Vive l'Anarchie - Semaine 21, 2017

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LA RUE OU RIEN

Publié le 2017-05-22 17:57:26

Convergence des luttes Vs Dépassement

Publié le 2017-05-22 18:57:35

Le 27 mai, àParis, àla bibliothèque « les Fleurs arctiques » se tiendra une première discussion sur « convergence des luttes VS dépassement », qui sera appelée àse poursuivre en d’autres temps et lieux.


CONVERGENCE DES LUTTES
Convergence : action de tendre vers un même but. « Des droites parallèles convergent àl’infini.  » Converger ne signifie pas avoir le même but, ce n’est pas avoir quelque chose en commun, ni partager quoique ce soit… Non, c’est tendre vers cela sans jamais y parvenir. La convergence n’est même pas la rencontre, c’est le chemin vers la rencontre, c’est ce qui précède éternellement un hypothétique commun.
Si on ne peut pas dater précisément la naissance de cette expression, on peut juste constater qu’elle n’existait pas avant les années 90.
Il est difficile de décrire exactement de quel processus il s’agit… Tout cela reste très vague. On a bien vu ici où làun militant trotskiste cheminot venir prendre la parole dans une AG étudiante àl’appel d’un militant trotskiste étudiant (plus rarement le contraire mais ça existe aussi), se faire applaudir avant de rentrer chez lui ; on a vu ce genre de scène reproduit àl’échelle industrielle lors des « Nuits debout  », visiblement le concept a l’air de signifier ce genre de pratiques. Ceux qui l’emploient parlent de construire des ponts, tisser des liens, mais àpart ça on n’a jamais décrit (et encore moins vu) ce que devrait produire deux (ou trois, ou plus) luttes qui convergent.
En attendant cette rencontre il s’agit donc de cantonner chaque lutte dans les limites qu’elle s’est fixée au départ, de se concentrer sur ce qu’elle a de particulier, de faire avec et de se contenter du fait qu’elle « a le mérite d’exister  ». Le rôle du militant sera d’y apporter son grain de sel en replaçant sa particularité dans un contexte plus global, il y glissera un peu d’analyse et de théorie abstraite, la nouvelle mode pour les plus « radicaux  » étant de se contenter de rajouter « et son monde  » àla fin de la revendication parcellaire.
Il s’agit donc d’un concept qu’emploient les réformistes pour que rien ne change. Les révolutionnaires quand àeux s’emploieront àfaire exister son exact antithèse : le DÉPASSEMENT. Le « dépassement  » sera donc tout l’objet du débat.

[/[brun clair]Convergence des luttes ou dépassement ?
Samedi 27 mai 2017 – 18h[/brun clair]
Les Fleurs Arctiques
45 Rue du Pré Saint-Gervais, 75019 Paris
Métro Place des Fêtes (lignes 7bis et 11 du métro)./]


Ci-dessous un texte préparatoire àla discussion :



Convergence des luttes Vs Dépassement

convergence vs depassement

CONVERGENCE  : action de tendre vers un même but tout en partant de points différents. « Des droites parallèles convergent àl’infini.  »

Si on ne peut pas dater précisément la naissance de ce terme, on peut juste constater qu’il n’existait pas avant les années 90.
Il est difficile de décrire exactement de quel processus il s’agit… tout cela reste très vague. On a bien vu ici où làun militant trotskiste cheminot venir prendre la parole dans une AG étudiante àl’appel d’un militant trotskiste étudiant (plus rarement le contraire mais ça existe aussi), se faire applaudir avant de rentrer chez lui ; on a vu ce genre de scène reproduit àl’échelle industrielle lors des « Â Nuits debout  », visiblement le concept àl’air de signifier ce genre de pratiques. Ceux qui l’emploient parlent de construire des ponts, tisser des liens, mais àpart ça on n’a jamais décrit (et encore moins vu) ce que devrait produire deux (ou trois, ou plus) luttes qui convergent.
Converger ne signifie pas avoir le même but, ce n’est pas avoir quelque chose en commun, ni partager quoi que ce soit… Non, c’est tendre vers ça sans jamais y parvenir. La convergence n’est même pas la rencontre, c’est le chemin vers la rencontre, c’est ce qui précède éternellement un hypothétique commun.
En attendant cette rencontre il s’agit donc de cantonner chaque lutte dans les limites qu’elle s’est fixées au départ, de conserver ce qu’elle a de particulier, de faire avec et de se contenter du fait qu’elle « Â a le mérite d’exister  ». Le rôle du militant sera d’y apporter son grain de sel en replaçant sa particularité dans un contexte plus global, il y glissera un peu d’analyse et de théorie abstraite, la nouvelle mode pour les plus « Â radicaux  » étant de se contenter de rajouter « Â et son monde  » àla fin de la revendication parcellaire.

Mais d’où peut bien sortir une telle idée ?
Au commencement il y avait le léninisme d’où ensuite dérivent toutes les formes de gauchisme :
« Â Par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu’àla conscience trade-unioniste (Lénine).  »
Les prolétaires ne pouvant avoir une vision qui dépasse leurs intérêts immédiats, ce sera le rôle du parti de la leur apporter « Â de l’extérieur  ». Le Parti en tant que seul stratège possible, intervient dans la lutte, la dirige selon ses objectifs et ses intérêts. C’est en dernier ressort le Parti qui est l’acteur de l’histoire, les luttes sont donc avant tout perçues comme une caisse de résonance pour renforcer l’influence du Parti et comme un vivier pour le recrutement. La lutte n’est que ce qu’elle est, elle ne produit aucune dynamique d’auto-dépassement, elle ne peut pas se transformer en une forme qualitativement supérieure. La lutte quotidienne est un processus circulaire qui ne produit que son éternel recommencement, d’où la nécessité d’une instance extérieure pour « Â capitaliser  » les forces qui sans cette instance y seraient dilapidées en pure perte.
C’est cette pensée qui est toujours àl’œuvre, malgré la disparition (qu’on ne pleurera pas) de la forme Parti qui donnait une cohérence àl’ensemble. Le Parti c’est de la merde (certes) alors on le balance àla poubelle (bonne idée) mais on continue àpenser que les luttes seraient stériles, que la transformation en force révolutionnaire ne pourrait pas être produite en leur sein… Alors comme il n’y a plus d’outil qui devrait les transformer de l’extérieur, il ne reste plus qu’àattendre que cela tombe du ciel, comme par miracle, et l’on peut toujours allumer un cierge àla Convergence des luttes. Dont on ne sait pas qui la produit : elle est incréée. Dont on ne sait pas en qui elle s’incarne : elle est pur esprit. Que personne n’a jamais vue : elle est acte de foi.
Depuis que le capitalisme existe le mouvement révolutionnaire est traversé par un débat entre ceux qui pensent que l’avancée du projet révolutionnaire est la tâche du parti d’avant-garde et ceux qui pensent que c’est la dynamique de la lutte qui produit une conscience théorico-pratique (et une pratique consciente) àmême de renverser l’ordre existant : que c’est dans la lutte elle-même qu’est produit son propre dépassement. Un « Â débat  » où la première position s’est systématiquement retrouvée dans un rôle contre-révolutionnaire face àla seconde.

DÉPASSEMENT  :
Penser la lutte en termes de « Â dépassement  », d’un mouvement dynamique qui se démultiplie, est l’évident contraire de la penser en termes de « Â convergence  », de simple addition de forces statiques.

Qu’est ce qu’une lutte :
La lutte est toujours un processus dynamique qui transforme ses acteurs. C’est ce qui distingue la lutte de la simple protestation. Pour notre part nous n’appellerons pas « Â une lutte  » le fait de signer une pétition, de liker un mot d’ordre, ou de s’en remettre àdes « Â délégués  » pour aller négocier.

La lutte est un processus de transformation dynamique de ses acteurs d’abord, dès le départ, parce qu’elle balaie les situations d’atomisation (des individus se rencontrent, se parlent et s’organisent) et d’atonie (on sort de la passivité pour se mettre en action) préexistantes, elle est donc immédiatement un processus de transformation quantitatif et qualitatif.
La question qui est posée, du début àla fin, àl’intérieur de la lutte est la question du rapport de force. À la question de « Â comment se donner les moyens de gagner ?  » l’expérience empirique fait que « Â spontanément  », les prolétaires répondent qu’il s’agit de durer et de s’étendre quantitativement.
Puis quand la lutte est lancée, ce sont ses nécessités propres qui obligent àune succession de transformations de ses formes d’existence/manifestation et des rapports tant en son sein et que vis-à-vis de son extérieur.

— Extension quantitative :
Dès le départ il s’agit de faire partager le problème particulier sur lequel la lutte c’est formée/cristallisée àd’autres qui auraient le même problème. C’est une question vitale pour faire exister un rapport de force qui est au départ perçu comme principalement une question quantitative, il s’agit de faire nombre. On part de làoù l’on a commencé às’organiser pour aller ailleurs : dans d’autres secteurs de la même boite, puis dans d’autres succursales de la même entreprise, dans d’autres entreprises du même secteur, dans d’autres secteurs ayant les mêmes problèmes (ce schéma est le même pour des luttes en dehors de l’entreprise : logement, bahut, CAF, etc.) [1].
— Généralisation-radicalisation :
La dynamique générée par la nécessité de l’extension quantitative oblige en tendance àne pas penser le collectif de lutte comme une entité ayant des problèmes qui lui sont exclusivement propres ; et àne pas penser les problèmes que dans les aspects particuliers où ils apparaissent làoù on se met en lutte. Il est envisagé de manière plus large et les questions qui étaient posées sous l’angle restreint de la perception individuelle sont maintenant posées sous l’angle du fonctionnement de la société. Le « Â prétexte  » initial est replacé dans son contexte, dans ses articulations avec d’autres problèmes, il est posé àun niveau plus global (qui tendanciellement englobe de plus en plus de gens).
— Extension-densification qualitative :
Tout au long du processus dynamique de la lutte, des questions pratiques se posent, soulevées par les nouveaux rapports qui sont créés entre les acteurs, par les bouleversements du quotidien, par les nécessités de la lutte et par le seul fait de se découvrir une force insoupçonnée. Non seulement les choses ne sont plus perçues de la même manière mais en plus les bouleversements opérés par les pratiques collectives ouvrent de nouveaux horizons de transformation de la réalité concrète.

Nous ne décrivons pas ici un type de processus inéluctable qui advient mécaniquement et progressivement, mais bien une tension qui vit et se développe par sauts avec des avancés et des reculs. Il ne s’agit pas non plus d’une tension qui entraînerait tout un chacun de façon homogène et synchrone. Les différences de conditions – donc d’intérêts immédiats – qui préexistent antérieurement, ou qui se font jour dans la lutte, sont exploités (celui qu’on a en face mais aussi dans la tête) par l’ennemi et l’enjeu principal des prises de positions se situe justement dans leur perpétuation/renforcement ou leur dissolution/dépassement en une entité qui intègre des intérêts àplus long terme, voire des perspectives explicitement révolutionnaires. Cette tension d’un côté met en concurrences les diverses catégories qui composent les acteurs de la lutte, et d’un autre elle fissure les identités, catégories, réflexes corporatifs (les communautés illusoires) et même, bien souvent, elle traverse aussi chacun des participants.
On ne peut donc penser une lutte comme un tout homogène. En son sein préexistent et se développent des tensions et des orientations divergentes voire antagonistes. La lutte est avant tout une lutte dans la lutte. C’est pourquoi la position qui affirme soutenir une lutte se résume systématiquement àpromouvoir le discours dominant en son sein, en définitive cela revient àprendre parti pour la fraction pacificatrice, plombante et contre-révolutionnaire. Qu’il s’agisse du plus petit dénominateur commun qui réunit les participants (c’est-à-dire la position la plus conciliatrice par rapport àl’ennemi), ou du point de vue exprimée par la fraction la plus puissante (en général la fraction qui possède les plus gros moyens est la fraction la plus politicarde) cette position revient le plus souvent àsoutenir le représentant de l’ennemi [2].
À l’inverse, le rôle des révolutionnaires consiste àdéterminer les contradictions àl’œuvre au sein de la lutte, àidentifier parmi les tensions celles qui sont porteuses de dépassements, àchoisir son camps contre la stagnation du processus et pour sa radicalisation dans une perspective révolutionnaire.
C’est de ça dont il s’agit dans la lutte : dépasser la situation, se dépasser en tant qu’individu isolé, dépasser les forces limitées d’un collectif en étant toujours en expansion. Non pas seulement déborder mais faire exploser les limites qui préexistent et/ou se révèlent dans le cours de la lutte.

[Repris du blog des Fleurs Arctiques (Paris).]




[1La simple extension quantitative est la première limite àlaquelle se heurte la lutte. Parce que ce qui permet la création d’un « Â commun  » entre les acteurs de la lutte est souvent une identité préexistante, bien souvent la lutte se fige sur cette identité (qui a pu apparaître comme une nécessité pour regrouper des forces) ce qui très vite devient un frein pour elle. Il s’agit d’un frein àune ultérieure extension quantitative, pour fédérer d’autres prolétaires n’appartenant pas àcette identité. Mais aussi ce qui empêche la généralisation-radicalisation et l’extension-densification qualitative. On a par exemple pu le vérifier lors de la lutte contre le CPE où l’identité étudiante a joué un rôle de contention prépondérant.

[2Au vu de ce qui est affirmé ici, nous ne prendrons pas la peine de critiquer la position super àla mode qui consiste àpromouvoir le « Â consensus  » àtout prix. Peut-être une autre fois.

[paris] retour sur le rassemblement de solidarité face à la répression

Publié le 2017-05-23 05:57:29

Une table avec de nombreux textes et brochures était posée sur la place. Un collage géant, « notre passion pour la liberté est plus forte que toute autorité » orne l’un des murs de la place, des banderoles « solidarité avec les prisonnier-e-s », « piller des supermarchés, attaquer les keufs, ça nous parle ! enfermer des gens c’est de la torture, liberté pour tout-e-s », ainsi qu’une annonçant le rassemblement sont accrochées en plus des collages ayant eu lieu toute la semaine autour de la place. Plusieurs prises de parole ont lieu, à propos de l’affaire elle-même, sur les flics, l’enfermement et la justice, autour des différentes affaires policières et judiciaires ayant eu lieu ces derniers temps, autour du mouvement contre la loi travail et de l’évolution des lois en faveur de la police, contre la prison et pour faire écho aux nombreuses actions directes ayant eu lieu ces derniers temps.

Sous l’œil de quelques flics en civil (des camions de CRS ont également été remarqués ici et là dans les environs) et des larbins de la RATP sûreté, un léger accrochage a eu lieu avec un journa-flics (ou un flic se faisant passer pour un journaleux, ou un citoyen-flic-journaleux) qui refusait d’effacer des photos volées.

Le soleil, la détermination, et l’écho rencontré (certes relatif) dans le quartier ont permis de visibiliser notre solidarité vis-a-vis de celleux prisonnier-e-s de l’état, d’exiger la libération des trois derniers inculpé-e-s incarceré-e-s dans cette affaire, et d’exprimer notre rejet de la police et du monde qu’elle protège.

Un an déjà, notre solidarité est plus forte que toutes cages !
A très bientôt dans la rue.

Des présent-e-s

 

Istanbul, Turquie : bannières et autocollants contre le référundum en Turquie

Publié le 2017-05-23 05:57:29
“Ni Dictature, Ni Démocratie / Révolte, Révolution, Anarchie !”
“Se retrouver, s’organiser, combattre ! OUI à la révolte, NON à l’Etat !”
“Le révolte ne sera pas comme ton urne électorale”
“L’état produit la guerre / Révolution, pas des élections / La commune, pas la guerre !”
“Pas de servitude aux serviteurs ! / Personne ne te représente a part toi même !”
En haut à gauche : “Nous allons résoudre tous les problèmes de la ville !” En bas à gauche : “Aucun être vivant ne sera captivé dans des cages, des prisons, des écoles, des aquariums.” En haut à droite : “Ce n’est pas le trafic mais le transport motorisé le problème, votez Anarchie !” En bas à droite : “Nous soutenons le tsunami, pas l’humanité !”
“Ni Dictature, Ni Démocratie / Révolte, Révolution, Anarchie !”
“Ni république, ni califat ! Pour la liberté, révolte !”
Tout en haut : “Nous ne laisserons personne être président.” En bas : “Les gens ne penseront plus aux loyers, les gens vivront dans des grottes.”
1er : “Maintenant, toutes vos transactions bancaires sont sur Internet !” 2ème : “Un monde qui sera détruit” 3ème : “Nous ne mettrons pas fin au chômage, nous allons mettre fin au travail ! Votez Anarchie !”

en anglais

Retour sur le rassemblement de solidarité face à la répression

Publié le 2017-05-23 17:59:20

Samedi 20 mai, plus de 150 personnes se sont rassemblées sur la place des fêtes pour la liberté des inculpé-e-s de la voiture de flics brûlée quai de Valmy le 18 mai 2016



Une table avec de nombreux textes et brochures était posée sur la place. Un collage géant, « notre passion pour la liberté est plus forte que toute autorité » orne l’un des murs de la place, des banderoles « solidarité avec les prisonnier-e-s », « piller des supermarchés, attaquer les keufs, ça nous parle ! enfermer des gens c’est de la torture, liberté pour tout-e-s », ainsi qu’une annonçant le rassemblement sont accrochées en plus des collages ayant eu lieu toute la semaine autour de la place. Plusieurs prises de parole ont lieu, à propos de l’affaire elle-même, sur les flics, l’enfermement et la justice, autour des différentes affaires policières et judiciaires ayant eu lieu ces derniers temps, autour du mouvement contre la loi travail et de l’évolution des lois en faveur de la police, contre la prison et pour faire écho aux nombreuses actions directes ayant eu lieu ces derniers temps.

Sous l’œil de quelques flics en civil (des camions de CRS ont également été remarqués ici et là dans les environs) et des larbins de la RATP sûreté, un léger accrochage a eu lieu avec un journa-flics (ou un flic se faisant passer pour un journaleux, ou un citoyen-flic-journaleux) qui refusait d’effacer des photos volées.

Le soleil, la détermination, et l’écho rencontré (certes relatif) dans le quartier ont permis de visibiliser notre solidarité vis-a-vis de celleux prisonnier-e-s de l’état, d’exiger la libération des trois derniers inculpé-e-s incarceré-e-s dans cette affaire, et d’exprimer notre rejet de la police et du monde qu’elle protège.

Un an déjà, notre solidarité est plus forte que toutes cages !
A très bientôt dans la rue.

Des présent-e-s

Bure : Tout le monde déteste les voitures de police

Publié le 2017-05-23 20:29:20

Petite pensée de Meuse pour nos ami.e.s inculpé.e.s parisien.ne.s



Qui parmi nous pour oublier ce joli 18 mai 2016 ?
Si nous l’avons vécu de près, nous avons gardé au cœur l’odeur des cendres du vieux monde.
Si nous l’avons vu et revu sur des écrans interposés, les flammes dévorant la carcasse d’une voiture sérigraphiée sont restées collées à nos rétines.
Mais ce qui ne nous a surtout pas quitté, un an après, c’est la rage. Celle qui nous prend aux tripes à l’idée que des ami.es et des personnes que nous avons côtoyées des mois durant à l’avant de cortèges noirs de colère croupissent aujourd’hui en prison.

En ville comme à la campagne, quai de Valmy ou dans nos petits villages meusiens, la répression qui nous frappe est toujours aveugle et féroce. Elle est la vengeance de ce monde que nous combattons car nous le haïssons de part en part.

En soutien à toutes les personnes mises en cause, inculpées, incarcérées ou inquiétées de près ou de loin par cette affaire dite « de la voiture brûlée », nous avons fabriqué avec du carton et de l’amour cette reproduction (presque à l’identique) ;

Montée sur un chariot, nous l’avons baladée au nez et à la barbe des dizaines de gendarmes mobiles déployés ce jeudi 18 mai dans le village de Mandres-en-Barrois, près de Bure. Ils ont tenté en vain de nous la voler, de la détruire à coup de bottes, soucieux de ce qu’elle pouvait contenir. Ce n’est qu’une fois enflammée et lancée à travers leurs lignes qu’ils ont pu mettre la main dessus alors que la foule masquée saluait la percée d’un « joyeux anniversaire » repris en cœur.

En soutien à Kara, Nico et Krème
En soutien à tout.es les autres qu’ils ne trouveront jamais !

ABC

Deux évasions à la prison de la Favra : deux fois bravo aux évadés !

Publié le 2017-05-23 21:59:20

Le soir du dimanche 21 mai, nous lisons dans la presse que deux détenus se sont évadés de la prison de la Favra à Genève.



Ils auraient réussi à franchir le grillage de l’enceinte du bâtiment sous le nez des gardiens. Malgré un important dispositif policier mis en place, qui implique notamment la brigade canine et une alerte trans-frontalière, il semblerait que les deux fugitifs ne se soient pas encore faits reprendre.

On ne peut que se rejouir de cette nouvelle et être solidaires avec les évadés ! Nous esperons que tout se passera bien pour eux. Ces personnes et toutes les autres qui subissent la détention administrative font face tous les jours à la violence de la politique migratoire cruelle et raciste que la Suisse mène. Comme dans beaucoup d’endroits en Europe, le seul fait de ne pas posséder les bons papiers administratifs est un motif suffisant du point de vue de l’Etat pour enfermer des gens.

Parce que toutes les prisons sont inhumaines, nous continuerons à nous battre contre.



Répression 3 mai turin : la moitié restent dedans, l’autre moitié en assignation à résidence

Publié le 2017-05-24 05:59:20

Vendredi les tribunaux ont rendu leur décisions à travers la sale bouche de la juge Loretta Bianco. Sans en connaître les motifs, les juges ont décidé de garder en prison Anto, Antonio et Fran, et de mettre sous assignation à résidence avec interdiction de communication Fabiola, Kam et Giada.

Les compagnonnes sortent donc ce vendredi soir de prison, mais elles ne pourront recevoir ni visites, lettres, coups de téléphone de la part des ami-es et compagnon-nes, hormis par les membres résident-es dans la même habitation qu’elle.

En ce qui concerne la re-définition des chefs d’inculpation, l’accusation de séquestration de personnes est tombées, par contre la rebellion aggravées est maintenue.

On invite celleux qui veulent à écrire aux trois compagnons encore emprisonnés pour rendre palpable la solidarité.

Antonio Pittalis

Antonio Rizzo

Francisco Esteban Tosina

c/o casa circondariale Lorusso e Cutugno

via Maria Adelaide Aglietta 35

10151 Torino

 

Nous femmes du 18e, La Chapelle, Pajol, Barbès...

Publié le 2017-05-24 19:52:59

C’est trop facile de se rappeler des femmes quand il s’agit de virer les pauvres et les étrangers. Et une fois de plus c’est les utiliser, c’est NOUS utiliser ! Nous ne vous laisserons pas faire.
Surfant sur une campagne de stigmatisation des réfugiés orchestrée par les Républicains, un article du Parisien prétend que le quartier de La Chapelle (18e arrondissement de Paris) serait dangereux pour les femmes. Un texte diffusé par des habitantes du 18e arrondissement y répond.



Nous femmes du 18e, La Chapelle , Pajol, Barbès...

Nous habitons dans un quartier populaire que nous aimons.

Nous ne nions pas qu’il y ait du sexisme, mais pas plus que dans tout autre quartier.

Partout dans le monde les hommes profitent des femmes

Nous habitons dans un quartier où la solidarité est forte,

c’est pourquoi les migrants s’y réfugient faute de pouvoir habiter quelque part,

dans un logement.

Nous habitons dans des quartiers où ce que vous appelez « trafic »

nous on l’appelle survie.

Depuis plusieurs années, petit à petit la bourgeoisie s’installe dans notre quartier et veut le transformer à son image, en repoussant la misère hors de sa vue.

C’est pour ça que les flics occupent l’espace public en permanence, pour chasser les pauvres et la misère, la repousser toujours plus loin d’un Paris qui se veut aseptisé.

Nous sommes contre l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et anti pauvres, sur fond de campagne électorale.

C’est trop facile de se rappeler des femmes quand il s’agit de virer les pauvres et les étrangers. Et une fois de plus c’est les utiliser, c’est NOUS utiliser !

Nous ne vous laisserons pas faire.

L’affiche au format pdf :

Nous femmes du 18e, La Chapelle, Pajol, Barbès...

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-05-24 19:52:59

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Nous femmes du 18e, La Chapelle, Pajol, Barbès...

Publié le 2017-05-24 20:22:59

C’est trop facile de se rappeler des femmes quand il s’agit de virer les pauvres et les étrangers. Et une fois de plus c’est les utiliser, c’est NOUS utiliser ! Nous ne vous laisserons pas faire.
Surfant sur une campagne de stigmatisation des réfugiés orchestrée par les Républicains, un article du Parisien prétend que le quartier de La Chapelle (18e arrondissement de Paris) serait dangereux pour les femmes. Un texte diffusé par des habitantes du 18e arrondissement y répond.



Nous femmes du 18e, La Chapelle , Pajol, Barbès...

Nous habitons dans un quartier populaire que nous aimons.

Nous ne nions pas qu’il y ait du sexisme, mais pas plus que dans tout autre quartier.

Partout dans le monde les hommes profitent des femmes

Nous habitons dans un quartier où la solidarité est forte,

c’est pourquoi les migrants s’y réfugient faute de pouvoir habiter quelque part,

dans un logement.

Nous habitons dans des quartiers où ce que vous appelez « trafic »

nous on l’appelle survie.

Depuis plusieurs années, petit à petit la bourgeoisie s’installe dans notre quartier et veut le transformer à son image, en repoussant la misère hors de sa vue.

C’est pour ça que les flics occupent l’espace public en permanence, pour chasser les pauvres et la misère, la repousser toujours plus loin d’un Paris qui se veut aseptisé.

Nous sommes contre l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et anti pauvres, sur fond de campagne électorale.

C’est trop facile de se rappeler des femmes quand il s’agit de virer les pauvres et les étrangers. Et une fois de plus c’est les utiliser, c’est NOUS utiliser !

Nous ne vous laisserons pas faire.

L’affiche au format pdf :

Nous femmes du 18e, La Chapelle, Pajol, Barbès...

Dépassement

Publié le 2017-05-24 20:52:59
“Le travail, ça devrait être interdit / Ouais, comme toute forme d’exploitation“
Métro Belleville, Paris (Xe-XIe-XIXe-XXe), mai 2017

“Le travail, ça devrait être interdit / Ouais, comme toute forme d’exploitation“

Métro Belleville, Paris (Xe-XIe-XIXe-XXe), mai 2017

paris france 2017 métro mai 2017 travail

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Dépassement

Publié le 2017-05-24 21:52:59
“Ici on a cru pouvoir enterrer la subversion avec l’art et la prétention / Nous balaierons la France, son “esprit” s’il existe, sa culture, sa Maison “rouge”, sa contre-culture, et ses commissaires… Vive la révolution“
La Maison Rouge, boulevard de...

“Ici on a cru pouvoir enterrer la subversion avec l’art et la prétention / Nous balaierons la France, son “esprit” s’il existe, sa culture, sa Maison “rouge”, sa contre-culture, et ses commissaires… Vive la révolution“

La Maison Rouge, boulevard de la Bastille, Paris (XIIe), mai 2017

(Source: twitter.com, via larueourien)

paris france 2017 dehors artistes mai 2017 expo

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Turin, Italie : Appel à une présence solidaire avec les compagnon.ne.s sous enquête pour l’Opération Scripta Manent – Lundi 5 juin 2017

Publié le 2017-05-25 14:52:58

Toujours pour l’anarchie

Le 5 juin 2017, aura lieu à Turin l’audience d’Instruction pour l’Opération Scripta Manent, avec ses accusations, entre autre, de formation et appartenance à une association subversive, plusieurs attaques à l’explosif, signées par la Fédération Anarchiste Informelle,
contre des Carabinieri, des politiciens, des journalistes et des entreprises qui collaborent à la construction de prisons et Centres de Rétention Administrative, en plus des délits de Provocation à crimes et délits et Apologie de crimes et délits, pour des textes publiés sur le bulletin Croce Nera Anarchica. Les inculpés sont 15, dont 7 toujours enfermés dans les sections Haute Surveillance des prisons de Ferrara, Alessandria et Rebibbia [à Rome pour les compagnonnes; NdT]. Le compagnons et les compagnonnes emprisonnés sont soumis à un harcèlement continu et à des restrictions concernant leur possibilité de communiquer entre eux et avec l’extérieur. Cependant, ils continuent leur lutte contre ce système de domination, en gardant un haut niveau de conflictualité, avec des actes de révolte et en participant au débat entre anarchistes et autres ennemis de l’autorité.

Par exemple :

– En janvier 2015, 7 anarchistes emprisonnés dans la section AS2 de Ferrara ont écopé de 15 jours d’isolement chacun, à cause d’une grosse embrouille avec les matons et du chahut qu’ils ont fait par la suite

– En août 2016, l’anarchiste Alfredo Cospito a brisé la vitre qui sépare la salle des parloirs d’un bureau des matons, en solidarité avec les membres emprisonnés de la Conspiration des Cellules de Feu – il a écopé de 15 jours d’isolement

– Dans les jours qui ont suivi l’Opération Scripta Manent [septembre 2016; NdT], les anarchistes Anna Beniamino et Alfredo Cospito ont fait une grève de la faim pour demander la fin de l’isolement et de l’interdiction de rencontre entre les coïnculpés

– En septembre et octobre 2016, l’anarchiste Marco Bisesti a refusé les tests pour la TBC à son arrivée en taule. Il a donc écopé d’une longue période dans les cachots de la prison de Rebibbia

– En novembre 2016, l’anarchiste Alessandro Mercogliano a refusé de se soumettre à l’identification (photo et empreintes) à son arrivé à la prison de Ferrara. Il vient de purger 15 jours d’isolement pour cela  

– En décembre 2016, l’anarchiste Marco Bisesti a abimé les vitres du bureau des matons à l’intérieur de la section AS2 de la prison d’Alessandria, puis, pas satisfait, une fois retourné en cellule, il a cassé les panneaux opaques installés devant la fenêtre. Il a écopé de 7 jours d ‘isolement

– Du 3 au 13 mai, l’anarchiste Alfredo Cospito a fait une grève de la faim contre la censure postale, devenue plus serrée après la clôture des enquêtes : pratiquement toute la poste en entrée et en sortie est bloquée

De la même manière, de nombreux autres compagnons emprisonnés par l’État payent de leur chaire leur irréductibilité :

– L’anarchiste Maddalena Calore, emprisonnée à Uta, est soumise a une censure postale presque totale

– Les compagnons récemment arrêtés à Turin ont décidé de refuser le prélèvement forcé de leur ADN, en faisant résistance, au commissariat

– L’anarchiste sarde Davide Delogu, suite à une tentative d’évasion, est au mitard de la prison d’Augusta. Cela depuis le 1er mai et pour une durée de 3 mois

Solidaires avec nos compagnons, solidaires avec tous ceux qui luttent contre les prisons depuis l’intérieur.

Pour nous, rester à côté de nos compagnons veut dire aussi assumer collectivement tout ce qui leur est mis sur le dos, en tant que partie de la lutte des anarchistes, des révolutionnaires, des rebelles.

Nous appelons donc à une présence solidaires devant la salle-bunker de la prison Le Vallette, à Turin, lundi 5 juin, à 9h, lors du passage des compagnons devant le Juge d’instruction.

Dans l’après-midi, à 16h, assemblée « A tête haute » à El Paso.

Des anarchistes.
Assemblée « A tête haute »
Pise, 21 mai 2017

[Traduit de l’italien de Croce Nera Anarchica, 23/05/2017]


Opération Scripta Manent : isolement pour Alessandro

A cause de son refus de se soumettre aux procédures d’identification (photos et empreintes digitales), lors de son transfert à la section AS2 de la prison de Ferrara [en novembre dernier; NdT], Sandrone a été placé il y a quelques semaines à l’isolement pendant 15 jours. En ce moment il est dans la section avec les autres compagnons.

[Traduit de la Croce Nera Anarchica, 23/05/2017]

Montréal, Québec : La guerre aux riches et leurs commerces continue de plus belle !

Publié le 2017-05-25 14:52:59

Coucou les bobos !

Dans la nuit du 19 mai, nous avons décidé de nous rassembler pour attaquer le restaurant Ludger, le bureau de Projet Montréal et le IGA de Saint-Henri.

Si nous avons attaqué le Ludger, ce n’est pas seulement pour dénoncer les plats trop chers qu’on y sert, mais pour s’attaquer au mode de vie des jeunes professionnels yuppies qui viennent envahir les quartiers populaires avec tout leur fric et qui contribue largement à l’exclusion des pauvres dans le quartier.

Si nous avons attaqué le bureau de Projet Montréal ce n’est pas seulement pour leur rôle dans la gentrification du quartier en sortant l’argument de la mixité sociale et en favorisant l’implantation de nouveaux commerces et de nouveaux projets de condos. Nous avons attaqué le bureau car c’est le monde politique au grand complet qu’on voulait attaquer. Nous refusons d’être représentés et diriger par quelqu’un-e d’autre, que ce soit le premier ministre ou un député d’arrondissement. Nous sommes maîtres de notre propre vie.

Si nous avons attaqué le IGA ce n’est pas seulement parce que la bouffe y est trop cher, mais parce que nous croyons que bien manger ne devrait pas être un luxe, mais quelque chose de gratuit et accessible à tous et à toutes. Dans ce quartier, certaines personnes ont faim et nous ne voulons pas être des observateurs désolés de la situation.

Nous sommes parfaitement conscient-es qu’en s’attaquant à ces cibles, ce ne sont pas les grandes institutions capitalistes qui ont été visées. Il reste que ces commerces sont le reflet, à plus petite échelle, d’un monde qui favorise toujours les plus nantis face aux plus pauvres qui subissent toujours plus la misère. C’est pourquoi nous avons voulu pendant un instant renversé l’ordre des choses et faire comprendre à ces gens qu’ à force de se faire piétiner dessus chaque jour nous pouvons aussi mordre. Nous voulons une vie riche, pas une vie de riche.

Nous avons été réjoui-es le lendemain matin en voyant dans les nouvelles que d’autres commerces avaient été attaqués dans la même nuit à Verdun [1].

P.S: On espère ne pas avoir trop déranger votre petit souper du vendredi.

Des insoumi-ses

[Publié sur Montreal Counter-Information]

NdSAD:

[1] La presse canadienne a fait état de ces attaques anti-embourgeoisement à St-Henri qui ont été revendiquées dans ce communiqué. Un article de radio canada, en date du 20 mai, précise que les dégâts causés contre les commerces ne se sont pas limités au quartier de St-Henri, mais ont aussi visé le quartier ‘Verdun’ au cours de la même nuit: « Au moins cinq vitrines de commerces ont été brisées sur la rue Wellington dans le quartier Verdun à Montréal. » Un exemple des dommages sur un des commerces du quartier:

Les attaques contre ces nouveaux commerces sont récurrentes depuis plusieurs années à Montréal, que ce soit à St-Henri, Hochelaga ou dans d’autres parties de la ville où les riches étendent leur contrôle et leur pouvoir.

 

Le medef repeint

Publié le 2017-05-26 13:27:22

Nous sommes alléEs repeindre le siège du syndicat patronal en faisant exploser une dizaine d’ampoules remplies de peinture sur sa façade. Cette action a été menée en solidarité avec les 4 personnes inculpées pour « rébellion » et « dégradations » lors de diverses actions anti-austérité à l’université, de blocus lycéens ou de manifs « contre la mascarade électorale ». Toutes passeront devant le tribunal le 31 mai.

Parce que la solidarité n’est pas qu’une question de mots. Reproduire des gestes semblables à ceux pour lesquels nos potes sont poursuiviEs est vital.

Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) : Tags hostiles à la police

Publié le 2017-05-26 15:25:50

L’Eveil de la Haute-Loire / Mardi 23 mai 2017

Sont-ils l’œuvre du ou des mêmes individus ? C’est fort probable, la peinture rouge utilisée étant la même partout. Des tags en grand nombre ont été effacés mardi. Plusieurs façades ont été souillées, vraisemblablement au cours de la nuit de dimanche à lundi au Puy-en-Velay, avec des inscriptions à la peinture rouge. Difficile d’établir leur nature, même si certaines, comme au lycée Simone-Weil, étaient hostiles à la police. La Ville a demandé à son prestataire, le CAT Les Horizons d’assurer le nettoyage mardi matin. Le commissariat a procédé aux constatations.

[vienne] attaque contre l’embassade italienne – solidarité avec les anarchistes incarcéré.e.s

Publié le 2017-05-26 22:10:31

Hier dans la nuit, pour exprimer activement notre solidarité, nous avons attaqué le consulat italien à la bombe de peinture.
Pour la libération immédiate d’Antonio, Antonio & Francisco, emprisonnés depuis le 3 mai. Pour la fin de l’assignation à résidence d’Giada, Fabiola & Camille.
Il leur est reproché de s’être opposés à une razzia policière dans leur quartier en février dernier.

Italie : Attaques solidaires avec les compagnon.nes arrêté.e.s le 3 mai à Turin

Publié le 2017-05-26 22:10:31

Quelques attaques répertoriées en solidarité avec les compagnon.ne.s incarcéré.e.s à la suite de l’opération de police du 3 mai à Turin (cf ci-dessous):

Saronno¹, Italie : attaques en soldarité

Lundi 8 mai, la porte d’entrée du conseil municipal a été attaquée à coups de marteau, contre les interdictions de territoire² et les contrôles policiers. Le siège de la banque ‘Intesa San Paolo’ a aussi été frappée en solidarité avec les companon.nes arrêté.es à Turin.

[Traduit de l’italien d’informa-azione, Mar. 23/05/2017]

NdT:

¹Saronno est une petite ville d’un peu moins de 40.000 habitant.e.s située dans l’agglomération milanaise.

²Daspo urbano : une sorte de « décision de justice visant à empêcher une personne reconnue coupable de délits de récidiver en restreignant sa liberté de mouvement ou d’action« 


Vienne, Autriche : Ambassade d’Italie attaquée – Solidarité avec les anarchistes incarcérés à Turin !

Dans la nuit [du 24 au 25 mai, NdT], afin d’exprimer activement notre solidarité, nous avons attaqué l’ambassade d’Italie avec des bombes de peinture.
Pour la libération immédiate d’Antonio, Antonio & Francisco, incarcérés depuis le 3 mai. Pour la fin de l’assignation à résidence de Giada, Fabiola & Camille.
Il leur est reproché de s’être opposés à un raid policier dans leur quartier en février dernier.

[Traduit de l’allemand de linksunten indymedia, 25. Mai 2017]


Turin, Italie: Perquisition et arrestation

A 06h30, le 3 mai, plusieurs équipes d’agents de police coordonnées par le ROS(criminalité organisée et anti-terrorisme) et la Digos ( renseignement), ont fait irruption à l’Asilo, aux squats Corso Giulio Cesare et Borgo Dora et dans deux maisons à Turin et Barge;

Les médias locaux font également référence à une perquisition effectuée à Bologne et dans le Cuneo dont nous n’avons pas obtenu la confirmation.
Le pretexte pour cette opération répressive qui voit six compagnons et compagnonnes arrêté-es, serait une bagarre advenue devant l’Asilo en février dernier en fin de soirée. Les accusations sont séquestration, dégradations aggravées et résistance à agent publique. Antonio de Lecce, Antonio de Sardaigne, Camille, Fabiola, Fran, et Giada sont incarcéré-es à la Vallette (prison de Turin) tandis qu’on parle d’un septième interpellé non confirmé.
Dans le même temps, vu que les flics prennent leurs aises et ne partent pas malgré les arrestations déjà effectué, nous relançons l’invitation des occupants encore sur le toit à rejoindre le rassemblement réunie corso  Brescia à l’angle de via Alessandria.

Mise à jour à 10.20:le renseignement et les anti-émeutes sont toujours sur place, menant une perquisition de tout les espaces de l’Asilo à propos d’une dégradation contre le siège de Lavazza ; Ainsi que des ouvrier du fournisseur d’électricité pour couper le courant. Quelques occupant-es restent sur le toi, et continue d’appeler à aller au rassemblement.

Pour leur écrire ( il n’est pas encore confirmé qu’iels sont tout-es dans la prison Turinoise :
Antonio Rizzo
Antonio Pittalis
Camille Casteran
Giada Volpacchio
Fabiola Costanzo
Francisco Esteban
c/o CASA CIRCONDARIALE – Via Maria Adelaide Aglietta, 35 – 10151 Torino

[Traduction d’informa-azione publié sur Indy Nantes, 3 mai 2017]


Répression 3 Mai Turin : la moitié restent dedans, l’autre moitié en assignation à résidence

Résultats des audiences de ré-examen pour les 6 compagnon-nes emprisonné-es depuis le 3 Mai à Turin.

Vendredi les tribunaux ont rendu leur décisions à travers la sale bouche de la juge Loretta Bianco. Sans en connaître les motifs, les juges ont décidé de garder en prison Anto, Antonio et Fran, et de mettre sous assignation à résidence avec interdiction de communication Fabiola, Kam et Giada.

Les compagnonnes sortent donc ce vendredi soir de prison, mais elles ne pourront recevoir ni visites, lettres, coups de téléphone de la part des ami-es et compagnon-nes, hormis par les membres résident-es dans la même habitation qu’elle.

En ce qui concerne la re-définition des chefs d’inculpation, l’accusation de séquestration de personnes est tombées, par contre la rebellion aggravées est maintenue.

On invite celleux qui veulent à écrire aux trois compagnons encore emprisonnés pour rendre palpable la solidarité.

c/o casa circondariale Lorusso e Cutugno

via Maria Adelaide Aglietta 35

10151 Torino

[Publié sur Indy Nantes, 20 mai 2017]

Aachen, Allemagne : La procureure demande 9 et 8 ans 1/2 de prison pour les deux compagnon.ne.s accusés de braquage

Publié le 2017-05-26 22:10:31

Bref résumé de l’audience du 22 mai du procès de Aachen

L’audience du 22 mai a commencé en reprenant le sujet du voyage d’un des accusé-e-s en Blablacar en France. La témoin française a écrit une lettre disant qu’elle ne se présenterait pas au procès, mais qu’elle reconnaissait la personne accusée sur une photo. A ce moment, le juge a annoncé qu’il n’acceptait plus de témoins ni de
preuves supplémentaires.
La procureure a donc lancé son réquisitoire, fort long et flou.

L’accusation se résume de la manière suivante :

La procureure a introduit le concept “in dubio pro reo” (le doute doit bénéficier à l’accusé-e, argument utilisé par le juge dans l’affaire de la compagnonne de Hollande) pour le retourner complètement et affirmer que de nombreuses preuves démontraient la participation des accusées au braquage.

- Les traces ADN retrouvées à l’intérieur de la banque (tournevis) et sur un sac à l’extérieur (vêtements, perruque et lunettes) démontreraient que les accusées ont pris part au braquage, même si l’on ne peut pas prouver qu’elles aient été à Aachen à aucun moment. Un autre argument (pour expliquer pourquoi au cours d’un braquage si professionnel les braqueurs ont laissé des traces adn) consiste à affirmer que les accusé-e-s étaient conscientes que leur ADN ne figurait dans aucune banque de données et qu’elles pouvaient se permettre d’en laisser pour se débarrasser le plus vite possible des outils et des vêtements.
- L’appartenance à des mouvements d’extrême-gauche ou au mouvement anarchiste des deux accusé-e-s et les connexions internationales avec d’autres mouvements, ainsi qu’avec l’environnement de la compagnonne hollandaise.
- Le fait qu’une des témoins (travaillant dans la banque) ait reconnu l’un des accusés sur une photo du journal local.
Elle a en autre beaucoup insisté, comme circonstance aggravante, sur les séquelles psychologiques de toutes les personnes travaillant dans la banque et sur le fait que les braqueurs savaient qu’elles étaient 18 à travailler dans la banque, ainsi que sur les antécédents judiciaires de l’un des accusés (tentative de vol avec violence) et dans le cas de la supposée femme présente sur le fait que les témoins la présentent comme leader.
Pour cela, elle a requis 9 ans pour le compagnon et 8 ans et demi pour la compagnonne.

Ensuite, les deux avocates de la compagnonne ont plaidé.
- la présence d’adn sur le sac peut s’expliquer d’autres manières. En plus, l’experte a indiqué qu’il est impossible de déterminer depuis combien de temps une trace se trouve sur un objet et qu’il est en revanche possible qu’il y ait transfert d’un objet à un autre.
- l’appartenance au milieu anarchiste ne prouve pas qu’ils aient participé au braquage, par exemple elles connaissent beaucoup de personnes qui sympathisent avec l’action sans jamais avoir braqué de banque.
- des témoins ont affirmé n’avoir pas vu de femme lors du braquage et l’un d’entre eux a indiqué en avoir vu 2, il est donc impossible de prouver que l’accusée aurait été la leader.
- pour ce qui est des expertises biométriques [caméras], aucun des deux accusé.e.s n’a pu être identifié-e.
Pour cela, elle demande donc la relaxe de sa cliente.

L’un des avocats du compagnon a aussi plaidé :
- il a insisté sur la prise illégale d’ADN (sans autorisation d’un juge). Sur le fait que l’adn sur le tournevis peut y être expliqué de plusieurs manières (c’est l’un des objets les plus mobiles qui existent).
- que le Parquet a menti sur la question politique (surtout pour tout ce qui a à voir avec l’enquête des mossos, les GAC, la sentence sur l’action de la basilique del Pilar, etc.)
- que l’accusé a de la famille en France à qui il rend souvent visite et que rien ne prouve qu’il ait été à Aachen quelques jours auparavant.
Il a également demandé la relaxe pour son client.

La prochaine audience se tiendra le 31 mai avec la plaidoirie du deuxième avocat du compagnon.
L’énoncé du verdict aura probablement lieu le 7 juin.

[Traduit de l’espagnol de solidaritatrebel par brèves du désordre, 2017/05/23]

Voir le compte-rendu des deux autres audiences de mai 2017

Saint-Brieuc (Bretagne) : Plutôt en miettes qu’en marche !

Publié le 2017-05-26 22:10:32

Ouest-France / Vendredi 26 mai 2017

Mauvaise surprise ce matin pour l’équipe de campagne de Bruno Joncour. Sa permanence, inaugurée mercredi, rue Saint-Jacques, sur la place de la Grille, a été vandalisée. Une partie de la vitrine est à terre, avec des éclats de verre à l’intérieur du local. Corentin Poilbout, proche du candidat et élu MoDem à la mairie de Saint-Brieuc, a découvert la vitre brisée à son arrivée ce matin. « On vise rarement une vitrine d’une permanence deux jours après son ouverture au hasard », estime-t-il. « C’est arrivé cette nuit, ça va être réparé dans la journée. »

Concert de soutien pour Kalimero

Publié le 2017-05-26 22:10:32

Samedi 3 juin, Socialcrash asso organise un concert de soutien pour la caisse du collectif Kaliméro qui rassemble des fonds pour les incarcéré.e.s de la guerre sociale, et ce depuis dix ans !



Concert de soutien à la Caisse Kalimero, qui rassemble des fonds pour les incarcérés de la guerre sociale, et ce depuis dix ans ! Venez nombreux nous soutenir, et lutter dans la bonne humeur !

Présentation de la caisse : Parce que nous savons que la Police et la Justice ne sont que des machines de guerre visant à écraser toute velléité de révolte, nous n’invoquerons pas en pleurnichant une position de victime. La tâche que nous nous fixons est d’apporter une aide concrète et matérielle aux camarades, compagnons et amis (même si nous ne le(s) connaissons pas) principalement sous la forme de mandats mensuels pour les prisonniers, en apportant une aide technique pour la défense et en participant à la création d’un rapport de force à l’intérieur comme à l’extérieur du tribunal.

Organisé par Social Crash Asso, fédération de groupes rock, punk, oï, etc de la jeune scène parisienne, et qui fêtera ses trois ans de résistance par des concerts, en septembre !

Samedi 3 juin à 19h
au squat le Bastillion, 48 boulevard de la Bastille, métro Bastille

avec :

Tables : Paris Sous Tension (fanzine), Social Crash Asso (fanzines, livres, merch des différents groupes), Kalimero, Blatte.
Buffet prix libre : Blatte
Distros DIY

Bruxelles, Belgique : De la merde pour les collabos de l’OTAN

Publié le 2017-05-26 22:10:33

Caca sur l’OTAN

Chers amis,
Chers Dasseault Aviation et Boeing,
Chers collabos de l’OTAN et des mondes en guerre permanente,

Même si on vous aime pas, on reste quand même généreux.ses,

Recevez donc, avec goût, ces quelques kilos de merde, délicieusement olfactives, préparés avec amour, en guise d’apértif au sommet de ce jeudi 25 mai 2017

On vous chie dessus,

Très cordialement,

Le Brown Bloc

[Publié sur Indy Bruxelles, Jeudi 25 mai 2017]

Recettes pour des actions directes nocturnes

Publié le 2017-05-27 13:20:20

1. Le secret, c’est commencer

D’abord, tu as besoin de choisir la cible de ton action directe et la tactique que tu utiliseras. Pour cette recette, même si les cibles varient beaucoup, nous allons utiliser un exemple classique : éclater les fenêtres d’un commerce gentrificateur dans un quartier urbain.

Pense à ce que l’action communiquera aux gens que tu n’as jamais rencontré – des complices potentiels au citoyen le plus passif. Quelles possibilités cette communication peut-elle ouvrir? Par exemple, dans la dernière année, les nombreuses attaques contre des commerces de luxe dans Hochelaga et St-Henri ont communiqué une résistance à la gentrification, ont diffusé des signaux de désordre (voir Signals of Disorder: Sowing Anarchy in the Metropolis) qui rendent visible la lutte des anarchistes contre le contrôle social, et dans certains cas, ont contribué à la fermeture de ces commerces.

Des introductions à la « culture de sécurité » sont disponibles ailleurs (voir What is Security Culture?), alors nous nous contenterons ici de rappeler de planifier tout le nécessaire en personne, avec des gens de confiance, à l’extérieur de maisons et sans la présence de téléphones (les deux étant vulnérables à la surveillance policière).

Lorsque nous avons commencé à faire des actions nocturnes, nous avons trouvé utile de commencer par des activités moins risquées comme le graffiti ou l’affichage, ce qui nous as tout de même permis de pratiquer le même type d’habitudes de communication que celles qui seraient plus tard appliquées lors des attaques. Ça nous a aidé à mieux connaître et à nous sentir plus confortables avec nos capacités à agir dans des conditions stressantes (rencontres avec la police, fuites, etc.) et dans les relations entre nous.

2. Repérage

Faites du repérage autour de la cible à l’avance. Trouvez les routes d’arrivée et de sortie les plus sûres, priorisez les chemins avec le moins de caméra possible (des ruelles, des boisés, des pistes cyclables, des coins résidentiels). Si vous coupez un trou dans une clôture avec des pinces monseigneur, est-ce que ça ouvrira des possibilités? À travers les différents objectifs de votre rébellion, amusez-vous à subvertir les plans d’aménagement urbain conçus pour le contrôle social.

Soyez discrets. Ne pointez pas du doigt les caméras que vous voulez détruire, ne faites pas des cercles en marchant autour de la cible. Choisissez l’emplacement de ceuzes qui feront le guet (si vous pensez en avoir besoin), par exemple quelqu’un qui fume une cigarette à un arrêt d’autobus et qui n’est pas sur caméra. Comment pourront-illes communiquer avec ceuzes qui font l’action : faire des signes avec les mains, crier des noms aléatoires et subtils pour indiquer différentes situations, utiliser des walkie-talkies, des lampes de poche, des téléphones burner (voir Burner Phone Best Practices)?

Connaître les mouvements de trafic à l’heure de l’action peut aider. Y a-t-il beaucoup de piétons? Où est la station de police la plus proche, et quelles sont les rues où il y a le plus de patrouilles? Faire l’action à 3ham lors d’une nuit pluvieuse signifie qu’il y aura moins de témoins, mais aussi que moins de gens seront présents dans les rues pour vous dissimuler si la police décide de fouiller le secteur, alors parfois c’est plus intéressant d’agir vers minuit. Une fois que vous serez plus confiant.es avec les actions nocturnes, peut-être voudrez-vous expérimenter avec des actions en journée, qui sont plus visibles pour les passant.es et alors plus difficile pour les autorités à invisibiliser, comme l’auto-réduction dans un commerce à St-Henri en mai 2016. Assurez-vous de laisser passer une ou deux semaines entre le repérage de la cible et le moment de l’action puisque c’est la moyenne de temps avant que des données plus récentes n’écrasent les enregistrements des caméras de surveillance.

3. Choix fashion! (et autres préparatifs)

Portez deux couches de vêtements : une couche pour l’action incluant une capuche et un chapeau, et une différente couche en dessous pour ensuite éviter de correspondre à la description des suspects. Fondez-vous dans la faune locale : ça ne fait pas de sens d’être habillé en punk dans un quartier bourgeois, mais ça fait du sens d’être en vêtements de jogging fluo si vous êtes en train de courir sur une piste cyclable. Des vêtements amples aident à dissimuler vos caractéristiques corporelles. Un chapeau et une capuche vous gardent relativement anonymes lorsque vous approchez du point initial – la plupart des caméras point vers le bas, votre face sera donc obscurcie en majorité lorsque vous regardez vers le sol.

Vous pouvez porter un masque complet pour les quelques derniers blocs à parcourir et au cours de l’action elle-même (voir Quick Tip: How to Mask Up). Dépendamment du terrain et de l’emplacement des caméras, vous pourriez vous permettre d’attendre jusqu’à quelques instants avant l’action pour vous masquer pour éviter d’éveiller les soupçons trop tôt.

Assumez que vous serez vu.es sur caméra durant l’action. Ne soyez pas trop paranoïaques à propos des caméras aux alentours – une caméra standard de la ville a une piètre résolution dans l’obscurité, si la police va jusqu’à obtenir les vidéos avant que les enregistrements ne soit écrasés automatiquement par les données plus récentes. Chaque surface de tous les outils qui seront utilisés devrait être nettoyée soigneusement à l’avance avec de l’alcool à friction pour enlever les empreintes digitales, et des gants de coton devraient être utilisés lors de l’action (les gants de cuir et de nylon retiennent les empreintes digitales sur leurs parois intérieures). N’amenez pas votre cellulaire, ou si vous le devez, retirez la batterie puisqu’il continue à géolocaliser même lorsqu’il est éteint.

Établissez à l’avance un plan au cas où un citoyen interviendrait, ou vous suivrait dans le but d’appeler la police. Le poivre de Cayenne a fait des merveilles pour nous, mais si ça vous semble trop intense comme réponse immédiate, la plupart des gens peut être dissuadée en étant verbalement confronté par un groupe masqué.

4. L’heure des sorcières

Une fois que les guetteurs.euses sont en place et qu’illes se sont mis.es d’accord sur un signal de départ, regardez une dernière fois autour de vous, et allez-y! Pour briser les fenêtres d’un commerce gentrificateur, amenez assez de roches pour plusieurs fenêtres, visez les coins au bas des fenêtres, et assurez-vous d’avoir fini d’agir une trentaine de secondes après qu’ait éclaté le premier pan vitré. Si vous désirez aussi mettre de la colle dans les serrures, bombarder leur enseigne de peinture (voir Balles de peinture : des ampoules remplies de peinture), détruire les caméras (voir les conseils dans Camover Montreal), écrire un message en graffiti (en MAJUSCULES carrées pour cacher les particularités du style d’écriture), ou quoi que ce soit d’autre qui est relativement silencieux, faites-le avant de chahuter en brisant les fenêtres, ou planifiez qu’un.e ami.e de plus le fasse simultanément.

Débarrassez-vous de tout, incluant la couche supérieure de vêtements, le plus rapidement possible, à la première place appropriée sur votre voie de sortie – les flics ont des lumières qui révéleront les éclats de verre sur vos vêtements (ce qui est plus un problème si vous utilisez un marteau plutôt que des roches). Trouvez des cachettes créatives à l’avance pour cacher ce que vous ne voulez pas que la police trouve, mais tant qu’il n’y a pas d’empreintes digitales sur votre équipement et vos vêtements, ça ne devrait pas déranger. Les tactiques incendiaires sont l’exception à cela, puisqu’il y a plus de probabilités qu’ils fassent des analyses ADN. Dans ce cas, vous voulez ramener tout avec vous dans un sac à dos et vous assurer d’en disposer plus loin.1

Idéalement, même si vous êtes attrapé.es par la police alors que vous fuyez, vous n’aurez rien sur vous qu’ils pourraient utiliser pour vous lier au crime. Connaissez l’histoire qui vous amène dans le quartier, ou soyez certain.es de demeurer silencieux.ses, parce que s’ils trouvent des preuves pour contredire votre histoire, cela peut être utilisé contre vous en cours, alors que votre silence ne peut être retenu contre vous. Lorsque vous vous faites arrêter au Québec, vous n’avez à donner que trois informations à la police : votre nom, votre date de naissance, et votre adresse (ceci pourrait être différent dans d’autres endroits; il peut être utile de connaître les lois locales avant de réaliser toute action illégale).

Une fois arrêté.es, dire quoi que ce soit de plus fera plus de mal que de bien. Après avoir fourni les trois informations ci-dessus, vous pouvez répéter la phrase suivante : « Je n’ai rien de plus à dire. Je veux parler à un avocat. »

Une réponse typique de la police (s’il y en a une – souvent les crimes liés au vandalisme ne sont découverts que le matin suivant) consistera tout d’abord à se rendre sur la scène du crime, peut-être à prendre le temps d’interroger des potentiels témoins pour savoir s’ils ont vu quoi que ce soit, et à ensuite conduire dans les rues autour à la recherche de potentiels suspects. Si vous sortez des environs immédiats aussi rapidement que possible, vous allez éviter tout cela. Se cacher peut être une option viable si quelque chose tourne mal et que quitter les environs comme prévu semble risqué – les cours arrière des maisons, les coins des allées de stationnement, les toits, les buissons, etc. peuvent tous être très utiles pour vous cacher en attendant de pouvoir partir.

5. Faites des beaux rêves!

Considérez utiliser un vélo pour sortir des environs rapidement – vous pouvez le barrer à une petite distance de jogging. Les vélos peuvent être déguisés en changeant de guidons et selles, en mettant du tape électrique noir sur le cadre, en retirant les caractéristiques qui permettraient de l’identifier ou en le peinturant entièrement en noir.

Il est préférable d’éviter l’utilisation de voitures si possible – une plaque d’immatriculation est beaucoup plus facile à identifier qu’un visage caché sous un capuchon sur un vélo. Mais si vous devez utiliser une voiture parce qu’il est trop difficile d’accéder au lieu autrement, soyez prudent.es. Vous pourriez vous stationner à une distance possible à faire en vélo, dans un coin qui n’est pas surveillé par caméras. Soyez habillé.es de manière totalement normale lorsque vous entrerez le véhicule. Prenez des chemins de campagne pour vous rendre et assurez-vous de bien connaître les routes. N’utilisez pas des voitures qui pourraient être déjà connues de la police, au cas où on leur aurait installé un dispositif de surveillance par GPS, et n’utilisez pas une voiture de location (c’est en partie pourquoi Roger Clement s’est fait attraper pour avoir incendié une filière de la RBC contre les Olympiques de Vancouver).

Reposez-vous bien en sachant que vous avez détruit une petite part de ce monde fucked up!

Allez voir Comment soumettre un communiqué de manière sécuritaire si vous voulez revendiquer votre action! Aussi, allez faire un tour sur la page de guides pratiques pour plus de guides sur les actions directes : le blocage de trains, la fermeture d’oléoducs, les manifs, les émeutes, et plus encore!

  1. Notes sur les analyses ADN : un principe de base est de ne jamais toucher (ou contaminer autrement avec des cheveux, de la sueur, des cellules de peau, des pellicules, de la salive, etc.) toute chose qui sera laissée derrière, puisque contrairement au empreintes digitales, l’ADN ne peut être éliminé. Des gants chirurgicaux (vendus dans plusieurs pharmacies) utilisés avec des techniques stériles (apprises sur youtube) peuvent vous permettre de manipuler des matériaux sans les contaminer après qu’ils aient été sortis de leur emballage. Ceci devrait être accompagné du port d’un casque de bain ou d’un chapeau très serré pour les cheveux, d.un masque chirurgical pour prévenir les particules aériennes de salive, et d’un chandail à manches longues que vous n’avez jamais porté auparavant et dont les manches sont recouvertes aux extrémités par les gants (ou peut-être mieux encore, des combinaisons utilisées pour l’élimination des moisissures et de l’amiante). Travaillez sur une surface surélevée pour ne pas avoir à vous pencher sur les matériaux. Soyez accompagné d’une deuxième personne (qui prend les mêmes précautions) qui fera tomber les matériaux en dehors de leur emballage sur le « champ stérile » (vous pouvez utiliser un rideau de douche par exemple), afin qu’une fois stériles vous ne contaminiez pas les gants avec les emballages que vous auriez pu toucher. Pour transporter vos matériaux, scellez-les dans un sac de poubelles. 

https://mtlcounter-info.org/wp-content/uploads/2017/05/recette-print.pdf

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-05-28 07:59:18

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Pour un juin dangereux : appel à la mobilisation et la solidarité avec les anarchistes prisonniers

Publié le 2017-05-28 16:56:15

Pour un Juin dangereux

La répression étatique est la partie la plus importante du système de domination et l’une de ses expressions les plus honteuses; Il ne nous surprend pas que celles qui sont les plus frappées sont historiquement celles qui ne se laissent pas récupérer par le système de pouvoir, à savoir les anarchistes, les révolutionnaires et les individualités rebelles.

Ces dernières ripostent à la répression physique, psychologique, morale, sociale et économique déchaînée par toutes les composantes du pouvoir démocratique et par la brutale violence indiscriminée de son bras armée et sa justice. Elles le font avec des actions directes visant les mèneurs de la répression, avec la destruction créative et libératrice des lieux de domination et au sabotage de ses infrastructures, afin de mettre un terme ou, au moins, entraver les causes de l’exploitation et de l’oppression par les êtres humains sur d’autres êtres humains, les animaux et la terre.

En vue de la libération totale, regarder passivement la reproduction de la domination signifie être complices, il y a donc celles qui continuent à faire face et à se rebeller.

En conséquence, le pouvoir met toutes ses stratégies en oeuvre, les procès et les procédures contre les camarades pour les actions, les épisodes de conflits et d’écrits continuent. Le mois prochain, il y aura le procès en cassation concernant la soi-disant opération Shadow, où un certain nombre de camarades sont accusés, entre autres, d’inciter à commettre un crime suite à la publication du document KNO3.[1]

Ces procédures judiciaires sont une expression de la guerre que les autorités font contre le lien entre la pensée et l’action, qui est le fondement de la dangerosité de l’anarchisme. Au-delà des luttes individuelles et spécifiques, cette opération de police vise à frapper les concepts principal d’idées et de méthodes anti-autoritaires telles que l’action directe, le refus de délégation et la solidarité.

A partir de ces réflexions, lors des rencontres qui se sont développées après l’arrestation de l’opération Scripta Manent, plutôt que de se pencher sur les stratégies de répression, nous avons jugé nécessaire de ne pas réduire la solidarité au soutien technique de celles qui sont en prison, mais d’élargir la spectre de notre analyse.

À cet égard, nous avons discuté de la solidarité qui est un élément fondamental de notre action anarchiste et de nos rapports de complicité visant à la destruction de la domination. Cette forme de solidarité dépasse les attaques de la répression et est capable de ne pas se laisser étouffer par la spécificité des trajectoires de lutte lorsque nous nous reconnaissons dans une tension d’attaque commune. En particulier, la solidarité active est un instrument essentiel pour répondre à la violence de l’État et ne pas prendre ses coups passivement, mais maintenir une attitude d’attaque, afin de ne pas développer des attitudes de victimisation, ce que veut la répression. En pensant en terme de conflits offensifs, de conflits permanents et internationalistes au-delà du chemin de chacune, le risque d’isolement peut être réduit et l’un des objectifs les plus importants de l’ennemi peut être rendu inefficace.

Exprimer la solidarité avec des contextes et des projets spécifiques ne signifie pas avoir à se conformer aux discours et pratiques de celles qui ont été frappées, ne signifie pas nécessairement suivre la trace d’une lutte ou d’une pratique donnée: si nous nous reconnaissons dans un horizon commun, nous pouvons agir en solidarité selon nos propres conflits individuels.

La création de relations de solidarité au niveau local et international est un objectif stratégique que nous devons nous donner pour faire face au renforcement des moyens et de la volonté de répression contre les individualités anarchistes, révolutionnaires et rebelles.

Nous pensons qu’il est nécessaire d’aborder nos propositions, nos projectualités et nos objectifs en matière de destruction du système, qui organise les relations sociales de domination en aplanissant la révolte par la récupération, et partout où cela n’est pas possible, en l’éliminant par la répression.

À cet égard, nous reconnaissons l’importance des actions et des pratiques multiformes au sein de l’anarchisme. Précisément parce que plus de différences existent dans un contexte, plus forte est la possibilité de ne pas se coincer sur des positions dogmatiques pré-arrangées, à condition que toute lutte et attaque spécifique fasse partie d’une vision plus large de la tension vers la subversion.

Reconnaître la valeur de cette diversité signifie également construire les bases pour s’opposer à toutes les tendances centralisatrices et dominantes au sein de l’anarchisme.

Cela n’est possible que par une attitude d’autocritique et de critique constante entre les différentes approches, une attitude qui va vers une croissance qualitativement significative de l’analyse de ce qui nous entoure et des différentes manières possibles d’organiser la destruction de ce qui nous opprime.

En refusant de classer ou de permettre aux autres de classer nos différentes tensions dans les catégories d’identité, nous pensons que toute attaque contre l’autorité interagit avec les mécanismes et les relations sociales et agit en même temps contre la société elle-même.
D’un point de vue stratégique, l’existence de pratiques multiformes est utile pour nourrir la complexité des formes d’organisation et d’attaque, et améliore la discussion sur les moyens et se termine dans les différentes projectualités anarchistes de l’action. Comprendre comment valoriser cette diversité sans diluer son contenu dans un projet commun de destruction totale du système de domination est une nécessité absolue.

Il est important de considérer différentes propositions et projections non comme étant antithétiques et statiques, mais comme des instruments, des ressources et des possibilités à la disposition des anarchistes, pourvu qu’ils possèdent certaines caractéristiques qui, selon nous, sont fondamentales, telles que la conflictualité permanente, l’attaque, l’indépendance des institutions, les structures politiques hiérarchiquement organisées et l’informalité comme instrument d’organisation.

Par conflit permanent, nous entendons une tension vers l’irrécupérabilité de nos pratiques et discours, le refus de soumettre notre action à des évaluations opportunistes. Cela n’exclut pas la possibilité d’élaborer une stratégie se référant aux modalités et aux objectifs, mais cela ne peut pas être une justification pour les attitudes d’attente ou l’abaissement de nos propres contenus dans le but d’un élargissement quantitatif.

De ce point de vue, nous réitérons le refus de toute collaboration avec le pouvoir ou qui se prête à la récupération. Par ce dernier, nous comprenons la stratégie du pouvoir d’absorber les expériences et les comportements potentiellement dangereux à lui-même et de les diriger vers leurs objectifs.

Dans les démocraties, le mécanisme de récupération est complémentaire du visage le plus sévère de la répression et vise à perpétuer le système d’exploitation et d’oppression: la tentative d’inclusion et d’intégration de certaines formes de dissidence est destinée à accroître la participation au jeu politique, créant ainsi des divisions afin d’attaquer plus facilement ceux qui ne veulent pas être dans le spectacle de la société.

L’action anarchiste pour la destruction de la société et de la domination répondent à la tension qui refuse l’autorité et ne négocie donc pas avec cette dernière, mais veut la renverser par la violence et une stratégie plus large qui commence par la conscience que nous ne vivrons jamais Libre en créant des îles dans la société de masse.

Il est donc hors de question que la lutte, pour ne pas être réformiste, doit considérer l’attaque directe comme une pratique.

Suite à l’opération Scripta Manent, Alfredo, Nicola, Danilo, Valentina, Anna, Marco et Sandrone se trouvent actuellement détenues dans des unités de haute sécurité, soumises à des restrictions et à la censure de la communication avec l’extérieur.

D’autres anarchistes se retrouvent en prison en Italie et dans le reste du monde, d’autres ici et ailleurs sont soumises à diverses mesures restrictives, telles que les assignations à résidence et les ordres de résidence obligatoire.

Nous appelons à la mobilisation au mois de juin en solidarité avec les anarchistes, révolutionnaires et rebelles frappées par la répression, comme une occasion de coordination entre initiatives et pratiques.

Rome, 30 avril 2017

Anarchistes

[1] L’opération Shadow est une procédure fondée sur l’article 270bis, que les procureurs de Pérouse ont commencé en 2008. Le crime d’association a été abandonné dans le procès de première instance, et lors du procès d’appel de 2015, il a abouti à une peine de 3 ans contre deux camarades, une troisième camarade a été la cible d’une enquête pour l’article 302 avec la circonstance aggravante du terrorisme à la suite d’articles publiés dans KNO3 et des peines contre d’autres camarades pour tentative de sabotage sur une ligne de chemin de fer et un vol de voiture.

 

Nouvelles de Russie - « Tout ça finira par un grand carnaval révolutionnaire »

Publié le 2017-05-28 16:56:16

Antifasciste et anarchiste russe, Aleksey Sutuga a été libéré début mai 2017. Il raconte son arrestation, les trois dernières années passées dans une colonie pénitentiaire en Sibérie, et pourquoi un révolutionnaire ne devrait jamais craindre la prison.



Traduction quasi entière de son récit, publié sur Avtonomye Deystvye (Action Autonome) le 11 mai 2017.

« Je suis juste l’un de ceux qui sont tombés dans leurs filets »

Le major qui m’a arrêté, je me souvenais l’avoir vu en 2009. A l’époque, on s’était fait prendre pour une action en soutien à l’antifasciste moscovite Aleksey Olesinov. Lui aussi, il se souvenait de moi. En 2014 il m’a dit, ok en 2012 tu as pris un an, puis on t’a amnistié ; mais cette fois-ci c’est trop : tu as été en Ukraine, tu te bagarres à Moscou, cette fois-ci tu vas y passer. Et il avait raison.

Dans leurs discours, c’était clair que ça fait longtemps qu’ils nous surveillent et qu’ils mènent un « travail opérationnel » (operatnaya rabota, travail de surveillance, d’infiltration). Ça ne concerne pas que moi, mais tout le milieu anarchiste et antifasciste de Moscou. Je suis juste l’un de ceux qui sont tombés dans leurs filets.

Ils étaient constamment présents pendant les manifestations. Ils s’intéressaient spécifiquement au mouvement antifasciste, aux anarchistes. C’était clair depuis longtemps, mais là c’était dit « Vous, les gars, tout ce que vous faites, on le sait ». N’importe quelle bagarre avec des nazis, n’importe quelle action illégale, ils l’enregistrent, l’analysent puis décident : qui arrêter, qui laisser libre encore un peu.

Le 5 avril 2014, j’ai été arrêté par des policiers anti-émeutes (OMON) et des membres du Centre de lutte contre l’extrémisme (un genre de forces spéciales) pendant l’oi-festival de Moscou. Ils se sont présentés, ont montré leur cartes, m’ont mis dans une voiture et m’ont conduit au Département des Affaires intérieures d’Izmailovo (un quartier de Moscou). Là ils ont enregistré une plainte administrative et m’ont gardé toute la nuit. Le matin, des types du Centre contre l’extrémisme sont revenus et m’ont conduits voir la procureure, qui m’a notifié mes chefs d’accusation : articles 213 partie 2 et 115 partie 2 (hooliganisme, coups et blessures) pour une bagarre dans un café le 2 janvier 2014. J’avais été identifié par les victimes et un témoin. Les agents du Centre contre l’extrémisme m’avaient retrouvé et arrêté.

Ils m’ont assuré que cette arrestation n’avait rien à voir avec l’Ukraine et mon voyage au Maïdan, que c’était juste pour cette bagarre. Mais on se bagarre toutes les semaines. Et ce n’est qu’après le Maïdan qu’ils m’arrêtent. Et puis il y avait des conversations du genre : «  Pourquoi tu es revenu à Moscou ? Tu aurais pu rester vivre dans ton Ukraine. Tu soutenais le Maïdan non ? Nous on est des patriotes, on pense que la Crimée est à nous. Vous, vous êtes des ennemis de la patrie ». Les bas-gradés et les milieux-gradés parmi les policiers, et dans les camps même les hauts-gradés, sont convaincus que leur travail, et le système qu’ils soutiennent, sont justes. Du pouvoir, des salaires et des titres renforcent ces convictions. Ça a toujours été comme ça.

Ils m’ont embarqué pour l’IVS (centre de détention temporaire) de Petrovki, où je suis resté trois jours. Puis il y a eu la comparution, et le discours typique : sans permis de résidence moscovite, officiellement sans travail et avec un chef d’accusation sérieux, on pouvait craindre que je ne prenne la fuite et ne fasse entrave à l’enquête. Ils m’ont remis en détention au centre « Butyrka », où j’avais passé du temps 10 mois auparavant. Il y avait même des personnes avec qui j’avais été détenu, qui étaient encore là et qui me connaissaient. Il y avait aussi des « Bolotniki » (des manifestants arrêtés lors de la manifestation du 6 mai 2012, la « marche des millions », Place Bolotnoya à Moscou).

Après le CIZO (CI, CIZO : Centres de détention) de Butyrka et sa condamnation, Sutuga est envoyé en train vers la Sibérie, où il passe par le centre de détention d’Irkoutsk (CIZO-1) après un transfert par le CI-3 de Chelyabinsk.

Au CIZO d’Irkoustk, des eshniki (forces spéciales) sont venus, ou peut-être que ce n’était pas des eshniki, je ne sais pas, ils ne sont pas présentés. Appelons-les des « combattants contre l’extrémisme ». Ils sont venus deux fois, la première pour suggérer que je déclare devant une caméra que j’avais cessé d’être un anarchiste et un antifasciste. Ils voulaient que je dise aux jeunes qu’il ne fallait pas participer à la violence politique dans la rue, que c’était mal. La seconde fois c’était pour me proposer de rester au CIZO-1, de travailler pour l’administration (ils proposent ça à quasi tout le monde, pas seulement à moi, et beaucoup acceptent).

La colonie. « Ils voyaient en moi un type dangereux pour les autres détenus ».

D’habitude ils emmènent tout un car de zek (détenus), peut-être dix personnes à la fois, mais moi ils m’ont amené tout seul. Une vingtaine de travailleurs du camp m’attendaient. Ils m’ont fouillé et ont « trouvé » une lame de cutter dans mon sac. Ils ont filmé et, le détenu ayant en sa possession des objets interdits, j’ai été envoyé dix jours à l’isolement. Et après ça : violation - je n’étais pas rasé, je n’avais pas boutonné un bouton - et prolongation de l’isolement, violation, prolongation etc. Après six mois de ce traitement, ils m’ont envoyé en cellule.

Si tu es à l’isolement, on te réveille à 5h, si tu es dans le camp à 6. On te réveille, on te prends ton matelas, petit déjeuner. Puis tu dors encore un peu sur le sol, puis inspection, promenade et déjeuner. Après ça tu peux lire, discuter avec les autres zek, faire ce que tu veux. Et puis dîner, et à 21h on te rend ton matelas.

L’administration voulait que je collabore avec eux, disant qu’en échange ils m’enverraient au camp (où on est comparativement plus libre que dans le régime cellulaire). Ils voulaient moins d’activistes des droits de l’homme, il me disaient, le plus les activistes viennent, le plus tu auras de problèmes. Parfois les activistes qui viennent sont des gens bien, qui discutent vraiment avec les zek et des choses changent pour nous. Ils m’ont laissé avoir des livres et des journaux par exemple. Les choses se perdent souvent, mais de temps en temps on m’amenait un paquet de journaux et de lettres. Souvent avant une visite d’activistes.

Le seul ordre qu’ils semblaient avoir reçu de Moscou, c’était de m’isoler des autres. Je ne sais pas pourquoi ils voyaient en moi quelqu’un de dangereux pour les autres détenus. Ce n’est pas comme si j’étais un forcené de la transgression, c’est la routine en détention qui est impossible à vivre. Les gulag sont devenus des gufsin, mais le traitement des prisonniers n’a pas changé.

Ceux derrière les barreaux. « Nous vivons la même vie, et notre ennemi aussi est le même ».

Avec les gars biens, tout allait bien. Bien sûr, il y avait aussi des conflits, mais on discutait, on trouvait des compromis. Nous vivons la même vie, et notre ennemi aussi est le même. Ce que nous avons, nous pouvons sans conflits le partager ou pas. La structure sociale est la même que dans la rue. La seule différence c’est que dans la rue les gens sont libres de partir, alors que là-bas il faut trouver des compromis, un langage en commun, ou un des gars doit se soumettre. Ça dépend.

Il y a des choses à savoir, comment se comporter, comment vivre ensemble, comment communiquer avec l’administration. Mais si vous allez en prison, vous comprendrez vous-mêmes, les zek expliquent toujours aux nouveaux. Quand tu arrives, ils vont s’asseoir en face de toi, te faire une tasse de thé, et te parler. Le plus important c’est de ne pas être nerveux, et de ne pas transmettre cette nervosité. De ne pas faire des mouvements qui pourraient incommoder les autres. Mais tout ça tu comprends vite, et ça va, sauf si tu es vraiment asocial et qu’il t’est impossible de vivre avec beaucoup de gens dans un petit espace.

Il y a des gens qui deviennent fous, mais il y en a d’autres qui les aident à ne pas devenir fou. Si tu es tout seul, tu as plus de chance de craquer que si tu restes avec les autres. C’est comme une psychothérapie. Même si, en vrai, les détenus aiment bien jouer sur les nerfs les uns des autres. L’activité principale d’un zek c’est de rendre fous les autres zek. Tu fais des blagues, tu fais des blagues, et tu fais des blagues jusqu’à ce que le mec en face s’embrase comme une allumette.

Au début, ils pensaient que je m’étais battu. Pourquoi ? Avec qui ? Je m’expliquais, les gars comprenaient vite qu’il y avait autre chose. Pour une bagarre où personne n’a fini à l’hôpital, on ne prend pas trois ans. Au fil des discussions, des thèmes que j’abordais, ils ont commencé à comprendre qui j’étais. Les réactions ont été différentes, du rejet total au soutien : quand je sortirai d’ici, je vous rejoindrai, je serai avec vous, mais dis, comment est-ce qu’on devient un anarchiste ?
Ceux qui rejettent, c’est conscient : ils comprennent ce que je fais et ça ne leur plaît pas du tout. Les gens sont différents, les opinions aussi. La prison est un miroir de la société libre.

En prison, beaucoup sont analphabètes. Ils n’ont pas étudié à l’école, ça ne les intéressait pas, il y avait d’autres connaissances qu’ils voulaient acquérir. J’ai aidé qui j’ai pu, comme j’ai pu. En expliquant les lois, en aidant à faire des recours.

Les nouvelles sont constamment discutées en prison. Mais sur un plan différent. Je détestais surtout les discussions après avoir regardé REN-TV. La question n’était pas de savoir si les reptiliens existaient ou non, mais est-ce qu’ils contrôlent déjà la planète ou est-ce qu’on les combat encore un peu ? Les sujets les plus fréquemment abordés : les francs-maçons, les complots, l’équipement militaire russe qui est le meilleur du monde, et tout ce lavage de cerveau. Là-bas, comme partout, le patriotisme se développe, mais aussi une forme de négativité. Il y a toujours quelqu’un pour dire que plus rien ne l’étonne : « Je vole et je volerai, et tous ces présidents volent plus que moi. Je gagne ma vie, eux aussi mais dans une villa avec des yachts. J’essaye de voler les riches, et eux ils volent les pauvres, les gars comme moi, et le pays entier ».

« Pour nous, révolutionnaires, la prison est aussi une maison »

Je ne sais pas ce qu’ils cherchaient concrètement en m’envoyant en prison. A me secouer physiquement et psychologiquement je suppose. A me décourager de mener des actions futures. Mais ce que nous faisons, tôt ou tard, mène à la prison, ou même au cimetière. Comprendre cela apaise. Peut-être que cela sonne triste, mais pour moi c’est joyeux. Plus joyeux que de vivre juste comme ça.

Nous avons la solidarité, le soutien de nos camarades. Je recevais constamment des lettres, des souscriptions à des journaux, mes camarades prenaient soin de moi. Et quand je suis sorti, on est venu à ma rencontre, on m’a habillé, nourri. Les autres, s’ils reçoivent un tel soutien, ça vient de leur famille proche ou de gens très proches. J’étais avec des gens qui n’avaient personne. Quand ils sortent, ils se retrouvent à la rue et ils y restent. Et pour le dire vite, ils ne leur restent qu’à voler à nouveau. Pour eux la prison est une seconde maison.

Mais pour nous, appelons-nous révolutionnaires, la prison est aussi une maison. Comment peux-tu faire la révolution et ne pas te retrouver en prison ? Surtout si tu es un anarchiste qui refuse l’État en général.

J’ai des amis qui n’ont fait que très peu de prison en quinze ans d’activités, disons, tumultueuses. Ils ont eu de la chance et continuent d’en avoir. Peut-être que c’est dans le sang. Des membres de ma famille ont fait de la prison ici en Sibérie, d’autres ont été tués. Au temps des tsars comme dans les années 50.

Je recevais des lettres de camarades. De vieux camarades, de camarades que je ne connaissais pas, et de pas-vraiment-camarades, des gens qui n’avaient pas grand chose à voir avec l’anarchiste et l’antifasciste que je suis, mais qui écrivaient au « prisonnier politique ». J’ai reçu des lettres de plusieurs villes de Russie, et de l’étranger : d’Ukraine, de Biélorussie, d’Italie, d’Angleterre, d’Espagne, des USA, de Suède.. Il y a avait toujours quelque chose à lire ou quelqu’un à qui répondre. Les lettres c’est vraiment quelque chose de génial.

Pour les nouvelles, on apprend tout avec un mois de retard. Mais je comprenais ce qu’il se passait dans le pays. J’ai tout lu sur les lois Yarovaya (nouvelles lois anti-terroristes passées en 2016), sur la vie de l’opposition, sur les événements internationaux.
J’ai commencé à voir les choses différemment. On dirait qu’ils se sont vraiment mis à avoir peur de nous, et pas seulement de nous, mais des opposants ordinaires aussi.

Libération – Ce n’est pas nécessaire d’aller en prison, mais il ne faut jamais en avoir peur.

Normalement tu es libéré l’après-midi. Moi ils sont venus me chercher à 6h du matin, ils m’ont dit rassemble tes affaires, on t’a acheté un billet, tu vas à l’aéroport. Ils m’ont laissé gelé dans un cagibi et ont regardé une par une mes 400 lettres. Ensuite je suis sorti, pas par le portail mais par l’entrée de service.

Il y avait une Ford noire et deux grands types costauds qui m’attendaient. J’ai toute de suite compris à quelle organisation ils appartenaient. J’ai dit : « on va à Irkoustk ». Ils ont dit : « On va où tu veux, mais d’abord tu vas parler à nos collègues du Centre de lutte contre l’extrémisme ». Ces conversations, il y en a eu mille, pendant le camp, avant. Toujours les mêmes questions : « Qu’est-ce que tu vas faire et qui sont tes amis ?  » Comme si je savais ce que j’allais faire après trois ans de taule. Quoique, je sais : après tout, il n’y a pas grand chose à faire quand on est enfermé, à part penser à ce qu’on fera quand on sera libre. Ils m’ont dit un mot d’adieu, je ne sais plus exactement lequel, mais l’idée c’était : Ne cherche pas les ennuis (Ne lez’).

Si tu ne sais pas parler avec les flics, c’est mieux de ne rien dire. S’il y a une affaire contre toi, combats pour ta liberté. Être arrêté ne veut pas dire que ce combat est terminé. Les murs te limitent, les moyens de communication te limitent, mais tu peux rester libre en prison. C’est difficile à comprendre mais c’est comme ça. Il n’est pas nécessaire d’aller en prison mais il ne faut jamais en avoir peur.

Ça fait du bien d’être dehors. Rien de changé, je ressens juste la liberté physique. Peut-être que je suis en choc émotionnel et culturel, trop de personnes, de nouveaux visages.

Pour l’instant je vais vivre et travailler en Russie, chez moi. Comme avant.
Je suis quelqu’un de joyeux. Je suis convaincu que tout finira par un grand carnaval révolutionnaire et que nous vaincrons, enfin, le fascisme dans toutes ses manifestations.
Jusqu’au bout.

[montreuil] discussion autour des luttes anti-autoritaires et de la répression à bruxelles

Publié le 2017-05-28 16:56:16

Le 30 mai 2017, la chambre du Conseil doit statuer sur l’éventuel renvoi en procès antiterroriste de 12 compagnon-ne-s anarchistes et antiautoritaires.

Depuis de nombreuses années, différentes luttes sont venues perturber les velléités de pacification de l’Etat belge. A l’intérieur comme à l’extérieur des taules, la révolte s’est étendue sous diverses formes (mutineries, évasions, solidarité dans la rue …). Les centres de rétention n’ont pas été épargnés, et une lutte a par exemple été menée contre la construction d’un nouveau centre fermé à travers l’action directe et l’auto-organisation. L’agitation subversive a aussi critiqué en mots et en actes plusieurs autres aspects de la domination comme la métropole, la technologie, la propriété, etc.

Face à une conflictualité diffuse, le Pouvoir a fait le choix d’attribuer près de 150 attaques entre 2008 à 2013 à une association terroriste présumée, et 12 compagnon-ne-s anarchistes et antiautoritaires se voient donc pour l’heure accusé-e-s d’ « appartenance à une organisation terroriste » pendant des périodes plus ou moins longues. L’invention d’un groupe terroriste qui serait responsable de l’ensemble de ces faits (ne serait ce que par le fait de « les avoir rendus possibles ») permet de jolies pirouettes servant l’accusation : une bibliothèque devient un lieu de recrutement, des discussions deviennent des réunions clandestines, des tracts et des journaux de critique anarchiste deviennent des manuels de guérilla urbaine, des manifs et des rassemblements deviennent des appels au terrorisme, des liens affinitaires entre des personnes en lutte et l’auto-organisation qui peut en découler deviennent « un groupe terroriste structuré ». Ce qui est renvoyé devant le tribunal, c’est donc toute une mosaïque de luttes, de révoltes, d’idées, d’actions directes, de critiques, d’imaginaires révolutionnaires, d’agitations qui ont, pendant des années, cherché à s’attaquer à la domination.

Le 4 juin 2017, la venue d’un compagnon de Bruxelles sera l’occasion de revenir sur ces luttes sans médiation et la répression qui a suivi, de discuter de comment faire exister une continuité d’idées et de pratiques malgré les coups répressifs et des différentes manières d’exprimer une solidarité.

Discussion publique le 4 juin 2017 à 18h au Condensateur, 43 rue de Stalingrad, Montreuil M° Croix de Chavaux ou Mairie de Montreuil

Apéro free style où on pourra déguster ce que chacun-e aura apporté.