Vive l'Anarchie - Semaine 16, 2018

Sommaire

Dijon, France : Ravalement de façade pour la SAFER (officine du ministère de l’agriculture et de la finance) en soutien à la ZAD

Publié le 2018-04-16 09:59:04

Le siège de la Safer de Bourgogne Franche-Comté a été repeint en soutien à la zad. Retour sur la Safer, et appel à action contre les institutions agricoles.

Cette semaine, le siège de la Safer Bourgogne Franche-Comté s’est vu offrir un petit ravalement de façade par des personnes a priori fâchées contre cet organisme et surtout solidaires avec les camarades de la Zad en prise aux expulsions.

Pourquoi les SAFER sont nos ennemis ?

La safer – Societé d’Aménagement Foncier et d’Étabissement Rural – est l’organisme qui décide de l’attribution des terres aux agriculteurs. Aujourd’hui en France, n’importe qui souhaitant s’installer en agriculture dépend d’elle.

Bien que leurs missions semblent d’interêts public, qu’elles affirment « installer des jeunes », elles restent à la botte du ministère de l’agriculture et de la finance. Ses pouvoirs sont gigantesques sur le monde agricole : elle achète le maximum de terre, gére, négocie, observe les marchés et surtout elle étudie et juge les différents projets fumeux ou pas…
Par son jugement, c’est elle qui donne les directions que prennent l’agriculture puisqu’elle a le pouvoir de décider quels projets vont voir le jour.
Elles sont liées au monde paysan (sur tout le territoire métropoloitain et trois DOM) et pèse sur lui pour qu’il entre toujours plus dans des logiques de productivité, en favorisant les agrandissements et les projets d’exploitation industrielles.

Bref,

Tout ce qu’on aime quand on imagine rester sur des terres après avoir lutté sans relâche contre encore une fois une idée d’aménagement de territoire plus que décadante.
C’est bien dans ses sales pattes que les terres de la zad pourraientt retomber si cette expulsion réussissait.
Alors honneur aux zadistes, soutenons-les partout et mettons la pression aux instances du pouvoir agricole !

Nous en profitons pour relayer ce judicieux appel du comité zad 04 !

[Lire la suite du texte sur Dijoncter.info, samedi 14 avril 2018]

France : Samedi après-midi d’émeutes à Montpellier et à Nantes – 14 avril 2018 [Mise-à-jour 16 avril]

Publié le 2018-04-16 10:00:04

Samedi 14 avril, de nombreuses manifs étaient organisées dans de nombreuses villes de l’Hexagone, contre les expulsions sur la ZAD de Notre-Dame des Landes mais pas seulement (mouvement étudiant, grèves dans plusieurs secteurs…). A Montpellier et à Nantes, les manifs ont très vite tourné à l’émeute.

A Montpellier, entre 1000 (selon les flics) et 2000 personnes (selon les organisateurs) ont pris les rues dans l’après-midi, Au sein de la manif était présent un cortège anarchiste de plus de 200 personnes, dont la plupart était vêtue de noir et cagoulée. Si les larbins armés de l’Etat (et du capital) ont pris quelques projectiles (oeufs de peinture, fumigènes et caillasses), ce sont notamment les banques (Banque Populaire, Crédit du Nord…), les compagnies d’assurances (AXA…), les agences immobilières et de téléphonie (Orange, SFR) ainsi que des magasins de fringues et des panneaux publicitaires qui ont été attaqués: la plupart se trouvait sur le boulevard du Jeu-de-Paume, mais aussi sur la Grand’rue Jean Moulin et la place de l’Observatoire.

Le seul bémol à ce joyeux samedi après-midi plein de rage, ce sont les 51 interpellations à l’issue de la manif. 43 personnes étaient toujours en garde à vue dimanche.

A Nantes, entre 7.000 et 10.000 personnes ont battu (et décelé) les pavés. Les affrontements avec la flicaille ont duré plusieurs heures (jusqu’en début de soirée). Les voies de tramway ont été fortement dégradés au niveau de Duchesse-Anne et du château des Ducs, mais aussi à Bouffay et Commerce en raison du décelage des pavés et des barricades enflammées.

De nombreuses sucettes publicitaires sur le cours des 50-Otages, des vitrines de commerces (Monop’, Habitat, Camaïeu, Sephora, C & A), de banques (LCL, Banque Populaire…) et d’agences immobilières ont été fracassées. Les principaux secteurs touchés concernent le bas du cours des 50-Otages, de la rue Feltre, ainsi que les allées Brancas et Flesselles. L’accueil mobilité de la Tan (compagnie de transports) a également été dégradé place du Commerce. Comme à chaque manif, des tags ont fleuri en nombre un peu partout.

Dans la soirée, peu après les derniers affrontements aux alentours de 21h, 14 personnes avaient été interpellées. Le lendemain, douze suspects étaient encore dans les geôles de l’hôtel de police de Nantes. Les deux premiers libérés sont ressortis, l’un avec un rappel à la loi. L’autre sans poursuites.

Ce dimanche 15 avril au soir, des douze gardés à vue encore entre les murs du commissariat de Waldeck-Rousseau, trois seulement ont eu le droit de ressortir, libres, mais ils seront bientôt convoqués devant le tribunal correctionnel.

Deux adolescents, mineurs, seront déférés au parquet de Nantes ce lundi 16 avril, afin de comparaître devant le tribunal pour enfants. Six personnes seront jugées le même jour en comparution immédiate. Enfin, une personne a vu sa garde à vue prolongée: on n’ignore encore les chefs d’inculpation.

Par ailleurs, les deux personnes arrêtées vendredi matin aux alentours de la ZAD ont été envoyées directement en prison à l’issue de leur garde à vue: l’une arrêtée à Vigneux-de-Bretagne pour des « violences aggravées » a été déféré samedi au parquet de Nantes et placé en détention provisoire dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. Il comparaîtra le 16 avril devant le tribunal correctionnel de Nantes. L’autre, poursuivie pour « participation à un attroupement avec arme et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique avec arme (usage d’un marteau) » a elle aussi été déférée samedi au parquet de Saint-Nazaire et placée en détention provisoire. Il comparaîtra le 17 avril prochain.

Florilège de tags de ce samedi dans les rues de Nantes:

Sur la préfecture

 

Soutien à la ZAD : Un samedi après-midi dans le centre ville

Publié le 2018-04-16 10:02:04

C’est devant le Zenith que nous nous sommes retrouvé’es, de partout dans la région, des daronnes, des bébés, plein de banderoles, de slogans, une sono qui fait des siennes, un violon, des chanteureuses... Ce samedi 14 Avril à Saint Étienne, dans une humeur déterminée et joyeuse, cette foule bigarrée prend la route, scande des slogans quelques instants devant l’énorme dispositif policier déployé pour protéger l’usine d’armement de Verney Caron.
Parade en soutien à la ZAD de Notre Dame des Landes . Diaporama



C’est devant le Zenith que nous nous sommes retrouvé’es, de partout dans la région, des daronnes, des bébés, plein de banderoles, de slogans, une sono qui fait des siennes, un violon, des chanteureuses... Ce samedi 14 Avril à Saint Étienne, dans une humeur déterminée et joyeuse, cette foule bigarrée prend la route, scande des slogans quelques instants devant l’énorme dispositif policier déployé pour protéger l’usine d’armement de Verney Caron.
Parade en soutien à la ZAD de Notre Dame des Landes . Diaporama

From Olympia, Long Live the Commune, Long Live La ZAD

Publié le 2018-04-16 20:05:03

Submitted Anonymously

We gathered on the railroad tracks where the Olympia Commune has been to send insurgent greetings from Olympia, Washington to the brave ones currently defending La ZAD from eviction by the French state.

La ZAD is an autonomous zone in France populated by farmers, squatters, anarchists, and others resisting the construction of a new airport. Their struggle was successful and the airport was halted, but contrary to the wishes of liberals and many socialists, they continue to occupy La ZAD to build the world in which they want to live.

While the commune in Olympia didn’t last nearly as long, we twice blockaded railroad tracks carrying fracking equipment, and experimented with new liberated ways of living. It is with the memory of the freedom that we found behind the barricades that we send our love and solidarity. La ZAD is an inspiration to rebels and communards around the world.

Tout le monde deteste les flics!


With love,

-some Olympia anarchists

Un mort en prison, révolte au Mirail

Publié le 2018-04-16 20:09:04

Nous avons appris la mort de J. 27 ans habitant du quartier des Izards à Toulouse dans la nuit de samedi 14 à dimanche 15 avril. Il est décédé alors qu’il était incarcé à la maison d’arrêt de Seysses dans des circonstances jusqu’ici inconnues.



Solidarité intergalactique avec la ZAD, de Bruxelles à Philadelphie

Publié le 2018-04-16 23:17:04

Bruxelles, Belgique : Attaque d’une officine de l’Union Européenne – 15 avril 2018

Dans la nuit de samedi à dimanche 15 avril, le bâtiment de la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne, situé place de Louvain, 14 à Bruxelles, a été attaqué: de la peinture a été projeté sur la façade, des détritus balancés sur l’entrée principale.

Un tag a été inscrit sur une des entrées, disant: « ZAD not dead ».

[Reformulé de la presse belge]

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Philadelphie, USA : Sabotage d’un bulldozer de chantier

Cher voyous anarchistes du monde entier, illégalistes, casseurs, défenseurs de la sauvagerie.

Nous nous adressons à vous en direct de Philadelphie. Une attaque vient d’être faite, mettant des bâtons dans les rouages de la machine du progrès… de manière plus concise, des câbles ont été coupés et des vitres détruites sur un de leurs bulldozers de merde.

Nous savons que cette attaque a été réalisée en solidarité avec la ZAD et le Camp White Pine (tous deux sont confrontés aux bulldozers locaux). Les assaillants ont également envoyés des salutations rebelles aux anarchistes du coin qui gardent la pêche (et spécialement à celles et ceux qui partagent les spécificités de leurs attaques afin de donner la possibilité à d’autres de les reproduire).

Nique le travail.

Nique le progrès.

C’est tout pour le moment.

Equipe illégal.

[Traduit de l’anglais de itsgoingdown.org, 04.14.2018]

Sur la ZAD : Manif et quelques affrontements – et les gens sont toujours là

Publié le 2018-04-16 23:19:04

Manifestation dimanche 15 avril

Environs 15000 personnes sont allées sur la ZAD pour une manifestation solidaire, dimanche 15 avril. En fin de matinée il y a eu des affrontements avec les gendarmes, puis la situation s’est calmée. Des centaines de solidaires ont transporté une grosse charpente en bois jusqu’au Gourbi, détruit la semaine dernière. Un joli doigt d’honneur au gouvernement et ses larbins en armes…  La flicaille est à nouveau intervenue lundi matin, détruisant la charpente et dégageant les barricades, sans cesse redressées. Le gouvernement craint le fait que le nombre de gens sur place augmente de plus en plus. L’expulsion de la ZAD est loin d’être chose faite, bien au contraire.

A noter que des témoignages sur place font état d’utilisation de la part des gendarmes de gaz de couleur orange, qui serait des gaz incapacitants (voir plus bas, le bilan de l’équipe Médic).

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Affrontements en fin de matinée, puis manif tranquille

AFP / dimanche 15 avril 2018

Des affrontements ont éclaté en fin de matinée dimanche sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes où doit se tenir à midi un rassemblement de soutien aux occupants expulsés dans la semaine par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP.
D’importants barrages routiers de gendarmes étaient installés sur les principales voies d’accès et l’entrée n’était possible qu’après une fouille des sacs.
Une portion de la D81, où une opération de gendarmerie est en cours pour enlever des barricades installées samedi par les zadistes, est aussi interdite, obligeant les manifestants à emprunter des voies détournées pour se rendre sur le site du rassemblement, au chemin de Suez, au sud-ouest de la route.
Non loin du lieu de rassemblement, au croisement du chemin de Suez et de la D81, les gendarmes ont repoussé peu après 11h00 des manifestants « hostiles, voire très hostiles qui harcèlent les forces de l’ordre » et tentent de passer vers l’ouest en direction des squats détruits en début de semaine, selon la gendarmerie.
Aux jets de pierre et de bouteilles en verre des manifestants, les gendarmes répliquaient avec des tirs de lacrymogènes, a constaté une journaliste de l’AFP.
Si la coordination des opposants appelait à un rassemblement pacifiste aux soutiens aux expulsés, des zadistes avaient, eux, lancé un appel à venir reconstruire les squats détruits.
Pendant ce temps les soutiens aux expulsés, équipés de vêtements de pluie et de bottes, affluaient vers le lieu de la manifestation, a constaté l’AFP. […]

 

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La ZAD reste, les zadistes se multiplient !

extrait de Europe1 / lundi 16 avril 2018

Lundi 16 avril, matin

L’immense charpente avait été installée dans la nuit, portée à travers champs par une centaine de zadistes. Lundi matin, les gendarmes ont évacué les occupants installés au sommet de la structure de bois, surmontée d’un doigt d’honneur sculpté, avant de procéder à son découpage méthodique à la tronçonneuse. Ce genre de scène devient habituelle à Notre-Dame-des-Landes, une semaine après le début des opérations d’évacuation de la Zad (zone d’aménagement différée, devenue zone à défendre). Officiellement achevé, le temps des expulsions a laissé place à celui du maintien de l’ordre. Mais face aux CRS, les militants sont chaque jour plus nombreux, faisant craindre un enlisement.

[…] Après les évacuations méthodiques des premiers jours – une trentaine de squats détruits -, la préfète Nicole Klein a annoncé que l’objectif des autorités était atteint, jeudi. Mais quid des expulsions ? La préfecture reconnaît « ne pas savoir » où se trouvent les occupants des lieux de vie rasés. Le service relations médias de la Zad affirme de son côté que le nombre de personnes présentes sur le site ne cesse d’augmenter, suggérant que les destructions n’ont pas suffi à chasser les zadistes.

Ce statu quo fait craindre que la progression rapide des forces de l’ordre, en début de semaine dernière, n’ait pas durablement « réglé » la question des occupants illégaux de la zone qui devait accueillir le projet d’aéroport. La semaine dernière, les 2.500 gendarmes sur place avaient encerclé la Zad avant le début des opérations, afin d’empêcher des soutiens extérieurs de venir soutenir les occupants pour compliquer les expulsions. Efficace dans un premier temps, le dispositif ne semble plus l’être : lundi matin, ce ne sont plus 250 mais 750 personnes qui étaient installées à Notre-Dame-des-Landes. La fameuse D281, ancienne « route des chicanes », entièrement dégagée en milieu de semaine dernière, doit à nouveau être déblayée par les gendarmes chaque matin. […]

L’exécutif garde en mémoire le souvenir de l’opération César, avortée à Notre-Dame-des-Landes en 2012 après un « enlisement » des troupes de gendarmerie face à des zadistes toujours plus nombreux. « Il y a une phase de négociation pour traiter les projets dignes, les projets respectueux, les projets alternatifs dans le cadre républicain, mais pour le reste, l’ordre sera fait parce que notre République a besoin d’ordre et d’égalité », a déclaré Emmanuel Macron, dimanche soir. Un délai supplémentaire a donc été accordé aux zadistes, y compris expulsés : tous ont jusqu’au 23 avril pour amorcer un « processus de régularisation » en déposant en préfecture leur dossier de projet agricole. […]

Dimanche 15 avril

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Bilan médic des dernières 48 heures

zad.nadir.org / samedi 14 avril 2018

Depuis le début de la semaine, au moins 148 personnes ont été prises en charges par le groupe médic’ (ce bilan n’est pas exhaustif). Au cours des dernières 48 heures, le groupe médic soigne et prend en charge en continu des personnes blessées pendant les assaults policiers et nous a livré ce bilan (là encore non exhaustif) :

23 personnes ont subi des éclats multiples éclats de grenades sur le corps (visage, nuque, torse, jambe, pieds, mains, doigts…) parfois enfoncés de 3 cm dans la chair. Une même personne peut avoir reçu une quinzaine d’éclats. Certaines personnes présentent des signes d’infections suite à ces blessures

8 personnes avec des hématomes des membres avec des phénomènes de compression dangereux liés à l’utilisation des Lanceurs de balles défensives

3 personnes avec des atteintes neurologiques (vertiges, céphalées, confusion…) suite aux explosions de grenades.

1 personne atteinte à l’oeil par un éclat de grenade, 3 autres souffrent de baisses d’audition sévères liées à des explosions de grenades

Sur les postes de soin et lors des déplacements de l’équipe médic’ sur les lieux de charge, il a été constaté l’utilisation d’armes au potentiel létal :
- tirs tendus de grenades diverses
- utilisation de grenades avec des charges explosives massives au contact à hauteur d’homme
- utilisation massive et continue au niveau d’habitations de gaz à haute concentration toxique : brûlures, nausées, Etc
- plusieurs témoignages d’utilisation de gaz incapacitants (deshydratation immédiate, diarrhée, vomissements, confusion, possible abattement…)

Conclusion : La police assassine, cela nous le savons déjà. Des policiers sont hospitalisés suite à l’explosion d’armes qu’ils nous envoient consciemment dessus et en continu depuis plusieurs jours.

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Huit personnes interpellées à Nantes samedi sont passées devant le juge lundi

Le Parisien / lundi 6 avril 2018

Parmi les douze manifestants pro-zadistes placés samedi en garde à vue, huit ont été déférés ce lundi en vue d’un jugement, souhaité rapide pour certains. Les six adultes impliqués dans les affrontements avec les forces de l’ordre, intervenus lors d’une manifestation de soutien à la Zad de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, seront en effet jugés en comparution immédiate dans l’après-midi. Les deux mineurs seront, eux, présentés à un juge pour enfants.

Trois autres manifestants ont été remis en liberté après avoir reçu une convocation à comparaître ultérieurement. Un dernier a été maintenu en garde à vue.

Par ailleurs, une enquête de flagrance pour violences aggravées a été confiée à la section de recherches d’Angers. Elle doit faire la lumière sur un jet d’engin explosif contenant des billes d’acier et qui a blessé trois gendarmes dimanche matin, lors de heurts en marge du rassemblement pacifique organisé par la coordination des opposants directement sur la Zad. L’un des militaires, polycriblé aux jambes et aux mains, a été évacué vers le centre hospitalier de Nantes où il devait être opéré lundi.

En parallèle, les gendarmes continuaient ce lundi à dégager les routes de la Zad après de nouvelles barricades remontées dans la nuit, au 8e jour des opérations. Selon une source proche du dossier, la nuit a été plutôt calme.

Mais après le passage des gendarmes pour dégager la route, les zadistes remontaient à nouveau leurs barricades sur la D81 en fin de matinée, tandis qu’un hélicoptère de gendarmerie survolait toujours la zone. Des tirs de grenade ont encore résonné, notamment au « Gourbi », un lieu de vie emblématique de la Zad détruit la semaine dernière, où les zadistes ont acheminé dimanche une charpente en bois qui a finalement été détruite ce lundi par les forces de l’ordre.

Comme Emmanuel Macron, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a dénoncé sur Radio Classique des « professionnels de la confrontation » venus renforcer les opposants à l’évacuation de la Zad, affirmant que certains participaient également aux blocages d’universités.

Il a réfuté tout « échec » huit jours après le lancement des opérations d’expulsion, émaillées d’affrontements. Les gendarmes ont « démoli » 35 « cabanes » sur les 36 prévues, a-t-il précisé. Et d’insister : « Nous rétablissons chaque jour l’ordre républicain parce que la force doit rester à la loi. »

La veille, dans son grand entretien sur BFM TV, Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé que la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, avait tendu la main aux zadistes, y compris les expulsés, en les invitant à déclarer leurs projets agricoles d’ici le 23 avril pour amorcer un « processus de régularisation ».

 

Brétigny-sur-Orge (Essonne) : La ministre dans le noir

Publié le 2018-04-17 08:48:02

Le Parisien / vendredi 13 avril 2018

Elle a dû effectuer l’essentiel de son intervention dans le noir. Invitée à la salle Maison-neuve de Brétigny-sur-Orge, ce jeudi soir, pour y évoquer son projet de réforme de la formation professionnelle, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a été obligée de composer avec un imprévu technique.
Certains des manifestants qui avaient répondu à l’appel de la CGT, et s’étaient réunis devant la salle en vue de défendre le service public, ont en effet coupé le courant, en vandalisant un transformateur voisin. « Le restaurant McDonald’s situé juste à côté a lui aussi été touché », affirme Nicolas Méary, maire (UDI) de la ville, qui condamne cet acte. […]

Rassemblant une centaine de personnes, le mouvement avait été le théâtre de quelques heurts, brefs mais violents, entre les plus jeunes des participants et la police. Le parquet indique qu’une personne a été interpellée pour participation à un attroupement violent, et en possession d’un fumigène. Elle a écopé d’un rappel à la loi.

Carcassonne : Des tags sur la porte de la Préfecture

Publié le 2018-04-17 08:49:05

La Dépêche / lundi 16 avril 2018

Carcassonne. Dans la nuit de jeudi [12 avril; NdAtt.] à vendredi, des dégradations ont été commises sur la porte d’entrée de la préfecture […]

Après la journée de reconstruction de la zad du 15 avril, la résistance collective et la lutte continuent et se renforcent !!!

Publié le 2018-04-17 08:49:06

Après la journée de reconstruction de la ZAD du 15 avril, la résistance collective et la lutte continuent et se renforcent !!!

Ce lundi matin, si les vilains ont repris leur activité de destruction et de répression, ils doivent toujours faire face à une résistance tenace sur la ZAD. Cette résistance continue à s’organiser pour se renforcer et finir par faire échouer cette nouvelle opération militaro-policière. Malgré le déploiement depuis une semaine d’un dispositif peu habituel dans la métropole mais courant dans les DOM-TOM, sur place la résistance a montré assez de détermination pour le mettre à mal, tendant par exemple des pièges aux véhicules blindés légers, reconstruisant les barricades à peine détruites, soignant les blessé.e.s, ou cuisinant pour toutes les personnes qui résistent sur place.

Le gouvernement pensait ne trouver en face qu’une mouvement divisé qu’il pensait faire exploser sous la pression. Il pensait qu’en allant vite, il serait possible de normaliser la ZAD sans que le mouvement et ses soutiens n’aient le temps de réagir. Il est maintenant clair au bout d’une semaine d’opération que son plan n’a pu se dérouler sans se heurter à la solidarité de tous ceux et toutes celles qui ne supportent plus le monde de l’aéroport. Comme pendant l’opération César de 2012, l’état s’embourbe face à notre détermination. Parce que sacrifier un bout de la ZAD revient pour nous à voir disparaître ce qu’elle représente de diversité dans les expérimentations sociales, agricoles et politiques, dans la critique en acte d’un monde régi par l’autorité, la concurrence et l’argent. Parce que la ZAD est un des seuls espaces où il est possible pour des personnes pourchassé.e.s par la police dans les métropoles de pouvoir être enfin un peu à l’abris, comme par exemple pour les exilé.e.s.

Les expulsions ne sont donc pas finies, et nous les arrêterons par notre solidarité.

Sur Nantes, cette résistance prend, en autres, la forme d’un soutien politique et logistique : points infos, rassemblements quotidiens et manifestations (2500 personnes lundi 9 avril, environ 10000 samedi 14 avril en convergence avec les autres mouvements sociaux en lutte (cheminot-e-s, étudiant-e-s) se succèdent sans faiblir.
Les soutiens nantais à la ZAD se manifestent également par des actes concrets de solidarité qui se multiplient sous forme de bouffe, de propositions d’hébergement, de dons de matériels (vêtements, duvets et couvertures, piles, matériels premiers secours), d’organisation de co-voiturages pour monter les dons récoltés sur zone et renforcer la présence humaine.

Nous invitons toutes les habitants-e-s de la région à renforcer cet élan de solidarité et à continer à déposer à B17 (17 rue Paul Bellamy à Nantes) tout ce qui peut renforcer ce soutien logistique à la ZAD. Un numéro spécial (07 58 51 66 53) et un mail (pasdexpulsions@riseup.net) ont été mis en place à pour organiser notamment:

    – le co-voiturage pour monter sur la zone
    – l’information des besoins de matériels
    – Plans de la zone et numéros utiles
    – l’information sur les passages libres d’accès à la ZAD
    – une liste d’hébergement sur Nantes
    – le stockage et l’envoi du matériel donné

Pour rappel, Sur Nantes, les Rendez-vous journaliers sont :

– A partir de 12h00 : Point infos devant la préfecture de Nantes

– Rassemblement à 18h00 devant la préfecture de Nantes

– AG à 20h30 à B17 pour s’organiser

Les numéros utiles :

Numéros d’urgence : 06 43 92 07 01 (ou zad@riseup.net.net) pour filer des infos

Equipe médicale : 07 58 05 74 78

Equipe légale : 06 75 30 95 45

Infoline Nantes : 07 58 51 66 53 (pasdexpulsions@riseup.net)

Radio Klaxon : 07 53 38 06 70

Ils détruisent, nous reconstruirons! La zad vaincra !

Nantes, France : Des pelleteuses qui s’enflamment

Publié le 2018-04-17 11:56:04

Dans la nuit de dimanche à lundi, deux pelleteuses ont essayé de mettre fin à leurs jours, voici leur communiqué :

– dégoutées de servir les projets de la métropole nantaise, de servir sa vitrine pour attirer les entrepreneurs et les jeunes actifs en dégageant les pauvres et les inadapté.e.s de ce monde pourri.

– en rage que quasiment toutes les cabanes dans la zone est de la zad aient été détruites,

– en soutien aux personnes qui là-bas résistent sans compromis à l’état et à l’autorité sous toutes ses formes.

On a décidé de s’enfiler une plaquette d’allume-feux accompagné d’une bouteille de liquide hautement inflammable. Ça nous a fait des dommages sûrement irréversibles, la prochaine fois on doublera la dose pour être sûres de pas être récupérables. On aura besoin de complices pour ça !!

Des pelleteuses qui s’enflamment

[Publié sur indymedia nantes, lundi 16 avril 2018]

Toulouse, France : Partie de la prison, la révolte se répand après la mort d’un détenu – 15 et 16 avril

Publié le 2018-04-17 11:57:04

Dans la nuit de samedi à dimanche 15 avril, un détenu de la prison de Seysses, Jawad (27 ans), est mort dans sa cellule. La thèse officielle (celle de l’administration pénitentiaire) parle d’un « suicide par pendaison ». Mais les proches du défunt évoque plutôt un tabassage violent de la part des matons. Le dimanche, plus de 90 prisonniers répondent à cette mort en refusant de remonter en cellule. La contestation dure plusieurs heures et l’AP décide de faire appel aux ERIS pour rétablir l’ordre.

Le soir-même, la colère s’exprime alors dans les rues du quartier de la Reynerie, où de nombreux véhicules sont cramés (plus d’une dizaine), les flics caillassés. Le commissariat du Mirail, à Bellefontaine, est également attaqué au cocktail Molotov par des jeunes au cours de la soirée. La nuit de désordre se termine sans aucune interpellation.

Dans la nuit de lundi à mardi 17 avril, les émeutes s’intensifient et se répandent bien au-delà du quartier de la Reynerie: Bellefontaine et Bagatelle, jusqu’au quartier de la Patte d’Oie en direction de Casselardit, et même jusqu’aux Minimes, et aussi à Blagnac et Colomiers. Des « groupes mobiles de 30 à 40 personnes » montent des guets-apens contre les forces de l’ordre déployées en nombre pour cette deuxième nuit d’émeutes consécutive (outre les effectifs toulousains, déploiements massifs des escadrons de CRS dans tout le quartier, plus un hélicoptère de la gendarmerie nationale). Les flics sont attaqués à coups de caillasses, poubelles et véhicules sont brûlés…  Commencées vers 20h40 à La Reynerie, les émeutes se poursuivent jusqu’à 4h du matin, tous quartiers confondus.

Depuis la soirée de lundi 16 avril, des manifs défilent au centre-ville avec banderoles: lundi soir, des slogans ont été criés d’Esquirol à Jean Jaurès en passant par le capitole : « crève la taule », « flic matons assassin », « solidarité avec la Reynerie »…

[Un autre texte publié sur iaata.info]

 

Châteaubriant, France : Tags et sabotage en solidarité avec la ZAD – 14 et 15 avril

Publié le 2018-04-17 11:57:07

Au cours de ce week-end du samedi 14 et dimanche 15 avril 2018 à Châteaubriant, plusieurs tags en solidarité avec la Zad Notre-Dame des Landes et contre les forces de l’ordre ont fleuri sur différents édifices de la domination, à savoir le presbytère (près de l’église Saint-Nicolas) ou encore le centre municipal des sports…

Les locaux de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM, ex DDE) de Loire-Atlantique et de la Mutualité sociale agricole (MSA) ont également été recouverts de tags. De plus, les serrures des portes des bâtiments de la DDTM et la MSA ont été sabotés avec de la colle.

Parmi les messages: « Regarde dans le ciel, tu verras la Zad » ; « Zad partout », « Zad party, police par terre », « Halte aux expulsions », « Flic dégage »., « Vive la Zad »….

Dans la nuit de jeudi à vendredi 13 avril, les portes de la préfecture de Carcassonne ont également été recouvertes de tags pour la ZAD.

Montpellier : manifestation nationale inter-luttes du 14 avril 2500 personnes dans les rues, centre-ville retourné, 50 interpellés, une quarantaine de gardes à vue

Publié le 2018-04-17 14:02:04

Montpellier Poing Info, le 15 avril 2018 – Étudiant·e·s, lycéen·nes, retraité·e·s, syndicalistes, militant·e·s pour l’ouverture des frontières, pour la Palestine… : 2500 personnes se sont rassemblées devant le parc du Peyrou ce samedi après-midi, à l’appel de la coordination nationale des luttes, pour s’opposer à Macron et à son monde.



Avant même que le cortège ne soit parti, les policiers ont braqué leurs LBD40 (flashball) sur les manifestant·e·s et ont bloqué le boulevard du jeu de Paume, près du parc du Peyrou. Taquins, des révoltés ont repeint les casqués, qui ont alors gazé toute la place à coups de grenades lacrymogènes.

Le cortège, essentiellement composé de jeunes, est alors parti vers la préfecture, a emprunté la rue de la Loge et la rue Jean Moulin. Sur le parcours, des symboles du capitalisme – banques, agences immobilières, boutiques de luxe, assurances – ont été détruits. Les murs ont été repeints.

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Zad : l’occupation continue, les actions aussi!!

Publié le 2018-04-18 19:10:03

Ce matin, sur un (gros) rond point, des palettes ont pris feu, ce qui a provoqué un ralentissement suspect sur la 4 voies de Nantes Océane :

!!Première sommation avant le grand boom!!

L’économie en tremble encore et la presse locale en est restée muette,

mais bon, les copainEs on pense grave à vous, ZAD vivra, bisous bisous

Ni prisE, ni brûléE, on reviendra…

signé : les bouffonNEs masquéEs

Grenoble : Attention aux citoyens-flics !

Publié le 2018-04-18 19:12:03

Le Dauphiné / lundi 16 avril 2018

Les services de police ont été alertés par des témoins, peu avant 3 heures dans la nuit de dimanche à lundi, que deux hommes déambulaient dans le quartier Condorcet à Grenoble en tapant à coups de marteau dans les vitrines des magasins.
Sur place, les policiers grenoblois ont effectivement constaté que les vitrines de plusieurs commerces et agences immobilières des rues Paul-Dijon, Thiers et Condorcet étaient étoilées mais les deux vandales avaient disparu et n’ont pas été retrouvés. Aucun tag ni inscription revendicative n’ont été écrits sur les façades des locaux visés. […]

Toulouse, France : Les feux de la révolte continuent pour la troisième nuit consécutive – 17 avril

Publié le 2018-04-19 07:37:04

Les émeutes se sont poursuivies dans la nuit de mardi à mercredi, notamment dans le quartier du Mirail et de Bagatelle.

29 véhicules ont été incendiés au cours de cette troisième nuit d’émeute, dont au moins 12 chez un concessionnaire Citroën situé sur l’avenue du général Eisenhower, ainsi que 12 conteneurs à ordures sur lesquels les pompiers sont intervenus. Des affrontements ont également eu lieu avec les flics, divers projectiles contre flashball et lacrymogènes.

Concessionnaire Citroen, dans la nuit de mardi à mercredi

Comme pour la nuit précédente, plus de 200 policiers et CRS quadrillaient le quartier du Mirail, avec l’appui de l’hélicoptère de la gendarmerie. Et les émeutes ont secoué d’autres quartiers ou villes de l’agglomération. A 22h45 à Colomiers trois véhicules ont brûlé. Une demi-heure plus tard, à 23h15, rue du Lot dans le quartier Bagatelle à Toulouse, les forces de l’ordre ont été visées par des tirs de mortier d’artifice. Un homme a été interpellé. Au total, cinq personnes auraient été interpellées.

On compte également beaucoup de dégâts après ces trois nuits: abribus explosés, poubelles, mobilier urbain, bitume brûlé… les services de Toulouse Métropole ont dressé un premier bilan du préjudice matériel de ces émeutes pour la collectivité à savoir 21 containers brûlés, cinq véhicules brûlés ainsi que 128 m2 d’enrobés à reprendre.

Mardi après-midi, pour le deuxième jour consécutif, 200 détenus ont refusé de rejoindre leur cellule après la promenade. Les équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) ont dû intervenir pour mater la rébellion. Dans la colère exprimée par les émeutiers, on dénonce les conditions carcérales et le traitement infligé aux détenus. «Un traitement inhumain !», s’indigne l’un d’eux.

Une manifestation est prévue ce vendredi 20 avril à Toulouse:

Lire le texte en ligne sur iaata

Un point sur la répression après trois nuits d’émeutes

En trois jours, dans les cités de Reynerie, Bellefontaine et Bagatelle et même à Blagnac, les policiers ont interpellé 23 personnes pour violences volontaires aggravées, dont six mineurs. Après cette troisième nuit d’incendies et d’affrontements, la préfecture de la Haute-Garonne a décidé d’interdire la vente de carburant au détail et de produits pyrotechniques en ville. Le maire parle lui d’instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs des quartiers concernés.

Un lycéen de 18 ans a été condamné, ce mercredi 18 avril, en comparution immédiate à une peine de 6 mois de prison dont 3 mois avec sursis pour avoir jeté un pavé sur une voiture de police, lundi soir, quartier Reynerie à Toulouse. La voiture de police a été cabossée avec des dégâts sur le pare-brise. Le procureur Patrice Michel a requis une condamnation de 8 à 12 mois ferme.

Ce que dit le communiqué du proc de Toulouse publié dans la soirée de mercredi 18 avril :

« Dans le cadre des violences urbaines qui se sont déroulées dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 avril dans les quartiers de reconquête républicaine de la Reynerie, Bagatelle et Bellefontaine à Toulouse, le procureur de la République de Toulouse précise que, sur les 18 personnes interpellées :
– la garde-à-vue de deux mineurs a été levée mardi 17 avril dans la soirée ;
– un jeune majeur a été déféré au parquet le 18 avril dans la matinée en vue de l’audience de comparution immédiate du même jour. Il a été condamné par le tribunal correctionnel à la peine 6 mois d’emprisonnement dont 3 mois assortis du sursis pour les faits de violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique, dégradations de biens publics, participation à un groupement en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ;
– dix autres individus sont présentés par le parquet de Toulouse au juge des libertés et de la détention en vue d’une comparution immédiate vendredi 20 avril 2018 devant le tribunal correctionnel ;
– un jeune homme a été déféré au parquet en vue de la mise en œuvre d’une mesure alternative de composition pénale comportant l’obligation d’accomplir un travail non rémunéré circuit court ainsi qu’un stage valeurs républicaines ;
– quatre mineurs sont présentés par le parquet des mineurs au juge des enfants en vue de leur mise en examen, le parquet ayant pris des réquisitions de placement sous contrôle judiciaire pour trois d’entre eux comportant des interdictions de paraître dans le quartier du Mirail et de placement en détention provisoire pour le 4ème.
A cette heure, six personnes se trouvent toujours en garde-à-vue pour les faits commis dans la nuit du 17 au 18 avril ; ces gardes-à-vue font toutes l’objet de prolongations. […] »

[Reformulé de la presse locale]

Grenoble, France : Petite balade fracassante contre les riches et la propriété – 16 avril

Publié le 2018-04-19 07:38:05

Dans la nuit de dimanche à lundi 16 avril à Grenoble, plusieurs vitrines de ce monde de riches ont été fracassées à coups de marteau dans le quartier Condorcet. Ces attaques ont été revendiquées dans un communiqué quelques jours plus tard.

Plusieurs commerces et agences immobilières des rues Paul-Dijon, Thiers et Condorcet ont eu leurs vitrines étoilées à coups de marteau par deux individus cagoulés au beau milieu de la nuit. Contrairement aux récentes attaques contre des bailleurs sociaux, aucun tag ni inscription revendicative n’ont été écrits sur les façades.

Toujours prêt.e.s à défendre leurs maîtres et en l’occurrence les riches, des citoyen.ne.s vigilant.e.s ont alerté les flics pour faire part de ces attaques fracassantes.

Fort heureusement, les deux vandales en vadrouille ont disparu dans la nuit sans être inquiété.e.s.

[Reformulé des « plaisantins » du Daubé, qui n’ont pas besoin d’être bourrés pour écrire de la merde]

Ceci n’est pas un programme! Cela peut présenter un intérêt

Publié le 2018-04-19 08:14:03

[reçu par mail]

Pour info (et discussions éventuelles).

Cordialement.

Henri

 

L’espèce de bilan du mouvement contre l’aéroport et son monde qui a fait naître la Zad de Notre Dame des Landes, présenté par le texte « Des dynamiques inhérentes aux mouvements de contestation », mérite quelques commentaires. L’essentiel de son analyse n’est pas fausse mais c’est une schématisation qui, malgré son titre, ignore la dynamique de ce mouvement.

Il est vrai qu’il y a des positions divergentes et parfois même peu compatibles entre les différentes composantes de ce mouvement mais c’est, précisément, un mouvement, c’est-à-dire quelque chose qui a évolué au fil du temps et évolue encore. Or cette « analyse » fige les positions en deux camps quasi antagonistes et grossièrement définis. Dès le départ, il est faux de dire que ce sont les occupants  arrivés sur la Zad en 2009 qui sont à l’origine de la formule « contre l’aéroport et son monde » et que les « historiques » n’auraient été que bornés à une opposition au seul projet d’aéroport. Dès sa création, il y avait au sein même de l’Acipa, des gens qui défendaient un engagement plus large que ça. L’arrivée et l’installation des occupants n’a fait que les renforcer. De plus, ces rencontres ayant généré une dynamique d’échanges, de discussions, d’entraides, bien des gens qui n’étaient au début que « contre l’aéroport » ont évolué (comme ce fut le cas sur le Larzac à l’arrivée des « hippies » et « gauchistes », ainsi que le montre bien le film de Christian Rouaud Tous au Larzac). C’est d’ailleurs une des caractéristiques de ce genre de situation. A se fréquenter on se comprend mieux, des barrières tombent, des opinions évoluent. Et même si les « intérêts » ne semblent pas être toujours les mêmes, il se crée une osmose qui nourrit un progrès des opinions et des comportements. Arrivant après quelques années de cette fréquentation enrichissante, l’opération César de 2012 d’attaque contre la Zad et de destruction des lieux de vie a profondément soudés des gens dont la complicité ne semblait pas aller de soi, a priori. Ne voir dans cette dynamique qu’une utilisation cynique, par les « citoyennistes », des autres Zadistes vus comme « idiots utiles » est une grossière caricature. Cette image relève d’un regard de froid « stratège » politicien qui ignore ce qu’il y a d’humain dans de tels mouvements.

Il ne s’agit pas de nier ici qu’il peut y avoir, dans ce mouvement multiforme, des gens ayant des arrières pensées différentes, des apprentis arrivistes et plus ou moins manipulateurs, des bureaucrates en herbe. Il y en a dans tous les mouvements. Mais c’est nier la nature générale de ce mouvement de n’y voir que ça.

La description des AGs comme lieu privilégié de ces « manipulations » bureaucratiques est aussi réductrice. Dans ces AGs, il y a eu, au contraire, beaucoup d’efforts pour qu’elles ne soient pas monopolisées par ceux qui étaient le plus « à l’aise » et ne pas trop pénaliser ceux et celles qui avaient du mal à s’exprimer. Ce qui n’est jamais facile. On l’a tous expérimenté. (Et ne nions pas qu’il puisse arriver que lorsque certains balbutiements promettent de prolonger interminablement les débats, la fatigue se fasse sentir, et s’exprime. Et on serait tenté d’ajouter que s’exprimer, c’est comme tenir un marteau ou une bêche, ça s’apprend. Certes on a besoin d’aide pour ça, mais il faut aussi faire un effort, et même parfois un gros effort. J’en sais quelque chose.)

Mais,  pour avoir assisté dans ma vie à bien des AGs je me permets d’affirmer que je n’ai jamais vu autant d’efforts de compréhension mutuelle que sur la Zad, avec de nombreuses et copieuses engueulades, bien sûr, comme dans tout mouvement vivant, mais avec des conclusions souvent moins bornées et exclusives que partout ailleurs.

Même chose pour l’entraide : la Zad a été un lieu où l’entraide et la solidarité ont existé bien plus que nulle part ailleurs. Bien sûr, sans que ce soit parfait. Certains ont pu manquer d’eau, d’électricité, de marteaux et de pioches, plus souvent que d’autres. Mais il y a eu de nombreuses tentatives de corriger ça, loin du chacun pour soi et des luttes pour l’accaparement qui sévissent ailleurs. Caricaturer ça en mainmise par les « élites » sur les moyens permettant de mieux vivre est d’une lamentable grossièreté.

Un mouvement est quelque chose qui se construit. Ce n’est pas l’application du jour au lendemain d’une société idyllique, même si elle se présente sous une forme fort désirable (Pour ne pas confondre avec les « utopies » totalitaires en tous genres). Dans les tentatives d’émancipation, de libération, on part d’une aliénation profonde pour essayer de construire un monde meilleur. Tout est à faire en mettant les mains dans le cambouis.  Il arrive que ça fasse des taches que ne connaissent pas les bébés Cadum, c’est vrai. Mais c’est comme ça que ça avance. C’est justement pour ça qu’on appelle ça un mouvement. Si certains pensent avoir des recettes pour le faire progresser, qu’ils les mettent à l’épreuve dans le mouvement. Mais les constats d’insuffisance sans proposition concrète pour en sortir, ça fait de belles jambes de bois sur lesquelles on ne dansera pas.

Bien sûr, la critique du processus qui a conduit à la normalisation de la route « des chicanes » est juste. Les négociateurs se sont leurrés sur les effets de cette tentative de montrer aux autorités leur disposition à la conciliation. Quand on baisse son froc devant son ennemi, comme preuve de bonne volonté, tout ce qu’il voit c’est qu’on sera plus facile à violer. Il fallait avoir toute la naïveté des « citoyennistes » pour ne pas voir que la préfète les enfumait copieusement. Ils l’ont appris à leurs dépens et ce sont effectivement ceux qu’ils ont mis dans le caca par cette « libération » de la route qui en ont le plus souffert. Mais présenter ces « négociateurs » comme sorte de troisième colonne machiavélique se faisant fossoyeuse du mouvement est, là encore, grossièrement caricatural. D’ailleurs, ils ont prouvé depuis, qu’ils ne lâchaient pas le mouvement comme ça. L’intervention flicarde les a réveillés.

Et présenter comme manipulés et abusés tous ceux qui parmi les occupants se sont ralliés à cette stratégie foireuse c’est vouloir ignorer que, s’ils se sont laissés séduire par l’idée de compromis possible, c’est qu’ils avaient peut être le sentiment qu’ils ne pourraient pas faire le Chiapas à Notre dame des Landes et qu’ils avaient peu envie d’aller au casse-pipe pour la gloire du combat anti-capitaliste « jusqu’au bout ». On ne peut leur reprocher et moins encore les considérer comme des capitalistes ou petits bourgeois en devenir. La plupart des Zadistes essaient de trouver une voie qui conjugue leurs convictions, leurs engagements, avec la sauvegarde de ce qu’ils ont déjà construit. Ce n’est pas facile. Les mépriser parce qu’ils se débattent dans le champ boueux des contradictions n’aidera en rien à ce qu’ils en sortent.

L’analyse d’I.M. annonce d’entrée que son objectif est de détruire ce qui lui semble un « mythe », une « fable » : celui de l’unité dans la diversité que bien des gens présentent comme caractéristique du mouvement Zadiste de Notre Dame des Landes, et qui a fait effectivement sa force et sa richesse, tout en en faisant un exemple que veulent suivre de nombreux révoltés contre cette société. Dénoncer les mythes est un sport auquel un certain milieu « radical » s’adonne à plaisir. C’est une manière de poser comme « exigeant » qui ne coûte pas cher. Je me souviens encore de ces « anarchistes » anglais qui au moment de l’insurrection polonaise de 1970 reprochaient aux insurgés de « ne pas avoir détruit d’un coup le salariat et l’état ». Ce radicalisme « sans concessions », je sais, pour l’avoir pratiqué dans ma jeunesse, qu’il n’a jamais nourri qu’un sectarisme débilitant n’ayant jamais réussi à faire avancer le mouvement révolutionnaire d’un millimètre mais renvoyant bien des révoltés à un isolement affaiblissant, déprimant et parfois suicidaire.

A quoi sert l’analyse d’I.M. ? Une fois lu ce constat, on fait quoi ? On continue à se battre en essayant d’avancer dans le marécage des divergences unies ou on va coucher son découragement dans le lit de la pseudo-« lucidité » désarmante ? La réponse, pour moi, est dans la question.

Gédicus,

18 avril 2018.

Bonjour,

En pièce jointe, un texte de camarades anarchistes de Caen, envoyé comme réaction au texte de Gédicus.

 

http://lherbentrelespaves.fr/index.php?post/2018/04/13/Mai-68

 

http://palimpsestes.fr/textes_philo/castoriadis/philosophie-antidote.html

 

Cordialement.

Henri

quand Lama faché,Lama cracher en PDF

De Philadelphie (USA) à Bruxelles, solidarité avec la ZAD

Publié le 2018-04-19 10:45:05

Bruxelles, Belgique : Attaque d’une officine de l’Union Européenne

Sans Attendre Demain / lundi 16 avril 2018

Dans la nuit de samedi à dimanche 15 avril, le bâtiment de la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne, situé place de Louvain, 14 à Bruxelles, a été attaqué : de la peinture a été projeté sur la façade, des détritus balancés sur l’entrée principale.

Un tag a été inscrit sur une des entrées, disant : « ZAD not dead ».

[in english]

*****

Philadelphie, USA : Sabotage d’un bulldozer de chantier

Traduit par Sans Attendre Demain / Lundi 16 avril 2018

Cher voyous anarchistes du monde entier, illégalistes, casseurs, défenseurs de la sauvagerie.
Nous nous adressons à vous en direct de Philadelphie. Une attaque vient d’être faite, mettant des bâtons dans les rouages de la machine du progrès… de manière plus concise, des câbles ont été coupés et des vitres détruites sur un de leurs bulldozers de merde.

Nous savons que cette attaque a été réalisée en solidarité avec la ZAD et le Camp White Pine (tous deux sont confrontés aux bulldozers locaux). Les assaillants ont également envoyés des salutations rebelles aux anarchistes du coin qui gardent la pêche (et spécialement à celles et ceux qui partagent les spécificités de leurs attaques afin de donner la possibilité à d’autres de les reproduire).

Nique le travail.
Nique le progrès.
C’est tout pour le moment.

Equipe illégal.

[Traduit de l’anglais de itsgoingdown.org, 04.14.2018]

 

Madrid (Espagne) : Cramage d’un dab en solidarité avec Lisa

Publié le 2018-04-19 10:45:06

Madrid : Cramage d’un dab en solidarité avec Lisa, condamnée pour
braquage de banque en Allemagne.

ContraMadriz (traduction reçue par mail – grand merci !) / mercredi 11 avril 2018

Le 13 avril était la date anniversaire de la détention de la compagnonne Lisa, dans une opération policière coordonnée entre les Mossos d’esquadra (police catalane) et la police allemande. La compagnonne a depuis été enfermée dans plusieurs prisons espagnoles puis allemandes (où elle se trouve actuellement). Récemment elle a été condamnée par un tribunal allemand à 7 ans de prison, accusée d’avoir exproprié une banque à Aix-la-Chapelle (Allemagne).

À l’aube du 11 avril un dab de Bankia à Vallekas (Madrid) a été incendié, dans la rue Carlos Martín Álvarez et des tags en solidarité avec la compagnonne ont été faits.

L’attaque se justifie en soi : les banques sont l’un des moteurs principal de la société de l’État et du capitalisme. Les investissements dans les taules, centres pour mineurs ou dans l’industrie de l’armement ; les crédits accordés aux entreprises et états ; les expulsions et spéculations avec les logements, la complicité avec les processus d’embourgeoisement, sont entre autres ce qui contribue aux engrenages du capitalisme… Le système bancaire dans toute son architecture a toujours été l’un des ennemis majeurs des exploités, et par conséquent, des anarchistes, comme on a pu le voir à travers les expropriations et sabotages qui ont toujours accompagné la lutte anarchiste au cours de son histoire.

Face au tableau gauchiste de soumission (qui atteint même les milieux libertaires) qui se joint de façon acritique à la protestation contrôlée, civique et citoyenne, où est réclamée la liberté d’ordures policières ou politiques en pleine catharsis de nationalisme citoyenniste tandis que d’autres nagent en pleine autosatisfaction de
victimisation sur les réseaux sociaux, nous sommes nombreux à ne pas renoncer à l’attaque.

Que cette petite preuve de solidarité soit une façon d’exprimer de la tendresse et du réconfort envers Lisa et envers tous les compagnons et compagnonnes anarchistes emprisonné-e-s par l’État, en Italie, en Grèce, en France, en Allemagne, en Turquie, au Chili, au Mexique, en Russie et partout dans le monde.

La solidarité c’est l’attaque !
Courage pour Lisa !
Vive l’anarchie !

Des anarchistes.

Communiqué sur la semaine de révoltes à Toulouse

Publié le 2018-04-19 18:02:04

Depuis dimanche 15 avril dernier des révoltes ont lieu au Grand Mirail et dans la prison de Seysses. Les révoltes sont le résultat d’un contexte général de violences policières racistes et islamophobes dans les quartiers et de la mort d’un détenu à la prison de Seysses.

Dans la prison, des détenus affirment qu’une autre personne est entre la vie et la mort suite aux violences des matons. Depuis lundi environ 200 détenus refusent de rentrer en cellule après la promenade et mardi ils ont notamment déployé une banderole « la vérité pour Jaouad, on t’aime ». A chaque fois les ERIS, des commandos de répression dans les prisons, sont envoyés pour mater la révolte et plusieurs détenus ont été transférés parfois loin de leur famille.

Du côté des révoltés au Mirail, on compte environ 25 arrestations dont plus d’une dizaine de mineurs. Le commissariat de l’Embouchure est tellement rempli que des mineurs sont envoyés à Colomiers. Ce mercredi les procès ont commencé. Plusieurs familles de personnes arrêtées nous ont raconté diverses pressions et insultes à leur encontre de la part des flics. Le tribunal est sur le pied de guerre, débordé entre les audiences et des réunions officieuses entre magistrats et politiques. Le tribunal ne fait qu’appliquer des décisions politiques. Le but est d’écraser et de criminaliser les exigences de justice légitimes et de couvrir les violences des flics et des matons. Une personne a été condamnée à 6 mois dont 3 fermes pour avoir jeté une pierre.

Pour les autres, des mineurs sont toujours en garde à vue, et certains majeurs sont partie en préventive en attente de prochaines comparutions immédiates vendredi.

Tout semble prévu pour en faire une journée d’abattage ! Pour ne pas les laisser seuls et les soutenir un rassemblement est appelé vendredi à 13h30 devant le Palais de Justice de Toulouse.

Retrouvons-nous pour leur exprimer toute notre solidarité !!! Construisons la solidarité avec la famille et les proches de Jaouad, ainsi que les détenus et les révoltés.

Rome (Italie) : Des micros trouvés dans un véhicule

Publié le 2018-04-19 18:04:04

Round Robin / mercredi 18 avril 2018

Un boîtier de micros a été trouvé dans le véhicule d’un compagnon. Il était composé de deux micros, un GPS et un transmetteur. Le tout collé avec des aimants à la carrosserie au dessus de la portière conducteur et lié au câble électrique qui amène l’électricité à une plafonnière. Il y avait aussi une batterie. Les micros étaient fixés avec de la patafix au dessus des têtes de conducteur et passager. L’alimentation venait du câble électrique, la batterie, les micros et le GPS étaient tous reliés au transmetteur. Dans le transmetteur, une SIM de l’opérateur TIM.

Ne faisons aucun cadeau aux sales mouchards !
Défendons-nous en privant l’ennemi de ses yeux et de ses oreilles!

 

NdAtt.: pour lire plus sur la moisson de micros qui a eu lieu en Italie entre fin 2017 et début 2018, lire ici ou .

LA RUE OU RIEN

Publié le 2018-04-19 18:56:05

Déclarons nous tou-te-s sur la zad !

Publié le 2018-04-19 21:07:03

DECLARONS NOUS TOUT-E-S SUR LA ZAD !

La Préfecture nous pousse à nous régulariser… en déclarant des installations agricoles individuelles. La Préfète a donné jusqu’au 23 avril pour remplir ce formulaire, sous menace de venir expulser et détruire les habitats qui n’ont pas été démolis la semaine dernière. Formulaire qui par ailleurs n’est qu’une étape sans aucune garantie puisqu’il s’agit de déposer des « candidatures » qui seront traitées par les services de la préfecture, uniquement sur des critères agricoles et notamment en fonction de leur viabilité économique !

C’est indécent, au vu de la richesse et de la multiplicité de ce qui se vit sur la ZAD !
Ce que nous expérimentons et mettons en place depuis 10 ans ne peut se reduire ni à des activités agricoles, ni à des histoires de normes et d’argent, ni à des activités mitoyennes sans lien les unes avec les autres. L’Etat essaye de nous enlever notre force collective, les liens crées dans la lutte entre plein de gens differents, nous ne céderons pas à ce chantage !
Nous voulons continuer à rêver en collectif, à nous organiser sans l’Etat, entre nous et avec d’autres gens de la lutte et en lutte ailleurs.

Pour ridiculer sa demande abusée envoyons plein de formulaires, anonymes ou pas, collectifs ou individuels, par courrier ou par mail. Vous trouverez à cette adresse le formulaire à remplir :
https://framadrop.org/r/iabwTCxl_j#Lij0rcbALgAMkkKpRBUIwuNWvwv4JG0F5zsmeHbXRUo=

Mettez y ce que vous voulez, ce qui vous plait et vous anime ! Organisez-vous avec vos bandes d’amis, dans les comités, relayez cet appel, soyons plein à en envoyer! Ils ne nous mettront pas dans des cases ! Oui à une gestion et une vie collective sur la ZAD !

Communiqué de prisonniers enfermés à la prison de Seysses : Encore un mort au mitard

Publié le 2018-04-20 09:53:05

Maison d’Arrêt de Seysses, le 19 avril 2018.

J. avait 26 ans. Samedi dernier, il était au mitard, dans une « cellule disciplinaire » de la prison de Seysses. Il y est mort. Les médias relaient une version des faits, une seule : celle des matons, les « surveillants ». Mais nous, on y vit, dans cette prison. Et on n’est ni sourds, ni aveugles. On sait que sa mort a été provoquée par la violence des matons affectés au mitard. Non, J. ne s’est pas suicidé.



Si plus d’une centaine de prisonniers ont refusé de remonter en cellule plusieurs jours de suite cette semaine, c’est parce que c’est tout ce qu’on peut faire pour protester, ici. J. est mort au mitard, et l’autopsie aurait conclu à un suicide. Mais on sait que ce n’est pas le cas, car il y a des témoins qui étaient présents dans les cellules environnantes lors de son passage à tabac, qui ont tout entendu, qui ont assisté à tout ça. C’est suite à un déferlement de coups que J. est mort samedi. Pensez-vous que nous serions 200 prisonniers à refuser de remonter en cellule et à déployer une banderole dans la cour de promenade si nous n’étions pas convaincus de leurs mensonges ?

Tous ceux qui sont passés par le quartier disciplinaire pourront témoigner des humiliations qu’ils y ont subi, des insultes racistes, des crachats à la figure, des ordres donnés comme si on était moins que des chiens… Là-bas, celui qui a le malheur de « la ramener » peut finir comme J. : pendu. Aucun droit n’est respecté dans ce mitard. Les promenades ont lieu au bon vouloir des surveillants, et en général il n’y en a pas. L’accès au douches nous y est refusé, et il peut se passer quinze jours sans qu’on puisse y aller. Pareil pour l’accès au feu, pour allumer une cigarette : c’est maximum trois fois par jour et ils usent de beaucoup de zèle, il faut presque les supplier. La peur y règne, et y aller est pour chacun d’entre nous, prisonniers, une vraie descente aux enfers.

Cet hiver, plusieurs prisonniers se sont retrouvés dans ce mitard sans matelas, sans couverture et sans vêtements, alors qu’il faisait moins cinq degrés. Juste parce qu’ils avaient tapé sur la grille de leur cellule pour réclamer à manger ou avoir du feu. Ils ont dû dormir par terre, nus, sur un coussin, et manger « la gamelle » dans des barquettes qui arrivaient ouvertes, apparemment déjà utilisées.

J. a été battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure. Puis il y a eu un grand silence, et les surveillants se sont mis à discuter entre eux, à estimer son poids et sa taille pour s’accorder sur une version des faits. Puis ça a été l’heure de la gamelle et, quand sa cellule a été rouverte, ils ont fait mine de le découvrir pendu. Alors le Samu est intervenu et a tenté de le réanimer, en vain. Le lendemain, ils ont libéré tout le monde du mitard et personne n’a été entendu, même pas le chef ni les gendarmes. Ça montre bien qu’ils ont des choses à cacher, qu’on ne vienne pas nous dire le contraire.

Certains d’entre nous (sur)vivent dans cette prison de Seysses depuis plusieurs années, ou y font beaucoup d’allers-retours. Cette situation n’est pas nouvelle, et d’autres « morts suspectes » ont eu lieu ici ces dernières années. Nous avons vite compris que notre parole ne valait rien face à la leur, mais nous savons aussi que beaucoup dehors s’interrogent ou ont déjà compris leur petite mascarade. Qui tue.

C’est très difficile pour nous de donner des preuves de ce qu’on avance. Ici, nous sommes enfermés, et chaque information qui arrive dehors risque d’avoir de graves conséquences pour nous. Pourtant il faut que ça se sache, car nous sommes en danger de mort. Les surveillants jouent avec nos vies dans ce quartier disciplinaire.

C’est plus que de l’humiliation ; ils nous terrorisent, et ce qui est arrivé à J. pourrait arriver à chacun d’entre nous.

Nous dénonçons aussi les pressions qui sont faites sur les prisonniers qui ont assisté aux faits. Les témoins malgré eux de ce qui s’est passé samedi dernier subissent des pression psychologiques et sont très clairement menacés de transfert. Tout semble mis en place pour les pousser à bout. Ainsi, cinq d’entre nous ont déjà été transférés suite au blocage de la promenade et sont désormais à Lille, Bordeaux, Sedequin… Considérés comme « meneurs », on ne les a même pas laissé embarquer leurs affaires personnelles. C’est comme ça que la prison est tenue maintenant, en nous menaçant d’un « transfert disciplinaire » qui nous éloignerait encore plus de familles et de nos proches.

Nous exigeons que la direction de la Maison d’Arrêt remplace immédiatement cette équipe de surveillants, il est évident que c’est la première chose à faire. La petite équipe sadique de matons du mitard, nous, prisonniers, la surnommons « l’escadron de la mort ».

Ici, on est spectateurs du désespoir humain, et on sait tous que J. pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Il a été battu à mort parce qu’il tapait dans une porte : il n’en pouvait plus d’attendre, coincé dans la « salle d’attente » de la prison, sans fenêtre. Il voulait juste regagner sa cellule. Ils sont venus et l’ont plié.

On ne soigne pas le mal par le pire. Nous voulons que tout cela cesse.
Que celui qui est condamné à aller au mitard puisse au moins conserver sa dignité et que ses droits fondamentaux soient respectés.

Nous voulons que la vérité soit faite sur la mort de J. et qu’une telle horreur ne puisse plus se reproduire, ni ici, ni ailleurs.
Nous nous associons à la douleur de la famille et sommes prêts à témoigner si elle le désire.

Des prisonniers de la M.A. de Seysses

Publié initialement par l’Envolée et sur la page facebook du Syndicat PRP.

Manifs du 19 avril : joyeux bordel à Paris

Publié le 2018-04-20 09:53:08

extrait de Ouest-France / vendredi 20 avril 2018

133 manifestations et des milliers de personnes dans les rues : la France a vécu ce jeudi au rythme des slogans anti-réformes. La CGT, qui appelait à manifester aux côtés de Solidaires, voit la mobilisation grossir. Les chiffres relativisent toutefois ce sentiment.

Des heurts ont émaillé la manifestation parisienne. Des affrontements ont eu lieu vers 16 h entre des manifestants et la police. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles et ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.
La façade du très sélect hôtel Mariott a été endommagée par des personnes cagoulées, ainsi que de nombreuses vitrines, notamment celles d’agences bancaires ou de compagnies d’assurances, et du mobilier urbain.

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Le Parisien / jeudi 19 avril 2018

Jets de projectiles, dégradations, lacrymogènes et canon à eau… des heurts ont éclaté jeudi entre manifestants et forces de l’ordre lors du défilé syndical à Paris contre la politique d’Emmanuel Macron, qui a rassemblé 15 3000 manifestants, selon un comptage indépendant.
Sur le boulevard Saint-Jacques (XIVe arrondissement), dans le sud de la capitale, les policiers ont essuyé des jets de projectiles devant l’hôtel Marriott en milieu d’après-midi. Ils ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, reçu de nombreux renforts et recouru à un canon à eau contre plusieurs centaines de personnes, souvent cagoulées.
Les vitrines de l’hôtel ont été endommagées à coups de pioches par des manifestants, obligeant le cortège de la CGT à interrompre sa progression. Après environ une heure d’échauffourées dans le même secteur, les CRS ont effectué plusieurs charges, en lançant de nouveau des lacrymogènes.

Selon la préfecture de police de Paris, un cocktail Molotov a été lancé en direction des forces de l’ordre. Un manifestant blessé a été pris en charge par les secours, selon la même source. Valérie Lesage, la responsable de la CGT pour l’Ile-de-France, a dénoncé des « provocations inqualifiables et scandaleuses de la préfecture de police », affirmant que « des CRS ont forcé le cortège CGT. »

NdAtt. : on remarquera qu’une partie du cortège « syndical » (lire : des personnes de tout age à visage très souvent découvert, apparemment pas de habituées du cortège de tête et marchant par défaut derrière les banderoles des syndicats) a repoussé pendant un bon moment les lignes de CRS, à coup de pieds et de poings, jusqu’à que deux rangées de flics se trouvent encerclées par les manifestants… La rage est contagieuse !

La douche avec cette chaleur ça fait plaisir

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Rennes : Les vitrines tombent ici aussi

extrait de Ouest-France / jeudi 19 avril 2018

[…] Au cours de la manifestation rennaise, plusieurs vitrines de banques et d’agences immobilières ont été taguées et caillassées. […] « De très nombreux messages hostiles au Président de la République, au Gouvernement et en soutien aux zadistes ont été tagués sur plusieurs façades le long du parcours. Certains commerces ont été particulièrement visés par les manifestants. Les vitrines de trois agences bancaires, d’une agence d’intérim et deux agences immobilières ont dégradées, voire brisées. Des distributeurs automatiques de billets et des panneaux publicitaires ont également été cassés« , indique la préfecture.
Toujours selon la préfecture, aucun blessé n’est à déplorer. Aucun manifestant n’a été interpellé. […] « Des forces de l’ordre positionnées pour sécuriser le défilé ont empêché l’accès au centre historique de la ville. Elles ont fait l’objet de jets de peinture et de tirs de projectiles : bouteilles, pierres, fumigènes »


Une banderole « Zad » déployée sur la façade d’un immeuble en chantier, boulevard de la Liberté, pendant le défilé. Une action largement applaudie par les manifestants.

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Tours : Manif grosse et dynamique, grâce aux lycéens

extrait d’Info-Tours / jeudi 19 avril 2018

[…] la mobilisation était au rendez-vous avec entre 3500 (selon la police) et 6000 personnes (selon les syndicats) présents. Un cortège gonflé notamment de la présence de nombreux lycéens (entre 1500 et 2000) qui ont descendu l’avenue Grammont bruyamment pour rejoindre la manifestation peu avant 10h. A noter que dans l’agglomération, une dizaine de lycées avaient été bloqués au préalable dans la matinée.
Des lycéens nombreux, remontés et bruyants, prenant parfois de court les organisations syndicales qui ont eu du mal à contenir tout le monde derrière les banderoles de tête en début de manifestation. Un peu plus loin dans le cortège, on retrouvait également de nombreux cheminots toujours en lutte contre la réforme de la SNCF et de leur statut. Des cheminots plus remontés que jamais également après le passage mardi, en première lecture à l’Assemblée Nationale, de la loi transformant la SNCF en Société Anonyme, mais aussi de l’annonce hier de la fin d’embauche sous statut cheminot au 1er janvier 2020.
Une manifestation bruyante, un peu tendue au départ avec la présence de nombreuses forces de l’ordre déployées autour, mais aussi la crainte chez certains représentants syndicaux, de débordements en marge du cortège. Finalement la manifestation s’est terminée sous les coups de midi place de la gare. De leur côté les lycéens décidaient de partir en manifestation sauvage afin de dénoncer l’interpellation de deux jeunes de 13 et 16 ans le matin-même devant le lycée Descartes

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Lille : trois personnes interpellées (et SciencePo bloqué)

extrait de Ouest-France / vendredi 20 avril 2018

[…] A Lille, trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Elles sont soupçonnées d’outrage, de participation à un attroupement non autorisé et de violences sur les forces de l’ordre, a-t-on précisé de même source. […]

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A Paris :

La ligne 6 du métro a été brièvement bloquée par des simples bouts de bois jetés sur les rails. Une bonne idée à retenir…

Un journaflic s’est fait abimer son joujou

 

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Mise à jour : Compte-rendu à chaud de la manif du 19 Avril : (l’énième) fin du bloc ?

Paris-Luttes / vendredi 20 avril 2018

Récit écrit à chaud, et résultat d’une expérience forcément subjective d’une journée de manif particulière, marquée par la fin du fantasmatique « black block » et la constitution d’un énorme cortège déter, où les kways noirs se sont retrouvé.e.s en minorité.

Débuts habituels

A 14 heures vers Montparnasse, les rangs sont encore clairsemés, et il fait très chaud. On voit déjà beaucoup de soignant.e.s, salarié.e.s et cheminot.e.s à l’avant du cortège, loin de tout ballon syndical.

Rapidement le cortège gonfle et, peut-être parce qu’on étouffe sous les k-ways, l’ambiance est vite survoltée. De très nombreux tags fleurissent (dédicace à « sous les k-ways le hammam ») ; à peine arrivé-es vers Port Royal ça gaze déjà dans tous les sens.

Les flics ont l’air d’avoir définitivement abandonné la stratégie de la cachette : à la moindre bouteille, on se fait copieusement asperger de lacrymos et d’assourdissantes. Plusieurs fois le cortège recule, avance, re-recule, ré-avance, et on finit par s’engager dans la grande artère qui passe devant les Grands Voisins, où ça se calme un peu.

Sur les grands murs tristes des tags informent les bobos d’une révolution prévue pour le mois de mai.

S’ensuit un long passage très au soleil où le cortège semble comme assommé, et où on marche très vite pendant quelques centaines de mètres jusqu’à arriver aux rues abritées des immeubles qui longent la ligne 6.

Sbeul général

Je ne sais pas si c’est un effet d’optique, si des copines.copains ont retiré leur k-way parce qu’il faisait trop chaud, ou si tout le monde est parti en vacances, mais on est vraiment très peu nombreux.ses en noir à l’avant du cortège. D’habitude, on se sent plus quand on voit une chasuble rouge de syndiqué.e dans le bloc, mais là, c’est plutôt l’inverse qui est en train de se produire. Le bloc habituel est comme pulvérisé au milieu d’une masse humaine avec des lunettes de piscine et des masques blancs pour seule protection.

Dans cette masse, on voit des soignant.e.s arracher rageusement des morceaux de panneaux publicitaires déjà dégommés par des cagoulé.e.s, un mec en t-shirt faire des mouvements de boxe contre un radar routier, et des chasublé.e.s balancer des coups de pieds dans des vitrines.

Arrivés devant le « Marriott », un lugubre hôtel de luxe/centre de conférences aux vitres teintées, tout dérape. Des vitres se font exploser (encore une fois, pas que par des gens en kway, loin de là). Les CRS font leur grand retour, et pendant très longtemps le va-et-vient reprend : charge-lacrymos, on avance, re-charge-relacrymo, on ré-avance.

Le contraste avec les manifs passées au même endroit à l’automne 2017 est flagrant : il y a quelques mois, on était quelques pélos en kway étouffé.e.s entre les CRS, la ligne 6 et le cordon de SUD. Là, il y a toujours quelques glandu.e.s en kway, cette fois au milieu d’une marée qui avance chaque fois que les CRS reculent, et recule seulement quand les gaz se font trop suffocants. On s’ambiance tous et toutes ensemble sur un mélange de musique et d’explosions.

Punition collective

A ce moment les CRS, qui ne supportent plus de voir contredit devant leurs yeux le récit policier/médiatique des méchant.e.s casseurs.casseuses VS. Les gentil.le.s manifestant.e.s, décident d’une punition collective. Un énorme escadron se positionne de chaque côté du cortège et, comme à Nantes, charge et défonce tout le monde sur son passage à la moindre bouteille reçue.

On voit des charges hallucinantes sur des dizaines de mètres, les CRS n’essaient même plus de rester en ligne, ils courent juste comme des fous en balançant des coups de tonfa à des vieux.vieilles, des soignant.e.s, bref une manif dans tout ce qu’elle a de diversité, mais qui se retrouve aujourd’hui collectivement punie pour être restée unie face à la répression.

Mais plus hallucinant encore que les charges policières, à chaque fois qu’on retrouve notre souffle dans les nuages de gaz, une masse compacte va se coller contre les lignes de CRS en leur hurlant de se barrer, de nous laisser tranquilles, et en les repoussant sur des dizaines de mètres ! Les soignant.e.s et cheminot.e.s sont particulièrement déter pour bolosser les robocops, les pousser et les forcer à se replier chaque fois qu’ils s’aventurent trop loin des rues perpendiculaires dans lesquelles ils se terrent habituellement.

Dix fois les flics chargent pour couper le cortège en deux, dix fois ils sont repoussés contre les murs ; tout ça avec grand max quelques dizaines de gens en noir qui jettent des trucs, le reste une foule en colère qui les repousse à mains nues.

A ce moment je me rends compte que le k-way est devenu carrément obsolète, vu la situation, car dans ma tête c’est carrément une révolution qui est en train de se passer (je m’enflamme un peu) ; et je redeviens un mec véner parmi des manifestant.e.s véner.e.s.

Comme l’affront ne peut pas passer, les keufs sont rapidement rejoints par des dizaines et des dizaines de robocops, de part et d’autre de la ligne 6, qui coupent le cortège après une énième charge et forment une double-ligne d’à peu près 200 keufs. La situation est complètement absurde car l’avant coupé du reste, censé être le vilain black bloc, est identique à l’arrière, et de part et d’autre il y a juste des manifestant.e.s peu équipé.e.s pour la plupart, avec des ballons syndicaux très très loin derrière qui ont l’air de faire leur manif à elleux dans leur coin. Tout le boulevard Blanqui a l’air d’un grand cortège non-syndiqué et véner, plus déterminé que jamais. Je me retrouve dans la partie arrière du cortège.

Des bulldozers pour venger la ZAD

La suite est surréaliste : la ligne de keufs de devant continue ses charges-marathons sur des dizaines de mètres, pendant qu’une deuxième ligne tente de nous bloquer loin derrière. Les CRS sont rouges comme jamais, pour la plupart proches de l’implosion. La foule les conspue et leur hurle des insultes, je me retrouve avec des soignant.e.s, syndiqué.e.s et cheminot.e.s en chasubles à former une chaîne humaine.

Au vu des personnes présentes, on pourrait croire à un sit-in pacifiste ; sauf que le sit-in a décidé de se lever pour dégager la ligne de CRS qui l’empêche de rejoindre les camarades resté.e.s devant. De Corvisart jusqu’à Place d’Italie (ça fait plusieurs centaines de mètres), une foule en colère pousse comme un bulldozer la ligne de CRS arrière, pour poursuivre la ligne de CRS qui poursuit nos camarades resté.e.s devant.

On voit des personnes âgées nous pousser par derrière comme une mêlée de rugby, et mettre des coups de drapeaux aux CRS. Chaque fois qu’une partie de la ligne tarde à avancer, les camarades resté.e.s derrière viennent les aider en poussant, pendant qu’on les attend devant.

Les CRS sont comme hagards et déboussolés, deux d’entre eux agitent leur tonfa dans tous les sens, la bave aux lèvres, ils frappent notre ligne et nous gazent, nous jettent des assourdissantes à bout portant. Sans masque je crache mes poumons, mais à chaque agression ils se prennent des coups de poing de la part des manifestant.e.s qui avancent, et sont un peu retenus par leurs collègues qui sentent qu’il faut pour eux se barrer au plus vite.

Arrivés à Place d’Italie, les CRS se retrouvent dos à dos avec la ligne avant. Tout le monde leur hurle de se barrer, les pousse. Ils hésitent quelques minutes et s’apprêtent à charger, mais on leur montre le chemin pour rentrer dans leur fourgon en leur criant de dégager au plus vite et en leur laissant la voie ouverte. On voit alors 100 CRS reculer piteusement vers leurs fourgons, en se prenant des coups de pieds et de poings de toutes parts par la foule : à ce stade, même plus de projectiles, juste la rage pure qui s’exprime après avoir passé une après-midi de plus sous les lacrymos.

Ils se replient dans une rue perpendiculaire à la Place d’It, et on les poursuit en leur disant de rentrer chez eux. Ça commence à être un peu délicat car on va pas non plus les poursuivre jusqu’à leur commissariat (ou alors pourquoi pas, mais on passe à un autre stade de la lutte). Ils interpellent deux personnes, et c’est trente personnes hors d’elles qui courent vers eux pour les éclater, mais le rapport de force reste inégal.

Ils chargent quelques fois, et amènent des fourgons pour nous repousser, alors les potos cheminot.e.s disent à tout le monde de s’assoir par terre. Mais de derrière on nous crie qu’une ligne arrive derrière pour nous nasser : encore une fois la foule s’énerve, les pousse, et ils rentrent la queue entre les jambes rejoindre les leurs dans leurs fourgons.

Que retenir de cette journée ? Des complicité éphémères avec des camarades soignant.e.s, cheminot.e.s et syndicalistes déters, le sentiment éprouvé de la puissance d’une masse en colère qui une fois bien excitée gère les CRS comme des sacs de patates qu’on déplace à notre guise, les limites du « black block » comme entité fantasmée avec son folklore et son monopole de la violence ritualisée (pas pour annoncer la fin du black block en soi comme tactique, toujours indispensable, mais son dépassement in situ par la masse énervée) ; bref, pas de prédictions d’avenir dans mon sac, mais la fraîcheur d’un printemps qui commence enfin, pour de vrai.

[Montpellier] Retour sur la manifestation inter-luttes du 14 avril

Publié le 2018-04-20 09:54:04

Manifestation nationale inter-luttes du 14 avril à Montpellier : 2500 personnes dans les rues, centre-ville retourné, 50 interpellé.e.s, une quarantaine de gardes à vue.



Mise à jour :
Montpellier Poing Info, le 16 avril 2018 – Deux personnes sont passées en comparution immédiate aujourd’hui suite à la manifestation du 14 avril à Montpellier. Ils sont accusés d’outrage, de rébellion et de participation à un attroupement armé. Le premier a demandé un délai et a été relâché sous contrôle judiciaire : il doit pointer deux fois par semaine au commissariat en attendant son procès qui aura lieu le 14 mai à 14h au tribunal de grande instance de Montpellier. Le second n’a pas demandé de délai et a donc été jugé immédiatement : il a été condamné à 3 mois ferme avec mandat de dépôt.

Montpellier Poing Info, le 15 avril 2018 – Étudiant·e·s, lycéen·nes, retraité·e·s, syndicalistes, militant·e·s pour l’ouverture des frontières, pour la Palestine… : 2500 personnes se sont rassemblées devant le parc du Peyrou ce samedi après-midi, à l’appel de la coordination nationale des luttes, pour s’opposer à Macron et à son monde.

Avant même que le cortège ne soit parti, les policiers ont braqué leurs LBD40 (flashball) sur les manifestant·e·s et ont bloqué le boulevard du jeu de Paume, près du parc du Peyrou. Taquins, des révoltés ont repeint les casqués, qui ont alors gazé toute la place à coups de grenades lacrymogènes.



PS :

Lire la suite sur Montpellier Poing Info.

J'aimerais, moi aussi, squatter la piste de danse en toute tranquilité !

Publié le 2018-04-20 11:52:04

Ou Je ne suis pas un fruit exotique de Jupiter à consommer absolument !



Je suis une gouine, une meuf, une noire et une féministe.
Et bien plus encore !

Vendredi soir,
– on m’a touchéles tresses parce qu’"elles sont jolies"
– on m’a carressé le bras parce que ma peau avait l’air douce.
– deux meufs se sont demandées, à deux pas de moi, si j’étais dispo ; baisable, parce que j’étais "bonne" ! [1]
– on m’a dévoré des yeux : un tas de fois...
– on m’a demandé de quelle origine j’étais : 3 fois. Grand classique
– on m’a demandé si j’étais célibataire : 4 fois.
– on s’est volontairement frotté à moi.
– on a dit que j’étais une sauvage quand j’ai demandé à une personne de me foutre la paix.

Et j’en passe...
Tout ça entre 21h30 et 3h00 du matin !
C’était pendant la première soirée du festival de fermeture du Guêpier (à Marseille) !

Ras-le bol !

Je fais tout de suite tomber ce mythe : « parce que c’était une soirée en mixité ! ». C’est à dire que c’était une soirée publique et qu’il y avait un tas de gars cis-hétéro. Ça a peut-être sûrement multiplié le nombre de réflexions et de gestes tordus. Rassurez-vous, en mixité choisie MTPG, ça arrive aussi et dans toutes les villes où je passe régulièrement. Sauf quand je reste collée aux copines. Ce qui fait tomber l’autre mythe : « parce qu’on est à Marseille ». J’ai le droit à ce type d’attitudes dans les espaces les plus politisés et radicaux que je connaisse. Eh oui !

Pourquoi ce petit texte ?

Parce que je n’ai pas envie de déserter vos soirées-boum !
Parce que quand deux potes mixent, j’aimerais ne plus avoir à quitter la piste de danse en pleurant.
Parce que je suis fatiguée de mettre en place un tas de stratégies pour passer des moments agréables et anodins pour beaucoup.
Parce qu’il y a encore du taf. Beaucoup de taf. Beaucoup beaucoup de taf !
Parce que ce vendredi soir, nous n’étions que 9 personnes noirEs. Et je comprends pourquoi certainEs désertent.
Parce que ça suffit !
Parce que j’ai l’impression d’être dépossédée de mon corps. Qu’il appartiendrait à tout le monde. Il n’y aurait qu’à le commenter et se servir...
Parce qu’on parle d’antiracisme à tout va mais il y a un sacré écart entre le discours, les pratiques et la vie.
Parce que je continuerai à porter des fringues colorées, des paillettes...et à danser jusqu’au bout de la nuit !

Ca s’est passé au Guêpier, vendredi 23 mars 2018, mais ces postures envers ma personne, c’est quasi systématique : dans tous les espaces et en tout temps. Je ne crois plus depuis longtemps aux espaces "safe" et à la bienveillance dégoulinante.

En revanche, quand je me retrouve dans des espaces où j’ai à priori "confiance", il est vrai que j’aimerais être moi aussi au repos (au moins quelques heures) de la "relouterie" - des (micros) agressions de la vie quotidienne. Ce n’est pas le cas ! C’est très loin d’être le cas.
Il y a toujours la petite réflexion qui fait grincer des dents. La remarque déplacée ! Il y a encore beaucoup de travail.
Et chaque espace pourrait s’y mettre encore plus sérieusement.
Et plus particulièrement les espaces féministes.

Parce que ce soir-là, un bout de ma confiance a été mis à mal.
C’était il y a quelques jours et j’ai un peu de mal à passer à autre chose.
J’annule des choses prévues depuis longtemps de peur de revivre encore une fois les même situations. Je me pause un tas de questions. Je me demande si c’est moi qui provoque ça. J’en arrive même à minimiser les choses.
C’est absurde !

D’autres absurdités. Y retourner le lendemain.
Pour se prouver à soi-même qu’on est capable. "Il y a pas moyen, j’y ai toute ma place aussi !". A quoi bon !?
Bien sûr, vous pourrez dire "quelle relou celle-là, elle n’a qu’à pas y aller...dans ces espaces qui la mettent tant en insécurité" ou encore "elle se plaint parce qu’on la trouve jolie". [2]

Sauf que ces soirées /ces événements, parfois c’est chouette quand même ; croiser des tas de copines, faire la fête ensemble, s’amuser sur une piste de danse, découvrir le travail de copines, se donner des rendez-vous.
C’est des moments pour décompresser.
Qui tergiverse quasi-systématiquement pendant des jours pour savoir si ielle va à telle soirée ou pas ?

Ce texte aborde les espaces de fêtes mais il vaut aussi pour les rencontres politiques, féministes.

Ce texte s’adresse aux alliéEs potentiel.le.s, aux camarades : féministes matérialistes, camarades d’extrême gauche.

Ce texte s’adresse aux personnes Blanches !
Il s’adresse à celleux qui parlent d’intersectionnalité à tous bouts de champs et qui te sautent dessus en te parlant d’Afro-féminisme !

S’excuser et être désoléEs ne suffit pas.
Concrétement, comment on pose les choses ?
F.



Notes

[1C’est à dire parler de moi à la troisième personne alors que je suis tout près.

[2Ce sont des choses qui m’ont été dites il y a quelques semaines quand je soulevais déjà franchement le souci. Joli ou pas, là n’est pas le problème.

Compte rendu de la comparution immédiate du 11 avril 2018

Publié le 2018-04-20 11:53:03

Etaient présent.e.s à cette audience :
Juge : LORENTZ et ses assesseurs : CALLOCH et LOMBARD
Procureur : LECAT
Avocat : VALLÉE accompagné d’un représentant par délégation du Conseil de l’Ordre.
Aujourd’hui des magistrat.e.s et le Barreau de Nantes étaient en grève contre la réforme de la Justice proposée par le gouvernement.
Avant le début de l’audience, le Procureur a fait une méchante blague à Me.Vallée sur le fait qu’il n’était « pas encore » en détention.

Il est reproché à F, qui suite à sa GAV a passé la nuit dernière en taule, d’avoir brûlé un conteneur à papier dans la rue à Nantes à la fin de la manif de lundi 9 avril contre les expulsions de la ZAD et d’avoir en GAV refusé l’alco-test. Nantes Métropole est partie civile mais non présente (propriétaire du conteneur).

F refuse la comparution immédiate.
A partir de là, le tribunal ne le jugera pas sur le fond aujourd’hui mais doit se prononcer sur son maintien en détention avant son procès (préventive) ou sa remise en liberté.
Le représentant par délégation du Conseil de l’Ordre explique les motifs de la grève et demande au tribunal d’accueillir avec bienveillance les demandes de renvois.

Le juge récapitule les faits :
F est déclaré SDF, il vit du RSA, est hébergé chez un ami mais ne souhaite pas donner son nom et son adresse car il s’inquiète du fichage. Il a 10 mentions au casier judiciaire (notamment pour des histoires en manif).

Le Procureur fait ses réquisitions, il déplore que le barreau de Nantes soit en grève. Il déclare que la grève est une atteinte au droit de F d’être défendu, que Me Vallée ne prend pas en compte la Convention Internationale des Droits de l’Homme en faisant grève. Il demande le maintien de F en détention au regard de son casier judiciaire et en argumentant que depuis 2014 il affronte régulièrement les flics en manif donc qu’il y a un risque de réitération du délit. Il dit que l’incendie était élaboré car F s’est servit de l’essence d’un briquet zippo ! Insiste sur le profil de F et l’absence de garanties de représentation.

Me Vallée commence par « se demander » s’il a bien compris le discours du Procureur qui visiblement lui reproche d’être solidaire du mouvement en cours (contre la réforme de la justice) et lui fait un procès à lui ainsi qu’à la profession. Il explique qu’il est inacceptable de lui dire qu’il porte atteinte aux droits de F et que si le Procureur veut le protéger de son avocat pourquoi ne plaide t-il pas le contrôle judiciaire. Évidemment qu’en tant qu’avocat il est tiraillé entre le risque pour F et le mouvement.
F n’a pas commis d’infraction depuis 4 ans, il est dans une situation personnelle complexe mais ne passe pas à l’acte malgré cela. Si au moindre moment de faiblesse la spirale judiciaire reprend et il risque l’enfermement c’est terrible. Il est suivi par une association et est en rêgle avec la justice, il est logé par un ami.
Humainement il y a une décision à prendre. C’est uniquement le contexte politique qui fait qu’il est aujourd’hui en comparution immédiate. C’est un choix du Parquet de le faire passer volontairement un jour de grève des magistrat.e.s et avocat.e.s. Le contexte avec l’expulsion de la ZAD est particulier, F a appris en GAV qu’il était fiché S il est donc normal qu’il ne souhaite pas donner le nom de l’ami qui le loge.
Il est hors de question qu’il paye par un enfermement le contexte du mouvement du milieu de la justice. Me Vallée en appelle à l’humanité et au droit de la défense.

F reprend la parole, il a fait une demande d’hébergement, explique que ces derniers mois ont été durs et qu’en ce moment c’est entrain de s’améliorer. Il est effectivement engagé sur plusieurs luttes, ça fais 15 ans qu’il fait des trucs et là il y en a marre, souhaite s’occuper de lui.

Le tribunal décide le renvoi au 9 mai 2018 et le place sous contrôle judiciaire (obligation de soin et de pointage une fois par semaine). Le Juge lui dit que c’est une chance qui lui est offerte et qu’il a intérêt à être là le 9 mai.

 

Compte rendu du procès du 9 avril 2018

Publié le 2018-04-20 11:54:04

Il n’a pas de casier, vit du RSA  et est déclaré SDF. Il a été interpellé et identifié en manif le 8/02/17 (le PV de la manif est au dossier). Il a refusé de donner son identité pendant le contrôle et de déclarer quoi que ce soit en GAV. Le Procureur à autorisé le prélèvement d’empreintes et la prise de photos pendant la GAV.

S. reconnait que c’est lui et déclare : « J’ai refusé de participer au contrôle » car le contexte de la nasse était violent, qu’il était choqué.

Le juge lui dit que ce refus se passe en 2 temps : le premier du maintien de l’ordre où être choqué peut être légitime et le second en GAV où la procédure est claire, qu’on est à distance de la situation initiale, avec un OPJ, que c’est calme.

S. déclare avoir peu subi de GAV dans sa vie, que ce n’est pas un environnement serein donc qu’il a décidé de ne pas participer, sans pour autant refuser. « Ce que j’ai dit c’est : je n’ai rien à déclarer, il y a une nuaunce ». A une question du juge sur sa situation, il déclare avoir de multiples activités qui ne sont pas toutes salariées.

Me.Vallée (son avocat) lui dit que des photos de lui ont été faites dans le couloir pendant sa GAV et lui fait remarqué qu’il aurait pu essayé de se cacher.

S. répond qu’il n’a pas fait de geste pour se cacher, il ne voulait juste pas participer.

Le Procureur concidère que l’infraction est caractérisée car les contrôles avaient été autorisés par le Parquet. C’était un jour de manifestation non autorisée, S a réitéré son refus en GAV. Il était au courant des risques. Un flic l’a reconnu et il a été possible de l’identifier via le service des permis de conduire. Il demande une amende de 300€.

Me.Vallée plaide la différence entre jouer sur les mots et interpreter le code de procédure pénale. Il explique qu’il y a une nuance, une différence entre refuser et ne rien déclarer. En effet, le législateur permet, en GAV, le droit au silence et on ne peut pas reprocher à S de l’utiliser. Dans le PV de GAV, le flic écrit que S maintien son refus alors qu’il dit « Je ne ferrait pas de déclarartion ». Il n’est pas question pour ce tribunal de concidérer que le silence est équivalent à un refus. Si S avait la volonté de ne rien donner de lui il se serrait caché en voyant le photographe dans le couloir. Le contexte de la nasse fait qu’il n’était pas en état d’accepter, il n’a pas commis d’infraction pendant la manif. Ce tribunal et la cour d’appel ont estimé que la nasse était une tactique policière pas toujours valable. On peut comprendre que S décide de ne pas participer. Le refus n’est pas matérialisé. Il demande la relaxe. Si le Procureur demande une amende alors que l’infraction est légère, Vallée dit qu’il aurait pu comprendre une dispense de peine pour faire un avertissement.

S est déclaré coupable car la demande était claire et le Parquet est avisé. Il est condamné à 200€ avec sursi car il n’a pas de casier.

Compte-rendu à chaud de la manif du 19 Avril : (l’énième) fin du bloc ?

Publié le 2018-04-20 11:54:08

Récit écrit à chaud, et résultat d’une expérience forcément subjective d’une journée de manif particulière, marquée par la fin du fantasmatique « black block » et la constitution d’un énorme cortège déter, où les kways noirs se sont retrouvé.e.s en minorité.



Débuts habituels

A 14 heures vers Montparnasse, les rangs sont encore clairsemés, et il fait très chaud. On voit déjà beaucoup de soignant.e.s, salarié.e.s et cheminot.e.s à l’avant du cortège, loin de tout ballon syndical.

Rapidement le cortège gonfle et, peut-être parce qu’on étouffe sous les k-ways, l’ambiance est vite survoltée. De très nombreux tags fleurissent (dédicace à « sous les k-ways le hammam ») ; à peine arrivé-es vers Port Royal ça gaze déjà dans tous les sens.

Les flics ont l’air d’avoir définitivement abandonné la stratégie de la cachette : à la moindre bouteille, on se fait copieusement asperger de lacrymos et d’assourdissantes. Plusieurs fois le cortège recule, avance, re-recule, ré-avance, et on finit par s’engager dans la grande artère qui passe devant les Grands Voisins, où ça se calme un peu.

Sur les grands murs tristes des tags informent les bobos d’une révolution prévue pour le mois de mai.

S’ensuit un long passage très au soleil où le cortège semble comme assommé, et où on marche très vite pendant quelques centaines de mètres jusqu’à arriver aux rues abritées des immeubles qui longent la ligne 6.

Sbeul général

Je ne sais pas si c’est un effet d’optique, si des copines.copains ont retiré leur k-way parce qu’il faisait trop chaud, ou si tout le monde est parti en vacances, mais on est vraiment très peu nombreux.ses en noir à l’avant du cortège. D’habitude, on se sent plus quand on voit une chasuble rouge de syndiqué.e dans le bloc, mais là, c’est plutôt l’inverse qui est en train de se produire. Le bloc habituel est comme pulvérisé au milieu d’une masse humaine avec des lunettes de piscine et des masques blancs pour seule protection.

Dans cette masse, on voit des soignant.e.s arracher rageusement des morceaux de panneaux publicitaires déjà dégommés par des cagoulé.e.s, un mec en t-shirt faire des mouvements de boxe contre un radar routier, et des chasublé.e.s balancer des coups de pieds dans des vitrines.

Arrivés devant le "Marriott", un lugubre hôtel de luxe/centre de conférences aux vitres teintées, tout dérape. Des vitres se font exploser (encore une fois, pas que par des gens en kway, loin de là). Les CRS font leur grand retour, et pendant très longtemps le va-et-vient reprend : charge-lacrymos, on avance, re-charge-relacrymo, on ré-avance.

Le contraste avec les manifs passées au même endroit à l’automne 2017 est flagrant : il y a quelques mois, on était quelques pélos en kway étouffé.e.s entre les CRS, la ligne 6 et le cordon de SUD. Là, il y a toujours quelques glandu.e.s en kway, cette fois au milieu d’une marée qui avance chaque fois que les CRS reculent, et recule seulement quand les gaz se font trop suffocants. On s’ambiance tous et toutes ensemble sur un mélange de musique et d’explosions.

Punition collective

A ce moment les CRS, qui ne supportent plus de voir contredit devant leurs yeux le récit policier/médiatique des méchant.e.s casseurs.casseuses VS. Les gentil.le.s manifestant.e.s, décident d’une punition collective. Un énorme escadron se positionne de chaque côté du cortège et, comme à Nantes, charge et défonce tout le monde sur son passage à la moindre bouteille reçue.

On voit des charges hallucinantes sur des dizaines de mètres, les CRS n’essaient même plus de rester en ligne, ils courent juste comme des fous en balançant des coups de tonfa à des vieux.vieilles, des soignant.e.s, bref une manif dans tout ce qu’elle a de diversité, mais qui se retrouve aujourd’hui collectivement punie pour être restée unie face à la répression.

Mais plus hallucinant encore que les charges policières, à chaque fois qu’on retrouve notre souffle dans les nuages de gaz, une masse compacte va se coller contre les lignes de CRS en leur hurlant de se barrer, de nous laisser tranquilles, et en les repoussant sur des dizaines de mètres ! Les soignant.e.s et cheminot.e.s sont particulièrement déter pour bolosser les robocops, les pousser et les forcer à se replier chaque fois qu’ils s’aventurent trop loin des rues perpendiculaires dans lesquelles ils se terrent habituellement.

Dix fois les flics chargent pour couper le cortège en deux, dix fois ils sont repoussés contre les murs ; tout ça avec grand max quelques dizaines de gens en noir qui jettent des trucs, le reste une foule en colère qui les repousse à mains nues.

A ce moment je me rends compte que le k-way est devenu carrément obsolète, vu la situation, car dans ma tête c’est carrément une révolution qui est en train de se passer (je m’enflamme un peu) ; et je redeviens un mec véner parmi des manifestant.e.s véner.e.s.

Comme l’affront ne peut pas passer, les keufs sont rapidement rejoints par des dizaines et des dizaines de robocops, de part et d’autre de la ligne 6, qui coupent le cortège après une énième charge et forment une double-ligne d’à peu près 200 keufs. La situation est complètement absurde car l’avant coupé du reste, censé être le vilain black bloc, est identique à l’arrière, et de part et d’autre il y a juste des manifestant.e.s peu équipé.e.s pour la plupart, avec des ballons syndicaux très très loin derrière qui ont l’air de faire leur manif à elleux dans leur coin. Tout le boulevard Blanqui a l’air d’un grand cortège non-syndiqué et véner, plus déterminé que jamais. Je me retrouve dans la partie arrière du cortège.

Des bulldozers pour venger la ZAD

La suite est surréaliste : la ligne de keufs de devant continue ses charges-marathons sur des dizaines de mètres, pendant qu’une deuxième ligne tente de nous bloquer loin derrière. Les CRS sont rouges comme jamais, pour la plupart proches de l’implosion. La foule les conspue et leur hurle des insultes, je me retrouve avec des soignant.e.s, syndiqué.e.s et cheminot.e.s en chasubles à former une chaîne humaine.

Au vu des personnes présentes, on pourrait croire à un sit-in pacifiste ; sauf que le sit-in a décidé de se lever pour dégager la ligne de CRS qui l’empêche de rejoindre les camarades resté.e.s devant. De Corvisart jusqu’à Place d’Italie (ça fait plusieurs centaines de mètres), une foule en colère pousse comme un bulldozer la ligne de CRS arrière, pour poursuivre la ligne de CRS qui poursuit nos camarades resté.e.s devant.

On voit des personnes âgées nous pousser par derrière comme une mêlée de rugby, et mettre des coups de drapeaux aux CRS. Chaque fois qu’une partie de la ligne tarde à avancer, les camarades resté.e.s derrière viennent les aider en poussant, pendant qu’on les attend devant.

Les CRS sont comme hagards et déboussolés, deux d’entre eux agitent leur tonfa dans tous les sens, la bave aux lèvres, ils frappent notre ligne et nous gazent, nous jettent des assourdissantes à bout portant. Sans masque je crache mes poumons, mais à chaque agression ils se prennent des coups de poing de la part des manifestant.e.s qui avancent, et sont un peu retenus par leurs collègues qui sentent qu’il faut pour eux se barrer au plus vite.

Arrivés à Place d’Italie, les CRS se retrouvent dos à dos avec la ligne avant. Tout le monde leur hurle de se barrer, les pousse. Ils hésitent quelques minutes et s’apprêtent à charger, mais on leur montre le chemin pour rentrer dans leur fourgon en leur criant de dégager au plus vite et en leur laissant la voie ouverte. On voit alors 100 CRS reculer piteusement vers leurs fourgons, en se prenant des coups de pieds et de poings de toutes parts par la foule : à ce stade, même plus de projectiles, juste la rage pure qui s’exprime après avoir passé une après-midi de plus sous les lacrymos.

Ils se replient dans une rue perpendiculaire à la Place d’It, et on les poursuit en leur disant de rentrer chez eux. Ça commence à être un peu délicat car on va pas non plus les poursuivre jusqu’à leur commissariat (ou alors pourquoi pas, mais on passe à un autre stade de la lutte). Ils interpellent deux personnes, et c’est trente personnes hors d’elles qui courent vers eux pour les éclater, mais le rapport de force reste inégal.

Ils chargent quelques fois, et amènent des fourgons pour nous repousser, alors les potos cheminot.e.s disent à tout le monde de s’assoir par terre. Mais de derrière on nous crie qu’une ligne arrive derrière pour nous nasser : encore une fois la foule s’énerve, les pousse, et ils rentrent la queue entre les jambes rejoindre les leurs dans leurs fourgons.

Que retenir de cette journée ? Des complicité éphémères avec des camarades soignant.e.s, cheminot.e.s et syndicalistes déters, le sentiment éprouvé de la puissance d’une masse en colère qui une fois bien excitée gère les CRS comme des sacs de patates qu’on déplace à notre guise, les limites du « black block » comme entité fantasmée avec son folklore et son monopole de la violence ritualisée (pas pour annoncer la fin du black block en soi comme tactique, toujours indispensable, mais son dépassement in situ par la masse énervée) ; bref, pas de prédictions d’avenir dans mon sac, mais la fraîcheur d’un printemps qui commence enfin, pour de vrai.

[Russie] Des nouvelles de la traque aux anarchistes et antifascistes

Publié le 2018-04-20 14:07:04

Une quinzaine d’activistes ont prit part à ces rassemblements et distribué des tracts aux passant.e.s. La police n’est arrivée qu’au moment ou les manifestant.e.s rangeaient leur pancartes pour rentrer. Les policiers semblaient désolé de ne pas avoir pu être capable d’écrire les numéros de passeports internes des manifestant.e.s. Un bon nombre de passant.e.s qui ont montré de l’intérêt au rassemblement ont été informé sur l’affaire et sympathisaient avec les détenus. Traduit de l’anglais du site Russian Reader.



"Illes ne sont pas terroristes ! Les terroristes du FSB torturent des gens." Photographie par l’Anarchist Black Cross de St. Petersburg.

Aujourd’hui, 15 avril, une série de rassemblement ont eu lieu sur le boulevard Nevsky de St. Petersburg pour protester le coup monté contre neuf anarchistes et antifascistes arrêté.e.s à St. Petersburg et Penza et accusés d’être impliqué dans une « communauté terroriste » que les services de sécurité russes ont surnommé « le réseau ».

Le 11 avril 2018, un autre petersboureois, Yuli Boyarshinov était accusé d’être impliqué dans cette soi-disante communauté terroriste. Il est en ce moment en détention provisoire dans la prison n°6 située dans le village de Grelovo, dans l’oblast de Leningrad. Cette prison est notoire comme salle de torture. Boyarshinkov est détenu dans un baraquement avec jusqu’à 150 autres prisonnier, incluant des meurtriers, violeurs et voleurs.

« Il n’a pas été tasé, mais ses conditions dans lesquelles mon client est détenu équivalent à de la torture » dit son avocate Olga Krivonos.

Nous demandons aux autorité de fermer le dossier sur « le réseau » et de relacher chaque personne arrêtée dans ce cadre. Nous demandons également que les agents du FSB, les services fédéraux de sécurité russe qui ont arrêté les arrêtés d’être mis devant la justice.

Le 14 et 15 avril, Yekaterina Kosarevskaya et Yana Teplitskaya, membre de la comission de contrôle public de Petersburg ont été agressées par des journalistes de la télévision pro-gouvernementale NTV, se faisant insolement et répétitivement demander à quelle fréquence elles rencontraient des diplomates étranger.e.s et pourquoi est-ce qu’elles soutenaient des terroristes. Aujourd’hui encore, une équipe de la NTV a embusqué Vitaly Cherkasov, l’avocat de Viktor Filinkov, un accusé dans l’affaire, en dehors de son logement en essayant de l’interviewer.

Pour en savoir plus, ici en anglais une interview avec un membre de l’Anarchist Black Cross de Moscou The Final Straw Radio Podcast enregistré en mars.

Nous continuons à faire une levée de fonds pour payer les avocats ainsi que l’envoi de paquets aux détenus.

Solidarité et Soutien aux prisonniers !



PS :

Details pour les dons
 au St. Petersburg Anarchist Black Cross
Yandex Money Account : 41001160378989

PayPal : abc-msk@riseup.net (Moscow Anarchist Black Cross)

Grenoble : Fascinant et misérable

Publié le 2018-04-20 22:13:03

Dans la nuit du lundi 16 avril 3 agences immobilières, un Apple store et les bureaux de l’entreprise pro BTP ont été vandalisé dans le centre ville de Grenoble

Destruction et dégradation ont de tout temps été fins et moyens, pour des individualités insoumises, de vivre leur négation du monde. De petites actes aux grandes attaques, des gestes éparses, fascinants et misérables, concrétisent une véritable conflictualité à tous les pouvoirs.

Récemment dans cette ville, plusieurs enseignes de bailleurs sociaux ont été détériorées. Inévitablement, les dirigeants de ces institutions et de la ville ont prêché, larmoyants, leur fonction sociale au près des pauvres. Les torchons du coin, virtuels et papiers ont bien sûr relayé cette bien-pensance éhontée. Echaudé.es par leur culot, nous empoignons cette nuit nos marteaux et sortons saccager des bureaux pour faire écho à ces attaques de bailleurs sociaux.

Commençons par rappeler que la distinction public/privé est un artifice de la domination sociale. Les gauchistes sont dupes, pas les anarchistes. Tout est privé ! Le public n’est que le privé de l’ Etat. Un propriétaire, élu ou pas, sera toujours notre ennemi. Le privé implique la privation, en l’occurrence de toits. Ne reste que la rue, les camps, les squats ou l’acceptation contrainte du racket établi par l’ordre propriétaire.

La dépossession généralisée de la possibilité de construire et d’habiter chacun.e à sa guise assure pouvoir et profit à une clique de parasites extrêmement organisée : patrons de BTP, ingénieurs, huissiers, notaires, banquiers, assureurs, agents immobiliers, fonctionnaires, propriétaires … sans oublier leurs mercenaires, vigiles, flics, matons et le cas échéant, militaires.

Constatant que les classes bourgeoises s’acoquinent savamment par le vol permanent des logements Que la loi et l’argent nous extorquent toute latitude d’habiter librement

Pourquoi irions-nous protester contre l’incompétence de telle institution, contre l’avidité de tel propriétaire, contre le montant des honoraires de tel notaire ? Pourquoi s’encombrer de détails lorsqu’on refuse absolument l’organisation sociale répressive de nos subjectivités ? Selon le bon mot d’un cambrioleur magnifique « je ne sollicite pas ceux que je hais et méprise ». Alors pourquoi encore revendiquer, négocier, dialoguer avec une bureaucratie foncièrement autoritaire quand on ne songe qu’à sa ruine ?

Assidûment réfractaires à ce monde qui n’est pas le nôtre, nous avons cru possible de le déserter pour en bâtir d’autres. Dans les creux, les interstices, les friches, les bocages, les marges, on s’est ardemment élancé.es, espérant prendre le large. Hélas, toute tentative d’évasion dans l’au delà du déjà là s’est immédiatement soldée par une réincarcération dans les geôles du vieux monde. Ne pouvant ni ne voulant plus fuir, nous avons cessé de tourner le dos à l’ennemi pour lui faire face, fort.es de nos audaces. Puisqu’il n’y a pas d’ailleurs, pas d’extérieur au contrôle exorbitant de nos existences nous n’avons d’autres choix que d’armer nos colères et nos joies et d’abandonner nos êtres à la mutinerie, à la résistance.

On profite de ce texte pour contribuer à faire sortir de l’ombre une sale histoire de répression. Plusieurs individu.es labellisé.es en « association de malfaiteurs » ont été perquisitionné.es, presque simultanément à Limoge, Toulouse, Ambert et Amiens. Accusé.es d’avoir incendié des véhicules de la gendarmerie (Limoge) ou d’avoir commis des dégradations en réunion (Clermont), trois personnes sont en préventive pour une durée de 4 mois à 4 ans et d’autres sont en cavale. Les médias ont certainement reçu l’ordre de la fermer alors nous entendons l’ouvrir.

Aux perquisitionné.es, enfermé.es et traqué.es nous envoyons notre pleine solidarité

PS : Apple store quel rapport ? Avec le logement aucun, mais s’il fallait trouver des motifs pour saccager les vitrines de cette entreprise, l’encre coulerait longtemps. Au delà des raisons stratégiques d’en faire une cible, nous éprouvons avant tout des expériences sensibles.

Muscles et nerfs
subliment nos colères
on cogne dans le verre
la destruction nous libère

Ce premier mai prenons la rue avec le bloc révolutionnaire !

Publié le 2018-04-20 22:18:11

Le 1er Mai 2018, rejoins le bloc révolutionnaire !
13h30 Bvd James Fazy



Parce qu’on travaille pour payer nos assurances et nos loyers, que le capitalisme est morbide et mortifère, qu’on veut pas galérer jusqu’à une retraite qu’on touchera même pas, qu’on voit bien que les plus riches ont toujours plus et que la paix du travail ne profite qu’aux patrons. Parce qu’on ne veut pas être représenté-e-x-s par des partis politiques et qu’on ne croit pas aux réformes ni à la démocratie libérale. Parce qu’on est capables de faire nos choix nous-mêmes.

On prend la rue !

Parce qu’il y a des oppressé-e-x-s et des oppresseurs, que l’Etat enferme et expulse les plus démuni-e-x-s, que le patriarcat est partout, que la police est violente, que le racisme et le sexisme sont des violences quotidiennes. Parce qu’on veut décoloniser nos luttes et nos imaginaires, qu’on ne trouve pas nos places dans les schémas qu’on nous propose, qu’on veut tout pour tous-tes-x et qu’on n’a pas envie de faire de compromis. Parce que la révolte s’organise.

On prend la rue !

Parce qu’on est faché-e-x-s et qu’il faut que notre colère s’exprime, que ça peut pas continuer comme ça, que la violence est toujours du côté du pouvoir, qu’on veut crier notre ras-le bol. Parce qu’on est plus fort-e-x-s ensemble, qu’on veut parsemer nos quotidiens d’actions stylées, qu’on a des étoiles dans les yeux quand on fait trembler l’ordre établi et qu’on détruira ce qui nous détruit. Parce qu’on rêve plus grand à plein.

On prend la rue !

Parce qu’on étouffe dans cette ville factice, que les urbanistes nous prennent pour des “flux”, qu’on a pas envie de vivre seul-e-x-s dans un studio tout blanc, qu’on voit trop de murs gris tous les jours. Parce qu’on aimerait rencontrer nos voisin-e-x-s, qu’on veut du collectif, partager nos savoirs et apprendre des autres, qu’on a besoin d’espaces pour vivre nos vies comme on l’entend. Parce qu’on veut construire du commun et une ville qui nous ressemble.

On prend la ville !

Parce qu’hier c’était pas mieux, que demain commence maintenant, que rien n’a changé et tout reste à renverser, qu’on veut s’engouffrer dans les interstices, que le vieux monde finira par crever et qu’on dansera sur sa tombe. Parce qu’on y croit dur comme fer, qu’on est solidaires de tou-tes-x-s celleux qui luttent pour s’émanciper, que les barricades en feu nous réchauffent le coeur et qu’on se renforce petit à petit. Parce qu’on est là.

Rien ne nous arrêtera !

Parce que le 1er mai, journée de lutte des travailleuses et des travailleurs, est l’occasion de se rencontrer, de tisser des liens, de prendre la ville à plein.
Rejoignons-nous à 13h30 au Bvd James- Fazy !

Collectif Autonome D



Ca devient du n’importe quoi !

Publié le 2018-04-20 22:43:03

Déjà s’adresser aux merdias bourgeois en l’occurrence plus que douteux ,comme ce personnage ou d’autres telle qu’une ex ou encore élue qui vient de quitter la lutte. , car il n’est pas seul, c’est faire un choix  .

Un jour j’ai parlé 5 minutes à une équipe de la 6 sur la marée noire de l’Erika, à condition de ne pas répondre à leur question et de dire ce que j’avais à dire . La vidéo est passée au journal du midi .Des gens m’ont dit que j’avais bien causé . Une carrière de …s’ouvrait à moi Je me suis vu et j’ai compris pourquoi le culte de la personnalité!

.Ben non j’ai jamais recommencé.

  Je pense que si j’avais a dire une déclaration de préférence faite en commun, je me mettrai un passe montagne sur la tête ou un masque d’anonymous pour faire ça  .

Alors depuis combien ce temps ce type est porte parole de l’ACIPA ?

Nous savons qu’Il est souhaitable de ne pas laisser les personnes trop longtemps dans une fonction sous peine d’en avoir des conséquences problèmatique au niveau de la domination . Effectivement si on veut un autre monde il ya beaucoup à changer tant sur le fond que sur la forme .Mais ces gens là, le monde actuel leur convient assez bien .

.Moi « le n’importe quoi » je le vois tous les jours autour de avec des gens qui crèvent à la rue, avec ce flot de réfugiés qu’on appelle migrants,avec toujours plus de poison balancé sur la terre ,avec des trains de camions sillonnant les routes jours et nuits,avec des ouatures de plus en plus nombreuses et des chemins de fer de moins en moins nombreux , bref un monde de mort !

Le n’importe quoi c’est ce système mortifère porté aux nues par les Etats et  soutenus par la caste politique et des personnes bien propres sur elles à la différence « des affreux jojos » qui eux voudraient bien un autre monde .

Durand ,Vrchère et compagnie votre monde c’est le monde de l’exclusion  et de la mort ,un monde ou les unes /uns ont des droits et d’autres pas ….Liberté, Egalité,Fraternité ,quelle farce !  Le n’importe quoi c’est VOUS !

Répression en cours: les deux d’ambert sont sortis !

Publié le 2018-04-20 22:44:03

Par ailleurs au cours du procès qui devait se tenir à huis clos mais qui ne s’est pas tenu à huis clos parce que le procureur a oublié de le demander, on a pu récolter quelques infos.

Le seul fait mentionné a été tentative de destruction de bien appartenant à autrui, faisant référence à un dispositif incendiaire trouvé sous un véhicule Enedis à Ambert en juin dernier. Aucun ADN ou empreinte n’a été retrouvé sur le dispositif.
Des dispositifs «de même nature» ont été trouvés dans un des lieux perquisitionné à Ambert.

En ce qui concerne l’enquête, elle durerait depuis de longs mois et a au moins impliqué des écoutes téléphoniques, de la géolocalisation (des téléphones),des traceurs GPS sur au moins deux voitures, et des photos des renseignements montrant des gens ensemble.

Des infos un peu plus précises devraient venir bientôt.

__________

Précédents textes sur ces affaires de répression en cours:

* 13 avril 2018: Répression en cours : dernières nouvelles des arrestations du 28 mars à Ambert https://nantes.indymedia.org/articles/40913
* 8 avril 2018: Il court il court le furet https://paris-luttes.info/il-court-il-court-le-furet-9929?lang=fr
* 8 avril 2018: Toulouse: Réunion d’information suite aux récentes perquisitions et interpellations https://iaata.info/Reunion-d-information-2526.html
* 7 avril 2018: Et voir grandir la flamme dans vos yeux->https://nantes.indymedia.org/articles/40797
* 3 avril 2018: News on repression of anarchists in france https://borderedbysilence.noblogs.org/post/2018/04/04/news-on-repression-of-anarchists-in-france – Frankreich: Info über neue Repression gegen Anarchist*innen https://de-contrainfo.espiv.net/2018/04/07/frankreich-info-uber-neue-repression-gegen-anarchistinnen/ – Francia: Due ondate di perquisizioni e tre carcerazioni preventive https://anarhija.info/library/francia-due-ondate-di-perquisizioni-e-tre-carcerazioni-preventive-27-28-03-2018-it
* 2 avril 2018: On ne se laissera pas limoger https://nantes.indymedia.org/articles/40685
* 30 mars 2018: MAJ Perquisitions à Ambert https://nantes.indymedia.org/articles/40677
* 28 mars 2018: Perquisitions à Ambert https://nantes.indymedia.org/articles/40647
* 27 mars 2018: Perquisitions à Toulouse https://nantes.indymedia.org/articles/40624

Défendre la ZAD : Court récit d’un court passage en zone libre

Publié le 2018-04-21 10:17:07

Après quelques jours sur place, voici un retour d’expérience sur l’organisation de la lutte, les différents modes d’action, les expérimentations… et une invitation à se rendre sur la ZAD, même à 3 ou 4. C’est le nombre et la diversité qui font la force du mouvement, du moment où on est à l’écoute des habitant·es et où on se sent un minimum en complémentarité avec les autres stratégies.



Couper des légumes pendant quelques heures pour une cantine qui servira plusieurs centaines de repas. Se réveiller tôt, au son de l’hélico au-dessus de la tête. Lever de soleil sur une barricade, énorme boule rouge derrière un épais nuage de lacrymos. Déguster un couscous vegan en première ligne, à quelques centimètres des flics, pendant que des clowns leur arrachent un sourire. Laisser libre cours à sa rage de défendre la ZAD à coups de cailloux et de bouteilles. Marcher des heures à travers forêts et champs en groupe de 5, 15 ou 50 sans savoir où aller et en se perdant un peu, avec un hélico au-dessus de la tête. Monter une barricade un peu n’importe où, se faire engueuler par des camarades, et la démonter aussitôt. Se rappeler qu’on est dans une zone de vie, de cultures et de résistances, qu’on n’est que de passage et en soutien, et que, toujours, écoute et humilité sont nécessaires.
Il ne s’agit pas ici de s’étendre sur les raisons de défendre la ZAD, qui ne me paraissent que trop évidentes : lutter pour une zone de libertés, de résistances et d’expérimentations politiques, agricoles, collectives, etc. Il ne s’agit pas non plus de discuter des stratégies, négociations ou pas, réoccupations ou pas, tout ça.
Je ne suis pas allé en « zone occupée » par les flics, où les bulldozers ont détruit des dizaines de cabanes. Je suis resté dans la « zone libre », où la lutte s’organise contre les incursions des flics, et pour la reconstruction. Ici, dans la « zone libre », nous sommes des centaines et des centaines. Plusieurs campings et dortoirs en dur permettent de se reposer, au moins 3 cantines cuisinent des centaines de repas chacune, les barricades sont montées et défendues chaque jour et chaque nuit, des structures sont fabriquées pour la reconstruction… Ici, à la ZAD, certains groupes sont assez organisés, mais il y a aussi beaucoup d’électrons libres, qui viennent à 3 ou 4 filer un coup de main quelques jours.
Tout le monde met la main à la pâte, de plein de manières différentes. On peut passer des heures à faire le guet sur des barricades désertes de jour comme de nuit, un talkie à la main ; faire le clown devant une ligne de gendarmes mobiles ; lancer des cailloux de temps en temps ; trimbaler de la bouffe d’un point à un autre ; amener des cafés chauds en première ligne ; sillonner les champs et les forêts, sacs à la main, pour récupérer les bouts de grenades ; proposer « citron, sérum, eau, chocolat ! » sur les barricades ; couper des carottes à 6 autour d’une table avec des masques à gaz autour du cou ; monter des barricades quand les flics sont partis ; filer la main pour transporter une immense structure en bois ; le soir, discuter avec les riverains qui viennent faire leur petite ballade pour « voir comment ça se passe »…
Ceci est un appel à se rendre sur la ZAD avec son énergie, son enthousiasme, du chocolat, des masques à gaz et des paillettes.
Parce qu’il y a besoin de plein de monde, parce qu’il y a déjà plein de monde, parce qu’il n’est pas nécessaire d’être ultra-organisé·e, parce qu’un minimum de sécurité suffit, parce que même si on n’a aucune envie d’aller balancer des trucs sur les flics, il y a tellement d’autres choses à faire, parce que monter sur la ZAD ça donne plein d’énergie, et parce que quand on en revient, on a juste envie d’y retourner !

Évacuation de Tolbiac : vérité pour les blessé.e.s

Publié le 2018-04-21 10:18:05

Rassemblement devant l’hôpital Cochin samedi 21 avril à 14h pour obtenir la vérité de la part des services hospitaliers.



Tolbiac, fac au centre de la mobilisation contre la loi Ore, volontairement ouverte à tou.te.s à été plusieurs fois attaquée. Le lendemain du 19 avril, les Crs ont évacué avec violence l’occupation de Tolbiac à 5h30 du matin. Des témoignages racontent que l’intervention policière à blessé plusieurs camarades, dont 2 grièvement. L’un d’entre nous serait actuellement entre la vie et la mort.

La version de la préfecture se pose en contradiction avec celle des personnes présentes lors de l’évacuation. Ces même personnes qui ont assisté à la scène. Nous exigeons de savoir : Combien y a t il de blessés ? Notre camarade est-il dans le coma ? Comment s’appelle-t-il(s) ?

Rassemblement devant l’hôpital Cochin samedi 21 avril à 14h pour obtenir la vérité de la part des services hospitaliers.

Prise de parole des « soutiens de l'extérieur » à « l'assemblée des usages » de la ZAD du 16 avril 2018.

Publié le 2018-04-21 10:19:05

Puisque ce texte n’est (étrangement) pour l’instant pas publié sur le site zad.nadir, comme d’autres...



Prise de parole des « soutiens de l’extérieur » à « l’assemblée des usages » du 16 avril 2018.

Salut,

On a beaucoup entendu parlé de nous à la dernière Assemblée des Usages (celle du samedi 14 avril). Alors en tant qu’autre composante de la lutte (!), on est venu.e.s parler en notre propre nom.

« On » c’est des personnes qui faisons partie de la désormais célèbre catégorie « les soutiens de l’extérieur ».

Celle qui n’est pas invitée à l’assemblée des usages à prendre des décisions. Parce que comme beaucoup de gens ici, on ne vit pas sur la zone tout le temps. Et comme beaucoup de gens ici, ça fait des semaines, des mois, des années qu’on vient, qu’on habite pendant des périodes plus ou moins longues sur la zad, qu’on passe du temps dans les structures de la zad (radio, medic, legal), qu’on investit de l’énergie et des moyens matériels pour participer à (feu ?) la lutte contre le monde qui va avec l’aéroport.

On a mis du temps à vous écrire.

Parce que ces derniers mois, on était éparpillé.e.s dans différents coins de fRance, un peu isolé.e.s avec nos incompréhensions, nos questions et nos colères par rapport à ce qu’on perçoit de la situation sur la zad.

Parce que depuis une semaine, c’est l’urgence de l’opération militaire sur la zone, et que prendre le temps de se retrouver pour discuter et écrire entre en compétition avec dormir, faire à manger, bouffer du gaz lacrymogène ou des grenades assourdissantes, faire de la medic, aller soutenir les potes au tribunal, faire de la radio, accueillir des gens, tenir des barricades, prendre du temps avec des gens pour parler de ce qui se passe pour les un.e.s et pour les autres.

On vous écrit parce qu’on sait que les derniers mois on été compliqués. On sait que vous avez eu plein de discussions interminables, des doutes plus ou moins grands sur ce que vous êtes en train de faire, des moments de tensions avec des camarades et des ami.e.s, et beaucoup de désaccords. On n’est pas là pour dire comment faire, parce qu’on n’a pas de solution magique. Et on s’est dit que ça valait le coup d’ouvrir le champ des propositions, de sortir de la binarité du « on a tou.te.s le même discours » ou « on ne peut rien faire ensemble ».

Mais on vous écrit parce qu’on est super vener de ce qui est en train de se passer. On est vener de ce en quoi la zad est en train de se transformer. On est vener des prises de pouvoir qu’on perçoit de là où on est. On est vener de la violence des keufs, de l’État et de la préfecture. On est vener que des gens soient arrêté.e.s, blessé.e.s et mutilé.e.s par centaines. Et on refuse que ce soit pour défendre une zad de quelques projets agricoles.

On vous écrit pour vous dire que pour nous, ce qui se passe est inacceptable.

... la violence de l’État et de la police est inacceptable. Leurs grenades, leurs blindés, leurs flashballs. Pas la violence des barricadières qui se battent au risque de perdre un bras, un œil, un pied ;

... les communiqués de presse signés du mouvement, où il n’est question ni de solidarité avec les expulsé.e.s, ni de prise de position contre l’État et les flics, sont inacceptables. Surtout ceux qui condamnent les expulsions de lieux parce que celui là est un projet agricole prêt-à-être-déposé ou celui-ci la maison d’une des représentantes des occupant.e.s dans la délégation intercomposante. Ya des crachats qui se perdent.

... les composantes comme le CMDO qui ne s’assument pas en tant que telle et qui font semblant de ne pas exister pour pouvoir mieux agir dans l’ombre, sont inacceptables ;

... le recours aux arguments de « vie normale » pour s’opposer aux expulsions est inacceptable. La promotion d’une zone qui serait un environnement « sûr, ni zone de non-droit ni contre-société, sur laquelle vive des enfants déclarés, fréquentant les écoles ou les garderies des bourgs alentour » (Communiqué des parents de la Zad de Saint Jean du Tertre) est inacceptable ;

... l’unité à tout prix est inacceptable. Celle défendue par la logique des composantes qui accusent toujours les mêmes composantes de ne pas composer. Celle qui pousse vers des positions toujours plus réformistes. On était là en 2012. Et même avant. On se souvient qu’à l’époque l’ACIPA avait exigé publiquement le retrait des forces de l’ordre. On se rappelle que les occupant.e.s refusaient que des personnes identifiées nous représentent et que ça a valu pas mal de prises de tête avec les autres organisations du mouvement. On se souvient aussi que les réponses aux journalistes étaient des prises de parole collectives (et souvent masquées !) pour lutter contre l’individualisation et la personnalisation du mouvement.

... l’absence de clarté sur ce qui se passe ici est inacceptable. Est-ce vraiment encore une lutte ? Parce que de notre côté, on trouve inacceptable de demander à des dizaines de milliers de gens de faire des milliers de kilomètres pour venir ici, apporter du matériel, mettre leur vie et leur intégrité physique en jeu

... pour défendre des terres pour quelques projets agricoles soit disant alternatifs. On sait aussi qu’ici comme ailleurs ya plein de gens qui continuent à lutter contre le monde dégueulasse dans lequel on vit. A celleux là on veut apporter notre solidarité.

Malgré tout, si on continue à venir, c’est parce qu’on est solidaires ...

... des gens qui ont été expulsé.e.s de leurs cabanes, que ce soit par le mouvement d’occupation sur la D281 ou par les keufs.

... de celleux qui développent des projets agricoles en dehors des normes étatiques d’hygiène et de sécurité (et certainement pas avec celleux qui pucent leurs brebis), avec celleux qui développent des projets non-agricoles, et avec celleux qui n’ont pas de projets du tout.

... de celleux qui construisent de l’expérimentation sociale et collective. D’ailleurs on aime le mot collectif et on se demande bien pourquoi il est désormais quasiment systématiquement remplacé par le mot commun dans tous les textes et appels à chantiers. On se demande aussi pourquoi les usages ont remplacés le mouvement ? La gestion foncière aurait-elle remplacé la lutte ?

... de celleux qui portent la conflictualité comme une force de lutte. Parce que ne pas être d’accord et s’engueuler c’est pour nous beaucoup plus intéressant que de produire un discours commun et unitaire qui écrase les voix discordantes au passage.

... de celleux qui ont fait des compromis jusqu’à maintenant : celleux qui n’ont pas attaqué les flics malgré leur présence sur la D281 depuis des mois, celleux qui ont démonté leurs cabanes sous la pression du mouvement, celleux qui ne voulaient pas des négociations avec la préfecture mais qui y sont allées quand même ;

... de celleux qui se sont fait écraser au nom de l’unité et de la composition à coup de stratégies d’intimidations, de mépris, de menaces verbales et physiques, et même parfois de coups, de blessures et d’utilisation de l’institution psychiatrique. On est solidaires avec tou.te.s celleux qui sont parti.e.s à cause de ça. On est solidaires de celleux qui luttent contre les normes de vie imposées par un système hétéropatriarcal, raciste validiste et capitaliste, de celleux qui luttent contre la police et contre l’État fRançais. Et on se permet de croire que ce sont aussi les raisons pour lesquelles des messages de solidarité arrivent du monde entier, de Palestine, du Chiapas, de Turquie, des États-Unis,

... Nous en tous cas c’est pour ça qu’on est là. Pas pour gagner une tranquillité et une normalisation de nos vies sur des terres gratis. Nous avons vu de grandes différences de stratégies et de visions politiques dans cette assemblée des usages. Et nous ne voulons pas que certaines soient écrasées au nom de l’unité. Les ruptures ne sont pas forcément définitives et peuvent constituer une force. La composition comme certain.e.s disent, ce n’est pas forcément une unité qui aboutit au réformisme. La composition, ça peut très bien être que l’assemblée des usages exigent le départ des forces de l’ordre et la fin de l’occupation militaire, même si tou.te.s ne sont pas d’accord et que certain.e.s auraient préféré rencontrer la préfète. Pourquoi ne pas assumer une coexistence conflictuelle ?

Des ami.e.s d’ici, des ami.e.s d’ailleurs.

Contre les lèche-bottes et leur monde

Publié le 2018-04-21 13:12:03

Le jeu de l’État depuis quelques mois est (comme à son habitude) de diviser les occupants en deux camps, opposables entre eux, les « bons » qui donneraient des gages (« nettoyage des routes ») et déposeraient des projets agricoles « individuels » ; et les « mauvais » qui ne sont, apparemment, que des « branleurs » (« Michel » à radio-France-info, le 9 avril). Or, au lieu de dénoncer ces grossières manœuvres, et de faire preuve de ce qu’on appelait autrefois la « solidarité » (on consultera au besoin un dictionnaire du XXe siècle), un bon nombre de ceux désignés comme « bons » se sont empressés de se soumettre à toutes les injonctions de la préfète et autres. Et, bien évidemment, plus on obéissait à ces injonctions, plus de nouvelles injonctions étaient formulées. L’exemple désormais connu du « nettoyage » de la D281 est encore dans toutes les mémoires : on a d’abord exigé que soient détruites quelques constructions, puis rapidement toutes les constructions, puis il y a eu une présence policière permanente « pour accompagner les travaux de réfection de la chaussée », etc. À chaque étape s’illustraient un certain nombre d’individus, qui par ailleurs pour nombre d’entre eux étaient membres de l’organisation politique ayant confisqué l’essentiel du pouvoir (mainmise sur les outils de communication, monopole des rapports avec les autres « composantes », création d’une « assemblée des usages » bidon où tout est prêt à l’avance, etc.) : le CMDO. En fait, il était question de prouver à l’État qu’ils étaient capables de maintenir l’ordre eux-mêmes.
Alors a eu lieu la première « trahison » de l’État : les « opposants » qui pourtant pensaient avoir tout prévu pour leur intégration (avec un organigramme institutionnel complet), n’ont même pas été invités aux négociations sur la gestion future des terres ! Quelle humiliation pour ceux qui voulaient, à n’importe quel prix, s’intégrer à la gestion bureaucratique et devenir les relais de l’État !

Mais, au lieu de tardivement prendre conscience de leur rôle abject et de l’évidence que ce rôle ne pouvait que se retourner contre eux, nos braves aspirants-gestionnaires ont néanmoins redoublé de lèche-bottisme, et ont déposé des projets agricoles en urgence pour ne pas voir expulser leurs maisons, sans plus faire mine de se soucier des autres occupants (les « branleurs »). Dès lors, toutes les soumissions à l’ordre bureaucratique que par ailleurs on prétendait combattre sont bonnes : un autre chef, Delabouglisse, le porte-parole de Copain44, a ainsi précisé mardi 10 avril en conférence de presse que « les brebis venaient d’être pucées » par les habitants des Cent-noms. Semblant ignorer (mais ne l’ignorant pas) tous ceux qui luttent encore contre le puçage des brebis, et en général contre les normes agricoles (et qui sont très attentifs à ce qui se passe à Notre-dame-des-Landes), il témoigne de la volonté désespérée de s’intégrer à tout prix à l’appareil bureaucratique, en donnant tous les gages imaginables de soumission complète. Et il va même jusqu’à s’excuser de ne pas pouvoir « en deux mois proposer un projet parfait ».
L’inénarrable Julien Durand (Acipa) a finement suggéré une solution dans Presse-Océan du 9 avril, c’est à dire en plein pendant les attaques des gendarmes : « On encourage vivement les habitants de la Zad à déposer des projets individuels pour obtenir une relative levée d’inquiétude [sic] sur l’ampleur de l’opération d’expulsion [sic]. » Tout est dit : quoi qu’il arrive, à présent qu’il n’y a plus d’aéroport, il faut liquider le mouvement d’occupation, gaz lacrymogènes ou non1.

En résumé, « depuis le début de la discussion avec la préfecture, on a été bluffés totalement. Alors là, ils sont forts, parce qu’ils nous ont eus, on a cru au dialogue, à l’apaisement et aujourd’hui ils nous répondent par la violence », pleurniche « Willem » dans Ouest-France le 10 avril. Naïveté ou crétinisme ? Je ne peux trancher.

D’autre part, si les Cent-noms (entre dix autres maisons, rappelons-le même si c’étaient des maisons de « branleurs ») ont pu être attaqués, évacués et détruits dès le premier jour de l’opération des gendarmes, c’est bien avant tout parce que la route D281 (qui y mène) avait été abandonnée, sous la pression, entre autres, de certains habitants des Cent-noms eux-mêmes ! Un enfant de cinq ans découvrant le jeu d’échecs n’aurait pas fait une telle erreur tactique. On s’indigne de la violence (« illégale ») des gendarmes alors même qu’on leur a soi-même déroulé un tapis rouge, en écrasant les récalcitrants au passage.
Et pourtant, devant les ruines fumantes de sa maison, un des habitants, au lieu de tirer les leçons de sa veulerie, pleurnichait encore, accusant l’État de ne pas avoir « le respect de la valeur-travail [sic] » (« Michel » à radio-France-info, le 9 avril). Il semble nécessaire, hélas, de rappeler que la plupart des occupants tâchaient et tâchent toujours de lutter contre le travail et l’exploitation. Que certains aujourd’hui fassent l’apologie du travail dans la presse, c’est le comble de la saloperie.

Dans le cadre de la répression des luttes, il est assez banal que l’État essaie d’intégrer certaines fractions particulièrement arrivistes ou ambitieuses, pour encadrer le reste et miner la lutte ; et il est bien rare qu’il ne trouve pas des candidats (syndicalistes, « leaders » étudiants, etc.). À la ZAD, ç’aura donc été le CMDO, en plus de l’Acipa/Coord et de Copain (un tel comportement étant évidemment bien plus attendu pour ces dernières structures ouvertement réformistes et co-gestionnaires).
Pourtant, malgré les marques les plus délirantes (et évidemment dangereuses) de soumission, l’État n’a pas voulu d’eux ! Peut-être parce que, disposant de toute façon par ailleurs de relais bien rodés (p. ex. Acipa), l’État a voulu marquer qu’une frontière symbolique ne pouvait être franchie : celle de la propriété. Ou, plus exactement, que l’État ne cède pas la propriété d’un bien (d’une terre) par la négociation ; et par le rapport de force, très rarement. Ce serait de sa part reconnaître que le sacro-saint principe de propriété, pilier indispensable du capitalisme, n’est en dernière analyse qu’un vulgaire bout de papier. Mais doit-on s’émouvoir du sort de ceux dont les espoirs odieux sont ainsi réduits à néant ? Le CMDO est seul responsable de ce qui lui arrive, et il est inutile de verser des larmes sur sa pitoyable déconfiture.
En revanche, il convient de continuer à soutenir celles et ceux qui, loin des caméras, des conférences de presse et des tables de négociations de la préfecture, luttent, non plus certes contre l’aéroport, mais contre « son monde » que certains ont opportunément oublié.

En tous cas, de pleurnicherie en léchage de bottes, nous voici passés d’une situation où l’État, acculé à l’échec par la lutte, devait renoncer à un projet d’infrastructure considérable, à une situation où les opposants eux-mêmes, au nom d’une « union sacrée » dont on connaît pourtant les mécanismes, ont réalisé une partie du travail de leur propre expulsion.
Il est vital de continuer à s’opposer, à la ZAD et partout ailleurs, à la répression brutale de l’État ; mais pour ce faire il est indispensable de tirer les leçons politiques de ce qui s’est passé à la ZAD ces dernières années et plus encore ces derniers mois, sous peine de reproduire, encore et toujours, les mêmes erreurs, et de tolérer, encore et toujours, les mêmes prises de pouvoir et les mêmes coups de poignard dans le dos.
Heureusement, certains sont encore là qui résistent sérieusement et avec une détermination remarquable. Puissent-ils faire reculer pied à pied l’État – et ses sbires, actuels ou en devenir.

Un camarade lointain, le 11 avril 2018.