Vive l'Anarchie - Semaine 15, 2025

Sommaire

Massa (Italie) – Opération Scripta Scelera : Acquittement pour les anarchistes inculpés pour Bezmotivny

Publié le 2025-04-14 00:00:00

Il Rovescio / lundi 14 avril 2025

Opération Scripta Scelera : Acquittement pour les anarchistes inculpés dans le procès de Massa pour la publication de Bezmotivny. Une condamnation à huit mois pour offense à l’honneur ou au prestige du Président de la République

Le 8 avril 2025 est tombée la sentence du procès avec jugement immédiat en cours à Massa contre quatre compagnons anarchistes, inculpés pour la publication du bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny (opération répressive du 8 août 2023). Les inculpés – visés par l’opération avec six autres, pour lesquels la procédure est restée dans la phase d’enquête – étaient accusés de provocation aux crimes et délits et d’apologie de délits de terrorisme (art. 414 du code pénal, § 1, 3 et 4), avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme (art. 270 bis du code pénal, § 1), pour la publication de la soixantaine de numéros de Bezmotivny, ainsi que d’offense à l’honneur ou au prestige du Président de la République (art. 278), pour un article précis (« Souffler sur le feu », publié dans Bezmotivny, première année, n°17, du 25 octobre 2021).

Tous les inculpés ont été acquittés du chef d’inculpation de provocation aux crimes et délits avec des circonstances aggravantes, « parce que les faits n’ont pas eu lieu », tandis que le seul Luigi a été condamné à huit mois, sans application de la récidive, pour offense à l’honneur ou au prestige du Président de la République (les trois autres inculpés ont été acquittés de cette accusation aussi, « pour ne pas avoir accompli le fait »). En outre, la demande d’indemnisation des dommages-intérêts présentée par l’avocat de l’État a été rejetée.

À la fin du réquisitoire, lors de l’audience précédente, le 1er avril, le procureur Manotti, de la Direction anti-mafia et antiterrorisme du district de Gênes, avait demandé sept ans de prison pour Gino, six ans pour Luigi (avec la révocation de la suspension de la peine pour une ancienne condamnation, qui lui avait été infligée par le tribunal de Ravenna), ainsi que cinq ans et six mois chacun pour Gaia et Paolo, alors que l’avocat de l’État, représentant la Présidence du Conseil des ministres, avait demandé une indemnisations des dommages-intérêts d’un demi-million d’euros

Sarantapicho (Grèce) : Revendication d’une libération d’animaux

Publié le 2025-04-14 00:00:00

Act for freedom now! / mercredi 2 avril 2025

Alors que le pays était en pleine fête annuelle du 25 mars [fête nationale de la Grèce ; NdAtt.], nous avons envahi la ferme à « gibier » à Sarantapicho [localité dans les montagnes du district de Corinthie, dans le nord du Péloponnèse ; NdAtt.] et relâché environ 200 perdrix.

« Gibier » est un mot ignoble, qui réduit des êtres venus au monde pour leurs propres raisons à des objets, sur lesquels l’homme a un droit de vie et de mort. Nous déclarons que nous combattons cette normalité ignoble dans la pratique, c’est pourquoi nous avons décidé de sortir ces êtres de leur prison. Comme nous l’avons vu, ces animaux sont complètement habitués à la présence humaine et n’en sont pas effrayés. Cela montre le degré de perversion des chasseurs, qui tuent des animaux qui n’essaient même pas de les éviter. Nous espérons que dans les prochains temps, avant la prochaine période où les tueurs envahiront à nouveau les montagnes, ces animaux acquerront les réflexes nécessaires à leur propre protection. Aussi, ces oiseaux vivaient parmi des tonnes de saletés, avec les carcasses d’autres oiseaux morts.

Les « fermes à gibier » sont une institution ignoble, qui fonctionne pour servir les besoins de ces tueurs invertébrés et d’extrême droite appelés chasseurs. Cette ferme particulière est publique, ce qui indique l’intégration complète du meurtre d’animaux dans les politiques de l’État. Et il vaudrait la peine (ou pas…) de se demander pourquoi, depuis tant d’années, notre gauche adorée et le mouvement anarchiste, quand ils/elles traitent de l’environnement et de la nature, s’en fichent de ces ordures. Et, comme si cela ne suffisait pas, nous avons aussi les analyses de quelques clowns qui se font passer pour des écologistes radicaux, parlant d’une société imaginaire où cette activité meurtrière qui est la chasse serait « partie de la vie dans la nature…». C’est probablement pourquoi ils veulent des montagnes libres, comme le dit leur slogan pittoresque et innocent : pour pouvoir passer leurs étés dans les montagnes à boire leur gnôle, baiser dans la nature et manger des sangliers assassinés, pour se sentir moins bourgeois. [suit un mot incompréhensible, qui n’est certainement pas un compliment… ; NdAtt.]

Nous voulons des montagnes libres, non pas pour que des tueurs armés puissent les dévaster, mais pour que les animaux puissent vivre leur vie loin des humain.es. Les animaux ne sont pas du « gibier », les animaux sont dans le monde pour leurs propres raisons. Ce que nous appelons un Mouvement révolutionnaire ne peut exister que s’il inclut dans son programme la libération des animaux, dans toutes les formes. Sinon, ce n’est pas une révolution, mais le pire réformisme.

LES ANIMAUX SONT LES ÊTRES LES PLUS OPPRIMÉS DE LA PLANÈTE ET NOUS LUTTONS POUR LEUR LIBERTÉ.

ALF

PS : dans la niche, il y a un chien visiblement en détresse, en très mauvais état, qui, comme nous l’avons confirmé lors de nos « visites » de reconnaissance, est constamment attaché, 24 heures sur 24 et 7 jour sur 7. Nous faisons appel aux associations de défense des animaux pour qu’elles interviennent immédiatement et le sauvent de cette agence de l’État, qui considère les animaux comme des objets.

Assemblée anti-carcérale !

Publié le 2025-04-14 09:44:41

Prochaine assemblée anti-carcéral (et tout ce qui va autour et avec) le mercredi 23 avril à 18h30 à l’Impasse (1 bis impasse lapujade, 31500 toulouse)



Les gouvernements successifs depuis 2017 ont prévu un plan prison de 18 000 nouvelles places, ce qui veut dire la construction de tout un tas de nouvelles taules en France. L’une d’elles est prévue à Muret près de Toulouse, qui s’ajouterait à la maison d’arrêt de Seysses et au centre de détention de Muret. Ce projet avance malheureusement petit à petit et les travaux devraient commencer dans les années qui viennent.

Les arguments sont les mêmes à chaque plan prison, et vont dans le sens de toujours plus d’enfermement soit disant pour répondre à une surpopulation systématique en taule dans des conditions souvent merdiques.

Mais l’argument de la surpopulation, brandi historiquement gouvernement après gouvernement pour légitimer de nouvelles prisons, est vite abandonné étant donné qu’une fois ouvertes, les prisons sont vite blindées. Il s’agit donc bien d’enfermer toujours plus d’indésirables. Ainsi l’État intensifie toujours plus sa logique répressive et mortifère d’emprisonnement.

Parce que la prison constitue une torture qui isole et bousille le corps et l’esprit, quelles que soient les conditions, on ne veut pas que davantage de personnes soient enfermées, ni que quiconque soit enfermé tout court.

On ne pense pas non plus que la justice puisse résoudre ou réparer quoi que ce soit, car la logique de punition n’apprend qu’à se soumettre et à souffrir devant une autorité. D’ailleurs cette justice vient la plupart du temps défendre les intérêts de l’ordre dominant de l’État et du capitalisme, en punissant par exemple des pauvres qui s’attaquent à la propriété privée ou des récalcitrants qui se révoltent.

La prison est un rouage essentiel de ce monde pourri, elle permet entre autre à l’État de réprimer celleux qui n’obéissent pas servilement, et de faire peur à celleux qui auraient envie de faire de même.

Mais elle n’est pas une fatalité, et depuis quelques années des personnes se bougent sur Toulouse contre ce projet et contre tout ce que l’existence des prisons implique. Banderoles, tracts, affiches, perturbations d’enquêtes publiques, pic-nics à coté du terrain de la nouvelle prison ... et aussi des moments collectifs et publics autour de cette question à travers des rassemblements, des projections de films et plusieurs week-end de rencontres et de réflexion ont aussi été organisés.

Dans cette continuité nous appelons donc à une assemblée anticarcérale, qui permettrait de rencontrer et de réunir des personnes de différents horizons qui sont contre la prison. Cette assemblée n’a pas pour vocation à être un collectif ou un espace décisionnaire, mais plutôt un moment de réflexion et d’organisation, selon les envies de chacun-e pour lutter entre autre contre cet horrible projet. On cause aussi des actualités, projets de lois, changements de fonctionnement selon l’humeur de l’AP...

La prison te dégoûte ? Le monde qui l’entoure et qui en fait la promotion te donne envie de vomir ? Tu perçois bien que les taules ne résolvent rien et qu’au contraire elles rajoutent de la violence à ce monde qui n’en manque déjà pas ? Tu sens bien que cet outil répressif utilisé à tout va par tous les états du monde n’est pas fait pour éloigner des personnes dites dangereuses, mais bien pour t’éloigner toi si jamais tu venais a trop l’ouvrir ou sortir du rang. T’as pas envie qu’une nouvelle taule soit construite à deux pas de chez toi dans l’indifférence ?

Alors, rendez-vous le mercredi 23 avril à 18h30 à l’impasse (1 bis impasse lapujade, 31500 Toulouse)

Crève la taule !

La réponse d’une anarchiste au Collectif du Salon du livre anarchiste de Montréal

Publié le 2025-04-14 12:11:00
Avr 142025
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

PDF à imprimer (bilingue, 8,5 x 11)

Cette réponse au texte du Collectif du Salon du livre a été publiée par @cedar sur le réseau Kolektiva.social.

Quel texte malhonnête et intéressé. C’est surprenant et décevant, et il y a plein de choses qui méritent une réponse, mais je vais me concentrer que sur quelques aspects.

1) Vous utilisez un langage incroyablement flou, mais chargé pour décrire le conflit au sein du collectif du Salon du livre et il s’agit d’une mystification délibérée. Vous cherchez à nous faire croire que quelque chose de vraiment nuisible ait eu lieu et non quelque chose qui vous fait paraître bête comme, par exemple, des membres de votre collectif se révélant incapables de gérer un désaccord autour de votre décision d’interdire les cartes de tarot au Salon du livre en 2023. 

Pour dissimuler ce fait essentiel – que certaines personnes ont piqué une crise quand d’autres ne se sont pas contentés d’accepter leur affirmation que le tarot représente une appropriation culturelle –, vous parlez de « comportements fondés sur la logique de la suprématie blanche ». Oui, les questions identitaires sont souvent difficiles et les désaccords en lien avec les idées peuvent être stressants, mais faire passer pour l’antiracisme votre tentative de faire taire les critiques est un commentaire déprimant sur l’état de l’espace anarchiste.

(De plus, il y a un excellent texte sur le tarot qui a été diffusé lors du Salon du livre de 2023 et je considère la question réglée : https://mtlcontreinfo.org/repenser-lidentite-la-securite-et-lappropriation-ou-pourquoi-le-tarot-est-il-interdit-au-salon-du-livre/)

 2) Vous n’êtes pas propriétaire du Salon du livre. Il a été organisé par plein de gens différents au fil du temps et il a besoin de plein de contributions différentes pour réussir. Vous avez choisi d’utiliser l’argent nécessaire pour le Salon du livre sur la médiation pour chercher à « tenir pour responsables » les personnes qui étaient en désaccord avec vous au sujet du tarot au lieu d’organiser un salon du livre, et d’autres personnes ont pris le relai pour le réaliser. Et elles ont fait du bon boulot. Qu’elles ont voulu organiser de nouveau Constellation cette année est tout à fait normal, surtout lorsqu’on tient compte du fait qu’il vous a fallu 18 mois pour nous dire la véritable raison pour laquelle vous avez essayé d’annuler le Salon du livre en 2024. Et que faites-vous? Est-ce que vous appuyez leur initiative? Est-ce que vous vous rendez compte qu’on n’a pas besoin de votre collectif pour l’instant et passez à autre chose? Non – vous choisissez d’organiser votre propre événement et d’annoncer que vous allez faire concurrence à Constellation pour leur tranche de temps l’année prochaine. Tout à fait bizarre. 

3) Votre discours sur la communauté et le besoin d’en prendre soin a l’air plutôt creux dans un texte qui n’est qu’un règlement de comptes – et ce sont des mots irrémédiablement flous dans le meilleur des cas. Vous n’offrez rien sur le plan des idées pour différencier un événement organisé par votre collectif et en place vous ne faites qu’énumérer la race, la religion et l’ethnie des membres de votre collectif. Il s’agit de la pire forme des politiques identitaires, où l’identité a entièrement pris la place des idées. Si de vagues banalités et de faibles politiques identitaires sont ce que représente votre collectif – après avoir pris un an et demi pour décider ce qui vous distingue –, c’est difficile de voir la valeur de l’événement que vous proposez.  Ceci est autant plus vrai que vous dites plus ou moins que vous allez vous battre avec un autre collectif pour prendre leur projet. J’ai du mal à voir votre tentative de reprendre le salon du livre autrement que comme égoïste.

Vous devez supprimer votre texte puis prendre le temps de réfléchir à comment il vous est arrivé de publier un truc pareil.

Agen (Lot-et-Garonne) : l’école des matons sous le feu

Publié le 2025-04-14 12:55:30

« Ils ont crié avant de mettre le feu » : l’école des surveillants
de prison incendiée, 1000 élèves évacués

Le Parisien/Sud Ouest, 14 avril 2025

« C’est une première dans l’histoire de l’École nationale d’administration pénitentiaire » (Enap), regrette le syndicat FO Justice sur ses réseaux. Dans la nuit de dimanche à lundi, vers 23h30, des incendiaires ont enflammé des véhicules garés sur le parking de ce centre de formation des gardiens de prison, basé à Agen (Lot-et-Garonne). Résultat : plus de 1000 élèves ont dû être évacués de bâtiments situés proches du sinistre, le temps de l’intervention.. Tous ont pu réintégrer leurs bâtiments dans la nuit.

Sur place, les dix-huit sapeurs pompiers mobilisés ont réussi à éviter une propagation à dix véhicules stationnés à proximité. Deux lances ont été nécessaires. Ce lundi matin, les investigations débutent du côté des policiers agenais. Selon les premiers éléments recueillis, la piste criminelle est envisagée. Ufap Unsa Justice dénonce quant à lui l’utilisation de cocktails molotov.



Agen. « Violence inacceptable », présence policière renforcée : de nouveaux incendies de véhicules rallument la colère
Sud Ouest, 14 avril 2025

Sur le campus, l’émotion n’est pas anecdotique, ce lundi 14 avril, après l’incendie volontaire de plusieurs véhicules appartenant à des élèves surveillants, stationnés devant l’École nationale d’administration pénitentiaire à Agen. Au milieu de la nuit, un millier de personnes a été évacué des bâtiments situés à proximité du sinistre, le temps de l’intervention. Parmi elles, deux jeunes femmes ont été prises d’un malaise.

Au total, six voitures ont été complètement détruites par les flammes, et deux autres ont subi des dommages collatéraux, au cours de ce nouvel épisode d’incendies criminels, succédant à ceux des 9 et 16 mars dernier. Une vingtaine de véhicules ont ainsi été pris pour cibles sur les communes d’Agen et du Passage, ces dernières semaines.

« Nous faisons au mieux pour accompagner les élèves, au commissariat pour leur dépôt de plainte, mais aussi pour pallier les conséquences de leur préjudice », indique Philippe Claerhout, responsable de la communication à l’Enap. En plus d’avoir été reçus dans la journée par la direction de la formation, avant une rencontre avec la directrice de l’école, les victimes de ces incendies doivent réorganiser leurs modalités de transport. « Nous sommes en train d’adapter le lieu de stage des élèves qui se retrouvent sans voiture et qui ne peuvent se rendre dans des établissements trop isolés. »

Une réunion de crise, sous l’égide du préfet, s’est tenue ce lundi, « afin de planifier le renforcement des mesures de sécurité sur l’agglomération agenaise ». Le recours à une société de gardiennage a été acté, tout comme la présence accrue de patrouilles de police municipale à la périphérie du campus.

« Dès les premières minutes, nous avons transmis aux enquêteurs les images issues de nos caméras de vidéoprotection installées à proximité, afin d’éclaircir les circonstances de cet acte criminel. Grâce à ces éléments, l’enquête a pu avancer sans délai », a partagé le maire d’Agen, Jean Dionis, dans un communiqué. Si une interpellation a eu lieu dans la foulée, l’homme arrêté a rapidement été mis hors de cause, victime lui-même du vol de son véhicule.

Le procureur de la République d’Agen a fait savoir, par voie de communiqué, qu’il était « trop tôt pour dégager des pistes précises, y compris sur la motivation du ou des auteurs des faits. De même, aucun élément ne permet de relier ces faits avec des incendies de véhicules survenus sur l’agglomération agenaise ces dernières semaines. La tâche des enquêteurs est ainsi celle du recueil des éléments de preuve, tels que relevés de police technique et scientifique, témoignages, vérification d’images de vidéoprotection », appuie Olivier Naboulet.

OUAF Club - Projection-Discussion autour de l'autonomie corporelle

Publié le 2025-04-14 18:37:46

OUAF Club - Projection-Discussion autour de l’autonomie corporelle

| BARK

Projection du premier film Alien à la BARK, bibliothèque anarchiste transpédégouine à Montreuil, dans le local du Schlass (5 rue François Debergue). Au programme : un infokiosque dès 17h30, le film à 18h et une discussion sur l’autonomie corporelle (sexuelle, reproductive, de transitionner, contre l’exploitation du travail...) aux alentours de 20h.

La symbolique de l’Alien et de son mode de reproduction, par insémination forcée et viol des corps humains, la domination masculine et techno-capitaliste incarnées par l’androïde sont des problématiques bien trop modernes. L’accès à l’avortement est dans une position critique, entre criminalisations à travers le monde et définancement par les politiques ultralibérales françaises, et on ne pourra jamais faire confiance à aucun État pour le garantir. Nos transitions et l’accès aux hormones sont attaquées de façon particulièrement génocidaire par l’État fasciste américain, tandis que les réactionnaires anti-trans sont de plus en plus audacieux ailleurs dans le monde. Le fléau des violences sexuelles continue de tuer massivement à travers le monde, et nos milieux eux-mêmes sont parasités par l’omniprésence d’agresseurs en leur sein. L’exploitation techno-capitaliste rampante dévore toujours plus de nos vies et de nos corps, en témoignent les énièmes dispositifs récents de mise au travail. On se propose de discuter des attaques patriarcales contre toute autonomie corporelle, et des stratégies d’autodéfense autonomes que l’on peut y apporter. Que serait un féminisme offensif capable d’abattre l’aliénation de nos corps et de nos vies ?

On propose de se retrouver à la BARK pour en discuter autour d’une projection du film Alien (1979), que ce soit pour parler à partir du film et des thèmes qui y sont explorés, de brochures dans l’infokiosque sur place, de nos expériences ou de nos luttes. Rendez-vous le jeudi 17 avril à partir de 17h30, au Schlass (5 rue françois debergue) !

Valence (Drôme) : à trottinette…

Publié le 2025-04-14 22:01:10

Après l’ENAP, plusieurs véhicules brûlés à la prison de Valence
un site policier, 14 avril 2025

Un nouvel acte de malveillance a frappé l’administration pénitentiaire ce lundi. En fin de journée, deux véhicules ont été incendiés sur le parking du centre pénitentiaire de Valence, dans la Drôme. D’après le syndicat FO Justice, un individu circulant à trottinette aurait mis volontairement le feu avant de prendre la fuite. Les pompiers et les forces de l’ordre sont intervenus rapidement pour circonscrire les flammes et sécuriser la zone.

Cet incident intervient dans un climat de tension grandissante autour de l’institution pénitentiaire. La nuit dernière déjà, plusieurs individus avaient pénétré dans l’enceinte de l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP), à Agen, pour y allumer un incendie.

Si les motivations de ces actes restent inconnues, leur proximité dans le temps et la nature ciblée des établissements interrogent les syndicats comme les autorités. Une enquête a été ouverte pour identifier l’auteur de l’incendie à Valence. Les investigations devront également déterminer s’il existe un lien entre les deux événements.

Avis aux amateurs : Bouygues et les 3000 places de prison modulaires…

Publié le 2025-04-14 22:54:05
Crépy-en-Valois (Oise) : l’usine Bouygues où sont construites les prisons modulaires en kit

Vendredi 11 avril 2025, le ministre de la Justice a emmené avec lui les chefs des quatre grands syndicats de la pénitentiaire (soit la CGT, le SPS, FO-surveillants et Ufap-surveillants) dans un voyage au nord de l’Allemagne, en Basse-Saxe, au sein du complexe pénitentiaire de Meppen.
Son but, comme lors d’un précédent voyage à Rochester (Angleterre) le 28 mars, était de leur présenter un nouveau modèle de prison, dite « modulaire » ou « préfabriquée », dont voici le principe tel que décrit par son constructeur allemand : « Nous avons lancé la construction en 2021 », détaille Jürgen Thiem, qui dirige l’entreprise familiale qui porte son nom basée à Leipzig et spécialisée dans la construction carcérale. « Il ne s’est écoulé que dix mois entre la conception et la livraison finale. Une seule entreprise exécute le cahier des charges et non une multitude, avec leur délai et des approximations. D’autre part, nous ne sommes pas soumis aux risques météo, facteur de retards et de surcoûts, puisque tout est construit en usine ». Après une simulation de l’ensemble, les modules sont ensuite transportés par camion, « assemblés comme des Lego » puis branchés sur place à une dalle technique en trois jours. L’achèvement des travaux d’aménagement et la mise en service ne dépassent pas douze semaines.

Deux jours plus tard, dimanche 13 avril 2025 dans un entretien accordé au Figaro, le même ministre de la Justice a continué de dérouler son plan de bataille, en annonçant la création de 3000 nouvelles places de prison d’ici à 2027-28 à l’aide de ces infrastructures pénitentiaires modulaires. Ces dernières seront installées sur des terrains déjà détenus par l’administration pénitentiaire, et a priori à l’extérieur de l’enceinte principale : il s’agira de quinze quartiers de semi-liberté – soit 1 500 places – (appel d’offre fin mai) et de dix quartiers dédiés aux courtes peines – soit également 1 500 places (appel d’offre début juin).


Enfin, lundi 14 avril, pour boucler le tout, le même ministre s’est rendu en casque de chantier et gilet orange à Crépy-en-Valois (Oise) afin de visiter l’unique site français de production de cellules de ce type (oooh, quel hasard !), installé rue de Soissons dans les anciens locaux de Poclain. Car dans ces bâtiments à l’abri des regards, une quarantaine de travailleurs de la multinationale « Bouygues Construction » turbinent déjà d’arrache-pied pour construire des blocs cellulaires grillagés comprenant une douche, un sanitaire et un espace pour un lit simple ou superposé, afin de pouvoir assembler en mode mécano les futures places de prison annoncées la veille…

La grande idée de Gérald Darmanin, c’est de classifier les détenus selon leur dangerosité. «Les gens très dangereux, on les mettra dans les [deux nouvelles] prisons de haute sécurité, a-t-il déclaré. Soit 200 personnes qui seront transférées au 31 juillet dans le tombeau de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et au 15 octobre dans celui de Condé-sur-Sarthe (Orne). Les gens dangereux, ils iront dans les prisons classiques. Les gens moins dangereux, ils iront dans de petites prisons, des prisons de taille plus humaine.» Lors de sa visite dans l’Oise, Darmanin a par exemple cité comme relevant de la dernière catégorie les atteintes aux biens et les cambriolages, ainsi que les délits routiers et les violences conjugales. Concrètement, ces « petites prisons de taille plus humaine » seront donc des cubes en béton de 8,5 mètres carrés et de 20 tonnes pour un ou deux taulards, fabriqués dans cette usine Bouygues puis transportés et réunis sur les différents sites choisis… « Et qu’il vente ou qu’il pleuve, la production ne s’arrête pas puisque nous sommes en intérieur », a dit au ministre, en souriant, Martin Bouygues, le président du conseil d’administration du groupe éponyme.

« Tout est fabriqué sur place. Nous coulons le béton pour monter la dalle et le coffrage comprenant les quatre murs et le toit pesant une vingtaine de tonnes. Nous les assemblons ensuite grâce à un système de poulies mécanisé puis nous les transférons dans une autre unité. Les cellules sont ensuite équipées en câbles électriques puis aménagées. La seule chose que nous ne produisons pas sur place sont les portes blindées qui sont réalisées par des détenus de la prison de Val-de-Reuil », explique un chef d’équipe de l’usine guidant ces visiteurs inhabituels, déambulant parmi les ouvriers et les machines à l’œuvre.

Selon la responsable de communication de Bouygues Construction, ce système de production en totale « autonomie » permet de « réaliser 800 modules par an avec la possibilité d’atteindre les 1400 en 2026 ». Prévues pour une à deux personnes, reconnaissables à ses fenêtres à barreaux, ces cellules ont une durée de vie de 50 à 60 ans et permettront à l’État de gagner du temps, mais également déconomiser de l’argent. Selon le ministère, une place de prison «classique», c’est 400.000 euros pièce. Et une place de prison construite dans une usine comme celle de Crépy-en-Valois, c’est à peu près 200.000 euros, donc deux fois moins cher.

L’État français souhaite donc s’inspirer de l’Allemagne et du Royaume-Uni, qui ont déjà bâti de telles structures préfabriquées, pour embastiller encore plus de monde. Les premières prisons en kit devraient être inaugurées dans un an et demi. « Là, nous lançons cet appel d’offres fin mai, pour avoir à partir de septembre-octobre 2026 les premières places et terminer ça début 2027 », a exposé Gérald Darmanin. Les structures issues du second appel d’offres devraient sortir de terre un peu plus tard. Le garde des Sceaux évoquait l’horizon « 2028 » dans Le Figaro, soit au-delà de l’échéance de la prochaine élection présidentielle.

Le premier site qui va accueillir une prison « nouvelle génération » à l’automne 2026 se trouve à Troyes-Lavau (Aube), et enfermera une cinquantaine de détenus supplémentaires.

[Synthèse de la presse (Figaro/Courrier Picard/Oise Hebdo), 14-15 avril 2025]

Le modèle anglais de prisons modulaires et ses blocs de métal de type containers

“L’anarchie post-gauche. Laisser la gauche derrière nous.” par Jason Mcquinn

Publié le 2025-04-14T14:46:39+02:00

L’ANARCHIE POST-GAUCHE

LAISSER LA GAUCHE DERRIÈRE NOUS

 

[Traduction de « Post-Left Anarchy. Leaving the Left Behind »]

 

Prologue

Introduction

La gauche dans le milieu anarchiste

La récupération et l’aile gauche du capital

L’anarchisme comme théorie et critique de l’organisation

L’anarchisme comme théorie et critique de l’idéologie

L’anarchisme post-gauche : ni de gauche, ni de droite, mais autonome

 

Prologue

Cela fait désormais plus d’une décennie et demi que le mur de Berlin est tombé. Cela fait sept ans que Bob Black m’a remis pour la première fois le manuscrit de son livre L’anarchie après la gauche, publié en 1997. Cela fait plus de quatre ans que j’ai demandé aux rédacteurs collaborateurs du magazine Anarchy de participer à une discussion sur « l’anarchie post-gauche » qui a finalement paru dans le numéro automne/hiver 1999-2000 du magazine (#48). Et cela fait également un an que j’ai écrit et publié pour la première fois « L’anarchie post-gauche: Rejeter la réification de la révolte », paru dans le numéro automne/hiver 2002-2003 (#54) d’Anarchy : A Journal of Desire Armed.

En plus de créer un nouveau sujet sensible pour les débats dans les magazines, sites Web et listes de diffusion anarchistes et de gauche, on peut légitimement se demander ce qui a été accompli en introduisant le terme et le débat dans le milieu anarchiste, et plus généralement radical ? En réponse, je dirais que les réactions continuent de croître et que la promesse de l’anarchie post-gauche réside principalement dans ce qui semble être un avenir toujours plus brillant.

L’un des plus gros problèmes du milieu anarchiste contemporain a été la fixation fréquente sur les tentatives de recréer les luttes du passé comme si rien de significatif n’avait changé depuis 1919, 1936 ou, au mieux, 1968. Cela est en partie dû à l’anti-intellectualisme qui prévaut depuis longtemps parmi de nombreux anarchistes. C’est en partie le résultat de l’éclipse historique du mouvement anarchiste suite à la victoire du communisme d’État bolchevique et à l'(auto)défaite de la Révolution espagnole. Et pour finir c’est en partie dû au fait que la grande majorité des théoriciens anarchistes les plus importants – comme Godwin, Stirner, Proudhon, Bakounine, Kropotkine et Malatesta – viennent du 19e et du début du 20e siècle. Le grand vide dans le développement de la théorie anarchiste depuis la renaissance du milieu dans les années 1960 n’a pas encore été comblé par une nouvelle formulation adéquate de théorie et de pratique suffisamment puissante pour sortir de l’impasse et capter l’imagination de la majorité des anarchistes contemporains de la même manière que Bakounine et Kropotkine au XIXe siècle.

Depuis les années 1960, le milieu anarchiste, initialement minuscule – mais en constante évolution – a été influencé (au moins en passant) par le mouvement des droits civiques, Paul Goodman, le SDS, les Hippies, le mouvement contre la guerre du Vietnam, Fred Woodworth. , la Nouvelle Gauche Marxiste, l’Internationale Situationniste, Sam Dolgoff et Murray Bookchin, les mouvements monothéistes (antiracistes, féministes, antinucléaires, anti-impérialistes, environnementaux/écologiques, droits des animaux, etc.), Noam Chomsky, Freddie Perlman, George Bradford/David Watson, Bob Black, Hakim Bey, Earth First ! et l’écologie profonde, le néo-paganisme et le new age, le mouvement altermondialiste et bien d’autres. Pourtant, ces diverses influences au cours des quarante dernières années, qu’elles soient anarchistes ou non, n’ont pas réussi à mettre en avant une nouvelle synthèse inspirante de théorie critique et pratique. Quelques anarchistes, notamment Murray Bookchin et le projet Love & Rage, ont essayé et échoué lamentablement en tentant de fusionner le milieu anarchiste extrêmement diversifié et idiosyncratique en un mouvement véritablement nouveau avec une théorie commune. Je dirais que dans notre situation actuelle, il s’agit d’un projet dont l’échec est garanti, peu importe qui le tente.

L’alternative défendue par la synthèse anarchiste post-gauche est toujours en train de se créer. Elle ne peut être revendiquée par aucun théoricien ou activiste, car il s’agit d’un projet qui était dans l’air bien avant de commencer à se transformer en un ensemble concret de propositions, de textes et d’interventions. Ceux qui cherchent à promouvoir la synthèse ont été principalement influencés à la fois par le mouvement anarchiste classique jusqu’à la Révolution espagnole, d’une part, et par plusieurs des critiques et modes d’intervention les plus prometteurs développés depuis les années 60. Les critiques les plus importantes sont celles de la vie quotidienne et du spectacle, de l’idéologie et de la morale, de la technologie industrielle, du travail et de la civilisation. Les modes d’intervention se concentrent sur le déploiement concret de l’action directe dans toutes les facettes de la vie. Plutôt que de viser la construction de structures institutionnelles ou bureaucratiques, ces interventions visent une efficacité critique maximale avec un minimum de compromis dans des réseaux d’action en constante évolution.

Il est clair que ces nouvelles critiques et modes d’intervention sont largement incompatibles avec la vieille gauche du 19e et du début du 20e siècle et avec la majeure partie de la nouvelle gauche des années 1960 et 1970. Et tout aussi clairement, elles engagent un nombre croissant d’anarchistes qui gravitent autour d’elles parce qu’elles semblent beaucoup plus en accord avec la situation mondiale dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui que les vieilles théories et tactiques de la gauche. Si l’anarchisme ne change pas pour répondre aux réalités vécues au XXIe siècle – en laissant derrière lui la politique dépassée et le fétichisme organisationnel de la gauche – sa pertinence se dissipera et les opportunités de contestation radicale, aujourd’hui si apparentes, disparaîtront lentement. L’anarchie post-gauche est tout simplement une rubrique à travers laquelle de nombreux anarchistes contemporains aimeraient voir les nouvelles critiques et modes d’intervention les plus vitales fusionner en un mouvement de plus en plus cohérent et efficace, qui promeut véritablement l’unité dans la diversité, l’autonomie complète de des individus et des groupes locaux en lutte, et la croissance organique de niveaux d’organisation qui ne freinent pas nos énergies collectives, notre spontanéité et notre créativité.

 

Introduction

Les critiques anarchistes de la gauche existent depuis aussi longtemps que le terme “gauche” a un sens politique. Les premiers mouvements anarchistes sont issus en partie des mêmes luttes que d’autres mouvements socialistes (qui constituaient une partie majeure de la gauche politique), dont ils se sont finalement différenciés. Le mouvement anarchiste et les autres mouvements socialistes étaient avant tout le produit de l’effervescence sociale qui a donné naissance à l’ère des révolutions – introduite par les révolutions anglaise, américaine et française. C’était la période historique au cours de laquelle le capitalisme primitif se développait à travers la clôture des biens communs pour détruire l’autosuffisance des communautés, l’industrialisation de la production avec un système d’usines basé sur des techniques scientifiques et l’expansion agressive de l’économie de marché des produits de base à travers le monde. Mais l’idée anarchiste a toujours eu des implications plus profondes, plus radicales et plus holistiques que la simple critique socialiste de l’exploitation du travail sous le capitalisme. En effet, l’idée anarchiste naît à la fois du ferment social de l’ère des révolutions et de l’imagination critique d’individus cherchant l’abolition de toute forme d’aliénation et de domination sociale.

L’idée de  anarchisme repose sur un fondement individualiste indélébile sur lequel reposent ses critiques sociales, proclamant toujours et partout que seuls des individus libres peuvent créer une société libre et non aliénée. Tout aussi important, ce fondement individualiste inclut l’idée selon laquelle l’exploitation ou l’oppression de tout individu diminue la liberté et l’intégrité de tous. A l’inverse des idéologies collectivistes de la gauche politique, dans lesquelles l’individu est constamment dévalorisé, dénigré ou nié, autant en théorie qu’en pratique — mais pas toujours sous une façade idéologique destinée uniquement à tromper les naïfs. C’est aussi ce qui empêche les véritables anarchistes de suivre la voie des autoritaires de gauche, de droite et du centre qui recourent négligemment à l’exploitation de masse, à l’oppression de masse et, fréquemment, à l’emprisonnement ou au meurtre de masse pour s’emparer, protéger et étendre leur emprise sur le pouvoir politique et économique.

Parce que les anarchistes savent que seuls des gens s’organisant librement peuvent créer une communauté libre, ils refusent de sacrifier l’individu ou la communauté afin de chercher un pouvoir qui nuirait inévitablement à l’émergence d’une société libre. Mais étant donné les origines quasi-commune du mouvement anarchiste et de la gauche socialiste, ainsi que leurs batailles historiques pour séduire ou capter le soutien du mouvement ouvrier international par divers moyens, il n’est pas surprenant qu’au cours des XIX et XXe siècles, les socialistes aient souvent adopté des aspects de la théorie ou de la pratique anarchiste comme les leurs, tandis qu’un nombre encore plus grand d’anarchistes ont adopté des aspects théorique ou pratiques de gauche dans diverses synthèses anarchistes de gauche. Ceci en dépit du fait que dans toutes les luttes au cours de l’histoire pour la liberté individuelle et sociale, la gauche politique s’est révélée partout soit comme une fraude, soit comme un échec dans la pratique. Partout où la gauche socialiste a réussi à s’organiser et à prendre le pouvoir, elle a, au mieux, réformé (et réhabilité) le capitalisme ou, au pire, institué de nouvelles tyrannies, dont beaucoup ont mené des politiques meurtrières – certaines ayant des proportions génocidaires. Ainsi, avec la grande désintégration internationale de la gauche politique suite à l’effondrement de l’Union Soviétique, il est temps désormais pour tous les anarchistes de réévaluer chaque compromis qui a été ou continue d’être fait avec les restes en déclin du gauchisme. Quelle que soit l’utilité qu’ont pu avoir les anarchistes dans le passé de faire des compromis avec la gauche, elle s’évapore avec la disparition progressive de la gauche de toute opposition, même symbolique, aux institutions fondamentales du capitalisme : le travail salarié, la production marchande et la règle de la valeur.

 

La gauche dans le milieu anarchiste

La chute rapide de la gauche politique dans la scène historique a laissé de plus en plus le milieu anarchiste international comme le seul mouvement révolutionnaire anticapitaliste encore debout. Alors que le milieu anarchiste s’est développé au cours de la dernière décennie, l’essentiel de sa croissance est venu de la jeunesse mécontente, attirée par ses activités et ses médias de plus en plus visibles, vivants et iconoclastes. Mais une minorité significative de cette croissance est également venue d’anciens gauchistes qui ont – parfois lentement et parfois avec une rapidité suspecte – décidé que les anarchistes avaient peut-être raison depuis le début dans leurs critiques de l’autorité politique et de l’État. Malheureusement, tous les gauchistes ne disparaissent pas – ou changent de point de vue- du jour au lendemain. La plupart de ceux qui entrent dans le milieu anarchiste apportent inévitablement avec eux bon nombre des attitudes, préjugés, habitudes et hypothèses de gauche, conscients et inconscients, qui structuraient leurs anciens milieux politiques. Certes, toutes ces attitudes, habitudes et hypothèses ne sont pas nécessairement autoritaires ou anti-anarchistes, mais beaucoup le sont clairement.

Une partie du problème réside dans le fait que de nombreux anciens gauchistes ont tendance à mal comprendre l’anarchisme uniquement comme une forme de gauche anti-état, ignorant ou minimisant ses indiscutables fondements individualistes comme étant sans rapport avec les luttes sociales. Beaucoup ne comprennent tout simplement pas l’énorme fossé entre un mouvement auto-organisé cherchant à abolir toute forme d’aliénation sociale et un mouvement purement politique cherchant à réorganiser la production sous une forme plus égalitaire. Tandis que d’autres comprennent très bien la division, mais cherchent quand même à réformer le milieu anarchiste en un mouvement politique, pour diverses raisons. Certains anciens gauchistes le font parce qu’ils considèrent l’abolition de l’aliénation sociale comme improbable, voire impossible ; certains parce qu’ils restent fondamentalement opposés à toute composante individualiste (ou sexuelle, ou culturelle, etc.) de la théorie et de la pratique sociales. Certains réalisent cyniquement qu’ils n’atteindront jamais aucune position de pouvoir dans un mouvement véritablement anarchiste et optent pour la construction d’organisations politiques plus étroites avec plus de marge de manipulation. D’autres encore, peu habitués à une pensée et une pratique autonomes, se sentent simplement anxieux et mal à l’aise face à de nombreux aspects de la tradition anarchiste et souhaitent promouvoir ces aspects du gauchisme au sein du milieu anarchiste qui les aident à se sentir moins menacés et plus en sécurité – afin qu’ils puissent continuer à jouer leurs anciens rôles de cadres ou de militants, sans pour autant être guidés par une idéologie explicitement autoritaire.

Afin de comprendre les controverses actuelles au sein du milieu anarchiste, les anarchistes doivent rester constamment conscients – et soigneusement critiques – de tout cela. Les attaques ad hominem au sein du milieu anarchiste ne sont pas nouvelles, et le plus souvent une perte de temps, car elles se substituent à une critique rationnelle des positions réelles des gens. (Trop souvent, la critique rationnelle des positions est simplement ignorée par ceux qui sont incapables de défendre leurs propres positions, dont le seul recours est des accusations farfelues ou hors de propos ou des tentatives de diffamation.) Mais il reste une place importante pour la critique ad hominem adressée aux identités choisies par les gens, surtout lorsque ces identités sont si fortes qu’elles incluent des couches d’habitudes, de préjugés et de dépendances sédimentées, souvent inconscientes. Ces habitudes, préjugés et dépendances – de gauche ou autres – constituent toutes des cibles tout à fait appropriées pour la critique anarchiste.

 

La récupération et l’aile gauche du capital

Historiquement, la grande majorité de la théorie et de la pratique de gauche a fonctionné comme une opposition loyale au capitalisme. Les gens de gauches ont critiqué (souvent avec véhémence) des aspects particuliers du capitalisme, mais ils sont toujours prêts à se réconcilier avec le système capitaliste international à chaque fois qu’ils ont réussi à obtenir un peu de pouvoir, des réformes partielles – ou parfois, juste la vague promesse de réformes partielles. C’est pour cette raison que les gens de gauche ont souvent été critiqués à juste titre (à la fois par l’ultra-gauche et par les anarchistes) comme étant l’aile gauche du capital.

Ce n’est pas seulement un problème que les personnes de gauche prétendant être anticapitalistes ne le pensent pas vraiment, même si certains ont consciemment utilisé de tels mensonges pour conquérir des positions de pouvoir dans les mouvements d’opposition. Le principal problème est qu’ils ont des théories incomplètes et contradictoires sur le capitalisme et le changement social. Ainsi, leur pratique tend toujours vers la récupération (ou la cooptation et la réinsertion) de la rébellion sociale. Toujours en mettant l’accent sur l’organisation, la gauche utilise diverses tactiques dans leurs tentatives de réification et de médiation des luttes sociales – représentation et substitution, imposition d’idéologies collectivistes, moralisme collectiviste et, finalement, violence répressive sous une forme ou une autre. Généralement, la gauche a employé toutes ces tactiques de la manière la plus impénitente et la plus explicitement autoritaire possible. Mais ces tactiques (sauf la dernière) peuvent également être – et ont souvent été – employées de manière plus subtile et moins ouvertement autoritaire, les exemples les plus importants pour notre propos étant les pratiques historiques et actuelles de nombreux (mais pas tous) anarchistes de gauche.

La réification est souvent décrite de manière plus générale comme une « chosification ». C’est la réduction d’un processus complexe et vivant à un ensemble d’objets ou d’actions figés, morts ou mécaniques. La médiation politique (une forme de réification pratique) est la tentative d’intervenir dans les conflits en tant que tiers arbitre ou représentant. En fin de compte, ce sont là les caractéristiques définitives de toute théorie et pratique de gauche. Le gauchisme implique toujours la réification et la médiation de la révolte sociale, tandis que les anarchistes cohérents rejettent cette réification de la révolte. La formulation de l’anarchie post-gauche est une tentative visant à rendre ce rejet de la réification de la révolte plus cohérent, plus répandu et plus conscient qu’il ne l’est déjà.

 

L’anarchisme comme théorie et critique de l’organisation

Un des principes les plus fondamentaux de l’anarchisme est que l’organisation sociale doit servir des individus et des groupes libres, et non l’inverse. L’anarchie ne peut exister lorsque les individus ou les groupes sociaux sont dominés – que cette domination soit facilitée et imposée par des forces extérieures ou par leur propre organisation.

Pour les anarchistes, la stratégie centrale des révolutionnaires potentiels a été l’auto-organisation non médiatrice (anti-autoritaire, souvent informelle ou minimaliste) des radicaux (basée sur des affinités et/ou des activités théoriques/pratiques spécifiques) afin d’encourager et de participer à l’auto-organisation de la rébellion populaire et de l’insurrection contre le capital et l’État sous toutes leurs formes. Même parmi la plupart des anarchistes de gauche, il y a toujours eu au moins un certain niveau de compréhension du fait que les organisations de médiation sont au mieux très instables et inévitablement ouvertes à la récupération, nécessitant une vigilance et une lutte constantes pour éviter leur récupération complète.

Mais pour tous les individus de gauche (y compris les anarchistes de gauche), en revanche, la stratégie centrale est toujours expressément axée sur la création d’organisations médiatrices entre le capital et l’État d’un côté et la masse des gens mécontents et relativement impuissants de l’autre. Habituellement, ces organisations se concentrent sur la médiation entre les capitalistes et les travailleurs ou entre l’État et la classe ouvrière. Mais de nombreuses autres médiations impliquant une opposition à des institutions particulières ou impliquant des interventions auprès de groupes particuliers (minorités sociales, sous-groupes de la classe ouvrière, etc.) ont été courantes.

Ces organisations médiatrices comprennent des partis politiques, des syndicats, des organisations politiques de masse, des groupes de façade, des groupes de campagne sur un thème unique, etc. Leurs objectifs sont toujours de cristalliser et de figer certains aspects de la révolte sociale plus générale dans des formes définies d’idéologie et de formes congruentes d’activité. La construction d’organisations formelles et médiatrices implique toujours et nécessairement au moins certains niveaux de :

Toutes les théories anarchistes d’auto-organisation appellent au contraire (de diverses manières et avec des accents différents) :

En fin de compte, la plus grande différence est que les anarchistes prônent l’auto-organisation tandis que la gauche veut vous organiser. Pour elle, l’accent est toujours mis sur le recrutement dans leurs organisations, afin que vous puissiez adopter le rôle d’un cadre au service de leurs objectifs. Ils ne veulent pas vous voir adopter votre propre théorie et vos propres activités, car vous ne leur permettriez pas de vous manipuler. Les anarchistes veulent que vous déterminez votre propre théorie et votre activité et que vous auto-organisez votre activité avec d’autres personnes partageant les mêmes idées. Les gens de gauche veulent créer une unité idéologique, stratégique et tactique par « l’autodiscipline » (votre auto-répression) lorsque cela est possible, ou par la discipline organisationnelle (menace de sanctions) lorsque cela est nécessaire. Quoi qu’il en soit, vous êtes censé renoncer à votre autonomie pour suivre leur chemin hétéronome qui vous a déjà été tracé.

L’anarchisme comme théorie et critique de l’idéologie

La critique anarchiste de l’idéologie date des travaux de Max Stirner, bien qu’il n’ait jamais utilisé le terme lui-même pour décrire sa critique. L’idéologie est le moyen par lequel l’aliénation, la domination et l’exploitation sont toutes rationalisées et justifiées à travers la déformation de la pensée et de la communication humaines. Toute idéologie implique par essence la substitution de concepts ou d’images étrangers (ou incomplets) à la subjectivité humaine. Les idéologies sont des systèmes de fausse conscience dans lesquels les individus ne se considèrent plus directement comme des sujets dans leur relation avec leur monde. Au lieu de ça, ils se conçoivent d’une manière ou d’une autre comme subordonnés à un type ou à un autre d’entités abstraites qui sont prises à tort pour les véritables sujets ou acteurs de leur monde.

Chaque fois qu’un système d’idées et de devoirs est structuré avec une abstraction en son centre – attribuer aux gens des rôles ou des devoirs pour lui-même – un tel système est toujours une idéologie. Toutes les formes d’idéologie sont structurées autour de différentes abstractions, mais elles servent toujours les intérêts de structures sociales hiérarchiques et aliénantes, puisqu’elles sont hiérarchie et aliénation dans le domaine de la pensée et de la communication. Même si une idéologie s’oppose rhétoriquement à la hiérarchie ou à l’aliénation dans son contenu, sa forme reste cohérente avec ce à quoi elle est ostensiblement opposée, et cette forme aura toujours tendance à saper le contenu apparent de l’idéologie. Que l’abstraction soit Dieu, l’État, le Parti, l’Organisation, la Technologie, la Famille, l’Humanité, la Paix, l’Ecologie, la Nature, le Travail, l’Amour ou encore la Liberté ; s’il est conçu et présenté comme s’il s’agissait d’un sujet actif doté d’un être propre qui nous exige, alors il est le centre d’une idéologie. Le capitalisme, l’individualisme, le communisme, le socialisme et le pacifisme sont chacun idéologiques à d’importants égards tels qu’ils sont habituellement conçus. La religion et la morale sont toujours idéologiques de par leurs définitions mêmes. Même la résistance, la révolution et l’anarchie prennent souvent des dimensions idéologiques lorsque nous ne prenons pas soin de maintenir une conscience critique de la façon dont nous pensons et des objectifs réels de nos pensées. L’idéologie est presque omniprésente. Des publicités aux traités universitaires et études scientifiques, presque tous les aspects de la pensée et de la communication contemporaines sont idéologiques, et leur véritable signification pour les sujets humains se perd sous des couches de mystification et de confusion.

La gauche, en tant que réification et médiation de la rébellion sociale, est toujours idéologique parce qu’elle exige toujours que les gens se conçoivent d’abord en termes de leurs rôles au sein à la fois de leurs relations avec les organisations de gauche et des groupes opprimés, qui sont à leur tour considérés comme plus réels que les individus qui se combinent pour les créer. Pour la gauche, l’histoire n’est jamais faite par des individus, mais plutôt par des organisations, des groupes sociaux et – surtout pour les marxistes – par des classes sociales. Chaque grande organisation de gauche façonne généralement sa propre légitimation idéologique que tous les membres sont censés apprendre et défendre, voire faire du prosélytisme. Critiquer ou remettre sérieusement en question cette idéologie, c’est toujours risquer d’être expulsé de l’organisation.

Les anarchistes post-gauche rejettent toutes les idéologies en faveur de la construction individuelle et communautaire de sa propre théorie. La théorie du soi individuel est une théorie dans laquelle l’individu intégral dans son contexte (dans toutes ses relations, avec toute son histoire, ses désirs et ses projets, etc.) est toujours le centre subjectif de la perception, de la compréhension et de l’action. La théorie du soi communautaire est également basée sur le groupe en tant que sujet, mais toujours avec une conscience sous-jacente des individus (et de leurs propres théories) qui composent le groupe ou l’organisation. Les organisations anarchistes non idéologiques (ou groupes informels) sont toujours explicitement fondées sur l’autonomie des individus qui les construisent, contrairement aux organisations de gauche qui exigent l’abandon de l’autonomie personnelle comme condition préalable à l’adhésion.

 

Ni Dieu, ni maître, ni ordre moral : l’anarchisme comme critique de la morale et du moralisme

La critique anarchiste de la moralité date également de l’œuvre principale de Max Stirner, L’unique et sa propriété (1844). La moralité est un système de valeurs réifiées – des valeurs abstraites qui sont extraites de tout contexte, gravées dans le marbre et converties en croyances incontestables à appliquer quels que soient les désirs, pensées ou objectifs réels d’une personne, et quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve. Le moralisme est la pratique non seulement de réduire les valeurs vivantes à une morale réifiée, mais aussi de se considérer meilleur que les autres parce que l’on s’est soumis à la moralité (autosatisfaction) et de faire du prosélytisme pour l’adoption de la moralité comme outil de changement social.

Souvent, lorsque les scandales ou les désillusions ouvrent les yeux des gens et qu’ils commencent à creuser sous la surface des idéologies et des idées reçues qu’ils ont tenues pour acquises toute leur vie, l’apparente cohérence et la puissance de la nouvelle réponse qu’ils trouvent (que ce soit dans la religion, le gauchisme ou encore l’anarchisme) peuvent les amener à croire qu’ils ont désormais trouvé la Vérité (avec un « V » majuscule). Une fois que cela commence à se produire, les gens se tournent trop souvent vers le moralisme, avec les problèmes d’élitisme et d’idéologie qui en découlent. Une fois que les gens succombent à l’illusion qu’ils ont trouvé la Vérité unique qui pourrait tout arranger – si seulement suffisamment d’autres personnes comprenaient également, la tentation est alors de considérer cette Vérité unique comme la solution au problème implicite autour duquel tout doit être théorisé, qui les amène à construire un système de valeurs absolues pour défendre leur solution magique au problème que cette vérité leur indique. À ce stade, le moralisme prend le pas sur la pensée critique.

Les différentes formes de gauchisme encouragent différents types de moralité et de moralisme, mais le problème le plus général au sein du gauchisme est que les gens sont exploités par les capitalistes (ou dominés par eux, ou aliénés de la société ou du processus de production, etc.). La vérité est que le peuple doit prendre le contrôle de l’économie (et/ou de la société) entre ses propres mains. Le plus grand obstacle à cela est la propriété et le contrôle des moyens de production par la classe capitaliste, soutenus par son monopole sur l’usage de la violence légalisée à travers son contrôle de l’État politique. Pour surmonter ce problème, il faut approcher les gens avec une ferveur évangélique afin de les convaincre de rejeter tous les aspects, idées et valeurs du capitalisme et d’adopter la culture, les idées et les valeurs d’une notion idéalisée de la classe ouvrière afin de s’emparer des moyens de production en brisant le pouvoir de la classe capitaliste et en constituant le pouvoir de la classe ouvrière (ou de ses institutions représentatives, sinon de leurs comités centraux ou de son chef suprême) sur l’ensemble de la société…. Cela conduit souvent à une certaine forme d’ouvrisme (incluant généralement le adoption de l’image dominante de la culture de la classe ouvrière, en d’autres termes, les modes de vie de la classe ouvrière), une croyance dans le salut organisationnel (généralement scientifique), une croyance dans la science de (l’inévitable victoire du prolétariat) la lutte des classes, etc. Et donc des tactiques compatibles avec la construction d’une véritable organisation fétichisée de la classe ouvrière pour lutter pour le pouvoir économique et politique. Tout un système de valeurs est construit autour d’une conception particulière et très simpliste du monde, et les catégories morales du bien et du mal se substituent à l’évaluation critique en termes de subjectivité individuelle et communautaire.

La descente vers le moralisme n’est jamais un processus automatique. C’est une tendance qui se manifeste naturellement chaque fois que l’on s’engage sur la voie d’une critique sociale réifiée. La moralité implique toujours de faire dérailler le développement d’une théorie critique cohérente de soi et de la société. Il court-circuite le développement de stratégies et de tactiques appropriées à cette théorie critique et encourage l’accent mis sur le salut personnel et collectif en étant à la hauteur des idéaux de cette morale, en idéalisant une culture ou un style de vie comme vertueux et sublime, tout en diabolisant tout le reste. comme étant soit des tentations, soit des perversions du mal. Cette emphase inévitable devient alors la tentative mesquine et continue de faire respecter les limites de la vertu et du mal en surveillant la vie de quiconque prétend être membre de la secte du groupe, tout en dénonçant avec suffisance les groupes extérieurs. Dans le milieu ouvriériste, par exemple, cela revient à attaquer quiconque ne chante pas d’éloges aux vertus de l’organisation de la classe ouvrière (et notamment aux vertus de l’Unique Vraie forme d’organisation), ou aux vertus de l’image dominante de l’organisation ouvrière. Culture de classe ou modes de vie (qu’il s’agisse de boire de la bière au lieu de boire du vin, de rejeter les sous-cultures ou de conduire une Ford ou une Chevrolet au lieu d’une BMW ou d’une Volvo). L’objectif, bien sûr, étant de maintenir les lignes d’inclusion et d’exclusion entre l’intérieur du groupe et l’extérieur du groupe (l’extérieur du groupe étant diversement représenté dans les pays hautement industrialisés comme les classes moyennes et supérieures, ou les petites-bourgeois et bourgeois, ou les managers et capitalistes).

Être à la hauteur de la moralité signifie sacrifier certains désirs et tentations (quelle que soit la situation réelle dans laquelle vous pourriez vous trouver) en faveur des récompenses de la vertu. Ne mangez jamais de viande. Ne conduisez jamais de SUV. Ne faites jamais de 9h / 17h. Ne brisez jamais une grève. Ne votez jamais. Ne parlez jamais à un flic. Ne prenez jamais d’argent du gouvernement. Ne payez jamais d’impôts. Ne le faites jamais, etc., etc. Ce n’est pas une façon très attrayante de vivre votre vie pour quiconque souhaite réfléchir de manière critique au monde et évaluer ce qu’il faut faire par soi-même.

Rejeter la morale implique de construire une théorie critique de soi et de la société (toujours autocritique, provisoire et jamais totaliste) dans laquelle l’objectif clair de mettre fin à l’aliénation sociale n’est jamais confondu avec des objectifs partiels réifiés. Cela implique de mettre l’accent sur ce que les gens ont à gagner de la critique radicale et de la solidarité plutôt que sur ce que les gens doivent sacrifier ou abandonner pour vivre une vie vertueuse de moralité politiquement correcte.

 

L’anarchisme post-gauche : ni de gauche, ni de droite, mais autonome

L’anarchie post-gauche n’est pas quelque chose de nouveau et différent. Ce n’est ni un programme politique ni une idéologie. Il ne s’agit en aucun cas de constituer une sorte de faction ou de secte au sein du milieu anarchiste plus général. Il ne s’agit en aucun cas d’une ouverture à la droite politique ; la droite et la gauche ont toujours eu bien plus de points communs entre elles que l’une ou l’autre n’en a avec l’anarchisme. Et il ne s’agit certainement pas d’une nouvelle marchandise sur le marché déjà saturé d’idées pseudo-radicales. Il s’agit simplement d’une réaffirmation des positions anarchistes les plus fondamentales et les plus importantes dans le contexte d’une gauche politique internationale en désintégration.

Si nous voulons éviter de tomber dans les décombres de la gauche alors qu’elle s’effondre, nous devons nous dissocier pleinement, consciemment et explicitement de ses multiples échecs – et en particulier de ses présupposés invalides qui ont conduit à ces échecs. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible pour les anarchistes de se considérer également comme de gauche – il y a eu une longue histoire, le plus souvent honorable, de synthèses anarchistes et de gauche. Mais cela signifie que dans notre situation contemporaine, il n’est possible pour personne – même pour les anarchistes de gauche – d’éviter de se rendre compte que les échecs de la gauche dans la pratique nécessitent une critique complète de celle-ci et une rupture explicite avec tous ses aspects impliqués dans sa politique et ses échecs.

Les anarchistes de gauche ne peuvent plus éviter de soumettre leur propre gauchisme à une critique intensive. À partir de ce point, il n’est tout simplement plus suffisant (même si cela n’a jamais été vraiment le cas) de projeter tous les échecs de la gauche sur les variétés et les épisodes les plus explicitement odieux de la pratique de gauche, comme le léninisme, le trotskisme et le stalinisme. Les critiques de l’étatisme de gauche et de l’organisation des partis de gauche n’ont toujours été que la pointe d’une critique qui doit désormais englober explicitement l’ensemble de l’iceberg de la gauche, y compris les aspects souvent incorporés depuis longtemps dans les traditions de la pratique anarchiste. Tout refus d’élargir et d’approfondir la critique de la gauche constitue un refus de s’engager dans l’auto-examen nécessaire à une véritable compréhension de soi. Et l’évitement obstiné de la compréhension de soi ne peut jamais être justifié pour quiconque aspire à un changement social radical.

Nous avons maintenant une opportunité historique sans précédent, ainsi qu’une multitude de moyens critiques, pour recréer un mouvement anarchiste international capable de se suffire à lui-même et de ne s’incliner devant aucun autre mouvement. Il ne nous reste plus qu’à saisir cette opportunité pour reformuler de manière critique nos théories anarchistes et réinventer nos pratiques anarchistes à la lumière de nos désirs et objectifs les plus fondamentaux.

Rejetez la réification de la révolte. La gauche est morte ! Longue vie à l’anarchie !

Jason McQuinn

Texte original : Post-Left Anarchy  Leaving the Left Behind

[Radio] Guerres des métaux rares au Congo

Publié le 2025-04-15 00:00:00

[pompé sur paris-luttes.infio]

Dans cette émission de Vive la Sociale – FPP 106.3 MhZ – nous vous proposons d’écouter des interventions concernant le développement de l’industrie des micro-processeurs ainsi que le développement de la numérisation et de l’électrification des véhicules qui ont précédés la manifestation du 30 mars contre l’extension de l’usine STMicroelectronics près de Grenoble (« De l’eau, pas des puces »). Bonne écoute !

La manifestation du 30 mars contre l’extension de l’usine STMicroelectronics près de Grenoble (« De l’eau, pas des puces ») a été précédée par des rencontres organisées par le collectif StopMicro (stopmicro38.noblogs.org), où ont été développées toutes les raisons de s’opposer au développement de l’industrie des micro-processeurs, et plus largement au développement de la numérisation et de l’électrification des véhicules. Parmi les interventions faites à cette occasion, nous avons sélectionné celles qui portent sur la dimension extractiviste de cette industrie, avec ses effets terribles au Congo surtout, mais aussi, en plus insidieux, au Canada.

À travers les interventions croisées de Fabien Lebrun, auteur de La Barbarie numérique (éd. L’Echappée), et de David Maenda Kithoko, de l’association Génération lumière, il est successivement question de l’histoire de la colonisation du Congo, de la situation endémique de guerre que subit le pays avec l’intervention de bandes armées et des pays voisins, de l’importance cruciale de plusieurs des métaux contenus dans le sous-sol du Congo pour la fabrication des téléphones portables et les batteries des voitures, et donc du fondement économique de ces guerres qui ravagent le pays, souvent présentées en Occident comme des conflits ethniques.

La réalité de l’exploitation minière au Congo est particulièrement abjecte, mais le témoignage du militant Marc Fafard (à 1h16’) qui suit nous montre que dans un pays occidental et riche comme le Canada, les conséquences humaines des entreprises minières sont là aussi particulièrement destructrices.

Source : http://vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2025/25-04-03-vls-stop-micro-congo-canada-2.mp3

Barcelone (Espagne) : Des tags sur le siège de Units per Avançar

Publié le 2025-04-15 00:00:00

imc_barcelona / mercredi 9 avril 2025

On informe qu’on a fait des tags sur le siège du parti politique Units per Avançar [petit parti catalan, centriste et autonomiste ; NdAtt.], avec la devise « Liberté pour Abel, tortureurs » et on a scellé la serrure d’accès au local.

Le conseiller à la Justice de Catalogne [c’est-à-dire le ministre de la Justice du gouvernent de la communauté autonome de Catalogne ; NdAtt.] et Secrétaire général de ce parti, Ramón Espadaler, est le principal responsable de la situation du compagnon anarchiste Abel, emprisonné à la prison de Brians 2 depuis le 30 mai 2024.

À BAS LES MURS DES PRISONS
LIBERTÉ POUR ABEL
MATONS TORTIONNAIRES

unes quantes

Prison de Moabit (Allemagne) : Deux lettres de Nanuk

Publié le 2025-04-15 00:00:00

Cent jours en taule

Freiheit füt Nanuk! / samedi 8 mars 2025

Depuis plus de cent jours, Nanuk se trouve dans une cellule individuelle à la maison d’arrêt de Berlin-Moabit.
Nanuk a été arrêté à Berlin le 21 octobre 2024, après que, pendant plus de deux ans, les autorités n’ont pas réussi à le trouver.

Le cas de Nanuk permet de bien observer comment le système fermé « taule » offre une marge de manœuvre pour le harcèlement et l’action arbitraire des matons, des fonctionnaires publics et du procureur général.
Les mesures de sécurité élevées imposées à Nanuk et dont nous avons parlé dans les mises à jour précédentes ont été progressivement assouplies, à partir de début décembre 2024.
Mais, encore, une grande marge de pouvoir arbitraire est laissée à l’administration et au bon vouloir des matons, qui décident en fin de compte si sa participation, autorisée, aux activités de loisirs aura effectivement lieu ou pas.
Le problème avec le courrier continue, pendant l’enfermement de Nanuk : la réception et l’envoi du courrier sont toujours bloqués. Nanuk a reçu la dernière fois quelques lettres et cartes postales le 10 janvier 2022, puis il a fallu deux mois pour que d’autres lui arrivent. Il a fallu attendre la mi-décembre pour que Nanuk reçoive une première correspondance – les lettres et les cartes postales de la période allant du 22 octobre au 16 novembre 2024 sont encore portée disparues. Aussi, jusqu’ici très peu de lettres écrites par Nanuk nous sont parvenues.

Nous publions ici la lettre de Nanuk pour ses cent jours en taule.

Nous envoyons beaucoup de force à tou.tes les prisonnier.es et les personnes en cavale.
Jusqu’à ce que tout le monde soit libre.

Groupe de solidarité avec Nanuk

 

Aujourd’hui, je suis ici depuis cent jour, dans une taule de ce système de merde. J’éprouve des difficultés à formuler mes pensées, tout ce qui est exprimé ouvertement intéresse le LKA [la police judiciaire de chaque Land allemand ; NdAtt.], la prison et le parquet et est épluché avec attention.
Toute déclaration faite devant des travailleurs sociaux, des matons, chaque conversation entre prisonniers – ceux qui font quelques tours ensemble dans la cour de promenade ou simplement se tiennent l’un à côté de l’autre – qui s’assoit à côté de qui à l’église, en échangeant quelques mots – en prison tout est observé de près et enregistré. Tout cela laisse un sentiment d’insécurité et de peur chez de nombreux prisonniers, car tout cet espionnage conduit aussi à de la répression : les prisonniers sont transférés dans d’autres sections de la prison, n’ont plus le droit de participer à des activités collectives ou d’avoir un travail dans la prison. Tout cela pour contrôler ou interdire chaque contact social. De plus, pour moi : les visites de ma famille et d’amis nécessitent une autorisation judiciaire et sont strictement surveillées. Les parloirs sont deux par mois, d’une heure chacun. Les conversations sont enregistrées par un ou deux policiers du LKA, en général le policiers se placent directement un demi mètre derrière moi. En plus de cette situation de surveillance, très désagréable pour ma mère, il est déjà arrivé une fois que le policier ne se soit pas présenté au rendez-vous prévu et que ma mère ait été rejetée et renvoyée à la maison. Les contacts par la poste sont aussi contrôlés et censurés, d’autre part une partie du courrier qui était arrivé ici à la prison en octobre et novembre est toujours introuvable.

Les visites de l’avocate aussi sont signalées par la prison au parquet, avec « quand et pendant combien de temps ». Je dois ouvrir le courrier que je reçois de mon avocate en présence d’un maton. L’accès aux contacts avec mon avocate et aussi le courrier que j’échange avec elle sont ainsi contrôlés. Bien qu’il n’y ait pas de contrôle du contenu, dans les faits il s’agit d’un contrôle. Même le courrier pour ma défense, que j’ai envoyé à mon avocate depuis la prison, n’a pas été livré depuis dix semaines. Du courrier pour la défense, qui m’était destiné, a été livré à d’autres prisonniers. Ma vie quotidienne a lieu sous ces mécanismes de contrôle omniprésents et s’y ajoutent toutes les consignes de sécurité qui m’ont été imposées. Celles-ci sont motivées par le fait que je pourrais, par mes capacités, mettre en danger l’ordre dans la prison. Tous les assouplissements de ces dernières semaines, comme le retrait de la disposition « à remettre de main en main » (à partir de maintenant, j’ai aussi le droit d’aller à l’église ou au parloir avocat sans escorte), celle « ouverture de la cellule par deux fonctionnaires », ainsi que le « point vert – violent », sont autant de simplifications pour les matons et le fonctionnement de la maison d’arrêt. Je continue à ne pas avoir de contacts avec les autres prisonniers, ni aucune information sur ceux-ci. Souvent, les matons me demandent pourquoi je n’ai pas de contacts, puisque je vais à la promenade avec ces mêmes prisonniers. La raison est probablement un ordre du Ministère de la justice du Land, qui me concerne en tant qu’« extrémiste ». Beaucoup des choses qui règlent le fonctionnement quotidien de la maison d’arrêt relèvent de la bureaucratie, voire de la mauvaise volonté systématique ou de l’incapacité. Un exemple est la réception de livres de ma part. Cela a commencé fin octobre, lorsque j’ai déposé une demande à la maison d’arrêt, pour obtenir quatre romans. Celle-ci a été rejetée, avec la mention que chaque livre devait être approuvé par le tribunal. À l’instigation de mon avocate, la décision du juge a été rendue en novembre et, le 3 décembre, la maison d’arrêt a m’a aussi autorisé à recevoir des livres achetés par correspondance. Cette autorisation du 3 décembre m’a été communiquée le 29 décembre. Ensuite, la réception du paquet a été refusée à deux reprises à la porte de la maison d’arrêt et je les ai reçus le 15 janvier, après une nouvelle demande de « remise des livres ». Même des colis pour lesquels une autorisation a été délivrée ne sont souvent pas acceptés par les réceptionnistes du courrier de la maison d’arrêt et ils sont donc renvoyés.
Il en va de même pour le LKA : une fois, ils ne se sont pas présentés pour surveiller un parloir. Mais aussi, dans mon cas, le LKA ne peut pas explicitement écouter un appel téléphonique, ce qui est le cas pour d’autres détenus. Le 19 décembre, il y a eu l’autorisation du tribunal pour que je puisse téléphoner à ma mère et à ma grand-mère, pour Noël. Ensuite, il a été possible de fixer un rendez-vous avec le LKA pour la surveillance d’un parloir, le 14 janvier, mais deux heures avant, ce même 14 janvier, le parloir a été annulé directement par le LKA, an raison de manquements techniques.

Malgré toute cette merde et la tristesse quotidienne de deux heures de cour et 22 heures enfermé dans la cellule, je ne m’ennuie pas et je continue à me réjouir de chaque nouveau jour. Ce qui m’embête un peu, c’est que depuis trois mois je n’ai pas pu voir directement le soleil. La fenêtre de ma cellule est du côté opposé au soleil et la cour ne reçoit pas non plus de soleil le matin.
Entre-temps, je peux participer à l’activité sportive, une heure par semaine. Malheureusement, celle-ci n’a lieu que de manière irrégulière, quatre fois au cours des huit dernières semaines.
La seule activité collective qui m’a été autorisée jusqu’à présent est la chorale de l’église. Mais, à cause des mesures d’austérité imposées par le Ministère de la justice du Land, depuis le mois de janvier celle-ci n’a plus de financement. De plus, une fois un maton m’a empêché d’y participer de son propre chef, en disant : « Je vous ai désinscrit, car vous aviez déjà un parloir, aujourd’hui ». Jusqu’à présent, je ne peux donc participer que de manière irrégulière à cela aussi.
J’apprécie beaucoup la promenade et je passe tout le temps possible dans la cour, par tous les temps. Nous y jouons beaucoup au ping-pong. Je partage souvent des articles de journaux avec d’autres détenus ou parfois je lis des textes à voix haute. Souvent, il s’agit de sujets liés à la prison : les coupes du budget de la Justice, des lettres d’Andreas Krebs à l’administration de la Justice, le scandale des tortures à la maison d’arrêt de Gablingen/Aachen et les salutations à tou.tes les prisonnier.es de la maison d’arrêt de Moabit, lors de la manif anticarcérale du Nouvel An. Toutes les choses intéressantes qu’il y a dans les journaux. Il y a souvent une grande solidarité entre les détenus. Les nouveaux détenus reçoivent souvent un paquet de nourriture, les prisonniers sans ressources se voient offrir du tabac et quand certains n’ont pas de vêtements, on leur en donne.

Malgré mon attitude très optimiste, le contact avec ma famille et mes amis me manque ; même de simples étreintes physiques ne sont possibles que pendant quelques secondes, les jours de parloir. Pas d’échanges, pas de soleil, pas d’étreintes physiques, au bout de cent jours, cela fait quelque chose sur la psyché d’une personne. Mais tout cela, c’est plutôt une façon de « me plaindre » à un haut niveau, car je suis déjà assez privilégié, ici en prison. D’une part, je peux m’exprimer par la parole et par l’écrit, vis-à-vis des surveillants. Pour beaucoup de monde, ici, ce n’est pas possible, du coup je remplis souvent des demandes pour d’autres détenus, je lis et synthétise des courriers judiciaires et j’ai même déposé une plainte de toute notre unité, auprès de la sous-direction de l’établissement. À cela s’ajoutent des avocats dévoués et un milieu politique et social qui me soutient beaucoup, ce qui est aussi invoqué comme raison pour mon risque d’évasion (mille bisous, je vous aime pour cela). Et aussi une mère forte, qui ne se laisse pas intimider. Tout cela n’est pas donné à tous les prisonniers, ici en taule.
Rappelez-vous donc, toujours, que la taule n’est pas un trou dans lequel rien ne se passe et rien n’est possible. Même si cela prend deux ou trois mois, continuez à m’écrire, faites-moi continuer à participer, en tant que personne politique, à des processus et à des discussions.
Restons tou.tes dans un contact solidaire !

Take care,

Nanuk

*****

Une lettre de Nanuk sur l’audience du JLD et le courrier

Freiheit füt Nanuk! / dimanche 30 mars 2025

Le 3 mars, notre ami et camarade Nanuk a eu l’audience de contrôle de la détention [correspondant à une audience auprès du Juge des libertés et de la détention, en France ; NdAtt.], auprès de la Cour fédérale, à Karlsruhe. Nous documentons ici quelques lignes d’une lettre de Nanuk dans laquelle il parle de l’audience de contrôle de la détention, de son point de vue.

 

Bonjour à vous tou.tes, gens formidables !

Ici, à la maison d’arrêt de Moabit, une semaine très mouvementée se termine lentement, pour moi. Lundi j’avais l’audience de contrôle de la détention, à la Cour fédérale. Pour cela, on est venu me chercher dans ma cellule à 6h30 du matin pour m’emmener à Karlsruhe avec des menottes aux mains et aux pieds. Pendant le trajet de sept heures et demie, je n’ai pas eu la possibilité de faire une pause pour aller aux toilettes. Dans la cellule du fourgon cellulaire, d’environ 1m², la clim’ était si froide que je suis arrivé à la Cour fédérale, à Karlsruhe, congelé et sans avoir mangé pendant 19 heures. Cela s’explique en partie par le fait que la maison d’arrêt a été informée seulement juste avant mon transfert. Mais c’est ainsi que j’ai pu profiter d’une pizza fraîche aux frais de la Cour fédérale :).

Après presque quatre heures, l’audience s’est terminée, sans qu’il y ait eu un résultat final.

Un grand merci, du cœur, à toutes les personnes formidables qui sont restées pendant tout ce temps devant la Cour fédérale, en solidarité, et qui m’ont soutenu à l’arrivée et au départ.

Mais cette semaine, il s’est passé quelque chose d’encore plus extraordinaire : j’ai enfin reçu votre courrier. En trois jours, on m’a amené une centaine de cartes, de lettres, de photos et d’images. Beaucoup d’ami.es, de camarades et de personnes inconnues m’ont écrit et en lisant tout ce courrier, j’ai aussi versé quelques larmes de joie et d’émotion. La semaine prochaine, je vais passer beaucoup de temps à répondre à toutes les lettres qui ont une adresse d’expéditeur.e. Même si je suis un peu sceptique sur le si et quand ma réponse vous arrivera. Un grand, grand merci à vous tou.tes pour les nombreuses lignes chaleureuses et les images multicolores qui sont arrivées, de manière si inespérée, dans mon quotidien gris. Même si tout le courrier d’octobre et de novembre continue à être porté disparu, tout comme certaines lettres des autres mois. Le sentiment de recevoir enfin du courrier, de savoir que l’on n’est pas oublié et qu’il y a des personnes solidaires en dehors de la taule est indescriptible. S’il vous plaît, continuez à être si assidu.es dans l’écriture de lettres à tou.tes les antifas emprisonné.es et les prisonnier.es politiques, peu importe si vous les connaissez personnellement ou pas. Partagez vos pensées avec elles/eux, impliquez-les dans vos discussions ou simplement envoyez-leur de saluts rapides à travers les murs de la taule.

Tout comme nos luttes sont justes, l’action solidaire est notre attitude politique.

Salutations sincères,

Nanuk

Soirée de soutien à l'Imprimerie

Publié le 2025-04-15 09:54:52

Ce Samedi 19 Avril
à 18h à la Dar (127 rue d’Aubagne)
Soirée de soutien à l’imprimerie <3

Au programme =
Des sandwichs Banh-mi
UNE TOMBOLA ! =
et enfin des DJ sets
[Lazy Log] + [Baxua]



Mais en fait, c’est quoi l’Imprimerie ?

L’Imprimerie du 60 rue Edmond Rostand, c’est un lieu associatif & autogéré ouvert depuis le printemps 2021.

Ici, il y a un atelier de gravure, une presse typo, un atelier de sérigraphie, des imprimantes laser, une thermocolleuse et de quoi scanner et développer des photos. Mais aussi de quoi massicoter, agrafer, plier, découper, ou simplement venir traîner et partager un moment autour d’un café. On organise occasionnellement des soirées lecture, des lancements de livre, des discussions, ou des projections. On met aussi régulièrement l’espace à disposition d’autres collectifs qui ont besoin d’un endroit pour se retrouver.

Tous les mercredi, on tient une permanence. Ces permanences sont ouvertes à touxtes sans rendez-vous et permettent l’impression à prix libre de fanzines, affiches, stickers, tracts, etc.
C’est aussi un moment d’accueil, pour venir travailler, traîner, papoter, et le moment idéal pour venir nous présenter des projets et des envies.

Horaire des permanences :
16:00 à 20:00 les 3 premiers mercredi du mois
14:00 à 18:00 le dernier mercredi du mois

Lors de la permanence c’est prix libre, on met à disposition un tableau avec le prix coûtant des impressions, si ça peut aider. Cet argent sert à renouveler le stock de consommables (l’encre, le papier…), réparer les machines qui fatiguent, participer aux factures et au loyer.

Pour les projets plus ambitieux — en terme de temps, de technique d’impression, et de nombre d’exemplaires — il vaut mieux envoyer un mail pour détailler le projet à :

presses-separees-marseille@riseup.net

On privilégie les projets d’impression qui s’inscrivent dans des logiques de non-profit, militants, en soutien aux luttes émancipatrices, anti-capitalistes, anti-racistes, féministes, anti-répression, anti-carcérales…Personne dans le collectif n’est rémunéré·e ou salarié·e, nous avons toustes d’autres activités à côté, donc parfois ça peut prendre du temps, il vaut mieux s’y prendre à l’avance !

On a hâte de vous retrouver !

🖤



PS :

Venez tôt pour vos tickets de tombola prix libre !

[Italie] Verdict au procès du Bezmotivny

Publié le 2025-04-15 14:34:14
stuut.info>

[Italie] Verdict au procès du Bezmotivny

[Italie] Verdict au procès du Bezmotivny

Le 8 avril est tombée la sentence du procès avec jugement immédiat en cours à Massa contre quatre anarchistes, inculpés pour la publication du bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny. Les inculpés – visés par l’opération avec six autres, pour lesquels la procédure est restée dans la phase d’enquête – étaient accusés de provocation aux crimes et délits et d’apologie de délits de terrorisme, avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme, pour la publication de la soixantaine de numéros de Bezmotivny, ainsi que d’offense à l’honneur ou au prestige du Président de la République (art. 278), pour un article précis.

Ailleurs | sur https://stuut.info | Collectif : Secours Rouge /B_collectif>

Tous les inculpés ont été acquittés du chef d’inculpation de provocation aux crimes et délits avec des circonstances aggravantes, « parce que les faits n’ont pas eu lieu », tandis que le seul Luigi a été condamné à huit mois, sans application de la récidive, pour offense à l’honneur ou au prestige du Président de la République (les trois autres inculpés ont été acquittés de cette accusation aussi, « pour ne pas avoir accompli le fait »). En outre, la demande d’indemnisation des dommages-intérêts présentée par l’avocat de l’État a été rejetée. A l’audience précédente (voir notre article ), le 1er avril, le procureur avait demandé sept ans de prison pour Gino, six ans pour Luigi, ainsi que cinq ans et six mois chacun pour Gaia et Paolo.

Voir en ligne : Secours Rouge

‘Provocateur Faction’ takes responsibility for the incendiary attack on the house and police guard of the Supreme Court President Ioanna Klapa (Athens,Greece)

Publié le 2025-04-15 15:18:23

“Injustice is not anonymous, it has a name and an address”

Bertolt Brecht

In the early morning hours of June 27th [2024] we attacked the house and the police guard of the President of the Supreme Court, Ioanna Klapa, in the Papagos area. That summer evening found the cop who happened to be on duty instead of carelessly gazing at Instagram photos or playing slots (in earlier watches this seemed to be how those on duty spent their time) screaming from the Molotov cocktails that burned him and then being rushed to the emergency room by his colleagues, badly injured. And Klapa, instead of sleeping, fearfully putting out the fire in the entrance and garden of her house.

But why did we choose to attack Klapa while her house was being guarded?

First of all, it was an operational choice with three political considerations. It was not a matter of mere desire or convenience but of collective recognition of the need to attack, yes, using the element of surprise, but on a guarded target. In a field where, in theory, immediate engagement reflexes have been designed and provided for by the police guard to protect the high profile person. In this area there is not room for much analysis. Their preparedness and the proud spirit of the Greek police corps went out the window. Although their operational planning was disgraced, we, to tell the truth, acknowledge that we did not achieve anything particularly great. Life the next day went on as usual, a world of squalor and rot remained the same and the violence of apathy, misery and deadlock still lingers. We had no illusions that we would achieve the most decisive blow to the mechanisms of bourgeois justice and the police. To be a substantially dangerous pole in the social war, however, you have to sharpen the violent responses quantitatively and qualitatively. This is a finding that is eloquently described even by renowned academics and in particular by the jurist Manoledakis: “The overthrow of a political power, and especially today when the state has a perfected huge mechanism for eliminating its opponents, cannot be done on paper or with wishful thinking. In order for the ‘political criminal’ to reach his goal, he must willingly or unwillingly violate a multitude of legal value so that his crime always appears complex. The state is a legal value entangled with other legal values (human lives, personal freedoms, facilities, services, etc.). To reach it you have to go through these values”. So we recognized the importance of such an action and achieved a goal that was both realistic and decisive. To wound their confidence and arrogance, to wound the security they feel in the quiet of their homes and their service cars. We have succeeded, and literally. The burn scars of the security guard will be there to remind him and his colleagues when they notice them that they are in fact vulnerable no matter how much they may think otherwise.

Here lies the second aspect of the rationale behind our attack and the conditions under which it was carried out. The central outcome of our operational planning was to completely destroy the service vehicle and injure the cop, which is what happened. If to some ears this sounds too violent and alienating to their humanistic, pea-brained little minds, then we are speaking and addressing those who read this text and either consciously and with clear political and ideological commitment advocate revolutionary violence by all means or those who instinctively rejoiced and chuckled when they heard the news of a cop being injured that day. To all of them we say that this act was another contribution to the feud we have with the bollocks of the Hellenic Police. We owe this feud and its continuation to our dead. It is a deep and conscious choice with the first and foremost weapon being the determination that defines the need to avenge our dead.

“People do not judge like courts; they do not pass sentence, they throw thunderbolts; they do not condemn kings, they throw them into the void.”

Maximilian Robespierre

It is these dead people who directed us that night to examine Klapa and – instead of the position of the all-powerful judge as she is accustomed to have – to put her in the position of the guilty party. Klapa deliberately repeatedly and by being in an appointed office has been covering up for two years from her position as President of the Supreme Court the government’s responsibility for the murder of 57 people in Tempi. We found Klapa guilty of covering up and tampering with the traces left by the New Democracy killers. We found this scum guilty for not being ashamed to even take on the relatives of the victims. So we looked at her record as President of the Supreme Court and judged that the response of fire and the terror of an attack where her family comfort is housed is the very minimum she truly deserves. We do not expect every Klapa and every Adilini along with Bakaimi to deliver any justice. Just mentioning it makes us laugh. But we want to say one or two things to them. We know very well that among the worst things you can say to a judge and accuse him of is that he is controlled by political power. It gives them an allergy. They have nothing more sacred than maintaining the veneer of the shop window of the civil justice system as “independent”. Since it is not so unlikely that this text will fall into Klapa’s hands – after all, it concerns her – we say to her something that even the most ignorant (unless of course she belongs to the party apparatus and the core of the New Democracy) now believes: you right-wing tsarina, at least try to keep up appearances when you protect the boss who appointed you and don’t lick the Prime Minister’s ass so much. And one more thing, to the relatives of the victims – of the crime committed by those you so zealously protect – you’re going to make a toubeki*. Save the suggestions because as you saw your guarding wasn’t effective enough and as you remember we know where your house falls.

The duty to defend the memory of our dead cannot stop at a violent gesture, at a single attack. We must create at every opportunity the conditions that will allow a direct and dynamic response to the demagogues of our thoughts and dreams and the usurpers of our lives. The same applies, of course, to those who protect them. The conditions that we must take advantage of also arise from mass violent outbursts such as that of 28 February. Diffuse groups and individuals clashed that day, putting the mentality of acts of revenge for the murder of 57 people in Tempe at the forefront. Any similar opportunity must not be allowed to go to waste. Not with the logic of a fetishistic violent vision and a simple clean-up. Too many years of absence of mass aggressive clashes and the few exceptions in between have damaged the reflexes of the militant minorities and have left behind a conspiratorial logic in many parts of the people who take to the streets. From the righteousness of the December rioters and the mass militant stubbornness of 2010-2012, we have moved on to insatiable securitarianism and the baptism of provocative cops with an obsession that is truly impressive. Most people are more or less aware of the responsibilities of the left, let alone the KKE [Greek Communist Party], for this provocative propaganda. On top of that, the huge crowds on 28 February ensure the presence of many ignorant people about what violent mass clashes at central gatherings signify and their necessity. It can only cause laughter that all of them, at the sight of incidents in other countries around the world, pull out of the quiver of the know-it-all, the shouting at the apathetic new Greek who no longer resists. Only the constant and repeated confrontational presence will answer all these sputtering people. Let us have no illusions that all this number of people will read the analyses of the space on provocateurism. Let’s answer them in the street with our unyielding and determined intention to attack cops, capitalist targets and state property. If they don’t understand words, let’s give it to them in words. In the general strike on 9 April the conflict minorities must, if necessary, respond forcefully to possible challenges and any threat to their security by sputtering vigilantes of social peace.

KYRIAKOS XYMITIRIS ALWAYS PRESENT

“What does it matter if death finds us? What matters is that our cry will be heard and another hand will be by our side to take our weapon and other rebels will rise up to catch the song, to hear the new cry of war and revolution.”

We dedicate this phrase of Che Guevara and its meanings to the dead urban guerrilla Kyriakos Xymitiris. We don’t need to talk about Kyriakos. His choices have spoken. The militant path he took was marked with signs of dedication, unadulterated faith and commitment to the struggle for the HOPE he so believed in. At noon on the 31st of October, Kyriakos Xymitiris left too early after a device explosion on Arcadia Street. But the signs that led him among the cyclones of a reality that struggles to impose apathy and starkism, those roads that Kyriakos opened with the stubbornness and passion of an armed rebel, those signs will be followed by all of us who will commemorate his passage into “illegality” along with the other outlaws Lambros Fountas, Michalis Prekas, Christoforos Marinos, Christos Tsouchouvis and Christos Kassimis. We will keep those streets bright because Kyriakos’ own life and his sacrifice prove so thunderously and blatantly that people who love the struggle for freedom and life are willing to risk it without a second thought. To give it totally to the revolutionary cause.

MARIANNA FIRM AND STRONG AS FREEDOM

IMMEDIATE RELEASE OF POLITICAL PRISONERS MARIANNA M., DIMITRI P., DIMITRA Z., NIKO R., ARGYRI K.

Provocateur Faction

Source: Blessed is the Flame

DN Note

*Τουμπεκί (Turkish: tömbeki) is the tobacco used in ναργιλέ, nargilé (shisha, hookah). In coffee houses until the interwar period, nargilé was widespread. There are various interpretations of the origin of the expression “κάνε τουμπεκί, kane tombeki”, which metaphorically means “shut up”, “shut it up”. The nargilé was prepared by the “tömbeki”, nargilé maker, of the coffee houses, and because they would catch up on the conversation and take a long time to offer it to the customer, the customer would in turn shout: “Kane tombeki”, meaning stop the conversations and make the tobacco.

via: darknights

Two Teslas set on fire in Calgary (Canada)

Publié le 2025-04-15 15:21:10

Information retrieved from local news sites

On March 18, one Tesla was torched in the downtown area of Calgary, AB. The next day, a cybertruck was arsoned at a Tesla storage lot.

No Tesla is safe. You don’t reform a dystopia.

Anonymous Submission to North Shore Counter-Info

ARSON ATTACK ON GOVERNMENT VEHICLES – Athens,Greece.

Publié le 2025-04-15 15:52:55

In the early hours of March 28, we placed six incendiary devices inside the ΕΥΔΑΠ (Hellenic Water Company) construction site in the Cholargos area, which engulfed state vehicles in flames. We are actively questioning the power of the state and the structure of its sovereignty, trying to weaken it by striking. We remind you that resistance action against the state and capital does not have one front, but many.

In order to achieve our promoted goals, it is necessary to overcome the limits of bourgeois legitimacy.

From the multiple demonstrations, to the extensive clashes with stones and Molotov cocktails in the central Syntagma Square, to the arson of state machinery, we are promoting the revolution everywhere and always.

KYRIAKOS YOU LIVE FOREVER A FIGHTER

EVERYTHING IN THE HANDS OF SOCIETY

CONSCIOUSNESS IS BUILT IN MASS STRIKES, OCCUPATIONS AND ON THE STREETS

EVERYONE ON THE STREETS ON MAY DAY

Revolutionary Coordination


via: athens.indymedia

Translated by Act for freedom now!

A propos de l’attaque cordonnée de ces deux dernières nuits contre la pénitentiaire

Publié le 2025-04-15 18:08:42
Guérite blindée des matons, dans le sas d’entrée de la prison de Toulon-La Farlède, nuit de lundi à mardi 15 avril 2025

Les nuits de dimanche à lundi 14 avril, puis de lundi à mardi 15 avril, ont été marquées par des attaques contre plusieurs structures de la pénitentiaire et de ses larbins, dans une dizaine de villes du Sud et de la banlieue parisienne. Des voitures de matons qui étaient garées sur le parking de prisons (Réau, Valence, Villepinte, Aix-Luynes, Nîmes), ou le long de l’école nationale pénitentiaire (Agen) ou encore devant leurs logements de fonction (Marseille, Nanterre) sont parties en fumée. En outre, le sas d’entrée d’une taule a été mitraillé (Toulon-La Farlède), et le portail d’une base-ERIS a été incendié (Aix-Luynes).

Cette « attaque coordonnée » au cours de deux nuits d’affilée a conduit le Parquet national antiterroriste (PNAT) à se saisir de l’enquête, puis à confier cette dernière à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, aux services locaux et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L’enquête comprend « trois qualifications, dont association de malfaiteurs terroriste » a précisé aujourd’hui le ministre de la Justice, parce que « la nature même de l’action » traduit une opération « concertée dont l’objectif est de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ». Quant aux matons, ils sont bien entendu dégoûtés, à l’image du secrétaire national de la CGT pénitentiaire, Damien Tripenne, qui a déclaré tout ému sur une grande radio : « J’ai des camarades, des collègues, qui sont meurtris parce que c’est leurs véhicules qui ont été ciblés, c’est leurs domiciles qui ont été visés… il va falloir que la peur change de camp » (RTL, 15/4).

De plus, les porte-voix du ministère de l’Intérieur ont précisé qu’à plusieurs endroits a été retrouvé le tag “DDPF” (interprété par les journaleux comme l’acronyme de droits [ou plutôt défense] des prisonniers français”, du nom d’un canal Telegram), mais également des « slogans anarchistes ». Ce qui les a conduit à mettre en avant dans leurs bavardages tant la piste « de groupes d’ultragauche », que celle du « narcotrafic ». Une fameuse « source proche du dossier » a ainsi affirmé à une agence de presse étatique que « selon les premiers éléments de l’enquête, la piste anarchiste semble prendre le pas dans la vaste majorité des faits » (AFP, 15/4, 15h50).
Quoi qu’il en soit, leur hypothèse est que ces attaques sont liées à la lutte des uns et des autres contre la construction de vastes quartiers de haute sécurité, c’est-à-dire de véritables tombeaux où seront enterrés vivants des centaines de prisonniers à partir de cet été… et plus généralement contre le durcissement des conditions de détention (promenades et activités réduites, tabassages et humiliations de la part des matons…) encouragé par l’arrivée de Darmanin au ministère de la Justice.

Voici donc un premier aperçu de cette série d’attaques nocturnes contre l’administration pénitentiaire et les biens de son petit personnel :

Agen (Lot-et-Garonne), dimanche 13 avril, 23h30 : incendie de huit voitures des élèves-matons de l’ENAP

Lyon (Rhône) : Quand le tout-sécuritaire se retourne contre ses chiens de garde…

Publié le 2025-04-16 10:52:57

[Reçu par mail, 15 avril 2025]

Quand le tout-sécuritaire se retourne contre ses chiens de garde…

Dans la matinée ce mardi 15 avril 2025, une panne du système de badges de la PAF (police aux frontières) de Lyon a empêché pendant plusieurs heures toute entrée et sortie de leurs locaux situé au 2ème étage du 92 rue de la Part-Dieu. Attaque informatique ou simple problème technique ? En tout cas durant ces quelques heures ces héritiers de Vichy ont du bien galérer pour faire leur sale boulot de harcélement (traques, contrôles, rafles, enfermement, déportation…) contre les personnes « sans-papiers ».

À bas l’état, les frontières, les flics, les racistes,
Et PAF LA PAF !

Pas de trêve pour les huissiers

Publié le 2025-04-16T00:45:24+02:00

La nuit dernière, les vitrines de quatre études d’huissiers ont été attaquées en région parsienne, pour leur délivrer le commandement de quitter les lieux recopié ci-dessous. De Marseille à Paris, fin de la trêve hivernale pour les huissiers.

Quelle ville sera la prochaine ?

À bas l’état, la propriété privée et les huissiers.

Attendu que les expulsions locatives sont une honte et constituent une atteinteà la vie et à la dignité des personnes qui, avec la fin de la trêve hivernale, vontdu jour au lendemain perdre leur logement et se faire virer de chez elles ;

Attendu que les expulsions ont par ailleurs explosé en France depuisl’ignoble loi Kasbarian-Bergé (+ 87 % de procès-verbaux d’expulsion et +23 % d’interventions de la force publique rien qu’entre 2023 et 2024) ;

Considérant qu’il est devenu impossible de se loger décemment à Paris etproche banlieue (et partout ailleurs) si on ne gagne pas une fortune et qu’on est pas bien sous tous rapports ; 330 000 personnes sont sans domicile et 2,4 millions de personnes sont en attente d’un logement social ;

Considérant que les propriétaires et le capital immobiliers, eux, se portent à merveille et se gavent toujours plus sur le dos des gen.x.s : augmentation des loyers, vacance spéculative. Sachant que 68% du parc immobilier appartient à des ménages qui sont multipropriétaires, et que 145 000 logements sont vacants rien qu’à Paris intra-muros ;

Considérant que les huissiers sont les larbins et les hommes de main de ces vautours immobiliers, et qu’ils jouent un rôle central dans toute cette misère, en utilisant des méthodes violentes pour intimider et saisir l’argent et les meubles des personnes qui ont des dettes, pour menacer et expulser physiquement les locataires et les squats, pour mettre à la rue des familles entières ;

Considérant que, pour toutes ces bonnes raisons, tout le monde déteste les huissiers ;

Nous, les expulsé.es du Grand Paris avons cette nuit prononcé l’expulsion de plusieurs cabinets d’huissiers à Paris et appelons à multiplier ce genre d’actions partout ailleurs, afin de signifier aux propriétaires et à tous les expulseurs que, pour eux aussi, c’est la fin de la trêve.

Huissiers (raclures de bidets) hors de nos villes

Des prisons haute sécurité…

Publié le 2025-04-16T17:21:13+02:00

 

Dès le début de l’année 2025, le ministre de la justice Darmanin a multiplié les annonces concernant le durcissement des conditions d’enfermement et la création de prisons de haute sécurité. Des travaux et un renfort d’effectif en maton sont d’ores et déjà prévus pour cet été afin d’adapter la prison déjà ultra-sécurisée de Vendin-le-Vieil et d’y transférer les « 200 narcotrafiquants les plus dangereux » de frrrrance. Même rengaine du côté de la taule de Condé-sur-Sarthe, où les travaux devraient débuter un peu plus tard dans l’année, avec une ouverture prévue en octobre. Tout cela dans l’attente de la construction de deux nouveaux établissements similaires d’ici 2027 « afin que plus de 600 personnes » puissent y être enfermées, toujours selon les dires de cette crevure.

Début février, le Darmanin s’est rendu à Rome où il a visité la charmante taule de Rebibbia, à fin de s’inspirer du mode carcéral de l’état italien et en particulier du régime 41 bis utilisé majoritairement à l’encontre des personnes condamnées pour crimes mafieux mais aussi pour terrorisme, soit aussi bien des islamistes que des communistes ou des anarchistes comme c’est le cas pour Alfredo Cospito actuellement…

Le projet en question vise à un isolement maximal, a coupé toute communication possible avec l’extérieur. Cela sera permis, entre autres, par des outils technologiques toujours plus sophistiqués. A titre d’exemple, sera mis en place la généralisation de la visioconférence dans le but d’éviter toute sortie.

Comme l’a redit Darmanin, ce projet vise d’abord à ne plus distinguer les détenus selon leur statut, «mais selon leur dangerosité». Ce qui est d’abord annoncé à l’encontre d’une catégorie spécifique, ici les dits « narcotrafiquants », s’étend bien souvent par la suite à d’autres catégories jugées menaçantes par l’état quand ce n’est pas à toute la population, a minima par la peur de ce en quoi consiste la menace de la répression. On imagine bien comment des anarchistes accusé.es d’associations de malfaiteurs terroristes pourraient s’y retrouver ou comment, sur un plus long terme, un détenu de courte peine qui résisterait par la violence à un maton pourrait y finir.

Ces projets s’inscrivent dans un renforcement sécuritaire de l’état et pourraient lui offrir des outils supplémentaires et redoutables pour mater celles et ceux qui se révoltent contre sa domination. Il ne s’agit pas ici de défendre le capitalisme – aussi illégal soit-il – mais bel et bien de prendre en compte les modifications structurelles de ce contre quoi l’on se bat en tant qu’anarchistes: le système techno-industriel, l’état, ses taules et le monde qu’elles protègent.

Parmi les nombreuses annonces qui défilent sur les écrans chaque jour, le Darmanin a également qualifié la création à venir de ce qu’il a appelé une « police pénitentiaire » en 2026, « pour faire de l’administration pénitentiaire la troisième force de sécurité intérieure de notre pays ».

Voilà pour ce très bref condensé sécuritaire tiré de la presse bourgeoise.

Dans un contexte fascisant où les frontières se referment et les mentalités se nationalisent, une piste pour les ennemi.es de l’autorité pourrait être de continuer à agir et regarder par delà et contre les frontières. Les luttes menées par des anarchistes contre le 41 bis et l’enfermement en iTalie n’ont pas manqué ces dernières années, et pourraient être sources d’inspiration de ce côté ci des Alpes.

Actuellement, des luttes contre la construction de nouvelles prisons sont toujours en cours, et des attaques contre l’administration pénitentiaire réchauffent les nuits d’avril.

Continuons à cibler les responsables.

Feu aux prisons et à la société carcèrale !

 

Apéro de lancement pour fêter la réimpression du livre Contre le Léviathan, Contre son His-toire – Jeudi 24 avril 19h à la bibliothèque Libertad (19 rue burnouf à Paris)

Publié le 2025-04-17 00:00:00

Ces dernières semaines, on est plusieurs à avoir retravaillé et réimprimé le livre Contre le Léviathan, Contre son His-toire de Perlman. Initialement publié en anglais dans les années 80, les éditions en français sont devenues plutôt galère à obtenir.

On voit toujours un intérêt et une pertinence au texte aujourd’hui, c’est pourquoi on souhaite le diffuser plus largement et de manière accessible. Pour fêter la fin de l’impression, on propose un petit moment pour récupérer des exemplaires du livre, se poser et en discuter informellement.

Perlman conte une contre his-toire de l’avènement des États et de la Civilisation. Reprises aux historiens et anthropologues et réécrites, l‘enchevêtrement des histoires tissent des liens entre la genèse des plus balbutiants aux plus génocidaires des émanations de la figure monstrueuse du Léviathan. Ce contre-récit redonne leur place à toutes les résistances et fugues hors du monstre que les apologistes modernes, propagandistes du Capital et de la Technologie, qualifieront de Progrès et de Civilisation. Les histoires qui identifient l’ennemi sous toutes ses formes, sont aussi de tristes leçons sur la cooptation et la pacification des révoltes et résistances – faisant souvent malheureusement un fort écho à l’époque actuelle.

Troisième nuit d’attaques contre la matonnerie

Publié le 2025-04-17 10:41:18
Tarascon (Bouches-du-Rhône), mercredi 16 avril, 5h20 : incendie de trois voitures sur le parking de la taule

Depuis dimanche 13 avril au soir, une vague d’attaques incendiaires (et pas que) frappe la pénitentiaire et les biens de ses larbins dans une dizaine de villes du sud et de la région parisienne. Après une première synthèse détaillée publiée avant-hier, on trouvera ci-dessous un petit complément enflammé sur la troisième nuit, celle de mardi à mercredi 16 avril, où le bleu-maton a de nouveau connu un goût de cendres.

Par ailleurs, tandis qu’à côté de plusieurs objectifs ciblés ont été retrouvés des tags DDPF (qui serait d’après les journaleux l’acronyme de « Défense des droits des prisonniers français », du nom d’un canal Telegram), le ministère de l’Intérieur fait également mention de « slogans anarchistes ». Aujourd’hui, un de ses porte-voix quotidien a donné un peu plus de détails à ce propos (Le Monde, 17/4), en précisant que « à Angers notamment, des inscriptions à la bombe de peinture ont été relevées sur des façades d’habitation proches de la maison d’arrêt : « soutien aux taulard.e.s » et « la prison tue ». ». En réalité, ces tags avaient été tracés au début du mois d’avril, soit avant les attaques… ce qui n’enlève rien à leur pertinence, au contraire, en particulier le « crèvent les taules » d’une actualité brûlante dans la rue Brisepotière.

Enfin, côté premier bilan, le procureur national antiterroriste Olivier Christen a tenu à communiquer en personne à propos de ces attaques (dans une longue interview donnée à France info,17/4) : il fait état de « 12 faits, deux contre des domiciles personnels d’agents de l’administration pénitentiaire, une attaque conduite contre des véhicules dans les parkings de l’École nationale pénitentiaire (Enap) et puis neuf faits directement contre des établissements pénitentiaires ». Géographiquement, « ce sont huit départements qui ont été touchés », dont « un tiers des faits commis dans les Bouches-du-Rhône, un tiers dans la région Île-de-France », avec un total de « 21 véhicules incendiés et une dizaine de véhicules dégradés » (sans parler du mitraillage de la porte de la taule de Toulon et l’incendie de celle des ERIS à Aix-Luynes). En conclusion, ce défenseur fanatique du terrorisme d’État et fervent adepte de la propagande blindée, a même rajouté une couche de complotisme dont il a le secret : « ça peut être des groupes de radicalisés politiques, ça peut être des groupes plus liés avec la criminalité organisée, ça peut être aussi une convergence d’objectifs et de personnes qui se manipulent les uns les autres : tout est possible ».


Tarascon (Bouches-du-Rhône), mercredi 16 avril, 5h20 : une des trois voitures cramées sur le parking de la taule
  • Tarascon (Bouches-du-Rhône). Dans la nuit de mardi à mercredi 16 avril, vers 5h20 du matin, trois véhicules sont incendiés sur le parking sécurisé du centre pénitentiaire : l’un appartenait à un maton en service et l’autre à une entreprise intervenant au centre de détention.

  • Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône), mardi 15 avril : incendie de deux voitures sur le parking de la taule
  • Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône). Dans la nuit de mardi à mercredi 16 avril, alors que la veille deux voitures avaient déjà cramé sur le parking de la taule, c’est cette fois le véhicule d’un représentant du personnel SPS (Syndicat pénitentiaire des surveillants) de la prison de Luynes qui flambe devant son domicile..

  • Villenoy (Seine-et-Marne), mercredi 16 avril, 2h30 du matin : traces de l’incendie déclenché dans le hall d’immeuble où réside une matonne de la prison voisine
  • Villenoy (Seine-et-Marne). Dans la nuit de mardi à mercredi 16 avril, vers 2h30 du matin, un début d’incendie vite éteint se déclare dans le hall d’immeuble d’une matonne travaillant à la prison voisine de Meaux-Chauconin, tandis que le tag « DDPF » est tracé sur le mur et que sa voiture est défoncée sur le parking.

  • Amiens (Somme). Mercredi 16 avril dans la soirée, la boîte aux lettres du domicile d’une matonne qui travaille à la prison de cette même ville est taguée avec les lettres « DD » [pour « Défense des droits des prisonniers français » ?], tandis que sa voiture se fait crever les pneus.

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    Questions après les attaques de prisons
    Le Monde, 17 avril 2025 (extrait)

    Presque partout, on retrouve le même sigle « DDPF » tagué sur les voitures incendiées ou les murs. Sur une vidéo postée sur la messagerie cryptée Telegram, des individus, dont les visages restent cachés par leur capuche, font usage de bombes de couleur noire, pour signer leurs actes. Étrangement, à la prison de Toulon-La Farlède, c’est un grand sigle rouge orangé qui comporte, cette fois, les lettres « DDFM », qui a été inscrit sur la porte grise par laquelle entrent et sortent les fourgons pénitentiaires. Simple erreur ou signature d’un autre groupe ? Mystère. « Ce sont des groupes qu’on ne connaît pas »,glisse une source pénitentiaire, surprise par cette revendication. Parmi les connaisseurs historiques des mouvements contestataires du milieu carcéral contactés par Le Monde, personne n’avait entendu parler de cette double signature.

    Ces attaques s’inscrivent dans un contexte particulièrement tendu, au sein d’établissements surpeuplés (avec un taux de surpopulation moyen de 130 % qui peut dépasser les 200 % dans plusieurs prisons), où les surveillants sont régulièrement cibles de menaces ou d’agressions. Il y a un peu moins d’un mois, le vendredi 21 mars, vers 21 h 30, trois véhicules personnels d’agents pénitentiaires de la maison d’arrêt de Gradignan (Gironde), dans la banlieue de Bordeaux, étaient incendiés au moyen de cocktails Molotov. Une attaque au timing choisi : à ce moment-là, les surveillants étaient tous réunis pour participer au loto de l’amicale des personnels. « Qu’il y ait un incendie ou des tirs ne nous surprend pas tant que cela, témoigne Ronan Roudaut, délégué syndical UFAP-UNSA à la prison de Gradignan. Mais c’est le fait que ces actions soient coordonnées, au niveau national, qui est inattendu. »

    Mardi matin, le garde des sceaux, Gérald Darmanin, était convaincu d’y voir la main d’organisations liées à la criminalité organisée. « La République est confrontée au narcotrafic et prend des mesures qui vont déranger profondément les réseaux criminels », a-t-il posté sur le réseau X.

    Mais les services de renseignements étudient pour l’instant toutes les possibilités : si la localisation des incidents recouvre pour partie des zones notoirement gangrenées par le trafic de stupéfiants, la signature et la découverte de slogans anarchistes conduisent, elles, à la piste possible de mouvements d’extrême gauche. « Une piste très loin d’être exclue à ce stade », euphémise une source au sein de l’appareil sécuritaire.

    Mais là encore, cette éventualité laisse plusieurs spécialistes dubitatifs. « Que l’extrême gauche puisse incendier des voitures, ça peut arriver, mais tirer à la kalachnikov, ce n’est pas du tout dans leur habitude, confie, au Monde, une source bien informée. Enfin, l’extrême gauche est par nature internationaliste, jamais elle ne signerait une action au nom des “prisonniers français”. »

    Angers (Maine-et-Loire), début avril 2025

    Dans le Sud-Est, particulièrement touché par ces actions concertées, un magistrat reconnaît « manquer, à l’heure actuelle, d’une grille de lecture pour décrypter ces événements ». Un connaisseur des milieux libertaires n’écarte pourtant pas l’idée d’une convergence entre un noyau actif de militants contre l’enfermement dans les centres de rétention administrative et les prisons avec de jeunes membres du narcobanditisme qui, à leur sortie de détention, se politiseraient. Il y voit pour preuve la coexistence de deux modes opératoires, l’incendie étant la marque des actions passées de mouvements libertaires, les tirs de kalachnikov, celle du narcobanditisme.

    Le durcissement des conditions de détention pousse à des formes d’action de plus en plus violentes à l’intérieur comme à l’extérieur, estime un avocat marseillais, qui constate « un recours toujours plus grand à l’isolement, et, bien avant la circulaire Darmanin sur les activités ludiques et provocantes, une privation pour certains détenus de ces temps hors de leur cellule ». Le centre pénitentiaire marseillais des Baumettes a d’ailleurs connu, durant plusieurs jours au mois d’août 2024, un mouvement collectif avec des départs de feu simultanés dans des cellules du quartier disciplinaire. Trois prisonniers ont été condamnés, le 1er octobre 2024, à trois et quatre ans de prison. Les détenus, dont certains liés au narcobanditisme, voulaient notamment dénoncer un refus de transfert vers un autre établissement et des violences commises par des agents pénitentiaires. « Mettre le feu, ce n’est pas la meilleure des choses à faire, mais je ne regrette pas car leur boulot c’est d’être surveillant, pas de frapper les détenus », avait lancé l’un des jeunes prisonniers, qui avait allumé une revue de mots croisés contre la porte de sa cellule.


     

    Après les attaques contre les prisons, le flou demeure sur l’identité des commanditaires
    Le Monde, 17 avril 2025

    Narcobanditisme ou ultragauche, le Parquet national antiterroriste n’écarte aucune piste à ce stade. Redoutant une contagion, l’administration pénitentiaire a relevé au maximum les niveaux de précaution et de contrôles entourant la sécurité des établissements.

    Savait-on, au sein des prisons françaises, que de telles attaques étaient en train de s’organiser ? Certains détenus étaient-ils dans la confidence ou l’opération a-t-elle été pensée et orchestrée entièrement depuis l’extérieur ? C’est une des nombreuses questions auxquelles le renseignement pénitentiaire, la police et la justice cherchent des réponses, alors que la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 avril a été plus calme que les deux précédentes. Le bilan fait état, depuis le 13 avril, de 30 véhicules détruits ou endommagés à l’occasion d’une dizaine de faits. Et presque partout le sigle « DDPF » tagué sur les murs ou les voitures, pour « Défense des droits des prisonniers français ». Interrogé jeudi matin sur Franceinfo, le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, a indiqué qu’il n’y avait « pas de piste qui soit privilégiée ».

    Passé l’effet de surprise des attaques, et malgré le flou entourant l’identité des commanditaires comme celle des exécutants, l’administration pénitentiaire a relevé au maximum les niveaux de précaution et de contrôles entourant la sécurité des établissements autant que celle du personnel. Une visioconférence à l’ampleur inédite, mardi 15 avril en fin d’après-midi, réunissant le ministre de la justice, les directeurs d’établissement et les responsables de l’administration pénitentiaire, en a précisé les modalités : renforcement des rondes et des contrôles d’identité autour des établissements, patrouilles renforcées, mais aussi consignes d’une discrétion maximale des surveillants tant dans leurs déplacements que sur les réseaux sociaux.

    Redoutant des scénarios de contagion du mouvement, y compris à l’intérieur des prisons, l’administration pénitentiaire a pris contact avec les préfets et les procureurs de la République pour prévenir de nouveaux actes malveillants. « Les ERIS [équipes régionales d’intervention et de sécurité] sont en état d’alerte et présentes autour des établissements, les fouilles de cellules ont été renforcées », assure-t-on à l’administration pénitentiaire.

    Revendication politique

    Selon plusieurs sources internes à différentes prisons, un projet d’actions concertées à l’intérieur de plusieurs établissements avait d’ailleurs circulé récemment. « Le but, c’était que les ERIS n’aient pas le temps de réagir pour leur permettre de faire entendre leurs revendications », confie une source bien informée. « La première réaction de mes clients a été de dire que ces attaques ne les étonnaient pas du tout. Avec le durcissement des conditions de détention depuis plusieurs mois, ils se doutaient que ce genre de mouvement allait arriver », confie un avocat pénaliste au surlendemain d’une visite au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), choisi par le garde des sceaux, Gérald Darmanin, pour devenir l’une des deux futures « narcoprisons », des établissements ultrasécurisés qui réuniront à partir de juillet les narcotrafiquants les plus dangereux.

    L’enquête, conduite sous la direction du Parquet national antiterroriste, ne fait que débuter, mais elle s’intéresse d’ores et déjà à un compte baptisé « DDPF », toujours pour « Défense des droits des prisonniers français », créé sur la plateforme Telegram dans la nuit du samedi à dimanche, c’est-à-dire avant même que les premières voitures ne soient incendiées. Un texte de revendication politique y a été posté pour « dénoncer les atteintes à nos droits fondamentaux auxquels le ministre Gérald Darmanin compte porter atteinte ».

    Cette courte tribune lançait un appel à « tous les détenus qui doivent se mobiliser et se réveiller » : « L’heure est grave, nous entrons dans une ère dangereuse et inquiétante pour l’avenir de la population carcérale. » Elle dénonçait la réduction du nombre de promenades, le coût des cabines téléphoniques, la suppression des activités qui « dérègle le processus de réinsertion ». Puis elle lance une violente charge contre les surveillants « qui nous frappent, qui violent certains détenus, exercent des pressions physiques et psychologiques : la plupart des suicides sont dus à l’agressivité de l’administration pénitentiaire et à sa déontologie »…

    Même si le projet de « narcoprisons » n’est pas mentionné dans le texte, Gérald Darmanin fait figure de bête noire : « Depuis l’affaire Amra [le trafiquant Mohamed Amra, dont l’évasion, en mai 2024, avait causé la mort de deux agents pénitentiaires], que la majorité des détenus n’ont pas cautionnée, la mort de ces gars-là, pourquoi se servir d’Amra pour faire du mal aux 82 000 autres détenus ? Ça n’a ni queue ni tête. La guerre, c’est vous Darmanin qui l’avez déclenchée, nous on veut juste que les droits de l’homme soient respectés. »

    Différents modes opératoires

    Des revendications de ce genre peuvent-elles être portées par les organisations liées au narcotrafic, comme la puissante DZ Mafia ? Le gang marseillais a déjà fait la démonstration qu’il était capable d’utiliser les codes qui ne sont pas nécessairement les siens. Dans une vidéo en forme de « conférence de presse », diffusée le 9 octobre 2024 pour démentir son implication dans l’assassinat d’un chauffeur de taxi, la DZ Mafia s’est mise en scène, avec cagoules et armes à feu, en singeant les mouvements nationalistes corses.

    « On peut être un petit peu interrogatif sur le lien entre ces faits et l’évolution très ferme de la politique de lutte contre la criminalité organisée qu’a décidée le garde des sceaux et que nous sommes en train de mettre en œuvre », a prudemment déclaré, mercredi sur BFM-TV, le directeur de l’administration pénitentiaire, Sébastien Cauwel. « Le trafic a d’abord besoin de calme pour prospérer. Je ne vois pas du tout l’intérêt de la DZ Mafia à enclencher un rapport de force avec l’Etat pour défendre la condition des détenus », analyse, de son côté, un ancien détenu qui, aujourd’hui, intervient en prison.

    La tâche des enquêteurs est compliquée par les différents modes opératoires qui semblent avoir cohabité. Au centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède, les rafales de kalachnikov sont clairement la signature de la criminalité organisée, liée au trafic de stupéfiants. En revanche, à Angers notamment, des inscriptions à la bombe de peinture ont été relevées sur des façades d’habitation proches de la maison d’arrêt : « soutien aux taulard.e.s » et « la prison tue ».

    Une affichette faisant référence à la mouvance antifasciste dans la région a également été retrouvée sur place, avec un appel à une réunion publique le 25 avril. Des références qui renvoient à la mouvance de l’ultragauche. Mardi soir, un homme soupçonné d’avoir relayé sur Telegram un message incitant à commettre des dégradations a été interpellé dans l’Essonne. Mais il n’est pas suspecté à ce stade d’être lié au mystérieux groupe DDPF et sa garde à vue a été levée. Les « investigations se poursuivent », a indiqué le parquet.

    Magellan vandalism – New York, NY

    Publié le 2025-04-17 12:17:20

    April 15, 2025

    Last night, some people in NYC took direct action against Magellan Aerospace, a company which makes parts for Lockheed Martin F-35 jets and other death machines used by the American and Zionist regimes. Someone went inside the fence at the back of the building and slashed the tires of trucks at the loading area. Actionists also redecorated the building with paint. Free Palestine.

    97-11 50th Ave, Corona, NY 11368

    Submission

    Saint-Montan (Ardèche) : à l’assaut de la diligence ferroviaire

    Publié le 2025-04-17 12:35:57

    [En complément, on pourra relire ici la dépêche que nous avions publiée il y a trois ans, relatant le pillage quotidien de dizaines de wagons de marchandises à Los Angeles, en profitant de leur arrêt temporaire sur les voies…]


    Ardèche. Un train de marchandises attaqué en pleine nuit
    Le Dauphiné/France bleu, 15 avril 2025

    C’est une scène digne d’un western. Un train de marchandises, qui était en circulation, a été immobilisé dans la nuit avant d’être attaqué sur les voies SNCF en Ardèche ! Plus précisément dans le village de Saint-Montan, dans le sud de la vallée du Rhône. L’attaque, manifestement bien préparée, s’est produite dans la nuit du 21 au 22 mars, vers 1 heure du matin.


    Plusieurs malfaiteurs sont parvenus à immobiliser le train de marchandises, circulant sur la ligne Nîmes/Lyon, à hauteur du passage à niveau dans le village ardéchois en déposant des pierres sur les voies. Depuis sa cabine de pilotage, le conducteur du train croit à un accident. Ce n’est qu’une fois sur place, un peu plus tard dans la nuit, et alors que le train est toujours arrêté en pleine voie, que les gendarmes « constatent que six conteneurs du convoi ont été forcés et ouverts et que des cartons contenant divers matériels électroménagers, des cosmétiques ou téléviseurs sont abandonnés sur le sol », relate la procureure de Privas. Les cartons ont été vidés sur place et les différents appareils ont été chargés vraisemblablement dans des fourgons.

    « Quand on m’a informé de cette attaque, j’ai vraiment eu du mal à y croire. C’est comme dans un film ! C’est totalement inédit pour la région », confie Christophe Mathon, maire de Saint-Montan. Le montant total de leur butin n’est pas connu. Les gendarmes de la brigade de recherches du Teil et de la brigade de Bourg-Saint-Andéol sont en charge de l’enquête.

    Tesla Supercharger damage incident – Lacey, Washington

    Publié le 2025-04-17 14:22:37

    April 8, 2025

    The Federal Bureau of Investigation said it was looking into an incident that left a Tesla Supercharger station damaged in a city in Washington in the wee hours of Tuesday.

    Electrek first reported the incident, saying an "explosion" led to a temporary shutdown of the charging station.

    The police department in Lacey, where the incident occurred, said in a Facebook post: "This morning at 1:34, officers were dispatched to a malicious mischief after receiving multiple calls reporting a loud noise in the Sleater Kinney area."

    The vandalized Tesla Supercharger station, located at 665 Sleater Kinney Road SE in Lacey, comprises 12 Superchargers, each capable of delivering up to 250 kW of power, according to the company's website.

    Tesla said on its Charging X page that it was coordinating with Washington's energy utility company Puget Sound Energy to bring back the Superchargers online.

    Found on Mainstream News

    [radio] No war but class war

    Publié le 2025-04-17 14:31:06
    stuut.info>

    [radio] No war but class war

    [radio] No war but class war

    Luttes contre la militarisation

    Bruxelles | sur https://stuut.info | Collectif : Tranche d’Anar /B_collectif>

    L’émission Tranche d’anar de mercredi soir 16 avril autour de multiples possibilités de lutte contre la militarisation, de là où on est.
    On rend visite aux travailleurs sous-traitants en lutte à Audi, Forest et on discute de leurs demandes aujourd’hui et de la possible future destination du site comme usine de guerre.

    Ensuite, on voyage vers la Flandre pour entendre des gens locaux qui s’opposent à l’arrivée des soldats américains dans la caserne à Berlaar pour approvisionner le port d’Anvers en matériel militaire.

    On parle du lien entre l’université et la machine de guerre. Pour terminer, on parle des collectifs d’objecteurs de conscience et de déserteurs de toutes les guerres et des évènements à suivre pour la lutte contre la militarisation.

    On terminera avec l’agenda militant de stuut.info. Bonne écoute  !

    Pour plus d’info :

    https://nowar.solidarite.online/ Initiative de solidarité Olga TARATUTA

    Mesarvot https://linktr.ee/Meaarvot

    Anarchists against capitalist wars
    https://linktr.ee/anarchistsagainscapitalistwars

    Voir en ligne : Tranche d’Anar émission No war but Class war


    Anciens évènements

    AUDIO No war but class war : luttes contre la militarisation

     vendredi 18 avril 2025  19h00 - 20h45
     vendredi 18 avril 2025
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     Radio Air Libre,

     

    Chaussée d’Alsemberg 365A,1190 Forest

    [Italie] Dur parcours carcéral pour un prisonnier anarchiste

    Publié le 2025-04-17 14:50:52
    stuut.info>

    [Italie] Dur parcours carcéral pour un prisonnier anarchiste

    [Italie] Dur parcours carcéral pour un prisonnier anarchiste

    La nuit 14 au 15 février, une interpellation met un terme, après environ deux ans, à la cavale de Salvatore « Ghespe » Vespertino (voir notre article ).

    Ailleurs | sur https://stuut.info | Collectif : Secours Rouge /B_collectif>

    Les coups et les menaces subis en détention l’ont porté à faire un geste extrême : pour pouvoir quitter la section de la prison de Soto del Real, à Madrid, il s’est coupé les veines sur les bras et il a été transféré à l’hôpital psychiatrique où il a encore subi de mauvais traitements. La règle est que celui qui met en danger sa propre vie est soumis à une hospitalisation et à des médications sous contrainte. Ghespe précise que son geste n’a pas été accompli avec une volonté suicidaire.

    Après sa sortie de l’hôpital, il a été extradé en Italie, le 4 mars (voir notre article ) et enfermé à la prison de Rebibbia, à Rome. Le 20 mars, il a été transféré dans la prison de Spoleto et placé de manière provisoire dans la section d’infirmerie. Suite à un différend avec un gardien, il a subi une autre hospitalisation sous contrainte en psychiatrie. Ghespe est en cellule seul et attend l’autorisation de pouvoir faire des parloirs avec sa compagne. Ses camarades invitent toutes les personnes solidaires à lui envoyer lettres et livres (en italien et en castillan) : Salvatore Vespertino / Casa di Reclusione Spoleto / Località Maiano, 10 / 06049 – Spoleto (PG) / Italie.

    Voir en ligne : Secours Rouge

    Carapatage #87 : La répression au service de la guerre (16/04/25)

    Publié le 2025-04-18 00:00:00

    Ecouter l’émission

    Télécharger l’émission

    La prison a toujours été un outil au service des intérets militaires des Etats, sous différents aspects : les prisonniers sont souvent utilisés comme viviers de soldats à envoyer au front, les prisons servent à enfermer les « enemis » capturés, … Dans cette émission on parle plus particulièrement du rôle de la prison pour grossir les rangs de l’armée et maintenir les effectifs militaires, en exerçant une menace plus ou moins forte pour contrer les envies d’insoumission ou de désertion. Et puis, dans un contexte de guerre qui créé forcément de l’instabilité, l’État doit continuer à maintenir l’ordre social coûte que coûte. Son emprise devient plus forte avec des moyens de contrôle, de répression et de surveillance encore plus poussés, au service desquels on trouve évidemment l’infrastructure carcérale bien rodée par une autre sorte de guerre, celle que l’État mène au quotidien contre sa population. Ba oui si l’État s’arme pour affronter d’autres Etats, d’autres armées, il s’arme aussi pour se protéger contre sa propre population, en la réprimant avec ses flics, ses juges et ses prisons. Avec la remilitarisation en cours et à venir cette répression va certainement s’accentuer, les luttes sociales seront contraintes d’intégrer cette nouvelle donne.

    Bonne écoute !

    SOMMAIRE

    PLAYLIST

    RESSOURCES

    Athènes (Grèce) : Les jours les plus beaux, c’est quand il pleut… des pavés dans la rue

    Publié le 2025-04-18 00:00:00

    Act for freedom now! / dimanche 13 avril 2025

    Les jours les plus beaux, c’est quand il pleut…

    Les manifestations du 28 février* ont laissé derrière elles une impression retentissante. Tout le monde (gouvernement, think tanks, partis, médias) voit la foule rassemblée en termes de statistiques et de votes, de « deuil national », d’« indignation » et d’« attente d’un État meilleur ». C’est une lecture confortable : il est sage d’homogénéiser l’insatisfaction sociale généralisée et la colère – non seulement pour le massacre de Tempé – comme cela a été le cas pour les « besoins nationaux » de l’époque de la pandémie, parce qu’elles sont dangereuses. Les faire rentrer dans les moules de la loyauté et de la « manifestation pacifique ». Donner une « présence » à la Constitution – comme s’il ne s’agissait pas d’une grève, mais d’un événement sur les réseaux sociaux. Faire de l’affaire de Tempé une énigme à résoudre par des « experts » et des « juges incultes ». Les personnes qui sont descendues dans la rue devaient en quelque sorte se conformer à un savoir-vivre défini par un « deuil commun » abstrait, se définir comme des victimes permanentes (le rôle favori de la gauche), qui ne cherchent qu’un peu de soin et d’affection de la part de l’État et non pas d’exprimer leur colère face à l’oppression qu’elles subissent sur de nombreux fronts. S’indigner de la « tentative de dissimulation », en oubliant quelque chose de fondamental : qu’il y a une «  tentative de dissimulation » permanente et concrète : dans le monde de l’État, des patrons et du patriarcat, les « accidents » arrivent à des vies jetables. Il ne s’agit donc pas seulement de trains, mais de toute la vie quotidienne : des accidents sur les lieux de travail (45 mort.es déjà en 2025), des balles de la police « déviées » vers les corps des « indésirables », aux meurtres d’immigré.es aux frontières…

    La foule qui est descendue dans la rue le 28 février n’était pas uniforme. Certain.es étaient là parce qu’elles/ils reconnaissaient dans cette affaire des éléments de leur propre vie, leur colère et leur tristesse. D’autres ont profité du deuil : les petits et grands patrons qui ont fait en sorte de montrer une sensibilité bon marché et de fermer leurs entreprises ce jour-là, un jour de grève générale. Certain.es manifestant.es ont participé à la grève en la déclarant dès les jours précédents, en créant ainsi une vague, une oscillation qui a ensuite été transmise à d’autres, qui ont été encouragé.es et ont pris la décision de participer. Ainsi, une grande partie des entreprises a été obligée de « rejoindre » la grève, d’une part pour que la participation importante de leurs employé.es ne soit pas révélée et qu’elle ne fonctionne pas comme un exemple, d’autre part c’était une façon de vendre de la sensibilité et de la « solidarité » aux victimes et à leurs proches.

    Celui du 28 février à Athènes était toutefois un rendez-vous : pour toutes ces couches sociales d’en bas qui ont subi une asphyxie multiforme, au cours des cinq dernières années, des quarantaines sanitaires à la « crise de l’inflation ». Ces couches sociales qui subissent au quotidien ce que signifie être facilement remplaçable et dont la vie coûte peu. Et, bien sûr, ces couches sociales qui subissent depuis un certain temps leur propre asphyxie spécifique, avec un ciblage accru, la criminalisation et le contrôle dans les rues, les places et les stades : les jeunes et les supporters de foot. Et ce sont eux/elles tou.tes qui ont affronté pendant des heures les forces de répression. Bien sûr, ces couches opprimées, les migrant.es, qui, surtout ces dernières années, ont connu un régime généralisé de confinement, d’« accidents » et de morts massives, étaient absentes. Le « crime de Pýlos »**, avec des centaines de personnes noyées par les garde-côtes, a atteint l’échelle de la « valeur de la vie humaine » et de la « tentative de dissimulation » seulement en tant qu’écho.

    La gauche de l’État et ses partis (de même que le reste des médias et la cloaque d’extrême droite) ont fait en sorte de jouer une fois de plus leur rôle habituel : consacrer l’icône de la sainte légitimité, avant et après le rassemblement de la grève. En même temps, bien sûr, ils ont parlé de « la chute du gouvernement » et de « la colère populaire qui va descendre dans la rue le 28 février » et d’autres formules pompeuses du même genre. Quelqu’un.e de moins naïf pourrait-elle/il demander : « comment les gouvernements tombent-ils réellement ? » et comment la colère s’exprime-t-elle dans la rue ? Avec des grimaces de mécontentement à l’encontre du Parlement ? Avec des stories colériques sur les réseaux sociaux ? En réalité, la provocation à propos des « incidents provoqués par la police » est le reflet de la peur de la gauche et des amis de la police, partout, face à la masse des subalternes, à leurs capacités, leur expérience et leur colère. Toutes des choses qui, lorsqu’elles apparaissent au premier plan de l’histoire, balayent la normalité.

    …des pavés dans la rue

     

    Thersitis (anarchiste, une lieu d’intrigues et de subversion, à Athènes)
    Nestor et Evangelistrias, Ílion
    thersitis.espiv.net
    thersitis@espiv.net

     

    Notes d’Attaque :
    * le 28 février 2023, à Tempé, près de Larissa, il y a eu une collision entre un train de voyageur.euses et un train de marchandise, qui a provoqué la mort de 57 personne et des dizaines de blessé.es. Le 28 février dernier, à Athènes, la manifestation de deuil et de dénonciation de la politique du gouvernement, qui vise à dissimuler ses responsabilités dans cette affaire, a pris des proportions inédites depuis longtemps, avec des durs affrontements entre manifestant.es et flics.
    ** Dans la nuit du 13 au 14 juin 2023, un bateau avec quelques 750 migrant.es a chaviré au large de Pýlos, sous les yeux des garde-côtes grecs, et plusieurs centaines de personnes sont mortes.

    Cholargós (Grèce) : Attaque incendiaire contre des véhicules de l’État

    Publié le 2025-04-18 00:00:00

    Act for freedom now! / mardi 15 avril 2025

    Aux premières heures du 28 mars, nous avons placé six engins incendiaires dans le chantier de construction de la ΕΥΔΑΠ (une société étatique de distribution d’eau potable), dans le secteur de Cholargós [ville de la banlieue est d’Athènes ; NdAtt.], et ceux-ci ont englouti les véhicules de l’État dans les flammes. Nous remettons activement en question le pouvoir de l’État et la structure de sa souveraineté et essayons de l’affaiblir en frappant. Nous vous rappelons que l’action de résistance contre l’État et le capital n’a pas un seul front, mais plusieurs. Pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, il est nécessaire de dépasser les limites de la légitimité bourgeoise. Des nombreuses manifestations, aux affrontements massifs à coups de pierres et de cocktails Molotov sur la place Sýntagma, à l’incendie des machines de l’État, nous encourageons la révolution, partout et toujours.

    KYRIAKOS, TU VIT POUR TOUJOURS, UN COMBATTANT
    TOUT DANS LES MAINS DE LA SOCIÉTÉ
    LA CONSCIENCE SE CONSTRUIT DANS LES GRÈVES DE MASSE, DANS LES OCCUPATIONS ET DANS LES RUES
    TOUT LE MONDE DANS LA RUE LE PREMIER MAI

    Επαναστατική Συσπείρωση
    [Coordination Révolutionnaire]

    Trois meurtres en 24h. Attaque nocturne contre les Techniques policières. Justice pour Abisay Cruz !

    Publié le 2025-04-18 11:54:00
    Avr 182025
     

    Soumission anonyme à MTL Contre-info

    Le lundi soir 14 avril, des anarchistes sont entrés dans le Collège de Maisonneuve où l’on trouve le programme de formation policière, Techniques policières. L’entrée a été peinte avec « MINI FLICS = FUTURS TUEURS » et « JUSTICE POUR ABISAY CRUZ » ainsi que d’autres slogans comme « 3 STATE MURDERS IN 24H » et « MAKE FASCISTS AFRAID ». Un extincteur rempli de peinture a beaucoup aidé et une fenêtre a été pété. Nous n’oublions pas les meurtres et les abus qui ont été commis par la police de Montréal au cours des dernières semaines et lecteurs, svp, répandez la vengeance populaire. Aux étudiants du programme Techniques policières : quitte et change ton parcours, ce n’est pas un avenir sécuritaire, ni pour nous, ni pour vous. Ce programme forme des personnes qui seront l’avenir de la violence d’État. La police est une force qui punit les pauvres, les immigrant.e.s et les personnes racisées, qui mattraque et tire sur les manifestant.e.s, arrête et tue les gens comme des mouches. Cette société est malade et la maladie est le capitalisme, l’État et la hiérarchie et les gardiens de cet ordre social terrible sont la police. Nous n’oublierons jamais les injustices commises à notre égard. Vive la mémoire d’Abisay Cruz et celle des autres personnes tuées par la police.

    Le lendemain matin, dans ce vidéo, on peut voir les regards curieux des passant.e.s.

    Four Construction Vehicles Burned at Data Center in Georgia

    Publié le 2025-04-19 16:32:10

    At the end of March, some entered the construction site of the data center hypercampus east of Atlanta, Georgia and burned 4 construction vehicles. This was done to oppose data centers that quickly exhaust the limited water supply of the region. This is another example of the country's tendencies to externalize the costs of their relentless wealth hoarding to southeastern United States. They have chosen the south as an area of ​​sacifice, that is, a place to deposit the most unpleasant industries and their waste. For them, our home is barely available within such parameters, as it can still be used as a landfill. Thus, the people who acted insist that those who try to steal our water, air and land must at least endure loss and embarrassment on their way to hell.

    This specific data center has aimed at facilitating AI connection for local companies. AI not only use more water than other computer processes, but is quickly becoming a way for the state to increase its intrusion in our personal life. And more and more are used by police and state forces to monitor those who oppose them. The people who burned these machines do not believe that our thoughts and movements should be used for profit or incarceration.

    If you are interested in taking similar steps against such opponents, there are many opportunities. Atlanta Region is one of the locations with the highest activity of the data center developers, but they appear across the country. Companies owned by these centers often are not based in regions in which construction happens. No matter where you are, you are likely to be able to identify a project, facility or corporate office associated with data centers. There are many opportunities to take action. Some neighbors in Atlanta were successful with traditional organizing approaches. However, when politicians inevitably sell you out, we hope that this action reminds you of alternatives.

    Here are some tips that may guide you to identify potential targets. Driving in search of construction sites can produce good results. Notifications of public hearings for rezoning and new constructions can also be helpful. Comparing the logos and the name of the corporation on signs outside the construction via Tor Browser on Tails will also help narrow it down. Check that your research is done safely on tails before acting; there are many methods and techniques that others have developed to limit the state's ability to stop you.

    Found on The Dirty South

    Plus de détails sur la répression contre Louna

    Publié le 2025-04-19T09:07:59+02:00

    Le No Trace Project a ajouté à sa Bibliothèque de menaces une entrée sur l’opération répressive contre Louna, meuf trans accusée d’avoir détruit une pelleteuse dans le cadre de la lutte contre l’A69. Cette entrée, reproduite ci-dessous, contient plusieurs informations qui n’avaient pas encore été rendues publiques. Pour d’autres informations sur l’affaire, voir le blog du groupe de soutien à Louna.


    Description

    Dans la nuit du 4 au 5 mai 2024, une pelleteuse a été incendiée sur le chantier de construction d’un projet d’autoroute.[1] Le 12 octobre 2024, Louna a été arrêtée et accusée d’avoir incendié la pelleteuse. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées et relâchées peu après.

    Les images de vidéosurveillance du lieu de l’incendie ont montré deux personnes mettre le feu à la pelleteuse, et l’une d’entre elles être victime d’un retour de flamme. Dans les heures qui ont suivi l’incendie, Louna a été amenée en voiture à un hôpital proche, où elle a été admise pour des brûlures prétendument compatibles avec celles visiblement subies par la personne victime d’un retour de flamme sur les images.

    Après son arrestation, Louna a été détenue à l’isolement pendant quatre mois — elle était à l’isolement car elle était dans une prison pour hommes bien qu’elle soit une meuf (trans).[2] Après son arrestation, elle a revendiqué les dégradations contre la pelleteuse. Elle est actuellement sous contrôle judiciaire en attendant le procès.

    Techniques utilisées

    Collaboration des fournisseurs de service : Autres

    Les enquêteurs ont utilisé la collaboration de l’hôpital pour :

    Les enquêteurs ont utilisé la collaboration de plusieurs institutions d’État :

    Les enquêteurs ont utilisé la collaboration de plusieurs entreprises :

    Les enquêteurs ont demandé à un bailleur social et une agence immobilière de leur fournir les badges d’accès à des résidences.

    Collaboration des fournisseurs de service : Opérateurs de téléphonie mobile

    Les enquêteurs ont utilisé la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile pour géolocaliser environ 30 téléphones et intercepter leurs appels, en temps réel.[3] Les enquêteurs ont notamment utilisé les appels interceptés pour :

    Dispositifs de surveillance cachés : Audio

    Un microphone caché a été installé dans un véhicule.[3]

    Dispositifs de surveillance cachés : Localisation

    Plusieurs balises GPS ont été installées sur des véhicules.[3]

    Dispositifs de surveillance cachés : Vidéo

    Des caméras ont été installées pour filmer les entrées de plusieurs lieux où habitaient des personnes opposées au projet d’autoroute.[3]

    Perquisition

    Les enquêteurs ont perquisitionné :

    Science forensique : ADN

    Des traces ADN de Louna ont été prélevées sur :[3]

    Des traces ADN d’une personne ayant été vue dans les couloirs de l’hôpital demandant des nouvelles de Louna ont été prélevées sur :

    Des traces ADN non exploitables ont été prélevées sur :

    Science forensique : Incendie volontaire

    Un détecteur de gaz[6] a été utilisé, sans succès, pour détecter des traces d’accélérants dans la cabine de la pelleteuse incendiée.[3]

    Des traces d’accélérants ont été prélevées :

    Des traces d’accélérants ont été recherchées, sans succès, sur les vêtements de Louna, saisis à l’hôpital pendant son hospitalisation.

    Surveillance de masse : Mouchards civils

    Plusieurs civils ont aidé les enquêteurs. Notamment :[3]

    Surveillance de masse : Vidéosurveillance

    Les images de vidéosurveillance du lieu de l’incendie ont montré deux personnes mettre le feu à la pelleteuse, et l’une d’entre elles être victime d’un retour de flamme.[1]

    Les images de vidéosurveillance de l’hôpital la nuit de l’incendie ont montré :

    Les images de vidéosurveillance de caméras de plusieurs municipalités ont été utilisées pour essayer de reconstruire le trajet de la voiture qui a amené Louna à l’hôpital, et le trajet de Louna quand elle a quitté l’hôpital.[3]

    Surveillance physique : Cachée

    Suite à l’incendie dans la nuit du 4 au 5 mai 2024, les enquêteurs ont mené plusieurs opérations de surveillance physique :[3]

    Début octobre, Louna a fait l’objet d’un mandat de recherche. Jusqu’à son arrestation le 12 octobre 2024, les enquêteurs ont mené plusieurs opérations de surveillance physique :

    Vigiles

    Dans les jours précédant l’incendie, un vigile a vu des véhicules suspects circuler près du lieu de l’incendie, les a pris en photo, et, après l’incendie, a fourni les photos aux enquêteurs.[3]

    Notes

    1. https://soutienlouna.noblogs.org/post/2025/01/23/free-louna-des-nouvelles-de-laffaire-de-louna-meuf-trans-anar-incarceree-dans-le-cadre-de-la-lutte-contre-la69

    2. https://soutienlouna.noblogs.org/post/2025/02/17/louna-est-sortie-de-prison-mais-nest-toujours-pas-libre

    3. Source non publique.

    4. Un numéro International Mobile Subscriber Identity (IMSI, identité internationale d’abonné mobile) est un numéro qui identifie une carte SIM de manière unique.

    5. Un numéro International Mobile Equipment Identity (IMEI, identité internationale d’équipement mobile) est un numéro qui identifie un téléphone de manière unique.

    6. https://en.wikipedia.org/wiki/Gas_detector

    Brême (Allemagne) : Attaque contre le poste de police de Neustadt

    Publié le 2025-04-20 00:00:00

    Tumulte / mardi 15 avril 2025

    Dans la nuit du 14 au 15 avril, nous avons recouvert le poste des flics du quartier Neustadt avec plein de peinture.

    Cette attaque est une réponse à la politique de plus en plus répressive de la police et des autorités : par exemple, les flics ont décidé de rendre impossible la manifestation du Jour des prisonniers politiques [le 18 mars dernier ; voir le compte-rendu et l’appel, en allemand, ici ; NdAtt.]. Sous le prétexte que des personnes étaient à visage couvert, ils ont stoppé la manifestation et l’ont empêchée de continuer jusqu’à ce que la manifestation se dissolve d’elle-même. Ensuite, les flics ont continué à attaquer des personnes qui y avaient participé et ont interpellé plusieurs camarades. En tant que mouvement révolutionnaire, nous ne tolérerons pas de tels agissements.

    Lors de chaque mouvement progressiste de l’histoire, la police a clairement montré de quel côté elle se tenait. La violence qu’elle produit reflète la violence du système capitaliste. Ce sont les flics qui mettent en pratique les expulsions de sans-papiers, les expulsions locatives et les interdictions de manifester. Ils défendent les coupes au système de sécurité sociale, le militarisme et l’appareil d’État. Sur le chemin du socialisme, la police sera encore souvent sur notre chemin, mais nous savons comment la combattre.

    Vous ne nous arracherez jamais l’initiative. L’antifascisme reste militant.

    Leipzig (Allemagne) : De l’acide butyrique et des vitres cassées pour un projet de gentrification

    Publié le 2025-04-20 00:00:00

    knack[punkt]news / mardi 15 avril 2025

    De l’acide butyrique et des vitres cassées pour un projet de gentrification à Leipzig Connewitz

    Dimanche soir, nous avons attaqué la maison luxueusement rénovée dans le secteur du Stö. Dans ce but, plusieurs vitres du rez-de-chaussée ont été brisées et de l’acide butyrique a été versé dans la surface de vente récemment rénovée. Vos coûteuses vitres « de sécurité » et vos vigiles n’ont pas pu nous arrêter.

    La luxueuse rénovation de l’immeuble d’habitation de la Bornaische Straße est emblématique de la gentrification en cours dans le sud de Leipzig. En tant que partie du Stö, l’une des rares rues de tout Leipzig encore caractérisée par des projets de maisons collectives et des formes de vie en commun à plusieurs, il avait été occupée en 2020. En tant que « B34 », la maison devait être retirée de l’impitoyable marché du logement. Les flics ont mis un terme à cette tentative et les squatteur.euses présumé.es ont été victimes de la répression pendant des années. Seulement pour que la maison reste vide pendant des années, par la suite, et pour offrir maintenant un logement de luxe, dans le « quartier alternatif », seulement à ceux/celles qui sont en mesure de payer un loyer beaucoup plus élevé que le pris moyen. Personne n’est obligée de s’installer dans un projet de gentrification. Les habitant.es de ces bâtiments ne sont certes pas responsables de la misère, mais ils/elles l’aggravent avec leur décision. Il y a beaucoup d’autres beaux quartiers et maisons à Leipzig, surtout dans cette catégorie de prix.

    Notre attaque s’inscrit ainsi dans la lutte multiforme contre la gentrification*, un processus par lequel les locataires sont chassé.es de leurs quartiers, dans le but d’accroître les profits des agences immobilières et même les derniers lieux de résistance doivent être progressivement modernisés et assimilés. Nous ne pourrons pas arrêter cette dynamique avec des attaques isolées, mais nous pourrons quand même, avec de nombreux piqûres d’aiguilles, faire en sorte que nos quartiers continuent d’être dangereux pour les investissements des spéculateurs et au moins que la maison du Stö soit à nouveau vide, dans un avenir prévisible. Nous ne permettrons pas qu’encore une autre société immobilière fasse de l’argent à Connewitz avec des maisons autrefois occupées.

    Pour que de nombreuses autres piqûres d’aiguilles aient lieu, contre la ville des riches !

    Nous reviendrons !

     

    *Note d’Attaque : voir aussi cette autre attaque, dans le même coin et pour les mêmes raisons.

    Saint-Martory (Haute-Garonne) : le maton perd ses caisses

    Publié le 2025-04-20 02:42:17

    Trois voitures d’un surveillant de la prison de Seysses brûlées
    La Dépêche, 20 avril 2025

    C’est un évènement qui crispe le personnel de la prison de Seysses. Un surveillant pénitentiaire a vu trois de ses véhicules détruits dans un incendie. «Avec le contexte actuel, on ne peut pas écarter la possibilité qu’il ait été volontairement visé», souligne David, représentant local du syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS-CEA).

    Les faits se sont déroulés dans une commune du Muretain [à Saint-Martory précisément], au sud-ouest de Toulouse. Peu après 1 heure du matin hier, une habitante aperçoit un véhicule s’embraser chez l’un de ses voisins. Elle le prévient rapidement, mais le feu se propage. À l’arrivée du propriétaire, âgé d’une cinquantaine d’années, trois automobiles sont déjà détruites et la quatrième commence à être attaquée par les flammes. L’homme intervient immédiatement et alerte les secours.


    Les pompiers parviennent à maîtriser l’incendie, empêchant la destruction de la quatrième voiture ainsi que des habitations voisines. «Cette personne s’est blessée durant l’intervention et a été transportée en urgence relative vers un centre hospitalier», précise le Sdis 31. Le surveillant se serait légèrement brûlé les mains.

    La victime est un surveillant pénitentiaire en poste à la maison d’arrêt de Seysses, selon nos informations. Sous le choc, il a déposé plainte. À ce stade, aucune revendication n’a été formulée. Les gendarmes de la compagnie de Muret étudient plusieurs pistes: celle d’un simple accident ayant entraîné une propagation, ou la possibilité d’un acte volontaire. L’enquête pourrait être longue et complexe pour déterminer si ce fonctionnaire a été ciblé en raison de sa profession ou pour d’autres raisons.

    Vendredi 18 avril 2025, des affiches ont également été collées dans la ville de Muret, à proximité du domicile de l’un des agents de Seysses. Elles illustraient un gorille criant « Feu aux prisons ! « , avec, en bas,une annotation indiquant : « Détruisons tous les lieux d’enfermement ! Solidarité avec les prisonniers ».

    Faut-il y voir un lien avec les voitures en feu à Saint-Martory, située à 40 minutes de Seysses et autant de Muret ? « Potentiellement, cela n’a rien à voir », répond la compagnie de gendarmerie de Saint-Gaudens. Mais aucune piste n’est exclue. Les investigations se poursuivent.

    Rassemblement pour la libération de Tom et Marina. Mardi 22 avril - 18H devant le Palais de justice.

    Publié le 2025-04-20 11:19:50

    Le pouvoir judiciaire doit réexaminer la demande de remise en liberté de Tom et Marina. Montrons notre solidarité, montrons qu’iels ne sont pas seul.es face à la répression. Nous enfermer ne doit pas être sans conséquences.



    Liberté pour Tom et Marina.
    Depuis bientôt un an, deux anti-fascistes sont en prison à Seysses - 31. Iels sont accusé.es d’avoir attaqué plusieurs fascistes et de détenir du shit.
    La justice a déjà plusieurs fois refusé leur mise en liberté en argumentant sur le risque de récidive d’affrontements avec des groupes fascistes.
    Cette situation est une menace pour tous ceux et toutes celles qui sont amenées à se défendre contre les groupes de fachos utilisés par l’Etat comme supplétifs pour réprimer les mouvements sociaux.

    Nous n’apprenons rien à personnes en disant que la fascisation de la société se fait à marche forcée. Les premières victimes sont ceux et celles que la bourgeoisie exploite et veut faire taire.

    Nous appelons les personnes et les différents collectifs de lutte à venir à ce rassemblement et à prendre toutes les initiatives qu’iels jugeront utiles pour obtenir la libération des camarades emprisonné.es.
    La solidarité est une arme ! Notre mutisme fait le jeu du pouvoir.

    Ne laissons pas ceux et celles qui luttent sans soutien.

    Défense collective Toulouse. defcotoulouse@riseup.net

    Vous pouvez télécharger et coller où que vous soyez les affiches que nous communiquons.

    Foire du livre anarchiste à Gand le 17 et 18 mai

    Publié le 2025-04-20 14:58:42
    stuut.info>

    Foire du livre anarchiste à Gand le 17 et 18 mai

    Foire du livre anarchiste à Gand le 17 et 18 mai

    Bienvenue à toutses pour cette 21e édition de la foire du livre anarchiste à Gand !

    Retrouvez des stands d’ici et d’ailleurs - en français aussi !

    Le programme des discussions sera bientot dispo à abgent.noblogs.org

    Flandres | sur https://stuut.info /B_collectif>

    (english below)

    De zon schijnt opnieuw en de anarchistische boekenbeurs is terug ! De 21ste editie al weer.

    We willen nog steeds het papier in onze handen vieren, ver weg van de
    digitale nachtmerrie die in onze intiemste kringen kruipt. Op de
    boekenbeurs vind je naast boeken tal van andere publicaties, brochures,
    pamfletten, posters en stickers. Van oude romans en revolutionaire
    klassiekers, over filosofie en poëzie tot hedendaagse sociale kritiek of
    de nieuwste oproepen tot strijd : ze vertrekken vanuit de wil om de
    wereld ingrijpend te veranderen. Ze delen ideeën en proberen die te
    verdiepen. Ideeën : geen vermarktbare, like-bare, brave opinies zonder
    inzet.

    Maar de boekenbeurs is nog veel meer !

    De anarchistische boekenbeurs is ook een internationale bijeenkomst van
    anarchisten en anti-autoritairen, met discussies, workshops en informele
    uitwisseling. We willen met de boekenbeurs bijdragen aan het versterken
    van de anarchistische beweging in de lage landen. We zien het als een
    instrument om ideeën te verdiepen, een gelegenheid om voorstellen te
    lanceren en om banden te smeden tussen individuen en groepen. We willen
    onze passies met elkaar delen en een context creëren waar woorden en
    daden met elkaar dansen en elkaar versterken.

    Onze anarchie draagt een offensieve positie tegenover de macht en een
    wil tot subversie in zich.
    Oorlog en militarisering zijn overal rondom ons. De regering smeedt
    plannen om oorlogsfabrieken te bouwen, voert opnieuw de militaire dienst
    in en wil van het land de logistieke draaischijf van
    oorlogsvoorbereiding maken. Besparingen op alle fronten gaan
    rechtstreeks naar de oorlogskas. Oorlogsretoriek wordt het nieuwe
    normaal.
    Om het militair-industrieel complex vorm te geven, hebben de staten en
    het kapitalisme niet enkel kanonnenvlees en werkmensen nodig, maar
    moeten ze ook de aarde alsmaar diepgaander plunderen. Overal in de
    wereld worden mijnen uitgebreid of heropend, op zoek naar grondstoffen
    om hun economie te voeden.
    Het zijn sombere tijden, waar angst en wanhoop nooit ver zijn. Overal
    ter wereld vechten mensen tegen deze mechanismen van macht en geld. Voor
    ons is de boekenbeurs een plek om deze strijden te delen, te verdiepen,
    te versterken.

    Welkom op 17 en 18 mei 2025 op de boekenbeurs !
    Hou je oren en ogen open voor het volledige programma op
    abgent.noblogs.org

    Tot dan en leve de anarchie !

    The sun is shining again and the anarchist book fair is back ! The 21st edition already.

    We still want to celebrate the paper in our hands, far away from
    the digital nightmare that creeps into our most intimate circles. At
    the book fair, you will find plenty of other publications besides books,
    brochures, pamphlets, posters and stickers. From old novels and
    revolutionary classics, across philosophy and poetry to
    contemporary social criticism or the latest calls to struggle : they
    start from the will to radically change the world. They share ideas and
    try to
    deepen them. Ideas : not marketable, like-able, goody-goody opinions
    without
    commitment.

    But the book fair is much more !

    The anarchist book fair is also an international gathering of
    anarchists and anti-authoritarians, with formal and informal
    discussions. We want the book fair to contribute to strengthening the
    anarchist movement here. We see it as a
    tool to deepen ideas, an opportunity to launch proposals and to forge
    links
    between individuals and groups. We want to share our passions with
    each other and create a context where words and deeds dance together and
    reinforce each other.

    Our anarchy carries an offensive position against power and a will to
    subversion.
    War and militarisation are all around us. The government is forging
    plans to build war factories, reintroduce military service and wants to
    make the country the logistical hub of
    war preparation. Savings on all fronts go straight to the war chest. War
    rhetoric becomes the new
    normal.To shape the military-industrial complex, states and capitalism
    not only need cannon fodder and workers, but they must also plunder the
    earth ever deeper. All over the world mines are being expanded or
    reopened in search of resources to feed their economies.

    These are bleak times, where fear and despair are never far away. All
    over the world, people are fighting these mechanisms of power and money.
    For us, the book fair is a place to share, deepen,
    strengthen these struggles.

    Welcome to the book fair on 17 and 18 May 2025 !
    Keep your ears and eyes open for the full programme on
    abgent.noblogs.org

    See you then and long live anarchy !

    Voir en ligne : abgent.noblogs.org


    Anciens évènements

    Foire du livre anarchiste à Gand le 17 et 18 mai

     samedi 17 mai 2025  09h00 - 18h02
     samedi 17 mai 2025
    09h00 - 18h02
     JOC Gentbrugge ,

     

    Claragoed 1, 9000 Gent

    Pierre par pierre, et Muret par Muret, on détruiras toutes les prisons !

    Publié le 2025-04-20 16:27:12

    Nous nous étions donné rendez-vous le 22 mars à Muret pour lutter contre la construction de la nouvelle prison de Muret, contre toutes les taules et toutes les formes d’enfermement en général.



    Qu’on soit arrivés en train, en covoit avec des compas ou par nos propres moyens, nous étions une centaine au rendez-vous à 14h sous un beau ciel ensoleillé. Après quelques prises de parole, quelques conseils anti-rep nous avons fait notre petit tour dans Muret, dans une super ambiance, chants, tambours de la Frappe, bêtes de slogans... quasiment pas de bleus, à part les 6 keufs mobilisés occupés à nous ouvrir la circulation et à essayer de capter les chemins qu’on allait prendre. Il a même été possible de redécorer Muret à coup de belles affiches anti-carcérales.

    La petite manif s’est terminée dans un parc, avec un concert de SEC organisés par les copain.es du dépôt sauvage. C’était vraiment super, tant la manif que le concert, et le tout dans une bête d’ambiance. On s’est barrés vers 18h une fois les concerts finis et le matoss plié collectivement. Pas de prise de tête avec les keufs, pas de saisies, pas d’interpels.

    Merci aux collectifs de la Frappe et des Dépôts Sauvages pour cette chouette coopération sur cet événement.

    Et surtout, merci à tous d’être venu.es nombreux.es gueuler notre haine de la taule et du monde qui la produit.

    On espère se revoir bientôt...

    En attendant, que crève la taule et le vieux monde !

    L’AG anti-carcérale (la prochaine reu sera le mercredi 23 avril à 18h30 à l’impasse)

    Contact : aganticarcerale31@riseup.net

    Corbas/Villefranche (Rhône) : les matons sous pression

    Publié le 2025-04-20 20:07:22

    Prisons ciblées : une voiture incendiée près de Lyon-Corbas, un immeuble tagué « DDPF » à Villefranche-sur-Saône
    France3, 20 avril 2025

    Ce dimanche 20 avril, une voiture a été retrouvée incendiée sur le boulevard des Nations Unies, aux abords de la prison de Lyon-Corbas. « Le service de nuit l’a repérée grâce aux caméras de surveillance et a alerté les pompiers et les forces de l’ordre.« , précise Didier Lui-Hin-Tsan, secrétaire régional FO Justice Lyon. Il ne s’agissait pas d’un véhicule d’un agent pénitentiaire.

    Près de 300 agents travaillent au sein de la prison. Depuis une semaine, ils « viennent travailler la boule au ventre« . Didier Lui-Hin-Tsan salue les différentes consignes de sécurité prises par les autorités mais il estime que les agents sont « trop identifiables« . « Chaque jour, ils attendent de rentrer dans la prison et sont au milieu des visiteurs, ils sont en uniformes et facilement reconnaissables« , précise-t-il.
    Un tag « DDPF » a été retrouvé sur un mur de la maison d’arrêt, près de l’accès pour les véhicules. Un autre a été retrouvé plus loin selon FO. Cet acronyme est revenu à plusieurs reprises dans les récentes actions recensées contre les établissements carcéraux. Il s’agirait d’un groupe : “Défense des droits des prisonniers français”.

    À Villefranche-sur-Saône (Rhône) près de Lyon, ces quatre lettres ont aussi été taguées près de l’entrée d’un immeuble, dans une rue où vit un agent pénitentiaire. La porte du bâtiment a été incendiée.

    L’inquiétude est grande chez les surveillants des centres de détention. « Cela nous atteint psychologiquement car désormais on craint pour nos familles, nous sommes dans l’hypervigilance« , confie Nénette, secrétaire locale syndicat Unsa-Ufap Justice du centre pénitentiaire de Villefranche-sur-Saône. « On se demande à quel moment cela va s’arrêter.« , ajoute-t-elle.

    D’autant que la semaine dernière, deux surveillantes de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône ont vu leurs identités et leurs horaires de travail divulgués sur le réseau social TikTok. Elles ont porté plainte et de nouvelles mesures de sécurité ont été prises par l’établissement. Selon les syndicats, la police a renforcé les rondes autour de la prison. Le parking de l’établissement, réservé au personnel, est particulièrement surveillé.

    Laetitia Francart, procureure de la République de Villefranche-sur-Saône, a confirmé l’ouverture de deux enquêtes. La première pour “divulgation illégale volontaire de données à caractère personnel nuisible”. La seconde pour “dégradation par moyen dangereux”.