Vive l'Anarchie - Semaine 15, 2019

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Bar, gilets jaunes, police : récit d'une rencontre

Publié le 2019-04-15 10:09:05

Boire un coup en terrasse un 13 avril dans la capitale du zbeul.



Samedi 13 avril à Toulouse c’était samedi 13 avril, d’autres l’ont décrit ou le décriront et on n’y reviendra pas.

Mais quid de l’après-manif ? Que faire après des heures de jeu du chat et la souris avec une équipe bleue un peu trop efficace ?

Nous, on est de l’équipe jaune et on a opté pour la stratégie "petit remontant". Ca consiste à se poser à une terrasse de bar en refaisant le match de l’après-midi et à y boire des boissons genre jus de tomate en mangeant un falafel (pour les denrées le texte est non contractuel, il y a peut-être eu quelques écarts). Le bar c’était l’Autan, grand classique toulousain, même si on sait pas exactement pourquoi : c’est pas vraiment donné, le patron est pas vraiment un camarade, l’emplacement associe habilement la proximité de la route à un balayage de caméra aux petits oignons.

Mais bref, on y va, en terrasse c’est bon enfant et très vite une cohésion va se créer entre les amateur-rices de jus de tomate en présence : l’idée c’est qu’à chaque fois qu’un camion de police nationale passe, on crie "BOUHOUH". Ca marche aussi pour les motos de voltigeurs, les cars de CRS et le canon à eau. C’est hyper subversif, et il faut reconnaître que c’est pas très sympa pour la police parce que clairement on avait commencé à tisser des liens assez solides durant l’après-midi, genre prêt de banderoles, rencontre matraque/tête, corps à corps chaleureux... Mais ça doit être le jus de tomate, ça échauffe les esprits. Pendant un moment c’est une activité qui rythme les conversations, et nous recevons divers retours policiers, du salut de la main un peu "queen Elizabeth" aux doigts d’honneur, on est sur du classique.

A 22h30 cependant, l’équipe bleue passe à l’offensive : deux fourgons de la Nationale s’arrêtent, tentent d’attraper un premier mec. Une voiture de civils s’y ajoute peu de temps après. Un vent de panique souffle sur l’Autan, une brève tentative de défense côté jaune est repoussée à coups de matraque et de bombe au poivre (on en parle peu mais c’est vraiment très, très agressif ce truc non ? ça brûle encore 24 heures après si l’on a le malheur de toucher un tissu qui a été en contact avec le spray). Le patron du bar a beau gueuler que c’est bien fait pour nos gueules cette tentative de soutien à l’équipe bleue n’aura pas l’effet escompté : les flics rentrent dans son bar, re-gazent, défoncent un peu tout le monde sur leur passage pour finalement récupérer deux mecs, qui se font copieusement tabasser et arrêter. Les personnes qui tentent de s’opposer ou de récupérer leurs affaires en prennent aussi pour leur grade, ça matraque allègrement. Les passant-es hallucinent.

Par ce petit récit, il ne s’agit pas de hurler à la bavure, on sait que tout ça résulte d’un fonctionnement structurel qui touche bien plus souvent les quartiers populaires, les personnes non blanches ou les sans-papier-es que les terrasses de bar du centre, en toute impunité. L’action policière était du reste assez cohérente avec le reste des événements de la journée. On est plutôt sur un message à caractère informatif. Notons que ces émotions à peine terminées, sur les coups de 23h, un cortège de gilets jaunes a débarqué d’on ne sait où pour prendre le rond-point d’Arnaud Bernard, et ça, c’était assez magique.

Prenez soin de vous !

Un second témoignage nous est parvenu.

Samedi 13 avril

L’autan, 58 Boulevard d’Arcole, 31000 Toulouse,

Témoignage d’une attaque de policiers à l’Autan

Ce samedi, j’étais venu boire un verre, seul à l’Autan, comme il m’arrive souvent d’y passer, pour lire un journal, boire un café, une bière. La terrasse était pleine, avec en tout logique une bonne partie de manifestants. Les camions de policiers rentrant au bercail et passant obligatoirement devant le bar, les personnes assissent à la terrasse huèrent à leur encontre et les maudissaient. Ces derniers répondaient par des doits d’honneur collés à la fenêtre.

Mais la soirée prend un autre tournant lorsqu’à 22h22, plusieurs camions de police s’arrêtent au pied de la terrasse, puis une dizaine de policiers chargent, écrasant, bousculant, frappant dans la masse. Les chaises volent, les gens essayent de se défendre, s’enfuient, je me retrouve dans le bar, un jeune homme se fait tabasser par cinq policiers. Je ressors, je suis choqué, j’essaye de me remettre de mes émotions quand deux policiers me surprennent arrivés de derrière, me prennent les bras, me menotte, deux autres arrivent, me prenne les jambes et me lance comme un vulgaire sac dans le camion.

Une fois dans le camion, deux policiers me poussent avec leurs pieds m’insultant de « fils de pute », « enculé de gaucho de merde », « petite merde tu fais plus le malin », un d’eux me pousse me demandant de me mettre correctement, l’autre à son pied posé sur mon bassin comme si j’étais un gibier de chasse. Les policiers continuent les insultes, je ne réplique pas, ils continuent « putain d’artiste », « assis-toi enculé », pour m’asseoir l’un d’eux me tire en arrière en me criant dessus « assis toi connard, assis toi correctement enculé ». L’un des deux conducteurs parlent tout haut disant « on va le faire fermer ce sale bar de gauchos ».
Nous arrivons au commissariat central, on me fait sortir du fourgon, quand un des policiers m’attrape me plaque violemment contre le véhicule, me menaçant « continue a faire le malin petit enculé et je vais te baiser la gueule fils de pute ».

Une fois dans le bâtiment, on me pousse dans un coin, on me croit dessus me demandant de m’asseoir, puis quelqu’un me prend en photo avec son téléphone portable et les policiers se partagent la photo sur leurs téléphones personnels. On m’attache ensuite à un banc, tellement serré que je ne peux absolument pas bouger sous peine de me ‘abimer fortement les mains. Le même policier qui m’avait menacé repasse me réprimander car je suis mal assis selon lui (toujours devant ses collègues). EN face de moi arrive la personne qui s’est faite tabassé dans le bar, le visage en sang, le nez tordu, un oeil poché, je ne le connais pas j’essaye de lui demander si il va bien, alors un autre policier nous dit de fermer notre gueule, je continue de parler, une jeune policière s’en mêle nous disant de fermer notre « gueule ».
Le temps passe, vers minuit - une heure du matin on nous transfère dans des commissariats aux alentours de Toulouse pour la nuit.

Je suis libéré le lendemain, dimanche 14 avril vers 18h.

Retour sur le rassemblement devant la taule de seysse

Publié le 2019-04-15 14:04:05

Un gros dispositif de gendarmes nous attendait aux abords de la prison. Dès 18h, ils avaient la possibilité d’arrêter toutes les voitures se rendant à la taule (grâce à une réquiz de la proc). Le peu de voitures étant arrivé avant a pu joindre l’arrière de la taule, bien que talonné depuis Basso-Cambo par une voiture de RG.
Ayant vent du barrage de keufs et des différents contrôles à l’avant, nous avons fini par prendre la décision de rester à l’arrière de la prison, sans le reste des gens, on était 4 voitures.
Du coup notre petit convoi s’est engagé sur le chemin qui contourne la maison d’arrêt et le centre de détention. On s’est arr?té.e.s au plus proche de la maison d’arrêt : on s’est mis à faire le plus de boucan possible, en gueulant, sifflant, klaxonnant. Immédiatement, ça a répondu depuis l’intérieur de la taule. Un bordel franchement émouvant. On est resté.e.s quelques minutes à alterner les moment où on essayait de se faire entendre et les moments d’écoute. On a ressenti des émotions super intenses de capter que nos cris passaient ces murs et que ça générait vachement de répondant à l’intérieur.
Puis on s’est remis en route, on a refait une pause devant le centre de détention et on s’est remis à faire du bruit. Là, par contre les gens ont pas répondu, peut être qu’on était trop loin pour se faire entendre…
De toute façon, l’émotion fut de courte durée, stoppé.e.s net dans notre élan par plusieurs voitures de gendarmes arrivant à toute allure pour nous bloquer toute porte de sortie. Dans ces moments, les possibilités de contrôle sont évidents, mais le jeu en vaut la chandelle.
On s’est retrouvé.e.s séparé.e.s en deux groupes. Et y avait par conséquent deux groupes de flics : d’un côté des gendarmes de Seysses et de l’autre le psig. Les contrôles ont été de nature très différente pour les deux groupes. Les contrôles par les gendarmes étaient plutôt tranquilles. Les gens sont descendu.e.s des voitures, ce qui a semé un peu la pagaille, les flics étaient un peu paumés et certaines personnes ont réussi à ne pas se faire contrôler. C’était un contrôle classique, relevé d’identité. Personne d’autre que les conducteurs/trices n’a montré ses papiers. De l’autre côté, le psig était vener que les gens n’aient pas leurs papiers et ils ont menacé d’embarquer tout le monde pour faire une vérif au poste. Finalement ils ont laissé tout monde sauf la conductrice, contrôlée positive aux stupéfiants et embarquée en garde à vue.
Pendant le contrôle, les gendarmes ont distribué quelque chose à la majorité des personnes au volant : une amende pour défaut d’assurance, un test positif, une absence de port de la cinture de sécurité.

Pour info, une nouvelle caméra a été installée donnant sur l’entrée du chemin qui mène à l’arrière de la prison. Il y a toujours la possibilité de l’éviter à pieds.

Ça nous tient à coeur de repréciser que cette initiative était dans le but d’apporter de la solidarité à tous les prisonniers et toutes les prisonnières, avec ou sans gilets.

Continuons à multiplier ces initiatives là, ça fait chaud au coeur !

Feu à toutes les taules.

 

Grèce : Le compagnon anarchiste Panagiotis Argirou est sorti de prison

Publié le 2019-04-15 14:04:07

Mpalothia / dimanche 14 avril 2019

Panagiotis Argirou a été arrêté le 1er novembre 2010, après plus d’un an de vie en clandestinité, pendant qu’il participait à une campagne d’attaques de la Conspiration des Cellules de Feu, l’envoi de colis piégés à des dirigeants européens, à des bureaux d’institutions européennes et à des ambassades de pays étrangers.

Il a de suite revendiqué sa pleine responsabilité politique pour sa participation à la Conspiration des Cellules de Feu et il est resté en prison huit ans et cinq mois, avec plusieurs condamnations, qui ont atteint un total de 220 avant le procès en appel (les sentences initiales sont : 37 ans pour l’affaire « Halandri » , 10 ans pour l’affaire « des bombes », 21 ans pour l’affaire du « Projet Phoenix », 23 ans dans le procès pour toutes les actions de la CCF, 115 ans pour la tentative d’évasion, 7 ans pour l’incendie d’un bus). Après avoir purgé un tiers de sa condamnations (après confusion des peines il avait écopé de 25 ans), le compagnon a été relâché le 8 avril 2019.

Liberté pour tou.te.s !
Jusqu’à la destruction de la dernière prison.
Nous soutenons moralement, matériellement et politiquement les combattant.e.s emprisonné.e.s.

Solidarity Fund for Imprisoned and Persecuted Fighters

Y’a pas que les gendarmes qui protègent le site de l’Andra de Bure ….

Publié le 2019-04-16 08:10:04

En feuilletant les pages des amis de l’Andra de l’Est Républicain, on apprend le 18 mars dernier que l’entreprise chargée de protéger le site du Centre Meuse Haute-Marne de l’Andra à Bure 7 jours/7 et 24 heures/24 n’est autre que Main Sécurité – ONET, une boîte déjà bien connue pour sa collaboration en matière d’enfermement et d’expulsion de migrants.

Cette information, sortie à l’occasion d’une courte grève lancée par le syndicat FO sur fond de revendications salariales, pourrait certainement intéresser celles et ceux qui ont à cœur de lutter contre ce monde d’exploitation et de prisons, d’attaquer cette société nucléarisée et ses divers collaborateurs, à savoir un syndicat déjà bien célèbre de flics et de matons, mais aussi une boîte de sécurité qui, en plus d’être impliquée dans la machine à expulser, possède des locaux et des véhicules disséminés partout sur le territoire…

 

Compiègne (Oise), France : Et toi, tu fais quoi ce week-end ? (13-14 avril 2019)

Publié le 2019-04-16 08:10:08

Plutôt que de vaquer à des occupations mercantiles ou encore à rester les yeux rivés sur toutes sortes d’écrans, certains saisissent l’arrivée de la nuit tombée pour enflammer le quartier…

Le week-end des 13 et 14 avril a été agité du côté de Compiègne, dans l’Oise. Ce sont les larbins de la domination d’Oise Hebdo qui nous en informent à travers une vidéo sur leur site. Samedi 13 avril, une voiture et des poubelles ont été brûlées dans le quartier du Clos des Roses. Puis le lendemain soir, c’est un fourgon qui a été cramé en plein milieu de la rue Winston-Churchill, à quelques mètres d’une école. Par ailleurs, des caméras de vidéosurveillance ont également été détruites dans ce même quartier que les autorité classent comme « sensibles ».

Gilets noirs, K-way jaunes

Publié le 2019-04-16 08:11:05

Cette brochure propose cinq entretiens avec des anarchistes de Paris-banlieue, Toulouse, Dijon et Caen à propos de leurs rapports au mouvement des Gilets jaunes. Les entretiens datent tous de février à avril 2019.

Sommaire :
- Introduction, par Enkapuzado & Zanzara athée
- T, un anarchiste de banlieue parisienne
- E&L, deux anarchistes situées sur Toulouse
- A, un anarchiste vivant en banlieue parisienne
- J, de Dijon
- R&R, deux anarchistes de Caen

UN MOIS DE MAI ANARCHISTE

Publié le 2019-04-19 13:26:05

s-m-subversive-may-2019-in-solidarity-with-the-cap-1.jpgCertains pensent que le premier mai est une fête réformiste. En effet, cette date a été récupérée par la gauche et même par de nombreux États. Le 1er mai est officiellement aujourd’hui la fête du Travail, et à ce titre un jour férié dans de nombreux pays, durant lequel on célèbre le dur labeur, et les organisations syndicales (quelles soient anarchistes ou pas) en ont fait leur date principale de l’année, où chacun sort avec son drapeau et sa banderole pour parader dans les rues, en mode carnaval de la gauche.

C’est en fait plutôt drôle que des réformistes célèbrent une date pareille, car le premier mai pour les anarchistes ce n’est pas la fête du travail, mais la commémoration de ce qui s’est passé en mai 1886 à Chicago (États-Unis), lorsque des travailleurs, anarchistes, souvent migrants (allemands, irlandais, italiens, etc.), ont lancé une grève massive pour travailler moins d’heures (les fameuses grèves pour obtenir la journée de travail de huit heures). Dans les journaux de ces anarchistes (certains écrits en allemand, comme le Arbeiter Zeitung) il y avait des appels à prendre les armes contre les patrons et la police, des appels à fabriquer des bombes. Et c’est en effet ce qui s’est passé, les mots n’étant pas que de l’encre à cette époque, et lors d’un rassemblement au Haymarket réprimé très violemment par la police (à l’époque cela veut dire qu’il y a eu des morts) une bombe a été lancée sur des policiers, et un policer fut tué par celle-ci, et sept autres flics furent tués dans la bagarre qui suivit.

Suite à cela 8 anarchistes passèrent en procès, et 5 seront condamnés à mort. L’un d’entre eux, expert en dynamite, se suicidera dans sa cellule, et quatre seront pendus. Or, contrairement au mythe conté par la propagande gauchiste, les anarchistes de Haymarket ne sont ni des victimes innocentes, ni des martyrs (la martyrologie étant un concept religieux). Ils participaient tous activement à la propagande anarchiste, ils écrivaient dans ces journaux qui appelaient à prendre les armes et fabriquer des bombes, et ils fabriquaient des bombes eux-mêmes, et ils ont été arrêtés parce que leur activité de propagandistes anarchistes les rendait visibles aux yeux du pouvoir, et qu’ils ne s’en cachaient pas. À cette époque l’anarchisme était vu comme une vraie menace pour le pouvoir, comme l’atteste cette citation du procureur du procès de Haymarket : « Il n’y a qu’un pas de la République à l’anarchie. C’est la loi qui subit ici son procès en même temps que l’anarchisme. Ces huit hommes ont été choisis parce qu’ils sont des meneurs. Ils ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivent. Messieurs du jury : condamnez ces hommes, faites d’eux un exemple, faites-les pendre et vous sauverez nos institutions et notre société. C’est vous qui déciderez si nous allons faire ce pas vers l’anarchie, ou non. »

Ce petit retour sur les évènements de Haymarket n’a pas comme but de provoquer de la nostalgie, ou de se dire que les anarchistes d’aujourd’hui devraient faire comme en 1886. Nous vivons en 2019, en Allemagne, dans une société extrêmement pacifiée où les idées anarchistes sont souvent diluées dans une soupe amère d’idéologie gauchiste. Et cela parce que se déclarer aujourd’hui contre tout Dieu, maître ou nation n’est plus aussi consensuel qu’au XIX° siècle, où le nationalisme, la religion ou le patron étaient clairement considérés par les anarchistes comme des ennemis de la liberté, et non pas comme des détails sur lesquels nous pouvons être tolérants, selon qui porte ces concepts réactionnaires.

Le but n’est pas non plus de dire que nous devons absolument défendre des dates qui nous appartiendraient. Après tout le premier mai n’est qu’une date dans le calendrier, et nous pouvons en trouver d’autres si nous ne voulons pas nous mélanger à la gauche, et nous pouvons aussi décider de nos propres moments sans suivre un calendrier figé, prévisible.

Ceci dit, cette année des anarchistes à Berlin ont décidé de prolonger l’idée d’un 1er mai « subversif » à tout le mois de mai. Autant par les idées que par les actes, l’idée est de perpétuer la praxis anarchiste qui existait déjà en 1886, et de se souvenir que la répression touche encore durement les anarchistes aujourd’hui, partout dans le monde, et qu’on ne doit pas abandonner ces compagnon-ne-s. Que ce soit en Italie, en France, en Argentine, en Espagne, en Grèce, au Mexique, aux Canada, au Chili, en Suisse, en République Tchèque, en Allemagne, en Russie et partout ailleurs, des anarchistes continuent d’agir, de diffuser leur amour de la liberté, et continuent d’être frappés par la répression pour cette raison. Et s’il est important de penser à ceux/celles exilés derrière des barreaux, ou à ceux/celles qui sont obligés de fuir pour éviter la prison, il est aussi important d’agir pour soi-même, dans des moments que nous choisissons, et pas seulement en réaction à ce que l’État pourrait faire contre l’un-e d’entre nous, car nous ne sommes pas des automates qui agissons par réflexe pavlovien.

L’anarchisme se situe hors de l’échiquier de la Politique sur lequel jouent les activistes de la gauche et de la droite, qui bien souvent se contentent de réagir à l’actualité. L’anarchie c’est une vie libre, et les anarchistes font ce qui est possible pour aller vers cela. Et cela ne se fera qu’en refusant d’être des petits soldats qui agissent au nom de quelque chose de supérieur à eux, et en s’émancipant de la gauche qui nous empêche de nous développer pleinement, qui nous prend notre oxygène. Retrouvons la passion, la haine, la rage, toutes ces émotions dangereuses qui ont fait agir les anarchistes avant nous aux quatre coins du monde depuis le XIX° siècle.

Ainsi l’idée est lancée pour un mois de mai anarchiste à Berlin, avec l’espoir que les anarchistes sauront distiller les idées que nos prédécesseurs ont porté sans concession, et que des compagnon-ne-s portent encore aujourd’hui, parfois malgré des décennies d’enfermement dans les prisons de la démocratie.

« Le temps viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui ! » (August Spies, accusé à l’affair Haymarket, alors qu’il avait la corde au cou )

Pour un mois de mai de praxis anarchiste!

Un-e anarchiste berlinois-e

 

https://prisonsociety.blackblogs.org

LA RUE OU RIEN

Publié le 2019-04-19 14:26:07

Hurlement de liberté au royaume des fantômes

Publié le 2019-04-19 15:26:17

Résultat de recherche d'images pour "notre dame de paris en feu"Le monde est une église pestifère et bourbeuse où tous sont tenus d’adorer une idole à la façon d’un fétiche et où s’élève un autel sur lequel ils doivent se sacrifier. Même ceux qui allumèrent le bûcher iconoclaste destiné à incendier la croix sur laquelle pendait, cloué, l’homme-dieu, même ceux-là n’ont pas encore compris ni l’appel de la vie ni le hurlement de la liberté.

Après que le Christ, du fond de sa légende, eût craché sur la face de l’homme le plus sanglant des outrages en l’incitant à se renier pour s’approcher de Dieu – se présenta la Révolution française qui, ô féroce ironie, renouvela le même appel en proclamant les Droits de l’Homme.

Selon le Christ et la Révolution française l’homme est imparfait. La croix du Christ symbolise la possibilité de devenir homme ; les « Droits de l’Homme » symbolisent absolument la même chose. Pour atteindre la véritable perfection, il importe, selon le premier, de se diviniser, pour les seconds de s’humaniser.

Mais le Christ et la Révolution française sont d’accord pour proclamer l’imperfection de l’homme-individu, du Moi réel, en affirmant que c’est seulement à travers la réalisation de l’idéal que l’homme peut atteindre les cimes magiques de la perfection.

Le Christ te dit : « Si tu gravis patiemment le calvaire désolé et t’y fais clouer sur la croix, devenant mon image, l’image de l’homme-dieu, tu seras une créature parfaite, digne de t’asseoir à la droite de mon père qui est dans le royaume des cieux. » Et la Révolution française te dit : « J’ai proclamé les Droits de l’Homme ; si tu entres dévotement dans le cloître symbolique de l’humaine justice sociale, pour te sublimer et t’humaniser par la grâce des règles morales de la vie sociale, tu seras un citoyen et je t’octroierai tes droits et te proclamerai homme. » Mais qui oserait jeter aux flammes la croix où pend, cloué, l’homme-dieu, et ces tables où sont gauchement gravés les droits de l’homme, afin de pouvoir planter sur la masse vierge et granitique de la libre force, l’axe épicentrique de sa propre vie – cet homme-là serait un impie et un malfaiteur que menaceraient les crocs sanglants de deux sinistres fantômes : le divin et l’humain.

A droite, les flammes sulfureuses et sempiternelles de l’enfer qui punit le péché, à gauche le sourd grincement de la guillotine qui condamne le crime.

Le progrès, la civilisation, la religion, l’idéal ont enserré la vie dans un cercle mortel où les fantômes les plus répugnants ont établi leur règne fétide.

L’heure d’en finir est venue. Il faut rompre violemment le cercle et en sortir. Si les chimères des légendes divines ont terriblement influencé l’histoire humaine et si l’histoire humaine poursuit la mutilation de l’homme instinctif réel – eh bien ! nous, nous nous rebellons ! Ce n’est pas notre faute si des plaies symboliques du Christ ont giclé des gouttes purulentes sur le disque rouge de l’humanité pour y engendrer l’infecte pourriture civile qui proclama les Droits de l’Homme. Si les hommes veulent croupir dans les tanières systématiques de la putréfaction sociale (…), qu’ils s’en accommodent ! Nous ne ferons certes rien pour les libérer.

Si je regarde autour de moi, j’ai envie de vomir. D’un côté, le savant en qui je dois croire pour ne pas être ignorant. De l’autre côté, le moraliste et le philosophe dont je dois accepter les commandements pour ne pas être une brute. Ensuite vient le Génie que je dois glorifier et le Héros devant lequel je dois m’incliner tout ému.

Puis viennent le compagnon et l’ami, l’idéaliste et le matérialiste, l’athée et le croyant, et toute une autre infinité de singes définis et indéfinis qui m’accablent de leurs conseils et veulent, en fin de compte, me mettre sur la bonne voie. Parce que, bien entendu, le chemin que je suis est mauvais, comme sont mauvais ma pensée, mes idées, moi tout entier. « Je suis un homme qui s’est trompé ». Ces pauvres insensés sont tous pénétrés de l’idée que la vie les a désignés pour être des pontifes, officiant sur l’autel des plus grandes missions, car l’humanité est appelée a de grands destins.

Ces pauvres et compatissants animaux, trompés par des menteurs idéaux et transfigurés par la démence, n’ont jamais pu comprendre le miracle tragique et joyeux de la vie, pas plus qu’ils ne se sont jamais aperçus que l’humanité n’est nullement appelée à un grand destin.

S’ils avaient compris quoi que ce soit de tout ce qui précède, ils auraient au moins appris que leurs soi-disant semblables n’ont aucune envie de se briser l’épine dorsale pour franchir l’abîme qui les sépare les uns des autres.

Mais je suis qui je suis, peu importe le reste.

Et les coassements de ces bavards multicolores ne servent qu’à égayer ma noble et personnelle sagesse.

N’entendez-vous pas – ô singes apostoliques de l’humanité et du devenir social – ce vrombissement qui bruisse au-dessus de vos fantômes ?

Écoutez, écoutez donc ! C’est mon ricanement qui s’élève et se répercute, furibond, dans les hauteurs.

[Extrait de Vertice, 1921.]

Renzo Novatore

Valence: Centre pénitentiaire; les boucaves vigilants aux aguets?

Publié le 2019-04-19 16:26:11

Dans la nuit de samedi 30 au dimanche 31 mars, vers 3h30, deux jeunes vauclusiens âgés de 18 et 22 ans, ont été interpellés par les policiers valentinois à proximité immédiate du centre pénitentiaire de Valence. Le duo était en train de confectionner un colis afin de le projeter à l’intérieur de la prison. Le paquet artisanal contenait de la résine de cannabis et un téléphone portable. Les deux jeunes hommes ont été placés en garde à vue au commissariat..Portables et cannabis ont été saisis

Dimanche 14 avril, peu avant 16 h 30, les policiers valentinois ont interpellé trois jeunes hommes à proximité immédiate du centre pénitentiaire de Valence.

Des colis venaient d’être projetés à l’intérieur de l’établissement. Alors que l’un des trois jeunes hommes, tous venus de la région lyonnaise, a été laissé libre et sans poursuite à l’issue de sa garde à vue, un jeune majeur fait l’objet, en novembre, d’une convocation par officier de police judiciaire devant le tribunal correctionnel de Valence, et un mineur sera prochainement convoqué devant un juge des enfants de Lyon.Portables et cannabis ont été saisis

Récupérés, les deux colis projetés s’avéraient contenir chacun : un téléphone portable et une dizaine de grammes de cannabis.

d’après la presse locale

 

Italie : Appel pour le rassemblement à Florence le 20 avril – 16 heures

Publié le 2019-04-19 17:26:12

Résultat de recherche d'images pour "operazione panico"SANS-RÊLACHE POUR L’ANARCHIE

À Florence le 9 mars aura lieu le jugement d’un procès qui voit inculpé.e.s 28 compagnon.nes accusés d’association de malfaiteurs et de différentes attaques anonymes dans des locaux fascistes. Trois de ces compagnons, Paska, Giova et Ghespe, se trouvent depuis un moment en prison, et en plus d’autres accusations, ils sont inculpés pour transport, fabrication et détention de matériel explosif et tentative d’homicide, pour la blessure d’un artificier qui bricolât sans aucune précaution un engin situé devant un lieu fasciste la nuit du 31 décembre 2016. La prison ne leur a pas épargné les provocations et violences, en réponse à une attitude conflictuelle qu’ils ont tenu.

À Trente et Turin deux opérations répressives ont conduit à l’expulsion de l’Asilo Occupato et à 12 arrestations pour chercher à éradiquer les luttes que ces derniers portent en avant. Après les arrestations et l’expulsion, nous sommes descendus dans la rue pour répondre à la répression et prendre de force des espaces d’expression de propre notre rage. Ces derniers jours également, Scripta Manent, procès qui met sous enquête plus de vingt ans d’histoire de l’anarchisme est en train de se conclure avec de dures demandes de condamnation. Dans tous les cas, les intimidations continuent ainsi que la répression vis-à-vis de qui apporte et exprime sa solidarité aux pratiques et individualités anarchistes en procès et en prison.

Les rêves et les pratiques, les possibilités et les réalités anarchistes sont l’habituel bâton dans les roues. L’état en Italie, come ailleurs, cherche à détruite qui continue à faire obstacle à ses projets pour préparer le terrain à un ultérieur tournant autoritaire. Nous vivons une époque où un nombre toujours plus croissant de personnes vivent des expériences oppressives quotidiennes, dans ses formes racistes, patriarcales, et totalitaires, avec le chantage de la prison, risquant d’être enfermé.e.s dans un Centre de Rétention  ou déporté.e.s, de mourir au travail, durant un TSO* ou une rafle, de ne pas trouver les moyens de se séparer d’une relation violente, de vivre des genres et sexualités hors de la norme dans des conditions de marginalité, et plus encore. Selon les logiques de l’état pour maintenir l’ordre et veiller à la continuelle restructuration de l’appareil techno-industriel et coercitif à large échelle, il est nécessaire, entre autres choses, d’enterrer sous des années de prison, qui se bat depuis toujours contre les responsables de tout cela.

Dans la mise en œuvre du système de pouvoir, l’état doit isoler les pratiques d’autodétermination, de lutte, de solidarité, et d’attaque, puisqu’elles affaiblissent l’idée de la nécessité même de son existence, de sa prétention de totalité du contrôle car il a besoin d’empêcher la possibilité de s’auto organiser, tout comme la possibilité de reconnaitre ses propres et réels ennemis, pour qu’elle ne puisse pas prendre la forme d’une guerre sociale pour la subversion de ce système de domination tout comme celle d’y prendre part. Il cherche à endiguer une conflictualité anti-sociale qui ne se résigne pas au renouveau des groupes fascistes tolérés par une société aliéné, ni à l’imposition d’un système sécuritaire technologique et militaire pour défendre une ville-vitrine. Il cherche à représenter l’existence et l’agir de qui est accusé pour les pratiques d’attaque et de qui les soutien de manière à en invisibiliser les motifs.

Notre vécu et nos pratiques nous appartiennent, tout comme nos différences et nos tensions. Ils font partie de nos histoires et nos existences, pas comme une faiblesse mais comme une potentialité. Ils ne nous verrons pas dans leur petit théâtre, nous ne seront pas à leur échéances mais nous saurons nous donner le temps et les modalités. Nous ne prendrons pas des lèvres d’une sentence déjà écrite, ni d’une caution démocratique avec laquelle aujourd’hui les vies de qui n’a pas de place dans cette partie du monde, qui se fortifie toujours plus pour son bien être et ses privilèges, sont déchirées.

A Florence le 20 avril nous continuerons à être une ville où depuis toujours a été présente la critique anarchiste pour continuer à dire qu’il ne peuvent pas nous effacer et pour revendiquer avec nos pratiques d’attaque et de solidarité à toustes les anarchistes prisonnièr.es et inculpé.e.s.

FEUX PRISONS, LIBERX TUTTX !

Samedi 20 Avril

Rassemblement de solidarité à 16 h

Piazza dell’unità

Zona Santa Maria Novella

Firenze

Des individualités anarchistes

 

* Trattamento sanitario obbligatorio : Traitement Sanitaire Obligatoire (obligation de soin)

repris de https://anarhija.info

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Je condamne le christia­nisme

Publié le 2019-04-19 18:26:15

Je termine ici et je prononce mon jugement. Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme.



Qu’on ose encore me parler de ses bienfaits « humanitaires  ». Supprimer une misère était contraire àsa plus profonde utilité, elle vécut de misères, elle créa des misères pour s’éterniser... Le ver du péché par exemple : une misère dont l’Église seulement enrichit l’huma­nité ! — L’ « Ã©galité des âmes devant Dieu  », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne... les bienfaits « humanitaires  » du christia­nisme ! Faire de l’humanitas une contradiction, un art de pollution, une aversion, un mépris de tous les instincts bons et droits ! Cela serait pour moi des bienfaits du christianisme ! — Le parasitisme, seule pratique de l’Église, buvant, avec son idéal d’anémie et de sainteté, le sang, l’amour, l’espoir en la vie ; l’au-delà, négation de toute réalité ; la croix, signe de ralliement pour la conspiration la plus souterraine qu’il y ait jamais eue, — conspiration contre la santé, la beauté, la droiture, la bravoure, l’esprit, la beauté d’âme, contre la vie elle-même...

Je veux inscrire àtous les murs cette accusation éternelle contre le chris­tianisme, partout où il y a des murs, — j’ai des lettres qui rendent voyants même les aveugles... J’appelle le christianisme l’unique grande calamité, l’unique grande perversion intérieure, l’unique grand instinct de haine qui ne trouve pas de moyen assez venimeux, assez clandestin, assez souterrain, assez petit — je l’appelle l’unique et l’immortelle flétrissure de l’humanité...

[/ Friedrich Nietzsche
In L’Antéchrist, 1895./]

Curieuse épidémie…

Publié le 2019-04-19 19:26:19

Le 11 décembre 2018 une antenne de téléphonie s’enflamme à Saint-Julien-des-Landes (Vendée). Le 23 décembre 2018, c’est une autre, encore d’Orange, qui part en fumée à Bernis (Gard). Le lendemain 24 décembre, c’est cette fois à Casseuil (Gironde) qu’un relais de téléphonie mobile est incendié. Le 29 janvier 2019 à Haute-Jarrie sur les hauteurs de Grenoble, un local technique d’un émetteur de TDF est saccagé puis cramé (revendiqué par #JeSuisFranceBleuIsere en commun avec l’incendie des locaux de France Bleu Isère en ville la veille). En février, c’est un relais de SFR à Gardonne (Dordogne) qui flambe, l’intention étant de « bloquer la communication de la police et de la gendarmerie » selon le proc du coin. Puis ne voici pas qu’on apprenait début février que pas moins de quatre relais différents avaient aussi été détruits depuis septembre aux alentours de Besançon (Doubs).

Tout aurait pu s’arrêter là comme une brise aussi passagère qu’enthousiasmante, mais on dirait bien que ces maudits pylônes du contrôle et de la communication par prothèses technologiques interposées sont en train de se donner le mot ! Le 8 avril dernier, ce sont deux nouveaux relais de téléphonie plus un de TDF qui ont décidé de mettre fin à leurs jours à Aiglepierre (Jura), et pas plus tard qu’hier, c’est un gros relais TDF de Charente qui vient de suivre leur élan…

Il était en effet 4 heures du matin ce 17 avril dans la petite bourgade de Saint-Saturnin, non loin d’Angoulême, lorsque les flammes ont déchiré la nuit sur près de 30 mètres de haut. Des centaines de mètres de câbles ont fondu à cause de la chaleur sur une antenne-maître de TDF faisant partie de la colonne vertébrale de son réseau principal (c’est-à-dire desservant plusieurs autres émetteurs du réseau secondaire de zones plus éloignées). Conséquence ? Près de 150 000 personnes de toute la région (jusqu’à Angoulême et Cognac) n’ont plus ni télévision ni réseau de téléphone portable 3G/4G (notamment Bouygues et SFR), et l’ensemble des antennes de Radio France sont touchées par les perturbations et n’ont pas pu émettre. Et cela dure depuis près de 48 heures.

Raphaël Longour, responsable sud-ouest de TDF, annonce dans le journal du coin (La Charente Libre, 17/4) : « C’est la première fois que cela nous arrive ici, mais nous avons eu, ces derniers temps, plusieurs sites touchés« . « Des actes de malveillance » ajoutent les journaflics, constatant que « Le retour à la normale s’annonce long et progressif« . Eh bien, amis de la poésie, face à tous ces jolis spectacles de combustions (tout sauf) spontanées qui sont donnés depuis décembre de Vendée en Cévennes, de Gironde en Isère, de Dordogne au Doubs, du Jura à la Charente, l’adage en matière de réjouissances festives ne dit-il pas que plus on est de fous comme de folles et plus on rit ? Ce n’est en tout cas pas la matière qui manque, ni dans les vertes vallées ni dans les sombres métropoles…

Angoulême : Le Centre social brûle, le maire demande plus de flics…

Publié le 2019-04-19 20:26:19

France3 / mercredi 17 avril 2019

Un incendie vendredi dernier et la  porte vitrée brisée le week-end dernier, les actes de vandalisme se multiplient à la Grande Garenne. Le centre social Mosaïque situé au centre d’un quartier difficile de la ville, a été inaugurée, il y a deux ans. Il fait aujourd’hui l’objet de dégradations successives. Après l’incendie et les détériorations sur la façade, une enquête de police est en cours pour déterminer l’origine de ces actes.

Chaque année, la structure qui dépend de la mairie d’Angoulême est fréquentée par 2 500 personnes. Le maire de la ville, Xavier Bonnefont, parle « d’insécurité croissante » dans le quartier et a déclaré sur twitter apporter tout son soutien à l’équipe du centre social. Il a demandé au ministère de l’intérieur des renforts de police pour le quartier.
Aujourd’hui, la salle polyvalente du centre est inutilisable. Elle a été touchée par l’incendie qui a ausi détruit du matériel. Les opérations de nettoyage vont se poursuivre pendant encore plusieurs jours.

Individualisme anarchiste et féminisme à la « Belle Époque »

Publié le 2019-04-19 21:26:23

Les liens entre le mouvement anarchiste et le mouvement féministe sont loin d’avoir été toujours très clairs. Tout commence, mal, avec Proudhon et son fameux « ménagère ou courtisane ». Puis, avant la Première Guerre, alors que le mouvement féministe prend de l’ampleur, les anarchistes critiquent et rejettent les revendications concernant le droit de vote ou l’accès à des professions libérales pour les femmes. La liberté n’est pas quelque chose que l’on doit recevoir, il s’agit de la prendre.

C’est donc des démarches nettement plus pratiques que les anarchistes vont privilégier, comme le montre leur engagement dans la propagande néo-malthusienne. Défiant l’héritage même de Malthus qui se transforme en « encouragement au péché et à l’agitation sociale » [1], ces derniers diffusent idées sur la réduction des naissances — facteur d’émancipation individuelle — et moyens pratiques de contraception ou pour avorter, corollaires indispensables à la libération sexuelle. C’est ainsi que se forment des ponts entre le mouvement anarchiste et des féministes comme Madeleine Pelletier ou Nelly Roussel [2]. Mais c’est également par ce biais que s’accentue la division avec le mouvement féministe dans son ensemble. En effet, la majeure partie des féministes tombe d’accord sur le contrôle des naissances, mais s’oppose à l’avortement et même à la contraception. Ces pratiques rendent les femmes impures et trop semblables aux prostituées. Elles préfèrent célébrer la maternité que le libre épanouissement sexuel.

Au contraire, du côté des anarchistes, la question sexuelle est tout à fait centrale, et c’est souvent par elle que se pose la question de l’émancipation de la femme : la femme ne pourra donner libre cours à ses désirs que si elle n’est plus à la merci de son mari, compagnon ou amant. Les compagnons prônent l’amour libre, pratiquent plus généralement l’union libre. Les compagnes sont loin d’être toutes acquises à ces idées. Il faut bien reconnaître que la plupart des couples sont « demi-anarchistes ». Certains s’en contentent, comme le souligne Sophia Zaïkovska, une anarchiste individualiste et féministe : « L’émancipation de la femme est, selon moi, très mal posée chez les anarchistes. La femme n’est guère envisagée que comme épouse ou amante, que comme complément de l’homme et incapable de vivre sa vie pour et par elle-même. [3] » D’autres reconnaissent alors la nécessité de l’émancipation de la femme. Aux anarchistes se pose le même problème qu’aux républicains quelques années auparavant : Jules Ferry voulait donner des compagnes républicaines aux hommes républicains, seul moyen d’éviter le divorce entre la femme croyante et le mari libre penseur (Les filles auront alors accès à un enseignement secondaire mais qui n’a ni la durée ni l’ampleur des vues de son équivalent masculin). Il est clair que les femmes sont également des compagnes (possibles obstacles à la lutte ou dangers de démobilisation), des mères (les appels antimilitaristes faisant appel au sentiment des mères sont nombreux dans les écrits anarchistes) et des éducatrices.

Les quelques femmes anarchistes ne s’arrêtent cependant pas à ces considérations virocentriques, basées sur le « manque de femmes » dans les milieux anarchistes. Des discussions émergent au sein des journaux sur le partage de la responsabilité vis-à-vis de l’enfant ou des tâches ménagères. On recherche la coéducation (la mixité) pour les enfants dès leur plus jeune âge, ce qui doit permettre une meilleure entente hommes-femmes, en partie au niveau sexuel.

Et s’il est rarement possible d’identifier les femmes autrement que par leur compagnon, quelques-unes sortent de l’anonymat par leurs écrits, leur participation à des conférences, ou leurs habitudes de vie. Quelques oubliées (notamment par le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier) et qui sont pourtant, encore aujourd’hui, plutôt étonnantes…

Il apparaît que la presse représentant la tendance individualiste, L’Ère nouvelle, L’Anarchie ou La Vie anarchiste, a été créée puis gérée par des couples plus que par un homme : au côté d’E. Armand, on trouve Marie Kügel [4], au côté de Libertad, Anna Mahé (et quelques années plus tard Rirette Maitrejean avec Victor Serge) et au côté de Georges Butaud, Sophia Zaïkovska. Il n’est qu’à remarquer l’irritation qui perce dans certains rapports de police face à la prise en main de L’Anarchie par Anna Mahé pendant le séjour en prison de Libertad. De plus, de nombreuses femmes écrivent des articles dans ces périodiques, ou du moins sont incitées à le faire. Et les réflexions se développent quant aux moyens de favoriser l’émancipation économique de la femme. Quant à l’émancipation sexuelle, on apprend que Sophia Zaïkovska vécut un « amour plural » tout à fait heureux, ou simplement que les anarchistes, après mariage, avaient souvent plusieurs compagnons dans leur vie, et ce contrairement aux normes sociales en vigueur. Ainsi, Émilie Lamotte, institutrice, artiste peintre, écrivant pour Le Libertaire ou L’anarchie eut au moins trois compagnons dans sa vie (elle pensait que la « constance » n’était pas une chose naturelle) ; Rirette Maitrejean qui après s’être mariée avec un illégaliste, fréquenta Mauricius, un individualiste, puis Kibaltchiche (plus connu par la suite sous le nom de Victor Serge). Ces femmes ont généralement dépassé les difficultés autour de l’entente sexuelle pour pouvoir se consacrer de manière plus intense à leur idéal anarchiste. Où l’on voit que l’idéal anarchiste engageait à une réflexion sur le mode de vie quotidien, à une pratique de la liberté plutôt que l’attente de sa reconnaissance sociale.

Il semble finalement, lorsqu’on observe les milieux individualistes que les femmes, aussi peu nombreuses soient-elles, vivaient alors une situation économique, morale ou sexuelle relativement égalitaire avec leurs compagnons. « Vivre en anarchiste », tel que le préconisait les individualistes ne pouvait se comprendre que comme émancipation de l’individu, sans distinction de sexe, même si l’on reconnaissait que la femme avait un plus long chemin à parcourir pour y parvenir.

On est alors enclin à penser plutôt à un décalage entre anarchisme et féminisme qu’à une insuffisance de l’un par rapport à l’autre ; le féminisme se concentrant sur les droits des femmes (ce qui en est la définition stricte), l’anarchisme sur une mise en pratique au quotidien. Pour finir, il est une chose qui surprend dans les textes de l’époque, dans la manière même dont les femmes s’adressent aux femmes et qui serait (est) fort mal vue aujourd’hui : ces femmes savent parfaitement que si elles ne se prennent pas en main, personne ne le fera pour elles, et qu’elles ne réaliseront pas leur émancipation en se posant constamment en victimes, en faisant appel à un ordre moral ou à la pitié.

[Archives du Monde Libertaire, juin 2003]


NOTES

[1] Francis Ronsin, La Grève des ventres : propagande néo-malthusienne et baisse de la natalité en France. XIXe-XXe siècles, Aubier, 1980, p. 31.

[2] Elle fut l’une des personnalités les plus en vue du féminisme radical et une oratrice active pour la propagande néo-malthusienne.

[3] S. Zaïkovska, « Le féminisme », La Vie anarchiste, 1er mai 1913, n° 12, reproduit dans « Communautés, naturiens, végétariens, végétaliens, crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français », supplément à Invariance, Nexon, n° 9, 1994, p. 157.

[4] (1872 ?-1906) Compagne d’E. Armand avec qui elle fonda L’Ère nouvelle en 1901 et vécut sans doute de 1902 à 1906 « en-dehors de la morale ». Elle participa activement à la rédaction du journal auquel elle enjoignit les femmes de participer dès son premier article. Elle fit partie des 250 premiers sociétaires pour la constitution du milieu libre de Vaux, et la partie de la circulaire concernant le statut des femmes avait été rédigée par ses soins. Il semble qu’elle se préoccupa principalement de l’émancipation féminine, comme des réalisations pratiques de la « Cité future » (préoccupation essentielle du journal).

Saint-Saturnin (Charente) – L’antenne de TDF flambe : télés, radios et mobiles restent muets

Publié le 2019-04-19 22:26:19

France3 / mercredi 17 avril 2019

Des dizaines de milliers d’usagers sont privés de téléphone, de télévision et de radio publique à Angoulême et sa région depuis mercredi. L’antenne relais située à Saint-Saturnin, en Charente, a été incendiée la nuit dernière. Les équipes de TDF travaillent à la remise en service du pilône [sic ! NdAtt.]. Les pompiers sont intervenus aux alentours de 4h30 pour éteindre le sinistre. […]

Selon TDF, il s’agit d’un « site du réseau principal », un « gros » site donc, qui accueille les antennes des quatre opérateurs de téléphonie en France. Conséquence, des dizaines de milliers de particuliers en Charente sont privés de téléphone mobile et 150.000 foyers de télévision par la TNT, principalement à Angoulême et ses environs. L’ensembe [sic ! NdAtt.] des antennes de Radio France sont également touchées par les perturbations et n’ont pas pu émettre mercredi matin.
Depuis, un autre émetteur radio a pris le relais et permet désormais la diffusion normale des antennes radio du service public. […]
Cependant, certains usagers signalent des difficultés jusqu’à Cognac. TDF explique que l’antenne de Saint-Saturnin est en effet reliée à des émetteurs du réseau secondaire qui desservent des zones plus éloignées, pouvant ainsi occasionner des perturbations au-delà de la zone immédiate. […]
L’émetteur de Saint-Saturnin est une infrastructure mise à la disposition des opérateurs par TDF. Les quatre opérateurs de téléphonie mobile en France ont ainsi chacun leur équipements sur le pilône [sic ! NdAtt.] TDF. Une fois l’émetteur remis en service, il faudra que les opérateurs, eux aussi, remplacent leur matériel, lui aussi, potentiellement endommagé par l’incendie.

France : Brèves et quelques chiffres sur le mouvement de révolte et la répression qui s’ensuit [8-18 avril 2019]

Publié le 2019-04-20 11:44:43

Toulouse : 100 000 euros pour l’Acte 22

La mairie de Toulouse a chiffré le coût des dégâts commis par les casseurs, samedi dernier lors de l’acte 22 des Gilets jaunes. Selon le Capitole, le coût des dégradations est estimé à 100 000€. Ce chiffre comprend comprenant les dommages subis sur les installations des chantiers, les dégradations de chaussées et les dégradations de mobilier urbain (candélabre, abris de bus , sucettes publicitaires…).

On notera en particulier celle-ci : « Enfin sur le chantier TESO (Toulouse Euro Sud-Ouest) à Matabiau, un ouvrage (réalisation d’une connexion de câbles à basse tension) réalisé par Enedis a été vandalisé à l’angle du Boulevard Bonrepos et de la rue de Bayard. »

En février dernier, Toulouse avait été annoncée comme la deuxième ville la plus touchée par les manifestations des gilets jaunes, derrière Paris, avec une estimation du préjudice évalué à plus de 5,6 millions d’euros. [Source: La Dépêche, 16.04.2019]


TF1 balance une fois de plus : sus aux images

Le 16 mars dernier, lors de l’acte XVIII des gilets jaunes, à Paris, le Fouquet’s était en effet vandalisé et pillé et sa devanture partait en fumée. Le soir même, au journal télévisé de TF1, un homme apparaissait, tenant dans ses bras une table de mixage dérobée dans le restaurant huppé.
L’homme expliquait calmement : « Au moins, je serais venu à Paris et reparti avec quelque chose ». Le visage de ce gilet jaune n’était pas filmé. Mais apparaissait distinctement à l’écran sa chaude parka aux couleurs d’une équipe de rallye…
Et c’est ainsi que “Bouboule” a été interpellé mardi 16 avril, en Isère. Transféré à Paris, il a été entendu sous le régime de la garde à vue par les policiers du premier district de police judiciaire en charge de l’enquête sur les dégradations et vols commis au préjudice du Fouquet’s le 16 mars dernier. Selon nos informations, au cours d’une perquisition menée au domicile de l’Isérois, la platine dérobée dans le restaurant des Champs-Élysées aurait été découverte.
Mercredi, à l’issue de sa garde à vue, il a été déféré au parquet de Paris avant d’être présenté au tribunal correctionnel de Paris dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate pour y répondre de “recel de vol”. [Source: Le Dauphiné, 18.04.2019]


Dijon, 12 avril 2019 : trois personnes en comparution pour l’attaque aux Molotovs de la préfecture – Un sentiment de vengeance

Vendredi 12 avril, trois personnes ont été présentés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Dijon. Le restaurateur, gérant du Boeuf blanc (43 ans), son fils (18 ans) ainsi qu’un autre homme, âgé de 38 ans, sont poursuivis pour avoir lancé cinq cocktails Molotov contre la préfecture de Côte-d’Or dans la nuit du 30 au 31 mars 2019. Certains atterrissent dans la cour du Conseil départemental, mais les cocktails molotov ne s’enflamment pas; seule une bâche de l’entreprise Novelli située à l’arrière du bâtiment est endommagée.

Lors de l’audience, les trois personnes, en garde à vue depuis mercredi 10 avril 2019, ont reconnu les faits. Ils expliquent leur attitude par les affrontements qui se sont déroulés l’après-midi du samedi 30 mars 2019 entre les gilets jaunes et les forces de l’ordre. Cet après-midi-là, des gilets jaunes, venus se réfugier dans le restaurant « Le Boeuf Blanc » (dont l’un des accusés est le gérant), sont pris en chasse à l’intérieur de l’établissement par des policiers qui interpelle un homme pour violences commises sur des policiers. Il s’ensuit une bousculade au cours de laquelle la concubine du gérant est blessée. Une plainte avait d’ailleurs été déposée.

Le tribunal évoque un risque de réitération car les prévenus semblent éprouver un sentiment d’injustice et indiquent avoir voulu se venger. Si le restaurateur et son fils sont inconnus des services de police, le troisième homme a été arrêté en décembre dans une manifestation avec une bouteille d’alcool à brûler. 
Il a déjà été condamné pour violences, vol, escroquerie et contrefaçons.

Les trois personnes présentées ont été poursuivis pour les infractions de dégradations et tentatives de dégradations par incendie (peine de 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende). Les avocats des prévenus demandent un report. Le tribunal voulait conditionner le report de l’audience au maintien en détention.

À l’issue des débats, le tribunal accepte finalement de reporter l’audience au 19 juin 2019.  Les accusés sont placés sous un contrôle judiciaire strict.
Ils ont interdiction de se rencontrer et de manifester.
Le patron du restaurant a interdiction de s’y trouver les samedis entre 9h et 22h. Son avocate avait de toute façon annoncé que l’établissement n’ouvrirait plus ce jour-là. [France 3 Bourgogne, 12.04.2019]


Bilan judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes

Près de 2.000 jugements ont été prononcés et 1.755 personnes sont encore en attente de jugement. Et parmi ces condamnations, 40% d’entre elles sont des peines d’emprisonnement ferme.

1.729 personnes sont passées en comparution immédiate, dont près de 400 mandats de dépôt. 1.774 personnes ont été renvoyées en correctionnelle. 114 procédures d’information judiciaire ont été ouvertes, et 400 saisines des juges des enfants effectuées.

La Chancellerie précise également qu’il s’agit souvent de primo-délinquants: ils sont peu nombreux à avoir des antécédents judiciaires. Tous sont insérés socialement: ils ont un travail ou font des études. Le ministère de la Justice relève aussi la présence de proches de la mouvance d’ultra-gauche ou d’ultra-droite, ou encore de mouvements anarchistes, dans les cortèges.

Quant aux motifs des infractions signalées lors de ces journées de mobilisation, le ministère fait état de violences sur personne détentrice de l’autorité publique, participation à un attroupement armé, rébellion, dégradations, rébellion ou encore port d’arme. [Source: BFM tv, 08.04.2019]

Saint-Saturnin (Charente), France : Antenne relais incendiée – Une semaine sans TV pour plus de 150.000 personnes – 17 avril 2019 [Mis-à-jour, 19 avril]

Publié le 2019-04-20 12:22:55

La série d’incendies contre les sites TDF et les antennes relais de téléphonie continue dans l’Hexagone, et cette fois ça s’est passé du côté d’Angoulême. dans la nuit du 16 au 17 avril 2019:

Mise-à-jour, 18.04.2019 à 17h15 :

Du côté de TDF, le propriétaire du site de Saint-Saturnin, on espère un rétablissement de la TNT « pour le début de la semaine prochaine », ce qui fera donc minimum 6 jours sans TV !
L’opérateur SFR est particulièrement impacté: « Une cinquantaine de nos antennes en Charente sont reliées à l’antenne de Saint-Saturnin », explique Guillaume Fauré, délégué régional Sud-Ouest chez SFR. La situation est la même pour Bouygues Télécom, qui partage le même réseau.
Radio France a repris ses émisssions, parce qu’ « un émetteur a pris le relais » pour susbstituer celui touché. Une origine criminelle étant suspectée, la gendarmerie a enquêté sur place au cours de la journée de mercredi.


Il était en effet 4 heures du matin ce 17 avril dans la petite bourgade de Saint-Saturnin, non loin d’Angoulême, lorsque les flammes ont déchiré la nuit sur près de 30 mètres de haut. Des centaines de mètres de câbles ont fondu à cause de la chaleur sur une antenne-maître de TDF faisant partie de la colonne vertébrale de son réseau principal (c’est-à-dire desservant plusieurs autres émetteurs du réseau secondaire de zones plus éloignées).

Conséquence ? Près de 150 000 personnes de toute la région (jusqu’à Angoulême et Cognac) n’ont plus ni télévision ni réseau de téléphone portable 2G/3G/4G (notamment Bouygues et SFR), et l’ensemble des antennes de Radio France sont touchées par les perturbations et n’ont pas pu émettre. Et ces interruptions ont duré plus de 48 heures.

« L’antenne est située en bordure de la RD 41 au niveau de la commune de Saint-Saturnin. Elle permet la couverture du réseau de téléphone des quatre principaux opérateurs (Free, Bouygues, SFR et Orange), mais aussi de recevoir la TNT et de capter les fréquences de Radio France. Les pompiers venus de la Couronne et d’Angoulême ont rapidement pu venir à bout de l’incendie. Mais les flammes ont quand même brûlé les câbles électriques et la toiture du bâtiment annexe » (Sud-Ouest, 17.04.2019]. 

Raphaël Longour, responsable sud-ouest de TDF, annonce dans le journal du coin (La Charente Libre, 17/4) : « C’est la première fois que cela nous arrive ici, mais nous avons eu, ces derniers temps, plusieurs sites touchés ». « Des actes de malveillance » ajoutent les journaflics, constatant que « Le retour à la normale s’annonce long et progressif ». Eh bien, amis de la poésie, face à tous ces jolis spectacles de combustions (tout sauf) spontanées qui sont donnés depuis décembre de Vendée en Cévennes, de Gironde en Isère, de Dordogne au Doubs, du Jura à la Charente, l’adage en matière de réjouissances festives ne dit-il pas que plus on est de fous comme de folles et plus on rit ? Ce n’est en tout cas pas la matière qui manque, ni dans les vertes vallées ni dans les sombres métropoles…

L’antenne relais est située entre Jarnac et Angoulême


Bref retour sur les sabotages visant les infrastructures des techno-communications de la domination:

Le 11 décembre 2018 une antenne de téléphonie s’enflamme à Saint-Julien-des-Landes (Vendée). Le 23 décembre 2018, c’est une autre, encore d’Orange, qui part en fumée à Bernis (Gard). Le lendemain 24 décembre, c’est cette fois à Casseuil (Gironde) qu’un relais de téléphonie mobile est incendié. Le 29 janvier 2019 à Haute-Jarrie sur les hauteurs de Grenoble, un local technique d’un émetteur de TDF est saccagé puis cramé (revendiqué par #JeSuisFranceBleuIsere en commun avec l’incendie des locaux de France Bleu Isère en ville la veille). En février, c’est un relais de SFR à Gardonne (Dordogne) qui flambe, l’intention étant de « bloquer la communication de la police et de la gendarmerie » selon le proc du coin. Puis ne voici pas qu’on apprenait début février que pas moins de quatre relais différents avaient aussi été détruits depuis septembre aux alentours de Besançon (Doubs).

Tout aurait pu s’arrêter là comme une brise aussi passagère qu’enthousiasmante, mais on dirait bien que ces maudits pylônes du contrôle et de la communication par prothèses technologiques interposées n’en finissent plus de s’enflammer ! Le 8 avril dernier, ce sont deux nouveaux relais de téléphonie plus un de TDF qui ont décidé de mettre fin à leurs jours à Aiglepierre (Jura), et pas plus tard que ce 17 avril donc, c’est un gros relais TDF de Charente qui vient de s’ajouter à la liste…

 

Agde (Hérault), France : Le local des fachos tagué – Mars 2019

Publié le 2019-04-20 12:26:06

Les fascistes réunis au sein de l’association « Union des Patriotes Agathois » ont reçu de la visite. Située dans la rue Ernest-Renan, la permanence de l’Union des patriotes agathois a été taguée dernièrement. C’est ce que nous dit le Midi Libre à travers un de ses articles publiés le 20 mars dernier.

L’inscription « antifa » et des symboles anarchistes sont venus ornés les murs du local. Et c’est précisément les couleurs tricolores du drapeau national qui ont été recouvertes, souillant le symbole de la Nation assassine, fondée sur ses sbires armés, ses murs et ses barbelés.

Ce local est censé servir de bureau au futur candidat de l’association nationaliste et raciste aux élections municipales de mars 2020. Ce sera probablement Jean-Louis Cousin qui se présentera pour cet(te) association-parti de la Réaction.

 

Caen, France : Présentation de Casse-Murailles, espace de lutte contre l’enfermement et la répression

Publié le 2019-04-20 12:26:08

Ci joint le texte de présentation de Casse-Murailles, l’espace de lutte contre l’enfermement et la répression que nous lançons dans le cadre des mutuelles. Dans une période de répression intense, notamment autour du mouvement des Gilets jaunes, il nous semble d’autant plus important de maintenir une solidarité  face à la répression et l’enfermement sous toutes ses formes.

Ici comme ailleurs, les peines tombent et sont lourdes. Des gens en lutte avec ou sans gilets se retrouvent emprisonnés, parfois pour de longs mois. Un « caennais » a pris plus de trois ans ferme. D’autres des peines à peine moins lourdes. Notons au passage qu’à Caen comme dans d’autres villes le mouvement dit des gilets jaunes s’est doté d’une caisse antirép’ autonome, ce qui nous semble être une bonne chose. Certain-e-s d’entre nous participent d’ailleurs activement à la faire vivre. Nous ne pouvons que vous encourager à lui faire parvenir des dons. La caisse antirép Gilets jaunes : caenantirep[at]riseup.net

Par ailleurs, il existe un collectif antirépression à caen, le CROC. Nous n’avons pas créé cet espace pour entrer en concurrence avec lui. Nous avons même particpé pour certain-e-s d’entre nous à ces activités durant quelques mois. Mais nous souhaitons intervenir sur cette question de l’enfermement et de la répression à notre manière. Nous espérons d’ailleurs partager infos et solidarité avec eux et elles le plus souvent possible. Leur adresse mail pour les contacter ou leur filer de la maille : caenantirep[at]riseup.net. Ce sont eux et elles qui « hébergent » le collectif antirep GJ.

De notre côté, les dons éventuels peuvent être envoyés par chèques à l’ordre de l’association Apache, gestion mutuelle entraide scolaire, avec mention « antirépression » au dos ou dans un mot d’accompagnement à Association Apache, 35 Boulevard Poincaré, 14000 Caen. Contact : mac.caen[at]riseup.net

Enfin, nous souhaitions également vous faire état de la détérioration des conditions de détentions des détenus suite au mouvement de maton-ne-s qui sévit depuis l’attaque de deux matons à la prison haute-sécurité de Condé-sur-Sarthe. Là-bas la grève de maton-ne-s soutenus par leurs collègues de plusieurs taules mais également par les gilets jaunes locaux, exigeait un renforcement de l’arsenal répressif, mais également  l’arrêt de nombreuses activités intra-muros, et une  surveillance électronique renforcée des unités de visite familiale. Bref, encore une restriction de la maigre liberté que les détenu-e-s réussissent à arracher à l’administration pénitentiaire. Durant la grève et encore aujourd’hui, les détenus ne peuvent sortir de leurs cellules individuelles. Plus de 20 jours sans pouvoir sortir de leur 9 m2. Les proches n’ont pu avoir accès aux parloirs. Bref une torture à laquelle vient s’ajouter aujourd’hui la menace d’un durcisssement des conditions
de détention dans l’ensemble des mitards de France.

Le texte de présentation de la mutuelle :

« Dans les mouvements sociaux, mais également au quotidien des nombreux compagnons et nombreuses compagnonnes de lutte et tout un tas d’inconnu-e-s tombent entre les griffes des cognes , de la justice et de l’institution psychiatrique. Les un-e-s pour des blocages, des déambulations sauvages, des occupations illégales, les autres des sabotages, des émeutes, d’autres enfin pour un vol, une rébellion ou pour un moment d’abattement, de déprime.
Ce monde vit sur l’oppression permanente, une guerre sociale diffuse qui s’exerce au quotidien. Il y a bien plus de violence dans la manière dont l’Etat administre nos vies ou dans celle dont est fabriquée une marchandise, dans celle dont le patriarcat ou la religion soumet les corps et les désirs, que dans une vitrine brisée, une bagnole de police cramée ou un DRH bousculé. Il s’agit surtout dans un cas d’une violence légale qui vise à maintenir l’oppression, et dans l’autres d’une violence légitime cherchant à s’en libérer. Actions directes, réappropriations, sabotages justifient pleinement notre solidarité. Si
l’innocent mérite notre soutien, le coupable encore davantage.
Comme le souligne les compagnons et compagnonnes du collectif kaliméro, « la répression n’est pas uniquement le moment où le flashball et la matraque viennent frapper les corps des récalcitrant.e.s, c’est chaque moment du quotidien sous la domination de l’Etat et du Capital à travers des milliers de dispositifs psychologiques et matériels omniprésents obligeant les pauvres à accepter une vie de merde sous la contrainte.
C’est aussi bien sûr la prison qui enferme toujours plus de monde et pour des durées toujours plus longues, afin de les punir, les isoler, les briser et les entasser loin des yeux des braves citoyens à la conscience tranquille. Et c’est aussi la prison dehors avec des mesures comme les bracelets électroniques, les assignations à résidence, les interdictions de zones, les contrôles judiciaires, etc. »
Quant à l’enfermement psychiatrique et sa camisole chimique, ils méritent  tout autant qu’on les combattent.  En effet,  la psychiatrie telle qu’elle se pratique aujourd’hui cherche davantage  à normaliser des comportements jugés déviants qu’à prendre soin d’individu-e-s en souffrance.  La psychiatrie exerce une violence quotidienne et administrative dont l’enfermement n’est qu’un des symptômes les plus manifestes.  La contrainte, la chimie et la thérapeutique s’applique en  dépossédant les dits « malades » de leurs libre-arbitre et de leurs corps. Dans l’univers carcéral prison et psychiatrie se retrouvent d’ailleurs le plus souvent mêlés.

Tout cet arsenal qui s’étend au quotidien vise à nous faire peur, nous écraser, nous isoler et à éteindre ou plutôt garder sous contrôle toute velléité de révolte. Nous visons donc à opposer  au rôle de victimes isolées, impuissantes et résignées dans lequel cet arsenal cherche à nous maintenir, notre solidarité collective.  
Nous avons donc décidé de mettre en place une caisse et un espace pour organiser une solidarité permanente pour faire face à la répression.  Cet espace s’est donné pour objectifs principaux :

1) De collecter des fonds afin de soutenir celles et ceux qui sont touché-e-s par la répression policière et judiciaire du fait de leur participation à des luttes sociales ou à des activités subversives que ce soit en France ou ailleurs.  D’élargir ce soutien aux compagnons et compagnonnes confronté pour des activités plus quotidienne à la justice
ou  l’institution psychiatrique.
2) D’organiser un soutien moral et logistique autour de ces mêmes personnes et de leur entourage.
3) D’informer et d’agir contre la répression d’État, les lois sécuritaires et liberticides, les logiques de contrôle et d’enfermement.
4) D’étendre la solidarité hors les murs du prétoire, du commissariat, de la prison ou de l’hôpital psychiatrique.

Nous pensons que ces activités peuvent se mener à partir d’une position et à travers des perspectives révolutionnaires et anti-autoritaires. C’est pourquoi, contrairement à de nombreux collectifs anti-répression nous ne pensons pas que la solidarité suspende notre manière d’investir la lutte. Nous refusons de nous associer à des organisations ou des
individus qui soutiennent les politiques sécuritaires, condamnent l’action directe ou organisent eux même pacification et répression à travers des Service d’ordre ou d’autres types d’intervention.
Cette solidarité ne vise pas à s’exercer à nos seuls compagnons et compagnonnes de lutte, aux seuls anarchistes ou aux seuls militants et militantes, mais à se propager bien au-delà, notamment auprès des personnes d’autant plus frappées qu’elles sont isolées, et que la
répression contribuent en retour à encore davantage isoler. Pour autant, nous refusons d’apporter notre solidarité à ceux et celles, qui dans le souci légitime de sauver leur peau, se dissocient des actes dont la justice les accuse, ou plus grave encore des actes de co-prévenu—e-s.

Ce n’est pas par quelconque regard moral ou idéologique sur le façon de se défendre face à la justice et la police, mais bel et bien parce que cette façon de se défendre légitime l’appareil et l’idéologie sécuritaire d’une part, et enfonce les autres inculpé-e-s d’autre part.
Bref, va à l’encontre de ce contre quoi nous nous bâtons.

Nous fonctionnons sur la base d’assemblées souveraines, autofinançons nos activités. Nous sommes indépendant de tout parti/organisation/syndicat. La destination des fonds collectés est décidée de manière collective. Les assemblées ont lieu dans le cadre des
réunions d’une mutuelle d’entraide que nous avons mis en place en parallèle, la Mutuelle autonome caennaise (MAC : mac.caen[at]riseup.net).

Les dons éventuels peuvent être envoyés par chèques à l’ordre de l’association Apache, gestion mutuelle entraide scolaire, avec mention « antirépression » au dos ou dans un mot d’accompagnement à Association Apache, 35 Boulevard Poincaré, 14000 Caen.

Permanences  Apache
1er samedi du mois,  
de 16 h30 à  17h30 ;
3ème  mercredi du mois,
de 17h30 à 18h30

PS : Des versions papiers de présentation de Casse-Murailles sont disponibles au local Apache – 35, boulevard Poincaré – et à La Pétroleuse – 163 cours Caffarelli – ainsi que das pas mal d’autres endroits (bars, etc.)…

Télécharger le dépliant au format PDF

[Reçu par mail]

TF1 balance une fois de plus : sus aux images

Publié le 2019-04-20 13:19:54

sans attendredemain

Le 16 mars dernier, lors de l’acte XVIII des gilets jaunes, à Paris, le Fouquet’s était en effet vandalisé et pillé et sa devanture partait en fumée. Le soir même, au journal télévisé de TF1, un homme apparaissait, tenant dans ses bras une table de mixage dérobée dans le restaurant huppé.
L’homme expliquait calmement : « Au moins, je serais venu à Paris et reparti avec quelque chose ». Le visage de ce gilet jaune n’était pas filmé. Mais apparaissait distinctement à l’écran sa chaude parka aux couleurs d’une équipe de rallye…
Et c’est ainsi que “Bouboule” a été interpellé mardi 16 avril, en Isère. Transféré à Paris, il a été entendu sous le régime de la garde à vue par les policiers du premier district de police judiciaire en charge de l’enquête sur les dégradations et vols commis au préjudice du Fouquet’s le 16 mars dernier. Selon nos informations, au cours d’une perquisition menée au domicile de l’Isérois, la platine dérobée dans le restaurant des Champs-Élysées aurait été découverte.
Mercredi, à l’issue de sa garde à vue, il a été déféré au parquet de Paris avant d’être présenté au tribunal correctionnel de Paris dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate pour y répondre de “recel de vol”. [Source: Le Dauphiné, 18.04.2019]

Bruay-sur-l’Escaut (Nord), France : Leur sécurité, ce sont des noms et des adresses – 4 avril 2019

Publié le 2019-04-20 15:25:07

« Dans la rue, seule sa maison a fait l’objet de dégradations, tant et si bien qu’il y voit un acte ciblé. L’adjoint [à la sécurité du maire] de Bruay-sur-l’Escaut a déposé plainte contre X après avoir découvert, jeudi [4 avril] au petit matin, que toute sa façade avait été taguée. »

Dans un article en accès payant de la Voix du Nord publié le 4 avril dernier, on apprend que l’adjoint à la sécurité du maire a reçu de la visite dans la nuit du 3 au 4 avril 2019. La petite particularité, c’est que, conscient de la sale besogne (de flicage de la population et de harcèlement des pauvres et autres indésirables) qu’il accomplit chaque jour, il connaît d’avance les motivations du ou des vandales. Il y a beau ne pas avoir de slogans explicites, ce politique au service de l’ordre existant est la seule personne à même de savoir les raisons de cet habitant de la rue à avoir été ciblé par ses gribouillis multicolores à la bombe de peinture.

« Francis Legrand, l’adjoint à la sécurité de Bruay-sur-l’Escaut [depuis 2014], ne voit rien d’autre derrière les gribouillis rouges, gris, noirs, recouvrant la totalité de sa façade en briques – la seule maison de la rue Louise-Michel à avoir été ainsi peinturlurée. «  C’est complètement en lien avec mon mandat d’adjoint  », assène-t-il. [Il y a également eu] des dégradations perpétrées précédemment sur sa voiture personnelle, et sur celles, personnelles aussi, de policiers municipaux […] »

Italie : Dernières nouvelles des prisons et tribunaux

Publié le 2019-04-20 15:25:08

Depuis plus d’une semaine, Silvia, Agnese et Anna ont été transférées de la section AS2 (de haute sécurité) de la prison de Rebibbia à la section de L’Aquila. Une prison, celle du chef-lieu des Abruzzes, où la quasi-totalité de la population carcérale est soumise au 41 bis. Un régime d’isolement carcéral qui prévoit l’isolement 23 heures par jour, la réduction des heures de promenade, l’impossibilité de cuisiner dans la cellule, où l’entrée de la lumière est limitée par la présence de panneaux opaques de plexiglas, où il n’y a qu’une heure de parloir avec la famille, qui plus est se fait à travers des cloisons vitrées sans aucune possibilité de contact. Il n’est en outre pas possible de conserver plus de quatre livres dans la cellule, la correspondance est toujours soumise à la censure, il est impossible de participer aux procès sauf par vidéoconférence. Dans les prisons où le 41 bis est présent, l’ombre de ce régime s’étend bien au-delà de ces sections, ce qui va changer les conditions de détention des autres détenus.

Silvia, Agnese et Anna sont donc dans des cellules individuelles, dans une section fermé [blindi chiusi: avec les portes fermés en permanence, ndt], dans l’espace qui était l’ancienne section féminine 41bis. Leur journée est ponctuée par un réveil à 7h avec l’ouverture du judas, à 8h les gardes passent pour battre les barreaux des fenêtres pour tester leur résistance, elles ont deux heures de promenade le matin et deux l’après-midi. Tout déplacement de l’extérieur vers l’intérieur de la cellule est rythmé par une contrôle avec le détecteur de métaux, elles sont scannées en moyenne 12 fois par jour,  elles subissent aussi chaque jour une fouille personnelle générale. Elles n’ont qu’une heure de sociabilité dans une pièce étroite. Leurs cellules sont équipées d’une télévision et d’une salle de bain, mais elles ne disposent pas de placard pour ranger vêtements, nourriture, livres et objets. Elles ont un casier à l’extérieur de la cellule dans lequel elles peuvent stocker jusqu’à 7 articles de chaque type de vêtements, quand elles enlèvent ou posent quelque chose c’est vérifié et ce qui reste est recompté. Elles ne peuvent garder que trois livres dans leur cellule. Leurs radios ont été soudées, sur les télévisions le moniteur avec l’heure a été obscurci de l’écran de télévision. Il est pratiquement impossible de savoir quelle heure il est. Les matonnes qui les surveillent proviennent du corps du Gom*, femmes abruties de la section spéciale des gros bras de la pénitencière. En un peu plus d’une semaine, les compagnonnes ont reçu neuf avertissements disciplinaires. L’une d’elle pour avoir posé un pied sur le mur de la salle de sociabilité, une autre est sorti en promenade avec un stylo.

La prison a immédiatement bloqué le courrier pour toutes les trois, qu’ils soient entrants ou sortants. À ce jour, cela reste en vigueur que pour Silvia, depuis le jour de leur transfert, le samedi 6 avril, elle s’est vu couper ce lien – déjà faible à cause de la censure – de communications composées de lettres, télégrammes et livres envoyés par l’extérieur. Un lien fondamental pour rompre l’isolement auquel contraint la prison, à plus forte raison dans une section de l’AS2 où il y a quatre détenus.

Il y a quelques jours, Agnese, par vidéoconférence depuis la prison de L’Aquila lors d’une audience du procès pour la manifestation au Brennero, a décrit les conditions auxquelles elles sont soumises, définissant la section As2 comme une tombe.

L’usage de la vidéoconférence également s’étend de plus en plus à différents types de détenus. Initialement réservé aux seuls prisonniers en 41 bis, donc automatique, il a ensuite été appliqué aux personnes accusées de terrorisme et ensuite à tous ceux considérés comme dangereux, quels que soient les crimes reprochés lors des procès. Un instrument particulièrement lourd, celui de la vidéoconférence, qui, en plus de rendre la défense juridique plus difficile et de limiter la possibilité de faire des déclarations dans la salle d’audience, supprime la possibilité pour ceux qui sont détenus de rencontrer, même dans une salle d’audience, un visage ami et de rompre la routine carcérale.

Pour en venir à des questions plus strictement judiciaires, il semble important de souligner les raisons pour lesquelles les compagnons arrêtés dans le cadre de l’opération Scintilla restent toujours en prison. Après que l’accusation d’association subversive soit tombée, Beppe et Antonio restent en prison pour la publication de la brochure « I cieli bruciano ». Puisqu’il s’agit d’une liste de sujets, responsables à divers titres de l’existence des Centres de Rétention à l’époque C.i.e, adressée à un domaine tel que l’anarchiste dont on peut s’attendre à un mauvais usage, le simple fait de la publier justifie cette charge pour le juge du Réexamen. À cela s’ajoute le refus d’assignation à résidence parce que le curriculum des deux compagnons rend très probable le risque de récidive. Silvia reste en prison parce que son profil anthropométrique, vis à vis de sa démarche, sa stature et sa carrure, est compatible avec celui de la personne filmée par les caméras tout en déposant un bidon de liquide inflammable devant un bureau de poste italien. Une discipline, l’anthropométrie, destinée à devenir une béquille toujours plus importante dans un avenir proche pour le travail d’enquête et ce sera certainement le cas d’y revenir, avec des réflexions et des perspectives plus précises. Nous concluons cette mise à jour des nouvelles des tribunaux en rappelant qu’aux trois compagnons a été confirmé censure du courrier, les raisons pour le juge sont attribuables à la solidarité large et durable développée à partir de leurs arrestations et l’expulsion de l’Asilo.

En attendant, il est urgent de trouver un moyen de briser l’isolement, auquel Silvia en particulier est soumise, un moyen de saper la brutalité de la prison.

Pour écrire aux compagnonnes détenues à la prison de L’Aquila :

Silvia Ruggeri
Anna Beniamino
Agnese Trentin

Via Amiternina 3
Località Costarelle di Preturo
67100
L’Aquila

depuis www.autistici.org/macerie

 

* Le Groupe Opérationnel Mobile (GOM) est un service mobile de la police pénitentiaire. Il relève directement du chef du Département de l’administration pénitentiaire.

 


Aussi :

Pour un mai 2019 subversif, en solidarité avec les compas emprisonné.e.s e Italie

Pour un mai 2019 subversif, en solidarité avec les compas emprisonné.e.s e Italie

Publié le 2019-04-21 08:41:28

325 (et No Prison Society) / mercredi 17 avril 2019

Contre toute autorité et toute répression !

A Turin et Trente, 14 personnes sont accusées d’association subversive, de provocation aux crimes et délits, ainsi que de fabrication, possession et transport en lieu public d’explosifs. Par ailleurs, le procès « Scripta Manent », dans lequel le Proc’ exige un total de 204 ans de prisons pour les attaques de la Fédération Anarchiste Informelle, et le procès « Panico », dans lequel trois compagnons sont accusés d’une attaque visant une librairie fasciste avec un engin explosif, se poursuivent.

Celles/ceux qui, dans le conflit social, ont décidé de s’opposer à toute domination, doivent vivre dans l’incertitude constante d’avoir à répondre de leurs actions, tôt ou tard, aux ennemis de la liberté et de l’auto-détermination. L’idée et le désir d’une société libéré de l’exploitation et de l’oppression sont alors étouffés dans l’œuf.

C’est particulièrement le cas du mouvement anarchiste en Italie. Il est pris pour cible par l’État. Les prisonnier.e.s concerné.e.s doivent être enterré.e.s vivant.e.s dans leurs cellules, avec des sentences draconiennes. En ce qui concerne leur captivité, leurs complices et solidaires déclarent clairement leur hostilité permanente au régime.

Une vision de l’anarchisme qui s’est donné comme objectif celui de critiquer radicalement, de dénoncer et d’attaquer la société et sa morale qui nous aliène et nous rend incapables a aussi une composante internationale. C’est pourquoi la prise en charge et la solidarité envers les compas qui ont été.e.s enfermé.e.s incombe à tou.te.s celles et ceux qui se reconnaissent dans la volonté de subversion et dans des idées de liberté. Oui, la subversion, quand on la vit, nous met en danger, mais d’autre part elle nous donne la possibilité de la liberté et des moments de self-empowerment et d’autodétermination.

« Je revendique d’être anti-autoritaire, individualiste, pour l’insurrection, pour la destruction de ce monde sale et fétide et pour la destruction de l’État-Capital ! Toujours votre ennemi ! Pour l’Anarchie ! »

Gioacchino Somma – inculpé dans le procès Scripta Manent

Solidarité agressive, pour la révolte !
Pour un moi de mai hostile et une vie entière de subversion !

Quiévrechain (Nord) : Contre la paix sociale, en effet…

Publié le 2019-04-21 08:41:34

Incendie à la piscine

extrait de la VDN / dimanche 14 avril 2019

Vers 2 h 30, dans la nuit de samedi à dimanche, un incendie s’est déclaré à la piscine Ombelia, située rue Jean-Mermoz à Quiévrechain. Le feu a concerné la partie administrative de cet équipement géré par un syndicat (SIVOM) regroupant quatre communes (Quiévrechain, Crespin, Saint-Aybert et Thivencelle). De gros moyens ont été déployés par les secours puisqu’au plus fort de l’intervention, qui se poursuivait encore vers 5 h 30, on recensait quatorze véhicules et quarante sapeurs-pompiers présents sur place. […]

Ces dernières années, des feux d’origine suspecte se sont multipliés dans la ville. En décembre 2015, les ateliers municipaux sont partis en fumée. Avant ça, en août 2015, un cocktail Molotov avait été déposé sur l’appui de fenêtre d’un adjoint au maire. Le premier magistrat de la commune lui-même avait vu son véhicule brûler la nuit de Noël 2017. À l’époque, interrogé sur le sujet, Pierre Griner réagissait : « On a des orientations très claires, de ne pas faire dans la paix sociale. Quand il y a un problème, on prend les sujets à bras-le-corps pour les régler. On est réputé pour ça. » Cette nuit, sur les lieux de l’incendie, Pierre Griner ne cachait pas son agacement : « Il ne faut pas faire rentrer les gens dans une psychose ».

*****

Deux personnes interpellées

France3 / jeudi 18 avril 2019

Deux suspects, âgés de 18 et 24 ans, ont été déferrés devant le parquet de Valenciennes mercredi soir, après l’incendie survenu à la piscine de Quiévrechain dans la nuit de samedi à dimanche.
Selon une source policière, l’un des deux suspects, âgé de 18 ans, s’est présenté de lui-même, lundi soir, au commissariat de Valenciennes, affirmant être l’auteur de l’incendie qui a endommagé la piscine Ombelia, à Quiévrechain (Nord), dans la nuit de samedi à dimanche.
Placé en garde à vue, il a raconté aux policiers être entré dans la piscine par une issue de secours restée ouverte, alors qu’il cherchait un endroit pour dormir. Il a assuré qu’à son arrivée, les locaux avaient déjà été entièrement fouillés et que du liquide était répandu sur le sol. Il aurait accidentellement déclenché le sinistre en jetant un mégot de cigarette. Une version qui ne semble pas avoir convaincu les enquêteurs.
L’origine criminelle du sinistre faisait peu de doutes, des bouteilles de solvant (White Spirit) ayant été retrouvées et les caisses de la piscine ayant été dérobées. Le feu s’est d’ailleurs déclenché au niveau du guichet d’accueil.
« La piscine est fermée pour une durée indéterminée« , a dû annoncer dimanche Pierre Griner, le maire (DVD) de Quiévrechain.
Le lendemain, la police a retrouvé, dans un champ, des vêtements de sport et un ordinateur dérobés dans la piscine, la nuit de l’incendie. Elle a aussi interpellé un second individu, âgé de 24 ans. Les deux suspects ont été deferrés vendredi soir devant le parquet de Valenciennes.

*****

Et apparemment ça continue

La Voix du Nord / jeudi 8 avril 2019

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des fumées se dégageaient du centre social Baby-Moz, à Quiévrechain. Un incendie à l’origine suspecte, qui intervient quelques jours seulement après celui qui a dévasté la piscine. [article payant; NdAtt.]

 

 

Rassemblement devant le CRA de St Exupéry en soutien à tous.tes les prisonnier.es le mardi 23 avril

Publié le 2019-04-21 13:08:12

En réponse à l’appel au secours d’une personne détenue et en soutien à tous.tes les prisonnier.es, rassemblement spontané devant le CRA de Saint Exupéry ce mardi 23 avril à 18h30.



Ham-sous-Varsberg (Moselle) : Anticapitaliste !

Publié le 2019-04-21 13:08:12

Le Républicain Lorrain / mercredi 17 avril 2017

Dans la nuit de mardi à mercredi, un ou plusieurs individus ont commis toute une série de dégradations à Ham-sous-Varsberg et plus particulièrement au complexe sportif. Coffret électrique forcé et courant coupé, vitres cassés, portes forcées, coffret à gaz arraché, sans oublié les tags sur les portes du club house du club de football et dans els tribunes du stade. Des plaintes ont été déposées auprès de la gendarmerie de Creutzwald qui a ouvert une enquête.

Manifestation de deuil et de rage - une femme est morte de rue

Publié le 2019-04-21 13:08:12

Dimanche 21 avril, 14h, manifestation à la porte de la Chapelle en hommage à la femme somalienne morte de rue.



À Porte de la Chapelle le 2 avril 2019, une femme est morte de rue.

Elle a été retrouvée sous le pont de l’échangeur, près d’un matelas et d’une tente, sous une couverture.
Certain.es veulent nous faire croire que c’est le crack qui l’a tuée !

Elle était Somalienne, c’était une femme âgée. Elle était enfermée dehors, assignée à résidence dans la rue. Elle était gazée chaque matin par les flics, réveillée à coups de pied, usée par la file d’attente de Cergy, de Clignancourt, jouant à la loterie du logement à coups de jetons chez France Horizons tous les matins à 8h au métro Cité à 100 m de la préfecture, ou au « squat officiel » des Grands Voisins à Denfert Rochereau.

Elle était de la rue et dans la rue, là où par le froid, la faim et les talons qui claquent, l’État mène la chasse aux Noirs, aux Arabes, aux Rroms, à tout··es celles et ceux à la mélanine suspecte.

De la rue, on meurt à toutes les saisons.
Quand au printemps, saison de l’expulsion, on ferme des CHU comme celui de Jean Quarré, quand on arrache les portes des chambres d’hôtel comme de la mauvaise herbe.
En été, quand la préfecture lance la saison des rafles, que Mme Hidalgo coupe l’eau et l’accès aux bains publics et met en place un arrosage automatique dans les jardins de Villemin et d’Eole pour en chasser les migrant·e·s qui y dorment. À l’automne et en hiver, quand on trie les exilé·e·s, dans des gymnases ou des patinoires qui deviennent des dortoirs, pendant que les porcs déchirent les tentes au cutter et gardent les bouches d’aération.
Elle est morte de la main de cet État sexiste qui se dit « protecteur des femmes vulnérables », au nom d’un féminisme bourgeois et blanc face auquel l’exilée est mineure et muette.

Elle est morte des coups de cet État raciste qui se fait le chasseur des hommes agresseurs, en militarisant les quartiers de Barbès, la Chapelle ou Jaurès.

Cette femme a été assassinée par l’État français, et ses meurtriers sont organisés. Aujourd’hui sont coupables de son assassinat, comme l’année dernière de celui de Karim, Soudanais, et de tous les autres mort.es de rue :

Les juges de la rétention tels M. Papin ou Skurtis officiant dans la prison du Mesnil-Amelot, au-dessous des ballets d’avions qui déportent,
les avocat.es complices à 3 000 euros tels Mme Banoukepa et Mikano, tel M. Philippe Savoldi avocat de permanence au Mesnil-Amelot qui plaide toujours ivre.
Tous les flics et gardien·ne·s de prison, leurs coups et leurs humiliations,
la bouffe périmée, les cafards dans les éviers, les chambres surpeuplées dans des hôtels miteux gérés par ADOMA, EMMAÜS ou La Croix-Rouge,
Aurore ou FTDA dont les centres d’hébergement sont gardés par des chiens,
COALLIA qui ferme les salles de prière et de réunion et les cuisines collectives,
les files d’attente, et les coups de fil au 115,
les camions de la BAPSA jamais arrivés au milieu d’un désert urbain,
combien d’agents de la préfecture, de la RATP ou de l’OFPRA, leurs guichets leurs bureaux et leurs courriers
Les patrons négriers des boites d’intérim : ONET, Sodexo, GEPSA.
ISM Interprétariat qui ne traduit pas, mais ment pour tous ces bureaux.
Et tous les autres complices.

Tous sont armés du droit et c’est pourquoi aucun recours juridique ne la ressuscitera, puisqu’elle est morte de plein droit, tellement saturée de droit sous les coups d’arrêtés administratifs qui l’assignaient à l’illégalité, qu’elle en a étouffé sous une couverture imbibée de pisse et de pluie.

La justice dont ils parlent est un stigmate, ils l’écrivent dans la chair de toutes celles et tous ceux qui ne sont pas assez blanc·he·s pour avoir droit de cité. Leur justice tue comme leurs matraques, mais en silence, à la chaîne, sans spectacle, en taisant et en étouffant le nom de ses victimes.

Nous refusons de réclamer au droit quoi que ce soit, car c’est lui qui organise la mort des sans-papiers.

Nous ne voulons pas de « mise à l’abri », mais chasser la police de nos rues et que les maraudes deviennent toutes des brigades anti-rafles.. Nous voulons saboter les préfectures qui torturent, les CRA qui enferment, les aéroports qui déportent.
Cette femme était peut-être une sœur, une mère, une amie, et peut-être même aurait-elle pu être la nôtre. Cette femme aurait pu être notre camarade. Avec ou sans nom, elle ne restera pas anonyme. Car nous lui organisons une cérémonie pour que sa famille et ses ami·e·s puissent la pleurer dignement. Car nous lui montons une sépulture pour que personne ne puisse oublier le lieu du crime, en allant y monter sa tente comme on irait s’y recueillir.

Notre deuil est une lutte pour sa dignité, à elle et tous les autres anonymes assassiné·e·s en prison, dans les montagnes, aux frontières, dans les avions, dans les tribunaux, en Méditerranée.
Mais nous sommes aussi enragé·e·s.

Et par cette cérémonie funèbre, nous rendrons un coup. Pour comploter et nous organiser avec celles et ceux qui sont là, et avec l’armée de ces fantômes avec qui nous nous conjurerons dans nos luttes.

Rassemblons-nous pour une manifestation-enterrement, de deuil et de rage. Pour la liberté de circulation et d’installation. Prenons la rue pour qu’elle ne tue plus et pour dénoncer les assassins.


RENDEZ-VOUS DIMANCHE 21 AVRIL
14H00
À PORTE DE LA CHAPELLE

Normandie : Contre la normalisation par la mise au travail (MAJ du 30/04)

Publié le 2019-04-21 13:08:12

Cherbourg-en-Cotentin (Manche) : L’ESAT brûle encore

La Presse de la Manche /  samedi 13 avril 2019

Les pompiers sont intervenus depuis environ 10 heures ce samedi matin 13 avril à l’Esat Acais La Glacerie, pour éteindre un incendie, dont l’origine serait très probablement d’origine criminelle, selon les autorités présentes sur place. […] La police était sur place également, pour faire les mêmes constatations que les deux incendies précédents : une vitre cassée à l’arrière du bâtiment pour pouvoir pénétrer, et toujours à un moment où il n’y a personne, jour férié ou vacances.

À l’heure actuelle, il est impossible d’évaluer les dégâts : mais il s’agit de l’atelier de conditionnement de fournitures scolaires avec les machines, le tout pour le même client, la société Hamelin.
C’est la stupeur, une fois de plus, de tous les responsables arrivés sur place : la directrice de l’Esat Nathalie Sarge, le président du Conseil d’administration Alain Cartel, et le maire-délégué, Jean-Marie Lincheneau.
 » C’est une catastrophe ! Troisième incendie concernant l’ESAT et qui touche des personnes vulnérables. Dans cet atelier, ce sont 40 salariés qui vont se trouver au chômage lundi matin. Nous sommes durement touchés : le secteur B déjà touché dans un autre bâtiment en avril 2017, le secteur A en novembre 2018, et aujourd’hui à nouveau le secteur B. Ça fait trop ! On nous en veut ! « , s’insurge Nathalie Sarge.
Même constat de la part d’Alain Cartel :
 » Je redoutais cela depuis l’incendie de novembre. Pas de doute, c’est l’acte d’un connaisseur des lieux qui sait qu’il n’y a personne à ce moment-là ! Il s’attaque aux lieux, mais aussi aux salariés et c’est grave ! Voilà encore des personnes fragiles qui vont s’inquiéter. Les fois précédentes, j’en ai vu pleurer, ce sont des personnes fragiles.  » […]

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Mise à jour du 30 avril : Une personne interpellée déconnait les faits

France Bleu / samedi 27 avril 2019

Le suspect interpellé a reconnu les faits et a été placé sous contrôle judiciaire après l’incendie de l’ESAT à La Glacerie il y a 15 jours, le 13 avril 2019. L’homme a reconnu avoir mis le feu au bâtiment du centre d’aide par le travail.
En l’espace de deux ans, c’est la troisième fois que l’ESAT est touché par un incendie, après avril 2017 et novembre 2018. Pour l’instant rien ne permet de faire un lien entre les trois incendies
Le 13 avril un bâtiment de 800 mètres carrés a été détruit par les flammes. Il était inoccupé, il n’y a pas eut de victime, en revanche des machines et du matériel sont partis en fumée. D’après le maire délégué de la Glacerie Jean Marie Lincheneau, les dégâts s’élèvent à 500 000 euros. Un montant qui vient s’ajouter aux dommages déjà subis par l’ESAT, sans compter les 40 travailleurs de l’atelier qui se retrouvent au chômage technique.

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Lisieux (Calvados) : Le jardin d’insertion n’insérera plus dans le monde du travail…

Tendence Ouest / lundi 15 avril 2019

Constat amer, pour Jean-François Marin, encadrant technique d’insertion au sein du jardin Vit’actif de Lisieux (Calvados). Dimanche 14 avril 2019, alors qu’il venait arroser les cultures de l’association, il a découvert qu’une partie des installations avait été incendiée. Les faits se sont produits dans la nuit de samedi 13 à dimanche 14 avril.
« Tout le magasin où les clients viennent chercher leurs produits est détruit ainsi qu’un tiers de l’une des serres« , constate Jean-François Marin. Les dégâts sont importants et une grande partie du matériel brûlée : un stock de légumes, un motoculteur neuf, des sacs de terreau, des godets, une balance électrique, etc.
Ce sinistre intervient au plus mauvais moment. « Nous étions en pleine production, avec mille pieds de tomates à repiquer, ainsi que des pommes de terre dont la moitié est partie en fumée« , poursuit l’encadrant. « Tout est à reconstruire ».
Piste criminelle ou incendie accidentel ? Jean-François Marin évoque un acte volontaire. « Des investigations sont en cours » indique simplement le parquet de Lisieux ce lundi, se refusant à davantage de commentaires. Le jardin Vit’actif emploie quinze personnes éloignées de l’emploi. Des contrats de 20 à 28 heures, pour les réinsérer dans le monde du travail. Pour tenter de faire face, Vit’Actif pourrait lancer une cagnotte. Les jardins d’Orbec, Isigny et Potigny devraient jouer la solidarité et partager des sacs de terreau avec le jardin lexovien.

Italie : Rassemblements solidaires

Publié le 2019-04-21 17:07:09

Dimanche 28 avril : rassemblements devant les prisons de Ferrara, Tolmezzo et L’Aquila

Dimanche 28 avril : rassemblements devant les prisons de Ferrara, Tolmezzo et L’Aquila, en solidarité avec les anarchistes emprisonné.e.s.

Prison de Tolmezzo (via Paluzza 77): 14h.
Prison de Ferrara (via Arginone 327): 13h.
Prison deL’Aquila (via Amiternina 3, località Costarelle di Preturo): 13h.

Brisons ce silence de tombe !

La guerre intérieure contre toute forme concrète de dissidence avance vite. Son expression la plus visible est dans la pointe de l’iceberg de la répression : la gestion des prisons.
Les compagnonnes et les compagnons arrêté.e.s lors des dernières opérations répressives ne sont pas seulement enfermé.e.s, comme c’est le cas depuis des années, dans des sections de Haute Sécurité, mais certain.e.s d’entre elles et eux ont été envoyé.e.s, sur décision de administration pénitentiaire, dans des prisons où est présent le circuit du 41bis* – un régime d’isolement total, le top du système pénitentiaire italien pour ce qui est de la torture – qui fat planer son ombre aussi sur les autres sections, créant une atmosphère étouffante. Une chape d’oppression et une situation de menace et de privation constantes. Isolement, livres en nombre limité, papiers et écrits confisqués, parloirs niées, blocage complet de la poste et censure des communications, proposition d’imposer l’interdiction de l’achat des journaux locaux, négation de la possibilité d’être présent.e.s à son procès : des corps et des mots rebelles remplacés par la vidéoconférence… Les condition de chaque compagnon  et de chaque compagnonne sont différentes, mais ce qui est égal pour tout le monde est la tentative de faire passer comme normales des dispositions vexatoires et d’urgence, pour qu’on entende plus une mouche voler.

Allons briser le silence et réfléchissons rapidement à la façon de contrer ces attaques à la solidarité et pas que. Toujours aux côtés de nos compagnonnes et de nos compagnons !

* Note d’Attaque : l’article 41bis de la normative pénitentiaire italienne, appelé aussi « carcere duro » prévoit une condition de détention qui isole les détenu.e.s de l’extérieur et entre eux et vise à les briser psychologiquement, en digne héritier du « circuito dei camosci » conçu  entre fin des années 70 et début des années 80 pour briser les révolutionnaires prisonnier.e.s. Crée à la moitié des années 80 pour contrer les révoltes dans les prisons, l’article 41bis est appliqué aux détenus supposés liés aux organisations mafieuses à partir du début des années 90. Dix ans après, son application est élargie aux prisonnier.e.s accusé.e.s de terrorisme, puis à ceux accusés de pédopornographie, de traite d’êtres humains, etc. 

Traduit par attaque.noblogs.org depuis insuscettibilediravvedimento.noblogs.org

Limoges : Libération de l’inculpé dans l’affaire de la caserne Jourdan

Publié le 2019-04-21 20:06:09

Indymedia Nantes / samedi 20 avril 2019

S. inculpé dans l’affaire de l’incendie des véhicules de gendarmerie de la Caserne Jourdan à Limoges est sorti le 8 avril 2019 sous Assignation à Résidence en Surveillance Electronique (ARSE).
L’enquête est toujours en cours. La fin des investigations est estimée à 6 mois.
Le 27 mars 2019, après un an de détention provisoire, a eu lieu l’audience de renouvellement du mandat de dépot criminel de S. devant la Juge des Libertés et de la Détention de Limoges.
Cette dernière a refusé de le remettre immédiatement en liberté sous contrôle judiciaire, jugeant la mesure pas assez contraignante et préférant attendre qu’un bracelet électronique puissent être posé, ce qui n’était possible techniquement que le 9 avril selon l’enquête de faisabilité du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation d’Amiens. Elle a donc renouvelé le mandat de dépot de 6 mois.
Ce n’est donc que quelques jours plus tard, le 8 avril 2019, suite à une demande de mise en liberté que S. a été libéré sous Bracelet électronique.

Il est assigné à résidence sous surveillance électronique à Amiens pour une durée de 6 mois renouvelable.
Le temps effectué sous bracelet électronique compte comme de la prison.
Il a le droit de sortir de son domicile uniquement le matin de 8h45 à 13h et doit signer deux fois par semaine au Commissariat.
Il a interdiction de sortir du département de la Somme.
Il a interdiction d’entrer en relation avec trois personnes dont les deux de Toulouse qui avaient été mis en garde à vue en même temps que lui le 27 mars 2018.
L’enquête est toujours en cours. La fin des investigations est estimée à 6 mois.
Une commission rogatoire de personnalité est notament en cours. Elle consiste à convoquer à la Gendarmerie des proche de S. pour leur poser des questions sur sa personalité.