Vive l'Anarchie - Semaine 16, 2017

Sommaire

Se réserver pour Hambourg ? Encore un contre-sommet ?

Publié le 2017-04-17 09:51:09

Cette contribution se veut l’amorce d’une réflexion collective sur la pratique des contre-sommets et une réponse à « l’appel aux rendez-vous internationaux ». Elle affirme une autre voix que la position aujourd’hui hégémonique dans notre « milieu », qui semble oublier ses acquis en l’espace d’un mouvement social ; position qui nous paraît à plusieurs titres révélatrices de toutes les apories d’une pensée située entre sectarisme et prophétisme, rabâchant sans cesse les mêmes injonctions au vide, se satisfaisant d’une pseudo-récursivité de l’acte et semblant incapable de se remettre en cause.



A l’heure où les appels pour se rendre au contre-sommet du G20 à Hambourg cet été fleurissent, et où l’on conseille même à certains de calmer l’intensité de leur lutte locale dans l’objectif de se réserver pour ce qui s’annonce comme Le Rendez-Vous de l’été militant [1], il nous a paru bon de revenir sur la pratique du contre-sommet du point de vue d’une historiographie militante critique.

Du « mouvement d’action directe » aux « contre-sommets ».

Ce que l’on peut appeler "mouvement d’action directe" contemporain s’est construit sur la décomposition de plusieurs luttes éparses. D’abord, les luttes dites « contre les routes » au début des années 1990. Cette résistance au développement capitaliste dans certains pays développés (Europe de l’Ouest) s’était, dans son déroulement, matérialisée comme l’expression de toute une facette de la lutte des classes d’une époque, s’attaquant rien de moins qu’à l’idéologie du progrès et à l’aménagement totalitaire du territoire, et remettant en cause le consensus démocratique pour y préférer d’autres formes d’actions collectives plus immédiates et plus en prise avec le réel. Elle se situait à mi-chemin entre l’éclatement des luttes anti-nucléaires au début des années 1980 [2] et le renouveau des luttes altermondialistes à partir de la moitié des années 1990 ; et elle était parvenue a retarder voire à faire annuler beaucoup de plans de création d’autoroutes.
Cela dit, ce mouvement resta relativement isolé dans la case "lutte écologique", avec tout ce que cela impliquait en termes de diffusion d’une "sous-culture" et d’un "mode de vie" particulier (parfois perçu comme porteur d’un contenu subversif). Les liaisons avec la population locale existèrent, mais ne furent pas le contenu essentiel du mouvement et s’estompèrent assez rapidement [3].

Malgré son contenu au caractère subversif vis-à-vis du processus de modernisation capitaliste, «  le mouvement anti-routes fût incapable de briser son isolement et de se transformer en un mouvement généralisé qui aurait pu relier le mouvement écologique (en dépassant son réformisme inhérent) au mouvement général contre le capital dans son ensemble  » [4].

Plus localement, c’est le mouvement français de 1995 qui permit au mouvement d’action directe de se structurer. Les grandes grèves contre le plan Juppé de 1995 – les plus importantes depuis 1968, répétait-on à l’envie à l’époque – ouvrent une brèche dans l’extrême-gauche, et s’inscrivent comme un premier moment de structuration d’un mouvement antiglobalisation multiple, entre altermondialisme et anarchisme, développant un laboratoire d’expérimentation théorique et pratique. Majoritairement, c’est la revendication de la figure du citoyen qui se construit dans ce mouvement. Le « producteur » avait déjà devancé une dizaine d’années en arrière la figure du « travailleur », mais après ce mouvement c’est bien le caractère « citoyen » qui sera mis en avant : une figure rêvant d’un « capitalisme débarrassé de ses mauvais côtés » et intervenant dans le cadre légaliste de la communauté matérielle politique qu’est la démocratie capitaliste représentative.

La lutte des sans-papiers de 1996-1997 est une deuxième étape, quoi qu’à une échelle plus réduite en termes de volume de gens et de catégories concernées, de la formalisation d’un courant qui sera définitoire de toute la séquence de luttes à venir. Le mouvement s’amorce contre une situation de particularité (la clandestinité), particularité conçue comme structuration du rapport d’ensemble de la vente de la force de travail et attaquée comme telle, pour finir par s’engoncer dans des aspects juridiques et humanitaires de circonstances mais qui ont empêché la dynamique débutée de se dépasser elle-même, retombant finalement dans la particularisation et l’aménagement des conditions initiales au sein même du monde qui avait pu les produire – monde ressorti intouché. Dans ce mouvement se formalise un peu plus une frange bientôt appelée par certains « citoyennistes » [5], largement majoritaire en 1995, posant alors les questions de droit, de nouvelle citoyenneté, de résident, etc. Il fallait conférer les formes de la normalité à tous ceux qui se situaient en-dehors, car c’était finalement là le seul problème de leur particularisation. Vision qui réapparaît dans le mouvement des chômeurs (hiver 1997-1998) ou encore dans le mouvement contre la guerre au Kosovo, mais surtout dans la lutte contre l’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI).

C’est cette dernière qui finira de joindre les franges dites radicales de l’extrême-gauche (de trotskistes révolutionnaires aux anarchistes, en passant par tous les restes d’autonomies organisées décomposées) à ce citoyennisme nouvellement organisé (autour d’associations, d’ONG, de syndicats, d’organes de presses et autres partis parlementaires). Ce laboratoire se présente alors comme une "collection décousue de sous-mouvements, voire comme la juxtaposition d’orientations militantes contradictoires" [6].

Il se structure progressivement, et ce à un niveau international, imbriquant plusieurs échelles : Rencontres intergalactiques contre le néolibéralisme et pour l’humanité organisées par les zapatistes en 1996, Marches européennes contre le chômage et la précarité (1994, 1997, 1999), manifestation contre le G7 à Lyon en 1996, etc.

De là, commence une séquence de luttes toute particulière, notamment marquée par la pratique des "contre-sommets". Cette séquence se matérialise par la prolifération de mouvements qui, depuis 1999, ont pris l’habitude de se présenter à chaque réunions formalisant le cycle mondial de l’accumulation du capital (à chaque sommet international) pour y manifester. A chacune de ses manifestations se trouve un « black block », qui réunit les militants anticapitalistes, anarchistes, communistes, autonomes, révolutionnaires, et autres qui auraient envie de participer à la "démonstration de force". L’objectif étant de troubler la fête, de bloquer la ville, de faire du dégât, le tout en favorisant l’anonymat complet des participants et, dans la mesure du possible, leur sécurisation. Ce « black block » structure rapidement ses propres médias de luttes (automédias, à l’époque les Indymedia) et, depuis, apparaît ainsi comme réunion de groupes de révoltés venant de tous les pays à chaque sommet international.

D’abord, c’est la manifestation du 18 juin 1999 contre le Sommet du G8 qui est appelée de manière diffuse. Le sommet se tenait à Cologne, en Allemagne, et était censé réunir les huit pays « les plus industrialisés du monde ». Les anticapitalistes du monde entier avait appelé à manifester. De la Corée au Nigéria, de la Biélorussie à San Francisco, jusqu’à Londres, se tiendront des manifestations. C’est dans la capitale anglaise, là où la contestation contre la Poll Tax en 1990 avait su être si radicale, que le rassemblement « dégénère » le plus. Organisé par Reclaim the Streets, le rassemblement dans la City vire à l’émeute et provoque des millions de Livres de dégâts. Ici se trouve ce qui est souvent présenté comme l’origine de la contestation « anti-mondialisation » à base de contre-sommets.
Fin novembre de la même année prendra forme la lutte contre le sommet de l’OMC à Seattle, évènement symbolique et lui-aussi fondateur à plus d’un titre. Le sommet est bloqué, ce qui permet à ce nouveau "mouvement" de faire la une des médias, et l’on parlera rapidement de "Bataille de Seattle" (ce qui donnera même le nom d’un film).

Penser les apories de la dynamique « contre-sommets ».

La seule chose qu’il est possible de constater en revenant sur la participation du mouvement d’action directe à cette séquence, c’est bien le fait qu’il soit resté bloqué dans ses propres contradictions, pour finir par s’en rendre compte lui-même. Il est vrai que le caractère transnational de ces rendez-vous, du moins des plus marquants comme celui de Gênes en 2001, ont pu faciliter la rencontre de groupes éclatés géographiquement, ont pu participer à permettre la mise sur pieds de correspondances entre camarades, etc. ; et ce même si d’une part ces rendez-vous n’auraient pu être organisés au niveau logistique sans au préalable des rencontres transnationales déjà effectives, et si d’autre part le volume et la durée réel de ces rencontres restent largement à relativiser. L’internationalisme est une tradition du mouvement révolutionnaire, plus encore une tactique, et elle n’a pas été inventé dans les contre-sommets. Il serait naïf de croire qu’il n’est pas possible de se rencontrer internationalement au-delà de ceux-ci. Comme si le mouvement ouvrier ne l’avait pas fait durant 150 ans, comme si on ne savait pas utiliser Internet ou s’envoyer des lettres, comme s’il n’était pas plus judicieux de se rendre ailleurs lorsque, justement, il se déroule ailleurs une forte contestation sociale locale. Par exemple, le 14 juin à Paris beaucoup d’étrangers sont venus : c’était là la manifestation d’un internationalisme encore effectif, qui venait appuyer un mouvement social menaçant l’économie de l’État français. Ce n’était pas un simple rendez-vous international pour fanatiques d’évènementiels et autres consommateurs de manifs souhaitant s’offrir leur quart d’heures d’adrénaline dans des combats plus que rodés avec des policiers venus de toute l’Europe pour tester leur matos... Mais nous y reviendrons.
Car ce qui est certain, c’est qu’à un strict niveau tactique, la pratique du contre-sommet n’a jamais su dépasser ses limites idéologiques, pratiques et théoriques.

Une construction idéologique au profit d’un « mode de vie »

A l’image d’un certain nombre de productions militantes, les contre-sommets proposent d’appuyer, de renforcer, toute une construction idéologique au profit d’un « mode de vie » dit « activiste ». On explique aux gens le principe du « groupe affinitaire », on se fait tourner des brochures d’auto-défense, des tutoriels de tactiques d’attaques, etc. Et couplé à une interprétation essentiellement morale de la critique radicale anarchiste ou marxiste, on se retrouve avec une bande de curés militants qui se considèrent plus avancés que les autres, plus « déconstruits », dont le rôle serait de consolider un « milieu » qui devrait être exempt de traces de capitalisme. Mais le capitalisme n’est pas un simple mode de vie bourgeois qu’on peut toucher ou éviter ; ce n’est pas le fait de porter tel ou tel vêtement, de se rendre ou non au travail, d’avoir ou non telle opinion : c’est un mode de production qui régit l’ensemble de nos rapports sociaux et nous touche, nous et notre environnement (physique comme social) du matin au soir, sans potentielle pause (temporelle) ni faille (spatiale).

Se considérer comme spécialiste du changement social, se considérer comme plus en avance que le reste de la population sur ce besoin de transformer le monde, c’est en fait se considérer être l’avant-garde d’un mouvement que l’on fantasme. On ne peut pas être « activiste » comme on est médecin ou pompier, chômeur ou manutentionnaire : ce serait faire de l’acte de résister un métier – c’est ce que beaucoup font déjà. Lorsque l’on s’en rend compte, l’on se rend compte de toutes les apories du « milieu » qu’il s’agirait de consolider : celui-ci ne vit plus que sous perfusions de quelques-uns s’acharnant à accompagner le désastre, et développe tout ce que le militantisme contient déjà chez lui, en germes, de profondément dégueulasse.

Militer est depuis longtemps déjà devenu une activité masochiste, qui tolère formellement ou non l’apparition de « petits-chefs » et de hiérarchies pesantes, qui envisage le monde actuel dans les limites bourgeoises imposées, et qui conçoit le sacrifice comme un acte normal, presque codifié, au service du collectif. On se soumet en voulant convertir, et on aspire à la promotion (formelle ou non, encore une fois). Surtout, le militantisme est devenu un outil de valorisation personnelle bien intégré au capitalisme. De là peuvent mieux se comprendre certains comportements vis-à-vis des « non-initiés » : on préfère, au choix, faire culpabiliser le non-militant ou se rendre hermétique et mystérieux, et en jouer, plutôt que de faire de nos luttes des luttes inclusives. On s’accomplit comme marchandise-militante radikale-chic, en se servant de nos activités dites militantes comme d’un C.V. : « oui, j’étais à cette manif », « j’étais à cette réoccup’  », etc… Le comble étant le fameux : « j’étais à ce contre-sommet ! ».

Il est si facile de mépriser le reste du monde en se croyant à part car porteur d’un quelconque mode de vie - pourtant perdu dans le monde marchand au même titre que tous les autres. Il serait bien de se rappeler que le changement ne vient jamais d’activistes-héros, mais se réalise par les masses, par l’auto-organisation des inorganisés - qu’ils aient été "non-activistes" ou "activistes" avant, cela n’est pas la question, quoique... - lors d’une période de crise.
Les défauts du militantisme ne sont pas présents qu’aux contre-sommets, mais les contre-sommets en sont la justification directe, en acte, et les concentrent de manière inédite : là-bas, il n’y a pas de rapports à tisser avec d’autres catégories d’individus en luttes, il n’y a pas de « travail de terrain », aucun rapport sensible à développer, aucune expérimentation pratique, aucune lutte sociale qui remettrait en cause pratiquement l’ordre économique… il n’y a qu’à chauffer des potes ayant une voiture, faire du stop ou se payer un billet de train, enfiler une cagoule, et repartir aussi vite qu’on est venu si on ne se fait pas choper. Le militantisme d’action directe qui se parle à lui-même, en circuit-fermé, et qui rejoue le même jeu depuis plus de 15 ans, pour lui-même.
Du reste, il paraît évident que nous n’allons pas assister à la transformation de tous les individus en « activistes ». La révolution sera ce moment où le milieu sera complètement fondu dans la masse spontanément en révolte, qui s’organisera au-delà des médiations préexistantes et au-delà des catégories imposées. Cela dit, « être du milieu » c’est bien être surdéterminé, provenir d’un certain cadre social ou avoir rencontré certaines personnes à un moment T. Ce n’est pas une révélation divine, et il n’y a aucun mérite à cela. Dès lors, la question ne peut plus être celle de la transcroissance du milieu, mais celle de sa négation. Cela compris, il ne s’agit pas de faire la morale aux militants ni de faire disparaître le milieu par notre volonté : ce serait renverser le problème. Et, au risque de se répéter, nous n’aimons pas les rhétoriques de la remontrance. L’histoire, seule, se chargera très bien de cette liquidation.

Des impasses pratiques évidentes.

Les bilans de luttes passées face à notre nouvelle génération…

Ce qu’il faut retenir de cette modeste contribution à une réflexion collective sur le sujet, c’est : ce n’est pas nous qui disons du haut d’une pseudo réflexion inédite des choses nouvelles pour montrer au militant la vacuité de son action, mais bien l’historiographie militante critique du contre-sommet qui doit nous transmettre tous ces acquis. Nous ne faisons ici que répéter ce que d’autres ont appris de leur propre expérience, de leur propre lutte. Les anciens participants habituels du début des années 2000 qui expliquent aujourd’hui le vide qui se perpétue dans ces évènements sont nombreux. Même à l’époque, des contributions montraient déjà les impasses auxquelles se confrontait le mouvement… Qui n’ont, depuis, pas été dépassées. Quelques exemples, dont personne n’est obligé de partager l’intégralité des développements mais qui mériteraient, en tant que documents, d’être enrichis d’autres contributions dont nous n’avons pas la connaissance :

Nous aurions pu aller plus loin dans l’analyse. Parler de l’expérience des "Forums sociaux" qui prendra forme dans la foulée de l’effervescence des contre-sommets, comme tentative de dépasser certaines limites. Analyser plus concrètement les différentes périodes de cette séquence, par exemple la période à vide après 2003 (du G8 de Gleneagles en Ecosse au sommet de l’OTAN à Strasbourg, qui relance un peu une dynamique... toujours, dans son contenu, identique à ce qu’elle était).
Mais le constat reste là, et c’est bien lui qui importe : comment croire que l’on fait quelque-chose en allant à Hambourg ? Pourquoi ne pas continuer à lutter localement, chez nous, dans notre environnement, celui que l’on connaît, que l’on peut se réapproprier, celui qui nous opprime, où l’on peut lutter dans notre entreprise, sur notre lieux de taff, de vie, etc. ? Les contre-sommets sont devenus, se décomposant avec le temps, de simples week-ends militants pour individus en manque d’action. Nous préférons laisser l’évènementiel à d’autres « milieux ». La routine de l’activiste ne mène à aucun dépassement et nos stratégies restent identiques malgré les changements de conjonctures. Alors la question est posée : pourquoi dire aux gens de se calmer localement pour venir manifester quelques jours en Allemagne et repartir sans que rien n’ait changé ?

Nous ne disons pas que les « camps internationaux » sont mauvais en eux-mêmes. Nous ne voulons ici essentialiser aucune pratique de luttes. Et, au risque de se répéter, la morale n’est pas quelque-chose qui nous motive : chacun fera comme bon lui semblera… Pour ce qui est de la lutte contre les frontières (Calais, Vintimille), par exemple, ou des luttes territoriales particulières qui pratiquent souvent l’occupation sauvage et durable (Notre-Dame-des-Landes, Bure…), appeler à des rassemblements internationaux paraît avoir du sens. De même, comme le 14 juin à Paris, lors du climax d’un mouvement social, appeler des camarades d’un même continent (ou d’ailleurs) à venir se jeter dans la mêlée ne peut être qu’une proposition logique et stimulante.

Nous sommes une nouvelle génération, notre révolte arrive après ce cycle de luttes. Il est peut-être trop tentant pour certains d’aller participer à ce genre de grand rassemblement, ne serait-ce que pour "voir". Mais gardons à l’esprit ces limites et surtout, ne sacrifions pas le reste uniquement pour quelques jours de fêtes émeutières routinières. Épuisement, répression, absurdité de l’action répétée, ritualisée et attendue, trop formalisée voire institutionnalisée, possibilité donnée aux forces de l’ordre de toute l’Europe de tester du matériel, sans qu’il n’y ait vraiment derrière de conséquences réelles ni d’impact particulier, accompagnement ubuesque d’une dynamique clairement réformiste qui ne bouscule en rien l’ordre économique… ce sont des éléments réels qu’il s’agit de prendre en compte.



Notes

[1Voir « Appel aux rendez-vous internationaux (réflexions) » publié sur Paris-luttes le 7 mars dernier : https://paris-luttes.info/appel-aux-rendez-vous-7684

[2En France, l’élection de Mitterrand, qui promet l’arrêt de construction de centrales et une consultation démocratique sur la question du nucléaire, marque le début d’une récupération et d’une électoralisation de la question nucléaire par la politique parlementaire. Bien sûr, la promesse ne fût pas tenue. La dureté de la répression symbolisée par la mort d’Henry Mathais en 1982 achèvera un mouvement populaire diffus qui s’était organisé en marge des appareils de partis pendant 10 ans. Pour une synthèse du mouvement, et plus de références, voir : lundimatin #95, « Back to the 70’s : la lutte contre la centrale nucléaire de Glofech », 1er mars 2017. URL : https://lundi.am/Back-to-the-70-s-la-lutte-contre-la-centrale-nucleaire-de-Golfech

[3Sur ces luttes et leur rapport avec la constitution d’un « mouvement d’action directe », voir Aufheben #03, « Auto Struggles : The Developing War Against the Road Monster », 1994, disponible sur libcom : https://libcom.org/library/auto-struggles-aufheben-3 Ou encore Aufheben, « The politics of anti-road struggle and the struggles of anti-road politics – the case of the No M11 link road campaign », aussi disponible en ligne : https://libcom.org/library/m11-anti-road-aufheben ;

[4Undercurrent #8, « Pratique et idéologique dans le mouvement de l’action directe », Avril-mai 2000.

[5Concernant l’idéologie « citoyenniste » : Alain C, L’impasse citoyenniste, disponible sur Carbure Blog : https://carbureblog.com/2016/11/20/limpasse-citoyenniste/

[6Brigitte Beauzamy, « Le contre-sommet, une action directe contre la mondialisation ? », Journal des anthropologues [En ligne], 96-97 | 2004, mis en ligne le 22 février 2009, URL : http://jda.revues.org/1777

Prison du Pontet (Vaucluse) : Il tabasse les matons

Publié le 2017-04-17 09:51:09

La Provence / vendredi 14 avril 2017

[…] Mercredi après-midi, à l’heure de la promenade, les surveillants ont aperçu un détenu en train de ramasser un colis qui venait d’être projeté par-dessus le mur d’enceinte du centre de détention. « L’un d’eux a voulu le contrôler car, bien souvent, il peut s’agir de stupéfiants, de téléphone voire d’une arme, explique Benjamin Marrou, secrétaire de l’UFAP-UNSa Justice. Il avait dissimulé l’objet dans ses sous-vêtements. Le surveillant a voulu le contrôler et lui a ordonné de sortir de la cour. Le détenu s’est approché. Le surveillant l’a saisi par le bras. C’est là que le détenu lui a asséné plusieurs coups de poing au visage ».

Observant la scène, le chef de bâtiment est lui aussi intervenu. Il a été frappé à son tour. Un mouvement de foule s’en est alors suivi, impliquant d’autres détenus présents dans la cour. Finalement, le personnel de l’administration pénitentiaire a réussi à ramener le calme au plus vite. Par mesure de précaution, le détenu a immédiatement été isolé au quartier disciplinaire. Quant aux deux surveillants, ils se sont rendus à l’hôpital. Diagnostic pour le plus sévèrement touché : nez fracturé, traumatisme à l’une de ses pommettes, ecchymoses, contusions, blessure au genou lors de la chute à terre…

À l’issue d’un examen médical, le médecin a prescrit 9 jours d’ITT au premier surveillant agressé. Le second, choqué par l’agression, a pu rencontrer un médecin hier. Aujourd’hui, ces deux gardiens de prison devraient se constituer partie civile devant le tribunal correctionnel d’Avignon où l’auteur des faits, un prévenu âgé d’une vingtaine d’années sera traduit en comparution immédiate. […]

Au Pontet, les chiffres sont là. Entre les deux maisons d’arrêt, le centre de détention, le quartier des mineurs et le quartier réservé aux personnes placées sous le régime de la semi-liberté, on dénombre « 850 détenus hébergés [sic ! NdAtt.] pour 650 places. Notre taux de surpopulation n’atteint pas les 200 % comme à Fleury ou Villepinte« , reconnaît le responsable de l’Ufap, mais les difficultés sont là. « Nous manquons de personnels. On tourne avec 80 % de nos effectifs. Normalement, nous sommes 179 surveillants mais par le jeu des postes vacances, des mises en disponibilité, il nous manque 12 postes, explique le syndicaliste. Le métier a du mal à recruter« . Même si des campagnes de recrutement ont été lancées au niveau national, le métier de surveillant pénitentiaire « n’est pas assez valorisé. Ce n’est pas gratifiant et le salaire (1 500 nets en début de carrière + des primes, NDLR) n’est pas attractif « .

Appel à sabotage du meeting FN du 19 avril à Marseille

Publié le 2017-04-17 09:51:09

Mercredi 19 avril Marine Le Pen sera présente au Dome de Marseille pour son dernier meeting avant le premier tour.
Nous appellons tout le monde impliqué - même malgré sa propre volonté - dans l’organisation du meeting (logistique, communication, gestion, etc.) à boycotter et saboter selon ses propres moyens l’événement programmé pour mercredi 19 au Dôme.



Mercredi 19 avril Marine Le Pen sera présente au Dome de Marseille pour son dernier meeting avant le premier tour.
Partout dans le Pays sa campagne électorale a été perturbée par des manifestations et actions organisées pour empêcher le correct déroulement de cette farce ignoble.
Face à la montée de la xénophobie institutionnelle, notre réponse ne peut être que collective et généralisée !
À Marseille, le 19 avril, une grande manif est organisée par ceux et celles qui s’opposent aux idées nauséabondes portées par ce parti politique (mais pas que...). Cette manif aura comme but celui de bloquer le meeting, pour faire comprendre à tout le monde que il n y aura jamais de place pour le FN ni ici ni ailleurs.
Nous appellons tout le monde impliqué - même malgré sa propre volonté - dans l’organisation du meeting (logistique, communication, gestion, etc.) à boycotter et saboter selon ses propres moyens l’événement programmé pour mercredi 19 au Dôme.

Parce que l’extrême droite ne se combat pas dans les urnes, mais dans la rue et dans la vie de tous les jours.

Marseille est et restera toujours antifasciste

Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) : Saisir l’occasion de la fête lycéenne pour attaquer ce qui nous opprime

Publié le 2017-04-17 09:51:09

La Dépêche / Vendredi 14 avril 2017

Hier matin, entre 200 et 300 lycéens costumés ont rallié le centre-ville deVilleneuve depuis le lycée. Dans une bonne humeur potache et bon enfant. À déplorer quand même, quelques incidents imputés hâtivement en fin de matinée à une bande de «casseurs» ayant brisé des vitrines. En réalité, un vol à l’étalage dans une boulangerie avenue d’Agen, 3 paquets de gâteaux ; une vitre d’un véhicule de police municipale brisée par le jet d’un projectile, ainsi que la vitre arrière d’un véhicule d’un particulier, qui a déposé plainte. Intentionnellement ou pas, l’enquête le dira. Fait le plus grave, le coup de genou reçu dans le dos par un médiateur de la police municipale.

Âge de 19 ans, l’auteur, qui s’était aussi bagarré avec un autre lycéen un peu avant, a été rapidement identifié, et conduit au commissariat pour être entendu. Le jeune homme est défavorablement connu des services de police. Il nie les faits. Il a été remis en liberté, l’enquête se poursuit et les policiers sont dans l’attente du certificat médical du fonctionnaire municipal, et du lycéen frappé. L’auteur de ces coups pourrait avoir à en répondre devant la justice. Ces faits ressemblaient hier pour les autorités locales à des actes «inacceptables mais isolés», sans rapport avec la fête des 100 jours du bac «organisée par les jeunes et pour les jeunes».

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-04-17 09:51:10

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Yes, We even Stole from Work under Socialism

Publié le 2017-04-18 10:23:03
Decapitated Stalin

Yes, We even Stole from Work under Socialism

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Steal Something from Work Day: Against Capitalism, Socialism, and Work Itself

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To celebrate Steal Something from Work Day 2017, we present this extract from the book A Worker in a Worker’s State, written by Miklós Haraszti in 1972 when he was a young employee at the Red Star Tractor Factory and suppressed by the Hungarian government as a threat to socialism. Throughout history, workers have stolen from their workplaces under capitalism, socialism, and communism alike. Haraszti suggests that this stealing is actually the most creative and enterprising activity that takes place in the factory, implying the possibility of a world in which all labor would be equally creative and free. His text also provides a window into the lives of workers in the Eastern Bloc, revealing the void at the heart of the supposed workers’ utopia. So long as there are managers, workers will rob their workplaces—not just for personal gain, but above all to keep alive that which is best in themselves.

At a time when young people in the West who did not experience the horrors of state socialism are spreading nostalgia for it while fascists gain legitimacy in Eastern Europe by presenting themselves as its foes, it’s important to remember that state socialism never gave workers the freedom or abundance it promised—and that its true opponents are not the nationalists who would inflict still worse horrors, but anarchists and other ordinary working people who resist all forms of imposed authority. Likewise, Haraszti’s text is prescient in anticipating how artisanal craftsmanship would be further commodified in the post-industrial economy, offering the illusion of free activity as yet another facet of the market. Instead of peddling nostalgia for state control of industry, factory work, or any other specter of the 20th century—or seeking to monetize our autonomous activity after the fashion of the 21st century—let’s take immediate action against against capitalism, socialism, and work itself.

Today is a good day to get started: it’s Steal Something from Work Day!

You can find this text and a great many more like it in Heist, our journal of workplace expropriation. Print out copies and distribute them at your workplace!

In Search of the Great Homer

A homer is an object made for his own purpose or pleasure by a worker using his factory’s machines and materials. It is not made for sale as an additional source of income. The word does not appear in most dictionaries, but appears to have been the most widely used equivalent in England and North America.

“Homers? Is there any chance of homers?” is often asked by those thinking of leaving this factory, when they’re tipped off about another place. Many factors must be taken into account when you want to change your job. Although for most workers homers are not vital, they’ll make them if they have the chance, and they’ll try to create the opportunity if it doesn’t exist already. Some will pay a high price to obtain a position that allows them to make homers.

The government journals portray workers who make homers as thieves. Similarly, the factory bosses “fight” against homers. Warnings and sanctions rain down on the heads of those who misappropriate materials, use machines for their own purposes, or tap the factory’s supply of electricity. If the factory guard finds a homer in our pockets or on our bodies, he has caught a thief.

But even if the journals don’t acknowledge it, both workers and bosses know very well that this is just words. The real damage to the factory is the time lost in making an object—time which cannot be utilized by the factory. “If the foreman knows you’re making homers, he’ll send one of us to fetch some glue and he’ll stick you to your machines for the rest of the day,” said my neighbor, joking with someone who was borrowing a tool from him to make a homer.

The secret of this passion for homers is not a simple one. It can’t be reduced to the minimal value of the knick-knacks which the workers actually make and, especially on piece-rates, how long they take bears no relation to the value of the time lost.

Workers on hourly wages turn to homers when they have given to the factory what the factory has demanded, or when they have a free moment. If hourly workers make homers they don’t risk anything—except being found out. Not only will they then be punished, the discovery will also offer an excellent opportunity to demand increased production from them.

Workers on conveyor belts, or on fully automatic machines, completely delivered from the pressures of time, are only likely to make homers in their dreams. Technological development has given these workers a moral superiority, which at least forces the government satirists to look for a new theme in their attacks.

But the piece-rate worker manages his time himself, and each minute that passes without an increase in the number of pieces represents a financial loss for him. With the constant pressure of piece-rates, the factory does all it can to preach the morality of labor. According to the rate-fixers’ estimates, the piece-rate workers should themselves renounce their passion for theft. In fact, management has to admit that nothing—neither prohibitions, nor punishments, nor public humiliation by the security guards—will persuade them to give it up.

Perhaps it is more than an empty play on words to say that we “loot” [that is, cut corners in violation of regulations] in order to have time to steal.

Making homers is a real addiction; those who go in for it know that they do themselves more harm than good. The bosses and the rate-fixers view the persistent refusal of piece-rate workers to give up this habit in terms of the basest instincts. “How does a person like that bring up his children? We gave him sound advice and even delivered a sharp rap across his knuckles, but nothing will stop him from pilfering,” the foreman grumbles, talking about a homer addict. Yet the passion for “looting” does not upset the bosses. Not because they force us to do it, but because “looting” doesn’t cost anything except the strength, nerves, wellbeing, thoughts and life of the worker—even when he thinks that he is stealing something from the factory.

Why, then, are piece-rate workers so fond of making homers? The usefulness of homers cannot be the real motive, because the worker’s life is so dependent on the workshop, the machine, his materials, and his eight-hour shifts that there is no chance whatever of his making anything which he really needs. It would be a dubious triumph for “do-it-yourself”—given the gigantic level of infringements that would be involved—if the conditions of work were such that they permitted workers to make everything they needed for setting up house in the form of homers. Then, certainly, homers would be worthwhile, since every worker could do repairs, and make small gadgets cheaply and with little effort.

Some of my colleagues still harbor a nostalgia for the days of the domestic artisan, but they rarely talk about their feelings, except when they are embarrassed or are making an excuse if someone catches them out. “Peasants, too, give what they produce to the State, but they don’t buy their vegetables in a market. Here, there are all the tools you could want, and stacks of discarded materials—but if I want to repair my faucet, I’m supposed to call the plumber.” This sort of talk is really a rationalization; it doesn’t bear much relation to the real motives for making a homer.

Perhaps the mechanics and fitters, who are paid by the hour, really do have the means—thanks to homers—to set up their families, since they have at their fingertips, in the workshop, all the tools and machines necessary for household repairs large and small. But I am chained to my machine even if, at the most once a week, I find after an interminable number of runs that I have won a little time for myself. It is impossible for the piece-rate worker to flit across the workshop like a butterfly and to fiddle around with other machines. The foreman would see him at once, and fix him up with more work. Besides, the others are also riveted to their machines, and in any case our machines are too specialized, too large, too powerful, and too complicated: they themselves dictate what we can make with them.

And so in fact homers are seldom useful things. Bizarrely enough, when they are, it is generally not for some outside use, but for something needed within the factory. In theory, there are special workers to manufacture the base plates and braces for mounting pieces, but in fact we must make them ourselves. It is an unwritten rule that when feasible we make everything our jobs require with our own machines. Such operations have real utility, but are also infuriating. They are hardly paid but they are necessary to get through faster, or even to complete a job.

Even around such necessary preparatory work, the mysterious aura of homers begins to appear, to the extent that everyone calls these pieces “homers” even though in fact they entitle us to a supplementary payment. No one would think of telling his neighbor how he’d run through a series, and no one would be interested if he did. But everyone can talk with gusto about these preparatory “homers,” and find an interested audience. Without doubt, the reason is that we plan this work ourselves, and can complete it as we think best.

Our machines rarely give an opportunity for other useful kinds of homers. But that doesn’t do away with homers, it only changes them. For piece-workers, homers are ends in themselves, like all true passions. Here the passion is for nothing other than work, work as an end in itself. The diverse forms of homer have only one thing in common: they have to be of a size that can be surreptitiously smuggled out of the factory. Some have not kept to this rule; and finished objects lie gathering dust in their locker, or their tool boxes, or beside their machines, until the worker changes his factory, when they try to get them out, or, if this is hopeless, give them away.

For us, the potential of milling machines, lathes, and borers stimulates and at the same time limits our imaginations. The raw material is chiefly metal. The objects that can be made are key-holders, bases for flower-pots, ashtrays, pencil boxes, rulers and set squares, little boxes to bring salt to the factory for the morning break, bath mats (made out of rolls of white polystyrene), counters in stainless steel to teach children simple arithmetic (a marvelous present), pendants made from broken milling teeth, wheels for roulette-type games, dice, magnetized soap holders, television aerials (assembled at home), locks and bolts, coat-holders for the changing-room cupboard, knives, daggers, knuckle-dusters, and so on.

In place of the order, “You make that,” comes a question: “What can I make?” But if this work is an end in itself, it is not thereby without a purpose. It is the antithesis of our meaningless “real” work: the possibilities are limited, but the worker who makes a homer uses his head and keeps his eyes open. He scans the raw materials around him, weighs up the unexploited capacities of his machines and the other auxiliary machines, like the small disc-cutter in the corner of the section or the grinding-machine, as he examines the hand tools at his disposal. Then he decides. He decides on what he will accomplish and works to realize that chosen object and not for some other purpose. If he uses the product itself, then before all else he will relish the pleasure of having accomplished it, and of knowing when, how, and with what he made it, and that he had originated its existence.

This humble little homer, made secretly and only through great sacrifices, with no ulterior motive, is the only form possible of free and creative work—it is both the germ and the model: this is the secret of the passion.

The tiny gaps that the factory allows us become natural islands where, like free men, we can mine hidden riches, gather fruits, and pick up treasures at our feet. We transform what we find with a disinterested pleasure free from the compulsion to make a living. It brings us an intense joy, enough to let us forget the constant race: the joy of autonomous, uncontrolled activity, the joy of labor without rate-fixers, inspectors, and foremen.

A complex organization forces me to maintain a minimum level of quality in my daily work. In making homers, quality, which itself arises as I have envisaged it, is the aim itself, the profit, and the pleasure. It is so natural that the question is no longer “What are you making?” but “How are you making it?”

The joy of this unity between conception and execution stands in extreme contrast to our daily work. “Where is the blueprint?” an inspector asked as usual when he came over to make a check. M— loves to repeat the brazen response (fortunately it did not get him into trouble) which aimed to rub in that for once he and the inspector had nothing to say to each other: “It is here, in my head.” The inspector had to puzzle over this for a while before it clicked. M— was making a homer. In outward appearance, nothing had changed. The same movements, which otherwise served only to increase production for the factory, were transformed by what he was doing into an activity of an entirely different kind.

By making homers we win back power over the machine and our freedom from the machine; skill is subordinated to a sense of beauty. However insignificant the object, its form of creation is artistic. This is all the more so because (mainly to avoid the reproach of theft) homers are rarely made with expensive, showy, or semi-finished materials. They are created out of junk, from useless scraps of iron, from leftovers, and this ensures that their beauty comes first and foremost from the labor itself.

Many do not care if their noble end-product clearly reveals its humble origins; but others hold fervently to the need for a perfect finish. Were it not that homers have to be made in a few snatched minutes, and that often we can’t get back to them from one week to the next, if making homers were not such a fleeting activity, then one could almost claim that there were two schools: the first “Functionalist,” the second “Secessionist” [a pre-Soviet Hungarian art movement celebrating excessive decoration]. There are also passing fashions in homers. And just as homers are a model of nonexistent joys, so they are the model for all protest movements.

Making homers is the only work in the factory that stands apart from our incessant competition against each other. In fact it demands cooperation, voluntary cooperation—not just to smuggle them out but also to create them. Sometimes my neighbor asks me to do the necessary milling for his homer, and in return makes a support for me on his lathe. On these occasions we wait patiently until the other “has the time.” Among piece-rate workers altruism is rare. Even in making homers, aid without a return is inconceivable. But it is not a matter of like for like: no one calculates how much his help is worth, or the time spent on it. Sometimes one can even come across selflessness without any expectations of recompense—which could never happen in “real” work. Most friendships begin with the making of a joint homer.

These different joys are obviously marred by the knowledge that they are only the joys of an oasis in a desert of piece-rate work. Slowly, the factory returns to itself, the computer dries out the oasis, the pressures of production continue unchanged. Despite this, everyone is cheerful during these few precious minutes. This is manifestly obvious to all but the bosses—who don’t need to worry about the constant bad temper of piece-rate workers except insofar as it relates to production; and who don’t display the least understanding of this loophole to happiness, not even as a matter of tactics. A foreman’s anger is a sure indication of the happiness that the worker sows with a homer.

I am convinced that homers carry a message. “Artisanal tinkering, survivals from a dying industry: if homers are a negation, then they are only a nostalgia for the past.” This might be said if you didn’t grasp the importance of homers for workers on piece-rates. In fact, they don’t know the old handicrafts any more and they detest the private customers for whom they often do black market labor after factory hours.

Workers would gladly renounce the artisan character of homers, but they have no other way to assert themselves over mechanized labor. Similarly, they would gladly produce things which made sense, but the production of senseless homers is their only chance to free themselves, for a few minutes, from the “good sense” of the factory. They would gladly manufacture, often collectively, things which were useful for the community; but they can only make what they want to make on their own, or at most with a few others.

So these two steps towards the senseless—producing useless things and renouncing payment—in fact turn out to be two steps in the direction of freedom, even though they are swiftly blocked by the wall of wage labor. In fact, homers are a vain attempt to defect from the cosmos of piece-ratios.

Suppose that all of our work could be governed by the pleasures of homers, then it would follow that in every homer is the kernel of a completely different sense: that of work carried out for pleasure. The industrial psychologist, the expert in managerial methods, the social technician, and all the growing number of specialists who are replacing functionaries once breathless with the heroism of labor cannot comprehend the hopelessness of their task if they are unable to understand the pleasures of homers. Their task is to dry out the oases while filling the desert with mirages. Were it not that these experts in production are also dispensers of our livelihood, in command of discipline and achievement, we would enter the age of the Great Homer. This alienated sense, imposed from outside by wages (and its denial, the consolations of forbidden irrationality), would be replaced by the ecstasy of true needs. Precisely what is senseless about homers from the point of view of the factory announces the affirmation of work motivated by a single incentive, stronger than all others: the conviction that our labor, our life, and our consciousness can be governed by our own goals. The Great Homer would be realized through machines, but our experts would subordinate them to two requirements: that we use them to make things of real utility, and that we are independent of the machines themselves. This would mean the withering of production controls. We would only produce what united homer-workers needed and what allowed us to remain workers united in the manufacture of homers. And we would produce a thousand times more efficiently than today.

To take the whole world into account, to combine our strength, to replace rivalry with cooperation, to make that we want, to plan and execute the plans together, to create in a way that was pleasurable in itself; to be freed from the duress of production and its inspectors—all these are announced by the message of the homer, of the few minutes that resurrect our energy and capacities. The Great Homer would not carry the risk of our frittering away strength senselessly; on the contrary, it would be the only way to discover what is even precluded by the homer of wage-earners: the real utility of our exertions. If we could direct our lives towards the Great Homer, we would gladly take on a few hours of mechanized labor a day, so long as it was needed. Otherwise, if everything remains as it does today, we face a terrible destiny: that of never knowing what we have lost.

Connoisseurs of folklore may look on homers as a native, decorative art. As yet, they aren’t able to see further than that. But they will, and the day will come when homers are no longer forbidden but are commercialized and administered. People who work on automatic machines will be able to buy homers in the shops after seeing them in magazines or on television. Then, no one will suspect that homers were originally more than a “do-it-yourself” hobby or a mere pastime; that they once shone through factory controls, the necessity of making a living, and the pressures of wages, as a surrogate for something which by then perhaps will be even more impossible to name than it is today.

The tiny gaps that the factory allows us become natural islands where, like free men, we can mine hidden riches, gather fruits, and pick up treasures at our feet. We transform what we find with a disinterested pleasure free from the compulsion to make a living. It brings us an intense joy, enough to let us forget the constant race: the joy of autonomous, uncontrolled activity.

Epilogue

At a factory in the Soviet Union, inventory control had determined that one of the workers was stealing from the People’s State. They heightened security and monitored him carefully. Every evening, as the man left work with his wheelbarrow, the security guard would search him fastidiously—packages, boxes, bags, pockets, everything—but to no avail. Although the guard never found a thing, he continued to search the worker at the end of each shift—year after year after year. 
Finally, decades later, the man was due to retire. As he pushed his wheelbarrow out for the last time, the guard searched it, then said in despair, “Look, it doesn’t matter anymore, but satisfy my curiosity. We know you are stealing something. Yet every day I search your wheelbarrow and find nothing. How can this be?”

“It’s easy,” shrugged the worker. “I’m stealing wheelbarrows.”

Ils veulent nous carotter la plaine ? On résiste !

Publié le 2017-04-18 10:27:54

Vendredi 28 avril : les carotteurs sont de retour ! Gérard Chenoz (Conseiller Communautaire Marseille Provence Métropole, Président de la SOLEAM, Délégué Régional PACA du CNFPT. Education) est même présent en soutien aux flics. RDV immédiatement sur la plaine pour leur mettre des carottes sous la foreuse !



Ça a commencé l’air de rien, lundi matin. D’après les dires, quelques bruits un peu suspects, quelques ouvriers encasqués, armés de stylos et de feulles de papiers, un petit camion blanc au nom d’une entreprise d’étude géologique du coin : Hydrogéo technique (sondage, forage, étude des sols et fondation). Ça a continué le lendemain, après le marché. Première alerte vers 13h : "Ils commencent les études de sol à la Plaine. Soyons nombreux pour empêcher le carottage". L’info tourne, suivie de quelques "plainards" arpentant le pavé à la recherche des hommes et femmes en blancs. Rien à signaler, la vie reprend son cours.

Le lendemain, l’entreprise remet le couvert, armée cette fois-ci d’une bombe de peinture orange fluo, pour marquer les endroits des futurs prélèvements effectués à l’aide d’une foreuse. Je comprend que c’est cela qu’on appelle une "opération de carottage". Les techniciens se font alpaguer par quelques passants et ne tardent pas à déserter les lieux, non sans avoir eu le temps de "décorer" le pavé de la place de quelques marques oranges fluo.

On se doute bien que ce n’est pas une proposition de déco pour la prochaine fête de quartier, mais on se dit qu’il en faut peu pour que ça le devienne. Et c’est parti ! Quelques heures après, les repères des futurs prélèvements de sol sont entourés de dizaines d’autres marques de la même couleurs et bientôt remplacés par des tapis de pois oranges, jaunes et roses fluo. On ne peut plus distinguer les vraies marques des fausses. Quelques tags accompagnent la nouvelle déco, histoire de pimenter la blague. " Vous ne nous carotterez pas la plaine", "Carotteurs, on ne vous laissera pas faire". C’est plutôt rigolo et pour sûr, ça risque de les faire galérer un peu...

Vendredi matin, c’est de nouveau l’alerte. les carotteurs sont là, avec leur machine à forer. Y’a aussi quelques flics municipaux et un huissier-costard-cravatte avec son appareil photo. On est une petite quinzaine à se rendre sur place, armés de croissants, parce qu’on va quand même pas se laisser abattre. On interpelle les ouvriers, on se rapproche doucement de la machine. Ils sont plutôt réceptifs, nous posent quelques questions, nous disent qu’ils comprennent mais que c’est leur boulot. On leur suggère d’exercer leur droit de retrait. On est là, ils peuvent donc prétexter que ça craint pour leur sécurité et celle de leurs machines . Quelques passants viennent s’ajouter au groupe que nous sommes. On rigole. On tente de s’approcher des machines, de déplacer un plot. On invective gentiment les travailleurs. Ça dure quelques minutes et les travailleurs décident de s’arrêter, exerçant finalement leur droit de retrait bien mérité. L’huissier nous tire des portraits de famille avec son appareil. On lui rend la pareille. L’un des ouvrier demande où est-ce qu’il y a un tabac dans le coin. On lui indique la route et on lui dit de se dépêcher car bientôt, ce bar tabac n’existera plus dans le quartier. On leur dresse le portrait de la Plaine selon la Soleam pendant qu’ils rangent leur matos. Ils s’en vont dans la joie et la bonne humeur, tout comme nous, qui finissons notre petit dèj’ au soleil.



PS :

Ce compte rendu n’est pas exhaustif et peut être imprecis sur certains faits. N’hésitez pas à le compléter ou à le corriger...

actions coordonnées contre le cirque électoral

Publié le 2017-04-19 08:52:37

Il est inconcevable pour nous, qui tendons vers la révolte et la liberté totale, que cette période (pré-)électorale, utilisée par l’Etat pour légitimer les fondements de cette société et renforcer son autorité, puisse se dérouler sans encombres : les divers candidats et leurs partis, appelés à régir nos vies, qu’ils soient « petits » ou « grands », restent des ennemis de la liberté et de l’émancipation individuelle. Qu’ils soient bourgeois (banquiers, rentiers de l’immobilier, patrons…) ou « du peuple » (prof ou ouvrier), tous représentent un rempart à nos désirs d’une vie libérée de l’autorité et de l’exploitation.

Lundi 3 avril, lancement des hostilités : les panneaux électoraux ont été installés devant chaque bureau de vote. Étant donné que les divers partis ne pouvaient pas les utiliser avant le début de la semaine suivante, nous avons saisi l’occasion au cours de la semaine pour y apposer plusieurs affiches anti-électorales, au centre-ville comme dans les quartiers excentrés tels que Palente et Orchamps. Ces collages ont continué les jours suivants, recouvrant tous les partis sans distinction. Par ailleurs, les murs ont pris la parole pour exprimer leur rejet des élections et de tous ces bouffons qui s’y présentent : « Ne votez jamais » était lisible sur les rives du Doubs depuis le pont Battant. D’autres, telles que « Élections pièges à cons », « A bas tous les pouvoirs », « A bas le cirque électoral », « le vote c’est la résignation, vive l’insurrection », « Les élections passent, l’exploitation demeure », « le vote, c’est la soumission », « Les élus au feu, les urnes au milieu » , « Elire, c’est légitimer nos chaînes », « Ni Gauche ni droite, nitroglycérine (A) » ou encore « A bas tous les maîtres – Feu aux urnes » ont été inscrits un peu partout lors de ce week-end prolongé de Pâques. En dehors du centre-ville, a propagande électorale de plusieurs panneaux a été sabotée par arrachage et des tags: des (A) et des « All Elus Are Bastards », « Ni Dieu ni président », « les mâtres ne s’élisent pas, ils s’éliminent »…

 

Au campus universitaire de la Bouloie, une exposition intitulée « Elysée-moi » a débuté le 10 avril à la BU Proudhon. Sous couvert de tourner au ridicule les élus appelés à nous gouverner, cette exposition n’en est pas moins un appel adressé à tous afin de remplir son rôle citoyen, c’est-à-dire d’aller voter, même blanc. Le week-end précédant cette expo, plusieurs de ces mêmes affiches ont été collées aux alentours de la BU. Peu après le 13 avril, journée de son inauguration, plus d’une dizaine de tags sont venus retapisser les murs aseptisés du campus. Parmi ceux-ci, on pouvait lire : « 23 avril : émeute partout », « Abstention révolutionnaire », « A bas le cirque électoral », « Les urnes en feu, les politicards au milieu », « Élections pièges à cons », « voter, c’est se soumettre », « Ni Dieu ni maître », « Attaquons tous les pouvoirs », « Sabotons les élections », « Feu au pouvoir », etc…

Au cours de la nuit du 17 au 18 avril, le député EELV de la 2ème circonscription du Doubs, Eric Alauzet (qui est également conseiller municipal pour « l’union de la gauche »), a reçu de la visite au 59 rue de Belfort : Au rez-de-chaussée de cet immeuble bourgeois, les serrures de la porte de sa permanence parlementaire, ainsi que de sa boîte aux lettres, repeinte couleur merde pour l’occasion, ont été bouchées à la colle. Les murs de l’immeuble donnant sur la rue de Belfort ont été recouverts des slogans: « Alauzet sème des caméras ; « Big brother is watching you ». Ces inscriptions font référence à l’adoption d’un nouveau plan d’installation de caméras de surveillance (34 au total) lors du dernier conseil municipal à Besançon, que cette crapule a pleinement approuvé.

To be continued…

GAME OVER – Groupes Anti-Mascarade Electorale Œuvrant Véritablement pour l’Emancipation et la Révolution

Retour critique sur l’action du 17 avril contre le meeting du Front national

Publié le 2017-04-19 08:52:39

Ce lundi 17 avrilun meeting du Front National avait lieu au Zenith, dans le parc de la Villette, en plein cœur du 19e arrondissement. Une « journée d’action » avait été appelée sur les réseaux sociaux. Si des actions ont bien eu lieu, elle méritent tout de même de sévères critiques.



Je suis arrivé sur le rassemblement aux environs de 19h 30. Environ 200 personnes se massaient devant la sortie du métro porte de Pantin. J’ai appris à ce moment là qu’il y avait déjà eu des affrontements.
Premier point notable : pas de tracts, pas de banderoles, pas de slogans. Juste des gens plus ou moins masqués, plus ou moins jeunes qui se sont regroupé face à des flics pas très répressifs à ce moment là et qui se contentent de protéger les militants frontistes qui vont au meeting. Il est important de noter que les flics travaillaient main dans la main avec le DPS, le service d’ordre à tendance paramilitaire du FN.

Le DPS face à des jeunes du quartier le 17/04/2017, photo du collectif @Lameute

Après un moment de flottement, les deux cents personnes qui se trouvaient devant le métro décident de partir en cortège pour contourner le dispositif et rentrer. Les flics sont pas très nombreux à cet endroit là mais nous non plus. Un face à face à lieu dans le jardin de la Villette où des journalistes sont malmenés assez gratuitement par les flics. Jets de projectiles et gazages se succèdent pendant environ une demi heure jusqu’à ce que le groupe de 200 personnes se décide à bouger pour trouver une autre faille dans le dispositif policier.

Face à face dans le parc de la Villette @lameute

On est vraiment pas nombreux et en faisant le tour du parc on tombe sur des passant.es éberlué.es et des personnes aux fenêtres qui nous demande ce qu’on fait là, ne sachant même pas qu’il y a un meeting du FN. Les questions « vous défendez quoi ? », « vous êtes des anars ou des fachos ? » mettent particulièrement mal à l’aise. Ajoutez à ça aucun slogan, aucun tract, on se sent un peu étranger dans ce quartier populaire qui n’est pourtant pas un bastion frontiste…

Affrontement le long du canal de l’Ourq le 17 avril 2017 @lameute

Après avoir tenté de passer le long du canal de l’Ourq et s’être encore pris un gazage massif, les gens refluent et traversent le même canal. On voit en face un autre groupe qui comme nous essaie de percer le dispositif policier sans plus de succès visiblement.
Après un long détour on se retrouve tous dans le parc de la Villette, côté cité des sciences. On a bien sur très mal manœuvré car maintenant on ne peut passer que par deux endroits : les passerelles qui surplombent le canal. Échec tactique.

Les flics chauds des lacrymos dans le parc de la Villette @lameute

Des personnes attaquent les flics sur la passerelles mais bon, la passerelle est haute et peu de projectiles atteignent leur cible. On a le renfort de quelques jeunes de la cité d’à coté, on doit être 300 environ. Les flics des compagnies d’interventions aidées par quelques gardes mobiles gazent abondamment.

On tente les deux passerelles sans succès évidemment. Les flics nous gazent depuis l’autre coté du canal sans qu’on puisse rien faire. On décide alors de s’approcher du Zenith en passant par les voies du tram via la porte de la Villette. Arrivé assez proche du meeting, ça gaze encore et les gens partent à gauche en direction de Pantin.

Je n’ai pas assisté à la suite.

Si certaines images triomphalistes sont à l’œuvre aujourd’hui sur les réseaux sociaux, notamment liées au cocktail molotov qui a visé (et raté) cet imbécile de Gilbert Collard, ce rassemblement nous laisse un goût amer.
Nous étions très peu à nous opposer au meeting du FN. Non pas que nous soyons peu dans la société, mais nos forme d’organisations créent notre isolement. Et pour preuve :

Tout ces éléments font que nous étions irrejoignables plus qu’ingouvernables. Tout simplement car la population ne savait pas pourquoi nous étions là.

Faisons preuve d’ambition. Cessons de penser que nous sommes seuls dans cette société. Des alliances sont possibles. Avec des prolétaires, des personnes issues de l’immigration, des gens tout simplement antiracistes. Ce genre d’action ne fait que renforcer notre isolement politique et nous marginalise. La prochaine fois, tachons de faire le minimum pour que nous ne soyons pas qu’un seul groupe de 300 personnes mais 10. Contribuons à construire de réels rapport de force et non pas des présences émeutières dénuées de dangerosité pour l’État.

Rodez (Aveyron) : Permanence FN sitôt inaugurée, sitôt dégradée !

Publié le 2017-04-19 08:52:39

Centre Presse Aveyron / Mardi 4 avril 2017

L’installation du Front National à Rodez, avec une permanence place de la Madeleine, n’est semble-t-il pas du goût de tous. Car dans la nuit de samedi à dimanche, quelques heures après l’inauguration du local en présence du député européen Nicolas Bay, la permanence a été victime de nombreuses dégradations. Avec notamment de nombreux tags sur la vitrine comme le prouve cette image, qui depuis dimanche matin fait le tour des réseaux sociaux. Ces dégradations ne sont pas une première. Car début mars, cette même permanence avait déjà été la cible de jets de peinture et autres. Son fronton avait d’ailleurs été arraché. Le Front National s’en était alors ému via un communiqué et avait porté plainte dans la foulée.

Le local ruthénois du Front National – son deuxième dans le département, après Decazeville -, qui se targuait samedi d’être « un parti qui compte en Aveyron » avec ses 400 encartés, avait retrouvé sa vitrine originale ce lundi…

Lille : La permanence des Républicains change de gueule juste avant la venue de Fillon

Publié le 2017-04-19 08:52:39

20 Minutes Lille / Mardi 18 avril 2017

Peinture rouge en vitrine. La permanence de campagne de François Fillon à Lille a servi de défouloir à des opposants, juste avant son meeting de ce soir. La vitrine du local, qui donne sur le boulevard Carnot, a été découverte ce mardi matin, maculée de grosses tâches rouge-bordeaux. Les vandales se sont également acharnés sur la photo grandeur nature du candidat, dont le visage semble avoir été brûlé. Ce bureau des Républicains, « nouveau siège » lillois du parti, avait été inauguré par Nicolas Sarkozy en juin.

Le patron départemental des Républicains, Gérald Darmanin (peu enthousiaste ces dernières semaines à propos du maintien de la candidature de François Fillon), a rapidement réagi : « Honte à ceux qui blessent la démocratie », condamne le maire de Tourcoing sur son profil Twitter. François Fillon, que les derniers sondages placent assez près d’une qualification au second tour de la Présidentielle, tient meeting ce soir au Grand Palais de Lille. La dernière semaine de sa campagne est notamment consacrée au rassemblement avec l’ensemble de sa famille politique.

Recueil de textes autour de l’incendie de la voiture de police le 18 mai à paris

Publié le 2017-04-19 10:32:31

Introduction

En mars 2016, suite à l’annonce d’une énième loi régulant la bonne marche de notre exploitation, des dizaines de milliers de personnes se sont mises en mouvement. Parmi les nombreuses formes qu’a prises ce mouvement, les manifs syndicales ont été débordées et la répression des manifestations est très vite devenue un point de focalisation. Les flics sont devenus en mots et en actes l’une des cibles favorites des manifestant-es, devenant parfois une fin en soi. Cependant cela a suscité de beaux actes de révolte. L’un d’entre eux, l’incendie d’une voiture de police en patrouille sur le quai de Valmy à Paris, a été filmé et très médiatisé. De nombreux politiques et syndicats se sont exprimés pour exiger la punition des coupables, et l’on a demandé aux flics de procéder à des arrestations rapidement. La répression n’a pas tardé.

Le 18 mai 2016, après plus de deux mois de manifestations, occupations de place, affrontements, attaques, les flics les plus réacs décident de défiler place de la République, là même où ils empêchaient une occupation permanente, d’où étaient parties de nombreuses manifestations et actions sauvages, là où ils s’étaient déjà pris de beaux pavés dans la gueule. Une contre-manif est appelée. Après avoir tenté de perturber le rassemblement, elle part en manif sauvage, et croise une voiture de police sérigraphiée. Tout se passe très vite, un plot est jeté sur le pare-brise avant, les vitres latérales sont brisées et le conducteur essuie quelques coups de poing. Les flics tentent de partir mais sont bloqués par l’embouteillage créé par des barricades situées au bas de la rue. La voiture se prend alors un plot dans le pare-brise arrière, tandis qu’une personne jette un fumigène dans l’habitacle. Le conducteur sort de la voiture puis pare les coups d’une tige fine tenue par l’un des manifestants. Les flics s’enfuient et une pancarte « poulet rôtis, prix libre » est posée devant la voiture en flammes. La manifestation continue sur une centaine de mètres, avant de se disperser.
Quelques heures plus tard, puis le lendemain, cinq personnes sont interpellées, certaines à leur domicile. L’une est relâchée à l’issue de la garde-à-vue, tandis que les quatre autres sont mises en examen et incarcérées quelques jours en attendant de passer devant le juge des libertés et de la détention (JLD). Deux d’entre elles, accusées de rôles secondaires, sont libérées sous contrôle judiciaire (CJ) avec éloignement de la région parisienne. Une autre est accusée d’avoir tapé le flic lorsqu’il sortait de la voiture et est placée en détention préventive. La dernière, accusée d’avoir donné des coups de poing au conducteur puis d’avoir jeté le plot dans le pare-brise arrière, est dans un premier temps libérée sous CJ avant que l’appel du parquet ne la renvoie en détention neuf jours plus tard.
Le 26 mai, à la suite d’une manifestation, une nouvelle personne se fait interpeller puis incarcérer. Etatsunienne, elle est accusée d’avoir jeté le plot sur le pare-brise avant.
Le 8 juin, une sixième personne est interpellée à la suite d’une manifestation et placée en détention. Elle est accusée d’avoir tapé le flic sortant de la voiture, ce dont était auparavant accusé l’un des premiers interpellés. Ce dernier était en prison depuis le 18 mai et est sorti début juillet sous CJ avec mesure d’éloignement.
Le 5 octobre, une septième personne est interpellée devant chez elle puis relâchée sous CJ, accusée d’avoir désigné la voiture et d’avoir mis un coup de pied dans un pneu.
Le 7 février 2017, une huitième personne est interpellée et perquisitionnée à son domicile puis incarcérée. Elle est accusée d’avoir cassé la vitre arrière droite de la voiture.
Début mars, des convocations en tant que témoin sont adressées à une dizaine personnes que les flics soupçonnent d’avoir été présentes lors de la manifestation sauvage du 18 mai 2016.
Le 28 mars 2017, l’un des premiers interpellés est libéré sous CJ après 10 mois de détention et éloigné à Lille, avec obligation de signer et de poursuivre ses études.
Fin mars, une personne de nationalité suisse est convoquée dans le cadre de l’enquête, accusée d’avoir lancé le fumigène.

La juge d’instruction Lucie Berthezene a mis en examen neuf personnes en tout pour «Tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique, destruction de bien d’autrui en bande organisée par moyen dangereux pour les personnes, violences en bande organisée avec usage ou menace d’une arme sur personne dépositaire de l’autorité publique suivies d’une interruption de temps de travail inférieure à huit jours, participation à un attroupement en étant porteur d’une arme avec dissimulation volontaire du visage afin de ne pas être identifié, association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes ou délits».

Les flics du deuxième district de la police judiciaire de Paris du commissariat de Louis Blanc chargés de l’enquête ont usé d’une grande palette répressive pour mettre des noms présumés aux encagoulé-e-s brûleureuses de cariole de poulets. Témoignage anonyme d’un flic des Renseignements, surveillance des téléphones (écoutes, bornages et étude des factures détaillées des accusé-es et de leurs proches), analyse des silhouettes, utilisation des vidéos (celles des gendarmes, de Youtube, des moyens de transports, pour tenter de retracer a posteriori le parcours des individus), perquisitions avec recherche d’effets personnels précis, saisies et analyse de matériel informatique et de téléphones, demande de code pour déverrouiller une messagerie chiffrée… ainsi que tout ce qu’il nous reste encore à découvrir. L’accès au dossier est complexe, et, jusqu’au jour de la clôture, de nouveaux actes peuvent apparaître.
A la date d’impression de ce recueil, trois personnes sont toujours incarcérées dont deux depuis fin mai 2016. Cinq autres sont dehors sous CJ dont quatre ont pu revenir en région parisienne. Nous ne savons pas ce qu’il en est du dernier inculpé, accusé d’avoir lancé le fumigène.
Les textes présentés ci-après ont été sélectionnés, non seulement pour tenter de limiter les répétitions entre eux, mais aussi dans la volonté porter une parole publique solidaire sur les actes incriminés et contre la répression qui s’en est suivie.

Les questions de défense juridique, auxquelles il faut bien s’atteler quand la répression s’abat sur nous, ne seront pas abordées ici bien qu’elles ne soient ni anodines ni neutres. Les discours publics ne devraient pas être le prolongement de la plaidoirie des avocats, mais la continuité des idées que l’on tient au quotidien. C’est cette optique qui a guidé les choix des textes de ce recueil : nous n’avons pas sélectionné les textes qui mettaient en avant le profil « respectable » de certain-e-s inculpé-e-s ou de leurs soutiens, ni ceux appuyant sur la présomption d’innocence et se focalisant sur la détention provisoire, même si on partage le fait qu’elle soit une peine particulièrement dure car l’on ne sait pas quand ni si l’on va sortir. Par ailleurs, si nous n’adhérons pas à la thèse policière de la tentative d’homicide, porter un discours dans la rue pour la réfuter nous semble moins intéressant que de nous solidariser des actes qui nous parlent, quelle que soit la qualification juridique retenue. Coupable, condamné-e, innocent-e en attente de son jugement, peu nous importe. Il n’y a pas de bonnes « mesures de coercition ».
Les situations et les défenses des inculpé-es sont différentes, voire antinomiques. Certain-es ont parlé, se sont tu-es, regrettent, s’excusent, se sont reconnu-es, ont reconnu leur présence à la manif, ont nié tout, ont reconnu une partie et nié le reste.

Les possibles échanges entre les inculpé-es et entre leurs proches ont été freinés par la peur de voir les policiers construire une association de malfaiteurs ou une bande organisée. De plus, le versement au dossier d’une vidéo incriminante pour d’autres co-inculpé-es dans le but de se dédouaner, la publication dans la presse d’éléments du dossier favorables pour les un-es et défavorables pour les autres, le manque de concertation et le désir de faire sortir ses proches par tous les moyens, a rendu jusque-là impossible toute défense collective.
Sans passer à la trappe les actions de chacun-e, proche ou inculpé-e, ce recueil se veut une invitation à discuter cartes sur table, dans l’optique de ne pas s’enfoncer les un-es les autres, sans espoir d’une défense totalement collective, mais avec la volonté au moins de rendre publiques les informations et de ne pas répéter les erreurs passées. De porter une solidarité dépassant les tribunaux et leur mise en scène macabre, contre les notions d’innocence, de culpabilité et de justice. Parce que l’acte de l’incendie d’une voiture de flics nous parle, au-delà des stratégies de défense de celleux qui en sont accusé-es, qu’il s’inscrit dans un mouvement, celui contre la loi Travail, et plus largement celui de tou-te-s celleux qui luttent contre ce monde d’autorité, de flics et de barbelés.

Paris, le 14 avril 2017
des complices,
au moins de l’envie de voir brûler
des voitures de flics…

Sommaire :

Récit & répression

Tracts, textes & affiches

Images & défense

Solidarité & actions directes

Annexes

#nantes révoltée. Élections présidentielles : l’orage arrive

Publié le 2017-04-19 10:32:31

Crise de régime à six jours du premier tour de l’élection présidentielle. Le gouvernement qui vit ses derniers instants connaît un niveau de discrédit inégalé sous la cinquième République. Les élections qui viennent atteignent quant à elles un niveau d’incertitude sans précédent. Quatre candidats sont au coude à coude, et les deux partis qui gouvernent la France depuis plusieurs décennies risquent d’être balayés dès dimanche. A la place, les deux figures favorites du scrutin sont une héritière raciste et un banquier qui compte gérer le pays comme un manager de fast food.

Comme la droite dure, le candidat des médias Emmanuel Macron annonce d’ors et déjà qu’il va mener un saccage inédit des derniers acquis sociaux dès cet été. Sa stratégie ? La stratégie du choc. En gouvernant par décrets et ordonnances, sans vote du parlement, pour que dès septembre l’offensive patronale soit irréversible. Le même dévoile actuellement son programme sécuritaire, qui n’a rien à envier à celui de la droite extrême : antiterrorisme généralisé et surveillance renforcée. Le candidat de Rothschild n’est pas qu’un orateur raté qui mène ses meetings comme un évangéliste. Macron est l’incarnation de la reconfiguration autoritaire du capitalisme de crise, tel qu’ébauché ces dernières années par Manuel Valls.

Cette campagne est inédite également par les débordements qu’elle suscite. Rares sont les candidats qui n’ont pas reçu d’œuf ou de farine sur leurs costumes, de peinture sur leurs permanences et leurs véhicules. L’extrême droite, elle, ne peut plus tenir de meeting sans provoquer une manifestation émeutière. Ce qui se dessine, c’est la détestation généralisée d’un monde politique à l’agonie. Fort logiquement, le gouvernement s’attend à des troubles d’ampleur, et compte mobiliser « plus de 50 000 policiers et gendarmes » dès le premier tour, et maintenir l’ordre en cas de passage du FN au second tour. La seule nouvelle réjouissante de ces dernières semaines éprouvantes, c’est la mort du PS, le parti du désastre, de l’état d’urgence, de la loi travail et du 49.3.

Aujourd’hui, nul ne peut dire qui des quatre têtes d’affiche se hissera au second tour. Presque à égalité parfaite, toutes les combinaisons sont possibles, y compris un duel entre l’extrême droite et Mélenchon. On voit donc, dans cette fébrilité, apparaître un « vote utile » de droite, qui remobilise les électeurs perdus de Fillon par peur de la gauche dite radicale. Rien n’est joué, et le mafieux Thatchérien appuyé par la déferlante homophobe de la Manif Pour Tous a encore des chances de l’emporter.

Quels que soient les finalistes, ils arriveront au second tour avec de faibles réserves de voix. Et le prochain gouvernant connaîtra, dans tous les cas, un immense discrédit politique dès les premiers jours de son mandat, voire la quasi-impossibilité d’obtenir une majorité au Parlement.

C’est dans ce contexte qu’il s’agira de descendre dans la rue, de s’organiser, de se replonger dans l’histoire de la Commune.

Bref, de rendre la France ingouvernable.

Nantes Révoltée

 

[Photo : ValK]

Nuit des barricades

Publié le 2017-04-19 10:32:31

Nous appelons à se rassembler à partir de 18h sur la place de la Bastille dès le soir du 1er tour.



Le quinquennat désastreux de Hollande illustre de manière très claire ce qu’est un gouvernement au service de l’économie et de la bourgeoisie. De toutes façons, comment pourrait-il en être autrement ? L’État n’est pas qu’un simple jouet neutre sur lequel nous pouvons influer, mais un outil des plus riches aux dépends des plus pauvres.

Un État dont les logiques racistes, sexistes, consuméristes et sécuritaires nous écœurent un peu plus tous les jours.
Un Système électoral qui semble arriver à sa fin, tant les « alternatives » qu’il propose (de Macron à Le Pen en passant par la « Gauche ») nous dirigent droit dans le mur.
Nous sommes de plus en plus nombreux à refuser de jouer le jeu, à refuser d’élire le prochain gérant du désastre.

Cependant nous ne sommes pas inactifs, s’abstenir de voter n’est pas une fin en soi, mais une manière parmi d’autres de signifier un rejet de la politique classique et de la démocratie représentative. Nous pensons que la question juste est celle qui permet de replacer le politique au centre de nos réflexions, c’est-à-dire d’agir quotidiennement et localement, que ce soit dans nos facultés en occupant nos salles, nos lieux de travail par des grèves, nos quartiers en organisant des cantines ou en aidant les réfugié.es. Bref la liste est longue.

Aujourd’hui, on nous fait du chantage en jouant sur la peur du FN, alors que nombreux sont les partis politiques qui l’ont utilisée par le passé ou actuellement, en reprenant ses thèmes de campagne ou en appelant au pacte républicain, pour grappiller des voix. Cette situation ne peut plus durer et il ne faut pas oublier que le FN n’est que le produit d’un système en bout de course, l’un des derniers remparts pour permettre aux puissants de conserver leur place pour que le système perdure.

Ainsi, nous considérons que ce spectre du fascisme n’est que le reflet de ce qui s’exerce déjà de manière plus vicieuse sous nos yeux, quotidiennement, quand par exemple un gouvernement socialiste autorise des flics à porter des cagoules, acquitte une police qui continue à tuer des innocents impunément, expulse à un rythme alarmant ceux qui fuient la misère et la guerre ou réprime les luttes sociales...


Contre ce cirque, contre ces clowns qui pensent pouvoir nous gouverner, reprenons la rue, reprenons la parole !

Nous appelons à se rassembler à partir de 18h sur la place de la Bastille dès le soir du 1er tour

Soyons nombreux à cette #NuitDesBarricades pour s’opposer à la mascarade électorale et au chantage qu’on nous imposera entre libéralisme d’un côté et fascisme de l’autre.
Ramenez de quoi construire une énorme barricade, symbolisant notre refus de rentrer dans leur jeu et notre volonté de construire un autre monde.

Génération ingouvernable.

https://www.facebook.com/events/1023143941163944/

A bas le politique

Publié le 2017-04-19 20:37:22

A bas le politique, Vive la révolution sociale libertaire !
 
« Je ne craindrai pas d’exprimer cette conviction, que si demain on établissait un gouvernement et un conseil législatif, un parlement, exclusivement composé d’ouvriers, ces ouvriers, qui sont aujourd’hui de fermes démocrates socialistes, deviendraient après-demain des aristocrates déterminés, des adorateurs hardis ou timides du principe d’autorité, des oppresseurs et des exploiteurs. Ma conclusion est celle-ci : il faut abolir complètement, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s’appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominants et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités », Bakounine, Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg, 1870.
 
« Nous ne voulons pas que vous nous tendiez la main, nous voulons juste que vous ôtiez vos sales pattes », Femmes de l’organisation Jojoca au Mexique,  à l’adresse du gouverneur et du maire.

 

LE SYSTÈME ÉLECTORAL A TOUJOURS SERVI À LA SOUMISSION. Le premier président élu en France a sonné définitivement le glas de la révolution de 1848, mettant fin aux espérances d’une république sociale et démocratique, et il s’est rapidement intronisé Empereur. Basé sur la propriété, le travail, la famille et l’ordre public, le régime de Louis-Napoléon Bonaparte avait alors les mains libres pour développer l’exploitation capitaliste. La République suivante renouait avec le massacre des espérances et des révolté-e-s en brisant la Commune de Paris en 1871. La Vème République est quant à elle apparue dans les conditions d’un putsch, mettant à sa tête un général nommé pour maintenir l’ordre et conserver l’Algérie française. 

Leurs démocraties sont des régimes bourgeois et conservateurs, dans lesquels la liberté, l’égalité et l’entraide ne sont que des inscriptions sur les frontons des palais. Elles sont le gouvernement du peuple, offrant un simulacre de liberté sous surveillance, sans toucher aux bases de l’exploitation et de la domination : l’argent, la propriété, l’Etat, le capital, les frontières, le patriarcat. Comme les monarchies et les dictatures, elles partagent l’idée qu’il faut des chefs, que ce soit à l’échelle d’un pays, au travail, à l’école, dans la famille. Nous pensons au contraire que nous sommes capables de nous organiser sans chefs, ni hiérarchie, et que surtout un grand nombre de nos problèmes vient du fait qu’il existe des gouvernant-e-s et des gouverné-e-s.

Au-delà des habitudes autoritaires, des coups politiciens et des affaires, la politique a toujours poussé à la délégation du pouvoir et à la récupération. Elle entend organiser la vie sociale à travers un contrat surplombant, en réalité décidé par quelques uns et quelques unes, ou à travers l’aspiration à une volonté générale qui n’existe pas et ne peut qu’homogénéiser les gens plutôt que de laisser libre cours à la diversité de la vie.

Nous ne visons pas à faire entendre nos doléances à un quelconque chef, nous ne visons pas non plus à prendre le pouvoir. Nous ne voulons ni chefs ni hiérarchie, mais vivre sans diriger, ni être dirigé-e-s. C’est pourquoi nous participerons à perturber aussi bien le jeu électoral que la routine de l’exploitation et de la domination dans cette période, par l’auto-organisation et l’action directe.

Si nous refusons de nous incarner dans un quelconque pouvoir politique, qu’il soit alternatif ou de transition, c’est parce que nous savons que le pouvoir pervertit. Le problème n’est pas seulement qui sont les chefs ni ce qu’ils font de leur pouvoir, mais qu’il y ait des chefs et qu’ils dirigent. Même le révolutionnaire le plus honnête pourrait finir tyran s’il est mis en position de diriger.

C’est pourquoi nous ne serons pas des luttes politiques, qu’elles visent à participer au jeu électoral ou qu’elles le contestent sans s’opposer clairement à la représentation et la délégation du pouvoir, sans chercher à détruire tout pouvoir politique. Nous refusons de céder à l’ère du temps, poussant à la composition avec des représentants et représentantes d’organisations réformistes, à la dissimulation volontaire du discours de rupture pour attirer le plus de gens possible, et toutes les pratiques dociles à l’époque. Ce vers quoi nous tendons, c’est à la révolution sociale.

La révolution est une transformation profonde des structures sociales. Elle n’en reste pas à des bouleversements purement politiques, où il n’y aurait que des droits formels à gagner. Elle vise à changer la vie sociale en désorganisant tout le système économique et politique actuel, notamment par la grève, l’expropriation et le sabotage, et en démolissant son fidèle gardien : l’Etat. Si la délégation nourrit la hiérarchie, alors l’absence de chef est un état social sans gouvernant-e-s et gouverné-e-s, où les accords et les règles ne sont pas figés mais définis librement et réciproquement au sein de structures souples. Les gens font alors la révolution pour eux et elles-mêmes, et non pour un Parti, des intellectuels ou des bourgeois.

Pas plus qu’une ville, une révolution ne se dirige et ne se planifie. Elle ne se décrète pas non plus, sans pour autant surgir de nulle part. Nous entendons bien participer à ouvrir des brèches et des possibilités, sans attendre et sans savoir exactement où cela nous mènera. Ce qui pourrait passer pour du purisme ou une adhésion sacrificielle à une doctrine n’est qu’une façon d’être pleinement en vie sans se soumettre à l’époque. La liberté n’est pas une vue de l’esprit. Elle s’éprouve dès maintenant, dans les luttes et les révoltes contre l’existant.
 
GRÈVE DES ÉLECTEURS ET DES ÉLECTRICES,  SABOTAGE DU SYSTÈME ÉLECTORAL !

Samedi 22 avril : Concert anti-électoral   19h00 à La Pétroleuse, 163 cours Caffarelli (Presqu’ile)

1er mai :  Cortège contre le cirque électoral à l’occasion du défilé.

 

Assemblée autonome, Caen, Avril 2017

assembleeautonome.caen(a)riseup.net

Ni justice, ni paix !

Publié le 2017-04-19 20:37:23

Ni justice, ni paix !

Le tabassage et le viol de Théo, perpétré début février à Aulnay-sous-bois par des flics, est venu briser le spectacle sécuritaire orchestré depuis des années, et accentué par l’Etat d’urgence. Difficile de faire gober que l’introduction d’une matraque télescopique dans un rectum sur une longueur de 10 cm est une maladresse. Difficile en effet de se laisser une nouvelle fois berner par la thèse de l’accident, répétée jusqu’à la nausée, dans les meurtres successifs de Zyed et Bouna, de Rémi Fraisse, d’Adama Traoré, de Lamine Dieng… et de tant d’autres qui ont le malheur de ne pas avoir la bonne couleur de peau , de ne pas habiter le bon quartier, de ne pas assez se soumettre aux injonctions de l’Etat et du capital… 

L’affaire Théo, comme bien d’autres avant elle, et comme l’assassinat de Liu Shaoyo depuis, n’est en rien un accident, mais la manifestation de la répression dans sa banalité la plus crue, le rôle habituel dévolu à la police. En maintenant l’ordre, elle maintient un monde, assoit des dominations qui structurent nos sociétés : l’emprise étatique et économique, le racisme, le sexisme…

Pour autant face à ce nouvel exercice de la violence d’Etat, nous ne réclamons pas justice. Car lorsque la justice travaille au quotidien, nous savons que c’est bien elle aussi pour préserver les intérêts de la domination. Là où la justice d’abattoir condamne déjà à la pelle ceux et celles qui sont censés avoir organisé des guet-apens pour venger le viol de Théo, elle se précipite pour valider  la thèse farfelue de l’accident dans son cas, comme elle avait déjà relaxé auparavant les assassins de Rémi Fraisse, de Zyed et Bouna et de bien d’autres.

Nous ne voulons pas plus de la paix, car l’Etat comme le capital mènent une guerre sourde contre les plus pauvres, les migrants et les migrantes, contre ceux et celles qui refusent de courber l’échine (anarchistes, zadistes, syndicalistes trop remuants), contre ses supposés ennemis intérieurs. Mais également plus visible, pour défendre leurs intérêts conjoints aux quatre coins de la planète, et surtout dans les ex colonies. Là bas on bombarde, on mutile, on viole, on laisse les civils à leur sort face aux troupes alliées, on forme les armées de tortionnaires à même de protéger les intérêts d’Areva, Elf ou Total. Partout se testent, s’emplifient et s’élargissent les stratégies contre-insurrectionnelles, en même temps que s’étend le droit de « légitime défense »pour les flics, qui ne consiste en rien d’autre que de leur offrir un permis de tuer.

Nous ne nous résignerons pas non plus à sauver ce monde avec un bulletin de vote. Ceux et celles qui nous poussent à voter n’ont plus rien d’autres à nous proposer que de le faire pour empêcher Marine Le Pen d’accéder au pouvoir. Pourtant, depuis longtemps déjà, ceux et celles-là même qui nous intiment de remplir notre devoir civique, n’ont eu de cesse, de soumission à l’Etat d’urgence en acceptation des centres de rétention, de fabrication de boucs émissaires en durcissement des conditions d’exploitation, d’imposer le programme même du Front National.

En matière de bulletin de vote, les plus dangereux illusionnistes sont encore ceux et celles qui demandent une meilleure représentation des « minorités ». Comme si le problème résidait dans une meilleure représentation de la population, et non dans ce que fabrique le pouvoir, quelque soit la couleur de l’épiderme ou le sexe de celui ou celle qui l’exerce. Les exemples des administrations Obama, Tatcher, Merkel devraient pourtant en avoir vacciner plus d’un ou d’une. Et nous rappeler ce vieil adage du Guépard : «  il faut bien que quelque chose change pour que rien ne change ! »

Parce que c’est bien ce Monde qu’il faut détruire, sans rien attendre de sa justice. Parce qu’on entre pas dans un monde nouveau sans effraction, organisons nous pour le renverser. Sabotons toutes les machines à pacifier ce Monde  comme les élections, joignons nous à la grève des  électeurs et des électrices.

Assemblée autonome, Caen , mars 2017.

assembleeautonome.caen@riseup.net

Beau comme un comissariat qui brule

Publié le 2017-04-20 10:49:13

Nous ne sommes pas soldats.
Nous sommes criminels.

Nous n’avons pas de patrie, pas de causes supérieures, pas d’ordres à recevoir d’autres personnes que nous-même.

Par contre nous combattons
Pour retrouver nos vies, rechercher nos libertés.

Nous combattons la misère de nos existences, l’oppression des morales et les barreaux qui nous enferment.

Dans la nuit du 18 avril nous avons incendié un commissariat à liège (belgique), il a été entièrement détruit, ravagé par les flammes.

Nous dédions cette attaque aux compagnonnes de aachen accusées dans une affaire de braquage.

Détermination et courage !

Nous pensons également au compa de montreuil et à damien toujours enfermés à fleury.
Lâchez-rien !

Une dédicace à toutes celleux qui conspirent.

Avec joie,Amour et Violence,
toujours en guerre.

« t’as pas du feu ? » et associé.

 

Recueil de textes autour de l'incendie de la voiture de police le 18 mai à Paris

Publié le 2017-04-20 10:49:13

Solidaires dans les luttes, solidaires face à la répression.

Recueil de textes autour de l’incendie de la voiture de police le 18 mai à Paris



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Introduction :

En mars 2016, suite à l’annonce d’une énième loi régulant la bonne marche de notre exploitation, des dizaines de milliers de personnes se sont mises en mouvement. Parmi les nombreuses formes qu’a prises ce mouvement, les manifs syndicales ont été débordées et la répression des manifestations est très vite devenue un point de focalisation. Les flics sont devenus en mots et en actes l’une des cibles favorites des manifestant-es, devenant parfois une fin en soi. Cependant cela a suscité de beaux actes de révolte. L’un d’entre eux, l’incendie d’une voiture de police en patrouille sur le quai de Valmy à Paris, a été filmé et très médiatisé. De nombreux politiques et syndicats se sont exprimés pour exiger la punition des coupables, et l’on a demandé aux flics de procéder à des arrestations rapidement. La répression n’a pas tardé.

Le 18 mai 2016,
après plus de deux mois de manifestations, occupations de place, affrontements, attaques, les flics les plus réacs décident de défiler place de la République, là même où ils empêchaient une occupation permanente, d’où étaient parties de nombreuses manifestations et actions sauvages, là où ils s’étaient déjà pris de beaux pavés dans la gueule. Une contre-manif est appelée. Après avoir tenté de perturber le rassemblement, elle part en manif sauvage, et croise une voiture de police sérigraphiée. Tout se passe très vite, un plot est jeté sur le pare-brise avant, les vitres latérales sont brisées et le conducteur essuie quelques coups de poing. Les flics tentent de partir mais sont bloqués par l’embouteillage créé par des barricades situées au bas de la rue. La voiture se prend alors un plot dans le pare-brise arrière, tandis qu’une personne jette un fumigène dans l’habitacle. Le conducteur sort de la voiture puis pare les coups d’une tige fine tenue par l’un des manifestants. Les flics s’enfuient et une pancarte « poulet rôtis, prix libre » est posée devant la voiture en flammes. La manifestation continue sur une centaine de mètres, avant de se disperser.
Quelques heures plus tard, puis le lendemain, cinq personnes sont interpellées, certaines à leur domicile. L’une est relâchée à l’issue de la garde-à-vue, tandis que les quatre autres sont mises en examen et incarcérées quelques jours en attendant de passer devant le juge des libertés et de la détention (JLD). Deux d’entre elles, accusées de rôles secondaires, sont libérées sous contrôle judiciaire (CJ) avec éloignement de la région parisienne. Une autre est accusée d’avoir tapé le flic lorsqu’il sortait de la voiture et est placée en détention préventive. La dernière, accusée d’avoir donné des coups de poing au conducteur puis d’avoir jeté le plot dans le pare-brise arrière, est dans un premier temps libérée sous CJ avant que l’appel du parquet ne la renvoie en détention neuf jours plus tard.
Le 26 mai, à la suite d’une manifestation, une nouvelle personne se fait interpeller puis incarcérer. Étatsunienne, elle est accusée d’avoir jeté le plot sur le pare-brise avant.
Le 8 juin, une sixième personne est interpellée à la suite d’une manifestation et placée en détention. Elle est accusée d’avoir tapé le flic sortant de la voiture, ce dont était auparavant accusé l’un des premiers interpellés. Ce dernier était en prison depuis le 18 mai et est sorti début juillet sous CJ avec mesure d’éloignement.
Le 5 octobre, une septième personne est interpellée devant chez elle puis relâchée sous CJ, accusée d’avoir désigné la voiture et d’avoir mis un coup de pied dans un pneu.
Le 7 février 2017, une huitième personne est interpellée et perquisitionnée à son domicile puis incarcérée. Elle est accusée d’avoir cassé la vitre arrière droite de la voiture.
Début mars, des convocations en tant que témoin sont adressées à une dizaine personnes que les flics soupçonnent d’avoir été présentes lors de la manifestation sauvage du 18 mai 2016.
Le 28 mars 2017, l’un des premiers interpellés est libéré sous CJ après 10 mois de détention et éloigné à Lille, avec obligation de signer et de poursuivre ses études.
Fin mars, une personne de nationalité suisse est convoquée dans le cadre de l’enquête, accusée d’avoir lancé le fumigène.

La juge d’instruction Lucie Berthezene a mis en examen neuf personnes en tout pour « Tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique, destruction de bien d’autrui en bande organisée par moyen dangereux pour les personnes, violences en bande organisée avec usage ou menace d’une arme sur personne dépositaire de l’autorité publique suivies d’une interruption de temps de travail inférieure à huit jours, participation à un attroupement en étant porteur d’une arme avec dissimulation volontaire du visage afin de ne pas être identifié, association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes ou délits ».

Les flics du deuxième district de la police judiciaire de Paris du commissariat de Louis Blanc chargés de l’enquête ont usé d’une grande palette répressive pour mettre des noms présumés aux encagoulé-e-s brûleureuses de cariole de poulets. Témoignage anonyme d’un flic des Renseignements, surveillance des téléphones (écoutes, bornages et étude des factures détaillées des accusé-es et de leurs proches), analyse des silhouettes, utilisation des vidéos (celles des gendarmes, de Youtube, des moyens de transports, pour tenter de retracer a posteriori le parcours des individus), perquisitions avec recherche d’effets personnels précis, saisies et analyse de matériel informatique et de téléphones, demande de code pour déverrouiller une messagerie chiffrée... ainsi que tout ce qu’il nous reste encore à découvrir. L’accès au dossier est complexe, et, jusqu’au jour de la clôture, de nouveaux actes peuvent apparaître.
A la date d’impression de ce recueil, trois personnes sont toujours incarcérées dont deux depuis fin mai 2016. Cinq autres sont dehors sous CJ dont quatre ont pu revenir en région parisienne. Nous ne savons pas ce qu’il en est du dernier inculpé, accusé d’avoir lancé le fumigène.
Les textes présentés ci-après ont été sélectionnés, non seulement pour tenter de limiter les répétitions entre eux, mais aussi dans la volonté porter une parole publique solidaire sur les actes incriminés et contre la répression qui s’en est suivie.

Les questions de défense juridique, auxquelles il faut bien s’atteler quand la répression s’abat sur nous, ne seront pas abordées ici bien qu’elles ne soient ni anodines ni neutres. Les discours publics ne devraient pas être le prolongement de la plaidoirie des avocats, mais la continuité des idées que l’on tient au quotidien. C’est cette optique qui a guidé les choix des textes de ce recueil : nous n’avons pas sélectionné les textes qui mettaient en avant le profil « respectable » de certain-e-s inculpé-e-s ou de leurs soutiens, ni ceux appuyant sur la présomption d’innocence et se focalisant sur la détention provisoire, même si on partage le fait qu’elle soit une peine particulièrement dure car l’on ne sait pas quand ni si l’on va sortir. Par ailleurs, si nous n’adhérons pas à la thèse policière de la tentative d’homicide, porter un discours dans la rue pour la réfuter nous semble moins intéressant que de nous solidariser des actes qui nous parlent, quelle que soit la qualification juridique retenue. Coupable, condamné-e, innocent-e en attente de son jugement, peu nous importe. Il n’y a pas de bonnes « mesures de coercition ».
Les situations et les défenses des inculpé-es sont différentes, voire antinomiques. Certain-es ont parlé, se sont tu-es, regrettent, s’excusent, se sont reconnu-es, ont reconnu leur présence à la manif, ont nié tout, ont reconnu une partie et nié le reste.

Les possibles échanges entre les inculpé-es et entre leurs proches ont été freinés par la peur de voir les policiers construire une association de malfaiteurs ou une bande organisée. De plus, le versement au dossier d’une vidéo incriminante pour d’autres co-inculpé-es dans le but de se dédouaner, la publication dans la presse d’éléments du dossier favorables pour les un-es et défavorables pour les autres, le manque de concertation et le désir de faire sortir ses proches par tous les moyens, a rendu jusque-là impossible toute défense collective.
Sans passer à la trappe les actions de chacun-e, proche ou inculpé-e, ce recueil se veut une invitation à discuter cartes sur table, dans l’optique de ne pas s’enfoncer les un-es les autres, sans espoir d’une défense totalement collective, mais avec la volonté au moins de rendre publiques les informations et de ne pas répéter les erreurs passées. De porter une solidarité dépassant les tribunaux et leur mise en scène macabre, contre les notions d’innocence, de culpabilité et de justice. Parce que l’acte de l’incendie d’une voiture de flics nous parle, au-delà des stratégies de défense de celleux qui en sont accusé-es, qu’il s’inscrit dans un mouvement, celui contre la loi Travail, et plus largement celui de tou-te-s celleux qui luttent contre ce monde d’autorité, de flics et de barbelés.

Paris, le 14 avril 2017
des complices,
au moins de l’envie de voir brûler
des voitures de flics...

Sommaire :

Récit & répression

Tracts, textes & affiches

Images & défense

Solidarité & actions directes

Annexes

Trento, Italie : Entre suie et mensonge – sur l’attaque à la Faculté de Science de Povo (Italie)

Publié le 2017-04-20 18:06:34

On a pu lire, ces jours-ci, la nouvelle du lancement de plus de cinquante missiles sur la Syrie, pendant que les porte-avions américain sont en route vers la Corée du Nord. Dans les tensions diplomatiques entre États, on respire un climat de guerre qui se rapproche. Mais, plus que se rapprocher, la guerre est un affaire quotidien : il n’y a pas de déclaration d’attaque d’un État envers un autre, pas de signatures officielles. Seulement des bombes. Loin des populations et des pays martyrisés, par contre, la guerre devient “invisible”.

Pendant tous ces années, l’industrie militaire, désormais indistinguable de celle policière-répressive, est allée de l’avant sans cesse; il parait que la guerre n’effleure même pas les consciences du plus grand nombre. Cependant, ne pas faire le lien entre les missiles qui détruisent les villes syriennes avec la violence indiscriminée des attentats de Paris, Bruxelles, Nice, Berlin, Londres, Stockholm, est une cécité toujours plus dangereuse.

Dans la nuit entre le 7 et le 8 avril, des inconnus ont attaqué par le feu le laboratoire Cryptolab, situé dans la Faculté de Science de Povo (Trento). Le feu a détruit le laboratoire et la suie a rendu inutilisable tout la structure. Il parait que le dégâts sont d’un demi million d’euros. Le Président de la Faculté, Collini, et le Directeur de Cryptolab, Massimiliano Sala, continuent à dire que ce laboratoire n’a jamais collaboré avec avec des entreprises militaires ou des armées : cela est une sale mensonge. Il suffit de survoler le CV de Sala pour découvrir le contraire : en 1996 il a été “Garde-côte avec des taches de recherche”, pour collaborer par la suite avec le centre de recherche de a Défense ORMEDIFE; de 2003 à 2007 avec STMicroelettronics, une entreprise qui travaille dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, du 2010 jusqu’à aujourd’hui avec TESLY dans le secteur de la cryptographie, le Ministère de la défense dans celui de la cryptanalyse, avec le Gouvernement toujours dans le secteur de la cryptographie. Ou bien on peut consulter les sites de la Faculté pour comprendre tout de suite quel type de recherche est faite dans ce laboratoire. Entre septembre 2013 et aout 2016, FBK et Cryptolab ont collaboré avec Thales Alenia Space, du groupe Finmeccanica, un des plus grand producteur d’armements au monde. La Thales a entre autre construit les drones utilisés pour les bombardements en Afghanistan.
Celles qui touchent à Cryptolab sont seulement quelques unes parmi les collaborations entre L’université de Trento et l’industrie de la guerre.

La guerre de l’Occident revient en arrière de la façon la plus brutale, mais les bombes, les gaz chimiques, les armes atomiques sont beaucoup plus assassines et lâches des camions lancés sur la foule.

Des millions de morts ne sont pas une opinion. Les technologies au service des porte-avions, satellites, bombardiers, chars armés, sont crées dans des laboratoires à côté de chez nous.

La violence du feu anonyme de la nuit de vendredi était précise et visée : une attaque contre la violence indiscriminée de la guerre. Seulement un être abject comme un conseiller provincial du Parti Démocratique aurait pu mettre au même niveau l’action de Povo et l’incendie (un possible massacre) de centre d’accueil de réfugiés de Roncone (LIEN §§). Il y a un abyme éthique qui sépare ces deux actions. Le même abyme qui sépare celui qui aspire au barbelé et celui qui aspire à la liberté.

Dans la guerre contre les cerveaux, le confusionnisme est l’arme la plus sournoise.
Heureusement quelqu’un, de temps à autre, amène un peu de flambante clarté.

anarchistes antimilitaristes

Paris : Blocus de lycées et manif sauvage qui laisse des séquelles à une permanence PS

Publié le 2017-04-21 08:10:20

BFM TV / Jeudi 20 avril 2017

Une centaine de lycéens ont tenté de rejoindre l’Elysée ce jeudi lors d’une manifestation dénonçant « une mascarade présidentielle » à l’approche de l’élection de dimanche. Après avoir bloqué plusieurs établissements notamment le lycée Charlemagne dans le 4e et le lycée Paul-Valéry dans le 12e, le cortège s’est dirigé vers les Champs-Elysées avant d’être bloqué par l’intervention des forces de l’ordre.

Sur le chemin des manifestants, une permanence PS située dans le 4e arrondissement a été dégradée. Des vitres ont notamment été brisées ou taguées. En début d’après-midi, la situation était revenue à la normale.

[Avignon] Pique-nique le patriarcat

Publié le 2017-04-21 10:46:37

Rendez-vous pour se rencontrer et monter un collectif meuf-gouines-trans à Avignon et au-delà



On est quelques personnes à vouloir monter un collectif féministe meuf-gouines-trans par ici. Parce qu’exister avec une identité non-normée en milieu rural ou dans une petite ville, parfois ça craint et on se sent seul-e, parce qu’habiter dans une région de fafs quand on est meuf, gouine, trans, racisé-e, ou autre, ça fait peur, parce que c’est important de se retrouver, discuter, être ensemble pour se donner des forces, continuer à lutter à nos échelles, parce que se faire des ami-es qui comprennent nos problématiques de vie et ne nous jugent pas, c’est essentiel, parce qu’avoir des lieux safe où réfléchir, débattre, danser, ça permet d’avancer.

Et parce qu’on est encore trop peu nombreux-ses mais qu’on a plein d’idées et de projets à partager, on sera *quelque part* au jardin des doms à avignon le samedi 29 avril dans l’après-midi, avec de la bouffe, des boissons et des trucs à lire, pour se rencontrer, discuter, échanger et essayer de faire en sorte que ce collectif existe, si on parvient à rassembler suffisament de bonnes volontés. Avec pour objectif d’essayer de monter un premier vrai évènement dans les semaines à venir (séance ciné-débat ou atelier fanzine par exemple). Viens avec tes idées, ta colère, ta bouffe, tes potes, etc.

***Bien que ce soit un lieu public et qu’on ne peut évidemment pas empêcher les gens de venir, on a quand même envie d’essayer de faire ça en mixité choisie si possible. Même si vous êtes parfois aussi des bons copains, vous les mecs cis, vous êtes pas trop invités****

lesbatardes@gmx.com



PS :

https://www.facebook.com/lesbatardes/

Vienne, Autriche : Attaque d’une banque en solidarité avec les inculpé.e.s de braquage à Aachen

Publié le 2017-04-21 14:17:29

Le week-end dernier (15 et 16 avril) à Vienne, l’agence de la Bawag-PSK Bank, au n°37 de la Kuefsteingasse, a été attaquée avec du liquide noir puant et collant.
Les banques constituent un élément important de l’ensemble du système capitaliste d’exploitation.

Derrière chaque histoire, elles nous disent pourquoi nous devrions stocker notre argent à cet endroit, nous découvririons que le seul objectif est le profit. Elles sont aussi profondément liées au bien-être de l’État. Les deux dépendent l’un de l’autre comme les fleurs du soleil. Si les banques font faillite, l’État doit les sauver et vice-versa.

Il n’y a malheureusement pas de place ici pour une analyse approfondie de tout ce foutu système. Si les banques se font attaquer, c’est aussi une attaque indirecte contre l’État !

Solidarité avec les anarchistes qui accusé.e.s de braquage de banque à Aachen en Allemagne ! (https://solidariteit.noblogs.org)

Solidarité avec le squat au n°15 de la Kienmayergasse qui a été expulsé hier (19 avril 2017)! (https://kienmayergasse15.noblogs.org/)

Qu’est-ce que braquer une banque comparé à en fonder une ?

Bâle, Suisse : Deux véhicules d’un constructeur de la prison de Bässlergut crevés

Publié le 2017-04-21 14:17:30

D’ici 2020, la taule bâloise de Bässlergut doit être agrandie avec un nouveau bâtiment. Cela mènera à davantage de places de rétention administrative pour les migrants en attente d’expulsion, ainsi que plus de capacité pour de la détention « régulière ».

L’entreprise de construction ‘Implenia’ s’implique dans ce chantier qui a débuté récemment. Au cours du week-end (15 et 16 avril 2017), deux de leurs véhicules ont pu se faire crever leurs pneus. Des inscriptions disant que ce chantier doit être stoppé ont été ajoutées sur les deux véhicules.

Crevez les responsables de ce chantier et de cet existant qui produit de tels bâtiments monstrueux où que vous les trouviez !

Liberté pour tou.te.s !

Ce que j’ai à vous dire peut se formuler en quelques mots

Publié le 2017-04-21 18:56:31

Clarens, Vaud, 26 septembre 1885.

Compagnons,



Vous demandez àun homme de bonne volonté, qui n’est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l’exercice du droit de suffrage.

Le délai que vous m’accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j’ai àvous dire peut se formuler en quelques mots.

Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer àsa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant àlégiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres àl’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.

Voter c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient àl’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui. Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas àcourber l’échine quand le banquier daigne l’inviter àson bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain àrespirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.

N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées àdes hommes forcément incapables et àdes traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts àd’autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d’action futur, agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c’est manquer de vaillance.

Je vous salue de tout cœur, compagnons.

[/ Élisée Reclus. /]

Lettre adressée àJean Grave, insérée dans Le Révolté du 11 octobre 1885.
Reclus, Élisée (1830-1905), Correspondance, Paris : Schleicher Frères : A. Costes, 1911-1925. pp.364-366.

5 mai à la Parole Errante //Soirée Mutinerie en soutien aux prisonniers

Publié le 2017-04-21 19:39:00

Vendredi 5 mai à la Parole Errante à Montreuil aura lieu une soirée en soutien au collectif Kaliméro une caisse de solidarité avec les prisonnier-e-s de la guerre sociale. Elle envoie entre autre des mandats à deux personnes incarcérées dans l’affaire de la voiture de flic brûlée.



À partir de 18h, une discussion s’ouvrira pour présenter Kalimero et pour parler plus spécifiquement de l’affaire de la voiture de flic brûlée le 18 mai et de défense collective.
Mais ce sera aussi un temps pour faire la fête, discuter, oublier le poids de la répression et surtout reverser le bénéfice de la soirée à Kalimero.
On vous attend nombreux.ses .

Au programme :

[Avignon] Pique-nique le patriarcat

Publié le 2017-04-21 19:39:01

Rendez-vous pour se rencontrer et monter un collectif meuf-gouines-trans à Avignon et au-delà



On est quelques personnes à vouloir monter un collectif féministe meuf-gouines-trans par ici. Parce qu’exister avec une identité non-normée en milieu rural ou dans une petite ville, parfois ça craint et on se sent seul-e, parce qu’habiter dans une région de fafs quand on est meuf, gouine, trans, racisé-e, ou autre, ça fait peur, parce que c’est important de se retrouver, discuter, être ensemble pour se donner des forces, continuer à lutter à nos échelles, parce que se faire des ami-es qui comprennent nos problématiques de vie et ne nous jugent pas, c’est essentiel, parce qu’avoir des lieux safe où réfléchir, débattre, danser, ça permet d’avancer.

Et parce qu’on est encore trop peu nombreux-ses mais qu’on a plein d’idées et de projets à partager, on sera *quelque part* au jardin des doms à avignon le samedi 29 avril dans l’après-midi, avec de la bouffe, des boissons et des trucs à lire, pour se rencontrer, discuter, échanger et essayer de faire en sorte que ce collectif existe, si on parvient à rassembler suffisament de bonnes volontés. Avec pour objectif d’essayer de monter un premier vrai évènement dans les semaines à venir (séance ciné-débat ou atelier fanzine par exemple). Viens avec tes idées, ta colère, ta bouffe, tes potes, etc.

***Bien que ce soit un lieu public et qu’on ne peut évidemment pas empêcher les gens de venir, on a quand même envie d’essayer de faire ça en mixité choisie si possible. Même si vous êtes parfois aussi des bons copains, vous les mecs cis, vous êtes pas trop invités****

lesbatardes@gmx.com



PS :

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Champs Élysées : coup de théâtre électoral ?

Publié le 2017-04-22 18:02:50

Jeudi 20 avril au soir. Une campagne présidentielle marquée par d’innombrables affaires et un discrédit sans précédent de la classe politique s’achève sans passion. Quatre candidats sont au coude à coude, et la situation politique paraît plus incertaine que jamais.
C’est à ce moment précis, à trois jours du scrutin majeur qu’une fusillade éclate sur l’artère la plus célèbre de France. Alors que les candidats se succèdent à la télévision, un homme ouvre le feu sur les Champs Élysées. Un policier tombe blessé, un autre trouve la mort, peu avant son assaillant. Certains candidats blêmissent en direct sur les écrans. D’autres ont un mal fou à cacher leur immense satisfaction. Avec la précipitation de charognards affamés, trois candidats – Macron, Fillon et Marine Le Pen – ne parleront plus que d’antiterrorisme, de « barbares », de guerre et d’Islam lors de ce prime time qui conclut la campagne présidentielle. Coup de théâtre dans la dernière ligne droite avant l’élection.

Quelques réflexions sur l’usage de l’antiterrorisme en politique.

1 – « Il faudrait de nouveaux attentats pour sauver la campagne de Fillon ». C’est l’analyse lucide de Christophe Barbier, patron du journal L’Express, à l’antenne de BFM TV en février dernier, alors que le candidat de droite est au cœur de la tourmente. En grande difficulté, la candidate d’extrême droite a également fait une campagne ratée, dégringolant de façon constante dans les sondages. Le FN, pourtant grand favori, était même menacé de ne pas se qualifier au second tour. Un sondeur explique que l’attentat des Champs Élysées « réactive des thématiques chères à Marine Le Pen » alors qu’un autre ajoute : « s’il y a un effet [à cet attentat] c’est pour Marine Le Pen ». Paradoxalement, ces dernières semaines, la question de l’antiterrorisme n’était pas parvenue à s’imposer comme la thématique unique et centrale des débats de la campagne, et d’autres questions, comme l’écologie ou le partage des richesses, avaient traversé le débat public. L’attaque du 20 avril place finalement au centre du jeu, au moment crucial, les sujets indispensables à l’extrême droite. Et remet en lice ses candidats en grande difficulté à l’instant décisif. Les deux derniers jours de campagne auront la couleur des gyrophares.

2 – Nous apprenons aujourd’hui que les services de renseignement étaient informés depuis quelque temps que le tireur des Champs Élysées cherchait à se procurer des armes pour « tuer des policiers » et qu’il avait fait une demande de permis de chasse. A quelques jours des élections. Le tout sans être sérieusement inquiété. Il ne s’agit pas de verser dans le complotisme. Disons simplement qu’à un tel niveau d’incompétence des agents chargés de l’antiterrorisme, l’attaque illustre, pour le moins, le caractère nuisible et inefficace de l’état d’exception permanent, installé depuis deux ans en France.

3 – « Nous devons chérir les policiers». C’est l’envolée lyrique du candidat socialiste ce 21 avril. Dans le même temps, son gouvernement promet un déploiement sécuritaire massif dans les jours à venir. Au début du mois de février, un jeune homme, Théo, était violé par la police à coup de matraque à Aulnay-sous-Bois. Quelques semaines plus tard, c’est un père de famille chinois qui était abattu par des agents de la BAC devant ses filles à Paris. Malgré les protestations, et même les émeutes, ni Benoît Hamon, ni les autres candidats n’avaient osé s’élever contre ces violences. Lors du débat télévisé du 20 avril, c’est finalement un unanimisme sécuritaire qui règne à l’antenne. Un seul refuse de jouer le jeu, maladroitement : le candidat du NPA. Il est pulvérisé en direct par les journalistes. En sortant de l’émission, il reçoit des menaces et des injures de la part de policiers : « enculé », « ordure ». Dans l’Antiquité Romaine, s’assurer le soutien de l’armée était indispensable pour trôner sur l’Empire. Se plier aux volontés de la police est un préalable indispensable pour acquérir le pouvoir dans une République.

4 – Ceux qui appellent à mener une « guerre totale » au terrorisme sont les mêmes qui signent des contrats d’armement colossaux avec les dictatures du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite, qui apportent un soutien logistique aux groupuscules djihadistes. Ce sont les mêmes qui provoquent des guerres au quatre coins du globe. Les mêmes qui font d’obscènes courbettes aux responsables du désastre.

5 – « La guerre contre le terrorisme doit rester la priorité» ose même, sur Twitter, le pitoyable Manuel Valls, qui tente un retour dans la vie publique. Toujours au diapason des candidats les plus réactionnaires. L’antiterrorisme apparaît finalement pour ce qu’il est : une usine de recyclage politique. La « menace terroriste » permet aux menteurs, aux voleurs et aux déchus de la classe dirigeante de prétendre continuer à gouverner sans être contestés. L’antiterrorisme est le joker suprême du jeu démocratique.

6 – « Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. » Guy Debord

Quelle que soit l’issue de ces jours tourmentés, retrouvons nous sur la Place du Bouffay, le soir du premier tour !

Nantes – 23 avril – 1er tour de chauffe

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-04-22 18:02:50

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]