Vive l'Anarchie - Semaine 20, 2017

Sommaire

Pour les prochaines manifs, quelques propositions...

Publié le 2017-05-15 09:10:06

Nous serons nombreux à tomber d’accord pour admettre que l’enjeu majeur pour notre cortège est de regagner de la confiance, la joie d’être dans la rue, entre rage et fête. Pour cela, nous avons, à quelques potes, eu envie de proposer quelques idées, quelques questionnements.



I Elargir le cortège

La manif du samedi 6, avec la présence massive de musiciens, en aura surpris plus d’un :politisés ou simplement attirés par la fête sauvage. Nos rangs ont pris des couleurs, d’ailleurs ce n’était plus nos rangs, mais un cortège construit au fil des rencontres, avec différentes manières de faire qui se sont frottées : on a vu différents modes avancer ensemble avec une intuition commune ce jour-là, prendre la rue et défier la police. Dans le bordel ambiant, l’inspiration et les idées fusaient. Mais c’est sûrement notre hétérogénéité, notre multiplicité qui a permis à ce cortège de déambuler dans le vieux centre. Les flics n’ont pas compris la tentative et n’ont pas su réagir, le temps pour nous de prendre la rue, de faire la fête et de nous redonner confiance.

Une leçon que l’on peut tirer de cette date, c’est que l’organisation avec d’autres milieux avec qui nous avons des intuitions politiques communes est effective et permet potentiellement beaucoup de choses. Nous avons très envie de remettre ça et de prolonger ces rencontres et même d’aller chercher encore ailleurs. Qui sait si il n’y a pas des étudiants des beaux-arts bouillants pour fabriquer des chars, des graffeurs chauds pour couvrir les façades de couleurs, des acrobates prêts à défier la gravité pour travailler la verticalité de notre cortège etc. Avec la rencontre, on s’offre la possibilité d’être en mouvement, d’avoir une longueur d’avance sur le dispositif policier, de se frotter à d’autres positions, de sortir du nous qu’est le tout petit milieu toulousain, d’élargir le cortège.

II Aveugler les vautours

Pour éradiquer les volants, à la ZAD, une technique a bien fonctionné : leur aveuglement. Quelques bons camarades ont commandé en masse de puissants lasers « long fingers » interdit ici-bas, redoutables. C’est une idée parmi tant d’autres pour faire redescendre les ninjas de leur motos et les tenir à distance.

III Chanter, c’est bon.

Pourquoi est-il aussi dur de parvenir à chanter ensemble et ainsi faire corps dans nos manifs ?
Peut être parce que personne n’en prépare, parce que pendant une manif c’est compliqué de composer des trucs, nous appelons donc tout les poètes et tous les rappeurs à déverser leur talent pour combler ce gouffre indigne.

IV Un cortège doit laisser des traces

Pourquoi les banques et les compagnies d’assurances seraient les seuls supports de nos actions ?
Pour nous, il s’agit du monde entier, de toute la ville et ses immeubles, de toutes les rues aseptisées qu’il s’agit de marquer de ce que nous créons. Avec des œufs balancés sur les hauteurs des façades par exemple, on laisse des traces de ce qui est advenu dans la rue. A Jean Jaurès, on peut encore voir les traces des jets de la loi travail sur les façades de la Fnac et d’Air France.

NB : le mélange de peinture bleu et rouge est proscrit, privilégiez plutôt les couleurs vives.

[fleury] lettre de kara, incarcérée dans l’affaire de la voiture de flic brulée.

Publié le 2017-05-15 10:38:08

Fleury, le 4 avril 2017

Brève Déclaration.

J’aimerai que les gens sachent que je ne suis pas en accord avec les déclarations que j’ai faites à la juge.
Ça ne le fait pas de rompre avec nos principes juste parce qu’on a peur.
Au « procès » je prévois soit de ne rien dire de plus, soit de faire des déclarations en accord avec mes principes. Je suis, ai été depuis plusieurs années, et m’attend à toujours être, une anarchiste.
J’ai les mêmes principes et valeurs que j’avais avant d’avoir été arrêtée, et je n’en ai jamais douté non plus. Être ici m’a appris quelques leçons vraiment importantes, que j’aurais du connaître avant (mais pas celles qu’ « ils » veulent nous donner).
C’est important pour moi d’être solidaire de Krème. Il est mon ami que je n’ai jamais rencontré.
Je suis profondément reconnaissante du soutien que j’ai reçu sous la forme de livres, lettres, argent, et juste energie positive envoyés.
Je pense que ce n’est même pas une exagération de dire que je serais morte sans cela.

« « Non ! La sentence d’abord, le procès ensuite ! » répondit la reine de coeur »
– Alice au pays des merveilles

Kara W.

Plus de lois Plus de mensonges
Plus de cages Plus de chefs
Plus de cercueils Plus d’histoire
Avec les sorcières, avec les loups, avec les baleines

Original en anglais :

Fleury, 4th of april 2017

Brief Statement
I would like people to know that I am not in accord with the statements I made to the judge.
It does not do to break with our principles just because of being afraid.
At the «trial» I plan on saying either nothing fruther or statements in accord with my principles. I am, have been for many years, & expect to always be, an anarchist.
I have the same principles & values that I had before I got arrested, & I never doubted them either. Being here has taught me some really important lessons I should’ve know before (but not the ones «they» want to teach.)
It’s important to me to be in solidarity with Krème. He’s my friend who I never met.
I’m so profondly greatful for the support I have gotten in the form of books, letters, money & just positive energy sent.
I think it’s not even an exageration to say I would be dead without it.

« No! Sentence first, trial afterwards ! « Replied the Queene of hearts.»»
Alice in Wonderland

Kara W.

No more laws No more lies
No more cages No more leaders
No more coffins No more history
Up with witches, up with wolves, up with whales

Pour lui écrire : Kara (David Brault) 428682, MAH de Fleury mérogis, 7 avenue des peupliers, 91705 Fleury Mérogis.

Pour les prochaines manifs, quelques propositions...

Publié le 2017-05-15 20:50:58

Nous serons nombreux à tomber d’accord pour admettre que l’enjeu majeur pour notre cortège est de regagner de la confiance, la joie d’être dans la rue, entre rage et fête. Pour cela, nous avons, à quelques potes, eu envie de proposer quelques idées, quelques questionnements.



I Elargir le cortège

La manif du samedi 6, avec la présence massive de musiciens, en aura surpris plus d’un :politisés ou simplement attirés par la fête sauvage. Nos rangs ont pris des couleurs, d’ailleurs ce n’était plus nos rangs, mais un cortège construit au fil des rencontres, avec différentes manières de faire qui se sont frottées : on a vu différents modes avancer ensemble avec une intuition commune ce jour-là, prendre la rue et défier la police. Dans le bordel ambiant, l’inspiration et les idées fusaient. Mais c’est sûrement notre hétérogénéité, notre multiplicité qui a permis à ce cortège de déambuler dans le vieux centre. Les flics n’ont pas compris la tentative et n’ont pas su réagir, le temps pour nous de prendre la rue, de faire la fête et de nous redonner confiance.

Une leçon que l’on peut tirer de cette date, c’est que l’organisation avec d’autres milieux avec qui nous avons des intuitions politiques communes est effective et permet potentiellement beaucoup de choses. Nous avons très envie de remettre ça et de prolonger ces rencontres et même d’aller chercher encore ailleurs. Qui sait si il n’y a pas des étudiants des beaux-arts bouillants pour fabriquer des chars, des graffeurs chauds pour couvrir les façades de couleurs, des acrobates prêts à défier la gravité pour travailler la verticalité de notre cortège etc. Avec la rencontre, on s’offre la possibilité d’être en mouvement, d’avoir une longueur d’avance sur le dispositif policier, de se frotter à d’autres positions, de sortir du nous qu’est le tout petit milieu toulousain, d’élargir le cortège.

II Aveugler les vautours

Pour éradiquer les volants, à la ZAD, une technique a bien fonctionné : leur aveuglement. Quelques bons camarades ont commandé en masse de puissants lasers « long fingers » interdit ici-bas, redoutables. C’est une idée parmi tant d’autres pour faire redescendre les ninjas de leur motos et les tenir à distance.

III Chanter, c’est bon.

Pourquoi est-il aussi dur de parvenir à chanter ensemble et ainsi faire corps dans nos manifs ?
Peut être parce que personne n’en prépare, parce que pendant une manif c’est compliqué de composer des trucs, nous appelons donc tout les poètes et tous les rappeurs à déverser leur talent pour combler ce gouffre indigne.

IV Un cortège doit laisser des traces

Pourquoi les banques et les compagnies d’assurances seraient les seuls supports de nos actions ?
Pour nous, il s’agit du monde entier, de toute la ville et ses immeubles, de toutes les rues aseptisées qu’il s’agit de marquer de ce que nous créons. Avec des œufs balancés sur les hauteurs des façades par exemple, on laisse des traces de ce qui est advenu dans la rue. A Jean Jaurès, on peut encore voir les traces des jets de la loi travail sur les façades de la Fnac et d’Air France.

NB : le mélange de peinture bleu et rouge est proscrit, privilégiez plutôt les couleurs vives.

Nouvelle taule à Muret

Publié le 2017-05-15 23:49:40

Non content de posséder l’un des plus gros centre de détention de (f)Rance à Muret, l’agglomération toulousaine et sa proche banlieue vont se doter sous peu d’une nouvelle taule. Petit tour d’horizon de ce que leur presse dit de ce nouveau projet nauséabond.



Depuis 1981 et l’abrogation de la peine de mort, l’emprisonnement est la punition maximale de référence. Néanmoins, les détenu.es continuent de mourir enfermé.es. Malgré la propagande gouvernementale qui essaie de faire croire que la réinsertion des détenu.es est un axe majeur des politiques carcérales, on saisit bien à travers l’enchaînement des plans de constructions de nouvelles prisons depuis les années 1980 qu’on enferme toujours plus et pour plus longtemps. [1]

La nouvelle prison « Toulouse-Muret » s’inscrit dans un plan de construction de 33 nouvelles taules en france, soit 16,000 cellules en rab.

Ce nouvel établissement fait également partie des 9 lieux sur les 33 qui sont identifiés comme prioritaires.

En cause, la « surpopulation carcérale » : on pourrait leur proposer de plutôt ouvrir les portes mais le couple police-justice enferme encore à plein régime et la nécessité d’infrastructures pour suivre la cadence prime sur l’idée d’abolir les prisons tout court.

Au niveau national, 1,13 milliard d’euros a été débloqué par le ministère de la Justice pour mettre ce vaste plan sur pieds.

Les prévisions locales parlent de 600 nouvelles cellules et de l’embauche de 150 porte-clés (autrement appelés « matons » ou « surveillants pénitentiaires ») et de 250 autres personnels pour faire tourner la zonz.

Le projet est annoncé à Agen en octobre 2016 par M. Valls alors premier ministre : la prison est prévue pour les années 2020.

Elle tiendra compagnie à la maison d’arrêt de Seysses, construite en 2003 pour les courtes peines (moins de deux ans), les détentions provisoires (en attente de procès) et les longues peines en attente de transfert ; ainsi qu’au centre de détention de Muret, créer en 1966 pour désengorger la prison Saint-Michel qui accueillait les longues peines. [2]

Dans la même idée que les deux taules déjà là, le site est choisi car il est rapidement accessible par l’autoroute depuis le Palais de Justice de Toulouse, CQFD. [3]

Le site pénitentiaire est à une trentaine de km de Toulouse [4]

Quatre autres nouvelles prisons doivent voir le jour dans le reste de la région dans le cadre de ce plan « 33 prisons ».

Une dans l’Aude, vers Narbonne (500 places) mais le site de construction n’est pas encore déterminé.

Une autre autour de Montpellier (les sites pressentis sont Saint Jean de Védas et Montpellier) de 500 places aussi.

À Alès, une maison d’arrêt de 450 places sera construite, à moins de 15 minutes du tribunal de grande instance, du commissariat et de la caserne des pompiers.

A Perpignan, une maison d’arrêt de 400 places sera bâtie dans la zone du « Mas Orline ». [5]

Les prisons de la région de Toulouse font partie des plus peuplées de France, après Paris et Marseille. Selon des chiffres diffusés en 2016, 4 413 places sont disponibles pour les 5 633 détenus répartis dans une vingtaine d’établissements.

La surpopulation s’élève donc à 127,6%. Elle est de 150,2% à Paris et de 130,1% à Marseille. [6]

Ces nouvelles prisons, comme celles construites ces dernières années, s’insèrent dans une vision toujours plus sécuritaire du maintien de l’ordre.

Dans cette optique, la technologie permet de cloisonner, de séparer les détenus pour éviter tout contact humain et donc toute organisation collective, par le biais de la vidéosurveillance, de portes automatisées avec ouverture à distance ou toujours plus de sas. La directrice de la zonz de Réau, « ouverte » depuis 2012, assume publiquement une « architecture oppressante ». [7]

De plus, au 1er janvier 2016, 68 prisons sur les 188 françaises sont gérées en partie par des entreprises privées, qui n’ont donc aucun intérêt au désemplissement des taules ou à leur destruction mais bien à la construction d’encore plus d’établissements.

Par exemple, Sodexo a 34 contrats dans les prisons françaises et s’en sert comme tremplin pour exercer à l’internationale. L’entreprise « limite » ses activités dans les pays « démocratiques » et « sans » peine de mort. Mais, paradoxalement, au Royaume-Uni où Sodexo s’occupe aussi des soins aux détenues, l’une d’elle a attaqué en justice l’entreprise qui ne lui a pas fourni les soins nécessaires après une fausse couche.

En france, ce sont de nombreux autres acteurs qui entrent en scène : Eiffage (4 prisons en france dont celle de Roanne), Bouygues et ses filiales comme Themis possèdent et gèrent six taules en france ou Spie Batignolles qui en a 3. Pour le chantier de la prison Toulouse-Muret, on ne trouve aucune indication pour le moment sur les prestataires.

Les partenariats publique-privé (PPP) et les gestions en déléguées influent directement sur la vie en taule : en 2011, la justice avait pensé baissé le loyer des télé en cellules et de le mettre au même prix en prison publique (8euros/mois) ou privée (18euros/mois) ; mais comme les contrats de délégations n’arrivaient à terme qu’en 2016 ou 2017, il aurait fallu payer des compensations aux prestataires privés donc : ça c’est pas fait. [8]

Bref, que brûlent les taules, les portes-clés au milieu.



Notes

[2Xavier Hurtevent, La Dépêche, 08.02.2017.

[3Helene Menal, 20Minutes, 23.02.2017

[4Helene Menal, 20Minutes, 23.02.2017

[5Jean-Marc Perez, FranceBleu Toulouse, le 7.10.2016

[6Alice Patalacci, Côté Toulouse, 23.02.2017.

Comment la CAF de la Haute Garonne nous flique sur Facebook

Publié le 2017-05-15 23:49:41

Au détour d’un article de Côté Toulouse traitant de la hausse de la fraude dans le département, on apprend deux trois trucs sur les outils utilisés par la CAF pour débusquer les fraudeur-euses.



Christine Viero, responsable du service de lutte contre la fraude, raconte :

Nous avons l’exemple d’allocataires qui s’inventent des activités salariées, ou celui d’une personne qui a produit de faux bulletins de salaire pour un travail en pâtisserie alors qu’elle ne travaillait pas en France. Nous avons également le cas de personnes bénéficiaires du RSA qui font des tours du monde à l’année. Sur ces cas, les réseaux sociaux sont une porte d’entrée pour contrôler.

Le chef de service se vante par ailleurs de traquer les pauvres via un outil traditionnellement utilisé par... la police.

Le cœur du contrôle tient en un anglicisme : le datamining, soit l’exploration de fouilles de données. C’est un nouvel outil utilisé par la police qui permet d’extraire les informations sur les données des allocataires. Cela permet de cibler les métiers les plus risqués.

Ah si seulement nos têtes pensantes mettaient autant de zèle à faire la chasse aux exilé-es fiscaux et autres mange-merdes en costume-cravate...

Opération Scripta Manent, Italie : Rompre l’isolement

Publié le 2017-05-17 04:51:01

Italie : des nouvelles sur les prisonniers de l’Opération Scripta Manent (et de la solidarité)

Le compagnon anarchiste Alfredo Cospito écrit depuis la prison de Ferrara aux compagnon.nes de la Croce Nera, disant qu’il a entamé le 4 mai sa grève de la faim de 10 jours, contre la censure de la poste à laquelle lui et les autres compagnon.nes sont soumis.

Notamment les sept lettres qu’un compagnon de la CNA lui a envoyé au cours du dernier mois ont été bloquées.

Il dit que la censure de la poste a été renouvelée pour trois mois il y a un mois, mais que depuis la clôture du dossier, elle s’est alourdie.

Il dit aussi que pour les compagnonnes (Anna et Valentina) enfermées à la prison de Rebibbia (Rome), la situation est encore pire.

[Reformulé depuis la Croce Nera Anarchica, 5 Maggio 2017]


Spoleto : tags sur le tribunal

La nuit entre le 5 et le 6 mai à Spoleto, nous avons posé deux tags sur le tribunal : « Liberté pour Cospito et Gai » et « Rompre l’isolement ». Un DAB de La Poste, un peu plus loin, a été cassé. Rompre l’isolement.

[Traduit de l’italien de la Croce Nera Anarchica, 11 Maggio 2017]


 

Gênes : sabotage d’une antenne relais

Gênes, Val Bisagno : une antenne-relais a été sabotée en solidarité avec le prisonnier Alfredo Cospito en grève de la faim contre la censure à laquelle sont soumis les inculpés de l’Opération Scripta Manent. Rompre l’isolement.

[Traduit de la CNA, 12 Maggio 2017]

Perquisition d’entre deux tours

Publié le 2017-05-17 05:20:59

Mercredi 26 avril 2017, quelque part au sud de Paris, à l’heure où les noctambules vont parfois se coucher : Toc toc toc, police, ouvrez ! Puis le bélier remplit son office en faisant voler en éclats la fine couche de bois qui sépare la petite chambre de bonne du couloir gris-HLM. Il n’y a personne. Après réquisition des deux témoins d’usage, commence alors la perquisition d’un compagnon anarchiste, menée par au moins 4 agents en civil de la police judiciaire, rattachés à la BRDP (Brigade de répression de la délinquance à la personne).

Ravis de trouver rapidement matériel informatique et téléphone portable, ils s’acharnent plus longtemps sur les montagnes de papier imprimé, tentant de dégager des voies d’accès en direction des dessous pas chics d’un canapé ou d’un radiateur. Ils mettront notamment sous scellé un vieux numéro du journal anarchiste « Cette Semaine » (1992-2009), et l’enveloppe jaunie d’un courrier ordinaire adressée à cette publication il y a plus de 10 ans.

Leur prétexte est plutôt banal : après l’incendie d’une voiture de flics le 18 mai 2016 lors d’une manif sauvage pendant le « mouvement » contre le travail et la loi, et alors que 4 des accusés croupissaient en taule (3 y sont toujours), un premier apéro-discussion public était organisé le 23 février 2017 à Montreuil. Le texte d’appel paru quelques jours jours plus tôt sur Indymedia Nantes a ensuite circulé largement, dont sur cettesemaine.info le 17 février.

Dans la sale bouche autoritaire de l’Etat qui ne peut voir que des « incitations » et des « provocations » extérieures là où des individus s’en prennent à lui en toute autonomie au sein de la guerre sociale, deux passages de cet appel autour d’une attaque qui a réjoui beaucoup de monde, deviennent respectivement : « provocation publique à la destruction, dégradation et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes » et « provocation publique d’atteinte volontaire à la vie »*. Il s’agit des phrases suivantes :
« Nous ne demanderons pas justice, pas plus que nous ne parlerons d’ « innocence » ou de « culpabilité » car nous détestons la justice autant que les flics et l’ordre qu’ils défendent. Répandons plutôt le désordre et le feu partout où ces ordures nous pourrissent la vie !  » ; et « À la 1ère, à la 2ème, à la 3ème voiture brulée, on aime tou-te-s les grillades de condés ! »

Mercredi 10 mai 2017 au siège de la BRDP, trois jours après le second résultat issu de la servitude volontaire de masse, un enquêteur un peu trop curieux qui souhaitait notamment connaître le lien entre le site en question et le perquisitionné, n’obtient que des « rien à déclarer », malgré la petite menace habituelle de placement en garde-à-vue avec déferrement au palais de justice. Selon ce petit soldat du droit, le point de départ de l’enquête serait une dénonciation parvenue à la plate-forme du ministère de l’Intérieur « Pharos », gérée par l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication, qui aurait donc décidé d’ouvrir une enquête confiée à la BRDP sous l’autorité d’un quelconque Procureur de service.

Bien qu’il n’y ait pas grand chose à rajouter pour l’instant aux deux passages poursuivis (à part peut-être un « Feu à toutes les prisons, liberté pour toutes et tous »), parce que quand même, hein, sans morale et sans loi c’est l’anarchie, cette histoire n’a en réalité rien d’étonnant. En 2010 à Paris, cette même BRDP, « anti-chambre de la section anti-terroriste » (dixit les flics), avait déjà dirigé ses attentions contre un anarchiste (suite à la publication du texte « Analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste »), puis idem en 2012-2013 contre deux autres compagnons (suite à la publication du tract « Correspondants de nuit, des agents de la guerre aux pauvres »). Dans le cas présent, la police judiciaire ne s’est pas encombrée de fausses politesses avec de petits papiers dans la boîte aux lettres ou des coups de téléphone : elle est directement passée réclamer son dû au petit matin avec un bélier, « à cause de votre profil et de vos antécédents », selon l’enquêteur chargé de resserrer les mailles du filet.

Face au terrorisme d’Etat et au totalitarisme démocratique, la question n’est pas plus celle des idées que des actes séparés. C’est plutôt que les deux parviennent à nouveau à vibrer ensemble, dans un élan subversif vers une liberté démesurée. Une liberté qui passe nécessairement par la destruction de tous les obstacles placés sur son chemin par un monde de domination et d’exploitation. Le 18 mai 2016, une voiture de flic en service a été cramée dans la rue, renvoyant à l’Etat un peu de la violence que nous subissons tous au quotidien. Le 23 février 2017, une discussion a été proposée pour ouvrir un espace sans médiations en défense de cette attaque et en solidarité face à la répression. Peu importe qui a fait ou écrit quoi. Ce que nous savons par contre, c’est qu’il n’y a pas de trêve dans la guerre sociale, et que la meilleure défense c’est l’attaque…

Que crève le meilleur des mondes,
avec ses défenseurs et ses faux-critiques,
Vive l’anarchie !

Un incorrigible partisan du désordre,
13 mai 2017

* Un truc qui relève du « droit de la presse » (sic), officiellement puni jusqu’à cinq ans de prison et 45 000 € d’amende

 

Sous la plage les pavés

Publié le 2017-05-17 05:51:01

A compter de la fin du XIXème siècle, nous pensons que ce sont les anarchistes qui ont le mieux formulé, vécu et mis en pratique le projet visant àen finir avec la domination. Ernest Cœurderoy, Joseph Déjacque, Bakounine et les anti-antoritaires de la Première Internationale, en particulier espagnols et italiens, posent les bases du projet de destruction de l’État et du Capitalisme, et les moyens pour parvenir àun monde sans autorité, qui permette aux humains de se réaliser dans la liberté et sans contrainte.



Si les anarchistes ont notre sympathie, c’est parce qu’ils font rapidement apparaître la nécessité, dans leurs combats, d’accorder les fins et les moyens, et que l’anarchisme ne constitue pas une doctrine, un tout inchangeable qui permette de répondre en tous lieux et en toutes situations aux questions posées par les luttes concrètes.

Parmi les apports essentiels des anarchistes figurent selon nous la mise en avant de l’action directe comme base fondamentale pour mettre fin àl’exploitation et àla domination, et transformer la totalité des rapports sociaux.
Leur insistance sur la volonté humaine comme facteur décisif de changement nous semble aussi fondamentale, car elle s’oppose àtoute vision déterministe de la vie.

Après la Commune de Paris (1871) , les anarchistes ont été de la plupart des combats, au-delàdes divergences qui ont existé entre les courants, groupes, et personnes au sujet de l’organisation, des méthodes, etc.

Si nous nous sentons proches de ces compagnons qui se lancèrent dans la lutte avec fougue et passion, nous n’avons pas d’héritage àrevendiquer, et n’adhérons pas aux démarches qui visent às’approprier l’histoire ou ses acteurs.

Si nous acceptons le terme d’« anarchiste  », c’est parce qu’il est évocateur de ces combats, et non pour nous une identité ou une identification avec un prétendu « Anarchisme  », comme ensemble d’idées et de pratiques bien définies, hors du temps, de l’histoire et des contextes concrets dans lesquels nous survivons et luttons.

Nous apprécions les anarchistes « historiques  » pour leur capacité de mise en pratique, leurs tentatives de mettre en accord leur vie, leurs combats et leurs idées, et leur volonté de briser les séparations.
Nous pensons toutefois que l’anarchisme (pris dans sa globalité), s’il a souvent été le plus loin, en théorie et en pratique, dans la cohérence de la critique de ce monde, est resté en partie tributaire de certains contextes nationaux comme de leurs idéologies. Il reste donc marqué, àdes degrés divers, par le positivisme, la foi dans la science et dans le Progrès (technique comme « social  »).
En France, sa rupture avec l’idéologie issue des Lumières n’a pas été totale.
Les anarchistes ont ainsi longtemps entretenu des illusions sur l’industrie, le travail ou la science, concepts issus du monde de la domination, situés dans le temps et dans l’espace, et propres aux sociétés hiérarchisées dans lesquelles les activités des hommes sont séparées, spécialisées. Ils ont eu tendance, comme d’autres, ànaturaliser les rapports sociaux et àvalider des catégories propres àl’économie, au lieu de s’en être débarrassés.

Dès la fin des années 60, de nouveaux révolutionnaires anti-autoritaires, sans parti et parfois sans appellation, ainsi que de nouveaux anarchistes ont pris le relais des anarchistes « historiques  » (et des quelques marxistes les moins déterministes) et sont venus apporter de nouveaux éclairages, des actualisations essentielles àla critique de la domination : situationnistes, groupes « autonomes  », jeunesse révoltée de la génération issue de 1968, etc.

L’ère des grandes révoltes des années 60 et 70, qui a fait trembler la domination àl’échelle mondiale, a apporté un nouveau souffle, une nouvelle énergie.
C’est lorsque celles et ceux qui luttent se débarrassent de leurs illusions, lorsqu’ils identifient les contradictions de leur époque comme des époques et des combats précédents, et qu’ils cherchent àles dépasser, que naissent de nouveaux espoirs, que s’ouvrent des perspectives d’émancipation.

Nous nous sentons proche de celles et ceux qui décident de vivre et d’agir ici et maintenant, sans illusions sur la possibilité de nous réaliser pleinement dans les conditions actuelles, mais sachant que nous commençons àle faire dans nos combats, dans la mise en tension de nos vies, dans la construction de nos relations au-delàdes rôles, des assignations et des séparations qui nous divisent.
Il nous appartient donc de lutter contre la reproduction des rapports hiérarchiques de cette société, contre notre aliénation et contre ce système, sur la base de rapports sains et non-politiques (sans manipulation, sans utilisation des autres).

A partir des années 80, le processus de séparation par l’État et le Capital s’est grandement amplifié. L’aliénation et la domestication consécutives aux destructions des grandes communautés de lutte (celles qui nous importent) ont fait de tels progrès, qu’il est nécessaire de mettre en avant les critiques les plus lucides et les plus passionnantes formulées dans le passé, comme celles qui sont diffusées aujourd’hui. Cette démarche est àl’opposé de l’éclectisme et de la confusion qui règnent dans les milieux anti-antoritaires, désormais largement compromis avec la politique et ses méthodes, et perméables àtoutes les tendances àla mode, qu’elles soient issues de l’Université ou du militantisme (progressiste, de gauche, universitaire, etc.)

Le repli sur soi actuel des groupes, milieux et individus anti-autoritaires, dans des courants en « -ismes » qui ne cessent de se composer et de se recomposer depuis plusieurs années est une autre manifestation de ce recul. Chaque nouvelle pseudo-découverte dans la critique a tendance àconstituer la base d’un nouveau « -isme  ». Et ce sont des tendances, de nouveaux rôles àjouer, de nouveaux milieux qui se forment àpartir d’aspects de la domination pris pour des « tout  », au détriment d’une critique qui aie pour objectif le combat contre toute forme d’idéologie, et qui ne perde pas de vue la totalité, en phase avec nos vies et nos combats.

Sans dénier àquiconque sa clarté dans tel ou tel combat, nous pensons que toute forme d’idéologie est néfaste àla critique ici et maintenant de ce qui nous opprime en tant qu’individus, pour nous-mêmes, et avec celles et ceux dans lesquels nous nous reconnaissons dans la vie, la lutte et la critique.

[/Sous la plage les pavés
souslaplagelespaves(a)riseup.net
https://souslaplagelespaves.noblogs.org /]

Quelques infos et remarques au sujet du projet de construction de la nouvelle prison dans la Loire

Publié le 2017-05-17 06:20:59

« On n’humanise pas un cimetière » Top El Hadj, lors de son procès pour évasion de la Centrale de Moulins.



« On n’humanise pas un cimetière » Top El Hadj, lors de son procès pour évasion de la Centrale de Moulins.



[1https://rebellyon.info/Lettres-de-C...
Egalement pas mal d’infos dans différents vieux numéros du journal L’envolée

Nouvelle taule à Muret

Publié le 2017-05-17 06:20:59

Non content de posséder l’un des plus gros centre de détention de (f)Rance à Muret, l’agglomération toulousaine et sa proche banlieue vont se doter sous peu d’une nouvelle taule. Petit tour d’horizon de ce que leur presse dit de ce nouveau projet nauséabond.



Depuis 1981 et l’abrogation de la peine de mort, l’emprisonnement est la punition maximale de référence. Néanmoins, les détenu.es continuent de mourir enfermé.es. Malgré la propagande gouvernementale qui essaie de faire croire que la réinsertion des détenu.es est un axe majeur des politiques carcérales, on saisit bien à travers l’enchaînement des plans de constructions de nouvelles prisons depuis les années 1980 qu’on enferme toujours plus et pour plus longtemps. [1]

La nouvelle prison « Toulouse-Muret » s’inscrit dans un plan de construction de 33 nouvelles taules en france, soit 16,000 cellules en rab.

Ce nouvel établissement fait également partie des 9 lieux sur les 33 qui sont identifiés comme prioritaires.

En cause, la « surpopulation carcérale » : on pourrait leur proposer de plutôt ouvrir les portes mais le couple police-justice enferme encore à plein régime et la nécessité d’infrastructures pour suivre la cadence prime sur l’idée d’abolir les prisons tout court.

Au niveau national, 1,13 milliard d’euros a été débloqué par le ministère de la Justice pour mettre ce vaste plan sur pieds.

Les prévisions locales parlent de 600 nouvelles cellules et de l’embauche de 150 porte-clés (autrement appelés « matons » ou « surveillants pénitentiaires ») et de 250 autres personnels pour faire tourner la zonz.

Le projet est annoncé à Agen en octobre 2016 par M. Valls alors premier ministre : la prison est prévue pour les années 2020.

Elle tiendra compagnie à la maison d’arrêt de Seysses, construite en 2003 pour les courtes peines (moins de deux ans), les détentions provisoires (en attente de procès) et les longues peines en attente de transfert ; ainsi qu’au centre de détention de Muret, créer en 1966 pour désengorger la prison Saint-Michel qui accueillait les longues peines. [2]

Dans la même idée que les deux taules déjà là, le site est choisi car il est rapidement accessible par l’autoroute depuis le Palais de Justice de Toulouse, CQFD. [3]

Le site pénitentiaire est à une trentaine de km de Toulouse [4]

Quatre autres nouvelles prisons doivent voir le jour dans le reste de la région dans le cadre de ce plan « 33 prisons ».

Une dans l’Aude, vers Narbonne (500 places) mais le site de construction n’est pas encore déterminé.

Une autre autour de Montpellier (les sites pressentis sont Saint Jean de Védas et Montpellier) de 500 places aussi.

À Alès, une maison d’arrêt de 450 places sera construite, à moins de 15 minutes du tribunal de grande instance, du commissariat et de la caserne des pompiers.

A Perpignan, une maison d’arrêt de 400 places sera bâtie dans la zone du « Mas Orline ». [5]

Les prisons de la région de Toulouse font partie des plus peuplées de France, après Paris et Marseille. Selon des chiffres diffusés en 2016, 4 413 places sont disponibles pour les 5 633 détenus répartis dans une vingtaine d’établissements.

La surpopulation s’élève donc à 127,6%. Elle est de 150,2% à Paris et de 130,1% à Marseille. [6]

Ces nouvelles prisons, comme celles construites ces dernières années, s’insèrent dans une vision toujours plus sécuritaire du maintien de l’ordre.

Dans cette optique, la technologie permet de cloisonner, de séparer les détenus pour éviter tout contact humain et donc toute organisation collective, par le biais de la vidéosurveillance, de portes automatisées avec ouverture à distance ou toujours plus de sas. La directrice de la zonz de Réau, « ouverte » depuis 2012, assume publiquement une « architecture oppressante ». [7]

De plus, au 1er janvier 2016, 68 prisons sur les 188 françaises sont gérées en partie par des entreprises privées, qui n’ont donc aucun intérêt au désemplissement des taules ou à leur destruction mais bien à la construction d’encore plus d’établissements.

Par exemple, Sodexo a 34 contrats dans les prisons françaises et s’en sert comme tremplin pour exercer à l’internationale. L’entreprise « limite » ses activités dans les pays « démocratiques » et « sans » peine de mort. Mais, paradoxalement, au Royaume-Uni où Sodexo s’occupe aussi des soins aux détenues, l’une d’elle a attaqué en justice l’entreprise qui ne lui a pas fourni les soins nécessaires après une fausse couche.

En france, ce sont de nombreux autres acteurs qui entrent en scène : Eiffage (4 prisons en france dont celle de Roanne), Bouygues et ses filiales comme Themis possèdent et gèrent six taules en france ou Spie Batignolles qui en a 3. Pour le chantier de la prison Toulouse-Muret, on ne trouve aucune indication pour le moment sur les prestataires.

Les partenariats publique-privé (PPP) et les gestions en déléguées influent directement sur la vie en taule : en 2011, la justice avait pensé baissé le loyer des télé en cellules et de le mettre au même prix en prison publique (8euros/mois) ou privée (18euros/mois) ; mais comme les contrats de délégations n’arrivaient à terme qu’en 2016 ou 2017, il aurait fallu payer des compensations aux prestataires privés donc : ça c’est pas fait. [8]

Bref, que brûlent les taules, les portes-clés au milieu.



Notes

[2Xavier Hurtevent, La Dépêche, 08.02.2017.

[3Helene Menal, 20Minutes, 23.02.2017

[4Helene Menal, 20Minutes, 23.02.2017

[5Jean-Marc Perez, FranceBleu Toulouse, le 7.10.2016

[6Alice Patalacci, Côté Toulouse, 23.02.2017.

Nouvelle taule à Muret

Publié le 2017-05-17 09:13:01

Non content de posséder l’un des plus gros centre de détention de (f)Rance à Muret, l’agglomération toulousaine et sa proche banlieue vont se doter sous peu d’une nouvelle taule. Petit tour d’horizon de ce que leur presse dit de ce nouveau projet nauséabond.



Depuis 1981 et l’abrogation de la peine de mort, l’emprisonnement est la punition maximale de référence. Néanmoins, les détenu.es continuent de mourir enfermé.es. Malgré la propagande gouvernementale qui essaie de faire croire que la réinsertion des détenu.es est un axe majeur des politiques carcérales, on saisit bien à travers l’enchaînement des plans de constructions de nouvelles prisons depuis les années 1980 qu’on enferme toujours plus et pour plus longtemps. [1]

La nouvelle prison « Toulouse-Muret » s’inscrit dans un plan de construction de 33 nouvelles taules en france, soit 16,000 cellules en rab.

Ce nouvel établissement fait également partie des 9 lieux sur les 33 qui sont identifiés comme prioritaires.

En cause, la « surpopulation carcérale » : on pourrait leur proposer de plutôt ouvrir les portes mais le couple police-justice enferme encore à plein régime et la nécessité d’infrastructures pour suivre la cadence prime sur l’idée d’abolir les prisons tout court.

Au niveau national, 1,13 milliard d’euros a été débloqué par le ministère de la Justice pour mettre ce vaste plan sur pieds.

Les prévisions locales parlent de 600 nouvelles cellules et de l’embauche de 150 porte-clés (autrement appelés « matons » ou « surveillants pénitentiaires ») et de 250 autres personnels pour faire tourner la zonz.

Le projet est annoncé à Agen en octobre 2016 par M. Valls alors premier ministre : la prison est prévue pour les années 2020.

Elle tiendra compagnie à la maison d’arrêt de Seysses, construite en 2003 pour les courtes peines (moins de deux ans), les détentions provisoires (en attente de procès) et les longues peines en attente de transfert ; ainsi qu’au centre de détention de Muret, créer en 1966 pour désengorger la prison Saint-Michel qui accueillait les longues peines. [2]

Dans la même idée que les deux taules déjà là, le site est choisi car il est rapidement accessible par l’autoroute depuis le Palais de Justice de Toulouse, CQFD. [3]

Le site pénitentiaire est à une trentaine de km de Toulouse [4]

Quatre autres nouvelles prisons doivent voir le jour dans le reste de la région dans le cadre de ce plan « 33 prisons ».

Une dans l’Aude, vers Narbonne (500 places) mais le site de construction n’est pas encore déterminé.

Une autre autour de Montpellier (les sites pressentis sont Saint Jean de Védas et Montpellier) de 500 places aussi.

À Alès, une maison d’arrêt de 450 places sera construite, à moins de 15 minutes du tribunal de grande instance, du commissariat et de la caserne des pompiers.

A Perpignan, une maison d’arrêt de 400 places sera bâtie dans la zone du « Mas Orline ». [5]

Les prisons de la région de Toulouse font partie des plus peuplées de France, après Paris et Marseille. Selon des chiffres diffusés en 2016, 4 413 places sont disponibles pour les 5 633 détenus répartis dans une vingtaine d’établissements.

La surpopulation s’élève donc à 127,6%. Elle est de 150,2% à Paris et de 130,1% à Marseille. [6]

Ces nouvelles prisons, comme celles construites ces dernières années, s’insèrent dans une vision toujours plus sécuritaire du maintien de l’ordre.

Dans cette optique, la technologie permet de cloisonner, de séparer les détenus pour éviter tout contact humain et donc toute organisation collective, par le biais de la vidéosurveillance, de portes automatisées avec ouverture à distance ou toujours plus de sas. La directrice de la zonz de Réau, « ouverte » depuis 2012, assume publiquement une « architecture oppressante ». [7]

De plus, au 1er janvier 2016, 68 prisons sur les 188 françaises sont gérées en partie par des entreprises privées, qui n’ont donc aucun intérêt au désemplissement des taules ou à leur destruction mais bien à la construction d’encore plus d’établissements.

Par exemple, Sodexo a 34 contrats dans les prisons françaises et s’en sert comme tremplin pour exercer à l’internationale. L’entreprise « limite » ses activités dans les pays « démocratiques » et « sans » peine de mort. Mais, paradoxalement, au Royaume-Uni où Sodexo s’occupe aussi des soins aux détenues, l’une d’elle a attaqué en justice l’entreprise qui ne lui a pas fourni les soins nécessaires après une fausse couche.

En france, ce sont de nombreux autres acteurs qui entrent en scène : Eiffage (4 prisons en france dont celle de Roanne), Bouygues et ses filiales comme Themis possèdent et gèrent six taules en france ou Spie Batignolles qui en a 3. Pour le chantier de la prison Toulouse-Muret, on ne trouve aucune indication pour le moment sur les prestataires.

Les partenariats publique-privé (PPP) et les gestions en déléguées influent directement sur la vie en taule : en 2011, la justice avait pensé baissé le loyer des télé en cellules et de le mettre au même prix en prison publique (8euros/mois) ou privée (18euros/mois) ; mais comme les contrats de délégations n’arrivaient à terme qu’en 2016 ou 2017, il aurait fallu payer des compensations aux prestataires privés donc : ça c’est pas fait. [8]

Bref, que brûlent les taules, les portes-clés au milieu.



Notes

[2Xavier Hurtevent, La Dépêche, 08.02.2017.

[3Helene Menal, 20Minutes, 23.02.2017

[4Helene Menal, 20Minutes, 23.02.2017

[5Jean-Marc Perez, FranceBleu Toulouse, le 7.10.2016

[6Alice Patalacci, Côté Toulouse, 23.02.2017.

Cesson-Sévigné (Bretagne) : Le feu chez les auxiliaires de police pour saboter les enquêtes

Publié le 2017-05-17 09:42:25

Ouest-France / Lundi 15 mai 2017

Des voitures destinées à la casse ont été incendiées, dans la nuit de dimanche à lundi, chez le dépanneur assistance Auto 24, à Cesson-Sévigné, près de Rennes. Les pompiers sont intervenus aux alentours de 3 h du matin. Personne n’a été blessé mais quinze voitures, garées en plein air, ont brûlé. Une enquête a été ouverte. Pour le dépanneur, l’incendie est d’origine criminelle. Lundi matin, François Riaux, directeur du dépanneur assistance Auto 24 de Cesson-Sévigné, près de Rennes, constatait les dégâts. « Ce sont des voitures destinées à la casse. Certaines étaient en attente d’expertise. Heureusement, le feu ne s’est pas propagé à nos bâtiments. »

Les enquêteurs devaient arriver dans la journée pour déterminer les causes du sinistre, mais pour lui, cela ne fait pas de doute, « l’incendie est d’origine criminel. C’est courant chez les dépanneurs. Un des véhicules incendié devait être examiné par la police pour une affaire. Des personnes sont venues y mettre le feu pour effacer les preuves.  » Un acte criminel déjà subi par le dépanneur, « mais jamais de cette ampleur » se rappelle François Riaux.

C’est un agent de sécurité qui a alerté les secours, lors de sa tournée nocturne, rue de la Rigourdière, à Cesson-Sévigné. Seize pompiers sont intervenus, aux alentours de 3 h du matin. Ils sont venus à bout de l’incendie en 1 heure 30.

Au total, une dizaine de voitures ont été totalement calcinées. Quatre autres et un deux-roues ont été partiellement atteints par les flammes. Des véhicules entreposés dans la cour du dépanneur assistance Auto 24 suite à des accidents de la route.

En mémoire de rémi fraisse : sabotage

Publié le 2017-05-17 10:12:37

Les divers tuyaux d’ irrigation agricole déployés discrétement et une motopompe ( Ceci malgré les arrêtés prefectoraux des guignols republicain-e-s relatifs à la sécheresse ) ont été saboté ou détruit aujourd’hui.

Que dire

En hommage pour Rémi mais aussi pour Alexandros, Zyed, Bouna, Angelo, Curtis …

Comment la CAF de la Haute Garonne nous flique sur Facebook

Publié le 2017-05-17 10:12:37

Au détour d’un article de Côté Toulouse traitant de la hausse de la fraude dans le département, on apprend deux trois trucs sur les outils utilisés par la CAF pour débusquer les fraudeur-euses.



Christine Viero, responsable du service de lutte contre la fraude, raconte :

Nous avons l’exemple d’allocataires qui s’inventent des activités salariées, ou celui d’une personne qui a produit de faux bulletins de salaire pour un travail en pâtisserie alors qu’elle ne travaillait pas en France. Nous avons également le cas de personnes bénéficiaires du RSA qui font des tours du monde à l’année. Sur ces cas, les réseaux sociaux sont une porte d’entrée pour contrôler.

Le chef de service se vante par ailleurs de traquer les pauvres via un outil traditionnellement utilisé par... la police.

Le cœur du contrôle tient en un anglicisme : le datamining, soit l’exploration de fouilles de données. C’est un nouvel outil utilisé par la police qui permet d’extraire les informations sur les données des allocataires. Cela permet de cibler les métiers les plus risqués.

Ah si seulement nos têtes pensantes mettaient autant de zèle à faire la chasse aux exilé-es fiscaux et autres mange-merdes en costume-cravate...

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-05-17 10:42:25

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Olympia, Etats-Unis : Attaque solidaire avec les jeunes incarcérés

Publié le 2017-05-19 21:21:41

Olympia, USA : Solidarité avec tous les jeunes incarcérés !

Le 9 mai, aux premières heures de la nuit, des anarchistes ont détruit quelques-uns de ces foutus emplacements de Starfucks. En solidarité avec tous les jeunes enfermés ici sur Duwamish land et avec nos compagnons dans la prison de Green Hill. Cet acte de retouche de la propriété a été fait en mémoire aux êtres qui nous sont chers et qui sont tombés derrière les lignes de l’ennemi. Détruisez la banque de votre quartier, starfucks, véhicule de police, ou tout autre établissement ou bien oppressif.

Pas de nouvelle prison pour jeunes !

[Traduit de Pugetsoundanarchists.org, May 11, 2017]

Dong Tam (Vietnam): des villageois-es en lutte se barricadent et retiennent des flics en otage

Publié le 2017-05-19 21:51:43

Dong Tam (Vietnam): des villageois-es en lutte se barricadent et retiennent des flics en otage

Le mois dernier, le dimanche 16 avril 2017, dans le village de Dong Tam, à proximité de Hanoï, des affrontements violents ont opposé des habitant-e-s aux policiers, les jets de pierres forçant ces derniers à reculer… Dans la foulée de ces émeutes, environ une quarantaine de policiers ont été retenus en otage dans un gymnase par des villageois-es en colère qui protestaient contre la confiscation de leurs terres par l’armée.

En effet, à l’origine de la colère des habitant-e-s de Dong Tam, il y a la décision prise par les autorités de confisquer leurs terres au profit d’une société de télécommunication, Viettel, détenue par l’armée. Au Vietnam, toutes les terres appartiennent à l’Etat et il arrive fréquemment que les autorités confisquent des terrains pour ensuite y mener de juteuses opérations immobilières. On le sait dans le reste du monde aussi, la « propriété publique » (ou « d’Etat ») ne diffère pas de la « propriété privée »: le droit de propriété bénéficie toujours aux plus aisé-e-s.

En l’occurrence, les autorités vietnamiennes espéraient que les paysan-ne-s de Dong Tam se contentent des indemnisations auxquelles ils avaient droit, mais elles sont loin de compenser la perte de leurs terres, principal moyen de subsistance des villageois-es.

Assez rapidement, les villageois-es ont proposé aux autorités d’échanger leurs otages contre une quinzaine de fermiers arrêtés par la police lors des émeutes, ainsi que d’autres arrêtés précédemment pour avoir enfreint les règlements sur l’utilisation des terres. Des négociations se sont donc engagées et sont restées lettre morte dans un premier temps.

Le village de Dong Tam s’est retrouvé coupé du monde, barricadé par les villageois-es et encerclé par les forces de l’ordre, il semblait s’apprêter à de nouveaux affrontements. La tension est encore montée d’un cran le jeudi 20 avril quand les habitant-e-s, qui retenaient alors les policiers en otage depuis quatre jours, ont refusé de rencontrer le président du Comité populaire de Hanoï. Celui-ci leur proposait de discuter d’une possible sortie de crise non pas au village même mais à 17 kilomètres de là, au chef-lieu du district de My Duc. Par peur de se faire arrêter par la police, les habitant-e-s sont donc restés chez eux. En plus d’avoir barricadé les entrées du village, les habitant-e-s auraient également aspergé d’huile et menacé d’embraser le bâtiment dans lequel étaient retenus les otages…

Ce même jour, le 20 avril, les paysan-ne-s d’un autre village situé près de Hanoï, dans la province de Bac Ninh, se sont révolté-e-s. Des centaines de policiers anti-émeute ont immédiatement été envoyés sur place. Et, soucieuses d’éviter que ces évènements ne fassent tache d’huile, les autorités ont progressivement cédé à une partie des revendications des villageois-es de Dong Tam.

C’est le samedi 22 avril qu’un dénouement a été trouvé à la prise d’otage et à une partie du combat des villageois-es de Dong Tam: alors que plusieurs policiers otages avaient été libérés pendant la semaine, ainsi que les villageois arrêtés par la police, les 19 policiers otages restants ont été libérés par les habitant-e-s de Dong Tam à la suite d’une négociation qui s’est finalement tenue entre habitant-e-s en lutte et le président du Comité populaire de Hanoï, Nguyen Duc Chung. Celui-ci a également assuré aux villageois-es qu’ils ne seraient pas confronté-e-s à des accusations criminelles pour la prise d’otage.

Ces dernières années, d’autres moments de conflit relatifs aux questions de propriété ont marqué le Vietnam. Parmi les plus connus, un pisciculteur avait utilisé en 2012 des armes artisanales pour résister à une expulsion forcée et blessé sept policiers. Il a ensuite été emprisonné pendant cinq ans, mais son cas est devenu un symbole de l’exaspération publique croissante sur les droits fonciers. En 2013, un homme armé a tué un agent provincial avant de se suicider pour s’opposer à la prise de son terrain par les autorités au nord du Vietnam.

Les griefs liés à la terre restent la principale source d’inquiétude et de protestation au Vietnam. En 2012, ils représentaient 70% de toutes les plaintes déposées contre le gouvernement, selon un rapport parlementaire.

Dans les bureaucraties communistes comme dans les démocraties libérales et les dictatures militaires: crève la propriété privée !

[Sources: RFI 1 & 2 | Le Viêt Nam, aujourd’hui | Viet Tan.]

Etats-Unis : Récits sur les émeutes du 1er mai anarchiste à Portland (Oregon) et à Olympia (Washington)

Publié le 2017-05-19 21:51:43

[Le 1er mai sous l’ère Trump a été agité dans plusieurs villes des Etats-Unis, principalement dans les métropoles où les anarchistes sont réputés actifs. Hormis Portland et Olympia, sur la côte nord-ouest du Pacifique (cf quelques récits ci-dessous), il y a eu aussi un cortège bien offensif à Philadelphie (Pennsylvanie), lors duquel des anarchistes ont attaqué plusieurs chantiers de nouveaux logements, des condos (immeubles de copropriétés de luxe) et voitures de luxe dans la zone de Northern Liberties/Kensington, en proie à l’embourgeoisement depuis plusieurs années. Ces attaques ont paraît-il fait jaser au sein du milieu libertaire, notamment parmi les sociaux, ceux qui cultivent l’alternative plutôt que de s’attaquer aux responsables de la misère et de l’exploitation,ceux qui ont bien davantage de points communs avec les organisations gauchistes de tous bords plutôt qu’avec les fondements mêmes du mouvement anarchiste]


Portland (Oregon), USA : récit de la manif du 1er mai et réponse à la gauche socialiste de « l’International Socialist Organisation »:

Le 1er mai de cette année 2017, les anarchistes de Portland ont démontré les fondements mêmes de la raison pour laquelle le 1er mai est considéré comme un jour férié par la gauche radicale. Une pure fête de ceux qui sont non seulement morts au « Haymarket Square » mais aussi sur la potence. Dans l’esprit des martyrs anarchistes (sic), les anarchistes de Portland n’ont pas cédé devant les agressions policières mais se sont défendus eux-mêmes. Ceci contraste avec d’autres déclarations faites par Wael Elasady dans le « Socialist Worker », qui a décrit la police comme les principaux agresseurs et responsables de l’escalade de la tension, tout en considérant les anarchistes comme irresponsables uniquement parce qu’ils se sont battus.

 Ces récits ne mentionnent pas la raison pour laquelle la tension dans le black bloc s’est accrue (nous pensons que la tension avec les flics et le rejet en actes du capital n’a besoin d’aucun élément déclencheur. Les raisons d’affronter ce monde d’oppressions sont si nombreuses que le fait d’en donner une dans un contexte de manif revient à tenter de se justifier auprès d’une pseudo-opinion publique dont on se contrefout, NdSAD) :

Au début de la marche, la police à vélo roulait sur le trottoir des deux côtés du black bloc, afin d’assurer une présence et de dissuader toute sorte de rébellion. Des individus l’ont remarqué et sont alors monté sur le trottoir afin de ne pas permettre aux flics d’intimider le cortège. Au cours de ces petites bousculades, des échauffourées se sont produites. Elles se sont finalement intensifiées en arrivant devant le Pôle Judiciaire. La police a tenté de choper par la force un membre du black bloc et le mettre en GAV pour le simple motif qu’il marchait sur le trottoir. Le black bloc a chargé et arraché la personne des mains des flics, ce qui a provoqué des échauffourées plus intenses par des échanges de coups de poings et de drapeaux des deux côtés.

Ces frictions ont légèrement perturbé les flics et sont restés en queue de cortège. Lorsque nous nous sommes approchés du bâtiment fédéral (qui est le siège du gouvernement fédéral), quelques fenêtres ont été brisées par des projectiles. Les flics ont tenté de charger mais a échoué en raison des pluies de canettes, de pavés et de feux d’artifice qui ont volé dans leur direction. Ils ont été chassés de la manif et contraints de se retirer. Il s’agit d’un moment qui ne s’est jamais produit à Portland jusqu’à présent. Les flics se sont retirés selon nos volontés, à cause de nous.      

Au fur et à mesure que la manif avançait, les flics anti-émeute du « Morrisson Bridge » se sont mis à railler les anarchistes, alors qu’est-ce qu’il s’est passé en réponse ? Plus de projectiles !

Après cela, le permis de manifester a été révoqué. Immédiatement, des gaz lacrymogènes et des tirs de flashball ont commencé à atteindre l’arrière du cortège. Ce fut le moment où les gens ont su qu’une inattention allait se produire, alors le cortège a continué à bouger et à n’avoir aucune pitié. Au moment où nous avons senti la pression de la ligne des flics à l’arrière de la manif, le cortège a lancé projectile sur projectile, construit barricade sur barricade. La raison tactique d’ériger des barricades peut être résumée par l’intervention d’une personne qui a dit : « Nous devons distraire les porcs afin que les familles puissent se barrer ». Et c’est ce que le cortège a fait.

Lorsque nous nous sommes déplacés vers la « Pioneer Place », certaines personnes du cortège ont fait un tas de bois auquel ils ont mis le feu. Cette tactique a parfaitement marché selon l’objectif voulu : la police a dû organiser, sur le plan logistique, une réponse à l’incendie, en attendant que la procédure appropriée soit approuvée par la hiérarchie, autant que le nombre nécessaire de pompiers. Cette diversion a marché pendant 15 minutes, ce qui a laissé largement assez de temps aux personnes qui le voulaient (ou le devaient) de partir.

Le cortège a continué de monter la rue en érigeant des barricades, en fracassant des vitres et finalement en détruisant une bagnole de flics. Après la barricade en feu, ça a été une émeute, une magnifique émeute. Libérés des contraintes d’une gauche sans dents, qui est complètement focalisée sur une masse primordiale qui n’apparaîtra pas sans les conditions sociales propices qui ne sont définitivement pas réunies aux Etats-Unis.

Le cortège a continué vers l’hôtel de ville. C’est à ce moment-là que la police, à bout de nerf, a chargé le bloc de tous les côtés et a arrêté 25 personnes parmi les 150 présentes.

Wael voit le déroulement de la manif comme un recul pour « notre bord ». Je remets en question  la légitimité de revendiquer « pour notre bord » comme étant affaibli, puisque les anarchistes étaient tout sauf affaiblis. Les anarchistes n’ont pas seulement riposté mais aussi combattu avec une telle intensité que nous avons gagné, que tous nos objectifs ont été réalisés. La police a eu peur, les personnes qui étaient obligées sortir du cortège sans risque ont pu le faire de la meilleure des façons et nous avons continué d’attaquer. Cela a été une impulsion offensive qui a réussi. […]

Le problème de Wael et des autres socialistes (je les considère comme socialistes et non marxistes pour une raison) est qu’ils ont perdu le contrôle et n’ont pas pu obtenir le pouvoir. Wael est membre de « l’International Socialist Organisation », une organisation connue parmi les vendeurs de journaux les moins lus. Une organisation qui considère les grands campus comme leur principal territoire d’organisation.

Wael termine son récit en affirmant que les gens ne sont pas assez courageux pour critiquer le black bloc, comme s’il était en quelque sorte au-dessus des pressions sociales de la gauche.

Wael conclut que nous devons critiquer ouvertement les «militants» qui opèrent de manière non démocratique et sans obligation de rendre des comptes au large front de la gauche. C’est risible de la part d’un membre de l’ISO, car l’ISO est célèbre pour ses prises de pouvoir opportunistes et pour utiliser des événements afin de se positionner en tant que leadership. Aussi, antidémocratique pour qui? Personnellement, je n’ai jamais dit que je ne pouvais pas me battre. Nous sommes restés pendant trois heures, pendant et en attendant la manif. Pas un seul organisateur de l’évènement n’a laissé clair à quiconque les attentes, et même si, pourquoi un petit groupe de 20 personnes peut-il dicter le comportement de plus d’un millier de personnes? Pourquoi êtes-vous responsable de cette prétendue démocratie alors que les anarchistes doivent rester au bas du totem? Pas un seul organisateur de la manif n’a précisé les attentes à quiconque, et même si cela avait été le cas, pourquoi un petit groupe de 20 personnes serait-il en mesure de dicter le comportement à suivre à plus d’un millier de personnes ? Pourquoi seriez-vous responsable de cette prétendue démocratie alors que les anarchistes devraient rester au bas de l’échelle ?

Et finalement, les anarchistes étaient les plus courageux de la journée, en se concentrant sur la protection de ceux qui en avaient besoin et en attaquant ceux qui le méritaient. Pour décrire ce qu’il s’est passé comme les actions insoumises qui n’ont pas été prises en compte, c’est un pur positionnement idéologique et pas vraiment une critique. Si Wael veut effectivement s’engager dans un examen critique, je pose cette question, qu’est-ce qu’il aurait fait si la même chose s’était passée, mais qu’il n’y avait pas eu de black bloc? Qu’aurait-il fait si vous n’aviez pas une aile militante au sein de la manif prête et préparée pour l’affrontement?

Pour conclure, je souhaite terminer le texte par une citation de Louis Lingg, un des martyrs (sic) anarchistes qui explique qu’il n’a pas pu lancer de bombe sur la « Haymarket Square » parce qu’il était occupé à en fabriquer d’autres.

« Je meurs heureux sur l’échaffaud, étant si confiant de savoir que des centaines et des milliers de personnes à qui j’ai parlé se souviendront de mes paroles. Lorsque vous nous aurez pendus, ils vous jetteront des bombes ! Par cet espoir, je vous le dis avec insistance, je vous méprise, je méprise votre ordre, vos lois, votre autorité reposant sur la violence. Pendez-moi pour cela ! »

[Traduit de l’anglais de It’s going down, May 5, 2017]


Olympia (Washington), USA : Récit de la soirée du 1er mai

Un groupe d’environ 100 personnes, la plupart en black bloc, s’est rassemblée sur la 4th et au Capitol dans le centre d’Olympia à 18h en réponse à un appel pour marcher « contre le port et son monde » en guise de célébration du 1er mai. Il y avait du matos en abondance incroyable – des boucliers, des banderoles renforcées, des drapeaux de différentes tailles et des banderoles classiques. Les slogans comprenaient « Supprimons le port, supprimons l’Etat », « Contre le port et son monde », « Soyons ingouvernables » et « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce ». Quelques personnes sont venues en portant une banderole disant « SN(A)CKS » et distribuaient des hot-dogs parmi la foule. Un sound-system est arrivé, mettant une ambiance festive.

Après avoir traîné pendant 45 minutes avec une poignée de flics à vélo regardant depuis l’autre côté du carrefour, le groupe a pris la rue et monté vers la 4th en scandant des slogans anti-prison, anti-raciste et anti-nationaliste. La marche a fait une halte au niveau de la 4th et Jefferson et les gens ont commencé à monter des barricades sur les voies ferrées et à tirer des feux d’artifice. L’héritage du blocage de train de novembre dernier pendant une longue semaine a encouragé de nombreuses personnes pour essayer de rétablir une zone autonome. Diverses palettes ont été sorties des allées environnantes et déposées sur les voies mais la forte présence policière a rendu difficile le fait d’ériger une barricade robuste. Lorsque nous avons essayé d’acquérir plus de matériel, un groupe d’une cinquantaine de policiers en tenue anti-émeute s’est mis à marcher en ordre d’abord à l’ouest sur la 5th puis à l’est sur la 4th en notre direction. Derrière la ligne de boucliers et de banderoles renforcées, les personnes du bloc ont lancé des pavés sur la police. Les médias du pouvoir ont rapporté que neuf flics ont été blessés.

Plusieurs réactionnaires et fascistes qui ne se cachaient ont suivi la marche depuis le début, un d’entre eux disant qu’il était présent pour « s’opposer au communisme ». Il y avait aussi une bande qui semblait être des patriotes suprématistes blancs d’un groupe d’autodéfense et certains d’entre eux portaient des masques (incluant un masque du drapeau américain), s’est mis à suivre la marche près de « the Artesian Well ». Certaines personnes ont spéculé que ce groupe était affilié à la communauté des sans-abris du centre-ville, tandis que d’autres ont spéculé qu’ils sont affiliés aux fascistes présents. Les auteurs de ce compte-rendu ne peuvent pas l’affirmer de manière sûre mais il y a des chances que les deux options puissent être vraies. La bande de patriotes s’est tout de suite mise à contrarier la marche en montrant leur désaccord avec les slogans sur les banderoles et les chants scandés. Après que les patriotes se sont mis à scander des trucs racistes, quelqu’un est sorti du bloc et brandi une grosse masse dans leur direction. La masse frappe malheureusement de simples badauds, y compris un chien. Les médias ont tenté de dépeindre ce fait comme une attaque intentionnelle de la marche sur des badauds, mais ça devrait être clair que ce sont des absurdités complètement fausses propagées par les médias capitalistes. Ceci étant, les auteurs de ce communiqué aimeraient encourager les gens à être prudents à l’avenir lorsqu’ils utilisent du gaz lacrymo ou des masses […]

Après cette altercation, la police a commencé à envoyer des bombes lacrymogènes et la manif a monté « Jefferson » vers « State ». Les banderoles renforcées et les boucliers ont été utilisés pour défendre la manif et ont permis aux gens de se regrouper à de multiples reprises. La police s’est approchée en tirant des rafales de grenades lacrymogènes et de désencerclement, ce qui a poussé la marche vers le nord dans un terrain en graviers où il y avait un dépôt de bouteilles de gaz propane. Dans cet ensemble, la bande de patriotes d’autodéfense aperçue plus tôt est réapparue avec des pierres dans les mains et s’est mise à les jeter sur les manifestants et à chercher la bagarre de manière générale. Avec la police anti-émeute derrière eux et en soutien, les fascistes et la manif ont échangé des volées de pierres. La marche est finalement allée vers l’est sur « l’Olympia Avenue », en mettant une barrière en travers de la rue pour ralentir l’avancée des flics et de la milice de patriotes. La manif a alors coupé à travers le centre de transit et s’est frayée son chemin sur la 4th et le Capitol où tout a commencé. A la 4th et au Capitol, une agence de l’US Bank a eu ses vitres défoncées. La marche a ensuite continué à monter vers le Capitol avec des banderoles renforcées et des boucliers, chassant les cartouches moins mortelles de derrière. « The Olympia Federal Savings Bank », une banque connue localement pour expulser des sans-abris de leurs allées, a alors eu plusieurs de ses fenêtres détruites. Un peu plus loin en  haut du Capitol, plusieurs fenêtres du Starbucks sur « Legion » ont été brisées.

A cet endroit, la marche a commencé à se disperser, avec plusieurs personnes courant à travers le « Sylvester Park » et en direction du sud dans le quartier environnant. Une vitre de la Key Bank a été brisée. La marche s’est divisée lorsque les gens ont tenté de se disperser. A ce stade, les récits individuels divergent considérablement puisque les gens ont fait leurs chemins séparés. Certains ont été harcelés par les patriotes et neuf compagnons ont été arrêtés, et plusieurs d’entre eux sont des personnes trans et de couleur. Certains ont été arrêtés devant la bibliothèque. […]

Manif bruyante

Après avoir entendu que des compagnons ont été brutalement attaqués, avec 9 personnes kidnappées par les porcs racistes et transphobes, un groupe d’environ 40 personnes  s’est rassemblé devant ce qu’on appelle bizarrement le « Thurston County Accountability » et le « Restitution Center »  (geôles des flics où ont été enfermés les 9 compagnons arrêtés un peu plus tôt, NdSAD) vers 23h ce 1er mai. De nombreuses personnes présentes n’ont pas participé à la manif, mais ont néanmoins montré leur soutien. Nous avions plusieurs tambours, un mégaphone, un saxophone et toute une flopée de pots et de casseroles. Les gens ont pu faire énormément de boxon pour faire sentir à nos compagnons qu’ils ne sont pas seuls. Nous avons fait un tour autour du bâtiment et avons ensuite tourné devant sa façade en y suspendant une banderole avec les visages des martyrs (sic) du 1er mai 1886. A ce moment-là, un nombre absurde de véhicules de police est arrivé, environ une quinzaine et principalement des sheriffs. Ils se sont mis en tenue anti-émeute et le rassemblement s’est dispersé.

Les manifs bruyantes correspondent à une tradition anarchiste, une manière d’exprimer notre solidarité avec les prisonniers. Bien que ça puisse être risqué dans le fait que ces manifs donnent la possibilité aux flics d’identifier de potentiels participants, il est important que nous soyons présents pour les compagnons arrêtés, et nous encourageons d’autres personnes à faire de même. L’action ne se termine pas lorsque nous rentrons à la maison après la manif. Après la fête, il y a l’after : le soutien au tribunal et à la prison, les soins et le soutien psychologique, des espaces de décompression, des collectes de fonds, la rédaction de compte-rendu et d’analyse, la continuation à propager l’esprit de révolte qui nous a poussé à prendre ensemble la rue.

Analyse

Bien que ce soit typique des perturbateurs de solliciter le 1er mai et d’autres manifs de rue anarchistes, cette année a montré une escalade claire dans l’antagonisme des forces réactionnaires et fascistes. Dans la rue hier, ça ressemblait à la guerre civile. Il était très difficile de se battre contre deux adversaires différents (la police et des groupes fascistes). La désescalade pouvait-elle être utilisée pour tenir ces types patriotes à distance tandis que nous étions en train de nous défendre face à la police ? Comment différencions-nous les militants réactionnaires/fascistes des pauvres types agressifs incohérents ? Comment faire pour s’assurer davantage que nous ne blessons pas des badauds ou nous ne les mettons pas en colère ?

La marche a peut-être commencé trop tôt dans la journée. Cela aurait été préférable que ce soit deux heures plus tard, à 20h. L’obscurité aurait été une meilleure couverture et aurait rendu la dispersion plus facile pour les personnes du cortège.

Les banderoles renforcées et les boucliers ont été précieux, mais lorsqu’ils ont été accompagnés par un grand nombre de policiers, nous étions très désavantagés. À l’avenir, les gens devraient continuer d’être intentionnels dans leur préparation: la prochaine fois, nous aurons encore plus de boucliers, d’armures légères et de casques. Cela ne peut pas être surestimé. Nous avons maintenu la distance de notre mieux, mais nous n’avons finalement pas réussi à construire une barricade sur les voies ferrées.

Les boucliers offrent couverture et protection, des poteaux et projectiles peuvent être utilisés autant de manière offensive, et des slogans tagués laissent des messages sur notre passage. Avec quel type d’outils sentez-vous plus à l’aise ? Comment les groupes d’affinité peuvent-ils organiser des rôles d’action pour maximiser la sécurité et l’efficacité? Quelles formations fonctionnent le mieux dans une situation donnée? Avez-vous étudié le terrain – connaissez-vous les allées, des planques, des voies pour s’échapper ? Prenons la stratégie et la tactique plus sérieusement en compte et tenons des conversations continues sur la façon dont nous pouvons maximiser nos forces (anonymat, fluidité, solidarité) et minimiser nos faiblesses (vulnérabilité, désorganisation, petits nombres).

En l’espace d’une heure, nous avons ressenti une joie intense, de la peur désespérée et une profonde tristesse. Nous devrions être fiers de nous-mêmes pour le courage que nous avons montré en face de probabilités impossibles. Nous nous sommes nous-mêmes défendus contre les flics et un groupe fasciste, ainsi que des gaz lacrymogènes et des tirs de flash-ball. Nous avons envoyé des signaux de désordre et montré que les façades du capital – du monde du port – ne sont pas invulnérables à notre rage. Nous avons honoré la mémoire des martyrs d’Haymarket et l’esprit rebelle du 1er mai. Que ce soit une leçon de force de solidarité et de passion. En plus grand nombre et une meilleure organisation, tout est possible.

[Traduit de Pugetsoundanarchists, May 3, 2017]

Il existe une caisse de soutien pour les personnes inculpées dont l’adresse est sur cette page

Voir le PDF en ligne

Sur les actions contre le port d’Olympia de la fin d’année 2016, on peut aller consulter cet article

Solidaires dans les luttes, solidaires face à la repression

Publié le 2017-05-19 22:51:41

Le 18 mai 2016, à Paris, en plein mouvement contre la loi Travail, une voiture de police est attaquée par une manifestation sauvage et termine en flammes. Le jour-même, et les semaines et mois qui suivront, la répression fera son sale travail.

Ce recueil de textes, effectué en avril 2017, retrace les événements et notamment les initiatives de solidarité avec les personnes inculpées dans cette affaire.

Sommaire :

[Genève] Des policiers sont en liberté à Paris pour des faits de violence

Publié le 2017-05-20 04:21:42

La Tribune de Genève annonce qu’un ressortissant suisse, domicilié à Genève, serait recherché par la justice française dans le cadre d’une enquête qui fait suite au mouvement social contre la Loi Travail du printemps passé. Cette mise en examen serait la neuvième dans le cadre du montage politico-judiciaire qui a suivi les échauffourées autour d’une voiture de police lors d’une manifestation contre les violences policières à Paris, le 18 mai 2016. Ce rebondissement médiatique est l’occasion de faire un point critique sur cette affaire que nous considérons comme une tentative de dissimulation de décennies de violences policières derrière la fumée d’une voiture qui brûle.



Au printemps 2016, la France a été traversée par un soulèvement populaire en réaction au projet de loi proposé par la ministre du Travail d’alors, Myriam El Khomri. Dès le mois de mars, des manifestations massives ont lieu dans de nombreuses villes de France, et à Paris en particulier. Le mouvement social tente de s’organiser au-delà de la seule résistance à un énième projet de loi rétrograde. À travers les assemblées de Nuit Debout, ou interprofessionnelles, des blocages et une forte participation au cortège autonome « de tête », une remise en question radicale du système actuel s’est exprimée.

Alors que l’État d’urgence est permanent, ces manifestations et ces assemblées ont été la cible d’une répression étatique particulièrement violente : interdictions de rassemblement ou de manifestation, assignations à résidence, encerclements, arrestations de masse, matraquages, tirs tendus de gaz lacrymogène et de flashball , etc. Rappelons, à titre d’exemple, le cas du jeune de 16 ans tabassé par la police le 24 mars devant le lycée Bergson, ou encore celui du manifestant resté plusieurs jours entre la vie et la mort à cause d’une grenade de désencerclement lancée dans son dos le 26 mai 2016. Pour toutes ces raisons, l’hostilité aux forces de l’ordre devient un mot d’ordre du mouvement, avec une reprise massive du slogan « Tout le monde déteste la police ».

C’est dans ce climat d’ultra-violence policière que le syndicat « Alliance Police nationale » appelle à une manifestation, le 18 mai 2016 sur la Place de la République pour dénoncer la « haine anti-flics ». En réaction, des milliers de personnes se rendent à une contre-manifestation qui part en cortège à travers les rues de l’Est de Paris. Les manifestant.e.s croisent rapidement une voiture de police sur leur chemin. C’est alors que, selon le quotidien Libération, « le véhicule est rapidement pris pour cible par plusieurs personnes, alors que les policiers se trouvent encore à l’intérieur. La vitre arrière est cassée, un fumigène allumé et jeté dans l’habitacle. Tout de suite, les policiers quittent leur véhicule. »

L’emballement médiatique est immédiat. Les images de la voiture de police tournent en boucle sur toutes les chaînes de télévision. Le soir même, Florent Philippot, vice-président du Front National, en appelle à considérer cette attaque comme « une tentative de meurtre, d’homicide volontaire », tandis que Manuel Valls promet « des sanctions implacables » contre « ceux qui veulent se payer un flic ». Signe de la dimension éminemment politique de cette histoire, c’est le chef d’inculpation délirant évoqué par le vice-président du Front National qui sera repris contre toutes les personnes mises en examen dans cette affaire.

La répression policière et judiciaire est à la hauteur de l’emballement médiatique. Dès le lendemain, quatre personnes sont arrêtées. Puis les interpellations et mises en examen se succèdent jusquà aujourd’hui. Elles concernent neuf personnes. Au milieu d’un mouvement social de plusieurs mois, émaillé de très nombreux moments d’affrontement, la montée en épingle de cet événement par les autorités et les médias vise à isoler les actes de leur contexte. Ils tentent de faire oublier à quel point ce mouvement portait haut et fort une détestation légitime de la police. Nous ne les laisserons pas dissimuler la violence de la police et ses nombreuses victimes derrière la fumée d’une voiture qui brûle.

En juillet 2016, le ministre de la Justice dressait le bilan de l’action de ses services depuis le début du mouvement. Pas moins de 896 gardes à vue, 32 peines de prison ferme et 59 avec sursis étaient recensées. En 13 mois, de février 2016 à mars 2017, c’est au moins 2031 militant.e.s politiques ou syndica.le.s qui ont été arrêté.e.s et poursuivi.e.s pour faits de grève ou manifestation.

Mais cette emballement répressif contre un mouvement social n’est que la pointe de l’iceberg des violences policières qui déchirent la France. Rappelons, par exemple, que le 18 mai 2015, la justice française innocentait les deux policiers qui avaient laissés mourir, en 2005 à Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna dans un transformateur EDF. En 2014, sur la ZAD de Sivens, Rémi Fraisse mourrait de l’explosion d’une grenade policière. À l’été 2016 Adama Traoré mourrait lors de son arrestation à Beaumont-sur-Oise. Le 2 février 2017, Théo, un jeune homme d’Aulnay-sous-Bois est violé à la matraque lors de son arrestation par un agent de la BST. En mars 2017, Liu Shaoyo, habitant de Paris, est abattu sur son palier par un policier en civil. Puis début mai c’est Curtis, un homme de 17 ans qui est décédé suite à une course-poursuite menée par la brigade anti-criminalité à Antony, en balieue parisienne. Lorsque les policiers impliqués dans ces drames ne sont pas blanchis, ils sont condamnés à des peines avec sursis qu’ils ne purgent jamais.

Ainsi, les derniers rebondissements locaux dans l’affaire de la voiture de police nous poussent à rappeler notre solidarité avec les inculpés du mouvement contre la Loi Travail, y compris avec celles et ceux coupables de violence contre les forces de l’ordre. Et notre solidarité s’étend aussi à toutes celles et ceux qui se prennent les balles, les coups ou les insultes de la police, qui se font broyer par le lent rouleau compresseur de la justice ou qui sont pris au piège de l’institution carcérale, ainsi qu’à leurs familles et à leurs proches. Car derrière l’enfumage politico-médiatique, « tout le monde déteste la police ».

Profitons également de cette occasion pour rappeler quelque règles essentielles de comportement. Si la nécessité de se taire face à la police est évidente, il convient également d’adopter certains comportement dans les discussions que nous avons au quotidien. Ce genre d’histoire peut nous pousser à fantasmer les faits, à tenter de reconstruire le puzzle de "l’enquête", à tenter de trouver quoi, qui et comment. Or ces bavardages peuvent mettre en danger des gens. Se taire face à la police c’est se protéger et protéger les autres. Ne pas parler des actes d’autres personnes, qu’ils soient réels ou imaginés, c’est éviter de se mettre dans la merde en y trainant les autres.

Groupe Anti-répression Genève



Marseille : attaque d’un local eiffage

Publié le 2017-05-20 04:51:42

Dimanche 14 mai, dans la nuit, un local commercial d’Eiffage a eu ses vitres pétées rue Camille Flammarion à Marseille. Ses murs ont été recouverts de tags : « Smatrseille, caméras… parc à bourges! Crève votre monde asptisé! » ou encore « Plutôt vendales que résignés »

Eiffage qui participe à de nombreux projets de réaménagement urbain et de construction contribue à rendre l’atmosphère toujours plus étouffante dans cette ville que le pouvoir rêve en métropole capitaliste, lisse et sous contrôle. Quand les pauvres sont relégués toujours plus loin et que la surveillance s’intensifie Eiffage s’engraisse.

Attaquons tous ceux qui nous encagent!

À propos de la projectualité

Publié le 2017-05-20 05:21:42

« L’anarchisme… Est une manière de concevoir la vie, et la vie… N’est pas quelque chose de définitif : c’est une mise que l’on doit rejouer jour après jour. Lorsque l’on se réveille le matin et que l’on pose les pieds au sol, on doit avoir une bonne raison de se lever. Si ce n’est pas le cas, que l’on soit anarchiste ou non ne fait aucune différence… Et pour avoir une bonne raison on doit savoir ce que l’on veut faire…  »
[/Alfredo M. Bonanno./]



Peut-être que l’un des concepts les plus compliqués que j’ai essayé d’exprimer dans mes projets est celui de projectualité anarchiste. La difficulté dans le fait d’exprimer ce concept ne résulte pas simplement du fait que ce mot est inhabituel, mais surtout dans le fait qu’il est en total opposition avec la manière dont l’ordre social nous incite àvivre.

Dans cette société, on nous apprend àvoir la vie comme quelque chose qui nous arrive, quelque chose qui existe en dehors de nous, dans laquelle nous sommes jetés. On ne nous dit pas, cependant, qu’il s’agit de la conséquence d’un processus de dépossession, et donc cette aliénation nous semble naturelle, une conséquence inévitable du fait d’être vivant. Lorsque la vie est perçue de cette manière, la grande majorité des gens font face aux situations comme elles arrivent, acceptant pour la plupart leur sort, protestant parfois contre des situations spécifiques, mais toujours dans les limites fixées par l’acceptation d’une vie prédéterminée et aliénée. Quelques personnes ont une approche plus gestionnaire de cette vie aliénée. Plutôt que de simplement prendre les choses comme elles viennent, elles cherchent àréformer la vie aliénée avec des programmes, en créant des plans pour une existence modifiée, mais qui reste déterminée par avance et àlaquelle les individus doivent s’adapter.

On peut trouver des exemples de ces deux tendances au sein du mouvement anarchiste. On peut voir la première tendance avec ces anarchistes qui considèrent la révolution comme un événement qui avec un peu de chance finira par arriver lorsque les masses se soulèveront, et qui en attendant gèrent leur vie avec une sorte “d’immédiatisme†pragmatique de circonstance. Une pratique anarchiste de principe est considérée comme “impossible†et est sacrifiée au bénéfice de l’amélioration des conditions immédiates “par tous les moyens nécessaires†– parmi lesquels les procès, les pétitions aux autorités, la promotion de la législation, etc. La deuxième tendance se manifeste dans des perspectives s’appuyant sur des programmes comme le platformisme, le municipalisme libertaire ou l’anarcho-syndicalisme. Ces perspectives tendent àréduire la révolution àla considération de la manière dont les institutions économiques, politiques et sociales qui contrôlent nos vies doivent être gérées. Étant donné qu’elles reflètent les manières avec lesquelles les gens font face àune vie aliénée, aucune de ces méthodes ne remet réellement en cause une telle existence.

La projectualité anarchiste part de la décision de se réapproprier sa vie ici et maintenant. Ainsi, elle met au jour et remet en cause directement et puissamment le processus de dépossession que cette société impose et agit pour détruire toutes les institutions de la domination et de l’exploitation. Cette décision ne se base pas sur la question de savoir si cette réappropriation est actuellement possible ou non, mais sur la reconnaissance du fait qu’elle est le premier pas absolument indispensable pour ouvrir les possibilités d’une transformation totale de l’existence. Ainsi lorsque je parle de projectualité anarchiste, je parle d’une manière de faire face àla vie et de lutter dans laquelle le refus actif d’une existence aliénée et la réappropriation de la vie ne sont pas des buts futurs, mais sont une méthode pour agir tout de suite sur le monde.

La projectualité anarchiste n’existe pas en tant que programme. Les programmes sont basés sur l’idée d’une vie sociale séparée des individus qui la composent. Ils définissent comment la vie doit être et font leur possible pour faire tenir les individus dans cette définition. Pour cette raison, les programmes sont peu en capacité de prendre en considération les réalités de la vie quotidienne et tendent àse confronter aux conditions de vie d’une manière ritualisée et formalisée. La projectualité anarchiste existe au contraire comme une tension vécue consciemment vers la liberté, comme une lutte quotidienne continue pour découvrir et créer des manières de déterminer son existence avec les autres et dans une opposition sans compromis àtoute domination, àtoute exploitation.

Donc la projectualité anarchiste se confronte aux conditions immédiates d’une vie quotidienne aliénée, mais refuse le pragmatisme de circonstance du “par tous les moyens nécessaires†, usant àla place de moyens qui portent déjàen eux les fins. Pour être plus clair, je vais donner un exemple hypothétique. Prenons le problème de la police. Nous savons toutes et tous que la police s’immisce dans les vies de tous les exploités. Ce n’est pas un problème qu’on peut ignorer. Et, bien sà»r, en tant qu’anarchistes nous voulons la destruction du système policier dans sa totalité. Une approche programmatique àcela a tendance àpartir de l’idée que l’on doit déterminer les taches utiles principales que la police doit prétendument exécuter (contrôler ou supprimer les comportements “anti-sociaux†, par exemple). il faudrait ensuite essayer de créer des moyens autogérés de réaliser ces taches sans la police, la rendant ainsi inutiles. Une approche pragmatique, de circonstance, étudierait simplement tous les excès et les atrocités commis par la police et essaierait de trouver des manières de limiter ces atrocités — par le biais d’actions en justice, la mise en place d’observatoires citoyens de la police, de propositions pour un contrôle législatif des activités policières plus strict, etc. Aucune de ces méthodes ne remet en réalité en question le maintien de l’ordre en tant que tel. La méthodologie programmatique appelle simplement àce que le maintien de l’ordre devienne une activité de la société dans son ensemble menée de manière autogérée, plutôt que la tache d’un groupe spécialisé. L’approche pragmatique, de circonstance, revient quant àelle àcontrôler la police, et ainsi élever le niveau de contrôle dans la société. Une approche anarchiste projectuelle partirait d’un rejet sans concession du contrôle en tant que tel. Le problème avec la police n’est pas que c’est un système séparé du reste de la société, pas plus qu’elle tombe dans l’excès et les atrocités (ainsi importantes que soient ces choses). Le problème avec la police est inhérent àce qu’elle est : un système fait pour contrôler ou supprimer les comportements “anti-sociaux†, c’est-à-dire, conformer les individus aux besoins de la société. Ainsi, l’enjeu est celui de la destruction du système policier dans sa totalité. C’est le point de départ pour le développement d’actions spécifiques contre l’activité policière. Des connexions claires doivent être faites entre toutes les branches du système de contrôle social. Nous devons faire le lien entre les luttes en prison et les luttes des exploités làoù ils vivent (y compris la nécessité de l’illégalité comme moyen de survivre avec un tant soit peu de dignité dans ce monde). Nous devons mettre au clair les liens entre la police,la justice, la prison, la machine de guerre — autrement dit, entre tous les aspects du système de contrôle àtravers lequel le pouvoir du Capital et de l’État est maintenu. Ceci ne signifie pas que chaque action et chaque déclaration devrait exprimer explicitement une critique complète, mais plutôt que cette critique serait implicite dans la méthodologie utilisée. Ainsi, notre méthodologie serait celle de l’action directe autonome et de l’attaque. Les instruments du contrôle sont partout autour de nous. Les cibles ne sont pas difficiles àtrouver. Remarquons, par exemple, la prolifération des caméras de surveillance d’un bout àl’autre de l’espace publique.

Mais ce n’est làqu’un exemple pour clarifier ce dont on parle. La projectualité anarchiste est, en fait, une confrontation àl’existant “àcouteaux tirés†, comme un compagnon l’a si joliment dit, une manière de faire face àla vie. Mais étant donné que la vie humaine est une vie avec l’autre, la réappropriation de la vie ici et maintenant doit aussi signifier la réappropriation de nos vies ensemble. Cela implique le développement de relations d’affinité, de trouver des complices pour mener nos projets selon nos conditions. Et comme l’objectif premier de la projectualité est de nous libérer nous-mêmes ici et maintenant de la passivité que cette société nous impose, nous ne pouvons pas simplement attendre que la chance place ces gens sur notre route. Ce point est particulièrement important dans l’époque qui est la nôtre, où l’espace publique est de plus en plus surveillé, privatisé ou placé sous le contrôle de l’État, et où les individus au sein de ces espaces ont tendance às’immerger dans l’univers virtuel de leurs téléphones et de leurs ordinateurs portables, réduisant presque au néant les chances de rencontres. Ce désir de trouver des complices est ce qui m’a amené àpublier Willful Disobedience. Mais il appelle aussi d’autres projets. Reprendre l’espace — que ça soit pour une soirée ou de manière plus permanente — pour se rencontrer et discuter, créer des situation où la vraie connaissance mutuelle peut naître et se développer, est essentiel. Et cela ne peut se restreindre àcelles et ceux qui se considèrent anarchistes. Nos complices peuvent se trouver n’importe où parmi les exploités, où il y a des individus lassés de leur existence qui n’ont plus aucune foi dans l’ordre social actuel. Pour cette raison, découvrir des manières de s’emparer d’espaces publiques pour interagir face-à-face est essentiel au développement d’une pratique projectuelle. Mais la discussion dans ce cas ne vise pas essentiellement àla découverte d’un “terrain commun†entre les personnes concernées. Elle vise plutôt àla découverte d’affinités spécifiques. La discussion doit donc être la franche et claire expression des projets et des buts, des rêves et des désirs de chacun.

Pour résumer, la projectualité anarchiste est la reconnaissance pratique dans sa vie que l’anarchie n’est pas juste un but dans un futur éloigné, un idéal que l’on espère vivre dans une utopie lointaine. Beaucoup plus fondamentalement, c’est une manière de se confronter àla vie et de lutter, un chemin qui nous met en opposition avec le monde tel qu’il est. C’est se saisir de sa propre vie comme d’une arme et comme d’une mise àjouer contre l’existence qui nous est imposée. Lorsque l’intensité de notre passion pour la liberté et de notre désir de nous réapproprier notre vie nous pousse àvivre d’une autre manière, tous les outils et les méthodes que ce monde nous offre cessent d’être d’être attrayants, parce que tout ce qu’ils peuvent faire est d’ajuster la machine qui contrôle nos vies. Lorsque nous faisons le choix de ne plus être un rouage, lorsque nous faisons le choix de briser la machine plutôt que de continuer àl’ajuster, la passivité s’arrête, et la projectualité commence.

[/ Wolfi Landstreicher. /]

[Traduit de l’anglais par Malbona Parolo.]

Italie – turin. a propos de prélèvement adn par la force

Publié le 2017-05-20 05:51:42

« J’écris quelques lignes pour raconter ce qu’il s’est passé pendant nos arrestations d’il y a quelques jours, du passage au commissariat central de via Grattoni à Turin. Et de la procédure d’identification.

J’espère que sera compris que les mots qui suivent n’ont pas l’objectif d’impressionner qui que ce soit mais veulent partager une petite expérience sur les modalités répressives de l’ennemi, en particulier sur le prélèvement adn vu qu’en Italie on n’en sait pas grand-chose.

A peine arrivé au commissariat pour formaliser l’incarcération nous avons été emmené-es aux contrôles habituels de photo-ségnalétique et prise d’empreintes (ndt : en Italie il n’est pas possible de refuser la prise d’empreintes).

Une fois effectuée, ils ont commencé à nous appeler pour le prélèvement adn ; même si à ce moment nous étions tous et toutes séparé-es, comme d’ailleurs lors de toutes les phases de l’identification, tous et toutes avions à l’esprit quoi faire.
En ayant déjà discuté de la question adn et comme on était interressé-es à comprendre s’il existait un espace pour s’y opposer, nous avons décidé de refuser le prélèvement et de résister.

Une fois notre refus exprimé, la digos (police politique italienne, ndt) et police scientifique ont commencé à parlotter entre eux, mimant les gestes de ce qui aurait été un prélèvement forcé.

Suite à ça, une fois ensemble un autre compagnon et moi avons allumé chacun une cigarette. A peine quelques tafs et cinq agents de la digos se jettent sur nous en tentant de nous prendre nos clopes, après s’être un peu secoués avec eux l’une des deux a été trouvée, l’autre non. Du coup l’un d’entre nous a été emmené et fouillé et malgré cela rien n’a été trouvé.
Un agent de la digos visiblement énervé par l’épisode, est revenu sur ses pas et, au milieu des mégots jetés par les dizaines et dizaines de personnes interpellées chaque jour et peut être par les agents de police eux mêmes, en a pris un au hasard et l’a mis dans un sachet en écrivant ’’Adn + nom et prénom’’.

A la demande d’avoir un procès verbal de l’épisode, la réponse fut un refus net. Après une heure d’attente le prélèvement en bonne et due forme a commencé. Un par un on nous a emmené dans un bureau de la police scientifique. Je raconterai comment ça s’est passé pour moi. Je suis entré dans le bureau et j’ai été menotté et on m’a fait m’asseoir, sur ma gauche une caméra montée sur un trépied. Face à moi deux hommes en chemise de la scientifique, derrière moi 5 ou 6 agents de la digos, et deux carabiniers en uniformes pour participer à la cérémonie.

Le spectacle commence, la caméra commence à enregistrer, le matériel dans une enveloppe du ministère est ouverte, un fonctionnaire de police récite une formule de procédure à laquelle je réponds par la négative. Cette formule a la saveur de la sentence. Du coup les agents de la digos, aidés par les carabiniers, se jettent sur moi, mains autour du cou, tête en arrière, ils serrent fort, ils cherchent à me faire ouvrir la bouche, ils me frappent au ventre et avec les doigt cherchent à les enfoncer dans les joues et les côtes. Pendant ce temps un des deux en chemise s’approche et avec le tampon, appuie fortement sur mes lèvres fermées. Ils me bouchent le nez, je n’arrive plus à respirer, j’ouvre la bouche, l’agent y enfonce le tampon plusieurs fois. Les larmes sortent de mes yeux, j’ai un relan de vomi, je suis plein de bave sur le visage. L’opération se répète une autre fois, en pire, et même les présents, peut-être bien novices dans la pratique, ne semblent pas apprécier la scène.
Tout se termine, rideau, mais sans applaudissements.

Ce racontage en deux mots veut donner une photographie de ce qu’il se passe dans les cas où l’on refuse d’ouvrir spontanément la bouche, en plus de montrer comment le prélèvement se déroule, comme écrit dans la première partie, de manière complètement arbitraire par qui le fait en récoltant des échantillons un peu comme il veut.

Beaucoup diront : « Mais à quoi tu t’attendais avec un prélèvement de force ? Une invitation à dîner ? »

Personnellement je m’attendais à ce qu’il s’est passé. Évidemment le vivre n’est pas exactement comme l’imaginer, mais j’étais prêt. Surtout j’étais intéressé à ce que l’on peut faire, vers où nous pouvons nous motivé, qu’est-ce que l’on peut inventer pour l’empêcher, perturber et ne pas normaliser cette pratique abominable et dégoûtante comme ceux qui la mettent en place ».

Un des incarcéré-es à Turin du 3 Mai 2017
macerie @ Maggio 16, 2017

Lieudieu (Isère) : Lors la balade en foret, il se met au vert

Publié le 2017-05-20 05:51:42

Le Parisien / mardi 16 mars 2017

Le détenu de 23 ans était incarcéré pour vol avec violence. Un détenu du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) s’est évadé lundi, à l’occasion d’une sortie en forêt, et était activement recherché mardi. Ce détenu de 23 ans, qui avait déjà fait une tentative d’évasion, purgeait une peine pour vol avec violence. Il était libérable en mai 2020, a précisé un représentant de l’UFAP-UNSA.

Le jeune homme et deux autres détenus participaient mardi à une journée organisée par l’aumônerie de la prison dans les bois du village de Lieudieu, lorsqu’il «a faussé compagnie à ses accompagnateurs dans un sentier escarpé», a ajouté cette source. Outre l’aumônier, une dizaine de bénévoles et un surveillant encadraient le trio de détenus. Selon le Dauphiné, d’importants moyens ont été déployés par les gendarmes pour le retrouver. Une équipe cynophile et un hélicoptère ont notamment été mobilisés.
En juillet 2016, le fugitif avait déjà tenté de s’enfuir du palais de justice de Privas (Ardèche) où on le jugeait pour vols, en «bousculant des fonctionnaires de police». Mais il avait été rattrapé peu après.

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-05-20 08:51:41

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Le 21 mai, faisons bloc contre Europa City à Gonesse !

Publié le 2017-05-20 08:51:41

Ce dimanche verra en Île-de-France le retour du bal paysan en tant que modalité radicale de s’opposer à Europa City. Quoi de mieux que l’usage d’un corps affranchi pour affirmer que nous ne voulons pas vivre les vies mornes que propose la dernière mouture du néo libéralisme. 



Brueghel le jeune, Bal paysan
Brueghel le jeune, Bal paysan

Il paraît que Gonesse va devenir la destination incontournable du Grand Paris. Bien qu’on n’apprécie pas trop les centres commerciaux, il faut reconnaître qu’Europa City a eu une super initiative en voulant mettre à l’honneur une ville de banlieue comme ça. Quel flair ces technocrates, eux aussi savent que nos banlieues ont du talent ! Ils connaissent peut-être moins les désirs qu’on y fait pousser…
 

Ce ne sont pas ceux d’un centre commercial super design croisé avec un parc d’attraction éco-responsable bétonnant 700 hectares de terres cultivées. Ce ne sont pas les désirs de faire corps avec son téléphone portable pour entrer dans le monde connecté d’une consommation plus fun. Ce n’est pas non plus de faire passer la pilule d’un travail toujours plus précaire et abrutissant à coups d’interface uber, de pouces bleus et de petites étoiles jaunes de notation. Enfin ce n’est pas non plus la concurrence mondiale entre villes qui redoublent de crevardise pour attirer les projets les plus crasses qui soient vis à vis des habitants et de leur environnement. Non… Le désir viendrait plus du fait de se rencontrer, de tisser des liens entre nous pour détruire le monde qui veut nous mettre au pas. D’inventer notre pas de danse en quelque sorte. La lutte contre Europa City est une bonne opportunité en ce sens.
 

On a en face de nous un foutage de gueule de la banlieue à 3 milliards censé être le fer de lance du Grand Paris ! Europa City n’est pas une solution à la misère, Europa City c’est la misère. Misère de ce qu’il considère comme loisir, comme échange, comme mode de vie. Ville artificielle à horaires de fermeture, innovation et esthétisme pour lustrer les apparences du nouvel esclavagisme : le précariat.
 
Pour ce projet le groupe Auchan s’associe au groupe multi milliardaire Wanda, véritable constructeur de villes aseptisées ressemblant comme deux gouttes d’eau au jeu vidéo Sim City. Là où nous voyons des terres et des humains, eux ne voient que des « clusters » et des clients. Là où on boit le café entre ami.e.s, eux ils voient un Starbuck. Là où on fait un bal paysan gratuit, leur fête a un service de sécurité et une entrée payante. Avec leurs 3 milliards et 1 milliard supplémentaire d’argent public pour un métro en plein champ là où on aurait souhaité qu’il soit là où les gens habitent, ils arrivent en maitres chanteurs dans un endroit déjà dévasté par les tentatives successives d’industrialisation et de commercialisation foireuses.
 
Sur un territoire où le chômage tape des records, Europa City tente de vendre du rêve là où la même logique a déjà fait un sinistre auparavant. A chaque décennies ses nouvelles promesses qui deviennent des cicatrices indélébiles sur nos banlieues. 
 
Ils ont entrepris de vendre leur misère humaine et leurs emplois précaires sous le signe de « l’ère de fun » : parc des neiges et piste de ski, centre aquatique avec plage, cueillette de légume, concerts, cabarets, pique nique géant, ambiance paradisiaques en plastique pour businessmen entre deux avions, etc… 
On dirait presque un appel à ressortir les lunettes de piscine et les masques de ski parce que ce projet fait autant pleurer que de la lacrymo, à remonter des cantines à prix libre ou leur chanter les slogans qu’on criait derrière nos banderoles. Si c’est l’ère du fun… autant s’amuser alors.
 
Le 21 mai à 10h rendons nous à Gonesse pour un rassemblement champêtre qui sera suivi d’une manifestation. Entre plantation en tout genre (maïs, courges, graine de Zad, etc.) bal paysan et déplacements festifs sur la voie publique, ça sera le moment propice pour discuter, s’amuser et délocaliser quelques rendez-vous du dimanche afin de réfléchir ensemble aux manières d’enterrer Europa City et son monde pour qu’il ne repousse pas. 

Venez avec vos banderoles, vos instruments de musique ou de jardin, et de quoi partager à manger !

Un accueil par des gens en chasubles jaunes sera en place à la sortie de la station Parc des Exposition (RER B) pour indiquer le lieu.

 

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-05-20 08:51:42

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

besançon : face à la répression, on ne baisse pas la tête !

Publié le 2017-05-20 19:21:41

Deux personnes se sont fait arrêter par la BAC après la dispersion de la manif anti-électorale du 7 mai, soir du 2ème tour des élections présidentielles. Ils sont accusés d’avoir tagué des vitrines de banques. Deux jours plus tard lors du blocus du lycée Pasteur, c’est une jeune du bahut qui s’est fait embarquer pour avoir résisté farouchement aux porcs anti-émeute qui étaient à plusieurs sur elle lors de son interpellation. On a kiffé d’apprendre qu’elle s’était défaite de ses menottes pour tenter l’échappée. Sans réussite malheureusement, mais la beauté est dans le geste et l’intention, comme on dit !

Du coup, ça nous a foutu le seum et assez de rage au ventre pour mordre à pleine dent les pneus de la domination: deux camions de JC-Decaux en ont fait les frais. Devant le lycée Pasteur, des slogans sont apparus deux soirs de suite: « Solidarité avec Louna – ACAB ; Aucune ambition dans ce monde sauf celle de le détruire ! (A) » ; EN M(A)RGE ». Sur l’église St-Joseph, des tags sont venus tapisser ces murs ternes: « Ni Berger ni troupeau » et « A bas la charité – Vive la solidarité ! ».

Tous les trois passent en procès le dimanche 31 mai. D’ici là, foutons le zbeul !

Bobigny : Il sort par la grande porte

Publié le 2017-05-20 19:51:41

Le Parisien / jeudi 18 mai 2017

Un adolescent a réussi à s’évader du tribunal, ce jeudi matin, en se faisant passer pour un autre. Il se trouvait avec un autre en cellule, en attendant d’être présenté à un juge. Il s’est levé à l’appel de son compagnon de cellule et a réussi ensuite à quitter le tribunal. La supercherie n’a été découverte qu’après-coup. Les forces de l’ordre se sont mises à sa recherche, jusqu’à la station de métro Pablo-Picasso, en vain. Dans la journée, il n’avait toujours pas été retrouvé.

Besançon, France : Face à la répression, on ne baisse pas la tête !

Publié le 2017-05-20 22:51:41

Deux personnes se sont fait arrêter par la BAC après la dispersion de la manif anti-électorale du 7 mai, soir du 2ème tour des élections présidentielles. Ils sont accusés d’avoir tagué des vitrines de banques. Deux jours plus tard lors du blocus du lycée Pasteur, c’est une jeune du bahut qui s’est fait embarquer pour avoir résisté farouchement aux porcs anti-émeute qui étaient à plusieurs sur elle lors de son interpellation. On a kiffé d’apprendre qu’elle s’était défaite de ses menottes pour tenter l’échappée. Sans réussite malheureusement, mais la beauté est dans le geste et l’intention, comme on dit !

Du coup, ça nous a foutu le seum et assez de rage au ventre pour mordre à pleine dent les pneus de la domination: deux camions de JC-Decaux en ont fait les frais. Devant le lycée Pasteur, des slogans sont apparus deux soirs de suite: « Solidarité avec Louna – ACAB ; Aucune ambition dans ce monde sauf celle de le détruire ! (A) » ; EN M(A)RGE ». Sur l’église St-Joseph, des tags sont venus tapisser ces murs ternes: « Ni Berger ni troupeau » et « A bas la charité – Vive la solidarité ! ».

Tous les trois passent en procès le dimanche 31 mai. D’ici là, foutons le zbeul !

[Publié sur Indy Nantes, vendredi 19 mai 2017]

Tours (Indre-et-Loire) : Trous d’air à la permanence de Céline Ballesteros (Les Républicains)

Publié le 2017-05-21 06:57:33

France Bleu Touraine / Jeudi 18 mai 2017

[…] La permanence de Céline Ballesteros, candidate « les Républicain »s pour les législatives, à Tours, a été caillassé cette nuit. On compte une dizaine d’impacts. C’est la deuxième fois en un mois que la permanence de Céline Basllestros, adjointe au commerce à Tours, et candidate dans la première circonscription, est vandalisée. Elle a décidé de porter plainte et condamne ces actes. Cette fois, la vitrine, située au 17 avenue Grammont, aurait subi une dizaine de coups de marteau.

On fête les anniversaires à notre manière

Publié le 2017-05-21 13:27:29

On était le 18 mai 2017 et on pensait à Kara et Krèm, enferméEs a Fleury respectivement depuis les 26 mai 2016 et 2 février 2017 pour l’incendie de la voiture de flics du quai de Valmy.

On a cherché de quoi faire un feu de joie dans le nouveau quartier merdique de la courouze, où ça bétonne dans tous les sens, Vinci, Eiffage et compagnie.

On a fini par trouver une voiture bleue, (parce que les bleu blanc rouge vides courent pas les rues la nuit)
Et on l’a faite flamber avec plaisir!

On avait aussi une pensée pour la personne que les flics soupçonnent d’avoir jeté le fumigène et qu’ils cherchent toujours. ¡Huye, hombre, huye!

9 mois de prison ferme pour une manif : compte-rendu du procès

Publié le 2017-05-21 13:27:29

Dans le box S. 29 ans, crane rasé, teint mat, il s’est fait arrêter le 23 avril du côté de St-Sernin dans la foulée de la manif’ contre la mascarade électorale. Il est accusé d’avoir cassé les vitrines de l’agence immobilière Falguière (28 rue du Taur) représentée par un avocat ce jour là. Chef d’inculpation : dégradation aggravée, les circonstances aggravantes seraient le fait de l’avoir fait en réunion tout en se dissimulant le visage.



Le président après avoir demandé à S. de décliner son identité, fait état de son casier judiciaire qui compte 15 condamnations, dont plusieurs pour dégradation aggravée et mentionne aussi le fait que S. a déjà été incarcéré à plusieurs reprises. Après avoir pris un malin plaisir à énumérer quelques condamnations, le juge commence à relater les faits qui ont amené S. dans le box.

Au court du récit S. ne reste pas impassible, il interpelle le président, le coupe, tente de rectifier les faits, de faire entendre sa version, de manière énergique, et ne baisse pas la tête face au juge.
Selon ce dernier, qui relate le procès verbal des voltigeurs, les poulets à motocyclettes qui suivaient la manif’ ( pas très pacifique dixit le président ) prétendent avoir vu un groupe de personnes masquées s’extraire du cortège pour casser une vitrine à coup de pieds. Ils repèrent deux personnes grâce à des détails vestimentaires, S. serait l’une de ces personnes. Il sera interpellé lors de la dispersion à coup de lacrymo du cortège à St-Sernin, l’autre n’a pas pu être interpellé de l’aveu même des policiers.
Le juge en profite pour questionner de manière insistante S. sur l’identité possible de l’autre personne... Sous entendant qu’ils auraient pu agir avec préméditation. S. reconnaît avoir suivi la manif’ qu’il a croisé au hasard de ses déambulations nocturnes, car il était mécontent de la présence de Marine Le Pen au second tour. Et avoir remonté le col de son T-shirt pour se protéger des fumigènes. Mais nie avoir cassé les vitrines. Il était venu seul et ne reconnaît la description faite de l’autre personne mentionnée dans les rapports des flics.
Lorsqu’on lui demande pourquoi il a essayé de s’enfuir lorsque les policiers ont essayé de l’arrêter, il répondra avoir voulu se faire arrêter sous les cameras de vidéosurveillances de peur d’une bavure.
Selon le président les cameras n’ont pu distinguer qui a cassé la vitrine, on ne voit que des ombres sur la bande.
S. tente de se défendre en expliquant qu’avec son casier il n’aurait rien tenté qui puisse le faire retourner en taule. Le ton monte, la voix se fait tremblotante, la peur de retourner au trou comme la colère percent dans la voix de S..
Le proc’ profitera de l’opportunité qui lui est donné d’interroger S. sur les faits pour lui demander pourquoi il a déclaré au flic qui l’a auditionné « je suis loin d’être con, pas comme vous. »

L’avocat de l’agence immobilière prend ensuite la parole plus pour dénoncer les atteintes à la démocratie que représentent des manifs comme celle de ce dimanche soir que pour exposer les préjudices subis par son client. Il commence en pointant « le discours teinté de larmes et d’émotion » de S. ou le fait que la version de S. contredit celle des policiers « qui n’ont aucun intérêt à faire condamner un innocent » . Il expliquera ensuite que quand on voit une manif « comme ça » on se désolidarise, que c’est bien d’avoir des idées mais que c’est quand même un peu abusé d’y joindre les actes… Après une instructive digression sur l’anarchie où l’on apprendra qu’« il existe des anarchistes éclairés comme des anarchistes obscurantistes », que l’anarchiste connaît les lois et les respecte par devoir moral, le tout avec une petite citation de Proudhon à l’appui. Puis considérant sa leçon d’éducation civique à deux balles terminée, confesse « qu’il ne va pas marcher plus longtemps sur les plates-bandes du procureur ».
Il entame alors la sale besogne pour laquelle il est payé, avec le traditionnel couplet sur les petits commerçants qui galèrent, que l’agence immobilière n’est pas responsable de la présence de Marine Le Pen au second tour (mais par contre en partie responsable de la gentrification et de la guerre aux pauvres faites sur Toulouse ), sur les pauvres salariés qui n’ont pu travailler et les pauvres client qui n’ont pas pu venir spéculer en paix à cause de la fermeture engendrée par les dégradations, et sur la facture des réparations qu’ils comptent bien faire régler à S. lorsque celle-ci sera chiffrée.

Le proc’ enchaîne : « je m’appelle S., je suis casseur professionnel ». avant de commenter son casier judiciaire où sont déjà inscrites deux condamnations pour dégradation aggravée. Puis, car c’est bien connu tout apprentissage repose sur la répétition, on a droit à un sermon sur la démocratie digne de son rôle de curé de la république, où il explique que ce n’est pas parce qu’on est pas content du résultat des urnes qu’on peut tout casser, que c’est pas ça la démocratie. « qu’une centaine d’hurluberlus ne peuvent transformer le centre de Toulouse en zone de guérilla urbaine » que ça ressemble furieusement aux « manifs post-sivens » et que s’il raconte et fait tout cela c’est qu’il « refuse le sentiment d’insécurité chez ses concitoyens ». Il met en avant la parole des flics, le casier de l’accusé et l’article 17 de la déclaration des droits de l’homme : le droit à la propriété, au cas où nous aurions oublié qui il sert. Précisant pour la forme que la vidéosurveillance ne permet pas d’innocenter l’accusé. Il fini par réclamer 1 an de ferme avec mandat de dépôt + la levée des droits civiques + l’interdiction de manif pour 3 ans et regrette que dans ces circonstances il ne soit pas possible d’interdire de séjour l’accusé dans la ville de Toulouse.

C’est ensuite au tour du commis d’office de S. de prendre la parole ( nous apprendrons ensuite qu’il n’a pu rencontrer S. avant le procès et n’avait pour préparer sa défense qu’une note laissée par sa collègue qui s’est déplacée en garde à vue. ). Il pointe d’entrée de jeu que le seul élément à charge du dossier c’est la parole des flics soit deux motards qui ont suivi à distance dans des petites rues mal éclairées une masse agitée de 100 personnes masquées pour la plus-part. Ce qui peut légitimement amener à douter de ce témoignage en raison des conditions matérielles d’observation. Selon lui les vidéos vues par l’avocate lors de la garde à vue ne contiennent aucun élément susceptible de remettre en cause la parole de l’accusé. Il demande la relaxe ou s’il y a une condamnation la clémence du juge au bénéfice du doute. Il pointe du doigt l’absurdité de la rhétorique du procureur (casseur professionnel …) et le fait que ce sont des mots destinés à construire une certaine image d’une personne pour la faire condamner. Il finira par le classique profil social où il parlera pêle-mêle des projets de S., de sa situation familiale, de sa difficulté à se réinsérer après ses précédentes peines de prison. De son enfance difficile ou encore de son parcours de galérien.

Rendu : Coupable 9 mois ferme avec mandat de dépôt et une indemnisation à verser à l’agence Falguière fixée lors d’une prochaine audience, S. interrompt l’énoncé du verdict pour échanger quelques mots avec des personnes venues le soutenir avant d’être traîné par les flics dans la petite porte au fond du box.

Tout cela nous rappelle que la justice n’est qu’un outil pour maintenir l’ordre en place aux mains de ceux qui nous gouvernent et nous dépossèdent de nos vies. Et que ce qui est jugé dans le tribunal ce ne sont pas les actes des personnes mais leurs profils sociaux, leur couleur de peau ou leur appartenance de classe. Qu’en dépit d’une absence de preuves flagrante et au mépris de la présomption d’innocence qui est pourtant inscrite dans leurs lois, l’accusation ne reposant au final que sur la parole de policiers ; la justice condamne pour permettre au pouvoir de construire l’image de l’ennemi intérieur et celle de la répression qu’il lui réserve ; en témoingne la manière dont sera relaté ce procès dans les journaux où tout ce qu’il sera dit c’est qu’un « homme appartenant à la mouvance anarcho-libertaire a été condamné à 9 mois de prisons ferme pour les dégradation de la manif du dimanche ».

Nous proposons un RDV vendredi 26 mai à 18h au Kapilo 6 rue Danièle Casanova ( Metro Compans ) pour organiser un ou plusieurs événements destiné à récolter des thunes pour permettre a S. de cantiner et mettre en lumière la répression qui s’exerce quotidiennement sur tout ceux qui se révoltent.

9 mois de prison ferme pour une manif : compte-rendu du procès

Publié le 2017-05-21 14:57:27

Dans le box S. 29 ans, crane rasé, teint mat, il s’est fait arrêter le 23 avril du côté de St-Sernin dans la foulée de la manif’ contre la mascarade électorale. Il est accusé d’avoir cassé les vitrines de l’agence immobilière Falguière (28 rue du Taur) représentée par un avocat ce jour là. Chef d’inculpation : dégradation aggravée, les circonstances aggravantes seraient le fait de l’avoir fait en réunion tout en se dissimulant le visage.



Le président après avoir demandé à S. de décliner son identité, fait état de son casier judiciaire qui compte 15 condamnations, dont plusieurs pour dégradation aggravée et mentionne aussi le fait que S. a déjà été incarcéré à plusieurs reprises. Après avoir pris un malin plaisir à énumérer quelques condamnations, le juge commence à relater les faits qui ont amené S. dans le box.

Au court du récit S. ne reste pas impassible, il interpelle le président, le coupe, tente de rectifier les faits, de faire entendre sa version, de manière énergique, et ne baisse pas la tête face au juge.
Selon ce dernier, qui relate le procès verbal des voltigeurs, les poulets à motocyclettes qui suivaient la manif’ ( pas très pacifique dixit le président ) prétendent avoir vu un groupe de personnes masquées s’extraire du cortège pour casser une vitrine à coup de pieds. Ils repèrent deux personnes grâce à des détails vestimentaires, S. serait l’une de ces personnes. Il sera interpellé lors de la dispersion à coup de lacrymo du cortège à St-Sernin, l’autre n’a pas pu être interpellé de l’aveu même des policiers.
Le juge en profite pour questionner de manière insistante S. sur l’identité possible de l’autre personne... Sous entendant qu’ils auraient pu agir avec préméditation. S. reconnaît avoir suivi la manif’ qu’il a croisé au hasard de ses déambulations nocturnes, car il était mécontent de la présence de Marine Le Pen au second tour. Et avoir remonté le col de son T-shirt pour se protéger des fumigènes. Mais nie avoir cassé les vitrines. Il était venu seul et ne reconnaît la description faite de l’autre personne mentionnée dans les rapports des flics.
Lorsqu’on lui demande pourquoi il a essayé de s’enfuir lorsque les policiers ont essayé de l’arrêter, il répondra avoir voulu se faire arrêter sous les cameras de vidéosurveillances de peur d’une bavure.
Selon le président les cameras n’ont pu distinguer qui a cassé la vitrine, on ne voit que des ombres sur la bande.
S. tente de se défendre en expliquant qu’avec son casier il n’aurait rien tenté qui puisse le faire retourner en taule. Le ton monte, la voix se fait tremblotante, la peur de retourner au trou comme la colère percent dans la voix de S..
Le proc’ profitera de l’opportunité qui lui est donné d’interroger S. sur les faits pour lui demander pourquoi il a déclaré au flic qui l’a auditionné « je suis loin d’être con, pas comme vous. »

L’avocat de l’agence immobilière prend ensuite la parole plus pour dénoncer les atteintes à la démocratie que représentent des manifs comme celle de ce dimanche soir que pour exposer les préjudices subis par son client. Il commence en pointant « le discours teinté de larmes et d’émotion » de S. ou le fait que la version de S. contredit celle des policiers « qui n’ont aucun intérêt à faire condamner un innocent » . Il expliquera ensuite que quand on voit une manif « comme ça » on se désolidarise, que c’est bien d’avoir des idées mais que c’est quand même un peu abusé d’y joindre les actes… Après une instructive digression sur l’anarchie où l’on apprendra qu’« il existe des anarchistes éclairés comme des anarchistes obscurantistes », que l’anarchiste connaît les lois et les respecte par devoir moral, le tout avec une petite citation de Proudhon à l’appui. Puis considérant sa leçon d’éducation civique à deux balles terminée, confesse « qu’il ne va pas marcher plus longtemps sur les plates-bandes du procureur ».
Il entame alors la sale besogne pour laquelle il est payé, avec le traditionnel couplet sur les petits commerçants qui galèrent, que l’agence immobilière n’est pas responsable de la présence de Marine Le Pen au second tour (mais par contre en partie responsable de la gentrification et de la guerre aux pauvres faites sur Toulouse ), sur les pauvres salariés qui n’ont pu travailler et les pauvres client qui n’ont pas pu venir spéculer en paix à cause de la fermeture engendrée par les dégradations, et sur la facture des réparations qu’ils comptent bien faire régler à S. lorsque celle-ci sera chiffrée.

Le proc’ enchaîne : « je m’appelle S., je suis casseur professionnel ». avant de commenter son casier judiciaire où sont déjà inscrites deux condamnations pour dégradation aggravée. Puis, car c’est bien connu tout apprentissage repose sur la répétition, on a droit à un sermon sur la démocratie digne de son rôle de curé de la république, où il explique que ce n’est pas parce qu’on est pas content du résultat des urnes qu’on peut tout casser, que c’est pas ça la démocratie. « qu’une centaine d’hurluberlus ne peuvent transformer le centre de Toulouse en zone de guérilla urbaine » que ça ressemble furieusement aux « manifs post-sivens » et que s’il raconte et fait tout cela c’est qu’il « refuse le sentiment d’insécurité chez ses concitoyens ». Il met en avant la parole des flics, le casier de l’accusé et l’article 17 de la déclaration des droits de l’homme : le droit à la propriété, au cas où nous aurions oublié qui il sert. Précisant pour la forme que la vidéosurveillance ne permet pas d’innocenter l’accusé. Il fini par réclamer 1 an de ferme avec mandat de dépôt + la levée des droits civiques + l’interdiction de manif pour 3 ans et regrette que dans ces circonstances il ne soit pas possible d’interdire de séjour l’accusé dans la ville de Toulouse.

C’est ensuite au tour du commis d’office de S. de prendre la parole ( nous apprendrons ensuite qu’il n’a pu rencontrer S. avant le procès et n’avait pour préparer sa défense qu’une note laissée par sa collègue qui s’est déplacée en garde à vue. ). Il pointe d’entrée de jeu que le seul élément à charge du dossier c’est la parole des flics soit deux motards qui ont suivi à distance dans des petites rues mal éclairées une masse agitée de 100 personnes masquées pour la plus-part. Ce qui peut légitimement amener à douter de ce témoignage en raison des conditions matérielles d’observation. Selon lui les vidéos vues par l’avocate lors de la garde à vue ne contiennent aucun élément susceptible de remettre en cause la parole de l’accusé. Il demande la relaxe ou s’il y a une condamnation la clémence du juge au bénéfice du doute. Il pointe du doigt l’absurdité de la rhétorique du procureur (casseur professionnel …) et le fait que ce sont des mots destinés à construire une certaine image d’une personne pour la faire condamner. Il finira par le classique profil social où il parlera pêle-mêle des projets de S., de sa situation familiale, de sa difficulté à se réinsérer après ses précédentes peines de prison. De son enfance difficile ou encore de son parcours de galérien.

Rendu : Coupable 9 mois ferme avec mandat de dépôt et une indemnisation à verser à l’agence Falguière fixée lors d’une prochaine audience, S. interrompt l’énoncé du verdict pour échanger quelques mots avec des personnes venues le soutenir avant d’être traîné par les flics dans la petite porte au fond du box.

Tout cela nous rappelle que la justice n’est qu’un outil pour maintenir l’ordre en place aux mains de ceux qui nous gouvernent et nous dépossèdent de nos vies. Et que ce qui est jugé dans le tribunal ce ne sont pas les actes des personnes mais leurs profils sociaux, leur couleur de peau ou leur appartenance de classe. Qu’en dépit d’une absence de preuves flagrante et au mépris de la présomption d’innocence qui est pourtant inscrite dans leurs lois, l’accusation ne reposant au final que sur la parole de policiers ; la justice condamne pour permettre au pouvoir de construire l’image de l’ennemi intérieur et celle de la répression qu’il lui réserve ; en témoingne la manière dont sera relaté ce procès dans les journaux où tout ce qu’il sera dit c’est qu’un « homme appartenant à la mouvance anarcho-libertaire a été condamné à 9 mois de prisons ferme pour les dégradation de la manif du dimanche ».

Nous proposons un RDV vendredi 26 mai à 18h au Kapilo 6 rue Danièle Casanova ( Metro Compans ) pour organiser un ou plusieurs événements destiné à récolter des thunes pour permettre a S. de cantiner et mettre en lumière la répression qui s’exerce quotidiennement sur tout ceux qui se révoltent.

Bâle, Suisse : Camionnette d’un constructeur de prison incendiée

Publié le 2017-05-21 19:27:27

L’entreprise « Implenia » s’enrichit grâce à la construction d’une prison à Bâle. Ces derniers temps, d’innombrables véhicules d’Implenia n’étaient pas en mesure de se rendre sur le chantier en temps voulu parce que l’air s’échappait de leurs pneus. Dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 mai, nous avons complètement retiré de la circulation une camionnette de cette même entreprise, en mettant convenablement le feu dans l’habitacle à l’arrière du véhicule. Ces attaques sur l’entreprise de construction font partie de notre lutte contre l’agrandissement de la prison de ‘Bässlergut’ et contre toutes les prisons existantes. Nous n’avons aucune compassion pour ceux qui profitent des prisons.

[Traduit de l’allemand de linksunten indymedia, 19 Mai 2017]

Rome, Italie : Revendication de l’incendie de plusieurs voitures de police – 2 février 2017

Publié le 2017-05-21 21:27:27

« Dans la nuit du 2 février, nous nous sommes introduits à l’intérieur du parking du centre de sûreté des agents de police en incendiant quelques véhicules et en repartant sans être inquiétés.

A ces merdes en uniformes, complices des rafles et des déportations et assassins, nous disons: merde à vos décorations, merde à votre reconversion et merde à votre sécurité.

Solidarité avec tous les compagnons anarchistes enfermés dans les prisons.

Vive l’anarchie ! Vive l’action directe ! »


Note de Informa-Azione:

Dans le mail anonyme relayé le 13 mai sur le site, il n’y a pas de référence à l’endroit où s’est déroulée cette action. Mais une recherche rapide dans les médias locaux d’après la date renvoie à une attaque incendiaire à Rome (trois véhicules de la police locale incendiés). Cependant, nous ne pouvons d’aucune manière confirmer qu’il y a un lien entre la revendication entre l’article de presse.