Alors que chaque jour depuis janvier les forces armées militaires nous expulsent violemment des routes, chemins, champs et bois de la Zad, contrôlent nos allées et venues, nous photographient, filment et fichent depuis leurs drones et hélicos ;
Alors que chaque jour des reconstructions sont détruites et le matériel collectif volé et/ou détruit par les forces de l’état ;
Alors que toute résistance est réprimée à coup de grenades GLIF4 et de gazs indéterminés, de flash-ball et de tirs tendus de lacrymo provocant de nombreuses blessures, que les peines judiciaires s’amoncellent avec leurs lots de fichages, interdictions de territoire, amendes, contrôles judiciaires, peines de prison fermes ou avec sursis ;
Une partie du mouvement d’occupation (d’habitation ?), croît bon d’appeler à « rendre les routes circulantes » (parlez en donc à la préfète ou à Macron, c’est bien elleux qui envoient les militaires occuper la Zad et ses routes!) .
Habiter vient de haber : avoir, posséder et résume bien la teneur de la lutte de certain?e?s : accéder à une propriété d’usage privative des biens communs de la Zad pour le bénéfice de groupes affinitaires et donc fermés (quand ce n’est pas secret).
Dans ce but, recevoir les félicitations de la préfecture est important !
La Zad comme espace de déradicalisation par le travail était une des options envisageables par l’état pour sortir de la crise Nddl. Cette stratégie bat son plein relayée en interne par les ex-radicaux?ales et nouveaux?elles compositionneur?euse?s (d’une « théorie » politique tactique disant, grosso-merdo, « toutes les alliances sont possibles pour sauver nos acquis matériels »).
Bien entendu, tout cela ne peut tenir qu’au prix d’une large dissonance cognitive (combattre le capital en signant avec l’état capitaliste en rentrant dans ses cases) abreuvée par une mythomanie collective (on va endormir l’état en se cachant derrière un « manteau légal ») et une culture du déni assumée (on s’en fout de celleux que l’on considère comme « minoritaires » ou « n’ayant pas conscience des enjeux de La lutte », on passe en force et tant pis si le « processus de prise de décisions est foireux », excusez-nous encore une fois de plus, on recommencera plus cette fois c’est sûr – même si la dernière fois on a dit la même chose, et les fois d’avant aussi…).
Ainsi, cette pensée politique (le compositionnisme)repose sur l’idée de créer des « bases arrières » pour la révolution internationale. Comment pouvons-nous être une « base arrière » en pactisant avec l’état et le capital ? Qu’est ce qu’une « base arrière » dans la lutte contre la globalisation capitaliste ?
Être dans la lutte anticapitaliste et anti-étatique/anti-autoritaire ou pas, voilà la question !
Les dépôts de projets le confirment : ces projets sont bien compatibles avec l’état capitaliste, avec les félicitations de la préfète pour le travail effectué (tu m’étonnes ! Dynamiter de l’intérieur la lutte contre le monde de l’aéroport tout en faisant le travail de sélection et de fichage à la place de la préfecture, c’est tout bénèf pour l’état!).
Le texte prévoit de mettre des barricades « seulement au moment opportun ». Mais qui juge du/des moment.s opportun.s et pour qui ?
Ces habitant.e.s mettent-ielles à disposition les matériaux, outils et engins pour faire ces « barricades circulantes » ou laissent-ielles les autres se démerder (au nom de l’autonomie et de l’autogestion, sans doute ! C’est pratique ! Surtout pour celleux qui oublient la revendication de l’amnistie des actes en solidarité avec la zad et connaissent surtout la solidarité envers leurs propres cercles « affinitaires » ou d’intérêts!) ???
Lancer un appel à débarricadage sans même consulter ni informer les personnes concernées témoignent de pratiques autoritaires et méprisantes pour toutes les personnes dont la liberté et la sécurité dépendent pour partie de ces barricades. L’occupation militaire est générale (via les forces armées directement (armée, police services de sécurité privés,etc…), ou via la guerre économique qui exclut les pauvres de certains espaces, les tue en les privant de ressources), la Zad fait partie des espaces en libération des forces de l’état et du capital. Sur zone aussi, la lutte se fait contre les autoritarismes et les oppressions systémiques.
Pour notre sécurité, sur « zone », barricadons,chicanons, et fortifions les routes, les chemins, les champs et les bois. Pour ne pas laisser le capital contrôler nos vies, ne le laissons pas s’approprier les espaces ni gérer les flux! Organisons nos espaces de luttes et d’offensives, nos chemins de repli à couvert et de contre-attaque, et nos points d’observation et de transmission.
Harcelons les forces armées étatiques partout où elles sont présentes jusqu’à ce qu’elles dégagent !
Désarmons l’état, réquisitionnons ses armes, formons des bataillons !
Dans cette guerre asymétrique, la guérilla sauvage et imprévisible est notre meilleure arme.
Ici comme ailleurs, non à l’occupation militaire !
A l’aube du lundi 30, des hirondelles sont venues cracher leur rage sur les murs de l’école de commerce. Est-ce vraiment nécessaire de justifier cette aversion pour ce monde, qui sacralise le fric et la marchandise au détriment des vies humaines ?
Dans cette école, on y apprend, entre autres, à obéir, aux ordres des chefs comme à la loi du marché, en même temps à assouvir les pulsions du consommateur et à lui créer de nouveaux besoins. Pour faire tourner la boutique, on dégage les pauvres, aux confins des villes, espaces entièrement réservés aux riches. Pour s’être accaparés ou avoir attaqué la propriété et la marchandise, c’est la prison qui les attend.
En quelques battements d’ailes, plus d’une quinzaine de chiures colorés sont apparues sur la façade et quelques messages : « VOTRE MONDE EST UNE ZONE A DETRUIRE », « NOS PAVES NE SONT PAS COTES EN BOURSE », « ECOLE DE MOUTON », « PLUTOT AGITATEURS QUE VENDEUR », « LE 1ER MAI, ON FAIT LA FËTE AUX BOURGES »… En repartant, quelques coups de bec ont été mis dans les pneus des voitures garées devant le bâtiment.
“Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas la venue du printemps.” Proverbe afghan
Un texte écrit par Anna et Marco, à propos du déroulement du procès qui les voit inculpés suite à l’opération Scripta Manent.
Lors des audiences de janvier et février, les témoins de l’accusation (au début le Procureur Sparagna en a appelé environ soixante-dix) ont continué à défiler, surtout des agents de la DIGOS de Turin, d’autres policiers, des carabinieris, des démineurs, d’autres témoins, des experts de la Police scientifique et du RIS [la « police scientifique » des Carabinieri, par ailleurs ciblés, début novembre 2005 dans leur siège de Parma, par une des attaques dont il est question dans ce procès, signée par la Cooperativa artigiana fuoco e affini (Cooperative artisanale feu et affins) – FAI; NdAtt.], le tout concernant des délits spécifiques dont nous sommes accusés. En plus, des rédacteurs, ou ex rédacteurs de Radio Blackout de Turin, ont été appelés à témoigner à propos de la réception par la Radio de certaines revendications d’attaques, ainsi qu’un squatter de l’Asilo Occupato [squat de Turin, NdAtt.] en ce qui concerne les relations et correspondances maintenues avec les inculpés.
Lors des séances des 7 et 8 mars, il y a eu la lecture des relations de ceux qui auraient dû être les piliers de l’accusation, c’est à dire l’ensemble des artisans de l’œuvre « d’intelligence » qui sert de fondement à l’accusation : les experts graphistes, l’expert en analyse linguistique/stylistique et un agent de la DIGOS de Turin qui avait pour tâche d’esquisser le cadre général de l’accusation.
Le binôme de graphologues Rosanna Ruggieri et Paola Sangiorgi, experts/conseillères du Parquet, qui travaillent en tant que graphologues libérales et pas auprès de la Police scientifique, du RIS ou autre, a fait une déclaration lors de l’audience du 7 mars à propos de l’expertise faite en 2014 en comparant des textes écrits avec un normographe, ainsi que des adresses écrites à la main sur des colis incendiaires/explosifs (envoyés en juillet 2006 au quotidien Torino Cronaca, à l’entreprise Coema Edilità [qui participait à l’époque à la rénovation du CRA de Turin; NdAtt.] et au maire de Turin de l’époque Sergio Chiamparino) et leurs revendications, avec des échantillons de manuscrits de trois des accusés (il s’agit de notes saisies lors des perquisitions, de lettres depuis la prison, de différents formulaires administratifs).
Le binôme d’expertes a affirmé avec certitude que les textes écrits avec le normographe ne peuvent pas être attribués à une quelconque personne. En ce qui concerne les comparaisons sur les manuscrits, elles ont essayé de souligner les ressemblances ou les traits caractéristiques entre certains caractères extraits des différents échantillons : le résultat serait une probable ressemblance avec les manuscrits saisis à deux des inculpés.
Le binôme a ensuite employé quelques heures, plutôt qu’à motiver cette « probabilité », à défendre le sérieux de ses prestations d’expertise et de la méthodologie utilisée, méthodologie, qui elle, précisément… ne permet pas de faire des rapprochements sûrs, mais uniquement un discours de probabilité.
En plus de cela, profitant de leur ignorance pour ce qui en est des analyses précédentes, la défense a fait remarquer que les mêmes pièces à conviction (les adresses manuscrites des colis piégés de 2006 et leurs revendications) ont déjà été examinées par des experts lors des enquêtes de l’époque; en particulier, dans le rapport de juillet 2006 du RIS de Parma il avait été établi qu’il s’agissait d’écriture faite par décalque, dont non approchable [avec une écriture manuscrite; NdAtt.].
L’expert linguistique/stylistique, et conseiller du Parquet, Michele Cortelazzo, professeur à l’Université de Padova, a exposé les résultats de son expertise de 2014 concernant la comparaison entre des articles écrits par trois des inculpés avec différents textes de revendication signé par différents groupes de la FAI. L’expert admet que le langage utilisé fait partie de l' »univers discursif des mouvements contestataires ». Il trace, cependant, des rapprochements entre ces articles et certaines revendications, utilisant la méthode « quantitative » et celle « qualitative ».
L’analyse quantitative, nous explique-t-il, a été faite à l’aide d’un logiciel qui « trouve » des ressemblances grâce à la fréquence de certains mots présents dans les différents textes.
Il montre par exemple des « traits caractéristiques », comme l’utilisation de certains mots (et non des phrases) tel « gymnase », « anonymat », des couples de mots contenant « force » et/ou « joie », « de service », « plus ou moins » et ainsi de suite.
Il n’y a pas besoin de faire appel à un logiciel et à un prof de fac pour voir que des tels mots font partie du langage de tous les jours, pas seulement de celui propre au mouvement.
Après la présentation des incertitudes des experts, ça a été le tour de la longue déclaration, qui a duré plusieurs séances et s’est terminée le 15 mars, de celui qui paraît être le pilier de l’enquête. L' »expert en tout » de la DIGOS de Turin, Luciano Quattrocchi, a commencé par exalter ses capacités d’enquêteur, montrées dans des affaires qui n’ont rien à voir avec les anarchistes, puis il a poursuivi avec l’exposition de sa version personnelle du théorème de l’accusation (sur suggestion de Sparagna) et de son nouveau outil d’analyse : le binôme inclusion/exclusion (on suppose inclusion et exclusion dans les listes des gentils et des méchants…), afin de contextualiser l’insertion des phrases extrapolées de journaux, d’écrits, de commentaires et de documents publiés par les anarchistes dans les vingt dernières années, de discussions et rapports directs entre entre des compagnons, d’épisodes répressifs du passé (il y a eu la réutilisation intégrale, à la virgule près, d’écoutes et de la reconstruction des enquêteurs de l’attaque qui a eu lieu dans le quartier de la Crocetta, à Turin, classé en 2009) et d’enquêtes rouvertes ad hoc.
Il y a un peu de tout qui passe sous la loupe des enquêteurs : depuis Emile Henry jusqu’à Horst Fantazzini et Baleno, depuis les écrits d’Azione Rivoluzionaria [organisation de lutte armée anarchiste active en Italie à la fin des années 70; NdAtt.], pour laquelle un des inculpés est passé en procès il y a plus de 30 ans et sur laquelle certains des inculpés étaient en train de préparer une recherche historique (partie d’un livre plus long à propos des pratiques de lutte anarchistes dans le passé), aux écrits à propos du débat qui a eu lieu pendant le procès Marini (un texte lu au tribunal par des prisonniers à l’occasion de la mort de Baleno en 1998, des discussions sur la nécessité de donner de l’espace à différents positions qui touchent les méthodes organisationnelles, des communiqués écrits à l’époque depuis la taule).
Le policier-expert est ensuite passé à l’analyse de la revue Croce Nera, l’ancienne version et la nouvelle, jusqu’aux articles du dernier numéro, qui concernent précisément l’opération Scripta Manent, et jusqu’à l’analyse du courrier, soumis à censure, des inculpés.
A l’audience du 12 avril, le Parquet a demandé la traduction, depuis l’espagnol, de vieux courriers de certains des inculpés. Après, ça a été le tour du contre-interrogatoire du flic de la DIGOS de la part des avocats de la défense.
Lors de ce contre-interrogatoire, un des compagnons en procès est intervenu, retraçant son parcours depuis décembre 1969 [le massacre à la bombe, d’origine fasciste, qui a eu lieu dans une banque de Milan le 12 décembre et l’assassinat du compagnon Giuseppe Pinelli dans le commissariat, quelques jours après, tandis qu’il était en GAV lors de la tentative policière d’attribuer l’attentat aux anarchistes; NdAtt.] à son expérience au sein d’Azione Rivoluzionaria, à sa cavale, à la prison, jusqu’à aujourd’hui.
Lors des prochaines audiences, du 18 avril et du 3 mai, il devrait y avoir les exposés des ROS [équipes d’investigations spéciales des Carabinieri; NdAtt.] de Perugia et de Naples, à propos de leurs enquêtes, ensuite versées dans cette affaire, nommées opérations Ardire, Evoluzione I et Evoluzione II.
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NdAtt. : on pourra lire aussi une lettre d’Anna qui retrace aussi les éléments les plus importants de cette affaire.
Des dizaines de tags hostiles à certains élus, au gouvernement ou à la police ont été inscrits sur des murs de Poitiers dans la nuit de dimanche à lundi. On parle, selon les sources, de 40 ou de 80 inscriptions. Elles se trouvent en centre-ville de Poitiers, notamment dans les rues Jean-Jaurès, et de l’ancienne comédie.
Parmi les messages tagués, on trouve des insultes envers des personnalités publiques comme Alain Claeys, maire de Poitiers, ou Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, ainsi que des invitations aux rassemblements du 1er Mai demain, jour de la Fête du travail (« Rendez-vous le 1er mai à Paris » ou « Et si on brûlait Paris ? »). La permanence de Sacha Houlié a également été visée : « MACRON DERNIERE SOMMATION » peut on lire au-dessus de l’entrée. Le député LREM a réagi sur son compte Twitter dans la matinée.
Les services de la mairie ont entamé un long travail de nettoyage, en commençant par les messages les plus insultants. La ville réfléchit la possibilité de porter plainte.
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La Nouvelle République / Mercredi 25 avril
Les étudiants bloqueurs ont quitté l’Hôtel Fumé. La présidence de l’Université de Poitiers en a profité pour fermer le site jusqu’au 2 mai. Une société de gardiennage a été sollicitée pour garder l’entrée. Elle sera maintenue sur le site pendant la durée des examens, indique la présidence.
« Il n’est pas possible que l’occupation nocturne perdure à l’Hôtel Fumé s’il y a ces dégradations. » Yves Jean, président de l’Université de Poitiers, a convié la presse à visiter les locaux ce mercredi 25 avril au matin. Plus de200 tags ont été comptabilisés sur le campus et surtout dans les locaux de l’UFR Sciences humaines, en centre-ville. Dans ce seul Hôtel Fumé, les services techniques de la présidence de l’Université estiment qu’il y en a pour 50.000 € de travaux ; 30.000 € sur le campus, soit 80.000 € au total.
« Il y a eu la porte de l’entrée principale cassée, celle de l’amphithéâtre Bourdieu, des véhicules tagués et tous ces graffitis. Ils posent un vrai problème de crédibilité vis à vis du mouvement étudiant, estime Yves Jean. Ce qui est problématique, c’est que 20 ou 30 étudiants sur 28.000 donnent une image déplorable de l’université. » Une plainte a été déposée.
Sur le campus, une trentaine d’étudiants sont présents dans l’amphithéâtre de chimie. Il n’est pas exclu qu’ils passent la nuit sur place.
Comment ne pas sentir que le climat général s’est particulièrement tendu lors de ce dernier mois ?
Si l’on entreprend de faire une liste de tout ce qu’il se passe sur le territoire depuis plusieurs semaines, on arrive rapidement à la conclusion que "quelque chose" se passe et qu’un tournant s’est opéré dans l’appareil de répression étatique.
D’abord il y a la ZAD et son expulsion, attendue certes mais qui surprend tout de même par son niveau de violence. Le dispositif est considérable (pas moins de 14 millions d’euros dépensés depuis le début de l’opération "Oui c’est beaucoup mais on a des violents en face"#EdouardPhilippe #Quisontlesviolents ?). On comptabilise plusieurs blindés de la gendarmerie, des hélicos et surtout l’utilisation massive d’armes "dites non létales", LBD bien entendu mais plus particulièrement la grenade offensive appelée officiellement "grenade de désencerclement" qui contient tout de même 25g de TNT.
L’occupation militaire n’a pas cessée depuis le début des expulsions (Lundi 9 avril), soit plus de 18 jours d’occupation déjà. La médic team de la ZAD fait état de nombreux blessés, parfois très gravement, de nombreuses blessures ayant des conséquences irréversibles.Il ne se passe pas un jour sans que des blessés soient recensés, même pendant ses derniers jours sensés être des jours de négociation et donc de trêve. Partout l’on s’étonne qu’il n’y ait pas encore eu de mort.
Le mouvement étudiant et celui des cheminots n’est pas en reste. En mars déjà on comptait plusieurs expulsions de fac (Bordeaux, Strasbourg, Nantes avec 7 blessés sérieux, Jussieu). A Bordeaux, des perquisitions auront lieu suite à des distributions de tracts.
Le 22 Mars, les occupants de la faculté de droit de Montpellier se faisaient attaquer par un commando de personnes cagoulées et armées de bâtons, parmi lesquels des profs et des élèves, tout ça avec la complicité du doyen qui se disait a posteriori "être fière de cette évacuation".
Un mois plus tard, le 20 avril, c’est la fac de Tolbiac qui se fait violemment expulsée par les CRS et la BAC, tout ça dans un climat médiatique absolument "opaque". Lors de cette expulsion, une personne aurait été blessée gravement (l’affaire reste aujourd’hui encore plutôt mystérieuse..).
Par ailleurs, de nombreuses arrestations, perquisitions, garde-à-vue et interrogatoires ont eu lieu à partir du 28 mars, suite à l’ouverture d’enquêtes en rapport avec des actes de solidarités concernant "l’affaire de la voiture brûlée" ou "affaire du Quai de Valmy", en Octobre/ Novembre dernier. Ces enquètes concernent de nombreuses personnes et lieux dans différentes villes (Ambert, Amiens, Limoges, et Toulouse) et comprennent notamment des écoutes téléphoniques et des filatures. Aujourd’hui plusieurs personnes sont encore en préventive jusqu’à leur procès. d’autres sont sortis moyennant des contrôles judiciaires sévères et des interdictions de territoire.
Le 14 avril à Toulouse, un détenu de la prison de Seysses est abattu par les matons. "J. a été battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure." Un autre détenu était entre la vie et la mort, il est finalement décédé lui aussi. Les prisonniers ont refusé de réintégrer leur cellule pendant plusieurs jours d’affilé.
Dans les quartiers de la Reynerie d’abord puis de Bagatelle et Bellefontaine, ces faits ont été suivis de plusieurs nuits d’émeute. La répression ne s’est pas faite attendre. L’hélico a été mobilisé pendant des nuits entières, les flics ont procédés à de nombreuses arrestations (plus de 25 personnes envoyées en GAV puis en préventive), au cœur des quartiers et aux abords de la fac.
Sans surprise, la justice a été expéditive et insupportable : prison ferme, sursis, contrôle judiciaire, amende... et encore 5 personnes en préventive en attendant leur procès.
Cette liste est non exhaustive bien sur. Elle ne veut pas participer au climat de terreur ambiant mais permet de constater que nous sommes actuellement dans une période d’accélération. Il est évident que tout cela n’a rien "d’exceptionnel" et que ce durcissement n’est qu’une continuation, un résultat de toutes les politiques à l’œuvre (les lois sur la sécurité intérieures, la constitutionnalisation des mesures d’état d’urgence, les lois sur le renseignement...).
Le gouvernement précédent essayait encore de se prétendre de gauche. Le gouvernement Philippe/ Macron a au moins le mérite de ne pas se prendre pour autre chose que ce qu’il est et affirme à haute voix son autoritarisme (suppression de l’impôt sur la fortune pour les très riches, constitutionnalisation des mesures d’état d’urgence dès le début du mandat et aujourd’hui expulsion violente de la ZAD, refus pure et simple de discuter avec les cheminots, accolades avec Trump...).
Ce gouvernement a pour stratégie l’attaque sur tous les fronts et ne fera aucune concession. C’est aussi pour cela qu’aujourd’hui plus encore peut-être que pour la loi travail, descendre dans la rue n’a en aucun cas pour but de réclamer des miettes que nous n’aurons pas et que nous ne voulons pas. Il n’y a rien à espérer de la politique classique, rien à quémander.
Occuper la rue, les facs, organiser des lieux de résistance, des fêtes sauvages, se trouver et converger... Ça fait longtemps qu’on le fait déjà et il faut continuer. Intensifier nos liens, créer des rapports de force, discuter de politique jusqu’à n’en plus pouvoir, multiplier les actes de solidarités, de sabotage, de vandalisme. Un mec se fait assassiner en prison : les quartiers s’enflamment ; la ZAD est attaquée : ça répond à coup de coktail molotov ; des potes se font arrêter : on est sur le pied de guerre pour les sortir de leur galère..
Nous ne prendrons pas peur, nous ne prendrons pas la fuite.
Tout cela ne fait que nous pousser à nous organiser mieux.
Et le meilleur dans tout ça, c’est qu’on est de plus en plus nombreux.
Et après trois mouvements en quatre ans, de plus en plus expérimentés.
« - Vous voulez me faire croire que vous portiez un cache cou pour faire du vélo alors qu’il fait 25 degrés ces derniers jours ?
Mais enfin madame la procureur, vous connaissez l’adage : en Avril, ne te découvre pas d’un fil »
Observer les rues et forger des choix. Avec un cœur battant d’amour et de complicité pour beaucoup d’entre vous, je vous envoie un au revoir profond et souriant. Non sans «obstacles» affectifs et désirs de projectualité avec beaucoup, j’ai décidé de me soustraire à obligation de signatures quotidiennes* (que j’avais après une période d’emprisonnement et d’assignation à domicile qui a duré neuf mois).
Le sentiment de se sentir compagnonne, en plus de la colère qui brûle et qui est partagée avec nos corps, est pour moi la continuité et la constance (malgré la distance choisie ou subit). Alors je vous dit … on se verra pour d’autres (belles) aventures …
400 bisous intenses et 24000 coups précis.
kam
Camille nous a laissé cet au revoir on après avoir décidé de violer la mesure de contrôle judiciaire à laquelle elle était soumise depuis quelques mois, et après avoir déjà purgé pour la même procédure 9 mois entre la détention carcérale et domiciliaire.Elle a décidé de partir et la savoir libre d’aller où elle veut remplit nos cœurs de joie.
Samedi 28 avril à Saint-Jean-sur-Richelieu, ville située au sud-est de Montréal, deux commerces du Vieux-Saint-Jean se sont fait péter leurs vitrines : vers 3h35, le 28 avril, un anonyme explosé trois vitrines de commerces de la rue Richelieu à l’aide d’un « objet contondant », selon les enquêteurs: il s’agit d’un salon de barbier Empire et de Studio M, qui se spécialise dans la photographie et la décoration. L’attaque du coiffeur de hypster a été filmée par une caméra de surveillance du commerce, que la presse, en bonne auxiliaire du travail des keufs, s’est empressé de relayer.
Ce mardi 1er mai, fin d’après-midi, un copain rentre de Briançon avec des
exilés dans sa voiture. Il est pris en filature par les Génération
Identitaire depuis Briançon jusqu’à chez lui. Les nazillons le filment et
le menacent.
Ce lundi 30 avril, la préfète après 10 jours de collaboration fortuite
avec les GI annonce la fin du partenariat par voie de presse. Ces derniers
démentent par voie de presse. Ils affirment être toujours présents sur le
territoire. Comme expliqué ci-dessus, c’est bien le cas. Depuis Nice,
Marine Le Pen rend hommage à l’action des GI dans les Hautes-Alpes. Ce
même 1er mai, une action du groupe fasciste italien Forza Nuova avec
banderoles prend place au col de Montgenèvre.
Situation nauséabonde dans le briançonnais. Après avoir subi une
répression étatique féroce (incarcérations, tabassage), les militants
solidaires se retrouvent traqués jusque chez eux.
Tout ceci n’a pu se mettre en place qu’avec le soutien de l’Etat aux
groupuscules fascisants (encore une fois fortuit), et de ce fait avec
l’usage de la matraque et de la cage contre celles et ceux qui les
combattent.
Soyons vigilantEs! Les Hautes-Alpes sont anti-fascistes et le resteront.
Toutes et tous jeudi 3 mai au tribunal de Gap à 13h pour exiger la
libération de nos compagnons emprisonnés.
Deux voitures de l’entreprise « SECURITAS » ont été livrées aux flammes dans la nuit du 30 avril au 1er mai à Thoune. C’est une réaction aux diverses activités excutées par cette entreprise.
En voici quelques exemples:
SECURITAS réalise une grosse part du transport des prisonniers aux côtés des CFF, c’est-à-dire qu’ils transportent les prisonniers dans les cages d’une prison à l’autre ou conduit à l’aéroport sous la contrainte les personnes qui doivent être expulsées et les y dépose. Elle porte donc une lourde responsabilité au sein de la machine à expulser et à enfermer. Les gens traîtés comme des produits puis triés et détruits selon la logique capitaliste.
Elle assure la sécurité dans les camps fédéraux ainsi que dans de nombreux centres d’asile. Elle est en grande partie responsable de l’enfermement des demandeurs d’asile. Dans ces centres, SECURITAS impose des règlements stricts, semblables à ceux des prisons. Il y a des contrôles à l’entrée et à la sortie, les gens doivent bien montrer un ticket de caisse pour les biens qu’ils veulent emporter avec eux, la nourriture n’étant pas autorisée. Ce ne sont que quelques exemples. SECURITAS contrôle, surveille, s’enrichit en enfermant les gens.
Grâce à son travail en tant qu’organe de sécurité privée, elle contribue à l’augmentation croissante de la surveillance et du contrôle qui est censée éliminer tout ce qui ne correspond pas aux normes en vigueur. Par exemple, entre 2008 et 2009, SECURITAS a, pour le compte de Nestlé, espionné avec deux agent.e.s deux groupes d’activistes de Lausanne.
Elle n’est qu’un des nombreux visages des autorités de ce monde qui oppriment notre liberté.
Ce ne sont que quelques exemples d’une liste de raisons beaucoup plus longue, c’est pourquoi nous avons décidé la nuit dernière de lui causer des dégâts relativement faibles.
Cette action est une petite contribution d’une vaste lutte contre les prisons, les camps, les cages et leur monde, menée partout de différentes façons. Par exemple également contre l’agrandissement de la prison de Bässlergut à Bâle, contre laquelle existe une résistance large. Ou à Afrin et dans le nord de la Syrie, où les gens se défendent contre l’oppression et l’expulsion de l’armée turque et des groupes djihadistes et construisent une société autodéterminée. Nous envoyons des salutations solidaires à tou.te.s ces combattant.e.s et beaucoup de force dans la lutte contre l’oppression et la domination.
L’Étincelle, lieu associatif alternatif, militant et culturel proposant des activités ouvertes à tous et toutes (et pas seulement aux personnes « blanches »…) depuis plus de 20 ans à Angers a régulièrement été la cible des identitaires, fascistes et autres groupes d’extrême-droite angevins. À coups de croix gammées ou de messages signés par le GUD (une ancienne organisation étudiante française d’extrême droite réputée pour ses actions violentes), leur petit rituel de venir peinturlurer notre portail a pris de l’ampleur depuis le mouvement Manif pour Tous.
Les fachos ont ouvert au mois de janvier un bar plus ou moins clando à Angers (l’Alvarium) et cherchent à tout prix à se donner une image d’enfants de chœur « qui font du social », se photographiant en allant distribuer des sandwichs au porc aux SDF qu’ils considèrent comme suffisamment blancs, se targuant ainsi de venir en aide à leur Prochain (à condition qu’il soit « français de souche ») et prétendant être des jeunes « à cheval sur la loi ».
Ces charmants enfants de chœur ont visiblement trouvé une nouvelle façon d’aider leur Prochain la semaine dernière : en lui cassant la gueule en pleine rue.
En effet, outre le fait que nous ayons retrouvé un tag identitaire sur notre hall d’entrée, et la semaine dernière, de la colle dans les serrures, ils s’en sont pris physiquement à des personnes.
Lundi de la semaine dernière des membres de l’Étincelle se sont retrouvés encerclés par des individus se présentant comme des « membres de l’Alvarium ». Les membres de l’Étincelle se sont littéralement fait racketter puis agresser physiquement. Nez en sang, coup de poing, de pieds, etc. Nos camarades se sont fait agresser parce que « membres de l’Étincelle » et portaient des sweats « antifa » et des badges de musique… Parmi ces enfants de chœur, on aura facilement reconnu Paul Alexis Husak et Baudouin Le Nalio, qui commencent à cumuler les actions « pas très légales » type agressions, provocations, etc.
Outre le fait qu’ils véhiculent des idées de haine sur les réseaux sociaux, ils sont aussi violents dans la vraie vie, et ne se gênent pas pour cogner des personnes qu’ils soupçonnent être de près ou de loin « antifascistes/zadistes/communistes/membres de l’Étincelle ».
L’Étincelle apporte tout son soutien aux camarades victimes de ces violences et les soutiendra dans toutes les démarches qu’ils souhaiteront entreprendre contre les fascistes. De plus nous invitons toutes et tous ses membres du lieu, et tous et toutes ses sympathisant.e.s à se méfier lorsqu’ils et elles croisent ce type d’individus dans la rue, et les invite également à se montrer vigilant.e.s lors des rassemblements divers à ne pas tomber seul.e.s devant ces types-là. Elle invite aussi les personnes victimes d’agressions à ne pas rester seules et à signaler s’ils et elles reconnaissent ces individus.
Nous n’avons visiblement pas la même perception de ce que pourrait évoquer « aider son prochain », et encore moins la même notion de ce qui est légal et ce qui ne l’est pas. En attendant, nous, membres de l’Étincelle, de quel collectif ou horizon soit-on, n’avons jamais cassé la gueule à qui que ce soit en pleine rue pour une inscription sur un sweat-shirt ou pour un badge, et c’est là toute la différence.
Quoi qu’il advienne l’Étincelle est et restera un lieu viscéralement antifasciste, tenez-le-vous pour dit.
Par exemple, la ferme des COPAIN propose le creusage d’un lac pour de la pisciculture. Dans la lignée de La Grée qui a eu l’idée d’une ferme d’escargots (en pénurie sur le marché), idée qui a beaucoup plu à la préfète, la ferme de nos copain.e.s cherche aussi des idées pour ré-adapter son futur marché, en détournant la volonté incontrôlable de certain.e.s de creuser des tranchées. On commence déjà à se demander si ce n’est pas plutôt une fosse commune que nos ami.e.s creusent si avidement pour pouvoir nous accueillir au cas ou une cinquième et définitive débâcle de Lascar nous soit fatale.
Pendant que tout le monde – médias, fachos, partis et gouvernement – se moque du mouvement libertaire, incapable decritiquer en bloc la domestication d’une zone libre et de ses gens, dépendant encore une fois des avant-gardes intellectuelles qui puent la manipulation et l’autorité… les bonnes manières hypocrites de Lundi.am reprennent leur place dans les processus d’auto-critique. Les interviews du Doc du Réel font même pleurer Stalone. « ll n’y a rien dans ce qu’ils nous avaient dit, dans les règles du jeu », comme nous dit par exemple Maël, bureaucrate anti-autoritaire et barricadier légal.
Ce qu’on nommait hier de « collectif » redevient peu-à-peu « commun » (comme une fiche individuelle pour tou. te.s). Ne pleurez pas: peut-être que la zad ne vaincra pas, mais, comme les châtelain.e.s locaux du CMDO l’affirment depuis la kermesse du 10 Février : « ZAD will survive ».
Malgré cela, deux de ces châtelains survivalistes ont été gentillement raccompagnés à la sortie d’une teuf sur un lieu de la zone ce week-end, et un de leurs domaines pris d’assaut. Histoire de mettre en lumière les conflits internes à la zad, et de les projeter contre le monde qui nous engouffre. C’est une histoire de confiance, entre nous et ceux et celles qui mettent sa vie en jeu pour cette zone.
Comme se conformer à cette idée dystopique du présent ne convient pas à tout le monde, voici une affiche en proposition pour que ces idées de délégation, de composition à tout prix, d’avant-garde et de (ses) compromis avec l’État ne passent plus dans le futur, surtout à partir du 14 Mai – quand un « comité de pilotage » de l’État définira la pertinence des projets en voie de légalisation.
Sur la ZAD, comme ailleurs… Foutre la merde : tout un art.
En vue des prochaines manifestations qui approchent, ainsi que pour augmenter le potentiel, le Black Bloc recrute massivement.
CDD Casseur-se professionnel-le temps partiel
Description du poste
Dans le cadre des différentes manifestations à venir, vous serez un membre important de l’équipe du Black Bloc.
Vous serez amené-e a travailler tant aux opérations pendant les manifestations qu’à leur préparation en amont.
Description du-de la candidat-e recherché-e
De formation supérieure en cassage ou en manifestation, vous serez directement attaché-e au Black Bloc.
Vous justifiez d’au moins 5 ans d’expérience de manifestations. Les expériences de type « cortège de tête » seront valorisées.
Vous êtes capable de travailler en équipe et le team-building est une seconde nature chez vous.
Vous avez le goût de la casse, vous êtes sportif-ve et un-e passionné-e de la peinture.
Votre couleur préférée reste quand même le noir.
Quant à vos préférences de parfum, le pétrole ou le kérosène doivent figurer parmi votre top-3.
Vous avez des capacités de créativité quant à l’élaboration de slogans frappants.
Vous savez respecter le secret professionnel ; d’une discrétion absolue, vos camarades n’ont rien à craindre de vous.
Vous êtes capable de vous adapter à tous types de situations (course, escalade, sur des terrains divers).
Compétences requises
parler une langue réelle ou inventée partagée par au moins 5 autres personnes pour former de petites unités de travail
excellente connaissance des rues à Paris et banlieue
rapidité dans l’enfilage de la tenue professionnelle et dans le déshabillage
graffiti ou peinture
Toute expérience en chantier ou dépavage sera un atout considérable pour votre candidature.
Modalités
CDD 1 mois renouvelable jusqu’à la fin du mouvement.
Début de mission : dès que possible
Rémunération : salaire intéressant selon expérience.
Bonus : à négocier sur le terrain lors des autoréductions flash
Localisation : Paris et banlieue, possibilité de voyager à l’étranger en cas de besoin de renforcer les Black Blocs d’autres pays.
Tenue professionnelle non fournie (toutefois, l’agence a entamé un partenariat avec une grande enseigne de sport, où vous bénéficierez de réductions conséquentes).
Policier-es s’abstenir.
Envoyez votre CV accompagné de votre lettre de motivation à : recrutement@black.bloc
nous vivons une extinction massive de la diversité du vivant: les abeilles tombent comme des mouches (ou des vitrines?), les oiseaux disparaissent de nos campagnes, la terre devient impropre à la culture, l’air devient un poison que nous respirons quotidiennement, les mers et océans supportent des îles de plastique… mais la violence c’est une vitrine qui tombe? allez, continuez de vous battre pour sauvez vos emplois qui tue la terre, la vie animale et végétale allez, continuez de vous battre pour vos fins de mois difficiles plutôt que pour la vie. on m’a ressorti l’histoire des vitres de l’hôpital pétée pendant la lutte contre la loi travail… mais encore une fois, qu’est-ce qui casse le plus l’hôpital public? une vitrine qui tombe pendant une manif ou les restrictions budgétaires, la désorganisation organisée des services publics? allons, soyez cohérents!
vous célébrez mai 68, le 14 juillet, la commune de paris mais crachez sur les révoltes d’aujourd’hui… de la même manière que vous encensez les peuples qui se soulèvent de par le monde mais conspuez celles et ceux qui ici se révolte contre ce même monde.
ce que je pense sincèrement c’est que vous êtes tellement bien dans votre routine militante que vous vous contentez de ne rien changer, pour simplement apporter une petite touche par-ci par-là de pour faire passer la pilule… mais que seront vos petites victoires étriquées face au désastre écologique? vous pensez être à l’abri? ici dans le premier monde? vous vous trompez grandement… ce que j’ai vu en vivant dans un pays en développement, ou je ne sais plus comment il faut les appeler, c’est que ce ne sont pas ces pays qui suivent notre modèle mais bien nos pays qui se tiersmondisent. quartiers ultra-sécurisés pour riches et ghettos abandonnés pour pauvres. police militarisés pour garantir une paix sociale qui n’est rien d’autre que la façon de faire taire la misère. vous soutenez que nous ne nous organisons pas, que nous venons « casser » VOS mobilisations… votre esprit de chapelle est à l’image de vos luttes: plus pourries encore que l’air emplie de gaz carbonique. vous croyez que nous ne sommes pas là quand la lutte s’organise parce que nous ne venons pas cagoulés en AG? vous croyez que nous ne sommes pas sur le terrain au quotidien, aux côtés de celles et ceux qui en bavent? nous le sommes bien plus que vos permanents syndicaux! nous connaissons les emplois précaires, les temps-partiels… alors, oui continuez de dénoncer ceux qui cassent les vitrines devant lesquelles vous bavez et que vous léchez en espérant remplir le vide de vos vies. il y a plus d’organisation dans une zad que dans vos syndicats bureaucratiques il y a plus de vie dans un squat que dans vos regards il y a plus d’amour pour l’humanité dans un mur bombé que dans vos slogans dont vous ne souhaitez surtout pas qu’il deviennent réalité… « ah oui, attention tout va péter… mais bon, pas tout, non en fait on rigole, c’est juste de la pub pour mon syndicat, mon parti… » il y a plus de vie dans la poésie d’un black bloc que dans vos discours lénifiants sur les manifs ballons-sono-merguez. vous oubliez que vous n’êtes que le produit de l’usinage du monde, alors que vous croyez être ceux qui bâtissez les usines… c’est bien elle qui vous modèle.
vous n’êtes en fait que les canards boiteux des luttes, pour vous la lutte est un métier, la lutte est une activité encadré par les règles du monde du travail, vous allez à la lutte comme vous allez au boulot, vous pensez la lutte en 3×8… quand la lutte pour nous c’est simplement la vie! vous ne marchez que sur une jambe (et encore elle n’est que de bois) quand celles et ceux que vous conspuez en reprenant sans en changer la moindre ligne les discours de la police, de l’état et des patrons, marchent bel et bien sur leurs deux jambes: détruire ce monde pour bâtir un autre monde plus juste… un monde dans lequel même vous, aurez votre place: un mundo donde quepan muchos mundos.
« tu veux bâtir des cités idéales, détruits d’abords les monstruosités »
Dans la nuit du 29 au 30 avril à rouen, la vitrine d’un restaurant, « la conjuration des fournaux » a été cassée. Comme un geste de rage à l’encontre d’un réseau autoritaire qui n’hésite pas à festoyer avec la gauche bobo, tout en participant à la gentrification du dernier quartier populaire de la rive droite de rouen.
Comme un coup de masse aux appellos, qui collabore à l’intégration de nos luttes dans la norme capitaliste, patriarcale et coloniale. Il n’y a pas d’autonomie sans rupture avec l’état et les institutions, ces bouffons prônent l’une en papotant avec les autres.
Comme un passage à l’acte pour marquer, encore, la rupture avec ce groupe dont l’idéologie permet tous les moyens pour arriver à ses fins, et dont les fins ne sont que l’accroissement de sa puissance.
Un coup porté à la marchandisation (faut-il rappeler, qu’en plus de leurs espaces marchands, ils utilisent la zad pour cultiver le blé qui sert à leur usine à pâtes (Rouen, aussi), qu’ils vendent?), à la propriété privée (dont l’accès leur est garantie par des héritages, tout fils et filles de bourges qu’ils sont, s’empressant d’accumuler du capital), et à leurs détestables stratégies autoritaires.
Comme une amorce qui pourrait annoncer d’autres pressions sur la détente.
Parce qu’ils renforcent les normes et pourrissent les luttes, on a décidé de s’attaquer aux moyens matériels qui leur donne de la force (de la thune et du réseau). Il apparaît nécessaire de faire rupture avec ce réseau autoritaire et les personnes qui collaborent avec, celles et ceux qui trouvent du confort à leurs côtés. On attaque parce que nos idées se réalisent en actes, et si pleins de textes critiquent en profondeur leurs pratiques et perspectives, ce soir nous avons choisi l’action directe.
Contre ceux qui font des idées révolutionnaires un outil de séduction pour encarter large.
Contre l’état, ses normes et celles et ceux qui s’en servent pour gagner en force.
Le carnaval sauvage de Gap a dépassé les frontières : une audience inespérée.
Mais quelles frontières ? On parle de débordements, de dégradations, de tags. Ah, les tags…
Les commerçants.es, les gapançais.es, seraient scandalisé-e-s. Mais de qui s’agit-il vraiment ? Car il y a aussi toutes celles et ceux qui ont été agréablement surpris.es par autant de vie et de spontanéité.
Que ça ne soit pas du goût de tout-e-s, soit. Nous n’avons pas tout-e-s les mêmes rapport à la « stratégie ». Mais de là à considérer que ce sont les carnavaliers qui sont un problème, car ils auraient dénoncé de manière déplaisante pour certain-e-s l’horreur de la frontière et de son monde, nous considérons pour notre part que c’est ça le scandale.
C’est trop facile de pointer des boucs-émissaires quand le répression se fait plus forte, ou plutôt plus visible. Comme si nous étions responsable de la passivité des habitants.es, de la violence de l’État, de l’arrogance des politiciens et pourquoi pas du fascisme qui monte.
Car ce sont bien là les véritables problématiques qui devraient occuper nos échanges, d’autant que ça pourrait bien s’aggraver dans les semaines à venir.
Les puissants ont toujours chercher à diviser celles et ceux qui leur résistent, mais nous pouvons aussi choisir de rester uni-e-s. Car c’est en partie dans cette diversité de tactiques que réside notre force. C’est elle qui nous rend insaisissables et imprévisibles.
Nous pouvons ne pas être d’accord sur certains points, autant sur des questions de forme que de fond. Mais ne perdons pas de vue notre combat commun.
Nous voulons témoigner précisément de l’évacuation de cette semaine. Une personne s’est rendue à un poste médical , elle présentait un éclat profond au bas de la cuisse, derrière le genoux. Deux jours plus tard, elle manifestait des signes d’infection, nous avons donc choisi de l’évacuer vers les services hospitaliers. Cette personne a du se faire opérer pour retirer l’éclat qui faisais deux centimètre. Elle s’en est sortie avec 4 points de suture et une antibiothérapie renforcée.
L’éclat en question est l’une des pièces qui sert au mécanisme d’un type de grenade. C’est le quatrième éclat de cette sorte que nous retrouvons dans les chairs depuis le début des expulsions. Un a été extrait d’une cuisse. Pour les trois autres personnes blessées, des extractions chirurgicales en bloc opératoire ont été nécessaires (comme décrit plus haut). La seconde personne ayant été transférée vers des services hospitaliers avait reçu l’éclat dans une dangereuse proximité avec la colonne vertébrale (à 1 ou 2 cm). La troisième personne quant à elle avait reçu l’éclat dans le mollet.
Nous sommes donc aujourd’hui très inquiets de retrouver des éclats métalliques de 2 cm dans les tissus profonds et aussi proches de parties vitales. Ces éclats, mal placés, pourraient avoir des conséquences dramatiques pour les personnes touchées. Nous alertons à nouveau la préfecture et les forces de gendarmerie : il est impératif, pour la sécurité des personnes, que cela cesse ! Ici, depuis le 9 avril, nous ne cessons de constater l’usage potentiellement létal des armes de la police qui blessent, mutilent, traumatisent, et bientôt tueront si cette brutalité d’intervention perdure.
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Avec des photos des blessures causées par les armes de la police -> https://zad.nadir.org/spip.php?article5605
La manif n’est pas allée très loin sur son parcours prévu, mais elle a été joyeuse… Juste après le Pont d’Austerlitz sont commencées les réjouissances, avec un McDo et un magasin Renalut trashés, tout comme pas mal de mobilier urbain. Une pelleteuse qui se trouvait dans l’enceinte de la gare est partie en fumée, vite rejointe par un pair de voiture sans permis. Les flics ont répliqué avec une nuage de gaz et la manif a replié de l’autre côté du pont, avec barricades, départs en sauvage et maintes dégradations dans le quartier de la Bastille. Dans la soirée, quelques centaines de joyeux luron.ne.s ont sillonné le 5ème arrondissement, avec quelques barricades qui ont étonné les hipsters fréquentant les bars et restos branchés du quartier Muffetard-Monge.
Toujours dans la soirée, les flics ont attaqué l’occupation de l’EHESS, sans parvenir à l’expulser, et il y a eu des bastons avec des fachos [source : Paris-Luttes].
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extrait de FranceInfo / mercredi 2 mai 2018
Cent neuf personnes ont été placées en garde à vue dans la foulée de la manifestation du 1er-Mai dans la capitale, a annoncé le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, mercredi 2 mai. De violents affrontements ont éclaté entre des militants d’extrême gauche et la police, en marge du traditionnel défilé syndical de la fête du Travail. Au total, 283 personnes ont été interpellées.
Quatre personnes ont été légèrement blessées. Parmi elles, un CRS, qui a reçu un pavé dans le dos, explique la préfecture. Celle-ci a également dressé un bilan matériel de ces incidents. Selon un décompte provisoire à 23h30, « 31 commerces ont été dégradés dont deux incendiés, six véhicules ont été incendiés et 10 autres ont été dégradés », et du mobilier urbain a également été vandalisé.
La police a recensé 20 000 participants au cortège syndical parisien – contre 55 000 selon la CGT – mais également 14 500 venus hors du cortège. Et parmi eux, environ 1 200 black blocs […].
Après la fin de la manifestation syndicale, une centaine de personnes, dont certaines encagoulées, ont continué à jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre dans les rues touristiques du Quartier latin à Paris.
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Un cortège de tête qui grandit toujours plus
extraits du Monde / mercredi 2 mai 2018
La « nébuleuse » black bloc, vue par les caméras PVPP
[…] Quelque « 1 200 black blocs » selon la préfecture de police – « du jamais-vu », d’après une source policière –, ont pris la tête d’une manifestation hétéroclite composée de 14 500 personnes gravitant hors du cortège syndical, évalué à 20 000 participants par la police et 55 000 par la CGT. A titre de comparaison, la préfecture de police de Paris avait dénombré dans la manifestation parisienne du 1er mai 2017 environ 800 personnes en tête de cortège parmi lesquelles 150 black blocs.
[…] Les premiers affrontements ont eu lieu sur le pont d’Austerlitz, aux alentours de 15 h 30. […] Après le pont d’Austerlitz, sur le boulevard de l’Hôpital, ils s’en sont pris au mobilier urbain, aux vitrines, notamment à celle du restaurant McDonald’s à l’angle de la rue Buffon, aux véhicules d’un concessionnaire Renault, ont incendié un engin de chantier et lancé des projectiles sur les forces de l’ordre. Ces dernières ont attendu quelques minutes avant d’intervenir, répliquant avec de nombreuses grenades lacrymogènes avant de faire entrer en action les camions porteurs de canon à eau. Paradoxalement, les dégâts matériels et humains ont été plutôt limités. « Cela correspond à la nouvelle stratégie du préfet, explique un cadre de la PP. Les forces de l’ordre sont positionnées loin des black blocs pour ne pas créer d’abcès de fixation. »
Les forces de l’ordre ont alors enserré le « cortège de tête » grâce à l’emploi de deux lanceurs d’eau et à grand renfort de gaz lacrymogènes. Acculés, les manifestants ont rebroussé chemin, regagnant le pont d’Austerlitz. Plusieurs affrontements ont éclaté. La circulation sous le pont, sur les voies sur berge, a dû être coupée. Une partie des incidents se sont finalement reportés vers le point de départ de la manifestation, sur le boulevard de la Bastille, dans le 12e arrondissement.
Boulevard de la Bastille
Les forces de l’ordre ont interpellé 283 personnes en marge de la manifestation à Paris, et 109 étaient mardi en garde à vue, principalement pour jets de projectile et port d’arme prohibé. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait fait état de 209 gardes à vue mercredi matin sur France 2, avant d’être corrigé par la préfecture de police de Paris. « Trente et un commerces ont été dégradés dont deux incendiés, six véhicules ont été incendiés et dix autres dégradés », a détaillé la préfecture de police. Quatre personnes ont été blessées légèrement, dont un CRS qui a reçu un pavé dans le dos.
M. Collomb a rejeté la polémique naissante sur la réaction des forces de sécurité et l’étendue des dégâts, soulignant que les quelque 1 200 militants « black blocs » à l’origine des incidents s’étaient mêlés aux manifestants et que charger aurait provoqué des blessés. « On est en train de regarder l’identité d’un certain nombre de gens, ils seront recherchés et traduits en justice », a-t-il dit. Il a ajouté que la préfecture de police s’attendait à la venue de « 500 à 600 » militants radicaux et que le double avait convergé à Paris. « Il y a un mouvement qui est puissant », « nous allons nous adapter », a déclaré Gérard Collomb, précisant que les effectifs des forces de l’ordre seraient renforcés pour les prochaines manifestations. La police entend exploiter les images de vidéosurveillance et relever des traces ADN sur des projectiles et des vêtements abandonnés pour identifier et poursuivre d’autres personnes. […]
Après la manifestation officielle, un appel avait circulé sur les réseaux sociaux enjoignant les militants d’ultra-gauche à se rendre au Quartier latin, haut lieu de la contestation en Mai 68. Une centaine de jeunes, dont certains encagoulés, ont joué au chat et à la souris dans les rues touristiques du quartier de la rue Mouffetard.
Rassemblés au centre de la place de la Contrescarpe, les jeunes ont invectivé, bières à la main, les forces de l’ordre en criant « Tout le monde déteste la police ». Après plusieurs jets de projectiles, les CRS ont fait usage peu après 19 heures de gaz lacrymogènes pour arrêter des manifestants, dont certains dressaient des barricades au moyen de barrières publiques sur la place désertée.
Lors de l’intervention des forces de l’ordre, les clients attablés se sont calfeutrés à l’intérieur des établissements, qui avaient rangé tables et chaises des terrasses. Le retour à la normale est intervenu avant 22 heures. […]
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La France Insoumise se dissocie (tiens, c’est du jamais vu !)
extrait de LCI / mercredi 2 mai 2018
[…] Invité à réagir à l’absence d’Emmanuel Macron lors du 1er-Mai, Jean-Luc Mélenchon a cette fois donné raison au Président, qui avait laissé le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur gérer les événements : « Vous croyez quoi ? Que 100 personnes vont prendre en l’otage l’Etat et que tout le monde devrait être là à regarder les fils à papa péter les vitrines de McDo ? » […]
[…] Le député insoumis est revenu au micro de BFM sur la confusion entre les blacks blocs et les bandes « d’extrême droite » qu’il a accusés d’avoir perpétré les violences lors de la manifestation du 1er mai : « J’ai vu des gens empêcher une manifestation de se dérouler convenablement, j’ai pensé que c’étaient des fachos. » Avant de les condamner : « Ce groupe de violents nous confisque, récupère, le 1er-Mai. […] Personne ne peut croire qu’en cassant la vitrine d’un McDo, on perpètre un acte révolutionnaire ». […]
[…] « On verra à partir des interpellations les noms qui apparaissent, sans doute des gens que nos services connaissent, mais je n’ai pas l’impression que des militants d’extrême droite seraient le bienvenus dans un cortège de 14 000 personnes qui se réclament d’extrême gauche », explique Michel Delpuech. […]
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1er Mai 2018 Paris – Journaflics !
Les photos – tweets et autres prises d’images, de vidéos et de sons … leur conséquences dangereuse – voici le retournement !
Un-e de nos compas a failli prendre très très salement à cause des photos et vidéos de deux journalistes du Monde :
C’est fou les conséquences que peuvent avoir une simple toute petite petite photo sur twitter lorsque pour gagner votre salaire d’exploité-e-s vous ne réfléchissez pas aux suites. Il ne s’agit pas de tovous défendre en arguant de toute la meute de journaflics similaires à vos agissements; il s’agit d’un exemple concret. Il s’agit de briser une vie, de briser toutes les vies reliées à l’action d’un-e individu-e qui voulait son anonymat maximum !
Soutien et solidarité à celleux encore en gardav’ à cette heure (4h57 du matin du 2 mai)
* Pierre Bouvier – https://twitter.com/pibzedog
et/ ou
* Cécile Bouanchaud – https://twitter.com/CBouanchaud – http://www.lemonde.fr/journaliste/cecile-bouanchaud/
Nous (les pavés volants) nous souviendrons de vous, toujours !
Pierre Bouvier – journaliste du Monde
Cécile Bouanchaud – journaliste du Monde
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[Mise-à-jour du 3 mai] Une manif en colimaçon
Paris-Luttes / jeudi 3 mai 2018
Bref récit d’une longue manif en serpentin dans le quartier Latin.
Après la manif de l’aprem, avec quelques camarades on a vent de plusieurs manifs sauvages en cours vers Bastille, et on est dans aucune, quelle frustration ! On décide donc de prendre l’apéro place de la Contrescarpe. Le trajet jusqu’au quartier latin se fait sous un bruit constant de sirènes de police en direction de Bastille. On sent bien un parfum de débordements dans l’air. Malheureusement à notre arrivée, la flicaille avait déjà réservé la place pour elle toute seule. Il faut dire qu’on s’en doutait, vu le nombre de camions de CRS qui stationnaient rue Monge.
De part et d’autre de la place dans la rue Mouffetard, nous voilà donc quelques dizaines, peut-être deux cents, Grosjean comme devant. On garde notre matos d’apéro (bières, chips, grenadine) pour plus tard. Vers 18h45-19h, on se décide alors à quelques dizaines de personnes, à partir sillonner le quartier. D’abord 50, on sera jusqu’à 150 (estimation toute personnelle) par moments. Je ne décrirai pas toutes les déambulations (reproduites sur la carte) jusqu’aux alentours de 21h, mais je me contenterai de certains moments.
D’abord il y a eu des moments comiques. Au début par exemple, on passe rue du Pot de Fer, où les bars sont remplis et la rue étroite. On se dit qu’on ferait mieux d’attendre les condés pour leur laisser une chance (il s’agissait quand même de les faire courir). C’est alors qu’on a pu assister à une scène surréaliste, où les keufs marchaient en bloc au milieu des client.e.s des bars. Certes, on a le rire facile.
Ce qui a pas mal plombé le cortège, c’est l’indécision. Que de fois n’a-t-on tergiversé aux carrefours pour décider où aller! Il y avait donc beaucoup d’inertie à ces moments-là, ce qui a permis aux flics de nous rattraper facilement. Comme l’a dit un camarade à un croisement, on aurait bien eu besoin des spontanéistes. En même temps, ça nous a permis d’atteindre un objectif : tourner autour et dans le quartier Latin, sans s’en éloigner. Le fait de tourner a permis d’agréger des gens au fur et à mesure. Peut-être qu’au bout d’un moment on aurait dû partir vers un lieu (l’EHESS par exemple), mais ça ne s’est pas fait.
Rester dans le quartier Latin était très avantageux pour nous, car le dédale de ruelles permet de s’échapper. Spéciale dédicace au Passage des Postes qui a sauvé une bonne partie du cortège d’une nasse. Malheureusement, la solidarité a pêché à ce moment-là car une vingtaine de camarades sont resté.e.s salement gazé.e.s et nassé.e.s par les flics dans l’entrée d’un parking (au niveau du panier de basket sur la carte, avouez que c’est malin). Certaines de ces personnes ont été embarquées plus tard, alors que les autres ont été libérées car les flics étaient surmenés. Comme quoi la stratégie de la manif en serpentin a payé.
Il y a eu des moments jubilatoires, comme cette cavalcade le long du Jardin des Plantes : après avoir longuement hésité à parcourir la rue de peur d’une nasse, on a osé la prendre au pas de course.
Il y a aussi eu des moments plus tendus, comme ce CRS tout seul au milieu de la rue Mouffetard (point « flics » sur la carte), qui, alors qu’il se faisait copieusement insulter dans la joie et la bonne humeur, a pointé son arme sur des gens . Quelques instants plus tard, un autre CRS fera le même trajet tout seul sous les mêmes quolibets, mais restera de marbre. 2 salles 2 ambiances. Il y a aussi eu une grosse salve de lacrymos, alors qu’on profitait d’une autoréduc bien méritée sur les pommes et clémentines au croisement de la rue de l’Estrapade et de la rue Clotilde (icône « explosion »). Je ne sais pas ce qu’il est advenu de toutes les personnes qui étaient là, car ça s’est dispersé dans toutes les rues alentours.
Finalement, ç’a été deux bonnes heures de déambulations, et ça faisait du bien de se promener ensemble. Mais je sais qu’il n’en a pas été de même pour tout le monde, qu’il y a eu des nasses, que des flics ont salement malmené des manifestant.e.s, que d’autres personnes ont eu la malchance de tomber sur des milices fascistes. C’est donc amer que je suis parti du quartier, me demandant quelle stratégie de notre part aurait pu permettre de mieux nous défendre.
Un serpentin
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[Mise-à-jour du 3 mai] Premières comparution immédiates pour les arrêté.e.s du 1er mai
reformulé de Paris-Luttes / jeudi 3 mai 2018
Après la prolongation de la GAV pour 43 des personnes interpellées le 1er mai, ce jeudi 3 mai il y a eu les premières comparutions immédiates. Deux personnes ont refusé la comparution immédiate et ont été placées sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction de venir à Paris sauf pour préparer le procès, qui aura lieu le mercredi 30 mai. D’autres comparutions auront lieu vendredi 4 mai, au nouveau Palais de Justice, 29-45 Avenue de la Porte de Clichy (Métro Porte de Clichy) à 13h30.
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extrait de l’AFP / jeudi 3 mai 2018
Le procès de deux suspects jugés jeudi pour des violences en marge de la manifestation du 1er Mai a été renvoyé au 30 mai par le tribunal correctionnel de Paris.
Il s’agissait du premier procès après les violences qui ont émaillé le traditionnel défilé du 1er Mai à Paris. Trois autres hommes et une femme, eux aussi soupçonnés d’être impliqués dans les heurts, doivent être jugés en comparution immédiate jeudi après-midi à Paris.
Les deux hommes de 22 et 26 ans, dont le procès a été renvoyé, étaient jugés pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Le plus âgé des deux, accusé d’avoir lancé une bouteille en verre en direction des forces de l’ordre, est également poursuivi pour violences contre deux personnes dépositaires de l’autorité publique.
Ils ont tous les deux demandé un délai afin d’avoir plus de temps pour préparer leur défense. Ces deux hommes, au casier judiciaire vierge, ont été placés sous contrôle judiciaire: ils ont l’interdiction de se rendre et de séjourner à Paris, jusqu’à leur procès, sauf pour rencontrer leur avocat. L’un deux a une obligation de soin pour une addiction à l’alcool. […] Mercredi, un homme arrêté pour port d’armes avant le début de la manifestation, a été condamné à trois mois de prison avec sursis et le procès d’une jeune femme, également interpellée avec un fumigène avant le défilé, a été renvoyé à sa demande. […]
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[Mise-à-jour du 4 mai] : Le tribunal continue son sale travail
extraits du Parisien / vendredi 4 mai 2018
[…] Sept personnes interpellées mardi sont présentées ce vendredi à un juge d’instruction en vue d’une éventuelle mise en examen, annonce le parquet de Paris. Ces suspects sont déférés dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet pour «dégradations en réunion» et «participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations». Le ministère public a requis leur placement en détention provisoire. Tous sont soupçonnés d’avoir commis des dégradations dans une agence bancaire et des magasins de vêtements dans le 3e arrondissement, dans la soirée, après le défilé.
Par ailleurs, 12 suspects sont jugés ce vendredi en comparution immédiate et 2 autres ont été convoqués pour un procès à une date ultérieure. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Enfin, 13 autres doivent se voir notifier ce vendredi un rappel à la loi par un délégué du procureur. Ces 34 individus étaient les derniers suspects encore entre les mains de la justice jeudi soir, sur les 102 gardés à vue mardi à l’issue des violences.
Environ la moitié des personnes arrêtées a été remise en liberté mercredi sans faire l’objet de poursuites. Parmi les suspects présentés au parquet à l’issue de leur garde à vue, six devaient être jugés jeudi en comparution immédiate mais ont obtenu le renvoi de leur procès, pour la plupart au 30 mai. Les autres ont fait l’objet d’un rappel à la loi ou ont été remis en liberté le temps d’une enquête complémentaire.
[…] L’information judiciaire ouverte par le parquet ce vendredi est distincte de l’enquête qu’il a lancée mercredi pour «association de malfaiteurs» afin d’identifier les personnes ayant organisé ou encouragé les passages à l’acte.
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[Mise-à-jour du 7 mai] : Sept personnes mises en examen, quatre en préventive
extrait du Monde / samedi 5 mai 2018
Sept personnes, soupçonnées d’avoir commis des dégradations en marge de la manifestation du 1er-Mai à Paris, ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire a appris, samedi 5 mai, l’Agence France-Presse de source judiciaire. Le parquet, qui avait requis leur mise en détention provisoire, va faire appel de leur mise en liberté sous contrôle judiciaire.
Elles ont été mises en examen dans la nuit de vendredi à samedi par un juge d’instruction pour « dégradations en réunion » et « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences aux personnes ou des atteintes aux biens », a précisé la source judiciaire. […]
Seize personnes ont par ailleurs été jugées, jeudi et vendredi, en comparution immédiate. Bilan de ces audiences en urgence : treize prévenus ont obtenu le renvoi de leur procès fin mai ou début juin – parmi eux, quatre restent en détention provisoire pour avoir menti sur leur identité. Les trois autres ont choisi d’être jugés immédiatement : trois relaxes, inévitables compte tenu de la légèreté des dossiers. […]
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Boulevard de la Bastille
nous ne mourrons jamais…
boulevard de la Bastille
rue de Bercy
Ponsard et Dumas, boutique de robes d’avocat et magistrats, fondée en 1891 – rue de Bercy
Les flics disent avoir saisi des cocktails Molotov abandonnés par les manifestants
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[Mise-à-jour du 4 mai] A Lyon
Il n’y a pas que Paris qui bouge. A Lyon, des dizaines de projectiles remplis d’encre noire ont jailli du cortège pour s’écraser sur la façade de l’Hôtel-Dieu tout neuf de Gérard Collomb, sous les applaudissements. Dans le même mouvement, la façade est également bombée d’un « Tombeau d’un hôpital, Berceau du Capital. Vandalisons l’opulence ». Dans l’après-midi une manif sauvage est chargée par les flics. Au même temps, la devanture des fachos du Bastion social est redécoréepour l’énième fois. Deux personnes interpellées dans cette journée sont passée en comparution immédiate le lendemain, écopant respectivement de 3 mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende et de 140h de travaux d’intérêt général et 6 mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve (donc, possibilité de faire 6 mois de détention au cas où les travaux d’intérêt général ne sont pas réalisés). Les deux camarades étaient accusés de deux tags chacun. [source : Rebellyon]
La vraie violence c’est pas péter les vitres d’un McDo. La vraie violence c’est celle de l’État qui pourchasse et expulse les sans papiers.
La vraie violence c’est celle des patrons qui exploitent, licencient et poussent à bout des travailleurs.
La vraie violence c’est les flics qui débarquent chez toi à 6h du mat pour t’expulser de ton logement.
La vraie violence c’est un grand groupe qui ferme une usine pour délocaliser et laisse 1000 ouvriers sur le carreau.
La vraie violence c’est l’acharnement judiciaire contre la famille d’Adama Traoré, mort tué par la gendarmerie.
La vraie violence c’est la destruction des forêts et la pollution des océans.
La vraie violence c’est les femmes qui sont harcelées, violées, battues, et deux fois plus exploitées que les hommes.
La vraie violence c’est le fait que des millions de personnes meurent de maladies qu’on a déjà éradiqué dans les pays « riches »
La vraie violence c’est devoir arrêter ses études car on arrive pas à subvenir à ses besoins.
La vraie violence c’est se faire refuser un emploi ou un logement car on s’appelle Mohamed ou Mamadou.
La vraie violence c’est avoir peur de se faire agresser quand on se balade dans la rue avec un voile ou une kippa, ou car on tient la main d’une personne du même sexe.
La vraie violence c’est l’État français qui pille les ressources de l’Afrique.
La vraie violence des salariés qui font un burn out à cause des pressions de leur hiérarchie.
La vraie violence c’est voir ses conditions de travail dégradées à cause d’une restructuration.
La vraie violence c’est des militants d’extrême droite qui organisent une chasse aux migrants dans les Alpes.
La vraie violence c’est se faire recaler de l’Université car on est issu d’un lycée de banlieue.
La vraie violence c’est voir ses proches âgés vivre dans des EHPAD délabrés et en manque de personnel.
La vraie violence c’est faire des heures sup non payées et voir son patron partir en vacances aux Bahamas.
« Non, casser un McDo et brûler des voitures de luxe ce n’est pas de la violence, c’est au plus du vandalisme qui symbolise une colère légitime aux vues de toute la violence sociale subie au quotidien par la majeure partie de l’humanité. »
Voilà, on y est, tous les médias en parlent, les politiques de droite condamnent avec fermeté et demandent plus de répression, les politiques de gauche tentent de faire passer les « casseurs » pour de faux manifestants infiltrés pour décrédibiliser le mouvement social contre Macron. Les évènements du 1er mai à Paris sont à la une de tous les journaux, BFM & Co sont en boucle dessus et on a droit à la logorrhée habituelle sur les méchants-casseurs-vêtus-de-noir-mais-qui-sont-ils- ? Ces évènements du 1er mai à Paris donnent l’occasion de livrer quelques réflexions au sujet de la casse, de son traitement médiatique et politique, ainsi que du débat stratégique qu’elle ouvre nécessairement.
Tout d’abord, commençons par le commencement, qu’est-ce que la casse et qu’est-ce qu’un black bloc ?
Qu’est-ce que la casse ?
La casse est un mode d’action visant à détruire des biens matériels ciblés et identifiés comme ennemis. La casse vise donc des symboles de l’État, (commissariats de police, casernes de gendarmerie, véhicules des forces de l’ordre) des symboles du capitalisme, (banques, assurances, agences immobilières, chaînes de fast food, grandes surfaces, boutiques de luxe) ou encore des symboles de l’arrogance bourgeoise (voitures de luxe, hôtels particuliers). La casse est un mode d’action et non une fin en soi, les « casseurs » ne cassent pas pour casser, par plaisir malsain pour la destruction d’objets et si cette déviance existe parfois, elle est tout à fait minoritaire. Ce mode d’action s’appelle la « propagande par le fait ». C’est une méthode d’inspiration anarchiste visant à passer de l’affirmation, de la position de principe, à l’action. La casse est donc une méthode illégale et assumée comme telle. L’idée sous-jacente est le fait d’assumer une conflictualité avec l’État et le capitalisme mais aussi de sortir d’un cadre donné et autorisé par ce même État.
Qu’est-ce qu’un black bloc ?
Un black bloc est un ensemble de personnes habillées en noir, cagoulées de façon à ne pas être reconnaissables. Les personnes participant au black bloc ont différentes idéologies, certaines appartiennent à des partis politiques, d’autres non, certaines sont syndiquées, d’autres non. Contrairement à ce qu’affirment de nombreux politiques et médias, les black blocs ne sont pas « anarchistes » même si il y a bien évidemment des militants anarchistes en leur sein. Les black blocs naissent au cours d’une manifestation et disparaissent une fois la manifestation terminée, il n’y a pas de structuration pérenne du black bloc. Le black bloc est donc une tactique et non un groupe militant. En effet, la tactique du black bloc permet aux personnes en faisant partie d’être anonymes et de ne pas être identifiées par la police, les caméras de video-surveillance ou encore sur les photos publiées sur les réseaux sociaux. La tactique du black bloc laisse une liberté d’initiative aux manifestants en faisant partie, étant anonymes, ceux-ci peuvent casser des vitres, des distributeurs automatiques ou se défendre face aux agressions policières en minimisant les risques d’arrestation et d’identification.
Face aux évènements du 1er mai à Paris, politiques et médias nous font le coup de l’ennemi intérieur qui souhaite détruire la démocratie
Souvent, on entend comme critique des black blocs que les gens cagoulés n’ont pas le courage d’assumer ce qu’elles font. À cette critique, nous pouvons répondre que la politique n’est pas un jeu et l’affrontement avec l’État n’est pas un affrontement sans risque, de plus, cet affrontement ayant comme finalité la chute du capitalisme, il est évident que se mettre en danger au nom d’un principe absurde de « courage » dans la lutte n’a aucun sens tant les risques encourus sont grands, tant pénalement que sur le plan militant. Assumer une conflictualité avec l’État et le capitalisme à visage découvert, et pourquoi pas en montrant sa carte d’identité, c’est le meilleur moyen de finir en prison.
Face aux évènements du 1er mai à Paris, politiques et médias nous font le coup de l’ennemi intérieur qui souhaite détruire la démocratie en ne respectant pas le pacte républicain, cet ennemi intérieur qu’il faut dissocier des autres manifestants pacifistes et donc légitimes, acceptant le pacte républicain et faisant simplement valoir leur droit fondamental de manifester, droit reconnu par l’État et accepté par la bourgeoisie. Il y aurait donc ceux qui combattent la politique gouvernementale sans pour autant remettre en cause la légitimité de l’État à mener une politique favorable au capitalisme, ceux-là même avec qui le gouvernement doit faire mine de négocier pour finalement mieux « expliquer ses réformes » et les autres qui luttent non seulement contre la politique menée par Macron, mais aussi de manière générale contre le système capitaliste, contre le gouvernement, contre le pouvoir au service des classes dominantes dont impérialisme, répression et exploitation sont les sources de sa position de domination.
Il est ici comique de constater le double jeu mené par les grands médias. En effet, le mardi 1er mai dans la matinée, avant donc la manifestation parisienne, BFMTV parlait de « démonstration de faiblesse » de la part des syndicats afin évidemment de délégitimer auprès de l’opinion publique les forces qui tentent de lutter contre la politique de Macron.
Quelques heures plus tard, changement total de discours et cette fois il y avait d’un côté les gentils manifestants de la CGT et autres syndicats qui manifestent pacifiquement, comme ils ont le droit de le faire et de l’autre les méchants casseurs radicalisés qui n’ont aucune légitimité.
Mais qu’en est-il justement de cette légitimité ? Comment nous positionner face au « pacte républicain » qui nous donne le droit de manifester ?
Il y a ici deux légitimités qui doivent être étudiées distinctement. Il y a premièrement la légitimité vis à vis des ennemis que nous combattons et deuxièmement la légitimité vis à vis de nos potentiels alliés.
Ici, le gouvernement et les médias en traitant les « casseurs » comme des ennemis intérieurs sortis du pacte républicain ne font en réalité qu’essayer de casser la légitimité de ceux qui luttent contre le capitalisme et la forme actuelle de l’État auprès de la majorité de la population. L’idée ici est de dire que l’État est légitime, le gouvernement aussi car il a été élu, la République est légitime car elle est une sorte de pacte social entre le peuple et l’État et le capitalisme ne saurait être remis en question car il est juste. Ces idées doivent toutes être combattues. L’État dans sa forme actuelle est un organe profondément contre révolutionnaire, il est au service d’une classe sociale, la bourgeoisie, le gouvernement, en servant les intérêts des plus riches assure totalement cette fonction de l’État. La République n’est que la forme de l’État mais son histoire est celle de la colonisation, du massacre des communards et de l’impérialisme. Enfin, le capitalisme dont les mécanismes ont été analysés par Karl Marx dans Le Capital est un mode d’organisation de la production dans lequel les moyens de production appartiennent à des personnes privées dont l’intérêt direct est la recherche du profit. Dans le système capitaliste, celui qui ne possède pas son outil de production vend sa force de travail à un détenteur d’un moyen de production, c’est à dire à un bourgeois. Le bourgeois emploie alors le travailleur, celui-ci produit des marchandises, matérielles ou immatérielles, le bourgeois vend ensuite ces marchandises et rémunère le travailleur en dessous du prix de la vente de la marchandise que le travailleur a produite. C’est donc le travailleur qui produit tout et permet à la société de fonctionner, mais c’est le bourgeois, du simple fait qu’il possède l’outil de production qui détermine comment est organisée la production et capte la sur-valeur produite par le travailleur. Ce système, intrinsèquement injuste car basé uniquement sur l’inégalité de capital, est celui qui régie la production de la majorité des pays du Monde. Pour continuer à régir la production, le système capitaliste a besoin d’un État à son service. Cet État, par la répression policière et judiciaire des travailleurs tentant de se révolter contre le système capitaliste, est ainsi au service du capitalisme et donc d’un ordre profondément injuste. La violence de la répression est aujourd’hui un principe étatique car l’État s’est auto-octroyé le monopole de la violence physique légitime à travers le mythe du contrat social.
Outre la violence répressive visant ceux qui luttent contre le capitalisme, le système capitaliste s’accompagne nécessairement d’un ensemble de phénomènes de violence extrême qui brise des vies. La violence du capitalisme c’est les licenciements abusifs qui laissent des familles entières sur la paille. La violence du capitalisme c’est les expulsions de logement à 6h du matin car des familles n’arrivent plus à payer leur loyer. La violence du capitalisme c’est des étudiants qui sont obligés de renoncer à un diplôme car ils n’arrivent pas à cumuler un emploi et le fait d’étudier. La violence du capitalisme c’est les personnes sans papier qui font des jobs de merde pour un salaire de misère et vivent en permanence avec la peur de se faire expulser vers un pays où elles sont en danger. La violence du capitalisme c’est 7 millions de morts de la pollution atmosphérique chaque année. La violence du capitalisme c’est les femmes deux fois plus exploitées que les hommes, les mères célibataires obligées de cumuler deux emplois précaires pour subvenir aux besoins de leurs enfants. La violence du capitalisme c’est se faire refuser un logement ou un emploi car on est noir ou arabe. La violence du capitalisme c’est des millions de morts chaque année de maladies dont on sait pourtant comment les éradiquer, maladies qui n’existent d’ailleurs plus dans les pays « riches ». La violence du capitalisme c’est les guerres aux quatre coins du Monde entre des grandes puissances qui se disputent des matières premières. La violence du capitalisme c’est des salariés qui font un burn out voir se suicident à cause des pressions de leur hiérarchie.
Lorsque les « casseurs » attaquent un McDo, symbole s’il en est du système capitaliste, c’est une réponse légitime et symbolique à toutes les violences du capitalisme
La violence du capitalisme c’est 2 millions de morts d’accidents du travail dans le Monde chaque année. La violence du capitalisme c’est voir son voisin fils de PDG partir en vacances dans un hôtel de luxe pendant qu’on passe son été à trimer pour espérer ne plus être à découvert un jour. La violence du capitalisme c’est voir les fils de riche aller dans des écoles de commerce à 8000€ l’année où se reproduit l’élite économique pendant que les enfants de pauvres entrent dans le monde du travail à 17 ans, voir plus tôt, et enchaînent les petits boulots précaires.
Cette violence là est celle d’un système économique, elle est subie par la majeure partie de l’humanité d’une manière ou d’une autre. Cette violence découle en premier lieu d’un système de production basé sur les inégalités de capital, un système économique créant de fait des inégalités desquelles découlent d’autres inégalités.
Lorsque les « casseurs » attaquent un McDo, symbole s’il en est du système capitaliste, c’est une réponse légitime et symbolique à toutes les violences du capitalisme qui brise des vies, mais c’est surtout un acte de lutte visant à assumer une conflictualité avec l’État et le système capitaliste. Lorsqu’on est déterminé à lutter contre le capitalisme dans l’espoir de lui substituer un système plus juste dans lequel chaque individu trouverait sa place et dans lequel les violences mentionnées précédemment n’existeraient plus, il est évidemment nécessaire d’assumer ne pas être légitime aux yeux de l’État, des médias et de la bourgeoisie. Nous ne pouvons nous résoudre à demander à un État que nous combattons de nous reconnaître comme légitimes, nous ne pouvons nous résoudre à considérer les lois de l’État que nous combattons comme étant toutes légitimes et devant être respectées. Par ailleurs, les quelques droits que nous avons aujourd’hui et qui nous permettent de vivre dans de meilleures conditions qu’il y a 100 ans, nous les avons gagnés par la lutte, et notamment par des méthodes illégales et violentes. Ces acquis ne sont pas des cadeaux de l’État, ce sont des acquis de lutte ayant permis aux travailleurs de ne plus crever de faim dans des bidonvilles en travaillant 14h par jour sans jamais pouvoir partir en vacances. Mais que les choses soient claires, la situation aujourd’hui n’est pas pour autant optimale. Les inégalités découlant de la possession ou non du capital existent toujours et la violence qui en découle est toujours vivace, il faut donc attaquer le problème à la racine, c’est à dire attaquer le capitalisme en tant que système de gestion de la production.
Oui, nous devons gagner la légitimité aux yeux de ces personnes, ce ne sont pas nos ennemis, les travailleurs, les chômeurs, la majorité des étudiants et des retraités
Dans ce contexte, la tactique du black bloc et les actions de casse sont tout à fait légitime pour celles et ceux qui luttent contre l’État et le capitalisme, ces actions, contrairement à ce que disent les médias et les politiques, ne constituent pas une horrible violence qu’il faut à tout prix dénoncer, elles constituent juste une réponse symbolique à une violence sociale bien réelle. Et si les mouvements révolutionnaires, en rupture avec le capitalisme ne doivent en aucun cas rechercher la légitimité des forces qu’ils combattent, il en est autrement quant aux potentiels alliés dont nous avons besoin pour faire tomber le capitalisme, c’est à dire la majorité de la population, celles et ceux qui subissent quotidiennement la violence du capitalisme mais qui ne luttent pas encore ou au contraire n’ont plus la force de lutter. Oui, nous devons gagner la légitimité aux yeux de ces personnes, ce ne sont pas nos ennemis, les travailleurs, les chômeurs, la majorité des étudiants et des retraités ne luttant pas ou plus sont objectivement les alliés des travailleurs, chômeurs, étudiants et retraités qui luttent, y compris par l’illégalité. Il est donc absolument nécessaire d’attirer ces gens vers nous, vers la lutte révolutionnaire, si nous souhaitons un jour être en mesure de renverser le capitalisme.
C’est donc ici que doit intervenir le débat sur la casse et la tactique du black bloc, le débat ne porte pas sur le fait que ce soit bien ou mal de casser des vitrines, ce ne sont que des vitrines, le débat doit porter sur la stratégie à mener pour gagner à court terme contre des réformes odieuses et à long terme contre le système capitaliste. Si la casse et le black bloc permettent d’obtenir des victoires ou présentent de grands avantages lors d’une manifestation particulière, alors ils doivent être utilisés et sont naturellement légitimes car ils s’inscrivent dans une lutte légitime. Si en revanche la casse et le black bloc, lors d’une manifestation donnée, ont un impact plus négatif que positif pour des raisons quelconques, alors il convient de ne pas les utiliser, car ces méthodes ne sont pas des fins en soi mais bien des moyens.
Comme à son habitude, le bloc révolutionnaire a montré un visage festif et déterminé lors de la manifestation du 1er mai. Au plus fort de la manifestation, plus de 600 personnes ont participé au bloc. Réaffirmant ainsi la nécessité de s’organiser en dehors des partis et autres organisations de la gauche institutionnelle, afin de porter des revendications offensives, nous permettant de construire concrètement nos vies et nos villes et ne se limitant pas à la défense de nos droits et acquis sociaux.
Une multitude de banderoles ont été déployées pour illustrer la force et la variété des revendications portée par le bloc. On pouvait y lire (entre autre) : “Genève, debout, soulève toi !”, “Cis-hétéro-patriarcaca dégage !”, “Stop renvois !” , “Pas de paix sans que babylon paie”, “Stoppons la machine à expulsion”, “Nos bandes organisées seront toujours solidaires des exilées” , “From Gaza to Geneva - against all apartheid systems, police and military states”, “En défense de la biosphère - des centres urbains aux zones rurales, front prolétaires contre l’écocide !” et d’autres encore.
Tout au long du parcours, on a pu entendre des slogans véners et déters résonner dans les rues de la ville. Là aussi avec une diversité de sujets importante reflétant les aspirations à un changement radical portées par les participant-e-x-s au bloc (même si les slogans anti-flics et anti-proprio ont été les plus repris. Parce que oui, tout le monde déteste la police et 1500.- pour un studio c’est beaucoup trop. Punktschluss.).
Un tracteur-sono qui nous a fait danser, un infokiosk plein de brochures et de flyers pour s’informer sur l’actualité politique de la ville ainsi qu’un soft-bar (et des bières de contrebande) et quelques fumigènes et pétards sont venus apportés une contribution essentielle à un bloc qui, bien qu’il n’ait pas tenté d’action d’éclat, a permis aux différent-e-x-s acteur-trice-x-s du mouvement de se retrouver dans la rue.
La police c’est de la merde (toi même tu sais)
Bien avant le début du cortège (au moins une heure avant), la police effectuait déjà des “contrôles préventifs” notamment aux alentours de la gare. Un important dispositif policier a été déployé, comme toujours à Genève (ce n’est pas la crise pour tout le monde, on dirait). On a aussi pu constater de nombreux policiers postés sur les toits pour filmer la manifestation. Malgré nos encouragements, aucun n’a osé sauter.
Sur tout le long du parcours, on a également remarqué une présence policière imposante devant le moindre bâtiment (ou arcade) inoccupé. La police a ainsi accompli son rôle de chien de garde du capital avec brio. On peut néanmoins s’interroger sur l’utilité de surveiller le vide laissé par la spéculation immobilière - ou sur l’utilité de la police tout court...
Solidarité avec les 3 de Briançon
A l’arrivée aux Bastions, au lieu de s’arrêter manger des saucisses au premier stand venu, le bloc révolutionnaire, ainsi que la majorité du cortège, a traversé le parc pour se rendre devant le consulat français afin de montrer sa solidarité avec les personnes incarcéréEs suite à l’action de traversée de frontières menée entre Montgenèvre et Briançon le 22 avril.
Une fois arrivé devant les grilles, nous avons été stoppé-e-x-s par la présence de fourgons et de leurs policiers (ou l’inverse). Ces derniers avaient pris la peine de bloquer les grilles du parc avec des colsons.
Plusieurs prises de parole en soutien aux camarades incacéréEs ont alors eu lieu, mais aussi pour rappeller ce pourquoi ielles ont été incarcéré-e-s : en France comme en Suisse, les personnes en exil font face à la violence et au racisme de l’Etat. Il est donc nécessaire de nous organiser pour soutenir leurs luttes et abolir toutes les frontières.
On a aussi pu assister aux malheurs d’un mannequin représentant certains vilains de ce monde - qui fût incendié après un tabassage en règle.
Une manif qui en appelle d’autres
Ce 1er mai a donc vu une multitude de collectifs, groupes et individu-e-x-s se rassembler autour d’une critique radicale de la société. Nous ne pouvons qu’espérer que les personnes qui se sont mobilisées répondront présentes lors des prochains rendez-vous. Lutte contre le centre fédéral de renvoi au Grand-Saconnex (rassemblement le 23 mai - stay tuned), action féministe en tout genre, Droit à la ville, solidarité avec le peuple kurde, 20 ans de la Critical Mass et bien d’autres occasions de créer un rapport de force favorable aux luttes émancipatrices se présentent à nous.
A la prochaine !
Des organisateur-trice-x-s du bloc révolutionnaire
Alors que la foule peine à gonfler cours Clémenceau aux alentours de 10h, pour la manifestation intersyndicale, le dispositif policier commence à se déployer en différents endroits de la ville. Il semblerait que le lieu secret titille ces messieurs en bleu, qui aimeraient bien savoir où il se trouve pour empêcher le surgissement annoncé depuis des semaines à Rouen.
Ils tourneraient semble-t-il autour de l’église St Nicaise. Garderaient-ils un mauvais souvenir de cette joyeuse occupation pendant le mouvement contre la loi travail ? Nous pas.
La manifestation grossit pour atteindre plusieurs centaines de personnes, et part en cortège. Arrivée sur le pont de l’île Lacroix, tous les regards se tournent vers la Maison de la navigation, un bâtiment désaffecté sur l’île. Des fenêtres s’ouvrent, des fumigènes sont allumés, des banderoles déroulées sur les murs. Une bien belle maison de la Grève. Certains diront avoir vu la mâchoire du commissaire manquer de tomber.
Immédiatement, la foule s’avance vers l’entrée, explore le bâtiment. Mais bien vite, les CRS et la BAC encerclent le bâtiment pour empêcher les gens de rentrer et de sortir. Mais ils ne pourront pas expulser les occupant-e-s qui sont déjà à l’intérieur depuis 48 heures, ce qui lance une procédure judiciaire qui donne un peu de répit à cette nouvelle Maison du peuple.
Vers 15h, les forces de l’ordre se retirent, que la fête commence !
Je suis arrivée sur cette partie de la ZAD à l’extrême Est en mars 2013. Cet endroit était vierge de la souillure humaine depuis une bonne dizaine d’années. Après mon expulsion en 2012 à l’ouest de la ZAD, le lieu dit « La Noé Bernard » m’a conquise. J’étais en harmonie avec sa position géographique. L’endroit est unique car légèrement surélevé (66m au dessus du niveau de la mer ce qui en fait un des points culminants de la ZAD). On y voit au loin vers l’ouest l’une de ses plus belles friches, chaque soir le spectacle des couchés de soleil et des levés de lune est un ravissement toujours renouvelé. J’y ai passée mon premier hiver, seule, dans un camping car en fuites. Cet endroit est loin du centre et des « embrouilles.» Le rythme des visites est assez tranquille pour que chacun soit bien reçu. Au début, personne ne savait où se trouvait la Noé Bernard. Les gens qui venaient étaient souvent perdus. Beaucoup sont restés et sont revenus. Dès l’été 2013 une semaine d’échange de savoir sur la terre crue a permis de créer une sorte de famille autour du lieu et les chantiers et coups de main se sont poursuivis les années suivantes
Une cabane a été construite sur deux ans, par bouts, avec les moyens du bord et l’aide de nombreuses personnes qui ont aimé cet endroit, en palette et terre-paille. Le potager a donné de belles tomates et la chèvre Gambette du lait qui m’a permis de faire un peu de fromage. Les poules, avant de disparaître, ont eut leur heure de gloire avec tant d’œufs que l’épicerie de la route des chicanes en recevait un plein panier chaque semaine à Pacques. De jeunes poussent d’arbres fruitiers ont été plantés, des boutures de vigne et de pommier ont été plantés avec amour. La permaculture a été lancée. Les premiers paniers sauvages ont été réalisés. Précisons que ce lieu est sans eau courante et sans électricité. On essaie d’y vivre en harmonie avec la nature. Ce lieu magique m’a beaucoup inspirée. Vous trouverez des photos, des textes et les différents événements qui y ont été organisés sur le site ZAD ICI AUSSI en provenance de la Boîte Noire aujourd’hui tristement disparue) La Noé Bernard a pas mal accueilli les expulsés de l’ouest, et depuis fin de 2015, ma santé ne me permettant plus de vivre les hivers ici, j’ai essayé de passer la main à d’autres personnes avec qui je me sentais en accord et qui voulaient bien prendre soin du lieu et des animaux en mon absence. Aujourd’hui j’ai 58 ans, c’est l’âge qu’aurait Abla (voir son témoignage) si elle était encore de ce monde. J’ai passé les plus belles années de ma vie dans cet endroit. La ZAD a été pour moi une grande école. Une école politique qui m’a permis de trouver ma position par rapport à mes « camarades de lutte » et une école de la nature. J’y ai réalisé un rêve d’enfant, construit ma cabane et mangé des plantes sauvages. J’y ai écris mes meilleurs textes et réalisé les ateliers du Journal Intime Collectif qui m’a semblé être complètement en accord avec l’esprit de la ZAD (description des espaces partagés).
Que se passe-t-il aujourd’hui à la Noé Bernard? Je suis rentrée, fébrile, à l’idée que la cabane pouvait avoir été détruite. Mais non; ô joie, elle a été ignorée par les bleus. Depuis une semaine, l’activité est principalement le nettoyage, la souillure humaine s’est répandue un peu partout, et tentatives d’évacuation des 5 boucs qui ont été abandonnés par les dernières personnes qui ont habité le lieu. Un petit début de jardin qui ne pourra grandir en présence des boucs. Observation et bilan sur tout ce qu’il va falloir réparer et parfois reprendre à zéro. Mais l’euphorie est bien là car il y a la possibilité de rester de façon pérenne.
Le projet que j’ai déposé n’est ni un projet commercial ni d’exploitation agricole rentable, ce n’est ni plus ni moins rien d’autre que la possibilité de continuer ce qui a déjà été fait. Un lieu de vie autonome pour 5 personnes valides et aimant la vie paysanne et des enfants, des handicapées et des personnes en fin de vie. Une maison de retraite intergénérationelle et permacultureuse une maison pour ceux qui souhaitent se retirer. Une halte pour les nomades. Intergénérationnelle où chacun aura sa place, sa participation à l’aulne de ses forces et de ses possibilités. La transmission des savoirs pourra se faire enfin grâce au temps qui s’étire dans la permanence. Une permaculture d’être humains de plantes sauvages et de plantes cultivée sans qu’aucune de nuisent aux autres. (voir la philosophie de « Inuit à Personne ») La permaculture ne nécessite pas de travaux de force (pas de laboure par exemple), au bout d’un moment le jardin se nourri lui-même, on rajoute des couches, c’est un épandage permanent. Il n’y a toujours quelque chose à manger dans un tel jardin comme dans la nature, et on y peut travailler un peu tout le temps. Nous aurons des jeunes bras, des vieux bras, des jeunes cerveaux et des vieux cerveaux pour en prendre soin et s’entraider. Avec la nature nous nous nourrirons nous même. La halte aux nomades nous donnera aussi la possibilité de voyager de jardin en jardin (concept de nomad gardening) Ce n’est évidemment pas ce que j’ai écris à la DDTM.
Mais voilà que tout cela s’écroule car j’apprends (par la DDTM) que d’autres projets ont été déposés sur la Noé Bernard. Par qui ? Pour quoi ? Je n’arrive pas à la savoir. Il y a seulement des hypothèses. Une chose est sure c’est que personne ne m’en a parlé.. J’en ai eu le souffle coupé. Alors il y a une autre chose qui est sure c’est que je ne lâcherai pas ce bout de ZAD, j’aimerais y passer le reste de mes printemps et de mes étés et, s’il le faut, je m’enchaînerais à ce chêne que j’ai eu la joie de voir pousser. J’aimerais ne pas avoir a en arriver à de telles extrémités, alors toutes celles qui se sentent concernées par cette situation qui aimeraient en parler, questionner, proposer et peut-être participer et/ou le soutenir ce projet de continuité dont la lettre (à la DTTM) sera lue publiquement.
sont invitées à un pique-nique Dimanche 6 mai à midi. On pourra aussi, pour celles qui veulent, cueillir des fleurs d’aubépine (c’est magnifique et très bon pour les problèmes cardiovasculaires), aider au jardin ou au nettoyage bricolage après la sieste (apportez des couvertures et matelas si vous pouvez) si le temps le permet.
Bref récit d’une longue manif en serpentin dans le quartier Latin.
Après la manif de l’aprem, avec quelques camarades on a vent de plusieurs manifs sauvages en cours vers Bastille, et on est dans aucune, quelle frustration ! On décide donc de prendre l’apéro place de la Contrescarpe. Le trajet jusqu’au quartier latin se fait sous un bruit constant de sirènes de police en direction de Bastille. On sent bien un parfum de débordements dans l’air. Malheureusement à notre arrivée, la flicaille avait déjà réservé la place pour elle toute seule. Il faut dire qu’on s’en doutait, vu le nombre de camions de CRS qui stationnaient rue Monge.
De part et d’autre de la place dans la rue Mouffetard, nous voilà donc quelques dizaines, peut-être deux cents, Grosjean comme devant. On garde notre matos d’apéro (bières, chips, grenadine) pour plus tard. Vers 18h45-19h, on se décide alors à quelques dizaines de personnes, à partir sillonner le quartier. D’abord 50, on sera jusquà 150 (estimation toute personnelle) par moments. Je ne décrirai pas toutes les déambulations (reproduites sur la carte) jusqu’aux alentours de 21h, mais je me contenterai de certains moments.
D’abord il y a eu des moments comiques. Au début par exemple, on passe rue du Pot de Fer, où les bars sont remplis et la rue étroite. On se dit qu’on ferait mieux d’attendre les condés pour leur laisser une chance (il s’agissait quand même de les faire courir). C’est alors qu’on a pu assister à une scène surréaliste, où les keufs marchaient en bloc au milieu des client.e.s des bars. Certes, on a le rire facile.
Ce qui a pas mal plombé le cortège, c’est l’indécision. Que de fois n’a-t-on tergiversé aux carrefours pour décider où aller ! Il y avait donc beaucoup d’inertie à ces moments-là, ce qui a permis aux flics de nous rattraper facilement. Comme l’a dit un camarade à un croisement, on aurait bien eu besoin des spontanéistes. En même temps, ça nous a permis d’atteindre un objectif : tourner autour et dans le quartier Latin, sans s’en éloigner. Le fait de tourner a permis d’agréger des gens au fur et à mesure. Peut-être qu’au bout d’un moment on aurait dû partir vers un lieu (l’EHESS par exemple), mais ça ne s’est pas fait.
Rester dans le quartier Latin était très avantageux pour nous, car le dédale de ruelles permet de s’échapper. Spéciale dédicace au Passage des Postes qui a sauvé une bonne partie du cortège d’une nasse. Malheureusement, la solidarité a pêché à ce moment-là car une vingtaine de camarades sont resté.e.s salement gazé.e.s et nassé.e.s par les flics dans l’entrée d’un parking (au niveau du panier de basket sur la carte, avouez que c’est malin). Certaines de ces personnes ont été embarquées plus tard, alors que les autres ont été libérées car les flics étaient surmenés. Comme quoi la stratégie de la manif en serpentin a payé.
Il y a eu des moments jubilatoires, comme cette cavalcade le long du Jardin des Plantes : après avoir longuement hésité à parcourir la rue de peur d’une nasse, on a osé la prendre au pas de course.
Il y a aussi eu des moments plus tendus, comme ce CRS tout seul au milieu de la rue Mouffetard (point « flics » sur la carte), qui, alors qu’il se faisait copieusement insulter dans la joie et la bonne humeur, a pointé son arme sur des gens . Quelques instants plus tard, un autre CRS fera le même trajet tout seul sous les mêmes quolibets, mais restera de marbre. 2 salles 2 ambiances.
Il y a aussi eu une grosse salve de lacrymos, alors qu’on profitait d’une autoréduc bien méritée sur les pommes et clémentines au croisement de la rue de l’Estrapade et de la rue Clotilde (icône « explosion »). Je ne sais pas ce qu’il est advenu de toutes les personnes qui étaient là, car ça s’est dispersé dans toutes les rues alentours.
Finalement, ç’a été deux bonnes heures de déambulations, et ça faisait du bien de se promener ensemble. Mais je sais qu’il n’en a pas été de même pour tout le monde, qu’il y a eu des nasses, que des flics ont salement malmené des manifestant.e.s, que d’autres personnes ont eu la malchance de tomber sur des milices fascistes.
C’est donc amer que je suis parti du quartier, me demandant quelle stratégie de notre part aurait pu permettre de mieux nous défendre.
Depuis ce 1er mai 2018 à Paris, ces questions agitent à nouveau les rédactions de presse en mal de sensations ainsi que les politiciens paniqués et de tous bords. Des éléments de réponse avait pourtant déjà été apportés en décembre 2010 après une manifestion émeutière à Rome...
Traduction du texte d’un collectif universitaire italien, en réaction à la campagne de presse des médias italiens sur de prétendus « Black Blocs » pendant les émeutes à Rome le mardi 14 décembre 2010.
Cette question réapparaissant dans la plupart des journaux après chaque émeute, comme celle à Rome le 14 décembre, elle mérite une réponse. Est-ce que vous voulez-vous voir à quoi ressemblent nos visages quand ils ne sont pas masqués par des foulards, des casques ou des cagoules ?
Ce sont les mêmes visages qui paient un loyer pour vos appartements pourris, les visages de ceux à qui vous offrez des stages non rémunérés ou des jobs à plein temps pour 1000 euros. Ce sont les visages qui paient des milliers d’euros pour assister à vos cours. Ce sont les visages des gamins que vous frappez quand vous les chopez avec un peu d’herbe dans leurs poches. Ce sont les visages de celles et ceux qui doivent s’enfuir du bus quand les contrôleurs apparaissent, ne pouvant pas se payer le voyage.
Ce sont les gens qui cuisinent vos faux-filets à point dans les restaurants chics, et reçoivent pour ça 60 euros la soirée, au black. Ce sont celles et ceux qui vous préparent vos cafés serrés à Starbucks. Ce sont ceux qui répondent à vos appels en disant « 118 118, puis-je vous aider ? », ceux qui achètent de la nourriture à Lidl parce que celle des autres supermarchés est trop chère. Ceux qui animent vos camps de vacances pour 600 euros par mois, ceux qui rangent les étalages des magasins où vous achetez vos légumes bios. Ce sont ceux à qui la précarité bouffe toute l’énergie vitale, ceux qui ont une vie de merde, mais ont décidé qu’ils en avaient assez d’accepter tout ça.
Nous faisons partie d’une génération, qui, pour un jour, a arrêté de s’empoisonner le sang avec la névrose d’une vie passée dans la précarité, et qui a soutenu les émeutes. Nous sommes le futur que vous devez écouter, et la seule partie saine d’une société couverte de métastases. Ce qu’il est en train de se passer à Londres, Athènes et Rome est d’une importance historique. Des places remplies à craquer de gens explosent de joie quand les cars de police prennent feu. Notre existence même est dans ces cris : l’existence de celles et ceux qui ne peuvent pas croire que des gouvernements élus se retourneraient contre leurs citoyens et leur feraient payer des dizaines d’années d’erreurs commises par le secteur financier et les multinationales ; l’existence de ceux qui maintenant commencent à penser que tous ensemble nous pouvons commencer à leur faire peur. Ces exclamations étaient furieuses et joyeuses, explosant depuis la partie saine de la société, pendant que celle empoisonnée se cachait dans la Chambre des Députés.
Les Black Blocs ont encore frappé. Vous feriez mieux de regarder autour de vous maintenant. Des rumeurs disent que vous pourriez en rencontrer certains pendant vos cours, à la bibliothèque, à la machine à café, au pub, sur la plage, voire même dans le bus.
Collettivo Universitario Autonomo de Torino, 16 décembre.
Berlin (Allemagne): incendies en solidarité avec les occupant.e.s de la ZAD
mai 3rd, 2018
[En solidarité avec les personnes qui résistent sur la ZAD de Notre-Dame des Landes: Revendication de l’incendie de deux constructeurs de prisons notoires, dans la nuit du 23 au 24 avril à Berlin: un véhicule de SPIE et un autre de Vinci.]
Contrairement aux projets d’isolement et de compétition comme fondement des modèles de sociétés occidentales, en France des ami.e.s et camarades se sont approprié une zone à Notre-Dame-des-Landes, sur laquelle ils et elles pratiquent la solidarité qui est au centre de l’organisation de leur vie commune.
L’Etat français voulait en fait construire un énième aéroport sur cette zone, qui devait être réalisé par la multinationale VINCI. En réaction à ce projet, nos camarades ont occupé la zone. Après l’abandon du méga-projet d’aéroport, une victoire semblait avoir été remportée dans un premier temps. Début avril, l’Etat français a pourtant lancé une attaque contre cette forme de vie en autogestion.
VINCI
Durant la lutte contre le méga-projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, VINCI a été très souvent la cible d’attaques en France mais aussi en Allemagne [1].
L’aéroport, qui a été officiellement annulé il y a peu de temps, aurait dû être réalisé par VINCI.
En tant que multinationale de plus de 100.000 employé.e.s avec son siège social basé à Rueil-Malmaison, Vinci gère notamment 33 aéroports et diverses autoroutes à travers le monde. Vinci s’est révélé être une des grosses entreprises pour s’occuper des infrastructures et du bon fonctionnement de la société en accord avec l’Etat. Les infrastructures publiques, en général et en particulier en France, représentent les intérêts commerciaux de VINCI et nous nous voyons contraint.e.s de les attaquer !
SPIE
En France, la société SPIE est le gros concurrent de VINCI en matière de prestations de services. L’entreprise basée en France se confond avec sa filiale SPIE Nucléaire qui s’implique dans l’industrie nucléaire. En Allemagne, SPIE SAG est impliquée dans l’extraction de charbon et se vante de son partenariat de longue date avec RWE. Les outils pour l’extraction de lignite de RWE ont été transportés dans la forêt de Hambach [2] par SPIE.
En tant que spécialiste majeur en matière de logistiques d’infrastructures, SPIE a également été attaquée par des camarades par le passé [3] pour son implication dans des projets de construction de prisons.
C’est pourquoi, dans la nuit du 23 au 24 avril, nous avons cramé une camionnette de VINCI et une autre de SPIE à Sevan-Kiez dans le quartier de Lichtenberg.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, un CRS de la compagnie de Grenoble a été blessé après une altercation avec plusieurs migrants zone Marcel-Doret.
Avec plusieurs de ses collègues, il a découvert des réfugiés cachés dans la remorque d’un camion. Ils souhaitaient rejoindre l’Angleterre. Lorsqu’ils leur ont demandé de descendre du poids lourd, l’un des exilés, visiblement ivre, s’est rebellé. Depuis la remorque, il a assené un coup de pied au CRS situé en contrebas.
Touché à l’épaule et malgré les protections portées par les fonctionnaires de police, l’homme a été sérieusement blessé. Transporté à l’hôpital de Calais, le médecin lui a prescrit, dans un premier temps, trois jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Trois jours plus tard, de retour à Grenoble, un arrêt de travail de 21 jours lui a été prescrit. L’auteur du coup de pied, un Érythréen, a été placé en garde à vue.
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Limoges : Quand les flics cherchent des noises…
Le Populaire du Centre / dimanche 15 avril 2018
Trois jeunes, dont un mineur, issus du quartier de Beaubreuil à Limoges, ont passé leur week-end en garde à vue après avoir commis des violences sur des policiers et une personne âgée.
Les faits se sont déroulés vendredi après-midi, aux alentours de 15 heures. Rue Fabre-d’Eglantine, une patrouille de police est prise à partie par une bande d’individus, une dizaine au total. Très vite, les choses s’enveniment et une voiture sérigraphiée reçoit un premier pavé.
Une patrouille en renfort est appelée en urgence. Pendant ce temps, le groupe se déplace du côté de l’avenue de Beaubreuil. La seconde voiture de police, arrivée sur les lieux, est de nouveau ciblée par des jets de pierres.
Les agents de la brigade anticriminalité arrivent à leur tour sur les lieux et parviennent à identifier plusieurs protagonistes comme lanceurs de pavés. Il s’agit de deux jeunes majeurs et d’un mineur. Les deux premiers sont interpellés sans trop de difficultés, bien que l’un des deux se rebelle et blesse un policier au niveau du mollet. Le jeune mineur, quant à lui, parvient à s’échapper. Une course-poursuite à pied débute alors.
Le fugitif parvient à se réfugier dans un pavillon en enjambant une balustrade. Tombant nez à nez avec l’occupante des lieux, une femme âgée, il la bouscule et se réfugie dans son pavillon. Les policiers viennent le cueillir quelques instants plus tard, non sans difficulté. Un policier se fait mordre le doigt et se casse la main dans l’interpellation, le second est blessé à la cheville. Une ITT de plus de 8 jours sera attribuée au premier, de trois jours au second.
Les trois mis en cause ont été placés immédiatement en garde à vue. Les deux auteurs de rébellions ont été présentés dimanche devant le parquet de Limoges. Le troisième a fait l’objet d’une convocation en justice.
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Grigny (Essonne) : Haie d’honneur pour les motards de la police
Le Parisien / mercredi 11 avril 2018
Alors qu’ils s’aventuraient dans la Grande-Borne à Grigny derrière un jeune qui effectuait des rodéos à minimoto, les motards de la police ont reçu des coups de pied, de poings dans le casque et même essuyé des jets de pierres et de… vélo. Deux hommes ont été interpellés.
La caméra installée sur la poitrine du policier a filmé la scène, incroyable. Ce week-end, en plein après-midi, dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny, un homme qui effectuait plusieurs allers-retours en roue arrière sur sa minimoto, montant sur les trottoirs à vive allure, est repéré par les motards de la police, en patrouille. Il prend la fuite au milieu des bâtiments.
Les fonctionnaires tentent de le suivre, mais une vingtaine de jeunes du quartier s’approchent alors des agents, formant une haie et profitant de l’occasion pour les frapper avec le poing dans leur casque, sur le torse, afin de les faire tomber de leurs engins. Des pierres et même un vélo sont jetés sur les policiers qui sont parvenus à conserver leur équilibre tant bien que mal. L’un des agents s’est malgré tout blessé au bras en heurtant une barrière. Il s’est vu prescrire 7 jours d’ITT.
Peu après des renforts sont envoyés à Grigny et deux jeunes repérés sur la vidéo-poitrine d’un des motards de la police sont interpellés. L’un d’eux a été relâché « car il n’y avait pas suffisamment d’éléments », selon une source proche du dossier. Le deuxième, majeur, suspecté d’avoir notamment tenté de faire un croche-pied en bloquant les roues d’une des motos de la police, sera convoqué ultérieurement au tribunal. […]
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Rillieux-la-Pape (Rhône) : Les flics se font caillasser
Le Progrès / dimanche 29 avril 2018
Des violences ont eu lieu vendredi en fin de journée ainsi que samedi après-midi dans le quartier de La Velette. Selon nos informations, les forces de l’ordre ont été prises à partie vendredi, à la nuit tombée, après l’arrestation d’un individu recherché, sans doute en lien avec des squats sur le quartier. Aux jets de projectiles lancés de la rue ou de fenêtres d’immeubles, la police nationale a riposté par des grenades lacrymogènes et quelques tirs de flashball. Lors de ces événements, qui se sont déroulés aux alentours de 23 heures, la police municipale de Rillieux est intervenue en renfort. À la suite de cette soirée agitée, la police a procédé à trois autres arrestations samedi après-midi.
Selon le maire de Rillieux, Alexandre Vincendet, d’autres personnes seront probablement arrêtées ces jours-ci. « Pas question de laisser une poignée de voyous faire la loi […] L’enjeu est de faire revenir le calme et la République dans ces quartiers […] Les sanctions seront à la hauteur de cet enjeu », promet le maire, interrogé par notre rédaction sur ces événements
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Bordeaux : Solidaires contre la police
Sud-Ouest / mardi 24 avril 2018
Le Bordelais de 33 ans, à l’origine du caillassage d’une voiture de police, vendredi soir dans le quartier des Aubiers (lire nos éditions précédentes), a été jugé ce lundi dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Il a été condamné à douze mois de prison dont trois ferme et a été maintenu en détention où il avait été placé dimanche.
Vendredi soir, une patrouille de la brigade anticriminalité avait surpris et contrarié une transaction de drogue. Rattrapé après avoir pris la fuite, le dealer avait exhorté des jeunes à empêcher son arrestation. Une cinquantaine d’entre eux s’était retournée contre les policiers en les insultant et en les menaçant et avait jeté un bloc de béton et d’autres projectiles sur leur voiture.
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Dijon : Tout le monde déteste la police – même les chiens !
Le Bien Public / mardi 17 avril 2018
Un policier de la brigade VTT, qui intervenait ce mardi vers 16 h 15 rue de l’Arquebuse, à Dijon, a été mordu au bras et à la jambe par un chien. Il serait sérieusement blessé et a été évacué sur le CHU de Dijon par les pompiers. Des renforts sont rapidement intervenus, et le propriétaire du chien aurait été interpellé.
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Mamerspach (Haut-Rhin) : … « reproductible », qu’on dit ?
Actu17 / mercredi 25 avril 2018
Le suspect avait d’abord commencé par brisé des vitraux de l’église de Mamerspach (Haut-Rhin) ce jeudi 19 avril en début de soirée. Le maire de la commune est alors tombé sur l’homme ivre, en flagrant délit, avant de prévenir les gendarmes.
Les militaires ont vite repéré et interpellé le suspect et ont fait appel aux sapeurs-pompiers. Virulent et refusant d’être attaché dans le véhicule des pompiers, l’homme s’en est pris à l’un des gendarmes. C’est à ce moment que les forces de l’ordre ont décidé de procéder au menottage de l’interpellé. L’homme a alors violemment mordu une gendarme, jusqu’à lui arracher un morceau de peau, avant de le recracher devant elle décrit les Dernières Nouvelles d’Alsace. La militaire conduite à l’hôpital s’est vu prescrire 15 jours d’ITT (Incapacité Totale de Travail). L’accusé a été jugé par le tribunal de Mulhouse ce lundi et a écopé de quatre ans de prison, dont deux ans et six mois ferme.
Suite à un vol de câbles téléphoniques, le paiement par carte bancaire est impossible dans une quarantaine de magasins du centre commercial depuis vendredi.
[…] Si vous devez faire vos courses au centre commercial Carré Sénart à Lieusaint ces jours-ci, passez d’abord au distributeur de billets. Une panne de réseau touche depuis vendredi matin une quarantaine de magasins. Il est impossible de joindre les magasins par téléphone fixe, mais surtout les terminaux de paiement par carte bancaire ne fonctionnent plus dans une quarantaine de magasins.
Un vol de câbles dans la nuit de jeudi à vendredi à 2 km du centre commercial est à l’origine de la panne : 900 m ont été dérobés. « Une partie des câbles qui alimentent Carré Sénart ont été coupés entre Lieusaint et l’autoroute, explique Thibault Desmidt, le directeur du centre. On espère réparer le plus vite possible ». Selon le maire (PS), Orange devait livrer lundi le nouveau câble. « Mais il faut aussi compter le temps d’installation », précise-t-il. Les magasins de Carré Sénart sont fermés ce mardi 1er mai sauf le cinéma et quelques restaurants.
« Je suis en train de m’acheter une paire de chaussures, mais je vais aller au distributeur pour retirer des sous et payer en liquide, confirme Stéphanie. Ce magasin a perdu beaucoup de ventes à cause de cette panne ». « On a perdu 20 % de nos ventes », regrette le responsable de l’enseigne de cosmétiques Lush. Car certains distributeurs de billets, eux aussi reliés au réseau Internet, sont également hors-service.
Les enseignes les plus importantes, comme Carrefour ou les Galeries Lafayette ont mis en place une solution passant par le réseau de téléphonie mobile et continuent donc de fonctionner normalement. […]
Suite à son agrandissement inauguré en octobre dernier, Carré Sénart propose 203 boutiques reparties sur 130 000 m2 et a accueilli 13,6 million de visiteurs l’an dernier. C’est le pôle commercial majeur du sud de l’Ile-de-France.
Soutien aux personnes interpellées suite à la manif du 1er mai
Ce jeudi 3 mai 6 personnes avaient été déférées au tribunal pour passer en comparution immédiate suite aux interpellations du 1er mai. Si toutes ont demandé le report du procès pour pouvoir préparer leur défense, 1 est sorti avec juste une convocation au procès, 3 sont sorties avec contrôle judiciaire et dates de procès, mais 2 ont été placées sous mandat de dépôt en attendant leur procès qui devrait avoir lieu dans quelques semaines (28 mai, 30 mai et 12 juin).
Entre aujourd’hui et demain, ce sont plusieurs dizaines de personnes qui sont déférées pour passer vendredi au tribunal. Nous vous appelons à venir les soutenir au tribunal de grande instance de Paris, porte Clichy, demain à partir de 13h30. (4è étage, salle 4.O7).
Au risque de paraître tirer sur l’ambulance, nous avons choisi la voie du dégrisement. Pour nous la manifestation du 1er mai a été un échec et la stratégie imposée de façon autoritaire par le Black Bloc n’était ni justifiée, ni n’a profité au reste de la manifestation. Collectivement, nous en prenons acte et appelons à dépasser nos pratiques ritualisées du cortège de tête.
C’est assez frappant, et ce malgré la situation sociale généralement morose, que chaque manifestation qui tourne un peu à la confrontation avec la flicaille soit saluée comme une victoire. Un peu comme si le fait de casser en nombre des vitrines égalait un but marqué par son équipe de foot préférée. Ne faisant qu’un, le groupe de supporters fait la Ola et retourne chez lui attendre le prochain match, la prochaine bagarre. Il nous apparait que l’intérêt ponctuel et circonstancié d’un Black Bloc n’est pas là et que nous sommes, peu à peu, en train de nous enfermer dans un trip égotique et autoritaire.
Loin de condamner d’une façon générale les actions directes des manifestants, Blacks Blocs ou pas d’ailleurs, nous aimerions les remettre en cause d’un point de vue stratégique, avec une perspective anti-autoritaire. En effet, pour nous, peu importe qu’on brûle un Mac Do ou un concessionnaire Renault : brûlez les tous même !
Mais, selon nous, on ne peut avancer avec une action directe sans réfléchir à 1) la pertinence de la cible 2) la finalité politique de l’action directe 3) les circonstances de la manifestation en question 4) l’inclusion et la compréhension par le reste de la manifestation ou de la population.
Un échec stratégique
Pour nous ces questions n’ont pas été correctement posées par certains membres du Black Bloc lors du 1er mai qui s’est, la majeure partie du temps, borné à foncer dans le tas et à fuir l’avancée des troupes en détruisant tout sur son passage.
Le fait de s’être rués directement sur le Mc Do et les cibles adjacentes en début de manifestation a provoqué 1) le blocage de la manif qui n’a jamais pu avancer 2) une pression qui s’est reportée sur les manifestants non équipés et en partie acculés sur le pont 3) Un des plus gros cortèges de tête de l’histoire s’est dissout de fait et a perdu toute sa force potentielle 4) Les cortèges de syndicalistes se sont retrouvés à suivre l’itinéraire bis de la Préfecture de Police 5) Une répression très dure et de nombreuses arrestations 6) Une campagne médiatique dans l’opinion pour augmenter l’intensité de la répression.
La gueule du loup
Il nous apparait qu’on a foncé tête baissé dans un piège tendu par la Pref sans se soucier de l’impact sur le reste du cortège, de l’intérêt stratégique de ce qui était fait, ni de la répression qui allait s’abattre sur tout le monde (plus de 200 arrestations !). Cela pose plusieurs problèmes.
Est-ce que cela était prévisible ? Oui ! Et, selon nous, c’était même évident.
Sur le Boulevard, toutes les banques ou cibles potentielles de la casse avaient été « protégées » mais pas le Mc Do au début de la manif… Sans vouloir se la jouer théorie du complot, cela nous paraissait bien bizarre ou en tout cas mauvais plan dès le départ. D’autant plus que ce lieu a été le lieu de plusieurs affrontements en 2016, que c’est un des seuls lieux du trajet qui était pavé, que la densité sur le pont ne permettait pas un retrait rapide… On a voulu déborder là où on nous attendait.
Il aurait fallu attendre que la manifestation avance, prenne ses marques sur le Boulevard, que les cortèges se mélangent, comme cela est arrivé lors des dernières manifestations, et ne pas se jeter dans la gueule du loup. Nous aurions alors gagné en force et ce n’est pas les possibilités qui manquent quand nous sommes si nombreux et déterminés.
La manifestation a aussi été vécue par les autres
La situation vécue sur le pont a été très désagréable, frustrante, voire traumatisante pour certains manifestants. Impossible de savoir ce qu’il se passait à l’avant, impossible d’aller aider les cop(a)in(e)s à l’avant, impossible de reculer pour ceux qui le souhaitaient. Ceux qui se trouvaient avec ou à côté du Black Bloc (de la ligne de front au pont) ont été obligés de sauter les rambardes et de fuir vers les quais. Super entraide d’ailleurs pour faire descendre les gamin(e)s et les plus agé(e)s.
Les flics empêchaient de contourner le dispositif par les quais et tout le monde, dont faisaient partie de nombreuses personnes non équipées, s’est fait copieusement gazé pendant une heure. Pas de médics à l’horizon (ils devaient être tous avec le Black Bloc). La seule sortie était à l’ouest au bord du fleuve et ne menait qu’au trajet Bis de la manifestation, par le pont Charles de Gaulle.
Le quai de l’Arsenal et le quartier Bastille ont été bien amochés lors du repli : on s’en fiche, on y traine pas, les loyers et les bars y sont bien trop chers. Vous auriez cramé l’opéra Bastille, repeint en rouge la colonne Bastille, mis à sac l’Hipopotamus, on ne s’en serait pas émus… Par contre, qu’est ce que cela a apporté ? Quel intérêt politique ? Quels sont les retours de ceux qui n’étaient pas habillés en noir ou équipés ?
Nous pouvons tous faire des erreurs tactiques, cela arrive, encore faut-il les reconnaitre et en prendre acte, surtout si cela déteint sur le reste de la manifestation. Nous n’avons pas l’impression que c’est le cas… l’autocritique c’est pourtant bien utile !
Néanmoins, il nous semble que l’erreur du 1er mai est symptomatique d’une dérive autoritaire et égocentrée. Nous détaillons ici quelques écueils auxquels nous devrons tous nous confronter.
La Révolution ne sera pas télévisée
Ce qui est étonnant, c’est qu’une stratégie qui déteste les médias et les caméras (à raison) utilise cette technique pour apparaitre dans ceux-ci. Au-delà du trip « porn riot » à la Taranis encore populaire chez une fraction de la jeunesse, l’idée générale est d’accaparer l’attention médiatique et de faire de l’ombre à l’image de la manif « plan-plan » de la CGT. L’émeute était d’ailleurs annoncée auparavant sur différents sites et avait été reprise par la communication de la Préfecture de police, des appels internationaux à rejoindre la bagarre avaient été traduits dans de nombreuses langues.
La « révolution ne sera pas télévisée » et ce ne sont pas les seuls actes spectaculaires qui nous donneront un avantage dans l’opinion, que cela soit celle du cortège de tête, du reste de la manifestation ou de la population. Nous jouons à armes inégales, tant matérielles que médiatiques. De plus, il semble illusoire et contradictoire de vouloir destituer et combattre la presse bourgeoise en arborant des techniques spectaculaires.
Non au foquisme du Black Bloc
Dans la manifestation comme parfois en dehors, il semble que le fait de participer à la casse organisée ou à des bagarres avec la police sonne parfois comme un argument d’autorité dans un certain millieu radical. Pour nous, il est clair que le choix et la maitrise de cette technique ne donne en aucun cas une légitimité politique.
Cette tendance au « foquisme » du Black Bloc est une dérive autoritaire vouée à l’échec. Il est hors de question d’abandonner le monopole de l’action et de la parole à ceux qui seraient plus entrainés, plus forts, plus équipés. La direction politique aux foyers de guérilla urbaine, non merci !
Le problème est que la technique Black Bloc peut avoir un impact si important sur le reste de la manifestation, que celle-ci ne peut que soutenir les cop(a)in(e)s lorsqu’ils sont nassés ou lancés dans le feu de l’action. Car qui serions-nous si nous vous laissions tou(te)s seul(e)s, sans soutien pendant et après la manif ? Mais la question inverse se pose également : quelle légitimité auriez-vous si nous ne vous soutenions pas activement pendant et après la manif ?
Pour un black bloc qui bloque autre chose que la manif
Nous ne sommes pas hostiles à la technique du Black Bloc et nous l’avons maintes fois utilisée. Et même quand nous n’y sommes pas, nous sommes solidaires des cop(a)in(e)s en pleine action, blessés ou arrêtés. Mais pour nous elle doit servir quelque chose d’autre que la simple joie d’exister ou de se faire plaisir entre les convaincus. Autrement dit nous aimerions un Black Block qui bloque autre chose que la manifestation. 1200 personnes en black bloc, 15 000 dans le cortège de tête pour juste défoncer un mac do et cramer un concessionnaire c’est franchement du gâchis… notamment quand on voit le nombre d’arrestations.
Pourquoi cette technique n’est pas utilisée pour bloquer des lieux de pouvoirs, des centres logistiques, décisionnels ? Elle serait pourtant très utile aux actions de blocage et de sabotage… Pourquoi n’est-elle pas utilisée lorsque la pression médiatique est moindre ? C’est pourtant là où on risquerait le moins…
« Franchement on s’amusait mieux sans le Black Bloc »
Nous comprenons très bien que pour certains, l’expression d’une violence contre les objets symboliques du capitalisme soient un exutoire à une existence sur laquelle s’exercent la violence et le contrôle de l’État. Mais de là à en tirer une théorie générale d’interprétation du monde et de la révolution, c’est pousser le bouchon un peu loin.
Ainsi on peut vivre de belles scènes de solidarité dans l’émeute ou des manifestations plus énervées mais on peut aussi avoir des mauvaises expériences : violence gratuite et aveugle, sexisme, répression très violente, arrestations… Comme ailleurs ! Si nous avons réussi à désacraliser la manifestation cadrée par les syndicats, continuons sur notre route et désacralisons l’émeute, le black bloc ou même le cortège de tête. Ce ne sont que des stratégies, des techniques, pas une fin en soi.
Prenons tous la tête du cortège de tête
Le cortège de tête est devenu lui aussi ritualisé et pourrait presque remplacer le cortège syndical car il est aujourd’hui aussi nombreux dans les manifestations. Au début de l’événement, le Black Bloc et quelques groupes précis prennent la tête avec leurs banderoles, posent pour les caméras et les photographes et donne le départ d’un pas assuré. Il y a donc bien une hiérarchie dans le fonctionnement actuel du cortège de tête et il faut prendre conscience de cela. Soyons inventifs pour remettre en cause cet ordre établi, pour montrer du doigt l’autoritarisme quand il existe chez nous, sans pour autant nous diviser !
Ce qui nous semble le plus urgent ce n’est pas la convergences des luttes mais l’extension des luttes. Pour cela, nous ne pouvons pas rester figés sur nos bases inébranlables de convaincus. Qu’elles volent en éclats avec les autres certitudes du vieux monde ! Le cortège de tête n’appartient à personne. Prenons la tête du cortège de tête !
Récit de la manif du premier Mai par La Meute. La manifestation ayant été dispersée dans plusieurs endroits, ce compte-rendu couvre le début de la manif, ce qui s’est passé vers le Jardin des Plantes et sur les quais ainsi que l’arrivée d’une partie de la manifestation à Place d’Italie.
*Ce qui devait arriver arriva. À peine le mois de Mai commence-t-il que le voilà propulsant la question sociale à l’avant-scène du spectacle politique. Quand certain.es n’ont rien trouvé d’autre à faire pour invisibiliser les luttes que de parler d’un MacDo saccagé, LaMeute a été sur le terrain, dans la manifestation parisienne de ce #1erMai explosif.*
Place de la Bastille. 14h. Cela faisait plusieurs heures que des dizaines de milliers de personnes se rassemblaient le long de l’Arsenal, sous la chaleur naissante et les rayons perçants du soleil. Au croisement du Boulevard de la Bastille qui longe l’étendue d’eau, et la Rue Jules César, on passait du cortège syndical bien rangé (fort, selon la CGT, de 55 000 personnes) à un cortège de militant.es autonomes (qui aurait été, lui, de 14 500 personnes selon la préfecture de police).
Critique anti-autoritaire sur la ZAD de NDDL et appel à rassemblement les 12 et 13 mai.
Compagnon.ne.s, copa.in.e.s, compas, complices, camarades, c’est le moment de faire face aux forces armées de l’état capitaliste, aux tenant.e.s de la régularisation et aux gouvernances auto-proclamées de l’intérieur. Partout nous subissons leur domination et leur dédain. Partout nous luttons pour qu’ielles ne dirigent pas nos vies.
Le 14 mai 2018 a été fixé par l’état comme date limite pour les occupant.e.s « illégaux.ales » ne souhaitant pas se régulariser pour quitter les lieux… Cela pose la question de ce qu’est une occupant.e « illégal.le » ? Et quels sont ces « lieux » ? Et vers où ces personnes sont censées aller ? La « zone » deviendrait elle un territoire d’accès contrôlé ? Qui y aura accès ? Qui donnera les autorisations ? Sur quelles bases ? Dans quelles limites géographiques ? Que cela implique t’il comme mesures de contrôle social ? Qu’adviendra t’il des personnes jugées « illégales » ?
Une partie du mouvement contre l’aéroport et pour son monde a imposé sa vision au reste des occupant.e.s : si on est gentil.le, si on signe, si on barricade pas les boulevards de flics, si on acquiesce aux ordres de la police zadionale et de ses zadiocrates, l’état nous laissera tranquille…
Après avoir vendu à prix libre la route des chicanes (RD281) et imposer par la force la destruction de Lama Fâché, le dépôt de fiches (non communiquées auparavant à l’ensemble du mouvement ni à l’ensemble des occupant.e.s) a été fait malgré les désaccords profonds sur cette stratégie grâce à une campagne de lobbying dans l’urgence (avec en arrière plan les risques réels de sanctions physiques en mode « coffre et coups de pression »).
Depuis des années déjà, les coups de forces et les prises de pouvoir gangrènent la vie sur la Zad. Longtemps, les anti-autoritaires ont rongé leur frein pour ne pas compromettre la lutte contre l’aéroport. Aujourd’hui, le temps n’est plus à la compromission avec les franges « capitalist-friendly » ou hiérarchiques. L’aéroport est mort, vive les luttes !
Depuis la Zad, nous nous organisons pour lutter contre toutes les dominations et contre toutes les hiérarchies. Parce que nous ne tolérons pas que la Zad soit appropriée par des groupes qui imposent leurs vues à tou.te.s, s’approprient les moyens de production et cadenassent les organes de décisions politiques. Parce que la Zad est à tou.te.s, qu’elle se maintien grâce aux solidarité de tou.te.s, nous refusons sa gentrification.
Nous invitons tou.te.s les anti-autoritaires, les rebelles, les insurgé.e.s, les autonomes, les non-enfiché.e.s, les minorisé.e.s, les marginal.e.s, les cas sociaux, les loosers, les galèrien.ne.s, les schlags à se retrouver sur la Zad de Notre Dame des Landes les 12 et 13 mai 2018 (si tu veux venir avant, welcome) pour organiser de façon horizontale les ripostes les plus imprévisibles aux attaques autoritaires, étatiques et capitalistes.
La peur n’évite pas le danger.
Nous sommes résolu.e.s à ne pas céder sous les menaces d’où qu’elles viennent. Évidemment tout est autogéré et nos résistances seront ce que nous en feront.
Venez avec vos idées, vos analyses, vos points de vue, vos divergences, vos ateliers, votre matos, vos cagoules…
Soyons incontrôlables.
PS :
PS : Les comportements sexistes, racistes, validistes, homophobes, et généralement tous les comportements « relous » et oppressifs n’ont rien à faire de ce coté de la barricade ; ils sont les instruments de nos oppressions !
Un travailleur sans papiers est mort renversé par une voiture de police près du chateau de Versailles le 30 avril dernier. Un article publié sur le site Désarmons les.
Le 30 avril 2018, Ismaël Deh, 58 ans et père de 8 enfants, vend des goodies pour touristes à l’effigie de la Tour Eiffel près du château de Versailles quand une patrouille de police s’approche pour le contrôler. Présent en France depuis 18 ans, il a travaillé 17 ans à la plonge dans un restaurant à Cannes, sans pour autant être régularisé. Il avait été placé en rétention en 2008, mais avait échappé à l’expulsion.
A la vue de la police, il s’enfuit et se fait percuter par le fourgon de police alors qu’il est poursuivi de près et tente de traverser la rue Carnot pour leur échapper. Il heurte violemment le capot du véhicule, occasionnant un traumatisme crânien, ainsi que des fractures de la jambe et des côtes.
Il décède dans l’après-midi du 1er mai à l’hôpital Pompidou (Paris 15 ème).
Une enquête de l’IGPN est ouverte.
Alors que la presse sénégalaise confirme l’identité de la victime, la presse française ne la nomme pas, la qualifiant seulement de “vendeur à la sauvette”. Le processus habituel de déshumanisation consistant à qualifier les faits d’accident, à ne pas mettre un nom sur la victime, puis à lui faire porter la responsabilité de sa mort, est déjà en route…
Pour Ismaël Bokar Deh (ou Ismaëla Deh), ni oubli ni pardon.
Dans le prolongement de leur campagne estivale « Defend Europe », que nous avions suivi tout l’été avec notre camarade Yannis Youlountas, une soixantaine d’Identitaires français, italiens et allemands se sont mis en scène le week-end du 22 avril 2018 sur le col de l’Échelle, dans les Hautes-Alpes, pour simuler le blocage de la frontière avec l’Italie, point de passage des migrant·es fuyant la guerre et la misère. Avec leurs hélicoptères, leurs 4×4 et leurs drones, ils ont joué les supplétifs des forces armées de l’État, comme ils l’avaient fait en mer Méditerranée avec les garde-côte libyens : les Identitaires se désignent d’ailleurs eux-mêmes dans leur communiqué comme des « patrouilles de surveillance et de renseignement ». Rien que ça !
Le Front national, sans surprise, a salué l’action des identitaires, la qualifiant d’«efficace ». Il est vrai que Damien Rieu, présent au col de l’Échelle, travaille à la communication du maire FN de Beaucaire, Julien Sanchez… Fort heureusement, les réactions hostiles à ce coup de com’, souvent dénoncé comme tel, ont été très nombreuses, et la riposte antifasciste ne s’est pas faite attendre : une manifestation de plusieurs centaines d’antifascistes français·es et italien·nes à Montgenèvre et Briançon pour la liberté de circulation, a traversé la frontière dimanche 22 avril, emmenant avec eux quelques dizaines de migrant·es.
La colonne de migrants et de leurs soutiens sur les pistes de ski de Montgenèvre, dimanche 22 avril.
Mais il faut reconnaitre que l’opération de communication politique des Identitaires a parfaitement fonctionné, puisqu’avec leur filet en plastique et leur doudoune de schtroumpfs, ils ont réussi à faire croire à de nombreux médias mainstream à « l’efficacité » effective de leur action. Mais ce qui a particulièrement attiré l’attention de nombreux observateurs, c’est l’attitude pour le moins partiale de l’État, et singulièrement celle de sa police et de son ministre de l’Intérieur.
Tandis que les Identitaires ont pu mener en toute tranquillité leur petite opération devant des gendarmes passifs qui les ont ensuite gentiment raccompagnés, la manifestation antifasciste s’est soldée par l’arrestation de six camarades, dont trois sont passés en comparution immédiate pour « aide à l’entrée irrégulière en bande organisée ». Selon le collectif Délinquants solidaires, en marge de la manifestation, cinq personnes ont également été passées à tabac par des policiers lors d’un contrôle, dont l’une souffre de multiples contusions, d’un énorme hématome à la mâchoire, d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la trachée, qui lui ont valu dix jours d’ITT. En revanche, à notre connaissance, aucun militant identitaire n’a subi ne serait-ce qu’un contrôle d’identité…
Casque sur la tête et matraque télescopique à la main pour les antifas ; lunettes de soleil et bras croisés pour les identitaires…
Ce sont aussi les déclarations du ministre Gérard Collomb, qui a qualifié l’opération des identitaires de « gesticulations » et renvoyé dos à dos militants d’extrême droite et antifascistes, qui a ému jusque dans les rangs de l’Assemblée nationale et du Sénat, d’autant que la « mission » identitaire est intervenue fort opportunément au moment du vote de la loi asile et immigration.
De nombreuses personnes ont aussi rappelé l’intransigeance du ministre de l’Intérieur dans l’évacuation des facs occupées ou de la ZAD de Notre-Dame des Landes : or son mot d’ordre d’alors, « rétablir partout l’État de droit », ne concerne visiblement pas les actions anti-migrants des Identitaires. Il y a un an, alors que Collomb venait tout juste d’être nommé ministre, l’Auberge des migrants s’était vu bloqué sa distribution de repas à des migrant·es de Calais au nom du « respect de l’ordre public »; Aujourd’hui, le parquet de Gap, qui avait ouvert une enquête suite à l’action des Identitaires au Col de l’Échelle, vient de la classer sans suite, faute « d’infraction constatée » : le procureur de la République de Gap a déclaré sans rire qu’aucun migrant n’avait en effet porté plainte…
Cette mansuétude a posé question, notamment sur les réseaux sociaux. Elle est d’autant plus troublante qu’en tant que maire de Lyon, Gérard Collomb n’a pas fait preuve à l’égard des Identitaires de sa ville (solidement implantés depuis bientôt huit ans avec leur local la Traboule) d’une très grande fermeté, même lorsque des violences d’extrême droite ont été constatées. En 2013, Armand Creus, conseiller régional et membre du collectif Vigilance, avait critiqué le manque de prise de position du maire Gérard Collomb qui n’avait pas répondu aux questions posées par le collectif sur l’implantation de l’extrême droite à Lyon. Contactée par le site d’informations Slate, la mairie n’avait pas souhaité s’exprimer «pour ne pas faire de la publicité» aux mouvements d’extrême droite…
Dans l’affaire du col de l’Échelle, Gérard Collomb semble avoir même validé l’action des Identitaires en annonçant que « des renforts importants de forces de l’ordre vont être envoyés pour faire respecter le contrôle des frontières dans les Hautes-Alpes », comme s’il avait eu besoin de l’action des militants d’extrême droite pour agir : les Identitaires ne se sont d’ailleurs pas fait prier pour s’en réjouir. Les soutiens aux migrants de la zone ont en effet témoigné d’une « re-militarisation de la frontière », avec des contrôles renforcés par une vingtaine de militaires présents sur la route la nuit et des motoneiges.
Mais qui sont donc ces Identitaires qui prétendent agir « à la place de l’État », sans que l’État, ou du moins l’un des ses principaux représentants, n’y trouve quasiment rien à redire ? Pour le savoir, intéressons-nous à l’un de ses porte-parole français, Clément Galant, qu’on a vu à de nombreuses reprises dans les médias lors de l’action au col de l’Échelle, et qui faisait également partie de l’équipage du C-Star de « Defend Europe » cet été. S’il n’est apparu sur le devant de la scène que très récemment, c’est un militant identitaire de longue date, puisqu’il faisait partie des identitaires interpellés après “l’occupation” du chantier de la mosquée de Poitiers le 20 octobre 2012.
Clément Gandelin, dit “Galant”.
Né en octobre 1994 à Lyon, de son vrai nom Clément Gandelin, il est le fils de Philippe Gandelin, ancien garde du corps de l’ancien maire de Lyon Michel Noir, mais aussi, si l’on en croit le site Lyon People, le photographe officieux de Gérard Collomb, qui était aussi son ami. À l’occasion de son décès en 2010, Lyon People nous précise également que Philippe Gandelin « connaissait quelques arcanes de l’hôtel de ville qu’il gardait fidèlement pour lui. C’est aussi toute une délégation de la Ville qui assistait à son dernier voyage. » Bref, un familier de l’hôtel de ville où Collomb siégeait déjà depuis près de dix ans.
La mort de Philippe Gandelin a laissé Clément orphelin : afin de récolter des fonds pour le fils de leur ami, les notables lyonnais se mobilisent. Jean-Claude Pietrocola, PDG de Media Sport Promotion, crée une association des Amis de Philippe Gandelin et organise un « Trophée de Golf » solidaire pour récolter de l’argent, en présence de Clément alors adolescent, comme on peut le voir sur ces photos. Pietrocola est d’ailleurs un habitué de ce genre d’événements sportifs et solidaires, puisqu’il avait organisé par le passé un autre « Trophée de Golf » en soutien à une association d’aide aux enfants hospitalisés, auquel avait participé… Gérard Collomb, qui partage avec Gandelin et Pietrocola la passion du golf.
Quoiqu’il en soit, ce qu’on doit principalement retenir de cette affaire, c’est que la meilleure réponse aux « gesticulations » de l’extrême droite, c’est une solidarité concrète et sans faille à tou·te·s les migrant·es qui fuient la misère et la guerre ; c’est aussi que, derrière leur posture « anti-système » en carton, les militants nationalistes seront toujours les supplétifs de la répression d’État, comme on a pu le voir lors des blocages des universités ou dans l’opération médiatique du Col de l’Échelle.