Vive l'Anarchie - Semaine 18, 2023

Sommaire

Communiqué de l'Organisation militante des anarcho-communistes de Russie BOAK sur la mort de Dmitry Petrov

Publié le 2023-05-01 07:35:07

C’est un jour noir pour l’ensemble du mouvement anarchiste et pour notre organisation en particulier. Dmitry Petrov, notre camarade, l’un des fondateurs et membres actifs de BOAK, est mort le 19 avril 2023 près de Bakhmut en Ukraine, dans la lutte pour la liberté.



Dima était un anarchiste de longue date, toujours conséquent. Pendant longtemps, il a été connu dans le mouvement en tant que militant écologiste, mais ses activités ne se limitaient pas à la défense de la nature. Il a également participé à des manifestations pour défendre le parc Bitsa à Moscou, à l’initiative Food Not Bombs, il s’est battu contre les dépôts de déchets et la construction d’incinérateurs, pour les droits des travailleurs-euses dans les rangs du syndicat anarchiste MPST et contre les brutalités policières. Il a pris une part active au mouvement antifasciste et a combattu les nazis dans les rues de Moscou et ailleurs. Il a participé à la manifestation de la place Bolotnaya à Moscou en 2011, à Maidan à Kyiv en 2014 et en Belarus en 2020.
Il a publié et traduit de la littérature militante. Il a participé à des expéditions ethnographiques et est titulaire d’un doctorat en histoire. Cela suffirait pour 10 militant-es, mais Dima ne s’est pas limité à cela. Dima était à l’origine du mouvement partisan anarchiste à la fin des années 2000. Il a continué à être partisan depuis. Il a participé aux groupes “People’s revenge”, “ForNurgaliev” et “Anti-Nashist Action”. Et bien sûr, Dima a également été l’un des fondateurs du célèbre Black Blog et a participé activement à toutes ses actions. Y compris l’explosion d’un poste de la police de la circulation sur le 22e kilomètre du périphérique de Moscou en 2011.
En même temps, Dima ne s’est pas consacré uniquement à la pratique révolutionnaire. Il a également développé la théorie anarchiste - une grande partie des textes programmatiques et théoriques du Black Blog et du BOAK ont été écrits par lui ou avec sa participation.
Comme un vrai révolutionnaire, Dima était un internationaliste. Il combattait les attrocités de l’oppression partout où il les voyait et les frontières ne l’arrêtaient pas. Outre la Russie, l’Ukraine et le Belarus, il s’est entraîné au Rojava et a pris part à la lutte de libération du peuple kurde.
En réponse à l’invasion de l’Ukraine par Poutine, il a rejoint le comité de résistance pour s’opposer à l’agresseur les armes à la main. Il a participé aux batailles de Svatovo et de Kremenna.
Dans tout ce qu’il entreprenait, il agissait avec un dévouement total. Il ne vivait pas seulement, il était comme un feu qui brûle.
Son œuvre est immortelle. Ses actes sont éternels.
Nous n’arrivons toujours pas à saisir pleinement cette perte ni trouver les mots justes pour comprendre quel genre d’homme il était. Le genre d’homme que chacun devrait s’efforcer d’être. Mais nous essaierons de trouver ces mots. En attendant, nous publions un message de Dima, qu’il a laissé lorsqu’il est parti au front.

"Je m’appelle Dmitry Petrov, et si vous lisez ces lignes, c’est que je suis probablement mort en combattant l’invasion de l’Ukraine par Poutine.
Je suis membre de l’Organisation militante des anarcho-communistes BOAK et le resterai après ma mort. BOAK est notre idée, née d’une croyance en la lutte organisée. Nous avons réussi à la mener au-delà des frontières étatiques. J’ai fait de mon mieux pour contribuer à la défaite de la dictature et à la révolution sociale. Et je suis fier de mes camarades, qui ont mené et mènent encore la lutte en Russie et à l’étranger.
En tant qu’anarchiste, révolutionnaire et Russe, j’ai jugé nécessaire de participer à la résistance armée du peuple ukrainien face a l’occupation de Poutine. Je l’ai fait pour la justice, pour défendre la société ukrainienne et pour libérer mon pays, la Russie, de l’oppression. Pour toutes les personnes qui ont été privées de leur dignité et de la possibilité de respirer librement par le système totalitaire néfaste créé en Russie et au Belarus.
Une autre signification importante de la participation à cette guerre est d’établir l’internationalisme par notre exemple. À l’heure où l’impérialisme meurtrier suscite en réaction une vague de nationalisme et de mépris pour les Russes, j’affirme en paroles et en actes qu’il n’y a pas de “mauvaises nations”. Toutes les nations ont un malheur : des dirigeants avides et assoiffés de pouvoir.
Il ne s’agit pas d’une décision ou d’un geste purement individuel. Il s’agit de la poursuite de notre stratégie collective visant à construire des structures durables et à mener une guérilla contre les régimes tyranniques de notre région.
Chers ami-es, camarades et famille, je présente mes excuses à toutes les personnes qui ont été blessées par mon départ. J’apprécie profondément votre chaleur. Cependant, je suis intimement convaincu que la lutte pour la justice, contre l’oppression et l’injustice est l’une des significations les plus nobles qu’un homme puisse donner à sa vie. Et cette lutte exige des sacrifices, jusqu’à l’abnégation totale.
Pour moi, le meilleur souvenir est celui d’une personne qui continue à travailler activement, en surmontant les ambitions personnelles et les conflits inutiles et nuisibles. Si vous poursuivez la lutte active pour parvenir à une société libre fondée sur l’égalité et la solidarité. Pour vous, pour moi et pour tous nos camarades. Les risques, les difficultés et les sacrifices sont nos compagnons de route permanents. Mais soyez assuré-es qu’ils ne sont pas vains.
Je vous embrasse.
Votre Ilya Leshy, “Seva”, “Lion”, Phil Kuznetsov, Dmitry Petrov."



Molotov Attack on Police in Santiago, Chile & International Call for Black May

Publié le 2023-05-01 21:45:03

SANTIAGO, $HILE: CLAIM OF INCENDIARY EXIT FOR THE PACO DAY1 AT THE UNIVERSIDAD ACADEMIA DE HUMANISMO CRISTIANO AND INTERNATIONAL CALL FOR A BLACK MAY.

On Thursday April 27 as affinities we broke into the normal functioning of the university citizenship of the UAHC to celebrate the day of the paco in the way we like the most: with street violence. We set up a barricade of debris to interrupt the Condell traffic and thus invoke the bastards to fight them with Molotov cocktails. While we waited, we set fire to the electricity pole of a surveillance camera located at Obispo Salas and Condell. In this context, the response of the ratis2 was not long in coming; helmets, shotguns, bullet-proof vests and a shield were timidly placed outside their gate to intimidate and provoke our action. Unfortunately, we did not take the bait and waited for the police onslaught in order to fight back in a more optimal way, not as a sign of cowardice towards the ratis (we always went straight at them, even provoking them with a couple of Molotovs on the ground and stones), but knowing that if we attacked them directly, they would unleash an onslaught of shots and the panic could have caused a worse accident given the crowd of people in the street.

In this context, the wait for the police onslaught took almost two hours, which exacerbated the spirits of several of us. During this wait, a citizen-cop threatened us in a stupid and naive way with the intention of hitting us. A brief scuffle broke out and ended with his precious car out of service thanks to a Molotov that set fire to the driver’s seat of the car. We are not ashamed to attack the material goods of those who try to act as police without wearing a uniform; they more than deserve it.

After two hours of long and tedious waiting, the guanaco3 located at Condell and Providencia begins to advance while from Rancagua and Condell another guanaco also advances, trying to make a “trap” strategy. It is at this moment when we launched a couple of Molotovs, which triggered the advance of the ratis, covering themselves with the guanaco to proceed to execute about 9 shots, which left a person from the university wounded in his skull.

After this offensive, we continued the confrontation with Molotov cocktails inside the vicinity of the university. It is at that moment when the guanaco threw water directly into the face of a student.

Apart from any useless victimhood, we know that in the face of our inflammatory provocation they will do the impossible to see us imprisoned/dead; we are proud enemies of power and we are consistent with that, our lives are always open to the possibility of jail or death. Moreover, we also know that these events occur in this way because the precious government of the progressive bourgeoisie has given unlimited guarantees to its forces of order, all this under the neo-fascist rhetoric of “citizen security”. The trigger-happy law does nothing more than evidence the political crisis of progressivism and the unrestricted union of the entire political class. The progressive sector has not been able to repress subversion under the counterinsurgency mechanisms of social democracy (recuperation, democratization, grassroots politicking, etc.) and has given ground to the rhetoric of punitive populism, which leaves them only one option to safeguard their reputation: self-perpetuate at gunpoint.

It should be noted that, in addition, during this day, simultaneous confrontations occurred at the Liceo Barros Borgoño (with a compa run over by the cops), Liceo 1 (with several detainees), INBA, Liceo de Aplicación, the former Pedagógico (where the cops attacked entering the university), among other establishments that were also occupied after the riots.

In relation to all that happened during that day, it is worth reflecting on the means of attack that we use in the face of the armed threat of the police in the context of trigger-happy behavior. We know that the police have always shot at us at random, however, this cannot remain just an inconsequential chant that says “all the bullets will be returned” while standing idly by. It is our certainty that those bullets do not return on their own and that when they least expect it we return them with ferocity and that in those moments they exhibit all their cowardice when they see us armed… Yes, this is also a threat.

It is time to study new means, new objectives, to qualify the attack, to strike harder and harder and to be unpredictable and invisible to the eyes of power. In a self-critical way we think that if we have to make incendiary exits we cannot only arm ourselves with Molotov bombs, paint or stones. It is necessary that our offensive puts their miserable lives at risk and that they feel the taste of blood in their mouths. Enough of raising banners waiting for them to stop shooting and killing us and let’s take arms into our hands not only in the peripheries of the city, but also in the heart of the metropolis; without leadership, without platforms, without vanguards, without leaders, informally and among like-minded individuals to unleash the anarchic war against all the existent.

For these reasons and more, we call for the multiplication of anarchic urban guerrilla actions throughout the world, making an Internationalist Call for a BLACK MAY in memory of comrade Mauricio Morales and in solidarity with Mónica Caballero and Francisco Solar as their oral trial is about to begin on May 19. We leave you these words to be spread around all the black threads of the world, dedicated to those who have ears to hear them, minds to reflect and hearts to take action and explode in rebellion.

SOLIDARITY AND ARMED COMPLICITY WITH MÓNICA, FRANCISCO, MAWUNKO, TOMÁS, THE COMRADES OF THE SUSARON CASE AND THE GENDARMERÍA CASE!
UNLEASH REVENGE THIS MAY 1ST FOR FRANCISCA SANDOVAL AGAINST THE TRAFFICKERS-COPS OF CENTRAL STATION!
ANARCHIC SOLIDARITY WITH THE INDEFATIGABLE COMRADE ALFREDO COSPITO!
UNLEASH THE NEW ANARCHIST URBAN GUERRILLA AGAINST ALL THE EXISTENT!
FOR A BLACK MAY FULL OF EXPLOSIONS AND SOLIDARITY!
LONG LIVE THE BLACK INTERNATIONAL!

DN Notes

  1. paco, refers to the cops especially to the riot cops, the carabinero, meaning to be a servant of order. The actual Paco day is the national day of celebration by the Chilean state for the cops, hailing form the military junta days, when military style parades are made in major cities. On this day anarchists and other revolutionaries protest and riot in the streets of Chile.
  2.  ratis, slang for cops, especially for the PDI [Policía de Investigaciones de Chile], literally the Chilean version of the FBI.
  3. guanaco, slang for the water cannon commonly used during demos and riots in Chile.

Source: Dark Nights

Sappey-en-Chartreuse (Isère) : feu à l’antenne-relais de TDF [MàJ]

Publié le 2023-05-02 09:00:05

Une antenne-relais dégradée par un incendie volontaire,
des habitants privés de réseau
Le Dauphiné, 27 avril 2023

C’est vraisemblablement une alerte identifiant un dysfonctionnement qui a conduit un technicien à se rendre dans la montée du Fort du Saint-Eynard sur la commune du Sappey-en-Chartreuse pour procéder à des vérifications sur l’antenne relais TDF qui y est implantée, ce jeudi 27 avril en fin de matinée.

Il a alors découvert que l’installation avait été dégradée par un incendie dont tout indique qu’il était d’origine volontaire, au cours de la nuit précédente.

Alertés, les gendarmes de la compagnie de Meylan se sont rendus sur place, bientôt rejoints par les sapeurs-pompiers qui ont éteint les dernières fumerolles, et par leurs collègues de la brigade des recherches puis de la section de recherches.

Ce sont ces derniers qui sont finalement chargés d’enquêter sur cet acte de sabotage – qui pourrait être l’œuvre d’opposants à la 5G ayant déjà sévi à de nombreuses reprises dans la région – qui a altéré la qualité du réseau utilisé par les opérateurs Orange, Free et Bouygues.

Une partie des habitants du Sappey-en-Chartreuse sont ainsi privés de réseau téléphonique pour plusieurs jours, le temps que l’antenne-relais soit totalement réparée.


Le Sappey-en-Chartreuse. Incendie d’une antenne-relais : le parquet confirme l’origine criminelle
Le Dauphiné, 28 avril 2023

Le procureur de la République de Grenoble, Eric Vaillant, a confirmé l’origine criminelle de l’incendie qui a dégradé l’antenne-relais TDF exploitée par les opérateurs Orange, Free et Bouygues implantée sur la route du fort du Saint-Eynard sur la commune du Sappey-en-Chartreuse dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 avril.

Un acte de sabotage qui a privé une grande partie des habitants de réseau internet et de téléphonie et qui a été découvert, dans la matinée de jeudi, par un technicien, lequel avait aussitôt alerté les gendarmes.

Des techniciens en identification criminelle se sont rendus sur place et ont procédé à des constatations et à des prélèvements d’indices après que les sapeurs-pompiers eurent éteint les dernières fumerolles.

Le procureur de la République a confirmé qu’une enquête avait été ouverte et qu’elle avait été confiée conjointement aux gendarmes de la brigade des recherches de Meylan et de la section de recherche de Grenoble. Ces derniers vont évidemment tenter d’établir si cet incendie volontaire – qui ne semble pas avoir été revendiqué — est l’œuvre d’opposants au déploiement de la 5G.

De nombreux actes de sabotages de ce type en Isère

Rappelons en effet que de nombreux actes de sabotage visant ce type d’installation ont en effet déjà été perpétrés en Isère, le dernier remontant au mois de février dernier à Entre-deux-Guiers contre une antenne-relais exploitée par Free.

Avant cela, dans la nuit du 25 au 26 mai 2022, une installation identique avait été dégradée par incendie à Têche et le lendemain, c’est une antenne relais située à Soleymieu qui avait été attaquée. En janvier et février 2022, même scénario à Flachères, dans les Terres Froides, d’autres sabotages étant commis dans le secteur du lac de Paladru.

Dans l’agglomération grenobloise, un transformateur électrique alimentant une antenne relais utilisée par les opérateurs SFR et Bouygues Telecom avait été incendié en février 2021 dans l’enceinte de la société Constructel à Sassenage. En mai 2020, trois relais TDF avaient été dégradés par le feu à La Tour sans Venin (Seyssinet-Pariset), Herbeys et Jarrie.

Saint-Étienne : Un premier mai agité !

Publié le 2023-05-02 21:00:06

La manifestation du 1er mai à Saint-Étienne a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes et est partie en manifestation spontanée après les prises de paroles sur la Place de l’Hôtel de Ville !

- Beaucoup de raquettes de tennis pour renvoyer les palets lacrymogènes. Une banderole renforcée et des plaques de bois en première ligne.
- Beaucoup de tirs de grenades lacrymogènes avec quelques tirs tendus et des projectiles lancés sur la police.
- Banques et agences immobilières éclatées et saccagées, vitres des boutiques orange et sfr détruites, etam et d’autres magasins de vêtements pillés. Cacatov sur le commissariat de la police municipale et un cocktail molotov en direction des FDO.
- Un millier de personnes dans le cortège rouge et noir et un millier de personnes au départ de la manifestation spontanée !
- 6 personnes interpellées en fin de manifestation lors de la dispersion. Dont une interpellation accompagnée d’un coup de tête par un policier casqué.

Pour de meilleures conditions de vies, en mémoire des martyrs de Chicago et contre le capitalisme : Vive le 1er Mai en lutte ! Et vive la lutte !

Petit-Bourg/Les Abymes (Guadeloupe) : cinq armoires de fibre pour le prix d’une

Publié le 2023-05-02 21:05:06

Le réseau de la fibre Orange victime d’actes de vandalisme
Guadeloupe la 1ere, 27 avril 2023

Ce ne sont pas moins de 5 armoires de rue fibre (PMZ) qui ont subi des dégâts assez lourds dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 avril 2023, pour que le réseau desservant ces éléments, soit totalement inopérant ce jeudi 27 avril 2023. L’opérateur public Orange a fait savoir que plus d’un millier de ses abonnés à la fibre sont privés de liaison.

Les pannes générées par ces actes malveillants sont localisées à Petit-Bourg et aux Abymes. Les équipes d’Orange ne prévoient pas un retour à la normale avant ce vendredi 28 avril pour une première partie des clients impactés.
Les équipes resteront mobilisées dans le week-end en vue d’un retour à la normale progressif pour tous les clients.

Recouvrons les publicités de l’armée !

Publié le 2023-05-03 18:20:06

Vous aussi, vous trouvez que la dernière campagne de pub de l’armée est dégueulasse ? Nous vous invitons à y répondre sur les murs de votre quartier !



Ces derniers mois, les abris-bus de nos villes ont été décorés par la dernière campagne de pub de l’armée de terre. Une fois de plus, le service com’ de nos charmants bidasses veut faire croire qu’être soldat tiendrait plus ou moins du développement personnel : s’engager dans l’armée, ce serait l’occasion de croire en soi, donner un sens à sa vie, aller de l’avant, faire du sport, voyager, succès garanti à tout les niveaux, retour de l’être aimé, la marmotte, le papier d’alu, tout ça tout ça.

Ça pourrait sembler séduisant, mais le foutage de gueule est quand même flagrant : de notoriété publique, devenir soldat c’est obéir aveuglément en laissant de côté toute éthique personnelle, déléguer son libre arbitre à l’institution – des plus petits choix du quotidien à celui de ne pas tuer son prochain –, potentiellement sacrifier sa vie et celles des autres aux intérêts des dirigeants de l’État. Et évidemment, cette campagne ne parle pas des traumatismes psychologiques et physiques de nombreux soldats – ça ne fait pas très « aller de l’avant » d’avouer que tuer et voir d’autres se faire tuer, ça laisse des traces à vie.

Cette campagne s’inscrit dans une offensive militariste plus globale, où l’État alloue de plus en plus de budget aux armées – passant de 300 à 413 milliards selon la loi de programmation militaire proposée cette année–, veut développer la souveraineté française en matière de fabrication d’armes et de munitions, et tente d’embrigader les esprits par divers moyens (campagnes de pub foireuses, Service National Universel, etc.). Ceci dans un contexte qui mêle crises écologiques et sociales, et défiance grandissante envers un régime économique et politique potentiellement en fin de cycle. Peut-être l’État voit-il d’un œil craintif toutes ces personnes qui donnent un vrai sens à leur vie en s’engageant contre le capitalisme et la destruction du vivant, plutôt que sous les drapeaux ?

Nous avons donc décidé de répondre à cette campagne d’affichage dégueulasse, en imprimant et collant nos propres affiches qui – elles, au moins – décrivent avec un peu plus de vérité ce qu’est le métier de soldat. Nous vous invitons à faire de même partout ! Recouvrons la propagande belliciste de l’État, et que fleurissent partout des slogans, actions et collectifs antimilitaristes !

La Coordination Régionale Anti Armement et Militarisme lutte en Auvergne-Rhône-Alpes contre l’industrie de l’armement et l’embrigadement des esprits ; nos affiches sont disponibles sur cette page, avec ou sans les nom et contact de notre collectif, si vous souhaitez mettre le votre (ou rien du tout) à la place.

Si vous luttez contre l’industrie de l’armement et le militarisme dans votre région, n’hésitez pas entrer en contact avec nous, soyons en lien !

craam@riseup.net
craam.noblogs.org

Souvenirs de préventive

Publié le 2023-05-03 18:25:07

Quelques souvenirs et réflexions autour d’un passage en détention préventive, en espérant que ce partage puisse servir à d’autres. Free Jeremy, free tout le monde !



C’était il y a quelques années déjà, j’ai passé quelques semaines en détention préventive, ce qui n’est qu’une expérience très modeste en comparaison à ce que vivent plein de gens moins privilégiés dans les prisons, ici et surtout ailleurs. J’écris là-dessus aujourd’hui, parce que Jérémy est en préventive lui aussi, et a fortiori parce que sa détention vient d’être prolongée. Surtout, en tant que dissident·es radicale·xs nous devons composer avec cette possibilité de passer par la case prison. J’aimerais partager quelques observations que j’ai pu tirer sur cette institution, tout en la dénonçant aussi pour ce qu’elle est, indépendamment de mon parcours personnel.

Je précise que je ne vais pas être précis sur les questions juridiques. Je propose, pour en savoir plus, de lire la brochure sur les droits qu’on a en détention préventive, éditée à Genève en 2016.

J’avais déjà lu un certain nombre de témoignages et autres critiques de la prison, notamment sur le fait que quand on est enfermé·e, un des aspects les plus durs est de ne pas savoir quand on va sortir. La Suisse a notamment mis en place un régime spécifique terrible (je ne parle pas là de la préventive) sous la forme de mesures d’internement prolongeables sans limite par des expertises psychiatriques, ce qui fait que les personnes concernées peuvent potentiellement y rester à vie. C’est, clairement, beaucoup plus dur que de purger une peine dont la durée est définie. Je mentionne ce régime particulier parce qu’on ne le dénoncera jamais assez, et on ne rappellera jamais assez qu’il a mené Skander Vogt à la mort.

Pour ma part, je ne suis pas touché par les mêmes réalités : jusqu’à cet épisode je n’avais vécu que de la garde à vue, qui n’avait pas été prolongée au-delà de vingt-quatre heures. Du coup, quand le juge a prononcé ma mise en détention préventive, j’ai fait connaissance, toutes proportions gardées, avec l’incertitude de ne pas savoir quand j’allais sortir. C’était un des aspects difficiles à gérer psychologiquement, même déjà sur les quelques semaines que j’ai vécues.

Je m’étais armé d’une forte détermination à être actif sur ce qui m’était imposé. Ne pas répondre aux questions, refuser les prises d’empreintes digitales et d’ADN jusqu’à ce qu’on me les impose par la force, dénoncer certains délais d’attente suite à mes refus pendant la garde-à-vue comme de la répression, insister pour des menus vegan et ne pas manger ceux qui ne l’étaient pas clairement, revendiquer différentes choses dont l’accès à des suppléments de vitamines, etc. L’idée n’était pas de m’imposer des contraintes insupportables ni de me faire des illusions sur ce que je pouvais gagner (à part sur le droit au silence qui n’est pas une illusion mais reste notre meilleure défense en cas d’arrestation), mais juste d’exercer ma volonté plutôt que de tout accepter en succombant à la résignation. Bien que je ne résistais de loin pas à toutes les mesures disciplinaires car ça m’aurait coûté trop cher, mes actes de résistance m’ont permis de ne pas me laisser écraser, alors que je découvrais la privation brute de liberté et le pouvoir cru des maton·nes et de l’administration carcérale.

À l’évidence, dans cette prison peu de détenus possédaient le passeport à croix blanche qui m’avait jusque-là aidé à éviter l’enfermement, et on n’était pas tout à fait de la même classe sociale. Quand d’autres détenus me conseillaient de demander à travailler à l’atelier pour m’occuper et avoir des relations, et que je répondais que ne ne voulais pas me faire exploiter, je voyais bien qu’on n’était pas à la même enseigne.

Les discussions avec certains d’entre eux pendant la sortie quotidienne dans la cour intérieure me montraient un décalage béant entre nos conditions sociales. J’avais un avocat choisi, eux pas. Le mien s’engageait pour me défendre, les leurs pas. J’avais un foyer qui m’accueillerait à ma sortie, un d’eux me racontait qu’il avait perdu son appartement et son job à cause de sa détention. Il me demandait pourquoi j’étais là, et quand je disais que j’étais accusé de coups et blessures lors d’une manifestation, il me dit : « T’inquiète pas, toi tu sors bientôt. Tu le vois, lui là, ça fait vingt mois qu’il est là ! » Merde. Vingt mois en préventive sans savoir quand tu sors. C’est clair qu’on ne parle pas là de prison qui vise la « réintégration » dans la société, mais d’un écrasement ravageur de vies déjà précaires.

Un autre m’explique qu’il est en prison parce qu’une carte téléphonique qui était à son nom aurait été utilisée pour du business illégal, et qu’il n’avait eu aucun moyen de prouver qu’il n’avait rien à voir avec ce business. Vous pensez qu’un suisse croupirait des mois en prison pour un tel motif ?

Et mon camarade de cellule pendant la garde-à-vue, un type vraiment hyper-gentil qui n’en était pas à son premier passage en prison pour séjour illégal. Il avait accès à du travail grâce à un cousin installé en Suisse, du coup il allait revenir après sa prochaine expulsion du pays, pour bosser en espérant éviter les contrôles. Il avait notamment bossé pour monter les serres ultra-technologiques d’une start-up qui lançait son projet de cultures de légumes hors-sol entièrement automatisée, dont les médias avaient parlé quelques temps auparavant. Les avantages technologiques qui s’établissent grâce à du travail ultra-précaire, comme un air de déjà vu...

Ce que j’ai pu observer, c’est une certaine solidarité entre la plupart des détenus, de la bienveillance vraiment chouette dont j’ai pu bénéficier. Je n’ai peut-être pas perçu certaines tensions, mais il y semblait y avoir une base intelligente consistant à plutôt s’éviter quand on ne s’entend pas. On ne se tire pas dans les pattes alors qu’on est déjà tous bien dans la merde. Rien à voir avec les clichés de certaines séries télé, qui laissent à penser qu’il n’y a qu’agressivité et humiliations entre les détenu·es.

J’avais été placé seul en cellule, alors ces sorties d’une heure par jour pour socialiser, faire une partie de ping-pong ou du jogging, étaient bienvenues. Dans ma cellule je faisais différents exercices physiques dont de la musculation, ce qui n’est pas dans mes habitudes mais ça faisait du bien de se défouler contre la frustration. J’essayais d’écrire un maximum, sans me mettre de pression, autant pour me faire du bien en exprimant des sentiments que pour profiter de la situation pour produire des réflexions politiques. Il y avait quelques romans intéressants avec des thèmes politiques dans la bibliothèque de la prison, qui m’apportaient bien plus que l’inévitable télévision que j’allumais quand même assez souvent pour passer le temps et avoir quelques nouvelles générales (en plus d’une mise à jour sur la production actuelle de clips musicaux)...

Bien sûr je me prenais bien la tête sur cette action bien trop foireuse et mes choix et réactions qui m’avaient amené là, sur ce qu’il fallait que je dise ou ne dise pas, sur ce qu’il fallait que j’écrive à mes proches ou pas, ce que je pouvais demander à mon avocat, et ce qu’allaient décider les juges sur ma détention ou ma libération. J’espérais qu’il y allait y avoir une réaction politique contre cette répression, mais comme je le compris plus tard, mes complices essayaient plutôt de faire profil bas pour ne pas montrer des liens et incriminer d’autres personnes, tout en faisant un gros boulot pour planquer mes affaires et tout ce qui pourrait intéresser les flics, ne sachant pas s’il y allait y avoir des perquisitions ou pas. Ce n’est que vers la fin de ma détention que d’autres ami·es non impliqué·es ont été mis au courant et ont commencé à m’envoyer des lettres et des colis. En débriefant, nous nous sommes dit·es qu’une telle délégation du soutien de mes complices directs à d’autres ami·es aurait pu être faite plus rapidement.

J’étais enfermé assez loin de chez moi dans une ville non francophone, ce qui ne facilitait pas la tâche de mes complices, ne serait-ce que pour comprendre ce qui se passait. Heureusement, le groupe antirep de la région où j’étais enfermé avait été vite mis au courant, et j’ai pu recevoir des t-shirts et quelques articles d’hygiène un peu plus décents que le training et le gel-douche fournis par la prison. Il paraît que ce groupe a aussi rédigé un article pour dénoncer ma détention.

La décision de me mettre en détention préventive à la fin de ma garde à vue était justifiée par le « risque de collusion », qui signifie que ma détention visait officiellement à empêcher que je planque des trucs ou que j’avertisse des gens, ce qui n’avait pas trop de sens puisque j’avais été arrêté pour des faits qui s’étaient déroulés sur le moment. De fait, mes complices planquaient mes affaires et les flics n’ont pas perquisitionné. J’avais bien compris au moment où le juge a prononcé la détention préventive qu’il s’agissait d’une punition en soi, une de ses déclarations orales le signifiait explicitement. Comme j’avais un revenu ridiculement bas, je n’étais pas saisissable et il était très vraisemblable que mes chefs d’accusation aboutiraient à une peine pécuniaire que je ne paierai pas. Préventive, mon cul !

Vers la fin de ma détention, malgré que je tenais bien le coup et restais concentré sur ce qui me semblait important, j’ai bien dû constater que je craquais un peu nerveusement, autour d’évènements comme par exemple le blocage de certains colis envoyés par mes proches contenant des livres et surtout de la bouffe vegan et des vitamines. En préventive, l’administration carcérale peut empêcher l’entrée de livres ou autres objets pour éviter que des messages soient introduits de l’extérieur. Un maton, à qui je signalais que ce qu’on m’avait envoyé était neuf et sous emballage, m’a rétorqué que ça arrivait que des gens bien équipés ré-emballent à l’identique les objets pour les faire rentrer… Le truc quand on me dit ça c’est que je sens bien qu’ils s’en foutent que je sois ou pas dans une organisation mafieuse avec des gros moyens, c’est juste que le maton et la direction de la prison ont le pouvoir de me refuser mon colis, un point c’est tout ! Tout comme le médecin de la prison qui a répondu un « vous n’êtes pas à l’hôtel » à ma demande de suppléments alimentaires m’a en fait signifié « j’ai du pouvoir, pas toi ». Bref, ce n’était clairement pas la mort de tenir mon régime pendant quelques semaines alors que la prison fournissait sur demande un menu végétarien ou (environ une fois sur deux) vegan, et que je pouvais acheter quelques articles d’épicerie dans une liste limitée de produits, mais force est de constater que la bouffe ça me faisait stresser. Probablement une sorte de goutte d’eau qui faisait déborder le vase, vu l’ensemble des pressions, violences et contrariétés concentrées dans cette petite histoire.

J’ai l’impression qu’en prison on apprend pas mal de choses sur soi-même, et qu’on ne sait pas à l’avance ce qu’on va supporter ou pas. Je n’ai pas le sentiment d’avoir été traumatisé par les cinq flics qui m’immobilisaient et me tordaient les doigts pour prendre mes empreintes, par contre j’ai super mal vécu le stress des courriers de la justice après mon retour à maison. Il faut dire que le courrier n’arrivait pas à mon adresse réelle, et que plusieurs fois je l’ai récupéré et ouvert alors qu’il ne restait que très peu de temps pour répondre, communiquer avec mon avocat ou faire recours. J’étais submergé par des sentiments de malaise que je ne m’expliquais pas, outre par le fait d’être revenu dans ma vie à moi et de rester confronté malgré moi à cette parenthèse répressive. Je n’ai jamais trop su si la phase de déprime que j’ai subie quelques mois plus tard était plus ou moins liée à cette expérience.

Je n’avais pas beaucoup sollicité mes complices pour qu’on gère ensemble le suivi post-détention, parce que j’avais le sentiment d’avoir bien résisté : ce n’était somme toute que quelques semaines, les conséquences judiciaires ne s’annonçaient pas dramatiques et j’ai continué à m’impliquer dans la lutte. Mais je vois maintenant que tout gérer tout seul était une erreur, et je conseille après toute incarcération d’avoir un suivi collectif, ne serait-ce qu’à trois personnes, que ce soit pour des aspects pratiques ou psychologiques : relever le courrier, communiquer avec l’avocat·e, discuter des décisions à prendre, se demander régulièrement comment ça va, chercher des ressources extérieures si nécessaire.

Aujourd’hui je me dis que je saurai mieux à quoi m’attendre la prochaine fois que ça m’arrivera, je me connais mieux et j’aurais probablement une approche différente sur certains aspects. J’ai envie de dire à la fois qu’on a raison de se protéger de la répression et de la dénoncer, mais aussi qu’il ne faut pas la sur-dramatiser. Oui, si on lutte contre ce système et qu’on se met à le menacer, une partie d’entre nous sera confrontée à la prison. Et ce, quel que soient les modes d’action qu’on met en œuvre : un pouvoir aux abois emprisonne aussi des ultra-pacifistes et des légalistes. Ça peut être plus ou moins dur, alors autant s’y préparer. Beaucoup a déjà été écrit sur la survie en prison, qu’on pense à Jean-Marc Rouillan, au journal L’Envolée ou à tant d’autres. Pas mal de gens ont acquis une conscience politique plus aiguë lors de leur séjour en prison. Certains anti-militaristes suisses des années 1970, par exemple, faisaient plusieurs aller-retours entre l’intérieur et l’extérieur de la prison pour délit d’objection de conscience, ce qui était courant avant la mise en place du service civil. Ils développaient une critique du système carcéral, notamment en éditant des journaux, et des liens avec d’autres catégories de détenus dans une perspective de lutte des classes.

Enfin, pour finir en toute honnêteté, cette expérience est une de celles qui m’a montré qu’on est souvent moins héroïque que ce qu’on aimerait être. Ne pas avoir parvenu à politiser cette expérience jusqu’à maintenant, ne pas être parvenu à maintenir un lien avec l’intérieur, tout ça n’a pas manqué de me faire culpabiliser. Face à la répression on fait ce qu’on peut, on pourrait toujours faire mieux. Au final, je vois deux manières de mettre en échec la répression : Ne laisser personne seul·e face à elle, et continuer la lutte.

Je dédie ce texte aux gars que j’ai croisés en taule, à qui j’ai promis que je publierai ce témoignage. Faites passer le mot : en Suisse comme ailleurs, la majorité des détenu·x·e·s sont là parce qu’iels sont pauvres et étrangèr·exs. La prison est un outil d’oppression de classe au service d’une société raciste !



Vengeance pour S et toustes les autres

Publié le 2023-05-03 18:30:05

Dans la nuit du 2 au 3 mai nous avons vandalisé le commissariat municipal du 8eme arrdsmt de Lyon dans la rue Maryse Bastié. On a voulu participer à l’appel des camarades du S a zbeuler la semaine du 1er mai. Avec cette action on montre notre soutien a S et a toustes celles et ceux qui se battent contre la police et l’état.



Dans les quartiers, les mouvements sociaux, a Mayotte et a Sainte Soline la police nous mutile, nous attaque, nous blesse et nous tue. S comme tant d’autres a subi cette répression.

L’état et le capital nous envoie leur police et leur armée pour défendre leurs intérêts et leurs privilèges. Ils sont prêt a tuer pour maintenir leur domination.

A Sainte Soline, l’état nous a fait la guerre avec une violence militaire inouïe pour défendre un trou utile a quelques grands propriétaires de l’agrobuisness. Alors qu’en face S et les autres étaient venus lutter pour un monde meilleur pour toustes.

Contrairement à ce que dit la préfète du Rhone. La violence qu’a subi S ou les personnes qui ont perdu un œil ou une main a Nantes ce lundi montre que ce sont bien eux les assassins potentiels.

Ce 1er mai nous étions fortes et solidaires, continuons a l’être pour S et les autres.

Cette action en soutien a S, Ivan , Boris, Alfredo et toustes les personnes blessées et emprisonnées.

Des individu-e-s à risques.

QUELLE INTERNATIONALE ? CETTE INTERNATIONALE !

Publié le 2023-05-05 11:30:03

QUELLE INTERNATIONALE ? CETTE INTERNATIONALE !

Réflexions sur la grève de la faim d’Alfredo Cospito contre le 41 bis et l’emprisonnement à vie hostile et la mobilisation internationale de solidarité (20 octobre 2022 – 19 avril 2023).

Le 19 avril, la longue grève de la faim entamée le 20 octobre dernier par le prisonnier anarchiste Alfredo Cospito contre le 41 bis et la perpétuité incompressible s’est achevée après 181 jours.

Au cours de ces six mois, Alfredo a conservé la combativité et la dignité qui l’ont distingué tout au long de sa vie – et en particulier au cours de sa détention – en ouvrant les contradictions au sein de l’appareil de pouvoir, en donnant de la force à l’action révolutionnaire internationale et de la visibilité à la propagande des idéaux antiautoritaires, en utilisant son corps et sa vie même pour dénoncer avec un écho sans précédent la machine d’anéantissement sur laquelle est construit l’appareil politique malfaisant du régime italien.

Pour les anarchistes, la responsabilité est toujours individuelle. Cet aspect distingue historiquement l’anarchisme des autres tendances de la lutte des classes. Un choix aussi radical qu’une grève de la faim totale ne peut jamais être le résultat d’ordres du parti, il n’est pas la fille d’une directive extérieure et n’est pas annulé par les délibérations d’une entité politique qui pèse les résultats de la dispute et, s’ils sont positifs, demande au prisonnier de suspendre la lutte.

Alfredo a voulu donner une valeur collective à son initiative dès le départ, en demandant l’abolition du 41 bis et de l’emprisonnement à perpétuité incompressible pour tous. L’arrêt de la Cour constitutionnelle du 18 avril stipule que pour tous les crimes dont la peine fixe est l’emprisonnement à vie, il sera désormais toujours possible d’appliquer des circonstances atténuantes afin d’éviter l’emprisonnement à vie à l’accusé. Cela ne concernera pas seulement Alfredo Cospito et Anna Beniamino dans le procès Scripta Manent. Ce n’est pas encore l’abolition de la prison à vie, mais c’est au moins l’abolition de la prison à vie obligatoire prévue jusqu’à présent pour certains crimes. Le lendemain, le compagnon décide donc d’interrompre sa grève de la faim.

Au cours de ces six mois, Alfredo a résisté avec constance et obstination aux tentatives de l’assassiner ou de le faire renoncer. Il a résisté aux nombreux refus de la Cour de surveillance de Rome, de la Cour de cassation et du ministre de la justice Nordio concernant sa demande de déclassement du régime 41 bis ; il a résisté à la demande d’emprisonnement à vie du procureur de Turin : il n’a interrompu sa grève de la faim qu’après avoir réussi à obtenir quelque chose de concret sur l’une de ses demandes. Alfredo a beaucoup donné, démontrant la force de l’idéal de liberté qui l’anime dans la lutte ; sa vie est encore en danger et il risque de subir des dommages permanents au cours des longues années de prison qui l’attendent encore.

Nous respectons les choix du compagnon et lui sommes reconnaissants de la force qu’il nous a donnée à tous. Au cours de ces six mois, l’anarchisme international a pu exprimer son énergie et sa radicalité autour de cette affaire. Le mouvement de solidarité, par l’éventail des pratiques déployées, dans les manifestations collectives comme dans les actions individuelles, a constitué un problème d’ordre public en mettant au centre du débat les raisons de cette lutte. En particulier, sur la question du 41 bis, il n’y avait jamais eu autant d’attention sur ce régime infâme d’anéantissement. Jamais la sacralité de l’anti-mafia, dont la critique a toujours été taboue en Italie, et encore plus dans les milieux de gauche, n’avait été autant remise en question. Une plaie ouverte qui, nous en sommes sûrs, continuera à saigner à long terme. Cela ne s’est pas produit grâce à des acrobaties politiques ou communicationnelles, mais sur la vague d’initiatives radicales qui ont été prises.

La décision ignoble prise par le précédent gouvernement d’unité nationale dirigé par Mario Draghi et la ministre de l’époque, Marta Cartabia, d’enfermer un anarchiste dans le 41 bis s’est avérée être un boomerang. Si l’objectif déclaré du 41 bis est d’empêcher la communication avec le monde extérieur, cet objectif a non seulement échoué, mais il a produit exactement le contraire : les écrits d’Alfredo n’ont jamais été aussi connus, la diffusion des idées anarchistes a eu une visibilité sans précédent à l’époque contemporaine. L’avertissement 41 bis n’a pas produit le recul que beaucoup craignaient, il a au contraire provoqué la colère et multiplié les initiatives.

La ligne de fermeté du nouveau gouvernement de droite ne s’est pas accommodée du refus de l’anarchisme de transiger avec la dialectique politique. Sur les décisions stratégiques, de la guerre à l’économie, le gouvernement de Giorgia Meloni est en parfaite continuité avec son prédécesseur. Même dans ce domaine, non seulement il n’a pas su dépasser les erreurs commises par ses prédécesseurs, mais avec sa rhétorique « loi et ordre » typique de l’extrême droite, il a exacerbé le conflit et en a prolongé la durée.

Nous devons répondre à la réaction répressive qui arrive déjà – dénonciations, perquisitions, mesures conservatoires et préventives – en défendant comme un patrimoine collectif l’ensemble des pratiques mises en place ces derniers mois. Nous ressentons comme nôtre chacune des actions qui ont eu lieu dans cette période.

En revanche, nous rejetons avec dégoût toute rhétorique de « solution politique » autour de la grève de la faim d’Alfredo Cospito. Le compagnon n’a pas interrompu sa grève de la faim pour donner la parole à la société civile, ni parce qu’il a réussi à ouvrir un débat démocratique sur le 41 bis. Ceux qui affirment cela ne tiennent pas compte de la nature fondamentalement anti-politique de l’anarchisme. La grève de la faim d’Alfredo a suivi une logique totalement différente et lorsqu’il a pu s’exprimer (comme lors de l’audience de Pérouse le 14 mars), il a dit très clairement que « les seules lueurs que je vois sont les gestes de rébellion de mes frères et sœurs révolutionnaires dans le monde ».

Des tentatives de réconciliation démocratique, même marginales, ont été entreprises ces derniers mois par la racaille qui se rassemble dans le monde du parti radical. L’Association de résistance radicale non violente a offert à Alfredo une présidence d’honneur. Le conseiller régional des radicaux en Lombardie, Michele Usuelli, est allé rendre visite à Alfredo en prison le 1er février et lui a demandé de condamner les actions violentes qui se déroulaient à l’extérieur et d’interrompre sa grève de la faim pour protester contre ces actions. Il s’agit d’une initiative lâche, menée à l’encontre d’un prisonnier qui, en tant que prisonnier 41 bis, est lui-même soumis à la torture de la privation sensorielle, qui est également en grève de la faim depuis plus de trois mois et qui doit en outre supporter la visite de quelqu’un qui prétend être son ami et qui tente de l’entraîner sur la voie de la désolidarisation.

C’est pourquoi la mobilisation des anarchistes et les pratiques conflictuelles qui se sont exprimées ont été si importantes. Ces actions ont maintenu la porte de la politique fermée, elles se sont placées sur un terrain irrémédiable, elles ont réussi à communiquer, non seulement à tant de personnes exploitées, mais aussi à Alfredo lui-même, en faisant savoir au compagnon, à un moment de grande souffrance, qu’il y avait encore des personnes qui portaient haut la bannière du conflit, en l’aidant à résister aux provocations des ennemis et aux tentations des faux amis. Nous devons être fiers de ce qui a été fait.

Malgré tout cela, nous vivons comme une défaite le fait qu’Alfredo reste dans le 41 bis. Cela nous met en colère de penser que notre compagnon est toujours dans ce régime d’anéantissement, peut-être avec des problèmes de santé permanents causés par sa longue grève de la faim. Si cela doit nous inciter à poursuivre la lutte, à faire payer à l’État les contradictions de cette décision, cela présente aussi des dangers.

Le principal danger est de s’engager dans une lutte sans fin sur le terrain spécifique de la prison. Nous avons toujours été et restons sceptiques à l’égard de toute forme de spécialisation anti-prison. Parce que la prison ne peut pas être le centre d’une lutte. Parce qu’au centre se trouvent les raisons pour lesquelles les gens se retrouvent en prison. Ces raisons qui ont conduit Alfredo en prison et pour lesquelles il risque la perpétuité sont plus que jamais d’actualité : exploitation, racisme, impérialisme, nucléaire.

Alfredo a fini au 41 bis parce qu’ensuite, une fois en prison, il a continué à contribuer au débat, à communiquer son élan révolutionnaire au monde extérieur. Avec Alfredo, ces dernières années, nous nous sommes posé une question : quelle internationale ? Si nous voulons éviter la voie qui nous mène simultanément à la troisième guerre mondiale et à la catastrophe climatique, le moment est venu de répondre d’urgence à cette question. Le mouvement qui s’est développé au cours des six derniers mois nous donne sans doute une indication. C’est notre internationale.

Anarchistes à Foligno
3 mai 2023

Traduit de la nemesi

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Quels objectifs en manif ?

Publié le 2023-05-05 11:35:07

Depuis longtemps on déambule en manif sans objectifs.



Soit, on s’est pas organisé en amont pour préparer quelquechose de bien et nous
pouvons nous en prendre qu’à nous-même.
Néanmoins pourquoi toujours se fixer éternellement sur les flics en faisant en sorte
qu’ils nous gazent pour nous donner une raison d’exister ? Pourquoi se fixer encore et
encore sur le centre ville ? Casser les vitrines du centre, foutre le sbeul, déborder le
dispositif... Errer dans les rues comme des gamins perdus, à la recherche d’un
moment émeutier, tags, feu de poubelles, heureusement que les flics nous aident à
nous décider sur la rue qu’on va prendre sinon on en finirait pas au hasard du bonheur
la chance. Ca en devient ennuyeux, folklorique, stérile et on se fatigue, on gaspille
des forces précieuses.

Que voulons-nous au sein de ce énième mouvement des retraites ? Ce mouvement
draine bien plus que le refus de la réforme et tout le monde n’en est pas dupe même si
c’est elle et l’autoritarisme de l’état qui fait le ciment de cette lutte.
Tout ce que nous avons fait jusque là n’est clairement pas suffisant pour faire reculer
ces connards en costard qui nous chie dessus avec le sourire.

Je pense que plutôt que de tenir bec et ongles devant les flics sans défendre
d’objectif autre que l’accès au centre et de bagarrer avec les flics presque pour la
forme, parce que c’est devenu la routine on pourrait glisser comme un savon.
Pour gagner cette lutte il va falloir monter d’un cran. Ca veux dire se remettre en
cause et viser plus haut, plus juste. Nos ennemis sont l’état et les capitalistes ?
On ne devrait plus savoir où donner de l’attaque !
Peu importe qu’ils nous repoussent vers les quartiers sud, vers la route de Lorient ou
je ne sais où. Car partout il y a des lieux de pouvoir et des grandes entreprises.
Partout il y a des prisons, des institutions, des casernes, des gros porte-feuilles, des
temples de la consommation, des sièges sociaux de ceux que nous ne pouvons plus
voir, des signes de ce monde que nous voulons faire disparaître.
Ils nous chassent du centre, glissons comme le savon, sans perdre de temps et
d’énergie au spectacle de la contestation et frappons là où ils ne nous attendent pas.
Leur adresses sont connues et innombrables, allons leur rendre visite,
visons haut, visons juste.

Sincèrement, une personne participant aux black blocs

Lyon (Rhône) : faire péter les caméras de vidéosurveillance

Publié le 2023-05-05 15:10:03

Des caméras de vidéosurveillance vandalisées à Lyon 8e
Le Progrès, 5 mai 2023

Jeudi vers 22 heures, dans le quartier Mermoz à Lyon (8e), une caméra de vidéosurveillance a été neutralisée par des individus, qui ont provoqué une explosion dans la trappe technique située au pied du poteau. L’alerte a été donnée par des riverains qui ont entendu une forte déflagration.

Elle provenait de la place André Latarjet, où la police a constaté que le mât supportant une caméra était en partie détruit, ce qui avait provoqué la chute de la caméra. Elle a été retrouvée au sol, à proximité du poteau endommagé. Une autre caméra de la place a également été la cible de dégradations, au niveau du poteau.

Ces dernières années, les caméras situées dans ce secteur ont été à plusieurs reprises la cible d’actes de vandalisme , selon un mode opératoire similaire. Les auteurs provoquent une explosion dans la logette technique, généralement avec un produit inflammable, qui endommage le poteau et la connectique de la caméra. Plusieurs suspects avaient été interpellés après les premiers actes de vandalisme sur les caméras de Mermoz.

Sallanches (Haute-Savoie) : trou d’air à la permanence du député Renaissance

Publié le 2023-05-05 15:15:07

Sallanches. La permanence du député Renaissance Xavier
Roseren dégradée

actu Haute-Savoie, 2 mai 2023

La façade de la permanence parlementaire du député
Renaissance, Xavier Roseren, à Sallanches a été la cible de dégradations, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, aux alentours de 3h du matin. A la veille de la journée de la fête du Travail, et de nouvelles mobilisations contre la réforme des retraites.

L’élu de la 6e circonscription de Haute-Savoie l’a annoncé lui-même sur les réseaux sociaux, ce lundi 1er mai. Les photos partagées laissent voir un impact important sur la vitrine des locaux. « Après les graffitis, la pierre dans la vitrine de notre permanence citoyenne ! Une étape dangereuse de plus franchie côté violence envers les élus. La prochaine, c’est quoi ? » a demandé Xavier Roseren.

véhicule Enedis = vitres en morceaux

Publié le 2023-05-06 06:35:05

La nuit du mercredi 26 avril, dans une rue de Grenoble, un véhicule d’Enedis s’est fait taguer "anti-nucléaire" et une de ses vitres a été brisée.

A bas le nucléaire et son monde !

PS : petite dédicace à Ivan, en prison depuis juin

Ears and Eyes déménage au CSRC !

Publié le 2023-05-06 06:40:03

5 mai 2023
Par Ears And Eyes (source)
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À partir d’aujourd’hui, le projet Ears and Eyes est maintenant hébergé par le Centre de documentation sur la contre-surveillance (CSRC). Le site web actuel ne sera plus mis à jour. Voici la nouvelle adresse :

https://csrc.link/earsandeyes/fr

Ce nouveau site web a un design moderne, est plus facile à mettre à jour et apporte des fonctions de recherche avancées à notre base de données, vous permettant de filtrer et de rechercher parmi nos 100 cas de dispositifs de surveillance cachés par des agences de maintien de l’ordre de l’ordre et des agences de renseignement.

N’hésitez pas à consulter les autres projets du CSRC, notamment leur base de données de ressources sur la surveillance ciblée et leur Threat Library (un outil de modélisation de menaces pour anarchistes).

Comme d’habitude, vous pouvez nous contacter si vous avez des commentaires, des critiques ou des informations à nous communiquer. Nous acceptons également les traductions dans toutes les langues. Vous pouvez désormais nous contacter à l’adresse email du CSRC – csrc@riseup.net – ou utiliser notre ancienne adresse si vous préférez.

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Source: Earsandeyes.noblogs.org

Stop Cop City Defenders Spread Name of Killer Police, Now Face 20 Years

Publié le 2023-05-06 06:45:05

Three people involved in the Defend Atlanta Forest movement are facing charges of felony intimidation of an officer of the state and misdemeanor stalking for placing flyers on mailboxes in a neighborhood in Bartow County, Georgia, about 40 miles from Atlanta. The detainees were held for days in solitary confinement, a lawyer working on the case and a relative of one of the activists said.

The flyer, according to the lawyer, named a police officer who lives in the area where the activists were arrested and identified him as connected to the killing in January of forest defender Manuel “Tortuguita” Terán during a multi-agency raid on the Atlanta Forest protest encampment.

A forensics report from the Georgia Bureau of Investigation about guns fired during Tortuguita’s killing named six state patrol officers: Bryland Myers, Jerry Parrish, Jonathan Salcedo, Mark Jonathan Lamb, Ronaldo Kegel, and Royce Zah. According to public records, one of the officers named lives in the area where the activists posted flyers. The report was obtained by the Atlanta Community Press Collective, an abolitionist nonprofit media group, through an open records request.

Julia Dupuis, Charley, and Wednesday were arrested at a gas station outside the town of Cartersville on Friday. According to their lawyer, Lyra Foster, they drove once through the neighborhood and placed flyers on numerous mailboxes without exiting their vehicle or approaching any residents. Foster said Wednesday was a passenger in the car and not posting flyers.

If found guilty, they could each face up to 20 years in prison.

“They were not handing out flyers, they were actually extremely careful in trying to avoid doing anything illegal,” Foster said. “They posted the flyers on mailboxes, they did not even get out of the van to put flyers on the doors, and did not open the mailboxes because they thought that was potentially illegal.”

All three arrestees are being held at Bartow County Jail; all were denied bond by a magistrate judge on Monday. None of the defendants has a criminal history, nor is there any allegation of violence in the current charges. “Denying them bond was extreme,” Foster said.

According to Foster as well as Dupuis’s brother, Nicholas Kees Dupuis, the activists were held in solitary confinement until Tuesday; no reasons were given by the jail, according to the attorney.

Last month, an official autopsy report revealed that Tortuguita, 26, was shot at least 57 times when police stormed the protest encampment. Repressive policing has escalated in recent months against the movement to stop a $90 million police training center — “Cop City” — from being built atop Atlanta’s forest. Forty-two movement participants currently face state domestic terrorism charges for allegedly engaging in minor property damage – the evidence for which is as flimsy as police citing mud on protesters’ shoes.

These latest arrests are part of a pattern of extreme overreach and efforts to silence outrage over Tortuguita’s killing.

“Ever since state police killed Tortuguita, their top priority has been to keep the situation quiet. Now that the public is calling attention to it, police are doubling down,” said Marlon Kautz, an Atlanta-based organizer with the Atlanta Solidarity Fund, which provides bail funds and legal support to protesters. “It’s exactly the same strategy they’ve used before against Stop Cop City protesters: wave around extreme charges, throw activists in jail without bail, and hope the problem goes away.”

Nicholas Dupuis said that his family learned of his 24-year-old sister’s arrest upon receiving a call from animal control in Cartersville, explaining that they had her dog, as she had been arrested. While Julia Dupuis, a freelance writer and anti-racist activist, is primarily based in Massachusetts, she had spent a number of months in Atlanta as a part of the Stop Cop City movement.

Last month, the Atlanta Community Press Collective released the names of the six officers identified by the Georgia Bureau of Investigation in connection with Tortuguita’s killing and published a link to the GBI report. GBI spokesperson Nelly Miles said the agency had not released the officers’ names and cited an exemption under state public records law used to redact documents. The names were not redacted in the version of the report obtained by the Atlanta Community Press Collective, which said it got the document from the Dekalb County Medical Examiner’s Office.

“Put an Incendiary Device at Your Neighborhood Cop”: Incendiary Attack at Cop’s Apartment in Athens, Greece

Publié le 2023-05-06 06:50:05

Solidarity to G.Voulgaris, Th. Chatziangelou, P. Kalaitzis

We wish a good recovery to comrade Alfredo Cospito

Solidarity to the 4 imprisoned comrades F.D. – I.R. – P. & L.B.

Signal of solidarity with the French insurgents

The unswerving solidarity with the imprisoned comrades, the multiform daily struggle against the power structure and the inexhaustible desire to destroy it will always be in our consciences and will help us to define the path of the insurrection.

Whenever you take your holidays within the normality of defined etiquette traditions we are given another opportunity to break through it to remind you that nothing is interrupted as long as our lives are silenced, imprisoned and suppressed.

It must be understood that wherever the scum of the authoritarian system responsible for repressing, punishing, beating, raping those who do not fit in or who oppose it exist and reside, they will be targeted

As our lives degrade and fragment, their realm of emasculation expands along with their dying civilization. While to them not a nostril is opened, we continue to plan and act step by step for our revenge.

On the night of April 13, we placed an incendiary device at the entrance of the apartment building of the cop Maravelakis Nektarios (Patriarchou Jeremiou 63) as an act of revenge on the police force.

10 – 100 – 1000s of arsons

Put an incendiary device at your neighborhood cop.

Source: athens.indymedia

Via Dark Nights

Note: photo not associated with action.

Récit du 1er mai a Toulouse

Publié le 2023-05-06 18:50:06

Voici un récit du 1er mai toulousain. Récit sur un ton un poil épique mais ca montre bien l’enthousiasme 😉



Le 1er mai manif à Toulouse dès 10h du matin, très vite les gens s’agrègent en dépassant les lignes des services d’ordre syndicaux. Sur le même élan que depuis des semaines : défiler sans agir, contenus derrière des directions, n’est plus accepté par de plus en plus de monde !
Le cortège de tête grossit et grossit, tout en allant à son propre rythme, à savoir très lentement au début pour permettre aux gens de se protéger s’ils le souhaitent (masques et tout le bazar), des banderoles se mettent en place, ça commence à s’ambiancer, des distributions de matériel défensif se font, les gens se retrouvent, beaucoup de slogans pour chier sur la police qui blesse et tente d’assassiner, ce qui donne la rage à tout le monde !
Dès le départ on se rend bien compte qu’il y a plein de gens d’horizons différents, avec des tactiques différentes, le tout dans un beau bazar où ça se mélange pas mal.
À compans ça commence à chauffer comme il se doit, énormément de tags, collages, pochoirs pour porter des messages. Une grande partie affiche un soutien très clair à Serge !

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Les vitrines des boutiques qui se font la thune sur l’exploitation des autres de la manière la plus flagrante (banques, agences immo, etc.) étaient barricadées avec des planches en bois. Celles-ci étaient parfois arrachées pour défoncer les vitrines, voire même carrément fracasser et sortir le matériel – coucou Orpi, agence qui nous saigne à blanc pour engraisser les rentiers.
Les panneaux de bois qui n’étaient pas arrachés ont quand même eu le mérite de permettre des murs d’éxpression géants, et aussi une immenses bâche a été déployée : Force à la révolution dans tous les pays, force à serge et aux blessé.e.s, crève l’état et l’exploitation !

Beaucoup de tracts d’appel à la semaine d’actions ont circulé, des affiches collées, et un très grand nombre de tags exprimaient un soutien à Serge, et des appels à la vengeance !
Des caméras de la ville ont été cramées : une clef triangle ou allen pour ouvrir le poteau, de quoi foutre le feu à l’intérieur et voilà une petite cheminée.
Les oeufs de peintures ont été pondus avec générosité, notamemnt sur la Toulouse Business School, alias l’usine à arnaqueurs exploiteurs qui a pris son trashage – il fallait honorer la tradition !
Globalement, les actions étaient soutenues, applaudies, les quelques défenseurs de l’ordre et la propriété privée qui ralaient n’avaient pas trop voix au chapitre dans ce cortège solidaire.
Étonnamment, l’attitude des keufs était presque tranquille ; ils ont commencé à faire chier avec une petite charge rue de l’Hirondelle. Avant ça, ils se sont tenus à distance et ont reculé à quelques moments. Et après La bac a essayé de s’approcher du cortège, mais sans succès, leur présence avait été signalée, ce qui rameutait une foule qui brandissait avec joie bras d’honneur accompagnés de projectiles.
En terme d’énergie du cortège il y avait pas mal de slogan, on sentait que les gens étaient alertes et vigilants vis à vis de la police. Cependant, souvent le cortège partait un peu en gruyère, ce qui aurait été bien emmerdant si les flics avaient foncé dans le tas à ces moments là.
Niveau stratégie et défense de cortège, malgré cet effet parfois parsemé « en Gruyère » (peut–être dû au nombre pas assez important de banderoles ? ou simplement le revers de la médaille du côté gros mélange et grande diversité de gens et de pratiques) quand les flics ont commencé à attaquer à Jeanne d’Arc il y a eu du répondant. Des affrontements, avec présence du canon à eau. Et quand ça a gazé les gens ne reculaient pas en courant, une partie des gens sont partis, une bonne partie sont restés. Le canon a eau avancait sur le boulevard pour arroser. Mais malgré cela, les gens qui voulaient tenir la rue et faire un point de fixation ont pu le faire, tandis qu’une autre partie de cortège a dépassé tout simplement le canon a eau pour continuer direction jean jaures.
Au point de fixation a jeanne d’arc : quelques affrontements, avec des barricades, des feux.

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Une partie a un peu reflué vers l’arrière pour soit décrocher soit continuer en manif sauvage en mode marche arrière.
Direction jean jaurès les grappes de gens contournaient les camions de CRS qui totalement dépassés, speciale dédicace au CRS qui était resté tout seul dans son camion en bas de la rue Bayard et qui faisait pas le mal hein quand les gens ont commencé à péter les essuies glace, ouvrir les portes et le bordéliser avant que ses petits collègues viennent à la rescousse.
Les gens sont restés très longtemps sur jean jaurés ce qui faisait un bon point de fixation de keufs, et la manif qui était partie en direction de Arnaud B aussi, on sentait bien que personne voulait rentrer à la maison, les 100 jours d’apaisement c’est pas pour tout de suite !
Sur la fin des manifestations, profitant que les gens étaient de moins en moins nombreux les flics ont nassé arrêté et frappé pas mal de gens. Il y a quand même eu moins d’interpellations que les manifs précédentes, mais la quinzaine d’interpellés, c’est une quinzaine de trop.
Lors de la nasse de Jean Jaurès , des arrestations ont été suivies malgré tout de tentatives de désatestation , et avec beaucoup de répondant jusqu’à ce que la nasse cède.
La depèche en perroquet de la préfecture rapporte qu’une personne est accusée de s’être débattue dans la bagnole de flic qui l’embarquait, avenue Honoré Serres, ce qui a fait que la bagnole de flics s’est encastrée dans des voitures à l’arrêt de l’autre coté de la route.

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2 flics auraient fini l’hôpital ainsi que la personne arrêtée... Que ce soit un gros mytho relayé par la dépèche pour couvrir le fait que les flics conduisent comme des connards quand ils amènent quelqu’un en garde à vue ou que ca se soit réellement passé selon leur version tout le monde a en tête qu’il s’agira de soutenir toutes les personnes arrêtées quelles que soient ses poursuites.
Pour soutennir les arrêtés une partie du cortège s’est reformé devant le commissariat central pour continuer de mettre la pression et faire entendre aux gens dedans qu’ils n’étaient pas seuls !

Athènes : Revendication d’attaques contre des Airbnb, des hôtels et des caméras à Exarcheia

Publié le 2023-05-06 19:05:03

Dark Nights / vendredi 28 avril 2023

Une forêt vierge, une montagne sauvage,une mer calme et propre, un joli quartier : le capitaliste y voit des morceaux de choix, un nouveau champ d’investissement et de profit. Dans le monde où nous vivons, dans le monde du pouvoir étatique et de l’organisation capitaliste de l’économie, il n’y a rien qui n’ait une certaine valeur d’échange, qui ne puisse pas être converti en argent. Telle est la nature du capital, mené par la perpétuelle croissance comme condition de sa survie et de sa reproduction. Tout, dans la nature est dans la société, est une cible et un champ d’exploitation. Dans une version miniature de ce processus, le quartier d’Exarcheia a été récemment le sujet de l’une des plus rudes attaques de ces dernières années par l’Etat et le capital. Comme beaucoup d’autres quartiers dans le centre d’Athènes, Exarcheia est encore un champ « inexploité » pour différents types de gros investisseurs. Un quartier au centre de la ville, au milieu de sa façade, qui a été « laissé en plan » en terme d’infrastructure, de gros investissements et de source de profits pour la machine capitaliste.

Mais c’est aussi un quartier spécial. Il est différent des autres – de beaucoup d’autres – quartiers du centre ville qui sont encore « sous développés », non développés et pour lesquels le même avenir de « développement » est prévu. C’est le quartier des mouvements, des luttes, d’une jeunesse politisée, de la radicalité, des anarchistes. L’Etat a toutes les raisons d’alouer beaucoup de ses forces à soumettre, polir, nettoyer, normaliser Exarcheia et à l’offrir, sous son auspice, comme un pion aux investisseurs. L’Etat sait que, traditionnellement, Exarcheia est le point de référence de mouvements radicaux, le « QG » de l’ennemi.e intérieur.e. Ces dernières années et avec une intensité particulière sous le gouvernement de Nea Dimokratia [« Nouvelle Démocratie », le parti d’extrême-droite actuellement au pouvoir en grèce, ndlt], l’Etat a continuellement essayé de mener bataille dans ce qu’il envisage comme la dernière lutte du quartier.

Bien sûr, ce n’est pas un choix détaché du plan global du maintien de l’ordre de l’Etat. Au vu de ces dernières années, l’Etat semble avoir considéré – et, qui plus est, proclamé – que ce serait le moment approprié, historiquement et socialement, de mettre un terme à la très ancrée tradition révolutionnaire du pays, à la radicalité politique, aux anarchistes, aux mouvements, à ce que les managers de droite appèlent « l’hégémonie idéologique de la gauche ». Dans cette ère de crise économique, de haute inflation et de récession à venir, de guerre et de bouleversements géopolitiques, l’Etat grec est protégé par le visage d’un futur instable.

C’était aisément prévisible et il est rapidement devenu évident pour des parties de plus en plus larges de la société que la gentrification et l’embourgeoisement signifient le déplacement des classes les plus pauvres à coup de loyers qui crèvent le plafond et du non-renouvellement des baux quand les maisons sont transformées en Airbnb. A côté de cela il y a les ventes aux enchères de la première maison et la voie libre pour la marche du capital immobilier aux dépends des exploité.es. Nous voyons changer le quartier : les habitant.es sont forcé.es de quitter leurs maisons et à leur place, il y a les touristes – les clients des hôtels et des Airbnb qui germent partout comme des champignons et qui appartiennent souvent à des fonds d’inverstissement multinationaux et des entreprises. Dans leur sillage apparaissent les magasins pour riches (touristes ou non) avec leurs prix prohibitifs et un style alternatif, puisque c’est ce qui se « vend » maintenant à Exarcheia.

L’autre côté du développement et de la gentrification est, comme d’habitude, la répression et la surveillance. Des détritus en uniforme décorent les palissades métaliques autour du chantier du métro sur la place [d’Exarcheia, ndlt] et empêchent les habitant.es d’aller sur la coline Strefi [coline dans le quartier d’Exarcheia, ndlt] qui est détruite à petit feu, les espaces du mouvement et les squats sont supprimés et fermés pendant que les magasins pour hipsters s’épanouissent, des caméras sont placés dans de plus en plus d’endroits autour des nouvelles boutiques. Ces caméras sont aussi utilisées par l’Etat dans le but de réprimes les luttes et les choix confrontatifs des personnes actives dans le quartier. Un exemple récent et typique sont les caméras dans les rues autour du monument à l’anarchiste A. Grigoropoulos, qui ont été utilisées par l’Etat lors des dernières mobilisations en décembre [A. Grigoropoulos a été tué par la police le 6 décembre 2008. Depuis, cette date est l’occasion d’émeutes en sa mémoire tous les ans. ndlt].

L’Etat est le capital sont en train de mener une avancé coordonnée et stratégique dans le quartier, en essayant d’altérer son caractère politique, de supprimer les projets auto-organisés et de détruire dans les mémoires et dans les lieux, l’histoire de lutte d’Exarcheia, en essayant de la transformer en divertissements stériles et en lieu de vacances.

En ce qui nous concerne, en tant que personnes qui considérons le quartier d’Exarcheia comme étant d’une importance clé pour la perspective de la lutte, qui voulons qu’Exarcheia reste un lieu de fermentation, de politisation et de résistance, nous choisissons de répondre à la violence multiforme que le pouvoir déchaîne de manière coordonnée contre nous, contre nos structures et nos quartiers. Nous appelons le monde des quartiers, le monde des luttes radicales auto-organisées à choisir de confronter l’Etat et le capital, partout où ils apparaissent, en envahissant Exarcheia et au-delà. A attaquer en pratique et par tous les moyens disponibles les investissements/les pillages qui essaient de nous effacer. Peut-être qu’une attaque qui s’inscrive dans la durée, « une guerre à l’épuisement » de notre côté, même dans des termes matériels, serait capable, avec toutes les autres luttes centrées sur Exarcheia qui ont été et sont menées sur le long terme, de tenir comme une vraie barrière contre les plans de domination.

Dans ce contexte, nous revendiquons les dégradations de caméra au 20 rue Kolettis, 75 rue Methoni et au Eurodiagnostics au 4 rue Patousa, ainsi que la peinture, les slogans et les dégradations mineures aux sonnettes des appartements Airbnb aux 32 rue Tsamadou, 23 rue Solomou, 72 rue Methoni, 28 rue Arachovis et 61 rue Charilaou Trikoupis. Enfin, nous revendiquons les attaques suivantes au moyen de destruction des entrées, façades, fenêtres et caméras des hôtels et Airbnb suivants:

Zoia House – The Hill (Kosmas Melodou 30)
Kosmos Melomel (Komos Melomos – Komos Melomos Melios (8 Kleisovis Street))
PAME Paradiso (Kleisovis 7)
Exarcheia Housing Project (Sp. Trikoupis 28)
The Diplomat’s ABR (Char. Trikoupis 95)
Asclepius 102
Komninon 8
Solomou 32

Des anarchistes

Minimiser les traces ADN pendant les émeutes

Publié le 2023-05-07 09:35:03

CSRC / samedi 29 avril 2023

traduit à partir de ce texte.

D’après notre expérience, en Amérique du Nord, la plupart d’entre nous n’ont pas l’habitude de réfléchir aux traces ADN. Les informations sur la manière dont les traces ADN sont créées ou évitées se limitent à quelques mythes qui circulent. Ceci dit, on peut être à peu près sûr qu’à chaque fois qu’un sabotage incendiaire se produit, une équipe de police scientifique spécialisée dans l’ADN intervient également. Par exemple, une arrestation a été effectuée récemment pour un incendie de Jane’s Revenge [1] après que de l’ADN a été prélevé sur le lieu de l’incendie. On voudrait résumer ici quelques considérations d’ordre pratique. En se préparant et en comprenant bien comment l’ADN est transféré, il est possible de limiter considérablement la quantité d’ADN qu’on laisse derrière soi. Bien que l’ADN soit un élément qu’on devrait toujours garder à l’esprit quand on planifie sa participation à une émeute, on ne veut pas que les gens se sentent submergé·e·s par ces informations. Des connaissances concrètes nous permettent d’éviter le double piège de l’insouciance (faire comme si l’ADN n’existait pas) et de l’immobilisme (faire comme si laisser des traces qui finissent analysées en laboratoire était inévitable).

Comme l’explique la page sur les protocoles de minimisation de l’ADN de la Threat Library du CSRC :

« Nous perdons constamment de l’ADN sous diverses formes ; les cellules de la peau, les cheveux, la salive, le sang et la sueur sont autant de sources d’ADN qui, contrairement aux empreintes digitales, ne peuvent jamais être éliminées d’un objet de manière fiable une fois qu’il a été contaminé. Les protocoles de minimisation de l’ADN visent à permettre la manipulation d’objets sans y laisser de traces ADN. Comme on peut s’y attendre, ces protocoles visent à empêcher les cellules de la peau, les cheveux, les particules de salive présentes dans l’air, le sang et la sueur d’entrer en contact avec les objets. La destruction chimique de l’ADN est souvent également employée. »

Pour éviter ou au moins limiter significativement les traces ADN, il est nécessaire de porter des gants neufs, un masque facial, une charlotte ou, mieux encore, se couvrir entièrement les cheveux (par exemple avec un bonnet de bain) et des vêtements propres avec des manches et des jambes longues pour couvrir le plus de peau possible.

Dans un contexte d’émeute, il y a plusieurs choses auxquelles se préparer :

  • Soit vous cassez soit vous brûlez, mais pas les deux à la fois. Casser quelque chose implique parfois un contact important avec l’objet, ce qui risque de transférer des traces ADN sur l’objet en question (surtout si vous devez grimper dessus). Un feu soutenu détruira les traces ADN, mais pour un objet qui est d’abord cassé puis brûlé, ce n’est pas une garantie ; les parties de l’objet qui ont été touchées peuvent ne pas être suffisamment chauffées par les flammes pour que toutes les traces soient détruites. Dans un contexte d’émeute, cela signifie que les personnes ayant des intentions incendiaires devraient essayer de prendre l’initiative tôt, avant que les personnes ayant des intentions de casse ne s’attaquent à une cible donnée. Un scénario qui n’est pas idéal : une foule casse une voiture, quelqu’un touche peut-être la voiture avec des gants qui ont été portés plusieurs fois (et qui ont donc accumulé de l’ADN) ou se coupe sur la vitre cassée, puis quelques minutes plus tard, quelqu’un met le feu à la voiture. Scénario idéal : la voiture est brûlée en premier, ce qui ne nécessite pas de la casser – soit une bouteille d’accélérateur est placée sous le pneu avant (plus rapide, moins d’une minute), soit des cubes allume-feu sont placés sur le pneu avant (plus lent, environ cinq minutes). Il est parfois nécessaire de casser une fenêtre ou une porte pour accéder à un bâtiment, mais il est possible de brûler des machines et des véhicules sans rien avoir à casser en plaçant l’accélérateur au bon endroit.
  • Portez des gants imperméables neufs que vous n’avez jamais touchés auparavant et enfilez-les en dernier lieu, une fois que vous vous êtes déjà changé en black bloc. Cela permet d’éviter que des cellules de peau, des cheveux ou de la sueur se retrouvent à l’extérieur des gants et se transmettent à tous les objets que vous touchez. Manipulez toujours les outils que vous apportez avec cette nouvelle paire de gants, même si vous n’avez pas l’intention de vous en débarrasser. Veillez à ce que les outils que vous utilisez, et surtout les projectiles que vous laissez sur le site, soient exempts de votre ADN depuis le début, et transportez-les avec précaution. Les gants de vaisselle sont excellents pour se préparer à l’action (lorsque ce n’est pas gênant de se faire remarquer). Lors de l’émeute, vous pouvez utiliser des gants de travail dont la paume et les doigts sont recouverts d’une épaisse couche imperméable. Prévoyez une paire supplémentaire que vous pourrez enfiler au cas où vous vous toucheriez par erreur le visage ou autre.
  • Si vous utilisez un marteau, entraînez-vous à briser des vitres dans un environnement contrôlé avant de vous retrouver dans le feu de l’action. Le sang est une source d’ADN évidente, même pour l’enquêteur le plus incompétent. L’essentiel est de s’assurer que votre main ou votre bras ne dépasse jamais la fenêtre, ce qui nécessite de générer de la force à partir du poignet plutôt que du coude ou de l’épaule. Un coup de poignet rapide génère une force suffisante avec un marteau bien équilibré.
  • Veillez à ce qu’aucun objet ne puisse tomber pendant l’agitation – les fermetures éclair sont votre meilleur allié. Soyez particulièrement prudent·e·s au moment de farfouiller dans des sacs ou sacs à dos.
  • Les vêtements utilisés pendant l’émeute ne doivent pas être récupérés par la police scientifique si cela peut être évité. L’époque où on laissait un énorme tas de sweats à capuche noirs au milieu de la rue est révolue : les vêtements portent généralement des traces ADN. L’idéal est d’emporter les vêtements suffisamment loin pour pouvoir s’en débarrasser correctement (soit en les brûlant, soit en les plaçant dans un endroit où, s’ils sont retrouvés, ils ne seront pas considérés comme ayant un lien avec l’émeute). Il faudra faire preuve de discernement pour décider entre essayer de transporter les vêtements loin et les cacher quelque part sur l’itinéraire de dispersion. En cas de fouille, des vêtements noirs peuvent suffire à justifier une enquête, mais il est peu probable qu’ils mènent à eux seuls à une condamnation. Tout vêtement ou autre objet identifiable dans le sac pourrait être plus incriminant. Vous devrez donc évaluer le risque d’une fouille du sac et le mettre en perspective avec l’objectif de garder vos vêtements d’émeute hors des mains des flics. Les objets qui ne peuvent être dissimulés dans un sac à dos (comme les grands boucliers) peuvent être cachés, enduits d’eau de Javel (qui contient environ 10% d’hypochlorite de sodium – voir les lectures complémentaires ci-dessous) ou brûlés avec un accélérateur placé à l’avance sur l’itinéraire de dispersion (dans des bouteilles en plastique qui brûleront, pas dans un jerrycan).
  • N’utilisez pas de ruban adhésif pour fabriquer des molotovs à base de feux d’artifice. Le ruban adhésif est un aimant à ADN. Utilisez plutôt des zip-ties en plastique pour fixer le feu d’artifice à la bouteille. Idéalement, il devrait y avoir deux feux d’artifice pour la redondance, afin de minimiser la probabilité qu’un molotov non explosé soit récupéré. En outre, il convient de prendre des précautions pour minimiser l’ADN lors de la construction et du transport des molotovs (voir ici aussi les lectures complémentaires). Ces précautions sont particulièrement importantes si vous devez vous débarasser des molotovs avant d’avoir pu les utiliser. Les feux d’artifice seuls seront probablement tout aussi efficaces pour tenir les flics à distance sans risquer le même niveau de répression que les molotovs – il faut également veiller à ne pas laisser de traces ADN sur les douilles des feux d’artifice. Les molotovs traditionnels (avec une bouteille en verre) doivent heurter une surface dure pour se briser et ne sont donc pas fiables lorsqu’ils sont lancés à l’intérieur d’un bâtiment. Par exemple, sur le site du premier incendie de Jane’s Revenge, l’ADN de trois personnes a été trouvé sur un molotov non explosé, sur la vitre de la fenêtre et sur un briquet (dossier judiciaire disponible ici, utilisez le navigateur Tor).

Lectures complémentaires : Stratégies pour limiter l’accès de la police aux données ADN, et le sujet « ADN » du CSRC.


1. Note de la traduction : l’expression « Jane’s revenge » – référence au Jane Collective, groupe clandestin qui facilitait l’accès à l’avortement aux États-Unis entre 1969 et 1973 – a été utilisée pour revendiquer plusieurs actions de vandalisme et de sabotage contre des groupes anti-avortement qui ont eu lieu aux États-Unis en 2022.

Val Susa : Cables incendiés en solidarité

Publié le 2023-05-07 09:40:05

2023 05 03 autoroute val di susa
ligne haute tension savoie-piossasco et câbles de fibre optique italo-français incendiés
pas de fournisseur d’énergie nucléaire du désastre capitaliste
pas de technocratie numérique
en solidarité avec anna juan boris ivan daivid serge et ceux qui se battent
courage alfredo

Traduit de IlRovescio

Dans la presse :

Turin. Les câbles internet incendiés sur l’autoroute de Fréjus :
des communes isolées pendant des heures

Des camions déviés de l’autoroute Turin-Bardonecchia vers le centre de Suse (Italie). De la fumée, épaisse et noire, sur un long tronçon de l’Autoroute 32. Et des systèmes de communication de données interrompus pendant plusieurs heures à Oulx et à Bardonecchia. Telle est la conséquence de l’incendie d’origine criminelle qui a détruit vers 6h30 les canaux de câbles passant sous un petit viaduc de la commune de Salbertrand, sur l’autoroute Turin-Bardonecchia, dans la matinée du mercredi 3 mai,.

L’origine criminelle ne fait aucun doute, puisque le feu a dévoré à la fois le conduit – dans lequel passe le câble de fibre optique – en direction de la haute vallée, et celui qui traverse le pont dans la direction opposée. En effet, il est peu probable qu’au même moment, de part et d’autre de l’autoroute, les câbles qui transportent le réseau internet en fibre optique à Oulx et Bardonecchia aient pris feu dans les deux sens de manière accidentelle.


En matinée, des enquêteurs de la Digos et de la police scientifique ont mené des investigations. L’incendie aurait été allumé avec un accélérateur. Les auteurs, qui sont arrivés sous le viaduc par des chemins de traverse, ont ensuite rapidement disparu.

[Traduit de la presse italienne (La Stampa/Rai news), 3 mai 2023] par SansNom

Val Susa (Italie) : saboter les câbles le long des autoroutes [MàJ]

Publié le 2023-05-07 19:15:07

[L’attaque incendiaire contre le réseau internet survenue près de la frontière franco-italienne le 3 mai – attaque que nous avions déjà volontiers relayée (voir ci-dessous), vient d’être revendiquée trois jours plus tard, en ajoutant que les câbles de la ligne électrique à haute-tension avaient également été cramés. Voici donc la traduction du communiqué.]

2023 05 03 autoroute du val di susa

Incendie des câbles de la ligne à haute tension Savoie-Piossasco et de la fibre optique Italie-France
Contre le nucléaire, qui alimente le désastre capitaliste
Contre la technocratie numérique
En solidarité avec anna juan boris ivan daivid serge et ceux qui luttent
courage alfredo

(traduit de l’italien de la nemesi, 5 mai 2023)


Turin. Les câbles internet incendiés sur l’autoroute de Fréjus :
des communes isolées pendant des heures

Des camions déviés de l’autoroute Turin-Bardonecchia vers le centre de Suse (Italie). De la fumée, épaisse et noire, sur un long tronçon de l’Autoroute 32. Et des systèmes de communication de données interrompus pendant plusieurs heures à Oulx et à Bardonecchia. Telle est la conséquence de l’incendie d’origine criminelle qui a détruit vers 6h30 les canaux de câbles passant sous un petit viaduc de la commune de Salbertrand, sur l’autoroute Turin-Bardonecchia, dans la matinée du mercredi 3 mai.

L’origine criminelle ne fait aucun doute, puisque le feu a dévoré à la fois le conduit – dans lequel passe le câble de fibre optique – en direction de la haute vallée, et celui qui traverse le pont dans la direction opposée. En effet, il est peu probable qu’au même moment, de part et d’autre de l’autoroute, les câbles qui transportent le réseau internet en fibre optique à Oulx et Bardonecchia aient pris feu dans les deux sens de manière accidentelle.

En matinée, des enquêteurs de la Digos et de la police scientifique ont mené des investigations. L’incendie aurait été allumé avec un accélérateur. Les auteurs, qui sont arrivés sous le viaduc par des chemins de traverse, ont ensuite rapidement disparu.

[Traduit de la presse italienne (La Stampa/Rai news), 3 mai 2023]

Béziers (Hérault) : à l’assaut du nouveau comico !

Publié le 2023-05-07 19:20:08

Une voiture volontairement incendiée contre le nouveau
commissariat
France Bleu, 5 mai 2023 (extrait)

Le quartier de La Devèze à Béziers a été le théâtre de nombreuses violences dans la nuit de jeudi à vendredi. Une cinquantaine d’individus cagoulés ont organisé un véritable guet-apens peu après 23h30 tentant de piéger la police municipale, nationale et les pompiers.

De très nombreux projectiles, comme des parpaings, des boules de pétanque, des pavés, des caddies ont été jetés contre les véhicules de la police municipale. Trois voitures ont été endommagées, dont une sérieusement.

Au même moment, un véhicule stationné à l’arrière du commissariat mixte [police nationale et municipale] de la Devèze a été incendié volontairement, endommageant sérieusement les locaux du commissariat fermé pour plusieurs jours. Une compagnie de CRS en provenance de Montpellier doit arriver ce vendredi après-midi et pourrait passer le week-end dans le quartier.

Inden (Allemagne) : feu au tronçon de câbles de la mine de lignite

Publié le 2023-05-07 19:25:04

(traduit de l’allemand de de.indymedia, 24 avril 2023)

2e couche : Conduites grillées – un nouveau tronçon de câble en feu !

Nous continuons à réchauffer le groupe de merde RWE !

Comme promis, nous continuons d’enflammer le groupe de merde RWE [entreprise allemande du secteur de l’énergie]. Nous tenons à souligner une fois de plus que RWE n’est qu’un exemple pour tous les autres capitalistes qui peuvent subir le même sort à tout moment.

Dans la nuit du 23 au 24 avril, nous avons grillé le câble auquel est reliée l’infrastructure du trou à rats d’Inden [mine à ciel ouvert de lignite, propriété de RWE, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie]. Nous espérons ainsi avoir causé beaucoup de dégâts  et de chaos dans l’entreprise. Chaque année, 20 millions de tonnes de charbon sont extraites de la terre dans le trou à rats d’Inden pour alimenter la centrale à charbon de Weisweiler appartenant à RWE, et les comptes en banque de l’élite financière. Rien qu’en 2020, l’exploitation à ciel ouvert était responsable de 11,2 millions de tonnes d’émissions de CO2.

Il est inacceptable que les responsables de l’effondrement climatique mondial ne ressentent pas les conséquences de leurs actes. Ce que nous faisons, ce sont des piqûre de mouche. Rien n’est comparable à la souffrance que la catastrophe climatique impose déjà aujourd’hui à de nombreux êtres vivants. Mais alors que rien ne change sur le plan politique, que les hiérarchies mondiales accumulent argent et pouvoir et que les êtres vivants meurent pour le profit de quelques individus, les piqûres de mouche vont se multiplier…

Salutations de GAFFA (Guerilla Activists Fighting For Anarchy)

Berlin (Allemagne) : incendie solidaire d’une antenne-relais

Publié le 2023-05-07 19:30:04

(Traduit de l’allemand de de.indymedia, 30 avril 2023)

Pour l’interruption durable du progrès techno-industriel mortifère.

Dans la nuit du 26 au 27 avril, nous avons mis le feu à une antenne-relais dans le quartier de Kaulsdorf à Berlin.

Les flux de données et le réseau de télécommunication sont les nerfs de la domination progressiste. Le résultat de ce capitalisme technologique a été, est et sera toujours l’exploitation et la destruction de toutes les formes de vie. Formuler une simple critique verbale contre cet état de fait ne suffit plus depuis longtemps… Il faut que la merde brûle !

Il existe des infrastructures dispersées dans toute la ville et sa périphérie qui sont relativement faciles à trouver et à accéder, et sont donc vulnérables.

Une pensée à Serge, qui se bat actuellement pour sa vie après que les flics français lui aient tiré une cartouche de gaz lacrymogène dans la gueule.
Côte à côte avec Boris, incarcéré en France pour des actions de sabotage, qui est devenu paraplégique après un incendie dans sa cellule.
Bon rétablissement à Alfredo !
Salutations à Anna et Juan en Italie !

Pour la diffusion de l’action révolutionnaire et destructrice