Vive l'Anarchie - Semaine 11, 2024

Sommaire

Des tags contre les JO

Publié le 2024-03-11 00:15:05

Des tags contre les JO vus dans l’est parisien...



On dirait bien que certains ont entendu l’appel publié ici il y a quelques jours… Une multitude de tags sont apparus depuis dans les rues contre les jeux olympiques. À l’heure où la propagande pro-JO va se faire de plus en plus forte jusqu’à saturer tout l’espace public, il va falloir redoubler d’imagination et d’efforts pour faire entendre des voix discordantes. Tags, affiches, détournements, autocollants, banderoles… Soyons créatives !

À la suite, quelques photos de tags vus dans l’est parisien...

Le titre de chaque image est le contenu du tag

JO 2024 : « L’essentiel c’est de tout casser »
Sabotons les JO Zbeul 2024
ACAB / Zbeul 2024 Feu aux JO
Ouvrons grands les feux de la révolte
Gachons la fête des jeux
JPP des JO
Les JO n’auront pas lieu !
Tou.te.s dans la rue contre les JO
JO = guerre aux pauvres / Sabotons-les !
même ma grand-mère déteste les JO !
JO : ni ici ni ailleurs !
la flemme olympique ;)
Feux olympiques
À vos marques ! Prêt.es ? Feu aux JO !
Les JO écolo sont ceux qui brûlent
Vive la révolte ! Zbeul 2024

Une cantine pour cantiner # 16

Publié le 2024-03-11 00:20:06

Rendez vous à midi, dimanche 17 mars, à la Tablée, 15 rue Robert à Sainté.

Menu vietnamien végé / vegan prix libre : Banh bao / Bobùn / Perles de tapioca coco



Rendez vous à midi, dimanche 17 mars, à la Tablée, 15 rue Robert à Sainté.

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Brest (Finistère) : et de deux pour les banques ! [MàJ]

Publié le 2024-03-11 08:30:06

À Brest, un deuxième incendie ravage une partie de l’agence Crédit Agricole de Bellevue
Le Télégramme, 4 mars 2024 (extrait)

À l’intérieur du bâtiment, les dégâts sont spectaculaires. À Brest, les pompiers ont été déclenchés vers 19 h 15, ce lundi 4 mars 2024, pour un incendie déclaré dans l’agence bancaire du Crédit Agricole, installée place Napoléon III, au cœur du quartier de Bellevue.

Rapidement, une quinzaine de pompiers ont pris d’assaut le feu qui avait déjà ravagé une bonne partie des locaux et commençait à attaquer la toiture.  Si la police, ce lundi soir, n’établissait pas encore formellement les causes du sinistre, une chose est sûre : les sept salariés de l’agence ne pourront reprendre leur travail à l’agence de Bellevue mardi 5 mars 2024.

Troublante coïncidence, une autre agence bancaire, celle de la BNP, rue Jean-Jaurès, a également été pour partie sinistrée vendredi 1er mars 2024, suite à un feu qui s’est déclaré vers 22 h.

Incendie du Crédit Agricole à Brest : un Brestois de 44 ans interpellé
Côté Brest, 8 mars 2024

Un incendie, d’origine criminelle, a occasionné de gros dégâts à l’agence du Crédit Agricole située place Napoléon-III dans le quartier de Bellevue à Brest, lundi 4 mars 2024, peu après 19h. Le plafond s’est notamment effondré, et l’agence ne devrait pas pouvoir rouvrir avant plusieurs semaines, voire quelques mois.

Mercredi 6 mars, la police a interpellé un individu, du côté de la place de la Liberté, vers 20h45. En état d’ébriété. Il est suspecté d’avoir mis le feu à l’agence. Un agent de sécurité avait indiqué avoir vu un homme s’enfuir dans le centre commercial au moment de l’incendie. L’exploitation des bandes de vidéo-surveillance a permis d’identifier formellement l’individu mettant le feu à deux guichets automatiques bancaires à l’aide de briquets.

Un acte de dépit

Le Brestois de 44 ans, sous tutelle, avait déjà été condamné pour avoir incendié la même agence (l’incendie avait été rapidement circonscrit) en décembre 2023. Placé en garde à vue au commissariat central, rue Colbert, il aurait reconnu les faits lors de son audition. En expliquant qu’il était dépité de ne pouvoir retirer les 200 euros versés par l’Udaf.

Il a été déféré devant le parquet ce vendredi 8 mars puis traduit devant le tribunal correctionnel dans le cadre d’une comparution immédiate. À l’audience, il a demandé un délai pour préparer sa défense. L’affaire a été renvoyée au 14 juin 2024. En attendant, il a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré jusqu’à cette date.

Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône) : embraser la mairie avec une voiture de flics [MàJ]

Publié le 2024-03-11 08:35:05

La mairie de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or touchée par deux incendies criminels de voitures
Le Progrès, 4 mars 2024

Deux incendies criminels ont eu lieu à quelques jours d’intervalle dans l’enceinte du parc de la mairie de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Le feu de la deuxième voiture a fortement endommagé l’extérieur et l’intérieur du bâtiment qui restera fermé pour plusieurs semaines.

En arrivant dans son bureau du premier étage de la mairie, ce lundi 4 février, le maire Patrick Guillot a passé un doigt sur sa table de travail : une épaisse couche de suie y est restée collée. Cette pellicule noire et poisseuse recouvre tout l’intérieur de la mairie : « Je ne pensais pas qu’un incendie de voiture pouvait faire autant de dégâts. Le problème est que la fenêtre de la salle des mariages a explosé avec la chaleur et toute la fumée a pénétré dans le bâtiment », raconte le premier édile, très touché par ces deux incendies successifs.

Car une première voiture appartenant à la municipalité avait déjà brûlé dans la soirée du mardi 27 février. Il s’agissait d’un véhicule électrique, le doute était permis sur l’origine du sinistre qui aurait pu être causé par la batterie. Mais quand, vendredi dernier, c’est la voiture de la police municipale qui s’embrase, l’origine criminelle ne fait plus de doute.

Lors des deux incendies, les véhicules étaient garés contre le mur de la mairie. Mais le second sinistre a fait bien plus de dégâts que le premier : « C’est une attaque vis-à-vis de l’institution, nous sommes clairement ciblés. Cela nous touche beaucoup, on ne comprend pas. Car nous essayons d’être à l’écoute, de trouver des solutions quels que soient les problèmes. On n’est jamais à l’abri d’un cas isolé mais c’est dur », souffle Patrick Guillot.

Ne pouvant plus fonctionner normalement, la mairie est contrainte de fermer pendant au moins trois semaines. « On se délocalise dans d’autres équipements communaux pour pouvoir répondre aux demandes des habitants« , précise toutefois le maire. « Par exemple, l’équipement pour traiter les demandes de passeports et de cartes d’identité a été endommagé. C’est tout un fonctionnement qui est remis en cause. »

En attendant les travaux pour remettre en état l’intérieur du bâtiment, les services municipaux sont en pleine réorganisation, et les trois policiers municipaux n’ont, quant à eux, plus de véhicule. « Deux voitures détruites, le nettoyage de la mairie, le centre de traitement pour les passeports touché… Ça va chiffrer », commente le maire.

Une enquête pour incendies criminels a été ouverte à la brigade de gendarmerie de Limonest. Selon la municipalité, les divers éléments recueillis, entre autres grâce aux caméras, sont en cours d’exploitation.


Incendies à Saint-Cyr-au-mont-d’Or : le suspect condamné, une banale histoire de PV
Lyonmag, 9 mars 2024

Ce vendredi, le tribunal judiciaire de Lyon devait permettre aux élus mais aussi aux habitants de Saint-Cyr-au-mont-d’Or d’avoir des réponses. Car en l’espace de quelques jours, deux véhicules municipaux avaient été incendiés. Et le dernier sinistre en date, le 2 mars, avait noirci la façade de la mairie contre laquelle la voiture de police visée était garée.

Le suspect, interpellé et donc jugé en comparution immédiate, est un père de famille âgé d’une quarantaine d’années, inconnu des services de police et au casier judiciaire vierge. Que s’est-il passé pour que cet homme vrille et commette deux incendies criminels de nuit ? Il a expliqué se sentir persécuté par la mairie saint-cyrôte et son policier municipal, évoquant plusieurs PV de stationnement.

Ces faits sont pourtant anciens, mais durant des années, le quadragénaire a ruminé sa dépression et sa haine alimentées par une paranoïa détectée par l’expertise psychiatrique dont il a fait l’objet. L’actuel maire Patrick Guillot, élu en 2020, a déclaré ne jamais avoir entendu parler de cette affaire, ni reçu de doléances de la part de son administré en grande souffrance.

Le parquet, qui rappelait que le prévenu avait avoué aux gendarmes posséder un fusil dont il pourrait un jour se servir, a requis 18 mois de prison dont 9 mois ferme. Le tribunal lyonnais a décidé d’être plus sévère avec une peine de 2 ans de prison dont 1 an ferme. L’incendiaire ne se retrouvera pas derrière les barreaux car il aura droit à un bracelet électronique. Il a toutefois l’interdiction de paraître sur la commune de Saint-Cyr-au-mont-d’Or.

Indymedia Lille

Publié le 2024-03-11 23:05:03

"C’est arrivé près de chez vous et peut-être cela était passé inaperçu. Une évasion, un sabotage, une émeute... un évènement réduit à une petite brève noyée sous le bavardage médiatique ou perdue dans le flot continu des informations, une revendication publiée sur quelques obscurs sites internet subversifs... Bien que souvent les raisons derrière ces actions ne soient pas explicitées, cela ne nous empêche pas de nous en réjouir quand même car il est bon de se rappeler qu’il est toujours possible de se donner les moyens d’agir contre ce qui nous opprime et nous enferme. Nous voulons que ça se sache, que ces infos existent dans la rue et dans les cuisines. Pour que ça fasse causer, pour que ça inspire, pour que ça conspire, passionnément !"

A imprimer en A3 pour afficher, ou en recto-verso puis plier en 2 ou en 4, pour déposer où bon vous semblera.


Les feux olympiques

Publié le 2024-03-11 23:10:06

Samedi 16 mars, pour le week-end du Carnaval indépendant de la Plaine, Noailles et Réformés, le grand bal prendra place sur la Plaine pendant l’après-midi et la soirée.



Champion.nes en tous genres, habitant.es de la Plaine et des environs, minots sauvages et autres chenapans,

Venez rejoindre le bal ! Dès 14h ce samedi, on trouvera des jeux farfelus - dont, évidemment, le maintenant célèbre basket poubelles - , des jeux moins farfelus - rappelez-vous du fameux jeu de piste contre la gentrification ! Et la place est grande : faites vos jeux !
Bien sûr, comptez sur de la nourriture, un bar, et des concerts. Des groupes viendront de contrées aussi lointaines que Toulouse ou l’Italie pour nous faire danser : Anarada, MCKR6, Polkeria, et une dj de folie.

A 19h, soyez à l"heure et déguisés comme jamais pour le grand défilé des champion.nes : plus enflammé que l’Elysée !

La thune gagnée lors de ce bal sera reversée à la legal team de Marseille et aux collectifs en présence.

Contre la guerre faite au peuple palestinien, contre ces foutus JO, contre la gentrification, Carnaval espère brûler tous les maux dans un gigantesque feu. A samedi !

72 heures contre les prisons

Publié le 2024-03-11 23:15:06

Un week-end anticarcéral pour clôre le mois de mars.



À l’heure où la précarité se fait sentir tous les jours un peu plus durement et s’accompagne d’une intensification de la guerre aux pauvres, la prison reste une des meilleures armes de l’État et du capitalisme pour garantir une paix qui profite toujours aux mêmes.

À l’heure où l’on célèbre l’abolition de la peine de mort comme une des grandes avancées depuis un demi-siècle, on continue à mourir tous les jours dans les prisons françaises, sous les coups des maton·ne·s ou de suicides provoqués par la torture que représente la prison.

À l’heure où le gouvernement français prévoit la création de 18000 nouvelles places de prison au prétexte d’améliorer les conditions de détention des prisonnier·e·s, nous savons qu’il s’agit avant tout d’enfermer toujours plus.

À l’heure où ce même gouvernement prolonge la durée maximale d’enfermement dans les Centres de Rétention Administrative, prisons pour sans papiers, et prévoit la construction d’au moins 10 nouveaux centres, doublant de fait le nombre de personnes pouvant être enfermées, les frontières européennes se hérissent chaque jour de nouvelles armes répressives, conduisant des milliers de personnes vers la prison ou la mort pour avoir voulu les traverser.

À l’heure où en Europe de l’Ouest les militaires patrouillent tous les jours dans nos rues et où la rhétorique guerrière refait son apparition quotidienne et banalisée dans les bouches de nos gouvernant·e·s, la prison à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza se transforme en champ de ruines dans le silence.

Pour tout cela, parce qu’il faut se rencontrer pour créer de la solidarité à l’intérieur et à l’extérieur,
Et parce que, apparemment, 48 heures l’année dernière n’ont pas suffi...

vendredi 29 mars
19 h 00 – L’Hydre aux 1000 têtes
(96, rue St-Savournin)
Prézentation du livre
La peine de mort n’a jamais été abolie
(éditions du Bout de la ville / L’Envolée)

21 h 00 – Bouffe à prix libre sur la Plaine

samedi 30 mars
11 h 00 – Le Snack (1a, rue Espérandieu)
Prézentation de la brochure Paroles de révoltés
Atelier d’écriture aux prisonnier·e·s

15 h 00 – Dar Lamifa (127, rue d’Aubagne)
No[s] prisons, pièce de théâtre forum

18 h 00 – Le Snack (1a, rue Espérandieu)
Prézentation de collectifs en lutte contre la prison :
La Courte Échelle, Anticra Marseille, Pour ne pas rester seul·e·s, Crève la taule 84, V’là la gamelle

19 h 00-21 h 00 – Le Snack (1a, rue Espérandieu)
direct sur Radio Galère de l’émission Parloir libre : messages et dédicaces aux prisonnières et aux prisonniers

dimanche 31 – 15 heures
Rassemblement devant les Baumettes

Portland (USA) : Des engins incendiés sur un chantier d’autoroute

Publié le 2024-03-11 23:20:03

Rose City Counter-Info / dimanche 10 mars 2024

Des engins incendiés sur un chantier d’autoroute, dans le nord-ouest de Portland

Mardi matin, j’ai brûlé trois gros engins sur un chantier du Département des transports de l’Oregon (ODOT), à Portland. Ils étaient en train de détruire la colline recouverte de foret du côté sud du pont St. Johns, pour protéger l’infrastructure de l’autoroute.

Les chantiers de l’ODOT, et en général les chantiers d’autoroutes, laissent souvent des équipements spécialisés et coûteux (et hautement inflammables !) sans surveillance ni protection, la nuit, ce qui en fait des cibles faciles. L’ODOT prévoit une expansion importante des autoroutes, dans le secteur de Portland, pendant les prochaines années, malgré les longues campagnes menées par Youth vs ODOT et d’autres groupes de protection de l’environnement. Agir par le biais du système politique est une réponse futile et insuffisante à la crise actuelle, car le capitalisme doit continuer sa croissance sans fin, peu importe à quel point les choses vont mal. Le réseau routier ne peut s’étendre que si nous lui permettons de le faire. Avec un peu de créativité, de courage et de détermination, le capital est beaucoup plus vulnérable qu’il ne voudrait vous le faire croire.

J’ai utilisé des bidons de lait en plastique d’une capacité d’un gallon [un peu moins de quatre litres ; NdAtt.] remplis d’essence. Une fusée éclairante attachée sur le côté (de manière qu’elle dépasse) permet un délai convenable, car elle brûle pendant 5 à 10 minutes avant que la flamme n’atteigne le plastique et enflamme l’essence, ce qui laisse assez de temps pour s’éloigner avant que le feu démarre. Vous pouvez voler des fusées éclairantes dans la plupart des magasins de bricolage et de matériel pour voitures [ce n’est pas le cas en France, mais il faut se souvenir qu’« on n’a pas […des fusées dans chaque magasin de brico] mais on a des idées ! » ; NdAtt.]. J’ai placé chaque bidon à lait sous le moteur d’un engin, là où la chaleur monte jusqu’aux composants les plus inflammables et les plus critiques.

Ça a été facile, amusant et je crois que je le ferai encore. Vous devriez essayer aussi !

XOXOXO

Indymedia Lille

Publié le 2024-03-11 23:25:05

« Identifier les collabos du désastre nucléaire et les attaquer » peut-on lire dans une lettre revendiquant l’incendie criminel du véhicule du chef d’un cabinet d’architecture local à Commercy en septembre 2022. La lettre poursuit : « Notre intervention directe doit être lue comme un avertissement envers les entreprises de construction locales et régionales, les entreprises de sécurité, les instituts de suivis environnementaux etc. : Ceux et celles qui pensent faire du profit avec la désertification nucléaire et la militarisation du territoire par CIGEO finiront par le payer très cher ! »

C’est avec ces mots dans le cœur et beaucoup de colère dans le ventre qu’au petit matin du 11 mars nous avons rendu visite - à l’occasion du 13e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima - à un autre profiteur régional de la mafia nucléaire. Cette fois, ce n’est pas une petite PME qui a été visée, mais la fonderie industrielle FERRY CAPITAIN à Vequeville - une entreprise de plus de 300 employé.es près de Joinville. Notre objectif était d’obtenir une coupure totale de l’électricité dans les quatre complexes industriels et d’arrêter ainsi (au moins pour un moment) la production.

Pour cela, nous avons repéré les lignes électriques principales qui alimentent le site depuis différentes directions. Malheureusement, sur les quatre identifiées, nous avons pu court-circuitées que trois d’entre elles à l’aide d’engins incendiaires. En plus des dommages directs et de la perte de production attendue, nous espérons que même si finalement elle ne sera pas totale, la coupure électrique provoquera d’autres dommages secondaires sur les machines du site (dont certaines doivent fonctionner 24 heures sur 24).
Une de ces lignes d’alimentation, ne nous a pas permis d’exclure totalement la possibilité d’effets secondaires sur l’alimentation électrique de quelques maisons privées. Nous prions les riverain.es d’excuser les éventuels désagréments.

Pourquoi FERRY CAPITAIN ? Le partenariat entre FERRY CAPITAIN et l’ANDRA nous a décidé.es à choisir cette cible. Mais les activités même de cette entreprise auraient tout aussi bien pu nous amener à faire le même choix. Historiquement fondée en 1831, ce qui n’était qu’une simple fonderie va sortir du lot dans les années 1900 en se spécialisant dans le moulage et l’usinage de pièces industrielles. FERRY CAPITAIN ne va alors avoir de cesse d’élargir son champs d’action et sa présence sur le marché mondial, en multipliant les secteurs les moins vertueux : exploitation minière, cimenterie, fabrication de tunneliers, de pièces dans l’aéronautique et l’aérospatiale, partenariat avec EDF pour des générateurs d’énergie à gaz, à vapeur et hydro-électriques dans ces dernières décennies.
En 185 ans FERRY CAPITAIN a pleinement contribué au désastre écologique et social en rendant possible avec ses machines, pièces et outils sur mesure, l’extraction et l’exploitation des matières premières du sous-sol. Décerné par la dynamique « France Relance » du gouvernement actuel, aujourd’hui cette entreprise est « fière d’être lauréate du plan de relance de l’industrie française ». Avec la transition énergétique ce sont les portes d’un marché juteux et abondant qui s’ouvrent à elle : encore plus d’extraction de minerais et la relance du nucléaire en prime ! FERRY CAPITAIN fabrique les outils de l’éternel saccage made in France.

Quel rapport avec CIGÉO ? Remontons un peu dans le temps : en novembre 2023, Patrice Torres, directeur général de l’ANDRA pour la Meuse et la Haute-Marne, a annoncé publiquement une nouvelle phase de 20 mois dans la mise en œuvre de CIGÉO à partir du début de l’année 2024. Celle-ci comprend d’une part l’expropriation d’environ 110 HA de terrains manquants pour le projet, et d’autre part les procédures d’autorisation de toute une série de travaux préliminaires sur le terrain. Il s’agit notamment de fouilles archéologiques, de l’installation de deux nouvelles plates-formes et d’environ 600 nouveaux sites de forage pour des mesures géologiques et hydrologiques. Le contrat pour ces derniers travaux a été attribué (sans surprise) au groupe minier mondial ANTEA, également responsable de la construction des galeries et actuellement en procès pour un accident minier mortel survenu en 2016 dans le laboratoire de l’ANDRA.

L’accaparement des terres et la destruction continu de notre environnement s’accompagnent de mesures visant à cimenter la dépendance économique et financière de la population locale. Ou, comme le dit monsieur Torres : « De développer au maximum les relations économiques et commerciales avec les entreprises locales et le respect de la commande publique. À chaque fois que c´est possible, on souhaite travailler avec. On essaie aussi d´implanter localement certains équipements d´essai, comme les démonstrateurs. (…) Dans la même ordre d´idée, on a contractualisé avec un groupe d´entreprises dont FERRY CAPITAIN pour la conception d´un démonstrateur qui va nous permettre de tester les systèmes d´accostage entre la hotte de transport des déchets de moyenne activité et la zone de stockage. »

Après l’implantation à Froncles du leader mondial de la technologie du transport par câbles POMA pour construire un prototype du « téléphérique Castor », voici donc un autre démonstrateur à Vequeville -Nous sommes ravis ! L’ANDRA fait de la population locale le fossoyeur de son propre territoire et a encore l’impudence de le vendre au public comme un moteur de l’emploi et un soutien à la croissance. C’en est tellement cynique qu’on a envie de vomir.

Nous continuerons à attaquer les responsables et les exécutants de ce projet coûteux, dangereux et inutile qu’est CIGÉO ! Outre le sabotage des travaux proprement dits, nous considérons que les attaques contre les sous-traitants sont un moyen approprié d’exercer une pression financière par le biais de dégâts matériels, et de mettre en lumière les implications locales de l’ANDRA dans la région.

Sans Cigéo pas de relance du nucléaire, sans les coopérateur.ices pas de Cigéo !
Nous dédions cette action aux personnes qui luttent sur le terrain à Bure contre le projet CIGÉO, à la population du sud de la Meuse et Haute-Marne touchée par les expropriations de l’ANDRA, ainsi qu’aux deux personnes d’Isère toujours accusées de sabotage dans la "procédure POMA".
Groupe Informel d’Action Pirate pour Couler le Ferry


De la colle en colère contre Latécoère !

Publié le 2024-03-11 23:30:05

Des centaines d’affiches ont été collées dans tout le quartier autour du siège social de Latécoère, à la Roseraie (Toulouse) et autour du musée "L’envol des pionniers" qui glorifie le passé de cette entreprise guerrière. L’affiche est un détournement de celle partout présente dans les panneaux de pub et qui fait la propagande pour cette exposition depuis des mois.



Les 2 affiches :

Aubervilliers (Seine-St-Denis) : le local des staliniens part en fumée

Publié le 2024-03-12 12:20:05

« On ne comprend pas » : à Aubervilliers, le local du PCF ravagé par un incendie
Le Parisien, 11 mars 2024 (extrait)

« Vers 19 heures, on a été appelé pour nous annoncer que le local était en feu. Des militants sont partis directement sur place, je les ai rejoints quelques minutes après. Les pompiers étaient déjà en train d’intervenir et éteindre l’incendie. » C’est l’émotion chez les communistes d’Aubervilliers, comme le raconte Anthony Daguet, conseiller municipal d’opposition, après le sinistre qui a ravagé dimanche soir leur espace d’une cinquantaine de mètres carrés.

Situés depuis 2011 en rez-de-chaussée d’un immeuble de l’Office public de l’habitat (OPH) d’Aubervilliers, au 35, rue Heurtault, les lieux sont désormais inutilisables. Outre la vitrine, les faux plafonds sont détruits, ainsi que le matériel à l’intérieur. « Pas mal de papiers ont été détruits, et aussi des ordinateurs et barnums. On attend désormais l’assurance pour pouvoir chiffrer » précise Roger Calcagni, le secrétaire de section.

« On ne connaît pas l’origine mais ça s‘est produit dans une zone où il n’y a pas d’électricité, pas de multiprises et d’appareils branchés, remarque Anthony Daguet. On ne comprend pas très bien pour le moment ce qui a pu se passer, mais on n’alimente pas non plus la piste criminelle. On n’a pas reçu de menaces contre la section. Pour l’instant, on ne sait rien, il n’y a pas d’indices, mais on n’exclut rien. »

Les forces de l’ordre étaient en tout cas rapidement sur place, dimanche, et la police scientifique a procédé à différents prélèvements pour faire la lumière sur les causes du feu. En fonction des premiers éléments qui remonteront, les communistes décideront ou non d’un dépôt de plainte. La devanture du local d’Aubervilliers avait déjà été couverte de tags en mars 2022 [disant « PCF Traître !« ], qui visaient Fabien Roussel, secrétaire national du PCF lors de la campagne à l’élection présidentielle à laquelle il était candidat.

Anarchist Book Fair Gent

Publié le 2024-03-13 08:30:08

This year the 20th Book Fair will take place in Ghent ! For the first time, we are calling it the Anarchist Book Fair (formerly (A)lternative Book Fair). As icing on the cake, this festive edition lasts two days.



Dit jaar vindt de 20e Boekenbeurs in Gent plaats !
Voor het eerst noemen we het de Anarchistische Boekenbeurs (voorheen (A)lternatieve boekenbeurs). Als kers op de taart duurt deze feesteditie twee dagen.

Waarom een boekenbeurs organiseren ?

We willen het papier in onze handen vieren, ver weg van de digitale nachtmerrie die in onze intiemste kringen kruipt. Op de boekenbeurs vind je naast boeken tal van andere publicaties, brochures, pamfletten, posters en stickers. Van oude romans en revolutionaire klassiekers, over filosofie en poëzie tot hedendaagse sociale kritiek of de nieuwste oproepen tot strijd : ze vertrekken vanuit de wil om de wereld ingrijpend te veranderen. Ze delen ideeën en proberen die te verdiepen. Ideeën, geen vermarktbare, like-bare, brave opinies zonder inzet.

Maar de boekenbeurs is nog veel meer !

Voor ons ging het nooit alleen over boeken en publicaties. De anarchistische boekenbeurs is ook een internationale bijeenkomst van anarchisten en antiautoritairen, met discussies, workshops en informele uitwisseling. We willen met de boekenbeurs bijdragen aan het versterken van de anarchistische beweging in de lage landen. We zien het als een instrument om ideeën te verdiepen, een gelegenheid om voorstellen te lanceren en om banden te smeden tussen individuen en groepen. We willen onze passies met elkaar delen, we willen meehelpen om een context te creëren waar woorden en daden met elkaar dansen en elkaar versterken.

Dat we voor deze 20ste editie van naam veranderen is dus niet toevallig. Maar nog meer dan een naamsverandering, maken we ook enkele inhoudelijke keuzes die zullen gereflecteerd worden in de stands en in het inhoudelijke programma. Voor ons is het anarchisme onverenigbaar met autoriteit. Het draagt een offensieve positie tegenover de macht en een wil tot subversie in zich.

We leven in tijden van oorlog en verharding van de levensomstandigheden. We worden allen opgeroepen om de broekriem aan te spannen, harder te werken en mee te marcheren op het ritme van het militarisme dat overal de kop opsteekt. Tegelijkertijd worden we binnenkort door de staat uitgenodigd om met onze ‘stem’ te participeren in het grote circus dat hun macht over ons legitimeert.

Eerder dan ons neer te leggen bij dit sombere panorama, vragen we ons af wat we hier als anarchisten tegenover kunnen zetten. Eerder dan zelf te vervallen in de valstrikken van de macht – militarisme, politieke berekeningen, apathie – willen we op zoek gaan naar onze mogelijkheden en uitgaan van onze eigen kracht. Wat betekent het om een anarchistische utopie in onze harten en hoofden te hebben ?

Welkom in het Landhuis op 4 en 5 mei ! Hou je oren en ogen open voor het
volledige programma. Tot dan en leve de anarchie !


Cette année, la 20e Foire du livre aura lieu à Gand ! Pour la première fois, nous l’appelons la Foire du livre anarchiste (anciennement Foire du livre (A)lternatif). Cerise sur le gâteau, cette édition festive dure deux jours.

Pourquoi organiser une foire du livre ?

Nous voulons célébrer le papier entre nos mains, loin du cauchemar numérique qui s’insinue dans nos cercles les plus intimes. A la foire du livre, outre les livres, vous trouverez de nombreuses autres publications, des brochures, des tracts, des affiches et des autocollants. Des romans anciens aux classiques révolutionnaires, en passant par la philosophie, la poésie, la critique sociale contemporaine aux derniers appels à la lutte : ils partent de la volonté de changer radicalement le monde. Ils partagent des idées et cherchent à les approfondir. Des idées, non pas des opinions commercialisables, des opinions à liker, des opinions sympathiques sans enjeux.

Mais la foire du livre, c’est bien plus que cela !

Pour nous, il n’a jamais été question seulement de livres et de publications. La foire du livre anarchiste est aussi un rassemblement international d’anarchistes et d’anti-autoritaires, avec des discussions, des ateliers et des échanges informels. Nous voulons que la foire du livre contribue à renforcer le mouvement anarchiste. Nous la voyons comme un outil pour approfondir les idées, une occasion de lancer des propositions et de forger des liens entre individus et groupes. Nous voulons partager nos passions, nous voulons contribuer à créer un contexte où les mots et les actes dansent les uns avec les autres et se renforcent mutuellement.

Le fait que nous changions de nom pour cette 20e édition n’est donc pas un hasard. Mais plus encore qu’un changement de nom, nous faisons aussi des choix de contenu qui se traduiront dans les stands et dans le programme de contenu. Pour nous, l’anarchisme est incompatible avec l’autorité. Il est porteur d’une position offensive contre le pouvoir et d’une volonté de subversion.

Nous vivons une époque de guerre et de durcissement des conditions de vie. Nous sommes toutes et tous appelés à nous serrer la ceinture, à travailler plus dur et à marcher au rythme du militarisme qui se manifeste partout. En même temps, nous serons bientôt invité.e.s par l’État
à participer par notre vote au grand cirque qui légitime leur pouvoir sur nous.

Plutôt que de nous résigner à ce sombre panorama, nous nous demandons ce que nous pouvons faire, en tant qu’anarchistes, pour le contrer. Plutôt que de tomber nous-mêmes dans les pièges du pouvoir – militarisme, calculs politiques, apathie – nous voulons rechercher nos possibilités
et partir de nos propres forces. Qu’est-ce que cela signifie d’avoir une utopie anarchiste dans nos cœurs et nos esprits ?

Bienvenue au Landhuis les 4 et 5 mai ! Gardez vos oreilles et vos yeux ouverts pour connaître le programme complet. D’ici là, vive l’anarchie !


(ES)

¡Este año la 20ª Feria del Libro tendrá lugar en Gante ! Por primera vez, la llamaremos Feria del libro anarquista (anteriormente Feria del libro (A)lternativa). Y como guinda del pastel, esta edición festiva durará dos días.

¿Por qué organizar una feria del libro ?

Queremos celebrar el papel entre nuestras manos, lejos de la pesadilla digital que se infiltra en nuestros círculos más íntimos. En la feria del libro, además de libros, encontrarás muchas otras publicaciones, catálogos, panfletos, posters y pegatinas. Desde novelas antiguas y clásicos revolucionarios, hasta filosofía y poesía, pasando por la crítica social contemporánea o las últimas llamadas a la lucha : todas ellas empiezan por la voluntad de cambiar radicalmente el mundo. Comparten ideas y buscan profundizar en ellas. Ideas, no opiniones comercializables, agradables, opiniones sin apuestas.

¡Pero la feria del libro es mucho más que esto !

Para nosotres, no ha sido nunca solamente una cuestión de libros y de publicaciones. La feria del libro anarquista es también un encuentro de anarquistas y personas anti-autoriarias, con discusiones, talleres, e intercambios informales. Queremos que la feria del libro contribuya a fortalezer el movimiento anarquista. La entendemos como una herramienta con la que profundizar ideas, una oportunidad para lanzar propuestas y forjar vínculos entre individuos y grupos. Queremos compartir nuestras pasiones, queremos contribuir a crear un contexto donde palabras y acciones bailen entre ellas y se refuercen mútuamente.

El hecho de que cambiemos de nombre en esta 20ª edición no es ninguna coincidencia. Más que un simple cambio de nombre, estamos tomando también decisiones de contenido que se reflejarán en los estantes y en el contenido del programa. Para nosotres, el anarquismo es incompatible con la autoridad. El anarquismo conlleva una posición ofensiva contra el poder y una voluntad de subversión.

Vivimos en tiempos de guerra y de endurecimiento de las condiciones de vida. Se nos obliga a apretarnos el cinturón, a trabajar más duro y a marchar al ritmo del militarismo que se manifiesta en todas partes. Al mismo tiempo, el Estado pronto nos invitará a participar con nuestro voto en el gran circo que legitima su poder sobre nosotres.

En vez de resignarnos a este panorama desolador, nos preguntamos qué podemos hacer, nosotres como anarquistas, para contrarrestarlo. En vez de caer en la trampa del poder – militarismo, calculaciones políticas, apatía – queremos buscar nuestras posibilidades partiendo de nuestras propias fuerzas. ¿Qué significa tener una utopía anarquista en nuestros corazones y mentes ?

¡Bienvenides a Landhuis el 4 y 5 de mayo ! Mantened los ojos y oídos bien abiertos para conocer el programa completo.

Hasta entonces,¡ y que viva la anarquía !


(CA)

Aquest any, la 20ª Fira del Llibre tindrà lloc a Gent ! Per primera vegada, l’anomenarem Fira del llibre anarquista (anteriorment Fira del llibre (A)lternativa. I com a cirereta del pastís, aquesta edició durarà dos dies.

Per què organitzar una fira del llibre ?

Volem celebrar el paper entre les nostres mans, lluny del malson digital que s’infiltra en els nostres cercles més íntims. A la fira del llibre, a més a més de llibres, trobaràs moltes altres publicacions, catàlegs, pamflets, pòsters i pegatines. Des de noveles antigues i clàssics revolucionaris, a filosofía i poesía, passant per la crítica social contemporània o les últimes crides a la lluita : totes elles comencen per la voluntat de canviar radicalment el món. Comparteixen idees i busquen aprofundir-hi. Idees, no pas opinions comercialitzables, agradables, valentes però sense apostes.

Però la fira del llibre és molt més que això !

Per a nosaltres, no ha sigut mai tan sols una qüestió de llibres i publicacions. La fira del llibre anarquista és també una trobada d’anarquistes i persones anti-autoritàries, amb discussions, tallers, i intercanvis informals. Volem que la fira del llibre contribueixi a enfortir el moviment anarquista. L’entenem com una eina amb la que aprofundir idees, una oportunitat per a llançar propostes i forjar vincles entre individus i grups. Volem compartir les nostres passions, volem contribuir a crear un context on paraules i accions ballin entre elles y es reforcin mútuament.

El fet de que cambiar el nom en aquesta 20ª edició no és cap coincidència. Més que un simple canvi de nom, estem prenent també decisions de contingut que es reflexaran als estands i en el contingut del programa. Per a nosaltres, l’anarquisme és incompatible amb l’autoritat. L’anarquisme comporta una posició ofensiva contra el poder i una voluntat de subversió.

Vivim en temps de guerra i d’enduriment de les condicions de vida. Se’ns obliga a apretar-nos el cinturó, a treballar encara més dur, i a marxar al ritme del militarisme, que es manifesta arreu. A la vegada, l’Estat aviat ens convidarà a participar amb el nostre vot al gran circ que legitima el seu poder sobre nosaltres.

En comptes de resignar-nos a aquest panorama desolador, ens preguntem què podem fer, nosaltres com anarquistes, per a contrarrestar-lo. En comptes de caure a la trampa del poder – militarisme, calculacions polítiques, apatía – volem buscar les nostres possibilitats partint de les nostres forces. Què significa una utopía anarquista en els nostres cors i ments ?

Benvingudes a Landhuis el 4 i 5 de maig ! Mantingueu ulls i orelles ben obertes per a conèixer el programa complet.

Fins llavors, i visca l’anarquia !


Why organise a book fair ?

We want to celebrate the paper in our hands, far away from the digital nightmare that creeps into our most intimate circles. At the book fair, in addition to books, you will find plenty of other publications, brochures, pamphlets, posters and stickers. From old novels and revolutionary classics, to philosophy and poetry to contemporary social criticism or the latest calls to struggle : they start from the will to radically change the world. They share ideas and seek to deepen them. Ideas, not marketable, likeable, brave opinions without stakes.

But book fair is much more !

For us, it was never only about books and publications. The anarchist book fair is also an international gathering of anarchists and anti-authoritarians, with discussions, workshops and informal exchange. We want the book fair to contribute to strengthening the anarchist movement. We see it as a tool to deepen ideas, an opportunity to launch proposals and forge links between individuals and groups. We want to share our passions, we want to help create a context where words and deeds dance with each other and reinforce each other.

So the fact that we are changing names for this 20th edition is no coincidence. But even more than a name change, we are also making some content choices that will be reflected in the stands and in the content programme. For us, anarchism is incompatible with authority. It carries an offensive position against power and a will to subversion.

We live in times of war and hardening living conditions. We are all called upon to tighten our belts, work harder and march along to the rhythm of militarism that is rearing its head everywhere. At the same time, we will soon be invited by the state to participate with our vote in the great circus that legitimises their power over us.

Rather than resign ourselves to this bleak panorama, we ask ourselves what we, as anarchists, can do to counter this. Rather than falling into the traps of power ourselves - militarism, political calculations, apathy - we want to look for our possibilities and start from our own strengths. What does it mean to have an anarchist utopia in our hearts and minds ?

Welcome to ’t Landhuis on 4 and 5 May ! Keep your ears and eyes open for the full programme. Until then and long live anarchy !



Atlanta (USA) : Des nouvelles de Jack

Publié le 2024-03-13 08:35:08

Unoffensive Animal / lundi 11 mars 2024

Mise à jour du 17 mars 2024 (Attaque) :

Mise à jour du 15 mars [Unoffensive Animal] :

Jack a été transféré et a perdu toutes les anciennes lettres. Il a une nouvelle adresse, s’il vous plaît, écrivez-lui dès que possible !

Cobb County Sheriff’s office, Georgia
John Mazurek #001109335
PO Box 247
Phoenix, MD 21131
(États-Unis)

Les lettres :
– doivent être écrites seulement avec de l’encre noir ou bleu ;
– il ne faut pas y parler de son affaire judiciaire ;
– il doit y avoir un adresse d’expediteur.trice qui comprend nom et prénom ou le nom d’une organisation.

Vous pouvez aussi lui envoyer des livres. Il aimerait lire des livres d’histoire et de poésie et voudrait aussi des livres pour apprendre l’espagnol. Les livres doivent arriver directement d’une maison d’édition et doivent être neufs, sans rien écrit dedans, avec couverture souple. L’adresse pour lui envoyer des livres est :

Cobb County Adult Detention Center
John Mazurek
#001109335
PO Box 100110
Marietta, GA 30061
(États-Unis)

*****

Jack était censé passer au tribunal lundi dernier [le 4 mars ; NdAtt.], mais les ordures ont décidé à la dernière minute de le mettre en état d’accusation et d’annuler ces procédures. Pour cette raison, il est toujours en prison, dans l’attente de la première audience.

Son adresse a engendrement changé, veuillez donc écrire à cette nouvelle adresse, à partir e maintenant :
John Mazurek
#PO2402124
Cell 208 Wing 5 North
C/O Securus Digital Mail Center
Fulton County Jail
PO Box 989
Lebanon, MO 65536 (États-Unis)

Il y a aussi un site internet, où vous pouvez trouver des nouvelles :
https://www.freejack.co/

S’il vous plaît, envoyez-lui une lettre aujourd’hui et assurez-vous qu’il sache qu’il est aimé. Il aime la musique (spécialement l’hardcore punk straight edge, ,mais aussi le hiphop), il aime aussi l’escalade, mais il s’intéresse aussi à plein d’autres sujets, comme les recettes véganes à cuisiner en prison, la menuiserie, la poésie et simplement des choses de tous les jours, comme un coucher du soleil ou une balade en forêt, du coup choisissez n’importe quel sujet et envoyez-lui quelques lignes.

Il y a une collecte de fonds pour les frais de justice et pour qu’il puisse cantiner :
https://givebutter.com/tLAvDE

SOLIDARITÉ !

Brême (Allemagne) : Contre la terreur étatique ! Un poste de police attaqué

Publié le 2024-03-13 08:40:04

de.indymedia.org / lundi 11 mars 2024

Depuis l’arrestation de Daniela Klette*, la République fédérale se retrouve en mode « chasse à la RAF », on pourrait penser qu’on a voyagé en arrière à travers le temps. A Berlin, des flics des unités d’intervention prennent d’assaut un appartement après l’autre, dans l’espoir de s’emparer aussi des autres militants recherchés. Nous souhaitons beaucoup de chance à Burkhard et Volker dans leur cavale !

Ils ne sont pas, loin de là, les seuls militant.es qui se sont caché.es avec succès, malgré des mandats d’arrêt publics et une forte pression dans les recherches. Les antifascistes inculpé.es dans l’affaire des antifas de Budapest sont aussi recherché.es à l’aide d’avis publics. Le spectacle autoritaire doit nous faire peur, à tou.tes. Celui/celle qui ne se laisse pas intimider et continue à militer activement doit s’attendre à finir en taule ou à devoir se cacher.
Ici aussi, à Brême, le Parquet et les flics mènent régulièrement des perquisitions domiciliaires contre des personnes appartenant à la gauche radicale. Ils viennent dans nos appartements, menacent nos espaces de vie et piquent nos trucs. Ne laissons pas ces attaques sans réponse !
En solidarité autonome avec les personnes recherché.es, la nuit dernière nous avons rendu visite au poste de police du quartier Neustadt. Nous avons endommagé les vitres de sécurité des fenêtres avec des pierres et approvisionné en air frais cette chiotte de repaire à flics.

Liberté pour Daniela !
Haine éternelle pour la police

Autonome Gruppen

 

* Note d’Attaque : membre de la Rote Armee Fraktion, elle est accusée, avec les camarades Ernst-Volker Staub et Burkhard Garweg, des dernières actions de l’organisation (auto-dissoute en 1998), dont l’attaque explosive qui a grandement endommagé la prison, à peine construite, de Weiterstadt (27 mars 1993), et de plusieurs braquages, notamment pour financer leurs vies en clandestinité.
Daniela a été arrêtée à Berlin le 26 février 2024, avec un grand déploiement de forces policières.
Fin 2023, le journaliste radio Khesrau Behroz a demandé de l’aide au journaliste d’investigation Michael Colborne (photo ci-contre), du journal en ligne Bellingcat, pour remonter la trace de la camarade. Grâce au site de reconnaissance faciale PimEyes (qui a comparé la photo de l’avis de recherche de Daniela, jeune, avec un très grand nombre d’images présentes en ligne), ce dernier l’a trouvée sur une photo relativement récente, provenant d’une association qui donne des cours de capoeira, à Berlin.
La police allemande s’est limitée à déclarer qu’elle l’a découverte grâce à une dénonciation faite par un.e citoyen.ne.

Indymedia Lille

Publié le 2024-03-13 10:30:03

J’ai lu l’article "Black Corp : bras armé des expulseurs" paru ya quelques jours sur Marseille Infos Autonomes[1], qui raconte une expulsion violente par l’entreprise Black Corp, et ça m’a énervé que cette entreprise expulse des gens, et comme l’article contenait des premières recherches sur la structure de Black Corp, j’ai eu envie de continuer un peu ces recherches. J’ai trouvé quelques trucs.

Les entreprises de Black Corp

Black Corp est composée d’un tas d’entreprises différentes, toutes liées d’une manière où d’une autre à un certain Jean-Christophe Vigne, 34 ans[2] dont on trouve de nombreuses photos sur le compte Instagram de l’entreprise @blackcorpofficiel. L’entreprise a pignon sur rue au 7 rue Maurice Grosjean à Marseille : à cette adresse, la devanture visible sur Google Street View montre le nom de l’entreprise, son logo, son numéro de téléphone (09.83.71.93.80) et son adresse email (secretariat@blackcorp.fr).

Parmi les entreprises de Black Corp, ya notamment :

Jean-Christophe Vigne

Il est probable que Jean-Christophe Vigne ou l’un de ses associés habite au 68, Traverse des Fenêtres Rouges à Marseille. En effet, cette adresse était l’adresse de "Black Corp Protect" jusqu’en 2021[3] et est depuis mai 2023 le siège social de l’entreprise de production d’électricité "Vigne Jean-Christophe"[9].

Luc Donat

Il est probable que Luc Donat ou l’un de ses associés habite au 193, Rue Breteuil à Marseille. En effet, Luc Donat y habitait en septembre dernier[10].

Le restaurant-club "Le Crystal"

Jean-christophe Vigne est également bénéficiaire à 34% de l’entreprise Nedovi[2], qui possède un établissement déclaré au restaurant Le Crystal au 19, avenue des Paluds à Aubagne[11]. L’adresse email de ce restaurant utilise d’ailleurs le nom de domaine de Black Corp : secretariat.lecrystal@blackcorp.fr[11]. Les numéros de téléphone du restaurant c’est 06.52.16.80.88 et 06.51.23.54.93[11].

[1] : https://mars-infos.org/black-corp-bras-arme-des-7420
[2] : https://www.pappers.fr/dirigeant/jean-christophe_vigne%20_1990-02
[3] : https://www.pappers.fr/entreprise/black-corp-protect-894468412
[4] : https://www.pappers.fr/dirigeant/lucie_chimento_1987-04
[5] : https://www.pappers.fr/entreprise/sci-blackcorpfondation-885009423
[6] : Comme on peut le voir en cherchant le numéro SIREN de la S.C.I., "885009423", sur cadastre.squat.net.
[7] : https://www.pappers.fr/entreprise/blackcorp-accueil-et-services-979737434
[8] : https://www.pappers.fr/dirigeant/luc_donat_2004-10
[9] : https://www.pappers.fr/entreprise/vigne-jean-christophe-982358814
[10] : https://entreprises.lefigaro.fr/blackcorp-night-event-s-13/entreprise-979737434
[11] : https://le-crystal-aubagne.eatbu.com


Italie : Zac aux arrestations domiciliaires !

Publié le 2024-03-14 05:50:03

Il Rovescio / mardi 12 mars 2024

Un an après son arrestations, ce matin, pendant une audience du procès de Zac, le collège de la Cour d’assises de Naples a donné un avis favorable à la requête d’être transféré aux arrestations domiciliaires, présentée il y a quelques jours par son avocat.

Il a pu rentrer chez lui par ses moyens et il pourra voir ses colocs et les personnes qui le soutiennent.

 

Note d’Attaque : en plus du procès en cours pour un incendie criminel contre le consulat grec en 2021 (pendant la campagne de solidarité avec le prisonnier révolutionnaire Dimitris Koufontinas), Zac risque d’être soumis à une mesure de surveillance spéciale pendant deux ans et demi à partir de quand il sera libéré. L’appel de cette décision administrative a été fixé pour le 7 mai.

Bobigny: appel à soutien, procès des personnes arrêtées lors de l’expulsion du squat d’organisation rue de la Fédération à Montreuil

Publié le 2024-03-14 05:55:04

Bobigny: appel à soutien, procès des personnes arrêtées lors de l’expulsion du squat d’organisation rue de la Fédération à Montreuil

Le 1er novembre dernier, la manif du début de la trêve hivernale à Montreuil, s’est achevée dans la cour d’un nouveau squat d’organisation politique.

Le squat, situé rue de la Fédération dans un bâtiment des impôts désaffecté, a été expulsé quelques jours plus tard, le 7 novembre. 7 personnes ont été arrêtées dans la rue, devant le squat et 5 personnes ont été arrêtées à l’intérieur.

Ce texte raconte ce qui s’est passé à l’intérieur du squat, puis en GAV, et donne quelques éléments du dossier. Les 7 personnes de l’extérieur sont sorti-es sans suite, dont 2 sous X. Les 5 personnes de l’intérieur passent en procès le 15 mars.

On a voulu écrire ce texte parce que les expulsions s’enchaînent, qu’on squat des apparts, des maisons ou des gros bâtiments vides – comme celui des Lilas ou celui de la rue de la Fédération. On pense que c’est important de discuter de pourquoi et comment ces expulsions s’organisent, de parler des GAV et des procès qui s’en suivent.

C’est aussi un moyen pour nous de rappeler que le 15 mars prochain à Bobigny a lieu le procès des 5 potes. Un report sera demandé par les avocates et sera probablement accordé (mais pas sûr à 100%).
C’est aussi une manière de faire de ce procès (et des autres) ceux de la loi Kasbarian, maintenant ministre de la propriété privée, qui nous ont fait sacrément chier.

On veut mentionner que la loi Kasbarian c’est, à notre connaissance, 3 procès de squat (1 à Marseille et 2 dans le 93) depuis le début de son application. Depuis, d’autres squats tiennent toujours, des nouveaux ont ouvert et des squats se sont fait expulsés sans avoir besoin de la loi Kasbarian la Renardière en novembre, et un squat au Kremlin-Bicêtre en février.

Perquiz, expulsion, interpellation, ou tout ça en même temps

« C’est le 6e matin après la visibilisation du squat lors d’une manif à faire cauchemarder les bourgeois.es. On s’y est attaché.es, à ce bat et on a envie d’y croire !

On a du mal à capter si et comment la loi Kasbarian va être appliquée, mais on sait que la pref du 93 a les nerfs contre les squats, et que la mairie communiste de Montreuil ne nous aime pas plus. On dérange. Surtout avant les Jeux Olympiques.

Un des gros enjeux c’est de savoir si le squat peut tenir passé les 8 jours après l’ouverture de l’enquête de flagrance. D’ailleurs, les flics ont dit à une voisine qu’après 7 jours iels ne pouvaient plus nous expulser. On ne sait pas si c’est vrai.

Le mardi 7 novembre vers 7h, 2 sections de CRS, la BI, les pompiers (qui décidément à Montreuil passent un sacré paquet de temps à expulser débarquent devant le bât pour expulser tout le monde, sous la surveillance attentive de 2 drones.

On a appris avec l’expulsion de la Baudrière, puis du squat des Bara, que l’utilisation de drones implique la publication d’un arrêté préfectoral (très exactement nommé : « arrêté autorisant la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur des aéronefs »). C’est un bon indicateur d’une expulsion à venir. Si tout le monde peut les consulter parce qu’ils sont publiés sur internet, on s’est quand même re-fait avoir. Un arrêté paru la veille de l’expulsion mentionnait, à Montreuil, un « bâtiment désaffecté appartenant au Ministère de l’Économie occupé illégalement par une cinquantaine d’individus de la mouvance anarchiste ». Peu probable qu’ils parlent pas de nous.

Les drones leur ont essentiellement permis de nous mater pendant qu’on prenait notre petit dej – et de confondre nos croissants et nos bonbons avec des projectiles. Ceux qu’on a pas mangé se sont transformés en festin pour flic.

Quand les flics arrivent devant le bât, il y a une quinzaine de personnes présentes devant. Iels interpellent 6 copaines pour « groupement » et un parent d’élève qui passait par là. Une personne a été légèrement blessée. Ensuite iels sont passé.es par chez un voisin (qu’on nommera Fred La Poukav, pour que ce texte paraisse sur PLI) pour faire des repérages. Après ça, les deux portails ont été ouverts mais on n’a rien vu.

Le bâtiment était presque entièrement vitré, donc imbarricadable. Le seul lieu dans lequel c’était possible de se défendre des flics était une salle blindée de coffre-fort planquée au sous-sol du bat, dans le noir, sans fenêtres. C’est donc là qu’il avait été décidé de se mettre en cas d’arrivée des flics. L’idée était de voir combien de temps c’était possible de résister au matos de la police, mais la grande question était surtout de savoir ce qu’iels auraient sous la main au moment où iels tenteraient d’expulser.

Mais c’était sans compter sur le VÉRIN HYDRAULIQUE.

Après avoir tenté plusieurs codes (oui oui.) pour ouvrir le coffre, les coups de bélier, tapé un peu partout dans les murs dans l’espoir de trouver un point plus faible que les autres, la porte blindée se tord en un coup de vérin. Iels finissent d’ouvrir la porte au pied de biche.

Iels ouvrent au bout d’une quarantaine de minutes, on est aveuglé.e par les torches que les CRS nous braquent dessus. Les flics sont paniqué.es, iels ne savent pas combien de personnes sont à l’intérieur, y’a même un backeu qui braque son flingue sur nous. Iels crient « mains en l’air !! » et finissent par se calmer en voyant qu’il n’y a que 5 personnes. Tout le monde est interpellé, et monté un par un dans la cour.

Le vérin, il fallait y penser. »

Dans un jeu de devinette pour savoir s’iels sont des « monsieurs » ou des « madames », les copaines ont été interpellé.es dans la cour du bâtiment, sous le regard attentif de la caméra-épaule des flics.

Pas de perquiz, contrairement à ce que prévoit la nouvelle loi, mais l’évacuation d’un squat hors procédure à laquelle on ajoute un délit puni de deux ans, qui permet de mettre les genx en garde-à-vue.

Un concours de la plus grosse poucave rue de la Fédération

On a voulu s’installer dans un quartier de bourges : Montreuil limite Vincennes. Certain.es voisaines nous ont chaleureusement accueilli.es, sont venu.es dans le squat, nous ont prêté leur toilettes et même filé de la récup. Mais malgré les tracts, notre porte ouverte et le café tous les matins, des voisaines, plus nombreux.ses, ont carrément débordé de créativité pour nous déloger.

Comme ça a été évoqué là cette expulsion a été grandement facilitée par les voisaines vigilant.es. En plus des les menaces de mort, de notre électricité coupée, des allers-retours dans le jardin depuis chez le voisin avec coups de barre de fer sur le portail, du groupe whatsapp d’une quarantaine de voisaines pas content.es, et de la pétition ; iels ont rempli le dossier des keufs. Dans le dossier, il n’y a rien de matériel, pas un début de tentative de trouver une voie de fait (entrée par effraction) ou des dégradations, seulement des pages et des pages de photos et de création de profil, fournies par des voisain-es venu.e.s porter plainte au comico.

Dès la manif du 1er, Géraldine SuperPoucav a appelé le service immobilier de l’État, pour l’avertir que des méchant.es squatteureuses ont investi le bâtiment des impôts désaffecté, dont il avait sûrement grand besoin. Peu satisfaite de sa poucaverie numéro 1, Géraldine a appelé les keufs dans la foulée (bien qu’iels étaient déjà sur place, pour la manif). Toujours pas rassasiée, notre SuperPoucav a rappelé le comico deux jours plus tard, avec de nouvelles infos. En l’espèce, elle détient la photo d’un passant qui n’a rien à voir avec le bourbier, qui devient un « guetteur » au yeux des enquêteurs. Brillant.

Désolé Géraldine, mais la palme revient à Fred Lapoucave – dont on a déjà parlé -, et à son fils. Voisins mitoyens du squat, ils ont pris plusieurs photos qu’ils ont filées aux flics. Mais ce n’est pas tout. Après avoir menacé des personnes physiquement, menacé de sortir une arme, menacé de massacrer quiconque rentrerait chez eux, et insulté à peu près tout le monde ; Fred a carrément proposé aux flics de passer par chez lui pour avoir un accès facile au bat. Ce qu’iels ont fait. Il leur a aussi ramené notre sonnette au comico (un bout de papier avec un numéro de téléphone pour se faire ouvrir la porte, qu’il dit d’abord avoir décroché lui-même, avant d’inventer qu’il l’aurait trouvé dans sa boîte aux lettres).

Mention spéciale pour Chaz Balance De Lapoucaverie, nobliau vincennois qui n’aime ni les petits dejs sur la voie publique, ni les livraisons de bouteilles d’eau, mais qui fait des super photos avec son téléobjectif.
C’est la bourgeoisie dans tous ses états, qui panique parce qu’on s’approche un peu trop près et qu’on touche à son plus précieux bijou : la propriété. Elle nous l’a bien rendue.

À toutes les autres poucaves qui ont joué au concours de la poucaverie : on vous déteste aussi.

Gardes-à-vue, confusions et (anti)répression. Ou comment on a foutu le bordel avec nos gueules de queeros

Même si Fred Lapoucave avait l’air plutôt sûr de lui dans ses insultes sexistes et dans sa poucaverie niveau stalker (« C’est presque que des filles. Je prends des photos d’eux tout le temps » a-t-il déclaré aux condés, photos à l’appui), les flics ont eu bien du mal à nous insérer quelque part dans leur schéma binaire.

À l’arrivée en gav, une seule personne avait des papiers, qui sont retrouvés par les flics lors de la fouille. Pour les autres, des identités plus ou moins genrées ont été données à l’oral, alors ça foutait le zbeul dans les petites cases de la police. Ça a donné des trucs un peu marrants : trans ou pas, on n’est pas genré.es deux fois de la même manière dans les PV.

Les noms qui ont été donnés étaient plus ou moins genrés, mais c’est surtout en fonction de l’apparence que les flics choisissent les cellules. Par exemple un pote qui était à peu près sûr d’être mis chez les meufs a choisi un nom neutre pour faire chier, un autre a choisi un nom féminin pour pas être identifié comme trans.

Y a aussi eu des trucs un peu moins marrants : un copain trans a passé les premières heures de GAV à l’isolement dans les chiottes, sans lumière et sans fenêtre, parce que les flics s’étaient mis en tête que c’était une personne transfem. « À force de taper sur les grilles et de gueuler »Rendez-nous X« , on a fini par récupérer notre pote, même si les flics n’ont pas changé leur avis sur son genre supposé. Comme quoi parfois, il faut juste crier longtemps. »

Un autre copain trans s’est fait fouiller l’entre-jambe avec beaucoup d’insistance, c’est pas très clair pour lui s’il s’agissait pas juste de satisfaire la curiosité malsaine de la keuf.

Malgré leurs questions « inclusives » (tu veux être fouillé par un homme ou une femme ?), c’est encore un épisode qui nous confirme que le genre c’est toujours de la merde, et que dans un comico, ça peut vite devenir un moyen de pression supplémentaire.

Le fait d’être en cellule ensemble pour les potes a permis de gérer collectivement les trucs de genre, mais aussi de refuser ensemble les prises d’empreinte, d’anticiper un déferrement etc. Mais iels ont beau avoir perdu les keufs sur le genre, iels n’ont pas réussi à les perdre sur tout. Il ne leur a fallu que quelques heures pour retrouver les identités (avec filiation) de deux personnes, une au FPR (Fichier des Personnes Recherchées dans lequel figurent entre autres les fiches S) et une « dans les fichiers à leur disposition ».

Pendant les auditions, il n’y a rien à déclarer, mais les flics posent parfois des questions en off. Ça à l’air d’en intéresser certains d’établir une sorte de « profil du squatteur », alors iels posent des questions sur la musique, les études, les projets et ambitions qu’iels jugent inexistantes. Iels ont l’air de s’amuser. Mais c’est souvent un moyen de nous faire parler sans qu’on s’en rende compte, et de récupérer des infos qui peuvent finir par charger le dossier. Quoi qu’iels fassent de ces infos, moins iels en savent mieux c’est !

Après une prolongation, 4 personnes sur 5 sont sorties avec convocation au bout de 28h de GAV, et une personne a été déferrée pour une CPVCJ (Convocation par Procès Verbal avec placement sous Contrôle Judiciaire) avec interdiction de voir 3 personnes. Parmis les personnes convoqué.es à la sortie du comico, 2 sont sorties sans que leurs identités n’aient été vérifiées par les flics.
Pour les 5 potes, c’est donc procès le 15 mars pour « introduction dans un local à usage d’habitation, agricole ou professionnel à l’aide de manoeuvres, de menaces, de voie de fait ou de contrainte » ; et « refus de signalétique ». Une personne est aussi convoquée pour « port d’arme » et « détention de stups », et 2 pour « fourniture d’identité imaginaire pouvant provoquer des erreurs au casier ».

Ne jamais oublier le vérin hydraulique

Parce qu’on est super sympa, on a préparé une petite liste des trucs à penser pour se faire un peu moins boloss :

– Regarder les arrêtés préfectoraux (parfois ils sont publiés à 23h la veille)
– Finir ses croissants, sinon les flics les finiront pour toi
– Le vérin hydraulique. Penser au vérin hydraulique.
– Ne pas oublier de jeter ses déchets avant la fouille. Un petit couteau est vite requalifié en arme et s’iels veulent bien fouiller, iels trouvent même les plus petits pochons qu’on peut avoir sur nous (mais garder les sacs à caca, on sait jamais ça peut servir).
– Aller soutenir les potes au tribunal à Bobigny le 15 mars à 13h


Ex-squat du 86 rue de la Fédération, Montreuil
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Berlin : des nouvelles de Tesla et un second communiqué du groupe Volcan

Publié le 2024-03-14 15:25:07

Une semaine après l’incendie du pylône d’une ligne à haute-tension à Berlin le 5 mars à l’aube, ayant mis volontairement à l’arrêt l’usine européenne de production de véhicules électriques Tesla, cette dernière n’a été reconnectée au réseau électrique que le 11 mars. Et c’est deux jours plus tard, mercredi 13 mars, qu’elle a finalement pu commencer à redémarrer ses nuisances en présence de son PDG Elon Musk, venu sur place à Berlin-Grünheide pour se faire acclamer par ses braves ouvriers, avant de rencontrer des politiciens locaux. Toutefois, « il faudra encore un peu de temps avant que la production ne reprenne entièrement, mais l’étape la plus importante a été franchie », selon le directeur de l’usine, Andre Thierig. Sachant que chaque jour passé sans électricité ni production lui coûtait 50 à 60 millions d’euros, on vous laisse faire le calcul des pertes de Tesla pour ces huit jours de mise à l’arrêt.

Au lendemain du sabotage incendiaire, tandis que les 5000 habitants du quartier de Freienbrink avaient été reconnectés dès le jour même, c’était une toute autre paire de manche pour le gestionnaire du réseau E.dis que de pouvoir le faire pour l’usine Tesla, au vu de la gigantesque quantité d’énergie dont a besoin une telle gigafactory de 12 500 employés. Un vaste chantier d’urgence s’est donc immédiatement déployé dans le champ où se trouvait le pylône cramé. D’abord pour construire une route d’accès temporaire depuis la forêt adjacente afin d’acheminer de lourds engins, ensuite pour dégager de sous la terre boueuse une partie des câbles qui reliaient ce pylône au poste de transformation de Erkner, et enfin pour installer petit à petit une structure parallèle au géant d’acier endommagé après avoir drainé le sol sous ses pieds. Le tout dans une zone désormais entièrement clôturée, avec des travaux effectués à marche forcée en 3×8 (jour et nuit), sous protection policière constante renforcée par des agents de sécurité privée.


Du côté des autorités, après la réaction indignée d’Elon Musk qui a immédiatement twitté « Ce sont soit les écoterroristes les plus bêtes du monde, soit les marionnettes de ceux qui n’ont pas de bons objectifs environnementaux », c’est évidemment à une tentative de décrédibilisation auquel on a assisté, allant du Président (social-démocrate) de la région du Brandebourg dénonçant une « forme de terrorisme », jusqu’aux journaflics traitant les auteur.es du sabotage d’ « enfants de la RAF ». Quelques jours plus tard, le parquet de la Cour fédérale de justice de Karlsruhe a d’ailleurs repris l’enquête en main, ouverte pour « appartenance à une organisation terroriste, sabotage anticonstitutionnel et incendie criminel ».

Du côté des opposants à l’agrandissement de l’usine Tesla sur 170 hectares supplémentaires afin de doubler sa production et atteindre un million de véhicules électriques par an, la forêt du futur site est toujours occupée depuis le 29 février avec des cabanes dans les arbres. Les autorités locales leur ont donné un délai qui court jusqu’au vendredi 15 mars avant de les expulser, alors que l’initiative « Stop Tesla » a demandé une autorisation d’occupation jusqu’au 20 mai. Les porte-parole de ce mouvement mettent essentiellement en avant le « vol d’eau » constitué par ce projet d’agrandissement (Tesla en consomme déjà 1,8 million de m3 par an) ou encore l’augmentation du trafic routier qu’il va générer, ainsi que le sacro-saint respect de la volonté des résidents de la commune de Grünheide, où est située l’usine, qui ont voté à plus de 60 % contre le projet de Tesla dans un scrutin consultatif mi-février. Inutile de dire que certains ont été secoués par le sabotage du 5 mars, et ont relâché des déclarations de distanciation aux médias, reprenant la propagande du pouvoir en insistant sur le fait que eux ne mettaient pas en danger des vies humaines et étaient non-violents.

Berlin, 8 mars 2024. « Guirlande lumineuse » de soutien à Tesla par ses esclaves salariés

Dimanche 10 mars, les opposants à Tesla ont tout de même maintenu leur manifestation sur place contre l’agrandissement du site (avec construction d’une usine de batteries), qui a réuni un millier de personnes à l’appel d’organisations écologistes.
En face, on notera aussi que deux jours plus tôt, vendredi 8 mars au soir, le même nombre d’ouvriers de l’usine Tesla à l’arrêt s’étaient rassemblés pendant deux heures sur le parvis de l’usine à l’appel du comité d’entreprise (jaune), en finissant… par réaliser une guirlande lumineuse collective de soutien à leur entreprise à l’aide de leurs téléphones portables !

Et le groupe Volcan qui a réalisé le sabotage à l’aube du 5 mars, dont on avait déjà traduit ici le long communiqué de revendication, nous direz-vous ? Eh bien, il a tenu à reprendre la parole dans le contexte fiévreux de la semaine dernière, en sortant un second communiqué quatre jours plus tard (le 9 mars), cette fois adressé aux différents groupes d’opposants sur place (habitants de Grünheide ayant organisé le référendum, coordination sur l’eau « Fermer le robinet à Tesla », occupants de la forêt) ainsi qu’aux riverains touchés par la coupure d’électricité. On en trouvera une traduction de l’allemand ci-dessous.

[Synthèse de la presse allemande, 5-14 mars 2024]


Lettre ouverte à l’initiative citoyenne de Grünheide et à l’alliance « Fermer le robinet à Tesla »
Aux différentes organisations et groupes d’action. Aux occupants de la forêt
Aux habitants touchés par la panne d’électricité

Nous, le « groupe Volcan EteindreTesla ! », ne parlons qu’en notre nom. Nous ne parlons pas pour les autres groupes Volcan. Néanmoins, nous nous sommes inspirés des attaques d’autres groupes Volcan et avons utilisé des expressions et des contenus qui nous ont convaincus. Nous partageons largement les attaques menées par l’ensemble des groupes Volcan depuis 2011. Voilà pour les nombreuses spéculations qui existent sur notre propre « groupe Volcan Eteindre Tesla ! »

Nous ne parlons pas non plus au nom de l’initiative citoyenne de Grünheide, ni au nom de l’alliance « Fermer le robinet à Tesla », ni au nom d’autres organisations et groupes d’action qui, pour des raisons diverses, critiquent Tesla, en protestant et en développant une résistance contre elle. Ce que nous avons en commun, c’est la volonté de fixer des limites à Tesla et d’empêcher la construction de l’usine de batteries prévue et des autres activités logistiques, même si notre perspective va bien au-delà de cela. Ce n’est pas un problème pour nous. Nous ne voyons aucune raison de nous distancer de vos groupes publics et nous respectons votre travail.

Nous sommes conscients de la forte pression à laquelle certains groupes locaux n’ont pas pu se soustraire après notre attaque et ses vastes conséquences. Nous lisons de nombreuses déclarations comme un sentiment d’insécurité plutôt que comme une prise de distance. Nous comprenons également l’inquiétude quant au statut de la zone occupée dans la forêt ou l’inquiétude quant à son acceptation par la population. Pourquoi se laisser mettre sous pression et ne pas réagir sereinement face aux demandes flagrantes de prises de distance ? Il n’y a aucune raison de vous distancier de notre attaque, puisque vous n’en êtes pas responsables. Se distancer les uns des autres n’est pas très utile. Tout le monde est libre de se réjouir ouvertement ou secrètement de notre action et de l’arrêt des opérations de Tesla. Quiconque se sent obligé de prendre ses distances devraient se demander pourquoi ? Et qui y a intérêt ?

Suite à l’incendie volontaire contre Tesla

Nous ne pensons pas non plus avoir nui à la « cause ». D’une part, la « cause » peut être perçue différemment. D’autre part, nous proposons une autre perspective :
Nous avons pu mettre en œuvre le « Stop Tesla » [un des slogans de la lutte, NdT] dans un délai très court. L’échec total d’un géant apparemment inattaquable, devrait, au-delà de la pression qui pèse sur nous, faire verser à tous des larmes de joie et nous donner du courage. L’aura d’invulnérabilité a été brisée par cette action. Et si le niveau régional est important, le contexte international l’est tout autant. L’action a placé la résistance contre Tesla sous les projecteurs internationaux, et a également accordé à la résistance locale de l’attention, des encouragements et de l’affluence.
La pression la plus forte, c’est nous qui la subissons. Le chef de la CDU du Brandebourg exprime par exemple la stratégie des autorités d’enquête au plus haut niveau. Selon lui, il s’agit d’arrêter les auteur.es et de les punir avec la plus grande sévérité afin de dissuader les autres pour qu’ils n’aient pas d’idées similaires.
À l’accusation de « sabotage anticonstitutionnel » répond le « droit de résistance ». L’idée est présente partout dans le monde, même si nous risquons d’être arrêté.es.

Nous sommes évidemment partiaux, et nous confions la suite de l’évaluation politique et d’une qualification plus approfondie de l’attaque à d’autres groupes militants.
L’ampleur et l’impact de l’attaque sont d’ores et déjà importants. Avant même que notre communiqué sur l’incendie criminel ait été connu, les actions de Tesla ont chuté de 3%. Le marché ne pardonne ni la vulnérabilité ni la faiblesse. Après tout, un « acteur mondial » de « l’attaque technologique » contre la société a été durement touché et mis en avant. Ce signal a non seulement été immédiatement compris par les politiciens d’État économiquement libéraux, mais a aussi été évalué jusqu’aux plus hauts niveaux des représentants de l’économie et de la politique. Dans les heures qui ont suivi la publication du communiqué, les différentes institutions ont tenté d’éviter que l’image du merveilleux paradis de l’investissement du Brandebourg et de l’Allemagne ne soit ternie et ont pris des contre-mesures. Jörg Steinbach, du ministère de l’économie du Brandebourg, a immédiatement téléphoné à Elend Musk. Ils se sont assurés de leurs intérêts communs concernant l’avenir.

Nous recommandons aux citoyen.nes, aux groupes présents sur place et dans les cabanes, de moins être impressionnés par notre attaque et moins être influencés par la pression visant à prendre leurs distances, mais d’étudier plus attentivement les réactions de la politique, de l’État et finalement de l’économie. Car c’est là que l’on voit avec quelle détermination l’adversaire tente d’imposer la poursuite de l’implantation de Tesla. On peut voir avec quelle détermination ils s’accrochent au modèle de société du « progrès destructeur ». Nous n’approfondirons pas ici le contenu de ce dernier. Certains textes plus anciens d’autres groupes Volcan et de nombreux autres groupes militants ont dit quelque chose à ce propos.

Nous ne voulons pas seulement empêcher quelque chose. Ensemble, nous sommes tous capables d’amorcer un changement de direction. Tesla peut devenir un des points de cristallisation de cette confrontation avec le modèle de société mondial du « progrès destructeur ». L’enjeu dépasse donc largement le cadre régional.
Dans ce sombre changement d’époque, notre action est un petit phare qui, avec de vieux pneus, a atteint, d’après nos mesures sur place, environ 1000 degrés. Les groupes de sabotage comme le nôtre sont une partie importante de la résistance, même si les priorités d’autres groupes importants sont différentes. Aucun petit groupe de militants, aucun groupe régional, aucun groupe d’action non-violente ne peut venir seul à bout de ce grand ennemi. On ne peut arrêter Tesla qu’ensemble.
Nous ne prenons pas nos distances.
Pour nous, agir non-violent et agir radical [« militant« , en allemand, NdT] ne sont pas contradictoires.

Pour diviser le mouvement contre Tesla, les politiciens et les autorités chargées de l’enquête ont eu recours à des astuces rhétoriques bien connues. « Extrémistes de gauche », « RAF verte », « terrorisme », « éco-terroristes les plus stupides du monde », « enfants de la RAF », « rage destructrice aveugle », « proche du terrorisme », « bande de criminels internationaux », « association terroriste » sont autant de tentatives de stigmatisation. Ils essayent de créer une désolidarisation au sein de la population ! Cette rhétorique passe à côté du cœur du problème. Nous ne sommes pas des terroristes et nous ne le deviendrons pas. Nous ne travaillons pas chez Rheinmetall [géant du complexe militaro-industriel allemand, NdT]. Nous ne nous appelons pas Elend Musk. Nous ne laissons pas des gens extraire du lithium dans des conditions horribles. Nous ne détruisons pas la terre. Nous ne faisons pas du négoce de céréales en bourse. Nous ne voulons pas tuer d’autres personnes ni accepter leur mort à bon compte pour maximiser les profits.
Nous sauvons même les escargots sur les pylônes électriques avant d’y mettre le feu quelques minutes plus tard.

Nous avons exclu toute mise en danger de la vie d’autrui. L’attaque n’aurait jamais été menée si nous avions eu le moindre doute à ce sujet. Nous avons pris le plus grand risque. Là aussi, nous n’avions pas le droit à l’erreur.
Contrairement à Tesla, les hôpitaux et les maisons de retraite dotés d’équipements médicaux, par exemple, sont équipés d’un système électrique redondant. Comme notre action a été claire dans son objectif et ses conséquences, la partie adverse a dû tenter tout ce qui était possible afin de discréditer publiquement cet incendie volontaire réussi. Ils ont repris avec complaisance les instructions du « techno-fasciste » Elend Musk à propos des « écoterroristes les plus stupides du monde ». En l’espace de quelques heures, les politiciens du Brandebourg ont tenté de reprendre la main sur la capacité d’interprétation de l’attaque. La réception de l’action dans les médias a souvent été révélatrice.
Nous tous, qui protestons et résistons, avons beaucoup à apprendre de cette action. Et surtout : aucun des arguments de fond présentés publiquement n’ont jusqu’à présent pu réfuter notre position.

On ne peut que rire de la colère d’Elend Musk. Bien sûr, il doit nous traiter de « stupides écoterroristes » parce qu’il défend son modèle d’entreprise, contre lequel nous avons infligé une égratignure visible sur la carrosserie. Aux dernières nouvelles, comme il devient un donateur potentiel de la campagne présidentielle du putschiste Trump, nous sommes heureux d’avoir cramé une partie de « son » argent. Cet argent lui manquera ailleurs. Car Elend Musk n’a pas d’assurance. Nous sommes agréablement surpris du montant des dégâts causés par le black-out. Mais honnêtement, 10 millions, plusieurs centaines de millions ou un milliard d’euros dépassent notre imagination. Plus longtemps la Gigafactory restera fermée, mieux ce sera pour la planète. Switch-Off ! Tesla.

Il n’y a qu’une seule chose pour laquelle nous voulons nous excuser expressément. Nous n’avons pas vu de possibilité de mener l’action sans que près de 5000 habitations et petites entreprises soient privées d’électricité pendant cinq heures. Selon les médias, tous les foyers ont retrouvé le courant à 10h22. Si nous avions vu une autre possibilité, nous aurions agi différemment. Avant l’action, nous n’avons pas pu vérifier si seule Tesla était reliée au pylône à haute tension spécialement aménagé pour elle, ou si des domiciles supplémentaires l’étaient également. Nous avons visé Tesla, pas les habitations dans lesquels nous vivons. Nous présentons nos excuses à toutes les personnes concernées.

Salutations et bisous

Vos « éco-terroristes les plus stupides du monde »
du « groupe Volcan Eteindre Tesla ! »

[Traduit de l’allemand de de.indymedia, 9 mars 2024]

Attaque contre Tesla

Publié le 2024-03-14T18:50:49+01:00

Abords de Chambery, dans la nuit du 6 octobre 2023.

Ce monde est rempli de voitures et de machines en tout genre. Il y en a pour déplacer les techno-bourgeois, comme ces Tesla sorties des usines d’un des types les plus riches du monde, ou d’un autre. Il y en a pour faire la guerre moderne, où des humains planqués dans un bureau massacrent avec des drones intelligents d’autres humains planqués dans une tranchée. Et pour que les techno-bourgeois se déplacent tranquillement, et pianotent toute la journée sur leurs smartphones, il faut que les autres se massacrent, parce que les technologies ne tombent pas du ciel : on fait la guerre pour ça, et avec ça. Les enjeux décisifs des conflits qui s’annoncent, derrière leurs caractères idéologique ou ethnique, sont aussi l’accès et la maîtrise des ressources énergétiques et des infrastructures. Et les chocs provoqués par cette guerre déjà mondialisée, permettront de doper les marchés de l’électrique, des technologies convergentes, et du nucléaire, en maintenant ceux du pétrole. Dites ça à un techno-bourgeois dans sa Tesla, il vous répondra probablement avec une petite grimace qu’il n’a rien à voir avec tout ça, qu’il est juste écologiste, et que vous êtes complotistes. Pourtant, derrière une banale voiture électrique, et les puces électroniques qu’il y a dedans, c’est bien cette réalité qui se cache (c’est-à-dire : que tout le monde fait mine de ne pas voir). Derrière chaque nouvelle technologie, il y a de nouveaux esclaves, de nouvelles guerres, et les ravages de notre monde.

Ce monde est rempli de voitures et de machines en tout genre, mais cette nuit là, une quinzaine de Tesla sont parties en fumée. C’est pas grand chose, mais c’est toujours ça que les techno-bourgeois n’auront pas.

Ce monde est rempli de caméras. Vingt ans qu’elles poussent comme des champignons dans les rues, dans les maisons, sur les téléphones, dans les voitures, et jusque sur la tête de ces couillons de coureurs en queshua. Juste dans les rues elles sont plus d’un milliard sur terre, et il y en 9 juste sur une Tesla. Notre vie est désormais un film froid qui se déroule dans un nid de mouchards. Et encore : dans les villes d’Europe il y a 4 caméras pour 100 habitants, en Chine c’est 37. Ah bah ça va alors. Caméra directionnelle, caméra 360 degrés, caméra embarquée, caméra connectée, biométrique, algorithmique, infra-rouge : sous prétexte de guerre contre le terrorisme, de l’extérieur ou de l’intérieur, les caméras de surveillance sont devenues une garantie de la liberté. Car les mesures totalitaires arrivent souvent avec le label de la démocratie. Et lorsqu’elles s’incarnent à travers des dispositifs technologiques omniprésents, elles nous habituent à l’idée qu’il n’y a plus de marge de manœuvre, qu’on ne peut plus rien faire, désormais, sous l’œil des caméras.

Ce monde est rempli de cameras, mais cette nuit là, on s’est introduit dans l’enceinte d’un bâtiment sous vidéo-surveillance, dissimulant nos traits sous des capuches et des parapluies. Et il a fallu un bon moment aux premiers pompiers et flics pour arriver sur place. C’est pas grand-chose, mais c’était largement suffisant.

Ce monde nous laisse croire qu’il n’y a plus d’espoir de changement. Les liens entre les personnes sont si artificiels, si distendus, les possibilités de liberté si minces. On nous a condamnés à mourir d’ennui, et de solitude, sous prétexte de ne pas mourir de faim, mais il n’est pas exclu qu’à notre époque les trois soient compatibles. Prise dans un présent qui se répète, la vie n’a plus d’autre sens que ceux que l’on se choisit par défaut : famille, patrie, travail, religion. Ces illusions produisent des cages solides, et renouvelables. Par les temps qui courent, il n’y a plus beaucoup d’espoir de changement.

Et pourtant, c’est avec la certitude qu’on peut encore bousculer ce monde, poussés par l’énergie que procure la vague continue de sabotages anti-techs en Europe, et portés par l’amour pour nos compagnons, qui est toujours le combustible de nos petites conspirations, que nous avons choisi, cette nuit là, de passer à l’action.

une bande d’élans musqués

Terre-Neuve (Canada) : la station météo du futur parc éolien à coups de masse

Publié le 2024-03-15 00:20:06

De l’équipement de l’entreprise World Energy GH2 vandalisé
à La Grand’Terre

Radio Canada, 14 mars 2024 (extrait)

Quelqu’un a récemment endommagé des installations de l’entreprise World Energy GH2 dans le sud-ouest de Terre-Neuve. Les dommages s’élèvent à plus de 5000 $, et les faits ont eu lieu le 21 ou le 22 février à La Grand’Terre, à un endroit où World Energy GH2 recueille des données météorologiques, indique la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui enquête sur l’incident. Les vandales ont ciblé des panneaux solaires, les vitres d’un petit bâtiment et de l’équipement.

Lors d’un autre incident du genre, en janvier 2023, quelqu’un avait déjà endommagé de l’équipement lourd de l’entreprise. Rappelons que World Energy GH2 veut construire environ 150 éoliennes hautes de 200 mètres dans la péninsule de Port-au-Port, à l’ouest de Stephenville. Le consortium étudie aussi la possibilité de construire un parc éolien d’à peu près la même taille dans la vallée Codroy, au sud.

rouler sur des adolescences

Publié le 2024-03-15 00:25:07

témoignage en forme de lettre ouverte



Ce texte est une lettre envoyée par une personne de la mi-vingtaine à l’un de ses ami et camarade (de quelques années son aîné).
Elle s’inscrit dans le cadre d’un conflit autour d’une relation sexo-amoureuse intergénérationnelle impliquant son destinataire. Elle a été relue par l’entourage affectif et politique de son auteur•e, qui l’a invité à la partager plus largement.
L’objectif de cette démarche n’est absolument pas de call out le destinataire de cette lettre ou les personnes qui y sont évoquées, d’où le travail d’anonymisation. Ce texte est rendu publique car ses mots pourraient trouver de l’écho chez d’autres, et que s’ils peuvent contribuer à nous faire avancer collectivement sur les enjeux de domination dans les relations alors autant s’en saisir.

début 2024

Je t’écris suite à notre conversation téléphonique il y a presque un mois. Je veux répéter des choses que je t’ai déjà dite pour être certain•e qu’elles ne puissent pas être déformées ou travesties pour satisfaire une quelconque complaisance. J’encre ces pensées pour qu’elles n’existent pas que dans nos mémoires faillibles, pour te permettre d’y revenir et que tu ne puisse pas y échapper. Elles sont disparates parce que le temps que je passe à réfléchir et écrire tout ça m’est coûteux. Alors je n’y accorderais pas un grand travail de relecture. Je pense que tu as les clefs pour faire les liens non explicités et tirer des conclusions que je n’aurais pas mises en lumière.

Tu crées du danger en faisant vivre une relation pareil. Tu crées du travail politique à ton entourage là où nous sommes beaucoup à en être déjà submergé. Tu es tout sauf un allier actuellement. J’ai l’impression que les discussions mises en place avec tes ami•e•s sont utilisées à des fins de justification, d’excuses et de normalisation de la relation. D’autant que tu refuse de donner du crédit aux seules personnes qui ne vont pas dans le sens de la rendre acceptable. Quand tu ne peux plus manipuler les discussions pour qu’elles te confortent à continuer, tu te braque contre les gens. Tu t’es détourné du seul mec cis qui s’est opposé à toi, alors même qu’il faisait précisément son taf d’allier en nous déchargeant un peu de la charge pédagogique que cette situation exige de nous.

Et puis JPP du côté incel ouin-ouin je tombe si rarement amoureux c’est dure de trouver la bonne personne et quelqu’un qui veut s’engager dans une relation longue. C’est l’heure d’enterrer les rêves de princesses, nous on a butté le prince charmant depuis longtemps.

C’est significatif comme on est si peu ami•e•s entre ados et adultes, ou même juste entre gens de 10 ans d’écart. En fait il me semble que les liens intergénérationnels c’est pas évident à créer et maintenir, car déjà faut se rencontrer, et puis surtout selon notre âge et notre moment dans la vie on est pas traversé•e•s par le même genre de problématiques. Alors comme de par hasard les liens qui existent majoritairement hors cadre de travail sont d’ordre sexuels/romantiques, le plus souvent d’hommes adultes avec des femmes ados, bien pile à l’intersection de rapports de domination par le genre et l’âge. L’expérience, dans les milieux militants, dans le sexe, et globalement dans la vie, c’est un énorme facteur de pourvoir.
Peut être qu’on pourrait s’atteler à essayer d’être potes et/ou camarades de manière pas trop pourri plutôt que se tester aux modes de relation probablement les plus à risques et à enjeux, nan ?

Près de 10 ans après je continu à découvrir certaines impactes de mes débuts de relations et de sexualité bien souvent dans ce genre de cas de figure. L’une d’entre elles est d’avoir une rancœur vivace contre les ieuvs avec qui j’ai sexé à l’époque (y compris ceux qui ne m’ont pas agressé) et globalement contre les adultes qui en ont été les témoins passifs et silencieux•ses.
Je serais pas cet adulte c’est dead.

Quand j’avais 15 ans, j’ai saisi mon arrivée en ville comme un droit à devenir qui je voulais être. Sortir de la place de weirdo victimisé•e par les populaires du collège. J’avais une sensation de nouveau chapitre dans lequel je pourrais me tester à un début d’adultness. Je me suis rapidement fait deux bandes de copaines dans mon lycée : une dans ma promo et l’autre d’un an de plus dans celle de 1ères. Le dégoût de l’école grandissant à la même vitesse que la rage politique, j’ai poussé la porte des réseaux militants locaux. Les milieux anar’ y étaient très majoritairement trentenaires à l’époque, entre punks, intellos et squatteurs•ses. J’y étais la seule personne mineure. Les plus jeunes gravitant autour du lieu d’organisation me dominaient d’une dizaine d’années et étaient essentiellement des hommes, étudiants ou fraîchement sortis de la fac. Hors des espaces organisationnels et activistes, c’est avec cette petite frange du milieu que j’ai commencé à zoner. On se retrouvait aux soirées, je traînais parfois dans leur coloc, j’y dormais occasionnellement, ils m’embarquaient en manif et en événements aux alentours.

J’étais ravi•e de pouvoir exister autrement que par ma jeunesse et par les cours sensés rythmer et contraindre mon quotidien. Je me sentais pris•e au sérieux. Ces paramètres n’étaient évoqués que par la blague : pour me vanner de temps en temps sur la prétendue naïveté qu’ils impliquent, et que je me plaisais à démentir. À chaque provoc’ je sortais les crocs et les griffes. Maintenant je pense que ça les amusaient au moins autant que ça les fascinaient de me voir ne pas me laisser faire. C’est mignon les chatons fragiles qui se défendent et pensent prendre le pouvoir en jouant avec les tigres. Mon âge devenait aussi un sujet quand il était question de flatter ma déconstruction et ma maturité précoces, quitte à me valoriser par la comparaison avec leurs petites sœurs ou autres ados dans leur paysage, voir même avec mes ami•e•s du lycée qu’ils auraient déjà croisé et jugé•e•s puéril•e•s. Doucement s’installait une fétichisation étrange de mon adolescence militante. On partageait nos cuites et nos défonces sans aborder le fait qu’elles étaient pour moi des premières.

À cette époque j’entrais en rapport de séduction avec tout mec me le permettant ou presque. Je pensais qu’il n’y avait que comme ça qu’on s’intéresserait à moi. Et certains d’entre eux y ont plongé la tête la première. Je pense que certains voyaient clair dans ma quête de reconnaissance et de légitimité et comment en tirer profit, quand d’autres n’y voyaient R à part qu’ils pourraient tirer un coup.
S’est semée insidieusement dans mon cerveau et dans ma chaire l’idée que ma valeur dans l’existence se jouerait en grande partie sur ma sexualisation. Ce que je ferais de mon cul définirait ma place en société. Et baignant plutôt côté progressiste que réac’, c’est vite venu s’incarner en une pression à vivre une sexualité partagée active. Il fallait faire du cul et aimer ça, baiser me rendrait plus viable dans les espaces. Si avoir des liens affectifs est ce qui donnait du sens à l’existence, en avoir des sexuels est ce qui lui donnait de la valeur. Entre prude et salope, les deux options gracieusement offertes aux jeunes meufs ou assimilé•e•s, j’ai vite décidé de rejoindre la team des salopes.
Le patriarcat a roulé sur mon adolescence, en prenant bien le temps de drifter sur chacun de mes recoins.

Les relations abusives ne se sont pas limitées au mecs plus vieux, elles se sont répandues dans chacune des mes sphères sociales. Ceci dit les relations de séduction et de sexualité avec les vieux kem ont eu ça de spécifiques que je ne me suis rendu•e compte que des années après de leurs impactes. Sur le moment, j’ai cru bien vivre la majorité de ces bouts de relations et plans d’un soir. À vu d’œil d’ado, j’y étais pleinement consentant•e.
C’est une fois sorti•e de cette période que j’ai vu les marques laissées dans mon cerveau et dans mon corps. Je pense que ces gars ont façonné certaines bases de mon imaginaire érotique, alors que ces fondations auraient dû être faites du tâtonnements de personnes qui découvrent ensemble. Ça avait encré pernicieusement des fausses croyances en moi, comme qu’il faudrait se rendre désirable aux mecs plus vieux parce qu’ils seraient plus désirables que mes paires. Je me sentais honoré•e d’être digne de leur attention. C’est quand même criant du rapport de domination qui se joue a ce moment là. Si c’est un honneur d’attirer ces regards la question de refuser du cul ne se pose pas. C’est la consécration, tu pense même pas à interroger tes envies et ton désir, tu prends la validation que ça représente de ton existence.

Cette partie de mon histoire a également impacté mon rapport aux drogues. Étant généralement alcoolisé•e et/ou sous prod’ quand j’avais ces relations, quand j’ai commencé à prendre l’ampleur des dégâts j’ai arrêté de faire de la sexualité sans être full sobre et j’ai arrêté de pécho en soirée.

Ma boussole interne sur des questions de consentement en a été profondément déréglée elle aussi. Quand j’ai compris les abus de pouvoir dont j’avais été victime, je me suis engouffré•e dans une spirale de doutes sur ma capacité de discernement de mes propres envies. Si pendant des années j’avais vécu ça en étant convaincu•e de mon consentement éclairé, est-ce que je ne passais pas à côté d’autres éléments dans ma vie actuelle ? J’ai perdu confiance en mon propre jugement, m’empêchant des relations par peur de me sur-traumatiser en couchant avec des gens dont j’aurais pu chercher la validation de dominant. Ça a pété des morceaux de ma confiance en moi, et ça a sévèrement entaché mon rapport au désir.

L’onde de choc post-traumatique m’a poussé à mettre en place des moyens d’autoprotection de ouf, même excessifs. Je commence tout juste à me sentir de baisser cette garde, me permettre de lâcher un peu du contrôle.

Je te lâcherais pas parce que je laisserais pas cette relation continuer. Et que je veux que tu comprenne et que tu assume.

Y a vraiment besoin de te rappeler qu’un des symptômes du patriarcat c’est que les meufs obtiennent une reconnaissance sociale par leur sexualisation ? Y a vraiment besoin de te rappeler qu’un des symptômes de l’âgisme est que les enfants et les ados cherchent la validation de leurs aîné•e•s et des adultes ? Maintenant croises tout ça, fait les maths, et surtout n’observe pas le résultat sans rien en faire.

Retour à l'ADN

Publié le 2024-03-15 00:30:05

Bref histoire de la judicarisation de l’ADN.



Dans notre imaginaire collectif, nourri par une quantité monstrueuse de fictions policières, l’ADN apparaît comme une preuve infaillible, car scientifique, et donc totalement accablante. À travers une brève histoire de l’ADN, de sa judiciarisation en France, jusqu’à sa plus proche actualité brûlante, ce texte a pour vocation de partager des contres-récits, de montrer ce que l’usage de l’ADN raconte des méthodes répressives de l’État, de sa police et de sa justice mais aussi de partager des ressources nécessaires afin de pouvoir, à des moments, tenter de contrer l’alliance des techniques scientifiques de la génétique et celles des méthodes policières.

Nous avons écris ce texte en réaction à la condamnation d’une camarade de lutte le 15 février dernier à Toulouse, accusée d’avoir incendiée deux véhicules appartenant à NGE (l’acteur principal du projet autoroutier tarnais de l’A69) et dont la seule preuve à charge s’avère être une trace ADN. [1] Nous lui rappelons tout notre soutien.


Qu’est-ce que l’ADN ?

Pour le dire rapidement, l’ADN (pour Acide DésoxyriboNucléique) correspond au support de notre patrimoine génétique. Elle contient en elle toutes les informations génétiques, appelées génomes. Ces informations semblent êtres uniques à chaque individu, à l’exception du cas de vrais jumeaux.

L’ADN est présente dans toutes les cellules des organismes vivants, des plantes aux hamsters, mais notre regard se porte ici uniquement sur celui des êtres humains.

L’ADN se découpe en deux types, le type nucléaire et le type mitochondrial.

Le premier type est celui qu’on retrouve dans le noyau des cellules. Il serait unique pour chaque individu. On le trouve dans les cellules vivantes comme le sang, le sperme, la salive. Détaché du corps, il se dégrade plutôt rapidement. L’ADN nucléaire transmet plus d’information car les cellules sont encore vivantes, et qu’elles ont encore leur noyau. On dit alors qu’il est le type le plus incriminant. Le type nucléaire est en réalité rarement exploitable par la police car les cellules meurent vites, laissant l’accès qu’à un ADN dit mitochondrial.

Le second type a une durée de conservation plus avancée. Il se trouve dans les mitochondries, qui sont des structures intracellulaires. On en trouve dans les cellules vivantes, comme mortes, comme des bouts de peau et des cheveux sans bulbes. L’ADN mitochondrial n’est pas unique à un individu, mais se partage à travers les personnes issues de la même lignée maternelle. Des cas existent où des personnes n’appartenant pas à la même affiliation familiale partagent le même profil d’ADN mitochondrial.

C’est en 1869 que le premier ADN est identifié puis isolé par un biologiste suisse, à partir d’un noyau de globule blanc. Puis ce sera dans les années 1950 que le fonctionnement de la structure de l’ADN sera pleinement saisie par des chercheurs nord-américains et britanniques.

Et le profil génétique ?

Le profil génétique est le résultat d’une analyse du nombre de répétitions de plusieurs régions chromosomiques distinctes, prélevé à partir d’une extrait de ses tissus biologiques (salive, sang). « L’empreinte génétique repose sur le fait suivant : bien que deux humains aient une large majorité de leur patrimoine génétique identique, un certain ensemble de séquences dans leur ADN reste spécifique à chaque individu (en raison du polymorphisme). Ce sont ces séquences spécifiques d’un individu que l’analyse d’empreinte génétique permet de comparer. Si un échantillon de cellules présente la même empreinte génétique qu’un individu, on peut soutenir que ces cellules proviennent de cet individu, ou de son éventuel jumeau ». Le profil génétique est utilisé à des fins policières, mais est aussi utilisé lors de la réalisation de dons d’organe, de tests de parentalité ou encore lorsqu’il s’agit d’étudier des animaux.

Petite histoire de la judiciarisation de l’ADN

L’emploi de l’ADN à des fins d’identifications est rendue possible depuis les découvertes scientifiques d’un universitaire britannique en 1985. Ses travaux permettent des « potentialités d’identification d’individus grâce à des marqueurs contenus dans certaines zones non codantes de leur ADN ». Ces identifications se font alors à partir de traces biologiques visibles, comme du sang ou des traces de spermes. En 1997, de nouvelles recherches mettent en évidence la possibilité de traquer de l’ADN à partir de traces invisibles, laissées sur des surfaces touchées par une main, à l’instar des empreintes digitales. La promesse de cette trouvaille, ainsi que son faible coût, font que la police anglaise systématise rapidement l’usage des techniques génétiques pour résoudre des enquêtes criminelles. Dès lors, nous pouvons parler de génétique forensique, comprise alors comme un branche de la science forensique. [2] La génétique forensique utilise la variation génétique existante chez les individus pour en dégager des analyses lors d’enquêtes et d’investigation. Elle renvoie à l’idée d’une preuve forcément inculpant, car gage de précision technique.

En France, suite à l’émotion suscitée par l’affaire Guy Georges (accusé de nombreux viols, ainsi que de meurtres en série, et dont l’enquête scientifique de comparaison d’ADN est alors inédite en France) le gouvernement, mené alors par le socialiste Lionel Jospin, met en place en juin 1998 le prélèvement génétique pour les auteurs de crimes et délits sexuels commis sur des mineurs de moins de 15 ans.

Les empreintes génétiques sont alors regroupées au sein d’un fichier créé pour l’occasion, le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques), sous la tutelle du ministère de l’intérieur et celui de la justice. Encouragé par le conseil de l’Europe et la convention européenne des droits de l’homme, l’usage des empreintes génétiques à des fins « d’investigations » est alors en plein essor en France, là où la pratique était déjà bien ancrée chez le gouvernement britannique depuis 1995.

Cette période marque donc l’avènement d’un nouvel élément important dans les dispositifs de gestion des populations, modernisant ainsi la tradition policière de fichage des populations. [3] Le dernier fichage connu en date étant celui de personnes trans. [4]

Avancé dans un premier temps comme une exception, le fichage génétique s’est très vite élargi à une part toujours plus large de la population.

En 2001, quelques semaines après les attentats sur le sol états-unien, la loi sur la Sécurité Quotidienne (qui est portée par le socialiste Daniel Vaillant) élargie le champ de fichage aux atteintes graves et volontaires à la vie de la personne (crimes contre l’Humanité, homicides volontaires, actes de tortures, proxénétisme…) ou les atteintes aux biens accompagnées de violence. Cela concerne environ 23 000 personnes.

La loi sur la Sécurité Intérieure de mars 2003 permet de passer un autre cap important dans le fichage de masse. Avant la mise en application de cette loi, seul le profil génétique des personnes condamnées était conservé. Le prélèvement s’effectue dorénavant pour des mis en cause, présumés innocents par la justice, et non plus sur des personnes déjà condamnées. Le prélèvement est conservé de 25 à 40 ans. Les crimes et les délits sont presque tous intégrés. Cela correspond donc aux premiers fichages de militants (faucheurs d’OGM, syndicalistes) et autres activistes.

En mars 2004, le gouvernement Raffarin « oblige toute personne condamnée à plus de 10 ans de prison à fournir son ADN. Les prélèvements peuvent être effectués de force ou à l’insu des condamnés » À partir de 2007, les 27 membres de l’Union Européenne ont votés pour un accord de principe de mutualisation des différents fichiers, confirmant la tendance politique de surveillance généralisée des États envers leurs différentes populations. Pour avoir une idée de son contenu, en 2020, le fichier contenait « les données de 4 868 879 de personnes, soit plus de 7 % de la population française (dont 9,5% des plus de 20 ans) et en 2015, 76 % de ces profils concernent des personnes non condamnées. »

Que faire face à la police ?

Refuser de donner son ADN lors d’une garde à vue ou d’une convocation est considéré comme un délit continu. Théoriquement, la personne qui refuse le prélèvement pourrait se voir poursuivie pour chaque refus et serait susceptible d’une condamnation du délit en récidive, et cela indépendamment des raisons pour lesquelles la personne est entendue par la police. En bref, il est tout à fait possible de se faire relaxer ou de sortir de GAV sans poursuites pour les faits qui nous sont initialement reprochés, mais d’avoir une mise en examen pour refus d’ADN. Le refus de se soumettre à un prélèvement ADN est puni au maximum « d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ».

L’un des moyens de prélever l’ADN se fait à l’aide d’un petit bâtonnet et d’un buvard stérile. Le policier, muni de gants et d’un masque, eux aussi stériles, vient frotter les muqueuses à l’intérieur de la bouche de la personne dont il souhaite prélever l’ADN. Il dépose ensuite les cellules recueillies sur le buvard. Ce prélèvement est ensuite analysé par des laboratoires publics ou privés agréés par l’État. [5]

L’ADN est ensuite stocké à Ecully, près de Lyon, ou parfois à Pontoise, près de Paris.

Face à la police, nous conseillons au maximum de refuser le prélèvement ADN. Refuser de se soumettre à la pression policière et à leurs nombreuses techniques de manipulations n’est pas une chose aisée. Il est important d’avoir en tête que dans certains cas, les poursuites pour refus de prélèvement peuvent aboutir sur une relaxe en première instance comme en appel. Penser ce refus comme une pratique de défense collective permet de se donner de la force à des moments compliqués. Dans la logique policière, l’utilisation de l’ADN comme preuve judiciaire ne peut se faire sans un fichage massif des populations.

Les techniques policières sont ce qu’elles sont, il n’est pas rare d’entendre des récits, où malgré un refus énoncé, l’ADN est prit par la force (par exemple en étant immobilisé par les policiers) ou bien par la ruse (en récupérant gobelets ou assiettes utilisées lors de la GAV, mégots de clopes, vêtements, ou plus récemment des masques pour le COVID). Pour le premier cas, il n’est encadré par la loi que si la personne est condamné pour un crime ou un délit puni de 10 d’emprisonnement.

ADN, croyances et défaillances

Loin de la preuve parfaite, l’ADN, en tant que tel, est volatile. Il est facilement transportable de manière volontaire comme totalement accidentelle. Il n’est donc pas impossible de retrouver des traces de son ADN à des endroits où nous n’avons jamais mit les pieds. On parle alors de transfert secondaire, mais aussi de transfert tertiaire. Avoir un contact physique avec quelqu’un suffit à ce que cette dernière puisse servir de vecteur de votre ADN. C’est ce que démontre les travaux de l’avocat pénaliste Patrice Reviron qui, à travers l’exemple de nombreuses affaires françaises comme américaines, démonte totalement l’idée que l’ADN est une preuve totalement irréfutable.

C’est le cas en 2019 lors de nuits bleues en Corse. Un groupe autonomiste fait successivement exploser, à l’aide de bonbonnes de gaz, des villas secondaires appartenant à des résidents du continent. Pour l’une des cibles, les bonbonnes n’explosent pas. Les prélèvements génétiques sur les bouteilles de gaz permet à la police d’identifier une personne au profil féminin : une septuagénaire qui n’est autre que la propriétaire de la villa, et qui n’y a pas foutu les pieds depuis 6 mois. L’hypothèse de Reviron pour ce cas est la suivante : des traces d’ADN de la propriétaire se sont retrouvés sur les bouteilles de gaz par effet de transfert. Les auteurs de la tentative d’explosion, qu’on imagine facilement gantés, ont manipulés des objets sur lequel « Madame G. avait laissé son ADN. Peut-être le guéridon. Du matériel génétique de Madame G. a alors été récolté sur les gants de l’auteur, via un transfert secondaire d’objet à objet. Puis, en manipulant les bonbonnes de gaz, il a cette fois déposé l’ADN de Madame G. sur celles-ci, réalisant un transfert tertiaire. »  [6]

En finir avec l’ADN Policier

L’usage policier de l’ADN est à l’image des nombreuses lois sécuritaires qui viennent renforcer l’arsenal répressif de l’État contre ses populations. Les avancées scientifiques, imbriquées dans la répression d’État, nous apparaissent inévitablement comme des auxiliaires nécessaires à la domination capitaliste. Par ailleurs, il n’est pas possible de formuler une critique de l’ADN sans poser une critique plus large du système judiciaire, du rapport à la vérité et à l’objectivé, et qui se fourvoie dans une fausse neutralité. La justice de l’État est une justice de classe, qui répond à des intérêts politiques et économiques. Notre solidarité est notre force.

Sources et ressources autour de l’ADN, de la police, et du fichage :

Blabladn - De l’ADN théorique à son nettoyage pratique : en savoir plus pour éloigner les flics https://infokiosques.net/spip.php?article1836

Du sang, de la chique et du mollard. https://infokiosques.net/spip.php?article720

ADN : Au-Delà du "Non". Un petit texte sur l’état de la lutte contre le fichage ADN, à partir d’un cas pratique. https://infokiosques.net/spip.php?article641

L’apparence de la certitude, l’ADN comme « preuve » scientifique et judiciaire https://infokiosques.net/spip.php?article719

Comment la police interroge, et comment s’en défendre https://projet-evasions.org/wp-content/uploads/2022/07/220707PDF-fr-web-interro.pdf

ARA69, le 25.02

ARA pour Coordination anti-répression A69. Nous sommes un groupe inter-collectifs luttant contre le projet d’autoroute A69, et qui prend à charge les questions de répression policière et judiciaire lié au mouvement de lutte.

Nous contacter par ici : 69ARA@proton.me



Notes

[5Liste des laboratoires agréés en 2008 :  

  • Laboratoire d’hématologie médico-légale, 43 avenue de la République, 33000 Bordeaux
  •  Laboratoire Toxgen, 11 rue du Commandant Cousteau, 33100 Bordeaux
  • Laboratoire de génétique humaine de l’Institut national de la transfusion sanguine, 6 rue Alexandre-Cabanel, 75739 Paris cedex 15
  • Laboratoire de génétique moléculaire et d’histocompatibilité – Établissement de transfusion sanguine de Bretagne occidentale, 46 rue Félix le Dantec, BP 62025, 29220 Brest cedex 2
  • Laboratoire d’histocompatibilité de l’Etablissement de tranfusion sanguine de Rhône Alpes, EFS Rhône Alpes, site de Lyon, 1 et 3 rue du Vercors, 69342 Lyon
  • Laboratoire de biochimie et de biologie moléculaire du Centre hospitalier intercommunal (CHI) de Poissy-Saint-Germain, 20 rue Armogis, 78105 Saint-Germain-en-Laye
  • Laboratoire d’empreintes génétiques Biomnis, BP 7322, 19 avenue Tony Garnier, 69357 Lyon cedex 07
  • Laboratoire d’identification génétique Codgene.
  • Unité de Illkirch, rue Geiler de Kaysersberg, 67400 Illkirch.
  • Unité de Marseille, bâtiment Actilauze, 201 avenue des Aygalades, 13025 Marseille
  • Laboratoire de l’Institut de génétique de Nantes Atlantique (IGNA), BP 70425, 19 rue Léon Durocher, 44204 Nantes cedex 2)

[6Transferts secondaires d’ADN : quand le réel dépasse la fiction, de Patrice Reviron

Arrestations du 1er mai 2023 : La juge condamne malgré l’absence de réquisitions du parquet !

Publié le 2024-03-15 23:40:06

Le 23 janvier 2024, au TGI de Paris se déroulaient 2 procès relatifs à la vague d’arrestations le soir du 1er mai 2023, en plein mouvement social contre la réforme des retraites.



Ce soir-là, la police avait effectué des arrestations massives, craignant des manifestations sauvages comme c’était le cas dans la capitale et dans d’autres villes de France régulièrement depuis le soir de l’annonce du 49.3.

Dans un de ces procès, l’inculpée était accusée de “participation à un groupement” et “refus de signalétique”. Constatant pendant ses réquisitions un dossier presque vide et sans doute consciente du nombre d’affaires de ce soir-là qui s’étaient soldées par un abandon, des relaxes ou des peines mineures lors du passage devant les tribunaux, la procureure a requis elle-même la relaxe. L’avocat de la défense a pour sa part demandé une condamnation de l’État a remboursé les frais de justice en cas de relaxe.

Il était alors probable que le tribunal, constatant l’absence de réquisitions, suive l’avis du parquet. C’était sans compter sur la juge, qui pensa quant à elle que l’infraction de “participation à un groupement en vue de” était tout à fait caractérisée, sur la base de la fiche d’interpellation uniquement, mais probablement surtout pour ne pas avoir à remboursé l’accusé des frais de justice, et condamna L à 60 jours amende de 10 euros, ce qui fait donc un total de 600 balles d’amende.

Un appel a été demandé par L, dont l’affaire sera donc rejugée.

Nous appelons d’ores et déjà à être présent en solidarité lors de l’audience en appel pour ne laisser personne seuls face à la justice et ses sales juges !

Fay-de-Bretagne (Loire-Atlantique) : « Voisins vigilants = collabos »

Publié le 2024-03-15 23:45:04

L’Eclaireur / vendredi 15 mars 2024

Dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mars 2024, des tags auraient été réalisés à différents endroits de la commune de Fay-de-Bretagne (Loire-Atlantique). Des messages qui s’inscrivent contre la gendarmerie et le dispositif « Voisins vigilants ». […]

« Voisins vigilants = collabos », « Nique les gendarmes de Blain et partout ». Voici les deux types de messages qui se sont retrouvés inscrits dans trois lieux de la commune.
« On en a retrouvé sur un bâtiment de la paroisse, sur les toilettes publiques et sur un parking de la mairie », liste le commandant Julien Balitch de la compagnie de gendarmerie de Châteaubriant. […]
Ciblé dans les messages, le dispositif Voisins vigilants a été mis en place sur la commune il y a près de huit ans. « À l’époque, c’était pour rassurer et alerter les nouveaux habitants, puisqu’il y avait pas mal de cambriolages. Aujourd’hui, ça fonctionne très bien », explique le maire ne comprenant pas le sens des tags. […]

Récit d'une petite manif autonome non déclarée contre les CRA à Paris

Publié le 2024-03-15 23:50:09

On avait proposé un rendez-vous dimanche dernier à 15H à Barbès pour une déambulation autonome contre les CRA, les frontières et la répression. Plusieurs événements récents nous avaient motivé·e·s à organiser cette manif : les quelques évasions du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes en novembre et en décembre 2023 (youpi !), les révoltes qui ont eu lieu dernièrement à l’intérieur, mais aussi les 2 salves d’arrestations, près du CRA, de 12 puis 4 personnes solidaires de la lutte des retenu·e·s.



Vive les évadés, force aux retenus !

L’idée derrière cet appel autonome était de parler de ces événements, à la fois pour leur donner de la visibilité dans l’espace public, exprimer notre solidarité et casser la sensation d’isolement que peut créer la répression. En bref, faire un appel à prendre la rue pour (re)prendre confiance collectivement dans la lutte, montrer qu’on n’est jamais seul·e·s à être animé·e·s par la destruction des CRA, des prisons, des frontières et du racisme structurel, que ce soit par les mots comme par les actes.

Stop frontières

On a vu une petite centaine de personnes rejoindre le rassemblement, c’était chouette de faire quelques rencontres de cette manière. On espère se donner l’occasion de se recroiser bientôt ! Si on refait ce genre de trucs vous le saurez par Paris-luttes.info :) Petite pensée à celles et ceux qui se sont tappé·e·s des heures de transport pour venir depuis la banlieue parisienne ou autre <3 et à celles et ceux qui ont enchaîné le contre-meeting de Zemmour et la manif.

Affiches collées « Le Kérosène c’est pas pour les avions, c’est pour brûler les centres de rétention »

Pour une manif non déclarée, qui plus est dans Paris, on était surpris·e·s et super content·e·s d’avoir déambulé pendant 2h sans intervention des flics. Le cortège était juste suivi par une voiture banalisée, et encore, pas dans les petites rues ! Des collages d’affiches ont eu lieu tout le long de la manif : contre les CRA, contre les boîtes collabo du système d’expulsion raciste, contre les frontières et pour la lutte des retenu·e·s. Des gens ont pu taguer au calme quelques murs de la ville. Et on a crié de nombreux slogans aux passant·e·s, aux gens qui occupent la rue et à celles et ceux présent·e·s à leurs fenêtres pour rappeler qu’on veut la liberté pour toustes, avec ou sans papier.

Affiche collée : à bas les cra

Que ce sont les lieux d’enfermement qui posent problème et pas les gens qui y sont parqué·e·s. Que les entreprises telles que Engie, Vinci, Eiffage ou Air France bénéficient du business de l’enfermement des personnes sans papiers, et que le contrôle et la charité ne sont pas des moyens de lutter contre les logiques racistes de tri des personnes et d’infantilisation à l’oeuvre dans certaines associations.

Affiches collées sur le parcours

On a fait un petit coucou à l’association France Terre d’Asile (FTDA), pas loin du métro Marx Dormoy, histoire de lui rappeler son rôle dans la permanence des CRA. La façade a été redécorée à la peinture. De manière générale, toutes les asso qui font de l’accompagnement individuel en CRA - Cimade, ASSFAM... - se rendent complices des logiques racistes de tri, de fichage, de répression et d’expulsion. Toutes touchent plusieurs millions d’euros de subventions. Pour continuer de remporter les appels d’offre et percevoir cet argent, elles passent sous silence la plupart des mauvais traitements reçus par les prisonnier·ères et invisibilisent leurs révoltes. En mai 2020, par exemple, l’ASSFAM avait fermé les yeux sur le tabassage d’un retenu au CRA de Oissel... alors qu’il avait été tapé dans une cellule d’isolement adjacente à ses bureaux. Autre exemple : l’ASSFAM n’a pas eu un mot pour M., retrouvé mort en cellule le 26 mai 2023, après qu’il a été tapé par les flics

La façade de France Terre d’Asile redécorée

La Poste de Marx Dormoy a été couverte d’affiches dénonçant ses pratiques de poukaves. C’est plus simple d’ouvrir un compte chez La Poste quand on n’a pas de papiers français, et on entend régulièrement parler d’histoires de gens dénoncé·e·s par les employé·e·s aux flics, qui viennent interpeller puis envoyer en CRA. Des slogans ont aussi été chantés contre Emmaüs en croisant quelques unes de ses boutiques. La célèbre multinationale, sous son vernis d’asso humanitaire, n’hésite jamais à faire appel aux forces de l’ordre pour faire arrêter-condamner-expulser les grévistes sans papiers, à la rue, qui oseraient se retourner contre leurs patrons et leurs conditions déplorables. De nombreux récits de ces luttes et des crasses infligées par Emmaüs sur les salaraié·e·s sont trouvables sur Paris Luttes et ailleurs. Plus récemment, une longue grève de plusieurs mois a sévi au sein de communautés du Nord-Pas-de-Calais. Des grévistes sont même allé·e·s en bus jusqu’au siège national à Montreuil. La direction avait pris la décision de fuir et de retirer l’appel à participer à la marche du 18 décembre.

Affiche collée : « La Poste dénonce les »sans-papiers« ... Pas de vacances pour les balances !!! »

On a pu discuter des CRA, des évasions, etc. avec des gens qui nous alpaguaient ou nous posaient des questions sur la raison de notre manif. Nous avions choisi de faire la déambulation depuis Barbès jusque la Porte de la Chapelle pour s’adresser directement
aux nombreuses personnes qui subissent quotidiennement l’occupation policière de ces quartiers.
Un truc qui n’a pas été fait, par manque d’organisation, c’est de traduire nos tracts en anglais et en arabe.

À bas l’État

C’est dommage parce que beaucoup d’habitant·e·s de ces quartiers ne lisent pas le français. On fera en sorte d’être plus au taquet sur la traduction la prochaine fois.

La manif s’est terminée non loin du 104, haut lieu de la gentrification du 19e arrondissement, occupé par des mineur·e·s isolé·e·s depuis l’aprem du samedi. Des chants contre Darmanin se sont fait entendre, sans s’approcher de l’occup : après discussion on se disait on nous a dit que notre présence pourrait détériorer les négociations en cours avec la mairie et la préf. Tant pis, une prochaine fois !

Feu aux CRA

À la fin de la manif on s’est dit que comme les flics n’étaient pas intervenus lors de la manif, on annulait le rdv post-manif prévu en cas de problème. Après réflexion, certain·e·s d’entre nous ont regretté de pas l’avoir maintenu ne serait-ce que pour chiller ensemble et débrieffer de toute façon. On trouve bien de se parler quand ça va pas, mais aussi quand ça va bien ! Ç’aurait été l’occasion de mieux se rencontrer. La prochaine fois on y réfléchira à deux fois !

Nous avons appris qu’une personne avait malheureusement été arrêtée suite à un contrôle de police en amont de la manif. Une grosse pensée pour elle et ses proches, on espère que ça va ! Son suivi est bien en cours par la Legal Team et ses proches.

Les flics ont checké quelques personnes se rendant à la manif qui avaient le malheur de passer par le mauvais trottoir. Rappelons qu’il est toujours bon d’envoyer des guets à l’avant pour ce genre d’événement et de ne pas hésiter à faire des détours ou changer de trottoir à la vue des bleus. Quoi qu’il en soit, les flics étaient avec quelques fourgonnettes et quelques équipes en uniforme sur les trottoirs aux alentours de Barbès ce jour-là au même titre que les autres jours, le quartier étant quotidiennement occupé à des fins de contrôle et de surveillance.

À bas les frontières

Nous avions essayé de prendre nos responsabilités quant à la répression possible de cette manif en prévoyant une manière de se disperser qui soit rassurante et collective, mais aussi en en diffusant dès le début du rassemblement, un tract avec les conseils antirep en cas d’arrestation, en faisant un speech au micro avant de partir pour re-détailler tout ça, et en prévoyant une avocate prête à se charger des suites juridiques s’il venait à en avoir.

Pour rappel, le procès des 4 inculpé·e·s du parloir sauvage aura lieu le 02 Juillet. Et le procès des 12 inculpé·e·s du nouvel an aura lieu après l’été, le 29 octobre au matin et le 30 octobre en après-midi.

Contre le racisme et la machine à expulser,
À bas les frontières, à bas les CRA,
Vive l’anarchie !

Oh non des anarchistes

Cenon (Gironde) : sabotage solidaire d’un chantier de NGE

Publié le 2024-03-17 23:35:09

Communiqué du Groupe d’Intervention pour l’Extinction des Chantiers
La Grappe, 16 mars 2024
(avec les véritables liens hypertexte du communiqué original)

La semaine dernière nous avons saboté deux machines NGE sur un chantier à côté de la gare de Cenon (33), suite à l’appel du GIEC. Nous leur avons bouché les serrures, coupé des câbles et plus encore… De plus, non loin de là une voiture NGE a été repeinte et crevée.

Nous voulons contribuer à créer un climat de peur pour cette entreprise responsable du ravage écologique dans le monde et surtout en solidarité à la lutte contre l’A69. Nous demandons, comme d’autres collectifs, un moratoire sur la construction de l’autoroute, l’arrêt immédiat des travaux et la relaxe pour toutes les personnes ayant subi la répression ces derniers mois.

Pourquoi s’attaquer à ce chantier précis alors que les travaux consistent à réaménager la chaussée en y replantant des arbres ? Il nous semble hypocrite que la même entreprise construise d’un côté une autoroute ravageant des centaines d’hectares de champs & de forêts et d’un autre côté qu’elle se verdisse avec ce genre de projets.
« Nous sommes engagés dans une démarche de progrès qui conjugue expérience du terrain et expertise fonctionnelle afin d’améliorer l’impact social, environnemental et économique de nos activités. » Langue de bois, greenwashing, lobbying et juteux contrats de projets mégalo protégés par une police d’un état qui s’est engagé à réduire sa production de gaz à effet de serre. Qui peut encore croire que ce dont nous avons besoin aujourd’hui c’est d’une autoroute ? De quelle expérience de terrain parlent-ils lorsqu’ils transforment tout en matière inerte ?

Nous ne sommes pas dupes, nous refusons leur progrès qui consiste à améliorer l’impact économique de leurs activités.

Nous voyons le problème comme un ensemble indissociable : les industries du bétons et les aménageurs ne peuvent pas répondre aux problèmes écologiques actuels, car elles en sont des acteurs principaux et NGE le disent eux-mêmes : « Du chantier de proximité au grand projet d’infrastructures, notre engagement est le même. »

L’impunité de cette filiale nous fout la gerbe. Mais il nous est impossible de rester avec un goût amer dans la bouche sans chercher de la force. Et il est très simple de trouver leurs machines vu qu’ils sont présents partout pour tout défoncer, en voici un aperçu .

Nous appelons donc à notre tour, toutes personnes voulant s’attaquer aux géants de l’industrie du ravage, à trouver quelques ami.e.s, bien repérer les lieux, éviter les caméras et mettre à l’arrêt NGE, toutes ses filiales et ses collaborateurs. Car oui c’est bien un réseau de petites, moyennes et grandes entreprises qui collaborent pour réaliser des chantiers d’« aménagement du territoire ».

Notre acte s’inscrit dans un climat général d’attaques des structures de pouvoir. Il n’y a pas une semaine qui passe sans qu’une antenne 5G ou qu’une voiture de police brûle, sans que des groupes s’introduisent dans des entreprises pour y saboter le fonctionnement, sans que des réseaux parallèles ne s’organisent pour sortir de l’influence du monde capitaliste mortifère.

Nous savons que nous sommes nombreux et nombreuses et nous n’avons plus envie d’attendre.

Nous voulons particulièrement saluer l’énergie des écureuils qui sont restés dans les arbres sur le tracé de l’A69 pendant trois semaines sous pression constante des flics.
Et nous saluons les camardes Allemand.es qui ont réussi un sabotage de la plus grande usine Tesla d’Europe.

Un autre monde est possible, il se fera sur les cendres de l’ancien.