Boire un coup en terrasse un 13 avril dans la capitale du zbeul.
Samedi 13 avril à Toulouse c’était samedi 13 avril, d’autres l’ont décrit ou le décriront et on n’y reviendra pas.
Mais quid de l’après-manif ? Que faire après des heures de jeu du chat et la souris avec une équipe bleue un peu trop efficace ?
Nous, on est de l’équipe jaune et on a opté pour la stratégie "petit remontant". Ca consiste à se poser à une terrasse de bar en refaisant le match de l’après-midi et à y boire des boissons genre jus de tomate en mangeant un falafel (pour les denrées le texte est non contractuel, il y a peut-être eu quelques écarts). Le bar c’était l’Autan, grand classique toulousain, même si on sait pas exactement pourquoi : c’est pas vraiment donné, le patron est pas vraiment un camarade, l’emplacement associe habilement la proximité de la route à un balayage de caméra aux petits oignons.
Mais bref, on y va, en terrasse c’est bon enfant et très vite une cohésion va se créer entre les amateur-rices de jus de tomate en présence : l’idée c’est qu’à chaque fois qu’un camion de police nationale passe, on crie "BOUHOUH". Ca marche aussi pour les motos de voltigeurs, les cars de CRS et le canon à eau. C’est hyper subversif, et il faut reconnaître que c’est pas très sympa pour la police parce que clairement on avait commencé à tisser des liens assez solides durant l’après-midi, genre prêt de banderoles, rencontre matraque/tête, corps à corps chaleureux... Mais ça doit être le jus de tomate, ça échauffe les esprits. Pendant un moment c’est une activité qui rythme les conversations, et nous recevons divers retours policiers, du salut de la main un peu "queen Elizabeth" aux doigts d’honneur, on est sur du classique.
A 22h30 cependant, l’équipe bleue passe à l’offensive : deux fourgons de la Nationale s’arrêtent, tentent d’attraper un premier mec. Une voiture de civils s’y ajoute peu de temps après. Un vent de panique souffle sur l’Autan, une brève tentative de défense côté jaune est repoussée à coups de matraque et de bombe au poivre (on en parle peu mais c’est vraiment très, très agressif ce truc non ? ça brûle encore 24 heures après si l’on a le malheur de toucher un tissu qui a été en contact avec le spray). Le patron du bar a beau gueuler que c’est bien fait pour nos gueules cette tentative de soutien à l’équipe bleue n’aura pas l’effet escompté : les flics rentrent dans son bar, re-gazent, défoncent un peu tout le monde sur leur passage pour finalement récupérer deux mecs, qui se font copieusement tabasser et arrêter. Les personnes qui tentent de s’opposer ou de récupérer leurs affaires en prennent aussi pour leur grade, ça matraque allègrement. Les passant-es hallucinent.
Par ce petit récit, il ne s’agit pas de hurler à la bavure, on sait que tout ça résulte d’un fonctionnement structurel qui touche bien plus souvent les quartiers populaires, les personnes non blanches ou les sans-papier-es que les terrasses de bar du centre, en toute impunité. L’action policière était du reste assez cohérente avec le reste des événements de la journée. On est plutôt sur un message à caractère informatif. Notons que ces émotions à peine terminées, sur les coups de 23h, un cortège de gilets jaunes a débarqué d’on ne sait où pour prendre le rond-point d’Arnaud Bernard, et ça, c’était assez magique.
Prenez soin de vous !
Samedi 13 avril
L’autan, 58 Boulevard d’Arcole, 31000 Toulouse,
Témoignage d’une attaque de policiers à l’Autan
Ce samedi, j’étais venu boire un verre, seul à l’Autan, comme il m’arrive souvent d’y passer, pour lire un journal, boire un café, une bière. La terrasse était pleine, avec en tout logique une bonne partie de manifestants. Les camions de policiers rentrant au bercail et passant obligatoirement devant le bar, les personnes assissent à la terrasse huèrent à leur encontre et les maudissaient. Ces derniers répondaient par des doits d’honneur collés à la fenêtre.
Mais la soirée prend un autre tournant lorsqu’à 22h22, plusieurs camions de police s’arrêtent au pied de la terrasse, puis une dizaine de policiers chargent, écrasant, bousculant, frappant dans la masse. Les chaises volent, les gens essayent de se défendre, s’enfuient, je me retrouve dans le bar, un jeune homme se fait tabasser par cinq policiers. Je ressors, je suis choqué, j’essaye de me remettre de mes émotions quand deux policiers me surprennent arrivés de derrière, me prennent les bras, me menotte, deux autres arrivent, me prenne les jambes et me lance comme un vulgaire sac dans le camion.
Une fois dans le camion, deux policiers me poussent avec leurs pieds m’insultant de « fils de pute », « enculé de gaucho de merde », « petite merde tu fais plus le malin », un d’eux me pousse me demandant de me mettre correctement, l’autre à son pied posé sur mon bassin comme si j’étais un gibier de chasse. Les policiers continuent les insultes, je ne réplique pas, ils continuent « putain d’artiste », « assis-toi enculé », pour m’asseoir l’un d’eux me tire en arrière en me criant dessus « assis toi connard, assis toi correctement enculé ». L’un des deux conducteurs parlent tout haut disant « on va le faire fermer ce sale bar de gauchos ».
Nous arrivons au commissariat central, on me fait sortir du fourgon, quand un des policiers m’attrape me plaque violemment contre le véhicule, me menaçant « continue a faire le malin petit enculé et je vais te baiser la gueule fils de pute ».
Une fois dans le bâtiment, on me pousse dans un coin, on me croit dessus me demandant de m’asseoir, puis quelqu’un me prend en photo avec son téléphone portable et les policiers se partagent la photo sur leurs téléphones personnels. On m’attache ensuite à un banc, tellement serré que je ne peux absolument pas bouger sous peine de me ‘abimer fortement les mains. Le même policier qui m’avait menacé repasse me réprimander car je suis mal assis selon lui (toujours devant ses collègues). EN face de moi arrive la personne qui s’est faite tabassé dans le bar, le visage en sang, le nez tordu, un oeil poché, je ne le connais pas j’essaye de lui demander si il va bien, alors un autre policier nous dit de fermer notre gueule, je continue de parler, une jeune policière s’en mêle nous disant de fermer notre « gueule ».
Le temps passe, vers minuit - une heure du matin on nous transfère dans des commissariats aux alentours de Toulouse pour la nuit.
Je suis libéré le lendemain, dimanche 14 avril vers 18h.
Panagiotis Argirou
En feuilletant les pages des amis de l’Andra de l’
Plutôt que de vaquer à des occupations mercantiles ou encore à rester les yeux rivés sur toutes sortes d’écrans, certains saisissent l’arrivée de la nuit tombée pour enflammer le quartier…
Certains pensent que le premier mai est une fête réformiste. En effet, cette date a été récupérée par la gauche et même par de nombreux États. Le 1er mai est officiellement aujourd’hui la fête du Travail, et à ce titre un jour férié dans de nombreux pays, durant lequel on célèbre le dur labeur, et les organisations syndicales (quelles soient anarchistes ou pas) en ont fait leur date principale de l’année, où chacun sort avec son drapeau et sa banderole pour parader dans les rues, en mode carnaval de la gauche.
Le monde est une église pestifère et bourbeuse où tous sont tenus d’adorer une idole à la façon d’un fétiche et où s’élève un autel sur lequel ils doivent se sacrifier. Même ceux qui allumèrent le bûcher iconoclaste destiné à incendier la croix sur laquelle pendait, cloué, l’homme-dieu, même ceux-là n’ont pas encore compris ni l’appel de la vie ni le hurlement de la liberté.



Un incendie vendredi dernier et la porte vitrée brisée le week-end dernier, les actes de vandalisme se multiplient à la Grande Garenne. Le centre social Mosaïque situé au centre d’un quartier difficile de la ville, a été inaugurée, il y a deux ans. Il fait aujourd’hui l’objet de dégradations successives. Après l’incendie et les détériorations sur la façade, une enquête de police est en cours pour déterminer l’origine de ces actes.
Des dizaines de milliers d’usagers sont privés de téléphone, de télévision et de radio publique à Angoulême et sa région depuis mercredi. L’antenne relais située à Saint-Saturnin, en Charente, a été incendiée la nuit dernière. Les équipes de TDF travaillent à la remise en service du pilône [sic ! NdAtt.]. Les pompiers sont intervenus aux alentours de 4h30 pour éteindre le sinistre. […]
pas pu émettre mercredi matin.



La mairie de Toulouse a chiffré le coût des dégâts commis par les casseurs, 




Les fascistes réunis au sein de l’association « Union des Patriotes Agathois » ont reçu de la visite. Située dans la rue Ernest-Renan, la permanence de l’Union des patriotes agathois a été taguée dernièrement. C’est ce que nous dit le 
Ci joint le texte de présentation de Casse-Murailles, l’espace de lutte contre l’enfermement et la répression que nous lançons dans le cadre des mutuelles. Dans une période de répression intense, notamment autour du mouvement des Gilets jaunes, il nous semble d’autant plus important de maintenir une solidarité face à la répression et l’enfermement sous toutes ses formes.
« Dans la rue, seule sa maison a fait l’objet de dégradations, tant et si bien qu’il y voit un acte ciblé. L’adjoint [à la sécurité du maire] de Bruay-sur-l’Escaut a déposé plainte contre X après avoir découvert, jeudi [4 avril] au petit matin, que toute sa façade avait été taguée. »
A Turin et Trente, 14 personnes sont accusées d’association subversive, de provocation aux crimes et délits, ainsi que de fabrication, possession et transport en lieu public d’explosifs. Par ailleurs, le procès « Scripta Manent », dans lequel le Proc’ exige un total de 204 ans de prisons pour les attaques de la Fédération Anarchiste Informelle, et le procès « Panico », dans lequel trois compagnons sont accusés d’une attaque visant une librairie fasciste avec un engin explosif, se poursuivent.
Vers 2 h 30, dans la nuit de samedi à dimanche, un incendie s’est déclaré à la piscine Ombelia, située rue Jean-Mermoz à Quiévrechain. Le feu a concerné la partie administrative de cet équipement géré par un syndicat (SIVOM) regroupant quatre communes (Quiévrechain, Crespin, Saint-Aybert et Thivencelle). De gros moyens ont été déployés par les secours puisqu’au plus fort de l’intervention, qui se poursuivait encore vers 5 h 30, on recensait quatorze véhicules et quarante sapeurs-pompiers présents sur place. […]
Dans la nuit de mardi à mercredi, un ou plusieurs individus ont commis toute une série de dégradations à Ham-sous-Varsberg et plus particulièrement au complexe sportif. Coffret électrique forcé et courant coupé, vitres cassés, portes forcées, coffret à gaz arraché, sans oublié les tags sur les portes du club house du club de football et dans els tribunes du stade. Des plaintes ont été déposées auprès de la gendarmerie de Creutzwald qui a ouvert une enquête.


Les pompiers sont intervenus depuis environ 10 heures ce samedi matin 13 avril à l’Esat Acais La Glacerie, pour éteindre un incendie, dont l’origine serait très probablement d’origine criminelle, selon les autorités présentes sur place. […] La police était sur place également, pour faire les mêmes constatations que les deux incendies précédents : une vitre cassée à l’arrière du bâtiment pour pouvoir pénétrer, et toujours à un moment où il n’y a personne, jour férié ou vacances.
Constat amer, pour Jean-François Marin, encadrant technique d’insertion au sein du jardin Vit’actif de Lisieux (Calvados). Dimanche 14 avril 2019, alors qu’il venait arroser les cultures de l’association, il a découvert qu’une partie des installations avait été incendiée. Les faits se sont produits dans la nuit de samedi 13 à dimanche 14 avril.
refusant à davantage de commentaires. Le jardin Vit’actif emploie quinze personnes éloignées de l’emploi. Des contrats de 20 à 28 heures, pour les réinsérer dans le monde du travail. Pour tenter de faire face, Vit’Actif pourrait lancer une cagnotte. Les jardins d’Orbec, Isigny et Potigny devraient jouer la solidarité et partager des sacs de terreau avec le jardin lexovien.
Brisons ce silence de tombe !