Vive l'Anarchie - Semaine 19, 2022

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Récit du picnuk à Froncles

Publié le 2022-05-09 08:08:03

9 mai 2022
Par Manif Est (source)
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Publié sur bureburebure.info

Samedi dernier, nous avons été une vingtaine à picnuker devant la société des forges de Froncles (52), à 40km de Bure, là où POMA, leader mondial du transport par câbles, construit et fait les tests du prototype à taille réelle du funiculaire prévu pour descendre les déchets radioactifs à 500 mètres sous terre. Ce picnuk était en soutien aux deux personnes inculpé·x·es en mars dernier, suspecté·x·es d’avoir déboulonné une installation de POMA dans les Alpes, à la suite d’un appel à actions décentralisées contre POMA et contre son implication dans le projet CIGEO.

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Sur la route du picnuk, on a rapidement remarqué que la gendarmerie était aussi mobilisée. Après avoir repéré les véhicules partant depuis le village de Bure, plusieurs points de contrôle ont été réalisés sur la route entre Joinville et Froncles. Les contrôles se sont fait tantôt par véhicules banalisés, tantôt par véhicules de la gendarmerie, à l’aide d’une réquisition autorisant la fouille des véhicules et le contrôle d’identité des passagèr·es. Sans contexte, la réquisition (recto/verso) est justifiée par la recherche d’auteur·es d’actes de terrorisme, de prolifération des armes de destruction massive, de matière d’explosifs, de vols, recels et trafics de stupéfiants… A la vue du matériel de picnuk, une gendarme a notamment exprimé que « les couteaux c’est limite quand même »…

La route vers Froncles a aussi été l’occasion pour quelques antinucléaires de coller les dernières affiches annonçant l’abandon du projet de laverie nucléaire près de Joinville (à noter que ce projet se fera sûrement au Bugey) : « UNITECH abandonné ! Il n’y aura pas de laverie nucléaire à Suzannecourt (52) ! Bravo ! Bravo ! Bravo la mobilisation, bravo les réunions publiques, bravo les manifs, bravo les recours, bravo les actions. Vive la lutte, la lutte porte ses fruits ! Et maintenant, quoi ? On dégage l’ANDRA et son labo ? Bye-bye UNITECH ! Ciao CIGEO ! »

Une fois arrivées à Froncles : direction la société des forges, devant laquelle nous prévoyons de picnuker. C’est là que depuis 2019, POMA s’est installée en louant et faisant rénover une partie du bâtiment des forges, afin d’y construire son banc d’essai à l’échelle 1 du projet de funiculaire. Les premiers essais (tests de freinages), s’y déroulent depuis début 2021.

Entre autres actionnaires, les forges ont appartenu respectivement à Citroën, Cockerill-Sambre, Usinor Sacilor (aujourd’hui ArcelorMittal) et en 2006, le bâtiment a été racheté par la société allemande Altenloh Brinck & Co (ABC). Ces derniers, d’ailleurs, ne se vantent pas d’abriter les essais de POMA pour CIGEO puisque ce n’est mentionné ni sur leur site internet ni même sur le portail de l’usine.

En plus des forges, qui marquent déjà le paysage de cette petite ville de près de 1 500 habitant·es, du même bord de la Marne, nous avons également eu le loisir de constater la présence d’un ENORME transformateur électrique au coeur du bourg. Quel ne fut pas notre étonnement d’apercevoir une telle immondice au milieu des pavillons résidentiels et à proximité du collège.. ! Le cadre étant posé, le dégueulis pouvait commencer.

Alors : devant les forges, 4-5 véhicules de la gendarmerie privatisaient le parking, sortant un papier complètement pété indiquant qu’il n’était pas possible de stationner devant la mairie (papier probablement destiné à la fête foraine car la mairie est à l’opposée des forges de Froncles !). Alors qu’iels tentaient de contrôler les quelques véhicules qui tentaient de s’y garer (non sans soutien des copaines !), retentissait le son d’une crécelle à destination de la flicaille : les flics nous ont fait chier mais on leur a bien rendu.

En parallèle, devant le portail, le picnuk se met en place, avec tables et bancs, pour accueillir un infokiosque (contre POMA et contre CIGEO) d’une part, et le repas tant attendu : houmous de betteraves, pâté de lentilles, salade de pommes de terre aux betteraves et veganaise, tarte aux poireaux, gâteau au chocolat, dessert à la compote et graines de chia, accompagnés d’eau, tisanes et bissap froids. Sur notre couverture de picnuk, on pouvait écrire sur deux grosses cartes punkpostales géantes en carton destinées aux deux copaines inculpées dans l’affaire de POMA.

Sur le portail des forges, la banderole de soutien aux inculpé·x·es a été déployée. Le portail sera très vite décoré de quelques stickers « certifié·e pro-nucléaire » et contre CIGEO.

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Au niveau de la flicaille, un gendarme et une sorte de médiateur de la préfecture en civil se sont rapprochés pour négocier notre départ sur la pelouse, à l’arrière du parking où ils étaient stationnés. Mais ceux-ci ont rapidement lâché l’affaire lorsqu’on a commencé à manger en les ignorant. Ils ont ensuite retenté une approche en nous menaçant d’un contrôle d’identité collectif, mais toujours face à notre indifférence, rien ne se passa. Le repas était très bon : tellement plus intéressant que leurs jérémiades quant à notre occupation d’un terrain soit-disant privé (« on n’est pas là pour vous enquiquiner », que l’Autre récitait dix fois comme un poème) !

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Parmi les gendarmes en uniforme et en civil, il est bon de préciser que certain·es RG ont très longuement filmé notre évènement, et qu’un flic de la cellule Bure était présent. Il y avait un gros dispositif de flics cachés un peu partout à Froncles (près de la Marne, etc).

Face à ce drôle d’évènement : un picnuk banderolé sur un parking d’entreprise sous la surveillance des gendarmes, plusieurs passant·es sont rapidement venues voir ce qu’il se passait, ce qui a permis de discuter un peu sur CIGEO et sur la présence de POMA dans les forges.

Après le repas, des copaines ont entamé un concert improvisé de percussions, tandis que d’autres tractaient les voitures qui passaient au carrefour devant les forges. Les jours d’avant, ce même tract avait été diffé dans les boîtes à lettres de Froncles pour informer sur POMA à la société des forges et inviter au picnuk de ce jour.

Il y avait des retours très sympathisants et encourageants, hormis d’autres qui avaient l’air de travailler pour POMA (l’une d’elles ayant exprimé depuis son Duster avoir participé aux plans de la maquette). Plusieurs personnes ont exprimé être choquées de ne pas avoir su que les forges abritaient un projet nucléaire, avant le tractage des jours précédents. Et sinon, on a eu plusieurs retours d’habitant·es ayant participé directement à la lutte contre CIGEO ces dernières années.

Pour sa part, le Maire est directement allé voir les flics.

Après toutes ces joyeusetés ensoleillées (auxquelles participait également, de loin, un TRÈS grand chat), décision fut prise de plier bagages et de nous barrer. Alors on a tout minutieusement remballé et on est parti. Quel ne fut pas notre étonnement d’être quelques véhicules à être suivis par la flicaille, à qui nous dédièrent quelques tours de rond-point supplémentaires sur le chemin du retour.

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Source: Manif-est.info

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Italie : Contre le 41 bis, solidarité révolutionnaire avec l’anarchiste Alfredo Cospito

Publié le 2022-05-09 08:08:04

8 mai 2022
Par Attaque (source)
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reçu par mail / samedi 7 mai 2022

Jeudi 5 mai, l’anarchiste emprisonné Alfredo Cospito a été informé qu’on lui avait imposé le régime de détention 41 bis. Actuellement, Alfredo est encore déténu dans la prison de Terni, dans la section préposée à ce régime de détention. Nous ne savons pas si cette destination est provisoire et si elle sera suivie par un transfert dans une autre prison ou pas. Le décret qui lui impose le 41 bis a été émis, comme la loi le prévoit, par la ministre de la Justice Marta Cartabia, déjà présidente de la Cour Constitutionnelle. On rappelle, très rapidement, que le régime de détention régit par l’article 41 bis est particulièrement dur et que, dans le but d’empêcher toute forme de communication, il prévoit l’isolement, l’interdiction de tout moment en commun entre détenus et de toute activité interne à la prison, le silence, la censure du courrier, une heure de parloir par mois, séparés par une vitre par un interphone et avec l’enregistrement des dialogues, dix minutes d’appels téléphoniques par mois avec une membre de la famille qui a reçu une autorisation et qui est obligé d’appeler à partir d’une caserne des Carabinieri. Les détenus ont l’interdiction de recevoir des journaux et des livres, la majorité du courrier est bloqué de manière préventive, à cause de ses contenus et en plus ils n’ont pas la possibilité d’acheter des journaux et ils ont des fortes limitation quant aux objets qu’ils peuvent garder dans leur cellule (il y a un nombre maximale de livres, d’habits, de nourriture, de papier et de stylos).

Ce n’est pas la première fois que ce régime de détention est appliqué à des révolutionnaires : en 2006, quatre prisonniers des Brigate Rosse ont été enfermés dans des telles structures (l’une d’entre eux, Diana Blefari, s’est suicidée en octobre 2009, peu après qu’on lui avait enlevé le 41 bis). Il s’agit là d’un précédent qui, malgré les mobilisations à ce sujet, n’a pas encore été effacé.

En ces premières heures de rage, nos devons nous arrêter sur deux points.
D’un côté, nous prenons acte de l’attaque personnelle, physique, contre un compagnon anarchiste qui, au cours de ces dernières dix ans d’emprisonnement, n’a jamais baissé sa tête : un compagnon qui a revendiqué la tête haute le fait d’avoir tiré dans les jambes du PDG d’Ansaldo Nucleare, l’ingénieur Adinolfi. Le fait que l’État n’a pas réussi à isoler Alfredo ni à faire taire sa contribution révolutionnaire, a été une épine dans le pied pour la magistrature et la police. Cela a mené, ces dernières années, à d’autres mesures répressives à son encontre, comme la censure de son courrier et la notification, en prison, d’un mandat d’arrestation pour l’opération Sibilla, le 11 novembre dernier ; une opération par laquelle les forces répressives ont essayé de faire disparaître un journal et des publications qui, au fil des années, ont publié les articles et les contributions de ce compagnon. Nous devons faire ressentir à Alfredo la solidarité d’un mouvent qui n’est pas dompté, qui ne l’a pas oublié, qui ne le laisse pas seul ; nous devons faire en sorte que cette solidarité rompe les interdits et brise l’isolement.
De l’autre côté, nous voyons là un précédent contre le mouvement anarchiste dans son ensemble. Il nous faut une mobilisation internationale efficace, qui fasse payer à l’État italien le prix de son choix. En d’autres termes, ce précédent ne doit pas passer.

Cependant, la lutte révolutionnaire est toujours un pas en avant par rapport à l’ambiguïté du droit et elle porte avec soi de la clarté. Cela est démontré par le actions menées contre la tentative de rapprochement vers le 41 bis, qui s’est manifestée en particulier en 2019, avec le transfert de la section AS2 [Haute sécurité 2, la section destinée aux prisonnier.e.s politiques dans les prisons italiennes ; NdAtt.] de la prison pour femmes de l’Aquila. Face à au rideau d’isolement que l’État veut faire tomber sur Alfredo, il faut réaffirmer la solidarité en tant que nécessité constante dans la communication entre révolutionnaires, un élément qui, ces dernières années, n’a pas fait défaut, au niveau international.
Être anarchistes est quelque chose de difficile, mais il ne nous intéresse pas de savoir si cela est considéré comme un délit ou pas. Ceux qui affament, exploitent, larguent des bombes sur des populations civiles sont les mêmes hommes et les mêmes femmes qui prennent soin de faire rentrer l’anarchisme dans les schémas du droit, en neutralisant ses tensions, en lui ôtant ses possibilités d’action concrète. Le transfert d’Alfredo est aussi un avertissement pour tous ceux qui pensent que celles octroyées par les patrons et les gouvernants ne sont pas des « libertés », un message pour ceux qui – en joignant la pensée et l’action – ont l’intention de détruire l’État et le capital.

Il nous faut une mobilisation capable de contre-attaquer. Nous ne pouvons pas et ne voulons pas passer sous silence les responsabilités politiques et personnelles de la ministre Marta Cartabia. Cette juriste, avec son décret, semble avoir décidé d’anticiper de vingt jours la sentence de la Cour de cassation pour la procès Scripta Manent, prévue pour le 25 mai, un procès dans lequel Alfredo a été condamné en appel à 20 ans de prison pour association subversive avec finalité de terrorisme et pour massacre avec finalité de terrorisme (sentence à laquelle il faut ajouter les neuf ans et demi du procès pour l’action contre Adinolfi). En Italie, le crime de « massacre » est prévu par le code pénal même en absence de morts et de blessés, sur la base du potentiel d’une attaque explosive. C’est justement le crime de massacre qui aurait pu être le moyen permettant de justifier l’imposition du 41 bis à Alfredo. L’anarchiste Anna Beniamino, dans ce même procès Scripta Manent, ainsi que l’anarchiste Juan Sorroche, dans un autre procès, sont accusés eux aussi de massacre. Cela démontre à quel point ce précédent est déjà, à l’heure actuelle, un possible porteur de conséquences pour d’autres compagnons.

La ministre Cartabia est largement considérée comme la possible prochaine présidente de la république, soutenue par ces coteries progressistes qui ont lancé la campagne pour qu’il y ait, enfin, une femme à la tête de l’État italien. On rappelle qu’en Italie le président de la république occupe aussi la fonction de plus haut dignitaire du système judiciaire et qu’il préside le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Nous n’allons pas nous plaindre ici des abus et des violations du droit de la part de ces bureaucrates qui le gèrent, mais nous ne pouvons pas nous passer d’observer que la ministre Cartabia a délibérément choisi d’imposer tout son poids politique – de juriste, de ministre, de possible futur chef de la magistrature – avec un décret qui, parmi les autres turpitudes, porte en soi aussi celle de cautionner la possible condamnation définitive d’Alfredo et de ses coïnculpés. Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons pas attendre une minute de plus. Nous appelons donc à une mobilisation internationale dans le signe de la continuité révolutionnaire, qui élargisse de plus en plus son champ d’action.

Contre le 41 bis, rompre l’isolement !
Si vous essayez de nous fermer la bouche, nous vous mordrons la main !
Contre la censure, persévérons dans la propagande anarchiste !
Solidarité révolutionnaire avec l’anarchiste Alfredo Cospito !

Anarchistes




Source: Attaque.noblogs.org

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Douarnenez (Finistère) : Le PS perd sa vitrine

Publié le 2022-05-09 08:08:06

8 mai 2022
Par Attaque (source)
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extrait d’Ouest-France / dimanche 8 mai 2022

À Douarnenez (Finistère), le local du parti socialiste a été une nouvelle fois la cible de dégradation dans la nuit de samedi à dimanche 8 mai 2022.

La vitrine du local, qui donne sur la rue Pasteur, juste avant le Grand Pont a été brisée. Selon la gendarmerie de Douarnenez, les faits se sont produits vers 4 h 30 du matin. [la fois d’avant c’était des fachos ; NdAtt.]




Source: Attaque.noblogs.org

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Assemblée ouverte de « Kalimero » ce jeudi !

Publié le 2022-05-10 20:06:06

« Kalimero » est une caisse de solidarité qui envoie des mandats aux prisonnièr.e.s de la guerre sociale, c’est à dire à des personnes qui sont en prison accusées d’actes d’insoumission et de révolte.



L’assemblée ouverte de « Kalimero » se tient tous les deuxièmes jeudi du mois à 19h.

C’est notamment l’occasion de discuter de nos rapports antagonistes à l’institution judiciaire, de faire le point sur les situations des personnes dont les actes nous parlent et de réfléchir aux questions de solidarité.

Ce jeudi 12 mai à 19h, on se voit à la Kunda
51 Bd Stalingrad, Vitry-sur-seine.
Tram 9 arrêt Beethoven-Concorde depuis Porte de Choisy
https://lakunda.squat.net/

Bienvenue !

Pour écrire : kalimeroparis[at]riseup.net

Destruction par le feu d'un radar

Publié le 2022-05-10 20:06:07

La Main Noire revendique la destruction par le feu du radar de la D941 situé entre Aubusson et Bourganeuf, dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 avril 2022.
La Main Noire est un collectif anarchiste prônant l’action directe révolutionnaire contre les outils de domination de l’État. La Main Noire apporte son soutien aux camarades anarchistes qui en tous lieux de ce monde ravivent les braises de la révolte.

La Main Noire

Espagne : Des nouvelles des compas anarchistes emprisonné.e.s pour l’affaire 27-F

Publié le 2022-05-12 07:30:11

11 mai 2022
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reçu par mail / mardi 10 mai 2022

5 mai 2022
Ermann a été libéré hier soir et Emanuele sortira aujourd’hui.
Les gars ont décidé de payer la caution, avec l’aide aussi des caisses de solidarité, des compas, d’ami.e.s et de leurs familles.

Il ne reste plus qu’à payer les cautions de Danilo, Albo et Beppe (le dernier à avoir été emprisonné*).
Danilo a décidé de partir après le 3 juin, parce qu’il ne veut pas louper les examens à la fac’. Albo reste avec lui, dans le même module, et l’attend.

Nous espérons que la solidarité remplira les caisses avec l’argent qui manque pour les libérer.

On se voit dans les rues !

* Note d’Attaque : début mars, Giuseppe a été arrête par la police espagnole, en collaboration avec la PAF, au moment de traverser la frontière entre le deux pays. Entretemps, la caution pour les compas a été réduite à 15 000 euros chacun.




Source: Attaque.noblogs.org

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Région parisienne : Quand les flics prennent tes empreintes, ta photo et ton ADN de force

Publié le 2022-05-12 07:30:12

11 mai 2022
Par Attaque (source)
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Indymedia Lille / mercredi 11 mai 2022

Le 24 janvier 2022, dans le cadre de la loi relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure, un nouvel alinéa a fait discrètement son apparition dans l’article 55-1 [1] du code de procédure pénale, qui réglemente la prise d’empreintes et de photo en garde à vue.

Le nouvel alinéa en question :

« Sans préjudice de l’application du troisième alinéa, lorsque la prise d’empreintes digitales ou palmaires ou d’une photographie constitue l’unique moyen d’identifier une personne qui est entendue en application des articles 61-1 ou 62-2 pour un crime ou un délit puni d’au moins trois ans d’emprisonnement et qui refuse de justifier de son identité ou qui fournit des éléments d’identité manifestement inexacts, cette opération peut être effectuée sans le consentement de cette personne, sur autorisation écrite du procureur de la République saisi d’une demande motivée par l’officier de police judiciaire. L’officier de police judiciaire ou, sous son contrôle, un agent de police judiciaire recourt à la contrainte dans la mesure strictement nécessaire et de manière proportionnée. Il tient compte, s’il y a lieu, de la vulnérabilité de la personne. Cette opération fait l’objet d’un procès-verbal, qui mentionne les raisons pour lesquelles elle constitue l’unique moyen d’identifier la personne ainsi que le jour et l’heure auxquels il y est procédé. Le procès verbal est transmis au procureur de la République, copie en ayant été remise à l’intéressé. »

Cet article annonce tout simplement que désormais si les flics considèrent qu’ils n’ont pas ton identité, ils pourront te prendre ta signalisation de force dans le cas ou tu la refuses (à savoir, un portrait photo et la prise de tes empreintes). Ce n’est pas nouveau en europe, l’état français se rapproche des politiques de l’espagne, l’’italie, l’allemagne ou encore la belgique, mais on avait pu jusque là y échapper. Ce bout de loi n’a pas fait grand bruit, et il n’y a pas eu jusque là d’échos de son application. C’est aujourd’hui chose faite, avec ma dernière garde à vue, et celle d’autres compagnons.

Contexte de départ : Le vendredi 22 avril, des baqueux s’introduisent dans un squat, prétextant une tentative de cambriolage. Une des trois personnes présentes dans la maison est embarquée, poursuivie pour violence sur PDAP. Un rassemblement s’organise rapidement le soir même, depuis le squat du Marbré (il apparaît dans le dossier que nous étions pris en filature depuis le Marbré). On est une petite dizaine, mais impossible d’arriver devant le commissariat, de très nombreux flics nous barrent la route, et ne tardent pas à embarquer presque tout le monde. Je cours et me fait prendre en chasse jusqu’à mon interpellation.

Une fois au poste à Vincennes, la plupart des gens sortent après un simple contrôle d’identité (tous sous faux nom, à une exception près). Trois d’entre nous finissent en garde à vue, deux pour les même faits que le pote arrêté plus tôt, et moi (sous faux nom ?) pour violence avec arme. Les flics tentent plusieurs fois de me prendre en photo pendant la vérif, ils profitent d’une nouvelle fouille pour me mettre dans une salle, me filmer et me prendre en photo. Ils foutent bien la pression mais ne m’empêchent pas de me tourner face au mur pour ne pas être pris. En tout cas leur « taj photo » [2] comme ils disent ne marche pas et ils ne retrouvent pas mon identité (à priori ils n’ont jamais eu de photo de moi, vu que j’ai toujours refusé la signalétique). Une caméra était posée sur le comptoir de l’accueil aussi, nous filmant en permanence pendant toute la vérif’. Je pense que j’ai échappé aux vidéos et photos des condés, mais pas celle de cette caméra.

Je ne reste pas à Vincennes. Je suis transféré d’abord à Joinville-le-Pont pour quelques heures, puis à Fontenay-sous-Bois. Là-bas, je fais plusieurs auditions qui tournent rapidement court puisque je ne dis rien y compris sur l’identité (nb : on me demande tout particulièrement ma filiation). J’exaspère l’OPJ, une petite dame avec un air toujours pincé, affublée d’une écharpe. genre bureaucrate peu patiente. Un grand type brun vient me chercher pour les empreintes, je lui dit que je vais pas venir, il repart, fâché. On m’ajoute en supplétives « refus de signalisation » « refus d’empreinte biologique » et « refus de remise de la convention secrète de chiffrement d’un moyen de cryptologie « (j’ai refusé de donner le mot de passe de mon téléphone). Après 36h de gav, on vient me chercher pour mon entretien avocat. Et juste après cet entretien, tout s’enchaîne en quelques heures. (NB, je pense que c’est un concours de circonstances et qu’ils n’ont pas attendu l’entretien avocat, puisqu’ils ne s’attendaient pas à ce qu’un avocat vienne (pas clair, non ?)).

Après plus de 36h de gav, une nouvelle réquisition du procureur tombe : une meuf se pointe dans ma cellule en me disant qu’elle est de la scientifique et qu’elle est chargée de prendre ma signalisation. Elle a son smartphone à la main. Moi je suis sous ma couverture et je lui dit de se casser en glissant ma tête dessous. Elle tente vaguement de tirer la couverture mais n’insiste pas. Elle part en disant que je viendrais plus tard de force chez son collègue dans ce cas.

Juste après, c’est le shift chez les geôliers. Les nouveaux sont des gros cons (ah ! je me disais bien qu’ils manquaient à l’appel) qui viennent demander aux gardés à vue pourquoi ils sont là au début de leur service. Ils décident de m’emmerder, de rentrer dans ma cellule pour se foutre de ma gueule. Pour eux je suis un GJ. Ils finissent par partir mais chaque fois qu’ils viennent ouvrir une cellule, ils passent me voir, rigolards.

Un peu plus tard ces mêmes keufs m’emmènent à l’hôpital militaire de Bégin, avec le lot de menaces, provocs, petits coups mesquins et humiliations qui vont avec. Dans la salle d’attente de l’hôpital, à un moment je les entend dire que juste après ils m’emmèneront pour la signalisation. Et merde… A ce moment là j’ai vraiment le seum parce que je m’étais préparé à résister depuis ma cellule, alors que ce qui se profilait c’était plutôt que j’allais me retrouver direct et déjà menotté dans la salle. Après un temps d’attente digne des urgence d’hôpital, c’est mon tour. Les flics rentrent, fiérots comme jamais, et commencent « On vous amène un type qui est là pour violence avec arme. J’imagine que vous voulez qu’on reste ? ». « Déjà, vous n’avez rien à faire dans cet hôpital » rétorque l’infirmière, ulcérée. Et là les condés se font aligner par l’infirmière et le médecin, qui disent qu’il ne veulent plus voir les flics de Fontenay amener leurs gardés à vue dans leur hôpital, sans les prévenir autrement qu’avec un coup de téléphone. Qu’ils ne font ça que pour se permettre des passe droits, etc… Les flics ne font plus les crâneurs, ont dirait des enfants pris en faute. Je demande au médecin à ce que les flics ne soient pas là. et ils leurs demande de partir. Je lui demande de la codéine, il me la donne, je lui demande de m’en prescrire, et il me fait une ordonnance en me prévenant que les flics risquent de ne pas m’en donner. On retourne dans la salle d’attente le temps qu’il fasse l’ordonnance, jusqu’à ce qu’il revienne avec le papier. « L’ordonnance, c’est pas pour vous, c’est dans sa poche, et vous n’avez pas le droit de la lire ! ». Coup de grâce pour les chtars, qui se font réprimander devant les autres gens qui attendent d’être soigné. Ils vont me laisser tranquille pendant le retour, ils préfèrent insulter ce « médecin de merde qui n’est même pas un médecin militaire, en plus ! »

Autres bons points, ils me ramènent dans ma cellule, et oublient de récupérer le masque covid qu’ils m’ont posé sur la gueule pour aller à l’hôpital. Je me prépare au moment le plus chiant de la garde à vue. Je fait des échauffements : bras, poignets, cou, jambes, chevilles, puis je m’assoie. Bon en fait ça prend un peu de temps. Bon en fait je vais me coucher en attendant… quelques heures plus tard, j’entends des conversations dans le couloir. Je me doute que c’est pour moi. Je me rassoie sur le banc. J’attend.

Quelques minutes plus tard, l’OPJ pincée apparaît à la porte de ma boite, entourée de quatre gorilles suréquipés et aux bras trois fois plus épais que les miens, terminés par des gants coqués. Elle me demande de la suivre pour une nouvelle notification. Je lui demande de quoi il s’agit. Elle me dit que c’est une nouvelle notification du magistrat. Je répond que je veux savoir ce que c’est (alors qu’un des bleus commence à s’engouffrer dans ma cellule), et que je sortirais pas tant que je ne sais pas. Elle répond encore à côté, alors j’y vais franchement : « Si c’est pour les empreintes, je ne sortirais pas de la cellule ». Le flic y va franchement aussi. Il me saisi, bras dans le dos, poignets en l’air, et me soulève de terre. Ouille, ça tire un peu sur les épaules, quand même. Ils m’ammènent comme ça, à l’étage, dans un bureau ou je retrouve le premier connard de la scientifique qui se la joue pro mais je sens qu’il jubile intérieurement, ce sale type. A partir de là, ça devient un peu flou. Je vais raconter le maximum de ce dont je me souviens, mais tout est allé très vite, dans tous les sens, et il y a des trucs dont je ne me souviens pas, genre à quel moment je me suis retrouvé menotté, ni les échanges verbaux qu’on a avant que ça parte en vrille. Mais bon, je me souviens vaguement que c’était un truc du genre elle m’explique, je refuse, et c’est parti, quoi.

Je glisse rapidement mon masque sur la tête, je me pose sur le banc juste à côté de la porte d’entrée. Les flics tentent de m’attraper, mais je me débat vraiment. Ils me foutent des claques, m’attrapent, me plaquent contre le mur, mais rien n’y fait. ils me donnent deux coups de poing dans le ventre. J’ai le souffle coupé, je suis plié en deux. Je reste dans cette position. Ils veulent me remettre droit, je relève les jambes aussi pour rester en position tortue. Ils rebaissent mes jambes, je descend mon buste aussi. Ils m’attrapent la tête pour essayer de la rendre immobile, mais même à quatre habitués des salles de muscu, c’est chaud de maintenir immobile quelqu’un qui a une envie irrépressible de se dandiner. Je vois un point rouge sur moi, et je me rappelle me faire la remarque « tiens, ils ont des viseurs, les appareils photo de la scientifique ? ». Je comprend 10 secondes plus tard que ce n’était pas l’appareil photo, mais un taser dont je sens la décharge dans ma cuisse gauche. Je crie, ça me paralyse. Le mec en profite pour prendre en photo un visage tout crispé entouré de plusieurs bras et mains. Un des flics qui avait la main sur ma mâchoire me répète rapidement « tu me mord je te défonce ! » Les brutes lui demandent si c’est bon, pour lui c’est bon. Ils enchaînent. Ils me replient en deux, et tire mes bras menottés en l’air, dans mon dos. Un peu comme les positions d’étirement, là. Mes mains se resserrent en deux poings solides. Il va falloir y aller pour les… je prend une deuxième décharge. Beaucoup plus longue et plus vénère. Je crie de douleur (mais genre je m’entend faire un cri que j’ai jamais fait). Mon corps est parcouru de spasmes et mes mains s’ouvrent d’elles-même. Le keuf encre ma main gauche et l’imprime sur son papier. D’abord les doigts, puis le pouce, puis la paume. Je reprend le contrôle de mes mains, et je résiste mollement de la main droite. Les flics me parlent, mais je les entends pas. Ils veulent me tourner ma main, mais elle peut pas plus, prise dans la menotte. Je gueule qu’elle peut pas bouger plus que ça, qu’ils vont la casser s’ils forcent. Ils m’enlèvent la menotte. Je résiste très mollement à la prise d’empreintes de ma main droite. Je flippe juste de me prendre un nouveau coup de taser. Une fois qu’il l’a prise les flics me relâchent. Je reprend mes esprits pendant qu’il discutent de l’ADN. Je dit que ça ne fait pas partie de la nouvelle loi. Ils répondent que si, qu’on m’a déjà lu le texte, qu’ils connaissent mieux la loi que moi, tout ça tout ça. Je fait pas trop attention à ce qu’il me disent. Je me tourne vers l’OPJ, qui a assisté à toute la scène avec toujours la même petite gueule tellement pincée que moi aussi j’ai envie de la pincer. Très fort. Je lui dit que je sais que ça fait pas partie du texte de loi, que si ça en fait partie elle n’a qu’à le lire. Elle continue de me regarder mais ne me répond pas, elle parle aux gorilles. « De toute façon, ça ne change rien, il va être poursuivi pour ce délit. Vous pouvez y aller, messieurs ». Ca prend trente secondes. Ils me replaquent sur le mur, le chef me bouche le nez et le scientifique brandit un coton tige grand comme une langue de chat (le gâteau). J’ai beau serrer ma bouche de toute mes forces, le coton tige passe par la commissure de mes lèvres comme dans du beurre. Je veux le mordre de toute mes forces, mais il est déjà parti. C’est fini. Ils m’ont tout pris. Je me sens hyper sali.

Il me remenotte et m’amène à ma cellule. Superflic continue de me pointer avec son pistolet électrique, tandis que ses collègue me tiennent de la même manière qu’à l’aller. Ils me font rentrer dans la cellule comme un forcené. Un reste à la porte, trois rentrent avec moi. Ils me plaquent face au mur en criant « tête sur le mur ! ». Ils m’enlèvent une menotte, plaquent la main, enlèvent l’autre menotte. Un flic quitte la cellule, un deuxième, et enfin celui au taser en dernier.

Quelques heures plus tard, je sors avec une convocation pour un rappel à la loi, et une inscription au TAJ sous un nom qui n’est pas le mien. Pour ce qui est de l’ADN, j’imagine qu’il est à présent au FNAEG [3], quand bien même il m’est impossible de le vérifier, puisque également sous un nom qui n’est pas le mien (je ne peux donc pas faire de demande d’accès au fichier).

Les autres sont passé en comparution immédiate après deux deux jours en prison, à Fresnes et à Fleury Mérogis. Ielles sont poursuivi.e.s pour violence en réunion sur PDAP avec moins de 8 jours d’ITT, refus de signalétique et refus d’ADN. Leur procès a été renvoyé et aura lieu début juin. Une personne a tenté de résister à la signalisation de force et est parvenue à saboter la prise d’empreintes digitales. Elle en a fait un petit récit :

« Arrêtée au même moment, je reviendrais seulement sur la prise forcée d’empreintes. La première fois où un keuf vient pour prendre ma signalétique, c’est facile de refuser. Il ouvre ma cellule et me demande de sortir. Je réponds que je veux savoir pourquoi avant de sortir. Il me dit que c’est pour les empreintes. Puisque je ne compte pas les donner il referme la cellule. Plus tard (le samedi en fin de soirée) juste après mon entretien avec l’avocate, des keufs nous annoncent (à moi et à l’avocate) qu’ils ont une réquisition pour nous prendre la signalétique de force. Ils me redemandent si je veux les donner (« ce sera plus simple sinon on va utiliser la force »), je refuse à nouveau.
La suite des événements est à la fois très nette et flou. Flou parce que tout s’est passé dans une micro pièce du style placard (pas beaucoup plus de 2 mètres par 2 mètres) avec 4 keufs et le flics de la police scientifique. Très vite ils comprennent que je vais résister et me font une clef de bras et se mettent à trois sur mon autre bras pour me mettre l’encre et me mettre la main sur la feuille. A chaque fois ils me tordent les doigts pour les poser sur la feuille comme je résiste à l’approche de la feuille le moment ou je pose la main et que je cède, il y a un effet de relâche de leur emprise ce qui me permet d’étaler mes empreintes, de glisser sur les cotés pour qu’elles ne soient pas lisibles. De la même manière pour les empreintes palmaires, j’en profite à chaque fois pour prendre toute la feuille dans ma main et la froisser en essayant au mieux d’étaler l’encre. Après quoi je comprends qu’il vont prendre ma photo. J’utilise donc toute l’encre que j’ai sur les mains pour me la mettre sur le visage. Je suis pas sûre mais en voyant l’appareil photo qui semble vieux et pourri j’ai l’impression que ce sont des appareils qui nécessitent une mise au point. Je secoue la tête rapidement et en continu pendant qu’ils essayent de prendre la photo. A ce moment deux mains se serrent autour de mon cou pour m’étrangler et m’empêcher de bouger et une keuf qui met son doigt près de mon oreille pour que j’arrête de bouger. En réalité ça fonctionne pas parce que des mouvements cours et rapide de tête c’est pas évident de les empêcher. Finalement il prennent aussi mon ADN avec un coton-tige, à ce moment je sais pas trop quoi faire pour l’empêcher. Je crache quand il me le mettent près de la bouche… Bon ils me disent un truc du genre « c’est malin, comme ça on a ce qui nous faut ». J’ai eu mal au cou un moment et c’est seulement deux jours plus tard en ayant un miroir que j’ai constaté que j’avais des bleus autour du cou. C’était à Frênes et trop tard pour prendre des photos. Résultat de toute cette merde, ils n’ont pas ma signalétique parce qu’elle était pas exploitable et le temps qu’ils essaient de la rentrer dans les fichiers et qu’ils constatent qu’elle n’était pas exploitable j’étais déjà en route pour le tribunal. Ils ont donc pas pu me la reprendre. »

La législation évolue, et avec elle les pratiques des flics. Si on peut continuer de conseiller de refuser de donner des empreintes et son ADN en garde à vue, la question devient plus compliquée si on choisi de ne pas non plus donner sa véritable identité. C’est une mesure qui vise explicitement à identifier les personnes qui se trouvent en garde à vue, et à briser ce moyen d’échapper aux griffes de l’Etat en cachant son identité, que ce soit pour éviter d’avoir un casier judiciaire long comme le bras ou, pour les personnes sans-papier, échapper au centre de rétention et à l’expulsion. Si elle se limite aux délits de plus de trois ans de prison, il est en réalité assez facile pour les flics de poursuivre des personnes sous un chef d’inculpation de cet ordre. Il est à noter qu’elle se limite au personnes qui « refusent manifestement de donner leur identité », et qu’un simple refus de donner ses empreintes et son ADN ne permettent en théorie pas d’appliquer cet alinéa. De la même manière, le texte de loi n’autorise pas les prélèvements ADN, contrairement à ce qui a été pratiqué par les flics dans ces deux exemples. On manque encore de retours sur la mise en place de cette loi, pour se rendre compte de l’impact qu’elle peut avoir.

pikachu

Notes

[1] L’article de loi complet :

1- L’officier de police judiciaire peut procéder, ou faire procéder sous son contrôle, sur toute personne susceptible de fournir des renseignements sur les faits en cause ou sur toute personne à l’encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre l’infraction, aux opérations de prélèvements externes nécessaires à la réalisation d’examens techniques et scientifiques de comparaison avec les traces et indices prélevés pour les nécessités de l’enquête.

2- Il procède, ou fait procéder sous son contrôle, aux opérations de relevés signalétiques et notamment de prise d’empreintes digitales, palmaires ou de photographies nécessaires à l’alimentation et à la consultation des fichiers de police selon les règles propres à chacun de ces fichiers.

3- Le refus, par une personne à l’encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction, de se soumettre aux opérations de prélèvement, mentionnées aux premier et deuxième alinéas ordonnées par l’officier de police judiciaire est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

4- Sans préjudice de l’application du troisième alinéa, lorsque la prise d’empreintes digitales ou palmaires ou d’une photographie constitue l’unique moyen d’identifier une personne qui est entendue en application des articles 61-1 ou 62-2 pour un crime ou un délit puni d’au moins trois ans d’emprisonnement et qui refuse de justifier de son identité ou qui fournit des éléments d’identité manifestement inexacts, cette opération peut être effectuée sans le consentement de cette personne, sur autorisation écrite du procureur de la République saisi d’une demande motivée par l’officier de police judiciaire. L’officier de police judiciaire ou, sous son contrôle, un agent de police judiciaire recourt à la contrainte dans la mesure strictement nécessaire et de manière proportionnée. Il tient compte, s’il y a lieu, de la vulnérabilité de la personne. Cette opération fait l’objet d’un procès-verbal, qui mentionne les raisons pour lesquelles elle constitue l’unique moyen d’identifier la personne ainsi que le jour et l’heure auxquels il y est procédé. Le procès-verbal est transmis au procureur de la République, copie en ayant été remise à l’intéressé.

[2] Le Traitement des Antécédents Judiciaires est le fichier qui recense tes passages en Garde à vue, ainsi que ta photo se signalétique s’ils ont pu la prendre. C’est par le biais de ces photos que depuis récemment les flics se sont mit à pratiquer la reconnaissance faciale.

[3] Le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques. C’est là que sont stocké les ADN pris en GAV.




Source: Attaque.noblogs.org

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Paris : Une voiture de service de la RATP en feu

Publié le 2022-05-12 07:30:14

10 mai 2022
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reçu par mail / mardi 10 mai 2022

Une nuit de fin avril j’ai mis le feu à une voiture de service de la RATP à Paris (rue des Rondeaux)

La RATP est un acteur incontournable de la gestion capitaliste/étatique de nos vies (en région parisienne). Elle nous transporte vers le travail, les lieux de consommation les différentes tâches qui nous sont imposées. Lire : exploitation et aliénation.
Elle fait le tri entre des bon pauvres à transporter gratuitement (mais avec la possibilité de contrôler leurs déplacements) et des mauvais qui n’ont pas les bons papiers ou ne veulent pas être tracés. Pour ces derniers, portiques, caméras partout, contrôleurs, vigiles, le tout en étroite collaboration avec la police.

Les rouages de cette normalité morbide sont en bas de chez toi!
Mettons des bâtons dans les roues du train-train quotidien!

un fraudeur




Source: Attaque.noblogs.org

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Discute et projection au retour d'ukraine

Publié le 2022-05-14 22:19:46

Salut a toustes, l’Avtotobus est de retour !
Vous aviez peut être eu l’occasion de suivre cette initiative lancée au début de l’invasion en Ukraine, en soutien aux réfugié.es et aux anarchistes qui s’organisent à l’intérieur du pays et aux abords des frontières.



L’idée initiale de partir en bus s’est un peu transformée au vue de la situation et des besoins communiqués par les camarades D’Opération Solidarité, le réseau anti-autoritaire local avec qui nous avons été et sommes resté.es en lien : https://operation-solidarity.org/
C’est donc un petit convoi de voitures qui s’est rendu sur place depuis Toulouse, chargé de matériel et de la cagnotte collectée pendant plusieurs semaines.

Après avoir passé le mois d’avril sur la route, en Pologne et en Ukraine, le convoi au complet est de retour dans la région. On a envie de revenir collectivement sur cette expérience.
De transmettre nos impressions sur les conditions de guerre, et les besoins toujours d’actualité. De discuter de la résistance sociale qui se met en place, de la présence, l’organisation et les perspectives anarchistes et anti-autoritaire en Ukraine et plus largement dans cette région. De questionner ce conflit et la solidarité internationaliste a laquelle nous avons participé.

On vous invite donc à nous retrouver au PUM (34 rue Brouardel, Toulouse) le mardi 17 mai à partir de 19h30, début de la discute à 20h (et vu que y aura peut-etre personne pour gérer la porte, venez bien a l’heure)

Il y aura un info kiosque, une caisse de soutien pour le réseau D’Opération Solidarité.

On vous propose de commencer par un retour de notre initiative et de notre expérience.
Puis de regarder un court documentaire qui donnent les points de vue de camarades sur place, en revenant sur les idées véhiculées par les médias dominants du Kremlin ou d’Occident.
Et de poursuivre sur une discussion collective.

Vendredi malchanceux pour RBC

Publié le 2022-05-15 06:48:05
Mai 142022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À « Montréal » ce vendredi 13 mai. Nous avons décoré la succursale de la RBC du centre-ville, en solidarité avec les défenseur.e.s de la terre des Wet’suwet’en. Nous avons utilisé de la peinture rouge, comme le sang qui tache les mains de cette banque.

Attaque fasciste au rassemblement du 8 mai à Torcy (77)

Publié le 2022-05-15 06:53:20

Communiqué de l’Association Antifasciste 77 au sujet de l’agression fasciste subit le 8 mai à Torcy (77) à la suite du rassemblement contre les centres de rétention.



Attaque fasciste au rassemblement du 8 mai.

Le 8 mai, 10 fascistes armés de béquilles, de gants coqués de bonbonnes de gaz (gaz à utilisation détournée pour ses propriétés euphorisantes) d’environ 50cm et d’objets en verre ont tendu un guet-apens vers 16h45 alors que 7 participants à notre rassemblement antifascistes rejoignaient leurs véhicules.

Profitant de l’effet de surprise et de leur surnombre, les fascistes ont usé de leurs armes sur nos camarades dont un est tombé au sol, mais il n’aura heureusement que quelques blessures superficielles.

Nous nous interrogeons vivement sur l’objectif d’avoir tenté de poursuivre 2 de nos militantes du groupe à plusieurs, avec des armes. La cohésion de groupe et leurs incompétences à profiter efficacement du surnombre ont permis la mise en sécurité de nos camarades.

Les agresseurs ont rapidement revendiqué leur attaque dans la fachosphère.

Revendication qui ne précise pas les éléments cités plus haut, mais la lâcheté de l’extrême droite n’est plus à prouver.

Revenons sur les fascistes qui ont revendiqué, « les loutres ». Les « loutres » est un groupe hooligan raciste qui n’est qu’autre que la branche la plus violente du groupe d’extrême droite Auctorum basé dans les Yvelines (78). Proche de groupe dissous comme l’Alvarium à Angers ou encore comme les Zouaves Paris, ils font partie de la branche identitaire catholique comme leurs amis de Civitas.

Nous mettons en lien d’ailleurs un article qui explique très bien qui sont ces gens.

L’association antifasciste 77 ayant considérablement perturbé les activités de l’Action française et d’autres groupes racistes en Seine-et-Marne cette attaque sonne comme une tentative d’intimidation.

Mais il n’en est rien, car si l’extrême droite organise des attaques surprises en surnombre et surarmées, c’est qu’elle est dérangée dans ses activités. ... Surtout quand les fascistes sont contraints d’appeler des effectifs d’autres départements.

Cette attaque prouve en effet que dans le 77 (Seine-et-Marne) les fascistes reculent !

Et ce n’est que le début !

Pour finir, il est important pour tous de prendre conscience du danger des groupes violents fascistes. Car c’est maintenant presque chaque semaine qu’à travers toute la France l’extrême droite passe à l’acte. Combien de temps allons-nous laisser les nazillons propager leur haine, leur violence ? Il est temps d’éradiquer ce poison qu’est l’extrême droite et par tous les moyens nécessaires !

Merci à tous ceux qui ont pris des nouvelles suite à la rapide diffusion de cette attaque dans la presse. Votre soutien et solidarité comptent beaucoup pour nous.

Comptez sur nous pour continuer ou plutôt intensifier la lutte. D’autres projets, mobilisations sont sur les rails et rien n’y personne nous arrêtera ! 77 antifa

L’AFA 77

Article du média Street Press sur la mouvance fasciste dont font partie et où sont cités les agresseurs :
Cliquez ici

Rome (Italie) : Pour une solidarité révolutionnaire internationale

Publié le 2022-05-15 07:14:41

14 mai 2022
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Fuori dalla riserva / mercredi 11 mai 2022

« …je pense que le nouveau pourra venir seulement de leur collision (du terrorisme anarchiste et de l’anarchie créatrice), parce que la vie est contraste : rationnel et irrationnel, haine et amour, tout sauf le mortel, statique « équilibre ». L’harmonie est fille du « déséquilibre », du chaos. »*

Eh bien, ce qui planait depuis un bon moment s’est enfin manifesté : le 5 mai, le compagnon anarchiste Alfredo Cospito, déjà détenu dans la section AS2 [Haute Sécurité 2 ; NdAtt.] de la prison de Terni, a reçu la notification de l’application à son encontre du 41 bis.
Ce régime de détention, demandé par les juges et approuvé par le ministère de la Justice, avec la signature de la ministre Marta Cartabia, nous le savons, comporte : l’anéantissement de l’individualité, une extension de l’isolement, la privation de livres, le manque d’informations et de nouvelles du monde du dehors… bref, la torture.

Nous ne pouvons qu’y voir la dernière tentative de représailles, légitimée par l’appareil étatique, contre la cohérence et l’intégrité d’un compagnon anarchiste révolutionnaire qui a toujours revendiqué la tête haute son parcours et qui a continué à participer au débat anarchiste par des publications, des libres, des écrits.
Cela, vingt jours avant la sentence de la cour de cassation sur le procès Scripta Manent, orchestré par le minable procureur Roberto Sparagna, dans lesquels la justice a distribué des dizaines d’années de prison à quelques compagnons, dont Alfredo, sous les chefs d’inculpation de massacre indiscriminé, d’association subversive avec finalité de terrorisme et de provocation aux crimes et délits.
La dialectique répressive des enquêteurs et des tribunaux ne nous intéresse pas.
En tant qu’anarchistes, à la tentative étatique de monopoliser la violence structurelle, fondement d’oppression et d’exploitation, nous avons toujours répondu par une violence directe et pleine de joie émancipatrice, contre les responsables de la misère et les structures liées à la domination.
Du coup, nous n’oublions pas Alfredo et, encore moins, nous ne le laisserons pas seul.

Nous réaffirmons notre proximité et notre solidarité avec ce compagnon.

Pour une solidarité internationale révolutionnaire !
Pour l’anarchie !

Que la tension vers l’Anarchie brûle et éclate, dans nos cœurs et par nos mains

quelques anarchistes de Rome

* Note d’Attaque : extrait de l’entretien « Quelle internationale ? »




Source: Attaque.noblogs.org

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Albany (USA) : Les vitres du bureau d’Atlas brisées

Publié le 2022-05-15 07:14:42

14 mai 2022
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Scenes from the Atlanta Forest / vendredi 13 mai 2022

Le soir du 10 mai, j’ai brisé 7 vitres des fenêtres de l’immeuble où se trouvent les bureaux de la direction nord-est de l’entreprise ATLAS [entreprise d’ingénierie, d’expertise et de conseils dans le BTP,  associée à Brasfield & Gorrie dans le projet de construction d’un centre d’entraînement de la police (sous la forme d’une ville factice), sur le site de la forêt d’Atlanta ; NdAtt.], à Albany, NY. J’ai également tagué « ATLAS – arrêtez de détruire la forêt d’Atlanta ».

La destruction de centaines d’hectares de forêt pendant la 6e plus grande extinction de masse d’espèces vivantes, pour construire un centre d’entraînement de la police, à la suite de l’un des plus importants soulèvements anti-police depuis des décennies, est vraiment dégueulasse. Avec ce vandalisme, je conseille vivement à ATLAS de faire ce qu’il faut et de laisser tomber tous les contrats avec Brasfield & Gorrie, ainsi que le projet de Cop City.

un.e anarchiste




Source: Attaque.noblogs.org

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Birmingham (USA) : Le siège de la société Brasfield & Gorrie attaqué

Publié le 2022-05-15 07:14:43

14 mai 2022
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Scenes from the Atlanta Forest / vendredi 13 mai 2022

Le matin du 13 [mai 2022 ; NdAtt.] les vitres et les portes vitrées du siège de l’entreprise Brasfield & Gorrie [grande entreprise américaine de BTP ; NdAtt.], situé au 3021, 7ème Avenue South à Birmingham, en Alabama, ont été brisées.
Les mots « laissez tomber la Cop City ou sinon » ont été tagués sur les fenêtres. De la peinture a été lancée sur l’enseigne de devant.

Que cela serve d’avertissement aux cadres de Brasfield & Gorrie ; nous savons où vous travaillez et nous savons où vous habitez. Vos maisons pourraient être les prochaines. Keith Johnson, Miller Gorrie, James Gorrie, vous finirez par laisser tomber ce contrat, pourquoi attendre de voir jusqu’où nous irons ?

En solidarité avec la lutte à Atlanta




Source: Attaque.noblogs.org

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