Vive l'Anarchie - Semaine 16, 2023

Sommaire

Bilan d’actions contre les exploiteurs du bâtiment et la politique migratoire de Darmanin

Publié le 2023-04-17 07:45:06

En hommage à Seydou Fofana et en solidarité avec toustes les travailleurs·euses étranger·ères exploité·e·s sur les chantiers du Grand Paris !
Suite à l’appel à redécorer les boîtes qui se font de l’oseille sur le dos des intérimaires et contre la Loi Darmanin, ça nous a donné envie de se défouler sur les adresses spécialisées dans le BTP.



Rien de bien compliqué, on a imprimé en quantité les affiches sympathiquement mises à disposition pour aller redécorer les façades des sociétés d’intérim, qui recrutent massivement des travailleurs·euses étranger·ères pour des postes dangereux sur les chantiers en Île-de-France. Ces réalités sont invisibilisées, les personnes qui travaillent pour ces boîtes se font exploiter, bien souvent sans aucun accès à leurs droits, et bien sur, ça arrange bien l’État et les patrons.

Donc, fallait pas faire les choses à moitié. Du Nord au Sud, en passant par plusieurs arrondissements de la capitale, c’est pas moins d’une quarantaine de boîtes qui ont vu leurs façades et vitrines recouvertes d’affiches et de tag en une soirée.

Les intérimaires sont exploité·e·s sur tout l’hexagone, et les différentes lois répressives (retraite, chômage, Loi Darmanin...) ne font que les précariser d’avantage, alors on invite toute personne à agir dans sa ville ! On est loin d’en avoir fini d’afficher ces rapaces qui bétonnent toujours plus nos territoires en profitant d’une main-d’œuvre précarisée, sans honte et sans bruit.

Vous pouvez utiliser les mêmes affiches, si ça vous dit. Elles sont à la suite de ce texte. Servez- vous !

La honte, c’est aussi l’indifférence qu’a suscité l’annonce du décès de Seydou Fofana sur son lieu de travail, suite à la chute d’un bloc de béton, le jeudi 6 avril à Gonesse. Il venait du Mali, avait 22 ans et travaillait sous contrat d’insertion sur le chantier de la ligne 17. Avant lui, Abdoulaye Soumahoro (41 ans), João Baptista Miranda (61 ans), Franck Michel (58 ans) et Maxime Wagner (37 ans) ont aussi perdu la vie dans des accidents de chantier du Grand Paris.

L’échéance des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 imposent aux travailleurs·euses des grands projets un rythme toujours plus soutenu, mettant en péril leur sécurité et leur vie. Y a qu’à voir le décompte de jours restant avant le début des Jeux, affiché à l’entrée du chantier de la Tour Pleyel. T’arrives au taf on te met déjà la pression.

Samedi 8 avril, on est donc allé·e·s envahir cet entassement chaotique et oppressant de ferraille, de grues et de béton, pour tenter de bloquer les activités en cours, exprimer notre colère et notre solidarité. À l’aube, une cinquantaine de personnes ont réussi à entrer facilement à l’intérieur du chantier pendant qu’une quinzaine de copaines restaient devant pour accrocher banderoles et differ.

Même si notre intrusion n’a pas mis un stop à la totalité du chantier, une bonne partie de l’activité a tout de même été arrêtée durant toute la matinée. La police nationale et la BAC sont arrivées assez vite, mais vu la configuration des lieux c’était compliqué de nous dégager fissa. On a réussi à maintenir l’occupation pendant environ 3 heures, on a chanté, partagé un petit-déj’, accroché quelques banderoles.
En fin de matinée, on a décidé de négocier une sortie sans contrôle d’identité.
La commissaire a engueulé le chef de chantier en lui disant que son site n’était pas assez sécurisé.

On reviendra ! Papiers pour tous·tes ! À bas l’intérim ! Feu aux patrons, aux frontières et au capitalisme !

Assemblée contre les projets de loi Darmanin

Affiches :

Affiches

Mise à jour sur la grève de la faim et l’état physique d’Alfredo

Publié le 2023-04-17 09:40:03

Mise à jour sur la grève de la faim et l’état physique d’Alfredo

Outre le régime de désinformation qui adopte systématiquement la calomnie, le mensonge et le silence pour ôter toute visibilité à l’initiative d’Alfredo et freiner la mobilisation solidaire, la fausse nouvelle de l’interruption de la grève de la faim circule également dans les communications entre camarades.
Alfredo n’a pas interrompu la grève : après plus de 170 jours depuis le début de la protestation, il tente maintenant de limiter les dégâts causés par le jeûne, en vue de l’audience de la Cour constitutionnelle du 18 avril. Il a bu du bouillon de légumes et prend des compléments alimentaires.
La poursuite de la grève de la faim telle qu’il l’a menée ces derniers mois l’exposerait avant l’échéance importante du 18, plus qu’à un danger de mort (les médecins et le suivi dont il fait l’objet pourraient probablement l’éviter), à une détérioration progressive et permanente de son physique, avec des conséquences plus ou moins graves consistant en l’altération ultérieure de son système nerveux périphérique.
Alfredo a déjà subi une atteinte neurologique, probablement irréversible, à la suite du jeûne, qui se traduit par une perte de sensibilité d’un pied et une diminution de la sensibilité de l’autre, ainsi qu’un début de perte de sensibilité d’une main également.
L’enjeu est de taille et Alfredo, comme il l’a fait jusqu’à présent, avance pas à pas. Pour l’instant, l’objectif est le 18 avril. Les décisions sur la manière dont il décidera de procéder sont donc reportées jusqu’à ce que l’issue de l’audience soit connue.

Aux côtés d’Alfredo, contre toutes les prisons !

Cassa Antirep delle Alpi occidentali

Traduit d’IlRovescio

 

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Genas (Rhône) : sabotage du pylône de la zone industrielle [MàJ]

Publié le 2023-04-17 21:25:05

Indymedia Lille, 11 avril 2023

Sabotage de la ligne à haute tension (69KV) qui alimente le poste électrique de la zone industrielle de la Mi-Plaine à l’est de lyon, près de l’aéroport de Saint-Exupéry.

On a mis le feu aux câbles d’un pylône RTE près de la Mi-Plaine, là où les lignes aériennes descendent sous terre. Les câbles à haute tension qui y passent sous terre sont protégées par des grosses gaines faciles à incendier (prévoir suffisamment de carburant !!!). On peut trouver partout de tels pylônes où les câbles sont à la merci d’un geste pyromane.

bisous ardentes à toutes les créatures libres qui attaquent les responsables de l’horreur industrielle

lapins de pâques éco-radicalisé.e.s pour la coupure générale

PS. Particulièrement ravi.e.s d’avoir temporairement coupé le courant aux boîtes suivantes :

Tyco Electronics France (composants electroniques pour la défense, le nucléaire, l’aéronautique,… – siège social et usine)

Robatel Industries (fournisseur de la filière nucléaire – usine)

ERT Technologies (ingénierie des infrastructures réseaux télécom – ateliers)

Cottel Réseaux (infrastructures de télécommunication – ateliers)

Brenttag (distributeur de produits chimiques – siège + plate-forme logistique)

Chloride (systèmes industriels pour la protection d’infrastructures critiques – usine)

France-Moly (fabricant de métaux réfractaires pour les industries de pointe – usine)

Bolloré Logistics (multinational français de transport, de logistique et de communication – plate-forme logistique)

Paprec (déchets industriels – site industriel)

Et puis quelques dizaines d’entreprises de métallurgie spécialisée (fournissant notamment les fabricants d’armement) et de logistique routier.


Panne d’électricité : un sabotage revendiqué par de mystérieux « lapins de Pâques éco-radicalisés pour la coupure générale »
France3 Auvergne-Rhône Alpes, 14 avril 2023

Une ligne à haute tension a été mise hors service, ce mardi 11 avril 2023, dans l’est de la métropole de Lyon. Il s’agit là d’un acte de sabotage, revendiqué par « les lapins de Pâques éco-radicalisés pour la coupure générale » selon un message posté sur Telegram. RTE confirme et a déposé plainte ce mercredi matin.

Un incendie a été allumé au pied d’un pylône d’une ligne à haute tension, situé sur la commune de Genas, peu avant 7h du matin ce mardi 11 avril. Le feu a provoqué la mise en défaut du pylône et notamment de câbles, nous précise RTE, confirmant une coupure d’électricité momentanée qui a touché environ 7 000 clients, notamment sur la zone industrielle de Mi-Plaine.

Dans son message de revendication, le mystérieux groupe de « lapins éco-radicalisés pour la coupure générale » se targue d’avoir ainsi privé de courant un certain nombre de grandes entreprises oeuvrant dans des secteurs de pointe et des fournisseurs de la filière nucléaire, de l’armement ou encore de la logistique.

Des entreprises et des particuliers ont été touchés par cette coupure d’alimentation électrique sur les communes de Genas, Saint-Priest, Chassieu qui bordent la zone de Mi-Plaine, à proximité de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Mais avec la mobilisation des équipes d’Enedis, et grâce au maillage du réseau, la situation a pu être rétablie en l’espace de 20 minutes, précise RTE.

L’enquête de gendarmerie confirme la thèse du sabotage et de l’acte délibéré. L’entreprise RTE a déposé plainte ce mercredi 12 avril 2023

Laluque (Landes) : sabotage incendiaire du trafic de la SNCF

Publié le 2023-04-18 06:25:03

Circulation des trains interrompue au sud de Bordeaux
après un acte de vandalisme dans les Landes

France Bleu/Sud-Ouest, 12 avril 2023

Le trafic des trains a été très perturbé ce mercredi 12 avril au sud de Bordeaux en raison d’un incident survenu dans la nuit dans les Landes, entre Dax et Morcenx, à Laluque. Des câbles d’alimentation et des dispositifs de signalisation ont été dégradés dans les Landes, entre Dax et Morcenx, plus précisément sur la commune de Laluque. Un incendie volontaire aurait été allumé en pleine nuit, aux alentours de 1 heure du matin.

Au Sud de Bordeaux, tous les trains ont été supprimés pendant plusieurs heures, notamment en gare de Pau et de Bayonne. Des perturbations qui ont duré une bonne partie de la journée puisque la SNCF a indiqué que les réparations allaient prendre du temps. Le trafic a repris progressivement à partir de 16h45.

Pour les TGV à destination du Sud-Ouest, il a fallu les arrêter tous exceptionnellement à Bordeaux. La SNCF conseillait de reporter les trajets puisque rien ne circulait, et qu’il n’y avait pas de service de navettes suffisant pour acheminer tous les voyageurs.

Le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, « condamne fermement » cet acte qu’il a qualifié sur Twitter de « scandaleux ». « Honte à ceux qui détruisent le matériel public »,a-t-il lancé. Le ministre a assuré qu’une « enquête sera menée » et promis que « cet acte scandaleux sera puni ».

Mayenne : dans la face (de la permanence) du député

Publié le 2023-04-18 06:30:05

« Je suis un peu dépité » : la permanence du député
de la Mayenne dégradée

Ouest France, 15 avril 2023 (extrait)

La permanence parlementaire de Yannick Favennec, député apparenté Horizons de la troisième circonscription de la Mayenne, a été dégradée dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 avril 2023. L’élu a déposé une plainte à la brigade de gendarmerie.

« Quand je suis arrivé ce matin, j’ai voulu rentrer mais la serrure a été forcée, indique Yannick Favennec. Je ne peux plus accéder à mon bureau. La vitrine a aussi été fissurée en bas. Le grand dessin (une photo où il apparaît, N.D.L.R.) a été détérioré. Ils ont essayé de l’arracher mais ils n’ont pas réussi car ce n’est pas possible. Ils ont fait des trous au niveau de mes yeux. Ils s’en sont pris à moi. Je suis un peu dépité. Ça ne m’était jamais arrivé. »

lettre à un.e ami.e de loin (compte rendu partiel et subjectif du week-end à Entraigues)

Publié le 2023-04-18 07:10:07

Ep salut

tu m’as demandé comment c’était le week-end anticarcéral à Entraigues-sur-la-sorgues les 7/8/9/10 moi j’étais pas là tout le long mais j’ai trouvé ça plutôt enthousiasmant. C’est la première fois que je repars en étant sûr d’y retourner, parce que ça me fait du sens et de l’envie. C’est lié en partie au fait que les citoyen.es sont moins présentes qu’au début de mes passages par là-bas. Il paraît que les autres collectifs qui luttent contre la bétonisation de ces terres-ci "nous" trouvent un peu trop speed à leur goût. En l’occurrence ça me va bien, j’avais pas trop kiffé le moment où une des personnes de ces collectifs c’était permise de déclarer une manif contre l’avis des copaines qui l’organisaient. Ni celui ou un gars de la france insoumise avait tenté une prise de parole pour vendre sa soupe en parlant de peines alternatives (mais ça va pas,non ?). Heureusement il s’était fait rembarrer immédiatement. On est pas tous-tes d’accord sur tout, loin s’en faut ! Y a des gros morceaux qui restent inexplorés / pas discutés ou qui font désaccord. Par exemple le fait que les copaines de crève la taule aient invité les journalistes des médias locaux (la Provence, var matin etc) en amont du week-end ; ce qui a fait qu’iels ont pu se pointer sur le camp et faire leur truc avant qu’il y ait une discussion collective à ce sujet. Quand on en a finalement parlé on était une majorité à ne pas vouloir leur parler, ni qu’il.es soient présent.es, ni qu’iels puissent prendre des images. On a finalement décidé de leur dire qu’ils n’étaient pas les bienvenues (et de les dégager si besoin), mais c’était trop tard (et symbolique) parce qu’ils avaient déjà eu l’occasion de faire leurs articles et qu’ils ne sont plus revenus du week-end. ça me fait une vraie limite. Ceci dit j’ai pas vu des gens dégainer leurs smartphones pour prendre des images à tout va ce week-end ci et c’était cool de pas avoir à batailler là-dessus ; et j’ai trouvé ça beaucoup plus peinard en terme de genres, sans doute parce qu’il y avait beaucoup de personnes "queer" et anti-autoritaires. ça fait de l’air. Pour autant ça reste un contexte avec une très large majorité de personnes jeunes, blanches, et valides (en tout cas sur un plan physique). Dans le bilan à la fin quelqu’un.e a posé que ça serait bien d’aborder la question du racisme.

L’ambiance sur le camp était très peinarde. Peu (voir pas) de keufs à l’horizon. Ils ont pas tenté du tout de venir au contact, nous dégager ou quoi. Les premier-es arrivées ont pu s’installer dès le vendredi soir sans soucis particulier. On était posé.es sur le terrain qui jouxte celui de la future prison, parce qu’ils sont venus il y a quelques mois raser les arbres et arbustes qui poussaient sur celui de la future taule et qu’il faisait déjà trop chaud pour se passer d’ombre. On était installées sur la parcelle qui correspond au futur cimetière communal, qui est beaucoup plus accueillant avec ses dizaines d’aubépines en fleurs. J’imagine qu’on a tourné entre 40 et 60 personnes à dormir sur place tout le long du week-end. Les personnes qui invitaient avaient encore une fois dépoté sur l’organisation, et c’était hyper confortable en terme de bouffe, chiottes secs, et même une serre avec poêle (s’il vous plaît) pour se réchauffer la couenne le soir (il fait vite frisquet). il faut que tu imagines un terrain plat, plutôt petit, ouvert et bordé entre plusieurs routes, à côté d’une zone qui a déjà été bétonnisée il y a du temps et transformée en zone "industrielle". ça renvoie pas du tout une impression de marécage ou d’endroit ou tu peux te perdre ou être perdu par ceux en face. le tout au milieu du vaucluse. Intense. En passant à Entraigues on a bloqué sur un portail bleu-blanc-rouge chez un particulier, et on compte pas les drapeaux fRançais déployés dans les jardins. Tout un programme. en parlant de programme je sais pas si tu as vu passer le fly d’invitation mais c’était très dense. en vrac il y a eu des émissions de radio aïoli tous les jours (sur une table à l’arrache au milieu du camp. C’était beau). un moment de diff (avec sono), où on s’est retrouvées à une quarantaine de clampin.es sur la place principale d’ Entraigues.. Moi j’ai pas eu des masses de discussions avec des gens du cru à ce moment-là mais certain.es avaient l’air d’attraper plus de bouts de tchatches, dont des retours assez cools. je me suis demandé si on était pas trop nombreux-ses, si ça aurait été plus intéressant à une poignée, mais de fait ça faisait une présence très visible et difficilement esquivable. ça a duré un moment puis on a fait une manif moitié foutraque dans des rues quasi désertes avant de reprendre la route qui menait au camp. au passage le préfabriqué qui se trouve sur le rond point a été tagué à nouveau. bien fait ! d’autant que ce truc et la machine qui l’accompagnent préparent le chantier qui nous intéresse (décalage et élargissement de la route qui mènera à la future taule). et... dans la fin de cette journée certain.es sont parties à Carpentras pour un théâtre forum contre la taule, et d’autres à Avignon pour la présentation du bouquin "un peu de bon sens !". ça faisait petite ambiance peinarde sur le camp, à discuter de plein de trucs. les personnes qui revenaient de ces deux endroits (le fenouil à vapeur et le fenouil tout court, je sais pas ce qu’ils ont avec ce légume dans le coin !) avaient l’air plutôt contentes aussi. ça a l’air que le théâtre forum a rendu visibles des gros décalages dans les positions des unes et des autres. et le lendemain grosse journée à nouveau. Je zappe certainement des trucs mais ça a fait au moins une pièce de théâtre à deux voix qui raconte le vécu d’une personne qui a une amie proche enfermée (le rapport au parloirs, notamment). D’autres personnes proposaient un atelier sur comment répondre aux arguments qui sortent systématiquement quand on dit qu’on est contre toutes les prisons. ça fonctionne avec des phrases prêtes à l’avance qui sont tirées au fur et à mesure et cell-eux qui le veulent racontent comment iels réagissent à ça. La parole circulait assez bien, et cette forme à permis de mettre à jour impensés et différences de fond. (Est-ce qu’on a des propositions alternatives, ou pas ?) Après ça t’as plus de mal à fantasmer un nous hyper fort et d’accord sur tout. des gens proposaient un truc "d’escape game" (?) qui causait aussi de la taule mais je sais pas ce que ça a donné.

Dans l’après midi des copain.es proposaient un bout de tchatche qui revenait sur la lutte contre le 41bis et les bouts de solidarité avec Alfredo Cospito et qui ont fait le lien avec les situations de Boris et Serge (en parlant de la continuité entre l’enfermement et le rapport au corps médical. Le dimanche soir on est allé.es à une cinquantaine faire un parloir sauvage à la taule du pontet (avignon). dis toi qu’on a passé une bonne heure et demie à causer de comment on faisait sur place (en cas de rencontre avec les keufs, etc) et qu’on a zappé de faire un point sur le trajet. on a failli se paumer sur le trajet aller, du coup. Boulets. on a fini par se trouver au bon endroit, sous le pif de deux miradors avec une quinzaine de cellules qui dépassent du mur d’enceinte. On était à une centaine de mètres des personnes les plus loin. y a pas eu de grande discussion mais pas mal de cris de part et d’autres de ces maudits murs ("liberté !" "pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons !")... Ça donnait l’impression que ça faisait de l’air, que ça se captait bien pourquoi on était là. on est reparties sans encombre après avoir tiré un petit feu d’artifice. avec une petite escorte de gendarmes (deux-trois voitures ?) qui nous ont raccompagné.es jusque nos caisses et se sont fait un malin plaisir de prendre les plaques en photo. C’est cool parce que c’est le premier parloir sauvage que les copaines du coin faisaient là depuis un moment et iels se demandaient si les gens en parleraient sur leurs prochaines diffs’ aux parloirs (y avait eu ça la veille, aussi). en rentrant au camp ce soir là y avait deux concerts qui avaient l’air chouettes, entendus de loin. Moi ça m’brasse toujours ces moments de parloir sauvage, j’avais pas trop le jus pour partir en mode festif, on était quelques un.es à préférer se poser au bord d’un feu pour continuer à discuter enrobés d’un délicat parfum de saucisses/merguez. c’est un bout qui te ferait serrer si tu venais j’imagine : l’absence de tchatches sur le spécisme qui dépolitise complètement le fait de manger de la viande (ou du fromage) ou non. au moment de bilan qui a eu lieu une personne au moins a nommé ça et l’envie d’avoir de la discussion de fond là dessus, mais en attendant ça fait que les produits d’origine animale prennent une place difficile à remettre en cause.

ah oui ! une question qui a traversé ces rencontres c’était la possibilité de continuer l’occupation du terrain à la fin du week-end. puis finalement pas, vu le peu de personnes motivées et dispos pour se lancer dans cette aventure pour le moment. Il y a eu différentes phases par rapport à ça : c’est d’abord passé par un moment d’abattement ou de presque culpabilité quand on s’est demandé une première fois qui se sentirait de rester pour ça (ou plutôt pas). Puis j’ai eu l’impression que ça bougeait et que les questions qui découlaient de ça : c’est quoi nos envies, fantasmes, peurs quand on pense "zad" ? pourquoi ça nous semble pertinent ou non dans le contexte de cette lutte là ? est-ce qu’il y a des trucs à penser autres qui pourraient apporter certains aspects qu’on trouve intéressants dans une zad ? par exemple on était plusieurs à avoir envie d’un lieu de la lutte qui serait pérenne et qui permettrait de la spontanéité / un espace de rencontre et approfondissement. j’me doute que ça fait de la déception aux personnes qui avaient cet imaginaire de partir en mode occupation à la suite du week-end mais je trouve super nourrissant de discuter avec d’autres de ce qu’on a (très mal) vécu dans des expériences précédentes, d’amorcer des échanges autour des dynamiques de récupération qui ont été mises en place à NDDl (entre autres), de se demander comment se prémunir des dynamiques autoritaires en général et dans ce genre de contexte. de pas faire d’évidence de à quoi ça "devrait" ressembler une lutte mais ce poser la question de ce qui nous fait envie, nous semble pertinent dans ce contexte spécifique (avec ses avantages et ses inconvénients) .. On a parlé de la suite tu t’en doutes... y a un prochain temps de rencontre qui a été décidé pour juin, en essayant de trouver un équilibre entre une envie partagée de prendre un temps plus long avec moins de choses prévues, histoire de laisser plus de place pour de l’informalité (là c’était vraiment très dense) ; et une proposition portée par certain.es d’un moment tourné plus vers le faire. C’est fragile, comme équilibre... l’aller-retour entre les expérimentations et les tchatches est précieux mais ça fait peur de tomber dans un rapport activiste qui esquiverait des discussions nécessaires. Or pour le moment les assemblées sont un peu poussives. C’est souvent les mêmes personnes qui parlent/ qui écoutent. les ateliers et les moments en petit groupes avaient l’air de permettre davantage de circulation de la parole ; et pendant le bilan il a été proposé de faire circuler un papier pour permettre des prises de paroles écrites, ce qui a bien marché. Ça va être un gros enjeu des fois suivantes. Qu’arrive t’on à inventer pour fluidifier les moments d’assemblées ? est-ce que c’est complètement chéper ou décalé de commencer le week-end avec un ou des jeux qui permettraient un peu de casser la glace, se sentir plus à l’aise ?
Un des aspects fort présent pendant le temps de clôture du week-end c’était l’envie que la préparation repose sur plus de collectifs/individus différents et que les personnes de CLT soient moins centrales de ce point de vue là. ça va être un petit défi mais ça m’semble hyper important et ça pourrait permettre de rééquilibrer des choses. C’était déjà présent cette fois ci au niveau des contenus proposés (y a plusieurs discussions/ ateliers qui étaient portés de fait par des gens d’ailleurs) mais moins au niveau logistique. je me demande ce que ça décalle si cet aspect là réussi à être réaproprié plus largement. J’imagine que ça change des manières d’arriver ou que ça facilite le fait de se sentir légitime à porter ou proposer des trucs. si y a plus un collectif central dans l’organisation les personnes de ce collectif peuvent moins se permettre de prendre une décision qui implique l’ensemble des participant.es.

voilà. tu me demandes si ça "vaut le coup" que tu viennes pour le moment de juin, et je sais pas trop quoi te répondre. c’est sûr que j’y serais, parce que je suis hyper curieux que ça me fait une bulle d’air, cet espace en dehors de la ville et de l’urgence pour rencontrer des gens qui arrivent nourri.es par des contextes différents et qui portent des idées proches. Et parce que je trouve ça riche de faire ça tout en tentant de mettre des (petits) bâtons dans les roues à cette construction de taule. Bien sûr que ça ferait envie de voir débarquer d’autres compagnon.nes,et que ça nourrirait ce qui s’élabore là. Ça me donne envie de te demander si t’as la patience de débarquer dans un contexte qui se donne l’espace pour tâtonner, ou y a pas de grand moment spectaculaire pour le moment (et peut-être y en aura jamais). de fait il s’agit d’une configuration un peu hybride : on peut décrire ce qui se passe là comme une sorte de "coordination anti-carcérale" et y a l’envie que les personnes qui se retrouvent là soient mobiles et puissent appuyer ponctuellement des initiatives venant de différents groupes/individus.. en même temps ça fait plusieurs fois qu’on se retrouve au même endroit, avec l’envie de lutter contre la construction de cette taule-ci en particulier, et ça fait des zones de flou importantes sur la place que ces moments collectifs occupent dans ce parcours de lutte et dans le quotidien des personnes qui viennent d’ailleurs. Genre est-ce "qu’on" vient élargir/nourrir de façon ponctuelle une lutte qui existe de toute façon (localement et nationalement), Est-ce que ce sont ces moments collectifs partagés qui deviennent en quelque sorte le "cœur" de la lutte contre ce projet en particulier ? (ne serait-ce que parce que ça pompe beaucoup d’énergie aux personnes sur place en terme d’organisation et que ça en laisse moins pour d’autre trucs). Que tu viennes ou pas sur place, ça vaut le coup de garder l’oeil ouvert : y a l’idée de faire circuler d’ici pas si tard des outils (affiches ? tracts ?) qui visibiliseraient les différentes boîtes impliquées dans ce chantier, et il y aura sans doutes d’autres invitations après juin (ça parlait déjà de sptembre à un moment...)

Est-ce que ce début est le moment le plus pertinent pour rejoindre ? Vaste question... d’un côté j’serais tenté de te dire "oui carrément", parce que ce qui se construit est tissé de cette pluralité de regards/expériences/propositions/ manières de porter les idées : qu’il y a des rôles qui se dessinent déjà mais qui sont pas encore complètement verouillés : c’est un moment qui laisse peut-être plus de place à chacun.e pour mettre son grain de sel et faire en sorte que la suite lui ressemble plus... en même temps ça me fait pas sens de construire un narratif de "c’est le lieu où il faut être" (je crois que ça me fait jamais vraiment sens... faut que j’y re-réfléchisse)... J’trouverais dommage que ça vienne empiéter sur le reste de nos/tes activités ou temporalités, et je sais pas si le fait d’être beaucoup plus nombreux nombreuses sur place pour le prochain temps serait forcément intéressant.. J’me dis qu’il y a plein de manières ou d’endroits pour mettre son grain de sable, qu’il y a énormément à faire partout tout le temps et dans cette période ci en particulier, et ce qui se tente ailleurs me semble tout aussi pertinent/nécessaire... Sens toi de débarquer en tout cas, on verra bien ce qui se partage ou non (si t’es pas journaliste, ni uniforme, ni élu, ni...)

À plus tard alors, à Entraigues ou ailleurs, pour continuer à zbeuler ensemble ou pas ce monde étouffant !

Varennes-Jarcy (Essonne) : les camions-bennes à la ramasse et les syndicats au travail

Publié le 2023-04-18 14:20:08

Île-de-France : la moitié des camions-bennes du Sivom
vandalisés, la collecte des déchets perturbée

Le Parisien, 18 avril 2023

Dans la nuit de dimanche à lundi, 18 camions de ramassage de déchets et 4 véhicules ont été dégradés sur le site du syndicat des déchets à Varennes-Jarcy (Essonne). Les collectes sont réduites en Essonne, dans le Val-de-Marne et en Seine-et-Marne. Un mystérieux incident alors qu’une partie des éboueurs sont en grève depuis plus de deux semaines.

Selon le vice-président du Sivom et maire (LR) de Yerres, Olivier Clodong, 18 camions, deux véhicules légers et deux balayeuses ont été vandalisés. Les pneus des camions ont été crevés et les pare-brise recouverts de peinture. Les fusibles des camions ont été arrachés et des extincteurs ont été vidés dans les habitacles. Le poteau du portail d’entrée sur lequel se trouvait le digicode a également été détruit. Une plainte a été déposée par la direction du Sivom pour ces dégradations. L’enquête a été confiée à la sûreté urbaine du commissariat de police de Montgeron (Essonne).
« Nous avons fourni nos images de vidéosurveillance aux enquêteurs, qui sont venus faire des prélèvements scientifiques sur les bombes de peinture et les extincteurs laissés sur place, indique David Nadeau, le directeur du site de Varennes-Jarcy. La ville dispose aussi de caméras de vidéosurveillance près des lieux. »

« Un acte militant », selon le directeur

Ce mardi matin, l’incompréhension règne toujours autour de cet acte de vandalisme. David Nadeau y voit un « acte militant ». Car deux inscriptions ont été peintes en rouge sur le mur du bâtiment : « Le peuple vaincra » et l’injurieuse : « Guy Geoffroy NTM ». Guy Geoffroy étant le président actuel du Sivom, aux prises avec un mouvement de grève massif des éboueurs depuis le 30 mars. Force ouvrière et la CGT réclament une augmentation des salaires de 9 % en raison de l’inflation et dénoncent la réforme des retraites. En vain. La grève se poursuit.

Contacté, le syndicat FO du site de Varennes-Jarcy se défend de toute implication dans ces dégradations. « Nous dénonçons fermement ces actes, insiste Amine Becharef, secrétaire de FO Sivom Varennes-Jarcy. Lorsque nous avons découvert cela, nos collègues étaient choqués, on avait les larmes aux yeux. Nous avons demandé une réunion extraordinaire avec la direction et l’accès à la vidéosurveillance. Il y a beaucoup de zones d’ombre. Pourquoi les camions ont pu être ouverts sans effraction ? Le maître-chien n’a rien entendu ? L’alarme ne s’est pas déclenchée ? »

Pour Amine Becharef, cela n’aurait aucun sens pour un gréviste de vandaliser son outil de travail. « Dans nos revendications il y a l’amélioration des conditions de travail ! rappelle-t-il. Si on reprend notre activité, il nous faudra bien du matériel. Cette grève a toujours été pacifiste. » « Les camions qui ont été vandalisés ne sont pas ceux à changer. Ce qui démontre la stupidité de ces actes qui vont à l’encontre des revendications des grévistes », rappelle FO dans un communiqué.

En raison des dégradations, il ne reste que 14 camions-bennes actifs sur 40. La collecte, déjà affectée par le mouvement de grève, est très réduite dans les quinze villes desservies : Crosne, Yerres, Brunoy, Épinay-sous-Sénart, Quincy-sous-Sénart, Boussy-Saint-Antoine et Varennes-Jarcy dans l’Essonne, Marolles-en-Brie, Santeny, Villecresnes, Mandres-les-Roses, Périgny-sur-Yerres dans le Val-de-Marne, et Brie-Comte-Robert, Combs-la-Ville et Moissy-Cramayel en Seine-et-Marne.

Un préjudice estimé à 270 000 euros

« Nous fonctionnons sur un service minimum, explique David Nadeau. Nous ramassons en priorité les ordures ménagères et les emballages des conteneurs collectifs, puis celles des zones pavillonnaires. » Certaines rues devront parfois attendre plus d’une semaine pour être desservies. La situation ne reviendra pas à la normale avant « plusieurs semaines », selon le directeur.

« Remplacer des pneus crevés, c’est simple, mais nettoyer les cabines des camions, c’est plus complexe car la poudre des extincteurs est corrosive et s’infiltre partout, notamment dans les composants électroniques », explique David Nadeau. Le Sivom a donc fait appel aux constructeurs des camions Renault et Iveco afin de réaliser des nettoyages spéciaux. Soit un coût de 15 000 euros par camion. Pour le Sivom, le préjudice global se chiffre donc au moins à 270 000 euros.

Rennes (Ille-et-Vilaine) : saisir l’occasion…

Publié le 2023-04-18 14:25:03

Un magasin de vente d’or pillé lors d’une manifestation à Rennes : 25.000 € de pièces et de lingots volés
France Bleu, 18 avril 2023

Parmi les nombreux commerces vandalisés en marge de la manifestation contre la réforme des retraites, samedi 15 avril, en centre-ville de Rennes, une boutique de vente d’or a été pillée.

Les vitrines du magasin ont d’abord été prises pour cible. La gérante, qui se trouvait au sous-sol, remonte après avoir entendu du bruit. Elle constate que des manifestants sont devant sa boutique, et que trois vitrines sont brisées. La gérante décide alors d’ouvrir la porte de son magasin, « pour constater les dégâts et deux individus forcent le passage et entrent dans l’établissement. L’un dérobe des carnets de pièces de monnaie en or et des lingots, pendant que l’autre maîtrise fermement la gérante, au niveau des avant-bras », explique le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc.

Une première estimation du préjudice est de 25.000 euros. L’enquête est confiée à la sûreté départementale. Il n’y a pas eu d’interpellation à ce stade.

Crisenoy (Seine-et-Marne) : c’était bien un sabotage de la ligne TGV Lyon-Paris…

Publié le 2023-04-18 15:15:13

Seine-et-Marne: une enquête ouverte pour des dégradations volontaires sur une ligne SNCF
BFM, 17 avril 2023

Une enquête a été ouverte après une dégradation par incendie dans une trappe de connexion de câbles à Crisenoy (Seine-et-Marne) fin mars, a appris BFMTV. Les faits ont été constatés le 28 mars dernier, à 3h15 du matin par la SNCF.

En conséquence, la circulation avait dû être coupée sur la ligne LGV Lyon-Paris puis le trafic avait été ralenti pendant deux jours. Une enquête pour dégradations volontaires a donc été ouverte par le parquet de Melun et confiée au commissariat de Melun.

Il n’y a pour le moment pas de lien entre ces faits et les dégradations déjà constatées à Vaires-sur-Marne (également en Seine-et-Marne) le 24 janvier dernier, où 600 câbles SNCF avaient été endommagés, provoquant une importante interruption de trafic gare de l’Est.

Contre le phagocytage des luttes par les Soulèvements de la Terre

Publié le 2023-04-18 20:45:03

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L’objectif de ce texte est de mettre en garde contre les pratiques, les objectifs, et la ligne politique des Soulèvements de la Terre. Il s’appuie sur une connaissance directe des luttes à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes jusqu’en 2018, où les futurs leaders des Soulèvements s’étaient illustrés, et sur plusieurs témoignages récents de personnes s’étant rendues à des événements organisés par eux. Il n’a pas pour but de décourager quiconque de se rendre à ces événements, mais vise à partager certaines inquiétudes et certaines méfiances, en particulier d’un point de vue anti-autoritaire.

***

Les chefs des Soulèvements de la Terre (« Benoît Feuillu » ou « Basile Dutertre » par exemple) sont donc ceux-là même qui, à la ZAD, sont parvenus à transformer et à contrôler la lutte à leur profit, avec des méthodes souvent brutales voire violentes. À la tête d’un groupe nommé CMDO, ils se sont peu à peu présentés comme les représentants du mouvement d’occupation dans son ensemble, tout en refusant de participer aux réunions et assemblées de lutte. Ils ont promu l’ « unité » avec les organisations réformistes au nom d’un pragmatisme politique qu’ils appelaient « stratégie ». Après l’annulation officielle du projet d’aéroport, en janvier 2018 – le succès d’une lutte de plusieurs décennies – ils ont proclamé la « victoire » et, en fin de compte, organisé la liquidation de la ZAD comme mouvement. Ils ont accepté de négocier avec l’État, non pas en leur nom propre mais au nom de tous, ce qui leur a permis d’obtenir pour eux-mêmes des maisons et des terres légalement, avec même une clause où ils s’engageaient à dénoncer aux services de l’État toute occupation illégale et à ne pas s’opposer à leur expulsion. Les récalcitrants ont été intimidés, menacés et violentés. Sur toute cette séquence, et la lutte qui l’a précédée, nous vous conseillons la lecture de l’excellent texte Réflexions à propos de la ZAD, une autre histoire (référence en fin de texte).

Depuis deux ans, les Soulèvements de la Terre font beaucoup parler d’eux, a fortiori depuis la manifestation de Sainte-Soline du mois de mars 2023, où quelques 30 000 personnes ont subi un épouvantable déchaînement de violences policières. Désormais, les SDT ne mènent pas – pour le moment du moins – une lutte d’occupation, mais organisent au contraire des événements un peu partout, plus ou moins en accord avec des groupes préexistants. Le rôle des SDT semble dès lors se résumer en grande partie à diriger et coordonner des luttes, en adoubant des groupes locaux, en définissant des stratégies, en maîtrisant la communication.

La transition entre le CMDO et les SDT (via l’organisation « NDDL – poursuivre ensemble ») peut être illustrée par la tentative de prise de contrôle de la lutte contre un parc industriel au Carnet, à quelques dizaines de kilomètres de Notre-Dame-des-Landes, en 2020-2021. Les chefs du CMDO, forts de l’assise de leur « victoire », ont cherché par tous les moyens à faire passer cette lutte pour une « extension » de celle de la ZAD, en en revendiquant les actions, en tentant d’en décider seuls les modalités, systématiquement spectaculaires, et en imposant leurs objectifs. Comme les personnes en lutte au Carnet refusaient cette confiscation, ils ont bientôt décidé, sans les consulter, de tenir des « réunions pour organiser la lutte du Carnet », à Notre-Dame-des-Landes : il ne s’agissait pas de soutenir leur lutte en respectant son autonomie, mais de l’organiser à leur place, c’est à dire d’en prendre le contrôle.

Lors des événements ou manifestations des SDT, qu’on ne s’attende pas à des assemblées pour construire une lutte ensemble : tout est décidé d’avance, et on doit se contenter de participer. Des discussions mettraient-elle en péril le contrôle des SDT ? Quoi qu’il en soit, ce contrôle est à peu près intégral, et les témoignages sont unanimes : les SDT n’organisent pas de réunions ouvertes (à part des « briefs » sur internet), ni pendant les événements, ni entre ces événements. Ils se caractérisent donc par une totale verticalité. Il nous semble que, si l’on doit participer à une lutte, il est fondamental de pouvoir en discuter tant le fond politique que les modalités, les stratégies, les conséquences.

En outre, les SDT se signalent par une totale opacité : au nom, sans doute, de la sécurité nécessaire à l’organisation d’actions « dynamiques », on ne peut être au courant de rien à l’avance, et même pendant le déroulement des actions. Mais cette « sécurité », admissible, ne peut pas être un blanc-seing pour se « servir » des gens. À Sainte-Soline, des « sous-chefs » munis de mégaphones se contentaient globalement de transmettre les ordres aux « troupes » : « en avant », « il faut tenir », « en arrière »…

Au fond, les SDT ne sont pas un « mouvement » : c’est une organisation. Certes, ils prétendent le contraire (en affirmant sans rire leur caractère « imaginaire »), mais, qu’ils le veuillent ou non, ils en ont les caractéristiques. À ce sujet, il faut bien reconnaître que nous allons aux manifestations appelées par des organisations « classiques » comme la CGT ou d’autres ; seulement, dans ce cas, on n’est pas trompé sur la marchandise : on sait d’avance qu’on ne pourra discuter ni les modes d’action, ni les objectifs, ni le soubassement politique.

***

Pourtant, « ça » marche. Une des raisons évidentes du succès des SDT tient au désespoir profond face à la réorganisation permanente du capitalisme, qui se formalise dans cette période en particulier sur les questions des terres et des ressources : enfin, on nous propose une lutte pleine d’enthousiasme, sûre de son succès, face à la dépossession permanente et à la passivité. À ce désespoir s’ajoute la colère, dynamisée par le mouvement social : on pourrait ainsi saluer une volonté de faire converger des luttes et même d’élargir la colère à des motifs dépassant la question des retraites et celle du travail. Mais de cela, il n’est jamais question dans la communication des SDT : sur leur site internet n’apparaissent ainsi pas une seule fois les mots « retraites » ou même « capitalisme ». Quel est donc leur ligne politique, à quoi tant de milliers de personnes sont supposées adhérer (sans jamais, rappelons-le, avoir l’occasion d’en discuter) ?

En fait de pensée politique, c’est surtout une pensée stratégique que l’on nous sert : « bâtir de larges alliances », « établir des stratégies de résistance efficaces » ; les SDT vont jusqu’à citer fièrement la DGSI : « mouvement transcendant les appartenances d’origines et les divergences de stratégie », « fédérer le plus grand nombre possible de militants et groupes issus d’horizons idéologiques différents » (Appel à la saison 5[1]). Ce qui compte, c’est ici le nombre, la masse, qui de toute évidence n’a pas à avoir d’autre point de vue qu’une naïve « défense de la terre ». Surtout, on se garde de définir une ligne politique qui risquerait de nuire aux « larges alliances » (voir l’ahurissante liste de signataires de l’appel Nous sommes les SDT, de Mélenchon à l’ancien ministre Yves Cochet, en passant par l’infâme Yannick Jadot). Pour en revenir à la ZAD, le CMDO s’était illustré en écrivant sur la route « Les principes en feu, les puristes au milieu » : les « puristes », c’étaient ceux qui s’entêtaient à proposer autre chose que l’unité à tout prix et avec n’importe qui. En faisant fi des « principes » au nom des alliances avec des partis bourgeois, les SDT s’affirment donc comme un groupe opportuniste. Or, l’unité à tout prix renforce les positions des franges les plus réformistes et bourgeoises, sert leurs intérêts, et entrave les possibilités de dépassement dans la lutte.

Le sensationnalisme est un élément central : les « saisons » se décomposent en « actes », c’est-à-dire des actions ponctuelles, coordonnées et décidées par les chefs des SDT. Qu’une lutte locale soit érigée en « acte » officiel d’une « saison » (c’est-à-dire que les SDT appellent à s’y rendre, selon leurs modalités et leurs plans) semble constituer l’ambition suprême : « Les comités locaux peuvent donner du soutien à ces luttes, même quand il n’est pas encore l’heure de les inscrire dans les actes nationaux des Soulèvements de la Terre. » (Des dizaines de comités locaux fleurissent dans toute la France) : patience, ça viendra, nous vous adouberons lorsque nous le jugerons nécessaire. À leur caractère vertical et autoritaire s’ajoute donc une nette tendance au paternalisme.

Mais, au fond, de quoi s’agit-il, politiquement ? On ne sait pas. L’accent est mis sur l’aspect « écologiste » des luttes, sans détail (afin, sans doute, de ratisser large) : « lutter contre le béton, contre les mégabassines, contre ceux qui empoisonnent le vivant » (Des dizaines de comités…) ; « la défense de la terre et de l’eau comme bien commun face à l’accaparement par le complexe agro-industriel et face au bétonage par la méga-machine métropolitaine » (Appel à la saison 5). Quand on a vu, hélas, à Notre-Dame-des-Landes, quel était le rapport des chefs des SDT aux « biens communs », il y a de quoi s’inquiéter.

Nulle part on ne trouve défini plus précisément le substrat politique de ces luttes ; la phraséologie creuse permet d’agglomérer des tendances diverses (de la Fédération anarchiste aux Verts). Pourquoi s’opposer aux mégabassines ? Pour « défendre l’eau » – mais qu’est-ce que ça veut dire ? C’est en vain que l’on cherche une analyse politique un tant soit peu approfondie sur la question, qui dépasserait « l’accaparement par le complexe agro-industriel » (quels enjeux ? pour quel profit ? au détriment de qui ?) en expliquant concrètement les processus à l’œuvre et la logique de s’y opposer. Quant au gloubi-boulga de la « méga-machine métropolitaine », chacun devra soi-même en établir une définition. En fait, on oppose des idées vagues à des concepts abstraits, quand ce qu’il faudrait faire, c’est, avec honnêteté, transparence, et une indispensable pointe d’humilité, produire une analyse matérielle des enjeux.

Mais pour faire cela, il faudrait se mouiller un peu [2], mettre en question les rapports capitalistes ou la propriété – ce que les SDT ne font jamais ; on comprend très bien que, s’ils le faisaient, les Verts ou autres organisations profondément bourgeoises seraient évidemment plus réticentes à apporter leur soutien. En outre, quand on sait le rapport pour le moins ambigu des chefs des SDT à la propriété foncière et à l’agriculture, on comprend qu’ils ne souhaitent pas trop préciser ce que serait, pour eux comme pour les masses qu’ils aspirent à commander, la « victoire ».

***

La phraséologie des SDT est littéralement militaire. Sans cesse on nous appelle à la « bataille » ; sans cesse on nous promet la « victoire ». « La victoire est à portée de main » (Appel à la saison 5) ; c’est à tout prix qu’il faut l’obtenir. Ainsi, sur leur site internet, le week-end du 25 mars est-il sans honte décrit comme « joyeux » (La base arrière fait un récap) ; les masses sont félicitées pour leur « créativité » et leur « audace » face aux forces répressives (30 000 personnes manifestent à Sainte-Soline malgré la brutalité policière). Rappelons que ce week-end « joyeux » a fait au moins 200 blessé.e.s, dont au moins 40 graves ; l’un d’entre eux est toujours dans le coma, trois semaines plus tard.

De même, à la ZAD, la « victoire » s’était traduite par l’obtention de quelques lopins de terre, mais aussi par l’expulsion de dizaines d’habitant.e.s, et par la fin du mouvement de lutte en tant que tel : à présent, la ZAD est une zone d’agriculture et d’artisanat légal, conventionnel, et intégré au marché. Pourtant, cette fin de lutte a été célébrée comme une « victoire », et elle continue de l’être. À Sainte-Soline comme à Notre-Dame-des-Landes, la « victoire » fait peu de cas de ceux et celles qui doivent être sacrifié.e.s pour l’obtenir.

Si, affirme-t-on après le carnage de Sainte-Soline, « la priorité doit être à [la] prise en charge [des blessé.e.s] » (30 000 personnes manifestent à Sainte-Soline malgré la brutalité policière), ça n’empêche pas de tenir le soir-même une obscène « fête de la victoire », en dépit des centaines de blessé.e.s, avec « spectacles tous publics » et « concerts ». Cette « victoire » consiste-t-elle à être parvenus à « excav[er] et désarm[er] une pompe et une canalisation » ? On n’ose le croire : qui pourrait parler d’un succès même stratégique (sans parler de « victoire ») pour un tel bilan ? Non, de toute évidence, la « victoire » célébrée, c’est celle d’avoir réussi à fédérer des milliers de personnes, de sentir sa propre force, celle d’être capable de les faire venir et de les jeter dans la « bataille » (Appel à la saison 5), sans que les décisions des chefs ne soit interrogées ; mieux, la « victoire » va permettre d’élargir encore le « mouvement », par addition de milliers de « personnalités mondiales » (tant pis pour ceux et celles qui ne sont que des « personnalités » non-mondiales, ou pas des personnalités du tout). Les SDT se rêvent en généraux d’une guerre un peu obscène ; à ce titre, ils ne détaillent ni leurs objectifs, ni leurs stratégies, ni leur soubassement politique.

***

En tant qu’anti-autoritaires, nous voulons poser des questions et discuter, mais pas nous soumettre à des décisions prises ailleurs et par d’autres. Nous voulons lutter, y compris contre la dépossession des terres, des ressources, contre l’emprise du capital sur les moindres secteurs de nos vies, contre la brutalité de l’État. Mais il s’agit de savoir avec qui lutter ; pourquoi lutter ; selon quelles modalités lutter. Pour nous, la fin ne justifie pas les moyens. Nous préférons ne pas avoir le « soutien » de Yannick Jadot si cela nous permet de tenir des assemblées de lutte horizontales où nous pouvons discuter de nos objectifs politiques et des moyens d’y parvenir. Nous jugeons plus fondamental de construire une lutte ensemble, y compris dans la difficulté, y compris en faisant des erreurs, plutôt que de contribuer passivement à la « victoire » d’une organisation. Et nous jugeons que les Soulèvements de la Terre sont une organisation, verticale, opaque et autoritaire.

L’enthousiasme, répétons-le, est très compréhensible : la proposition des SDT est séduisante, riche de promesses, pleine de force, elle laisse entrevoir des possibilités de débordement de l’existence capitaliste ; dans une période terrible où les mouvements sociaux sont combattus sans retenue et où nous assistons impuissants à la destruction de la planète par la bourgeoisie, une telle proposition paraît être une réponse au désespoir – surtout quand on nous garantit la « victoire ».

Ce texte n’a pas vocation à décourager à se rendre aux opérations des SDT, mais engage, si l’on s’y rend, à le faire au moins avec une certaine méfiance, en observant continuellement les mécanismes à l’œuvre, en cherchant à interroger les enjeux, voire à mettre en question le fonctionnement décidé par les SDT. Qu’on sache qu’on a affaire à des stratèges, autoritaires et opportunistes ; sachant cela, peut-être est-il possible de ne pas leur abandonner les luttes, et de forcer les Soulèvements de la Terre à l’horizontalité, à la discussion, à l’honnêteté politique, à la décence et à la solidarité.

Deux zozo.e.s d’Ariège, avril 2023

— 

[1] Toutes les citations sont issues du site internet des Soulèvements de la Terre.

[2] Mais la bassine était vide…



Références :


Un témoignage de la manifestation de Sainte-Soline d’octobre 2022 : Jouer à la guerre, jouer au pion. https://nantes.indymedia.org/posts/87418/06-03-2023-jouer-a-la-guerre-jouer-au-pion/.

Lutter et/ou se faire manipuler au nom d’une lutte ? Soulèvements de la terre versus État : même combat. https://nantes.indymedia.org/posts/86985/lutter-et-ou-se-faire-manipuler-au-nom-d-une-lutte-soulevements-de-la-terre-versus-etat-meme-combat/

Texte des occupants du Carnet : Quand NDDL se prend pour le petit père des luttes, entre récupération et autoritarisme. https://zadducarnet.org/index.php/2021/09/04/quand-nddl-se-prend-pour-le-petit-pere-des-luttes-entre-recuperation-et-autoritarisme/

Réflexions à propos de la ZAD, une autre histoire. Un regard en arrière un an après les expulsions. https://fr.crimethinc.com/2019/04/23/reflexions-a-propos-de-la-zad-une-autre-histoire-un-regard-en-arriere-un-an-apres-les-expulsions.

Prise de parole des « soutiens de l’extérieur » à « l’assemblée des usages » de la ZAD. https://mars-infos.org/prise-de-parole-des-soutiens-de-l-3043




Source: Iaata.info

[France] De nouveaux affrontements lundi après le discours de Macron

Publié le 2023-04-19 05:35:06

Des affrontements ont de nouveau éclaté à travers la France après qu’Emmanuel Macron ait annoncé à la télévision qu’il n’y aurait « pas de demi-tour » sur la loi sur les retraites.



374 concerts de casseroles avaient été organisés dans toute la France pendant le discours télévisé. La préfecture de police de Marseille s’est distinguée en prenant un arrêté interdisant sous peine d’amende cette manifestation devant la mairie de Marseille… Quelques minutes après que le président a prononcé son discours télévisé, des manifestations ont éclaté à travers le pays. Une foule a défilé dans le quartier de la République à Paris en scandant « Macron démissionne ! » et « Macron ne nous écoutera pas ? Nous ne l’écouterons pas ! » tout en allumant des feux et en brisant des vitrines. Il y a eu des scènes similaires autour de l’Hôtel de Ville – l’hôtel de ville de Paris – où une autre manifestation illégale s’est formée. Il y a eu des heurts similaires à Marseille, Toulouse, Rennes et Nantes. À Lyon, lors d’une manifestation sauvage, la mairie du 1er arrondissement a été un moment occupée et taguée. D’autres manifestants ont incendié la devanture du poste de la police du même arrondissement. Sur le parcours de cette manifestation, des jets de projectiles et des tirs de feux d’artifice ont visé les forces de l’ordre qui ont alors répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.



La cour consitutionelle juge inconstitutionnelle la perpetuité incompressible pour Anna et Alfredo

Publié le 2023-04-19 07:15:03

La cour consitutionelle juge inconstitutionnelle la perpetuité incompressible pour Anna et Alfredo

Une audience s’est tenue aujourd’hui à la Cour constitutionnelle sur le cas d’Alfredo Cospito et d’Anna Beniamino, accusés de massacre politique (article 285 du code pénal) dans le cadre du procès Scripta Manent.

L’actuelle loi Cirielli (2005, gouvernement Berlusconi) empêche les circonstances atténuantes de l’emporter sur les circonstances aggravantes en cas de récidive. Dans le cas d’Alfredo Cospito, en particulier, cela aurait signifié une condamnation certaine à la réclusion à perpétuité, bien que l’acte dont il est accusé avec Anna n’ait pas fait de victimes.

La Cour a donc jugé cette règle inconstitutionnelle. De plus, à la lecture du bref communiqué de presse qui en est issu, la Cour semble avoir soulevé des doutes de constitutionnalité en général à l’égard de tous les cas où la peine fixée n’est que l’emprisonnement à vie.

Rappelons qu’Alfredo Cospito est en grève de la faim depuis près de six mois, précisément contre le 41 bis et la perpetuité incompressible. Un combat pour lequel le compagnon risque sa vie et au cours duquel il a peut-être déjà subi des dommages neurologiques permanents. Un combat dont Alfredo a toujours répété qu’il n’était pas seulement pour lui, mais pour tout le monde, en particulier en solidarité avec les prisonniers anarchistes, communistes et révolutionnaires. La décision d’aujourd’hui aura des conséquences non seulement sur le sort de notre compagnon, mais elle porte un coup, même limité, à l’institution de l’emprisonnement à vie dans ce pays.

Tout en répétant que nous n’avons aucune confiance dans les institutions de l’État, nous connaissons l’arrogance et l’hypocrisie de ces personnages : sans la grève de la faim de notre compagnon et la solidarité internationale qui s’est exprimée, nous sommes certains qu’un tel résultat n’aurait jamais été possible. L’État aurait mis du goudron sur les prisonniers et aurait tenté d’anéantir le mouvement.

Une vendetta d’État est menée contre Alfredo, qui se veut un avertissement pour tous ceux qui continuent à agir, et donc à lutter avec des faits et non des paroles, contre l’ordre social actuel. La journée d’aujourd’hui le confirme. Le mouvement anarchiste a su retourner cet avertissement à l’expéditeur avec détermination et conscience. Nous attendons les prochaines heures pour comprendre les décisions d’Alfredo et pour d’autres commentaires.

La lutte continue.
Alfredo hors du 41 bis !
Contre le 41 bis et la prison à vie incompressible !
Solidarité avec tous les prisonniers anarchistes, communistes et révolutionnaires du monde !

[18 avril 2023].

Traduit du Cercle anarchiste « La Faglia »

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Paris, 17/04, Le théâtre de l’odéon taggué contre le 41bis

Publié le 2023-04-19 07:20:13

À la veille du rendu de la cour constitutionnelle et pour bien inaugurer le festival italissimo, des tags contre le 41bis sont apparus sur le théâtre de l’odéon.

La culture italienne s’affiche à Paris, quelques individus ont trouvé pertinent de souligner que c’est plutôt par la torture que l’état italien se fait remarquer.

FEU AUX PRISONS/ LIBERX TUTTX

Trouvé sur IndyNantes

Retour sur l'expulsion des locaux squattés du PCF d'Ivry-sur-Seine

Publié le 2023-04-19 08:20:06

Il y a quelques semaines on a tenté d’occuper une maison à Ivry-sur-Seine. Ça n’était pas du goût du PCF local à qui le bâtiment appartenait. Voici un petit déroulé de ce qui s’est passé.



Au départ on était un petit groupe à chercher une nouvelle maison. Comme on a pas toustes la thune ou l’envie de trimer jusqu’à la sciatique pour s’en payer une, et qu’on a aussi envie d’espace pour vivre et s’organiser, on s’est dit qu’on allait en prendre une qui était abandonnée. Après tout, pourquoi pas ? Assez vite y en a une qui nous a tapé dans l’oeil, faut dire qu’on pouvait pas vraiment la rater. À un coin de rue, bien en vue, trône l’ancien local du PCF d’Ivry. Drôle de symbole de l’âge d’or du communisme à la papa des banlieues rouges où ça pouvait se payer un petit palace qui domine le centre ville et qui après des décennies de perte de vitesse a fini par être complètement délaissé. Pour être honnête, nous on a pas fait si attention que ça au fait que ça leur appartenait, on a surtout vu un bel espace d’activités, un jardin et une terrasse avec une vue imprenable mais on va pas se mentir on s’est dit que c’était un petit plus d’emmerder le PCF au passage. On a juste trouvé triste que les barreaux à toutes les fenêtres donnent un look de bunker à la maison, en même temps iels sont plutôt lucides les cocos de prévoir qu’à force de trahisons politiciennes des personnes qu’iels prétendent défendre il valait mieux se préparer à avoir quelques ennemi.e.s.

Si ce qui te passe par la tête en lisant c’est « roh s’en prendre aux communistes quand même ! » ou « convergeâââââânce des luttes ! » on va te faire un petit rappel de ce que c’est le Parti des Crevards de France :

Donc voilà, tout ça pour dire que la suite des événements nous a pas beaucoup surpris, mais on tient quand même à la raconter.

On était donc déjà installés depuis un ptit temps lorsque les baqueux arrivent ce mercredi 22 mars vers 16h. On se disait que c’était une éventualité que les preuves soient pas trop prises en considération mais ptet pas à ce point-là. Ils les ont même pas touchées, « des photos et un contrat d’élec on en a rien à foutre, on va vous dégager dans la journée ». Bon. On s’inquiètera plus tard sur l’avenir des possibilités de squatter si ça se passe toujours comme ça mais ça nous arrêtera pas. Le truc c’est qu’il leur faut quand même à minima une autorisation pour nous expuls illégalement ;), et c’est là que le PCF intervient. Sarah Misslin, présidente de la SCI à qui la maison appartient, est aussi adjointe au maire d’Ivry et chargée de la propreté de l’espace public, de la tranquilité publique et prévention de la délinquance (haha). On imagine que sa place à la mairie a bien permis d’accélérer la procédure d’expulsion. Elle et le commissaire se sont mis d’accord sur une version commune selon laquelle on se serait « implanté.es » dans le bâtiment le midi même, pour que ce soit du flagrant délit et avoir l’autorisation du proc de cesser ce délit. Le PC et les keufs main dans la main. Pas étonnant une nouvelle fois, mais toujours fun de se rappeler que ça dénonce les violences policières (on a même retrouvé des affiches d’une soirée sur ce thème organisée dans la maison) mais ça court chercher les flics pour expulser des gens d’un bat vide. Parce que bon la propriété privée c’est quand même bien quand c’est la leur. D’ailleurs, pendant que les keufs étaient à 15 sur une personne à l’intérieur y’avait une délégation du PC cachée sur un coin du trottoir protégée par d’autres keufs.

Mais revenons-en au déroulé de l’expulsion. Une première équipe de baqueux arrive sur place avec ses réflexes habituels de coups dans le portail et menaces de cowboy. Ensuite pendant quelques heures les baqueux restent à la porte en attendant les renforts (un autre équipage de la bac et une trentaine de condés de la CSI 94). Pendant ce temps les soutiens se rassemblent sur le trottoir. Sur la journée c’est une cinquantaine de personnes qui viendront donner de la force aux squatteur.euse.s et mettre la pression aux keufs.

En fin d’après-midi les bleus sont enfin prêts à intervenir. Après un tel temps de préparation on aurait pu s’attendre à une opération un peu rôdée mais c’était sans compter l’éventail un peu limité de résolution de problème des flics que l’on pourrait résumer rapidement par « on tape où chef ? ». Face à eux deux portes, chacune s’ouvrant très ostensiblement vers l’extérieur (en tirant plutôt qu’en poussant quand on est dehors pour celleux qui ont du mal à suivre), il en faut plus pour décourager nos héros du jour armés de leur éternel et subtil bélier. Les plus fins d’entre eux remarquent qu’une vieille porte en bois se tient à côté de la porte anti-squat. Trop heureux de leur trouvaille ils ne s’arrêtent pas au fait qu’elle n’a visiblement pas été ouverte depuis quelques années et qu’elle est donc très probablement condamnée. S’en suit un petit drame qui voit la vaisselle du PCF s’écraser au sol depuis un meuble qu’un réaménagement malheureux a placé derrière le mur qui condamne la porte. Dépités mais pas complètement découragés nos braves schmitts se résignent à faire face à la porte anti-squat. Après deux-trois coups de bélier sans conviction (dans une porte qui rappelons-le en plus d’être en métal renforcé s’ouvre en la tirant) le constat est sans appel : « ah ouais on est baisés là ». Alors que les baqueux sont en AG pour savoir comment rentrer une partie de ceux de la CSI font le tour du jardin, non sans casser rigoureusement chacune des fenêtres qu’ils croisent en chemin. Mais ne leur jetons pas la pierre trop vite, qui n’a jamais rêvé d’être payé à casser des vitr(in)es ? Après moult rélfexions les baqueux décident de disquer les barreaux d’une des fenêtres.

À ce moment là à l’intérieur, on finit par prendre la décision de sortir du bat de nous même parce que ça menace de gazer par les fenêtres et qu’on préfère être dans le jardin plutôt que de les attendre dans une pièce. Les keufs nous attendent devant la porte, nous fouillent un.e par un.e et nous foutent dans un coin sous bonne surveillance. Le dernier à sortir n’a pas le temps de nous rejoindre qu’il se fait emmener de nouveau dans l’entrée de la maison, accueilli par une horde de condés surexcités, puis on y est toustes passé.es un.e par un.e. Visiblement, les ordres étaient de récupérer nos identités et de faire des reconnaissances faciales au TAJ (Traitement des Antécédents Judiciaires). Au départ, ça a quand même pas été facile pour eux parce qu’on essayait de pas se laisser isoler, et qu’ils ont mis du temps à comprendre pourquoi on refusait les photos, parce qu’après tout « c’est qu’une photo vous êtes cons ou quoi ? ». Ils ont fini par abandonner la prise d’identité parce que « ça va être trop long » (1 point pour nous) et se sont concentrés sur les photos, qu’ils ont prises de force, en intimidant et étranglant celleux qui résistaient. Au final ça a un peu chahuté, on s’est fait sortir à coup de pied, et on a l’impression que pas mal de photos seront pas exploitables pour le TAJ mais qu’ils les ont gardées à d’autres fins, sympa.

On s’est donc retrouvé.es dans la rue avec les personnes venues en soutien, ce qui faisait quand même une bonne quarantaine de personnes derrière une ligne de CSI. On est resté.es un peu pour demander à récupérer nos affaires, et au moment où on s’est dit de bouger, des flics un peu zélés ont choppé une personne dans le groupe qu’on a pas réussi à rattraper. On s’est pris des chassés et des patates dans la tronche, et en prime une grenade lacrymo qui grâce au vent et à leur légendaire maîtrise a fait pleurer que les keufs. Ça c’était pour la partie pas fun.
Sur ce on s’est barré.es. Une heure plus tard, on s’est dit que c’était quand même sympa d’aller brailler devant le comico pour faire entendre à notre pote qu’on était venu.e.s en soutien, et faire entendre aux keufs qu’ils se débarrasseraient pas de nous aussi facilement. Là où les journaleux ont pas tort, c’est qu’on est reparti.es en voyant les chtars arriver, parce qu’on en avait marre de voir leurs gueules et qu’en plus on avait mieux à faire, puisque nos chers cocos du PC faisaient justement une AG à la mairie, à deux pas du comico. On a donc usé de notre plus belle prose pour leur dire à peu près ce qu’on pensait d’eux, jusqu’à ce que les baqueux déboulent (assez rapidement en réalité), dommage, c’était pas vraiment à eux qu’on voulait parler. On a presque toustes réussi à esquiver le contrôle, et celleux qui ont dû les croiser s’en sont bien tiré.es. Après ça, on a eu l’occaz de bien se marrer en lisant l’article qui est sorti dans les médias à peine une heure après vue la quantité de conneries qu’il raconte (et de se rassurer sur le fait que le PC et les keufs n’ont pas grand mal à trouver vite des oreilles journalistiques attentives à leur tracas), et c’est sans parler de tous ceux qui l’ont repris pour étoffer leurs actus avec lesquelles on se torcherait bien le cul.

La conclusion de tout ça c’est qu’on est quand même reparti.es avec une magnifique soupière et une bouteille de pif bouchonnée, que le PCF a démontré une fois de plus dans quel camp il était, et que nous on va continuer à ouvrir des maisons, et que tant qu’on sera là on les laissera jamais tranquilles.

ACAB cependant
Des anarchistes

Alfredo arrête sa grève de la faim

Publié le 2023-04-19 19:10:03

Alfredo arrête sa grève de la faim

Après presque 6 mois de grève de la faim, Alfredo Cospito annonce arrêter sa grève de la faim. Sa décision fait suite, hier, à la décision de la Cour constitutionnelle d’accepter de reconnaître les circonstances atténuantes pour l’attaque à l’école de carabiniers dont il est accusé et pour laquelle il risquait la perpétuité incompressible. La fin de la perpétuité incompressible, pas seulement pour lui mais pour tou·te·s les prisionnier·e·s était une des deux revendications qui motivaient sa grève de la faim. Alfredo a retrouvé hier un espoir de ne pas être condamné à mourir en prison et de retrouver un jour la liberté. Son jeûne prolongé ne sera pas sans conséquence sur sa santé à long terme et nous savons déjà qu’il a perdu la sensibilité d’un de ses pied.
La seconde revendication concernait l’isolement 41 bis, elle a trouvé un fort écho international et provoqué une vive solidarité. Cette lutte n’est pas finie, Alfredo, comme des centaines d’autres prisionnier·e·s reste soumis à ce régime de torture.
Continuons d’apporter notre solidarité à Alfredo et à lutter contre l’isolement 41bis et contre toutes les prisons !

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Vierzon (Cher) : les missions locales à coups de pavés

Publié le 2023-04-20 22:05:08

Les deux sites de la Mission locale jeunes à Vierzon
ont été vandalisés

Le Berry républicain, 19 avril 2023 (extrait)

Dans la nuit de mardi à mercredi, le siège de la Mission locale (ML) jeunes de Vierzon, et son antenne du quartier Tunnel-Château, ont subi des dégradations.

C’est en arrivant ce mercredi matin, à 7 h 30, au siège de la ML, situé en centre-ville, au Forum République, qu’Eddy Schoettel, directeur de cette structure d’accompagnement des jeunes vers l’emploi, a découvert la vitrine brisée par un pavé. En apprenant que l’antenne de quartier avait elle aussi subi un acte de vandalisme similaire, Eddy Schoettel a pensé que c’était la ML elle-même qui était visée.

Philippe Fournié, adjoint au maire, s’est rendu sur place pour « apporter son soutien à l’équipe ». Il a fait intervenir des employés des services techniques pour poser des planches sur les vitres brisées et des barrières de sécurité, ainsi que faire nettoyer les locaux. L’élu se dit « effaré. C’est d’une lâcheté sans nom ». Aucun autre préjudice que le vandalisme n’a été constaté.

la caravane SNU pliée en deux deux

Publié le 2023-04-20 22:15:07

Il y a des jours, comme ça, où les luttes donnent la pêche. Ce 19 avril, neuvième étape à Nantes de la tournée de propagande du SNU, ce projet très macronien d’embrigadement de la jeunesse. Le mouvement social aidant, on s’est retrouvé·es quelques 200 à cerner le faux village (une enceinte de ganivelles avec des vagues comptoirs ça et là au milieu, unpanneau de basket en plastique, et des jeunes « ambassadeurs » dépités). L’attroupement a rendu l’accès difficile et dissuasif à des curieux qui seraient venus s’informer sur ce séjour de discipline sous tutelle militaire. Mais d’après un vgile, lors de la précédente étape, à Quimper, ça se busculait pas au portillon.

Le village s’est donc vu entouré de drapeaux CNT, FSU, CGT, Solidaires, Mouvement pour la Paix, Libre Pensée. La présence de flics anti émeute au centre du « village », genre d’élevage de poulet en cage de plein air, a décrédibilisé l’entreprise de séduction. Il a suffi de bouger une ganivelle, de débrancher le câble d’alimentation électrique de l’installation foraine pour décourager les responsables de la célébration de l’ordre. Prévue de 11 à 17h place du Blouffay, espace central dans la ville, l’installation a été pliée à midi. Tout a été piteusement remballé, ganivelles, stands, bannières, et camions podium. La poignée de prétendu·es « ambassadeur·ices », ados en uniforme siglé et casquettes SNU se préparaient à partir mais ont été sommé·es d’aider à ranger avant d’être renvoyé·es à leurs familles.

La 9e étape de la tournée de 25 dates n’a donc pas eu lieu. Le reste va-t-il être simplement annulé ? Ca dépendra sans doute aussi des mobilisations annoncées dans ces villes étapes.

Les prochaines escale prévues : Caen, le 22 avril, Versailles le 26, Paris le 30, Valenciennes le 3 mai, St Quentin le 6, Chalons-en-Champagne le 10 mai, Strasbourg le 13, Epinal le 17, Vesoul le 20, Dijon le 24, Lyon le 26 mai, Grenoble le 27, Gap le 31, Toulon le 3 juin, Carcassone le 7 juin.

Engagez-vous, rengagez-vous contre le SNU !

Indymedia Lille

Publié le 2023-04-21 21:50:03

« Le » troisième numéro du bulletin Guerre à la guerre - Perspectives anarchistes et internationalistes, vient de paraitre. Nous invitons toute personne que sa lecture ou sa diffusion intéresse à nous écrire à l’adresse suivante : lapaixlaguerre[AT]riseup.net.

Au sommaire de ce numéro :

- Un panache de fumée noire
- « A l’arrière de la guerre, des usines ordinaires »
- Le problème à la source
- Mener sa propre guerre
- Deux de moins
- Lueurs depuis la Russie
- Les temps changent, l’esprit reste
- Brûlures de guerre
- Promenade au bord du gouffre
- Derrière le cliquetis des chiffres
- Défendre le ravage
- Déclinaison de vert
- Contre toutes les guerres... sauf les guerres « justes » ?
- Les valeurs de l’anéantissement
- Le citoyen démocratique
- Tour du monde en huit cent mots
- Instantané pour les âmes affligées et pour celles exaltées
- Du côté de personne !
- Anti-militarisme et insurrection sociale
- Les anarchistes pendant la guerre
- Entretien avec le Comité de Résistance (Ukraine)
- Entretien avec des compagnons de anarchy2day hors de Russie
- Notes sur le début de la guerre en Ukraine
- Un monde meilleur n’est jamais né
- Chronologie

En supplément, un livret accompagne ce troisième numéro, recueillant des articles parus entre janvier et septembre 20222 dans le journal anarchiste italien Bezmotyvni, dont voici le sommaire :

- Contre la guerre (10 janvier 2022)
- Contre la paix
- Pour la révolution (7 février 2022)
- Sabotons la guerre en déclenchant l’Internationale (21 février 2022)
- Quand tonne le déluge (7 mars 2022)
- Commençons immédiatement Guerre sociale ! (21 mars 2022)
- Époques intéressantes (4 avril 2022)
- La rhétorique de l’unité nationale (18 avril 2022)
- Combattre ! (18 avril 2022)
- Devinez quoi... (16 mai 2022)
- Aller au-delà (16 mai 2022)
- Le climat actuel (16 mai 2022)
- Pas après pas on apprend à danser, pas à lutter (16 mai 2022)
- Affamés ! (30 mai 2022)
- De quel côté ? Sur le réalisme de certains anarchistes (13 juin 2022)
- Les anarchistes pour l’OTAN (11 juillet 2022)
- Sans freins (août 2022)
- Énergies récupérables (août 2022)
- Mais vraiment ? (26 septembre 2022)
- Appendice : Une conspiration historique. Internationalisme anarchiste
et révolution sociale (27 juin 2022)


Réponse au texte À celles et ceux qui ont marché à Sainte-Soline

Publié le 2023-04-22 05:25:04

Bon déjà je commence par m’identifier un peu sur le plan politique. Ça va sûrement se sentir dans ce que j’écris, mais par mon vécu surtout mais aussi par mes idées politiques, je suis clairement contre les mouvements appellistes, ou si on veut vraiment faire attention à nos mots, en réponse à ce texte, contre les mouvements qui ont les même stratégies et qui sont directement liés à d’autres mouvements appellistes. C’est le cas des soulèvements de la terre qui est lié très fortement à Notre Dame des Landes (NDDL) et qui est une des suites les plus spectaculaires de l’appel à agir contre la réintoxication du monde. Tout ça pour dire, mon discours est clairement pas neutre.

J’aimerais quand même ouvrir un débat ou au moins une vraie discussion sur les stratégies qui sont mises en place contre des forces para-militaires, ou voire carrément militaires, comme ça a été le cas à Sainte-Soline ou sur des expulsions de ZAD. Parce que ce texte me donne un peu le même goût que ceux écrits par les habitant.e.s de NDDL proches du CMDO après les expulsions de 2018 (voir par exemple la partie II de ce texte) et c’est un goût plutôt amer.

Au milieu de pas mal de prose qui donne beaucoup d’espoir* et qui parle de toutes les choses chouettes de cette lutte (et c’est sûr qu’il y eu des choses chouettes à Sainte-Soline le 25 mars, là est pas la question), on comprend qu’un des véritables motifs du texte À celles et ceux qui ont marché à Sainte-Soline c’est de parler de l’impasse quand on fait face aux moyens démesurés des gendarmes et de comment on pourrait dépasser ça. Le texte des habitant.e.s de NDDL cité ci-dessus faisait un constat clair : pas possible d’agir face à autant de keufs et autant de grenades. Iels le savaient depuis le début et c’est ça qui a motivé les négociations avec l’État. Mon but ici, c’est pas de relancer un débat super vieux sur la trahison que ça a pu être à NDDL de négocier etc.… quoi que j’en pense. Mais de me concentrer sur ce problème qui est visibilisé : l’impossibilité de gagner en affrontant les forces de la gendarmerie.

En fait, c’est bien beau de dire qu’on est impuissant quand l’État met autant de moyen et qu’il faut se réinventer dans nos luttes. Mais à chaque fois, les textes de ce genre s’arrêtent là dans leur analyse, alors qu’il y aurait tellement de choses à dire. Et c’est ça que je veux vraiment mettre en question. Quand on lit votre texte, on a vite tendance à se dire : ah mais quand même c’était stylé et c’est pas de la faute des organisateur.ices s’il y avait autant de keufs. Alors oui ça c’est clairement vrai, c’est de la faute de personne à part du pouvoir étatique et il s’agit pas de se diviser face à l’État. Je tiens à le préciser, même si c’est une énorme évidence pour moi, jamais je vous reproche ce qui s’est passé, le déchaînement de violence, les pluies de grenades, les blessés graves et tout le reste. Et j’espère sincèrement que les auteur.ices d’autres textes qui vous critiquent ne vous le reprochent pas non plus. Face à l’État et à sa violence, pas de dissociation possible et que crèvent la police, la justice et la prison.

Non, si je vous reproche quelque chose, c’est d’avoir l’air d’être surpris.es face à autant de violence et de s’arrêter sur un vague commentaire comme quoi la prochaine fois, il faudra se réinventer. Je veux pas juger de votre bonne ou mauvaise foi, peut-être que réellement vous avez été surpris.es par les moyens déployés, mais même si c’est le cas, c’est grave de pas avoir pris la mesure du carnage qui pouvait avoir lieu. C’est pas comme si c’était la première fois ! Même si là, je reconnais que votre travail de comparaison avec d’autres mouvements de contestation est intéressant et révélateur, quand vous parlez des 5000 grenades tirées en deux heures vs 11000 grenades en une semaine à NDDL en 2018. Oui clairement ça s’est intensifié. Mais en fait si ça avait été la même mesure que pendant les expuls de NDDL, ça aurait été moins grave ?

Toutes les personnes qui avaient déjà participé à des luttes sur des ZAD ou autres occupations s’attendaient à un carnage le 25 mars. En tout cas, tout mon entourage s’y attendait et même si mon entourage est loin d’être représentatif des gen.te.s qui sont venues le 25 mars, je crois vraiment qu’on était plein à se dire que ça puait. Pour autant, vu la diversité des participant.e.s, c’est aussi complètement sûr que plein d’autres personnes moins habituées à ce genre de confrontation n’imaginaient même pas que c’était possible de faire face à autant de moyens répressifs, n’en déplaise à l’auteur.ice de ce texte. Et oui je pense moi aussi que c’est grave de pas avoir sérieusement communiquer sur la possibilité d’un carnage.

Mais surtout, votre texte donne l’impression que vous vous dédouanez à moitié de pas avoir assez communiqué là-dessus. Pour ça, vous répétez que face à autant de moyens il n’y avait rien à faire. Que du coup ça vous excuse parce que là, c’était vraiment trop. Rien à faire donc face à ça, à part se reposer sur un espèce de mythe qui existe dans le milieu autonome (auquel j’appartiens) et qui revient tout le temps. Genre si on arrivait à se réinventer, on pourrait faire face à l’État et sa police !

Là pour le coup, ça me met en colère, parce que vous êtes pas clair.e.s, comme tous les textes qui abordent ce sujet. Ça veut dire quoi en fait réinventer nos tactiques ? Vous parlez de quoi ?? Tant qu’on dit pas clairement ce qu’on pense, on fait juste croire que y a un rapport de force à tenir et à chaque fois, y a des personnes qui vont se faire bousiller par les keufs, en gardant des traumas pas possible après.

Après je veux être claire aussi. Je cherche pas à pacifier la lutte et je dis pas qu’il faut pas affronter les flics et les gendarmes. Mais je pense qu’il y a des moments où c’est pertinent, genre quand on les prend par surprise et qu’on déborde leur dispositif. Ou quand ça fait des diversions et qu’on peut faire d’autre bails à côté. Ou quand on a tellement de colère et qu’on se fait tellement marcher dessus qu’on est juste incapable de se retenir et de les caillasser. Ou encore quand la répression elle est quotidienne, qu’on se fait contrôler en sortant de chez soi et que notre rapport avec la police est conflictuel parce que ça nous est de toute façon imposé. Mais pas quand on organise consciemment une manif en sachant à l’avance que ça va être une boucherie et en en prenant pas la mesure. Et d’ailleurs je reste poli.e parce que j’aimerais vraiment que ça lance des discussions sur ces fameuses tactiques à réinventer, mais vous appelez la manif « la bataille de Sainte-Soline » et ça me fait grincer des dents. Soit vous faites référence à l’État qui utilise le mot bataille pour parler des émeutes dans les quartiers et c’est de la réappropriation toute pourrie, soit vous cherchez à véhiculer un espèce de message guerrier comme si les gen.te.s s’étaient préparé.e.s à faire un combat armé face aux flics. Dans les deux cas, c’est pas terrible.

Comme j’aimerais bien que ça ouvre des discussions sur comment on fait face à autant de répression policière, je vais dire vite fait ce que je pense. Du coup là ça devient plus perso. Moi, à chaque fois que j’ai été dans des émeutes organisées aussi violentes, où on avait clairement les moyens de blesser les keufs pour de vrai, j’ai toujours eu le même sentiment après coup. Un espèce de goût de déception en mode « oui bah on leur a fait mal, mais en fait on s’est fait marcher dessus, plein de copain.e.s se sont fait.e.s mutilé.e.s ou ont fini en taule. Et puis là en vrai on était en PLS face aux GM et au PSIG, mais quand ce sera le RAID en face, il se passe quoi ? » Encore une fois, je parle pas d’autres émeutes plus spontanées où on agit par la colère ou parce qu’on a plus le choix. Là dessus y a rien à dire.

Du coup ça me donne l’impression qu’on a un peu trois choix. On peut décider nous même de se mettre à leur niveau d’intensité. De se fournir des armes létales et de faire pour de vrai des batailles. Je le dis là, parce que c’est une possibilité, mais c’est pas du tout un truc que j’envisage, genre absolument pas réaliste.

On peut aussi décider d’utiliser des tactiques plus proches de la guérilla. Pour le coup, c’est vraiment le seul truc que je trouve possible dans des mouvements d’occupation. Courir dans les champs, en se camouflant et en utilisant des explosifs, des pièges, avec des personnes qui font des attaques ciblées sur certains groupes de keufs avec nos moyens habituels (cocktails, mortiers…). Aussi, je trouve que ça laisse beaucoup plus d’espace à des défenses moins virilistes. Parce qu’on a pas le côté guerrier de défendre une barricade avec un seul choix : caillasser les keufs, avec toujours les même commentaires de merde à propos des personnes qui caillassent pas. Y a beaucoup plus de possibilité pour une pluralité des tactiques parce que y a plusieurs façons complémentaires d’empêcher les flics d’agir. Je dis ça parce que je pense que c’est possible face à l’état actuel du maintien de l’ordre. Les GM sont clairement pas préparés pour des groupes très mobiles et cachés qui les attaquent par surprise. Mais à nouveau, avant que ce soient des forces spéciales, bah faudra trouver d’autres solutions et en s’y étant préparé en amont. Mais tout ça pour moi, ça s’organise avec des personnes à qui on fait confiance, sur la durée et pour défendre un lieu, donc je le laisse un peu de côté quand on parle des manifs organisées contre les bassines.

Le dernier choix que je vois, c’est d’éviter la confrontation directe avec les keufs, quand ils sont aussi bien préparés. Et quand je dis éviter les flics, ça veut pas dire rien faire, mais ça veut dire passer à des moyens clandestins. Sabotage de nuit par exemple. Vous en parlez vous même en disant que sur les seize bassines, y en a treize qui ont été sabotées !! Du coup, clairement ça a été la stratégie la plus efficace dans la lutte contre les bassines. Alors pourquoi vous continuez de diffuser le spectacle de l’émeute comme un truc inévitable ?

Pour finir, j’ai l’impression qu’on continue de faire des grandes mobilisations qui sont toute fabriquées pour tourner à l’affrontement parce que sinon c’est trop frustrant pour plein de personnes. Parce que toutes celleux qui sont prêt.e.s à se mettre en danger mais qui sont pas dans les bails de sabotage iels font quoi du coup ? Mais si on est honnête sur la pluralité des tactiques, faire des manifs pour inclure d’autres personnes, ça peut se faire sans tout mettre en œuvre pour créer la giga-baston, avec des participant.e.s qui finissent à l’hôpital ou en prison. Et en plus c’est vraiment pas inclusif, c’est validiste, très majoritairement blanc et ça tient pas compte de celleux qui viennent (ou justement qui viennent pas) et qui risquent la prison parce qu’iels sont déjà marginalisé.e.s par la société. Et même si ça fait qu’on peut moins péter la gueule aux flics sur le moment, bah c’est comme ça, il y a d’autres occasions de leur péter la gueule (tant mieux, la vérité crève la police). Et c’est ça que je pense qu’il faut dépasser et réinventer : arrêter de rendre inévitable des affrontements quand ils ont aucun sens.

*C’est bien de se donner de la force et de l’espoir, c’est pas ça que je critique là

Police, fachos, même tocards, même combat…

Publié le 2023-04-23 11:20:07

L’histoire du traqueur qui fait « bip bip » et qui tiens avec du scotch

Comme le soulignait Jacqueline Estrati (socio-géographe)* dans son étude sur l’influence de l’environnement social sur les comportements réactionnaires, les forces de la réaction s’adaptent à leur milieu pour mieux surveiller et punir les comportements déviants. C’est sans doute ce qui les a amené à mettre sur pied l’opération don nous voulons vous faire part dans cet article. En effet, le milieu grenoblois étant très porté sur l’usage du vélo, il leur aura fallu innover pour mieux pouvoir surveiller les déplacement des militants.

Fin mars, un AirTag d’Apple (voir photo ci-dessous) a été retrouvé scotché sous le vélo d’un.e copaine.

Cet accessoire, qui vaut une quarantaine d’euros, est un outil qui sert en théorie à ne pas perdre ses clés ou son sac.

L’AirTag est l’accessoire tout trouvé pour tout retrouver. Accrochez‑en un à vos clés, glissez‑en un autre dans votre sac, et n’y pensez plus. Grâce aux AirTags, vous pouvez facilement repérer vos objets dans l’app Localiser, qui vous permet aussi de détecter vos appareils Apple et de ne pas perdre vos proches de vue.  Apple

Pour éviter qu’il ne serve de traqueur ou pour permettre de ne pas oublier son téléphone, lorsque le AirTag se déplace sans que l’iPhone associé ne se déplace, l’appareil émet une sonnerie (type sonnerie de SMS) et il faut désactiver manuellement la sonnerie sur l’iPhone à chaque fois pour que ça s’arrête. Malgré ces contraintes, c’est l’appareil qui a été choisi pour suivre le.a copaine. Vous vous en doutez, avec ces bip bip pendant quelques secondes le temps que les méchants réagissent pour le désactiver à chaque démarrage du vélo, le traqueur a fini par être découvert.

C’est qui les méchants ?

Si c’est une hypothèse qu’on ne peux pas exclure, il nous semble assez peu probable que la police utilise du matériel aussi inadapté pour faire de la surveillance. Pour des exemples de matériel utilisé par la police qui ont été médiatisés, on peut se référer au site Ears and eyes et à la brochure du même nom.

On penche donc plutôt sur l’hypothèse d’un facho, organisé ou non, ou d’un.e flic aigri.e agissant sans l’aval de son institution (ce qui reviens au même).

Même si les utilisateur.ice de cette technologie sont des bouffons et que ça ne sert à rien de paniquer, ça vaut le coup de checker vos vélo si vous entendez un bip bizarre. Comme l’appareil fait 3,5 cm de diamètre environs, il est assez difficile à cacher, donc pas la peine de démonter votre vélo pièce par pièce surtout si vous n’êtes pas sur de réussir à le remonter.

PS : Flic ou fachos, restez nul.les, ça nous arrange ; )

* qui n’existe pas, on l’a inventé parce qu’on avait pas d’idée d’intro

https://cric-grenoble.info/infos-locales/article/police-fachos-meme-tocards-meme-combat-2979

[Soirée de soutien/Benefiet] Vin-et-fromage Vegan Kaas-en-wijn + quizz

Publié le 2023-04-23 12:10:07

[FR]

L’anarchiste vivant en France Boris a décidé en 2020, en plein couvre feu, de brûler les antennes de 4 entreprises de télécommunication et des flics et gendarmes. Il a été identifié plus tard dû à de l’ADN trouvé sur place. Un an plus tard, il est condamné à 4 ans de prison dont 2 avec sursis.

Depuis la prison, Boris a écrit une lettre pour défendre son acte. Il n’y donne aucun signe de regret ou d’abandon de ses idées anarchistes. Et à partir de ce moment-là, les choses se sont agravées très vite : d’un incendie dans la cellule, en passant par un coma artificiel, des semi-consciences et l’arrêt des soins, jusqu’à une mise en tutelle médicale grotesque.

Mais aujourd’hui, il y a de la lumière à l’horizon. Boris pourra enfin retourner dans la rue. En raison des blessures qu’il a subies lorsque l’incendie s’est déclaré dans la cellule, il est gravement paralysé. Un appel a donc été lancé depuis plusieurs endroits en France afin de récolter des fonds pour d’un fauteuil roulant de compet’, sur mesure pour Boris.

Nous souhaitons répondre à cet appel et organisons une soirée végétalienne fromage et vin à Tabula Rasa. Tous les bénéfices seront versés au projet de fauteuil roulant.

Peu nous importe de savoir que Boris a mis le feu à des antennes d’entreprises de télécommunications et de l’État. Nous admirons la transparence avec laquelle il défend ses actions, ainsi que l’intégrité et la persévérance dont il fait preuve dans son combat pour une existence digne.

Le soir même, des informations seront disponibles sur la situation actuelle de Boris et des luttes qu’il porte.

Il y aura d’abord un repas, puis des quizz (en néerlandais, traduction possible). Les équipes peuvent s’inscrire le jour même. Soirée à partir de 18 heures.

Plus d’infos en français sur sansnom.noblogs.org, en anglais sur actforfree.noblogs.org et en allemand sur aufstand.blackblogs.org

[NL]

De Franse anarchist Boris besloot om in 2020, in volle lockdown, de antennes van 4 Telecombedrijven en van de flikken en gendarmes in brand te steken. Hij werd later geïdentificeerd door achtergelaten DNA. Nog een jaar later kreeg hij 4 jaar gevangenisstraf, waarvan 2 voorwaardelijk.

Vanuit de gevangenis schreef Boris een brief om zijn daad te verdedigen. Daarin gaf hij geen enkele blijk van spijt of een stopzetten van zijn anarchistische ideeën. En vanaf dan liep alles, zo mogelijk, nog meer verkeerd : van een brand die uitbrak in de cel waar hij zat, over artificiële coma’s, half bewustzijn en het stopzetten van de zorg, naar een soort van groteske medische curatele « voor Boris’ eigen bescherming ». Levend begraven worden dus. Alles wat eventueel kon mis gaan, ging ook mis. Dank u, meneer Murphy.

Maar nu is er dus licht aan de horizon. Na heel veel 5en en 6en zou Boris nu eindelijk terug kunnen keren naar de straten. Door de verwondingen die hij opgelopen heeft bij het uitbreken van de brand in zijn cel is hij gedeeltelijk verlamd. Dus is er vanuit verschillende plekken in Frankrijk opgeroepen om geld in te zamelen voor een op maat gemaakte rolstoel voor Boris.

Wij willen gehoor geven aan deze oproep en organiseren daarom een vegan kaas-en-wijnavond in Tabula Rasa. Alle opbrengst gaat integraal naar het rolstoelproject.

Het interesseert ons niet dat Boris schuldig is aan het in brand steken van antennes van telecombedrijven en de staat. Wij bewonderen juist de doorzichtigheid waarmee hij zijn daden verdedigt en de integriteit en doorzetting die hij toont in zijn gevecht voor een waardig bestaan.

De avond zelf zal er info verkrijgbaar zijn met de exacte details van Boris’ zaak.

Eerst is er eten, daarna quizzen we. Teams kunnen zich de dag zelf inschrijven. Avond vanaf 18h.



Sabotage d'un champ de panneaux photovoltaïques

Publié le 2023-04-23 17:50:04

Depuis quelques années des forêts sont rasées sur la montagne de Lure (Alpes de Haute-Provence) pour y installer des parcs de panneaux photovoltaïques.

Mi-avril des personnes ont exprimé leur opposition à ce saccage en coupant les cables des installations. Une façon d’exprimer son désaccord face aux entreprises et institutions qui détruisent le vivant au nom du profit.