Vive l'Anarchie - Semaine 17, 2017

Sommaire

Redon (Ille-et-Vilaine) : Agitation anti-électorale

Publié le 2017-04-24 09:32:12

Ouest-France / Jeudi 20 avril 2017

Dans la nuit du mercredi 19 avril, à Redon, des tracts ont été collés sur les panneaux d’affichage pour les Présidentielles. Les anarchistes ont encore frappé près de la mairie de Redon (Ille-et-Vilaine), après les tags, la semaine dernière. Cette fois ce sont des tracts qui ont été collés sur les panneaux d’affichage destinés à la Présidentielle. Les onze panneaux, un pour chaque candidat, ont été partiellement recouverts avec un tract, dont un des paragraphes contient une incitation très explicite à la dégradation de lieux (locaux des partis, bureaux de vote) et à l’agression des personnalités du monde politique. Une enquête est toujours ouverte à la gendarmerie, à la suite de la découverte des tags réalisés dans la nuit du 10 avril. Les messages anarchistes (effacés aujourd’hui) concernaient également la Présidentielle.

LA RUE OU RIEN

Publié le 2017-04-24 09:32:13

Saint-Germain-lès-Arpajon (Essonne) : La Marie vandalisée

Publié le 2017-04-24 09:32:13

Le Républicain de l’Essonne / dimanche 23 avril 2017

C’est à 7h ce dimanche 23 avril que les services administratifs de la commune ont découvert la mairie vandalisée. L’édifice qui est également l’un des bureaux de vote principaux de la commune est découvert avec surprise par les habitants. Avec une fenêtre qui a été cassée, des messages anarchistes inscrits sur la façade et des jets de peinture en 7 endroits, la mairie fait peine à voir. «Nous avons également deux poubelles qui ont été incendiées derrière la mairie», indique Norbert Santin, maire. Pour l’édile, ce ne sont pas des jeunes de la ville, mais bien des anarchistes qui sont derrière ce vandalisme. […]

Villeurbanne (Rhône) : Attaque de la permanence de la députée LR

Publié le 2017-04-24 09:32:13

Le Progrès / Dimanche 23 avril 2017

Située 182, cours Emile-Zola, à hauteur de la station de métro Gratte-Ciel, le local qui sert de permanence électorale à Emmanuelle Haziza a été vandalisé très probablement dans la nuit de samedi à dimanche. Une partie de la vitrine a été brisée. La  candidate Les Républicains aux prochaines élections législatives dans la circonscription de Villeurbanne a été informée tôt ce dimanche matin par des voisins, rapporte-t-elle.

« Hier soir (samedi), j’étais aux côtés des joueurs de handball du VHA pour fêter la montée en nationale 1. Je ne suis pas repassée devant ma permanence après et rien ne m’a été signalé dans la soirée » explique la candidate qui a prévenu les services de police. Les constatations sont en cours.

La permanence électorale d’Emmanuelle Haziza a été inaugurée le 5 avril dernier et est ouverte depuis au public et aux militants.

Le combat ne se joue pas dans les urnes mais dans la rue !

Publié le 2017-04-24 09:32:14

Le combat ne se joue pas dans les urnes mais dans la rue !

Depuis quelques mois le cirque électoral étend sa morgue. Médias et politiques s’agitent pour faire de l’élection un enjeu central. On nous exhorte à nous identifier aux préoccupations du pouvoir, d’en accepter la langue de bois et l’agenda. Tout cela révèle ce que les élections n’ont jamais cessées d’être : un moment synonyme de passivité où le goût pour la délégation et la résignation est stimulé. Nous devrions, chagrins ou enthousiastes, confondre nos intérêts avec ceux de l’ordre établi et éprouver de l’empathie pour des représentant -e-s qui se disputent un supplément de part de richesse et de pouvoir. Certain-e-s poussant même le grotesque jusqu’à s’autoproclamer « anti-systèmes » alors qu’ils ou elles en sont simplement les enfants béni-e-s.
 
Et les élections promettent encore de nous jouer de sales tours. A l’heure où nous écrivons, nous ne connaissons pas les gagnants du premier scrutin, mais on sent déjà poindre un chantage, dans l’hypothèse où le FN se maintiendrait au second tour. Dans ce scénario manichéen, que tous les plébiscitaires, sociologues, expert-e-s nous vendent déjà à grands renforts de publicité et de communication, se dessine l’union sacrée contre l’abjection « fasciste », et cela pour ratisser large de la droite à la gauche en passant par le centre, l’extrême-gauche et pourquoi pas les libertaires. La pression et ses divers effets de sidération se prolongeront même très probablement dans la période de l’entre deux tours. 
 
Pourtant, quelque soit « l’heureux élu »,  nous savons déjà ce qui, avec quelques différences anecdotiques, nous attend : le renforcement de la précarisation de nos conditions de survie sur tous les fronts, une chasse accrue aux bouc émissaires, aux chômeurs et chômeuses, un accroissement de l’arsenal répressif avec entre autres la construction de prisons ou l’extension de la légitime défense pour les flics qui n’est rien d’autre qu’un permis de tuer.
 
Accepter les termes et les enjeux électoraux c’est se soumettre à l’état et la marche actuelle de ce monde de domination et d’exploitation. C’est considérer comme crédibles les partenaires qui cogèrent depuis des lustres le système. Il devient en effet de plus en plus évident que dans ce jeu de dupes, le FN, aussi détestable soit-il, sert de variable d’ajustement politique y compris à titre de repoussoir et tous les pouvoirs en jouent. Pourtant, s’il est difficile d’envisager une élection effective de celui-ci aux présidentielles, tant le potentiel de votes contre lui est important, il semble qu’il est bel et bien intégré dans l’imaginaire et le jeu politique. Que ce soit en jouant sur la peur, l’adoption de mesures sécuritaires, de la loi travail, la corruption des gouvernant-e-s entrainent un cynisme ambiant. Tout cela permet logiquement à l’extrême droite de prospérer et pourrait lui permettre sous peu d’accéder au pouvoir.
 
Si nous ne goûtons pas aux culpabilisants, pas plus que nous ne goûtons d’ailleurs au masochisme politique, qui nous intiment  d’offrir nos voix à ceux et celles qui n’ont eu de cesse de faire passer des lois qui nous foutent chaque jour davantage la gueule sous l’eau et de répondre aux délires sécuritaires et racistes du Front, nous avons en revanche de la mémoire. Après l’élection présidentielle de 2002, contre son concurrent de l’époque JM Le Pen , le vote « Chirac » réunissant, en front républicain droite , centre et gauche réunis, a largement gagner l’élection en agitant l’épouvantail « fasciste ». Pour autant loin de stopper les politiques qu’il prétendait combattre le pouvoir chiraquien a poursuivi les campagnes de stigmatisation des immigré-e-s et des classes dangereuses, drapé dans la légitimité plébiscitaire que le scrutin lui avait offert. L’élection de Sarkozy à sa suite a renforcé la promotion et le développement d’idées et pratiques réactionnaires contre les luttes, les étrangers, les migrant-e-s, les rebel-le-s, les rohms , les « racailles » comme il les nommait.
 
Puis l’alternance politique à la faveur de la gauche n’aura pas non plus été en reste en matière de pulsion d’ordre et d’autorité. Elle a enfanté l’Etat d’urgence qu’elle a prolongé tranquillement à plusieurs reprises. Installé en mode de gouvernement normal, l’Etat d’urgence risque de se maintenir et même d’être à nouveau acté en juillet 2017. Il devient de fait permanent car les mesures répressives sont désormais solidement enkystées. Invariablement, droite et gauche et dans un style confondant s’évertuent à mettre à bas les tentatives d’oppo
sition contre le Capital et la domination. Le FN ne s’est donc pas renforcé seul ou accidentellement. Il participe non seulement aux appétits sécuritaires, étatistes et d’encadrement de l’ordre existant, mais il est aussi un produit de l’état actuel de ce monde et de celles et ceux qui s’en attribuent la gestion successive. Par conséquent, et quelque soit le scénario électoral de l’entre deux tours et ou les ré-ajustements politiciens de circonstance, la rigueur libérale , économique, politique et sociale se renforcera adossé à un pouvoir d’Etat fort.
 
Quant aux alternatives, tant dans leurs versions chauvines qu’à la gauche de la gauche, quand ce ne sont pas les deux réunies, il est frappant d’observer comment en Europe et ailleurs, lorsqu’elles elles sont au pouvoir, le rapport de force capitaliste, l’Etat et l’ordre se portent comme des charmes. Les exemples ne manquent pas, en Grèce comme en Espagne, non loin d’ici, Podemos et Syriza s’alignent sur les politiques d’austérité de la troika européenne, vident les squats et emprisonnent leurs opposant-e-s, prolongent la rigueur et l’agonie populaire. Cela ne nous étonne pas. Ce n’est pas un malheureux concours de circonstances mais plutôt l’expression de pouvoirs qui, par essence, ne révolutionnent rien et participent activement à la reproduction du système.
 
C’est pourquoi, lors de cet entre tours et qu’importe le scénario, nous ne rallieront ni un éventuel front républicain, ni un quelconque cartel de gauche, ni un conglomérat d’organisations réformistes. Nous ne ferons pas non plus les petites mains ni le coup de poing pour d’autres au nom du « Tout sauf Le Pen », mais combattrons le pouvoir d’où  qu’il vienne. Il y a des manifestations spontanées qui, quand elle ne courent après aucuns pouvoirs, nous semblent beaucoup plus porteuses d’émancipation. De plus et sans médiations ces dynamiques arrivent à passer à l’offensive. Ainsi, à Caen , en 2007 une manifestation spontanée  qui s’était dirigée vers le local UMP, tourna rapidement à l’émeute, exprimant à sa manière un accueil au pouvoir sarkozyste, nouvellement élu. Le lendemain, le local de UMP était incendié. 
 
Mais quelque soit les résultats électoraux, nous n’aurons le choix que de lutter, notamment contre cette farce électorale et le monde qui l’a créé. Et nous ne risquons rien a priori à le tenter. Parce que nous ne perdons pas de vue que combattre l’extrême-droite ne peut se faire que simultanément avec la lutte contre l’Etat, l’exploitation capitaliste, le patriarcat, le racisme et toutes leurs nuisances. Parce que nous ne souhaitons nous enfermer dans aucunes catégories, ni aucun pouvoir ni aucune organisation, nous appelons à un assemblée de lutte contre cette mascarade électorale et les mauvais coups qui ne manqueront pas de suivre, et invitons chacun, chacune à y participer. 
 
Assemblée autonome, avril 2017,

assembleeautonome.caen(at)riseup.net
 
RDV dès lundi 24 avril, à 18h, à l’arrêt de tram Université (Campus 1). Assemblée de lutte contre la mascarade électorale et ses suites

Lundi 1er mai : Cortège contre la mascarade électorale et ses suites. 10h30 place St-Pierre.

15h00 : Discussion autour des élections, de la situation sociale et des suites. (Précédée d’une cantine) A la pétroleuse, 163 cours Caffarelli

LA RUE OU RIEN

Publié le 2017-04-24 09:32:14

(Source: twitter.com)

Hambourg, Allemagne : Attaque à un bureau de poste

Publié le 2017-04-24 10:33:11

Dans la nuit du 18 avril, des inconnus ont détruit toutes les vitres de la Postbank de la Volksdorfer Straße à Hambourg. “Contre les banques – contre l’Etat – Solidarité (A)” a été sprayé sur le mur.

Cela s’est passé pendant la semaine de solidarité avec les anarchistes accusé.e.s de braquage à Aachen.

Récit et réflexions à propos de la soirée du 1er tour, « ni Le Pen ni Macron, ni patrie ni patron »

Publié le 2017-04-24 11:19:13

Dimanche soir, à l’annonce des résultats du 1er tour des présidentielles, entre la reine des racistes et le roi des capitalistes, notre coeur n’a eu qu’une envie : vomir. Pourtant, en abstentionnistes revendiqué-e-s, on aurait pu décider de se désintéresser complètement du cirque électoral. On a préféré exprimer notre rage dans les rues de Paris...



Comme à chaque élection présidentielle, les actions directes contre la farce démocratique et ses partis se sont multipliées ces derniers mois et se sont intensifiées ces dernières semaines : attaques de permanences de partis politiques de toutes tendances, arrachage et détournement d’affiches électorales, tags abstentionnistes dans la rue et dans le métro, enfarinages de candidats, manifs contre le FN et perturbations de meetings de divers candidats (merci Fillon pour avoir osé aller jusqu’au bout malgré toutes tes casseroles, tu as fait grandir la colère populaire contre la classe politicienne).

Samedi (le 22 avril), une manif pour un « premier tour social » a vu quelques actions directes menées contre des banques et des tags anti-vote apparaître sur les murs :

Manif « 1er tour social », 22 avril 2017, boulevard Beaumarchais, Paris
Manif « 1er tour social », 22 avril 2017, boulevard Beaumarchais, Paris
Manif « 1er tour social », 22 avril 2017, Paris
Manif « 1er tour social », 22 avril 2017, boulevard Beaumarchais, Paris

Et dimanche, si le rendez-vous « Nuit des barricades » à Bastille n’a pas tellement bien marché (trop de flics, pas assez de gens), une manif sauvage a quand même fini par partir de la place malgré la nasse policière, tandis qu’une autre semble être partie de Ménilmontant plus ou moins en même temps, et qu’encore une autre arrivait place de la République dans la soirée. Bon, c’était un peu chaotique et compliqué à suivre, mais il y avait clairement de l’énergie pour gueuler contre le 2e tour qui s’annonce et contre la mascarade électorale en général.

Un peu plus tard dans la soirée, alors que de plus en plus de gens affluaient sur la place de la République, on a vu arriver des flics à deux ou trois angles de la place. Ça semblait le bon moment pour partir en manif sauvage... Malgré quelques personnes qui essayent de freiner cet élan, avec l’idée qu’on finirait par être 5 000 si on attendait un peu (si seulement...), on finit par bouger, avec l’idée qu’on finirait tou-te-s nassé-e-s sur la place si on attendait un peu (version plus terre à terre, tmtc). La grande insurrection, ça sera pour une autre fois. On s’en doutait, nan ?

À ce moment-là, on est quelques centaines, la rage au ventre, à crier « À bas Le Pen, les flics et Macron », ou encore « Tout le monde déteste le FN » / « Tout le monde déteste Macron ». Mais si ces slogans inspiré de « Tout le monde déteste la police » ont le mérite d’affirmer notre haine du renouveau du racisme pour l’une et du renouveau du capitalisme pour l’autre, ils ont le défaut d’être faux, tout simplement. On a envie que tout le monde haïsse la police, le FN et Macron, mais de fait, on en est loin... Sur les 47 millions d’inscrits sur les listes électorales, il y en a quand même plus de 8 millions qui ont voté Macron, et plus de 7 millions qui ont voté Le Pen. Sans compter les 7 millions qui ont voté Fillon, etc. Bref, même si les abstentionnistes restent les plus nombreux, on est quand même très loin d’une détestation généralisée des deux candidat-e-s qui se retrouvent au 2d tour de la présidentielle.

Un slogan plus « juste », et plus parlant, fera son apparition : « Ni Le Pen ni Macron, ni patrie ni patron », affirmant ainsi notre détestation des deux candidats en tête tout comme du nationalisme et du capitalisme comme systèmes de domination.

Partie sur la rue du Faubourg du Temple, la manif sauvage est dynamique et gagne en intensité au fur et à mesure. Des tags apparaissent sur les murs, du mobilier urbain est renversé en travers de la route pour empêcher les flics de nous suivre trop facilement. Au croisement de Belleville, on tergiverse un peu, on hésite à prendre la rue de Belleville, un ou des véhicules de flics sont attaqués, des lacrymos sont jetées sur la foule par les flics et toute la manif se dirige alors vers la place du Colonel Fabien en prenant le boulevard de la Villette. Des panneaux de pub et des Autolib prennent des coups, ainsi que tous les habituels bâtiments capitalistes, qui ont tous leurs façades repeintes et/ou leurs vitrines pétées : banques, agences immobilières, agences d’assurance, magasins de bourges, supermarchés, etc. Tout cela se passe dans une bonne ambiance, une rage collective accompagnée de slogans anticapitalistes. Le rythme de la manif est assez élevé, ce qui parfois n’aide pas trop à l’entraide entre manifestant-e-s, ou à l’attention aux un-e-s et autres, mais c’est un sentiment génial de continuer à avancer et transformer cette soirée d’élections présidentielles en émeute en plein coeur de Paris (on était 500 au début et jusqu’à 1 000 au plus fort de la manif, selon le suivi de Paris-Luttes.info).

Les flics ont mis du temps à nous rattraper, et c’est seulement vers La Chapelle qu’ils ont essayé de nous bloquer le passage. Quelques projectiles répondent alors aux jets de grenades lacrymogènes, et après un petit moment d’hésitation ça repart en direction de Louis-Blanc, où une autre attaque policière finit par couper la manif sauvage en deux ou trois groupes (dont un termine nassé - une cinquantaine de personnes seront interpellées et emmenées en contrôle d’identité au comico de l’Évangile, dans le XVIIIe). Là, la manif continue mais il y a une sorte de flottement, l’ambiance est pas mal retombée et on est beaucoup moins nombreux. On se regroupe progressivement et rue du Faubourg Saint-Denis on repart au pas de course en direction de Gare du Nord pour éviter d’être bloqué dans un endroit sans rues adjacentes. À l’angle de la Gare du Nord, d’autres flics armés nous attendent. Demi-tour, on commence à faire tourner le mot que l’heure de la dispersion a sonné. Si on peut, on se retrouve place de la République !

Émeute après les résultats du 1er tour, 23 avril 2017, Paris
Émeute après les résultats du 1er tour, 23 avril 2017, Paris
Émeute après les résultats du 1er tour, 23 avril 2017, Paris
Émeute après les résultats du 1er tour, 23 avril 2017, Paris

Quelques temps plus tard, s’il y a du monde sur la place de la République, on voit bien que ça grouille de flics partout dans le Xe arrondissement et tout autour de la place. Alors que des affrontements commencent entre des manifestant-e-s et des flics sur un angle de la place, feux d’artifice contre lacrymos, toutes les rues sont rapidement bloquées par des rangées de flics anti-émeute. La place est noyée sous les gaz lacrymogènes, ça court dans tous les sens et il y a peu de perspectives enthousiasmantes dans ce grand traquenard. C’est vers ce moment-là qu’avec mes ami-e-s on s’esquive, et quand on a appris qu’il y avait un rencard à Ménilmontant il était trop tard pour nous. On dirait que deux petites manifs sauvages sont reparties de là-bas...

Pour celles et ceux qui y étaient, cette soirée émeutière n’aura pas manqué de faire penser à celle qui avait éclaté au soir-même de l’élection de Sarkozy en 2007. Ça avait même duré trois soirs d’affilée à Paris, des manifs sauvages offensives avaient accueilli comme il se doit l’arrivée au pouvoir de cette ordure.

En 2017, dans cette période d’état d’urgence normalisé et de montée des idées réactionnaires, ce n’est pas toujours évident de savoir comment s’opposer à la marche écrasante de l’ordre établi. Pourtant, à la suite du mouvement contre la loi Travail et son monde et du mouvement de solidarité avec Théo, les moments de révolte sociale n’ont pas manqué ces derniers mois. Et on l’a vu ce dimanche soir, on est quand même un certain nombre à avoir la rage contre ce monde, à être déterminé-e-s à continuer de s’insoumettre aux chefs, aux partis et aux institutions. En dépit de l’adversité grandissante, faisons exister, faisons connaître, développons les idées et pratiques autonomes, anarchistes, révolutionnaires et anti-autoritaires.

Après les résultats du 1er tour, 23 avril 2017, place de la République, Paris

Tour d'horizon des manifs du 23 avril au soir

Publié le 2017-04-24 14:51:31

Suite au résultat des élections, de nombreuses manifestations ou rassemblements étaient appelés aux quatre coins de l’Hexagone. Retrouvez ici un petit tour de France des événements de la soirée post-électorale là où nous avons pu trouver des informations.
Mis à jour le 25.04 à 14h.



On ne se faisait pas trop d’illusions quant à ce qui pourrait se passe au soir du 23 avril. 15 ans après Le Pen au second tour des élections en 2002, beaucoup moins de gens se sont retrouvés dans la rue le soir même pour protester. La faute à une pénétration plus grande des idées frontistes dans l’ensemble du spectre de la vie politique ? D’une "respectabilité" plus grande de MLP par rapport à son paternel ? Ou bien d’un manque d’envie et de combativité de notre part, d’une communication et d’une organisation moins efficaces ? De la lassitude ?

Les années qui s’ouvrent promettent d’être dures. Quant bien même Macron (car il semble évident que c’est lui qui l’emportera) aura du mal à se constituer un gouvernement stable, les banques et le néo-libéralisme ont désormais conquis le pouvoir politique, en plus de leur poids déjà écrasant dans l’économie.
Il va nous falloir repenser sérieusement à la façon de mener des luttes radicales et efficaces contre l’Etat et le capitalisme et leur pénétration dans toutes les facettes de la vie sociale pour ne pas se faire écraser par la décomposition en marche.

En attendant, voici ci-dessous un court résumé des informations que l’on a pu recueillir sur ce qu’il s’est passé dans plusieurs villes de France hier soir. Ces infos sont susceptibles d’êtres mises à jour à mesure que des nouvelles arrivent.

A Marseille, un rassemblement était appelé sur le Cours Julien, mais rien n’en est parti.

A Paris, un appel tournait pour mettre sur pied une Nuit des Barricades dans le quartier de Bastille. La manifestation sauvage a duré plusieurs heures, jusqu’à République, et a regroupé autour de 1000 personnes à son point culminant.
La manifestation a été marquée par plusieurs violents affrontements contre la police, l’incendie de cinq véhicules (selon la préfecture de police de Paris) : tout d’abord des gros gazages près de Bastille, avant que l’ensemble se passe du côté de République / Belleville. Le local de la CFDT est aussi tagué et quatre véhicules de police dégradés. Il y aurait 29 personnes en GAV.

Lire aussi sur Paris-luttes.info : Mobilisation générale ! Tensions dans l’est parisien la nuit dernière pour un CR plus fourni de la nuit parisienne.

A Toulouse, ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont parties en manif’ sauvage aux cris de "Tout le monde déteste le FN" dans le centre-ville. Des agences immobilières, distributeurs de billets et autres vitrines ont été détruites tandis que de nombreux tags apparaissaient sur les murs.

A partir de 19 heures, un peu de monde commence à se rassembler place du Capitole. Autour de 20h30, une assemblée, organisée par Jour Debout commence sans grande détermination. Une petite heure passe, des slogans commencent à fuser, quelques feux d’artifices chauffent la place puis environ 250 personnes essaient de partir en manif sauvage. Mais là, les manifestant-es font face à un dispositif policier qui cadenasse tout : toutes les rues sont bloquées par les baqueux, CRS ou les grilles anti-émeute. Ça tente mollement de pousser par une rue mais la manif est vite refluée. Retour au centre de la place, on sortira pas comme ça. Rendez-vous est donné de bouche à oreille pour 23h à Arnaud Bernard. A l’heure dite, on est une bonne centaine et on part assez vite, des gens nous suivent sur le passage du cortège. Quelques tags redécorent la rue et des agences immobilières sont attaquées, ça gueule « Tout le monde déteste le FN », « A bas l’Etat, les flics et les fachos ! » Au bout d’une demie heure, la manif tombe sur une équipée de BAC et de voltigeurs bien déterminés à ce que le cortège s’arrête à Saint-Sernin. La dispersion est chaotique. Il y aurait deux arrestations.

Lire aussi sur IAATA.info : Les élections ne comprennent qu’un langage : grève, blocage, manif sauvage pour un compte-rendu plus détaillé de la manifestation de Toulouse.

A Lyon, une manifestation a bien eu lieu malgré un silence quasi total de la presse locale sur le sujet, et avec une agressivité policière là encore très grande. De gros gazages et grnades de désencerclement à la clé.

A Rennes, la manifestation était complètement cernée par la police, averc de nombreuses nasses un peu partout. C’est donc l’équipe bleue qui a gagné, pour reprendre les termes d’expansive.info. Un compte-rendu un peu plus détaillé sur Indymedia Nantes. Même topo du côté de Rouen, où une centaine de personnes ont été empêchées de partir en manif par la police, selon la presse.

A Nantes, autre ambiance. Une banderole "Ni Banquier, Ni Raciste" ouvrait la manifestation sauvage, tandis que d’autres affichaient "Votez José Pavé" ou autre. Une manif marquée par des affrontements et des jets de quelques cocktails molotovs, tandis que plusieurs banques sont éclatées. La police est très violente, il y a de nombreux blessé-e-s parmi les manifestant-e-s et quelques arrestations. Voir là encore Indymedia Nantes pour un CR un peu plus détaillé.

A Grenoble, autour de 200 personnes ont manifesté suite à l’annonce des résultats, très rapidement cernée par la police et dispersée tout aussi rapidement. Voir un court récit sur Haro.

A Tours, environ 200-300 personnes se sont rassemblées et ont manifesté, ainsi qu’à Caen ou encore à Lille.

A Bordeaux, quelques centaines de personnes manifestent dans le centre-ville, banderole "On vaut mieux que ça" et fumigènes, quelques feux de poubelles et brèves échauffourées contre la police. Il y aurait 2 arrestations. Synthèse du journal-poubelle du coin, Sud-Ouest.

A Strasbourg, un rassemblement a là aussi eu lieu avec quelques fumigènes, une arrestation de mineur pour tag insultant la fonction policière est signalée, ce qui a provoqué la dispersion de la manifestation sauvage.

A Hénin-Beaumont, fief de Le Pen, ce sont six Femen qui ont surgi plus tôt dans la journée, avant d’être rapidement maîtrisées par la police.

Pour la chronique, des bureaux de vote ont été temporairement fermés à Besançon et à Saint-Omer dans le Nord du fait de la présence de voiture suspectes dans les environs, dans lesquelles on a retrouvé un fusil dans le premier cas et rien dans le second. Un autre a rapidement été fermé dans le XXème a Paris, pour la même raison. A Haguenau en Alsace, c’est une glacière oubliée pas loin qui a déclenché l’alarme et fait venir les démineurs.

Un mort est tout de même à signaler au bureau de vote de Font Romeu dans les Pyrénées Orientales : il a fait une crise cardiaque au moment de glisser son bulletin de vote, ce qui a là encore fait fermer temporairement le bureau, le temps que les pompiers interviennent.

Et on ne compte plus trop les vitrines de permanences électorales éclatées un peu partout dans les dernières semaines.



PS :

Ne lâchons ni la lutte ni la rue ! Solidarité barricadière.
Voir aussi un petit recueil d’articles sur Cette Semaine.

[bruxelles] pourquoi ? pourquoi pas ?

Publié le 2017-04-24 14:51:32

Dimanche 23 avril 2017
Anderlecht, la nuit. Y a d’la buée qui sort de ta cagoule. Tu découpes un trou de souris dans un grillage, pas n’importe lequel. Celui qui protège un parking pourri sur lequel sont stationnés 4 combis de police. T’ouvres ton bidon, ça sent fort. Gloup gloup sur les roues arrière. Tu t’accroupis et t’allumes. Le temps d’apprécier la vue des fourgons pris dans les flammes, et tu repars. Le cœur qui bat plus vite. Ça colle sous tes aisselles, mais ça décolle dans ton crâne.

T’as fait ça parce que c’est pas permis. T’as fait ça parce que ça fait peur. T’as fait ça parce que ça fait rire aussi. T’as fait ça parce que t’as pas envie de rester assis à regarder défiler toute cette merde. T’as fait ça parce que tu pouvais l’faire. T’as fait ça parce que «ça sert à rien». Mais t’as fait ça parce que tu veux choisir ta vie. Et dans ta tête y a plus d’grillages et plus d’combis. Dans ta tête y a plus qu’des sourires et des incendies.

En solidarité avec les compagno-ne-s accusé-e-s de braquage à Aachen.

Et forcément, t’as aussi une pensée enflammée pour Krèm et Kara, inculpé-e-s pour l’incendie d’une bagnole de flics à Paris en 2016. Et un zoubi à Damien.

Vive le feu
Vive les fous

[Berne] 400 personnes FLTIQ* dans la rue pour crier leur colère contre les rapports de pouvoir patriarcaux

Publié le 2017-04-24 22:14:49

Nous, personnes Femmes*, Lesbiennes*, Trans*, Inter* et/ou Queer* (FLTIQ*), sommes descendues aujourd’hui pour crier notre colère contre les rapports de pouvoir patriarchaux encore et toujours existants, et contre toute autre forme d’oppression.



Environ 400 personnes se sont jointes à cette marche colorée dans les rues de Berne pour exiger d’être considérées comme individu_es et d’être respectées, indépendamment des genres ou des orientations sexuelles (autodéfinies).

Ont pris part à cette manifestation uniquement des personnes se définissant comme Femmes*, Lesbiennes*, Trans*, Inter* et/ou Queer* (FLTIQ*), afin de créer un espace libre en dehors du quotidien dominé par les hommes cis, et éradiquer stéréotypes sexistes et hétéronormatifs, d’abus sexistes et sexuels, de violences verbales et physiques et de toute autre forme d’homo*phobie et de trans*phobie.
Tout au long de la manifestation, un grand nombre de policiers*ères* étaient présents*es avec deux canons à eau. Tous les accès à la Bundesplatz étaient fermés. Une fois de plus, l’Etat, avec son monopole de la violence, a protégé et soutenu le système en place. Mais ni l’Etat, ni personne ne nous stoppera dans notre lutte contre le patriarcat et toutes les autres formes d’oppressions. [Nous reviendrons !]

Soulevez-vous et le monde vous éprouve !

En solidarité avec la promenade nocturne, plusieurs hommes* cis ont mené une discussion critique au sujet de la masculinité. Plus tard dans la soirée, ils ont cuisiné et servi de la nourriture sur la place devant la Reitschule Bern.

En marge de cette manifestation, dans le cadre de l’agenda queer-féministe, plusieurs évènements, discussions, conférences et workshops ont lieu en ce moment.



Les élections ne comprennent qu'un langage : grève, blocage, manif sauvage !

Publié le 2017-04-24 22:14:49

Rapide retour sur la soirée du 23 avril à Toulouse.



21h : Les sorties de la place du Capitole entièrement bloquées, tentative de manif sauvage qui échoue

Dès 19h, alors qu’on occupe la place à discuter tranquille, c’est la parade des camions de flics et la mise en place du dispositif. Grille anti-émeute rue saint-rome, flics à tous les coins de rue, innombrables cars de CRS stationnés. On sent l’ambition d’écraser toute volonté de révolte.

Vers 21h au Capitole entre 100 et 300 personnes sont réunies. "Jour Debout" fait tourner le micro, beaucoup d’appels au calme et à la non violence quand un départ en manif est suggéré dans l’assemblée. On leur coupe la parole à coup de "Tout le monde déteste le FN" et de feux d’artifice.

Tentative de départ en sauvage derrière une banderole : bref affrontement entre flics et manifestants rue du poids de l’huile. Une lacrymo est jetée. La place est entièrement encerclée par des centaines de CRS. On fait vite le constat qu’on ne partira pas en manif depuis la place.

23h : manif’ sauvage déter’ à Arnaud Bernard

Un rendez-vous est donné à 23h à Arnaud Bernard.

A l’heure dite nous sommes une centaine. On démarre direct et on chope des gens en chemin, notamment devant les bars. Arrivé-es rue du Taur on est peut-être 200 ?

Des horodateurs, des agences immobilières et des DAB sont fracassés, quelques tags fleurissent sur les murs.

Rue du Taur, les panneaux d’affichage électoraux sont démontées avec une rage indescriptible.

Avec toutes les poubelles chopées sur le trajet, on fait des barricades.

Les vitres se brisent au son de "Les élections ne connaissent qu’un langage : grève, blocage, manif sauvage" ou le plus classique "Aaaah, anti, anti capitaliste !"

Voltigeurs, lacrymos, grenade, chasse des manifestant-e-s, arrestations

Peu de monde réalise que deux motos de voltigeurs s’incrustent en plein milieu du cortège.

Après quelques péripéties, nous revenons vers la basilique Saint Sernin où les lacrymos se mettent à tomber du ciel.

Là commence une chasse à l’homme qui dure jusqu’au moment où sont écrits ces lignes (01h00). Après la manif, les flics auraient nassé un bar à Arnaud Bernard pour chercher des personnes (et en auraient profiter pour en étrangler une autre).

Voltigeurs, flics en civil à pied ou en vélo (!), voitures sérigraphiées, CRS, la ville est ratissée, contrôles d’identité à la clef. Une ligne de CRS bloque les petites rues d’Arnaud Bernard.

Plusieurs arrestations seraient à déplorer, deux selon Côté Toulouse). La Dépêche annonce : "Deux hommes apprtenant à la mouvance anarcho-libertaire interpellés dimanche soir"...

N’hésitez pas à témoigner en compléments d’info.

La flicaille à l’intérieur du bar associatif "Chez ta mère"

A bientôt dans les rues ?

Résultats du premier tour : Manifestation sauvage à Rennes - Nous Passerons Par la Vie

Publié le 2017-04-24 22:14:50

Nous Passerons Par la Vie

C’est peu de dire que les élections ne nous intéressent pas. Mais la période est curieuse. Quand l’instabilité le partage à l’incertitude, le feuilleton électoral nous laisse entre rire narquois et sidération. Aussi mauvaise soit la fable, aussi saugrenu son scénario, cette élection est réellement en train de se passer. Nos dernières tentatives ont, tant bien que mal, pris formes dans cet espace étrange. De mouvement à communauté de lutte il y a une béance que nous travaillons à combler. Mais un abîme nous sépare encore d’un réel camp révolutionnaire. Son émergence devient pourtant urgente.
Sur le pas de la porte il nous apparaît nécessaire de travailler à notre conséquence. Comme certains, nous pensons que les actes politiques ne sont pas ceux qui revendiquent un changement, mais ceux qui sont concrètement ce changement, ceux qui, de fait, défont l’existant. Là-dessus il nous faut construire chacune de nos tentatives :
que nos manières de lutter soient en elles-même des moyens d’accroître
nos capacités de sortie des rapports marchands, des moyens de construction de nos communes.

Quoi qu’on dise de l’opportunité électorale, la seule posture politique qui tienne est l’affirmation en acte d’une autre manière d’exister. Et à ce propos, manifester paisiblement, participer à l’émeute, écrire un texte ou organiser une réunion d’information ne suffisent plus pour trouver les moyens concrets de ne pas sombrer dans l’indigence matérielle et existentielle. Que l’on travaille ou que l’on s’y refuse, que l’on milite dans la rue ou non, l’amélioration de nos vies passe d’abord par la décision de reprendre la main sur ce que l’on peut toucher. Pourquoi attendre qu’une institution quelconque nous autorise à avoir prise sur nos existences ?

« Perruque » et Absence

La perruque c’est l’utilisation des outils de notre emploi et pendant notre temps de travail, à notre bénéfice personnel. Où comment reprendre un peu la main sur le travail en réemployant notre temps et notre force pour faire grandir nos capacités. Hommage à celles qui photocopient en douce tracts, articles, affichettes et autres romans pirates sur les machines de leur boîte ! Hommage à ceux qui se servent des services de poste de leur boulot pour diffuser brochures et caisses de soutien ! Hommage à celles qui, pendant la journée de travail, utilisent les outils de l’atelier pour faire le mobilier du nouveau lieu d’organisation ! Hommage à ceux qui récupèrent les invendus des commerces où ils triment pour les redistribuer à leurs potes précaires ou aux camarades dans le besoin.
Absence, grève latente, soustraction momentanée à la dépossession de notre temps. Se mettre en arrêt maladie pour partir en vacance un jour ou deux de plus. Ne pas venir au boulot pour se payer une tranche de marrade avec les gosses. Partir plus tôt pour préparer avec les copains l’action du lendemain. Faire durer la pause café pour se montrer le fruit de nos bricoles respectives, en parler, se les offrir, se chauffer pour les suivantes.
Et la chaparde, et la récup’, et l’occupation de logements inoccupés, de terres à l’abandon. Là, encore, sont les matières à extraire du marché, là encore, de quoi construire nos existences.

La conjoncture est désastreuse, c’est le moment d’agir.

C’est une situation de paupérisation rapide et forcée qui a amené de nombreux Grecs à penser l’auto-organisation de centres de soins, l’appropriation collective de terres ou la prise en charge directe de l’accueil des réfugiés. L’institution y est un intermédiaire de trop, un frein à la mise en place d’espaces de solidarité effective. Ce ne sont pas les espagnols ni les catalanes qui diront autrement. Ici, aucun candidat à la présidentielle ne peut prétendre honnêtement enrayer ces mêmes processus d’appauvrissements forcés. Il n’y a donc aucune raison d’attendre davantage pour développer nos propres structures. Et voilà que la démarche est double : d’un côté, arracher au capital ce qui peut l’être, pierre par pierre, ou par pans entiers quand cela est possible, de l’autre, construire ce qui nous permet de faire exister des formes de vie libérées. Et il est bien question de construire car chacun de ces gestes d’extraction, chacun de ces actes qui annulent de petites parcelles de la valeur marchande, constituent un élément qui se déploiera dans toute sa consistance si, et seulement si, il est mis en relation avec d’autres dynamiques de ce type.

Il s’agît donc de s’organiser.

Ce que quelques années de vie sur la Zad permettent de mettre en lumière, c’est l’avancée substantielle d’un mouvement qui associe résistance effective, développement des expérimentations sociales et matérielles ainsi que mise en relation des différentes tentatives et sensibilités. Perruquer seul, s’absenter seule, chourave seul c’est un petit pas de côté. Le faire à plusieurs et réfléchir à comment articuler nos gestes respectifs c’est déjà une nouvelle sente qui se dessine. Se poster en plus face à la goudronneuse c’est tenter de permettre aux multiples sentiers de devenir réseaux de chemins. De geste en geste, d’étape en étape, mettre en place des conditions de plus en plus propices à rendre la sécession efficiente tout en construisant concomitamment notre capacité à assumer la confrontation. Car il n’est pas question de rendre habitable un monde qui nous aliène en créant de petits espaces de respiration. Lutte ET Sécession, voilà le diptyque essentiel d’une praxis révolutionnaire consistante.

Que ce texte ne soit pas seulement un discours, qu’il soit suivi d’actes.

[Genève] “La rue nous appartiendra ce 1er mai”

Publié le 2017-04-24 22:14:50

La journée internationale de la lutte des travailleuses et travailleurs doit redevenir un réel moment de lutte. Plus que jamais, la nécessité de se rassembler dans la rue, de reprendre notre liberté de lutter et de montrer notre détermination à ne pas subir une vie d’exploitation et de misère se fait sentir. Il est dur de ne pas constater la poussée des réflexes réactionnaires depuis quelques années, et Genève est loin d’en être exempte.



En 2015, le mouvement No Bunkers organisait de nombreuses manifestations non-autorisées resplendissantes : les marches se déroulaient dans une ambiance déterminée, sans avoir à subir un dispositif de policier anti-émeute démesuré. Puis le mouvement contre l’austérité rassemblait des milliers de personnes durant plusieurs mois. Enfin, la manifestation sauvage du 19 décembre mettait un coup de pression supplémentaire en s’attaquant aux symboles de la culture bourgeoise.

L’objectif inavoué de la répression est évidemment de retirer le goût à chacunEs de se rassembler dans l’espace public et d’y faire valoir ses opinions.

Nos dirigeants politiques ont pris peur. Après cette année d’agitation, chaque événement au contenu politique a vu se déployer une armée de flics anti-émeute et en civil, qui encerclent, suivent, provoquent, fichent, contrôlent. Et ne nous y trompons pas, si c’est la peur d’un “black block” fantasmé qui est invoquée pour justifier la répression, c’est en vérité toute velléité de lutter et de militer qui est visée. L’objectif inavoué de la répression est évidemment de retirer le goût à chacunEs de se rassembler dans l’espace public et d’y faire valoir ses opinions. Manifestation contre l’austérité, rassemblement contre la venue d’Alain Soral, manifestation en soutien aux personnes en exil, marche de nuit féministe : tous ces événements ont subis des menaces pesantes avant et pendant leur déroulement.

Si la présence policière démesurée est visible, elle n’est que la part émergée de l’appareil répressif d’Etat. En effet, la justice et la BRIC (police politique extrêmement sournoise de l’Etat de Genève) poursuivent en ce moment même un travail de harcèlement des jeunes militantEs, en distribuant à tout va garde-à-vue, convocations et amendes pour n’importe quelle raison : occupation d’un champ abandonné pour y faire un potager collectif, déploiement d’une banderole au Grand Conseil ou encore manifestation contre la venue d’Erdogan.

Mais ne nous voilons pas la face, la répression subie par les militantEs ne représente qu’une fraction du pouvoir oppressif déployé par l’Etat. La politique migratoire notamment, est aujourd’hui un vaste laboratoire où les autorités mettent en œuvre une gestion raciste et violente des populations. Nous ne connaissons que trop bien l’Histoire pour être enchantéEs par les centres fédéraux pour migrantEs.

La politique migratoire notamment, est aujourd’hui un vaste laboratoire où les autorités mettent en œuvre une gestion raciste et violente des populations.

Ce qui est sûr, c’est que notre présence dans la rue, les liens que nous avons pu y tisser entre différentes luttes, les vraies questions dérangeantes qui sont soulevées et la confiance gagnée en nous-mêmes menacent le statu quo politique. Depuis plusieurs années, nous réussissons à être de plus en plus nombreuSEs à refuser les définitions que le pouvoir souhaite imposer à nos existences. Des étudiantEs qui ne jouent pas le jeu des intellectuelLEs dociles et pacifiéEs, des femmes et des personnes trans* qui ne se laissent pas intimider par le patriarcat qui leur impose des manières de conduire leurs corps, des migrantEs qui ne se laissent pas caser dans le rôle de victime que leur impose l’Etat ou qui refusent une vie dans la clandestinité, un site internet qui se réfugie à la playa mais qui continue à défier les médias traditionnels, des jeunes qui en ont marre d’être toujours en queue de cortège et qui s’affirment comme acteurRICEs politiques.

Contre toute les formes de répression, restons solidaires et organisons-nous !

Parce que les politiciens craignent notre force et notre émancipation collective, ils déploient leur écrasant appareil bureaucratico-répressif.

Parce que le 1er mai est né d’abord de personnes exploitées qui ont lutté pour la destruction du pouvoir

Parce que le 1er mai est né d’abord d’un soulèvement qui n’a ni demandé d’autorisation, ni fait profil bas devant la police et la répression politique

Parce que le 1er mai est récupéré depuis des décennies par la gauche parlementaire qui n’a fait que trahir tout au long de l’histoire les intérêts réels des personnes oppressées

Parce que chaque 1er mai, la population genevoise se rappelle que la manifestation est un moyen de faire concrètement quelque chose

Parce que le 1er mai est une journée internationale de solidarité qui mérite que l’on y amène des propositions révolutionnaires

Parce que le 1er mai est une occasion de plus de se trouver, de se retrouver et d’apprendre à être ensemble, à penser ensemble, à agir ensemble

Parce que la rue est l’espace où peut s’exprimer notre force collective

Parce que la rue nous appartiendra ce 1er mai !

Cette année pour la première fois, la tête du bloc sera en mixité choisie sans mecs cis.

Rejoignons le bloc révolutionnaire à 15h Place des 22 Cantons !



NICKEL NI CHROME

Publié le 2017-04-25 12:54:22

Non, ça ne va pas du tout !

À l’occasion de chaque élection, surtout depuis trente ans, tout se passe comme si les positions que j’affirme le reste du temps étaient de pittoresques fantaisies personnelles, auxquelles il serait opportun et pour tout dire obligatoire de renoncer.

Non seulement c’est une sommation morale qui m’agace infiniment, mais c’est surtout l’occasion d’une disqualification de ce que je fais et de ce que je suis, ce qui m’encolère davantage encore.

Oh bien sûr ! je pourrai « redevenir » anarchiste, et même révolutionnaire – la République est bonne fille ! – une fois la présidentielle et/ou les législatives passées.

Les élections, c’est un peu la guerre de 14-18 en temps de paix.

Ça tombe comme à Gravelotte (Moselle) et il faut choisir son camp contre la barbarie (Heil Kropotkine !).

Mon camp est choisi depuis longtemps : je suis révolutionnaire communiste libertaire.

Cela signifie – je résume ! – que j’analyse le système qui s’est étendu à l’ensemble de la planète comme capitaliste, c’est-à-dire reposant sur l’extraction de la plus-value par l’exploitation du travail humain, la domination d’une classe sociale (bourgeoise), d’un genre (masculin) et d’une classe d’âge (adulte).

Ce système ne recule devant rien : il tue – dans la répression des émeutes et chaque jour, dans les familles et sur les chantiers et dans les usines –, affame, pollue et gaspille les richesses, humaines et naturelles. Ces richesses, je veux les voir produites et préservées autrement. Je veux les voir partagées.

Je n’admets aucune raison de considérer que l’espèce humaine serait parvenue, dans sa courte histoire, au bout de son évolution avec la dite « démocratie représentative », dans laquelle le peuple n’a que le pouvoir de voir le système se représenter lui-même indéfiniment.

Nous avons inventé le roman, le télescope et la greffe du cœur.

Nous pouvons (ré)inventer le partage des décisions, et – pourquoi pas ? – le bonheur. Disons davantage de bonheur, si vous préférez. De toute manière, étant donné le point de départ, notre marge de manœuvre créatrice est considérable.

Cette proposition n’est pas une « opinion », pas non plus une « idée » en laquelle je vous inviterais à « croire ».

C’est un parti pris social, politique et existentiel. Si je ne suis pas toujours en mesure de me montrer à la hauteur de ce parti pris, et des circonstances (ce qui s’appelle le courage), il n’est pas en mon pouvoir d’y renoncer. Je suis fait de la même étoffe que mes rêves. Me les arracher, c’est m’écorcher vif. Je préfère mourir avec mes taches, comme le léopard.

Revenons à l’épisode qui constitue l’actualité nationale.

Un représentant (de commerce) du capitalisme, dans sa forme la plus « moderne » et décomplexée risque d’être élu au second tour, après être arrivé en tête au premier.

Il semble qu’un certain nombre de personnes aient voté pour lui en croyant voter Kennedy, finalement rassurées par son « absence de programme », par ailleurs moquée par ses concurrents.

Son programme étant la continuation du système présent, il n’était pas absurde de sa part de se contenter de faire du bruit avec sa bouche et de montrer ses dents (blanches). J’espère que ses admirateurs et admiratrices se cotiseront pour lui offrir une voiture décapotable… (Je plaisante !)

Sauf vocation politicienne tardive (et toujours possible), ce VRP pratiquera une rénovation capitaliste agressive et pressée, avant de retourner aux affaires (les vraies !). C’est la probabilité, ou au moins la possibilité de mouvements sociaux d’envergure, peut-être dès l’automne prochain.

Mais, nous dit-on, dans une configuration improbable mais non impossible, une héritière d’extrême droite pourrait coiffer le bellâtre sur le poteau…

Version rance et nationaliste du capital. (D’ailleurs impraticable à moyen terme, ce qui n’empêchera pas les dégâts dans l’immédiat.)

Épiciers en folie, flicaille et miliciens sans retenue, répression politique et raciste (encore !) augmentée…

Voilà qui devrait, par raison raisonnante, amener l’électorat de gauche et d’extrême gauche, et moi, et moi, et moi (si j’étais inscrit sur les listes…) à voter pour Dents blanches. Ça ne risque pas de m’arriver, vous l’avez compris, mais je pense aux autres. Et voilà ce que j’ai à leur dire : si la seule chose que vous avez à opposer au néofascisme est un bulletin de vote, soyez gentils de rester chez vous entre les deux tours, et après aussi : vous risqueriez de vous trouver dans ma ligne de mire par accident (Je ne plaisante plus.)

Il ne s’agit nullement dans mon esprit de prôner une « politique du pire » que j’ai toujours condamnée (pas parce qu’elle est indigne moralement, mais parce que l’histoire nous enseigne qu’elle n’a jamais rien apporté). Il s’agit de comprendre que le score de l’extrême droite ne dépend pas des reports de voix ou du taux d’abstention, mais de l’état des rapports et des luttes de classes.

Je ne pense pas non plus que les nombreux et nombreuses parmi vous qui iront voter « contre le FN », en se bouchant le nez avec ou sans pince à linge, laisseront leur âme dans l’isoloir.

Je pense simplement qu’il y a mieux à dire et à faire.

Et, contre les urnes, d’autres armes à fourbir.

Je préfère l’odeur de la poudre au goût de la cendre.

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.55.27

Ce texte a été repris sur Le Pressoir (voir liste des liens dans la colonne droite) et ici aussi, et chez Les Déserteurs actifs.

Tour d'horizon des manifs du 23 avril au soir

Publié le 2017-04-25 12:54:22

Suite au résultat des élections, de nombreuses manifestations ou rassemblements étaient appelés aux quatre coins de l’Hexagone. Retrouvez ici un petit tour de France des événements de la soirée post-électorale là où nous avons pu trouver des informations.
Mis à jour le 25.04 à 14h.



On ne se faisait pas trop d’illusions quant à ce qui pourrait se passe au soir du 23 avril. 15 ans après Le Pen au second tour des élections en 2002, beaucoup moins de gens se sont retrouvés dans la rue le soir même pour protester. La faute à une pénétration plus grande des idées frontistes dans l’ensemble du spectre de la vie politique ? D’une "respectabilité" plus grande de MLP par rapport à son paternel ? Ou bien d’un manque d’envie et de combativité de notre part, d’une communication et d’une organisation moins efficaces ? De la lassitude ?

Les années qui s’ouvrent promettent d’être dures. Quant bien même Macron (car il semble évident que c’est lui qui l’emportera) aura du mal à se constituer un gouvernement stable, les banques et le néo-libéralisme ont désormais conquis le pouvoir politique, en plus de leur poids déjà écrasant dans l’économie.
Il va nous falloir repenser sérieusement à la façon de mener des luttes radicales et efficaces contre l’Etat et le capitalisme et leur pénétration dans toutes les facettes de la vie sociale pour ne pas se faire écraser par la décomposition en marche.

En attendant, voici ci-dessous un court résumé des informations que l’on a pu recueillir sur ce qu’il s’est passé dans plusieurs villes de France hier soir. Ces infos sont susceptibles d’êtres mises à jour à mesure que des nouvelles arrivent.

A Marseille, un rassemblement était appelé sur le Cours Julien, mais rien n’en est parti.

A Paris, un appel tournait pour mettre sur pied une Nuit des Barricades dans le quartier de Bastille. La manifestation sauvage a duré plusieurs heures, jusqu’à République, et a regroupé autour de 1000 personnes à son point culminant.
La manifestation a été marquée par plusieurs violents affrontements contre la police, l’incendie de cinq véhicules (selon la préfecture de police de Paris) : tout d’abord des gros gazages près de Bastille, avant que l’ensemble se passe du côté de République / Belleville. Le local de la CFDT est aussi tagué et quatre véhicules de police dégradés. Il y aurait 29 personnes en GAV.

Lire aussi sur Paris-luttes.info : Mobilisation générale ! Tensions dans l’est parisien la nuit dernière pour un CR plus fourni de la nuit parisienne.

A Toulouse, ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont parties en manif’ sauvage aux cris de "Tout le monde déteste le FN" dans le centre-ville. Des agences immobilières, distributeurs de billets et autres vitrines ont été détruites tandis que de nombreux tags apparaissaient sur les murs.

A partir de 19 heures, un peu de monde commence à se rassembler place du Capitole. Autour de 20h30, une assemblée, organisée par Jour Debout commence sans grande détermination. Une petite heure passe, des slogans commencent à fuser, quelques feux d’artifices chauffent la place puis environ 250 personnes essaient de partir en manif sauvage. Mais là, les manifestant-es font face à un dispositif policier qui cadenasse tout : toutes les rues sont bloquées par les baqueux, CRS ou les grilles anti-émeute. Ça tente mollement de pousser par une rue mais la manif est vite refluée. Retour au centre de la place, on sortira pas comme ça. Rendez-vous est donné de bouche à oreille pour 23h à Arnaud Bernard. A l’heure dite, on est une bonne centaine et on part assez vite, des gens nous suivent sur le passage du cortège. Quelques tags redécorent la rue et des agences immobilières sont attaquées, ça gueule « Tout le monde déteste le FN », « A bas l’Etat, les flics et les fachos ! » Au bout d’une demie heure, la manif tombe sur une équipée de BAC et de voltigeurs bien déterminés à ce que le cortège s’arrête à Saint-Sernin. La dispersion est chaotique. Il y aurait deux arrestations.

Lire aussi sur IAATA.info : Les élections ne comprennent qu’un langage : grève, blocage, manif sauvage pour un compte-rendu plus détaillé de la manifestation de Toulouse.

A Lyon, une manifestation a bien eu lieu malgré un silence quasi total de la presse locale sur le sujet, et avec une agressivité policière là encore très grande. De gros gazages et grnades de désencerclement à la clé.

A Rennes, la manifestation était complètement cernée par la police, averc de nombreuses nasses un peu partout. C’est donc l’équipe bleue qui a gagné, pour reprendre les termes d’expansive.info. Un compte-rendu un peu plus détaillé sur Indymedia Nantes. Même topo du côté de Rouen, où une centaine de personnes ont été empêchées de partir en manif par la police, selon la presse.

A Nantes, autre ambiance. Une banderole "Ni Banquier, Ni Raciste" ouvrait la manifestation sauvage, tandis que d’autres affichaient "Votez José Pavé" ou autre. Une manif marquée par des affrontements et des jets de quelques cocktails molotovs, tandis que plusieurs banques sont éclatées. La police est très violente, il y a de nombreux blessé-e-s parmi les manifestant-e-s et quelques arrestations. Voir là encore Indymedia Nantes pour un CR un peu plus détaillé.

A Grenoble, autour de 200 personnes ont manifesté suite à l’annonce des résultats, très rapidement cernée par la police et dispersée tout aussi rapidement. Voir un court récit sur Haro.

A Tours, environ 200-300 personnes se sont rassemblées et ont manifesté, ainsi qu’à Caen ou encore à Lille.

A Bordeaux, quelques centaines de personnes manifestent dans le centre-ville, banderole "On vaut mieux que ça" et fumigènes, quelques feux de poubelles et brèves échauffourées contre la police. Il y aurait 2 arrestations. Synthèse du journal-poubelle du coin, Sud-Ouest.

A Strasbourg, un rassemblement a là aussi eu lieu avec quelques fumigènes, une arrestation de mineur pour tag insultant la fonction policière est signalée, ce qui a provoqué la dispersion de la manifestation sauvage.

A Hénin-Beaumont, fief de Le Pen, ce sont six Femen qui ont surgi plus tôt dans la journée, avant d’être rapidement maîtrisées par la police.

Pour la chronique, des bureaux de vote ont été temporairement fermés à Besançon et à Saint-Omer dans le Nord du fait de la présence de voiture suspectes dans les environs, dans lesquelles on a retrouvé un fusil dans le premier cas et rien dans le second. Un autre a rapidement été fermé dans le XXème a Paris, pour la même raison. A Haguenau en Alsace, c’est une glacière oubliée pas loin qui a déclenché l’alarme et fait venir les démineurs.

Un mort est tout de même à signaler au bureau de vote de Font Romeu dans les Pyrénées Orientales : il a fait une crise cardiaque au moment de glisser son bulletin de vote, ce qui a là encore fait fermer temporairement le bureau, le temps que les pompiers interviennent.

Et on ne compte plus trop les vitrines de permanences électorales éclatées un peu partout dans les dernières semaines.



PS :

Ne lâchons ni la lutte ni la rue ! Solidarité barricadière.
Voir aussi un petit recueil d’articles sur Cette Semaine.

Rennes : Contre toutes les religions et le patriarcat, solidarité

Publié le 2017-04-26 08:15:32

Indymedia Nantes / mardi 25 avril 2017

nous avons attaqué deux églises à coups de marteaux.
nous crachons sur leur visions de la famille, du couple et de la sexualité.
nous attaquons aussi en solidarité avec Kara et le compagnon incarcéré à fleury pour la voiture brulée et qui a toujours refusé de collaborer avec les flics et la justice. solidarité enragée avec celleux accusées de braquage à aachen

courage!

des noctembules

[in italiano]

Contre toutes les religions et le patriarcat, solidarité

Publié le 2017-04-26 08:15:33

nous avons attaqué deux églises à coups de marteaux.
nous crachons sur leur visions de la famille, du couple et de la sexualité.
nous attaquons aussi en solidarité avec Kara et le compagnon incarcéré à fleury pour la voiture brulée et qui a toujours refusé de collaborer avec les flics et la justice. solidarité enragée avec celleux accusées de braquage à aachen

courage!

des noctembules

Déteste la police, pas tes camarades

Publié le 2017-04-27 00:13:38

Avant de traiter les camarades de « flic », Un voisin de cortège et d’action propose : « Donc la prochaine fois que tu me vois en manif, en AG ou en action et que tu penses que je suis flic (...) S’il-te-plaît camarade, observe et sois vigilant ».



« Ça va, tu prends des notes ? » me lance un camarade au soir du premier tour des élections présidentielles, dans une sauvage partant vers Voltaire. Je lui rétorque « Qu’est-ce qu’il y a ?! » et lui, avec son pote, de me faire un geste méprisant du menton, sourire aux lèvres avant de commencer à trottiner pour rejoindre l’avant. D’habitude (car c’est une habitude et c’est bien le problème), je ferme ma gueule ou je fais celui qui ne comprend pas qu’on vient de l’insulter de RG. Car oui, « pute », « arabe », « gay » ou encore « juif » ne sont pas des insultes mais « flic », « RG », « raciste » ou encore « patron » en sont. Alors je lance à son pote qui commence à le suivre, « Pourquoi tu me dis ça ? Tu sais pas qui je suis ! » et lui me répond « Non, t’inquiète ça va, on teste les gens voir leur réaction ». Il faut ici comprendre « les gens » suspicieux. Suspicieux ? Ok, résultat j’abandonne au niveau de Voltaire, je suis pas là pour ça et du coup je ne me sens pas bien, plus à ma place, un peu comme au boulot ou parfois en famille mais cette fois pas parce que je suis un militant, parce qu’on me prend pour un flic.

Jusqu’ici, pour le moment, je me dis que la vigilance est saine. Et j’ai la même. Penser à regarder derrière, sur les côtés, repérer les oreillettes, reconnaître les sacs à dos standards des bacqueux, observer les deux RG sur le côté en train de parler au talkie, siffler et pointer du doigt une colonne de robocops contournant pour nasser, etc. Mais ce n’est pas un jeu. Cibler un-e camarade peut la-le décourager alors que nous avons besoin de toutes et tous. La vigilance est saine, la suspicion sur des bases telles que « un grand type rasé, la trentaine, en parka noir qui marche sur le trottoir, seul, sans jeter une seule poubelle au milieu de la rue ni péter un abri-bus c’est sûr c’est un flic » ne l’est pas. Elle discrimine, éloigne, fait douter, etc. alors que ce type a juste perdu une partie de ses potes dans la nasse, n’a plus de batterie pour appeler et retrouver les autres, se sent en sécurité dans la manif pour s’éloigner du merdier des bleus mais a déjà eu à faire à la justice et donc préfère pas s’exposer en mettant le zbeul avec les autres. Néanmoins il est là, animé par la même rage.

Donc la prochaine fois que tu me vois en manif, en AG ou en action et que tu penses que je suis flic. Avant de cracher dans le dos de mon pote (manif lycéenne en mars 2016), avant de me tourner autour avec tes trois potes en mode coup de press’ puis te barrer (avant un départ de Répu en avril 2016), avant de me demander si je suis des renseignements alors qu’ils sont à 10 mètres de toi (devant un lycée du 19e en Juin 2016). S’il-te-plaît camarade, observe et sois vigilant. Alors j’espère qu’en prenant ce temps, tu repèreras les vrais ennemis et que tu seras réactif au moment où ils s’attaqueront à nous. Notre vigilance a fait sortir plus d’une fois la BAC de nos cortèges. Certes, nous ne nous connaissons pas et les flics continuent sans doute de s’infilter mais notre multiplicité fait notre force et notre imprévisibilité, conservons cela précieusement sans se méfier les uns des autres.

Un voisin de cortège et d’action

Neuf mois de prison ferme suite à la manifestation sauvage de dimanche soir

Publié le 2017-04-27 00:13:39
28 avril 2017

Dimanche soir suite aux résultats du premier tour de la présidentielle, manif sauvage, ambiance sympa slogans et motiv’ sont au rendez vous. Très vite les flics aussi, gaz, tensions, fuites, coups et arrestations. Deux personnes en gardav’.

L’une est relachée le lendemain. L’autre passe mardi en comparution immédiate. Les charges ? : dégradations volontaires pour deux vitrines d’agence immobilières et participation à une manifestation non autorisée avec le visage dissimulé. Verdict ? : 9 mois ferme avec mandat de dépôt.

Comme d’hab justice raciste, justice de classe.

Crève la justice, crève la taule.

Solidarité !

Il n’y a pas d’identité politique, seulement des pratiques politiques

Publié le 2017-04-28 14:50:05

Retour sur la manif contre le FN du dimanche 16, deux semaines après. Appel à une discussion.



Nous nous adressons ici à des camarades, ou des copain-ine-s comme on aime à les appeler. Nous espérons qu’illes recevront ce texte ainsi. La critique est toujours quelque chose d’essentiel, et se doit d’être sévère pour être pertinente, mais pas chargée d’affects personnels. Avant tout bienveillante, donc. C’est cet exercice que nous tenterons d’effectuer ici.

Les événements de la manif anti-FN qui ont éclaté vers la fin entre deux « groupes » ont dû faire parler beaucoup de monde — après avoir fait bien rire les flics et les feufas. Aucun intérêt de ramener le débat à « qui a fait quoi », « qui est responsable ». Aucun intérêt d’entrer dans des querelles de chapelles. Chacun a sa version des faits, et ses affinités personnelles dans l’affaire. La discussion se doit d’être politique et stratégique.

Nous demandons d’abord à certains copains (nous ne féminisons pas ici volontairement) d’arrêter de donner des ordres dans le « black bloc ». Les charges à 15 sur trois voitures de flics à 100m, qui obligent tous les autres à suivre par sécurité, et qui menacent de diviser le cortège, n’ont aucun intérêt. Sans parler des tirs de mortiers qui finissent pour une fois sur trois dans le dos d’un camarade, ou les bouteilles jetées de loin sans faire attention où elles tombent. D’une part, quand il n’y a que quatre banderoles, il n’est pas bien difficile de faire un relais de communication rapide entre elles pour décider d’une stratégie collective, et de voir si les gens derrière veulent suivre. D’autre part, il faut se poser la question de l’intérêt de ce type d’action. L’autodéfense en manif, et sa part offensive lorsqu’il y a des cibles précises, est d’une nécessité évidente partagée. Tenir en respect des escadrons de flics pour créer un espace libre, qui permet de s’attaquer à des cibles précises, c’est essentiel. Il n’y a pas à transiger. Cette pratique était d’autant plus pertinente dans un cortège de tête hétéroclite et massif, avec des enjeux stratégiques (rapport de force physique et symbolique) qui relèvent parfois de la bataille (prendre un pont, faire une brèche, tenir un lieu). En bref : dégager les flics du balcon surplombant de la Philharmonie était essentiel. Mais le plaisir de jeter des cailloux, et de trouver dans une telle pratique une fin en soi relève plus d’une nostalgie du mouvement « loi travail » que d’une tactique réfléchie, et d’un acte politique conscientisé.

La pente vers un certain autoritarisme dans les cortèges est un piège à éviter à tout prix. Mais cette pente, on l’a aussi vue chez ceux qui se sont improvisés et autoproclamés service d’ordre de la manif. En quel nom ? Nous avons passé un printemps entier à critiquer ce genre de pratique, et on se retrouve, dans nos propres rangs, à faire de même. Quand bien même il y a des jets de bouteille mal placés, comment peut-on s’arroger le droit de tabasser des copain-ine-s parce qu’on n’aime pas ce qu’illes font, ou ce qu’illes seraient supposé-e-s avoir fait ? Donc maintenant on va commencer à se taper dessus sur les rendez-vous qui nous sont communs ? Ou on fera des événements séparés ? On sera beau, tiens, à 50 chacun-e dans notre coin. L’un de nos amis s’est trouvé à terre roué de coups par le « SO » parce qu’il se trouvait là au mauvais moment, et qu’il était cagoulé (il va falloir s’en justifier maintenant…). De l’autre côté, que certain-e-s jouent le SO n’est pas une raison pour que des mecs agressent une copine. Passage à tabac d’un côté, agression sexiste de l’autre. Tout cela n’est pas anecdotique, malgré un constat désolant : on le passe sous silence.

Donc nous faisons un appel à une discussion collective, maintenant qu’il n’est pas trop tard, entre les militant-e-s qui se retrouvent toujours dans les mêmes cortèges, qui partagent les mêmes combats et les mêmes pratiques. A quoi ça sert de se dire anti-autoritaire et anti-capitaliste pour jouer le flic ou le cheffaillon, frapper des copain-ine-s , les mettre en danger et réintroduire des rapports de domination entre nous ? Il faut travailler à l’indistinction la plus totale dans nos cortèges. Et quel sens cela a-t-il de parler d’"autodéfense populaire", si c’est pour ne pas faire attention les uns aux autres, surtout dans les moments d’action ? Il y a déjà suffisamment à faire avec les coups des flics (qui seront sans retenue les 22 et 23 avril, le 1er mai, etc.)… Ne devrions-nous pas ne pas être une menace pour les copain-in-es ? ne pas les exposer inutilement ? Rien n’est possible dans le cortège sans confiance et soutiens réciproques.

De façon plus générale, peut-être devrions-nous nous rappeler combien l’autonomie, et la diversité des tactiques qui en découle, est un des apports majeurs des dernières luttes politiques. Méfions-nous des sigles, des nominations, des effets de groupe, et de leur culte du pseudo-chef-stratège que cela suppose. L’idée fondamentale de l’autonomie, et qui nous différencie des organisations partidaires, c’est que chacun vient en tant qu’individu libre, luttant avec ses ami-e-s et camarades, pour défendre des formes de vie et des types de rapports sociaux débarrassés des rapports de domination. Alors que le stalinisme a disparu il y a plus de 25 ans, on ne peut pas reproduire ses structures d’appropriation des mouvements sociaux. Personne n’en est propriétaire. Puisqu’il s’agissait d’une manifestation contre le fascisme, relisons l’Hommage à la Catalogne de George Orwell, et méditons combien cette volonté de contrôle sur le mouvement a annihilé la dynamique révolutionnaire, et ouvert le voie à la victoire du franquisme. En reproduisant de telles erreurs, nous nous dirigerons immanquablement vers la même catastrophe, et notre fin à tous. L’histoire de l’Espagne insurgée nous rappelle que la lutte contre le fascisme n’est pas réductible à la constitution des groupes antifas contemporains, de même que l’on n’a pas attendu la naissance de l’appellisme pour lancer des insurrections. Personne n’a le monopole de l’insurrection et personne n’a le monopole de l’antifascisme comme mot d’ordre. Tous ces combats participent d’une histoire longue des luttes sociales contre le capitalisme, le fascisme et l’État. Elles ont commencé bien avant notre naissance et se poursuivront bien après. Il n’y a pas de question de l’identité politique, mais seulement des pratiques politiques. Elles indiquent les formes de rapports sociaux pour lesquelles nous luttons.

Des individu-e-s autonomes dans un groupe autonome

Texte sur l'arrestation de sept amis à Paris (le 19 mars, 2017)

Publié le 2017-04-28 14:50:05

Traduction d’un texte écrit en anglais et publié le 19 avril sur Indymedia Linksunten. Il traite de l’expérience 7 personnes, majoritairement venues d’Allemagne, arrêtées lors de la manif du 19 mars [Marche pour la justice et la dignité] et qui maintenant font face à d’assez lourdes accusations.



Ce texte, écrit par un groupe de soutien anonyme, traite de l’arrestation d’une constellation d’internationaux à Paris et les circonstances inhabituelles qui y ont donné lieu, y compris les derniers développements de tactiques policières et l’atmosphère politique actuelle en France après bientôt deux ans d’état d’urgence. Ce texte n’est pas concluant et les faits sont basés sur la mémoire des gens impliqués, mais d’autres textes avec plus d’informations concrètes (surtout sur les tactiques policières) feront suite. Il a également des détails omis du texte car on a toujours besoin d’en discuter et bien sûr on ne peut pas s’exprimer pour chaque personne touchée.

Le 19 mars, il y a eu une manifestation prévue depuis longtemps, contre l’État et la violence policière, mises en avant par le viol de Théo et le meurtre d’Adama, et précédée par une longue histoire d’émeutes contre la violence structurelle de la police et d’un État basé sur le colonialisme. Il faut donc prendre en compte le mouvement de l’année dernière [loi travail] et les luttes partout en France. Dans ce moment, un lien entre deux mouvements s’est élaboré – un contre l’État raciste et l’autre, le mouvement social. Ce lien entre ceux qui combattent l’invisibilité, ou bien l’autorité, est nouveau alors l’État réagit avec toutes sortes de répressions contre ce mouvement et contre la solidarité dont diverses couches sociales font preuve.

Ce jour-ci, un groupe de sept personnes (venant surtout d’Allemagne) se sont retrouvées à Paris, place de la République. Surveillé par des policiers en civil, le groupe a été arrêté. La stratégie de la police était d’utiliser la BAC pour arrêter les personnes après qu’elles se soient dispersées pour prendre chacune son chemin.

Les flics ont amené les sept détenus-es au même commissariat et les ont placé-es en cellules. Puis, ils leur ont expliqué les accusations :

Lors de ce qu’on appelle la « confrontation », quand l’inculpé et la police s’assoient dans la même pièce et donnent chacun-e leur déposition, les flics ont révélé leurs tactiques. De ce que les policiers ont dit :

Deux policiers pas en service ont assisté à la manif. Ils ont repéré plusieurs personnes à l’intérieur du black-bloc. Ces individus se détachaient car ils étaient complètement couverts par leurs habits, par une forte organisation apparente et l’emploi de gestes comme possible méthode de communication. Les flics ont pris photos et vidéos sur leur smartphones et go-pros. Ils ont suivi certains jusqu’à la Place de la République où ils ont vu ces gens former un cercle pour changer d’habits. Ces flics ont informé leurs collègues qui, la BAC et d’autres policiers, ont observé un groupe de personnes jusqu’au moment où ils ont pu les arrêter.

Les policiers ont interrogé nos amis et les avocats de l’État [trad : commis d’office] les ont encouragés à faire une déposition. Ces interrogatoires ont eu lieu à plusieurs reprises de jour comme de nuit. La plupart du temps, il y avait des interprètes présents, mais ceux-ci ont plutôt joué le rôle de policier que de traducteurs impartiaux. Les flics ont pris L’ADN, les empreintes digitales et des photos de chaque inculpé-e. Certains-es ont été photographié-es avec des chapeaux ou vestes qu’ils avaient avec eux.

Après une attente de plus de 48 heures marquée par une lutte constante pour de l’eau, des draps, des médicaments, accès aux toilettes, de la nourriture (y compris de la bouffe vegan) et des avocats, on les a transférés au dépôt du tribunal au palais de justice, pour la comparution immédiate. Le tribunal a trouvé qu’il n’y avait pas assez d’informations et a alors décidé de reporter le procès. C’est aussi possible que l’affaire ait été reportée car une des accusations est un « délit politique » qui ne peut pas être jugé en comparution immédiate.

Le procureur et les juges voulaient que nos camarades restent en prison en détention préventive jusqu’au prochain procès [trad : le texte original a utilisé le mot "trial", mais proprement dit cela aurait été une audience devant les juges de la liberté et la détention. Cette note tient pour les autres occurences de ce mot dans le texte]. Ils sont passés un par un devant un deuxième juge censé décider si cela aurait lieu. Devant ce juge, le groupe a reconnu certains des faits. Ce juge a ensuite avoué être trop fatigué et énervé par le procès pour rendre un jugement et a renvoyé nos amis devant un autre juge. Ce troisième juge a également prétendu être trop fatigué et énervé pour rendre un jugement et voulait envoyer le groupe en prison. Les avocats ont lutté pour que le procès soit reporté quelques jours.

De nouveau, nos camarades étaient séparés-es et transférés-es dans diverses prisons autour de Paris. Deux jours plus tard, cinq d’entre eux étaient ramenés-es au tribunal. Les procès et les juges étaient différents pour chacun-e ainsi que l’issue, mais les cinq ont été remis-es en liberté le soir même. Trois jours plus tard, les deux autres ont été ramenés-es au tribunal et relachés-es aussi. Ils-elles ont tous-tes à suivre des contrôles judiciaires en France aussi bien qu’en Allemagne, comme par exemple l’interdiction de manifester.

L’histoire n’est pas finie. Ces procès n’avaient comme but que de décider si nos amis auraient à passer les prochains mois en prison jusqu’au procès. Ils attendent de savoir les dates de leurs procès, mais ils s’attendent à des condamnations violentes – des peines de prison inconnues et des amendes excessivement chères. Pour le moment, ils ont des frais importants pour les semaines de procès et il y aura sans doute beaucoup d’autres frais dans les jours qui viennent. Toute solidarité est voulue et bienvenue.

Les ragots et la désinformation se répandent déjà. Le présent texte n’est qu’un point de départ pour faire que cette affaire soit aussi transparente que possible pour limiter cela. Raconter des trucs que tu n’as pas à raconter ne sert à personne à part les flics.

Pendant leurs jours d’incarcération, les détenus-es ont continué de lutter contre l’oppression policière et étatique auxquelles ils ont dû faire face. Bien que leur sort était prévisible entre les mains violentes de l’État, il faut le considérer dans le contexte de leur privilège blanc et donc n’aurait pas pu être pire que ce que subissent à chaque minute les individus noirs ou racisés à l’intérieur des prisons.

La solidarité extérieure, intérieure et partagée était intense et a secoué les murs moites et froids de la prison. Sans cela, ils seraient toujours incarcérés-es et la lutte serait encore plus difficile. Les structures répressives de l’État et la violence continue contre ceux et celles qui luttent pour survivre est permanente. Cela est contesté tous les jours et la solidarité doit se répandre partout !

Si vous voulez nous contacter, servez-vous de cet adresse mail : paris7@riseup.net

Inséré titre ici (texte raté)

Publié le 2017-04-28 14:50:05

Inséré titre ici (texte raté)

 

 « Rater encore. Rater mieux encore. Ou mieux plus mal.
Rater plus mal encore. Encore plus mal encore.»
– Samuel Beckett

Ratée

Je suis une ratée. Non seulement le ratage est-il au cœur de chacune de mes œuvres, il gouverne aussi chacun de mes gestes. Il s’agit d’un choix conscient, d’une discipline que je m’impose jour après jour : rater encore, rater mieux encore, toujours plus mal et plus mal encore et en opposition à ce qui est réussi – tout ce qui vient confirmer l’état du monde dans ce qu’il a d’immuable et de terrible.

Je suis une ratée par atavisme, car je n’ai pas le bon genre, pas la bonne couleur, pas la bonne sexualité, pas la bonne foi, pas le bon emploi, pas la bonne utilité. Je suis une ratée par dépit, parce que je ne peux pas faire autrement, parce que les portes du génie et de la gloire se sont fermées devant moi bien avant ma naissance. Je suis aussi et surtout une ratée par stratégie. Je suis capable d’un succès relatif en y mettant beaucoup d’efforts, mais seulement au prix de renoncer à mon scepticisme envers le sens et la valeur de ce que j’accomplis, de ma participation au réel – qui ne peut être rien d’autre qu’un effet de la base. Je suis donc contrainte de choisir entre d’une part réussir et de l’autre maintenir une critique lucide des conditions du succès.

Je suis une ratée, mes gestes sont destructifs, mes œuvres sont des nuisances, mes paroles n’expriment rien d’autre que le refus. Mes gestes sont des non-actions, des actions mortes-nées. Je suis un cancer, un « développement anarchique des cellules » et la conséquence ultime de mon action serait la destruction de la base qui pourtant m’a produite, m’a nourrie et me maintient jusqu’à présent en vie – si quelqu’un ne vient pas m’arrêter avant que ça se produise, ce qui arrivera selon toute vraisemblance.

Base

Le capitalisme est le système de production de la réalité. Cette base tire son énergie de la propriété du capital qui a été produit par des gestes passés et le capital se nourrit de cette base. La base est beaucoup plus que la somme de ses composantes et s’est développée à l’intérieur de règles et de valeurs qui ne peuvent pas être altérées par aucun individu, ni par aucune alliance de forces collectives. La base est détenue et contrôlée par une élite qui l’opère à son avantage – sans toujours être consciente qu’elle est, comme le reste des phénomènes, le produit de cette base.

Réalité

Tout ce qui peut arriver, dans des conditions données, se produit tôt ou tard. Tout ce qui arrive est le déploiement et la réalisation de ce qui est possible dans les circonstances de notre existence. Inversement (et tautologiquement), il est impossible de produire ou de créer quelque chose que la base du réel ne permet pas de créer ou de produire. La base contient tout le réel qui n’est rien d’autre que son effet; il n’y a pas d’ailleurs où tout est possible. Le capitalisme est politiquement neutre et contient à la fois le conformisme et la révolte, le fascisme et l’antifascisme, le socialisme et le néo-libéralisme, les coopératives autogérées et les multinationales, les États-Unis et Daesh, Célibataires et nus et La Mariée mise à nu par ses célibataires, même.

Réussite

Tout ce qui est une réussite est nécessairement aussi une catastrophe, car rien ne peut réussir sans confirmer les conditions dans lesquelles se trouve le monde et participer à leur pérennité. Le succès et l’efficacité – dans les sens de l’atteinte des objectifs – n’est possible que dans l’intégration avec le réel.

Échec

L’échec est toujours circonstanciel; il peut être temporaire, il peut être subi en gage d’une victoire à venir. L’échec héroïque est un moment de la réussite, même si cet échec s’avère définitif. L’échec est une réussite non-advenue, car les gestes qui le sous-tendent participent au réel en naissant de sa base. Ce n’est d’ailleurs pas innocent que le mot échec provienne d’un jeu ; pour perdre, il faut être partie prenante du jeu et rien ne permet dans les règles de s’attaquer pendant une partie au jeu lui-même.

Ratage

Le ratage se distingue de l’échec d’abord dans son caractère définitif. Ce qui est raté est irrécupérable, inadmissible, inassimilable, inutilisable. Le ratage se distingue de l’échec en cela qu’il n’est pas l’envers de la réussite, mais un acte qui s’attaque aux conditions-mêmes de la production du réel. Rater, c’est saborder tout ce qui est relié à la base – et donc, ultimement, se saborder soi-même.

Rater ne va pas de soi. Cela implique de réfléchir à la reproduction des formes autoritaires et capitalistes dans chacun des gestes posés, dans une approche davantage assimilable à l’incendie d’un champ plutôt que de la construction d’un nouveau monde dans la carcasse de l’ancien. Rater, c’est assumer le désespoir contemporain et l’incertitude face à l’avenir immédiat comme un appel aux armes. C’est trouver énergie et volonté dans l’impasse conformiste, rigide et asphyxiante de la société. Rater, c’est larguer définitivement les amarres, sachant que le sens se trouve en faisant des pas vers le néant plutôt que dans la recherche illusoire de ce qui se trouve de l’autre côté.

Vivre

Un corps terrorisé est-il vivant ?

Survivre

Je suis née marchandise et je vais immanquablement mourir marchandise. Mon esprit a été corseté depuis mon enfance au point où je n’arrive pas à déterminer si mes désirs sont vraiment les miens et mon corps est si réifié qu’il est devenu indiscernable de toutes les objets qui m’entourent. La base m’a produite comme un être terrorisé, parce que la violence sous toutes ses formes est la principale modalité de son fonctionnement. En droit, je suis une « personne humaine », mais le droit n’est que pure fantaisie, que du vent dans un désert de roches. Hors de cette fiction, toutes les conditions de mon existence ont fait de moi une marchandise dans un monde uniquement composé de marchandises ; quand tout objet, quand tout individu, quand chaque instant est à vendre – et qu’il n’y a pas d’extérieur, pas d’ailleurs, pas d’au-delà – la terreur la plus absolue et la plus abjecte règne sans partage.

Et dans cette terreur généralisée qui me submerge, tout ce qu’on me permet espérer, c’est de réussir à survivre –, car la survie est la seule forme d’existence possible sous le capitalisme. Il y a des gagnants, c’est une évidence que la culture ne cesse de porter à mon attention. Toutefois, ces gagnants ne gagnent rien d’autre qu’un degré supérieur de survie par rapport aux perdants, aux maudits, aux damnés de la terre. Une marchandise qui a réussi n’est pas moins une marchandise que celle qui a échoué.

Dans ces conditions, je préfère être une marchandise ratée. Non seulement n’ai-je aucune utilité, non seulement n’ai-je rien à contribuer de valable à la société, mais je suis une nuisance, une marchandise invendable, indésirable, nocive – une marchandise qui contamine et avarie les autres à son contact.

Agir

Il n’y a pas de plan, pas de carte, pas de boussole, pas de marche à suivre. Et surtout, comment savoir si les gestes que je pose sont vraiment les miens ?

Culture

Je suis une écrivaine ratée. Je ne produis pas d’œuvres – que des avortons hideux, des monstres difformes, des crachats glaireux dont la seule existence inflige des plaies purulentes à la culture.

Si on prend le mot dans son sens restreint – celui qu’adopte le ministère de la culture –, il me semble évident que le prolétariat n’a pas de culture. Les pauvres n’ont pas de culture, les immigrants n’ont pas de culture non plus. Idem pour les peuples autochtones ou le Peuple, le grand et le gros, avec un P majuscule. Il n’y a pas de culture populaire et encore moins de contre-culture. Toute culture est bourgeoise et ses produits sont manufacturés pour toute une gamme variée de marchés spécifiques. Au cœur de toutes ses expressions se trouve le mépris, les larmes et l’avilissement. En contemplant une œuvre, personne n’ose penser à la quantité de souffrance qui permet à un patron d’être assez riche pour qu’il lance dans l’écuelle de l’artiste la parcelle de liberté qui lui permet de créer. Toutes les œuvres, sans exception, qu’elles soient commerciales ou d’avant-garde, qu’elles soient subventionnées ou non, sont produites et achetées grâce au labeur forcé généralisé – grâce à la sueur et aux larmes. Celles chiées par des écrivaines anarchistes sur du temps volé ne font pas exception. La liberté particulière de l’artiste est une horreur quand on la met dans le contexte de l’esclavage généralisé. C’est la liberté d’écraser notre visage contre la vitrine qui protège l’opulence. C’est la liberté qui fascine dans un monde de laideur et d’avilissement, celle qui offre des consolations et des espoirs chimériques – et en fin de compte contribue à la pérennité du monde tel qu’il est.

Quiconque est sensible à la beauté a pour premier instinct de s’identifier aux œuvres, de vouloir les défendre et les préserver. Or, ces œuvres sont des marchandises, ce qui signifie qu’elles sont non seulement des produits du capitalisme, mais aussi qu’elles participent toutes à sa pérennité du seul fait de leur production et de leur existence. Les dadaïstes avaient raison, du moins jusqu’à ce qu’ils se mettent à produire des œuvres: aucune de ces marchandises ne méritera d’être pleurée lorsque les fascistes qui viennent organiseront leur prochain grand autodafé.

Politique

Je suis une anarchiste ratée. Je ne recrute personne. Je n’éduque personne. Je ne croise jamais les doigts en espérant que la prochaine émeute sera la Bonne. Et tout ce que j’entreprends, chaque geste que je pose, est antipolitique – et pure négativité.

La base détermine le réel et nous dépendons d’elle comme le poisson rouge dépend de l’eau stagnante de son bocal. Le réel n’est pas le produit des actes ; il est le produit de la base, qui elle seule détermine le succès ou l’échec des actes.

On pourrait espérer que tout soit possible sous le capitalisme, mais la tendance vers la mort, la destruction et leur exploitation est clairement inscrite dans ses gènes – et ce, depuis sa naissance. Les bonnes intentions qui prennent la forme d’avant-gardes, de contre-culture, d’actions caritatives, de réformes politiques, de groupes de pression, de sociétés alternatives ou carrément d’anticapitalisme s’adressent aux effets produits par la base en non la base elle-même. Résister au mal en faisant le bien, c’est opposer un effet à un autre effet; c’est frotter ses mains à rebrousse-poil sur la surface des choses, tout en y étant enfoncée par-dessus tête. Un miroir peut refléter la laideur autant qu’il le souhaite, mais il ne la changera jamais.

Lutter contre le capitalisme par des moyens politiques équivaut à agir pour faire advenir une forme ou une forme autre démocratie, qu’on présente comme plus « authentique », plus « étendue » ou plus « directe » que celle que nous souffrons jour après jour. Une politique anticapitaliste suppose qu’on mette de l’avant une panoplie d’idées qu’il faut faire valoir et mettre en conflit avec les idées dominantes – celles qui régissent la société à l’heure actuelle. Quand une socialiste se porte candidate lors d’une élection, c’est qu’elle pense que le socialisme est une idée qui doit rivaliser avec le capitalisme et que lorsque suffisamment de personnes seront convaincues, le socialisme adviendra. Le problème, c’est que le capitalisme n’est pas une idée, c’est un ensemble de pratiques et de conventions, mais surtout c’est une réalité qui génère toutes les illusions sociales qui servent à cacher la vraie nature de son pouvoir.

Je le répète encore, mieux encore – ou mieux plus mal, plus mal encore. Et encore plus mal encore :  le capitalisme n’est pas une idéologie est n’est surtout pas une politique. Les débats sur les valeurs et les visions pour l’avenir n’ont aucun effet sur lui. Mieux : la politique a été inventée non par pour changer la base, mais comme un moyen d’en assurer la pérennité. La politique est déterminée par le capitalisme – c’est un effet, une conséquence de la base ; voilà pourquoi elle ne peut pas se retourner et affronter directement son géniteur. Un politicien aura beau s’époumoner à se déclarer « antisystème », c’est la base qui lui met les mots dans la bouche et qui l’agite comme Guignol dans son castelet.

«Agir», «faire quelque chose», «s’impliquer», «militer», «participer à la discussion démocratique»: tout cela veut dire, pour à peu près tout le monde à gauche, convaincre et recruter. À quoi bon prêcher, à quoi bon faire des convertis? Le problème est ailleurs – un ailleurs qu’on arrivera en toute probabilité jamais à atteindre et encore moins à saisir. Créer la fraternité humaine par des tactiques de vente: c’est bien là le point de jonction entre la politique et la microéconomie, ce terrain d’entente qui fait que la démocratie et le capitalisme sont les deux visages du même Janus triomphant.

Ô vous les gueux, les rêveuses, les révoltées, mes semblables, si vous et moi étions toutes et tous honnêtes, nous cesserions de promettre une alternative, de promettre des solutions parce qu’il n’y a que des problèmes. Notre tâche n’est pas de sauver ou de convaincre quiconque, mais bien identifier les problèmes et en faire le tri. Autrement dit, être des radicaux dans le sens premier du terme: trouver la racine du mal.

Chaque fois que nous (et je m’inclus dans ce nous, parce qu’il m’arrive à mon grand désespoir de tomber dans ce travers) proposons – et donc promettons – un monde meilleur, les gens se moquent doucement de nous. Ou se mettent à bailler. Ou pensent à autre chose. Pour ces gens – à peu près tout le monde, pour être bien honnête – nous passons pour des sculpteurs déments qui veulent remodeler leur être.

Les individus ne sont pas faits d’argile, illes ne sont pas non plus une pâte à travailler pour faire lever l’humanité nouvelle. On ne peut les convaincre que de ce qu’illes sont eux-mêmes convaincus ; faire appel au sens moral et au sentiment de honte de son adversaire ne fonctionne jamais, parce que leurs principes et leur honte se situent ailleurs. Nous allons devoir les laisser aller jusqu’au bout de ce qu’ils sont, les laisser partir – les laisser être.

Nous allons aussi devoir nous regarder nous-mêmes : déjà partis, déjà ailleurs, en train d’être selon les termes que nous avons choisis, dans un ratage grandiose et irrémédiable.

Antipolitique

Par antipolitique, je veux dire poésie.

 

Catégories :Accès de rage

Tagué:

Avatar de Inconnu

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

Pourquoi il ne faut pas filmer en manif

Publié le 2017-04-29 09:31:13

https://www.youtube.com/watch?v=oIhzIoZX4Fg

La légende qu’ils ont pris le soin d’écrire :

Hier soir, des policiers ont arrêté un de nos reporters puis ont confisqué sa caméra pour « extraire judiciairement » les images de leur intervention survenue quelques dizaines de minutes auparavant. C’est une première fois pour nous qu’ils effectuent ce genre d’action : ils cherchaient en effet des preuves que plusieurs bouteilles avaient été lancées dans leur direction lors de leur « prise à partie ». Comme vous pouvez le constater dans notre autre reportage sur cette #NuitDesBarricades, les policiers ont commencé par tirer au LBD sur les manifestants, avant que ceux-ci ne fuient et que quelques bouteilles ne volent.

On notera la dernière phrase, alors que la vingtaine de personnes arrêtées à ce moment là étaient accusées de jets de bouteilles sur les flics, avant que les charges ne tombent.

Nantes contre macron et le pen : manif oklm

Publié le 2017-04-29 09:31:13

Ce sont finalement autour de 500 personnes, jeunes pour la quasi-totalité, qui se sont retrouvées pour défiler dans le centre ville, sous forte pression policière. En tête du défilé, une banderole détournait le slogan phare de la précédente campagne présidentielle : « le soulèvement c’est maintenant ». Plutôt que de s’enliser dans des affrontements devenus rituels, le cortège a serpenté sur les grandes artères pendant près de deux heures, subissant régulièrement des provocations policières, notamment rue Decré où une horde de la Compagnie d’Intervention surgissait pour couper la route des manifestants, ou lorsque la BAC menaçait le cortège en braquant ses armes, malgré le calme du défilé.
Cours des 50 Otages, un barrage de CRS inondait littéralement la rue par des salves de lacrymogènes, faisant refluer les manifestants vers la Place du Bouffay, où quelques échanges au mégaphones ont lieu. A chaque fois, malgré la répression, les manifestants sont parvenus à reconstituer le cortège.

Notons tout de même deux moments de tension cet après midi. Le premier lorsqu’un militant d’extrême droite, Nicolas Faure, proche du GUD et du média nationaliste Breizh Info, qui s’était illustré en septembre 2015 par l’attaque d’un rassemblement en soutien aux migrants, est repéré en train de photographier les manifestants. Il est sévèrement bousculé avant que la BAC ne charge pour le secourir. Un deuxième coup de chaud a lieu Cours des 50 Otages, alors que l’interpellation d’une personne provoque une charge des manifestants. Bilan de cette manifestation : les rues de Nantes ont été occupées une partie de l’après-midi, malgré un rapport de force défavorable. Il s’agira de reprendre et d’amplifier le mouvement dans les jours à venir, notamment le 1er mai.

Quelques remarques :

-Il est invraisemblable dans le contexte actuel, avec un duel entre la droite et l’extrême droite au second tour d’une élection présidentielle, que les rues soient aussi vides. En 2002, des centaines de milliers de personnes manifestaient contre Le Pen. En 2007, après l’élection de Sarkozy, des manifestations massives et offensives étaient organisées. En 2017, seules quelques centaines de personnes défilent à Nantes, à peine plus à Paris ou à Rennes. En 10 ans, avons nous changé d’époque pour que le fascisme s’installe dans un tel calme ?

– Où est la gauche ? Celle des syndicats, partis, associations, celle qui manifestait en masse lors des précédents scrutins, celle qui organisait des 1er mai massifs contre le FN et faisait bloc. Elle s’est visiblement évaporée. Les rares initiatives émanent de groupes de lycéens ou d’assemblées autonomes, qui défilent sans soutien et subissent une importante répression.

– Nous voici arrivés à l’ère de la révolte par procuration. La Société du Spectacle est en train d’atteindre son stade ultime. Si les rues sont (presque) vides, il n’en demeure pas moins que des millions de personnes sont insatisfaites de la situation politique, et refusent le duel entre la haine et la finance. A l’ère du numérique et des réseaux sociaux, la plupart des gens pensent défier l’extrême droite et le patronat par le « like » ou le partage d’articles sur internet. Disons le clairement : cela ne suffira pas.

Devant nous, il n’y a que deux alternatives : la révolte ou la barbarie.

Grenoble : La permanence électorale LR prend l’air !

Publié le 2017-04-29 21:41:47

France 3 Isère / Jeudi 27 avril 2017

Dans un communiqué, Elodie Léger, candidate LR-UDR aux élections législatives sur la 3e circonscription de l’Isère, indique que son local de campagne a été vandalisé mercredi 26 avril.  Les dégâts sont limités : les deux vitrines principales ont été brisées. Le local en question se situe au 28, rue Nicolas Chorier à Grenoble, dans le quartier Saint-Bruno. Dans un communiqué, Elodie Léger déplore « cet acte malveillant » et affirme que « cet épisode n’affecte en rien [sa] motivation et [sa] détermination. ».


Chalonnais : Épidémie de tags contre la politique

Publié le 2017-04-29 21:41:47

Premier tour : Chalon

Le Journal de Saône-et-Loire / lundi 17 avril 2017

Les faits se sont probablement produits dans la nuit de dimanche à lundi. La police est sur les lieux. Outre la mairie, la vitrine de la permanence des Républicains, rue du Général-Leclerc, a également été prise pour cible ainsi qu’un des murs du palais de justice.

La réaction de Gilles Platret, maire LR de Chalon, sur son compte Facebook : « Ce qui me dérange le plus, ce n’est certes pas d’être traité de « facho » par quelques anarchistes -venant d’eux, ça m’indiffère-, ce qui me dérange, c’est que ces imbéciles choisissent de dégrader notre bien à tous, à savoir l’hôtel de ville.
Notre brigade abri-tags va intervenir dès aujourd’hui. Merci à nos agents. Et un grand bras d’honneur aux lâches qui n’ont pas le courage (c’est Pâques, je reste poli) de défendre leurs pseudo-idées en plein jour ».

La réaction de Sébastien Martin (LR), président du Grand Chalon : « Je tiens à condamner l’acte odieux commis sur la façade de l’hôtel de ville cette nuit et affirme toute ma solidarité à l’égard du maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret. Notre démocratie permet certes à toutes les opinions de s’exprimer mais elle n’impose pas à la vue de tous l’outrance de propos qui n’ont d’égal que la faiblesse intellectuelle de ceux qui les déversent avec haine et mépris pour nos institutions. »

La réaction de Christophe Sirugue (PS), élu d’opposition et actuel secrétaire d’Etat à l’industrie : « Je dénonce fermement les tags qui ont été réalisés sur la façade de l’hôtel de ville de Chalon. Ce n’est pas, par les insultes et les dégradations, que l’on doit mener les combats politiques auxquels on croit. »

*****

Deuxième tour : Le Chalonnais

La mairie d’Epervans

Plusieurs mairies ont été la cible de tags la nuit dernière. La signature est la même : LZ et le A des anarchistes est représenté à chaque fois. Le message écrit sur la mairie de St-Marcel pourrait être une réponse directe à la réaction de Gilles Platret sur sa page Facebook. En fin de matinée, plusieurs maires ont découvert des tags sur les murs des mairies avec les mêmes inscriptions à chaque fois. Il s’agit des communes de Varennes-le-Grand, Ouroux-sur-Saône, Châtenoy-en-Bresse, Lans, Oslon, St-Marcel, St-Rémy, Epervans, St-Loup de Varennes, Lux et Marnay.

La mairie de Saint Marcel

La mairie de Saint Remy

Bure : expulsables mais pas expulsé.es !

Publié le 2017-04-29 21:41:47

Sans trop de surprises, le TGI de Bar-le-Duc a tranché ce mercredi 26 avril en prononçant l’expulsabilité des occupant.es du Bois Lejuc. Après plusieurs mois de bataille juridique pour faire reconnaître l’illégitimité de l’Andra à conduire des travaux dans cette forêt, nous revoilà au moment où machines et gendarmesque menacent à nouveau à l’horizon et où il va nous falloir être nombreu.ses à être mobilisé.es pour les tenir une fois de plus à distance.



Selon l’avis rendu par le tribunal de Bar-le-Duc, Sven Lindstroem devrait faire ses bagages, sous prétexte que sa maison forestière de palettes n’est pas « attachée matériellement au sol par un dispositif de liaison ou d’ancrage ou de fondation (...) et repose simplement au sol » et ne saurait donc être considérée comme un « immeuble bâti ».

En outre, « le droit de propriété est un droit fondamental et l’occupation sans droit ni titre (...) constitue un trouble manifestement illicite ». Bien mal acquis, au passage, puisque l’Andra s’est vue, le 28 février dernier, annuler par le Tribunal Administratif de Nancy le contrat d’échange avec la commune de Mandres-en-Barrois qui l’avait rendu propriétaire du Bois Lejuc en janvier 2016. Mais propriété à demi reste propriété et la propriété c’est sacré : étant donné que la commune dispose de 4 mois pour renouveler un vote d’échange avec l’Andra en conseil municipal, cette décision d’annulation n’est qu’un contretemps avant que tout rentre l’ordre et que l’Andra puisse à nouveau défricher en rond. La commune ne semble cependant pas vouloir réitérer le vote puisque le maire a fait appel fin mars de la décision d’échange.

Évaporée au final, dans cette décision d’expulsion, la raison profonde de la présence de notre ami Sven dans cette forêt, outre qu’il fait bon dormir à la cime des arbres et fleurer la rosée matinale en compagnie des chevreuils. Car, au-delà du « droit au respect du domicile et à la dignité » qui légitimerait à lui seul bien des discussions autour du caractère fondamental de la propriété, quand tant d’humains en sont privés, il ne s’agissait évidemment pas pour Sven de revendiquer ici un droit au logement opposable (DALO) au cœur des sous-bois. Mais il s’agit bien plutôt de s’opposer physiquement à la destruction d’une forêt, déjà bien entamée avec les travaux de défrichement menés sur 7 Ha par l’Andra, au cours de l’été 2016.

L’Andra se remet au vert

Las, le tribunal évacue d’un revers de main « la protection de l’environnement invoquée par M. Lindstroem ». Après tout, l’autorité environnementale(2) a dispensé l’Andra d’étude d’impact le 17 mars dernier, alors même que l’Andra a révélé dans son dernier dossier la présence de plusieurs espèces protégées non prises en compte précédemment. En clair, l’Andra est chez soi, elle fait ce qu’elle veut, pourvue qu’elle laisse passer la petite faune entre les roues de ses camions de gravier et qu’elle organise une battue pour abattre la grande. Pour la flore, l’important c’est qu’on s’engage à remettre en état et repiquer quelques arbrisseaux ici et là pour remplacer les milliers d’arbres abattus.

Et comme la propriété est extensible, qu’on redoute que Sven n’aille déplacer sa cabane hors-sol de quelques centaines de mètres, la décision ne s’applique pas au seul Bois Lejuc mais également à tous ceux environnants appartenant à l’Andra, soit un peu plus de 400 Ha, pour une zone d’exploitation de surface qui prévoit d’en occuper 270 d’ici l’année 2035.

Difficile, dès lors de croire que l’Andra compte s’en tenir à 13 forages sur 7,46 Ha, il suffit de regarder la carte ci-contre pour se faire une idée. D’autant que le mur d’enceinte de béton prévu pour couvrir 3km et destiné à protéger ces « forages très ponctuels » des affreux trublions que nous sommes, a déjà entraîné un défrichage de l’ensemble de cette surface à lui seul.

En conclusion, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque l’Andra justifie après coup toutes les illégalités commises et que l’Autorité Environnementale, la Commune de Mandres-en-Barrois et la préfecture feront le nécessaire afin que ces mêmes pratiques soient absoutes du sceau du législateur pour la suite des événements. En conséquence, fi de la période de nidification des oiseaux qui intervient entre mars et juillet ou de la présence de matous sauvages, un peu de gaz lacrymo et quelques rotations de foreuses devraient rapidement faire fuir petite et grand faune.

Amboise (Indre-et-Loire) : Quand la permanence électorale rencontre une poubelle

Publié le 2017-04-29 21:41:48

La Nouvelle République / samedi 29 avril 2017

La permanence de Marc Lelandais, candidat aux législatives sur la 2e circonscription, a été vandalisée à Amboise, ce vendredi. Une poubelle aurait été lancée contre la vitrine située rue Nationale, en centre-ville. Ces faits ont été commis aux alentours de 4 h. Un groupe d’environ cinq personnes a été entendu et vu déambulant au cours de la nuit. Elles auraient fait des barrages rue Nationale, avec des poubelles.
Marc Lelandais a déposé plainte. L’enquête est menée par la brigade de gendarmerie d’Amboise.

« Ni Marine, ni Macron ». Première manif de l'entre-deux tours réussie

Publié le 2017-04-30 08:45:29

Récit de la manifestaiton lyonnaise du 27 avril contre les présidentielles, par des manifestants.



#Onvautmieuxqueça. Le haschtag du mouvement contre la loi Travail est de retour. Le mot d’ordre numérique est réactivé via une page Facebook. L’origine de l’appel est assez flou : des mélenchonistes énervés par le premier tour ? Le parti des abstentionnistes ulcéré de ne pas être au second ? Des déçus de la gauche qui sentent bien que la politique et les élections ne sont qu’une vaste arnaque ? En tout cas, une chose est sûre, cet appel sorti de nul part est arrivé à réunir plusieurs centaines de personnes dans les rues lyonnaises (et plusieurs milliers en France), là où dimanche dernier peu de monde était sorti à l’annonce des résultats.

#Onvautmieuxqueça. Un mot d’ordre radical dans ce qu’il pose. On vaut mieux que le « choix » entre un banquier au sourire de requin et une vieille bourge d’extrême-droite. Ce n’est pas de cette alternative dont on rêve.
Radical aussi dans ce qu’il invite à faire : ne pas se soumettre au chantage démocratique : votez dimanche prochain pour éviter la catastrophe (le FN aux affaires), c’est ne pas voir que Macron aux affaires, c’est la poursuite de la catastrophe. Il est toujours risqué de sur-valoriser la question du vote. Au fond, voter ou ne pas voter, et faire de cela un « acte politique fort », c’est assez absurde. Les actes politiques sont ce qui font une brèche dans le cours des choses. Là, les présidentielles correspondent simplement au renouvellement de l’adhésion de la population à l’appareil de gouvernement. Ceux qui s’enflamment en ce moment sur les réseaux sociaux contre les abstentionnistes et contre le mot d’ordre « ni Macron, ni Lepen » sont bien gentils. Mais au soir du 7 mai, ils iront bien gentiment se replonger dans leur coma politique pendant les cinq prochaines années.

PNG - 483.4 ko

#Onvautmieuxqueça, un mot d’ordre suivi d’effets. À Paris, une vingtaine d’établissement scolaires bloqués et un millier de lycéens énervés qui défilent entre République et Bastille. Défilés à Nantes, Rouen, Toulouse, Dijon. À Rennes où un policier en moto n’hésite pas à sortir son arme à feu pour faire reculer une partie du cortège.

Rassemblement, 18h, Hôtel de ville

La place des Terreaux. Le lieu de rendez-vous de tous les mouvements spontanés : des émeutes suite à l’élection de Sarkozy en 2007 jusqu’à la manif contre le 49.3 de Manuel Valls l’an dernier, c’est depuis cet endroit que se forment naturellement les rassemblements contestataires. Ce jeudi, pas mal de gens ont répondu à l’appel des réseaux sociaux. Pas mal de flics également. Il se sont postés à toutes les entrées de la place. La foule se chauffe avec des slogans repris en coeur « Siamo tutti antifascisti », « Lyon debout soulève-toi ». L’esprit qui regne n’est pas celui des manifs d’avril 2002 contre Jean-Marie Lepen. Les mots d’ordre sont différents. Ce ne sont plus seulement le FN et le fascisme qui sont dénoncés mais le résultat de l’élection lui-même, la situation dans laquelle il nous plonge. Comme le disait un tag de ces derniers jours : « Si Macron 2017, Lepen 2022 ».

JPEG - 326.4 ko

Après avoir gueulé une heure des slogans anticapitalistes et anti-FN, décision est prise de partir en manifestation. Une banderole prend l’initiative et tout le monde embraye rapidement. C’est parti dans les pentes de la Croix-Rousse.
La manif est bien péchue. Ça monte jusque rue des Cappucins. Ça graffe un peu, le commissariat de police municipale se fait une fois de plus victimiser. Puis ça discute à l’avant du cortège de ce qu’on fait, où il est plus judicieux d’aller. Continuez sur les pentes ou aller au Vieux Lyon ? Manifestement c’est la deuxième option qui l’emporte puisque le cortège commence à descendre et à rejoindre les quais de Saône.

Un premier cordon policier bloque la passerelle St-Vincent. Dans le même temps, une autre ligne de flics vient à notre rencontre. Les flics sont décidés à casser la manif. Sans attendre de se faire caillasser, la police lance les affrontements. L’avant du cortège commence à se faire noyer sous les gaz. Mais les manifestants se tiennent plutôt bien, ne reculent pas et renvoient mêmes les palets de lacrymogène.
Le gros de la manif finit par repartir en sens inverse pour chercher un autre passage. Les « affrontements » continuent sur le parcours (en fait essentiellement les flics qui nous canardent avec du gaz lacrymogène).

Constatant que la manif continue de se tenir, les forces de l’ordre changent de tactique et passent à la vitesse supérieure pour désagréger le cortège. Place Tobie Rabatel et rue Lanterne, ils se mettent à charger dans le dos de la manif. Ce qui provoque un gros mouvement de foule. Des gens courent dans tous les sens. Pas mal de manifestants partent à ce moment-là. On se regroupe place des Terreaux tant bien que mal. Deux cortèges se séparent : un groupe part en direction de la Croix-Rousse [1]. L’autre partie de la manif se reforme rapidement et s’engouffre rue Edouard Herriot.

JPEG - 473.9 ko

Deuxième mi-temps

Arrivés, au niveau du Monoprix de Cordeliers, on croise des fafs casqués en train de differ des tracts. Tout en prenant le soin de bien reculer rue de la Ré, les fafs provoquent et nous incitent à venir à leur rencontre. D’un coté des bacqueux sont positionnés derrière les fafs, attendant qu’une baston commence pour foncer dans le tas et interpeller. De l’autre, les flics arrivent en nombre dans notre dos, rue de Grenette. La scène semble avoir été pensé de concert. Des gens sont à deux doigts d’aller se tapper avec eux, mais le piège est trop gros. Après l’attaque de Mazagran il y a quelques jours par une vingtaines de fafs, dans un quartier pourtant quadrillé par les flics difficile de ne pas parler d’alliance - en tout cas de grandes complaisances - entre flics et fafs.

La manif repart donc. On se tient toujours bien, en s’attendant quand il faut tout en marchant vite pour distancer les robocops à nos trousses. On traverse le pont Lafayette en courant tous ensemble pour ne pas se faire bloquer. Quai Victor Augagneur de gros plots de chantier sont balancés sur la route pour créer des bouchons et ralentir l’avancée des flics. On passe devant la préfecture défendue par… 0 flic. Mais sans bidon d’essence ni bélier, la fin de manif préfère s’évanouir à ce moment-là, alors qu’au loin le concert des sirènes se rapproche.

Ce qui nous a semblé important dans cette journée et ce à quoi il faut donc tenir pour la suite :

1) Le mot d’ordre « On vaut mieux que ça » est, à bien y regarder, est une remise en cause salutaire de la politique et des présidentielles. La crainte pour ce genre de mouvement est de se faire rappeller à l’ordre, de se faire récupérer bêtement par tous les politiciens en herbe qui rodent autour. Aller voter le 7 mai n’est pas une perspective, c’est une rédition. Arrêter de sortir dans la rue pour « ne pas faire le jeu du Front National » est une morale d’apeurés. À ça, nous devons répondre : « nous n’avons aucun espoir dans la politique, nous n’avons rien à voir avec vos élections, et nous n’en sommes certainement pas solidaires ».

2) La manifestation a mis en œuvre une certaine intelligence collective, une intelligence de la rue. Elle s’est bien tenue et bien regroupée malgré le harcèlement policier. Il ne tient qu’à nous d’être plus organisés pour les prochaines. Le but poursuivie par les flics étant de nous disperser le plus rapidement possible, l’enjeu pour nous est de faire durer la manif le plus longtemps possible, de se laisser le temps d’agréger le plus de gens possible et même en cas de dispersion, parfois inévitable, d’arriver à se retrouver (en faisant tourner systématiquement des points de rencards pour pouvoir se compter, parfois repartir). Medic team, banderolles renforcées, matériel défensif contre le gaz et les flash-balls, des gens observant les mouvement policiers et qui restituent les infos en temps réel aux manifestants. C’est en multipliant ces initiatives qu’on pourra retenter ce qu’on a fait ce jeudi 27 avril et continuer notre entreprise de bordélisation de ce pays.

Des manifestants refaits de cette journée



Notes

[1Les différents groupes se font courser par les flics et se dispersent un peu après.