Ambert (63): des précisions sur l’enquête en cours
Pour rappel, le matin du 28 mars ont eu lieu à Ambert (63) trois perquisitions. Celles-ci ont été ordonnées dans le cadre d’une enquête sur la tentative de destruction par le feu d’un véhicule d’Enedis dans la même ville dans la nuit du 8 au 9 juin 2017. L’une de ces perquisitions visait un squat dans lequel les gendarmes ont découvert trois « dispositifs de confection artisanale pouvant s’apparenter à des engins incendiaires », en l’occurrence « des bouteilles contenant un liquide et sur lesquelles étaient serties des blocs blancs pouvant être des allumes-feux » (tous les termes apparaissant entre guillemets dans ce texte sont ceux de la justice). Deux personnes ont été placées en garde à vue (60 heures), puis en détention provisoire avec un mandat de dépôt criminel d’un an. Ils sont mis en examen pour les faits suivants : « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en bande organisée », « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et, pour l’un des deux seulement, « refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique par une personne soupçonnée d’infraction entraînant l’inscription au FNAEG ». Les deux compagnons ont fait appel de leur mise en détention et, après deux semaines enfermés l’un à Riom et l’autre à Montluçon, ils sont passés à la cour d’appel de Riom le 17 avril. Ils ont été relâchés le jour même sous contrôle judiciaire.
Le présent texte tente de rassembler et de communiquer les différents éléments de cette affaire qui reste pour le moment très opaque. Les inculpés et l’avocat n’ont pour le moment pas pu avoir accès au dossier. À l’heure où la toile de la répression s’agite aux quatre coins du pays (a-t-elle jamais cessée de le faire ?), il semble important de transmettre le maximum de détails quant aux modes opératoires, aux rythmes et aux connaissances du tandem police/justice (tout en gardant à l’esprit que chaque enquête, chaque affaire a ses spécificités).
L’enquête
Comme évoqué précédemment, tout commence le 9 juin 2017 lorsque un employé d’Enedis retrouve sur le pneu d’un véhicule un « engin incendiaire » constitué d’une bouteille de liquide inflammable, d’un bloc d’allume-feu et de bougies d’anniversaire. Ce dispositif ne s’était pas enflammé. Aucune trace d’ADN n’a été retrouvée sur celui-ci.
Une enquête de flagrance puis une enquête préliminaire sont entamées par les gendarmes de la brigade d’Ambert puis par la section de recherche de Clermont-Ferrand. Ils rattachent ces faits à la « mouvance anarchiste ou d’extrême-gauche » en les reliant avec d’autres commis et revendiqués dans les mêmes semaines contre Enedis ailleurs en France. Le 14 décembre 2017, une information judiciaire est ouverte et l’enquête est maintenant entre les mains d’Anne Morin, juge d’instruction du TGI de Clermont. C’est à ce moment qu’apparaissent les chefs de « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ».
L’enquête cible donc des personnes d’Ambert appartenant au « mouvement anarchiste » et plus particulièrement à certaines fréquentant un squat. D’après ce qu’il a été compris du dossier lors des audiences, les gendarmes ont pu utiliser les gros moyens : filatures, écoutes téléphoniques, balises de géolocalisation sur au moins deux véhicules, prises d’images des personnes entrant et sortant du squat. Ces investigations leurs permettent de constater d’une part que ce lieu est fréquenté par de nombreuses personnes, d’autre part qu’il y a un recours à de fausses identités, notamment pour l’ouverture du contrat d’électricité et sur la boîte aux lettres (ce qui est monnaie courante pour ouvrir des squats). Cela leur permet donc de déduire que ce « souci de préserver leur anonymat » témoigne d’une volonté de vivre dans « une certaine forme de clandestinité ». De la même manière, les déplacements, surtout lorsqu’ils sont faits sans téléphone, deviennent suspects.
Ces six mois d’enquête, malgré les moyens importants qui lui étaient alloués, n’auront pas permis de prouver d’une quelconque manière la participation de certaines des personnes surveillées aux faits reprochés. La juge d’instruction ordonne donc la perquisition de trois domiciles le 28 mars dernier.
Les perquisitions
Les perquisitions ont commencé le matin vers 8h30. Les enquêteurs/rices découvrent relativement rapidement dans le squat trois « bouteilles contenant un liquide et sur lesquelles étaient serties des blocs blancs pouvant être des allumes-feux ». La personne encore présente sur les lieux est donc placée en garde-à-vue avec effet rétroactif, de même qu’une autre personne perquisitionnée dans un autre endroit (la GAV a donc commencé officiellement dès le début de la perquisition). La perquisition du squat durera jusqu’à 19h30. Y participent, en plus d’une dizaine d’officiers de la section de recherche de Clermont-Ferrand, une dizaine de gendarmes du PSIG (avec leurs cagoules et leurs fusils), 3 membres des Ntech (spécialistes des nouvelles technologies) et 2 techniciens d’investigation criminelle (police scientifique). Dans chacun des trois lieux perquisitionnés, les gendarmes placeront sous scellé :
– tout le matériel informatique et numérique (ordinateurs, clés USB et cartes SD, disques durs externes, imprimantes, appareils photo, lecteurs MP3)
– du matériel de « propagande » (brochures, affiches, stickers, livres), particulièrement tout ce qui faisait « l’apologie de délits contre les forces de l’ordre et l’autorité »
– des documents attestant de l’identité des personnes présentes, étant passés par là ou étant en lien avec des personnes fréquentant le lieu (papiers d’identité, factures, correspondances, le moindre bout de papier où figurait un nom ou un numéro de téléphone)
– des objets permettant de récupérer de l’ADN (couverts, fonds de cendrier, brosse à dent, gants)
Les téléphones sont exploités et laissés sur place.
Les suites…
La GAV des deux compagnons sera prolongée à deux reprises. Ceux-ci gardent le silence et la juge d’instruction les met en examen des chefs précédemment cités. Elle demande le placement en détention provisoire, qui sera accepté par le JLD, en faisant bien comprendre que ce n’est pas dans l’intérêt des inculpés de garder le silence. À noter pour des faits relevant de la juridiction criminelle, le mandat de dépôt est d’un an renouvelable une fois. Cependant, la « bande organisée » est une circonstance aggravante permettant de prolonger la détention provisoire jusqu’à quatre ans.
Ne pouvant donc pas être détenus dans le même établissement sous prétexte des nécessités de l’instruction, l’un des compagnons sera envoyé au centre pénitentiaire de Riom, l’autre à la maison d’arrêt de Montluçon. Après deux semaines de détention, les deux compagnons ont comparu le 17 avril devant la cour d’appel à Riom, où il a été estimé que le contrôle judiciaire serait suffisant pour éviter la concertation entre les suspects, la disparition de preuves et la réitération de délits ou de crime.
Deux éléments semblent avoir particulièrement concouru à cette remise en liberté. D’une part, pour des raisons inconnues, l’audience ne s’est pas tenue à huis clos, invalidant de fait l’argument de la préservation du secret de l’affaire. D’autre part, le procureur (ou pour être exact l’avocat général) n’a pas hésité à dire et à répéter que le motif principal du placement en détention provisoire était de forcer les deux compagnons à parler et à coopérer (ce qui ne figure pas encore dans le code pénal). L’avocat s’est donc saisi de ces deux éléments pour agrémenter sa plaidoirie. On peut également penser que la disproportion entre les faits – tentative de destruction d’un véhicule – et l’arsenal judiciaire déployé – juridiction criminelle, donc passage en cour d’assise –, disproportion pointée par le procureur lui-même, a eu un impact.
Les deux compagnons sont donc dehors sous contrôle judiciaire. Pour l’un d’eux, les contraintes sont : fixer sa résidence au xxx dans l’agglomération clermontoise, ne pas sortir des limites du Puy-de-Dôme, ne pas aller dans le squat, pointer deux fois par semaine au commissariat et ne pas entrer en contact avec six personnes. Pour l’autre : fixer sa résidence au xxx à Ambert, ne pas aller dans le squat, pointer deux fois par semaine à la gendarmerie et ne pas rentrer en contact avec six personnes.
Malgré le soulagement ressenti à l’annonce de cette remise en liberté, personne n’oublie une seule seconde que l’affaire se poursuit. Il ne fait aucun doute qu’elle s’inscrit dans un cadre dépassant largement les faits ambertois. Il suffit de savoir qu’à deux jours d’intervalle ont eu lieu d’autres perquisitions à Toulouse, Amiens et Limoges pour supposer une coordination à l’échelle nationale des enquêtes ciblant les anarchistes. Et il y a malheureusement fort à parier que l’État s’échine dans d’autres coins du pays à mettre de nouveaux coups de pied dans la fourmilière. Ce ne sera pas la première fois et probablement que ce ne sera pas non plus la dernière. Espérons que ce partage d’informations sur les situations locales, qui a déjà commencé et qui sera amené à se poursuivre, permette à chacun.e d’avoir une idée plus claire de ce qui se joue et ait pour résultat d’enrayer au maximum la machine répressive.
[Publié le samedi 21 avril 2018 sur Indymedia-Nantes.]
Précédents textes sur ces affaires de répression en cours:
* 20 avril 2018: Répression en cours: les deux d’Ambert sont sortis !
* 13 avril 2018: Répression en cours : dernières nouvelles des arrestations du 28 mars à Ambert
* 8 avril 2018: Il court il court le furet
* 8 avril 2018: Toulouse: Réunion d’information suite aux récentes perquisitions et interpellations
* 7 avril 2018: Et voir grandir la flamme dans vos yeux
* 3 avril 2018: News on repression of anarchists in France (EN) / Frankreich: Info über neue Repression gegen Anarchist*innen (DE) / Francia: Due ondate di perquisizioni e tre carcerazioni preventive (IT)
* 2 avril 2018: On ne se laissera pas limoger
* 30 mars 2018: MAJ Perquisitions à Ambert
* 28 mars 2018: Perquisitions à Ambert
* 27 mars 2018: Perquisitions à Toulouse
Email de contact: ambertetcontretout_AT_riseup.net
Article du journal La Montagne
Des velléités incendiaires ?
La Montagne | 19 avril 2018
Soupçonnés d’avoir voulu incendier des voitures sur le parking d’enedis, à Ambert, en juin 2017, deux trentenaires ont été remis en liberté par la chambre de l’instruction de Riom, mardi.
La découverte de cet agent d’enedis, à Ambert, le 9 juin 2017, est si étrange qu’il prévient les gendarmes. Un curieux bricolage est posé sur la roue de l’une des voitures de la société, sur le parking.
Ce dispositif incendiaire est rudimentaire : une mèche, un allumefeu et un réservoir de liquide inflammable.
Une enquête est ouverte. La piste de l’extrêmegauche est envisagée. Les soupçons se portent sur un groupe qui gravite autour d’un squat d’ambert. Surveillances, investigations téléphoniques, voitures géolocalisées… « Dans ce dossier, on a utilisé un marteau pour écraser une mouche », s’est indigné Me Jean-Louis Borie, avocat des mis en cause.
Les enquêteurs décou vrent que les personnes qui fréquentent ce lieu utilisent régulièrement des identités d’emprunt. « Ces personnes sont soucieuses de préserver leur anonymat et une certaine forme de clandestinité », relate le président de la chambre de l’instruction.
Perquisitions et interpellations
Le 28 mars, les gendarmes perquisitionnent trois domiciles, dont le squat. Deux trentenaires sont interpellés. Les enquêteurs mettent la main sur trois engins similaires à celui trouvé chez Enedis. Ils saisissent en outre des documents d’orientation anarchiste et d’autres témoignant d’une relative adhésion aux actions violentes envers les forces de l’ordre. « Les gendarmes ont soigneusement choisi les documents qui les intéressaient. Ils n’ont rien pris des livres sur l’art ou sur la culture musicale », ironise Maxime H., l’un des mis en cause.
Les deux suspects sont mis en examen pour « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par moyen dangereux en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ».
Incarcérés à l’issue de leur mise en examen, Maxime H. et Clément A. ont tous deux fait appel de leur placement en détention provisoire, mardi, devant la chambre de l’instuction de Riom. Les magistrats ont tranché en leur faveur et les ont libérés sous contrôle judiciaire.
« La question de la validité de la mise en examen va se poser prochainement devant la chambre de l’instruction », prévient Jean-Louis Borie.
La permanence des élus LREM (La République en Marche) à la Métropole a été inaugurée dans le quartier de Saint-Martin. Son intégrité de façade n’aura duré qu’une semaine puisque dans la nuit de vendredi à samedi, elle a été largement repeinte aux sons de slogans particulièrement hostiles et même menaçants. Sur son compte Twitter, Marc Coatanéa, l’un des élus, se dit scandalisé par la méthode et réplique fermement que « La lâcheté n’a d’égale que l’idiotie des auteurs. Nous ne céderons jamais face à la violence ! ».



Dans la nuit de lundi à mardi, de nombreuses inscriptions antifascistes ont été taguées à Angers, Chazé-Henry dans le Segréen (sur le mur d’un cimétière) et Niafles en Mayenne. Parmi les cibles visées par ces tags, la maison de Pascal Gannat, ex-chef de file du Front national dans les Pays de la Loire et celle de Gaëtan Dirand, ex-secrétaire départemental du FN.
« Un carnaval solidaire contre la frontière » était organisé ce samedi 21 avril à Gap, afin de s’opposer entre autres à la loi raciste « Asile et immigration » de Gérard Collomb sur le point d’être adoptée par les députés. Près de 300 personnes, le visage dissimulé sous des masques, y ont pris part et la manif fut particulièrement dynamique, défilant du parc de la Pépinière jusqu’à la préfecture des Hautes-Alpes.

Dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22 avril 2018, plusieurs incendies ont illuminé les rues de Cognin (Savoie). Des palettes ont été brûlées contre l’entrée principale de la mairie, détruisant la porte ainsi que plusieurs vitres. Juste en face, c’est une voiture qui a été brûlée, le feu a endommagé une partie de la toiture du centre commercial de l’Épine. À quelques dizaines de mètres, rue de l’Épine, c’est un container à poubelles qui a été incendié. La nuit précédente, plusieurs commerces du centre commercial de l’Épine avaient été pris pour cible.
Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 avril, peu de temps après une manifestation de soutien aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes devant la préfecture du Puy-en-Velay, on apprend dix jours plus tard par la presse locale qu’un incendie a causé de gros dégâts dans les locaux administratifs de l’entreprise de travaux publics Eurovia (groupe Vinci), sur la zone d’activité du « Comté-de-Foix » à Cussac-sur-Loire.




Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs incendies criminels ont touché le centre-ville de Cognin (Savoie). Des palettes ont été brûlées contre l’entrée principale de la mairie, la porte ainsi que des vitres ont été détruites. Juste en face, c’est une voiture qui a été brûlée, le feu a endommagé une partie de la toiture du centre commercial de l’Épine. À quelques dizaines de mètres, rue de l’Épine, c’est un container à poubelles qui a été incendié. Dans la nuit de vendredi à samedi , plusieurs commerces du centre commercial de l’Épine avaient été vandalisés. Ce dimanche matin, l’accès à la mairie est condamné par des panneaux de bois. La police nationale a ouvert une enquête.
Les faits remontent à la nuit de lundi à mardi: un incendie a causé de gros dégâts dans les locaux administratifs de l’entreprise de travaux publics Eurovia (groupe Vinci), sur la zone d’activité du « Comté-de-Foix » à Cussac-sur-Loire. L’incendie s’est éteint de lui-même mais tout laisse à penser à une mise à feu volontaire, probablement au moyen d’un cocktail molotov. Les bureaux portent effectivement les stigmates d’une importantes déflagration : outre le bureau sinistré, les plafonds des pièces adjacentes ont également été écroulées. Une fenêtre a également été cassée.
Amphis tagués, matériel informatique détruit, matelas et détritus à même le sol: l’heure est au bilan à la fac parisienne de Tolbiac, évacuée vendredi au petit matin par les CRS et transformé en capharnaüm après trois semaines d’occupation. « Regardez toutes ces dégradations, ces tags », souffle Florian Michel, directeur du centre qui s’improvise guide officiel pour quelques journalistes.
























On en sait un peu plus sur les dégâts causés lors de la
Un sabotage s’est produit vers 5h30 entre Tergnier et Chauny (Aisne) contre un train de fret, interrompant les trains sur la ligne Compiègne – Saint-Quentin.
Alors qu’un 



Hier matin au Blanc, les inscriptions s’inscrivaient en lettres de feu sur les murs de l’ancienne pharmacie Fontaine. Dans la nuit, des tags de couleur rouge avaient été inscrits à plusieurs endroits de cette maison du quai André-Liesse, située en Ville-Haute, en bordure de la RN 151.


A Couflens (Ariège), la société « Varsican Mines » a obtenu un permis exclusif de recherches minières (PERM) dans l’ancienne mine de tungstène de Salau, exploitée entre 1971 et 1986. « Les travaux d’exploration prévus ont pour objectif d’évaluer les réserves, ainsi que la faisabilité d’une usine métallurgique de transformation du tungstène dans le département de l’Ariège » s’était vanté en octobre 2016 le secrétariat d’Etat à l’Industrie. Depuis, des études sont en cours pour tenter de réalimenter en tungstène made in Frrrance l’industrie de l’armement et l’aéronautique qui sont très friandes de ce métal précieux, malgré les protestations citoyennes et écologistes locales contre la réouverture de cette mine.


Reçu aujourd’hui en soutien de nos trois camarades incarcérés à Marseille.