Vive l'Anarchie - Semaine 14, 2018

Sommaire

Quelques précisions sur les perquisitions à Toulouse et à Limoges : un inculpé en détention provisoire

Publié le 2018-04-02 08:43:02

sans attendre

Le 27 mars à Toulouse, deux personnes sont placées en GAV pour l’attaque incendiaire de la gendarmerie de Limoges au cours d’une nuit de septembre. Elles ressortiront après 36 et 38h de détention sans mises en examen. Au même moment à Limoges, une personne est elle aussi placée en garde à vue. On apprend ce dimanche 1er avril que la personne de Limoges a été placée en détention provisoire pour un an renouvelable. Le lendemain, à Ambert (Auvergne), deux autres personnes ont été mises en examen et écrouées pour une durée de 4 mois renouvelable deux fois. On ignore pour l’instant s’il s’agit de la même affaire que pour les perquis’ de la veille dans le sud-ouest.


Récit partiel de deux perquisitions à Toulouse, et d’une visite non choisie de la ville de la porcelaine.

6h00 du mat’, le 27 mars 2018, les gendarmes débarquent dans deux maisons toulousaines. Il y a là différentes unités : entre autres, les sections de recherche de Toulouse et de Limoges, ainsi que leurs PSIG associés (pelotons de sécurité et d’intervention de la gendarmerie). Ce qui va être pris au long de cette longue matinée, c’est du matos informatique, des carnets, de l’argent, des téléphones, mais aussi des caleçons et des taies d’oreiller, pour l’ADN. Surtout, deux personnes sont embarquées. Après un passage éclair à la gendarmerie de Balma, départ pour Limoges, où les personnes sont présentées à la juge d’instruction. Celle-ci leur signifie que leur garde à vue est reconduite jusqu’au lendemain. Chaque personne sera retenue dans une gendarmerie différente, à quelques kilomètres de Limoges. Dans le même temps, une personne de Limoges subit sensiblement le même scénario.

Il est annoncé aux personnes de Toulouse qu’elles sont retenues dans le cadre d’une enquête pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et des dégradations en relation à des faits ayant eu lieu dans la nuit du 18 au 19 septembre 2017 à Limoges. Elles resteront 36 et 38 heures en garde à vue, auditionnées longuement sur leurs positionnements politiques et leurs fréquentations. Ces deux personnes sortiront sans mise en examen. Néanmoins, la personne de Limoges reste en GAV. Nous savons que d’autres perquisitions et arrestations ont eu lieu le mercredi matin à Ambert, et que les personnes ont été placées en détention provisoire pour 4 mois renouvelables deux fois. On ne peut affirmer un quelconque lien entre ces événements à l’heure actuelle.
Au vu de ce qui a été dit, on peut supposer qu’il y eu des écoutes et des filatures depuis plusieurs mois, dans le cadre d’une instruction, suivie d’une commission rogatoire, ouverte le 20 octobre 2017 et renouvelée le 13 décembre 2017 (13.12…). Gageons que cette surveillance ne concerne ni les seules personnes auditionnées, ni ces seules villes.

Derrière l’appellation floue d’association de malfaiteur-rice-s, il apparaît que l’Etat cherche à criminaliser des liens entre des gens, des lieux fréquentés, des modes d’organisation, idées politiques et pratiques. C’est là un éventail large qui peut être constitué en faisceau de suspicion : manger dans un squat, utiliser des listes mails sécurisées, participer à des actions, organiser des rencontres, faire du sport ensemble, communiquer, se déplacer. Et même faire des pâtes au fromage.

Il est important de repréciser nos solidarités, et de continuer à lutter, à tenir pour déjouer les stratégies judiciaires.

Toutes malfaiteurs,
Adhérons à l’association!

[Publié sur iaata.info, dimanche 1er avril 2018]

Lecce, Italie : Sabotage de parcmètres contre le TAP dans le Salento

Publié le 2018-04-02 08:53:02

Les journaux ont écrit qu’il y en avait trois, le directeur de l’entreprise qui les gère a parlé d’une dizaine de parcmètres dispersés dans la ville. Mais le décomte en ce qui concerne le nombre exact de parcmètres sabotés il y a quelques jours dans les rues de Lecce n’a que peu d’importance. Ce qui est important c’est le message laissé sur certains parcmètres : Contre le TAP, tout bloquer ! ».

La direction de l’entreprise qui gère les parcmètres susmentionnés a fait savoir que ces sabotages n’avaient aucun lien avec le TAP et la construction du gazoduc dans le Salento. C’est bien pour eux.

Mais outre le fait de saboter le mécanisme d’extorsion légal nécessaire pour pouvoir garer sa caisse, ce qui semble important c’est le message : tout bloquer, précisément.

C’est un message qui a émergé à plusieurs reprises : blocages de routes en ville, blocage de la zone commerciale avant les vacances de Noël… Il semble que par mouvement naturel ou force majeure, la lutte contre le TAP subit un déplacement du centre à la périphérie. En fait, cela pourrait être une bonne suggestion : si nous ne pouvons pas arrêter les avancées du chantier, nous pouvons essayer de paralyser le monde entier.

[Traduit de roundrobin.info, 24.03.2018]

Berne, Suisse : Visite chez deux responsables du futur camp pour migrants de Chevrilles – 28 mars 2018

Publié le 2018-04-02 08:53:04

Pas de profit avec l’enfermement des réfugiés !

Le 2 avril 2018 sera inauguré un nouveau camp fédéral à Chevrilles. Il servira de camp de rétention et d’expulsion et sera le premier du genre à avoir cette fonction. C’est pourquoi il est aussi appréhendé comme un test. A l’avenir, des gens vont être enfermés dans ce camp fédéral puis expulsés sous la contrainte.

Afin que l’État puisse mener à bien sa politique raciste, il a sans cesse besoin d’entreprises privées et de personnes qui planifient, coordonnent et exécutent ses commandes. Le 28 mars au matin, nous avons rendu visite à deux des principaux profiteurs responsables, W2 Architekten et Toneatti Engineering AG, en engluant leurs serrures et en décorant leur façade.

W2 Architekten ont déjà été attaqués avec de la peinture au cours du mois de mars 2017. L’explication suivante a été publiée en même temps et nous aimerions la reprendre et nous solidariser de cette action :

W2 Architekten à Berne ont décidé de gagner leur sale thune par la restructuration du camp d’expulsion de Chevrilles. Ils profitent d’un système d’asile qui enferme, isole et expulse les gens. Dans l’arrière-pays reculé de Fribourg, des gens n’ayant pas de permis de séjour en règle vont être enfermés et détenus jusqu’à leur reconduite à la frontière par la police et les services à l’immigration

Toute la restructuration du système d’asile vise à rendre les procédures plus rapides et plus efficaces, dans le but d’expulser les « réfugiés » dits « économiques » le plus vite possible. En concentrant et en isolant les sans-papiers dans de grands camps, les autorités savent en permanence précisément où ils se trouvent pour pouvoir leur mettre rapidement le grappin dessus au moment du rendu de rejet de demande d’asile. Afin d’arriver à ce stade, ce nouveau camp sera construit comme une prison – avec clôtures, barbelés, contrôles à l’entrée, fouilles au corps, règles strictes, menaces de sanctions et de manière générale surveillance constante effectuée par les boîtes de sécurité ORS et Securitas.

Nous sommes en faveur d’un monde sans frontières ni nations, où tous les gens peuvent circuler librement et s’entraider, plutôt que de se définir vis-à-vis des autres sur des critères nationalistes.

En allant dans ce sens, nous voyons la nécessité de combattre ceux qui amassent des millions sur le dos des réfugiés. Rendons ces accords répugnants avec le système d’asile visibles. Faisons en sorte qu’ils soient cher pour les profiteurs du secteur privé tout en nuisant à leur réputation.

Pour un monde sans domination !

Salutations solidaires dans toutes les taules et toutes les planques !

[Traduit de l’allemand de Barrikade.info, 28. März 2018]

Milan, Italie : Incendie contre le Parti Démocrate – 31 mars 2018

Publié le 2018-04-02 08:54:04

Les journaux locaux nous apprennent que, dans la nuit du samedi 31 mars vers 3h du matin, l’entrée du « Circolo Stefano Bassi » du Parti Démocrate au « via Famagosta 2 » a été incendié, endommageant non seulement la porte d’entrée mais aussi le système électrique et le carrelage. […]

[Repris de Roundrobin.info]

Qui a des camarades ne sera jamais seul.e : Traduction du communiqué concernant la remise en détention de camarades italiens

Publié le 2018-04-02 11:02:09

Le jour de l’an 2017, un explosif détonnait devant la librairie fasciste Il Bargello à Florence, proche de Casapound. En Aout dernier, cinq camarades étaient déjà arrêtés à Florence et Lecce, accusé également d’avoir blessé un policier. Ici la traduction d’un communiqué sur la remise en détention préventive de l’un d’entre eux.



Le 27 mars le parquet de Florence a accepté en cassation le recours du procureur concernant la détention pour tentative d’homicide en lien avec le flic blessé lors d’une action contre la librairie fasciste de Florence.

Le jour suivant notre camarade et frère Paska, qui est suspecté pour ce crime, a été placé en détention à la prison de Teramo.

Vendredi soir quelques camarades ont pensé aller lui dire bonjour ainsi qu’a tous les détenu.e.s de la prison pour lesquels ces jours de fêtes sont vécus avec plus de souffrance parce que le sentiment de séparation et de privation donné par la détention devient plus fort. Cris de solidarité, pétards et feux d’artifice ont animé la soirée et des fenêtres de la prison sortaient des cris de joie et des remerciement aux camarades mais aussi des doléances contre les conditions de détention. Cette fois là, contrairement aux autres, personne n’a été arrêté par les flics, démontrant que ces choses peuvent être faites sans demander de permission à personne.

PER X NOSTRX COMPAGNX IN PRIGIONE

CHI HA X COMPAGNX NON SARA’ MAI SOLX

Traduit de https://freccia.noblogs.org/



PS :

L’adresse pour écrire à Paska est :
Pierloreto Fallanca
C.C. Castrogno, c.da Ceppata 1
64100 Teramo, Italie

Journée de discussion sur les perspectives de lutte anticarcérale au csa d’ivry

Publié le 2018-04-02 17:03:04

Personne ne peut être assuré.e de n’avoir jamais à subir la prison, que ce soit en étant enfermé.e ou à travers ses proches. Il faut garder en tête que la prison, ainsi que la police et la justice en amont, dirigent leur répression spécifiquement contre les personnes qui ne veulent pas rester à leur place de dominé.e. La prison représente la sanction ultime de l’arsenal répressif par lequel l’État cherche à anéantir toute envie de débrouille, de refus, de révolte. A l’extérieur, la crainte du passage en taule ou l’espoir d’un contrôle judiciaire moins strict te fais accepter de travailler gratos pendant des TIG ou encore de normaliser ta vie en fonction de leur morale. A l’intérieur des murs, la carotte des remises de peines, l’espoir d’une cellule en régime ouvert ou le bâton du mitard permettent à l’administration pénitentiaire d’obtenir le calme à peu de frais. Par cette gradation des sanctions la justice et l’administration pénitentiaire trient, isolent, pour mieux maintenir chacun-e sous contrôle, et qu’on devienne nos propres flics.

Même si ce constat du rôle de la prison dans la bonne marche de ce monde est plutôt partagé au sein des luttes anticapitalistes et libertaires, on peine à s’y attaquer réellement. Notre rapport à la prison se cantonne souvent à l’urgence : celle de l’antirépression pour éviter que des camarades s’y retrouvent enfermé-e-s, ou bien du soutien quand certain-e-s se retrouvent dedans. Même si ces formes d’entraide et de solidarité sont nécessaires et bienvenues, elles restent un privilège dont ne disposent pas tou-te-s les prisonnier.e.s et ne devraient pas se substituer à une dynamique de lutte contre la taule.

La lutte anticarcérale doit être dirigée contre la prison et son enfermement, mais aussi contre le système de surveillance et de gestion des populations qu’elle sous-tend. On ne peut pas se contenter de murs repeints, de douches qui ne sentent plus la pisse et de l’éloignement des rats. On ne peut pas souhaiter substituer à la prison la surveillance électronique, ou l’assignation à résidence. Il est temps que les luttes anticarcérales reprennent force et détermination. Il est temps que la prison soit considérée autrement que comme un simple outil de répression des luttes. La prison est au cœur des logiques d’exploitation et d’oppression, c’est pourquoi il faut la combattre.

Nous proposons une journée de discussion et de réflexion sur cette thématique. Nous nous nourrirons de témoignages de luttes passées et présentes, de l’extérieur comme de l’intérieur ou dans une dynamique de va et vient entre les deux. Ces témoignages précéderont une discussion sur les perspectives de luttes anticarcérales à Paris et ses alentours. On pense par exemple aux différents projets carcéraux actuels, comme le plan de construction de nouvelles prison où bien la réouverture prochaine de la prison de la Santé.

Le samedi 7 avril

Programme de la journee :
10h – extraits du film « COPEL : Une histoire de révolte et de dignité » (2017)
11h30 – intervention sur les luttes à l’intérieur
13h – repas
14h – discussion autour de la lutte contre la maxi-prison à Bruxelles
15h30 – discussion sur les perspectives de luttes anti-carcérales

au Centre Social Autogérée Vaydom
37 rue Marceau, 94200 Ivry-sur-Seine
M7 Pierre&Marie Curie / T3 Maryse Bastiee

N’hésitez pas à apporter vos gâteaux, on fournit le thé et le café !

 

Étampes (Essonne) : Toucher les élus au porte-feuille

Publié le 2018-04-02 19:00:04

Le Parisien / jeudi 29 mars 2018

Quelques heures après le report, faute de quorum, de l’élection du nouveau maire, les voitures de l’élu d’opposition (FI) Mathieu Hillaire ont été incendiées. Et le domicile du candidat (LR) Stéphane Pradot a subi des dégradations.

Si la situation en amusait certains, gageons qu’elle ne fait à présent plus rire personne. Deux élus ont été la cible de dégradations volontaires durant la nuit de mercredi à jeudi. Soit quelques heures après l’élection manquée du nouveau maire d’Etampes, et la démission du conseil municipal du député (SE, ex-LR) de la 2e circonscription de l’Essonne, lui-même ancien maire, Franck Marlin.

Deux voitures appartenant à Mathieu Hillaire, conseiller municipal (FI) d’opposition, ont-elles été incendiées devant son domicile. Les flammes ont également atteint la façade de la maison, qui reste a priori habitable. Contacté, il n’a pas souhaité s’exprimer, mais a publié sur son compte Facebook une photo du brasier, accompagnée de ce commentaire : « Etampes mes voitures en feu ! Je lâcherai rien, bande de lâches ! »

Le parquet d’Evry confirme « les dégradations par moyens dangereux » et annonce qu’une enquête a été ouverte et confiée à la sûreté départementale de l’Essonne.

Seul candidat à l’élection qui devait théoriquement se tenir ce mercredi soir, Stéphane Pradot (LR), a, quant à lui, été victime d’appels malveillants durant la soirée. Et son domicile a fait l’objet de dégradations. « Je suis rentré chez moi entre 1h30 et 2 heures du matin. Et c’est en emmenant mon fils à l’école le lendemain que je me suis aperçu que des ordures avaient été déversées devant ma maison, raconte-t-il. Tout le bois que contenait mon abri était par ailleurs imbibé d’essence. Et des bidons, ouverts, étaient posés à côté. » Il annonce avoir déposé plainte dans l’après-midi.

En fin de journée, un rassemblement de soutien à Mathieu Hillaire s’est tenu devant l’hôtel de ville. Une cinquantaine de personnes y ont participé. Stéphane Pradot explique s’y être joint à l’invitation de l’élu d’opposition. « J’y suis allé pour dénoncer ces actes, complètement ignobles. C’est une famille entière qui se trouvait à l’intérieur de la maison lorsque le feu s’est déclaré, c’est un attentat, commente-t-il. Mais une enquête de police est en cours, et je ne souhaite pas me prononcer sur ce qui a pu le causer. »

Car pour Mathieu Hillaire et bon nombre de ses partisans, l’affaire est entendue : l’incendie qui a touché ses deux voitures vient en représailles aux propos qu’il a tenus lors de la réunion du conseil de mercredi soir. « Le fait que je relève la présence de médiateurs condamnés à de la prison ferme lors du conseil d’hier n’était pas anodin », a-t-il posté sur son compte Facebook, en commentaire d’une vidéo de ladite réunion. […]

 

À chacun sa vérité

Publié le 2018-04-02 21:24:05

Réflexions et actualisations à propos du procès Scripta Manent

Croce Nera Anarchica / 1er mars 2018

Il n’y pas des grandes réflexions à mener à propos d’un épisode répressif (au fond il s’agit du simple et cyclique jeu d’action et réaction) ni à propos des manigances de la répression, une autre chose bien connue ; tout au plus quelques remarques sur le développement de ses techniques et de ses stratégies.

C’est ce que je vais essayer de faire ici, à plus d’un an des arrestations, après l’ouverture du procès, ce qui a percé une brèche dans la bulle de la censure et a permis de découvrir les dossiers du Parquet, dans la complexité de leur misère. Cela après le bref compte-rendu paru dans le dernier numéro du bulletin Croce Nera [Croce Nera Anarchica, n. 3, février 2017 ; NdAtt. ] et les évolutions qui sont survenues entre la clôture du dossier et l’audience préliminaire [de juillet 2016 ; NdAtt.].

Toutefois, avant toute observation, je tiens à réaffirmer, tout simplement, ma fierté dans l’anarchie et dans les anarchistes, qui m’ont permis de me nourrir de solidarité faite d’actions, d’écrits, de rage qui ont rebondi au delà des portails et de prison en prison, montrant encore une fois à quel point la tension anarchiste est vivante, actuelle et capable de railler les catégories et dépasser les limites que la répression voudrait nous imposer, tout en abandonnant le poids des peurs et du mythe du consensus.

J’ai toujours pensé que l’anarchie est une chose sérieuse, si pratiquée par des femmes et des hommes pourvus de raison et d’instinct, de quelque chose qui, quand le pouvoir l’enferme dans ses cages, lui retombe dessus et transforme en force les faiblesses qu’il voudrait nous insuffler. Nous sommes là à cause de cela, dans une partie de dés sans fin entre l’autorité et sa négation.

Aussi, j’ai toujours pensé que l’anarchie a l’indiscutable privilège de pouvoir s’appuyer sur un puissant fondement philosophique, historique et culturel, en plus que sur un instinct atavique vers la négation ; des éléments qui se mélangent aujourd’hui encore dans d’efficaces recettes destructives.

« L’anarchie, quand elle le veut, est puissante », comme l’a dit le compagnon anarchiste Panagiotis Argirou dans son communiqué de l’été dernier, en solidarité avec les personnes arrêtées lors du G20 d’Hambourg.

L’idée anarchiste continue d’être un problème pour l’autorité, montrant aux esprits libres l’aspect concret qui se trouve dans la négation de cette dernière.

Mais je ne veux pas créer de malentendus : il n’y a pas de simples procès contre les idées. Quand la répression frappe c’est toujours à la suite de faits, actions précises qui portent atteinte à la pacification sociale diffuse et à l’habitude du contrôle si typique de ces temps.

Action et réaction : on met en place des procès contre des anarchistes, pour ce que les anarchistes sont, des ennemis de l’État.

La répression – ainsi que la codification et l’application du Code pénal qui la suivent – change de forme et s’adapte selon les aléas et le degré de dangerosité de l’affrontement en cours : elle peut avancer avec une férocité vengeresse, faisant table rase de tout ce qu’elle trouve sur son chemin, ou bien avec un certain paternalisme, ou encore avec tout le panel des nuances intermédiaires. Parfois ce sont les réfractaires eux-mêmes qui donnent le rythme de l’action, parfois ils subissent les coups répressifs – et ils répondent. Souvent ils se plaignent de ne bouger que quand ils sont acculés par la répression, au lieu d’attaquer les premiers. Il faut cependant garder en tête que recevoir des coups ne veut pas dire en être les « victimes ».

Peut-être que, pendant trop longtemps, la victime de la répression a été un vieux rôle, confortable pour certains, dans le théâtre de la démocratie, une étiquette fausse et désagréable qui a produit du piétisme et non pas une conscience combative.

C’est là qu’est l’importance de ces temps : dans la nouvelle, ou renouvelée, conscience d’être un objet contondant, porteur de germes subversifs si on veut, pas seulement à l’intérieur d’un « milieu » étriqué, mais aussi de se présenter, social ou antisocial selon chacun, comme fiers porteurs d’une critique intense de l’époque de la domination technologique, du contrôle et de l’homologation globale.

Déshabiller l’empereur et monter ses parties cachées a été et continue d’être, aujourd’hui comme hier, quelque chose qui provoque la répression, avec de vieux ou de nouveaux instruments. Les catégories ridicules du Code pénal – apologies, provocations, associations – visent à frapper le tissu qui relie pensée et action : la solidarité.

Nous ne pouvons pas nous permettre de nous étonner de cela ; il y a plus d’un siècle il y avait les associations de malfaiteurs et l’autorité royale faisait fermer les journaux et persécutait les subversifs et leur réunions, surveillait les lieux malfamés où ils se rassemblaient. Aujourd’hui ils surveillent aussi la toile et la télécommunication.

À la différence du passé, le contrôle est devenu envahissant à cause de l’avènement de nouveaux oripeaux technologiques, chose à laquelle s’accompagnent souvent une conscience et une confiance moins forte en son propre potentiel et en ses possibilités de s’y opposer [au contrôle ; NdAtt.].

Modèles et techniques répressives sont réintroduits et modernisés (parfois même pas), utilisés si besoin en est ; à l’heure actuelle ils sont utilisés, entre autre, pour contenir, ou essayer de contenir, une indéniable effervescence dans les milieux anarchistes.

Constater cela ne signifie ni s’immobiliser tel des animaux terrorisés car surpris par les phares d’un poids lourd qui arrive à grande vitesse, ni se jeter – mains et pieds liés – dans la gueule du monstre, persuadés de sa voracité inéluctable. Mais plutôt un changement de perspective : aspirer, aujourd’hui et toujours, à être une bouchée indigeste, sans tomber dans la paranoïa de voir une omniscience et une toute puissance du pouvoir, là où souvent il n’y a pas de stratégie générale, mais un enchevêtrement informe d’intérêts de carrière qui rentrent en contraste et de directives imparties à des fonctionnaires plus ou moins zélés.

Il ne faut pas oublier le facteur humain, même dans sa forme la plus amoindrie, telle un gratte-papier de commissariat, qui, volant et déformant des morceaux de nos vies, nous montre un large panorama de la misère de son existence.

Commençant par la fin : de l’association à l’incitation et vice-versa

Avec la notification de la clôture du dossier, en avril 2017 – pour les personnes arrêtées et les autres inculpés de septembre 2017 – en plus des délits dont ils sont déjà accusés, a été ajouté, pour 12 des premier 17 inculpés, celui du 414 C.p. (incitation à des crimes et délits) avec finalité de terrorisme, en tant que rédacteurs et/ou diffuseurs de Croce Nera, le bulletin en papier et le blog, en se référant explicitement à des publications et articles du n° 0 au n° 3. Signe des temps, le délit d’incitation est aggravé « pour avoir commis les faits à travers des instruments informatiques et de télécommunication».

De plus, le 2 juin 2017, avec un timing assez parlant par rapport à l’audience préliminaire du 5 juin, l’effet boule de neige de la répression a mené avec soi aussi 7 autres compagnons, inculpés comparaissant libres pour 270 bis [association à finalités de terrorisme ; NdAtt.] et 414 C.p., puisque rédacteurs (ou pas) de Croce Nera, du blog RadioAzione et de Anarhija.info, en plus d’accuser 2 de ces derniers de 280 C.p. [acte de terrorisme avec des engins pouvant causer la mort ; NdAtt.], à cause de la découverte, lors des perquisitions de septembre 2016, avec d’autres textes publiés sur Croce Nera, d’une copie de la revendication de l’attaque contre le tribunal de Civitavecchia, en janvier 2016, par le Comité pyrotechnique pour une année extraordinaire – FAI/FRI. Lors de l’audience préliminaire, les deux volets de l’enquête ont été fusionnés et tous les compagnons ont été envoyé à un jugement, laissant inchangés les différentes accusations. Après presque une année de contrôle obsessionnel (avec blocages et séquestrations systématiques du courrier des prisonniers, passé directement dans les dossiers du Parquet et ajoutés aux actes lors de l’audience préliminaire) et surveillance de la solidarité, le Procureur et la police ont réussi à sortir une mesure punitive, contre les compagnons qui ont maintenu le contact avec les prisonniers et poursuivi l’activité éditoriale.

Le fait d’utiliser ensemble les articles 270bis et 414 C.p. est en train de devenir habituel dans leurs stratégies, si on regarde ce qui a été fait avec le procès Shadow à Pérouse et l’emploi qu’on voudrait en faire dans ce procès.

Sans oublier l’intensification, ces derniers années, de l’utilisation « seule » du 414 C.p., sans l’employer en tant qu’accompagnement des accusations d’association, pour frapper tout écrit qui « défende » l’action anarchiste, tel un outil malléable destiné à étouffer les flammes des mots et des actions solidaires.

Il faut par ailleurs dire que les petites combines des flics n’ont impressionné personne.

Papier recyclable…
…la structure de l’enquête

Peut-être que les écrits restent, mais avec Scripta Manent le parquet et la DIGOS de Turin n’ont vraiment rien voulu jeter. Ils ont ressorti du cimetière des vieilleries des procès passés et classés, les mâchant et les recrachant, 20 ans de surveillance et de répression :

Cette longue liste a été faite en lisant en diagonal la table des matières [du dossier Scripta manent ; NdAtt.] – oubliant sûrement certaines choses – sans lister les autres surveillances et les fichiers passés d’une enquête à l’autre, d’une préfecture à l’autre, souvent source de batailles pour en avoir la compétence territoriale, à travers les combines rendues possibles par la formulation du délit associatif.

La stratégie qui est derrière tout cela est assez visible et la pile de papier, même si contradictoire, devient suggestive. Considérant que sont injectés dans les dossiers de Scripta Manent

presque en entier les actes des procès listés ci-dessus, en plus des foutaises du binôme Sparagna/DIGOS de Turin, ça fait 206 et quelques classeurs d’actes judiciaires.

Fichage et écrémage : des centaines de noms et de CV, d’épisodes de subversion quotidienne qui sont fichés, sectionnés et recomposés ad hoc. Aux trajectoires existentielles, aux fragments de discussions et aux journaux publiés se superposent des interprétations (discordantes selon le contrôleur de service), des acrobaties spatio-temporelles, des études comportementales dignes de Lombroso. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, tout comme la bien rodée tentative de division entre « gentils et méchants », et la définition de la presse anarchiste comme «clandestine » et préparatoire à l’ « association ».

Souvent il arrive, et je le fais moi-même, qu’on fasse de l’ironie sur les grosses ficelles et les contradictions évidentes dans les dossiers judiciaires ; on oublie cependant qu’il y a en cela une consciente arrogance du pouvoir.

Au delà des résultats, grands ou petits, l’appareil répressif est bien conscient de la latitude que ses opérations d’anti-terrorisme lui donnent. Surveiller et punir… surveillance approfondie sur contacts, réactions, tentatives de pression sur la « tenue » et l’ampleur de la solidarité, longues détentions préventives…

Je crois cependant que les analyses qui veulent voir la répression contre certains secteurs du mouvement comme un laboratoire où tester des techniques répressives qui seront ensuite élargies à d’autres plus larges secteurs sociaux sont myopes et erronées. Il y a de la présomption paternaliste, bien que naïve, là dedans, en plus de la tentative de trouver du consensus, à travers le ciment de la lutte contre la répression, dans la dissension tiède de ces années.

L’emploi de la carotte et du bâton, au contraire, est bien plus articulé et sournois.

Le pouvoir n’a pas besoin de tester in vitro, sur les anarchistes, la répression ; tout simplement il utilise contre les anarchistes un petit peu de la violence déployée de façon bien plus féroce ailleurs : l’État ne se soucie guère d’entraîner des bandes de mercenaires armées pour défendre ses frontières et ses intérêts, de noyer tous les jours des milliers d’être humains, d’utiliser les éloignements de son territoire pour des simples délits d’opinion (il suffit de cliquer sur la page du premier débile d’intégriste religieux du 21ème siècle pour finir bâillonné sur le premier vol).

La répression élargit, pour l’instant, des punitions bien différentes et elle est bien consciente d’où elle peut s’élargir de façon aveugle, avec une couverture médiatique ample et asservie. Sans oublier que même dans les secteurs du mouvement les peines « exemplaires » ne manquent pas.

Souvent il arrive que les compagnons sont plus attentifs et conscients face à la répression. Ce n’est pas un hasard si c’est dans le mouvement qu’il y a le plus d’attention envers l’évolution des techniques de fichage, contrôle, surveillance massive et de celles de manipulation du consensus.

Psycho-anthropologie de commissariat

Dans un cadre d’accusation où tout est fondé sur des déductions/spéculations, on bricole des doses massives d’étude comportementale afin de donner une logique à tout cela. La conscience de l’invasive et omniprésente surveillance policière – et le fait de s’y soustraire – deviennent significatifs en soi.

Il y a des pratiques courantes dans les milieux du mouvement, des pratiques qui sont même diffuses socialement, pour les raisons les plus différentes : parler de façon évasive au téléphone ou encore l’utiliser de façon limitée, pas de la manière compulsive comme le voudrait le guide du parfait citoyen-consommateur ; faire attention aux filatures ; chercher micros et caméras chez soi, dans sa voiture et dans son lieu de travail ; faire attention à la surveillance des télécommunications, juste pour donner quelques exemples.

On connaît aussi depuis des années les interprétations opportunistes des flics en ce qui concerne les rencontres avec des amis et compagnons et de la participation aux moments rassemblant du mouvement : selon le jugement sans appel du voyeur de service, on est trop ou trop peu présent. On connaît aussi la passion des pandores pour prendre toute activité, voyage ou petite excursion, comme une « rencontre entre complices » (l’excès de zèle des roussins piémontais est arrivé jusqu’à prendre forme dans de longs vidéo-reportages à la plage, en Ligurie à la mi-août, avec des allers à la nage jusqu’à la bouée qui sont devenus des « rencontres réservés »).

Maintenant, dans l’intersection parfaite entre psycho-police et comédie à l’italienne, c’est l’absence qui devient évocatrice : absence physique, absence d’appels téléphoniques et de contacts. Cela n’est pas lié, dans la thèse accusatrice, à un événement ou une action particulière, mais [ce qui est évocateur pour la police ; NdAtt.] est le fait même de se soustraire au contrôle, plus précisément le fait de pas être surveillé pas à pas, et ce n’est pas clair si cela dépend de la volonté des personnes surveillées ou de l’évidente incapacité de ceux qui surveillent.

Trop d’ironie ? Peut-être, vu que la réalité est faite d’une surveillance obsessionnelle et inquiétante qui ne recule face à rien : perquisitions improvisées pour cacher l’intervention sur des micros cachés à la maison qui ne marchent pas bien, surveillance et radiographie de la poste, avec prélèvement des colis directement dans les boites aux lettres ou aux bureaux de poste, copies des clefs pour entrer dans les lieux de travail à l’insu des personnes sous enquête, caméras cachées dans des lieux publics considérés comme « objectifs potentiels ».

Voici quelques exemples d’une application assez dense de la surveillance, en plus des méthodes plus traditionnelles : téléphones sous écoute pendant des années, micros à la maison et sur les lieux de travail, GPS dans les voitures, caméras qui pointent sur l’entrée de la maison, de la cave, du lieu de travail, contrôles croisés des appels téléphoniques et positionnement géographique des portables, filatures avec photos et vidéos, interception des mails et écoute via les micros des ordinateurs.

Puis, toujours pour rester dans l’illusion technologique et pseudoscientifique du nouveau millénaire, un épanouissement de statistiques, diagrammes, pourcentages, croisement des données les plus curieuses : combien de fois les personnes sous enquête se sont vues tout au long des années (… même chez elles, entre membres de la même famille ou personnes qui vivent ensemble, et même lors des procès qu’elles ont subi ensemble) et combien de fois se sont rencontrés… leurs téléphones ; quels jours de la semaine arrivent le plus de colis piégés ; quelles villes sont les plus touchées par des attaques ; quels mots utilisent de préférence les anarchistes… mais là on dépasse l’étude sociologique statistique et comportementale et on va vers un autre pilier de tribunal…

La suggestion d’une expertise

Dans cette affaire, ce qui est frappant c’est une évidente technique de rafistolage, pour coller des délits précis à certains inculpés. Pour donner corps aux suppositions de l’accusation, il y a une utilisation massive d’expertises graphiques, linguistique-stylistique, afin d’attribuer à quelques inculpés la rédaction de certains textes de revendication.

Expliqué de cette façon, cela pourrait paraître une chose sérieuse (et c’est le cas quand cela sert comme excuse de détentions préventives), mais quand on creuse une expertise moderne, qui utilise la technologie et l’esprit humain, on peut en revanche voir à quel point les méthodes utilisées sont douteuses et malléables à souhait et les résultats aléatoires.

D’un côté on voit bien le choix de continuer, en ignorant en connaissance de cause les résultats qui contredisent la thèse choisie, du coup les comparaisons qui mènent à des résultats négatifs sont ignorées et on charcute les textes pour les adapter à ce qu’on cherche. Des mots d’usage commun ou propres au langage politique-poétique anarchiste deviennent caractérisants, à un point que dans ce paroxysme de correspondances il y a plein d’attributions… c’est à dire qu’il en sortent des plus disparates, qui vont même au delà des accusations.

La machine de la répression est bien consciente de l’inconsistance de certaines comparaisons et expertises – et l’admet elle-même –, mais elle est également consciente que l’utilisation de l’ADN et d’autres expertises techno-scientifiques a été refourguée à l’opinion publique comme une technologie sûre et incontestable, telle qu’on essaye de l’utiliser en tribunal. En réalité les exemples d’erreurs de manipulation ou d’approximations sont nombreux (et même la jurisprudence est désormais obligée de l’admettre, après les premières années d’utilisation « acritique » de toute trace biologique). On peut en voir des exemples récents à travers le monde, dans des procès contre des compagnons.

De cette cueillette compulsive de matériel et des confrontations croisées on peut cependant déceler quelques informations sur leur récolte et utilisations systématiques.

Le DAP [Dipartimento Amministrazione Penitenziaria, correspond à l’Administration Pénitentiaire française ; NdAtt.] s’offre comme source, en plus de photos signalétiques et d’empreintes digitales, aussi d’autres traces d’emprisonnements passés, fournissant des fichiers personnels et des traces graphiques de tous les anarchistes qui sont passés par la case prison, sortant de ses archives même le courrier, les instances judiciaires, les demandes à l’administration, etc. S’il n’y a pas eu d’arrestation ou de perquisition, ils arrivent même à les chercher dans les archives municipaux.

Depuis plus de dix ans, ils utilisent plusieurs bases de données d’ADN, nourries pas seulement avec les affaires embarqués lors des perquisitions, mais aussi en conservant des échantillons et en faisant des comparaisons croisées des pièces à conviction en possession des différentes archives [policiers et/ou judiciaires ; NdAtt.].

* * *

Ceux que je viens de décrire ne sont que quelques-uns des aspects, à développer et sur lesquels réfléchir. Ce qui reste est le fait que, dans un cadre où les procédures répressives sont des vases communicants, l’absence [de contrôle ; NdAtt.] devient une raison d’être accusé, la solidarité est une preuve aggravante et si l’opération Scripta Manent visait à frapper quelques anarchistes, elle a en revanche participé à faire grandir la solidarité et la conscience et cela, tout compte fait, malgré le tout petit bout de ciel que je peux voir en ce moment, ne peut que me donner le sourire.

 

Anna
Roma, janvier 2018

*****

Pour écrire à Anna et aux autres compagnons actuellement en prison suite à l’opération Scripta manent :

BENIAMINO ANNA
Casa circondariale Rebibbia Femminile
Via Bartolo Longo, 92
00156 – Roma

BISESTI MARCO
Casa circondariale
Strada Statale per Casale, 50/A
15121 – Alessandria

NICOLA GAI
ALFREDO COSPITO
DANILO CREMONESE
ALESSANDRO MERCOGLIANO

Casa circondariale
Via Arginone, 327
44122 – Ferrara

 

 

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Des mauvais moments pour les bleus (fin mars 2018)

Publié le 2018-04-03 12:03:05

Toulouse : Tout le monde caillasse la police

actu.fr / mardi 20 mars 2018

Un policier a été blessé en marge d’une interpellation survenue dans le quartier de la Reynerie, à Toulouse, lundi 19 mars 2018. En fin d’après-midi, vers 18h15, les fonctionnaire de police de la BST Mirail tentent de procéder à l’interpellation d’un individu  soupçonné de trafic de stupéfiants, au cheminement Louis Auriacombe.
Le dealer présumé traverse alors un marché illégal, situé rue de Kiev et fréquenté par de nombreuses personnes, qui s’en sont pris violemment aux policiers qui procédaient à l’interpellation de l’individu. Des cailloux et toutes sortes de projectiles, comme des fruits et légumes ont été jetés en direction de l’équipage de police.  D’après le syndicat Unité SGP, « une centaine de personnes hostiles s’opposaient à l’interpellation ».
L’arrivée rapide de renforts a permis aux policiers de se dégager, en nécessitant l’usage de moyens de riposte et désencerclement. Trois grenades lacrymogènes ont été utilisées. Malgré ce contexte très difficile pour les forces de l’ordre, l’individu a néanmoins pu être arrêté. Aucune interpellation n’a en revanche eu lieu parmi les personnes auteures de ces violences urbaines.
D’après nos informations, au cours de cette intervention qui aurait pu mal tourner, un policier de la BST a été légèrement blessé au tibia.

Les syndicats ont réagi à ces faits de violence, constatés lundi soir. Didier Martinez [l’ordure ci-contre; NdAtt.], le secrétaire régional d’Unité SGP, « condamne fermement ces agissements et apporte son total soutien aux effectifs intervenants, lesquels se retrouvent confrontés à des situations inacceptables alors qu’ils mènent leur mission dans tous les quartiers, sans relâche, avec abnégation et professionnalisme ». Luc Escoda [sa sale gueule à gauche; NdAtt.], secrétaire régional du syndicat Alliance espère, lui, « une réponse pénale ferme de la part de la justice, pour que ce genre de faits ne se reproduise pas ».
Rappelons que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé lors de sa visite au commissariat de la Reynerie, à Toulouse, vendredi 9 mars 2018, le renfort de 30 policiers supplémentaires affectés dans le cadre de la mise en place de la police de sécurité du quotidien dans le quartier du Mirail. Des renforts « bienvenus » pour les syndicats de police, même s’ils en espéraient davantage.

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Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : Solidaires lors du contrôle d’identité

Le Parisien / mardi 20 mars 2018

Dans la nuit de lundi à mardi, vers minuit, boulevard Delacroix, cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), des policiers du commissariat local ont été pris à partie lors d’un contrôle d’identité. La personne visée venait d’alerter le quartier de l’arrivée des fonctionnaires de police. Le contrôle a dégénéré. Des policiers ont été «roués de coups de poing et de pied par huit individus», indique une source proche de l’enquête. Les forces de l’ordre ont riposté en employant «leur armement collectif à six reprises» afin de se dégager et d’emmener le suspect au poste. Bilan de l’intervention : une dent cassée et des ecchymoses au visage côtés policiers. Ils se sont vus prescrire six et quatre jours d’ITT par l’unité médico-judiciaire de l’hôpital Jean-Verdier à Bondy et ils n’ont pas repris leur service. Côtés assaillants : l’homme interpellé a eu quatre jours d’ITT.

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Corbeil-Essonnes (Essonne) : Les flics se mangent des caillasses

Le Parisien / lundi 26 mars 2018

Des jeunes ont brûlé des détritus, rue de la Papeterie à Corbeil-Essonnes, pour attirer les policiers dans un piège. A leur arrivée les fonctionnaires ont été accueillis par des jets de pavés, étoilant le pare-brise de leur voiture. Un jeune a été interpellé.
L’arrivée de 29 fonctionnaires supplémentaires à Corbeil-Essonnes, en septembre, dans le cadre de la police de sécurité du quotidien (PSQ) mise en place par le gouvernement, doit permettre aux policiers de « reconquérir » ces territoires et lutter contre les agressions à leur encontre. Cette annonce n’a pas dissuadé les quelques fauteurs de troubles. Samedi, vers 22 heures, rue de la Papeterie, des jeunes ont caillassé un véhicule sérigraphié. La voiture présente plusieurs impacts sur le pare-brise. Un jeune a été interpellé.
Appelés pour un feu de détritus, les effectifs de la « police secours » se rendent sur place, pour constater les dégâts et voir si cela ne touche pas des habitants. Dans le même temps, un équipage de la brigade anticriminalité (Bac) de Corbeil se positionne aux abords de la rue afin de sécuriser l’intervention. Dès leur arrivée, les fonctionnaires de la police secours essuient des jets de pierres lancées par un groupe de jeunes qui les attendait.
Après leur attaque éclair, ces derniers prennent la fuite. Mais l’un d’eux est arrêté par les membres de la Bac. Il tente de se rebeller mais est menotté et placé en garde à vue. Inconnu des services de police, ce mineur qui a reconnu les faits a été relâché. Il sera convoqué devant un juge des enfants, en vue d’une mise en examen. […]

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Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) : Il faut jamais se rendre

Deux policiers ont été légèrement blessés dans une course-poursuite, ce dimanche vers 6 heures, à Neuilly-sur-Marne. Tout a commencé, vers 6 heures, après une rixe devant une boîte de nuit. Un homme a porté des coups à un autre fêtard lui occasionnant une plaie à la tête. A l’arrivée de la police, il a pris la fuite à bord d’un véhicule dont un pneu était crevé. Pris en chasse, il a refusé d’obtempérer. Les agents ont sorti leurs armes, sans tirer de coup de feu. Dans sa course folle, le chauffeur a percuté, à l’arrière, une des voitures de police appelée en renfort. Avant de finir sa course dans un trottoir, rue du 19 mars 1962. Malgré l’accident, le fuyard refusait toujours de sortir du véhicule. Les agents ont alors cassé la vitre pour l’interpeller. Il a été placé en garde à vue. Deux policiers ont été légèrement blessés à la main à cause de l’accident et de l’interpellation.

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Rhône : Eux aussi ils ne se plient pas

Lyon capitale / mardi 27 mars 2018

Après avoir percuté une voiture de la BAC en essayant de prendre la fuite, trois hommes ont agressé cinq policiers ce dimanche à Oullins.
Un Sainfoniard âgé de 25 ans et deux Oullinois de 23 et 31 ans ont été interpellés ce dimanche à 15h30 rue Pierre Dupont à Saint-Fons par un équipage de la BAC. Quelques minutes plus tôt, à Oullins, les trois hommes, à bord d’un véhicule Renault, refusaient d’obtempérer aux sommations d’un équipage de police et ont percuté un véhicule de la BAC dans leur fuite. Ils se sont ensuite tous les trois rebellés durant leur interpellation et blessé cinq policiers qui ont reçu entre 2 et 3 jours d’ITT. En garde à vue, les trois hommes ont reconnu partiellement les faits. Ils vont être présentés au parquet ce mardi pour « refus d’obtempérer, rébellion, violences volontaires aggravées, défaut de permis de conduire« .

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Yvelines : Une soirée agitée

InfoNormandie / mardi 27 mars 2018

Des violences urbaines ont été constatées dans la soirée d’hier lundi dans trois villes des Yvelines. Ces incidents n’ont pas fait de blessé. Les auteurs n’ont pas été interpellés.
D’abord à Mantes-la-Jolie, vers 17 heures, rue Pierre de Ronsard au Val Fourré où des projectiles ont été lancés en direction d’un équipage de la CRS 40 en sécurisation dans la zone de sécurité prioritaire (ZSP).
Le ou les auteurs de ce caillassage n’ont pas été interpellés.
Un quart d’heure plus tard, c’est un bus de voyageurs de la société Keolis qui a été visé par un projectile alors qu’il circulait avenue du Capitaine Taron à Vélizy-Villacoublay. Une vitre latérale du véhicule a volé en éclats, sans faire de blessé parmi les passagers. Le bus assurait la liaison entre le Lycée Maryse Bastié et Jouy en Josas.
Enfin, peu après 22 heures, à Trappes, des sapeurs-pompiers qui intervenaient rue Jean Macé pour éteindre un feu de déchets s’étant propagé à un véhicule, ont essuyé des jets de pierres. Leur intervention a cependant permis d’empêcher l’incendie de se propager, limitant les dégâts à l’arrière du véhicule. Aucun blessé n’a été déploré.

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Orléans : La Mairie, les citoyens et l’urbanisme à la rescousse des flics

La République du Centre / mardi 27 mars 2018

Lundi 26 mars, lors d’une réunion consacrée à la destruction prochaine de la passerelle qui enjambe l’avenue de la Bolière, à Orléans-La Source, la municipalité a aussi évoqué un travail de fond mené dans le quartier en matière de sécurité. Une action qui n’est pas sans conséquence. […]
« Le système de dalle rend les opérations de police extrêmement complexes. À chaque fois que vous avez des violences urbaines, c’est le point haut qui est tenu, c’est un point stratégique. La destruction de la passerelle est un des outils pour se donner le plus de chances afin d’éradiquer les dealers dans ce secteur-là. Cela doit entrer dans une vue globale du quartier », a poursuivi Olivier Geffroy, maire-adjoint en charge de la sécurité et de la tranquillité publique.
Oui, « la sécurité c’est important pour nous », a confié une riveraine de la place Ernest-Renan, à l’assemblée d’environ 80 personnes. Et, résumant les événements dont elle a été témoin le week-end du 23 au 25 mars, elle a évoqué les appels passés aux policiers, la destruction de mobilier urbain imputée à plusieurs « jeunes », les opérations de mise en sécurité des reverbères abîmés, etc.
« Une vingtaine de jeunes s’en est pris au mobilier urbain et ils ont fui par la passerelle, c’est typique », a confirmé Olivier Geffroy. Lundi soir, l’élu a prévenu les habitants d’Orléans-La Source : « Depuis un mois et demi, il y a des actions de police plus fortes. On est en train de désorganiser le trafic. N’en soyez pas surpris, il risque d’y avoir des mouvements d’humeur. Nous avons une série d’actions qui vont se développer. »
« On travaille sur le fond, pour l’avenir du quartier », a-t-il terminé. « Je veux que l’on soit dans une reconquête de la Bolière », a appuyé Olivier Carré.

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Villefranche-sur-Saône (Rhône) : Condamné pour avoir insulté la juge et craché sur les flics au tribunal

Lyon capitale / mercredi 28 mars 2018

Un homme de 22 ans a été condamné à 1 an de prison pour avoir insulté une magistrate durant une audience et craché et agressé des policiers en juillet 2017.
Un homme de 22 ans a été extrait de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône ce lundi à 9h30. Le 18 juillet dernier, lors d’une audience au TGI de Villefranche, il avait insulté la présidente. Au moment de l’expulsion de la salle d’audience, il s’était alors rebellé, et avait craché sur les policiers en les insultants eux aussi. L’un des policiers a reçu 2 jours d’ITT. En garde à vue, le suspect a reconnu partiellement les faits. Il a été présenté au parquet de Lyon ce mardi et condamné à 1 an d’emprisonnement pour « menaces de crime ou délit à personne dépositaire de l’autorité publique, outrage, rébellion, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et outrage à magistrat lors d’une audience ».

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Les Mureaux (Yvelines) : Le flics arrivent trop tôt, alors haro sur eux !

Le Parisien / mercredi 28 mars 2018

Des violences urbaines ont été déjouées mardi soir aux Mureaux dans la cité des Bougimonts. Peu après 21 h 30, une patrouille de police, qui circulait allée de l’Ile-de-France non loin du centre commercial, a surpris une vingtaine de jeunes qui s’apprêtaient à incendier des poubelles. Des renforts ont immédiatement été appelés. Mais avec l’arrivée des forces de l’ordre, l’incident s’est transformé en attaque contre les policiers. Les individus, munis de cocktails Molotov, ont alors jeté leurs engins en direction des véhicules de police. L’un des pare-brise a été endommagé par les projectiles. Afin de repousser le groupe hostile, les forces de l’ordre ont dû faire usage de leurs armes de défense. Aucune personne n’a été blessée et aucune interpellation n’a eu lieu.

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Quand les gendarmes d’Amiens vont en Corse…

Europe1 / vendredi 30 mars 2018

Trois gendarmes mobiles hors service ont été roués de coups dans la nuit de jeudi à vendredi par une dizaine d’agresseurs en plein centre-ville d’Ajaccio, en Corse-du-Sud, selon les informations d’Europe 1.
Une violente altercation a éclaté vers 1h20 dans le bar Le Globo à Ajaccio, pour une raison encore inconnue. Les trois gendarmes hors service présents décident alors de quitter les lieux, mais ils sont rattrapés par un groupe d’une dizaine de personnes qui les passe à tabac en pleine rue. Les militaires sont frappés au sol avant que l’intervention des pompiers ne mette fin à la rixe.
Les trois victimes ont passé la nuit à l’hôpital, deux des trois gendarmes ont brièvement perdu connaissance, l’un d’eux souffre d’un traumatisme crânien. Le troisième militaire a pu quitter l’hôpital avec 10 jours d’ITT. Il souffre de douleurs aux côtes et à la mâchoire.
C’est en arrivant aux urgences de l’hôpital que les gendarmes ont reconnu l’un de leurs agresseurs, soigné sur place pour une luxation de l’épaule. Cet homme de 25 ans a été interpellé et placé en garde à vue au commissariat d’Ajaccio. Les autres agresseurs sont recherchés.
Les trois gendarmes agressés appartiennent à l’escadron mobile d’Amiens et sont en mission dans l’île.

Un mis en examen

extrait de Corse-Matin / dimanche 1er avril 2018

À la suite de la violente altercation qui s’est déroulée dans la nuit de jeudi à vendredi à la sortie du Globo place du Diamant à Ajaccio et qui a opposé un groupe de jeunes à trois gendarmes mobiles hors service de l’unité d’Amiens, Mickaël Mondoloni, l’un des jeunes Ajacciens impliqués, a été hier mis en examen et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Ajaccio, selon le parquet.
La bagarre, partie selon des témoins en raison du comportement insistant des gendarmes envers des jeunes femmes accompagnées, se serait déroulée en deux temps : d’abord à la sortie du Globo, puis plus loin dans la rue.
Deux des trois gendarmes mobiles sévèrement frappés dans la rue (une ITT de 15 jours a été prescrite pour l’un d’entre eux) ont reconnu à l’hôpital Mickaël Mondoloni venu faire soigner son épaule. Immédiatement interpellé, le jeune homme a passé la nuit de vendredi à samedi au commissariat d’Ajaccio. […]

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Il y en a aussi pour les pompier…

…à Nice

extrait de France3/ mardi 27 mars 2018

Il est 19h30 ce lundi quand les pompiers sont appelés pour une fumée suspecte, quartier Bon-Voyage à Nice.
Ils pensent devoir traiter un incendie consécutif à un feu de matelas, au sous-sol de d’un immeuble situé 4, rue des Coteaux. Arrivés sur place, ils réalisent qu’ils sont tombés dans une embuscade : ils sont accueillis par des jets de pierre. Ce caillassage endommage leur camion, à l’avant et sur le côté. Les pompiers repartiront aussitôt, il n’y a pas de blessé. […] En France, en 2016, 2.280 agressions ont été recensées, non plus lors d’interventions dites « sensibles », mais bien au quotidien.

…et à Nîmes les flics les choppent 5 mois après

La Provence / 30 mars 2018

Cinq hommes, dont trois mineurs, ont été mis en examen à la suite de l’agression de pompiers, visés par des pavés et des cocktails Molotov en octobre dans une cité de Nîmes, a appris l’AFP jeudi auprès du parquet.
Le procureur, Eric Maurel, a annoncé la mise en examen de ces cinq jeunes, âgés de 15 à 21 ans, pour « dégradations et destructions par moyens dangereux sur des policiers et pompiers » et pour le délit « d’embuscade ou guet-apens aggravé ».
L’un des mineurs a été placé en détention provisoire par le juge des libertés conformément aux réquisitions du parquet qui a également demandé l’incarcération des deux personnes majeures qui étaient en cours de présentation à un juge jeudi soir. Il a demandé que les deux autres mineurs soient placés sous contrôle judiciaire.
Les mis en cause ont été interpellés mardi dans le quartier sensible de Pissevin à Nîmes après plusieurs mois d’enquête. Dans la nuit du 7 au 8 octobre dernier, une équipage de police et une ambulance des pompiers avaient été accueillies par des jets de pierres et de cocktails Molotov. « La police était directement visée, c’est une question de chance si la voiture de la police n’a pas brûlé », a indiqué le procureur. « Dans ce dossier, il y a des individus qui confectionnent, d’autres qui transportent et d’autres qui lancent les engins incendiaires », a poursuivi M. Maurel.

Les coups de marteau nous parlent

Publié le 2018-04-03 20:25:04

La casse est de saison. Elle est comme une carte postale que la rue nous adresse.



À l’ocassion de la dernière manifestation publique, en mars, on a vu des journalistes se faire dégager à coup de « Charognard, va manger tes morts ! », lorsqu’il leur prenait de filmer des actions de rue. Ils viennent à trois, un qui filme, l’autre avec son micro, et un troisième, qui croit que ses bras sont gros, pour protéger la cam. Las ! C’est vrai que monsieur Taranis n’y mets plus un pied (cf. Journalistes indépendants, vraies balances et faux-amis). Oui mais, du coup, il y a une place à prendre. Le créneau. Pas sûr que ça fera moins de soucis judiciaires pour toutes les spontanées. En mode : j’te prends en photo, mais j’te dis, en te posant la main sur l’épaule, voire en te menaçant d’un câlin : « T’inquiète ! », ou : « Nan, mais, c’est de dos », ou encore : « Ouais, mais je te floute après » (après que les keufs t’ont chipé ta carte sim ? « Nan, parce que les flics y savent pas sortir une pellicule argentique » ! ) Et puis, sur facebook, y a un gars, qui par ailleurs se fait interviewer de dos chez Arte et, qui demande qu’on lui envoie des photos. Il en reçoit plein, et il les publie. Moi, je reconnais un visage, ou deux. Je me dis que, toujours pareil, il faudrait pouvoir mieux expliquer. On aura bientôt l’occasion. Ben oui, parce que dans la rue, on a aussi vu beaucoup de marteaux danser. Et des graffitis bien sûr, par exemple sur la vitre d’un assureur : « C’est la casse qu’on préfère ». En bonne logique, le message sera rendu illisible par l’étoilement du verre de la vitrine.

Dans la rue, quoi de plus expressif qu’un coup de marteau ? Et qui parle dans la mesure où il n’institue pas une nouvelle syntaxe et un nouveau lexique, et dans la mesure où il défait les codes de la langue politique. L’intérêt de ce langage-là, qui n’est pas un langage finalement, est de perdre la comunication et de faire apparaîte ce qui parle plus haut. Ce mode d’expression ne s’inscrit pas et n’offre pas la possibilité d’une transition vers un langage politique organisé. C’est sa force. Il fait jaillir des étincelles qui peuvent être repérées. Le désir passe. En matière de langage politique organisé, si les critères lenninistes sont fossiles, d’autres modes de prédication, de propagande, plus fins, mieux composés, menacent toujours d’introduire une procédure d’intégration, c’est-à-dire l’organisation comme vieille routine idéologique politique. S’il n’est plus possible aujourd’hui de revenir à la fameuse « prise de conscience indispensable de la masse grâce à la pédagogie révolutionnaire d’une minorité », il est en revanche tout-à-fait courant d’entendre parler de telle ou telle « tactique » en particulier, et d’entendre affirmer sans argument, péremptoirement donc, que celle-ci « reste à dépasser ». Où l’on entend aussitôt que la personne qui parle prétend en savoir un peu plus que la personne qui écoute. Ce petit plus, avec lequel une logique de pouvoir s’amorce... La casse n’est pas une tactique, elle n’est donc pas à dépasser. Les coups de marteau sont à la fois un moyen et une fin. Sans message. Et les choses continuent à cheminer d’une façon complètement souterraine par les discussions, par les lectures, et, de toutes façons, ça éclatera.

Soirée de soutien pour des prisonniers anarchistes italiens - Vendredi 6 avril

Publié le 2018-04-04 09:20:04

Bouffe - Karaoké de soutien pour des prisonniers anarchistes italiens inculpés pour des attaques destructrices contre des fascistes, des structures et des représentants du pouvoir, le 6 avril à Montreuil.



La meilleure défense c’est l’attaque !

Soirée de soutien pour des prisonniers anarchistes italiens

Venez discuter, boire, manger, chanter, danser pour aider à payer les frais liés à la défense d’un compagnon accusé d’avoir posé un engin explosif contre une libraire fasciste liée à Casapound le 31 décembre 2016 à Florence et des compagnons inculpés dans le cadre de l’opération Scritpa Manent, accusés de plusieurs attaques destructrices contre les structures et les représentants du Pouvoir ces dix dernières années.

A 5 minutes à pied du métro Croix de Chaveaux (Montreuil). Pour recevoir l’adresse, envoyer un mail à occhiomano@riseup.net

20h Point info
Répression contre les anarchistes en Italie et solidarité

20h30 Diner
E Fatte Na Lasagna

21h30-2h00 Karaoke*
Boom boom

* Pour nous suggérer des titres de chansons à ajouter dans le répertoire du karaoké, écrivez-nous à : occhiomano@riseup.net

Affiche

[nantes – 3 avril] vers un printemps chaud !

Publié le 2018-04-04 10:39:06

Avant le lever du soleil, le campus de la fac de Nantes se hérisse à nouveau de barricades, et plusieurs lycées nantais sont également bloqués. Dans la matinée, les étudiants étendent les blocages, en allumant des barricades sur deux ronds points stratégiques du nord de Nantes, provoquant d’importantes perturbations. Une première étape : il s’agira, dans le semaines qui viennent, de paralyser le pays pour soutenir les cheminots et faire reculer le gouvernement. Dans le même temps, des étudiants et le réseau de ravitaillement des luttes vont témoigner leur soutien aux cheminots réunis pour voter la reconduction de la grève.

A partir de 12H30, le plus grand amphithéâtre de l’université est trop petit pour l’afflux de participants à l’AG. Les places assises, puis les travées et même les couloirs débordent de gens serrés jusqu’à l’extérieur. La doyenne de la fac de droit estime alors la participation à plus de 1500 étudiants. Après deux heures d’un débat acéré, marqué par une forte mobilisation d’étudiants en droit venus uniquement pour saboter le mouvement en cours, le blocus illimité de l’université est voté, à une très large majorité. Cette AG est d’une ampleur sans précédent depuis plus de 10 ans à Nantes, tant par le nombre d’étudiant présent que le fond des sujets abordés et votés.

Dans la foulée, les étudiants partent rejoindre la manifestation organisée en ville, à l’appel de la jeunesse. Le cheminots n’ont malheureusement pas appelé à défiler. Avant le départ, deux lycéens ont déjà été embarqué par la BAC, qui continue à harceler les jeunes en lutte. Autour de 15H30, la manifestation part dans une ambiance dynamique. Il y a plus de 2000 personnes dans les rues. Un vrai succès, pour un appel lancé la veille au soir. Dans une ville où l’on a pris l’habitude de subir un policier par manifestant, les forces de l’ordre paraissent moins nombreuses que d’habitude, laissant une plus grande liberté de mouvement au défilé. Le cortège empreinte rapidement des rues jusqu’alors sévèrement protégées de l’hyper centre, pour se rendre à la gare afin de soutenir les cheminots. Faute de cohésion suffisante, les manifestants n’arrivent pas à entrer dans la gare, et se heurtent une première fois à une ligne policière qui gaze sans motif. Reflux, et passage par le côté sur de la gare, où à nouveau la police empêche toute rencontre entre les forces vives du mouvement social. S’ils sont moins nombreux, les policiers restent particulièrement agressifs.

La manifestation se dirige vers la Présidence de l’université en exigeant en cœur la démission du président de la fac, Olivier Laboux. Des œufs de peinture sont lancés, provoquant un nouveau gazage. En repartant vers le centre-ville, nouvelle ration de grenades lacrymogènes et de désencerclement. Les manifestants restants terminent tranquillement à Hôtel Dieu, sous un soleil printanier, après cette journée bien mouvementée.

Peu après, la BAC procède à une rafle de plusieurs étudiants sur la terrasse d’un bar et les emmène au poste. Une nouvelle provocation à mettre à l’actif de ce groupuscule de malfaiteurs aux comportements de plus en plus décomplexés.

Il se passe quelques chose ces temps-ci. Les colères grondent, enflent, s’étendent, sans parvenir, pour le moment, à converger réellement. Dans les universités comme dans les gares, nous assistons à des mouvements d’une ampleur inégalée depuis plus de dix ans, alors que de nombreux autres secteurs semblent prêts à partir en grève reconductible. Multiplions les actions. Retrouvons nous les prochains samedis dans les rues. Soyons des millions le 19 avril. Faire reculer le gouvernement est possible. Nous avons besoin de victoires.

Grenoble : Des visites chez les profiteurs de la misère habitative [MAJ 7/04 : la revendication]

Publié le 2018-04-04 19:53:03

C’est après dix jours de manifs, prog, cantines, occupations, jeux et discussions à Grenoble dans le contexte du festival intersquat que nous avons décidé de vandaliser l’office d’un bailleur social de la ville, Pluralis. Nous considérons cet acte comme partie prenante de la dynamique intersquat.

C’est dans la nuit du 2 avril aux alentours de 3h du matin, soit la nuit qui succédait le jour marquant la fin de la trève hivernale que nous avons attaqué cette façade, boulevard du Maréchal Foch. Une trève qui ne trouve de sens que dans la guerre structurellement imposée contre les précaires. Pour notre part, nous n’observons aucune trève dans notre affrontement quotidien contre l’existant.

Pluralis n’était qu’une cible parmi des possibles. Cette attaque n’aurait la prétentieuse prétention de s’inscrire dans une réflexion stratégique globale. L’attaque n’était qu’autoréférentielle, n’avait de finalité qu’elle-même ainsi que la réalité vécue entre les assaillant-e-s. Elle ne saurait être un moyen pour atteindre un quelconque objectif politique.

C’est sur cette grande façade que nous avons décidé de témoigner de notre rejet du monde à grands coups de marteaux, de performer notre affliction sur les vitrines du bailleur social, de s’éprouver ensemble dans la négation de cette folie mortifère. Nous étions avides de nous vivre les un-e-s les autres dans l’attaque de ce monde vide, vide comme cette façade que nous avons explosée, comme la multitude de bureaux dont nous en avons fait tomber les fenêtres, comme l’office dans laquelle nous sommes rentré-e-s après avoir fait voler en éclats les vitrines qui la gardaient pour y détruire les ordinateurs et y renverser les armoires pleines de dossiers et de prospectus. Un temps sensible, politique et poétique, dans lequel l’écho des coups de marteaux qui pourfend la nuit n’a d’égal que leurs résonances dans les corps en communion. Et les corps fondent dans la nuit.

Une attaque en acte comme manifestation de notre solidarité envers les personnes perquisitionnées ainsi qu’aux inculpé-e-s de l’affaire du quai de Valmy.

Sautons à la gorge du monde

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Le Dauphiné / mardi 3 avril 2018

Neuf vitres de l’agence Actis, située au 54 cours Jean-Jaurès à Grenoble, ont été volontairement brisées, tout comme les carreaux de la porte d’entrée et l’éclairage extérieur. Les faits ont été constatés vers 9 h 30 hier matin, mais remontent à 2 heures dans la nuit de lundi à mardi si l’on en croit des enregistrements de vidéosurveillance, qui montrent deux personnes masquées agir avec un marteau. Deux graffitis, dont un représente le logo d’un mouvement anarcho-libertaire, ont également été inscrits sur la façade. Dans la nuit de dimanche à lundi, c’est la devanture de l’agence Pluralis, spécialisée dans l’habitat social, qui a été saccagée : une quinzaine de vitres ont été brisées par des inconnus.

France3 / mardi 3 avril 2018

Une caméra de vidéosurveillance a visiblement permis de filmer toute la scène. Le local du bailleur social [Actis] situé cours Jean-Jaurès à Grenoble a été vandalisé par 2 individus la nuit dernière.
Les faits se sont produits dans la nuit du 2 au 3 avril 2018, vers 2 heures du matin au 54 cours Jean-Jaurès. A leur arrivée ce matin, les responsables du site n’ont pu que constater les dégâts : l’éclairage extérieur dégradé, 9 vitres cassées sur la devanture ainsi que 2 vitres endommagées sur la porte d’entrée.
Autre stigmate de la nuit, 2 tags dont l’un représentait le logo du mouvement anarcho-libertaire « Squat ».
Les dégradations ont été filmées par une caméra de vidéosurveillance. Selon la police, on y voit 2 individus, le visage masqué, brisant les vitres avec un marteau.

[По Rусский]

Prison de La Talaudière : Ils arrivent presque à se faire la belle

Publié le 2018-04-04 19:53:04

Le Parisien / mardi 3 avril 2018

Deux détenus ont été interpellés lundi après-midi au cours de leur évasion de la prison de La Talaudière (Loire), près de Saint-Etienne, l’un d’eux étant parvenu à atteindre brièvement l’extérieur, a-t-on appris mardi de sources concordantes.
Ces deux hommes du « quartier arrivant » ont réussi à escalader un premier grillage à l’aide d’un grappin artisanal.

L’un des deux hommes, âgé de 26 ans et considéré comme dangereux, a été arrêté par la police vers 16h10, une demi-heure après son évasion, à l’extérieur de la maison d’arrêt, en possession d’une arme blanche. Compte tenu de sa personnalité, l’enquête sur son évasion a été confiée à la police judiciaire par le parquet de Saint-Etienne.
Tandis que cet homme était toujours en garde à vue mardi matin, son compagnon d’évasion a été incarcéré dans le quartier disciplinaire de l’établissement pénitentiaire.
Ce second détenu a été stoppé dans sa tentative d’évasion avant qu’il ne franchisse le dernier mur d’enceinte par deux agents pénitentiaires qui l’ont plaqué au sol.
« Cette évasion met en lumière les conséquences de l’interdiction des fouilles au corps aléatoires, mais aussi les failles de cette maison d’arrêt vétuste qui possède des angles morts à l’abri des miradors et la nécessité d’en construire une nouvelle », a déclaré le délégué Ufap-Unsa de l’établissement, Stéphane Perrot.

Grenoble, France : Double attaque contre les profiteurs du logement [Mise-à-jour 7 avril 2018 : Revendication d’une des deux attaques]

Publié le 2018-04-05 08:43:09

C’est après dix jours de manifs, prog, cantines, occupations, jeux et discussions à Grenoble dans le contexte du festival intersquat que nous avons décidé de vandaliser l’office d’un bailleur social de la ville, Pluralis. Nous considérons cet acte comme partie prenante de la dynamique intersquat.

C’est dans la nuit du 2 avril aux alentours de 3h du matin, soit la nuit qui succédait le jour marquant la fin de la trève hivernale que nous avons attaqué cette façade, boulevard du Maréchal Foch. Une trève qui ne trouve de sens que dans la guerre structurellement imposée contre les précaires. Pour notre part, nous n’observons aucune trève dans notre affrontement quotidien contre l’existant.

Pluralis n’était qu’une cible parmi des possibles. Cette attaque n’aurait la prétentieuse prétention de s’inscrire dans une réflexion stratégique globale. L’attaque n’était qu’autoréférentielle, n’avait de finalité qu’elle-même ainsi que la réalité vécue entre les assaillant-e-s. Elle ne saurait être un moyen pour atteindre un quelconque objectif politique.

C’est sur cette grande façade que nous avons décidé de témoigner de notre rejet du monde à grands coups de marteaux, de performer notre affliction sur les vitrines du bailleur social, de s’éprouver ensemble dans la négation de cette folie mortifère. Nous étions avides de nous vivre les un-e-s les autres dans l’attaque de ce monde vide, vide comme cette façade que nous avons explosée, comme la multitude de bureaux dont nous en avons fait tomber les fenêtres, comme l’office dans laquelle nous sommes rentré-e-s après avoir fait voler en éclats les vitrines qui la gardaient pour y détruire les ordinateurs et y renverser les armoires pleines de dossiers et de prospectus. Un temps sensible, politique et poétique, dans lequel l’écho des coups de marteaux qui pourfend la nuit n’a d’égal que leurs résonances dans les corps en communion. Et les corps fondent dans la nuit.

Une attaque en acte comme manifestation de notre solidarité envers les personnes perquisitionnées [1] ainsi qu’aux inculpé-e-s de l’affaire du quai de Valmy.

Sautons à la gorge du monde

Occupations et blocages de facs : Grève, blocage, saccage, pillage et sabotage ! [Mise-à-jour 7 avril 2018]

Publié le 2018-04-05 08:44:04

Université de Bourgogne, Dijon: entre le mercredi 28 mars et le mercredi 4 avril, il y a eu plusieurs occupations de salles et d’amphis, ainsi que des blocages de bâtiments sur le campus: la Maison de l’Université et deux salles du campus ont été occupées toute la semaine… et ces occupations ont laissé des traces: portes défoncées et démontées, matériels vidéo (rétroprojecteurs) cassés, tags disséminés sur les murs. La présidence chiffre les dégradations à plusieurs milliers d’euros.

Mercredi 4 avril, dès 6h du matin, une cinquantaine de personnes a bloqué toutes les issues du bâtiment Droit-Lettres à l’aide de tables et de chaises. A la demande d’Alain Bonnin, président de l’université, plus de quinze vigiles sont venus «renforcer la sécurité». C’est seulement vers 8h30, que les portes ont pu être débloquées.

Le chef de cabinet du président, Sylvain Comparot, a résumé la situation en quelques mots, en pointant du doigt la lutte qui devient incontrôlable: « Le mouvement n’est plus crédible car il devient non-conforme à l’esprit républicain ». Voilà quelque chose de rassurant.

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Université de Poitiers: Occupation et blocage se poursuivent à la faculté de lettres, et ce depuis le début du mouvement initié début février. Dans un article de la presse, le conseil d’administration chiffre les dégâts liés aux tags et aux portes dégrades à près de 40.000 euros. La faculté de droit est désormais bloquée depuis le 6 avril: tous les cours et examens ont dûs être annulés.

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Université de Grenoble Alpes, mardi 3 avril : En milieu de journée, le bâtiment de la présidence de l’université, situé sur le campus universitaire, a été investi par un groupe de manifestants (entre 60 et 80) dont la plupart était « masquée, ou avait le visage dissimulé par des foulards et des lunettes de soleil ». Ils ont déclenché l’alarme incendie, jeté des boules puantes au sol, renversé des poubelles. Ils ont également tagué les murs et allumé des fumigènes sur le toit, sortant également du mobilier à l’extérieur du bâtiment. Les entrées ont également été bloquées. Après le départ du groupe, l’administration a découvert que des portes avaient été fracturées, que des faux-plafonds ont été arrachés et que du matériel de rétroprojection avait été volé. Deux bureaux administratifs ont également été saccagés.  Parmi les messages tagués sur les murs, on pouvait lire:  » « Lévy démission », « Lévy dégage [nom du président de l’université Grenoble Rhône-Alpes] » ou « pas de flics sur le campus », en référence à une intervention des flics le 22 mars pour évacuer des manifestants venus protester contre un colloque sur Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières.

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Université Jean Jaurès (« Le Mirail »), Toulouse : on apprend dans un article de La Dépêche du 30 mars 2018, que quelques destructions ont eu lieu dans les bâtiments de la fac depuis le début de l’occupation et du blocage, un photomaton et des distributeurs de boissons, friandises et sandwiches ont été cassés et pillés. Par ailleurs, plusieurs salles et bureaux ont été « visités » et du matériel informatique volé. Des papiers administratifs ont également été détruits.

Dans l’après-midi du 28 mars, une centaine « d’étudiant.e.s » a manifesté dans les rues de Toulouse: « Des vitrines et des véhicules de police ont été dégradés, des projectiles ont été lancés ainsi que de la peinture. Deux personnes, dont un jeune homme de 22 ans, ont été interpellées. »

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Faculté de lettres de Besançon, 15 mars : Lors de l’occupation et du blocage, l’administration découvre que plusieurs rétroprojecteurs de salles de cours ont été arrachés et volés, des machines à café et de friandises fracassées et pillées, des écrans d’ordinateurs de salles de cours informatique brisés, des rétroprojecteurs volés et les murs des bâtiments tagués. Voir un récit ici et les articles de presse là.

 

Illkirch-Graffenstaden (Strasbourg), France : Incendie ravageur du concessionnaire Renault – 3 avril 2018

Publié le 2018-04-05 08:44:06

Dans la soirée de mardi 3 avril près de Strasbourg, les flammes ont réduit en cendres près de 42 véhicules du parking de la concession Renault à Illkirch-Graffenstaden. Ce concessionnaire est situé dans une zone commerciale. Les pompiers, qui ont dû faire un trou dans le grillage lors de leur intervention, sont parvenus à éviter que les flammes ne se propagent aux bâtiments du garage. Il en aurait d’ores et pour plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts, selon le propriétaire. 

Un homme de 18 ans a été arrêté à proximité peu avant minuit, avant d’être relâché le lendemain sans poursuites.

Il y a trois ans déjà, un jet de cocktail molotov sur cette même concession avait provoqué l’incendie de quatre véhicules. 

 

Niort, France : Plonger la ville-prison dans le noir …

Publié le 2018-04-05 08:45:02

On apprend le 20 mars dernier, via un article de la presse locale, que plusieurs armoires électriques qui alimentent l’éclairage public de plusieurs rues de Niort ont été prises pour cible à plusieurs reprises ces derniers jours.

Le boulevard de l’Atlantique au niveau de la MAIF, la Route de Coulonges, la rue de Ribray, la rue de la Tour Chabot, l’avenue de Paris au niveau de Max Music, la rue de Bessac, l’avenue de Limoges, la rue du Beau-Soleil ont été plongées dans le noir suite à des actes de sabotage qui ont provoqué une mise hors service de candélabres.

Il est important de rappeler que ces spots lumineux font également partie du dispositif de contrôle et de surveillance de la population, en plus des caméras, de l’aménagement de la ville en gigantesque prison à ciel ouvert  …

Besançon, France : Fracassage de pubs aux stations de tram

Publié le 2018-04-05 08:45:05

Par un article de la presse locale, on apprend que deux arrêts de tramway, situés aux portes de Planoise (Malcombe et Micropolis), ont été fracassées dans la nuit de samedi 31 mars au dimanche 1er avril. C’est notamment les panneaux publicitaires qui ont volé en éclats.

Cremona, Italie : Attaque incendiaire contre le centre de recherche OGM DuPont Pioneer – 10 mars 2018

Publié le 2018-04-05 08:45:07

On lit sur l’édition papier du Corriere della Sera de dimanche 11 mars qu’un incendie a fortement endommagé le bâtiment où se trouve le Centre de recherche OGM DuPont Pioneer, à Pessina Cremonese, ainsi que les locaux administratifs et le dépôt.

La raison de l’incendie n’est pas connue, mais les Carabiniers ont prélevé l’enregistrement des caméras de sécurité, qui auraient filmé un groupe de personnes en train d’escalader la clôture et jeter des cocktails Molotov. 


NdT :

Pioneer, filiale du géant de la chimie DuPont, est l’un de plus importants producteurs de semences OGM au monde. Dans le centre de Pessina Cremonese ils mènent des expérimentations sur des hybrides de tournesol, maïs, soja et autres céréales.

[Traduit de l’italien de autistici.org]

Italie : Contre le TAP et ses complices

Publié le 2018-04-05 08:46:04

Les travaux pour le gazoduc TAP [1] sont en train de dévaster, à Meledugno [2] un large secteur d’oliveraies séculaires. Depuis mars 2017, cela fait désormais un an, il y a une mobilisation de la population locale, d’abord pour empêcher l’éradication des oliviers, ensuite contre le chantier lui-même, gardé par des centaines de policiers, des barrières en béton et des barbelés.

Barricades, blocages routiers, ralentissements et occupations des camions et autres formes de résistance s’enchaînent ces derniers mois, élargissant la lutte des nombreux ennemis contre le ravage prévu, qui, en cette phase, signifie un énorme travail de bétonnage et qui se poursuivra avec un tunnel creusé sous la plage de San Foca.

Ce qui grandit aussi, c’est la conscience que, pour arrêter cette œuvre, il faut se mettre en jeu directement, sans compromis ni médiation, ni délégation, de manière autonome des institutions et des partis politiques, en auto-organisant sa propre lutte.

Nous savons aussi que, si ceux qui veulent ce gazoduc sont les raisons du marché et de l’économie mondiale, ces mêmes entités qui voient notre planète uniquement comme une énorme réserve à exploiter jusqu’au bout – une occasion après l’autre pour augmenter ses gains économiques et son pouvoir, sans aucun souci pour les ruines que chaque nouveau projet laisse derrière lui – chaque jour, ce projet avance grâce à la complicité de petites et moyennes entreprises locales qui, en contrepartie d’un mesquin intérêt économique, sont en train de participer à la destruction du territoire.

ARRETER LE TAP C’EST POSSIBLE

Les engrenages qui permettent l’avancement des travaux sont nombreux. Nous invitons à les bloquer. Les moyens pour le faire sont multiples et les entreprises à entraver sont bien connues par tout le monde.


Ainsi depuis toujours

Dans la guerre qui fait rage, chacun a son rôle, et la police a son rôle éternel : l’application de l’ordre, celui qui garantit l’opulence à l’État et au Capital.

La police a historiquement été fondée comme une force pour gérer les pensées, les désirs et les aspirations de la population. Prévention, contrôle et, si nécessaire, répression brutale.

Les premières cibles sont, naturellement, tous ces groupes sociaux opprimés qui ne sont pas en mesure de partager l’opulence de l’État et de la classe au pouvoir : la plus grande partie de la jeunesse des métropoles, les ouvriers, les chômeurs, les grévistes, les contestataires de toute sorte, les habitants « en trop », tels réfugiés et immigrés, rom, SDF, tous les parias de la machine capitaliste.

Mais, avant tout, qui d’autre sinon les perturbateurs les plus obstinés de l’Ordre imposé ?

Nous ne cherchons pas de trêve. Nous cherchons une manière d’arrêter un projet scélérat de destruction. A cause de cela, ils voudraient nous intimider, à cause de cela nous ne reculerons pas.

NON AU TAP, NI ICI NI AILLEURS.


 Notes de traduction:

[1] Trans-Adriatic Pipeline : un gazoduc qui devrait traverser la Grèce, l’Albanie et la Mer Adriatique vers l’Italie afin d’y approvisionner du gaz en provenance d’Azerbaïdjan

[2] près de Lecce, dans le Pouilles

[Traduit de l’italien de Round Robin, 19.03.2018]

Indymedia Lille

Publié le 2018-04-05 09:20:03

QUE S’EST-IL PASSÉ À LILLE CES DERNIERS JOURS ? #MouvementEtudiant
CRS - Collectif de Résistance à la Sélection·Monday, 2 avril 2018

Qu’entend-t-on ? Ce ne sont pas les oiseaux printaniers ni le vrombissement des zones en travaux qui tonnent aujourd’hui : quelque chose bouge en ce jour dans le quartier Moulins de Lille, à Villeneuve d’Ascq, dans les métros, sur les vélos, dans les rues de la ville, de nuit et de jour. Iels sont là, les étudiant.e.s, les enseignant.e.s, travailleur.se.s, précaires, tou.te.s mobilisé.e.s contre un même ennemi : la politique catégorique macroniste qui essaye de faire passer en force ses réformes, avec ses allié.e.s Jean-Michel Blanquer (qui propose les réforme des lycées et du bac), et notre chère Frédérique Vidal (qui propose la loi ORE).
Les jours n’ont pas été aussi chauds à Lille depuis 2016, et ce n’est que le début d’un printemps encore frileux. Nous vous proposons aujourd’hui un petit retour sur ces incroyables événements témoignant de la détermination de tou.te.s :
→ 20/03 – Suite à l’annonce de la mise sous tutelle de l’Université de Toulouse – Le Mirail, une Assemblée Générale se réunit à Lille 3 lors d’une journée d’information sur les réformes de l’Enseignement Supérieur. Le gouvernement passe à la vitesse supérieure et révèle l’énergie qu’il souhaite accorder à la destruction d’une lutte sociale.

→ 21/03 – Après l’opération « Fac morte », installation entre art et militantisme sur le forum de Lille 3 cherchant à révéler le processus de sélection déguisée qui se tient derrière ces réformes, des étudiant.e.s et enseignant.e.s mobilisées réquisitionnent l’amphithéâtre B1 pour une durée alors indéterminée.

→ 21/03 – Le soir, lors d’une assemblée, un grand nombre d’étudiant.e.s votent et décident de ne pas rentrer chez elleux et de vivre pleinement leur lutte en tâtant le béton froid de l’amphi pour une courte nuit dont émergeront quelques communiqués et ambitions.

→ 22/03 – Une manifestation unitaire rassemblant les cheminot.e.s, les travailleur.se.s de la santé, les retraité.e.s et les étudiant.e.s crée une ambiance marquante due à la détermination d’au moins 8.000 personnes.

→ 22/03 – Le soir, retour en B1 pour continuer la réappropriation (certain.e.s parleront de libération) de l’espace universitaire. Les revendications se développent et se renforcent, et attirent de plus en plus de monde.

→ 23/03 – Au matin, on apprend de graves violences par une milice d’extrême droite à l’égard d’étudiant.e.s de Montpellier qui occupaient un amphi dans la même ambition que ceux de Lille et d’ailleurs. Ces actes sont cautionnés par le doyen de la faculté de droit, Philippe Pétel. Un rassemblement de soutien est prévu devant Lille 2 à 18h.

→ 23/03 – Toujours dans l’amphi B1, les discussions avec la présidence (ou sa porte-parole) font émerger un projet d’expulsion à 17h. Les occupant.e.s s’organisent pour l’éviter, et gardent l’ambition de faire venir plus de monde encore.

A 17h pile, la police intervient sans sommation pour expulser les occupant.e.s. L’amphi B1 retombe aux mains de cet ennemi incarné alors dans l’État. Il aura été libéré de ce joug pendant trois belles journées. Le journal La Brique montre l’expulsion dans une vidéo et un article.

→ 23/03 – 18h, devant Lille 2, plus de 150 personnes se rassemblent contre les violences fascistes, et décident communément de faire une Assemblée Générale dans un amphithéâtre. Ce campus n’est pas aussi facile d’accès car une carte d’étudiant.e est demandée à l’entrée (ainsi qu’une fouille des sacs), ne permettant pas aux étudiant.e.s non affilié.e.s à l’Université de Lille d’entrer pour assister à l’AG, ni à toute personne sympathisante du mouvement qui milite pour un savoir ouvert (travailleur.se.s, retraité.e.s, lycéen.ne.s, précaires...). La tension monte, mais l’énergie qui se dégage de cette réunion témoigne d’un début de massification du mouvement.

→ 23/03 – 20h, la faculté est censée fermer ses portes. L’AG vote une occupation de l’amphi E3.04. L’administration, plutôt favorable au mouvement, impose des conditions nuisant au processus de réappropriation spontanée des lieux. Une entente se révèle tout de même, mettant en porte-à-faux certain.e.s enseignant.e.s et membres du personnel administratif qui auront malgré elleux un rôle d’intermédiaire, bien qu’iels soient tout autant des occupant.e.s.

→ 24/03 – 1h, le grand nombre de personnes resté.e.s pour occuper s’organise, discute, crée, et communique sa détermination. Certain.e.s tiendront jusque 4h30. Un appel est lancé dans toute la France pour manifester le mercredi 28 mars contre les violences fascistes et les interventions policières dans les universités.

→ 24/03 – L’administration parlait de laisser l’amphi jusqu’à 12h sans préciser la répression que ça engendrerait. Un colloque sur l’anarchisme se tenait à Lille 2 depuis la veille, les occupant.e.s proposent à ses organisateur.rice.s d’en tenir une partie dans l’amphi E3.04. L’amphithéâtre devient alors, outre un lieu de réflexion critique et politique, un lieu qui accueille les chercheur.e.s.

→ 24/03 – On parle d’une expulsion pour 17h, qui est décidément l’heure préférée de Jean-Christophe Camart, président de l’Université de Lille. Après une assemblée réunie dans l’urgence à 15h30, les quelques 200 personnes décident de quitter l’amphithéâtre pour le week-end et de revenir avec une détermination en béton armé la semaine suivante.

→ 25/03 – Le repos pour certain.e.s, l’organisation pour d’autres, un climat de lutte surplombe les étudiant.e.s de l’Université de Lille et de l’IEP. La Coordination Nationale de l’Éducation qui se tenait la veille à Toulouse appelle à manifester le 29 mars et ne répond pas à l’appel lillois du 28 mars.

→ 26/03 – Après une journée de tractage et d’information, un rassemblement contre les violences fascistes et les interventions policières dans les universités est prévu à 18h. Environ 200 personnes y prennent part, et, une nouvelle fois, une A.G se tiendra dans l’amphi B de Lille 2.

→ 26/03 – Pendant les débats sur la suite du mouvement et des modes d’action, des militant.e.s se font agresser devant Lille 2 par des personnes identifiées comme faisant partie d’un groupe d’extrême droite. La réaction est immédiate, des gens arrivent à la rescousse, et montrent que les fascistes n’ont toujours pas leur place dans le quartier Moulin. En parallèle, l’assemblée s’embrase et décide de partir en manifestation spontanée nocturne. Il est 21h30, la police encadre la manifestation à effectif réduit. Une centaine de personnes partent de Lille 2 (Porte de Douai) pour rejoindre d’abord République avec des slogans « bien déters », la rue Solférino s’en souvient encore. Le cortège décide de partir vers la gare Lille Flandres en soutien (et en appel) aux cheminot.e.s qui seront bientôt en grève. La police s’excite, et réprime par des contrôles et procès verbaux outranciers.

→ 27/03 – La lutte ne fait que commencer, les mobilisé.e.s s’organisent toute la journée pour finalement appeler à un nouveau rassemblement contre les violences fascistes. Une assemblée se tiendra dans l’amphi C, réunissant 300 personnes. Des militants d’extrême droite cherchent à entrer sur le campus, armés de gazeuses et autres joyeusetés, lançant pavés et rocailles, mais les militant.e.s parviennent à les tenir à distance. Ces fascistes se rangeront tout de même derrière des véhicules policiers (des mêmes policier.e.s qu’ils avaient salué.e.s plus tôt) face à la détermination des personnes présent.e.s.
Deuxième manifestation nocturne le mardi 27 mars

→ 27/03 – La police affirme vouloir faire sortir en sécurité les personnes encore dedans, mais certain.e.s disent se faire contrôler à la sortie. L’ambiance est tendue dans l’assemblée, mais émerge encore l’envie unanime de partir pour une deuxième manifestation nocturne. 200 personnes, dans la rue, reprennent Solférino, puis République, puis Béthune, puis Lille Flandres.

→ 28/03 – Lille 2 se réveille dans un climat tropical : il pleut mais c’est chaud dans les facs ! Des assemblées se tiennent sur les différents campus de l’Université de Lille et partent en manifestation (selon l’appel auquel auront répondu les villes de Paris, Toulouse, Bordeaux, Nantes, entre autres) à 14h. La détermination des 600 participant.e.s est manifeste ; les banderoles, les fumigènes, et les slogans fuseront de République à la Porte de Paris, mais ce parcours déposé n’arrêtera pas la majorité des mobilisé.e.s qui s’enivrent déjà dans une manifestation sauvage qui cherche, une nouvelle fois, à atteindre Lille Flandres. De jour, les cheminot.e.s répondront peut-être déjà plus ! Mais la police, armée jusqu’aux dents, réprimera violemment dans la rue de Tournai : bombes lacrymogènes, coups de matraques, BAC qui prend les manifestant.e.s à part, et brigade montée. Le cortège parvient à se libérer et partir vers le siège de l’Université de Lille (près de Grand Palais), où la répression physique se poursuivra et mènera à 2 arrestations.

→ 28/03 – Après ce moment intense, une AG s’organise à Lille 1, dans l’amphithéâtre Châtelet. Environ 150 personnes ont eu le courage d’aller jusqu’à la Cité Scientifique. Une occupation est évoquée, le degré d’énervement des flics (sûrement en route) aussi. L’assemblée quittera l’amphi avant toute intervention, avec des projets pour le lendemain. (voir communiqué)

→ 29/03 – Certaines personnes déterminées tentent une action sur le Rectorat, situé dans le Vieux- Lille. 4 camions de CRS sont mobilisés.
Dans le même temps, une assemblée se tient à Lille 2 pour continuer la lutte. L’amphi E3.04 est repris jusqu’à la manifestation de 14h. En parallèle, un collectif d’enseignant.e.s organise une conférence de presse sur les effets de la réforme ORE sur les corps administratif et enseignant.

→ 29/03 – La manifestation initialement prévue, sous la pression policière qui a déployé un important dispositif sécuritaire et répressif, prend d’abord la forme d’une Assemblée Générale en plein air sur la place de la République. La difficulté de parler de toute organisation sous présence policière se fait ressentir par plusieurs participant.e.s.
Au bout d’une heure, un cortège pour se rendre à Lille 2 se motive enfin, accompagné de slogans poignants, d’après un témoin.

→ 29/03 – Une fois à Lille 2, le groupe mobilisé, affaibli par une présence policière parfois oppressive pour les nouveaux.elles étudiant.e.s en lutte, peine à s’organiser et tentera d’occuper un amphithéâtre sous haute surveillance des forces de sécurité qui aura ce jour là le rôle d’une police politique, en vain.
Rien ne retirera leur détermination aux personnes mobilisées, puisque la semaine suivante sera une semaine de lutte intersectorielle. Affaire à suivre.

Bilan d’une semaine de lutte acharnée
Le mouvement prend une ampleur telle que le gouvernement tente tout pour éteindre l’étincelle qui nourrit notre soif de partage et d’égalité. Le mouvement prend une ampleur telle que les groupuscules d’extrême-droite se réveillent, avec violence. Le mouvement prend une ampleur telle que, à Montpellier ou ailleurs, le gouvernement ou ses représentant.e.s (direction d’université, police) assume une collaboration de civils d’extrême-droite.
Nous restons déterminé.e.s contre la sélection, contre les réformes régressives, contre Vidal, Blanquer, Macron, Philippe et leur monde, contre un gouvernement qui détruit toute forme d’opposition alors qu’il fait grandir l’esprit libéral chez tou.te.s les individu.e.s parfois même précarisé.e.s, contre un monde où le savoir devient marchandise, où l’université devient entreprise au service d’intérêts privés, au détriment d’un savoir équitable, ouvert, pour tou.te.s, au détriment de volontés plus humaines, plus propices à un monde meilleur. Oui, camarades, nous sommes au cinquantenaire de mai 1968, mais dépassons les symboles car notre lutte est plus importante encore, car le monde libéral s’est durci, enrichi, renforcé depuis le temps, et il se vante secrètement d’avoir trouvé le pire moyen pour perdurer sans peine : l’ignorance des êtres. Chacun.e de vos voisin.e.s ignore pourquoi vous luttez, mais iels comprennent ce combat qui est le nôtre par une simple explication de cette mascarade généralisée. Il est temps de réveiller les foules. Nous étions jusqu’à 700 mobilisé.e.s parmi les étudiant.e.s à Lille, nous étions jusqu’à 8000 mobilisé.e.s dans tous les secteurs confondus, mais nous ne sommes encore rien.
Soyons tout.
Parlons, crions, luttons ; rassemblons-nous, unissons-nous, et nous seront : tout.

Étudiant.e.s en colère des Universités de Lille.


Réflexions et mises à jour sur le procès Scripta Manent

Publié le 2018-04-05 20:26:03

Il n’y a pas de grandes réflexions àfaire sur un épisode répressif, après tout il s’agit làsimplement de la répétition cyclique de l’action et de la réaction. Ni même àquel point la répression joue àun jeu tordu – fait bien connu. A la limite quelques notes marginales sur le développement de ses techniques et stratégies.



C’est ce que j’essayerai de faire ici. A plus d’un an des arrestations, alors que le procès a déjàcommencé, une brèche s’est ouverte dans la chape de plomb de la censure et les dossiers judiciaires dévoilé, dans la complexité de leur misère, après le bref article dans le dernier numéro de Croce Nera sur les développements récents entre la clôture des enquêtes et l’audience préliminaire.

Avant toute évaluation, cependant, je voudrais simplement réitérer ma fierté de l’anarchie et celle des anarchistes qui m’ont permis de me nourrir d’actions solidaires, de textes, de colère rebondissant en dehors des portails, de prison en prison, montrant ànouveau combien la tension anarchiste est vivante, actuelle et capable de se moquer des catégories en sautant les barrières que la répression voudrait lui imposer et en se débarrassant du lest de la peur et du mythe du consensus.

J’ai toujours pensé que l’anarchie est une affaire sérieuse, si elle est pratiquée par des femmes et des hommes dotés de raison et d’instinct, quelque chose qui – quand elle se trouve enfermée dans des cages et sous pression de la domination – se retourne et fait de ses faiblesses une force qu’ils aimeraient instiller. Nous sommes làpour cela, dans un jeu de dés interminable entre l’autorité et sa négation.

J’ai toujours pensé aussi que l’anarchie a le privilège incontestable de pouvoir s’appuyer sur une solide base philosophique, historique et culturel, mêlée àun instinct primordial de refus : ingrédients qui se mélangent encore aujourd’hui spontanément en recettes destructives efficaces.

“L’anarchie, quand elle le veut, est puissante†, pour citer le camarade anarchiste Panagiotis Argyrou dans sa déclaration solidaire, cet été, aux personnes arrêtées au G20 de Hambourg.

L’idée anarchiste continue d’être un problème pour l’autorité, en rendant l’action concrète inhérente àsa négation claire aux esprits libres.

Je ne veux pas créer de malentendus cependant, il n’y a pas de procès contre des idées : quand la répression frappe c’est toujours suite àdes faits, des actions bien précises qui minent la paix sociale généralisée et l’addiction au contrôle, caractéristique de ces dernières années.

Action et réaction : des procès fait aux anarchistes pour ce que sont les anarchistes, des ennemis de l’État.

La répression – et la conséquente codification et application du code pénal – change de forme et s’adapte en fonction des risques et le degré de dangerosité de la lutte en cours : ils peuvent y aller avec une férocité vindicative, faire table rase de tout ce qui se présente devant eux, avec un paternalisme fade ou avec toute une série de graduations intermédiaires. Parfois, les réfractaires eux-mêmes rythment l’action, parfois ils subissent et réagissent aux contrecoups répressifs. Ils se plaignent souvent de bouger uniquement lorsqu’ils sont serrés au cou, plutôt que d’attaquer en premier. Mais nous devons être conscients que encaisser les coups ne signifie pas être des “victimes†.

Sans doute, trop longtemps, celui de victime de la répression a été un vieux rôle, confortable pour certains, dans le théâtre de la démocratie, une fausse étiquette désagréable qui a produit piétisme au lieu d’une conscience combative.

Sur ce fait ce trouve l’importance de notre époque : sur la nouvelle ou renouvelée conscience d’être une part contondante, porteurs de germes subversifs si l’on veut, non seulement dans les zones restreintes du mouvement mais aussi en nous présentant, social ou antisocial selon comme l’on se sent, comme fier porteurs d’une forte critique àl’ère de la domination technologique, du contrôle et de l’homologation globales.

Dénuder le roi et ses ignominies, hier et aujourd’hui, a été et continuera d’être l’objet de la répression, avec ses outils anciens et nouveaux. Les catégories ridicules du code pénal – apologies, incitations, associations – visent àtoucher le tissu connectif entre la parole et l’action, la solidarité.

Nous ne pouvons pas nous permettre d’être étonnés de cela. II y a plus d’un siècle, il y avait les associations de malfaiteurs, l’autorité royale faisait fermer les journaux et persécutait les subversifs et leurs réunions, surveillait les locaux malfamés où ils se rencontraient. Aujourd’hui, également la communication web et numérique est surveillées.

Contrairement au passé, cependant, le contrôle est devenu omniprésent grâce àl’apparition des nouveaux dispositifs technologiques, qui s’accompagnent souvent d’une moindre conscience et confiance en nos potentiels et possibilités de s’y opposer.

Les modèles et les techniques répressifs sont reproposés et modernisés (parfois même pas tant que ça), administré au besoin : ils sont maintenant, entre autres, utilisés pour endiguer, ou tenter de le faire, l’indéniable effervescence des cercles anarchistes.

Prendre note de cela ne signifie ni s’immobiliser comme des animaux effrayés par les phares d’un camion lancé, ni se jeter – mains et pieds liés – dans la gueule du loup, convaincu de son inévitable voracité. Plutôt un changement de perspective : aspirer, maintenant et toujours, àêtre un morceau indigeste, sans tomber dans l’ambiguïté de l’omniscience et l’omnipotence de la domination, où souvent il n’y a pas une stratégie globale, mais un enchevêtrement informe d’intérêts carriéristes, de directives données et de fonctionnaires diversement zélés.

Il ne faut pas oublier le facteur humain, même sous la forme la plus dégradée qui peut émerger d’un rédacteur de rapports de police qui vole et déforme des morceaux de nos vies. Cela nous donne un large aperçu de la misère de son essence.

À partir de la fin : de l’association àl’instigation et vice versa

Avec l’avis de clôture des enquêtes en avril 2017 – pour les personnes arrêtées et celles mises sous enquête de septembre 2016 – a été ajouté, en plus des crimes déjàimputés, pour 12 des 17 prévenus initiaux, le 414 c.p. (Incitation àla délinquance) àdes fins terroristes comme auteurs et / ou distributeurs de la Croce Nera, journal et blog, en faisant explicitement référence àdes éditoriaux et des articles du n° 0 au n° 3. Signe de nos temps, en ce qui concerne le délit de l’incitation, il a été également indiquée comme circonstance aggravante d’avoir “commis le fait par le biais d’outils informatiques et télématiques†.

Par ailleurs, le 2 juin 2017, avec un timing douteux en ce qui concerne l’audience préliminaire du 5 juin, la succursale de répression de Saint Antoine a entraîné dans le wagon de Scripta Manent, sept autres compagnons en liberté, pour 270 bis et 414 c.p. en tant qu’éditeurs (ou non) de la Croce Nera et des blogs RadioAzione et Anarhjia, en plus d’accuser encore deux des sept ci-dessus, pour 280 cp, àla suite de la découverte, au cours des perquisitions de Septembre 2016, avec d’autres documents publiés sur Croce Nera, de copies de la revendication de l’attentat de Civitavecchia de janvier 2016, signé par le Comité pyrotechnique pour une année extraordinaire – FAI / FRI. Au cours de l’audience préliminaire, les deux enquêtes ont été unifiées, renvoyant toutes les parties au procès, sans rien changer aux diverses accusations. Dans la pratique, après une année de contrôle obsessionnelle (àtravers des blocages et des séquestrations de la correspondance des personnes arrêtées, qui ont fini directement dans les dossiers du procureur et ont été ajouté aux actes àl’audience préliminaire) et la surveillance de la solidarité, le procureur et la police ont réussi àdonner naissance àune peine punitive, “in direttissima†, pour certains de ceux qui ont continué àmaintenir des contacts avec eux et àpoursuivre leurs activités éditoriales.

L’utilisation côte àcôte des articles 270 bis et 414 c.p. devient paradigmatique de leurs stratégies, si nous pensons àce qui s’est passé avec la sentence Shadow àPerugia et l’utilisation qui voudrait en être fait dans ce procès.

Sans oublier l’intensification, au cours de ces dernières années, du 414 c.p. utilisé aussi “en pure†, comme diraient les oeunologues, sans le garder de côté pour des accusations associatives, pour frapper tout écrit qui “défende†l’action anarchiste. Couvercle malléable avec lequel ils tentent d’étouffer les flammes des paroles et des actions solidaires.

Il faut souligner, d’autre part, que les petits tours de la police n’ont intimidé personne.

Papier recyclable … … La structure de l’enquête

On dit que les écrits restent mais, avec Scripta Manent, le Bureau du Procureur et la Digos [police politique] de Turin n’ont proprement rien voulu jeter. Ils ont exhumé du cimetière des éléphants des archives et des procès classés, en les ruminant et les recrachant, environ 20 ans de surveillance et de répression :

Cette longue liste a été faite en passant au crible l’index – et certainement avec quelques oublis – sans citer toute une série de surveillances et communications transmises d’une enquête àl’autre, d’un commissariat àl’autre, souvent contestées àcoups de compétences territoriales àtravers les échappatoires que la formulation du délit d’association permet.

La stratégie sous-jacente àtout cela est assez évidente, la quantité de dossiers, même étant contradictoires, devient suggestive. Si l’on considère le fait que les actes des procédures susmentionnée sont presque entièrement repris dans Scripta Manent, qui, ajoutés aux ruminations du duo Sparagna / Digos basé àTurin, deviennent des articles 206 et encore plus de dossiers judiciaires.

Fichage et sélection : des centaines de noms et de curriculum vitae, d’épisodes de subversion quotidiens, classés, sectionnés et recomposés ad hoc. Aux trajectoires existentielles, aux fragments de débats et aux journaux publiés se superposent des interprétations différentes en fonction de l’œil vigilant du contrôleur en charge, acrobaties attributives spatio-temporelles, études comportementales néo-Lombrosiennes. Ce n’est pas la première fois que cela se produit, tout comme la tentative d’appliquer un tamis entre “bons et mauvais†, l’utilisation de la presse anarchiste comme “clandestine†et précurseur de “l’association de délinquant†.

Il arrive souvent, et je suis la première àle faire, d’ironiser au sujet des grossièretés et des incohérences flagrantes des rapports judiciaires, mais en oubliant qu’il y a làune arrogance consciente du pouvoir.

Au-delàdu petit ou du grand coup de filet qu’il fasse, l’appareil répressif est bien conscient de la manœuvrabilité que permettent ses opérations antiterroristes. Surveiller et punir… surveillance approfondie des contacts, des réactions, des tentatives de pression sur la “capacité†et l’ampleur de la solidarité, de longues détentions préventives.

Je crois, cependant, que les analyses qui voudraient voir la répression contre certains secteurs du mouvement comme un laboratoire où des techniques répressives sont expérimentées in vitro pour ensuite s’étendre àde larges couches sociales, sont myopes et erronées. Il y a làune certaine présomption paternaliste et naïve, au-delàde la tentative de recherche de consensus àtravers le ciment de la répression, dans la dissidence timide de notre époque.

Quand en fait, l’utilisation du bâton et de la carotte est beaucoup plus articulée et subtile.

Le pouvoir n’a pas besoin de tester in vitro la répression contre les anarchistes, il applique simplement aux anarchistes un fragment de violence déployé ailleurs plus férocement : l’État n’a pas d’état d’âmes àformer des bandes armées de mercenaires pour défendre ses frontières et ses intérêts, ànoyer chaque jour des milliers d’êtres humains, d’utiliser les déportations forcés de son territoire chaque semaine pour de simples délits d’opinion (il suffit d’un clic sur la page du premier imbécile fondamentaliste religieux du 21e siècle, pour se retrouver embarqué sur le premier vol).

La répression administre, pour l’instant, des peines bien diversifiées et est bien consciente de où elle peut s’élargir de manière aveugle, avec la plus large et fidèle couverture médiatique. Sans pour autant oublier le fait que même au sein du mouvement, les peines “exemplaires†ne manquent pas.

Souvent, il résulte que les camarades sont plus prudents et conscients àaffronter la répression. Ce n’est pas un hasard si plus d’attention est prêtée àl’évolution des techniques de profilage, de contrôle, de surveillance massif ainsi qu’àcelles de manipulation du consentement.

Psycho-anthropologie de commissariat

Dans un contexte d’accusations où tout se situe autour de déductions / allégations, a lieu une sorte d’étude comportementale àhautes doses pour tenter de faire des liens. Être conscient et se dérober du contrôle policier vigilant et omniprésent devient en soi suggestif.

Il existe des pratiques désormais consolidées dans les mouvements, et même désormais certaines socialement répandues pour diverses raisons : parler de manière évasive au téléphone ou limiter son utilisation, pas compulsive comme le voudrait le comportement du citoyen-consommateur parfait ; faire attention aux suivis ; éliminer micros et caméras de la maison, des voitures, des lieux de travail ; faire attention au contrôle télématique, pour donner quelques exemples.

Nous connaissons depuis des années les interprétations policières opportunistes des relations entre amis et compagnons ainsi que des initiatives du mouvement : au jugement sans appel de l’espion en charge et / ou àla myopie calculée, en fonction des besoins, il sera trop ou trop peu présent. Nous connaissons bien la passion de la flicaille pour confondre toute initiative, voyage ou séjour comme une †réunion entre complices†(l’excès de zèle des flics piémontais a réussi, nourri d’un reportage vidéo, àla mi-Aoà»t, entre les rochers de la mer Ligurienne, àinterpréter toutes les baignades jusqu’àla bouée, en tant que “réunions privées†).

Maintenant, dans un parfait croisement entre la psycho-police et la comédie àl’italienne, l’absence devient suggestive : absence physique, absence d’appels téléphoniques et de contacts. Ceci n’est pas encore ancré dans la thèse accusatoire d’un événement ou d’une action particulière, mais vaut en tant que soi comme soustraction au contrôle, ou mieux, ne pas être surveiller étape par étape, et il n’est pas clair si cela est dà» àla volonté des contrôlés ou l’incapacité manifeste des contrôleurs.

Trop d’ironie ? Peut-être, vu que la réalité est faite d’un contrôle obsessionnel et inquiétant qui ne recule devant rien : contrôles du mauvais fonctionnement des micros cachés dans la maison déguisées en perquisitions impromptues, contrôles et radiographies de la correspondance postale en prélevant directement des boites aux lettres et bureaux de poste : double des clefs pour entrer dans les lieux de travail en l’absence des suspects, caméras cachées dans les lieux publics considérés “objectifs présumés†.

Ce ne sont làque quelques exemples d’applications assez répandue de la surveillance, en plus des moyen traditionnels : écoutes téléphoniques interceptés pendant des années, appareils d’écoute àla maison et au travail, GPS dans les voitures, caméras braquées sur les entrées de maisons, caves et lieux de travail, contrôles croisés entre enregistrements téléphoniques et localisations des téléphones portables, filatures avec photos et vidéos, interception du trafic de mails et écoute via les ordinateurs.

Puis, toujours dans la suggestion techno-logique et pseudoscientifique du nouveau millénaire, une pléthore de statistiques, diagrammes, pourcentages, entrecroisements de données des plus curieuses : combien de fois les accusés se sont rencontrés au cours des années (… même àla maison, y compris parents et cohabitants, ainsi qu’àleurs propres procès) et combien de fois se sont rencontrés… leurs téléphones respectifs ; quelles jours de la semaine arrivent plus de colis incendiaires ; quels centres urbains sont touchés par plus d’attaques ; quels mots préfèrent utiliser les anarchistes … mais là, c’est sortir de l’étude sociologique statistique et comportementale, vers une autre pierre angulaire de la cour …

La suggestion d’une opinion d’expert

Dans ce procès saute aux yeux une technique de tailleur évidente afin d’attribuer les crimes spécifiques aux accusés individuels. Afin de donner corps aux hypothèses accusatoires, une utilisation massive des évaluations graphiques, linguistiques et stylistiques est utilisée pour attribuer àdes accusés la rédaction de certains textes revendicatifs.

Dit comme-ça cela ressemble àune affaire sérieuse (et elle l’est puisqu’elle sert de prétexte àl’enfermement préventif), pénétrant dans la lecture d’une expertise moderne qui utilise autant la techno-logique que l’esprit humain, on voit cependant àquel point les méthodes utilisées sont discutables et malléables et les résultats aléatoires.

D’une part, il y a un choix clair de procéder délibérément sans tenir compte des résultats contradictoires par rapport àla thèse àsoutenir, de sorte que les comparaisons avec les résultats négatifs sont ignorés et les textes sont passés au crible afin d’en sélectionner ceux adaptables aux besoins. Des termes d’usage commun ou propres au langage anarco-poétique deviennent si caractérisants que dans ce paroxysme de combinaisons foisonnent les accusations … c’est-à-dire qu’il en résulte des amalgames des plus divers, qui vont carrément au-delàdes charges elles-mêmes.

Le mécanisme répressif est bien conscient de l’incohérence de certaines comparaisons et évaluations – et l’admet même entre les lignes – mais il est aussi conscient du fait que l’utilisation de l’ADN et d’autres savoir-faire technico-scientifiques ont été vendu àl’opinion public comme technologies infaillibles et inattaquables ; il essaie donc de les utiliser devant les tribunaux. En réalité, la statistique des erreurs dans les manipulations et les approximations est considérable (et maintenant la jurisprudence est obligée de l’admettre, après les premières années d’utilisation “non critique†de toute découverte biologique). Nous l’avons aussi remarqué un peu partout dans le monde, dans des procès qui concernaient des compagnons.

Cependant, àpartir de cette collecte compulsive de matériel et de comparaisons croisées, certaines données sont obtenues sur leur collecte et leur utilisation systématiques.

Le DAP s’est offert comme réservoir, en plus de clichés anthropométriques, d’empreintes digitales et d’autres traces des emprisonnements passés, en fournissant des rapports personnelles et des repaires graphiques de tous les anarchistes ayant transités par les prisons du pays, sortant carrément de ses archives, requêtes, petites questions, etc. Si aucune arrestation ou perquisition n’a eu lieu, ils se rendent même au registre de l’état civile ou àd’autres archives.

Plusieurs bases de données d’ADN sont utilisées depuis plus de 10 ans, non seulement avec des échantillons prélevés lors de recherches, mais aussi en gardant des échantillons et des comparaisons croisées d’objets conservés dans les différentes archives.

–

Ce ne sont làque quelques aspects, àdévelopper et sur lesquels raisonner. Le discours reste que, dans un cadre où les procédures répressives sont des vases communicants, où l’absence est accusatrice, où la solidarité est un facteur aggravant, si l’opération Scripta Manent a tenté de frapper certains anarchistes elle a plutôt contribué àfaire fleurir solidarité et conscience. Et ceci, tout compte fait, malgré l’étroitesse de mon horizon actuel, ne peux que continuer de me faire sourire.

[/ Anna,
Rome, janvier 2018.
/]

[Traduit de l’italien sur Round Robin.]

Normandie-Bretagne : Des trains retardés en solidarité

Publié le 2018-04-05 20:27:03

actu.fr / vendredi 23 mars 2018

[…] Dans un mail envoyé à plusieurs journalistes, le « Mouvement du 23 mars » revendique avoir stoppé des trains sur les lignes SNCF de Normandie, vendredi 23 mars 2018. Des actions visant selon eux à soutenir la grève des cheminots contre la réforme ferroviaire du gouvernement d’Édouard Philippe.
Dans ce texte de revendication, le mouvement anonyme déclare :
« Ce jour, nous avons stoppé les trains par des pétards de voies sur différentes lignes du grand ouest (Paris-Rouen, Paris-Caen, Paris-Rennes) par solidarité avec les cheminots qui font ce qu’ils peuvent pour nous venir en aide.»
Et d’ajouter que « ces gestes simples sont aisément reproductibles et peuvent être l’apanage de tous ». Ce mystérieux mouvement agit pour soutenir la grève des cheminots qui protestent contre la réforme de la SNCF. « Fini les mouvements ponctuels ! Ce début ouvre un combat, sortez du rang sans attendre ! Vive la grève ! Vive les blocages ! », conclut le message.

Contactée par Normandie-actula SNCF confirme des retards sur la ligne Le Havre-Rouen-Paris et qu’une action a été menée à hauteur de Darnétal. La société ferroviaire ajoute qu’une plainte sera déposée, « comme c’est le cas chaque fois qu’un acte malveillant est commis sur une ligne ».
Pour l’heure, on ignore si les actions menées par le « Mouvement du 23 mars » sont liées aux actes de vandalisme constatés sur la ligne entre Le Havre et Paris, jeudi 22 mars [Cf. ci-dessous; NdAtt.], dans la matinée. « Des dispositifs de sécurité étaient sur les voies et des pétards d’alarme de la SNCF ont également été retrouvés sur les rails, à hauteur de Virville », nous indiquait une source judiciaire. Dans cette affaire, une enquête a été ouverte.

*****

Des obstacles sur la ligne Le Havre-Rouen font retarder des trains

actu.fr / vendredi 23 mars 2018

Une enquête a été ouverte pour des actes de malveillance sur la ligne Le Havre-Rouen (Seine-Maritime). Des obstacles ont été placés sur les voies de chemin de fer à hauteur de Saint-Laurent-Brèvedent, près du Havre, entre 7h et 8h30, jeudi 22 mars 2018.
« Des dispositifs de sécurité étaient sur les voies et des pétards d’alarme de la SNCF ont également été retrouvés sur les rails, à hauteur de Virville », indique une source judiciaire. Les gendarmes ont aussi découvert « des barres de fer sur le réseau électrique pour servir de coupe-circuit », précise cette même source.
La SNCF relate que ces agissements ont provoqué des retards compris « entre neuf et 20 minutes » pour plusieurs trains sur cette ligne.

Prison de valence: la cocote minute est visée de plus en plus

Publié le 2018-04-06 07:08:03

 A chaque jour le couvercle de la cocote minute est visé de plus en plus

Dauphiné libéré  05/04/2018

Agression dans la prison de Valence : une enquête ouverte

Mardi après-midi, deux surveillantes du centre pénitentiaire de Valence ont été agressées par un détenu du quartier maison centrale, âgé de 26 ans, qui était muni d’une « arme artisanale avec une lame », avait indiqué, dans la soirée, le syndicat Ufap-Unsa Justice (notre édition d’hier).

Avant de préciser : « Très choquées, les deux surveillantes ont été transportées au centre hospitalier de Valence ».

Hier, une enquête a été ouverte, confiée à la Sûreté départementale. Les deux surveillantes, qui se sont vu prescrire trois et six jours d’ITT, ont déposé plainte.

Il aurait cassé son dentier pour confectionner l’arme

D’après les premières investigations, pour confectionner l’arme artisanale, le détenu aurait cassé son dentier afin de récupérer un morceau métallique. Il l’aurait, par la suite, accroché à un briquet.


opération de police dans les parloirs

Quatre personnes  étaient en possession  de résine canabis( 60 gr saisi sur l’ensemble) des procédures sont en cours.

Et voir grandir la flamme dans vos yeux

Publié le 2018-04-07 09:03:27

Indymedia Grenoble / samedi 7 avril 2018

En septembre 2017, tandis que nous suivions avec attention le déroulement du procès du beau barbecue du quai de Valmy, nos regards et nos cœurs se tournèrent vers Limoges et Grenoble, alors que la solidarité s’inscrivait dans le bitume fondu des casernes de ces villes.

Ces feux de joie étaient un magnifique pied de nez à ce qui se jouait dans ce tribunal. Vous jugez 8 individus pour avoir attaqué et incendié une 206 sérigraphiée de la police nationale ? On va vous en cramer des dizaines, et dans vos casernes s’il vous plaît !

Aujourd’hui la flicaille enferme et perquisitionne à tout va. À Limoges et Toulouse, on garde à vue et on place quelqu’un en détention provisoire, pour l’incendie nocturne de la caserne limougeaude. À Ambert, on perquisitionne et on place 2 personnes en détention provisoire pour des destructions en bande organisée. Si rien ne nous permet d’affirmer un lien juridique entre les deux affaires, on ne peut qu’être frappés par la coïncidence de calendrier qui accorde les opérations policières au jour près.

Cette fois-ci, contrairement à son habitude, la police et ses médias ne l’ouvrent pas ou très peu sur ces affaires. Pourquoi cette stratégie de la discrétion ? Probablement pour ne pas attirer l’attention sur leurs manœuvres, pour pouvoir travailler tranquillement. Pour France flics, cette «discrétion [sert] aussi [à] éviter la constitution de « groupes de soutien »» [1]. On peut faire échouer leur stratégie en faisant connaître ces affaires.

Il ne nous importe pas de savoir si ces personnes sont innocentes ou coupables des faits qu’on leur reproche. Dans un monde où combattre farouchement l’autorité est un crime, nous ne pouvons qu’avoir une préférence pour les coupables, mais nous défendrons également les innocents de toutes nos forces. Parce que nous n’acceptons pas de parler de nos amies, de nos compagnons, dans les termes moisis de l’institution judiciaire.

De notre côté, s’organiser en bandes nous semble particulièrement réjouissant, d’autant plus si c’est pour s’attaquer à ce monde ou à ses flics. D’autant plus si c’est pour exprimer une solidarité en actes, sans médiation, dans l’action directe par l’attaque contre le pouvoir et ses larbins.

Récemment, le simple fait d’écrire un texte de solidarité comme celui-ci était poursuivi et jugé pour incitation à commettre des crimes, et à attaquer la police [2]. Espérons en effet que ça suscite des vocations. Que les petites filles aux allumettes d’ici et d’ailleurs se mettent à incendier des véhicules sérigraphiés, et pourquoi pas avec des uniformes dedans, rien ne pourrait nous faire plus plaisir !

À la première à la deuxième à la troisième caserne brûlée, on aime tous les grillades de condés !

[1] https://france3-regions.francetvinf…
[2] https://attaque.noblogs.org/post/2017/11/09/un-compte-rendu…

une poignée d’allumettes

Folle semaine dans les universités suivi du 2 au 8 avril 2018

Publié le 2018-04-07 09:08:05

Plus de 2 mois après les premières manifestations contre la sélection, cette fois ça pète, on y est, le dentifrice est sorti du tube.





Notes

[1Libé par exemple essaye de tenir à jour une carte des facs mobilisées

Attaque fasciste sur le site de Paris 1 Tolbiac

Publié le 2018-04-07 12:33:04

Dans la nuit de vendredi 6 au samedi 7 avril, une vingtaine de fascistes ont attaqué le campus de Tolbiac sans conséquence pour l’occupation en cours.



C’est vers 23h qu’un groupe d’une vingtaine d’hommes casqués a essayé d’attaquer la faculté de Tolbiac. Accompagné par un journaliste embeded d’une webtélé d’extrême-droite [1] qui nous permet de voir depuis l’intérieur le pathétique de cette attaque, ils ont tenté une opération commando... à pas très nombreux. Le réel est têtu et les fascistes une vingtaine environ quand l’occupation de Tolbiac implique des centaines de personnes au moins. Le but est plus sûrement de se faire mousser sur les réseaux sociaux en mode gloriole pour une action vaine. Mais il s’agit surtout d’une nouvelle tentative de porter des coups et de faire peur aux participant.e.s du mouvement contre la sélection, dans la lignée des différentes attaques fascistes à Montpellier, Lille, Strasbourg, Nantes...

Arrivés devant les portes closes de la fac, ils lancent directement de nombreux projectiles ainsi que des fumigènes sur les étudiant.e.s présent.e.s dans la fosse.
Après un très court temps de surprise les occupant.e.s de l’université ont répondu à l’attaque par le jet de projectiles. On a pu entendre des slogans « siamo tutti antifascisti ! »

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Attaque fasciste de Tolbiac occupée
Dans la nuit du 6 au 7 avril 2018, à Paris, un groupe de fasciste attaque la fac de Tolbiac occupé par des étudiant.e.s opposé.e.s à la loi ORE.
La Meute

Dès le début de l’attaque il était clair que ce groupe de miliciens n’allait pas entrer sur le campus. Les étudiant.e.s ont su garder la tête froide et répondre coup pour coup.
Après dix minutes d’affrontement, la police est arrivé sur place. Les médias bourgeois parlent de six interpellations du côté des agresseurs d’extrême droite.
D’après les occupant.e.s il n’y aurait qu’un blessé léger du coté des étudiant.e.s.
Le président de Paris 1 condamne les attaques et a assuré publiquement qu’il ne demanderait pas l’intervention de la police sur le campus.

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Après l’attaque de la fac de Montpellier, l’attaque du lycée autogéré de Paris par le Gud et la tentative d’irruption violente de la Cocarde mardi matin à Tolbiac, sans oublier les agressions à Strasbourg, Nantes ou Lille, ne laissons pas les franges fascistes et réactionnaires nous intimider.

Solidarité anti-fasciste ! Retrait de la loi ORE !



Notes

[1LDC News, montée par un ancien candidat FN.

Hamilton, Canada : Arrestation d’un compagnon pour la balade sauvage nocturne du 3 mars dernier – 6 avril

Publié le 2018-04-07 18:33:02

On apprend par les journaflics que vendredi 6 avril à Hamilton, un homme de 31 ans a été arrêté à son domicile par les flics, en lien avec la balade incontrôlable d’une trentaine de personnes sur la rue Locke du centre-ville, qui s’est déroulée dans la nuit du 3 mars.

Le compagnon a été arrêté pour « complot en vue de commettre un acte criminel », a annoncé la Police de Hamilton. « L’accusé serait membre du groupe anarchiste The Tower, a indiqué un porte-parole des flics. Il devrait prochainement être déféré devant le tribunal.

Plus d’infos à suivre.

Réunion d'information suite aux récentes perquisitions et interpellations

Publié le 2018-04-08 09:30:05

Suite aux perquisitions , interpellations, GAV, et détentions de la semaine dernière à Toulouse, Limoges, Amber et ailleurs, réunion d’information.



Comme déjà annoncé à divers endroits, les dernières semainesont été riches en émotion. Perquiz dans différents lieux, GAV, détentions provisoires. On apprend que des enquêtes sont en cours depuis plusieurs mois, qu’elles concernent sans doute de nombreuses personnes et lieux à Toulouse et ailleurs, que des écoutes téléphoniques et des filatures ont eu lieu, qu’elles sont sans doute encore en cours.
L’état et les flics veulent se venger. Depuis la loi travail notamment, des gestes protéiformes s’en prennent directement aux infrastructures policières et étatiques, à la circulation du capital, à la domination sous nombreuses de ses formes.
La révolte doit etre matée. C’est en tout cas ce qu’ils veulent nous faire croire, faire des exemples, instiller la peur et la défiance, isoler des actes et des personnes.
Considérant en plus, parmis d’autres merdes, les attaques de fafs dans les facs ou les flics s’apprếtant à expulser les récalcitrants de la Zad, il faut bien avouer que le climat actuel pue de la gueule.

Face à ce constat nauséabond, une envie : discuter, s’informer, analyser, réagir. Casser l’isolement et la peur, prendre de la force, ne pas courber l’échine. Prendre ces vagues répressives au sérieux, anticiper ses futurs développements, les contrer tant que possible.Echanger outils et réflexions. Collectivement.

Si ces questions vous intéressent, vous font écho, vous interpellent, vous êtes invitées à une réunion publique mardi 10 avril, à 18h pétantes à la Chapelle, 36 rue Casanova, métro Canal du midi.


Parce que c’est pas la première fois.
Parce que ça sera pas la dernière.
Parce que Bure
Parce que la Zad
Parce que les frontières
Parce qu’y en a marre du "pas si pire".
Parce qu’on peut pas rester sans rien faire.
Parce que notre rage nous rend fortes, parce que la riposte nous
renforce.

Paris : La solidarité c’est l’attaque

Publié le 2018-04-08 09:32:03

reçu par mail / samedi 7 avril 2018

Deux personnes condamnées à des mois fermes après l’expulsion du Bois Lejuc. Trois envoyées en prév ces derniers jours à Limoges et Ambert. Krème toujours en taule pour le barbecue sauce bleusaille de mai 2016.

Nous sommes de l’avis que la meilleure réponse à la répression, la plus digne, reste l’attaque.
A la place du repli, de la paranoïa, des prises de distances, mettre des bâtons dans les rouages du pouvoir. Choisir le lieu et le moment en petits groupes profitant du bordel des manifs ou du silence de la nuit.
Jamais se rendre.

La nuit du 2 au 3 avril nous avons incendié une voiture du corps diplomatique, rue Pierre Demours (Paris 17).

Solidarité avec les compagnon.ne.s frappé.e.s par la répression.
Solidaires aussi avec Lisa en prison en allemagne pour braquage, et avec les compagnon.ne.s sous procès en italie pour l’opération scripta manent.

Cœurderage


P.S. Nous pensons que les revendication des attaques servent à expliquer les raisons qui nous ont poussés, ainsi qu’à motiver des autres. La frustration des commentaires de trollage ne nous intéresse pas. Merci donc de ne pas publier ce petit texte sur cette poubelle infestée de troll qui est devenue Indy Nantes (déjà la publication de la revendication d’une voiture avec plaque diplomatique, Nissan Juke violette le 27 mars, a été faite contre notre volonté – peut-être à dessein pour cracher sur l’action directe).

 

[in italiano][По Rусский]

Lyon : Attaque contre le local néo-nazi du bastion « social » à Lyon !

Publié le 2018-04-08 09:32:04

Facebook du groupe Jeune Garde Lyon / jeudi 5 avril 2018

D’après les informations et les photos que nous avons reçus ; dans la nuit de mardi à mercredi, le bastion « social » Lyon a été dégradé, plaques arrachées, vitres cassées et peinture balancée à l’intérieur.

Suite aux attaques menées par ces nervis d’extrême droite contre les locaux et militant.es politiques [comme le local de la CNT, degradé dans la nuit du 30 au 31 mars ou celui de la CGA il y a quelques mois; NdAtt.], associatifs et syndicaux ; suite aux multiples agressions racistes menées par des groupes de 20 à 30 contre des jeunes pour leur couleur de peau ; et face à la complaisance de la police, une réponse était inéluctable.

Fermons le Pavillon Noir, local fasciste à Lyon !
PAS DE FASCISTES DANS NOS QUARTIERS ! PAS DE QUARTIERS POUR LES FASCISTES !

 

Bologne, Italie : Attaque contre un rouage du contrôle et de la surveillance – 21 mars 2018

Publié le 2018-04-08 13:30:04

Dans la nuit du 21 mars nous avons rendu visite à l’entreprise « DAB-SISTEMI INTEGRATI » via Niccolo dans le secteur de Bologne.

DAB-SISTEMI INTEGRATI a remporté le dernier contrat pour l’installation de dizaines de caméras de surveillance dans la commune de Bologne, dont de nombreuses à Bolognina [1].

Tous les pneus d’une voiture de l’entreprise ont ét crevés et ses vitres cassées. A été écrit sur un mur : « Saboter le contrôle (A) ».

[Traduit de l’italien de roundrobin.info, 05.04.2018]

NdT:

[1] Quartier de Bologne, appelé aussi « quartier Navile ».

Hautes-Corbières, France : Contre le projet de parc éolien – 28 mars 2018

Publié le 2018-04-08 13:31:04

La presse locale nous fait part de quelques bribes de la lutte contre le projet de parc éolien dans la région de Narbonne : mercredi 28 mars 2018 à Davejean, lors d’une réunion organisée par EDF, le directeur des énergies nouvelles a été contraint de rester plus longtemps que prévu dans ce village en raison de deux pneus crevés. Par ailleurs, le mat de mesure servant à recueillir des informations sur la faune à Dernacueillette a également été détérioré, plusieurs câbles ayant été coupés. Des constats de gendarmerie ont été effectués et une plainte a été déposée.

Il court, il court, le furet...

Publié le 2018-04-08 17:39:04

Ces mardi et mercredi 27 et 28 mars, au moins sept perquisitions ont eu lieu dans quatre villes différentes, Limoges, Toulouse, Ambert et Amiens. Neuf gardes-à-vues ont suivi, entre deux et quatre-vingts heures. Depuis samedi, trois personnes sont placées en détention provisoire. Association de malfaiteurs, bande organisée, destruction par moyens incendiaires voilà les termes des accusations dans un flou judiciaire et un silence glaçant. Les dispositifs de gendarmeries qui se déplacent au petit matin ne passent pas inaperçus, pourtant les réactions sont timides.



Ces mardi et mercredi 27 et 28 mars, au moins sept perquisitions ont eu lieu dans quatre villes différentes, Limoges, Toulouse, Ambert et Amiens. Neuf gardes-à-vues ont suivi, entre deux et quatre-vingts heures. Depuis samedi, trois personnes sont placées en détention provisoire. Association de malfaiteurs, bande organisée, destruction par moyens incendiaires voilà les termes des accusations dans un flou judiciaire et un silence glaçant. Les dispositifs de gendarmeries qui se déplacent au petit matin ne passent pas inaperçus, pourtant les réactions sont timides.
Peut-être est-ce l’habitude de se dire que cela pourrait retomber sur nous, qu’au fond tout cela nous concerne que trop. Pour mieux comprendre, quelques éléments de contexte.

Rappelez-vous, l’état d’urgence était décrété en 2015. Militarisation de la surveillance, fiches S par centaines, un millier de perquisitions, interdictions de manifester et assignations à résidence… On habitue la population à la présence policière et se donne dans le même temps les moyens de réprimer toute forme de contestation. Ainsi l’État de droit qui ne trouve le principe de sa conservation que dans la production d’exceptions à la loi, fait ainsi structurellement de la police cette illégalité-instituée qui lui assure l’extension permanente de son pouvoir.

Malgré cette chape de plomb, au printemps 2016 la résistance à la « loi travail » gagne la rue, refusant une loi de plus leur permettant de nous écraser sans mot dire.
Manifestations, émeutes, blocages et piquets de grève se propagent alors un peu partout. L’institution policière s’invite à Nuit debout, et n’est pas en reste de lamentations. Ils s’indignent qu’on les haïsse, et que cette haine s’intensifie face aux coups de flashballs et aux interpellations. Mai 2016, une voiture de police se retrouve coincée dans une joyeuse marche de plusieurs centaines de personnes après un rassemblement contre les violences policières. En passant, un fumigène est lancé dans la vitre arrière, l’altercation qui suit fait le tour des médias. Les forces de police sont à cran et enchaînent les arrestations pour association de malfaiteurs, accusation qui tombera d’ailleurs au cours du procès. Plusieurs personnes seront en préventive pendant plusieurs mois, et en septembre, le tribunal 2017 lâche des peines se voulant exemplaires. La solidarité pendant le mouvement continue par la suite malgré le fait que le soutien devient lui-même à charge. Dans ce contexte, des structures de l’institution policière sont prises pour cibles en réponse aux vagues successives d’arrestations, à la criminalisation de toute forme de refus, comme en souvenir de Rémi, Adama, Théo et tant d’autres…Si la police est ainsi prise pour cible, c’est bien parce qu’elle est là pour neutraliser toute contestation effective, tout débordement.

Les stratégies policiaro-judiciaires se renouvellent sans cesse, elles font feu de tout bois, il n’est pas de maison où ne puisse se trouver des preuves de conspiration : « Donnez nous un accusé et nous trouverons l’accusation », disait un tchekiste en 1928. Pour ce faire, les termes des accusations s’adaptent pour prendre de cours nos manières de les déjouer.
Nous savons que tapies dans l’ombre, les enquêtes s’accumulent, les perquisitions traquent et fouinent un peu partout où ça conspire autre chose que l’air vicié du fatalisme et de la productivité.

Nous appelons donc à ce que partout se soulèvent voix, rassemblements,actions, toutes réponses en bonnes et dues formes, à leurs tentatives d’intimidation et contre les mises en détention de ce dernier mois.

« « — Qui es-tu donc, Pan ? Cria le capitaine Crochet.
—  Je suis la jeunesse, je suis la joie, répondit Peter tout à trac, je suis un petit oiseau sorti de l’œuf.
Cette réponse absurde prouvait néanmoins que Peter n’avait pas la moindre idée de ce qu’il était, ce qui est le degré suprême du bon ton. » »

Peter pan dans ta gueule !