Vive l'Anarchie - Semaine 15, 2017

Sommaire

1er avril : faute de poisson, on a promené nos poulets !

Publié le 2017-04-15 08:09:35

Un petit compte-rendu de la manif Anti TESO qui s’est tenue le samedi 1er avril à Toulouse.



Toulouse Euro Sud Ouest, ou TESO pour les intimes, est un projet de restructuration urbaine qui concerne principalement les quartiers de la gare. En 2022, la LGV devrait relier Paris à Toulouse en 3h38 , et il ne s’agirait pas d’accueillir les cadres en transit dans les conditions actuelles ! Comprenez tout de même : des populations précaires, des vieilles places où l’on zone, des maisons vétustes, ça ne fait pas bon genre. Il s’agira donc de faire rayonner la ville à échelle européenne en créant des milliers de mètres carrés de bureaux, de commerces, en virant les habitants du quartier Bonnefoy, en restructurant les allées Jean Jaures comme des ramblas, tout cela bien ordonné et vidéosurveillé comme il se doit. Et puis pour l’image de marque, une fois que le centre ressemblera à n ’importe quel centre-ville, on parera à l’homogénéisation générale en édifiant un emblème aussi grand que vulgaire : l’Occitanie Tower, 150 mètres de mépris.

Place Belfort. 15H00.

Une centaine de personne se sont rassemblées à coté d’un char et de quelques banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Fight The Tower », « Abattre TESO », « Prendre la rue Sortir de l’impasse ». Parmi ces gens, on peut distinguer les visages flétris et tristes d’élus locaux et autres urbanistes : Jean-Luc Moudenc, maire de la ville de Toulouse, Carole Delgas, présidente de la région, Joan Busquets architecte majeur du projet et Alain Garès directeur général d’Europolia, la société d’aménagement de TESO... imprimés sur des assiettes en carton.

« Ni premier tour, ni tour d’Occitanie ! »  

Malgré leur apparence sévère, il faut croire que plus on est de fous plus on rit... Les protagonistes n’ont pas tardé à claironner joyeusement leur mécontentement quant au nouveau phallus géant qui devrait être érigé sur le territoire de la gare Matabiau : « Pierres par pierres, murs par murs, on détruira l’Occitanie Tower ».


« Bayard , Bayard, Bayard Générale ! » 
 

Entre deux orages, le cortège traverse les endroits touchés par les projets de restructuration urbaine. Devant le siège social de Kaufman and Broad, sur les travaux rue Bayard, en face des locaux de Toulouse Nécropole, des manifestants grimés en acteurs du projet présentent les plans machiavéliques concernant le polissage de la ville, sous les acclamations ironiques du cortège qui prône plutôt l’autogestion. Retrouvez le texte du discours ici.

« Et on promène nos poulets ! »

Depuis le début, les RG sont de la partie, déçus qu’ont leur ait refusé des masques de Moudenc. A Jean-Jaures, les flics se multiplient, comme affamés, et les fourgons nous suivront jusqu’à la fin sous les quolibets. La balade se termine au Houla-hoops, un squat menacé d’expulsion par Vinci, car situé dans le quartier Bonnefoy que restructure le TESO. Les poulets doivent se contenter de nous voir nous y retrouver sous leurs yeux. L’assemblée ne souhaitant pas profiter de leur parole, il leur est sommé de se disperser sous peine d’un lancé de grenade imminent. « Connasse ! » braillent les exclus.

Une assemblée s’est donc tenue à la suite de la balade. L’idée, c’est de ne plus se retrouver à 10 pélos pour lutter par-ci contre la destruction d’un parking gratuit pour en faire la « base de vie » du chantier (Bonnefoy), par-là contre l’expulsion d’un logement, mais de pouvoir dessiner une vision plus générale des avancées de la métropole afin de se coordonner contre cet ennemi commun.

La première partie de l’AG était donc un moment d’échange qui mêlait des prises de parole sur le projet TESO, mais aussi sur le projet Val Tolosa (projet de MÉGA centre commercial à Plaisance-du-Touch), sur la gentrification du quartier Arnaud Bernard, la fin du marché de St Sernin.

Nous avons ensuite tenté d’élaborer ensemble la suite de cette lutte et ainsi décidé que, tous les premiers dimanche du mois, des discussions auraient lieu dans des lieux publics, parcs ou chantiers, pour échanger sur le(s) projet(s) et s’organiser en conséquence.

Paris : dissolution de la discordia – la plus belle mort est celle qui fait place à la vie

Publié le 2017-04-15 08:09:35

Les suites des attentats religieux qui ont secoués la ville de Paris, bien qu’ayant charrié au sein de la mouvance leur lot de paniques idéologiques diverses, conscientes ou inconscientes, et les diverses attaques matérielles que nous avons subies, qu’elles soient issues des milieux identitaires et réactionnaires ou des larbins de l’Etat et des ministères ne jouent aucun rôle dans cette auto-dissolution, elles n’ont fait que renforcer la nécessité de tenir le cap malgré l’accroissement, chez plusieurs d’entre-nous (les derniers restants, le collectif ayant fortement changé à deux reprises), de doutes et de contradictions insolvables quand à la forme d’organisation dite « affinitaire » (qui a pu avoir son sens à une époque où ce mot fut compris), en tout cas groupusculaire. Nous avons goûté à cela, nous avons même probablement contribué à renforcer des logiques sectaires qui ne faisaient que s’ajouter aux rapports de domination du quotidien, alors que nous souhaitions être tellement plus qu’un autre outil de notre propre misère pratique et organisationnelle. Si la beauté des gestes n’est plus suffisante, si l’illusoire confort des certitudes morales se fissure, si la psycho-rigidité idéologique et militante ne laisse plus place à l’intelligence et la créativité, si la gestion des rapports humains devient celle d’une famille, alors il faut s’arrêter. Il faut essayer autre chose. Apprendre de son expérience et repartir au combat dans de nouveaux élans.

Reste que de nombreuses rencontres et pistes positives ont été explorées ici et là, parfois de façon inédite, elles se poursuivront. Malgré les tentatives d’empêchement permanent guidés par des instincts de conservation et des illusions de préservation idéologique, se transformant parfois en harcèlement, il se trouve que par percées d’hétérogénéité, une circulation de l’intelligence a parfois pu prendre place pour donner des armes à nos refus, à la négation de l’existant, nous donnant plus de carburant pour la suite. Et suite il y a, cette fois, en dehors des sentiers battus et rebattus de l’idéologie groupusculaire et des identités politiques, c’est du moins la tentative qui s’amorce et va s’expérimenter dans un enthousiasme qu’on aurait pu croire perdu, et qui nous donne les forces de construire ce pont au-dessus du précipice contemporain. Ainsi nous sommes heureux d’annoncer que les individus qui composent ce projet dans sa dernière « génération » ont décidé de dissoudre La Discordia pour laisser place à un projet plus large, plus ouvert, sans effusions de rigidité groupusculaire et d’opacités assiégées, et qui selon nos analyses, est plus à même de répondre à l’époque. Une époque qui nécessite bien plus pour nous de rencontrer de nouveaux compagnons et camarades avec qui élaborer des perspectives plus ambitieuses, plutôt que de renforcer des groupes et s’enfermer dans les derniers restes de mouvance qui se meurent et pourrissent sur pied face au rouleau compresseur post-moderne. Les Fleurs Arctiques est une hypothèse et une aventure qui nous semble, aujourd’hui, plus intéressante et plus excitante que la notre, dans le contexte d’un anarchisme plus mourant que jamais dans la capitale et en France, isolé et dispersé sans aucun réseau, ou pourrissant au sein de micro-partis « informels » (dont feu le notre) en l’absence de troubles sociaux dans lesquels intervenir. La préservation a assez duré. Ainsi, nos locaux sont désormais ceux des Fleurs Arctiques, et notre collectif se dissout en elles.

Pour la révolution. Pour l’anarchie. Pour la liberté.

Avril 2017,
La dernière Discordia.

https://ladiscordia.noblogs.org/

Infos pratiques :

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-04-15 08:09:35

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Stop à la déportation de Saeed #3

Publié le 2017-04-15 08:09:36

Ce lundi 10 avril à 9h40, vol Air France, Paris Charles de Gaulle-Athènes, aura lieu la 3e tentative d’expulsion de Saeed vers la Grèce, qui le déporterait vers la Turquie, puis vers l’Iran.
Le vol de Saeed a été reporté, en attendant la décision du juge des libertés et détention, qui siège à quelques mètres du CRA, au plus près de l'aéroport. Mobilisation à CDG annulée/reportée mais nous invitons tous ceux qui le peuvent à se rendre à l'audience pour lui montrer votre soutien le mercredi 12 avril à partir de 10h à l'annexe du TGI de Meaux (1 rue de Paris, 77990 Le Mesnil-Amelot)



Ce sera son 28e jour de détention au Mesnil-Amelot.

Lors de la 2e tentative, Saeed a été attaché aux mains, et aux pieds, menacé et frappé par les escortes policières. Celles-ci l’ont empêché de parler et de crier une fois dans l’avion.

Des passagers et l’équipage de bord, prévenus par quelques personnes présentes aux portes d’enregistrement, ont refusé que Saeed embarque avec eux.

Saeed a été emprisonné et torturé par les autorités de la République Islamique d’Iran en raison de ses croyances et ses activités politiques et religieuses. Été 2016, Saeed a fui la répression et la discrimination en Iran et a pris la route de l’Europe. Il est arrivé en France début de mars 2017. Saeed est enfermé depuis le 13 mars 2017. Les juges ont refusé tous ses recours.

La seule voie possible pour empêcher cette déportation, sera la résistance des passagers et des personnels de vol, leur refus devant le fait qu’un déporté, un embarqué par force, soit à bord.

Nous vous appelons à être nombreu-x-ses ce lundi, à 7h, Aéroport Charles de Gaulle (Terminale 2F) pour avertir les passagers et les personnels de vol, pour montrer notre solidarité avec Saeed et pour empêcher sa déportation.

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-04-15 08:09:36

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Crest (Drôme) : Carnaval vandale

Publié le 2017-04-15 08:09:36

Le Dauphiné / Dimanche 9 avril 2017

L’appel à la fête et au carnaval avait été lancé à la population par des militants de “Nuit debout” et le monde associatif ainsi que des intermittents du spectacle. Et il a été entendu. Ils étaient quelques centaines à défiler déguisés, hier après-midi, dans la cité crestoise. Revendiquant haut et fort sur un air de grande fête le retour d’un carnaval à Crest, arrêté il y a 8 ans. Les organisateurs avaient décidé de faire du bruit ! Sur le thème “du réveil du monstre”, avec tous les ingrédients de la fête réunis, ils ont tous déambulé dans les rues pour faire passer leur message contestataire.

Et si la fête a bien eu lieu, quelques attitudes ont fâché le député-maire LR de la ville. « Plutôt que d’animer la ville, certains professionnels de l’agitation l’ont perturbée. Certains commerçants ont même dû fermer boutique », a déclaré Hervé Mariton hier soir. « Certains murs de la ville ont été tagués et des caméras de vidéo-surveillance ont été dégradées. Cela va coûter de l’argent. Nous allons naturellement déposer plainte […] Cette pression par le nombre et le désordre n’est pas drôle et elle n’est pas démocratique », a ajouté le maire de Crest.

G20 – welcome to hell !

Publié le 2017-04-15 08:09:37

 

G20 – Welcome to hell !
Bloquer – Saboter – Démonter

 

Le prochain sommet des vingt états les plus puissants économiquement et politiquement doit avoir lieu à Hambourg les 7 et 8 juillet 2017. Son lieu de déroulement, le Centre des Congrès, est au cœur même de la ville, dans une zone résidentielle (le quartier St. Pauli). Les dominants de ce monde seront accompagnés par des milliers de délégués et de journalistes, protégés par une armée de flics, d’agents des Renseignements et de militaires. En intégrant des associations internationales et des ONG, ce G20 prétend que des décisions concernant toute la société civile seront prises. Pour l’extérieur, les organisateurs allemands se donnent un vernis social en prétendant que les thèmes majeurs du sommet seront les femmes, la migration et la santé. Autant de miroirs aux alouettes populistes, étant donné que les objectifs essentiels du G20 sont la répartition des sphères d’influence et d’intérêts géopolitiques et la coordination de l’exploitation à l’échelle mondiale.

Le G20 n’est pourtant pas une réunion représentant la majorité de l’humanité, mais une réunion d’états bourgeois, de régimes autoritaires, de gouvernements pratiquant la torture et de blocs militaires menant des guerres, qui sont les acteurs de l’exploitation globale. L’hôte allemand est avec la Chine un des grands gagnants de la mondialisation des vingt-cinq dernières années. Le G20 de juillet 2017 devrait en ce sens s’appeler «L’invitation chez les vainqueurs ». Hambourg et son port, la prétendue « Porte du monde» sont
entachés du sang de l’exploitation’ internationale. Ce sommet sert au maintien d’un ordre mondial responsable de nombreux ‘conflits armés, de la propagation de la misère et de l’exil de plus de soixante millions de personnes mais également du fait qu’un nombre accru d’entre elles meurent sur la route de l’exil.

La guerre comme moyen de domination politique

La guerre et le capitalisme sont étroitement liés. Historiquement, les guerres ont toujours été utilisées comme partie d’une stratégie de dépassement des crises. Cette logique a été momentanément abrogée entre les puissances industrielles de l’Est et de l’Ouest, durant les décennies de status quo de la Guerre froide, mais pour se rejouer dans des guerres par procuration dans les pays du Sud. Après l’effondrement du bloc de l’Est, de nouvelles latitudes se sont ouvertes pour la logique de crises capitaliste et par-là pour la logique de guerre. Depuis 1989, le régime néolibéral a conduit de nouvelles stratégies globales: viabiliser les débouchés et assurer l’accès aux ressources pour les pays industriels dominants.

Les états dominants du régime capitaliste mondial ont de plus en plus fréquemment recours à l’option de l’intervention militaire dans leur effort pour assurer le maintien de leurs sphères de pouvoir et d’influence et la promotion de leurs intérêts économiques. Les accords commerciaux, les taxes et les politiques fiscales favorables au capital (combinées à une politique monétaire et à une politique de crédit correspondantes), qui étaient les moyens jusqu’ici employés afin de surmonter les rapports d’opposition et de concurrence entre ces états, reculent pour laisser place à des escalades militaires.

Ce n’est pas un hasard, si pratiquement tous les états participant au G20 sont actuellement directement ou indirectement engagés dans des conflits armés. Qu’il s’agisse de guerres par procuration, de prétendues actions policières ou d’ « opérations de paix» – tous ces mots signifient guerre, mort et destruction. Seules les confrontations militaires entre les états possédant le plus grand pouvoir politique sont (pour le moment) encore évitées. L’intensification des tensions entre l’OTAN et la Russie indique cependant que cet état de fait n’est pas nécessairement voué à se maintenir. En réaction à la politique d’extension agressive de l’OTAN à l’Est de l’Europe, le régime russe se réarme massivement, et menace les anciens états membres de l’Union soviétique qui se sont rattachés à l’UE et à l’OTAN. Du fait des sanctions internationales, et de la dynamique concurrentielle capitaliste en général, la Russie se trouve en proie à de sérieuses difficultés économiques. L’arrière-plan de la guerre en Ukraine, c’est la logique de concurrence capitaliste entre l’UE et la Russie; cette guerre est l’expression d’une lutte pour la mainmise sur des sphères d’influence politique et sur de nouveaux marchés.

La militarisation de la politique étrangère conduit aussi à une militarisation de la politique intérieure et par là à une transformation des sociétés occidentales. Y est de plus en plus banalisé et accepté le fait que les conflits sociaux et économiques soient résolus par la répression policière, voire même militaire. C’est l’escalade militaire produite par une politique étrangère hégémonique qui sert d’argument à la militarisation des forces de police. Au durcissement des politiques étrangères correspond un renforcement des contradictions dans les sociétés occidentales. Les promesses de plein-emploi et de prospérité pour tous.tes, longtemps brandies pour répondre à la paupérisation et à l’accroissement du fossé entre riches et pauvres, a fait place à une politique répressive combattant les mouvements de révoltes.

Parallèlement, la mondialisation néolibérale fait place à une nouvelle phase de réorganisation stratégique du système capitaliste mondial. Le dépassement de la crise financière et économique de 2008 prend le visage d’une désagrégation de l’idée de mondialisation comme grand marché commun. Cette rupture a pour conséquence le nationalisme, le protectionnisme, et l’accroissement de la disposition à la confrontation, y compris entre les états capitalistes dominants. Ils mènent une politique de guerre, et ont pour perspectives la concurrence et l’exploitation. Des valeurs comme la paix, le respect des droits humains, la justice économique et l’utilisation responsable des ressources de ce monde font figures d’obstacles au libre déploiement de la recherche capitaliste de profit.

Notre résistance est multiple et imprévisible

Si les représentant.es et les administrateur.rices du (dés)ordre dominant veulent organiser leur mise en scène spectaculaire au milieu de Hambourg, nous leur opposerons nos actions de résistance trans- et internationale et nos représentations d’un monde dans lequel il fait bon vivre !

Les mobilisations autour des sommets des années 2000 ont été des moments où les groupes et réseaux de gauche et anticapitalistes, venus d’Europe et du monde entier ont pu se rencontrer et agir ensemble. Nous avons traversé des expériences communes et lutté ensemble, participé à des assemblées internationales, nous avons vécu les attaques des flics épaulés par l’armée, réuni nos forces et rendu les coups. Le mouvement altermondialiste a changé, mais nos réseaux de lutte vivent et sont actifs localement, dans nos villes, nos régions, nos villages et nos forêts. Ils le sont aussi à un niveau transnational comme à Rostock/Heiligendamm, à Strasbourg, à Athènes, à Copenhague, dans le Wendland, à Paris, à Milan et à Francfort.

Le sommet à venir à Hambourg représente dans toute sa dimension symbolique et pratique beaucoup de choses que nous refusons. Les acteurs de cette mise en scène ont des visages interchangeables mais le rôle qu’ils jouent reste le même, et les conséquences de leurs actions sont, elles, bien réelles. À travers les actions prévues à Hambourg, nous voulons faire comprendre sans équivoque que nous combattons leur politique de guerre, de terreur et d’exploitation! Nous cherchons une rupture symbolique et pratique avec l’ordre dominant, par l’action collective avec de nombreux autres activistes de toute l’Europe. Nous voulons perturber et bloquer le déroulement du G20 à Hambourg, que ses organisateur.ices espèrent fluide et sans accrocs. Nous voulons ouvrir des interstices et les utiliser pour agir de façon multiple, massive et imprévisible contre le sommet. Nous savons aussi déjà que ceux.elles à qui nous nous opposons défendrons leur mise en scène spectaculaire par l’intervention de milliers de flics, militaires et agents des divers services de Renseignements.

Ceci est une invitation à nos proches et lointains camarades, ami.es, compagnons et compagnes de lutte: qu’ils.elles rejoignent les protestations contre le G20 à Hambourg, début juillet 2017 ! La gauche radicale a tenu tête aux dominants dans de nombreuses luttes: nous restons multiples, solidaires et imprévisibles. Nos centres autonomes, en particulier ceux qui se trouvent près des lieux de déroulement du sommet, seront des points de départ pour nos échanges et la formation de la résistance. À l’inverse de l’opposition bourgeoise, nous ne proposerons pas aux dominants d’alternative pour maintenir le système capitaliste en vie. Nous sommes solidaires de toutes les forces émancipatrices qui descendent dans la rue contre le sommet. Et nous déterminerons nous-mêmes quelles formes d’actions sont politiquement pertinentes et utilisables pour nous.

plus d’infos sur : https://g20tohell.blackblogs.org/category/fr/

flyer et version longue du texte diponibles en téléchargement

Nantes et sa région : Un bonjour aux deux nouvelles permanences FN en Loire-Atlantique…

Publié le 2017-04-15 08:09:37

Indymedia Nantes / Lundi 10 avril 2017

Alors que l’ancienne permanence du Front National à Nantes située quai de Versailles a fermé l’été dernier, suite, notamment, à de nombreuses décorations et expressions populaires, celui-ci a jugé bon de se réimplanter en Loire-Atlantique en ouvrant deux permanences, à Varades et à Nantes.

Le Front National a du se faire anarquer par son agence immobilière. Malgré le fait que le 25 février plus de 5000 personnes ont clamé haut et fort leur refus des idées de l’extrême-droite, de repli sur soi, de peur de l’autre, malgré que le grand Ouest a toujours été une terre de lutte révolutionnaire et anti-réactionnaire, il persiste à vouloire prendre racine sur le sang et la sueur des opprimé-e-s. A prétendre combattre ce qu’il est : un parti dirigé par un richissime clan familial, recueillant nazis, identitaires violents et racistes décomplexés, un parti qui ne cherche le pouvoir que pour son propre intérêt, « au nom du peuple », en instrumentalisant les souffances causées par le capitalisme et qui pourtant appliquera les mêmes politiques d’austérités que les libéraux au pouvoir depuis 30 ans.

Ces mêmes gouvernements qui mettent de plus en plus en oeuvre et au grand jour le programme et les idées du Front National. Surarmement de la police, surveillance accrue de la population, politiques racistes et sexistes, traque des migrant-e-s, état d’urgence permanent. Gouvernement autoritaire. Nous n’oublions pas que le fascisme peut parfaitement s’installer de manière légale à la tête d’un pays et lui refusons le droit d’exister. Nous ne laisserons pas l’extrême-droite prendre le contrôle des esprits avec la complicité passive et active de la droite comme de la gauche. Qui fait passer la loi « Travaille! », qui couvre les policiers violeurs, tue des manifestants et tabasse des paysans ? Qui fait le jeu du FN ?

Dans la nuit de dimanche à lundi nous avons donc rendu visite simultanément aux deux permanences nouvellements ouvertes dans le département. Ne trouvant pas la décoration à notre goût nous avons jugé sympathique de repeindre les murs, nettoyer le sol et arranger certains tableaux de mauvais goût. Les canapés ne passant pas par la porte nous avons malheureusement dû briser carreaux et fenêtres. Nous espérons que les permanents FN de Varades ne tiendront pas rigueur de la vivacité du déménagement. Et bien qu’écologistes nous n’avons pas refermé les robinets à leur place. On n’apprend que par l’erreur.

Ce premier déménagement est offert, pas de facture de notre part ! Les suivants coûteront chers.

Le GUD – Groupes Unifiés de Déménageurs

*****

20 Minutes / Lundi 10 avril 2017

Des adhérents du FN ont retrouvé leur permanence dans un sale état à Varades (nouvellement Loireauxence). Elle a été vandalisée dans la nuit de dimanche à lundi. Le ou les auteurs ont fracturé la porte d’entrée de ce local qui devait être inauguré le 29 avril prochain. « Il y a eu des jets de peinture, des bris de matériel et des bureaux ont été retournés », selon la compagnie de gendarmerie d’Ancenis, à qui l’enquête a été confiée. « Des canalisations ont été bouchées alors que les robinets d’eau coulaient à flots. Le but était sûrement de rendre les lieux inutilisables », explique Alain Avello à 20 Minutes. Le secrétaire départemental du FN incrimine « des minorités anarchistes » et dénonce « cette violence des milices d’ultra-gauche » dans un communiqué.

[Urbanisme sauvage] Un petit tour et puis s'en va ...

Publié le 2017-04-15 08:09:38

Dans la nuit du 10 avril, les bureaux de l’agence d’architectes Cardete & Huet (38, rue Alfred Dumeril), l’un des principaux acteurs du projet de construction de l’Occitanie Tower* ont été attaqués.

Serrures collées, vitres brisées et façades recouvertes : une réponse, en somme aux 150 mètres de mépris que ces si respectables architectes nous promettent.

FIGHT THE TOWER
Passe ton tour ou ce sera le tien !

*Parmi lesquels, on retrouve aussi la compagnie de Phalsbourg (promoteur), Daniel Liberskind (architecte), le projet TESO et Toulouse Métropole noramment.

18e arrondissement : une permanence Les Républicains « vandalisée », la droite pleurniche !

Publié le 2017-04-15 08:09:38

« Fillon, rends l’argent ! » « Boycott 2017 », avec de jolies petites faucilles et marteaux pour faire rager les réacs, ça n’a pas manqué ! Suite à ce relookage plutôt mignon de la permanence du 18e, Pierre Liscia, jeune loup à moustache du défunt UMP a dénoncé « les vieux démons de l’extrême gauche » dans un tweet particulièrement ridicule :

Il est pas content...

Très vite, un soutien ému de NKM, très touché par ce drame, qui a montré plein de solidarité avec cette pauvre vitrine.

No Pasaran, nous ne céderons pas face aux gauchistes ! Je ferai rempart de mon corps !

Cette tragédie a également fortement peiné la pourtant très tolérante rédaction de Valeurs Actuelles qui a insisté dans une vidéo sur le fait que la permanence venait d’être inaugurée. Quel dommage tout de même !

Donc voila, gros pataquès de la droite pour trois coups de peinture. Oseront-ils aller comme le PS parler de « vitrines innocentes » ? Nul ne sait, mais la connerie ne semble pas avoir de limite.

Encore une raison pour rester chez soi les 23 avril et 7 mai...

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-04-15 08:09:38

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Alençon (Orne) : Sabote les yeux de l’Etat à la peinture !

Publié le 2017-04-15 08:09:38

Ouest-France / Lundi 10 avril 2017

[…] Vendredi 7 avril 2017, à minuit, deux hommes ont été interpellés par la police au pied de la tour Pascal, dans le quartier de Perseigne. Avec une bombe de peinture, montés sur le toit de la tour, ils venaient de taguer une des caméras de vidéoprotection qui scrutent le quartier.

Identifiés par… les autres caméras du quartier, les deux hommes ont donc été interpellés puis placés en garde à vue, et présentés dimanche devant le substitut du procureur de la République. Libérés et placés sous contrôle judiciaire, les deux hommes qui habitent Perseigne devront répondre de leurs actes devant le tribunal jeudi 11 mai 2017, à 9 h.

Toulouse : Un petit tour et puis s’en va …

Publié le 2017-04-15 08:09:39

IAATA / Mercredi 12 avril 2017

Dans la nuit du 10 avril, les bureaux de l’agence d’architectes Cardete & Huet (38, rue Alfred Dumeril), l’un des principaux acteurs du projet de construction de l’Occitanie Tower* ont été attaqués.
Serrures collées, vitres brisées et façades recouvertes : une réponse, en somme aux 150 mètres de mépris que ces si respectables architectes nous promettent.

FIGHT THE TOWER
Passe ton tour ou ce sera le tien !

*Parmi lesquels, on retrouve aussi la compagnie de Phalsbourg (promoteur), Daniel Liberskind (architecte), le projet TESO et Toulouse Métropole noramment.

Liberté

Publié le 2017-04-15 08:09:39

Liberté !

Deux semaines se sont écoulées depuis ma libération, après dix longs mois d’enfermement derrière les murs de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis. Je m’excuse d’avoir tant tardé à m’exprimer, mais la « sortie » et le « retour à la normale » m’ont demandé un certain temps d’adaptation.

A travers ce texte je souhaiterais tout d’abord exprimer mes remerciements et ma reconnaissance envers toutes les personnes qui se sont mobilisées pour exiger ma libération, et toutes celles qui m’ont soutenu au quotidien sur toute la durée de ma détention. Je pense avant tout aux membres de ma famille, les plus touchés par l’épreuve qui leur a été imposée, victimes collatérales du système judiciaire et victimes à part entière du monde carcéral, mais qui ont fait face à mes côtés à chaque instant, tout en se mobilisant pour faire connaître ma situation afin de créer des liens de solidarité . A mon frère, qui a lui aussi subi la prison et la vengeance d’État, et qu’il m’est encore interdit de voir et de serrer dans mes bras. A tout mes proches, qui ont été présents depuis le début, et qui m’ont soutenu jusqu’au bout. Retour ligne automatique
Je remercie une fois encore les professeurs de sociologie de la fac de Nanterre, qui m’ont permis de poursuivre mes études, de sortir l’espace de quelques heures de ma seule condition de détenu tout en me donnant les armes pour affronter la prison avec un regard critique. Je remercie également toutes les structures et toutes les personnes qui se sont mobilisées pendant ces dix mois à travers des actes concrets, ou qui se sont simplement exprimées par quelques mots écrits sur une lettre, pour me rappeler que, même loin de tout, je n’étais pas seul. Enfin, je voudrais remercier les camarades, d’ici et d’ailleurs, qui font face à la répression par la continuité des luttes, partout et toujours.Retour ligne automatique
Je souhaiterais également adresser toutes mes pensées à tous les hommes et à toutes les femmes qui sont enfermés, et qui perdent inutilement leur vie dans les geôles de la république. A toutes ces familles qui sont plongées contre leur gré dans les méandres du monde carcéral, mais qui restent dignes et présentes pour leur proches incarcérés. A toutes celles et ceux qui, derrière les murs, s’efforcent de rendre la détention plus humaine, et aux autres qui, de l’autre côté, luttent contre l’injustice de cette institution.

Ma libération est une première victoire. Victoire de mes proches qui sont restés fiers et dignes malgré la souffrance et l’attente. Victoire de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pour exiger ma libération et qui ont su contrer la machine judiciaire, qui avait la ferme intention de me maintenir en prison jusqu’au procès, malgré un dossier mené à charge et sans preuve, pour rendre la peine inévitable. Victoire sur la prison, dont j’ai franchi les portes la tête haute et le regard fixé vers l’avenir, fort des rencontres que j’y ai faites et des expériences que j’y ai vécues, plus révolté et plus déterminé que jamais à lutter contre ce système écœurant et la violence de ses institutions.

Mais le combat est loin d’être terminé. Il y a urgence à s’organiser collectivement pour exiger la libération des trois personnes encore incarcérées dans cette affaire, et l’abandon des poursuites pour tous les mis en examen. La fin de l’information, annoncée par la juge d’instruction en charge du dossier il y a quelques jours, doit marquer le début d’une vraie mobilisation pour arriver à ces fins, pour faire tomber les chefs d’inculpations abjectes de « tentative d’homicide volontaire », « de bande organisée » ou « d’association de malfaiteurs », faire sortir les derniers incarcérés, maintenus en détention provisoire alors que celle ci n’est même plus justifiée juridiquement, et exiger l’abandon des charges, en replaçant cette affaire et le jugement qui doit suivre pour ce qu’ils sont : le procès du mouvement social, et de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés contre la loi travail et son monde, inscrits dans une stratégie de criminalisation des luttes engagées depuis longtemps.Retour ligne automatique
L’affaire du « quai de Valmy » ne peut se comprendre que dans la continuité des politiques sécuritaires et de la répression généralisée qui s’accentuent d’année en année : Justice de classe, licenciements et condamnations des travailleurs et syndicalistes en luttes, avec l’exemple des salariés d’Air France ou des Goodyear. Protection d’un ordre social sécuritaire et répression des mouvements sociaux, arrestations, assignations à résidence et incarcérations de militants révolutionnaires. Islamophobie institutionnalisée sous couvert d’état d’urgence, traduite par des centaines de perquisitions administratives, de fichages généralisés et d’arrestations arbitraires. Racisme d’Etat et domination policière dans les quartiers populaires, multiplication des contrôles au faciès et des violences quotidiennes, incarcération systématique pour les jeunes racisés, allant jusqu’au viol dont à été victime Théo, ou aux meurtres d’Adama Traoré et plus récemment de Shaoyo Liu. Les victimes de la répression sont toujours plus nombreuses, et toujours plus isolées. Il est plus que temps aujourd’hui de construire de vrais liens de solidarité et de faire converger nos luttes vers des victoires communes.

Avec l’espoir que des temps de discussions et d’organisations naissent dès cette réflexion, je réitère mon soutien à tous les prisonniers du mouvement et à toutes celles et ceux qui payent le prix de leur révolte par l’enfermement et la violence d’Etat.

Liberté pour tous les prisonniers du mouvement, Kara, Nico, Krème et Damien
Liberté pour Bagui Traoré
Liberté pour tou-te-s

Antonin

 

Récit du 2ème rassemblement devant la prison de fleury-mérogis

Publié le 2017-04-15 08:09:39

On était une cinquantaine, avec sifflets, tambourin, sono, voix et détermination. Après avoir installé une table avec de la doc et des trucs à boire et à manger, on a redécoré les grilles installées sur le terre-plein devant l’accueil famille par l’administration pénitentiaire. Sur les diverses affiches, on pouvait lire « à bas toutes les dominations », « contre tous les enfermements » ou encore « tout le monde déteste la police ».

Ces grilles ont rendu plus difficile la communication avec les proches de détenus qui ont l’habitude de s’installer sur les bancs alors inaccessibles. De plus, 3 ou 4 matons sont restés postés devant l’accueil-famille tout le long du rassemblement et des parloirs, pour vraisemblablement intimider les familles et les proches et éviter qu’illes viennent discuter avec nous, ce qui était plutot le cas lors du premier rassemblement.

Plusieurs personnes se sont succédées au micro pour rappeler les raisons de notre présence et certains événements survenus depuis moins d’un an en région parisienne et ailleurs, décrits dans l’appel. D’autres ont posé des textes de rap ou passé de la musique. On a aussi voulu montrer notre solidarité avec les mineurs du bâtiment D4 de Fleury, qui se sont révoltés contre les matons en les tabassant alors que ceux-ci s’interposaient entre deux jeunes pendant la promenade, le jeudi 6 avril. Plusieurs matons se sont retrouvés à l’hôpital, tandis que 7 des 8 mineurs ont vu leur régime de détention renforcé par le placement en quartier disciplinaire. Les matons ont organisé un blocage le lundi 10 avril, pour demander plus de moyens de sécurité et ont organisé un rassemblement devant la taule le lendemain des événements.

Suite aux prises de parole, on a gueulé et fait le plus de bruit possible pour être entendu.e.s de l’intérieur (notamment grâce à une benne posée non loin de nous). On a entonné des slogans comme « liberté pour tou.te.s », « les prisons en feu, les matons au milieu », « solidarité avec les prisonnièr.e.s, leurs proches, leurs potes et leurs révoltes », « à la 1ère, à la 2e, à la 3e voiture brûlée, on aime tou.te.s les grillades de condés », « pierre par pierre, mur par mur, détruisons toutes les prisons », « flics, matons ou militaires, qu’est-ce qu’ils feraient pas pour un salaire », « on reviendra parce qu’on est relou.es et déter, « liberté – hourria ».

Pendant toute la durée du rassemblement, une radio pirate, Radio Yo-yo, a diffusé une émission anti-carcérale sur les ondes à l’intention des prisonniers de Fleury. On pouvait y entendre un montage audio du rassemblement du 11 mars dernier, diverses chansons et des messages téléphoniques passés depuis le rassemblement.

On a fait un tour à la maison d’arrêt des femmes où les mineures ont bloqué leur promenade le 11 mars jusqu’à l’intervention des ERIS (Equipe Regionale d’Intervention et de Sécurité), pour crier notre solidarité aux prisonnières, avant de repartir.

D’autres initiatives pourraient exister devant les taules, dans la rue, pour poursuivre la lutte contre les prisons et continuer à faire vivre la solidarité dans les luttes et face à la répression.

 

Fleury-Mérogis : Récit du 2ème rassemblement devant la prison – Samedi 8 avril 2017

Publié le 2017-04-15 08:09:39

Indymedia Nantes / Mardi 11 avril 2017

Samedi 8 avril à 13hs, s’est déroulé un 2e rassemblement devant la taule de Fleury-Mérogis en solidarité avec tou.te.s les enfermé.e.s !

On était une cinquantaine, avec sifflets, tambourin, sono, voix et détermination. Après avoir installé une table avec de la doc et des trucs à boire et à manger, on a redécoré les grilles installées sur le terre-plein devant l’accueil famille par l’administration pénitentiaire. Sur les diverses affiches, on pouvait lire « à bas toutes les dominations », « contre tous les enfermements » ou encore « tout le monde déteste la police ».

Ces grilles ont rendu plus difficile la communication avec les proches de détenus qui ont l’habitude de s’installer sur les bancs alors inaccessibles. De plus, 3 ou 4 matons sont restés postés devant l’accueil-famille tout le long du rassemblement et des parloirs, pour vraisemblablement intimider les familles et les proches et éviter qu’illes viennent discuter avec nous, ce qui était plutot le cas lors du premier rassemblement.

Plusieurs personnes se sont succédées au micro pour rappeler les raisons de notre présence et certains événements survenus depuis moins d’un an en région parisienne et ailleurs, décrits dans l’appel. D’autres ont posé des textes de rap ou passé de la musique. On a aussi voulu montrer notre solidarité avec les mineurs du bâtiment D4 de Fleury, qui se sont révoltés contre les matons en les tabassant alors que ceux-ci s’interposaient entre deux jeunes pendant la promenade, le jeudi 6 avril. Plusieurs matons se sont retrouvés à l’hôpital, tandis que 7 des 8 mineurs ont vu leur régime de détention renforcé par le placement en quartier disciplinaire. Les matons ont organisé un blocage le lundi 10 avril, pour demander plus de moyens de sécurité et ont organisé un rassemblement devant la taule le lendemain des événements.

Portrait d’un flic en civil présent sur place

Suite aux prises de parole, on a gueulé et fait le plus de bruit possible pour être entendu.e.s de l’intérieur (notamment grâce à une benne posée non loin de nous). On a entonné des slogans comme « liberté pour tou.te.s », « les prisons en feu, les matons au milieu », « solidarité avec les prisonnièr.e.s, leurs proches, leurs potes et leurs révoltes », « à la 1ère, à la 2e, à la 3e voiture brûlée, on aime tou.te.s les grillades de condés », « pierre par pierre, mur par mur, détruisons toutes les prisons », « flics, matons ou militaires, qu’est-ce qu’ils feraient pas pour un salaire », « on reviendra parce qu’on est relou.es et déter, « liberté – hourria ».

Pendant toute la durée du rassemblement, une radio pirate, Radio Yo-yo, a diffusé une émission anti-carcérale sur les ondes à l’intention des prisonniers de Fleury. On pouvait y entendre un montage audio du rassemblement du 11 mars dernier, diverses chansons et des messages téléphoniques passés depuis le rassemblement.

On a fait un tour à la maison d’arrêt des femmes où les mineures ont bloqué leur promenade le 11 mars jusqu’à l’intervention des ERIS (Equipe Regionale d’Intervention et de Sécurité), pour crier notre solidarité aux prisonnières, avant de repartir.

D’autres initiatives pourraient exister devant les taules, dans la rue, pour poursuivre la lutte contre les prisons et continuer à faire vivre la solidarité dans les luttes et face à la répression.

Des participant.e.s

Grenoble : Fraudeurs de toutes les lignes, unissez-vous !

Publié le 2017-04-15 08:09:39

Le Dauphiné / Mardi 11 avril 2017

L’ensemble du réseau du Tramway de l’agglomération grenobloise (Tag) a fait l’objet d’une opération de vandalisme coordonnée et à grande échelle dans la nuit de lundi à mardi. Sur les lignes A,C et D, des inscriptions anarchistes demandant la gratuité des transports et des tags anti-contrôleurs ont été retrouvés. Par ailleurs, de nombreux valideurs ont été endommagés par un liquide inconnu.

France3 Auvergne-Rhône-Alpes / Mardi 11 avril 2017

[…] Environ la moitié des machines du réseau ont été mises hors service par un liquide corrosif injecté dans la bouche d’entrée (là où passe le titre de transport). Ce liquide injecté probablement à l’aide de seringues a attaqué les circuits imprimés des valideurs et en a mis un certain nombre hors-service. L’opération commando a probablement été composée de plusieurs équipes à en juger par le nombre de valideurs dégradés, soit 185. L’expédition nocturne a en outre soigneusement évité les arrêts équipés de caméras de surveillance.

Des dégradations coûteuses pour la collectivité

Pas de bip de validation, donc un manque à gagner important pour la SEMITAG, l’exploitant du réseau, et pour la collectivité. Une journée d’exploitation rapporte environ 100 000 euros à l’exploitant. Pour le directeur de la SEMITAG, Philippe Chervy, il s’agit d’actes de « vandalisme organisé« . Ces actes de délinquance ont nécessité l’intervention d’une trentaine d’hommes sur le terrain pour établir les opérations de maintenance et vérifier l’état des valideurs. Le remplacement et la remise en état d’une seule machine peut prendre jusqu’à 6 heures de travail d’après un technicien de l’exploitant.

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-04-15 08:09:40

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Toxicophobie, mon amour...

Publié le 2017-04-15 08:09:42

Je n’ai pas vraiment écris ce texte pour faire de la pédagogie, ça, ça viendra peut être plus tard. Je n’ai pas écris ce texte pour accuser qui que ce soit car, de toute façon, il est trop tard pour d’hypothétiques excuses qui ne serviraient à rien. J’ai écris ce texte car il m’est apparu comme le seul espace dans lequel je pourrais m’exprimer librement, pour crever cet abcès que vous ignorez mais qui nous étouffe. Je parle de ce que je vis, de ce que je connais, je n’ai pas vocation a représenter un groupe homogène. Chaque personne, chaque produit, chaque parcours est unique. Mais la toxicophobie, elle, s’applique à nous tou-te-s, les toxicos. Et elle s’exprime à travers vous.



À l’origine, la toxicophobie est le fait d’avoir peur des poisons, d’en ingérer ou même d’en faire ingérer à d’autres accidentellement. Aujourd’hui, il désigne le sentiment négatif que ressent une personne vis à vis des toxicomanies et, de fait, des toxicomanes. Cette hostilité peut avoir des conséquences plus ou moins graves (l’impact ne sera pas le même lorsque le / la toxicophobe est médecin, polici-er-ère, journaliste ou un-e ami-e…) et une intensité plus ou moins forte (cela peut aller du mépris à la haine).

Un des principaux effets de la toxicophobie est de faire éprouver aux toxicomanes une honte incroyablement tenace. Honte d’être ce qu’iel est. Tellement tenace que même au pied du mur, ce-tte dernier-e peut toujours nier sa consommation plutôt que d’avouer quelque chose d’aussi honteux aux yeux de la société. Pas facile dans ces conditions de mettre en place un parcours de soin efficace ou même de l’information sur la réduction des risques. Ça a au moins une conséquence et s’il n’y en a qu’une seule que vous devez retenir, c’est celle-ci : la toxicophobie tue.

Un second effet, en partie lié au premier, c’est le partage de mythes, croyances, fausses informations voir contradictoires, qui ont un lien direct sur la/les consommation-s. Entre le coup du « si tu fumes un joint, tu finiras par te piquer », « si tu prends du lsd, tu resteras perché », ou encore « L’héroïne, il suffit d’y goûter pour devenir accro ». Une phrase bien flippante, que chacun-e a sûrement entendu au moins une fois... Mais voilà, les monstres n’effraient pas tou-te-s les enfants tout comme certain-e-s n’ont pas peur de sortir seul-e la nuit, c’est la même chose pour les drogues. Et ce qui est dangereux, c’est quand après la première prise on ne sent aucun effet de manque et qu’on n’a pas spécialement envie d’en reprendre, on comprend que ce qu’on nous dit depuis qu’on est gamin-e, ben ce sont des conneries... Enfin pas que. Mais ça, on s’en rend compte tout-e seul-e, un peu tard.

La toxicophobie, c’est aussi les poncifs du genre « les camé-e-s vendraient père et mère pour une dose », « La seule chose qui compte pour les junkies, c’est elleux-mêmes », « un-e héroïnomane ne peut pas être en couple ou ressentir de l’amour pour quelque chose d’autre que la came »… Voilà de quoi dépeindre les pires sous-merdes et nous mettre directement au ban de la société. Et de quoi culpabiliser tou-te-s les toxicos bien sûr…

La toxicophobie est aussi dans le cinéma : Requiem for a dream est toxicophobe puisqu’on nous montre comment les drogues détruisent irrémédiablement la vie de celleux qui en consomment (Quatre protagonistes qui finissent soit en HP, soit en prison, soit à l’hôpital le bras amputé, soit à être obligé de se prostituer) sans montrer de toxicos heureu-x-ses.
Idem pour Trainspotting qui, malgré qu’il soit un de mes films favoris, diffuse une vision très partielle de la toxicomanie : les toxicos sont des voleurs / voleuses (et notamment entre elleux), mauvais-es parent-e-s (qui laissent leur nourrisson mourir de faim dans son berceau), menteurs / menteuses dont la seule façon de guérir (car la consommation n’est perçue que comme maladie) est le sevrage à la dure puis l’abstinence la plus totale. Tout un programme.
Je passe sur les films qui n’ont pas comme sujet la drogue mais qui se servent de personnages toxicos, souvent des méchants (je pense notamment au méchant dans Léon… Mais si, celui qui croque un cacheton et fait ensuite des trucs chelous... Vous l’avez ?).

(Alors, c’est VRAIMENT chelou hein ? )

Finalement, peu de films ont un regard juste et documenté sur la toxicomanie : seuls les magnifiques Oslo, 31 août et Last Days ont vraiment réussi à capter un truc qui m’a touché, dans lequel je me suis reconnu et sont ceux, parmi les autres précédemment cités, qui ne montrent aucune aiguille ou cachet, comme quoi la toxicomanie ne se résume pas à du matos. Bref, tout ça pour dire que la toxicophobie n’est pas innée chez les gens, ce n’est pas un dégoût naturel mais bel et bien une construction sociale de rejet, de dépréciation et de condamnation morale. Autant la consommation de certains produits peut être valorisée, notamment dans le milieu musical, autant la dépendance est le signe d’une faiblesse d’esprit, un vice, une honte qu’il faut à tout prix faire disparaître.

« La toxicomanie, c’est la rencontre entre une personne et un produit, dans un contexte". » Olievenstein

La toxicophobie, c’est aussi de croire que tou-te-s les toxicos ont pris de la drogue pour rechercher du plaisir, qu’iels savaient très bien ce qu’iels faisaient, mais qu’iels ont continué dans une sorte de volonté autodestructrice. Ce discours moralisateur du péché de gourmandise ou de luxure, une sorte de lecture sadienne – ou sadique du coup – de la prise de drogue, ne peut pas être plus éloigné de la réalité. Je n’ai jamais connu de toxicos qui se disaient heureu-x-ses avant de se défoncer. Le but final, si il y en a un, n’est pas de rechercher du plaisir mais de ne plus souffrir. Pas de voyage psychédélique inoubliable, on veut juste oublier. On ne veut pas ressentir les choses plus puissamment, bien au contraire, on veut s’anesthésier. La came, pour moi, a été un palliatif au suicide. Mais cela ne veut pas dire que tou-te-s celleux qui consomment sont malades, il y en a qui gèrent très bien leur-s consommation-s, il y en a qui ne gèrent pas du tout mais qui ne se définissent pas comme étant « malade », il y en a sûrement qui consomment dans un cadre « récréatif » sans que cela ne traduise un mal-être. Et c’est peut-être, d’ailleurs, une des raisons qui font que telle personne consomme plusieurs fois et arrête comme elle veut et celle qui est accrochée à vitesse grand V. D’où l’importance de ne pas amalgamer toxicomanie et défonce. Personnellement, l’héroïne a comblé un vide abyssal en moi, un vide qui m’aspirait tout entier petit à petit. Elle m’a apporté ce bonheur que je n’arrivais pas à produire naturellement. Mais ceci est mon histoire, mon ressenti et est donc unique, bien qu’il y ait aussi des points communs, des récurrences avec d’autres histoires, d’autres parcours. D’où l’importance de dépasser les généralités pour écouter ce que chacun-e d’entre nous a à dire.

Cela fait 13 ans que je suis toxicomane : d’abord héroïnomane pendant un peu plus de 3 ans, je m’injectais de 1 à 3 grammes par jour, puis substitué au Subutex pendant sept ans, toujours en injection, je suis passé sous Méthadone après une rechute voilà trois ans, et je suis depuis complètement stabilisé. Je suis toxicomane mais peu de gens le savent. C’est le premier effet de la toxicophobie. Et pourtant, j’évolue dans un milieu qui se veut « ouvert » ; je fréquente tout plein de gens cool, tolérant-e-s, bienveillant-e-s. Mais pas une fois je n’ai rencontré de toxicomane. Enfin personne qui ne le revendiquait en tout cas. Pas un mot sur les tables de presse et autres infokiosques. Pas de « ciné-débat ». Pas de caisse de soutien. Rien. Quand on parle des discriminations, nous sommes souvent oublié-e-s.
Il n’y a que les fumeurs de beuh et les consommateurs d’alcool qui sont relativement tranquilles (tant qu’iels ne font pas de bruit) car iels ne sont jamais classé-e-s dans la case « toxicos ». Pourtant, dans le monde merveilleux des addictions, il n’y a pas de différenciation alcoolique / toxicomane. Il n’y a que des personnes dépendantes. Par contre, parmi elleux, il y a des héroïnomanes, des cocaïnomanes, des alcooliques, des fumeurs / fumeuses… Ah ben oui, tou-te-s celleux qui fument du tabac sont toxicomanes ! Enfin, en théorie… En pratique, même la science nous divise. Regardez les termes : comment appelle-t-on une personne dépendante à la nicotine ? Un nicotinomane ? Un tabacomane ? Non, un-e fumeur / fumeuse ! Et pourquoi ne parle t-on pas d’alcoolinomane ? Ou d’éthylomane ? Jusque dans le vocabulaire, on différencie les personnes dépendantes et les toxicos-pervers-es. Et ça aussi, c’est de la toxicophobie.

La toxicomanie est trop souvent vue comme une déviance chez des personnes faibles. Et il n’en faut pas plus pour que certains milieux suintent de dédain et de dégoût pour nous, les toxs, celleux qui s’en foutent de la politique, ne pensent qu’à leurs petites doses, qui se vendraient elleux-même et tou-te-s ses potes pour un gramme de came, salissent tout… Ce sont nous qui ramenons les keufs (« les toxicos sont les meilleurs indics »), ce sont nous qui ramenons les dealers (qui eux-mêmes attirent les keufs), ce sont nous qui pourrissons le quartier. Mon Dieu, nous avons trouvé des seringues usagées par terre, alors qu’il y a des enfants ! Virons ces malpropres ! Certain-e-s se déclarent anti-autoritaires ou humaniste ou libertaire mais adoptent avec une rapidité foudroyante les méthodes des keufs. Et ça me dégoûte.

La drogue individualise tout, et surtout les usagers. On ne voit que le / la drogué-e, jamais le système dans lequel iel s’inscrit. Lorsque des seringues usagées sont ramassées dans un quartier, on crie « haro » sur les camé-e-s et on fait tout pour les chasser. Allez vous piquer ailleurs, bande de drogué-e-s. Et si quelqu’un-e se demande : « Mais pourquoi iels viennent là pour faire ça ? » c’est dans le sens « Mais pourquoi iels vont pas ailleurs ? ». Personne ne se dit : « Et si on allait leur parler, leur demander de jeter leurs seringues vides dans des bouteilles en plastiques ? Et si on essayait de trouver des solutions ? » Personne ne prend contact avec des associations d’aide aux toxicos ou avec un CAARUD [1] par exemple. Non, on exclut, on rejette, on repousse le problème ailleurs.
La vérité, c’est que les toxicos ne sont accepté-e-s que par les toxicos. La médecine nous perçoit comme un « public à risque », des « marginaux », des « cas désespérés ». Le milieu scolaire ne nous voit pas, tout simplement. Les keufs nous chassent pour gonfler leurs stats, pour s’occuper, pour rigoler. La justice nous voit comme des moins-que-rien, irrécupérables. Pour le milieu carcéral nous sommes des détenu-e-s à risque, pour le milieu mortuaire des bon-ne-s client-e-s. Mais personne ne nous voit pour ce que nous sommes.

Comme si les veines thrombosées, les mains gonflées, les crises de manques, les points d’injections infectés, les corps amaigris ne suffisaient pas, il faut que le monde extérieur nous piétine pour se rappeler à quel point, lui, il est bien. Comme ce keuf qui enfile soigneusement ses gants en cuir avant de fouiller mon sac et mes poches, qui me demande : « est-ce que vous avez quelque chose de dangereux ? », que je réponds « non » et qui, lorsqu’il trouve une Stéribox [2] au fond de mon sac, m’attrape par la gorge, me colle contre un mur et, rouge de rage, me hurle au visage : « qu’est-ce t’as voulu faire ? T’as voulu me filer le sida c’est ça ? Je t’ai demandé si t’avais des trucs dangereux et tu m’as dit non ! T’as voulu me baiser hein ? » alors que j’essaye de lui expliquer qu’une seringue non-usagée, avec un capuchon sécurisé, dans une boîte en carton fermée distribuée par l’État n’est PAS UN DANGER. Mais il m’étranglait, j’ai cru qu’il allait me tuer et que tout le monde s’en foutrait car je ne suis qu’un camé. Toxicophobie.

Comme ce juge qui me condamne pour « incitation à consommation d’héroïne sur une mineure de 15 ans » parce qu’une copine voulait absolument essayer la came, elle m’avait juré qu’elle le ferait quoi qu’il arrive, alors j’ai décidé de l’aider pour qu’elle le fasse de manière sécurisée et propre. Mais non, selon la justice, je voulais la rendre accro, pour profiter d’elle, pour devenir son dealer car étant héroïnomane, je suis le mal incarné. Toxicophobie.
Et tous ces potes qui se détourne de moi. Toxicophobie. Et ces vigiles qui me suivent dans les superettes à cause de mon look de teufeur, mon visage blanc émacié, mes yeux vitreux et mes pupilles grandes comme des têtes d’épingles. Toxicophobie. Et ces gens, peut-être vous, qui refusent de me donner une pièce parce que je ne vais pas m’acheter à manger mais de quoi me défoncer, à l’évidence. Toxicophobie. Ces boîtes d’interim qui n’ont jamais rien pour moi parce que c’est flagrant que je suis toxico et qu’aucun patron n’acceptera un type comme moi et risquerait de ne plus faire appel à leur agence. Toxicophobie. Alors oui, j’avoue, oui je suis fatigué, oui j’en ai marre...
J’en ai marre de me cacher, comme d’autres cachent leur cancer pour ne pas être licencié-e-s, comme d’autres cachent leur homosexualité pour ne pas être rejeté-e-s. Alors je le dis :

JE SUIS TOXICO !


Voilà, tout le monde est au courant, c’est trop cool hein ?

Et ben non.

Parce que maintenant, on ne me voit qu’au travers de mon parcours de toxico, qu’au travers de la toxicomanie comme si la came définissait toute ma vie. J’ai réussi ceci ? « C’est génial ! Surtout quand on voit d’où tu viens ! ». J’ai échoué à cela ? « C’est pas grave, tu as connu tellement pire... ». Lorsqu’on est toxico, on ne s’appartient plus. Les médecins savent mieux ce qui est bon, ou pas, pour vous. Votre famille, une fois au courant, vous questionne régulièrement sur votre suivi : « Dis moi loulou (j’avais 25 ans, c’est la seule fois que mon père m’a appellé ainsi), t’en es où avec tes piqûres ? » Alors je lui explique de façon détaillée l’évolution de mon traitement de Subutex que j’ai toujours pris en injection : « C’est pas un peu long quand même ? Tu peux pas essayer de diminuer la prochaine fois ? Ou même d’arrêter d’un coup ? ». Ben nan je peux pas. Et même si je le pouvais, c’est pas à toi de me dire comment je dois gérer la posologie de mon traitement ! Est-ce que je viens fourrer mon nez dans ton traitement pour ton diabète ? Est-ce que je te dis : « Tu prends trop de ceci ou pas assez de cela » ? Bien sûr que non ! Mais mon traitement ne m’appartient pas. Et je passe sur celleux qui se font confisquer leurs moyens de paiements, leur téléphones et, parfois, leur liberté. Toxicophobie.
Combien de médecins m’ont forcé à diminuer la posologie, à faire du chantage du genre : « Vous arrêtez les injections ou je ne vous fais plus d’ordonnance. » jusqu’à dire des horreurs du style : « Vous devriez vous injecter de la bière ou du vin, ça serait pareil. » Y’en a même une qui voulait m’obliger à passer au Suboxone [3] mais j’ai refusé. Combien de pharmacien-ne-s ont refusé mon ordonnance sous différents prétextes tels que : « Désolé, on ne fait pas ça ici monsieur ». Combien qui refusent de me délivrer mon traitement parce que je suis en avance alors que j’ai une ordonnance (dite de chevauchement) en règle de mon médecin : « Ah mais si on a un contrôle, on peut se faire fermer ! On n’est pas des dealers monsieur ! » alors QUE TOUT ÇA EST FAUX MERDE ! Aucune pharmacie n’a le droit de refuser une ordonnance ! Une pharmacie ne risque rien si elle accepte un chevauchement d’ordonnance puisque c’est légal ! Tout ça, c’est de la toxicophobie. Et moi là dedans ? Ben je me retrouve en manque alors que j’ai accepté de jouer selon les règles du jeu du système.

Alors pourquoi continuer ?

Aujourd’hui, personne ne se doute qu’un jour, j’ai été toxico. Aujourd’hui, je ne subis plus les contrôles au faciès. Et pourtant, je suis toujours toxicomane. Mais voilà, je vais à la fac, mon traitement de méthadone est stabilisé depuis presque trois ans, j’ai repris du poids, des couleurs, laissé au placard mon look teufeur et arrêté les injections. Et pourtant, je suis toxicomane. Car je subis toujours la honte d’aller toutes les semaines à la pharmacie, le même jour car sinon cela peut poser problème, demander mon « traitement », mot pudique pour désigner ma nouvelle héroïne. Je subis le fait d’aller tous les mois, à la même date, chez la médecin bien que celle qui me suive aujourd’hui soit exemplaire, bienveillant-e comme aucun-e autre médecin. Mais cela veut dire aussi que je ne peux pas partir faire un tour de monde, ou même partir deux mois à l’étranger, sans remplir de la paperasse qui stipule que oui, je suis toxicomane et pas un dealer et que ceci est mon traitement. Et cela vaut pour le moindre déplacement dans la famille car en cas de contrôle de police, je dois présenter mon ordonnance. Mes veines thrombosées le sont toujours et provoquent toujours des questions ; mes points d’injections au creux de mon bras droit forment une cicatrice de plusieurs centimètres qui suit mon artère. Et par dessus tout, je subis chaque phrase merdique dont vous vous êtes tou-te-s, un jour, rendu-e-s coupable de dire et qui fait de nous des personnes pas fiables, monstrueu-x-ses, dégueulasses, infréquentables, pitoyables et faibles.

Ce texte est un coup de gueule, il n’a pas vocation à parler de toutes les pratiques, il n’est pas exhaustif, il n’est pas pédagogique. Il représente juste mon point de vue, à vous d’écouter ceux des autres car puisque « la » drogue n’existe pas, « les » drogué-e-s non plus. Il existe « des » drogues et « des » personnes. Alors pensez-y, informez-vous qu’on puisse tou-te-s en parler. Ne nous laissez pas sur le côté. Ne rigolez pas à un propos toxicophobe. Soyez bienveillant-e si vous pouvez, sinon laissez nous juste vivre en paix.



Notes

[1Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour les Usagers de Drogues

[2La Stéribox est un kit destiné à limiter les risques de transmission de pathologies infectieuses chez les usagers de drogues par voie injectable. Il est distribué partout en pharmacie ou dans les distributeurs prévus à cet effet. Il comprend : 2 seringues, 2 coupelles avec tampons et filtre, deux lingettes d’alcool, deux flacons de 5ml d’eau et un préservatif.

[3La Suboxone est un traitement de substitution qui allie buprénorphine et naloxone, une molécule qui a la bonne idée de foutre la pire crise de manque du monde en cas de prise en injection. Très décriée à sa sortie, il s’avère à l’usage que le taux de naloxone présent ne permet pas d’annuler les effets de la buprénorphine. Encore un beau coup des laboratoires pharmaceutiques sur le dos des patient-e-s.

Denain (Nord) : Un coup dans le rideau métallique de la permanence FN a suffi

Publié le 2017-04-15 08:09:43

Montpellier (Hérault) : Les colleurs FN tombent mal …

Publié le 2017-04-15 08:09:43

E-Métropolitain / Jeudi 13 avril 2017

Deux colleurs d’affiches du Front national ont connu une belle frayeur, dans la nuit de mercredi à ce jeudi, vers 0h30, sous le pont de la SNCF de l’avenue Georges Frêche, dans le quartier de la Pompignane/les Aubes, à Montpellier : alors qu’ils placardaient des affiches, un commando de six individus encagoulés et armés de battes de base-ball a brusquement surgi, à bord d’un véhicule. Les deux bénévoles du FN ont été encerclés et menacés avec ces armes, sans être touchés physiquement. Ils ont réussi à s’enfuir à pied. Ils ont attendu le départ des six inconnus pour revenir à leur voiture, laissée en piteux état : les portières avaient été enfoncées, sans doute avec les battes de base-ball ou à coups de pied et des tags avaient été tracés à la peinture.

Ce vendredi, une élue du FN de l’Hérault, Audrey Lledo condamne fermement cette agression et cet acte de vandalisme. Deux plaintes contre X ont été déposées au commissariat central. Les policiers de la sûreté départementale de l’Hérault sont chargés de l’enquête.

Nos vies ne rentrent plus dans leurs urnes

Publié le 2017-04-15 08:09:43

 

La société du smecta

Ils nous ont tellement fait le coup qu’on ne devrait plus être étonnés. Encore et encore les mêmes rengaines, répétées à longueur de temps. De débats en meetings, d’affiches présentes à chaque coin de rue, aux tracts distribués sur les marchés, nous voyons les mêmes exhortations stériles et séniles entendues mille fois, sur le ton du même moralisme indécent. Un ancien premier ministre se balade avec des costards qui valent une année de salaire tout en nous invitant à nous serrer la ceinture et à travailler plus pour résorber la dette. Un ancien banquier de chez Rothschild prétend savoir ce que « c’est de boucler une fin de mois difficile » et sort un bouquin qui s’appelle « Révolution » en ayant été ministre de l’économie à peine un an plus tôt. Une fasciste devenue « respectable » parle d’armer massivement la police et de cloisonner les frontières. Un ex du PS, hystérique et autoritaire, se rêve en porte-parole « anti-système » à grand renfort de rhétorique populiste pour nous vendre comme horizon « révolutionnaire » une 6ème constitution… De toutes parts, le même vide politique. Chaque candidat tente de reprendre à son compte les idées de son adversaire, joue la surenchère, hurle plus fort en imaginant certainement que cela contribuera à le rendre plus audible. Tout le monde parle du « peuple », des « gens », comme d’une masse homogène à séduire et à conquérir. Pourtant, rien ne correspond plus à rien. Nous vivons des temps où cela ne signifie plus rien de se dire de « gauche » ou de « droite » tant les frontières ont été brouillées. L’extrême-gauche reprend à son compte l’idée d’une « France aux français », pendant que Le Pen se voit en figure de proue du combat pour les femmes. Le ciel nous serait-il tombé sur la tête ou cela signifie-t-il plus simplement que la classe politique est en train de mourir et cherche désespérément les moyens de sa survie ? Au-delà de ceux qui iront voter par absence d’une autre perspective plus séduisante, les seuls qui semblent encore voir un horizon dans l’élection à venir restent ceux et celles qui ont encore quelque chose à protéger et à sauvegarder. Petits boutiquiers, entrepreneurs, propriétaires, partisans de l’ordre et militants de l’économie. La France qui se chie dessus et entend maintenir le statu quo demeure en première ligne et la grande mobilisation pour se choisir un nouveau maître. Pour les autres, les exclus des grands discours, celles dont l’existence est niée, ceux qui rêvent que les choses changent, il faudra repasser.

« On ne peut pas tromper mille fois une personne »

Il s’agit d’une banalité, et pourtant, à chaque campagne électorale, on nous ressort la même soupe qui repose sur deux axes forts : d’une part le pardon, de l’autre la promesse. Autrement dit, chaque discours se fonde sensiblement sur la même rengaine : « Pardon pour ce qu’on a dû faire, mais promis, la prochaine fois ce sera différent. » On nous incite à continuer à faire confiance à une caste qui a montré maintes fois son incapacité à comprendre nos aspirations. Mais cette incompréhension ne vient pas de nulle part. Nos gouvernants s’évertuent à vouloir gérer une population comme des monarques sur leur royaume, sans vouloir saisir que le « corps social » est une pure fiction, qu’il existe des différences économiques, culturelles, linguistiques, et que les « Français » ne sont qu’une abstraction. Comme parade à cette déconnexion totale, les uns se contentent de trouver des excuses à ce qu’ils ont fait, les autres promettent de faire « mieux ». Ces deux formes de discours sont agitées pour faire passer le monde politique comme un espace en dehors de l’histoire, où il serait possible d’effacer les passifs, les déceptions, les colères et les rancunes, en tirant un trait dessus pour repartir de l’avant. Et le pire réside sûrement dans l’odieux stratagème consistant à nous faire culpabiliser et à nous faire passer pour des idiots si nous n’acceptons pas de passer l’éponge. Tandis que les socialistes essayent d’effacer le mandat d’Hollande en jurant qu’on ne les y reprendra pas, les Républicains tentent de noyer leurs affaires scandaleuses derrière un écran de fumée. Macron nous promet lui de moraliser la vie politique, pendant que Le Pen nous vend son nouvel « horizon » dans une France déjà sous état d’urgence. La seule question qui mériterait sûrement d’être posée reste alors : jusqu’à quand supporterons-nous cette mascarade ?

Le bouffon, la brute et les truands.

Il s’agit là d’une nouveauté qui nous parle de l’époque dans laquelle nous vivons. Pour la première fois dans l’histoire de la cinquième république, les deux partis traditionnels de l’échiquier politique français sont annoncés comme les grands perdants de l’élection à venir. Y a-t-il matière à surprise dans cette annonce ? Certainement pas, mais cela marque un tournant majeur dans la conception de la politique classique telle que nous l’avons connue depuis soixante ans. Le Parti Socialiste a commencé à faire naufrage depuis belle lurette, malgré sa victoire en trompe l’œil lors du dernier appel aux urnes. Il a certainement commencé à mourir un soir d’avril 2002, mais nous a imposé sa lente agonie avec indécence. Hollande a même cru nous attendrir en 2012, en déclarant n’avoir qu’ « un seul ennemi, la finance ». On a vu ce que ça a donné. On a avalé la pilule, constaté que rarement un gouvernement de « gauche » avait mené de manière aussi outrancière une politique de « droite ». Expulsions massives de sans-papiers, mesures d’austérité, casse sociale assumée ouvertement, état d’urgence… A priori, on a compris. Quant aux Républicains, ils ont beau changer de nom régulièrement, cela n’enlève rien au fait qu’ils ne savent visiblement plus où se mettre, ni quel discours adopter. Leur adversaire traditionnel marche sur leurs plate-bandes, et le FN occupe déjà l’espace qu’ils cherchent vainement à (re)conquérir. Mais pas de panique, face à ces deux cadavres en décomposition, la relève est assurée. Nous nous retrouvons désormais face à un nouveau choix tout aussi peu attrayant et parfaitement écœurant. D’un côté, l’hypothèse d’un gouvernement purement technique et gestionnaire, faussement rassembleur des décombres de la gauche et de la droite ; de l’autre, l’incarnation d’un fascisme qui se veut contemporain mais joue toujours sur les mêmes ressorts réactionnaires et xénophobes. Les repères paraissent soudainement bousculés mais il n’en est rien. Macron représente la synthèse moderne des vieux partis avec cette touche de management tellement actuelle. Un sourire colgate en façade et une pratique d’entrepreneur. Un pantin plat seulement « capable » de jouer sur la communication et sur une image de gendre idéal lisse et sans émotions. En marche vers un aplatissement total de la politique, dominée par une figure fictive qui nous présente un programme en forme de patchwork des différentes mesures phares des principaux partis. Au final, ce n’est que la continuité de ce qui s’est fait précédemment : mise en avant des nouvelles technologies, discours sécuritaire, mise au travail par la menace d’une suspension des allocations en cas d’ « insuffisance des efforts de recherche d’emploi », éloge de l’esprit d’entreprise. Nous aussi nous aurons droit à notre version locale du mythe américain du self made man comme winner social. Mais au final, le seul objectif reste de gérer la catastrophe plutôt que d’en proposer une voie de sortie. En face, le FN a entrepris depuis une dizaine d’années une grande opération de lifting. Il est désormais devenue un interlocuteur responsable et possible. Des médias aux conseils municipaux, ses élus et militants ont maintenant pignon sur rue et le cul dans des fauteuils. Depuis le passage de Le Pen père au second tour de la présidentielle en 2002, les autres groupes politiques traditionnels ont cherché à limiter son auditoire et à recapter son électorat en usant de la même rhétorique, du même vocabulaire, du même discours sur la sécurité, les frontières, le « péril » représenté par les étrangers, sans se rendre compte que l’entreprise était vaine. Au lieu de s’y opposer frontalement, ils ont permis au FN de s’installer dans le paysage politique et, aujourd’hui, cela passerait presque pour quelque chose de normal. Pourtant l’accession au pouvoir du FN nous fait toujours peur. Mais ce qui est à craindre, ce n’est pas tant l’instauration d’un nouveau régime nazi comme s’évertuent à le penser une partie de l’extrême-gauche, mais plutôt la libération d’une violence fasciste dans la société et le quotidien. Une place étendue aux militant de l’ordre réactionnaire pour se déchaîner dans la rue, bastonner à tout-va marginaux et étrangers, une légitimité supplémentaire pour les voisins vigilants qui se rêvent en milice de lutte contre la « délinquance », une toute puissance accordée aux flics qui n’attendent que ça. Les chiens de la république qui grognaient et mordaient déjà vont péter leur laisse. S’ils se comportent déjà en bande rivale, ils pourront maintenant se croire comme les maîtres de la rue. Il en est de notre devenir-bavure. Au final, au lendemain des élections, quelle que soit l’option choisie, nous pouvons déjà affirmer que le capitalisme se mettra derrière les gagnants pour garder le contrôle. Les précaires seront toujours précaires ; les pauvres toujours pauvres, les exclus resteront en-dehors, la course à la consommation rythmera toujours notre vie, l’horizon d’une existence à trimer restera intact, ou empirera. La même misère affective et matérielle, la même solitude, le même état de crise dans notre rapport quotidien au monde.

« Nous ne sommes pas ici simplement pour constater qu’il n’y a plus rien à faire »

Ce monde part en cacahuète et nous n’en sommes que plus victimes. En fait, c’est leur politique qui part en cacahuète. Nous ne dirons pas tant mieux, même si nous sommes parfois heureux de voir comment ils se prennent les pieds dans le tapis. Nous ne dirons pas tant mieux, parce que ce serait trop facile de vendre un projet révolutionnaire comme d’autres l’ont fait, et d’affirmer que nous avons quitté le bateau. Nous n’en sommes pas là, nous ne sommes pas au dessus de la mêlée, et nous n’avons aucune alternative toute ficelée à proposer. Le vieux projet républicain est mort, et l’idée qui l’accompagne avec. Il n’y a que Mélenchon et son mouvement qui tentent encore de le raviver, à travers une offre clientéliste qui devrait répondre à tous les problèmes de la vie. Nous n’avons rien à offrir, mais nous avons tant à partager. Déjà se construisent des mondes bien réels autour d’entraides, de tendresses, de coup de ma in et de confrontations. Leur mensonge, c’est bien de nous faire croire que dans ce monde qui glisse, l’alternative est possible en restant statique. En bas de la pente, il y a ceux qui crèvent déjà au fond du ravin. Et tout le long, ceux qui se battent pour garder leur place au soleil, pour défendre l’idée d’un vivre mieux. Qui peut affirmer que le bonheur qu’on trouve ne se paye pas parfois en monnaies bien sales ? There is no alternative, disait Thatcher. Nous n’y croyons pas, mais nous croyons par contre que la rupture avec ce monde existe déjà dans bien des endroits, parfois insoupçonnables, y compris en chaque être. Quand un berger héberge des migrants au pied d’une frontière, que des territoires entiers sont occupés contre des projets mortifères, ou que des agriculteurs se mettent à fabriquer eux-mêmes leurs machines en faisant la nique aux constructeurs de l’agro-industrie.

Le pari de l’autonomie

Nous avons le sentiment que nos vies nous sont volées, et nous voulons en reprendre le contrôle. C’est ce que nous appelons l’autonomie. C’est ce qui est déjà en chacun de nous et, parfois, jusque dans les gestes les plus anodins de nos quotidiens. Ce sont ces relations qui existent sans médiation, sans intermédiaire, par amour pour ses potes ou famille, qui n’ont pas besoin d’un intérêt matériel, ou d’une peur fabriquée de se faire pincer par les flics, le prof, ou le patron. Ces relations qu’on refuse d’abandonner parce qu’on ne veut simplement pas que notre pote se retrouve dans la merde, parce qu’on connaît son histoire et qu’on a envie de soigner son avenir. Ça existe dans la rue, entre voisins, entre amis, entre camarades ou entre collègues. Ce sont des liens dont on se sent fier, qu’on ne peut pas lâcher comme ça car ils constituent qui nous sommes. Ces liens sont autonomes. Ils se tissent sans être validés par une autorité surplombante. La question ne se pose pas quand il s’agit d’aller voir un pote à l’hosto. Dans un bureau, deux collègues n’ont pas besoin d’un DRH qui leur dit quoi faire pour trouver des gestes d’entraide dans le quotidien de leur travail. Ces liens ne s’inscrivent pas dans le champ de compétences d’un CV, mais sont pour autant une énergie incroyable. C’est là qu’on ne laisse pas filer ce qu’on crée au profit d’un prétendu intérêt général. C’est là aussi où l’on cultive sa puissance : en s’ouvrant peu à peu, à la mesure de notre force. Ces pratiques, ces liens, sont présents partout. Parfois ils nous permettent de respirer et de nous émanciper, parfois c’est ce qui nous fait rester dans la merde que nous vivons. C’est d’ailleurs bien souvent grâce à eux que l’exploitation marche aussi bien. Les organisateurs du contrôle l’ont bien compris et cherchent à recréer de manière fictive ces liens : des « pots entre collègues », des parts de tarte dégueulasses « offertes » par le boss pour souhaiter la nouvelle année, des poufs « sympa » et des moquettes « détente » installés à côté de la machine à café, des soirées d’intégration aux frais de la boîte. Les pratiques autonomes ont toujours été intolérantes à l’ordre et intolérables pour l’État et le travail capitaliste. Du moins, si elles ne sont pas contrôlées et, donc, faussées. Elles sont intolérables parce qu’elles refusent d’être gérées autrement que par ceux qui la vivent. En ce sens, elles recèlent le réservoir d’explosion des contrôles que nous subissons ou que nous exerçons parfois. C’est là que nous nous sentons bien, là que nous trouvons de la beauté, là que nous vivons. Mais c’est aussi là où nous pouvons faire péter la marmite. Quand ça arrive, il devient très difficile pour les pieuvres du contrôle de reprendre le dessus. Ce fut le cas dans bien des révolutions, dans bien des campagnes et dans bien des quartiers, c’est le cas à Notre Dame des Landes ou chez les Zapatistes au Mexique. Les îlots alternatifs ne représentent aucun danger pour le pouvoir tant qu’ils ne restent qu’une prison dorée. C’est en se liant que nous devenons dangereux. Parce que ce sont ces interdépendances qui nous rendent indispensables les uns aux autres et qui rendent, de fait, complètement inutile et inopérant l’exercice même du pouvoir. Qui a besoin d’aller au supermarché quand il produit lui-même ses légumes et profite déjà des céréales de son voisin ? Qui a besoin de faire appel à la police lors d’un conflit quand il connaît son quartier, l’histoire de chacun de ses habitants, ses parents, ses enfants.. Nous vivons dans un monde où nous sommes étrangers les uns aux autres, d’illustres inconnus perdus au milieu des métropoles. C’est précisément ce qui se situe entre les êtres, qui les sépare et les isole, que nous cherchons à reconstruire et que nous pensons comme l’élément premier d’une perspective révolutionnaire. Si on reprend l’exemple de la ZAD à NDDL, on déroule le fil logique de son territoire : un fort ancrage paysan lié à la création de la confédération paysanne dans la région, une histoire ouvrière de luttes au 19ème siècle et la Commune de Nantes, une tradition libertaire dans la ville tout au long du 20ème siècle. C’est en liant ces mondes, en faisant corps ensemble, que se vit la manifestation de réoccupation après les expulsions de 2012 à 40 000 personnes et qu’une cinquantaine de tracteurs s’enchaînent autour du lieu pris ce jour-là. Et c’est à partir de cette expérience, de cette rupture avec l’existant, qu’une société tente de se reconstruire. Ces réalités habitent déjà de nombreux territoires qui ne se revendiquent pas toujours en lutte et qui n’ont pas forcément l’écho d’une lutte contre un aéroport. C’est ce que Fianso produit lui aussi quand il tourne ses clips dans toutes les cités de France, de la Castellane aux Mureaux, et y reçoit un accueil toujours chaleureux, au-delà des divisions. C’est ce qui se vit dans certains coins reculés, de la Creuse au Pays Basque, et c’est cette diversité de liaisons et de sensibilités que nous appelons aussi autonomie.

« Nous vivons des temps intéressants »

Déjà, tout un ensemble de personnes refusent la mascarade qui vient. Entartages, enfarinages, perturbations de meetings, attaques de permanences électorales, tags, textes, discussions, manifestations, banquets. S’attaquer à la classe politique, mettre des bâtons dans les roues de nos futurs dirigeants ne représente certainement pas une fin en soi, mais nous semble être un bon moyen de se trouver.

« Il n’est rien de plus invraisemblable, de plus impossible, de plus fantaisiste qu’une révolution une heure avant qu’elle n’éclate ; il n’est rien de plus simple, de plus naturel et de plus évident qu’une révolution lorsqu’elle a livré sa première bataille et remporté sa première victoire. » Rosa Luxembourg

23 avril 2017. 20h01. Tout commence.

1er mai. Cortège de tête.

7 mai. 20H02. On est encore là, prêts à foutre le souk…

Rendez-vous dans la rue.

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-04-15 08:09:43

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

[Fresnes-sur-Marne] Un policier hors service sort son arme lors d'une rixe mortelle sur la N3

Publié le 2017-04-15 08:09:44

Le week-end dernier, Le Parisien nous apprend qu’une bagarre mortelle a éclaté entre automobilistes à hauteur de Fresnes-sur-Marne sur la Route Nationale 3, en direction de Meaux.

Triste drame. Seulement voilà, l’un des protagonistes est un policier en civil (en service à Paris).

Parce qu’une voiture colle trop celle qui la devance, le policier en civil oblige le véhicule à s’arrêter sur le bas-côté de la nationale et dégaine son arme de poing ! Le Parisien émet deux hypothèses : soit il s’agit d’un acte de violence du policier, soit il s’agit d’une interpellation armée justifiée (?!)...

Toujours est-il que dans un second temps :

une bagarre a opposé le policier -décrit comme très énervé et menaçant- à l’autre conducteur et son passager, qui voulaient le désarmer. Le drame est intervenu quand ce dernier s’est retrouvé sur la chaussée et a été percuté par une voiture dont le conducteur était négatif à l’alcool et aux stupéfiants.

L’individu percuté est depuis décédé, tandis que le policier a été « grièvement blessé ».

Sans surestimer le lien de cause à effet entre l’arme de poing brandie par le policier en civil et la mort de l’individu fauché par une voiture, comment expliquer une interpellation armée par un flic hors service sur le bas-côté d’une route nationale pour un malheureux non-respect de distance de sécurité entre deux véhicules ? Ce qui ne devait être qu’un risible différend entre deux conducteurs est devenu un drame... Rappelons que depuis l’instauration de l’état d’urgence, les fonctionnaires de police peuvent porter leur arme 24h/24 [1]...



Notes

[1Ils pourront d’ailleurs rester armés en permanence même après l’état d’urgence http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160615.OBS2589/hors-service-les-policiers-pourront-rester-armes-apres-l-etat-d-urgence.html

Justice pour Liu Shaoyo : l’engagement politique des communautés franco-chinoises

Publié le 2017-04-15 08:09:44

Les 5 manifestations ayant suivi la mort de Liu Shaoyo, tué par des policiers de la BAC le 26 mars, ont vu émerger une composante inédite dans les mouvements de lutte de la communauté franco-chinoise. Non orchestrée par les composantes classiques, ni par la « mafia », comme se plait à le dire la DGSI, la protestation d’une jeunesse qui va directement demander des comptes à la Police nous a donné envie de poser quelques questions à une sociologue travaillant sur l’engagement politique des communautés franco-chinoises.



Quelles sont les « forces en présence » dans ce mouvement qui fait suite à la mort de Liu Shaoyo (associations, groupes affinitaires, générations etc., personnalités habituées à l’aide aux victimes chinoises) ?

On peut distinguer au moins trois « lignes » dans cette mobilisation.

1/ Les associations habituelles des commerçant-e-s, qui réunissent notamment les commerçant-e-s de la première génération, qui sont né-e-s et ont été éduqués en Chine, et qui ont au moins 40 ans. On peut considérer ces associations comme un regroupement des diasporas chinoises.

2/ Le collectif des jeunes franco-chinois-e-s en lien avec les personnalités habituées à l’aide aux victimes chinoises. Il s’agit d’un collectif souple qui se forme petit à petit après la deuxième manifestation de Belleville en 2011. Cet événement a permis à certains d’entre eux d’entrer dans la vie politique à l’échelle locale (notamment à Belleville), et de s’investir dans des causes liées à l’« empowerment » de beaucoup de migrant-e-s chinois-e-s, notamment l’apprentissage du français, le droit de séjour et la lutte contre les agressions.

3/ Enfin, le troisième groupe consiste en un éventail des jeunes travailleur-euse-s et adolescent-e-s issu-e-s de milieux plus populaires. Ils n’appartiennent pas aux associations formelles mais sont connectés par des réseaux sociaux. Comparé aux deux groupes précédents, qui ont accès aux médias et aux négociations avec les pouvoirs publics, ce troisième groupe de jeunes ne peut qu’exprimer ses revendications par sa présence dans la rue, et il n’hésite pas à s’exprimer en se confrontant avec la police. Il est à noter que cette ligne de revendication a toujours existé, on le remarquait déjà en 2010 dans la première manifestation de Belleville. S’il y a quelque chose de nouveaux aujourd’hui, c’est peut-être le développement des réseaux sociaux qui permet l’émergence de mobilisations très rapides, ponctuelles, avec le fusionnement des réseaux.

Ce n’est pas le premier mouvement de protestation de la « communauté chinoise », peux tu nous résumer les précédents ?
En quoi ce mouvement de protestation est-il différent des précédents ?

Oui. Depuis 2010, la communauté chinoise de Paris a pris l’habitude de descendre dans la rue quand des incidents d’insécurité concernant les membres de la communauté ont eu lieu. Les trois manifestations les plus importantes :

1/ Juin 2010 - Manifestation dans le quartier de Belleville à la suite d’un conflit armé entre un travailleur chinois et des agresseurs dans le quartier.
2/ Juin 2011 - Manifestation de République à Nation à la suite d’une agression à Belleville où un jeune restaurateur chinois a été gravement blessé.
3/ Août et septembre 2016 - Manifestations à Aubervilliers, et ensuite à Paris de République à Bastille, après la mort de Chaolin Zhang, victime d’une agression dans la zone industrielle d’Aubervilliers.

La plus grande différence avec la mobilisation de cette année est la présence des jeunes qui ne se contentent plus de jouer la « minorité exemplaire » mais qui expriment leur colère par la confrontation avec la police et qui dénoncent les violences policières en criant « police assassin ».

Il est important de rappeler que ces manifestations ne sont qu’un moyen de publiciser le problème. En parallèle de ces mobilisations dans la rue émergent également des acteur-trice-s communautaires qui exigent des discussions avec les pouvoirs publics autour de revendications sécuritaires (augmentation des policiers, l’installation de caméras de surveillance, etc.).

Même si cette colère de la jeune génération chinoise populaire était déjà présente dans la manifestation de Belleville, et demeure présente dans la discussion sur le web, c’est effectivement la première fois qu’ils s’expriment dans l’espace public.

Il semble qu’il y ait une division sur les modes d’actions, certains se voulant pacifiques et d’autres assumant la confrontation directe avec la police. Quels sont les groupes qui polarisent ce débat ?

Je ne suis pas certaine qu’il y ait des débats. Il me semble que ce sont des divergences préexistantes en raison de leur position sociale et leurs ressources politiques inégales qui guident leurs modes d’action. Par ailleurs, leurs interprétations de la situation sont très différentes. Dans le rassemblement du 2 avril sur la place de la République, on a pu entendre trois interprétations sur la mort de Liu Shaoyo : les associations de commerçants appellent au calme et à ne pas se précipiter pour présumer de la responsabilité de la police, tout en soulignant le soutien de l’ambassade de Chine qui s’implique dans la négociation diplomatique pour favoriser l’ouverture d’une enquête. Les jeunes franco-chinois-e-s soulignent qu’ils et elles sont citoyen-ne-s français-e-s, dénoncent les propos stigmatisant de la note de l’IPGN, et crient « Nous sommes français-e-s, on s’en fiche de l’ambassade de Chine ». Enfin, les jeunes adolescent-e-s qui dénoncent les violences policières aux cris de « Police assassin » et qui ont lancé une manifestation sauvage, qui a écourté le rassemblement lorsque la police a répliqué avec des gaz lacrymogènes. Ces trois répertoires d’action coexistent et ils ne reflètent que la divergence de leurs perceptions en tant que citoyen-ne-s et leurs rapports avec la police. Tandis que les vieux commerçant-e-s réagissent en tant que membres de la diaspora et tentent de ne provoquer ni le gouvernement français ni le gouvernement chinois, les jeunes se battent beaucoup plus pour la reconnaissance en tant que citoyen-ne-s français-e-s à part entière avec leurs divergences d’opinions politiques qui ne sont plus simplement liées à leur histoire familiale.

De l’extérieur, on peut avoir l’impression qu’il y a une volonté que cette lutte ne soit menée que par la « communauté franco-chinoise ». Est-ce une réelle volonté ? Est-elle partagée par tous les acteurs de ce mouvement ?

Oui, c’est sans doute une réelle volonté pour les jeunes qui sont nés ici ou bien arrivés avant l’âge de l’adolescence. Alors que la vielle génération oscille entre les codes politiques chinois et français, les jeunes générations ont un très fort désir de reconnaissance. Par ailleurs, beaucoup d’entre eux connaissent mal la Chine : ils s’y rendent au plus une fois par an, certains n’y sont jamais allés et ici, ils prennent la mesure de la reconnaissance que les franco-chinois ont au sein de la société française en se comparant à leur copain.e.s d’origine maghrébine ou africaine. Par exemple, pendant la manifestation du 4 septembre 2016, certains jeunes disaient « On parle toujours de Black-Blanc-Beur, mais personne ne mentionne les asiatiques et les chinois-e-s. » C’est donc l’envie d’être reconnus comme des communautés participant à part entière à la vie politique qui est exprimée par ces jeunes.

Quelles sont les revendications portées par ce mouvement ?

La revendication la plus importante est sans aucun doute celle d’une enquête qui permettrait de rétablir la vérité sur la mort de Liu Shaoyo. De plus, comme l’explique le slogan « Vérité, justice, dignité », on peut toujours situer ce mouvement dans la continuité des mobilisations qui ont suivi la mort de Zhang Chaolin et qui tendent à souligner un racisme anti-Chinois et appellent à la reconnaissance de la communauté franco-chinoise en tant que citoyens à part entière.

Les formes d’organisation semblent moins passer par les canaux traditionnels (notamment les associations) mais plus par des divers réseaux sociaux qui semblent fonctionner en parallèle sans nécessairement se connecter (wechat, huarenjie etc.). Est-ce que ces lieux virtuels d’organisation ne sont révélateurs que de différentes sources affinitaires (huarenjie pour les jeunes travailleurs chinois et wechat pour les jeunes franco-chinois nés ici) ou révèlent-ils aussi des différences plus profondes d’un point de vue politique ? Si oui lesquelles ?

Je n’ai pas encore discuté avec les jeunes faisant partie de ces réseaux, mais à mon avis, ces lieux virtuels d’organisation permettent de réunir des populations ayant des origines sociales ou des trajectoires migratoires similaires, et petit à petit deviennent aussi le lieu de la discussion politique où se forment des visions assez différentes.

Veux-tu ajouter quelques mots de commentaires sur l’aberrant et raciste article du parisien sur la note de la DGSI ?

Oui, effectivement, je pense qu’il est nécessaire de discuter sur l’usage du mot « mafia » et son association quasiment automatique avec les migrant-e-s du Sud. En fait, ce terme est souvent employé par les acteur-trice-s publics, la presse, voire parfois les associations plutôt de gauche ayant des bonnes intentions, pour désigner l’organisation sociale des migrant-e-s chinois-e-s. Ainsi, même en discutant avec des ami-e-s qui sont à priori sympathiques avec le droit des étrangers, je me suis rendue compte que l’explication de la DGSI leur paraît assez convaincante, ce qui montre à quel point ce cliché est répandu et généralement accepté. À mon sens, au-delà des stéréotypes sur la population chinoise, cet usage abusif du mot « mafia » est aussi dû à une méconnaissance du fonctionnement social des migrant-e-s. On a tendance à confondre l’entre-soi économique structurant autour des réseaux d’interconnaissance des migrants avec le terme la « mafia », puisque ceci paraît opaque comme système. Or, ce fonctionnement économique est loin d’être la singularité des Chinois - on retrouve cette organisation économique très similaire chez les Breton-tonne-s, chez les Auvergnat-e-s et chez les Kabyles, c’est-à-dire carrément tous les groupes sociaux ayant une pratique d’entrepreneuriat ethnique.

Racisme « ordinaire »
de la presse française en 1965

Ensuite, sur l’intervention de Pékin, il est important de rappeler que l’intervention de l’ambassade chinoise dans l’affaire Liu Shaoyo est une pratique diplomatique tout à fait conventionnelle. Si l’événement avait eu lieu en Chine, ça serait tout à fait normal que l’ambassade française intervienne. Ainsi, au lieu de chercher à discréditer les mobilisations spontanées des jeunes chinois-e-s en citant des clichés racistes, je pense qu’il faut prendre ces mobilisations comme un signe positif qui montre l’émergence d’une nouvelle génération faisant partie du « creuset français ».

Castres (Tarn) : La permanence des Républicains au pavé

Publié le 2017-04-15 08:09:44

France 3 Occitanie / Vendredi 14 avril 2017

La permanence Les Républicains de Castres (81) a été vandalisée dans la nuit de mercredi à jeudi. Un tag « Anarchie » a été tracé sur la porte d’entrée et un pavé jeté dans la vitrine, visant une affiche de François Fillon, le candidat LR à la prochaine élection présidentielle. Une enquête a été ouverte par les policiers castrais.


20 Minutes / Vendredi 14 avril 2017

[…] Un acte de vandalisme survenu quelques heures avant la venue de François Fillon à Toulouse […]


Le Tarn Libre / Jeudi 13 avril 2017

La vitrine de la permanence du parti Les Républicains située rue Gambetta a été vandalisée dans la nuit du 12 au 13 avril. Un ou plusieurs individus ont jeté un pavé dans la vitrine. Sous l’impact, elle n’a pas explosé mais s’est fissurée de toutes parts. C’est au petit matins de les militants ont constaté les dégâts et vu le pavé au pied de la vitrine. Bernard Carayon, le président départemental des Républicains tarnais a dénoncé cet acte  de vandalisme. « Cela donne encore plus d’énergie à nos militants qui travaillent dans cette permanence, » a rajouté le président départemental des républicains.  Une plainte contre x a été déposé au commissariat de Castres. A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, on ne peut s’empêcher de relier cet acte à un mobile politique. Mais pour l’heure, il appartiendra aux enquêteurs de tenter de retrouver le ou les auteurs de ce méfait.