Vive l'Anarchie - Semaine 13, 2018

Sommaire

Mais que font les anti-autoritaires ?

Publié le 2018-03-26 08:51:03

Mais que font les anti-autoritaires ? Introduction

Ces dernières semaines ont déclenché une remonté de désaccords politique sur la ZAD. Je pense que c’est rare de voir une telle réaction collective à des problèmes qui existent sur la zone depuis plusieurs années et qu’on n’a jamais réussi à résoudre jusqu’à présent. J’ai l’impression que ces problèmes ont commencé à se manifester notamment à partir des expulsions en 2012 quand le mouvement d’occupation c’est élargi. Aujourd’hui plus qu’avant des personnes avec des positions politiques et sociales très diverses et opposées se trouvent à vivre et à lutter ensemble sur la ZAD.

Je constate que les diverses positions partagent une crainte qu’il y a un risque de se faire squeezer1 par l’une des positions. Je ne sais pas comment on va se sortir de cette situation, et potentiellement on ne s’en sortira pas. J’ai peur à mon tour que si on ne s’en occupe pas maintentant, on ne retrouvera plus autant de motivation et de détermination collective que ces dernières semaines et qu’il n’y aura pas forcément une deuxième chance.

Pour cela j’essaie de contribuer, en semant ma graine dans le processus en cours. J’ai trouvé difficile de prendre la parole dans certaines discussions, notamment celle sur le CMDO le jeudi 4 mai, donc j’écris là en espérant que ça pourrait aider à avancer.

Les différences de fond, je pense qu’on va devoir vivre avec. On s’inspire, des fois, on se fait réflechir, tout n’est pas figé, mais ultimement, on ne sera pas d’accord sur des analyses, des moyens ou des buts, parce qu’on n’a pas les mêmes intérests/privilèges, parce qu’on est pas venu la pour réaliser les mêmes rêves, parce qu’on n’a pas le même bagage ni la même analyse politique. C’est pour cela que nous allons devoir vivre avec nos différences. On n’aura pas le choix.

Le problème que je vois c’est qu’il y a beaucoup de fond dans la forme. Et on a beau accepter qu’on n’est pas d’accord en théorie, quand les pratiques nous font violence, les désaccords ne sont pas que de la théorie. Les différentes pratiques, de tous les côtés pouvant choquer, on se trouve dans une situation largement dirigée par la méfiance, la peur et la colère. Être en désaccord sur le fond et avoir principalement de la peur et méfiance dans la paratique, c’est une recette pour le désastre.

La perspective à partir de laquelle je voudrais parler est : pourquoi j’ai de la méfiance et ce que je pourrais voir comme possibilité pour récréer de la confiance. La confiance n’est pas un tout ou rien, et je pense pas qu’on se fera confiance sur tout, mais au moins il est important d’avoir la confiance qu’il y a de la bienveillance en face. Une confiance qui implique qu’au moments du désaccord on évite de considérer sa perspective comme supérieur à celle de l’autre, qu’on valorise les critiques et oppositions comme essentielles et vallables dans une tentative d’autogestion politique et sociale.

Je ne veux pas faire semblant d’être neutre comme l’introduction du texte pourrait laisser entendre. Je ne peux pas faire semblant d’être autant choqué par le comportement de ces supposées personnes qui critiqueraient pour le sport que par celui des personnes que je vois faire des prises de pouvoir. De plus, face aux critiques, le mélange de déni avec « de toute façon on est légitime, du coup on continuera » me le fait vraiment pas. Je pense que c’est important de prendre position actuellement, sans pour autant vouloir dire que toute est noir ou blanc. Il y a des choses légitimes et qui se comprennent dans les paroles qui viennent de tous les côtés.

Des fois ; faire des analyses des comportements peut donner l’impression d’accuser les gen.te.s d’intentions machiavelliques. Je ne pense pas que la plupart des personnes qui sont visées par des critiques aient des mauvaises intentions, mais on agit à base de nos intérets, nos privilèges (auquel on s’est habitué.e), nos (in)consiences politiques, etc. Agir avec la consience de ceci implique de prendre au sérieux des critiques et de ne pas juste chercher à les rejeter. Il est essentiel de reconnaître les vécus des autres, leur accorder de la validité, même si on n’est pas d’accord avec l’analyse, ou bien si ces vécus ne sont pas assez bien bien exprimés. En tout cas si on prétend faire « commune », va falloir apprendre à s’écouter.

Analyse Une analyse qui prend en compte les inégalités…

Je veux donner mon point de vue sur les dynamiques qui nous traversent sur la ZAD. Ceci contient forcément des généralisations2. Je n’ai pas envie de parler juste du CMDO, car j’ai l’impression que le CMDO s’encre dans un certain groupe social et politique présent sur la ZAD, qui est plus large.

Les prises de pouvoir qui me posent problème3 peuvent émaner de groupes ou d’individu.e.s, être spontané ou prémédité, reconnues ou niées par la suite. Par contre je les vois en lien avec un groupe social et politique.

Socialement ce groupe réprésente des personnes plutot confortable dans ce monde, avec des moyens ; financier,s intéllectuels, réseaux de luttes, occupant souvent des lieux en dûr sur la zone, plutot français-es qu’étranger-es, plutôt blanc.hes, avec moins de galères de santé, d’addictions, de pauvreté et de répression policière au quotidien que d’autres occupant.e.s de la ZAD… Soyons clair, j’en fais parti de ce groupe social. Ce n’est pas question d’en culpabiliser, mais de le prendre en compte quand on se demande si un rapport de force est l’outil propice pour régler un désaccord.

Elles sont aussi en lien avec une position politique. Une position que j’identifie souvent comme plus conformiste. On va plutot vouloir couper des arbres que s’y opposer, plutot faire la chasse que s’y opposer, plutot faire l’élévage que réflêchir sur le spécisme, plutot vouloir rentrer dans le dur, faire d’installations agricoles légales, plutot vouloir parler à la presse, refuser des grilles de lecture qui donnent une importance aux inégalités ou à l’anti-autoritarisme, « je ne suis pas venu.e la pour me remettre en question, mais pour combattre l’état et le capitalisme », …

Quand cette position sociale se croise avec cette position politique, ce n’est pas un hasard. Quand on est plutot confortablent installé on a intérêt à ce que la rupture avec le meilleur des mondes ne soit pas trôp radicale.

…parce que certaines positions politiques/sociales me paraissent plus dangéreuses que d’autres

Avec la diversité de nos positions politiques, quand les actions, comportements d’autres nous posent question politiquement et ce problème se pose mutuellement, on commence à voir des rapports de force, des prises de pouvoir, des enjeux de faire ressembler la ZAD à sa vision des choses, et on commence à avoir peur de se faire squeezer par l’autre.

Les paysans ont peur que les anti-specistes veulent une ZAD ou il n’y a pas d’agriculture conventionelle, qu’illes ne peuvent plus accéder à leur champs, que les coups de pressions vont finir par les faire partir4. Que leurs choix politiques (ou celle de l’ACIPA), comme parler au journalistes et au politiciens ne soient plus possible à cause d’actions comme celle à la vacherie.

Moi j’ai peur que des visions politiques radicales qui sont minoritaires partout, ou des personnes qui galèrent partout soient squeezé.e.s ici par une vision de gentrification de la ZAD : nettoyage de l’espace et de l’image, mépris de classe, sentiers touristiques, ouverture vers la presse, installations agricoles légales, …

La dedans je vois un groupe social qui n’a pas peur. Qui grace à son positionnement politique plus comformiste peut facilement faire de l’alliance avec les autres organisations dans la lutte (aussi pour faire du rapport de force sur la zone), les voisins, les journalistes, les politiciens (s’il faut). Qui passe pour plus crédibles, car plus sérieu.es.x, qui peut devenir interlocuteur pour l’adversaire en cas de négociation. Qui sur la zone a déjà largement les moyens pour imposer sa vision des choses, qui peut faire des exactions (comme virer qq de la zone en mode milice violente et sans accord collectif) en toute impunité.

Je ne suis pas du tout en faveur de la punition comme pratique, mais je veux remarquer que le fait que certain.e.s personnes sont beaucoup plus entendues que d’autres se voit aussi dans quels actes sont considerés comme inacceptable. Dans le résultat du processus sur les limites, pas de limites posées sur les prises de pouvoir, les milices, … Le même groupe qui menace de réagir collectivement5 face au sabotages entre nous, l’a oublié bizarement quand une semaine plus tard qq à coupé l’internet des Domaines Libéré. Quand la même personne va casser des vitres aux Planchettes, pas de réaction virile, comme quand l’intérieur de la cuisine de Fosses Noires a été défoncé6.

Je revois l’histoire se reproduire comme quasi partout et toujours. Dans un mouvement de lutte, il y a celleux qui pensent la stratégie, et celleux qui sont nécessaire pour faire corps, ou chair à cannon si vous préférer. Il y a toujours une élite qui à bien besoin des autres pour faire la révolution, mais qui souhaite bien garder la main dessus, car il faut quand même pas faire trôp la révolution. Nos privilèges, on veut quand même bien les garder. A un moment donné il sera temps pour faire des compromis avec l’état, d’assurer l’avenir et certain.e.s se sentiront plus légitime de rester que d’autres. Heureusement, le moment venu, s’il y a des récalcitrants, qui on résisté à la transformation de l’espace et l’image, au mépris7, menaces et aux intimidations, l’état se portera volontaire pour faire le sale boulot… J’èspère que je me trompe, mais vu de ce qui ce déssine aujourd’hui, pour moi c’est la suite logique. De nous sortir les « six points » toutes les deux phrases ne me rassure pas du tout, au contraire. Ça signifie que la seule raison de se faire confiance c’est un accord sans aucune garanti de durée. Plutot pas bon signe.

Il y a de l’autre côté aussi des prises de pouvoir. Quand on crée une ambiance sur la D281 qui a exclu une bonne partie de nos voisins de cette route, quand on va couper du mais d’un.e agri.e, quand on va bruler une voiture dans un bourg à côté, quand on vole de nos voisins8, c’est bien aussi des choses qui nous impactent tou.te.s et qui ne sont pas consensuel et qui crée des ambiances excluantes. Par contre on est nombreu.se.x à passer des plombes à gérer ces situations, à faire du lien pour raisonner des personnes, à faire de la médiation, etc.

La différence étant quand même que ces actes sont souvent posé par plein de personnes différentes, des fois juste de passage, et qu’illes ne font pas parti d’un groupe bien défini avec des réunions et toutes capacités intéllectuelles pour s’engager formellement à ne plus faire de la merde et a exiger de ses membres de ne plus en faire, mais qui refuse. De plus les personnes qui font ce genre de choses n’occupent pas souvent des positions de pouvoir, ne réflechient pas la question de stratégie à notre place à tou.te.s9.

Pratique

Il y longtemps j’ai participé à une lutte dans lequel j’ai pris plein de place. Je décortiquait les dossiers juridiques, parlait à la presse, ai participé à des négociations avec des politiciens, des fliques, ai pris plein de place dans les réus avec plein d’assurance en soit, de la vision stratégique, de bonnes intentions et une envie de chercher la victoire (qui paraissait assez réaliste, contraire à plein d’autres luttes). Plusieurs mois sont passés avant que je me suis rendu compte que j’était en train de perdre des pôtes. Qu’en cherchant la stratégie, la réflechissant à qq un.e.s ont s’est trouvé en décalage avec le reste des camerades, qui pour plein de raisons différentes (moins investi, envies différentes, peur des conséquences de certains stratégies, différence d’opinion sur les choix stratégiques ou parce qu’illes se faisaient écraser dans les réus par manque d’écoute et un envie que ça avance). J’ai pris du recul. Il ma paru évidente que prendre soin de mes camerades était pour moi une priorité avant mes fantasmes politiques.

Ça pourrait paraître un simple choix personnel, mais ça ne l’est pas. Si je voudrais former un groupe pour participer à une lutte avec une vision stratégique, pragmatique, je pourrais, mais alors sans impliquer les personnes qui n’ont pas envie de cela, sans risquer que certain.e.s deviennent de la chair à cannon, sans embarquer des personnes sur des actions sans qu’illes aient participé à la préparation pour voir si les enjeux, risques, choix stratégiques, etc leur conviennent. Soit on fait ensemble, soit on fait de la merde.

Avoir un choix d’inclusion (de faire commune?) implique de s’adapter au collectif. De faire attention au décalage. Ça implique de marcher plus lentement pour ne qu’on laisse derrière des camarades, même si ça fait mal à sa stratégie. Que le meilleur qu’on puisse produire sera de toute façon ce qu’on peut produire ensemble car sinon c’est tensions, embrouilles, blessures, se sentir arnaqué, en gros la division que le CMDO dit de craindre tant.

Comment faire avec des oppositions aux initiatives qu’on prend ?

Il y deux ans j’ai participé, avec pas mal de doutes, au chantier de scierie mobile qui est venu à la ZAD. J’ai pu constater qu’il y a 90 gros trons qui on été coupé sur zone pour ce chantier. J’ai eu echo de pas mal de prises de têtes et de désaccords sur la coupe d’arbres. Beaucoup des rumeurs critiques du processus que j’ai entendues se sont avérées fausses ou grossies. Néamoins, cette année de nouveau coupe d’arbres. Je ne sais pas combien, mais j’ai vu pas mal d’arbres coupé au forêt de Rohanne. Si jamais les chiffres restent les mêmes, une centaine d’arbres de ± 50 ans coupés par an, il faudrait 5000 arbres qui ne servent que a ça si on ne veut pas enlever le bois de la ZAD dans la durée. Je pense que c’est safe de dire qu’il n’y a pas consensus pour une telle coupe au sein de l’occupation.

Pour autant on continue. J’ai eu des discussions interindividuelle avec des personnes partisannes de la coupe d’arbres et on me sort des arguments comme « non, on va quand même pas chauffer avec des palettes de récup, on va encrasser nôtre poele », « j’ai étudie la gestion forestière » (comme quoi on veut réflechir notre rapport aux arbres à travers d’une science qui exists pour rentabiliser les forêts), « les haies, ce n’est pas de la nature, ça fait partie de la paysannerie », « les gros chênes devant Bellevue, on devrait tous les couper, car dessous il ne pousse pas de haie pour couper le vent ». Bref ses discussions, qui baingent dans le « j’ai un intérêt a satisfaire et du coup je cherche tout argument pour faire passer » m’ont pas donner envie d’aller discuter au réunions qui, chapeau pour le groupe bois, ont été prévus et on eu lieu, car j’ai l’impression que la mentalité est de « convaincre si on peut, vaincre s’il faut ». Les solutions de ces désaccords ne se trouvent pas dans des discussions avec des bucherons professionnels ou autres techniciens. Ces démarches seraient chouettes et propices si tout la zone ferait le choix par rapport la coupe que fait acadabois, ce qui n’est pas le cas.

On sait très bien qu’il y a désaccord. On n’a pas vraiment besoin de plein de réunions pour le savoir. Du coup soit le groupe qui prends l’initiative propose autre chose qui peut faire compromis et qui peut s’approcher plus d’un consensus souhaitable, soit illes abandonnent, soit illes font quand même et il faut aller faire du rapport de force pour les empêcher. Je refuse de fliquer, surveiller et faire des rapports de forces avec mes camarades de luttes, du coup un moment ce genre de situation, ou l’accumulation de celles-ci, finit par faire rupture.

Ce que je trouve primordial pour fonctionner ensemble c’est de pouvoir, face à de l’opposition, mettre de côté ses intérêts, accepter qu’on ne peut pas forcément faire se qu’on a envie de faire pour montrer qu’on respecte les avis des autres, même si on n’est pas d’accord. On peut revoir des projets à la baisse, trouver du bois de récup, accepter de chauffer en parti avec des palettes, mieux isoler les cabanes, mettre des poêles turbo qui consomment moins, planter des arbres têtards pour récolter du bois sans devoir couper des arbres qui ont 50 ans, etc.

Comment faire avec des critiques ?

Être remise en question est toujours (un peu) perturbant. On peut être en dessaccord avec des analyses, on peut ne pas comprendre ou devoir faire face à des rumeurs grossies et des paranos. On peut se méfier des intentions de celui qui critique (sans forcément devoir le dire). Par contre on ne peut pas ignorer qu’il y a un probème. Il va falloir le prendre au sérieux.

« On a qu’a arreter de fonctionner par consensus »10. Une manière particulièrement déplacé pour répondre au critiques sur des prises de pouvoir est de dire que c’est la faute de la prise de décision par consensus. Pour autant, ça n’a pas manqué. Soit disant, il y a toujours qq qui s’oppose, du coup on ne peut jamais rien faire. De plus, il y aurait des personnes qui s’oppose pour le sport11.

Décrire le consensus comme une finalité, il y qq qui s’oppose du coup on est foutu, on ne peut rien faire, est pour moi une vision tout à fait tordue. Quand il n’y a pas consensus, c’est plutot révélateur de qq chose. L’important étant de comprendre pourquoi il n’y a pas consensus, et pourquoi on était en décalage avec d’autres par rapport à la proposition qu’on a fait. Si l’envie est de faire commune, le consensus est un excéllent outil pour garantir qu’on ne passe pas au dessus des desaccords juste parce qu’on est plus fort.e, plus nombreux, … C’est un départ, pas une finalité. En ce sense, l’exigence de consensus est la rémède à vos prises de pouvoir. Le présenter comme en étant la cause est abusif.

Comparer le consensus à l’unanimité12 est bien à coté de la plaque, car l’unanimité est un modèle de vote et tant que j’ai vu, on ne fonctionne pas par vote. De faite on ne fonctionne déjà pas par consensus stricte. Le sens commun nous permet des fois de passer outre un.e individu.e qui est complètement irraisonable, qui n’a aucune alternative à proposer, et qui se trouve en décalage avec tout le monde. C’est questionnable, mais c’est comme ça qu’on fonctionne actuellement. Par contre ce que j’entends de la part de certains membres du CMDO à travers leurs paroles et pratiques, c’est qu’on aimerait bien pouvoir aussi passer au dessus une grande parti des habitants de la zone quand ceci arrange nos intérets ou opinions. Pour cela le consensus est certe gênant. Raison de plus d’être méfiant de vous.

Une autre réaction typique et pas propice que j’ai entendu sur la réu du 4 mai de la part de qq du CMDO était : « On veut bien continuer à réflechir au processus de prise de décision sur la zone si la prochaine fois on ne se focalise plus sur le CMDO » et le rajout d’un deuxième membre du groupe : « et sinon, ça sera sans nous ». Quand vous prenez des initiatives, vous êtes partie prenante. Dire « on veut bien entendre des critiques et aménager qq trucs, mais de toute façon le projet aura lieux » est une manière de déposseder le collectif de sa légitimité de décider ensemble et essayer de s’approprier un pouvoir qui se veut supérieur à l’opinion d’autrui. La décision sur quand on trouve que le problème est résolu appartient au collectif, et non au group accusé.

Comment faire quand on sent ses limites dépassées ?

Après l’action à la Vacherie, qui est pour moi régrettable, des personnes de COPAIN sont énervés. Leur réponse c’est de venir « nettoyer » la route, un espace de vie, sans se faire chier à trouver un accord avec les habitant.e.s sur place. On essaie d’intervenir pour limiter la casse en insistant qu’illes viennent discuter en même temps qu’on négocie avec des habitants de la route pour qu’illes accèptent que l’aménagement de la route soit prise en charge collectivement. Les deux côtés (sans avoir pu discuter avec tou.te.s, sous pression du temps) acceptent les propositions respectives. La veille de la réu à Lama faché ou les COPAINs viennent, une personne de la ZAD me clarifie : « Demain on ne vient pas tant discuter avec les gen.te.s que leurs informer de ce qu’on va faire ». Je ne peux pas soupsonner cette personne de naivité politique. Elle sait parfaitement que c’est inacceptable. C’est ce que je comprends par une prise de pouvoir.

Que des zadistes ai fait de la merde à la Vacherie n’excuse auqunement la réponse, qui impacte d’ailleurs bien d’autres personnes que celles qui étaient à la Vacherie. De la part de camarades politiques je m’attendrais à ce qu’on raisonne COPAIN, plutot que de s’allier avec elleux car leur position arrange vos intérets/opinions sur la question.

La situation de la D281 était en effet un problème qu’on a trôp laisser dégénerer, dans laquelle on n’a pas laissé assez de place au vécu des gen.te.s de l’extérieur. On n’a pas été suffisament responsable en tant qu’occupants, car je ne trouve pas que c’est aux personnes de l’extérieur d’aller chercher tou.te.s habitant.e.s autour de la route pour construire un consensus, mais nous on devrait le faire.

Appart du déni entendu dans la réu des habs la même semaine face au critiques des prises de pouvoir, c’est gros de voir comment après coup la prise de pouvoir est présenté comme un accord collectif13. La tentative de limiter la casse a été récuperé pour prétendre qu’il y avait un accord collectif. Ce processus pourri dans 2 semaines et 3 réunions ne peut passer pour collectif et prétendre autrement c’est reécrire l’histoire.

Si accord il y a eu, engageant que les personnes présentes sur ces réunions, c’est que d’un côté a été entendu que la sécurité des habitant.e.s est important, et qu’il faut mettre en place des ralentisseurs qui obligent à reduire la vitesse et de l’autre côté qu’on ne veut pas empêcher les paysans de passer en tracteur et que les chicanes, trous ou autres obstacles devraient respecter les mésures nécessaires pour que ça passe.

Rien que cette expérience me prouve que prises de pouvoir, il y en a, et qu’intention d’en faire il y a aussi. Face aux critiques des prises de pouvoir, il me paraît donc nécessaire de s’exprimer. D’abord de reconnaître, et puis de s’engager de ne plus fonctionner comme ça. Si vraiment on est pas d’accord sur l’analyse de quand même s’exprimer dessus et proposer un fonctionnement clair auquel on est prêt à se tenir et obligatoirement s’adapter au collectif par rapport à la question si la proposition est acceptable/ suffisante.

Des fois on est exasperé des comportements reloux ou on est en fort désaccord politique. Pour moi la réponse à ce genre de situation ne peut pas être de s’auto-convaincre qu’on a plus raison que les autres et libérer son mépris de classe, ni de considérer qu’on est légitime faire de la merde à son tour. On est plein à perdre du temps à gérer des situations de merde, mais ce que j’attends d’un groupe comme le CMDO en ce moment c’est bien de s’engager à ne pas en rajouter et de l’exiger de ses membres. Et oui les alternatives sont long, laborieux et des fois chiant, mais souvent elles fonctionnent. Si on en peut plus faut prendre des vacances.

Pour en finir…

Dans le processus actuel autour des prises de pouvoir et autour du CMDO il y a un gros problème. On n’est jamais passé par la case reconnaissance. Soit il y a déni, soit on fait comprendre qu’on à des convictions et du coup on n’hésitera pas de refaire de la merde pour les défendre. Bien sûr on peut mettre en place des choses pour rendre plus difficile les prises de pouvoir, mais sans reconnaissance, sans engagement, il reste que 2 options, le flicage et la méfiance permanent ou une rupture totale. Si on agit pas collectivement, la rupture implique que de plus en plus de personnes chouettes vont partir « volontairement »14. J’espère qu’on trouve une solution plus agréable.

J’ai plutot été impressionné tout ces années par la patience et la persistance des paysan.ne.s qui sont nos voisin.e.s. Ce n’est vraiment pas toujours facile de vivre sur la ZAD et illes subisses des comportements reloux. Pour autant illes sont toujours là à faire des AG avec nous, à voir aussi le positif, à nous soutenir à plein de moments. Je le considère preuve de bienveillance et de sagesse de leur part. Il faut qu’on prend soin d’elleux. Je partage avec le CMDO ce soucis, mais j’exige la même bienveillance entre nous. Qu’on cherche à s’inspirer plutot que de ce faire des rapports de force pour imposer une vision ou une autre.

Ps : Désolé de vous faire lire un pavé, mais je n’ai pas trouvé comment l’exprimer plus succint sans faire trôp de racourcis.

1Par squeezer ici je comprends pas tant « oublier », mais plutot se faire écarter, étouffer, faire partir « volontairement ».

2Par généralisation j’entends synthétiser des tendances générales, majoritaires, ce qui n’empeche pas que des individu.e.s d’être ne se retrouvent pas dans les cases. C’est important par contre de pouvoir mettre des mots sur ce qui nous traverse.

3Il y bien beaucoup plus de pratiques sur la ZAD qui me posent problème, mais la je parle des prises de pouvoir qui ont été dénoncé ces dernières semaines.

4Les zadistes on d’ailleurs déjà réussi a faire partir des voisin.e.s la ou Vinci avait échoué, alors la crainte n’est pas infondée et on devrait sûrement plus s’en occuper de ce problème.

5Texte dans le ZN direct après l’action à la Vacherie (28 mars)

6Une dizaine des personnes armées de barres de fer débarquent au lieux de vie de PJ qui s’est enfuit juste avant. Illes finissent par sortir les derniers affaires qu’il n’a pas emporté pour les bruler.

7« Je ne veux pas participer au non-marché, car c’est de l’asistanat » pour donner qu’un example.

8Liste largement non exhaustive.

9A l’exception de comment défendre la D281 à des moments, et récemment pas mals des habitan.te.s de cette route aient bien accepté qu’on s’en occupe plutot de manière collective.

10Voir texte de M. des sens noms dans le ZN de 28 mars, plusieurs prises de paroles pendant des réunions.

11Des fois il y a des personnes qui peuvent paraître irraissonable ou très retranché dans des visions très radicales difficilement conciliable avec d’autres points de vue, mais vous donnez déjà une réponse à ce genre de problèmes dans votre texte apparu il y a 2 semaines dans le ZN : « Le fait de croire dans la nécessaire solidarité entre composantes ne nous épargne absolument pas d’aller prendre vertement la tête à l’acipa ou d’autres, [ … ] dans des situations de dissociations [ … ]. On a l’impression que ces critiques peuvent d’autant mieux être entendues et faire évoluer des choses qu’une certaine confiance à pu se bâtir, par ailleurs, sur d’autres plans, petit à petit et dans la durée, avec les personnes concernées. » Faudra juste avoir la même constructivité pour créer une certaine confiance avec les habitant.e.s de la zone comme vers l’extérieur.

12texte CMDO ZN de 2 mai 2017

13Dans les AG du mouvement notamment

14Processus déjà en cours

Une vitrine fracassée à TVA après la manif du 15 mars

Publié le 2018-03-26 21:14:06
Mar 262018
 

De Journal corporatiste légèrement détourné, soumission anonyme à MTL Contre-info

L’édifice de TVA a été la cible d’un acte de vandalisme dans la nuit de jeudi à vendredi [le 16 mars]. Une vitrine donnant sur le boulevard De Maisonneuve a été fracassée. Bon moyen de rappeler que les possibilités d’attaquer n’existent pas qu’en manif, lors desquelles il n’est pas toujours simple d’agir en raison du nombre important de flics.

Peu avant 3 h 30, trois individus encagoulés qui marchaient sur le boulevard ont brisé la vitrine au moyen d’objets contondants, puis ont rapidement quitté les lieux.

Les policiers ignorent pour l’instant si l’incident est lié à la manifestation organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière, qui a eu lieu jeudi soir.

Lettre ouverte d’un (ex)agriculteur à sébastien lecornu, secrétaire d’État au ministère de la « transition écologique et solidaire »

Publié le 2018-03-27 09:05:05

Alors je vais me présenter rapidement : je suis fils d’agriculteur et d’agricultrice. Un « vrai ». Qui déclare tout-bien comme il faut, qui répond aux normes (et même en a co-rédigé parfois), sur une exploitation bien comme il faut. Une exploitation un peu petite, certes, mais largement dans la Surface Minimale d’Installation (SMI).

J’ai moi-même été agriculteur à mon compte. Un peu moins investi, mais je continuais bien à faire dans le cadre des engagements dus à l’État, la Région, la DDA, l’Europe, avec un comptable que je payais. Je faisais tout bien. Je n’étais pas « hors-cadre ».

Et je vivais en gagnant une misère. J’ai d’ailleurs dû faire cesser cette activité agricole pour cette raison. J’ai vécu la transition d’une époque à l’autre. Depuis celle à laquelle, comme mes parents avant moi, on pouvait vivre des ventes de ses produits vers celle où la moitié de mes revenus me venaient des aides, essentiellement européennes, et de ma capacité à remplir des dossiers.

Ces dossiers allaient bien entendu avec des engagements sur la manière dont je devais « mener mon exploitation », comme on dit. Des engagements qui, souvent ne faisaient pas sens avec ce qui aurait été rationnel économiquement, ou en terme d’insertion dans le territoire.

Je ne vais pas faire l’innocent, hein… mes difficultés venaient aussi de moi, et des circonstances climatiques. Mais pas que.

J’ai donc fini par arrêter le massacre.

Encore maintenant, quand je pratique une activité agricole (salariée, bien dans le cadre et très bien payée), environ 80% de mon salaire est financé par la communauté européenne… pas grâce à la vente des produits de l’agriculture. Bref, l’agriculture je connais. C’est un milieu dont je suis issu, et dans lequel je suis encore une bonne partie de temps.

Je dis une bonne partie du temps parce-que oui, cher Sébastien, l’agriculture conventionnelle et normée, en plus de ne pas payer, elle aigrit une partie des gens. Mais elle peut aussi en rendre d’autres critiques et combatifs.

Et oui, Sébastien. Le temps que ça m’a libéré m’a permis de me documenter, de me politiser plus que je ne l’étais déjà, et de devenir actif. Une activité que tu associerais certainement à celle de ces « militants de l’ultragauche violente ». De ceux que tu voudrais expulser à grands coups de tonfa et de gaz lacrymo’ (savoureusement ironique pour quelqu’un qui les taxe de violence, n’est-ce pas ?). De ceux dont tu dis qu’ils n’auront jamais une activité agricole.

Oui, j’ai été agriculteur. Oui, malgré mes pourtant très modestes contributions politiques, il est très probable que cet État dont tu fais partie m’ait « fiché S », classé comme par une police politique comme « ultraviolent » ou « appelant à la haine ». L’accusation en serait tellement ridicule qu’elle en devient terriblement amusante quand j’y songe.

Alors tu pourrais me dire que je suis une exception, Sébastien. Je tiens à réfuter d’emblée cette affirmation : des gens que je connais personnellement sur cet axe politique et avec un parcours agricole, je pourrais t’en citer une bonne douzaine sans même réfléchir, uniquement dans mon entourage.

Sébastien, ta lecture du monde et tes cases sont trop étroites pour saisir la réalité de ce monde. Un monde sur lequel d’autres incompétents t’ont pourtant donné trop de pouvoirs (même si, ne nous le cachons pas, tu n’es ici est pour d’autres qu’un pion qui me sert à exercer la critique de fond que je cherche ici à faire).

Le monde agricole conventionnel devient tellement difficile à vivre que je ne suis probablement qu’une partie d’une masse qui ne peut que grandir. Une masse contre laquelle il ne sera possible de lutter qu’en continuant à jouer la carte de la division. Démunis contre moins démunis. Salariés du privé contre fonctionnaires. Fonctionnaires contre cheminots… Nervis de la FNSEA [1] contre petite paysannerie.

Mais ce n’est pas tout.

Ce qui suit est écrit avec ce que je connais de la Zad de Notre-Dame-des-Landes que je ne connais qu’indirectement, de loin, depuis une autre région.

Même si une partie des gens présents sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, en plus de ne pas vouloir rentrer « dans les clous » (ce qui est déjà difficile, vu la pression qu’on leur fait peser dessus) n’a même pas envie d’avoir un début d’activité agricole j’ai envie de dire : « et alors ? ».

Sébastien, en plus de séparer consciencieusement (et de manière fallacieuse comme écrit ci-dessus) les gentils agriculteurs des vilains-zanarchistes-ultra-violents, ce que tu cherches à faire c’est de faire passer les arrachés de la zad pour une représentation de ce que sont tous les anarchistes.

Des arrachés que je respecte. Qui méritent ce respect. À la fois parce-qu’on à tous droit au respect, certes. Mais aussi parce-qu’ils ont trouvé pendant quelques années dans la Zad, dans ses interstice ou en plein milieu, aux abords de la route des Chicanes, un espace où vivre plus sereinement que dans le reste d’un monde policé, fliqué.

Toi qui a eu la chance – le mérite, diras-tu certainement, niant par là une certain nombre de déterminismes sociaux que tu participes ici à reproduire – de ne pas faire partie des exclus et des marges, tu ne sais peut-être pas ce que c’est que d’avoir un espace d’où on ne soit pas chassé. Tant mieux pour toi. Mais faut-il vraiment participer activement à la traque des autres ?

Sébastien, je vais te faire une fleur et ne pas partir du principe que tu es complètement idiot, même si c’est peut-être le cas. En fait, je pense que tu es volontairement malveillant. Parce-qu’en participant ainsi au débat, tu contribues évidemment à mettre la pression sur les habitants de la Zad.

Aux uns, les plus exposés et les plus socialement à la marge, tu fais planer la menace de ne plus avoir une petite place au soleil, même si c’est dans la boue d’un bocage où pourtant tu ne travaillerais jamais, y préférant le confort de ton bureau parisien.

Les autres, moins à la marge, n’osent plus se manifester pour défendre une zone que certains même, à l’image de ce vendu d’Anthony Meignen (qui a à peu près autant de rapport avec l’agriculture que toi, d’ailleurs) disent qu’elle n’est plus à défendre. Pour conserver leur lopin de terre, pourtant pas bien grand, ils acceptent de se diviser.

Et parfois à cracher sur ceux qui, parce-qu’arrachés, avaient déjà moins à perdre qu’eux. Ceux qui mériteraient pourtant leur plus grand respect car, même socialement à la marge et justement parce-qu’ils avaient moins à perdre, étaient parmi les premiers qui, quand il y en a vraiment eu besoin, osaient aller au contact. Quitte à prendre des coups encore plus violents de gens d’armes toujours mieux équipés qu’eux, toute aussi « ultraviolente » qu’ait pu être la résistance à l’aéroport.

Pour défendre leurs culs à eux, moins opprimés. Eux qui pourtant privent de plus en plus ceux qu’on appelait « arrachés » d’expression publique et, quand ils osent prendre la parole ailleurs malgré tout (ou pire, agir pour défendre encore un peu leur lieu de vie), se font conspuer. Pour un bout de terre ou quelques bulletins de vote aux prochaines élections.

Sébastien, ton jeu de la division, il pue. Et s’il fonctionne à merveille à court terme je peux t’assurer personnellement qu’à plus long terme, il ne fera qu’attiser nos colères à tous.

Je veux dédier ce petit texte aux « marginaux », aux paysans qui subissent les pressions de l’État même quand, parfois, ils lui cèdent. Et souhaiter qu’à chaque fois, tous, on cède plus difficilement. Pour, un jour, ne plus leur céder du tout.

Que crève l’État. Que crève le type d’économie qu’il soutient. Que crèvent leurs normes.

[1] Je ne veux d’ailleurs pas mettre tous les membres de la FNSEA dans le même panier, et je conseille à chacun l’écoute de l’excellente série « La fabrique du silence » dans l’émission « Les pieds sur terre », diffusée sur France Culture.

LA RUE OU RIEN

Publié le 2018-03-27 09:09:04

LA RUE OU RIEN

Publié le 2018-03-27 09:09:07

LA RUE OU RIEN

Publié le 2018-03-27 09:29:03

Proposition fainéante, cynique et extrême

Publié le 2018-03-27 12:49:04

Conclusions et propositions émanant de la Grosse Commission, organe fainéant cynique et extrémiste auto-proclamé de la lutte pour un monde souhaitable.



Intro un peu tristouille

Nous ne gagnerons pas la bagarre, nous ne l’avons jamais gagnée. Robocop, Thiers, Papon, et maintenant Colon tous sont trop forts, trop entourés, trop financés, trop armés, trop organisés, trop impliqués, trop balèzes en somme.

La milice du capital n’a jamais perdu. Et ne perdra certainement jamais la guerre perpétuelle qu’elle nous mène. Il n’est pas vain cependant de la combattre. Pour preuve ces moments glorieux où elle vacille et est obligée finalement de faire grandir encore un peu plus à chaque fois son aspect monstrueux et sanguinaire. Les masques tombent et le souvenir de cette face atroce est l’aiguillon qui nous rappelle l’enjeu : la liberté ou la mort.

Aussi sûrement que deux et deux font quatre, les répressions s’adapteront toujours, les tactiques et stratégies de lutte également.

Nous sommes fainéants, c’est à dire que nous feignons, nous faisons semblant. Semblant d’être terribles lorsque lunettés, cagoulés, kawainoirisés derrière nos banderoles renforcées nous hurlons des AHOU ! Qui nous rassurent plus qu’ils n’effraient l’ennemi. Nos projectiles, inflammables ou non, sont des jouets comparés aux leurs. Nos tactiques et ruses d’apaches n’ébouriffent pas longtemps les soldats de l’ordre.

Nous sommes cyniques, c’est à dire que nous préférons nous moquer et rire un peu plutôt que de sombrer dans les fausses joies de leur faux monde.

Et nous sommes extrêmes, comme le monde, comme l’époque, comme la vie. Toute chose a des extrémités, le reste est un mensonge abrutissant.

Présentations

La Grosse Commission ne se réunit pas, elle se fait, souvent seul au fond d’un trou rempli d’eau potable. Ceci est une proposition d’une arme fainéante, cynique et extrême pour les prochaines bagarres. Associée à un bon vieux « sac à merde ! » gueulé contre un pourceau de l’ordre, cette arme se compose d’un bocal en verre et d’un mélange de substances que chacun de nous produit en quantité quotidiennement. Une fois lancé, certes il ne brûle pas, certes le verre n’a jamais blessé un seul robocop, cependant une fois le robocop repeint à la pisse/merde, son moral, ainsi que celui de ses complices, aura certainement tendance à flancher... le nôtre à grimper.

Quelle joie de donner à ces porcs ce qu’ils méritent : une bonne dose de merde... attention, il est important que le contenu du pot soit relativement liquide afin que les projections infamantes soient efficaces : rappelez-vous bien qu’un cm3 peut faire vomir.

La prochaine étape que notre inorganisation vous propose est une collecte autogérée, une confection autogérée... bref dé-merdez-vous ! Mais s’il vous plaît : que ce mouvement soit celui où ils sont dans la merde !

Voilà, la Grosse Commission vous a fait part de ses conclusions et propositions.

CAEN(calvados) la police en roue libre, retour sur les violences policière le 22 Mars

Publié le 2018-03-28 08:32:04

[reçu par mail]

Salut

Ci joint le communiqué du CROC à propos de l’intervention policière de
nervis de la BAC à l’issue de la manif du 22 mars à Caen. joints
également la vidéos de résistances – même si on aime pas ça – qui ne
rend que partiellement compte de la violence de l’intervention qui a
débuté depuis un moment. A noter qu’ à ce moment il y a déjà pas mal de
blessé-e-s, un interpellé et des coups et menaces à gogos…

Tout se passe à l’issue de la manif où la BAC, parfois mal déguisée en
militants – avec des autoc de sud – a suivi un cortège plus offensif…
A la fin de celle-ci quelques lycéen-ne-s, étudiant-e-s et précaires
remontent vers l’AG du château. Là interv’ de la bac pour interpel’.
Dérapages, coups, flash balls, désencerclements, et menaces. Et pour les
compas de lutte embarqués un tabassage dans les véhicules et des
poursuites en prime. L’Etat dans sa grandeur…

Bien évidemment il ne s’agit pas de jouer les victimes tant tout cela
nous rappelle que le maintien de l’ordre c’est le maintien d’un
monde… Il s’agit juste de faire suivre l’info au moment où Etat,
groupes d’extrême droite et bourgeoisie lient leur intérêts pour
réintroduire l’usage des milices. A noter que dans leur empressement les
cognes avaient laissé leur véhicule portes ouvertes avec clés sur le
contact…

Anarchistement,
Un rétif.

Ci-joint le communiqué du CROC sur les violences policières commises le
22 mars lors des interpellations au château.

À diffuser. celui-ci en PDF

Lille : Manif sauvage nocturne

Publié le 2018-03-28 08:34:03

Article13 / mardi 27 mars 2018

Lundi soir, alors que se tenait une AG de 250 personnes à la faculté de Lille 2 dans le quartier de Lille Moulin, les fachos de génération identitaire ont décidé de faire un tour autour du campus. Il y a eu au moins une agression (MAJ à priori 3), les habitant.e.s du quartier ont immédiatement répondu et les ont fait fuir.
Face à eux, deux possibilités s’offraient aux étudiant.e.s. Rester dans l’amphi ou prendre la rue spontanément. C’est cette deuxième option qui a été retenue. Plus de 150 personnes ont donc défilé deter, de la faculté de droit à la gare, en passant par la place de la république.

Aux cris de « Flics, Fachos, Hors de nos facs, on répondra chaque fois qu’on nous attaque », ou encore « Du Rail au Mirail, on bloque tout » en passant par « Lille 2, première fac de droit révolutionnaire » (sic) ainsi que « Cheminots en colère, sabotez les caténaires » en arrivant sur la gare.

Rendez-vous le 28 & 29, 14 heure, place de la république contre les violences fascistes et les interventions policières au sein des campus universitaires, à Lille et ailleurs.

Reformulé du facebook de Lille insurgée

Flics, Fachos Hors De Nos Facs ! En réponse aux appels de Lille et de Toulouse, manifestons !

Publié le 2018-03-28 08:35:04

Deux rendez-vous sur la journée du mercredi 28 mars répondant à l’appel de mobilisation contre les attaques policières et fascistes récentes sur les facs.



Paris 1-gouvernable : Pas de fachos dans nos conseils centraux

On fait bloc à pantheon 7h30 contre les élections des conseils centraux où 4 listes d’extreme droite se présentent

Les élections pour les conseils centraux doivent se tenir les 28 et 29 mars. Or cette année, en raison de la mobilisation contre le Plan étudiants et toutes les contre réformes de Macron, la direction de l’université a pris la décision d’annuler les élections à Tolbiac et de les délocaliser au Panthéon. Dans un contexte où 4 listes d’extrême droite se présentent à Paris 1, il est très clair que les conditions pour organiser des élections étudiantes ne sont pas réunies. Personne ne se présentera à Tolbiac malgré les milliers d’étudiants qui y étudient et cette mesure consiste à offrir un boulevard aux listes les plus droitières qui militent activement contre les intérêts de la majorité d’entre nous. Nous appelons donc à la mobilisation, pour empêcher ce déni de démocratie.

De plus, cet événement s’inscrit aussi dans la continuité de l’appel lancé par l’AG de luttes de l’université de Lille vendredi à faire de la journée du 28 mars une journée de manifestation étudiante contre la répression et les violences, notamment policières, mais aussi fascistes.

Soyons nombreux et nombreuses demain à 7h30 devant le centre Panthéon

Mercredi 28 mars, en réponse aux appels de Lille et de Toulouse, manifestons contre les interventions fascistes et policières, à Paris 7 Diderot Esplanade Pierre Vidal-Naquet à 13h.

Après les attaques d’un groupe d’extrême droite à la fac de droit de Montpellier, conduisant à l’hospitalisation de plusieurs étudiant-e-s lors de l’occupation d’un amphithéâtre dans le cadre du mouvement de protestation en cours, après les multiples interventions policières partout en France sur les campus universitaires se mobilisant contre le plan étudiant (ou loi O.R.E ou plan Vidal) ou en soutien aux réfugié-e-s comme à Reims, Lyon, Clermont-Ferrand, Nantes, Grenoble, Saint-Denis :

Le mercredi 28 février, à Paris, la présidence de Sorbonne Université menace d’envoyer la police pour mettre fin à l’occupation d’un bâtiment préfabriqué, chauffé et inutilisé, sur le campus de Jussieu, par des réfugié-e-s et leurs soutiens.

Le mardi 6 mars, à l’université de Bordeaux, des étudiant-e-s en assemblée générale dans un amphithéâtre se font expulser violemment par la police.

Le mercredi 7 mars, à Nantes, une centaine de réfugié-e-s et leurs soutiens occupant le château de Tertre appartenant à l’université de Nantes, depuis le 25 novembre 2017, sont expulsé-e-s par la police.

Le vendredi 16 mars, à l’université de Dijon, la police court dans les couloirs de l’établissement après une cinquantaine d’étudiant-e-s venus manifester pacifiquement contre Frederique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le 16 mars toujours, un groupe d’extrême-droite attaque des élèves et des professeurs du lycée autogéré de Paris au sein de l’établissement, faisant deux blessé-e-s élèves.

Le 21 mars, Frédérique Vidal met sous tutelle l’université Toulouse 2 et menace d’intervention policière pour déloger les étudiant-e-s et personnels grévistes occupant les lieux contre la fusion et le plan étudiant.

Le jeudi 22 mars, à l’université de Caen, police nationale et BAC empêchent violemment la tenue d’une assemblée générale dans l’auditorium du château de Caen.

Encore le 22 mars, à Strasbourg, une expulsion violente par la police des étudiant-e-s et lycéen-ne-s occupant le Palais universitaire, s’organisant contre la réforme du lycée et de l’université.

Cette liste est choquante, car elle montre que de telles pratiques sont devenues la norme en quelques années sous état d’urgence et lois sécuritaires en tout genre. Il est insupportable de constater qu’entre les présidences d’université et les étudiant-e-s se trouve la répression policière ; tout comme il est insupportable qu’entre les populations qui osent manifester leurs désaccords politiques avec ce gouvernement et l’État Français, il y a la police ; comme il est insupportable qu’on envoie la police déloger des réfugié-e-s qui vivent déjà dans des conditions inhumaines, conditions dont l’État et le gouvernement sont complètement responsables ; comme il est insupportable de voir la police autant impunie dans ses exactions dans les quartiers populaires. D’autant plus insupportable que tout cela est exercé dans l’impunité – même morale – totale, car trop peu relayé par la grande majorité des médias, et trop peu commenté par la classe politique. On préfère appeler à voter « anti-fasciste » une fois tous les cinq ans sans bouger le petit doigt lorsque des militants d’extrême-droite attaquent des étudiant-e-s s’organisant contre la casse de l’éducation, lorsque des réfugié-e-s sont expulsé-e-s de locaux vides pendant un rude hiver. Un tel discours ne peut être audible quand on connaît un peu la misère que peut être un exil, quand on connaît la violence que la police exerce sur une partie de la population : en fait, il s’agit de la même violence employée par les fachos de Montpellier, mais sans l’uniforme et sans la "légitimité" de l’État.

Nous rappelons les revendications de la coordination nationale étudiante qui s’est tenue à Toulouse :

Mais aussi :

Dans ce contexte, nous reprenons les appels de la coordination nationale étudiante et de l’assemblée générale de l’université de Lille : nous appelons à une journée de mobilisation en région parisienne le 28 mars et des assemblées générales des universités de région parisienne le 29 mars, contre les interventions policières et fascistes sur les campus universitaires et contre la casse du service public, dans la continuité du mouvement déjà amorcé par les étudiant-e-s et lycéen-ne-s, et appelons à rejoindre les manifestations des cheminot-e-s à venir, et plus largement, toute mobilisation contre les réformes libérales et réactionnaires du gouvernement Macron.

Le gouvernement condamne constamment « les privilégiés » de fonctionnaires, les « fainéants » de chômeurs ou les « casseurs » de vitrines. Nous condamnons la misère, la précarité, le rejet de celles et ceux dans le besoin. À Paris, le mercredi 28 mars à l’université Paris 7 à 13H, descendons dans la rue.

Flics, fachos, hors de nos facs !

Prison de Brest : Condamné pour ne pas s’être laissé faire

Publié le 2018-03-28 08:39:03

extrait de Ouest-France / samedi 24 mars 2018

Hier, le tribunal a condamné un homme à 15 mois de prison ferme après l’agression de trois surveillants pénitentiaires à la maison d’arrêt de Brest. Il était en situation de récidive légale. […]

« Si on devait résumer l’affaire simplement, ce monsieur ne supporte pas de recevoir des ordres, fustige la procureur. Il pense, à tort, être au même niveau que les personnes dépositaires de l’autorité. »
[…] Le 26 février, alors qu’il finit de purger une peine à la maison d’arrêt de Brest, le jeune homme questionne abruptement son surveillant concernant son argent. Alors occupé, celui-ci lui répond qu’il ne peut accéder à sa demande dans l’immédiat.« Une réponse qui vous a apparemment mis en colère puisque vous avez, dans un premier temps, bloqué la porte de votre cellule avec votre pied, avant d’être repoussé par l’agent pénitentiaire, raconte la juge. Pas suffisant pour vous calmer. Il vous a entendu crier, je cite : « À la gamelle, je vous saute dessus et je vous plante ». »
Menace mise à exécution quelques minutes plus tard, alors que le surveillant rentre dans la cellule avec deux de ses collègues. Le détenu est alors armé d’un balai cassé en deux et taillé en forme de pointe. Heureusement, il sera maîtrisé, non sans avoir préalablement donné un coup de genou au visage de l’un d’entre eux. Résultat : 6 jours d’ITT.L’avocate de la partie civile ne mâche pas ses mots et parle de « faits graves, intolérables qui remettent en cause la sécurité au sein même de l’établissement pénitentiaire ». À la vue des antécédents du prévenu, transféré d’urgence de Lorient après une altercation avec un surveillant, elle demande une peine exemplaire et des dommages et intérêts d’un total de 4 300 € pour ses trois clients. La procureure, elle, requiert, deux ans de prison ferme, nécessaires pour « faire passer un message à l’ensemble de la population carcérale ».
Malgré les efforts de son avocate, Annabelle Dannequin, qui a souligné « l’absence d’éléments probatoires sur de réelles conséquences psychologiques pour les victimes », l’homme est reconnu coupable. Il est condamné à quinze mois de prison et 2 300 € au titre d’indemnisation du préjudice moral.

Du Grand Lyon à la Manche : dégradation de bagnoles (pas si gratuites que ça !)

Publié le 2018-03-28 08:39:05

Ouest lyonnais : Des dégradations de véhicules en série dans quatre communes

Le Progrès / jeudi 22 mars 2018

Neuf voitures vandalisées sur la voie publique en seulement deux jours et quatre communes différentes de l’Ouest Lyonnais concernées. Les gendarmes des brigades de Dardilly et de Tassin-la-Demi-Lune ont ouvert une enquête pour retrouver le ou les auteurs de ces méfaits.
Tout a commencé le jeudi 15 mars à La Tour-de-Salvagny. En pleine nuit, quatre véhicules ont été dégradés rue du Colombier, avenue de l’Hippodrome et allée du Pré-Magnin. Sur chacun de ces méfaits, le mode opératoire est identique : une grosse pierre est jetée sur les pare-brise et les vitres. Des rétroviseurs ont aussi été cassés et la carrosserie de certaines voitures a parfois été rayée.

« D’après nos constatations, il s’agit de dégradations gratuites », confie une source proche de l’affaire. En effet, aucun vol n’a été à déplorer et aucun objet n’a été dérobé dans l’habitacle des voitures.
Le vendredi 16 mars, toujours dans la nuit, d’autres véhicules ont été à leur tour victimes de dégradations. Cette fois, les faits ont été commis à Marcy-l’Étoile, allée des Chênes, à Dommartin, chemin du Cerf, et à Charbonnières-les-Bains, où quatre faits similaires ont été commis durant cette même nuit. « Aucune marque précise de véhicule n’a spécifiquement été visée par ces actes », précise un enquêteur.
Pour élucider ces affaires, les gendarmes fournissent actuellement un travail de police technique autour des constatations effectuées sur les lieux des méfaits. Un appel à la vigilance est lancé auprès de la population de l’Ouest Lyonnais par la compagnie de L’Arbresle, qui compte notamment sur le dispositif de participation citoyenne pour être alertée en cas de nouveaux actes de vandalisme.

*****

Coutances (Manche) : Une quinzaine de voitures dégradées à la gare

Ouest-France / lundi 26 mars 2018

Samedi 24 mars 2018, vers 23 h, les policiers coutançais ont constaté la dégradation d’une quinzaine de voitures, stationnées sur le parking de longue durée de la gare de Coutances.
Vitres brisées, portières et bouchons de réservoir forcés, le ou les auteurs de cet acte de vandalisme ont commis de nombreux dégâts sur les véhicules.
Ils ont également dérobé quelques objets, sans réelle valeur, dans les habitacles. Sur place, les forces de l’ordre ont retrouvé une petite hache.
Une enquête est en cours pour tenter d’appréhender les responsables de ce méfait. À cet égard, la police lance un appel à témoin au cas où des personnes auraient vu la scène se dérouler.

Le Creusot (Saône-et-Loire) : Des abribus perdent leur vitres

Publié le 2018-03-28 08:40:05

Creusot-infos / jeudi 22 mars 2018

Les usagers des réseaux de transport au Coeur de Ville l’ont découvert ce mercredi, l’abribus situé avenue de l’Europe, en face de la gare SNCF a été saccagé la nuit précédente. Idem pour celui de la rue de la Couronne, juste en face de l’entrée du Foyer de la Couronne, au-dessus de la Place de la Molette. Idem pour l’abribus d’Harfleur.
Délimité par de la rubalise, le verre brisé qui jonchait le sol était la trace de la nuit agitée qui a dû se dérouler dans plusieurs coins de la ville avec des dégradations volontaires. Des incivilités qui pénalisent malheureusement les usagers qui doivent attendre leur bus hors de l’abri prévu à cet effet. […]

 

 

Nantes : la fac est à nous, la fac est à toi et moi

Publié le 2018-03-28 08:40:08

« Du château au Cours Cambronne » : le luxe de la solidarité

À Grenoble, Lyon, Brest, Montpellier, Paris, Poitiers, Nantes et ailleurs, des étudiant·e·s, des jeunes précaires réquisitionnent des logements vides, ou occupent leur universités en solidarité avec nombre d’exilé·e·s jeté·e·s à la rue par les pouvoirs publics. À Nantes, de nombreux·ses exilé·e·s, non pris·es en charge sont dehors, en plein hiver. Dès le mois de novembre dernier, l’école des Beaux-Arts de Nantes était réquisitionnée par un collectif pour faire de ce bâtiment vide et livide un lieu de vie et d’organisation pour les mineur·e·s isolé.e.s étranger·e·s, un centre social autogéré en plein cœur du Bouffay. En à peine vingt-quatre heures, la maire Johanna Rolland brisait cet élan et envoyait ses CRS. « Ils ferment un squat, on en ouvre quatre ». Action, réaction : tout le rez-de-jardin du bâtiment de la Censive (sur le campus Tertre) est investi pour reloger les exilé·e·s, trois jours après l’expulsion des Beaux-Arts. L’espace s’avère être rapidement bien trop exigu : le château du Tertre – situé sur le campus – est dès lors réquisitionné par les occupant·e·s de la Censive. S’en suivent trois mois de vie commune, de soutien et d’échanges entre étudiant·e·s et exilé·e·s, avant l’expulsion pilotée par le président de l’université Olivier Laboux et la préfète Nicole Klein. « Ils ferment un squat, on en ouvre quatre ». Une journée suffit pour que soit investi un ancien EPHAD de six étages, à deux pas du luxueux Cours Cambronne où s’amassent les fortunes nantaises. La sélection n’est pas que le terme d’une loi nauséabonde sur l’université française : c’est un principe qui dirige ce monde. Les frontières sélectionnent, les employeurs sélectionnent, les proprios sélectionnent, les flics sélectionnent, la justice sélectionne.

« Nantes bouillonne de toutes parts »

La lutte avec les exilé·e·s n’est que le reflet d’une effervescence toute particulière dans la nécropole de Ducs. Le Comité d’Action Nantais (CAN) est un espace de rencontre, d’apprivoisement, et in fine, de décision entre différentes forces politiques nantaises : Unions Départementales, syndicalistes, autonomes, et inorganisé·e·s tentent de créer une force large, de dépasser les barrières et, conjointement, construisent certaines actions comme le Réseau de Ravitaillement des Luttes composé d’habitant·e·s de la ZAD, de paysan·ne·s et de travailleur·se·s en tout genre. Le Réseau de Ravitaillement alimente et aide à construire la grève en organisant des repas et des dons de produits paysans lors des occupations et des grèves sur tout le pays nantais. À la faculté, avec le Comité Autonome Universitaire Nantais (CAUN) c’est le politique qui a recommencé à émerger sur nos campus : cantine et infokiosque à prix libre pour tou·te·s les étudiant·e·s toutes les semaines, interventions pendant la Semaine de Résistance, lancement des occupations avec les exilé·e·s, participation au Réseau de Ravitaillement, solidarité avec les grévistes de Descours et Cabaub. Le CAUN sort de l’université pour mieux l’investir.

Sur l’organisation dans nos facs contre le désert politique

Les forces politiques ont déserté les campus. Les syndicats étudiants sont morts et rien n’est venu les remplacer avant que le CAUN n’émerge. Les revendications syndicalo-estudiantines ne parlent à personne, et il faut chercher le taux de vote des élections universitaires tout au fond des chiottes (10% et des poussières). Pourtant le désir d’agir ensemble, de se retrouver, de partager, n’a pas disparu : le mouvement contre la sélection le prouve. Se réapproprier la faculté, rendre visible l’existence d’un autre horizon politique semble être la préoccupation d’un nombre d’étudiants grandissant.

À Nantes, le campus a vu fleurir avec l’arrivée du printemps une myriade de comités « autonomes ». Cette autonomie n’est pas une posture, mais une pratique. Tous ces groupes sont nés spontanément. Dans chaque filière, les étudiant·e·s ont ressenti le besoin de s’auto-organiser contre le vieux monde. Ni téléguidage ni bureaucrates, c’est la nécessité qui a fait naitre ces comités. Ainsi naissent Le C.H.A.T (Comité des Historien.ne.s Autonome du Tertre), le GAG (Groupe Autonome des Géographes), le C.A.P (Comité Autonome de Psycho), le D.A.B (Droit Autonome Bloqueurs) ou encore l’O.U.R.S (Organisation Universitaire des Révolté·e·s Scientifiques). Chaque comité se veut ouvert et rejoignable. Décloisonner le milieu militant pour permettre à tout un chacun de s’y exprimer est vital et urgent. Ni hiérarchie ni organigramme, ces groupes fonctionnent sur la confiance mutuelle et des principes d’horizontalité, se construisent par la confiance entre camarades de classe, tissent des liens avec les autres étudiant·e·s, les professeur·e·s, les chargé·e·s de TD, les doctorant·e·s, des personnels administratifs. Ce sont des lieux de discussion et d’échanges de pratiques, des forces de proposition et d’action, des espaces de vie et de lutte. Chaque comité a sa propre identité et définit lui même ses moyens d’agir. Le choix de la multiplicité et de l’autonomie ne rime toutefois pas avec isolement : tous les groupes d’UFR se rencontrent régulièrement. Les parties doivent construire un tout, le singulier doit faire du commun, mais un commun multiple, un commun qui fait avec les différences.

À mesure que les comités émergent, les cortèges des manifestations se font de plus en plus denses. Les habituel·le·s étudiant·e·s militant·e·s qui rôdent et rongent la lutte s’effacent tandis que s’affirment tout un tas d’étudiant·e·s qui renouvellent les pratiques et investissent les espaces de mobilisation : quand dans les comités de mobilisation nous sommes à peine 50, nous sommes plus de 150 dans les comités d’UFR. Des autonomes, des communistes, des maoïstes, des anarchistes, des écolos, des insoumis.e.s, des je-ne-sais-pas-trop-mais-je-suis-deter, des je-m-en-fous-de-la-politique, des militant.e.s de l’Unef, des sceptiques, des révolutionnaires convaincus mais surtout des gens qui en ont gros.

En pratique, la solidarité s’organise aussi avec les lycéen.ne.s en lutte. Quand iels nous demandent des coups de main pour bloquer leur lycées, les comités se répartissent les établissements à bloquer. Le nombre permet de se diviser les tâches et d’être plus efficaces. Unité d’action et diversité politique, les mots sont des moyens et non une fin : voila une définition. La posture radicale n’a pas lieu d’être. C’est la forme d’organisation qui doit être radicale : par l’action collective autonome entre étudiant·e·s déters et vénères plutôt qu’un vulgaire ya-ka-faut-que. L’activité dans l’audace et non la passivité de l’éloquence. Moins de poseurs, vive l’ardeur de l’autonomie désirante ! Sur la fac de Nantes nous osons lutter, nous osons vaincre malgré les multiples pressions que nous subissons de la part de la police, des fascistes, de la présidence de l’université, des directeurs et directrices d’UFR, et de certain·e·s anti-grévistes. En manifestation, des camarades des comités se retrouvent nassé·e·s, menacé·e·s par la BAC, fiché·e·s : les pouvoirs seraient-ils inquiets ?

Agir et s’organiser de la sorte, c’est permettre à tout·e étudiant·e de trouver sa place au sein d’un mouvement où la masse tend à anonymiser et marginaliser. Construire d’autres cadres ouvre un champ des possibles inatteignable dans le cadre posé par les sacro-saintes assemblées générales qui tendent parfois à lénifier et annihiler l’énergie et la détermination estudiantines. C’est par l’action, la pratique du terrain et l’occupation de l’espace qu’on peut rendre une lutte visible et réelle. À Nantes, deux amphithéâtres sont occupés : université populaire, ateliers créatifs, projections de films, et temps de partage sont dès lors devenus quotidiens sur le campus. Il est grand temps de sortir du carcan bureaucrate de la massification qui précéderait l’action : nous « massifions » par l’action et l’organisation collective. Et finalement, peu importe le nombre, c’est l’intensité et l’efficacité de la lutte qui compte.

Ce genre d’outils ouvre la voie vers une sortie de l’affinitaire au profit d’une lutte de proximité. Tout ne fait que commencer, et tout reste encore à faire. Si la structure influence largement le contenu des discours et des actions, la mise en place de ces différents comités ne règle pas tous les travers du militantisme. Les mecs y prennent encore une place proéminente. « Nous ne devons en aucun cas nous reposer sur nos premiers succès. Rabattons notre suffisance, critiquons sans relâche nos propres défauts ». Nous devons prendre acte qu’aucun milieu n’échappe au système patriarcal et au sexisme ordinaire. Les difficultés que peuvent avoir les meufs à se faire une place, à prendre la parole et surtout à se faire entendre reste un problème majeur, ici aussi. Nous devons nous organiser en conséquence. Dans le cadre de l’université populaire, des réunions non?mixtes s’organisent pour permettre à toutes les femmes en lutte d’échanger sur leur ressentis, sur les stratégies à adopter pour prendre leur place et se donner les moyens d’agir.

Aussi, les professeur·e·s sont les grands absents. Pourtants, ielles n’existent que par la présence des étudiant·e·s. Les envolées lyriques dans les amphithéâtres, si plaisantes soient-elles, ne sont absolument pas suffisantes. Neutralité et objectivité qu’on nous dit ; nous répondons lâcheté et foutaises. Ils connaissent le poids de leur parole mais décident de rester silencieux. Si les étudiant·e·s et le personnel subissent de plein fouet les attaques sauvages du gouvernement, les mandarins resteront sur leurs trônes dorés à 3 000 balles. Soit, ils seront de l’autre côté de la barricade.

Notre génération, étudiante ou non, n’a jamais rien attendu de cette société mortifère et pourrie. Nous sommes révolté·e·s et la simple constatation du présent donne raison à cette révolte. Nous sommes légitimes. Il est saisissant de constater à quel point les médias sont incapables de reconnaître que celles et ceux qui se défendent contre la police, qui s’attaquent aux outils de cette société spectaculaire (vitrines RIP), ne sont qu’au final, des jeunes, précaires, pauvres, prolétaires, sans futur, sans avenir, au chômage, sans espoir. Nous n’avons rien à perdre, nous avons déjà tout perdu : droit du travail, droit au chômage, droit au logement, études pour tou·te·s, et retraites assurées se sont envolés pendant que surveillances, répressions, contrôles, et violences économiques et sociales ne cessent de nous enchainer.

Nous vivons et vivrons dans état policier. De plus en plus rude, de plus en plus violent. La grève nous coûte cher, et pourtant, nous bloquons. On nous dit que la grève est minoritaire, mais il est rare dans l’histoire de voir une grève générale et massive. Ce n’est pas pour autant que nous devons exclure ce mode d’action sous couvert de minorité. Le luddisme et le sabotage ont toujours été pratiqués par une infime minorité d’ouvrier·e·s. Les moyens d’actions et les manières de lutter doivent être déterminées par celles et ceux qui luttent, et par personne d’autre. Une lutte n’a pas à être légitimée. Arrêtons de douter de nos manières de lutter. Nous n’avons aucunement besoin de conseils paternalistes. Nous n’avons pas de leçons de lutte à recevoir. Les moyens d’actions doivent être déterminés par les premier·e·s concerné·e·s.

NOUS SOMMES EN MARCHE POUR METTRE LE GOUVERNEMENT EN MARGE !

NOUS APPELONS TOUTES LES FACS DE FRANCE À PRENDRE ACTE DU FONCTIONNEMENT NANTAIS ET À S’ORGANISER EN CONSÉQUENCE CAR EN CENDRE, TOUT DEVIENT POSSIBLE.

Des membres de différents comités universitaires nantais

Occupation de Tolbiac !

Publié le 2018-03-28 08:40:10
Programme du 4 avril disponible -
suivi de l’occupation dans l’article

Mardi 3 avril, une AG de 1500 personnes a voté le blocage et l’occupation illimitée jusqu’au retrait de la loi ORE. Rejoignez-nous !
Vendredi 6 avril : Apres deux jours de passages, de rencontre , de discussion, l’ambiance était joyeuse et deter. On a eu la visite de la part du comité « Anti Blocage », une bande d’abruti fasciste qui sont venu se parader devant la fac, avant de se faire dégager. Compte rendu détaillé ici :



Programme du 4 avril disponible -
suivi de l’occupation dans l’article

Possible vague de perquisitions à Toulouse, Limoge et Ambert (63) (...)

Publié le 2018-03-29 06:43:02

Une enquête est en cours depuis octobre 2017 pour des faits s’étant déroulés autour de / et ou àLimoges en septembre 2017.



Le matin du 27 mars 2018, les gendarmes limougeaux, bien assistés, ont effectué deux perquisitions dans deux lieux de vie àToulouse, ayant entraîné deux mises en garde àvue.

Watch your back


Une perquisition a également eu lieu àLimoges au même moment. Une personne en garde àvue.


plusieurs perquisitions àambert

Ce matin 28 mars, àpartir de 8h30, au moins trois lieux d’habitation dont une maison occupée ont été perquisitionnés dans le cadre d’une enquête menée par le parquet de Clermont qui porte sur des dégradations et/ou tentative de dégradations en bande organisée selon les informations qu’on a réussi àchoper. Au moins une personne est partie en garde àvue àClermont et une autre dont on n’a pas de nouvelles pour le moment. A cette heure ci (17h15), les flics sont toujours présents dans un des lieux. On n’a pas plus d’informations pour le moment.


MAJ Perquisitions Ambert

Suite aux perquisitions qui ont eu lieu mercredi les deux personnes placées en garde àvue ont été mis en détention provisoire pour 4 mois renouvelables deux fois. Les charges portent sur des destructions en bande organisée. L’enquête est toujours en cours.

Différents objets on été pris lors des perquisitions appartenant a différentes personnes ; carnets d’adresse, brosses àdent, documents avec adresse, lettres, enveloppes, divers papiers manuscrits, clefs usb, ordinateurs (liste non exhaustive).


Les deux personnes arrêtées mardi matin àToulouse sont sortis de gav après 36h et 38h.
Pas de mise en examen.
La personne arrêté en même temps àLimoges est encore en gav.


La dernière personne a été mise en détention provisoire, l’instruction reste ouverte. Des membres de sa famille ont aussi été perquisitioné.e.s et auditionné.e.s àAmiens simultanément des autres persquiz.

[Communiqués publiés sur Indymedia Nantes ou Iata.]

Paris : Contre tous les pouvoirs

Publié le 2018-03-29 06:44:03

reçu par mail / mercredi 28 mars 2018

Rue des Ternes, Paris, nuit du 27 mars. Une voiture avec plaque diplomatique part en feu.

Nous nous opposons à tous les états et à tous les nationalismes, même « opprimés » parce qu’ils seront toujours prêt à devenir des oppresseurs à leur tour. L’agression turque (et djihadiste) contre Afrin est horrible, mais cela ne nous fera pas ranger derrière les bannières du nationalisme kurde (même sous couverture municipaliste libertaire). Au nationalisme, au collectif, à tous les partis (même imaginaires, informels ou classistes) nous opposons l’action directe individuelle ou en petits groupes.

Un pensée pour les anarchistes emprisonné.e.s par tous les états.
Solidarité avec les compagnon.ne.s sous procès en Italie pour l’opération scripta manent et les compagnon.ne.s des CCF en Grèce.
Une pensée pour Cristal et l’autre personne récemment envoyées en taule suite à l’expulsion du Bois Lejuc. Et nous n’oublies pas Krème : tiens bon, poto !

Les amis de…Ernestr Coeurderoy

[auf Deutsch][in italiano][in english]

Castres (Tarn) : Communiqué d’action anonyme

Publié le 2018-03-29 06:46:02

reçu par mail / mercredi 28 mars 2018

Dans la nuit du 26 au 27 Mars 2018, 6 rétroviseurs ainsi que des feux arrières de voitures de la Police Municipale de Castres ont était brisées à l’aide d’un marteau afin de compliqué le travail des flicards passant leurs journée à ratisser le centre ville (déjà blindés de caméras) expulsant immédiatement la moindre personne faisant « tâche » aux yeux du maire Bugis qui à un profond mépris pour les mendiant-e-s, les migrant-e-s et tout celles et ceux qui ne sont pas de sa classe sociale.

Face à la bourgeoisie et à sa milice, résistance et sabotage populaire !

La fin ou le début d’un mouvement ?

Publié le 2018-03-29 07:01:03

 

La fin ou le début d’un mouvement ?

Il ne s’agit pas ici de distribuer des bons et mauvais points, de désigner des « responsables », des « coupables »ou des « traîtres », d’autres s’en chargeront, s’en chargent déjà. Et une fois cela fait, toutes les rancœurs et les règlement de comptes déversés, chacun-e sera le responsable, le coupable et le traître de l’autre : le réformiste ou « bourgeois, le « radical » et l' »anar »…

Tout le monde, sauf les autorités, état et département, qui cherchent depuis la décision d’abandon du projet, à réinstaurer leur « légalité », à savoir l’accaparement des terres au profit de la FNSEA, ce qui revient à détruire le bocage aussi sûrement qu’un aéroport de Vinci, et à faire disparaître toute trace d’autres organisations économiques et sociales possibles.

Il ne s’agit pas non plus d’afficher ici une « neutralité » qui renverrait tout le monde dos à dos. J’ai toujours considéré la lutte de Notre Dame des Landes comme dépassant largement la question de la construction d’un aéroport et donc une lutte qui ne s’arrête pas avec la décision d’abandon. Celle-ci change la nature du combat, pas sa fin. Un chapitre est clos, et qu’importe si pour certain-es il s’agit d’une « victoire citoyenne ». Laissons-les à leur autosatisfaction et réjouissons-nous que les lignes soient à nouveau claires. Mais n’a t’il pas toujours été évident qu’il y avait celleux contre un aéroport et celleux contre « Vinci ET son monde » ?

La question est maintenant de savoir comment aborder le second chapitre, celui de la construction.

Je ne suis plus tout jeune. J’ai traversé quelques décennies de désert. La lutte de NDDL m’est apparue comme une oasis, avec tout ce qu’elle comportait de potentialités. Mais je n’ai nulle envie de parler en ancien combattant, d’autant que j’ai abandonné tout discours idéologique et programmatique dès les années 70.

Une lutte n’est rien d’autre qu’un ensemble de subjectivités qui s’assemblent et s’affrontent selon les moments. Des grands moments de solidarité et des coups de gueule (et parfois de poings). Des moments d’euphories et d’autres de découragements. Des idées et des initiatives géniales et des conneries. Des puristes et des théoricien-nes vous la présenteront autrement, mais illes sont assis dans leur canapé. Mais celleux qui ont participé d’une manière ou d’une autre savent tout cela. Alors il nous faut faire avec. Les ami-es qui font des conneries restent mes ami-es parce que les seul-es qui n’en font pas sont les mêmes assis dans leur canapé. (Illes ne les font pas et se contentent de les dire)

Ce n’est pas nouveau. Il y a toujours eu, paradoxalement, dans toute lutte un phénomène d’autodestruction, le même qui menace aujourd’hui la « zad ». Parce que nos défaites sont souvent plus imputables à nous mêmes qu’à nos adversaires. Peut-être qu’à force de perdre, nous n’avons pas appris à gagner. Peut-être parce que notre seule le essence est la lutte, celle à laquelle on nous oblige et que nous ne savons évoluer que dans ce seul environnement.

Le choix qui se présente est simple: transformer une petite victoire (l’abandon de l’aéroport) en une plus grande, qui en appellera d’autres,en d’autres temps,en d’autres lieux. Il y a tellement de solidarités et de réseaux à construire….Ou rendre cette petite victoire amère et repartir vers des années de désert.

 

Il faut défendre la zad, oui, mais pas un simple territoire plus ou moins « libéré ». C’est un ensemble d’idées, de projets d’avenir à concevoir, à expérimenter, de réalisations. C’est beaucoup plus difficile que de s’opposer physiquement aux « forces de l’ordre ». Et je veux bien combattre encore, mais je veux savoir pourquoi.

Le zoïle ne nous fera pas taire

Publié le 2018-03-29 07:02:02

« Tout son plaisir était de médire et son unique occupation de chercher des moyens de se faire haïr. Un homme sage lui demandait pourquoi il s’obstinait à dire du mal de tout le monde ; il répondit : Parce que je ne puis en faire. « 

Début novembre, à Rennes, une personne connue pour avoir commis des agressions sexuelles à plusieurs reprises a été vue dans un cortège à la fin d’une manifestation par plusieurs d’entre nous. Nous avons alors décidé de réagir immédiatement pour le faire partir. En effet nous estimions que sa place n’était pas dans notre cortège. Alors que plusieurs se sont mises à crier pour informer les gens de ce qu’il se passait, d’autres lui ont dit de partir, et une lui a jeté une bouteille d’eau à la figure : autant dire qu’il existe autrement plus violent comme mode d’action.

Lors d’une manifestation contre la loi Macron XXL du 16 novembre dernier, l’une d’entre nous a revu cette même personne parmi les manifestant.e.s, à proximité immédiate du cortège de tête. Elle a alors décidé d’en avertir plusieurs d’entre nous, afin de discuter de ce qu’il fallait faire de sa présence dans le lieu collectif qu’est une manifestation. Quand elle a pointé du doigt l’agresseur-violeur, le Zoïle en chef s’est presque immédiatement interposé violemment, poussant les deux camarades alors que la police se préparait à charger le cortège et qu’une action était en cours. Celui-ci, accompagné de ses camarades, ne s’est pas contenté de nous pousser à plusieurs reprises, il s’est aussi fendu de hurlements déclamant haut et fort « c’est pas un violeur, c’était que des agressions sexuelles ».
Nous apprenions le lendemain qu’il distribuait le jour même un article dans lequel il expliquait que vouloir nettoyer nos cortèges s’apparentait à « une vision réactionnaire du droit ». Puis quelques jours plus tard, nous apprenions que nous avions agi avec beaucoup trop de violence pendant cette manifestation. Oublié, le Zoïle nous poussant au point de tomber par terre, oubliée, la violence de son discours. Nous avons donc affaire à une organisation politique autour de la protection d’un agresseur-violeur, contre des militantes féministes.
Le 22 mars, cette organisation refait surface sous la forme d’un service d’ordre consacré à la protection de l’agresseur-violeur. Malgré notre volonté de ne pas voir nos lieux de lutte investis par cette personne, celle-ci ne semble pas prendre en considération nos revendications féministes. Les arguments de ses chien.ne.s de garde ne sont pas renouvelés mais sont portés de manière toujours plus violente, rendant presque impossible notre accès à la personne qui était visée par notre action.

Suite aux événements et débats fumeux des derniers mois, il nous semblait approprié de répondre aux accusations qui nous ont été faites. Enfin, pas à nous bien sûr, puisque la stratégie consistant à nous invisibiliser a porté ses fruits. La critique a été commode, puisque le Zoïle préférait un groupe de mecs « violents et virilistes » à un groupe de meufs qui se sont organisées autour de cette question, ne nous laissant ainsi pas la possibilité de revendiquer notre action féministe. Oui, nous revendiquons d’avoir voulu débarrasser nos cortèges d’un agresseur. Lorsque l’on considère les réactions que nos actions ont suscitées, on peut affirmer qu’un relant de masculinisme imprègne nos manifs. Nous ne cèderont pas, nous souhaitons visibiliser les violences sexuelles, et lutter contre l’invisibilisation de nos actions, faite sous couvert d’un féminisme miasmatique utilisé par des personnes qui s’en servent pour protéger un de leurs amis, monopolisant la pensée féministe rennaise.
La question n’est pas encore de virer tous les agresseurs de toutes les manifs. Mais quand on le sait, toutes et tous, on ne peut pas rester passives, ni laisser d’autres détourner des discours féministes sous des angles masculinistes, nous empêchant de développer et de mettre en pratique nos idées du militantisme féministe. Quelle serait alors notre perception de nos propres forces si nous laissions un agresseur-violeur se promener en manif, entouré de ses chiens de garde ? Si, même avec ses cerbères, nous nous révélons capables de décrasser nos cortèges, alors il sera peut être enfin possible de voir naître une réelle organisation féministe à Rennes.

En ce qui concerne les groupes qui ont été visés par des textes, écrits par celle.ux qui défendent le droit de présence de l’agresseur-violeur dans les cortèges et lieux militants collectifs : nous n’avons jamais agi en leurs noms. Et personne n’a jamais demandé une exclusion totale de l’agresseur-violeur de tous les milieux militants. Nous nous contenterons toujours de refuser sa présence dans les lieux collectifs (manifestations & AG) où nous sommes présentes.
Notre logique est conséquente aux observations déjà faites à de nombreuses reprises : Lorsque des violences sexuelles sont commises dans un milieu militant ce sont généralement les femmes (victimes ou non) qui partent de ces milieux d’organisation, et non les hommes qui en sont les auteurs. Celles qui ne veulent pas de sa présence sont confrontées à deux choix : être assez fortes pour le virer ou partir. En tant que féministes notre objectif est donc d’empêcher ce processus et de libérer l’espace, notre espace, celui d’autres femmes en lutte, de la présence des agresseurs-violeurs. Nous considérons que le fait de garder des agresseurs-violeurs dans notre milieu est une prise de position pour que les meufs le quittent, la solidarité féministe nous place place directement du côté de l’exclusion nécessaire de ces agresseurs-violeurs.

Il est observable que les agresseurs-violeurs dans les milieux militants sont dans des positions de pouvoir. Inutile de chercher très loin pour illustrer cela : à Rennes les 4 hommes mis en cause dans des histoires de violences sexuelles dernièrement ont pris énormément de place tant dans le milieu militant que dans l’espace médiatique en 2016. Ce sont par conséquent des personnes très au courant de toutes les problématiques qui se posent dans nos milieux, notamment en ce qui concerne le sexisme et la notion de consentement. Il semble ainsi évident que les histoires de repenti, de pénitence et d’éducation ne sont pas valables.
D’autant plus qu’ils se sont amplement servi de leur position de pouvoir et de leur couverture pseudo-féministe pour approcher tranquillement leurs victimes. La critique à leur égard a toutes les raisons d’être plus sévère qu’envers des hommes qui ne seraient pas militants de longue date dans les milieux de gauche et d’ultra gauche. Que dire de personnes qui ont largement utilisé des argumentaires féministes dans leur militantisme pour arriver à cacher leurs objectifs finaux (ou leur nature profonde mais c peut-être trop moralisateur) ? Le loup revêt une peau d’agneau comme l’agresseur-violeur se protège grâce à son militantisme féministe.
Les positions de pouvoir acquises de longue date par les agresseurs-violeurs combinées à leurs capacités argumentatives sur le féminisme, ainsi qu’à leur capacité à former des groupes soudés par des liens affectif plus ou moins forts (on remarque qu’ils se renforcent sous la pression de personnes extérieures à ces groupes) autour d’eux sont les raisons pour lesquels il est toujours plus difficile de les exclure des espaces de militantisme collectif.

Chaque homme est un agresseur-violeur potentiel mais la question n’est pas de virer toutes les personnes qui sont potentiellement quelque chose ; Il est pourtant nécessaire de réagir lorsque c’est un fait public. La déshumanisation des agresseurs est dangereuse, un agresseur sexuel-violeur n’est pas un « monstre » mais bien un homme, comme on en croise tous les jours, comme on en croise des centaines en manifestation, ce pourquoi il est nécessaire de réagir lorsque l’agresseur-violeur est connu et reconnu. De plus, parler d’un monstre serait individualiser un problème qui est en réalité systémique.

Dans la critique faite à notre action, il était souvent répété qu’en l’appelant « violeur », et qu’en voulant le virer, nous ne respections pas la « parole de la victime ».
Nous pensons que la lutte contre les agresseurs-violeurs ne doit pas être circoncise à la seule parole de la victime, la nécessité de la dépasser est évidente. Se contenter de cette parole c’est individualiser le problème posé par les violences sexuelles. Les violences faites aux femmes (au sein du couple, au travail, et toutes les violences sexuelles en général) sont des violences sexistes fondées sur la domination masculine et les inégalités de pouvoir entre les hommes et les femmes. Elles sont un marqueur du contrôle social des femmes par les hommes. Le viol fait partie de ces violences sexistes. 91% de ses victimes sont des femmes quand 96% de ses auteurs sont des hommes. Cette forme de violence se produit dans tous les milieux sociaux, et dans 80% des cas les agresseurs sont des personnes connues des victimes. Ouvrir les milieux militants collectifs aux agresseurs-violeurs c’est fermer la porte à leurs victimes et toutes les autres, tout en maintenant le risque d’une nouvelle agression, quand bien même la victime et l’agresseur ne militeraient pas dans la même ville ou le même groupe politique : nos luttes ne sont jamais circoncises à des territoires ou à des secteurs, pourquoi cela serait-il le cas lorsque la problématique est féministe ?
De notre avis les violences sexuelles sont partie pleine du système patriarcal, sont systémiques, et sont donc à appréhender de manière politique et collective : il n’est pas possible pour nous de concevoir une stratégie qui soit à la fois efficace politiquement et dans le même temps individualiste.

D’autre part, mettre entre les mains de la victime la totalité de la gestion du cas de son agresseur-violeur, c’est l’exposer à de potentielles représailles de la part de l’agresseur-violeur ou de son entourage en plus du poids psychologique que cela représente, mais aussi à d’éventuelles poursuites judiciaires pour diffamation.
Justice qui, aux dernière nouvelles, semble être plus encline à pencher du coté du violeur.

Le viol est défini dans le code pénal comme « tout acte de pénétration de quelque nature que ce soit commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise », mais nombreuses sont les organisations et militantes féministes/anti-sexistes qui considèrent que tout acte sexuel non consenti – pénétratif ou non – est un viol. En cas de désaccord avec cette affirmation il peut être nécessaire de se questionner sur la pertinence de réduire le viol à la définition qui est posée par la justice et le système judiciaire français. Quelle est la légitimité de cette définition ? En cherchant la définition du mot « viol », on peut tomber sur d’autres : « rapport sexuel imposé à quelqu’un sans son consentement » ou « Acte par lequel une personne en force une autre à avoir des relations sexuelles avec elle, par violence ». Utiliser la définition juridique est donc un choix. Quelle est la légitimité des personnes qui ont « fait la loi » de décider de ce qui est un viol ou non ? Surtout quand on sait le nombre de cas dans lesquels des personnes portant plainte pour viol avec pénétration se voient dire que la personne qui les a violées est innocente.
On peut discuter sémantique, mais la frontière entre viol et agression n’est pas si limpide que ce qui a pu être dit, elle est même selon nous complètement nulle car elle n’est imposée que par une définition juridique et nous refusons de faire le jeu de la justice, que nous considérons ennemie de notre lutte.

Nous appelons toutes les féministes en lutte à être solidaires de notre volonté d’exclure les agresseurs-violeurs de nos lieux d’organisation collectifs.

CANIF
Collectif Autonome de Ninjas Ignominieuses et Féministes (Définition non contractuelle)

 

En cas d’envie urgente de taguer à l’extincteur

Publié le 2018-03-29 07:02:05

Veuillez suivre la procédure décrite ci-dessous :



  1. Procurez-vous un extincteur “eau+additif†et dévissez-en la tête avec une clé n°17.
  2. Retirez la tête. Vous constaterez la présence d’une cartouche de gaz [1] fixée àcelle-ci.
  3. À l’aide d’un bâton relevez le niveau d’eau contenu dans la bonbonne.
  4. Videz le contenu de la bonbonne.
  5. À l’aide d’une bouteille découpée, remplissez la bonbonne d’une peinture bien fluide, jusqu’au niveau précédemment relevé.
  6. Remontez la tête de l’extincteur. Serrez bien les boulons. C’est prêt !

Et maintenant àvotre tour de répandre le chaos !

[Repris de Spasme.]




[1Attention, tous les extincteurs ne sont pas utilisables. Certains n’ont pas de cartouche de gaz et sont directement sous pression. Si vous tenez àvos dents, n’en ouvrez pas un sans l’avoir vidé normalement au préalable. Par ailleurs, s’il n’a pas de valve auto àsa tête, vous ne pourrez pas le re-pressuriser. Il sera donc sans intérêt ici.

Le refus de prélèvement ADN : Un délit perpétuel

Publié le 2018-03-29 07:03:04

Le 25 juillet 2014, Patrick est verbalisé par la gendarmerie pour détention et usage de stupéfiants (en l’occurrence des pieds de cannabis). Au cours de son audition àla gendarmerie, il refuse de se soumettre au prélèvement ADN. Il comparaît au tribunal de Mende le 2 octobre 2014, écope de 600 € d’amende pour le cannabis et est relaxé pour l’ADN.



Le procureur général fait immédiatement appel de la décision. Patrick est convoqué àla cour d’appel de Nîmes le 28 mai 2015, il est cette fois-làcondamné à1000 € d’amende pour le cannabis et à2 mois de prison avec sursis pour le refus de prélèvement ADN. Il dépose un pourvoi en cassation, le 26 novembre 2015, sa demande d’aide juridictionnelle est rejetée, il dépose un recours contre cette décision, qui sera rejeté le 22 mars 2016. Ne pouvant payer un avocat en cassation, Patrick dépose un mémoire personnel le 27 avril 2016. Le 4 juin 2016, le conseiller rapporteur émet un avis défavorable, le pourvoi en cassation est définitivement rejeté le 5 octobre 2016, la condamnation en appel est donc validée.

Le 17 novembre 2017, Patrick est une nouvelle fois convoqué àla gendarmerie pour se soumettre au prélèvement ADN, il refuse encore. Le 14 décembre 2017, il reçoit un courrier lui ordonnant de payer son amende de 1000 € ainsi que 380 € de frais de justice. Le 25 janvier 2018, il est convoqué au tribunal en vue d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Après avoir consulté son avocat, il refuse la CRPC.

Le 5 avril 2018, il est convoqué pour une audience en correctionnelle au tribunal de Mende.

Le refus de prélèvement ADN : un délit perpétuel

Non content de condamner les gens pour refus de prélèvement, l’État s’arroge par la loi la possibilité de réclamer de nouveau l’ADN de la personne dans un délai d’un an après exécution de sa peine. Si elle refuse encore de se soumettre, cette personne s’expose aux mêmes poursuites judiciaires qu’auparavant, avec bien sà»r l’aggravation pour récidive.

L’acharnement de l’État àremplir le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) par tous les moyens (près de 3 millions de personnes fichées àce jour) est bien révélateur des enjeux réels de ce fichier : le contrôle des populations pauvres et/ou « déviantes  », marginalisées par le rouleau compresseur de l’économie capitaliste.

Le FNAEG est relié, grâce au super-logiciel AJDRCDS (Application judiciaire dédiée àla révélation des crimes et délits en série), àl’ensemble des différents fichiers policiers et judiciaires (80 en 2011, dont 45 non légiférés) et àtous les fichiers d’administration publique ou privée (Pôle Emploi, CAF, MSA, Impôts, Sécurité sociale, Base Élèves, opérateurs téléphoniques, banques, etc.). Il participe ainsi àce maillage, de plus en plus serré, d’informations collectées, grâce àla massification de l’électronique et d’internet (les réseaux sociaux sont également passés au crible).

Les différentes lois antiterroristes de ces dernières années renforcent cet arsenal de contrôle. La loi d’octobre 2017 sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme en est le dernier acte.

L’État exerce une surveillance incessante sur nos vies

Il s’agit de préserver les valeurs essentielles qui fondent et entretiennent les inégalités sociales : respect de l’autorité, propriété privée, travail, morale bourgeoise. Son rôle n’est autre que de défendre la classe des possédants, ses intérêts et ses valeurs.

Ce ne sont pas les dérives d’un système qui glisserait vers un autre (fasciste ou totalitaire), c’est l’État démocratique qui adapte sa gestion de la population aux impératifs économiques, et développe des technologies de contrôle de plus en plus totalisantes qui, àleur tour, deviennent des marchés juteux.

Aujourd’hui, beaucoup sont écrasés et n’arrivent pas àrelever la tête sous le poids de la machine judiciaire, chacun essaie de gérer son affaire au mieux tant que c’est possible. La frénésie législative de cette dernière décennie, en augmentant le nombre de crimes et délits, a logiquement augmenté le nombre de prévenus àla barre des tribunaux.

Actuellement, de plus en plus de gens résistent, refusent le fichage et font appel, parfois avec succès, àla Cour européenne des droits de l’homme (affaire Ayçaguer).

Le refus d’être enregistré dans le FNAEG est un acte d’insubordination et de protection face àla logique du fichage génétique.

Luttons pied àpied, collectivement, pour faire reculer cette loi liberticide. Des solidarités sont àconstruire et àmultiplier pour sortir de l’isolement et du cloisonnement dans lesquels le système cherche ànous maintenir.

Lutter sur le seul terrain juridique ne suffit pas, des rapports de force sont àconstruire, en multipliant les mobilisations, en faisant circuler l’information, en organisant ensemble la résistance.

Ne nous laissons plus faire ! Rassemblement de soutien le 5 avril à14h devant le tribunal de Mende

[/Les procès àrépétition coà»tent cher, les soutiens financiers sont aussi les bienvenus.
Contact : carapace30(at)riseup.net/]

[Repris d’Exploités Énervés (Alès et environs).]

Perquisitions à ambert

Publié le 2018-03-29 07:04:04

Ce matin 28 mars, à partir de 8h30, au moins trois lieux d’habitation dont une maison occupée ont été perquisitionnés dans le cadre d’une enquête menée par le parquet de Clermont qui porte sur des dégradations et/ou tentative de dégradations en bande organisée selon les informations qu’on a réussi à choper. Au moins une personne est partie en garde à vue à Clermont et une autre dont on n’a pas de nouvelles pour le moment. A cette heure ci (17h15), les flics sont toujours présents dans un des lieux. On n’a pas plus d’informations pour le moment.

[nantes – 28 mars] le gouvernement tente de briser le mouvement étudiant

Publié le 2018-03-29 12:18:06

C’est finalement une foule hagarde, de plusieurs centaines de jeunes, qui se retrouve en début d’après-midi sur la Place du Bouffay, littéralement cernée par des centaines de policiers. On improvise alors une banderole de rechange, à la hâte sur un bout de drap. Cet unique moyen d’expression est à son tour arraché par une charge de policier cagoulés, après quelques dizaines de mètres de défilé. A Nantes, toute expression visible est interdite. Un commissaire en profite pour voler une poignée de tracts à un manifestant, et les jeter ostensiblement à la poubelle. Le défilé a donc lieu dans une nasse géante, qui emprisonne les manifestants, et les coupe du reste du monde. Une nasse mobile, suivie par trente fourgons bleus, gyrophares allumés. Ahurissant.

Le dispositif policier est digne de Poutine : un hélicoptère, et plus de 500 policiers pour un nombre de manifestants équivalent. Un homme armé par opposant. Combien a coûté un tel déploiement de forces ? Plusieurs dizaines de milliers d’euros, minimum. L’isolement est total, hermétique. Asphyxiant. Lorsqu’une répression aussi ridiculement disproportionnée est mise en place pour mater l’opposition dans un pays comme la Russie, les médias occidentaux se précipitent pour hurler à l’autoritarisme du régime. Et en France ? C’est devenu une situation normale. Et dans un silence assourdissant.

Constatant l’impossibilité de manifester dans cette ville, les centaines de jeunes nantais simplement venus crier leur solidarité avec les étudiants de Montpellier, et ceux des autres universités, se dispersent après une marche trop courte, et bien morne. La situation est extrêmement préoccupante : protester contre l’agression d’étudiants par un groupe fasciste est considéré comme une menace prioritaire par le gouvernement de Macron. Lutter pour ses droits expose à des dommages physiques. Et dans cet étau, un black out organisé par les médias passe sous silence les protestations. En somme, tout est fait pour invisibiliser et détruire la vague de colère qui monte en France.

Mais nous ne baisserons pas la tête. Rejoignez nous.

LA RUE OU RIEN

Publié le 2018-03-29 14:46:04

(Source: rue89bordeaux.com)

La police convoque en masse pour l’occupation du nouvel an. Quelques conseils du groupe Antirep. (Antirep communication about New Years Eve repression)

Publié le 2018-03-29 14:48:07

[ENGLISH BELOW]

Pendant la nuit du 31 décembre, un bal masqué a été organisé dans un H & M vide depuis un an et propriété d’une des sociétés immobilières qui façonnent actuellement la ville pour leur profit. La volonté était celle d’apporter une réflexion de fond sur la vie nocturne et la fête, ainsi que sur les loisirs et les temps libres, en s’appropriant, le temps d’une nuit, un espace dédié au commerce faisant partie d’une rue symbole de consommation effrénée.



Cependant, la fête ne s’est pas soldée sans répression : intervention massive et violente de policiers anti-émeute, utilisation des canons à eau, séquestration durant 8 heures de plus d’une centaine de personnes à l’intérieur du bâtiment et 140 interpellations. Les suites juridiques possibles envisagées par le Groupe Anti-Répression étaient que les personnes contrôlées, ou qui auraient été identifiées dans les environs, ou encore qui pourraient être soupçonnées d’avoir participé à cette occupation illégale, reçoivent des mandats de comparution (convocations par la police) et/ou des ordonnances pénales (amendes et autres condamnations). Bingo.

Que se passe-t-il ?

Après l’occupation du 31, la presse a fait état d’une plainte du propriétaire qui est entre les mains du Ministère public. Procédure pénale ouverte, c’est dans le cadre de cette enquête que, cette semaine, plusieurs personnes ont commencé à recevoir des mandats de comparution décernés par la police en courrier recommandé. Un mandat de comparution est un papier sommant une personne de se présenter à une audition (interrogatoire) afin d’être interrogée, identifiée ou de voir ses données signalétiques enregistrées (empreintes, photos, etc). La police peut convoquer n’importe qui sans délais particuliers en tant que prévenu (c.à.d. accusé-e-x d’une infraction), témoin, ou personne appelée à donner des renseignements. Pour l’instant, toutes les personnes ont été convoquées en qualité de prévenu pour violation de domicile et dommage à la propriété.

Que faire ?

Le groupe Antirep est là pour t’offrir du soutien en te donnant infos et conseils, pour te mettre en contact avec des avocat-e-x-s ou avec la Caisse Juridique de Soutien (CJS), et pour sortir les personnes de l’isolement en proposant des stratégies de défense collectives et en partageant ses connaissances. Ainsi :

Quelques outils en cas de convocation (déroulement de l’interrogatoire, prélèvement ADN et prise de données signalétiques)

Le jour de ta convocation, tu devras te rendre au poste de police de la Gravière, où tu seras interrogé-e-x par des agents de la BRIC brigade de recherché et d’îlotage communautaire » – c’est-à-dire la brigade de renseignement/police politique locale). Habillés en civil (sans uniforme), ils te feront asseoir dans un bureau afin de procéder à ton interrogatoire.
Tout d’abord, ils devront t’informer :

(Dans la convocation reçue par la poste, ils t’auront informé-e-x que tu as le droit de faire appel à un-e-x avocat-e-x et/ou un-e-x interprète. Cependant, si tu choisis de le faire, tu devras les en informer maximum deux jours avant la date fixée pour ton audition).

Tu seras interrogée par un ou deux agents. La police rédige un procès-verbal de ton interrogatoire ; le policier qui t’interroge le tape lui-même ou le dicte à un autre policier.
Ils essayent habituellement d’obtenir des aveux en échange d’une promesse de mise en liberté, de simplification de la procédure, ou encore de clémence des juges. Il faut savoir que dans 80% des cas, les suspect-e-x-s sont condamné-e-x-s uniquement sur la base de leurs aveux pendant l’interrogatoire de police. Ne fais pas plus confiance aux gentils policiers qu’aux méchants. Réponds TOUJOURS « je n’ai rien à déclarer ». Pouvoir garder le silence est ton droit le plus strict et la meilleure carte à jouer. Utilise-le au maximum même si la police essaye de te mettre la pression ou le doute. Si l’interrogateur dit ou fait quelque chose qui semble outrepasser ses droits, il faut demander à ce que ce soit écrit sur le PV (par ex : "Vous me dites que je suis obligé.e de répondre, je veux que ce soit écrit sur le pv avant de le faire").
Cependant, il est parfois absurde de se taire, par exemple si tu as une explication simple à donner qui prouve ton innocence : tu étais au Mexique au moment des faits et tu as des preuves. Ceci dit, avant de décider de donner une information, discute avec ton avocate. Tout ce que tu dis, dès les premières minutes de ton arrestation, pourra être utilisé contre toi tout au long de la procédure. Il est très difficile de revenir en arrière.

Si pour X raison tu décides de parler (ce que nous ne te conseillons vraiment, vraiment pas), sache que si le contenu du procès-verbal ne correspond pas à tes propos, que ce soit dans le contenu ou dans la formulation, tu peux refuser de le signer. Il est cependant beaucoup plus utile de demander aux policiers de le modifier, ou de le modifier toi-même à la main avant de le signer.

Toujours dans le cadre de ton audition, il n’est pas impossible que la police décide de faire un prélèvement ADN (frottis de la muqueuse au moyen d’un petit tampon dans la bouche) ou une prise de données signalétiques (empreintes digitales, photos etc). Tu peux contester la décision de la police, qui doit alors obtenir l’accord du Ministère public (accord qu’elle obtiendra en général sans difficulté). Bien que s’opposer n’empêchera probablement pas au final cette prise de données, il est toutefois nécessaire de formuler une opposition en disant « Je m’oppose, je veux le papier avec l’accord du Ministère public ». Pourquoi ? Sans ce papier, un avocat ne pourra pas contester pendant la procédure cette prise de données et demander leur destruction.

Quelques outils en cas d’ordonnance pénale

Toutes les personnes contrôlées doivent s’attendre à recevoir une condamnation par courrier recommandé indépendamment de ce qu’elles ont fait ou pas fait ou de si elles savaient ou non que l’occupation était illégale. Ces condamnations peuvent varier d’une personne à l’autre. Les personnes sans antécédents bénéficieront du sursis mais des amendes peuvent dans tous les cas tomber. Les condamnations prononcées avec sursis disparaissent de l’extrait de casier judiciaire privé à l’issue du délai d’épreuve qui est fixé entre 2 et 5 ans.

Si des condamnations tombent, celles-ci prendront vraisembablement la forme d’un document imprimé sur papier bleu intitulé "ordonnance pénale". Il est possible de former opposition à une ordonnance pénale en envoyant un courrier recommandé à l’autorité qui a émise la condamnation. Ce courrier d’opposition doit absolument être posté dans les 10 jours qui suivent la réception du courrier recommandé. Si tu ne vas pas chercher le courrier à la poste, il sera considéré avoir été reçu au bout de 7 jours. Il suffit d’indiquer que l’on forme opposition à l’ordonnance et rien d’autre par exemple à l’aide de ce générateur de lettres types (il est fortement conseillé de ne remplir que les champs indispensables et de ne PAS motiver son opposition).

Sans opposition formée dans les 10 jours, la condamnation entre en force et il n’y a presque plus aucun moyen de revenir dessus même si celle-ci retient des infractions délirantes à votre encontre. Attention, l’éventuelle ordonnance pénale peut tout à fait arriver dans plusieurs mois sans que tu n’aies aucune nouvelle d’ici là.

Si tu habites dans un pays de l’Union européenne, il est également possible que reçoive la condamnation directement chez toi. Dans ce cas, les modalités pour former opposition sont légèrement différentes. Renseigne-toi en écrivant un mail au Groupe Anti-répression (antirep-ge@riseup.net).

L’expérience montre que former opposition aux ordonnances pénales est presque toujours bénéfique. En effet les autorités chargent souvent les peines et retiennent des infractions qui n’auraient pas dû l’être, en misant sur l’absence d’opposition de la majorité des personnes à plus forte raison lors de procédures qui impliquent de nombreuses personnes.

Une opposition peut de toute façon être retirée par la suite en écrivant également un simple courrier.

En formant opposition, la procédure reste ouverte. Cela donne la possibilité de consulter le dossier et de se défendre tant individuellement que collectivement. L’organisation permet aussi de réduire les coûts du procès et des amendes. La répression pénale fonctionne en individualisant et par conséquent en isolant chaque personne et tente d’effacer le contexte social et collectif dans lequel les faits se sont déroulés. Le but est de briser la volonté des personnes poursuivies. Nous pouvons contrer ces pratiques afin de non seulement améliorer la situation de chacun-e-x mais aussi de se retrouver pour poursuive la lutte et de retourner le système pénal contre son propre but en forgeant des solidarités.

Groupe Anti-Repression Genève

[ENGLISH VERSION]

During the night of December 31, a masked ball was held in an empty H & M owned by one of the real estate companies that are currently shaping the city for their profit. The intention was to provide an in-depth thinking on nightlife and parties by appropriating, for one night, a symbol of unbridled consumption. But the party ended with great repression : massive and violent intervention of riot police, use of water cannons, sequestration during 8 hours of more than a hundred people inside the building, and 140 apprehensions. The possible legal consequences envisaged by the Anti-repression Group were that persons who were controlled, or who would have been identified in the vicinity, or who might be suspected of having participated in this illegal occupation, are given summonses and / or penal notices (fines and other convictions). Bingo.

What’s going on ?

After New Year’s Eve occupation, the press reported a complaint from the owner. Therefore, an investigation is going on. This week several people began to receive summons issued by the police by registered mail. A summons is a document summoning a person to attend an interview in order to be interrogated, identified or to have his or her personal data recorded (fingerprints, photos, etc.). The police may summon anyone as an accused (ie, accused of an offense), witness, or person called to provide information. For the moment, all the people were summoned as accused of violation of domicile and damage to the property.

What to do ?

The Antirep group is there to offer you support by giving you information and advice, put you in touch with lawyers or the Legal Support Fund (CJS – caisse juridique de soutien), and to get people out of isolation by sharing knowledge and proposing collective defense strategies. So :

Some tools for the audition (info on the interview, DNA sampling and personal data taking)

On the day of your audition, you will have to go to the La Gravière police station, where you will be interrogated by BRIC agents (« brigade de recherché et d’îlotage communautaire », the local political police). Dressed in civilian clothes (without uniform), they will make you sit in an office to conduct your interrogation.

The police must tell you in a language you understand :

(In the warrant received by mail, they will already have informed you that you have the right to call a lawyer and / or an interpreter. If you choose to do so, you will have to inform them at least two days before date set for your audition).

You will be interrogated by one or two agents. The police writes a report of your interrogation (the police officer who is questioning you writes it himself or he dictates it to another police officer). They usually try to obtain confessions in return for a promise of release, simplification of procedure, or leniency of judges. In 80% of the cases, the suspects are convicted solely on the basis of their confessions during the police interrogation. Do not trust the good guys more than the bad guys. Always say « I have nothing to declare ». Your right to remain silent is your most important right and the best card to play. Use it to the maximum even if the police try to put pressure on you or make you doubt. If the police says or does something that seems to exceed his rights, ask for it to be written on the record (eg : "You tell me that I have to answer, I want it to be written on the record before doing it ").
However, it is sometimes absurd to remain silent, for example if you have a simple explanation to give that proves your innocence : you were in Mexico at the time of the facts and you have proofs. That said, before deciding to give information, discuss with your lawyer. Everything you say, from the first minutes of your arrest, can be used against you throughout the procedure. It is very difficult to go back. 


If for X reason you decide to speak (which we do really, really NOT advise you to do), know that if the content of the interrogation report does not match what you said, whether is the content or the formulation, you can refuse to sign it. However, it is much more useful to ask the police to modify it, or modify it yourself before signing it.

Always in the context of your audition, it is not impossible that the police decide to make a DNA sampling (smear of the mucous membrane by means of a small stamp in the mouth) or to take your personal data (fingerprints, photos etc.). You can object the decision of the police, which must then obtain the approval of the public prosecutor’s office (in general, the police will obtain it without difficulty). Although opposing will probably not ultimately prevent this personal data taking, it is however necessary to formulate an opposition by saying « I object, I want the paper with the agreement of the public prosecutor’s office » because, without this paper, a lawyer will not be able to challenge the taking of your personal data during the procedure and request its destruction.

Some tools in case you receive a penal notice

All controlled persons should expect to receive a conviction by registered mail regardless of what they did or did not do or whether they knew the occupation was illegal. These convictions may vary from person to person. People without antecedents will benefit from the reprieve but fines can in any case be applied. Conditional sentences disappear from the private criminal record at the end of the test period which is set between 2 and 5 years.

If convictions are handed down, they will presumably take the form of a document printed on blue paper entitled « ordonnance pénale » (penal notice). It is possible to object to a penal notice by sending a registered letter to the authority that issued the sentence. This opposition letter must absolutely be mailed within 10 days after the reception of the registered mail. If you do not pick up the mail at the post office, it will be considered as received after 7 days. It suffices to indicate that one is opposed to the order and nothing else for example with the help of this generator of standard letters (it is strongly advised to fill only the necessary fields and NOT to justify the opposition).

Unopposed within 10 days, the conviction comes into force and there is almost no way to return to it even if it detains delusional offenses against you. Be careful, the possible penal notice can arrive in several months without you having any news by then.

If you live in a European Union country, it is also possible to receive the notice directly at your home. In this case, the modalities to form opposition are slightly different. Find out by writing an email to the Anti-Repression Group (antirep-ge@riseup.net).

Experience shows that forming opposition to penal notices is almost always beneficial. Indeed, the authorities often exaggerate penalties and retain offenses that should not have been retained by relying on the lack of opposition of the majority of people, and that even more in procedures that involve many people.

Anyway, an opposition can be withdrawn afterwards by writing a simple mail.

When you make an opposition, the procedure remains open. This gives us the opportunity to consult the record and to defend ourselves individually as well as collectively. The organization also reduces trial costs and fines. Penal repression works by individualizing and therefore isolating each person, and attempts to erase the social and collective context in which the facts unfolded. The goal is to break the will of the persecuted people. We can counter these practices in order to not only improve the situation of each one of us, but also to continue the struggle and to return the penal system against its own goal by forging solidarities.

Groupe Anti-Repression Genève



Bâle : verdict du procès en appel contre un compagnon

Publié le 2018-03-29 14:49:14

Vendredi dernier, le 23 mars 2018, à 8 heures du matin, notre compagnon comparaissait devant la Cour d’appel de Bâle pour des accusations portant sur la manifestation sauvage à la Freiestrasse en 2010 et les protestations contre le “Marsch fürs Läbe” en 2013. Pendant qu’il devait endurer le théâtre judiciaire dans la salle d’audience, des tracts ont été distribués, des autocollants collés et des affiches collées dans la ville. Avec ce petit geste de solidarité, le procès a ainsi été sorti de la salle d’audience.



Derrière les murs du palais de justice, le procureur et les juges ont tout mis en œuvre pour représenter la justice dans tout ce quelle a de plus arbitraire. Avec l’argument du tribunal selon lequel les traces d’ADN sur un gant sont suffisantes pour accuser notre compagnon de n’importe quel acte – que ce dernier ait ou non commis lui-même les dommages matériels – on fait peser sur lui une sorte de culpabilité collective. Ceci sur la base du fait qu’il était politisé et récidiviste et en raison de son refus constant de parler à la police (euh, ne s’agirait-il pas là de quelque chose comme un droit fondamental ?). Le tribunal a donc confirmé le verdict de la première instance et a condamné notre ami à un an et demi de prison ferme.
Nous ne sommes pas surpris.-e-s. Le fait que les juges, sans sourciller, détruisent des vies par leurs interprétations arbitraires et volent des années de notre vie ne fait que renforcer notre rejet de la magistrature et confirmer le ridicule de leurs activités. Pourtant, cela nous fout la rage parce qu’ils veulent enfermer notre ami. Et notre colère s’intensifia encore plus quand, après le verdict, les flics l’entourent et l’emmènent directement dans un fourgon. Sans préavis et sans explication, ils l’ont transporté à Zurich, où il a été amené directement devant le juge et où est à l’heure actuelle toujours en détention préventive. À présent, il est clair qu’il s’agit là d’une nouvelle enquête du ministère publique zurichois.

Nous sommes en colère et notre ami nous manque. Les murs de béton peuvent nous séparer, mais jamais briser nos idées et notre solidarité !



Berne : Visite nocturne chez une pièce-maitresse du système carcéral

Publié le 2018-03-29 16:00:11

Le 19 mars au matin à Berne, nous avons rendu une petite visite à CSD Ingenieure, dont les bureaux sont situés dans la Hessstrasse, pour visibiliser leur implication dans l’agrandissement de la prison [pour étrangers] de Bässlergut.



Nous avons sprayé les murs et les portes avec « Sabotons les profiteurs du système carcéral de CSD » / « Abattons Bässlergut » et englué la serrure de la porte d’entrée.

Après cette visite, nous aimerions transmettre à CSD Ingenieure un message public destiné aux entreprises impliquées dans l’agrandissement de la prison de Bässlergut.

Aux membres de la direction de CSD Ingenieure.

Votre entreprise participe à l’agrandissement de la prison de Bässlergut. Vous faites donc partis d’un projet de construction qui fera en sorte d’enfermer à l’avenir encore plus de gens.

Ceci n’est pour vous qu’une énième commande qui vous permettra de remplir vos caisses, tout en vous jetant aux pieds des dominants. Mais ce chantier et tous les mécanismes qui se manifestent ont, pour beaucoup de gens, des conséquences profondes.

Vous pouvez vous auto-persuader encore longtemps que vous n’avez aucune responsabilité là-dedans, que ce n’est qu’une commande, que personne ne veut porter la responsabilité de d’enfermer, d’expulser, d’humilier, tout comme personne n’est responsable des bombes larguées.

Mais en réalité, vous construisez cette prison, les autorités la commandent, les flics et la justice la remplissent et le personnel veille à ce qu’elle fonctionne le mieux possible.

Donc vous pouvez aussi faire face à cette responsabilité et vous retirez publiquement de ce projet de construction – et ce vaurien de Baschi est capable de faire lui-même tout le sale boulot.

Mais tant que vous ne le faites pas, vous ne vous étonnez pas du fait que des gens, se sentant eux-mêmes menacés par ces cellules ou n’acceptant pas que des gens soient enfermés et expulsés vous signifient concrètement cette responsabilité.

Vous pouvez prendre une décision.

Jusqu’à présent, nous ne vous saluons absolument pas.



Feu sur enedys

Publié le 2018-03-29 16:05:03

Envie de révolte, envie de destruction, envie de liberté. Dans la nuit du 25 au 26 mars, nous avons incendié un utilitaire Enedys pour linky, rue de Paris, à Montreuil.

Solidarité avec la lutte de Bure contre la poubelle nucléaire et son monde

des briquets intelligents

Zad de nddl : nous nous engageons contre toute expulsion

Publié le 2018-03-30 12:14:02

Depuis plusieurs semaines, nous sommes sous la menace d’expulsions, devenues imminentes à l’approche de la fin de la trève hivernale.

Ces expulsions pourraient donc avoir lieu à partir de début avril et pendant les semaines qui suivent. Même si elles sont présentées comme « partielles », nous sommes et restons tout.te.s déterminé.e.s et uni.e.s, quelles que soient nos divergences sur d’autres points, pour empêcher leur exécution.

Pour cela, nous nous engageons et appelons à :

– défendre la ZAD, ce qui s’est construit et vécu ici, tous ses habitats et tou.te.s ses habitant.e.s ;

– rejoindre le rassemblement annoncé à 18h à Nantes devant la préfecture le jour où ces menaces se concrétisent ;

– reconstruire tout habitat détruit ;

– réagir par les moyens nécessaires (blocages, rassemblements, actions décentralisées, etc.)

Différents chantiers se dérouleront autour de cette période là. Pour plus d’infos voir le site zad.nadir.org et écouter Radio Klaxon sur place sur 107.7 ou sur radioklaxon.antirep.net.

Nous appelons donc toutes les personnes solidaires de la lutte contre l’aéroport et son monde et pour un avenir commun dans le bocage à venir nous rejoindre et/ou à nous soutenir par tous les moyens qui leur semblent appropriés.

L’ensemble des lieux et des occupant.es de la ZAD

« Lettre de rupture au cishétéropatriarcat » par Les Méduses

Publié le 2018-03-31 08:16:08

Cher Cishétéropatriarcat, Entre nous ça n’a pas toujours été facile. Après m’être longtemps remis-*-e en question, j’ai compris que le problème ce n’est pas moi, c’est toi.



Avant même ma naissance, tu m’avais déjà fiché-*-e. À la maternité, tu m’as assigné-*-e F ou M sur une carte dont tu as décrété qu’elle était d’identité.
Ensuite ça ne s’est pas arrangé…

À la maison, dans la rue, en famille, à l’école, dans les textes sacrés, dans les histoires qu’on me contait le soir, dans les vêtements qu’on me forçait à porter, chez le-la coiffeur-euse, dans les jouets que tu m’imposais… Tu m’as dressé-*-e à vivre une enfance rose ou bleu, forcément cisgenre hétéro, tu m’as parqué-*-e dans une binarité systémique et complémentaire, poupée ou camion, football ou tutu rose.
Tu m’intimais d’être silencieuse, docile, soumise, passive, douce, calme, studieuse, sérieuse, sensible, attentionnée ; ou viril, fort, casse cou, courageux, impassible, insensible, bagarreur, égocentré, possessif, macho. Dans la cour de récré, en classe, à table, tu m’a silencié-*-e, invisibilisé-*-e, tu m’as réparti-*-e dans des espaces et des rôles inégaux et prédéfinis. Bref, tu m’as appris à être dominée ou dominant, et avant que je sache qui j’aimais t’avais déjà prévu mon mariage hétéro, combien de gamins je dois faire, déjà ? Un garçon et une fille c’est ça ?

Lorsque mes premiers poils sont arrivés, tu m’as demandé de les arracher ou des les exhiber, et c’était déjà la compet sur la taille de mes boobs ou de ma queue. De toute façon mon corps avait forcément tort. Tu m’as toujours culpabilisé-*-e, tu m’as appris à humilier les autres pour ne pas l’être moi même, pour sauver ma peau.

Depuis que j’ai entamé le processus de réappropriation de mon corps, j’ai compris que les baisers forcés, les mains au cul, la culture du viol étaient une manifestation de ton emprise de merde, omniprésente dans nos sociétés. Nous te rendons en miettes ta masculinité toxique brisée, les cendres de l’Etat, la police, la justice, la médecine, la psychiatrie, les lambeaux du salariat, du capital et de l’Éducation Nationale, des institutions religieuses…. PS : Je garde le chat et les paillettes !

JPEG - 294.8 ko

Tu es raciste, islamophobe, antisémite, sexiste, putophobe, grossophobe, transphobe, lesbophobe, homophobe, validiste, psychophobe, agiste. Allié au capitalisme, au consumérisme, au nationalisme, au colonialisme et au fascisme, tu nous montes les un-*-es contre les autres en dressant des frontières terrestres, physiques et mentales, tu cherches à contrôler nos corps, nos mentalités, nos vies.
Entrecroisés, ces systèmes de domination produisent des oppresseur-*-es privilégié-*-es et des opprimé-*-es : invisibilisé-*-es dans l’espace public, des livres d’histoire jusqu’aux médias en passant par les arts, hypersexualisé-*-es, exotisé-*-es, exclu*es des assemblés, passé*es au crible du profilage racial et tué-*-es par les représentant-e-s de l’État, massacré*es dans les colonies que l’Occident continue d’exploiter.

Je te quitte. Et je vais te détruire ! J’ai aujourd’hui les armes pour te comprendre, me défendre et te défier. Depuis que j’ai rejoint un gang (ne crois pas que tu peux y échapper, ce n’est pas le seul ❤️), je suis plus entrainé-*-e, plus armé-*-e et plus organisé-*-e de jour en jour.

Être queer c’est choisir le camp de la révolution. Ce n’est pas seulement revendiquer son appartenance aux minorités de genre et sexuelles mais c’est aussi avoir un positionnement politique militant radical contre les systèmes croisés de domination raciste, capitaliste, classiste, cishétéropatriarcal et validiste. C’est réfléchir à ses privilèges et comment être allié-*-es dans des luttes où l’on n’est pas les principaux-*-ales concerné-*-es. C’est déconstruire les évidences normatives pour faire de la place au champ des possibles, des nouvelles possibilités de se penser soi-même et collectivement, de songer à de nouvelles pratiques et formes de relations.

Queer n’est pas une étiquette de plus, vide de sens mais un point de ralliement pour nos expériences de désirs qu’on éprouve et des violences qu’on subit. Une zone stratégique à occuper, à reprendre même, un espace d’expérimentations et de bienveillance radicale. Espaces safe et/ou en non-mixité, régulation conscientisée des prises de paroles, langage non-discriminant, solidarité affective et matérielle ne sont pas un luxe ou des lubies mais une nécessité.

Fort-*-es de nos expériences de Pink Bloc, d’une pride de nuit avec d’autres collectifs et de plusieurs présences et interventions dans divers espaces militants, nous multiplierons les actions directes et les surprises à mesure que notre banc de freaks se peuplera, jusqu’à ce que soit déclaré le chaos/KO du monde ici-bas.

Cher cishétéropatriarcat, régime de la Normalité, on t’enculera pas, la sodomie c’est entre ami-*-es. Mais on te détruira.

Queerdialement

Les Méduses, collectif queerfeministe pour la destruction du cisheteropatriarcat, sur Lyon et les environs

PS : c’est en mixité choisie Queer Transpédégouines LGBTIA, si ça te plait pas casse toi.

Rage et paillettes tentaculaires

Ambert, France : Deux personnes en détention provisoire pour « destructions en bande organisée »

Publié le 2018-03-31 08:17:03

Suite aux perquisitions qui ont eu lieu mercredi les deux personnes placées en garde à vue ont été mis en détention provisoire pour 4 mois renouvellables deux fois. Les charges portent sur des destructions en bande organisée. L’enquête est toujours en cours.

Différents objets on été pris lors des perquisitions appatenant a différentes personnes; carnets d’adresse, brosses à dent, documents avec adresse, lettres, envellopes, divers papiers manuscrits, clefs usb, ordinateurs (liste non exhaustive).

Samedi 31 mars 2018


Plusieurs perquisitions à Ambert

Ce matin 28 mars, à partir de 8h30, au moins trois lieux d’habitation dont une maison occupée ont été perquisitionnés dans le cadre d’une enquête menée par le parquet de Clermont qui porte sur des dégradations et/ou tentative de dégradations en bande organisée selon les informations qu’on a réussi à choper. Au moins une personne est partie en garde à vue à Clermont et une autre dont on n’a pas de nouvelles pour le moment. A cette heure ci (17h15), les flics sont toujours présents dans un des lieux. On n’a pas plus d’informations pour le moment.

Jeudi 29 mars 2018

[Publié sur indymedia nantes]

Maj perquisitions ambert

Publié le 2018-03-31 15:04:04

Suite aux perquisitions qui ont eu lieu mercredi les deux personnes placées en garde à vue ont été mis en détention provisoire pour 4 mois renouvellables deux fois. Les charges portent sur des destructions en bande organisée. L’enquête est toujours en cours.

Différents objets on été pris lors des perquisitions appatenant a différentes personnes; carnets d’adresse, brosses à dent, documents avec adresse, lettres, envellopes, divers papiers manuscrits, clefs usb, ordinateurs (liste non exhaustive).

Soutien et solidarité avec la lutte étudiante et lycéenne !

Publié le 2018-03-31 22:54:05

Le communiqué d’un collectif aixois et marseillais autonome qui a hissé sur un point de passage autoroutier à Marseille une banderole de soutien aux facs et lycées en lutte et contre la répression fasciste et policière :



Solidarité avec les étudiant-e-s et lycéen-ne-s en lutte !

En modeste soutien à la lutte étudiante partout en France, que nous ne saurions tarder à rejoindre avec plus de vigueur, les camarades de Aix-Marseille ont hissé une banderole sur un point de passage autoroutier à Marseille : Face à la répression, l’insurrection !

Suite aux violences policières et aux agressions fascistes subies par les compagnon-ne-s en lutte à Montpellier, Lille, Strasbourg, Caen, Nantes et ailleurs – agressions souvent indissociables, la police protégeant les fascistes – les camarades de Aix-Marseille ont décidé d’afficher un soutien total avec celleux qui se battent et agissent contre le « plan étudiant », la loi ORE et contre les logiques de ce système autoritaire et capitaliste véritable machine à broyer les rêves, le futur et les vies humaines d’une jeunesse bien décidée à se réapproprier ce qui lui appartient : tout ! Tout ou rien ! L’amour ou rien ! Voilà nos revendications.

La lutte étudiante vise l’autodétermination, la liberté et une vie meilleure sans verticalité. Sur cette route pavée d’espérances, les fascistes, l’État et sa police constituent un obstacle. Un obstacle qui n’est pas insurmontable. Le vieux monde résiste : son emploi de la violence via des milices fascistes et son armée de robocops-CRS démontre sa décadence et sa fin prochaine. Le capitalisme se meurt, aidons-le !

En parallèle, il est essentiel de développer des mouvements anti-autoritaires, autonomes et des modes de vies substitutifs pour lutter partout contre toutes les formes de répressions : la police, le fascisme, l’ordre nauséabond et absurde du capitalisme.
Les facs occupées sont d’une inestimable richesse pour des perspectives et des pratiques autogestionnaires et libertaires qu’il nous est important de soutenir et d’encourager. Fac autogérée pour tous et toutes ! La lutte étudiante est anti-fascisante !

Face à la libéralisation des services publics, de toute la société jusqu’à l’individu lui-même, nous ne demandons pas un statu quo. On ne négocie pas avec le capitalisme. Encore moins avec le fascisme ! Nous luttons pour détruire toutes les frontières qui empêchent la libre vie des êtres humains et érodent d’authentiques liens sociaux d’entraide et de solidarité : l’État, le capitalisme, l’élitisme, le racisme, le sexisme...
Face à la progression de l’extrême-droite qui s’implante à Chambéry, Marseille, Aix-en-Provence etc. nous ne demandons pas des peines de prisons et des procès-spectacles vides de sens. Formons des réseaux de complicités antifascistes et radicaux ! Fachos, hors de nos facs ! Hors de nos villes ! Hors de nos vies ! Hors de la galaxie !
Face à la répression disproportionnée et aveugle de la police – institution qui restera à jamais synonyme d’oppression – peu importe la couleur de l’uniforme : notre insurrection et notre ingouvernabilité seront leurs maux de désordre.

Les vnr-deter de Aix-Marseille

On ne se laissera pas limoger

Publié le 2018-04-01 07:21:05

6h00 du mat’, le 27 mars 2018, les gendarmes débarquent dans deux maisons toulousaines. Il y a là différentes unités : entre autres, les sections de recherche de Toulouse et de Limoges, ainsi que leurs PSIG associés (pelotons de sécurité et d’intervention de la gendarmerie). Ce qui va être pris au long de cette longue matinée, c’est du matos informatique, des carnets, de l’argent, des téléphones, mais aussi des caleçons et des taies d’oreiller, pour l’ADN. Surtout, deux personnes sont embarquées. Après un passage éclair à la gendarmerie de Balma, départ pour Limoges, où les personnes sont présentées à la juge d’instruction. Celle-ci leur signifie que leur garde à vue est reconduite jusqu’au lendemain. Chaque personne sera retenue dans une gendarmerie différente, à quelques kilomètres de Limoges. Dans le même temps, une personne de Limoges subit sensiblement le même scénario.

Il est annoncé aux personnes de Toulouse qu’elles sont retenues dans le cadre d’une enquête pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et des dégradations en relation à des faits ayant eu lieu dans la nuit du 18 au 19 septembre 2017 à Limoges. Elles resteront 36 et 38 heures en garde à vue, auditionnées longuement sur leurs positionnements politiques et leurs fréquentations. Ces deux personnes sortiront sans mise en examen. Néanmoins, la personne de Limoges reste en GAV. Nous savons que d’autres perquisitions et arrestations ont eu lieu le mercredi matin à Ambert, et que les personnes ont été placées en détention provisoire pour 4 mois renouvelables deux fois. On ne peut affirmer un quelconque lien entre ces événements à l’heure actuelle.
Au vu de ce qui a été dit, on peut supposer qu’il y eu des écoutes et des filatures depuis plusieurs mois, dans le cadre d’une instruction, suivie d’une commission rogatoire, ouverte le 20 octobre 2017 et renouvelée le 13 décembre 2017 (13.12…). Gageons que cette surveillance ne concerne ni les seules personnes auditionnées, ni ces seules villes.

Derrière l’appellation floue d’association de malfaiteur-rice-s, il apparaît que l’Etat cherche à criminaliser des liens entre des gens, des lieux fréquentés, des modes d’organisation, idées politiques et pratiques. C’est là un éventail large qui peut être constitué en faisceau de suspicion : manger dans un squat, utiliser des listes mails sécurisées, participer à des actions, organiser des rencontres, faire du sport ensemble, communiquer, se déplacer. Et même faire des pâtes au fromage.

Il est important de repréciser nos solidarités, et de continuer à lutter, à tenir pour déjouer les stratégies judiciaires.

Toutes malfaiteurs,
Adhérons à l’association!

Nique les fachos partout

Publié le 2018-04-01 07:30:08
Mar 312018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le soir du 18 mars, après que les Soldiers of Odin aient fait une sortie a l’occasion du défile de la St-Patrick, nous avons détruit le véhicule de Kathy Latulipe, présidente provinciale des S.O.O., dans une rue du quartier Villeray. Toutes les vitres de son chevrolet HHR gris (W69 K2M) ont été cassées, les pneus crevés et nous avons peint “Fuck S.O.O.” sur le côté.

Ensuite, nous avons détruit le véhicule de Stéphane Blouin, directeur de Montréal des S.O.O., devant chez lui au 2553 rue Fletcher, dans l’est de Montreal. Son Mazda CX5 bleu (G54 HTB) s’est fait cassé les fenetres.

Quelques jours plus tard, nous avons réservé le même sort au véhicule de Simon Arcand, vidéaste amateur des S.O.O., devant sa maison située au 4965 rue Laurentien à Drummondville.

Soldiers of Odin est un groupuscule raciste et fasciste qui n’a sa place nulle part dans ce monde. Nous leur barrerons la route par tous les moyens nécessaires.

Nique les fachos partout.

[Photo de gauche à droite : Stéphane Blouin, Kathy Latulipe, Simon Arcand]

[Bure] Bilan de la répression un mois après l’expulsion

Publié le 2018-04-01 07:32:05

Depuis l’expulsion de la forêt, le 22 février dernier, une répression sans pareil s’abat sur les militants anti-Cigeo. Ce jour-là l’État s’est senti obligé de nous montrer son vrai visage en mobilisant plusieurs centaines de flics pour à tour de rôle venir jouer à la reconstitution de la campagne française sous occupation militaire. Tout l’arsenal punitif s’est actionné : surveillance, condamnations judiciaires, emprisonnement, coups et blessures, intimidations, peur…



Aucun mot ne peut expliquer le bouillonnement d’émotion que nous ressentons, ce bilan restera le plus factuel possible.

Les informations sont incomplètes, nous savons combien de nos ami.es sont en prison mais nous n’avons pas connaissance ou nous n’avons pas enregistré de nombreux actes répressifs de la part de la police. Ces chiffres doivent donc être vus à la hausse, particulièrement sur le nombre de vérifications d’identités.

Du 22 février au 19 mars :

Plusieurs dizaines de contrôles routiers + fouilles du véhicule
1 nuit au commissariat en cellule de dégrisement et une amende pour visage masqué et ivresse sur la voie publique (personne arrêtée à 20 m de la maison).

73 vérifications d’identité, la plupart ayant duré 4 heures.

25 gardes à vues :

8 gav de 24 heures
17 gav de 48 heures
5 comparutions immédiates
2 détentions provisoires

Interdictions administratives :

1 interdiction de Meuse et Haute-Marne
1 interdiction de Meuse et Haute-Marne + pointage deux fois par semaine dans l’attente du procès
6 interdictions de Meuse + pointage au comico toutes les 2 semaines dans l’attente de procès
1 interdiction de Mandres-en-Barrois

Lire la suite ici, sur vmc.camp

Hommage à Beltrame : le sacrifice de l'un n'efface pas les crimes des autres

Publié le 2018-04-01 07:33:04

A propos de l’hommage national rendu au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, mort suite à la prise d’otage du 23 mars 2018.



Cérémonie aux Invalides, minute de silence dans les lycées, drapeaux en berne... La mort du gendarme Beltrame ne passera pas inaperçue. Du plus haut niveau de l’État jusque dans les colonnes d’un ancien quotidien maoïste, mais aussi dans le discours du chef de file de la gauche « radicale », on exalte le courage, le don de soi, le sacrifice... « Le nom d’Arnaud Beltrame est devenu celui de l’héroïsme français », déclare Emmanuel Macron. Dans Libération, on peut lire : « S’offrir pour sauver autrui, renoncer à son intérêt personnel pour préserver l’intérêt collectif, faire don de soi pour protéger le bonheur et la liberté de tous : le colonel Beltrame est mort pour nous ici bas, nos libertés ». Ce n’est plus un homme, c’est le Christ !

On prend une grande leçon de République et de la valeur de ses soldats. Cette même République qui exécute, enferme, et discrimine. Difficile d’oublier que Beltrame portait le même uniforme que les gendarmes entre les mains desquels Adama Traoré a perdu la vie. Ce sont les gendarmes, aussi, qui ont tué Angelo Garand. Les gendarmes, toujours, qui ont tué Rémi Fraisse. Les gendarmes, enfin, qui harcèlent les exilé-es aux frontières. Le sacrifice de l’un n’efface pas les crimes des autres. A travers Beltrame, l’État veut exalter la nation et ses agents armés, et faire taire les critiques internes. En cela, il est soutenu par les républicains de gauche comme Mélenchon et ses comparses, toujours prompts à s’enthousiasmer pour les hymnes militaires.

Crier « Mort aux vaches », un slogan pourtant répandu depuis plus d’un siècle dans les rangs des anti-autoritaires et ennemis de l’État, devient blasphématoire. Pour avoir déclaré « A chaque fois qu’un gendarme se fait buter, (...) je pense à mon ami Rémi Fraisse... Là c’est un colonel, quel pied ! », un militant de la France Insoumise a été condamné en comparution immédiate à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme. On peut trouver dégueulasse de se réjouir de la mort d’un pandore, mais il n’est pas moins dégueulasse d’y voir un soutien quelconque à l’idéologie de celui qui l’a tué. L’unanimité est de rigueur, c’est la grande communion nationale. Fermez les rangs.