Vive l'Anarchie - Semaine 12, 2019

Sommaire

Grèce : Un entretien avec Nikos Romanos, anarchiste emprisonné

Publié le 2019-03-25 08:53:04

Ils sont anarchistes, donc ils sont des terroristes

La plupart des lois antiterroristes grecques ont été promulguées en 2001, après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, par le gouvernement du PASOK (le parti socialiste grec). Leur cible principale étaient le “organisations criminelles”. En 2004, le gouvernement de Nea Démocratie (droite) a introduit l’accusation d’”organisation terroriste” et l’article 187A. Celui-ci définit quels sont la nature et les buts d’une organisation “criminelle” et d’une organisation “terroriste”, ainsi que la définition de “terroriste individuel”. Aucun acte concrète n’est nécessaire pour l’application de ces définitions, qui se basent sur les intentions et laissent une large marge de manœuvre aux juges.
Nikos Romanos a été condamné en 2014, avec d’autres compagnons, à 14 ans et 10 mois à la suite d’un double braquage dans la ville de Velvento, région de Kozani. L’accusation de faire partie de la Conspiration des Cellules de Feu n’a pas tenu, alors l’État grec les a, par la suite, condamnés pour “terrorisme individuel” (ce qui porte à des rallongements des peines écopées pour le braquage). Entre-temps, d’autres compas aussi commencent à être jugées avec cette interprétation extensive de l’article 187A. Ici un autre texte de Nikos à ce propos.

Cet entretien est tiré du journal grec Apatris et traduit en anglais par Crimethink.

Crimethink / mardi 19 mars 2019

Apatris : De quelle façon la nouvelle interprétation de la loi anti-terroriste touche ton cas ?
Nikos Romanos : Cette condamnation a un effet important pour nous, puisque cela signifie que certains d’entre nous passeront deux ou trois ans en plus en prison. Étant donné qu’on est en taule depuis plus de cinq ans, cette condamnation doit être vue comme une tentative de créer un statut de captivité permanente, basé sur loi “antiterrorisme” (art. 187A). Dans sons application, cette loi a pour but de produire le spectre de l’”ennemi intérieur”.

Des sentences déshumanisantes, une nouvelle interprétation répressive et l’application arbitraire de l’article 187A, la criminalisation de l’identité (politique) anarchiste, toutes ensemble ces mesures constituent un réseau de répression pénale qui enveloppe méthodiquement le mouvement anarchiste et ses militant.e.s emprisonné.e.s.

Cette condamnation précise ne doit pas être interprétée comme une attaque contre certains individus. Nous devons reconnaître qu’elle se situe dans la continuité de la politique antiterroriste grecque, qui a pour but de serrer un nœud coulant autour du cou de l’ensemble du mouvement anarchiste.

L’État profite du morcellement et de la manque d’analyse radicale qui caractérise le mouvement, comme la société dans son ensemble, pour intensifier ses attaques.

A. : Votre condamnation pour terrorisme individuel est la première de ce type en Grèce. L’article 187A de la loi anti-terrorisme laisse délibérément beaucoup de marge à l’interprétation de chaque juge, ce qui élargi l’arsenal que l’État a à sa disposition pour réprimer. Comment devrions-nous répondre à une loi de ce type et aux autres condamnations comme la votre, qu’on peut deviner qui suivront ?
N.R. : Ce qui donne des moyens accrus à l’État est la nature politique de la loi 187A, qui légitime toute interprétation possible de cet article. Nous avons affaire à une loi qui réalise en pratique le dogme de la « guerre au terreur » américaine. Cette loi prépare le chemin pour une chasse aux sorcières impitoyable contre les « ennemis intérieurs » et tou.te.s ceux/celles qui sont vu.e.s comme une menace pour l’État et les intérêts capitalistes.

En ce qui concerne notre réponse à ce processus, à mon avis nous devons avant tout comprendre que nous avons besoin d’un mouvement subversif organisé. Un mouvement qui soit capable de déstabiliser et de saper l’État et les plans des patrons capitalistes et de leurs pantins politiques, dans nos régions.

Pour être plus précis, nous devons commencer un processus d’auto-critique afin d’analyser nos erreurs, nos carences, nos faiblesses organisationnelles. Cette auto-critique ne doit ni nous caresser dans le sens du poil, ni laisser de la place au pessimisme et au désespoir. Notre but devrait être celui d’aiguiser la lutte subversive dans toutes les formes qu’elle peut prendre, afin de la transformer en un danger réel pour tout dirigeant. Une partie de ce processus est la reconstruction de notre mémoire historique, de façon qu’elle serve de boussole pour les stratégies de combat que nous employons. Nous devrions recommencer à parler de l’organisation de différentes formes de violence révolutionnaire, des pratiques d’illégalisme révolutionnaire et de la nécessité de les diffuser au sein du mouvement, de façon à triompher des « politiciens » (dans le sens sale et civil du terme) qui ont infecté nos milieux.

Cette discussion sera vide et sans effets si elle n’est pas connectée aux initiatives politiques des compas, afin de combler les lacunes dans notre pratique et d’améliorer nos perspectives à partir de ses conclusions. La meilleure réponse aux attaques judiciaires contre le mouvement est de faire en sorte que ceux qui les décrètent payent un coût politique élevé. Cela devrait arriver à l’entière pyramide de l’autorité – tout le monde, depuis les instigateurs politiques de la répression, jusqu’aux hommes de paille qui la mettent en œuvre, devrait partager la responsabilité pour la répression du mouvement.

Cette réponse est une partie du contexte historique général de notre époque, c’est notre proposition politique. Comme réponse aux guerres entre les nations, nous ne proposons rien de moins qu’une guerre de libération dans les métropoles capitalistes, une guerre de chacun.e contre tout ce qui est favorisé par le capitalisme.

A. : De quelle manière cette nouvelle interprétation de la loi touche les compas en dehors des murs des prisons, qui réfléchissent à s’engager dans l’action ?
N.R. : Cette décision crée un précédent vraiment négatif, qui augmentera l’ampleur de la répression pénale à l’encontre des anarchistes qui agissent et ont la malchance d’être capturé.e.s et et de devenir prisonnier.e.s de l’État grec. En substance, avec cette interprétation de la loi, ce qui est criminalisé est l’identité politique anarchiste. Dans la bouche du Procureur en Appel, ça donne : « Qu’est ce que ces actes pourraient-ils être d’autres que terroristes, puisque les accusés sont anarchistes ? ». Avec la nouvelle interprétation de « terrorisme individuel », ce n’est pas nécessaire, pour le mécanisme judiciaire, de tenter d’associer l’accusé avec l’action d’une organisation révolutionnaire, comme c’était le cas par le passé. L’identité politique de quelqu’un.e et le fait de garder une position intransigeante à son procès sont assez pour qu’une personne soit condamnée comme « terroriste individuel ». Quiconque choisisse de combattre selon les principes de l’anarchie peut donc être condamné.e en tant que terroriste, dés que ses choix la/le mettent au delà du cadre établi par la légitimité civile.

Bien entendu, cela ne doit pas diffuser le défaitisme. Au contraire, c’est une raison de plus pour intensifier notre lutte contre la domination capitaliste. Quiconque arme sa conscience pour arrêter le cycle brutal d’oppression et d’exploitation sera certainement la cible de traitements vindicatifs et autoritaires de la part du régime. Cela ne signifie pas que nous abandonnerons notre combat, dans un tribunal ou ailleurs.

Le fait que l’anarchie est ciblée par l’oppression étatique même dans un époque de reflux du mouvement devrait être source de fierté pour le mouvement anarchiste, la preuve que la lutte pour l’anarchie et la liberté est la seule façon décente de résister au totalitarisme de nos temps.

A. : Suite aux directives de l’Union européenne et à la chasse aux sorcières globale contre le « terrorisme », après le 11 septembre, la loi antiterroriste est devenue un camp de bataille important contre les ennemis, intérieurs ou extérieurs, de l’État grec. Dans cette situation, quand l’État tente d’élargir l’application de la loi par le biais de nouveaux procès, quel type d’action devrait mener le mouvement, pour réponde à cette interprétation de la loi ?
N.R. : A mon avis, il y a le besoin impératif de créer de initiatives politiques contre la loi « antiterrorisme », qui constitue le champ de bataille du code pénal à notre encontre. Nous devons faire passer le mot que cela peut toucher d’autres personnes engagées dans des luttes, si leur actions sont un obstacle aux intérêts capitalistes. Elles aussi seront accusées avec la loi antiterrorisme (art. 187A).

Par exemple, les habitant.e.s de Skouries (en Chalcidique) ont été accusé.e.s de terrorisme parce qu’ils ont agi contre le développement capitaliste et le pillage de la nature. Cela demande une analyse politique prudente. C’est dangereux d’appliquer la loi « antiterroriste » à deux catégories différentes de personnes. D’un côté, les autorités publiques l’utilisent contre celles et ceux dont les actions pourraient être décrites comme une stratégie de guerrille urbaine ; de l’autre côté, elles l’utilisent contre des gens venant de secteurs de la société complètement différents.

Appeler à un front de lutte contre la loi « antiterroriste » ne signifie pas maintenir des illusions à propos de son abolition. La Grèce fait partie de l’Union Européenne, elle a un rôle spécifique dans le capitalisme dans cette région et elle est prête à appliquer inconditionnellement les directives de l’UE sur la sécurité et l’immigration. Peu importe quel parti est au pouvoir, la Grèce n’abolira pas la loi « antiterrorisme » Celle-ci est inséparable des autres intérêts de l’État grec. Dés lors, la lutte contre l’article 187A doit révéler justement cette connexion. Nous devons attaquer et la déclinaison locale de la rhétorique américaine de la « guerre à la terreur », et les récits fallacieux de la gauche social-démocratique, comme SYRIZA. Dans la réalité tous leurs discours sur les droit de l’homme s’arrêtent comme par magie lorsque les intérêts de l’État et des capitalistes sont en jeu.

Une lutte commune contre l’article 187A doit mettre en évidence les contradictions internes du système, montrer le rôle des lois « antiterrorisme » dans le fonctionnement des États de l’Union Européenne et envoyer un puissant message de solidarité à toutes les personnes qui sont emprisonnées à travers le monde à cause de lois comme celle-ci. Cela créera des problèmes politiques pour l’invasive croisade « antiterrorisme » de notre époque. Elle causera des dégâts politiques permanents à l’existence criminelle de l’article 187A, de l’État et du capitalisme, qui, tous, empoisonnent et détruisent nos vies.

La mise en place de cette offensive peut offrir une base aux compas pour communiquer, agir et entreprendre une contre-attaque générale contre le complexe capitaliste et tous ses tentacules mortifères. Voilà pourquoi je considère une telle initiative comme cruciale pour l’évolution des luttes subversives de notre époque.

lu sur Attaque

République Tchèque : Procès des compas accusés dans l’opération Fenix 2

Publié le 2019-03-26 10:17:04

Antifenix / samedi 16 mars 2019

Les jours 8, 10 et 12 avril (ça commencera tous les jours à 8h30) se tiendra, au tribunal de Most (en République Tchèque) le procès contre quatre anarchistes et un.e militant.e pour l’environnement, accusé.e.s dans l’opération Fenix 2.
Venez les soutenir au tribunal, ou soutenez-les avec toute action de solidarité.
Montrez-leur que vous ne vous en fichez pas de leur futur, ni de la liberté de nous tou.te.s.
Toute manière d’exprimer sa solidarité est la bienvenue !

NdAtt. : lire ici pour plus d’infos sur la répression en République Tchèque ou pour une lettre de Lukas Borl.

Montarlot-les-Rioz (Haute-Saône) : Le grilles s’ouvrent et les visons s’évadent (MAJ 17/04)

Publié le 2019-03-26 10:17:06

France Bleu / vendredi 22 mars 2019

Un élevage de visons a été la cible d’une opération commando dans la nuit de jeudi à vendredi à Montarlot-les-Rioz, en Haute-Saône.  Un ou plusieurs individus sont entrés sur le site pour fracturer les grilles et ouvrir les cages, afin de libérer les animaux. 500 visons se trouvaient à ce moment-là dans l’exploitation, dont plusieurs femelles en gestation.
Les animaux se sont échappés et certains se sont battus, causant des blessures graves dans le cheptel. Ce vendredi après-midi, l’éleveur a réussi à récupérer 410 bêtes, mais avec des dégâts importants. Les visons qui se sont enfuis ne pourront pas survivre plus de trois jours, car ils mourront de faim, de soif ou seront tués [comme si la vie des animaux intéressait aux éleveurs ! NdAtt. ]. Par ailleurs, cette action est dangereuse car les visons libérés sont des visons d’Amérique, une espèce invasive qui risque de rentrer en conflit avec l’espèce locale, le vison d’Europe .

L’éleveur a obligation de prévenir les services de l’état pour prévenir que des animaux ont été libérés, une battue pourrait être organisée car il n’est pas possible de les laisser dans la nature.
De son côté, l’association Combactive, mobilisée contre un élevage de visons a Emagny rejette toute implication dans cette action.  Son président, Fabien Robert, est conscient de l’inutilité de ce genre d’opération : « On sait que ce n’est pas bien, ni pour l’environnement, ni pour les animaux ».

L’élevage de vison de Montarlot-lès-Rioz est installée depuis 2012 sur cette commune de Haute-Saône. La première autorisation portait sur 2.000 animaux, une demande d’extension à 7.700 individus a obtenu autorisation en décembre 2017 après une enquête publique, mais l’exploitant avait gelé cette montée en puissance en raison de l’hostilité manifeste pour de tels élevages dans la région. De juillet à décembre 2018, l’exploitation a déjà subi quatre intrusions, qui ont donné lieu à quatre plaintes en gendarmerie. Lors de ces précédentes intrusions des vidéos avaient été enregistrées, mais selon l’éleveur on ne voyait que des animaux en cage individuelle, et aucune souffrance.
100% de la production de cet élevage de Montarlot-lès-Rioz est exportée en Chine. Les animaux sont abattus sur place selon l’exploitant par la manière la plus douce et la plus respectueuse de l’animal [sic ! NdAtt. ] : par le gaz. Les animaux sont envoyés en Belgique être transformés en peau [sic ! NdAtt. ], avant de rejoindre le marché international de peau de vison d’élevage.

*****

Mise à jour (extrait de l’Est Républicain / mercredi 17 avril 2019)

[…] Le 22 mars, 350 visons d’Amérique étaient libérés d’un élevage à Montarlot-lès-Rioz. Une quarantaine sont toujours en liberté. Certains ont été aperçus à 20 km dans le Doubs. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage lance un nouvel appel pour retrouver les derniers spécimens échappés. […]

Vittel (Vosges) : Le Christ perd ses jambes

Publié le 2019-03-26 10:17:07

extrait de Vosges Matin / samedi 23 mars 2019

Abîmés à plusieurs reprises, le Christ et la croix blanche à l’angle des rues des Dames et de Verdun avaient été remis à neuf et en place le 11 mars. L’embellie n’aura pas été bien longue, puisque l’édifice a de nouveau été vandalisé dans la nuit de mardi à mercredi…

avant…

[…] Après avoir été déplacée plusieurs fois, abîmée et même dépouillée du Christ et stockée en morceaux, la croix fut reconstituée et réhabilitée en 2015 par quelques bénévoles amoureux de vieilles pierres et attachés au patrimoine local : c’est ainsi que le haut fut recélé au tronc, avec un nouveau Christ apposé en haut de la croix.
Cassé durant l’été 2018, ce dernier fut ôté puis refait, puis à nouveau abîmé : un bénévole décida alors de ressouder les parties abîmées – les pieds, les bras et le bas du cou – et de le repeindre.
Mis en place le 11 mars comme flambant neuf, le Christ de la croix blanche n’aura pas fait long feu puisque, huit jours après sa mise en place, le bas de son corps à partir de la taille a été déchiré.

c’est quand-même mieux après !

Cambrai (Nord) : Les bus « massacrés »

Publié le 2019-03-26 10:17:09

La Voix du Nord / dimanche 24 mars 2019

Le calme est revenu au dépôt de la rue du Colonel-Nicol, mais la nuit a été agitée. C’est un chauffeur passant par là, ce dimanche matin, qui a averti Pascal Ciappina, gestionnaire transports pour la société Vectalia, qu’une bonne part des bus stationnés ici, et affectés aux Transports urbains du Cambrésis (TUC), étaient hors d’état de rouler. Seuls trois véhicules sur les neuf présents (deux autres sont au garage pour maintenance) ont échappé à l’opération de démolition en règle menée dans la nuit. [le reste de l’article est payant; NdAtt.]

Calais (Pas-de-Calais) : Le local du député prend de l’air

Publié le 2019-03-26 10:17:13

Nord Littoral / samedi 23 mars 2019

La vitrine de la permanence du député Pierre-Henri Dumont a été dégradée dans la nuit de jeudi à vendredi. Un projectile aurait été lancé au milieu de la vitre. « On pense que c’est volontaire. L’impact était situé en plein milieu du portrait du député » raconte Enguerrand Petolas, attaché parlementaire du député.

« Nous avions déjà eu des tags mais jamais de casse de ce genre. » La vitre ne s’est pas brisée sous le choc mais menaçait de s’effondrer. Elle a été retirée dans l’après-midi et remplacée par des plaques de bois. Il faudra attendre environ 15 jours pour refaire la vitrine selon l’attaché parlementaire. […]

La statue de la reine Victoria à Montréal attaquée à la peinture verte avant la Manifestation contre le racisme et la xénophobie

Publié le 2019-03-26 10:24:05
Mar 242019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Montréal, le 24 mars 2019 — Une statue en bronze emblématique de la reine Victoria, inaugurée en 1900 et située sur la rue Sherbrooke sur le campus de l’Université McGill, a été vandalisée hier soir, en avance de la prochaine manifestation contre le racisme et la xénophobie.

Les statues de la reine Victoria à Montréal ont déjà été visées au moins trois fois en 2018: la veille de Noël par les Lutins rebelles du père Noël, le jour de la fête de Victoria par la Brigade Henri Paul contre la monarchie, et le jour de la Saint-Patrick (2018) par la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin

Séamus Singh, de la brigade, a déclaré: « Cette année, nous avons décidé d’attendre une semaine après le jour de la Saint-Patrick afin de mieux planifier notre action juste avant la manif antiraciste d’aujourd’hui. » La brigade souligne cependant qu’elle ne participe ni directement ni indirectement à l’organisation de la marche antiraciste.

Lakshmi O’Leary, également membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, a expliqué: « En fait, nous avons dû passer un temps considérable à enlever le épais revêtement de plastique qui a caché la statue depuis décembre après une attaque de peinture rouge la veille de Noël. » Elle a ajouté: « Nous avons laissé la cagoule sur le visage de la reine Victoria, car si les rebelles irlandais et indiens du siècle dernier avaient réussi, elle aurait été bien pendue pour sa criminalité. »

Selon la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, la présence de statues de la Reine Victoria à Montréal est une insulte aux luttes d’autodétermination et de résistance des peuples opprimés dans le monde entier, y compris les nations autochtones en Amérique du Nord (l’Île de Tortue) et en Océanie, ainsi que les peuples d’Afrique, du Moyen-Orient, des Caraïbes, du sous-continent indien, et partout où l’Empire britannique a commis ses atrocités.

Les statues sont également une insulte à l’héritage de la révolte par les combattant.e.s de la liberté irlandaise, et les mutin.e.s anti-coloniaux d’origine britannique. Les statues ne méritent particulièrement aucun espace public au Québec, où les Québécois.e.s étaient dénigré.e.s et marginalisé.e.s par des racistes britanniques agissant au nom de la monarchie putride représentée par la reine Victoria.

Le règne de la reine Victoria a représenté une expansion massive de l’Empire britannique barbare. Collectivement, son règne a représenté un héritage criminel de génocide, de meurtres de masse, de torture, de massacres, de terrorisme, de famines forcées, de camps de concentration, de vols, de dénigrement culturel, de racisme et de suprématie blanche. Cet héritage devrait être dénoncé et attaqué.

L’action d’hier est motivée et inspirée par des mouvements à travers le monde qui ont fait tomber et ont autrement ciblé des monuments par actes anticoloniaux et antiracistes: Cornwallis à Halifax, John A. Macdonald à Kingston (Ontario) et à Victoria (Colombie-Britannique), le mouvement Rhodes Must Fall en Afrique du Sud, la résistance aux monuments racistes de la Confédération aux États-Unis, et plus.

Selon Udham Connolly, un autre membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin: « Notre action est une simple expression de la solidarité anti-coloniale et anti-impérialiste, et nous encourageons d’autres à entreprendre des actions similaires contre les monuments racistes et les symboles qui devraient être dans les musées, et non prendre de l’espace dans nos lieux publics. »

Séamus Singh conclut: « Cette fois, cependant, nous ne demandons pas que cette statue en particulier soit enlevée; tant qu’elle reste vandalisée avec de la peinture verte, avec la tête de la reine Victoria sous une cagoule, elle peut rester debout. »

Paris – Rassemblement après les arrestations devant le centre de rétention de Vincennes

Publié le 2019-03-26 10:25:03

Aujourd’hui dimanche 24 mars, nous avons fait un parloir sauvage (rassemblement pour communiquer avec les gens de l’intérieur) devant le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, où des détenus sont en grève de la faim depuis mercredi (vous pouvez trouver leurs deux communiqués ici et ).
Deux personnes ont été interpellées par la police et placées en garde-à-vue.

Solidarité avec tou-te-s les enfermé-e-s!

Rassemblement de soutien lundi 25 mars à 19h devant le commissariat du 12e, où se trouvent les personnes arrêtées (80 avenue Daumesnil métro Gare de Lyon).

A bas les CRA!
Liberté pour tou-te-s!

Valence , Drôme: Le SPiP fournit une main d’œuvre gratuite pour l’ Agloo afin de faire une zone de « compensation »

Publié le 2019-03-26 10:25:12

Depuis lundi 18 mars,25 personnes sont à pied d’oeuvre pour nettoyer le lac des Couleures, lieu de 15 hectares bientôt classé Espace Naturel Sensible Le projet, porté par Valence Romans Agglo, mobilise sept acteurs publics et privés, comme l’association des canaux de Valence ou le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Valence.
« Cette opération de nettoyage a justement été pensée pour le SPIP qui était à la recherche de projets pour les peines de travaux d’intérêt général »(hum), indique l’Agglo. Ce sont donc 14 jeunes du SPIP, accompagnés de 12 autres du comité de quartier de Valence, qui longent les berges du lac des Couleures* pour ramasser et trier cartons, pneus et autres électroménagers entassés près de l’eau. Le projet devrait prendre fin le 29 mars.

reformulé d’après la presse

note du laboratoire: Ce lac est en fait une retenu d’eau artificielle..L’agloo valorise une zone humide  est-ce en vue d’une compensation? « Une  définition plus restrictive des zones humides aurait pour conséquence de limiter le nombre des terrains à compenser, mais également le nombre de terrains pouvant être utilisés pour compenser tout dépendra du travail des cabinets d’études qui définissent les terrains: n’ayons pas de doute sur le fait qu’ils trouveront les deux critères avec facilité, mais seulement là où cela arrange les aménageurs…la législation oblige les maîtres d’ouvrage à limiter au maximum leurs impacts, et en dernier recours, à compenser la biodiversité qu’ils détruisent. A côté de la compensation réalisée au cas par cas après une construction, le projet de loi sur la biodiversité, qui a êté adopté en 2016, institue une « compensation par l’offre » : un opérateur réhabilite en amont un écosystème, puis vend au maître d’ouvrage des parcelles de ce site, dont la restauration et la gestion écologique garantiraient un gain de biodiversité équivalent à ce qui a été détruit. Prometteur pour certains, « permis de détruire » ou « marchandisation de la nature »

 

Carnaval pour l’Andra 12 mars 2019

Publié le 2019-03-26 10:25:12

Ci-dessous, un texte qui nous a été envoyé par des soutiens à la lutte antinuke de Bure :

Le mardi 12 mars, l’ANDRA avait le culot de venir donner des leçons de démocratie à Grenoble. Co-organisatrice des « Rencontres Nationales de la Participation », l’ANDRA y animait un atelier intitulé : « COMMENT CRÉER DU COLLECTIF POUR CONSTRUIRE UN PROJET DANS UN TERRITOIRE RURAL ? ». Une vaste blague, à laquelle on rit jaune.

L’introduction du débat faite par la « responsable de la concertation » de l’ANDRA était si honteux, que des opposant.es présent.es dans la salle – certes venu.es pour perturber l’évènement – n’ont pu se retenire très longtemps et ont crié au scandale.

Comment l’ANDRA peut-elle oser venir parler de « créer du collectif », de « concertation », de « fédérer les acteurs » ?! C’est à vomir. Pour rappel l’ANDRA c’est 25 ans de pratiques mafieuses en Meuse et en Haute Marne, de débats publics « cause toujours » (2005-2013), d’achat des consciences à coup de centaines de millions d’€ et d’opposant.es muselé.es. A l’heure où la répression policière et judiciaire est à son comble à Bure, l’ANDRA a bien du culot de venir donner des leçons de démocratie.

Mais si elle peut se le permettre, c’est bien que certain.es continuent de lui dérouler le tapis rouge. C’est le cas de ces « Rencontres Nationales de la Participation » et du président du think tank organisateur Bertrand Pancher, qui n’est rien d’autre que député de la Meuse!

Ainsi, d’autres individus avaient décidés de viser plus large en s’invitant au cocktail « réseautage » de l’évènement, qui avait lieu le soir, en partenariat avec la ville de Grenoble.

Une dizaine d’activistes ont réussi à s’introduire dans le Musée de Grenoble et ont pu joyeusement perturber ce cocktail en dénonçant une fois de plus l’hypocrisie des différents acteurs présents.

Impossible de savoir dans cette foule si des représentant.es de l’ANDRA étaient elleux même présent.es, mais là n’était pas la question. Le message était clair : laisser l’ANDRA co-organiser, sans doute financer et parler de concertation lors d’un tel évenement est honteux. Les autres co-organisateurs et participant.es doivent prendre leurs responsabilités et savoir que tout évènement de ce type où l’ANDRA tentera de se racheter une conscience seront systématiquement dénoncés et perturbés.

ANDRA dégage, résistance et sabotage !

13/03/2019

Indymedia Lille

Publié le 2019-03-26 10:25:15

Rappel des faits, en cette journée du 9 mars nous sommes les personnes qui avons pris la tête de la manifestation avec une banderole « détruisons le cis-hétéro-patriarcat ». Après avoir été violement matraqué*e*s, gazé*e*s et piétiné*e*s par les flics et non soutenu*es par les organisateur*trices de la manifestation, nous tenions à mettre certaines choses au clair.

• Quel est notre féminisme ?

Notre féminisme est intersectionnel et queer. Il a la volonté de prendre en compte toutes les formes de dominations systémiques. Il ne sert pas à défendre des politiques sécuritaires, racistes, islamophobes, transphobes et putophobes. Nos méthodes d’organisation nous sont propres et nous ne nous permettons pas de juger celles des autres tant qu’elles ne permettent pas de justifier la désolidarisation avec d’autres personnes. Lorsque nous rencontrons des féministes que nous ne connaissons pas, nous sommes contentes de trouver des nou*velles*veaux camarades. Lorsque nous proposons/libérons des espaces, notre but c’est que les personnes s’en emparent. En effet, nous ne sommes pas tous et toutes traité*e*s de la même façon par le système, il est important que les personnes concernées par des problématiques qui leur sont propres soient visibles. Notre féminisme ne s’arrête pas au 8 mars, il est quotidien et il croise d’autres oppressions que nous rencontrons et des solidarités que nous souhaitons mettre en place : validisme, LGBTQI+ phobies, précarité, racisme, grossophobie…

• La banderole

Nous avons, en partie, pris la tête du cortège car la banderole de tête était honteuse. « La journée internationale des femmes ». Même dans nos manifestations, on oublie les mots DROITS et LUTTES.

• Pourquoi nous sommes masqué*e*s :

Si nous sommes masqué*e*s, c’est parce que nous sommes contre la surveillance et le contrôle de l’état. Le fichage par la police permet au gouvernement de savoir qui participe aux manifestations, nous nous refusons à suivre leurs règles. Outre la police, les groupes d’extrême droite ont également pour habitude de prendre des photos des groupes politiques qui ne leur plaisent pas, les féministes en font partie. De plus, nous nous masquons car le climat professionnel dans lequel nous évoluons est hostile aux personnes qui remettent en question son fonctionnement, que ce soit par le syndicalisme ou par l’acte de manifester. Nous nous masquons aussi parce que habillé*e en noir et non-identifiable, nos rapports sont horizontaux, il n’y pas d’individu qui se détache, pas de leader, pas d’étiquette, nous agissons collectivement. De plus en étant masqué*es nous affichons notre soutien aux personnes qui ont leurs raisons de se masquer. Nous tenions aussi à rappeler que parce que nous sommes masqué*e*s nous n’excluons absolument pas les personnes qui ne le sont pas, à nous rejoindre. Se masquer ce n’est pas une agression ou de l’agressivité, c’est gérer son image ensemble.

• Qu’est ce que c’est qu’une manifestation ?

Une manif’ n’est ni un défilé, ni un acte de folklore que nous faisons parce que c’est l’habitude annuelle. C’est un outil de visualisation des luttes nécessaires, permettant à toutes et tous de prendre l’espace. Le pouvoir ne devrait jamais se réjouir de la tenue d’une manifestation, sinon nous devenons leur caution et/ou un instrument pour justifier leurs politiques. Nous estimons que nous n’avons pas à prévenir de notre présence pour participer à une manifestation, ni de nous mettre à une place dans le cortège, qu’on a choisi pour nous. Ce n’est pas parce qu’on organise une manifestation qu’on décide qui va à l’avant du cortège, surtout lorsque c’est une organisation nationale avec une visibilité forte qui se met à l’avant et qui laisse les plus petit collectifs/asso marcher derrière elle.

• La solidarité féministe

Lorsque nous voyons des personnes se faire frapper, gazer et piétiner par des flics, il est nécessaire de réagir, surtout lorsqu’on cri des slogans sur la sororité et qu’on chante « solidarité avec les femmes du monde entier ». Où est la cohérence entre les slogans et les actions ? La police est un outil de maintient de l’ordre d’un système. Le système dans lequel nous sommes est patriarcal, lorsqu’on soutient les agissements de la police, on soutient le patriarcat. La solidarité concrète, ce n’est pas fun, c’est une possible exposition avec des conséquences à assumer. Il y a pleins de manières d’être solidaire, soyons le toutes et tous !
Enfin, comment assumer la désolidarisation avec les camardes Gillet Jaunes femmes qui luttent et qui affirment au quotidien leur place pour grandir ce mouvement ? Cela prouve une déconnexion avec la réalité et les luttes en cours. Ne pas afficher son soutien n’est pas anodin, cela a des conséquences politiques fortes pour ces personnes et le symbole est violent. La responsabilité des flics est évidente, mais lorsqu’on se soumet aux injonctions de la préfecture en termes d’organisation et de planning, on laisse l’état agir et on est également responsable. Préférer être soutenu par les structures étatiques plutôt que par d’autres féministes, tout en donnant une caution féministe à ces mêmes structures qui se retournent contre des camarades, nous semble, à notre sens, incohérent.

Une manifestation est POLITIQUE

Notre féminisme est SUBVERSIF

Nos organisations sont INCLASSABLES

Notre engagement est INCASSABLE

Nos luttes sont INARRÊTABLES

Nos victoires sont INDESTRUCTIBLES


Les effets politiques de la répression

Publié le 2019-03-26 10:25:15

Pour quelques bouts de shit, pour avoir aidé des sans-papiers, parce qu’on s’est fait serrer par le vigile à la sortie du magasin ou bien quand on se fait tirer du lit par des flics qui enchaînent sur une perquis’... la police s’attaque à tous ceux qui ne marchent pas assez droit ; à tous ceux qui refusent de jouer au jeu du bon citoyen ; à ceux qui, partout, ont décidé ensemble de ne plus avoir peur, ceux qui se défendent, frappent et s’organisent. Malgré les précautions, les habitudes de prudence, les tac­tiques d’évitement, en dépit de toute opacité, il arrive que ça tombe. La ré­pression s’abat : quelque chose dans nos vies l’a fixée, aimantée.



Ça tombe et ça fait mal. Les bonnes âmes diront que c’est injuste, dispro­portionné. 6 mois fermes parce qu’on n’a pas couru assez vite, parce qu’on était au mauvais endroit au mauvais moment. Des années à crever derrière les murs pour un soupçon, un vague témoignage. Mais ce n’est pas tant que les flics et les juges frappent mal ou à côté. Simplement, l’incrimination d’individus (coupables ou innocents, là n’est pas la question) n’est que la partie la plus visible du mécanisme : il faut surtout « faire un exemple », « les peines requises par le parquet sont exemplaires »... Dans un État démocra­tique, la répression ne vise pas tant à anéantir brutalement ce qui lui échappe — élément par élément — qu’à contenir ce qui déborde, en l’affai­blissant. Il s’agit de gérer la délinquance et la contestation en tant que phé­nomène général plutôt que de mettre hors circuit, un à un, tous les éléments à risque. Au cœur du dispositif policier, il y a cette fonction d’intimidation : en frapper un pour terroriser tout le monde.

La police frappe à la porte, elle casse des dents, les juges font tomber de lourdes peines sur les têtes folles... On en prend plein la gueule, on est dans le dur. On est dans le réel aussi, la répression tombe comme une épreuve de réalité : jusqu’où on tient nos engagements ? Quelle place on fait à la peur, aux doutes ?

Le pire évidemment c’est de lâcher, céder sur tout, se faire l’auxiliaire de son propre anéantissement. Le choc des arrestations, la lourdeur des surveillances viennent casser des élans, engluer des dynamiques ; combien de collectifs émiettés, d’amitiés perdues quand la pression poli­cière se fait pesante ? « Le jeu n’en vaut pas la chandelle » ; « Maintenant je me suis rangé ». Rangé dans l’ordre des choses, à la merci de la vie normale, isolé. On finit par intégrer que cette vie-là est préférable au risque de prendre de la taule pour une pierre jetée sur un flic. On oublie que cela constitue essen­tiellement une menace flottante destinée à paralyser les offensives. On cède à l’image-repoussoir de la prison, on en vient à en avoir une crainte déme­surée. On finit par rentrer dans leur jeu morbide, à se plier à leurs travaux et à leurs soins forcés, parfois sans attendre qu’un juge ait prononcé ses in­jonctions thérapeutiques ou l’obligation de « trouver un emploi salarié ».

On finit par oublier que la répression — et toute sa « démesure » quand elle s’abat — est justement là pour ça. Face à la police, face à la justice, la pre­mière réponse, la réponse minimale, c’est de trouver des modes pour conti­nuer, des modes qui, malgré une amputation temporaire (par la taule par exemple), permettent que tout ne soit pas - gangrené. Tout ce qu’on construit, les liens, l’intelligence commune, les petites certitudes... tout est mis à l’épreuve : ça résiste ? Alors c’est du solide.

Bien sûr, il y a des ajustements. Avec un procès au cul, la question se pose souvent à titre personnel : « qu’est-ce que je fais maintenant ? Est-ce qu’il faut se calmer ? Pendant combien de temps ? » Et il y a toute la mécanique collective au­tour : comment on continue avec une personne incriminée ? Ce qu’on peut faire ou pas avec elle, comment on se débrouille pour éviter qu’elle se re­fasse serrer... Arriver à ce que tout le monde refuse de donner son identité pour la couvrir, trouver des faux noms à filer en pâture aux keufs, se don­ner les moyens d’organiser une cavale. La répression ouvre aussi de nou­veaux territoires à explorer, en matière d’organisation, de complicités. Bien sûr c’est lourd : les précautions sans fin, les ruses à répéter, le temps sus­pendu à des enquêtes qui traînent en longueur, qui n’en finissent plus... Mais il faut se mettre à la hauteur, et on a des choses à y gagner. Faire avec, trouver un mode propre qui permette de continuer à vivre, sans faire en permanence exister la police dans nos têtes.

Car l’efficacité de la répression ne tient pas que dans le renoncement qu’elle parvient à provoquer, mais aussi dans ses implications internes, perni­cieuses. Elle nous attire en terrain ennemi, sur le terrain de l’État ; elle trans­forme intimement ceux qu’elle a dans le viseur. On s’embarque facilement sur de mauvaises pentes, des mauvaises pentes qui semblent prendre à tra­vers nous, et font exister les effets de séparation liés à la répression : ten­tation du repli sur son petit groupe, séparation d’avec ses positions éthiques, spécialisation dans une activité anti-répression qui absorberait tout, les éner­gies, les perspectives de lutte...

Reste la voie étroite, celle qui suit l’accumulation patiente de petites pré­cautions qui parviennent à donner du champ, la possibilité de faire avec et de reprendre l’initiative, tout en échappant à la paranoïa qui enferme com­plètement, même dehors.

REPLI

0n a peur, on verse dans la paranoïa qui fait exister la police à tous les coins de rue, et jusqu’en nous-mêmes. Les précautions ma­niaques, les contres-mesures rendent tout pesant, épuisant. La charge vive est petit à petit neutralisée. Les actions se font plus lentes. Comme une longue dépression collective : la démoralisation n’est pas affaire de défaillances psychologiques mais plutôt un effet de lenteur qui com­plique les contacts et facilite les embrouilles.

Les compositions collectives un peu larges se désunissent : les tensions s’exacerbent dans les quartiers, dans les milieux, les collectifs volent en éclat... Le repli et les crispations identitaires deviennent des ressorts parfaits pour des opérations policières qui se mettent à nous travailler même sans que les flics soient effectivement présents. Le bavardage, la rumeur, plus ou moins publics, plus ou moins malveillants, sécrètent leurs propres opéra­tions d’identification : on dit du mal de la « bande à machin », on reprend à bon compte les catégories des flics, on emprunte nous-mêmes la panoplie des gangsters ou du black bloc. Les divergences se font dissensions voire mises en accusations publiques, condamnations morales de toutes sortes. C’est le règne des guéguerres ou de la guerre tout court, du temps passé à se baver dessus ou se déchirer plutôt qu’à éclaircir des positions, reconnaî­tre la multiplicité des tentatives politiques ; au moment où la répression s’abat, ces divisions participent de la neutralisation préventive tant recher­chée du côté de la police. Diviser pour mieux régner. Classique.

Parfois la taule vient carrément couper des liens : au début, on écrit, on de­mande des nouvelles et puis, petit à petit, les gens qui sont tombés se font manger, avaler derrière les murs.
Il est logique dans ce contexte de se replier sur sa bande, sur son petit groupe de potes. Au risque de tomber dans des dynamiques groupuscu­laires, marquées par un isolement forcené et toute l’impuissance qui va avec. Les flics surveillent : soyons discrets, mutiques. Petit à petit, on se peuple de secrets bien lourds qui empêchent de penser et d’agir facilement avec d’autres gens. Ça rogne doucement toute aptitude à la rencontre (« c’est pas un infiltré, un indic ? », « est-ce qu’on peut s’afficher comme ça ? »).

La dérive groupusculaire, c’est aussi la tentation du face à face avec l’État. Au risque de devenir des petits États en puissance. Parce que les chefs ap­paraissent lorsqu’il s’agit de faire face à la crise. Parce qu’on ne joue plus, il faut assurer, être efficace, quitte à tomber dans la militarisation. Des chefs, des sous-chefs, des soldats... La spécialisation : qui fait la logistique, qui est le stratège, qui est un gros bras, etc... Les alliances ne sont plus que straté­giques et tous ceux qui s’écartent des consignes de l’état-major deviennent suspects. Des traîtres. C’est aussi le piège de l’escalade grâce auquel l’État fabrique finalement « ses » terroristes, l’alter ego avec lequel il sait bien com­ment procéder. Assécher le bassin, traquer, neutraliser. La bande ou la cel­lule se meut dans un environnement entièrement hostile. C’est eux et nous. Et la population. « Des gens qui ne savent pas, qui n’ont rien compris, des complices du pouvoir »... On en oublie cette vérité essentielle : la « population », ça n’existe que dans la tête des gestionnaires et des gouvernants.

L’histoire récente témoigne que ce pli menace toute lutte offensive. Mais même sans aller « jusque là » (jusqu’à la militarisation ou la clandestinité armée), il y a le risque d’être piégé dans un face à face avec la police. Piégé dans des identités closes, nos propres caricatures de cailleras, de casseurs, d’anarchistes véritables. N’exister que négativement, dans une sorte de réac­tivité perpétuelle. Perdre toute souplesse. Appauvrissement de tout ce qu’on est encore, et de tout ce que l’on pourrait devenir.

L’ENNEMI PUBLIC, LA VICTIME, L’INNOCENT
I1 y a encore une sorte de tentation inverse : il ne s’agit plus de se recroqueviller mais de faire beaucoup de bruit, en faire toute une affaire, s’en remettre à l’opinion. Rendre une affaire publique, ne pas laisser le champ complètement libre aux manœuvres policières et judiciaires est évi­demment une carte à jouer : l’expérience montre bien qu’on mange moins si la salle d’audience est remplie, si une petite troupe de gens fait du bruit devant un commissariat ou un palais de justice. Et ce n’est sans doute pas un hasard si les ouvriers de Continental ont pu saccager une sous-préfec­ture sans finir derrière les barreaux (et ce malgré les images gracieusement fournies au procureur par TF1).
Une publicisation très large peut même gêner le travail d’enquête, brouil­ler les pistes ; ça peut permettre de diffuser des infos sans prendre le risque d’offrir trop de connexions aux flics dans les moments les plus chauds.

Mais dès qu’une affaire fait du bruit, on peut rapidement être encombré par certains soutiens, certaines présences, qu’on est allé chercher ou qui ouvre leurs gueules d’eux-mêmes : familles affolées, politicards dans le vent, per­sonnalités de la société civile... « D’autres » qui viennent raconter des salo­peries ou tirer sur l’ambulance. Et c’est alors compliqué de rattraper le cours de l’affaire contre tout ce bavardage : il faut tenir des positions claires sans trop se découvrir, sans trop confirmer les soupçons... Reste alors l’op­tion d’un silence stratégique. Un silence offensif. Quand les actes parlent d’eux-mêmes. Des gestes que les discours indignés viennent immanquablement trahir.

Rendre publique une histoire, ce n’est pas forcément jouer le jeu des grands médias. N’empêche, la question de la médiatisation se pose toujours, bon gré mal gré, que le « coup de filet » ait été accompagné d’une grosse cou­verture médiatique ou pas. Quiconque se fait choper à la sortie du super­marché avec un fromage de chèvre dans la poche ne fera pas la Une du JT de TF1, mais son geste est de toute façon pris dans un ensemble de dis­cours régulièrement relayés par la machine médiatique (l’enquête annuelle sur le vol à l’étalage, l’étude sur le coup de la délinquance pour la société —« 6 % du PIB, tout de même 1 » — , les incessants reportages ou séries télé qui mettent en scène gendarmes et voleurs, etc.).

Le terrain médiatique est un terrain d’affrontement, lui aussi. Un terrain miné, bien sûr, dans lequel il est difficile de manœuvrer, parce que sa confi­guration même nous est hostile — tout comme une grande avenue hauss­manienne vidéo-surveillée est peu propice à nos affaires, d’ailleurs. Le risque c’est notamment de se retrouver coincés à devoir jouer les seuls rôles assumables dans le champ médiatique : l’innocent ou la victime, d’ac­tiver toute une grammaire de la justification publique, du consensus républicain. On se retrouve avec des associations à la « AC le feu » qui préten­dent faire du bruit autour de l’assassinat de « jeunes des quartiers » par les flics en réclamant plus de justice ou une police plus professionnelle... Ou avec des pétitions d’intellos qui veulent soutenir les inculpés de Tarnac au nom de « l’état de droit », c’est-à-dire précisément au nom de l’ordre en place qui, pour garantir la « liberté d’expression » et la démocratie, se blinde de dispositifs sécuritaires et de législations antiterroristes.

Nous n’avons aucune vérité commune avec un juge ou un flic. Voilà déjà pourquoi il n’y a rien assumer devant eux, rien à leur avouer, sans même parler de balancer des gens. Se taire, nier, mentir pour s’en sortir et re­prendre la lutte. La difficulté, c’est qu’en médiatisant un procès ou une af­faire, on risque toujours de transformer cette option tactique en proclamation d’innocence : une position qui appelle à bien différencier les innocents des coupables, qui justifie d’autant plus l’innocence de certains qu’elle en incrimine d’autres, ceux qui se sont fait serrer sans les appuis, sans le capital social qui permet de bien amorcer les campagnes média­tiques. Au risque d’alimenter la machine à faire le tri entre les bons mili­tants alternatifs ou syndicaux et les méchants extrémistes violents, entre les jeunes-qui-essaient-de-s’en-sortir et les racailles.

C’est évidemment depuis une position de force qu’on a le plus de chance de pouvoir manœuvrer dans le champ médiatique, sans trop de dommages et ce rapport de force peut émaner d’un mouvement social de grande ampleur ou ressortir plus concrètement de l’occupation d’un plateau télé. Manœuvrer, c’est-à-dire réussir ce numéro d’équilibriste qui permet de retourner une attaque subie en possibilité d’affirmations. Bien sûr, on peut d’autant plus facilement affirmer quelques idées clairement quand on a les moyens de les diffuser largement, sans prendre le risque de se faire couper au montage : impression massive de tracts, d’affiches ou de journaux, uti­lisation d’internet (des sites d’information autonomes, des réseaux sociaux à la facebook en passant par youtube ou les listes de diffusion), passages sur les dernières radios libres, etc.

LA TÊTE CONTRE LES MURS
Quand des gens tombent sont emprisonnés ou placés sous contrôle judiciaire, on risque de verser assez vite dans l’anti-répression. Une part de l’entourage se retrouve investi dans le soutien logistique ; trouver la thune pour les avocats, les mandats ou la famille, faire le lien intérieur-extérieur, assurer le travail de liaison entre les gens qui n’ont pas le droit de se capter et préfèrent pour un temps ne pas courir le risque... Dans le soutien « politique » aussi : faire du bruit autour de l’affaire, gérer les embrouilles potentielles, colmater les brèches pour faire en sorte que les flics ne puissent pas ramasser d’autres gens trop facilement... On mobilise tout son temps, toutes ses énergies sur du défensif. En un sens la répres­sion porte à travers tout ce travail, dans la mesure où elle vise la paralysie ou l’affaiblissement des forces rebelles, jusqu’à un « seuil raisonnable ».

Faire la part entre le soutien indispensable et le piège de l’anti-répression est évidemment délicat. C’est peut-être une affaire de seuil. D’ambiance aussi : on traîne une impression d’impuissance, le sentiment d’être bloqué en réaction, de délaisser systématiquement l’offensive. Dépression latente. Pour s’en sortir il y a la nécessité de construire des outils un peu durables ; pour ne pas être pris au dépourvu et ne pas s’épuiser non plus à les brico­ler dans l’urgence : ça peut vouloir dire soigner les contacts avec les avocats, dans les taules, mettre en place des caisses de solidarité pour que la thune soit facilement déblocable. Être au clair sur la manière de faire passer des infos et du matos dans telle ou telle prison.

Et surtout ces outils, ces tactiques il faut les inventer parmi d’autres. Parmi tous les moyens de mise en commun, de débrouille collective. Savoir faire avec et contre la taule comme on sait faire avec et contre les galères du taf, du Pôle Emploi, des plans logement. La prison ou le contrôle judiciaire ne constituent pas des thèmes de lutte ni même la cause ultime d’un mouve­ment de contestation antisécuritaire. Ce sont des dispositifs parmi d’autres, des dispositifs auxquels on s’affronte et dans lesquels on peut nouer des complicités, des solidarités qui donnent de l’air ; dedans comme dehors.

JE N’AI PAS PEUR. J’AI SEULEMENT LE VERTIGE.
IL ME FAUT RÉDUIRE LA DISTANCE ENTRE L’ENNEMI ET MOI.
L’AFFRONTER HORIZONTALEMENT.

Chaque situation de répression, en même temps qu’elle risque de nous affaiblir ou de nous casser pour de bon, crée des occasions. Occasions de rencontres. En taule, la fameuse « école du crime », où malgré tout des connexions se créent, où les activités obscures et clandestines qu’elle prétend réduire trouvent à se recomposer. Et ça passe les murs. Les amitiés de l’intérieur débouchent sur de nouveaux plans dehors.

Des rencontres à l’extérieur aussi, en allant au parloir, en se retrouvant dans les mêmes angles morts au moment de faire passer un colis en promenade. Des petits événements où s’éprouve un commun qu’on n’aurait pas forcé­ment imaginé ; des rencontres qui peuvent durer, poser quelque chose dans le temps, le début d’une alliance, des promesses pour le futur.

Parfois émergent des compositions improbables, de plus en plus de monde se laisse aller à des rapprochements intempestifs : entre le déploiement de l’arsenal législatif et l’impasse sécuritaire à laquelle il nous condamne ; entre les descentes de la S.D.A.T. et celles des flics ou des gendarmes, avec fouilles au corps et chiens policiers, dans les bahuts ; entre la mobilisation contre le fichier E.D.V.I.G.E. ou le fichage A.D.N. et l’incendie du centre de rétention de Vincennes.

Des solidarités, des processus politiques à l’œuvre parfois depuis longtemps mais qu’on ne savait pas toujours ressaisir se dévoilent, s’affinent : quand les commerçants d’une cité prennent en charge de collecter du fric pour des jeunes en détention provisoire, quand une mairie est occupée pour reprendre ce qui a été arraché, quand tout un village se retrouve dans un comité de soutien, quand le petit patron d’une boîte de bâtiment signe sans rechigner deux promesses d’embauche pour faire sortir des gens en semi-liberté. Ailleurs une assistante sociale brûle des documents qui pourraient donner trop de billes aux flics, on fait passer des téléphones portables à des prisonniers en activant des vieux liens de voisinage...

C’est le seul vrai moyen d’échapper aux effets de la répression : des liens qui font que les flics ne peuvent pas prendre quelqu’un sans arracher tout un bordel en même temps, ce qui peut vite devenir ingérable pour eux.

Plutôt qu’isoler des coupables, la répression se charge alors de mettre en communication différents foyers de révolte (syndicalistes, sauvageons, ly­céens remuants). Plutôt que de terroriser les plus agités, la répression accentue la nécessité de diffuser et d’assumer des pratiques illégale et clandestines, depuis la lutte de soutien aux sans-papiers jusqu’aux mouve­ments lycéens. Les analystes, anxieux, parlent de radicalisation.

Et même les syndicalistes policiers le déplorent : en dépit de la multiplica­tion des forums police-population, la répression ne rassure plus les hon­nêtes citoyens, elle diffuse surtout l’hostilité face aux forces de l’ordre.

Lettre collective du centre de rétention de Vincennes en lutte

Publié le 2019-03-26 22:49:04

Une grève de la faim, alliée à une grève de l’infirmerie et de l’ASFAM (l’association présente dans le centre) a éclaté au CRA 1 de Vincennes jeudi et s’est poursuivie vendredi, partiellement suivie au CRA 2. Nous relayons ici une lettre collective faisant suite à cette grève.



Le 21 mars 2019, au Centre de Rétention de Vincennes Paris

Salutations,

Nous, les retenus du centre administratif de Vincennes CRA 1, nous permettons de vous écrire afin de vous parler de notre galère physique et psychique.

Nous commençons par parler de la maltraitance des policiers, agression physique à chaque fois que nous parlons avec eux de nos droits humains : des retenus blessés et il y a aucun traitement pour les soigner.

Des insultes chaque jour même avec un mot que nous ne comprenons pas et des actes de discriminations et du racisme qui accentuent notre souffrance (“sale arabe”, “fils de pute”, …).

Quant à la nourriture, elle est vraiment inconsommable : nauséabonde qui donne envie de vomir. La majorité des retenus souffrent de la malnutrition et des effets des produits emballées (gale, problèmes digestifs).

Il y a parmi nous des retenus malades qui souffrent de problèmes mentaux, d’autres qui ont la tuberculose, la gale. Nous avons l’impression qu’ils nous préparent un lieu favorable par la contagion. Le médecin du centre ne croit pas qu’il y ait vraiment des retenus malades. Il fait que leur donner des calmants, sans aucun traitement avec aucune intention de les soigner.

Les chambres ne sont pas stérilisées. Donc plusieurs maladies se répandent rapidement dans le centre. Humainement, c’est injuste d’emprisonner les étrangers pendant trois mois pour décider leur déportation ou pas. Nous ne sommes pas des criminels pourtant nous sommes traités comme des chiens : imaginez, ils nous amènent dans des cages au tribunal.

Merci

Rassemblement après les arrestations devant le centre de rétention de Vincennes

Publié le 2019-03-26 22:49:06

RDV mercredi 27 mars à 10h : les deux personnes arrêtées dimanche et qui sont maintenant enfermées au CRA de Vincennes ont une audience devant le JLD, au tribunal de Paris, métro Porte de Clichy. Soyons nombreux-euses pour les soutenir !



Attaque !

Publié le 2019-03-26 22:50:04

Chaque matin, la sonnerie du réveil m’arrache de mon sommeil. Premier acte : j’allume mon téléphone portable.

Avec les satellites, les nœuds de communication, les antennes etc, mon portable se synchronise avec ceux de tous les autres. Nous vivons la même vie en même temps. Connecté à internet, quelque chose d’invisible me transperce, mon téléphone envoie et reçoit en permanence. Une fois que le rythme de la nuit est tué par la sonnerie et que je me synchronise avec le monde connecté, un autre temps domine. Le staccato des émissions en direct, de la disponibilité ininterrompue, celui de la mise à disposition permanente, des emplois du temps et des rendez-vous, des plannings et des impératifs. Deuxième acte : je débranche mon portable de sa prise. Sans électricité, il ne serait rien, juste du plastique et de la ferraille avec quelques éléments faits de métaux rares. Cet appareil peut fonctionner à l’aide de spécialistes et grâce à une production d’électricité dépendante du nucléaire et du charbon, à un réseau mondial, à cette infrastructure critique qui garantit jour après jour notre quotidien, protégée par la police et l’armée. Après avoir utilisé divers appareils qui ont eux aussi besoin d’un réseau – sans quoi ils seraient complètement inutiles-, je pose un pied dans la rue.

Marchant le long des lampadaires – dans cette ville où l’obscurité n’existe plus, où aucun endroit n’échappe à la vue –, des boîtiers électriques et des répartiteurs téléphoniques, des sucettes publicitaires, des commerces avec leurs systèmes de surveillance – me vient en tête une pensée évidente : l’électricité sert les relations fondées sur la propriété à travers des milliers de kilomètres de câbles en fibre optique et en cuivre qui ne se trouvent qu’à 50 centimètres en-dessous de mes pieds ; je passe aussi sur des plaques qui donnent accès à des puits au fond desquels reposent les artères du monde moderne. Assis dans le train, me saute à l’esprit que sous les rigoles en béton courant le long des voies serpentent à nouveau des câbles, et que des systèmes de signalisation sont installés à peu près tous les 100 mètres : sans tout cela plus rien ne marcherait, le capital humain comme les biens morts ne parviendraient plus là où ils sont censés être consommés ou produire une plus-value.

Abandonnant mon observation de fourmi, je regarde en hauteur et aperçois sur les toits les antennes pour la radio, pour internet, pour le téléphone, ainsi que pour les ondes radio… dont celles de la police. Le maintien de la misère quotidienne a ses canaux, il faut les interrompre pour que les gens puissent transformer leur quotidien. La communication de ceux qui défendent la propriété dans les rues – les flics et l’armée – passe par les antennes sous lesquelles nous défilons du matin au soir. Lorsqu’une antenne-radio tombe, qu’un faisceau de câbles se consume à petit feu, qu’il y a la moindre coupure dans un câble en fibre optique ou à travers le cuivre des réverbères, apparaît tout à coup une zone d’ombre, un moment de confusion pour ceux qui n’ont pas appris et ne veulent pas apprendre à agir et à penser de façon autonome, qui obéissent et attendent toujours ordres et directives, mais cela peut aussi permettre à d’autres de faire des choses qui semblent souvent impossibles.

Si ce monde devient toujours plus une méga-machine, si les artères de la domination deviennent de plus en plus subtiles et qu’elles recouvrent tout le territoire de leur toile, nous devons – pour attaquer – être en mesure de tourner nos regards loin des choses les plus apparentes et tenter d’incorporer notre analyse des évolutions actuelles au sein des perspectives que nous voulons nous donner. Plus le monde est tissé de mailles, plus il est vulnérable aux perturbations. Ces nœuds de communication et les connexions entre eux, que l’on peut trouver partout et peu protégés correspondent aux points sensibles à couper. A un moment où même l’air brûle, cela n’a aucun sens de mettre le feu là où les flammes dansent déjà et où tous les regards sont fixés. Le silence radio, la coupure des communications, l’interruption des chaînes de commandement – et bien plus encore – sont les possibilités que l’on peut trouver avec un regard de créativité et d’analyse lorsqu’on cherche des objectifs à attaquer.

« Feu aux prisons! – C’est l’arrestation d’un compagnon anarchiste à Zurich qui a conduit à la parution de ce journal »

[Traduit de l’allemand du journal anarchiste ‘Feuer den Knästen’, März 2019]

Caen, France : Discussion contre l’enfermement et le projet de nouvelle prison à Ifs – Vendredi 5 avril au local Apache

Publié le 2019-03-26 22:51:04

Vendredi 5 avril à 18h au local Apache (35 boulevard Poincaré, arrêt de bus Aviation) aura lieu une discussion contre l’enfermement et le projet de nouvelle prison à Ifs.

« A bas les prisons !!!

L’actualité sociale montre une fois encore quel est le rôle de la prison et de l’enfermement en général dans nos sociétés : punir en ôtant à quelqu’un·e les conditions de toute existence, mais pas punir n’importe qui. Punir les marginaux et marginales, les rebelles, les prolos débrouillard·es ou séditieuse et séditieux, les sans-papiers, les indésirables, tout ce que les classes dirigeantes et leurs défenseurs jugent dangereux. La prison est là pour maintenir un ordre social injuste, comme le tribunal, les flics ou les caméras de vidéosurveillance. On y enferme donc les gilets jaunes les plus déterminés, dans l’attente de leur procès ou pour punir leur insoumission, espérant ainsi calmer les braises de la révolte. De plus en plus, l’incarcération est devenue un mode d’administration normal et banalisé. De 30.000 détenu·es en 1970, on est passé à plus de 70.000 aujourd’hui, auxquel·les il faut ajouter les personnes sous bracelets électroniques, faisant des TIG, placées sous contrôle judiciaire etc. On punit toujours plus et on enferme toujours plus longtemps. C’est pourquoi une nouvelle vague de construction de prisons a été lancée et est en cours de réalisation.

C’est dans ce cadre que l’actuelle maison d’arrêt va être remplacée par une nouvelle à Ifs. Les travaux commenceront en 2020, pour une livraison prévue en 2022. On en profite pour accroître le nombre de places : 550 places, la plupart en cellule individuelle – qu’on prévoit déjà de doubler. Actuellement, 370 hommes (pour 222 places), 25 femmes et 5 mineurs s’entassent dans une prison vétuste en ville. Demain, ils et elles seront déplacé·es aux abords du périph’, à côté d’une plate‑forme logistique, dans une prison que ses architectes vendent comme « apaisante » et (surtout) sécurisée. La seule vie qui existe en taule est celle que les prisonniers et prisonnières arrachent à l’administration pénitentiaire par la lutte ou par la ruse. Il n’existe pas de prison à visage humain.
En plus de cette nouvelle maison d’arrêt, une Structure d’Accompagnement vers la Sortie de 90 places va être aménagée. Cette structure fonctionne comme une carotte : reste sage, soumets-toi, et tu iras (peut-être) dans cette taule aux conditions plus souples. On imagine sans mal que cette structure va surtout se substituer aux remises de peine afin de prolonger toujours plus la détention. Surveiller, réprimer, punir et enfermer, voilà la réalité brute du pouvoir.

Pour nous, il est hors de question de rester indifférent·es à cet affront pour la liberté. Nous comptons bien lutter contre ce projet, et au‑delà contre tous les enfermements et l’autorité en général, par la solidarité avec les détenu·es, l’auto-organisation et l’action directe.
C’est pourquoi nous vous proposons cette discussion, afin d’approfondir notre critique radicale de l’ordre existant et de renforcer nos capacités d’agir.

Des anarchistes

L’affiche au format pdf

[Reçu par mail]

Communiqué de l’attaque de l'ISSEP dans la nuit du 26 au 27 Mars 2019

Publié le 2019-03-27 21:55:09

Communiqué de l’attaque de l’école de Marion Maréchal Lepen dans la nuit du 26 au 27 Mars 2019 à Confluence.



Dans la nuit du 26 au 27 Mars 2019, nous avons attaqué l’ISSEP, Institut des sciences sociales, économiques et politiques.

Cette école créée par Marion Marechal Le Pen a ouvert en cette rentrée 2018, au sein du quartier de la confluence, dans le but de former la future élite de l’extrême droite identitaire.
Considérez cette attaque comme une réponse à tous les actes racistes, sexistes, homophobes, transphobes, ainsi qu’aux politiques meurtrières anti-migratoires et à l’attentat de ChristChurch perpétré dernièrement.

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Nous attaquons la montée en puissance dans le monde entier de l’extrême droite et du populisme.
Nous attaquons les laboratoires institutionnels des théories qui influencent ce climat nauséabond et mortifère.
Nous attaquons le renforcement sécuritaire dans nos villes, nos quartiers, nos mouvement sociaux, aux frontières de leur monde.
Nous attaquons tout ce qui sert et alimente le maintien du capitalisme par des moyens totalitaires et répressifs.
Nous attaquons cette pensée bourgeoise qui maintient et alimente les oppressions tout en développant leurs privilèges.
Nous attaquons ce qui neutralise toute perspective d’une émancipation commune, nous retranche dans nos individualités, nous pousse à la concurrence entre peuples et au sein de nos classes.

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Nous ne cesserons jamais d’attaquer toutes les faces du fascisme que ce soit dans le centre historique du vieux Lyon ou dans la smart city de Confluence, nous continuerons de combattre les groupuscules violents qui usent de traditionalisme à des fins communautaires et identitaires ainsi que cette élite pensante qui se fait une place dans un quartier aseptisé, ultra sécurisé, ultra libéral, réel prototype d’un monde Orwellien.

Des gen.te.s dynamiques et motivé.e.s

[Finistère] Centrale Landivisiau : infos, répression, appel à soutien

Publié le 2019-03-27 21:56:04

Petit point sur la répression suite à la manif contre la centrale de Landivisiau le 23 février 2019
Appel à soutien pour venir sur le site tous les jours



Et pour quelques barrières à terre

Centrale à Gaz et stratégies de répression dans le Finistère.

Depuis la fin janvier, les travaux de la centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau ont débuté. Face à des blocages répétés de l’entreprise de dépollution (phase préparatoire de la construction), le site a été grillagé. Le 23 février, lors d’une manifestation, une centaine de grilles sont renversées par une partie des mille manifestants carnavalesques. La manifestation finira par une bousculade avec les gendarmes, sur le champ de foire de Landivisiau, pour s’opposer à l’interpellation d’un camarade, qui au final sera conduit au poste pour un contrôle d’identité [1] . Malgré tout, la plupart des gens sont plutôt contents de leur journée. Mais les autorités (plutôt dépassées le jour même), vont, en retour, relancer les tentatives d’intimidation à l’égard des opposants. Ce texte veut résumer les différents moyens employés par la gendarmerie et la justice. L’accumulation de leurs interventions pourrait effrayer, nous démobiliser. Nous passons en effet beaucoup de temps en rassemblements de soutien devant les gendarmeries en ce moment. Pour autant, ils n’arrivent pas à isoler, une forme de solidarité existe entre les opposants à la centrale. Les contacts avec une avocate sont très bons Ça discute beaucoup, de la manière d’aborder ces convocations, et beaucoup font le choix de garder le silence lors des auditions. Ce texte ne doit pas être pris dans un sens accablant. Les blocages réussis du chantier suivant immédiatement une convocation sont de beaux pied-de-nez aux tentatives d’intimidation du moment.

L’avant 23 Février : Obtenir le maximum de renseignements, permettre le travail.

Pour mémoire, le site est gardé par des vigiles jours et nuits, depuis une rave-party qui a eu lieu cette automne. Depuis le premier blocage le 24 janvier, les forces de l’ordre se chargent de faire du renseignement.
Tous les jours, ils tentent de prendre le maximum de noms. Une réquisition du procureur est reconduite tous les jours, qui les autorise à contrôler l’identités des piétons, les passagers des véhicules, ainsi qu’à fouiller ces derniers. Il y a eu des tentatives de refus collectif de contrôle d’identité, mais en isolant les véhicules au moment des départs ou arrivées, les flics arrivent quand même pas mal à leur fins. Ils prennent également beaucoup de photos, notamment lors de blocages. Les jours suivants la clôture du site, ils ont été pas mal présents (notamment le PSIG de Plourin-les-Morlaix), et collent aux basques des opposants lors des déplacements autour du site. Ils sont intervenus à diverses reprises, pour permettre l’entrée ou la sortie des vigiles ou des ouvriers.

YOYO – émission de messages pour les détenu.es

Publié le 2019-03-27 21:56:06

Un jeudi sur 2, de 19h à 20h, sur Canal Sud 92.2 fm, c’est YOYO. Une émission pour faire passer des messages du dedans ou du dehors en direct, quelle que soit la langue parlée, sans censure, sinon celle de ne pas parler d’affaires en cours.



Libérez les occupants de l'ambassade du Tchad !

Publié le 2019-03-27 21:57:05

Suite à l’occupation de l’ambassade du Tchad, une vingtaine de personnes sont en garde-à-vue !!
Une partie d’entre elles vont être déferrées en fin de matinée au tribunal ce mercredi 27 mars.



Sartrouville (Yvelines) : 37 caméras, un bon score pour l’équipe des jeunes !

Publié le 2019-03-27 22:48:04

Le Parisien / mercredi 27 mars 2019

Ils ont été reconnus coupables d’avoir dégradé 37 caméras de vidéosurveillance. La justice les soupçonne d’avoir voulu dissimuler le trafic de stupéfiant aux regards. Cinq jeunes, âgés de 15 à 21 ans, ont été déférés, ce mercredi matin au palais de justice de Versailles pour avoir détruit ou dégradé 37 caméras de vidéosurveillance appartenant au bailleur social de la cité des Indes de Sartrouville. Le préjudice pour « CDC habitat » est estimé à plus de 27 000 €.

Le premier « coup » remonte à juin dernier. Plusieurs soirs de suite, allée Camille-Pissaro, cinq hommes encagoulés brisent dix-huit caméras installées dans les bâtiments. « La première fois, ils étaient équipés d’une perceuse et d’une bombe de peinture noire, précise une source proche de l’affaire, avec lesquels ils s’en sont pris aux caméras installées dans les halls et les parkings souterrains de la résidence. » Au cours d’une autre nuit, le même groupe, armé de bâtons, brise d’autres caméras sur le toit de la résidence.

En décembre et en janvier, les casseurs mènent de nouvelles expéditions et dix-huit caméras dans les bâtiments de la même allée sont dégradées. Une autre, implantée sur la promenade Maxime-Gorki, subit le même sort. Mais cette fois, un casseur apparaît à visage découvert sur les dernières images enregistrées. Et les enquêteurs de l’agglomération de Sartrouville identifient les quatre autres grâce à leurs vêtements. Ils ont aussi été remarqués par des témoins avant les faits et les policiers les ont contrôlés dans des halls d’immeuble connus pour être des lieux de vente de drogue.

Lundi trois suspects, âgé de 17, 18 et 21 ans ont été interpellés chez eux à Sartrouville. Un quatrième, âgé de 19 ans, a été extrait de centre pénitentiaire de Bois-d’Arcy, où il est incarcéré pour six mois dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. Le dernier, âgé de 15 ans, a été arrêté dans un pensionnat de la Creuse où ses parents avaient décidé de l’éloigner pour qu’il travaille à l’école.

Tous ont été placés en garde à vue à l’hôtel de police Houilles, où ils ont nié les faits en bloc. « Ils assurent qu’on ne peut pas les reconnaître sur les photographies car ils portent les mêmes vêtements que les autres jeunes gens du quartier, confie sur source proche du dossier. Ils soutiennent même qu’ils ne se connaissent pas alors qu’ils vivent dans le même quartier et même parfois dans le même immeuble. » Les trois mineurs au moment des faits (l’un a eu 18 ans depuis) ont été présentés à un juge pour enfant avant d’être remis en liberté. Les deux majeurs ont été condamnés mercredi soir par le tribunal correctionnel de Versailles à des peines de huit et dix mois de prison avec sursis.

Depuis l’implantation de la vidéosurveillance en 2000, la ville fait régulièrement face à ce type de dégradation. Certaines caméras sont incendiées, d’autres prises pour cible par des projectiles et parfois même détruites par des armes à feu. En 2012, la ville avait ainsi décidé de protéger les équipements par des « boucliers » de plexiglas [photo ci-dessous; NdAtt.]. En juin dernier encore, une caméra de l’avenue de l’Europe avait été prise pour cible par des tirs de carabine.

Ça chauffe à Berlin

Publié le 2019-03-27 22:48:06

Indymedia Nantes / mercredi 27 mars 2019

Manif de 2008 : « Défendre Rigaer94 et Kadterschmiede. Quand il y a expulsion, plonger Berlin dans le chaos »

Berlin est bien connue pour ses batailles de rues dans les années 90, ses squatters et ses autonomes. Un mythe dont la scène militante profite encore de nos jours. Tous les grands squat connus ont finalement été légalisés, par des contrats d’habitations ou bien par des achat d’ associations ou de personnes privées. Et la légalisation des squats est restée une pratique courante jusqu’ a nos jours. Le but était de garder les projets à long terme. Cela présentait et présente de nombreux avantages et de nombreux inconvénients. Certains des militant(e)s étaient heureux du mouvement apaisé et d’autres étaient agacés par la pacification et donc la division de la scène. Les luttes de cette époque de révolte rayonnent inévitablement jusqu’à aujourd’hui, les militant(e)s font leur réunions, tiennent des discours, discutent, boivent de la bière ou profitent de divers offres culturelles de ces lieux. Les vieux racontent des histoires des combats des années 90 , et se reposent un peut trop souvent sur le fait que eux aussi ils ont déjà lancée une pierre ou on squatté une maison. Certains milieux militants sont devenus calmes, emprisonnés dans la vie quotidienne, d’autres sont restés résistant(e)s, dans cette ville qui se remplit de plus en plus de d’habitants, qui devient de plus en plus riche, hédoniste et assainie.

Mais le problème de la gentrification est un problème commun à toutes les personnes qui vivent dans cette ville et qui non pas un porte monnaie remplis ou des parents bourgeois. Les loyers montent, les gens sont expulsés, les espaces vacants sont en cours de développement, en construction d’ appartements trop chers, d’ hôtels à haut prix ou de centre de commerce pour consumer encore plus. Berlin est en train de mourir et la plupart de ses habitant(e)s restent passif. Cette passivité, favorisée par l’isolement, l’anonymisation et la destruction systématique de quartiers résistants et populaires.

Mais il y a la possibilité de rupture, les premières fissures sont déjà visible. Cette année 6 lieux associatif, café, bar et squat légalisées sont menacés d’expulsion et il y a des gens qui résistent. {{La Potse et le Drugstore}} sont les centres de jeunesse les plus anciens de la ville. Le Drugstore à du redonner ses clés en janvier au nouveaux propriétaire qui veut agrandir son nouveau hôtel. La Potse, qui est située dans le même bâtiment a squattée son étage depuis janvier. {{Le Syndikat et la Meuterei}} sont deux cafés/bar collectifs. Ils sont des lieux de rencontre et d’organisation important pour la scène militante de Berlin et font parties des derniers bar populaires au cartier de Kreuzberg et Neukölln. Le Syndikat n’a pas redonnée ses clés et a continué à maintenir le café/bar ouvert et la Meuterei a laquelle reste encore deux mois jusqu’à la fin de leur contrat ne va surment pas partir sans lutter. Puis il y a {{la Kadterschmiede}}, dans la maison de la Rigaer94, le projet du quel tous les bourges, la police et la politique en Allemagne ont peur. La Kadterschmiede est le rez-de-chaussée du bâtiment arrière, une salle de jeunesse autogérée. La Rigaerstraße se trouve à Friedrichshain, où ces fameux combats de rue ont eu lieu et on en quelque sorte encore lieu. C’est l’un des derniers bastions de ce qui est restée du quartier résistant. Ils luttent avec la Liebig34 contre la gentrification du quartier et contre cette passivités, que la plupart des berlinoises rejoignent silencieusement. La Kadterschmiede compte d’être expulsée en été 2019. {{La Liebig Strasse 34}}, le projet d’habitat anarcho queer-féministe dans lequel des femmes, des personnes transgenres et non-binaires s’organisent et vivent depuis 29 ans, est à deux pas de la Rigaerstr. La Liebig34 est un point de référence important pour les luttes anarchistes queer-féministes de la ville et du monde entier. C’est un symbole de résistance et de lutte, offrant aux résidents et aux voisins non seulement un lieu safe, mais également un lieu où les gens peuvent échanger des idées et s’organiser.

Tous ces projets luttent contre des grands investisseurs (à Berlin, la plupart des maisons appartiennent à de grandes sociétés immobilières), contre les hostel de tourisme de masse, les espaces de coworking et se solidarisent avec ces milliers de personnes sans nom qui ont dû quitter leurs maisons. Mais la lutte contre la gentrification doit être également une lutte contre le capitalisme et les projets esaillent de forcer ce discours en ville, pour ne plus faire les mêmes fautes que dans les années 90. La résistance se forme. Les projets s’organisent et travaillent de plus en plus ensemble. De nouvelles alliances sont crées, des démonstrations sont organisées, des actions ont eu lieu, des stratégies sont discutées. Berlin pourrait se libérer de sa passivité, car il est certain qu’ la ville ne restera pas calme, si en été la Kadterschmiede ou la Liebig34 vont être éxpulsés.

L’été chauffe à Berlin et on serais contente de votre visite!

Argentine : Des nouvelles de la prisonnière anarchiste Anahi Salcedo

Publié le 2019-03-27 22:48:08

Mpalothia / mardi 26 mars 2019

« Courage Anahi, la poudre noire te vengera ! »

Depuis le 10 janvier, Anahi Salcedo est détenue dans la prison d’Ezeiza [dans la banlieue sud de Buenos Aires ; NdAtt.]. Elle est en détention préventive, accusée de l’attaque explosive contre la tombe de l’infâme, tortionnaire et génocidaire commissaire Ramón Falcón, chef de la Police fédérale argentine, attaque qui a eu lieu le 14 novembre 2018, 109 ans après que Falcón a été exécuté par le compagnon anarchiste Simón Radowitzky.

Anahi a reçu des graves blessures à sa main et à son visage, apparemment à cause du fait qu’un engin a explosé en avance. Au moment de son arrestation, Anahi avait perdu trois doigts d’une main et souffrait de graves blessures sur le reste de son corps, y compris une fracture de la clavicule de l’autre bras.

Elle a été transférée aux soins intensifs de l’hôpital Fernández, où elle a subi des nombreuses opérations. En janvier, elle a été transférée dans la prison d’Ezeiza, malgré le manque, à la prison, des plus élémentaires conditions pour la continuation de ses traitements médicaux et pour sa réhabilitation.

Accusée d’être une “terroriste”, Anahi est soumise à des dures conditions de détention. Un transfert médical lui a été refusé, même si elle avait l’ordre du médecin pour cela ; elle reçoit de la nourriture non adéquate et presque aucune assistance médicale. A cause de ses blessures, Anahi ne peut même pas se laver par elle-même. Elle souffre aussi de douleurs atroces, mais on lui refuse des analgésiques.

Son avocat a déposé un recours en appel contre son transfert de l’hôpital à la prison, qui a été rejeté en première instance, mais une autre procédure de recours est en cours. […]

Solidarité anarchiste internationale avec Anahi Salcedo !
Coupable ou innocent, aucun compagnon.ne sera laissé.e seul.e dans les geôles de l’État !

Paris : Répandre la RAGE

Publié le 2019-03-27 22:49:02

source : Anarchists Worldwide

reçu par mail / mercredi 27 mars 2019

S. est en taule depuis un an. Il est accusé de l’incendie de plusieurs véhicules de la gendarmerie, à Limoges le 18 septembre 2017, pendant le procès Quai de Valmy.
Nous sommes parmi celles et ceux qui ne sont pas rester en silence face à cette affaire répressive. Aujourd’hui nous n’abandonnerons pas un compagnon qui est dans les mains de l’état.

Comme petit geste de solidarité avec lui la nuit du 26 mars on a mis le feu à deux camionettes et une voiture de la Mairie de Paris, rue Corvisart (13ème).
Parce que toute structure de l’état doit être détruite, que ce soit une caserne ou une école, une prison ou une CAF, une centrale nucléaire ou un hôpital, une voiture des flics ou de la Mairie, pour créer la possibilité de la liberté pour chacun.e

Solidarité aussi avec les compagnon.ne.s sous procès en Italie pour l’opération Scripta Manent (et celleux qui font face aux autres opérations répressive).

Liberté pour tous et toutes !
Vive l’anarchie !

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Italie – Opération Scintilla : Nico encore transféré

Publié le 2019-03-28 23:03:03

Insuscettibile di ravvedimento / jeudi 28 mars 2019

Niccolò Blasi, anarchiste arrêté le 7 février dans le cadre de l’opération répressive « Scintilla« , qui a mené à l’expulsion de l’Asilo occupato à Turin et à l’arrestation de six personnes (dont deux sorties par la suite, parce que l’accusation d' »association subversive » est tombée), a été transféré à nouveau, cette fois depuis Ivrea vers Cuneo.

L’adresse pour lui écrire :

Niccolò Blasi
Casa Circondariale di Cuneo
via Roncata 75
12100 Cuneo (Italie)

 

Les autres compas arrêtés le 7 février sont toujours dans les prisons de Ferrara et Rebibbia. Leurs adresses :

Silvia Ruggeri
C. C. di Rebibbia femminile
via Bartolo Longo 92
00156 Roma (Italie)

Antonio Rizzo
Giuseppe de Salvatore
C. C. di Ferrara
via Arginone 327
44122 Ferrara (Italie)

Italie – Opération Rénata : Des nouvelles

Publié le 2019-03-28 23:04:03

Round Robin / jeudi 28 mars 2019

Des novelles du 20 mars : les juge des libertés et de la détention ont décidé que les accusations de terrorisme ne tiennent pas; l’article 270bis [association avec finalité de terrorisme; NdAtt.] et les circonstances aggravantes sont donc tombées. Le délit contesté à ce point est défini par l’article 270 [association subversive; NdAtt.]. En tout cas, les compagnonnes et les compagnons restent en prison.

Liberté pour tous, liberté pour toutes !

*****

Pour leur écrire :

Giulio Berdusco
Roberto Bottamedi
Luca Dolce
Casa Circondariale
via Paluzza, 77
33028 Tolmezzo (Italie)

Nicola Briganti
Andrea Parolari
C.C di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 Ferrara (Italie)

Agnese Trentin
C.C. di Rebibbia Femminile
Via Bartolo Longo, 92
00156 Roma (Italie)

Ukraine : Qui peut juger ? A propos des coups de feu contre le tribunal a Kiev

Publié le 2019-03-28 23:07:04

reçu par mail / mercredi 27 mars 2019

Le moment est venu d’en dire plus sur notre attaque contre le tribunal de l’arrondissement de Goloseyevsky, à Kiev.

Parmi les commentaires de cette attaque, on a lu à plus d’une reprise que des gens ne comprennent pas nos motivations. Ils/elles ne voient pas qu’est ce que l’arrestation d’Azat Miftakhov à Moscou a à voir avec un tribunal à Kiev. Nous essayerons de l’expliquer, parce que c’est important de faire passer ce message, apparemment évident.

Sur le choix de l’objectif :
Nous avons décidé de nous en prendre à un palais de justice. Bon nombre d’entre nous, de ces jours, ont une idée bien précise de ce que c’est un palais de justice. Qui parmi nous n’a jamais été dans un tribunal ? Qui n’a jamais eu un.e ami.e ou une connaissance qui passait sous procès ? Tout le monde a prouvé ce mépris absolu pour les toges des juges, et même de la peur, pour ceux/celles qui sont plus faibles de cœur.
Pourquoi devrions-nous les accepter et les respecter ? Quelqu’un leur a donné le droit de prendre notre liberté et nos vies, du coup maintenant ils siègent là, là haut, pendant que tu est en train de croupir en dessous, derrière des barreaux, avec un chien de garde en uniforme qui te colle.

Un tribunal, comme tout autre instance du pouvoir législatif, exécutif ou judiciaire, est un instrument dans les mains de l’État. Un instrument pour réprimer toute activité sociale qui fait peser une menace sur le gouvernement. Tous les États autoritaires (et tous les États tout court) autorisent des activités de protestation, jusqu’au moment précis où elle deviennent un vrai danger, ou jusqu’à quand le système capitaliste peut profiter économiquement de cette protestation.
Quelques instants après que vous avez dépassé la ligne de la légitimité et de l’innocuité, toutes les trois branches du pouvoir, chacune en couvrant et en aidant l’autre, commenceront à vous isoler, à vous emprisonner, à vous torturer et à vous tuer. Rappelons-nous de comment, en 1905 à Saint-Pétersbourg, des centaines de manifestants pacifiques se sont fait tirer dessus par les soldats du régime impérial. De comment, en juin 1962, le pouvoir soviétique a massacré les travailleurs en grève et les habitants de Novocherkassk [en juin 1962, une grève dans une usine de locomotives de cette ville située sur le Don a été réprimée dans le sang par l’Armée rouge, avec 26 morts et une centaine de blessées ; NdAtt.]. Il n’y a aucun doute sur le fait que les snipers qui ont tiré sur 50 personnes, au moins, le 20 février 2014 sur la Place Maidan à Kiev, étaient eux aussi en train d’obéir aux ordres de ceux qui détiennent le pouvoir.

Les tribunaux ukrainiens ne sont pas très différents de ceux de Russie. On a vu un tribunal donner sans peine un mandat pour la perquisition d’un appartement à Lviv. Ce n’est pas un secret que les nazis de la police et du SBU [Service de sécurité d’Ukraine, les héritiers de la branche locale du KGB soviétique ; NdAtt.] ont une influence énorme sur les juges. Tout comme en Russie et en Biélorussie : flics et agents des services contrôlent tout. A travers toutes les époques, les juges de l’État ont toujours été les ennemis de ceux/celles qui combattent pour le liberté. Eux contre nous – nous contre eux.

En 2016, plusieurs cocktails Molotovs ont été jetés par des anarchistes sur le tribunal de l’arrondissement de Goloseyevsky. Suite à cet incendie, les autorité se sont débrouillées pour trouver une « Russian connection » et ont installé des grillages sur leurs fenêtres pour se protéger de nouveaux cocktails Molotov. C’est si simple et si banal de mettre tout acte de résistance sur le dos d’agresseurs pro-russes. Mais non, ça n’a rien à voir avec la Russie ou des motivations criminelles. Notre attaque est une action de solidarité anarchiste avec notre compagnon rebelle Azat Miftakhov.

Tous les États sont des prisons. Les tribunaux ne sont qu’un rouage dans la machine gouvernementale que les anarchistes de tout le monde essayent de détruire. La lutte révolutionnaire contre l’oppression étatique ne reconnaît pas les frontières tracées par les gouvernements. Nous sommes solidaires de tou.te.s nos compas à travers le monde. Les policiers, le personnel enquêteur, celui du ministère public et les juges – ils sont les mêmes partout dans le monde. Ils sont des instrument d’oppression dans les mains de l’État, ce qui signifie que nous devons les prendre pour cible partout où c’est possible, indépendamment du lieu. Luttez où vous êtes !

L’anarchiste Azat Miftakhov est prisonnier de l’ennemi en Russie, nous avons attaqué un tribunal en Ukraine. Au jour d’aujourd’hui, la situation entre ces deux pays est particulièrement bizarre. Tandis qu’ils font étalage d’hostilité l’une envers l’autre, les cliques dominantes des deux pays sont au fait les meilleurs complices. Elles nourrissent l’incident international qu’elles-mêmes ont crée pour maintenir leur position de pouvoir. Poroshenko [le président ukrainien ; NdAtt.] et Poutine – ils sont si semblables.
Vérifiez sur la liste des anarchiste emprisonné.e.s dans le monde aujourd’hui. Pensez-y, qui a prononcé les sentences et emprisonné ces personnes courageuses ?

Dans des nombreux autres pays, l’utilisation d’armes à feu est une pratique courante pour les anarchistes, cela depuis un certain temps déjà. A cette époque-là, nous avons été impressionnés par les tirs sur le PDG de l’entreprise nucléaire italienne Ansaldo, de la part de la cellule  » Olga  » de la FAI/FRI (en 2012 à Gênes), par l’attaque à main armée contre une patrouille de police, par la cellule  » Mariano Sanchez Añon » de la FAI-M (à Chalco, Mexique, en 2012), par les attaques contre les bureaux et le siège du PASOK, par l' » Organisation d’auto-défense révolutionnaire » (en 2014 et en 2017, à Athènes) – il y a des nombreux exemples. Mais, malheureusement, pas en Russie, Biélorussie et Ukraine. Tout cela est arrivé quelque part ailleurs, au delà de la frontière. Voilà pourquoi on a décidé que le temps est venu de faire monter notre résistance à un niveau complètement nouveau. La lutte et la solidarité ne sont pas juste question d’autocollants, de tags, de banderoles et de rassemblements – il y a aussi les expropriations, les sabotages, les incendies, les bombes et les coups de feu.
Depuis un moment, nous cherchions des manières d’obtenir fusils et munitions ; avec le temps on a réussi à tout se procurer. Après beaucoup d’entraînement et de préparatifs, nous nous sommes senti.e.s enfin prêt.e.s. Nous avons démontré notre engagement et notre détermination et nous avons aussi obtenu une expérience inestimable. Toute action de ce type nous donne plus de force, plus de confiance en nous et plus de savoir-faire.

Pour éviter d’être filmé.e.s par les caméras, on a tiré depuis une distance d’environs 40 mètres. C’est bizarre que les dégâts aux fenêtres ont été découverts seulement quand les juges sont arrivés à leurs bureaux, c’est à dire pas avant 9 heures du matin. Cela nous a donné une quantité énorme de temps pour nous échapper sans encombre. L’augmentation de l’activité policière dans l’arrondissement de Goloseyevsky (probablement à cause des élections présidentielles) nous avait fait attendre une réaction immédiate. Pendant la préparation de l’action, nous avons du nous baisser et nous cacher pendant quelques minutes, en attendant qu’une voiture de la police passe.

Pour tou.te.s ceux/celles qui veulent se bouger, au delà des tags et des banderoles :
pour un cas comme celui-ci, nous avons acheté un pistolet 9mm qui utilise des cartouches 9×19 Parabellum. Quand nous avons enfin trouvé le pistolet, trouver les cartouches a été facile. Nous devrions probablement développer plus ce point, puisque tout ce qui est connu des criminologues ne devrait pas être un secret pour les anarchistes. On a utilisé des cartouches fabriquées par l’entreprise Tchèque  » Sellier & Bellot « , avec des balles blindées. La police a retrouvé 15 douilles avec le sigle  » S&B  » sur le fond. Toutes les 15 balles qu’ils ont extrait du mur ont un blindage en laiton. Du coup, avec cette information, la police pourra en savoir beaucoup sur l’arme, à cause des traces laissées sur ces douilles et balles. Le fait d’utiliser la même arme dans le futur signifiera faire un lien avec cette attaque. Très probablement nous nous débarrasserons de cette arme pour de bon. Il vaut mieux éviter de laisser derrière nous une telle preuve. Un revolver ou un filet pour récupérer les douilles sont adaptés pour ce but. Il y a toujours de la place pour des expériences, par exemple des munitions incendiaires ou des munitions anti-blindage. Ça serait beau d’utiliser quelque type de silencieux ou de dispositif qui tire sans faire de flamme, ou même des munitions subsoniques.

Notre but est de transformer la société moderne. Il faudrait qu’il n’y a pas de gouvernements, pas d’États, pas de propriété, pas de nation, pas de dieux, pas de cultes. Nos moyens : le feu, les armes, les explosives.

Le jeune héro anarchiste Mikhail Zhlobitsky est dans nos cœurs.
Notre solidarité va a toutes les personnes arrêtées et emprisonnées, en attendant l’heure de leur libération.
Notre solidarité va a tou.te.s les migrants et les fugitifs, en attendant la révolution dans leur patrie.

Dépêche-toi, compagnon.ne, tire sur un flic, un juge, un riche, avant que la nouvelle police commence à te mettre en taule. Dépêche-toi, arme-toi.

[désolé les compas, mais les appels aux dons ne sont pas trop les bienvenues sur ce blog ; NdAtt.]

Des anarchistes,
27 mars 2019

 

NdAtt. : ce communiqué en anglais.

éCRAsons les CRA ! Rassemblement pour la liberté des prisonniers-ères dans les centres de retention

Publié le 2019-03-30 07:27:05

Dimanche 31 mars à 14h au métro Croix de Chavaux (Montreuil) : Rassemblement contre les centres de rétention et pour la libération de tou-te-s !
Ramène de quoi faire du bruit (les derniers communiqués des prisonniers du CRA de Vincennes à imprimer et diffuser d’ici là avec cet article)...



Mercredi dernier un nouveau mouvement collectif a débuté au centre de rétention de Vincennes (CRA1) : grève de la faim, grève de l’ASSFAM (l’asso qui fait de l’info juridique a l’intérieur) et de l’infirmerie (c’est-à-dire refus collectif de s’y présenter).

Jeudi 21 au soir avait lieu un premier parloir sauvage, qui consiste à se rassembler devant le CRA et à faire du bruit pour communiquer avec les retenus et leur montrer qu’on est solidaires à l’extérieur. Un deuxième parloir sauvage était organisé dimanche 24 dans l’après-midi, pour soutenir les prisonniers à l’intérieur. En cette occasion, deux copains italiens ont été arrêtés.

Ce Dimanche 31 mars, cela fera donc une semaine que Andrea et Gabrio sont renfermés. Accusés d’avoir incité à la rébellion, ils sont maintenus prisonniers... au même CRA de Vincennes : la préf fait preuve d’ironie.

Cela fait plus de trois mois qu’au sein des CRA se tient une lutte pour l’amélioration des conditions d’enfermement, et contre cet enfermement lui-même. Des grèves de la faim, des refus de soin, des émeutes, des occupation des couloirs pour empêcher les déportations, des réunions et des manifestations se sont tenues à l’intérieur des CRA de Oissel, de Vincennes, du Mesnil-Amelot, du Plaisir, à Lyon, à Rennes, à Hendaye ... De nombreux communiqués des prisonnier.ère.s en lutte sont sortis (voir ci-dessous). Ça bouge un peu partout !

Mais il y a aussi beaucoup de répression : arrestations, comparutions immédiates, des mois de taules qui tombent, violences policières décuplées. À l’extérieur, nous nous sommes organisé-e-s pour faire sortir la parole de l’intérieur, mais aussi pour apporter du soutien aux retenus et leur rendre visite. Depuis début janvier, plus d’une dizaine de parloirs sauvages ont été organisées à Vincennes, Mesnil Amelot, mais aussi Rennes, Lyon et Sète.

Ce dimanche, rassemblons-nous contre les tentatives répressives qui visent à isoler encore plus les prisonniers-ères du soutien de l’extérieur, comme dans les cas de deux copains arrêtés. Mais aussi et surtout pour la libération de tou-te-s les enfermé-e-s, en solidarité concrète aux luttes à l’intérieur.
Pour que ces lieux disparaissent, et avec eux les frontières, les rafles et les politiques racistes :
Rassemblement 31 mars à 14h au métro Croix de Chavaux (Montreuil) au bout de la rue piétonne !

Liberté pour Andrea, Gabrio et tou.te.s les autres !
A bas les CRA !

Communiqué des prisonniers du CRA de Vincennes en lutte du 23/03
Communiqué 2 des prisonniers du CRA de Vincennes en lutte du 23/03

[Athènes] Attaque contre le département de Police A. T. Acropole – Lambros vit dans les flammes 

Publié le 2019-03-30 07:30:08

Avec un peu de retard, la traduction d’un communiqué qui fait suite à une attaque à Athènes, le 02 mars 2019*, en mémoire du compagnon Lambros Fountas (1).


.La nouvelle publiée en mars, il y a neuf ans, nous a bouleversés mais ne nous a pas surpris.

Notre compagnon, Lambros Fountas, était mort dans un échange de coup de feu avec des flics lors du l’expropriation d‘un véhicule à Daphné. Connaissant Lambros, nous connaissions tous ses choix en tant que rebelle. Connaissant Lambros, nous savions que son calme solidel’absence d’idées arrêtées, sa profonde moralité humaine lui permettaient de percevoir son engagement révolutionnaire de manière indivisible et complète. Nous l’avions rencontré lors des réunions, des occupations, des marches, des patrouilles [contre les keufs ou les fafs, ndT], des collages, des réunions secrètes, des révoltes, des actions antifascistes, des incendies de nuit. Et cela ne nous a pas surpris quand, avec sa mort, nous avons appris que ses choix révolutionnaires incluaient sa participation à la lutte armée révolutionnaire (2).

Parce que c’était exactement Lambros. Un homme accompli, un révolutionnaire accompli. Jusqu’au bou.

Honorant la mémoire de notre compagnon, samedi soir, le 2 mars, nous avons attaqué la station de police dans le quartier de Koukaki, un des endroits d’assassinats et de tortures parmi d’autres.

Nous ne pouvions pas manquer de mentionner l’article du journal « Καθημερινής » à propos de notre attaque, qui nous informe que le GADA (commissariat central d’Athènes) avait ordonné des arrestations preventives, en échange de jours de congé. En effet, les persécuteurs et assassins du migrant nigérian Ebuca (3), combien de jours de congé ils ont eu?

POUR UNE RÉPONSE SOCIALE

LAMBROS VIT DANS LES FLAMMES

https://athens.indymedia.org/post/1596249/


(1) http://non-fides.fr/?Quelques-mots-sur-Lambros

(2) Cet événement a été un des points de départ de la répression contre le groupe Lutte Révolutionnaire qui ont abouties à différentes arrestations notamment Pola Roupa, et  Nikos Maziotis.

(3) Ebuca Mama Subek, 34 ans, décédé dans au poste de police d’Omonia (Athènes), particulièrement connu pour ses violences contre les migrants, fin février.


* À Athènes, le 2 mars, une quarantaine de compagnons masqués ont attaqué un poste de police du quartier de Koukaki, en lançant au moins quatre cocktails Molotov. L’entrée du bâtiment a été endommagée, ainsi que deux patrouilles postées à l’extérieur. La police a interpellé dix personnes.

Paris-banlieue: Gilets jaunes, acte XX. C’est pas les squats qu’il faut expulser, c’est l’Elysée !

Publié le 2019-03-30 07:32:04

Paris-banlieue: Gilets jaunes, acte XX. C’est pas les squats qu’il faut expulser, c’est l’Elysée !

Ça fait plus de quatre mois que le mouvement des Gilets jaunes a commencé, et malgré son intensité et sa détermination, le gouvernement Macron n’a lâché que quelques miettes pour faire bonne figure, tout en faisant voter de nouvelles lois visant à nous faire taire (des mesures anti-chômeurs de fin décembre à la loi anti-casseurs décidée il y a quelques semaines). Comme toujours, les gouvernants, à l’image de la classe possédante, s’accrochent à leurs privilèges. On le sait, il n’y a rien à attendre d’eux.
On a peu parlé de la question du logement depuis le début du mouvement, mais c’est une question centrale dans la vie quotidienne de tou·te·s. C’est aussi une question révélatrice des inégalités sociales et du fossé énorme qui existe entre les plus riches et les plus pauvres.

Du côté de la classe possédante, il y a tout un paquet de bourgeois·es qui sont propriétaires de plusieurs bâtiments et se font de la maille sur notre dos. Il y a aussi l’État qui prétend mener une politique «sociale» pour le logement, mais c’est de la poudre aux yeux, de la poudre de perlimpinpin…  

Côté Gilets jaunes, question logement, c’est la galère à plusieurs niveaux. La plupart se saignent pour payer des loyers à des propriétaires privés ou «publics», certain·e·s s’endettent sur des dizaines d’années pour être propriétaires de leur logement, et d’autres sont poussé·e·s à squatter, c’est-à-dire à occuper des bâtiments vides sans demander d’autorisation aux propriétaires. Les plus en difficulté d’entre nous tou·te·s vivent dans la rue, dans leur véhicule, dans des bidonvilles, des tentes, ou carrément sous un pont ou sur une bouche d’aération… 

Cette simple description de la situation peut paraître caricaturale. Elle est pourtant bien réelle. Elle constitue une raison supplémentaire de se révolter, et de vouloir changer les choses.

Si tout le monde ressent bien la nécessité d’avoir un toit pour vivre avec un minimum de confort, pour beaucoup d’entre nous, la question du logement est une source de stress: loyers trop chers, menaces d’expulsion, déménagements forcés à cause de l’embourgeoisement de nombreux quartiers, manque d’entretien des bâtiments dans les cités les plus pauvres, et chaque soir se demander où on va dormir pour les plus galérien·ne·s…

* * *

Le gouvernement et les médias ont parlé de «Grand Débat», ont essayé de nous endormir avec du blabla entre politicien·ne·s, que ce soit à la télé ou dans des salles municipales, genre renouvellement de la démocratie, on s’écoute et on décide tou·te·s ensemble. La bonne blague ! Il en ressort quoi de cette opération médiatique ? Un bon gros foutage de gueule. 

Les racistes parlent de «Grand Remplacement», essayent de nous diviser entre Français·es et étranger·e·s, de rejeter la faute sur les migrant·e·s si on manque de thunes, si on n’a pas de taf ou de logement. C’est n’importe quoi ! Les migrant·e·s sont encore plus dans la merde que nous, c’est pas eux\elles qui nous exploitent, c’est pas eux\elles qui nous rackettent. C’est pas eux\elles, les riches qui profitent du boulot et des services effectués par des gens payé·e·s au lance-pierre.   

Les élu·e·s d’Île-de-France et les promoteurs immobiliers parlent de «Grand Paris», essayent de nous faire croire que grâce aux investissements dans l’aménagement urbain tout ira mieux, qu’on finira par vivre dans une belle mixité sociale au sein d’un capitalisme bienveillant. Ça aussi c’est n’importe quoi ! Ce à quoi on assiste progressivement, c’est Paris qui se vide de ses habitant·e·s, c’est l’embourgeoisement de la petite Couronne, l’expulsion et l’expropriation de plein de gens pour laisser place à des projets capitalistes rutilants, l’impossibilité de trouver un logement abordable sur Paris ou en proche banlieue et l’obligation d’aller vivre toujours plus loin en banlieue.

Pourtant, les bâtiments vides, c’est pas ce qui manque. Rien qu’à Paris intramuros, il y aurait à peu près 200 000 logements vides, c’est-à-dire largement assez pour loger toutes les personnes qui dorment dehors dans toute la France (environ 200 000 selon des estimations récentes d’associations qui viennent en aide aux SDF).

Cette nécessité de squatter pour se loger, beaucoup l’ont comprise depuis longtemps et la mettent en pratique, passant à l’action sans rien demander aux autorités, aux institutions, aux propriétaires. Les bourges, ça les empêche pas de dormir de savoir que des centaines de milliers de personnes dorment dehors. Ce qui les stresse, c’est qu’on passe à l’attaque dans les quartiers riches, c’est la peur de devoir descendre de leur piédestal. 

* * *

Squatter, occuper «sauvagement» des bâtiments, des terrains, est bien entendu illégal. Mais on n’arrivera jamais à rien en respectant les lois. Les lois sont faites par les riches, pour les riches, pour nous empêcher de lutter. Une des plus récentes propositions de loi vise d’ailleurs à couper le RSA aux «casseur·euse·s» condamné·e·s… Une arme de plus pour réprimer celles\ceux qui luttent.

Face à ces politicien·ne·s qui flippent de perdre leurs privilèges et qui font tout pour nous affaiblir, on a besoin de renforcer nos luttes. On a besoin de lieux pour habiter, mais aussi pour s’auto-organiser, pour se rencontrer, pour lutter. Pour cela, des squats s’ouvrent. Il y a quelques jours, un grand squat a été expulsé à Montreuil (l’Écharde, où vivaient une vingtaine de personnes, où se trouvait un infokiosque rassemblant diverses lectures anti-autoritaires, où se réunissaient notamment une assemblée anti-carcérale et un collectif de lutte contre les centres de rétention administrative). Les Gilets jaunes aussi ont ouvert des squats ces quatre derniers mois: à Saint-Nazaire, une «Maison du Peuple» est ouverte depuis le 24 novembre dernier. En décembre dernier, le squat du Marais, à Caen, a accueilli une assemblée des Gilets jaunes. Mi-février à Avranches, une maison abandonnée depuis quinze ans a été occupée par des Gilets jaunes pour en faire un lieu de rencontre et d’auto-organisation. Elle a été expulsée deux jours après par la police ! Le samedi 2 mars, lors de l’Acte XVI, les flics ont empêché l’ouverture d’un QG de lutte à Nantes. Et bien sûr, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, des cabanes servent de lieux de rencontres et d’auto-organisation partout en France, subissant elles aussi la répression. De droite, de gauche, quelle que soit sa couleur politique, l’État déteste que son «peuple» s’organise sans lui, contre lui, de façon autonome. 

* * *

Dès le 1er avril, c’est la fin de la trêve d’hiver. Déjà que de nombreux squats ont été expulsés en plein hiver, là ce sera opération «portes ouvertes», les flics vont enchainer les coups de bélier et défoncer des portes ! Les expulsions vont se succéder: squatteur·euse·s et locataires qui n’arrivent plus à payer leurs loyers, tout le monde va y passer.

Ce qui compte dans cette société, c’est pas qu’il n’y ait plus personne qui dorme dehors.
Ce qui compte dans cette société, c’est de protéger les privilèges des bourgeois·es, protéger la propriété privée même quand elle ne sert à rien, même quand les bâtiments sont vides.
Ce qui compte dans cette société, c’est d’avoir un discours hypocrite et humaniste quand bien même la réalité est tout autre.

Pour toutes ces raisons, c’est pas les squats qu’il faut expulser, c’est l’Elysée. Pas pour changer de Président. Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ne valent pas mieux que Macron. De toute façon, on pourrait mettre le plus doux des agneaux à l’Elysée, il se transformerait rapidement en chef mafieux. C’est parce que le pouvoir corrompt qu’on ne veut pas de Président du tout. C’est aussi parce que l’auto-organisation, sans chef pour diriger nos vies, nous semble largement plus désirable que ce système qui survit par l’exploitation, les inégalités sociales et la répression.

30 mars 2019, Paris-banlieue
Des Gilets jaunes anarchistes, des squatteur·euse·s, des galérien·ne·s et d’autres 
Contact: personne@@@squat.net

Post scriptum: à tou·te·s les squatteur·euse·s en herbe, jetez un oeil au «Squat de A à Z», dont une mise à jour devrait être publiée en avril 2019. À suivre !  

À Paris, rendez-vous samedi 30 mars 2019 à 12h sur la place du Châtelet pour se retrouver, et partir en manif «Gilets jaunes / Logement» vers 14h.

[La version tract se trouve ici en PDF recto-verso A4 et en PDF page-par-page.]

Canada : Prison pour migrant.e.s – Attaques sur deux développements de condos de Lemay

Publié le 2019-03-30 07:33:02

La nuit du 19 mars, les bureaux de vente de Humaniti se sont fait défoncer leurs fenêtres et deux tours Lowney ont été redécorées avec de la peinture dans un extincteur de feu. Qu’ont en commun ces développements de condos? Ils ont tous les deux été designés par la firme d’architecture Lemay, qui est en train d’aider à la construction d’une prison pour migrant.e.s.

Pourquoi perturber la paix des citoyens qui occupent ces condos de luxe, qui ont une richesse et un confort qui est fondé sur la dépossession, l’exploitation et l’emprisonnement de celles et ceux qui sont ici depuis avant la colonisation de ce continent, ces nouveaux arrivants qui veulent une meilleure vie, de survivre ou qui sont poussés ici par l’empire, et toutes celles et ceux qui résistent à l’ordre des choses?

Lemay, nous espérons que vous aimerez informer vos potentiels clients que leurs projets vont être sabotés si ils vous engagent. Si vous choisissez de ne pas les informer, on leur donnera une surprise qui leur coûtera cher.

À tout.e.s celles et ceux qui se battent contre les frontières au soi-disant Québec et au soi-disant Canada: attaquons les compagnies et les agences impliqués de n’importe quel façon dans la construction de cette prison pour migrant.e.s, pour qu’elle ne soit jamais construite.

Feu aux prisons! Sabotons les frontières, ceux qui les gardent et leurs collaborateurs.

depuis https://mtlcontreinfo.org


Suzanne Bergeron, présidente de Sodexo Canada

Suzanne Bergeron, présidente de Sodexo Canada

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Au petit matin du 29 mars, la présidente de Sodexo Canada a été visitée chez elle, à Brossard. Tous les pneus des deux voitures dans son entrée ont été percés, leurs pare-brises défoncés et les inscriptions FUCK SODEXO et (A) ont été tracées sur leurs capots.

Sodexo bénéficie de l’enfermement à travers le monde. Ils offrent entre autre des services de gestion de prisons privées, de centres de détention pour migrant.es et des services de cafétéria pour les prisons.

Au Canada plus particulièrement, ils bénéficient de l’économie extractive en offrant des services de sécurité et de cafétéria pour les sites extractifs.

Cette action est en solidarité avec les prisonniers anarchistes partout.

Les profiteurs de l’enfermement ne doivent pas dormir paisiblement. Les entreprises qui considèrent prendre des contracts pour la construction de la nouvelle prison pour migrant.es à Laval devraient y penser à deux fois.

(Milan) No Expo : cinq compagnons ne seront pas condamnés en Italie

Publié le 2019-03-31 09:40:03
Le tribunal de Milan, a « acquitté » cinq anarchistes grecs accusés de « dévastation et pillage » dans le cadre des affrontements survenus le 1er mai 2015 lors de l’inauguration de l’Expo à Milan, car ceux-ci avaient déjà été jugés et condamnés dans leur pays d’origine à 2 ans et 5 mois pour ces mêmes faits (mais pour des infractions mineures ce type d’accusation n’existant pas dans le code pénal grec). 
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Les juges grecs avaient déclaré qu’il n’existait pas de responsabilité collective mais seulement une responsabilité personnelle et qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments d’accusation pour les arrêter et les renvoyer en Italie. La cour d’appel d’Athènes a alors rejeté la demande d’extradition présentée par les tribunaux de Milan..

Corteo No Expo, Milano (Ansa)Le tribunal a appliqué le principe Non bis in idem (signifiant textuellement : pas deux fois pour la même [chose], vous ne pouvez pas êtes jugé deux fois pour les mêmes incidents).

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Reformulé depuis la presse

Des mauvais moments pour les bleus (fin mars 2019)

Publié le 2019-03-31 09:41:04

Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) : Des caillasses pour les flics, du feu pour les équipements de la mairie

extraits du Parisien / vendredi 29 mars 2019

Le centre socioculturel Christian-Marin a été largement endommagé par les flammes. […] Ce jeudi vers 21 heures, le feu a été mis à une voiture qui a été balancée contre l’équipement. A 22h30, l’ampleur des dégâts n’était pas encore connue. […] Selon nos informations, c’est une voiture-bélier qui a été balancée vers 21 heures contre le bâtiment avant d’être incendiée. Selon une source policière, le véhicule était signalé volé. Une heure plus tard, les pompiers parvenaient à venir à bout du sinistre. Le feu avait ravagé tout un pan du bâtiment dont la façade est bardée de bois.

La municipalité attendait la fin de l’intervention avant de se prononcer sur les dégâts. L’équipement d’1,5 M€ avait été inauguré en septembre 2015. En décembre dernier, un premier sinistre, accidentel alors, avait déjà endommagé le centre. […] Cette autre habitante, qui habite rue Calmette, raconte : « Ce soir, en arrivant, le quartier était plongé dans le noir, même dans le hall du bâtiment. En général, quand c’est comme ça, cela veut dire qu’ils préparent un mauvais coup. » […]

Les habitants se plaignent des nombreux tags destinés à la police ou la mairie qui recouvrent les immeubles, ou encore le vandalisme régulier. En décembre, c’est un local à poubelles qui avait été incendié.
Ce mercredi d’ailleurs, une voiture de police a été caillassée, selon une source policière par une vingtaine d’individus. Les fonctionnaires pour se dégager avaient dû lancer deux grenades de désencerclement. Les projectiles provenaient, selon cette source, du 17 rue Calmette. Deux individus avaient été interpellés. Une intervention qui avait, selon cette habitante, suscité la peur et la colère chez des mamans, installées dans le parc avec les enfants.

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Versailles : La voiture des flics d’abord… et aussi la flic après !

Le Parisien / samedi 2 mars 2019

Une jeune fille de 26 ans a été interpellée, vendredi après-midi devant le palais de justice de Versailles, alors qu’elle était en train de dégrader une voiture de la gendarmerie. Elle a été conduite au commissariat de Versailles où elle a été placée en garde à vue. Vers 23 h 50, une fonctionnaire a remarqué que la suspecte cachait une petite scie dans sa cellule. Lors d’une nouvelle fouille, les policiers ont mis la main sur une petite lame dentelée que la jeune femme avait dissimulée dans la poche arrière de son pantalon. Au cours de la fouille, en se débattant, elle a donné un coup de pied à une policière. La fonctionnaire souffre du tibia mais la blessure est sans gravité.

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Valenton (Val-de-Marne) : Quand la BAC débarque chez les gens du voyage…

Le Parisien / vendredi 1er mars 2019

Trois policiers de la BAC départementale ont été blessés jeudi après avoir été pris à partie par plusieurs personnes dans un camp de gens du voyage à Valenton. Là où un homme qu’ils poursuivaient s’est réfugié. Vers 14 heures, ce dernier fait le plein à une station-service de Créteil, où se trouvent aussi ces policiers. En les voyant, cet homme part précipitamment. Les policiers se mettent à le poursuivre en activant leurs avertisseurs sonores et lumineux. Une course s’engage jusqu’à la rue Vasco de Gama à Valenton où cet homme finit par descendre de sa voiture pour s’engager dans un camp de gens du voyage et demander de l’aide. Pris à partie, les policiers essuient des tirs de projectiles de la part de deux hommes en particulier dont l’un a été interpellé, de même que le conducteur. Ils ont été placés en garde à vue au commissariat de Villeneuve-Saint-Georges. Les policiers ont écopé de deux à cinq jours d’ITT.

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Givors (Rhône) : Il persiste dans sa recherche de la liberté !

Le Progrès / dimanche 3 mars 2019

Matinée mouvementée pour les policiers du commissariat de Givors. Il était 8 heures dimanche matin lorsqu’ils ont dû faire face à une véritable tentative d’évasion de la part d’un détenu appréhendé par leurs soins alors qu’il était en situation…d’évasion !
En effet, le détenu ne s’était pas présenté à la prison où il purge sa peine depuis le mois de février. L’homme a tenté une nouvelle fois de se soustraire à l’autorité judiciaire. Il n’a pas hésité à porter des coups violents à un policier du commissariat de Givors pour se dégager l’accès à la porte de sortie du commissariat et s’enfuir à toutes jambes dans la rue. Immédiatement pris en chasse par les policiers, il sera rapidement neutralisé après une course folle de quelques centaines de mètres, rue Marcel-Paul.

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Maison centrale de Poissy : Deux matons blessés

extrait du Parisien / mercredi 6 mars 2019

[…] L’un a un œil au beurre noir, l’autre souffre de contusions à la main. Deux surveillants de la Centrale de Poissy, un établissement pénitentiaire dédié aux détenus purgeant de longues peines, ont été agressés ce mardi.
L’incident s’est déroulé peu avant midi, au moment où l’agresseur devait réintégrer sa cellule après le temps consacré à la promenade. « Il a d’abord insulté les collègues, parce qu’il n’était pas prêt, rapporte un surveillant. Il s’est rapproché de l’un d’eux, toujours en l’insultant. Quand celui-ci l’a repoussé, le détenu lui a directement décoché un fulgurant coup de poing en plein visage. » « Ses lunettes ont littéralement volé en éclat », décrit la CGT dans un communiqué. Le syndicat assure que « selon les témoignages des surveillants sur place, s’en est suivi un véritable acharnement de coups au visage du collègue ».
« Les agents sont intervenus immédiatement pour lui porter secours et mettre fin à l’incident, reprend un surveillant. Le détenu a alors poussé une collègue qui est tombée et s’est blessée à la main. » Depuis, le détenu, « connu pour sa violence envers les surveillants puisqu’il a déjà giflé un lieutenant il y a deux ans », a été placé en quartier disciplinaire. Et « dès 14 heures, il a mis le feu à sa cellule », assure le délégué CGT. […]

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Prison d’Avignon et d’Arles : Attirer le maton dans le traquenard…

France3 / vendredi 15 mars 2019

Dans la nuit de mercredi à jeudi , au centre pénitentiaire d’Avignon, autour de deux heures du matin, un détenu appelle les agents. Il prétend avoir avalé plus de 200 cachets. Le personnel le rejoint et se fait agresser. Plusieurs surveillants sont blessés, l’un d’entre eux a 3 jours d’ITT.
Ce vendredi matin, vers 10 heures, dans la maison centrale d’Arles, un détenu refuse de rentrer dans sa cellule. Selon le syndicat SLR-FO, son comportement est agressif. Un surveillant, accompagné d’une Equipe Locale d’Appui et de Contrôle, tente de le réintégrer dans sa cellule. Le détenu porte des coups au surveillant, qui se retrouve le visage en sang. [et les matons continuent leur grèves – mais changez de taffe, ou suicidez-vous, les bourreaux ! NdAtt.]

République Tchèque : Qu’est ce qu’est l’opération Fénix II

Publié le 2019-03-31 09:41:07

Antifenix / mercredi 27 mars 2019

Les premières accusations sont tombées en avril 2015 : le premier volet de l’opération répressive « Fénix » commençait. En mars 2018, la Court suprême de Prague a laissé tomber toutes les accusations pour toutes les personnes inculpées. Entre-temps, le deuxième volet de l’opération est apparu ; ce texte explique de quoi il s’agit.

Quand la police a commencé l’opération Fénix, certains médias ont déclaré que le SRB (Réseau des Cellules Révolutionnaires) était en déroute. Cependant, les sabotages et les attaques incendiaires ont continué et leur coûts ont augmenté. Cela est devenu bientôt évident qu’il allait devenir difficile de lier les personnes inculpées avec ces actes, du coup la police a commencé à « enquêter ».

Il se sont concentrés sur les interrogatoires, sur les analyses du matériel saisi pendant les perquisitions et aussi sur la filature des gens. Parmi ces personnes, il y avait aussi l’anarchiste Lukàš Borl, qui a décidé de se mettre au vert à la fin de l’été, à cause du harcèlement que lui et ses proches subissaient de la part de la police. Pendant l’hiver 2016, la police a déclaré Lukàš « recherché » et a dit qu’il était armé et dangereux. A partir de ce moment, on peut parler de début de Fénix II.

Le 4 octobre, Lukàš a été arrêté a Most par le policier Zdeněk Prošek, qui avait été son camarade d’école. Il lui a énoncé les chefs d’accusation dont il avait été chargé plusieurs mois plus tôt, en son absence. En ce moment il découve ce qu’ils préparent.

Lukàš a été accusé d’avoir « crée, soutenu et diffusé un mouvement visant à la suppression des droits et de la liberté des gens ». Selon la police, il était à l’origine du Réseau de Cellules Révolutionnaires (SRB), il aurait participé à certaines de leurs actions et écrit certains de leurs communiqués, et il les aurait tous publié sur le site Asociale Alerta. Les enquêteurs prétendent qu’il est responsable de « destruction de bien d’autrui», à quatre reprises. Deux fois pour des incendies de voitures de flics. Une pour l’attaque incendiaire contre une porte de magasin. Et une pour des tags sur un mur de la prison de Ruzyně à Prague. Enfin, la police prétend qu’il a fait du chantage au propriétaire du restaurant Řízkárna, bien connu pour ne pas payer ses employé.e.s. Ensuite, ils ont ajouté l’accusation de fabrication de faux papiers. Plus précisément une carte d’identité polonaise, que Lukàš avait sur soi lors de son arrestation.

Lukàš a passé plus de sept mois en détention provisoire à Litoměřice. Plusieurs semaines après qu’il a été relâché, le 9 juin 2017, la police a mis sous accusation quatre autre personnes, et ce là qu’a commencé Fénix II.

On y trouve Martin Ignačák et Petr Sova, qui étaient inculpés, puis acquittés, dans l’affaire Fénix I. Les autres sont l’anarchiste Lukàš Novak et le militant environnementaliste Tomáš Zeleny. Tous ensemble, ils ont été accusés de seize chefs d’inculpations.

On parle à nouveau de l’accusation de création, soutien et diffusion d’un mouvement visant à la suppression des droits et de la liberté des gens . Cette fois, la police ne dit pas qu’ils font partie des SRB, mais trois d’entre eux sont présumés coupables d’avoir soutenu les SRB et d’en avoir fait la propagande en ligne. Selon la police, Petr Sova aurait publié leurs communiqués sur Facebook et sur la page web Voice of anarchopacifism. Tomáš Zeleny sur le site Green Action et Lukàš Novak sur le site d’Anarchocommunist alternative. Martin Ignačák et Lukáš Novák auraient aussi fait de la propagande pour un mouvement visant à la suppression des droits et de la liberté, en diffusant des publications contenant des textes à propos de l’anarchisme insurrectionnaliste, la FAI, la CCF, et des traductions d’Alfredo Bonanno.

Quelles sont les développements possibles

Toutes les cinq personnes inculpées dans l’affaire Fénix II sont poursuivies pour des délits qui vont de 3 à 10 ans de prison. Lukáš Borl a quelques chefs d’inculpation en plus pour d’autres délits. Nous ne nous faisons pas d’illusions et savons que le système judiciaire peut être aveugle, cruel et arbitraire. Mais même si la police menace des personnes avec des dures condamnations, ils n’ont pas beaucoup d’éléments en main pour exécuter ces menaces. Il semble plus probable que Fénix II se dirige vers le même final de comédie burlesque que la première partie. Avec un petit peu de chance et d’habilité de notre part, les enquêteurs passeront cette fois encore pour des incapables complets. Cela ne sert à rien de décrire les spéculations avec lesquelles ils travaillent et comment les réfuter. Attendons pour cela le procès, qui deviendra sûrement encore un autre théâtre embarrassant.

Si on regarde les grands dossiers et la longueur des investigations, il peut paraître qu’on parle de quelque chose de très gros. Mais parfois les choses ne sont pas comme elles apparaissent. Les dossiers sont remplis de poids morts et les enquêteurs n’ont rien fait pendant des mois. Les procédures de préparation ont été terminée pendant l’été 2018 et en décembre 2018, le Procureur a présenté les accusations au tribunal de Most. Le procès aura lieu le 8, le 10 et le 12 avril. Jusqu’ici, on peut remarquer un dilemme de la police et du Proc’. Cela est probablement la raison pourquoi ils ont choisi à minima la technique de l’usure. Ils savent que, avec ce qu’ils ont, ça sera difficile d’envoyer quelqu’un en taule. Voilà pourquoi ils gardent au moins les inculpés dans le doute, le stress et la tension. Cela crée de la tension, pas seulement sur ceux-ci. Il y a un message démoralisant pour tous ceux qui résistent contre le système politique actuel. Un avertissement qui dit : « Gardez votre tête baissée, sinon vous vous trouverez face aux mêmes désagréments ».

Dijon : Cocktails contre la préfecture

Publié le 2019-03-31 20:20:03

Des cocktails molotov ont été jetés sur la préfecture de Côte-d’Or à Dijon dans la nuit de samedi à dimanche. Ils ont déclenché un début d’incendie sur une bâche d’un bâtiment en travaux.

Deux engins qui n’ont pas explosé ont été retrouvés sur place.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/dijon-des-cocktails-molotov-jetes-contre-la-prefecture-31-03-2019-8043507.php