Vive l'Anarchie - Semaine 14, 2025

Sommaire

Graulhet (Tarn) : Des tags contre le RN

Publié le 2025-04-07 00:00:00

Le Journal d’ici / samedi 5 avril 2025

Plusieurs tags hostiles au Rassemblement National ont été apposés sur les murs de la façade de la salle de concerts du Foulon et ses abords immédiats, dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 avril, à Graulhet. Ces messages, au nombre d’une demie-douzaine et réalisés à la bombe à peinture rouge par la même main, sont probablement en lien avec le meeting que doit donner dans la salle en question, ce samedi soir à compter de 19 heures, le député européen du Rassemblement National Julien Léonardelli.

Pour ces faits-là, Julien Bacou, le délégué départemental RN a déposé plainte en gendarmerie.

Marseille (Bouches-du-Rhône) : quintuple évasion du centre de rétention

Publié le 2025-04-07 02:43:43

Marseille : 5 étrangers en situation irrégulière se sont échappés du centre de rétention administrative du Canet
La Provence, 5 avril 2025

Le matériel d’évasion jeté par-dessus les barbelés dans le centre de rétention administrative du Canet dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 avril, a manifestement rapidement trouvé usage. Plusieurs paquets contenant des lames de scie à métaux, des tournevis et une tenaille avaient été saisis par la police aussitôt après les jets d’objets. Mais l’évasion de plusieurs étrangers retenus au CRA dans l’attente de leur expulsion du territoire français, peut laisser penser que quelques outils avaient quand même pu être récupérés par leurs destinataires avant l’intervention des forces de l’ordre.

Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 avril dernier, cinq ressortissants algériens sont en effet parvenus à s’échapper du CRA du Canet, dans le 5e arrondissement de Marseille. Deux d’entre eux ont été interceptés alors qu’ils avaient à peine mis un pied dehors. Un troisième a réussi à rejoindre le centre-ville, avant d’être repéré par une patrouille et interpellé. Mais deux des cinq fuyards manquaient toujours à l’appel ce samedi soir 5 avril. Les deux hommes sont activement recherchés par la police.

Rencontre – Toulouse, capitale européenne de la guerre

Publié le 2025-04-07 05:03:00

Dans un contexte de réarmement, sous fond de guerres économiques et militaires entre puissances impérialistes. Face à cette situation, il est urgent de développer notre mobilisation et notre organisation collective. Ainsi, nous appelons à un week-end anti-impérialiste, anti-racistes et anti-militaristes. Pour s’informer sur la situation et se former collectivement ; se rencontrer, échanger et essayer de sortir du flux écrasant de l’actualité ; croiser des expériences et envisager des pistes de luttes communes, rejoignons-nous à la Chapelle le week-end du 26 et 27 avril prochain.



Assemblée contre la guerre, lundi 21 avril à 18h à L'Impasse

Publié le 2025-04-07 05:04:00

On était plusieurs centaines sur le week-end contre la guerre et la millitarisation à Toulouse ! On a partagé-es les rages et les luttes en cours et on a pas envie de s’arrêtter, c’est toujours le moment de se bouger contre les guerres qui se fabriquent ici !



Avant les rencontres Toulouse capitale européenne de la guerre les 26-27 avril a la Chapelle, l’assemblée de cloture de ce week-end propose de se réunir le lundi 21 avril a L’Impasse pour discuter ensemble de perspectives d’actions futures contre l’industrie de l’armement, et la millitarisation des corps et des esprits ambiante, ici et ailleurs.

chile: Anarchist Comrade Francisco Solar Leaves Isolation After 5 Years in the Punishment Regime March 29, 2025

Publié le 2025-04-07 08:14:54

via: informativoanarquista

Translated by Act for freedom now!

Anarchist Comrade Francisco Solar Leaves Isolation After 5 Years in the Punishment Regime March 29, 2025

After spending almost 5 years in isolation, passing through different maximum security units and confronting the recent hardening of the prison regime that kept him locked in the cell without TV or radio for 21 hours per day, and with restricted visits, today we have news concerning his situation within the prison.

Through succesive hearings and technical council, the administration was left without excuses for keeping the comrade in said punishment regime, finding themselves obliged to transfer him.

Today the anarchist comrade manages to leave the circuit and labyrinth of isolation and maximum security units, being transferred to unit 33 inside La Gonzalina Prison, where other anarchist and subversive prisoners are kept.

Solidarity and complicity with anarchist comrade Francisco Solar!
Solidarity and complicity with those who attack power and repression!

L'anarchisme en Indonésie

Publié le 2025-04-07 08:25:58

L’anarchisme en Indonésie

Analyses et réflexions Colonialismes - Antiracismes Mouvements sociaux - Insurrections Solidarités internationales

Alors que la révolte gronde en Indonésie contre les mesures d’austérité, notamment menée par des étudiants et étudiantes reprenant les tactiques des black-blocs, voici un texte initialement publié dans Soleil Noir n°7, février 2024.

L’anarchisme en Indonésie

L’historien Benedict Anderson, dans Les bannières de la révolte (2005), rappelle comment l’anarchisme a influencé les luttes anticoloniales à travers le monde, et notamment en Asie du Sud-Est. S’il se focalise davantage sur le polyglotte et médecin indépendantiste philippin José Rizal, l’historien est aussi un fin connaisseur de l’Indonésie. Dans ce pays aussi, l’anarchisme a distillé des idées de liberté, d’égalité et de révolte, que les courants nationalistes et religieux réprimeront tout autant que les autorités coloniales. Ernest Douwes Dekker notamment, figure anticoloniale dénonçant l’exploitation des paysans et paysannes de Java, est lui aussi influencé par l’anarchisme. Les anarchistes chinois ont par ailleurs diffusé des idées et aidé à l’organisation du mouvement ouvrier indonésien dès la fin du 19e siècle.

Un peu d’histoire coloniale et dictatoriale
A partir du 17e siècle, les compagnies européennes hollandaises, françaises, espagnoles, anglaises et portugaises rivalisent pour prendre le pouvoir dans les îles indonésiennes. En 1800, l’Indonésie devient une colonie hollandaise (les Indes néerlandaises). Plusieurs révoltes sont alors réprimées dans le sang. Le système d’exploitation dénommé Cuulturstelsel est mis en place : la paysannerie javanaise doit consacrer un cinquième de sa terre et de son travail à des cultures destinées à l’exportation (thé, café, épices, sucre, indigo).
La pensée et la lutte anticoloniales sont influencés par l’anarchisme au cours du 19e siècle. En 1916, un soldat anarchiste appelle au sabotage dans un contexte de désobéissance au sein de la marine militaire. L’anarchisme chrétien et le pacifisme se diffusent aux Indes néerlandaises. Cependant, c’est surtout des anarchistes chinois qui participent à organiser le mouvement ouvrier indonésien et à diffuser idées et pratiques anarchistes. Zhang Ji notamment a vécu quelques temps à Java. A partir de 1909, des maisons de lecture sont créés par des anarchistes d’origine chinoise dans toute l’Indonésie. Des journaux sont publiés, comme le journal anarcho-communiste « Zhenli Bao ». Le journal « Minsheng » fondé par Liu Shifu en 1913 dans le sud de la Chine circule jusque dans les ports indonésiens. Son frère, Liu Shixin, s’installe dans ce qui est alors les Indes Néerlandaises et fait de l’agitation avec quelques complices. Grâce à la diaspora chinoise, des liens sont créés avec des anarchistes depuis l’Indonésie non seulement en Chine et Corée, mais aussi aux Philippines, en Malaisie, en Thaïlande. Plusieurs agitateurs anarchistes d’origine chinoise sont néanmoins arrêtés et expulsés du pays.
En 1920 et 1921, une grande grève secoue l’administration coloniale : plusieurs milliers d’ouvriers et de cheminots de la Deli Railway Company se mettent en grève pour réclamer des hausses de salaire, bientôt rejoints par des employés des postes et des télégraphes. La paysannerie sympathise et fournit des vivres aux grévistes. Les autorités désignent l’inspirateur de la grève : Zhang Shimei, un anarchiste, qui va être exilé en Nouvelle-Guinée.
Quelques Indonésiens étudient dans les universités néerlandaises, et entrent en contact là-bas avec des révolutionnaires hollandais, notamment anarchistes. Sutan Sjarhir, qui deviendra Premier ministre, fréquente assidûment les cercles anarchistes pendant ses études. Il crée ensuite le Parti socialiste en Indonésie et participe à la lutte anticoloniale. Soekarno lui-même, le leader nationaliste, cite régulièrement les écrits anticoloniaux de Bakounine dans ses discours. Néanmoins, il est très hostile au mouvement anarchiste. Il critique ouvertement leur rejet du patriotisme et de l’Etat. Les anarchistes qui l’ont rencontré, quant à eux, lui rétorquent qu’il va seulement remplacer l’oppression des colonialistes par l’oppression de la bourgeoisie locale et autochtone. C’est bien sûr ce qu’il s’est passé.
Lors de la Seconde guerre mondiale, l’Indonésie est occupée par l’armée japonaise, tandis que les Pays-Bas sont occupés par l’armée allemande. Des groupes se battent dans la jungle contre l’occupant japonais. Au bord de la défaite en 1945, les autorités japonaises promettent l’indépendance aux divers anticoloniaux. Toutefois, à la fin de la guerre, les Pays-Bas tentent de reconquérir ces îles, appuyés par les gouvernements britannique et états-unien. Après 4 ans de guerre, la création de la république des Etats-Unis d’Indonésie entérine l’indépendance. Cependant, des luttes internes persistent. De fait, le pouvoir de l’Indonésie se partage difficilement entre le leader nationaliste Soekarno et son lieutenant Hatta, le Parti communiste, des organisations musulmanes et d’autres groupes auto-organisés de pemuda (jeunes combattants) ayant mené la lutte contre les occupants japonais puis hollandais. En 1957, Soekarno invente le terme de « démocratie dirigée » pour légitimer sa dictature, mêlant nationalisme, religion et communisme autoritaire. Un bien beau mélange forcément dévastateur pour la liberté.
En 1965, le général Soeharto profite d’une tentative de coup d’état – dont il semble avoir été l’un des instigateurs – pour prendre le pouvoir et réprimer dans le sang communistes, anarchistes et révolutionnaires de tout poil, mais aussi certaines minorités ethniques et religieuses. La religion est mise à contribution pour inciter aux carnages. Dans un œcuménisme meurtrier, des fanatiques chrétiens, musulmans et hindouistes s’associent à l’armée pour massacrer environ 500.000 personnes. La dictature favorise encore davantage le développement d’une élite accaparant les richesses, avec une politique agressive nommée « Ordre nouveau ». Une société basée sur la « peur rouge » et la chasse à tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à du communisme ou du socialisme est instaurée.
En 1998, en pleine crise économique, une vague d’émeutes met fin à la dictature de Soeharto. L’Indonésie, l’un des pays les plus peuplés de la planète (près de 300 millions d’habitants et d’habitantes), reste aux prises avec les logiques capitalistes, notamment dans l’industrie du bois précieux, du nickel, du charbon, de l’huile de palme pour l’exportation vers l’Union européenne, le Japon, les Etats-Unis, la Chine et Singapour. C’est un des pays les plus inégalitaires, avec une oligarchie qui tient l’essentiel des richesses d’une main de fer. S’y ajoutent des conflits religieux et un conservatisme musulman de plus en plus rigoureux. Comme un peu partout, le capitalisme s’appuie sur d’autres logiques autoritaires pour s’assurer du maintien de son règne du fric et de la hiérarchie.

La nouvelle flamme anarchiste indonésienne
Les racines de l’anarchisme sont profondes en Indonésie, même s’il n’y aura plus à proprement parler de mouvement anarchiste entre les années 1920 et les années 1990. Il existe toutefois dès le début des années 1990 un anarchisme lié à la fois à la contre-culture punk, ainsi qu’à des groupes d’affinités informels. Avant la fin de la dictature, anarchistes et punks sont synonymes et une contre-culture underground se développe à travers fanzines et musique. Dès 1998 et la fin de la dictature, l’anarchisme va reprendre plus de vigueur et se montrer publiquement. Des groupes antifascistes se solidarisent avec des grèves ouvrières, des collectifs organisent des cantines gratuites, tandis que le mouvement punk se rend plus visible. Des brochures de Bakounine, Emma Goldman et Rudolf Rocker sont diffusées en langues indonésiennes. A partir de 1999, un réseau antifasciste se met en place à l’échelle de l’archipel. En août, des membres soutiennent les grévistes de l’usine Rimba Aristama à Bandung. Un lieu d’information anarchiste ouvre aussi à Jakarta, nommé « Brainwashing Corporation ».
En 2006, c’est un réseau anti-autoritaire qui se développe, introduisant la tactique du black-bloc dans les manifs. En 2011, des sabotages contre des distributeurs automatiques de billets ont lieu à Sulawesi, Java et Sumatra, revendiqués par une Fédération anarchiste informelle. En 2013, une série d’actions directes va avoir lieu en solidarité avec les prisonniers anarchistes grecs Spyros Mandylas et Andreas Tsavdaridis. Ces derniers sont accusés d’appartenir à la Conspiration des cellules de feu, groupes menant des actions directes et de guérilla urbaine. Le 26 juin 2013, un étage de l’hôtel Sheraton est incendié. Le 24 août 2013, une école de police à Balikpapan est incendiée. Le 9 janvier 2014, un distributeur automatique de billet est détruit. En avril 2014, au moment des élections législatives, plusieurs attaques ont lieu en plusieurs endroits du pays, parfois simultanément : bureaux électoraux, bureaux de compagnies d’électricité, véhicules de transport des bulletins de vote, centrales électriques. Tous ces sabotages sont revendiqués par des anarchistes.
Les 1er mai sont traditionnellement agités dans les grandes villes indonésiennes. Depuis 2007, des anarchistes de tout le pays et de différentes tendances se regroupent dans les grandes villes pour former des cortèges offensifs. Tout commence en quelque sorte le 1er mai 2007, où des groupes et individus anarchistes de Jakarta, Bandung, Salatiga, Bali, Semarang s’associent pour former un cortège offensif de plus d’une centaine de personnes, s’affichant publiquement avec fracas. L’année suivante, un black-bloc de 200 personnes attaque des grandes entreprises et s’affronte avec la police. Beaucoup sont arrêtés. Cela n’empêche pas la participation active d’anarchiste aux luttes sociales et à l’opposition aux projets de centrales nucléaires les années suivantes.
Les manifs du 1er mai restent des moments pour se regrouper et se montrer. Cela a été particulièrement le cas le 1er mai 2018 à Jakarta, avec un gros black-bloc qui va affronter la police. Un poste de police est incendié. 69 personnes sont arrêtées lors de cette émeute et une forte répression anti-anarchiste va suivre, orchestrée par le gouvernement central avec l’appui des religieux musulmans et du principal syndicat indonésien. Rebelotte le 1er mai 2019, dans un contexte électoral, dans plusieurs grandes villes du pays. Cette fois, le pouvoir sort la carte du complot fomenté par des agitateurs étrangers que seraient les anarchistes et l’Association Internationale des Travailleurs (et travailleuses). Des arrestations ont lieu aboutissant à de lourdes peines de prison et des tortures. Peu de temps avant, le 17 avril 2019, une marche féministe avait regroupé des dizaines de milliers de personnes, évoquant plus largement les conditions des femmes, des homosexuelles, des indigènes, des handicapé-es, etc. Dans la continuité de ce 1er mai, des manifs et émeutes éclatent partout contre un projet de révision du Code pénal et contre l’affaiblissement de la commission en charge de la lutte contre la corruption. Jakarta va connaître une nuit d’émeute particulièrement agitée le 22 mai, avec au moins 6 révolté-es tué-es dans les affrontements.
Plusieurs groupes informels, collectifs et organisations ont émergé ces dernières années en Indonésie. C’est le cas par exemple de la bibliothèque anarchiste autonome Pustaka Catut (« la bibliothèque en colère »), ou encore de l’organisation anarchosyndicaliste PPAS fraternité des travailleurs indonésiens »), créée en 2016, qui a notamment mené des grèves avec les chauffeurs de taxi contre UBER et dispose de groupes locaux à Jakarta et Surabaya. Un groupe local de l’Anarchist Black Cross s’est aussi constitué. Des journaux, des livres, des brochures sont diffusés, notamment via des bibliothèques itinérantes, des solidarités de base avec des travailleurs et travailleuses, des communautés rurales ou des populations victimes des ravages industriels se sont tissées. Dans un pays très religieux, des solidarités se font aussi avec des minorités religieuses discriminées. Les anarchistes s’inspirent aussi des très riches pratiques culturelles d’entraide des communautés autochtones, considérant que ce n’est pas l’anarchisme, mais bel et bien l’Etat qui a été introduit de l’extérieur dans l’archipel indonésien. Le site anarkis.org créé en 2014 participe de la diffusion d’idées subversives dans le pays.
En 2020, les anarchistes sont très présents dans la lutte contre la loi Omnibus, une loi ultralibérale sur le travail. Une fois encore, des émeutes secouent tout le pays. Elles font suite à de multiples initiatives d’auto-organisation pendant la crise du Covid pour pallier les défaillances de l’Etat (cantines, éducation populaire, exercices physiques, etc.). En 2023, la répression anti-anarchiste est toujours très élevée et les groupes et individus repérés se trouvent sous étroite surveillance et sont persécutés. Le spectre anarchiste et anarcho-syndicaliste remplace peu à peu la peur du communisme des années de la dictature. Des groupes anarchistes informels et individus vont alors diffuser cet appel à solidarité internationale :
Dark Nights / jeudi 17 août 2023
Ces dernières années, on a vu une répression massive, de la part de l’État, contre des individus et des groupes anarchistes. Même si parfois il s’agit d’arrestations arbitraires d’individus lambda, on a porté à notre attention des études récentes, financées par l’État, sur l’activité anarchiste en Indonésie.
C’est pour ces raisons et aussi pour protéger nos compas qui sont déjà la cible de l’État, que nous avons besoin de meilleures infrastructures de résistance, en cette époque de contrôle social et de surveillance. La nécessité de cette infrastructure de solidarité, que nous proposons, est une partie de notre continuelle révolte contre l’État et son apparat. Nous ne sommes pas paranoïaques, ni accablé.es par la peur, au fait c’est le contraire : nous voulons frapper plus fort et nous voulons devenir meilleur.es dans l’assaut du ciel.
Vous pouvez soutenir notre projet d’infrastructure de résistance :
Paypal : https://www.paypal.me/PalangHitam
Bitcoin : bc1qdnwyn9pwccngewszyq67azztdc6cznjhj346vt
Groupes anarchistes informels et individus / Ouest Java

Pour l’attaque insurrectionnelle organisée ! Appel à la solidarité révolutionnaire avec les compas anarchistes en Indonésie

Encore une fois, l’État sécuritaire internationale agit contre les tendances anarchistes qui combattent pour établir et maintenir leur résistance en tant que menace pour le système. Les anarchistes d’Indonésie qui ont assez de principes pour mettre en pratique leurs mots sont nos compas de lutte. Dans une atmosphère de répression anti-anarchiste accrue, contre le mouvement en Indonésie, avec la criminalisation du groupe local de l’Anarchist Black Cross, nous faisons appel à la solidarité internationale et à des contacts plus étroits [xcn@@riseup.net], dans un but d’entraide et de projets communs, pour aider les anarchistes frappé.es par la répression et aider à soutenir les infrastructures anarchistes.
En avril 2022, Muh Taufiqrrohman, consultant en sécurité qui écrit pour Startsea [site internet d’analyse académique-politique sur l’Asie du Sud-Est ; NdAtt.] a publié un court article d’analyse, qui fait partie des appels à la répression du mouvement anarchiste en Indonésie. Le langage de cet « expert » en sécurité est clairement tiré des manuels « anti-extremistes » européens. Étant donné que cette analyse n’était pas une menace en l’air de la part de Startsea et du régime indonésien, nous pouvons en tirer des leçons et analyser les stratégies des sociétés de sécurité européennes et américaines, qui ont pour but d’exporter des techniques répressives dans des nouveaux pays, pour adopter des approches communes au niveau local. Une analyse et une application répressive similaire sont mises en place dans d’autres pays et nous pouvons examiner leurs propositions, les comprendre et agir en réponse.
Pour une internationale noire.
Stratsea : Uncoding the Indonesia Lone Wolf Anarchist
Écrit par Muh Taufiqurrohman, rédacteur, consultant en sécurité
https://stratsea.com/uncoding-the-indonesian-lone-wolf-anarchist

Conclusion
Cette brève incursion dans l’anarchisme indonésien démonte deux préjugés :
-  D’abord, que l’anarchisme aurait été un truc d’occidentaux peu portés sur les luttes dans les pays colonisés. C’est bien mal connaître l’histoire de l’anarchisme, dont les plus beaux éclats ont eu lieu le plus souvent dans des pays dits « périphériques » : sans parler de l’Espagne de 36 – qui est alors loin d’être une grande puissance –, l’insurrection en Basse-Californie en 1911 (Mexique), la Makhnovtchina en Ukraine en 1917-1921, la fédération des communes libres de Shinmin (Corée et Mandchourie) en 1929-1931, ou encore la lutte anticoloniale à Cuba en 1894-1905. Dès le départ, des anarchistes posent la question sociale de manière bien plus large qu’une simple opposition entre capital et travail, intégrant les questions de la vie quotidienne, du patriarcat, de la sexualité, de la colonisation, du racisme, de la domination en général.

-  Ensuite, que l’anarchisme concernerait encore aujourd’hui que quelques pays occidentaux dans lesquels il peut s’enorgueillir d’une (faible) dynamique de conflictualité. Or, là encore, il semble bien que parmi les plus beaux éclats de l’anarchisme d’aujourd’hui, c’est encore dans les pays parfois qualifiés de « périphériques » qu’ils ont le plus souvent lieu : Grèce, Chili, Soudan, Iran, Indonésie, etc. Et ces dynamiques locales pourraient bien inspirer des manières d’agir partout ailleurs !
Quoi qu’il en soit, la révolution sociale et libertaire sera internationaliste ou ne sera pas ! Vive l’internationale noire !

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Appel à une AG publique contre les CRA et les frontières

Publié le 2025-04-07 11:00:00

Appel à une AG publique contre les CRA et les frontières

Suite à la manifestation du 30 mars dernier qui n’a pas pu partir à cause de la trop grande présence de keufs, on vous convie à une AG publique afin de réfléchir à comment s’organiser collectivement pour lutter contre les CRA, les frontières et l’enfermement. Ça sera ce mercredi 9 avril à 19h au CICIP (21, ter rue Voltaire à Paris).

En effet ce dimanche 30 mars, il y avait la présence d’une trentaine de BRAV plus quelques camions de keufs sur place de la réunion. Cela faisait aussi suite à un arrêté de la Pref qui prévoyait d’empêcher tout rassemblement aux abords du CRA de Vincennes.
Ce n’est que partie remise.

On vous met ci-bas le texte d’appel à Manif !!

Depuis la loi raciste de Darmanin début 2024, les élections légistalives de juin et leurs 121 députés RN, les politiques de "droite" comme de "gauche" sont en roue libre.
On enchaîne les lois racistes (loi Darmanin, circulaire Retailleau, annonces de construction de CRA), antisociales (RSA, loi kasbarian) ou tout simplement répressives (Comparution immédiates pour les mineurs à partir de 16 ans, pouvoir renforcé des agents de sécu RATP, vidéo surveillance algorithmique pérennisée) pour nous faire chier au quotidien.

Tout ça s’accompagne de discours nauséabonds : grand remplacement évoqué à l’assemblée, "submersion migratoire" martelé sans problème au sommet de l’État, récupération des luttes contre les VSS (Violences Sexistes et Sexuelles) à des fins racistes et xénophobes, obsession pour les OQTF et la répression des "étrangers délinquants". Cela se traduit par des constructions de nouveaux CRA et prisons (10 nouveaux centres prévus pour 2027, une "super-prison" pour les "narco-trafiquants") et la répression des luttes et des révoltes (Nahel, Kanaky, Martinique, instructions et affaires anti-terro de partout)...

Ce racisme décomplexé donne des ailes aux fafs qui à Paris viennent pointer leur sale tête jusqu’à la Gaîté Lyrique occupée par des mineurs isolés, attaquer une projection antifasciste et des manifs de sans-papiers. Le tout dans une ambiance générale carrément apathique...

Pour nous, ce qui se passe aujourd’hui est dans la continuité de l’histoire de l’État francais qui a toujours joué sur la détestation des étranger.e.s ou assimilé.e.s comme-tel.le.s (depuis les immigrations italiennes et polonaises anciennes jusqu’à aujourd’hui) pour justifier une précarisation (des bidonvilles aux cités de transit, à la ségrégation dans les quartiers) et une répression (création des CRA, "Brigade Nord-Africaine" devenue la BAC d’aujourd’hui, meurtres policiers) toujours croissante de ceux-ci.

Un État ne peut se maintenir qu’en créant des frontières permettant de trier des personnes et de créer des divisions entre une soi-disante population « nationale » qui aurait le droit de vivre sur un territoire donné et des « étrangers ». Ces frontières contrôlent, enferment, tuent et continueront de tuer tant qu’elles existeront.

Une perspective révolutionnaire qui viserait à détruire le racisme et toutes les oppressions doit donc inclure la nécessité d’abattre l’État.

Ici, on veut faire une précision importante : le racisme n’est pas spécifique à la droite ou l’extrême droite (même si on l’assimile plus à elles actuellement). Les CRA ont été créés par le PS il y a 40 ans, la gauche (tous partis confondus) sort encore régulièrement des dingueries, en faisant le tri entre les "bons" immigrés qui bossent et "s’intègrent", et les autres. Pour exemples : la CGT réclame la régularisation des sans-papiers qui travaillent, mais pas de tous les sans-papiers, Mélenchon veut "garder" les "étrangers qui payent leur TVA" ou donner la nationalité aux "médecins étrangers", le PS trouve normal de débattre de l’identité nationale... Même les milieux militants s’en remettent parfois au mythe de l’existence d’une "identité" "nationale" française pour combattre le racisme.

Il ne faut rien attendre d’une quelconque autorité, qu’elle se dise de gauche ou de droite, nous devons construire des luttes autonomes pour aboutir à nos fins.
Fuck la politique, son spectacle et son jeu démocratique qui restera à jamais qu’un chien de garde de ce vieux monde qu’il faut détruire.

Les gens n’ont pas attendu ces constats et cette ambiance puante pour se mettre à lutter contre ce système dégueulasse :

En ne citant que la lutte contre les CRA, les retenus se révoltent continuellement contre leur enfermement et brisent ainsi leur isolement, que ce soit par des grèves de la faim, des évasions, ou en foutant le feu. En 2024, au moins 5 incendies ont eu lieu dans des CRA en métropole et plus d’une quarantaine de retenus ont réussi à se faire la belle. Et à l’extérieur des personnes en soutien visent, pleine de rage, la destruction des CRA : tags, parloirs sauvages, liens avec l’intérieur, actions de sabotages et d’attaques contre la machine à enfermer (boîtes privés, état, cogestionnaires de la misère comme france terre d’asile, asffam, etc.)

Lutter contre les cra, les frontières et l’enfermement c’est se révolter ici et maintenant.
C’est ne rien attendre pour exprimer sa rage contre ce monde et ce système qui enferme des personnes parce qu’iel n’ont pas les "bons papiers".
C’est comprendre que pour les détruire, il faut s’attaquer à toutes les autres oppressions, au pouvoir quel que soit sa forme et aux États quels qu’ils soient.

Pour cela on doit se rencontrer, échanger, discuter, s’organiser de façon autonome à nos échelles, sortir de l’atomisation dans lequel on nous maintient.

Cette manif se voudrait donc être modestement un de ces moments de rencontre. En espérant qu’elle puisse lancer une dynamique plus large de lutte !

Multiplions les actions autonomes, les manifs, les tractages, les discussions, les rencontres, les sabotages et les attaques !

Brûle les CRA, les prisons et leur monde de merde
Mort aux pouvoirs, aux partis et aux États
Vive les luttes autonomes, l’auto organisation et la vie libre

Athens,(Greece) : Update on developments regarding the health of comrades Marianna M. and Dimitra Z. (text update 3.4.25)

Publié le 2025-04-07 11:33:29

DEPRIVING PRISONERS OF MEDICAL CARE IS TORTURE

Hands off anarchist comrades Marianna M. and Dimitra Z.

On 31/10/24, following an explosion in an apartment in Ampelokipi, the anarchist armed fighter Kyriakos Xymitiris fell in the battle for social and class liberation, while the anarchist comrade Marianna M., who was also in the apartment, was severely injured, hospitalised and guarded in the ICU of the “Evangelismos” General Hospital. The following days, comrades Dimitra Z., Dimitris and Nikos R., as well as A.K., were remanded in custody.

From the very beginning, state violence was applied to comrade Marianna. With her transfer to Korydallos women’s prison just one day after the second operation she underwent, her hospitalisation was violently interrupted while she still had open wounds on her face, she could not walk or fully care for herself, was dizzy and in pain. The “Evangelismos” General Hospital discharged her as a patient in this condition, knowing full well the miserable environment of the prison to which she would be transferred, where there is not even any kind of hospital and therefore no possibility of providing her with extremely necessary medical care before she fully recovers.

Her torture in Korydallos prison continues to this day. Her serious health condition, as well as the risk of long-term complications, are the result of the deprivation of necessary medical post-operative care. From the very beginning they deprived her of the provision of pharmaceuticals and forced her to stay in cells full of cockroaches, in extremely poor sanitary conditions. While to this day – four months later – necessary and urgent diagnostic tests have not been initiated. To her request to be assessed by a doctor and immediately initiate a brain CT scan requested by an outside doctor who visited her a long time ago, the response of the prison neurologist was “if you don’t fall down with an epileptic seizure, we won’t take you to hospital.” A response that accurately reflects the condition of vindictiveness, punishment, and torture that the rulers impose on anyone who finds themselves captured in the cells of democracy.

To the already heavy situation of confinement was added the appearance of intense rashes and itching in comrade Dimitra. A short time later, the comrade Marianna also showed similar symptoms and only then was the diagnosis of scabies made, while they have been torturing Dimitra for two months with their icy indifference, attributing the symptoms to psychological reasons and administering sedatives to her without having ruled out pathological causes.

The climax of the insult to our comrades was the torture suffered by the comrade Dimitra on Saturday 29/3 evening. After showing a sharp deterioration in her symptoms and developing a fever, she was transferred to Korydallos “Agios Pavlos” hospital, where – among other things – the doctor in charge addressed her by saying “for us you are just numbers”, indicating the already well-known perception of such scumbags about the lives of prisoners. Despite these conditions, the comrade demanded and achieved the obvious, her transfer to the Nikaia State Hospital.

In a clear decision to exacerbate the physical and psychological exhaustion of the comrade, the EOM, following central orders, called the hospital doctors to the transport van, inside which the comrade suffered the torture of a dermatological and gynecological examination using cell phone lenses and in the presence of the cops, with the comrade repeatedly asking them to turn away during the “examination”-torture. She was then transferred to the pathology clinic, as it was deemed necessary to carry out medical examinations. When the comrade requested to speak to the doctor again regarding a problem, the cops refused, saying “we know what they told you, there’s no need.” Tension prevailed, in which a nurse was involved in defending the comrade, who, true to their thuggish methods, the cops pushed away and took the comrade back to the prison.

The comrades are walking the path that hundreds of prisoners take when they are imprisoned. Their torture reminds us of how the state apparatus takes revenge on those who challenge its monopoly of violence, but also on those it considers “excessive”. The sadistic way of treating and torturing prisoners through the deprivation of medical care is yet another means of trying to discipline and oppress them. The lives of prisoners are devalued, considered inferior, thrown to the sidelines, forcing them to claim the obvious and pushing them towards deterioration, physical and mental extermination.

In Korydallos women’s prison, the medical examinations performed on prisoners are minimal and superficial, while when examinations are required in hospital, the wait can be up to three months. In addition, many of the treatments that prisoners were undergoing before being imprisoned are generally prohibited and forcibly interrupted, with serious consequences for their health. The necessary medication that each one needs is prescribed by the prison doctors, but the medicines finally reach the prisoners after even two months. Ultimately, as is largely the case outside the walls, access to basic medical care acquires clear class characteristics, since prisoners are forced to resort to external private doctors to visit them in prison, a process that only those who have the corresponding financial means can support. The rest, the majority, are left to their own devices, victims of the indifference, bureaucracy and vindictiveness of the state machine. Such impositions of state power clearly constitute torture and potential murder.

We remember the dozens of murders of prisoners due to lack of medical care and utter neglect, the dozens of immigrants who are murdered daily in concentration camps, detention centres and police stations, the suicides and the hundreds of complaints by prisoners about inhumane and unsanitary conditions inside prisons. The examples are many and fresh in our memory.

However, we also remember the hundreds of struggles and uprisings carried out by prisoners inside prisons, the fighters who gave their lives to demand basic needs and care inside the cells of democracy. Struggles that continue to this day and will find us by their side, uniting our voices with those of the prisoners.

Comrade Dimitra needs immediate hospitalisation, while comrade Marianna must be taken immediately for a brain CT scan. The administration of Korydallos women’s prison with director Triantafylli Konstantopoulou, the “Evangelismos” General Prison with commander Anastasios Grigoropoulos and deputy Batis Veniamin, the State Hospital of Nikaia as well as the Ministries of Health and Pro.Po. (ministry of justice) bear full responsibility for the torture of our comrades, for the serious risk of deterioration of their health – but also of not fully recovering – to which they have been exposed. We make it clear in all directions, whatever happens to them will have consequences and will not go unanswered.

HANDS OFF THE ANARCHIST PRISONERS MARIANNA M.

AND DIMITRA Z.

 KYRIAKOS XYMITIRIS IS ONE OF US, A COMRADE FOREVER

IN THE STREETS OF FIRE

SOLIDARITY WITH THOSE PERSECUTED FOR THE AMPELOKIPI CASE

UNTIL THE DESTRUCTION OF THE LAST PRISON

Solidarity Assembly for Prisoners,

fugitive and persecuted militants

—–

via: athens.indymedia

Translated by Act for freedom now!

Assemblée ouverte de « Kalimero » jeudi 10 avril

Publié le 2025-04-07 14:00:00

Assemblée ouverte de « Kalimero » jeudi 10 avril

| Kalimero

Kaliméro est une caisse et une assemblée solidaire des prisonnier-es de la guerre sociale. La prochaine aura lieu le jeudi 10 avril à 19h et se tiendra au 19 rue burnouf 75019 paris.

La prison est un des rouages de ce système basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé·e·s d’actes de révolte dont on est solidaires.

Une caisse de solidarité a besoin de continuité. Nous n’avons ni sponsor, ni mécène, aussi avons-nous convenu d’un rendez-vous par mois pour collecter des sous pour alimenter la caisse. Ces rencontres sont également l’occasion d’échanger sur nos pratiques face à la répression, d’assurer le suivi des différentes histoires et de discuter des situations qui se présentent. Elle est également un moment de discussion autour des possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

Dans un souci de régularité, ces rencards ont été fixés le 2e jeudi de chaque mois à 19h, la prochaine réunion Kaliméro aura lieu le jeudi 10 avril au 19 rue burnouf à Paris 19e.

Pour envoyer de l’argent, pour demander des informations, ou pour être tenu·e·s au courant des prochains rendez-vous de la caisse et être inscrit·e·s sur la mailing-list de Kaliméro, écrivez à kalimeroparis(at)riseup.net

Mots-clefs : anti-carcéral
Localisation : Paris 19e

Aperomix à radiogalere contre la taule

Publié le 2025-04-07 14:04:21

Samedi 12 avril, soirée de soutien à une pote enfermée aux baumettes à Radiogalère Friche de la belle de mai



Samedi 12 avril, 19h-00h, Radiogalere Friche de la belle de mai
En soutien a une pote enfermée
❤️ dédicaces ❤️
💫 rap 💫
💥openmike💥
✨ dancefloor ✨
tout ça diffusé en direct à l’antenne et donc accessible aux potes prisonnier.e.s !!
yaura aussi bar & bouffe prix libre

venez nombreux.se pour cette soirée anticarcérale nrv et dter
accès friche de la belle de mai, escalier rouge, premier étage à gauche

on lache rien
ya pas d’arrangement

Peninsula Tesla Supercharger vandalized – Menlo Park, California

Publié le 2025-04-07 21:46:28

A Menlo Park Tesla Supercharger at 325 Sharon Park Drive was vandalized on March 26, 2025. Someone poured super glue on and in the cable handle, rendering it inoperable, according to Menlo Park Police spokesperson Nicole Acker.

Menlo Park Police have no leads or information and there were no witnesses, Acker said. As of April 2, 2025, the Tesla Supercharger map shows all chargers at Sharon Park Drive as operational.

Tesla Superchargers reportedly cost $40,000-$45,000 per stall.

Found on Mainstream News

Lettre de Marianna depuis la prison pour femme d’Athènes

Publié le 2025-04-07T12:49:21+02:00

CE QUI DONNE DU SENS À LA VIE DONNE AUSSI DU SENS À LA MORT

Le 31 octobre, au troisième étage d’un appartement situé rue Arkadias, alors que mon compagnon et combattant Kyriakos Xymitiris manipulait des matières explosives, une explosion a eu lieu, entraînant tragiquement sa mort. En quelques minutes, alors que je me trouvais par hasard dans la pièce voisine, le temps s’est figé, tout est devenu noir, et j’étais incapable de bouger. La situation était incompréhensible, l’évolution inimaginable. Ensevelie sous les décombres, j’essayais de comprendre ce qui s’était passé. Je demandais de l’aide, cherchant du regard mon compagnon. Peu à peu, je réalisais que, bien que le fil de l’action de mon compagnon ait été brutalement coupé, sa vie et ses choix de lutte constitueraient une lueur historique de résistance déterminée, de cohérence et de dévouement, un tremplin et une inspiration pour le combat. Deux silhouettes sont apparues, offrant leur aide, tandis que je leur indiquais l’endroit où j’avais vu mon compagnon pour la dernière fois, cet endroit où nos regards coupables s’étaient croisés, des regards remplis de colère contre le monde dans lequel nous vivons, pleins de foi et d’élan dans les moments de véritable liberté.

En quelques minutes, j’ai été transportée à l’hôpital de garde « Evangelismos ». J’ai immédiatement subi des examens et des opérations. Hématome à la tête et d’innombrables points de suture sur la partie supérieure de mon corps. Je suis restée intubée et totalement inconsciente pendant les trois jours suivants. Un laps de temps suffisant pour que les salauds de l’« antiterrorisme » se précipitent à l’hôpital pour exiger un échantillon de sang. Le lundi, en reprenant mes esprits, j’ai été transférée aux soins intensifs, où je suis restée clouée au lit pendant trois jours supplémentaires. Les conditions là-bas étaient décentes, avec un personnel médical prêt à aider à ma récupération. Cependant, la salle était encerclée par des forces de police qui entraient dans l’unité de soins intensifs pendant les cinq minutes de visite accordées à ma famille.

Deux jours plus tard, j’ai été transférée – sans raison apparente – dans une chambre d’isolement, surveillée par plusieurs policiers statiques et autant d’autres mobiles dans les couloirs et les étages. La porte de ma chambre restait constamment ouverte, ne laissant aucune intimité, même pendant les examens médicaux. Sous le regard « vigilant » de toutes sortes de flics, je devais manger, être examinée, et faire ma toilette. Suivant les ordres, le personnel médical et infirmier adoptait pour la plupart une attitude distante, montrant une empathie quasi inexistante, même pour les besoins les plus élémentaires, comme réaliser un examen sans la présence d’un policier homme.

L’ambiance vindicative a été renforcée par l’insistance de la 22e juge d’instruction du tribunal de première instance d’Athènes à mener la procédure d’enquête malgré ma faiblesse physique et mentale. Après avoir demandé une attestation de ma « fonctionnalité » suffisante, qu’elle a interprétée à sa guise, elle m’a finalement accordé un délai fictif de 30 heures. Elle a ainsi confirmé que sa priorité était ma détention provisoire et ma poursuite en vertu de l’article 187A, une décision déjà prise à l’avance.

Le vendredi 15 novembre, à peine un jour après ma deuxième opération, j’ai été transférée aux prisons pour femmes de Korydallos. Vivre dans ces conditions était difficile. Sous des conditions d’hygiène déplorables et avec des blessures non cicatrisées au corps et à la tête, le mécanisme répressif jouait avec ma santé. Sans les soins médicaux nécessaires, sans accès aux médicaments indispensables. Une situation que toutes les détenues affrontent, considérées comme des citoyennes de seconde zone, sans droit à des soins médicaux, avec des examens médicaux superficiels voire inexistants de la part des médecins de la prison, une interdiction des actes médicaux nécessaires, l’interruption des traitements médicamenteux suivis à l’extérieur, et des mois d’attente pour des examens urgents dans des hôpitaux externes.

 

LA GÉOMÉTRIE DE L’ANTITERRORISME

Alors que j’étais encore inconsciente, quelques heures seulement après l’explosion, l’appareil judiciaire s’est aligné sur les directives de l’antiterrorisme pour élaborer un acte d’accusation monstrueux. La manipulation (d’une petite quantité) de matières explosives et de mécanismes, connue uniquement de mon compagnon Kyriakos et de moi-même, a été qualifiée d’organisation. L’appartement, auquel nous avions accès depuis seulement quelques jours, a été désigné comme un repaire. Les objets légaux trouvés dans l’appartement où je vivais avec Kyriakos, exhibés dans les journaux télévisés de 20 heures, ont été qualifiés de suspects. Avec ces données, l’antiterrorisme me poursuit pour « terrorisme ». À ce stade, je ne me concentrerai pas sur l’aspect juridique ni ne parlerai en termes d’innocence ou de culpabilité. Je refuse d’accepter un acte d’accusation basé sur l’article 187A, surtout lorsqu’il exploite de manière abjecte la mort de mon compagnon. Et je compte déconstruire tout scénario répressif. Cependant, je défendrai jusqu’au bout mon choix d’être dans cet appartement, la nécessité de lutter avec des moyens qui ne se limitent pas au cadre de la légalité bourgeoise, les choix de mon compagnon, sa mémoire et notre relation.

En traçant des cercles concentriques, l’antiterrorisme tisse sa propre toile répressive. Elle place au centre Kyriakos et moi, et avec une géométrie tremblante, elle positionne amis, compagnons et inconnus. Dans le premier cercle, elle arrête la camarade anarchiste Dimitra (qui s’est présentée volontairement) dans une opération digne d’Hollywood à l’aéroport d’Athènes, où – contrairement au féminicide de Kyriaki Griva – une voiture de patrouille jouant le rôle de taxi la récupère à l’aéroport pour l’emmener au quartier général de la police (GADA). La seule « preuve » est qu’elle nous a remis les clés de l’appartement d’Arkadias, à Kyriakos et moi, sous prétexte d’accueillir des connaissances de l’étranger, sans connaître l’objectif de son utilisation. Il est à noter qu’au moment de l’explosion, elle se trouvait à l’étranger, où elle vit depuis plusieurs années. Elle est également poursuivie sous l’article 187A. Dans le deuxième cercle, elle place le camarade Dimitris, qui s’est également présenté volontairement au GADA, restituant les clés de l’appartement d’Arkadias à la propriétaire, comme le lui avait demandé Dimitra. Avec pour seule implication la remise des clés, sans rien savoir de plus et étant au travail au moment de l’explosion, il fait lui aussi face aux mêmes accusations. Vingt jours plus tard, l’« antiterrorisme » complète un autre cercle avec l’arrestation du camarade anarchiste N. Romanos. Dans son cas, le mécanisme répressif a déployé sa vindicte en utilisant une empreinte partielle sur un objet transportable – un sac – trouvé dans l’appartement d’Arkadias. Deux jours plus tard, dans le dernier cercle, A.K. est arrêté, lui aussi sur la base de la preuve risible d’une empreinte sur le même sac. Apparemment, l’« efficacité » des laboratoires de la police grecque a réussi en 20 jours à impliquer deux personnes avec lesquelles je n’ai aucune relation, en exhumant une empreinte, alors que des tonnes de xylène liées au massacre de Tempi n’ont pas été retrouvées deux ans après. Ces deux derniers arrêtés font face au même acte d’accusation bancal.

 

LES ÉBAUCHES DES MÉDIAS

La ligne de l’« antiterrorisme » n’a pas été suivie uniquement par la juge d’instruction, mais aussi par les médias, toujours dociles. Dès le premier instant, ils se sont lancés dans une de leurs habituelles chasses aux sorcières, ciblant et diffamant. Les compteurs des mouchards ont enregistré d’innombrables heures à reproduire et enrichir le scénario mal ficelé de l’antiterrorisme, s’adonnant à leur habituelle construction de profils « coupables ». Avec des acrobaties juridiques, ils ont lié sans preuves des affaires, laissé des sous-entendus, commenté via des télé-flics et des télé-psychologues notre origine sociale, notre caractère, notre psyché. Les mêmes mouchards qui parlaient de sacrifices nécessaires dans le massacre de Tempi, qui déversent des torrents racistes à la moindre occasion, qui couvrent violeurs, proxénètes, flics assassins, et qui s’inclinent depuis toujours devant les armateurs, les industriels et les politiciens.

 

LA TRAJECTOIRE DE L’APPAREIL JUDICIAIRE

L’« antiterrorisme » a ouvert la voie, les médias l’ont pavée, et maintenant l’appareil judiciaire est appelé à la bétonner. Ainsi, la juge d’instruction, à travers des suppositions, tente d’interpréter mes intentions. Avec des alchimies juridiques, elle me poursuit sous la loi antiterroriste 187A, ce qui aggrave automatiquement toute « infraction » que j’ai pu commettre. Par ce choix, elle ne fait pas que faire grimper le tarif des peines, mais reconnaît implicitement l’explosion comme une action organisée et intentionnelle, ce qui, vu les circonstances – une explosion dans un appartement d’un immeuble habité – ne pourrait correspondre à la réalité. Les idées et valeurs anarchistes – contrairement à celles de l’État et du système de pouvoir – ont prouvé au fil des années leur éthique révolutionnaire et leur opposition aux logiques de pertes collatérales. Les attaques anarchistes sont ciblées, mettant en priorité la sécurité des personnes non impliquées. Ainsi, faire exploser l’appartement n’aurait jamais pu être mon objectif ni celui de mon compagnon, malgré les efforts du mécanisme étatique pour nous coller l’étiquette de « danger public ». Le gouvernement a eu l’audace, au-delà de l’instrumentalisation répressive et politique de l’explosion, de verser des larmes de crocodile pour les dégâts matériels du bâtiment, afin de confier la réparation à TERNA, une entreprise notoirement liée à l’État par des contrats directs, impliquée également dans le scandale des barrages défectueux à Volos. Avec toutes ces manœuvres, la juge d’instruction envoie un message clair : toute action anarchiste dépassant les lois sera poursuivie sous le 187A, et quiconque refuse de se soumettre à la loi et à l’ordre imposés par le système sera éliminé de manière exemplaire.

Nous sommes ainsi cinq personnes, dont quatre n’ont aucun lien avec ce qui s’est passé le 31 octobre dans l’appartement d’Arkadias, à devoir répondre à des suppositions et des scénarios fabriqués. Le prêt et la restitution d’une paire de clés pour un hébergement, ainsi que des empreintes partielles sur un sac, non seulement constituent pour la juge des « preuves » suffisantes pour une poursuite, mais sont jugés capables d’attribuer à tous les accusés le même degré d’implication dans l’acte d’accusation.

 

LA RÈGLE GÉOMÉTRIQUE DE TOUTE POURSUITE SOUS LE 187A

Notre cas n’est cependant pas une exception. Les affaires où des combattants sont poursuivis sous la législation « antiterroriste » sont innombrables. Des poursuites qui appellent le monde de la lutte à affronter un système judiciaire prêt à jouer un rôle politique actif, aggravant les chefs d’accusation avec l’usage de la loi antiterroriste, dont l’ambiguïté permet à la justice de l’interpréter à sa guise. Dans le but de contrôler et d’intimider ses adversaires politiques, de réprimer de manière préventive, d’éliminer l’ennemi intérieur et toute forme de violence sociale et politique, la législation « antiterroriste » est l’arme principale de la politique répressive de l’État. En plaçant au centre les expressions armées de la lutte et les pratiques qui défient les lois, la loi antiterroriste impose un régime spécial, tant sur le plan judiciaire que sur celui de l’incarcération. Durcissement des peines, suppression des jurys mixtes, compositions spéciales de juges, salles spéciales et régime juridique d’exception en sont quelques caractéristiques. Cette attaque ne se limite pas à ceux qui choisissent consciemment d’élargir leur action par des moyens armés, mais n’hésite pas à cibler – souvent avec la même intensité – leurs proches, cherchant leur isolement social et politique. La question est simple : qui appellera qui terroriste ? Qui jugera qui ? Comment un système judiciaire, existant pour servir et protéger les intérêts des puissants, la violence qu’ils exercent quotidiennement, l’exploitation et l’oppression qu’ils imposent, peut-il juger le monde de la lutte ? Les véritables sujets exerçant une terreur systématique ne sont autres que les patrons et leurs représentants politiques, ceux que le complexe législatif disculpe depuis toujours, poursuivant ceux et celles qui défient leur domination en proposant une société d’égalité et de solidarité.

 

L’ESPACE ENVIRONNANT LA CONSTRUCTION RÉPRESSIVE

Il devient ainsi évident que l’essence de nos poursuites n’est pas juridique, mais politique, et ne peut être comprise qu’à travers le contexte actuel. Un contexte où l’Occident, qui a tenté pendant des années de laver ses mains des siècles de colonialisme en vendant l’inclusion et les droits, impose désormais ouvertement sa stratégie globale et son hégémonie idéologique. Même dans un climat d’instabilité où les initiatives, les « défections » et les démonstrations – plutôt creuses – de puissance du maître du monde sèment l’insécurité parmi ses anciens partenaires européens, le bloc impérialiste occidental tente de prouver – en vain – sa « supériorité » culturelle et son « progressisme », tout en cherchant à dominer des points d’intérêt géopolitique. L’Union européenne se dépouille irrémédiablement de son masque humanitaire, revenant avec force à la répartition de l’échiquier mondial. Elle joue un rôle décisif dans les évolutions globales, soutenant financièrement et militairement l’attaque d’Israël contre la Palestine combattante, appuyant militairement l’Ukraine, et surveillant ses frontières face à des millions de personnes que sa propre politique a poussées à la migration.

La Grèce ne fait évidemment pas exception. En transformant le pays en une gigantesque base militaire de l’OTAN, l’État grec s’allie activement avec Israël (une alliance qui revêt également des intérêts économiques). Dans un climat d’instabilité, à peine quelques années après les mémorandums, le mécanisme étatique choisit de se concentrer sur les dépenses militaires, le renforcement de l’appareil répressif et la sécurisation de ses frontières, aggravant ainsi encore davantage la situation de la base sociale. Avec des privatisations, l’inflation et la misère, des attaques contre le syndicalisme, les conventions collectives, le système de santé publique et le système éducatif, le gouvernement, prenant le relais de la social-démocratie et de sa stratégie de la carotte et du bâton, passe à une droite néolibérale qui combine – maladroitement – un progressisme assimilable avec le dogme de la loi et de l’ordre. Il tente de s’adapter aux besoins d’un néolibéralisme moderne et progressiste qui, après l’éclatement de la bulle de l’ascension sociale, du yuppisme et des golden boys, ne peut offrir qu’une illusion d’intégration des identités où « tous les bons » ont leur place dans le capitalisme – comme dans une publicité bien ficelée de Benetton. Des identités historiquement exclues obtiennent enfin une « voix », à condition que cette voix ne remette pas en question le système qui les a exclues en premier lieu. Et comme ce progressisme de façade a des jambes courtes – et un réservoir limité d’électeurs –, la loi et ses exécutants sont appelés à faire le « sale boulot » – visant un autre réservoir. Les codes pénaux et correctionnels se durcissent, des unités répressives spéciales sont créées, les corps de police existants sont renforcés, les frontières terrestres et maritimes sont équipées, les patrouilles s’intensifient. Pour chaque « problème », une nouvelle loi ; pour chaque loi, un flic – peut-être formé, certes, aux cas de violence domestique. L’État ne se contente pas de s’armer, il est prêt au combat.

Un combat contre la « criminalité » qui, selon leurs dires, menace fondamentalement l’ensemble social. À chaque coin de rue, un « crime » a lieu, perpétré par des bandes armées de mineurs, d’adultes, de migrants, de locaux, de pauvres hères, de barons, de supporters, d’organisés ou de désorganisés, et l’État, en tant que régulateur autoproclamé de nos vies, nous propose obsessionnellement des peines plus sévères et plus de police – qui, d’une manière ou d’une autre, finit toujours par être impliquée dans les « crimes » qu’elle réprime. Dans un contexte où le mécanisme étatique n’a rien à offrir sinon une poigne répressive et pénale, il transforme le dogme « Loi et Ordre » en ligne directrice centrale du gouvernement.

Dans une telle ligne, l’ennemi intérieur est identifié dans tout groupe social qui perturbe le climat de « sécurité ». Migrants, toxicomanes, « misérables », fractions en lutte. Et bien sûr, dans cette liste, le mouvement anarchiste ne pouvait manquer. Un mouvement qui, historiquement et fièrement, engendre parmi ses rangs des combattants et des combattantes qui agissent de manière tranchante et décisive contre l’État et le pouvoir. Ce sont ces initiatives qui défient la domination, créent des conditions dynamiques, proposent des solutions ici et maintenant, et déconstruisent le monopole étatique de la violence. À travers la diversité des moyens de lutte, le mouvement anarchiste a prouvé sa place dans le cours de l’histoire. Une place où les logiques d’attente n’ont pas leur place, où les limites de la légalité bourgeoise semblent insignifiantes face aux années de violence de l’État et du capital, où le lourd manteau de la responsabilité repose d’abord et avant tout sur nous. Où la vision d’un monde d’égalité et de solidarité commence aujourd’hui, où le compromis n’est pas une option, où l’attaque contre la barbarie du système est une « décision volontaire empreinte d’une profonde empathie », et le passage à la contre-violence révolutionnaire, une conséquence logique et un outil nécessaire. À cet ennemi intérieur, le message est clair : quiconque ne s’assimile pas sera éliminé.

 

LE COMPAGNON, LE LIANT ET LE BÂTISSEUR

Non omnis moriar

(Je ne mourrai pas entièrement, quelque chose de moi restera vivant)

Le camarade Kyriakos Xymitiris s’est lui aussi rangé parmi ces ennemis intérieurs déterminés. Un homme d’une clarté cristalline et révolté. Un compagnon qui a allié la théorie à la pratique, qui s’est lancé dans la lutte et a vécu sa vie pleinement, assumant la responsabilité de son rôle historique. Comprenant son identité politique dans toute son ampleur, il n’a pas cédé aux logiques de procrastination et d’inaction, ne s’est pas reposé sur ses lauriers, a lutté contre vents et marées, a rêvé et a pris position dans la bataille. Sur un chemin parsemé de carrefours, Kyriakos choisissait toujours le bon sentier. Tantôt praticable, tantôt ardu, tantôt visible, tantôt invisible. À travers son parcours de lutte, sa participation sans compromis à toute l’étendue du mouvement anarchiste, le compagnon incarne un combattant anarchiste consciemment multidimensionnel, capable de condenser la mosaïque particulière des formes et expressions de lutte que l’anarchie englobe. En réalisant sa propre transcendance individuelle, il a adapté sa vie aux exigences et aux besoins de la résistance, choisissant un mode de vie synonyme de lutte. Avec sensibilité, empathie, autocritique, combativité et détermination, il a servi la lutte anarchiste. En participant à des processus ouverts, des occupations, des gardes, des luttes syndicales, des maraudes féministes et antifascistes, des actions et des affrontements, il a voulu contribuer à l’acuité de l’anarchie. Cherchant avec obstination et persévérance des moyens de contrer la violence quotidienne de l’État et du capitalisme, il a exploré les pointes armées de la lutte, déplaçant le conflit au cœur de la domination et démystifiant la violence des oppresseurs. Les yeux toujours tournés vers la Cause Révolutionnaire, il s’est jeté dans la bataille avec tous les moyens à sa disposition.

Assassiné par le monde du pouvoir qu’il a tant combattu pour changer, que sa mémoire subversive devienne un appel à la lutte. Que sa mémoire arme les esprits et les mains des combattants et des combattantes. Honorons nos morts loin des logiques donquichottesques et défaitistes, avec la poursuite et l’intensification de la lutte, avec tendresse et honneur.

Que le 31 octobre reste gravé dans l’histoire comme un parcours de lutte, une journée de responsabilité, un moment de résistance. Car la lutte ne tolère ni compromis, ni cloisonnements, ni égoïsmes. Elle ne rentre pas dans les lois, les contrats ou les limites. Car la lutte exige détermination et vision. Elle demande foi et dévouement, des relations authentiques et généreuses. Car la lutte a besoin d’êtres humbles et prêts. Des êtres véritablement révoltés et cohérents. Des gens comme Kyriakos, cet homme magnifique

qui a rempli le ciel de son étoile,

aux côtés de tant de camarades,

qui, par leur lumière – même derrière les barreaux –,

parviennent à éclairer nos nuits les plus coupables.

Nous avons raison, nous vaincrons.

KYRIAKOS XIMITIRIS IMMORTEL

L’ÉTAT ET LE CAPITAL SONT LES SEULS TERRORISTES

FORCE ET SOLIDARITÉ À TOUS LES CAMARADES ENFERMÉS

LA SOLIDARITÉ EST L’ARME DES PEUPLES

Marianna M.

 

Massa (Italie) : L’Inquisition travaille

Publié le 2025-04-08 00:00:00

La Nemesi / lundi 7 avril 2025

L’Inquisition travaille.
Des requêtes allant des cinq ans et six mois aux sept ans de prison, pour les inculpés du procès de Massa, issu de l’opération Scripta Scelera.

Mardi 1er avril a eu lieu à Massa l’une des audiences les plus importantes du procès contre quatre anarchistes sous enquête dans l’opération Scripta Scelera, à cause de la création et de la diffusion du bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny. À partir de midi, sur la place Palma, il y a eu des interventions faites à la sono et une diffusion de tracts et à 15 heures les compagnons solidaires présents sont entrés dans la salle.

Au cours de l’audience, le procureur Manotti, de la Direction anti-mafia et antiterrorisme du district de Gênes, a prononcé son réquisitoire et ensuite il a exposé ses requêtes de condamnation des inculpés, en ce qui concerne les deux chefs d’inculpation : provocation aux crimes et délits, avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme (et aussi d’apologie de délits de terrorisme) et offense à l’honneur ou au prestige du Président de la république. En revanche, il n’a pas demandé de condamnations pour la circonstance aggravante d’avoir perpétré les faits par le biais d’instruments informatiques ou télématiques.

Voici les requêtes : sept ans de prison pour Gino, six ans pour Luigi (avec la révocation de la suspension de la peine pour une ancienne condamnation, qui lui avait été infligée par le tribunal de Ravenna), cinq ans et six mois chacun pour Gaia et Paolo. Mardi 8 avril, toujours à 15 heures, au tribunal de la place De Gasperi, il y [a eu] l’audience avec les plaidoiries de la défense et la sentence.

Avant de faire quelques courtes réflexions, nous rappelons que ce procès – à l’exception du délit d’association subversive, dont ils étaient accusé au début – concerne quatre inculpés, ceux pour lesquels, en janvier 2024, a été ordonné ce procès avec jugement immédiat et qui se trouvaient à l’époque aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions, tandis que, pour les autre six inculpés, la procédure est encore dans la phase d’enquête.

Depuis beaucoup de temps, l’appareil répressif essaye avec acharnement de « stopper » les anarchistes. Avec les procédures qui se sont suivies au fil des années, contre des journaux, on nous « reproche », en substance, d’être ce que nous sommes et en particulier avec Scripta Scelera l’État voudrait frapper l’agitation et la propagande anarchiste. La volonté éhontée de faire taire les publications révolutionnaires, ainsi que de diaboliser les actions d’attaque contre l’État et le capitalisme, montrent la vraie essence du visage permissif de l’État et de ses « libertés d’expression », notamment en temps de guerre. Sept ans de prison uniquement pour avoir publié un journal – la soixantaine de numéros de Bezmotivny ; à notre connaissance, il s’agit de la requête de condamnation la plus haute qui a jamais été faite, dans un procès contre les anarchistes, par rapport à ceux qui, objectivement, sont des « délits d’opinion ». Les idées anarchistes sont évidemment dangereuses, parce qu’elles débordent d’une urgence de vie, parce qu’elles exhortent à ne pas passer notre existence à genoux, parce qu’elle parlent de la volonté de bouleverser radicalement ce vieux monde, parce qu’elles suggèrent une méthode de lutte, parce que…

Quoi dire d’autre ? L’avertissement de la nouvelle inquisition, chapeautée par les parquets antiterrorisme et par la police préventive, est évident : devant la conjugaison théorique-pratique de l’anarchisme, soit le silence, soit la condamnation. Pourtant, s’ils essayent de nous convaincre que tout ça n’en vaut pas la peine, ils se sont vraiment trompés…

3 avril 2025

[Nigéria] Evasion de 12 prisonniers à Kogi !

Publié le 2025-04-08 06:04:40

Volé dans la presse, le 24 mars.

Tôt le matin du lundi 24 mars, une évasion a eu lieu au centre correctionnel fédéral à Koton Karfe, dans l’état de Kogi. 12 prisonniers se sont échappés à cette occasion, passant par la tour sans causer de dégât structurel à la prison, détériorant des cadenas de leur section. 5 prisonniers ont malheureusement été rattrapés par les autorités. On souhaite aux 7 restants bon vent et de ne jamais être retrouvés !

 

[Nancy] Jeudi 24 avril : Le procès des malfaiteur⋅euse de Bure, le retour !

Publié le 2025-04-08 06:10:56
Infos locales Antifascisme – Extrêmes droites

[Nancy] Prochaine séance du séminaire antifasciste "Mario Club"

Le séminaire antifasciste Mario Club se tient un samedi par mois. Il a pour but de former toutes les personnes qui le souhaitent à l’histoire du fascisme et de l’antifascisme.
Prochain rendez-vous le samedi 13 décembre, de 10h à 12h

Alzen 18 avril - Soirée de soutien à la lutte contre un projet minier en Ariège

Publié le 2025-04-08 08:25:00

Aujourd’hui en Ariège, rien qu’entre l’ancienne mine de Salau et « la laverie » d’Eylie, 900 000 m³ de résidus miniers s’infusent dans les sols et les eaux. On y trouve de l’arsenic, du plomb, de l’antimoine, de l’amiante et tout un tas d’autres substances toxiques. Des déchets, que des industriels nous ont gracieusement laissés pour les prochaines centaines d’années à venir… Et ces chiffres, tirés de plusieurs études d’impacts, ne prennent pas en compte la totalité des résidus miniers restés dans la vallée du Biros.

Mais ce n’est pas tout ! En juin 2024, la société Néométal a déposé un permis de recherches de mines qui s’étendrait sur 100 km2, en espérant que le sous-sol ariégeois fera une fois de plus tourner la planche à billets. Sous les montagnes se trouverait un gisement de tungstène, et il y aurait même de l’or ! Autrement dit, il y aurait de quoi mettre du beurre dans les épinards de certain.e.s tout en empoisonnant ceux des autres…

Comme pour une grande partie des minerais sortis de terre, la Commission européenne considère le tungstène, un métal très résistant, indispensable pour le développement économique, industriel et militaire des États. Un développement qui nous mène droit dans le mur, au profit du capitalisme qui ravage toujours plus le monde.

Bien qu’elle ne se soit jamais arrêtée en dehors de l’Occident, la guerre est actuellement dans la bouche de tous les dirigeants. Dans une sinistre course à la croissance, l’État français est aujourd’hui le 2e exportateur mondial d’armes. Mais Macron souhaite nous pousser vers une économie qui viserait à en produire encore plus, pour désormais défendre l’Europe…

Quelle idée de génie !

Il nous faut donc continuer à empoisonner les territoires et les populations pour pouvoir construire des armes qui serviront à anéantir la chair à canon d’un autre État. De son côté "l’ennemi", construit de toutes pièces, en fera tout autant. La bourgeoisie continuera de s’enrichir sur notre dos et nous enverra au front… Puis quand les ordures qui nous dirigent se décideront enfin à faire la paix, la population qui aura survécu devra tout reconstruire… La boucle sera alors bouclée, et nous pourrions repartir pour un tour de manège dans une paix sociale basée sur l’exploitation et la domination par ceux qui produisent les guerres.

Heureusement, ce scénario abominable peut encore changer !

Où que nous soyons sur la planète, chaque grain de sable dans les rouages de la guerre, et le monde qui la produit, compte.

Si Néometal espère extraire du tungstène en Ariège, s’y opposer avec les moyens que l’on estime nécessaires, semble être la seule issue possible pour mettre un frein à leurs projets de mort.

Contre la guerre, contre leur paix !

Attaquons-nous aux projets miniers, où qu’ils soient !

Tract en pdf :

PDF - 1.2 Mo

RSA : Renseignement Sans Autorisation

Publié le 2025-04-08 10:00:00

Depuis janvier, la réforme du RSA est entrée en application. Les bénéficiaires seront à présent inscrit·e·s automatiquement à france travail et s’engageront via un Contrat d’Engagement à faire 15 à 20h d’activités (formation, bénévolat…). En cas de non-respect, on te sucre tout ou partie de ton RSA. Le contrôle et les sanctions commencent à s’appliquer et seront généralisées d’ici juin. La généralisation des plateformes locales d’insertion est prévue pour aider la réforme. Localement on a Nord Emploi. Ce site a été piraté début février, avec une fuite massive de données de toutes les personnes au RSA ces dernières années. La communication de cet événement malencontreux nous a fait découvrir la liste impressionnante de données qu’ils collectent auprès de nombreux organismes et centralisent sans notre accord. Des données sensibles, et très mal protégées, comme l’illettrisme, la densité de notre réseau amical, nos maladies… Tous les moyens sont bons pour accentuer le contrôle de tous et toutes et ils nous mettent la pression pour que l’on donne ces infos… qui sont facultatives ! Donc flics ou CAF, on a rien à déclarer. N’hésitez pas à vous rapprocher du Café des allocs (infos dans l’agenda) pour ne pas rester seul·e !

Invitation à des actions de protestation contre le sommet de l’OTAN, à La Haye, juin 2025

Publié le 2025-04-08T20:41:15+02:00

Le prochain sommet de l’OTAN se tiendra dans le contexte de la plus grande crise de l’OTAN depuis sa création en 1949. Lorsque les dirigeants se réuniront à La Haye les 24 et 25 juin 2025, ils seront confrontés au fait que le principal acteur de l’OTAN, les États-Unis d’Amérique, bouleverse l’« ordre mondial » établi et redéfinit les identités des « ennemis » et des « alliés », afin de poursuivre son propre programme stratégique mondial.

Le programme de politique étrangère de Trump – l’isolement et la défaite de la Chine – n’est pas nouveau, mais sa détermination à mettre fin à la guerre par procuration de l’OTAN en Ukraine, à détacher la Russie de l’alliance avec la Chine, a jeté la plupart des dirigeants européens dans la tourmente. Ces dernières années, l’Occident a consacré des sommes considérables au financement de l’effort de guerre de l’Ukraine, dans le but d’infliger une défaite militaire à la Russie et d’accueillir l’Ukraine au sein de l’OTAN. Résultat : des centaines de milliers d’Ukrainiens et de Russes sont morts, le massacre étant financé par des ressources prélevées sur le bien-être des citoyens des pays de l’OTAN, plongeant des millions d’entre eux dans la pauvreté et une austérité toujours plus grande. Le risque de guerre nucléaire s’est accéléré, les principaux bénéficiaires étant les marchands d’armes, les marchands de mort.

La crise dans les pays européens de l’OTAN n’a pas empêché la poursuite et l’expansion du rôle mondial de l’OTAN, de ses opérations militaires, de sa présence croissante sur tous les continents, de son empreinte carbone mortelle et de sa liste croissante de partenaires et d’alliances – conçue pour appuyer la complicité de l’OTAN dans l’agenda anti-chinois des États-Unis, dans leur quête de maintien de la domination mondiale.

Le conflit au sein de l’OTAN accélère la militarisation de l’Europe, qui s’est considérablement développée avec la guerre en Ukraine. Craignant le retrait des États-Unis d’Europe, certains dirigeants européens prévoient d’augmenter massivement les budgets militaires, non seulement pour se conformer aux exigences de Trump, mais aussi pour construire une alternative militaire européenne à la dépendance à l’égard des États-Unis. Une course massive aux armements est désormais en cours, qui aggrave la crise et la probabilité d’une guerre, et appauvrit les populations. La militarisation de l’Europe n’est pas nouvelle, mais l’ampleur de la militarisation et des dépenses militaires est, hormis les deux guerres mondiales, historiquement sans précédent. Il s’agit de la préparation d’une guerre contre la Russie et d’autres « rivaux stratégiques ».

Nous apportons tout notre soutien et notre solidarité aux mouvements néerlandais qui organise un contre-sommet, prévu le samedi 21 juin, et une manifestation le dimanche 22 juin. Le réseau « Non à la guerre – Non à l’OTAN » participera activement aux événements internationaux contre le sommet de l’OTAN.

Nous nous mobiliserons pour soutenir ces événements et nous invitons tous les peuples épris de paix à nous rejoindre pour relever le défi de la construction d’un monde meilleur, sans la machine de guerre de l’OTAN et ses structures d’oppression.

https://www.no-to-nato.org/2025/03/investir-dans-la-paix-pas-dans-la-guerre/

Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) : Retour de balade

Publié le 2025-04-09 00:00:00

reçu par mail / mercredi 9 avril 2025

La montagne n’a ni bouche ni bras pour se défendre.
En ce début de printemps 2025 à Saint Jean de Maurienne, des dégradations lourdes ont été occasionnées sur un convoyeur transportant les entrailles sacagées de la montagne, ainsi que des engins de chantier, pour les mettre hors d’état de nuire. Ces dégradations étaient accompagnées des messages « TELT casse toi » et « Projet Inutile ».

Nous sommes opposé.e.s à la nouvelle ligne TGV Lyon Turin et revendiquons ces dégradations dont le but est clair : ralentir les chantiers, décourager les maitres d’oeuvre et encourager les oppositions.
En aucun cas nous ne souhaitons porter atteinte aux personnes qui travaillent sur le chantier.
Abandonner un projet parce qu’il est ruineux, caduque et dévastateur, c’est possible. Bottons TELT hors de la Maurienne et rendons impossible la construction des tunnels !

 

[in English]

Niort : « L’action directe continuera tant que je vivrai… »

Publié le 2025-04-09 00:00:00

Libération / mardi 8 avril 2025

Gare de Niort, octobre 2024

Depuis septembre, un étrange phénomène frappe les rues de la préfecture des Deux-Sèvres : une fois par mois environ, un véhicule sorti des usines d’Elon Musk prend feu. «Libé» a suivi les traces du pyromane, jusqu’à le débusquer [c-à-d : une écrivaillonne de Libé a posté une annonce sur Indy Nantes et les compas ont bien voulu lui répondre ; NdAtt.].

L’épaisse fumée de la cigarette électronique d’Ivana s’écrase contre la vitre de sa Tesla. «Pour la garer, maintenant, je choisis un lieu où il y a du passage et des caméras», explique la vingtenaire. A Niort (Deux-Sèvres), où cette commerciale travaille, un étrange phénomène court les rues depuis septembre. Au moins une fois par mois, quelque part en ville, une voiture de la célèbre marque américaine prend feu au cœur de la nuit. Sorte de roulette russe du pneu cramé. De jeu des Loups-Garous version bagnole calcinée. Rien que sur le parking où son véhicule électrique fait le plein, les flammes ont sévi en octobre et aucun conducteur ne prend depuis le risque de s’absenter le temps de la recharge. La jeune femme enrage : «C’est honteux, on crame pas des voitures pour des opinions politiques, tout comme on n’achète pas une Tesla pour Elon Musk.»

Forcément, face à ces feux en série, l’hypothèse d’une action anti-Musk est la première envisagée. Manifestations , véhicules rayés, incendies de concessions… Ces derniers temps, les dégradations à l’égard de la marque du milliardaire s’accumulent au fil des frasques de son grand patron. Notamment depuis le salut nazi du bras droit de Trump en janvier. Les soutiens à l’extrême droite et les coupes franches dans les administrations américaines sont d’ailleurs l’une des explications de la chute des ventes de Tesla de 13 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période l’an dernier et l’effondrement de l’action de la marque d’Austin de plus de la moitié depuis le record du 17 décembre 2024. Mais dans le cas de Niort, le doute plane encore : l’homme le plus riche du monde est-il la cible du coupable, toujours recherché ?

Pour commencer, les dates ne coïncident pas : les premiers incendies ont eu lieu bien avant le geste polémique du big boss. Ensuite, outre la dizaine de Tesla cramée, au moins deux véhicules de luxe ont aussi été visés. Une Porsche et une Aston Martin. Dans les rues beiges de la ville, des traces noirâtres se mêlent désormais au décor. Ici sur des branches carbonisées, là sur une palissade autrefois immaculée. Ces traces, Libé les a suivies, et a remonté la piste de l’incendiaire en série de Niort.

La poisse de Stéphan

En ce moment, pas mal de monde charrie Stéphan. Les collègues, déjà. «Ils m’ont demandé si j’avais essayé de faire un barbecue»,raconte ce commercial du BTP, par ailleurs végétarien. Et les pompiers, aussi. «Encore vous ?» lui lancent-ils goguenards, le 10 mars. Les hommes du feu éteignent alors pour la deuxième fois en quelques mois un incendie en bas de chez lui, route d’Aiffres. Des flammes qui, de nouveau, réduisent en cendres une Tesla blanche, son véhicule de fonction.

La première fois, c’était le 15 septembre. «Mes voisins avaient entendu du bruit et des voix, mais j’ai d’abord cru que c’était accidentel», rapporte le quadra à fines lunettes. A la deuxième Tesla HS, le doute se dissipe. Cette nuit-là, les policiers rappliquent, très agacés. Vingt minutes plus tôt, leur patrouille est passée devant l’allée du Niortais sans rien observer d’anormal. «Ça fait un certain tempsqu’on surveille toutes les Tesla », lui expliquent les agents.

A ce moment-là, cela fait aussi un certain temps qu’ils cherchent le coupable. Depuis septembre, une enquête est ouverte au chef de «destruction volontaire par incendie» par le parquet de Niort. Mais pour l’heure, le serial incendiaire ne cesse de s’évaporer. Sans jamais laisser sur les lieux un indice sur ses motivations. Depuis son salon, Stéphan a vue sur la place de parking encore carbonisée. Regard mélancolique devant un buisson lui aussi touché : «Les feuilles cachaient la route l’été… C’est dommage.» A ses pieds, son chien, un shih tzu aux poils emmêlés, soupire de concert.

Le zen de Didier

Bermuda, gambettes bronzées et bracelets perlés façon surfeur, Didier vit à quelques mètres de Stéphan, dans un quartier tranquille du boulevard Charles-Baudelaire. Le quinqua se décrit comme «le sixième de la bande». Comprendre : le sixième à avoir vu sa Tesla finir au bûcher, le 18 novembre. Lorsque les pompiers sont arrivés cette nuit-là, le propriétaire les a médusés. Le feu a pris devant sa palissade, juste à côté d’un autre de ses véhicules : son précieux combi Volkswagen. La portière droite de ce dernier commençait à flamber, mais qu’importe. Didier est monté à bord, l’a démarré et déplacé. Son voisin, Stéphan, en pouffe encore : «Je crois qu’il s’est fait un peu fait gronder.»

Didier n’a jamais envisagé la possibilité d’une action anti-Musk. Le Niortais n’en a d’ailleurs pas grand-chose à faire de ce milliardaire. Au chômage lorsque le feu a pris, il a acheté sa Model 3 à 40 000 euros en 2023 dans l’espoir de la revendre un an plus tard. Idéalement, un peu plus chère. «Le problème, c’est qu’Elon Muska décidé de baisser le prix du neuf », regrette-t-il. L’autre souci, c’est qu’il ne reste aujourd’hui de l’automobile plus que le coffre. Et les 35 000 euros que l’assurance a bien voulu lui reverser.

Pour démasquer le coupable, le quinquagénaire a vérifié la caméra de son jardin. Mais sur les images, personne. Seule «une boule de feu»scintille. Avec le recul, Didier préfère en rire : «J’aimais bien ma Tesla, c’était une voiture de feignant, avec une seule pédale.»On lui demande dans quoi il roule maintenant. Moue déçue d’un enfant : «Une Renault Zoe.»

La galère de Simon

«Votre pneu avant droit est dégonflé.» Simon a reçu cette notification à 2h18, le 15 octobre, alors que sa voiture se consumait entièrement. Lui aussi a perdu sa Tesla à côté de chez lui, avenue de Limoges. Le genre de voie sur laquelle les voitures rasent les maisons toute la journée. «Un policier m’a dit qu’une canette de Schweppes remplie d’essence avait été retrouvée dans un buisson près d’un autre incendie. Mais depuis, je n’ai plus de nouvelle», rapporte l’homme de 24 ans.

Alternant en cybersécurité, Simon faisait le trajet Niort-Nantes pour travailler. 1 h 40 aller, 1 h 40 retour. Après l’incendie, l’étudiant aux bouclettes blondes a dû se débrouiller, entre véhicule de prêt et covoiturage. «J’ai fini par me dire que j’allais être viré», se rappelle-t-il. Finalement, une solution est trouvée : les jours où Simon n’a pas de voiture, il se rend en train au siège de sa boîte… à Paris. Trois fois plus loin que Nantes, mais plus accessible depuis Niort. «J’ai tenté un nombre incalculable de fois de demander un geste à Tesla, on m’a envoyé balader», regrette-t-il avec amertume. Libé, qui a aussi contacté l’entreprise pour des renseignements, n’a pas eu beaucoup plus de chance.

Qui a fait le coup ? Le rapport d’expertise a seulement permis de conclure que le feu était parti du coin avant droit de sa voiture. Pendant un temps, le jeune homme a eu l’espoir de résoudre le mystère grâce au mode Sentinelle, une fonctionnalité filmant les abords de sa Tesla. Mais la clé USB stockant les images a elle aussi été détruite par les flammes. Désormais, Simon ne dispose que d’un seul et maigre indice : une tentative d’ouverture de sa poignée de portière, enregistrée par le véhicule à 2 h 16.

Le blues de Christian

Les fleurs de sa boutique respirent la joie de vivre. Mais le regard de Christian se perd dans le vide. Le chef d’entreprise de 47 ans ne se remet pas de la perte de sa voiture, survenue le 22 octobre. Sans cesse, il se repasse le film. L’anniversaire de sa femme dans un bon resto, le choix d’y aller avec son véhicule fétiche et celui enfin de le « faire dormir» une fois, «juste une fois», dans la rue. La fois de trop : son Aston Martin aussi a goûté aux flammes. «Je ne suis pas millionnaire, j’ai acheté cette voiture pour 55 000 euros. C’était le fruit du travail et de sacrifices. J’en rêvais et j’avais la ferme intention de vieillir avec», raconte-t-il, la gorge nouée.

C’est le klaxon devenu fou de son véhicule qui l’a réveillé ce soir-là. En chaussettes, le quadra s’est précipité dans la rue : comme celle de Simon, sa voiture était garée avenue de Limoges. Et comme celle de l’étudiant, les flammes s’étaient déclenchées du côté avant droit de l’engin. L’expertise a confirmé que l’incendie était volontaire. «Cette voiture avait un dessin superbe. Quand j’avais un coup de mou, j’allais faire un tour avec et ça allait mieux. Quand je la voyais, j’avais toujours ce petit coup de cœur, celui de l’amoureux», s’émeut Christian. Dans ses yeux, une lueur brille. Avant de s’éteindre aussitôt : «Qu’est-ce que j’ai fait de mal à ceux qui l’ont brûlée ?»

La colère de l’incendiaire

En octobre et novembre, deux feux de Tesla ont frappé le parking de la gare de Niort. Des restes d’aluminium cramé jonchent encore le sol. Le 28 novembre, un véhicule s’est embrasé avenue Léo-Lagrange. L’un des volets de la maison du propriétaire, noirci et gondolé par les flammes, demeure baissé. Dernièrement, le serial brûleur a élargi sa zone d’action à Chauray, à environ 12 km de Niort. Deux Tesla appartenant à une mutuelle sont entrées en combustion, le 18 mars. Le maire Claude Boisson (sans étiquette) s’étonne : «On est une ville très calme, ici les véhicules ne brûlent pas. Ou s’ils brûlent, c’est pour une histoire de court-circuit.»

Le même jour que ce feu, une publication intrigante est apparue sur Internet. Sur le site militant de Nantes Indymedia [ou ici ; NdAtt.], un article signé par «des anarchistes» relate : «Afin de bousculer le quotidien de petits-bourgeois, ou du moins, d’individus se comportant comme tels, quinze de leurs voitures ont été incendiées dans la région de Niort.» Des feux non accidentels, insistent-ils, sans pour autant les revendiquer.

Libé a tenté de contacter l’auteur. Et a un jour reçu un mail anonyme : «Nos échanges se feront uniquement via chiffrement.» Condition acceptée. «Je suis un des militants à l’origine de ces actions», se présente l’internaute. En guise de preuve, il nous fournit une liste des adresses précises de certains feux. Ainsi que des plaques d’immatriculation concernées. On l’interroge sur ses motivations. D’emblée, il éclaire : «Le salut nazi d’Elon Musk n’a pas été le déclencheur.» Même si le geste a, concède-t-il, «renforcé la cause anticapitaliste et antifasciste, en établissant publiquement un lien évident entre le capitalisme et la montée de l’extrême droite, notamment du nazisme».

D’après notre interlocuteur, les militants ont voulu viser «la bourgeoisie». «Parce qu’il est indécent et provocateur que certaines personnes se permettent d’acheter et de parader dans la rue avec des véhicules de luxe […] alors que d’autres survivent à peine», s’indigne-t-il. Pourquoi avoir surtout visé les Tesla ? Car c’est «un Big Brother sur roues, et dans une société dans laquelle la technologie prend une place croissante au détriment des libertés et de l’environnement, il est plus que nécessaire d’agir». La façon dont ils mènent leur combat, admet-il, a peu de chance d’être «audible par les propriétaires des voitures incendiées» . Toutefois, il continuera. Dans un dernier échange, on lui demande s’il compte ressortir le briquet bientôt : «L’action directe continuera tant que je vivrai, sous différentes formes et à différents endroits.»

 

[in English]

Broken windows and damaged Tesla electric vehicle chargers. – Bloomington, IN

Publié le 2025-04-09 18:51:21

According to a message posted Thursday morning in a Slack channel by Victoria Crawley, Head of Operations at The Mill, multiple buildings including The Forge, The Mill, and The Kiln were vandalized overnight. Crawley confirmed that all staff and members are safe and that The Mill is working with the Bloomington Police Department to ensure ongoing safety.

At The Forge, several windows were shattered, including a high window near the top of the building. Workers were seen cleaning up the broken glass Thursday as construction managers surveyed the damage. A person at the site said one of the windows alone would cost at least $1,000 to replace, suggesting total repair costs could run into the thousands.

Across town, several Tesla Superchargers located outside the Fresh Thyme Market on Bloomington's west side were also vandalized. Foam was used to fill in the charging connectors — a tactic reminiscent of vandalism targeting downtown parking meters in Bloomington several years ago.

Found On Mainstream Media

Vandalism at Michigan Tesla manufacturing site under investigation – Cascade Township, MI

Publié le 2025-04-09 21:48:13

The vandalism allegedly took place between March 28 and March 31 at the manufacturing site located at 5460 Executive Parkway SE in Cascade Township, police said.

There was minor damage to one of the building's windows, the Kent County Sheriff's Office confirmed.

Found on Mainstream News

De Gaza à Paris, vive la résistance autonome !

Publié le 2025-04-09T09:13:43+02:00

La résistance palestinienne est largement évoquée depuis le début du mouvement pro-palestinien(et même avant). Elle demeure un concept ambigu, dont la définition et les limites varient d’un point de vue à l’autre. Quelle est-elle alors ? Qui la compose ? Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), l’organisation palestinienne préférée de l’histoire de l’extrême-gauche occidentale ? Le Hamas, sous lequel tout le spectre de la résistance est souvent amalgamé ? « L’axe de la resistance » qui inclut des régimes autoritaires comme celui d’Iran, feu celui d’Assad en Syrie, ou encore le Hezbollah au Liban, favoris des campistes « anti-impérialistes » ? « Le peuple » dans son ensemble, et l’ambiguité même que ce terme peut recouvrir ?

De même, le terme « Intifada » est utilisé de manière variée. Pour certains, il désigne une simple révolte contre l’oppression, sans plus de précisions. Pourtant, les deux grandes intifadas (1987-1993 et 2000-2005) ont été marquées non seulement par des émeutes et des attaques contre le colonialisme, mais surtout par des formes d’organisation autonome, donnant parfois naissance à des séquences quasi insurrectionnelles. Ce sont précisément ces mouvements vastes, échappant aux partis traditionnels, qui ouvrent des brèches vers un possible futur révolutionnaire.

Si nous souhaitons la fin du colonialisme pour le peuple palestinien, nous voulons avant tout soutenir, par tous les moyens, les luttes organisées à la base.

Au-delà des organisations officielles

Réduire la résistance palestinienne à des organisations comme le Hamas ou le FPLP revient à adopter une conception autoritaire de la lutte, mais aussi à entretenir une vision fantasmée du Moyen-Orient, ignorant les contradictions internes à la société palestinienne ainsi que les luttes locales. À Gaza, par exemple, le mouvement « Fuck Hamas. Fuck Israel. Fuck Fatah. Fuck UN. Fuck UNWRA. Fuck USA! » de 2010 illustre bien ces dynamiques de contestation qui ne se limitent pas aux factions reconnues.

Plus récemment, en 2019 et en juillet 2023, des manifestant-es gazaoui-es ont été réprimé-es par le Hamas pour avoir exigé des conditions de vie meilleures. Enfin, depuis le 25 mars dernier, des milliers d’habitant-es de Gaza désespéré-es par le retour des bombardements, sortent pour exprimer leur rage contre la guerre et contre le Hamas, n’ayant plus grand chose à perdre deux ans après le début de l’offensive génocidaire actuelle. L’un des leaders du mouvement a été, quelques jours plus tard, kidnappé, torturé, et exécuté par des milices du Hamas. Evidemment, la fin de la résistance militaire à l’heure actuelle ne signifierait rien d’autre qu’une occupation totale de la bande de Gaza par Israël. Cela est visible dans les revendications mêmes des manifestant-es : ils et elles dénoncent les élites du Hamas qui les gouvernent depuis l’étranger, mais remercient les combattant-es palestinienn-nes (dont du Hamas) à Gaza avec qui iels vivent ensemble l’occupation et les bombardements, la faim et le deuil de ses proches.

Malgré tout, ces manifestations rappellent que le Hamas tire la force de la résistance quotidienne des gazaoui-es aussi bien que de leurs énormes sacrifices depuis le début de la guerre, et non l’inverse. Elles rappellent aussi toute la complexité du rapport des Palestinien-nes au Hamas : si certain-es s’y engagent en embrassant pleinement l’idéologie autoritaire de cette organisation proto-étatique, d’autres le font uniquement pour obtenir des armes et pouvoir se défendre, sans réelle adhésion à celle-ci pour autre chose que son opposition aux forces occupantes.

Depuis des décennies, les Palestinien-nes résistent par tous les moyens possibles contre l’occupation coloniale. A peine la Nakba terminée et les nouvelles frontières israéliennes érigées, des dizaines de milliers d’exilé-es se précipitent pour retourner vers leurs terres volées. Certain-es sont armé-es et mènent des attaques contre les colons. Entre 3000 et 5000 palestinien-nes sont alors tué-es par l’armée israélienne. La revendication du « droit au retour » reste centrale à toutes les luttes palestiniennes, comme le rappelle la grande marche de retour de 2019, lors de laquelle les snipers israéliens ont assassiné plus de 200 manifestant-es.

La lutte anti-coloniale en Palestine est profondément imbriquée avec les différents aspects de la vie quotidienne : la politisation se fait dès le plus jeune âge quand on fait face aux attaques des colons, aux checkpoints de l’armée, au vol des terres, de l’eau et des sources de subsistance, ou à l’emprisonnement de ses proches. Elle peut prendre la forme d’une résistance active contre les attaques des colons, comme à Massafer Yatta, la communauté rendue célèbre par le documentaire No Other Land. Elle peut aussi être moins spectaculaire, mais non moins subversive, comme le montre le film Foragers (2022), lorsque les palestinien-nes continuent à sortir en masse pour cueillir l’akkoub, une plante palestinienne traditionnelle dont Israël a banni la cueillette.

La résistance dans les prisons : un front essentiel

Cette résistance s’exprime également dans les prisons. L’entraide et la solidarité entre prisonnier-es constituent en elles-mêmes un acte de lutte. À l’intérieur des cellules, les détenu-es s’organisent : ils et elles se donnent des cours, lisent, s’entraident, mais mènent aussi des actions collectives, notamment à travers des grèves de la faim ou des tentatives d’évasion.

Un exemple frappant de cette solidarité carcérale remonte à 1995. Dans le cadre des accords d’Oslo II, le directeur de la prison coloniale de Hasharon avait annoncé la libération de toutes les prisonnières palestiniennes, à l’exception de cinq d’entre elles. En réponse, l’ensemble des détenues s’étaient enfermées dans deux cellules, refusant d’en sortir. Après seize mois de lutte acharnée, elles avaient obtenu la libération de toutes les prisonnières.

En finir pour de bon avec la pacification

En France, le mouvement de solidarité avec la Palestine a émergé avec force en octobre 2023, mais son énergie initiale a rapidement été absorbée et neutralisée par des organisations pacificatrices. Dès les premières manifestations, celles-ci ont imposé un cadre rigide, privilégiant des discours modérés et institutionnels. Ce verrouillage a brisé un élan de révolte qui aurait pu s’intensifier.

Nous avons ainsi assisté à des manifestations extrêmement pacifiées, marquées par des appels fades tels que « cessez-le-feu » et des prises de parole interminables d’élu-es. La vacuité de ces mobilisations et du rapport à la « résistance palestinienne » s’est parfaitement illustrée dans la célébration de la « victoire arrachée par la résistance » lors de la signature du cessez-le-feu avec Israël. Au-delà de la mobilisation sous des mots d’ordre fades, cela témoigne notamment d’un manque de perspectives réellement révolutionnaires.

Cela témoigne aussi de l’absence d’une réelle analyse des actuels rapports de force et des considérations stratégiques de l’Etat israélien, au-delà des effets d’annonce d’un côté comme de l’autre des partis négociateurs. Si l’on se réjouit bien évidemment d’un (bien trop court) moment d’air frais accordés aux gazaoui-es et de toute libération de prisonnier-es, peut-on pour autant considérer comme une victoire le retour à la normalité de l’ordre colonial ? Comme on l’a vu les semaines ayant suivies le « cessez-le-feu » – qui n’a en réalité jamais cessé, des bombardements israéliens ayant continué dès les premiers jours de sa signature – celui-ci a surtout servi au gouvernement israélien pour mener une attaque d’envergure sur la Cisjordanie occupée, y intensifiant les raids quotidiens et meurtriers. Les prisons israéliennes vidées après les accords ont aussitôt étaient remplies à nouveau. A la première occasion et à la surprise de personne, l’Etat israélien a refusé de faire sa part, mis fin au cessez-le-feu et repris son offensive génocidaire sur Gaza. La « grande victoire de la résistance » a été de bien courte durée. Elle illustre la nécessité d’obtenir des gains permanents qui ne dépendent pas du bon vouloir du colon, d’attaquer sa domination de sorte qu’il ne puisse pas se perpétuer.

Au fil des mois, une prise de conscience s’est opérée au sein du mouvement : tout ne se joue pas uniquement dans la rue et dans les chiffres de mobilisation. Face à l’inertie des structures officielles et au verrouillage des canaux d’action traditionnels, de nombreuses personnes ont choisi d’adopter des modes d’action plus offensifs.

Des formes de résistance plus radicales ont émergé : auto-réductions dans les supermarchés, sabotages économiques, bris de vitrines de multinationales complices de l’occupation israélienne, affrontements avec les forces de l’ordre… Ce tournant a marqué une rupture avec les organisations « historiques » de soutien à la Palestine, figées dans une vision strictement humanitaire et paternaliste du peuple palestinien.

Cette rupture dépasse largement la France. Partout dans le monde, des individu-es refusent cette approche pacifiée et revendiquent une solidarité active, ancrée dans une confrontation directe avec les responsables de l’oppression.

Néanmoins, il est fondamental de savoir se remettre en question, en particulier dans les périodes charnières. En mai 2024, alors que des manifestations spontanées ont émergé et se sont prolongées pendant plus d’une semaine, très peu de personnes ont su ou voulu saisir cette séquence pour tenter quelque chose de plus subversif. Ce type de moment, bien que bref, aurait pu servir de tremplin pour faire émerger de nouvelles dynamiques collectives, dépasser le simple réflexe de la protestation symbolique, et construire un rapport de force plus durable. Malheureusement, la majorité s’est contentée de suivre le rythme, sans volonté réelle de s’inscrire dans une stratégie plus offensive.

On peut comprendre la difficulté d’agir dans l’urgence, de s’organiser, etc… surtout face à une répression toujours plus rapide et violente. Mais cela ne suffit pas à expliquer l’absence quasi-totale d’initiatives concrètes visant à étendre, renforcer ou diversifier la lutte. Ce manque d’élan collectif, cette tendance à l’attentisme, voire à la passivité, ont fini par décourager et éloigner bon nombre de personnes issues de l’autonomie, pourtant prêtes à s’investir dans un mouvement plus large.

Il devient donc crucial de ne pas reproduire les mêmes schémas à chaque sursaut. Si nous voulons éviter le retour perpétuel aux « manifs plan-plan » et à l’essoufflement militant, il faut apprendre à mieux lire les contextes, à anticiper, à créer du lien, et surtout à oser sortir des cadres habituels pour tenter autre chose, ensemble.

Georges Abdallah et la lutte anti-carcérale

Un autre axe central du mouvement a été le soutien massif à Georges Abdallah, incarcéré à la prison de Lannemezan. Régulièrement, des manifestations sont organisées devant cet établissement, offrant l’occasion d’exprimer une solidarité plus large avec tous-tes les prisonnier-es.

En Israël, l’emprisonnement massif des Palestinien-nes est une arme de contrôle et de terreur, destinée à briser toute résistance. En France, la prison enferme avant tout les classes populaires, les racisé-es et les individu-es engagés contre l’ordre établi. Dans les deux cas, et partout ailleurs, elle fonctionne comme un outil politique de contrôle au service des États.

Il est donc crucial de soutenir les luttes des prisonnier-es et d’adopter une approche globale de la question carcérale. Pourtant, nous avons été surpris-es de constater que lors des rassemblements devant la prison de Lannemezan, aucune prise de parole des organisateur-ices ne faisait le lien entre le combat pour la libération de Georges Abdallah et celui des autres prisonnier-es. Cette dissociation est problématique : elle revient à hiérarchiser les prisonnier-es, à légitimer certains emprisonnements et à invisibiliser les luttes collectives au profit d’une seule figure. Elle l’est d’autant plus qu’elle peut aller à l’encontre de l’engagement même de Georges Abdallah, dont les activités à l’intérieur témoignent d’une solidarité avec les prisonnier-es plus large, comme celle qu’il a pu démontrer avec les prisonniers Kanak déportés en France et incarcérés à Lannemezan.

La solidarité avec les prisonnier-es ne doit pas être une revendication ponctuelle, mais une composante essentielle d’un combat plus large contre l’enfermement et la répression d’État. Plus largement, elle doit s’inscrire dans une remise en cause globale du système carcéral et de l’État sous toutes ses formes. La notion de « prisonnier politique » et la focalisation sur de grands noms de militant-es respectables « qui ne devraient pas se trouver en prison » affaibilit cette remise en cause, et ne peut apporter une contestation solide au colonialisme et au racisme qui sous-tendent toute forme d’incarcération en Israël comme en France.

Un mouvement inédit qui n’a cessé de gagner en intensité

Le mouvement de solidarité avec la Palestine est l’un des rares de ces dernières années à avoir adopté une véritable perspective internationaliste. À travers le monde, des militant-es ont réussi à se coordonner, à organiser des journées d’action communes et à établir des ponts entre différentes luttes.

Ce qui distingue ce mouvement, c’est son ancrage dans des formes d’actions multiples et son rejet croissant des cadres institutionnels. Là où les grandes ONG et structures traditionnelles limitaient la contestation à des manifestations encadrées et à des appels aux gouvernements, de nouvelles formes de mobilisation ont émergé : occupations d’universités, blocages d’entreprises complices, sabotages économiques… Ces initiatives ont contribué à radicaliser la lutte et à la sortir de l’impasse institutionnelle.

De plus, ce mouvement a permis de faire le lien entre la question palestinienne et d’autres luttes : anticolonialisme, anticapitalisme, antifascisme, luttes anti-impérialistes, luttes féministes et queer… Il ne s’agit pas seulement de dénoncer les crimes israéliens, mais d’inscrire la cause palestinienne dans une lutte plus vaste contre tous les États et tous les colonialismes. Si ce mouvement s’est intensifié ces derniers mois, il nous appartient désormais de le faire durer, par tous les moyens nécessaires.

Le marasme citoyenniste

Nous avons rappelé à de nombreuses reprises qu’il n’y avait rien à attendre de l’État, qui collabore activement avec Israël et tire profit de la colonisation. Il est également nécessaire de souligner qu’aucun espoir ne peut être placé dans ceux qui évoluent sous sa protection. Associations humanitaires, organisations pacificatrices, et même les structures prétendument radicales prospèrent avec la bénédiction de l’État, tandis que celui-ci finance la colonisation.

Si l’autorité nous accepte, nous autorise ou nous tolère, c’est bien la preuve que notre radicalité n’est qu’un simulacre et que notre capacité de nuisance est dérisoire, voire inexistante.

Le constat est accablant : encore et toujours ce même réflexe citoyen… L’illusion persistante qu’il suffirait d’interpeller les députés, d’exiger une action gouvernementale, d’appeler l’État à l’aide.

Il est temps d’accepter notre orphelinat politique. Il n’y a personne à supplier, personne qui viendra nous secourir. Tous les espoirs de cessez-le-feu ou de sanctions diplomatiques sont illusoires, absurdes – comme s’il s’agissait d’un État-père que l’on espère voir revenir à la raison, quand il n’a cessé d’être un père violent.

Que peut-on réellement attendre d’une manifestation de soutien, d’une pétition, d’un hashtag sur les réseaux sociaux ? Toutes ces formes d’« action » ne font que prolonger l’espoir d’une intervention étatique qui ne viendra jamais.

Nous savons où est l’ennemi. Nous savons où vivent ceux qui profitent, ceux qui financent, ceux qui s’enrichissent sur le génocide. Leurs adresses sont connues. Frappons-les !

A bas les partis, intifada et révolution ! Continuons de foutre le bordel (C’est bientôt le 1er mai en plus!)

Le RISI (risque d’intifada soudaine et immédiate)

risi-1967@protonmail.com

 

Alzen 18 avril – Soirée de soutien à la lutte contre un projet minier en Ariège

Publié le 2025-04-10 00:00:00

[pompé sur ariege.demosphere]

Lieu : Salle des fêtes Alzen

Aujourd’hui en Ariège, rien qu’entre l’ancienne mine de Salau et « la laverie » d’Eylie, 900 000 m³ de résidus miniers s’infusent dans les sols et les eaux. On y trouve de l’arsenic, du plomb, de l’antimoine, de l’amiante et tout un tas d’autres substances toxiques. Des déchets, que des industriels nous ont gracieusement laissés pour les prochaines centaines d’années à venir… Et ces chiffres, tirés de plusieurs études d’impacts, ne prennent pas en compte la totalité des résidus miniers restés dans la vallée du Biros.

Mais ce n’est pas tout ! En juin 2024, la société Néométal a déposé un permis de recherches de mines qui s’étendrait sur 100 km2, en espérant que le sous-sol ariégeois fera une fois de plus tourner la planche à billets. Sous les montagnes se trouverait un gisement de tungstène, et il y aurait même de l’or ! Autrement dit, il y aurait de quoi mettre du beurre dans les épinards de certain.e.s tout en empoisonnant ceux des autres…

Comme pour une grande partie des minerais sortis de terre, la Commission européenne considère le tungstène, un métal très résistant, indispensable pour le développement économique, industriel et militaire des États. Un développement qui nous mène droit dans le mur, au profit du capitalisme qui ravage toujours plus le monde.

Bien qu’elle ne se soit jamais arrêtée en dehors de l’Occident, la guerre est actuellement dans la bouche de tous les dirigeants. Dans une sinistre course à la croissance, l’État français est aujourd’hui le 2e exportateur mondial d’armes. Mais Macron souhaite nous pousser vers une économie qui viserait à en produire encore plus, pour désormais défendre l’Europe…

Quelle idée de génie !

Il nous faut donc continuer à empoisonner les territoires et les populations pour pouvoir construire des armes qui serviront à anéantir la chair à canon d’un autre État. De son côté « l’ennemi », construit de toutes pièces, en fera tout autant. La bourgeoisie continuera de s’enrichir sur notre dos et nous enverra au front… Puis quand les ordures qui nous dirigent se décideront enfin à faire la paix, la population qui aura survécu devra tout reconstruire… La boucle sera alors bouclée, et nous pourrions repartir pour un tour de manège dans une paix sociale basée sur l’exploitation et la domination par ceux qui produisent les guerres.

Heureusement, ce scénario abominable peut encore changer !

Où que nous soyons sur la planète, chaque grain de sable dans les rouages de la guerre, et le monde qui la produit, compte.

Si Néometal espère extraire du tungstène en Ariège, s’y opposer avec les moyens que l’on estime nécessaires, semble être la seule issue possible pour mettre un frein à leurs projets de mort.

Contre la guerre, contre leur paix !

Attaquons-nous aux projets miniers, où qu’ils soient !

Tract en pdf

 

 

Appel à une assemblée de lutte contre la réouverture d’une mine en Ariège

Publié le 2025-04-10 00:00:00

Bloomington (USA) : Des salutations de Bloomington

Publié le 2025-04-10 00:00:00

Unravel / jeudi 3 avril 2025

Nous avons accueilli le printemps avec de l’action. Nous avons crevé huit pneus de véhicules du Service de probation du comté de Monroe [où se trouve Bloomington, dans l’État de l’Indiana ; NdAtt.], parce que trop souvent les autorités ne sont pas contestées. Cibler des personnes criminalisées et même criminaliser leurs familles est seulement une partie de l’indignité plus grande imposée par les États-Unis. Nous commencerons là où nous pouvons.

Solidarité avec celles/ceux qui continuent le combat, où que vous soyez.

Lundi 21 avril 18h : Misère de la sociologie

Publié le 2025-04-10 00:00:00

« N’étudiez pas les pauvres et les sans-pouvoir, tout ce que vous direz sera utilisé contre elleux« , auto-édité il y a quelques mois, n’est pas un livre comme les autres. Non pas parce qu’il est à prix libre et fait largement tourner son pdf, mais parce qu’au bout de sept ans d’écriture à plusieurs mains, il refuse toujours de lâcher l’affaire et d’adoucir la colère éprouvée en 2017 face une thèse d’ethnographie qui a pris pour terrain un groupe militant local en bafouant toutes les bases de la confiance.

Ce faisant, le bouquin ouvre un paquet de questions qu’on se propose de discuter ensemble à la bibliothèque Libertad lundi 21 avril à 18h, et dont la liste n’est pas close : Pourquoi accepter que des universitaires viennent étudier « nos » espaces, « nos » luttes ou « nos » communautés, et comment éviter de se faire avoir ? Que signifie utiliser le milieu et les camarades à des fins d’études institutionnelles, plutôt que les dominant.es et la domination ? Qu’est-ce qui nous fait accepter la recherche universitaire, dans sa forme la plus crue, comme dans la situation relatée dans le livre, mais aussi de manière plus subtile ? Pourquoi, par exemple, dans des espaces de luttes comme dans des lieux anarchistes, on valide et légitimise le savoir universitaire ? Qu’est-ce que cela vient raconter de nous et de nos perspectives ?

Quelques exemplaires du bouquin, sous-titré « Guide d’autodéfense face aux chercheurs/euses dans les espaces minoritaires et/ou de luttes » sont encore disponibles à la bibli, où il sera aussi réimprimé en mode brochure au cas où.

Est d’Atlanta (USA) : Quatre engins du chantier d’un data center brûlés

Publié le 2025-04-10 00:00:00

Dirty South / lundi 7 avril 2025

Fin mars, des gens sont entré.es sur le chantier de construction de l’hypercampus des data centers, dans l’est d’Atlanta, en Géorgie, et ont brûlé quatre engins de chantier. Cela a été fait pour s’opposer aux data centers, qui épuisent rapidement les réserves d’eau limitées de la région. Celui-ci est un autre exemple de la tendance du pays à externaliser vers le sud-est des États-Unis les coûts de son accumulation incessante de richesses. Ils ont choisi le sud comme zone à sacrifier, c’est-à-dire un endroit où déverser les industries les plus désagréables et leurs déchets. Pour eux, le lieu où nous vivons est à peine disponible selon ces paramètres, car il peut encore être utilisé comme décharge. Ainsi, les personnes qui ont agi insistent pour que ceux qui essayent de nous voler notre eau, notre air et notre terre subissent au moins quelques pertes et un peu de gêne, sur leur chemin vers l’enfer.

Ce data center spécifique vise à faciliter la connexion à l’Intelligence artificielle, pour les entreprises locales. Non seulement l’IA consomme plus d’eau que les autres processus informatiques, mais elle devient rapidement un moyen pour l’État d’augmenter son intrusion dans nos vies personnelles. Et elle est de plus en plus utilisée par la police et les forces de l’État pour surveiller ceux/celles qui s’opposent à eux. Les personnes qui ont brûlé ces machines ne croient pas que nos pensées et nos déplacements devraient être utilisés pour le profit ou l’enfermement.

Si vous êtes intéressé.es à prendre des mesures similaires contre de tels adversaires, il y a de nombreuses possibilités. La région d’Atlanta est l’un des endroits avec le plus haut niveau d’activité des développeurs de data centers, mais ils apparaissent partout dans le pays. Souvent, les sociétés auxquelles ces centres appartiennent ne sont pas basées dans les régions où la construction a lieu. Peu importe où vous soyez, vous êtes probablement en mesure d’identifier un projet, une installation ou le bureau d’une entreprise en lien avec les data centers. Il y a de nombreuses possibilités d’agir. Certain.es voisin.es, à Atlanta, ont réussi avec des stratégies organisationnelles traditionnelles. Cependant, nous espérons que quand les politiciens vont, inévitablement, vous vendre, cette action vous rappelle d’autres alternatives.

Voici quelques conseils qui peuvent vous guider pour identifier des cibles potentielles. Se déplacer à voiture à la recherche de chantiers de construction peut donner de bons résultats. Les avis des audiences publiques pour le changement du zonage et pour les nouvelles constructions peuvent être utiles aussi. Comparer les logos et les noms des sociétés qui figurent sur les panneaux extérieurs d’un chantier de construction, via Tor Browser sur Tails, aidera aussi à faire le tri. Vérifiez que votre recherche est effectuée en toute sécurité, sur Tails, avant d’agir ; il y a beaucoup de méthodes et de techniques que d’autres ont développé, pour limiter la capacité de l’État à vous stopper.

Le chiffre du jour : 2 millions

Publié le 2025-04-10 02:12:34

Déjà énergivores, les centres de données [data center] ont redoublé en appétit avec le développement récent de l’IA générative, qui nécessite des capacités de calcul colossales pour traiter les informations accumulées dans des bases de données gigantesques. En 2024, ces infrastructures ne représentaient qu’environ 1,5 % de la consommation électrique mondiale (415 térawattheures, TWh), mais celle-ci a déjà augmenté de 12 % par an dans les cinq dernières années. Et ce n’est pas fini.

« La demande d’électricité des centres de données dans le monde devrait plus que doubler d’ici à 2030 pour atteindre environ 945 TWh, soit un peu plus que la consommation totale d’électricité du Japon aujourd’hui », selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié jeudi 10 avril. Localement, « un centre de données de 100 mégawatts peut consommer autant d’électricité que 100 000 ménages » annuellement, mais demain, « les plus grands centres en construction aujourd’hui consommeront vingt fois plus », l’équivalent de la consommation de deux millions de foyers.

Ensemble, les Etats-Unis, l’Europe et la Chine représentent aujourd’hui environ 85 % de la consommation des « data centers ». Le premier défi est donc de trouver de l’électricité abordable et abondante. Soucieux de distancer Pékin en matière d’IA, le président américain, Donald Trump, a ainsi lancé la création d’un « Conseil national pour la domination énergétique » chargé de doper la production électrique.

Selon l’AIE, « un large éventail de sources d’énergie sera utilisé pour répondre aux besoins croissants », y compris le charbon qui fournit aujourd’hui 30 % des besoins des centres de données. La course aux centres de données entraînera inéluctablement une hausse des émissions liées à la consommation électrique, de 180 millions de tonnes de CO2 aujourd’hui à 300 millions de tonnes d’ici à 2035…

(Extrait du Monde, 10 avril 2025)

Le Parisien du 14 novembre 2024, emplacement des 159 data centers en fonctionnement dans la région Île-de-France

Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) : sabotage du chantier du TGV Lyon-Turin

Publié le 2025-04-10 03:00:20

[Reçu par mail, 9 avril 2025]

Parce que c’est beau

La montagne n’a ni bouche ni bras pour se défendre.

En ce début de printemps 2025 à Saint Jean de Maurienne, des dégradations lourdes ont été occasionnées sur un convoyeur transportant les entrailles sacagées de la montagne, ainsi que des engins de chantier, pour les mettre hors d’état de nuire. Ces dégradations étaient accompagnées des messages « TELT casse toi »* et « Projet Inutile ».

Nous sommes opposé.e.s à la nouvelle ligne TGV Lyon Turin et revendiquons ces dégradations dont le but est clair : ralentir les chantiers, décourager les maitres d’oeuvre et encourager les oppositions.


Nous sommes opposé.e.s à la nouvelle ligne TGV Lyon Turin et revendiquons ces dégradations dont le but est clair : ralentir les chantiers, décourager les maitres d’oeuvre et encourager les oppositions.

En aucun cas nous ne souhaitons porter atteinte aux personnes qui travaillent sur le chantier.
Abandonner un projet parce qu’il est ruineux, caduque et dévastateur, c’est possible. Bottons TELT hors de la Maurienne et rendons impossible la construction des tunnels !

* Ndlr : Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT) est le nom de la société franco-italienne créée en 2015, chargée de la construction en cours puis de la gestion du futur TGV Lyon – Turin.

Près de Toulouse : un Mc Donald's incendié en soutien à la Palestine

Publié le 2025-04-10 10:08:12

Le 28 janvier, un mystérieux collectif baptisé « Frites », acronyme de – « Forces Révolutionnaires Intergalactiques et Territoriales En Sauce » – revendiquait plusieurs attaques contre l’agro-industrie dans le Finistère : le siège social d’une coopérative d’éleveurs de porcs puis celui de l’entreprise d’Eureden, un géant de l’agro-alimentaire breton, réalisant 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et produisant à la fois de l’alimentation et des produits phytosanitaires.

Cette fois, c’est près de Toulouse qu’un collectif baptisé « Frites insoumises » vient de revendiquer l’incendie d’un Mc Donald’s en construction à Montrabé. L’incendie a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 avril, et a entièrement détruit l’édifice. Ces derniers mois, l’ouverture de ce fast food avait provoqué des tensions dans la commune, de nombreux riverains dénonçaient son implantation. Les « Frites insoumises » disent avoir visé l’enseigne en solidarité avec la Palestine.

Voici leur communiqué :

« Brûlez McDo, Libérez Gaza

La nuit du 7 au 8 avril, les Frites Insoumises ont incendié le Mc Donald’s en construction à Montrabé (Haute-Garonne), en soutien au peuple palestinien, et contre la nouvelle stratégie d’expansion de la firme, qui souhaite ouvrir 50 nouveaux restaurants cette année et imposer sa présence dans tout le territoire français afin de compenser les pertes financières dues au boycott.

Petit rappel : le rapport d’Amnesty International montre qu’Israël a commis des actes interdits par la Convention sur le génocide1, dans l’intention spécifique de détruire la population palestinienne de Gaza. Les politiques israéliens affirment elleux-mêmes vouloir annexer gaza. Le nombre de morts dépasse désormais les 50.000 personnes.

Alors pourquoi nos politiques et les médias dominants parlent-ils toujours de ce génocide comme d’une simple guerre ? Et pourquoi est-ce toujours pour légitimer les actes de l’état colonial d’Israël ?

Avec cette action, nous dénonçons le rôle joué par la firme Mc Donald’s dans cette démarche macabre, comme si les préjudices environnementaux, de santé publique et la normalisation de nos vies ne suffisaient pas. En Octobre 2023, 12.000 repas ont été offerts par la franchise Israélienne aux soldats génocidaires du Tsahal. Une campagne de boycott autonome et mondiale est née, avec un impact considérable pour Mc Donald’s, qui a enregistré son chiffre d’affaires le plus bas en quatre ans durant le quatrième trimestre de 2023. Mc Donald’s doit alors trouver de nouveaux corps à empoisonner, pourquoi pas ceux des élèves du collège Paul Cézanne (voir la pétition de l’APEM) car oui, on observe une corrélation directe entre la présence de Mc Donald’s sur un territoire et le taux d’obésité de sa population.

C’est dans ce contexte que l’entreprise complice du génocide tente de combler ses pertes en se tournant vers son pigeon préféré, la France, deuxième pays avec le plus de Mcdonald’s au monde, 1.560 restaurants de trop. Sa nouvelle stratégie consiste à ouvrir un McDonald’s à 20 minutes de chaque habitant.es, en commençant par 50 nouvelles enseignes cette année6. La firme a déjà ouvert 4 enseignes à Toulouse en 2023, une à Flourens en 2024, en faisant le fast food le plus présent dans la ville, avec désormais une vingtaine de restaurants.

Mc Donald’s doit assumer les conséquences de sa complicité avec l’état génocidaire et suprémaciste d’Israël. Leur campagne de dédiabolisation ne fait que mettre en lumière leur culpabilité. Nous ne pouvons pas les laisser s’implanter dans le moindre village de France pour compenser les impacts du boycott massif et légitime qu’ils subissent.

C’est parce que nous ne sommes pas Libres que le monde brûle. Et aucun d’entre nous ne sera Libre tant que la Palestine ne l’est pas. 26 ans plus tard, l’heure n’est plus au démontage. McDo brûlera, Palestine vaincra.

Les Frites Insoumises »

96h Contre la prison

Publié le 2025-04-10 10:29:14

Du 2 au 5 mai, quatre jours pour parler des prisons et lutter ensemble contre leur existence.

Le programme détaillé en bas !



L’ouverture du nouveau bâtiment des Baumettes, pilier de la lutte contre la surpopulation carcérale selon l’État, est imminente.
Celui-ci fera doubler la capacité d’enfermement de la prison de Marseille, la portant à 1438 places, soit une place pour 600 habitant·e·s. Sachant que l’on compte aujourd’hui 1417 détenu·e·s et que la surenchère sécuritaire semble n’avoir aucune limite, il y a fort à parier que l’allègement du taux d’occupation de la prison sera de courte durée.

Mais Darmanin vient de doubler son projet sécuritaire, celui d’enfermer toujours plus, d’un projet raciste, celui de faire purger aux détenu·e·s étranger·e·s leur peine dans leurs pays d’origine. Il s’appuie pour cela sur le fait que 20 % des détenu·e·s dans les prisons françaises seraient de nationalité étrangère, laissant entendre l’existence d’une forte corrélation entre immigration et délinquance. A l’heure où l’on fête tristement les 50 ans d’existence d’une prison pour étranger·e·s sans-papiers de Marseille, nous savons que l’enfermement des étranger·e·s est constitutif du projet sécuritaire du gouvernement et que rendre les étranger·e·s responsables de leur propre enfermement est inacceptable.

Ce discours sécuritaire va plus loin dans l’amalgame : en associant immigration, trafic de stupéfiants, délinquance et jeunesse des quartiers populaires, il permet aux gouvernements, quels qu’ils soient, de justifier la militarisation des quartiers, la répression des mineurs, l’expulsion de familles entières des logements sociaux, et par conséquent l’enfermement massif des personnes pauvres.

Pour les courtes peines, l’exécution en prison redevient la règle, et les aménagements de peine l’exception.
Pour les mineurs, un projet prévoit de rendre possible le recours aux comparutions immédiates et l’extension de l’utilisation du bracelet électronique.
Et pour les autres, l’heure est au durcissement des conditions d’enfermement : imaginées sur le modèle italien du 41 bis, rendu sinistrement fameux par la grève de la faim d’Alfredo Cospito,les prisons pour narco-traffiquants prévoient d’instituer la torture comme modèle d’État : isolement total, humiliation et incitation à la délation sont au programme.

Ressort essentiel de l’exploitation, l’existence de la prison est une question qui, non seulement traverse toutes les luttes, mais s’en trouve fortement traversée. C’est grâce aux luttes des prisonnier·e·s et à celles de celleux qui luttent pour un monde sans prisons, que les précédents modèles de prison de haute sécurité ont été visibilisés, contestés et modifiés.
Cette lutte sans relâche, qui vise à la destruction pure et simple de toutes les prisons et de la justice qui va avec, est plus que jamais nécessaire.

Surpopulation, une seule solution : Destruction de toutes les prisons

Liberté pour tou·te·s les prisonnier·e·s

Solidarité avec les luttes des prisonnier·e·s

Vendredi 2 mai
19h Écoute d’un podcast de Chroniques àMER et discussion avec l’Anticra de Marseille
L’Hydre - 96 Rue Saint-Savournin

20h30 Cantine par The Noble Kitchen
La Plaine - Place Jean Jaurès

Samedi 3 mai
11h Écoute et discussion autour du Podcast "Du QHS des Baumettes à la révolte de Saint-Maur : une expérience de lutte en prison"
Massalia Vox - 15 boulevard de la liberté, angle, 20 Rue Lafayette

16h30 Théâtre interactif de défense collective "Rien à Déclarer"
La Plaine - Place Jean Jaurès

18h30 Atelier d’écriture aux prisonnier·e·s
La Plaine - Place Jean Jaurès

19h Émission de Parloir Libre et cantine par Rouille Tambouille
La Plaine - Place Jean Jaurès

20h Concert de soutien à L’Envolée
La Salle Gueule - 8 Rue d’Italie


Dimanche 4 mai

11h Discussion "S’interroger sur la place de la prison au sein de nos luttes"
Place du lycée Thiers

suivi d’un pique-nique

15h30 Rassemblement devant la prison des Baumettes
Chemin de Morgiou

19h Émission de la Courte Échelle
La Friche - 41 Rue Jobin

Lundi 5
19h30 Projection des films Homotopia et Criminal Queer
Le Gyptis - 136 Rue Loubon

Poster in Solidarity with N. and M. en/de/nl

Publié le 2025-04-10 17:35:02

poster pdf: ende/ netherlands

FOR MORE ATTACKS AND HATE AGAINST EVERY STATE

In February 2025, the public prosecutor of Munich again carried out a repressive operation  against anarchists, this time in the form of raids and arrests. The Bavarian police state, embarrassed by anarchist publications and anonymous attacks, invents accusations and looks for suspicious individuals to blame. The anarchist agitation of recent years has developed a subversive reach that is difficult to assess but certainly is uncontrollable. Anarchist ideas spread on paper and put into practice can prove to be a dangerous mixture contributing to the spread of social revolt.

During these raids, the cops arrested our comrades, N. and M. who are currently still held in pre-trial detention. The reason: an ongoing case which suspects the comrades of having been part of an alleged editorial team, declared a criminal organisation, for the anarchist newspaper Zündlumpen. The invention of this accusation led to several raids in 2022, the confiscation of an entire print shop and the closure of the Munich anarchist library Frevel.

However, this time the reasons for the raids, carried out with typical Bavarian bravado, were different. The first one targets a single edition agitation paper: Hetzblatt gegen den Windpark, which is directed against the Wacker chemical company that poisons the area around Altötting in Bavaria with their production of microchips and solar panels. This time the paper is alleged to justify and even ‘reward’ criminal activity.The second reason was six arson attacks. One against machinery at a geothermal plant, which tears open our earth and sucks it dry to fuel this insane society. Other actions targeted logging and roadwork machinery, a 200 meter long railway maintenance vehicle and a wind power station. Lastly, several fires at a concrete plant temporarily stopped its ability to make our lives more grey.

We do not care whether the accusations and suspicions against our comrades are ‘true’ or not. In any case, there is nothing more alien to the truth than the brain of a public prosecutor. The concept of guilt and innocence is just as hostile to us as the logic of punishment and incarceration. We stand behind our comrades affected by repression, the ideas of wild anarchy and anonymous attacks against the ruling structures and people.

In solidarity with N. and M.: Let us continue to agitate against the state and patriarchy. Against capital and the industry and technology destroying our lives and our earth! Their infrastructure and rule is ultimately based on a network that is vulnerable and can be attacked anywhere. Let us be clear: only by directly attacking the pillars of authority and those responsible, through individual and collective refusal and revolt can we find a different way of life that is not based on industry, capital and domination.

“In order to stop the horrors of prisons, psychwards, camps and all other cages, it is not sufficient to reform these institutions as this will only refine how they function. They must be burned to the ground together with the state and society that created them. Because only out of the ruins of these institutions a life in freedom can grow.”
Prison Society – Zündlumpen Nr. 035

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Deutsch:

FÜR MEHR HETZE UND TATEN GEGEN ALLE STAATEN

Ein weiteres Mal überzieht die Staatsanwaltschaft München Ende Februar 2025 anarchistische Zusammenhänge mit Hausdurchsuchungen, diesmal werden auch Gefangene gemacht.  Der bajuwarische Polizeistaat, genervt von anarchistischen Publikationen und anonymen Angriffen, erfindet Vorwürfe und sucht nach verdächtigen Individuen, die er beschuldigen kann. Die anarchistische Agitation der letzten Jahre hat eine subversive
Reichweite entwickelt, die schwer einzuschätzen, aber sicherlich unkontrollierbar ist. Und auf Papier verbreitete und in die Tat umgesetzte anarchistische Ideen könnten sich als eine gefährliche Mischung herausstellen, die zur sozialen Verbreitung der Revolte beiträgt.

Bei den Hausdurchsuchungen haben die Bullen unsere Gefährtin N. und unseren Gefährten M. verhaftet und in U-Haft gesteckt, wo sie heute noch sitzen. Der Grund ist ein schon länger laufendes Verfahren, das diese beschuldigt, Teil der angeblichen Redaktion der anarchistischen Zeitung Zündlumpen gewesen zu sein, die zu einer kriminellen Organisation erklärt worden ist. Die Erfindung dieses Vorwurfs führte schon 2022 zu einigen Hausdurchsuchungen, der Beschlagnahmung einer ganzen Druckerei und der Schließung der Münchner anarchistischen Bibliothek Frevel.
Die Begründungen der diesmaligen Hausdurchsuchungen allerdings, martialisch und mit typisch bajuwarischem Überaufgebot, waren andere. Es ging dabei einerseits   um eine einmalige Zeitung: Hetzblatt gegen den Windpark, die sich gegen die Projekte des Wacker Chemiekonzerns richtet, der die Gegend im bayrischen Altötting vergiftet um Silikone für Mikrochips und Solarpanels zu produzieren.

Die Zeitung soll zwar zur Abwechslung keine kriminelle Organisation sein, dafür aber Straftaten gutgeheißen und gar „belohnt” haben. Andererseits ging es um 6 Brandstiftungen. Einmal an Baumaschinen einer Geothermieanlage, welche unsere Erde aufreißt und aussaugt um diese wahnsinnige Gesellschaft weiter am Laufen zu halten. Dann bei Forst- und Arbeitsmaschinen, einer 200 Meter langen Gleisbaumaschine und einem Windkraftwerk. Und nicht zuletzt etliche Feuer bei einem Betonwerk, das dann nicht mehr dazu beitragen konnte, unser Leben in tristes Grau zu hüllen.

Für uns ist es egal, ob die Vorwürfe und Verdächtigungen gegen unsere GefährtInnen „wahr” sind oder nicht. Ohnehin gibt es nichts, was der Wahrheit feindlicher wäre, als das Gehirn eines Staatsanwalts. Und die Idee von Schuld und Unschuld ist uns ebenso fremd, wie die Idee von Strafe und Einsperrung. Wir stehen hinter den von Repression betroffenen GefährtInnen, hinter den Ideen einer wilden Anarchie und anonymen Angriffen gegen die herrschenden Strukturen und Personen.

Mit Solidarität für N. und M.: Hetzen wir weiter gegen Staat und Patriarchat, gegen das Kapital und die unser Leben und unsere Erde zerstörende Industrie und Technologie! Ihre Infrastruktur und Herrschaft stützt sich letztlich auf ein Netzwerk das verletzbar ist und überall angegriffen werden kann. Seien wir unmissverständlich: Nur durch den direkten Angriff auf die Stützpfeiler und Verantwortlichen, durch individuelle und kollektive Verweigerung und Revolte können wir ein anderes Leben finden, das nicht auf Industrie, Kapital und Herrschaft basiert.

„Um den Schrecken der Knäste, Psychatrien, Lager und aller anderen  Käfige für Menschen zu beenden genügt es nicht, diese Einrichtungen zu reformieren und damit nur ihre Funktion zu verbessern. Es gilt den Staat und die Gesellschaft, die diese Anstalten geschaffen haben, bis auf die Grundfesten niederzubrennen, denn erst aus den Ruinen dieser Festung
kann ein Leben in Freiheit erwachsen.”
Knastgesellschaft – Zündlumpen Nr. 035

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Nederlands:

VOOR MEER DADEN EN HAAT
TEGEN ELKE STAAT

In februari 2025 heeft de openbaar aanklager van München opnieuw een repressieve operatie uitgevoerd tegen anarchisten. Ditmaal in de vorm van huiszoekingen en arrestaties. De Beierse politiestaat, gegeneerd door anarchistische publicaties en anonieme aanvallen, verzint verdenkingen en zoekt naar verdachte individuen om de schuld te geven. De anarchistische agitatie van de laatste jaren heeft een subversieve reikwijdte ontwikkeld die moeilijk in te schatten, maar zeker oncontroleerbaar is. Anarchistische ideeën, die verspreid worden op papier en worden uitgevoerd in de praktijk, kunnen een gevaarlijke mix vormen, welke bijdraagt ​​aan de verspreiding van sociale opstand.

Tijdens deze operatie heeft de politie onze kameraden, N. en M., gearresteerd, die nu nog steeds in voorlopige hechtenis zitten. De reden: een lopende zaak, waarbij de kameraden ervan worden verdacht deel uit te maken van een vermeende redactie, die is uitgeroepen tot een criminele organisatie, van het anarchistische blad Zündlumpen. Het verzinsel van deze beschuldiging, leidde in 2022 tot verscheidene invallen, de inbeslagname van een volledige drukkerij en de sluiting van de anarchistische bibliotheek Frevel, in München.
Echter waren de redenen voor de invallen, die wederom zijn uitgevoerd met typisch Beiers bravado, deze keer anders. De eerste reden richt zich op een enkelvoudige editie van agitatiekrant Hetzblatt gegen den Windpark, welke zich verzet tegen het chemiebedrijf Wacker, dat met de productie van microchips en zonnepanelen de regio rond Altötting in Beieren vergiftigt. Ditmaal wordt deze krant ervan beticht criminele activiteiten te verheerlijken en zelfs te ‘belonen’.  De tweede reden voor de invallen waren zes brandstichtingen. Eén gericht tegen machines van een geothermische centrale, die onze aarde uiteenrijt en droogzuigt om deze gestoorde samenleving van energie te voorzien. Andere acties focusten zich op houtkap- en wegenbouwmachines, een 200-meter lang spoorwegonderhoudsvoertuig en een windmolenpark. Tot slot verhinderden meerdere branden bij een betonfabriek diens vermogen om ons leven nog grijzer te maken.

Het kan ons niks schelen of de aanklachten en verdenkingen tegen onze kameraden ‘waar’ zijn of niet. In ieder geval is niks verder verwijderd van de waarheid, dan het brein van een openbaar aanklager. Wij staan even vijandig tegenover het concept van schuld en onschuld als de logica die straf en opsluiting bepleit. Wij staan achter onze door repressie getroffen kameraden en de ideeën van wilde anarchie en anonieme aanvallen tegen de heersende structuren en personen.

In solidariteit met N. en M.: laten we doorgaan met agiteren tegen de staat en het patriarchaat, tegen kapitaal en de industrie en technologie die onze levens en aarde vernietigen! Hun infrastructuur en gezag zijn gebaseerd op een kwetsbaar netwerk, dat overal kan worden aangevallen. En laat ons duidelijk zijn: enkel middels directe aanvallen op de peilers van autoriteit en zij die daarvoor verantwoordelijk zijn, middels individueel en collectieve weigering en opstand, kunnen wij een andere manier van leven vinden welke niet gebaseerd is op industrie, kapitaal en overheersing.

“Om een eind te maken aan de verschrikkingen van gevangenissen, gesloten psychiatrische afdelingen, kampen en alle andere kooien, is het niet voldoende om dergelijke instituties te hervormen, gezien dit enkel hun manier van functioneren zou verfijnen. Zij moeten met de grond gelijk gemaakt worden, samen met de staat en de maatschappij die hen hebben gecreëerd. Enkel uit de ruïnes van deze instituten kan een leven in vrijheid ontstaan.”  
gevangenismaatschappij  –  Zündlumpen Nr. 035

Troyes (Aube) : la permanence des fachos perd ses vitres

Publié le 2025-04-11 01:37:00

Troyes : la permanence du député RN Jordan Guitton vandalisée
L’Est éclair, 11 avril 2025 (extrait)

La permanence du député RN Jordan Guitton, située rue Clemenceau au centre-ville de Troyes, a été vandalisée dans la nuit de jeudi à vendredi (11 avril). La vitre de la porte a été brisée et les fenêtres caillassées.

Ce n’est pas la première fois que le siège du parlementaire du Rassemblement national est visé par des dégradations. « Cela fait au moins quatre ou cinq fois », confiait un riverain vendredi matin. La permanence troyenne de la seconde députée RN de l’Aube, Angélique Ranc, a également déjà connu des actes de vandalisme.

Troyes : Vitres brisées pour la permanence des fachos

Publié le 2025-04-12 00:00:00

L’Est éclair / vendredi 11 avril 2025

La permanence du député RN Jordan Guitton, située rue Clemenceau au centre-ville de Troyes, a été vandalisée dans la nuit de jeudi à vendredi. La vitre de la porte a été brisée et les fenêtres caillassées.
Vendredi matin, les équipes de nettoyage de la Ville de Troyes étaient à l’œuvre pour évacuer les bris de verre qui jonchaient le trottoir.

Ce n’est pas la première fois que le siège du parlementaire du Rassemblement national est visé. « Cela fait au moins quatre ou cinq fois », confiait un riverain vendredi matin.
En juillet 2024, toutes les vitres avaient déjà été brisées. La permanence troyenne de la seconde députée RN de l’Aube, Angélique Ranc, a également déjà connu des actes de vandalisme.


Espagne et Italie – Quelques nouvelles de la situation Ghespe

Publié le 2025-04-12 00:00:00

Il Rovescio / vendredi 11 avril 2025

Athènes, le 30 mars 2025

La nuit entre le 14 et le 15 février, une interpellation met un terme, après environ deux ans, à la cavale de Ghespe. Dès le moment de son interpellation, les gardes de l’État espagnol se sont distingués par leur lâcheté. Les coups, les menaces et celles que le compagnon lui-même a reconnu comme des tortures psychologiques et physiques l’ont porté à faire un geste extrême pour pouvoir sortir d’une situation de danger absolu pour sa sécurité. Pour pouvoir quitter la section de la prison de Soto del Real, à Madrid, il s’est coupé les veines sur les bras et il a été transféré à l’hôpital psychiatrique. La règle est que celui qui met en danger sa propre vie est soumis à une hospitalisation sous contrainte, par conséquent des sédatifs et des neuroleptiques lui ont été injectés. Il tient beaucoup à préciser que son geste n’a pas été accompli avec une volonté suicidaire et que de telles idées ne lui sont jamais venues à l’esprit. La quantité de sang qu’il a perdu a été tellement importante qu’il a dû recevoir des transfusions.

Pendant son hospitalisation dans la section psychiatrique, il a encore subi des épisodes de torture, comme la pression sur ses blessures ouvertes, de la part du personnel de hôpital. Après sa sortie de l’hôpital, il a été extradé en Italie, le 4 mars, et, juste après son vol depuis Madrid, enfermé dans la prison de Rebibbia, à Rome.
Le 20 mars, il a été transféré dans la prison de Spoleto et placé de manière provisoire dans la section d’infirmerie. Suite à un différend avec un maton, il a subi une autre hospitalisation sous contrainte en psychiatrie, qui a été faite passer sur le papier comme volontaire, même s’ils lui ont administré un sédatif avec des moyens coercitifs.
Aujourd’hui, Ghespe résiste, il se trouve en cellule seul et il est dans l’attente de l’autorisation de pouvoir faire des parloirs avec sa compagne. Nous invitons toutes les personnes solidaires à le submerger de lettres, de livres ([en italien et] aussi en castillan) et de solidarité et nous relançons le rassemblement devant la prison de Spoleto, prévu pour le 26 avril.

Solidarité et complicité avec Ghespe, contre l’État et ses taules, pour l’anarchie.

L’adresse pour lui écrire :
Salvatore Vespertino
Casa di Reclusione Spoleto
Località Maiano, 10
06049 – Spoleto (PG)
Italie

Pour envoyer de l’argent :
Titulaire : Micol Marino
Iban : IT33I3608105138262555662570
BIC/SWIFT: PPAYITR1XXX

Le « capitalisme vert » à la conquête de la Tunisie

Publié le 2025-04-12 14:10:08
Décembre 2024, Gabès (Tunisie) : protestation contre le projet d’usine d’hydrogène et d’ammoniac « verts »

À Gabès, la révolte gronde contre un projet d’usine
d’hydrogène vert

Courrier International (Nawaat), 13 mars 2025

“On a réclamé plus d’oxygène, ils nous ont envoyé de l’ammoniac et de l’hydrogène”, peut-on lire sur une banderole brandie par un groupe de jeunes ultras (des supporteurs de football) de Gabès [ville portuaire du sud-est de la Tunisie]. Ils étaient une vingtaine rassemblés à proximité du Groupe chimique tunisien (GCT) alors que l’usine crachait derrière eux son habituelle fumée toxique. Épaisse et dense.

Quelques jours auparavant, ils s’étaient retrouvés dans le centre-ville, munis de pancartes sur lesquelles était inscrit “Non à l’hydrogène vert à Gabès”, “Gwabseya Lives Matter”, “Loading : Chernobyl 2 in Gabes”. Dans un communiqué publié sur leur page Facebook, ils affirment qu’“après toutes les catastrophes environnementales dont [fut] victime Gabès, un nouveau projet colonial, sous le nom d’‘hydrogène vert’, va détruire des milliers d’hectares de terre […] et puiser dans nos ressources hydriques déjà rares”. Mais de quoi s’agit-il précisément ?

Contrairement au gaz, au pétrole ou au charbon, l’hydrogène vert n’engendre pas, ou très peu, de CO2 lors de la production. Générée par l’électrolyse de l’eau, la molécule est fabriquée à partir d’électricité renouvelable. La guerre en Ukraine, couplée à l’urgence climatique, a amené l’Union européenne, et en particulier l’Allemagne, à faire de l’hydrogène “bas carbone” une priorité absolue. Mais pour répondre aux besoins énergétiques colossaux du Vieux Continent, le plan européen prévoit d’étendre sa production au-delà de ses frontières, et notamment en Afrique du Nord.

Encouragée par les agences de coopération, les bailleurs de fonds, les institutions financières et les investisseurs privés, la Tunisie s’active pour se positionner comme un pôle central dans la production d’hydrogène vert. Comme l’indique la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène vert et ses dérivés, la Tunisie affirme son ambition à l’exportation : elle prévoit de produire plus de 8 millions de tonnes d’hydrogène vert d’ici à 2050, dont plus des trois quarts seront acheminés vers l’Europe.

Ce qui pose plusieurs problèmes majeurs. Le développement d’infrastructures nécessaires à la production d’hydrogène vert suppose des financements complexes et colossaux, se juxtaposant aux autres sources d’endettement du pays. Les pays européens bénéficieront non seulement de l’énergie produite en Tunisie, mais pourront également créer de nouvelles opportunités d’investissements pour leurs industries, permettant le contrôle de toute la chaîne de valeur de l’hydrogène vert, de la production à l’approvisionnement. Enfin, la Tunisie devra mobiliser plus de 500 000 hectares de terres et 248 millions de mètres cubes d’eau dessalée d’ici à 2050.

“Nous ne sommes pas dupes”

Par ailleurs, le très controversé GCT prévoit de créer sur son site, en soutien avec la banque [publique d’investissement] allemande KFW, un pilote de production d’ammoniac vert, un dérivé de l’hydrogène vert, afin de satisfaire le marché local des engrais. N’y a-t-il pas une contradiction entre la volonté de s’engager dans la transition écologique et la production d’hydrogène vert au profit de l’industrie chimique ? Faut-il rappeler que le GCT, qui transforme le phosphate en produits chimiques comme l’acide phosphorique ou en engrais, est déjà responsable de 95 % des émissions polluantes ?

Dans les cafés de la ville, il n’est pas rare d’entendre des citoyens échanger de manière houleuse voire s’écharper autour de ce projet d’usine d’ammoniac. “Pourquoi c’est toujours Gabès qui doit payer ?” s’indigne un quinquagénaire, sirotant les dernières gouttes de son express. “Si les Européens ont besoin d’hydrogène vert, qu’ils le produisent chez eux, pourquoi utiliser notre eau et nos terres ?” poursuit son voisin de table, un ancien syndicaliste. Le serveur, sollicité de toutes parts, prend quelques secondes pour écouter la conversation et lance : “Des traîtres ! Le problème, ce n’est pas les Européens mais des Tunisiens comme toi et moi qui vendent notre pays !”

La colère gronde. Et ce n’est que le début. À l’occasion du sermon de la prière du vendredi, un imam dénonce “une énième volonté de sacrifier Gabès”. Sur les réseaux sociaux, les fils de discussions sur l’hydrogène vert sont quotidiens et la municipalité de Gabès est régulièrement prise à partie, accusée, une fois encore, de faciliter des projets mettant en danger la santé des habitants.

Et pour cause, les choses se sont incroyablement accélérées depuis la publication, en mai 2024, de la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène vert et ses dérivés en Tunisie, élaborée en tandem avec la GIZ [l’agence de coopération internationale allemande pour le développement] : signature à tour de bras d’accords avec des entreprises étrangères (TotalEnergies [française], ACWA Power [saoudienne], TuNur [tuniso-britannique], AKER Horizons [norvégienne], Verbund [autrichienne], etc.), université d’été sur l’hydrogène vert à l’attention des étudiants à la faculté de Manar [à Tunis], rencontre internationale à Gabès et création du cluster “Tunisie hydrogène renouvelable et ses dérivés” en présence de l’ambassadrice de France et de plusieurs entreprises et acteurs français de la filière hydrogène, débat sur la Stratégie pour le développement de l’hydrogène vert organisé par la chambre de commerce tuniso-belgo-luxembourgeoise et le conseil de gouvernance économique belgo-tunisien, en présence notamment de l’ambassadeur de Belgique.

“Nous ne sommes pas dupes”, prévient Khayreddine Debaya, cofondateur du collectif Stop Pollution en 2012. “Nous développons les énergies renouvelables pour notre souveraineté énergétique ou pour produire de l’hydrogène destiné à l’Europe ?” Plusieurs études ont alerté sur les répercussions négatives de tels projets, tant sur la question foncière que sur celle de l’eau. En effet, pour produire de l’hydrogène vert, la Tunisie devra développer des sites de production d’énergies renouvelables qui exploiteront les ressources foncières avec pour conséquence le déplacement des populations et la dégradation de terres.

Des mécanismes d’exploitation coloniale

Quant aux ressources hydriques, la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène vert prévoit “le dessalement de l’eau de mer comme source principale d’eau […] : aucune goutte d’eau douce ne sera utilisée”. Or le dessalement n’est pas une solution miracle. “Dessaler l’eau de mer est un procédé cher, énergivore et qui rejette des quantités importantes de gaz à effet de serre dans la plupart des pays dotés d’un mix électrique très intensif en CO2”, peut-on lire dans un rapport publié par l’Institut français des relations internationales.

Par ailleurs, l’ONU a tiré la sonnette d’alarme en 2019 sur les rejets de saumures dans les océans ou les mers, [qui causent] une augmentation de la salinité de l’eau, perturbant les écosystèmes marins. Pour produire un litre d’eau consommable, il faut rejeter un litre et demi de saumure. La Tunisie est-elle destinée à être une arrière-cour servile et un réservoir d’énergie pour l’Europe, perpétuant ainsi les mécanismes d’exploitation coloniale ? Hamza Hamouchene, chercheur [en biologie] et militant algérien, responsable du programme Afrique du Nord du [groupe de réflexion] Transnational Institute, dénonce “un colonialisme vert qui pille les ressources locales.

Une réalité d’autant plus éprouvante pour les 130 000 habitants de Gabès qui vivent cette exploitation dans leur chair. Cancers, insuffisances respiratoires, ostéoporose, infertilité, handicaps… De nombreux experts – mais aucune étude épidémiologique – ont alerté sur l’impact sanitaire de l’industrie chimique.

En octobre 2023, des écoliers ont été précipitamment évacués de leur classe suite à une fuite de gaz émanant d’une des usines avoisinantes. Plusieurs enfants ont été transportés en urgence à l’hôpital. À Chott Salem, le quartier le plus proche du GCT, la population est à bout de souffle. L’implantation d’une usine d’ammoniac est vécue comme un coup de massue.

Crimes environnementaux

Nous retrouvons le serveur du café, Imed. Il est né dans ce quartier, à l’époque où s’installaient les premières unités de production. “Ces immenses cheminées qui crachent jour et nuit une fumée toxique font partie du paysage depuis mon enfance, observe-t-il. Mais à l’époque, les habitants n’avaient pas conscience des risques sanitaires et environnementaux, tout ce qu’ils voyaient, ce sont les nouveaux emplois que le Groupe chimique allait créer.”

Aujourd’hui, la création d’une usine d’ammoniac, aussi verte soit-elle, ne passe pas. Khayreddine Debaya interroge : “Quand l’eau est utilisée à des fins industrielles plutôt que pour servir les populations locales, que reste-t-il à espérer ?. Le gouvernement a annoncé en 2017 la délocalisation du Groupe chimique, nous sommes en 2024 et rien n’a été fait ! Pire, il prévoit d’installer de nouvelles usines qui vont continuer à puiser dans nos ressources et polluer nos sols, nos eaux et notre air.”

Des données de l’Agence nationale de protection de l’environnement attestent des dépassements des seuils fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la qualité de l’air, sans que cela semble émouvoir les autorités. “Nous ne laisserons pas l’État reproduire les mêmes crimes environnementaux”, affirme avec aplomb le cofondateur de Stop Pollution. À la mi-décembre, une dizaine d’élèves et d’enseignants de l’Institut supérieur des langues de Gabès se sont rassemblés pour dénoncer l’implantation d’une usine d’ammoniac et la production d’hydrogène vert dans leur ville. Une génération cette fois-ci consciente que c’est aujourd’hui que se joue son avenir.


En Tunisie, les projets d’hydrogène vert inquiètent les défenseurs de l’environnement
Le Monde, 1er avril 2025

Sur près de quatre kilomètres, de la route qui longe le littoral jusqu’à la plage, les parcelles agricoles verdoyantes se mélangent à la terre orangée. Bienvenue à Métouia, paisible ville de 13 000 âmes qui borde le littoral du golfe de Gabès, dans le sud de la Tunisie. « C’est un endroit vierge comme il n’en existe plus », s’émerveille un pêcheur amateur, avant de s’emporter : « Vont-ils vraiment tout détruire ? Tout cela pour exporter de l’hydrogène vers l’Allemagne ? », râle-t-il avant de disparaître aussitôt.

L’inquiétude pour l’avenir de ce paysage s’est rapidement diffusée au sein de la population locale depuis que la région a été choisie pour accueillir un « projet pilote » pour la production d’hydrogène dit « vert », car produit à partir d’énergies renouvelables (solaire et éolien). En septembre 2023, la Tunisie, qui ambitionne de devenir une exportatrice majeure, s’est dotée d’une « stratégie nationale » dressant les étapes pour parvenir à une production annuelle de 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert d’ici à 2050.

Exporté vers l’Allemagne

Les gazoducs vers l’Europe, dont Transmed (en violet : Algérie-Tunisie-Italie…) qui pourrait aussi être utilisé pour transporter l’hydrogène produit en Tunisie

Selon ces plans, environ 77 % de cette production serait destinée à être exportée vers l’Union européenne, principalement vers l’Allemagne. L’élaboration du document a été soutenue par l’agence de coopération allemande (GIZ). Bruxelles et Berlin misent sur cette source d’énergie pour réduire la consommation d’énergies fossiles et parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050. « L’Europe connaît une forte demande en hydrogène vert, une opportunité que la Tunisie entend saisir. Pour se positionner comme un acteur dans le développement de cette technologie d’avenir, il s’agit de préparer dès aujourd’hui l’écosystème pour ouvrir la voie à des investissements futurs », résume un diplomate de l’ambassade d’Allemagne à Tunis.

Le pays a un avantage sur ses concurrents régionaux comme le Maroc et l’Egypte, grâce au gazoduc Transmed, qui relie l’Algérie à l’Europe en passant par le territoire tunisien. L’une de ses conduites pourrait être reconvertie pour transporter l’hydrogène. Alger, Tunis, Rome, Vienne et Berlin se sont engagés en ce sens avec un mémorandum signé en janvier. Par ailleurs, « la Tunisie offre un bon équilibre entre rayonnement solaire et potentiel de production d’énergie éolienne, notamment dans le sud du pays », analyse Francesco Sassi, chercheur associé en géopolitique et marchés de l’énergie à l’institut Ricerche Industriali ed Energetiche de Bologne (Italie).

Malgré la faible part de ces énergies renouvelables dans le mix énergétique tunisien – environ 5 % –, investir dans ce domaine permettrait au pays de réduire, selon lui, sa « dépendance aux combustibles fossiles, l’impact déjà négligeable de l’économie tunisienne sur les émissions de carbone, mais aussi de produire de l’hydrogène vert grâce à des capacités excédentaires par rapport aux besoins nationaux ». Le document stratégique tunisien évoque lui l’opportunité de « stimuler le développement économique » et la création « d’emplois durables », principalement dans le Sud tunisien, région marginalisée où les opportunités économiques se font rares.

Pollution liée au dessalement de l’eau

Le projet « SoutH2 Corridor » de transport d’hydrogène vert du Maghreb vers l’Europe, tel qu’acté à Rome le 21 janvier 2025 entre les gouvernements de l’Algérie, Tunisie, Italie, Allemagne et Autriche…

Mais pour produire de l’hydrogène vert, il faut pouvoir, à partir d’énergies renouvelables, extraire ce composé de l’eau. Or le pays en manque cruellement. Les huit années consécutives de sécheresse obligent régulièrement les autorités au rationnement de la population, le gouvernement envisage de recourir à des usines de dessalement d’eau de mer, alimentées par des centrales solaires ou éoliennes. Très énergivore, cette solution présente aussi des risques de pollution du fait des saumures, des eaux à forte teneur en sel et en éléments chimiques, qui seront déversées dans la mer.

A Gabès, l’idée révolte. Unique oasis littorale de la Méditerranée, la ville subit, depuis près de cinq décennies, les rejets de l’usine du Groupe chimique tunisien (GCT), entreprise publique qui transforme le phosphate extrait dans le sud du pays en engrais prêts à l’exportation. « Ça fait cinquante ans qu’ils détruisent tout, la mer, les poissons et l’oasis, peste Jamel Souai, gérant d’hôtel dans un centre-ville déserté par les touristes du fait de la détérioration progressive de l’environnement. Et maintenant, ils veulent y ajouter l’hydrogène. C’est dangereux ! »

Vendredi 21 mars, la société civile locale, mobilisée autour des sujets environnementaux, s’est réunie devant la Maison de la culture, où se joue la pièce Toxic Paradise du metteur en scène tunisien Sadok Trabelsi. Celle-ci raconte l’histoire intime d’une famille touchée par la pollution du GCT. « Nous essayons de sensibiliser les gens au sujet de l’hydrogène en organisant des discussions, des réunions dans les universités et des manifestations pour lutter contre ces projets », explique Israa Zagritat, étudiante à l’institut supérieur des langues et militante du mouvement Stop Pollution.

« Sacrifier 500 000 hectares de terres »

Chercheur au Transnational Institute et membre de Stop Pollution, Saber Ammar s’alarme que son pays soit prêt, selon ses estimations, « à sacrifier près de 500 000 hectares de terres » pour produire les quantités annoncées d’hydrogène alors que l’eau manque et que les denrées alimentaires sont massivement importées. « Nous allons nous retrouver dans un modèle extractiviste pour répondre à la stratégie allemande et européenne de décarbonation de l’économie », s’offusque M. Ammar, qui considère que « la création d’emplois et de richesses risque d’être bien plus faible que prévu ».

« Il est vrai qu’il existe certaines inconnues. On parle d’emplois mais on ne sait pas exactement combien seront créés. Pour pouvoir en discuter, il faut avoir des données », reconnaît une source diplomatique au fait du dossier, tout en soulignant qu’il n’existe pas non plus d’estimations précises sur la valeur de l’hydrogène à l’horizon 2050.

Le gouvernement a fait savoir que l’investissement dans la filière dépendra des investissements privés. Signe d’un engouement des acteurs, depuis la publication de la stratégie gouvernementale, une dizaine de protocoles d’accord a été signée avec des entreprises étrangères dont TotalEnergies pour un projet visant à produire jusqu’à un million de tonnes d’hydrogène par an.

vandalism at Tesla dealership, $114,000 in damages reported – Meridian, ID

Publié le 2025-04-12 20:31:35

Meridian Police are investigating a vandalism incident that occurred overnight at a Tesla dealership.

According to authorities, the incident took place between 6:30 p.m. on April 2 and 7:00 a.m. on April 3.

The Meridian PD reported that the suspect damaged 16 Tesla Cybertrucks and the side of the dealership building with red spray paint, which included the word "Nazi" on both the structure and some of the vehicles.

The estimated cost of the damage is around $114,000, as per the police.

Found on Mainstream News

Des rats coupent la fibre au port de Caen

Publié le 2025-04-13 07:17:42

Des rats coupent la fibre au port de Caen

Infos locales Libération animale - Antispécisme Surveillance - Contrôle social Actions directes - Sabotages Technocritique

La critique de la société techno-industrielle du contrôle et de la surveillance semble être parvenue jusqu’aux oreilles de quelques rats caennais, qui ont délibérement coupé la fibre optique vers le port de Caen. Plus sérieusement, cet épisode original (mais pas isolé !) illustre la vulnérabilité des réseaux de la domination.

Extraits de la presse locale le 11 avril 2025 : « Insolite : des rats affamés coupent la fibre au port de Caen »

Pendant plusieurs heures, mercredi 9 avril 2025, les abonnés à la fibre situés au niveau du port de plaisance de Caen (Calvados) ont été brutalement privés de connexion.

C’est une coupure qui a pris de court de nombreux usagers du port de Caen (Calvados), ce mercredi 9 avril 2025. Pourtant, ce n’est pas une panne classique ni une opération de maintenance qui a causé l’interruption : ce sont des rats qui ont endommagé les câbles de fibre optique.
Selon les explications d’Orange, opérateur en charge du réseau dans le secteur, les rongeurs auraient été attirés par les gaines des câbles, recouvertes d’un matériau contenant de l’amidon, un véritable festin pour ces petits mammifères.
« Ce n’est pas la première fois que des rongeurs s’attaquent à nos câbles  », confie l’opérateur.
« Ce qui est difficile, c’est que les câbles sont très attrayants pour les rats. Et à cause des travaux en cours dans Caen, ils se déplacent plus facilement et peuvent atteindre davantage de lignes. » (Orange)

La panne, bien que temporaire, a affecté l’activité de plusieurs professionnels et riverains. Le service a pu être rétabli dans un délai de quatre heures, mais l’incident souligne une fragilité persistante des infrastructures urbaines face à la faune souterraine.

Pour l’heure, des inspections sont en cours afin d’évaluer les zones sensibles et envisager des protections supplémentaires. Mais les opérateurs comme les usagers le savent : ce genre d’incident pourrait bien se reproduire.

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