Vive l'Anarchie - Semaine 16, 2024

Sommaire

EIGHT BRENT SCARBROUGH MACHINES DESTROYED BY FIRE IN HENRY COUNTY GA

Publié le 2024-04-15 06:45:05

On the early morning of March 14th, we torched eight pieces of heavy construction machinery belonging to the Brent Scarbrough company (the contractor that is presently clearcutting the Weelaunee forest) at a site on Jonesboro Road in Henry County, Georgia. We hope everyone on their morning commute enjoyed the show. Despite the blaze being visible from a major road, what appears to be one of the most quantitatively effective attacks on the company's equipment so far remains unreported in the media at the time of submission. This follows a previously observed pattern in which the news focuses only on reporting attacks that occur inside the perimeter. However, it appears that some of Brent Scarbrough's largest sites, with the greatest amount of equipment, can be found by venturing further outside the city. It's easy to find clues that construction sites are nearby, like Flock cameras, orange cones, and "road work" signs. When passing by a site, look for the arms of excavators bearing large and recognizable "Brent.us" logos. We're getting closer every day. Let's bankrupt them!

Found On Scenes From The Atlanta Forest

Tiens, voilà du bidasse !

Publié le 2024-04-15 06:50:06
le temps du champs clos où s’affrontaient deux armées est dépassé. Lorsqu’un conflit éclate, ce sont des millions d’êtres humains qui y sont mêlés malgré eux.
Lettre à un képi blanc, Bernard Clavel, 1975.

Vous connaissez cette chanson « Tiens, voilà du boudin », chanson de marche officielle de la Légion Etrangère. Vous connaissez peut-être moins « Ich hatt’ einen Kameraden », une autre chanson officielle de la Légion empruntée à leurs petits camarades Waffen SS venus s’y enrôler en nombre après 1945.

Ce mercredi 10 avril 2024, à 10h30, place Jean Jaures, c’était la « cérémonie des képis blancs ».

Les képis blancs, c’est le surnom donné aux légionnaires, du nom de leur képi « blanchi sous le soleil d’Afrique ». Créée en 1831, la Légion étrangère a toujours été destinée à agir « à l’extérieur du Royaume », son principal fait d’arme étant sa participation à la colonisation de l’Algérie. Elle siégera d’ailleurs à Sidi Bel Abbès jusqu’en 1962.

Le 26 janvier dernier, plus de 140 industriels de l’armement se réunissaient à la Cité du design pour entrevoir ensemble les « opportunités » qu’ils pourraient tirer des embrasements un peu partout dans le monde.

En plus de Rochatte (ancien officier de l’armée de terre, puis contrôleur général des armées, avant d’être préfet de la Loire) , de Gassilloud (député du Rhône mais aussi président de la commission de la Défense nationale et des Forces armées) et des industriels, on y trouvait Denis Mistral, ancien chef de corps du 4e Régiment Etranger de Castelnaudary puis général commandant la Légion étrangère et désormais gouverneur militaire de Lyon.

Vu le palmares d’un tel gratin local, on comprend mieux pourquoi c’est à Saint-Étienne, qui n’a pourtant pas de caserne, que les bidasses du 4e Régiment Etranger de Castelnaudary sont venus jouer de leur trompette et aérer leurs drapeaux moisis.

L’uniforme à l’école, le SNU quasi-obligatoire, une Loi de programmation militaire à 413 milliards d’euros, le décret du 28 mars 2024 prévoyant la réquisition d’usines et personnels pour la production d’armes ; ce sont autant de sons de cloches qui annoncent à la fois les priorités du gouvernement et un avenir très sombre.

Par ce genre de cérémonies militaires dans l’espace public, et après quelques sordides campagnes publicitaires de recrutement, on voit bien que l’armée tente de soigner son image. Pourtant, le nombre de guerres et de massacres étant malheureusement ce qu’il est, il n’est plus possible d’ignorer que ce sont les dirigeants qui déclarent les guerres et tous les autres qui subissent viols, massacres, et bombardements. Nous savons aujourd’hui que les industriels n’ont aucun scrupule à vendre leur camelote à n’importe quel camp, pourvu que ça rapporte.

Ce jour-là et au même moment, une petite vingtaine de personnes se sont retrouvées place Jean Jaures, ont chanté des chants antimilitaristes ou déployé des banderoles contre la propagande militariste. Certes rapidement éloigné par les flics, c’était un petit pied de nez au désastre guerrier, à leur barnum « information/recrutement », et à la mise en scène de la hiérarchie, de l’honneur et de la bravoure viriliste.

A bas la guerre, à bas l’armée et sa propagande !

Indymedia Lille

Publié le 2024-04-15 09:55:04

Au rendez-vous on ne savait trop à quoi s’attendre quant à la forme que prendrait cette mascarade. On est venu·e·s avec la haine du monde industriel et notre solidarité. À quelques-un·e·s on a plus ou moins silencieusement éclaté des boules puantes à deux endroits de la pièce et au pied de la régie vidéo, et jeté de la propagande Imerys à la poubelle pour laremplacer par des brochures informatives contre la multinationale et les raclures qui la font prospérer.

Les vigiles ont mis trop de temps à capter ce qui se passait et avant qu’on parte discrètement, volèrent au milieu de la salle plusieurs exemplaires d’un tract :

La Commission Nationale du Débat Public....

Voilà un bel exemple de comment la domination d’aujourd’hui préfère procéder, une spécialité toute particulièrement appréciée dans la grrrande République française, berceau du « débat public » à tout va.

Cela peut nous rappeler le « débat public » autour de l’introduction des organismes génétiquement modifiés il y a plus de deux décennies. Décriés comme de la « nourriture Frankenstein », les OGM s’étaient heurtés à de nombreux fauchages de champs expérimentaux et aux sabotages de laboratoires. Il n’y avait rien à marchander, rien à négocier : non, c’est non. Heureusement qu’il y avait ce « débat public », permettant à toutes les stars de la contestation de s’exprimer, parfois en face à face, avec les défenseurs des OGM. 

C’était beau, c’était « vachement intéressant » et c’était nul : de la poudre aux yeux, de la confusion, du démocratisme appliqué à bonnes doses aux naïfs et aux aspirants gestionnaires. Le « débat public », c’est l’autre versant de la répression des condés, le désamorçage de tout conflit réel et vivant, de l’hostilité irréductible.

On peut s’attendre à ce que certains se prêtent à ce jeu et multiplient les initiatives pour que s’installe un « débat citoyen » pour déterminer quel degré d’exposition aux ondes serait acceptable, comment faire confluer l’agriculture bio avec un téléguidage smart, pour inscrire le droit à la grève digitale dans le Code du travail. Ils seront, consciemment ou inconsciemment, les hérauts de la restructuration technologie en cours. Ils joueront un rôle encore plus néfaste dans le désamorçage de l’hostilité sourde et croissante contre ce monde infesté d’antennes, de portables, de fibres optiques, signe du naufrage physique, mental et sensible de l’humanité telle qu’on croyait la connaître.

Nous n’avons cure d’un quelconque « débat », cela fait des années que nous discutons, approfondissons, partageons, confrontons pour comprendre ce monde. Nous n’avons cure d’aucun « débat public », car cela fait des années que nous fuyons le public, l’arène de la politique, pour nous retrouver à échelle humaine, tête à tête, face à face, bien loin des médiations des partis, syndicats, institutions, médias. Nous n’avons cure d’aucune urgence de « débat », car cela fait des années que nous essayons de choisir nous-mêmes les échéances de nos hostilités, de nos réflexions, de nos attaques, réalisant ainsi une autonomie de pensée et d’action que l’État craint peut-être plus que tout
… C’est de la poudre de perlimpinpin

Solidarité avec celleux qui se bougent contre l’extractivisme, et merci d’avoir fait passer l’info !

A la prochaine !


Invitation à la Foire des zines anarchistes 2024 de Montréal

Publié le 2024-04-15 14:05:08
Avr 152024
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Armons-nous de courage et des plus belles idées.

Les bourgeons de mai nous invitent chaque année à la réflexion sur la pensée subversive et les pratiques anarchistes d’hier à aujourd’hui. Le projet qui anime et enflamme nos coeurs est la destruction de l’autorité. Méfiant·es de la stratégie politique, nous proposons un anarchisme dont les moyens s’accordent avec les fins, sans attendre et sans compromis. La lutte pour la liberté est infinie et c’est par le conflit permanent que l’on arrive à créer des espaces pour respirer un peu, toujours dans une perspective de liberation totale.

Cette foire est un moment pour aiguiser le sens critique nécessaire à faire vivre ce projet. Elle vise à nourrir les imaginaires. Elle s’adresse aux rêveur·euses de liberté sans limite qui chérissent un bouleversement total du monde plutôt que son réaménagement. Les livres, les zines,les discussions et les rencontres sont indispensables. Ils donnent sens aux actes et vice versa.

Nous encourageons l'(auto)édition, réalisée par les compagnon·nes en dehors des chaînes commerciales de l’industrie du livre, pour libérer la plume de la censure et le livre de sa logique marchande. Nous souhaitons l’auto-organiation de la diffusion et de la distribution, avec la volonté de partage des idées à celleux qui se sentent interpellé·es. Cela passe necessairement par la gratuité et le refus des marchés alterno et des copyrights. Nous voulons l’autonomie de cet évenement que nous réalisons sans soutien institutionnel autre que la participation volontaire des individus.

Rejoingnez-nous les 11 et 12 mai prochains sous le viaduc Van Horne (nord de la track) pour deux journées de discussions, de lectures, de musique et de complicité.

Il y aura plusieurs tables de zines et livres sous le viaduc, quelques présentations suivies de discussions dans le petit parc adjacent, des concerts en soirée, ainsi que de la bouffe et du café sur place.

*Nous vous suggérons fortement de laisser vos téléphones, caméras et autres snitchs de poche loin de l’évènement.

*La foire aura lieu en extérieur et en toutes circonstances météorologiques, habillez-vous donc en conséquence.

*Plus de détails à venir sur les discussions et les horaires à consulter sur le site web https://mtlanarchistzinefair.noblogs.org/

VIVE L’ANARCHIE !

Rencontre et discussion contre le projet de centre fermé à Jumet

Publié le 2024-04-15 20:25:07

Le gouvernement prévoit de construire un centre fermé à Jumet. C’est une prison qui ne dit pas son nom. Il s’agit en fait d’enfermer des personnes uniquement parce que l’État leur refuse le droit de vivre légalement et dignement en Belgique. Leur seul « tort » est d’avoir traversé une frontière en espérant trouver un avenir meilleur.



Avec ce centre fermé, les politiques, Magnette et De Moor en tête, prouvent qu’ils n’ont rien à faire du bien-être des gens, y compris des jumétois.

Malgré les protestations et les pétitions, l’Office des Etrangers a orchestré, le 28 février dernier, une séance de désinformation flagrante prétendant agir pour la sécurité et l’emploi à Charleroi, alors que la principale raison d’imposer un centre fermé à Jumet réside dans sa proximité avec l’aéroport de Charleroi. Cette prétendue « séance d’information » a surtout révélé le mépris de l’Office des Étrangers envers les résidents de Jumet et leurs opinions.

Nous vous invitons pour une rencontre ce mercredi 17 avril à 18h, à Jumet bio, afin d’échanger des informations sur ce qui se passe déjà et risque de se passer à Jumet, de discuter de ce que sont réellement les « centres fermés » et de planifier une résistance à la construction de ce centre.

Pas de centre fermé ! Ni à Jumet, ni ailleurs ! Ensemble, résistons !



Chili : Mónica Caballero transférée

Publié le 2024-04-15 20:30:03

La Zarzamora / jeudi 11 avril 2024

Ce matin, avec d’importantes mesures de sécurité, la compagnonne Mónica Caballero a été transférée par le groupe opérationnel de la Gendarmería [le corps des matons chiliens ; NdAtt.] de la prison de San Miguel au Centre de détention féminin de San Joaquín.

Il n’y a pas encore beaucoup de nouvelles, nous les mettrons à jour au fur et à mesure que nous aurons plus d’informations sur les raisons et les conséquences de ce transfert arbitraire.

Nous appelons à être attentif.ves à la situation de notre compagnonne et à produire des gestes de solidarité.

Liberté pour Mónica !
Liberté immédiate pour les prisonnier.es anarchistes !

Bloomington (USA) : Perturbation de la présentation d’un livre d’une balance de l’affaire Green scare

Publié le 2024-04-15 20:35:04

Unravel / dimanche 14 avril 2024

David Agranoff, qui a balancé pendant l’affaire répressive Green Scare [un ensemble d’opérations répressives menées contre des militant.es écologistes et animalistes, dans les années 2000 ; NdAtt.] a été confronté au début de la présentation d’un de ses livres, à Bloomington, en Indiana, le 7 avril 2024. Nous avons distribué des tracts avec sa photo et des informations à son sujet aux personnes qui participaient à l’événement et nous l’avons traité de lâche et de mouchard, ce qu’il est. Lui et un.e organisateur.trice de l’événement ont rapidement pris l’initiative de ramasser les tracts et de nous faire sortir par la force. Il a répondu avec quelques répliques sur la fait que nous « n’étions pas là » et en demandant « qu’avez-vous fait pour le mouvement ? ».

David semble croire qu’assez de temps est passé et qu’il devrait pouvoir se déplacer dans nos espaces sans conséquences. Il veut revendiquer des contributions positives apportées à la lutte pour la libération animale et de la terre, malgré le fait qu’il fait partie des raisons de sa perte. David est peut-être à la périphérie des milieux punk straightedge et vegan, où les gens ne connaissent peut-être pas son passé. David sera toujours une menace pour les personnes qui l’entourent, d’autant plus que l’État est en train d’intensifier son utilisation des associations sociales comme terrain d’enquête. Une fois que quelqu’un.e a coopéré, il/elle peut être appelé.e à le faire à nouveau.

Cherchez-le du côté de chez lui (à San Diego, en Californie, comme indiqué sur son blog le 21 janvier 2024) ou peut-être pendant qu’il fait une présentation de l’un de ses livres à l’air ringard, dans une ville près de chez vous ! David tient un blog (https://davidagranoff.blogspot.com), un compte Instagram (Count.Agranoff) et un autre livre de lui sortira bientôt chez Anti-Oedipus Press (@antioedipuspress).
Vous pouvez trouver plus d’informations sur sa coopération et sur les balances de l’affaire Greeen Scare ici et ici.

La coopération [avec la justice] n’est jamais une option. Rappelez-vous que certain.es anarchistes n’oublient jamais une trahison !

David Agranoff (source de la photo : Unoffensive Animal)

Guérilla urbaine face aux jeux d’Athènes 2004

Publié le 2024-04-15T21:58:23+02:00

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Recueil non exhaustif des attaques qui ont embrasé Athènes autour de la période des jeux de 2004. Ces morceaux choisis sont issus d’articles en anglais, glanés dans des numéros de Green Anarchy, et publiés de 2002 à 2006. Voici donc un simple assemblage traduit de textes restitués et féminisés. Avertissement : Le vocabulaire n’a pas été modifié lorsqu’il est oppressif.
Bonne lecture !

Source consultée en 2024 :
https://archive.org/details/GreenAnarchy16_201610

LAISSONS LES JEUX OLYMPIQUES MOURIR SUR LA TERRE OÙ ILS SONT NÉS

« Ça ne fait aucun doute que nous entrons dans un contexte d’État policier et nous devrons apprendre à vivre avec. (…) Si nécessaire, même les stades seront gardés par l’armée » Jacques Rogge, président du Comité International Olympique, 26 novembre 2003.

En ces temps de guerre pour l’imposition de la domination globale, quand les patron-es procèdent à des coalitions inter-États et des accomplissements capitalistes, coordonnant leurs opérations sous la bannière de “l’anti-terrorisme” pour établir le contrôle totalitaire et piller le monde…

En ces temps d’attaque totale contre les peuples du soi-disant “tiers-monde”, dont le génocide par la famine et les maladies et leur esclavage dans les geôles des colonies de la production de masse des multinationales nourrissent le bien-être du monde “développé” ; dont la mort durant les croisades de l’Ordre Nouveau et sous occupation militaire, leur confinement dans des camps de concentration et la tentative de neutraliser leur résistance sont devenus la pierre fondatrice pour la sécurité des projets de la domination…

En ces temps d’exploitation, de surveillance et de répression intensifiées pour les exclu-es et ceu-elle-xs qui résistent au sein des murs métropolitains…

…Les Jeux Olympiques sont une vitrine du capitalisme et de la domination même. Une publicité du monde de l’esclavage de classe et des moyens policiers et militaires subséquents pour l’imposer. Un gala à échelle mondiale, scellant à un niveau supplémentaire la coopération des patron-es locales avec les corporations multinationales, les personnels politiques internationaux et les organismes de la répression.

Pour l’État grecque, un participant à la coalition criminelle qui est en train de lancer la guerre de terreur globale, les Jeux Olympiques sont une étape pour améliorer son rôle dans l’élite du monde, pour renforcer sa position prééminente dans les Balkans, ainsi que le fer de lance de ses attaques contre les exploité·e·s et les opprimé·e·s au sein de son territoire. Une attaque qui sera poursuivie après la nouvelle confirmation de la dictature parlementaire à travers la fraude électorale du 7 mars.

Chaque jour cela devient évident que les Jeux Olympiques ne sont pas juste un évènement sportif durant quelques jours, mais un processus permanent, signifiant une nouvelle ère de répression et de contrôle social.

Au nom de l’accomplissement de la Grandiose Idée, les “idéaux” du profit sont loués par les patron·e·s : les entreprises, les entrepreneur-euses et fonctionnaires d’État qui gèrent l’énorme budget 2004. Dans cette géante entreprise commerciale, les prolétaires sont labellisé·e·s “volontaires” pour payer leur coût en étant volé·e·s au travers de taxes, de la cherté et du gel de salaires, mais aussi pour payer leur prix : accélérer le rythme de travail, dans des conditions extrêmement dangereuses, avec leur propre sang dans des “accidents” du travail. Les sacrifices humains de travailleur-euses locales et migrant-es sur l’autel du profit et des bonus donnés pour le rapide achèvement des travaux ont pris des dimensions cauchemardesques sur les sites de construction olympiques où des centaines de travailleur-euses sont mort-es ou ont été gravement blessé-es. Un nouveau modèle d’exploitation absolue et d’humain-es sacrifiables dans les travaux olympiques, pour caractériser désormais les conditions de travail dans tous les autres lieux d’esclavagisme salarié.

Au même moment, les jeux offrant une opportunité unique au pillage capitaliste, l’environnement naturel est pillé et détruit, tandis que le paysage urbain est réaménagé en accord aux nouvelles normes de commercialisation et de surveillance de l’espace public.

La version locale de la guerre de terreur globale s’établit à travers la colossale opération “Safe Olympic Games”, incluant : la collaboration de spécialistes de “l’anti-terrorisme” des services secrets grecs, US, britanniques, israéliens et australiens, des exercices militaires par des mercenaires grec-ques et étranger-ères, appartenant aux forces spéciales de la police et de l’armée (avec la participation dominante des États-Unis), basés sur des scénarios “d’action préventive” et de “gestion de menaces disproportionnées”, des avions militaires qui espionnent volant au-dessus de la ville, l’utilisation du “système de sécurité” de l’OTAN, l’importation massive d’armes modernes et l’installation à grande échelle d’équipement de technologie avancée pour surveiller les espaces publics et les personnes, tels que le système C41 développé par la multinationale américaine SAIC (une entreprise fournissant savoir-faire, infrastructure et armement pour la guerre en Afghanistan et en Irak). Des centaines de caméras de surveillance sont installées, des “Zones Rouges” instituées et dans les rues les escadrons de mort d’une armée d’occupation policière sont en liberté. Pendant les JO, 50 000 soldat-es seront en “haute alerte” et toute manifestation et grève seront interdites.

À travers ces préparations orgiaques, l’appareil répressif est mis à niveau, et le nouveau rôle policier de l’armée dans la confrontation avec “l’ennemi interne” est promu. La doctrine “tolérance zéro” contre toute expression de dissidence sociale et de classe est en train de prendre racine et les opérations contre les migrant-es “illégales” de s’intensifier.

Les JO sont proclamés “question d’intérêt national” et leur sécurité devient le véhicule idéologique pour une imposition accélérée d’état d’urgence (pas uniquement pour la période avant et pendant les jeux, mais principalement pour la période qui suit, où l’intensification des luttes sociales est anticipée), pour l’application de méthodes et conditions qui sont de toute façon considérées comme des priorités pour moderniser le terrorisme d’État. Avec cette situation, les “cours martiales” sont mises en place, telle que celle qui a accompli sa mission récemment au sein de la prison Koridallos, imposant aux accusé-es d’être membres du “17 Novembre” des peines d’extermination de convenance politique, et celle qui aura lieu le 9 février contre les cinq accusé-es de participation à E.L.A. (Lutte Populaire Révolutionnaire). Ce sont des procès visant à ce que l’institution de “justice indépendante” légalise toutes les opérations des commandos “anti-terroristes”, les tortures et confinements en “cellules blanches”, les balances et le pogrom contre les dissident-es de la démocracie-terreur. La participation à la résistance sociale et à la solidarité avec les combattant-es persécuté-es est criminalisée, pendant que beaucoup d’entre eux-elles restent littéralement otages dans l’attente de leurs procès, tout comme les personnes arrêté-es pendant la manifestation contre le sommet de l’UE à Thessalonique. L’État grec signe des lois et des traités internationaux “anti-terroristes” autorisant l’extradition des combattant-es sociales au Gendarme Globale (USA), et prend part à l’établissement d’une Force d’Intervention Européenne dédiée à chasser les anarchistes. Les fonctionnaires des agences “anti-terroristes” de 7 pays qui participent à cette Force se sont rencontré-es en janvier et ont spécifiquement examiné la problématique des JO d’Athènes, en introduisant le concept de « lutte contre le terrorisme anarchiste » pour des raisons de répression préventive et préparer le terrain pour supprimer toute résistance sociale.

Les JO, telle que la Grandiose Idée des patron-es, propagandisés par tout le spectre du système autoritaire (partis politiques, institutions financières et les médias) est une machine idéologique contemporaine pour extraire du consentement social, constituée des figures les plus conservatrices, du nationalisme, aux “valeurs” du consumérisme et de l’offre “volontaires” de travail non rémunéré au service des patron-es.

Nous n’oublions pas que, ici autant qu’à une échelle globale, les excès des moyens multipublicitaires, des mécanismes et des méthodes de répression avec lesquels l’État et le Capital sont en train de s’armer, ainsi que leur campagne intimidante, reflète aussi leur insécurité causée par des explosions sociales existantes et imminentes. Ils reflètent l’échec qu’ils goûtent dans leur effort de présenter leur domination comme indiscutable et totalement invulnérable, lorsque partout dans le monde il y a des luttes et des révoltes qui explosent contre la globalisation de l’exploitation et de l’oppression, contre la guerre et la paix capitaliste.

Aujourd’hui, les JO concentrent les efforts de l’État pour approfondir son autorité dans la société, réprimant tou-tes ceu-elle-xs qui résistent à ses plans. Mais cette campagne n’est pas adaptée pour instiller la peur, décourager et prévenir les expressions multiformes de la lutte sociale et de classe. Au contraire, elle est une condition qui met en lumière la nécessité d’intensifier et diffuser cette lutte dans chaque front que les patron-es ouvrent par leur agression et dans chaque front qu’iels essaient de fermer pour leur profit.

Nous contrecarrons les projets de commercialisation en expansion et de surveillance des espaces publics, en les réclamant et transformant en espaces de résistance. Nous sabotons la paix sociale. Nous résistons à la guerre “anti-terroriste” dans et en-dehors des frontières. Nous nous tenons en solidarité avec les prisonnier-ères politiques et les combattant-es sociales persécuté-es. Les Jeux Olympiques sont en soit une vitrine du capitalisme et de la domination. Nous agissons ensemble avec tous-es ceu-elle-xs qui se révoltent contre la dictature de l’État et du Capital.

RAVIVONS LA GUERRE SOCIALE ET DE CLASSE
DÉTRUISONS LA GRANDIOSE IDÉE DES PATRON-ES

Assemblée ouverte des anarchistes anti-autoritaires, Athènes, janvier 2004

15 novembre 2001, Grèce : Une bombe endommage une filiale de American Express dans le Nord d’Athènes
Athènes : L’explosion d’une bombe a endommagé une banque filiale de American Express dans un centre commercial, mais personne n’a été blessé-e. L’explosion en milieu d’après-midi a endommagé la façade du centre commercial populaire, qui abrite aussi un grand magasin de jouets et une boutique, et est localisé sur une avenue fréquentée menant au complexe sportif olympique, et les banlieues Nord de la ville. L’explosion a eu lieu alors que des groupes étudiants et divers partis politiques se préparaient à commémorer l’anniversaire du 17 novembre du massacre d’étudiant-es en 1973 par l’État grec. Cette marche anniversaire est presque toujours marquée par une manifestation à l’Ambassade des États-Unis, où les marcheur-euses convergent pour protester le support américain à la dictature militaire de 1967-74 qui régna sur la Grèce. Les porcs d’Athènes n’ont pas voulu dire s’ils pensaient que l’explosion de la bombe était reliée à l’anniversaire, mais certain-es ont spéculé que cela pouvait être le travail de n’importe qui parmi la douzaine de “gauchistes” et groupes anarchistes locaux, qui sont connu-es pour cibler des business grecs et étrangers et des voitures de luxe dans la capitale grecque. D’autres fonctionnaires de police ont fait brièvement référence au mouvement 17 Novembre, un des groupes de lutte armée les plus sophistiqués et élusifs d’Europe, qui a tué 22 personnes depuis 1975, incluant cinq fonctionnaires américain-es (le mouvement 17 Novembre prend est nommé d’après la date de 1973 où la junte militaire grecque écrasa de façon meurtrière une insurrection étudiante). Mettre à bas le “terrorisme domestique” est devenu une haute priorité pour Athènes, avec l’organisation des Jeux Olympiques 2004 qui y est prévue. Par le passé, la Grèce s’est vue couverte d’intenses critiques pour son inhabilité à contrôler ses propres dissident-es internes et a jusqu’à présent budgété 600 millions de dollars pour la sécurité olympique.

27 novembre 2001 : Le gouvernement américain fait pression sur la Grèce pour « mettre à bas » le mouvement 17 Novembre après les récentes attaques à la bombe sur American Express
Suite à l’attaque à la bombe d’une filiale de American Express à Athènes plus tôt en novembre, le gouvernement américain menace la Grèce de sanctions économiques si iels ne redoublent pas leurs efforts pour écraser un groupe de guérilla urbaine appelé “17 Novembre”, obscur, visiblement invulnérable, qu’on croit derrière l’attaque à la bombe et qui est vu par le Département d’État U.S. comme un risque sécuritaire majeur pour les JO 2004, qui sont prévus à Athènes. “17 Novembre” a été impliqué dans 21 assassinats politiques depuis 1975, mais aucun-e suspect-e n’a jamais été arrêté-e en lien avec ces attaques – un fait qu’une commission américaine a pris en compte dans ses recommandations de placer la Grèce sur une courte liste des pays « ne coopérant pas pleinement » dans la lutte contre le terrorisme. Le Département d’État U.S. a décrit la Grsèce en tant « qu’un des maillons faibles » dans les efforts anti-terroristes en Europe, et certain-es commentateur-ices se sont demandé-es si la Grèce détient les compétences pour maintenir la sécurité olympique. Dans un effort de sauver la face, l’État grec a mis en place deux lignes téléphoniques permettant aux appelant-es de transmettre des informations à propos d’activités “terroristes” de manière anonyme et offre une récompense de plus de 4 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation et la condamnation de tout membre de “17 Novembre”. Mais la police grecque a admis qu’iels n’ont aucune idée de qui dirige les opérations de ce groupe, ni combien de membres sont impliqué-es ou même quels en sont les objectifs réels. Les cibles du 17 Novembre ont largement varié. Le groupe a apparemment débuté avec une underground grecque anti-junte de gauchistes radica-le-aux et d’anti-fascistes qui en 1975 ont conspiré pour tuer le chef de la CIA à Athènes Richard Welch, qu’iels blâmaient de collaborer avec la junte militaire arrière américaine qui régnait sur la Grèce à l’époque. Les cibles suivantes de 17 Novembre ont été des officiers grecs connus pour avoir torturé des prisonnier-ères politiques pour la junte, et quelques officiers militaires U.S. seniors. Après ça, iels ont passé de nombreuses années à assassiner de riches hommes d’affaires grecs accusés d’exploiter des travailleur-euses grecques. Leur dernier assassinat était en juin 2000 quand iels ont signé le meurtre d’un chef militaire britannique, le brigadier Stephen Saunders, qui a été abattu à bout portant dans le trafic athénien sur sa route pour aller au travail par deux assaillants en moto. Dans une déclaration de 13 pages qui apparu plus tard dans le quotidien « Eleftherotypia », iels ont revendiqué d’avoir tué Saunders pour son rôle dans les frappes aériennes « barbares » de l’OTAN contre la Yougoslavie. La déclaration dénonce « des crimes et des meurtres de type nazi de milliers de personnes sans armes » de l’OTAN et revendique également une série d’attaques en 1999, incluant des tirs de rockets sur la résidence de l’ambassadeur allemand et les bureaux du parti socialiste au pouvoir. Initialement, “17 Novembre” semblait se présenter comme un groupe révolutionnaire marxiste-léniniste mais ultérieurement des tracts envoyés aux médias ont évoqué l’image d’un groupe à la Robin des Bois des temps modernes, luttant pour les pauvres contre le pouvoir en place en Grèce. Des enquêteur-ices pensent que le groupe consiste peut-être de pas plus de 10-15 personnes qui pourraient embaucher des tueur-euses à gages étrangères qui peuvent venir et s’évaporer sans aucune trace, mais qui utilisent toujours le même revolver 45 magnum, que des expert-es balistiques ont établi comme ayant tué le porc de la CIA Richard Welch en 1975, pour authentifier leurs actes. Les membres de 17 Novembre semblent également autodidactes, ne brisant jamais leur stricte sécurité pour s’aventurer à l’extérieur et bénéficier de l’expertise de guerrilleros-as du moyen orient ou de fabriquant-es de bombe de l’IRA.

4 août 2002 : Des explosifs trouvés proche du stade olympique historique, le mouvement 17 Novembre suspecté
Athènes : La police grecque a trouvé une cachette d’explosifs enterrés près du site des premiers JO modernes. Il est prévu que le stade du XIXème siècle soit utilisé pour les Jeux Olympiques 2004 à Athènes. Des rapports des médias venant d’Athènes ont dit que se basant sur des preuves découvertes lors de récentes perquisitions, la police pense désormais que 17 Novembre a compilé une liste de potentielles cibles futures, incluant “les maintiens de la paix” de l’OTAN et le consulat américain à Thessalonique : Cela les a mené-es à spéculer que les explosifs trouvés au stade olympique puissent avoir été prévus par 17N en préparation d’une future action, malgré qu’iels n’aient pas exclu la possible implication d’autres unités de guérilla urbaine actives en Grèce, comme les Cellules Révolutionnaires et ELA.

10-11 juillet 2003 : Attaque incendiaire en solidarité avec 17N
Athènes : Un groupe militant nouvellement apparu a revendiqué la responsabilité d’une tentative d’attaque à la bombe d’une entreprise d’assurance américaine, faisant craindre un renouveau de violence urbaine à l’approche des JO de 2004. Se faisant appeler Action Révolutionnaire Populaire, le groupe a dit qu’il ciblait les bureaux du centre d’Athènes de American Life Insurance Co, le 11 juillet en tant qu’acte « contre l’impérialisme américain et ses serviteur-es locales » Personne n’a été blessé-e quand la bombe a été détruite par une explosion contrôlée. La police a dit que la revendication de cinq pages, envoyée à un journal athénien, ressemble aux proclamations d’une organisation terroriste grecque dissoute 17 Novembre, dont les membres présumé-es sont en ce moment en procès. Dans la revendication, le groupe dit qu’il ne portera pas d’attaques durant les Jeux Olympiques. Mais la possible résurgence de groupes de guérilla urbaine d’extrême gauche inquiéterait les autorités grecques qui ont dit avoir vaincu le terrorisme domestique suite à une répression l’an dernier le 17 novembre. Le 10 juillet, une voiture de police et une agence bancaire étaient endommagées dans des attaques incendiaires supposément portées par des anarchistes, aussi par solidarité avec 17 Novembre.

5 septembre 2003 : Luttes Révolutionnaires revendique l’attaque à la bombe du complexe judiciaire
Athènes : Deux puissantes bombes à retardement ont explosé dans le principal complexe judiciaire lors d’attaques que le gouvernement a lié au procès des membres suspecté-es de la plus large organisation de guérilla urbaine de Grèce – le Groupe Révolutionnaire 17 Novembre. La double explosion, qui a blessé un officier de police et endommagé un bâtiment dans l’enceinte étroitement gardiennée, a également suscité l’inquiétude parmi les responsables de la sécurité des JO d’Athènes à désormais moins d’un an de délai.

30 septembre – 1er octobre 2003 : Attaques incendiaires anarchistes en Grèce
Des bouteilles de gaz de cuisson ont été utilisées pour mettre le feu aux bureaux de deux partis politiques et les domiciles d’un politicien conservateur et d’un professeur d’université – Giorgos Veltsos – qui est un ami proche du Premier Ministre grecque Costas Simitis. Un groupe anarchiste inconnu auparavant se faisant appeler « Slalom Post-Minuit » a dit qu’il a mis le feu pour protester contre l’influence corporatiste sur les prochains JO d’été et l’arrestation en juin de quelques émeutier-ères durant le sommet de l’Union Européenne à Thessalonique. Le groupe a dit que c’était aussi contre le procès des membres de l’Organisation Révolutionnaire 17 Novembre gauchiste armée. « Tant que vous brûlerez des forêts, nous brûlerons vos bureaux » disait le communiqué diffusé au journal quotidien d’Athènes Eleftherotypia. « Tant que vous brûlerez des cerveaux, nous brûlerons vos maisons. »

Une des bouteilles de propane incendiaires utilisées par le groupe a brûlé la maison de Giorgos Voulgarakis, un législateur conservateur. Il n’était pas à la maison et les pompiers ont sauvé ses femme et 4 enfants. Le feu a également endommagé quelques voitures. En tout état de cause, le « Slalom Post-Minuit » (qui se définit lui-même en tant que « société de travailleur-euses pour une révolte social ») a assumé la responsabilité pour cinq attaques à la bombe incendiaire ciblant des politicien-nes et des figures publiques dans le centre d’Athènes en l’espace de deux jours. Dans la déclaration déposée dans une poubelle d’Athènes, « Slalom Post-Minuit » a attaqué les JO de 2004 pour être « une putain des entreprises multinationales, adressée aux robots dopés. » Le groupe a également demandé que l’Espagne libère cinq membres suspecté-es d’une cellule anarchiste de Barcelone détenu-es en lien avec une attaque au colis piégé du consulat grec à Madrid. L’incendie volontaire de « Slalom Post-Minuit » a ciblé deux bureaux Pasok et un appartenant à Nouvelle Démocratie, deux des partis politiques en Grèce les plus puissants et fermement ancrés.

6 novembre 2003, Athènes et Thessalonique
Des anarchistes ont attaqué à la bombe trois banques en solidarité avec les 7 de Thessalonique à Athènes, et pour s’opposer à la visite du chef du FBI Robert Mueller, qui était en Grèce pour inspecter la sécurité des prochains JO. Personne n’a été blessé-e, mais les banques, particulièrement Eurobank, ont subi des dommages considérables. Simultanément, 1 500 personnes ont participé à une manifestation anarchiste. À Thessalonique une banque et une voiture du Ministère des Travaux Publics ont également été attaquées à la bombe en solidarité avec les 7 de Thessalonique. Les explosions du 6 novembre portent à plus de 25 le nombre total d’attaques à la bombe incendiaires sur des banques et d’autres bâtiments à Athènes et Thessalonique depuis les arrestations des 7 de Thessalonique.

17 février 2004, Athènes : Marche anarchiste contre les JO
Environ 1 000 anarchistes ont marché à travers le centre d’Athènes contre les mesures massives de sécurité planifiées pour les JO des 13-29 août. La police a attaqué les anarchistes avec une petite quantité de gaz lacrymogène vers la fin de la manifestation. C’était la plus récente d’une série de manif contre les JO et les mesures de sécurité coûtant plus de 750 millions $. Les mesures impliqueront le déploiement de 50 000 policier-ères et soldat-es, la militarisation d’Athènes pour renforcer les restrictions de manifester dans la rue durant les jeux, et l’installation d’environ 1 300 caméras de surveillance dans Athènes et cinq autres villes servant de sites Olympiques. La Grèce, un des plus petits pays à accueillir l’événement, prévoie de dépenser un record de 800 millions de dollars dans la sécurité, trois fois le montant dépensé pour les JO de Sydney il y a quatre ans. Mais un rapport confidentiel américain, cité par les médias grecs, questionne l’habilité des organisateur-ices à faire face à la menace de tireur-es embusqué-es dans les collines autour des sites, ainsi qu’à la menace des anarchistes qui portent régulièrement des attaques à la bombe incendiaire contre l’ordre social régnant en Grèce. Des militant-es sont également en colère avec le nombre croissant de mort-es parmi les ouvrier-ères sur des sites olympiques, dont beaucoup ont péri dans la folle course pour achever la construction des installations olympiques.

25 février 2004, Athènes
Environ 1 000 anarchistes se sont séparé-es d’une manifestation anti-olympique et ont jeté des pierres et des bombes de peintures à la police anti-émeute proche du Ministère du Travail. Les anarchistes ont déployé des banderoles noires géantes près de l’entrée de l’Université d’Athènes. Une on peut lire : « Les JO c’est une affaire de pots-de-vin, de dopage et de béton. Ce sont les idéaux olympiques. » tandis que sur une autre : « Pas de participation à la peste olympique ».

15 mars 2004, Chalándri : Bombe à retardement placée à une banque américaine
Un groupe militant relativement nouveau a revendiqué la responsabilité pour une bombe placée à l’extérieur d’un bureau d’une filiale athénienne d’une banque américaine. La police grecque a eu recours à une explosion contrôlée pour détruire le petit dispositif, qui été caché dans un sac à dos et placé à l’extérieur d’une filiale de Citibank dans la banlieue Nord-Est d’Athènes. Les clandestin-es dissident-es se faisant appelé-es Lutte Révolutionnaire Populaire a revendiqué la responsabilité dans un appel téléphonique au journal athénien Elftherotypia. La police a dit que la bombe était faite de dynamite, d’un détonateur et d’un dispositif de retardement. La bombe a soulevé encore plus d’inquiétude parmi les responsables de la sécurité préparant les JO des 13-29 août. La banque ciblée est localisée sur une route principale menant au complexe olympique, à environ 3 kilomètres de distance. Le 5 septembre 2003, le même groupe a revendiqué la responsabilité de deux puissantes explosions de bombes au complexe judiciaire principal. Les explosions, qui ont blessé un flic et endommagé un bâtiment dans l’enceinte du tribunal étroitement gardienné, étaient portées en réponse au procès des membres suspecté-es de l’Organisation Révolutionnaire 17 Novembre. La police a dit que le communiqué publié après l’action était écrit sur un ordinateur et que chaque page arborait une étoile rouge à cinq branches, un symbole utilisé par le mouvement 17 Novembre. Dans cette revendication, le groupe s’en est pris aux Ministres grecs des Affaires étrangères, de la Justice et de l’Ordre public, les qualifiant de « serviteurs des intérêts américains ». Elle critique aussi le juge qui préside dans le procès 17N, l’appelant « directeur de théâtre ». La sécurité reliée aux JO s’est intensifiée suite aux attentats meurtriers de train à Madrid. Une opération sécuritaire olympique secrète impliquant des centaines de troupes américaines a commencé, le nouveau premier ministre conservateur grec ayant pris les jeux troublés sous son aile. Alors qu’il y a eut un black-out médiatique sur la secrète opération, nom de code « Bouclier d’Hercule », nous avons appris que les forces américaines vont jouer un rôle de commande et de contrôle sur les 2 000 troupes grecques, et que l’opération « Bouclier d’Hercule » s’étendra de l’île de Crète au Sud de la Grèce jusqu’à Athènes.

13 mai 2004, Athènes : Un groupe anarchiste envoie un avertissement explosif aux visiteur-es olympiques !
Un groupe militant qualifié « anarchiste » par des enquêteur-es grecques a revendiqué la responsabilité pour de nouvelles attaques à la bombe à l’approche des Jeux Olympiques et proféré une menace voilée contre les visiteur-es de l’extravagance sportive estivale. L’avertissement du groupe Lutte Révolutionnaire est apparu après les bombes artisanales explosées à une banque Alpha dans la banlieue athénienne de Voula, et qu’un autre dispositif explosif non identifié (qui fut désamorcé) était trouvé à l’extérieur de l’agence Alpha, non loin de là, propriété britannique de la banque HSBC, la seconde banque la plus grosse en Grèce, et une des sponsors des Jeux Olympiques. Les explosions de banque, qui ont causé des dommages sur les propriété mais pas de blessé-es, ont surgi huit jours après que des bombes similairement fabriquées aient explosé dans un poste de police à Athènes, une attaque également revendiquée par Lutte Révolutionnaire.

« Tou-tes les membres seniors du système capitaliste international, des multinationales aux gens d’affaires, mercenaires d’à travers le monde et fonctionnaires d’État aussi bien que riches touristes olympiques occident-ale-xs qui prévoient d’assister aux Jeux sont indésirables », a dit Lutte Révolutionnaire dans une lettre publiée dans un hebdomadaire. La lettre a aussi dit que la massive opération sécuritaire et l’implication de l’OTAN ont transformé la Grèce en forteresse, ce qui signifie que les JO ne sont pas une célébration mais une « guerre ». La plus récente explosion de bombe revendiquée a surgi tandis que les forces de sécurité grecques ont débuté un exercice de sécurité olympique crucial de trois jours, trois mois avant le début des Jeux le 13 août.

« Olympic Guardian II », le huitième exercice de sécurité olympique, implique huit ministères clefs aussi bien que des organisateur-ices des Jeux et d’autres services d’État. La Grèce investit un milliard d’euros (1,19 milliards de dollars) pour la sécurité olympique et a l’intention d’avoir recours à l’assistance de l’OTAN avec des patrouilles aériennes et maritimes. On sait peu de choses sur le groupe Lutte Révolutionnaire, en dehors du long manifeste anti-capitaliste dans lequel il expose les raisons de la lutte armée, en dénonçant les projets qu’a la Grèce pour contribuer à l’occupation menée par les USA en Irak, autant que les mesures anti-terroristes planifiées en amont des Jeux telles que les caméras de surveillance.

1er juillet 2004 : Attaque pré-JO au cocktail Molotov à Athènes
Une bombe incendiaire a été lancée dans un bureau du parti grec au pouvoir dans une banlieue d’Athènes, quelques heures avant la mise en place d’un plan de sécurité à 1 milliards d’euros pour protéger la ville d’attentats pendant les JO du mois d’août. La Grèce a dépensé un record de 1,2 milliards de dollars sur la sécurité olympique, et demandé l’aide de l’OTAN et d’un groupe consultatif de sept nations incluant les États-Unis, la Grande Bretagne et Israël.

Au cœur du système de Sécurité Olympique il y avait un réseau technologique de 312 millions de dollars consistant de caméras infrarouges et haute définition, des communications radio, et des réseaux informatiques installés par un consortium dirigé par Science Applications International Corporation (SAIC) basée à San Diego. « Les inquiétudes quant à la vulnérabilité de la Grèce à l’introduction de groupes terroristes internationaux est en partie due à l’existence d’innombrables points d’entrée dans le pays et à ses frontières et contrôles de passeport sans doute défectueux » a écrit dans un rapport le Service de Recherche du Congrès basé à Washington. « La Grèce détient des millier d’îles dans les mers Égée, Ionienne et Méditerranéenne. »

En plus de ses propres mélanges domestiques d’anarchistes et d’autres groupes radicaux, la Grèce se situe proche de plein d’autres point chauds du monde incluant l’Irak, la Tchétchénie, l’Afghanistan et les Balkans.

22 juillet 2004, Athènes :
Aux premières heures du matin, des bombes incendiaires furent lancées sur le bâtiment du Ministère de la Culture et le siège de l’Olympiade Culturelle à proximité, causant de légers dommages structurels. Pendant une manifestation anti-olympique cette nuit-là, des anarchistes ont lancé une bombe incendiaire sur le bâtiment du Ministère de l’Intérieur et tagué les colonnes de caméras de surveillance installées pour les JO. Il n’y a eu aucune arrestation.

20 août 2004, Athènes : Bombe de viande hachée et de seringue, la dernière arme en date des anarchistes !
Des anarchistes ont revendiqué la responsabilité d’une menace à la bombe au siège de la Fédération des Athlètes Grecs, mais la police a dit qu’iels ont uniquement trouvé une fausse bombe remplie avec de la viande hachée et des seringues. Des expert-es en déminage ont évacué et fouillé le bâtiment central d’Athènes et bouclé les routes voisines après un appel anonyme à un journal local.

Dans une revendication envoyée à l’agence de presse d’Athènes, la peu connue « Intervention Anarchiste » a révélé que sa menace de bombe était une farce, expliquant que « les sports commercialisés servant des records, des bénéfices, des sponsors et des médailles à tout prix ne peuvent qu’être couverts par des anabolisants. Dans des actualités liées, deux anarchistes grec-ques ont été arrêté-es le 21 août pour avoir attaqué et légèrement blessé quatre journalistes espagnoles à Athènes pour couvrir les JO.

27 août 2004, Athènes :
Durant une marche de plus de 1 000 personnes contre l’intention du Secrétaire d’État Colin Powell d’assister aux JO, un petit contingent d’anarchistes masqué-es a éclaté des caméras de surveillance, tagué le slogan « Contre les JO de la Répression » sur des panneaux d’affichage, des vitrines cassées de banques, et ont attaqué les bureaux de l’Association des Industriels Grecs. Quand la police anti émeute a bloqué la tentative de marche vers le Consulat américain iels ont été assailli-es avec des bouteilles, des pancartes et des pierres.

« La venue de Powell ici est une provocation politique de premier ordre : 94 % des grec-ques sont contre la guerre en Irak » a dit un-e émeutier-ère anonyme. Powell a fini par annuler son voyage à Athènes en partie à cause de l’inquiétude selon laquelle sa présence (et les émeutes qui étaient quasiment garanties) perturberait la cérémonie de clôture des JO.

29 août 2004, Athènes :
Les JO approchant de leur fin, environ 100 anarchistes ont déclenché une émeute dans un quartier touristique à 3:00 du matin, attaquant une banque et un McDonalds. Quand la police anti émeute est arrivée iels ont été attaqué-es avec des pierres et des bombes incendiaires. Au moins six personnes ont été arrêtées.

17 octobre 2004, Athènes : Les JO sont finis, mais les anarchistes continuent leur vie !
Maintenant que les JO sont terminés, la police grecque se soucie à nouveau des gangs incendiaires anarchistes. Environ 20 jeunes encapuché-es sont allé-es saccager le centre d’Athènes, lançant des bombes à essence et fracassant des vitrines. Le groupe a endommagé deux banques et un bureau du Ministère de l’Intérieur ; personne n’a été blessé-e.

L’épisode soulève des craintes parmi les fonctionnaires d’État que des gangs incendiaires puissent réémerger avec l’assouplissement de la sécurité après les JO. Les anarchistes incendiaires ont routinièrement ciblé des banques privées et la propriété gouvernementale. La Grèce a dépensé un record de un-et-demi milliard de dollars pour la sécurité durant les Jeux tandis que 70 milliers de policier-ères et soldat-es patrouillaient les zones urbaines. Les mesures de sécurité renforcées ont pris fin au début du mois d’octobre.

Les anarchistes ont commencé leur saccage aux alentours de 22h depuis la place Exarchia, se séparant en deux groupes. Un groupe a attaqué la Banque Agricole proche de la place avec des bombes incendiaires, provoquant un incendie, qui menaçait aussi une clinique médicale à proximité. Les pompiers ont rapidement éteint le feu, mai pas avant que ça provoque des dommages majeurs. Quelques minutes plus tard le même groupe a lancé des cocktails Molotov sur une branche de Emporiki Bank à proximité. L’incendie qui s’en est suivi a été bientôt éteint et résultant uniquement en des dommages mineurs.

L’autre groupe d’anarchistes a lancé une bombe incendiaire sur un bureau du Ministère de l’Intérieur à proximité, mais sans provoquer de dommage majeur. La jeunesse rebelle s’est volatilisée de la scène avant que la police puisse procéder à des arrestations.

8 février 2005, Athènes : Attaques à la bombe en hausse !
Une série de bombes artisanales ont endommagé les entrées de cinq banques grecques et de deux bureaux locaux du parti conservateur au pouvoir, mais personne n’a été blessé-e, ont dit les bâtards de la police. Les explosions, déclenchées par des bouteilles de gaz de camping dans le centre et l’Est d’Athènes, ciblaient quatre filiales de Eurobank et une de National Bank en une heure. Une des banques a était sérieusement endommagée et quelques voitures garées à proximité ont été touchées.

Des groupes dissidents principalement identifiés en tant qu’anarchistes ont par le passé régulièrement organisé des attaques similaires dans la capitale. À cause de l’intensification du contrôle et de l’installation de caméras de surveillance avant les JO d’Athènes d’août dernier, ainsi qu’à la capture et au démantèlement du groupe habile de guérilla 17 Novembre à la mi-2002, l’establishment grec a vu un déclin de telles attaques. Mais dans les mois récents les attaques sont de nouveau en hausse, avec plusieurs attaques à la bombe principalement contre des convois de police et des gardes. Des sources policières ont dit que les attaques ont augmenté les craintes qu’un nouveau groupe de guérilla puisse s’être formé.

Les autorités surveillent les menaces potentielles des JO
Turin, Italie – Les autorités responsables de la sécurité des JO d’hiver surveilleraient les activités de “nombreuses” personnes suspectées de possibles liens avec le “terrorisme”, incluant des manifestant-es antimondialisation et des anarchistes. Selon les autorités italiennes, elles surveillent les mouvements de 700 personnes, mais en déclarant que la surveillance visait « de nombreuses cibles d’intérêt ». Début décembre, le ministre de l’intérieur italien a dit qu’un plan de sécurité appelant au déploiement de presque 10 000 policier-ères à Turin était en place, bien qu’il n’y ait aucun signe clair d’une quelconque activité terroriste visant les jeux. Les JO d’hiver (février 2006), devaient attirer jusqu’à un million de spectateur-rices. Le gouvernement italien a dit que des anarchistes essayaient d’infiltrer les manifestations contre une liaison ferroviaire à grande vitesse dans le Nord-Ouest de l’Italie et de semer le désordre dans des villes y compris Turin. L’alerte a surgit lorsque des centaines de manifestant-es ont bloqué des routes et des voies ferrées pour une seconde journée sur la liaison ferroviaire prévue dans le val de Suse, où des événements olympiques ont prévu d’avoir lieu. Au moins 20 personnes ont été blessées dans un affrontement quand la police a chargé un campement dans le val où des manifestant-es dormaient. Il y a aussi eu des affrontements à Turin où un porc a été blessé à la tête, et il y a eut du vandalisme dans la ville.

23 janvier 2006, Trente, Italie : Flamme olympique appréhendée
Quatre anarchistes italien-nes ont été arrêté-es pour avoir franchi des barrières et chopé la flamme olympique à une coureuse italienne championne du 1 500 mètres alors qu’elle passait dans le Nord de la ville en route pour Turin. Contrairement aux infos relayés dans les journaux et la télévision, le-a compagnon-ne qui a attrapé la torche a pu courir presque 60 mètres avec avant qu’elle ne soit reprise. Quatre des huit manifestant-es se sont échappé-es, mais les quatre autres ont été arrêté-es et emmené-es à un poste de police local. La torche a été impliquée dans 33 incidents organisés par des anarchistes et des activistes anti-mondialisation depuis qu’elle a quitté Rome.

Anti©

Saïx (Tarn) : pelleteuses et tractopelles flambent sur le chantier de l’A69

Publié le 2024-04-17 14:30:21

Autoroute A69 : plusieurs engins de chantier incendiés cette nuit
à Saïx

La Dépêche, 17 avril 2024 (extrait)

C’est un nouvel incident qui s’est produit cette nuit sur le chantier de l’A69, à Saïx, au Dicosa.  Vers minuit, une demi-douzaine d’individus cagoulés ont encerclé l’agent de sécurité sur place, « pour l’empêcher de donner l’alerte », d’après Atosca. « L’agent a été intimidé, insulté. Il est très choqué » explique la société.

Il a alors vu surgir une trentaine de personnes, cagoulées, qui s’étaient dissimulées. Les individus ont ensuite mis le feu à plusieurs engins de chantier de NGE. C’est un autre agent de sécurité qui effectuait une ronde qui a donné l’alerte, quelques minutes plus tard. Bilan : 4 engins incendiés et mis hors service et une plainte déposée par Atosca. Des engins incendiaires avaient été déjà découverts sur le chantier ces trois dernières semaines, et les agents de sécurité avaient reçu comme consignes de ne pas aller au-devant d’une confrontation en cas d’intrusion de ce type.

Cet acte intervient dans un contexte où une frange des opposants à l’autoroute A69 a appelé dans un communiqué, il y a quelques jours, à « intensifier les actions » contre NGE, le concessionnaire qui construit l’autoroute, en retraçant les actions réalisées contre des engins de chantier de NGE ces derniers mois : en Haute-Vienne, en février, où une pelleteuse a été incendiée, en Gironde, où « deux machines ont été sabotées et une voiture mise hors-service ». Au début du mois d’avril, c’est près d’Agen que plusieurs engins ont été « sabotés ».

Contre le business de l’enfermement et les centres de rétention, en mai, fais ce qu’il te plaît !

Publié le 2024-04-17T23:25:42+02:00

texte maiContres les frontières et l’enfermement, nous appelons à un mois d’actions décentralisées et autonomes contre le business des Centres de rétentions administrative (CRA). Nous invitons toustes celleux qui se reconnaissent dans cet appel à attaquer à leur manière les cibles de leur choix !

À travers toute l’Europe, les États cherchent à renforcer leurs frontières. Cette logique répond aux intérêts impérialistes et néo-coloniaux des pays européens. Les Centres de Rétention Administrative (CRA) sont un des élément-clés de ce système raciste et servent à enfermer les personnes qui n’ont pas les « bons » papiers.

En france, la loi Darmanin votée en 2024 va intensifier la répression contre les personnes immigrées / sans papiers en facilitant les arrestations, l’enfermement et les expulsions. Cette politique raciste ne sera pas applicable sans plus de moyens pour enfermer et remplir leurs objectifs repressifs. L’État prévoit de construire 10 nouveaux CRA dans les années à venir, faisant passer les capacités d’enfermement de 1500 à 3000 places.

À l’intérieur des CRA et depuis qu’ils existent, les prisonnièr·es luttent pour leur liberté, pour faire entendre leur voix au dehors des murs. De l’extérieur, les luttes et les solidarités se construisent pour enrayer ces politiques de terreur. Intensifions-les !

Nous appelons en mai à un mois d’actions décentralisées et autonomes contre le business des CRA. Nous invitons toustes celleux qui se reconnaissent dans cet appel à attaquer à leur manière les cibles de leur choix.

Et les cibles, c’est pas ça qui manque ! Derrière les constructions de CRA, il y a tout un tas de profiteur·euses qui bénéficient de ce business et rendent ces lois applicables :

En appelant à agir « Contre le business de la construction et de la gestion des CRA », c’est contre la logique même d’enfermement et de privation de liberté que nous luttons. Car à travers les différentes formes qu’il prend (taules, CRA, hôpitaux psychiatriques…), l’enfermement est toujours un instrument de l’État pour protéger l’ordre établi, et il cible souvent les mêmes groupes de personnes, que ce soit parce qu’iels n’ont pas les bons papiers ou parce qu’iels enfreignent des lois racistes et anti-pauvres, de toute façon faites contre elleux.

Nous ne réclamons pas seulement la liberté pour les prisonnier·es en CRA qui n’auraient « rien fait de mal » en opposition avec d’autres type de prisonnier·es : nous voulons la liberté pour toustes et la fin de cet ordre raciste. CRA et prisons sont les 2 faces d’une même pièce et se renforcent mutuellement. Les sanctions pénales sont de plus en plus la cause de l’enfermement en CRA, cette position clairement assumée est mise en avant par Darmanin : 27% des personnes enfermées en CRA sortaient de prison en 2022, contre 8% en 2017. Les placements en CRA pour « menace à l’ordre publique » ont également été multipliés.

Lutter contre les CRA, c’est donc bien lutter contre les frontières mais aussi contre le système judiciaro-carcéral raciste. Soutenir les prisonnier.es des CRA c’est soutenir tout.es les prisonnier·es.

Contre le business de la construction et de la gestion des CRA, Contre les boîtes collabos et les institutions racistes,

En mai, fais ce qu’il te plaît !

Grenoble : La montagne est bien mieux sans tourisme (ni JO)

Publié le 2024-04-18 07:05:04

Le Dauphiné Libéré / mardi 16 avril 2024

Symbole à leurs yeux de l’aménagement extensif et du techno-solutionnisme, le salon Mountain Planet, à Grenoble, a été la cible d’activistes opposés aux Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. Dans la nuit, des individus ont lacéré au cutter la grande bâche d’accueil du salon et tagué le sol et les grilles d’entrée d’Alpexpo.

« Le bilan est plus moral que matériel », a déploré Jérôme Riff, le directeur de l’espace d’expositions, qui chiffre tout de même le préjudice à 50 000 euros. […]
Les dégradations ont eu lieu durant la nuit. Après constat d’huissier, une plainte a été déposée. Jérôme Riff ne décolère pas : « Mountain Planet est un salon pour répondre aux enjeux d’accessibilité et de durabilité en montagne. […] » Autre conséquence, la traditionnelle photo d’accueil des 25 délégations n’a pu avoir lieu.

Fuck l’autoroute 20

Publié le 2024-04-18 13:15:09
Avr 182024
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Malgré l’opposition de la communauté locale concernant la dégradation environnementale et l’inutilité du projet, le gouvernement du Québec insiste pour rallonger l’autoroute 20 de Notre-Dames-des-Neiges à St-Simon, ce qui implique la construction d’un pont passant au-dessus de la rivière Trois-Pistoles. Le Ministère des Transports du Québec persiste à vouloir étendre les tentacules de l’État et de l’industrie tout deux reliés au contracteur Englobe, une multinationale en ingénierie siégeant leur bureau entre autres dans la ville de Québec. En ce moment, des forages géotechniques ont lieu de chaque côté de la rivière Trois-Pistoles. Ces forages impliquent l’extraction d’échantillons du sol à l’aide d’équipement vulnérable se trouvant un peu partout autour du site et dans la ville de Trois-Pistoles et Notre-Dame-des-Neiges.

Durant la nuit, dans la deuxième semaine d’avril, des anarchistes ont saboté un camion de la MTQ qui transporte une machine de forage et l’ont couvert de graffitis.

Les anarchistes du Quebec et d’ailleurs sont invités a faire pareil. Nous devons nous battre contre ce projet d’autoroute pour défendre nos forêts et rivières.

ASCAB, pérégrinations de trois saisonnières dans le pétrin

Publié le 2024-04-18 19:10:06

« En s’appuyant sur notre expérience de boulangères saisonnières dans une scop, on voudrait parler de toutes ces entreprises à taille humaine se revendiquant de l’économie sociale et solidaire, plaçant l’humain avant le chiffre, oeuvrant pour l’écologie et clamant que leur métier est avant tout une passion.
On voudrait pointer du doigt que rien de tout ça n’est en contradiction avec l’organisation du travail dans une économie capitaliste et que le déni de l’existence de l’exploitation et de la conflictualité sont un terreau fertile pour des méthodes managériales violentes.
On voudrait rappeler à tout ce beau monde de gauche que réformer le travail n’est pas anticapitaliste. »

Caen (Calvados) : attaque incendiaire contre l’Autorité de Sûreté Nucléaire

Publié le 2024-04-18 19:25:05

[Reçu par mail, 18 avril 2024]

Le 15 avril 2024, le placard internet de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) de Caen a été incendié pour lutter concrètement contre le nucléaire.

C’est une institution bidon : il n’y a pas de nucléaire sûr. L’intensification du nucléaire va débuter par le démarrage de l’EPR de Flamanville, autorisé par l’ASN, pour toujours plus de production destructrice et de contrôle social.

Des mines aux déchets, crève la société nucléaire.

De toute façon, on aime ni le nucléaire, ni les gendarmes, alors autant attaquer le soi-disant « gendarme du nucléaire ».

Bisous

Prison de Rebibbia (Italie) : Le carrousel de la répression

Publié le 2024-04-19 07:25:08

La Nemesi / dimanche 7 avril 2024

Le carrousel de la répression – Un texte d’Anna Beniamino

Le 24 avril 2024, près de huit ans après les arrestations dans le cadre de l’opération Scripta Manent, la Cour de cassation se prononcera pour la deuxième fois à propos du crime de « massacre politique », art. 285 du code pénal, à l’encontre d’Alfredo et de moi-même, cela étant le dernier reliquat resté en suspens de ce procès (1), après un carrousel de renvois, de recalculs, de tours de prestidigitation répressifs-jurisprudentiels (2).

Bien que la répétition de l’erreur puisse anesthésier face à l’horreur, et nous vivons dans une époque de multiples horreurs, exhibés, et d’anesthésies totales, je pense que l’on peut encore dire quelques mots sur la tentative d’anéantissement en cours et sur les réactions, réussies ou essayées, qu’elle rencontre. Non pas parce que je pense que cela puisse être utile à nos destinées personnelles, mais à cause d’une forme de « romanticisme » têtu, qui considère le silence et la résignation comme mortels, toujours, mais d’autant plus dans un procès politique.

Je ne suis pas du tout encline à me résigner en silence (comme cela est quotidiennement le cas dans les taules) face à l’administration de la « justice », ni à me laisser limiter par la logique de la réduction des dégâts (un autre pilier de la survie, entre taules et tribunaux), mais je déplace l’attention sur les politiques répressives qui y sont sous-tendues et sur la capacité effective à réagir, à créer des moments de lutte et de rupture, à construire des digues, individuelles et collectives, contre l’arrogance de la répression.

J’ai parlé d’erreur et d’horreur, parce que c’est ce que les politiques répressives sont dans leur essence, de l’erreur et de l’horreur qui se mélangent pour bouleverser complètement la portée théorique et pratique de l’ennemi, l’enterrer vivant et/ou le contraindre à se retrancher dans une défense préventive et dans les réserves indiennes de la « contre-culture » et de la recherche d’une « indignation démocratique » (et celle-ci aussi est désormais peu plus qu’une réserve indienne, avec un seuil de sensibilité qui est de plus en plus, et pour le plus grand nombre, une armure impossible à entamer), une stratégie qui, sur une courte période, sape la réactivité des compagnons et des compagnonnes, coincés, plus qu’ils le pensent, dans un sentiment d’inéluctabilité des éventements et d’impossibilité de construire des réactions.

Il y a sept ans, je pensais qu’il aurait été possible de gérer le procès Scripta Manent comme de la répression ordinaire, en ripostant d’un point de vue technique, point après point, sur les faits spécifiques et sur l’ensemble de la construction d’une association, étant donnée l’évidente faiblesse des argumentations de l’accusation. Un excès d’optimisme sur la volonté et la stratégie politique qui étaient en jeu et une myopie impardonnable dans le fait de ne pas souligner tout de suite avec plus de force ce qui était en train de se passer. Il y a eu « besoin » du régime 41-bis et de la condamnation à perpétuité, pour attirer les yeux et l’attention.

Loin de vouloir tomber dans la rhétorique de l’« erreur judiciaire », de l’excès, parce que, d’un point de vue jurisprudentiel et probatoire, c’était justement cela la donnée à admettre, les dents serrés, par certains médias grand public (d’autres ont continué à nous décrire comme des monstres), qui, pour justifier le régime de 41-bis pour un anarchiste, devaient, avec une certaine gêne, contextualiser les faits et le personnage, en plus de devoir placer le cœur de l’État, sa sûreté – dont la mise en danger est ce qui caractérise le massacre politique –, dans deux bennes à ordure explosées à trois heures du matin en face du mur extérieur d’une caserne, et taire, avec le même gêne, les autres failles dans le scénario offert par la Direction nationale anti-mafia et antiterrorisme (DNAA) et par le parquet de Turin.

Loin de l’« erreur judiciaire », parce que celle-ci est une volonté précise, avec une convergence entre des châteaux de cartes de commissariat et des cages en béton avec vue sur du béton : l’élément ponctuel (la carrière du pandore ou du magistrat précis, les médias toujours prêts à souffler sur le nouveau danger, la propagande la plus vulgaire) est bien présent, mais il converge dans une machine bien lancée, qui a toujours besoin de nouvelles têtes coupées, pour les exposer sur les bastions de la loi et de l’ordre. Après, parfois la machine se grippe… et il est du devoir et de la fierté de tout antiautoritaire de la faire gripper.

En ces années de taule et de procès, j’ai eu le possibilité de vivre sur ma peau toute une série d’excès de la logique et des normes juridiques, je ne pensais pas que l’on puisse en concentrer autant dans une seule opération, et je me suis également rendue compte que c’est la pratique normale, entre parquets et tribunaux, dans l’extension de la législation « spéciale » et « d’urgence » à celle « quotidienne » de l’anti-mafia et de l’antiterrorisme ; non plus une exception, mais la gestion habituelle que la DNAA appliquait et applique dans les procès contre l’ainsi dite criminalité organisée, élargie aux anarchistes, et que, en général, la justice applique à ces parties de l’opposition sociale et de non-homologation, isolées et facilement attaquables, qui expriment encore, bien qu’en forme embryonnaire, la nécessité de reprendre la rue, la parole et la dignité d’une opposition non négociée. Une attaque synergique – nourrie par un climat politique qui n’est pas le fait d’un simple gouvernement de droite, mais qui était le même lors des derniers gouvernements, qu’ils se définissent « politiques » ou « techniques » – contre des composants impossibles à récupérer pour des finalités électorales : dans une baisse générale du niveau de ce qui est passable de punition pénale et dans la concomitante hausse de ce qui est exhibé comme monstrueux par les médias, on peut lire les stratégies en cours et les résistances à y opposer.

Dans ce cens, je pense que le texte de Juan (3) est clair dans le fait de saisir ce qu’il y a de positif, si non la nécessité de faire barrage, en plus des nécessaires demandes critiques et autocritiques sur le mouvement.

Sur la construction juridique : des châteaux de cartes

Présenter l’ennemi comme un monstre, c’est ce qui arrive : c’est la normalité, non pas l’exception. Sûrement de manière plus raffinée lors des procès politiques, où l’ennemi intérieur doit être stérilisé contre toute empathie critique/communicative, mais cela arrive aussi dans la gestion des procès contre les mondes et les sous-mondes du crime, où les délits et la menace sont exagérés. Où les « malheureux » eux-mêmes sont d’abord utilisés, et ils s’engraissent un peu grâce aux « honneurs » de criminels qui leurs sont rendus par les chroniques des journaux, mais ensuite ils sont hachés, réduits en compost et détruits par le système pénitentiaire ; des petits dealers présentés comme des chefs de réseau, dans une comédie où victimes et bourreaux se mélangent, tous soumis au dieu argent.

Ces dernières années, la couverture de la « lutte contre la mafia » est devenue le pare-vent utilisé pour couvrir une situation où les collusions entre la politique institutionnelle et les intérêts économiques gérés grâce à de la main-d’œuvre illégale sont habituelles et où il est pareillement habituel de mettre au rebut la main-d’œuvre épuisée. Sur cela s’est greffé l’élargissement de la DNA en DNAA [en ajoutant l’antiterrorisme à l’anti-mafia ; Note d’Attaque], avec l’application de stratégies similaires et de systèmes pénitentiaires semblables. Peu importe si le nombre effectif des prisonniers jugés pour des infractions catégorisées comme terrorisme sont infimes, le cirque médiatique a quand-même lancé la nouvelle réclame « mafieux et terroristes », qu’il faut enfermer dans des cages spéciales.

Sur les systèmes pénitentiaires : des cages en béton avec vue sur du béton

Le système médiatique a la fonction de créer un mécanisme de silence/de consensus par rapport à la version des faits donnée par l’État et le gouvernement, jusqu’à quand on n’arrive pas à y opposer/à imposer une narration différente. Les moyens à notre disposition sont souvent d’un niveau infinitésimal par rapport à la puissance médiatique de l’ennemi, néanmoins ils sont parfois efficaces.

Nous l’avons expérimenté lors de la lutte pour libérer Alfredo du 41-bis. Une lutte perdue sur cet objectif précis, mais lors de laquelle il y a eu une « victoire morale » partielle, dans le sens qu’on a brisé le mur de silence qui entoure en Italie un système pénitentiaire de torture « blanche », en ouvrant aussi des fissures dans la représentation de l’ennemi comme un monstre et dans l’accroissement de la répression contre les anarchistes ; cependant, le fait est que Alfredo est encore otage dans ces cages, à Bancali. En somme, c’est une lutte encore ouverte. Et il faut y réfléchir.

À la suite d’une grève de la faim qui est allée jusqu’au seuil de la mort, d’une large mobilisation, non seulement du mouvement anarchiste, précédée par une prise de position claire de la part d’un certain nombre d’avocats (4), ce qui a mis en branle aussi des secteur de mouvement plus craintifs à s’exposer, il y a eu un court-circuit informatif qui a donné quelques résultats, malgré les rapides tentatives de récupération les plus vulgaires, dans le but de restaurer l’image d’un monstre devenu trop humain. Cela dans la meilleure tradition journalistique, de créer d’abord un personnage, ensuite de le décharner et de le démembrer. Partielle : tout n’est pas récupérable, même s’il est épuisant de s’y opposer.

Après quelques mois, il y a eu aussi des tentatives journalistiques/éditoriales de faire l’histoire des faits et des idées de manière plus honnête, même si toujours en se basant sur les dossiers de la police (que les historiens et les chroniqueurs ont la mauvaise habitude de considérer comme une source fiable, alors qu’elles le sont parfois seulement en ce qui concerne les simples données factuelles, parfois ces dernières aussi sont rendues de manière partielle ou détournée, mais après on coule dans l’abyme de la déformation utilitaire des histoires de vie, des idées, des citations, de la pensée politique). Dans ces cas aussi, donc, la force d’une lutte collective et individuelle est remplacée par un personnage, le héros singulier et têtu, qui est utile, à la fin, pour liquider ses idées et leur mise en pratique, en vendant comme du romanticisme ce qui est une lecture lucide, bien qu’amère, non enjolivée, de la réalité.

Entre châteaux de cartes et cages en béton : des éléments variables ou des constantes de la stratégie répressive

Avec l’opération Scripta Manent, il a eu un changement de rythme dans l’utilisation des chefs d’inculpation et aussi dans celle des systèmes pénitentiaires. Plus précisément, ces dernières années il y a eu plusieurs coups d’accélérateur, avec une série de procédures judiciaires contre le milieu anarchiste et subversif, dont les condamnations draconiennes dans le procès Scripta Manent et dans celui contre Juan, à 28 ans en première instance, ont été les exemples les plus frappants, avec en même temps le couperet du 41-bis. Le crime de « massacre politique » – un « crime-monstre » qui, rien qu’à le nommer, fait tomber l’interlocuteur dans un puits noir de terreur indiscriminée – associé au 41-bis – le giron infernal des super-méchants – devait probablement servir à annuler toute tentative de réaction. En plus, le changement de rythme, avec la condamnation pour 270 bis, « association subversive », en relation avec la Fédération Anarchiste Informelle, ouvrait la « possibilité » d’utiliser pour les anarchistes le crime d’association, avec la lecture détournée des relations humaines et de la solidarité entre compagnonnes et compagnons qui l’accompagne.

Je m’explique : depuis des années je fais face, avec des nombreux/ses compagnonnes et compagnons, à la tentative de plusieurs Parquets italiens qui, seuls ou en associant leurs intentions répressives, veulent me coller le crime d’association avec d’autres anarchistes, à commencer par le procès Marini et ainsi de suite, avec des opérations répressives qui trouvaient leur commencement dans des journaux anarchistes, utilisaient quelques actions comme crime spécifique et ensuite montaient une opération répressive, avec une cadence presque saisonnière. Avec Scripta Manent, le crime d’association avec finalité de terrorisme est devenu un précédent judiciaire. Peu importe que cette condamnation, dans Scripta Manent, après un début aux allures de méga-enquête, soit tombée – avec un système très rafistolé d’« ensembles » d’associations qui marchent comme des boites chinoises, constituées par des acteurs qui n’en sont pas au courant et surtout dotées d’une structure qui n’a pas été expliquée (5) – et qu’elle ait été confirmée seulement pour Alfredo, Nicola et moi… elle est toujours utile en tant que précédent pour une série d’opérations ultérieures, où les enquêteurs ne font même plus l’effort de construire une histoire plausible, entre faits, journaux… comme lors de l’opération Scripta Scelera : le fait d’éditer un journal suffit pour justifier le crime d’association. C’est simplement la logique répressive concernant les journaux anarchistes qui est passée, si ceux-ci donnent la parole aux compagnons en prison. L’abaissement du niveau de ce qui est réprimé peut être vu aussi dans le chef d’inculpation d’« auto-entraînement » qui, à partir d’un crime inventé pour réprimer l’activisme et le prosélytisme islamique en ligne, pour des personnes isolées, est maintenant utilisé aussi pour l’activisme antiautoritaire, bien qu’entre les deux il y ait des finalités et des moyens totalement incompatibles. La suggestion du loup solitaire est considérée comme valable et elle est utile si l’inculpé est seul. Ensuite, ils utilisent à tout va des délits de « danger potentiel », des descriptions préventives des compagnons comme des monstres, pour des surveillances spéciales attribuées en quantité.

Un autre changement de rythme a été la tentative d’appliquer le 41-bis au milieu anarchiste. Avant le cas d’Alfredo, il y a eu la tentative de créer une section AS2 [Haute sécurité 2, les sections pour prisonnier.es politiques ; NdAtt.] gérée par les GOM [équivalent des ERIS français, ils gèrent les sections à régime 41-bis ; NdAtt.], avec un traitement comparable au 41-bis (en continuant ce qui est déjà appliqué aux détenu.es catégorisées comme islamistes, à la prison de Badu ‘e Carros pour les femmes et dans celle de Rossano Calabro pour les hommes). Une tentative stoppée par une grève de la faim faite ensemble par des compagnonnes et des compagnons qui à l’époque étaient emprisonnés dans différentes prisons pour différentes procédures judiciaires (6). Sans oublier que le régime 41-bis est né comme suspension exceptionnelle et temporaire du règlement pénitentiaire, qu’avant celui-ci il y avait l’article 90, qui a été utilisé, avec des mesures similaires, dans les années 80, pour répondre aux révoltes en prison, et que le 41-bis s’est cristallisé comme un « bastion » de la lutte contre la mafia et qu’il a ensuite été appliqué aux prisonniers communistes révolutionnaires, avec des renouvellements automatiques, et qu’il reste encore aujourd’hui un déterrent et un moyen de pression. En somme : des utilisations diversifiées selon les besoins… c’est le cas et pour les articles du code pénal et pour les cages en béton.

Or, pour ne pas tomber dans la mystique paralysante d’une machine répressive qui détruirait tout, avec des peines exemplaires, la désertification des manifestations de rue et une censure totale, il faut donner un coup d’œil à la capacité concrète, qui a été présente et qui est présente, de ne pas se laisser mettre complètement le dos au mur. Au contraire, dans certains cas (avec des coûts importants ou avec la légèreté de la raison, peu importe) on a réussi à inverser la narration imposée et à construire quelque chose de nouveau. Même dans une convergence inattendue de l’attention et des intentions, qui a peut-être été présente et s’est probablement éteinte trop vite dans cette inconstance qui n’est pas typique seulement des mouvements, mais qui est une habitude largement répandue.

Certes, celle-ci n’est pas une époque de prairies en flamme, mais pas non plus seulement de pompiers et de personnes résignées. Il y a une composante qui résiste et persiste, mais qui subit un peu trop souvent la fatigue propre à qui pense de passer sa vie à lutter contre les moulins à vent, quand le vent lui-même est contraire.

Je ne crois pas aux héros, ni aux surhommes, mais à la conscience que les femmes et les hommes doivent construire, que la lutte a un coût, qu’elle implique des contrecoups et des chutes, des résistances et une estime de soi qui va et qui vient. Et qu’il en vaut la peine, toujours et en dépit de tout, à cause de la qualité des rapports qu’on construit, non pas des rapports de survie idéale, mais de vie on ne peut plus réelle.

Anna Beniamino
prison de Rebibbia, mars 2024

 

Notes :
1. Cf. https://ilrovescio.info/2022/11/07/scripta-manent-appunto/.
2. Un court résumé, si nécessaire :
– L’appel de 2020 avait confirmé les condamnations en vertu de l’article 422 du code pénal (massacre « normal »), même si le juge d’instruction l’avait déjà requalifié au sens de l’art. 280 [« attentat avec finalité de terrorisme » ; NdAtt.] – pour Alfredo et pour moi aussi les condamnations en vertu de l’article 270 bis, en réduisant les dimensions de l’association et en libérant deux compagnons de l’accusation de participation, qui était passée lors du procès en première instance. Une autre contradiction entre les deux sentences est celle relative à l’incitation aux crimes et aux délits par le biais de revues et de blogs, tombée en première instance et reconnue en Appel pour treize compagnons et compagnonnes. Entre le massacre et les différents délits liés entre eux, l’appel a condamné Alfredo à vingt ans et moi à seize ans et six mois.
– La sentence de Cassation de juillet 2022 a directement (sans renvoi en Appel) requalifié l’accusation au sens de l’art. 422 en 285 (massacre « politique » ), en laissant cyniquement aux juges du deuxième jugement en Appel la tâche de recalculer nos peines ; étant donné que l’article 285 a des peine fixes, elles ont été des condamnations à la réclusion à perpétuité et à 30 ans.
– Lors de l’audience du deuxième procès en Appel, en décembre 2022 (à laquelle nous avons été présents, avec Alfredo en grève de la faim contre le 41-bis et la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée) certaines des objections de la défense ont été acceptées, notamment celles sur l’application des circonstances atténuantes pour Alfredo, ce qui a fait qu’une demande a été formulée à la Cour constitutionnelle, qui, en mai, a répondu favorablement.
– Lors de l’audience en appel de juin 2023, suite aux indications de la Cour constitutionnelle, les condamnations ont été établies à 23 ans pour Alfredo et 17 ans et neuf mois pour moi.
– Le Parquet de Turin a présenté un recours en Cassation contre la concession à tous les deux des circonstances atténuantes définies par l’art. 311 du code pénal (faible intensité du fait) et contre la prédominance, par rapport à sa récidive, des circonstances atténuantes, pour Alfredo. Les avocats de la défense ont présenté un recours, en présentant une nouvelle fois une demande de respect de la Constitution, en ce qui concerne la peine fixe.
3. https://ilrovescio.info/wp-content/uploads/2024/01/considerazioni-juan.pdf
4. https://ilrovescio.info/2022/11/17/la-parola-agli-avvocati-2-nuovo-documento-e-nuove-adesioni-contro-la-repressione-degli-anarchici/
5. La sentence de Cassation de juillet 2022, après des années de procès, balaye l’association en quelques lignes, qui n’essayent même pas de justifier le schéma des enquêteurs, qui tient débout par lui-même, selon lequel Alfredo, Nicola et moi serions « des associés qui, depuis longtemps, ont eu des positions de direction dans la FAI », sans expliquer nulle part sur quels éléments une telle affirmation se fonderait-elle. En admettant manifestement les « énormes difficultés » pour « identifier, sur la base de preuves irréfutables des différents types, selon des caractères plus ou moins probants, un noyau subversif structuré autour des trois individus cités, liés par des buts communs, des ressources communes, des idées communes, des méthodes répétés, des connaissances partagées, une solidarité manifeste […] ». C’est-à-dire, de manière plus simple : ils sont un noyau subversif parce qu’ils sont anarchistes et qu’ils se connaissent depuis longtemps. Point à la ligne. L’idée anarchiste est le lien, l’association est la substance.
6. Voici les mots avec lesquels la grève de la faim de mai 2019 a commencé :
« Depuis presque deux mois nous sommes enfermées dans la section AS2 féminine de L’Aquila ; les conditions de détention issues d’un règlement qui ressemble à un 41bis assoupli sont connues, ici et à l’extérieur.
Nous sommes convaincues qu’aucune amélioration n’est voulue, ni peut être demandée, non seulement pour des raisons objectives et structurelles relatives à la « sections jaune » [là où elles se trouvent ; NdAtt.] (un ex-41bis) : la prison toute entière est utilisée presque entièrement que pour le régime du 41bis, du coup le fait d’élargir un peu les mailles du règlement de cette section nous paraît de mauvais goût et infaisable, étant donné les conditions qui sont subies à quelques pas d’ici, encore plus dures ; nous ne pouvons oublier celles et ceux qui luttent depuis des années, en cumulant des procédures internes et des procès pénales. S’ajoute à cela la tentative maladroite de l’AP de sauver les meubles en créant une sections mixte anarcho-islamiste, ce qui veut dire une interdiction de rencontre en plus, à l’intérieur de la section elle-même, pendant que l’isolement continue.
Il y a des conditions de détention, communes ou spéciales, encore pire que celles de L’Aquila. Cela n’est pas une raison pour ne pas s’opposer à ce qui nous est imposé ici.
Nous n’allons plus manger de ce pain là : le 29 mai nous commençons une grève de la faim, en demandant notre transfert de cette prison et la fermeture de cette ignoble section.
Silvia et Anna »

 

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Ouverture de l'Hérissé·e

Publié le 2024-04-20 06:35:06

Après plusieurs mois de préparation, l’Hérissé·e est prêt·e à vous accueillir !

Rendez-vous à la Gueule Noire, 16 rue du Mont, à Sainté :



Après plusieurs mois de préparation, l’Hérissé·e est prêt·e à vous accueillir !

Rendez-vous à la Gueule Noire, 16 rue du Mont, à Sainté :

Athènes (Grèce) : Une série d’actions contre le nouveau Code pénal

Publié le 2024-04-20 06:40:04

Act for Freedom Now! / mardi 16 avril 2024

Le capital est dans une crise internationale perpétuelle, avec la situation économique et géopolitique qui change rapidement. Des grades parties de la base de la société en subissent les conséquences. Les guerres, l’appauvrissement et la misère s’intensifient. Dans ce contexte, les États sont en train de s’armer dans le but de gérer le mécontentement social et de réprimer l’ennemi intérieur.

Le 22 février, l’État grec a promulgué un nouveau Code pénal et un nouveau Code de procédure pénale. Une loi qui cible clairement les actions de lutte et les choix de survie des laissé.es-pour-compte, en prévoyant l’incarcération pour les peines qui dépassent la durée d’un an, en abolissant de facto le sursis probatoire, sauf dans des cas bien précis. Une loi qui exacerbe au maximum la nature de classe de la justice, en renforçant le cadre existant du rachat des peines pour ceux qui en ont la possibilité et de travail forcé pour ceux/celles qui sont aux marges de la société. Son agressivité, sa cruauté et son racisme se reflètent clairement sur les immigré.es. La loi prévoit leur emprisonnement et leur expulsion ultérieure en cas de condamnation définitive.

Pour notre part, en choisissant d’attaquer l’État et le capital de différentes manières, nous ne faisons pas de différence, dans notre action, entre légal et illégal. Contre la peur et le désespoir qu’ils essaient de nous infliger, nous choisissons d’attaquer. Le paysage de la répression change avec le nouveau Code pénal, mais les cibles sont accessibles tout autour de nous. N’arrêtons pas de les frapper.

Pour un monde d’égalité, de solidarité et de liberté. Pour l’Anarchie.

Nous revendiquons :
– les dégradations d’un supermarché de la chaîne Sklavenitis et de trois distributeurs automatiques de billets, dans la ville de Néa Filadélfia (jeudi 14 mars, tôt le matin).
– De la peinture jetée sur la permanence de Tragakis, député de Néa Dimokratía, dans le secteur de Nikaia (samedi 16 mars, dans le soir).
– Les dégradations d’un supermarché de la chaîne AB Vasilopoulos et d’un distributeur automatique de billets, dans le quartier athénien de Gýzi (mercredi 20 mars, tôt le matin).
– De la casse dans une filiale de l’Attica Bank et sur un distributeur automatique de billets, dans le quartier athénien de Patíssia (mercredi 20 mars, tôt le matin).

Anarchistes

Rassemblement anti-répression jeudi 9 mai 2024 17 H

Publié le 2024-04-20 06:45:06

Nous appelons à un rassemblement anti-répression jeudi 9 mai 2024, 17h, arrêt de tram Château, se sera le premier rassemblement organisé par l’assemblée antirépression.
À bientôt dans la rue.

Vous trouverez avec cet article, l’appel de la manifestation.



Appel à un rassemblement anti-répression
Jeudi 9 mai 2024 -17H-
Arrêt de tram Château.Brest

L’année écoulée et celle qui commence ont été marquées par un renforcement de la répression des luttes. On a entre autres eu droit au grand retrour des dissolutions de groupes politiques avec du renvoi dos-à-dos basique « ultra-doite »/« ultra-gauche » ou encore à de nouveaux équipements dans la panoplie des keufs pour blesser/surveiller/arrêter plus efficacement.

Nous avons conscience qu’en luttant de toutes nos forces pour nous émanciper de nos conditions de vie, nous sommes forcément ammenés à vivre la répression sous ses différentes formes (physique, judiciaire, administrative). C’est la logique du maintien du pouvoir et de son ordre. Si nos luttes traversent les siècles, elles connaissent des périoddes de différentes intensités dans le conflit face à l’Etat et nos exploiteurs. Après deux décennies de relatie pacification sociale, à l’exception des révoltes intenses de 2005 dans les banlieues, les années 2010 ont finalement vu naïtre un nouveau cycle de luttes qui a renoué progrressivement avec une conflictualité plus radicale marquées par des pics : ZAD, le mouvement contre la Loi Travail en 2016, les Gilets jaunes ou il y a moins d’un an, les révoltes face à l’assassinat de Nahel.

Pour enrayer ce cycle, l’Etat y répond par une répression accru contre tout ce qui perturbe ou menace l’ordre capitaliste n pleine reconfiguration. Sans compter qu’au nom de la sécurité et de l’antiterrorisme,la tenue des JO en France cette année est une opportunité de plus pour tester des dispositifs répressifs plus efficaces tels que la reconnaissance faciale ou encore des lois d’exception qui bien souvent restent en place une fois le comité olympique reparti. Cette répression politique publique se double d’une répression quotidienne qui pour nous est aussi politique. Cette dernière vise en effet les menaces présumées pour l’ordre social institué : auto-organisation hors des cadres délimités par les institutions et la propriété privée, répression des « classes populaires » et notemment sees composantes estimées les plus « dangereuses » par l’Etat qui n’hésite pas à frapper partout où ca peut faire mal (contrôle de keufs quotidiens avec ses humiliations, chantage aux allocs etc.). Cett répression quotidienne ise ainsi à nous affaiblir constemment pour qu’on bouge le moins possible et nous rappeler le prix à payer lorsque nous n’acceptons pas notre sort. L’Etat nous rappelle qu’il a vocation à contrôler nos vies et que surtout, il en a les moyens.

Localement cette tendance se fait ressentir comme partout ailleurs aec ses spécificités. Tout d’abord parce qu’ici cimme ailleurs le mouvement des retraites fut très remuant, conduisant à des arrestations et procès. Egalement parce que nous devons faire face à une politique de rénovation urbaine agressive menée par la illede Brest toujours plus embourgeoisée et pacifiée. Nous avons vécu un tournant de cette politique avec l’expulsion de la salle autogérée de l’Avenir située Place Guérin depuis 8 ans. Cette
éradication de ce squat s’inscrit dans la vision d’un nouveau Brest toujours plus hostile aux pauvres, à tout.e.s celleux qu’on appellent les marginaux, aux enragés de l’instant, bref à tout ce qui pourrait
faire tâche dans la comm’ de BMO et au final, ça fait pas mal de monde. Cette expulsion de l’Avenir par une centaine de keufs s’inscrit aussi dans une tendance nationale à la fermeture des squats et au renforcement de la législation pour les expulser. Un rappel de plus qu’on ne touche pas à la propriété privée, notamment celle des bourges et de l’Etat. Qu’importe si ce sont des terrains ou des bâtiments vides. Qu’importe si on en a besoin pour vivre mieux.

Cette volonté de mettre au pas le quartier de Guérin réputé« bastion de l’extrême-gauche » (dixit les journaux locaux) s’est poursuivie avec l’interdiction de la traditionnelle manifestation sauvage du nouvel an et de la soirée qui s’en suivait. L’an dernier, déjà, les force de l’ordre avait chargé le cortège festif et procédé à des interpellations. Toujours dans le but de mener cette chasse à l’« extrême-gauche », la préfecture a retiré leurs subventions à quatre associations brestoises ayant signé une tribune de soutien à l’Avenir menacé d’expulsion. Cette vague répressive ne se cantonne pas aux réfractaires classés « gauchistes » et plus si affinités.

Dans la même veine, les rassemblements en soutien au peuple Palestinien ont été interdits comme partout en France. La préfecture a annoncé par canaux officieux qu’il veillerait à ce que les rave party illégales, particulièrement présentes en basse-bretagne, cessent jusqu’au JO. Parallèlement à cela et sur consigne de son supérieur, Darmanin, Espinasse et ses collègues ont pour la première fois à Brest fait gazer les supporters de Francis Le blé une semaine après que ces derniers aient protesté par un feu d’artifice à la fermeture de leur tribune. Nous pourrions citer encore d’autres exemples sans compter tout ce dont nous n’avons pas connaissance mais ce topo est déjà bien vénère.

En décembre dernier, il a été tenté de maintenir le cortège sauvage du 31 qui avait lieu depuis près de 8 ans dans le cadre d’un nouvel an festif Place Guérin malgré son interdiction par la préfecture. Mais au vu du dispositif policier déployé, ce nouvel an a été pour la première fois annulé. Nous, les personnes qui écrivons ce texte, avons alors rejoint un groupe composé de membres de différent collectifs autonomes et d’individus qui a continué à se capter pour se donner les moyens de ne pas continuer à subir cette mise au pas par la préfecture et les keufs. De cette initiative collective est sorti un appel diffusé le plus largement possible à la manifestation 10 février. Un nouveau dispositif policier d’une ampleur inédite pour Brest nous a empêcher de tenir cette manif sauvage. L’aspect disproportionné des dispositifs de forces de l’ordre mobilisés à Brest peut sembler délirant. Cela nous semble surtout répondre au fait que le contexte économico-social produit de plusen plus de mouvements à Brest comme ailleurs et que les institutions répressives ont décidé de casser cette dynamique dès que possible avant qu’elle ne soit trop installée. Mais on apprend, on s’adapte, on reste groupés, on est inventifs. C’est tout sauf la fin. On ne veut pas se laisser enterré.e.s, on a trop la rage pour ça et c’est clair qu’on est pas les seul.e.

Nous qui sommes un assemblage de militants venu de syndicats anarchistes, de groupes communistes autonomes ou anarchistes. Nous pensons que la répression est la conséquence inévitable d’une contestation en bloc du monde capitaliste. Les préfectures imposent leur ordre en entamant un rapport de force avec nous par cette répression pour le moment essentiellement administrative. Nous pensons que les préfectures ne devraient pas avoir le pouvoir d’interdire les manifestations ou les teufs ou quoique ce soit. Nous pensons surtout que nous pouvons nous passer de leurs interdictions ou de leurs autorisations. C’est parce que nous contestons le pouvoir de l’État sur nos vies que nous voulons dès à présent entrer dans ce rapport de force et mettre la pression à la préfecture du Finistère pour continuer à défendre ce en quoi on croit et toutes ces pratiques, ces moments ou ces espaces dont nous avons besoin pour respirer vraiment dans un monde qui nous met constamment la tête sous l’eau. On veut défendre la vie qu’on a décidé de mener malgré les obstacles et on va le faire. En commençant aujourd’hui à discuter largement de la répression et de ses différentes formes, de son aggravation depuis vingt ans, des moyens de la contester et de rester solidaires face à la pression qui monte.

C’est pourquoi nous appelons à un rassemblement antirépression
jeudi 9 mai 2024, 17h, arrêt de tram Château,

Premier rassemblement organisé par l’assemblée antirépression.
À bientôt dans la rue.

Bassecourt (Suisse) : feu aux capteurs pour la géothermie profonde (+ des infos en rab)

Publié le 2024-04-20 20:05:09

Des capteurs utilisés pour la géothermie ont été dérobés,
puis incendiés

Le Quotidien jurassien/Le Temps (Suisse), 19 avril 2024

Les résidents d’un quartier au sud de Bassecourt ont connu un début de nuit agité mercredi 17 avril. Peu après 23 h, ils ont été dérangés par des bruits d’explosion. « Il y avait comme un incendie au milieu de la route! », raconte un habitant. Alors que ce feu a duré de longues minutes et dégagé une épaisse fumée, ce témoin a ensuite découvert que le feu avait touché un tas d’appareils électroniques.

« Ma première réaction a été de penser qu’on avait mis le feu à une boîte de feux d’artifice », confie l’homme qui a appelé la voirie communale le lendemain matin. Il s’agissait au contraire de plusieurs géophones utilisés en ce moment dans le cadre de la campagne de mesures géophysiques réalisée dans la vallée.


Depuis le 9 avril, des camions vibreurs parcourent la vallée de Delémont pour recueillir des mesures géophysiques dans le cadre du projet de géothermie profonde [de 4 à 5 kilomètres sous-terre pour produire de l’électricité] prévu sur la commune de Haute-Sorne, en vue d’un forage exploratoire qui débutera en mai. Ces camions provoquent des vibrations, et le sous-sol réfléchit de différentes manières ces ondes selon la nature et structure de la roche. Ce sont des capteurs plantés dans le sol, les géophones, disposés à intervalles réguliers, qui captent ensuite en surface les signaux renvoyés et enregistrent les données… et qui ont donc été dérobés puis incendiés.

Ce projet de géothermie profonde, contesté par une partie de la population, prévoit la construction d’une centrale géothermique. Il pourrait aboutir en cas de résultats positifs sur une production d’électricité qui permettrait d’alimenter plus de 6000 ménages. Le budget global est de l’ordre de grandeur de 100 millions de francs suisses.

Glovelier (Suisse). Il y a quelques mois, les deux vans des équipes de Geo-Energie Suisse qui procédaient à des mesures géophysiques avaient déjà été défoncés dans la nuit : pneus crevés, rétros arrachés et tags « Casse-toi ! » Le vigile qui « surveillait le site durant la nuit a été attiré par des bruits à un coin du terrain. Un individu cagoulé en a alors profité, de l’autre côté du site, pour grimper par-dessus les barrières, commettre son méfait et repartir » (Le Quotidien jurassien, 26 juillet 2023)

Dix ans de lutte contre le fracking en Haute-Sorne
Renversé, 30 décembre 2023 (extrait)

Des nouvelles sur la situation actuelle du chantier de géothermie pétrothermale profonde et de la lutte contre le fracking au Jura, avec un résumé des principaux arguments de l’opposition.

L’été dernier avait lieu un camping pour protester contre la construction d’une centrale électrique à géothermie profonde à Glovelier au Jura. Le camping s’est terminé sur une action lors de laquelle une cinquantaine d’opposant·e·s au projet ont abbatu les clotures et planté un arbre sur le site concerné. Deux manifestations, importantes à l’échelle du canton, ont eu lieu cette année. Les travaux en vue de réaliser les premiers forages ont pourtant commencé en octobre. Que l’on ne s’y trompe pas ! Ce projet s’inscrit dans la lignée des grands projets inutiles, nocifs pour l’environnement et dangereux pour les habitant.e.s de la région.

Qu’est-ce que la géothermie profonde pétrothermale (GPP) ? L’entreprise Geo-Energie Suisse prévoit d’utiliser la méthode de la fracturation hydraulique (fracking) pour créer des espaces dans le sous-sol. De l’eau pourra alors être injectée via le puits foré, chauffée dans l’espace souterrain (où la température est élevée grâce à la chaleur venant du centre de la terre), puis remontée par un autre puits et utilisée pour produire de l’électricité.
Ce projet s’inscrit donc dans une logique plus « extractiviste » que la géothermie à laquelle on pense en premier, où l’eau chaude remonte jusqu’à la surface. La promesse d’une énergie « illimitée » est mise en avant, soi-disant parce qu’ainsi on pourrait extraire de l’énergie du sous-sol partout, même là où les roches profondes sont sèches. Ceci passerait par une transformation du milieu afin qu’il soit exploitable, en d’autres termes il s’agit de géo-ingénierie. La dénomination de renouvelable est d’ailleurs questionnable, car au bout d’une vingtaine d’années la roche sera trop refroidie pour pouvoir encore produire de l’électricité. Il faudra alors fracturer ailleurs et construire de nouvelles centrales.

En effet, pour arriver en 2050 à produire 7 % de l’électricité nationale grâce à la géothermie, comme le projette la confédération, il faudra construire au moins une centaine de centrales comme celle de Haute-Sorne. Et les habitant·e·s de la Haute Sorne sont très inquiet·e·s des dégâts potentiels sur les habitations, les outils de travail et les infrastructures. Ce projet – dit expérimental – prévoit de fracturer la roche à une profondeur de cinq kilomètres sous terre, selon des méthodes similaires au fracking utilisé pour l’extraction du pétrole et du gaz de schiste. Ce qui risque fort de déclencher des séismes, comme ça a été le cas lors de la plupart des expériences précédentes, notamment à Bâle en 2009 et à Pohang (Corée du Sud) en 2018, deux cas où Géo-Energie Suisse était impliqué. Pour mieux faire passer la pilule, les promoteur·ices parlent dans leurs documents de “stimulation hydraulique” plutôt que de fracking !

Les agriculteur·ices de la région s’inquiètent également. Les ressources en eau sont menacées par le projet. Lors de la fracturation initiale, la consommation en eau sera telle que les autorités sont en train de remodeler le réseau de distribution d’eau et de détourner des sources de leur usage actuel : un bon exemple d’accaparement de l’eau. De plus, les forages et la gestion des boues de forage ne sont pas sans risque de contamination dans cette région karstique où le sous-sol comporte de nombreuses fissures et des circulations d’eau souterraine complexes. Enfin, les puits seront étanchéifiés avec des joints de béton injecté, qui à long terme (après la fin de l’exploitation) vont vraisemblablement se dégrader sous l’effet du temps et des conditions extrêmes à ces profondeurs. Les composés chimiques toxiques naturellement présents dans certaines couches géologiques risquent ainsi de contaminer les aquifères dont dépendent l’agriculture et les écosystèmes de la région.


Et en Ile-de-France aussi…
La région Île-de-France mise sur la géothermie profonde
Le Figaro, 30 mars 2024 (extrait)

Sous les 30 tonnes du camion, une plaque vient se coller au sol. Le poids lourd se soulève, le sol se met à vibrer, 48 secondes. La plaque remonte, le camion redémarre dans la nuit d’une rue déserte de Meudon, dans les Hauts-de-Seine. Dix mètres plus loin, il s’arrête et refait trembler le sol.

De nombreux Franciliens les ont vus- ou entendus – passer ces dernières semaines : trois camions vibreurs sillonnent jusqu’à mi-avril le sud et l’ouest de l’Île-de-France, sur 280 kilomètres, dans le cadre de la campagne Geoscan. Lancé par la région, l’Ademe et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), ce projet à 3,5 millions d’euros vise à identifier le potentiel du sous-sol francilien en matière de géothermie profonde. Une technique qui consiste à puiser l’eau chaude des profondeurs pour alimenter les réseaux de chaleur urbains, que ce soient les bâtiments collectifs, les industries ou même les piscines, avant de la renvoyer sous terre.

Si la géothermie dite « de surface », qui se joue à quelques mètres sous nos pieds, permet par exemple de chauffer les maisons individuelles, « au-delà de 200 mètres, on parle de géothermie profonde : plus le forage descend, plus la température augmente. On gagne environ 30 °C par kilomètre de profondeur », note sur place Norbert Bommensatt, référent national géothermie profonde à l’Ademe.

Les boîtiers au sol de la campagne francilienne Geoscan, identiques à ceux dérobés puis incendiés dans le Jura suisse…

Les trois camions vibreurs de la société S³ génèrent des ondes acoustiques qui vont se propager dans le sous-sol et permettre de l’imager, jusqu’à 3 000 mètres de profondeur. « Nous sommes un peu les échographes de la Terre », explique Julien Wallendorff, chef de projet chez S³. La vitesse à laquelle l’onde se propage dépend de la roche, et, « dès qu’il y a un changement de vitesse, il y a un écho et une partie de l’onde remonte à la surface et est enregistrée par les capteurs, indiquant que l’on passe d’une couche à une autre », précise Alexandre Stopin, géophysicien au BRGM. Ces capteurs, de petits cubes orange et blanc, sont déployés tout le long du parcours des camions.

Ces derniers circulent de nuit pour éviter les embouteillages et les bruits de la ville qui viendraient parasiter le signal émis. Par mesure de sécurité, les vibrations varient et sont surveillées en permanence pour rester en dessous de seuils de sécurité ; elles sont par exemple moins fortes quand l’engin passe à proximité d’un bâtiment historique.

Les données récupérées sont ensuite corrélées à celles issues de forages ponctuels afin d’obtenir une vision encore plus précise de la succession des différentes couches. « On connaît les formations que l’on cherche, mais on a besoin de mieux les caractériser », précise l’hydrogéologue Camille Maurel, chef du projet Geoscan au BRGM. Mais que cherchent vraiment les experts ? « Des couches aquifères, un peu semblables à des éponges, où l’on va pouvoir venir puiser de l’eau chaude. La cible principale est l’aquifère du Dogger, située à environ 1 700 m de profondeur, qui date du Jurassique (environ 150 millions d’années) et recèle une eau à environ 80 °C. »

Cent six communes vont ainsi être sondées afin de savoir où des projets de géothermie profonde peuvent être développés. La région mise sur cette source d’énergie locale, renouvelable et disponible en continu comme axe majeur de sa transition énergétique, avec en vue l’objectif de neutralité carbone à horizon 2050. Les données acquises grâce aux camions vibreurs seront ajoutées à celles, plus anciennes, « issues majoritairement de l’exploration pétrolière dans les années 1970-1990 », selon le BRGM, qui espère obtenir une cartographie finale l’an prochain.

Le Bassin parisien possède plusieurs atouts favorables au développement de la géothermie profonde : c’est un bassin sédimentaire, avec un sous-sol doté de plusieurs couches aquifères superposées. Il est densément peuplé, ce qui permet d’amortir les coûts de construction d’une centrale, estimés entre 10 et 15 millions d’euros (sachant que le forage du puits prend en moyenne 90 jours non-stop). Et surtout, « il n’y a pas de problème de sismicité » dans la région, assure le BRGM. Ce point n’a rien d’anodin : un projet de géothermie profonde a dû être abandonné en Alsace en 2020 après une série de séismes plus ou moins intenses attribués aux activités de forage.

« À vrai dire, le seul risque ici est financier : celui de ne pas trouver un gisement aussi important qu’escompté », résume Fanny Branchu, du BRGM. Norbert Bommensatt rappelle toutefois que l’Ademe a mis en place un fonds de garantie qui indemnise 90 % du coût du forage en cas de ressource insuffisante.

Pour le particulier, le coût d’une telle énergie ne sera pas radicalement plus bas que celui du gaz, par exemple. Mais il ne fluctuera pas au gré des crises internationales. Pour les collectivités, implanter une centrale est donc onéreux, « mais une fois implantée, point de grosses cheminées qui fument : la géothermie est très discrète, à tel point que beaucoup de Franciliens ne savent même pas qu’ils sont déjà chauffés grâce à cette source d’énergie », explique le référent de l’Ademe. Pas de problème d’acceptabilité, donc.

Au niveau national, la France entend augmenter de 40 % le nombre de projets de géothermie profonde lancés d’ici à 2030. Plusieurs sont en réflexion, notamment dans le Bassin aquitain doté d’atouts similaires à ceux de l’Île-de-France.

Rennes (Ille-et-Vilaine) : le syndicat des flics et des matons à la masse

Publié le 2024-04-20 20:10:07

À Rennes, les locaux de Force ouvrière dégradés
France3, 20 avril 2024 (extrait)

En arrivant devant leur local, ce vendredi 19 avril 2024, les militants de Force Ouvrière de Rennes ont eu la mauvaise surprise de constater que la porte [de leur local de l’Union départementale] avait été brisée. D’après les voisins, les faits se seraient déroulés vers 2h du matin. Ils dénoncent une tentative d’intimidation dans un climat de plus en plus violent.

Car Fabrice Le Restif, le secrétaire général de Force Ouvrière d’Ille-et-Vilaine, en est persuadé, ce n’est pas l’acte d’une personne alcoolisée un jeudi soir. Le syndicat a déjà subi ce genre de dégradations à deux reprises. « La porte vitrée avait été renforcée, décrit-il, ce n’est pas quelqu’un qui balance une canette de bière, cela n’aurait même pas éraflé la vitre ». Pour le syndicaliste, « il fallait donc avoir du matériel : quelque chose comme une masse et cela veut dire que le geste était prémédité. »

Laval-sur-Luzège (Corrèze) : surprise champêtre pour l’exploiteur des forêts

Publié le 2024-04-20 20:15:04
Une pelle vandalisée sur un chantier forestier en Corrèze
La Montagne, 15 avril 2024

Le responsable d’une entreprise forestière a découvert, ce lundi matin 15 avril, au moment de reprendre un chantier à Laval-sur-Luzège, en Corrèze, sa pelle mécanique dégradée et taguée de multiples écritures : « arrêtez », « stop », « honte », « les arbres nous aident à respirer » mais aussi de dessins d’animaux et champignons. Les vitres ont été brisées et des câbles sectionnés.

L’exploitant avait quitté son engin samedi à 16 h 30 après avoir travaillé sur ce chantier forestier. Il a décidé de porter plainte auprès de la gendarmerie. Ce n’est pas la première fois en Corrèze que sont commis des dégradations de ce type.

[Brochure] : Ni pétrole ni nucléaire

Publié le 2024-04-20 23:00:08
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Ni pétrole ni nucléaire. A bas le système qui s’en sert. Assemblage non-exhaustif d’actions contre la voiture électrique, avril 2024, A4, 25 pages

Introduction

En 2021, une loi « Climat et résilience » impose la mise en place des ZFE (zones à faible émission) en France, qui devaient s’instaurer progressivement dès le début de l’année 2022. C’est une mesure qu’on retrouve partout en Europe devant le nouveau slogan illusoire de la décarbonation, axe prioritaire de la « transition écologique » du capitalisme, pour réconforter d’un côté la classe moyenne et son éco-anxiété, de l’autre les industriels qui misent sur l’électrique pour redorer leur courbe de croissance. Que ce soient les géants de l’énergie Total et EDF, les industries automobiles Tesla et Ionity, ou bien les start-up qui pullulent comme Powerdot, Electra, ZePlug (1), Driveco ou FastNed, tous s’arrachent ce nouveau marché qui est le plus concurrentiel d’Europe (2).

En 2023, le gouvernement français annonce 200 millions d’euros supplémentaires pour accélérer le déploiement des bornes de recharge pour rester premier dans la course. Mais pourtant, les politiques hésitent devant le casse-tête que cela représente avec le spectre qu’une révolte sociale Gilet Jaune reparte de cette discrimination au transport. Comment faire des contrôles sans tripler les radars et agents verbalisateurs, comment légiférer sur les zones d’exclusion alors que la main d’œuvre du bâtiment ou des services à la personne n’aura pas les moyens de changer de véhicule en temps voulu ? L’objectif est bien de sortir, dans un premier temps, les vieux diesels de la circulation des centres-villes, dans la même logique de gentrification qui dégage les plus précaires à l’extérieur des villes.

Nous avons recueilli ici quelques actions qui prennent position contre cette restructuration en cours. Ces prochaines années, l’économie française base sa pleine santé sur le marché de la « transition » énergétique, qui n’est que le nom de la nouvelle accumulation capitaliste. Et nous saluons ce qui peut essayer d’entraver l’essor toujours renouvelé du capitalisme sous nos regards déconfis.

Pour faire passer cette énorme opération économique, les gouvernements et les entreprises se targuent d’écologie en promouvant un marché à bas carbone. Mais c’est seulement une autre manière de détruire. Il faut des terres rares donc des mines. Il faut de l’électricité, donc du nucléaire et toujours plus de charbon, et des énergies renouvelables qui s’additionnent. La course aux matières premières, qu’elles soient en France, en Europe ou ailleurs, est en marche depuis bien longtemps. Et toujours autant de déchets, sur les ruines que produisent ces industries.

Non pas que nous défendions le pétrole, mais la voiture électrique est ce sur quoi mise le marché pour se reproduire et créer indéfiniment de nouveaux besoins. Et ce n’est pas le capitalisme qu’ils soit en transition ou pas qui sauvera ce qui nous entoure, ni ces bornes qui ne rechargent que la fuite en avant.

1. C’est celui qui se positionne pour installer les bornes sur les copropriétés
2. lunion.fr du 1er mars 2024

[Trouvé sur Indymedia Lille, 16 avril 2024]