Vive l'Anarchie - Semaine 12, 2020

Sommaire

Déborder le gérable

Publié le 2020-03-23 10:10:04

Une des définitions qu’offre la racine de gérer est celle de s’occuper de l’administration, de l’organisation et du fonctionnement d’une entreprise, d’une activité économique ou d’un organisme.
C’est un terme qui, de manière évidente, provient de la sphère économique, du monde juridico-entreprenarial et s’est installé dans tous les domaines de nos vies, à tel point qu’il fait désormais fondamentalement partie de nos activités quotidiennes.
Tout est susceptible d’être géré, nous sommes tous et toutes susceptibles d’être géré-e-s (y compris auto-géré-e-s). Tout concept pensable est gérable : les personnes, les conflits, les relations, les émotions, l’environnement, le temps, les migrations … Rien n’a pu échapper à la puissante influence de la marchandisation. Tout est un produit, nous le sommes toutes et tous. Les grands gourous, haut-placés comme la voix de leurs maîtres, nous invitent à être de bons gestionnaires. Tout cela a lieu parce que jusqu’au dernier recoin de notre vie a été conquis par la méga-machine capitaliste pour se voir transformé en simple produit.
Désormais conflits et défis ne sont plus affrontés, ils sont gérés. On ne réclame ou on ne se confronte plus, on gère. Ni on souffre ni on aime parce qu’à présent les émotions se gèrent. Tout s’est converti en maudite bureaucratie individualisée.
Les gouvernements ont adopté comme façon habituelle de fonctionner la gestion de la crise permanente, nous soumettant à l’exceptionalité constante qui devient ainsi la norme. De cette manière, la crise est continue et sa gestion posée comme indispensable. Au nom de cette urgence constante, le pouvoir trouve mille et une occasions de se restructurer et de modifier sans cesse ses mécanismes de contrôle, tandis que la majorité espère la venue de temps meilleurs. Des temps qui ne viendront jamais.
Il serait logique de penser que la crise est l’échec du système, c’est-à-dire que ce que nous vivons actuellement ne serait que la gestion sans fin d’un effondrement qui n’en finit pas d’arriver, mais que nous ne pouvons (voulons ?) pas éviter parce qu’en fin de compte la lutte finit toujours par chercher la meilleure manière de gérer. Parce que nous avons perdu la capacité même d’imaginer quelque chose de différent.
Nous avons adopté le vocabulaire de l’ennemi et nous l’avons intériorisé au point de le faire nôtre. Par là-même, nous avons accepté son cadre conceptuel, sa logique de raisonnement, celle du bénéfice économique. Nous faisons partie de lui, nous jouons dans la même équipe.
La seule option est de déborder le gérable, de rendre impossible leur manière de nous gouverner et de nous dominer. Rendre impensable la neutralisation des conflits et des possibilités de changement. Briser le cadre théorique qui aujourd’hui restreint tout, pour pouvoir ainsi nier la gestion. Parce que nier la gestion revient finalement à nier la possibilité d’être gouvernés. C’est ouvrir la porte vers un nouvel horizon.

Quebrantando el silencio

 

Leipzig (Allemagne) : Une bagnole du profiteur des prisons PKE incendiée

Publié le 2020-03-23 10:12:05

de.indymedia.org / dimanche 22 mars 2020

Hier soir, nous avons mis le feu à une voiture de l’entreprise PKE. Le groupe produit des technologies de sécurité pour les prisons.

Il est important de ne pas oublier celles/ceux qui sont plus touché.e.s que nous par la situation actuelle. Outre les groupes à risque, il s’agit des personnes qui sont bloquées dans des logements provisoires, entassées dans des camps aux frontières ou oubliées derrière les barreaux.

Avec la propagation du Coronavirus, l’isolement des prisonnier.e.s est s’accroît fortement et les conditions dans les prisons se détériorent de plus en plus. Sans soins de santé, ni services d’hygiène de base, de nombreux.ses détenu.e.s doivent faire face à leur possible mort derrière les barreaux. Ils/elles seront les dernier.e.s à recevoir des soins médicaux adéquats.
Nous salutations vont donc à tou.te.s celles/ceux qui sont derrière les barreaux ou qui ont réussi à y échapper.
Nos remerciements vont à tou.te.s les insurgé.e.s qui ont rendu possible les évasions de masse de ces dernières semaines.

C’est avec joie que nous avons constaté qu’en ces temps difficiles, d’autres aussi continuent à attaquer. Comme c’est le cas à l’encontre des entreprises qui construisent une nouvelle prison à Zwickau : https://de.indymedia.org/node/72442 *

 

* Note d’Attaque : la nuit du 18 mars, des véhicules de deux entreprises participant à la construction de la nouvelle prison de Zwicau-Marienthal, Elektro Lehmann à Bad Lausick et Scholz GmbH à Treuen, ont été incendiés.

Le virus de la révolte contagie de plus en plus les prisons

Publié le 2020-03-23 10:12:05

Prison du Mans : Rebelote rébellion !

France Bleu / samedi 21 mars 2020

Pour la deuxième journée consécutives, des détenus de la maison d’arrêt de Coulaines, dans la Sarthe, refusent de réintégrer leur cellule après la la promenade du soir. Une Eris (équipe régionale d’intervention et de sécurité) est arrivée sur place pour intervenir

Vingt-huit détenus de la maison d’arrêt des Croisettes, à Coulaines, près du Mans, refusent ce samedi soir de réintégrer leur cellule depuis la fin de la promenade, aux alentours de 17h. Après avoir cassé le grillage de l’une des quatre cours de promenade de l’établissement, ces derniers se promenaient dans la zone neutre, située entre les bâtiments et le mur d’enceinte de l’établissement, un secteur strictement interdit aux détenus et où les surveillants ne sont pas équipés pour intervenir. Une équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris) a donc été appelée et est arrivée sur place un peu avant 19 h.
La veille, une trentaine de détenus avaient déjà organisé une mutinerie du même ordre, restant toutefois dans leur cour de promenade. […]

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Centre de détention de Neuvic-sur-l’Île

France Bleu / dimanche 22 mars 2020

La matinée de samedi a été tendue au centre de détention de Neuvic en Dordogne. Trois détenus ont bloqué une aile au troisième étage. Au même moment, un feu s’est déclaré dans une des cuisines du 2e étage. Le temps de l’intervention, un détenu a été intoxiqué par les fumées. Il a dû être transporté à l’hôpital.
L’ordre a pu rapidement être rétabli dans l’établissement. L’Équipe régionale d’intervention et de sécurité s’est néanmoins déplacée dans l’après-midi. Un détenu a été transféré à Bordeaux, les deux autres ont été placés en quartier disciplinaire.
Depuis la fin des parloirs en raison de l’épidémie de Covid-19, les incidents dans les prisons se multiplient partout en France.

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Centre pénitentiaire de Draguignan : Émeute

extraits de Var Matin / samedi 21 mars 2020

Une émeute a eu lieu ce samedi soir à la maison d’arrêt de Draguignan en raison de la fermeture des parloirs. […]
Une quarantaine de détenus se sont en effet lancés dans un début d’émeute, en fin de journée. Contactée ce soir, la direction de la maison d’arrêt n’a pas été en mesure de nous éclaircir sur la situation. […]
Les détenus ont notamment cassé une table en béton qu’ils ont utilisé pour bloquer une porte d’accès. En début de soirée, des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris)… en provenance de Marseille, spécialement déployées pour ce type d’interventions, étaient déployées.
Aux alentours de 19h, l’intervention était en cours […]. Aux alentours de 20h, la situation était revenue à la normale.

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Maison d’arrêt de Béziers : Bloquege de la promenade, pour survivre sous confinement

Midi Libre / samedi 21 mars 2020

Les forces de l’ordre sont intervenus à la prison du Gasquinoy, à Béziers, samedi. Selon nos premières informations, et des premiers témoignages de riverains, l’intervention s’est déroulée à la suite d’un appel des gardiens après une mutinerie. Quelques dizaines de détenus auraient refusé de réintégrer leurs cellules après la promenade. Le procureur de la République, le directeur de la prison, le maire et le sous-préfet se sont rendus sur place.
Selon nos informations, environ 80 détenus étaient concernés. Une trentaine du centre de détention 1 et une cinquantaine de la maison d’arrêt. La cour de promenade a été forcée pour que les prisonniers récupèrent des projections, des paquets, illégaux qu’envoient des proches aux prisonniers afin de les ravitailler en produits divers (téléphone, tabac, drogue…).
Pour l’heure, les détenus ont été contenus par les forces de l’ordre dans la cour de promenade après des tirs de sommation de la part des surveillants. L’Eris de Toulouse, une brigade spécialisée dans l’intervention dans les prisons est en route. […]

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Cinq prisonniers en garde à vie, trois autres au mitard

extrait de 20 Minutes / dimanche 22 mars 2020

Cinq détenus du centre pénitentiaire de Béziers (Hérault) ont été placés en garde à vue, après des incidents survenus samedi, au sein de la prison.
Des dizaines de prisonniers ont refusé de réintégrer leurs cellules à l’issue de la promenade, confie Raphaël Balland, le procureur de la République de Béziers. Une cinquantaine de policiers ont dû intervenir au sein de la maison d’arrêt, pour rétablir l’ordre. Ces incidents sont liés à la mise en place de mesures au sein des établissements pénitentiaires pour lutter contre la propagation du coronavirus, notamment la suspension des visites aux parloirs […]
« Dans l’une des cours de promenade, des détenus ont cassé une porte, mais tous ont finalement accepté de réintégrer sans difficulté leurs cellules à l’arrivée des forces de l’ordre », poursuit le magistrat. Dans une autre cour, l’intervention des agents pénitentiaires « a été nécessaire mais s’est déroulée sans difficulté, chaque détenu ayant été reconduit à sa cellule sans incident », indique le procureur de la République. Enfin, dans une troisième cour, les agents ont été confrontés « à quelques détenus plus agressifs et ont fait usage de deux grenades sonores de désencerclement ».
Aux alentours de 19h30, tous les détenus avaient regagné leurs cellules.
Trois détenus ont été placés en garde pour dégradations d’un bien d’utilité publique et commises en réunion, et deux autres pour violences aggravées pour des jets de pierre et des crachats sur des agents pénitentiaires. Enfin, trois autres détenus ont été placés en quartier disciplinaire et passeront en commission de discipline en début de semaine.

Et le DAP promet des représailles

Ouest-France / dimanche 22 mars 2020

La direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a assuré dimanche que la réponse pénale serait ferme à l’encontre des détenus participant à des mouvements collectifs de protestation dans les prisons, mises aussi sous cloche pour limiter la propagation du coronavirus.
Dès l’annonce mardi de la suspension des parloirs pour les familles rendant visite aux détenus, conséquence du confinement général de la population française, des incidents ont éclaté dans plusieurs établissements pénitentiaires, notamment à Grasse (Alpes-Maritimes).
L’administration pénitentiaire a recensé depuis mardi une trentaine de mouvements collectifs, dont 24-25 se sont limités à des refus de réintégrer les cellules à l’heure prévue après les promenades dans les cours des prisons.
La majorité des 188 établissements pénitentiaires n’ont pas été touchés par des incidents.
Mais dans certains d’entre eux, les protestations collectives se sont accompagnées de dégradations, comme samedi à Béziers, Draguignan, au Mans et à Lille-Sequedin.

Après-demain. Demain. Aujourd’hui.

Publié le 2020-03-23 13:09:03

Il est indiscutable que les autorités aient navigué à vue ces jours-ci. Il suffirait de regarder la succession convulsive de décrets qui, en seulement trois jours, ont transformé des mesures de confinement localisées (à 16 provinces et une région) en mesures étendues à l’ensemble du pays. Certes, la difficulté de fabriquer des tests [ https://www.ilpost.it/2020/03/19/coronavirus-bucci-numero-contagi/ ] puis de les développer met le gouvernement face à l’incapacité de comprendre à quel point en est la contagion et donc comment limiter les dégâts économiques et sociaux du pays, à commencer par les personnes qui subissent le plus d’isolement et qui pourraient commencer à s’agiter.

L’épidémie est en constante évolution et les mesures drastiques adoptées jusqu’à hier ne semblent pas avoir eu d’effet, à tel point que dans certaines régions – la Lombardie surtout – la situation a désormais dépassé ce seuil de sécurité que les autorités, depuis le début, avaient évoqué une limite à laquelle ils ne devaient en aucun cas s’approcher. Sous la pression de nombreuses autorités locales, le gouvernement a décidé de resserrer encore les possibilités de déplacement des personnes, exigeant également la fermeture des parcs et jardins publics.

 [ https://www.ilsole24ore.com/art/coronavirus-new-strict-government-close-park-andgarden-limits-sport-all-outdoor-AD9RbqE ].

Des contrôles plus méticuleux et plus stricts seront mis en place, les militaires auront le feu vert pour entrer en jeu là où les administrations locales le jugeront approprié, probablement à partir des villes déjà impliquées dans l’ opération Strade Sicure (1) ou dans les pays où la contagion galope, et avec elle de nombreux décès et hospitalisations sérieuses. La possibilité que, dans certaines régions, les militaires soient également utilisés pour distribuer de la nourriture ou soutenir des activités logistiques fonctionnelles pour la subsistance de la population enclavée n’est pas exclue. En plus des opérations de contrôle.

Le gouvernement central a déjà annoncé que l’ Etat d’urgence à l’échelle nationale il y a quelques semaines sera prolongé bien au-delà du 3 avril. En ce sens de l’idée d’introduire, peut-être par décret, une loi qui permet, par dérogation à la législation sur la vie privée, de contrôler ex post les mouvements des téléphones portables, afin de vérifier le respect de la quarantaine et la véracité des auto-certifications est indicative. Ce qui a déjà été fait à Milan en termes de contrôle des flux de personnes. [ https://milano.corriere.it/notizie/cronaca/20_marzo_18/coronavirus-si-spostano-4-lombardi-10-solo-milano-1200-denunce-scatta-surveillance-digital-2227e1f0-68df-11ea-913c -55c2df06d574.shtml ]

Peut-être que nous devons commencer à abandonner l’idée que cette situation peut avoir une fin,   ou du moins redéfinir le sens de ce concept . Repensez donc le fait que le monde dans lequel nous vivons, ses relations et ses formes de pouvoir reviendront à l’identique.

Une étude du Collège impérial .pdf ] a décrit une série de scénarios possibles. Il convient de noter que ce sont des hypothèses basées sur certaines variables qui sont loin d’être sûres, mais toujours utiles pour s’orienter (par exemple, cela dépendra beaucoup des caractéristiques intrinsèques de ce virus: sa saisonnalité, la possibilité et la durée d’une éventuelle immunité chez les personnes guéries, la possibilité qu’il y ait plus de souches avec des virulences et des effets différents (autant de choses à l’heure actuelle, à ce que nous avons pu constater, non vérifiées). Les données qui ressortent avec plus de clarté sont la forte probabilité que cette épidémie continue de se propager, et donc que les différents gouvernements, après avoir allégé les mesures suite au ralentissement de la courbe des contagions, se retrouveront à devoir les proposer à nouveau plus tard pour faire face à toute nouvelle éclosion. Bref, il semble que la perspective soit ” le début d’un mode de vie complètement différent” et se résigne à l’idée de vivre dans un état pandémique . .

À ce stade, une question spontanée se pose que, sans trop d’envolée lyriques sur l’avenir, nous devons nous demander maintenant: comment pouvons-nous essayer de combattre dans un état de pandémie ?

Le caractère unique de la situation que nous vivons rend également difficile pour les dirigeants de comprendre quels problèmes surgiront et quelles formes prendront les conflits qui pourraient survenir dans les temps à venir, en particulier avec la poursuite de plusieurs semaines de ces mesures. Que se passera-t-il par exemple sous peu ou au plus tard dans quelques semaines lorsque les personnes n’ayant pas de réserves ne pourront plus faire leurs courses?

Après la première vague d’émeutes massives, même la situation dans les prisons ne semble pas avoir beaucoup changé: les mesures prises n’ont pas réduit le surpeuplement, les parloirs avec les membres de la famille n’ont en aucun cas été rétablis et le Covid-19 semble avoir commencé à se propager entre les cellules. Malgré les difficultés de communication de plus en plus graves, les premiers signalements de détenus et de gardes positifs au virus ont été fait.

Le couvre-feu, la quarantaine généralisée et l’armée dans les rues serviront principalement à prévenir ou à tuer dans l’œuf la possibilité de faire face aux nombreux problèmes économiques, sanitaires et sociaux que nous devrons traiter dans un proche avenir, avec Covid-19. Il convient de s’en rendre compte rapidement. Ces mesures variées et mixtes sont peut-être imminentes. Une fois adoptées, clarifier les idées sera encore plus difficile et les chances d’y penser face à face et peut-être de réfléchir à la manière de les gérer seront réduites encore plus. Le temps presse.

Le confinement ne se passe pas comme prévu par le gouvernement

Publié le 2020-03-23 13:11:07

Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : Voiture et poubelles en flamme, flics pris pour cible

Le Parisien / dimanche 22 mars 2020

En ce cinquième jour de confinement, la tension monte entre les habitants de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et les forces de l’ordre. Ce samedi, pompiers et policiers sont intervenus à plusieurs reprises dans la commune. Une première fois aux alentours de 20h30, allée du Bois-du-Temple, où deux camionnettes ont été incendiées. Des incendies assortis de jets de projectiles contre les forces de l’ordre. Selon son maire, Olivier Klein (DVG), l’équipe mobile de tranquillité mobile, composée de 7 médiateurs a dû faire face à des jets de « pomme de terre ». Selon plusieurs de nos sources, il s’agirait en réalité « de boules de pétanques » lancées contre les fonctionnaires.

Une demi-heure plus tard aux alentours de 21 heures, les policiers ont à nouveau été appelés pour des feux de poubelles entre le commissariat et la caserne des pompiers. Un jeu du chat et de la souris qui avait débuté vendredi soir avec l’incendie de deux voitures, boulevard Victor-Hugo.

Depuis la mise en place des mesures de confinement, plusieurs incidents ont éclaté dans le département. Mardi soir, un guet-apens avait été organisé dans le quartier des 3000, à Aulnay-sous-Bois, par une vingtaine de jeunes. Six personnes avaient été placées en garde à vue pour « participation à un attroupement armé ». Jeudi, toujours à Aulnay, plusieurs interpellations avaient eu lieu dont une pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ».

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Saint-Rambert-d’Albon (Drôme) : Confinement ou émeute ?

Le Dauphiné / samedi 21 mars 2020

Les gendarmes et les sapeurs-pompiers ont dû intervenir vendredi soir vers 22 heures pour des violences urbaines qui ont éclaté dans le quartier du Val d’Or. Des containers poubelles ont été incendiés, un réfrigérateur a été descendu sur la voie publique et des morceaux de bois auraient été mis sur la chaussée. Un groupe d’une dizaine de jeunes gens qui semblait être à l’origine de ces faits a pris la fuite à l’arrivée des forces de l’ordre.

Selon la gendarmerie, ce coup de chaud serait à mettre en relation avec la verbalisation dans l’après-midi de deux jeunes hommes qui faisaient partie d’un groupe qui ne respectait pas le confinement. La majorité de ses membres a réussi à s’enfuir avant l’intervention des gendarmes, qui ont malgré tout pu en interpeller deux, qui ont donc été verbalisés pour refus de confinement.

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Seyssinet-Pariset (Isère) : Un simple ordre ne les arrête pas !

Le Dauphiné / vendredi 20 mars 2020

[…] les gendarmes ont ouvert le feu, ce vendredi après-midi, contre une voiture qui leur a foncé dessus dans le cadre d’un contrôle confinement. Des faits qui se sont déroulés notamment dans le quartier de la Fauconnière.
C’était en cours d’après-midi, à Seyssinet-Pariset. Les gendarmes de la brigade de Pont-de-Claix effectuaient des contrôles dans le cadre du confinement. Alors qu’ils s’apprêtaient à contrôler une voiture, le véhicule a subitement accéléré, pris en chasse par les motocyclistes de la brigade motorisée. Dans un premier temps, cette voiture, à bord de laquelle se trouvaient trois hommes, a échappé aux gendarmes. Mais peu de temps après, les motocyclistes ont de nouveau repéré le véhicule des fuyards et des équipages de gendarmerie ont convergé. C’est à ce moment que le véhicule a foncé sur les gendarmes qui tentaient à nouveau de l’arrêter. Les militaires ont dû faire usage de leurs armes pour se protéger. Des tirs qui n’ont pas fait de victime. La voiture a néanmoins été stoppée grâce à l’utilisation d’une herse, quelques dizaines de mètres plus loin.
Les trois hommes qui se trouvaient dans la voiture ont été interpellés. Le conducteur et un autre homme ont été placés en garde à vue, soupçonnés de mise en danger de la vie d’autrui et refus d’obtempérer.

Île de la Réunion : Internet rame… et n’est pas si safe que ça – 14 et 15 mars 2020

Publié le 2020-03-23 17:04:08

« La connexion internet n’en finit plus d’en pâtir ces derniers temps à La Réunion. Ce week-end du 14 et 15 mars 2020, des incidents sont survenus sur les câbles Safe et Lion, qui relient l’île au reste du monde. Si le câble Lion a été réparé, le Safe, lui, reste endommagé. L’incident s’étant produit en mer, au large du Gabon, il faudra attendre aux alentours du 3 avril avant que le câblier ne puisse se rendre dans la zone concernée. Tous les opérateurs sont impactés par cet incident.

« L’incident s’étant produit en mer, l’opération va prendre du temps et sera compliquée à réaliser. Il faut d’abord remonter le câble, pour pouvoir le réparer, et le replacer. Sachant que cette opération est aussi soumise aux conditions climatiques, nous ne pouvons pas prévoir de date exacte » explique-t-on du côté de SFR. C’est le navire Léon Thévenin, d’Orange Marine, qui s’occupe par ailleurs de la maintenance, précise Orange.

A noter qu’en cette période de confinement, la bande-passante est soumise à l’utilisation de toutes les personnes étant confinées chez elles. « En temps normal, le pic d’activité se concentre entre 20 et 23 heures. Actuellement, c’est toute la journée » souligne Orange. Le trafic étant plus intense qu’à l’habituel, de nombreux ralentissements peuvent survenir. De plus, une occupation inhabituelle de la bande-passante vers Netflix, Facebook et Google a été relevée par certains opérateurs.

Pour rappel, deux câbles sous-marins relient l’île au reste du monde, en passant par l’Afrique. Les opérateurs louent la bande-passante pour fournir internet aux Réunionnais. Chacun dispose d’un certain nombre de giga sur chacun des câbles, afin de pouvoir assurer la distribution d’internet même si l’un des deux câbles connait des difficultés. Si les deux câbles tombent en panne, internet connaît de très fortes difficultés, comme cela a pu arriver le week-end dernier. »

[Reproduit de IP Réunion, 19.03.2020]

Allemagne : Chronique de la guerre sociale – Du 18 au 21 mars 2020

Publié le 2020-03-23 17:05:04

18 mars 2020, Berlin : ça crame chez deux concessionnaires

Des véhicules de deux concessionnaires automobiles sont incendiés à l’est de Berlin.
Dans l’arrondissement de Marzahn, ‘Allee der Kosmonauten’, deux voitures du concessionnaire Toyota sont volontairement incendiées vers 1h30. Trois autres voitures sont fortement endommagées.
Quelques heures plus tard, une voiture (‘Klasse E’) et une camionnette (type ‘Sprinter’) du concessionnaire Mercedes de la Rhinstrasse partent en fumée peu après 4h. Une autre voiture garée à proximité est endommagée par la forte chaleur des flammes.


18 mars 2020, Cologne : attaque contre Vonovia

Au cours de la nuit, les vitres du siège de la direction de Vonovia sont brisées à coups de marteau et la façade recouverte à l’aide d’extincteurs remplis de peinture couleur lila et du bitume. L’attaque est revendiquée en stipulant les divers saloperies que fait cette société immobilière chaque jour en Allemagne.


19 mars 2020, Hambourg : attaque d’une agence bancaire.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une agence bancaire de la Veringstraße est attaquée par des individus cagoulés et sombrement vêtus aux alentours de 4h du matin, selon une témoin alertée par le bruit des impacts contre les vitres.


20 mars 2020, Werder (Havel) : feu au loisir des bourges

Trois yachts ont été détruits par un incendie tôt ce vendredi, peut après minuit. Les yachts étaient entreposés dans l’enceinte portuaire de Gindow à Winterlager. Les flammes et la chaleur extrême ont endommagé deux autres bateaux. Les dégâts s’élèveraient à près de 360.000 euros.


19 et 20 mars 2020, Berlin : incendies de bagnoles d’entreprises [Mise-à-jour, 24.03.2020]

Dans la nuit de mercredi à jeudi 19 mars, un véhicule de service d’une entreprise de technologie est volontairement incendié dans le quartier de Prenzlauer Berg. Le véhicule est totalement détruit, deux autres garés sur ce parking de la Ostseestraße sont aussi endommagés. Il s’agit d’un
Le lendemain, peu après 1h, c’est une camionnette d’une entreprise qui est livrée aux flammes dans l’arrondissement de Pankow. La presse ne pipe aucun mot sur le nom ni le secteur d’activité de la boîte.
Ces deux sabotages incendiaires ont été revendiqués dans un communiqué, où l’on apprend que les véhicules brûlés appartiennent à la société Bosch (19.03) et à ‘Dr. House Solutions’ (20.03.).


21 mars 2020, Paderborn (Rhénanie du Nord-Westphalie) : l’antenne-relais sauvée de justesse des flammes

Dans l’arrondissement de Neuenbeken, à l’est de la ville, les pompiers interviennent vers 5h pour éteindre un incendie de transfo. Il s’en est fallu de peu pour que les flammes embrasent l’antenne-relais qui en était dépendante. La police s’oriente vers la piste criminelle puisqu’un reste de pneu a été retrouvé sur les lieux.

[La grande majorité des brèves ci-dessus a été compilée à partir de chronik.blackblogs.org]

Affiches : Le virus, c’est l’Etat / Fin des temps ou temps des fins

Publié le 2020-03-23 17:06:05

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Temps des fins ou fin des temps

Alors qu’à Tchernobyl, la catastrophe fut niée, les différents pouvoirs orchestrent aujourd’hui la prise en main de la situation.

Pandémie bien ou mal gérée, les buts sont atteints :
– la soumission des corps,
– l’habituation des esprits à un monde géré militairement,
– des individus acteurs de leur propre servitude.

Dans cette guerre qui nous est déclarée, l’ennemi ne serait-il pas aussi ces aveugles qui nous gouvernent, menés par leurs idiots de scientifiques ?

Pour que la vie ne se résume pas à de la survie, auto-organisons nous contre le virus et refoulons l’autorité aux confins de notre monde.

L’affiche au format A4

L’affiche au format A3

 

[Affiches reçues par mail (séparément), 23.03.2020]

Païta (Nouvelle-Calédonie) : Résistance active et destructrice face au confinement – 23 mars 2020 [7 interpellations, mise-à-jour 26.03.20]

Publié le 2020-03-23 20:03:14

Mise-à-jour, 26.03.20 :

Sept personnes ont été interpellées par la gendarmerie mercredi 25 mars pour ces attaques à l’aéroport de Tontouta. Plusieurs baies vitrées de l’aérogare et une quarantaine de voitures de location ont été détruites à coups de pierres.

[Repris de La 1ere Nouvelle-Calédonie]


Dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 mars 2020 à Païta, de nombreuses vitres de l’aérogare ont été fracassées par des jets de pierres. Ce ne sont pas les seules destructions à l’aéroport international de la Tontouta, puisque plusieurs véhicules des douanes et d’une entreprise de location garés sur un parking ont également été vandalisés.

« Et dans un communiqué diffusé lundi soir, le sénat coutumier dénonce «les actes de colère et de vandalisme récemment commis». «Nous appelons au calme et à la maîtrise», signe le président Hippolyte Sinewami Htamumu. «La violence ne remplace pas le dialogue. Les décisions prises dans l’urgence par les autorités publiques sans explications immédiates ne doivent pas inciter a la violence.» Le sénat demande plus largement à chaque citoyen de montrer une «résistance active et constructive face à la pandémie». » (Nouvelle-Calédonie la 1ere, 23.03.2020)

 

Epidémie de coronavirus : Chronique des mutineries dans les prisons françaises (Du 20 au 22 mars 2020)

Publié le 2020-03-23 20:04:08

Les révoltes et résistances des prisonniers se poursuivent un peu partout, contre les nouvelles mesures prises par l’État dans le cadre de la crise du coronavirus (suspension des parloirs, des activités socioculturelles, de sport et d’enseignement, restriction du temps de promenade, impossibilité de cantiner…). Des révoltes ont éclaté dans plusieurs prisons la semaine dernière, comme à Grasse (Alpes-Maritimes) où plusieurs feux ont été allumés.

A Uzerche (Corrèze), une révolte éclate au centre de détention et devient vite hors de contrôle, des prisonniers parvenant à monter sur les toits (cf photo ci-contre). « Des scènes de guerre » selon les matons, auxquelles auraient pris part 88 détenus (selon l’AP). « Il était aux environs de 16h30 quand quelques détenus ont refusé de rentrer après la promenade. « Ils ont très vite arraché une poutre dans la cour pour se servir de bélier et défoncer les portes des deux bâtiments C et D du centre de détention. Ils ont mis le feu, détruit les couloirs, nos bureaux, le bureau du directeur, tous les dossiers des détenus ont brûlé, la partie informatique a explosé… ces deux bâtiments sont totalement aujourd’hui détruits. Il va falloir un à deux ans de boulot pour tout reconstruire […] » poursuit Dimitry Frère (syndicat UFAP UNSA Justice). Au total, deux bâtiments ont été détruits par le feu et 333 détenus ont dû être transférés (Source: France3 Aquitaine, 23.03.2020)

Selon le syndicat FO, près de 250 cellules sont rendues inutilisables, ce qui a nécessité toute la nuit des extractions de détenus vers d’autres prisons de la région Aquitaine. Un hélico a été mobilisé pour survoler la taule, tandis que des dizaines de fourgons de gendarmes mobiles sont venus épauler les Eris pour mater la révolte. (Source: Parisien)

A Maubeuge (Nord), une mutinerie éclate en début d’après-midi. Plus de 80 détenus y prennent part. Tout part du refus de remonter en cellule à l’issue de la promenade de quelques détenus. Un détenu se serait saisi de quatre pieds de table avec lesquels il aurait dégradé le grillage donnant accès au patio et ouvrant ainsi des brèches pour le soulèvement. « [Les prisonniers] ont réussi à accéder à la salle de réunion qu’ils ont incendiée. D’autres feux ont été allumés un peu partout dans l’établissement sous les cris d’encouragement de la foule. De nombreuses fenêtres de l’établissement ont volé en éclats. » Face à cette soudaine explosion de rage des détenus, on apprend que l’armurerie de la taule a exceptionnellement été ouverte aux matons, qui se sont armés de fusils à pompe en attendant l’arrivée des Eris, GM et policiers en provenance de Lille. Lundi 23 mars, de nombreux dégâts sont bien visibles dans certaines ailes de la prison et les promenades ont été supprimées.  (VoixduNord, 23.03.2020)

A la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais), une trentaine de détenus refuse de retourner en cellule l’issue de la promenade peu avant 14h et bloque les accès. Visés par des projectiles, les matons (dont celui en charge de la surveillance de la promenade) sont contraints de déguerpir. Toutes les vitres du rez-de-chaussée et du premier étage, donnant notamment sur les salles d’activités, sont brisées. Le poste de surveillance de la promenade, où se tient la personne en charge de surveiller les détenus lorsqu’ils sont dehors, est fracturé. Une vingtaine d’agents des Eris, une quinzaine d’agents du Pôle de rattachement des extractions judiciaires (PREJ) ainsi que plusieurs surveillants sont appelés en renfort. L’ordre est rétabli vers 17h.

D’autres mouvements de contestation ont éclaté dans les prisons de Meaux, Nantes, Carcassonne, Moulins, Limoges, à Rennes-Vezin et Saint-Malo (dans ces deux, deux détenus placés en quartier disciplinaire), Nice ou encore Fleury-Mérogis. A Meaux, un détenu a tenté de s’évader, mais il a malheureusement été rattrapé et placé en garde à vue.

Neuvic (Dordogne). Dans la matinée, une révolte éclate au centre de détention. Au moins trois détenus bloquent une aile au troisième étage. Au même moment, un feu se déclare dans une des cuisines du 2e étage. Le temps de l’intervention, un détenu est intoxiqué par les fumées. Il a dû être transporté à l’hôpital. Après que les Eris sont intervenues, un détenu a été transféré à Bordeaux, les deux autres ont été placés en quartier disciplinaire.

A Draguignan (Var), une émeute éclate à la prison. Une quarantaine de détenus bloque la cour de promenade, casse une table en béton qu’ils ont utilisé pour bloquer une porte d’accès. Plusieurs caméras de surveillance sont détruites, ainsi que des guérites de surveillance. En début de soirée, des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) en provenance de Marseille interviennent pour mater la révolte.

Coulaines (Sarthe). Une petite trentaine de détenus refuse de nouveau de remonter en cellule à la suite de la promenade aux alentours de 17h. Cette fois, ils cassent le grillage de l’une des quatre cours de promenade de la prison, se promenant ainsi dans la zone neutre, située entre les bâtiments et le mur d’enceinte de la taule (zone strictement interdite aux détenus et où les surveillants ne sont pas équipés pour intervenir). Une équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris) est par conséquent appelée et intervient sur place un peu avant 19 h.

Des désordres similaires ont lieu dans les prisons de Roanne, Marseille et Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône), où les détenus refusent de remonter en cellule pendant plus d’une heure. À Nanterre, 30 détenus auraient pris part au mouvement de contestation ; ils seraient 18 à Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire). Plusieurs mutins sont placés en quartier disciplinaire.

A Béziers (Hérault), près de 80 détenus de la prison du Gasquinoy se révoltent au moment de la promenade (une trentaine du centre de détention 1 et une cinquantaine de la maison d’arrêt). Les Eris de Toulouse ont été envoyés sur place. 5 détenus sont placés en garde à vue, dont trois pour « dégradations d’un bien d’utilité publique et commises en réunion », et deux autres pour « violences aggravées pour des jets de pierre et des crachats sur des agents pénitentiaires ». De plus, trois autres détenus sont placés en quartier disciplinaire et passeront en commission de discipline en début de semaine.

A la prison de Sequedin, près de Lille (Nord), une soixantaine de détenus refuse de regagner leurs cellules à l’issue de la promenade. Après l’intervention des Eris, quatre d’entre eux sont placés en quartier disciplinaire, d’autres seront jugés en comparution immédiate lundi 23 mars. Au total, onze détenus en France comparaîtront devant la justice pour les révoltes de cette journée.

Coulaines (Sarthe). A la Maison d’Arrêt « Les Croisettes », près du Mans, 28 détenus refusent de rejoindre leurs cellules après la promenade, peu avant 17h. La situation est revenue à la normale vers 18h30.

Intervention des Eris à la prison de Maubeuge (Nord)

Intervention des Eris à la taule d’Uzerche

 

[ex-zad nddl] les attaques contre les habitant.e.s du rosier continuent

Publié le 2020-03-23 20:42:06

Pour celles et ceux qui ne capteraient pas grand chose à ce qui s’est passé sur la ZAD de NDDL ces dernières années, tenter de comprendre les conflits autour du Rosier peut être l’occasion de rattraper le train en marche et d’y voir plus clair. Si ça t’intéresse, des articles et brochures sont mis en lien en fin de texte pour avoir un meilleur aperçu des différentes positions politiques qui s’affrontent toujours sur la zone et au-delà. 

[*Tentative de brève remise en contexte général sur zone:*]

Depuis l’opération d’expulsion par l’Etat d’une partie des lieux de vie de la ZAD en 2018, le rapport de force sur zone semble très favorable aux partisan.e.s de l’ordre (qui s’organisent notamment au sein de l’Assemblée des Usages), qui ont aidé la préfecture à « nettoyer » la zone des « éléments indésirables », c’est-à-dire des personnes qui ont refusé de jouer le jeu du pouvoir, de négocier avec la préfecture, de signer des fiches de projets, d’accepter la normalisation de la zone.

Beaucoup de monde a quitté la ZAD depuis 2018 (et avant), par fatigue/dégoût/besoin/(…), souvent usé.e.s par le combat contre des gens et groupes qui s’organisent au sein du CMDO et des associations citoyennistes, se regroupant au sein de l’Assemblée des Usages, mais aussi par celles et ceux qui ont permis que leurs manoeuvres politiciennes (appelées « stratégie ») prennent de l’ampleur et ne rencontrent pas suffisamment de résistance pour les contrer (POMPS, CHIPS…). Ces groupes ne sont pas uniformes, loin de là, et ne poursuivent pas les mêmes buts, mais ont réussi tant bien que mal à mettre de côté ce qui les éloigne pour « sacrifier » sur l’autel de la normalisation une partie des habitant.e.s de la zone.
Ce « sacrifice » d’une partie des habitant.e.s ne s’est pas faite sans coups de force, intimidations et prises de pouvoir au sein du « mouvement », dont nous pouvons citer quelques exemple marquants:

– S’accaparer le site zad.nadir, pour ne plus diffuser que leurs seules versions des faits, (par exemple zad.nadir ne diffusait pas d’appel à soutien aux expulsé.e.s de l’Est de la zone en 2018, ou [le texte de l’équipe radio klaxon censuré et réécrit->https://nantes.indymedia.org/articles/43382], entre autres).
– Confisquer les listes mail des comités de soutien pour en maitriser le contenu.
– Créer un groupe presse autoproclamé porte-parole des habitant.e.s.
– Créer une « Assemblée des usages » au fonctionnement opaque, avec des groupes fermés accessibles par cooptation et déjà créés avant même la première assemblée, pour contrer et tuer à petit fe l’Assemblée du mouvement, ouverte à quiconque voulait y dire quelque chose.
– Dégager contre la volonté d’une bonne partie du « mouvement », en manipulant l’AG, la route des chicanes (D281) et ses habitant.e.s, avec tracteurs, pression psychologique intensive auprès des récalcitrant.e.s, ce qui a permis aux forces de l’ordre de mener une grande opération de renseignements en vue de l’expulsion, en occupant ladite route pendant plus d’un mois.
– Expulser à coups de poings et détruire la cabanne Lama Fâché au pied de biche en janvier 2018.
– Démonter des barricades pendant les expulsions de 2018, dans le dos des personnes qui les ont montées parfois, en le décidant de leur côté sans en parler collectivement. Ah! Les fameuses décisions collectives qu’on reproche aux autres de ne pas appliquer.
-Tabasser et kidnapper (en cassant des membres) des personnes en les mettant dans des coffres de bagnoles, une parce qu’elle s’opposait aux travaux sur la route des chicanes, l’autre parce qu’elle voulait continuer à utiliser la ferme de Bellevue.
– Déposer des fiches sur des lieux occupés par d’autres, sans leur accord.
– Signer des Convention d’Occupation Précaires (COP) auprès de la préfecture, qui engage notamment à empêcher toute construction et nouvelle installation.

Une liste plus complète des manipulations et autres magouilles politiciennes serait beaucoup plus longue, et les brochures en lien à la fin du texte racontent déjà tout ça très bien, mais c’est un bon aperçu de ce que les gens qui fréquentent l’Assemblée des Usages sont prêt.e.s à faire pour s’accaparer des terres et des bâtiments, et surtout l’aura de radicalité qui flotte toujours autour malgré tout.

[*Maintenant, une brève contextualisation de l’ambiance au Rosier:*]

Il y a des conflits d’usage et de propriété autour du Rosier depuis de nombreuses années. En résumé, il y a deux volontés antagonistes qui s’affrontent. D’un côté, à la Riotière, des squatteureuses aspirant.e.s propriétaires qui veulent légaliser leur situation, soutenu.e.s par un réseau alter-radical-citoyen (CMDO, assemblée des usages, NDDL poursuivre ensemble…) et d’une milice qui a déjà fait les peuves de son « efficacité » sur zone. Du côté du Rosier, d’autre squatteureuses, pourtant les seules légitimes à prendre des décisions concernant ce lieu vu qu’ielles l’habitent, mais qui sont pourtant menacé.e.s d’expulsion par leurs voisin.e.s déterminé.e.s à les virer à tout prix. Mais pourquoi?

Le Rosier est un ancienne ferme laissée à l’abandon après son rachat par le conseil général, dont les terres et bâtiments agricoles étaient utilisés par un agriculteur du coin. En 2007, un groupe de personnes déterminées à lutter contre le projet d’aéroport a commencé à occuper la maison. Depuis, le Rosier a continuellement été habité par différents collectifs d’habitations qui se sont recomposés au fil du temps, malgré la destruction des bâtiments par l’Etat en 2012 pendant « l’opération César ».

L’installation de troupeaux de moutons sur les terres autour du Rosier en 2013 a toujours été source de conflits. Les gens du groupe mouton ( surtout Q. puis V., et plus récemment A. qui habite avec V. à la Riotière Sud-Est) ont imposé cet élevage sur quasiment tous les terrains qui entourent le Rosier contre l’avis d’habitant.e.s. Depuis, illes n’ont pas voulu laisser autre chose ni personne vivre au Rosier, à part leur projet agricole, d’où leur acharnement, même après de nombreuses discussions, pour imposer une bergerie à la place de l’espace collectif du Rosier. Le groupe mouton a fini par se dissoudre et être repris par V.. Une des personnes moteur de l’élevage, Q., est finalement partie du Rosier suite notamment aux nombreuses embrouilles générées par l’obstination du groupe mouton à occuper tout l’espace de manière autoritaire.

Ce projet d’élevage a été soutenu depuis le début par certaines personnes de COPAIN et d’autres occupant.e.s de la zone, qui les ont régulièrement aidé depuis un bail. Ce conflit récurrent est toujours très vif avec l’actuel collectif d’habitant.e.s du Rosier, malgré ses différentes recompositions ces dernières années.

L’argument de fond des pro-élevage est que la priorité et la légitimité doivent être données aux personnes qui ont une activité agricole valorisée socialement: l’élévage ou les cultures à moyenne échelle. C’est le parti-pris de l’assemblée des usages. Et c’est précisément la raison pour laquelle il y a un conflit: les gens de la Riotière se sentent la légitimité de dégager des gens de chez elleux pour y installer tranquilou et légalement leur business de viande et miel.

Rappelons au passage que:
– cet élevage de moutons est un projet porté par des voisin.e.s de la Riotière, qu’aucun.e habitant.e du Rosier ne soutient depuis des années, mais qui fait pourtant chier tout le monde et oblige les gens qui y vivent ou ont l’habitude d’y passer a se plier à ces pratiques imposées de l’extérieur.
– Le groupe d’habitant.e.s de la Riotière ont fait savoir à de nombreuses reprises qu’illes entendaient avoir un contrôle sur qui habite au Rosier.
– V. de la Riotière mène une campagne de harcèlement contre les habitant.e.s qui se sont succédé.e.s au Rosier ces dernières années.
-Les gens de la Riotière ont chois leur camp depuis longtemps, ce [qu’illes clament à longueur d’interview,->https://www.youtube.com/watch?v=cOZLGNLZdBg], ou quand [illes recoivent la préfète Nicole Klein à la Riotière en 2018 (vers 56 min, on voit notamment A. et V. en train de draguer Nicole en lui faisant le tour du propriétaire)->https://www.youtube.com/results?search_query=notre+dame+des+landes++la+reconquete]

La Riotière et leurs allié.e.s entretiennent depuis des années des relations exécrables avec les gens du Rosier, par désaccord politique, mais aussi pour faire monter la tension et décourager les gens d’y habiter. Les bâtiments de l’ancienne ferme du Rosier, détruits en 2012, étaient inscrits au cadastre, ils sont donc reconstructibles légalement. Le Rosier est donc un gros enjeu pour la Riotière, car c’est pour le moment le seul endroit du coin où il est légal de construire, ce qui est primordial dans leur délire de légalisation.

Pour mener à bien leur statégie d’accession à la propriété du Rosier, V. A. et leurs potes ont choisi de fonder leur légitimité sur le droit, et sur la force. A. a signé une fiche de projet pour le Rosier, puis une Convention d’Occupation Précaire, pour enfin signer un bail de 9 ans, vous l’aurez compris, sans l’accord des réel.e.s habitant.e.s.. A. a aussi récemment signé une demande de permis de construire sur l’ancienne maison du Rosier détruite en 2012, attenante au hangar qui sert en partie de lieu de vie au collectif actuel du Rosier. Une des personnes visées par ces volontés d’expulsion, J., a lui aussi signé un demande de permis de construire pour tenter de contrer celui de A., on comprend donc qu’il puisse devenir gênant dans leur projet d’expulsion.

V. et A. ont construit un hangar à l’entrée du Rosier, puis une nouvelle cabane en 2017 pour y habiter, et en [bon communicant.e.s colonialistes ->https://www.youtube.com/watch?v=cOZLGNLZdBg] l’ont appelée « Rosier Nord ». Derrière cette tentative qui peut paraître grotesque, il y a le but de se donner une légitimité, et de faire croire qu’illes habitent bien au Rosier. Bah quoi, si si, c’est marqué dessus. Dernière utilisation orwellienne en date de ce stratagème, la soi disant présence d’habitant.e.s du Rosier lors de l’Assemblée des Usages pendant laquelle a été prise la décision de justice de virer des habitant.e.s du… Rosier! Cette action paraît légitimée par le fait que des gens du Rosier y participent en apparence, on oublie juste de mettre Nord, et hop hop ni vu ni connu jtembrouille[[{« En début d’après midi, ce dimanche 16 février 2020 une cinquantaine de personnes se sont rendues aux Rosiers pour signifier à 4 personnes qu’ielles doivent quitter le lieu.
Cette décision est le résultat de deux réunions mandatées par l’Assemblée des Usages. A ces deux réunions étaient présent.e.s une cinquantaine de personnes habitant au Rosier, à Bellevue, au Tertre (…) »}, dans l’en-tête du texte [ {Explication de l’intervention à la ZAD du 18 février}->https://nantes.indymedia.org/articles/48918].
]]. On peut rappeler au passage qu’une personne tentant d’argumenter contre l’expulsion prévue au Rosier a été exclue physiquement de cette AG.

Par contre, pas d’indignation judiciaire ni de procession d’expulsion quand en novembre dernier, V. vole une caravane qui se trouve dans la cour du Rosier et qui appartenait au collectif du Rosier, puis incite J.G., habitant de la Riotière, à y installer sa caravane à la place dans la même journée, pour coloniser un peu plus l’espace. Ni quand [deux personnes viennent demander des comptes sur cette histoire de caravane, et qu’elles se prennent des coups de latte par V. ou que J.G. donne un coup de hache à quelque centimètres d’une de ces deux personnes qui était assise sur une palette, faisant exploser cette dernière.->https://nantes.indymedia.org/articles/49247] L’impunité policière quoi.

[*Récents rapports de force spectaculaires pour virer les habitant.e.s du Rosier:*]

{{-Dimanche 16 février 2020}}, à la demande de A. et V., une cinquantaine de personnes sont venues mettre la pression à des habitant.e.s du Rosier (à défaut de virer les gens et péter/brûler leurs cabanes comme elles le projetaient dans leur AG des usages) en instrumentalisant des prétextes bidons (« des chiens en liberté » à des moments mais qui n’ont jamais attaqué aucune brebis, de soi-disant menaces sur un enfant…) pour arriver à leurs fins: s’approprier le Rosier.

{{-Dimanche 23 février 2020,}} rebelote sur un autre mode: les voisin.e.s vigilant.e.s de la Riotière-Sud-Est, accompagné.e.s de leurs soutiens, sont venu.e.s à une vingtaine pour vider ce qui était un atelier collectif à l’usage des habitant.e.s du Rosier et de qui en avait besoin, volant au passage les outils collectifs qui y étaient entreposés.

{{-Samedi 21 mars 2020}}, J., habitant du Rosier qui compromettait l’accession à la propriété de A. et V. sur le Rosier pour avoir lui aussi posé une demande de permis de construire sur le lieu, a été viré violemment, ses affaires volées et « posées » sur une aire d’autoroute. Prétexte avancé: il aurait le coronavirus, vu qu’il revenait de Nantes. Même un huissier n’aurait pas osé.

{-Dimanche 22 mars 2020}}, Une cabane du Rosier servant de sleeping a été incendiée. https://zad.nadir.org/spip.php?article6718

Ces coups de pression/démonstrations de force laissent présager d’autres actions de ce type dans les jours ou semaines à venir, car l’objectif qui mobilise cette énergie n’est pas encore tout à fait atteint. Les gens du Rosier vont avoir besoin de soutien physique et moral dans les prochains temps. Pour info, les apprenti.e.s huissier-ère-s n’aiment pas qu’on les filme ou les photographie, ni qu’on raconte ce qu’illes font, apparemment ça fait tâche sur les fables qu’illes savent si bien raconter pour vendre.

Une épine parmis d’autres.

{{PS:}} Cet article, comme bien d’autres, sera surement censuré dans la plupart des médias « collaboratifs » ou « militants », vu qu’apparemment  » ils ne relayent pas les « embrouilles de milieu ou de voisinage ». Il y aurait pas mal de choses à dire là dessus, j’ai juste envie de dire que les « embrouilles de milieu » ça n’éxiste que pour celleux qui veulent nier, invisibiliser ou dépolitiser des conflits, et surtout déconflictualiser le politique.

{{Des brochures pour tenter de comprendre les conflits entre les différentes tendances politiques:}}

[Le « mouvement » est mort, Vive… la réforme!->https://infokiosques.net/spip.php?article1530]
[Le milieu est pavé de bonnes intentions->https://infokiosques.net/spip.php?article1707]
[Des dynamiques inhérentes aux mouvements de contestation->https://infokiosques.net/spip.php?article1575]
[Zadissidence 1->https://infokiosques.net/spip.php?article1549]
[Zadissidence 2->https://nantes.indymedia.org/zines/42129]
[Zadissidence 3->https://nantes.indymedia.org/articles/42769]

{{Des articles récents sur le Rosier, sans tri entre les différentes positions. Perso je trouve que la lecture des commentaires sous les articles est souvent indispensables pour mieux les comprendre.}}

[Le Rosier – Petites histoires d’une Zone À Défendre->https://infokiosques.net/spip.php?article1586]
[ Attaques contre le Rosier (Zad) ->https://nantes.indymedia.org/articles/49247]
[ Rosier cherche épines ->https://nantes.indymedia.org/articles/42906]
[Alerte, risque d’action milicienne dimanche 16/02 au Rosier->https://nantes.indymedia.org/articles/48887]
[ Alerte explusion au Rosier Sud ->https://nantes.indymedia.org/articles/49005]
[Zad, rosier, grée, violences sexistes et grande arnaque, la suite ->https://nantes.indymedia.org/articles/48968]
[ Rosier 2k20, le film ->https://nantes.indymedia.org/articles/48931]
[Explication de l’intervention à la ZAD du 18 février ->https://nantes.indymedia.org/articles/48918]
[ A propos de la tentative d’expulsion au Rosier ->https://nantes.indymedia.org/articles/48913]
[Une histoire du rosier ->https://nantes.indymedia.org/articles/49160]
[ Le Rosier ->https://nantes.indymedia.org/articles/49301]

{{Des articles récents, là aussi sans tri, qui parlent de l’ex-ZAD:}}

[Ex-zad NDDL – des ressources pour ne pas surnager dans le mépris ->https://nantes.indymedia.org/articles/48943]
[zad – des textes pour ne pas se noyer dans le ressentiment ->https://nantes.indymedia.org/articles/48937]
[ zad bashing – la grande arnaque ->https://nantes.indymedia.org/articles/48926]
[Arrêt sur image des conflits politiques entre membres, complices du CMDO et non-signataires sur la ZAD de NDDL ->https://nantes.indymedia.org/articles/48903]
[Il y a deux ans: L’abandon de l’aéroport de Notre-dame-des-landes ->https://nantes.indymedia.org/ar]
[ Fête à la zad ->https://nantes.indymedia.org/articles/48396]
[Suite à l’incendie du hangar de l’avenir Droit de réponse de modérateurs.trices de la page facebook Zone à défendre de NDDL ->https://nantes.indymedia.org/articles/49084]
[Zad – Réaction suite à l’incendie au hangar de l’avenir Le texte qui a suscité le « droit de réponse->https://nantes.indymedia.org/articles/49094]
[zad à propos du mythe des « collabos » et des expulsions ->https://nantes.indymedia.org/articles/49099]
[ Publier des nouvelles de la zad ->https://nantes.indymedia.org/articles/49217]
[La libre diffusion de points de vues contradictoires est-elle responsable des conflits sur la Zad ? ->https://nantes.indymedia.org/articles/49267]

Païta (Nouvelle-Calédonie) : Les transports aériens, moyen de contagion… (MAJ 26/03)

Publié le 2020-03-24 11:13:04

France Info / lundi 23 mars 2020

[…] La nuit dernière, toute une partie des vitres de l’aérogare ont été brisées, à coups de pierre et autres projectiles. Le personnel de nettoyage, qui a pris son service ce matin à 5h30, avait déjà tout nettoyé en début de matinée, à l’intérieur des halls d’arrivée et de départ. Mais les stigmates extérieurs demeurent.

Sur le parking, un scénario comparable, avec une des voitures de location ou des véhicules des douanes dont une partie des vitres ont été brisées. Là encore, comment ne pas s’interroger sur les motifs d’un tel déchaînement, dénué de tout sens du discernement.
La nuit dernière, un bus de la société Arc-en-ciel, réquisitionnée pour le transport de passagers et de marchandises, s’est fait copieusement caillasser sur la RT1 en rentrant à Nouméa. La société ne faisait qu’assurer une mission de service public commandé, pour contribuer à la mise en place de la lutte collective contre la propagation du coronavirus. Ce lundi matin, en se rendant à Tontouta, notre équipe de reportage a croisé un autre bus de la même compagnie. Il roulait vers Nouméa, cette fois sous escorte policière. […]
Et dans un communiqué diffusé lundi soir, le sénat coutumier dénonce «les actes de colère et de vandalisme récemment commis». «Nous appelons au calme et à la maîtrise», signe le président Hippolyte Sinewami Htamumu. […]

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Mise à jour : Sept personnes en garde à vue

France Info / jeudi 26 mars 2020

Sept hommes ont été interpellés par la gendarmerie mercredi. Ils sont suspectés d’être les auteurs des dégradations commises à l’aéroport de la Tontouta dans la nuit de dimanche à lundi. L’aérogare et une quarantaine de voitures de location avaient été endommagés par des jets de pierres.
Les sept hommes ont été placés en garde à vue.

Encore des révoltes en prison

Publié le 2020-03-24 11:14:12

Uzerche (Corrèze) : La prison détruite par une mutinerie

Le Parisien / dimanche 22 mars 2020

Si nombre d’établissements pénitentiaires ont connu cette semaine des incidents sur fond de crainte du coronavirus, c’est bien une « mutinerie » qui a touché ce dimanche soir le centre de détention d’Uzerche (Corrèze).
Pour la première fois depuis le début de la crise, les surveillants ont perdu le contrôle de l’un des bâtiments, le « C », qu’ils ont dû évacuer, les détenus prenant possession des coursives. C’est peu après 17 heures que plusieurs d’entre eux ont d’abord refusé de réintégrer leurs cellules. Vers 19 heures, ils étaient près de 200 à évoluer en liberté dans certaines zones de l’établissement. Une quarantaine d’entre eux sont parvenus à monter sur les toits, dont ils ont été rapidement délogés.
Plusieurs départs de feu ont été enregistrés, notamment via des matelas brûlés. Selon nos informations, un détenu ayant inhalé des fumées a dû être hospitalisé. Jusqu’au coucher du soleil, un hélicoptère de la gendarmerie a survolé la prison, alors qu’une dizaine de fourgons de gendarmes mobiles convergeaient sur les lieux afin de ramener l’ordre au côté des ERIS, les équipes spécialisées de l’administration pénitentiaire.

Vers 22 heures, une dizaine de mutins devaient encore être évacués du bâtiment concerné. Selon plusieurs sources, dont le syndicat FO, ce sont près de 250 cellules qui ont été rendues inutilisables, ce qui va nécessiter toute la nuit des extractions de détenus vers d’autres établissements de la région Aquitaine. « La crainte du coronavirus et la suppression des parloirs ont joué, mais il y a aussi une forme de challenge entre détenus et établissements visant à tout casser », analyse Thierry Not, secrétaire adjoint régional du syndicat Ufap-Unsa.
Si des mouvements, d’une ampleur moindre, avaient déjà été enregistrés au cours des dernières années à Uzerche, les observateurs s’attendaient plutôt à ce qu’ils soient enregistrés cette fois dans d’autres établissements du grand Ouest. « Le profil des détenus d’Uzerche reste très hétéroclite, note Thierry Not. Beaucoup sont jeunes, et proviennent de nombreuses régions de France, de Lyon à Montpellier en passant par Toulouse. »
En tant que centre de détention, Uzerche accueille près de 600 détenus déjà condamnés, à une peine au minimum de deux ans de prison. « Un certain nombre de ces détenus ont pu être reversés dans les cellules des étages non touchés, expliquait ce dimanche soir une source pénitentiaire. Les leaders de ce mouvement et les casseurs ont été identifiés. » Selon cette même source, alors que les gendarmes assuraient la sécurité « périmétrique », « il n’y a pas eu de risque d’évasion. »
Plus tôt dans la journée, d’autres mouvements de grogne des prisonniers avaient touché un certain nombre d’établissements à travers la France, mais d’une intensité nettement moindre que les événements s’étant produits à Uzerche. À chaque fois, il s’agissait de refus de réintégrer les cellules, qui tous ont cessé dans le calme à l’arrivée des ERIS. Excepté à Maubeuge (Nord), où celles-ci ont essuyé des jets de projectiles.

Selon France Info de lundi 23 mars,

[…] Il était aux environs de 16h30 quand quelques détenus ont refusé de rentrer après la promenade. « Ils ont très vite arraché une poutre dans la cour pour se servir de bélier et défoncer les portes des deux bâtiments C et D du centre de détention. Ils ont mis le feu, détruit les couloirs, nos bureaux, le bureau du directeur, tous les dossiers des détenus ont brûlé, la partie informatique a explosé… ces deux bâtiments sont totalement aujourd’hui détruits. Il va falloir un à deux ans de boulot pour tout reconstruire. Ce qui veut dire qu’on va vraisemblablement être déplacés dans les semaines à venir sur d’autres centres de détention ou maisons d’arrêt de la Nouvelle-Aquitaine, puisque l’intégralité de notre effectif sur Uzerche ne sera plus justifié » poursuit Dimitry Frère

Les meneurs se sont filmés avec leur portable et ont diffusé des vidéos sur les réseaux sociaux, type snapchat. Ils sont même identifiables. Ils sont cinq ce lundi 23 mars susceptibles d’être poursuivis en comparution immédiate. Ce sont au total 88 détenus, par effet boule de neige, qui se sont retrouvés en mutinerie, notamment sur le toit du centre de détention, criant des propos haineux à l’intention du personnel pénitentiaire.
Les forces de Gendarmerie corréziennes (Communauté de Brigades et Peloton Motorisé de Uzerche, COB de Lubersac et de Donzenac, PSIG de Brive) et les forces ERIS ont pu maitriser les détenus en liberté aile par aile. Ils ont dû faire usage de grenades de désencerclement et de tirs de balles en caoutchouc. Un seul détenu a été blessé par un tir. Rappelons que 550 prisonniers sont en cellule au centre de détention d’Uzerche. Les surveillants pénitentiaires passaient dans la foulée des premières interventions pour contenir immédiatement en cellule les prisonniers. Les interventions se sont prolongées jusqu’au début de la nuit. Un appel nominatif a ensuite été fait pour vérifier l’absence de toute évasion.
Sur les 88 détenus en liberté pendant la mutinerie, 83 ont été déplacés dans la nuit vers l’ensemble des établissements dépendant du DISP Nouvelle-Aquitaine, soit de Poitiers à Pau, en passant par ceux de Neuvic et Mont-de-Marsan. 250 prisonniers vont l’être dans la journée vers les autres centres de détention de France, comme Paris, Lyon etc. […]

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Centre pénitentiaire de Rennes-Vezin : Soixante-dix prisonniers refusent de remonter en cellule

France Bleu / dimanche 22 mars 2020

Environ 70 détenus, qui se trouvaient dans deux cours de promenade, ont collectivement refusé de réintégrer leur cellule, ce dimanche après-midi, peu après 17 heures, à la prison de Vezin, à Rennes. De source syndicale, ils souhaitaient la remise en place des parloirs, interdits depuis mercredi en raison de l’épidémie de coronavirus.
Basés sur place, les négociateurs de l’administration pénitentiaire, les Équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) sont intervenues, en utilisant une grenade de désencerclement et en tirant des balles de caoutchouc. Les derniers détenus sont remontés dans leur cellule juste avant 19 heures.

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Émeutes aussi dans des prison des Hauts-de-France

France Info / dimanche 22 mars 2020

De violents heurts ont eu lieu cet après-midi dans les prisons de Maubeuge (Nord) et Longuenesse (Pas-de-Calais). 110 détenus ont déterioré les lieux pour protester contre leurs conditions de détention en pleine épidémie du coronavirus. […]

À Maubeuge, deux groupes de détenus réalisaient leurs promenades près de deux bâtiments disctincts à 14h15. Un quart d’heure plus tard, les 25 détenus du premier groupe et les 65 du second bloquent les accès. Ils arrachent les grillages qui séparent les chemins de promenade et les chemins de ronde. Ils brisent les vitres des bâtiments auxquelles ils ont accès. Ils utilisent enfin, des bouts de cartons ou de bois pour incendier quelques endroits de la cour. 

Surtout, ils jettent des objets enflammés dans les trappes d’exfiltration d’air « avec la volonté de mettre le feu aux bâtiments, c’est ce qui nous fait parler de mutineries », explique Julien Martin, secrétaire inter-régional SNPFO.
« Depuis le début de la semaine les détenus lancent des appels à un mouvement collectif sur le réseau social Snapchat », déplore le syndicaliste, alors que les détenus parviennent, de plus en plus, à communiquer via les réseaux sociaux malgré l’interdiction. […]

À Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, situation similaire, mais sans départ de feu. De nombreux projectiles ont été lancés vers le personnel et toutes les vitres du rez-de-chaussée et du premier étage, donnant notamment sur les salles d’activités, ont été brisées. Le poste de surveillance de la promenade, où se tient la personne en charge de surveiller les détenus lorsqu’ils sont dehors, a été fracturé.  […]
16h45. Cinq personnes auraient été placées en quartier disciplinaire. Hier samedi, quatre détenus ont été mis en garde-à-vue à Sequedin, près de Lille, pour des comportements similaires.

Selon La Voix du Nord de lundi 23 mars,

« L’émeute dimanche après-midi à la prison de Maubeuge, en pleines mesures de confinement liées au coronavirus, a été lourde de conséquences dans les locaux. Beaucoup de matériel a été dégradé. »

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Maison d’arrêt à Carcassonne : Onze prisonniers bloquent la cour de promenade

La Dépêche / lundi 23 mars 2020

Ce dimanche 22 mars en milieu d’après-midi, à la maison d’arrêt à Carcassonne, onze détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules à l’issue de la promenade. Venue de Toulouse, une équipe régionale d’intervention et de sécurité (ÉRIS) est intervenue ainsi que deux équipes de la brigade anti-criminalité (BAC) et une de police secours. En mois d’une heure, la situation a été rétablie. Deux des onze détenus ont été emmenés au commissariat afin d’être entendus. Selon nos sources, ils auraient commis des dégradations. […]

extrait de l’Indépendant, même date

[…] Interpellé dimanche après-midi à l’issue d’une mutinerie à la maison d’arrêt de Carcassonne, l’un des deux détenus considérés comme l’un des plus impliqués a été reconduit dans sa cellule dans la matinée de ce lundi 23 mars, à l’issue de sa garde à vue au commissariat. Âgé de 21 ans également, le second mutin arrêté a, pour part, vu sa mesure de garde à vue prolongée à la demande du parquet, dans l’attente d’être déferré au palais de justice, ce mardi 24 mars. Selon les informations que nous avons pu obtenir, il pourrait être jugé en comparution immédiate le jeudi 26 mars, à 14 h. […]

Proposition de grève des loyers

Publié le 2020-03-24 13:37:06

Appel à la grève des loyers

La proposition d’une grève des loyers se propage depuis quelques jours, parallèlement au coronavirus, en réaction à la crise politique, économique et surtout sociale qu’il provoque, qui vient s’ajouter à ladite « crise sanitaire » qui dure depuis quelques temps.

Aux Etats-Unis, de nombreux appels se relayent dans la rue à travers les banderoles et tags qui fleurissent dans beaucoup de grande villes, notamment de l’ouest américain, mais aussi sur les réseaux sociaux. Le hashtag #rentstrike parmi d’autres exemples permet de rassembler des propositions autonomes d’organisation d’une lutte contre les loyers durant la pandémie et pourquoi pas au-delà !

Le refus de paiement des loyers d’avril marquera le début de cette grève. Ne pas payer son loyer, son gaz, son électricité, son eau, c’est payer déjà un peu moins, à une époque où chacun paye le prix fort, et de plus en plus fort. Refuser de payer le prix de la gestion de cette pandémie est une réaction de bon sens, et une manière de commencer à s’opposer à la vie qu’on nous prépare, dont les conditions sont encore incertaines.

On le voit déjà, les mesures du gouvernement permettent au flics de réaliser leurs rêves les plus crades, de vider les rues des indésirables, de vider les halls d’immeubles, de vider les villes des gens qui n’ont pas de « bonnes raisons » de s’y déplacer, de pouvoir contrôler les moindres déplacements de la population. C’est aussi pour l’Etat l’occasion de s’entraîner à la gestion de toutes les sortes de « catastrophes », gestion qui s’exercera toujours contre nous. Bien sûr de nombreuses personnes subissaient déjà ces mesures à plus ou moins grande échelle, et en particulier tous ceux qui sont confinés dans le confinement, et livrés à des institutions d’autant plus maltraitantes dans ce contexte, comme les centres de rétention, les prisons, les maisons de retraites, les centres où sont regroupés les sans abris, mais le plan d’urgence du gouvernement va clairement au delà de la gestion de la crise présente pour modifier durablement « l’après ».

Si la crise est exceptionnelle, les mesures que prend l’Etat dans cette situation ne vont évidemment pas s’arrêter une fois le problème du virus régulé. On a connu vigipirate dans les années 90, les mesures anti terroristes des années 2000, l’état d’urgence post-attentats, et on sait comment, en démocratie, l’exceptionnalité fait Loi. Le contrôle social, la répression, le développement de la vie complètement assistée depuis chez soi, toutes ces manières de vivre vont sûrement perdurer par certains aspects après la période de confinement dans laquelle nous nous trouvons : c’est toute la normalité qui aura changé. Emmanuel Macron l’a dit dans son discours, le fameux « jour d’après » qui ne sera pas comme le « jour d’avant ». C’est dès maintenant que nous devons lutter contre l’appareil étatique tel qu’il est en train d’évoluer et le monde qu’il nous prépare.

Nous ne pouvons accepter la position intenable dans laquelle l’Etat nous contraint, entre la peur justifiée du virus avec tout ce qu’elle implique au quotidien, et ses mesures aliénantes renforcées par la précarité que beaucoup subissent aujourd’hui et subissaient déjà hier.

Dans ce contexte, continuer d’engraisser les propriétaires devient plus que jamais une impasse.

Refusons de payer les proprios, les banques, les prêts, refusons de continuer à faire vivre ce système qui, en plus de nous asservir, fait de nous les premières victimes des situations de crise.

Ne payons pas nos loyers, ne payons plus pour l’Etat. Arrêtons de payer pour le jour d’avant, ne payons plus aujourd’hui, et ayons la perspective de ne plus payer le jour d’après !

Inventons et partageons les moyens de lutter contre les brimades légales et menaces répressives à la merci desquelles on pourrait se retrouver si on reste isolés et désarmés.

Solidarité avec les révoltés, solidarité avec ceux à qui le confinement impose une double-peine.

Révolution !

Des confinés

Posons une question différente

Publié le 2020-03-24 14:12:06

Posons une question différente : Regagner son autonomie d’action pendant le virus

Montreal Contre-Information / lundi 23 mars 2020

La situation change d’heure en heure. Comme tout le monde, je le suis de près et je partage les nouvelles infos, je regarde nos vies changer chaque jour, je sombre dans l’incertitude. Il nous arrive d’avoir l’impression qu’il n’y a qu’une seule crise dont les faits sont objectifs et qui ne permettent qu’une seule voie: celle de la séparation, de l’enfermement, de la soumission, du contrôle. L’État et ses appendices deviennent donc les seuls acteurs légitimes et le récit des médias de masse, avec la peur qu’ils véhiculent, inonde notre capacité d’action autonome.

Certain·e·s anarchistes ont signalé l’existence de deux crises qui se déroulent en parallèle. La première c’est la pandémie qui se répand à toute allure, qui nuit gravement et provoque même la mort pour des milliers de personnes. L’autre, c’est la stratégie de gestion de crise de l’État. Il veut nous faire croire qu’il agit pour défendre la santé de tout le monde — il veut qu’on voit sa réponse à la crise comme objective et inévitable.

La gestion de crise permet à l’État de décider les conditions qui existera une fois la crise passée, ce qui lui permet de choisir les gagnants et les perdants, selon des critères prévisibles. Si on reconnaît l’inégalité comme partie intégrante de ces mesures soi-disant neutres, il faut aussi avouer que certain·e·s payeront un prix bien plus élevé pour ce que les puissants nomment le bien collectif. Je veux retrouver l’autonomie et la liberté d’action dans cette situation et pour ce faire il sera nécessaire d’échapper au récit qui nous est donné.

Lorsqu’on permet à l’État de contrôler le récit et les questions que l’on pose, on lui permet aussi de contrôler la réponse. Si on désir un résultat autre que ce que préparent les puissants, il sera nécessaire de poser une question différente.

Nous ne faisons pas confiance aux récits médiatiques sur bien des sujets et nous restons d’habitude conscient·e·s du pouvoir des puissants de façonner le récit pour rendre inévitable les actions qu’ils ont envie de prendre. Ici au Canada, l’exagération et les mensonges sur l’impact des blocages liées au mouvement #shutdowncanada ont préparé le terrain pour un retour violent au normal. Il est possible de comprendre l’importance d’un protocole pour limiter les infections tout en restant critique de la manière dont l’État s’en sert à ses propres fins. Même si on regarde la situation pour nous même et on arrive à accepter certaines recommandations que prône aussi l’État, il ne nous est pas nécessaire d’adopter son projet comme le notre. Il y a toute une différence entre suivre des ordres, et la pensée indépendante qui mène à des conclusions semblables.

Lorsqu’on porte vraiment notre propre projet, il nous est plus facile d’arriver à une analyse indépendante de la situation, d’examiner les diverses informations et suggestions pour nous même et de se demander ce qui est en accord avec nos buts et priorités. Par exemple, céder la possibilité de manifester quand grand nombre ont encore besoin de bosser dans le commerce du détail ne peut être qu’une mauvaise décision pour tout projet libérateur. Ou bien reconnaître la nécessité d’une grêve des loyers, tout en propageant une peur qui interdit toute manière de se retrouver entre voisin.e.s.

Abandonner les moyens de lutter tout en accommodant l’économie n’a rien en commun avec nos buts à nous mais découle du but de l’État qui veut gérer la crise tout en limitant les dégâts économiques et empêchant toute atteinte à sa légitimité. Ce n’est pas que l’État cherche à limiter la dissidence, c’est juste un sous-produit. Mais si nous avons un point de départ différent — cultiver l’autonomie au lieu de protéger l’économie — nous arriverons sans doute à un équilibre différent sur ce qui nous est acceptable.

Pour ma part, un point de départ c’est que mon projet en tant qu’anarchiste est de créer les conditions pour des vies libres et enrichissantes et non simplement des vies les plus longues possibles. Je veux écouter des conseils intelligents sans céder mon autonomie et je veux respecter l’autonomie des autres — au lieu d’un code moral à imposer, nos mesures pour le virus devrait se baser sur des accords et des limites, comme toute pratique de consentement. En discutant des mesures qu’on a choisi, on arrive à des accords et là où l’accord est impossible, nous établissons des limites auto-exécutoires qui n’ont pas besoin de coercition. Nous prenons en compte comment l’accès aux soins médicaux, la classe, la race, le genre, la géographie et bien sûr la santé interagissent avec en même temps le virus et la réponse de l’État et nous prenons cela comme une base pour notre solidarité.

Le récit de l’État insiste sur l’unité — l’idée qu’il est nécessaire de se rassembler comme société pour un bien singulier qui nous appartiendrait à tous et toutes. Les gens aiment le sentiment de faire partie d’un grand effort de groupe et aiment l’idée qu’ils puissent contribuer par leurs gestes individuels — le même genre de phénomène qui rend possible les mouvements sociaux contestataires permettant aussi à ces moments d’obéissance de masse. Notre rejet de ce récit peut donc commencer en se rappelant de l’opposition fondamentale entre les intérêts des riches et des puissants et les nôtres. Même dans une situation où ils pourraient tomber malade et mourir eux aussi (en différence avec la crise des opiacés ou l’épidémie du SIDA avant), leur réponse à la crise à peu de chance de satisfaire nos besoins et risque même une intensification de l’exploitation.

Le sujet présumé de la plus part des mesures tel que l’auto-isolement et l’éloignement social est de classe moyenne — ils imaginent une personne avec un emploi qu’elle peut facilement faire de chez elle ou bien qui a accès à des congé payée (ou dans le pire des cas, à des économies), une personne avec un chez-elle spacieux, une voiture personnelle, sans beaucoup de relations intimes et avec du fric à dépenser sur la garde d’enfants et le loisir. Tout le monde est exhorté à accepter un niveau d’inconfort, mais ceci augmente à force que nos vies diffèrent de cette idéale implicite, ce qui augmente l’inégalité du risque des pires conséquences du virus.

En réponse à cette inégalité on voit circuler de nombreux appels pour des formes de redistribution étatique, telles que l’expansion de l’assurance emploi, des prêts ou des reports de paiement. La plus part de ces mesures se résument à de nouvelles formes de dette pour des gens déjà en difficulté, ce qui fait écho de la crise financière de 2008, où tout le monde a partagé les pertes des riches tandis que les pauvres ont été laissés pour compte.

Je n’ai aucun intérêt à donner des conseils à l’État et je ne suis pas parmi celleux qui voit en ce moment un point de bascule vers des mesures socialistes. La question centrale à mon avis, c’est si on veut ou non que l’État ait le pouvoir de tout arrêter, peu importe ce qu’on pense des raisons invoqués.

Le blocages #shutdowncanada étaient jugées inacceptables, bien qu’ils ne causaient pas une fraction des dégâts que ce qu’a pu faire l’État, à peine une semaine plus tard. C’est clair que le problème n’est pas le niveau de perturbation, mais qui est l’acteur légitime. De la même manière, le gouvernement de l’Ontario ne cessait de répéter à quel point la grève des enseignant·e·s et leurs quelques journées d’actions auraient été un fardeau inacceptable pour les familles, juste avant d’ordonner la fermeture des écoles pendant trois semaines. Encore une fois, le problème c’est que c’était des travailleurs·euses et non un gouvernement ou un patron. La fermeture des frontières à des gens mais non à des biens intensifie le projet nationaliste déjà en marche partout dans le monde et la nature économique de ces mesures à l’apparence morale deviendra évidente après le pic du virus et quand les appels deviendront plutôt “acheter, pour l’économie”.

L’État rend légitime ses actions en les positionnant comme la simple mise-en-pratique des recommandations expertes et de nombreux gauchistes répètent cette même logique dans leurs appels pour la gestion directe de la crise par des experts. Tous les deux prônent la technocratie et le règne des experts. On a vu de ça dans certains pays européens, où des experts économiques étaient nommés chef d’État pour mettre en place des plans d’austérité “neutres’ et “objectifs”. On trouve souvent à gauche des appels à céder notre autonomie pour se fier à des experts, surtout dans le mouvement contre les changements climatique, et aucune surprise de les retrouver pour le virus.

Ce n’est pas que je ne veux pas l’avis d’experts ou qu’il existe des individus avec une connaissance profonde de leur domaine — c’est que je trouve que la manière de présenter un problème anticipe déjà la solution. La réponse au virus en Chine nous montre de quoi la technocratie et l’autoritarisme sont capables. Le virus ralenti et les postes de contrôle, les couvre-feu, les technologies de reconnaissance faciale et la mobilisation de main d’oeuvre peuvent servir à d’autres fins. Si on ne veut pas cette réponse, il faut savoir poser une question différente.

Les écrans ont déjà réussi à enfermer énormément la vie sociale et cette crise ne fait qu’accélérer ce processus — que peut-on faire pour lutter contre l’aliénation en ce moment? Que peut-on faire pour répondre à la panique de masse que répandent les médias, ainsi qu’à l’anxiété et la solitude qui viennent avec?

Comment répandre la possibilité d’agir? Les projets d’entraide et de santé autonomes sont une bonne idée, mais peut-on passer à l’offensive? Peut-on entraver la capacité des puissants de décider quelles vies valent la peine de sauver? Peut-on aller au-delà du soutien pour s’attaquer aux rapports de propriété? Aller vers le pillage ou l’expropriation, ou même extorquer les patrons au lieu de mendier pour un peu de congé maladie?

Que fait-on pour préparer à esquiver les couvre-feu ou des restrictions de déplacements, même à traverser des frontières bouclées, si on décide que c’est approprié? Cela comprendra d’établir nos propres standards pour la sécurité et la nécessité et de ne pas accepter bêtement celles de l’État.

Que peut-on faire pour avancer nos engagements anarchistes? En particulier, notre haine de la prison dans toutes ses formes me parait pertinente. Que peut-on faire pour cibler les taules en ce moment? Et les frontières? Et si la police s’en mêlent pour appuyer les mesures de l’État, comment faire pour délégitimer et limiter leur pouvoir?

Le pouvoir se reconfigure autour de nous — comment cibler ses nouveaux points de concentration? Quels intérêts cherchent à “gagner” au virus et comment les miner (pensons aux opportunités d’investissement, mais aussi aux nouvelles lois et l’expansion de pouvoirs autoritaires). Quelles infrastructures de contrôle se renforcent? Qui sont les profiteurs et comment les atteindre? Comment préparer pour ce qui viendra après et se préparer pour le moment de possibilité qui pourrait exister entre le pire du virus et un retour à la normalité économique?

Développer notre propre récit de ce qui se passe, ainsi que des buts et priorités qui nous sont propres, n’est pas mince affaire. Il sera nécessaire d’échanger des textes, experimenter en action et communiquer sur les résultats. Il nous sera nécessaire d’élargir notre idée d’intérieur-extérieur pour avoir suffisamment de gens avec qui s’organiser. Il sera nécessaire de continuer d’agir dans l’espace publique et refuser de se replier sur l’internet. Avec les mesures pour combattre le virus, la peur intense et la pression de se conformer chez nombreuses personnes qui seraient autrement nos alliées rend difficile la tâche de discuter de la crise autrement. Mais si on veut vraiment défier la capacité des puissants de façonner la réponse au virus selon leurs intérêts, il faut commencer par regagner l’habilité de poser nos propres questions.

Les conditions sont différentes partout, mais les États se regardent et se prennent en exemple, alors il nous ferait bien de regarder les anarchistes ailleurs pour voir comment illes font face à des conditions qui seront bientôt les nôtres. Alors je vous laisse avec cette citation d’anarchistes en France, où le confinement obligatoire est en place depuis une semaine, maintenu par la force armée de la police:

Alors oui, on va éviter les activités trop collectives, les réunions superflues, on va maintenir des distances de sécurité, mais on niquera votre confinement, déjouera autant que possible vos contrôles, hors de question qu’on cautionne la restriction de nos libertés et la répression ! A tou.te.s les pauvres, les marginaux et les révolté.e.s, soyons solidaires et entre-aidons nous pour maintenir les activités nécessaires à notre survie, éviter les arrestations et les amandes et continuer à nous exprimer politiquement. [on pourra lire ce texte par exemple ici ; NdAtt.]

Santiago (Chili) : Mutinerie et tentative d’évasion à la prison/entreprise Santiago 1

Publié le 2020-03-24 14:13:06

Publicacion refractario / dimanche 22 mars 2020

La propagation de la pandémie de Covid-19 dans les prisons a généré une situation critique, qui s’ajoute à la surpopulation et aux conditions brutales d’enfermement dans les centres d’extermination de l’État chilien.
Dans les prisons de l’État, les mesures ont consisté à réduire de plus en plus les parloirs, à interdire l’entrée de certaines personnes et, bien sûr, à abandonner les prisonnier.e.s à leur sort. Il n’y a aucun suivi médical, aucune mesure d’hygiène ou de sécurité ; dans la prison Santiago 1, un maton affecté à la section sanitaire a été placé en quarantaine pour avoir présenté des symptômes de Covid-19, parce que sa femme, une policière, avait eu des contacts avec une personne infectée.
La situation a explosé le jeudi 19 mars, avec une grande émeute à la prison de Santiago 1, en particulier au module 31, par laquelle des prisonniers voulaient s’évader ; ils ont pris le contrôle du secteur, ils ont mis le feu et ouvert les portes pour accéder au couloir où ils ont affronté les matons.

Selon la presse, le service de sécurité de la police pénitentiaire avait détecté un plan d’évasion avec du soutien extérieur qui avait pour but une évasion.
L’émeute a été réprimée après de nombreuses heures, sans que les prisonniers puissent atteindre le mur d’enceinte ; dans différents modules, il y a eu une mobilisation contre les matons, qui ont répondu par des coups et des tirs de chevrotine, avec un bilan de 25 blessés, dont un avec un traumatisme oculaire, ce qui s’ajouta aux plus de 450 personnes mutilées pendant la révolte.
Après l’émeute et la tentative d’évasion, il y a eu la répression, l’enfermement n isolement, les punitions et les transferts

Face à la pandémie et à la mort certaine dans les prisons : l’évasion est une option de survie
Solidarité avec les mutins de la prison Santiago 1 !

Turin – ecrit sur l’épidémie en cours

Publié le 2020-03-25 00:45:05

Ces jours, enfermés de force à la maison, semblent une excellente occasion d’essayer de réfléchir et de mettre sur papier quelques considérations sur ce qui se passe, sur les scénarios possibles qui s’ouvriront et vers quoi, en tant que compagnons, il conviendra de tourner notre attention.
Les notes que vous lirez sont des réflexions à chaud sur lesquels nous essaierons de revenir et continuerons de raisonner dans les temps à venir, et donc n’avons aucune prétention à l’exhaustivité.
Une première clarification sur les nombreuses rumeurs qui tendent à minimiser cette épidémie nous semble juste. Nous ne sommes ni médecins ni infirmières mais à notre avis l’absurdité de cette position peut être contestée dans le cadre de la théorie révolutionnaire. Ceux qui visent à changer le présent comme objectif de leur vie devraient être les premiers à savoir que la relation entre le Capital et la Nature, drames et catastrophes surviennent inévitablement qui, malgré le récit dominant, n’ont rien de “naturel”, qui ne sont pas des cygnes noirs mais, selon les périodes, ont une certaine périodicité, comme les crises économiques. Les tremblements de terre dans les zones peuplées, la désertification, la pollution des aquifères, les inondations et les épidémies sont des fils de la même logique. L’épidémie à laquelle nous sommes confrontés, malgré toutes ses spécificités, ne nous semble pas d’une autre nature que cette série de catastrophes produites par le régime capitaliste. Des spécificités qui, bien entendu, sont loin d’être négligeables et qui mériteront d’être approfondies au cours de cet écrit.

Les origines

La maladie s’est développée sur le marché de Wuhan, la capitale du Hubei, l’une des régions les plus peuplées de Chine. Région devenue le haut fourneau du pays: voici le cœur battant des hauts fourneaux et des cimenteries qui a soutenu la croissance industrielle du géant asiatique. La grande quantité de matériaux de construction et la formation d’ingénieurs qualifiés dont la région est le berceau ont soutenu toute la période post-crise de 2008: l’État chinois a en effet lancé au cours de ces années d’impressionnants projets d’infrastructure et de construction.
La couverture sanitaire dans toute la Chine est presque inexistante, un très grand nombre de travailleurs d’autres régions sont en effet illégaux dans celles [les régions] dans lesquelles ils se retrouvent à travailler (en raison du système diabolique hukou ) et vivent donc dans un état semi-clandestin et sans aucune protection. Il est important de souligner en quoi il s’agit d’une situation structurelle et non due à la dureté plus ou moins grande des dirigeants en place. Comme nous l’avons déjà souligné dans d’autres écrits [https://macerie.org/wp-content/uploads/2018/03/def-tuttattorno.pdf ] la fin des politiques keynésiennes a une de ses explications pour la baisse des profits mondiaux, un phénomène accentué par la récession qui a commencé en 2008. Une étude publiée dans un article intéressant du blog de Chuang [ http://chuangcn.org/2020/02/social-contagion/ ou en italien https://pungolorosso.wordpress.com/ 2020/03/12 / social-contagion-class-warfare-micro-biologique-in-china / ] – dont nous recommandons fortement la lecture – souligne comment, si dans la région de Dongguan les entreprises devaient prendre en charge la couverture sanitaire du leur main-d’œuvre, ceux-ci réduiraient leurs profits de moitié et seraient donc contraints de délocaliser la production ailleurs.
La concentration de la population dans des endroits insalubres et surpeuplés et l’impossibilité d’avoir un système de santé décent ont contribué à l’apparition du fameux Covid-19. Diverses études indiquent que le passage de formes virulentes des animaux aux humains sera de plus en plus probable à l’avenir et, ajoutons-nous, de plus en plus meurtrier.

Le choc

La Chine, suivie de l’Italie et de nombreux autres pays, a réagi à cette pandémie en mettant en quarantaine l’ensemble de la population. Les effets et l’impact de ces mesures sur les économies nationales et mondiales font encore débat. Des images satellite impressionnantes des émissions de CO2 ont été prises dans les journaux, avant et après l’arrêt de la plupart des activités en Chine, dont il est possible de d’obtenir “seulement” les donnée pour un mois du géant asiatique qui s’est arrêté complètement presque [ https://www.corriere.it/cronache/20_marzo_02/coronavirus-cina-measures-counter- the- epidemic- will-scale-l- pollution-of-the-air-eceb67ba-5c8a-11ea-9c1d- 20936483b2e0.shtml ] . Il n’est pas clair/certain que cela signifie que l’arrêt de l’économie ai de fait transporté le monde hors des sables mouvants de la récession. Certes, les banques centrales rejoigent ce choc, que beaucoup comparent à l’éclatement de la bulle des prêts hypothécaires à risque, avec un essoufflement. Dix ans de liquidités forcées sur les marchés nationaux et les taux d’intérêt maintenus constamment bas pour maintenir en vie le système financier mourant, laissant peu de marge de manœuvre. Une confirmation est la réaction des marchés, un bruit sourd historique pour Piazza Affari suite aux propos qui auraient dû être rassurants et réconfortants par le nouveau président de la BCE Lagarde, le 12 mars.
Il faut certes faire attention à interpréter les à-coups du monde financier qui sont souvent le résultat de manœuvres spéculatives; Cependant, il ne semble pas hasardeux de prédire que de nombreuses économies nationales seront à genoux après ces mois de quarantaine: de nombreuses entreprises devront peut-être fermer leurs portes et nombre de celles qui survivront devront plutôt faire face à une profonde restructuration à plusieurs niveaux. Tout laisse penser que cette crise sera en fait la cause, et aussi l’occasion, avec le temps nécessaire, d’une restructuration de l’économie vers une nouvelle automatisation, avec tout ce que cela implique en termes d’emploi, de conditions de travail et de concentration du capital.[Https://www.repubblica.it/economia/affari-e-finanza/2020/03/16/news/l_impatto_del_coronavirus_sull_italia_spa_possibile_un_danno_da_641_miliardi-251367463/].

En Italie

Depuis le 10 mars, une sorte de couvre-feu est également appliqué ici en Italie. Tous les magasins sont fermés, seuls les magasins alimentaires, les buralistes, les quincailleries, les usines, les services essentiels (par exemple nettoyage publique, l’élimination des déchets et les transports publics) et pas beaucoup plus.
Le gouvernement Conte, soutenu par l’Europe qui concède beaucoup en termes de déficit toléré, légifère avec frénésie pour essayer de mettre quelques correctifs à cette situation d’arrêt forcée: le plan est d’essayer de rassembler autant de liquidités que possible et de les faire pleuvoir d’en haut, en cascade, sur les entreprises. Le financement spécial, le fonds de prêt extraordinaire et l’amortissement semblent faire partie de la solution. Nous convenons tous que les fonds ne seront pas suffisants. La réalité de la production italienne est parsemée de moyennes et petites entreprises dont la faible rentabilité depuis au moins une décennie et le fort endettement suggèrent, comme nous l’avons dit, que le contrecoup contre la pandémie, en termes de sociétés fermées et d’emplois éliminés, pourrait être extrêmement violent .
Quant aux travailleurs, une série de parachutes sociaux sont en préparation: un chômage spécial de trois mois, l’arrêt des hypothèques et des factures pour les licenciés et la suspension de certaines taxes municipales. Des mesures qui semblent insuffisantes à plusieurs points de vue.
L’environnement de travail italien est largement constitué de contrats dits atypiques: pour les numéros de TVA et pour les pseudo [travailleurs] indépendants, le gouvernement travaille sur un remboursement de seulement cinq cents euros pour trois mois; on ne sait pas ce qui arrivera à ceux qui ont des contrats temporaires ou qui sont complètement au noir.  On parle vaguement d’aides pour les loyers mais aussi ici liées à ceux qui peuvent prouver qu’ils sont restés à la maison en raison de la crise sanitaire. Des milliers de travailleurs sont hors jeu depuis mars, sans voir un sou et avec des dépenses à payer qui deviendront bientôt insoutenables.
Cela mériterai une discussion séparée pour ceux qui sont obligés d’aller travailler malgré l’urgence sanitaire.
Les infirmières et le personnel de santé sont soumis à une forte pression: entre ceux qui sont obligés de travailler avec des horaires exténuants et ceux qui, parce qu’ils étaient initialement employés dans des services fermés en raison d’urgence, ont été mis en congé forcé. Sans oublier qu’en vue du contrôle des dépenses, les sociétés hospitalières et coopératives disposent de peu de réserves de gants et de masques et découragent souvent voire interdisent totalement leur utilisation.
Les travailleurs des usines ou des secteurs stratégiques sont ensuite envoyés au cases pipe sans le minimum de protections nécessaires et de compensation contractuelle. Dans un climat rendu particulièrement morose par l’interdiction de se rassembler, et donc par une grève “active”, il existe cependant de nombreux sites de production où la main-d’œuvre a décidé de croiser les bras [refusé de travailler, ndt], au point de contraindre les syndicats confédéraux à faire pression sur le gouvernement pour avoir un entretien avec les parties concernées. Après cette réunion, la fermeture des usines a été officialisée pour quelques jours afin de permettre la réorganisation des espaces conformément au décret et l’achat de protections individuelles pour les travailleurs.
Le cadre pour l’avenir semble particulièrement sombre, dans un horizon qui va bien au-delà de la contingence du coronavirus . Dans les discours prononcés en permanence par le Premier ministre Conte, il est fait constamment référence à l’unité nationale, à l’Italie qui, ensemble, surmontera ce moment. Rien de plus faux. Il est vrai que le virus affecte tout mais les conséquences, tant sanitaires qu’économiques, seront vécues de manière différente: ceux qui ont accumulé des réserves au cours de ces années pourront se permettre de se débrouiller, ceux qui ne vivront que de leur salaire seront obligés de faire d’énormes sacrifices. Les morts du Covid-19 pourraient avoir une connotation aussi bien plus singulière : la privatisation féroce du secteur de la santé menée depuis plusieurs années a entraîné la perte de nombreuses places en soins intensifs et nous imaginons que ceux qui peuvent se le permettre ont déjà recours à des cliniques privées et une quarantaine plus ou moins dorée, sans oublier toutes les autres maladies qui actuellement ne reçoivent aucun traitement car l’attention est toute dirigée vers le coronavirus , à moins que vous ne puissiez accéder à des installations privées.
L’Etat jouera un jeu fondamental sur le plan idéologique. L’exécutif dirigé par Conte après les premières bévues semble avoir trouvé la boussole de la gouvernementalité et ces mesures de mise en quarantaine extrême à la Chinoise semblent trouver un soutien dans la population. Les mesures économiques, même insuffisantes, seront probablement chaleureusement accueillies par ceux qui pensent avoir un peu plus de répit. Mais ces aides coûteront cher, difficile de ce point de vue de tracer des scénarios précis: si l’Europe veut tout reprendre avec des intérêts et une série de politiques d’austérité féroce et de mémorandum de larmes et de sang, pour ainsi dire, elle tombera sur l’Italie; ou si, d’autre part, cette crise fera plutôt vaciller définitivement l’Europe ou remodeler substantiellement ses contours et ses équilibres.

Paravants et tapis roulants

Si nous tournons maintenant notre regard vers tous ces camarades et compagnons qui ont depuis longtemps décidé de lutter contre l’État et le système capitaliste dans lequel nous vivons, nous ne pouvons que commencer par une dure autocritique:cette crise nous laisse sans préparation.
Non préparés de plein de points de vue, à partir desquels nous commencerons à comprendre comment y remédier, au moins à récupérer le terrain perdu et à comprendre si nous aurons la capacité d’intervenir si le mécontentement généralisé devait se transformer en colère puis en action. Non préparé non seulement à cause de nos limites et de notre incapacité, mais aussi à cause d’un faible conflit social répandu parmi les couches exploitées de la population, qui a certainement influencé les possibilités d’intervention des compagnonnes et compagnons. Difficultés causées également par le travail idéologique mené par l’État dans la décennie de l’après-crise de 2008, par sa capacité à accepter des conditions d’exploitation toujours plus élevées et par les mesures répressives mises en place petit à petit. Des difficultés qui ont créé peu d’opportunités d’affrontement et de confrontation, tout en limitant limiter l’osmose entre révolutionnaires et franges du prolétariat disposé à lutter.
Mais comme cela arrive souvent, chaque crise génère des processus d’accélération, dans les conditions matérielles de la vie ainsi que dans la perception des gens qui nous entourent, de manière à nous faire penser que tout n’est pas perdu … en effet. Et que nous devons retrousser nos manches avant qu’il ne soit trop tard. Première étape et objectif minimum réalisable, sortir de la phase d’urgence (si l’on peut parler de sortie) avec une bonne compréhension du phénomène qui se déroule et des défis auxquels il est confronté.
Même pour nous, dans notre ville spécifique, il n’était pas facile de comprendre immédiatement ce qui se passait. À quel point ce virus est-il dangereux? Comment ce danger est-il lié aux caractéristiques structurelles du système de santé et du système socio-économique qui le sous-tend? Comment va se développer le phénomène qui nous entoure? Quelles mesures l’Etat prendra-t-il?
Nous ne cachons pas qu’au cours des deux premières semaines, nous avons continué les éventements, obligés de revoir quotidiennement nos idées et nos ébauches de propositions, sans trop combiner. La réaction qui s’est produite dans les prisons a perturbé tous les plans, montrant peut-être au plus profond de notre inadéquation à la situation, à la capacité de réagir aux événements et de soutenir ce qui se passait.
Que les effets de l’épidémie soient strictement liés à une vie forcée dans des villes de plus en plus peuplées et à un système de santé consacré de plus en plus à d’autres objectifs plutôt qu’à la prise en charge les tranches exploitées, est incontestable. Que l’épidémie existe vraiment, également. Réaliser un plan de confrontation, des discours et des propositions de lutte qui ne prennent pas en compte le réel danger de contagion est naïf, pour le moins irresponsable. Penser que vous pouvez remettre un dépliant à un monsieur de 70 ans qui vit à côté de nous sans les précautions nécessaires, au risque de l’infecter, n’est pas acceptable. Penser à proposer une assemblée dans le quartier pour discuter de la manière de traiter les problèmes économiques, sans penser aux spécificités du moment, serait tout aussi téméraire.
Il est évidemment aussi du devoir des compagnons de ne pas céder à la paranoïa généralisée et de se consacrer à une analyse attentive et précise des événements, pour être ensuite transmis à ceux qui nous entourent. Une analyse qui a ses difficultés intrinsèques en raison de la complexité du phénomène, qui ne peut certainement pas être assimilé, par exemple, à l’étude des politiques de logement public dans une ville, au niveau de militarisation d’une nation ou aux effets d’un ouvrage majeur nuisible au territoire. Analyse rendue encore plus difficile par le fait que le détenteur des données et informations, ainsi que le promoteur des décisions qui guident les critères (pensez par exemple au critère du nombre de tampons à réaliser et sur qui ) est l’État avec ses institutions de recherche.
Permettez-nous donc une brève digression pour essayer de se focaliser sur le problème. On semble pouvoir dire que dans le débat «du milieu» les lectures et les positions sont écrasées sur deux pôles discursifs. D’une part, une tentative de minimiser, sinon de nier, la gravité de la situation, d’autre part, de s’approprier la raison d’État avec sa rhétorique sur l’urgence à laquelle tout doit être subordonné. Une polarisation qui vient de loin et n’est certainement pas le produit de l’épidémie en cours, même si cela ne fait que la rendre plus évidente. Une polarisation qui affecte une grande partie de l’activité et de la production théoriques révolutionnaires, au moins à cette époque et qui oscille entre 1) la possibilité d’entrevoir et d’essayer de prendre une voie indépendante par rapport au système capitaliste et 2) la nécessité de pour faire face à une série de besoins pour lesquels, jusqu’à l’achèvement d’un processus révolutionnaire, ce système ne peut être ignoré. Un contraste donc entre la nécessité de lutter pour obtenir et déchirer, même cet ordre de choses, ce dont nous avons besoin pour vivre mieux et celui d’essayer de comprendre entre-temps quels chemins d’autonomie sont «constructibles» “Au fur et à mesure que les luttes grandissent et se répandent. Des voies d’autonomie dans lesquelles les aspects matériels et théoriques / imaginatifs doivent s’entremêler et se nourrir mutuellement.
En général, soit nous avons tendance à être écrasés par le poids de la nécessité, en devenant plus réalistes que le roi, et au mieux en invoquant un “retour dans le passé” dans lequel l’ État providence “fonctionnait mieux” , soit nous parlons d’autonomie et inconnu, ne tenant en rien compte de la sphère de la nécessité qui, petit problème, est celle grâce à laquelle on peut vivre. On oublie donc que la condition pour pouvoir vivre dans un monde libre et égal est celle de pouvoir vivre. Une question qui se pose de manière extrêmement claire dans une situation comme celle actuelle où les problèmes ont tendance à émerger nus et crus, sans le verni habituel qui les entoure, du moins dans ce coin du monde. À moins que nous ne nions la gravité actuelle de la santé ou que nous n’émettions l’hypothèse que, fatalement, étant donné les conditions actuelles, il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter de mourir du capitalisme – parce qu’il s’agit de ça- nous devrions nous efforcer d’élaborer et de soutenir dans la pratique un discours qui viser à protéger votre propre santé et celle des autres et à prendre en compte les besoins de santé, sans être submergé par l’ état . Nous nous rendons compte que cette déclaration ne semble guère plus qu’un slogan, certainement plus facile à dire qu’à faire ou même juste à raisonner correctement. Mais il n’y a rien de simple dans cet ordre de problèmes, et les difficultés structurelles devant lesquelles nous nous trouvons doivent être explicitées et nous accompagner à chaque étape de nos tentatives comme de nos réflexions. La question est évidemment de n’accepter en aucune façon la raison d’État avec ses logiques d’urgence, utile pour discipliner la population, freiner et préparer à l’avance l’émergence du mécontentement et des conflits, ainsi que d’être une expérience importante vers laquelle les autorités tendrons certainement à l’avenir pour tirer plus de leçons. Il n’est pas nécessaire de préfigurer une situation dystopique, de normalisation totale des mesures de confinement actuelles des demain, pour comprendre leur gravité . D’un autre côté, c’était hier, ou plutôt depuis des décennies, que les États s’emploient à étudier les techniques de contre-insurrection et la gestion militaire des crises de toutes sortes. Par exemple, il est possible que la contrepartie exploite cette situation pour relancer la 5G (en faisant appel et en se légitimant, ne serait-ce que comme imaginaire, à une gestion de l’épidémie coréenne. Https://ilmanifesto.it/alta-diagnostica-e-controllo-sociale -le-modèle-corée du sud-bascule-les-nombres-pour-retourner-les-nombres / ) ou d’appliquer un couvre-feu atténué dans d’autres situations critiques.
Cette logique d’urgence, cependant, répond également à des besoins indéniables pour contenir la contagion et c’est la différence profonde entre la situation actuelle et d’autres situations d’urgence sociale ou de catastrophes liées pour ainsi dire à des phénomènes naturels. Négliger ou minimiser ces données ou faire semblant de les oublier ne renforcera certainement pas notre capacité à critiquer et à essayer de contraster les dispositifs et le processus d’auto-légitimation mené par les autorités. Il serait intéressant, par exemple, de comprendre quelles critiques nous devrions adresser à une stratégie comme celle du Royaume-Uni visant à créer la soi-disant immunité de masse …
La critique et l’opposition au soi-disant état d’urgence doivent alors être au moins complémentaires à un discours et aux luttes qui parviennent à mettre au centre les dégradantes politiques de santé, guidées par la féroce logique du profit, de plus en plus au fil des ans et surtout maintenant, ils font de la possibilité d’être soigné pour ceux qui n’ont pas certaines ressources économiques un luxe extrêmement sélectif. Cela ne signifie certainement pas revendiquer le rôle et la logique de la santé publique comme objectif ultime vers lequel tendre, mais la lutte pour pouvoir vivre librement , nous le répétons, passe par la possibilité de vivre et la restructuration dans le domaine de la santé a été et continue d’être de véritables actes de guerre contre de nombreux exploités. Un échec dans la possibilité de se guérir que dans un monde comme [le monde] capitaliste, structurellement hostile à toute forme d’autonomie, équivaut à de vraies condamnations à mort, même au-delà de Covid-19. S’efforcer d’élargir ces possibilités, parallèlement à la construction d’une connaissance et d’une logique autres que celles de la santé publique, représente un élément fondamental pour une perspective révolutionnaire qui ne veut pas s’opposer idéologiquement à la liberté et à la nécessité de la vie. Comment articuler des propositions concrètes à cet égard est un problème qui va certainement au-delà de ce court essai et, au moins pour le moment, des compétences et de l’expérience de ses auteurs. Nous apprendrons à le faire, si nous apprenons, à le faire et à raisonner de manière critique sur les luttes que nous serons en mesure de construire.
Tenter, dans la mesure du possible, d’analyser correctement le phénomène a des répercussions à la fois éthiques et stratégiques: d’une part, nous ne pouvons pas contribuer à mettre en danger les autres et les éventuels complices face au risque de contagion. Nous, les compagnonnes et compagnons, qui sont déjà peu nombreux et avec des énergies limitées, ne pouvons pas être malades. Nos éventuels complices ne peuvent pas tomber malades et mourir … laissez les riches, les dirigeants et les patrons tomber malades, au moins. D’autre part, nous devons essayer de comprendre comment la situation et les scénarios qui pourraient se produire évolueront pas à pas.
Nous ne pouvons certainement pas nous permettre d’attendre, car malgré le déterminisme le plus approximatif ou même vouloir imaginer une catastrophe certaine et sûre qui se présente à nous, il s’agit de savoir comment essayer de transformer la catastrophe en révolution.

Lutter… [mais] comment

Reprenant le fil de ce qui a manqué, nous ne pouvons manquer de constater une certaine lacune dans notre relation avec les exploité.e.s qui vivent autour de nous. Certaines choses qui devraient être à la base de notre intervention sont déjà difficiles: créer des relations de solidarité avec les personnes les plus touchées par les répercussions sociales et matérielles en contournant certains diktats idiots du gouvernement et la dépendance à l’égard de l’appareil de contrôle;contraster le récit dominant et révéler les répercussions futures qui auront sur la qualité de vie; tenter de partager avec le prolétariat et les migrants prolétariens des outils pour comprendre le phénomène du virus et les mouvements de l’État; aider à comprendre le type de répression mis en place et comment y faire face (pensez à l’application généralisée de l’article 650 du code pénal). Que les amortisseurs [aides d’état, ndt] mis en place seront destinés à ne soutenir que la partie la plus récupérable de la population est certain, mais aussi le récit mis en place jusqu’à présent dénote une certaine sélection face à l’infection elle-même: une grande partie des migrant.e.s exploité.e.s, qui ne savent pas bien la langue italienne, ont de sérieuses difficultés à comprendre quelque chose, même si seulement comprendre comment bien utiliser un masque ou des gants. [sic, ndt]
Là aussi, il est nécessaire de saisir les aperçus qu’une situation de crise entraîne et d’essayer de prendre ce processus d’accélération, d’essayer de rencontrer en peu de temps beaucoup plus de personnes que nos luttes spécifiques n’ont pu le faire ces derniers temps. Un déficit qui ne peut peut-être pas être entièrement comblé. En même temps pour comprendre si et comment rencontrer à nouveau ces personnes avec qui nous avons partagé des morceaux de lutte, ou avec qui nous les partageons toujours. Par exemple, si les luttes dans les CRA n’avaient pas cessé et s’ils n’avaient pas retiré les téléphones portables à l’intérieur de ces cages, cela aurait peut-être été un autre champ de bataille comme les prisons, mais avec plus de possibilités d’interaction.
Si nous voulions nous pencher sur les défis auxquels nous sommes confrontés même en se concentrant sur une analyse temporelle, nous devrions commencer à imaginer ce qu’il faut faire dans la phase sortante de cette urgence sanitaire (si et quand il y en aura), et les conséquences sociales que cela entraînera … avec plus la possibilité de retourner dans la rue. Il n’y aura pas une feuille qui bouge et tout le monde sera content du retour à la normale avec le cri de “RinascItalia”? Y aura-t-il plutôt des glissements de terrain qui canaliseront une colère collective colérique? Une série de conflits va-t-elle commencer dans des secteurs spécifiques de la société (travailleurs de la restauration, agents de santé, chômeurs, personnes atteintes de maladies aggravées par l’urgence du coronavirus , lutte pour les factures, etc.)? Ici aussi, nous partons des lacunes.
Qui plus ou moins, dans les différentes régions de l’Italie, a développé au fil des années des études et des recherches dans les différents domaines qui composent cette société, consacrée à la production et à la reproduction du système capitaliste. Souvent avec l’idée d’extraire une analyse qui guiderait et éclairerait les propositions de lutte et d’action. Pourtant, au moins pour l’écrivain, si l’urgence se termine maintenant et par exemple un entonnoir de visites de santé suspendues à récupérer est créé, avec le risque pour les situations les plus urgentes de devoir se tourner vers le particulier cher, saurions-nous également à quelle entreprise aller casser les bonbons? Indiquer en détail qui sont les responsables de cette condition? Il faudra se doter d’étude et d’observation, mais aussi d’un échange avec les éventuels complices que nous connaîtrons. En revanche, nous sommes nous-mêmes immergés dans la société et subissons l’exploitation qu’elle apporte. Au travail, parmi les voisins de l’immeuble, les amis et les amis étudiants, des proches enfermés dans les zones rouges et avec des postes de soins intensifs épuisés. D’éventuels complices, nous en connaissons peut-être déà.
Certains problèmes immédiats concerneront principalement la santé des personnes et présenteront immédiatement un aspect de classe: qu’adviendra-t-il de toutes les chronicités et pathologies qui, dans cette situation de crise et de manque de traitement, seront entrées en stade critique? Quel avantage le détournement d’une partie des consultations vers les cliniques payantes aura-t-il pour la santé privée? Comment les personnels de santé, contraints depuis longtemps à des conditions contractuelles dégradantes et à des horaires de travail épuisants, dont la sortie de crise sanitaire sera beaucoup plus longue?
Habitués au fil des ans aux coups répressifs, aux difficultés des conflits sociaux, au côté partiel des luttes, nous risquons de perdre l’élan imaginatif et utopique. Un élan qui doit nécessairement pouvoir tirer des mondes idéaux libérés du capitalisme, mais jeter le cœur au-delà de l’obstacle de la résignation. Et voyons grand.
Un regard qui, pour couper le problème avec la hache de guerre, oscille entre la capacité d’attaquer et l’autogestion des ressources dans la reproduction de la vie dans un processus insurrectionnel, ainsi que ses méthodes d’organisation. Parce que si nous soutenons que le monde capitaliste en tant que tel est à la base de la crise des coronavirus , si nous soutenons que la possibilité s’ouvre à de nombreuses personnes d’acquérir cette conscience à travers une lutte difficile, alors la portée est radicale.
Nous nous arrêterons à «remuer» ou à soutenir plus trivialement les manifestations de rue et leur niveau de confrontation, ou en même temps nous nous poserons le problème de savoir comment se ravitailler, comment continuer à se soigner sans reproduire ses modèles à but lucratif, comment utiliser la terre et des espaces agricoles pour produire de la nourriture? Comment pourrons-nous nous défendre des attaques de l’homologue contre un territoire, même partiel, en ébullition? Comment dialoguer avec d’autres territoires loin de nous? D’un autre côté, s’ils coupent l’eau et le courant d’une section en révolte d’une prison, pourquoi ne le feraient-il pas avec tout un quartier?
Ici le vertige s’insinue trop, mieux vaut dormir. Nous espérons seulement que ces arguments partiels pourront guider la confrontation à venir.

Turin, 16 mars 2020

Nouvelles du jour d’après #6

Publié le 2020-03-25 00:46:05

le 26 avril 1986, le réacteur numéro quatre de la centrale nucléaire de
Tchernobyl explosait. C’était une autre catastrophe, qui créait elle
aussi un effet de sidération. Plus de 100.000 personnes étaient alors
évacuées de la région entourant la centrale. Cette explosion du réacteur
a provoqué une contamination massive par césium et strontium sur
plusieurs centaines d’années, et par plutonium et radio-nucléides à vie
longue pendant plusieurs milliers d’années. Le « nuage » a survolé
l’ensemble du continent européen, disséminant une contamination massive
au-delà des frontières. Il a même saturé l’atmosphère de la planète en
radioactivité. 150.000 km² sont contaminés à plus de 37.000 becquerels
de césium 137/m². Un quart de la Biélorussie est fortement contaminé.
L’Ukraine et la Russie sont également très touchées. Une zone étendue
autour de la centrale a même été baptisée « zone d’exclusion » et reste
interdite. C’est en fait un territoire invivable qui se découvre où huit
millions d’habitants et d’habitantes doivent s’adapter pour survivre en
zone contaminée. L’eau, la terre et le bétail sont contaminés dans une
région essentiellement agricole. La vie est placée sous le signe de la
contamination. La “vie sous contrainte radiologique” est testée comme
dans un immense labo. Les experts ne sont pas des poètes.

Quelques antinucléaires s’auto-organisent alors au sein du Comité
Irradiés de tous les pays unissons-nous. Les analyses qu’ils font alors
du rôle de l’Etat et des nucléocrates en situation de gestion de crise
sont parfaitement concordantes avec la situation actuelle. Il était
alors affirmé que :
“le nucléaire a placé les individus dans une situation de plus grande
dépendance par rapport à l’Etat. Après leur avoir imposé ces monstres
que sont les centrales et autres lieux de production et de stockage de
matières fissiles, il se présente comme la seule force ayant les moyens
sinon d’empêcher, du moins de juguler leurs principes, et recommande à
tout un chacun de le laisser s’occuper de la sécurité, sans discuter la
moindre des décisions prises au nom de cette sécurité. C’est ainsi que
l’Etat et les nucléaristes, ayant mené l’humanité à un stade
d’insécurité jamais atteint auparavant, se prétendent les seuls
habilités à protéger l’humanité des dangers dont ils sont la cause.
Partout, ils se présentent comme l’unique recours possible contre la
dégradation, qu’ils produisent, des conditions d’existence, et invitent
les populations à venir se ranger en bon ordre sous leur bouclier
fissuré. Ce qui reste de réactions humaines, de réflexes de solidarité,
en cas de catastrophes est transformé en participation civique à un
processus dont l’Etat reste le maître exclusif. S’il suggère aux
individus de se jeter aveuglément dans ses bras salvateurs, c’est avec
la force de sa police et de son armée, par le quadrillage militaire des
régions et la déportation ou le « confinement » des populations, seules
solutions qu’il ait prévues en cas de catastrophe. C’est d’ailleurs bien
normal puisque le même déploiement militaro-policier sert déjà à
réprimer les révoltes des « citoyens » bafoués contre les décisions qui
les affectent.”

Il en est de même avec l’épidémie du coronavirus aujourd’hui. Ce genre
d’épidémie est directement lié aux activités industrielles et aux fortes
concentrations croisées d’humains et d’animaux. Il faut y ajouter les
difficultés à la réguler du fait de la circulation des marchandises à
travers le monde, au délabrement organisé des services de santé, au
démantèlement de toute parcelle d’autonomie et au renforcement de la
dépendance à des systèmes industriels et économiques finalement bien
fragiles. L’Etat et les classes dirigeantes qui ont organisé cet état du
monde sont les mêmes qui se proposent aujourd’hui de nous “sauver”. Au
même moment, leur pouvoir ne cesse de s’étendre à coups de lois
d’exception et d’état d’urgence. Nous voilà pris dans le maillage de
l’Etat, dans les fils de la toile de la gestion post-catastrophe, dont
l’objectif est de sauver un monde, leur monde, avec leurs privilèges,
leur pouvoir, leurs délires technoscientifiques, leur règne de l’argent.
La police surveille, l’armée investit les rues, les médias relaient sans
arrêt les discours officiels, les collabos balancent les réfractaires.
Les gendarmes verbalisent même les gens qui se rendent à une inhumation,
comme à Falaise le 19 mars
( https://actu.fr/normandie/falaise_14258/coronavirus-quatre-personnes-verbalisees-falaise-sortie-dun-enterrement_32431502.html?fbclid=IwAR2XeaUmJ_W6u_e2hoJf6s6MK6rBTeU-O5iOySbgZoJmNKnEVLvK06JneBc ).
L’Etat suspend chaque geste à son contrôle. Le but est surtout d’éviter
que cette situation suscite d’autres désirs, d’autres imaginaires. Que
certains et certaines s’emparent de cette situation pour ouvrir d’autres
possibles. C’est pourtant la chose la plus sensée.

Carcassonne – Onze prisonniers bloquent la cour de promenade

Publié le 2020-03-25 00:48:05

La Dépêche / lundi 23 mars 2020

Ce dimanche 22 mars en milieu d’après-midi, à la maison d’arrêt à Carcassonne, onze détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules à l’issue de la promenade. Venue de Toulouse, une équipe régionale d’intervention et de sécurité (ÉRIS) est intervenue ainsi que deux équipes de la brigade anti-criminalité (BAC) et une de police secours. En mois d’une heure, la situation a été rétablie. Deux des onze détenus ont été emmenés au commissariat afin d’être entendus. Selon nos sources, ils auraient commis des dégradations. […]

extrait de l’Indépendant, même date

[…] Interpellé dimanche après-midi à l’issue d’une mutinerie à la maison d’arrêt de Carcassonne, l’un des deux détenus considérés comme l’un des plus impliqués a été reconduit dans sa cellule dans la matinée de ce lundi 23 mars, à l’issue de sa garde à vue au commissariat. Âgé de 21 ans également, le second mutin arrêté a, pour part, vu sa mesure de garde à vue prolongée à la demande du parquet, dans l’attente d’être déferré au palais de justice, ce mardi 24 mars. Selon les informations que nous avons pu obtenir, il pourrait être jugé en comparution immédiate le jeudi 26 mars, à 14 h. […]

Encore des révoltes en prison

Nîmes (Gard) : Ni confinement ni bagne scolaire (de l’innovation écologique et sociale)

Publié le 2020-03-25 00:49:06

Inauguré le 24 février 2020, le pôle éducatif et culturel Jean d’Ormesson a déjà été vandalisé à deux reprises en milieu et fin de semaine dernière, soit entre le 18 et le 22 mars 2020, premiers jours de confinement. Ce nouveau complexe éducatif est censé accueillir les anciens élèves de l’école Albert Camus.

Située sur la colline qui domine le mas de Mingue, l’école, actuellement fermé, était toute neuve avant d’être saccagé. Des chaises, tables et tableaux ont été détruits, des graffitis sur les murs et d’autres dégradations de ce genre ont été constatées par les flics.

« Dès le 24 février, ce bâtiment de 8500 mètres carrés situé avenue Monseigneur Dalverny, surplombant le Mas-de-Mingue en limite Ouest du secteur de la Citadelle-Mas de Teste à Nîmes abritera l’école élémentaire du quartier. La bibliothèque du centre Jean Paulhan migre également dans le nouvel équipement, se transformant en ludo médiathèque du XXIe siècle, avec un fab-lab de 50 mètres carrés dédié à la fabrication d’objets animé par un fab manager, un espace numérique avec jeux vidéo…
Ce bâtiment bioclimatique à énergie positive vise l’innovation écologique et sociale : pointu dans sa qualité environnementale et l’optimisation de ses coûts de fonctionnement, il est également conçu de manière totalement inédite pour favoriser la réussite éducative des élèves, avec des espaces modulables permettant le travail en petits groupes entre les classes, un mobilier ergonomique adaptable, des usages diversifiés qui en font bien plus qu’une école.
L’ensemble abrite des espaces dédiés aux associations, ses équipements sportifs et sa ludo-médiathèque, il se veut lieu ouvert de rencontre et de partage pour le public de proximité mais aussi extérieur au quartier. La cour terrasse sera aménagée par les enfants qui l’ont divisée en plusieurs espaces : grands-jeux, cabane, détente-coin calme, sportif avec des mobiliers en partie conçus par eux et par les étudiants en design d’Unîmes. Co-construit […] (Source: actu.fr, 10.02.2020)

[Repris de la presse locale, 23.3.2020]

Berlin, Allemagne : Ni expulsion, ni contrôle ! Revendication d’incendies – 19 et 20 mars 2020

Publié le 2020-03-25 00:52:05

[Ce communiqué, traduit en intégralité de l’allemand, revendique des incendies de véhicules d’entreprise qui ont été listés dans cette chronique.]

Ni expulsion, ni contrôle ! Véhicules de Bosch et Dr. House Solutions cramés

Il n’y a pas encore de couvre-feu, mais pendant que les gens prennent les premiers rayons chauds du soleil dans les parcs et sur les places, les rues sont calmes et désertes une fois la nuit tombée. La vie refluée vers la supposée sphère privée, les contacts sociaux largement interrompus, les communications passent au numérique. Désormais, la pensée dictée d’en-haut domine dans l’espace public. Les rassemblements publics, les manifestations – c’est presque chaque échange et résistance qui commencent à devenir invisibles, une dystopie.

Après l’état d’urgence viendra l’état d’urgence, il y aura des personnes gagnantes et des personnes perdantes. Nous voulons contribuer à faire perdre les bonnes gens, les investisseurs, les propriétaires de logements, les profiteurs de la surveillance. Même en ces temps de couvre-feu déclaré ou avancé, nous continuerons de saboter les rouages du système capitaliste et à briser le silence.

Le 19 mars, nous avons incendié un véhicule de l’entreprise de sécurité Bosch dans la Ostseestrasse dans le quartier de Pankow à Berlin et la nuit suivante une véhicule de Dr. House Solutions dans le même arrondissement.

L’entreprise Bosch a en même temps été exposant au congrès européen de la police de cette année et aussi organisateur d’un congrès numérique à la fin février à Berlin (hxxps://bosch-connected-world.com/attend/).

Afin de venir à bout des crises, des guerres, des états d’urgence ou même de la folie quotidienne du capitalisme des smart cities dans l’intérêt des dominant.e.s, ces derniers ont besoin de consolider leurs technologies de sécurité. En décembre, un véhicule de Bosch a déjà été incendié par la FAZ à Hambourg.

Dr. House Solutions fait partie du réseau de firmes de Padovicz. En raison du fait qu’il a toujours pour objectif d’expulser le Liebig34, de poursuivre la destruction de la Baie de Rummelsbourg et de continuer à extorquer les locataires, Padovicz et tou.e.s celleux qui agissent comme lui sont la cible de nos attaques. De la même manière que le Sénat de Berlin veut en outre expulser ‘Syndikat’ le 17 avril, il s’agit de dire aux responsables: cela tombera sur de la résistance. Mais comme cela a déjà été le cas ces dernières nuits, nous n’attendrons pas le jourX, car entre le système avec son ordre et nous, seule l’attaque a sa place.

[Traduit de l’allemand de indymedia, 23.03.2020]

Affiche : La troisième fois sera la bonne

Publié le 2020-03-25 00:53:04

Nous sommes sous couvre-feu. On nous ordonne de “rester à la maison”. Seul ce qui est nécessaire à la survie est autorisé, mais il n’est jamais mentionné de quelle survie ils nous parlent. Nous continuons à être reçus par des colonnes de fourgons anti-émeutes de la police (gyrophares, démonstration de force) nous sommant de rentrer chez nous. Accomplir le minimum d’activités quotidiennes est un danger pour la santé publique. En Italie, ils disent déjà qu’il est surprenant à quel point nous oublions vite : ce qui veut dire parler avec un inconnu, toucher quelqu’un, faire face à un moment inattendu au milieu de la bruine grise de la capitale. Les camps de travail et les temples de la consommation sont ouverts, mais les rayons sont presques vides. Nous avons une responsabilité sociale, disent-ils. Le système de santé ne peut y faire face et c’est nous qui devons le sauver. Est-ce que quelqu’un a parlé du financement ?

Un ennemi invisible. Le genre de films-catastrophes. La cause n’est pas importante, si ce n’est qu’ une grippe en fin de compte, mais la réponse est cruciale. Nous ne mesurons pas le nombre de morts mais les capacités du pouvoir. La grippe porcine et le SRAS n’ont pas réussi à conquérir le monde, mais cette fois ils y sont parvenus. Tout ce qui a précédé a été un simple prototype du produit final: une terreur parfaitement intangible qui exige notre soumission totale. C’est comme si la série The Handmaid’s tale, avec son succès controversé, était une répétition avant l’acte principal.

Les vagues de migrant-e-s continueront à se heurter aux côtes européennes encore plus hostiles. Le confinement isolé du monde devient l’état permanent des prisonniers. Les entreprises de sécurité nettoient en silence après les fonctions matinales, tandis que nous sommes distraits dans la salle principale. L’interaction physique se réduit à un soupçon orwellien, alors que le spectre de l’émotion humaine s’exprime par la sélection d’emojis pré-définis sur Whatsapp. Facebook rigole à l’heure où l’histoire s’écrit au travers d’Instagram avec tous nos rendez-vous rebelles.

Nous avons déjà trop parlé de la portée supposée et de la gravité du COVID-19. Ce qui est important maintenant, c’est d’analyser qui en tirera profit et qui en paiera le prix. Le système économique capitaliste repose sur l’investissement, mais cette fois il meurt de faim et est prêt à craquer. Nous devons penser où nous serons, quand tout cela sera terminé, quand nos glorieux bienfaiteurs nous aurons sauvés d’une ruine assurée et que nous accueillerons une fois de plus à bras ouverts une économie à bout de souffle qui nous pourrissait la vie avant “la pandémie”.

CONTRE LA QUARANTAINE

CONTRE L’ÉTAT ET LE CAPITAL

[Traduction de l’espagnol, 20.03.2020]

Umeå (Suède) : Vitres brisées à une école de police et chez une entreprise écocide

Publié le 2020-03-25 00:55:06

325 / dimanche 22 mars 2020

Le coronavirus se répand à travers le monde. Le nombre de décès augmente et l’économie capitaliste connaît chaque jour de nouvelles pertes. Les appareils de l’État-nation utilisent des mesures de guerre pour lutter contre la pandémie. Fermeture des frontières, couvre-feux, quarantaines, travail forcé, les seules personnes qui sont autorisées à sortir dans les rues sont les flics. C’est le rêve humide de l’appareil d’État qui devient réalité. Pour nous, anarchistes, c’est notre pire cauchemar qui se transforme en réalité. Ce que nous voyons est un aperçu de l’avenir.Si jamais un jour la civilisation tombe en ruine, cela ressemblera à peu près à ça.

Les mesures que les appareils d’État utilisent pour prendre le contrôle de la situation ne s’arrêteront pas. Et dans ce jeu, qui sera sacrifié.e ? Ce seront les travailleur.euse.s précaires, les migrant.e.s, les personnes assignées femmes… les autres.

Le Coronavirus est la dernière arme de notre Terre contre les humains (les versions précédentes étaient la grippe espagnole et le sida). Cette pandémie est une forme de contrôle de la population, un retour de bâton et une vengeance pour tous les animaux, les plantes et les habitats sauvages que les humains ont asservis, anéantis et détruits. Le Coronavirus transforme les civilisateurs, qui pensait être immortels, en simples mortels. Tout cela se résume à une démonstration de puissance. Si les humains n’ont jamais pensé qu’ils avaient une forme de contrôle, le Coronavirus montre clairement que cela est une illusion. Les humains et la civilisation n’ont aucun contrôle, peu importe à quel point ils essaient d’anéantir la nature sauvage et libre. Si notre planète décide que notre période de domination est terminé, en un instant, juste comme ça – les gens sont pâles, certains éternuent, toussent, meurent… silence…

Du coup, pour célébrer cette mortalité et la perte de contrôle, le week-end dernier nous avons décidé de prendre des marteaux et quelques aérosol de peinture et de faire une randonnée au clair de lune dans la ville d’Umeå, dans le nord de la Suède. Nous sommes rapidement arrivé.e.s aux bureaux de l’entreprise écocide SCA (une entreprise qui coupe les dernières forêts anciennes et les transforme en papier toilette) et de la secte universitaire écocide SLU – Université suédoise d’agriculture. Nous avons immédiatement commencé à embellir leurs murs avec des messages sauvages. « Écoutez le message du Coronavirus – Les écocides hors des forets ». Nous avons également amélioré la climatisation du bâtiment, en brisant certaines fenêtres.

Nous avons continué notre randonnée et, non loin de là, nous sommes tombé.e.s sur l’école de police. Les murs semblaient très vides, alors nous les avons remplis de messages d’encouragement pour les futurs flics : « Tout le Sapmi déteste les flics »*, ainsi que le classique « All Cops Are Targets ». Nous avons aidé le bâtiment à faire sortir l’odeur nauséabonde des flics, en brisant quelques vitres. Nous espérons que les élèves policiers comprendront le message, réaliseront leur erreur et abandonneront leurs études avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’ils ne deviennent nos cibles.

Bien que nous nous soyons attardé.e.s dans le quartier pendant une heure (ce qui est contraire au bon sens et à la culture de sécurité), il n’y a eu aucun signe de vigiles ni de flics. Cela montre clairement le peu de contrôle qu’ont les personnes censées nous contrôler. Du moins dans cette partie du monde.

Cela a mis fin à notre équipée. Quelle nuit joyeuse sous les étoiles et la demi-lune. Que chaque nuit soit remplie de la joie de la destruction. Le meilleur moment pour attaquer est toujours maintenant.

La SCA/SLU a été attaquée en solidarité avec tous les animaux, plantes et lieux sauvages que les humains ont asservis, détruits et anéantis.

L’école de police a été attaquée en solidarité avec toutes les personnes assignées femmes. Pour un mois de mars antisexiste, anti-transphobe et anti-patriarcale.

Cellule « Nihilistes espérant la fin de la civilisation », FAI/ELF

 

* Le Sapmi est la terre des Samis, l’un des derniers peuples indigènes de la soi-disant Europe. Leur terre est colonisée par les États norvégien, suédois, finlandais et russe.

Nouvelles du jour d’après #5

Publié le 2020-03-25 03:44:04

Le mouvement anarchiste a depuis bien longtemps son lot d’autoritaires
responsables et citoyens. Dans la situation actuelle, la gestion de
crise sanitaire a par conséquent ses relais dans les milieux dits
radicaux, justifiant les attestations de sortie et les mesures
d’isolement au détriment de l’entraide. Il y a des moments propices pour
que les masques tombent. Le site Socialisme libertaire, qui diffuse des
contenus variés et de tendances fort contradictoires, a ainsi trouvé que
c’était le bon moment pour diffuser un vieux texte de Pierre Bance,
apôtre acritique sur le Rojava et du municipalisme libertaire en France,
où il est question de Droit, de Justice et de Police libertaires. Le
titre est évocateur : Maintien de l’ordre en anarchie. “Ainsi
faudrait-il qu’en société communiste, il y ait un droit, s’indigne le
naïf. Un droit mais aussi une justice et une police pour le faire
appliquer.” J’ajoute : à coups sûrs il y aura aussi des anarchistes et
des rebelles pour les combattre, et c’est tant mieux. Kropotkine avait
écrit un texte sur L’organisation de la vindicte appelée justice il y a
bien longtemps (https://infokiosques.net/spip.php?article1376). Les
frères de la forêt combattant le tsarisme ont quant à eux refuser la
discipline. Après avoir élu un chef, puis pris les décisions
collectivement à la majorité, ils ont finalement décidé de ne rien
décider pour les autres. Les décisions collectives ne s’imposaient
jamais à qui que ce soit et tout un chacun pouvait refuser de s’y plier.
Se replonger dans cette histoire (cf Vive la révolution, à bas la
démocratie, Mutines séditions), comme beaucoup d’autres, serait plus
judicieux que d’apposer les oripeaux libertaires sur des institutions
autoritaires et étatiques. A leur maintien de l’ordre, quel qu’il soit,
il y aura toujours des individus pour y opposer la conflictualité contre
toute domination.
La peur est rarement bonne conseillère. L’isolement n’ouvre aucune
perspective émancipatrice. La crise dans laquelle nous sommes plongés
n’est pourtant pas une crise sanitaire provenant d’un virus arrivé là
par hasard de façon toute naturelle. C’est une crise aux multiples
facettes qui est d’abord celle d’un monde absurde, cynique, inégalitaire
et liberticide. Et par la même occasion ravageur pour tout ce qu’il y a
de vivant. Les choses sont claires : les cadres télétravaillent pendant
que les ouvriers et ouvrières taffent et s’exposent à la maladie (dont
le coronavirus n’est qu’un aspect plus immédiat) ; les sans-papiers et
sans-abris sont “oubliés” ; le gouvernement commence déjà à profiter de
la situation pour renforcer les conditions d’exploitation à la demande
du patronat et pour accélérer une société de contrôle toujours plus
technologisée, etc. Il y aurait par ailleurs beaucoup à dire et
réfléchir sur la question du rapport à la mort et à ce qui fait une vie
plutôt que rester “confiné” à la survie. Peut-on seulement affirmer
qu’on préfère continuer à vivre et à lutter au risque de sa santé plutôt
que de s’isoler à ne rien faire pour peut-être y passer quand même ? Il
serait idiot de nier la gravité de la catastrophe en cours. Il y a
d’ores et déjà des tas de morts, et il y en aura d’autres. Il faudra y
ajouter les tas de gens qui ne pourront pas payer leurs factures et qui
se retrouveront dans des situations de merde, des gens traumatisés, des
gens embastillés. Il est toutefois certain que la révolte et l’entraide
ont bien des vertus thérapeutiques !

Encore et toujours pour la liberté !

LA RUE OU RIEN

Publié le 2020-03-26 10:50:05

LA RUE OU RIEN

Publié le 2020-03-26 13:49:06

Melun : Il faut pas perdre son temps

Publié le 2020-03-26 14:19:08

Le Parisien / mercredi 25 mars 2020

[…] Tout commence lundi vers 13h30. La brigade anticriminalité en patrouille dans le quartier de l’Almont repère une poignée de jeunes dans le hall de la tour située au 17, avenue du Maréchal-Juin. Un « four » ou point de vente de stupéfiants très connu dans la ville-préfecture. Au point que le bailleur Habitat 77 a recruté des correspondants de nuit pour tenter de les dissuader d’occuper le hall.

Aussitôt, les jeunes se dispersent dans les étages comme une volée de moineaux. Une course – poursuite s’engage et c’est au 8e étage que ce Melunais est interpellé, porteur d’un sac de sport noir. A l’intérieur, les policiers trouvent 1,2 kilo de cannabis, 12 grammes de cocaïne et 710 euros en espèces. L’adolescent nie être vendeur et se dit simple consommateur.

Malgré son jeune âge [NDLR : il aura dix-sept ans en avril], il est connu de la justice pour une quinzaine d’antécédents (violences, dégradations ou encore stupéfiants). Il est déféré au parquet de Melun ce mardi matin à 9h30. Finalement, en attendant son jugement ultérieur devant un juge des enfants, décision est prise de l’envoyer dans un centre éducatif fermé (CEF) dans le Val-d’Oise pour l’isoler de son réseau local…

Un éducateur le retrouve donc à 16h30 au tribunal judiciaire de Melun pour l’accompagner dans ce CEF. Le temps d’échanger trois mots et, à 16h35, il se fait la belle ! L’éducateur, qui n’appartient pas au personnel pénitentiaire et ne possède ni menottes ni aucun moyen d’entrave, se retrouve bien seul… […]

Iruña – Navarre (Espagne) : Solidarité avec Gabriel Pombo Da Silva et tou.te.s les prisonnier.e.s anarchistes

Publié le 2020-03-26 14:23:12

Contra Info / dimanche 22 mars 2020

Dans la nuit du 14 mars, nous avons saboté avec de la peinture 29 parcmètres à travers la ville et nous avons repeint des murs. « Gabriel askatu » [« liberté pour Gabriel », en basque ; NdAtt.], « Liberté pour les anarchistes ». Il n’y a pas de répression qui puisse arrêter la solidarité.
Liberté pour Gabriel
Liberté pour les prisonnier.e.s anarchistes du monde entier.

Travailleurs de la nuit

Umeå (Suède) – Vitres brisées à une école de police et chez une entreprise écocide

Publié le 2020-03-26 17:03:04

325 / dimanche 22 mars 2020

Le Coronavirus se répand à travers le monde. Le nombre de décès augmente et l’économie capitaliste connaît chaque jour de nouvelles pertes. Les appareils de l’État-nation utilisent des mesures de guerre pour lutter contre la pandémie. Fermeture des frontières, couvre-feux, quarantaines, travail forcé, les seules personnes qui sont autorisées à sortir dans les rues sont les flics. C’est le rêve humide de l’appareil d’État qui devient réalité. Pour nous, anarchistes, c’est notre pire cauchemar qui se transforme en réalité. Ce que nous voyons est un aperçu de l’avenir.Si jamais un jour la civilisation tombe en ruine, cela ressemblera à peu près à ça.

Les mesures que les appareils d’État utilisent pour prendre le contrôle de la situation ne s’arreteront pas. Et dans ce jeu, qui sera sacrifié.e ? Ce seront les travailleur.euse.s précaires, les migrant.e.s, les personnes assignées femmes… les autres.

Le Coronavirus est la dernière arme de notre Terre contre les humains (les versions précédentes étaient la grippe espagnole et le sida). Cette pandémie est une forme de contrôle de la population, un retour de bâton et une vengeance pour tous les animaux, les plantes et les habitats sauvages que les humains ont asservis, anéantis et détruits. Le Coronavirus transforme les civilisateurs, qui pensait être immortels, en simples mortels. Tout cela se résume à une démonstration de puissance. Si les humains n’ont jamais pensé qu’ils avaient une forme de contrôle, le Coronavirus montre clairement que cela est une illusion. Les humains et la civilisation n’ont aucun contrôle, peu importe à quel point ils essaient d’anéantir la nature sauvage et libre. Si notre planète décide que notre période de domination est terminé, en un instant, juste comme ça – les gens sont pâles, certains éternuent, toussent, meurent… silence…

Du coup, pour célébrer cette mortalité et la perte de contrôle, le week-end dernier nous avons décidé de prendre des marteaux et quelques aérosol de peinture et de faire une randonnée au clair de lune dans la ville d’Umeå, dans le nord de la Suède. Nous sommes rapidement arrivé.e.s aux bureaux de l’entreprise écocide SCA (une entreprise qui coupe les dernières forêts anciennes et les transforme en papier toilette) et de la secte universitaire écocide SLU – Université suédoise d’agriculture. Nous avons immédiatement commencé à embellir leurs murs avec des messages sauvages. « Écoutez le message du Coronavirus – Les écocides hors des forets ». Nous avons également amélioré la climatisation du bâtiment, en brisant certaines fenêtres.

Nous avons continué notre randonnée et, non loin de là, nous sommes tombé.e.s sur l’école de police. Les murs semblaient très vides, alors nous les avons remplis de messages d’encouragement pour les futurs flics : « Tout le Sapmi déteste les flics »*, ainsi que le classique « All Cops Are Targets ». Nous avons aidé le bâtiment à faire sortir l’odeur nauséabonde des flics, en brisant quelques vitres. Nous espérons que les élèves policiers comprendront le message, réaliseront leur erreur et abandonneront leurs études avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’ils ne deviennent nos cibles.

Bien que nous nous soyons attardé.e.s dans le quartier pendant une heure (ce qui est contraire au bon sens et à la culture de sécurité), il n’y a eu aucun signe de vigiles ni de flics. Cela montre clairement le peu de contrôle qu’ont les personnes censées nous contrôler. Du moins dans cette partie du monde.

Cela a mis fin à notre équipée. Quelle nuit joyeuse sous les étoiles et la demi-lune. Que chaque nuit soit remplie de la joie de la destruction. Le meilleur moment pour attaquer est toujours maintenant.

La SCA/SLU a été attaquée en solidarité avec tous les animaux, plantes et lieux sauvages que les humains ont asservis, détruits et anéantis.

L’école de police a été attaquée en solidarité avec toutes les personnes assignées femmes. Pour un mois de mars antisexiste, anti-transphobe et anti-patriarcale.

Cellule « Nihilistes espérant la fin de la civilisation », FAI/ELF

 

* Le Sapmi est la terre des Samis, l’un des derniers peuples indigènes de la soi-disant Europe. Leur terre est colonisée par les États norvégien, suédois, finlandais et russe.

Umeå (Suède) : Vitres brisées à une école de police et chez une entreprise écocide

Espagne – Des nouvelles de la situation dans les prisons suite au coronavirus

Publié le 2020-03-26 17:15:05

Contra Info / mercredi 18 mars 2020

Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, il y a quelques jours les prisonnier.e.s du Centre Pénitentiaire de Brians I ont commencé une grève de la faim, à cause des conditions restrictives qui y sont appliquées suite au coronavirus, qui annulent les parloirs avec les familles dans toutes les prisons d’Espagne, tandis que les matons entrent et sortent sans aucune protection.

À Brians, aujourd’hui plus de 100 personnes emprisonnées soutiennent la grève de la faim.

Aujourd’hui à midi, alors que les prisonniers entraient dans la salle à manger et prenaient les couverts mais pas les plateaux de nourriture, est arrivé un groupe de matons qui a demandé pourquoi ils faisaient ça. Certains ont répondu qu’ils faisaient une grève de la faim, en expliquant les raisons, et la réaction des matons a été de leur retirer leurs documents d’identité et au moins trois d’entre ceux qui refusaient de manger ont été transférés en isolement, pour intimider les autres, de façons que ceux qui sont arrivés après ont préféré renoncer à la grève de la faim.

Nous rappelons qu’au C.P. de Brians I est emprisonné depuis près de deux ans, dans l’attente de son procès, Amadeu Casellas*.

Dans la prison de Wad Ras, à Barcelone, un premier cas de coronavirus a été confirmé chez une femme à qui manquaient encore quelques jours avant d’être libérée et elle a été laissée sortir, mais on ne sait pas qu’est ce qui va se passer pour le reste des femmes qui étaient enfermées avec elle; elles sont préoccupées parce qu’elle ont exigé de passer des tests, mais rien n’a été fait. Hier, il y a eu des moments de tension aux parloirs, quand un groupe de personnes s’est ressemblé à l’entrée pour demander la libération des prisonnières et les familles, à leur départ, se sont intéressées à la protestation et, de l’intérieur, on a voulu savoir ce qui pouvait être fait.

Aujourd’hui, à Murcia II, les parloirs ont été interdits. Un maton est sorti avec un membre de la sécurité pour communiquer qu’à partir d’aujourd’hui à midi, il n’y aurait plus de parloirs, même avec la vitre de séparation.

Selon une déclaration du syndicat des matons, le CSIF, les prisonniers de la prison de Fontcalent (à Alicante) ont protesté ce dimanche avec un feu dans la cour, à cause du manque d’informations et de mesures de protection contre le coronavirus, et que l’incident a finalement été maîtrisé sans qu’il y ait eu de blessés.

Selon ce syndicat, le dernier cas de contagion a eu lieu à Melilla. Il s’agit d’un chef de service. Dans cette même prison, 12 autres matons ont été renvoyés chez eux en quarantaine, en l’on compte 164 prisonniers et 50 matons isolés, dans l’attente de connaître le nombre officiel de personne contaminées. Le syndicat a demandé l’arrêt immédiat des parloirs avec vitre de séparation, dans toutes les prisons, et 14 jours de quarantaine pour les nouveaux arrivants en prison.

Nous appelons à continuer à rester attentif.ve.s, afin d’exprimer notre solidarité avec les personnes emprisonnées, ainsi qu’au retrait des mesures restrictives, qui sont des sanctions.

15 mars 2020
Groupe de soutien à Amadeu Casellas

* Note d’Attaque : on se rappellera que dans la section pour femmes de la prison de Brians I est enfermée Lisa

 

Espagne : Des nouvelles de la situation dans les prisons suite au coronavirus

Bologne (Italie) : Révolte à la prison de la Dozza

Publié le 2020-03-26 17:22:06

Round Robin / samedi 14 mars 2020

Lundi 9 mars

L’après-midi de lundi 9 mars, une révolté a éclaté dans la prison de la Dozza, à Bologne.
Parmi les raisons de cette révolte, les mesures que le gouvernement et l’Administration Pénitentiaire ont adopté, à partir du 25 février, pour prévenir la diffusion du Covid-19 dans les taules, comme l’abolition des parloirs, la possibilité de passer un seul appel téléphonique par semaine, de la durée de 10 minutes, l’interdiction de recevoir des colis depuis l’extérieur, la suspension de l’accès à la prison des volontaires d’associations humanitaires, la suspension des régime de semi-liberté, du travail à l’extérieur, ainsi que des permis de sortie ; au même temps, il y a eu des fausses promesses d’une augmentation des appels téléphoniques ou même de pouvoir faire des appels visio avec Skype, alors que tout le monde sait que ces opportunités ne sont même pas assurées dans les cas où elles devraient déjà l’être. Ces mesures de durcissement de l’enfermement s’ajoutent aux conditions, existantes depuis toujours, de surpopulation, de mauvaise hygiène et d’un manque structural d’accès aux soins, chose qui caractérise la Dozza ainsi que toutes les taules d’Italie. Le 5 mars a été annoncé que les parloirs hebdomadaires allaient reprendre, qu’il y avait la possibilité de visite de la part d’un membre majeur de sa famille à la fois, tandis qu’avec les révoltes éclatés dans les autres prisons les familiers des prisonniers n’avaient plus eu de leurs nouvelles ni de possibilité de communiquer avec eux.

Quelques jours après, le 9 mars, la révolte a éclaté aussi à la prison de la Dozza et, au fur et à mesure que la nouvelle circulait, un rassemblement de personnes solidaires, ami.e.s, parents, s’est spontanément formé devant la prison. Un énorme déploiement de policiers et de Carabinieri a immédiatement empêché aux familiers de se rapprocher de l’entrée de la prison pour obtenir des informations. La nouvelle circulait que certaines sections de la prison pour hommes étaient occupées, mais pendant des heures il n’y a eu que des informations peu claires. Seulement par la suite, en lisant les journaux, on a su que seulement les sections pour prisonniers en attente de jugement avaient été occupées.
Le silence assourdissant du quartier, comme de toute la ville, n’était traversé que par le bruit des sirènes. La tentative du rassemblement de se rapprocher de la sections pour hommes, empêchée par la police, a quand-même permis d’entendre quelques hurlements et des prisonniers qui frappaient sur les barreaux. Le rassemblement s’est ensuite déplacé sur la grande route, en bloquant la circulation, pour se se rapprocher de la sections pour femmes : même si on n’a pas entendu des réponses, par la suite est arrivée la nouvelle que les détenues ont commencé une protestation en frappant sur les barreaux.

Ni les matons, ni les pompiers (qui ont vu leur camion bloqué pendant un petit moment, devant la prison) ont rien voulu dire, même pas pour rassurer le mères, les compagnes et les sœurs des prisonniers, même pas après que deux ambulances sont parties en vitesse de la prison, juste sous les yeux des personnes à l’extérieur.

Le silence de la part des autorités publiques face aux demandes d’informations formulées par les proches des détenus laisse un gouffre d’incertitudes et de préoccupation, alimentés aussi par les nouvelles du massacre qui a eu lieu dans la prison de Modena, toute proche, et des révoltes qui éclatent dans une trentaine de prisons à travers l’Italie. Cela a eu comme seul résultat d’augmenter la rage et l’envie de rester là devant et de se faire entendre. Pendant l’urgence sanitaire, la solidarité ne se confine pas.

Ce n’est que tard le soir, vers 22h, qu’on a commencé à voir un épais nuage de fumée sortir de la section pour hommes, ainsi que des mouvements sur le toit de cette même section. Les prisonniers qui s’étaient barricadés dans la section et étaient montés sur le toit ont donc commencé à crier et à mettre le feu ; ils criaient « Liberté ! » à l’adresse du groupe de solidaires et familiers, qui ont répondu avec des chœurs, des messages de solidarité et des sifflements. La révolte et les incendies dans la section pour hommes ont continué pendant toute la nuit et jusqu’au midi du lendemain : 4 voitures de la police pénitentiaires ont brûlé.

Mardi 10 mars

Le lendemain matin, 10 mars, un nouveau rassemblement s’est spontanément formé devant les murs de la Dozza. Les prisonniers qui se trouvaient encore sur le toit avaient accroché des banderoles demandant leurs droits, la liberté et l’amnistie, tandis que la prison étaient toujours entourée de flics. C’était encore impossible de recevoir des informations avérées de ce qui se passait à l’intérieur. La rumeur qui circulait parlait d’une négociation entre les détenus en révolte d’un côté et la direction de la prison et le chef des matons de l’autre, tandis qu’un autre groupe de prisonniers aurait voulu entamer des négociations uniquement avec le Juge d’application des peines, arrivé au cours de la matinée.

Vers 15 heures, après qu’on ne voyait plus personne et on ne recevait plus de réponses depuis environs deux heures, on a vu des flics de l’anti-émeute sur le toit, brandissant leurs matraques en direction du groupe de solidaires en signe de victoire et criant « L’État a gagné ». Nous avons quand-même essayé de faire arriver notre voix au delà des murs, pour essayer d’informer les détenus de ce qui était en train de se passer dans d’autres prisons, pour exprimer encore notre solidarité et souhaiter à toutes les personnes enfermées dans cette taule d’arriver à arracher leur liberté.

Entre-temps, circulait la nouvelle que la protestation était finie et les négociations conclues, mais en ce moment nous n’en connaissons pas les modalités ni les issues précises, au delà de ce que les médias ont relayé, c’est à dire que les prisonniers seraient rentrés dans leurs cellules, en demandant de permettre à nouveau aux éducateurs d’accéder à la prison et aussi des mesures alternatives à la prison. Toujours selon les journaux, il y aurait 20 détenus blessés, dont 16 soignés sur place. Les matons blessés sont 2.

Dans la matinée de mercredi 11, on a appris de source sûre que au moins un prisonnier avait été transféré, au petit matin. Pour l’instant ni les familiers, ni les avocats savent qui sont les personnes transférées ni leurs destinations.

L’après-midi, on a appris par les médias que deux détenus sont morts d’overdose, la même version officielle donnée pour justifier les 13 morts dans les prisons de Modena et Rieti. Reste le fait que, grâce à la révolte, la prison de Modena est complètement inutilisable ; celle de Bologne aussi a subi des dégâts, qui sont encore à quantifier, mais sûrement importants. Les médias ont aussi relayé l’information que « dans l’après-midi de mardi 10, quelques heures après la fin de la révolte à la Dozza, le siège régional de l’Administration pénitentiaire, situé en Viale Vicini, a été dégradé par des « vandales », qui ont brisé des vitres et le portail. Ces vandales ont signé leur action avec des tags «  ACAB », « Solidarité avec les détenus en lutte », « Feu aux prisons » et « Matons assassins » ».

Jeudi 12 mars

Dans l’après-midi de jeudi 12 mars, on est allés devant la prison pour passer un rapide bonjour aux prisonniers, en essayant de rentrer en contact avec la section pour hommes, tout en considérant non opportun/inefficace de lancer un appel publique au rassemblement, au vu de l’incertitude liée à la situation actuelle et aux mesures de confinement. Une vingtaine de personnes a pu arriver sur les lieux et échanger avec les prisonniers, notamment avec ceux de la sections AS3 et d’autres sections, plus éloignées, avec des cris de « Liberté » des deux côtés. Ceux qui sont en AS ne savent pas ce qui s’est passé, parce qu’ils sont isolés et les détenus des autres sections n’ont pas su nous dire quel a été le traitement réservé aux prisonniers ayant participé à la révolte ; ils n’avaient pas non plus des informations sur la personne morte dans la prison. Depuis l’intérieur, nous sont clairement arrivés des demandes d’aide, en plus de la demande que les matons mettent des masques et la conviction partagée que Bonafede [Alfonso Bonafede, le ministre de la Justice italien, du Movimento 5 Stelle ; NdAtt.] veut les laisser mourir là dedans. Il est évident que l’imposition de l’isolement aux prisonniers, entre eux et par rapport à l’extérieur, va plus loin des nécessités réelles de prévention et contention de la contagion en prison, étant donné que les matons, porteurs potentiels du virus, ne mettent pas de masques.
Selon des informations officielles, une seule personne serait morte et non pas deux, comme l’ont dit jusqu’à ce matin certains journaux locaux, et entre hier et aujourd’hui il y aurait eu 15 transferts vers d’autres prisons, mais ni les identités des personnes transférées ni leurs destinations sont connues. Avocats et membres des familles n’ont pas encore eu des nouvelles de leurs proches et encore moins peuvent communiquer avec eux ou envoyer des colis dans la prison. Les familiers disent que, dans la prison détruite, les matons font dormir les prisonniers par terre, qu’on ne sait pas si la cantine fonctionne et que tout le monde a été durement tabassé.

L’État, à partir des premières révoltes et des informations sur premiers morts, a continué à utiliser la main de fer à l’encontre des prisonniers, à les isoler complètement, sans donner aucune nouvelle aux familiers et aux avocats à propos des destinations des transferts et de leurs conditions de santé, en empêchement donc de se mettre en contact avec eux, en plus de ne pas révéler l’identité des personnes mortes de prison dans ses mains.

Les révoltes de ces jours, dans les prisons de toute l’Italie, montrent clairement que, lors de situations de crise, les premiers à subir des dures conséquences sont ceux qui vivent tous les jours dans les pires conditions, ceux-la mêmes qui ont décidé de se rebeller et déclencher des révoltes, pour monter qu’est ce que la taule dans sa quotidienneté. Ce n’est pas seulement lors des moments exceptionnels que nous considérons la prison comme quelque chose d’inacceptables, à détruire ; simplement en ces jours il y a des prisonniers qui ont eu le courage de monter quelle est leur situation, en se rebellant avec détermination.

Nous pensons que ce n’est jamais possible, et encore moins face à tout cela, de se limiter à demander l’amnistie pour certains prisonniers, en abandonnant les autres à l’isolement et à la mort, chaque jour, dans ces maudites taules.

Liberté pour tous et toutes les prisonnier.e.s ; que de toutes les prisons ne restent que des ruines.
Que les personnes tuées par l’État ne sombrent pas dans l’indifférence !
Solidarité avec les prisonnier.e.s en révolte !
Jusqu’à quand il y aura des prisons en flamme, l’État n’aura pas gagné !

Anarchistes

LA RUE OU RIEN

Publié le 2020-03-27 11:10:03

Immunity for All—Invitation to a Strike

Publié le 2020-03-27 11:21:06

Immunity for All—Invitation to a Strike

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A Poster and a Call for Collective Self-Defense

As the economic impact of the COVID-19 pandemic kicks in, grassroots momentum is building around the United States, Canada, and worldwide for a mass refusal to pay rent, mortgage, and loans. This April, millions of people won’t be able to afford their bills regardless of whether they want to pay. Like the pandemic, this is the inevitable consequence of a system that wasn’t designed to keep us safe in the first place. The virus threatens our lives—but it also threatens the social order that was already making our lives impossible.

From our perspective, the most pressing thing is to defend those who do not pay against eviction and other negative consequences. If we fail to come together to defend each other, those who hold power will isolate, betray, and destroy us one after another. Reach out to your neighbors. Build defense groups. Identify local pressure points. Talk tactics. Be creative. Prepare to stop the evictions by any means necessary. The more people who participate, the safer all of us will be. Together, we can overwhelm the courts and sheriffs that enforce the special privileges of the rich.

The beneficiaries of the prevailing order are mobilizing to impose the consequences of this crisis on us—one law for them, another for us. Corporations like Subway, the Cheesecake Factory, Adidas, and others have already declared that they won’t pay rent in April. There are provisions to protect middle-class people who can’t afford their mortgages, but none for the poorest people who must pay rent.

Here, we present a poster and two texts about the rent strike: the first from participants in a group offering countrywide coordination for the strike, the second from anarchists involved in rent strike organizing on the West Coast. To learn more about the rent strike and how to participate, start here.


Immunity for all: a poster supporting the rent strike. Click on the image to download the poster.


Immunity for All: In Defense of Home

In the 21st century, the feeling of home has become an increasingly precarious and temporary experience.

Some sleep on trains or on the streets; for those who dwell within walls of cardboard, even that narrow layer of comfort may be snatched away by the police at any moment. Others rent boxes of wood and drywall, in which the feeling of home is interrupted by monthly reminders that we are only paying to linger on someone else’s property; the following month’s rent starts looming as soon as the impact of this month’s payment wears off. In a grander sense, all the living things on this planet share the feeling of losing our home as industrial capitalism progressively renders it uninhabitable. A billion dead animals strewn across Australia as smoke blots out the sky overhead—pools of black oil floating on water—an island of plastic in the ocean: these catastrophic scenes of increasing frequency and magnitude imply that soon the earth may not be able to offer us a home anywhere.

The COVID-19 pandemic is one of these catastrophes. Yet it has driven home to us the importance of home. Repeatedly washing our hands and continuously suppressing the impulse to touch our faces returns our attention to our bodies. Wiping down surfaces and doorhandles reminds us of all the ways our physical presence inescapably overlaps with the presence of others. Our failure to contain the proliferation of an infinitesimal piece of information—30 kilobases of RNA within a viral envelope—underscores the fact that genetic matter has always been a kind of commons. Our bodies are echoes of a shared ancestry; they ground us on the earth.

This is the foundation on which we must build a new sense of home. Ideally, the home should be a structure that supports life, a place of comfort and privacy, a place where we don’t have to work. Our homes should offer us immunity from the countless forces acting upon us. In the face of a pandemic, when we “shelter in place” so as not to spread the virus, the greatest threats to our immunity are the forces that seek to rob us of our homes. With unemployment anticipated at a staggering 20% due to the pandemic, we must confront the property relations that subject our homes to the pressures of leases and mortgages.

Our first line of defense is immunity from the landlords and developers who expect a full return on their investment even as the economy collapses. We need immunity from the bill collectors, from the courts issuing eviction orders, from the police carrying them out. We need immunity for the patients issued $40,000 bills for emergency medical care to treat COVID-19. We need immunity for prisoners, immigrants, and asylum seekers all over the world who are condemned to sickness and likely death while they are trapped in cages that will never be homes. We need immunity for all.

This April, countless people will refuse to pay rent and, with this single gesture, give new meaning to “herd immunity.” Viruses have always played an evolutionary role as vectors of information transfer across species and kingdoms; they are masters at synchronizing ecologies. What is possible if we synchronize our actions into a collective refusal? Let us commit together to defend this place we call home.


Invitation to a Strike

“My imagination makes me human and makes me a fool; it gives me all the world and exiles me from it.”

-Ursula K. LeGuin

“I’d prefer not to.”

-Bartleby

“The tradition of the oppressed teaches us that the ‘emergency situation’ in which we live is the rule. We must arrive at a concept of history which corresponds to this. Then it will become clear that the task before us is the introduction of a real state of emergency; and our position in the struggle against fascism will thereby improve.”

-Walter Benjamin

We are not paying rent on April 1. We cannot afford to. We already barely could. Rent: our monthly contribution to the fallacy that the homes we inhabit on stolen land are owned by our landlords, to whom we are indebted simply for being alive. Now, when our very existence as a species is in question, we cannot endure the nightmare of that relationship.

Over the past decade, insurrections that toppled regimes have been defeated by the global gentrification of the cities. Rebels in cities around the world have bowed to the increasing cost of living and the soul-draining attrition of work. Our lives have become unending hustles. They’re pumping a trillion dollars a day into the banks to keep them afloat. Daily applications for unemployment throughout the so-called United States are already surpassing those at the peak of the financial crisis that preceded the occupation movements. In California, the association of apartment owners sent a letter to its constituents advising landlords to freeze rents, work with tenants to establish payment plans, and suspend evictions. Yet city governments are offering only paltry protections for renters. Capitalists have announced their willingness to sacrifice us en masse on the altar of the economy. They want us back to work already.

Our enemies are afraid. They know a storm is coming. Something has to give.

On April 1, an unprecedented wave of us will simply not pay our rent. Some will do this in solidarity. Some will do this as their only option. Some will do this as an entire building or as an entire block. Some will go it alone. This strike does not belong to activists, organizers, or militants. It belongs to all of us, to everyone who simply cannot or will not bear the burden of this crisis. It belongs to everyone who won’t pay, who won’t take on more debt, to all who will affirm each other in saying “no.” To all who love and protect each other.

We have already been on strike.

Some of us have gone on strike in prisons, in lecture halls, in the streets and at the ports. Now we are striking from our homes. The same way we went on strike after the pandemic of 1918, just as we went on strike after the bubonic plague. After those disasters, they couldn’t keep us at work, they couldn’t stop our free movement, and we discovered the formulas which allowed us to expropriate from the rich the wealth they hoarded even in death—that equalizing force. Infinite new possibilities for life have suddenly become thinkable for countless people who are only just now imagining a life outside the economy. There has never been so pressing a need for our imagination, our energetic attention.

The same progressive politicians who defanged the word abolition are already trying to appropriate the language of mutual aid. They know the state cannot save us. If mutual aid is in fact a factor in evolution, then the ways that it has spread far and wide are already transforming us. When this is over, the authorities will tell us that we only survived because of their control; liberals are already applauding the new authoritarianism in the name of the common good. Yet we know that what really keeps us alive is our care for each other.

The virus threatens our lives, but it also threatens the social order that was making them impossible. Rent, work, fares, debt, insurance—all the scams we were born into as marks—let the virus freeze them. We’ll drink fire and tend our hearths to wait out the cold.

And spring is upon us. With April Fool’s Day, spring arrives in earnest: a renewal, a jubilee, a suspension, a reversal, a cosmic joke—but not on us. The fool’s journey opens the way to the world. The inevitable non-payment of countless debts will be our first blow against the world of measure and control. This is the easiest thing we can do. In the face of disease, begin with ease, grace, rest.

If work itself is killing us, the strike cannot be more work. April 1 is not a day of action. On that day, sleep in, call your friends, kiss your love, read, meditate, drink water, and get ready. That day is a small key which opens a large door. The managers of the coastal cities are already beta-testing the new normal, but the cards are still being dealt. The crisis isn’t over until we decide it is. Now, when everything is at stake, our collective refusal to play their game is our greatest weapon.

The old world will not give us all we require. How could it? Health, rest, a world without debt or prisons, home—we who step through this door will have to find these things for ourselves. We must understand the strike in the broadest possible terms.

We are not afraid of ruins. Today, when our futures have been cancelled, this time together may be all we have. We won’t be returning to normal. We will be the ones to shape what comes next. Set down your burden. You need not face this alone. We are striking out. With so much distance between us, it’s time to activate everything that connects.

Islands in the stream
That is what we are
No one in between
How can we be wrong
Sail away with me
To another world
And we rely on each other,
ah ha

Don’t pay. We won’t either. They can’t evict us all. We’ll give them hell if they try.

We know how to survive a plague.

La salute è in voi! — Health is in you!

Cinq techniques (à la portée de tout le monde) pour abattre un drone

Publié le 2020-03-27 13:19:03

Round Robin / jeudi 26 mars 2020

Brouilleur d’ondes : utilisé aussi dans le domaine militaire, il brouille les ondes radios et peut désorienter le drone, en empêchant son contrôle à distance par le « télépilote ». La fréquence de transmission est celle libre, c’est à dire 24 GHz. On peut les acheter sur internet à des prix intéressants. Cependant, certains drones ont une fonctionnalité de retour à leur base quand ils ne reçoivent plus leur signale.

Laser : utiliser un pointeur laser pour ciblant la caméra du drone ; on peut aveugler ou cramer le capteur visuel. Cela peut marcher aussi comme dissuasion : l’utilisateur du drone verra le rayon laser et y pensera deux fois avant de risquer d’abimer son appareil.

Fusil à air comprimé : les drones perdent facilement leur équilibre si on touche leurs hélices. Un plomb bien placé fera l’affaire, mais cette méthode est quand-même DÉCONSEILLÉE à cause des possibles effets collatéraux, comme des plombs perdus ayant loupé la cible.

Drone kamikaze : on trouve sur Internet des drones jouets à 100 euros, tandis qu’un drone professionnel peur coûter jusqu’à 15000 euros. On pourra donc sacrifier son jouet en le faisant entrer en collision avec le drone de la personne qui vous épie. Celle-ci y perdra sûrement et essayera donc de faire rentrer son drone à la base.

Fil de pêche : on peut tendre ces pièges insidieux en les fixant en hauteur à l’aide de poteaux, ou profiter de la conformation des bâtiments. Le pilote du drone ne pourra jamais voir le fil… et cela l’empêchera aussi de vous voir.

Il y a sûrement d’autres méthodes pour abattre des drones, comme des lance-pierres ou d’autres moyens pour lancer des filets ou des pierres, partage avec d’autres tes connaissances.
Avec l’excuse de l’épidémie de Covid-19 le contrôle social augmente.
AUGMENTONS LA RÉSISTANCE !

*****

Le confinement et la banalisation du contrôle par des drones

Le Monde / jeudi 26 mars 2020

En période de confinement, les drones sont de sortie. En quelques jours, ces caméras volantes pilotées à distance se sont imposées comme des auxiliaires indispensables aux autorités chargées de faire respecter les consignes de sécurité et inviter – fermement – les passants à rester chez eux.

Déjà massivement utilisés par les forces de l’ordre en Chine ou en Corée, des drones ont été déployés en Italie, où l’Aviation civile a assoupli les contraintes relatives à leur utilisation, en Espagne, en Grèce comme aux Etats-Unis. En France, police et gendarmerie en ont fait décoller un grand nombre. A Nice, des aéronefs sans pilote équipés d’un haut-parleur ont quadrillé la promenade des Anglais. On en a aperçu à Paris, Marseille et jusque sur les plages des Côtes-d’Armor et de l’île de Ré.

En l’espace d’une semaine, la société Flying Eye, installée à Sophia Antipolis, près de Nice, a vendu une trentaine de drones Mavic 2 de la marque chinoise DJI, équipés d’un haut-parleur intégré (environ de 3 000 euros l’unité), à des organismes chargés d’appliquer les consignes de confinement. « Ce sont des services de police judiciaire ou de gendarmerie mais aussi de l’administration pénitentiaire, dans le cas où il faudrait sécuriser les toits des prisons et guider des équipes au sol. Ils s’équipent de modèles grand public, mais sur lesquels ont été adaptés des dispositifs professionnels, comme une liaison radio cryptée », détaille Alexandre Thomas, directeur de ce distributeur qui assure également la formation des télépilotes.

Le drone de la chinoise DJI, commercialisé en France par Flying Eye

Pour les forces de l’ordre, faire voler un drone n’est pas une nouveauté. Même s’ils restaient jusqu’à présent moins enclins à mettre en œuvre ces engins que leurs homologues américains ou britanniques, policiers et gendarmes français y ont régulièrement recours pour surveiller les manifestations ou encadrer des opérations de sécurité routière, par exemple. Pour le citoyen lambda, l’apparition d’un drone lui intimant l’ordre, d’une voix métallique, de rester chez lui ou lui lançant « vous ne pouvez pas rester sur cette zone » n’a rien d’anodin. Reste que les forces de l’ordre considèrent que le drone constitue un outil très efficace pour assurer le respect des mesures de confinement.

Il permet de démultiplier la présence policière tout en garantissant une stricte distanciation sociale et, malgré son autonomie limitée (une demi-heure de vol tout au plus), il peut passer au crible en un temps record de vastes superficies, y compris des lieux difficiles d’accès en agglomération. D’après les premiers retours d’expérience, les passants obtempèrent sans tarder après avoir été survolés par un appareil dont la présence est considérée comme une sommation avant verbalisation.

Pour aller encore plus loin, DJI, numéro un mondial (chinois) du drone civil, a mis au point un système d’épandage pour diffuser du désinfectant. L’entreprise a aussi conçu un capteur thermique infrarouge capable de mesurer à distance (avec une précision de 0,5 degré) la température corporelle d’un individu situé à moins de quatre mètres. Utilisé dans la région de Wuhan par les autorités chinoises, cet équipement est proposé aux gouvernements européens. « Pour le moment, cela n’est pas envisagé, mais si les choses se mettaient à vraiment empirer, qui sait si l’on ne devrait pas s’y résoudre », s’interroge un expert sous couvert d’anonymat.

Pendant que la Ligue des droits de l’homme s’inquiète ouvertement de l’utilisation de drones de surveillance dans plusieurs villes françaises, considérée comme une extension problématique de la vidéosurveillance, l’engagement de tels engins dans la mise en place d’un confinement à grande échelle est considéré par d’autres comme une aubaine. « Si l’on raisonne en termes de rapport coûts-avantages, il ne fait pas de doute qu’il faut libérer ces technologies », affirme Alain Bensoussan, avocat spécialiste des nouvelles technologies. Selon lui, « les garanties qui entourent la protection de la vie privée sont suffisantes » pour que l’on n’ait pas à s’inquiéter. […]

*****

Vous vous ennuyez enfermé.e.s chez vous ? Dites-leurs ce que vous pensez de leurs drones, au 0972627850 / info@flyingeye.fr

Flying Eye
80 route des lucioles – Bat. I 14
Valbonne – Sophia Antipolis 06560

Grégoire et Alexandre Thomas, patrons de Flyin Eye, en 2017 (source Nice Matin)

Hambourg, Allemagne : Incendie du SUV privé d’un douanier – 22 mars 2020

Publié le 2020-03-27 14:20:06

[…] Si le but est une vie sans domination, alors le chemin s’accompagne d’attaques contre les structures qui maintiennent le pouvoir.

Les serviteurs de l’État restent les mêmes oppresseurs, même s’ils retirent leurs uniformes après la fin de service et retournent à leur vie privée de citoyen. Mais s’ils ne font pas gaffe, ça frappera aussi à aux portes de leurs domiciles.

Ainsi, dans la nuit de dimanche à Eimsbüttel, une voiture privée de type SUV d’un douanier brûle.

C’est justement dans cette période de pandémie qui s’accompagne de resserrement et de restriction du mouvement de liberté, qu’il est d’autant plus important de préserver sa capacité d’action et de se montrer à soi-même, ainsi qu’à d’autres subversifs, que la lutte contre les contraintes de cette époque continue, même si elle semble folle et difficile.

Si on capitule face au souhait de l’État de nous isoler, qu’on se contente d’un haussement d’épaule face à la menace de couvre-feu, on lui donne la possibilité de continuer ses machinations sans être dérangé et sans être observé. Car les dominants ne sont pas concernés par les couvre-feux et ce genre de mesures. Car des personnes continuent à être expulsées avec plein d’entrain et envoyées vers la mort, des personnes contrôlées et enfermées selon des critères racistes, des projets d’habitation anarchistes assiégés comme à Berlin et tout est fait pour démanteler une vie libre et digne.

Que ce soit les douanes ou les patrouilles de flics, qu’elles soient en civil ou en service,
Feu à celles et ceux qui maintiennent le pouvoir.
Amour et liberté pour les personnes en lutte aux frontières et dans les prisons !

 

[Traduit partiellement de l’allemand d’indymedia, 24.03.2020]

Philadelphie (USA) : Punaises

Publié le 2020-03-27 16:18:08

Philly Anti-Capitalist / jeudi 26 mars 2020

celles de Hickory

En suivant l’exemple de quelqu’un à Hickory, Caroline du Nord [le 14 février, une cinquantaine de punaises ont été retrouvées sur le parking du commissariat de cette ville ; NdAtt.], on a disséminé des punaises sur plusieurs parkings des postes de police de Philadelphie. Espérons qu’on a réussi à crever les pneus de leurs voitures de patrouille.

La nouvelle selon laquelle, le matin même où le confinement suite à l’épidémie de Covid-19 est entré en vigueur, les flics ont commencé à faire chier les campements de sans-abris au Convention Center de Philadelphie, a servi de catalyseur, mais ce n’est pas la raison. L’existence même de la police est une raison pour les prendre pour cible. Les policiers sont de violents adversaires du vivant et des ennemis de la liberté, en collusion avec juges, procureurs, patrons, propriétaires et politiciens.

Nous n’exigeons rien de moins que leur destruction, et nous savons qu’une telle victoire ne nous sera jamais livrée. Pour l’instant nous réagissons, mais nous sommes impatient.e.s de passer à l’offensive.

Le Corona ou l'État ? Ni l'un, ni l'autre !

Publié le 2020-03-27 21:12:06

Ces derniers mois, le coronavirus se propage. En france il a d’abord été vu comme lointain, avec un racisme dégueulasse contre les personnes asiatiques. Mais maintenant il est bien là. Et évidemment l’état se place en position de sauveur, il nous dit qu’il a la solution, qu’il faut lui faire confiance.



Mais comment est-ce qu’on pourrait avoir confiance dans ces états qui prétendent vouloir notre bien ?!
Ces états qui font partie du problème car ils sont là pour protéger l’ordre établi, un ordre au service des riches et des puissants et qui écrase la gueule de tellement de personnes. Ces états qui sont en permanence responsables de milliers de mort-e-s, sur leurs territoires, aux frontières, et partout sur la planète (la france est le 3ème exportateur mondial d’armes). Ces mêmes états qui sont aussi en partie responsables du fait que ce virus existe et se soit propagé de cette manière (parce qu’ils sont acteurs du capitalisme, de la mondialisation et de la fragilisation des systèmes immunitaires de tout le monde, par la pollution, le réchauffement climatique...). Ces états qui font des choix en fonction de leur logique et de leurs intérêts (par exemple fermer tous les bars et magasins mais maintenir les élections municipales en france).
C’est vraiment du foutage de gueule.

L’état, la science et les médias ne sont jamais neutres. Ils font monter la peur du virus, la peur de la mort en fait. Tout en cherchant à éviter la panique, le chaos, pour garder le contrôle.
Comme d’habitude c’est une réponse unique qui est imposée à tous et toutes : arrêt de tout ce qui est considéré comme non nécessaires (selon eux) et surtout… le confinement !

Ça serait pour notre bien. Mais le bien de qui ?
Sûrement pas des femmes (et toutes les autres personnes) qui vivent des violences conjugales
Pas celui des enfants bloqués avec des parents nocifs
Ni celui des personnes qui vivent à plein dans des petits espaces
Pas celui de celles en prison ou qui restent enfermées dans des CRA (prison pour sans papiers), dont les conditions sont encore pire que d’habitude (pas de visites, de linge, moins de bouffe…)
Pas pour le bien de personnes travailleuses du sexe qui n’ont plus aucun moyen de gagner de la thune
Ni pour ceux qui pètent des câbles quand ils peuvent pas sortir
Pas pour celles qui n’ont pas les bons papiers et qui ont encore plus que d’habitude peur de sortir
Ni pour ceux qui dépendent des distributions de bouffe qui sont annulées
Pas pour le bien de tellement d’autres que ce système capitaliste, patriarcal, raciste, transphobe... écrase déjà quotidiennement...

Mais si si, c’est pour notre bien ! Et donc notre santé mentale, nos libertés... plus rien n’a d’importance. Pour la santé physique, la fin justifie les moyens : Contrôles, surveillance, amendes ou même peines de prison si on ne se plie pas aux règles. L’idée se répand que les personnes qui ne les respectent pas seront responsables si le confinement dure plus longtemps. Ça crée une figure de l’ennemi intérieur, comme si ceux qui n’obéissent pas aveuglement étaient irresponsables et « du côté du virus ». Donc la méfiance monte, certain-e-s deviennent le relai de l’état : son propre surveillant et puis aussi celui de ses proches, de ses voisins. À certains endroits les lignes téléphoniques des flics sont saturées tellement des gens appellent pour dénoncer ! On peut se demander ce que les gens qui balancent se mettent en tête pour justifier leurs actes ? Les personnes qui deviennent des keufs pourraient bien en subir les conséquences…

On est qu’au début du confinement, les libertés vont être de plus en plus restreintes, ça va vite mais les mesures sont prises au fur et à mesure, une bonne technique pour que ça soit plus accepté. Et au-delà de la question de la propagation du virus, interdire les balades en forêt ou au bord de l’eau, les couvre-feux… en réalité c’est uniquement du maintien de l’ordre.

Et même si le confinement dégage du temps à celles et ceux qui d’habitude en ont peu, à cause du travail, même si on peut voir des animaux revenir dans des zones désertées depuis longtemps, même si la pollution a largement baissé ces dernières semaines… Est-ce que au lieu de glorifier le confinement obligatoire on pourrait pas plutôt se demander comment faire pour vivre dans un monde un peu moins horrible ?

Oui ce virus il est flippant, ça fait pas envie de le chopper, surtout les formes les plus avancées. Les hôpitaux risquent effectivement d’être débordés et on sait que la médecine privilégie la vie des personnes plus jeunes, valides et donc productives pour la société capitaliste. C’est assez ironique que ce soit ce même état qui a défoncé le service de la santé qui vienne maintenant nous demander de prendre en charge le manque de lits en hôpital en nous responsabilisant individuellement. Qu’ils se prétendent "sociaux" ou pas : crèvent tous les états !

Avec ce confinement, l’état impose une ligne de conduite unique pour des dizaines de millions de personnes. Tout est fait pour nous déposséder de notre capacité à réfléchir par nous même, de connaître comment fonctionnent nos corps et comment en prendre soin. Mais on a quand même assez de bon sens pour se demander comment faire face à des virus, éviter de les propager, en parler entre nous, respecter nos choix, prendre soin les un-e-s des autres.

Bien sûr les conséquences du virus sont plus grave pour certaines personnes que pour d’autres et c’est important de le prendre en compte. Mais faire une seule catégorie qui serait « les personnes fragiles », qu’il faudrait protéger pas dessus tout, c’est complètement condescendant. Il y a des personnes qui préfèrent prendre le risque de mourir plutôt que de ne plus voir/toucher personne. L’état et la médecine médecine, comme toujours, nous empêchent de vivre et mourir comme on le choisit.

Ceux qui répriment les mutineries en taule et préfèrent laisser entassé-e-s dans des cellules des dizaines de milliers de personnes n’ont RIEN à nous apprendre en terme de solidarité.

La crise vient réaffirmer ce qui est considéré comme base de la société : la maison, la famille et le couple (cishétérosexuel surtout ! Cishétérosexuel : Qui se reconnaît dans le genre qu’on lui a assigné à la naissance et qui est hétéro). Mais nos affections et nos solidarités ne veulent pas se limiter à ces modèles étroits. Plein de pratiques de résistance autonomes existent. Faire exister et diffuser la critique, refuser le confinement généralisé obligatoire, s’attaquer à la société de contrôle et de surveillance, s’organiser pour contourner les contrôles, se filer des coups de mains... En parallèle, dans les taules et autres lieux d’enfermement, de nombreuses mutineries éclatent.

C’est clair : il n’y aura pas de retour à la normale. Cette normalité déjà bien gerbante risque de s’empirer. Il pourrait être imposé un « effort national » pour reconstruire le pays après la crise, de nouveau un bon argument pour les coupes budgétaires, l’installation sur le long terme d’outils technologiques, sécuritaires, la fermeture encore plus forte des frontières, de l’ultra hygiénisme...

On est au cœur d’une crise mais c’est probable qu’il y en aura d’autres. Où d’autres peurs amèneront à d’autres formes de contrôles et de privation de libertés. Ils sont en train de tester des modes de surveillance et de gestion de population à une échelle mondiale. Le fait que les mesures soient si bien acceptées cette fois-ci pourra en faire un précédent, une assurance qu’en cas de besoin il est possible de contrôler et d’imposer une seule marche à suivre à des milliards d’humain. On nous habitue à un monde géré militairement. Quand la menace c’est la mort tout est légitimé pour préserver la vie. Mais jusqu’à quel point ? Ce monde était déjà inacceptable, mais elle est où la limite ?

Pour que la vie ne se résume pas à de la survie, auto-organisons nous contre le virus et rejetons l’autorité !

PDF - 2.2 Mo

Bouguenais (Loire-Atlantique) : Tags contre l’autorité, qu’elle soit étatique ou religieuse – 25 mars 2020

Publié le 2020-03-27 21:57:06

Dans le bourg de Bouguenais, près de Nantes, de nombreux tags ont été inscrits sur l’église, ainsi que sur plusieurs bâtiments publics (dont l’Hôtel de Ville) ou propriétés privées dans la nuit du 24 au 25 mars 2020.

Sur les quelques centaines de mètres qui séparent l’église de l’hôtel-de-ville, ces slogans ont pris pour cible « hommes d’Eglise, police et gendarmerie », rapporte la presse locale.

Après que le maire a porté plainte, les services de Nantes métropole se sont empressés d’effacer les traces de ce blasphème à l’autorité.

[Repris de Ouest-France, 25.03.2020]

Portugal : Des nouvelles de Gabriel Pombo Da Silva

Publié le 2020-03-28 19:52:05

reçu par mail / samedi 28 mars 2020

On rappelle que notre compagnon anarchiste Gabriel a été arrêté au Portugal le 25 janvier dernier, après un an et demi de cavale.
Pendant son emprisonnement dans les cellules de la Police judiciaire de Porto, la défense a travaillé afin qu’il soit libéré de suite, comment prévoit le “droit”. Mais, comme on sait, le droit est inversement proportionnel au pouvoir et le Portugal a bien démontré qu’il était soumis au celui de l’État espagnol, qui veut complètement annihiler notre compagnon. Il n’y est pas parvenu après 32 ans de barreaux, d’isolement, de tortures et de harcèlements de tout type, comment peuvent-ils penser y parvenir maintenant ?!?
Madame Mercedes Alcazar Navarro (juge du deuxième tribunal de Gérone), en tout cas, fait tout son possible, et, pour l’instant, grâce à la collaboration soumise de ses collègues portugais.e.s, a réussi à convaincre le tribunal suprême de Lisbonne de lui donner raison.

En effet, aujourd’hui 27 mars, on a appris que ce tribunal lui aussi a donné un avis favorable à l’extradition de Gabriel vers l’État espagnol. Ce qui nous a confirmé que cette sentence définitive a été avant tout le fruit de la collaboration entre les deux pays est le fait qu’elle a été prononcé en seulement trois jours (le recours de la défense a été présenté le 5 mars, accepté le lendemain, arrivé chez les juges compétents pour cette affaire le 23 mars, signature de la sentence le 26 mars !!!).

Toujours convaincu.e.s qu’il s’agit d’une vengeance de l’État à l’encontre de Gabriel, parce qu’il ne s’est jamais plié devant aucune autorité et qu’il a fait face avec dignité et la tête haute une vie entière en prison, en revendiquant son anarchiste et sa cohérence, nous ne perdrons plus de temps à écrire ce que ces « autorités judiciaires » n’ont pas fait, n’ont pas analysé, n’ont pas examiné, n’ont pas pris en compte, etc… nous rappelons en tout cas quelques points fondamentaux, afin que les personnes qui lisent ne perdent pas le fil de la situation :
– La juge du deuxième tribunal de Gérone, Mercedes Alcazar Navarro, prétend que Gabriel doit encore purger 16 ans de prison, en niant le principe de spécialité (grâce auquel Gabriel a été libéré il y a quatre ans), qui n’a pas perdu sa validité juridique, acceptée partout en Europe. Ce même principe est nié aussi par le tribunal régional de Guimaraes (juges Maria Teresa Coimbra, Cándida Martinho, Antonio Teixeira) et par le tribunal suprême de Lisbonne (juges Helena Moniz et Nuno Gomes Da Silva).
– En mai 2016, la juge du dit tribunal de Gérone, Mercedes Alcazar Navarro, cacha l’ordre de libération immédiate de Gabriel (qui a donc été libéré seulement après environs trois semaines) et a donc été accusée d’abus de pouvoir (son envie de vengeance nous semble encore plus claire). Ces deux denier mois, la même Navarro n’a jamais arrêté de faire pression sur le Portugal, afin qu’on lui délivre « cet individu très dangereux ».
– Maintenant, la défense fera appel au tribunal constitutionnel, mais c’est très peu probable que celui-ci modifie la conclusion du tribunal suprême. Gabriel ne sera pas extradé jusqu’à l’émission de la sentence de ce tribunal (dans plus ou moins deux semaines).

Gabriel est en bonne santé et garde son esprit combatif… continuons d’exprimer toute notre solidarité avec lui, sans que celle-ci reste un mot creux.
Nous ne baissons pas la garde et nous attendons toujours le pire, de la part de nos ennemis ; nous ne sommes pas naïf.ve.s et nous savons que nous devons résister et lutter jusqu’au but.

Liberté pour Gabriel !
Liberté pour tou.te.s !
Vive l’anarchie !

Pour lui écrire :
Gabriel Pombo Da Silva
EPPJ Porto
Rua Assis Vaz, 109
4200-096 Porto (Portugal)

Corona virus – les gestes qui sauvent n° 4585 : la distanciation sociale intra-familiale

Publié le 2020-03-28 22:41:08

Réactionnairement parlant, mes parents ont des comportements prévisibles (et inflexibles) car ils
sont toujours au garde-à-vous face à l’autorité, ayant passé leur non-vie à travailler, c’est-à-dire à
obéir à des ordres plus crétins les uns que les autres ; Résultat : un père médaillé du travail (beurk).

Et maintenant quelle aubaine ce Corona : les voilà mobilisés dans toute leur obéissance sur l’autel
de la Patrie. Enfin ils peuvent obéir à des crétins ordres pour une cause supérieure à leur salaire :
sauver la France.

Ainsi et autrement dit, mes parents refusent (enfin?) que je m’approche d’eux à moins d’un mètre et
quelques. Au moins, j’ai bien compris le message : pour eux et de facto pour leur autel patriotique,
je suis un danger. Heureuse que cela me soit dit aussi ouvertement.

Un jour, je m’étais dit que mes parents n’hésiteraient pas à me balancer, juste après qu’ils m’aient
balancée au directeur d’une structure d’internement, pour vols (et destructions) de neuroleptiques au
temps pas si lointains (snif) où j’allais rendre visite à une vieille folle internée que les
neuroleptiques rendaient hs.

Donc mes parents me balancent auprès des autorités, mes parents appliquent la distanciation sociale
à leur progéniture etc etc : tous et toutes dans la continuité prévisible, inflexibles. Ça s’appelle des
honnêtes travailleurs.

Il s’agit de tout un contingent au service éternel de l’État et de la Patrie, éternellement prêts à obéir
jusqu’à balancer leurs gamins désobéissant-es.

Alors pense à moi dès fois : ils sont aussi l’État. Tu ne pourras pas l’abattre sans les terrasser.

Travail, Famille, Patrie ? Contre l’Ennemi invisiblement prévisible !

FUCK ME I’M NOT DEAD !

Iran : Révoltes dans les prisons

Publié le 2020-03-28 22:51:14

asranarshism.com / vendredi 27 mars 2020

Le 26 mars 2020, après des grèves de la faim dans différentes prisons iraniennes, à cause des mauvaises conditions de détention, de la propagation du coronavirus et même de la mort de plusieurs détenu.e.s, les prisonniers de certaines sections de la prison centrale de Tabriz, une ville du nord-ouest du pays, se sont rebellés.

Selon les rapports officiels des agences de presse étatiques, les forces de police ont assiégé le secteur autour de la prison et on a entendu des coups de feu.

Le califat islamique chiite, hypocrite et oppressif, a attaqué les prisonniers sans défense avec des gaz lacrymogènes et des tirs d’armes à feu et a également blessé plusieurs d’entre eux.

 

Note d’Attaque : même si les médias parles de dizaines de milliers de prisonnier.e.s “provisoirement” libéré.e.s par le régime à cause de la pandémie de coronavirus, beaucoup plus nombreux.ses sont celles et ceux qui restent enfermé.e.s. La semaine dernière, il y a eu des révoltes dans les prisons de Khorramabad et d’Aligoudarz (deux villes dans l’ouest du pays), des mutins ont été tués par la police et les matons, mais d’autres ont réussi à s’évader.

Mardi, j’arrête le confinement

Publié le 2020-03-29 01:40:06

Depuis deux semaines, je me sens coincé entre deux peurs. La peur du virus, bien sûr. Pas forcément la peur individuel, je suis jeune et en bonne santé et je compte bien lui survivre. Non, plutôt peur que pleins de gens meurent, que les hôpitaux soient saturés, peur que se soit en partie à cause de moi. Peur, que si je fais pas gaffe, ça peut blesser d’autres personnes.

Et puis la deuxième peur. Celle de la police, des nouvelles lois sécuritaires, du nouveau pas franchis vers une société toujours plus totalitaire. À un moment, tout se mélange dans ma tête. Je reste enfermé seul chez moi. Je ne sais plus moi-même si c’est à cause du virus ou à cause de la police.

J’ai commencé à me confiner samedi 14, au soir. Quand Macron a recommandé de rester chez soi. J’en ai rien à foutre de Macron. Mais je pense qu’il faut des mesures collectives. Des mesures qu’on applique tou.te.s pour s’en sortir ensemble. La période d’incubation semble durer environ six jours, avec peut-être une possibilité de monter jusqu’à 14 jours. Qu’est ce que c’est que c’est que 14 jours dans une vie ? Je me suis dit « ok », je reste confiné 14 jours. Ces 14 jours finissent samedi soir. Mais bon, le confinement est plus efficace si tout le monde le fait en même temps. Beaucoup de gens ont commencé seulement mardi, alors, je tiendrai jusqu’à mardi.

Mardi, j’arrête le confinement. Je ne suis pas médecin. Peut-être que 14 jours, c’est trop court. Peut-être qu’il faudrait plus. Mais je ne peux pas décider ça tout seul. Lundi dernier, Airbus a recommencé le boulot. J’ai jamais bossé chez Airbus. J’imagine que c’est un grand atelier. J’imagine que plus de cinq personnes travaillent en même temps dans l’usine. J’imagine qu’il n’y a pas des sanitaires persos réservés à chaque employé.e. Je comprend pas. Quelle urgence y a-t-il à construire des avions à un moment ou des gens risquent d’en mourir ? Pourquoi ne pas attendre, deux mois, trois mois ? Je suis personnellement prêt à ne plus prendre l’avion pendant 6 mois si ça peut sauver des vies !

Je ne suis, ni le patron d’Airbus, ni l’État qui l’a autorisé à rouvrir. J’ai du respect pour la vie humaine. Je vais continuer à ne pas m’approcher des autres humains, je ne vais pas rendre visite à des ami.e.s, je vais éviter d’utiliser des toilettes publiques.

Par contre, je n’ai pas de respect pour les fantasmes autoritaires de celles et ceux qui ont eux-même provoqué la crise sanitaire. Car oui, ils l’ont provoqué. En refusant d’arrêter le trafic aérien avant que le virus n’arrive dans l’hexagone. En laissant les hôpitaux publics se dégrader. En négligeant les stocks de masques. En n’anticipant pas le besoin de tests de dépistages. En forçant les ouvriers du bâtiment à reprendre le travail. En autorisant pleins d’autres usines à maintenir leur production.

Tant qu’Airbus fonctionnera, je sortirai de chez moi, je marcherai au soleil, j’irai dans les parcs et sur les plages.

Je sais qu’il y aura la police en face de moi, et qu’ils ne seront pas tendre. Je sais aussi que si je reste chez moi paralysé par la peur, je pourrais aussi bien en crever.

Madrid Cuarentena City – Publication pour la guerre sociale en temps d’État d’Alerte n°1 (mars 2020)

Publié le 2020-03-29 23:04:07

Nouvelle publication anarchiste de Madrid, en pleine crise de coronavirus et d’état d’alerte. Pour l’extension de la guerre sociale.

Traduction de deux textes extraits de Madrid Cuarentena City, publication pour la guerre sociale en temps d’État d’Alerte n°1, deuxième quinzaine de mars 2020


VERS DES EAUX INCONNUES

Nous sommes en état d’urgence depuis plus d’une semaine. La capacité destructrice du virus n’est pas discutable. Mais nous aimerions faire quelques remarques sur ses conséquences non cliniques et sur ses origines.

Savoir si le Covid-19 est apparu à travers une chauve-souris ou à cause d’une tentative étasunnienne, partie en vrille, de déstabiliser l’économie chinoise nous semble peu pertinent maintenant. Ce virus, comme d’autres dans l’histoire qui ont auparavant décimé des populations entières dans l’Amazonie, en Amérique Centrale, en Afrique et en Océanie, est un phénomène biologique. Mais le contexte où il naît, la manière dont il se propage et dont il est géré sont des questions sociales. Ce virus est le résultat d’un système qui marchandise chaque processus, chaque objet, chaque rapport ou tout être vivant sur la terre. Il se répand rapidement de par l’énorme concentration de main d’oeuvre et de corpus consumériste dans les grandes villes, qui s’alimente de l’agro-industrie et de l’élevage intensif. Un flux constant de biens humains (5000 millions de personnes volent chaque année autour de la planète) à des vitesses effrénées qui se reflètent en 200 caractères et 5000 likes.

C’est précisément cet acharnement à artificialiser tout, y compris nos émotions, en basant tout sur le profit, en voyant le monde à travers un écran, en laissant notre esprit être colonisé par l’“efficacité” qui nous a mené à la perte progressive de l’“humain”, du “vivant”. Cela a facilité le fait que des mesures aussi extrêmes qui n’autorisent à sortir de chez soi que pour deux motifs (travailler et consommer) soient passées de manière assez peu traumatique. En même temps, on nous propose comme voie de sortie les mêmes dynamiques technophiles qui nous ont conduit au désastre. Si nous ajoutons à cela la peur, le gouvernement de la peur, nous finissons par perdre le nord et par réinterpréter des concepts tels que la responsabilité ou la solidarité.

Tu te feras traiter d’irresponsable, par exemple si tu ne te soumets pas à l’assignation à résidence volontaire. Sacrée perversion du sens qui n’est en réalité rien d’autre que l’accolade entre le coeur et la tête, entre l’analyse, la décision et l’action. En te criant par la fenêtre au minimum “inconscient-e” si tu passes dans la rue main dans la main avec ton compagnon-ne, on te gueule en réalité “Obéis à la norme!”. C’est aussi ce qui se passe avec les appels à la solidarité qui se traduisent par une servitude volontaire collective en se transformant en un acritique #yomequedoencasa [je resteàlamaison].

Qu’en est-il des centaines de personnes qui s’accumulent à Antocha ou Chamartin [1] entre 6h30 et 8h30 du matin ? Pourquoi les chantiers de construction n’ont-ils pas été arrêtés dans une ville qui dispose d’un excédent exorbitant de logements ? Les personnes entassées dans le parc des expositions IFEMA [2] ne sont-elles pas des personnes ? C’est éprouvant de passer une semaine enfermée ? Et l’être 5, 10, 15, 30 ans, à présent sans même pouvoir recevoir une visite, un parloir intime, alors que dans de nombreux cas les appels téléphoniques et le courrier sont tout-à-fait restreints ? Pour ne citer que quelques exemples qui font mal.

Pour les personnes sans domicile, toute survie anonyme est désormais impossible puisqu’elles ne peuvent plus passer inaperçues quand la jungle de verre s’est transformée en désert de béton. Elles sont, plus encore qu’avant si possible, interdites de séjour. Dans le meilleur des cas, elles seront menées en troupeau dans des enclos comme l’IFEMA. L’impunité policière, déjà exacerbée en tant que telle, s’est aussi déchaînée contre les autres prohibé-e-s, celles et ceux qui ne peuvent accréditer par des papiers bureaucratiques leur statut de personnes de “pleins droits” ou dont la physionomie ou la couleur de peau induit les bourreaux en uniforme à penser que ce n’est pas le cas. (La presse officielle fait état de nombreuses agressions policières dans les quartiers de Lavapiés, dans le centre et dans d’autres villes). Parce qu’une pandémie reste une question de classe, de privilèges, de morts pas si aléatoires.

On ne nous a pas accordé le pouvoir de divination comme à Cassandra, mais par contre la malédiction d’Appollon si. C’est-à-dire que nous n’avons pas la certitude que ces pronostics se réaliseront, (même s’il y a des signes peu trompeurs de vers où le pouvoir veut aller et des preuves, déjà irréfutables, de ce genre de mesures) tout en craignant d’être difficilement écouté-e-s. Nous pensons que toutes ces mesures de contrôle deviendront permanentes, comme cela s’est déjà produit avec les lois anti-terroristes après le 11 Septembre, ou qu’elles se répèteront; il ne nous étonnerait guère d’être rappelé-e-s au confinement à l’avenir, dans des circonstances comme des tempêtes, des ouragans, et toutes sortes de crises climatiques qui arriveront sûrement, ou encore de vieilles et nouvelles épidémies qui viendront à nouveau frapper à nos portes. Traçage des mouvements par le téléphone, contrôles biométriques et de température, limitation des déplacements en fonction de cela … sont déjà une réalité et sont destinés à rester. Il faudrait ajouter à cela la précarisation généralisée qui ne tardera pas à arriver, la socialisation de la pauvreté …

À ce stade, nous voulons partager l’idée que le présent, ou plutôt le passé, le monde tel que nous le connaissons, fondé sur la domination, avec ses structures perpétuant la misère, son orthodoxie, son zèle liberticide … ne nous satisfait pas. Et nous ne souhaitons en aucune manière y revenir.

Commençons à la tenter. En tenant compte du fait que nous n’aimerions pas infecter certaines personnes, brisons l’isolement. Agissons si besoin au niveau individuel. Dans cette réalité, même en frappant à l’aveuglette, il est très facile de tomber pile. Communiquons, parlons, faisons tourner l’information et soyons critiques; forçons les couvre-feu, cartographions le contrôle (où et quand les patrouilles ont lieu, quels espaces ont été interdits, où il y a de l’approvisionnement … )

Fomentons les grèves et la fermeture des entreprises. Nous ne voulons pas une gestion de la crise. Nous voulons expérimenter, choquer, lutter, porter le conflit …

Efforçons-nous d’intervenir dans le présent, même si nous ne voyons pas l’horizon lorsque nous levons les yeux. La clef se trouve peut-être précisément là, laissons derrière nous vérités, certitudes et sécurités, naviguons avec passion pour l’aventure vers des eaux inconnues, vers des aurores de liberté et de révolte.


NdT:
[1] Grandes gares ferroviaires de Madrid.
[2] Réquisitionné pour en faire un hôpital de campagne] 

***************************************************

Revenir où ? Revenir à quoi ?

L’état d’alerte nous arrache la normalité de nos vies pour tous nous placer à un moment vital avec davantage d’incertitude que de réponses. Et il fait entrer la plupart d’entre nous dans un scénario que nous n’avions jamais vécu. Quelque chose de nouveau.

Et à la télé, à la radio, dans les journaux, nous les voyons répéter certaines formules comme des mantras pour nous transmettre la tranquillité : tout va bien se terminer, nous nous en sortirons et nous reviendrons à la normalité.

Avec pour seul horizon celui de revenir au point où nous en étions avant le début de la pandémie, nous sortons sur les balcons pour applaudir, avec nos bourreaux, notre nouvelle condition d’esclaves. Nous applaudissons notre confinement.

Et il semble que l’incertitude et l’enfermement nous aient fait oublier en quoi consiste la normalité. Ils nous ont fait oublier la soumission quotidienne et d’une vie entière à des boulots aliénants qui nous précipitent dans le vide existentiel, que les flics ne sont pas nos amis mais l’institution chargée de maintenir l’ordre social que les riches lancent contre les pauvres.

Ils nous ont fait oublier la misère, l’exploitation, la précarité, la répression, les expulsions locatives, les mensonges des politiques et des entrepreneurs, le désastre permanent auquel l’industrie condamne la planète. Ils nous ont même fait oublier l’urgence climatique!

Face à cette normalité, il ne faudrait se souvenir que de la haine.

Ne nous voilons pas la face, l’état d’alerte était déjà latent dans nos vies. Cette crise a seulemeent fait tomber les masques avec lesquels l’Etat cache ses véritables intentions : le contrôle et son extension totale sur nos corps, nos pensées et nos sentiments.

Comme toujours, c’est à nous de payer les pots cassés de leur désastre. Profitons de cette occasion pour renoncer à la normalité, pour la dépasser et déborder ses marges. Que la seule épidémie qui se répande soit celle des passions. Dirigeons notre haine contre tous ceux qui nous condamnent à une normalité en état d’urgence permanent : contre tes chefs, contre les flics, contre les politiques, contre la passivité.

Reprends ta vie en main, ne reviens pas à la normalité.

Pour l’anarchie.

[Reçu par mail, 28.03.2020]

Rébellion en période de couvre-feu

Publié le 2020-03-29 23:05:05

Nous nous trouvons dans une situation totalement inédite pour tout le monde : nos libertés formelles sont réduites au minimum comme en temps de guerre ou de condamnation pénale, sauf que cette fois, « l’ennemi » est invisible et la prison est notre domicile. Catastrophe, état d’urgence, confinement, pandémie, bombardement médiatique, panique, inquiétude et isolement… A ce stade, il ne s’agit pas de relativiser ou d’évaluer les conséquences du Coronavirus – Il m’est impossible de juger cela d’un point de vue médical. Mais ce que je cherche, c’est à critiquer la forme autoritaire en cours, autrement dit la situation de guerre décrétée par l’État et ses conséquences pour nous et pour la société. Alors qu’on laisse passer chaque projet de loi et décret avec l’appui des experts compétents du moment, et que personne ne peut prédire à quoi ressemblera la situation dans une semaine, nous n’avons besoin d’aucun expert pour savoir que l’état d’urgence en temps de crise et de guerre devient bien trop vite une normalité (qui se souvient encore de la « guerre contre le terrorisme » ou « la crise des réfugiés »?).

La misère sociale : solitaire, numérique et docile

Dans cette société toujours en mouvement, la rapidité et l‘omniprésence des informations atteint un palier supplémentaire : dans le suivi mis à jour en direct, on peut observer les chiffres des personnes contaminées et notre insécurité grandit d’autant plus vite… La peur vis-à-vis de la personne contaminée, du malade, du semblable, du voisin.

Pendant ce temps-là, les politiciens se tiennent en première ligne dans la guerre contre l’ennemi en nous assurant qu’ils savent ce qui est le mieux à faire. « Rester à la maison ! Rester tranquilles ! » serait tout ce que nous aurions à faire. Faire preuve d’unité et suivre les ordres, car après tout, « ce n’est pas le moment de critiquer ». Et nous nous retrouvons très vite dans un scénario totalitaire de société de contrôle : on ne devrait plus quitter son domicile et en plus dénoncer celles et ceux qui n’obéissent pas à ce décret. Le brave citoyen prend conscience de sa responsabilité et compose le 110 si il soupçonne les voisins de faire la fête. Pendant ce temps-là, l’utilisation d’internet atteint un nouveau sommet, car on nous fait avaler qu’il y aurait un autre monde vers lequel on pourrait fuir quand il n’est plus possible de faire confiance à ce qui nous entoure : le monde numérique. Car plutôt que de se déplacer et de maintenir des contacts, la vie passe au numérique. Plutôt que de sortir et de rencontrer des potes, on peut bien chatter ensemble, regarder des séries, travailler à la maison, se faire tout livrer devant la porte, regarder des pornos, exprimer des critiques sur internet ou tout simplement jouer à des jeux. Dans cette frénésie numérique, la vie devient artificielle et aliénée, et en fin de compte toute possibilité de transformer quoi que ce soit dans la réalité disparaît. Stressés, inactifs, dépassés en glandant entre quatre murs, les yeux éberlués, ce serait donc ça le futur ? Enfermés en permanence et effrayés par des infos horrifiantes, le nombre de personnes qui décident de mettre fin à une vie pareille augmente en général dans de telles circonstances ; tout comme la violence entre les personnes et dans les familles qui, le plus souvent, est exercée par des hommes sur les femmes.

Vers une période sans fin dans la prison à ciel ouvert

Pendant que j’écris ce texte, une voiture de police continue de patrouiller dans quelques rues parallèles, avec les haut-parleurs annonçant haut et fort que nous devons rester à la maison. Dans le même temps, quelques politiciens puissants siègent ensemble et réglementent dans quelle mesure les assignations à résidence doivent être harmonisées. L’antenne-relais dressée sur le toit de l’immeuble du voisin collecte les données de contact et de mouvement de tous les portables qui se trouvent dans son périmètre. Puis les opérateurs Telekom et Vodafone les transmettent afin de pouvoir analyser avec qui les personnes contaminées ont été en contact et dans quelle mesure la limitation de sortie est respectée. Dans quelques jours, l’État va probablement entériner le confinement et suspendre les droits tels que le secret postal et l’inviolabilité du domicile. Ainsi, il va éplucher en continu qui est en contact avec qui et où, qui habite et séjourne où, et ainsi catégoriser, ranger et classer voire diviser les sujets de l’État. Par ailleurs, à travers l’appel à une obéissance totale, on aboutit à une militarisation globale de la société sans précédent. Frontières fermées, soldats se préparant à intervenir dans les rues, interdiction de tout rassemblement de personnes et hélicoptère à leur recherche à l’aide de caméras thermiques. Le fait que la Chine soit considérée comme un État modèle dans la lutte contre l’épidémie montre vers où on va : des drones qui planent au-dessus de nos têtes en nous donnant des ordres, des codes-barres sur nos smartphones qui nous autorisent à aller aux supermarchés selon des algorithmes incompréhensibles ou de nous mettre en quarantaine par la force, des villes entières bouclées et des barrages à chaque carrefour. Le fait qu’un « expert » en Italie ait déjà proposé de mettre des bracelets électroniques aux chevilles des personnes mises en quarantaine afin de pouvoir être sûr qu’elles ne quittent pas leurs domiciles signifie que la ville a désormais été transformée en prison à ciel ouvert et que les méthodes de discipline, de contrôle, de gestion, de punition et de surveillance s’appliquent à l’ensemble de la population. Ceux qui dorénavant se contentent d’attendre durant cette brève période d’assignation et de s’amuser sur internet se contrefoutent non seulement de la liberté, mais ils ne comprennent pas non plus que cette situation durera bien plus que quelques jours.

La normalité est la véritable crise

Du point de vue politique des dominants sur la population, maintenir cet état d’urgence uniquement pendant deux semaines n’a vraiment aucun sens. Pour ceux qui veulent figer la société, il faudrait le faire pendant au moins un an du point de vue de virologues afin de stopper le virus. Et même si les restrictions sont assouplies ou levées, les conséquences seront énormes : ceux qui vivent seuls par le numérique et l’obéissance, adoptent aussi ce comportement. Alors que nous avons vu il y a quelques mois encore des explosions de révoltes et de soulèvements partout dans le monde, les moyens de contre-insurrection et d’abrutissement social laisseront de profondes cicatrices : ceux qui vivent isolés et dans le monde numérique se font également priver de toute possibilité et moyen de discuter, de se révolter et de s’auto-organiser avec leurs amis. Pendant que l’État se met en scène en tant que protecteur des corps et des vies, il nous interdit toute vie sociale. Mais nous savons ce que sont l’État et son industrie qui tuent en permanence, couvrant ce monde de guerres, laissant les réfugiés mourir aux frontières, détruisant et exploitant la terre depuis des siècles. L’État se la joue gardien du bien commun mais en réalité, il veut nous voir comme des esclaves du travail et des soldats obéissants qui produisent pour son industrie polluante et sont prêts à mourir dans ses guerres. L’État protège en premier ressort les riches et s’il venait à l’idée de quiconque, dans cette crise économique, d’aller prendre ce qui lui manque, ses larbins n’hésiteront pas à tirer sur les pilleurs et les voleurs. Le capitalisme et l’État ont besoin des crises et des états d’urgence afin d’accroître et durcir leur pouvoir sur nous – le virus n’étant pas la raison mais l’élément déclencheur. L’État nous appelle à prendre nos responsabilités, mais il nous empêche de nous auto-organiser, de nous rencontrer et de s’entraider. On nous somme de rester assis devant l’écran, de dire « oui » et « amen », mais l’État nous déclare la guerre quand nous abandonnons ce rôle de sujet.

Si l’État veut contrôler et empêcher chacun de nos mouvements et chacune de nos relations, il est nécessaire de chercher des moyens pour nous déplacer et nous rencontrer malgré tout. Si ce qui est nécessaire pour vivre se raréfie, il est primordial d’aller le prendre là où il y en a en abondance. Si nous sommes enfermés et séparés les uns des autres, on ne peut pas se considérer comme des concurrents ou des ennemis, mais comme des personnes avec lesquelles s’associer – comme de potentiels soutiens et complices. Si les yeux de l’État se font de plus en plus omniprésents et si l’étau du capitalisme nous étrangle de plus en plus, il est nécessaire de chercher des moyens de les crever et de les briser.

« Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu…

Être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé.

C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Le gouvernement de l’homme par l’homme, c’est la servitude !Quiconque met la main sur moi pour me gouverner est un usurpateur et un tyran ; je le déclare mon ennemi. »

[Tiré et traduit de Zündlumpen Nr. 58 – Anarchistisches Wochenblatt – München, den 23. März 2020]


NdT : La Bavière a été le premier Land d’Allemagne à décréter le confinement. Markus Söder, chef de la CSU et ministre-président du Land, a décrété à partir de minuit samedi 21 mars l’assignation à résidence pour l’ensemble de la population. Cette mesure est appliquée pour une durée de 14 jours, c’est-à-dire jusqu’au 3 avril minuit. Elle sera certainement reconduite à partir de cette date.
L’armée a été déployée dans les rues pour épauler les patrouilles de keufs pour maintenir l’ordre et veiller au confinement. Toute personne violant l’interdiction de sortie est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 euros, selon le ministre de l’intérieur Joachim Herrmann.
Les quelques autorisations de sortie sont presque les mêmes qu’en France. Il est autorisé de sortir pour aller au travail, dans les commerces considérés comme « essentiels » ou retirer de l’argent à la banque (DAB), pour aller chez le médecin ou à la pharmacie, rendre visite à son/sa conjoint.e ou faire de l’aide à domicile à un proche ou autres…. Bars, restaurants, musées et théatres, commerces « non essentiels » sont fermés.

Incendie pré-confinement

Publié le 2020-03-29 23:06:04

Alors que se propageait le virus Corona en pleine période électorale, on a préféré foutre le feu à une bagnole de l’autorité de la ville plutôt que d’aller rendre visite un-e à un-e à chaque candidat-e- au poste de mai(t)re.

Le feu est un moyen adapté pour endiguer le virus de l’Etat et de ses laquais.

Lapugnoy (Pas-de-Calais) : Trois pavillons de chasse brûlés en une semaine

Publié le 2020-03-29 23:08:05

La Voix du Nord / dimanche 29 mars 2020

Trois pavillons de chasse incendiés en une semaine, le maire de Lapugnoy envisage un couvre-feu.

Un pavillon de chasse a été entièrement ravagé par les flammes dans la nuit de vendredi à samedi, rue du 8-Mai à Lapugnoy. Face à la multiplication de faits qu’il considère criminels, le maire Alain Delannoy réclame une présence policière renforcée et envisage d’instaurer un couvre-feu.

Vendredi vers 22 h 30, les sapeurs-pompiers centre de secours d’Auchel et les pompiers communautaires du centre de première intervention de Lapugnoy sont intervenus rue du 8-Mai, derrière le cimetière, où un pavillon de chasse était la proie des flammes. Il leur a fallu quatre heures pour venir à bout du sinistre, qui a entièrement ravagé la bâtisse – il n’en reste que les murs. [article payant ; NdAtt.]