Vive l'Anarchie - Semaine 19, 2017

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Turin: agression contre carabiniers… 6 incarcérations, 1 personne recherchée

Publié le 2017-05-08 12:01:24

Turin: agression contre carabiniers… 6 incarcérations, 1 personne recherchée

Tract diffusé dans le quartier autour du squat l’Asilo Occupato. Le 3 mai, flics et carabiniers défonçaient la porte, perquisitionnaient, coupaient le gaz et incarcéraient 6 compagnon-nes. Les accusations sont dégradations, résistance à personne dépositaire de l’autorité publique et séquestration de personne. Illes sont accusé-es d’avoir attaqué deux patrouilles de carabiniers suite à un contrôle d’identité. Les 6 sont tou-tes détenu-es dans la prison de Turin.

Turin – Un quartier en transformation…

Mercredi 3 mai à 6h30 du matin, la police et les carabiniers ont fait irruption à l’Asilo Occupato et dans les occupations de Corso Giulio Cesare 45 et Borgo Dora 39 pour effectuer 6 incarcérations. Nous sommes au courant d’une septième personne recherchée mais qui n’a pas été trouvée… à elle va notre coucou le plus chaleureux.

Les personnes arrêtées sont accusées d’avoir agressé en février dernier trois patrouilles de carabiniers qui étaient en train de contrôler les papiers de deux personnes près de l’Asilo. Les chefs d’inculpation sont violence à personnes dépositaires de l’autorité publique, séquestration de personne et dégradations.

La présence toujours plus massive et l’arrogance à chaque fois plus manifeste des forces de l’ordre dans ce quartier et d’autres est visible au yeux de tous : les rafles dans les villes sont toujours plus fréquentes comme le maxi-blitz à la station centrale à Milan il y a quelques jours. Lors de ces contrôles des gens réussissent à s’échapper, parce que clandestins ou illégaux, mais trouvent la mort, comme à Rome mercredi dernier où un homme sénégalais de 53 ans est mort en tentant d’échapper à un contrôle de flics, comme Andrea Soldi étouffé par les flics pour l’interner d’office en HP, comme Stefano Cucchi assassiné sous les coups des carabiniers en 2009.

Face à cela, il y a ceux qui préfèrent rester à regarder et ceux qui par contre en ont marre et décident de se mettre en travers.

Parce que tout cela ne peut pas se passer dans l’indifférence, nous ne resterons sûrement pas à regarder en silence. Nous avons besoin de résister et de nous opposer à l’arrogance des flics.

Les carabiniers et la police ont profité de ces incarcérations pour satisfaire une fois encore les patrons de la ville. En effet ils ont mené une perquisition violente à l’intérieur de l’Asilo Occupato, défonçant portes et fenêtres et séquestrant ordinateurs, téléphones et argent, ils ont aussi fait intervenir Italgas pour couper le gaz. Cette perquisition est motivée par le fait d’une enquête où l’on serait accusé d’être les auteurs de tags sur le nouveau monstre que la Lavazza est en train de construire à quelques pas de l’Asilo.

Le nouveau siège de la Lavazza est l’une des causes majeures de l’augmentation du coût des maisons et des loyers; ces nouveaux investissements qu’ils nous refilent comme bons pour le quartier provoquent en réalité l’augmentation des prix de tous les services : les patrons ont leurs millions d’euros pour construire leurs palaces pendant que pour les pauvres les prix du bus, du loyer, de l’eau, de l’élec et du gaz continuent d’augmenter.

Ils nous contraignent à penser que la transformation de ce quartier sera avantageuse pour tous mais en réalité elle le sera seulement pour qui a l’argent, pour tous les autres il y a seulement les maisons qui tombent en ruines, le travail sous-payé et les dettes qui s’accumulent.

La police et les carabiniers sont ici pour défendre les intérets de ces patrons, de ces entrepreneurs, de ces propriétaires, de ces gens de palaces et de la mairie.

Basta Rafles!
Basta Expulsions!
Antonio, Cam, Antonio, Fran, Fabi, Giada Liberi!
Tutti Liberi! Tutte libere!

Pour écrire aux enfermé-es et suivre les mises à jour et détails de l’affaire :
autistici.org/macerie

[Publié le vendredi 5 mai 2017 sur Indymedia-Nantes.]

Bruxelles, Belgique : Deux tracts contre la vidéo-surveillance

Publié le 2017-05-08 15:31:25

deux tracts contre les caméras de surveillance reçus à Bruxelles.

enjoy !

Cliquer sur l’image pour télécharger le tract au format PDF

Cliquer sur l’image pour télécharger le flyer au format PDF

[Repris d’Indymedia Bxl, 2.05.2017]

Aix-la-Chapelle, Allemagne : Manif sauvage pour les anarchistes qui passent en procès pour braquage de banque

Publié le 2017-05-08 18:31:25

Samedi 29 avril 2017, une manif sauvage dans les rues d’Aachen a interrompu la routine de la consommation conservatrice et apathique, a diffusé des tracts, crié des slogans et s’est de surcroît faite remarquer par des feux d’artifice.

Cette action s’est déroulée en solidarité avec les compagnon.nes qui passent devant le tribunal à Aachen et font face à un spectacle répugnant et humiliant. Un procès leur est fait pour un braquage de banque qui a eu lieu en 2014.

Cela a été un bol d’air rafraîchissant de laisser exploser notre colère contre l’enlèvement de nos compagnon.nes par l’Etat. Un autre regard joyeux et libérateur sur cette ville. Totalement différent qu’à l’accoutumée, à l’aspect tellement claustrophobe des bancs de leur salle du tribunal stérile.

Force et solidarité pour les compagnon.nes qui font face au coup de butoir du tribunal.

Courage pour les individus qui sont confrontés à la répression à Aachen pour toute action contre les flics et les fascistes!

[Traduit de linksunten indymedia, 3. Mai 2017]

Encore des flics à la maison !

Publié le 2017-05-09 10:07:56

Ce matin vers 9h six ou sept flics débarquent pour me remettre un papier sûrement une interdiction liée à l’état d’urgence. Manque de chance je suis absent et donc elle ne s’applique pas à moi !

La camarade présente a refusé de leur donner mon numéro de portable et donc impossible pour eux de me joindre. Elle garde ses réflexes datant de l’époque de la dictature de Pinochet…

Je suis libre d’aller et de faire ce que je veux !

Alors ce soir en marche vers la révolte !

Toujours enragé et deter !

Trois interdictions de séjour en 24 heures, tristement ridicule !

Publié le 2017-05-09 10:37:56

Je publiais hier un article concernant une interdiction de séjour pour la commune de Saint Mandé. On se disait « quels bolosses ! ». C’était sans compter qu’ils m’en apporteraient deux autres...



Hier vers 10h15, la sonnette retentit et ma cohabitantE toque à ma porte en me disant « c’est la police ». Je saute de mon lit et j’enfile un survet. Pieds nus dans des crocs, je me présente au portail. Cinq flics en uniforme occupent l’espace, leur officier en tête. En arrière plan, un autre flic garde les voitures.

« On a un document à vous remettre »

Après un échange plutôt bref et pas vraiment cordial, je me retrouve avec une interdiction de séjour entre les mains, émise par le préfet du Val de Marne et m’interdisant de me rendre le dimanche 7 mai 2017 entre 20h00 et 02h00 le lendemain sur la commune de Saint Mandé le soir du dimanche 7 mai, c’est à dire là où se réunit le Front National (Chalet des Iles, dans le bois de Vincennes).

Je ris jaune. On se dit que ça ne m’interdit pas de « foutre le zbeul » place du Louvre, où l’autre tâche de Macron va fêter sa victoire dimanche soir.

Ce matin à 9h45, la sonnette retentit à nouveau. Un de mes cohabitantEs répond à l’interphone : « c’est le commissariat ». Je pourrais faire genre que je ne suis pas là, mais je décide d’aller au portail quand même, pour pas qu’ils reviennent m’emmerder toute la journée. Derrière la grille cette fois-ci, deux flics en uniforme. Polis. L’officier me dit qu’il a une « assignation à résidence » à me remettre. Je le reprends : « une interdiction de séjour vous voulez dire... »

Je lui dit que je ne vais pas signer. Il prend 15 minutes pour aller rédiger son PV dans sa voiture et écrire « refuse de signer cet arrêté » sur le papier qu’il revient me tendre entre les barreaux.

Je suis donc interdit le lundi 8 mai 2017 entre 08h00 et 13h00 de la place Charles De Gaulle, dans son intégralité, ainsi que des 29e (Champs-Élysées) et 30e (Faubourg du Roule) quartiers administratifs de Paris et, entre 13h00 et 19h00, des 3e, 4e, 10e, 11e et 12e arrondissements.

Il me dit qu’ils sont désolés.

A peine repartis qu’à 11h25, la sonnette sonne de nouveau. Je retourne à la grille. Trois flics en civil, veste en cuir et sac à dos m’attendent avec un air blasé. L’un d’eux tire sur sa cigarette électronique.

Ils sont de la police judiciaire, mobilisés pour aller distribuer des arrêtés à droite à gauche.

Tout de suite ils me disent qu’ils trouvent que c’est n’importe quoi, disent qu’ils sont désolés, plaisantent en disant que je ne pourrais pas me promener à Vincennes aujourd’hui.

Je suis donc interdit le dimanche 7 mai 2017, entre 18h00 et 24h00 des 1er arrondissement et du bois de vincennes et, entre 16h00 et 02h00 le lendemain, des 10e, 11e, 19e et 20e arrondissement, à l’exception du parc de la Villette et des voies qui l’entourent

Chouette, je peux faire un pique nique au parc de la Villette !

En partant, l’un d’eux lance « J’espère qu’on ne se recroisera pas cet après-midi ». Je réponds que tout est possible.

Je n’ai qu’une question : qu’est-ce qu’on fait de toute cette merde ?

Je propose une réponse : R.E.V.O.L.U.T.I.O.N

Le 7 mai, je fais ce qu’il me plait !

Publié le 2017-05-09 21:55:54

Nantes, St Nazaire, zad, mais surement aussi ailleurs, des rdv sont donnés pour être ensemble, échanger et s’organiser.

Alors qu’on apprend le décès de Curtis, énième drame mortel suite a un contrôle policier à Anthony [rassemblement à 20h à Massy] allongeant la liste des violences policières qui frappe quartiers et mouvements sociaux avec une rage fascisante…

Alors que l’état d’urgence est devenu un joug permanent permettant d’accentuer la répression… Alors que chacun des « projets » politicards mène dans le mur… il nous faudrait choisir dimanche entre l’oligarque de la finance et la reine du fascisme ?

NON! Le moindre mal n’existe pas.

OUI! Nous allons continuer à nous rassembler, en petit groupe, en assemblée ou en manif pour nous opposer à cette politique inique mais aussi affirmer que nous vivons déjà d’autres possibles.

Cet article a pour but de rassembler les différentes propositions autour du dimanche 7 mai, autour de Nantes et un peu plus largement. Pour tenter de garder des traces de nos luttes, et de s’informer nous mêmes depuis ce que nous vivons. Il existe pas mal d’outils disponibles dans le coin: ici sur nantes.indymedia.org mais aussi Radio Cayenne, qui émettra dimanche soir et lundi soir, et puis la Klaxon Radio de la zad qui est de retour sur le net (POUET!), y’a aussi l’agenda militant 44.demosphere.eu, y’a le suivi sur twitter auquel il faut bien reconnaitre une efficace mais parfois dangereuse immédiateté, facebook étant devenu illisible… et pour prendre du recul la Lettre à Lulu est toujours bienvenue! Les automedias du 44 sont à retrouver dans un petit guide à imprimer et ne pas hésiter à diffuser. Il a été réalisé par le groupe Automedias44, créé pour tenter de s’organiser un peu… le groupe s’essaye même sur Mastodon! Vous pouvez aussi proposer en commentaire des compléments, des infos, des liens et nous enrichirons cet article de vos suggestions. N’hésitez pas aussi, depuis vos smartphones, à publier dans la rubrique brèves (en veillant à la sécurisation des photos, hein!) 

[zad NDDL] 10h00: Chantier cabane à la Noé Verte > La cabane servira d’hébergement temporaire pour des personnes ayant besoin d’un lieu de repos mais aussi d’un lieu stratégique supplémentaire en cas de prochaine menace. Amène toi ce week-end (ou avant) les 6, 7 et 8 mai, à la Noe Verte de 10h à 19h. 

[Nantes] 12h30: Food Not Bombs > C’est dans la rue que sont les choses à faire ! Nos amis précaires ont besoin de nous, de nos échanges, de nos salades, soupes et tartounettes jolies et réconfortantes. Après une récup & tambouille le samedi, c’est distribution ce dimanche au Square Fleuriot à partir de 12h30-13h

[Nantes] 14h00: Le Grand Rassemblement du corbeau > Nuit Debout Nantes reprend la place Bouffay. Ce 2nd tour électoral pour la candidature de Perceval 2017, la France qui en a gros, marquera la clôture des différentes sessions du Grand Rassemblement du Corbeau. Occasion spéciale, appel spécial: nous invitons toute personne intéressée et/ou qui en a gros à nous rejoindre à l’AG de 18h00 sur la place, sur le thème: « On en reprend pour 5 ans, et maintenant on fait quoi ? » Venez parler, réfléchir, inventer avec nous la lutte de demain! 

[Nantes] 14h00: La dînette des tantes > Un rendez-vous public en non-mixité pédé, on se retrouve autour d’une tisane et de ce que chacunE apporte, et on discute ensemble… 

[Nantes] 18h00: Nantes dans la rue : début du troisième tour > Retrouvons nous dès 18H, sur la Place du Bouffay dimanche afin de vivre ensemble cette soirée électorale, de discuter, de partager un verre, et d’envisager la suite. Pour démarrer le troisième tour. Celui de la rue.

// Sur Paris, un appel à Rassemblements hors des grandes places le soir du 7 mai.

[zad NDDL] 10h00: Chantier cabane à la Noé Verte > Suite… 

[St Nazaire] 11h00: LE 3ème TOUR, celui du Peuple > Toutes et tous dans la rue Place de l’Amérique Latine pour engager le 3ème tour, social et politique.

[zad NDDL] 16h00: Balade à la découverte d’une prairie à orchidées > Rendez-vous au tertre pour voir une belle prairie épanouie au printemps et pour voir les autres plantes qu’on rencontrera en chemin.

// Et aussi un appel à Paris pour un #FrontSocial et la « première mobilisation sociale du quinquennat »…

 

Adresse à la personne qui croira diriger nos vies à partir de dimanche: nos luttes ne cesserons pas de la piquer à chaque pas, forcément faux, qu’elle fera. Loi-travaille, aéroport de mort ou évacuation de vies alternatives, nous dénoncerons chaque broyage des mouvements sociaux, chaque opression systémique, chacun de ses profits au détriment de nos vies. 

Et pour la suite de leur prochaine mascarade electorale, rendez-vous est déjà donné s’ils tentaient la moindre manoeuvre sur la zad : « RAPPEL DU 18 JUIN » !

2017 a finalement eu lieu

Publié le 2017-05-09 23:14:44

2017 a finalement eu lieu.
Et comme prévu, Marine le Pen est au second tour.
Mais ce serait trop simple s’il suffisait de voter Macron pour faire barrage au fascisme. Malgré tous les efforts des médias pour nous le présenter comme un symbole du renouveau, Macron est le candidat du MEDEF, la continuité du quinquennat Hollande/Valls/El Khomri. C’est la version à peine relookée des vieilles recettes patronales, sécuritaires et impérialistes appliquées depuis des décennies, et qui ont permis au FN d’occuper la place qu’il occupe aujourd’hui.



Ça fait des années qu’on explique aux gens que pour contrer le FN, il faut voter pour le « front républicain » tous les cinq ans. Des années qu’on criminalise l’antifascisme et l’antiracisme autonomes au quotidien. On voit aujourd’hui le résultat. La « dissolution » des « antifas » semble d’ailleurs être un point de convergence entre les deux candidats. On vous épargnera donc évidemment les consignes de vote.

Mais un FN aussi fort cristallise d’abord quelque chose de bien plus grave qu’un phénomène électoral et médiatique. C’est une tendance de fond, raciste et autoritaire, à laquelle on devra faire face dans les années à venir quelque soit le vainqueur de cette élection.

Car cette élection n’a pas été seulement une mascarade pour légitimer à nouveau un pouvoir à bout de souffle. Elle a été aussi, par le rôle central joué par le FN, une manière pour l’État d’envoyer un message : un message aux jeunes des quartiers populaires qui se sont soulevés ces derniers mois contre les violences policières, un message aux Noirs, aux Arabes, aux musulmans. Un message aux syndicalistes, aux lycéens, aux galériens et à tous ceux qui se sont mobilisés contre la précarité et la répression l’année dernière. Un message aux migrants, aux Rroms et aux sans-papiers. Ce message, c’est une menace. C’est : « Restez à votre place, laissez vous écraser par l’ordre économique et sécuritaire, n’essayez plus de vous organiser et de résister en dehors des clous, sinon, vous savez ce qui vous attend ».

D’ailleurs, si un pouvoir FN devait exister en France, il aurait déjà la plupart des moyens à disposition pour sévir. Dans la France de 2017, on a déjà les camps pour les migrants, les tribunaux d’exception antiterroristes, les lois islamophobes, le fichage généralisé, l’état d’urgence qui fait désormais partie du droit commun, les punitions collectives en réponse aux attentats, la banalité du recours au 49.3, la loi de sécurité intérieure, les militaires qui patrouillent dans les rues, l’impunité systématique pour les policiers assassins, les taux d’incarcération qui explosent.

La France de 2017, c’est celle des prisonniers politiques, comme Bagui Traoré, principal témoin du meurtre de son frère Adama et symbole de la vengeance d’État contre les mobilisations des quartiers populaires ; comme Kara, Nico, Krème et Damien, toujours incarcérés à la suite du mouvement du printemps dernier ; comme Georges Ibrahim Abdallah, qui entame sa 33e année derrière les barreaux ; comme les dizaines de milliers d’otages de la guerre sociale qui croupissent dans les prisons françaises.

La France de 2017, c’est celle où, à la fin de l’année dernière, en réponse aux mobilisations populaires contre la « loi Travail » et contre les violences policières, on a vu cette police qui vote majoritairement pour le FN se rassembler dans les rues de notre ville, masquée, en armes, et se diriger une fois la nuit tombée vers les lieux de pouvoir, aux cris de « La racaille en prison ! ». Sans se faire inquiéter. Sans subir les lacrymos, les tirs de LBD au visage et les coups de matraques qui semblaient pourtant être devenus les outils habituels de gestion des manifestations, notamment sauvages. Sans que les médias ne parlent de « prise d’otage » ou de « démocratie en danger ». Les différents candidats ont même rivalisé pour se montrer les plus compréhensifs possibles envers la « détresse » de ces policiers, radicalisés par l’ivresse de l’état d’urgence antiterroriste.

Pourtant la vérité c’est qu’à la tentation de l’autonomie et de l’autodéfense populaire répond la menace du coup d’État policier. Sans que personne ne l’ait dénoncé, en tout cas aucun des candidats présidentiables. Et ces franges radicalisées de la police ne sont pas seulement présentes dans la rue et les comicos. Leurs syndicats leurs offrent une caisse de résonance dans tous les médias, qui relaient systématiquement leur version des faits et passent sous silence leurs exactions, comme cela a encore été le cas lors de la manifestation du 1er mai dernier. Les députés de droite comme de gauche votent des lois pour assurer encore plus leur impunité ; la loi de sécurité intérieure donne même à la police la possibilité directe d’interférer avec l’instruction judiciaire. Les flics mettent des coups de pression putschistes, et on leur donne les pleins pouvoirs. C’est ce coup de force autoritaire, pourtant absent des débats, que cette élection vient légitimer « démocratiquement », à posteriori, dans la plus pure tradition de la Ve République.

Face à cette menace fasciste, notre force, elle est dans le camp du peuple. Pas dans les barrages électoraux mais dans les blocages, la solidarité, les formes d’autonomie et d’autodéfense populaire qu’on a réussi à construire au printemps dernier. Notre force, c’est la détermination de tous ceux qui subissent la précarité, le racisme d’État, le harcèlement policier au quotidien et depuis des décennies, c’est la résistance de Beaumont-sur-Oise et de Bobigny.

Face au fascisme, en région parisienne comme ailleurs, on n’a pas d’autre choix que de nous défendre et de nous organiser par nous-mêmes, territorialement, sans rien attendre des politiciens. Et on est de plus en plus nombreux à le penser. Aujourd’hui, être « responsable », que l’on vote ou pas, c’est s’organiser pour résister au patronat, à l’État et aux fascistes par tout les moyens nécessaires, pour redonner confiance au champ du peuple, et pour faire ravaler le plus rapidement possible son sourire à l’heureux/heureuse élu-e.

Action Antifasciste Paris-Banlieue

Manifestation dans les rues de Marseille suite aux résultats

Publié le 2017-05-10 13:42:15

Hier soir, après l’annonce des résultats qui consacraient Emmanuel Macron président, une petite manifestation a eu lieu dans les rues du centre-ville de Marseille, pour rappeler que si nous détestons les Front National et ses idées, nous ne nous reconnaissons en rien non plus dans le néolibéralisme macroniste.



2017 a finalement eu lieu. Cette fois, on n’a pas entendu les cris de joie qui avaient résonné dans les rues il y a cinq ans, quand Sarkozy avait finalement été dégagé au second tour. Pas que l’on croyait en Hollande, mais une vraie joie se lisait sur les visages. "Enfin", entendait-on. Cette fois, rien de tout ça. On ressent un soulagement du fait que l’avènement du nouveau fascisme n’ait pas encore eu lieu, mais aussi un profond dépit du fait que ceux qui accentuent chaque jour les conditions de misère et les discours qui ont permis la montée fulgurante de l’extrême-droite ces dernières années s’emparent de nouveau du trône.

Un rassemblement était appelé au Cours Julien pour partir en manifestation suite aux résultats, comme dans de nombreuses autres villes. Comme ça n’avait pas été le cas directement après le premier tour, c’était l’occasion de combler le manque.

Macron a finalement été élu. Ce n’était pas une surprise. Le Pen, quant à elle, est arrivée troisième, quoi qu’elle en dise : selon les chiffres officiels, si Macron a réuni 20,8 millions de voix et Le Pen 10,6 millions (ce qui représente tout de même une augmentation en chiffres bruts des voix accordées au FN), les abstentions seules représentent 12,1 millions de personnes, auxquelles il faut ajouter un peu plus de 4 millions de votes blancs ou nuls. Le Pen est donc la lanterne rouge de ce second tour, ce qui est tout de même un peu rassurant.

Ce taux d’abstention/blancs/nuls record est en bonne partie due au fait que le néolibéralisme de Macron ne convainc pas. Il rebute même tous ceux et toutes celles qui ont participé aux manifestations conter la Loi Travail, qui se sont battus dans leurs boîtes, qui développent des stratégies collectives de lutte, qui refusent la mise en compétition de tou-te-s contre tou-te-s.

Voilà en partie pourquoi une petite centaine de personnes sont parties en manifestation depuis le Cours Julien derrière une banderole qui disait "Ni Capitaliste, Ni Patron, (A)" et une autre "Tout le Pouvoir au Peuple". Repassant par la Plaine et la rue Curiol, la manifestation a rejoint le rassemblement qui était organisé par les Jeunesses Communistes aux Réformés et parvient finalement a les traîner dans son sillage jusqu’au Vieux Port. Des slogans et chansons sont entonnés contre le FN, contre Macron et contre l’Etat et la police.

Arrivé-e-s au Vieux Port, les JC (à qui on ne peut décidément pas faire confiance) retombent dans leur immobilisme tandis que la manifestation remonte en direction de la rue Saint-Férreol puis du Cours Lieutaud par la rue Estelle. Très peu de police est présente, seule une voiture de la BAC suit gentiment. En revanche, plusieurs dizaines de policiers protègent les abords du commissariat. Tout le monde décide de remonter alors en direction du Cours Ju/La Plaine pour se disperser dans le calme.

Ailleurs, d’autres manifestations avaient aussi lieu, notamment à Paris, où des affrontements ont eu lieu pendant une partie de la soirée du côté de Ménilmontant, et où 69 personnes avaient reçu des interdictions de territoire ; mais aussi à Nantes, où une pluie de lacrymogènes a accueilli le cortège, tout comme à Grenoble. De nombreuses autres villes ont aussi été le théâtre de manifestations plus calmes (Strasbourg, Caen, Lyon....). 141 personnes ont été interpellées au total en France, 9 sont en garde-à-vue. Des rassemblements de soutien ont lieu aujourd’hui devant des commissariats

Les cinq années qui arrivent s’ouvrent sur une continuité et sur un approfondissement des politiques menées jusqu’ici. La décomposition sociale est effectivement en marche.

A nous de parvenir à assurer une continuité dans les luttes que nous menons et à nous doter de structures, d’outils et d’espaces adaptés à l’affirmation au quotidien du monde que nous voulons : un monde sans classes, libéré de l’exploitation, un monde sans hiérarchie et autoritarisme, où c’est ensemble que l’on déciderait de la vie que nous voulons, un monde sans racisme, ni sexisme ni oppressions.

A luchar !



PS :

Merci à l’ami J2MC pour la photo !

Manifestation dans les rues de Marseille suite aux résultats

Publié le 2017-05-10 20:12:14

Hier soir, après l’annonce des résultats qui consacraient Emmanuel Macron président, une petite manifestation a eu lieu dans les rues du centre-ville de Marseille, pour rappeler que si nous détestons les Front National et ses idées, nous ne nous reconnaissons en rien non plus dans le néolibéralisme macroniste.



2017 a finalement eu lieu. Cette fois, on n’a pas entendu les cris de joie qui avaient résonné dans les rues il y a cinq ans, quand Sarkozy avait finalement été dégagé au second tour. Pas que l’on croyait en Hollande, mais une vraie joie se lisait sur les visages. "Enfin", entendait-on. Cette fois, rien de tout ça. On ressent un soulagement du fait que l’avènement du nouveau fascisme n’ait pas encore eu lieu, mais aussi un profond dépit du fait que ceux qui accentuent chaque jour les conditions de misère et les discours qui ont permis la montée fulgurante de l’extrême-droite ces dernières années s’emparent de nouveau du trône.

Un rassemblement était appelé au Cours Julien pour partir en manifestation suite aux résultats, comme dans de nombreuses autres villes. Comme ça n’avait pas été le cas directement après le premier tour, c’était l’occasion de combler le manque.

Macron a finalement été élu. Ce n’était pas une surprise. Le Pen, quant à elle, est arrivée troisième, quoi qu’elle en dise : selon les chiffres officiels, si Macron a réuni 20,8 millions de voix et Le Pen 10,6 millions (ce qui représente tout de même une augmentation en chiffres bruts des voix accordées au FN), les abstentions seules représentent 12,1 millions de personnes, auxquelles il faut ajouter un peu plus de 4 millions de votes blancs ou nuls. Le Pen est donc la lanterne rouge de ce second tour, ce qui est tout de même un peu rassurant.

Ce taux d’abstention/blancs/nuls record est en bonne partie due au fait que le néolibéralisme de Macron ne convainc pas. Il rebute même tous ceux et toutes celles qui ont participé aux manifestations conter la Loi Travail, qui se sont battus dans leurs boîtes, qui développent des stratégies collectives de lutte, qui refusent la mise en compétition de tou-te-s contre tou-te-s.

Voilà en partie pourquoi une petite centaine de personnes sont parties en manifestation depuis le Cours Julien derrière une banderole qui disait "Ni Capitaliste, Ni Patron, (A)" et une autre "Tout le Pouvoir au Peuple". Repassant par la Plaine et la rue Curiol, la manifestation a rejoint le rassemblement qui était organisé par les Jeunesses Communistes aux Réformés et parvient finalement a les traîner dans son sillage jusqu’au Vieux Port. Des slogans et chansons sont entonnés contre le FN, contre Macron et contre l’Etat et la police.

Arrivé-e-s au Vieux Port, les JC (à qui on ne peut décidément pas faire confiance) retombent dans leur immobilisme tandis que la manifestation remonte en direction de la rue Saint-Férreol puis du Cours Lieutaud par la rue Estelle. Très peu de police est présente, seule une voiture de la BAC suit gentiment. En revanche, plusieurs dizaines de policiers protègent les abords du commissariat. Tout le monde décide de remonter alors en direction du Cours Ju/La Plaine pour se disperser dans le calme.

Ailleurs, d’autres manifestations avaient aussi lieu, notamment à Paris, où des affrontements ont eu lieu pendant une partie de la soirée du côté de Ménilmontant, et où 69 personnes avaient reçu des interdictions de territoire ; mais aussi à Nantes, où une pluie de lacrymogènes a accueilli le cortège, tout comme à Grenoble. De nombreuses autres villes ont aussi été le théâtre de manifestations plus calmes (Strasbourg, Caen, Lyon....). 141 personnes ont été interpellées au total en France, 9 sont en garde-à-vue. Des rassemblements de soutien ont lieu aujourd’hui devant des commissariats

Les cinq années qui arrivent s’ouvrent sur une continuité et sur un approfondissement des politiques menées jusqu’ici. La décomposition sociale est effectivement en marche.

A nous de parvenir à assurer une continuité dans les luttes que nous menons et à nous doter de structures, d’outils et d’espaces adaptés à l’affirmation au quotidien du monde que nous voulons : un monde sans classes, libéré de l’exploitation, un monde sans hiérarchie et autoritarisme, où c’est ensemble que l’on déciderait de la vie que nous voulons, un monde sans racisme, ni sexisme ni oppressions.

A luchar !



PS :

Merci à l’ami J2MC pour la photo !

Interdictions de séjour pour ce soir : la maison Poulaga annonce la couleur [MAJ 8 mai]

Publié le 2017-05-10 21:25:17

NdAtt. 2 : selon les médias, il y aurait eu 69 interdictions de séjours distribuées ces jours-ci. Des personnes en ont reçu plusieurs, aussi pour la journée du 8 mai (cf. ici) ; pour ceux qui ne se sont pas fait trouver, ces interdictions ne sont pas valables.

NdAtt. : on a eu vent d’au moins une autre interdiction de séjour, pour un compagnon anarchiste habitant en banlieue nord, « le dimanche 7 mai, entre 18h00 et 24h00 (minuit), dans le 1er arrondissement et au bois de Vincennes et, entre 18h00 et 02h00 le lendemain, dans les 10ème, 11ème, 19ème et 20ème arrondissement, à l’exception du parc de la Villette et des voies qui l’entourent », etc. etc. (les flics sont passés chez le compagnon samedi et, ne l’ayant pas trouvé, sont retournés dimanche – toujours à 7). Par contre cette mesure, toujours « justifiée » par l’état d’urgence, a été signée par tel Michel Delpuech, Préfecture de Police de Paris.

Bon, on foutra du bordel quand-même, peut-être ailleurs (peut-être pas ;-) !

Une interdiction de manif qui semble annoncer le résultat des élections…

extrait de Paris-Luttes / samedi 6 mai 2017

Ce matin à 11 heures pétantes, deux voitures de police se présentent à la porte d’un squat du Val de Marne. L’officier en tête demande à voir l’un des habitantEs pour lui remettre une interdiction de séjour.
Mêlant comme toujours informations des services de renseignement et élucubrations notoires, les services de police ont émis dès hier de nouvelles interdictions de séjour pour la soirée du second tour des présidentielles.

On y apprend que « la mouvance contestataire radicale parisienne annonce son intention de s’engager, en vue d’en contester le résultat, dans diverses actions violentes contre les symboles du capitalisme et du pouvoir (forces de l’ordre, établissements bancaires, commissariats, permanences politiques…), notamment dans les quartiers du Nord Est parisien (Belleville, Ménilmontant, Couronnes, place des Fêtes, Stalingrad, Pyrénées ou Télégraphe) ».
Par conséquent, la personne visée par l’interdiction est bannie de … la commune de Saint Mandé !
Il semblerait qu’on voudrait lui interdire de se rendre au Chalet des Iles dans le bois de Vincennes où doivent se réunir les sympathisantEs … du Front National.

On pourrait comprendre que partout ailleurs, c’est possible de foutre le boxon… […]

7 mai, Ni Le Pen ni Macron : révolution ! [MAJ 9 mai]

Publié le 2017-05-11 04:56:39

Paris : Le jeu du chat et de la souris

MAJ du 9 mai : il y a aurait eu 141 interpellations, dont 9 GAV (certaines passent aujourd’hui en comparution immédiate).

Le Parisien / dimanche 7 mai 2017

[…] Dans le nord-est de Paris, dans le quartier populaire de Ménilmontant, près de trois cent manifestants d’extrême gauche étaient rassemblés pour protester contre l’élection présidentielle. Ils faisaient face en début de soirée à de nombreux policiers qui les ont encerclés après avoir fait usage de gaz lacrymogène.
Dans un climat tendu, aux cris de «Tout le monde déteste la police», de jeunes hommes pour la plupart, vêtus de noir, cagoulés ou bas du visage dissimulé par des foulards, ont notamment jeté quelques projectiles. Ils avaient tenté de quitter le quartier populaire de Ménilmontant peu avant 21 heures mais la plupart d’entre eux ont rapidement été bloqués par les forces de l’ordre, à proximité de ce carrefour.

Face-à-face tendu entre militants d’extrême gauche et policiers dans la soirée de dimanche et dans la nuit dans plusieurs villes de France. Le quartier parisien de Ménilmontant ainsi que les centre-ville de Nantes, Grenoble et Strasbourg ont été le théâtre d’incidents.
Comme au premier tour, la soirée électorale a été marquée dimanche soir par des «manifestations anticapitalistes» dans plusieurs grandes villes du pays. Alors qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République, plusieurs rassemblements ont dégénéré en France.


A Lyon, ils étaient près de trois cent sans qu’aucun incident notable ait été signalé. Environ 300 personnes ont également manifesté à Poitiers derrière une banderole «Génération ingouvernable», de légers incidents opposant une partie d’entre eux aux forces de l’ordre après qu’un petit groupe eut lancé des fumigènes.

A Strasbourg, des incidents ont éclaté lorsque une manifestation d’extrême gauche d’une centaine de personnes s’est retrouvée face à face avec une dizaine de militants d’extrême droite. La police a procédé à «une dizaine d’interpellations», selon l’adjoint au maire (PS) chargé de la sécurité, Robert Herrmann.

A Grenoble, 350 militants anarchistes et de l’ultra gauche se sont rassemblés devant la préfecture. Un «cortège sauvage» s’est ensuite engagé sur plus d’un kilomètre, avant d’être dispersé par des tirs de grenade, selon la police.

A Caen comme à Tours, une centaine de personnes ont défilé avec pour slogan «ni Le Pen ni Macron», et 80 autres à Caen, sans incident.

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Besançon : Manif sauvage au centre-ville et voitures incendiées en périphérie

L’Est Républicain / Lundi 8 mai 2017

Dès l’annonce des résultats des élections présidentielles dimanche soir, une petite quarantaine de militants anarchistes est descendue dans la rue pour dire leur haine du système et appeler la population, dans certains quartiers populaires, à les rejoindre. Une manifestation encadrée par une poignée de policiers. Ce serait à l’issue que deux jeunes étudiants, contrôlés totalement en marge du rassemblement, ont été interpellés et placés en garde à vue au commissariat de police. Ils seraient suspectés d’être les auteurs d’une nouvelle vague de tags, après celle du 1er mai, constatés sur les façades de certains distributeurs de billets de banques du centre-ville.

Après le contrôle de leur identité, ils ont été fouillés tout comme l’étudiante qui les accompagnait. C’est lors de cette fouille en règle qu’une bombe de peinture aurait été trouvée en leur possession. Étaient-ils à l’origine des dégradations ? Cette bombe était-elle dédiée à la réalisation de banderoles ? À l’arrivée, seuls les deux hommes ont été embarqués. Toujours est-il que le milieu militant dénonçait ce lundi 8 mai, une interpellation « arbitraire ». Selon nos informations l’un des deux étudiants placés en garde à vue l’avait déjà été en février dernier, après l’occupation du conseil d’administration de l’Université.

Macommune.info / Lundi 8 mai 2017

Après l’annonce des résultats de la présidentielle, des anarchistes ont décidé de déambuler dans les rues de Besançon.  Surveillés de prés par des policiers sur place, Ils sont partis du Kurssal avant d’emprunter la grande rue en direction de Battant. Deux agences bancaires ont été tagués et deux anticapitalistes ont été interpellés par la police.  […]

L’Est Républicain / Lundi 8 mai 2017

Ce dimanche, peu après 21 h, les riverains de la rue de Brabant à Planoise ont appelé les pompiers pour signaler une voiture en feu sur un parking. Devant l’importance des flammes et la présence d’autres véhicules à proximité, l’inquiétude est vite montée. Les hommes du feu sont intervenus rapidement, ont circonscrit le feu et empêché qu’il ne se propage. Une autre voiture a cependant été touchée. Pour l’heure, l’origine de l’incendie n’est pas encore définie mais la police devrait privilégier une piste criminelle. « J’ai vu trois jeunes venir avec un bidon d’essence, arroser la voiture et y mettre le feu. » A peu près à la même heure, rue de Dijon toujours à Planoise, sur un parking situé à l’arrière d’un immeuble, un autre incendie a également entièrement détruit une voiture en stationnement, un Peugeot Partner. Rapidement sur place, les sapeurs-pompiers ont très vite circonscrit le sinistre, qui n’a pas affecté d’autres véhicules. Ce feu est, lui aussi, vraisemblablement d’origine volontaire.

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Nantes :  Affrontements avec la flicaille

Ouest-France / Lundi 8 mai 2017

Huit personnes sont toujours en garde à vue, à Nantes, ce lundi 8 mai, suite la manifestation qui a suivi l’annonce des résultats du second tour de l’élection présidentielle. L’un des gardés à vue aurait blessé un policier à la main. Ce lundi matin, huit personnes sont toujours en garde à vue au commissariat de Nantes, suite à la manifestation qui a suivi l’annonce des résultats du second tour de l’élection présidentielle. Trois d’entre elles concernent des dégradations (sur l’hôtel de ville, une banque et un bar) ; quatre autres font suite à un refus de vérification d’identité lors de contrôles.

Un mineur a également été placé en garde à vue pour violence sur un fonctionnaire de police. Un policier a été sérieusement blessé à la main, hier soir, avec une interruption totale de travail (ITT) de 21 jours.

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Montpellier : Manif sauvage trouve banques, agences immobilières, cinéma…

Le Métropolitain / Lundi 8 mai 2017

Le nom du nouveau président de la République n’était pas encore proclamé officiellement dimanche soir, qu’une centaine d’antifascistes et anticapitalistes d’ici manifestaient dans les rues de Montpellier. Le cortège s’est disloqué environ deux heures plus tard, sans heurts avec les forces de police, présentes dans l’Ecusson. Mais, des actes de vandalisme ont été enregistrés dans la nuit de dimanche à ce lundi, des dégradations volontaires qui seraient attribuées à des militants ayant manifesté un peu plus tôt. Des banques, des commerces dont des agences immobilières et le cinéma le Gaumont sur la place de la Comédie ont vu leurs vitres étoilées ou brisées. Des dizaines de tags ont également fleuri sur les façades et les devantures de banques, de commerces et du cinéma le Gaumont. Le montant de ces dégradations n’a pas encore été établi, mais il ne sera pas très élevé. Des plaintes contre X vont être déposées au commissariat central, où une enquête a été déclenchée ce lundi matin. Des policiers étaient sur les lieux de ces actes de vandalisme pour un recensement complet. Ils vont par ailleurs visionner les bandes des caméras de vidéosurveillance de la ville.

Midi Libre / lundi 8 mai 2017

Ils étaient une petite centaine à ne pas fêter la victoire d’Emmanuel Macron, le nouveau président de la république, dimanche soir sur la place de la Comédie. Rassemblés dans un premier temps près du cinéma Gaumont, les manifestants ont rapidement déambulés dans la ville derrière la bannière « Continuons les luttes ». Sous bonne escorte policière, les manifestants ont terminé leur périple dans les ruelles de l’Ecusson avant, pour une bonne partie, de regagner l’ancien cinéma Le Royal vers 22 h 00. Non sans avoir laissé ça et là quelques dégradations. Une poubelle brûlée, de nombreuses autres renversées, deux distributeurs de billets vandalisés place Jean-Jaurès et de nombreux tags sur les bâtiments. […]

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Toulouse : si la manif est calme, après, en petit comité…

La Dépêche / mardi 9 mai 2017

Si la soirée électorale a été calme à Toulouse dimanche soir, des dégradations ont été constatées sur les locaux de la Banque de France, rue Antoine-Deville. Des individus ont projeté sur la façade de cet établissement public des œufs et des ampoules remplies de peinture et d’huile de vidange. Et vers 4 h 45, une agence de la Caisse d’Épargne, faubourg Bonnefoy, a subi également des dégradations du même type. Deux vitres de cette agence ont été cassées et une grande inscription a été tracée à la peinture : «Ils vécurent enfants et firent beaucoup d’heureux…» Une enquête a été confiée à la sûreté départementale.

 

Nantes : la victoire de macron au son des grenades

Publié le 2017-05-11 04:56:39

Le long des grands axes, les manifestants s’agrègent. Premier objectif : la Place Royale, où doit se tenir une fête célébrant la victoire du banquier. Les manifestants sont repoussés par un gros dispositif policier. La place restera vide toute la nuit, les caméras de télévision y attendront en vain. Pour une fois, le nouveau président ne sera pas salué par ses fans sur l’espace public. En 2012, des milliers de personnes avaient fêté la victoire de Hollande sur cette même place.

Retour sur le Cours des 50 Otages. Bonne ambiance derrière la banderole, où l’on compte à présent près de 800 personnes. Rue de Strasbourg, après quelques projectiles sur les façades de la mairie, les CRS tentent de nasser le cortège, puis finissent par rouvrir la rue sous la pression de la manifestation. Les slogans repartent de plus belle.

Ce défilé n’a de sauvage que la police qui l’attaque, au niveau de la Place du Bouffay. Sans raison apparente, un escadron de BAC ouvre le feu sur les manifestants. Tout y passe : gaz, grenades, balles en caoutchouc. Une manifestante reçoit même simultanément un tir de LBD et un éclat de grenade dans les jambes. Des balles fusent à hauteur de tête. Une photographe est sérieusement atteinte par un projectile. La préfecture expliquera pudiquement à la presse qu’elle voulait éviter un « deuxième tour de manifestation à risque ». Le cortège se reconstitue mais se heurte à nouveau à un mur de policiers. Gazage massif. Des feux d’artifice crépitent. Course poursuite entre quelques dizaines de manifestants et la BAC. La banderole est dérobée. Certains finissent nassés et menacés dans un passage sous terrain vers le square Mercoeur. Quelques uns peuvent sortir, d’autres sont embarqués. 8 personnes passeront la première nuit du quinquennat en garde à vue, essentiellement pour refus d’identité.

Plus tard dans la nuit, des militants d’extrême droite insolents, qui s’étaient autorisé quelques provocations derrière les lignes de CRS, seront aperçus et mis en fuite dans les ruelles de Bouffay.

Cette première manifestation post-électorale, agrégeant au delà des milieux militants classique et faisant preuve d’une vraie énergie aura été une réussite malgré ce nouvel épisode de répression. Il reste maintenant à faire converger les différentes sensibilités qui ont fait la puissance du mouvement social de l’an dernier pour construire un vrai rapport de force face aux attaques du président des riches.

Les souris ont gagné ! Récit partiel de la manifestation sauvage du 7 mai

Publié le 2017-05-12 16:56:01
Le 10 mai 2017 à 02:34, par

Nous sommes en retard, Macron est élu pour 5 ans (enfin normalement), alors on prend notre temps. Après la nasse de la place des Terreaux, on rejoint une partie des manifestants sur l’esplanade de la grande côte. Quelques minutes plus tard, on part en cortège rue des Pierres Plantées. L’ambiance est déterminée, on est aux alentours de 300. Peu de banderoles (sur une : « Loi travail, 2e round »), et de gens masqués. Les slogans fusent, résonnant dans cette rue étroite : les classiques « Lyon debout, soulève-toi ! », et « ah ! Anti, anticapitaliste ! ». Les flics sont pour l’instant aux abonnés absents, on prend le boulevard de la croix-rousse pour une petite pause Place du gros cailloux. Tout le monde se demande ce que l’on fait, on attend un peu du monde, et on repart à l’assaut du plateau de la croix-rousse par la rue de Belfort. Toujours pas de flics, et une belle énergie, les habitants du quartiers ouvrent leur fenêtre, de nouveaux slogans apparaissent : « La rue, elle-est à qui ? Elle est à nous ? », ou quelques essais du « Les bobos dans la rue ! ». Rue Pailleron, une petit compagnie de CRS commence à nous suivre. On accélère tranquillement le pas. Le choix du parcours se fait dans une belle spontanéité. Place de la croix de bois, un Pole Emploi et une agence d’assurance prennent un peu cher. Rue Denfer-rochereau, quelques tags fleurissent. On revient sur nos pas, direction l’esplanade la grande côte. On continue Place Colbert, rue Imbert Colomès en se demandant bien comment on va réussir à descendre de la Croix-Rousse.

Rue Neyret, la pression policière se fait plus insistante à l’arrière. Deux salves de lacrymos pleuvent sur l’avant du cortège. Le brouillard s’épaissit bien vite dans cette petite rue. Une grosse partie du cortège arrive à traverser ce nuage, mais l’arrière bifurque vers le couloir de bus de la rue des tables Claudiennes. On sent bien que la descente par le jardin des plantes risque d’être compliquée. Mini pause place du lieutenant Morel, et on rejoint à bon train le jardin des chartreux. Les flics sont perdus, on voit passer 5-6 voitures qui remontent le cours Général Giraud en direction du plateau. On descend par les escaliers, direction des quais de Saone. L’ambiance est bonne, tout le monde jubile d’arriver à semer les flics : « les escaliers, ils sont à qui ? Ils sont à nous ? ».

Arrivée quai Saint-Vincent, ce n’est pas vraiment la même : des gyros partout autour du Pont de la Feuillée. La spontanéité de notre parcours était une force, mais là on se retrouve dans une situation un peu merdique. Les camions de CRS se déplacent du pont, direction quai Pierre-scize : notre seul issue c’est de passer côté Vieux-lyon assez rapidement (en tout cas, c’est que l’on a fait). On perd une partie du cortège quai Saint Vincent qui se fera nasser quelques minutes plus tard. La tête s’ébranle sur la passerelle de l’Homme de la Roche au rythme du pont qui danse sous nos pieds ! On aime bien les escaliers ce soir, alors on continue Montée de la Chana. On arrive là haut un peu exténué, sans flics à nos trousses, mais dans un quartier de fafs … On continue Rue de Montauban jusqu’au escaliers de la montée des carmes déchaussés, tenue en bas par un petit nombre de fafs. Rien d’étonnant à ça, en se dirigeant vers St-Paul, on allait un peu dans la gueule du loup. L’ambiance n’était pas trop à la confrontation, la manif décide de faire demi-tour montée Nicolas de Lange.
Arrivée là, le ton est plutôt à la dispersion organisée. Je redescends avec un petit groupe par la piste de la Sarra sans rencontre dangereuse. En espérant que tout le monde a pu rentrer sans encombre ! En tout cas, je n’avais pas fais une manif sauvage aussi longue (3 bonnes heures) depuis longtemps. Notre spontanéité a fait de nous les grands gagnants du jeu « du chat et de la souris ».

LA RUE OU RIEN

Publié le 2017-05-12 17:56:01

besançon : « aujourd’hui, fais l’école buissonnière avec nous ! »

Publié le 2017-05-12 17:56:01

 

Ce mardi matin, 9 mai 2017, après un week-end de trois jour, les lycéen-ne-s de Pasteur ont bloqué leur bahut en réponse à la mascarade électorale du pouvoir. Bien que celle des présidentielles soit terminée, les bouffons en marche, de droite comme de gauche, n’ont pas arrêté leur cirque pour autant. Il ne connaît pas de trêve, puisque les élections législatives arrivent à grands pas. Cette journée n’était pas marquée par une indignation antifasciste à la sauce républicaine, ni par un appel à rejoindre un quelconque parti ou mouvement politique qui pourrait se retrouver derrière le slogan populaire du moment « Ni Le Pen ni Macron ». Au cœur de cette journée se trouvait l’autonomie des luttes lycéennes, et ça fait plaisir à voir.

Après avoir bloqué et saboté les portes d’entrée du lycée avec des poubelles, des palettes, du matos de chantier et de la glue, les murs et grilles du bahut ont été redécorés de pancartes et de banderoles (« élections pièges à cons ; Brûlons les banques » ; « Macron démission »et de quelques tags (« Ni État ni patron » ou le fameux « ACAB »). Des chamboule-tout électoraux ont été installés tout autour du mur d’enceinte. Peu avant 9h, alors que les robocops anti-émeute de la police nationale ont rappliqué illico en nombre, plus de 400 tracts ont été distribués aux lycéen-ne-s. Après avoir tenté de bloquer leur établissement, des lycéen-nes de Jules Haag ont rejoint le blocus en cours à Pasteur.

En début d’après-midi, les flics en manque d’adrénaline, se sont excités sur une lycéenne, lui sommant de circuler sur le champ. Celle-ci ne s’est pas laissée faire, aurait d’abord répliquée par des insultes puis, en prise avec cinq uniformes qui l’ont foutu à terre et rouée de coups, résisté physiquement à son interpellation. Elle a été retenue un peu moins de 4h au comico avant de retrouver un groupe de soutien qui l’attendait devant. Elle sera poursuivie pour « insultes à agent » et « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Même si on peut trouver dommage que tout ce beau monde ne soit pas parti en manif sauvage, on a vu une rupture avec le formatage scolaire et l’obéissance que nous impose le bahut. Bref, l’objectif qui était de reprendre un peu de temps pour échanger, discuter, s’exprimer librement loin des pions et des profs a été atteint.

Cette journée de blocus s’inscrit dans le contexte de luttes contre les élections qui ont lieu un peu partout dans l’Hexagone depuis plusieurs semaines. Déjà lors de la manif sauvage de la soirée électorale du dimanche 7 mai, les flics avaient été très collants et agressifs vis-à-vis du cortège de 60 personnes. Deux personnes avaient été interpellées pour « dégradations » (des tags sur des banques) après la dispersion place de la Révolution et suite au rassemblement de soutien aux deux gardés-à-vue devant le commissariat plus tard dans la soirée, les manifestant-es ont été pris-es en chasse par ces mêmes bâtards surarmés en manque d’adrénaline.

 

Ci-dessous le tract distribué durant le blocus :

 

NI LEPEN NI MACRON, NI PATRIE NI PATRON : RÉVOLUTION !

 

            Nous sommes un groupe de jeunes et de moins jeunes qui refusons de nous faire embrigader par les politiciens véreux de tous bords. Nous sommes des anarchistes, des communistes libertaires, des anti-capitalistes, des « en-dehors » ou simplement des objets de la politique et des gouvernant.e.s.

         Nous ne croyons pas aux vertus du travail et de l’argent, mais en celles de la vie. Nous refusons de suivre bêtement le troupeau qui se dirige vers l’abattoir, nous sommes le fruit de plusieurs générations à avoir été exploité.e.s et opprimé.e.s par le joug de l’État et des patrons; nous sommes les braises sur lesquelles souffle un vent de révolte. « Faut pas étouffer la jeunesse ou elle vous pétera à la gueule » : cette expression entendue dans un reportage doit se traduire en acte, c’est pourquoi aujourd’hui c’est le zbeul dans ton bahut. Nous ne revendiquons rien : nous ne voulons pas de ce monde, mais en réinventer un sans exploitation ni autorité !

         La majorité d’entre nous est lycéenne, certain.e.s parmi nous ont le droit de vote pour la première fois, d’autres ne l’ont pas encore. Peu importe, nous remarquons dans tous les cas une forte propension des adultes à nous considérer comme immatures, pas en âge d’avoir une pensée politique profonde ou d’agir autrement que sous l’influence de quelqu’un de plus âgé. Nous sommes méprisé.e.s ! Or, nous possédons un cerveau, nous sommes doué.e.s d’une capacité d’analyse et de réflexion, et avons été soumis, comme tout le monde, au matraquage électoral des présidentielles et législatives à venir. Nous possédons le don d’inventer, de créer, comme celui de refuser haut et fort l’élu sorti des urnes ! Nous refusons également d’être gouverné.es, administré.es, réprimé.es, et déprimé.es par un bouffon ! Ne le laissons pas reprendre un quinquennat tranquillement. Boutons Macron hors de l’Élysée avant d’entendre le bruit des bottes ! L’heure est à la RÉVOLTE ! A force de nous taper dessus à coup de tonfa ou de flashball, l’État a crée une génération de révolutionnaires, d’ingouvernables.

         Profitons de ce blocage pour échanger, apprendre, créer ou  jouer : car s’amuser vraiment, c’est déjà résister à l’esprit bourgeois et docile du citoyen ainsi qu’à l’ennui. Nous pouvons inventer, imaginer de multiples choses, et ne voulons pas que ce potentiel soit détruit par l’apprentissage à la dépendance que nous dispensent nos établissements. Sonnerie, cours, une heure. Autre sonnerie, déplacement jusqu’à une autre salle, cours, une heure. Sonnerie… A quel moment choisissons nous ce qui doit nous être appris, à quel moment nous déplaçons nous comme nous le souhaitons, à quel moment sommes-nous autonomes, à quel moment sommes-nous… libres?

         « La seule éducation profonde et sincère, c’est celle qu’on se donne à soi-même », disait Jules Lermina.

Aujourd’hui, fais l’école buissonnière avec nous !

Besançon, France : Blocus au lycée Pasteur contre la mascarade électorale – Mardi 9 mai

Publié le 2017-05-13 16:11:45

Compte-rendu du blocus au lycée Pasteur de ce mardi 9 mai 2017

Ce mardi matin, 9 mai 2017, après un week-end de trois jour, les lycéen-ne-s de Pasteur ont bloqué leur bahut en réponse à la mascarade électorale du pouvoir. Bien que celle des présidentielles soit terminée, les bouffons en marche, de droite comme de gauche, n’ont pas arrêté leur cirque pour autant. Il ne connaît pas de trêve, puisque les élections législatives arrivent à grands pas. Cette journée n’était pas marquée par une indignation antifasciste à la sauce républicaine, ni par un appel à rejoindre un quelconque parti ou mouvement politique qui pourrait se retrouver derrière le slogan populaire du moment « Ni Le Pen ni Macron ». Au cœur de cette journée se trouvait l’autonomie des luttes lycéennes, et ça fait plaisir à voir.

Après avoir bloqué et saboté les portes d’entrée du lycée avec des poubelles, des palettes, du matos de chantier et de la glue, les murs et grilles du bahut ont été redécorés de pancartes et de banderoles (« élections pièges à cons ; Brûlons les banques » ; « Macron démission » et de quelques tags (« Ni État ni patron » ou le fameux « ACAB »). Des chamboule-tout électoraux ont été installés tout autour du mur d’enceinte. Peu avant 9h, alors que les robocops anti-émeute de la police nationale ont rappliqué illico en nombre, plus de 400 tracts ont été distribués aux lycéen-ne-s. Après avoir tenté de bloquer leur établissement, des lycéen-nes de Jules Haag ont rejoint le blocus en cours à Pasteur.

En début d’après-midi, les flics en manque d’adrénaline, se sont excités sur une lycéenne, lui sommant de circuler sur le champ. Celle-ci ne s’est pas laissée faire, aurait d’abord répliquée par des insultes puis, en prise avec cinq uniformes qui l’ont foutu à terre et rouée de coups, résisté physiquement à son interpellation. Elle a été retenue un peu moins de 4h au comico avant de retrouver un groupe de soutien qui l’attendait devant. Elle sera poursuivie pour « insultes à agent » et « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Même si on peut trouver dommage que tout ce beau monde ne soit pas parti en manif sauvage, on a vu une rupture avec le formatage scolaire et l’obéissance que nous impose le bahut. Bref, l’objectif qui était de reprendre un peu de temps pour échanger, discuter, s’exprimer librement loin des pions et des profs a été atteint.

Cette journée de blocus s’inscrit dans le contexte de luttes contre les élections qui ont lieu un peu partout dans l’Hexagone depuis plusieurs semaines. Déjà lors de la manif sauvage de la soirée électorale du dimanche 7 mai, les flics avaient été très collants et agressifs vis-à-vis du cortège de 60 personnes. Deux personnes avaient été interpellées pour « dégradations » (des tags sur des banques) après la dispersion place de la Révolution et suite au rassemblement de soutien aux deux gardés-à-vue devant le commissariat plus tard dans la soirée, les manifestant-es ont été pris-es en chasse par ces mêmes bâtards surarmés en manque d’adrénaline.


Ci-dessous le tract distribué durant le blocus :

NI LEPEN NI MACRON, NI PATRIE NI PATRON : RÉVOLUTION !

 

Nous sommes un groupe de jeunes et de moins jeunes qui refusons de nous faire embrigader par les politiciens véreux de tous bords. Nous sommes des anarchistes, des communistes libertaires, des anti-capitalistes, des « en-dehors » ou simplement des objets de la politique et des gouvernant.e.s.

 

Nous ne croyons pas aux vertus du travail et de l’argent, mais en celles de la vie. Nous refusons de suivre bêtement le troupeau qui se dirige vers l’abattoir, nous sommes le fruit de plusieurs générations à avoir été exploité.e.s et opprimé.e.s par le joug de l’État et des patrons; nous sommes les braises sur lesquelles souffle un vent de révolte. « Faut pas étouffer la jeunesse ou elle vous pétera à la gueule » : cette expression entendue dans un reportage doit se traduire en acte, c’est pourquoi aujourd’hui c’est le zbeul dans ton bahut. Nous ne revendiquons rien : nous ne voulons pas de ce monde, mais en réinventer un sans exploitation ni autorité !

 

La majorité d’entre nous est lycéenne, certain.e.s parmi nous ont le droit de vote pour la première fois, d’autres ne l’ont pas encore. Peu importe, nous remarquons dans tous les cas une forte propension des adultes à nous considérer comme immatures, pas en âge d’avoir une pensée politique profonde ou d’agir autrement que sous l’influence de quelqu’un de plus âgé. Nous sommes méprisé.e.s ! Or, nous possédons un cerveau, nous sommes doué.e.s d’une capacité d’analyse et de réflexion, et avons été soumis, comme tout le monde, au matraquage électoral des présidentielles et législatives à venir. Nous possédons le don d’inventer, de créer, comme celui de refuser haut et fort l’élu sorti des urnes ! Nous refusons également d’être gouverné.es, administré.es, réprimé.es, et déprimé.es par un bouffon ! Ne le laissons pas reprendre un quinquennat tranquillement. Boutons Macron hors de l’Élysée avant d’entendre le bruit des bottes ! L’heure est à la RÉVOLTE ! A force de nous taper dessus à coup de tonfa ou de flashball, l’État a crée une génération de révolutionnaires, d’ingouvernables.

 

Profitons de ce blocage pour échanger, apprendre, créer ou  jouer : car s’amuser vraiment, c’est déjà résister à l’esprit bourgeois et docile du citoyen ainsi qu’à l’ennui. Nous pouvons inventer, imaginer de multiples choses, et ne voulons pas que ce potentiel soit détruit par l’apprentissage à la dépendance que nous dispensent nos établissements. Sonnerie, cours, une heure. Autre sonnerie, déplacement jusqu’à une autre salle, cours, une heure. Sonnerie… A quel moment choisissons nous ce qui doit nous être appris, à quel moment nous déplaçons nous comme nous le souhaitons, à quel moment sommes-nous autonomes, à quel moment sommes-nous… libres?

        

« La seule éducation profonde et sincère, c’est celle qu’on se donne à soi-même », disait Jules Lermina.

 

Aujourd’hui, fais l’école buissonnière avec nous !

[Reçu par mail]

[paris – 20 mai] rassemblement de solidarité face à la répression

Publié le 2017-05-14 06:51:13

Le 18 mai 2016, pendant une manifestation sauvage en réponse au rassemblement « contre la haine anti-flics » place de la République, l’embrasement d’une voiture de police a déclenché beaucoup de joie chez bon nombre de celles et ceux qui ont lutté contre la loi Travail : la joie de voir partir en fumée les outils de ceux qui harcèlent, humilient et tabassent quotidiennement les exploités, les rebelles et les marginales dans la rue, la joie de sentir que – pour quelques instants – les rapports de force se renversent.

Un an après l’embrasement de la voiture quai de Valmy, neuf personnes sont mises en cause par la Justice dans cette affaire, parmi lesquelles trois sont toujours incarcérées. Nous refusons cette logique d‘une Justice qui tente de briser les liens de solidarité et de complicité en isolant les individus et en les enfermant, en somme une Justice qui veut instaurer la peur pour défendre ce monde basé sur l’exploitation et la domination.

Pour manifester notre solidarité avec les actes de révolte qui s’expriment contre ce monde de flics, de fric et de barbelés, retrouvons-nous pour un rassemblement joyeux à Place des Fêtes. Tout le monde est invité à apporter ses peintures, ses banderoles, ses tracts, ses affiches, …

LIBERTÉ POUR LES INCULPÉ-E-S DE LA VOITURE DE FLICS BRÛLÉE LE 18 MAI 2016 !
LIBERTÉ POUR TOUS ET TOUTES !
VIVE LA RÉVOLTE !

(Le tract et l’affiche sont en pièce jointe.)

Appel depuis le venezuela aux anarchistes d’amérique latine et du monde : la solidarité est beaucoup plus qu’une parole écrite

Publié le 2017-05-14 09:07:58

Il est déplorable de voir que pendant qu’une partie du gouvernement chaviste – dirigé par aujourd’hui par Maduro – utilise ses relais médiatiques à l’extérieur du pays, les opposants de droite et de la social-démocratie mènent des campagnes tapageuses pour vendre à l’opinion mondiale leurs visions également biaisées et chargées. Ces campagnes n’ont pour but que de s’emparer du pouvoir. Pendant ce temps de nombreuses voix anarchistes, en dehors du Venezuela, ont maintenu un silence qui représente d’une certaine manière l’acceptation tacite de ce que les uns ou les autres des candidats avident de pouvoir de l’État veulent imposer comme « vérité ». Nous savons que les voix qui nous sont proches n’ont pas accès aux moyens d’information des étatistes de tout poil, et que les compagnons affrontent des réalités complexes où il y a des thèmes et des problèmes qui par leur urgence réclament leurs immédiates préoccupations, mais nous pensons que cela ne devrait pas être un obstacle afin que d’une certaine façon si modeste soit-elle, s’exprime l’attention, l’intérêt et la solidarité par rapport à ce qui se passe au Venezuela, de même que par rapport à tout ce que divulgue l’anarchisme dans cette région.

En bref, voici résumé de ce que l’anarchisme local dit aujourd’hui. L’actuelle conjoncture met en évidence la nature fasciste du régime de Chavez – et sa séquence avec Maduro-, les gouvernements militaristes réactionnaires qui nous avons toujours dénoncé dans notre journal El Libertario. Ce système a toujours été lié au crime, au trafic de drogue, au pillage, à la corruption, à la prison pour les opposants, aux tortures, aux disparitions en dehors de la gestion désastreuse au niveau économique, social, culturel et éthique. Chavez a réussi à impacter avec son leadership messianique et charismatique financé par la hausse du prix du pétrole. Mais après sa mort et la fin de l’abondance, le soi-disant processus bolivarien s’est dégonflé car il était soutenu par des bases faibles. Cette « révolution » a suivi la tradition rentière historique initiée au début du XXe siècle avec le dictateur Juan Vicente Gómez, poursuivie par le militaire Marcos Perez Jimenez, et qui ne cessa pas dans l’ultérieur régime démocratique représentatif.

Certaines personnes au niveau international (Noam Chomsky en est le meilleur exemple) ont corrigé leur soutien initial à l’autoritarisme vénézuélien et aujourd’hui ils le dénoncent sans ménagement. Cependant, nous notons avec une grande préoccupation le silence des anarchistes de ce continent et d’autressur les événements au Venezuela.

Un adage dit : « celui qui se tait consent », ce qui arrive à la perfection lorsqu’on affame et on réprime de manière criminelle un peuple, quand ceux qui devraient protesterne disent que peu ou rien. Nous appelons ceux qui portent les drapeaux libertaires à se prononcer s’ils ne l’ont pas fait au sujet de notre tragédie. L’indifférence n’a aucune justification si vous avez une vision du monde anarchiste. L’inverse est de couvrir la farce du gouvernement vénézuélien, en oubliant ce qui a été dit par les anarchistes de tous les temps sur la dégradation du socialisme autoritaire au pouvoir. Peut-être que dans le passé le mirage « progressiste » du chavisme a pu tromper certains libertaires, mais en étant conséquent avec notre idéal, il est impossible aujourd’hui de continuer à soutenir cette croyance.

Nous sommes en présence d’un gouvernement agonisant, délégitimé et répressif qui cherche à se perpétuer au pouvoir, désavoué par l’immense majorité de la population, qui assassine à travers ses forces répressives et les collectifs paramilitaires, qui favorisent aussi les pillages. Un gouvernement corrompu qui exerce un chantage avec les caisses d’aliments vendus au prix du dollar noir, qui est impliqué dans toutes sortes de négociations, un gouvernement de bourgeois bolivariens et de militaires enrichis avec les revenus du pétrole et les mines écocides. Un gouvernement qui affame et assassine, tout en appliquant un ajustement économique brutal en accord avec le capitalisme transnational qui paie régulièrement une dette externe criminelle.
Il est temps de démanteler les manœuvres pseudo-informatives de ceux qui prétendent à l’extérieur du pays contrôler le pays, comme elles de ceux qui aspirent à contrôler l’État vénézuelien, et pour cela nous espérons pouvoir compter sur le soutien actif des individus et des groupes libertaires aussi bien en Amérique latine que dans le reste de la planète. Toute manifestation de solidarité anarchiste sera bienvenue pour le mouvement libertaire vénézuélien. Un mouvement petit et qui agit malgré de nombreuses difficultés, mais qui dans l’actuelle conjoncture appréciera énormément de savoir que nous pouvons compter sur les compagnons du reste du globe, soit par la reproduction et la diffusion des informations que publient les anarchistes du Venezuela, soit en générant des opinions et des réflexions qui démontent les visions qu’essayent d’imposer les autoritaires de droite et de gauche, et – ce qui serait beaucoup mieux – en faisant la promotion ou en soutenant les initiatives d’action dans leurs pays respectifs où se dénoncent les circonstances, la faim et la répression qui se vivent aujourd’hui au Venezuela. Maintenant, plus que jamais, votre présence et votre voix est nécessaire dans tous les scénarios possibles où sera dénoncé la tragédie dans laquelle est plongé le peuple vénézuélien.

Traduction : Daniel Pinós

Note finale de El Libertario: Voir l’analyse plus approfondie et détaillée etdes informations sur ce qui se passe au Venezuela (en espagnol), ainsi chaque jour, en le blog de El Libertario