Vive l'Anarchie - Semaine 17, 2018

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Ambert (63): des précisions sur l’enquête en cours

Publié le 2018-04-23 07:30:03

Ambert (63): des précisions sur l’enquête en cours

Pour rappel, le matin du 28 mars ont eu lieu à Ambert (63) trois perquisitions. Celles-ci ont été ordonnées dans le cadre d’une enquête sur la tentative de destruction par le feu d’un véhicule d’Enedis dans la même ville dans la nuit du 8 au 9 juin 2017. L’une de ces perquisitions visait un squat dans lequel les gendarmes ont découvert trois « dispositifs de confection artisanale pouvant s’apparenter à des engins incendiaires », en l’occurrence « des bouteilles contenant un liquide et sur lesquelles étaient serties des blocs blancs pouvant être des allumes-feux » (tous les termes apparaissant entre guillemets dans ce texte sont ceux de la justice). Deux personnes ont été placées en garde à vue (60 heures), puis en détention provisoire avec un mandat de dépôt criminel d’un an. Ils sont mis en examen pour les faits suivants : « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en bande organisée », « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et, pour l’un des deux seulement, « refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique par une personne soupçonnée d’infraction entraînant l’inscription au FNAEG ». Les deux compagnons ont fait appel de leur mise en détention et, après deux semaines enfermés l’un à Riom et l’autre à Montluçon, ils sont passés à la cour d’appel de Riom le 17 avril. Ils ont été relâchés le jour même sous contrôle judiciaire.

Le présent texte tente de rassembler et de communiquer les différents éléments de cette affaire qui reste pour le moment très opaque. Les inculpés et l’avocat n’ont pour le moment pas pu avoir accès au dossier. À l’heure où la toile de la répression s’agite aux quatre coins du pays (a-t-elle jamais cessée de le faire ?), il semble important de transmettre le maximum de détails quant aux modes opératoires, aux rythmes et aux connaissances du tandem police/justice (tout en gardant à l’esprit que chaque enquête, chaque affaire a ses spécificités).

L’enquête

Comme évoqué précédemment, tout commence le 9 juin 2017 lorsque un employé d’Enedis retrouve sur le pneu d’un véhicule un « engin incendiaire » constitué d’une bouteille de liquide inflammable, d’un bloc d’allume-feu et de bougies d’anniversaire. Ce dispositif ne s’était pas enflammé. Aucune trace d’ADN n’a été retrouvée sur celui-ci.

Une enquête de flagrance puis une enquête préliminaire sont entamées par les gendarmes de la brigade d’Ambert puis par la section de recherche de Clermont-Ferrand. Ils rattachent ces faits à la « mouvance anarchiste ou d’extrême-gauche » en les reliant avec d’autres commis et revendiqués dans les mêmes semaines contre Enedis ailleurs en France. Le 14 décembre 2017, une information judiciaire est ouverte et l’enquête est maintenant entre les mains d’Anne Morin, juge d’instruction du TGI de Clermont. C’est à ce moment qu’apparaissent les chefs de « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ».

L’enquête cible donc des personnes d’Ambert appartenant au « mouvement anarchiste » et plus particulièrement à certaines fréquentant un squat. D’après ce qu’il a été compris du dossier lors des audiences, les gendarmes ont pu utiliser les gros moyens : filatures, écoutes téléphoniques, balises de géolocalisation sur au moins deux véhicules, prises d’images des personnes entrant et sortant du squat. Ces investigations leurs permettent de constater d’une part que ce lieu est fréquenté par de nombreuses personnes, d’autre part qu’il y a un recours à de fausses identités, notamment pour l’ouverture du contrat d’électricité et sur la boîte aux lettres (ce qui est monnaie courante pour ouvrir des squats). Cela leur permet donc de déduire que ce « souci de préserver leur anonymat » témoigne d’une volonté de vivre dans « une certaine forme de clandestinité ». De la même manière, les déplacements, surtout lorsqu’ils sont faits sans téléphone, deviennent suspects.

Ces six mois d’enquête, malgré les moyens importants qui lui étaient alloués, n’auront pas permis de prouver d’une quelconque manière la participation de certaines des personnes surveillées aux faits reprochés. La juge d’instruction ordonne donc la perquisition de trois domiciles le 28 mars dernier.

Les perquisitions

Les perquisitions ont commencé le matin vers 8h30. Les enquêteurs/rices découvrent relativement rapidement dans le squat trois « bouteilles contenant un liquide et sur lesquelles étaient serties des blocs blancs pouvant être des allumes-feux ». La personne encore présente sur les lieux est donc placée en garde-à-vue avec effet rétroactif, de même qu’une autre personne perquisitionnée dans un autre endroit (la GAV a donc commencé officiellement dès le début de la perquisition). La perquisition du squat durera jusqu’à 19h30. Y participent, en plus d’une dizaine d’officiers de la section de recherche de Clermont-Ferrand, une dizaine de gendarmes du PSIG (avec leurs cagoules et leurs fusils), 3 membres des Ntech (spécialistes des nouvelles technologies) et 2 techniciens d’investigation criminelle (police scientifique). Dans chacun des trois lieux perquisitionnés, les gendarmes placeront sous scellé :

– tout le matériel informatique et numérique (ordinateurs, clés USB et cartes SD, disques durs externes, imprimantes, appareils photo, lecteurs MP3)

– du matériel de « propagande » (brochures, affiches, stickers, livres), particulièrement tout ce qui faisait « l’apologie de délits contre les forces de l’ordre et l’autorité »

– des documents attestant de l’identité des personnes présentes, étant passés par là ou étant en lien avec des personnes fréquentant le lieu (papiers d’identité, factures, correspondances, le moindre bout de papier où figurait un nom ou un numéro de téléphone)

– des objets permettant de récupérer de l’ADN (couverts, fonds de cendrier, brosse à dent, gants)

Les téléphones sont exploités et laissés sur place.

Les suites…

La GAV des deux compagnons sera prolongée à deux reprises. Ceux-ci gardent le silence et la juge d’instruction les met en examen des chefs précédemment cités. Elle demande le placement en détention provisoire, qui sera accepté par le JLD, en faisant bien comprendre que ce n’est pas dans l’intérêt des inculpés de garder le silence. À noter pour des faits relevant de la juridiction criminelle, le mandat de dépôt est d’un an renouvelable une fois. Cependant, la « bande organisée » est une circonstance aggravante permettant de prolonger la détention provisoire jusqu’à quatre ans.

Ne pouvant donc pas être détenus dans le même établissement sous prétexte des nécessités de l’instruction, l’un des compagnons sera envoyé au centre pénitentiaire de Riom, l’autre à la maison d’arrêt de Montluçon. Après deux semaines de détention, les deux compagnons ont comparu le 17 avril devant la cour d’appel à Riom, où il a été estimé que le contrôle judiciaire serait suffisant pour éviter la concertation entre les suspects, la disparition de preuves et la réitération de délits ou de crime.

Deux éléments semblent avoir particulièrement concouru à cette remise en liberté. D’une part, pour des raisons inconnues, l’audience ne s’est pas tenue à huis clos, invalidant de fait l’argument de la préservation du secret de l’affaire. D’autre part, le procureur (ou pour être exact l’avocat général) n’a pas hésité à dire et à répéter que le motif principal du placement en détention provisoire était de forcer les deux compagnons à parler et à coopérer (ce qui ne figure pas encore dans le code pénal). L’avocat s’est donc saisi de ces deux éléments pour agrémenter sa plaidoirie. On peut également penser que la disproportion entre les faits – tentative de destruction d’un véhicule – et l’arsenal judiciaire déployé – juridiction criminelle, donc passage en cour d’assise –, disproportion pointée par le procureur lui-même, a eu un impact.

Les deux compagnons sont donc dehors sous contrôle judiciaire. Pour l’un d’eux, les contraintes sont : fixer sa résidence au xxx dans l’agglomération clermontoise, ne pas sortir des limites du Puy-de-Dôme, ne pas aller dans le squat, pointer deux fois par semaine au commissariat et ne pas entrer en contact avec six personnes. Pour l’autre : fixer sa résidence au xxx à Ambert, ne pas aller dans le squat, pointer deux fois par semaine à la gendarmerie et ne pas rentrer en contact avec six personnes.

Malgré le soulagement ressenti à l’annonce de cette remise en liberté, personne n’oublie une seule seconde que l’affaire se poursuit. Il ne fait aucun doute qu’elle s’inscrit dans un cadre dépassant largement les faits ambertois. Il suffit de savoir qu’à deux jours d’intervalle ont eu lieu d’autres perquisitions à Toulouse, Amiens et Limoges pour supposer une coordination à l’échelle nationale des enquêtes ciblant les anarchistes. Et il y a malheureusement fort à parier que l’État s’échine dans d’autres coins du pays à mettre de nouveaux coups de pied dans la fourmilière. Ce ne sera pas la première fois et probablement que ce ne sera pas non plus la dernière. Espérons que ce partage d’informations sur les situations locales, qui a déjà commencé et qui sera amené à se poursuivre, permette à chacun.e d’avoir une idée plus claire de ce qui se joue et ait pour résultat d’enrayer au maximum la machine répressive.

[Publié le samedi 21 avril 2018 sur Indymedia-Nantes.]


Précédents textes sur ces affaires de répression en cours:

* 20 avril 2018: Répression en cours: les deux d’Ambert sont sortis !
* 13 avril 2018: Répression en cours : dernières nouvelles des arrestations du 28 mars à Ambert
* 8 avril 2018: Il court il court le furet
* 8 avril 2018: Toulouse: Réunion d’information suite aux récentes perquisitions et interpellations
* 7 avril 2018: Et voir grandir la flamme dans vos yeux
* 3 avril 2018: News on repression of anarchists in France (EN) / Frankreich: Info über neue Repression gegen Anarchist*innen (DE) / Francia: Due ondate di perquisizioni e tre carcerazioni preventive (IT)
* 2 avril 2018: On ne se laissera pas limoger
* 30 mars 2018: MAJ Perquisitions à Ambert
* 28 mars 2018: Perquisitions à Ambert
* 27 mars 2018: Perquisitions à Toulouse

Email de contact: ambertetcontretout_AT_riseup.net


Article du journal La Montagne

Des velléités incendiaires ?
La Montagne | 19 avril 2018

Soupçonnés d’avoir voulu incendier des voitures sur le parking d’enedis, à Ambert, en juin 2017, deux trentenaires ont été remis en liberté par la chambre de l’instruction de Riom, mardi.

La découverte de cet agent d’enedis, à Ambert, le 9 juin 2017, est si étrange qu’il prévient les gendarmes. Un curieux bricolage est posé sur la roue de l’une des voitures de la société, sur le parking.

Ce dispositif incendiaire est rudimentaire : une mèche, un allumefeu et un réservoir de liquide inflammable.

Une enquête est ouverte. La piste de l’extrêmegauche est envisagée. Les soupçons se portent sur un groupe qui gravite autour d’un squat d’ambert. Surveillances, investigations téléphoniques, voitures géolocalisées… « Dans ce dossier, on a utilisé un marteau pour écraser une mouche », s’est indigné Me Jean-Louis Borie, avocat des mis en cause.

Les enquêteurs décou vrent que les personnes qui fréquentent ce lieu utilisent régulièrement des identités d’emprunt. « Ces personnes sont soucieuses de préserver leur anonymat et une certaine forme de clandestinité », relate le président de la chambre de l’instruction.

Perquisitions et interpellations

Le 28 mars, les gendarmes perquisitionnent trois domiciles, dont le squat. Deux trentenaires sont interpellés. Les enquêteurs mettent la main sur trois engins similaires à celui trouvé chez Enedis. Ils saisissent en outre des documents d’orientation anarchiste et d’autres témoignant d’une relative adhésion aux actions violentes envers les forces de l’ordre. « Les gendarmes ont soigneusement choisi les documents qui les intéressaient. Ils n’ont rien pris des livres sur l’art ou sur la culture musicale », ironise Maxime H., l’un des mis en cause.

Les deux suspects sont mis en examen pour « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par moyen dangereux en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ».

Incarcérés à l’issue de leur mise en examen, Maxime H. et Clément A. ont tous deux fait appel de leur placement en détention provisoire, mardi, devant la chambre de l’instuction de Riom. Les magistrats ont tranché en leur faveur et les ont libérés sous contrôle judiciaire.

« La question de la validité de la mise en examen va se poser prochainement devant la chambre de l’instruction », prévient Jean-Louis Borie.

Indymedia Lille

Publié le 2018-04-23 07:30:04

expression critique du processus de légalisation en cours sur la zad de nddl

Hola Compas !

Nous t’écrivons pour te tenir au courant de ce qui se passe sur la Zad de Notre Dame des Landes, une zone qui depuis des années veut se libérer de l’emprise de l’état sur les décisions des individu.e.s et des collectifs et cherche comment vivre et s’organiser. S’il y a eu une infinité d’expériences comme gérer le quotidien et les conflits sans autorités et règles étatiques, et qu’une cohabitation de logiques très diverses étaient possible grâce à la taille géographique de la zone qui promettait, dans une certaine mesure, de s’organiser à sa manière sans s’imposer aux autres ; la dégradation de la situation s’accélère rapidement !

Après que l’état ait abandonné le projet de l’aéroport qui réunissait des citoyen.ne.s et des subversi.f.ve.s dans une lutte face à un ennemi commun, il cherche maintenant toutes les raisons pour détruire cette zone qui échappe à son emprise. Comment croire qu’un état pourrait tolérer sur « son territoire » des endroits qui nient, par leur existence, la légitimité des lois qu’il impose.
Plus de 90 lieux coexistaient avec des conflits entre eux et tendaient à trouver des solutions.
Aujourd’hui, certains choix et décisions prises ne peuvent plus cohabiter. La zone en tant que totalité a perdu sa négation du pouvoir de l’état.

L’état français a donné un ultimatum aux occupant.e.s de la zone pour remplir des fiches individuelles de légalisation de projet agricole jusqu’au 23 avril 2018. Avec à la clef une menace d’expulsion si ces fiches comprenant les terres de la zone n’étaient pas remplies et rendues. Il a souligné cette menace en commençant à détruire une trentaine de lieux dans la partie Est de la zone (principalement dans celle non-motorisée).

Beaucoup de gen.te.s utilisent l’argument de l’urgence pour sombrer elleux-même dans une logique de diplomatie et de paternalisme. Ielles se permettent de renforcer à l’intérieur de la zone des mécanismes autoritaires au travers d’attitudes manipulatrices pour faire ce qui leur paraît juste tout en prétendant agir pour le « bien commun » sur la zone. Le phénomène va aussi loin que certain.e.s occupant.e.s ont décidé de signer des fiches qui incluent les terres et lieux d’habitation des gen.te.s qui elleux refusent de faire légaliser « leur » lieu de vie, leur projet, leur quotidien ! Ces fiches ayant parfois été signées dans leur dos, sans aucune consultation.

Il suffit de quelques personnes ou collectifs prêt.e.s à marchander avec l’état pour que celui-ci, avec ses mécanismes d’intoxication médiatique, puissent faire un tri, entre ses citoyen.ne.s qu’il prétend protéger et les « criminel.le.s » qu’il se devrait de réprimer au nom de la sécurité et du bien-être de sa population. N’est ce pas une hypocrisie totale de prétendre sauver une zone du joug de l’état en imposant la légalisation à toutes celles et ceux qui considèrent les lois et l’autorité comme deux facteurs majeurs de leurs oppressions ?!!
Pire que cela : prétendre agir en tant que collectif incluant toute la zone alors que les occupan.te.s / habitant.e.s des lieux déjà détruits ne sont même plus ni pris.es en compte, ni concerté.e.s après l’expulsion et la destruction de « leur » lieu. Et que le refus denégocier et de signer des groupes et des individu.e.s est piétiné et ignoré !
Prétendre protéger la lutte contre l’aéroport ET son monde en devenant propriétaire ou responsable légal est absurde ! La croyance en une victoire bureaucratique est sidérante. On a toujours vu des organisations institutionnelles tenter de récupérer des combats, ce mécanisme est désormais interne à la ZAD.

Croire pouvoir signer des contrats et faire ce qu’on veut derrière est illusoire.
Comment pouvoir croire gagner un jeu dont les règles sont écrites et constamment modifiées par nos adversaires ?
Contrairement à certain.e.s légalistes, nous n’allons pas imposer nos choix aux autres. Mais il serait bien que tou.te.s celleux qui croient pouvoir gagner de la liberté en se soumettant aux conditions de leurs oppresseurs soient conscient.e.s du fait qu’ielles légitiment encore plus la répression contre celleux qui refusent de négocier avec les autorités. Même parmi les signataires, les idées, les raisons sont nombreuses et diverses. Certain.e.s espèrent que ce soit une sortie de secours pour ne pas perdre les lieux de la zad et continuer à créer et expérimenter des modes de vie. D’autres, de récupérer des terres de manière délibérée. D’autres encore, culpabilisent des personnes dubitatives en invoquant un processus de signature collectif qui serait entravé par d’éventuels refus de signature.

En effet, les cabanes et jardins peuvent être détruites parce que l’état détient la puissance militaire pour anéantir des structures physiques et matérielles et pour tuer. Donc une grosse partie des problèmes est là : sauver des idées au risque de perdre des espaces ou sauver des lieux en perdant ses idées.

Compa ! Ce ne sont pas les lieux qui nous font vivre mais nous qui faisons vivre les lieux. Donc même si les autorités internes ou étatiques rongent les espaces, il reste de l’espoir : les luttes contre TOUTE forme d’autorité sont toujours présentes ici à travers de nombreux groupes et individu.e.s. Les ami.e.s du pouvoir peuvent bien essayer de faire croire le contraire. Nous ne sommes pas dupes, à nous de les contrer !

Solidarité aux 4 copa.in.e.s incarcéré.e.s, aux autres et aux personnes coffrées.
Contre tous les placards !

D’innombrables occupant.e.s intemporelles et déterminé.e.s


Il fait beau, il fait chaud, sortez les camions à eau

Publié le 2018-04-23 07:30:06

Court compte rendu de la manifestation du 19 avril par LaMeute



Aujourd’hui, jeudi 19 Avril dès 14h, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées afin de protester contre les multiples réformes du gouvernement Macron. En effet, que ce soit la réforme ferroviaire, la loi Vidal, le manque de moyens humains et financiers dans les EPHAD ou bien la loi Asile et immigration : les sources de mécontentement sont nombreuses. Parti de la gare Montparnasse, le cortège s’est élancé en direction de Place d’Italie. Un cortège autant festif que déterminé, qui a fini sa course aux environs de 18h30.

L’article risque de se mettre à jour au fil de prochains jours avec des details sur le parcours de la manifestation.

Besançon : Engluages pour le bocage

Publié le 2018-04-23 07:30:09

Indymedia Nantes / Dimanche 22 avril 2018

Petits engluages pour bien commencer la semaine

Ca bouillonne un peu partout dans le pays, surtout dans les facs et à Notre-Dame des Landes…

La situation sur la ZAD nous fout le seum. Du coup, quelques agences immobilières du centre-ville se sont faites engluer leurs serrures, avec quelques tags sur vitres et façades: « NON AUX EXPULSIONS A NDDL », « ZONE A DETRUIRE »,  symbole squat entre autres…

Une agence Foncia, comme deux autres institutions bien emblématiques de ce monde de merde (banque, église) se sont mangées quelques oeufs tardifs de Pâques (pas « en chocolat » hein!) remplis de peinture.

A tout-e-s celles et ceux qui ne fléchissent pas face à l’Etat et à son droit

Quelques professionnel-le-s du désordre

[in english]

Brest (Finistère) : Moins d’une semaine après l’inauguration de la nouvelle permanence LREM …

Publié le 2018-04-23 07:30:12

Le Télégramme / Dimanche 22 avril 2018

La permanence des élus LREM (La République en Marche) à la Métropole a été inaugurée dans le quartier de Saint-Martin. Son intégrité de façade n’aura duré qu’une semaine puisque dans la nuit de vendredi à samedi, elle a été largement repeinte aux sons de slogans particulièrement hostiles et même menaçants. Sur son compte Twitter, Marc Coatanéa, l’un des élus, se dit scandalisé par la méthode et réplique fermement que « La lâcheté n’a d’égale que l’idiotie des auteurs. Nous ne céderons jamais face à la violence ! ».

Périgueux (Dordogne) : Dégradations de la permanence du député LREM

Publié le 2018-04-23 07:30:15

Sud-Ouest / Vendredi 20 avril 2018

Dans la nuit de jeudi à vendredi ou tôt ce vendredi matin, la permanence du député LREM de Périgueux – Vallée de l’Isle a été taguée, rue du 4-Septembre à Périgueux. C’est un jeune homme, présent au sein de l’équipe comme stagiaire, qui a découvert les dégradations ce vendredi matin. De la peinture rouge a été projetée sur les portes vitrées. Des écrits ont été laissés : « Ordures », « Crevez », le dessin d’un pendu ainsi que « Solidarité avec Seysses » (référence au détenu retrouvé mort ce week-end dans la prison de Seysses, en région toulousaine).

La serrure a été détériorée, empêchant l’ouverture de la porte.

Des policiers du commissariat de Périgueux, situé au bout de la rue, ont réalisé des relevés ce vendredi. « C’est affligeant », a déploré Philippe Chassaing en découvrant les dégâts causés. Il a l’intention de déposer plainte. […]

C’est la seconde fois que la permanence du parlementaire est visée. « Mais la première fois, il s’agissait d’affiches avec des revendications de cheminots, c’était totalement différent », relève un membre de l’équipe du député

Angers et sa région (Maine-et-Loire) : Les fachos ont des noms et des adresses

Publié le 2018-04-23 07:30:17

Le Courrier de l’Ouest / Vendredi 20 avril 2018

Dans la nuit de lundi à mardi, de nombreuses inscriptions antifascistes ont été taguées à Angers, Chazé-Henry dans le Segréen (sur le mur d’un cimétière) et Niafles en Mayenne. Parmi les cibles visées par ces tags, la maison de Pascal Gannat, ex-chef de file du Front national dans les Pays de la Loire et celle de Gaëtan Dirand, ex-secrétaire départemental du FN.

Les autres personnes visées sont des membres de L’Alvarium ou leurs proches. Ce local, basé avenue Pasteur à Angers et qui héberge l’association « Nouveaux sarments – Anjou populaire », a lui-même été dégradé à deux reprises ces dernières semaines.

Depuis son ouverture fin janvier, le bar L’Alvarium cristallise les tensions. Ses membres, sous le statut d’association, assurent œuvrer dans l’aide aux Français les plus démunis. D’autres, partis politiques, syndicats ou associations, y voient un repaire d’identitaires d’extrême droite

La majorité des victimes de ces dégradations ont déposé des plaintes. Des enquêtes ont été ouvertes.

Florence (Italie) : Un compagnon retourne en prison, un autre sous contrôle judiciaire (MAJ 30/04)

Publié le 2018-04-23 07:30:18

Anarchici Fiorentini / jeudi 19 avril 2018

Le 19 avril est arrivée la réponse de la Cassation à l’instance de la défense contre l’appel, gagné par le Parquet, concernant l’incarcération de Giovanni et Pasca et le contrôle judiciaire pour Nicola [on verra ici le début de cette histoire répressive; NdAtt.]. Pasca a été jugé il y a quelques semaines (car arrêté à Lecce, le tribunal comptant est donc un autre [et la Cassation a confirmé son incarcération; NdAtt.]), tandis que pour Giovanni et Nicola ça a pris quelques semaines en plus, pour des raisons techniques qui n’ont pourtant pas changé le résultat.
Comme dans le cas de Pasca, une dizaine de vautours de la DIGOS se sont immédiatement présentés chez Giovanni, ricanant de satisfaction et essayant de provoquer les compagnons qui étaient à la maison avec lui, en leur demandant leurs papiers.

Cela fait un an et trois mois que cette affaire a officiellement commencé (depuis le 31/12/2016 [et l’explosion d’un engin devant une librairie fasciste, lors de laquelle un flic a perdu une main; NdAtt.]) et au lieu de se dégonfler, cette sale affaire se gonfle toujours plus (on remarquera que, pour ce recours en Cassation, le Procureur Général de la République s’est déplacé en personne, afin de plaider contre les anarchistes) : après avoir employé des centaines d’hommes, dépensé plusieurs millions d’euros, mis sous enquête des dizaines de personnes (12000 pages de dossier), il doivent justifier tout ça !

*****

Mise-à-jour du 30 avril – Voici les adresses des trois compagnons :

Pierloreto Fallanca
Casa Circondariale di Teramo
Contrada Castrogno
64100 Teramo

Giovanni Ghezzi
Salvatore Vespertino

Casa Circondariale di Sollicciano
via G. Minervini 2/R
50142 Firenze

[zad nddl] adopte un collabo des expusions 2018

Publié le 2018-04-23 07:30:19

Services de l’état : Préfecture de Loire-Atlantique 6 quai ceineray à Nantes 44000 NANTES Il y a probablement plusieurs numéro pour les joindre : 02 40 41 20 20 – 02 40 41 23 65 – Fax : 02 40 41 20 25

DDTM de Loire-Atlantique Service Economie Agricole 10 Bd Gaston Serpette 44000 NANTES Tel : 02 40 67 26 26 – Fax : 02 40 67 25 52 – ddtm@loire-atlantique.gouv.fr

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la boite qui a le contrat de drones avec la gendarmerie :

http://www.novadem.com/index.html

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Entreprises collabos
 Entreprise Louis XVI, qui emmenent toutes les voitures qui sont garées autour de la zone quand elles ne peuvent pas entrer ou quand elles gènent l’avancée des flics sur la zone :

Garage LOUIS XVI 114 Rue de l’Etier 44300 NANTES

Tél. : 02 40 29 15 15 Fax : 02 40 74 50 50

depannage@garage-louisxvi.fr

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Hotels abritant des GM : > QG des bleu : Ancienne école du Gaz, à Saint-Etienne de montluc, si vous voulez faire du bruit, en passant, surtout la nuit. > Westotel à la Chapelle /Erdre, au niveau du rond-point direction A11 : Westotel Nantes Atlantique 34 rue de la Vrière 44240 La Chapelle sur Erdre 02 51 81 36 36 – Fax : 02 51 12 35 99 – contact@westotel.com > Campanile de Saint-Sebastien-sur-Loire, après la sortie 45. Avenue Jules Verne P.A. des Gresillières 44230 Saint-Sebastien-sur-Loire 02 40 80 75 05. (pour réserver 0892 23 48 15)

> Golden Tulip Avenue Joseph Cugnot 44470 CARQUEFOU 02 72 65 78 78 reservation@goldentulipnantescarquefou.com

> Brit Hotel Le Pont de Pierre 44360 Vigneux De Bretagne 02 40 57 10 80

> Kyriad prestige ZAC grands champs, à St nazaire (en face de jardiland de l’autre coté de 4 voies),

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ENEDIS qui nous a coupé l’électricité Pour une ouverture de contrat d’électricité à Nantes, vous devez joindre EDF et non pas Enedis à ce numéro : 09 69 32 15 15. Dépannage d’urgence : 09 72 67 50 44 Fabricants / Expéditeurs d’armes de la police : Nobelsport, 2 Rue Squiriou, 29590 Pont de Buis lès Quimerch 02 98 86 42 42 Alsetex Usine de Malpairé 72300 Précigné Tel : 02 43 92 81 00 – Fax : 02 43 92 81 33

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on a publié un numero de telephone la semaine derniere mais il se peut qu’on se soit trompé de numero , donc c’est peut etre bien d’arrêter de l’embeter…oups

On cherche d’autres infos du genre si vous en avez !

Gap, France : Carnaval contre les frontières haut en couleur – Samedi 21 avril 2018

Publié le 2018-04-23 19:08:10

« Un carnaval solidaire contre la frontière » était organisé ce samedi 21 avril à Gap, afin de s’opposer entre autres à la loi raciste « Asile et immigration » de Gérard Collomb sur le point d’être adoptée par les députés. Près de 300 personnes, le visage dissimulé sous des masques, y ont pris part et la manif fut particulièrement dynamique, défilant du parc de la Pépinière jusqu’à la préfecture des Hautes-Alpes. 

Musique, chants, slogans (« solidarité avec les sans-papiers ») et déguisements étaient de la partie, tout comme un char où trônait un juge à la tête d’ogre… De nombreux tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville, du mobilier urbain, ainsi que des vitrines d’agences immobilières et de banques. 

Même le grand mur de la prison rue Grenette a été repeint, ce qui n’a pas été du goût d’un maton, qui a cherché l’embrouille et s’est mangé des coups.

La manif s’est dispersée vers 20h sans interpellation.

[Reformulé de deux articles de la presse locale]

Cognin, France : Week-end enflammé contre les riches et la mairie – 21 et 22 avril 2018

Publié le 2018-04-23 19:09:05

Dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22 avril 2018, plusieurs incendies ont illuminé les rues de Cognin (Savoie). Des palettes ont été brûlées contre l’entrée principale de la mairie, détruisant la porte ainsi que plusieurs vitres. Juste en face, c’est une voiture qui a été brûlée, le feu a endommagé une partie de la toiture du centre commercial de l’Épine. À quelques dizaines de mètres, rue de l’Épine, c’est un container à poubelles qui a été incendié. La nuit précédente, plusieurs commerces du centre commercial de l’Épine avaient été pris pour cible.

L’accès à la mairie est désormais barricadé par des planches en bois

[Reformulé de la presse locale]

Cussac-sur-Loire, France : Attaque incendiaire contre les bureaux d’Eurovia (Vinci) – 10 avril 2018

Publié le 2018-04-23 19:09:07

Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 avril, peu de temps après une manifestation de soutien aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes devant la préfecture du Puy-en-Velay, on apprend dix jours plus tard par la presse locale qu’un incendie a causé de gros dégâts dans les locaux administratifs de l’entreprise de travaux publics Eurovia (groupe Vinci), sur la zone d’activité du « Comté-de-Foix » à Cussac-sur-Loire.

Même si l’incendie s’est éteint de lui-même, les bureaux ont été retrouvés dans un piteux état : outre le bureau sinistré, les plafonds des pièces adjacentes ont également été fortement endommagés. Une fenêtre a également été cassée. Il semblerait d’après les gendarmes que l’incendie ait été déclenché à l’aide d’un cocktail Molotov.

 

Toulouse, France : Récapitulatif au sujet de la répression de la révolte et communiqué des prisonniers de Seysses

Publié le 2018-04-23 19:10:03

  1.  Suite des comparutions devant le tribunal pour les émeutes nocturnes dans plusieurs quartiers de Toulouse (colère partie de la prison de Seysses).
  2. Communiqué de prisonniers enfermés à la prison de Seysses : Encore un mort au mitard

13 personnes devaient être jugées en comparution immédiate vendredi 20 avril 2018 à Toulouse, après les nuits d’émeutes qui ont éclaté après la mort d’un détenu à Seysses. 7 des 13 prévenus ont demandé le report de leurs procès, afin de parfaire leur défense. Quatre d’entre eux sont (notamment) poursuivis pour violences commises en réunion. Leurs audiences se tiendront donc au mois de mai.

Deux autres personnes – un homme de 38 ans et une femme de 24 ans – ont été relaxées pour leur participation aux émeutes. Ces deux personnes, que les journaflics d’Actu Côté Toulouse qualifient de « membres de l’ultra-gauche toulousaine » participent à la lutte en cours à l’Université du Mirail. Les deux ont été relaxées pour le chef de « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradations de biens ». En revanche, ils ont été condamnés à un mois de prison avec sursis pour « refus de se soumettre au prélèvement biologique » destiné à l’inscription au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). La jeune femme, étudiante au Mirail, a également écopé de 500 euros d’amende pour « avoir fourni une identité imaginaire » aux policiers. Deux autres personnes, qui avaient été interpellées en même temps, accusées elles-aussi de faire partie de « la mouvance d’ultra-gauche » et de « s’être faufilés parmi les émeutiers« , ont vu leur audience reportée à une date ultérieure. Deux hommes de 18 et 19 ans ont également été condamnés à des peines de six mois de prison ferme (sans mandat de dépôt) pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Un homme de 24 ans, interpellé en possession d’un laser, est lui accusé d’avoir ébloui le pilote de l’hélico de la gendarmerie qui survolait la zone: il a été condamné à trois mois de prison avec sursis, 210 heures de travaux d’intérêt général, et un stage de citoyenneté.

Enfin, un sans-papier Tunisien vivant en Espagne, interpellé dans les coursives d’un immeuble, a été relaxé pour le chef  de « participation aux émeutes » mais condamné à deux mois de prison avec sursis et interdiction de territoire français pendant trois ans.

Pour rappel, un émeutier de 18 ans (casier vierge) avait écopé mercredi 18 avril de six mois de prison, dont trois mois ferme, sans mandat de dépôt pour avoir des pierres sur une voiture de police.


Communiqué de prisonniers enfermés à la prison de Seysses : Encore un mort au mitard

Maison d’Arrêt de Seysses, le 19 avril 2018.

J. avait 26 ans. Samedi dernier, il était au mitard, dans une « cellule disciplinaire » de la prison de Seysses. Il y est mort. Les médias relaient une version des faits, une seule : celle des matons, les « surveillants ». Mais nous, on y vit, dans cette prison. Et on n’est ni sourds, ni aveugles. On sait que sa mort a été provoquée par la violence des matons affectés au mitard. Non, J. ne s’est pas suicidé.

Si plus d’une centaine de prisonniers ont refusé de remonter en cellule plusieurs jours de suite cette semaine, c’est parce que c’est tout ce qu’on peut faire pour protester, ici. J. est mort au mitard, et l’autopsie aurait conclu à un suicide. Mais on sait que ce n’est pas le cas, car il y a des témoins qui étaient présents dans les cellules environnantes lors de son passage à tabac, qui ont tout entendu, qui ont assisté à tout ça. C’est suite à un déferlement de coups que J. est mort samedi. Pensez-vous que nous serions 200 prisonniers à refuser de remonter en cellule et à déployer une banderole dans la cour de promenade si nous n’étions pas convaincus de leurs mensonges ?

Tous ceux qui sont passés par le quartier disciplinaire pourront témoigner des humiliations qu’ils y ont subi, des insultes racistes, des crachats à la figure, des ordres donnés comme si on était moins que des chiens… Là-bas, celui qui a le malheur de « la ramener » peut finir comme J. : pendu. Aucun droit n’est respecté dans ce mitard. Les promenades ont lieu au bon vouloir des surveillants, et en général il n’y en a pas. L’accès au douches nous y est refusé, et il peut se passer quinze jours sans qu’on puisse y aller. Pareil pour l’accès au feu, pour allumer une cigarette : c’est maximum trois fois par jour et ils usent de beaucoup de zèle, il faut presque les supplier. La peur y règne, et y aller est pour chacun d’entre nous, prisonniers, une vraie descente aux enfers.

Cet hiver, plusieurs prisonniers se sont retrouvés dans ce mitard sans matelas, sans couverture et sans vêtements, alors qu’il faisait moins cinq degrés. Juste parce qu’ils avaient tapé sur la grille de leur cellule pour réclamer à manger ou avoir du feu. Ils ont dû dormir par terre, nus, sur un coussin, et manger « la gamelle » dans des barquettes qui arrivaient ouvertes, apparemment déjà utilisées.

J. a été battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure. Puis il y a eu un grand silence, et les surveillants se sont mis à discuter entre eux, à estimer son poids et sa taille pour s’accorder sur une version des faits. Puis ça a été l’heure de la gamelle et, quand sa cellule a été rouverte, ils ont fait mine de le découvrir pendu. Alors le Samu est intervenu et a tenté de le réanimer, en vain. Le lendemain, ils ont libéré tout le monde du mitard et personne n’a été entendu, même pas le chef ni les gendarmes. Ça montre bien qu’ils ont des choses à cacher, qu’on ne vienne pas nous dire le contraire.

Certains d’entre nous (sur)vivent dans cette prison de Seysses depuis plusieurs années, ou y font beaucoup d’allers-retours. Cette situation n’est pas nouvelle, et d’autres « morts suspectes » ont eu lieu ici ces dernières années. Nous avons vite compris que notre parole ne valait rien face à la leur, mais nous savons aussi que beaucoup dehors s’interrogent ou ont déjà compris leur petite mascarade. Qui tue.

C’est très difficile pour nous de donner des preuves de ce qu’on avance. Ici, nous sommes enfermés, et chaque information qui arrive dehors risque d’avoir de graves conséquences pour nous. Pourtant il faut que ça se sache, car nous sommes en danger de mort. Les surveillants jouent avec nos vies dans ce quartier disciplinaire.

C’est plus que de l’humiliation ; ils nous terrorisent, et ce qui est arrivé à J. pourrait arriver à chacun d’entre nous.

Nous dénonçons aussi les pressions qui sont faites sur les prisonniers qui ont assisté aux faits. Les témoins malgré eux de ce qui s’est passé samedi dernier subissent des pression psychologiques et sont très clairement menacés de transfert. Tout semble mis en place pour les pousser à bout. Ainsi, cinq d’entre nous ont déjà été transférés suite au blocage de la promenade et sont désormais à Lille, Bordeaux, Sedequin… Considérés comme « meneurs », on ne les a même pas laissé embarquer leurs affaires personnelles. C’est comme ça que la prison est tenue maintenant, en nous menaçant d’un « transfert disciplinaire » qui nous éloignerait encore plus de familles et de nos proches.

Nous exigeons que la direction de la Maison d’Arrêt remplace immédiatement cette équipe de surveillants, il est évident que c’est la première chose à faire. La petite équipe sadique de matons du mitard, nous, prisonniers, la surnommons « l’escadron de la mort ».

Ici, on est spectateurs du désespoir humain, et on sait tous que J. pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Il a été battu à mort parce qu’il tapait dans une porte : il n’en pouvait plus d’attendre, coincé dans la « salle d’attente » de la prison, sans fenêtre. Il voulait juste regagner sa cellule. Ils sont venus et l’ont plié.

On ne soigne pas le mal par le pire. Nous voulons que tout cela cesse.
Que celui qui est condamné à aller au mitard puisse au moins conserver sa dignité et que ses droits fondamentaux soient respectés.

Nous voulons que la vérité soit faite sur la mort de J. et qu’une telle horreur ne puisse plus se reproduire, ni ici, ni ailleurs.
Nous nous associons à la douleur de la famille et sommes prêts à témoigner si elle le désire.

Des prisonniers de la M.A. de Seysses

[Publié sur iaata.info]

Signe ton formulaire et ferme ta gueule

Publié le 2018-04-23 19:25:03

Hola Compas !

Nous t’écrivons pour te tenir au courant de ce qui se passe sur la Zad de Notre Dame des Landes, une zone qui depuis des années veut se libérer de l’emprise de l’état sur les décisions des individu.e.s et des collectifs et cherche comment vivre et s’organiser. S’il y a eu une infinité d’expériences comme gérer le quotidien et les conflits sans autorités et règles étatiques, et qu’une cohabitation de logiques très diverses étaient possible grâce à la taille géographique de la zone qui promettait, dans une certaine mesure, de s’organiser à sa manière sans s’imposer aux autres ; la dégradation de la situation s’accélère rapidement !

Après que l’état ait abandonné le projet de l’aéroport qui réunissait des citoyen.ne.s et des subversi.f.ve.s dans une lutte face à un ennemi commun, il cherche maintenant toutes les raisons pour détruire cette zone qui échappe à son emprise. Comment croire qu’un état pourrait tolérer sur « son territoire » des endroits qui nient, par leur existence, la légitimité des lois qu’il impose.

Plus de 90 lieux coexistaient avec des conflits entre eux et tendaient à trouver des solutions.

Aujourd’hui, certains choix et décisions prises ne peuvent plus cohabiter. La zone en tant que totalité a perdu sa négation du pouvoir de l’état.

L’état français a donné un ultimatum aux occupant.e.s de la zone pour remplir des fiches individuelles de légalisation de projet agricole jusqu’au 23 avril 2018. Avec à la clef une menace d’expulsion si ces fiches comprenant les terres de la zone n’étaient pas remplies et rendues. Il a souligné cette menace en commençant à détruire une trentaine de lieux dans la partie Est de la zone (principalement dans celle non-motorisée).

Beaucoup de gen.te.s utilisent l’argument de l’urgence pour sombrer elleux-même dans une logique de diplomatie et de paternalisme. Ielles se permettent de renforcer à l’intérieur de la zone des mécanismes autoritaires au travers d’attitudes manipulatrices pour faire ce qui leur paraît juste tout en prétendant agir pour le « bien commun » sur la zone. Le phénomène va aussi loin que certain.e.s occupant.e.s ont décidé de signer des fiches qui incluent les terres et lieux d’habitation des gen.te.s qui elleux refusent de faire légaliser « leur » lieu de vie, leur projet, leur quotidien ! Ces fiches ayant parfois été signées dans leur dos, sans aucune consultation.

Il suffit de quelques personnes ou collectifs prêt.e.s à marchander avec l’état pour que celui-ci, avec ses mécanismes d’intoxication médiatique, puissent faire un tri, entre ses citoyen.ne.s qu’il prétend protéger et les « criminel.le.s » qu’il se devrait de réprimer au nom de la sécurité et du bien-être de sa population. N’est ce pas une hypocrisie totale de prétendre sauver une zone du joug de l’état en imposant la légalisation à toutes celles et ceux qui considèrent les lois et l’autorité comme deux facteurs majeurs de leurs oppressions ?!!

Pire que cela : prétendre agir en tant que collectif incluant toute la zone alors que les occupan.te.s / habitant.e.s des lieux déjà détruits ne sont même plus ni pris.es en compte, ni concerté.e.s après l’expulsion et la destruction de « leur » lieu. Et que le refus denégocier et de signer des groupes et des individu.e.s est piétiné et ignoré !

Prétendre protéger la lutte contre l’aéroport ET son monde en devenant propriétaire ou responsable légal est absurde ! La croyance en une victoire bureaucratique est sidérante. On a toujours vu des organisations institutionnelles tenter de récupérer des combats, ce mécanisme est désormais interne à la ZAD.

Croire pouvoir signer des contrats et faire ce qu’on veut derrière est illusoire.

Comment pouvoir croire gagner un jeu dont les règles sont écrites et constamment modifiées par nos adversaires ?

Contrairement à certain.e.s légalistes, nous n’allons pas imposer nos choix aux autres. Mais il serait bien que tou.te.s celleux qui croient pouvoir gagner de la liberté en se soumettant aux conditions de leurs oppresseurs soient conscient.e.s du fait qu’ielles légitiment encore plus la répression contre celleux qui refusent de négocier avec les autorités. Même parmi les signataires, les idées, les raisons sont nombreuses et diverses. Certain.e.s espèrent que ce soit une sortie de secours pour ne pas perdre les lieux de la zad et continuer à créer et expérimenter des modes de vie. D’autres, de récupérer des terres de manière délibérée. D’autres encore, culpabilisent des personnes dubitatives en invoquant un processus de signature collectif qui serait entravé par d’éventuels refus de signature.

En effet, les cabanes et jardins peuvent être détruites parce que l’état détient la puissance militaire pour anéantir des structures physiques et matérielles et pour tuer. Donc une grosse partie des problèmes est là : sauver des idées au risque de perdre des espaces ou sauver des lieux en perdant ses idées.

Compa ! Ce ne sont pas les lieux qui nous font vivre mais nous qui faisons vivre les lieux. Donc même si les autorités internes ou étatiques rongent les espaces, il reste de l’espoir : les luttes contre TOUTE forme d’autorité sont toujours présentes ici à travers de nombreux groupes et individu.e.s. Les ami.e.s du pouvoir peuvent bien essayer de faire croire le contraire. Nous ne sommes pas dupes, à nous de les contrer !

Solidarité aux 4 copa.in.e.s incarcéré.e.s, aux autres et aux personnes coffrées.

Contre tous les placards !

D’innombrables occupant.e.s intemporelles et déterminé.e.s

« Aucun blessé », « Une personne dans le coma », « Des dégradations très coûteuses »... Que s'est-il vraiment passé à Tolbiac ?

Publié le 2018-04-24 07:26:05

Retour sur les mensonges de la préfecture et de la présidence, mais aussi sur une communication parfois problématique de la part du mouvement (y compris sur Paris-luttes.info) suite à l’expulsion de Tolbiac.



Malgré l’évacuation de Tolbiac, le mouvement contre la sélection continue et même se renforce en d’autres endroits. Petit bilan critique de la grande confusion ayant cependant régnée les heures et les jours qui ont suivi la chute de ce bastion de la contestation.

Des dégradations mineures qui auraient pu être politiquement assumées

Déjà avant l’expulsion, c’était la stratégie de communication affichée par le président Haddad : faire passer les occupant-e-s pour des sauvages ayant complètement saccagé la fac. Une fois les flics ayant effectué leur sale boulot, tous les journalistes sont donc invités à entrer afin de constater ces terribles dégradations. Les caméras n’auront pourtant que quelques tags ainsi que des distributeurs abîmés à filmer, même si ça peut toujours faire son petit effet sur le télespectateur ce n’est sûrement pas suffisant pour scandaliser le contribuable, alors annonçons des chiffres ! Haddad s’improvise ainsi expert en constat d’assurance, et balance le chiffre de 800 000€ de dégâts. Aujourd’hui, le ministère parle déjà plutôt de « 200 000 à 300 000€ » et on peut être à peu près sûr que la facture finale sera encore moins élevée.

Si ces chiffres peuvent sembler tout de même importants aux yeux du contribuable moyen, qui mettrait des années à mettre de telles sommes de côté, ils sont en réalité assez insignifiants à l’échelle du budget d’une université comme Paris 1. Ce dernier s’élève en effet en moyenne aux alentours de 220 millions d’euros par an (masse salariale comprise) [1], ce qui fait que le coût supposé des dégradations, même en admettant l’estimation haute du ministère, ne dépasse pas 0,14% du budget annuel de l’université... Même en ne considérant que le budget de fonctionnement hors masse salariale, qui tourne autour de 45 millions d’euros, cela ne représente pas plus de 0,67% du budget annuel. Tout cela est réellement insignifiant au regard des milliards qui manquent chaque année à l’enseignement supérieur et dans les services publics pour pouvoir fonctionner correctement, et ça l’est encore d’avantage au regard des conséquences de la sélection sur la vie de milliers de lycéen-ne-s dans les prochaines années. Rappelons par ailleurs que l’État dépense actuellement 300 000 à 400 000 euros par jour [2] pour détruire des cabanes sur la zad, qui elles n’empêchent pourtant personne de passer ses examens (en chocolat ou pas).

Avec ces ordres de grandeur en tête, celles et ceux qui se scandalisent de telles sommes apparaissent tout de suite plus ridicules. Au lieu de condamner les dégradations en les renvoyant à quelques actes individuels (et exposant ainsi d’avantage à la répression les personnes ayant commis ces actes), n’aurait-il pas été plus judicieux de les revendiquer, notamment les tags, comme faisant intrinsèquement partie du processus de réappropriation de la fac par ses occupant-e-s ? Avant que la fac ne décide de faire un grand coup d’aseptisation suite au mouvement contre la loi travail en 2016, tous les amphis de Tolbiac étaient récouverts de tags, témoins des luttes passées. Cela n’a jamais empêché personne d’étudier, c’était même au contraire plutôt plaisant de se retrouver assis en cours dans l’amphi N entre un « Vive la Commune » et un « Trotsky tue le ski ».

Plus gros mensonge de la journée : la question des blessés

Une fois l’évacuation terminée, la préfecture se vante immédiatement dans un communiqué que cette dernière se serait effectuée « dans le calme », sans faire aucun blessé. Communiqué repris à son compte par Haddad puis par l’ensemble des médias dominants. Avec la diabolisation des occupant-e-s, c’était l’autre pendant de la stratégie de communication pour cette évacuation : faire passer les forces de l’ordres pour des gentils pas du tout violents, rendre l’envoi de CRS sur des étudiant-e-s acceptable auprès de l’opinion publique afin d’éviter tout élan de sympathie, que ce genre d’opération a souvent tendance à provoquer. Pourtant, s’il y a bien quelque chose dont on est sûr à propos de cette journée, c’est qu’il y a eu des blessés. Les témoignages sont en effet nombreux [3] et la préfecture finira elle-même par admettre en fin de journée qu’au moins une personne a été hospitalisée suite à l’expulsion.

Le mystérieux coma

Là où le bat blesse pour le mouvement, c’est en ce qui concerne la communication autour des blessés. Alors que le mensonge avéré de la préfecture à ce sujet est déjà en soi un fait scandaleux, à marteler de partout, toute l’attention va se cristalliser à partir du milieu d’après-midi autour de l’état de santé supposé d’un de ces blessés : un homme serait dans le coma. Si plusieurs témoignages concordent pour affirmer que quelqu’un s’est bien blessé à la tête - peut-être gravement - en tentant d’échapper à la police à l’arrière du bâtiment [4], à absolument aucun moment une source fiable n’a sérieusement pu donner de détails sur son état de santé. Pourtant de nombreux comptes twitters militants et/ou proches de l’occupation parlent de coma ou de quelqu’un qui serait « entre la vie et le mort », y compris Paris-luttes.info qui n’est pourtant pas réputé pour avoir l’habitude de relayer des informations non vérifiées. Si cette affaire demeure mystérieuse et mérite encore d’être éclaircie, les spéculations sur l’état de santé du blessé puis leur non-confirmation a eu pour effet de faire passer complètement au second plan le mensonge bien avéré de la préfecture qui avait soutenu contre l’évidence que tout s’était déroulé dans le calme.

edit 25/04 : il semble que les témoignages au sujet du blessé grave n’étaient pas fiables, même si cela ne remet nullement en cause l’existence d’autres blessés eux bien avérés. [5] [6]

Pas de leçon à recevoir pour autant

Alors il serait facile de remettre en cause la crédibilité des relais militants qui se sont fait écho de cette histoire de coma, pourtant si on fait le bilan de la journée les médias traditionnels ne sont eux non-plus pas exempts de critiques : quasiment tous ont relayé le premier communiqué de la préfecture sans chercher par la suite à avoir plus d’informations sur d’éventuels blessés auprès des étudiant-e-s. Si la liste de toutes les fausses informations dont on est régulièrement abreuvés serait longue à faire, rappelons juste au passage qu’en 2016 lors d’une manifestation contre la loi travail la préfecture avait elle-même communiqué de son côté au sujet d’un policier dans un état « d’urgence absolue » [7], dont on n’avait pas eu de nouvelles par la suite car il s’était probablement révélé bien moins grave qu’annoncé [8]... Bref ce n’est pas pour autant une raison de faire comme eux, alors restons vigilants à toutes les informations que nous diffusons, y compris et même surtout dans les moments de grande confusion comme après une violente expulsion.

C.B



Notes

[1Chiffres 2014 et 2015

[2Source

[3Certains recuillis ici

[4Notamment recueillis par Reporterre

[5Le point sur l’enquête de Reporterre

[6Voir aussi le CheckNews de Libé

[8De mémoire le flic avait pris un pavé dans la gueule et il a eu le nez cassé

À ce jour : l’arrestation de Cedar

Publié le 2018-04-24 07:45:05
Avr 232018
 

Du Hamilton Anarchist Support

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Le dernier mois a été chargé à Hamilton. Pour mettre en contexte l’arrestation de Cedar, on peut commencer par souligner le Salon du livre anarchiste qui s’est tenu au début du mois de mars, le premier salon du livre à s’être tenu en 7 ans. L’événement a eu un succès retentissant et a rassemblé des gens venu-es de tout le continent pour explorer des possibilités de changement radical, pour dessiner une vision d’un monde sans hiérarchies ni domination, pour simplement se rencontrer et apprendre les un-es des autres. La fin de semaine a été particulièrement marquée par une petite émeute ayant eu lieu à travers un des quartiers les plus aisés d’Hamilton sur une des rues les plus commercialement toxique. L’ « Émeute de Locke Street » était une expression collective de rage, non seulement contre la gentrification accélérée d’Hamilton, mais contre le capitalisme et le monde violent d’aliénation qu’il nourrit. Elle a mené à beaucoup de conversations productives par rapport à l’inévitable inconfort que produit la lutte pour de nouveaux mondes, et l’importance de clarifier et d’articuler nos politiques. Un nuage toxique de sédiments a aussi été brassé par l’émeute à Hamilton, on a pu voir un déversement massif de chaudes larmes pour les petits commerces, les conseiller-ères municipaux-ales ont crié au « terrorisme », et une ferveur anti-anarchiste des trolls locaux de l’alt-right ont vu là une opportunité pour prendre place sous les feux des projecteurs.

Dans les semaines qui ont suivi, plusieurs de ces réactions ont été dirigées contre le seul espace social anarchiste d’Hamilton, The Tower, qui est defacto devenu une cible avant même d’avoir eu la chance de se positionner pour appuyer l’émeute. Premièrement, ses fenêtres ont été fracassées, ensuite la porte a été défoncée et la librairie saccagée, puis les serrures ont été collées, et plus récemment sommes témoins d’une vague de graffitis amateurs incluant le mot « gay » écrit en colle de farine émiettée sur les fenêtres de plexiglas. À la fin mars, alors que les supporters du Tower étaient occupé-es à nettoyer l’espace aux suites du saccage, une coalition de trolls nationalistes blancs, misogynes et homophobes a organisé un rally en soutien aux commerces de la rue Locke. Leur triste rally a été largement confronté et déjoué, mais pas avant que certain-es d’entre eux n’aient eu la chance de se mêler aux propriétaires des commerces de la rue Locke et de discuter autour de beignes citron-pistache. Une fuite d’information a révélé que les Soldats d’Odin et les Proud Boys espéraient se rendre à The Tower après le rally pour confronter les « mâles beta de 120 lbs » qu’ils espéraient y croiser. La première fois qu’ils s’y sont pointé ils ont trouvé 40 anarchistes prêt-es à défendre l’espace. Ils ont crié leurs droits démocratiques et ont fini par utiliser une escorte policière pour se rendre de l’autre côté de la rue. Quelques heures plus tard, un plus petit groupe d’entre eux ayant l’air saoul s’est pointé en cherchant la bagarre et malgré nos nobles efforts pour désescalader la situation nous avons fini par les renvoyer chez eux ce jour-là avec des nez cassés et sanglants.

Pendant ce temps la pression publique s’est accru pour retrouver les responsables de l’action émeutière sur la rue Locke. La police a été incapable d’appréhender quiconque la soirée de l’action et a répondu aux lamentations publiques avec des promesses de justice et des appels désespérés invitant la coopération du public. Finalement, le 6 avril, un mois après l’émeute, la police a monté un spectacle pour satisfaire un public assoiffé de sang. Mandats en main, ils ont défoncé la porte d’une maison collective à l’aube et ont lancé une grenade assourdissante dans le salon. Avec des fusils d’assaut en main ils ont envahi la maison et menotté les gens, et ont arrêté Cedar (Peter) Hopperton avec des charges de complot visant à commettre un acte criminel (rassemblement illégal et port de masque). Les autres ont été relâché-es et ont dû passer quelques heures dans l’allée de la maison pendant que les flics mettaient la maison sans dessus dessous en cherchant quoi que ce soit pouvant être utile à leur enquête. Ils ont saisi les ordinateurs, les téléphones, des papiers, des zines et des livres, qu’on mettra des années à pouvoir récupérer de leurs pattes graisseuses.

L’audition pour la remise en liberté sous caution de Cedar, qui n’a eu lieu que cinq jours après son arrestation et après que la Cour ait manoeuvré de manière particulièrement sournoise pour la retarder, était un supplice méticuleux. Quatre heures de déblatérations d’imbécilités ont rendu évident que non seulement Cedar était jugé, mais bien aussi l’anarchisme au grand complet. Au final, Cedar s’est vu refusé une libération sous caution et a été renvoyé-e dans l’enfer de la prison Barton où des hordes de personnes kidnappées attendent leur procès dans des conditions misérables. Iel pourrait demeurer à Barton pour un an ou plus tandis que l’État traîne des pieds à monter un dossier contre eulle.

À Hamilton, nous avons organisé une solide équipe de soutien pour nous assurer que Cedar ait une défense légale fiable et autant de conseils et de communication que possible. Nous souhaitons poursuivre les projets auxquels iel tient, et soutenir toute forme d’organisation qu’iel pourraient mener en prison. Nous avons commencé ce blog à titre d’espace où fournir des nouvelles par rapport à la situation de Cedar, leur situation légale, et comment iel se porte. S’il y a plus d’arrestations par rapport à l’émeute de Locke Street, ce site offrira un espace similaire pour ces mesures de soutien. La prison n’est pas la ligne d’arrivée pour les anarchistes, ce n’est qu’une des dimensions du monde contre le quel nous nous battons. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour résister à l’isolement qu’ils essayent d’imposer à ceuzes qu’ils capturent, et continueront notre bataille ensemble contre ce monde de police, de tribunaux et de prisons.

Berlin: nos idées ne sont pas négociables

Publié le 2018-04-24 20:39:03

Berlin: nos idées ne sont pas négociables

Dans le cadre de la comparution en cour de Justice le 14 mai prochain, en vue de l’expulsion du rez-de-chaussée du R94, et après les journées de discussion et du chaos au sein de R94 et ailleurs, nous entrerons dans un nouvel épisode de procédure.
La demande d’expulsion a été émise par la société écran «Lafone Investment Limite», propriétaire de l’immeuble depuis 2014, au nom de Mark Robert Burton (son 3e directeur depuis l’achat).
La société sera défendue par l’avocat Markus Bernau, spécialisé en affaires routières et circulation.

En cours

Le 14 mai à 9h00 s’ouvriront les portes de la Cour pour imposer le droit allemand.
Toutes les discussions et décisions qui seront prises ce jour-là feront référence aux paragraphes et articles de loi créés pour soutenir le système capitaliste et défendre l’idée de la Propriété comme valeur centrale de la vie.

Évidemment, Justice, Sénat et propriétaire tenteront tout pour sortir de la Cour avec un titre d’expulsion. Une société écran essayera de réclamer la propriété de pierres posées les unes sur les autres, et voudra gagner le droit d’envahir nos espaces, accompagnée par des chiens enragés en uniforme, pour nous l’arracher des mains.

Ils penseront alors tous partir de la Cour en vainqueurs

Assis de l’autre côté de la barre, nous ne nous attendons pas à une quelconque sorte de «Justice».
Car ceux qui continuent de penser, malgré les évidences, malgré l’oppression violente quotidienne, que sous le Capitalisme, la Liberté et la Dignité humaine restent des principes importants, ferment les yeux, ignorent la réalité et demeurent soumis.es aux Autorités.

Il devrait être évident, pour chacun.e d’entre nous, que nos idées ne sont pas négociables à la barre.
Certes il s’agit de notre maison, de nos infrastructures, d’un lieu de convergence, de la Kadterschmiede et du club de jeunesse autogéré. Mais ce qui définit ces espaces, ce sont les idées que nous défendons, ici ou ailleurs et là on ne chasse pas après une part du gâteau, on veut toute la patisserie, il n’y a pas de compromission possible. C’est prendre une position offensive envers la question «à qui est accordé le pouvoir de décision sur la vie d’autrui, que ce soit par la Propriété, la matraque en main, le Droit et la Loi».

Ici, dans la ville capitaliste, nous luttons pour une vie autonome et une solidarité mutuelle, contre le déplacement, l’individualisation, contre la pression sociale de devoir travailler et consommer.
Nous voulons co-organiser et faire partie de la Résistance contre la gentrification et le contrôle étatique, et aider à faire avancer les nombreuses luttes dans cette ville.

Revenons en arrière

Pendant les trois semaines du siège de la maison, durant l’été 2016, après l’expulsion de l’ensemble du rez-de-chaussée le 22 juin, en dehors du harcèlement et de la violence menés par les parties adverses, nous avons été soutenu.e.s et avons ressenti une forte solidarité de toutes parts, et sous différentes formes. Ces actions solidaires ont renforcé nos convictions et nos actes.

Ces semaines nous ont démontré que la Solidarité devient une force importante non pas par la pitié, mais bien parce que l’expression de ces idées portées et soutenues à l’extérieur renforcent la motivation de chacun.e à entrer en conflit.

Après des moments offensifs émouvants dans les rues, les flics ont finalement quitté les lieux, à la suite de la décision de justice du 13 juillet 2016, dénonçant la non-conformité du processus d’éviction.

Un jour plus tard nous avons ré-investi nos espaces et avons ouvert la Kadterschmiede pour vous.

Un nouveau tour

C’est donc parti pour un nouveau tour, le jour suivant les quatre jours de discussion et de chaos, ici à RigaerStraße et à d’autres endroits à Berlin.

Représentée par l’avocat Markus Bernau, spécialisé en «affaires routières et circulation», le propriétaire douteux, la société écran «Lafone Investment Limited», dont Mark Robert Burton est le 3e Président depuis l’achat de la maison en 2014, a déposé auprès de la Cour allemande, une demande d’expulsion.
S’ils obtiennent ce jour-là l’autorisation de nous déloger, les flics pourront alors venir dans les semaines qui suivent pour attaquer notre maison.
Que ce soit initié par le propriétaire ou par les têtes de la flicaille, c’est sans importance.
Mais nous ne laisserons aucune attaque sur des structures autonomes, aucune intrusion de ces asticots dans notre maison, sans réponse.

Ainsi, il n’y a pas de temps de paix où nous pouvons nous reposer et prendre notre retraite.
Utilisons les journées de discussion et du chaos du 10-13 mai pour partager nos luttes et nos perspectives, apprendre les un.e.s des autres, briser les structures en croûte dans cette ville et se rassembler.

L’oppression et l’ordre capitaliste sont quotidiens, notre résistance aussi.

De différents endroits, nous percevons les appels à la confrontation. Discutons des réponses possibles mais surtout de notre antagonisme quotidien avec les conditions qui prévalent, car une réponse n’est pas seulement une réaction, pas seulement un bref moment, mais doit être permanente.

N’abandonnez jamais, ne vous abandonnez jamais !
Notre rez-de-chaussée est et reste occupé!
Amour et force à nos deux prisonniers du 29 mars !

Rigaer 94


Chronique Lafone vs. Rigaer94

Décembre 2014: achat de la maison par Lafone Investment Limited, société écran basée aux îles Vierges britanniques, directeur général: John Dewhurst.

22 juin 2016: évacuation du rez-de-chaussée par 300 flics, travailleurs et agent de sécurité, début du siège de trois semaines et de nombreuses activités quotidiennes et nocturnes.

Jugement par défaut le 13 juillet 2016 devant le Landgericht Berlin. André Tessmer, avocat de Lafone n’apparaît pas, locaux retournés au club…

2 février 2017: confirmation du jugement par défaut devant le Landgericht Berlin, Lafone est sans directeur depuis le 7 août 2016, J. Dewhurst ayant démissionné, l’avocat Markus Bernau ne peut exercer au nom de Lafone.

29 juin 2017: Lafone est inapte à poursuivre son procès – reporté – en raison de la mort subite, au mois de mai, du chauffeur de bus (et directeur) Colin Francis John Guille des îles Sark.

22 août 2017: Mark Robert Burton reprend le poste de directeur. Il est également gérant prête-nom de trois autres sociétés fictives au Consett Business Park, dans le nord de l’Angleterre.

Plus d’info sur l’attaque de Lesbos

Publié le 2018-04-25 06:36:03

Article 13

Lesbos, Grèce – Les fascistes attaquent les migrants, la police les expulse et les arrête, le gouvernent annonce une nouvelle loi restrictive sur l’immigration

Hier soir, dimanche 22 avril, vers 20 heures, un groupe d’environ 200 fascistes a attaqué les migrant.e.s qui occupaient la place Sappho dans la ville de Mytilène sur l’île de Lesbos.

Les fascistes du «Mouvement patriotique de Mytilène», parmi lesquels des membres bien connus d’Aube Doré, avaient les jours précédents, sur leur page facebook, lancé un appel à rassemblement dimanche 22 à l’occasion du coup d’État des colonels en Grèce d’avril 1967. Réunis à 19h30, après avoir manifesté pour la libération de deux soldats grecs emprisonnés dans les prisons turques, la plupart des fascistes, environ 200, armés de bâtons, se sont dirigés à 20h vers la Place Sappho à Mytilène, occupé par Mardi 17 avril par plus d’une centaine de migrant.e.s, principalement des familles afghanes, en demandant leur expulsion. Après quelques heures, vers 22h, sans aucune de la police anti-émeute présente sur le site en force avec deux pelotons, le nombre de fascistes a augmenté, suite à un appel de la page facebook pour intervenir sur la place. Chantant des slogans et des chorales comme « Brûlons-les vivants! Jetons-les à la mer! » Les fascistes ont attaqué les migrant.e.s en lançant des bouteilles de verre et des pierres arrachées des trottoirs, fusées éclairantes et pétards. Les migrant.e.s se sont défendus en faisant une triple chaîne humaine circulaire, avec des enfants au centre, essayant de les protéger des jets en les couvrant de cartons et de couvertures humides. Les migrant.e.s ont également été rejoint par des soutiens locaux. Ce n’est qu’après cette résistance des migrant.e.s et soutiens que la police est intervenue entre les deux groupes, mais cela n’a pas empêché les fascistes de poursuivre l’assaut, d’incendier les poubelles en les poussant ensuite vers les cordons de migrant.e.s, de lancer les fusées et les feux d’artifice de derrière les poubelles ciblant en particulier les femmes et les enfants. Vers 23 heures, les fascistes ont tenté de contourner le mouvement en attaquant du côté du marché. La police à ce moment-là a jeté des gaz lacrymogènes sur la place, qui ont également fini sur les migrant.e.s. A une heure les affrontements se sont déplacés du front de mer de Mytilène à l’hôtel de ville historique et aux rues environnantes. Les fascistes ont mis le feu aux poubelles en construisant des barricades et en interrompant la circulation dans tout le port. Pendant ce temps, la police a encerclé le hotspot de la Moria pour empêcher les migrant.e.s de découvrir ce qui se passait et de vouloir soutenir leurs camarades. Les combats à Mytilène se sont poursuivis jusqu’à 3 heures du matin. Au moins 35 migrant.e.s et sympathisants sont blessés et 10, dont un enfant avec des brûlures, sont hospitalisés.

Une personne sur place nous dit: «Permettez-moi de vous parler de cette folle soirée de guerre ce soir: la police ne pouvait pas mieux se coordonner avec les fascistes, au point d’attaquer les soutiens locaux. Les fascistes étaient en possession de gaz lacrymogènes; la police donna carte blanche aux fascistes, les fascistes terrorisant non seulement les réfugiés mais aussi les locaux. Un café a été attaqué parce qu’il a fait entrer les réfugiés blessés; les fascistes ont tenté d’attaquer les ambulances, ils ont attaqué quiconque essayait d’aider ou de documenter leur violence. Un soutien rapporte que:« La police avait des ordres (nous les avons également entendus plusieurs fois de leurs talkies) de ne pas agir contre les fascistes pour les arrêter mais seulement pour les disperser. Finalement, ils ont décidé d’éloigner les fascistes de la place, mais ils n’ont pas tardé à nous tirer des gaz lacrymogènes parce que nous avions simplement réagi aux incendies criminels en criant que quelqu’un serait tué à cause de leur ordre de ne pas arrêter les fascistes.

A 17h20, la police anti-émeute a envoyé des bus sur la place et a ordonné aux migrant.e.s d’évacuer l’occupation, justifiant l’opération comme une forme de protection pour leur sécurité. Les migrant.e.s, continuant à rester en cordée et on refusé jusqu’au dernier de quitter la place, criant des slogans contre le camp de concentration, mais après un court moment la police avec la force et les menaces les a forcés à monter dans les bus leur disant qu’il les ramenaient au hotspot de Moria. Les migrant.e.s rapportent que la police leur a parlé en détention, que « s’ils ont oublié ce qui s’est passé la nuit dernière, il n’y aurait pas de conséquences ». La nouvelle, il y a quelques heures, c’est qu’environ 120 migrant.e.s, dont 25 femmes et enfants, ont été arrêtés et détenus au poste de police pour occupation de l’espace public. Deux soutiens ont également été arrêtés.

Dans les faits, comme ce fut le cas en Pirée ainsi qu’à Lesbos et à Chios, les fascistes et la police ont en fait collaboré à la répression de la protestation des migrant.e.s.

L’occupation de la Place Sappho avait commencé mardi 17 février, après qu’un cortège d’environ 200 migrant.e.s, avec des soutien, avait quitté le hotspot de la Moria. Les raisons de la manifestation étaient la ségrégation et les conditions de vie sur l’île, la détention, les déportations et la nouvelle de la mort d’un Afghan suite au manque d’assistance médicale (qui a en fait eu lieu après des jours de coma).

Une autre raison de protestation a été la sentence de la Cour suprême grecque, le même jour le 17, qui avait annulé les restrictions géographiques à la liberté de circulation imposées aux personnes arrivant sur les îles de Lesbos, Rhodes, Chios, Samos, Leros et Kos. La décision, en vigueur dès le lendemain du 18 avril, a permis aux migrant.e.s arrivés sur les îles à partir de cette date de se rendre en Grèce continentale, mais sans effet rétroactif et ne comprenant donc pas les personnes qui étaient alors détenues à Lesbos.

Le gouvernement grec de Syriza, après le jugement du 17, a immédiatement pris des mesures: le 18 avril, le ministre des migrations a nommé un nouveau directeur pour le service d’asile grec. Le 19 avril, un nouveau projet de loi a été déposé sur l’immigration (qui avait croupi pendant des mois dans les commissions) qui prévoit la restauration des restrictions de mouvement pour les migrants, le 20 avril le nouveau directeur du service d’asile a pris la décision de suspendre la possibilité de mouvement dans le reste de la Grèce, à partir du 21 avril, le service d’asile grec a rétabli la restriction des déplacements des migrants, limitée aux îles. La nouvelle loi sera discutée au parlement dans les prochains jours.

Comme déjà annoncé par le ministère, le projet de loi prévoit une nouvelle fois la possibilité de confiner les demandeurs d’asile, ouvrant la voie à l’imposition de limites géographiques aux îles, ainsi que de nouvelles limitations du droit d’asile et à la facilitation des expulsions.

source: https://hurriya.noblogs.org/post/2018/04/23/lesbo-fascisti-assaltano-migranti-polizia-sgombera-arresta-governo-annuncia-nuova-legge-restrittiva-sullimmigrazione

Cognin (Savoie) : La marie reste porte close après un week-end d’incendies

Publié le 2018-04-25 06:44:04

Le Dauphiné / Dimanche 22 avril 2018

Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs incendies criminels ont touché le centre-ville de Cognin (Savoie). Des palettes ont été brûlées contre l’entrée principale de la mairie, la porte ainsi que des vitres ont été détruites. Juste en face, c’est une voiture qui a été brûlée, le feu a endommagé une partie de la toiture du centre commercial de l’Épine. À quelques dizaines de mètres, rue de l’Épine, c’est un container à poubelles qui a été incendié. Dans la nuit de vendredi à samedi , plusieurs commerces du centre commercial de l’Épine avaient été vandalisés. Ce dimanche matin, l’accès à la mairie est condamné par des panneaux de bois. La police nationale a ouvert une enquête.

Cussac-sur-Loire (Haute-Loire) : Les bureaux d’Eurovia au cocktail Molotov

Publié le 2018-04-25 06:45:04

Le Progrès / Vendredi 20 avril 2018

Les faits remontent à la nuit de lundi à mardi: un incendie a causé de gros dégâts dans les locaux administratifs de l’entreprise de travaux publics Eurovia (groupe Vinci), sur la zone d’activité du « Comté-de-Foix » à Cussac-sur-Loire. L’incendie s’est éteint de lui-même mais tout laisse à penser à une mise à feu volontaire, probablement au moyen d’un cocktail molotov. Les bureaux portent effectivement les stigmates d’une importantes déflagration : outre le bureau sinistré, les plafonds des pièces adjacentes ont également été écroulées. Une fenêtre a également été cassée.

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie. Un rapprochement est fait avec la manifestation de soutien aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes, qui s’est tenue le lundi 9 avril en fin de journée devant la préfecture, puis dans le hall de la mairie du Puy-en-Velay.

On sait effectivement qu’en janvier 2016, à Limoges, un autre dépôt d’Eurovia avait été incendié (sept camions détruits) en signe de protestation au projet d’aéroport porté par le groupe Vinci. Des tags « ZAD Partout » avaient alors été retrouvés.

Pour le sinistre de Cussac-sur-Loire, aucune revendication n’a été retrouvée sur place. L’enquête se poursuit.

Paris : La direction chiffre les dégâts après l’expulsion à Tolbiac… et « La Commune Libre » se dissocie

Publié le 2018-04-25 06:45:07

Le Point / Vendredi 20 avril 2018

Amphis tagués, matériel informatique détruit, matelas et détritus à même le sol: l’heure est au bilan à la fac parisienne de Tolbiac, évacuée vendredi au petit matin par les CRS et transformé en capharnaüm après trois semaines d’occupation. « Regardez toutes ces dégradations, ces tags », souffle Florian Michel, directeur du centre qui s’improvise guide officiel pour quelques journalistes.

Dès l’annonce de la fin de l’évacuation à 6H00, la direction du site de Tolbiac, aussi appelé Pierre Mendès-France et qui accueille en temps normal près de 12.000 étudiants dans le XIIIe arrondissement de Paris, s’est activée pour évaluer les dégâts qui pourraient s’élever à plusieurs centaines de milliers d’euros. […]  L’entrée principale est, elle, entièrement taguée.

Dans la « fosse » du site, des bouts de verre témoignent des heurts qui ont éclaté tôt dans la matinée quand des occupants ont jeté des bouteilles sur les policiers venus en nombre pour lever le blocage.

Dans un amphi, le matériel audiovisuel a été arraché, les écrans de projection détruits […] Dans la cafétéria réaménagée en cuisine collective, les distributeurs de boissons ont été vidés et détruits. 

Le service technique est déjà à pied de oeuvre. Plusieurs boîtiers permettant d’ouvrir des portes ont été fracturés par les occupants qui voulaient empêcher l’entrée des forces de l’ordre.

****

NdAtt: « La Commune Libre de Tolbiac », via un communiqué publié sur les réseaux sociaux, montre à tou.te.s qu’elle n’est donc pas si libre que ça. Elle utilise le même langage moisi que les partis et les syndicats dont elle dit se démarquer. Admirez donc un peu cette prose de dissociateurs:

 

 

[Clavière – Briançon] En traversant la frontière… Manifestation contre toutes les frontières !! (répression+ MAJ)

Publié le 2018-04-25 06:51:05

IACAM

Pendant que la vermine identitaire fanfaronnait au col de l’échelle ce
week-end, la lutte contre les frontières s’organisait de chaque côté des
versants alpins. Une quarantaine d’exilés ont pu arriver accompagnés par
un cortège de 300 personnes jusqu’à Briançon. Ci-dessous, un communiqué
publié par le Refuge autogéré Chez Jésus à Clavière.

Hier, Dimanche 22 Avril, 300 personnes sont parties depuis Clavière,
pour traverser la frontière. Après une matinée de discussions et de
rencontres sur le thème des « Alpes, frontières et résistances » et un
repas partagé devant le Refuge Autogéré Chez Jésus, nous nous sommes
organisé·e·s, exilé·e·s et solidaires, ensembles, contre toutes les
frontières.

Nous avons marché ensemble et unis, et nous avons bloqué la route qui va
de Clavière jusqu’à Briançon. Ceci pour donner un signal clair aux
fascistes et à la police, et en réponse à la militarisation qui s’est
développée et a complètement bloqué la frontière ces derniers jours. Il
s’agissait bien d’une chasse à l’homme, nocturne et diurne. Hier, la
traversée de la frontière était aussi une réponse à la manifestation des
néo-fasciste de « génération identitaire » au Col de l’Échelle. Si les
militaires et les fascistes veulent bloquer les frontières, alors nous
continuerons à lutter afin que celles-ci soient abattues.

La semaine passée, avec la fin de la saison touristique, la frontière
italo-française du Montgenèvre a changé de visage : elle a perdu son
image de « village de ski » pour devenir le lieu de villégiature de
dizaines de militaires, qui sont venus s’entraîner à la guerre en
chassant les exilé·e·s. Et c’est bien d’une chasse qu’il s’agit : des
patrouilles de nuits de dix, vingt personnes surveillent les sentiers
qui traversent la frontière, équipées de torches et de moto-neige. Ils
sont à la recherche de celleux qui, déterminé·e·s à continuer leur vie
en dehors de l’Italie, tentent chaque jour de traverser cette frontière,
perméable seulement pour celleux qui détiennent le privilège du lieu de
naissance ou de la richesse.

En conséquence, les nuits passées ont été le théâtre de véritable
guet-apens des militaires et des gendarmes dans les bois. Les
refoulements en masse ont bloqué des dizaines de personnes au Refuge
Autogéré Chez Jésus, sans possibilité de passage.

Ceci, ainsi que la présence néo-fasciste au Col de l’Échelle, nous a
poussé·e·s à choisir de rompre, en nombre et à la lumière du jour ce
dispositif de frontière qui tente de rendre la traversée impossible à
celleux qui ne sont pas les bienvenu·e·s.

Afin que toutes et tous voient et entendent, contre l’utilisation
politique et économique des flux migratoires et contre tout le
dispositif qui se met en place pour leur « gestion ».

Hier, nous avons marché pendant 19 kilomètres sur le sentier et sur la
route, déjouant les tentatives d’interruption du cortège de la police
française, déterminé·e·s que nous étions à atteindre l’objectif de cette
marche.

Nous sommes arrivé·e·s à Briançon pendant l’après-midi. Nous sommes
rentré·e·s dans la ville à 300, en chantant des chœurs et slogans contre
les frontières, les fascistes et les contrôles de police. Pour une fois,
personne n’a été obligé de se cacher dans la nuit et la neige, personne
n’a marché pendant des kilomètres pour être repoussé par la police au
point de départ. Un jeu de l’oie qui tue.

L’arrivée à Briançon a été la conclusion d’une belle journée de lutte.
Nous sommes arrivé·e·s au centre de Briançon et les festivités ont
commencé. C’est justement à ce moment là que la police a commencé sa
chasse à l’homme : peu après nous avons su que neuf manifestant·e·s
avaient été arrêté·e·s en petits groupes, quand ils étaient éloigné·e·s
du rassemblement. Ils ont été bloqué·e·s sur le trottoir, aligné·e·s,
menotté·e·s et emmené·e·s.

4 personnes ont été libérées ce matin. Tous les autres sont encore en
état d’arrestation. Hier les gendarmes ont essayés d’arrêter un autre
camarade après l’avoir jeté à terre et malmené.
La frontière est faite d’uniformes, de bâtons et de dispositifs de
division. C’est à nous de trouver les mécanismes de l’engrenage pour
ensuite, le détruire

Nous voulons la libération immédiate de tout·e·s les camarades
arrêté·e·s. La frontière est seulement une ligne imaginaire. Si nous
nous organisons ensemble pour la combattre, nous réussirons à la faire
disparaître, et nous l’avons démontré hier.

LIBERTÉ POUR TOUT·E·S LES CAMARADES ARRÊTÉ·E·S !


informations concernant la répression en cours

trois italiens libérés lundi soir , deux suisse encore retenus. une dernière italienne Léonora sera jugée demain

Sur les réquisitions du procureur de la République Raphaël Balland, les trois prévenus ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur jugement, le 31 mai.

les deux copains  sont enfermés  à la maison d’arrêt pour hommes de Gap , la copine à la maison d’arrêt des femmes des Beaumettes de Marseille

sur la comparution immédiate pour aide  au passage irrégulier des copains interpellés à briançon: site à la demande de délais, mise en détention provisoire jusqu’au 31 mai date du procés, une première dans le cadre de délit de solidarité, risque de non représentation est infondé au  vue de la situatioondes potes et de plus ils ont des avocats qui les représentent , le procureur mélange les événements des derniers jours, occupation, carnaval,  fachos « qui n’auraient commis aucun délit », marche de soutien aux migrants. Pour le plaider le risque e réitération  des faits et le risque de non représentation!!

décision totalement injuste , mobilisons nous contre tous les enfermements, tous solidaires, d’être impliqués pour les mêmes faits

 rendez vous Briançon  le jeudi 26 à 12h au parc  de la chap, Gap vendredi 27 à 18h devant la MA

 

 

Oeillères solidaires

Publié le 2018-04-25 16:31:05

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Puisque vous parlez de solidarité, je profite de l’occasion pour partager quelques réflexions que j’ai en tête depuis un moment, sur les contours et les conditions que je veux poser à mes gestes de solidarité. Et plus généralement sur comment j’envisage mes affinités.

Je trouve très belle la vision qui est présentée dans Kairos, et pertinent de souligner l’importance de l’offensive, sans minimiser le fait que ce ne sont pas les attaques à l’extérieur qui permettent de cantiner. C’est surtout la partie sur l’infime catégorie de personnes avec qui l’auteure veut exprimer sa solidarité qui à mon sens mériterait d’être complétée. Dans le texte, on parle de limiter sa solidarité aux personnes qui adoptent un certain type de comportement face à la justice, et de ne pas idéaliser les détenu.es. Très bien, j’ai envie d’ajouter que visiblement, il ne semble pas très malin d’idéaliser les anarchistes non plus, et pour moi incomplet de se préoccuper uniquement de leur  comportement face aux keufs et à l’enfermement.

Ma réflexion part notamment du constat que de nombreuses personnes dites « compagnonnes » se retrouvent impliquées dans des histoires d’agressions ou de viol, et qu’encore plus nombreuses sont celles qui ne veulent pas prendre position sur ces thématiques.

Je me pose donc la question suivante : est – ce que se définir anarchiste se limite à une méthode de conflictualité, ou bien à se retrouver dans un ensemble de valeurs qui ne nous sont pas imposées mais que dans la mesure du possible nous choisissons, et qui a priori impactent chaque aspect de nos vies, et nos façons de nous comporter les un.es envers les autres ?

J’imagine que la plupart se retrouveront dans la deuxième hypothèse. Mais j’ai l’impression qu’on n’entend pas forcément la même chose par « se comporter les un.es envers les autres ». Je trouve qu’il y a une hypocrisie de ouf à ne pas parler des dynamiques de merde dans certains milieux (et qu’on ne me dise pas que le milieu ça n’existe pas, quand bien même ça n’est pas une dynamique que l’on veuille encourager), et que les peu d’exemples qui sont débattus et exemplifiés ne concernent quasiment que le refus de la spécialisation ou du leadership, toujours donc dans des visées organisatrices. Qu’on ne parle pas, ou si peu, dans dans la perspective de rendre concrètes nos valeurs anarchistes à tous les aspects de notre quotidien, de comment on se comporte les unes avec les autres, quand on fait autre chose que de la « guerre sociale » ou de la « guérilla urbaine ». Quand on est pas en train de penser lutte, organisation, propagande, action, etc. Bref, quand on fait toutes ces petites choses qui paraissent peu dignes d’intérêt pour l’expression de nos révoltes.

Je pense que tant qu’on continuera à ne pas prôner le fait de parler en terme de « personnel » parce que ça ne sonne pas assez véner, que ça n’est pas attirant pour les adhérents potentiel à l’insurrection (voire que c’est un repoussoir pour des complicités éventuelles) ou juste parce qu’on ne sait pas le faire, ben on continuera à soutenir des gens qui ne craignent pas les années de prison mais qui n’ont jamais voulu entendre parler de consentement. Et ça ne me va pas. Par « personnel », j’entends parler de nos galères pour construire des relations épurées de tout ce qu’on trouve dégueulasse dans ce monde, pour incarner au mieux les individu.es que nous avons envie d’être, pour prendre en compte les petits gestes du quotidien qui nous font reproduire les normes desquelles nous prétendons vouloir nous échapper, en les détruisant.

Je ne cherche pas à reproduire un système judiciaire divisant le monde en deux catégories d’innocent.es ou de coupables. Il ne s’agit pas de distribuer à tout va les étiquettes d’agresseurs à des personnes qui les garderaient à vie. Je veux ma pensée plus subtile, en cherchant à pointer du doigt la non remise en question des logiques de pouvoir qui nous animent. Pas tant les actes finalement, que les réactions qui les entourent. Je pense qu’on a tous et toutes (dans une moindre mesure sans doute) commis des agressions sur nos proches. Ce qui fait la différence pour moi c’est quel travail on entame ensuite pour en commettre le moins possible. Pour ne pas se voiler la face quant aux agissements des autres.

Je ne veux pas non plus lancer une campagne de flagellation généralisée, et critiquer la solidarité en soi. Mais je ne me sens pas solidaire simplement parce qu’il y a répression, pour faire un bloc face au
contrôle de l’état. Bien que je puisse comprendre cette position, elle ne laisse pas de place pour individualiser les personnes qui subissent la répression, et tout comme je ne veux pas faire de catégorie « opprimés » je ne veux pas faire de catégories « réprimés ». Évidemment, quand je vois des actes de rupture avec la soumission, et que des personnes subissent la réponse de l’état pour ces actes, j’ai envie de les soutenir. De leur dire qu’elles m’ont fait rêver, que je salue leur courage, leur audace, leur détermination. D’autant plus quand des mots sont posés sur des attaques, et qu’ils les rendent plus explicites. J’y vois un intérêt, puisque ça me permet de savoir à quel point je partage ou non certaines des valeurs des personnes en question. Je peux comprendre qu’il soit reproché à certain.es de déballer leur vie sur des communiqués, d’exprimer des ressentis plutôt que de la propagande, (si tant est qu’il soit malin d’opposer les deux), mais au moins ça donne une idée sur ce que sont les personnes, au delà du fait qu’elles se révoltent. Parfois ça m’irrite parce que j’y vois trop de postures, parfois ça me fait me sentir plus proche des auteur.es. Et quand je vois les merdes commises par certaines personnes, je me dis que j’ai plutôt envie d’en savoir plus sur les personnes qui subissent la répression, et avec qui je serai susceptible de me solidariser.

 

Que les choses soient claires, je ne prône pas du tout l’action centrée uniquement sur le relationnel et l’introspection. Je vois aussi des moyens d’agir qui ne sont pas le dialogue, la médiation, la prise en charge collective de nos merdes, etc. Moi aussi, je veux me méfier des réflexes communautaires et de l’idée qu’on pourrait créer des espaces libérés de toutes formes d’oppression. Je suis pour l’attaque violente de l’autorité sous toutes ses formes, et pour exprimer mon soutien à celles et ceux, enfermé.es, qui en ont besoin, en faisant des gâteaux maisons ou attaquant. Pour envoyer de la chaleur aux personnes qui m’inspirent. Mais je n’ai plus envie de me fourvoyer en pensant que quiconque se défini comme anarchiste et prône l’attaque est une personne géniale à côtoyer dans la vie aussi. Je ne laisserai pas la pratique offensive anarchiste aux mains de quelques connards (ou connasses !) imbus d’eux même, qui mettent tout en jeu, sauf leurs égos.

Parce que l’égo, si c’est pour moi un rempart indispensable contre les logiques qui voudraient nous soumettre, est aussi quelque chose qu’il faut savoir attaquer à des moments, lorsqu’il devient le moteur d’un refus de se remettre en question et d’évoluer. Comme tout le reste, il est construit et malléable. Et si j’ai envie de le brandir comme un étendard à des moments, je sais qu’il m’empêche aussi d’être accessible à la critique.

Je me souviens, qu’à la phrase de Cospito qui faisait tiquer des potes « La qualité de la vie d’un anarchiste est directement proportionnelle au dommage réel que celui-ci inflige au système mortifère qui l’opprime.», j’avais envie de voir, un peu hypocritement, parce que j’aime bien ce que dégage Cospito, en dépit de la méfiance que je devrais probablement avoir, tout ce qu’on pouvait mettre derrière le terme « dommages réels ». Destruction de normes, destruction de nos constructions genrées, autoritaires, destruction de nos réflexes de peur et de soumission, etc, et pas uniquement dégâts matériels. Mais tristement je me trouve peu d’exemple chez les anarchistes pour étayer
mon propos.

J’ai un problème évident à l’idée de parler de « la valeur de la vie d’un anarchiste » telle qu’en parle cette phrase. J’aborderai plus le problème sous l’angle de la cohérence, de ce que moi, j’entends par anarchiste individualiste, et de qui me semble être de l’ordre de l’idée communément admise : « volonté de destruction de tout rapport de domination » ; et, « on est les propres acteurs de notre soumission ». Donc… On essaye de changer (aussi) nos façons de se rapporter au monde ? On apprend à ne plus baisser les yeux face aux expressions de l’autorité ET à ne pas nous même en être une expression ? On pourra me rétorquer que l’on ne cesse jamais vraiment d’être l’autorité de quelqu’un.e d’autre. Certes, je suis plutôt d’accord. Mais on ne dansera (probablement) jamais sur les ruines de ce monde non plus, et ça n’empêche pas de réduire en miette des bâtiments. Il y a des formes autorités/de pouvoir inhérentes à toute relation interpersonnelle, et il y a le fait de reproduire des dominations systémiques et de refuser de se questionner.

Y a un truc qui me gène sur lequel j’ai du mal à mettre des mots. On ne veut rien repousser à plus tard, la révolte c’est ici et maintenant, totale et sans compromis. On parle de la société et de ses normes, des institutions qui annihilent l’individu.e, on parle de détruire et de se révolter. Mais on ne parle pas de comment on se relationne les un.es aux autres. De comment les valeurs de cette société qui sont des prisons de hautes sécurités se traduisent dans nos vies. Pourquoi ? J’ai pas non plus envie de laisser l’analyse des rapports de dominations interpersonnelles aux mains des matérialistes de tout poils ; parce que je ne me retrouverais pas dans leur grille de lecture bien trop figée, transformant les dominations structurelles en lois mathématiques et les rapports sociaux en équations, mais dans laquelle il y a quand même des choses qui ne sont pas complètement vide de sens. Le fait qu’on soit construit socialement par exemple, que l’on ne choisisse par notre point de départ dans les hiérarchies sociales, et que ça ait un impact sur nos actes par la suite.

Je n’ai donc pas de réponse toute faite en ce qui concerne la solidarité. J’ai la sensation que c’est un discours plus général qui fait défaut. Une envie de parler de choses qui sont peut être moins flamboyantes, mais qui transforment tout autant nos vies. Et quoi qu’il en soit, me déclarer solidaire « des anarchistes » ou plus largement encore « des révoltés » sans savoir ce qui se cache derrière cette affirmation, me laisse un goût amer dans la bouche. J’aimerais que les expressions de solidarité puissent aussi être conditionnées aux personnes qui se mettent en jeu dans tous les aspect de leur vies, qui questionnent, agissent, et acceptent la remise en question. Soit qu’elles le laissent transparaître dans leur communiqués, soit dans leurs lettres publiques, soit que l’on puisse se faire une idée par d’autres biais. Il ne s’agit pas d’encourager des postures qui seraient adoptées dans le but d’obtenir de la solidarité mais bien de s’attaquer honnêtement à tous les aspects d’une guerre menée contre chaque forme sous laquelle la domination s’exerce.

On parle de conflictualiser nos rapports au monde qui nous oppresse, moi j’ai envie de conflictualiser aussi nos rapports dans l’intime qui nous oppresse.

Ps : Je ne peux pas m’empêcher de réagir au texte Horror Vacui, bien je sache que ça n’en vaut franchement pas la peine, vu le mépris que m’inspirent leurs réflexions. Que des auto proclamés anarchistes – individualistes regrettent de se faire priver de leur masculinité et de leur féminité, sur fond de discours réactionnaire digne de la manif pour tous, ça prêterait à un sourire compatissant face à tant de bêtise, si ça n’était pas aussi pathétique. Le pire étant qu’il prétendent poser une question similaire à la mienne : « Comment quelqu’un qui se considère anarchiste peut-il trouver des camarades parmi des personnes qui reproduisent le pouvoir, l’autorité et la soumission ? », alors
qu’ils illustrent clairement leur incapacité à admettre qu’ils sont ces personnes qu’ils prétendent décrier ; et à voir les endroits où se reproduisent le pouvoir, l’autorité et la soumission, au-delà de mauvais clichés sur les luttes partielles et la victimisation. Belle tentative, compas, mais arguments avancés sont si affligeants de nullité qu’il n’y a même pas lieu d’ouvrir le débat. Étouffez – vous
avec votre médiocrité et vos certitudes.

Fay-de-Bretagne (44): expulsion de l’Ancre noire

Publié le 2018-04-25 19:25:03

Fay-de-Bretagne (44): expulsion de l’Ancre noire

33e lieu expulsé sur Notre-Dame-des-Landes depuis le 9 avril 2018. Communiqué de l’Ancre noire.

L’Ancre Noire a été expulsée – rien n’est fini, tout commence #NDDL

L’Ancre Noire a été expulsée dans la foulée pendant la “trêve” que la délégation de l’assemblée des usages (organe du pouvoir bureaucrate sur la zad) a mendié à la Préfecture la semaine dernière, en échange de quelques formulaires légalistes – les mêmes que les sbires de l’État tendaient à la main des arrêté.e.s de la semaine dernière, en guise de blague de mauvais goût qui devient de plus en plus une réalité – « ce papier est le prix qu’on donne à ta liberté ».

L’État, on sait bien ce que c’est et ce que ça fait aux gens et espaces qui nient son emprise, depuis le début de son histoire. Les rebelles, dont ces gens et ces espaces (qui quelques fois représentent aussi des nouveaux ou anciens États), ont aussi une historique tendance à s’affronter, à poser des conséquences face aux offensives de l’État jusqu’à son collapse, ou jusqu’à à leur disparition ou assimilation.

Du coup, en parlant d’assimilation, on tient à dire que cette assemblée des usages et ses délégations font partie du spectacle institutionnel dégradant qui se déroule sur la zad depuis au moins un an, depuis la reddition progressive de la route des chicanes (chantiers de “nettoyage autogéré” de mars et décembre 2017, et chantier de la DDE avec occupation policière légitimée par l’AG des usages de janvier à mars 2018), depuis le comité de médiation pour l’abandon de l’aéroport (octobre 2017 – janvier 2018) jusqu’aux actes de torture le soir du 20 mars infligés à un ami à nous par les mains et coffres de bagnole de certains enfants de Toni Negri (suite à un symbolique et sympathique sabotage de la route fraîchement restaurée), quelques repentis basés sur zone et organisés sous la bannière du CMDO à la zad – et plus généralement dans le parti imaginaire français – qu’on appelle ici à se dissocier et bannir définitivement de tout espace dit “libéré”, “occupé” et “auto-organisé” – dans la région, dans l’État français, et internationalement. A son temps, ces noms et ces faces seront rendus publics (encore plus), pour dissuader d’autres coups à la bolchevique dans le futur.

On fait appel ici aux camarades des espaces se déclarant antagonistes, partout dans l’État français et ailleurs, à ne plus héberger et s’organiser avec des tels personnages, meneurs d’une institutionnalisation fracturante dans le mouvement révolutionnaire, et d’actes d’agression de teneur corporative – de collaboration avec les intérêts répressifs et politiques de l’État.

On tient aussi à dire que début février, les occupant.e.s de l’Ancre Noire se sont définitivement dissocié.e.s de la zad institutionnelle quand les discussions pour une “envisageable” demande de légalisation des terres périphériques de la zad ont évoqué le squat. En la considérant à la fois comme foyer de beaucoup d’ami.e.s, on peut définir maintenant la “ZAD” comme une institution de plus à renverser, et un territoire de plus à libérer, avec ses logiques de pouvoir et son oppression structurelle.

On préfère tenir une existence comme des individus libres et sauvages en perpétuelle tension envers le pouvoir, tout pouvoir, de là d’où on vient, de là où on va, et surtout, de là où on est.

Toute notre solidarité aux enfermé.e.s par l’État français depuis le recommencement de la conflictualité sur la zad…

… see you in the barricades?

L’Ancre Noire, 24 avril 2018.

[Publié le 24 avril 2018 sur le blog de l’Ancre noire.]

Soutien à un étudiant sans papier enfermé au CRA de Mesnil Amelot

Publié le 2018-04-25 19:35:05

A., un étudiant algérien sans titre de séjour, mobilisé depuis des mois avec le collectif des étudiant.e.s sans papiers d’Île-de-France, a été placé au Centre de Rétention Administrative du Mesnil-Amelot hier soir. Rassemblons-nous demain matin à 9h30 devant l’annexe 1 du Tribunal de Grande Instance : 1, rue de Paris, au Mesnil Amelot (RER B - Aéroport Charles de Gaulle - TGV 2) !



Etudiant en master de Sciences de l’Education à Paris 8, A. a pleinement et courageusement participé à la mobilisation pour la régularisation des étudiant.e.s sans papiers sur sur P8, sur l’IDF et dans d’autres villes de France, malgré la répression et les risques encourus.

Nous sommes sidéré.e.s par le placement en rétention de notre ami et camarade, mais il est nécessaire d’agir immédiatement. Dans un contexte de mobilisation générale contre la sélection à l’université, de démantèlement du service public et des communs, l’inique loi Asile-Immigration, le soutien à notre camarade et à toutes les personnes sans titre de séjour est fondamental.

Une visite au CRA annexe 3 est organisée aujourd’hui : RDV 16h devant le CRA, au 4 Rue de Paris, 77990 Le Mesnil-Amelot. Accessible par le RER B (Aéroport Charles de Gaulle 2 TGV). Attention, les personnes sans titre de séjour ne peuvent pas entrer dans le CRA et il est fortement déconseillé pour elles de se rendre devant le CRA (des arrestations ont déjà été rapportées devant des CRA).

Demain, nous nous rassemblerons à 9h30 à l’annexe 1 du CRA, même adresse, pour le soutenir lors de son passage au tribunal qui aura lieu à 10h ! Ce n’est qu’en étant nombreu.x.ses qu’on obtiendra sa libération ! Les personnes sans titre de séjour peuvent théoriquement venir à l’audience, mais des policier.e.s se trouvent à l’entrée du tribunal et un contrôle n’est jamais exclu. Informations sur l’évènement FB : https://www.facebook.com/events/224158454833228/.

MOBILISONS-NOUS POUR SA LIBERATION IMMEDIATE !

PERSONNE N’EST ILLEGAL.E !

À Marseille et à Gap : trois potes en prison

Publié le 2018-04-25 19:42:05

Suite à la marche transfrontalière contre les frontières, trois personnes sont en détention préventive dont une copine aux Baumettes : pour les soutenir, RDV jeudi midi à Briançon et vendredi à 18h à Gap.



Cela fait des mois que des personnes s’organisent depuis la vallée de la haute Durance jusqu’en Italie en solidarité avec les migrant-es et contre les frontières.

Dimanche, suite à une rencontre-débat sur le thème des frontières en Italie, une marche spontanée est organisée de Clavière à Briançon. Elle aura pour but de permettre le passage de la frontière à une trentaine d’exilé-es. Elle fait aussi réaction au renforcement croissant du dispositif policier et militaire, et à la présence, le même weekend, du groupe fasciste « Génération identitaire » sur le territoire.

Cette manifestation s’est déroulée sans encombre jusqu’au refuge solidaire. En fin d’après midi, 6 personnes ont été interpellées de manière arbitraire et placées en garde à vue, un camarade s’est fait violemment tabassé et des personnes gazées. Le motif de la garde à vue : « aide à l’entrée d’étranger-es en situation irrégulière », avec comme circonstance aggravante, le délit en bande organisée.

Trois d’entre eux-elles ont été relâché-es, et les 3 autres se sont vus prolongé-es leur garde à vue. Ce mardi, ils-elles comparaissaient en comparution immédiate à Gap (l’info est venue de l’avocat commis d’office, il semble que tout ait été fait pour que personne ne soit au courant). Ils-elles ont refusé la comparution immédiate et demandé le report de l’audience, fixée finalement au 31 mai. D’ici l’audience, le tribunal a décidé de les placer en détention préventive.

Nous étions une trentaine à assister à l’audience sous haute surveillance : 8 camions de CRS devant le tribunal, PSIG et police dans la salle. L’entrée au tribunal était conditionnée à la présentation et la photocopie d’une pièce d’identité.

Dans la mesure où la comparution immédiate a été refusée, le tribunal devait statuer sur le devenir des 3 personnes en attendant l’audience.

Le procureur basait son réquisitoire absurde sur le contexte politique local. Il a en effet tenté de faire porter aux prévenu-es tous les événements du week end (citant le texte du carnaval sauvage contre les frontières, un communiqué de tous migrants, et bien sûr la marche de dimanche). Le carnaval de Gap et la marche de dimanche sont deux événements distincts, et si l’objectif est de juger les participant-es à ces événements, alors pourquoi ne sommes nous pas 600 en prison ??? Il a ensuite fait part de sa crainte d’une réitération des actes tant que les personnes ne sont pas jugées. Il serait préférable d’incarcérer les potes plutôt que de leur laisser la possibilité de commettre de nouveaux délits … de solidarité. N’étant pas sûr de lui, le proc’ requiert la détention préventive mais ouvre la porte à un simple contrôle judiciaire pour s’assurer que les prévenu-es ne se volatilisent pas.

Face à ce réquisitoire hasardeux, les avocat-es fournissent divers documents : promesse d’embauche pour l’un, attestations d’inscription en fac pour les autres, contrats de location et même attestations d’hébergement en France en attendant l’audience. Ce qui constitue des garanties de représentations suffisantes. Les avocat-es mentionnent ne jamais avoir eu des dossiers aussi complets pour une comparution immédiate.

Avant la délibération, une sorte de sérénité était palpable dans la salle. Mais quelques minutes plus tard le délibéré est rendu : mandat de dépôt et détention préventive. À Gap pour les copains (le proc’ aura même l’indécence de signaler au juge que la prison est déjà pleine à craquer) et à Marseille pour la copine. Nous sommes sous le choc.

Désormais les choses sont claires, tu peux faire de la prison pour avoir participé à une manifestation ayant permis à une trentaine de personnes de traverser la frontière.

Un cap est clairement franchi en matière répressive et c’est insupportable. Encore plus insupportable lorsque l’on entend le proc’ parler des individus de Génération Identitaire comme pacifistes. Rappelons qu’ils avaient affrété un bateau l’an passé pour empêcher l’assistance des secouristes en Méditerranée, et que là ils s’improvisent police aux frontières avec de gros moyens, qu’ils ont saccagé une partie de la montagne, qu’ils incitent la mise en danger de personnes, et que l’État choisit de ne pas les poursuivre…

Nous constatons sans surprises que police, justice et État veulent prendre ces 3 personnes en exemple et stopper la solidarité. Nous ne sommes pas dupes. Ne répondons pas aux tentatives d’intimidation et de division du pouvoir. Soyons tou.te.s délinquant.e.s solidaires ! Nous appelons à des rassemblements massifs. Plus que jamais nous avons besoin de soutiens physiques !

Face à une décision si politique, la réponse doit être massive, politique et médiatique.
Nos camarades sont en prisons. Pour certain-es, venu-es pour la première fois dans le Briançonnais et sans savoir exactement dans quoi ils-elles mettaient les pieds. Ils-elles risquent des mois et des mois de prison encore, suite au jugement. D’autres arrestations, incarcérations, sont à prévoir ! Faisons pression sur le gouvernement pour qu’il comprenne qu’on ne laisse rien passer !

RDV jeudi midi au parc de la Schappe à Briançon et vendredi à 18h devant la maison d’arrêt de Gap, place Grenette.

Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades prisonnier-es !

Nous n’oublions pas non plus le passage à tabac dimanche dernier d’un de nos camarade par les flics.

Plus que jamais continuons la lutte collective en acte !

Ni oubli ni pardon.



PS :

Plus d’infos sur Vallées En Lutte.

Communiqué de l'Envolée : les prisonniers de Seysses ont raison !

Publié le 2018-04-25 19:49:05

Samedi 14 avril 2018, J. est mort au mitard de la prison de Seysses. Il aurait été retrouvé pendu par les surveillants au moment de la distribution du repas du soir. Le 20 avril, nous relayions un communiqué envoyé par des prisonniers de cette maison d’arrêt au Syndicat pour la Protection et le Respect des Prisonniers (Syndicat PRP) avec qui nous travaillons étroitement et en qui nous plaçons une totale confiance. Ce communiqué remet en cause la version officielle, affirme que J. est mort suite à un déferlement de violence des matons à son encontre et témoigne des terribles conditions de détention à Seysses, en particulier au quartier disciplinaire.



Communiqué de L’Envolée, dimanche 22 avril 2018

C’est avec une certaine surprise que nous avons pris connaissance des déclarations de la Garde des sceaux dans les médias et du communiqué de son ministère le jour même de la publication de cette lettre. Pendant une semaine elle avait pourtant brillé par son silence alors que, dès l’annonce du prétendu suicide de J., des centaines de prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses conduisaient durant plusieurs jours un mouvement de protestation (refus de remontée de promenade malgré l’intervention des ERIS, « Matons, assassins ! » hurlé aux fenêtres, déploiement d’une banderole dans la cour de promenade…) et que des manifestations de colère éclataient dans des quartiers de Toulouse.

Il y a un suicide tous les trois jours en prison. Il n’y a pas pour autant un mouvement de prisonniers tous les trois jours. Rappelons aussi que les prisonniers qui se soulèvent, qui témoignent, qui s’expriment prennent énormément de risques : sanctions disciplinaires, diminution des jours de remise de peine, suppression de parloir, pression du personnel pénitentiaire, fouilles administratives, transferts, etc. Cela aurait dû suffire à la ministre pour considérer avec le plus grand sérieux leur exigence de vérité. Mais il a fallu qu’un communiqué de prisonniers commence à circuler massivement sur les réseaux sociaux et soit repris par les médias pour qu’elle daigne enfin réagir. Et de quelle glorieuse manière !

Qu’elle ait à cœur d’inquiéter les témoins de cette mort plus que suspecte ainsi que ceux et celles qui la relaient plutôt que d’établir la vérité sur ce qu’il s’est véritablement passé pour J. le 14 avril 2018, alors qu’il était placé sous sa responsabilité, pourrait prêter à rire si ce n’était pas si indécent dans d’aussi dramatiques circonstances.

Il va de soi que nous nous sentons – avec d’autres – directement visés quand elle envisage des « poursuites » contre les relais de ce qu’elle nomme des « allégations ». Nous assumons bien évidemment notre position de relais puisque c’est précisément notre raison d’être depuis la création de l’Envolée en 2001 par des anciens prisonniers et proches de prisonniers. Chaque semaine dans notre émission de radio et chaque trimestre dans notre journal, nous tâchons de donner de l’écho à la parole des prisonniers et prisonnières, qui sont les seuls à qui nous reconnaissons la légitimité de dire ce qu’il se passe derrière les murs. Le site Internet poursuit ce travail au fil de l’actualité.

Ce ne serait pas la première fois que le ministère des prisons et des tribunaux et l’administration pénitentiaire tentent de nous empêcher définitivement de jouer ce rôle de porte-voix en nous attaquant pour diffamation. Il leur faudrait donc démontrer que les « allégations » dont ils accusent les prisonniers sont fausses. Tout ce qui nous importe dans cette histoire tragique, c’est que lumière soit faite sur ce qu’il se passe quotidiennement au quartier disciplinaire de Seysses et particulièrement sur ce qui a conduit à la mort de J. le 14 avril. C’est aussi tout ce qu’exigent les prisonniers qui, eux, ont toutes les raisons de s’inquiéter pour leur propre sécurité.

Lire la suite sur le site de l’Envolée

C'est donc ça Toulouse ? Répressions et perspectives.

Publié le 2018-04-25 19:51:05

Retour sur le rassemblement écrasé par la police et qui était en soutien aux révolté-es de la Reynerie et en mémoire aux 2 personnes tuées par la prison le samedi 14 avril 2018. Plus quelques perspectives.



Le weekend du 14 avril, Jaouad et un autre détenu ont été retrouvés morts à la prison de Seysses. Pour Jaouad, absolument tout porte à croire qu’il a été assassiné par les matons. Que ce soit les témoignages de nombreux détenus ou les nombreuses traces de coups retrouvées sur son corps, comme ça a pu être rapporté par une personne à l’hôpital.

S’en est suivi trois nuits d’émeutes dans plusieurs quartiers toulousains. Principalement les cités de la Reynerie et Bellefontaine, situés dans le quartier du Mirail.
Une vingtaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre ces événements. Ce vendredi 20 avril, elles passaient au tribunal en comparution immédiate. Les peines sont particulièrement sévères, notamment pour 5 personnes qui restent en taule en attente de leur procès plus 2 peines de prison ferme sans mandat de dépôt. Le tribunal voulait faire "un exemple pour la presse". Presse qui s’est empressée de raconter un tas de connerie sur ces interpellations.

En solidarité avec ces inculpées et en mémoire des deux personnes suicidées par les matons, un rassemblement été appelé à la Daurade.
Une quarantaine de personnes se sont retrouvées. De nombreuses autres personnes auraient voulu participer au rassemblement mais ne se sont pas approchées à cause du surnombre de flics présents.
En à peine quelques minutes, le rassemblement (qui ressemblait plus à une balade ensoleillée qu’à une manif du G20 à Hambourg) s’est fait nasser par les flics. Ils ont alors sorti brutalement un-e par un-e les participant-es. Les clefs de bras ont succédé aux fouilles au corps, aux coups de pied, aux insultes, à l’humiliation que les flics avec un malin plaisir faisaient subir aux gens présents. Une fille a été jetée au sol, frappée, tout en étant insultée de "sale pute" puis balancée dans un fourgon direction la garde à vue. Au moins une autre meuf et deux types sont aussi parti-es en gardav pour que dalle. Et la liste des violences n’est pas exhaustive.

Frapper là où ça fait mal

Que se soit dans les quartiers populaires, à Bure, à la Zad ou contre les mouvement sociaux, la stratégie du gouvernement et de l’État semble claire. Ils veulent nous pousser au découragement, au défaitisme et à toujours plus d’individualisme. Ne les laissons pas faire.
Continuons à investir les assemblées d’étudiant-es, de travailleurs-euses, de lutte. Allons chercher les précaires, les lycéen-nes et les secteurs encore peu mobilisé-es. Propageons la grève, rendons-la possible en multipliant les caisses de grève et les actions de solidarité. Organisons des actions de jour quand le rapport de force est en notre faveur, profitons de la nuit quand nous préférons nous bouger à quelques-un-es. Casser une vitrine de banque ou faire un péage gratuit c’est bien. Mais pour être efficace, il va falloir frapper là où ça fait mal, c’est-à-dire au porte-feuille. Bloquer réellement l’économie, empêcher les salarié-es d’aller au taf et donc empêcher les entreprises de tourner et de faire du fric. Voilà ce qui fera flipper la bourgeoisie, voilà où peut se trouver notre victoire.

Une défaite serait catastrophique pour qui ne fait pas parti des riches et des nantis. La sécurité sociale et la CMU seraient en péril, les retraites seront diminués, les gens au RSA seront superfliqués (voire ne toucheront plus rien), les indemnités chômage baisseront considérablement, l’intérim la précarité et les salaires de merde seront légion et la misère augmentera d’autant plus.
Il reste encore deux mois de lutte, ne perdons pas une seconde. Motivons-nous, bougeons-nous.

Récapitulatif des 4 arrestations suite au rassemblement :
Jugements le 19 septembre 2018 pour 3 personnes accusées de :
  • Port d’arme et refus d’ADN pour l’une d’entre elle
  • Attroupement non-armé en vu de commettre des dégradations pour une autre
  • Refus de signalétique et refus d’ADN pour la dernière

Jugement le 23 mai 2018 pour une personne accusée de :

  • Violence sur agent sans ITT et dégradation

LA RUE OU RIEN

Publié le 2018-04-25 19:52:05

Pendant ce temps-là, à l’est de la zad…

Publié le 2018-04-25 23:30:05

« Au niveau du chemin du sabot (entre 100 chenes et no name) ils ont tourné vers le sud a travers le bois en créant un boulevard (d’une largeur de machine, a peu près 4m), accompagnés de la pelleteuse (pas de la broyeuse). Ils sont allés jusque derrière le Kerdistan, ils ont continué a travers bois (toujours avec les grosses machines, en défonçant probablement quelques haies au passage) pour aller au pied d’une cabane dans les arbres (en mettant à la benne ce qu’ils trouvaient sur leur passage). Ils ont continué la même distance (environ 1/1,5km) en contournant le Kerdistan par les bois jusqu’à une yourte qui se situait entre ce lieu et le Far west. Fait intéressant : cette yourte était dans une tranchée faite par une pelleteuse venue en 2012, défoncer une cabane… Ils ont pris ce qu’il restait à la Tour, le Port, le Far (les « décombres », autrement dit les restes d’habitats…). Ils sont aussi passés au No name. Ils sont passés à travers plusieurs marécages avec des machines (un bon kilomètre). Ils ont saccagé la haie près de la Tour, un jardin en face du No name (au sud) et ont massacré tous les arbres/ronces qui peuplaient le lieu. »

Toutes ces destructions sont malheureusement bien silencieuses. Parce qu’il est compliqué de « passer à l’Est » maintenant que la route est occupée de manière quasi-permanente par les flics-massacreurs ou parce que pour beaucoup, retourner dans cet espace en sachant ce qui s’y passe est une douleur beaucoup trop vive.

Regarder le chemin que tu empruntais pieds nus le matin pour aller prendre ton café à la cabane collective du coin. Il y a maintenant d’énormes traces de la chenille venue dévaster ta maison. Le jardin où tu regardais le printemps arriver, les aubépines fleurir jour après jour, le rouge-gorge historique du lieu qui te chante bon matin. La petite mare aux salamandres que tu observais les soirs de pleine lune, lorsqu’elles se retrouvaient en masse à la lumière nocturne pour repeupler le bocage. Maintenant, c’est sillons de pelleteuses, carnage écologique, silence crispé. Images d’un gouvernement qui nourrit nos rages.

La politique-spectacle, au nom d’un soit-disant état de droit (les droits de qui ?) que l’on sait bien plus souvent dans l’illégalité que nous, a décidé d’anéantir toute tentative de prendre une autre direction qu’un monde qui va dans le mur.

Pas de méprise Jupiter, on sera toujours du côté des salamandres.

Dépassement

Publié le 2018-04-25 23:31:05
“Des maisons pour les copains qui viennent de loin !“
Gap, 21 avril 2018

“Des maisons pour les copains qui viennent de loin !“

Gap, 21 avril 2018

gap france 2018 dehors squat sans-papiers avril 2018

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Dépassement

Publié le 2018-04-25 23:31:08
“On casse à Paris, on reconstruit à la ZAD / Tout casser CAP désordre promotion 2018“
Paris, 19 avril 2018

“On casse à Paris, on reconstruit à la ZAD / Tout casser CAP désordre promotion 2018“

Paris, 19 avril 2018

paris france 2018 zad dehors avril 2018

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Dépassement

Publié le 2018-04-25 23:33:05
“I love réforme“
Paris, 22 mars 2018

“I love réforme“

Paris, 22 mars 2018

(Source: twitter.com, via larueourien)

paris france 2018 dehors mars 2018

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Rubicon: attaque de l’ambassade de france et du consulat de france

Publié le 2018-04-25 23:35:03

Rubicon: Attaque de l’ambassade de France et du consulat de France

Il est temps de réviser nos certitudes concernant la façon dont l’équilibre mondial est établi. Si la guerre froide et les deux grands blocs mondiaux sont, en termes de temps historique concentré, du récit «ancien», le monde unipolaire qui lui a succédé, celui de la domination du bloc euro-atlantique et de la mondialisation, est aussi de l’histoire ancienne.

Aujourd’hui, nombreux sont les joueurs assis à la table du pouvoir et chacun a de bonnes cartes dans sa manche. La France émerge, encore une fois, en une puissance impérialiste régionale qui veut et peut avoir une influence pratique dans la zone eurasienne. Avec le soutien de l’axe empoisonné franco-allemand au sein de l’UE et de l’OTAN, ainsi qu’avec des outils parfaitement organisés, la conscience d’un Etat profond, une diplomatie efficace aux perspectives globales et aux connections souterraines, une solide industrie de guerre et une bourgeoisie nationale agressive, le pouvoir français est déjà sur la voie de l’expansion impérialiste.

Récemment, l’État français a signé 18 milliards de dollars de contrats de vente d’armes avec l’Arabie saoudite (qui serviront à achever le Yémen ou aboutiront sur les fronts syriens). En échange de la collaboration des deux pôles impérialistes régionaux, il recevra une reconnaissance sur le plan des organisations internationales (par exemple, la France se fait l’ambassadeur des intérêts saoudiens à l’ONU et au Conseil de sécurité) ainsi que sur le plan géopolitique, comme on peut l’observer au Maghreb, au Liban et maintenant en Syrie.

La flotte française a participé au récent bombardement syrien alors que le déploiement des forces terrestres placées aux côtés des États-Unis sur le territoire syrien a presque été annoncé. Il y a quelques années, l’armée française bombardait la Libye et les forces du dictateur Kadhafi, qui avait financé illégalement le parti du premier ministre français. Des entreprises françaises exploitent les gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale et dans la ZEE chypriote. La France apporte son soutien à l’Etat grec dans la récente bagarre avec les Turcs et vend des frégates tout comme elle l’avait fait sous Karamanlis, où elle avait soutenu l’Etat grec dans son veto au sommet de l’OTAN à Bucarest, lui vendant par la suite des… frégates.

Du moins sur le plan des communications, l’impérialisme français a surpassé l’allemand et tente de se hisser au rang de deuxième puissance après les Etats-Unis dans une alliance euro-atlantique de plus en plus faible.

Qu’est-ce que cela signifie pour nous? Cela signifie qu’un autre monstre affamé s’est installé dans notre voisinage et qu’il aiguise ses dents. Cela signifie que le chaos s’étend et que la guerre se rapproche.

Cela signifie d’autres choses aussi.

Le nouveau rôle international renforcé et revendiqué par la puissance française se reflète dans l’intérieur du pays. Le banquier Macron, qui sémantiquement combine l’harmonie des intérêts entre l’État et le capital, se démène pour introduire des réformes libérales et menace l’essence même de l’État social français. Un aspect porteur de sens à échelle mondiale. Le grand secteur public paternaliste français, imposé par l’État comme le médiateur soit disant objectif de la lutte des classes, se transforme en un signal mondial de la nouvelle expansion libéral et antisocial. La répression brutale des foyers de lutte l’accompagne.

On voit la barbarie étatique s’étendre avec la militarisation de la répression sous prétexte du terrorisme islamique, on voit la violence étatique envers les réfugiés dans la jungle de Calais, on voit l’assaut massif de la ZAD, le matraquage d’ouvriers lors des manifestations…

Dans l’ensemble, le pouvoir français envoie un message d’intervention militaire, de militarisation, de réformes libérales et de répression.

De son côté, le monde de la lutte livre sa propre bataille. Les grandes grèves qui ont éclaté et dont leur succès, bien qu’hypothéqué par un syndicalisme systémique, sera décisif. La résistance de la ZAD continue. Le monde de la résistance reprend la rue.

Il n’y a pas une Grèce, une Turquie, et encore moins une France. Nous sommes du côté de la France qui lutte, des sans-culottes, des Communards, des révoltes anarchistes, du syndicalisme sauvage, de l’internationalisme, du refuge pour tous les persécutés du monde, de mai 68.

Nous nous opposons à la France coloniale, de la France d’Adolphe Thiers, des lois anti-anarchistes, à la France de Gaulle et de l’OAS, à la France qui bombardent la Syrie, réclamant sa part de domination mondiale.

A bas les projets de guerres impérialistes, vive la communauté des opprimés !

Solidarité aux ZAD et à tous les foyers de combat!

Victoire des grèves des travailleurs en France! 

Collectif Anarchiste Rubicon

Censure, repression et babillages politicards en direct de la zad de nddl

Publié le 2018-04-25 23:37:03

Petit aperçu du système répressif et autre manipulation interne aux habitant es/occupant-es

Au vu des dernières séquences d’enfumage massif sans lacrymo sur la zone, je trouve impératif de rappeler, souligner et informer  sur l’inexistence d’unité. Les divergences sont multiples mais ne sont pas acceptées par tout le monde et le débat est plus que censuré. Voici un aperçu incomplet des différentes situations de répression, censure et collaboration sur zone :

– Comment bien collaborer avec les flics et les administrations ? Les bleus sont épaulés par des habitants de la zone (c’est pas une rumeur , c’est une observation faite sur place à Lama et à la saulce à plusieurs reprises, pétain de merde:-( pour maintenir circulants les axes principaux de la zone: la D281 et la D 81, ce afin de ne pas froisser la saigneurie préfectorale qui trie en ce moment même le grain de l’ivraie au milieu de tous ces formulaires/copies de bon élèves. La libre circulation sur ces axes rendue possible par nos voisins « zadistes » favorise le passage des blindés qui défoncent en 2/2 toute entrave à la circulation/ ben au moins ça fait coup double: les copies des bon élèves seront sans doute mieux notées et les potes de l’Est expulsés en chient un peu plus pour tenter de se réinstaller. J’oubliais aussi, l’injonction faite par les aristosignatairesdeformulaire de rendre cette route praticable permet aussi aux pelleteuses, bennes et autres  de continuer de progresser vers les spots expulsés pour finir de ramasser tous les débris, ce qui rend la tâche de reconstruction plus complexe. Ca tombe bien, la bourgeoisie locale de « zadistes formularisés » veut voir partir les schlags, hippies et autres improductifs pue des pieds, plus ielles galèrent à reconstruire, plus vite ielles vont se fatiguer et se barrer.

Les expulsions je le rappelle ont commencé au printemps 2017, ou des habitants « zadistes », agri et autres larbins de l’acipa sont venus une journée complète avec tracteurs et remorques et ont détruit une bonne partie du quartier Est ou vivaient des occupant-es: ielles ont dégagé tellement de trucs ce jour là que les bagnoles pouvaient rouler à 100 km/h rendant ce quartier de vie insécure: le lendemain un toutou était de fait renversé par une bagnole. Le dégagement de la D281 en mars 2017 a été acté comme un préalable aux négociations….ouais il fallait faire un pas vers la préfecture, montrer sa bonne volonté…et en commençant à virer la population la plus hors contrôle, c’était un gage de soumission des larbins de l’intérieur au yeux de la saigneurie!!

– Autres procédés de censure: une personne a été aggressée par 6 OU 8 crevures de la zone, cagoulées, au petit matin, dans sa cabane parce qu’elle a commencé à arracher un bout de route bitumée sur la D281 toute propre toute neuve! Le mec se fait savatter, mettre dans un coffre, resavatter, puis un autre coffre puis déposer près d’un HP vers Blain! Ca s’est passé pendant les travaux menés sur la D281 au moment ou la zone Est était méga investie de flicaille chaque jour, d’engins de mise en conformité de la route, alors que la zone ouest était elle parfaitement à l’abri de la gentrification qui s’opèrait à l’est! Le pote agressé sorti de l’hôpital dans la soirée, se pointe à l’ag, des habitants aristocrasseux se font alors les défenseurs des violences qu’il a subi le matin même!!! y en a du collabo!

(dernièrement un « zadiste » signataire habitant près du carrefour de la saulce demandait en ag que la D81 soit balayée….on s’est dit qu’on allait surement passer l’aspirateur!!! ouais ouais :-)) lol

– Mais comment font-ils pour maintenir cette route circulante au vu des conséquences dramatiques que cela engendre ? Ielles surveillent en faisant régulièrement des rondes autour de ces carrefours non pas pour veiller sur les potes qui préparent des dispositifs de défense là ou ielles l’ont autorisé, mais pour réprimander et mettre fin à toute amorce de dispositif de défense qui viendrait égratigner les boulevards de leur ascension sociale…bien évidemment, ces actifs collabos qui ont passé les 10 jours d’expulsion à gratter de la paperasse, serrer des paluches, faire de la lèche…ont brillé par leur absence sur les réseaux de communication internes où on s’activait à donner les infos sur présence et attaques de flics, à envoyer du matos, donner des coups de main etc… C’est pas difficile de voir au milieu des infos et actions de terrain qui est sur le pont et qui a mis ses doigts dans son cul, ne se sentant pas menacé par le dispositif répressif puisque couvert d’un manteau juridique; (j’ai bien l’impression que ce manteau juridique devient une véritable cape d’invisibilité pour certain-es , quand il s’agit d’être ensemble pour affronter les keufs, mais c’est un détail de l’histoire, t’as qu’à voir ce qui est inscrit à l’entrée des fosses noires ou on te dit que si tu es cagoulé-e tu rentres pas chez elleux, même si les flics te courent au cul :-) lol

Alors que des potes sont en taule, d’autres en gav, d’autres en attente de procès, que plein de personnes ont été blessées, mutilées depuis le début des expulsions, que nous sommes déter chaque jour à reconstruire, pécho du matos, soigner, nourrir, et  empêcher les keufs d’avancer plus, une partie d’habitants en cours de légalisation nous fait la brillante démonstration de son mépris de classe tout en empêchant des expressions multiples dans les assemblées, précisons que celleux-là n’ont pas été expulsés et cherchent à tout crin par leur collaboration à ne pas l’être: c’est plus important de garder sa maison au risque de perdre ses idées d’émancipation,euh de quelle d’émancipation peut-il bien s’agir d’ailleurs?

– Comment ça marche la censure dans les assemblées ? Alors pour des yeux nouveaux, tout le monde est «  »zadiste », pour des yeux qui vivent dedans, nous savons qui engendre des démarches et porte activement la marchandisation de la zone puisque ce sont les mêmes qui brillent par leur autoritarisme depuis des années! Les ag sont verrouillées par des larbin-es qui à coup de facilitation rechercherait l’efficacité des discussions et je sais pas quoi, la facilicastration permet de laisser la parole à ses allié-es et d’évincer celleux qui amorcent des débats qui mettent en question les procédés autoritaires. Le plus souvent, les gen-tes se font censurer au motif que c’est pas de ça qu’on parle et je ne sais quelle autre couleuvre, c’est pas ça qui manque! C’est tellement caricatural, vas-y voir tu vas te régaler!!
Exemple de censure: en ag des abusages, la semaine dernière, les gen-tes causent de c’est super de faire ces formulaires pour pérenniser la zad, alors il y a une meuf qui dit que elle et ses potes ont découvert que leur squat a été mis en asso il y a 3 semaines et elle veut savoir c’est quoi ce sbeul? Direct, les facilicastratrices lui disent d’aller discuter ailleurs de ça!!! Ces mêmes occupant-es apprennent 2 jours plus tard que des formulaires ont été signés incluant des parcelles de cabanes et jardins  qu’ielles occupent, ce sans aucune info, consultation alors que ces occupant-es la ne veulent pas être légalisées….ielles ont donc été tout simplement spoliées! Et ça s’est passé sur plusieurs spots de la zone!!
A l’heure où j’écris ce texte, l’ensemble des occupants de la zone n’a pas de lisibilité sur la cartographie de ce qui est formularisé, les infos ne sont pas accessibles et seules les signataires et leurs collabos sont invitées aux prochaines réu de « ou ils en sont dans leurs paperasses et serrages de paluches ».

– Le processus de délégation intercomposante voué aux négociations n’a jamais été validé par les occupants de la zone tout simplement parce qu’une partie d’entre eux ne va pas dans les ag blabla ou la censure et le classisme, sexisme… fonctionnent depuis depuis depuis….une partie d’occupants ont d’autres pratiques d’organisation, non reconnues par les chasseurs de terre.

Comment se permettent-ils de poursuivre un processus de blabla avec la pref alors qu’une partie des occupants y est hostile et invisibilisée????

(dernièrement, une carte de la zad est rééditée par des acteurs de l’aristocrasse, les habitats de la zone Est qui viennent d’être détruits ne figurent même plus sur leurs cartes!!) lol

– Des processus d’intimidation perpétuellement renouvellés: il y des potes qui ont copieusement interpellé des aristocrasseux qui passaient à la saulce lundi en leur demandant combien ils avaient vendu la zone à l’état et pourquoi les formulaires ont été déposés en pref alors qu’il y avait un engagement que si des gen-tes refusaient d’être légalisé-es aucun formulaire ne serait déposé…oups, zont oublié cette clause anecdotique!
Réponse: »On sait où tu habites » et on t’agresse physiquement dès fois que ça te ferait fermer ta gueule.
Après cette altercation entre des signataires et des occupant-es non légalisables, une rumeur circule que des gentils légalistes zadistes auraient été attaqués à la barre de fer? Illico des larbins s’organisent à l’ouest pour régler cette affaire au plus vite en mode milice, comme d’hab… ils ont été réfrénés par leurs hiérarques, stratégie oblige, pour l’instant.

– Lundi soir, il est question defaire une réu à la gréé pour causer entre anti-autoritaires de la situation et s’organiser, 2 larbins du CMDO (groupe de pression constitué de citoyennistes, révolutionnaires dans un verre d’eau, appellos, fafs, larbins…) se pointent et cherchent qui fait quoi, des potes les ont observés tout le temps de leur présence sur ce lieu qu’ils ne fréquentent pas ordinairement car occupé de schlags, et on se mélange pas: ils sont venus, ont checké et se sont barrés, ils ne venaient pour rien d’autre!

 Les légalisateurs ont gros à perdre: l’accès à la terre/ pour elleux cette opportunité d’accumulation doit se faire à tout prix: intox par le site zadnadir, instrumentalisation des comités et soutiens,répression, blessures et mutilations, injonctions paradoxales, surveillances des autres occupants, il s’agit de maitriser la situation pour ne pas perdre au grand jeu concours des premiers de la classe!

-Sais-tu toi qui me lis que des habitants de Dallaszad tiennent une liste de celleux qu’il faut expulser et/ou faire taire d’une manière ou d’une autre ? Les récalcitrants à l’ordre des collabos aristocrasseux de l’intérieur sont tagués et menacés! Des potes figurent sur cette liste qui n’est en rien une rumeur: des contacts proches de la frange légaliste locale ont assisté à des discussions sur comment se débarrasser de une-telle ou untel.
Il s’agit de définir comment s’en occuper ? Chercher des embrouilles en cherchant ce qui pourrait nuire à la réputation de la personne, et si il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent, alors menace, intimidation et si la personne ne part pas alors agression physique à plusieurs, c’est vrai savatter qq’un-e à 8, c’est plus sexy que tout-e seul-e!!! Et puis bien sûr, il s’agit de détruire ce qu’a cette personne: véhicule, cabane et fouiller ses affaires au cas où il serait possible de découvrir des info à utiliser pour lui nuire !
Bienvenu-es à DALLASZAZ, son univers impitoyable !

-et bien évidemment , la censure de zadnadir qui opère depuis, depuis, depuis…. à la dernière réu des zab, des gen-tes mentionnaient l’éviction de textes dissidents/ le duché local répondait alors que fichtre, mince, c’est toujours le même qui fait ça et personne d’autre, on le jure c’est pas nous….c’est pratique de désigner un pote décrit particulièrement mégalo ça fait diversion!mais juré ça se reproduira pas, ça fait plus de 2 ans que le site et le groupe presse sont noyautés par des appelos et larbins…dans la série foutage de gueule….circulez!

 Pour finir en beauté sur les discours truqués des collabos, je vous invite à lire la prose qu’ielles ont encore diffusé sur zadnadir ce mercredi 25 avril avec un appel à mobilisation et reconstruction. ielles ont la trouille que l’état prenne pas en compte les formulaires et que du coup, ielles parviennent pas à obtenir leur lopin de terre alors qu’ielles ont selon leurs termes « posé un geste d’apaisement », font tout pour être gentil et papa les gratifie pas, merde alors! tu déconnes papa macron!!!
 faut donc remobiliser parce-que ielles se sentent pas encore assez safe après leurs paluchages avec la pref qui n’apporte pas toutes les garanties nécessaires à la captation des terres et au maintien dans leurs lieux de vie. ielles parlent même de reconstruire des habitats et cultiver, ce, au futur , parce que en fait quand t’as les pieds dans la moquette, tu vois pas ce qui se passe dans la vraie vie, au présent: depuis le début des expulsions, tous les jours, des dynamiques de reconstructions sont actives!!avis aux moquettocrates de la zad, mais je jurerais qu’ielles parlent de la reconstruction de leurs lieux perso, ielles auront besoin de petit personnel ;-), celui qu’on recrute au nom de la zad.
IL est flagrant pour qui connait la zone et ses occupant-es que les potes de l’est ne sont soutenu-es que par une portion des occupants de l’ouest. les autres ont mieux à faire avec leur glorieux objectif politique: on est trop fort d’avoir fait abandonner un aéroport, maintenant on veut des terres gratis et négociées et l’instrumentalisation du « mouvement », « des soutiens » pourrait bien leur permettre de s’embourgeoiser un peu plus si tu ne sais pas ce que tu viens défendre sur la zone!!.
Les politicards locaux ont déjà brisé des solidarités et revendiquent un projet d’une zad qui soulève de l’espoir?? l’espoir que les formulaires obtiennent des bonnes notes assurément et qu’ils puissent poursuivre leur gentrification vers le boboland de leurs rêves.

Si tu viens sur zone et que tu sais pas qui est qui, ben renseigne toi: est-ce que tu viens défendre la mise sous statut des parcelles ou est-ce que tu viens défendre une zone qui a été hors contrôle de flics d’état pendant 5 ans???est ce que tu viens défendre des groupes politicards classistes, validistes, sexistes, racistes… qui ont eu de cesse d’utiliser leurs privilèges et continuent d’en abuser pour avilir d’autres ou est-ce que tu viens pour contribuer à réoccuper l’est de la zone et soutenir des modes d’organisation incontrôlables et horizontaux…..

une des nombreu-ses occupant-es incontrôlables 

Un petit récit du carnaval à Gap

Publié le 2018-04-26 07:25:03

Nous fûmes aux alentours de 300 à nous retrouver samedi 21 pour un carnaval contre la frontière, mais pas que !

Des chars, des déguisements, des artifices, des confettis, de la musique, des chansons et plein de couleurs!

Le trajet est passé par la gare, car les transports sont une frontière, un lieu de contrôle où qui n’a pas de tickets, d’argent ou les bons papiers, est débarqué, mis à l’amende, ou dénoncé à la flicaille!

Heureusement que quelques cheminot-e-s ferment parfois les yeux quand des personnes solidaires se manifestent, mais il serait bon, en ces temps de luttes d’entendre un positionnement clair de la part des cheminot-e-s sur la collaboration de la SNCF à l’expulsion et à l’enfermement des exilé-e-s. À bon entendeur !

Le carnaval a ensuite continué son bout de chemin, vers le centre-ville, passant non loin de l’hôtel Le Globe, qui se fait beaucoup de frics légalement, bien-sûr, sur l’hébergement de personnes en exil, bien plus que la plupart des-dits « passeurs » qui eux, prolétaires de la frontière prennent de la prison ferme pour une poignée de dollars !

La cortège bariolé continua ensuite vers « la paroisse » à côté du dépôt de bus, lieu qui servit d’hébergement quelques temps.

 

Le monstrueux défilé avança jusqu’à la prison et là, horreur ! Un maton sauta sur nos monstres carnavalesques qui écrivaient de courtes phrases en couleurs sur les murs de la cour de promenade.

Ce pauvre héro fut repoussé comme il se doit et se retrouva avec de la peinture sur le front, sûrement une oie sauvage qui passait par là et qui pondit un œuf. Quelques condés aux alentours sortir de leur automobile gazeuse à la main, mais n’osèrent pas trop s’aventurer parmi les gueuses et les gueux en folies !

Puis, nous nous arrêtâmes un moment devant l’APASE où une déclamation eut lieu afin de dénoncer les honteuses manières du 115, de rappeler qu’une visite de courtoisie avait déjà eu lieu, et qu’à moment donné, la prochaine sera un peu plus vinaigre ! Leur évidente collaboration avec la Préfecture sous couvert d’humanitaire n’a que trop durer mes ami-e-s ! Comme dirait Deligny : « éducateurs, qui êtes-vous? », des flics ? Des collabos ? Ou alors quoi ?

On continua, un peu vers l’hôpital d’où l’on pouvait voir la Maison Cézanne occupée depuis deux ans et expulsable cet été (cette information est de la plus haute importance !).

Puis la bruyante nuée passa à côté de la préfecture avant de faire le procès carnavalesque sur la place coincée entre le conseil général, la préfecture, la cathédral et le tribunal. Il ne manque qu’un trou noir, pour aspirer tout ça ! Que se désintègre leur pouvoir !

 

Alors on a essayé !

Tout d’abord, une banderole c’est déroulée comme par magie sur la pref’ « PAF LA PREF! » était inscrit dessus. À quel jolie pied de nez ! Puis, le procès de la Justice a eu lieu, avec témoignages, avocat-e-s, speakerine et greffier, avant de foutre le feu à tout ça ! Un bien beau feu de l’enfer, sur leur place proprette !

Pendant ce temps là, des enfants sauvages redécoraient l’entrée du conseil général !

Un fantastique carnaval printanier qui n’épargna pas les banques et les agences immobilières de ses couleurs et de sa prose en chemin, les murs trop pâles ne furent pas non plus épargnés !

Vive la fête véritable ! Les postes frontières en feu, la justice, la police et les fachos au milieu !

 

L’aventure continue avec rage et joie !

Bientôt, nous espérons pouvoir publier des nouvelles de Briançon/Col de l’Echelle/Montgenèvre et des ami-e-s là-bas. Comme toujours, les politiciens font de la politique (et du fric !) et font croire que c’est celles et ceux qui sont à coeur, esprit et corps ouverts dans la solidarité qui en font, les fascistes répandent leur merde stérile et mortifère, l’État leur obéi en envoyant plus de flics et de militaires.

Les frontières ce n’est pas une idée, un discours à l’assemblée, dans un conseil municipal, en se dissociant du haut de son bureau, nous nous ne faisons pas de politique, nous l’honnissons car les frontières c’est à notre vie qu’elles nuisent !

 

 

 

Nantes : Des pelleteuses qui s’enflamment

Publié le 2018-04-26 09:52:02

Indymedia Nantes / lundi 16 avril 2018

Dans la nuit de dimanche à lundi, deux pelleteuses ont essayé de mettre fin à leurs jours, voici leur communiqué :

– dégoutées de servir les projets de la métropole nantaise, de servir sa vitrine pour attirer les entrepreneurs et les jeunes actifs en dégageant les pauvres et les inadapté.e.s de ce monde pourri.
– en rage que quasiment toutes les cabanes dans la zone est de la zad aient été détruites,
– en soutien aux personnes qui là-bas résistent sans compromis à l’état et à l’autorité sous toutes ses formes.

On a décidé de s’enfiler une plaquette d’allume-feux accompagné d’une bouteille de liquide hautement inflammable. Ça nous a fait des dommages sûrement irréversibles, la prochaine fois on doublera la dose pour être sûres de pas être récupérables. On aura besoin de complices pour ça !!

Des pelleteuses qui s’enflamment

Les Lilas (Seine-Saint-Denis) : Solidarité avec la ZAD depuis le 9-3

Publié le 2018-04-26 09:52:03

reçu par mail / dimanche 15 avril 2018

L’arrogance du pouvoir qui attaque la ZAD nous fout la rage. On en a assez aussi des protestation symboliques.
Du coup la nuit du 12 au 13 avril on a incendié une voiture avec la plaque d’un corps diplomatique étranger, rue de la Paix (à côté du commissariat, hi hi hi) aux Lilas.

Nous sommes solidaires de celles et ceux qui se battent sur la ZAD, du moins de ceux qui n’essayent pas d’y poser les bases d’un autre pouvoir peut-être « imaginaire » mais pas moins haïssable.

Une pensée aussi pour Krème, pour les deux personnes en taule suite à l’expulsion de Bure, pour la personne arrêtée à Limoges et les deux d’Ambert.
Solidarité avec les anarchistes sous procès en Italie pour l’opération Scripta manent.

Liberté pour toutes et tous. Vive l’anarchie !

La piste allemande

[in italiano] [in english]

Nantes : gentrification culturelle : quais de loire, les expulsions qui viennent

Publié le 2018-04-26 09:55:02

Un huissier et des policiers ont soumis un ultimatum, fixé à dimanche soir, pour quitter les lieux, pour abdiquer devant les projets bobo-socialos

Sur le quai sur les bords de Loire, près de la carrière Miséry, à Nantes, des sans droit, ni titre, des gueux et des gueuses que le pouvoir municipal veut chasser pour sa belle communication culturelle, prélude à la gentrification de Nantes quartier Chantenay… Quelle belle histoire de merde.

 

Une Zad dans Nantes ?

 

Cachez cette misère que les riches ne sauraient voir…

 

Faut qu’ça saigne

Publié le 2018-04-26 20:43:02

J’étais à Rennes le samedi passé. Il y avait d’organisé un apéro-zad, par des camaradess. Des gens que j’aime et d’autres que j’aime pas y étaient. Ils se sont fait embêter par la police, mais rien de bien méchant. Parmi elleux, quelques uns boitaient, des blessé-es des armes de la police qui défendent à leur corps mutilés la zad.

Ça m’a fait réfléchir. Je travaille dans un abattoir de cochon, quelque part en Bretagne, où pas mal de mes collègues boitent aussi. Ils boitent à cause du travail, mes collègues, ils boitent à cause des armes de la police, mes camarades. Mes collègues ils rateraient le boulot pour rien au monde, à cause du salaire, certes, mais surtout, pour l’image qu’ils ont d’eux-mêmes, à cause du qu’en-dira-t-on. On les mutile tous les jours au travail mes collègues, on les distingue à peine des 4.000 cochons qu’on bute tous les jours entre les mur de ma boite. Ils rateraient la lutte pour rien au monde mes camarades, à cause de rien d’autres qu’illes savent que leur combat est juste. Illes s’en foutent du qu’en dira-t-on mes camarades, illes ont des rêves, des idées, des révoltes. Illes s’en foutent de perdre ou gagner mes camarades, en fait, illes ont déjà gagner, la liberté de de se battre. « Fat qu’ça saigne ! », vous connaissez la chanson ? C’est Boris Vian, à l’abattoir comme à la guerre.

Depuis quelque temps moi aussi, je boite. Je marche 32 km par jour selon ma chef, et je le fais pour le salaire déclaré, légal, pour des juges, j’ai pas le choix en ce moment. Je suis en marche, de force, et je boite. Je suis allé au docteur mardi, parce que je pouvais même plus marcher à cause de ma boiterie. Il voulait m’arrêter dix jours avec repos obligatoire, j’ai dit non, dix jours je peux pas, trois maximum. Après j’ai eu ma chef au téléphone, elle avait personne pour me remplacer le jeudi, alors je suis retourné au toubib pour qu’il enlève un jour de ma feuille d’arrêt, il avait jamais vu ça en trente ans de carrière, il m’a félicité : « ça c’est un mec courageux ! » qu’il a dit le docteur. Je suis retourné au travail, bourré d’anti-inflammatoires, avec une genouillère, et des crèmes pour le genou. Tous les chefs m’ont félicité, mes collègues aussi.

Je rentre chez moi le soir et je lis Zad nadir, indy et paris luttes, et j’ai un peu honte, mais je dis merci aux courageux-ses qui vont pas à l’abattoir.

Appel à rassemblement en soutien aux procès du 23 mai à Bar-le-Duc / Call for a gathering to support the trials of May 23rd in Bar-le-Duc

Publié le 2018-04-27 07:26:04
  • Rendez-vous le 26 juin pour les délibérés

    Les procès se sont enchainés pendant plusieurs heures, avec une importante présence de flics devant et dans le tribunal.
    Les avocat·e·s ont soulevé des raisons de nullité dans chaque dossier, mais des peines de 3 et 4 mois de prison avec sursis et des interdictions de territoire ont été requises par le procureur !
    Délibérés le 26 juin.

  • Petit teaser de la Grande Foire du 23 mai

    Le petit teaser du jour : un aperçu d’une des attractions les plus terrifiantes : la galerie des glaces !
    The teaser of today : a preview of one of the most terrifying attraction : the Hall of Mirrors !


Oyez oyez braves gentes,

Activistes de tout poil et de toutes les contrées,

Paysan.ne.s militant.e.s et militant.e.s paysan.ne.s,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la grande foire s’installera le 23 mai à Bar-le-Duc.

Avec nos fabuleux numéros et curiosités, nos incroyables jeux et ateliers, nous nous plierons en quatre pour vous divertir ! Participez à l’élaboration du programme en proposant votre atelier ou votre animation ou en ramenant votre instrument de musique. De la dégustation de succulentes galettes, aux divertissements musicaux en passant par le stand déjanté de molkeuf, vous serez ébloui.e.s, époustouflé.e.s, impressionné.e.s, émerveillé.e.s…

Sans oublier le spectacle loufoque du cabinet des curiosités du tribunal que vous ne saurez rejoindre qu’en traversant avec succès la terrifiante galerie des glaces.

Âmes sensibles, s’abstenir ! Retrouvez-nous plutôt sur notre stand de confection de sushis, végans bien sûr.

P.S. : L’abus d’actions militantes est mauvais pour le contrôle de l’État, révoltez vous sans modération. Ceci n’est pas un message du ministère de l’intérieur.

Pour proposez votre atelier/ animation, vous pouvez nous écrire à lagrandefoire@riseup.net ou débarquer carrément avec sur place.

[English]

During the 2 trials of 6 accused each, 11 owls will face the judge on May 23rd, starting at 2pm at Bar-le-Duc’s tribunal.

Hear ye, hear ye, all ye who pass by,

Activists of all kinds and from all lands,

Peasant militant and militant peasant,

We are pleased to annonce that the big fair will settle down on May 23rd in Bar-le-Duc.

With our fabulous perfomances and curiosities, our incredible games and workshop, we will bend over backwards to amuse you ! Be part of the show, proposing your own workshop or animation or coming with your music instrument. You will enjoy the taste of the delicious crepes and the musical amusements, as well as the molkeuf crazy stand ! You will be , impressed, amazed, blinded, mind-blowed…

We shall not forget the goofy show of the trial’s cabinet of the curiosities.To achieve this, you need first to cross sucessfully the terrifying Hall of Mirrors.

Sensitive people, be careful ! You might prefer joining our homemaking vegan sushi stand.

P.S : Exessive militant actions are bad for State control, revolt without reserve. This is not a message from the Ministry of Interior.

To propose a workshop/animation, you can write to lagrandefoire@riseup.net or even come directly with it.

Paru sur vmc.camp

Montpellier, France : Le coût de l’émeute du 14 avril …

Publié le 2018-04-27 07:32:03

On en sait un peu plus sur les dégâts causés lors de la manif émeutière du 14 avril dernier à Montpellier: pour rappel, de nombreuses vitrines de banques, d’agences immobilières (etc) sur le Jeu-de-Paume ou dans l’Ecusson, ont été brisées à coups de marteau, des poubelles incendiées avec des préservatifs remplis d’essence…

Sans prendre en compte le coût des destructions de magasins et des multiples agences du capital, la ville de Montpellier (divers gauche) estime les dégâts occasionnés ce samedi-là à environ 400.000 euros. « Cela concerne les dégradations survenues sur le mobilier urbain, les poubelles, les tags ou les pavés qui ont été enlevés sous le tramway », d’après Christian Fina, le directeur général des services de la ville et de la métropole. Des bâtiments classés historiques de la commune ont également été couverts de peinture, ce qui pourrait faire grimper encore un peu plus la facture de ce samedi noir pour le capital.

Plus d’une semaine après, les tags étaient toujours visibles dans le centre-ville: le maire Philippe Saurel a déclaré à la presse que c’était « volontaire »:  Je voulais que les gens se rendent compte de ce qu’il y avait écrit, de qui a écrit ces inscriptions, note l’élu, qui a déposé plainte. Et ce ne sont pas des tags issus de l’extrême-droite. Nous demanderons des comptes à ceux qui ont dégradé la ville de cette façon. »

Nice, France : Evasions à l’ancienne du centre de rétention

Publié le 2018-04-27 07:32:04

Selon une vieille pratique de préfecture, on apprend une jolie histoire qu’avec retard et parce que des gens ont été chopés. Il n’empêche, lundi 23 avril un journal local (Var Matin) nous apprend que 5 sans-papiers sont parvenus à s’évader du centre le rétention de Nice le 19 mars dernier.

Ils ont défoncé le plafond des toilettes puis, une fois sur le toit du bâtiment, sont redescendus à l’aide d’une corde avant d’escalader le grillage d’enceinte.

L’un d’eux, qui avait déjà refusé d’embarquer dans un avion pour l’Algérie, passait en procès : empruntant ce nouveau chemin vers l’air frais trois minutes après les quatre premiers, il est malheureusement tombé sur une patrouille de police juste après le grillage (il a pris 2 mois ferme ce lundi 23 avril). Les quatre autres, eux, sont toujours dans
la nature et n’ont pas été rattrapés.

ZAD de NDDL : Une personne de plus envoyée en taule – 25 avril [+ Un point sur les conséquences du processus de légalisation en cours]

Publié le 2018-04-27 07:32:05

[Les lourdes peines continuent de tomber sur les zadistes. On apprend que mercredi 25 avril, le tribunal de Saint-Nazaire a condamné une personne solidaire d’origine belge a 4 mois de prison ferme avec mandat de dépôt (dont deux avec sursis). Les faits qui lui sont reprochés sont : « possession de 7 paquets de pétards et un couteau-marteau multi-lames ». Venu sur la ZAD en auto-stop depuis Bruxelles, il a été interpellé par les gendarmes mardi 17 avril alors qu’il traversait un champ près d’une zone d’affrontement. D’autres lourdes condamnations sont tombées dans ce contexte d’affrontements sur la ZAD.

Ci-dessous, quelques infos au sujet de la composition du CMDO avec les citoyennistes sur la ZAD et le processus de légalisation des terres. Ou comment de « Camille » on est passé à des « producteurs du bio » et autres capitalistes alternatifs.]

Quelques éléments chiffrés pour mieux comprendre la composition du CMDO avec les citoyennistes et les conséquences de leur partage légaliste des terres :

* sur les 1650 hectares de la ZAD, 600 hectares étaient déjà sous un statut de COP (convention occupation précaire), signée par des paysans installés en dehors de la zone – une trentaine d’exploitants expropriés qui ont demandé à récupérer leurs terres et devront rembourser les indemnités compensatoires reçues à l’époque. Il y avait donc déjà des COP (sur près de 35% de la ZAD), sans que ça ne dérange trop de monde et ne soit farouchement contesté.

* Hier mardi 24 avril, quatre exploitants laitiers (Hervé Bézier, Joël Bizeul, Sylvie Thébault, Sylvain Fresneau pour le Gaec des pommiers) qui avaient refusé de quitter la zone et toute indemnisation, viennent à leur tour de signer avec la préfète devant les caméras une COP jusqu’à décembre 2018 avec l’Etat, portant sur 300 hectares. Ils deviennent donc locataires de l’Etat, et pourront par la suite redevenir propriétaires de leur ferme et du bâti, comme avant.

Ceux-là sont les alliés du CMDO, à travers l’ACIPA et la Conf, et pour ces parcelles-là, l’idée de propriété collective comme au Larzac a bien vite disparu. Ca ne dérange pas le CMDO que 4 personnes aient réclamé et obtenu à elles seules plus de surface que leurs 41 projets réunis, puisque ce sont des amis !

* tout le forcing légaliste du CMDO consiste donc à tenter de s’approprier les 270 ha qui restaient hors COP en trahissant la lutte…, qui plus est en légitimant à travers leur acceptation de ce processus que la plus grande partie des terres de la ZAD aille à d’autres locataires, les tous très légitimes éleveurs/cultivateurs pour l’agro-industrie (600 ha à d’ex signataires avec Vinci, et 300 ha aux quatre éleveurs alliés). Là où l’occupation concernait potentiellement toute la ZAD en fonction de critères liés à la lutte elle-même et pas à la loi, le partage légal des terres accepté et négocié avec l’Etat donnera entre 18% de la ZAD aux proches de l’ACIPA et potentiellement 16% pour les autoritaires. Tout ça pour ça. Dans un vieux bouquin, ils parlaient déjà de se vendre pour un plat de lentilles, mais gageons qu’en récoltant du fric de la solidarité, ils pourront tout de même péniblement agrandir leur parcelles en réussissant à louer des bouts à d’autres.

Cela signifie en tout cas, que non seulement l’Etat peut continuer à expulser les squatters au nom de la propriété ou des nouveaux droits locatifs d’autrui (ceux des paysans et éleveurs), mais que cela pourra aussi être le cas demain lorsqu’il aura fait le tri dans les 41 projets (28 agricoles, 8 artisanaux, 7 culturels et 3 de distribution) de zadistes couvrant le reste. A moins que les futurs signataires de ces ultimes COP ne fassent eux-même le ménage pour le compte de Etat, vu que sinon ce dernier pourrait résilier leurs conventions pour non conformité à l’usage signé… Enfin, n’oublions pas que l’Etat actuellement propriétaire des hectares de la Zad, n’a pas vocation à le rester, et que le futur proprio (comme le Département qui les réclame) pourra tout à loisir modifier ou ne pas renouveler ces baux ! Ou comment passer d’histoires de lutte et de vie, à de sordides marécages de lois et de conflits entre petits proprios ou entre néo-locataires légalisés et squatters qui refusent de quitter leur terrain…

Enfin, c’est fou le nombre de gens qui tout à coup ne s’appellent plus « Camille », comme ce Willem Doedens, 30 ans, « squattant actuellement 36 hectares de terres, [et qui] espère à terme pouvoir disposer du double » pour sa laiterie bio, « un des tous premiers zadistes à avoir adhéré à la mutuelle sociale agricole (MSA), dès janvier 2016 » (contrairement aux mensonges de Lundi Matin). Ce gentil William-de-la-ZAD ne râle pas que contre les gendarmes qui l’empêchent de travailler, mais aussi contre d’autres méchants : « On a dû jeter 750 litres de lait dans les foins et j’espère que dans les jours à venir, on n’aura pas à nouveau des barricades sur les routes ».

Aisne, France : Sabotage de train de marchandises en pleine voie – 24 avril

Publié le 2018-04-27 07:33:03

Un sabotage s’est produit vers 5h30 entre Tergnier et Chauny (Aisne) contre un train de fret, interrompant les trains sur la ligne Compiègne – Saint-Quentin.

Ce sont d’abord des pétards de voie qui ont contraint le train à s’arrêter, puis des inconnus sont intervenus et ont saboté les systèmes de freinage en coupant les raccordements de la conduite générale de freins à 7 endroits, immobilisant le convoi sur les voies… Onze trains ont été impactés par la suite, dont deux trains de voyageurs à destination de Paris Nord, qui ont enregistré deux heures de retard. Ce sabotage intervient au 10ème jour de grève à la SNCF.

[Reformulé du Pourisien.fr, mardi 24 avril 2018]

Teillé, France : Incendie chez un autre collabo des expulsions sur la ZAD

Publié le 2018-04-27 07:33:05

Alors qu’un sabotage solidaire avec la ZAD était réalisé dans la nuit de dimanche à lundi à Saint-Herblain, provoquant plus de 400 000 euros de dommages contre le garage louis XVI (3 camions et un 4×4 dépanneuse calcinés)… on apprend ce mardi 24 avril qu’une autre entreprise (dont la presse tait le nom) ayant collaboré aux expulsions sur la ZAD a perdu du matos ce week-end dans la région.

Cela s’est passé dans l’après-midi du samedi 21 avril à la carrière de Teillé (Ancenis), où deux gros engins de chantier ont cramé. Il y en aurait pour 500 000 euros de dégâts. Le journal local relève que « les deux engins appartenaient à une société qui a participé à des travaux de réfection sur la RD 281, ex-route des Chicanes à Notre-Dame-des-Landes. » Pour les enquêteurs, l’origine intentionnel ne semble guère faire de doute. Si ce second sabotage n’a pas été revendiqué, et que le lien avec la la ZAD reste une hypothèse gendarmesque, en tout cas on peut au moins remarquer que le hasard, parfois, fait bien les choses.

A Note on Recent FBI Visits in Seattle

Publié le 2018-04-28 07:52:02

Submitted Anonymously

This morning, Friday April 27th, FBI agents visited at least three houses in Seattle and left business cards with the names of individuals they wanted to talk to written on the back. At one house the agents picked packages up on the porch and pretended to be delivery people in order to confirm the identities of those living there. When it became clear they were not delivery people the door was quickly slammed in their faces.

These visits have become a yearly ritual. In the week before May Day, the feds do the rounds to make sure that everyone knows they are watching. We should see this for what it is – an intimidation tactic and part of a strategy of repression designed to scare people out of organizing. It is important to take visits like this seriously, but their predictability also makes it fairly clear that they are mostly intended to make people feel afraid.

We are sharing this information here because we believe that communicating about repression is essential to keeping each other safe and to ensuring that it does not achieve it’s desired end – leaving communities feeling isolated and afraid. A similar report written last year in the days leading up to the 1st provided some helpful advice:

“Remember that the FBI already knows that they have talked to you – telling your comrades about what happened is the safest thing to do. Also know that often when the FBI flex and try to intimidate someone, it’s not necessarily because they have dirt on you; they are hoping to scare you into admitting something they don’t yet know. Don’t let the Feds or any other pigs intimidate you out of fighting back. Make good decisions, read up on security culture (read here or listen here ) and tech security precautions (here and here ) Remember that the communities that are safest from repression are the ones in which people communicate, support and treat each other well. Don’t talk to the police ever!”

Here are more resources for resisting repression:

A note from the PSA editors: feel free to submit updates to this article or other experiences with state harassment here

 

 

Entre le contrôle des frontières et la répression…

Publié le 2018-04-28 14:20:02

Texte d’analyse sur la répression des migrants et des personnes solidaire. Article repris depuis  Cévennes sans frontières.

Le récent amendement adopté par l’assemblée nationale concernant l’aide à la circulation ou au séjour irrégulier d’un étranger a été présenté par le gouvernement comme un assouplissement et une clarification de ce qui est communément désigné par « délit de solidarité ». Tout en détournant quelque peu l’attention du reste du contenu régressif du projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », et en s’appuyant sur l’incarcération de plusieurs militants dans les Hautes Alpes, le gouvernement entend affirmer sa main mise sur le contrôle de ses frontières et la répression de ses opposants.

Le délit de solidarité ou comment faire taire toute contestation

Dans une déclaration récente, le ministre de l’Intérieur a exposé sa volonté de définir « plus strictement » les critères d’exemptions prévus à l’article 622-4 du Ceseda1 permettant de ne pas donner lieu à des poursuites pénales aux personnes venant en aide aux étrangers en situation irrégulière. Parmi ceux-ci, la modification principale porte sur l’ajout de la notion d’aide à la circulation. Dans la pratique, de nombreux cas de personnes étaient poursuivies pour avoir aidé des exilés en les transportant d’un point à un autre du territoire.

Mais si le gouvernement déclare que les personnes « qui accordent des secours occasionnels » ne seront plus poursuivies, il prévoit également que la distinction avec « toutes celles qui voudraient détourner la volonté de l’État de contrôler les frontières » soit davantage prise en compte. Ainsi, l’exposé des motifs présentant l’amendement, sur lequel un juge pourra se référer lors d’un procès en cas de doute sur la volonté du législateur, affirme clairement cette distinction : « ces actes ne peuvent être mis sur le même plan que ceux visant à faciliter l’entrée irrégulière sur le territoire : l’État a le droit et la responsabilité de contrôler ses frontières, et ne peut tolérer le contournement de ces contrôles, contournement bien souvent motivé par une volonté politique, celle de faire échec à l’action de l’État, plutôt que par le souhait de venir au secours de situations de détresse. »

Une ligne aux contours aussi flous qu’arbitraires, est donc dressée entre les personnes apportant un soutien désintéressé et sans contrepartie, et celles dont la volonté dépasserait les strictes considérations humanitaires. Elle vient d’ailleurs confirmer les récents jugements2 de la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui estime que « n’entrent pas dans les exemptions prévues par la loi les actions militantes qui s’inscrivent moins dans la réponse à une situation de détresse que dans une contestation globale de la loi, contestation qui constitue en elle-même une contrepartie. » La justice décidera donc du caractère politique apporté à l’aide, et le cas échéant, pourra sanctionner les contrevenants.

Ainsi, l’aide consistant à donner des cours de français, proposer un hébergement, fournir des soins médicaux, ou toute forme de soutien destinée à suppléer aux carences de l’état, est donc exonérée de poursuites. Par contre, les solidarités qui remettent en cause le bien fondé du système des contrôles migratoires et affirment le caractère politique des actions entreprises tombent, elles, sous le joug de la répression. En toute logique sécuritaire, il demeure possible d’accompagner la misère engendrée, mais pas de la contester ou de la combattre.

Le délit de solidarité ou l’arbre qui cache la forêt

Les nombreuses actions de soutien mises en place dans le Calaisis, dans la vallée de la Roya ou dans le Briançonnais, et les poursuites judiciaires engagées contre des aidants ont rencontré de larges échos partout sur le territoire. Le caractère inhumain et les difficultés rencontrées par les exilés pour franchir les obstacles qui obstruent leur route font l’objet d’une critique assez unanime, tout du moins parmi les personnes non-hostiles à l’immigration. Accueillir, donner un coup de main ou faire passer un col montagnard à des personnes dans le besoin est pleinement légitime, tout comme assurer une défense collective face à la menace judiciaire qui pèse sur les personnes solidaires. Toutefois, les intimidations grossières portées par les gouvernements européens ne doivent pas ni nous faire perdre de vue le caractère fondamentalement répressif des frontières, ni le fait que les exilés sont les premières personnes à en payer les frais.

Très largement, la répression est le quotidien de toutes les personnes bloquées par le système de contrôle des frontières, et elle s’exerce sous diverses formes : refoulements illégaux, violences policières, enfermements, humiliations et harcèlements, complicité avec les milices fascistes, assimilation de la migration à des réseaux mafieux ou à la menace terroriste… De nombreux exemples attestent que ces cas ne sont ni isolés, ni le fait du hasard. Le 6 février 2014, plus de 15 exilés tentant de pénétrer à la nage dans l’enclave espagnole de Ceuta ont été attaquées par la garde civile et ont perdu la vie, noyés dans les eaux de la méditerranée. Le 16 septembre 2015, Ahmed H. piégé comme de nombreux réfugiés à la frontière serbo-hongroise lors de la fermeture de la route des Balkans fut a été arrêté puis condamné à 10 ans de réclusion pour avoir soi-disant mis en péril la sécurité de l’état hongrois. Le 18 juillet 2017, suite à une protestation pacifique contre les conditions de vie dans le camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, 35 exilés furent arrêtés arbitrairement et demeurent à ce jour emprisonnés, leurs procès se déroulant actuellement. La récente incarcération de trois personnes et le passage à tabac d’un militant par les forces de l’ordre, suite à une manifestation où plusieurs centaines de personnes solidaires et exilées ont franchi côte à côte la frontière franco-italienne dans le Briançonnais, montre clairement que toute opposition de nature à remettre en cause les entraves à la liberté de circulation sera réprimée.

N’oublions pas que la frontière est un instrument créé artificiellement pour renforcer le pouvoir des états, et un obstacle à la reconnaissance à un droit aujourd’hui fondamental : celui du droit à la mobilité. Se soustraire à ce constat, tant en paroles qu’en actes, ne peut conduire que vers une critique apolitique des réels enjeux qui se posent, ne questionnant ni les fondements sur lesquels se basent la fermeture des frontières, ni leurs objectifs. Les frontières sont l’un des piliers de la construction et du développement de l’Union européenne et de ses états membres. S’attaquer à leur bien fondé, et par conséquent à l’ordre et au contrôle desquels elles ne peuvent être dissociées, ne peut faire abstraction d’une remise en cause bien plus globale des libertés et des droits de chacun, d’un côté comme de l’autre de la frontière.

1 Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

2 L’agriculteur Cédric Herrou a ainsi été condamné en appel à Aix-en-Provence le 8 août 2017 à quatre mois de prison avec sursis. L’avocat général avait estimé qu’il ne pouvait bénéficier des exemptions prévues par l’article L622-4 du Ceseda, car « lorsque l’aide s’inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n’entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie » à l’aide. Un enseignant-chercheur, Pierre-Alain Mannoni, a, lui aussi, été condamné à deux mois de prison avec sursis sur les mêmes fondements par la même juridiction, qui estimait que ce dernier s’inscrivait dans « une démarche d’action militante en vue de soustraire des étrangers aux contrôles ».

Le Blanc (Indre) : Mais où sont donc stockées les armes des gendarmes ?

Publié le 2018-04-28 16:25:04

La Nouvelle République / Mardi 24 avril 2018

Hier matin au Blanc, les inscriptions s’inscrivaient en lettres de feu sur les murs de l’ancienne pharmacie Fontaine. Dans la nuit, des tags de couleur rouge avaient été inscrits à plusieurs endroits de cette maison du quai André-Liesse, située en Ville-Haute, en bordure de la RN 151.
Le bâtiment constituait une belle vitrine pour ceux qui avaient écrit « COMSOPGN : relais d’armes GM2L. Déjà 250 blessés mais ZAD vaincra ». Ces phrases représentaient une allusion explicite aux liens qui rapprochent actuellement la cité brennouse des événements de Notre-Dame-des-Landes. Une photo circule actuellement sur les réseaux sociaux où figure une étiquette d’envoi qui désigne les dispositifs lacrymogènes, le nom du fabriquant et le réceptionnaire : le Commandement de soutien opérationnel de la gendarmerie nationale (COMSOPGN) qui stocke le matériel d’intervention, notamment les gilets pare-balles et ces grenades lacrymogènes nouvelle génération, sur son site de la rue de la Guignière au Blanc.

Prévenue de ces incivilités, Annick Gombert, maire du Blanc, s’est rendue sur place, expliquant : « Je pense que les auteurs des faits sont des gens qui ont voulu relayer Internet, au moment du démantèlement de la Zad. Même si le COMSOPGN n’a rien à voir dans cette affaire, puisqu’il assure essentiellement une mission de soutien logistique, les gendarmes avaient d’ailleurs reçu l’ordre de surveiller les environs de l’établissement. À mon avis, ces inscriptions que nous allons faire effacer sont plutôt l’œuvre de jeunes gens sans rapport avec les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ». L’élue qui est très attentive à tout ce qui touche à l’environnement, regrettait enfin que ces tags souillent un bâtiment privé, dont la remise en état sera à la charge de son propriétaire.
Le fabriquant de ces armes lacrymogènes, basé dans la Sarthe, a aussi vu défiler des zadistes qui manifestaient contre l’usage de ses produits.
Concernant les faits du Blanc, la gendarmerie nationale lance un appel à témoins

Le 16 juin 2018, Bure s'invite à Bar ! Appel à converger !

Publié le 2018-04-28 19:17:05

BURE à BAR, ielles vont voir à quel bois on carbure !
16 juin à Bar-le-Duc : Une journée contre la poubelle nucléaire de Bure. Grande marche festive, tables rondes, marché paysan, chorale, auberge espagnole…
APPEL À CONVERGER !



Les mois qui viennent de s’écouler ont été particulièrement denses. Après avoir endormi et manipulé la population pendant 20 ans à travers diverses stratégies vicieuses et violences silencieuses, c’est par la force physique et brutale que l’État compte imposer un projet intrinsèquement dangereux, irresponsable, et inacceptable.

Mais force est de constater que sa volonté d’asphyxie de l’opposition ne fonctionne pas : la mobilisation contre le projet Cigéo a pris une ampleur inédite, de part ces incroyables rassemblements spontanés et la constitution de 37 comités de soutien… du jamais vu ! Cette période lourde et chargée en émotions a cimenté les liens qui nous unissent, a conforté nos convictions, a permis l’ancrage national de la lutte.

Nous sommes bien décidé-e-s à ce que ce 16 juin soit un moment charnière, en répondant aux démonstrations d’autorité de l’État par une démonstration de notre détermination infaillible ainsi que par celle de l’insécabilité de notre mouvement d’opposition en perpétuel renouveau.

Ce 16 juin, PACA Bure, le comité marseillais de soutien à Bure, se fera un plaisir de participer à cette journée et de rejoindre tous-tes les copains-ines hiboux.xes pour nous retrouver dans Bar-le-Duc, et à nous rappeler à quel point, tous.tes ensemble, nous pouvons être fort.e.s et uni.e.s face à l’ANDRA et son monde !

Mais Bure c’est loin !

Pour cette raison, on vous propose, si vous êtes bien motivé.e.s, de nous rejoindre pour partir tous.tes ensembles de Marseille en convoi.
Il vous suffit d’envoyer un message à comite-bure-13(at)lists.riseup.net pour nous prévenir de votre présence et de votre envie. Selon le nombre de réponses, on pourra organiser un car, ou un minibus et covoit’.

Pour connaître le programme de cette journée qui s’annonce riche, rendez-vous sur le site http://16juin2018.info.
Pour suivre les informations de la lutte contre la poubelle nucléaire de Bure : https://vmc.camp.

Comité marseillais de soutien à Bure - PACA Bure (Page Facebook).

Nicaragua: manifestationinsurectionelle contre des contre réformes des retraites

Publié le 2018-04-28 19:18:02

e président du Nicaragua, Daniel Ortega, a renoncé dimanche 22 avril à sa réforme controversée des retraites, à l’origine d’une vague de manifestations, qui a fait au moins vingt-cinq morts en cinq jours. Parmi les victimes figurent des étudiants, des policiers et de jeunes sympathisants du Front sandiniste, au pouvoir, accusés de s’être attaqués aux manifestants. Les troubles en cours, les plus graves depuis l’arrivée au pouvoir du président Ortega, il y a onze ans, ont commencé mercredi dans un grand nombre de villes du pays pour protester contre la réforme des retraites, qui se traduisait aussi par une baisse de 5 % du montant des retraites afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale (76 millions de dollars), sur recommandation du Fonds monétaire international.

Nicaragua : manifestations meurtrières et scènes de pillage

Des nouvelles de cedar

Publié le 2018-04-29 10:28:03

Cedar est maintenant enfermé-e depuis 3 semaines, en attendant le procès. Ille a été transféré-e dans l’aile masculine de la prison, mais toujours en ségrégation.

Ce qui signifie rester 23h par jour, sans aucun contact humain, sauf le harcèlement occasionnel des matons. Une heure par jour, la porte s’ouvre et ille doit se grouiller pour se doucher, se raser, et tenter de passer quelques coups de fil.

Parce que les prisonniers peuvent seulement faire des appels collectifs, les factures pour un « prisonnier moyen » peuvent dépasser les 100 dollars, en plus du mal de tête crée par le fait que les portables ne peuvent recevoir d’appels collectifs.

Cependant, ses compagnon-nes ont pu rester relativement bien en contact avec Cedar, et ont pu lui envoyer beaucoup d’amour et de soutien de partout dans le monde.

La semaine dernière la prison était vérouillée parce qu’un maton avait eprdu une paure de ciseaux. Ce qui siginifie qu’aucun-e prisonnier-e ne pouvait sortir de sa cellule. 120 heures durant, Cedar est resté assis dans sa cellule complétement coupé-e du monde extérieur, incapable de même s’assurer que son nouvel avocat serait présent lors du prochain interogatoire au tribunal.

Malgré ça, ille reste en pleine forme, a déja reçu une demi-douzaine de lettres d’ami-es, a lu un bouquin sur l’histoire du Moyen-Orient, et ille reçoit autant de visites que le permet la prison.

Bien que, on a vécu ça des tonnes de fois, l’administration peut annuler des visites sans explication et sans prévenir, et donc des ami-es ou des membres de la famille de Cedar ou des ami-es qui ont voyagé pour le voir n’ont plus qu’à passer leur colère et leur tristesse ensemble dans la salle d’attente.

Au cas où tu as pas encore deviné : la prison est clairement une institution abominable et inexcusable. Cedar se prépare pour la révision de sa caution avec un nouvel avocat. Ce sera sa dernière chance d’affirmer devant le juge qu’ille doit être libéré-e sous caution, et pas laissé-e pourrir en prison jusqu’à la fin de l’année.

On espère qu’une révision de sa caution aura lieu d’ici quelques mois, à temps pour que Cedar puisse attraper un peu de fleurs du printemps qu’ille aime temps.

En attendant, ille continuera d’aller régulièrement aux entretiens de routine toutes les deux semaines environ, où il sera embarqué-e hors de sa cellule, emmené-e au palais de justice, menotté-e et mené-e devant un-e juge pour 3 minutes de bavardage bureaucratique.

Chaque fois qu’ille marchera hors du plais de justice, ille pourra voir les visages des personnes qu’ille aime, leur tapoter le coeur et sourir, puis forcé-e de rester silencieux-euse tandis que des crétins jouent avec sa vie.

Chaque jour qui passe avec Cedar en prison, notre rage envers ce régime brutal ne fait que croitre. La police, les tribunaux et les prisons sont des componsantes nécessaires d’un monde basé sur la hiérarchie et la domination. Un monde que nous rejetons, et un monde contre lequel on restera debout jusqu’à ce que la dernière brique de la dernière prison tombe.

Loin d’être paralysé-es par la peur par le niveau de criminalisation à laquelle notre communauté doit faire face, nous essayons de trouver des moyens d’organiser du soutien, de construire nos raisons, et de continuer à nous battre pour un monde sans prisons.

27 avril à nantes : le carnaval des agités !

Publié le 2018-04-29 12:31:32

Le carnaval des Agité-e-s, organisé par les étudiants en lutte, s’est déroulé sous un vent houleux et un dispositif policier parfaitement ridicule. Pour cet événement, une centaine de personnes se sont retrouvées sur la place Bouffay. Sans rien changer de son absurdité, des cohortes de CRS ont collé le cortège sur les côtés, guidées par des chefaillons qui conservent un air sérieux et professionnel. Les énormes dispositifs précédents – un policier par manifestant – n’étaient visiblement pas suffisant, la préfète aligne à présent quasiment un camion de CRS pour chaque contestataire !

« De la Bretagne à l’Aquitaine, nik les cohortes urbaines! », « Néron, Macron, même combat! », « La BAC a triché, elle n’est pas déguisée! ». Jean Sarkozy était bien dans son rôle, scandait : « plus de flics, moins de Smic », « Laissez les pauvres, défiler, ils vont croire, que ça peut marcher ».

Plusieurs fourgons de CRS, et même un bus, suivent le cortège. Les passants regardent le carnaval, amusés. Au lieu de s’engager dans le Cours Saint Pierre, les carnavaliers et carnavalières font demi-tour devant la préfecture, pour sillonner le cours des 50 otages dans l’autre sens. Les CRS commencent une nasse, avant de se rendre compte qu’ils ne sont vraiment pas dans les clous. Retour place Bouffay. Bouclé de toutes parts, le carnaval ne peut poursuivre sa course. Une passante, excédée, exprime son exaspération: « tous ces CRS pour un carnaval ?! Ils sont sérieux ?! ».

Tout au long de ce court défilé, une ambiance joyeuse a parcouru tout le carnaval. La plupart des policiers sur place étaient énervés, poussaient du bouclier chaque personne qui traversait leurs rangs. Cette petite mobilisation est parvenue à tourner en ridicule l’ensemble du dispositif policier, composé d’agents qui ne savaient pas trop où se mettre, et qui n’ont réussi qu’à s’enfermer dans une position inutile et penaude, moquée par de nombreux passants. Cette action a surtout permis de restaurer à Nantes, l’esprit d’un Carnaval créatif qui se moque des puissants.

Bref, loin du carnaval subventionné, aseptisé et commercial que nous vend la mairie depuis trop longtemps.

Couflens, France : Contre la réouverture d’une mine de tungstène – 26 avril

Publié le 2018-04-29 12:33:50

A Couflens (Ariège), la société « Varsican Mines » a obtenu un permis exclusif de recherches minières (PERM) dans l’ancienne mine de tungstène de Salau, exploitée entre 1971 et 1986. « Les travaux d’exploration prévus ont pour objectif d’évaluer les réserves, ainsi que la faisabilité d’une usine métallurgique de transformation du tungstène dans le département de l’Ariège » s’était vanté en octobre 2016 le secrétariat d’Etat à l’Industrie. Depuis, des études sont en cours pour tenter de réalimenter en tungstène made in Frrrance l’industrie de l’armement et l’aéronautique qui sont très friandes de ce métal précieux, malgré les protestations citoyennes et écologistes locales contre la réouverture de cette mine.

Mais une autre voix est enfin venue s’inviter au débat, anonyme et ravageuse, celle de l’action directe contre ce projet de mort. Dans la nuit du 25 au 26 avril, un sabotage incendiaire a ainsi largement endommagé les installations existantes (le bâtiment technique et les bureaux). Plusieurs dizaines de milliers d’euros avaient été récemment investis pour la rénovation de ces bâtiments.

Dans l’atelier, les incendiaires ont d’abord défoncé un mur à coups de masse à l’arrière de l’atelier, avant d’y introduire plusieurs pneus qui gisaient à l’extérieur et d’y mettre le feu. Une cuve contenant 18.197 litres de fioul a explosé dans l’incendie et un groupe électrogène a été détruit, tout comme le toit de l’atelier, dont la charpente métallique a en partie fondu. Dans les bureaux, un second départ de feu a endommagé le sol en PVC.

[Reformulé de la presse locale]

Baumettes : 3 potes incarcéré·es : organisons la solidarité !( Mise à jour)

Publié le 2018-04-29 16:26:04

marseille infos autonome

Une camarade était déjà en prison à Marseille mais suite à un transfert tout le monde est actuellement à Marseille : le Manba appelle à organiser la solidarité sans tarder !



En traversant la frontière… Marche contre les frontières

25 avril

Suite à la mobilisation antifasciste de ce week-end au Col de l’Échelle – Briançon (cf. en réponse à la milice constituée sur la frontière par Génération Identitaire), 6 arrestations ont eu lieu. Les personnes sont passées en comparution immédiate mardi pour aide à l’entrée irrégulière en bande organisée !

Un pas a été franchi : et dans le chef d’inculpation, et parce que 3 personnes qui avaient demandé le report de leur audience ont été placées en détention !

En taule pour une manifestation !

Depuis mardi, une copine italienne est au quartier des femmes aux Baumettes, dans l’attente de son procès le 31 mai. Deux copains suisses ont d’abord été détenus à Gap, avant d’être transférés eux aussi aux Baumettes hier ! Le Parquet a pris prétexte des rassemblements de soutien organisés (y compris par des collectifs citoyens) pour justifier ce transfert (raisons officielles de sécurité), espérant casser et diviser la solidarité qui s’organise de part et d’autre de la frontière.

Le Manba prend part active au soutien anti-répression pour ne pas laisser ces personnes, sans casier judiciaire, sans expérience carcérale et parfois sans expérience militante tout court, isolées dans l’enfer des Baumettes (une des pires prisons d’Europe).

Pour toute demande d’information, n’hésitez pas à nous contacter. Y compris si vous souhaitez leur adresser des courriers de soutien, vous pouvez les retourner sur le mail collectif du Manba : collectifsoutienmigrantes13@riseup.net

Face à cette attaque sans précédent, à un moment qui n’est certainement pas choisi par hasard dans le calendrier de Macron, Collomb, leurs fafs et leurs flics, notre réponse doit être forte et aussi coordonnée. Car les pièges répressifs tendus par l’État sont nombreux. Nous ferons suivre toutes les infos, appels à rassemblement, nouvelles judiciaires, moyens de soutien, etc.

Collectifs, associations, n’hésitez pas à vous mettre en contact avec nous, dès à présent.


images et informations des camarades d’italie

Pour soutenir économiquement ele, Theo et Bastien, voici l’iban sur lequel verser des dons :

Solidarité avec Eleonora Bastien et Theo

Publié le 2018-04-29 23:31:03

Reçu aujourd’hui en soutien de nos trois camarades incarcérés à Marseille.

Petit message depuis les Cévennes, pour affirmer notre solidarité aux 3
camarades incarcérés pour avoir participé à la manifestation contre la
fermeture des frontières dimanche 22 avril dans le briançonnais.
Liberté pour Eléonora, Bastien et Théo! 
Ni frontières, ni prisons !