Vive l'Anarchie - Semaine 20, 2018

Sommaire

Justice pour rémi suite et fin

Publié le 2018-05-14 07:06:04

Concrètement leurs motivations pour le non lieu c’était : « Fallait pas être là, tant pis pour sa gueule »

Comme d’hab quand les flics sont impliqués, la justice a seulement cherché à les innocenter, au final les seuls témoignages sur les faits sont celleux des gendarmes, les juges d’instructions nous ont pas cherché pour savoir comment s’était déroulé cette nuit, ni même la journée, ni rien, la seule parole qui compte est celles des gendarmes dont on voit pourtant après chaque évènement politique leurs paroles se contredirent et être démentis par des images dans des procès hauts en couleurs où les procureurs réclament de la prison dans tout les cas, parce que c’est leur boulot.
Allez savoir si Rémi était dans le coma depuis 3 ans l’enquête aurait été mené à charge contre lui et un procureur aurait requis sa mise en détention immédiate. Par principe.

Dans ce procès il n’y aura rien.
Rien sur les sommations quand on faisait les feux dans la pente, et qu’il n’y a pas eu 3 sommations pour déguerpir mais bien une bonne dizaine, avec ce type au mégaphone qu’on avait foutu de force là, je sais pas l’ambiance parmi les gendarmes à ce moment là, mais lui voulait pas être là, avec sa voix lancinante, ses hésitations, ses « allez s’il vous plait », rien que le début de la soirée c’était surréaliste, à croire que pour une fois, la dernière chose dont avaient envie les militaires c’était d’intervenir.
En plus c’était quoi toutes ces sommations, c’était pas faute de m’être déjà bien fait gazé, matraqué, menacé, plaqué au sol dans d’autres lieux, j’avais entendu qu’une seule fois des sommations et ça avait rien à voir, ça ressemblait plus à une version pour adultes de 1 2 3 soleil transformé en 1 2 3 gazeusecoupdematraqueLBDpointédanstagueule
D’ailleurs on faisait rien à part des feux, des copines et copains ont commencé à s’enerver à force d’être menacé, mais à part du feu on faisait rien de spécial.

On trouvera rien d’intéressant non plus sur l’emplacement des gendarmes, d’après les témoignages, ils sont restés derrière le portail, à part pour aller chercher Rémi, peut-être bien secourir des gens blessés, ramasser des champignons et d’autres trucs sympa. Le plus surprenant, c’est le coup du feu d’artifice, presqu’aucun gendarme n’en parle, pourtant se prendre un feu d’artifice dans la gueule, de nuit, ça doit marquer les esprits. Ah mais oui, ils se le sont pris où le feu d’artifice ? Ils étaient bien 50 mètres à l’intérieur de la zone avec un camion, et comme ils ne sont pas rentré dans la zone d’après l’histoire qu’ils devaient raconter, valait mieux pas trop en parler.

Pas plus sur les tâches de sang et leurs significations, est ce qu’il est mort à tel endroit, est-ce qu’il a été « posé » et s’est vidé de son sang à un autre, la reconstitution n’a pas pu aider, eclaircir ou contredire la version des gendarmes, car elle n’a simplement pas eu lieu. Après tout pourquoi en faire une alors que les juges d’instructions savaient déjà tout des gendarmes, de la préfecture, et par l’opposant en chef autoproclamé numéro un de la contestation qui sait tout mieux (j’ai oublié son nom à lui, ça fait un bien fou)

Et pis cette ambiance, avec leurs deux gros projecteurs, dans l’espèce de cuvette artificielle où on était, toutes les lacrymos qu’illes jetaient faisaient des colonnes de fumées, c’était impressionnant, et c’était quoi les grenades qui clignotaient rouge qui nous arrivaient sur la gueule même à plus de 100 mètres du portail ? J’étais déjà assez loin du feu de l’action, et j’ai reculé encore un peu après avoir été visé par deux grenades, ça pétaient fort, je regardai tout ça mi-effrayé mi-impressionné, sans bouger, ça m’a réveillé d’un coup. Des gens comme Rémi qui se sont approché béat y en a eu d’autres, ça revenait vite en courant après avoir essuyé un tir de LBD ou une grenade, ça boittait pas mal, et avec leur grenades on en voyait régulièrement tombé par terre sonné par les détonations, toujours quelqu’un pour aller les relever, perso j’ai pas bougé, je sais comment j’aurais été si on m’avait envoyé à la guerre en 14, je me serais pisser dessus plusieurs fois avant d’être fusillé pour l’exemple, j’ai pas trop de doute là-dessus.

Rien ne sera dit non plus à propos de la communication du ministère de l’intérieur, du premier ministre (Valls la fistule), du préfet, du procureur de la république et de toute autre personne au courant des faits dès le début. Le gendarme a su de suite et l’a dit, il a tué quelqu’un, les communicants n’ont fait qu’une chose après, marqué les esprits pour faire prendre conscience à « l’opinion publique » que cette mort est la faute de Rémi. Le communiqué à dix heures le dimanche matin, faisant état d’un mort sur le site sans plus de précision était déjà scandaleux, la suite encore pire. Une autopsie avait déjà été réalisé, chez celleux qui se sentent importants illes savaient toutes et tous ce qu’il s’était précisément passé, mais dans les médias ça disait que peut-être, c’était nous qui lui avions jetés un projectile, peut-être même qu’il avait de quoi faire des explosifs dans son sac à dos, en plus illes le trouvait pas le sac, c’était suspect, tout était suspect, le mot d’ordre de celleux qui nous montrent l’exemple au quotidien c’était « ne dites surtout rien qui pourrait être vrai, on l’a tué, maintenant on fait les chacals et on lui pisse dessus ». Soi-disant on aurait gardé le sac à dos (alors même que des morceaux du sac en lambeau avait été retrouvé, en même temps, pour reprendre les idées du procureur, rien ne permettait de comprendre comment une grenade offensive est pu tué quelqu’un. Ce type devait avoir à peu près le même niveau de culture que moi, gros geek lui aussi il devait se dire que les grenades offensives qu’il utilisait contre son pote dans Worms 2 ne l’avait jamais tué physiquement, donc c’était louche.

Et pis franchement qui d’entre nous aurait vraiment voulu témoigner ? Témoigner là dedans c’est prendre le risque de se faire arrêter la semaine suivante par trois baqueux et de se retrouver en garde à vue pour port d’arme prohibé dès que tu sors de chez toi avec quelque chose qui fait partie de la liste des objets qui sont potentiellement des armes par destination, sans oublier Outrage et Rébellion, tes deux potes quand les flics t’ont éclaté la gueule gratuitement et qu’il faut le justifier sur le PV. Tiens, petit exercice de philo pour tout les premiers de cordée qui passent un bac général « Est ce que ça vaut le coup de témoigner contre la police quand on les as vu commettre un crime, quand on sait que pendant très longtemps on va être emmerdé et menacé par leurs collègues solidaire ? » Visiblement la plupart d’entre nous, présent au moment de la mort ont répondu dans le même sens, il y avait bien deux témoins une époque mais ils ont été emmerdés, je crois qu’ils se sont retiré, à vérifier. Bien sûr on a pas tous les mêmes arguments, celleux qui trouvent que la justice sert à rien, celleux qu’ont peur de plus pouvoir vivre normalement à cause de la flicaille, et pleins plein d’autres raisons.

Remi est mort d’une mort sale, dégueulasse, pourri, une explosion en haut du dos, radical, dès le lendemain ils ont tout tenté pour le rendre et nous rendre responsable de sa mort, la justice n’en a jamais rien eu à foutre de nous, de nos causes, de ce qu’on fait, elle se doit juste d’invoquer des non lieu quand le proc veut, et des peines quand le proc veut, tout ça pour protéger des ptits ministre, des préfets et des ptits suppôts.
Il est mort pour la protection d’un portail par l’état (qui était la dernière chose matérielle encore sur place à proteger, sans compter l’immatériel état de droit, même si pour les histoires de droit dans cette affaire comme dans d’autres la suite à donner raison à ce qu’illes appellent l’état de non-droit), et pas pour des idées.

Tout ça n’est pas près de s’arrêter, et la même histoire pourrait recommencer ça choquerai pas la foule, la seule chance pour un retournement de situation dans la mort de Rémi, ce serait que des gendarmes changent leur versions de l’histoire et disent ce qu’il s’est vraiment passé, pour mettre à mal la version des ministères, mais ça a autant de chance d’arriver que de voir demain, Emmanuel Ier aka Le Majestueux traverser la cour de l’élysée en marchant sur les mains et en rapant Demain c’est trop tard d’mc circulaire.

Je pense que j’ai oublié quelques trucs important, si vous voulez rajouter, contredire, allez-y, on a entendu tellement de version des faits transcris par des gens qui n’y était pas, des témoignages anonymes sur des sites écolos ou même ici et qui étaient des faux, que ç’en est compliqué de ne pas se mélanger, ça a été trop raconté par celleux qui n’y étaient pas, avec des à priori et des infos donné par la pref et les gendarmes, le tout mélangé, gros milk-shake couleur merde, les communiquants de l’état ont très bien réussi leur coup. Je critique pas trop que les informations ai circulé, c’est juste que peu après beaucoup ont racontés l’histoire comme s’illes y étaient, malheureusement très peu de gens présent ont parlé, et les « versions » de l’histoire qui circulaient mélangeaient des choses arrivé et des communiqué de la presse, de la pref, de Valls la fistule, bref, pour moi en tout cas ça a été compliqué pendant longtemps d’avoir une vision à peu près claire.

Un ptit mot de la fin sur le sujet, pour celleux qui s’en souviennent, les gyrophares du samu/pompier qu’ont percé dans la nuit, pour annoncer qu’il était mort, sur le coup j’ai rien compris.

Bon courage si vous défendez la zad en ce moment, je dis ça de loin comme ça, comme un merdeux, tant pis mais je pouvais pas écrire tout ça sans glisser un mot pour tout.e.s celleux qui défendent leurs lieux de vies, dans les champs les forêts tout ce que vous voulez tant que c’est pas à temps plein dans une administration au détriment des autres. Tout seul tes rien face à l’état.

Spéciale dédicace à la policière morte dans la seine récemment, où les supérieurs et le ministère de l’intérieur ont tenté de cacher les circonstances de la mort par tout les moyens alors que c’était de la faute d’une hiérarchie incompétente. Même quand ils se tuent entre eux les morses du désordre opèrent de la même manière que contre les reste de la population, ils mentent et cachent les faits. (si vous êtes sensible ne vous intéressez pas à cette histoire, c’est aussi glauque qu’un JT apolitique de Jean Pierre Pernault). Morale de cette histoire, si vous êtes vous aussi un morse, dans le cas où vos collègues vous tuent, ne comptez pas sur eux pour dire la vérité à votre famille.

Suite et fin d’une enquête et d’une « recherche de vérité » de la part de la justice qui n’a jamais vraiment cherché.

aux modos : si grosse faute vous pouvez corriger ? j’ai relu plusieurs fois mais je suis fatigué là, des bisoux

Vent d’est

Publié le 2018-05-14 08:09:02

« Vent d’ouest », le court film publié par le média Lundi Matin, est un faux Jean-Luc Godard. JLG, un vieux maître admirable et/ou une sommité de la culture légitime. « Vent d’ouest » a été, habilement, réalisé pour jouer à tromper et cela a bien fonctionné. La publication de « Vent d’ouest » par LM a été reprise par bien d’autres médias de gauche. On a cru qu’il était vrai, on sait désormais que c’est un faux.

Mais, cette différence entre vrai JLG et faux JLG n’est d’aucune importance.
La publication de « Vent d’ouest » a exactement la même fonction, qu’il s’agisse d’un faux ou d’un vrai. Sa fonction est de recouvrir toute question relative à la sortie de la lutte dans la ZAD. Le propos du film, à vrai dire trop univoque pour être strictement godardien, consiste à essentialiser, ou mythifier, la lutte dans la ZAD comme un geste qui veut « supprimer » « l’agonie du monde capitaliste ». De ce point de vue, c’est (trop) simple, et il n’y aurait que deux camps.

Pourtant, nul n’ignore que des dissensus politiques sérieux ont lieu dans la ZAD. Il suffit d’ailleurs, pour s’en rendre compte, de lire des publications sur le même Lundi Matin. Par exemple, « Seconde manche », mis en ligne le dimanche soir, veille du premier jour de l’opération militaire (9 avril) : le vocabulaire, employé par ceux que la rédaction du media présente comme des « amis », pour désigner d’autres habitants de la ZAD, est particulièrement peu amène… D’un côté, « prises de risques et dépassement mutuels », contre, de l’autre, « déserter », « s’isoler », et puis sutout, « Certain.e.s, incapables de scruter l’horizon autrement qu’avec des schémas préconçus et la passion de la défaite » ; « crispation de ces dernières semaines sur la route » (« d281 barricadée par un groupe isolé ») ; « En bloquant une première fois les travaux, quelques personnes ont justifié (sic) la présence policière que nous avons subie des semaines durant […] » ; « ghetto identitaire qui se dit ’radical’ » ; « scléroses idéologiques » ; etc. Un langage très voisin peut également se lire dans le texte d’Allèssi Dell’Umbria, publié le 30 avril.

Pour qui n’habite pas dans la ZAD, et qui est lecteur de LM, ces derniers textes ne permettent pas vraiment de savoir quelle est la position de ceux que l’on désigne d’une façon si peu aimable. Comme si cela n’était pas une position politique, comme si elle n’était pas même articulée en raison. Il faut lire ailleurs, par exemple ici. On comprend alors qu’il y a en effet un dissensus quant à comment se tenir face à l’État dans la sortie de lutte contre l’aéroport, et que des positions différentes sont précisément articulées. En définitive, ce qui paraît faux, c’est à la prétention à l’hégémonie d’un seul vent d’ouest.

Les violences sont permanentes sur l’île de Lesbos (avril-mai 2018)

Publié le 2018-05-14 15:28:02

Il y a quelques mois déjà, nous publiions un article sur la situation d’extrême tension rencontrée par les exilés bloqués dans les hotspots des îles de la mer Égée au cours de l’été 2017. Force est de constater que depuis lors, aucune amélioration n’est à signaler, aucune réponse positive n’a été accordée aux multiples revendications des exilés. Malgré une mobilisation constante et des campagnes de solidarité résonnant parfois bien au delà des frontières grecques, l’horizon de milliers de personnes demeure réduit à un quotidien évoluant entre conditions de vies sordides et violences multiples. Face aux conditions anxiogènes liées à des procédures administratives désespérément longues et à la crainte permanente des renvois, la répression policière épaulée par l’appareil judiciaire punitif est l’unique réponse apportée par les autorités leur permettant détouffer toute contestation.

En lire plus sur https://cevennessansfrontieres.noblogs.org

Invitation à action en soutien à la lutte à bure contre le projet de poubelle nucléaire – vendredi 18 mai

Publié le 2018-05-14 15:32:02

Bonjour à toutes et tous,

En réaction aux expulsions de février dernier des habitant-e-s du bois Lejuc et en attendant la grande journée de mobilisation du 16 juin à Bar-le-Duc, nous vous invitons à rejoindre l’action du vendredi 18 mai 2018 à Paris. Nous avons besoin, pour cette action, de toutes les forces disponibles pour que l’appel des chouettes hiboux de Bure puisse résonner bien au-delà de la Meuse et la Haute-Marne.

Cette action … késako ?

En juin 2016, une forêt (le bois Lejuc) est libérée de l’emprise (illégale et surtout illégitime) de l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs (ANDRA). Un long mur de béton est alors abattu par les opposant-es. Les « hiboux », résistant-es qui vivaient avec les arbres, sont violemment expulsé-es le 22 février dernier. Le territoire est actuellement sous occupation militaire : brutalités et surveillance policières permanentes à l’encontre des habitant-es, perquisitions à grand spectacle, condamnations pénales de nombreux-ses opposant-es …

C’est le moment d’étendre la lutte, de reprendre un peu de force et de visibilité et de (ré)affirmer la solidarité entre tou-tes les opposant-es. Un appel à une journée décentralisée d’actions synchronisées circule et propose pour cela de monter une ou plusieurs cabanes dans les arbres, dans un maximum de villes. Cette action doit nous permettre de communiquer sur l’expulsion illégale de février dernier, ainsi que sur les multiples procès passés et en cours qui caractérisent la répression que subissent les opposant-es au projet de poubelle nucléaire Cigéo.

Pour soutenir cette installation de cabane, tracter et échanger avec les passant-e-s, faire entendre nos slogans avec joie et détermination, nous vous donnons rendez-vous le vendredi 18 mai à 15h30 à la station St Michel sur le quai de la ligne 4 direction Porte de Clignancourt, pour un départ collectif vers le lieu de l’action.

Pour plus d’infos : contacter cabaneidf18mai(at)riseup.net – se renseigner sur vmc.camp

PS : même si cette ballade s’annonce plutôt tranquille, rappelons-nous que titiller l’État nucléaire et ses complices (même sans pelle à tarte), c’est s’exposer à de grandes chances de répression.

Tolbiac, révolte-toi ! retour sur un mois d'occupation

Publié le 2018-05-14 16:04:16

Pendant un peu moins d’un mois, le site universitaire Pierre-Mendès France (Tolbiac) fut occupé dans le cadre de la lutte contre la loi ORE. A l’heure où cet article est écrit, le mouvement n’est pas fini mais subit une forte contre-offensive gouvernementale et policière. Il nous parait important, en tant qu’étudiants de Tolbiac, de faire un bilan public de cette occupation, bilan qui nous permet de saisir certains aspects essentiels de ce qui s’est passé à Tolbiac en mars et en avril 2018. Nous aimerions aussi inviter les étudiants des autres facs occupées à reproduire ce geste qui nous permettra d’accéder à une vision globale de la situation actuelle afin d’avancer dans la perspective de requalification stratégique du mouvement dans les temps à venir.



Historique

Le mouvement sur la fac de Tolbiac commença localement le 18 janvier avec l’envahissement du conseil d’administration de Paris 1, chargé de trancher sur les attendus à faire remonter pour trier les lycéens. Cet évènement fut le début d’une confrontation qui allait être de plus en plus directe vis-à-vis de la présidence, avec des rapports qui se sont détériorés sur le long terme au fil de la montée des tensions. La ligne du président Georges Haddad reflétait en vrai la ligne politique gouvernamentale : « circulez, il n’y a rien à voir ! ». En ce moment de grève des copies qui se diffuse, on constate que cette ligne n’a pas trop bougé.

Il y eut beaucoup d’AG et quelques manifs entre février et mars. À chaque fois il y avait un petit peu plus de monde, bougeant à coups d’éclats inattendus et longs moments d’ennui. Le murissement de la Commune de Tolbiac a été très graduel, au fil des blocages qui s’imposaient, quelques jours ciblés comme en 2016. La première occupation d’une nuit à la mi-février, qui ne s’est pas super bien passée à cause des pressions administratives, a été une preuve générale. Les vacances de printemps (février) ont coupé le rythme et à la rentrée on n’y croyait plus vraiment. Les AG ont pourtant commencé à grandir grâce aux blocages répétés et l’idée du blocage total et illimité s’est graduellement imposée dans les esprits.

C’est le lundi 26 février que l’occupation fut décidée : elle a commencé de manière assez tranquille, avec une puissance progressive qui grandit jusqu’aux moments de joie teufarde qui se déchaineront dans les semaines suivantes.

Une séparation entre AG et réalité du mouvement.

L’incisivité du discours politique produit tout au long de la mobilisation à Tolbiac a été frappant et reconnu transversalement : contre la sélection, ouvrir les portes de l’université, pour en faire un lieu capable d’aller au-delà de la logique de marchandisation capitaliste et des mécanismes de formation et reproduction matérielle et idéologique de la force de travail contrôlée par la hiérarchie étatique. L’université devient ainsi "commune" : lieu de concentration de force sociale où essayer de pratiquer la "convergence en acte" des luttes en cours dont on parle depuis 2016 et en faisant émerger dans les formes d’opposition à la loi ORE des éléments d’imagination d’une autre université possible. Toutefois, au-delà de ces éléments de puissance exceptionnelle, un retour sur cette occupation nous permet en même temps de relever certains défauts, en sachant que leur thématisation politique est le premier pas pour leur dépassement.

En premier lieu, on peut relever la caducité du modèle organisationnel traditionnel étudiant, formé par le couple AG/comité de mobilisation. Rappelons tout d’abord que dans ce modèle organisationnel l’assemblée générale occupe une place prépondérante dans la mobilisation. Elle est chargée de donner une légitimité démocratique aux différentes propositions des étudiants mobilisés. Le comité de mobilisation, de fait plus restreint, se charge quant à lui de mettre en pratique les décisions de l’AG. Ces deux instances sont régies selon un certain nombre de pratiques telles que l’usage de tribune, de liste d’inscrits ou du temps de parole limité. Là où le bât blesse, c’est que dans la pratique l’AG, malgré les taux des participation inédit qu’elle a touché, n’a jamais été un lieu d’organisation opérationnelle mais plutôt un mini parlement où chaque tendance politique (des anti-bloqueurs aux autonomes en passant par les militants gauchistes) se livrait à une bataille pour séduire le plus d’étudiants-spectateurs. Pour un étudiant lambda se ramenant dans une AG, son rôle se résumait à peu de choses : Il écoute, applaudit, vote, mais n’agit pas directement. Il n’a pas de rôle actif au sein de l’AG mais sert plutôt de support à ceux qui veulent faire passer des propositions. L’AG rend ainsi passive la majorité des étudiants et ces derniers se retrouvent donc à agir par procuration en laissant le comité de mobilisation mettre en place ce qui a été voté.

Conséquence logique de ceci, il en résulta une séparation entre l’AG de Paris 1, qui pouvait pourtant rassembler plus d’un millier d’étudiants, et la réalité du mouvement social d’ampleur à laquelle seule une minorité, parmi laquelle beaucoup de militants, prit part. Cette différence en disait long sur le problème que posait ce dispositif qu’est l’AG, mais certains militant gauchistes n’en tinrent pas compte, du moins tant que les AGs étaient remplies [1]. Le risque implicite dans cette tendance consiste dans l’absence d’attention pour l’aspect qualitatif de la mobilisation (son efficacité, la capacité de frappe de ces initiatives), sous-estimé par rapport à l’aspect quantitatif des AG et des cortèges étudiants. En effet une fois l’enjeu du blocage et de l’occupation dépassés peu de perspectives d’actions furent proposées. Certes il y eu quotidiennement des « cours alternatifs » organisés sur Tolbiac, mais ceux-ci étaient pour la plupart déconnectés des enjeux de la lutte qui était en cours.

L’incapacité de pratiquer réellement des formes d’action immédiate, d’accumuler force et liens durables dans la fac afin de les faire déboucher sur des initiatives tournées vers l’extérieur, a été alors parfois imputée au comportement peu inclusif des occupants. Ce qui nous intéresse plutôt de souligner est un élément structurel : les problèmes inhérents au couple AG-Comité de mobilisation qui allaient forcément mener à une baisse de participation et des obstacles à la pratiquer de connexion de différents foyers de lutte. À partir du moment où il n’y a plus rien à voter (et encore moins à faire) qu’est-ce qui retient un étudiant dans une AG ? C’est à ce moment là, une fois le blocage illimité de Tolbiac décidé, qu’il aurait fallu enclencher une autre vague de propositions fortes, autant que l’occupation.

Horizontalité et démocratisme.

Ce modèle organisationnel impliqua aussi la présence au sein de la mobilisation du phénomène que l’on peut qualifier comme "démocratisme". La volonté de faire de l’AG une instance capable de représenter les étudiants, position tenue entre autres par certaines noyaux organisés, a fourni plus d’un argument aux anti-bloqueurs pour contester ce qui était acté dans le cadre du mouvement. En voulant s’appuyer sur une prétendue « légitimité démocratique », le mouvement a ouvert la porte de l’AG à ces derniers, faisant de celle-ci le lieu d’une joute verbale continuelle, ce qui nous fît perdre du temps et de l’énergie. Le comble resta le moment où la tribune imposa la tenue d’un vote pour savoir si La Cocarde étudiante, syndicat étudiant anti-bloqueur et réputé d’extrême-droite devait quitter l’AG ou non.

Les procédures formalisées de la démocratie ne sont pas émancipatrices par essence. Elles sont une des formes que peut prendre la lutte, mais ce qui importe véritablement est son contenu. Qu’une forme d’organisation soit démocratique ou non, peu nous importe, la véritable question est de savoir si cette dernière offre, dans les conditions qui sont celle du moment où elle émerge, une montée en puissance tant quantitative que qualitative du mouvement, de ses modes d’organisation et de son efficacité. La réponse donnée alors aux problèmes posés par l’AG ne fut pas mieux. Les assemblées qui eurent pour objectif de gérer l’occupation ne purent la remplacer dans son rôle mobilisateur car trop informelles et rarement annoncées publiquement. Peut être que ce qui a fait défaut à ce moment là fut une alternative non démocratique et inclusive à la traditionnelle AG, alternative qui aurait pu potentiellement initier des actions justifiant l’investissement des étudiants non-occupants dans la mobilisation.
Nous n’avons pas de modèle en main pour répondre à cette problématique, mais nous savons que le démocratisme tel qu’il s’est parfois exprimé dans le mouvement étudiant n’est pas une solution.

Mots d’ordre et imaginaire du mouvement.

Comme c’est le cas à chaque fois que les différents gouvernement touchent à l’enseignement supérieur, la mobilisation prit rapidement pour mot d’ordre « la défense de l’université », comprendre ici l’université à la française telle qu’elle existait durant les trente glorieuses. Dans l’argumentaire dominant du mouvement se retrouvait l’idée que le gouvernement et ses prédécesseurs, guidés par un idéal néolibéral, agiraient depuis des dizaines d’années en vue de faire de l’université une entreprise et de marchandiser le savoir. Ce qui nous intéresse à ce niveau c’est d’insister sur les éléments discursifs qui allaient au-delà du couple symétrique du "public" et du "privé". Bref, insister sur la nécessité de dépasser le discours d’une bonne partie de la gauche s’attachant au modèle d’université "à la française".

D’une analyse aplatie sur la défense du service public de l’université il n’était pas étonnant qu’en découle l’usage de l’imaginaire de l’autogestion et du « pouvoir au travailleurs » appliqué à l’université. Dans ce cas-là, l’identité étudiante se trouve alors réaffirmée et risque de renforcer le corporatisme du mouvement. Nous avons été quelques-un à s’être tués à répéter cette hypothèse pendant la mobilisation : l’université actuelle a pour seule raison d’exister le fait d’être une fabrique à travailleurs intellectuels, le service public n’est pas opposé à l’économie et à sa logique, et le savoir universitaire a toujours été une marchandise, la seule différence par rapport à autrefois est qu’elle se vend moins bien. Combattre le principe de sélection seulement à l’université n’a aussi aucun sens quand on sait que la sélection sociale ne s’opère pas seulement à l’entrée de l’université et que cette dernière n’est qu’un complément spécifique d’un projet de reconfiguration plus général du marché du travail. Dès lors, comme disait un tract diffusé au début de ce mouvement : « Lutter en tant qu’étudiant, c’est manquer le coche de ce que cette loi de sélection peut solliciter : la critique du monde qui la régit » [2].

Autre aspect important de la mobilisation, les lycéen.ne.s en ont été les grand.e.s absent.e.s et le mouvement a donc été mené par des personnes déjà sélectionnées (on trouvait même parmi les militants gauchistes des personnes en master, donc non concernées ni par la sélection, ni par la modularisation de la licence), ce qui amena à une moralisation du débat concernant la loi ORE. L’accent étant mis sur la sélection et non sur certaines mesures comme la fin des rattrapages, les étudiants ne pouvaient alors que rester dans un rapport d’extériorité vis à vis de la lutte. Cet esprit d’extériorité s’est retrouvé dans les slogans appelant à « ouvrir l’université aux enfants d’ouvriers » [3] ou dans celui d’« éducation pour tous ». La moralisation du débat fait d’ailleurs écho à l’absence dans la mobilisation régionale des facs réputées populaires (mise à part Paris 8 qui est encore occupée à l’heure où nous écrivons). Ces enjeux résultent encore ouverts et déterminants à l’heure actuelle, dans un moment de requalification du mouvement où son élargissement et sa généralisation sont encore plus urgents.

Une guerre médiatique.

La question des médias dans l’occupation de Tolbiac est très importante en ceci qu’ils ont occupé une place prépondérante dans le rapport de force qui s’établissait entre d’un côté les occupants et de l’autre l’administration de Paris 1 et l’État.

Du point de vue de ces derniers les médias ont été leur principal outil afin de mener une guerre de communication ayant pour but de discréditer l’occupation et donc de justifier a priori une future évacuation du centre. A chaque fois que l’occasion se présentait donc, nous eûmes droit à une attaque en règle (justifiée ou non) contre l’occupation. Le saccage du local de l’UEJF, les dégradations, l’attaque de Tolbiac par les militants d’extrême droite, la découverte de cocktails molotov, la supposée attaque d’un vigile par des occupants, voici quelques-uns des faits qui permirent à Haddad de montrer que « l’anarchie » régnait à Tolbiac et que cela justifiait son évacuation dès que possible.

Du côté des occupants la question des médias prit aussi une place importante, l’enjeu était de contrer la campagne de diffamation opérée par l’administration et de présenter aux étudiants de Paris 1 ainsi qu’à l’opinion publique une autre facette de l’occupation. Cependant, ce désir de montrer une autre facette et de recentrer le débat autour de la loi ORE se confronta à l’hostilité à l’encontre des médias d’une grande partie des occupants. Des interventions directement auprès des médias eurent tout de même lieu, mais elles furent globalement monopolisées par les groupes organisés [4]. En parallèle un auto-média fut créé, mais s’avéra assez peu efficace vu le peu de choses qui furent produites et ne put donc remplacer les médias dans leur rôle de communicants de l’occupation.

La conséquence de cela fut que la question des médias et plus généralement de l’image que pouvait avoir l’occupation prit une place si importante que toutes les assemblées (comités de mobilisation, AG d’occupation, réunions informelles) se retrouvaient à tourner principalement autour de ça. Cette obsession vis-à-vis des médias dépassa largement le cadre des habituels accros des journalistes et finit par empiéter dans les assemblées sur ce qui devait être vraiment discuté, à savoir l’élargissement des perspectives d’actions. Plus concrètement cette obsession s’est répercutée sur la façon dont les occupants ont traité l’affaire de la potentielle personne dans le coma après l’expulsion de Tolbiac [5]. L’importance stratégique que pouvait représenter une personne dans le coma ainsi que la temporalité médiatique sont peut-être les causes de ce qui se transforma en un énorme échec médiatique pour les occupants, alors accusés de véhiculer des « fake news » pour les besoins de leur lutte.

Fin de la centralité de la manifestation et affirmation de l’identité étudiante.

Jusqu’à présent, la mobilisation de Tolbiac s’est distinguée de celle de 2016 sur au moins deux points. Tout d’abord par la forte présence des étudiants à l’AG de Paris 1 : alors que pendant le mouvement contre la loi Travail les plus grandes AGs de Tolbiac ne rassemblaient pas plus de quelques centaines de personnes, nous avons pu assister au cours des derniers mois à des AGs pouvant en rassembler plus de 1200. Le mouvement semblait donc localement massif, beaucoup plus en tout cas que par rapport aux mobilisations précédentes. En revanche cette présence massive ne s’est pas traduite par une sortie dans la rue. En effet la deuxième différence entre aujourd’hui et 2016 est que la manifestation ne fut pas une pratique centrale pour les étudiants : lors du mouvement de 2016 à Paris, cette centralité s’imposa face au peu d’agitation qu’il pouvait y avoir sur les facs elles-mêmes. C’est d’ailleurs en partie de cette impossibilité d’occuper une quelconque fac parisienne de façon pérenne, c’est à dire d’établir un territoire qui serait le lieu de la mobilisation, qu’émergea le cortège de tête.

Mais l’occupation étant actée à Tolbiac (et dans de nombreuses autres facs en France), un territoire fut établi et il n’était plus nécessaire d’en chercher un au sein de la manifestation. La manifestation offrit alors un intérêt limité et ce qu’on continua à appeler le « cortège de tête » en 2018 ne fut – pour une partie consistante des étudiants mobilisés – que le cortège des radicaux, du black bloc et des autonomes. La menace d’une possible expulsion de Tolbiac, la gestion de l’occupation et la répression dans les manifestations furent autant de raisons qui firent que les cortèges partant de Tolbiac pour rejoindre les manifestations furent si peu denses par rapport au nombres de personnes passant quotidiennement à Tolbiac. Le mouvement étudiant s’est donc décentré par rapport à 2016, passant des avenues parisiennes à la fac de Tolbiac.

Ce décentrement de la mobilisation eut des conséquences significatives sur le rapport qu’ont entretenu les étudiants mobilisés avec l’identité étudiante. Si au sein du cortège de tête de 2016 les personnes s’y mêlant pouvaient dans une certaine mesure se défaire des identités que le capital leur avait assigné [6] (ce fut son seul et unique mérite), l’occupation de Tolbiac produisit l’effet inverse. L’idée de gérer de manière alternative la fac où jusqu’alors on ne venait que pour suivre des cours s’appuya sur le fait que les occupants étaient des étudiants de Tolbiac comme nous l’avons dit un peu plus haut. Cette occupation fut pensée comme l’occupation-des-étudiants-de-Tolbiac ce qui la condamna à renoncer à toute perspective radicale, clé de l’élargissement d’un mouvement.

Conclusion

En définitive, l’occupation nous a appris qu’il faut impérativement repenser les formes d’organisation de la lutte pour ne tomber ni dans le piège démocratiste ni dans l’impasse groupusculaire. L’organisation n’est pas une fin en soi, elle se doit de répondre à des objectifs pratiques définis sur le court, moyen et long terme dans le cadre d’une lutte donnée.
Cette réflexion sur l’organisation doit nous amener à une réflexion plus globale à propos du monde qui nous entoure. La faible analyse de ce qu’est l’université par une bonne partie des occupants fut un exemple concret de l’absolue nécessité d’entamer des réflexions théoriques au sein des luttes. Si l’on creuse et établit un cadre d’analyse cohérent par rapport au contexte socio-politique, on pourra réellement dégager des perspectives communes à l’ensemble du mouvement social, au lieu de croiser les petites bulles entre elles. Cela passe ici par la déconstruction du prétendu « sujet étudiant » et de son « identité » imaginaire.

Ces quelques pistes pourraient nous permettre d’éviter lors d’évènements futurs ces moments où la situation ne fait plus sens et où la convivialité est écrasée par un climat d’impuissance. Trouvons des points communs, mettons les en pratique et tirons en des conclusions après coup. C’est pour ça qu’écrire cet article en pleine occupation n’aurait pas eu de sens ; quand on est pris dans le feu de l’action, l’immédiat pèse beaucoup plus que l’absolu.

Deux étudiants de Tolbiac, Mai 2018



Notes

[1Dès le début du mouvement en février, des vifs débats avaient secoué le comité de mobilisation pour trancher sur la forme organisationnelle ; des personnes qui ayant osé de proposer ce qu’ils appelaient "AG-pétale" (une sorte de dispersion de l’AG en commissions dont le modèle ne correspond pas forcément à l’avis des auteurs) avaient étés traités comme des fous par les militants gauchistes.

[2Contre le monde et sa sélection : http://www.19h17.info/2018/03/01/contre-monde-selection/

[3On notera, pour faire écho avec l’absence de critique de l’université, qu’une université ouverte aux enfants d’ouvriers ne supprime pas les emplois d’ouvriers et qu’au final il y aura toujours des gens qui seront obligés de les occuper pour vivre.

[4Pour l’anecdote, cette soif d’intervention médiatique de la part des militants gauchistes en mena un à se réfugier dans un amphi lors de l’attaque de Tolbiac afin de témoigner en direct sur BFM TV de celle ci.

[5Peu nous importe si cette personne blessée gravement par la police lors de l’expulsion existe réellement ou non, ce qui nous intéresse ici est le traitement médiatique de l’affaire.

[6Le cortège de tête eut la particularité de rassembler des lycéens, des étudiants, des chômeurs et des salariés non pas en tant que lycéens, étudiants, chômeurs ou salariés, mais en tant que parties d’un grand tout existant à travers un ennemi commun, l’État. En 2016 c’est à un embryon de subversion des identités du capital que nous avons assisté.

Toulouse, France : Rien n’a changé à Seysses

Publié le 2018-05-14 22:13:04

Le samedi 14 avril 2018, J. est mort au mitard de la prison de Seysses. Il aurait été retrouvé pendu par les surveillants au moment de la distribution du repas du soir. Le 20 avril, nous relayions un communiqué envoyé par des prisonniers de cette maison d’arrêt au Syndicat pour la Protection et le Respect des Prisonniers (Syndicat PRP) avec qui nous travaillons étroitement et en qui nous plaçons une totale confiance. Ce communiqué remettait en cause la version officielle et affirmait que J. est mort suite à un déferlement de violence des matons à son encontre. Il témoignait des terribles conditions de détention à Seysses, en particulier au quartier disciplinaire.
Ce même samedi 14 avril, un prisonnier s’est suicidé à Seysses, il est mort deux jours plus tard. Depuis ces deux morts, la direction a transféré ceux qu’elle jugeait responsable du mouvement qu’ont mené des centaines de prisonniers pendant plusieurs jours et les témoins du tabassage de J. ont subi des pressions.
Un mois plus tard, le syndicat PRP reçoit un nouveau communiqué de prisonniers de la maison d’arrêt qui dénonce le climat de peur qui règne à la maison d’arrêt et la gestion de la détention par des surveillants brutaux et une direction complice. Ils nous en disent plus sur les circonstances dans lesquelles le jeune homme s’est donné la mort le 14 avril et relatent une nouvelle tentative de suicide dans cette prison sous pression.
Nous reproduisons ici ce nouveau communiqué et assurons les prisonniers de notre solidarité. Nous restons extrêmement vigilants quant au sort qui leur fait. Merci de le relayer le plus largement possible.

[Note de L’Envolée]


Rien n’a changé à Seysses

Maison d’Arrêt de Seysses, le 12 mai 2018.

Dans notre précédent communiqué du 20 avril 2018, on dénonçait ce que tout le monde sait à la prison de Seysses : J., retrouvé mort au mitard le samedi 14 avril 2018, ne s’est pas pendu. Il a été battu à mort par l’équipe de surveillants responsables du quartier disciplinaire. Le même jour, un prisonnier a fait une tentative de suicide au SMPR (l’hôpital de la prison) et il est mort deux jours plus tard. Depuis, on en a appris plus sur lui en parlant entre nous. C’était un jeune marocain sans-papiers d’une vingtaine d’années qui ne posait pas de problèmes. Il avait acheté du cannabis à d’autres prisonniers et il leur devait de l’argent. C’est pour ça qu’il a été mis à l’amende dans la cour de promenade. Il a été emmené au SMPR pour être soigné. Il réclamait de voir un psychiatre, on lui a refusé, alors il s’est ouvert les veines. Des témoins l’ont très bien entendu crier qu’il venait de se couper. C’était un appel à l’aide, il était à bout, et on l’a laissé se vider de son sang. Il n’avait pas de famille en France donc tout le monde s’en foutait. Mais il ne voulait pas mourir, il était juste en détresse. C’est la prison qui est responsable, avec les surveillants et les infirmiers.

Depuis la mort de ces deux prisonniers, rien n’a changé à la maison d’arrêt. La direction a transféré ceux d’entre nous qu’elle jugeait responsables du mouvement qui a duré plusieurs jours (on a été jusqu’à 200 à refuser de remonter de promenade pour protester, on a fait une banderole, on criait « matons assassins » aux fenêtres) et les témoins directs du tabassage de J. qui a provoqué son décès ont subi des pressions. Mais l’équipe de matons qu’on appelle entre nous « l’escadron de la mort » est toujours là et tourne encore au mitard.

Ce matin, un autre prisonnier a tenté de se pendre à la maison d’arrêt côté condamnés. L’après-midi, il devait passer devant le prétoire. C’est le tribunal interne à la prison qui juge les prisonniers accusés d’avoir provoqué des incidents en détention. Le prétoire peut décider de mesures disciplinaires, et le plus souvent c’est un placement au mitard. Le prisonnier avait très peur d’y aller vu comment ça se passe là bas : des brimades, des insultes, des coups et parfois même la mort comme on le racontait dans notre premier communiqué. Alors il s’est passé la corde au cou au moment de la gamelle du matin. Heureusement, les infirmiers ont réussi à le réanimer, mais des témoins ont entendu le major qui disait devant le mec qui n’était même pas encore décroché : « il nous fait toujours le même cinéma, celui-là ». Pour eux, une tentative de suicide c’est du cinéma ! Le lendemain de la mort de J., on a entendu le même major qui menaçait un prisonnier qui tapait dans sa porte, en lui disant : « Le dernier qui a fait ça, il a fini dans un sac ! »

On est emprisonné par des gens qui sont inhumains. Comment peut-on supporter que ceux qui dirigent la détention se moquent de nos appels à l’aide, des tentatives de suicide et des morts dont ils sont responsables ? On a parfois l’impression d’être dans un cauchemar. Il y a des prisonniers ici qui sont juste en attente d’un jugement, qui ne sont même pas encore jugés coupables. Et il y en a d’autres qui ont été condamnés et qui acceptent de faire leur peine, mais on ne peut pas accepter d’être traités comme du bétail ! On a l’impression d’être rejugés chaque jour par les surveillants et les chefs. On le voit dans les regards, les paroles, les gestes… Ils nous déshumanisent, on est juste des numéros pour eux. Ils veulent nous faire comprendre qu’ils ont tout le pouvoir, qu’ils sont comme une mafia à l’intérieur. Ils peuvent tout se permettre, ils n’ont rien à craindre parce qu’ils sont toujours couverts. Ils dirigent tout par la peur. Un major peut même nous menacer de mort parce qu’on tape dans une porte pour réclamer quelque chose !

Tout ce qu’on demande, c’est d’être traités comme des êtres humains. De faire notre temps en prison sans craindre pour notre vie, sans subir en permanence les humiliations et les violences des surveillants. Ici, il n’y a aucun respect de la dignité, aucune déontologie, tout est fait contre les prisonniers. On dirait aussi qu’ils font tout pour que ça se passe mal entre nous, en mettant ensemble en cellule des gens qui n’ont rien à voir ou en enfermant des gens qui n’ont rien à faire en prison, qui devraient être soignés : des malades, des mecs qui ont des troubles psychiatriques parfois très graves. On craint pour notre santé, on craint même pour notre vie, alors qu’on devrait juste patienter avant notre sortie. L’État s’en fout, on est juste des numéros à gérer, et ça arrange bien les surveillants sadiques qui se passent les nerfs sur nous.

La situation est explosive ici, et c’est aussi en grande partie à cause de la juge d’application des peines (JAP) et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) qui se charge des conditionnelles. Il y a très peu d’aménagements de peines, les remises de peine et les grâces sont trop peu accordées, on est de plus en plus à faire notre peine quasiment pleine. Il n’est pas rare que le procureur fasse tomber des vieux sursis peu de temps avant la sortie pour qu’on reste enfermés. A croire qu’ils veulent nous garder le plus longtemps possible, et rien n’est fait pour la réinsertion. La loi Taubira était censée « vider les prisons » en facilitant les conditionnelles et les peines alternatives, mais c’est comme si elle n’était pas arrivée jusque Seysses. On est tous sous pression, et rien ne nous encourage à montrer des signes de réinsertion, de travailler, de se tenir à carreaux, puisqu’on sait que rien n’est fait en échange pour nous laisser sortir.

Il faudrait qu’on nous explique comment J. a pu se pendre alors qu’il était à poil au mitard. Il n’était pas suicidaire, on le sait tous ici. Et il n’avait ni drap, ni couverture dans sa cellule. Pour éviter qu’il s’accroche, soi-disant, on lui a seulement laissé un pyjama en papier…. Leur version officielle ne tient pas debout.

Nous réclamons la vérité sur ce qui s’est passé pour J.

Nous réclamons que l’équipe de surveillants responsable de sa mort soit suspendue.

Nous dénonçons les transferts disciplinaires et les pressions exercés sur les témoins. Nous exigeons de ne pas être condamnés à des nouvelles peines chaque jour par ceux qui devraient juste nous surveiller et assurer notre intégrité physique et morale.

Nous exigeons de ne pas être enfermés avec des gens qui n’ont rien à faire en prison et qui peuvent menacer notre sécurité.

Nous exigeons d’être traités dignement, comme des êtres humains.

Nous nous associons à la peine des familles et sommes prêts à témoigner si elles nous le demandent.

Des prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses.

Poitiers : Six interpellations pour la tractopelle incendiée

Publié le 2018-05-14 22:13:06

Centre-Presse / lundi 14 mai 2018

Une tractopelle de la société Colas [filiale des constructeurs de prison Bouygues; NdAtt.] a été détruite par le feu, cette nuit de dimanche à lundi, rue des Vieilles-Boucheries à Poitiers.
Mise à jour : 15 h 25
Ce n’est pas deux mais six individus qui ont été interpellés dans le cadre de l’incendie de la tractopelle. Ils sont toujours sous le régime de la garde à vue.

[Solidarité avec les six interpellé.e.s ! Complicité avec les incendiaires de ce monde. Attaque.]

Une tractopelle appartenant à la société Colas, dont les ouvriers travaillent actuellement sur les aménagements du Bus à haut niveau de service (BHNS), a été détruite par un incendie, cette nuit de dimanche à lundi 14 mai, vers 3 h 30. L’engin de chantier était stationné rue des Vieilles-Boucheries, à Poitiers, à proximité immédiate de la médiathèque et de plusieurs immeubles d’habitations. L’intervention rapide des pompiers des casernes de Saint-Eloi et Pont-Achard a été déterminante pour éviter une propagation aux bâtiments environnants.

Pour les ouvriers de la société Colas rencontrés ce matin sur place, l’origine accidentelle de l’incendie est à exclure. « Pour nous, c’est volontaire, la machine était récente et bien entretenue », ont-ils expliqué en montrant un tag apparu au même moment sur un mur : « Brûle la machine impériale ! Vive la ZAD ».
Une plainte a été déposée. Deux personnes ont été interpellées et placées en garde-à-vue au commissariat de Poitiers.

Cette tractopelle de 18 tonnes à roues avait 7.000 heures de travail au compteur. Neuve, son prix est estimé à 150.000 €. Une grue mobile de la société Alcoleva doit intervenir dans les heures qui viennent pour évacuer l’épave sur un porte-char.

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NdAtt., le 16 mai : les six personnes ont été relâchées après la garde-à-vue.

[in english][in italiano]

Chemins de fer : le sabotage rend la grève plus efficace [MAJ 25/04]

Publié le 2018-05-14 22:13:09

Plus d’une cinquantaine d’exactions diverses et variées

RTL / lundi 14 mai 2018

La SNCF va porter plainte après « plus d’une cinquantaine d’exactions diverses et variées » constatées sur son réseau, a annoncé sur RTL Mathias Vicherat [Directeur général adjoint  de SNCF, déjà affecté à la Direction Générale de la Police Nationale, déjà sous-préfet de la Seine-Saint-Denis, déjà militant de l’UNEF et collaborateur de Mélenchon à ses heures de jeunesse…  NdAtt.]. « Plus de 5.000 clients ont été impactés », estime le numéro 2 de la SNCF à la mi-journée sur notre antenne.

La participation à la grève à la SNCF a rebondi ce lundi avec 27,58% de grévistes au total, selon la direction, contre 14,46% mercredi dernier, où avait été enregistré le plus bas taux de grévistes en semaine depuis le début du mouvement contre la réforme ferroviaire.  […]
Parmi les personnels indispensables à la circulation des trains, la mobilisation grimpe à 74,4% chez les conducteurs, 74,3% chez les contrôleurs et 36,7% chez les aiguilleurs, a précisé la direction dans un communiqué. La participation a enregistré un net sursaut chez les cadres, en grève à 10,14% (contre 3,1% mercredi dernier).

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Sabotages en Normandie

France 3 / lundi 14 mai 2018

Les axes Paris-Caen-Cherbourg et Paris-Rouen-Le Havre ont été touchés ce matin par plusieurs actes de vandalisme, entrainant une interruption totale du trafic entre Rouen et la Normandie jusqu’à 9 heures. Le trafic reste très perturbé ce matin.

[…] Au total, 4  actes de vandalisme ont été répertoriés en Normandie. Le plus important a eu lieu dans l’Eure. Les équipes SNCF ont constaté les dégats très tôt, vers 5 heures du matin. Un câble de stabilisation d’une caténaire a été sectionné entre Gaillon et Pont-de-l’Arche, au kilomètre 103, sur la voie 2,  ce qui a entrainé un arrachement de la caténaire et l’interruption de la circulation sur l’axe Paris-Rouen-Le Havre. Les travaux viennent de s’achever, le trafic a repris sur ce tronçon.

D’autres actes de malveillance ont eu lieu en Seine-Maritime et dans le Calvados. A Gonfreville l’ Orcher, c’est la guérite du pont à niveau numéro 69 qui a été ouverte, ses installations ont été démontées, ce qui a déclenché le signal d’alerte. L’installation sera remise en état ce midi.

A Bréauté, ce sont des aiguillages qui ont été débranchés, entrainant un ralentissement des trains. Enfin dans le Calvados, à Bellengreville, entre Mézidon et Lisieux, une fermeture des feux rouges a été actionnée manuellement.
Pour l’heure, impossible de savoir d’où viennent ces actes de malveillance et dans quelles circonstances elles ont été commises, mais la SNCF a décidé de porter plainte contre X. une enquête est en cours.

Au total, 15 trains ont été supprimés ou attendent encore en gare. D’importants retards sont donc à prévoir toute la matinée, car ces actes de vandalisme surviennent un jour de forte mobilisation : ce lundi, les syndicats, qui luttent toujours contre la réforme de la SNCF, ont appelé à une journée  » sans trains ni cheminots ». Le trafic s’annonçait déjà très difficile en Normandie, avec un train sur 4 en circulation pour les TER et un sur 6 pour les intercités. Cette journée sera donc encore plus difficile pour tous les usagers de la ligne Paris-Normandie.

 

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Coupure de courant et câbles qui cassent à Marseille

La Provence / lundi 14 mai 2018

Depuis 5h50 ce matin – départ du 1er TER -, la gare Saint Charles à Marseille connait de grosses perturbations. Une caténaire (câble d’alimentation électrique) s’est rompue lors de la mise sous tension du train. Une coupure d’alimentation générale de la gare a été enclenchée, empêchant toute arrivée ou départ à St Charles le temps de pouvoir réaliser les premières opérations de maintenance. 
Cet incident perturbe toujours fortement les circulations ferroviaires sur les axes reliant la gare Saint-Charles. Les trains en provenance d’Avignon et Toulon sont détournés par la gare de Marseille Blancarde, rapporte le communiqué de la gare. Selon les première hypothèses, la rupture du cable serait le fruit d’un acte de malveillance. 
Par ailleurs, toujours à la même gare, depuis 7h ce matin, des actions de blocage de voie sont organisées par des groupes de manifestants, y compris externes à la SNCF, compliquant la reprise de l’exploitation normale de la gare. Plusieurs TGV ont déjà subi des retards supérieurs à 1h, un TER a été supprimé et plusieurs ont accusé des retards importants.

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Mise-à-jour du 15 mai : Le Parquet ouvre une enquête à Caen (et les syndicats se dissocient)

France Bleu / mardi mai 2018

L’enquête judiciaire a été ouverte ce mardi 15 mai  après qu’une plainte ait été déposée lundi par un dirigeant local de la SNCF.  Deux premières auditions étaient en cours au premier jour des investigations.
Cette enquête porte  « non pas sur des dégradations »  a déclaré  à France Bleu Normandie Carole Etienne, la procureure de la République de Caen, mais sur « des actes de malveillance qui n’étaient pas de nature à provoquer un accident mais à perturber le trafic »
Autrement dit à  entrainer des retards. Un feu lumineux  par exemple qui reste au rouge… Une dizaine d’actes comme celui-là  ont ainsi été commis tôt ce lundi , sur la voie ferrée,  entre la gare de Caen et celle de Mézidon-Canon. Probablement aux alentours de 5 heures du matin. L’enquête en cours va permettre de recueillir et d’analyser tous les indices mais aussi et surtout, peut-être, de savoir qui sont les auteurs de ces actes de malveillance commis à l’aube d’une nouvelle journée de manifestation des cheminots. Aucun lien formel, pour l’instant, n’a pu être  établi avec la mobilisation syndicale. Des syndicats qui, sur France Bleu  ce matin, ont unanimement condamné ces agissements.

Paris : Un tag… sur la devanture de la Préfecture

Publié le 2018-05-14 22:14:02

Le Parisien / vendredi 11 mai 20118

L’inscription, qui mesure moins d’un mètre de long, a sans doute été tracée en quelques secondes seulement. Mais son auteur anonyme a néanmoins fait preuve de beaucoup d’audace pour la réaliser. Ce tagueur a effet choisi la façade de la préfecture de police de Paris pour inscrire à la bombe de peinture le mot « Tolbiac », suivi d’un dessin représentant un petit cœur.

Vraisemblablement, une référence à la fac du même nom qui avait été évacuée le 20 avril dernier après presque un mois d’occupation. […] Découvert par des policiers, ce vendredi à 1 h 30 du matin, le tag « Tolbiac » devrait être effacé rapidement par les agents municipaux.

Récit de l'évacuation mouvementée du Mirail, et de la blessure de G. par la police.

Publié le 2018-05-14 23:12:05

« L’université du Mirail est évacuée entre le 8 et le 9 mai à 3h30 de la nuit. Si l’on en croit le tweet de Frédéric Rose, « L’opération s’est déroulée dans le calme et sans incident ». Mensonges. » À lire sur le site du Collectif AutoMédia Étudiant (Camé).



A 3h du matin on voit débarquer une petite délégation de presque 200 keufs déterminés à déloger les 60 occupant.es s’étant barricadé.es à l’intérieur du bâtiment. Une première somation et déjà les portes sont enfoncées, les tables et les chaises volent. Ça y est, ils sont entrés. Face à eux, les étudiant.es forment une chaîne pour se protéger les un.es-les autres et scandent : « Flics, Fachos, Hors de nos Facs ! ».

C’est à partir de ce moment que « dans le calme » des étudiant.es sont tiré.es au sol par les cheveux, par le cou, étranglé.es, frappé.es à coup de boucliers, à coups de pieds, à coups de matraques dans les parties génitales et au visage. De nombreuses agressions sexuelles ont lieu, on matraque les fesses des garçons, on fait des attouchements dégueulasses aux filles. On voit bien que ça provoque chez certains flics des plus libidineux une excitation nauséabonde, la matraque utilisée en symbole phallique, ils la masturbent en accompagnant le geste de regards obscènes.

De ce calme évident résultent de multiples hématomes, plaies, contusions et quelques points de suture.

Lire la suite sur le site du Collectif AutoMédia Étudiant : Récit d’une évacuation de fac.

Chroniques d’une mort annoncée

Publié le 2018-05-15 08:30:03

Une semaine est passée depuis la mort de M. Cinq jours depuis que le cadavre d’une jeune femme «peut-être migrante » a été retrouvé, dans le fleuve qui passe sous Briançon, la Durance.

Voici les faits.

Un groupe d’une petite dizaine de personnes part de Clavière pour rejoindre Briançon à pied. Nous sommes dimanche soir, et comme chaque nuit les exilé·e·s qui tentent d’arriver en France se trouvent obligé·e·s d’éviter la route autant que possible et de passer par la montagne pour éviter les contrôles d’identité.Le groupe commence son chemin, et puis se sépare : la femme a des difficultés à marcher et a besoin d’aide et de soutien. Deux personnes restent avec elle, et les trois se détachent du groupe.
Ils marchent sur la route, en se cachant dès qu’ils aperçoivent des lumières de phares ou entendent des bruits.

La police a mis en place une véritable chasse aux migrant·e·s, plus féroce que jamais ces derniers jours. Ils se cachent sur les sentiers, pour surprendre, torches en main, ceux qui tentent la traversée, et font des rondes en voiture sur les routes. Ils se postent aussi aux entrées de Briançon, et à côté des carrefours, mettant en place de réels postes de blocage.

Les trois personnes marchent pendant une quinzaine de kilomètres et se trouve à 4 ou 5 kilomètres de Briançon. A la hauteur de la Vachette, cinq agents de la police nationale les attendent. Ils surgissent de derrière les arbres à gauche de la route. Il est entre quatre et cinq heure du matin, Lundi 7 Mai. Les policiers se mettent à leur courir après. Le groupe se met en fuite, et entre dans le village de la Vachette. Un des trois réussit à se cacher, et les deux autres, un homme et une femme, courent sur la route. L’homme court plus vite, il cherche à attirer la police, qui parvient à l’attraper et le ramène directement en Italie.

La femme, elle, disparaît.

La police continue ses recherches dans le village de la Vachette pendant quatre heures. La rivière est en crue, et la police concentre ses recherches sur les rives de la Durance et autour du pont. Puis ils s’en vont. Cette façon de faire est tout à fait différents des pratiques habituelles de la police, pendant ces nuits de contrôle : en général, après avoir attrapé quelques personnes, ils ne recherchent les fugitifs et fugitives restant·e·s que pendant quelques dizaines de minutes.

Les recherches concentrées dans la zone du fleuve indiquent clairement que les policiers avaient compris que quelque chose de très grave avait eu lieu.
50 heures plus tard, Mercredi 9 Mai, un cadavre de femme est retrouvé bloqué à la digue de Prelles, à 10 km au Sud de Briançon. Il s’agit d’une femme d’1 mètre 60, aux longs cheveux noirs tressés. Des cicatrices sur le dos, un collier serti d’une pierre bleue.

Le Procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, a annoncé la nouvelle le jour suivant, en précisant que « Cette découverte ne correspond à aucune disparition inquiétante. Pour le moment, nous n’avons aucun élément qui nous permette d’identifier la personne et donc de dire si il s’agit d’une personne migrante ».
Lourde déclaration du procureur. Les disparitions de personnes exilées ne sont donc pas inquiétantes, sous prétexte qu’on ne les signale pas ?

Les soutiens de B. étaient au contraire très inquiets : mais comment se tourner vers la police pour déclarer des disparus, quand ils risquent d’être maltraités, et leurs soutiens réprimés ?
De plus, le procureur ment, car la police savait qu’une femme avait disparu après une poursuite.

Très peu de journaux ont relevé la nouvelle. Il semblerait que personne n’ait souhaité publier celle-ci. L’intérêt est d’ensevelir cette histoire, pour éviter un scandale face aux violences policières. Deux cas de femmes enceintes refoulées avaient déclenché des réactions publiques en mars dernier.

Une enquête judiciaire a été ouverte et confiée à la gendarmerie afin de déterminer les circonstances du décès. Le magistrat a annoncé que « n’ayant pas d’éléments qui font penser à la nature criminelle du décès, une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de la mort ». Mais cela aussi est faux. La nature du décès est criminelle.

Ce n’est pas une mort accidentelle, ce n’est pas une erreur. Ceci est un homicide. Celui d’une jeune femme nigérianne de 21 ans.

Cinq policiers les ont poursuivis. Cette femme, M, est morte à cause d’eux et de la politique qui dirige, contrôle et légitime leurs actions.
M. est morte parce que la frontière ne peut pas être traversée en sécurité par les personnes sans papiers.

M. n’est pas morte à cause de la montagne, par erreur, elle n’est pas morte dans la neige cet hiver. Elle est morte parce qu’elle était en train d’essayer d’échapper à la police, qui s’adonne de façon toujours plus violente à la chasse aux migrant·e·s.
Elle a été tuée par ces cinq agents, comme le système de la frontière le leur ordonne.
Il s’agit d’un homicide avec des mandataires et des exécutants. Le Procureur de Gap et la préfète sont autant responsables que les policiers qui l’ont tuée, compte tenu des directives assassines qu’ils
donnent.

Les responsables sont aussi la magistrature et le tribunal, qui criminalisent les solidaires qui cherchent à éviter ces morts en rendant la traversée la plus sûre possible. Les responsables sont tous les politiciens qui fondent leur campagne électorale sur la différence de couleur de peau et de nationalité des personnes.

Si cela continue, les morts se multiplieront.

Genève, Suisse : Attaques en série contre les profiteurs de l’exploitation animale

Publié le 2018-05-15 08:31:06

Ces deux derniers mois à Genève, les attaques contre des rouages de l’exploitation animale s’enchaînent. Une dizaine de bouchers, charcutiers et autres foureurs ont vu leurs vitrines brisées nuitamment. Un MacDo a aussi fait l’objet d’une attaque similaire. Après les caillassages des boucheries du Molard, de Champel et des Grottes à la mi-mars, voici un petit aperçu des attaques antispécistes de ces dernières semaines:

Dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 avril, la grande boucherie du Molard a été prise pour cible: deux des trois vitrines ainsi que la porte vitrée ont été brisées par des jets de pierres et des coups de marteau. Un autocollant « SPECISTE » a été collé sur une d’entre elles. Outre les dégâts matériels, une bonne partie de la marchandise exposée en vitrine a été abîmée par des bris de verre et devra donc être jetée. Au total, le dommage subi pourrait avoisiner les 15’000 francs. Le patron raconte que « depuis plusieurs mois, on tague notre devanture ou on nous colle des affichettes nous traitant d’assassins, de meurtriers. Et ce, même en pleine journée ».

Le lendemain, le patron de la boucherie de Champel craignait d’être le prochain sur la liste… Et ben ça n’a pas loupé. Dans la nuit de vendredi à samedi, vers 2h du matin, deux grandes vitrines sont explosées par des jets de pavés, ainsi que la vitre de la porte d’entrée. Deux pierres rondes ont touché les présentoirs réfrigérés à l’intérieur; une troisième a même fini sa course en laissant son impact contre la porte métallique du réfrigérateur.

Dans la nuit de samedi à dimanche 15 avril, c’est au tour du boucher Eric Muller d’être visité, rue et place des Grottes. Côté rue, des projections de peinture rouge-sang dégoulinant jusqu’au marbre; côté place, des autocollants dénonçant les abattoirs.

Quelques heures après le 1er mai, certain.e.s décident de continuer à faire la fête à l’exploitation, avec un faible pour les travailleur.e.s qui tirent profit des cadavres: la boucherie de la rue des Eaux-Vives, « Faure-Malan », se mange trois pavés et autant de vitrines brisées. Des autocollants ciblant le spécisme sont également apposés sur la devanture.

Dans la nuit du 2 au 3 mai, le McDonalds de la Servette est caillassé depuis la rue par un groupe d’individus cagoulés aux alentours de 4h00. Plusieurs vitres sont détruites. Les assaillant.e.s auraient été aperçu.e.s de loin par une équipe de nettoyage travaillant à l’intérieur du commerce. L’inscription «antispécisme» a également été taguée sur la façade.

Dans la nuit du 3 au 4 mai, la boucherie des Palettes et une charcuterie aux Communes-Réunies se réveillent elles aussi avec des vitrines brisées… Le patron de la boucherie des Palettes a pour sa part évalué le montant des dégâts à environ 20 000 francs pour ses cinq vitrines brisées.

La dernière attaque en date remonte donc à la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 mai.: la boucherie du Molard reçoit une deuxième visite. Des gros impacts de jets de pierres recouvrent les vitres toutes neuves. La précédente attaque remontait a à peine trente jours.

Les dégâts commencent à devenir important semaine après semaine: la société patronale des bouchers charcutiers de Genève a envoyé un courrier au conseiller d’État en charge de la sécurité, Pierre Maudet, pour demander plus de protection et de surveillance des commerces visés. Une autre association patronale, la NODE, qui compte de nombreux membres parmi les petits commerçants, compte elle aussi se plaindre auprès du même Maudet,  mais aussi d’Olivier Jornot, le procureur général.

Enfin, on apprend le 11 mai qu’un communiqué de revendication est parvenu aux médias locaux: « Leur objectif, expliquent-ils, est de créer «des dommages économiques aux commerces qui font du profit sur la mort d’individus qui voulaient vivre, dans le but que ces lieux ferment.» Ainsi, casser des vitres s’inscrit dans une réelle stratégie de sabotage« 

Dans la nuit du 23 février, quatre restaurants, le magasin Noël Fourrures SA et le hall de la gare Cornavin avaient été pris pour cible, soit avec de la peinture soit avec pavés et marteau. Le 21 mars, une personne a été interrogée par la police. Mais il n’a rien déclaré et a été libéré.

Communiqués : Guilhem gravement blessé suite à l'évacuation du Mirail

Publié le 2018-05-15 08:33:04

Suite à l’évacuation sauvage du Mirail et ses suites, plusieurs communiqués de presse... Bon rétablissement Guilhem ! Ni oubli, ni pardon !!



Communiqué 11 mai:Evacuation du Mirail — Guilhem gravement blessé par une grenade : « Je me suis vu mourir. ».

Guilhem, gravement blessé, est toujours hospitalisé et dans un état stationnaire.
Il présente de nombreuses brûlures au second degré au niveau du bras et dans le dos, des hématomes au thorax, sur le front et le nez, de fortes douleurs à la gorge dues à un hématome au niveau du larynx.

Il tient à dire qu’il ne s’agissait pas d’un affrontement « J’ai été attrapé dans le dos lors de mon arrestation, j’ai été victime d’une agression [...] », « J’ai été immobilisé par les bras puis attrapé par le cou..., je me suis vu mourir... je n’arrivais plus à respirer, je n’avais qu’un filet d’air » . « Après l’explosion, j’ai d’abord cru que j’avais pris une balle réelle dans le flanc, je n’avais plus qu’un poumon qui respirait » .

Guilhem a été placé en garde à vue alors qu’il était aux urgences et dans un état critique. Il affirme avoir été menotté à son lit une partie de la matinée. Il précise : « Je n’aurai jamais imaginé me retrouver en garde à vue, blessé, à l’hôpital et dans cet état ».

Nous prenons acte de la saisine de l’IGPN par les autorités judiciaires, ainsi que de l’ouverture d’une enquête auprès de la sûreté départementale. A ce stade, nous nous interrogeons sur l’orientation qui pourrait être prise par cette l’enquête, et notamment le fait de savoir si elle aura pour objectif de désigner Guilhem comme auteur ou victime préumée.

Le parquet aurait indiqué que la garde à vue de Guilhem, levée en raison de son état de santé, pourrait reprendre.

Nous ne pourrons admettre que Guilhem soit considéré autrement que comme victime de blessures par une arme utilisée par les forces de l’ordre, quand bien même il serait poursuivi pour des dégradations.

Nous nous étonnons qu’un « accident de grenade » puisse intervenir dans le cadre d’une opération de maintien de l’ordre et alors qu’une personne est interpellée, et nous réaffirmons que l’usage d’arme dans un tel contexte et disproportionnée et dangereuse.

Les autorités civiles se targuent d’avoir mené une opération d’évacuation sans violence et sans blessés, alors que les événements à la gare Matabiau sont en lien direct avec cette évacuation et qu’ils ont abouti à, au moins, un blessé grave.

Guilhem. ses avocates et sa famille

photo UET

MàJ 10 mai : c’est une mauvaise manoeuvre d’un policier qui a déclenché la grenade ce qui l’a blessé comme Guilhem qui est toujours en soins intensifs !

Communiqué 9 mai : Guilhem gravement blessé suite à l’évacuation du Mirail

Suite à l’évacuation de l’université du Mirail, une seconde intervention policière a eu lieu à l’encontre des étudiant.e.s expulsé.e.s, dans le quartier Matabiau.
A cette occasion, Guilhem a été interpellé.
Selon les termes de la dépêche du midi une bousculade a suivi durant laquelle « le dispositif de désencerclement du fonctionnaire a explosé accidentellement sur sa tenue ». Les autorités précisant au journal « L’individu et deux fonctionnaires de police ont été légèrement blessés, ils ont été tous les trois pris en charge par les secours » .
Nous savons que la garde à vue de Guilhem a été levée à 13 heures 20 ce jour, probablement en raison de son état de santé.
Après avoir été pris en charge par les services d’urgence de Purpan, il est actuellement sous surveillance à l’hôpital Larrey et souffrirait d’un hémopneumothorax avec plaies au thorax.
Les policiers blessés seraient, quant à eux, sortis de l’hôpital.
Nous, famille et avocates de Guilhem, demandons à ce que toute la lumière soit faite, au besoin par l’ouverture d’une mesure d’instruction judiciaire, sur :

Maitres Claire DUJARDIN et Sara KHOURY, avocates à la Cour
La famille de Guilhem

Communiqué des étudiantes et étudiants mobilisé·es du Mirail

Cette nuit, à 3h30 du matin, le campus du Mirail occupé par les étudiants et étudiantes grévistes a été évacué par les forces de l’ordre. Cette intervention fait suite à la décision du tribunal administratif de Toulouse, saisi par l’UNI, organisation étudiante de droite, non représentée sur le campus du Mirail.

Depuis plusieurs mois, personnels et étudiant·es de l’université sont mobilisé·es contre la loi ORE, contre la sélection, la dévalorisation dudiplôme de licence et la casse de l’université. Après près de 4 mois de grèves, d’assemblée générales, de manifestations et l’installation de deux occupations, la fac du Mirail reste une des plus mobilisées de France et montre sa détermination face aux réformes du gouvernement Macron.

Cependant, Macron entend bien faire passer l’ensemble de ses réformes, attaquant aussi bien les universités que le rail où les hôpitaux, pour cela il n’hésite pas à faire usage de la force pour réprimer les étudiantes et étudiants en lutte. La présence de la police sur nos facs est maintenant régulière (comme à Grenoble, Lille 2 ou Tolbiac) et s’accompagne toujours de violence. Cette nuit, l’évacuation musclée du Mirail, qui a fait plusieurs blessé·es et un interpellé, en est encore la preuve.

Cette intervention est une décision politique visant à détruire le mouvement de contestation des étudiant·es. Elle intervient dans un contexte de mouvement social, alors même que nos luttes se rencontrent et se rejoignent. Enfin, rappelons que plusieurs dizaines de demandeurs d’asiles sans logement résidaient au sein de l’université, ils sont désormais renvoyé à la rue par els forces de l’ordre alors même que le logement des personnes en demande d’asile relève des prérogatives de la préfecture.

Ainsi, nous appelons les étudiant·es et personnels mobilisé·es à nous rejoindre Place du Capitole à 12h30 pour notre Assemblée Générale, puis nous appelons l’ensemble des secteurs en grèves, des associations, syndicats, organisations politiques, à nous rejoindre à 18h devant la préfecture aujourd’hui en rassemblement contre l’évacuation du Mirail

Communiqué de SUD-Rail Midi Pyrénées

Ce matin à 3h30 la police sur injonction de l’état et de la justice ont évacué la FAC du Mirail. Une fois de plus c’est par la violence et la répression que le gouvernement entend régler les problèmes issus de ses réformes. Plusieurs centaines de CRS accompagnés de la BAC ont délogé violemment les étudiant.e.s et leurs soutiens notamment cheminots. Plusieurs blessures sont à déplorer chez les étudiant.e.s.

Sud rail Midi-Pyrénées s’insurge contre ces méthodes et leurs recours systématique, contre toutes formes de violences envers les contestations. Les cheminot.e.s réaffirment leur soutien aux étudiant.e.s du Mirail, appellent toutes et tous à répondre à l’appel du rassemblement devant la gare à 12h30 pour la tenue de leur Assemblée Générale, ainsi qu’au rassemblement de soutien à 18h devant la préfecture.

Les cheminot.e.s rappellent une fois de plus que les gares leurs seront ouvertes.

Hautes-Alpes: Collomb envoi des renforts, un mort !

Publié le 2018-05-15 08:38:02

Ou Génération Identitaire l’avait rêvé, les policiers l’ont fait.

Ca y’ est, c’est sur toutes les lèvres… ce qui devait arriver, arriva.
Ou devrait-on plutôt dire que c’est ce qu’ils ont décidé qui vient d’ arriver: la mort. Une jeune fille nigérianne a perdu la vie suite à une course poursuite avec la police lundi dernier 7mai, vers les 5h du matin, au niveau de la Vachette (pied du col de Montgenèvre). Son corps a été retrouvé immergé dans la Durance au barrage de Prelles, 10 km en aval, 3 jours plus tard.

La militarisation de la Haute Vallée ne peut conduire qu’à des drames comme celui-ci. En plus
d’empêcher illégalement des exilés de demander l’asile en France, elle leur ôte la vie, les traquant comme des animaux.

NON la Haute Durance ne deviendra pas un tombeau à ciel ouvert.
Pendant tout l’hiver, des dizaines de maraudeurs, de militants ont empêché la mort de frapper dans nos montagnes. Nous ne laisserons ni la police, ni les identitaires transformer la vallée en cimetière.

Nous appelons à deux RENDEZ-VOUS ce MERCREDI 16 MAI

* 11h30 devant le poste de police de Montgenèvre pour une assemblée, discussion, repas.
* 20h30 à la Vachette (au croisement avec la route nationale), lieu du départ de la course poursuite meurtrière pour une veillée funèbre (ramenez des bougies et des fleurs, rassemblement en noir).

Nous ne cessons de dénoncer depuis plus d’un an que la présence des forces de l’ordre le long de la frontière représente un grave danger pour les exiléEs.

Nous demandons donc sans délais :
– Le retrait immédiat des forces de police à la frontière.
– La liberté de circulation pour toutes et tous.

La frontière tue. La militarisation est son arme

Publié le 2018-05-15 08:38:03

Une femme est morte. Un cadavre sans nom a été retrouvé mercredi près du barrage de Prelles, dans la Durance, la rivière qui traverse Briançon.

Une femme noire, sans papiers, dont personne n’a déclaré la disparition.
Un corps sans vie et sans nom, comme les milliers qui sont retrouvés dans le fond de la Méditerranée.

Cette mort n’est pas une disgrâce inattendue, ce n’est pas un hasard. La montagne, la neige et le froid n’ont rien à voir là-dedans.

Cette mort a été annoncée par l’hiver qui vient de passer, par la militarisation qui, ces derniers mois sévit dans ces montagnes et par les dizaines des personnes hospitalisées après les blessures causées par leur fuite vers la France. C’est une conséquence inévitable de la politique de fermeture de la frontière et de la militarisation.

Ce décès n’est pas une fatalité. C’est un homicide, avec des mandataires et des complices bien faciles à identifier.
En premier lieu les gouvernements, leur politique de fermeture de la frontière, et chaque personne qui la soutient.

Gendarmes, police de l’air et des frontières, chasseurs alpins, et maintenant ces ridicules néofascistes de Génération Identitaire, qui patrouillent sur les chemins et les routes pour partir à la chasse aux migrants qui cherchent un passage par ces cols. Ils traquent sur les sentiers et dans la neige avec des motoneiges ; les attendent dans la voiture, à l’affut, sur les routes qui amènent à Briançon et celles du centre-ville. Beaucoup des cas cet hiver de personnes blessées et conduites à l’hôpital font suite à des chutes dues aux fuites consécutives aux contrôles de police.

Cette femme-là n’est qu’une des dizaines d’exilés qui, chaque jour, cherchent à aller en France pour continuer leur vie. Pour ce faire, elle a dû traverser à pied dans la neige, cette ligne imaginaire qu’ils appellent frontière. En effet, la possibilité de voyager par des moyens de transports sûrs lui a été refusée parce qu’elle ne disposait pas de papiers en règle et par la politique raciste de contrôle qui actent à la frontière. Après elle doit être descendue sur la route, parcourir les 17 kilomètres qui la séparaient de la ville. C’est pendant ce long trajet qu’elle doit être tombée sur un blocage de la police, comme les personnes refoulées le racontent souvent. Le groupe avec lequel elle était, qui comme elle essayait de traverser la frontière s’est probablement dispersé à la vue de la Police ou de la Gendarmerie qui traquent les indésirables pour les attraper et les ramener en Italie :
l’habituel jeu de l’oie cette fois a tué.

Cette femme sans nom doit avoir glissé alors qu’elle essayait de s’échapper et de se cacher, tuée par les contrôles policiers. L’autopsie qui aura lieu à Grenoble dans la journée de lundi nous permettra d’avoir des détails précis sur la cause de sa mort.

La frontière sépare et tue.
N’oublions pas qui sont les responsables.

12 mai, Refuge autogéré Chez Jesus

Le Creusot, France : Banque et assurances perdent leurs vitres

Publié le 2018-05-15 08:38:04

Dans la petite ville tranquille du Creusot (du moins en apparence), quelques attaques nocturnes contre ceux qui spéculent sur nos vies bien ciblées ont eu lieu ces derniers temps: dans la nuit du 12 au 13 mai, l’agence du Crédit Agricole du Boulevard Henri-Paul Schneider, située à deux pas de L’arc et du cœur de ville, a été bombardée de pavés. De gros impacts sont visibles sur la porte d’entrée et quelques vitres. Sur le même boulevard, les vitres de deux agences de compagnies d’assurance ont également été explosées. Si la façade de l’agence de la MAAF a été bien étoilée, celle d’AXA a carrément été trouée. Bien joué !

[Reformulé de la presse locale]

[Gap] 18 mai : Rassemblement contre l’industrialisation, l’administration et la normalisation de l’agriculture

Publié le 2018-05-15 14:33:04

Il y aura un an que Jérôme Laronze a été tué par les gendarmes car il résistait à la normalisation et à l’industrialisation de l’agriculture : son combat est le nôtre !



Jérôme Laronze, éleveur de vaches charolaises en Saône-et-Loire, a été abattu le 20 mai 2017 par les gendarmes.

En l’espace de 5 ans, Jérôme avait subi 12 contrôles de diverses instances administratives agricoles, des pénalités, des menaces de saisie du troupeau… Cette répression visait à le « mettre aux normes », lui qui refusait de répondre aux injonctions de traçabilité (bouclage des animaux, bordereau de circulation, prophylaxie, etc...). La pression croissante a franchi un seuil en 2016, car les services vétérinaires font désormais appel aux gendarmes à chaque visite pour effectuer leurs contrôles coûte que coûte.

Le 11 mai 2017, deux contrôleurs et quatre militaires en armes se sont présentés à la ferme pour un contrôle. Pris au dépourvu, Jérôme Laronze a pris la fuite, fuite qui se pose comme un ultime recours dans une lutte de plusieurs années pour dénoncer les agissements de l’administration.

Jerome Laronze avait écrit : « L’hyper administration n’apporte rien aux agriculteurs, sinon de l’humiliation et des brimades. Cela ne rapporte qu’aux marchands et aux intermédiaires. Mon cas est anecdotique, mais il illustre l’ultra-réglementation qui conduit à une destruction des paysans. »

Les pressions administratives agricole qui consistent à certifier, normer, contrôler et labelliser a outrance les productions agricoles constituent une violence totale et permanente pour les agriculteurs.trices .

En mémoire de Jerome Laronze et pour soutenir toute.s les paysans.nes qui résistent contre l’État et ses directives normalisatrices – notamment en ce moment les camarades de Notre-Dame-des-Landes, nous appelons à un rassemblement le 18 mai 2018 à Gap. Le RDV est donné à 8h devant la gare SNCF.

Des collectifs d’agriculteurs.trices des Alpes du Sud contre les normes administratives et industrielles.

Grosse mobilisation en gare, partiels annulés ce lundi 14

Publié le 2018-05-15 14:33:06

Dès 3 heures du matin, la gare Saint-Charles était bloquée par les militant-e-s des syndicats. Un peu plus tard dans la matinée, la fac de Droit de la Canebière était bloquée par les étudiant-e-s, causant l’annulation des partiels pour 700 personnes pour la journée.



Malgré la pluie et l’heure matinale, de nombreuses personnes étaient au rendez-vous gare Saint-Charles pour une grosse journée de grève. Les entrées en étaient barricadées et ont tenu une bonne partie de la matinée sans qu’aucun train ne puisse partir. Les usager.ère.s de la gare pouvaient rentrer, les travailleur.euse.s non-grévistes aussi, pas bien nombreux.ses toutefois, puisque le délégué de Sud Rail annonçait 96% de grévistes parmi les cheminot.e.s. Pendant ce temps, d’autres militant.e.s, des étudiant.e.s, des postier.ère.es et des portuaires notamment, sont présent.e.s sur les voies de train.

Quelques photos sont disponibles sur le site de Sud Solidaires. Par ailleurs, un peu partout en France, la grève est elle aussi largement suivie [1], et la SNCF dénonce "une cinquantaine d’exactions, incidents et actes de malveillance" sur les lignes ou les installations, perturbant encore plus un trafic déjà chaotique. A Marseille, c’est une caténaire qui s’est rompue avec le premier TER de la journée, provoquant une grande panne d’électricité, tandis que des câbles d’alimentation sont sectionnés entre Paris et Rouen.

A quelques centaines de mètres de là, devant la faculté de Droit de la Canebière, plusieurs dizaines de personnes bloquaient l’accès à l’établissement depuis un peu avant 8h pour empêcher la tenue des partiels universitaires de sciences sociales délocalisés là par l’administration.

Si les forces de l’ordre étaient restées tranquilles à la gare, elles interviennent cette fois de façon relativement musclée pour débloquer les lieux. Pour tenir le plus longtemps possible, les étudiant.e.s forment une chaîne humaine, de façon à ne pouvoir être exfiltré-e-s qu’un-e à la fois.

NB : On entend dans cette vidéo de l’événement de jeunes antibloqueurs encourager l’action de la police, ce qui est toujours assez pénible à entendre. Mais le son n’apporte ici pas grand chose à l’image.

Assez vite, quelques coups de matraques volent, quelques coups de pieds de la part de la police également, comme on le voit dans la vidéo ci-dessus, et les sprays lacrymogènes au poivre sont aussi de la partie. Petit à petit, les CRS reprennent le terrain et bloquent à leur tour l’accès au bâtiment, empêchant toute intrusion. Au petit matin, c’est à Rennes que les occupant-e-s de la fac avaient été délogé-e-s après plusieurs semaines d’occupation.

Apprenant la nouvelle, un cortège de 150 personnes redescend de la gare occupée pour venir prêter main-forte aux étudiant-e-s délogé-e-s et affirmer leur solidarité. Par ailleurs, l’assemblée du personnel universitaire condamne l’intervention policière et annonce la grève pour les trois jours suivants. Et peu après 9h30, c’est officiel, les partiels sont annulés pour la matinée. Ils le seront finalement pour toute la journée, tout comme à Lyon.

Face à ce résultat, tou.te.s les participant.e.s remontent en cortège en direction de la fac Saint-Charles pour s’y réunir en assemblée générale et décider de la suite à donner.

Aujourd’hui, ce mardi 15 mai, l’administration universitaire a de nouveau délocalisé les partiels, cette fois à Saint-Jérôme. Malgré une nouvelle mobilisation de quelques dizaines de personnes ce matin pour tenter de reproduire l’expérience de la veille, la police était déjà présente et les examens ont bien lieu.



Notes :

[1Selon la SNCF, près de 74.4% des conducteur.euse.s, 74.3% des contrôleur.euse.s, 27.58% du personnel total. Même les cadres se sont mis en grève à 10%. C’est au total deux fois plus que la semaine dernière.

Lille : Stop au spécisme

Publié le 2018-05-15 21:40:04

France 3 / mardi 15 mai 2018

« Stop au spécisme« . La revendication, au moins, est claire. La boucherie L’Esquermoise, située dans la rue du même nom dans le Vieux-Lille, a été vandalisée dans la nuit de lundi à mardi.
« Comme la dernière fois, une attaque de ceux qui se revendiquent comme protecteurs de la cause animale » dénonce Laurent Rigaud, le président des Bouchers du Nord qui se trouvait sur place ce matin. De premières dégradations s’étaient déjà produites en 2017, lorsque des militants avaient taggué la façade et déversé du faux sang.
« On avait été les premiers d’une longue série de magasins de boucherie attaqués dans la région«  se souvient la responsable de la boucherie Valérie Carrel.
Cette fois-ci, « ils ont pulvérisé les vitrines » avec une masse, constate le boucher.

Les faits se sont produits vers deux heures du matin. Les caméras de surveillance ont pu filmer trois personnes devant la boucherie, vraisemblablement deux femmes et un homme. Laurent Rigaud ne doute pas de pouvoir les identifier rapidement. « Ils sont connus, on les cible très bien sur les réseaux sociaux. » [sa sale gueule ci-contre, ciblée… du site de sa boite ; NdAtt.].
« la vitrine a été totalement cassée, on en a vite déduit que c’était un groupe vegan vu les éléments inscrits sur la façade et du mode opératoire » a également confirmé Valérie Carrel.
Le patron des bouchers nordistes, qui espère une réponse de l’État, rencontrera le préfet demain matin. La boucherie, elle, a rouvert dès ce matin avec ses six employés encore sous le choc. Une plainte doit également être déposée aujourd’hui.
Dans un communiqué, la maire de Lille Martine Aubry « condamne fermement ces actes de vandalisme inacceptables« , assurant que « la Ville a décidé de se constituer partie civile au côté des propriétaires de la boucherie. »

Des mauvais moments pour les bleus (mi-mai 2018)

Publié le 2018-05-15 21:41:03

Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) : Le commissariat pris pour cible

Le Parisien / samedi 12 mai 2018

Trente personnes ont tiré des projectiles – mortiers, coktail Molotov, feux d’artifices – sur le bâtiment. Des échauffourées identiques avaient déjà eu lieu le week-end dernier après l’interpellation de trois hommes.
Trois personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi à samedi à Champigny après de nouvelles échauffourées devant le commissariat. Elles ont été placées en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale à Créteil.
Il était minuit et demi place Rodin lorsqu’une détonation a retenti près du commissariat. Trente personnes vêtues de couleurs sombres sont arrivées face au bâtiment avec un caddie contenant des projectiles tirés dans les minutes qui ont suivies sur le commissariat : des mortiers, des cocktails molotov, des feux d’artifices.
Dans un second temps, une quinzaine d’autres personnes sont arrivées munies de barres de fer et d’autres projectiles.

Les policiers ont répliqué à l’aide de grenades lacrymogènes et de désencerclement. Des renforts policiers ont cependant dû être appelés.
Le groupe a finalement pris la fuite en direction de la tour Rodin en détruisant un arrêt de bus et en incendiant deux voitures. Les pompiers sont intervenus pour éteindre ces incendies ainsi que des feux de poubelles. Dans ces circonstances, leur intervention a dû être sécurisée par la police. Le calme est revenu aux alentours de 1 h 30 du matin.
Ces nouvelles interpellations surviennent dans un contexte tendu dans le quartier du Bois-l’Abbé. Samedi dernier, trois hommes ont été interpellés après des tirs de mortier. Ils doivent être jugés le 8 juin au tribunal de Créteil. Le dimanche soir, une manifestation de « soutien » aux personnes placées en garde à vue avait dégénéré, sans interpellation cette fois. […]

extrait de BFMTV / samedi 12 mai 2018

[…] Les violences ont débuté au niveau de la villa Poitou, où les individus ont lancé des mortiers sur le commissariat. Trois policiers se trouvent à l’intérieur du bâtiment au moment des faits. Un véhicule de police de l’unité cynophile 94 arrive alors en renfort, et tire en direction des différents groupes. Sept tirs de lanceur de balles de défense et deux grenades de type MP7 sont lancées par les forces de l’ordre.

Au même moment, une équipe de la BAC (Brigade anti-criminalité) est prise à partie place Rodin. Les policiers essuient plusieurs jets de mortiers, cocktails Molotov, cailloux et bouteilles de verres. L’abribus situé sur la place est explosé, et deux voitures garées devant les locaux d’un bailleur social prennent feu, tandis que deux autres véhicules sont dégradés un peu plus loin.

Les effectifs de police arrivés en renfort font alors usage à dix reprises du lanceur de balles de défense et de quatre grenades de désencerclement. Plusieurs individus cagoulés sont touchés au torse, et les petits groupes prennent la fuite au niveau du square Carpeau.

Le groupe de 50 individus cagoulés met finalement le feu à deux grandes poubelles, avant de lancer ces dernières sur l’un des véhicules de police, alors que les forces de l’ordre annoncent sur les ondes être à court de munitions et en conséquent, ne plus pouvoir riposter en cas de nouvelle attaque.

La BAC 94 Nuit arrive sur les lieux et prend à revers les assaillants, qui finissent par prendre définitivement la fuite. Aucun blessé n’est à déplorer du côté des policiers, qui ont retrouvé des mortiers, bombes avec acide et cocktails Molotov après le départ du groupe d’individus. La Sûreté Territoriale du 94 a été saisie, et trois interpellations ont eu lieu depuis ce samedi matin.

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Fosses (Val-d’Oise) : La caserne de la gendarmerie aux cocktails Molotov

Le Parisien / samedi 12 mai 2018

Deux hommes ont été interpellés et déférés samedi soir pour agression physique et menace avec arme, après avoir lancé des cocktails Molotov sur la gendarmerie de Fosses la nuit précédente.
Quatre engins incendiaires ont été lancés vers 1 heure du matin sur la caserne. L’un d’eux a atterri dans la cour et s’est embrasé. Il a provoqué des dégâts sur le mur d’un bâtiment où sont logées les familles de gendarmes.
Un autre cocktail Molotov a heurté la vitre d’un appartement de la caserne. Les gendarmes ont aussi retrouvé deux autres cocktails Molotov mais qui n’ont pas causé de dégâts. Personne n’a été blessé.

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Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) : Dès qu’il s’agit de rosser les cognes tout le monde se réconcilie

Sud-Ouest / samedi 5 mai 2018

Deux policiers se sont retrouvés à l’hôpital samedi, après être intervenus pour une rixe sur la voie publique. Il était 19h30, lorsqu’une patrouille de deux fonctionnaires de police s’est avancée, dans un véhicule sérigraphié, rue Chabrié, où une dizaine d’individus avinés s’invectivaient copieusement. À la vue du véhicule de police, un des protagonistes de l’échauffourée a bondi dans sa voiture et s’est appliqué à percuter, à deux reprises, les fonctionnaires qui se trouvaient dans l’habitacle. Des renforts venus en hâte depuis Agen ont permis l’interpellation du chauffard. Non sans mal, puisqu’un acolyte de celui-ci, a violemment tenté d’empêcher sa mise hors d’état de nuire. Un des policiers agenais a reçu plusieurs coups au visage et a rejoint dans la foulée, aux urgences, sa collègue villeneuvoise, percutée dans son véhicule un peu plus tôt.
Les deux auteurs, respectivement âgés de 42 et 38 ans, et en état d’ébriété, ont été placés en garde à vue.

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Massy (Essonne) : Il y a un an un gars est mort assassiné par les flics. Vengeance, pas commémoration.

Le Parisien / dimanche 6 mai 2018

Au moins cinq voitures ont été la cible d’incendies volontaires ce samedi soir dans le quartier Opéra de Massy. Des faits qui interviennent un an jour pour jour après le décès à Antony (Hauts-de-Seine), de Curtis, 17 ans. Ce jeune habitant du quartier s’était tué au guidon de son quad en voulant échapper à un contrôle de police alors qu’il circulait sans casque.
Ce samedi, un rassemblement pacifique de la famille et des proches de la jeune victime s’est tenu dans une salle de la Maison de la formation et de l’emploi de la commune. […]

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Toulouse : Solidarité contre les interpellations

20minutes / mercredi 2 mai 2018

C’est devenu un classique dans le quartier du Mirail, à Toulouse. Quand la police intervient pour interpeller un dealer, des renforts montent au créneau pour des caillassages, arrosant les forces de l’ordre de divers projectiles.
Selon le syndicat Unité SGP Police, le phénomène s’est produit à deux reprises à la Reynerie le mardi 1er mai, lors de l’interpellation de deux dealers présumés.
La première fois, en fin d’après-midi, les fonctionnaires ont été pris pour cible « par deux groupes d’une dizaine d’individus ». Ils ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour se dégager et n’ont pu aller au bout de l’interpellation. Rebelote, vers 22h30, cheminement Auriacombe. Cette fois, une quarantaine d’habitants ont participé au caillassage. Un policier a été légèrement blessé mais l’interpellation est allée à son terme.

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Saint-Brieuc : « Il a été bien touché »

Ouest-France / samedi 12 mai 2018

Le scootériste de 26 ans qui a foncé et blessé un policier vendredi soir à Saint-Brieuc va être déféré devant le parquet de Saint-Brieuc ce samedi après-midi. Connu des services de police, l’homme devrait être écroué et jugé lundi en comparution immédiate.
Voyant un scootériste rouler sans casque dans la rue Fressynet à Saint-Brieuc, les forces de l’ordre décident de l’interpeller. Refusant d’obtempérer aux injonctions, le jeune homme fonce en direction des policiers. Il percute un des hommes de la Bac (brigade anticriminalité).
Sous le choc, ce dernier tombe sur la route. Blessé grièvement, il a été hospitalisé à Yves-Le-Foll et opéré ce samedi. « Il a été bien touché. Même des types à scooter n’hésitent plus à foncer sur les policiers… constate Loïc Urvoy, du syndicat Alliance. Ce genre de faits se généralise. C’est inquiétant. Le métier de policier n’est pas anodin. Il requiert une vigilance accrue ».

Chemins de fer : le sabotage rend la grève plus efficace – épisode 2

Publié le 2018-05-15 21:41:04

Mantes-la-Jolie (Yvelines) : Quand aux locomotives manquent les freins…

Le Parisien / mardi 15 mai 2018

Elles sont restées à quai. Cinq locomotives garées au dépôt SNCF de la gare de Mantes-la-Jolie ont subi des actes de vandalisme dans la nuit de lundi à mardi. Des employés de la SNCF ont remarqué que les câbles électriques qui alimentent le système de freinage des motrices avaient été sectionnés, les rendant inutilisables. « Il n’y a pas eu d’effraction, les auteurs disposaient manifestement des clés qui permettent d’accéder aux machines », confie une source proche de l’enquête qui a été confiée au commissariat de Mantes-la-Jolie après la plainte de la SNCF.

Cet acte de vandalisme a entraîné la suppression de quatre trains entre 7 heures et 10 heures, sur la ligne J, qui relie Mantes-la-Jolie à Paris Saint-Lazare. La SNCF condamne « avec fermeté ces actions qui nuisent aux voyageurs et à l’outil de travail des cheminots. »

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Le Mans (Sarthe) : Et quand ils leur manquent les clefs…

France Bleu / mardi 15 avril 2018

Ce sont en fait six jeux de clés qui ont disparu pendant la nuit. Ces clefs permettent la mise en service des trains : ouverture et démarrage des locomotives. Les six rames TER sont donc restées à quai en gare du Mans à partir de 5h47 mais au total ce sont quatorze trains qui ont été supprimés dans la région par ricochet dont sept en Sarthe car certains TER faisaient l’aller retour entre la capitale sarthoise et Alençon, Sablé ou Laval. Selon la SNCF, 1500 clients ont été touchés. Ce que déplore Stéphanie Dommange, la directrice régionale de l’entreprise ferroviaire, surtout en cette période de grève qui impacte déjà fortement le trafic.

La SNCF a ouvert une enquête interne et va porter plainte contre X. Ces clefs sont stockées dans un local au dépôt du Mans. Pour Stéphanie Dommange «  c’est forcement l’acte de quelqu’un qui connait le chemin de fer et le système ferroviaire. Sur l’ensemble du territoire national, nous avons eu un peu plus d’une cinquantaine d’actes de malveillance et nous condamnons avec fermeté ces actions qui nuisent aux voyageurs et à l’outil de travail des cheminots »

Et la CGT se dissocie à demi-mots :

Julien Palleja est l’un des responsables CGT des cheminots du Mans. « On n’appelle pas à ce genre d’initiative même si on peut comprendre que les cheminots soient dans un sentiment d’échauffement puisque depuis le début du conflit ce sont mensonges sur mensonges de la part de la direction notamment sur les taux de grévistes, sur les plans de transports annoncés… Alors non, la CGT n’appelle pas à ce genre de mobilisation mais je ne condamne pas non plus. On ne sait pas si c’est un cheminot qui est responsable de cet acte là. On ne sait pas si c’est un cheminot qui souhaite faire une tâche sur le mouvement de grève qui se passe très bien depuis le début, le 3 avril, dans notre région. Et donc on n’a pas besoin de ce genre d’action pour montrer que les cheminots se mobilisent. je pense que la démonstration est faite ».

 

 

Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) : Serait-il le premier acte d’une opposition aux JO de Paris ?

Publié le 2018-05-15 21:45:02

Le Parisien / lundi 14 mai 2018

Ces dégradations ne devraient pas retarder le chantier qui doit permettre à l’île de loisirs de Vaires-Torcy de recevoir les épreuves de canoë, de kayak et d’aviron des Jeux olympiques 2024. Des casseurs ont dégradé plusieurs engins de chantier durant le week-end prolongé sur le futur site olympique.

Des individus non identifiés ont cassé les vitres de plusieurs de ces engins et se sont introduits dans les habitacles et y ont vidé des extincteurs. En manœuvrant ces engins, une grue a été endommagée. Du matériel de chantier a également été dérobé.
Des faits survenus entre vendredi et dimanche. Les policiers du commissariat de Chelles recherchent toujours activement les auteurs des faits. « Les entreprises sont assurées pour les dégradations et sont tenues de respecter le planning travaux », insiste le conseil régional d’Ile-de-France, commanditaire des travaux.

Assemblée Générale anti-autoritaire, illégitime et sauvage

Publié le 2018-05-16 08:47:04

Appel à une AG anti-autoritaire le samedi 19 mai au parc de Belleville.



Publication : Avis de tempêtes # 5 – Mai 2018

Publié le 2018-05-16 11:31:04

« Prendre la rue en ordre dispersé, sous forme de groupes variés et mobiles où l’identité n’est plus de mise, plutôt qu’en blocs compacts intégrés au dispositif syndical et policier, voilà peut-être une piste que même le Premier mai historique peut encore nous transmettre. Une piste que les boutiques syndicales connaissent sur le bout des drapeaux, parce que la représentation et le défilé ordonné en cortèges ne se sont pas fait tous seuls et ont été justement été pensés comme une forme de maintien de l’ordre : c’est après l’émeute parisienne du 1er mai 1906 et surtout juste après celle spontanée du 13 octobre 1909 consécutive à l’assassinat de l’anarchiste espagnol Francisco Ferrer, que la Fédération socialiste de la Seine eut la bonne idée d’en organiser une seconde le 17 octobre, en négociant pour la première fois un parcours autorisé et encadré conjointement par les autorités et un service d’ordre « capable d’organiser et de discipliner une manifestation », selon L’Humanité de l’époque. Les autoritaires et les gestionnaires de la paix sociale que sont les partis politiques et les syndicats n’avaient en effet pas trouvé mieux que d’introduire ce nouveau mode pacificateur de la manifestation co-organisée avec l’État d’une place à une autre, pour tenter de mettre fin aux formes émeutières sauvages, qui étaient jusqu’alors le mode principal d’exprimer colère et revendication en prenant la rue sans parcours défini ni objectif centralisé. « 

avisdetempetes.noblogs.org/

Poitiers : Tractopelle incendiée – pas vus, pas pris !

Publié le 2018-05-16 22:14:03

Centre Presse / mercredi 16 mai 2018

Les six personnes interpellées lundi, vers 4h, à proximité de l’incendie d’une tractopelle de la société Colas, rue des Vieilles-Boucheries, ont été remises en liberté mardi en fin d’après-midi. Ces cinq majeurs, âgés d’une vingtaine d’années, et une mineure, ont contesté, pendant toute la durée de leur garde-à-vue dans les locaux du commissariat de Poitiers, leurs participations à un acte volontaire de destruction. « Aucun élément matériel n’a permis de les confondre, a précisé Michel Garrandaux, procureur de la République de Poitiers. L’enquête se poursuit avec des investigations techniques plus poussées. » Les enquêteurs ne disposaient que d’une seule caméra en direction du sinistre mais placée trop loin.

[Español]

Chemins de fer : le sabotage rend la grève plus efficace – épisode 3

Publié le 2018-05-16 22:14:03

Des câbles brûlés entre entre Conflans et Cergy

Le Parisien / mercredi 16 mai 2018

Des câbles de signalisation endommagés par le feu ont contraint la SNCF à interrompre la circulation entre Conflans-Fin-d’Oise et Cergy-le-Haut sur le RER A et la ligne L.

Les usagers du RER A et de la ligne L Nord vont devoir prendre leur mal en patience jusqu’à (au moins) jeudi matin. Le trafic entre les stations Conflans-Fin-d’Oise (Yvelines) et Cergy-le-Haut (Val-d’Oise) s’est arrêté mercredi en fin d’après-midi.
La SNCF invoque un « acte de malveillance » au niveau de l’arrêt Cergy-Préfecture. Ont été découverts « des câbles de signalisation ferroviaires détruits par le feu à l’aide d’une torche à flamme rouge ». La compagnie annonce également mercredi avoir dépose une plainte pour X. […]

[1er mai] fiché-es donc… libéré-es ?

Publié le 2018-05-16 23:39:05

Suite à la manif destructrice du 1er mai, les flics ont visiblement reçu l’ordre de faire beaucoup d’arrestations. Les malchanceux-ses ont pour une partie d’entre elleux eut la désagréable expérience de 48 heures de GAV, 20h au dépôt, et selon des critères inconnus soit un sermon devant le juge, une convocation pour un procès ultérieur, une mise en examen ou une comparution immédiate au nouveau TGI de Paris. La justice a relaxé les dossiers les plus vides, condamné à une amende pour un fumigène dans un sac, et distribué les contrôles judiciaires à celleux qui refusaient la comparution immédiate et à celleux mis-es en examen.

Les juges ont aussi envoyé quatre d’entre elleux en détention disant douter de leurs identités. Cette mesure vexatoire vise à décourager chacun-e d’essayer de chercher -et de trouver- des moyens de mettre son grain de sable dans l’engrenage de l’appareil répressif. Elle incarne l’esprit revanchard des flics et du parquet, qui n’ayant aucun délit constaté avant l’interpellation nous sort la bonne vieille loi anti-casseur version 2018, puis exige l’identité, les empreintes et l’ADN des manifestant-es arrêté-es. Si transporter un marteau, une cagoule, un masque à gaz, du sérum et des lunettes de protection ne suffit pas pour envoyer quelques jours au frais, le toupet supposé d’avoir voulu tromper les flics et refusé le fichage suffit à la justice pour les envoyer au trou.

On pourrait se dire au vu de ce bilan qu’il aurait été plus judicieux de se laisser ficher tranquillement juste parce qu’on s’est fait chopper au mauvais endroit, au mauvais moment.

Ou alors, et bien que chaque situation doit être appréciée en fonction de ce que chacun-e se sent de faire…

On peut tenter d’être nombreu-ses à s’inventer des noms fantaisistes.
Ou donner tout-te-s le même nom. Ou juste écorcher le sien…
Comme ça, compliqué pour eux de faire leur travail ! Des heures de recherches pour chaque vérif’ d’identité, chaque gardé-e à vue.
Puis si on est nombreux-ses en cellule, on peut échanger de noms, de fringues, etc.
Bref, leur compliquer la tache, foutre un peu le zbeul.

Comme ça, difficile pour les flics de différencier les professionnel-le3s du désordre des amateurices passionné-es.
Comme ça, difficile pour la justice de jouer sur des garanties de représentation classe sociale.
Comme ça, sans noms et sans profils, pas de journaleux, universitaires et politiciens pour enfermer nos révoltes dans leur cases.
Comme ça, on exprime de la solidarité envers celleux, sans papiers, délinquant-es, récidivistes, en cavale, interdit-es de territoire, copain-es qui veulent ou doivent passer entre les mailles de la justice.
Comme ça, et comme des milliers d’autres justiciables, militant-es ou non, on fait perdurer des pratiques que la société du tout contrôle veut éliminer.

Bien que ces exemples aient déjà fonctionné, tout n’est pas reproductible tout le temps partout, à chacun-e de trouver des billes pour enrayer la répression et tenter de déjouer les pièges tendus par ceux qui protègent ce monde.

Un grand coucou aux copain-es incarcéré-es.
La répression ne nous enlèvera jamais nos désirs de liberté,
Détruisons toutes les prisons !

 

 

Nantes: répression du mouvement étudiant

Publié le 2018-05-16 23:39:07

Le début des partiels a marqué le franchissement d’un cap dans la répression. En plus d’appeler les flics pour matraquer à tout va des étudiant-e-s devant les lieux des partiels, la présidence de l’université ne se prive pas d’interpeller des personnes par leur nom, de les insulter, de prendre en photo celles et ceux qui décident de boycotter les partiels et d’opérer un fichage administratif leur permettant de menacer des étudiant-e-s de commission disciplinaire ou de les empêcher de s’inscrire l’année prochaine. Certain-e-s vont même encore plus loin en livrant des informations aux flics, noms et visages, qui procèdent ensuite à des interpellations. Mardi devant la Trocardière, deux personnes ont été embarquées et ont passé jusqu’à 30 heures en détention. L’une d’elle est poursuivie pour outrage sur un membre de la présidence et a été placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de pénétrer dans l’enceinte de l’université, jusqu’à son procès au mois de juin, une mesure complètement disproportionnée et inédite pour ce type d’infraction. L’autre a été arrêté alors qu’il s’en allait en voiture, klaxonnant au passage les étudiant-e-s pour manifester son soutien, un policier s’est alors jeté sur sa voiture pour l’interpeller, il est également convoqué au tribunal.

Contre toutes les répressions, qu’elles soient policières, judiciaires ou administratives, nous appelons à rester solidaires et à nous mobiliser jusqu’à ce que toute poursuite soit abandonnée à l’encontre des étudiant-e-s mobilisé-e-s et leurs soutiens. Nous appelons également à une manifestation jeudi 17 mai, dans la foulée du rassemblement à 14h devant le commissariat de Waldeck pour soutenir le lycéen convoqué suite à la pendaison de Macron.

Retrouver un sens politique à la lutte actuelle à la ZAD de Notre Dame Des Landes( mise à jour)

Publié le 2018-05-17 00:01:03

note: on a trouvé ce  dépliant qui pourrait être distribué devant le Lycée Agricole du Valentin Avenue de Lyon 6500 BOURG LES VALENCE


(reçu par mail]

Salut,

Ci joint un texte( 1) écris par des agriculteurs et des agricultrices du
collectifs contre les normes. Le texte n’est pas signé du collectif
lui-même, faute d’aller-retour entre groupes locaux. Il revient sur la
situation actuelle à la ZAD et cette situation ubuesque qui voient deux
luttes croiser leurs perspectives. D’un côté, des agriculteurs et des
agricultrices et des personnes cherchant à trouver des moyens de
combattre la mise aux normes de leurs existences, et d’autres part des
gens impliqués à la ZAD dans un processus concerté et imposé de
normalisation. S’exerce là une critique de ce que l’idéologie de la
composition finit par fabriquer concrètement. Inutile de préciser que
les divisions qui se sont creusées là bas et dans bien des lieux
s’annoncent malheureusement durables et brutales.

Enfin et pour terminer sur une note un peu plus critique, plus que de
retrouver un sens politique la lutte de la ZAD mériterait au contraire
de s’en défaire. Tant les tenants des révolutions politiques en oublie
le sens social et humain de la lutte. N’oublions pas également que cet
appétit pour la composition en milieu radical est né entre autres dans
des luttes dites de territoires que nous avons avec d’autres ré-initiés,
et que nous n’avons alors pas assez nous mêmes interrogés la présence de
ces idéologues du citoyennismes… Même si nous étions une minorité à
les combattre en geste et en parole.

Anarchistement,
un rétif.

(1)texte Retrouver un sens politique à la lutte actuelle à la ZAD de Notre Dame Des Landes en PDF

le texte fait référence à ce texte

 

Val-d’Oise : Le monde virtuel, pas si virtuel que ça…

Publié le 2018-05-17 22:47:03

Le Parisien / jeudi 17 mai 2018

Plus d’internet, ni télévision, ni téléphone fixe. C’est la mésaventure dans laquelle se retrouvent depuis ce mercredi de très nombreux habitants de Louvres et de Puiseux-en-France, et dans une moindre mesure de Fosses et Marly-la-Ville. Cela fait suite à un acte de vandalisme sur deux câbles réseaux Orange de grandes capacités, entre Marly-la-Ville et Louvres, touchant ainsi des clients de tous les opérateurs. « Cet acte a impacté le réseau cuivre [NDLR : réseau ADSL], entraînant une interruption de service. Cet incident nécessite le remplacement d’une partie des deux câbles de cuivre endommagés. Une équipe d’experts du réseau dédies à la reconstruction a déjà procédé a une partie du remplacement », affirme la communication d’Orange.

Les techniciens Orange ont constaté les faits à 15 heures, mercredi. Les gendarmes se sont aussi déplacés sur les lieux des dégradations commises sur la D 184, à Marly-la-Ville, où les câbles ont été coupés. Il est probable que les auteurs avaient l’intention de couper les câbles une seconde fois, plus loin, avant de tirer leur butin et emporter le cuivre. Ce qu’ils n’ont pas pu faire pour une raison inconnue.

Ce jeudi, les services de la mairie de Louvres étaient touchés mais aussi le service de police intercommunale, alors uniquement joignable par téléphone portable (06.25.59.31.09). Des magasins et boutiques étaient également privés de connexion Internet… et donc de paiement par carte bancaire.

A quand un retour à la normale ? « Certains clients pourront d’ores et déjà réutiliser leur service de téléphonie, de télévision et Internet à partir de samedi. Pour le second câble, les travaux s’avèrent plus complexes et nécessitent un délai plus long. Le rétablissement complet des services est prévu à ce jour au 25 mai », précise l’opérateur. Ce dernier assure qu’« Orange met tout en œuvre et nos équipes travailleront sans relance pour rétablir l’ensemble des clients en fin de semaine prochaine et regrette la gêne occasionnée ».

 

Journalistes? ça sert à quoi ça???

Publié le 2018-05-18 09:16:05

Journalistes, à quelques exceptions près, vous n’êtes que des facilitateur.trice.s d’acceptation de la violence des États . Vous êtes donc dans les premier.e.s responsables des conséquences mortelles qui se profilent pour l’humanité et pour une bonne partie des formes de vie qui nous environnent !

Vous passez votre vie à vous terrer derrière votre hiérarchie bien pratique pour ne pas chercher trop loin les infos qui dérangeraient cet ordre bien établi (ordre de marche vers la mort). Votre carrière rêvée est une belle route sans chicanes ni tranchées. Quand vous ne faites pas dans la comm d’entreprise, vous bossez pour la pluspart d’entre vous dans des canard boiteux et gerbant comme ouest torche, le figaro, libé ou le monde et tous ces autres tas de merde, régionnaux ou non… Le fric et cette carrière rêvée est votre seul but dans la vie. Finalement, vous auriez aussi bien pu faire flic ou courtier.ère ou homme/femme d’affaires (c’est un peu ce que vous faites d’ailleurs en les couvrant, bande de minables!). Si vous avez eu la faiblesse de vous reproduire, tel les flics, n’oubliez pas de bien lobotiser vos mômes afin qu’ils vous gardent un minimum de respect…

La façon que vous avez de retranscrire ce qui se passe sur la Zad n’est qu’une caricature de la retranscription de la vérité (pour rester local, mais c’est tout pareil quand vous « bosser » sur des sujets plus éloignés sans aucunes mesures bien plus désatreux…)  ! Vos écrits et paroles sont vraiment bien pesées et agencées : bravo ! Elle ne dérangent ni flics ni préfet.e.s ou autres salauds assermentés plus ou moins haut placé ! Elle ne doivent surtout ne pas déranger non plus Mme et Mr Toutlemonde, bien calées dans leur cannapouz, et qui pourrait être « choquées » par la violence de l’État qui les maintient dans une mort lente et une petite vie de merde ! Plutôt que réveiller les consciences, vos paroles sont ciselées (ou plutôt bien lissées) pour les endormir. C’est ce que l’on vous a si bien enseigné et que vous avez si bien intégré, sans faire de vague et en niant et tuant votre intelligence et votre liberté (si vous en avez jamais eu)…

Vous laissez les gens qui s’opposent et résistent courageusement se faire démonter, mutiler et encager par le pouvoir sans dénoncer cette violence d’État (sa grande spécialité, ici comme ailleurs), ou alors juste du bout des lèvres, histoire de faire crédible (dans le meilleurs des cas hein!). Vos articles ne dépasseront pas la frontière qui sépare votre belle carrière de lâches d’une réelle honnêteté professionnelle ! Votre incapacité de remettre en question votre rôle dans la société est juste criminelle (ne faites pas semblant de l’ignorer, vous autres, les champion.ne.s du déni et de l’hypocrisie) !

Lâchez votre boulot, vous êtes trop nul.le.s ! Allez plutôt cirer des pompes sur les trottoirs, avec la langue, comme des chiens et chiennes que vous êtes ! Votre vie n’a pas plus de valeur que celle d’un flic, car elle est aussi pourrie de soumission criminelle et de renonciation à toute dignité (celle que l’on perd en crachant sur son libre-arbitre d’êtres humains)  ! Bande de réactionnaires puant.e.s !

Grâce à vous, la société restera ce qu’elle est : un boulevard vers la mort sur lequel déambulent des zombis qui se croient des vivant.e.s et qui s’enorgueillissent d’être les plus gros cannibales de cette terre qui vacille, imbu.e.s du patriotisme que vous leur distillez jour après jour… Toute tentative concrête d’échapper à ce monde, à cette façon d’être et de penser, de créer d’autres alternatives pour un autre mode de « vivre ensemble » (non incluses dans cette démarche citoyenne que l’on connait et qui marche si bien… qu’on en crève), est tuée assassinée par vous et vos semblable.

Vous êtes aussi détestables que ces criminels assermentés que vous couvrez, ne l’oubliez jamais bande de crevar.de.s ! ! !

Zad : au dodo ou aux chiottes les keufs?!

Publié le 2018-05-18 22:06:03

 

Bonjour, nous sommes des précaires de l’industrie agro-alimentaire travaillant avec l’entreprise Oceane restauration à Fégréac. Nous avons décidé d’agir en soutien avec la ZAD de Notre dames des Landes. Un ingrédient mystère et non-létal agrémentera un repas des forces de l’ordre actuellement présentes à NDDL.Nous voulons leur donner l’occasion de gouter à leur tour à l’empoisenement du bocage. Au dodo, ou aux chiottes les keufs?!

Avec tout notre soutien pour toutes les personnes qui resistent à la ZAD et ailleurs!

 

Oceane de Restauration :

Siège : 1 avenue Louis de Cadoudal – Luscanen 56880 Ploeren 02 97 44 54 50 contact.oceane@caterine.fr

Cuisine de Fégréac : Parc de l’Illette 44460 Fégréac

Cuisine de Mauron : Rue du Pont de Gué 56430 Mauron

Totocar direction Bure

Publié le 2018-05-18 22:11:07

Le samedi 16 juin à Bar le Duc a lieu une grande journée pour faire échec à l’enfouissement des déchets radioactifs et au monde nucléaire ! Pour l’occasion, Le Collectif Bure Partout Nucléaire Nulle Part propose de partir ensemble de Toulouse en Totocar pour converger en Meuse contre le projet de poubelle nucléaire Cigéo !



Depuis 1993, les leviers de l’opposition légale ont été actionnés sans relâche parallèlement à des confrontations avec les élu.e.s issu.e.s des grands partis institutionnels.
Résultat : un mépris total des arguments contre l’enfouissement des déchets hautement radioactifs et un projet qui avance inexorablement.
Aujourd’hui, une nouvelle génération de militant.e.s s’est installée dans les environs de Bure. En assumant d’occuper les lieux stratégiques, ces militant.e.s bousculent les pratiques en même temps qu’elle ragaillardit les convictions des opposant.e.s au projet CIGEO.
Grâce à cette nouvelle génération de beaux résultats ont été obtenus et le projet de Bure vacille.
IL FAUT ENFONCER LE CLOU ! Pour cette journée de réflexions et d’actions, l’objectif est d’être 10 000 personnes !

Alors, on part ensemble ??
Le Collectif Bure Partout, Nucléaire Nulle Part - 31 organise un voyage groupé en totocar !! Le départ est prévu à 18h30 le vendredi 15 juin et retour le lundi matin sur Toulouse.
Trajet à prix libre, chacun.e paye en fonction de ses moyens. Sachant que le prix coûtant de l’aller-retour s’élève à 25€ par personne (si bus rempli) sans compter un prix libre de soutien au collectif qui permettrait le financement du trajet des plus précaires économique !
Pour s’inscrire et avoir plus d’info, envoies un email à burepartoutnnp@riseup.net avec comme objet de mail "totocar pour le 16 juin"

Ils vont voir à quel point on car-bure !!!

Chemins de fer : le sabotage rend la grève plus efficace – épisode 4

Publié le 2018-05-19 09:06:08

Midi  Libre / vendredi 18 mai 2018

Déjà affectée par la grève des cheminots, la circulation des trains sur la ligne Nîmes-Narbonne est retardée par des obstacles placés à deux reprises sur les voies.
Seuls deux trains régionaux circulent sur le tronçon Béziers-Agde dans la matinée du vendredi 18 mai. Leur circulation a été interrompue à deux reprises par des obstacles, dans des secteurs voisins.
Les premiers obstacles ont été signalés peu après 7 heures, vers Vias. Ils ont provoqué plus d’une heure de retard pour les deux seuls trains en circulation sur le tronçon dans la matinée. D’après la SNCF, un « acte de malveillance » serait à l’origine de l’incident.
D’autres obstacles ont à nouveau interrompu la circulation à 9 heures 30, au niveau de Villeneuve-lès-Béziers. Un train a été arrêté. La circulation a été rétablie vers 10 heures 15, mais « les retards s’accumulent sur l’ensemble des TER du littoral », prévient la SNCF.

Lisieux (Calvados) : Bordel sur le chantier

Publié le 2018-05-19 09:06:15

Le pays d’Auge / vendredi 18 mai 2018

Les faits se sont produits dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 mai 2018, sur la zone des Hauts de Glos, à Glos (Calvados), près de Lisieux. Deux pelleteuses ont été vandalisées sur un chantier. Le ou les auteurs ont d’abord fait du rodéo, entraînant des dégradations au niveau de la voirie. Ils ont ensuite utilisé la pelle de l’une, pour écraser la cabine de l’autre. Une des deux pelleteuses a également été incendiée. Elles sont toutes les deux hors d’usage. Le propriétaire, la société Eiffage, a porté plainte. La gendarmerie a ouvert une enquête.
La société Eiffage réalise des travaux de voirie, de la zone des Hauts de Glos jusqu’au rond-point de Firfol en vue de l’installation de la centrale d’achats des Centres Leclerc, la SCA Normande.

[in english]

Lille : Stop au spécisme – épisode 2

Publié le 2018-05-19 09:06:21

Europe 1 / vendredi 18 mai 2018

Les vitrines d’une poissonnerie de Lille ont été vandalisées et son volet roulant tagué « Stop au spécisme », dans la nuit de jeudi à vendredi, trois jours après l’attaque similaire d’une boucherie du centre-ville.
« Nous sommes arrivés à 06h30 et on s’est aperçus que toutes les vitrines avaient été brisées et le volet roulant tagué », a raconté Albane Haquette, propriétaire de la poissonnerie « Au Petit mousse », située près des halles de Wazemmes, confirmant une information de France 3.
D’imposants impacts de projectiles étaient visibles vendredi matin sur chacune des vitres de la façade, ainsi qu’un tag en lettres jaunes « Stop au spécisme » sur le volet roulant protégeant l’entrée. Le spécisme est une idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces, notamment entre l’être humain et les animaux.

« Nous avons regardé la vidéo surveillance et on voit un groupe de gens aux allures de casseurs, avec des capuches, gantés, habillés en noir, lancer des pavés », a rapporté la gérante.
Cette poissonnerie réputée à Lille est installée depuis 25 ans dans le quartier mais venait d’emménager, il y a un an, dans son emplacement actuel. « C’est écœurant, on ne fait que du poisson de petit bateau et de ligne, on est contre la pêche au chalut, la pêche électrique, on n’est pas une grande surface », s’est indignée Albane Haquette. « On est en démocratie, chacun pense et mange ce qu’il veut, mais véhiculer une telle violence c’est moche ».
La commerçante va porter plainte, tout comme la boucherie « L’Esquermoise » victime d’un vandalisme similaire, avec le même tag « Stop au spécisme » dans la nuit de lundi à mardi. La police est venue inspecter les dégâts et mène l’enquête, a indiqué une source policière.
La mairie va se constituer partie civile. Le président (divers droite) de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand et la maire (PS) de Lille Martine Aubry ont annoncé à Albane Haquette leur intention de se rendre sur place vendredi. Dans un communiqué mardi, Martine Aubry avait dit sa « consternation » après « les actes de vandalisme (…) de la part de militants qui se disent vegan ». Elle avait aussi indiqué que la mairie allait se constituer partie civile.
Dans un communiqué, le préfet du Nord Michel Lalande a lui assuré « suivre cette affaire avec la plus grande attention », rappelant aussi qu’au mois d’avril « sept boucheries de la métropole lilloise avaient été aspergées de faux sang ».

Turin (Italie) : Appel pour une présence solidaires à l’audience du 31 mai du procès Scripta Manent

Publié le 2018-05-19 10:53:06

Anarhija.info / mercredi 16 mai 2018

Qui oublie les prisonniers de la guerre sociale oublie, a oublié cette guerre elle-même (banderole lors de la manif’ du 14 juin 2016 – Paris)

 

L’État frappe et continuera à frapper les anarchistes et les révolutionnaires, aussi longtemps que ceux-ci seront dignes de ce nom.

Le procès Scripta Manent, commencé en juin 2017, touche à 40 ans d’histoire du mouvement anarchiste, une histoire dont nous sommes partie, et il continue à un rythme soutenu.

La base des arguments du parquet est la différenciation entre « anarchistes gentils » et « anarchistes méchants » ainsi qu’un interprétation tendancieuse du débat interne au mouvement anarchiste.

Parmi les finalités de ce procès il y a aussi la tentative de désamorcer la tension vers des pratiques radicales d’attaque sans médiation contre l’État et le Capital. Des pratiques qui sont à la base de tout parcours révolutionnaire et d’insurrection.

Nous ne resterons pas silencieux face à cet énième tentative de mettre au ban la volonté de subvertir l’ordre institutionnel.

Nous ne reconnaissons pas la vieille stratégie répressive de la différenciation, nous voulons donc réaffirmer notre complicité avec les compagnons et les compagnonnes prisonniers et inculpés dans l’opération Scripta Manent, ainsi qu’exprimer notre soutien aux pratiques dont ils sont accusés, des pratiques qui appartiennent au mouvement révolutionnaire.

Appel à une présence solidaire au tribunal.

Jeudi 31 mai à partir de 9h.
Salle-bunker de la prison Le Vallette – Turin

Construire la sororité dans la lutte - appel à action

Publié le 2018-05-19 10:55:08

Militant.es féministes libertaires/autonomes/radicales, il nous faut construire une sororité effective, qui ne peut se faire qu’en luttant ensemble, en apprenant à mieux se connaitre et en créant des liens de confiance. Nous proposons de nous réunir le 23 mai pour préparer une action en non mixité (sans mec cis).



Au sein du mouvement social actuel et dans le tumulte des occupations et des manifs, on met souvent de côté les revendications et luttes féministes et antiracistes sous prétexte que "ce n’est pas le moment" : face à cela, les premier-e-s concerné-e-s s’organisent et des AG en non mixité fleurissent un peu partout.

En tant que militant.es femmes et/ou assigné.es femmes, et en ce qui concerne les milieux que nous fréquentons, nous avons le sentiment que la parole se libère toujours plus et qu’une première étape a été franchie dans la lutte contre le sexisme en milieu militant : celle de la dénonciation.

Nous avons maintenant le désir d’aller plus loin : il est temps de se mettre à construire une véritable sororité dans nos luttes. D’abord parce que dans les relations entre groupes affinitaires distincts, ce sont souvent les mecs cis qui sont considérés comme interlocuteurs privilégiés, pris plus au sérieux, et ce sont donc souvent eux qui possèdent voire monopolisent ce « capital relationnel » : face à ces situations qui peuvent nous placer dans des situations de dépendance et d’isolement, il nous faut construire une sororité effective, qui ne peut se faire qu’en luttant ensemble, en apprenant à mieux se connaitre et en créant des liens de confiance.

La construction d’un réseau féministe au sein de nos milieux répond aussi à un objectif de protection et d’autodéfense : les mecs cis dans nos milieux, malgré le fait qu’ils s’autoproclament bien souvent antisexistes et proféministes, continuent à commettre des viols et agressions sexistes. Pour mieux nous défendre, il est primordial que nous nous faisions confiance et que nous nous connaissions.

C’est pour toutes ces raisons que nous vous proposons de nous réunir entre militant.es féministes autonomes/libertaires/radicales, en non mixité inclusive (sans mec cis) : l’idée n’est pas de faire une AG de plus, mais une réunion de préparation d’une action concrète, qui aurait lieu en non mixité. Pour des raisons évidentes de sécurité, nous ne pouvons évoquer ici la cible de l’action ; sans rentrer dans les détails, il s’agit d’un évènement sexiste qui ne devrait absolument pas exister. Ce n’est bien sûr qu’une idée que nous proposons, et cette réunion pourra également servir à imaginer d’autres actions communes.

Enfin, notre désir d’organiser des actions en non mixité naît également d’une volonté de mieux nous approprier et nous autoformer sur des pratiques et modes d’action qui nous sont souvent confisqués par les mecs cis, soit car considérés comme trop violents, soit parce que notre socialisation nous pousse à laisser "le beau rôle" et le devant de la scène aux mecs. Alors ouvrons la voix, prenons la place et luttons !

On vous propose de se réunir mercredi 23 mai à 19h, à la bourse du travail de République, salle Tollet.

Legal Team VS URSSAF

Publié le 2018-05-19 11:00:05

Le collectif de défense juridique de Rouen a du pain sur la planche.



Rappel des faits. Fin de la manif du 19 avril dernier, le soleil et le graillon sont au rendez-vous. Des syndicalistes tiennent un stand de restauration avec barbecue et drapeaux et à quelques mètres des manifestants ont installé un petit food truck et distribuent des frites à prix libre. C’est bonne ambiance.
Soudain, une petite équipe de quatre types bien habillés et sûrs d’eux se pointe. On voit clairement qu’ils ne veulent pas de frites. Ils sortent des cartes professionnelles en mode « Bonjour F.B.I. » et demandent les identités des fritiers. Ils sont agents de l’URSSAF et croient avoir découvert deux travailleurs illégaux. On leur explique que la friterie a été prêtée par une association, que les gars sont bénévoles, que c’est une habitude de fin de manif, mais ils se montrent intraitables, genre « je ne fais que mon travail ». Jusqu’à ce que la foule s’interpose, les hue et les fasse partir. Comme il se doit.

Sauf que... L’un des deux cuistots est, dans la vraie vie, artisan, c’est-à-dire inscrit aux fichiers de l’URSSAF. Il y est convoqué quinze jours plus tard pour une audition libre qui commence exactement comme une audition chez les keufs : notification de droits, droit de répondre aux questions, se taire ou faire des déclarations, droit à un avocat. Il est bon pour un entretien de deux heures avec un des agents intervenu le jour de la manif qui a, au préalable, épluché ses relevés de compte bancaire des 5 dernières années et qui lui demande de justifier de chaque entrée d’argent. Quand il demande les raisons de ce contrôle, l’enquêteur répond qu’il ne fait que suivre la procédure, mais ne tarde jamais à revenir sur le mauvais accueil des manifestants. Il ne comprend pas ce qu’il y a de particulièrement traître à contrôler les buvettes de fin de manif, il est vexé d’avoir été traité de flic, il est surtout outré de s’être entendu nommer parmi la foule « p*** à Macron ». Il attend même du camarade auditionné qu’il s’explique sur de tels outrages. Aïeaïeaïe.

Une première pour nous. A la Legal Team Rouen, nous sommes coutumiers des convocations, des garde-à-vues et des audiences mais nous n’avons pas peur de diversifier nos compétences. Cette forme inhabituelle de répression n’en est pas moins une forme de répression à combattre. Nous prenons donc bonne note de cette convocation et du contrôle dont notre camarade fait l’objet. Il sera conseillé et aidé si besoin, tout comme les camarades arrêtés au cours de l’expulsion de Surgissement le 4 mai dernier, et tout comme toi si tu as des problèmes et que tu décides de faire appel à nous.

Deux statues de la reine Victoria sont vandalisées à Montréal

Publié le 2018-05-19 17:02:03
Mai 192018
 

De subMedia

Communiqué anonyme original produit par le Brigade Henri Paul* contre la monarchie, partagé avec subMedia:

Quelques jours avant la Fête datée et insultante commémorant la reine Victoria, deux statues importantes érigées en hommage à la reine Victoria furent vandalisées pendant la nuit du 17 au 18 mars à Montréal.

Le monument en mémoire à la reine Victoria au centre-ville de Montréal (érigé en 1872), ainsi que la statue de bronze sur la rue Sherbrooke (érigée en 1900) à l’Université McGill, ont été arrosées avec de la peinture rouge.

Cette action se base en opposition au colonialisme et à l’impérialisme, et exprime également une aversion envers la monarchie britannique parasitique (ainsi qu’envers toute monarchie). De plus, nous nous inspirons directement du vandalisme récent (avec peinture verte) des mêmes statues de la reine Victoria à l’occasion de la Saint-Patrick ce mars dernier, action revendiquée par la Brigade de solidarité anticoloniale Delhi-Dublin.

Pour la Brigade de solidarité anticoloniale Delhi-Dublin, ces statues représentent “un héritage criminel de génocide, de meurtres de masse, de torture, de massacres, de terrorisme, de famines forcées, de camps de concentration, de vols, de dénigrement culturel, de racisme et de suprématie blanche.”

Les statues de la reine Victoria devraient être ôtées de l’espace public et placées dans un musée en tant qu’objets historiques. Les statues et les monuments publics ne devraient pas représenter l’oppression. La présence de statues commémorant la Reine Victoria à Montréal est, pour citer la Brigade de solidarité anticoloniale Delhi-Dublin, “ une insulte aux nations autochtones en Amérique du Nord (l’Île de Tortue) et en Océanie, ainsi que les peuples d’Afrique, du Moyen-Orient, des Caraïbes, du sous-continent indien, et partout où l’Empire britannique a commis ses atrocités.”

Ces statues sont également insultantes pour les gens qui représentent les luttes irlandaises progressistes, ainsi que pour les Québécois.es. Par contre, nous dénonçons les “Québécois.es de souche” racistes et anti-immigrant.es au Québec (les souchebags) qui tentent de s’approprier l’héritage des patriotes pour mieux représenter leurs idées néo-fascistes.

Contexte important: notre action d’hier soir contribue à une nouvelle tradition de ciblage de symboles et monuments coloniaux pour qu’ils soient vandalisés et, éventuellement, enlevés: Cornwallis à Halifax, John A. Macdonald à Kingston et à Montreal, le mouvement Rhodes Must Fall en Afrique du Sud, la résistance aux monuments Confédérés aux États-Unis, et bien d’autres encore.

Pour encore citer la Brigade de solidarité anticoloniale Delhi-Dublin: “Notre action est une expression de solidarité anticoloniale et anti-impérialiste, et nous encourageons d’autres gens à entreprendre des actions semblables contre des monuments et symboles racistes qui ont leur place dans des musées, et non dans nos espaces publics partagés.”

— Communiqué par le Brigade Henri Paul* contre la monarchie

* Henri Paul était conducteur du Mercedes de luxe qui transportait la Princesse Diana lors de son accident mortel à Paris en 1997. Chaque membre de la monarchie britannique mérite un conducteur français saoul.

Prison pour migrant-e-s : une bande anti-construction libère des milliers de criquets dans les bureaux d’architectes

Publié le 2018-05-20 07:24:12
Mai 192018
 

Le siège social de Lemay, 3500 rue Saint-Jacques

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Tôt un matin d’avril 2018, notre équipe de construction amateur a relâché des milliers de criquets dans les nouveaux quartiers généraux de la compagnie d’architecture montréalaise Lemay. Nous avons arraché un mur de plywood d’un côté du bâtiment et avons laissé entrer les criquets dans leurs tout nouveaux locaux. En effet, la compagnie Lemay et le Groupe A (situé à Québec) ont obtenu un contrat pour construire un nouveau centre de détention de migrant-e-s à Laval, en banlieue de Montréal. Son ouverture est prévue pour 2020. Nous sommes opposé-e-s aux frontières, aux prisons et aux centres de détention de migrant-e-s. Nous luttons pour un monde où toutes et tous sont libres de se déplacer et de s’établir; un monde libre de la suprématie blanche, du capitalisme, du colonialisme et du patriarcat.

Nous voyons cette action comme le début d’un effort concerté pour empêcher la construction de ce nouveau centre de détention de migrant-e-s. Les criquets sont reputés pour se reproduire rapidement et sont particulièrement difficiles à exterminer; leur bruit constant et leur prolifération rapide dans n’importe quel espace font de ces derniers bien plus qu’une simple nuisance. Ils se multiplieront dans les murs du bâtiment greenwashé de Lemay, dans Saint-Henri, un quartier en gentrification, et ce, même après que le mur que nous avons enlevé ne soit remplacé. Pendant ce temps, notre résistance s’organisera face au centre de détention des migrant-e-s et à tout ce qu’il représente.

Ce nouveau centre de détention pour migrant-e-s à Laval a été proposé dans le cadre d’un «ajustement» du système d’immigration proposé par le gouvernement canadien. La plus grande partie de cet ajustement est dirigé vers les infrastructures : des 138 millions accordés, 122 seront dépensés dans la construction de deux nouveaux centres de détention (à Laval et à Surrey, en Colombie-Britannique) ainsi que dans l’amélioration du centre de détention en fonction à Toronto. Le gouvernement justifie ces mesures en prétendant que les «centres» (pour ne pas dire prisons) ne respectent pas les standards internationaux. Il y a d’ailleurs quelque chose d’ironique à voir que tout en investissant dans de nouvelles prisons pour migrant-e-s, il prétend vouloir trouver des alternatives à la détention.

Ces nouvelles installations sont présentées comme des “meilleures” prisons. Elles sont supposément issues d’un design “non-institutionnel” et ont des espaces extérieurs et un accès facile aux familles ainsi qu’aux représentant-e-s d’ONG, mais priorisent tout de même la “sécurité publique” par l’incarcération. Les compagnies mandatés pour la construction du centre à Laval sont connues pour concevoir des palais de justice et des prisons “LEED”, ainsi que des bibliothèques et des pavillons universitaires. Il est difficile d’imaginer que cette nouvelle prison ne donnera pas une impression “institutionnelle”. La tentative du gouvernement Trudeau rappelle celle par le gouverment fédéral dans le système carcéral pour femmes des années 90 et la tentative du gouvernement ontarien d’assouplir son système carcéral. Les réformes dans les centres de détention visent à redécorer des bâtiments d’où il est interdit de sortir pour prétendre qu’il est acceptable d’y enfermer des personnes.

La nouvelle prison de Laval semble avoir une capacité semblable ou légèrement supérieure à celle du centre présentement en fonction (de 109 à 144 personnes, la nouvelle aurait une capacité d’enfermer 121 personnes). Alors que les dernières années enregistrent un taux plus bas d’incarcération de migrant-e-s et que les gouvernements prétendent vouloir le réduire davantage, ce projet laisse penser qu’il ne s’agit que de mensonges. Étonnant. Comme il a été dit, “construisez les, et ils se rempliront”. Il est peu probable d’assister à une réduction du nombre de détenu-e-s.

Voyons cela de plus près. En tant qu’acteur de l’”ajustement” du système d’immigration, le ministre de la sécurité publique Ralph Goodale a annoncé l’intention du gouvernement d’explorer des “alternatives à l’incarcération”. Dans le rapport qui a été écrit sur la réforme, le gouvernement affirme que les alternatives à l’incarcération incluent “la possibilité de s’identifier par téléphone pour ne pas avoir besoin de se rendre en personne aux services frontaliers, l’augmentation de la liberté de mouvement, la facilitation des critères et l’optimisation de l’efficacité”. C’est-à-dire rendre le travail des flics des frontières plus facile et sauver de l’argent.

Les alternatives les plus connues de l’incarceration des migrant-e-s incluent les maisons de transition et le port de bracelets électroniques ainsi que la probation à travers des ONG qui sont prêtes à agir comme gardiens de prison. Ces mesures sont préférables à l’enfermement. Alors que la prison est le bâton qui menace de frapper, elles représentent la carotte qui discipline. Dans tous les cas, elles servent de légitimation à l’usage de l’emprisonnement (“nous vous avons donné le choix d’utiliser la reconnaissance vocale même si vous ne pouviez pas régulariser votre statut car vous alliez être déporté-e, mais vous avez disparu, il faut donc vous jetter en prison”). Les alternatives à la détention sont des formes plus sophistiquées de contrôle de migrant-e-s qui permettent à l’État de paraître charitable tout en déportant et en emprisonnant des personnes qui ne les respectent pas.

La stratégie d’implanter des alternatives à la détention ne ferait qu’accentuer la collaboration entre les ONGs et le gouvernement pour la détention des migrant-e-s, en échange du financement pour payer les salaires des employé-e-s. En 2017, le gouvernement a signé un nouveau contrat avec la Croix Rouge pour évaluer les conditions dans les centres de détention des migrant-e-s. Par contre, la Croix Rouge surveille techniquement ces conditions depuis 1999, il s’agit seulement de la première fois qu’ils reçoivent un “financement de base” de la part du gouvernement. Avec 1.14 million en deux ans, la Croix Rouge continuera à “évaluer” les centres de détention et à dire au gouvernement que tout va pour le mieux, légitimant la continuation de l’emprisonnement des migrant-e-s. N’est-ce pas merveilleux, quand les ONGs font bien paraître la répression du gouvernement?

Qu’est-ce qui ressort de cet ajustement au final? Plus d’argent pour les prisons répressives, un peu d’argent pour des formes moins violentes de contrôle des mouvements et un peu pour la Croix Rouge. Dans le contexte des migrations à la frontière américaine de ceux et celles qui fuient le régime de Trump, un contexte où la plupart de ces personnes n’obtiendront jamais de statut de réfugié et pourraient bien se retrouver dans un centre de détention, nous voulons empêcher la construction de ce nouveau centre de détention des migrant-e-s. Selon nous, c’est un moment opportun, c’est même le seul moment, pour intervenir pour arrêter le cours des choses. Nous nous mobilisons contre cette nouvelle prison en gardant en tête que nous voulons aussi faire fermer l’ancienne. Nous voyons la prévention de la construction de cette prison uniquement comme une partie d’un combat bien plus grand pour détruire celles qui existent déjà.

En plus de placer cette lutte dans le contexte d’une “crise migratoire” globale, nous comprenons aussi que celle-ci s’inscrit aussi dans le contexte de la montée de l’extrême droite. Storm Alliance, un groupe d’extrême droite raciste et anti-immigration a organisé une poignée de maniestations à la frontière, souvent rejoint par La Meute, un groupe populiste spécifiquement québécois. Influencé par les rhétoriques anti-immigrante et d’extrême droite sur internet, Alexandre Bissonnette a fusillé et tué six personnes dans une mosquée de Québec il y a un an et demi. TVA et le Journal de Montréal ont aussi publié une fausse nouvelle islamophobe pour faire mousser la haine.

Avec tout cela en tête, nous comprenons que la lutte contre la construction de ce nouveau centre de détention est une lutte anti-fasciste, qui est elle-même une lutte contre la suprémacie blanche. Nous souhaitons lier nos actions avec celles d’autres personnes dans nos communautés, proches et éloignées, qui se battent également contre la suprémacie blanche et la montée de l’extrême droite. Même si nous combattons le libéralisme et sont gouvernement actuel au Canada, nous nous battons aussi contre l’extrême droite et leurs désirs d’un avenir plus violent.

Nous sommes inspiré-e-s par l’action récente pour empêcher la déportation de Lucy Granados. Nous sommes inspiré-e-s par le courage quotidien des personnes sans statut et par ceux et celles qui s’organisent et se rassemblent pour protéger nos communautés. Nous sommes inspiré-e-s par toutes les personnes qui se lèvent contre les frontières, les prisons et les autres formes de domination. Nous sommes inspiré-e-s à lutter pour leur liberté de s’installer et de se déplacer, et vous appelons à lutter avec nous.

Lemay n’est pas la seule entreprise impliquée dans la conception et la construction de la prison, et n’est donc pas le seul point de pression possible. Des plans architecturaux de Lemay, aux contributions du Groupe A, aux matériaux et aux équipes de constructions, il faut des ressources multiples pour bâtir une prison. Ceci est un appel pour plus de recherche, de discussions, et d’actions autour de Lemay spécifiquement, mais aussi de toutes les autres firmes et groupes qui sont impliquées dans le projet. Nous espérons voir d’autres bandes anti-construction agir dans le futur et nous espérons que ce projet devienne l’objet d’une campagne soutenue, capable de rassembler plusieurs personnes et groupes vers un futur sans prisons ni frontières.

Nous espérons que la résistance à cette prison continuera de proliférer, plus vite et plus loin que ces milliers de criquets.

Appel pour retrouver un sens politique à la lutte qui se mène aujourd’hui sur la zad

Publié le 2018-05-20 11:18:04

Nous, agriculteurs, agricultrices et habitants des campagnes, engagés dans un conflit contre la normalisation industrielle des campagnes largement organisée par les administrations agricoles, avons eu l’occasion de prendre part à maintes reprises à la lutte qui se mène à Notre-Dame-des-Landes depuis des années. Comme des milliers de personnes, nous n’y avons pas seulement reconnu une lutte contre un aéroport, mais tout autant un territoire et des habitants qui ont su, pendant 10 ans, se libérer d’une emprise administrative qui industrialise les campagnes à marche forcée. Derrière les multiples cabanes, les fromages, la viande, les animaux, les semences, les légumes, les céréales, le non-marché, etc. nous y avons reconnu une autonomie et une liberté reconquise en tenant à distance les administrations, leurs normes et leurs contrôleurs.

Là où chacun dans nos campagnes nous tentons de manière chaque fois trop isolée de ne pas mettre de puces électroniques aux oreilles de nos animaux, d’abattre nos animaux à la ferme, de fabriquer nos fromages hors des normes d’hygiène qui les aseptisent, de contourner les normes de sécurité sanitaire qui interdisent les pratiques paysannes, voire éliminent en masse les troupeaux, de ne pas répondre aux injonctions de traçabilité qui ne servent que d’argument publicitaire pour écouler la merde industrielle, de construire nos hangars et nos maisons à l’encontre des Plans Locaux d’Urbanisme qui font des zones agricoles des zones industrielles comme les autres, la ZAD a longtemps montré que le rapport de force avec l’État est le seul moyen de libérer nos pratiques et nos imaginaires.

Où est la division ?

Depuis l’abandon de l’aéroport, l’opération militaire et le processus de négociation orchestré par la préfecture ont fracturé la ZAD et fait perdre de vue à beaucoup le sens politique du conflit en cours. Cette fracture imposée par l’État est aujourd’hui reprise à leur compte par une grande partie des personnes toujours impliquées dans le conflit. Quiconque met les pieds sur la ZAD peut aujourd’hui prendre la mesure de la réussite provisoire de la manœuvre étatique de division. Grossièrement, une ligne de partage séparerait une zone dévastée (à l’Est) d’une zone d’avenir potentiel (à l’Ouest). Et il faudrait surmonter cette séparation pour laisser la place à la normalisation négociée de la ZAD. Mais cette spatialisation révèle une tension politique dont il nous faut définir les acteurs et les pratiques.

Dans le même temps, alors que les « expulsés » tentent toujours de reconquérir leur territoire ravagé, nombre de citoyens opposants à l’aéroport accentuent l’opération de division en opposant les habitants « jusqu’auboutistes », « radicaux » ou « mauvais » et les « raisonnables », [1] « légalistes », ou « bons », tentant par là de marginaliser et décrédibiliser les premiers en militant pour un retour à la normale, c’est-à-dire à l’État de droit, niant du même coup toute la portée politique de l’affront à ce même État de droit que constitue la ZAD depuis 10 ans.
Au sein même des habitants de la ZAD, cette division a trouvé son vocabulaire. Il y a désormais les « anti-autoritaires » et les « autoritaires », décliné sous la forme « inorganisés » et « organisés », ou encore les « pauvres en capital social » et les « riches en capital social », entre « faibles » et « puissants », ou, plus ostracisant, entre « chieurs-punk-à-chien-relous-anarchistes-primitivistesschlags-bouffons » et « stratèges-pragmatiques-intellos ».

Ces divisions, désormais inscrites comme événement médiatique, fabriquent des figures spectaculaires forcément réductrices qui ont surtout le mérite d’occulter le sens politique de ce qui se joue actuellement sur la ZAD. Que des conflits internes aient préexisté à ces divisions médiatiques, et qu’ils puissent éclairer la partition actuelle, est une donnée dont nous n’allons faire ici l’histoire 1, tout simplement parce que nous n’y avons pas pris part et que la situation présente est suffisamment éclairante en elle-même pour prendre parti dans cette division. Regarder simplement les faits et leurs résultats suffit amplement à les juger. Il y a en effet deux camps aujourd’hui, à savoir ceux qui font le jeu de l’État et ceux qui tentent de s’en défaire.

Mais pour juger des faits, il faut déjouer le spectacle qui les entoure, les effets d’affichage dont ils font l’objet et les mensonges qui s’y cachent. Mensonges dissimulés maladroitement derrière les mots « composition », « unité », « force de la diversité » qui sont devenus les slogans publicitaires d’un « âge adulte de la contestation enfin advenu ». Mensonges entièrement discernables dans le fameux texte des « 6 points » que certaines « composantes » de la lutte présentent comme l’incarnation du consensus obtenu après un long apprentissage des compromis et qui donnerait la possibilité à tous d’y trouver leur compte dans une campagne débarrassée d’un aéroport.

Depuis déjà quelques années la création d’une entité juridique revendiquant l’appropriation légitime des terres est devenue la pierre angulaire de la stratégie officielle du mouvement. Une bonne partie du mouvement s’est ainsi réconfortée sur le fait que l’après abandon de l’aéroport était anticipé et que cette solution permettrait à tous les habitants de rester vivre sur la ZAD. Le mensonge est précisément là. Et il éclate malheureusement à la figure de ceux qui en avaient pris la mesure, c’està-dire ceux-là même qui ont vu leur habitat réduit en miettes depuis le 9 avril.

Pas de LarZad

Illusion et mensonge, parce qu’en mobilisant l’imaginaire du Larzac et en proposant de reprendre la formule qui a fonctionné là-bas, il s’agissait précisément de nier la singularité de l’histoire de la ZAD depuis 10 ans.

La réussite de la négociation avec l’État au Larzac a donné les résultats que l’on sait parce que les personnes qui occupaient le camp militaire et souhaitaient y rester étaient tous candidats pour devenir « chef d’exploitation ». Une fois le projet du camp militaire abandonné, les terres du Larzac pouvaient tranquillement être reprises en main par des agriculteurs. Au Larzac il n’y eut aucune velléité d’occuper les terres pour remettre en cause une agriculture entièrement prise dans un processus de normalisation industrielle. Personne n’allait s’offusquer du fait que cet arrangement avec l’État, qui donnait les terres en gestion aux agriculteurs, permettrait à la firme industrielle « Roquefort société » d’y accroître ses plus-values, enrobées d’une appellation d’origine contrôlée qui donnerait le change à l’exigence de « qualité » qui se faisait jour. L’industrialisation faisait encore l’unanimité dans les campagnes et personne ne voyait encore dans les AOC un enfumage publicitaire qui permettait d’accentuer l’exploitation des sols, des animaux et des humains.

A contrario, à la ZAD la simple appropriation collective des terres ne pouvait pas signifier une quelconque victoire si elle devait advenir. La normalisation industrielle des campagnes n’ayant fait que s’approfondir en 40 ans, c’est tout logiquement que la plupart des gens venus s’installer sur la ZAD l’ont fait en rupture totale avec ces normes industrielles encadrées par une administration agricole toujours plus puissante. Cette vie en sécession avec l’État n’a pu se déployer que parce que le rapport de force permanent sur place a permis, à partir de 2013, de tenir cette administration hors de la zone. Habitats et activités agricoles, notamment, partageaient une parfaite illégalité en même temps qu’ils privilégiaient un rapport poétique et collectif au monde en rupture avec les injonctions productives et individualistes, qui dégoûtent les plus passionnés de se faire agriculteurs.

Cette perspective stratégique, qui tente de se réaliser aujourd’hui, était donc un mensonge, au mieux par omission. La prétendue solution d’appropriation « pour tous » ne pouvait pas en être une. Tout simplement parce qu’une fois que l’État remettrait la main sur la ZAD, même en offrant la gestion des terres à une entité juridique portée par le mouvement, il ne pouvait qu’imposer « l’État de droit ». Or le niveau d’illégalité de chacun n’a jamais été également partagé. La régularisation que devait exiger l’État ne pouvait pas concerner tout le monde et pas de la même façon.
Celles et ceux des habitants de la ZAD qui ont pris l’initiative de lancer la négociation avec l’État ne pouvaient pas ignorer qu’ils allaient participer activement à une opération de tri entre les régularisables d’un côté et les autres : c’est-à-dire la majorité, les non-régularisables et les régularisables qui ne voudraient pas se régulariser pour ne pas perdre le sens de ce qu’ils vivaient sur la ZAD.

Il était également évident pour ces apprentis-négociateurs (qui pour la plupart n’ont pas eu leur habitat détruit depuis le 9 avril) que les habitats les plus menacés étaient essentiellement situés à l’est de la ZAD, à la fois parce qu’il n’y avait pas d’habitat en pierre (de fait donc régularisable) mais seulement des cabanes qu’aucun PLU n’accepterait de régulariser, et aussi parce que les vies qui s’y déployaient ne pouvaient pas se fondre dans un statut de chef d’exploitation.

Le « on défend tout le monde » a donc toujours été un mensonge crapuleux, une vitrine présentable pour masquer la réalité. Certains, comme Julien Durand, José Bové ou Françoise Verchère, n’ont pas eu de mal à sortir de cette opération mensongère (dans laquelle les manœuvres de « composition » les tenaient jusqu’au 9 avril) en légitimant l’opération de tri entamée par l’État, c’est-à-dire en légitimant l’expulsion de ceux qu’ils appellent les « jusqu’auboutistes ». D’autres, notamment les habitants de la ZAD engagés dans la négociation, ont encore besoin de faire croire à l’unité et à la solidarité de tous vis-à-vis de tout le monde. Cette unité, factice depuis longtemps, a pourtant volé en éclats depuis que quelques dizaines d’habitants ont décidé de remplir des formulaires de régularisation, c’est-à-dire de participer activement au triage orchestré par la préfecture.

Les négociateurs ont pris soin de ce que la plupart des lieux de vie et des parcelles utilisés par le mouvement soient intégrés dans ces formulaires pour faire vivre cette unité factice des habitants. Le tri était pourtant déjà bien réel, avant même que la préfecture ne fasse le sien. Des dizaines d’habitants n’ont pas voulu jouer ce jeu forcément perdant et nombre de lieux déjà détruits ne font même plus partie des espaces à négocier. Le tri de la préfecture fera le reste pour fignoler la sélection.

En guise de solidarité de tous envers tous, il ne reste plus aux plus ambitieux qu’à tenter de sauver leur peau en se fondant toujours plus dans les attentes de l’État pour avoir une bonne note à l’examen de passage. On n’hésite plus à démontrer qu’on s’est mis au diapason de la normalisation industrielle en « puçant » ses brebis, en annonçant un bâtiment de transformation « aux normes », en affirmant participer d’une « économie sociale et solidaire », etc. Après avoir imposé en interne le nettoyage de la route des chicanes, en janvier, certains exigent désormais l’enlèvement des barricades pour plaire à la préfecture, pourtant ultimes outils de résistance pour les expulsés et expulsables, mais qui gênent le processus de négociation de ceux qui se croient « régularisables ».

Double discours

La rupture de solidarité engagée par les « régularisables » n’en est que plus ignoble quand elle se double d’un discours qui tente d’expliquer rationnellement pourquoi l’Est a été entièrement détruit et pourquoi l’Ouest reste globalement indemne. On nous explique ainsi que l’État s’en est pris aux « plus faibles », sous entendu « nous, qui avons encore sauvegardé nos lieux de vie sommes dotés d’un capital social et d’une intelligence tactique qui nous rendaient plus difficilement attaquables, ilfaut donc nous suivre ».

L’opération militaire a pourtant pris soin de montrer que l’État pouvait tout détruire s’il le voulait. Ce que ces négociateurs ne voudront jamais retenir c’est qu’ils ne sont pas les « plus forts » mais simplement les pantins de l’État, qui avait besoin d’eux dans son opération de communication.
Macron avait besoin de montrer sa capacité à rétablir l’« ordre républicain ». Mais pour le faire et ne pas donner le sentiment que l’ « ordre républicain » se confond avec un État fasciste, il avait besoin d’idiots utiles, de sauver quelques personnes du carnage, de faire de la ZAD un espace labellisé « transition écologique » par M. Hulot en personne. N’en doutons pas, l’opération sera parfaitement réussie de la part de l’État. Il y aura des couleuvres dures à avaler pour quelques régularisables non-régularisés, mais la solidarité réduite à ce petit groupe devrait tout de même suffire à se satisfaire de cette « petite victoire ».

La richesse en capital social de cette bande de négociateurs leur permet aujourd’hui de mobiliser nombre de soutiens dans la classe « intellectuelle », qui se répandent sur la toile pour défendre leur intelligence tactique. On veut nous convaincre qu’il fallait être pragmatique et qu’il n’y avait rien d’autre à gagner que quelques fermes normalisées « transition écologique ». Et, en effet, ces apprentis-négociateurs redoublent d’efforts depuis des années pour défendre leur intelligence tactique. Depuis des années, on nous rabâche les oreilles sur le fait que la « composition » est une
formidable aventure humaine où les désaccords politiques se travaillent, où chacun fait un pas vers l’autre, où l’unité ne se fabrique pas sur la base du moins-disant mais qu’elle est un processus vertueux qui gagne en radicalité.

Derrière ce beau récit, les masques tombent quand l’État s’impose par la force. On découvre alors qu’un des paysans historiques de la ZAD, tout heureux de négocier avec l’État la réappropriation de sa ferme et qu’on imaginait positivement perturbé par la capacité des zadistes à bricoler des vies hors de l’État de droit, affirme froidement en assemblée qu’il n’a jamais été contre l’État, qu’il a toujours assumé que sa ferme avait besoin de l’État pour exister… Et l’on découvre que les seuls à avoir fait un pas vers l’autre dans ce travail de composition ne sont donc que ces zadistesnégociateurs, qui après 10 ans de composition ont troqué leur costume de black bloc pour trouver une place dans les couloirs de la préfecture. Voilà donc l’âge adulte de la contestation enfin advenu.

On veut désormais nous faire croire que la négociation elle-même est une ruse tactique, qu’on va enfumer l’État. On a certes rempli des formulaires, mais tout ça c’est pour fabriquer le « manteau », cette entité collective qui aura légitimité à gérer les terres de la ZAD (une partie au moins), et que, sous le manteau, le « corps » sera protégé, c’est-à-dire qu’on pourra reprendre nos activités illégales au nez et à la barbe d’une administration qui n’y aura vu que du feu… Preuve de notre intelligence tactique, mais aussi sa contre-partie, c’est qu’il ne faut pas parler de ces activités illégales. Il ne faut pas dire pourquoi elles le sont, surtout ne pas remettre en question la normalisation industrielle des activités agricoles imposée par l’État, au risque de dévoiler trop notre jeu. Il ne faut donc plus que notre lutte fasse apparaître son sens profond pour que la manœuvre ait une chance de réussir. Et, de toute manière, si on reprenait le sens initial de la lutte « contre son monde » qui s’est incarné dans les vies en sécession déployées depuis 10 ans sur la ZAD, personne ne le comprendrait et on aurait plus assez de soutien pour tenir un rapport de force. Il faut donc être pragmatique. Mais ne vous inquiétez pas, on cache notre jeu et on rebondira plus fort…

Limites de la « zone »

Les moins fiers de ces basses manœuvres, mais tout de même convertis au pragmatisme négociateur, ne sont pas en reste pour contrer l’outrecuidance « donneuse de leçons » d’une critique de la stratégie en cours. Il faut donc nous convaincre qu’il n’y avait rien d’autre à faire. Vous qui êtes plus malins que tout le monde, qu’auriez vous fait de mieux que de négocier ? Et voilà qu’on nous targue de « complaisant défaitisme » qui empêcherait les « radicaux » de se satisfaire d’une petite victoire.

Oui, en effet, la force de l’État ne permettait pas de rêver aux grands soirs. En effet, même si l’histoire de la ZAD depuis 10 ans a suscité la mobilisation de quelques milliers de soutien, cela reste bien trop faible pour affaiblir radicalement les prétentions de l’État à administrer nos vies.
Mais il n’y a là rien de neuf. C’est la réalité que nous vivons chacun dans nos fermes de manière isolée et encore plus faible. Rien de neuf dans le fait que nous apprenons chaque jour dans nos fermes à ravaler nos prétentions et à trop souvent nous mettre aux normes à contrecœur après avoir résisté jusqu’à épuisement. En effet, les défaites nous les côtoyons tous les jours, sans complaisance, mais avec une rage rentrée. Et c’est cette rage qui nous anime aujourd’hui pour construire un collectif capable de tenir un rapport de force avec l’État, contre ses normes et pour nous donner une chance de moins nous mettre à genoux.

Et c’est justement parce que nous n’en pouvons plus de nous mettre à genoux, et que nous connaissons si bien les lâchetés du syndicalisme en général et de la gauche paysanne en particulier, qu’il n’est plus question de faire face à l’État pour finir désarmés dans un bureau de négociation. Rien n’a jamais été obtenu en négociant, sinon de fausses victoires toujours là pour préserver les intérêts du capital et satisfaire les syndicalistes prompts à prendre des vessies pour des lanternes pour se faire mousser avec cette efficacité pragmatique.

Cette tartufferie des négociations montre ses effets tous les jours dans les campagnes. On le mesure peut-être plus qu’ailleurs dans le cadre de la lutte contre les pesticides. Récemment encore les antipesticides négociateurs pouvaient se réjouir d’avoir obtenu à l’échelle européenne l’interdiction de quelques néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Mais cette interdiction est un cache-sexe d’une industrie mortifère qui déverse déjà ses nouvelles molécules pas encore interdites ou qui confectionne les robots désherbeurs de demain qui remplaceront les paysans dans les campagnes. 30 ans de négociations implacables ont permis d’obtenir l’interdiction de près de 100 molécules, alors que dans le même temps la consommation de pesticides augmentaient de 15 000 tonnes par an. Les « petites victoires » font les grandes défaites et il y a toujours des écologistes et des syndicalistes pour s’extasier de leur propre pragmatisme.

Mais que fallait-il faire donc, si tout est toujours perdu d’avance ?

La suite de la résistance à Notre-Dame-des-Landes aurait toutefois pu prendre une autre tournure si les futurs négociateurs avaient pris le temps de se nourrir de 6 ans de réelles victoires. Avoir repoussé l’emprise étatique durant tout ce temps est déjà une victoire en soi. Il était tout entier là l’esprit de la lutte auquel il fallait donner une suite. Au lieu de quoi les négociateurs ont préféré défendre un simple territoire, une « zone », au prix de se conformer aux normes qui aménagent les « zones ».

Engager le conflit sur le terrain de la légitimité de l’illégalité vécue pendant 6 ans aurait permis de repartir de la condition commune qui est faite aux agriculteurs, d’y trouver des alliances pour déplacer la lutte contre les administrations et de ne pas s’enfermer dans un territoire d’exception qu’il fallait à tout prix défendre.

Il y a de l’indécence de la part des négociateurs à imaginer rester sur « zone » quand ils ont pu s’y installer grâce à la solidarité permanente qui s’y est développée et qu’ils vont pouvoir y rester parce qu’ils ont rompu cette solidarité. Une indécence d’autant plus grande, et dérisoire, que ce qui va s’y gagner, c’est la simple possibilité de s’installer en agriculture sur quelques hectares. Chose qui peut se faire partout en France d’autant plus facilement que les fermes se transmettent par milliers ces temps-ci et qu’il n’y pas besoin de mobiliser des dizaines de milliers de personnes pendant 6 ans pour rendre ces simples transactions financières possibles. Il y a même une agence immobilière – Terres de lien – qui joue très bien ce rôle de favoriser des installations labellisées « transition écologique ».

Mais pour qu’un tel chemin fût emprunté, il aurait fallu que, durant ces 6 ans, le développement des rapports de classes ne vienne pas désamorcer les élans de solidarité. Au point, presque anecdotique, que les « richesses » accumulées majoritairement à l’Ouest sous forme de dons à la lutte durent être régulièrement négociées au prix d’humiliations pour pouvoir passer partiellement à l’Est.

C’est une nouvelle fois avec une rage trop rentrée que l’on constate que sur la ZAD se rejoue en accéléré l’histoire de la gauche paysanne. Une histoire entamée par un syndicalisme de lutte incarné par les paysans travailleurs dans les années 1970 et qui s’est échouée dans les bureaux des ministères sous la bannière Confédération Paysanne. Une histoire qui a permis à l’État de faire de la gauche paysanne l’idiot utile des mutations incessantes des politiques agricoles qui, depuis plus de 20 ans, ont besoin d’apparaître sous le label « transition écologique » pour rendre acceptable l’accélération, tout aussi incessante, de l’industrialisation des campagnes. Une histoire qui a vu en 2017 la Confédération Paysanne abandonner à une lutte solitaire l’un de ses anciens porte-paroles qui dénonçait la supercherie des dispositifs de traçabilité auxquels il refusait de se conformer parce qu’il avait compris qu’ils n’étaient que le cache-sexe de l’industrialisation permanente. Une histoire de rage isolée, soldée par un assassinat d’État le 20 mai 2017 sur un chemin de Saône-et-Loire. L’État ne gère pas la « sécurité sanitaire » seulement en abattant les troupeaux mal conformés, il gère la colère en éliminant ceux qui la portent : HP ou balles de gendarmes, c’est selon…

Et comment nous épargner le dégoût de voir certains zadistes afficher publiquement le puçage de leur brebis quand des dizaines d’éleveurs en France continuent à résister à cette obligation normative ? Elle est belle la ZAD ! Mère et modèle de toutes les luttes depuis des années, à se mettre à genoux sans avoir même fait le geste d’entamer un rapport de force avec les administrations agricoles. On y est quand même content de s’être fait des Copains pour nous ramener à la raison à temps et d’annoncer que s’il doit y avoir reconstruction il faudra désormais le faire en respectant les Plans Locaux d’Urbanisme. Ces mêmes PLU qui interdisent partout aux petits paysans mal conformés de prétendre construire leur habitation sur leur ferme, mais qui heureusement permettent aux porcheries industrielles d’embellir les campagnes.

Dans cette tragi-comédie des fausses victoires, il ne manquait plus aux négociateurs que de faire jouer leur richesse en capital social pour mobiliser le soutien d’une kyrielle d’experts patentés en « transition écologique » issue de la gauche rurale [2]. Les voilà tous en chœur proposant leur service pour crédibiliser les PDE [3] des zadistes, en créant un Comité d’Accompagnement et de Conseil auprès de l’État et de ces mêmes zadistes. Il fallait bien, en effet, quelques dizaines de gauchistes salariés de l’État pour finir de mépriser toutes celles et ceux, dont nous sommes, qui n’en peuvent plus de se rendre présentables auprès des administrations agricoles et qui ont longuement éprouvé qu’une résistance ne se menait pas en légitimant l’ennemi.

Nous ne voyons pas aujourd’hui d’autres possibilités pour redonner un sens politique à la ZAD, et ailleurs, que de soutenir celles et ceux qui tentent de reconstruire ce qui a été détruit et d’occuper partout les administrations agricoles. Il n’y a rien à y négocier, simplement les dissuader d’organiser le ménage des champs.

Quelques agriculteurs et agricultrices du collectif contre les normes,
Le 14 mai 2018

[1] Sur ce sujet on conseille vivement la lecture éclairante de deux textes : « Des dynamiques inhérentes aux mouvements de contestation », ainsi que « Le mouvement est mort, vive la réforme ».
[2] Appel publié sous le nom « Pour un projet coopératif d’avenir qui respecterait le bien commun et la biodiversité et permettrait une désescalade à Notre-Dame-des-Landes », signé par des dizaines d’agronomes, professeurs, agriculteurs, ingénieurs…
[3] Plan de Développement Économique, sésame normatif auquel tous les candidats agriculteurs doivent se conformer pour avoir le droit de l’être.

Expulsion d'un Surgissement #2

Publié le 2018-05-20 11:40:04

Samedi 19 mai au soir, nouvelle tentative d’occupation d’un bâtiment pour « Surgissement » n°2, c’est cette fois-ci au 25 boulevard des Belges. La porte s’ouvre à 20h, l’expulsion est achevée à 22h.



Récit d’un Surgissement n°2

20h19

Le lieu n°2 vient d’être investi. On est dedans, y a la police et encore des gens en soutien dehors.
Un observateur dans les étages dit qu’il y a cinq fourgons qui arrivent.

20h38

Les flics sont toujours devant.

20h58

On se rassemble et on discute. Pas de mouvement du côté des flics. Certaines personnes à l’extérieur ont été contrôlées, à priori sans suite.
La bac arrive.
Ils font partir les gens devant.
Askip ils s’équipent. On barricade.
« Loup y es tu ? Je mets mes chaussures. »

21h33

Briefing juridique fait. Les gens sont un peu stressés mais on parle, ça va.

21h46

Intervention imminente.
Coupe boulon à la main.
Attaque. Bélier.

22h

L’expulsion a eu lieu, tout le monde est sorti en se tenant. A priori pas d’arrestation.
ça s’agit dehors, les flics gazent, les gens courent. Il y a une tentative de bloquer la route. Manifestation sauvage à 15 personnes.
La bac pourchasse les gens en ville qui se perdent et s’échappent tant bien que mal.
Rendez-vous est donné dans un bar pour se retrouver.

22h42

On annonce une arrestation - violente.

Barricades sur la Canebière suite à la finale, des condamnations

Publié le 2018-05-20 12:22:07

Suite à la défaite de l’OM en finale de la Ligue Europa, quelques affrontements ont eu lieu sur la Canebière et autour des Réformés. Comme lors de la victoire précédente, barricades enflammées et quelques arrestations ont marqué la soirée.



Dès la fin du match, la tension est montée sur le Vieux Port et a bien vite été noyée dans le gaz lacrymogène. Du commissariat, où se trouvaient de nombreux policiers en armure, on pouvait voir le nuage de gaz englober le port.

En remontant le long de la Canebière en direction des Réformés, de nombreuses petites barricades ont été érigées et incendiées à l’aide des poubelles, et ce jusqu’à la rue Consolat et dans les rues du Chapitre.

Barricade enflammée à l’entrée de la rue Consolat

Petit à petit, les CRS ont avancé, repris le contrôle des rues et fait éteindre les incendies par les pompiers. Une dizaine de personnes auraient été interpellées et passaient en comparution immédiate quelques jours plus tard.

Selon la Provence, des huit personnes étant en garde-à-vue, l’une à été condamnée à 14 mois de prison ferme avec mandat de dépôt, d’autres à des peines de quelques mois avec sursis.