Vive l'Anarchie - Semaine 20, 2023

Sommaire

Pense-bête : checker régulièrement sous les sièges

Publié le 2023-05-15 12:30:03

Joinville-le-Pont: l’engin suspect dans la voiture d’un fiché S
était en fait une balise de la police
BFMtv, 13 mai 2023

À Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), un simple contrôle routier a donné lieu au déploiement de nombreux policiers et à la mise en place d’un vaste périmètre de sécurité.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 00h45, un équipage local de la police constate un délit routier. Le véhicule circule en empiétant sur les deux voies de circulation. Les policiers se portent à la hauteur du conducteur et constatent que celui-ci porte des gants et qu’il y a trois hommes à bord. Ils lui demandent de s’arrêter et font sortir les occupants pour un contrôle d’identité.

Les policiers constatent que le conducteur est fiché S pour appartenance à la mouvance islamiste radicale. En fouillant le véhicule, ils découvrent sous le siège conducteur un dispositif artisanal semblant constitué de plusieurs piles, reliées à des fils électriques et entouré de scotch noir.

La découverte entraîne alors un vaste déploiement policier. Les trois hommes sont immédiatement placés en garde à vue pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.

L’engin analysé

Leurs téléphones sont placés à l’écart, de peur qu’ils ne servent à déclencher l’éventuel engin explosif et un très large périmètre de sécurité est mis en place dans la commune.

Un équipage du laboratoire central de la préfecture de police se déplace, ainsi que des équipes cynophiles spécialisées dans les explosifs. Les sapeurs-pompiers sont appelés en renfort et les lignes de bus sont déviées.

Finalement, à 3 heures du matin, le laboratoire central de la préfecture de police annonce qu’il ne s’agit pas d’un engin explosif. Le dispositif est un système de tracker GPS, constitué de piles, de fils électriques et d’une petite antenne.

La Direction du renseignement de la préfecture de police confirme alors qu’il s’agissait d’une balise destinée à surveiller le véhicule de l’homme fiché S. Les gardes à vue des trois hommes ont été levées pour absence d’infraction.

Usage du section 7 contre une anarchiste belge

Publié le 2023-05-16 13:35:10

Le samedi 6 mai 2023, une anarchiste de Belgique a été sortie du bus par cinq flics, en arrivant sur le sol anglais, alors qu’elle était en route pour le Royaume-Uni. Détail non-négligeable : c’était pendant le week-end du couronnement du Roi. Elle a été arrêtée (“detained, not arrested”) par la police anti-terroriste de Kent (counter-terrorism division) sur base de la législation anti-terroriste section 7.



[NL onder]

Au commissariat, elle a été détenue pendant 6 heures, ce qui est le maximum légal sans envoi en prison (entre l’arrestation et la relâche). Sous la législation Section 7, il est prévu que la personne soit interrogée (enregistrée en audio) avec prise d’empreinte et d’ADN, photos du visage, du corps et des tatouages, on lui demande l’accès au code de son téléphone dont le contenu est totalement copié. Quand on refuse, l’utilisation de la violence est prévue dans la loi et si on persiste dans le refus, on est envoyé en prison, pour une durée indéterminée - le temps de récolter les informations souhaitées. On offre la possibilité d’être assisté.e par un.e avocat.e, en disant que celui ou celle-ci ne fera que confirmer la législation. La personne a subi cette procédure extrêmement violente.

L’interrogatoire a duré 1 à 2 heures et les questions étaient surtout liées aux idées de cette personne, et à ses activités en Belgique, qui remontaient parfois à de nombreuses années en arrière. On n’a pas hésité à aborder la relation avec certains membres de sa famille. L’approche de la police était fort réglementée, avec un "officier du consentement" qui passait toutes les 2 heures, ou un contrôle du corps qui était présenté comme un "massage", et tout cela pendant qu’on t’offre du thé et du café. Une guerre psychologique qui est propre à l’appareil répressif de l’État, comme accompagnement à l’utilisation de la violence physique, qui n’a pas été utilisée cette fois.

La raison de l’arrestation et de l’interrogatoire n’a pas été donnée, si ce n’est le fait d’être anarchiste et potentiellement dangereuse. Après les 6 heures, l’anarchiste a été relâchée sans plus d’informations.

L’anarchiste a été mise sur une liste de l’État belge en 2017 avec – à leurs yeux – de potentiels “terroristes”, au moment où les premières personnes qui avaient combattu en Syrie revenaient. Leurs familles et ami.e.s ont été mises sur cette liste également ; tout le réseau de ces personnes était suivi par la Sûreté d’État. Après, on y a ajouté des anarchistes et plus récemment des personnes des milieux d’extrême droite. Peu de choses sont connues à propos de cette liste, de la façon d’observer ou de suivre des gens, et du nombre de personnes qui sont sur cette liste.

Pour les personnes qui sont sur cette liste, les expériences divergent. Certaines sont harcelées tous les mois par les flics en civil à leur adresse de domicile, parfois aussi à une adresse qui n’est pas officiellement liée à leur personne. Parfois les flics sont seuls, parfois deux, parfois beaucoup. Les questions qu’on leur pose sont souvent liées aux idées et activités de la personne. Certaines ne sont pas harcelées à domicile. Les personnes sont aussi harcelées en voyageant, que ce soit en voiture, en bus, en train ou en avion. Autant à l’extérieur qu’à l’intérieur des frontières de l’Europe, avec différents niveaux d’intensité. Il y a souvent un interrogatoire bref au sujet des activités de la personne, les raisons de son passage sur le territoire. Parfois, il y a aussi un contrôle des bagages ou du véhicule. Parfois, les données du portable sont copiées.

Le terroriste c’est l’État.
Solidarité, les luttes continuent.

[NL]

Op zaterdag 6 mei 2023 werd een anarchist uit België van de bus geplukt door vijf agenten, bij aankomst op Engelse bodem, wanneer ze op weg was naar het Verenigd Koninkrijk, misschien niet onbelangrijk – tijdens het kroningsweekend. Ze werd gearresteerd (“detained, not arrested”) door de anti-terreur politie van Kent (Counter terrorism divisie) op basis van de Section 7 anti-terreur wetgeving. In het politiecommissariaat werd ze 6 uur lang vastgehouden, wat het wettelijk maximum is zonder opsluiting in de gevangenis (van arrestatie tot vrijlating). Onder deze wetgeving wordt de persoon ondervraagd (en opgenomen met audio-recorder) er worden vingerafdrukken genomen, DNA, foto’s van het aangezicht, het gestalte en tatoeages, er wordt toegang gevraagd naar de gsm en deze wordt volledig gefotokopieerd. Bij weigering wordt het gebruik van geweld voorgeschreven in de wet, en indien de persoon zich blijft verzetten, wordt deze aangehouden en in de gevangenis geplaatst voor onbepaalde duur, de tijd die ze nodig hebben om de gewenste informatie te verkrijgen. Er werd de mogelijkheid aangeboden om een advocaat te contacteren, en erbij vermeld dat deze de wetgeving enkel zou bevestigen. De persoon heeft deze extreem gewelddadige procedure ondergaan.

De ondervraging duurde 1 à 2 uur en de vragen betroffen vooral de ideeën van de persoon, en activiteiten van deze persoon in België die soms vele jaren teruggingen. Er werd niet geschuwd om de relatie met familieleden aan bod te laten komen. De aanpak van de politie was reglementair vastgelegd, met een "consent officer" die om de 2 uur langskwam, waarbij een lichaamscontrole als een "massage" werd voorgesteld en dit allemaal terwijl er koffie of thee werd aangeboden. Dit alles kadert in de psychologische oorlogsvoering die eigen is aan het repressief apparaat van de Staat, ter aanvulling van het gebruik van fysieke geweld, wat in deze niet werd gebruikt.

Een aanleiding voor de arrestatie en ondervraging werd niet gegeven, anders dan anarchist en potentieel gevaarlijk te zijn. Na deze 6 uren werd de anarchist vrijgelaten zonder meer informatie.

De anarchist werd op een lijst gezet dat de Belgische Staat vanaf 2017 aanmaakte met – in hun ogen – potentiële “terroristen”, op het moment dat de eerste mensen die in Syrië gevochten hadden, terugkwamen. Ook vrienden en familie werden op de lijst gezet ; het hele netwerk van deze mensen werd opgevolgd door de Staatsveiligheid. Later werden ook anarchisten aan de lijst toegevoegd, en meer recent ook mensen uit extreem-rechtse middens. Er is over het algemeen weinig geweten over deze lijst, over de werkwijze van de observaties of opvolging, en over het aantal mensen die op deze lijst staan.

Voor de mensen die op deze lijst staan zijn de ervaringen anders, en soms zeer uiteenlopend. Sommigen worden maandelijks lastiggevallen door politie in burger aan hun domicilie-adres. Soms gebeurt dit ook aan een adres dat niet officieel gelinkt is met de persoon. Soms zijn ze alleen, soms met twee, soms met velen. Er worden vragen gesteld naar de ideeën en de activiteiten van de persoon. Anderen worden niet lastiggevallen thuis. Verder worden mensen ook lastiggevallen wanneer ze reizen, of het nu met de auto, de bus, de trein of het vliegtuig is. Dit zowel binnen de grenzen van Europa, als daarbuiten, met verschillende niveaus van intensiteit. Er volgt ook vaak korte ondervraging naar de activiteiten van de persoon, de reden van aanwezigheid op het grondgebied. Soms volgt er ook een bagagecontrole of controle van het voertuig en worden de gsm-gegevens gefotokopieerd.

De terrorist is de Staat.
Solidariteit, de strijden gaan door.



Ngor (Sénégal): la population refuse une caserne de gendarmerie

Publié le 2023-05-16 13:40:03

Ngor (Sénégal): la population refuse une caserne de gendarmerie

Un litige oppose les gendarmes et la population de Ngor qui refuse que la Gendarmerie récupère les terres communales pour construire une caserne. Suite à de nombreuses manifestations émaillées d’incidents, la gendarmerie a placé Ngor en état de siège. [Mardi 9 mai] personne ne pouvait y entrer ni en sortir. Cela a suscité une colère générale au sein de la population. De nouveaux affrontements ont éclaté entre force de l’ordre et jeunes. Les gendarmes ont tiré à balles réelles et blessé une jeune fille.

[Publié le 10 mai 2023 sur le site du Secours rouge.]

Il carcere uccide

Publié le 2023-05-17 20:20:03

Il carcere uccide

Se muori dentro

Riceviamo e diffondiamo:

Il carcere uccide

Sono morte 2 persone in sciopero della fame al 41 bis; una ad aprile e una ai primi di maggio, che fanno seguito alle 3 morti in simili condizioni degli anni passati.
Sono morti nel silenzio generale, che è anche una nostra mancanza sulla quale riflettere; i giornali velatamente sminuiscono i princìpi della nostra lotta in supporto ad Alfredo, utilizzando la solita arma di distrazione di massa per spostare l’attenzione dal problema.
Non si chiamavano Alfredo e ne prendiamo dolorosamente atto, a ricordarci che la sua lotta dev’essere portata avanti; ma cari scribacchini, stampelle del regime che vi sovvenziona, non mostrate interesse peloso perché non serve, non ne avete titolo!
Queste tristi morti in solitudine dimostrano appieno cosa sia a come funziona il carcere: OMERTÀ IN NOME DELLA LEGGE!
La stessa omertà che avete provato a mettere in campo quando è partita la campagna per salvare la vita di Alfredo, sminuendo sia lui in quanto colpevole di qualcosa quindi meritevole delle patrie galere, sia i solidali che avete chiamato terroristi, allargando le maglie a chiunque si occupasse del caso (Donzelli docet); voi lamentate “un silenzio assordante” quando avete provato in ogni modo a silenziare la lotta di Alfredo agli albori e quando non potevate più farlo siete passati a sminuirne la portata, per tornare all’oblio quando è risultato palese che la sua determinazione non fosse in vendita; e quanto vi è costato constatare la vittoria giuridica che la consulta ha dovuto accettare?
Parecchio si deduce, tenendo conto che avete ben pensato non fosse il caso di soffermarsi troppo sulla portata di una sentenza che ha asfaltato il libero arbitrio delle toghe più intransigenti, sedicenti organi di giustizia.
Ma soprattutto, tristi e inutili minus habens, scrivendo che questi morti non si chiamavano Cospito e nessuno se n’è preoccupato, avete evidenziato l’interesse dello stato a non occuparsene e a tenere nascosto l’esito dell’iter carcerario dove il detenuto non deve più essere considerato essere umano dalla comunità.
E nella vostra cieca ignoranza avete anche evidenziato l’immensa portata della solidarietà e della lotta esterna dei solidali senza la quale Alfredo non avrebbe avuto voce e questo lo scrivete voi, quando a noi invece davate dei terroristi!
Avete sottolineato il silenzio istituzionale quando per Alfredo ne avete condannato l’eco, senza porvi problemi sulle numerose mancate risposte degli organi preposti che hanno giocato per mesi con la vita di un uomo; e in ultimo, fedeli alla linea del padrone, non avete perso occasione per comparare la durata dello sciopero della fame di Alfredo a mantenere vivi i dubbi sui quali vi siete spesi per mesi oltrepassando il ridicolo, perché proprio non riuscite ad accettare la determinazione di un detenuto che ha portato a una vittoria che non poteva che essere istituzionale date le dinamiche di reclusione, che ha azzerato de facto tutte le stronzate che avete propinato, sciacallando come da prassi del vostro triste mestiere.
Un grazie è doveroso, avete reso palese che l’aiuto più utile per un detenuto è quello degli esterni che si mobilitano per contrastare “il silenzio assordante dell’autorità” e di concerto avete illustrato la finalità ultima per i sepolti vivi: la morte, possibilmente senza troppo rumore, altrimenti “si rende vano il fine”.
Grazie, avete illustrato che il problema è reale perché il carcere uccide.
Volevate il martire ma Alfredo ha fatto sfumare l’occasione; ve la siete presa, solo quando la nuda morte ha eliminato il contraddittorio.
Miserabili.

[Iran] Toujours la résistance populaire contre le régime et ses forces répressives

Publié le 2023-05-17 20:25:08

Des jeunes rebelles ont mené dix attaques incendiaires rien que le le 12 mai 2023. Trois bases répressives de la milice Bassidj ont été attaquées au cocktail Molotov à Téhéran, Ispahan et Manodjan Kerman, un centre de propagande, une fondation et le bureau de l’Imam de vendredi de la ville de Mohammadyeh à Qazvin qui représente Khameneï dans cette ville ont aussi été incendiés.



En outre, des affiches portant les portraits de Khamenei, de Khomeiny ou de Qassem Soleimani ont été incendiées à Machad, Chiraz, Arak et Sangar Guilan. En outre, les habitants de Zahedan sont de nouveau descendus dans la rue vendredi. Les manifestants ont scandé « à bas Khamenei », « Honte à toi Khamenei, quitte le pays », « Bassidj et pasdaran, c’est vous notre Daech », « Les mollahs doivent décamper », « Mort à l’oppresseur, qu’il soit le chah ou le Guide (Khamenei), » etc.



Hambourg (Allemagne) : un tracker trouvé sur le scooter d’une compagnonne

Publié le 2023-05-19 07:25:06

Traduit de l’allemand de de.indymedia, 11 mai 2023

Ces derniers jours, un « AirTag » de la société Apple a été trouvé dans le siège d’un scooter. Le scooter est utilisé par une compagnonne anarchiste de Hambourg, qui a déjà fait l’objet de mesures de surveillance et d’enquête par le passé.

Le petit appareil plat, d’un diamètre d’environ 3 centimètres et d’une hauteur de moins d’un centimètre, a été inséré dans le rembourrage du siège du scooter par une fente apparemment faite avec un cutter ou un outil similaire. On peut supposer qu’un service d’enquête ou de protection de la constitution [anti-terrorisme allemand] est responsable du placement de ce tracker.

Apple commercialise à l’origine les AirTags dans le but de localiser des objets tels qu’un trousseau de clés, un portefeuille ou autre objet « égaré » dans l’environnement immédiat de son propre smartphone. Il fonctionne via Bluetooth et a tout d’abord une portée immédiate et maximale d’environ 100 mètres à l’extérieur.
Il ne devient un instrument permettant de suivre les mouvements d’une autre personne qu’avec la fonction « Find My » des iPhones d’Apple.

Si cette fonction est activée, l’AirTag « perdu » se couple avec d’autres iPhones ou iPads (dont la fonction Bluetooth est activée) dans les environs et communique sa position à l’appareil Apple couplé au tracker via le réseau « Find My » – et avec l’utilisation inflationniste de produits Apple et d’écouteurs Bluetooth, ces petits appareils enregistrent alors un profil de mouvement potentiellement assez complet, en particulier dans les zones urbaines.

Les piles des AirTags ont une durée de vie d’environ un an.

Selon Apple, les trackers émettent un (léger) bip à intervalles réguliers en mode « Find My » – ce qui devrait être suffisamment atténué par le rembourrage du siège du scooter, par exemple.
Il devrait également être possible d’identifier les AirTags « perdus » au moyen de l’application « Find My » sur les iPhones et de l’application « Airguard » pour Android. Ces possibilités font l’objet de quelques articles que nous recommandons de lire, par exemple sur la plateforme informatique golem.de.
Le numéro de série de l’AirTag permet théoriquement d’identifier l’appareil qui y était initialement couplé – mais il est difficile d’obtenir des données sur lesquelles le groupe Apple a le contrôle.

Les AirTags coûtent actuellement environ 40 euros l’unité – et sont donc de loin le moyen le moins cher pour les autorités d’enquête d’utiliser de tels appareils pour la surveillance. Nous estimons qu’un certain taux de défaillance, des lacunes dans la surveillance ou une utilisation limitée des données dans le cadre de procédures pénales sont des raisons négligeables pour les autorités de ne pas utiliser ces appareils.

Alors : vérifiez vos voitures, scooters, vélos, etc.

N’hésitez pas à nous faire part de vos compléments techniques ou de vos propres expériences.
Et opposons à la paranoïa notre colère, notre détermination, notre prudence et notre solidarité.

Informations complémentaires :
https://www.golem.de/news/airguard-im-test-die-beste-app-um-airtags-unte…
https://suche.golem.de/search.php?l=10&q=airtag

Caen (Calvados) : deux bornes de recharge électrique sabotées

Publié le 2023-05-19 07:30:03

[Reçu par mail, le 17 mai 2023]

Les voitures électriques sont un élément central de la restructuration en cours de l’économie capitaliste. Leur diffusion sur le marché fait partie intégrante d’une offensive bien plus vaste menée par le camp néo-libéral, ses politiques, ses lobbyistes, ses médias, ses publicitaires, qui veulent nous faire croire que la transition vers des énergies dites décarbonées est la solution à la crise écologique. Le tout-électrique est en marche, pour le plus grand bonheur des industries nucléaires, éoliennes et autres. Au prétexte que celles-ci seraient vertes, la question de la production, de l’exploitation et de la croissance est balayée. Le système peut continuer de prospérer, détruisant au passage tout ce qu’il touche.
Non, le nucléaire n’est pas une énergie propre. De l’extraction des minerais nécessaires à son fonctionnement, en passant par la pollution de l’eau, jusqu’à la production d’une quantité monstrueuse de déchets, et sans parler du risque majeur de catastrophe, le nucléaire pue la mort. Les éoliennes industrielles et les parcs photovoltaïques ne sont pas en reste puisque l’implantation de ces infrastructures participe aussi à la destruction du vivant et à la perpétuation d’un système qui a besoin d’énergie pour tourner.


Les voitures électriques constituent un débouché économique majeur pour l’industrie électrique, et une aubaine pour la relance des industries automobiles et minières, qui comptent parmi les plus polluantes au monde. Par exemple, les batteries des voitures électriques sont fabriquées avec du lithium, un minerai qualifié de « nouvel or blanc » par les capitalistes, et dont l’extraction explose depuis quelques années. Le gouvernement français et la société Imerys prévoient d’ailleurs d’ouvrir la plus grande mine de lithium d’Europe en 2028, dans l’Allier, pour produire 700 000 batteries de voitures électriques par an.

Le fonctionnement normal de la flotte de véhicules électriques repose sur un réseau de bornes de recharge, que l’État et les entreprises privées implantent intensivement sur le territoire. Le ministre des transports Clément Beaune a annoncé l’objectif : 400 000 bornes de recharge en France d’ici 2030.
En attendant, dans la nuit du 17 mai, deux bornes de recharge électrique MobiSDEC ont été sabotées avec de la mousse expansive. La première près du nouveau tribunal judiciaire, la seconde à côté de l’Ecole Supérieure d’Arts et Médias (ESAM), sur la Presqu’île de Caen.

Le quartier de la Presqu’île n’a pas été choisi au hasard.
Depuis plusieurs années, les responsables politiques locaux y organisent une gentrification intensive. Les entrepôts, les anciens immeubles et les squats y sont peu à peu rasés, puis remplacés par des bâtiments neufs et des constructions modernes visant à rendre le quartier attractif pour les investisseurs et les riches (résidence de luxe Le Norway, espace collaboratif d’innovation Le Dôme, nouvelle ligne de Tramway, ESAM, bibliothèque municipale, tribunal, salle de concert Le Cargö…). Le prix du mètre carré atteint à certains endroits de la Presqu’île des tarifs parisiens. Parmi toutes les infrastructures mises à disposition de cette nouvelle population, les bornes de recharge électrique sont essentielles, afin que les jeunes cadres dynamiques et les retraité-es privilégié-es qui viennent de s’installer là puissent recharger tranquilles leur Tesla ou leur SUV électrique. Pas de bol, ça ne sera pas possible ce matin, les deux bornes de recharge de la Presqu’île étant HS, et pour une fois, ce ne sont pas les travailleur-euses du sexe ou les squatteur-euses exilé-es habitant le quartier qui seront emmerdé-es, elles que la police et la mairie cherchent à pousser toujours plus loin du centre-ville et à exclure de la Presqu’île.
Alors débranchons les quartiers branchés.
Parce que mettre fin au capitalisme passe par l’attaque contre les infrastructures stratégiques du système : partout, résistance & sabotage !

Nouvelles d’Alfredo et date d’appel pour Scripta Manent

Publié le 2023-05-19 09:00:03

Procès Scripta Manent : nouvelle audience d’appel prévue le 19 juin

Vendredi dernier, le 12 mai, la Cour constitutionnelle a terminé la rédaction des motivations avec lesquelles elle a ouvert la possibilité d’un nouveau recours.
La Cour constitutionnelle a rédigé les motivations avec lesquelles elle a ouvert la possibilité d’un nouveau recours.
de reconnaître des circonstances atténuantes à Alfredo, et donc de lui éviter une condamnation à perpétuité.
Suite à cela, immédiatement, ce matin, la nouvelle audience d’appel au tribunal de Turin au cours de laquelle les les juges recalculeront les peines à infliger à Anna et à Alfredo. L’audience est fixée au 19 juin prochain. Nous rappelons que avant la saisine de la Cour constitutionnelle, le ministère public avait demandé de condamner Alfredo à la prison à vie et Anna à 27 ans.

Toujours solidaire des anarchistes emprisonnés
Toujours aux côtés de ceux qui luttent

Traduit d’IlRovescio

Alfredo Cospito a été transféré de l’hôpital San Paolo à la prison de l’Opéra de Milan (3 mai 2023)

Nous apprenons que, le 3 mai, Alfredo Cospito a été transféré de l’hôpital San Paolo à la prison de l’Opéra, de nouveau dans l’unité de soins intensifs (SAI) où il était précédemment incarcéré. Nous vous rappelons que le 19 avril dernier (à la suite de l’audience du 18 à la Cour constitutionnelle), le camarade a interrompu la grève de la faim qu’il avait entamée le 20 octobre et qu’il se trouve actuellement dans une phase délicate de récupération de sa capacité à s’alimenter.

Son adresse est la suivante

Alfredo Cospito
Prison de l’Opéra de Milan
via Camporgnago 40
20141 Milan

Traduit D’IlRovescio

Bancali – 70 compas sous enquête pour les rassemblements devant la prison.

Publié le 2023-05-19 09:05:03

Mot d’ordre : PUNIR L’ANARCHISME et la solidarité

La loi contre les anarchistes / les anarchistes contre la loi

Nous venons d’apprendre que ce matin, 5 mai, pas moins de 70 compagnonnes et compagnons ont été informés non pas du poème plus ou moins connu de Manzoni, mais du rapport de la QUESTURA DI NUORO – D.I.G.O.S, de l’AVIS DE CONCLUSION DES ENQUÊTES PRÉLIMINAIRES ET DES INFORMATIONS DE GARANTIE pour pas moins de 26 charges pénales, relatives aux initiatives tenues du 29 octobre de l’année dernière au 22 janvier de l’année en cours : donc aussi celles des 4 et 27 décembre, et celles des 1er et 15 janvier. Les initiatives ont eu lieu dans la ville de Sassari, et autour de sa « nouvelle structure infernale » de Bancali, en soutien à la lutte contre le règlement 41 bis de la prison et l’hostilité de la peine à laquelle le camarade Alfredo Cospito a commencé avec sa grève de la faim, trouvant la solidarité dans d’autres prisonniers et détenus en Italie et ailleurs.

Les accusations, pour la plupart ridicules – on accuse même des camarades et des camarades qui ont utilisé le micro pendant les initiatives d’avoir … parlé dans le micro – mais pas du tout insignifiantes dans le complexe des projets du pouvoir constitué, désormais bien habitué à appliquer sous les prétextes les plus bizarres des mesures restrictives de toutes sortes visant à geler les activités des anarchistes et des anarchisants. Ils mettent ainsi en évidence la volonté paroxystique des institutions politiques anarchistes et du pouvoir judiciaire de tenter de fermer la bouche de ceux qui ne veulent pas entendre parler des ravages que leur système impose partout.

L’intensification des luttes est la meilleure réponse à leur barbarie.

Anarchistes solidaires dans la colère

Traduit de IlRovescio

Indymedia Lille

Publié le 2023-05-20 12:35:04

Une nouvelle brochure sur les prisons dites "pour femmes" !

Cette brochure est un partage d’expérience et de réflexions d’un.e compagnon.ne anarchiste qui a été en prison dite "pour femmes" en 2016 et en 2019, en Allemagne.

Les thèmes abordés sont :
- la prison, le genre et le patriarcat
- la figure de prisonnier.e politique
- le transport pénitentiaire
- les émotions en prison

Elle est publiée ici.

Bonne lecture !

Contact : auslieferung-auslieferung[at]riseup.net


Non à la mine de lithium d'Echassières

Publié le 2023-05-20 16:20:07

Samedi 6 mai avait lieu à Echassières, dans l’Allier, une première journée de mobilisation de différents collectifs contre le projet Emili visant à faire d’une carrière de kaolin l’une des plus grandes mines de lithium en Europe à l’horizon 2027. L’occasion de revenir sur ce projet phare de la relance industrielle et du tout électrique vendu par Macron et son monde.



Samedi 6 mai avait lieu à Echassières, dans l’Allier, une première journée de mobilisation de différents collectifs contre le projet Emili visant à faire d’une carrière de kaolin l’une des plus grandes mines de lithium en Europe à l’horizon 2027. L’occasion de revenir sur ce projet phare de la relance industrielle et du tout électrique vendu par Macron et son monde.

Causeries printanières de mai/juin 2023

Publié le 2023-05-21 18:15:04

Jeudi 25 mai à 18h : causerie à partir de « La tyrannie de la faiblesse »

Et si la construction d’un individu démuni et tolérant était au cœur du projet de la domination, se basant sur la participation mais aussi sur l’acceptation de cette réalité?  Et si les subversifs et les révolutionnaires étaient eux-mêmes de plus en plus sous l’emprise de cet alibi de la faiblesse, envahissant leurs intimités autant que leurs attentes vis-à-vis des conditions sociales ? N’en résulterait-il pas une renonciation au dépassement individuel et à l’effort propre aux chemins de l’agir ? Voilà certaines questions dont on aimerait causer à partir de la lecture du texte « La tyrannie de la faiblesse » (1), qui semble terriblement actuel à la lumière, d’un côté, des transformations et des restructurations du capitalisme techno-industriel, et de l’autre d’une partie importante des réflexions menées par des subversifs ces derniers années.

(1) Une traduction en français se trouve dans le numéro 24 du bulletin anarchiste pour la guerre sociale Avis de tempêtes (15 décembre 2019), disponible à la bibliothèque ou ici, page 14 :
https://avisdetempetes.noblogs.org/files/2019/12/Avisdetempetes24.pdf Le texte original avait été publié en 1988 dans le journal anarchiste ProvocAzione.

Mercredi 07 juin à 18h : causerie à partir de « En temps d’écocide ».

Le texte « En temps d’écocide » est paru dans le numéro 36 du mensuel anarchie ! (mai 2023), qui est disponible à la bibliothèque.

L’intro : Il y a urgence. Peut-être moins pour « sauver la planète » (car le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la dévastation de la nature ont bien passé les points de bascule où « revenir en arrière » en réduisant progressivement l’empreinte mortifère de la société industrielle ne paraît même plus envisageable) que pour se poser une question qui exige des réponses décisives. Quelle orientation donner aujourd’hui, dans les conditions qui nous sont données et celles qui se profilent à l’horizon, à nos combats ?

Jeudi 29 juin à 18h : Apéro-InfoKiosK

Apporte si tu veux boissons faites maison & autres grignotages plus ou moins choursés et repart avec tracts & brochures de l’infokiosk qu’on aura fort garni pour l’occasion !

Indymedia Lille

Publié le 2023-05-21 18:20:04
LA SEULE FAC QUI ILLUMINE EST CELLE QUI CRAME
26 mai 2023 10:07, par Croustillant


Quand on écoute ou lis certains militants de gauche universitaires, on capte l’esbrouffe à des kilomètres. Pour elleux, critiquer l’université ce serait de droite. Alors qu’historiquement les universités populaires initiées par des anarchistes l’ont été CONTRE l’université bourgeoise que ces militants aujourd’hui défendent. Les causeries populaires allaient encore plus loin dans l’horizontalité puisque pour Libertad et certains de ses compagnons, les universités populaires reproduisaient des travers de l’institution contre laquelle ces dernières s’opposaient.

Si on suit le raisonnement de ces militants, ces anars d’antan seraient aussi des droitards ? Et ces libertaires qui ont mis pratique le « refus de parvenir » (refus d’enseigner à la fac ou d’enseigner tout court, refus des titres, des promotions…), iels étaient aussi des droitards ? Puis comme l’université est une institution, être engagé·e dans le combat anti-institutionel comme les antivalidistes se battent contre la psychiatrie, les ESAT, les EPHAD, qui luttent pour l’abolition des institutions, c’est aussi de droite ? Vous sentez l’embrouille idéologique de ces universitaires militants intégrés, transformés en chien de garde de l’institution ou bien ?

Que l’université soit un secteur où il y a moyen de gagner sa vie (souvent très bien), c’est une chose. Mais défendre cette institution qui est toujours réservée à des privilégiés, qui reproduit les hiérarchies sociales, les discriminations de genre, racistes et autres en assimilant les critiques ou oppositions totales à la droite, aux « anti-intellos » en est une autre inaudible d’un point de vue anarchiste révolutionnaire. C’est une tactique de larbin inféodé, de mandarin semblable aux tartes des propagandistes libéraux de gauche tenant à leurs privilèges, ou à celles des scientistes qui essuient les critiques d’un mythique Progrès en les qualifiant d’obscurantistes ou de réactionnaires. En somme une tactique de petit-bourgeois parvenus aussi peu enviable que les appels des appelistes rêvant d’investir l’université pour la transformer de l’intérieur. Comme si une institution, routine mortifère et autoritarisme n’allaient pas toujours ensemble. Comme si on pouvait mettre à bas un système éducationnel, de dressage intamuros. La poudre aux yeux des appelistes, c’est comme les mensonges de certains nazis heideggeriens qu’iels aiment tant : plus c’est gros… Et puis si les appelistes étaient anarchistes, ca se saurait, bro !

On ne balancera pas les noms de ces profs devenus célèbres dans la gauche et qui n’ont commencé qu’à se mouiller un peu aux luttes seulement après avoir attendu d’être salarié·e·s par l’université, d’avoir une place de planqué·e. Mais on les oublie pas ces champions en appropriation marchande de nos combats contre leur lutte des places chez les bourges.

Et sortez pas des travaux universitaires de gauche (R.I.P. les falsificateurices Dupuis-Déri, Mahoudeau, Colombi & Cie). Ni des études de sociologues jaunes à la Laurens l’ami des patrons de l’édition. Ni des méta-analyses où on ne sait quoi pour justifier leur ou votre autorité scientifique. On s’en cogne pas mal des savoirs institués que les anarchistes ont presque toujours critiqué ou refusé parce qu’ils servent toujours le Pouvoir, celui des enseignant-e-s en premier.

Quand bien même l’université bourgeoise serait majoritairement fréquentée par des prolétaires issu.e·s des couches les plus pauvres, cela ne rendrait pas plus défendable cette institution où la hiérarchie est partout, qui forme aussi salariat, à la reproduction de la société existance. Les profs de facs sont comme des agents de France-Travail-Pole-Emploi.

Là où il y hiérarchie on ne fait pas de concession. Comme dans toutes les critiques anti-école disponibles sur Infokiosques et d’autres sites libertaires. Donc : A bas l’université, l’école, la gauche institutionnelle ou académico-scolaire et tous les autres gardes-chiourmes élitistes du savoir (sacré) ! BRULONS TOUT ! COMMENCONS PAR LES IDOLES DE LA GAUCHE MOLLE ET LIBERALE ! A BAS LA CIVILISATION !


Lettre de la prison de Koridallos de St. Mp.

Publié le 2023-05-21 18:25:04

N.d.T.

Nous avons décidé de diffuser cette lettre afin de rompre l’isolement de la prisonnière, même s’il s’agit d’un geste minime qui contribuera seulement à dissiper l’ignorance relative de sa situation. Nous avons décidé de traduire cette lettre parce que nous pensons qu’il est nécessaire de changer les paramètres d’une conversation éparse qui, jusqu’à présent, n’a vu que des personnes se retrancher dans leurs loyautés préexistantes (en tant qu’amis/ennemis ou alliés/antagonistes politiques). D’autres personnes doivent s’impliquer, non pas pour se nourrir du dernier drame du mouvement, mais pour faire une différence significative dans leur propre contexte (qui, pour certains, inclura également ce contexte).

Lorsque nous entendons des histoires d’abus loin de nos espaces, les condamnations sont facilement exprimées, les responsabilités et les causes clairement désignées, tout le monde crie « à bas le patriarcat ». Lorsque le comportement abusif se produit dans nos cercles proches, les « si » et les « mais » sont nombreux, les ambiguïtés et les nuances brouillent les pistes, le patriarcat n’est apparemment pas impliqué. Ce n’est pas la première fois que nous entendons parler d’abus dans le milieu anarchiste, ce ne sera pas la dernière et nous sommes fatigués d’avoir des discussions pour savoir si telle ou telle personne a fourni suffisamment d’indices pour que nous puissions la considérer comme digne de notre soutien (et soyons honnêtes, un soutien qui reste très en marge). Nous sommes toujours presque aussi tristes et choqués par la réaction de l’entourage direct avant, pendant et après. Nous devons faire mieux.

Outre les slogans sur les manifs et les témoignages personnels sur indymedia, nous devons être capables de parler de et de lutter contre la manière dont la société patriarcale façonne également notre comportement, nos relations, notre pensée, notre soi-même. Nous n’avons pas les réponses, nous ne revendiquons pas la vérité, nous voulons vivre, nous ne voulons pas simplement survivre dans cette société oppressive – commençons par là.

 

Lettre de la prison de St. Mp.
17/10/2022

Il existe des événements qui peuvent stigmatiser pour toujours la vie d’une personne. Des événements qui peuvent t’écraser et te terrifier au point d’avoir des cauchemars et d’avoir peur de dormir ; de s’interroger si on peut faire confiance aux gens, puisqu’on a été trahie par la personne la plus proche, son compagnon.

Le 1er mai 2020, j’ai vécu, moi aussi, un tel événement, que je n’oublierai jamais et qui me hantera toute ma vie.

Après une très grosse dispute avec mon compagnon, il m’a battue, m’a attaquée avec un couteau et m’a blessé à la jambe. Les voisins et mon père ont appelé la police et le SAMU pour signaler de la violence domestique. Après l’arrivée et l’éloignement de la police (on n’a pas déposé de plaintes en raison de nos convictions politiques) et du SAMU (pour nous apporter les premiers secours), la dispute a recommencé et s’est intensifiée. Mon compagnon m’a attaquée pour la deuxième fois visant à me tuer. Je me suis défendue et mon compagnon a été blessé après une confrontation entre nous. J’ai appelé le SAMU, il a été emmené à l’hôpital, où, malheureusement, il est mort suite à une hémorragie interne résultant de sa blessure, une information que j’ai apprise plus tard, après mon arrestation, puisque la première évaluation des médecins soignants était qu’il a subi un arrêt cardiaque.

Ce n’était pas la première fois qu’on avait une dispute intense, mais c’était la première fois qu’il m’a menacé avec un couteau.

Je n’en avais jamais discuté car j’espérais toujours que ce serait la dernière fois, vu que ça n’arrivait pas au début de notre relation, seulement durant la dernière année. J’étais confuse sur ce qui nous lie et ce qui nous sépare, puisqu’on avait passé 6 ans de notre vie ensemble. Car ce n’est pas facile de se rendre compte qu’on est victime de violence, même si on croit qu’on peut la reconnaitre. Car j’avais peur que personne ne me croirait. Et j’ai toujours peur…

J’ai été condamnée pour homicide volontaire dans un état mental calme, même si tous les deux nous étions sous l’influence de drogues, comme le prouvent nos tests toxicologiques. Même si le tribunal a accepté la possibilité que j’étais partiellement dans une position de défense, j’ai été condamnée en première instance à douze ans d’emprisonnement pour homicide et à 3 mois pour possession d’arme.

Je suis enfermée pour plus de 2 ans dans la prison pour femmes de Koridallos et j’essaye de faire face au traumatisme de la violence physique que j’ai subie, à la violence psychologique qui a suivi à cause de l’isolement et de mon exclusion, en particulier pendant la première année (je ne me réfère pas seulement aux conditions de la prison), mais aussi à la perte à cause de la mort.

Je suis arrivée au point où, étant en position de défense et essayant de me défendre, je suis responsable pour la mort d’une personne, la mort de mon compagnon· et j’essaye d’accepter tout cela. Le fait de se retrouver dans une condition d’enfermement pour un acte que je n’ai jamais imaginé, essayant d’affronter au quotidien mes cauchemars et mes remords.

Je suis toujours là, en attendant mon procès en deuxième instance, espérant et demandant la conversion de mon accusation sur la base des événements réels. Pas nécessairement une remise de peine, aussi paradoxal que cela puisse sembler. Car, finalement, qu’est-ce que la violence et qu’est-ce que l’autodéfense ? Car, pour moi il s’agit d’une question de morale et de principe.

Je veux dire à toutes les femmes qui se retrouvent dans des situations similaires de ne pas rester. D’arrêter de se culpabiliser. De partir, quel que soit le coût. Rester dans une relation toxique et violente peut avoir des conséquences catastrophiques. Ce qui s’est passé est terrible et n’aurait jamais dû arriver ! Ce genre de situations n’ont jamais une fin heureuse.

Je suis les infos où un nouveau féminicide arrive chaque jour et je me demande si on peut fonder les conditions pour que toutes les voix s’entendent sans peur. Pour voir l’aspect réel de la violence que subissent les femmes (et pas seulement). Pour que la violence cesse d’être normalisée et que la résistance des femmes contre celle-ci cesse d’être perçue comme irrationnelle et marginalisée.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour accepter ce qui m’est arrivé et retrouver un peu de mon courage. C’est une des raisons pour lesquelles je décide de parler maintenant. Pour que personne d’autre ne se retrouve à ma place. Pour que chacun d’entre nous puisse parler. Pour mettre fin à la peur.

St. Mp.
Prison pour femmes de Koridallos

https://athens.indymedia.org/post/1621199/

La prison tue.

Publié le 2023-05-21 18:35:07

La prison tue.

Deux personnes sont mortes en grève de la faim à la prison 41 bis, l’une en avril et l’autre au début du mois de mai, après trois décès survenus dans des conditions similaires au cours des années précédentes.
Elles sont mortes dans le silence général, ce qui nous empêche également de réfléchir ; les journaux minimisent de manière voilée les principes de notre lutte en faveur d’Alfredo, en utilisant l’arme habituelle de la distraction de masse pour détourner l’attention du problème.
Ils ne s’appelaient pas Alfredo, et nous en prenons douloureusement acte, ce qui nous rappelle que son combat doit être poursuivi ; mais chers scribouillards, béquilles du régime qui vous subventionne, ne feintez pas votre interêt, vous n’avez  aucune légitimité !
Ces tristes morts dans la solitude démontrent pleinement ce qu’est la prison : L’OMERTA AU NOM DE LA LOI !
La même omertà que vous avez essayé de mettre en place lorsque la campagne pour sauver la vie d’Alfredo a commencé, en le rabaissant à la fois comme étant coupable de quelque chose et donc méritant les prisons, et les sympathisants que vous avez appelés terroristes, en élargissant le filet à tous ceux qui ont traité l’affaire (Donzelli docet) ; vous vous plaignez d’un « silence assourdissant » alors que vous avez tenté par tous les moyens de faire taire la lutte d’Alfredo dans les premiers temps et que, lorsque vous n’avez plus pu le faire, vous êtes passé à la dénigrer, pour retourner à l’oubli lorsqu’il est devenu évident que sa détermination n’était pas à vendre ; et combien vous a coûté la victoire juridique que la cour constitutionnelle a dû accepter ?
On peut en déduire pas mal de choses, sachant que vous avez cru bon de ne pas trop vous attarder sur la portée d’un arrêt qui a asphyxié le libre arbitre des organes de justice les plus intransigeants et autoproclamés.
Mais surtout, triste et inutile minus habens, en écrivant que ces morts ne s’appelaient pas Cospito et que tout le monde s’en fichait, vous avez mis en évidence l’intérêt de l’État à ne pas s’en occuper et à garder cachée l’issue du processus carcéral où le détenu ne doit plus être considéré comme un être humain par la communauté.
Et dans votre ignorance aveugle, vous avez aussi souligné l’immense étendue de la solidarité et de la lutte extérieure de solidarité sans laquelle Alfredo n’aurait pas eu de voix, et cela vous l’avez écrit, alors que vous nous traitiez plutôt de terroristes !
Vous avez souligné le silence institutionnel en condamnant les échos d’Alfredo, sans remettre en cause les nombreuses non-réponses des instances responsables qui ont joué avec la vie d’un homme pendant des mois ; Et enfin, fidèle à la ligne du maître, vous n’avez pas manqué l’occasion de comparer la durée de la grève de la faim d’Alfredo au maintien des doutes sur lesquels vous avez passé des mois, dépassant le ridicule, parce que vous ne pouvez tout simplement pas accepter la détermination d’un prisonnier qui a remporté une victoire qui ne pouvait être qu’institutionnelle compte tenu de la dynamique de l’enfermement, qui a annulé de facto toutes les conneries que vous avez colportées, en pillant comme c’est la pratique de votre triste métier.
Merci, vous avez fait comprendre que l’aide la plus utile pour un prisonnier est celle des personnes extérieures qui se mobilisent pour contrer « le silence assourdissant de l’autorité » et, de concert, vous avez illustré la fin ultime de ceux qui sont enterrés vivants : la mort, si possible sans trop de bruit, sinon « la fin est rendue futile ».
Merci, vous avez montré que le problème est réel car la prison tue.
Vous vouliez le martyr mais Alfredo a gâché l’occasion ; vous ne l’avez saisie que lorsque la mort nue a éliminé la contradiction.
Misérables.

Traduit de IlRovescio

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