10 mars 2020

Publié le 2020-03-18 11:03:09

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2020 à Berlin, plusieurs attaques ont visé des responsables et collaborateur du parti d’extrême-droite de l’AfD. Ces attaques sont une riposte antifasciste après l’attentat raciste à Hanau il y a trois semaines, qui a fait plusieurs morts.

Vers 2h, la voiture du chef de l’AfD de Berlin, Nicolaus Fest, a été volontairement incendiée dans le quartier de Charlottenburg-Wilmersdorf. Il n’a fallu que quelques minutes pour qu’elle s’embrase…

Puis dans le quartier Reinickendorf, à Eichborndamm, un café-restaurant a été attaqué. Ses vitres ont été brisées et sa façade peinturlurée. Le commerce, appelé le ‘Maestral’, est un repaire bien connu de la section régionale de l’AfD (de Berlin). En plus d’être régulièrement fréquenté par les militants du parti facho, ce bar sert souvent de lieu de réunnion et d’événements des fascistes « Flügel » autour de Björn Höcke, ainsi que ceux des « Jeunes alternatifs (section jeune de l’AfD) » qui ont de fortes accointances avec le mouvement identitaire et les corpos étudiantes nationalistes. [cf le communiqué de revendication de l’attaque]

Durant cette même nuit, le domicile de Gottfried Curio situé dans la Knesesbeckstraße (à Lichterfelde) a été pris pour cible. Curio est un des porte-paroles de la section de l’AfD au Bundestag, en matière de politique intérieure. Les vitres de la maison jumelée ont été brisées, des bouteilles remplies de peinture ont atterri sur la façade et à l’intérieur. L’inscription « Hanau : Curio, toi le meurtrier ! » a été mise en évidence pour le voisinage. Ces dernières semaines, il s’est illustré lors d’un discours au Bundestag en se moquant des victimes de Hanau [attentat fasciste ayant ciblé des bars à chichas le 19 février 2020 à Hanau].
Curio est un des membres de la première heure du parti d’extrême-droite et est dans le comité directeur de la section de l’AfD du district Steglitz-Zehlendorf. En 2016, il a été élu à la chambre des députés de Berlin et en a profité pour répandre son racisme. [cf le communiqué]

la voiture de Nicolaus Fest

[Traduit et reformulé du TagesSpiegel, 10.03.2020]

Des arrestations à Bourges, Paris et Saint-Nazaire – 11 et 12 mars 2020

Publié le 2020-03-18 11:04:04

Bourges (Cher) : arrestation pour les sabotages d’horodateurs – 11 mars 2020

Dans la nuit du 9 au 10 mars à Bourges, un parcmètre est de nouveau saboté place Mirpied. Cette fois, les policiers ont pu arrêter un homme de 51 ans pour ce nouveau sabotage d’horodateurs. Ils sont parvenus à remonter jusqu’à lui à cause des images de vidéosurveillance. À son domicile, ils ont retrouvé deux masses et des bombes de peinture qui pourraient l’incriminer.
L’homme s’est expliqué : il a voulu se venger car l’administration avait refusé de lui octroyer des délais de paiement pour s’acquitter d’amendes. Ce Berruyer avait d’ailleurs tagué des insultes sur le mur de la préfecture à Bourges, lundi soir. Il sera donc convoqué le 2 juillet devant le tribunal pour destruction aggravée de biens d’utilité publique et inscription par tag aggravée. 

Ces dernières semaines, dix-huit horodateurs avaient été vandalisés à Bourges. Un préjudice évalué à 108 000 euros par la ville.

[Repris de France Bleu, 11 mars 2020]


Paris et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) : deux arrestations pour la manif anniversaire des gilets jaunes à Nantes – 12 mars 2020

Deux hommes ayant pris part à l’acte 53 du mouvement des Gilets jaunes, le 16 novembre 2019 à Nantes, ont été interpellés lundi 12 mars à Paris et à Saint-Nazaire.

Les enquêteurs ont pu réaliser leur sale travail en collectant non seulement des photos et vidéos des caméras de la ville (du Centre de supervision urbain, CSU), mais aussi en épluchant des films diffusés sur les réseaux sociaux.
« Les enquêteurs cherchaient à retrouver des hommes, soupçonnés de dégradations volontaires, lors de l’Acte 53 des Gilets jaunes, à Nantes, le 16 novembre 2019. L’étude de ces documents leur a permis d’identifier deux suspects, dont les téléphones bornaient justement sur l’itinéraire emprunté ce jour-là« .

L’un, sdf âgé de 18 ans et arrêté à Paris, est suspecté d’avoir détruit une caméra de vidéosurveillance de la Banque de France. L’autre personne arrếtée, âgée de 18 ans et vivant à Saint-Nazaire, aurait incendié des conteneurs à poubelles et un vélo Bicloo.
Ce même jour, ils auraient ensemble dégradé le système de barriérage du parking château Nantes Métropole et un abri de bus Semitan. Le préjudice total a été estimé à environ 50 000 €. Selon la police, ils ont reconnu les faits. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire jusqu’à leur procès qui aura lieu le 14 mai.

[Repris de Ouest-France, 13.03.2020]

Saint-Etienne (Loire) : La permanence électorale des fachos récolte des pavés – 14 mars

Publié le 2020-03-18 11:04:06

Dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 mars, la permanence électorale de la politicienne RN a été attaquée à Saint-Etienne (Loire) : des pierres ont été jetées contre les vitres du local de Sophie Robert situé rue Victor Hugo. « Des impacts de projectile et des débris de verre ont été relevés par la police ».

Le 7 mars dernier, il y a moins une semaine, les flics ont mis les gros moyens pour protéger le local de la fasciste, alors que se tenait une manif antifa qui a laissé quelques traces dans la ville. Ceci montre une fois de plus que ce qui ne peut pas se faire lors d’une manif annoncée en pleine journée peut par contre se faire en toute tranquilité de nuit, seul.e ou à quelques-un.e.s.

Le Progrès affirme que « c’est la quatrième fois en moins d’un mois que le local de campagne de Sophie Robert, tête de liste au Rassemblement National (RN) aux élections municipales de Saint-Etienne, est ciblé par des dégradations. Après les projectiles, les œufs et la farine, les marqueurs et le rouge à lèvres […] ».

Publication : Avis de Tempêtes n° 27 – Mars 2020

Publié le 2020-03-18 11:04:10

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°27 (mars 2020) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 20 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog.

« Du côté du pouvoir, la plupart des plans de crise mis en œuvre dans différents pays (en Italie et en Espagne, mais l’Allemagne ou la France encore bloquée par les municipales y viennent) font jusqu’à présent émerger quelques constantes qu’il serait également dommage d’ignorer.

C’est par exemple l’occasion pour le capitalisme de pousser à une accélération de ce que certains nomment depuis un moment la quatrième révolution industrielle (après celle de la vapeur, de l’électricité et de l’informatique), à savoir le numérique et l’interconnexion totale dans tous les domaines de la vie (de la physique à la biologie ou à l’économie). Qu’on en juge : des centaines de millions d’élèves du primaire à l’université qui basculent soudain dans plusieurs pays sur des cours permanents à distance suite à la fermeture de tous les lieux physiques d’enseignement ; autant de travailleurs qui pour leur part sont mis en télétravail (de 20 à 30% en moyenne), qu’ils en aient ou pas eu l’habitude ; la multiplication à une échelle de masse des consultations par écran interposé suite à la saturation des cabinets médicaux ; l’explosion des paiements par carte bancaire de peur d’être contaminés via la manipulation de pièces et billets. Et si on rajoute à tout cela que les populations confinées s’adonnent volontiers à tout ce qui les empêche de penser ou de rêver, en se jetant sur les achats en ligne, les séries télévisées, les jeux en streaming ou à la communication virtuelle entre humains, il devient clair que les antennes des réseaux de téléphonie mobile, les câbles de fibre et autres nœud de raccordement optique (NRO) ou tout simplement les réseaux d’énergie qui alimentent tout cela ont pris une importance encore démultipliée. Non seulement pour la production ou les loisirs, mais tout simplement comme principal cordon ombilical entre les lazarets individuels et le monde vivant, plus que jamais déréalisé, pour le coup.

Alors, quand on sait qu’une belle antenne, qu’un même transformateur ou pylône électrique, qu’un même câble de fibre devient plus que jamais déterminant à la fois pour passer le temps d’auto-enfermement, pour le travail et l’éducation à distance de masse, mais aussi pour la transmission des consignes du pouvoir en blouse blanche et le suivi technologique du contrôle (et pas qu’en Chine ou en Corée du Sud), cela n’ouvre-t-il pas des pistes intéressantes pour briser cette nouvelle normalité où le pouvoir s’en donne à cœur joie ? Sans parler des possibles effets boule de neige, vu l’augmentation plus que conséquente du trafic internet et de téléphonie comme de moindre disponibilité des techniciens pour cause de maladie… »

Cliquer sur la couverture pour télécharger le n°27 au format PDF

[Reçu par mail]

Grasse (Alpes-Maritimes) : Mutinerie à la prison contre la supression des parloirs – 17 mars 2020

Publié le 2020-03-18 12:26:05

Dans la matinée de mardi 17 mars 2020, une révolte a éclaté à la maison d’arrêt de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. L’administration pénitentiaire a annoncé ce mardi que l’ensemble des parloirs dans les prisons françaises sont suspendus jusqu’au 31 mars 2020.

« Une centaine de détenus qui se trouvaient dans deux cours de promenade ont commis des violences, suite à l’annonce de la suspension des parloirs jusqu’au 30 mars« , ont appris les journaflics de France3 auprès d’un syndicat de matons.

Des détenus ont cassé des portes d’accès aux cours de promenade et se sont regroupés dans des couloirs de la taule. Ils ont allumé des petits feux et jeté des pierres sur les surveillants. Quatre tirs de sommation ont été réalisés« , selon Philippe Abime, délégué FO prisons dans les Alpes-Maritimes.

Plusieurs incidents ont éclaté à partir de 10h30. Un incendie, provoqué par des papiers brûlés et très vite maîtrisé, s’est déclaré dans la cour de promenade. Plusieurs grillages ont été cassés.

Policiers, gendarmes ainsi que les ERIS et le RAID ont été mobilisés pour mater la révolte et quadriller les alentours de la taule.

Dimanche 15 mars déjà, à la prison de Metz (Moselle), près de 100 détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules à l’issue des promenades. Cette action de protestation serait également partie d’annonces de mesures coercitives et de restrictions visant les prisonniers en lien avec le coronavirus (covid-19).

[Repris de divers articles des médias régionaux, 17.03.2020]

Koné (Nouvelle-Calédonie) : Visite au bureau de gestion des pauvres

Publié le 2020-03-18 13:23:09

France Info / vendredi 13 mars 2020

Le service d’appui à la population de la commune de Koné a été vandalisé dans la nuit ce jeudi.

Le ou les individus ont pu accéder aux locaux, en s’introduisant par la porte arrière du bâtiment. C’est par cette même porte, entièrement refaite, qu’une infraction avait eu lieu il y a deux semaines déjà. À l’intérieur, aucun objet important n’a été dérobé. Le sol est en revanche jonché de débris de verre et les bureaux ont quant à eux été vandalisés. Sur décision du maire de Koné, le SAP est fermé au public ce vendredi.

Saint-Etienne : Action de soutien aux prisonnier.es italien.nes

Publié le 2020-03-18 13:33:04

Numéro Zéro / vendredi 13 mars 2020

Cette semaine, plusieurs militant.e.s stéphanoi.se.s ont suspendu une banderole au-dessus de l’autoroute pour afficher leur soutien aux prisonnier.e.s italien.ne.s en révolte, et pour informer la population des crimes abjects de la police italienne !


On pouvait lire : « Solidarité au prisonnier.e.s révolté.e.s, 11 Tué.e.s en Italie, PSM (Più Sbirri Morti) / ACAB »

Des permanences électorales aux bureaux de vote

Publié le 2020-03-18 13:34:05

Florange (Moselle) : Le bureau de vote sens dessus dessous

France Bleu / samedi 14 mars 2020

Le matériel de vote renversé, l’isoloir cassé et du liquide de voiture anti-pollution déversé sur le sol, le maire de Florange Rémy Dick a découvert le bureau de vote numéro 9 saccagé. Ce dernier est situé dans le gymnase le Cosec du Haut-Kème.


Le maire n’a pas souhaité réagir à ce sujet. Ce n’est pas la première fois que le maire de la ville fait face au vandalisme. Un feu de poubelles a été découvert près du même gymnase vendredi soir et ce samedi matin. Des jeunes âgés de 12 à 13 ans, qui tentaient de pénétrer dans le gymnase, ont été pris sur le fait par la police. Ils ont été remis à leurs parents, mais on ne sait pas s’ils sont les auteurs de tous les faits.

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Saint-Etienne : Et de quatre

Le Progrès / samedi 14 mars 2020

Quatre. C’est la quatrième fois en moins d’un mois que le local de campagne de Sophie Robert, tête de liste au Rassemblement National (RN) aux élections municipales de Saint-Etienne, est ciblé par des dégradations. Après les projectiles, les œufs et la farine, les marqueurs et le rouge à lèvres, la devanture de campagne, située rue Victor-Hugo, a été à nouveau visée, dans la nuit de vendredi à samedi.
Cette fois, ce sont des pierres qui ont été jetées sur les vitres du local de la tête de liste du RN à Saint-Étienne. Des impacts de projectile et des débris de verre ont été relevés par la police. Comme les précédents actes de dégradations, la candidate a déposé plainte au commissariat central.
Concernant les deux faits ultérieurs, les auteurs avaient été interpellés. Le 3 mars, il s’agissait de trois jeunes mineurs qui, après leurs arrestations, avaient été remis à leurs parents. Le 7 mars, trois jeunes femmes étaient impliquées dans ce forfait. Elles ont été relâchées.

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La Teste (Gironde) : Le 49.3 ne passe pas

Sud-Ouest / jeudi 12 mars 2020

[…] La permanence de Véronique Rocchi, tête de liste de la Confédération a été vandalisée dans la nuit de mercredi à jeudi. la candidate de la Confédération testerine humaniste a déposé plainte. On pourrait aussi ajouter que les tags semblent fustiger la politique d’Emmanuel Macron. sauf que Véronique Rocchi, si elle a bien fondé le comité En Marche de Pyla-sur-Mer, n’est plus membre du mouvement depuis plus d’un an.

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Marseille : Des tags sur la permanence LREM

La Provence / vendredi 13 mars 2020

Le candidat LREM à la mairie de Marseille Yvon Berland a décidé de porter plainte à la suite de « la découverte ce matin de dégradations commises à l’encontre de (s)a permanence » […]

LA RUE OU RIEN

Publié le 2020-03-18 13:41:06

(Source: twitter.com)

Prison de Metz : Les détenus refusent de rentrer en cellule

Publié le 2020-03-18 13:46:06

La prison est un miroir, en pire, de cette société carcérale. Après les émeutes qui ont secoué une trentaine de prisons en Italie (voir par exemple ici et ) et celle dans la prison de Porto (où peu avant le 10 mars, il y a eu une émeute avec des nombreux prisonniers blessés) à la suite des mesures d’exception qui ont été prises pour contenir la contagion de coronavirus dans ces lieux de torture, c’est à la taule de Metz que les détenus expriment leur mécontentement et leurs craintes.

Lorraineactu / dimanche 15 mars 2020

Selon le Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière (SNP-FO), « une centaine de détenus de la prison de Metz (Moselle) refusent de réintégrer [leurs cellules] à l’issue des promenades ». L’annonce a été faite dimanche 15 mars 2020 à travers une publication sur les réseaux sociaux.
Contacté par Lorraine Actu, le syndicat confirme l’événement à la prison de Metz-Queuleu, mais ne dispose pas pour le moment de plus amples informations.
L’événement se produit alors que l’on se trouve dans un contexte où l’intérieur des prisons a récemment été touché par le coronavirus. Alors qu’un premier cas avait été détecté chez un détenu de 74 ans à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), des mesures ont été prises dans les établissements pénitentiaires.
Les parloirs pourraient être limités à une seule personne adulte, sans enfant ni personne âgée, pour les zones moyennement touchées par le virus. Dans les foyers de contamination, les chefs d’établissements auraient même la possibilité d’interdire purement et simplement les parloirs pour une durée de 15 jours.

Florange (Moselle) : Gymnastique antiélectorale – 14 mars 2020

Publié le 2020-03-18 14:03:06

Samedi 14 mars 2020, à la veille du premier tour des élections municipales, un bureau de vote a été saccagé à Florange (Moselle). 

« Le bureau n° 9, situé dans le gymnase du Haut-Kème, a été pris pour cible par des individus qui s’y sont introduits en forçant la porte.
Les tables et chaises qui avaient été disposées ont été retournées et un isoloir a été endommagé. Du produit liquide, « du AdBlue pour voitures », selon le maire de la commune Rémy Dick, a été déversé au sol. »

[Repris du Républicain Lorrain, 14.03.2020]

Abstention ne veut pas dire inaction – 15 mars 2020 [Mise-à-Jour]

Publié le 2020-03-18 14:03:12

Semussac (Charente-Maritime) : La maison de la maire attaquée aux Molotov, sa voiture HS – 15 mars 2020

Dimanche 15 mars, jour du 1er tour des élections municipales, la situation a été agitée à Semussac, au sud-est de Royan: le domicile de la maire sortante et unique candidate à sa propre réélection, Michèle Carré, a reçu deux cocktails molotov au cours de la nuit de samedi à dimanche. L’un a atterri sous le porche près de la porte d’entrée (noicissant le mur et une partie des volets) et un autre près de la porte du garage qui a atteint la voiture stationnée devant, provoquant des dégâts relativement importants. La murette de clôture de la propriété a aussi été taguée. « Casse toi avec ta liste », peut-on lire en grosses lettres. (Source: Sud-Ouest et FranceBleu, 15.03.2020)


Grenoble (Isère) : La permanence du candidat LR attaquée à la barrière de chantier – 15 mars 2020

Dans la nuit de samedi à dimanche, le local de campagne d’Alain Carignon, situé rue de la République, a été attaqué. Une barrière de chantier a été utilisée pour défoncer une de ses vitrines.

« Entre minuit et une heure du matin, un individu encore inconnu aurait vandalisé la permanence de l’ancien maire de Grenoble en lançant une barrière de chantier sur la vitre ». Selon Nicolas Pinel, directeur de campagne d’Alain Carignon, s’il n’y a pas eu autant de dégâts, c’est parce qu’une personne dort sur place pour surveiller le local. (Source: FranceBleu, 15.03.2020)


Hennezel (Vosges) : La façade de la mairie était toute neuve…

Au petit matin du dimanche 15 mars, le maire sortant de Hennezel (Vosges), Jean-Luc Bischoff, a découvert toute une série de tags sur la façade récemment repeinte de la mairie. (Source: VosgesMatin, 15.03.2020)


Dieppe (Seine-Maritime) : On n’a jamais besoin de maire

Dure réveil pour Dominique Garçonnet, ce dimanche 15 mars. Le candidat à la mairie de Dieppe tête de liste « Dieppe, une ambition nouvelle », a vu sa permanence taguée.

« Sa permanence située dans le quartier du Pollet a été taguée à la peinture rouge. Les inscriptions sont nettes et lui reprochent notamment ses accointances avec le parti la République en marche.
On peut lire « République en vrac » ou encore « on n’a pas besoin de vous ». Une croix à la peinture rouge a également été inscrite sur le visage du candidat. (Source: LesInformationsDieppoises, 15.03.2020)

 

 


La maison de la maire à Semussac, en Charente-Maritime…

In corpore vili *

Publié le 2020-03-18 15:25:05

« Le but de la terreur, et de sa mise en œuvre, est d’extorquer aux êtres humains l’adaptation totale à son principe même, afin qu’eux et elles aussi ne reconnaissent en toute fin qu’un seul but : l’auto-préservation. Plus les humains ont en tête, et sans scrupules, leur survie, plus ils et elles deviennent des marionnettes psychologiques d’un système dont l’unique objectif est de se maintenir au pouvoir »

Leo Löwenthal, 1945

Voilà, on y est. Il y a quelques heures, l’état d’urgence sanitaire a été déclaré sur tout le territoire national. Verrouillage quasi total. Rues et places semi-désertes. Interdit de quitter la maison sans motif valable (pour qui ? Mais pour les autorités, bien sûr). Interdit de se rencontrer et de s’embrasser. Interdit d’organiser toute initiative avec même un minimum de présence humaine (des fêtes aux rassemblements). Interdit de rester trop près. Suspension de toute vie sociale. L’avertissement est lancé, de rester à la maison autant que possible, scotché à n’importe quel appareil électronique en l’attente de nouvelles. Obligation de suivre les directives. Obligation d’avoir sur soi en permanence un formulaire « d’auto-certification » qui justifie ses déplacements, même ceux à pied. Et pour celui ou celle qui ne se plierait pas à ces mesures, une sanction prévoit l’arrestation et la détention.

Et tout ça pour quoi ? Pour un virus qui divise encore les experts institutionnels eux-mêmes sur son danger réel, comme en témoignent les polémiques entre les virologues d’avis opposés (sans parler de l’indifférence manifeste de nombreux pays européens) ? Et si au lieu du coronavirus, avec son taux de mortalité de 2 ou 3% partout dans le monde sauf au nord de l’Italie (qui sait si c’est l’acide nucléique du virus qui devient méchant au contact de la polenta, ou si c’est la crève de la vallée du Po qui a reculé?), le virus Ebola était arrivé dans ce pays (lui qui peut décimer entre 80 à 90% de la population) ? Que ce serait-il passé dans ce cas ? Une neutralisation directe des foyers infectieux par bombardement ?

Bon, vus les liens entre la dynamique des sociétés industrielles et la conception moderne de la liberté en Occident, il n’est pas étonnant qu’une politique d’assignation à résidence et de couvre-feu soit appliquée pour endiguer l’épidémie. Ce qui peut surprendre, par contre, c’est la façon dont ces mesures sont reprises sans résistance, tolérées, mais aussi intégrées et justifiées par presque tout le monde. Par les ménestrels de la cour qui invitent tout le monde à rester à la maison, par les braves citoyens qui s’encouragent (et se contrôlent) mutuellement, persuadés que « tout ira bien », mais aussi par ceux qui aujourd’hui (face au spectre infectieux) ne veulent plus rien entendre des refrains contre « l’état d’exception » (applaudis il y a peu encore…) et choisissent le parti de la matérialité fantomatique des faits. Dans la panique (avec l’éclipse de la raison qu’elle entraîne), chaque mot porte un sens : alors pour ce que ça vaut, revenons au psychodrame populaire qui se déroule dans notre beau pays, sur ses effets sociaux plus que sur ses causes biologiques.

Que ce virus vienne des chauves-souris ou d’un laboratoire militaire secret, qu’est-ce que ça change là tout de suite ? Rien : une hypothèse en vaut une autre. Au-delà du manque d’informations et de compétences plus précises à ce sujet, on peut déjà faire cette observation : certaines espèces animales peuvent transmettre des virus de la sorte aux êtres humains. Tout comme il peut y avoir, parmi les nombreux apprentis-sorciers des « armes non-conventionnelles », quelqu’un de plus cynique ou imprudent que d’autres. Et donc ?

Ceci dit, il devrait paraître évident à tout le monde que dans le monde actuel, ce sont les informations qui décrètent ce qui existe. Littéralement, n’existent que les choses dont parlent les médias. Et tout ce qu’ils taisent n’existe pas. De ce point de vue, celui qui soutient que pour arrêter l’épidémie, il suffirait d’éteindre la télé, a raison. Sans l’alarmisme médiatique que le virus a suscité, seulement ici en Italie dans un premier temps, personne n’aurait prêté beaucoup d’attention à cette forme de grippe imprévue. Seules les proches et certaines statistiques auraient visibilisé les victimes. Il existe d’ailleurs un cas précédent en Italie : la grippe de Hong Kong, dite « la grippe spatiale », a fait 20.000 victimes à partir de l’automne 1969. À l’époque, les médias en parlaient beaucoup, et l’année d’avant cette maladie a semé la mort à travers le monde. Mais alors, elle était considérée comme une forme de grippe plus virulente que d’habitude. Tout simplement. D’ailleurs, vous imaginez un peu ce qu’aurait provoqué la proclamation de l’état d’urgence en Italie en décembre 1969 ? Pratique sans doute pour les autorités, mais elles savaient qu’elles ne pouvaient pas se le permettre. Ça aurait été l’insurrection. Alors, elles se sont contentées de semer la terreur avec des massacres d’État.

À présent, est-il logique de croire seulement ici en Italie qu’une épidémie d’extrême-orient aurait éclaté dans le monde avec une telle virulence ? Plus probablement, ce n’est qu’en Italie que les médias ont décidé de focaliser l’attention sur l’arrivée de l’épidémie. Qu’il s’agisse d’un choix précis ou d’une erreur de communication, le débat sur la question serait long. La panique que les infos ont déclenchée, par contre, est par trop évidente. Et à qui, à quoi, celle-ci profite-t-elle ?

Car oui, en effet, rien n’est plus apte à semer la terreur qu’un virus. Il est l’ennemi parfait : invisible et potentiellement omniprésent. À la différence des djihadistes du Moyen-Orient, sa menace s’étend et légitime la nécessité du contrôle à l’infini ou presque. La surveillance ne s’applique pas à quelques bourreaux de temps à autre, mais aux victimes éventuelles (tout le monde, donc). Ce qui est suspect, ce n’est pas d’être « Arabe » et d’errer dans des endroits dits « sensibles », c’est le simple fait de respirer. Quand un problème de santé devient un problème d’ordre public, quand la meilleure façon de guérir devient la répression, alors un fait s’éclaircit : parmi les candidats au rôle de super-commissaire dans la lutte contre le virus, on compte l’ancien chef de police au moment du G8 à Gênes en 2001 et actuel président de la première industrie de guerre italienne. Mais comme les affaires sont les affaires, le candidat retenu est finalement un manager de formation militaire : le directeur général de l’agence nationale pour l’investissement et le développement commercial. Est-ce une réponse aux exigences d’un politicien notoire, martelant au Sénat : « il s’agit de la troisième guerre mondiale mobilisant notre génération, et celle-ci va changer nos habitudes davantage que le 11 septembre » ? Après Al-Qaïda, voici le Covid-19. Et voici aussi les bulletins d’informations sur cette guerre à la fois virtuelle et virale, son nombre de morts et de blessées, l’actualité du champ de bataille, le récit des actes de sacrifice et d’héroïsme. Mais au cours de l’Histoire, à quoi n’a jamais servi d’autre la propagande de guerre, sinon à mettre de côté toute divergence et faire front commun autour des institutions ? Au moment du danger, ni divisions, ni critiques, seulement une adhésion unanime derrière le drapeau de la patrie. Ainsi, en ce moment depuis l’intérieur des bâtiments institutionnels, l’hypothèse grandit de donner vie à un gouvernement de santé publique. Sans oublier un effet collatéral propice à la situation : quiconque sort du rang ne peut être qu’un défaitiste, une candidate au lynchage pour haute trahison.

Comme cela a déjà été dit, nous ne savons pas si cet état d’urgence est le résultat d’un projet stratégique prémédité, ou de mesures prises après une erreur commise. Cependant, nous savons que cette situation, en plus d’écraser toute résistance à la domination de Big Pharma sur nos vies, servira à propager et à consolider la servitude volontaire, à faire intégrer l’obéissance, à s’habituer à accepter l’inacceptable. Et quoi de mieux pour un gouvernement qui a depuis longtemps perdu tout semblant de crédibilité, et par extension, pour une civilisation en état de putréfaction manifeste ? Le défi lancé par le gouvernement italien est énorme : établir une zone rouge de 300 000 kilomètres carrés en réaction à rien. Une population de 60 millions d’habitants peut-elle se mettre au garde-à-vous et se prosterner aux pieds des mêmes qui promettent de la sauver d’une menace inexistante, comme un chien de l’expérience de Pavlov bavait au simple son d’une cloche ? Il s’agit d’une expérience sociale dont l’intérêt des résultats dépasse les frontières italiennes. La fin des ressources naturelles, les effets de la dévastation environnementale et le surpeuplement permanent annoncent le déclenchement de conflits partout dans le monde. Et la prévention et la gestion de cette conflictualité forceront le pouvoir à prendre des mesures draconiennes. Par le passé certains ont qualifié ce genre de régime « d’écofasciste », et ses premières mesures ne seront pas très différentes de celles prises aujourd’hui par le gouvernement italien (qui de fait raviraient tout État policier). Pour tester des mesures pareilles à grande échelle, l’Italie est un bon catalyseur et le virus est un prétexte parfait de domination horizontale.

Jusqu’ici, les résultats obtenus par les ingénieurs des âmes nous semblent enthousiasmants. À de rares exceptions près, chacun, chacune est prêt à renoncer à toute liberté, à toute dignité, en échange de l’illusion du salut. Et si le vent tourne, ils peuvent toujours annoncer que le dangereux virus a été éradiqué pour éviter l’effet boomerang. En attendant, les détenus en font les frais, eux qui se sont faits massacrer pendant les révoltes qu’ils ont portées dans une trentaine de prisons, après l’annonce de la suspension des parloirs. Mais visiblement, on ne parle pas d’une « boucherie mexicaine » gênante, mais plutôt d’une louable désinfection à l’italienne. L’urgence offre aux détenteurs de l’autorité la possibilité d’adopter publiquement des comportements qui jusqu’alors étaient tenus secrets, comme en témoignent certains faits divers. Ainsi, à Monza, une femme de 78 ans s’est rendue dans une polyclinique parce qu’elle souffrait de fièvre, de toux et de difficultés respiratoires. Après avoir refusé d’être hospitalisée pour le coronavirus, elle a subi un TSO [traitement sanitaire obligatoire, en service psychiatrique]. Et depuis que le TSO, créé en 1978 avec la fameuse loi 180, ne peut être appliqué qu’aux prétendus malades mentaux, cette hospitalisation forcée était donc un « abus de pouvoir » (comme se plaisent à dire les belles âmes démocratiques). Un abus parmi tant d’autres du quotidien, sauf que dans cette situation il n’était pas nécessaire de le minimiser ou de le cacher : il a donc été rendu public sans soulever la moindre critique. De même, sept sans-papiers coupables de … jouer aux cartes dans un parc ont été arrêtés à Rome. C’est le moins qui puisse arriver à d’éventuels pestiférés dépourvus du « sens des responsabilités ».

Oui, la responsabilité. Un mot sur toutes les lèvres aujourd’hui. Nous devons être responsables, une sollicitation martelée en continu qui, traduite de la novlangue du pouvoir, signifie : nous devons obéir aux directives. Pourtant, on comprend facilement que c’est précisément en obéissant que toute responsabilité est évacuée. La responsabilité a à voir avec la conscience, c’est-à-dire la rencontre heureuse entre la sensibilité et l’intelligence. Porter un masque ou être connectée chez soi simplement parce qu’un fonctionnaire du gouvernement l’a dicté ne dénote pas d’une responsabilité active, mais d’une obéissance passive. Ce n’est pas le fruit de l’intelligence et de la sensibilité, mais de la crédulité et de la naïveté, saupoudrée d’une bonne dose de peur. Pour être un acte de responsabilité, il doit émaner du cœur et de la tête de chaque individu, ne pas être ordonné d’en haut ni imposé sous peine de punition. Toutefois on comprend facilement que la conscience est la chose que le pouvoir craint plus que tout. Car c’est de la conscience que naissent la contestation et la révolte. Et c’est précisément pour stériliser chaque conscience que nous sommes bombardés 24 heures sur 24 par les programmes télévisés les plus futiles, les divertissements numériques, les bavardages à la radio, le chahut téléphonique … Une gigantesque entreprise de formatage social dont le but est la production de l’idiotie de masse.

À présent, si on considère les raisons avancées pour déclarer cette urgence avec un minimum de sensibilité et d’intelligence, qu’en ressort-il ? Qu’un état d’urgence inacceptable a été déclaré pour des raisons farfelues par un gouvernement non fiable. Dans les faits, cet État ignore les 83000 victimes causées chaque année par un marché dont il détient le monopole et qu’il rémunère à hauteur de 7,5 milliards d’euros net. Alors comment l’État peut-il être crédible un instant lorsqu’il prétend établir une zone rouge dans tout le pays pour endiguer la propagation d’un virus qui – selon de nombreux virologues eux-mêmes – contribuera indirectement à la mort de quelques centaines de personnes déjà malades, et peut-être directement à la mort de quelques-unes ? Et pour empêcher 80 000 personnes de crever de la pollution atmosphérique, ces seigneurs ont-ils déjà envisagé de bloquer les usines, les centrales électriques et les voitures à travers tout le pays ? Aujourd’hui, n’est-ce pas ce même État qui a fermé plus de 150 hôpitaux au cours des dix dernières années qui appelle à une plus grande responsabilité ?

Quant à la matérialité des faits, qu’on nous permette de douter de la volonté d’y faire face réellement. En tout cas les sombres idiots qui, face au massacre perpétré par cette société dans tous les domaines, ne sont même pas capables d’encourager la vengeance du bon État social (avec sa santé publique et ses grands projets utiles) sur le méchant État libéral (radin avec les pauvres et généreux avec les riches, dépassé par la « crise »), eux ne le veulent pas, c’est sûr. Et encore moins les braves citoyennes qui préfèrent rester en rade de liberté pour quelques miettes de sécurité.

Parce qu’affronter la matérialité des faits signifie aussi et surtout considérer ce qu’on veut faire de son corps et de sa vie. Cela signifie aussi accepter que la mort met fin à la vie, même à cause d’une pandémie. Cela signifie également respecter la mort, et ne pas penser à pouvoir l’éviter en s’appuyant sur la médecine. Nous mourrons tous : personne n’y échappe. Cela fait partie de la condition humaine : nous souffrons, nous tombons malades, nous mourons. Avec plus ou moins de douleur. La médicalisation forcenée, avec son objectif délirant de vaincre la mort, ne fait que nourrir l’idée que la vie doit être préservée et non vécue. Ce n’est pas la même chose.

Si la santé – comme l’OMS prétend le soutenir depuis 1948 – n’est pas simplement l’absence de maladie, mais le bien-être physique, mental et social complet, il est évident que l’humanité entière est un malade chronique, et certainement pas à cause d’un virus. Et comment obtenir ce bien-être total ? Avec un vaccin et un antibiotique à prendre en milieu aseptisé ou bien avec une vie pleinement vécue au nom de la liberté et de l’autonomie ? Si dans les hôpitaux, ils arrivent à faire passer la « présence de paramètres vitaux » pour une « forme de vie », n’est-ce pas parce que la différence entre la vie et la survie a été oubliée ?

Le « roi des animaux », le lion, symbole de force et de beauté, vit en moyenne 10-12 ans en liberté dans la savane. En toute sécurité dans un zoo, sa durée de vie peut doubler. Enfermé dans une cage, il perd en beauté et en force – il devient maussade et obèse. On lui retire le risque de la liberté en échange de la certitude de la sécurité. Mais de cette façon, il ne vit plus : au mieux, il survit. L’être humain est le seul animal qui préfère passer ses journées en captivité plutôt que dans la nature. Il n’a pas besoin du fusil d’un chasseur braqué sur lui : il se met de lui-même derrière les barreaux. Cerné et abruti par les prothèses technologiques, il ne sait même plus ce que c’est, la nature. Et il est heureux, voire fier, de la supériorité de son intelligence. Comme il sait compter, il sait que huit jours en tant qu’être humain comptent davantage qu’un seul pour un lion. Ses paramètres vitaux sont bien présents, et par-dessus tout celui qui est considéré comme fondamental dans notre société : la consommation de biens.

Paradoxalement, les habitants de notre civilisation titanesque, d’habitude si passionnés par les superlatifs, sont en train d’angoisser pour un des plus petits micro-organismes vivants. Mais comment quelques dizaines de millionièmes de centimètres de matériel génétique osent-ils menacer notre existence pacifique ? C’est la nature. Pour le dire brutalement, considérant ce que nous lui avons fait, il serait aussi juste qu’elle nous anéantisse. Et tous les vaccins, tous les soins intensifs et les hôpitaux du monde entier ne pourront jamais rien y faire. Au lieu de faire semblant de l’apprivoiser, nous devrions (ré)apprendre à vivre avec la nature. Et cette fois dans des sociétés sauvages, c’est-à-dire sans relations de pouvoir, et non dans des États civilisés.

Mais cela impliquerait un « changement de comportement » très malvenu pour ceux qui nous gouvernent ou le souhaiteraient, comme pour ceux qui veulent être gouvernés.

12 mars 2020, Finimondo

[Traduction de l’italien reçue par mail]

NdSAD:
* Que l’on pourrait traduire « dans les corps vils/infâmes », au sens qui sont méprisables.

Trente, Italie : Contre la société de contrôle – 27 janvier 2020

Publié le 2020-03-19 09:20:04

Dans la nuit du 26 au 27 janvier, nous avons endommagé les vitres du magasin Vodafone à Trente, laissant l’inscription « Pas de société de contrôle ». Depuis des années, Vodafone est complice de l’appareil de répression et de contrôle (interceptions, reconnaissance faciale, implantation de la 5G).

Solidarité avec les personnes accusées pour les opérations Renata, Scintilla, Prometeo, Panico, Lince. Avec Juan et Manu et avec celles et ceux en cavale.

[Traduit de l’italien de roundrobin, 15.02.2020]

Montevideo, Uruguay: Revendication d’attaque incendiaire contre des camionnettes de l’entreprise prestataire énergétique UTE – 14 mars 2020

Publié le 2020-03-19 09:20:07

Dans la nuit du samedi 14 mars, nous avons placé des engins incendiaires contre diverses camionettes de l’entreprise prestataire d’énergie (UTE) aux abords du Palacio de la Luz [Palais de l’électricité]. En Uruguay (tout comme dans d’autres pays de la région) a été annoncée une nouvelle hausse de ce service, parvenir à survivre coûtant de plus en plus cher… et nous en avons marre!

C’est pourquoi nous avons décidé de chercher à récupérer nos vies dans chaque action, ne soyons plus esclaves de ce monde misérable, ne nous conformons pas à la commodité d’une vie imposée, il est temps de sortir dans la rue, les raisons ne manquent pas …

La lutte est pour la liberté
LE TOUT POUR LE TOUT.

B.N

ps: nous joignons des photos des faits.

[Traduction de l’espagnol de contrainfo (reçue par mail), 18.03.2020]

Briançon (Hautes-Alpes) : La permanence électorale repeinte

Publié le 2020-03-19 09:28:04

Le Dauphiné / mardi 17 mars 2020

La permanence de campagne d’Arnaud Murgia (Les Républicains) a été vandalisée dans la nuit du lundi 16 mars au mardi 17 mars. Les vitrines ont été recouvertes de peinture.
Largement en tête du premier tour des élections municipales à Briançon avec 37,38% des voix, Arnaud Murgia a découvert les dégradations ce mardi matin en se rendant à son local, au 6 avenue René Froger, en face de la télécabine du Prorel.

Largement en tête du premier tour des élections municipales à Briançon avec 37,38% des voix, Arnaud Murgia a découvert les dégradations ce mardi matin en se rendant à son local, au 6 avenue René Froger, en face de la télécabine du Prorel. Il s’est immédiatement rendu au commissariat de police pour déposer plainte.

Les prisonnier.e.s se battent pour ne pas mourir dans le silence de l’enfermement

Publié le 2020-03-19 09:29:06

Le Figaro / mardi 17 mars 2020

[…] de nombreux établissements étaient ce soir sous une extrême tension après l’épisode de ce matin, à la maison d’arrêt de Grasse. Les prisons de Maubeuge, Douai et Perpignan connaissent des incidents graves actuellement lors des remontées de promenade, obligeant pour les deux premiers établissements à faire intervenir les forces spéciales de la Pénitentiaire, les ERIS, tandis qu’à Perpignan, cette mutinerie concernerait une centaine de détenus.
A cela s’ajoutent des heurts plus maîtrisés dans les établissements de Nancy, Valence, Saint-Etienne, Angers et Toulon.

En cause, l’annonce de la suspension des parloirs. Une suspension de fait puisque les familles confinées, comme le reste des Français, ne pouvaient se rendre en maison d’arrêt pour visiter les détenus. […]

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Prison de Grasse (Alpes-Maritimes) : Début de mutinerie et répression

France Info / mardi 17 mars 2020

L’incident est clos à la prison de Grasse (Alpes-Maritimes), après un début de mutinerie dans la matinée du mardi 16 mars, a appris franceinfo auprès de la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille. D’après l’administration pénitentiaire, les détenus craignent notamment de ne plus pouvoir sortir en promenade ou de cantiner, après avoir vu des images de rayons vides dans les supermarchés.
Les parloirs sont par ailleurs suspendus dans les prisons et ce jusqu’au 31 mars, car la visite aux détenus ne fait pas partie des sorties autorisées, indique le ministère de la Justice.
Vers 10h mardi matin, une vingtaine de détenus ont cassé les grillages qui séparent les deux cours de promenade. Une soixantaine de détenus se sont alors rejoints, « le reste de la détention est resté calme », souligne la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille. Un feu de guérite a eu lieu, mais n’a pas nécessité d’intervention des pompiers. Un groupe de six à sept hommes sont montés sur le toit d’un des bâtiments de la prison et ont jeté des projectiles sur les gardiens en contrebas, indiquent également des sources proches du dossier. La situation s’est calmée après l’intervention du Raid et d’une équipe régionale d’intervention et de sécurité de Marseille qui ont complété un important dispositif policier. Il n’y a pas eu de blessé.
La prison de Grasse accueille actuellement 673 détenus, pour 574 places.

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Prison de Perpignan : Ils refusent de rentrer en cellule

France 3 / mardi 17 mars 2020

Ce mardi après-midi, vers 15h30, une centaine de détenus en promenade dans la cour de la prison de Perpignan n’a pas voulu rentrer pour regagner les cellules. Les prisonniers voulaient montrer leur mécontentement car ils n’ont pas eu droit aux parloirs. Tous ont été annulés pour cause de coronavirus.
Tout est rentré dans l’ordre en début de soirée, après l’intervention des forces de l’ordre, des ERIS, les Équipes régionales d’intervention et de sécurité de l’administration pénitentiaire. Les prisonniers ne comprennent pas toujours les mesures de protection prises pour eux, leurs familles et le personnel.
Les revendications porteraient également sur les cantines où ils peuvent s’approvisionner en denrées alimentaires et produits d’hygiène mais dans le contexte actuel, ces moments de leur vie quotidienne sont suspendus. D’où leur colère.

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Prison d’Angers : « Remettez nos parloirs »

Ouest-France / mardi 17 mars 2020

« La situation est revenue à la normale », un peu avant 22 h ce mardi 17 mars, à la maison d’arrêt d’Angers. Depuis le milieu d’après-midi, un mouvement d’humeur a conduit 54 détenus à refuser de regagner leurs cellules, après la promenade.
Un peu plus tôt, vers 20 h 30, les 38 surveillants pénitentiaires spécialisés dans le maintien de l’ordre des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Éris) ont commencé à reconduire, manu militari, les prisonniers dans leurs cellules. Depuis la fin d’après-midi, ces hommes protestaient contre la suppression des parloirs.
« Nous avons une cinquantaine de détenus sur une cour de promenade qui refuse de réintégrer les cellules », assurait en pleine « mutinerie » la directrice de la maison d’arrêt d’Angers, Delphine Cloarec. La situation se serait tendue vers 17 h 30 environs, quand un groupe de prisonniers a décidé de manifester son mécontentement.
Ils voulaient ainsi dénoncer la suspension des parloirs. « Remettez nos parloirs », auraient-ils scandé après avoir incendié une cabine téléphonique. La suspension des visites, « une mesure de précaution » dans le cadre du confinement général décidé dans la soirée de lundi 16 mars, par le Président de la République Emmanuel Macron pour lutter contre la propagation du coronavirus. Une mesure entrée en vigueur à 12 h ce mardi 17 mars, comme l’a expliqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui avait, dès son annonce, suscité une vague de protestation dans la maison d’arrêt.
[…]

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Les prisons en surchauffe à travers l’Hexagone

actupenit / mercredi 18 mars 2020

[…] Vers midi, refus de réintégrer des détenus de Bois-d’Arcy. Fin des opérations a 15h00. Puis en début d’après-midi, une mutinerie a éclaté au centre pénitentiaire de Réau. L’incident est maintenant clos. Le centre de détention de Val-de-Reuil a également subi un refus de réintégrer qui est maintenant clôturé.
Concernant les situations en cours. les prisons de Lyon-Corbas, Aiton, Grenoble, Villefranche, Saint-Quentin-Fallavier et Osny subissent des refus de réintégrer des détenus qui se trouvent dans les cours de promenade. Les ERIS sont surchargés et ne peuvent pas intervenir sur la totalité des établissements en même temps. Les agents sur place, parfois renforcés par les forces de l’ordre tentent de maîtriser la situation.
Ces mouvements collectifs font suite à la restriction des activités et des parloirs dans les prisons en conséquence de l’épidémie du coronavirus.

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Maison d’arrêt de Bois-d’Arcy : Réfuse d’intégrer les cellules

toujours la voix des matons, aujourd’hui

Depuis hier et le début du confinement en France, de nombreux incidents surviennent dans les prisons. Ce mercredi, c’est la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy qui est touchée par un refus de réintégrer. Selon le syndicat Force Ouvrière, une cinquantaine de détenus refusent de réintégrer leur cellule à l’issue des promenades. […]

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Centre pénitentiaire sud Francilien de Réau : Ici aussi, début de mutinerie

La République de Seine-et-Marne / mercredi 18 mars 2020

Un début de mutinerie, rapidement maîtrisé, a eu lieu ce mercredi 18 mars, en début d’après-midi, dans l’aile de la prison de Réau dédiée au régime « portes ouvertes » durant la journée. Un régime plus souple qui s’applique aux détenus qui purgent une longue peine.
Une trentaine d’entre eux ont protesté contre la fermeture provisoires des parloirs, prononcée à ce jour pour réduire la propagation du coronavirus. Du matériel a été détruit. 
Les Equipes régionales d’intervention et de sécurité sont intervenues et ont procédé à la réintégration des cellules. « Les meneurs qui ont été identifiés seront transférés dans d’autres établissements, indique l’administration pénitentiaire.[…]

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Prison de Reims : Les prisonniers restent dans la cour de promenade

extrait de France Info / mercredi 18 mars 2020

A la prison de Reims, 25 détenus refusent de réintégrer leurs cellules depuis le début de l’après-midi, ce mercredi 18 mars. Environ 12 policiers sont sur place, une équipe de renfort est arrivée vers 19h30.

Quelques cris perceptibles depuis la rue, ce mercredi 18 mars vers 19h30, près de la prison de Reims. Un mouvement est en cours depuis la fin de l’après-midi. […]

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Centre de rétention de Lille‐Lesquin : Les prisonnier.e.s en grève de la faim

mediacités / mardi 17 mars 2020

Depuis l’annonce, vendredi 14 mars, qu’au moins un cas de coronavirus a été détecté au Centre de rétention administrative Lesquin, les étrangers retenus refusent de s’alimenter pour demander leur remise en liberté.
« Soit on meurt de faim, soit on meurt du coronavirus, résume Ahmed, 35 ans, enfermé depuis 14 jours au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Lesquin, au sud de Lille. On a tous très peur, ce sont nos vies qui sont en jeu. Ici, c’est la panique et tout le monde s’en fout : on s’est adressés à plein de gens et personne ne nous répond. Pour qu’on nous écoute, je ne vois pas d’autre moyen que la grève de la faim… » Cet Algérien, père de deux enfants, vit en France depuis une dizaine d’années. Comme les autres personnes retenues près de l’aéroport de l’agglomération lilloise, il attend avec angoisse d’être fixé sur son sort.
« La personne infectée a d’abord été placée à l’isolement, puis évacuée en ambulance la semaine dernière, raconte Kheir‐Eddine, 26 ans. Depuis, les policiers ont des masques, des gants, du gel. Nous, rien du tout à part du savon : on ne peut pas vraiment se protéger. Le stress nous rend malades, on ne sort plus de nos chambres. » Le jeune homme, né en Algérie lui aussi, attend depuis 35 jours sur le site de Lesquin, après cinq ans passés en France sans papiers.
« Tout est fermé : il n’y a plus d’activités, nous ne pouvons plus recevoir de visites de nos proches, ni des associations pour l’assistance juridique. Les audiences avec le juge ont lieu par visioconférence, c’est compliqué. Le centre n’a même pas été désinfecté. Tout ce que nous pouvons faire, pour éviter d’être malades, c’est de ne plus aller dans les espaces collectifs. Je n’ai pas mangé depuis quatre jours. Et tant que je ne serai pas libéré, je vais continuer », poursuit‐il.
Ouvert en novembre 2006, le CRA de Lille‐Lesquin peut retenir jusqu’à 86 personnes. Selon nos informations, 70 hommes environ y seraient actuellement enfermés. Dans un communiqué commun rédigé lundi, ceux‐ci déplorent notamment le report de nombreuses audiences du juge des libertés et de la détention. « C’est à l’occasion de ces audiences que nous pouvons être libérés. Et nous ne pouvons pas rester enfermés sans autorisation du juge, écrivent‐ils. La plupart des liaisons internationales en avion sont annulées. Si dans tous les cas nous ne pouvons pas être expulsés, à quoi bon nous garder ? »
« Les seules infos que nous avons, c’est à la télé. Les policiers ne nous disent rien, ils sont sympas mais ne peuvent rien faire pour nous. Il faut qu’une décision soit prise. Nous avons tous signé une demande de remise en liberté, envoyée au juge. A l’extérieur, nous avons des logements, on pourrait se confiner. Ici, des gens continuent d’arriver, nous ne sommes pas en sécurité », déplore Kheir‐Eddine.
Jointe par Mediacités, la direction du CRA ne s’est pas encore exprimée sur la situation. Dans les centres de Vincennes (Val‐de‐Marne), du Mesnil‐Amelot (Seine‐et‐Marne) ou de Lyon (Rhône), d’autres actions (grèves de la faim, blocages, tentatives d’évasions collectives, départs de feu) sont également menées.
La durée de rétention maximum dans les CRA est de 90 jours. D’après un rapport publié en 2018 par plusieurs associations (la Cimade, France terre d’asile, Ordre de Malte France notamment), la durée moyenne de rétention au CRA de Lille‐Lesquin est de 10,1 jours. Avec la pandémie, des associations multiplient les appels à vider les centres de rétention, dans lesquels le virus pourrait rapidement se propager. Elles évoquent notamment une mise en danger liée à la promiscuité.
« Plusieurs personnes ont été libérées du CRA aujourd’hui, note Sophie Danset, avocate au barreau de Lille, coordinatrice de la permanence étrangers cette semaine. Deux moyens ont été retenus : l’incompatibilité de la rétention, compte tenu de la crise sanitaire, et l’absence de perspective d’éloignement avec la fermeture des frontières. » A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle : dans les prochains jours, le centre de rétention administrative de Lille‐Lesquin pourrait bien être amené à se vider. Selon nos confrères de Mediapart, ceux de Nîmes, Sète et Nice commencent à l’être dès aujourd’hui.

Ca s’agite dans les prisons d’Angers et de Perpignan – 17 mars 2020

Publié le 2020-03-19 12:19:06

A Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Ce mardi 17 mars après-midi, vers 15h30, « une centaine de détenus en promenade dans la cour de la prison de Perpignan n’a pas voulu rentrer pour regagner les cellules. Les prisonniers voulaient montrer leur mécontentement car ils n’ont pas eu droit aux parloirs. Tous ont été annulés pour cause de coronavirus. Tout est rentré dans l’ordre en début de soirée, après l’intervention des forces de l’ordre, des ERIS, les Équipes régionales d’intervention et de sécurité de l’administration pénitentiaire. […] Les revendications porteraient également sur les cantines où ils peuvent s’approvisionner en denrées alimentaires et produits d’hygiène mais dans le contexte actuel, ces moments de leur vie quotidienne sont suspendus. D’où leur colère. » (France3 Occitanie, 17.03.2020)

A Angers (Mayenne).

« La situation est revenue à la normale », un peu avant 22 h ce mardi 17 mars, à la maison d’arrêt d’Angers. Depuis le milieu d’après-midi, 54 détenus ont refusé de regagner leurs cellules, après la promenade.

« Un peu plus tôt, vers 20 h 30, les 38 surveillants pénitentiaires spécialisés dans le maintien de l’ordre des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Éris) ont commencé à reconduire, manu militari, les prisonniers dans leurs cellules. Depuis la fin d’après-midi, ces hommes protestaient contre la suppression des parloirs. […]
La situation se serait tendue vers 17 h 30 environs, quand un groupe de prisonniers a décidé de manifester son mécontentement. […]

« Remettez nos parloirs », auraient-ils scandé après avoir incendié une cabine téléphonique. La suspension des visites, « une mesure de précaution » dans le cadre du confinement général décidé dans la soirée de lundi 16 mars, par le Président de la République Emmanuel Macron pour lutter contre la propagation du coronavirus. Une mesure entrée en vigueur à 12 h ce mardi 17 mars, comme l’a expliqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui avait, dès son annonce, suscité une vague de protestation dans la maison d’arrêt.

Dans un appel téléphonique, un homme se présentant comme le frère d’un prisonnier a tenu à témoigner. « Depuis plusieurs mois », les détenus dénonceraient également les agissements d’un membre du personnel pénitentiaire, surveillant-chef. Notre interlocuteur évoque des brimades, menaces, insultes, utilisation abusive des menottes… « Plusieurs courriers ont déjà été envoyés à la directrice, sans que rien ne se passe. J’ai eu mon frère au téléphone, aujourd’hui. Il était en pleurs, c’est la galère. Je m’inquiète beaucoup pour lui, il a perdu 7 kg. Il faut faire quelque chose, car les conditions sont terribles. » L’état de vétusté de la maison d’arrêt d’Angers est régulièrement dénoncé par les détenus et leurs avocats. (Ouest-France, 17.03.2020)

Italie, opération Scripta Manent : Anna transférée à Messina

Publié le 2020-03-19 12:27:07

Round Robin / mercredi 18 mars 2020

On apprend, suite à un appel reçu par un membre de sa famille, que Anna a été transférée de la prison de Lecce à celle de Messina.

Ce transfert ne paraît pas être motivé par des mesures disciplinaires, mais par la nécessité pour la prison de Lecce de vider des cellules. A Messina il y a une section AS3. Anna a fait savoir qu’elle va bien, malgré le voyage un peu difficile en fourgon cellulaire ; sa première impression est que la situation est meilleure qu’à Lecce, puisqu’elle est dans une cellule qui dispose de douche et coin cuisson. Les matons lui ont dit que, dans ce cas aussi, il s’agit d’une situation provisoire.

Pour lui écrire :

Anna Beniamino
C.c. Messina “Gazzi”
Via Consolare Valeria, 2
98124 Messina (Italie)

Briançon (Hautes-Alpes) : Mauvaise surprise pour le politicien LR – 17 mars 2020

Publié le 2020-03-20 10:59:04

Dans la nuit du lundi 16 mars au mardi 17 mars 2020, la permanence de campagne d’Arnaud Murgia (Les Républicains) a été vandalisée à Briançon (Hautes-Alpes). Les vitrines ont été recouvertes de peinture.

Largement en tête du premier tour des élections municipales à Briançon avec 37,38% des voix, Arnaud Murgia a découvert les dégradations ce mardi matin en se rendant à son local, au 6 avenue René Froger, en face de la télécabine du Prorel. Il s’est immédiatement rendu au commissariat de police pour déposer plainte.

[Repris du Dauphiné, 17.03.2020]

Prison de Pau : Une lettre de Damien

Publié le 2020-03-20 11:50:06

Bonjour compas et merci de vos soutiens.
Je me suis fait arrêter pour un vol à l’étalage alors que j’étais recherché.
Les flics se sont rendu compte que j’étais recherché et m’ont incarcéré.
En fait, ce qui s’est passé c’est que les flics que j’avais dénoncé publiquement après qu’ils m’aient cassé la gueule ont fomenté une vengeance.
Ils ont porté plainte contre moi pour outrage e rébellion. Je n’ai jamais été convoqué au jugement car les flics ont falsifié les papiers devant me notifier le jugement.
De même, ils ont falsifié la notification de la décision de justice de 5 mois de prison ferme.
Ainsi, je me suis retrouvé à mon insu en cavale sans possibilité de défense ni de faire appel de la décision ou d’aménagement de peine.
Le jour où les flics m’ont mis la main dessus, ils m’ont foutu en taule, voilà.

Je refuse la solidarité de tou(te)s celleux qui la dissocient de l’attaque contre le réel.

Damien
MA de Pau
le 10 mars 2020

Pour lui écrire :
Damien Camélio
n° d’écrou : 28499
Maison d’Arrêt de Pau
14 bis, rue Viard
64000 – Pau

 

[in english][en español]

Pour organiser la solidarité à la Guill', partagez vos digicodes !

Publié le 2020-03-20 13:24:07

Avec la restriction des déplacements, ce sont les personnes les plus précaires qui sont les plus violemment touchées. Afin de les aider elles et leurs soutiens à continuer d’organiser la solidarité à la Guillotière et ses alentours, l’initiative « Immeubles Ouverts » propose de recenser collectivement un maximum de digicodes pour les rendre accessibles à toutes et tous via une carte en ligne.



Pendant cette période de confinement, organisons la solidarité de quartier ! Pouvoir accéder aux halls d’immeubles peut permettre aux sdf d’avoir moins de chances de se prendre des amendes pour le non respect du confinement ou encore laisser l’accès aux poubelles remplies d’invendus pour les plus précaires d’entre nous, voir même plein d’autres possibilités qu’il nous reste à inventer...

Attention toutefois à ne pas publier d’informations pouvant mettre des personnes en danger (exemple : le digicode d’entrée d’un bâtiment dont les habitant-e-s sont menacé-e-s par les flics ou autres personnes mal-intentionnées) et à prendre toutes les précautions nécessaires pour vos déplacements (lavage de mains, gel désinfectant, masque, gants, ne pas sortir si vous avez les symptômes ou si vous avez été en contact avec quelqu’un les ayant...) pour limiter au maximum les risques de propagation du virus, afin de protéger les personnes les plus fragiles.

Renseignez dans ce formulaire la ou les adresses et digicodes que vous connaissez dans le quartier :
https://framaforms.org/immeubles-ouverts-guillotiere-1584445898

La carte est régulièrement mise à jour et accessible à ce lien

See full screen

Grève des loyers à Montréal à partir du 1er avril 2020

Publié le 2020-03-20 22:44:13
Mar 202020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Affiche 11″ x 17″

Dépliant bilingue / affiche 8.5″ x 11″ noir et blanc

Voir aussi : Grevedesloyers.info

Les pauvres, les sans-emploi, les précaires, les sans-papiers, les travailleur.ses à contrats et autres travailleur.ses — nous tous et toutes qui joignons les deux bouts un mois à la fois — nous ne serons pas en mesure de payer notre loyer ce 1er avril. Beaucoup d’entre nous avions déjà de la difficulté à payer le loyer avant que cette crise ne frappe, et accumulons probablement déjà du retard. Dans une perspective d’action directe et de solidarité sociale, TOUTES ET TOUS les locataires peuvent refuser de payer leur loyer ce 1er avril.

Même si vous avez les moyens de payer votre loyer, vous joindre à la grève est essentiel pour soutenir ceux et celles qui ne le peuvent pas. Nous devons être une masse critique de gens à participer afin de rendre la situation intenable et d’empêcher les autorités de nous réprimer.

Ensemble :

  • Arrêtons de payer nos loyers ;
  • Bloquons les expulsions et les rénovictions ;
  • Rendons disponibles les logements vacants — incluant Airbnb, condos vides et hôtels — pour héberger les itinérant.es ou les gens sans logement sécuritaire.

L’urgence du moment en appelle à une action collective décisive. Protégeons-nous et prenons soin de nous et de nos communautés. Maintenant plus que jamais, nous devons refuser l’endettement et l’exploitation. Les locataires ne doivent pas être forcé.es de payer le prix d’une crise sanitaire collective.

  • La Régie du logement a suspendu les audiences d’expulsions. Dans le futur immédiat, votre propriétaire ne peut pas vous faire comparaître à la Régie pour vous expulser si vous ne payez pas votre loyer.*
  • Si vous vivez tout de même du harcèlement ou de l’intimidation de la part de votre propriétaire, discutez avec vos voisin.es d’une réponse collective.

*En dernier recours, si les activités régulières de la Régie recommencent et que vous êtes convoqué.es à une audience d’expulsion, vous pouvez éviter l’expulsion en payant, sur le coup et en argent comptant, tous les loyers non-payés ainsi que les frais supplémentaires, tant que vous n’avez pas souvent payé votre loyer en retard. Mais si nous sommmes assez nombreux.ses à faire grève, nous pourrons nous supporter mutuellement et rendre impossible le déroulement normal des expulsions. De l’information juridique supplémentaire suivra. [Voir Enjeux légaux ; NdMTLCi]
greve_loyers_mtl@riseup.net

? POUR UN MONDE SANS LA PIRE DES ÉPIDÉMIES : PATRONS, PROPRIOS, FLICS ?

Affiche 11″ x 17″

Dépliant bilingue / affiche 8.5″ x 11″ noir et blanc

Voir aussi : Grevedesloyers.info

Vauclin (Martinique) : Local technique d’Orange incendié – Plus de 2000 foyers et entreprises sans internet ni téléphone – 19 mars 2020

Publié le 2020-03-20 22:44:13

Dans la nuit du mercredi 18 au mercredi 19 mars 2020, des installations d’Orange ont été incendiées au Vauclin, coupant les télécommunications pour plus de 2000 foyers et entreprises en pleine période d’état d’urgence (sanitaire).

« En pleine période de confinement imposée par le Coronavirus, au moment ou la demande de connexions est importante, l’opérateur Orange a été victime d’acte de vandalisme sur son réseau au Vauclin.
Un ou plusieurs individus ont provoqué un incendie dans un local technique. Cet acte malveillant provoque la coupure des services de téléphonie fixe et internet pour plus de 2000 foyers et entreprises localisés dans les communes du Vauclin, le Marin et Sainte-Anne.

Les télécommunications sur réseau mobile sont également coupées à Sainte-Anne dans une zone s’étendant du Calvaire aux Salines, en passant par Beauregard.
Les équipes techniques d’Orange sont mobilisés depuis ce jeudi matin (19 mars) pour rétablir les télécommunications. »

 

[Repris de la1ere.francetvinfo.fr/martinique

Espagne : Aperçu des révoltes dans les prisons face à la crise du coronavirus – Mars 2020

Publié le 2020-03-20 22:44:13

État espagnol : aperçu des révoltes dans les prisons et centres de rétention face à la crise du coronavirus

L’état d’Alerte dans lequel nous nous trouvons à cause de l’alarme sociale et de la crise sanitaire due à la pandémie du COVID-19 a mené à des mesures de confinement qui s’étendent toujours plus à différents endroits du monde. Ces mesures sont appliquées dans de nombreuses prisons, suspendant les parloirs qui représentent le seul contact des prisonnier-e-s avec le monde extérieur et leurs proches. Dans plusieurs centres, les permis de sorties en semaine, les parloirs intimes et les visites d’avocat-e-s ont aussi été suspendus. Dans le même temps, les tarifs du téléphone augmentent et les appels doivent être effectués en indiquant son identité pour éviter que les prisonnier-e-s se passent les communications dont ils et elles disposent. Cet isolement est d’autant plus évident que les matons (“fonctionnaires de prisons”) vont et viennent tous les jours sans mesures de protection et de prévention face à la pandémie. Des tentatives de rébellion ont surgi dans différentes taules dans le monde en raison de ces conditions restrictives et nous faisons ici une petite liste de celles que nous avons pu collecter.

État espagnol

Brians I [Barcelone]: Plus de 100 prisonniers en grève de la faim à cause des mesures d’isolement, du manque d’information et de l’incohérence.
Wad Ras [Barcelone]: le mardi 17 mars, les prisonnières appellent à une grève de la faim en raison de l’interdiction des parloirs famille.
Fontcalent [Alicante]: le dimanche 15 mars, les prisonniers ont protesté en faisant un feu dans la cour de promenade face au manque d’information et de protection face au coronavirus.
Tahiche [Lanzarote]: le dimanche 15 mars, plusieurs prisonniers du module 3 ont encerclé les matons en les insultant et les menaçant. 5 détenus ont finalement été transférés à l’isolement. La tension est due à la suspension des parloirs familles alors que les matons ne portent ni gants ni masques.
Sangonera [Murcie]: le dimanche 15 mars, les prisonniers ont réalisé un sit-in en protestation contre les restrictions et l’absence de soins médicaux.
Picassent [Valence]: le mardi 17 mars, des prisonniers du module 2 armés de bâtons commencent à taper sur le mobilier et à gueuler sur les matons. À nouveau, les motifs sont les mesures d’isolement.
Alcalá de Henares [Madrid]: le samedi 14 mars, un prisonnier donne un coup de poing dans la gueule d’un maton, lui provoquant un hématome.
Centre de rétention de Aluche [Madrid]: le mardi 17 mars, plusieurs retenus montent sur le toit en réclamant la liberté et des mesures de protection face au coronavirus.

Révolte au centre de rétention d’Aluche, à Madrid – 17 mars 2020

 

[Traduction de l’espagnol de contramadriz reçue par mail, 19.03.2020]

Le monde covid-19 : les épidémies à l’ère du capitalisme

Publié le 2020-03-20 22:44:13

L’apparition du virus connu sous le nom de Covid-19 est une conséquence de la civilisation industrielle ; pour nous, l’important n’est pas que le virus a muté à partir d’une chauve-souris, peut-être en raison de l’industrialisation de son habitat, ou qu’il s’agisse d’une attaque des États-Unis contre l’économie chinoise ; pour nous, l’important est qu’il s’agit de la conséquence d’un système qui transforme en marchandise chaque processus, objet ou être vivant sur terre, c’est l’avidité d’un système qui poursuit l’anéantissement de tous les êtres vivants, en direction de l’artificialisation le monde. Nous ne pouvions pas penser que notre mode de vie, basée sur une croissance perpétuelle dans une planète qui en effet est finie, n’entraînerait pas des conséquences de ce type et d’autres catastrophes à venir. Des centaines de produits chimiques présents dans notre vie quotidienne modifient les processus naturels et donnent lieu à des centaines de « catastrophes » (des épidémies, le changement climatique, etc.) ; ce sont ces mêmes produits qui, en Chine, provoquent un million et demi de morts par an, des morts qui ne font pas la une des journaux, qui ne provoquent ni alarme sociale, ni enfermement, ni état d’urgence. En Espagne, elles sont 10.000 les personnes qui meurent chaque année à cause de la pollution et il n’y a pas de panique : elles font partie des victimes nécessaires pour que le monde industriel puisse continuer à fonctionner, l’important est que le progrès et son avidité ne s’arrêtent pas.

En principe, le Covid-19 (bien qu’il continue d’être étudié) est une grippe, dont les symptômes sont similaires à ceux de la grippe ordinaire et tous deux touchent davantage des personnes ayant souffert de pathologies antérieures et notamment les personnes âgées ; les deux grippes se distinguant par la rapidité de propagation et la contagiosité de la première, ce qui a causé l’alerte sanitaire. Au moment de la rédaction de ce texte, près de 300 personnes sont mortes de Covid-19, cependant, l’année dernière la grippe commune a causé en Espagne plus de 6000 décès et en 2018 elle a atteint 8000 morts. Face à cela, nous nous demandons le pourquoi de cette situation exceptionnelle d’alarme sociale, créée en grande partie par les médias et par l’opacité des informations données par ceux qui gèrent nos vies.

Afin de mettre fin à la pandémie, l’État a décrété l’« état d’urgence », ce qui implique l’interdiction de se déplacer, le confinement, un contrôle accru, la suspension des réunions et en général de la vie publique, le contrôle des moyens de transport et qui sait si bientôt ce ne sera pas aussi le contrôle de la distribution de la nourriture. Dans ce processus, nous voyons comment l’État prend une forme éco-fasciste, où le gouvernement sera de plus en plus contraint d’agir pour gérer les ressources et l’espace, chaque fois plus « rares », ce qui fait que la préservation des ressources les plus nécessaires n’est garantie qu’en sacrifiant un autre besoin : la liberté.

En l’absence d’un ennemi interne ou externe, l’État a trouvé un ennemi devant lequel il peut montrer tout son potentiel de guerre et en même temps accentuer l’asservissement de la population par la peur et la répression, alors qu’il se pose comme seule possibilité de salut face à la terreur produite par l’épidémie. Pour nous, la solution n’est pas un État plus autoritaire, mais la disparition de toute forme d’autorité. Désormais, il est possible que les états d’alarme, d’urgence… se succèdent, à cause de la dévastation écologique et sociale du monde, car nous sommes sûrs que les catastrophes continueront. Nous n’exagérons pas lorsque nous parlons de potentiel de guerre : on voit déjà l’armée prendre position dans des endroits stratégiques, la police contrôler davantage les rues et des drones dotés des caméras surveiller les mouvements de la population. Les mesures de l’état d’urgence visent non seulement à mettre fin à la pandémie de grippe mais aussi à propager une autre pandémie : celle de la servitude volontaire de la population par l’obéissance aux lois, face au danger de la pandémie ; elles visent à mettre fin aux critiques de l’État et du Capitalisme, face à la peur et aux risques éventuels. Cette servitude volontaire serait impossible sans la soumission à nos dispositifs technologiques et au mode de vie qu’ils créent. Face à une situation de pandémie ou à toute autre catastrophe, nous restons soumis à des technocrates, des spécialistes, des experts, des scientifiques, etc., à ces gestionnaires de l’espace et du temps qui ont tout prévu dans leurs calculs rationnels.

De même, les conséquences de cette épidémie, ou de tout autre désastre industriel, seront économiquement dévastatrices ; on voit déjà la situation critique de milliers de personnes qui seront contraintes au chômage ou à la précarisation de leurs emplois ; comme toujours, la détérioration des conditions de vie sera subie par les couches les plus défavorisées de la société, qui depuis, des années, subissent déjà les durs assauts de la « crise capitaliste » et de ses coupes budgétaires. Au contraire, elle apportera certainement des grands profits aux classes supérieures, comme les propriétaires des grandes entreprises pharmaceutiques.

Face à l’épidémie, le confinement industriel dans lequel nous vivons devient dramatique, on nous enferme dans nos cages en brique et en béton et nous ne pouvons échapper que virtuellement à cette réalité écrasante, à travers nos dispositifs technologiques. Ces mêmes dispositifs qui nous soumettent et perpétuent l’aliénation du mode de vie industriel. Ces dispositifs qui nous déshumanisent et façonnent nos perceptions, notre cerveau, nos sentiments, etc., qui redéfinissent la façon dont nous percevons nous-mêmes et le monde. Connectés au monde virtuel, nous restons à l’écart de la réalité d’un monde hostile, d’une épidémie ou d’une catastrophe nucléaire. Ceux qui gèrent nos vies refusent toute responsabilité, en essayant de nous faire participer aux catastrophes du capitalisme industriel ; c’est curieux car une des caractéristiques de la post-modernité est l’absence de responsabilité dans les actions de chacun d’entre nous, puisque nous participons à la machine tout en étant « aliens » à ses effets. Pour nous, les seules responsables sont l’organisation technique de la vie et ceux qui la gèrent.

Contra toda nocividad
mars 2020

Avignon : Quand le tribunal est désert…

Publié le 2020-03-21 01:04:05

France Bleu / jeudi 19 mars 2020

Un homme âgé d’une trentaine d’années s’est évadé du palais de justice d’Avignon où il attendait d’être jugé en comparution immédiate après le cambriolage d’une supérette commis à Caumont-sur-Durance dans la nuit de lundi à mardi.

Selon nos informations, il aurait réussi à quitter la cellule du dépôt dans laquelle il se trouvait au sein du palais de justice, peu fréquenté pour cause de confinement.  Les circonstances exactes de son évasion ne sont pas encore connues. […]

Survivre au virus - une méthode anarchiste

Publié le 2020-03-21 01:43:06

La pandémie ne va pas passer dans les prochaines semaines. Même si des mesures de confinement strictes parviennent à ramener le nombre d’infections à ce qu’il était il y a un mois, le virus pourrait recommencer à se propager de manière exponentielle dès que les mesures seront suspendues. La situation actuelle devrait se poursuivre pendant des mois - couvre-feux soudains, quarantaines incohérentes, conditions de plus en plus désespérées - même si elle changera presque certainement de forme à un moment donné, lorsque les tensions en son sein se résorberont. Pour nous préparer à ce moment, protégeons-nous et protégeons-nous les un.es les autres contre la menace que représente le virus, réfléchissons aux questions de risque et de sécurité que pose la pandémie et affrontons les conséquences désastreuses d’un ordre social qui n’a jamais été conçu pour préserver notre bien-être en premier lieu.



Survivre au virus

Les formes d’organisation et de sécurité anarchistes de longue date ont beaucoup à offrir lorsqu’il s’agit de survivre à la pandémie et à la panique qu’elle provoque.

Former un groupe affinitaire

La perspective de la quarantaine nous en dit long sur la façon dont nous vivions déjà. Ceux qui vivent dans des familles très unies ou dans des maisons collectives joyeuses sont dans une bien meilleure situation que ceux qui vivent dans des mariages brisés et ceux qui ont de grandes maisons vides pour eux seuls. C’est un bon rappel de ce qui compte vraiment dans la vie. Malgré les modèles de sécurité représentés par le rêve bourgeois de la famille nucléaire et la politique étrangère des États-Unis qui en est le reflet, la solidarité et l’attention sont beaucoup plus importantes que le type de sécurité qui dépend de la clôture du monde entier.

La "distanciation sociale" ne doit pas être synonyme d’isolement total. Nous ne serons pas plus en sécurité si notre société est réduite à un groupe d’individus atomisés. Cela ne nous protégerait ni du virus, ni du stress de cette situation, ni des prises de pouvoir que les capitalistes et les autorités étatiques s’apprêtent à réaliser. Autant les personnes âgées sont menacées par le virus, par exemple, autant les personnes âgées sont déjà dangereusement isolées dans cette société ; les couper de tout contact avec les autres ne préservera pas leur santé physique ou mentale. Nous devons tous être intégrés dans des groupes soudés de manière à maximiser à la fois notre sécurité et notre capacité collective à profiter de la vie et à agir.

"Des communautés fortes rendent la police et les politicien.nes obsolètes"

Choisissez un groupe de personnes en qui vous avez confiance - idéalement des personnes avec lesquelles vous partagez votre vie quotidienne, qui ont toutes des facteurs de risque et des niveaux de tolérance au risque similaires. Pour survivre au virus, il s’agit de votre groupe d’affinité, la base de l’organisation anarchiste décentralisée. Vous n’avez pas nécessairement besoin de vivre avec eux dans le même bâtiment ; l’important est que vous puissiez réduire vos facteurs de risque à ceux que vous partagez tou.tes et avec lesquels vous vous sentez à l’aise. Si votre groupe est trop petit, vous serez isolé - et cela sera particulièrement problématique si vous tombez malade. Si votre groupe est trop grand, vous serez confronté.es à des risques inutiles d’infection.

Parlez entre vous jusqu’à ce que vous arriviez à un ensemble d’attentes communes quant à la manière dont vous allez vous engager face au risque de contagion. Cela peut aller de l’isolement physique total au fait de se souvenir d’utiliser un désinfectant pour les mains après avoir touché des surfaces. Au sein de votre groupe, tant que personne n’a le virus, vous pouvez toujours vous serrer dans vos bras, vous embrasser, préparer de la nourriture ensemble, toucher les mêmes surfaces - à condition de vous entendre sur le niveau de risque que vous êtes collectivement prêt.es à tolérer et de communiquer à ce sujet lorsqu’un nouveau facteur de risque apparaît.

C’est ce que les anarchistes appellent la culture de la sécurité - la pratique consistant à établir un ensemble d’attentes communes pour minimiser le risque. Lorsque nous sommes confronté.es à la répression policière et à la surveillance de l’État, nous nous protégeons en partageant les informations selon le principe du besoin de savoir. Lorsque nous avons affaire à un virus, nous nous protégeons en contrôlant les vecteurs par lesquels les contagions peuvent se propager.

Il n’est jamais possible d’éviter complètement le risque. Il s’agit de déterminer le degré de risque avec lequel vous êtes à l’aise et de vous comporter de telle sorte que si quelque chose tourne mal, vous n’aurez aucun regret, sachant que vous avez pris toutes les précautions que vous avez jugées nécessaires. En partageant votre vie avec un groupe d’affinité, vous bénéficiez des meilleurs éléments de prudence et de convivialité.

Former un réseau

Bien entendu, votre groupe d’affinité ne suffira pas à lui seul à répondre à tous vos besoins. Que faire si vous avez besoin de ressources auxquelles aucu.en d’entre vous ne peut accéder en toute sécurité ? Et si vous tombez tou.tes malades ? Vous devez être reli.eés à d’autres groupes d’affinité dans un réseau d’entraide, de sorte que si un groupe du réseau est débordé, les autres puissent lui venir en aide. En participant à un tel réseau, vous pouvez faire circuler les ressources et le soutien sans que tou.tes aient besoin de s’exposer au même niveau de risque. L’idée est que lorsque des personnes de différents groupes au sein du réseau interagissent, elles appliquent des mesures de sécurité beaucoup plus strictes, de manière à minimiser les risques supplémentaires.

L’expression "aide mutuelle" a été beaucoup utilisée ces derniers temps, même par les politiciens. Dans son sens propre, l’aide mutuelle ne décrit pas un programme qui fournit une assistance unidirectionnelle aux autres comme le fait une organisation caritative. Il s’agit plutôt de la pratique décentralisée de l’aide réciproque par laquelle les participant.es à un réseau s’assurent que chacun.e obtient ce dont il ou elle a besoin, de sorte que chacun.e ait des raisons de s’investir dans le bien-être des autres. Il ne s’agit pas d’un échange d’informations, mais plutôt d’un échange de soins et de ressources qui crée le type de redondance et de résilience qui peut soutenir une communauté dans les moments difficiles. Les réseaux d’entraide se développent mieux lorsqu’il est possible d’établir une confiance réciproque avec d’autres personnes sur une longue période. Il n’est pas nécessaire de connaître ou même d’aimer tou.tes les autres membres du réseau, mais chacun.e doit donner suffisamment au réseau pour qu’ensemble, vos efforts créent un sentiment d’abondance.

Le cadre de la réciprocité peut sembler se prêter à une stratification sociale, dans laquelle des personnes de classes sociales similaires ayant un accès similaire aux ressources gravitent les unes vers les autres afin d’obtenir le meilleur retour sur l’investissement de leurs propres ressources. Mais des groupes d’origines différentes peuvent avoir accès à un large éventail de ressources différentes. Dans ces conditions, la richesse financière peut s’avérer beaucoup moins précieuse que l’expérience en matière de plomberie, la capacité à parler un dialecte particulier ou les liens sociaux dans une communauté dont vous n’auriez jamais pensé dépendre. Chacun.e a de bonnes raisons d’étendre ses réseaux d’entraide aussi loin et aussi largement que possible.

L’idée fondamentale ici est que ce sont nos liens avec les autres qui nous protègent, et non pas notre protection contre eux ou notre pouvoir sur eux. Les survivalistes qui se sont concentré.es sur la constitution d’un stock privé de nourriture, de matériel et d’armes mettent en place les pièces d’une apocalypse de type "chacun pour soi". Si vous mettez toute votre énergie dans des solutions individuelles, laissant chacun.e autour de vous se battre pour sa survie, votre seul espoir est de dépasser la concurrence. Et même si vous y parvenez - lorsqu’il n’y aura plus personne pour utiliser ces armes, vous serez le dernier, et cette arme sera le dernier outil à votre disposition.

Notre rapport au risque

L’apparition d’une nouvelle contagion potentiellement mortelle nous oblige tou.tes à réfléchir à notre rapport au risque. Qu’est-ce qui vaut la peine de risquer notre vie ?

À la réflexion, la plupart d’entre nous concluront que, toutes choses égales par ailleurs, risquer sa vie juste pour continuer à jouer son rôle dans le capitalisme ne vaut pas la peine. En revanche, cela vaut peut-être la peine de risquer nos vies pour nous protéger les un.es les autres, pour prendre soin les un.es des autres, pour défendre notre liberté et la possibilité de vivre dans une société égalitaire.

Tout comme l’isolement total n’est pas plus sûr pour les personnes âgées, essayer d’éviter totalement le risque ne nous protègera pas. Si nous restons strictement entre nous lorsque nos proches tombent malades, que nos voisins meurent et que l’État policier nous enlève tout vestige de notre autonomie, nous ne serons pas plus en sécurité. Il existe de nombreux types de risques différents. Le temps viendra probablement où nous devrons repenser les risques que nous sommes prêt.es à prendre pour vivre dans la dignité.

Cela nous amène à la question de savoir comment survivre à toutes les tragédies inutiles que les gouvernements et l’économie mondiale nous imposent dans le contexte de la pandémie, sans parler de toutes les tragédies inutiles qu’ils créaient déjà. Heureusement, les mêmes structures qui peuvent nous permettre de survivre ensemble au virus peuvent aussi nous donner les moyens de leur résister.

Survivre à la crise

Soyons clairs : le totalitarisme n’est plus une menace située dans le futur. Les mesures mises en œuvre dans le monde entier sont totalitaires dans tous les sens du terme. Nous voyons des décrets gouvernementaux unilatéraux imposant des interdictions totales de voyager, des couvre-feux 24 heures sur 24, une véritable loi martiale et d’autres mesures dictatoriales.

"Le nouveau visage de la tyrannie étatique"

Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas mettre en œuvre des mesures pour nous protéger mutuellement contre la propagation du virus. Il s’agit simplement de reconnaître que les mesures mises en œuvre par les différents gouvernements sont basées sur des moyens et une logique autoritaires. Pensez à la quantité de ressources qui sont versées à l’armée, à la police, aux banques et à la bourse plutôt qu’aux soins de santé publics et aux ressources destinées à aider les gens à survivre à cette crise. Il est toujours plus facile de se faire arrêter pour vagabondage que de se faire tester pour le virus.

Tout comme le virus nous montre la vérité sur la façon dont nous vivions déjà - sur nos relations et nos foyers - il nous montre aussi que nous vivions déjà dans une société autoritaire. L’arrivée de la pandémie ne fait que la rendre formelle. La France met 100 000 policiers dans les rues, soit 20 000 de plus que ce qui avait été déployé au plus fort des manifestations de gilets jaunes. Les réfugié.es ayant besoin d’asile sont refoulé.es le long des frontières entre les États-Unis et le Mexique et entre la Grèce et la Turquie. En Italie et en Espagne, des bandes de policiers attaquent les joggeur.ses dans les rues désertes.

jogger-beaten-by-cops-Sicily from CrimethInc. Workers' Collective on Vimeo.

En Allemagne, la police de Hambourg a profité de la situation pour expulser une tente de réfugiés auto-organisée qui était debout depuis plusieurs années. Malgré la quarantaine, la police de Berlin menace toujours d’expulser un bar collectif anarchiste. Ailleurs, la police, vêtue de l’uniforme des stormtroopers pandémiques, a fait une descente dans un centre de réfugié.es.

Le pire, c’est que tout cela se produit avec le consentement tacite de la population. Les autorités peuvent faire pratiquement n’importe quoi au nom de la protection de notre santé - jusqu’à nous tuer.

Au fur et à mesure que la situation s’intensifie, nous verrons probablement la police et l’armée employer une force de plus en plus meurtrière. Dans de nombreuses régions du monde, ils sont les seuls à pouvoir se rassembler librement en grand nombre. Lorsque la police constitue le seul corps social capable de se rassembler en masse, il n’y a pas d’autre mot que "État policier" pour décrire la forme de société dans laquelle nous vivons.

Depuis des décennies, certains signes indiquent que les choses vont dans cette direction. Le capitalisme dépendait autrefois du maintien d’un nombre massif de travailleur.ses disponibles pour effectuer le travail industriel - par conséquent, il n’était pas possible de traiter la vie aussi bon marché qu’elle ne l’est aujourd’hui. À mesure que la mondialisation et l’automatisation capitalistes ont réduit la dépendance vis-à-vis des travailleur.ses, la main-d’œuvre mondiale s’est progressivement déplacée vers le secteur des services, effectuant un travail qui n’est pas essentiel au fonctionnement de l’économie et donc moins sûr, et moins bien rémunéré, tandis que les gouvernements sont devenus de plus en plus dépendants de la violence policière militarisée pour contrôler les troubles et la colère.

Si la pandémie se poursuit suffisamment longtemps, nous ne verrons probablement plus d’automobilistes - les voitures à conduite autonome représentent moins de menace d’infection pour la bourgeoisie que les conducteurs Uber - et les travailleur.ses déplacé.es seront réparti.es entre les industries de répression (police, armée, sécurité privée, entrepreneurs militaires privés) et les travailleur.ses précaires qui sont obligé.es de prendre de grands risques pour gagner quelques sous. Nous accélérons vers un avenir où une classe privilégiée connectée numériquement effectue un travail virtuel en isolement tandis qu’un État policier massif les protège d’une sous-classe sacrifiable qui prend la plupart des risques.

Le milliardaire Jeff Bezos a déjà créé 100 000 emplois sur Amazon, prévoyant que son entreprise entraînera la fermeture de tous les magasins locaux. De même, Bezos ne donnera pas de congés payés à ses employé.es de Whole Foods malgré le risque constant auquel ils et elles sont confronté.es dans le secteur des services - bien qu’il leur donne une augmentation de 2 dollars jusqu’en avril. En bref, il considère toujours que leur vie ne vaut rien, mais il admet que leur mort devrait être mieux payée.

Dans ce contexte, la révolte est inévitable. Il est probable que nous assisterons à des réformes sociales visant à calmer la population - au moins temporaires pour atténuer l’impact de la pandémie - mais qu’elles arriveront en même temps que la violence toujours croissante d’un État dont personne ne peut s’imaginer se passer, dans la mesure où il est compris comme le protecteur de notre santé.

En fait, l’État lui-même est la chose la plus dangereuse pour nous, car il applique la distribution radicalement inégale des ressources qui nous oblige à faire face à une répartition déséquilibrée des risques. Si nous voulons survivre, nous ne pouvons pas nous contenter d’exiger des politiques plus équitables - nous devons également délégitimer et saper le pouvoir de l’État.

Stratégies de résistance

Dans cette optique, nous conclurons par quelques stratégies de résistance qui sont déjà en train de se mettre en place.

Grève des loyers

À San Francisco, le collectif de logement Station 40 a ouvert la voie en déclarant unilatéralement une grève des loyers en réponse à la crise :

« "L’urgence du moment exige une action décisive et collective. Nous agissons ainsi pour nous protéger et prendre soin de nous-mêmes et de notre communauté. Aujourd’hui plus que jamais, nous refusons l’endettement et nous refusons d’être exploité.es. Nous n’assumerons pas ce fardeau pour les capitalistes. Il y a cinq ans, nous avons vaincu la tentative de notre propriétaire de nous expulser. Nous avons gagné grâce à la solidarité de nos voisin.es et de nos ami.es dans le monde entier. Nous faisons une fois de plus appel à ce réseau. Notre collectif se sent prêt pour le confinement qui commence à minuit dans toute la baie. L’acte de solidarité le plus significatif pour nous en ce moment est que tout le monde fasse la grève ensemble. Nous assurerons vos arrières, comme nous savons que vous assurerez les nôtres. Reposez-vous, priez, prenez soin les un.es des autres." »

"Station 40 en grève des loyers !"

Pour des millions de personnes qui ne pourront pas payer leurs factures, c’est une nécessité. D’innombrables millions de personnes qui peinent à vivre d’un salaire à l’autre ont déjà perdu leur emploi et leur revenu et n’ont aucun moyen de payer le loyer d’avril. La meilleure façon de les soutenir est que nous fassions tou.tes grève, ce qui rend impossible pour les autorités de prendre pour cible tou.tes celles et ceux qui ne paient pas. Les banques et les propriétaires ne devraient pas pouvoir continuer à faire des bénéfices sur les loyers et les hypothèques alors qu’il n’y a aucun moyen de gagner de l’argent. C’est une question de bon sens.

Cette idée a déjà circulé sous de nombreuses formes différentes. À Melbourne, en Australie, la branche locale de l’Industrial Workers of the World fait la promotion de la grève des loyers. Le Rose Caucus demande aux gens de suspendre les paiements de loyer, d’hypothèque et de services publics pendant l’épidémie. Dans l’État de Washington, Seattle Rent Strike demande la même chose. Les locataires de Chicago menacent également de faire grève des loyers. D’autres ont fait circuler des documents appelant à une grève des loyers et des hypothèques.

Pour qu’une grève des loyers soit couronnée de succès à l’échelle nationale, au moins une de ces initiatives devra prendre suffisamment d’ampleur pour qu’un grand nombre de personnes soient certaines de ne pas être laissées pour compte si elles s’engagent à participer. Cependant, plutôt que d’attendre qu’une seule organisation de masse coordonne une grève massive depuis le haut, il est préférable que ces efforts commencent au niveau de la base. Les organisations centralisées font souvent des compromis au début d’un processus de lutte, sapant ainsi les efforts autonomes qui donnent du pouvoir à ces mouvements. La meilleure chose que nous puissions faire pour sortir plus fort.es de cette expérience serait de construire des réseaux qui puissent se défendre indépendamment des décisions prises d’en haut.

Grèves du travail et des transports en commun

Des centaines de travailleur.ses des chantiers navals de l’Atlantique à Saint-Nazaire ont fait grève hier. En Finlande, les chauffeur.ses de bus ont refusé d’accepter les paiements des usager.es afin d’accroître leur sécurité contre la contagion et de protester contre les risques auxquels ils et elles sont exposés, montrant par là même que les transports en commun pourraient être gratuits.

S’il y a jamais eu un bon moment pour que la classe ouvrière en difficulté et précaire montre sa force par des grèves et des arrêts de travail, c’est bien celui-là. Pour une fois, une grande partie de la population sera sympathisante, car l’interruption des activités peut également diminuer le risque de propagation du virus. Plutôt que de chercher à améliorer la situation individuelle de certain.es employé.es par des augmentations de salaire, nous pensons que le plus important est de construire des réseaux qui peuvent interrompre le cours normal des affaires, perturber le système dans son ensemble et orienter vers l’introduction révolutionnaire de modes de vie et de relations alternatifs. À ce stade, il est plus facile d’imaginer l’abolition du capitalisme que d’imaginer que, même dans ces circonstances, il pourrait être réformé pour répondre à tous nos besoins de manière juste et équitable.

Les révoltes en prison

Les révoltes dans les prisons brésiliennes et italiennes ont déjà entraîné plusieurs évasions, y compris des évasions massives. Le courage de ces prisonniers devrait nous rappeler toutes les populations ciblées qui sont tenues à l’écart du public et qui souffriront le plus lors de catastrophes comme celle-ci.

Il peut aussi nous inspirer : plutôt que d’obéir aux ordres et de rester caché.es alors que le monde entier se transforme en une matrice de cellules de prison, nous pouvons agir collectivement pour nous évader.



PS :

Article repris et traduit de CrimethInc

« Il faut qu’on bloque en promenade ! » Messages de prisonniers de France en réaction au confinement des prisons

Publié le 2020-03-21 01:43:12

« Demain il faut que l’on descende tous en promenade et que l’on bloque. Si toutes les prisons bloquent en même temps, ils seront obligés de faire quelque chose, ils peuvent transférer personne et ils ne peuvent pas pénétrer dans l’établissement par peur. » Texte repris de l’envolée.



Nous donnions hier, mercredi 18 mars, des informations sur les premières conséquences du confinement dans l’article Le Covid-19 : la prison dans la prison. La première mesure de confinement national annoncée par le ministère des tribunaux et des prisons a été en effet de suspendre les parloirs partout sur le territoire, suspendre les activités, limiter les mouvements en détention. Alors qu’à l’extérieur les travailleurs et travailleuses sont encore incitées à se rendre sur leur lieu de travail pour faire tourner l’économie ; alors que les surveillants et surveillantes rentrent et sortent des prisons tous les jours ; alors que nous sommes et toutes incités à respecter des « gestes barrières »… la première décision pour des prisonniers et prisonnières déjà isolées, a donc été de durcir encore les conditions d’isolement. Plus de parloirs, mais toujours autant de promiscuité en cellule.

Il n’y aurait pourtant qu’une mesure à la hauteur de la situation : vider les prisons.

Nous relayons ici divers appels à agir lancés sur les réseaux entre le 18 et 19 mars, par des prisonniers de différentes prisons en région parisienne et en France.


Message à tous les prisonniers de France

Demain il faut que l’on descende tous en promenade et que l’on bloque. Si toutes les prisons bloquent en même temps, ils seront obligés de faire quelque chose, ils peuvent transférer personne et ils ne peuvent pas pénétrer dans l’établissement par peur.

Le virus se propage, déjà que nous sommes incarcérés, ils nous coupent les parloirs, ce n’est pas possible et inacceptable donc montrons-leur notre mécontentement.

Soyons solidaires car si ce n’est pas nous qui faisons quelque chose, eux ne feront rien pour nous. À la télé, ils n’ont même pas parlé de nous ; pour eux, nous ne sommes même pas des citoyens mais quand il s’agit de voter, ils nous envoient les papiers en cellule.


Blocage aujourd’hui

On a peur de mourir du corona virus, on est traumatisés… Et on reveut nos parloirs ou au moins un visiteur par détenu.

Toutes les prisons de France, tous en promenade aujourd’hui.


À la ronde de 5 heures, débouchez pas vos œilletons, tous les gens qui sont au hebs.

Demain, faut que tout le monde bloque sa mère.

Comment ça nous on a plus de parloirs, on a plus le droit de voir nos familles alors que, eux, ils rentrent le soir voir leur mari, femme, enfants, et après le lendemain, ils nous ramènent plein de corona virus au hebs ?

Si on est bloqués ici, il faut qu’ils soient bloqués avec nous ces fdp de hesses.

Plus de parloirs = plus de shit

Plus de shit = détenus pas contents

Détenus pas contents = la guerre !!!


Faites tourner partout

Fais une annonce dans ta story pour que toutes les prisons de France bloquent les promenades jusqu’à que l’état cède à un parloir par semaine minimum.

On est ensemble
À tous les frérots en prison : à partir du jeudi 19 mars, il faut qu’on bloque en promenade et tous les jours jusqu’à que l’état nous accepte au minimum un parloir par semaine. Faut qu’on se fasse entendre et c’est bien plus haut que l’administration pénitentiaire, c’est l’état qui dirige. Il faut faire du bruit, il nous dise que c’est pour quinze jours alors qu’ils savent très bien que c’est parti pour plusieurs mois. Ils nous privent de la seule liberté qui nous reste : la visite de notre famille. Pour les frérots en prison, faites tourner : il faut bloquer les promenades à partir de jeudi 19 mars ? Merci et oubliez pas : l’union fait la force, ensemble on y arrivera.


Ils parlent pas des détenus, avec la saleté des prisons, le virus ne va pas partir comme ça. Ils sont touts ensemble confinés. Ouaï, ouaï, c’est dangereux pour les frères et sœurs enfermés… Faut qu’il y ait un putain de syndicat ou je sais pas quoi, qu’il ouvre son q.

Libérez un peu les prisons de la surpopulation carcérale !!!

On veut déjà que les surveillants soient contrôlés à chaque entrée de prison, parce que ça nous fait tous peur ; on en parlait tous en bas. Au moins leur fièvre, devant chaque entrée de prison ; parce que c’est eux qui vont nous le refiler. Tous les gens qui rentrent en prison, aussi, qu’ils soient contrôlés à l’entrée, avec un registre… et qu’ils débloquent les parloirs, au moins ! Et si vraiment, pour raison sanitaire, ils arrivent pas à débloquer, qu’ils distribuent des lessives à tout le monde… qu’ils trouvent une solution. Parce qu’on veut voir nos familles, y a notre linge à laver… y a plusieurs choses, en fait. Montrez-leur [les vidéos] ! Parce que c’est pas bien, ce qu’ils ont fait hier, les Elac [équipes locales d’appui et de contrôle] ! Et au final, là, ils ont fait des transferts disciplinaires, en pleine nuit, ils ont cassé des gars. Ils ont enc… des gens dans leurs cellules… Laisse tomber, c’est des bâtards !


A tous les frérots en prison à partir du jeudi 19 mars, il faut qu’on bloque en promenade et tous les jours jusqu’à ce que l’état nous accepte au minimum un parloir par semaine. Faut qu’on se fasse entendre et c’est bien plus haut que l’administration pénitentiaire : c’est l’état qui dirige. Il faut faire du bruit. Ils nous disent c’est pour quinze jours alors qu’ils savent très bien que c’est parti pour plusieurs mois. Ils nous privent de notre seule liberté qui nous reste : la visite de notre famille. Pour les frérots en prison. Faites tourner : il faut bloquer les promenades à partir de jeudi 19 mars. Merci et oubliez pas l’union fait la force ! Ensemble, on y arrivera !

Voir en ligne : « Il faut qu’on bloque en promenade ! » Messages de prisonniers de France en réaction au confinement des prisons | L’envolée

« The Plague and The Fire » : Pour faire face à la situation créée par l’épidémie du coronavirus

Publié le 2020-03-21 01:43:12

Mise en ligne du site ‘The Plague & the Fire’ pour faire face à la situation créée par l’épidémie du coronavirus

Face à un fléau mondial, nous avons besoin de partager des réflexions radicales, par-delà les frontières linguistiques et nationales.
Pour que le feu naisse du fléau.
Et le feu peut apporter la liberté.

Ce site naît de la volonté de partager des réflexions matérielles sur les conséquences de cette épidémie. Nourrir une discussion qui permette de confronter les instruments critiques donnant à tous et à chacun la possibilité d’agir dans le présent.
Agir afin de subvertir l’ordre social actuel, pour libérer la planète et l’ensemble du « vivant » du fléau de cette société.

Comme nous le rappelle l’histoire de Londres, le feu peut naître du fléau, et du feu la démolition des structures de la domination. Dans l’incendie de 1666, au cours de l’épidémie de peste, des dizaines d’églises et une grande partie des bâtiments publics brûlèrent. Malheureusement, à la suite de cet incendie, Londres fut reconstruite de telle manière à favoriser le contrôle social et le gouvernement de la ville. Cette fois, nous voulons éviter que le moment de crise mène à une restructuration du système actuel.
Car cela ne pourrait se réaliser que dans un sens toujours plus autoritaire et sécuritaire.

Nous nous trouvons face à une des plus grandes crises que l’ordre social dominant ait jamais connue : le fondement idéologique tentant de le justifier s’écroule sous l’évidence d’un désastre écologique qui s’aggrave constamment, sur une planète surpeuplée, entièrement habitée et colonisée par les êtres humains.

C’est dans une telle situation que s’insère la pandémie que nous vivons actuellement, un événement amplement prévisible et presque prévu qui, très probablement, se reproduira dans l’avenir, avec des acteurs différents – que ce soit des virus, des famines ou des événements climatiques et atmosphériques catastrophiques.

La réclusion d’une bonne partie de la population qui en découle, causée par l’éco-fascisme de service, pourrait conduire à des situations de grande impatience, de rébellion et de révolte.
Voilà que ceux qui ont consacré leur vie à la pratique de l’obéissance en échange de la sécurité, de la contrainte et de l’obligation, découvrent tout à coup qu’un éternuement peut déboucher sur une fin inattendue.

Sans aucune sécurité, choisir de continuer à suivre la voie de l’obéissance ne peut qu’offrir les mêmes incertitudes offertes par sa désertion, par le choix risqué du chemin menant à la révolte. Un sentier non tracé, qui laisse derrière lui des siècles de domination pour explorer un futur de libération.
Pour tracer ce chemin, ou du moins pour tenter de le suivre, il est nécessaire d’ouvrir un débat, de se confronter continuellement sur la manière dont la domination réagit à l’évolution des événements, comprendre comment la frapper et comment soutenir les révoltes qui éclateront.
Par-delà les langues et les frontières.

Comment contribuer ?
Ce site est un instrument en constante évolution, ouvert à la collaboration et à l’aide de quiconque saisit l’importance d’une confrontation : traductions, nouvelles, propositions, élaborations graphiques et diffusion des différents textes sont des contributions toutes aussi importantes.

[Des textes en anglais, français, espagnol, italien et allemand sur The Plague & the Fire]

Seine-Saint-Denis et Yvelines : Il y en a qui n’acceptent pas de rester sagement enfermés

Publié le 2020-03-21 04:03:06

Yvelines : Personne n’aime rester enfermé

Le Parisien / vendredi 20 mars 2020

Les forces de l’ordre ont été une fois de plus la cible de projectiles, jeudi soir, dans plusieurs quartiers sensibles des Yvelines, visiblement peu préoccupés par les consignes gouvernementales liées à la pandémie du Covid-19.

A Trappes, vers 17h30, un groupe d’une dizaine de jeunes a jeté des pierres sur les policiers de la brigade anticriminalité qui passait square Albert-Camus. Ils ont riposté par un tir de grenades incapacitantes. Une heure plus tard, c’est au square Louis-Pergaud, que les policiers, qui contrôlaient une dizaine de garçons ne respectant pas le confinement, ont reçu divers projectiles. Les fonctionnaires ont riposté en lançant cinq grenades et en utilisant leur lanceur de balles de défense pour les disperser. Des incidents avaient déjà éclaté les jours précédents lors de contrôles dans ce quartier [cf. ci-dessous ; NdAtt.].
Vers 16h15 place des Merisier, juste devant le commissariat, deux frères de 18 et 21 ans ont été interpellés après avoir frappé les policiers et même craché au visage d’une fonctionnaire, qui les verbalisaient pour non-respect des règles de confinement. Trois policiers ont été blessés lors de l’arrestation. Les deux suspects sont toujours en garde à vue au commissariat.

A Mantes-la-Jolie, rue Fragonard, au cœur du Val-Fourré, la voiture de patrouille a reçu vers 18h30, un objet lancé depuis la fenêtre d’un immeuble. Vers 21 heures, rue du Docteur Broussais, dans le même secteur, un groupe d’une cinquantaine de jeunes a lancé des pierres sur la voiture de la police. Aucun dégât et aucun blessé ne sont à déplorer, mais les policiers ont tiré deux grenades incapacitantes pour pouvoir se sortir de cette difficile situation et quitter les lieux.

A La Verrière, vers 2 heures du matin, les policiers procédaient au contrôle d’un automobiliste, dans la Résidence du Bois de L’Etang, quand un groupe d’une dizaine de jeunes leur a lancé des bouteilles en verre. Là aussi, les forces de l’ordre ont répliqué avec quatre grenades incapacitantes et quatre tirs de lanceur de balles de défense. […]

*****

Trappes (Yvelines) : Crache sur le flic !

Le Parisien / jeudi 19 mars 2020

Le confinement et les mesures sanitaires ordonnées pour lutter contre la pandémie de Covid-19 n’ont pas vraiment d’effet sur certains jeunes habitants des quartiers dits sensibles de Trappes. Ce jeudi vers 16 heures square Léo-Lagrange, un contrôle a dégénéré et trois policiers ont été légèrement blessés. Lors de l’incident, une policière s’est même fait cracher au visage par un des trublions. […]
Aussitôt l’incident signalé, des renforts du commissariat voisins ont convergé vers les lieux de la bagarre. Les forces de l’ordre ont maîtrisé deux frères, âgés d’une vingtaine d’années qui ont été placés en garde à vue pour violence, outrage et rébellion. Ces deux jeunes gens sont déjà connus des services de police.

Déjà mercredi, durant la journée un premier épisode de violence contre la police a eu lieu vers 16 h 30, square Louis-Pergaud. Un groupe fort d’une dizaine de jeunes a jeté une pierre sur la voiture de la police avant de prendre la fuite. À 19 h 20, dans ce même square, les policiers de la brigade anticriminalité ont essuyé des jets de projectiles provenant d’un groupe d’une quinzaine de personnes. Les fonctionnaires ont lancé deux grenades incapacitantes pour les disperser.

Et enfin à 22 h 45 square Albert-Camus, ce sont dix jeunes qui ont lancé des pierres sur la patrouille. Les fonctionnaires de la brigade anticriminalité venaient de remarquer que ce groupe était en train de fumer du tabac à chicha sur le parking du square. Au moment où les policiers sont sortis de leur voiture pour mener des contrôles d’identité, les fumeurs ont pris la fuite. Les forces de l’ordre ont tenté de les rattraper avant d’être repoussé par des jets de projectiles. Les policiers ont riposté avec un tir de grenade avant de se replier. Aucun blessé n’est à déplorer et aucun auteur n’a été interpellé. […]

*****

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : Journée trop calme ? Nuit agitée !

actuSeine-St-Denis / jeudi 19 mars 2020

Malgré le confinement, Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a connu une nouvelle nuit agitée. Dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 mars 2020, les policiers sont de nouveau intervenus pour des faits de violence. La veille, six personnes avaient été placées en garde à vue, soupçonnées d’être à l’origine de feux de poubelles et de jets de projectiles à l’encontre des forces de l’ordre.
La nuit dernière, ce sont des véhicules qui ont, cette fois-ci, été incendiés, selon des témoins. Policiers et pompiers interviennent alors rapidement. A leur arrivée, tout comme la veille, le climat se tend. Les auteurs, qualifiés « d’irresponsables » par la préfecture de police, empêchent les pompiers et les policiers d’intervenir. Des projectiles sont lancés à leur encontre. A la suite de cette soirée mouvementée, quatre personnes sont placées en garde à vue.

*****

Aulnay-sous-Bois : Première nuit de confinement, premiers échauffourées

actuSeine-St-Denis / mercredi 18 mars 2020

En plein confinement, c’est une nuit agitée qui s’est déroulée à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 mars 2020, des jeunes se sont rassemblés et ont mis le feu à des poubelles.
Dans un premier temps, ce sont les pompiers qui sont appelés pour éteindre des feux de poubelles multiples. Puis rapidement, le climat se tend à l’arrivée des policiers qui viennent encadrer les pompiers.
Pour mettre fin à ces échanges musclés, les policiers ont procédé à des interpellations dans les groupes de jeunes. Six personnes ont été placées en garde à vue cette nuit et seront interrogées dans la journée. D’autres jeunes, dehors en plein confinement, ont reçu une amende pour être dehors.

Toulouse: solidarité avec les mutineries dans les prisons et les cra

Publié le 2020-03-21 10:54:07

Jeudi 19 mars, alors que des révoltes éclatent dans de nombreux lieux d’enfermement (CRA – Centre de rétention administratif-, prisons…) à travers le monde, des bombes de peintures n’ont pas respecté le confinement.

Des tags sont apparus sur la façade de l’ancienne prison de Toulouse (Saint Michel), qui est en travaux pour devenir une cité de la musique.

On peut lire:

« Solidarité avec les mutineries »

« Feu aux prisons »

« Le pire virus c’est l’autorité »

 

On envoie plein de courage à toutes les personnes enfermées!

Liste non exhaustive des lois et dispositifs antisociaux et sécuritaires liées au coronavirus

Publié le 2020-03-22 12:16:06

6 mois de prison et 3750 euros d’amende pour violation réitérée du confinement

L’Assemblée Nationale a créé ce soir un délit de violation réitérée du confinement qui peut vous valoir une garde-à-vue, un jugement en urgence et un emprisonnement.

Selon l’avocat Raphaël Kempf « créer un délit puni de prison, c’est aussi permettre d’envoyer d’y envoyer des gens, pour des faits ridicules, et donc de contribuer à la surpopulation carcérale et à la propagation du Covid-19 dans les lieux d’enfermement.

Ce délit donne un pouvoir considérable et arbitraire à la police : c’est elle qui décidera a priori si une personne a violé ou non son confinement à plusieurs reprises, c’est elle qui placera en garde-à-vue.

Du point de vue technique, cet amendement crée une inégalité injustifiée entre l’État et le citoyen pour l’exercice de leurs droits respectifs.

En cas de violation réitérée (la 4e fois), vous pourrez être poursuivi en urgence, en comparution immédiate, devant le tribunal.

Mais imaginons que, avant votre passage devant le tribunal correctionnel, vous ayez pris 3 contraventions À TORT…

Imaginons que, pour des raisons diverses, la police vous ait verbalisé de façon parfaitement infondée à 3 reprises.

Dans ce cas, vous pouvez contester ces amendes devant le tribunal de police… mais, oh wait !, ils sont fermés à cause du confinement.

L’État et ses procureurs pourront donc tranquillement vous poursuivre en urgence en correctionnelle, tandis que vous serez dans l’incapacité de contester les contraventions qui justifient cette comparution immédiate.
« 

Des drones en balade dans le ciel parisien pour vérifier qu’on est bien chez nous

Evidemment le Préfet républicain (tendance plein pouvoir à Pétain) Michel Lallement ne pouvait pas rester les bras croisé et à décider d’ajouter sa pierre à l’édifice du bordel ambiant. Sur le modèle de la Corse, une vingtaine de drones pourrait survoler le ciel. Munis de caméras et de hauts parleurs, ils « inciteront » les passants à rentrer chez eux.

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, vient voir les premiers essais du nouveau dispositif de surveillance par drone. L’objectif: repérer plus facilement les citoyens qui ne respectent pas les mesures de confinement mises en place en pleine crise du coronavirus
– Agence France-Presse (@afpfr) March 21, 2020

Il n’a pas été précisé si ils mettront directement des amendes par reconnaissance faciale. Sans doute une « nouvelle étape » après celle ci…

Les 35 heures remises en cause dans certains secteurs

Selon Marianne

L’article 7 de la réforme dispose en effet que le gouvernement pourra, par ordonnance, « permettre aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ».

Muriel Penicaud, affreuse ministre du travail, n’a pas précisé quels secteurs seraient impliqué. Visiblement que les « secteurs essentiels ».Mais vu que le pour le gouvernement, les secteurs essentiels c’est à peu prêt tout ce qui est de l’ordre de la production, on peut s’attendre au pire.
Le sénat vote un amendement pour que les patrons puissent forcer 6 jours de congés payés pendant le confinement

L’employeur pourra imposer la prise de congés payés pendant la période de confinement, dans la limite d’une semaine selon un amendement adopté au Sénat qui doit encore être confirmé ce vendredi à l’Assemblée nationale.

Les salarié.es vont être super content.es de passer des chouettes vacances dans leur lit à traîner. Bête de voyage.
Cela veut surtout dire un cadeau en or aux patrons qui pourront reprendre le travail sur les chapeaux de roue et bien présurer les employés une fois le vent de l’épidémie retombé.

Bruno Le maire :« il faut que les gens aillent travailler ».

Le ministre de l’économie a été clair : il faut garantir la « sécurité économique » aux Français. Par français vous comprendrez bien qu’il s’agit des patrons, comme d’habitude. Il a assuré sur tous les plateaux télé qu’il fallait aller travailler. Seulement pour les secteurs essentiels. Mais par secteurs essentiels on entend bien sur tous les métiers ouvriers.

Aller travailler malgré l’impossibilité de se procurer des masques, aller travailler dans les transports en commun, aller partager sa bave dans l’effort. Aller travailler malgré l’omniprésence de la maladie.

Attention au virus, et surtout à l'Etat

Publié le 2020-03-22 12:17:05

Obéissance, autorité, sanitaire, droits de l’individu



Pourquoi j’ai choisi de vivre mon confinement à la campagne ? Pour ne pas être contraint.
Je m’explique : le confinement mis en place par l’Etat, je suis contre. « Mais là, il y a une épidémie, et elle est grave, c’est le seul moyen pour la limiter ! »
Alors à ça je répondrai : oui il y a une épidémie mortelle et il faut composer avec, cependant la mise en place du confinement montre plusieurs choses, certes que pas mal d’entre vous qui me liront savent déjà, sur notre système, et l’importance de le changer.

Soumission à l’Etat

Tout d’abord c’est scandaleux de voir que l’Etat a les moyens d’obliger plus de 60 millions de personnes à rester enfermées dans le même lieu pendant un nombre x de jour. Je savais les prisons et les hôpitaux comme des moyens de contrôler drastiquement les corps, cependant je ne pensais pas qu’il était possible d’imposer UNE SEULE ligne de conduite à une population. Déjà avant ça le gouvernement nous imposait de suivre des lois, et si la loi que « nul n’est censé ignorer » n’était pas respectée, alors là, punition. Mais aujourd’hui on a franchi un cap dans l’autoritarisme. Pour sortir il faut respecter des conditions et avoir une attestation (retour des cartes de rationnement bientôt ?) sous peine d’être IMMEDIATEMENT sanctionné.
Je ne veux pas jeter la balle sur les personnes qui diront que c’est normal, on a tellement été soumis à l’Etat qu’en fait tout ce qu’il fait nous parait juste. Oui mais voilà, il est là le problème. Depuis longtemps des décisions techniques nous sont imposées, je dis techniques parce que spécifiques à tel ou tel domaine de leur société (dont j’espère sortir le plus rapidement possible). Prenons en exemple l’économie et les traités de libre-échange et tout ce qu’ils impliquent.
Les bourgeois qui nous font subir leur vision du monde se scinderont en deux catégories. Les contre qui diront vulgairement : je suis contre, ça va mettre de la viande étrangère moins chère sur le marché et tuer nos agriculteurs locaux. Les pour qui diront vulgairement : je suis pour ça permettra d’agrandir le marché de la viande française, blabla, prestige national.
Bon beh voilà, parfait on parle du marché, je n’y connais rien mais je vais subir leur décision qu’ils argumenteront dans le journal du 20 heures de France 2. Il est où mon libre arbitre ? Mais voyons j’ai voté à l’élection du président. Et bien non je n’ai pas voté parce que je ne consens pas à subir le système. Du coup on arrive au fond du problème, l’Etat me chie dessus. Et même si j’avais voté, deux possibilités se dessinent.
La première : j’ai voté pour quelqu’un d’autre que le président mais je subis quand même les conséquences de l’idéologie du président alors que je n’ai pas voté pour lui. La deuxième : j’ai voté pour lui, d’accord, cependant est-ce que ça m’empêche de subir des lois, etc., qu’il mettra en place, mais qu’il n’aura pas écrit dans son programme, ou pire encore qu’il a écrit dans son programme, mais voilà il en aura écrit qu’une version vulgarisée, sans technicité qui m’aurait permis sans doute d’avoir à ma connaissance plus de paramètres pour croire que c’est mon libre arbitre qui décide.
M’enfin bon, on sait bien que le système est nul, nous supprime nos possibilités de décider, et même lorsqu’on pense pouvoir décider, c’est faux.

Dérive autoritaire

Pour en revenir au confinement sous prétexte d’une épidémie, je refuse cette pratique parce que je refuse que ce soit l’Etat qui me l’impose, pas parce que c’est inutile, mais parce que ça crée un précédent. Marcher un peu plus sur les libertés sous prétexte sanitaire. Ça installe un climat néfaste, et qui, j’espère, cependant permettra à tout le monde de se rendre compte de la dérive autoritaire que nous subissons. Je parle là des moyens mis à disposition pour faire respecter le confinement. Contrôle de police, hélicoptères, armée, drones, caméras de surveillance, récolte de donnée, dénonciation de son voisin, agression de personne, dispersion avec des grenades (la BAC en Seine-Saint-Denis), etc.
A l’heure où j’écris, rien ne me garantit que, vu comment ça fonctionne de manière générale, ce type de mesure ne soit plus jamais reprise. Concrètement les libertés sont encore plus piétinées qu’elles ne l’étaient avant. De plus, à en croire un sondage ODOXA (qui a ses limites) 94 % de la population est d’accord avec ces pratiques. Ça nous montre tout simplement que les arguments d’autorité ont un long avenir. Oui parce que quand le président nous dit que c’est la seule manière efficace de lutter contre l’épidémie, j’écoute et j’applique ce qu’il dit, sans savoir, juste parce que c’est lui qui parle et qu’il fait figure d’autorité. Ensuite qu’implique le confinement ? Tout un discours de guerre et de mesures drastiques qui vont encore une fois mettre dans la merde tout le prolétariat et les seuls qui gagneront encore seront les bourgeois.

Pour finir ma perception de la situation ne m’empêche pas de faire attention aux gens qui m’entourent. Bref ma pensée est sans doute brouillonne, elle est en train de se construire, mais j’espère que tout le monde est bien vigilant à ce qu’implique l’état actuel des choses.

Après

Publié le 2020-03-22 12:41:07

Du confinement total à la désertion générale

« Se retrouver vraiment. Se réunir partout, tout reprendre à zéro. S’interroger ensemble sur notre devenir, s’en proposer la maîtrise. Ne plus rien déléguer. Ne plus laisser le pouvoir aux mains de quelques-uns. Douter de tout. Débattre de tout, du dispensable et de l’essentiel. Ne plus reconduire les divisions qu’on nous impose, envoyer aux ordures les identités qui nous enferment, organiser la rencontre la plus large de tous. Aucune frontière n’a stoppé l’épidémie, aucun État n’est étanche, ces abstractions étaient dans nos têtes. Considérer le travail pour ce qu’il est, une corvée pour manger. »



Jamais nous n’avons été aussi libres que sous le confinement. Les méchants Parisiens qui en profitent pour prendre du bon temps à la campagne au mépris des consignes. Les ouvriers qui se mettent enfin en grève. Les cadres qui téléglandent. Les enfants qui exultent. Les parents qui découvrent la vitalité usante de leur progéniture. Les animaux s’ébaudissant avec une arrogance qu’on ne leur soupçonnait plus. Quelle paradoxale récréation sous la plus coercitive contrainte et sous la terrible menace de l’asphyxie. Chaque Français mis au même régime que ces horribles gilets jaunes subissant des amendes de 135 euros à chacune de leurs sorties publiques hebdomadaires. Les moralistes qui sermonnent. La parole des agents de l’idéologie dominante qui révèlent tout, d’un coup, sur ce qui est dispensable et sur ce qui est essentiel. Travailler pour manger, manger pour travailler, voter pour les reconduire. Les milliards disponibles pour venir au secours de la marchandise, denrée fondamentale sans laquelle nous mourrons.

Mais le moment est à la gravité. Des gens meurent par centaines, comprenez-vous ? Les soignants se battent, les caissières et les routiers, et les flics, même les flics, se sacrifient. Être responsables, soudés, voilà ce qu’il nous faut jusqu’au retour à la normale. Ce retour à la normale tant espéré. Nous sortirons de cette tragédie. Tout recommencera comme avant jusqu’au prochain épisode de la catastrophe générale. Recommencer, toujours recommencer. Pour la nation, pour l’économie, pour le PIB. Revenir au plus vite à cette absurdité, à l’absence de sens, à l’absence de but. Jusqu’à ce que mort s’ensuive, mais le plus tard possible et chacun de son côté. Retrouver enfin nos destins séparés, confiés en des mains responsables qui ne manqueront pas de changer de cap, opéreront les réglages adéquats. Faisons-leur encore confiance, une dernière fois, ne doutons de rien. Tout est seulement décalé de quelques mois, voyez Roland Garros.

Ou tout maintenir à l’arrêt après la fin de l’épidémie. Prolonger la respiration. Ne rien reprendre, mais au contraire poursuivre la pause. Dehors cette fois, en continuant notre diète de bars, de restaurants, d’achats. Maintenant que nous savons, que nous avons fait l’expérience du soulagement consécutif à cette ascèse. Ne pas retourner travailler, ne plus rien payer. Assister joyeusement à l’effondrement du CAC40. Tout y perdre pour tout gagner.

Se retrouver vraiment. Se réunir partout, tout reprendre à zéro. S’interroger ensemble sur notre devenir, s’en proposer la maîtrise. Ne plus rien déléguer. Ne plus laisser le pouvoir aux mains de quelques-uns. Douter de tout. Débattre de tout, du dispensable et de l’essentiel. Ne plus reconduire les divisions qu’on nous impose, envoyer aux ordures les identités qui nous enferment, organiser la rencontre la plus large de tous. Aucune frontière n’a stoppé l’épidémie, aucun État n’est étanche, ces abstractions étaient dans nos têtes. Considérer le travail pour ce qu’il est, une corvée pour manger. Produire notre propre imaginaire hors de la marchandise culturelle. Dehors le cinéma, dehors les séries, dehors les musées, dehors le théâtre ! En finir avec cet éternel retour du même, de festival de Cannes en Tour de France, de jeux Olympiques en Coupe du Monde. Faire le choix de l’irréversible et de l’inconnu avant que la catastrophe ne le fasse pour nous.

Nous avons vécu trop longtemps dans la résignation, en pensant que rien n’est possible hors de l’offre faite à chacun sur le grand menu de la vie mutilée. La machine à l’arrêt, nous faisons déjà l’expérience contraire. Leur programme cyclique est interrompu, et avec lui le rythme infernal qui nous précédait, toujours. Le voile tombe. Que désirions-nous encore dans toute leur verroterie dont ces fétichistes font maintenant l’aveu qu’elle n’était qu’un prétexte à la seule circulation de l’argent, unique richesse dans ce monde ? Brûlons le menu écrit par d’autres, tirons la nappe et renversons la table. Nous n’avons à y perdre que la pauvreté de nos vies quotidiennes, trop quotidiennes. Rien de plus dérisoire pour des condamnés que d’être résignés. Nous ne sommes plus libres de l’être et plus aucun infini ne viendra désormais nous consoler.

Mais que font-ils en face quand nous sommes pour la plupart d’entre nous assignés à résidence ? Les blindés de l’armée sont déjà là. Le chef de l’État et ses laquais exhortent à travailler. Les flics patrouillent. Les parlementaires commissionnent en urgence. Les experts bégayent. Les banquiers suent, et pas à cause de la fièvre. Les journalistes morigènent. Leur plus grande inquiétude, c’est l’étape d’après. La guerre qu’ils mènent n’est pas nouvelle, leur ennemi n’est pas un virus. Ils préparent la suite comme ils savent le faire et pour cela rien ne ressemblera aux douces et plates espérances de l’an 0 de Gébé. Les gilets jaunes, les émeutiers du Chili et d’Haïti, les insurgés d’Iran et d’Irak, les manifestants libanais, les protestataires de l’Hirak algérien, les frontliners de Hong Kong, les grévistes de Bogota nous l’avaient dit : fuir la guerre, c’est la perdre encore et toujours.

Serons-nous prêts ?

A bientôt, pour de belles retrouvailles, dehors.

Grève des loyers 2020

Publié le 2020-03-22 12:41:13

Parce que le semblant d’aide promis par le gouvernement est aussi illusoire que les masques dans les hôpitaux.

Parce que nous allons collectivement nous retrouver dans des situations intenables financièrement.

Parce que nous n’avons pas à payer les conséquences de leur gestion, nous relayons cet appel :



Le confinement en cours a des conséquences économiques dramatiques pour des millions d’entre nous. Pour nous qui ne sommes ni rentier ni patron, et qui n’avons pas d’économie de côté pour prendre 4 mois de vacances dans la maison secondaire (qu’on a pas)

Pour nous qui n’avons plus de travail, ou des demi-paies, des semi-allocation de chômage partiel, des RSA, la situation est dramatique et elle est amenée à durer !

Bon nombre d’entre nous ne peuvent pas payer leurs prochains loyers, leurs prochaines factures, d’autant plus que les prix de la nourriture commencent déjà à grimper. Si nous agissons séparément nous nous ferons réprimés, expulsés.

Nous devons refuser en masse de payer et montrer la force que nous sommes collectivement !
La propriété privée n’est pas une fatalité !
Rejoignez la grève des loyers et des factures !


Pour commencer tenez vous informés : sur grèves des loyers 2020

Nuremberg, Allemagne : Voiture de flic et de réserviste incendiée – 20 mars 2020

Publié le 2020-03-22 15:15:06

La nuit dernière, dans la nuit de jeudi à vendredi [du 19 au 20 mars 2020], une voiture a été incendiée dans le quartier Gostenhof à Nuremberg. La voiture était garée dans le quartier avec des stickers de l’association des réservistes sur le hayon et d’un uniforme de flic dans la coffre.

Par cet acte, nous avons voulu montrer notre aversion pour la militarisation croissante de la société et la suspension de quasi tous les droits civils fondamentaux durant la crise actuelle du coronavirus. L’été dernier, les forces de l’honnie USK [1] ont assiégé pendant plusieurs semaines la Jamnitzer Platz, place au coeur du quartier de Gostenhof. Nous ne tolérerons pas plus longtemps de tels harcèlements et nous continuerons de défendre notre quartier avec détermination  face à l’occupation des porcs policiers.

Flics hors de nos quartiers !
Vive la société libérée ! Mort au terrorisme d’État !
Liberté pour les trois du banc public !

Milice du quartier de Gostenhof

[Traduit de l’allemand de indymedia, 20.03.2020]

NdT:
[1] Unité spéciale de la police bavaroise.

 

 

Affiche : On ne payera pas leur crise

Publié le 2020-03-22 15:40:05

Campagne pour la grève des loyers, à imprimer et afficher sans modération autour de chez soi ! Pour une santé gratuite, l’arrêt du travail, la suspension des loyers et remboursements, la libération des prisonnier.es et un logement pour toustes !



Version pdf

Athènes (Grèce) : Incendie au tribunal de Justice de paix

Publié le 2020-03-22 15:40:21

Act for freedom now ! / mercredi 18 mars 2020

Les seules personnes qui sont allées au tribunal avec de bonnes intentions.

Entre jeux géopolitiques, foules racistes, déracinement violent de personnes, entreprises qui font du fric, nationalismes, délire médiatique, humanitarisme respectable, une tragédie humaine s’est déroulée entre le mur d’Evros [construit en 2012 par l’État grec face à la ville turque d’Edirne, ce mur, long de 12 km, vise à empêcher le passage des migrant.e.s dans le seul endroit où la frontière entre les deux pays n’est pas le fleuve Marots/Evros ; NdAtt.] et les îles de la mer Égée orientale.

La forteresse Europe, la punaise grec sur la carte et l’opportunisme d’Erdogan ont joué leur jeu de dés géopolitiques sur les vies de personnes violemment déracinées, qui sont à la recherche des miettes tombant de la table du bonheur européen.

L’État grec a été un digne gardien de la forteresse européenne, habillant, à usage interne, sa mission avec les couronnes du « patriotisme » et de la « fierté grecque » : la fierté des armé.e.s contre les désarmé.e.s, des bien nourri.e.s contre les affamé.e.s, des personnes intégrées contre les déraciné.e.s.

Nous nous levons et nous réfléchissons sur les (au moins) deux personnes assassinée par les balles de la Bête. Peu importe que Mohammed al-Arab et Mohammad Gulzar [Mohamed al-Arab, 22 ans, originaire d’Alep, a été tué par balle par des garde-frontières lundi 2 mars, tandis qu’il essayait avec d’autres de franchir la frontière terrestre entre Turquie et Grèce ; Mohammad Gulzar, qui par le passé avait veçu dans un squat à Athènes, a été tué début mars à la même frontière de l’Evros ; NdAtt.] aient été touchés par les balles d’un policier, d’un soldat ou d’un justicier fasciste. Nous savons que deux personnes appartenant à notre classe mondiale ont été assassinées par les mercenaires de notre ennemi mondial.

Et nous exigeons des comptes pour ces crimes dont personne ne cherchera leurs auteurs, bien cachés au sein du « corps de la nation ».

Comme petit geste de dignité et de résistance, le matin du 9 mars, nous avons rendu visite au tribunal de la rue Loukareos. Nous avons reconnu leur maillon le plus faible : le tribunal de la Justice de paix (Eirinodikio). Un maillon, quand-même, du système qui protège ceux qui volent les richesses sociales, ceux qui assassinent aux ordres de la loi et punit sans relâche les malheureux.ses.

Toute l’histoire est passée inaperçue, grâce à des fausses nouvelles, bien pratiques, à propos d’un « court-circuit ».

Alors, racontons-la, cette histoire. Et ceux qui savent, savent. Entrée de l’Eirinodikio. Une grande salle. Sur la gauche, un distributeur automatique de la banque du Pirée, avec son agaçante caméra intégrée. On l’évite. À droite, il y a des couloirs qui mènent à des salles d’audience et des bureaux. Nous choisissons un couloir. Nous nous déplaçons jusqu’au bout de celui-ci, afin qu’il n’y ait aucun danger que quelqu’un.e soit piégé.e par le feu. À l’extrême droite, la salle d’audience n° 10 est vide. Première porte, « pour le public ». Deuxième porte, « uniquement pour les juges ». Nous rions. Pour la première fois, nous voyons d’en haut ces salles où se jouent des vies humaines, des années de prison, la douleur de l’emprisonnement. D’autre part, ce n’est pas la première fois que nous regardons la jerrycan d’essence et la mèche. Nous sommes sur le banc du juge. Tout est fait. Nous avons mis la jerrican d’essence sous la chaise. On rit. On allume la mèche. On rit encore. On s’en va.

 

PS1 : Face à la déclaration ridicule de l’unité (anti)terroriste, qui parle d’une organisation terroriste à cause de la simple et modeste signature « compas », qui, depuis des décennies, a accompagné un nombre infini d’activités de toute sorte venant du mouvement, nous choisissons de déclarer que cette action a été menée par des COMPAS.

PS2 : Pour Lambros, tombé au combat il y a 10 ans.

compas