Vive l'Anarchie - Semaine 15, 2024

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[Brochure] Nolympic City : Contre la candidature d’Amsterdam aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 92

Publié le 2024-04-08 19:35:04
affiche d'époque AMSTERDAM NOLYMPIC CITY

mosaïque de photos N&B sur fond noir montrant une rue en feu, des flics anti-émeute, une banderole antiJO, un bateau de tourisme schlagé

À télécharger sur Indymedia Lille

Ce texte a été publié en 1991 dans le zine NN, soit Nomen Nescio (« nom inconnu ») la locution latine utilisée aux Pays-Bas par les flics pour désigner une personne sous X. Il fait le récit de luttes qui, entre 1984 et 1986 à Amsterdam, ont chahuté la ville dans sa candidature pour accueillir les JOP d’été 1992.
Le Comité International Olympique (CIO) désigne une ville hôte plusieurs années avant chaque édition. Les sélections pour 92 s’ouvrent donc au milieu de la décennie 1980, période riche en mouvements de contestation très affirmés en Hollande, notamment autour des squats, milieux autonomes et révolutionnaires, contre par exemple la gentrification, l’apartheid ou encore les politiques d’immigration.
La candidature finira par être rejetée, au bout de deux années d’agitations audacieuses.

« Nolympics » semble avoir été repris plusieurs fois depuis, pour désigner les antagonismes au CIO dans différentes régions du monde, lorsqu’il compte y mettre les pieds.


« Populaire ou pas, l’action directe permet de maintenir des questions importantes dans l’actualité et les conversations privées : saboter un barrage destructeur de l’environnement peut apporter ses effets écologiques, que les gens approuvent ou pas le sabotage lui-même. L’action directe peut donner à un groupe un poids politique et social : dans les années 1980, les squattereuses néerlandais⋅e⋅s faisant face à la menace d’expulsion ont démontré leur force avec une campagne ciblée de harcèlement et de vandalisme qui a fait perdre à Amsterdam sa candidature en tant que ville hôte pour les Jeux Olympiques, et ainsi gagné un avantage dans la négociation avec la ville pour leurs maisons. »

Recipes for Disaster : An Anarchist Cookbook (CrimethInc., 2004)

« Une des raisons pour lesquelles Amsterdam a perdu sa candidature pour les JO de 1992, ouvrant la voie a une gentrification agressive à Barcelone, est qu’un groupe déterminé d’autonomes, de squattteureuses, et d’anarchistes était stratégiquement attentif aux mouvements de leurs adversaires, a eu vent des projets, et lança une campagne créative, perturbatrice, tenace pour harceler le Comité Olympique et promettre un désastre si les Jeux venaient dans leur ville. »

Peter Gelderloos (ROAR Magazine, 2015)

« On ne sait pas pour le moment comment procéder. Il n’ya pas encore de projets concrets. On veut examiner comment s’est passée la campagne à Amsterdam et ce qu’on peut en apprendre. Ce qu’on a entendu jusqu’à présent nous semble très bien, en particulier le fait de rendre les choses publiques et de prendre en chasse le CIO pour ouvertement attirer l’attention. De plus on va probablement mener des actions sur les sites en construction et expliquer aux riverain·e·s les conséquences : ainsi on espère que l’opposition s’y développe également. »

Une personne de Nolympics Berlin (NN n°94, 3 octobre 1991)


NN n°96, 31 octobre 1991

La Grande Victoire des petits déchets

L’Autosatisfaction de Nolympics

Le succès de Nolympics, le nom rassembleur de toutes les initiatives anti-JO, résidait dans leur présence agaçante à chaque occasion où l’on soupçonnait un lien avec Amsterdam et les Jeux. Leur armure d’optimisme commercial a été lentement ternie par l’ambiance détériorée qui a entouré la candidature d’Amsterdam.

Durant l’année 1984, le conseil municipal d’Amsterdam s’est rendu compte que l’image de la ville avait été détruite à un point tel que les inconvénients économiques l’emportaient sur les avantages touristiques. Amsterdam, qui au début des années quatre-vingt se présentait comme un endroit où l’on pouvait voir les derniers contrastes sociaux de ses propres yeux dans les rues, s’est soudainement avérée inspirer un dégoût physique.

Les détritus le long des rues, les crottes de chien sur les trottoirs, les routes défoncées, le pillage des sacs à main et des autoradios, les dizaines de milliers de chômeureuses, les problèmes de stationnement, les seringues d’héroïne sous les porches, la lenteur de la fonction publique, la grogne des Amstellodamois·e·s, la vétusté du parc immobilier, l’épidémie de graffitis, la violence aveugle des émeutier·ères et autres “ombres persistantes” ont perdu leur caractère folkloriques et rendu le séjour dans la capitale “insupportable”. La “plus grande agence de publicité du monde” a été engagée pour concevoir une campagne promotionnelle censée redonner aux Amstellodamois·e·s leur estime de soi et donner au monde extérieur l’idée que cette ville dynamique avait tout à offrir. Le concept a été résumé dans le slogan : Amsterdam a ça, en prenant soin de ne pas mettre quelque chose de défini dans le ça même de manière approximative.

Sur les affiches des journaux, une section a été délibérément laissée en blanc « pour encourager les réactions citoyennes, taguer c’est bien ». Iels étaient à la recherche de contributions positives au Concept Amsterdam. Le responsable du service de ramassage des ordures résumait ainsi la situation : « Au moyen de slogans accrocheurs, nous essayons d’inciter les Amstellodamois à faire leur part pour le grand nettoyage de la ville. »

La mairie prévoyait qu’il faudrait une campagne de cinq ans avant que la population ne se confirme à nouveau aux “normes sociales” et les défende d’elle-même. Les autorités ont également tenté d’organiser des évènements spectaculaires aux proportions d’une grande émeute pour renforcer l’attrait (inter)national du lieu. Cela a commencé avec « Amsterdam ville de la mode » et la course de bateaux « Sail », mais les gens de la mairie ont rapidement eu de plus grandes ambitions. Iels ont posé leur candidature pour les Jeux Olympiques de 1992.

Bateau de tourisme en fumée

Les squatteureuses avaient déjà expérimenté des arguments contre ce que l’on appelle le “cityvorming”. C’est le nom de la stratégie d’une coalition mafieuse d’administrateurices munipau·ll·es et de grandes entreprises visant à transformer le centre-ville en une grande chaîne hôtelière et un centre d’attractions avec des casios, des industries du sexe, des boutiques touristiques et des pédalos.

Autour de la énième expulsion imminente au Singel 114, une « attaque à haute valeur sensationnelle » a été commise contre « le produit touristique d’Amsterdam » : « À 14h23, le bateau d’excursion serait à l’endroit où nous avons l’intention de nous en occuper. Peu de temps avant cette heure, tout le monde était prêt·e avec de la peinture, des fumigènes, des filets de camouflage et des pneus, en essayant de ne pas trop se faire remarquer, ce qui n’a pas vraiment réussi étant donné le caractère féroce de l’action. »

Un câble fixé à l’avance au-dessus du canal a été tendu, de sorte que le bateau ne pouvait pas faire marche arrière, et des tuyaux d’échafaudage ont été installés verticalement au pont, de sorte que la navigation vers l’avant était également impossible. Le moment où le bateau d’excursion s’est arrêté a été le signal de l’attaque : la peinture a éclaboussé tout autour et, plus rapidement que prévu, une grande panique s’est emparée du capitaine et des passager·ères. Quelques touristes se glissaient sous les bancs. Une Américaine a crié : « So this is nice Amsterdam. » La saison de la chasse aux touristes a démarré sur les chapeaux de roue.

L’effet de l’action du bateau sur le canal a été stupéfiant. La photo du bateau barbouillé dans les nuages de fumée a fait le tour de la presse mondiale. Jour après jour, les habitant·e·s de Singel 114 ont donné des « interviews internationales » sur le nouveau phénomène de l’anti-tourisme. Le « traitement de la peinture et de la fumée » de l’image de la ville s’est avéré infiniment plus efficace que de s’attaquer aux objets de la ville ou de la spéculation.

Quelques autres mesures ont été prises dans le même sens, mais malgré toute la surprise, les gens ont rechigné à poursuivre avec constance cette stratégie. D’une part parce qu’iels n’avaient rien contre les touristes en soi, iels étaient régulièrement elleux-mêmes « touristes dans leur propre ville » (et ailleurs), et les touristes et le tourisme étaient si difficiles à séparer. D’autre part, ces actions médiatiques se déroulaient à une telle distance de l’espace-temps local que la connexion directe avec son propre lieu et sa propre expérience devenait déjà trop ténue.

La Discipline du lancer artisanal

La bonne vieille méthode artisanale du lancer d’objets était extrêmement attrayante, mais difficile à argumenter par la suite. Aussi concrète soit-elle, l’action restait trop théorique pour intéresser les gens à l’intérieur et à l’extérieur des milieux. Il n’y avait à cette sorte d’actions aucune perspective d’un mouvement qui grandit en entraînant des personnes extérieures. Les actions touristiques visaient justement à les éloigner. Le paradoxe d’un mouvement qui grandit parce que les gens sont dissuadé·e·s est insoluble.

Il est donc réservé à un petit groupe extérieur à l’ancien “mouvement” de développer le concept d’actions visant à empêcher l’évènement de se produire. L’action négative est basée sur une grande appréciation de l’existant. Elle cherche son point de départ non pas dans la critique des structures défaillantes et des erreurs passées, mais dans le rejet d’un futur imposé. Dans l’action négative, la rencontre entre les participant·e·s n’a pas besoin d’être provoquée par la force. Il n’est pas nécessaire d’adhérer à un seul dénominateur politique, il suffit d’être contre. Il suffit d’apporter sa propre identité comme signe de ce que l’on défend.

Cela a permis au petit groupe d’outsiders de respecter les « vagues »1 innommables restant·e·s, qui formaient le mouvement à l’époque, pour leur attitude acquise à l’égard de la vie. Mais aussi d’apprécier les fabricant·e·s de bombes, qui rêvaient d’un grand coup, comme un enrichissement durable du paysage démocratique. Le fait même que le mouvement des squats se soit effondré vers 1985 a rendu l’aura d’échec autour des “squatteureuses” si forte qu’on pouvait avec elle parer à l’image du succès.

La meilleure arme contre le peptalk qui vous dit que vous vous débrouillez très bien est de vous livrer à l’exhibitionnisme éhonté de vos propres galères. C’est le concept de pollution de l’image. Autour de la candidature Olympiques, un groupe extérieur au mouvement a fait surface et a ouvert es yeux sur la force de l’échec. Il ne s’agissait pas de discréditer la culture managériale, mais de propager la beauté d’un art de vivre qui soit non-esthétique.

La Ville en campagne

Une fois la municipalité montée à bord du train Olympique, elle a immédiatement engagé des “spécialistes de la communication” pour travailler sur la population et les membres du Comité International Olympiques (CIO). Sous la devise « ensemble on peut y arriver » il fallait cultiver l’enthousiasme pour un mégaprojet sur lequel personne n’avait été consulté·e ou n’avait eu l’occasion de s’opposer.

Un mandat a été demandé afin de ne pas saboter le pot-de-vin des membres du CIO. À une époque où tous les budgets étaient réduits, la population devait être artificiellement préparée à ce gaspillage grandiose des fonds de la collectivité. La campagne de promotion devait être une version élargie de Amsterdam a ça, avec les mêmes objectifs sanitaires. Alors que sur les affiches néerlandophones, le slogan « Amsterdam a le feu olympique » polissait l’image de la capitale, les affiches étrangères mentionnaient la phrase : « Holland wants the world to win ».

Comme moyens d’action ont été utilisés : 3,5 millions d’enveloppes dans le courrier bancaire, 3 millions de tracts distribués porte-à-porte, 120 000 affiches et brochures de différents formats, 1 500 drapeaux portant le symbole de l’action, 120 000 sachets de réglisse olympiques d’une valeur de 510 000 florins. D’autres produits étaient également disponibles : des sacs de sport olympiques, des drapeaux de table, des sacs de course en papier en plastique, des bus jouets portant le logo des JO, 20 000 verres, boutons, allumettes, autocollants et épingles, ainsi que « 35 produits textiles différents avec une aura olympique ». Le single accompagné d’un clip-vidéo, Amsterdam Wants the World to Win, a été interprété par l’Académie de musique pédagogique Hilversum. Le coût total était estimé à 20 millions de florins.

Pendant ce temps, les 88 membres du CIO ont été gâté·e·s avec les moyens habituels dans ce genre de cercles, allant de voyages gratuits dans le pays hôte à une cassette vidéo accompagnée d’un magnétoscope, en passant par des dîners de gala, des buffets et d’autres voyages au “valhalla gastronomique”. Des rumeurs persistantes de dons de bijoux, incrustés avec des diamants sud-africains, ont également fait surface. Les nombreux tours préliminaires de la bataille de promotion entre les douze candidats pour 92 ont fourni de nombreuses opportunités non seulement de pot-de-vin mais aussi d’actions ciblées.

Un urbanisme dévastateur

Directement après la présentation de la candidature aux Jeux de Los Angeles en juillet 84, les responsables politiques d’Amsterdam semblaient déjà s’être lancé·e·s dans la planification urbaine dévastatrice qui devait accueillir les Jeux, les joueureuses et la presse. Immédiatement, le premier groupe anti-JO est apparu dans les quartiers qui allaient souffrir le plus des stades, des parkings, des autoroutes, des abris temporaires et des mesures de sécurité.

C’est ainsi qu’est né le Comité Non aux Jeux Olympiques, issu d’une communauté de quartier. Il a organisé une manifestation des habitant·e·s et rédigé une charte anti-olympique qui a été envoyée à tous les comités olympiques nationaux du monde. « Parallèlement, quelques personnes se sont engagées dans un groupe d’action plus radical, qui se présente sous le nom Pas de pain, pas de Jeux », peut-on lire ailleurs. Ce second groupe se chargerait du travail irresponsable.

Jusqu’au 17 octobre 1986, le jour du vote décisif du CIO, pendant plus de deux ans un groupe minimal de participant·e·s aux actions a réussi à obtenir un impact médiatique maximal. Le fait que les administrateurices aient dès le début utilisé la candidature dans le cadre d’une valorisation de l’image, qui par définition fait partie de la sphère des médias, a permis de les battre par une simple présence dans les médias.

Si la ville avait par exemple tout misé sur la promotion du sport aux Pays-Bas, une telle stratégie exclusivement médiatique aurait été impossible. D’ailleurs, les Jeux Olympiques étant depuis longtemps devenus une somme argent + médias, la question de l’élément sport n’est apparue que sous forme de remords chez certain·e·s manageureuses au passé sportif.

Toute l’attention pouvait ainsi se concentrer sur la pollution de l’image. L’opposition aux Jeux d’Amsterdam 92 a certes commencé dans les quartiers concernés, mais a atteint un tel niveau méta à son apogée, que seuls les spécialistes des médias ont réellement compris où l’effet d’après pouvait être déclenché.

Nolympics

Le succès de Nolympics, le nom rassembleur de toutes les initiatives anti-JO, résidait dans leur présence agaçante à chaque occasion où l’on soupçonnait un lien avec Amsterdam et les Jeux… toujours ces gens qui traînaient avec leurs banderoles dans les hôtels et les centres de conférence où le triomphe d’Amsterdam était censé se dessiner peu à peu – ça gâchait l’aura de succès pour beaucoup d’officiel·le·s. Leur armure d’optimisme commercial a été lentement ternie par l’ambiance détériorée qui a entouré la candidature d’Amsterdam.

Celleux qui combattent leurs adversaires sur le ring médiatique ne peuvent les mettre K.O. qu’en utilisant un ensemble complet des médias. Le terme « médias » l’exprime déjà : on inonde la presse locale d’arguments locaux, on écrit dans un langage plus féroce dans leurs propres journaux, on utilise des objections d’importance nationale à la radio et on livre constamment du courrier sur divers en-têtes de papier aux membres du CIO du monde entier. L’une des lettres provenait d’un collectif d’avocat·e·s qui faisait référence à la violation des droits de l’homme à Amsterdam en lien avec la mort de Hans Kok2. Évidemment, on ne manque pas de se présenter à l’audience imposée sur les pages des lettres dans les quotidiens.

On copie impitoyablement toutes les méthodes et techniques de la fondation ennemie : le cadeau personnel des organisateurices aux membres du CIO est suivi d’iun sachet de marijuana, reçu par la poste, accompagné d’une lettre signée par le maire Ed van Thijn : « Après les diamants d’Afrique du Sud, nous vous envoyons quelque chose avec laquelle vous pourrez vous clarifier l’esprit. Le Comité Olympique Néerlandais aimerait vous faire connaître l’un des produits d’Amsterdam. Nous espérons ainsi exercer une influence positive sur votre décision. Notre produit national est disponible dans 500 points de vente légaux. S’il-vous-plaît, ne vous inquiétez pas de l’opposition croissante à Amsterdam. »

Lorsqu’il a été su par le lapsus d’un conseiller municipal que chaque membre du CIO avait reçu un magnétoscope gratuit, le comité [Non aux Jeux Olympiques] a demandé l’ouverture d’une enquête criminelle contre Van Thijn pour tentative de pot-de-vin. Dans le même temps, le comité a produit son propre film vidéo de bonne facture. Un porteur de la flamme olympique y traverse Amsterdam, se heurtant à des problèmes locaux. Après avoir enjambé les embouteillages, il chute sur un chantier routier, se retrouve au milieu d’une émeute de squatteureuses, donne du feu à un·e cagoulé·e avec une bombe, se retrouve dans le quartier rouge et se fait voler par un fumeur de haschisch, après avoir glissé sur une merde de chien.

Le “dossier de candidature” officiel dans lequel la ville d’Amsterdam présentait ses projets a été contré avant même sa publication par un “dossier de candidature du peuple” dans lequel « Amsterdam Never » a été soutenu. Un dossier de presse avec la collection complète des coupures de presse sur des anti-actions avec des sous-titres en anglais a été offert aux membres du CIO. Il montre, entre autres, que la municipalité a accordé des subventions à la fondation organisatrice, mais pas au comité anti-JO, qui avait fait une demande pour agacer les régent·e·s.

Il y a même eu, au sujet du droit d’auteur des cinq anneaux olympiques, que Nolympics utilisait tout le temps et partout, une petite émeute qui a attiré beaucoup l’intérêt de la presse. Le comité a tellement vidé les symboles de leur sens que, même s’ils étaient censés être joyeux et frais ils n’étaient plus capables de susciter aucun enthousiasme.

Jardinage

Un exemple : le service municipal de l’aménagement paysager a voulu contribuer à l’ambiance olympique en créant, le long d’une route d’accès à Amsterdam, un parterre de fleurs ayant la forme des cinq anneaux, des armoiries d’Amsterdam et de l’année 1992. Harry, qui ne faisait partie d’aucun comité, raconte : « Nous allions rentrer en ville un soir dans une camionnette lorsque nous avons soudain vu ce parterre de fleurs. Nous nous somme immédiatement arrêté·e·s le long de la route pour tout piétiner. »

Ces personnes passant par hasard ont ensuite envoyé un message à leur propre presse déclarant : « Là encore le tourisme et d’autres cibles politico-économiques seront visées. » L’action inspira à d’autres une idée lumineuse. Une semaine plus tard le « parterre de fleurs propagandiste » fut restauré avec des violettes et des “autonomes” sont revenu·e·s, cette fois avec des pelles et un·e photographe, pour refaire le travail en profondeur la nuit.

La photo de la destruction montre un·e jardinier·ère encagloué·e en pleine action – des mottes de terre volent autour. Une lettre a été imprimée à côté de la photo dans les quotidiens : « C’est le début d’une longue lutte, d’une guerre de sept ans s’il le faut, si cela dépend de nous. Les initiateurices de cette campagne promotionnelle gourmande en argent deviendront des cibles dans la création d’un climat aussi peu sûr que possible à Amsterdam. »

Ensuite, No Bread No Games a produit une carte postale montrant deux autonomes déployant un drapeau Nolympics dans le parterre de fleurs détruit. Ces cartes ont été largement diffusées avec les adresses des membres du CIO et pouvaient être envoyées avec des contre-arguments personnels. Le timbre était également pré-imprimé. Après cette pagaille, le parterre a dû être placé sous surveillance Beuker.

Mme Boerlage

Aussi anonymes et bizarres qu’aient été les actions Nolympiques, le Comité Non avait toujours un visage convenable contre lequel la presse et d’autres autorités pouvaient se déchaîner. Il s’agissait d’une certaine Saar Boerlage, une aimable dame d’âge moyen qui était bien connue dans les cercles politiques comme une avocate passionnée et une enseignante universitaire experte. Elle a été l’une des fondateurices du Comité Non aux Jeux Olympiques et en est restée la porte-parole du début à la fin par méconnaissance des traditions d’action. C’était un fait choquant qu’un cadre à l’intérieur duquel avaient lieu des actions violentes ait à sa tête une femme avec au nom de famille et un visage que toute la Hollande connaissait depuis longtemps.

Ainsi pouvait-elle devenir le conteneur dans lequel toustes les journalistes, managereuses et administrateurices pouvaient déverser leur frustration et aussi leur fascination. Elle incarnait l’autosatisfaction d’une nation. Car qui assumerait la tâche ingrate de constamment rappeler aux prêcheureses du sentiment-« We are the champions » les errements de l’entreprise Hollande S.A. et refuser de se laisser décontenancer par toute la calomnie, alors qu’en pleine action ça se concentre de plus en plus sur votre personne ? Pour des actions médiatiques, un·e présentateurice central·e est indispensable. Et qu’y a-t-il de plus raffiné que le style mère de famille, qui renvoie tout·e journaliste braillard·e dans un coin la queue entre les jambes ?

Les actions se sont concentrées sur deux points où les gens d’affaires sérieux·ses sont les plus faibles : l’humour et la pagaille. Les créateurices d’image savaient également qu’iels faisaient du commerce basé sur du vent et se sentaient d’avance un peu ridicules quand iels devaient mendier de l’argent auprès des entreprises privées. Dans une telle situation, toute plaisanterie arrive comme un coup de massue. En outre, une seule tache sur un costume trois pièces est plus efficace que 100 bons arguments.

Ainsi fut invitée la Fédération Sportive Internationale à tenir son congrès à Amsterdam pour se faire une bonne idée de cette ville sportive. Les invité·e·s se sont rendu·e·s au dîner avec le maire Van Thijn au musée maritime et ont marché de leur hôtel jusqu’à un bateau d’excursion qui les attendait. Là iels ont été bombardé·e·s de peinture, d’œufs et de tomates pourries par 100 manifestant·e·s.

La police a mené une charge le long du canal, d’abord pour déloger les lanceureuses, puis pour maîtriser les sportif·ves chauffé·e·s à blanc. Le président de la fédération : « Si la vaste majorité des Néerlandais sont en faveur des Jeux, nous avons apparemment rencontré la petite minorité ce soir. »

Manifestations sportives

D’autres évènements sportifs ont également reçu des visites. La veille du 67e Open international de golf à Noordwijk, trois trous de golf ont été entièrement retournés. Les participant·e·s aux championnats du monde de baseball ont eu l’honneur de passer sous une “arche Nolympique” en se rendant au musée historique et de prendre un tract avec les contre-arguments.

Et la nuit précédent les championnats du monde de hockey féminin au stade Wagener extra-gardé d’Amstelveen, le gazon artificiel a été peint avec les anneaux Nolympiques. Alors que l’on avait presque terminé, trois des cinq peintre ont été arrêté·e·s. Cela confirmait l’argument de Nolympics selon lequel les Pays-Bas ne pouvaient pas protéger de manière adéquate leurs évènements sportifs contre les attaques.

Un·e porte-parole du Comité Non aux Jeux Olympiques a déclaré qu’iel avait trouvé l’action « spectaculaire » et « ludique ». « Iels ne font que le demander. Iels n’ont jamais voulu prendre leurs adversaires au sérieux. Aujourd’hui, Van Thijn tente d’étouffer l’opposition en adoptant une approche soit-disant musclée. Naturellement, c’est pourri pour les gens qui sont enfermé·e·s, mais ce qui se passe maintenant montre le vrai visage des Jeux Olympiques. »

Piet est une des personnes arrêtées et après deux jours de garde à vue dépose directement deux plaintes. L’une pour « détention illégale » (pour vandalisme il n’aurait pas dû être détenu plus de six heures) et une pour « agression infligée par sept policiers ». Il demande des dommages et intérêts de 50 000 florins.

De l’autre côté de la frontière

Par delà tous ces creusages et gribouillages la présence agaçante de l’Anti-Comité officiel se poursuit aux meetings du CIO. Lors de la 90e session à Berlin-Est, avec Erich Honecker3 en orateur honoraire, les opposant·e·s se sont à nouveau manifesté·e·s. Saar Boerlage, la seule des Hollandais·e·s à avoir réussi à passer la frontière, a distribué des tracts et s’est entretenue avec les équipes de promotion de Paris et de Brisbane, « qui étaient très intéressées par mes arguments ». Ses affiches étaient illustrées du logo des Jeux Olympiques, sauf que l’un des cinq anneaux a été remplacé par une bombe, censée signaler le risques d’attentats pendant les Jeux d’Amsterdam.

Lorsqu’elle a convoqué une conférence de presse internationale près de la fontaine sous la Fernsehturm, elle a été arrêtée par la Kriminal Polizei et après six heures d’interrogatoire expulsée du pays. Une lettre envoyée remarque : « Lorsque la RDA a rendu les choses impossibles pour Saar, Van Thijn aurait dû cesser ses activités. Aujourd’hui il a sous la protection d’un État totalitaire poursuivi ses activité farfelues, qui sont de toute façon vouées à l’échec. » Une autre lettre a répondu sous le titre « La débâcle à Berlin est une aubaine pour Amsterdam » : « De nombreux Amstellodamois auront noté avec approbation la présentation idiote à Berlin-Est. »

Le groupe s’est rendu à plusieurs reprises à Lausanne où le siège le CIO. En décembre 1985 toutes les villes candidates se sont réunies au Palace Hotel pour un premier tour. « Deux manifestant·e·s ont forcé l’entrée de l’hôtel principal, se sont extirpé·e·s de l’emprise désespérée de la représentante de la presse olympique et sous les yeux de l’audience choquée ont déployé leur banderole “Nolympics in Amsterdam”. Sur un signal du président du CIO, le personnel de l’hôtel est intervenu et les manifestant·e·s ont été éjecté·e·s dans la rue. Le méfait s’était cependant déjà produit et dans les heures qui ont suivi la nouvelle de la manifestation d’Amsterdam a fait le tour du monde. »

Le groupe en a également profité pour prendre des photos que l’on retrouvera plus tard un peu partout. Toujours avec cette même banderole soignée tenue par deux personnes : devant le Palais Beaulieu, à côté d’une statue baraquée devant le Lausanne-Palace. La dernière photo résumait la stratégie : elle montre un photographe accroupi fixant trois officiel·le·s souriant à l’appareil, tandis qu’au fond à droite, devant les colonnes de l’entrée de l’hôtel, le duo avec la banderole vole la vedette.

Gunnar Ericsson s’est rendu à Amsterdam en tant “qu’inspecteur principal du CIO” et eu droit tôt le matin à la banderole surprise et à un petit peu de musique par 30 personnes. « Nous avons fait ça pour réveiller les trois inspecteurs du CIO. » Ericsson s’est entretenu avec Saar et trouve que c’est « un petit-déjeuner amusant ». À la fin du mois de février 1986 iels étaient de retour à Lausanne, où Amsterdam présentait son dossier de candidature. « Tout compte fait, deux manifestant·e·s transi·e·s de froid, se tenaient près du siège du CIO, le Château de Vidy, attendant la délégation de la capitale. Le binôme a même été autorisé à entrer pour présenter au président du CIO “le dossier de candidature du peuple”. »

Irritation parmi les politicien·ne·s

Plus la deadline approchait et plus la fréquence des banderoles augmentait, plus la réaction des organisateurices était irritée. Dans chaque interview, iels devaient commenter les actions de Nolympics. Ed van Thijn : « Nous sommes naturellement soumis à un chantage à un niveau aussi fort que la peste. Chaque citoyen d’Amsterdam avec qui nous nous disputons peut menacer de s’adresser au CIO. »

Brodant sur le raisonnement « l’Espagne a ses Basques et nous avons tous quelque chose » Van Thijn présentait ses adversaires encore et encore comme une preuve de « la puissance de la démocratie néerlandaise ». Aussi Vonhoff4, qui siégeait au présidium des supporteureuses des jeux, a essayé de se retenir un peu plus : « La Hollande sans groupes d’action ? C’est comme la Hollande sans tulipes, sabots de bois et moulins à vent. »

Mais alors que les meneureuses agissaient comme si de rien n’était, aux échelons inférieurs de l’organisation, les promoteureuses commençaient à stresser et à développer une allergie à la presse. À Séoul, qui se trouvait en dehors de la portée Nolympics, une dernière présentation des plans était prévue.

Le numéro d’Amsterdam fut un flop : iels avaient oublié d’apporter les maquettes de la ville olympique et ont essayé de divertir le public avec un « incroyable spectacle de magie du champion du monde Ger Kappers. » Van Thijn a été pour cela décrit comme « le nettoyeur de service, en essayant de relancer un peu le faible feu olympique ». La presse critique n’a été que dégoûtée par les montagnes de nourriture exquise. « Ce qui se trouve sur ces tables, doit bientôt sortir des narines mêmes des gourmands les plus gloutons. »

De retour à Amsterdam, iels décidèrent de faire taire les actions anti-olympiques, et les journaux leur emboîtèrent le pas. Nolympics a rapporté : « Quand nous réveillons tout l’hôtel Amstel tôt le matin, parce que le membre du CIO João Havelange5 y séjourne, la police est là, presque en train de rire. La politique actuelle consiste à maintenir le calme. Chaque petite émeute profite au mouvement No Olympics, pensent-iels. Si le tram olympique est aspergé de bombes de peinture par des squatteureuses, rien de tout ça ne sera médiatisé. C’est autre chose que leur réaction hystérique lorsque le bateau d’excursion était la cible. »

Charge explosive

Mais alors il s’est passé quelque chose qu’on ne pouvait pas taire. Dans la nuit du 21 août 1986 deux bombes ont explosé. Furent détruites la porte d’entrée du bâtiment de la Fondation des Jeux Olympiques et la seule antenne parabolique pour le trafic téléphonique par satellite à Amsterdam. Les attaques ont été revendiquées par les Cellules Révolutionnaires commando ins Blaue hinein6. À ce « maillon important de la propagande pour les Jeux Olympiques », une bombe a été placée au cœur de l’antenne parabolique, mais le plus grand nombre de dégâts a été causé par un liquide chimique qui a été pulvérisé dans le chemin de câble et a détruit le câblage interne. Aux deux endroits ont été trouvés deux panneaux sur lesquels on pouvait lire : « Attention – explosifs – ne pas s’approcher ».

Dans le communiqué de presse, qui a été retrouvé dans une poubelle du complexe squatté De Binnenpret, il est écrit : « Avec ces attaques, nous avons voulu infliger des dommages directs à l’image polie de la ville d’Amsterdam. » Était jointe une affiche montrant Ed van Thijn avec une expression fanatique, qui appuie personnellement sur le détonateur des explosifs avec lesquels la parabole a explosé, avec la légende « Feu olympique à Amsterdam ».

Rapidement des hordes de journalistes ont téléphoné à Saar Boerlage pour noter sa prise de distance. À leur grande surprise une « ambiance de hourra » a prévalu sur l’ Anti-Comité officiel. Saar dans les médias :

« Nous n’aurions jamais pensé à quelque chose comme ça nous-mêmes, mais nous sommes heureux·ses de la façon dont cela s’est passé. Cet incident fait la une de la presse mondiale et c’est défavorable pour Amsterdam. Nous serions fol·s de commettre des attentats : si un tribunal découvrait que nous étions derrière tout cela, nous serions condamné·e·s à payer les dégâts. C’est un coup dur de plus pour les organisateurices. Iels essaient d’une manière grossière d’attirer les Jeux à Amsterdam et de ne laisser aucune chance aux adversaires de propager leurs objections. C’est ainsi que les autorités suscitent la violence. »

Cette réaction a prouvé la supériorité de la stratégie médiatique. L’effet multiplicateur a fonctionné : la pose de bombes par d’autres n’a pas été un frein, mais a renforcé la stratégie de dégradation de sa propre image. Le comité peut ainsi s’étonner que « nous n’y ayons pas pensé nous-mêmes » et utiliser les attaques comme un argument supplémentaire contre les Jeux. Ce raisonnement étanche devait bien être adopté par les journalistes pleurnichard·e·s.

Le nouvel argument est désormais : « On s’attend à plus d’attaques si les Jeux viennent dans la capitale ». Saar Boerlage ajoutait : « Ces garçons et ces filles n’en avaient pas après la vie ou les biens d’autrui. Les autorités devront bien sûr condamner ces actes. Mais pas en termes de crime grave, tel que l’a fait Van Thijn. »

Parade florale décorée

Deux semaines plus tard, un dernier incident s’est produit avant que les caravanes ne partent pour Lausanne afin d’assister au vote du CIO. La parade florale annuelle tournait autour des Jeux Olympiques. C’est pourquoi la police avait mobilisé des effectifs supplémentaires, notamment des brigades d’interpellation. Alors que les chars passaient devant De Binnenpret, des personnes en action muni·e·s de panneaux sandwichs ont tenté de suivre le cortège. On pouvait y lire entre autres : « Mexique 1968 : des centaines de morts », « Munich 1972 : des otages brûlés »7, « Montréal 1976 : le peuple paie encore », « Amsterdam 1992 : ins Blaue hinein ? » La police a chassé les manifestant·e·s du cortège et celleux-ci ont enfourché leurs vélos et se sont dirigé·e·s vers Dam sous escorte policière pour aller distribuer des tracts.

Après les attaques à la bombe la tension était très forte. L’objectif était de faire monter la tension à son paroxysme à Lausanne. Tout d’abord Saar et son comité arriveraient avec les fameuses banderoles. Une arme secrète était dissimulée pour la fin de la semaine : les hordes sauvages qui viendraient confirmer la mauvaise image d’Amsterdam. « Au départ de A’dam un voyage en bus est organisé que Neckermann8 ne peut pas égaler. Le voyage durera 4 jours et coûtera environ 90 florins. Des hébergements seront disponibles. »

Comme le Comité Non n’avait pas besoin d’une base de membres ou d’une large base pour son travail dans les médias, certains cercles ont été échauffés pour une sortie amusante. Cela a plu au groupe cible et iels ont compris ce qu’on attendait d’elleux. Deux groupes punk se sont joints pour apporter une animation musicale. Les billets de dernière minute pour ces « manif’/vacances merveilleusement soignées » ont été distribués aux adresses connues.

Le train Olympique spécial des officel·le·s était déjà parti9. S’est également présentée une initiative privée de supporteureuses, sponsorisée par la firme Sorbo10, partant pour la Suisse dans des camionnettes. À Lausanne, l’autocar-action (arborant des slogans comme « No way Edje ! » [diminutif de Ed van Thijn Ndt]) et les camionnettes Sorbo se sont croisées le premier soir. Flip : « Quand ces camionnettes sont passées très près de nous on leur a donné quelques coups de pied. »

Des barbares à Lausanne

Le groupe d’action-touristes a été reçu au centre Martin Luther King, « la seule épave de Lausanne ». Il était situé au bord d’une rivière qui se jetait dans le lac de Genève. De grandes tentes ont été installées sur l’herbe à côté du bâtiment. La présence des « ordures ménagères de Van Thijn » à l’endroit où il en avait le moins besoin, a suffi à provoquer un choc culturel total parmi la presse mondiale rassemblée, la police suisse et les officiel·le·s.

Les « acolytes crasseux·ses de Saar Boerlage » ajoutent non seulement leurs vestes en cuir, portant des bottes militaires et des t-shirts jaunis avec des imprimés Nolympics, mais iels ont aussi laissé des montagnes de déchets partout où iels sont allé·e·s. Iels criaient sans cesse, sautaient debout, s’acharnaient sur les clôtures et frappaient des tiges entre les barreaux de façon à faire résonner un éclat de bruit. Iels faisaient aussi des danses dans les bacs à fleurs. Iels portaient des slogans complètement exagérés, même par rapport à leurs propres critères : « Amsterdam supports apartheid », « No games No bombs », « München ’72 = Amsterdam ’92 » et « München can be repeated Amsterdam fights ! ». Par ailleurs, à un moment donné, deux opposant·e·s aux Jeux venu·e·s de Barcelone sont apparu·e·s à Lausanne avec leur propre banderole. Iels ont été filmé·e·s par la télévision espagnole et ont pu rejoindre le capharnaüm d’Amsterdam, stupéfé·e·s.

Dans l’environnement propre, stérile de Lausanne il semblait que les barbares avaient envahi la civilisation. Le style d’action était basé sur la logique du Spassguerilla11 qui suppose ce que l’adversaire déteste le plus entendre ou voir à propos de lui/elle-même, et d’en rajouter.Mais en même temps quelque chose d’autre s’est produit : de l’expérience du squat à Amsterdam on a soudainement réalisé à quel point le monde est extrêmement propre et ordonné. Du rire qui est remonté est venue la perspicacité à montrer comment sa propre saleté était merveilleuse. Jusque-là les innommables ne s’intéressaient pas au rejet de leurs apparences par les autres. Maintenant iels comprenaient que les gens biens ne pouvaient tout simplement pas supporter autant de saletés.

Flip : « Les manifs de vacarme devant la grille suivent toujours le même schéma : sauter du bus, faire du vacarme pendant une heure avec des sifflets, des hochets et des klaxons, distribuer des tracts, agiter des banderoles, puis retourner dans le bus, retourner à notre base. » L’organisation du voyage suivait un régime spartiate afin de ne pas manquer une seule occasion de donner un acte de présence. Le groupe était déjà réveillé à 06:00 pour pouvoir gâcher le petit-déjeuner au Calgary Palace Hotel vers 07:30. Les sorties étaient totalement destinées à la presse mondiale, qui se promenait frustrée elle aussi par l’indisponibilité totale des membres du CIO. Iels ne passaient qu’en bus et en voitures cossues. La police est restée amicale, afin de ne pas ternir l’image de Lausanne sous l’œil attentif des journalistes.

« Capitalist bastard »

La veille du vote, iels se remirent en route, cette fois pour l’hôtel où dormaient les messieurs. Flip : « Une horde enthousiaste saute à nouveau des bus, court dans la rue où, pour renforcer l’efficacité de l’action, le bus des membres du CIO vient d’arriver. Pour entrer dans l’hôtel, iels doivent passer devant la foule hurlante. » Ce fut la seule fois où les gentilshommes entrèrent en contact physique avec les racailles.

« Cette manif’ en particulier ça a marqué. Quelques personnes hystériques présentes à l’action ont commencé à accoster les mercedes. Un idiot au visage rouge vif d’agitation n’arrêtait pas de crier “fuck you capitalist bastard” et de faire un doigt d’honneur au visage des membres du CIO, s’embrouillant au passage avec d’autres gens de l’action qui n’aimaient pas ça. L’idée amusante est venue de coller des autocollants sur le dos des membres du CIO. Un fossile du CIO a failli souffrir d’insuffisance cardiaque et a dû compter sur le soutien de son chauffeur. Toujours plus de gens semblaient capables de devenir fol·s de rage rien qu’à la vue d’un·e membre du CIO. »

Joop : « L’histoire selon laquelle on a jeté des bouteilles de bière est une connerie. Quelqu’un·e a accidentellement laissé tomber un sac contenant quelques bouteilles. C’est tout. Tout au plus un coup porté sur un bus. » Flip : « Le prince de Monaco s’est pris un glaviot sur la figure, ça c’était drôle. Cette action a été couronnée de succès lorsque l’unité de force mobile a été envoyée à nos trousses. Iels sont venu·e·s en courant dans la rue, iels ont fait une impression mieux organisée que “notre” propre unité de force mobile. Enfin dispersé·e·s, une retraite chaotique dans l’ivresse de la victoire. Maintenant, la presse était contente aussi. »

Betsy : « On a été arrêté·e·s par les unités de force mobile parce qu’il y avait beaucoup de déchets dans la rue, et je crois que les gens ont commencé à les ramasser » Joop : « C’était une manifestation typique d’Amsterdam à l’hôtel de Lausanne. Mais pour les membres du CIO ça a dû être le sujet de la soirée au dîner. » Le soir la compagnie s’est amusée à un concert de soutien organisé dans un centre culturel de la jeunesse.

Jour J

Le jour J après la première manifestation de 08:00 devant le Palais de Beaulieu, où la décision serait prise, s’est tenue une « réu pelouse ». La question était de savoir ce qu’on ferait à l’annonce des résultats. Tout d’un coup il semble que l’on soit entré·e·s dans un débat de stratégie. Un petit groupe autour de Piet et Hein, « qui s’étaient par ailleurs tenus assez à l’écart du grand groupe », a pensé que c’était là une belle occasion de faire tomber Van Thijn.

Sandra : « Ils voulaient jouer les leaders. Les autres pensaient que les propositions qu’ils avaient faites étaient trop lourdes compte tenu de l’action policière suisse la nuit précédente. La police anti-émeute s’était approchée de nous style Brésil, avec des camionnettes qui semblaient appartenir à une équipe d’exterminateurices. Leur approche propre et leur défilé ne permettaient pas de savoir ce qu’iels avaient l’intention de faire. Voulaient-iels simplement nous chasser ou vraiment nous charger ? »

La faction de Piet et Hein n’avait pas encore compris qu’elle était prise dans une action médiatique et la stratégie consistant à être autant non-politique que possible était en passe de remporter un succès retentissant. Les choses ont atteint leur paroxysme autour de la question de savoir où et combien de fumigènes devraient être allumés. Le compromis était une « torche de fumée Nolympique » portée par l’œuvre d’art vivante Fabiola12. La « torche mourante avec le feu des Jeux Olympiques d’Amsterdam » a été allumée aux portes d’entrée, exactement au moment où le CIO assemblé était photographié sur sa plate-forme. La fumée flottait magnifiquement à travers le portrait de groupe.

Peu de temps après fut annoncé que Barcelone avait gagné et qu’Amsterdam avait déjà perdu au premier tour avec le plus petit nombre de voix de toutes les villes (5 sur 130). À ce moment-là le groupe est monté dans les bus en acclamant, pour rentrer à la maison. « La meilleure partie a peut-être été le sentiment hilarant de voir comment tous ces délégué·e·s néerlandais·e·s gonflé·e·s ont été réduit·e·s à presque rien. “Cinq voix !” criait tout le monde toute la journée. Pour l’élite, le monde s’est brièvement inversé. Les gens de Nolympics c’était devenu de l’actualité mondiale. Contrairement à la délégation officielle, réduite à des figurant·e·s et très peu médiatisé·e·s à l’international. »

Le Crachat d’adieu

La stratégie de la présence constante était désormais poussée à l’extrême. Les bus Nolympics étaient de retour à Amsterdam assez rapidement pour arriver en même temps que les délégué·e·s déçu·e·s. Iels devaient donner une dernière conférence de presse au World Trade Center. Certes, une partie de la compagnie du voyage Nolympics avait plutôt envie de rentrer directement chez elle, mais iels ont été déposé·e·s devant le complexe de bureaux sans qu’on leur demande. Encore une banderole a été faite : « Un beau non, haha hihi ! » et « 4 millions de florins par vote ».

Lorsque la délégation est arrivée en provenance de Schiphol au centre commercial lors de la dernière course du train Olympique, les régent·e·s ont dû marcher de la gare à l’entrée du bâtiment en passant par la voie publique. Dans la rue, iels sont tombé·e·s sur le même groupe de Nolympics qui les avait tourmenté·e·s jusqu’à l’exaspération à Lausanne.

C’en était trop pour la plupart des officiel·le·s. Maintenant, c’était à leur tour de s’approcher physiquement de l’ennemi. Iels ont repoussé les gens de l’action et ont essayé de les percuter, mais ces dernier·ères ont réagi avec agilité et voix. Le gros Vonhoff s’est fait cracher au visage. Fou de rage, Vonhoff a traîné la personne jusqu’aux policiers qui se trouvaient à proximité pour la faire arrêter, mais elle a été libérée par ses camarades.

Une fois à l’intérieur, Vonhoff demanda encore au maire Van Thijn que le garçon soit interpellé. Lorsqu’un nouveau groupe de policiers est arrivé, iels l’ont arrêté. Il a été relâché le soir même. L’excitation de la presse à propos de cet incident avait déjà atteint des sommets inouïs. D’un coup « Saar Boerlage et ses acolytes » ont été blâmé·e·s pour l’énorme flop de la ville aux yeux du monde. Un·e participant·e de l’action a demandé après-coup : « Qu’y a-t-il de si horrible dans le crachat de toute façon ? En quoi est-ce tellement plus radical qu’une tarte à la crème ? Le crachat est si horrible parce qu’il vient du corps humain. Et c’est justement quelque chose que l’élite ne veut pas être. Ce ne sont pas des corps, c’est l’Ordre. »

Au milieu de la calomnie qui s’est poursuivie pendant quelques semaines, un journal a publié une interview de Saar et de son Comité Non aux Jeux Olympiques. Saar : « Notre dernier message aux membres du CIO est que nous pensons qu’Amsterdam est une belle ville. Nous avons dit que nous voulions que cela reste ainsi. » Question : « Le maire Van Thijn a déclaré ce week-end que No Olympics était responsable de la perte de sept à douze voix à Lausanne. Qu’en pensez-vous ? » Réponse : « Il faut espérer qu’il en soit ainsi. Ce serait un grand honneur pour nous. »

BILWET

Fondation pour la promotion de la science illégale

Post-scriptum NN, « La Grande Victoire des petits déchets » de Bilwet est tiré de ARCADE, Annuaire des sciences ambulatoires n°3. Dans cet ouvrage de 200 pages au pochoir (!), on trouve des histoires de Bart Droog « L’Amérique existe vraiment », Peter Callas « Le Post-centre commercial dans le Japon post-culturel », Geert Lovink « Une paix allemande » et Lux Wouterloot « Voulez-vous l’écologie totale ? ». Arcade n°3 a été publié par l’éditeur Ravijn en 225 exemplaires numérotés. L’histoire de No-Olympics est également parue en chapitre supplémentaire dans la récente version allemande du Bewegingsleer de Bilwet.

No Copyright

Texte original disponible sur : http://www.ravagedigitaal.org/1991/96/De_grote_overwinning_96.htm

Traduit en écriture inclusive et mis en page en 2024.
Grand merci à Momo pour la minutieuse contribution.

  1. « vago’s » en néerlandais ↩︎
  2. Le 24 octobre 1985, un groupe de squattereuses tente de réoccuper une maison expulsée. Plusieurs sont interpellées et mises en garde à vue, dont Hans Kok, 23 ans, qui sera retrouvé mort en cellule le lendemain. ↩︎
  3. Dirigeant de la RDA. ↩︎
  4. Henk Vonhoff, commissaire de la reine de la province de Groningue, et qui dirigeait le Nederlands Olympisch Comité. ↩︎
  5. Avocat et dirigeant sportif au Brésil (FIFA et Cie). Membre du CIO depuis 1963, il le restera jusqu’en 2011. ↩︎
  6. « ins Blaue hinein » : expression allemande qu’on peut traduire par « imprévisible » (ou l’anglaise : « out of the blue ») ↩︎
  7. Un commando palestinien de Septembre noir prend en otages des sportifs israéliens lors des JOP à Munich. Onze athlètes sont tués dans l’explosion d’un hélicoptère au sol, sur la base aérienne de Fürstenfeldbruck de l’OTAN. Un policier allemand est tué. Cinq membres du commando sont tués par la police, trois autres sont arrêtés. ↩︎
  8. Agence de voyage, soit-dit en passant fondée par un multimédaillé olympique. ↩︎
  9. Cette fois-ci c’est pas une métaphore, il y avait littéralement un train dépêché spécialement pour que les cravaté·e·s se rendent au CIO à Lausanne. ↩︎
  10. Fabricant d’ustensiles de cuisine. ↩︎
  11. « Guérilla amusante » cf. Tout feu tout flamme (éditions Tumult, 2023) pour resituer le contexte de guérilla urbaine assez forte chez les voisin·e·s en Allemagne : https://lille.indymedia.org/spip.php?article35728=&debut14=30 ↩︎
  12. Artiste performeur au sein des mouvements squat et pédé à Amsterdam. Son nom de scène est une référence à la reine belge, ayant vécu une grande partie de sa vie en Belgique. ↩︎

Indymedia Lille

Publié le 2024-04-08 19:40:04

Au petit matin du lundi 8 avril, on a glué les accès de la mairie de Horville-en-Ornois (près de Bure) où une permanence publique de l’enquête parcellaire sur les expropriations était prévue par l’ANDRA de 9h à 12h. On espère avoir empêché la tenue de cette permanence et peut-être même la tenue légale de l’enquête parcellaire. On salue la diversité d’actions menées depuis le début de l’enquête parcellaire contre CIGEO, et notamment à Mandres-en-Barrois. On espère que d’autres actions diverses et variées mettront un terme aux expropriations et à CIGEO.


Navour-sur-Grosne (Saône-et-Loire) : « Arrêtez de bétonner, on arrêtera de taguer »

Publié le 2024-04-08 20:15:09

Le Journal de Saône-et-Loire / samedi 6 avril 2024

Cela commence à ressembler au jeu du chat et de la souris. À plusieurs reprises, déjà, des tags sont inscrits , nettoyés, puis inscrits à nouveau, le long de la Route centre Europe Atlantique (RCEA) au nouvel échangeur de Navour-sur-Grosne. Une nouvelle salve, de multiples couleurs, est actuellement visible sur les plots en béton autour du rond-point et en direction de Trambly. « Arrêtez de bétonner, on arrêtera de taguer » ; « RCEA : dépense d’argent public inutile et nuisible » ; « 2×2 voies aberration historique » ; « morts aux bureaucrates », etc. : telle est la teneur des différents tags que l’on peut lire sur place.

De son côté, la gendarmerie indique ne pas avoir reçu de plainte concernant ces nouveaux faits. Mais que d’autres avaient été reçues auparavant, notamment sur des dégradations de même type sur des véhicules liés aux travaux de mise à 2×2 voies de la RCEA. Une enquête de gendarmerie est automatiquement ouverte lorsqu’une plainte est déposée. Aucune interpellation n’a eu lieu concernant ces faits pour le moment.

Arrestations en Normandie suite à action contre Lafarge

Publié le 2024-04-08T20:11:58+02:00

Salut tout le monde, Une info est sortie concernant l’interpellation et la mise en Garde à vue de 17 personnes dont 5 identifiées « Soulèvement de la Terre » suite à une action contre Lafarge en décembre 2023 : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/val-de-reuil-la-foret-de-bord-se-souleve.

Les personnes arrêtées auraient toutes sauf une été arrêtée en Normandie (Orne, Calvados et Eure). Le chefs de prévention seraient les suivants :
– séquestration avec libération volontaire avant le septième jour en bande organisée (le gardien empêché de s’interposer pendant 10′ ?),
– destructions/dégradations graves en réunion (confirmant que l’action a été efficace bien que pas si destructrices ?), – association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement (Faut croire qu’y avaient bien 100 pic mars et tritons traités !)
– violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique (un policier soi-disant bousculé qui s’est tordu le doigt en lançant les lacrymo ?)

C’est le parquet d’Évreux qui est à la manoeuvre mais il semblerait que ce soit la SDAT (Sous-direction antiterroriste) qui se soit occupée des interpellations. Pour autant, il semblerait que la qualif de association de malfaiteurs terroristes ne soient pas retenue (ou alors pas communiquée).

Voici les infos Flic&Proc (dont sont tirés les éléments ci-dessus) diffusée dans leurs presses aux ordres : https://www.bfmtv.com/normandie/info-bfmtv-val-de-reuil-17-personnes-en-garde-a-vue-apres-des-degradations-sur-le-site-lafarge_AN-202404080475.html https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/info-rtl-15-militants-ecologistes-interpelles-quatre-mois-apres-une-intrusion-chez-lafarge-7900371757

Il y a quelque jours déjà, deux personnes qui avaient été interpellées l’été dernier pour l’action contre Lafarge dans les Bouches du Rhone ont été convoquées pour leur mise en examen : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/-5-avril—2-nouvelles-mises-en-examen-dans-laffaire-lafarge—appel-a-rassemblement-devant-le-tribunal-daix-en-provence

Soyons toustes prudentes, il est toujours possible que d’autres interpellations suivent.

Communiqué – soutien aux 17 personnes arrêtées par la police anti-terroriste à Rouen suite à la campagne nationale d’actions contre le monde du béton

Ce lundi 8 avril, 17 personnes ont été arrêtées en Normandie et Ile de France dans une opération menée par la Sous-Direction-Anti-Terroriste. Une partie d’entre elles a été emmenée dans les locaux de Levallois-Perret et pourrait y rester 96 heures.

Ces arrestations font suite à la campagne d’actions contre Lafarge et le monde du béton initiée par plus de 200 organisations écologistes, syndicales, luttes locales contre l’artificialisation des terres et comités locaux des Soulèvements de la terre (appel et listes des signataires : https://journeescontrelebeton.noblogs.org/post/2023/10/29/du-9-au-12-decembre-2023-appel-international-a-des-journees-dactions-contre-lafarge-et-le-monde-du-beton/). Cette campagne avait mobilisé des milliers de personnes et abouti du 9 au 12 décembre 2023 à une cinquantaine d’actions simultanées. Des occupations, blocages, happenings, rassemblements, désarmements sur des dizaines de sites Lafarge et autres centrales à béton sont survenus majoritairement en France mais aussi en Suisse, en Belgique ou en Allemagne (https://journeescontrelebeton.noblogs.org/post/2023/12/12/4-jours-de-tourbillon-contre-le-beton-retour-sur-plus-de-40-actions-pour-couler-lafarge-et-son-monde-dans-le-bilan-de-fin/). Un soutien fort avait été marqué à cette occasion aux personnes mises en cause, elles aussi par l’anti-terrorisme, dans le désarmement de l’usine Lafarge Bouc-Bel-Air près de Marseille.

La vague d’arrestations d’aujourd’hui vise l’intervention, durant une dizaine de minutes, d’une centaine de personnes sur un site Lafarge à Val-de-Reuil avec de la peinture et de la mousse expansive. La police anti-terroriste était intervenue sur les lieux sous prétexte d’une soi-disant « séquestration » expresse d’un agent de sécurité. Ce story telling répressif s’était rapidement dégonflé par la suite. (communiqué publié sur l’action ici : https://journeescontrelebeton.noblogs.org/mobilisations-passees-en-cours-10-12/val-de-reuil/)

Nous voyons néanmoins ici l’entêtement du gouvernement à écraser par la force l’essor des mouvements écologistes, ainsi que les résistances qu’il ne parvient pas à canaliser face à l’exploitation économique. L’usage récurrent des moyens de l’anti-terrorisme pour diaboliser spécifiquement les mobilisations qui menacent les intérêts des lobbys industriels est frappant. Elle marque à quel point ce gouvernement leur est inféodé. L’expansion des moyens de surveillance débridée sur un large ensemble de militant.es est particulièrement inquiétante. La SDAT se met aujourd’hui de nouveau au service d’une des entreprises les plus toxiques du monde. Rappelons qu’en plus d’impacter la santé de ses employé.es, de bétonner les terres, d’être une source majeure de production de CO2 et de pollution de l’air, la multinationale Lafarge-Holcim est toujours poursuivie pour complicité de crime l’humanité et financement du terrorisme au vu et au su de l’État français.

Nous appelons à soutenir les personnes arrêtées et mises en cause aujourd’hui pour leur participation à la campagne nationale d’action contre Lafarge et le monde du béton. Nous appelons à continuer à nous mobiliser pour défendre les terres et l’eau.

Déjà trois rassemblements de soutien sont organisés : à Rouen mardi à 18h devant le palais de justice ainsi qu’à Levallois-Perret devant les locaux de la SDAT et à Caen devant la préfecture. Mais, iels méritent d’être soutenu·es extrêmement largement. Organisons des rassemblements et des manifestations de soutien partout en France et dans le monde. Nous étions des milliers à participer à la campagne d’action de décembre, soyons encore plus nombreu·ses cette semaine.

🗺️ Pour recenser tous les rassemblements, nous avons créé une carte qui se trouve icihttps://soutien-repression-beton.gogocarto.fr/map#/carte/@46.42,3.43,6z?cat=all

✊ Si vous organisez un rassemblement, vous pouvez l’inscrire à cette adressehttps://soutien-repression-beton.gogocarto.fr/elements/add

🙏 Merci de faire tourner ce message aussi largement que possible dans vos comités, organisations et groupes affinitaires

https://journeescontrelebeton.noblogs.org/post/2024/04/08/communique-de-presse-lafarge-soutien-aux-17-personnes-arretees-par-la-police-anti-terroriste-a-rouen-suite-a-la-campagne-nationale-dactions-contre-le-monde-du-beton/

Agen (Lot-et-Garonne) : nouveau sabotage solidaire d’un chantier NGE [MàJ]

Publié le 2024-04-09 18:35:03

[Reçu par mail, 6 avril 2024
(avec les véritables liens hypertexte du communiqué original)]

Communiqué de revendication du sabotage des machines
d’un chantier NGE

Il y a quelques jours, nous avons enrayé les moteurs de toutes les machines sur le chantier NGE du Pont et du Barreau de Camélat reliant Brax à Colayrac-Saint-Cirq près d’Agen.

À l’appel du GIEC de Haute-vienne, et à la suite de la section girondine du GIEC , nous avons voulu montrer notre soutien à la lutte contre l’A69, en sabotant les jouets dévastateurs de cette entreprise. Il nous a semblé opportun de viser ce chantier qui devrait être inauguré en grande pompe en mai prochain, pour montrer que les monstres du BTP ne sont en rien intouchables. Nous avons apprécié introduire des produits abrasifs dans tous les réservoirs d’huile et de carburant des machines présentes sur la zone. Cela permet à l’entreprise de participer à son autodestruction et ce n’est pas sans nous faire rire : plus NGE continuera les travaux, plus ses machines en fonctionnant se détruiront de l’intérieur, plus elle perdra de l’argent en cherchant à en gagner.

Ce désarmement intervient après des mois de lutte acharnée à la Crem’Arbre contre la brutalité du pouvoir. Ces derniers jours, une des branches de ce pouvoir (ici l’Office Français de la Biodiversité) a reconnu l’illégalité des abattages des arbres occupés par les écureuils. Il aura fallu une petite mésange en train de nidifier pour que l’OFB se prononce sur l’illégalité déjà flagrante des actions de la mafiA69. L’État frappe pendant des mois, puis un beau jour de printemps vient accorder cinq mois de répit, sous prétexte d’illégalité – temporaire bien sûr. Rien ne nous surprend plus dans l’absurdité de ce système et c’est pourquoi nous répondons aussi bien par les mots que par l’action.

Nous avons vu les vilaines ruses de la flicaille pour attraper les écureuil.le.s, usant des besoins de première nécessité pour en faire des proies, nous avons vu le harcèlement psychologique pour les empêcher de dormir, de manger, d’être entendu.e.s. Il est pour l’instant trop risqué pour nous de rendre la pareille, mais qu’ils ne dorment pas sur leurs deux oreilles, cela arrivera à point nommé.

Nous avons donc ciblé ce chantier, car ce pont est à la croisée de deux projets dévastateurs. En plus d’être lié à la construction de l’autoroute Toulouse-Castres via son principal promoteur NGE, il est aussi le premier ouvrage d’art de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui se construit dans le Sud-Ouest (Bordeaux-Toulouse/Bordeaux-Dax). En effet, cet enjambement de la Garonne, est le prémisse de la route qui desservira la prochaine « Gare d’Agen » construite essentiellement pour accueillir la LGV. Cette dernière implique 4800 hectares de terres artificialisées, 14 milliards de dépenses à minima (financé en partie par le contribuable via une taxe, la TSE), des dizaines de maisons expropriées puis détruites et on vous passe les détails.

Dans cette alliance contre les autoroutes automobiles et ferroviaires, nous félicitons les écureuil.le.s et les zadistes de Saïx, ainsi que tous les collectifs pour leur ténacité face à ces projets mortifères. L’impunité qui règne pour ses promoteurs alimente chaque jour notre rage et nous espérons que d’autres continueront de se réapproprier ce geste (cette carte des sites NGE pourrait vous aider).

Nous appelons à une massification de la conspiration.
Nous appelons à en finir avec ces entreprises et avec ceux qui les protègent.
Nous appelons à ne plus attendre des changements d’un État mais à les provoquer ici et maintenant.

Ceci est une menace.
No Macadam ! No Passarail !

GIEC (Groupe d’Idéalistes Enrayant le Capitalisme)


Des engins de chantier sabotés par un groupe anticapitaliste à Agen
La Dépêche, 9 avril 2024

Il y a plusieurs jours, un groupe anticapitaliste se faisant appeler GIEC (Groupe d’Idéalistes Enrayant le Capitalisme) a saboté plusieurs engins du chantier du pont de Camélat. L’agglomération d’Agen assure que ces dégradations ne sont qu’un épiphénomène.

« Nous avons enrayé les moteurs de toutes les machines sur le chantier », annonce le GIEC dans un communiqué. Ce Groupe d’idéalistes enrayant le capitalisme, comme ils se présentent, revendique la dégradation de plusieurs engins du chantier du pont de Camélat reliant Brax à Colayrac-Saint-Cirq près d’Agen.

Ils justifient leur acte : « Nous avons voulu montrer notre soutien à la lutte contre l’A69, en sabotant les jouets dévastateurs de cette entreprise. Il nous a semblé opportun de viser ce chantier qui devrait être inauguré en grande pompe en mai prochain, pour montrer que les monstres du BTP ne sont en rien intouchables. Nous avons apprécié introduire des produits abrasifs dans tous les réservoirs d’huile et de carburant des machines présentes sur la zone. »

Plusieurs revendications

Cet acte n’est qu’un « épiphénomène », selon l’agglomération d’Agen qui supervise le chantier. L’entreprise en charge de ce dernier, NGE, n’a pas été impactée par les revendications. Le groupe s’inscrit dans des revendications plus larges et dénonce des chantiers tels que l’A69 ou la LGV qui se construit dans le Sud-Ouest (Bordeaux-Toulouse/Bordeaux-Dax).

Pour eux : « cet enjambement de la Garonne, est le prémisse de la route qui desservira la prochaine « Gare d’Agen » construite essentiellement pour accueillir la LGV. » Des travaux causants, toujours selon le GIEC,  » 4800 hectares de terres artificialisées, 14 milliards de dépenses a minima, des dizaines de maisons expropriées puis détruites. »

 

Oissel (Seine-Maritime) : et dix évadés du centre de rétention !

Publié le 2024-04-09 18:50:03

Seine-Maritime : dix migrants s’échappent d’un centre de rétention à Oissel, sept sont toujours en fuite
France info/France 3, 9 avril 2024

Dix migrants se sont échappés dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 avril du Centre de rétention administrative (CRA) d’Oissel, en Seine-Maritime. Ces dix migrants sont passés par la cour de promenade du centre, selon une source policière. Ils ont utilisé des draps tendus entre les grilles des fenêtres afin de pouvoir escalader les murs. « Ils ont ensuite crevé le filet de protection et ont pris la fuite », poursuit cette source.

Sur les dix évadés, trois ont été interpellés peu de temps après dans l’enceinte de l’école de police et sont été placés en garde à vue. Les sept autres sont recherchés sur l’ensemble du territoire national, indique la préfecture de Seine-Maritime. Leur signalement a été diffusé à l’ensemble des effectifs de police et de gendarmerie.

Ce n’est pas la première fois que des retenus s’évadent du Centre de rétention administratif (CRA) de Oissel, près de Rouen. En mars 2023, ce sont 16 personnes qui s’étaient échappées du CRA et en octobre 2022, neuf retenus s’étaient évaporés dans la nature.

Prison de Dresde (Allemagne) : Pendant des semaines, Maja a subi une restriction massive de ses contacts et parloirs

Publié le 2024-04-09 19:20:07

Budapest Antifascist Solidarity Commitee / jeudi 4 avril 2024

Après plusieurs semaines d’isolement, imposées à Maja par la direction de la prison de Dresde de début janvier à fin février 2024, à partir de début mars ses parloirs et ses contacts avec l’extérieur ont été massivement restreintes. La raison de cela est probablement le transfert de la procédure du parquet de Dresde (GenStA) au parquet fédéral (BAW), annoncé le 1er mars.

Lors de la dernière visite faite à Maja, à la prison de Dresde, par un ami et soutien, le 13 mars 2024, Maja nous a informé qu’elle/il ne recevait plus de courrier depuis une semaine et demie. Avec la procédure judiciaire, le contrôle de son courrier a également été transféré à la BAW, ce qui pourrait être la raison de ce retard. À l’heure actuelle, le 2 avril 2024, nous ne pouvons pas dire si et depuis quand Maja reçoit à nouveau du courrier, car nous n’avons pas eu de contacts avec il/elle depuis.

En ce qui concerne les parloirs, ils n’ont pas pu avoir lieu, car Maja a été transporté.e à Karsruhe à la Cour fédérale de justice (BGH), pour une audience de validation de sa détention. On nous a dit que les autorisations de visite qui avaient été délivrées par la GenStA restaient valables. Par exemple, la visite du 13 mars 2024 a pu avoir lieu avec une autorisation de la GenStA. Mais cette règle transitoires n’est plus valable. Ce n’est que peu de temps avant Pâques, fin mars 2024, que la BAW a délivré les premières autorisations de visite. Pour cette raison, pendant trois semaines aucun parloir n’a pu avoir lieu. Nous espérons qu’un parloir sera réalisé dans la première semaine d’avril.

Nous considérons qu’il est absurde que Maja n’ait pas pu recevoir de courrier ni avoir des parloirs pendant des semaines, à cause de raisons bureaucratiques, et qu’elle/il ait donc été complètement coupé.e de sa famille, ses ami.s et soutiens. Nous n’accepterons pas l’isolement de Maja ou d’autres prisonnier.es, que ce soit des autres détenu.es ou de nous dehors !

Ajout :
Aujourd’hui, 3 avril 2024, après trois semaines, un parloir a enfin pu avoir lieu.

ONE DAY THEY WILL ALL BE FREED Police Horse Temporarily Freed From Confinement – Atlanta, GA

Publié le 2024-04-09 19:25:03

Last month, a small team temporarily released a mounted patrol horse from the Atlanta Police Foundation/Atlanta Police Department stable. It was quick and easy to complete using simple ingredients: carrots, apples, food, and wire fence cutters. During this action and subsequent coverage, we learned that APD falsely claimed 24-hour surveillance and patrols around its facilities. Furthermore, APD insists on linking every anti-police action to their ill-conceived cop city project, instead of recognizing that some of us just want to see them shamed because they are an army of occupying clowns. We encourage readers in Atlanta and elsewhere to identify where police resources are concentrated in their own communities and to combat them in similar experimental ways after observation of surveillance flaws. Also, we recommend that you look into the history of Atlanta Mounted Patrol and other animals used as police weapons.

Found On Scenes From The Atlanta Forest

Rassemblement de soutien aux 17 personnes arrêtées par la police anti-terroriste à Rouen suite à la campagne nationale d'actions contre le monde du béton

Publié le 2024-04-09 21:30:09
Contre un État qui ne résoudra jamais la crise climatique, et sa violence que la force ne saurait aujourd’hui renverser, que reste-il aux écologistes ? L’anarchisme, historique et présent, plein d’idées pour un autre futur.

Le chiffre du jour : un milliard d’euros

Publié le 2024-04-11 06:25:04

Après plus de huit mois de travail, la commission des lois du Sénat chargée de l’enquête sur les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, à l’été 2023, a rendu public son rapport mardi 9 avril.

Entre le 27 juin et le 7 juillet, « une vague de pillages et de violences sans précédent » a eu lieu en France, a souligné le rapporteur de la commission. De tels actes ont été recensés dans 672 communes, situées dans 95 des 101 départements français, soit deux fois plus de communes réparties sur quatre fois plus de départements que lors des émeutes urbaines de 2005. La commission a également noté que 684 élus et personnes chargées d’une mission de service public ont été touchés par « une vague d’agressions et d’attaques directes ». Sur le volet matériel, plus de 2500 bâtiments ont été incendiés ou dégradés, parmi lesquels de nombreux bâtiments publics (dont 273 bâtiments des forces de l’ordre, 105 mairies et 243 écoles) et des commerces « vandalisés ou pillés » (autour de 1500, dont 370 agences bancaires). De nombreux véhicules de police ou de gendarmerie font en outre partie des 12031 véhicules incendiés.

En onze jours d’émeutes, 16 400 sinistres ont été déclarés aux assureurs pour un montant de 793 millions d’euros, selon le bilan dressé par la mission d’information. Ce montant ne représente qu’une part des dommages aux biens et il est pourtant déjà « quatre fois supérieur à celui des émeutes de 2005 », a précisé M. Buffet, rapporteur de la commission, ajoutant que le  total des dommages s’élève à 1 milliard d’euros.

Au total, face à 45 000 membres des forces de l’ordre mobilisés, près de 50 000 émeutiers ont été dénombrés par le Sénat. Parmi les 3 500 personnes interpellées au 4 juillet 2023, figurent un tiers de mineurs et 60 % de primo-délinquants. 4 282 personnes ont été placées en garde à vue du 27 juin au 10 juillet 2023.

(Le Monde & France info, 10 avril 2024. Le rapport du Sénat se trouve ici : https://www.senat.fr/notice-rapport/2023/r23-521-notice.html)

Atlanta (USA) : Un jour, ils seront tous libérés

Publié le 2024-04-11 09:35:04

Scenes from the Atlanta Forest / samedi 6 avril 2024

Le mois dernier, une petite équipe a temporairement libéré de l’écurie de l’Atlanta Police Foundation/Atlanta Police Department un cheval de la police montée. Cela a été rapide et facile à accomplir, en utilisant des ingrédients simples : des carottes, des pommes, de la nourriture et des pinces coupantes.

Pendant l’action, et par la couverture médiatique qui a suivi, nous avons appris que l’APD a déclaré, faussement, qu’il y a une surveillance 24 heures sur 24 et des patrouilles autour de ses installations. De plus, l’APD insiste pour relier chaque action contre la police à son projet mal conçu de Cop City, au lieu de reconnaître que certain.es d’entre nous veulent simplement les voir avoir honte, parce qu’ils sont une armée d’occupation composée de clowns.
Nous encourageons les personnes qui lisent, à Atlanta et ailleurs, à identifier les endroits où les ressources policières sont concentrées, dans leurs propres communautés, et à les combattre de manière similaire, en expérimentant, après avoir observé les failles de la surveillance. Aussi, nous vous recommandons d’étudier l’histoire de la Police montée d’Atlanta et des autres animaux utilisés comme des armes par la police.

Cornebarrieu (Haute-Garonne) : feu au centre de rétention et triple évasion [MàJ]

Publié le 2024-04-11 09:40:04

Évasion d’au moins un étranger du centre de rétention
de Cornebarrieu après un incendie

France3/La Dépêche, 9 avril 2024

Un feu a éclaté dans la nuit, vers 4 heures, au centre de rétention administratif de Cornebarrieu, au bout des pistes de l’aéroport de Blagnac, près de Toulouse, causant d’importants dégâts et entraînant l’évasion de plusieurs détenus. L’incendie a été déclenché par un feu de matelas et de vêtements.

Selon les premières informations, il n’y aurait pas de blessé grave mais en revanche au moins trois individus auraient tenté de profiter de l’incident pour s’échapper. Le procureur de Toulouse Samuel Vuelta-Simon nous a confirmé ces évadés « mais deux personnes ont depuis été arrêtées. Un troisième reste en fuite ».

Au départ, à cause des dégâts causés par l’incendie, des transferts d’un certain nombre de personnes en rétention étaient envisagés vers d’autres centres du grand sud de la France. Cette éventualité n’a pas été confirmée ce matin.


L’évadé du centre de rétention de Cornebarrieu arrêté à… Marseille
La dépêche, 9 avril 2024

Un incendie parti d’un matelas a provoqué de gros dégagements de fumée dans la nuit de lundi à mardi, vers 4 heures, au centre de rétention de Cornebarrieu (Haute-Garonne) près de Toulouse. L’intervention des pompiers a permis de stopper la progression du sinistre. Les personnes en rétention avaient été mises en sécurité par les policiers aux frontières qui gèrent le centre de rétention.

Profitant du désordre, trois individus ont tenté de s’évader. Deux d’entre eux ont été rapidement interpellés et replacés en rétention Une troisième restait introuvable.

Selon nos informations, il vient d’être interpellé très loin de Toulouse, à Marseille à la gare Saint-Charles. Il a été pris lors d’un contrôle à la descente du train, moyen qu’il avait utilisé pour quitter l’agglomération toulousaine. Il a été placé en garde à vue. Il devrait être rapidement transféré vers Toulouse pour répondre de cette évasion. L’enquête devra dire si cet homme se trouve, également, à l’origine de l’incendie.

RE/MAX office vandalized – Brooklyn, NY

Publié le 2024-04-11 14:30:06

Pro-Palestine anarchists target RE/MAX office in Park Slope, Brooklyn to commemorate Land Day, covering the facade in blood red paint and spray painting "GTFO West Bank," "Land Back," and "Condemn RE/MAX Israel" on the sidewalk and jamming the locks shut.Per communique:Early in the morning on Wednesday, March 27, pro-Palestine anarchists struck a RE/MAX office in Park Slope to commemorate Palestine Land Day, a day to resist against land theft and settler colonial policies. They covered the facade in red paint to show the blood on the company's hands, sprayed the security cameras and jammed the locks to ensure that the office will not go on with business as usual.The real estate company RE/MAX was founded in the US, an empire predicated on settler-colonial land theft, and since 1995, the company has operated a franchise in "israel"For over 10 years, RE/MAX israel has been selling homes to colonizers in israeli settlements in the West Bank and East Jerusalem, including Ariel, Ma'aleh Adumim, and Givat Ze'ev, generating millions of dollars in profits. The facilitation and profiting off of the displacement of Indigenous Palestinians by the israeli branch directly benefits RE/MAX LLC.Here in the "US", RE/MAX also engages in displacement and gentrification, by inflating the cost of housing and property taxes in BIPOC and working class communities. RE/MAX and other complicit real estate agencies will continue to be targeted until they stop selling stolen land to settlers.

Submitted Anonymously Found On Instagram

OMNY machines smashed, cameras and card readers disabled at midtown Manhattan station – NYC, NY

Publié le 2024-04-11 14:35:04

OMNY readers were smashed & cameras sabotaged at a midtown Manhattan subway station in protest against the surge of NYPD & National Guard in the subways & MTA's use of surveillance tech on New Yorkers."Fuck your $2.90!" a statement from the anonymous assailants reads. Full communique:OMNY MACHINES SMASHED, CAMERAS AND CARD READERS DISABLED AT MIDTOWN MANHATTAN STATIONWe struck at the heart of midtown Manhattan where the State tries so hard to maintain their illusion of fascist control. We broke your pitiful OMNY machines, disabled your cameras, and glued your card readers right under Eric Adam's and Kathy Hochul's noses. We did our own subway maintenance with hammers, a little spray paint, and some super glue. Evade! Beat the fare! Fuck your $2.90!We reject the National Guard deployed in our city and subways. We reject the surge of NYPD in our subways and anywhere. We reject the State's tax on free movement and fare enforcement that disproportionately targets Black and Brown communities. We reject the State's fascist surveillance through OMNY and any new technology used to control the People.Fuck the Empire, Free Palestine! The same military, police, and surveillance tech they test out through genocide in Palestine they will also bring here to track, oppress, and lock us up.Borders are fake, and so are turnstiles. Join us in striking them down!

Anonymous Submission
Found On Instagram

Attack on West Side REMAX Offices – Olympia, WA

Publié le 2024-04-11 14:45:06

On the night of March 15th under the cover of darkness and the loving gaze of the moon and stars, a group of anarchists gathered to attack one of the many manifestations of our enemies – police, property, genocide and apartheid states. We discussed various possible targets – settling on the west side offices for REMAX at 211 Kenyon St – talked dispersal routes and other such things, shared party favors, donned the black masks and headed off.

We walked confidently and quietly to the target, foraging for rocks on the way – though still we found our selves wishing we had even more rocks to spare. Upon arrival to the target we split into two groups to get the front and back of the building and let loose with a barrage of rocks and hammers. The beautiful sound of spray paint and shattering glass filled the air for about 30 seconds before we gathered up everyone and ran off giggling into the night. As of the time of writing there were no arrests.

REMAX was chosen as a target for their buying and selling of property in recently colonized Palestinian territories as part of the ongoing ethnic cleansing of the Palestinian people by the Israeli settler state.[1] When the IDF kills, REMAX profits.

Along with this, as anarchists we reject the regime of property and all those who take part in and profit off of it – the cutting up and parceling out of the earth to enclose more and more of the common inheritance of all living creatures. This beast which defines the entirety of our lives and our limits, to which we must sell away our time to appease, was brought forth by fraud and blood and is still enforced by fraud and blood. All law is pageantry to cover up the truth that to enforce property others must be forcibly dispossessed by the guns of the police and military and such a beast can in turn only be brought down by force alone.

It was easy and fun. It feels good to attack the physical manifestations of our shared domination. It feels even better to attack together. If you're reading this don't be a spectator, pick a target and strike.

DEATH TO THE BEAST OF PROPERTY AND THOSE WHO DEFEND ITS REIGN OF BLOOD AND TERROR

FREEDOM THE TO PALESTINIAN PEOPLE, MAY THEIR STRUGGLE FOR LIBERATION BRING RUIN TO THE ISRAELI STATE

LONG LIVE ANARCHY AND ITS INDIVIDUAL COMBATANTS
[1] https://theintercept.com/2016/02/11/why-is-remax-selling-properties-in-illegal-israeli-settlements/

Found on Puget Sound Anarchists

Valence (Drôme) : défoncer les yeux de l’État

Publié le 2024-04-13 05:05:04

Il monte sur une échelle et dégrade une caméra de vidéoprotection
La Dépêche, 12 avril 2024

Jeudi 11 avril, vers 22 heures, un individu encagoulé a déplié une échelle télescopique pour atteindre la caméra de vidéoprotection installée sur la place centrale du quartier de Valensolles, à Valence.

Il a dégradé l’appareil et a pris la fuite avant l’arrivée des policiers. L’échelle a été abandonnée sur place. Une enquête est en cours.

Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) : la fibre optique fond à vue d’oeil

Publié le 2024-04-13 05:10:06

Quatrième « armoire à fibre » incendiée en un an dans cette ville
La gazette Val d’Oise, 11 avril 2024 (extrait)

Une nouvelle armoire à fibre Internet, appelée « point de mutualisation » (Pm) dans le jargon des techniciens, a été incendiée dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 avril 2024, au croisement des rues Pierre-Le-Guen et du Chemin-Vert, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Il s’agit au moins du quatrième pm incendiée en 12 mois, dans la capitale de la batellerie, où le taux d’incidents est six fois supérieur à la moyenne nationale.

Une plainte pour incendie volontaire a été déposée par Sfr-XpFibre, l’opérateur missionné par l’État pour installer la fibre optique. Les travaux de remise en service devraient durent environ deux semaines.

Compte rendu d'un procès Kasbarian en IDF

Publié le 2024-04-13 05:15:05

Le 23 février dernier, 4 copaines sont passé.es en procès à Bobigny pour les nouveaux délits créés par la loi Kasbarian. Ça fait suite à une des premières expulsions en Île-de-france sous prétexte de cette nouvelle loi passée fin juillet 2023. Elle a eu lieu aux Lilas (93), en octobre, 4 jours après la visibilisation d’un squat d’un bâtiment de l’EPFIF (l’établissement public foncier d’île de france).



Le 23 février dernier, 4 potes sont passé.es en procès à Bobigny pour les nouveaux délits créés par la loi Kasbarian. Ça fait suite à une des premières expulsions en Île-de-france sous prétexte de cette nouvelle loi passée fin juillet 2023. Elle a eu lieu aux Lilas, en octobre, 4 jours après la visibilisation d’un squat d’un bâtiment de l’EPFIF (l’établissement public foncier d’île de france). Pour plus d’infos sur son expulsion :

Vu qu’on pense que la manière de s’en sortir le mieux possible, collectivement, face à cette nouvelle loi, c’est de partager et de diffuser nos expériences et nos stratégies de défense, on propose un compte-rendu qu’on espère clair et détaillé de ce procès et des moyens utilisés pour éviter une condamnation (spoiler : ça a pas marché), mais du coup, ça va être un peu long.

Les copaines passaient en procès pour 4 délits :

Iels avaient été arrêté.es à 6h30 du mat par un escadron de gendarmerie mobile 4 jours après la visibilisation du squat. Les keufs ont perquisitionné le bâtiment pour interpeller les personnes présentes et faire cesser les délits d’introduction et de maintien, et, à la fin de la perquis, iels ont « rendu les clés au légitime propriétaire du bâtiment ». Après les gardes-à-vue, iels ont étés déferré.es et placé.es sous contrôle judiciaire leur interdisant de se rendre dans le bâtiment en question avant leur procès.

Les nullités

Les avocates ont soulevé pas mal de nullités (une nullité, c’est si jamais les keufs ont pas fait leur travail conformément à la loi) concernant la procédure.

La première concerne les interpellations des 4 potes. Les avocates estiment que les keufs avaient pas suffisamment d’éléments matériels indiquant que les personnes interpellées avaient commis des délits et donc que les condés n’auraient pas dû les interpeller. Entre la visibilisation, pendant laquelle les keufs sont passés, et le jour de la perquisition, il y a eu 4 jours pendant lesquels les keufs auraient dû faire des vérifications pour permettre de vraiment caractériser le délit, ce qu’ils n’ont pas fait. Pour le délit d’introduction dans un local à usage… les avocates considèrent que le bâtiment doit avoir un usage dans son sens le plus strict, c’est-à-dire qu’il soit véritablement utilisé. Avec cet argument, certains squats qui ont fait l’objet d’arrêtés d’expulsion pour la loi DALO (qui vise les bâtiments à usage d’habitation) ont pu faire annuler l’arrêté devant des tribunaux administratifs au prétexte que le bâtiment n’était pas utilisé. Dans notre affaire, les keufs ont étés mis au courant par l’epfif que le bâtiment allait être démoli et auraient donc dû juger que le bât n’avait pas d’usage et qu’il ne fallait donc pas faire de perquisition. En plus dans les dépositions du proprio et les PV des keufs ils parlent d’entrepôt "désaffecté" et de local "vacant".

Sur les interpellations, une deuxième nullité est soulevée car une des personnes est arrêtée dans les parties communes d’un bâtiment voisin du bâtiment squatté. Dans les PV, les flics disent qu’ils suivent une personne qui fuit par les toits, puis ils remontent sa trace jusqu’à l’immeuble voisin où ils l’interpellent dans la pénombre sans qu’ils ne montrent un lien sérieux entre cette personnes et la personne en fuite du squat (aucun élément d’identification).

Les avocates ont soulevé une autre nullité, celle du détournement de procédure (= usage d’une procédure judiciaire pour faire des trucs qu’elle est pas censée faire en théorie) : les keufs auraient profité de la nouvelle loi kasbarian pour expulser des squatteur.euses hors des procédures judiciaires habituelles (juge des contentieux et de la protection). C’est pour ça qu’ils seraient intervenus et auraient fait toute cette procédure. C’est plus simple pour elleux de perquisitionner dans la semaine de la visibilisation et de rendre les clés au proprio que de laisser une procédure se dérouler. En plus, les avocates ont rappelé qu’expulser un domicile sans le très officiel commandement de quitter les lieux est un délit (article 226 du code pénal). Les avocates ont souligné devant le juge que les keufs avaient largement dépassé les prérogatives. Les keufs ont remis les clés du bât à "son légitime proprio" en violation de la présomption d’innocence. Cette nullité pour détournement de procédure devait selon les avocates annuler la perquis et les gav et la suite.

Ensuite, il y a aussi eu des nullités sur les prises d’empreintes de force (les avocates ont dit que l’État français récoltait systématiquement les empreintes des personnes gardées à vue, ce qui serait contraire à la loi européenne). Et pour finir des nullités sur les condition dégradantes de la GAV notamment pour une personne trans qui s’est faite mégenrer, insulter, fouiller à nu... durant la GAV.

Les réponses de la proc sur les nullités
La procureure de la République donne son avis sur les nullités. Selon elle, l’argument sur l’usage des bâtiments marche pas, car l’epfif explique dans une pièce du dossier que l’objectif est d’y construire des logements sociaux. Il y a selon elle bien un usage au bât, même s’il n’est pas occupé. Y’a pas besoin d’occupation effective pour considérer que y’a introduction dans un local à usage... La proc se perd ensuite, commence à confondre violation de domicile et les nouveaux délits de la loi kasbarian.

Sur la nullité de la personne retrouvée dans l’immeuble voisin, elle explique que selon elle les keufs expliquent suffisamment bien comment cette personne a été retrouvée.

Sur le détournement de procédure, la proc explique que les juges des contentieux et de la protection sont débordés, que les procédures pour occupation sans droit ni titre sont de ce fait longues, etc, etc. Elle affirme que la loi kasbarian est passée, qu’on soit d’accord ou pas avec elle, pour rendre plus faciles et systématiques les expulsions de squats et rendre les bâtiments à leurs propriétaires.

Les réquisitions

Après un bref résumé de l’affaire fait par le juge, la proc fait ses réquisitions. C’était vraiment pas ouf, pas très préparé, et elle s’est pas mal emmêlée les pinceaux. Pour elle l’introduction dans un local... et le maintien à la suite d’une introduction... sont caractérisés parce que le bâtiment a bien un usage. Pour elle, les personnes sont rentrées par voie de fait, mais elle ne dit pas laquelle.
Pour la dégradation de la porte qui est reprochée aux copaines, elle est bien matérialisée mais rien ne montre que ce sont les 4 personnes en procès qui ont dégradé la porte : ce délit serait caractérisé, mais non imputable aux accusé.es. Elle demande donc la relaxe sur la dégradation en réunion. En plus, les keufs disent avoir défoncé la porte pendant la perquisition, donc on sait même pas si c’est les squatteureuses qui l’ont dégradée.
Le reste serait bien constitué.
Ensuite, elle fait un move plutôt surprenant : elle considère que vu que c’est une action militante, que les copaines en procès sont jeunes et ont pas ou peu de casier, que les keufs ont fait cesser l’infraction, que le trouble causé a cessé et que le proprio demande pas de réparation, elle requiert une dispense de peine (ça veut dire que la justice te considère comme coupable, mais te donne pas de peine).

Les plaidoiries

Les avocates ont plaidé la relaxe pour tous les délits.
Elles ont commencé par soulever l’imprécision des préventions, c’est-à-dire la manière dont sont détaillés les délits pour lesquels les copaines étaient jugées. Par exemple, les copaines sont convoquées pour des faits de dégradations en réunion ayant eu lieu le jour de la perquisition. Mais ça a pas trop de sens : les gens auraient dégradé la porte d’entrée (pour s’introduire dans le bâtiment 4 jours après la visibilisation ? Par contre, la porte a bien été défoncée par les keufs le jour de la perquisition). Pour l’introduction dans un local à usage…, il est écrit sur les convocs : introduction dans un local à usage d’habitation…, en l’espèce, le pavillon de l’epfif. Alors que (1) c’est pas un pavillon, c’est un entrepôt (2) qu’à la place de ça, le "en l’espèce" aurait dû préciser quel était l’usage du bâtiment et quelle était la voie de fait.
Sur les dégradations, les avocates soulignent qu’en effet la procédure ne montre pas du tout que les personnes en procès sont celles qui ont dégradé la porte. Mais c’est pas tout : la plainte de l’epfif qui parle des dégradations explique que la porte est dégradée, la serrure aurait été enlevée ; les keufs expliquent pourtant avoir testé la clé du proprio dans la serrure le matin de la perquisition, et que celle-ci a pas marché. Y’avait donc bien une serrure. Pour dire ça judiciairement : la dégradation n’est donc pas caractérisée matériellement en plus de ne pas être imputable aux copaines en procès.
Sur l’introduction dans un local à usage…, les manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte qui auraient été utilisées ne sont jamais caractérisées clairement dans le dossier. Y’a aucune trace de menace dans le dossier, aucune trace de contrainte non plus. La voie de fait, dans le dossier, ça pourrait être cette histoire de l’epfif qui explique que les squatteureuses sont entrées à 15h en forçant une fenêtre du 1er étage avec une échelle. Et l’epfif joint une photo sur laquelle on voit une fenêtre avec soi disant des traces de pesée. La photo est pas très nette, elle est prise de loin, diffusée en noir et blanc, montrant seulement la façade du bâtiment avec une fenêtre ouverte, y’a pas de traces de pesée. Pareil que pour les dégradations, dans le dossier, rien ne dit que c’est les personnes en procès là qui se sont introduites dans le bâtiment. En plus de ça, ce bâtiment n’a pas d’usage, c’est clair, il sert à rien, c’est un entrepôt inoccupé, l’epfif compte le détruire. Y’a donc aucun élément matériel sur l’introduction dans un local… Et tout ça alors que Michel Sapin, en 1991, lors de la réforme du Code des procédures civiles d’exécution, a bien expliqué que la voie de fait est un élément d’effraction imputable à la personne dont l’expulsion est demandée. Et là, y’a aucune dégradation de caractérisée.

Sur le maintien après introduction… vu que y’a pas eu d’introduction à l’aide de voie de fait machin truc, y’a pas de maintien après introduction par voie de fait machin truc (on commence à s’y perdre). En plus de cela, l’intentionnalité n’est pas caractérisée : on ne sait pas si les personnes savaient quelque chose sur l’usage du bât, ni même si les gens qui se sont introduits dans le bâtiment au départ avaient commis une voie de fait. Personne demande en allant dormir dans un endroit si cet endroit a été ouvert par voie de fait manœuvre contrainte ou menace. Et aussi le délit de maintien après introduction… punit bien le maintien et pas la présence – nuance : en gros l’argument c’est que dans le dossier rien ne montre que les personnes étaient présentes dans le bât à un autre moment que pendant la perquis. Bon c’était pas cet argument qui allait convaincre un juge (spoiler : ça a pas convaincu de juge).

Le délibéré

Le problème, c’est qu’on a eu le délibéré, et le juge a décidé d’ignorer complètement l’entièreté des arguments soulevés, que ce soit par les avocates ou par la proc. Il a aussi décidé qu’avoir des raisonnements logiques c’était pas une obligation. Il a aussi décidé de rejeter toutes les nullités, en justifiant pas trop (ou assez mal) ses décisions. Faut dire qu’on a pas encore le jugement dans sa version entière, il s’agit d’une motivation partielle du rendu.

Par exemple, il ne justifie pas que la dégradation est imputable aux accusé-es et indique même (cerise sur le gâteau !!) que selon lui ça n’a pas de sens quela proc demande la relaxe là-dessus tout en défendant le bien-fondé de la prise d’empreintes de force. En effet, la dégradation en réunion est le seul délit pouvant justifier ce procédé, car la prise d’empreintes forcée ne peut s’effectuer que sur des personnes suspectées d’avoir commis un délit puni d’au moins 3 ans d’emprisonnement. Accrochez-vous bien, plutôt que de considérer que le manque d’arguments allant en faveur d’une dégradation commise par les 4 prévenu-es invalidait la prise d’empreintes forcées, le juge considère plutôt que le fait que les keufs se soient jetés sur eux pour les contraindre à exposer leurs paluches rend les 4 coupables de la dégradation qu’on leur reproche. (Ce n’est pas le seul argument mobilisé, mais on a quand-même dû s’asseoir à la lecture du jugement tellement c’est absurde.)

Le juge a donc mis plus que ce que demandait la proc : 105 heures de TIG par personne ou 4 mois de prison ferme au choix. Il en a profité pour étaler gratuitement sa transphobie par la même occasion. Au moment du passage de la loi kasbarian, on a pu ironiser en disant qu’au moins on allait tou.s.tes être logé.es par l’État, eh bah en fait la 16e chambre correctionnelle de Bobigny veut en faire une réalité.

Les copaines ont bien sûr fait appel à la fois pour ne pas être condamné.es et pour faire sauter cette décision pour les autres, car sinon ça risquait de faire jurisprudence et mettre dans la merde celleux qui squattent par nécessité ou par choix, mais ça va pas arriver tout de suite. On vous tient au courant !

On vous met aussi une version raccourcie et anonymisée du dossier. On a gardé que les parties les plus importantes et supprimé toute la paperasse administrative : les avis à magistrats pendant les gardes-à-vue, les notifications de garde-à-vue, les réquisitions aux médecins, les pv de prolongation de gav, les autorisations des empreintes de force, la plupart des auditions (dans lesquelles les copaines n’ont rien déclaré).



Notes

Contre la construction d’un CRA à Nantes

Publié le 2024-04-13T13:40:30+02:00

Contre la construction d’un CRA à Nantes

Qu’est ce qu’un CRA ?

CRA veut dire Centre de Rétention Administrative, pour ne pas dire prison pour étranger·es. Pourtant, c’est bien de ça dont il s’agit : suite à un contrôle de police ou à la fin d’une peine de prison, les étranger·es qui n’ont pas de titre de séjour y sont enfermé·es.

Être enfermé·e en CRA, c’est se retrouver coupé·e de ses proches et être à la merci des flics de la police aux frontières (autrement dit pour la grande majorité des fachos qui ont trouvé un travail aussi merdique que leur idéologie) dans l’idée d’être expulsé·e vers son pays d’origine ; c’est aussi pouvoir être condamné·e à de la « prison pour tout·es » en cas de refus d’expulsion ou de révolte. Les conditions de (sur)vie sont dénoncées par tout·es les prisonnier·es qui y croupissent.

Être expulsé·e signifie se faire déporter dans un pays qu’on a décidé de quitter alors que les conditions de départ sont extrêmes, en partie à cause de l’impérialisme et des politiques européennes meurtrières aux frontières : quitter son pays d’origine et ses proches, fuir des persécutions ou chercher une vie plus digne est une décision difficile que personne d’autre ne saurait juger. Nous pensons que cette décision ne devrait jamais être remise en cause par quelque autorité que ce soit, voire qu’elle devrait forcer le respect dans tous les cas.

Un CRA à Nantes (avec 140 places prévues !) resserrerait le maillage carcéral à l’échelle nationale et renforce la menace d’enfermement pour toute personne sans-papier dans la métropole et sa région. Cela va donc intensifier la chasse aux sans-papiers dans cette ville déjà bien trop policée : pour chacun·e, c’est risquer d’être arraché·e à son quotidien au détour d’une rue ou au travail et d’être déstabilisé·e dans l’équilibre souvent précaire que représente l’installation dans un nouvel endroit.

Pour l’instant, l’enfermement en CRA reste difficile à appliquer puisqu’il faut emmener les sans-papier à Rennes (CRA le plus proche). Avec ce projet de CRA, 140 personnes supplémentaires subiront chaque jour l’horreur carcérale à Nantes, sous le regard approbateur du fascisme qui monte !

Pourquoi l’État enferme les étranger·es en CRA ?

Selon l’État, l’enfermement en CRA est justifié pour faciliter les procédures d’expulsion. Pour cela, il ne ménage pas ses efforts. En théorie, cet emprisonnement doit durer le temps de trouver le moyen de les expulser – jusqu’à 90 jours. En pratique, c’est bien plus compliqué : les gens enfermés ne sont pas tout·es expulsables, certain·es ont une demande de titre de séjour en cours ou des enfants en fRance par exemple, ce qui rend leur expulsion illégale. Ça ne les empêchent pas d’y rester des semaines sinon des mois, voire d’être expulsé·es malgré tout, les pratiques arbitraires remplaçant parfois le droit quant à une éventuelle libération.

Alors pourquoi les enfermer ?  Bien sûr, il serait facile de dire que c’est par pure méchanceté ou par manque de considération pour la vie humaine, mais quelque part, on est convaincu·e que ce n’est pas suffisant et qu’à l’échelle d’un État, les décisions se prennent par intérêt.

L’État construit tout un système pour créer une population qui a moins de droits que les autres, en coinçant de nombreuses personnes en situation irrégulière. Ces personnes n’ont pas le droit de travailler ni de louer un logement. Elles sont condamnées à accepter n’importe quel travail illégal à n’importe quelles conditions pour un salaire deux ou trois fois plus faible que le salaire légal. Si l’État enferme des étranger·es, c’est sans doute pour qu’une menace plane sur toustes les autres. Ça permet aussi d’exercer un contrôle plus important sur celles et ceux qui pourraient avoir l’idée de se révolter et de réclamer des droits égaux aux français·es.

Pire qu’une menace, les CRA sont aussi une humiliation : leur simple existence attaque la fierté et la dignité de toutes celles et ceux qui ne sont pas reconnu·es par l’État. C’est le rappel perpétuel que nos vies ne valent pas grand-chose si l’État a décidé de ne pas nous donner les papiers nous permettant une existence légale.

Cela s’inscrit dans une longue histoire où la bourgeoisie – la classe au pouvoir et qui détient l’argent – cherche à dominer les autres pour profiter d’elleux. Pour les exploiter, elle les a divisé·es en catégories. Les riches ont inventé les races pour inférioriser des populations entières et ainsi justifier l’esclavage. Après la période de la traite atlantique (qui a permis à de nombreuses familles nantaises d’accumuler de grosses fortunes), d’autres périodes d’exploitation coloniale ont suivi. La France a administré d’autres pays pour en piller les richesses et a forcé des gens à y venir lorsqu’il y avait besoin de plus de travailleur·euses.

Aujourd’hui, les étranger·es non-blanc·hes restent une catégorie qui est gérée comme un troupeau, mis·e au travail, expulsé·e ou enfermé·e selon les besoins. Alors que les français·es voyagent partout dans le monde, la France se prétend menacée par le fait que des gens viennent y vivre. Ce qu’on voudrait, nous, c’est que tout le monde puisse avoir les mêmes droits, que tout le monde puisse avoir accès à un logement et puisse être le mieux protégé possible contre l’exploitation.

La construction d’un CRA pour flatter les idées réactionnaires

Aujourd’hui, le capitalisme nous impose l’inflation, l’augmentation de la durée de cotisation retraite et bien d’autres maux. Dans ce contexte, désigner les personnes immigrées comme une menace venant perturber l’équilibre de la nation, s’inscrit dans une logique fasciste. En effet, il est primordial pour les classes dirigeantes de trouver un bouc-émissaire à accuser (d’autant plus, s’il n’a pas les moyens de se défendre médiatiquement) pour masquer les violences de classe dont elles sont responsables.

Fin 2022, après de nombreuses polémiques sur les questions d’une soi-disant insécurité à Nantes, G. Darmanin, ministre de l’intérieur rencontre J. Rolland, maire de Nantes. Ensemble iels établissent une liste de mesures à prendre afin de rétablir la sécurité dans la métropole. C’est dans ce cadre que le ministère a annoncé la construction imminente d’un CRA à Nantes. Nous y voyons le marqueur d’une époque qui se fascise.

« Les CRA sont des prisons ! »

En tant que groupe qui milite contre toutes les prisons, nous n’avons de cesse de l’affirmer. Quand les prisons servent à réprimer par l’enfermement celles et ceux qui ne se plient pas aux règles du système économique et social, alors les CRA servent à réprimer par l’enfermement celles et ceux qui bravent les règles du système frontières.

Si détruire toutes les prisons et abolir le système capitaliste ne nous parait pas une mince affaire (et peut être même que ce n’est pas pour demain), empêcher la construction d’un CRA est réalisable. Ce serait déjà un édifice de moins à leur système carcéral qui nourrit toutes ces injustices et nous pourrit la vie.

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Des Tags dans le métro contre les Jeux Olympiques!

Publié le 2024-04-13T17:26:55+02:00

Les Jeux Olympiques 2024 c’est maintenant dans moins de 100 jours mais pour certain.es les JO du Zbeul ont déjà commencé apparemment.

Alors que la communication pour nous vendre leur grande fête nationaliste s’intensifie et qu’une pluie de publicités dégueulasses s’entassent devant nos yeux tous les jours quand on prend le métro ou en se baladant dans la rue, que les goodies à acheter s’étalent dans les magasins sponsors ou pas des JO (La Pote, Décathlon, la Grande Récré, etc…); on voit ausi fleurir un peu partout des messages appelant à zbeuler les JO!

Dans l’est parisien, en prenant la ligne 3, on a pu voir ces beaux messages anti-Jo égayer notre trajet!

« A vos tags, prêt, feu, partez!!  »

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Výronas (Grèce) : Revendication de l’attaque incendiaire de la maison de Theodoros Foukas, syndicaliste de la police

Publié le 2024-04-14 08:10:08

Act for Freedom Now! / dimanche 7 avril 2024

Les Cellules d’action directe revendiquent l’attaque incendiaire contre la maison du fonctionnaire du syndicat de la police Theodoros Foukas, dans la ville de Výronas [dans la banlieue sud-est d’Athènes ; NdAtt.], aux premières heures du 1er mars. Depuis trois ans, à travers la stratégie de viser personnellement des représentants du pouvoir, notre groupe essaye de mettre en pratique le slogan « QUE LA PEUR CHANGE DE CAMP ». Nos visites chez chacun d’entre eux maintiennent un conflit de faible intensité en miniature, une guerre psychologique par la peur, contre des cibles physiques, et elles répondent à une échelle minimale au véritable terrorisme, qui a ses habitudes dans les studios de télévision, dans les tribunaux, les stations de police et les bureaux du parlement.

Nos attaques sont des instantanés de rébellion contre ceux qui effacent nos rêves. Une démarche collective contre l’ordre du pouvoir et les têtes baissées l’accompagnant, qui vise, entre autres, à maintenir une logique d’ensemble. Une violence politique organisée qui place la stratégie politique dans un contexte global. Où la lutte sociale échappe aux normes prédéterminées, aux dates fixes et devient imprévisible, audacieuse, radicale, dangereuse. Notre visite à la maison de Foukas est un acte de solidarité internationale avec des prisonnier.es politiques dans les prisons du monde entier. Au Chili, au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne, en Grèce. Dans une période de recul des luttes, restaurer la solidarité internationale n’est pas une tâche simple pour les anarchistes de praxis. C’est une obligation morale non négociable, pour que nos compas incarcéré.es ne deviennent pas des cas oubliés d’une histoire révolue, mais au contraire des exemples vivants qui nourrissent la volonté de lutter et qui poussent à l’action.

Pour Francisco Solar, Mónica Caballero, Alfredo Cospito, Nikos Maziotis, Dimitris Koufondinas, Toby Shone, Daniela Klette, Aldo et Luca Hernandez, Anna Beniamino, Marcelo Villarroel.

En mémoire de Barbara Balzerani.

« Il fallait anticiper l’ennemi, acquérir une mentalité offensive et exploiter toutes les possibilités d’un mouvement qui n’avait pas encore été désarmé par les flatteries tactiques d’alchimies politiques dépourvues de crédibilité.
Pressée, au milieu d’une foule de compagnons, juste « après », je célébrais un tel deuil dans l’atmosphère excitée et anormale des moments extrêmes, quand tout peut arriver et rien n’est plus à sa place.
Un mélange de peur, de rage, de douleur, qui montait à la bouche, avec la saveur dense des moments d’implication émotive maximale.
J’entendais les voix, les slogans, les jurons, les menaces. L’étreinte et le caractère choral du mouvement. Quelle chance, en des tels moments, de se retrouver à plusieurs, chaleureusement, pour se donner du courage. »
Barbara Balzerani*

Cellules d’Action Directe [Πυρήνες Άμεσης Δράσης]

 

* Note d’Attaque : cit. de Barbara Balzerani, Compagna Luna, Feltrinelli, 1998, d’où nous traduisons (une traduction française a été publiée par les éditions Cambourakis en 2017).
L’auteure parle ici de la sensation diffuse, dans la gauche extraparlementaire italienne du début des années 70, du danger d’un possible coup d’État autoritaire, sur le modèle de celui chilien de ‘73, contre lequel des nombreuses personnes se préparaient à résister.
Ancienne membre des Brigades rouges, Balzerani est décédée le 4 mars 2024.

Labège (Haute-Garonne) : incendie d’une antenne 5G – Bring the war home !

Publié le 2024-04-14 08:30:08

Incendie criminel sur une antenne 5G à l’est de Toulouse
La Dépêche, 12 avril 2024 (extrait)

Un nouvel incendie d’antenne 5G s’est déclaré, dans la nuit de jeudi à vendredi à Labège, au sud-est de Toulouse. Le feu s’est déclaré dans une zone regroupant notamment des concessions automobiles. Le ou les auteurs ont pris la fuite.

Une enquête est ouverte, elle a été confiée aux gendarmes de la brigade de recherches de la compagnie de Villefranche-de-Lauragais. Des relevés et constatations ont été réalisés sur place afin de mettre la main sur les traces et indices. Ce n’est pas la première fois qu’un incendie criminel vise une antenne relais à Labège.


Bring the war home
(Indymedia Lille, 13 avril 2024)

Incendie d’une antenne relaie dans une zone commerciale de Labège (Toulouse).

Le discours belliqueux et la course au réarmement s’accentuent de plus en plus. La guerre est totale. Guerre d’occupation, guerre sociale, génocide et dévastation. Macron vibre de jouissance à l’idée de continuer ce chemin tapissé de sang et de misère. Industrie de guerre réarmement et austérité.

Être obligé de devoir assister impassible à la masturbation phallique de ces seigneurs de guerre en cravate donne la nausée. D’un côté des fleuves de sang en pleine crue et de l’autre des montagnes d’argent qui s’accumule. La ritournelle est toujours la même, asservir, dominer et anéantir pour accumuler toujours plus de pouvoir et d’argent. Combien ces connards vont-ils pouvoirs encore avaler de fric ?

Se sentir impuissants et savoir qu’en plus cet été avec les JO on va se prendre une éjaculation macronienne, ne fais pas rêver. Jusqu’où l’être humain va t-il être capable de supporter cela ?

Dans la nuit du 11 au 12 avril dans la zone commerciale de Labège, nous avons décidé d’incendier une infrastructure de la guerre en cours. La 5g une infrastructure clé à la digitalisation forcée de nos vies, de ce nouveau monde qu’on nous vend à coups d’avancées technologiques. La 5g une infrastructure clé pour un nouveau monde sous contrôle, sous surveillance perpétuelle. Une infrastructure qui permet de faire déferler sur nous toujours plus de nouvelles marchandises connectées à acheter. Une infrastructure pour la guerre moderne, téléguidée, intelligente et sophistiquée. Une infrastructure pour exploiter , au détriment des damnées de la terre, les ressources de cette planète. Energie, cobalt, lithium, et on en passe. A la guerre totale qui est menée contre nous, répondons par la résistance.

Nous voulions aussi rendre hommage à l’ouvrier mort à la fin de l’hiver sur un chantier de construction de la troisième ligne de métro, a deux pas de l’antenne incendiée.

Hambourg (Allemagne) : « Vous avez le pouvoir, mais la nuit nous appartient »

Publié le 2024-04-14 08:35:04

Vous avez le pouvoir, mais la nuit nous appartient : attaque
antimilitariste à Altona (Hambourg)

(traduit de l’allemand de de.indymedia, 12 avril 2024)

Que pouvons-nous faire face à des guerres qui sont cofinancées et soutenues ici ? Par exemple, attaquer ici l’infrastructure qui permet ces guerres. C’est ce que nous avons fait la nuit du 24 mars dans le quartier d’Altona, à Hambourg, en mettant le feu à un véhicule de l’entreprise Noske-Kaeser.

Noske-Kaeser est l’un des fournisseurs d’équipements pour la marine des plus performants. Elle équipe l’armée allemande, la marine britannique, l’armée israélienne, l’armée de Corée du Sud, l’armée australienne, l’armée française, etc. en climatiseurs et ventilateurs, protections pour le transport de matières radioactives, systèmes d’extinction d’incendie, etc.  à destination des sous-marins et des navires militaires.

L’entreprise opère dans le monde entier et a équipé et entretenu 200 navires et 81 sous-marins dans le monde au cours des cinquante dernières années. Dont 50 navires et 6 sous-marins en collaboration avec Thyssen Krupp pour l’armée allemande (Bundeswehr). Depuis 2000, elle a également aidé la Bundeswehr à s’équiper en matériel de guerre, notamment au Kosovo, en Turquie, à Chypre, en Afghanistan et au Mali. Dans la ville de Kiel, Noske-Kaeser a équipé six navires pour la marine israélienne. Le directeur général est Thomas Arlit et le chantier de réparation est la BREDO DRY Docks GmbH situé à Bremerhaven. C’est également là que se déroulent tous les travaux. Noske-Kaeser est coresponsable des guerres auxquelles participent l’Allemagne, l’Angleterre, Israël, la France, etc.

Noske-Kaeser a également équipé la plus grande frégate de l’armée allemande qui vient de partir pour la guerre au Yémen. Une guerre de plus menée par l’OTAN, et présentée dans les médias comme sans alternative et sans contradiction. La mission militaire en mer Rouge est ainsi ouvertement nommée « Prosperity Guardian ».

Luttons pour l’antimilitarisme, opposons-nous aux entreprises qui gagnent des millions sur la mort et la guerre, qui s’enrichissent sur la misère des humains, sur les animaux et la nature. L’antimilitarisme se trouve dans les rues et les nuits, en étant pratiqué de manière active. Les mots et les discussions ne nous suffisent pas, c’est pourquoi nous nous opposons activement à la guerre, à l’exploitation et à l’accumulation de biens par quelques-uns, basée sur la mort, l’abus des autres et de l’environnement. Avec tous les moyens à notre disposition.

Contre toute guerre et pour la révolution sociale,
Liberté pour tous !

NGE doit disparaître

Publié le 2024-04-14 12:15:07

Depuis de nombreux mois, la lutte contre le projet autoroutier A69 ne cesse de s’intensifier et de s’enrichir de nouvelles formes d’oppositions. Appel à actions contre NGE.



Les forces de l’ordre, malgré les moyens déployés, ont finalement échoué à expulser la Crém’Arbre. La cellule anti-zad, les blindés Centaure et la brigade de grimpe spécialisée de la gendarmerie ont été ridiculisés de par la courageuse détermination des militant.es perché.es et des nombreux soutiens au sol. À présent, les flics ont levé le camp et la zone de la Crém’Arbre est réoccupée.

Depuis plusieurs semaines, d’autres lieux de vie à défendre fleurissent aussi sur l’ensemble du tracé. C’est le cas du Bacamp, de la Cal’Arbre, et plus récement du Verger vers Verfeil en Haute-Garonne. Autant d’endroits qui viennent renforcer et étendre la lutte contre l’A69.

L’occupation policière, avec son lot d’intimidations et de violences, et la répression judiciaire qui l’accompagne ne parviennent pas à étouffer la lutte. Cette dernière a un écho national et dépasse les frontières du Tarn.

Le 20 février dernier, le GIEC (pour Groupe Incendiaire d’Engins de Chantiers) a incendié « une pelleteuse à chenille du concessionnaire mortifère NGE » dans les terres de la Haute-Vienne, appelant au passage à diffuser cette pratique.

Communiqué complet sur La Grappe

Le 29 février, la ligne de chemin de fer entre Toulouse & Narbonne est sabotée, nous rappelant au passage que la lutte contre le projet autoroutier n’est pas seulement une question d’écologie. C’est bel et bien par les flux que le pouvoir capitaliste se maintient, faisant ainsi le pont avec la lutte contre la LGV Bordeaux-Toulouse.

« On veut saluer ici les révolté.es qui dans ces mois d’hiver ont essayé de résister avec hargne et acharnement sur la zad de la crèm-arbre au rouleau compresseur d’un système mafieux et puéril. On imagine que les quelques nuits dans ces cabanes ont du être bien froides et bien humides. C’est pourquoi on a essayé par notre action de vous transmettre un peu de chaleur. »

Communiqué complet sur Iaata

Mi-mars, une seconde section du GIEC (pour Groupe d’Intervention pour l’Extinction des Chantiers) a frappé, cette fois-ci en Gironde. Deux machines sabotées et une voiture mise hors-service sur un chantier de NGE à côté de la gare de Cénon.

« Nous voulons contribuer à créer un climat de peur pour cette entreprise responsable du ravage écologique dans le monde et surtout en solidarité à la lutte contre l’A69. Nous demandons, comme d’autres collectifs, un moratoire sur la construction de l’autoroute, l’arrêt immédiat des travaux et la relaxe pour toutes les personnes ayant subi la répression ces derniers mois. »

Communiqué complet sur sansnom

Début avril, près d’Agen, une troisième section du GIEC (cette fois-ci pour Groupe d’Idéalistes Enrayant le Capitalisme) a « enrayé les moteurs de toutes les machines sur le chantier NGE du Pont et du Barreau de Camélat reliant Brax à Colayrac-Saint-Cirq »

« Nous avons donc ciblé ce chantier, car ce pont est à la croisée de deux projets dévastateurs. En plus d’être lié à la construction de l’autoroute Toulouse-Castres via son principal promoteur NGE, il est aussi le premier ouvrage d’art de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui se construit dans le Sud-Ouest (Bordeaux-Toulouse/Bordeaux-Dax). En effet, cet enjambement de la Garonne, est le prémisse de la route qui desservira la prochaine « Gare d’Agen » construite essentiellement pour accueillir la LGV. Cette dernière implique 4800 hectares de terres artificialisées, 14 milliards de dépenses a minima (financé en partie par le contribuable via une taxe, la TSE), des dizaines de maisons expropriées puis détruites et on vous passe les détails. »

Communiqué complet sur Iaata

Fort de son chiffre d’affaire de 3,1 milliards, le groupe NGE (Nouvelles générations d’entrepreneurs) est l’un des visages du BTP français, impliqué dans le construction de nombreuses grandes infrastructures. Le groupe NGE possède de nombreuses filiales.

S’attaquer à NGE, c’est essayer de s’attaquer aux structures du capitalisme moderne.

Nous appelons donc à intensifier les actions inspirantes contre les acteurs principales du projet autoroutier ; à donner de la force à celles et ceux qui luttent sur le tracé et sur ses proches environs ; à renforcer les liens de solidarité entre les luttes A69/LGV.

Pour cela, nous remettons à disposition cette carte mise à jour ainsi qu’une cartographie des différents acteurs du projet.

https://framacarte.org/fr/map/les-mechants_176633#6/47.369/3.362

Un BINGO contre les JOP !

Publié le 2024-04-14 12:20:05

Devant le culte omniprésent de la compétition sportive qui s’annonce, on a eu une petite idée. On vous propose donc un BINGO contre les JOP !

Le principe est simple : tous-tes celle-ux qui souhaitent envoyer valser le monde qu’incarnent les JO jouent dans la même équipe. Chaque action sera recensée dans une chronologie sur le site (zbeul2024.noblogs.org), puis représentée par un tampon dans une seule grille commune :

Vous pouvez retrouver cette grille et les règles qui l’accompagnent sur la page BINGO contre les JOP. La grille sera maintenue à jour sur le site. C’est ausi possible d’y trouver une version imprimable pour la diffuser largement.

Diversité, répétition, originalité, toutes les stratégies sont bonnes pour gâcher cette fête qui n’est pas la nôtre !

Même si la contestation contre les les jeux de Paris 2024 existe depuis plusieurs années, et que des gens se mobilisent à coup de réunions, tracts, affiches et actions ; on se contentera pour ce bingo des actions qui ont eu lieu depuis le début de l’année, et surtout celles à venir !


(N’hésitez pas à envoyer un mail en cas d’oubli)