Vive l'Anarchie - Semaine 13, 2025

Sommaire

DARMANIN DÉCLARE LA GUERRE AUX PRISONNIER·ES

Publié le 2025-03-31 10:59:44

Initialement publié sur L’Envolée, le 27/03/2025.

Chapitre 2 : Tout le monde au cachot !

Maintenant qu’il a supprimé les activités en détention, Darmanin poursuit son offensive démago-sécuritaire, cette fois-ci sous le pavillon de la « guerre au narcotrafic ». D’ici quelques mois, les quartiers ultra sécuritaires promis aux « plus-terribles-narcotrafiquants-de-France » qui devraient ouvrir à Condé-sur-Sarthe et Vendin-le-Vieil vont rendre encore plus invivables leurs régimes d’isolement déjà bien mortifères… D’autres ouvertures déjà annoncées visent à étendre ce régime à plus de 600 prisonniers. Ces annonces n’ont rien de nouveau, c’est tout simplement le durcissement du « système Condé » : isolement quasi total pour les prisonniers et moyens décuplés pour les surveillants. Comment ne pas craindre son extension à l’infini, et un méchant tour de vis dans toutes les détentions…

Condé et Vendin : « des machines à broyer »

Inventés sous Jospin et inaugurés par Taubira en 2013 et 2014, les centres pénitentiaires d’Alençon-Condé-sur-Sarthe et de Vendin-le-Vieil sont des tombeaux hypersécuritaires blindés de technologies de surveillance. Conçus pour empêcher toute communication entre les prisonniers, ces établissements sont segmentés en ailes d’une douzaine de personnes maximum. Pas de sortie de cellule sans escorte ; tous les mouvements sont gérés par vidéosurveillance et sas à fermeture électronique. Pas de gourbi (petit espace de convivialité arraché à l’administration pénitentiaire) et le régime « portes fermées » ne permet pas non plus de se réunir en cellule. Dans ces taules-là, pas de « surpopulation » : Condé compte officiellement 195 places et Vendin 135, mais une centaine de prisonniers seulement y sont enfermés pour assurer un ratio de trois à quatre surveillants par prisonnier. Ces taules ont été spécialement conçues pour casser en quelques mois des prisonniers longue peine – qui y passent en fait de longues années… En centrale, les prisonniers avaient obtenu un minimum d’aménagements de leurs conditions de détention, comme le régime « portes ouvertes » ou un peu plus d’activités. À Condé et Vendin, ces acquis arrachés de haute lutte ont été supprimés dès l’ouverture, puis redistillés au compte-goutte, juste assez pour pas que ça pète… en attendant de nouveaux durcissements.

Les prisonniers ont tout de suite dénoncé ces mouroirs modernes : « Ces tombeaux de la mort, ces nouvelles merdes de prison, faut les détruire. C’est pas acceptable de vivre avec les peines infinies qu’on a à faire. Ils sont en train de construire des QHS (quartier de haute sécurité) dans des centrales modernes. » « La direction nous pousse à commettre des actes, car Condé-sur-Sarthe est un QHS amélioré : on est tout le temps en cellule, on n’a pas d’activités… C’est pour ça qu’il y a des mouvements et une prise d’otage. Moi, je suis déterminé à ne pas me laisser faire, car pour le système Condé on est des cobayes. » « C’est très difficile mentalement de savoir qu’on est dans un espace aussi réduit, c’est pas fait pour garder des gens à long terme pendant des années. Ça brise un homme, mentalement, c’est fait pour broyer un homme. Certes, la prison, c’est difficile. Mais là, ça a rien à voir, c’est des machines à broyer. »

QHS, QI, « narcoprisons » : toujours la même torture blanche

Suite aux luttes des prisonniers, la « gauche de gouvernement » a fermé les quartiers de haute sécurité (QHS) en 1982… pour les remplacer aussitôt par les quartiers d’isolement (QI). Un nouveau sigle, un petit coup de peinture, une grille ou deux en moins, et le tour était joué… Trente ans plus tard, la même « gauche » a appliqué le modèle des quartiers d’isolement à l’échelle d’établissements entiers avec l’ouverture de Condé et de Vendin.

Évidemment, les conséquences de la torture blanche, elles, restent les mêmes. Un prisonnier les analysait encore récemment depuis Bois-d’Arcy : « Les problèmes de concentration, les difficultés à construire sa pensée, l’hébétude, la perte de repères temporels, les maux de tête, les vertiges, loin de disparaître avec le temps, se sont amplifiés et généralisés ; ils sont devenus monnaie courante ou normalité. »1 « Les QHS sont la forme futuriste de la peine capitale, dénonçaient déjà des prisonniers en 1978 ; on y assassine le mental en mettant en place le système d’oppression carcérale à outrance, conduisant à la mort par misère psychologique […] N’attendez pas d’être acculés à la torture par l’isolement et la privation sensorielle, comme c’est le cas pour nous en ces quartiers d’assassinat lent et propre vers lesquels l’administration évacue tous les détenus qui luttent pour sauvegarder leur dignité humaine en refusent de se laisser amputer de la parole par des traitements concentrationnaires. » 2 À l’ouverture de Condé, un prisonnier expliquait : « Condé est un QHS qui est fait pour casser les gens psychologiquement. Mais il n’y a pas beaucoup de révolte, ce qui fait que c’est plus facile pour l’AP de nous contrôler. Comme je le dis, il faut faire une action comme dans les années 1980. Cela veut dire monter un comité d’action des prisonniers pour pouvoir fermer ces tombeaux ouverts. »

On peut toujours faire pire

Dans un esprit de saine émulation, Gérald a rendu une visite de courtoisie au gouvernement d’extrême-droite de Giorgia Meloni. C’est qu’il s’intéresse au régime pénitentiaire 41bis : mis en place par les socialistes en 1992 pour lutter contre la mafia, ce régime s’est évidemment rapidement étendu à d’autres catégories de prisonniers. Près de 800 prisonniers italiens subissent ce régime de torture sensorielle : isolement quasi total sous vidéosurveillance 24 heures sur 24, sans communication téléphonique, un seul parloir mensuel d’une heure derrière une vitre blindée, en présence d’un maton – et qui peut être remplacé par un coup de fil… Deux heures de promenade quotidienne en groupes de quatre, aucun accès aux espaces collectifs, interdiction de travailler et de prendre part aux activités. Le seul moyen d’y échapper, c’est d’obtenir le statut de « collaborateur de justice » ; autrement dit, de poukave.Manifestement, ça l’a inspiré, vu ce qu’il annonce : interdiction de sortir de l’établissement, audiences avec les magistrats en visioconférence, parloirs hygiaphone empêchant tout contact, fouilles à nu systématique après les parloirs – même les parloirs avocat –, suppression de l’accès aux unités de vie familiale (UVF) et aux parloirs famille ; réduction du droit de téléphoner à trois fois deux heures par semaine, deux heures de promenade quotidienne, toujours à l’isolement et interdiction de travailler ou de participer à d’autres activités. Il est question de réduire encore plus les contacts entre prisonniers à Condé et Vendin en n’en laissant que quatre ou cinq par aile de la détention. Le fanstasme avoué de Darmanin, c’est de leur imposer cette torture blanche pendant quatre ans sans possibilité d’aménagement, sur décision du ministre (lui). Et puis allez, ça sera pour tous les prisonniers de la centrale, pas juste pour ceux qui sont impliqués dans des affaires de trafic comme le slogan de « narco-prison » pouvait le laisser entendre. Ce durcissement déjà officiellement annoncé pour les prisonniers étiquetés terroristes ne demande qu’à continuer à s’étendre puisque le nom officiel de ces nouveaux quartiers de « lutte contre la criminalité organisée » dit bien tout leur potentiel d’extension. En grand humaniste, Darmanin a demandé leur avis aux sages du Conseil d’État, qui ont trouvé que ça allait ; ils ont juste tiqué sur les fouilles à nu après les parloirs avocat·es et abaissé à deux ans l’impossibilité d’aménagement.

Après un long suspense bidon destiné à faire monter la sauce médiatique, le sinistre ministre a finalement donné les noms des établissements appelés à devenir des méga QHS : Condé-sur-Sarthe et Vendin-le-Vieil ! Tu parles d’une surprise… Y a presque rien à faire : l’architecture de ces établissements ultrasécuritaires permet déjà l’isolement quasi total des prisonniers, et leur personnel est déjà rodé à un régime d’isolement et de violence extrême. À côté de Condé, en plus, il y a le tribunal d’Alençon, qui est déjà une sorte d’annexe de la taule bien pratique pour coller des années de prison supplémentaires à ceux qui résistent au sort qui leur est fait ; dans la rafale d’annonces darmaniennes, il y a d’ailleurs aussi celle du renforcement des moyens des tribunaux qui sévissent à proximité de ces taules.

Une boutique à entretenir

« C’est comme une boutique qu’il faut entretenir. Condé a la réputation d’être la centrale la plus sécuritaire de France. Donc, s’il y a rien qui se passe, les gens vont dire que tous ces moyens ne sont pas justifiés. C’est une prison où on est sept ou huit dans l’aile, il y a trois surveillants pour ouvrir une porte à la fois, avec cinq caméras. Il y a plus de 250 surveillants pour 100 détenus. Niveau moyens humains et matériels, ils ont tout ce qu’il faut, ils peuvent pas se plaindre. Ils ne peuvent pas demander plus. Alors pour justifier ces moyens énormes, on va faire en sorte que ça se passe mal à l’intérieur », expliquait en 2019 à l’antenne un prisonnier tout juste sorti de Condé.Faut dire que les matons avaient déjà à peu près tout – après leur blocage de Condé en mars 2019, ils avaient même obtenu une salle de sport rien que pour eux ! Qu’à cela ne tienne, on leur a quand même promis des nouveaux portails millimétriques plus performants, et des primes contre quelques semaines de formation – faut-il en conclure qu’il leur sera plus difficile de se faire un treizième, voire un quatorzième ou quinzième mois en faisant rentrer des téléphones et des consommables ? Et puis, tout comme l’interdiction des activités, le durcissement des conditions de détention est synonyme de charge de travail allégée pour eux : la réduction drastique de l’accès des prisonniers à la cabine leur permettra d’écouter toutes les conversations tranquillement en direct, par exemple.

Une peine complémentaire d’isolement total au bon vouloir du ministre

Ces régimes ont déjà été testés sur des prisonniers dont l’administration pénitentiaire veut se venger, comme Rédoine Faïd, qui subit ce type de régime depuis son évasion, ou sur d’autres dont l’administration pénitentiaire n’a pas à craindre qu’une solidarité collective se dresse contre leurs conditions de détention, comme Salah Abdelslam. C’est qu’il s’agit de « discriminer les prisonniers » : le ministre se flatte avec son administration de faire le tri entre « bons » et « mauvais » prisonniers au moyen de peines complémentaires. Les juges peuvent déjà décider de l’élimination sociale d’une personne en le condamnant à une peine infinie, et la pénitentiaire va encore le surcondamner à l’isolement total… Le pire, c’est que l’affectation à ces nouveaux quartiers de régime dur pourrait aussi bien être appliquée à des prisonniers en détention provisoire sur simple décision du ministère, épaulé par les juges d’instruction et les renseignements pénitentiaires.C’est le vieux coup de la dangerosité, et c’est le ministre qui collera les étiquettes : Si un prisonnier se rebiffe, on dit qu’il est dangereux, alors on le met à l’isolement. Et s’il est à l’isolement, c’est sûrement qu’il est dangereux ! « Mais, là aussi, peut-on encore parler de peine ? Ses finalités habituelles disparaissent devant une fonction purement sécuritaire. Le pire est que plus rien ne masque une volonté d’exclusion fondée sur des postulats d’incurabilité et d’appartenance à des catégories à risque. » [Mounir, avril 2021.]

L’Envolée, mars 2025.

1 Libre Flot, quartier d’isolement de Bois d’Arcy, Juin 2021.
2 T. Hadjadj, R. Knobelspiess, J. Mesrine, F. Besse, J.M. Boudin, M. Desposito, D. Debrielle, 2 janvier 1978, dans le journal Le Monde.

Rome (Italie) : 17 Teslas partent en fumée

Publié le 2025-03-31 23:46:42

Dix-sept Teslas ont flambé lors d’un incendie survenu la nuit de dimanche à lundi 31 mars, vers 4h30 du matin, chez le seul concessionnaire de la marque automobile présent à Rome.

Dans le quartier de Torrenova, où se trouvent à la fois des habitations et des bâtiments industriels, ces Teslas ont pris feu à plusieurs endroits, dans la cour même du concessionnaire de la via Serracapriola, et aussi quelques mètres plus loin sous les abris de recharge.

Si les enquêteurs ont fait savoir qu’ils n’excluaient aucune piste, ils penchent tout de même pour un incendie criminel, et comme on est en Italie, c’est la possibilité d’une « attaque anarchiste » qui a été pointée par la presse, à la suite du ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi. De son côté, le PDG de Tesla Elon Musk a réagi à cet incendie sur son réseau social X, en publiant un post contenant un seul mot : « Terrorism ». Car en la matière, le techno-fasciste et désormais ministre des États-Unis sait de quoi il parle…

[Synthèse de la presse italienne, 31 mars 2025]

Marseille : « Les huissiers à la rue »

Publié le 2025-04-01 00:00:00

Mise à jour du 7 avril : la révendication

COMMUNIQUE DE PRESSE SUITE A L’ACTION CONTRE SYNERGIE HUISSIERS 13, LES EXPULSIONS ET LA FIN DE LA TRÊVE HIVERNALE

lundimatin / lundi 7 avril 2025

Attendu que les expulsions locatives sont une honte et constituent une atteinte à la vie et à la dignité des personnes qui, avec la fin de la trêve hivernale, vont du jour au lendemain perdre leur logement et se faire virer de chez elles ;

Attendu que les expulsions ont par ailleurs explosé en France depuis l’ignoble loi Kasbarian-Bergé (+ 87 % de procès-verbaux d’expulsion et +23 % d’interventions de la force publique rien qu’entre 2023 et 2024) et qu’à Marseille, en 2023, 16000 personnes se sont retrouvées à larue ;

Considérant qu’il est devenu impossible de se loger décemment à Marseille (et dans les autres grandes villes) si on ne gagne pas une fortune et qu’on est pas bien sous tous rapports ;

Considérant que les propriétaires et le capital immobiliers, eux, se portent à merveille et se gavent toujours plus sur le dos des gens et des Marsellais-es : augmentation des loyers, vacance spéculative (57 000 logements vides à Marseille), explosion des locations saisonnières (de 4500 à 16000 annonces sur la plateforme AirBnB entre 2016 et 2022 dans la ville), etc. ;

Considérant que les huissiers sont les larbins et les hommes de main de ces vautours immobiliers, et qu’ils jouent un rôle central dans toute cette misère, en utilisant des méthodes violentes pour intimider et saisir l’argent et les meubles des personnes qui ont des dettes, pour menacer et expulser physiquement les locataires et les squats, pour mettre à la rue des familles entières ;

Considérant que, pour toutes ces bonnes raisons, tout le monde déteste les huissiers ;

Nous, les Commissaires de justice du peuple, avons ce 1er avril 2025 prononcé l’expulsion de SYNERGIE HUISSIERS 13, l’un des plus gros cabinets d’huissiers des Bouches-du-Rhône, et appelons à multiplier ce genre d’actions partout ailleurs, afin de signifier aux propriétaires et à tous les expulseurs que, pour eux aussi, c’est la fin de la trêve.

Les Commissaires de Justice du Peuple

Marseille, 1er avril 2025

*****

 

mesnfos.fr / mardi 1er avril 2025

Le message est explicite : « Les huissiers à la rue » et « Fin de la trêve pour vous aussi ». Ces deux tags ont été découverts ce mardi matin sur la vitrine du cabinet Synergie Huissiers 13, situé à la Joliette (2e arrondissement de Marseille).
Ce mardi 1er avril marquait la fin de la trêve hivernale, période durant laquelle les expulsions locatives sont suspendues, entre le 1er novembre et le 31 mars. Dès aujourd’hui, les huissiers de justice peuvent à nouveau exécuter les décisions d’expulsion prononcées par les tribunaux, avec le concours éventuel de la force publique.

Contacté par téléphone, Yannick Simeone, commissaire de justice et associé du cabinet, confirme que les faits ont été signalés à la police : « Nous avons porté plainte. En trente ans de carrière, ni mon associé ni moi n’avions vu cela. » Si aucune menace directe n’a été formulée, l’acte a provoqué un vif émoi parmi les équipes : « Pour nos vingt collaborateurs, c’est la stupéfaction et surtout la peur. Ce n’est pas une simple dégradation : il y a une volonté de nous intimider », confie encore le professionnel. Il ajoute : « En s’en prenant aux huissiers, ils s’en prennent à la justice. Nous sommes des agents de l’État, garants de l’exécution des décisions de justice. »

Munich (Allemagne) : Gendarmes et voleurs ?

Publié le 2025-04-01 03:04:56

Gendarmes et voleurs ? Un historique des techniques d’enquête + une mise à jour sur les deux incarcéré.es dans la procédure contre le journal munichois Zündlumpen
(traduit de l’allemand de de.indymedia, 25 mars 2025)

Incarcérés pour avoir publié un journal anarchiste

Dans ce qui suit, nous allons vous parler de la misérable entreprise qui a occupé les services de la Protection de l’État de Munich pendant deux ans : comment diable ont-ils réussi à s’emparer du sang de la compagnonne anarchiste N., afin de prélever son ADN ? La flicaille bavaroise n’a lésiné sur aucune dépense ni effort pour mener à bien cette opération, et certaines des méthodes qu’elle a employé pourraient bien vous intéresser. A la fin du texte, vous trouverez en outre une liste de mesures d’investigation supplémentaires utilisées par la police munichoise au cours de cette enquête.

Récemment, le 26 février 2025, la compagnonne anarchiste N. ainsi que le compagnon anarchiste M. ont été arrêtés. Le mandat d’arrêt initial a été émis avec l’accusation d’association de malfaiteurs, pour avoir publié (avec une autre personne) l’hebdomadaire anarchiste Zündlumpen [2019-2021]. Plus de détails sur ces accusations se trouvent ici : A propos de la dernière vague répressive, solidarité avec N. et M. (8 mars 2025)

Qu’est-ce que la police ?

On pourrait dire que la police n’est rien d’autre qu’une force militaire d’occupation permanente sur un territoire particulier, qui tente également de projeter sa puissance à travers l’espace (et le temps) au moyen d’outils technologiques.

Nos chers inspecteurs Obermaiers, Findeisens, Unglaubs et Rinds l’ont parfaitement compris, en participant au groupe de lecture dénommé « EG Schrift » [« Groupe d’enquête spécial Écriture »], qui a certainement été instructif pour eux. Mais il n’y a probablement personne qui ait mieux assimilé cette question au point d’avoir réussi à berner pendant des années des escouades entières de flics, que les célèbres « héros populaires » bavarois. Tous des voleurs et des braconniers, comme le bavarois Hiasl ou le brigand Kneißl, et sans oublier tous les paysans déserteurs lors des premiers soulèvements révolutionnaires contre les autorités (bavaroises). Pourtant, il n’y a pas que ces personnages célèbres d’une époque depuis longtemps oubliée, mais aussi d’innombrables individus du présent qui parviennent encore à échapper aux griffes des sbires de la dynastie bavaroise (renouvelée), en les exposant plus ou moins impitoyablement à la risée publique.

Parce que nous pensons qu’il vaut la peine de garder en mémoire les moments plus modestes, presque quotidiens, de cette confrontation éternellement antagoniste entre l’autorité et les individus rebelles, nous allons reconstituer ici un tel moment, à partir des dossiers de police de la procédure dite « Zündlumpen », pour toutes celles et ceux qui, comme nous, aiment voir les flics se faire déjouer, même si à la fin la balance semble avoir penché en faveur du pouvoir étatique.

Gendarmes et voleurs ?

Nous sommes en 2022 à Munich et dans ses environs. Par une grise matinée de printemps, les flics prennent d’assaut quatre appartements où habitent des anarchistEs, ainsi que trois caves, plus une imprimerie et la bibliothèque anarchiste Frevel. Ils recherchent trois personnes et toutes sortes de documents papier. L’accusation est celle d’une organisation criminelle, puisque la rédaction de l’hebdomadaire anarchiste Zündlumpen, selon le parquet bavarois, entre dans cette catégorie. Ils arrêtent deux des personnes recherchées et devront traquer la troisième pendant près de deux ans. Car c’est du sang qu’ils veulent, ces larbins d’État, au moins sous forme d’ADN. Bien sûr, on ne peut pas accepter de son plein gré une telle attaque. Ainsi, le fait que la personne recherchée, appelons-la N., ne donne pas suite à une invitation pour un prélèvement d’ADN « non bureaucratique », n’a probablement pas étonné les limiers du parquet antiterroriste. La tentative d’éviter le prélèvement d’ADN par voie juridique peut paraître plus surprenante, mais on peut toujours tenter le coup !

Autre surprise : les flics ont apparemment attendu de voir l’issue de cette tentative, avant de lancer la chasse tant attendue par les chiens en laisse. D’abord, ils ont essayé la méthode la moins coûteuse : envoyer des collègues du comico le plus proche passer devant l’appartement de N une fois par nuit, à des heures irrégulières. Ils devaient par exemple vérifier la présence de N en fonction de celle de sa voiture. Sans succès, puisque la voiture n’était pas garée devant l’appartement. Les patrouilles ne sont cependant pas passées inaperçues. Pas étonnant, puisque ce sont des patrouilles.


Tentative suivante :
les agents de la Protection de l’État (Staatsschutz) sonnent simplement à la porte. Personne ne leur ouvre. Ils auraient bien voulu entrer par effraction, mais ils manquent de pratique. A la place – cela n’a de sens que dans le cerveau d’un flic : perquisition du logement voisin ! N. ne s’y trouve pas. Alors ils reviennent. Les agents de la Protection de l’État sont cette fois accompagnés du propriétaire. Il leur ouvre la porte, mais N. n’est pas là. Ils restent toutefois en contact avec le propriétaire désireux de coopérer, qui balancera consciencieusement et régulièrement aux flics les heures de présence (observées) de N., et recueillera également lui-même des informations auprès des voisins, puis les transmettra à la police. Mais cela n’aboutit pas non plus.

Les flics se doutent que N. doit avoir d’autres point de chute, et comme, dans le cadre de l’enquête menée jusqu’à présent, ils ont déjà analysé les mouvements de son compte bancaire et les virements effectués au cours des 8 dernières années ( !), ils demandent également à toutes les sociétés de vente par correspondance possibles si de nouvelles adresses de livraison y sont connues. De manière routinière, une demande est également lancée chez des entreprises comme PayPal, Ebay et autres pour savoir si N. aurait un compte chez elles, et si oui, quelles sont les adresses de contact enregistrées. La Deutsche Bahn et FlixBus sont également sollicitées pour fournir des informations sur les habitudes de voyage de N. et, bien entendu, des recherches à l’échelle de l’espace Schengen avaient déjà été lancées contre N. et son compagnon présumé (que les flics recherchent officiellement en raison d’une amende impayée de 10 euros et n’avoir pas effectué de peine de substitution à cet impayé).

Un policier a peu futé a également eu l’idée de demander les listes de participants aux cours de l’ancienne école professionnelle de N, probablement pour vérifier d’éventuels contacts ; une demande qu’ils ont pris la précaution d’appuyer en y adjoignant un mandat de perquisition et une lettre du procureur antiterroriste (« Office central de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme », peut-lire sur le papier à en-tête, de manière flagrante et volontairement intimidante). Mais tout cela n’a pas apporté les éclairages nécessaires.

Tentative suivante : ZKÜ, c’est-à-dire surveillance de l’utilisation des cartes de paiement aux distributeurs automatiques de billets, etc. Une surveillance des télécommunications déjà en cours à ce moment-là a d’ailleurs échoué parce que le téléphone portable surveillé n’était pas utilisé. En surveillant sa carte bancaire, ils espéraient en revanche que les retraits réguliers d’espèces effectués par N. (constatés sur les relevés de compte) puissent être exploités de manière fructueuse. Une lettre a donc été envoyée à la banque, avec en en-tête la  discrète mention « Office central de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme ». Elle stipule que la police doit être alertée chaque fois que la carte bancaire de N. est utilisée, et ce en temps réel. Il serait en outre utile que la banque restreigne les possibilités d’opérations en ligne, et qu’elle ne ferme le compte de N. qu’une fois l’enquête couronnée de succès, ajoutent les flics de manière joviale.

Les enquêteurs ont alors tenté d’établir des schémas de retraits d’argent liquide afin d’intercepter N.
, mais en vain. Qui plus est, les patrouilles envoyées dans les agences bancaires étaient apparemment toujours trop lentes, et n’ont jamais réussi à mettre la main sur N.

Les enquêteurs ont donc à nouveau écrit à la banque, cette fois en lui demandant s’il était possible de réduire le montant autorisé des retraits, dans l’espoir de contraindre N. de se rendre au guichet et gagner ainsi plus de temps de leur côté pour tenter une arrestation dans l’agence. La banque a coopéré, mais N. a senti le piège et a réaugmenté le montant possible des retraits – via l’interface bancaire en ligne. C’est d’ailleurs parce que cela a marché, que ses soupçons ont été endormis. Mais cela n’a pas pour autant aidé les flics.

Pendant ce temps, ces derniers s’ingéniaient aussi à lui couper les vivres.
N. perçoit en effet une allocation sociale régulière de l’État, appelée « Bürgergeld » [allocation destinée aux plus pauvres]. Les limiers se sont donc présentés au Jobcenter [équivalent de Pôle Emploi] et ont veillé à ce que l’aide sociale de N. ne soit pas renouvelée. En utilisant un prétexte, bien sûr, comme ils le notent allègrement dans le dossier. Mais cela allait aussi signifier – on se demande si ces petits malins en ont tenu compte – qu’il y aurait une raison de moins pour N. de se rendre à la banque, puisqu’il n’y avait plus rien à retirer sur son compte.

Il était alors temps pour les flics de passer au coup suivant : surveiller les télécommunications des parents de N
. Dans un monde aussi saturé technologiquement que le nôtre, il s’agit d’un moyen puissant pour infiltrer les relations entre les gens. De nos jours, ce dont deux personnes discutent peut facilement être écouté par les voyeurs professionnels et les informateurs mandatés par l’État. Et même si l’on évite soi-même ces moyens de communication technologiques, on peut rarement être sûr que l’ensemble de nos contacts évite de parler de nous dans le cadre de ces relations médiées, et ne dévoile les détails les plus intimes de notre vie.

Cependant, les chiens libérés de leurs chaînes vont encore rencontrer des difficultés : à cause de l’enregistrement du numéro de téléphone portable de la mère de N avec le nom orthographié à l’envers – ou s’agissait-il simplement d’une virgule ? – il faudra utiliser un autre gadget technique pour détecter sa ligne : l’IMSI-Catcher. Une fois au domicile de la mère de N, la deuxième fois sur son lieu de travail. Et voilà : le croisement de ces deux missions a permis de mettre en place la surveillance. Un simple coup d’œil dans l’annuaire téléphonique aurait pu suffire.

Désormais, les policiers écouteront les conversations entre la mère de N et tous ses contacts possibles. Une fois, ils extraient d’une conversation entre elle et une amie l’information selon laquelle N. passerait souvent la nuit en forêt. Il est également prévu que N. rende visite à ses parents à Noël. Donc, une fois encore, la police effectuera des heures sup’ pendant les vacances.

Une équipe du MEK [Mobiles Einsatzkommando, forces spéciales de la police allemande] sera alors postée devant l’appartement des parents de N, et l’observera ensuite en partance vers une nouvelle résidence temporaire. Que dire, sinon que le point revient aux flics sur ce coup-là. Ils se sentent forts. S’ensuivent des surveillances les troisième, quatrième, cinquième, sixième jours, etc. Il n’y a cependant pas d’intervention. Mais le quinzième jour, N. échappe aux observateurs et restera introuvable. Quelle malchance ! Ou bien ont-ils fait un pari trop gros pour eux ?

Puis la police misera délibérément sur le hasard, qu’elle tentera de systématiser avec des patrouilles routinières et constantes, etc. Car on sait, au moins chez les dirigeants de cette association, que le quotidien bureaucratique des fonctionnaires, mais surtout l’unidimensionnalité de la pensée exigée lors de l’embauche, fait disparaître tout éclair personnel et tout génie inquisitorial, et que sans cette multiplication institutionnalisée de hasards, il n’y aurait guère plus d’une poignée de succès policiers à enregistrer. C’est ainsi qu’en février 2024, un tel hasard s’est produit dans notre histoire : un agent de  la Protection de l’État – d’où vient-il ? – reconnaît N. dans la rue et envoie une patrouille pour effectuer un contrôle. S’ensuit une tentative de fuite, qui malheureusement échoue. C’est ainsi qu’au bout de deux années, les chasseurs ont obtenu leur sang, ou plutôt, dans ce cas, un liquide corporel un peu plus vulgaire : de la salive.

Comment mettre la main sur les scribes ?

Voici d’autres pistes suivies par les enquêteurs après les perquisitions de 2022 dans le cadre de la procédure contre le journal Zündlumpen :

– Des lettres privées trouvées en perquiz ont été analysées par des experts et comparées au style d’écriture de Zündlumpen ;
Les exemplaires récupérés des éditions Zündlumpen ont été analysés pour déterminer leur méthode d’impression ;
– Les propriétair.es, les habitant.es et les concierg.es ont été interrogé.es pour savoir qui/comment utilisait quels lieux, et si quelque chose avait été remarqué (tout en leur suggérant en même temps de virer les anarchistes indésirables ?) ;
– Des relevés de compte remontant jusqu’à huit ans en arrière ont été analysés pour voir si du matériel d’impression ou même éventuellement de la littérature anarchiste avait été achetés. Ou s’il s’était passé quelque chose de bizarre sur le compte… ;
– D’anciens employeurs ont été contactés afin d’obtenir, si possible, des échantillons de textes pour les comparer.
– Tentative de censurer les numéros de Zündlumpen présents sur archive.org ( !) et d’interroger le site web pour obtenir des informations (sans succès) ;
– Élaboration d’une caractérisation des accusés, titrée « Pensée idéologique et vie anarchiste » ;
– Recueil de traces ADN ainsi que d’empreintes digitales sur des pièces à conviction telles que des brochures/livres, des portes, des tasses, des machines à imprimer et bien d’autres choses encore… ;
– Analyses d’écritures pour comparer des textes privés avec des lettres pseudonymisées ;
– Comparaisons de textes et d’images entre des textes et des images trouvés en perquisition et des textes et images parus dans le journal Zündlumpen ;
– Analyse de contenu pour savoir si des textes privés coïncideraient avec des textes parus dans le journal Zündlumpen et pourraient fournir des indices sur les auteur.es ;
– Analyses générales du contenu et de l’« idéologie » des textes, journaux, brochures, etc. trouvés (au total, des centaines de brochures et de journaux ont été saisis) ;
– Analyses des métadonnées des images trouvées ;
– Chaque fois que cela est possible, une « procédure annexe » est engagée pour les découvertes dites « fortuites ».

Mise à jour et solidarité

Depuis bientôt un mois, les anarchistes N et M sont incarcérés, accusés en tant qu’association de malfaiteurs (avec une autre personne) d’avoir créé le journal anarchiste Zündlumpen. N est incarcérée à la prison pour femmes d’Aichach (près d’Augsbourg), M est toujours incarcéré à Stadelheim. N n’a toujours pas été autorisée à porter des vêtements privés et doit continuer à porter l’uniforme de la taule, alors que M peut déjà porter des vêtements privés dans la prison pour hommes de Stadelheim. Le transfert de la compagnonne anarchiste N vers une prison de province [Aichach se trouve à 70 kilomètres de Munich] est une mesure de répression supplémentaire, car elle est désormais encore plus éloignée et isolée, et les visites de ses proches sont d’autant plus compliquées.

Un réexamen de l’incarcération de M vient d’avoir lieu, au cours duquel sa détention provisoire a malheureusement été prolongée. L’examen de la détention de N suivra prochainement.

Jusqu’à présent, nous avons peu de nouvelles et d’informations sur les conditions de détention de N et M, car les restrictions dans les prisons bavaroises sont particulièrement répressives.

Il est donc d’autant plus important que vous manifestiez votre solidarité !

Si vous voulez écrire des lettres, écrivez à solidaritaet-mit-n-und-m [at] riseup.net et nous vous communiquerons leur adresse.

Saint-Ferréol-d’Auroure (Haute-Loire) : feu au profiteur de guerre « Hexadrone »

Publié le 2025-04-01 22:59:45

[Reçu par mail, 1er avril 2025]

Hexadrone se fait de la maille grâce à l’armée française.
Le budget des armées explose, Hexadrone aussi…

Contre les guerres et les profits qu’elles génèrent
Contre les industries militaires et leurs sous-traitants
Contre les start up hyper chics et modernes à la Hexadrone et tous ceux qui construisent des armes de pointe Made in France pour mieux tuer loin d’ici
Contre l’europe forteresse et la militarisation des frontières
Contre tous les conflits que la France abreuve en armes
Contre contre contre… tellement d’acteurs de ce monde de merde qui sèment la guerre et la mort
En solidarité avec la lutte palestinienne et toutes les populations sous les bombes

Avec les moyens du bord, l’alimentation électrique de l’entreprise Hexadrone à Saint-Ferréol-d’Auroure a été cramée dans la nuit du 30 au 31 mars 2025.

Pacifiste mais pas pacifié !

MORT À LA GUERRE ET À L’IMPÉRIALISME


Ndlr : La start up Hexadrone, spécialisée dans la fabrication de drones depuis 2014, a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 3,9 millions d’euros, effectué à 70 % avec des armées (dont 50 % avec l’armée française). Elle est en cours de rachat par le négociant stéphanois en produits de sécurité et de défense Rivolier.

Suite à l'intrusion sur le site de Teledyne à grenoble - analyses et images complémentaires

Publié le 2025-04-02 10:30:45
Restaurant asso­cia­tif créé pour per­son­nes migran­tes et leurs pro­ches

Fire at New Mexico's GOP headquarters – Albuquerque, NM

Publié le 2025-04-02 17:12:35

March 30, 2025

The entryway of the Republican Party of New Mexico's Albuquerque headquarters was scorched early Sunday morning in what a party leader called "a deliberate act of arson."

"We are deeply relieved that no one was harmed in what could have been a tragic and deadly attack," state Republican Party Chair Amy Barela said in a statement.

She added, "Those who resort to violence to undermine our state and nation must be held accountable, and our state leaders must reinforce through decisive action that these cowardly attacks will not be tolerated."

Found on Mainstream Media

Discussion, cantine et infokiosque contre la guerre et l’extractivisme

Publié le 2025-04-02T22:32:58+02:00

Quotidiennement des informations sur les jeux d’alliances et une propagande belliqueuse nous annoncent l’imminence d’une guerre en Europe occidentale. Et ce dans une ambiance où les rengaines nationalistes exacerbés vont de pairs avec de nombreuses lois tout cela renforçant une fascisation du monde. Il est question d’entraîner l’adhésion des populations à ces idées et à celle d’investir dans l’économie de la guerre. Economie que la france n’a jamais quitté, en signant de juteux contrats pour vendre des armes dans le monde. Une économie de mort, qui tue dans de nombreuses régions alors que la guerre qui se rapproche des frontières de l’hexagone est déja le quotidien de nombreux pays. Des guerres capitalistes aux enjeux souvent coloniaux, qui font rage entre autres pour les ressources minières (pour l’armement, la puissance technologique et economique ou renforcer le nucleaire, etc..). Dans ce contexte ce n’est pas si étonnant que la guerre frappe à nos portes. Il n’est pas de notre ressort de soutenir une puissance ou une autre mais de lutter contre ces réarmements de toutes sortes qui ne font que renforcer l’exploitation et le contrôle sur nos existances mais aussi sur le vivant.

A la suite d’une présentation qui permettra de mieux saisir les enjeux des projets extractivistes en lien avec les guerres et l’industrie, on discutera de la question de pourquoi et comment faire vivre les luttes en cours contre des projets miniers est une des manière d’aborder la lutte contre la guerre. Et bien d’autres pistes de discussions pourront être abordées à partir de la présentation.

Présentation de la discussion : C’est la guerre ! De l’Ukraine à la Palestine, les jours passent et nous comptons les morts. Dans le fond, personne ne sait dans quel état se trouvera le monde après une bonne nuit de sommeil. Est-ce que la centrale nucléaire de Zaporijjia a pété ? Est-ce que les États-Unis vont rentrer en guerre avec l’Iran ? Et la Corée du Nord dans tout ça ? C’est dans cette période d’incertitude morbide que l’humanité avance… Mais une chose est sûre : l’industrie du militaire a le vent en poupe et quand des personnes crèvent sous les bombes, d’autres s’en remplissent les poches.

L’humanité va droit dans un mur… La terre se réchauffe et l’environnement dans lequel on vit se modifie. Entre sécheresses et inondations, certains endroits de la planète vont devenir invivables dans les prochaines décennies. L’Antarctique est en train de fondre et certains se frottent les mains : une terre jusqu’ici inexploitée, qui regorge d’hydrocarbures et de ressources minières. Le capitalisme s’adapte à toutes les situations et continue son expansion.

Aujourd’hui, quand on allume la télé, il est facile de constater que les politiques internationales se tendent et que la course au développement technologique et à l’armement des États s’accélère. Les industries autrefois délocalisées manquent à l’Europe, qui cherche à s’autonomiser en recréant ses propres chaînes de production, alimentées par ses propres matières premières.

Dans un élan nationaliste enrobé de patriotisme, Macron surfe d’ailleurs sur cette vague pas si verte du capitalisme. Il faut réindustrialiser la France, mais réduisons notre empreinte carbone, développons donc le nucléaire. Cherchez l’erreur !

Les industriels se contre-foutent de l’environnement et de la population qu’ils exploitent. L’Ariège en porte encore d’ailleurs les stigmates. C’est notamment en se promenant sur les stériles de la mine de Salau qu’on peut en faire le constat. Des milliers de mètres cubes de résidus miniers surplombent la vallée du Salat. Un cocktail d’arsenic, d’amiante et de métaux lourds s’infuse tranquillement dans la nature environnante. Mais tout va bien se passer, puisque le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) va réhabiliter le site, un peu de terre et quelques arbres pour cacher la misère et on en parlera plus.

Au 20ᵉ siècle, les industries de l’aluminium tournaient à plein régime en Ariège. Face à la concurrence, le groupe Pechiney a fermé ses usines au début des années 2000. Comme d’habitude, certains se sont remplis les poches, et d’autres y ont perdu des plumes… Les usines ont fermé, mais les infrastructures sont restées ainsi qu’un siècle de pollution dans les sols.

Aujourd’hui en basse Ariège, ça creuse des trous pour y extraire du sable ou du gravier, pour construire toujours plus. Les nappes phréatiques environnantes sont mises à nu et s’évaporent, les terres s’assèchent.

Dans l’Allier, ça creuse aussi : l’entreprise Imerys exploite actuellement du kaolin, une argile utilisée dans la céramique. La carrière leur promet un business juteux puisqu’en dessous se trouve un gisement de lithium. Les travaux d’exploration ont commencé et l’exploitation de cette mine ne se fera pas proprement. Puisqu’une mine propre n’existe pas !

En regardant l’état de la planète, on pourrait se dire qu’on a touché le fond. Pourtant les industriels creusent encore ! La course au développement technologique et militaire des États ne nous promet pas un avenir radieux. Dans ce contexte, penser au futur nous donne des vertiges.

Mais échanger pour comprendre le monde présent et l’attaquer nous semble nécessaire. Nous sommes un groupe de personnes venant de différents pays et nous souhaitons réfléchir collectivement sur la question de la guerre en lien avec l’extractivisme et nous vous proposons une discussion.

Samedi 12 avril 16H30 Présentation et discussion 20H Délicieuse cantine

Dimanche 13 avril 15H Infokiosque Place de la mairie, Montreuil

Malesherbois (Loiret) : sabotage de la ligne à haute-tension

Publié le 2025-04-03 02:31:22

« La base a été sciée » : un pylône électrique s’effondre
dans le Loiret

France3, 2 avril 2025

Il faut imaginer la violence du choc. Un pylône, de plusieurs dizaines de mètres et tonnes, s’écrasant sur le sol. Un incident rarissime qui a pourtant eu lieu ce mardi 1er avril vers 18 heures, sur la commune du Malesherbois, près de Pithiviers.

Le genre de « poisson d’avril » dont se serait bien passé le gestionnaire du réseau. Ce mercredi, ce sont encore une vingtaine de techniciens du Réseau de Transport d’Electricité (RTE) déployés sur place pour réparer le pylône. Les gendarmes ont également procédé aux constatations. RTE suspecte en effet « un acte de malveillance : le vent n’est pas une explication. La base du pylône a été sciée ».

Cependant, aucune coupure d’électricité n’est à déplorer. « En tombant, le système de sécurité s’est activé, coupant l’électricité et la redigireant sur un autre réseau », explique-t-on du côté de l’entreprise. La ligne est une ligne haute tension, c’est-à-dire transportant un courant électrique de 225 000 volts minimum.

Un périmètre de sécurité a été mis en place dans un rayon de 500 mètres autour du pylône. Une plainte a été déposée et une enquête ouverte.

[Québec] Sandwich dégueu ? Jetons-le sur les matons !

Publié le 2025-04-03 07:14:03

Volé dans la presse, le 23/03/2025.

Un désordre a éclaté jeudi à la prison de Hull durant l’heure du repas, impliquant une douzaine de prisonniers dans un secteur de gang de rue. Les prisonniers se sont ainsi mis à détruire des objets et renverser les poubelles, à voler et jeter des sandwichs, ainsi qu’à jeter tout autre projectile notamment en direction des matons. Une unité d’intervention de ceux-ci a dû intervenir pour mater la rébellion.

[Italie] Rafut en taule contres les suicides, les transferts forcés, les mauvaises conditions…

Publié le 2025-04-03 07:14:45

Ces dernières années, de nombreux moments de révoltes et de manifestations ont eu lieu à l’intérieur des prisons italiennes, suivant notamment les très nombreuses morts qui ont lieu à l’intérieur. On reproduit ici quelques unes de ces révoltes qui ont eu lieu en ce mois de mars dans des prisons du pays.

Volé dans la presse, le 12/03/2025.

Dans la prison d’Avellino, les prisonnières ont protesté en frappant sur les barreaux. À la base de la contestation, certains changements relatifs au service des courses, aux visites et autres. Toutes les femmes incarcérées dans la section, 33 au total, ont participé à la protestation.

Des mesures disciplinaires ont été prises à leur encontre. Aujourd’hui, le garant provincial des détenus et le garant régional accompagnés du commandant ont rencontré les prisonnières dans le pénitencier de Bellizzi Irpino pour écouter leurs demandes.


Volé dans la presse, le 24/03/2025.

Ce lundi 24 mars, un incendie a été allumé dans la prison pour mineurs « Cesare Beccaria » de Milan. Il aurait été déclenché par une manifestation de deux prisonniers qui s’opposaient au transfert d’un de leurs codétenus vers un autre établissement pénitentiaire de Catane. Ils ont été rejoints par d’autres prisonniers, qui ont ainsi incité le reste à mettre le feu aux matelas et aux objets dans leurs cellules. Des projectiles ont aussi été lancés, notamment sur les matons dont deux ont été blessés dans la révolte par des jets de projectiles, tandis que des prisonniers, un docteur et d’autres matons ont souffert de la fumée.

Il y a quelques jours à peine, le 13 mars, un autre incendie dans cette même prison avait causé des blessures légères à quatre personnes et à un maton. De nombreuses révoltes ont eu lieu dans la prison l’année dernière, dont une en mai où des prisonniers avaient mis le feu à des matelas pour créer un chaos leur permettant de tenter de s’échapper, malheureusement sans succès.


Volé dans la presse, le 29/03/2025.

Un prisonnier dans la prison d’Ariano Irpino a tenté de se pendre dans sa cellule. Lorsque les matons se sont précipités dans sa cellule, d’autres prisonniers ont réussi à voler leurs clés et à ouvrir d’autres cellules, créant le chaos à l’intérieur. Les prisonniers ont ainsi dévasté la section entière, allumant des feux et montant des barricades, s’armant d’objets divers et variés. Les matons ont dû prendre leur retraite, et ce n’est qu’après plusieurs heures de médiation et de discussion avec les autorités pénitentiaires que les prisonniers ont mis fin à leur révolte. Certains d’entre eux ont été immédiatement transférés vers de nouvelles prisons.

Tout suicide en prison est un meurtre par la taule. Force aux prisonniers qui se révoltent, bon rétablissement et liberté à celui qui a failli être ajouté à la longue liste de personnes tuées par la taule, et à tous-tes les autres.

[France] S’échapper lors d’une semaine de réinsertion dans une autre prison…

Publié le 2025-04-03 07:14:57

Volé dans la presse, le 01/04/2025.

Vendredi 28 mars dernier, un prisonnier de la taule de Maubeuge (Nord) s’est évadé après avoir escaladé une clôture du parc zoologique alors qu’il ne restait que quelques heures pour terminer cette semaine placée sous le signe de la réinsertion. Comme quoi, il a retenu le principal de la réinsertion : il faut être libre et dehors ! Pour l’instant, le fugitif n’a toujours pas été rattrapé – et on espère qu’il en restera ainsi.

Fruit d’un partenariat entre la municipalité, le centre pénitentiaire et le zoo de la ville, le prisonnier participait à l’action dégueulassement nommée « Un sens à ma peine », dans laquelle lui et d’autres prisonniers étaient chargés de nettoyer la prison pour animaux en vue de sa prochaine réouverture, pour y permettre l’enfermement de prisonniers non-humains. L’association participe depuis de nombreuses années à faire travailler gratos les prisonniers en fin de peine pour « aider à la réinsertion » (comprendre : à la mise au travail et à l’exploitation généralisées) : nettoyage des cimetières, des berges de la Sambre, des remparts, rénovation auprès des bailleurs et donc, préparation de la réouverture du zoo. Ce sont d’ailleurs les autres prisonniers participants, déjà bien réinsérés dans la société de surveillance généralisée, qui auraient donné l’alerte : « Quand ils ont pris connaissance que l’un d’eux avait choisi de s’enfuir, ils sont venus voir les organisateurs. Ils étaient dégoûtés et ne comprenaient pas ce geste. Pour eux, ce sont ceux qui voudront participer à cette action qui vont être pénalisés dans le futur. » C’est bien connu, si l’administration pénitentiaire et son ministre punissent les prisonnier-es et suppriment les activités – comme c’est systématiquement le cas en ce moment, c’est bien parce qu’il y en a un qui s’est fait la malle au lieu de passer le balai dans des cages.

[MaJ 12.03] Tesla : les étincelles d'une campagne d'action mondiale ?

Publié le 2025-04-03 08:47:00

Actualités Racismes - Antifascisme Action directe - Sabotage

[MaJ 09.04] Tesla : les étincelles d’une campagne d’action mondiale ?


La vague nauséabonde d’idées réactionnaires portée par Elon Musk fait face au départ d’une contre attaque mondiale sans précédent. Mise à jour chronologique des actions contre Elon Musk et Tesla.

Partout dans le monde, au milieu du brouhaha fasciste que produisent les mises en scène absurdes et terrifiantes de Musk, les actions visant ses entreprises, ou ses symboles, se multiplient, telles des lanternes dans le néant. Originaux et créatifs, ces actes se font échos, et de braises ils deviennent feu face aux affronts du nouveau Grand Méchant Mondial.

Cet article de mise à jour reprend en grande partie les précieuses publications de Contre attaque, ainsi que d’autres médias, en mettant bout-à-bout les actions par date. Merci pour ce travail d’enquête !



8 avril 2025.
Une station de chargement Tesla explose à l’aide d’une bombe artisanale à Washington. Toutes les bornes sont hors service, car c’est la cabine électrique qui a été la plus impactée.

31 mars 2025. Dans la nuit du lundi 31 mars au mardi 1er avril, vers 4h30, un incendie a embrasé le parking d’une concession de la firme Tesla, à Rome. Les flammes ont détruit 17 voitures électriques. Les autorités parlent d’un acte volontaire et de vandalisme. Elon Musk lui-même a commenté les faits sur son réseau social X avec le mot : « Terrorisme ».

Il tweete compulsivement après chaque attaque contre ses véhicules, offrant ainsi une visibilité massive aux désarmements de son entreprise. Matteo Salvini, le vice-premier ministre italien, a parlé sur le même réseau social d’un « incendie criminel » et a apporté son soutien au milliardaire.

28 mars 2025. Douze super chargeurs Tesla servent de bois de chauffe à Saint Chamond dans la Loire. Deux finissent carbonisés, le reste est largement endommagé. Il n’y a aucun doute sur l’intentionalité de l’incendie. On peut lire sur place « Campagne Tesla Born to burn »

Du 14 septembre 2024 au 18 mars 2025. Afin de bousculer le quotidien de petits bourgeois, ou du moins, d’individus se comportant comme tels, 15 de leurs voitures Tesla ont été incendiées dans la région de Niort. Pour plus de détails,voir cet article.

18 mars 2025. Une concession Tesla de Las Vegas est visé par des coups de feu dans la nuit et perd 5 véhicules dans les flammes. Une des vitrines est épargnée pour y inscrire « RESIST ».

17 mars 2025. Deux Cybertrucks prennent feu à Kansas City.

13 mars 2025. Pour la deuxième fois cette semaine, un concessionnaire de Tigard, Orgon, est pris pour cible. Une douzaines de coups de feu atteignent les vitrines et des voitures.

12 mars 2025. A Londres cette fois-ci, le collectif écologiste Just Stop Oil, a aspergé de liquide orange un robot Tesla nommé Optimus. Les organisateur.ice.s de cette action déclaraient à la presse qu’il s’agissait de dénoncer les propos et actions politiques de Musk, qui "licencie des centaines de milliers de personnes, remet en doute les sciences climatiques, et limite l’accès aux soin des personnes vulnérables".

11 mars 2025. Tesla se dégonfle : trois véhicules de Dedham, Massachisetts, se réveillent ce matin là avec les quatres roues crevées, et des tags sur la carrosserie. Résumé et article source ici.

10 mars 2025. Une énorme cyberattaque touche le réseau social X, anciennement twitter. La connexion était impossible pour des millions de personnes entre 11 heures et 19 heures, du jamais vu ! L’action est revendiquée par « Dark Storm Team », un groupe de hackers pro-palestinien, qui a déjà annoncé vouloir s’en prendre aux sites web gouvernementaux des pays de l’OTAN, de Israël, et de ses soutiens.

10 mars 2025. 4 Cybertrucks s’embrasent sur un parking de Seattle.

9 mars 2025. A Seattle, 4 Cybertrucks sont endommagés par un feu volontaire. Résumé et article source ici.

7 mars 2025. Un concessionnaire Tesla à Milan est envahi par les militant.e.s de Extinction Rebellion. "Ecologie pour tous, pas de fascisme vert" pouvait-on lire sur leur banderole. Plus d’infos en italien ici.

7 mars 2025. Un homme lance des cocktails molotov sur 3 voitures Tesla en cours de chargement à North Charleston, South California. Il portait un t-shirt « Fuck Trump, long live Ukraine ». Résumé et article source ici.

6 mars 2025. Des tirs par arme à feu visent les vitrines et trois voitures d’un concessionnaire Tesla à Portland, Oregon.

3 mars 2025. A Littletown, près de Boston, Massachussetts, une station de recharge Tesla est incendiée. 7 bornes sont parties en fumées dans la nuit...Voir cet article de CBS News.

2 et 3 mars 2025. 12 voitures Tesla flambent à domicile, chez leur concessionnaire, à Plaisance-du-Touch, près de Toulouse. Plus de 700 000 euros de dégats sont à congratuler. Plus d’infos sur le site Iaata.info

2 mars 2025. Des graffitis « No Musk » et croix gammées sont retrouvées chez un concessionnaire Tesla à Baltimore City.

1er mars 2025. Journée d’actions devant les magasins Tesla aux États-Unis : des milliers de manifestant.e.s sont venu.es mettre la pression aux potentiel.le.s acheteur.euses de voitures Tesla sous le mot d’ordre « Tesla Takedown ». À New-York, Jacksonville en Floride, Boston dans le Massachusetts, Tucson en Arizona, parfois plus de 1000 personnes se sont rassemblées pour dénoncer le fascisme d’Elon Musk. On pouvait lire les slogans : « Tu roules en Tesla, tu roules pour Musk », ainsi que « Brûlez une Tesla : sauvez la démocratie ».

Janvier et février 2025. En parallèle, les chiffres de ventes Tesla dégringolent. En janvier 2025, on constate une baisse de 18% au Royaume-Uni, de 31% au Portugal, de 44% en Belgique, de près de 60% en Allemagne, 63% en France et même de 75% en Espagne (liste non exhaustive). Même en Norvège, pays électrophile s’il en est (96% des voitures neuves vendues en 2024 étaient électriques), Tesla recule de 40%, et passe de la 1re à la 3e place du marché. Tesla représente pourtant 60% de la fortune d’Elon Musk. Voir l’article de Contre Attaque.

25 février 2025. Un appel à cibler Tesla dans le cadre d’une coordination anticapitaliste est publié sur le site d’info autonome Rebelyon.info.

20 février 2025 Le showroom Tesla de Milan est envahi par des antifascistes portant des masques d’Elon Musk et une grande banderole. On pouvait y entendre crié « Musk prospère, la démocratie meurt ».

19 février 2025. Une concession Tesla à Salem (USA) a été prise pour cible. Des tirs à balle réelles ont atteint des véhicules et brisé la vitrine. Un autocollant "Kill Elon" est retrouvé sur place. Le 20 janvier, un incendie criminel avait déjà touché le magasin, et plusieurs voitures. Le FBI a été saisi de l’affaire.

15 février 2025. Plus de 50 manifestations contre Tesla et Elon Musk sont organisées aux Etats-Unis. Des milliers de personnes répondent à l’appel, défilent dans les rue ou se réunissent devant des concessionnaires. Le mouvement prend de l’ampleur.

11 février 2025. Une vingtaine de militants du mouvement Action Justice Climat ont visé le siège de Tesla France ce mardi matin à Saint-Ouen. Une baie vitrée a été dégradée, aspergée d’un mélange composé de terre et de colle. Il était également écrit : « On n’invite pas les fascistes, on les combat ». La date n’a pas été choisie au hasard, le patron de Tesla était justement attendu dans la capitale ce mardi au Sommet international de l’IA au Palais des Glaces.

5 février 2025. L’appel « Accueille le printemps, crâme une Tesla », est publié sur nantes.indymedia.org. Il sera relayé ensuite sur d’autres sites d’info autonome. "Combattre le système techno-industiel, combattre le patriarcat, combattre la dévastation de la nature et la misère sociale qui en découle, combattre le fascisme, aspirer à une vie plus libre sont autant de raisons d’attaquer Tesla."

5 février 2025. « Le bras d’Elon Musk » est apparu sur une borne de recharge barcelonaise, signée de l’artiste toulousain James Colomina, pour dénoncer le salut nazi du milliardaire. Il a revendiqué son œuvre en déclarant « Une borne de recharge est censée alimenter l’avenir, insuffler de l’énergie, ouvrir une nouvelle ère. Mais ici, c’est autre chose qui se recharge. Comme une arme qu’on alimente, comme une idée qu’on ravive. Installer ce bras sur une borne, c’est souligner comment certains messages peuvent réactiver des références dangereuses et s’ancrer dans les esprits ». Et de poursuivre « Avec cette œuvre, je veux simplement rappeler que les symboles ont un rôle essentiel : ils peuvent éclairer ou aveugler, selon ce qu’on choisit d’y inscrire ».

2 février 2025. Des croix-gammées et des slogans comme « Non aux nazis » et « Allez vous faire foutre, fascistes » sont apparus au Showroom Tesla de la Haye.

27 janvier 2025. La Pologne, par la voix de son ministre des sports et du tourisme Sławomir Nitras, appelle au boycott des voitures Tesla, après son appel à ce que l’Allemagne « dépasse » son histoire nazie. « Après avoir examiné attentivement la biographie d’Elon Musk, ces mots ne me surprennent pas du tout. Je peux seulement dire qu’aucun Polonais normal ne devrait plus acheter une Tesla. [...] Je suis indigné par cette déclaration et nous ne pouvons pas fermer les yeux ici. »

23 janvier 2025. Une usine Tesla allemande est redécorée de l’image du salut nazi de Musk, et renommée « Heil Tesla ». Philipp Ruch, responsable du collectif « Centre pour la beauté politique » (ZPS) a déclaré « Nous voulons organiser la destruction d’Elon Musk de façon artistique ». Une vidéo a aussi été projetée sur l’usine, affichant « Achetez une Tesla, soutenez le fascisme ! », ainsi que des images d’Alice Weidel, porte-parole du parti allemand d’extrême droite AFD. Plus de détails ici.

23 janvier 2025. 40 Tesla Cybertruck rangées sur un parking sont taguées "Fuck Elon" à Miami, USA.

21 janvier 2025. A Los Angeles, une Tesla Cybertruck a été complètement vandalisée, cassée et couverte de graffitis dans les rues de Los Angeles, devenant presque une attraction locale au lendemain de l’investiture de Trump. Des vidéos de la carcasse sont devenues virales. Voir l’article de Contre attaque.

14 et 15 janvier 2025. Deux voitures Tesla tranquillement garées sur le parking de l’hôpital de Niort sont rayées sur 10 centimètres. Un homme de 76 ans reconnaît être passé à l’action car il n’aime pas « Elon Musk et tout ce qu’il représente ». Il est accusé d’avoir agi de la même manière, sur la même voiture, en novembre.

1e janvier 2025. Un Cybertruck Tesla explose littéralement devant l’hôtel doré Trump, à Las Vegas. L’événement est très scénographié : le véhicule explose devant les caméras de surveillance, au milieu d’un feu d’artifice, à 20 jours de l’investiture du président des Etats-Unis. Le conducteur meurt sur le coup. Les médias mainstream continuent de dire que ses motivations restent "inconnues"... Son action parle pourtant d’elle même.

Voir l’article de Contre Attaque sur l’événement.

10 mai 2024 La même méga usine berlinoise est encerclée et attaquée par des centaines de manifestant.e.s ultra motivé.e.s. Pour plus d’infos, et une vidéo de compilation des meilleurs moments de cette manifestation, voir l’ article de Contre attaque.

5 mars 2024. Avant même les badbuzz des derniers mois et la réélection de Donald Trump a eu lieu le sabotage de la Gigafactory Tesla à Berlin. Un énorme pylône électrique avait pris feu, coupant le courant à l’usine de fabrication de voiture électriques. Le Vulkan Gruppe (groupe Volcan), a déclaré dans son communiqué : « Avec notre sabotage, nous nous sommes fixé pour objectif de réaliser le plus grand black-out possible de la Gigafactory ». Un groupe Volcan avait déjà revendiqué en 2021 un incendie criminel sur un chantier Tesla. Le directeur de l’usine, André Thierig, a déclaré à la presse « Cela représente pour nous des dommages économiques d’un montant à neuf chiffres et nous n’avons actuellement aucune visibilité claire quant au moment où nous pourrons reprendre la production ». Pour plus d’infos, voir cet article.

Attention [note reprise à Contre Attaque]

En aout 2024 à Ferentinon en Italie, un soixantenaire qui avait rayé la carrosserie d’une Tesla avec un clou avait été identifié à cause des caméras de surveillance de la Tesla. Même chose pour le manifestant nantais : filmé et condamné.

Ces véhicules disposent d’un « Mode sentinel », une « fonctionnalité qui permet de surveiller les activités autour de votre véhicule Tesla lorsqu’il est stationné et verrouillé. Lorsqu’un mouvement suspect est détecté, votre véhicule réagit en fonction de la gravité de la menace » vante la firme.

Cela veut dire que toutes les Tesla qui circulent partout dans le monde enregistrent l’espace public en permanence et stockent ces images dans des bases de donnée privées, au détriment de la liberté de chacun-e à ne pas être filmé à son insu. Un flicage de masse : chacun de ces véhicule est un mouchard qui s’ajoutent aux caméras de surveillances urbaines et autres moyens de contrôle.

Narni, Umbria, Italy: Claim for placing an incendiary device inside the faculty of “Investigation and Security Sciences” by  “Kyriakos Xymitiris” Group of Action (Narni, 30th March 2025)

Publié le 2025-04-03 11:35:01

Claim for placing an incendiary device inside the faculty of “Investigation and Security Sciences” by  “Kyriakos Xymitiris” Group of Action

Sunday 30th March we slipped into the faculty of “Investigation and Security Sciences” at Narni,in Umbria, and placed an incendiary device inside the “Crime scene laboratory”. With this action we wanted to strike a training centre of the future secret services of the Italian state.

A genocidal state as its cooperation with the zionist State of Israel in the massacre of the Palestinian people shows. Torturer state as the existence of the prison regime of 41 bis under which is locked up, also, the anarchist comrade Alfredo Cospito. Slaughterer state as the massacre of migrants in the Mediterranean sea and the murder of prisoners in the jails demonstrates.

SOLIDARITY WITH ALL THE ANARCHISTS, ALL THE REVOLUTIONARIES LOCKED UP IN PRISONS THROUGHOUT THE WORLD

 “Kyriakos Xymitiris” Group of Action

(Gruppo d’azione “Kyriakos Xymitiris”)

[Received by email and published in: in https://lanemesi.noblogs.org/post/2025/03/31/rivendicazione-del-collocamento-di-un-ordigno-incendiario-allinterno-della-facolta-di-scienze-dellinvestigazione-e-della-sicurezza-da-parte-di-gruppo-dazione-kyriakos-xymitiris-narni-30-marzo-2025/]

Translated by Act for freedom now!

Greetings from Bloomington, IN

Publié le 2025-04-03 17:12:37

We welcomed Spring with action. We punctured 8 tires on Monroe County Probation vehicles because too often authorities go unchallenged. Targeting criminalized people and even criminalizing their families is just one part of the greater indignity imposed by the USA. We will start where we have access.

Solidarity with those taking up the fight from wherever you are.

Submission

Une cantine pour cantiner contre les prisons et en solidarité avec des personnes enfermées à la prison de Moulins-Yzeure

Publié le 2025-04-03 20:57:39

Des copains enfermés à la centrale de Moulins se cotisent régulièrement pour cantiner (acheter des trucs en plus de la gamelle) ensemble et partager de la nourriture avec les prisonniers en galère de thunes. Pour les soutenir en leur envoyer un peu d’argent, construire des solidarités par delà les murs, et lutter dehors contre les taules, on vous invite à une cantine végétarienne à prix libre lors de la relâche du 7 avril à la chapelle à partir de 18h. Il y aura aussi un infokiosk anticarcéral, une table pour écrire aux prisonniers kanak et aux prisonnières palestiniennes et des infos sur d’autres luttes contre les prisons.



Une cantine pour cantiner contre les prisons et en solidarité avec des personnes enfermées à la prison de Moulins-Yzeure

RDV le lundi 7 avril à partir de 18h à la Chapelle au 36 rue Danielle Casanova près du métro Compans Cafarelli. Atelier d’écriture de lettres à partir de 18h et cantine à partir de 20h !

Contre les prisons qui ne servent qu’à faire tenir un système d’exploitation et de domination. Contre cette arme centrale de l’état colonial, utilisée massivement en Kanaky ces derniers mois avec la déportation de dizaines de personnes dans des zonz de la métropole suite aux révoltes.

L’état veut construire 15 000 nouvelles places d’ici 2027 pour enfermer toujours plus de précaires, de rebelles et de marginaux. Pour enfermer toujours plus et tenter de faire peur à celleux encore dehors, en leurs rappellant qu’iels ont intérêt à filer droit pour ne pas être les prochain-es à finir au trou.
Contre ces murs et ces matons qui torturent et isolent, on pense qu’il faut soutenir les personnes enfermées, soutenir leurs luttes et créer des liens.

La prison renforce les inégalités : les rares choses qu’on peut acheter sont plus chères que dehors, et comme on surenferme les pauvres, il y a beaucoup d’indigents (mot de la pénitentiaire pour dire sans revenu) dans les taules. Les thunes sont une source de galère et de tensions encore plus que dehors.

Des copains enfermés à la centrale de Moulins se cotisent régulièrement pour cantiner (acheter des trucs en plus de la gamelle) ensemble et partager de la nourriture avec les prisonniers en galère de thunes. Pour les soutenir en leur envoyer un peu d’argent, construire des solidarités par delà les murs, et lutter dehors contre les taules, on vous invite à une cantine végétarienne à prix libre lors de la relâche du 7 avril à la chappelle. Il y aura aussi un infokiosk anticarcéral, une table pour écrire aux prisonniers kanak et aux prisonnières palestiniennes et des infos sur d’autres luttes contre les prisons.

Douzy (Ardennes) : feu au chantier de la centrale photovoltaïque

Publié le 2025-04-03 22:02:52

Le futur Parc Photovoltaïque de Douzy vandalisé, des engins
de chantier incendiés
Radio8Ardennes/L’union, 2 avril 2025

Prestataire sur le chantier du futur Parc photovoltaïque de Douzy, l’entreprise RLT Terrassement, basée à Epiez-sur-Chiers, en Meurthe-et-Moselle, a fait les frais de vandales, dans la nuit de mardi à mercredi. Peu après minuit, cinq individus cagoulés se sont introduits sur le chantier et ont incendié une pelleteuse et un compacteur de l’entreprise RLT Terrassement. Préjudice estimé : 150 000 euros.

« Mon patron et moi, on en est sûr, c’est l’œuvre d’écologistes radicaux. Pourtant, le photovoltaïque, c’est écolo, mais il faut couper des arbres. Alors que brûler des machines, c’est écolo ça ? ! » précise le gérant, en colère. Une plainte a été déposée, et une enquête a été ouverte, confiée à la brigade de gendarmerie de Douzy.

Quant au chantier [pour implanter 81.000 panneaux solaires sur 38 hectares en rasant une partie de la forêt], il est pour le moment à l’arrêt. Il ne rependra que la semaine prochaine, mais pas dans n’importe quelles conditions. « Le chantier sera sécurisé et des vigiles surveilleront le site, jour et nuit » termine Benjamin Rouyer, Gérant de RLT Terrassement.

Carapatage 86 : Les cara-brèves (02/04/2025)

Publié le 2025-04-04 00:00:00

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Télécharger l’émission

Carapatage 86, les cara-brèves – Dans cette émission, on parle luttes contre l’enfermement, violences pénitentiaires, prisons coloniales en Guyane, Guadeloupe et Kanaky, on vous lit une nouvelle qui parle de la rencontre d’une pelleteuse et du mur d’enceinte de la prison de Limoges puis on vous donnera quelques actualités sur les lois répressives.

Sommaire

Playlist

Ressources

Internationalist solidarity with comrade Salvatore Vespertino Ghespe (Athens,Greece)

Publié le 2025-04-04 07:44:50

Internationalist solidarity with comrade Salvatore Vespertino Ghespe

As a minimal signal of solidarity, banners were placed in Kypseli, Patisia, Exarchia, Neapolis, and Victoria area in Athens

On February 15, anarchist comrade Salvatore Vespertino (Ghespe), who had been a fugitive for the last 2 years or so, was arrested in Madrid. According to the regime, his arrest was the result of cooperation between the authorities of various countries, including Greece.

The comrade was transferred to Italy on March 4th, initially to the Rebibbia prison in Rome and is currently imprisoned in Spoleto prison of Spoleto. He was sentenced to 8 years in prison on charges of possession, manufacture and transport of an explosive device, grievous bodily harm and damage in the context of the Panico operation in 2017 in Florence. More specifically, he is accused of an improvised explosive device that was placed outside a fascist bookstore in Florence on New Year’s Day 2017.

The device exploded in the hands of a pyrotechnics cop who did not even follow safety protocols, resulting in the loss of an arm and an eye. The comrade was convicted on the sole evidence of a DNA test that was carried out in a haphazard manner and cannot be repeated. It is not the first time that DNA mixtures are used as evidence of the incrimination of activists by the authorities, while methods such as the above are questioned by science itself. These analyses are carried out in the laboratories of the cops and the respective police authority, with all that this implies in terms of the reliability of the results, not giving the persecuted the opportunity for re-examination.

For our part, we stand in unnegotiable solidarity with the comrade who is imprisoned in the cells of democracy. No matter how much power mobilizes its various mechanisms to imprison and isolate comrades, to neutralize and suppress struggles, to sow fear, it will find us against it. As states arm themselves with new repressive means, they strengthen interstate agreements for the protection of capital and their own existence. For as long as they attempt to eliminate every trace of resistance from struggling individuals, we must show our internationalist solidarity and not forget any prisoner of the social and class war. From Italy’s repeated crackdowns against squatters and anarchist comrades to Germany’s ongoing witch hunts against anti-fascists and former members of armed organizations, we will always be on the side of those who struggle, and rebel.

FROM GREECE TO ITALY, A MULTIFORM STRUGGLE TO DESTROY EVERY FORM OF AUTHORITY

SOLIDARITY WITH THE ANARCHIST COMRADE GHESPE

FIRE TO ALL CELLS

UNTIL TOTAL LIBERATION

Solidarity assembly with the imprisoned,

fugitive, and persecuted militants

Passages cloutés, véhicules crevés : des clous révoltés ont frappé sur les chantiers des AFSB

Publié le 2025-04-05 07:14:57

Infos locales Action directe - Sabotage

Passages cloutés, véhicules crevés : des clous révoltés ont frappé sur les chantiers des AFSB


Revendication de sabotage du Gang des Clous Contorsionnistes Autonomes contre les travaux des AFSB au sud de Bordeaux, suivi d’un tuto pour créer les redoutables MIGUELITO !

Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs centaines d’entre nous se sont organisés pour frapper le chantier des Aménagements Ferroviaires du Sud de Bordeaux, en 5 points névralgiques à Villenave d’Ornon, Cadaujac et Saint Médard.

Face à la marche forcée des travaux, nous avons préféré nous couper la tête en pointes acérées plutôt que de continuer de nous les faire marteler de faux arguments par les promoteurs des LGV
Nous avons préféré mettre nos corps contorsionnés en travers de leurs pneus plutôt que d’accepter sans mot dire les destructions.

Par ces gestes, nous visons, non pas les autres outils et ouvrièr.es du chantier mais les entreprises qui exploitent leur force de travail et convoitent les milliards d’euros de budget prévu par l’Etat pour ce projet inutile et imposé. En tant que clous habitués des chantiers, nous savons qui sont les profiteurs des destructions : Vinci, NGE, Bouygues et leurs filiales.

L’heure de la révolte a sonné : nous sommes prêt.es à enfoncer le clou partout là où ça fait mal et nous appelons nos camarades outils à nous rejoindre dans la lutte.
Que nous soyons meuleuses, tenailles ou pied-de-biche, clous ou peinture, allions nos forces, acérons nos pointes et aiguisons nos lames. Nous surgirons tout au long du tracé pour qu’une acide intranquillité s’installe aux abords des chantiers et au sein des entreprises promotrices et bénéficiaires du projet. 

Bientôt, il y aura plus à perdre qu’à gagner en participant à ce projet.

Le Gang des Clous Contorsionnistes Autonomes

TUTO MIGUELITO :

Invisibles et ingouvernables – Contre la visibilité trans

Publié le 2025-04-05T01:09:25+02:00

Brochure : PDF ; PDF imposée

Avec l’arrivée du mois d’avril se termine la trêve hivernale, laissant place à la chasse aux squats. Le mois de mars s’est quant à lui clôturé par une journée de la visibilité trans. Pour l’occasion, les ONGs, associations, partis de gauche et autres entités moroses ont abondé de slogans vides de sens comme « Trans Rights Are Human Rights » ou « #ProtectTransKids« . Des mots d’ordre à la vacuité alarmante quand on voit à quelle vitesse la haine anti-trans se propage partout dans la société. Que peut la visibilité contre la domination transphobe de l’Etat, ses taules et ses flics ?

trumpisme transphobe, éradication trans

Dès son retour au pouvoir en janvier 2025, aux États-Unis, Trump a signé plusieurs décrets administratifs pour effacer toute existence trans au niveau fédéral : l’interdiction de toute transition en dessous de l’âge de 19 ans, la suppression de budget aux hôpitaux qui proposent des opérations liées à la transition, la restriction de l’accès et de changements aux documents d’identité fédéraux, la suppression de toute évocation de la transidentité dans les programmes scolaires… Il n’en est qu’au début. L’oabjectif affiché est purement génocidaire : Trump et l’État fasciste américain à tous les niveaux visent à l’éradication de toute vie trans, à instaurer un pays où il n’y a que deux sexes – et où on n’en change pas !

L’une des mesures particulièrement violentes est le (re)transfert massif de tous-tes les prisonnier-es trans dans des prisons de leur assignation de naissance. Si ce placement n’est pas nouveau, cette systématisation consiste en un véritable acte de torture et de mort sociale – d’autant plus dans un pays où les prisons sont si mortelles et violentes. L’explicite perfidie est complètement illustrée par le cas du prisonnier anarchiste Marius Mason : premier prisonnier trans américain à avoir arraché à l’administration pénitentiaire un transfert vers une prison pour hommes, il a aussi obtenu après une décennie de luttes d’utiliser son prénom et de changer son état civil, d’obtenir hormones et opérations. Lui aussi vient d’être transféré – très probablement suite aux décrets Trump – vers une prison pour femmes, laissant planer le doute sur les opérations qu’il avait de prévues.

Ce mois-ci aussi, l‘état du Texas a retiré les papiers de toutes les personnes trans y vivant, ou en tout cas de celles dont l’état est au courant de la transidentité. De façon plus concrète : les documents d’identité sont confisqués et les jugements de tribunaux, notamment pour des changements à l’état civil, sont annulés. L’administration en charge refuse désormais de remplacer ou refaire les papiers d’identité de toutes ces personnes, ce qui pose des problèmes dans tous les aspects de leur vie : prêts, comptes en banque, logement, travail…

Depuis plusieurs années déjà, le procureur général et le gouverneur du Texas tentent de constituer des listes de personnes trans. En 2022, une tentative avait débuté pour lister toute personne ayant effectué un changement de sexe sur son permis de conduire, et diverses autres licences. Cette année, le bureau du procureur s’est mis à lister toute personne qui faisait une demande liée à un changement de sexe à l’état civil, que ce soit un changement se faisant vraiment ou une simple demande d’information. La dernière attaque vise donc à rendre illégale l’existence trans en rendant sans-papier chaque personne trans, les transformant en cible pour l’État policier ou les forçant a renoncer à tout type de transition.

Depuis la (re)prise de pouvoir de Trump, l’agence gouvernementale anti-immigration ICE est remobilisée en force, elle arrête, enferme et expulse à tours de bras. La menace est donc particulièrement réelle au moment où cette agence purement fasciste traque des personnes sans-papier dans les écoles, mobilise patrons et collègues de travail pour les dénoncer, supprime systématiquement les visas des étudiant-es pro-palestinien, déporte massivement les personnes étrangères enfermées dans les taules, etc.

Les personnes trans sans-papier sont déjà largement ciblées par les flics et ICE, courant parfois des risques mortels du fait de leur transidentité dans le pays où on les déporte. Il ne fait aucun doute, dans ce pays où les mouvements anti-trans sont fortement mobilisés depuis des années, que milices comme agences gouvernementales fascistes ne pourront s’en donner qu’à coeur joie de traquer toute personne trans aux papiers ainsi supprimés.

les rêves transphobes de la droite

Les fascistes de France ne rêvent pas de mieux : Darmanin, Retailleau et leurs flics mènent une véritable chasse aux sans-papiers, les poursuivant dans les rues et les écoles. Darmanin a récemment introduit une circulaire pour demander le transfert en CRA et la déportation de personnes étrangères actuellement en prison, durcit les conditions d’obtention de l’asile et des papiers à travers divers lois racistes successives. Dans une loi récente, il réintroduit des doubles peines racistes tandis qu’une autre loi vient de passer au Sénat pour augmenter le temps maximal de détention en CRA à plus de 200 jours (contre une quarantaine actuellement).

La situation des prisonnier-es trans visibles et identifiables dans les taules françaises n’est guère plus joyeuse : l’État transphobe les enferme régulièrement dans des taules de leur assignation de naissance sans accès aux hormones et soins nécessaires, ou les envoie dans des ailes adaptées (comprendre, isolées de tout-e autre prisonnier-e) dans quelques prisons souvent à des centaines de kilomètre de chez elleux et de leurs proches. C’est soit la torture de la privation de toute transition, soit la torture de la mort sociale. Dans les deux cas, l’isolement règne – comme si celui de la taule n’était pas suffisamment horrible.

être visible, c’est être vulnérable

Les attaques anti-trans, qu’elles viennent de l’État fasciste ou directement des fachos de rue, portent toujours en elles la même logique genocidaire. Celle-ci s’appuie toujours sur une même stratégie : nous rendre visibles pour nous rendre vulnérables. Nos papiers font de nous des cibles incorporées dans des bases de données qui rendent la répression toujours plus simple. C’est cette visibilité, pourtant tant réclamée par les associations de défense des droits, qui permet aux flics de nous traquer. Les galères pour transitionner, les marqueurs du genre sur nos corps et visages, les failles de nos passings ou notre refus de rentrer dans le rang de l’hétérosexualité sont d’autant plus de vulnérabilités aux yeux de l’ordre cis. C’est cette visibilité dans notre chair qui permet aux fachos de nous lyncher, aux transphobes de nous agresser, aux allié-es bienveillant-es de nous exclure.

La carte d’identité assume pleinement sa mission malsaine : nous identifier, c’est à dire nous imposer une identité pour mieux nous contrôler.

refuser l’état et son identité

Ce n’est pas un hasard si identification et identité partagent la même racine. L’état civil n’est rien d’autre qu’une invention administrative de l’État policier pour nous classifier et nous surveiller. Ils nous rangent dans leurs petites cases afin de mieux nous retrouver, que ce soit pour nous contrôler ou nous éradiquer. Nous jouons au même jeu lorsque nous revendiquons une identité intelligible en ses termes, que nous nous identifions dans le langage et les catégories de l’État. Nous tombons dans leur jeu quand nous nous abandonnons à leurs démarches administratives, légales et médicales – aussi nécessaires soit elles, et c’est bien là qu’est leur attrait – plutôt que de voyager dans les marges et la clandestinité entre les identités et identifications. Le cauchemar du genre est avant tout administratif et légal, s’en défaire implique donc de s’en évader.

Les attaques du fascisme suprémaciste blanc et cis aux États-Unis ne consistent pas une simple « perte de droits [civils] ». Nous n’avons jamais eu ni gagné aucun droit. Ceux-ci ont toujours été et demeurent une pure invention de l’État démocratique-policier pour nous pacifier et nous assimiler. Les ridicules miettes obtenues ces dernières décennies ne sont rien de plus qu’une recatégorisation du criminel au citoyen, d’un emprisonnement dans une identité qui ne désire rien d’autre que l’inclusion à la Démocratie et à l’État. La vitesse à laquelle ces droits sont retirés illustrent bien qu’ils n’ont jamais été acquis, et ne pourront jamais l’être. La vaine conquête des droits sociaux et de l’acceptation par la société, objectifs ultimes de la visibilité, ne seront jamais rien d’autre qu’un sursis dans lequel il faudra se débattre éternellement pour préserver le cauchemar.

Les droit accordés gracieusement par l’Etat n’auront jamais d’autre finalité que de nous assimiler pour mieux nous faire disparaitre. En fin de compte, soit l’on est emprisonné-e ou tué-e, soit l’on disparait absorbé-es par la machine normative. On commence alors à saisir l’ampleur de l’inefficacité des luttes pour les droits. Des militant-es de toutes les luttes se sont engouffré-es dans la même impasse qui consiste à vouloir embrasser l’Etat et son contrôle plutôt qu’à le déborder. Les slogans crient « j’existe !« , « je suis légitime« , mais murmurent « assimilez-nous ! faites de nous des citoyen-nes comme les autres ! »

On constate avec dépit que même violenté-es, même réprimé-es par l’Etat, certain-es gardent toujours le réflexe de l’appeler à l’aide et de lui implorer une légitimité qu’il est seul à distribuer, voire une relative accalmie dans sa violence.

arracher notre autonomie à leur société

Si l’on désire garantir un accès aux transitions, on ne pourra jamais s’en remettre à l’Etat ni à ses institutions : seule l’auto-organisation autonome peut nous le garantir. On ne peut rien attendre de l’industrie pharmaceutique ni de l’ordre médical, il faudra d’ailleurs bien les abattre un jour. Si l’on veut garantir de pouvoir accéder à des hormones – et du reste – sans risquer de se les faire confisquer par le Papa-Etat ou par le déclin de la société industrielle, on ne peut que compter sur notre propre autoproduction et diffusion, des savoirs comme des produits et comme de leur usage. Aucun savoir médical ni scientifique ne pourra jamais remplacer notre propre savoir de nos corps, de nos désirs, de nos transitions, construit à travers des générations à subvertir le genre et son contrôle des corps.

Si l’on veut que les enfants trans puissent transitionner, ce n’est pas de protection paternaliste et adulte dont iels ont besoin, mais bien de la destruction totale de tout ce qui limite leur autonomie et capacité à disposer d’elleux-mêmes : Parents, Famille, Ecole, Police, Etat. De même, on ne peut compter sur aucun Etat pour pouvoir faire des enfants, avorter, se soigner, se loger… et définitivement pas pour l’arrêt des discriminations. Terme purement judiciaire s’il en est, le seul moyen de faire face à la transphobie, à l’homophobie, au sexisme et au racisme est bien de mettre feu à toutes leurs institutions et relais, et d’instaurer la peur dans tous ceux qui oseraient s’en prendre à nous.

La seule avancée réelle, c’est celle qui détruira toutes les lois, effacera toutes les frontières, abattra tous les Etats, éliminera toute propriété, nous débarrassera de tout travail, annihilera tout organisme policier. Le reste, les réformes et les droits, n’est qu’un aménagement de peine de notre vie dans la prison du genre et de sa société.

transition

Quant à la visibilité, ce n’est rien d’autre que l’identification par l’ennemi. C’est la possibilité pour l’État policier de savoir qui on est, qui l’on a été et où l’on vit. C’est la possibilité pour l’État carcéral de nous torturer et prendre le contrôle sur nos corps, dernier recoin de soi en taule. C’est la possibilité pour l’École et la Famille de nous contrôler, de nous façonner, de nous nier jusqu’au meurtre par suicide. C’est la possibilité pour la Médecine et la Psychiatrie de garder tout contrôle sur nos vérités, sur ce que l’on peut être et ce que l’on peut faire de nos corps. C’est la possibilité pour les transphobes de nous reconnaître et nous retrouver dans la rue, pour nous insulter, nous tabasser, nous violer, nous assassiner.

Indépendamment de toute notion de visibilité trans, nous nous reconnaissons entre nous. Nous nous reconnaissons dans nos façons d’exister et nos façons de nous mouvoir. Nous nous reconnaissons dans nos désirs partagés. Nous nous reconnaissons dans nos pratiques et nos défiances communes. Nous nous retrouvons dans des espaces complices, loin de l’Oeil cishétéro et de son régime de surveillance.

invisibles et ingouvernables

Nous nous reconnaissons dans les regards complices lorsque nous brouillons nos identités sous le masque et la multitude encapuchée du black bloc. Nous nous reconnaissons dans les éclats de verre, dans le vacarme du genre qui se fissure sous les yeux des keufs qui ne peuvent plus nous dissocier. Nous nous reconnaissons dans les lettres crachées à la bombe sur leurs murs et leurs vitrines. Nous nous reconnaissons, aveuglé-es par leurs gaz et attaques, dans les réflexes de solidarité, de protection et d’inquiétude pour les un-es les autres. Nous nous reconnaissons lorsque nous protégeons, d’un parapluie, d’un coup direct ou d’une menace aboyée, les corps et visages les un-es des autres de toute identification par les dispositifs de capture des flics et de leur suppléant-es journalistes ou militant-es.

S’ils veulent nous rendre invisibles et nous renvoyer au placard, embrassons le chaos de l’anonymat, dissimulant toute identité derrière l’émeute ingouvernable.

Contre la proposition de se rendre visibles et intelligibles aux autorités cisexuelles, que ce soit pour s’assimiler à leur société ou en être éradiqué-e, nous pouvons emprunter une autre voie. Nous pouvons nous engouffrer dans la nuit, armé-es de marteaux et de brise-vitres, de bombes de peinture et de pince coupantes, de colle et de glue, d’allumes-feu et de combustibles, de mortiers et de barricades. Nous pouvons nous mouvoir, invisibles et inconnu-es, à l’identité et l’apparence toujours fluctuantes. Nous pouvons traverser les villes et les campagnes sans jamais être repéré-es ou identifié-es, cibler tous les dispositifs qui nous capturent, surveillent, identifient, assimilent et assassinent.

Si l’on considère sérieusement la proposition d’une journée trans de la vengeance si souvent opposée à la visibilité, la seule voie qui s’offre à nous est celle de la criminalité complice et diffuse, d’une marginalité embrassée et embrasée, de la clandestinité et de l’association de malfaiteur-es. C’est l’action directe, le sabotage, l’incendie, le pillage, le vol, le squat, le tabassage vengeur, l’émeute. C’est l’attaque continue, insurrectionnelle et anarchique. C’est l’amour trans forgé dans la complicité et l’intimité du groupe affinitaire. C’est l’amour trans envers tous-tes nos soeurs et frères assassiné-es, violé-es, suicidé-es et meurtri-es.

Les coupables, nous les connaissons. Ce sont la taule et ses matons, l’État et ses flics, la justice et ses juges, l’école et ses profs, le travail et les patrons, la famille et les parents, les psy et les médecins, les transphobes et les homophobes, les racistes et les antisémites, les violeurs et les transmisogynes, les fachos et leurs milices, les lois et ceux qui les écrivent et votent (même quand ils sont antifas !), les partis de gauche comme ceux de droite, les frontières et les colons, les médias et leurs journalistes, la guerre et ses propagandistes, les putophobes et les abolos, la propriété privée et ses proprios, la société industrielle et sa technologie, les hétéroflics et les cis plus allié-es bienveillant-es que complices. Tous doivent être reconsidérés comme des cibles.

On ne pourra faire le deuil de tous-tes nos mort-es qu’en foutant le feu à la civilisation qui nous tue, et à tous les rouages qui la font tourner. Ce monde ne subsistera que par notre éradication – ou notre synonyme assimilation, il nous incombe de le détruire avant.

Le T de LGBTI+ est pour terrorisme. Ou, comme dirait notre chère stern : « C’est un communiqué terroriste. On assiste à l’apparition d’un terrorisme trans. »

– des terroristes trans

Brochure : PDF ; PDF imposée

Une cantine pour cantiner #27

Publié le 2025-04-06 00:00:00

Ce mois ci la cantine est en soutien à H., enfermé à la Talaudière.



Ce mois ci la cantine est en soutien à H., enfermé à la Talaudière.

Announcing The Dirty South – A New Counter-Info Project

Publié le 2025-04-06 18:52:24

The Dirty South is a counter-info site that focuses on anti-colonial and anti-authoritarian action in the geographic southeast of the so-called U.S. In service of this, we accept and repost communiques, reportbacks, analysis, research, calls to action, art, events, and publications, as well as mainstream news articles about unclaimed attacks.

Who is this resource for?

This resource is for those interested in rupturing the settler-colonial project—those fighting it, those seeking inspiration, and those craving to learn and share new ways of struggle. We especially want to provide a platform for struggles in the geographic southeast of turtle island—the region that carries the historical baggage of the "South". This area roughly refers to occupied lands south of the appalachian foothills of so-called northern kentucky, west of the so-called atlantic ocean, east of the so-called mississippi river, north of the so-called gulf (so-called florida and louisiana) and so-called texas.

Why we think this is worthwhile:

The counter-info site Scenes from the Atlanta Forest, which published actions, educational resources, discourse, and calls to action relating to the struggle against Cop City in so-called atlanta from 2021-2024, was an important resource for our region (and for the anarchist movement more broadly). The decision of the Scenes admins to end the project this past November left anarchist and anti-authoritarian militants without a regionally-specific platform to anonymously share communiques and other information. We feel called to step up and fill this role.

The "South" often has the reputation of being a particularly reactionary, fascistic, and hostile place. But the brutality of this region has always been always been matched by the fierceness of those fighting against the social order from below. We seek to ground contemporary insurrectionary struggles in legacies of Black and Indigenous resistance and attack: the countless wars fought by Indigenous peoples against colonial expansion; the maroon communities which provided avenues of escape, survival, attack, and revenge against the plantation system; the slave rebellions that brought to life the darkest nightmares of the slaveholding class; the labor strikes and class warfare carried out by the most downtrodden workers; the riots and liberatory struggles of the sixties; and more recent prison riots and uprisings against the carceral system. An unbroken lineage of resistance carries us into the present moment and our struggle to stem the tide of fascism, and to thwart the intensifying efforts of the forces of domination to stamp out any possiblity of a free life.

The blog is located at dirtysouth.noblogs.org

In solidarity,

Dirty South Admins