Vive l'Anarchie - Semaine 22, 2025

Sommaire

Niort : « Laissez les pauvres tranquilles »

Publié le 2025-06-02 00:00:00

La Nouvelle République / lundi 2 juin 2025

Six tags, dont deux présentent un caractère injurieux envers la présidente Coralie Dénoues, ont été découverts au matin du lundi 2 juin 2025 sur une façade de l’hôtel du Département des Deux-Sèvres, à Niort : la collectivité annonce porter plainte.
Une poignée d’agents du conseil départemental des Deux-Sèvres s’affairaient, le lundi 2 juin 2025 en fin de matinée, autour de ces inscriptions, ceci pour les dissimuler provisoirement avec des oriflammes en attendant qu’elles soient effacées : repérés par nos confrères du quotidien régional Le Courrier de l’Ouest, six tags ont été écrits sur l’un des murs de l’hôtel du département à Niort. La moitié l’était en noir, l’autre en rouge.

Deux d’entre eux présentaient un contenu insultant envers la présidente, Coralie Dénoues. Les autres demandaient notamment à la collectivité territoriale de « laisser les pauvres tranquilles ». Ou comparaient le contrat d’engagement […] à, tour à tour, de « l’esclavage moderne » et du « travail dissimulé ».
Ces dégradations ont été constatées au matin du lundi 2 juin 2025. Le conseil départemental des Deux-Sèvres a réagi, ce même jour à 11 h 15, dans un communiqué de presse [dont on se fout complètement ; NdAtt.]

 

Ouest-France cite les tags suivants  : « Dénoues stigmatise les pauvres », « Dénoues dégage », « Laissez les pauvres tranquilles », « Contrat d’engagement = travail dissimulé » .

L'assemblée RSA - France Travail se mobilise au CCAS de Brest

Publié le 2025-06-02 10:26:30

Mercredi 21 mai, des membres de l’assemblée RSA - France Travail se sont rassemblés au centre communal d’action sociale (CCAS) de Saint Martin à Brest, pour protester contre la loi pour le plein emploi.



Les manifestants ont déployé des banderoles « Non à la loi plein emploi - Précaires en lutte » et « A bas la réforme RSA ». Ils ont aussi collé des affiches sur le bâtiment, en protestation contre les sanctions et les radiations.

En effet, la loi pour le plein emploi, entrée en application le 1er janvier 2025, conditionne l’obtention du RSA à l’inscription à France Travail et à la réalisation de 15 heures d’activité par semaine. Un dispositif lunaire, accompagné de contrôles accrus, dont d’utilité n’est que de radier les allocataires qui ne peuvent pas se plier aux nouvelles contraintes.

L’AG RSA - France Travail a pour but de permettre aux précaires de s’organiser collectivement pour se défendre face à l’administration, qui souhaite faire baisser les chiffres du RSA coûte que coûte, quitte à priver les plus démunis de leur seul moyen de subsistance.

Contact : ag-rsa-francetravail-brest chez riseup.net

Un entretien avec les compas d’Anarchy Today

Publié le 2025-06-03 00:00:00

A2day / mars 2025

[…]
Si vous voulez vous présenter – sinon pas de problème.

Quelques mots à propos de nous. A2day est un collectif très petit. Nous faisons ce site ensemble, mais en même temps chacun.e d’entre nous est impliqué.e dans la lutte anarchiste dans le lieu où elle/il se trouve actuellement. Il y a un accord qui dit que nous travaillons sur ce site de manière anonyme, personne ne peut affirmer qu’il ou elle en est un.e rédacteur.trice.

 

Tout d’abord, que pouvez-vous nous dire sur la situation sociale et politique des trois pays anciennement soviétiques parfois connus sous le nom « BUR » [Bélarus, Ukraine, Russie ; NdAtt.] ? Si vous vous sentez à l’aise pour parler des trois […] D’ailleurs, pensez-vous qu’il est utile de parler de BUR comme de quelque chose qui a une sorte d’unité ?

Chacun.e d’entre nous a été actif.ve dans les trois pays et nous pouvons dire que le territoire de la région BUR, malgré toutes les différences, a beaucoup en commun. Il est très important de dire qu’il a été possible de voyager entre nos pays sans visa, les anarchistes des pays de la BUR étaient en contact étroit les un.es avec les autres (depuis la fin des années 1980), elles/ils voyageaient chez les un.es et les autres pour des actions, ainsi que pour des rassemblements et des tournois sportifs. Pour que vous compreniez bien, la définition de notre région en tant que BUR est une sorte de jeu de mots, parce que dans les colonies pénitentiaires un « bur » est un quartier de haute sécurité, en d’autres termes, une prison dans une prison. Notre BUR est une prison en Europe. L’héritage soviétique, y compris les traditions politiques du régime totalitaire, a laissé une forte empreinte sur les sociétés de ces pays.

En même temps, le Bélarus est resté le pays le plus « soviétique », tandis qu’en Ukraine il était plus facile de se cacher et de mener des activités illégales. Le capitalisme sauvage y régnait, la police acceptait volontiers des pots-de-vin, il était facile d’acheter des armes et pas un.e seul.e anarchiste n’y a été emprisonné.e pour des raisons politiques depuis le début des années 2000 et aucun.e n’y est emprisonné.e en ce moment. Pour être exact, il faut ajouter qu’en 2018 le célèbre anarchiste biélorusse Aleksandr Frantskevich a été expulsé d’Ukraine et il est en ce moment en train de purger une lourde peine au Bélarus. En 2021, les autorités ont tenté d’expulser d’Ukraine l’anarchiste Aleksei Bolenkov, mais il a gagné son procès, avec l’aide de groupes de défense des droits humains et du battage médiatique.

 

Quels sont les liens qui persistent entre ces trois pays, plus de trente ans après la fin de ce cauchemar qu’était l’URSS ? En fait, les chemins pris par ces trois pays semblent, depuis l’Europe occidentale, assez différents. Même avant 2022, la Russie était un très grand pays, mais avec une économie en rapide désindustrialisation, se réédifiant sur l’exploitation des ressources naturelles, avec un gouvernement de plus en plus autoritaire. L’Ukraine était une sorte de « nouveau » pays, avec une démocratie vacillante, qui semblait, après Maïdan, avoir choisi la voie de l’Occident. Le Bélarus semble être une dictature inébranlable, du type des républiques populaires, même si les protestations de 2020-2021 ont essayé de contester cela.

La plupart des familles ont des parents dans d’autres pays de la région BUR, la langue russe est bien connue dans les trois pays et il n’est pas difficile pour une personne dont la langue maternelle est le russe d’apprendre à comprendre le biélorusse et l’ukrainien. Jusqu’au début de la guerre, de nombreux.ses Ukrainien.nes et Biélorusses allaient en Russie pour travailler, les Biélorusses le font encore. Les capitaux (que ce soit ceux des États ou des oligarques) circulaient librement aussi. Et même maintenant, le commerce entre ces pays continue ! Nous écoutions les mêmes groupes de musique, nous regardions les mêmes films. Le Président de l’Ukraine, un comédien professionnel, a joué dans des films et des spectacles russes. En fait, il y a bien plus de connexions et de fils imperceptibles que ce que l’on pourrait croire à première vue. Les racines remontent à l’URSS ; après son effondrement, les gens se sont retrouvé.es de différents côtés des frontières. Par exemple, de nombreux politiciens et agents des forces de l’ordre du Bélarus et d’Ukraine ont obtenu leurs diplômes dans des universités russes et ont des liens avec Moscou. Comme c’est le cas pour Loukachenko, Poutine ou Ianoukovytch*, qui sont porteurs de valeurs soviétiques. C’est l’une des raisons des protestations dans ces pays : le désir de se libérer des chaînes de Moscou et de l’héritage soviétique. La nouvelle génération, bien qu’elle ait grandi dans un environnement différent, avait toujours des codes culturels similaires, dans toute la région BUR.

Oui, l’Ukraine a essayé de se détacher du « monde russe » et de se rapprocher de l’Europe, mais elle n’a pas tenu compte du fait que 1) il y avait beaucoup de partisans de la Fédération de Russie à l’intérieur du pays, ce qui a aidé la Russie à déclencher une guerre et à s’emparer d’une partie des territoires ukrainiens (même maintenant, il y a un segment pro-russe dans la société ukrainienne) et 2) la Russie est un empire et elle ne cédera jamais ce qu’elle considère comme lui appartenant.
Le Bélarus est, depuis trente ans, sur la voie de la russification et du rapprochement avec le Kremlin. Beaucoup de Biélorusses se sont longtemps vu.es, eux/elles-mêmes et leur pays, comme une partie de la Russie, avec laquelle, d’ailleurs, il n’y a toujours pas de frontières étatiques (comme au sein de l’UE) ; avant la guerre, il n’y en avait pas non plus avec l’Ukraine. Le récit post-soviétique d’une « triple nation », « Russie-Ukraine-Bélarus », qui est activement soutenu par les autorités et les historiens pro-gouvernementaux de la République du Bélarus et de la Fédération de Russie, ainsi que par certains partis ukrainiens, était aussi important pour les générations plus âgées. Les éventements de 2013-2014, de 2020 et de 202[2] ont accéléré les changements dans ce paradigme.

 

Après 2022 et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, la situation semble encore plus polarisée – mais elle pourrait aussi être plus claire. Comment la guerre a-t-elle changé la situation des populations dans les trois pays ?

C’est une question assez complexe, à laquelle il est difficile de répondre brièvement. On peut dire que la date du 24 février2022 a complètement changé la vie dans la région.

Ukraine. Des millions d’Ukrainien.nes ont été obligé.es de quitter le pays, des centaines de milliers ont été tué.es, mutilé.es, privé.es de leurs maisons, des milliers sont prisonnier.es de la Russie ou sous occupation. Celles/ceux qui restent vivent avec le sentiment constant que, à tout moment, il peut y avoir une alerte aérienne et ils/elles pourraient être tué.es par des missiles russes. Les hommes ne sont pas seulement enrôlés dans l’armée, les agents de recrutement de l’armée attrapent des gens dans les rues et les lieux de travail et les envoient à l’abattoir. L’économie est dans un état déplorable, les prix augmentent constamment, il y a des réformes antisociales, avec la corruption à un niveau sans précédent – l’armée en est saturée (et cela en temps de guerre !). Ce qui est intéressant, c’est qu’officiellement l’Ukraine n’est pas en état de guerre, mais seulement sous la loi martiale, même si de tous les côtés les politiciens et les médias crient à propos de la guerre. C’est une politique de deux poids deux mesures ou, plus simplement, de l’hypocrisie. Le pouvoir est pratiquement usurpé par Volodymyr Zelensky et son entourage, qui ne comptent sur personne d’autre. L’État ukrainien fait tout pour que le public le déteste encore plus. Et les gens en ont vraiment assez de la guerre et de la corruption incurable, surtout en regardant les enfants des oligarques et des détenteurs du pouvoir passer leurs vacances dans des hôtel suisses ou circuler à Kiev dans des Lexus. Et cela à un moment où le monde entier collecte de l’argent pour les forces armées ukrainiennes. De plus, la question du nationalisme est devenue tendue. La guerre alimente toujours des sentiments chauvins et l’Ukraine n’est pas une exception.

La haine de tout ce qui est russe/soviétique (souvent aussi de tout ce qui est biélorusse), non seulement au niveau quotidien, des personnes ordinaires (soulignons le fait que des nombreux.ses Ukrainien.nes sont brusquement passé.es à la langue ukrainienne), mais aussi au niveau de la politique d’État, y compris la politique historique, ne fait qu’ancrer le nationalisme. Au lieu de réaliser des réformes sociales, l’État détourne l’attention des Ukrainien.nes vers un patriotisme emphatique et d’autres choses secondaires. Dans cette époque, les garanties économiques et sociales sont bien plus importantes que l’usage forcé de la langue ukrainienne et la démolition des monuments en hommage à Pouchkine. Il vaut la peine de rappeler que de nombreux.ses combattant.es ukrainien.nes, au front, n’ont aucun problème avec la langue russe, contrairement à ceux/celles qui se trouvent à l’arrière, relativement au calme, et surtout à l’étranger. La montée des idées radicales de droite, des millions de destins mutilés, le traumatisme mental de la guerre, la dépendance économique croissante face à l’Occident, la catastrophe écologique du pays – cela prendra des décennies à l’Ukraine, après la guerre, pour se remettre de sa crise démographique, économique et politique. La guerre a effectivement élargi le fossé entre les peuples russe (et biélorusse) et ukrainien. Ce traumatisme ne sera pas facile à guérir pour les générations futures.

Russie. L’économie et la propagande sont orientées vers la guerre. « Tout pour le front ! Tout pour la victoire ! » (comme à l’époque soviétique). Mais, économiquement, la Russie est encore forte, malgré les sanctions. Des dizaines de milliers d’émigrant.es, des milliers d’affaires pénales pour des manifestations contre la guerre (qu’elles soient radicales ou pacifiques). Une société fracturée. Beaucoup de criminels, dans la guerre, qui commettent régulièrement des meurtres, des vols et des violences après leur retour. L’État les pardonne. Ceux qui ont été à la guerre sont autorisés à tout faire – leurs péchés sont expiés par le sang. Ce ne sont pas des cas isolés, mais un processus constant. La même croissance du chauvinisme et de la haine de tout ce qui est « occidental » et ukrainien, jusqu’aux couleurs jaune et bleu. La guerre a conduit à une renaissance de la violence d’extrême droite dans les rues. Les dénonciations d’autrui, comme à l’époque stalinienne, sont devenues une pratique courante. On instille chez les gens le sentiment qu’il y a une guerre constante entre le bon « monde russe » et l’Occident pourri. Malheureusement, une grande partie de la société professe l’impérialisme et croit dans la mission, propre à la la Russie, de garantir la stabilité dans le monde. Pour être clair.es : nous nous rendons compte du caractère pernicieux de l’impérialisme occidental et ne le nions pas, mais il faut comprendre que la région BUR a été dans les chaînes de l’impérialisme russe pendant des siècles. Ce n’est pas seulement à cause de Poutine, et même pas tellement à cause de Poutine. C’est un problème de toute la société, plus profond et enraciné non seulement dans la politique, mais aussi dans l’histoire, la culture et la religion.

Bélarus. Pays allié et vassal de la Russie. Les vagues de répression violente y ont commencé en 2020, pendant la révolution biélorusse avortée. Jusqu’à un million de personnes ont été obligées de quitter le pays. Depuis soixante ans, la diaspora biélorusse s’est engagée avec succès dans le développement culturel et le commerce. Dans un pays d’environ neuf millions d’habitant.es – dont environ 1 500 prisonnier.es politiques – on assiste à la plus grande crise démographique des soixante dernières années.

Il y a une absence totale de liberté d’expression et de réunion, aucun média indépendant, aucune ONG, pas de syndicats. Les vagues de répression continuent, tant pour des déclarations politiques que pour des déclarations ordinaires, en opposition à la guerre ou en soutien à l’Ukraine, pour des commentaires et des publications sur Internet. Alexandre Loukachenko, qui est au pouvoir depuis près de 31 ans, s’est fait une réputation, dans la région BUR, de dirigeant qui s’est attaqué à la corruption et au crime organisé et qui a fait du Bélarus un pays propre et prospère, avec des soins médicaux et une éducation gratuits. Beaucoup de personnes, dans l’espace post-soviétique, ont cru à cette image, qui ne correspond pas à la réalité. Jusqu’en février 2022, les Ukrainien.nes, qui, soit dit en passant, s’intéressaient peu à la situation politique intérieure du Bélarus, y croyaient aussi. Heureusement, la guerre leur a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Dans ce pays, le pouvoir des forces de l’ordre est pratiquement illimité. Il y a partout (même dans les écoles et les crèches) de la propagande sur le « Bélarus pacifique » et des critiques envers l’Ukraine et l’Occident, qui auraient déclenché la guerre. Les Biélorusses ne sont pas contre l’Ukraine et ne veulent pas participer à la guerre, mais la société est divisée aussi. La guerre a aggravé la situation économique, mais la Russie nourrit [le Bélarus] avec des prêts et des marchés pour ses produits. Le vieux dictateur essaye de remuer et de faire de l’humour, mais, très probablement, il comprend qu’après sa mort le pays subira peut-être de grands changements. Nous voyons deux scénarios : sous la pression du Kremlin, Minsk deviendra encore plus subordonné à la Russie, en perdant ce qui lui reste d’indépendance, ou alors il y aura des manifestations, un changement de pouvoir, un nettoyage et un rapprochement avec l’Occident. La seconde option est plus souhaitable, pour nous, car il y aura sans doute des opportunités pour les anarchistes : reprendre des territoires autonomes, promouvoir les idées d’auto-organisation, de démocratie directe et en général l’agenda libertaire.

 

Et à propos du (des) mouvement(s) anarchistes(s) ? Comment décririez-vous les mouvements anarchistes dans les trois pays, avant l’invasion à grande échelle ? Quels étaient les liens entre les compas des trois pays ? Si vous deviez trouver des aspects qui différencient le(s) mouvement(s) anarchiste(s) dans la région BUR de ceux de l’Occident, sur quoi mettriez-vous l’accent ?

Une autre question sur laquelle on pourrait écrire un livre. Dans aucun des États de la région BUR, au XXIe siècle, l’anarchisme n’a joué un rôle socio-politique important, comme il avait pu le faire à plusieurs reprises au XXe siècle. Le développement du mouvement anarchiste dans la BUR a été entravé, entre autres, par l’héritage soviétique. La gauche était associée aux partis communistes, perçus comme idéologiquement en faillite par les sociétés de ces pays. À ce jour, les anarchistes sont étiqueté.es (surtout par la droite) comme des « gauchistes », des « rouges » et des « communistes », c’est-à-dire les héritier.es du totalitarisme. En outre, nous soulignerons les points suivants :
1. L’absence de mouvements de masse, de contacts forts et permanents, non liés à une situation donnée, avec la société (mouvements de protestation, travailleur.euses, étudiant.es, etc.). S’il y a un conflit social quelque part, les anarchistes viennent soutenir les manifestant.es, mais ils/elles arrivent très rarement à être proactif.ves et à proposer leur agenda aux gens.
2. La rupture des traditions et l’absence de continuité entre les néophytes du mouvement et les vétéran.es plus expérimenté.es. Chaque nouvelle génération répète les erreurs du passé.
3. Bien qu’un système politique plus rigide engendre une résistance plus radicale, l’insurrection dans la BUR a, jusqu’à présent, été sociale (soutien aux mouvements de protestation plutôt que des actes individuels de terrorisme néo-nihiliste) et de nature relativement « humanitaire ». Il n’y a eu aucune atteinte, de la part d’anarchistes, à la vie de politiciens, d’oligarques, de radicaux de droite ou de membres des forces de sécurité. La vie est une valeur énorme pour nous. Cela ne signifie pas que ça va continuer comme ça – les choses peuvent changer radicalement, dans des situations critiques.
4. La région BUR n’a pas une tradition de mouvement syndical fort, comme en Occident ou même dans la Pologne voisine.
5. Le seuil de la contre-culture (sous-cultures, lifestyle anarchism, etc.) a été franchi relativement récemment (à la fin des années 2000), pas complètement et pas par tout le monde.
6. Toujours à la traîne de l’anarchisme occidental. Le fait d’emprunter des idées à la mode et « modernes », l’absence de bases théoriques, un accès restreint aux travaux des théoriciens occidentaux.
7. Des conflits internes (personnels et idéologiques), au sein du mouvement, dans chaque pays.

Les liens et les contacts entre les anarchistes de la BUR étaient insuffisants pour présenter un front uni contre l’impérialisme russe et l’agression militaire contre l’Ukraine. Une partie des anarchistes russes n’a pas compris les agendas biélorusse et ukrainien, en étant soit droguée par des idées impérialistes (l’OTAN est mauvaise, l’Ukraine veut rejoindre l’OTAN, par conséquent elle est mauvaise aussi) et rouges (l’Occident est mauvais, les républiques populaires de Lougansk et de Donetsk contre les oligarques ukrainiens et pour les travailleur.euses, l’antifascisme russe contre les partisans de Stepan Bandera [fasciste ukrainien ayant collaboré avec l’Allemagne nazie ; NdAtt.], etc.) soit par des « idées révolutionnaires pures » (Russie=Ukraine, dans les deux pays le capitalisme et les oligarques oppriment le prolétariat, donc nous ne soutenons personne). Le résultat est une scission dans le mouvement et sa marginalisation. Il faut souligner que la « révolution de la dignité » [plus connue en France comme révolution de Maïdan ; NdAtt.] en Ukraine a déjà marqué une scission dans le mouvement et exposé les contradictions liées à la vision et à la compréhension de la théorie, de la pratique et des tactiques de l’anarchisme. La guerre à grande échelle a continué cette tendance.

Si nous parlons des quinze dernières années, nous devons noter quelques points. Il y avait des contacts assez étroits parmi les personnes proches de l’anarchisme insurrectionnel dans la BUR. Un coup dur a été porté au mouvement avec l’affaire « Réseau »** et après les événements au Bélarus en 2020. Pour des raisons évidentes, nous ne pouvons pas donner plus de détails.

Bélarus. Dans la Fédération de Russie, il y avait des projets anarchistes conjoints menés par des compas, auxquels des personnes du Bélarus participaient, par exemple la coopérative éditoriale Radical Theory and Practice. Il y avait de nombreux liens et contacts personnels. Par exemple, les partisans anarchistes biélorusses Igor Olinevich et Dzmitry Dubouski, qui sont en train de purger des peines de vingt ans au Bélarus, se sont cachés en Russie en 2010, pour échapper aux persécutions des autorités biélorusses. Revolutionary Action (appelé jusqu’en avril 2010 Autonomous Action – Belarus) avait ses structures autonomes en Ukraine. Des camps d’entraînement organisés par le RKAS*** ont attiré des anarchistes de toute la région BUR. Des anarchistes de toute la BUR ont participé à l’Euromaïdan. Des anarchistes russes ont participé aux manifestations contre le décret sur les « parasites sociaux » [les personnes travaillant moins de six mois par an, soumises à une taxe spéciale ; NdAtt.], en 2017, et à l’insurrection biélorusse de 2020. Une curiosité : on peut noter qu’en Ukraine, il existait un parti politique (!) appelé Union des anarchistes d’Ukraine. Mais soulignons que cette organisation très particulière s’est toujours tenue à l’écart du mouvement anarchiste ukrainien. Des amitiés et des agendas politiques similaires influençaient des actions de solidarité régulières dans chacun de ces pays. Il vaut aussi la peine de mentionner les liens étroits entre les antifascistes et les sous-cultures proches de l’anarchisme. Tout cela est dit rapidement.

 

À mon avis, les deux épisodes spéciaux qui pourraient marquer cette génération de compas anarchistes sont le soulèvement biélorusse de 2020-2021 et, bien sûr, la résistance contre l’invasion de l’Ukraine par Poutine. Êtes-vous d’accord ? Comment décririez-vous l’implication anarchiste dans le soulèvement biélorusse de 2020-2021 ?

Déjà, il nous semble que le premier événement marquant a été l’Euromaïdan (sans compter les révoltes en Grèce en 2008 ou les actions à Khimki en 2010). C’est à cette occasion que les anarchistes de la région BUR ont eu la possibilité de participer directement à la révolution. Et les libertaires ont fait cette tentative. Même s’il n’a pas été possible de créer une centurie noire anarchiste militante, à Kiev, le fait que les anarchistes aient participé à la révolution aux côtés de la société ukrainienne reste un fait. Cela a été une expérience grandiose, qui a non seulement influencé le développement de l’insurrection dans la BUR, mais a aussi soulevé de sérieuses questions théoriques et tactiques pour le mouvement.

En ce qui concerne le soulèvement au Bélarus en 2020, celui-ci a certainement été un événement important, avant tout pour le mouvement anarchiste biélorusse. Une sorte de répétition en a été la participation remarquable des anarchistes biélorusses aux manifestations de masse des « non-parasites », en 2017. Il s’agissait de manifestations contre l’introduction de taxes pour les chômeur.euses (la loi dite « contre les parasites sociaux »). Surtout à Brest et à Minsk.

À la veille des élections, les anarchistes n’avaient aucune illusion sur le fait que Loukachenko ne renoncerait jamais au pouvoir et réprimerait durement les manifestations. Par conséquent, ils/elles n’ont pas non plus fait confiance à l’opposition politique, avec son programme de changement pacifique du pouvoir et de manifestations non violentes. Si tout avait été si simple, il n’y aurait pas eu besoin d’un soulèvement, que les gens ont décidé de faire par eux/elles-mêmes, sans aucune influence de la part des anarchistes. Des barricades ont été dressées et des affrontements violents avec la police anti-émeute ont été menés spontanément dans plusieurs villes. Et c’est bien. Même s’il faut noter que c’est grâce aux suggestions des anarchistes que les gens ont commencé à pratiquer activement la technique de former des chaînes en manifestation. Notons aussi que les anarchistes ont écrit à propos de la décentralisation et de la diffusion des manifestations dans la période précédant les élections, en critiquant le concept de « Ploshchy » (un rassemblement massif de manifestant.es dans le centre de Minsk, dirigé par les dirigeants de l’opposition).

Cela va sans dire que les libertaires ont participé ouvertement aux manifestations et aux défilés ; il serait insensé de rester à l’écart quand la société descend dans la rue et affirme sa subjectivité. Les anarchistes ont essayé de rejoindre le mouvement étudiant, un petit nombre d’anarcha-féministes ont exprimé un agenda libertaire et les anarchistes ont été particulièrement visibles dans leur participation au « mouvement des cours d’immeuble » [voir ici ; NdAtt.]. Cette initiative venant d’en bas, sous le slogan « Tout le pouvoir aux cours d’immeubles ! », était un exemple d’auto-organisation unique de la société biélorusse, basée sur la démocratie directe. Il y a eu des tentatives d’imprimer des tracts adressés aux travailleur.euses, pour organiser des initiatives. En un mot, les anarchistes sont devenu.es une force notable lors des protestations, mais n’ont pas pu influencer le cours des événements. Leur petit nombre en était la raison, ainsi que le déclin progressif de l’enthousiasme protestataire dans la société et la répression croissante.

Insurrection. Avant 2020, des actions directes avaient déjà eu lieu au Bélarus ; des cocktails Molotov avaient été lancés contre l’ambassade de Russie, des banques, des casinos et des institutions étatiques, comme une maison d’arrêt ou un bureau des impôts. Mais l’épisode le plus frappant a été l’incursion des partisans anarchistes (Dzmitry Dubovski, Dzmitry Rezanovich, Igor Olinevich et Sergey Romanov), qui, après avoir vécu pendant environ un mois dans les forêts de Polésie, ont mené plusieurs attaques contre des bâtiments et des voitures appartenant aux forces de sécurité [voir ici ; NdAtt.].

Nous voudrions mettre en avant les activités anti-répression (comme Black Book, Punishers of Belarus, la chaîne Telegram Karatelibelarusi), une répression qui, après 2020, est devenue monnaie courante pour le segment démocratique biélorusse. Déjà en 2017, le groupe Revolutionary Action a créé le site web Luka’s Gang, où ils/elles collectaient des informations et des données personnelles sur les membres des forces de l’ordre, les juges et les propagandistes d’État. Cette pratique a été développée dans son blog par le journaliste Nikolai Dedok. D’ailleurs, sur la vague des protestations, le nombre de ses abonné.es a augmenté à environ 15 000, ce qui est un nombre assez significatif pour le Bélarus. Nikolai est un anarchiste biélorusse bien connu, un ancien prisonnier politique (de 2010 à 2015) et auteur de mémoires de prison. En particulier, il a durement critiqué le système oppressif et les forces de l’ordre, la vidéosurveillance… Ironiquement, c’est à cause des caméras et de la reconnaissance faciale qu’il a été attrapé. Nikolai a commis un erreur dans sa clandestinité, en rencontrant une connaissance. Il a été brutalement arrêté et torturé. Maintenant, il est en prison à Hrodna.

L’assistance aux prisonnier.es politiques. Avant tout, l’Anarchist Black Cross, qui est en activité depuis plus de dix ans. Suite aux arrestations de compas, commencées en 2020 et jusqu’à aujourd’hui, ils/elles ont beaucoup de travail à faire. Avec la vague de protestations et de répression, l’organisation anonyme, créée à l’époque de l’Union soviétique, a étendu ses activités. L’initiative Dissident.by, créée en 2019 par des anarchistes, et qui, contrairement à l’ABC, s’occupe de tou.tes les prisonnier.es politiques, a étendu ses activités.
On peut penser ce qu’on veut des organisations légales de défense des droits humains, mais certaines d’entre elles, en particulier dans le régime autoritaire du Bélarus, font un travail remarquable et nécessaire. Leur expérience et leur aide sont inestimables. Certains anarchistes, maintenant en prison (Marfa Rabkova, Andrei Chepyuk), ont collaboré avec le principal centre biélorusse de défense des droits humains, Viasna. Le leader de Viasna, Alès Bialiatski, lauréat du prix Nobel de la paix, est emprisonné lui aussi.

Les anarchistes n’avaient aucun lien avec les travailleur.euses, dont la plupart manquaient de conscience révolutionnaire ou, du moins, politique et avaient un état d’esprit passif.

Pour la première fois dans l’histoire moderne du Bélarus, les anarchistes ont présenté deux programmes politiques pour la période de la révolution (l’un du groupe Pramen et l’autre d’Ihar Olinevich et de ses compagnons). Bien sûr, ce n’étaient que des propositions pour le moment du soulèvement, qui auraient dû être finalisées dans les détails, mais, quand même, nous pensons que cela a été une étape importante pour le mouvement.

À cause de l’absence de ressources humaines et matérielles suffisantes, les anarchistes n’ont pas réussi à créer un mouvement révolutionnaire de masse dans le pays.

 

Pourriez-vous nous donner un aperçu détaillé de la présence anarchiste actuelle, dans les trois pays ? Après la dure répression qui a suivi le soulèvement de 2020-2021, le mouvement anarchiste biélorusse est-il toujours vivant à l’intérieur du pays ? Il y a quelques semaines [le 26 janvier 2025 ; NdAtt.], Loukachenko a été réélu une fois de plus… apparemment sans protestations. La résistance, à l’intérieur du Bélarus, est-elle encore possible ? En Russie : l’opposition à cette guerre et à la dictature de Poutine mène beaucoup de gens en prison. Mais on peut aussi lire d’actes de résistance. Pourriez-vous en parler ?

Avant d’attaquer l’Ukraine, le régime de Poutine a essayé de s’occuper de l’opposition et des anarchistes à l’intérieur du pays. À cette époque-là, beaucoup d’anarchistes avaient pris le chemin de l’illégalité et se préparaient à une confrontation armée. La dite « affaire Réseau » et, plus tard, l’affaire de Tioumen**** ont été des coups durs pour le mouvement anarchiste. Dans les deux cas, plusieurs compas ont été arrêté.es, torturé.es et ils/elles ont fait des aveux sous la torture. Il y a beaucoup d’aspects sombres dans l’affaire « Réseau » et de nombreuses questions sont encore sans réponse, mais une des rares bonnes nouvelles à propos du mouvement est que l’un des accusés dans cette affaire, Viktor Filinkov, a été libéré récemment. Il a été immédiatement déporté au Kazakhstan (parce qu’il n’a pas la nationalité russe).

Un moment tragique pour le mouvement a été la mort du jeune Mikhail Zhlobitsky, qui a tenté de faire sauter l’entrée du FSB, à Arkhangelsk, en 2018.

On peut dire qu’il n’y a pas de mouvement anarchiste fort, ni même organisé, dans la Fédération de Russie. Il y a des individus et des collectifs anarchistes, mais leur travail est principalement légal ou semi-légal. Par exemple, on publie des livres, il y a des médias d’informations, il y a du soutien pour les compas emprisonné.es, quelques fois des soirées de solidarité et des concerts sont organisés. Certain.es des anarchistes qui sont resté.es dans le pays sont impliqué.es dans des activités environnementalistes. Mais beaucoup ont dû quitter le pays. Certain.es sont en prison.

Le mathématicien anarchiste Azat Miftakhov est en prison depuis de nombreuses années. Cependant, une jeune génération d’antifascistes est en train de grandir, mais ils/elles tombent régulièrement sous le coups de la répression. Au début de la guerre à grande échelle, il y a eu des actions radicales de sabotage des chemins de fer, menées par le groupe BOAK (Organisation de combat des anarcho-communistes), mais maintenant, apparemment, ils/elles manquent elles/eux aussi de ressources humaines. La répression ne s’arrête pas, de nouvelles affaires pénales sont ouvertes. L’une des affaires les plus retentissantes est celle de Ruslan Sidiki, un partisan anarchiste qui risque la prison à vie pour un sabotage de chemin de fer [fin mai, il a été condamné à dix-neuf ans de prison ; NdAtt.].

Le mouvement biélorusse est brisé et paralysé. Environ trente compas sont en prison – tou.tes reconnu.es comme des prisonnier.es politiques. Non seulement ils/elles ont été arrêté.es brutalement (par exemple, Aliaksandr Frantskevich et Akihiro Gajewski-Hanada ont été arrêtés par environ vingt policiers) et torturé.es, mais il y a aussi eu des procès-spectacles, complétés par des reportages de propagande dans la presse et à la télévision. Il y a une pression constante sur les parents et les ami.es des prisonnier.es politiques. Le procès contre la mère d’Aliaksandr Frantskevich a commencé récemment. Malheureusement, ces dernières années, au Bélarus, plusieurs personnes qui étaient liées à des degrés différents au mouvement sont décédées. L’immense majorité des anarchistes biélorusses est en exil forcé, où elles/ils continuent à être actif.ves. Principalement en Pologne et dans d’autres pays de l’UE. Bien sûr, il y a encore dans le pays des personnes qui sympathisent avec le mouvement. Des personnes qui n’ont jamais été arrêtées et qui sont inconnues des forces de l’ordre. Nous pensons qu’ils/elles sont prêt.es à passer à l’action, non pas immédiatement, mais pendant un possible renouveau.

Que la mort d’un dictateur ou quelque chose d’autre puisse être le déclencheur de tels bouleversements, il est difficile pour nous de faire des spéculations. Pour l’instant, elles/ils essaient de rester dans l’ombre. Ce qu’ils/elles peuvent faire aujourd’hui, c’est aider les prisonnier.es politiques, matériellement et en faisant circuler des informations, se développer physiquement et spirituellement, en se préparant progressivement à la prochaine étape de la lutte, qui arrivera sans doute. Il y a aussi un peu d’espoir sur la nouvelle génération, plus jeune. Par exemple, le dernier épisode d’activisme anarchiste a été l’affaire des jeunes (16 à 19 ans) anarchistes, inconnu.es auparavant, du groupe Rossignols Noirs [voir ici ; NdAtt.]. Ils/elles ont été arrêté.es en mars 2024 et accusé.es de « collaboration avec les services secrets ukrainiens », de « préparation d’actes terroristes » et de « fabrication d’explosifs ». À en juger par le film de propagande [réalisé par la télévision d’État ; NdAtt.], au moins deux membres du groupe semblent être des anarchistes convaincu.es. Depuis deux ou trois ans, il y a aussi eu des actes de sabotage radicaux, au Bélarus (l’anarchiste Nikita Emelyanov est encore en train de purger une longue peine suite à l’incendie de la Maison d’arrêt n°1, à Minsk), mais en ce moment toute résistance est très dangereuse et porte à de longues peines d’emprisonnement, car la répression et les procès ne s’arrêtent jamais et pour mener une action on doit s’y préparer longuement et en secret. Les trois années de guerre à grande échelle ont été marquées par de nombreuses actions de guérilla contre la guerre, effectuées par des personnes qui ne sont pas anarchistes. La plupart d’entre eux/elles ont été arrêté.es et condamné.es à de très longues peines. En ce qui concerne les manifestations de masse, c’est une perspective future.

 

Et à propos de l’Ukraine ? Le débat international sur ce que les compas ukrainien.nes devraient faire – si elles/ils doivent défendre le pays contre l’invasion ou pas – secoue les gauchistes occidentaux.ales (et les anarchistes aussi)… Qu’en est-il des opinions des compas d’Ukraine (et de Russie, et du Bélarus) ? Bon, blagues à part, je (V.) suis complètement d’accord avec les compas qui ont choisi de résister à l’invasion, que ce soit en combattant dans l’armée de l’État ou avec des activités civiles de volontariat. Pourriez-vous en parler ? Et à propos du « mouvement contre la guerre » en Ukraine ? On parle beaucoup, parmi les gauchistes occidentaux.ales, de la désertion de l’armée ukrainienne. Que pouvez-vous dire à ce propos ? Les « Z-anarchistes » occidentaux.les parlent aussi beaucoup de deux groupes anarcho-syndicalistes, Assembly de Kharkiv et le KRAS de Vadim Damier, quelque part en Russie. Bien entendu, parce que ces deux groupes prônent une position « classique » du type « pas de guerre mais guerre de classe » – que pensez-vous d’eux/elles ?

Vadim Damier est un historien universitaire, auteur d’excellents livres sur l’histoire de l’anarchisme ; le KRAS est un groupe de plusieurs intellectuel.les réuni.es autour de lui, comme Dmitry Rublev, lui aussi bon historien de l’anarchisme, mais ils/elles n’ont aucun lien avec les syndicats, le mouvement des travailleur.euses ou tout autre mouvement, elles/ils vivent mentalement dans une époque révolue. Notez qu’ils/elles ont un vaste réseau de liens avec des syndicats et des activistes en Europe, qu’elles/ils parlent des langues étrangères et sont habiles à diffuser leur agenda parmi des groupes sympathisants au sein de l’UE. Anatoliy Dubovik, un vétéran du mouvement anarchiste en Ukraine et historien anarchiste, a appelé cette position « anarcho-poutinisme ». Peut-être qu’il y a quelque chose que nous ne savons pas, mais il est peu probable que les membres du KRAS se tiennent jour après jour devant les casernes des soldats russes à faire de l’agitation en distribuant des tracts. Nous ne pensons pas non plus que les membres du KRAS aillent quotidiennement à l’entrée des usines pour échanger avec le prolétariat dont ils/elles font les louanges dans leurs déclarations. Ce n’est qu’un jeu de bureau et de l’imposture sur Internet. Nous serions très heureux.ses d’avoir tort et de découvrir qu’ils/elles aident clandestinement des dizaines ou des centaines de soldats russes à déserter. Mais nous n’avons jamais entendu parler de quelque chose de ce genre. Pendant qu’ils/elles se trouvent à l’intérieur de la Fédération de Russie, avec leurs emplois légaux de fonctionnaires de l’État, en écrivant des textes scientifiques et en luttant pour la « pureté du vrai anarchisme », la guerre continue. Non seulement ils/elles nous traitent d’« anarchistes des tranchées », d’« anciens [anarchistes] », de « traîtres », d’« anarcho-militaristes », etc., mais, malheureusement, elles/ils font aussi du chantage à celles/ceux qui sont en faveur de la résistance armée contre l’agression de Poutine et de l’assistance à nos compas ukrainien.nes. Pour être justes, on peut noter que, de l’autre côté, il y a aussi des cas fréquents de comportement indigne et d’agression envers les adversaires.

Et il n’est pas surprenant que parfois les émotions des compas ukrainien.nes prennent le dessus – ils/elles sont pris.es dans des tirs croisés : l’agression militaire de part de la Fédération de Russie et la mobilisation forcée imposée par les autorités ukrainiennes sont complétées par l’étroitesse d’esprit et l’incompréhension des compas du mouvement.

En tant qu’anarchistes, nous ne pouvons pas accepter que l’État décide pour toi, te privant de ta liberté et de ta vie. Par conséquent, nous soutenons pleinement le droit des gens à déserter. D’un autre côté, il est souhaitable que la désertion se développe parmi l’armée russe. Nous savons que, depuis février 2022, le nombre de déserteurs en Ukraine augmente de manière constante, que plus de 100 000 affaires pénales pour désertion ont été ouvertes et que plus d’un demi-million d’Ukrainiens sont sur la liste des personnes recherchées par la police pour avoir échappé à la mobilisation. Mais si cette tendance continue seulement en Ukraine, l’occupation totale du pays ne sera qu’une question de temps.

Aucun.e théoricien.ne n’a le droit d’imposer une quelconque pureté idéologique mythique aux anarchistes. Un.e anarchiste a tous les droits à l’auto-défense et à la résistance. Par conséquent, nous soutenons pleinement, en paroles et en actes, les anarchistes qui ont décidé de rejoindre les Forces armées de l’Ukraine. Nous considérons inacceptable de se tenir à l’écart, sous prétexte d’« antimilitarisme ». Pour peser en tant que force socio-politique, les anarchistes doivent être avec le peuple.

Assembly, de Kharkhiv, est un groupe actif dans la réalité, même si à notre connaissance il n’est constitué que de quelques personnes ; elles participent au mouvement de volontariat, aident les civils en Ukraine, participent aux conflits sociaux. Contrairement au KRAS, elles ont un plus grand droit de parler de la guerre. Nous ne partageons pas leur point de vue sur la guerre, mais nous les traitons avec respect.

 

Beaucoup de compas de la région BUR vivent à l’étranger. Comment c’est, de vivre en exil ? Comment sont les liens avec les anarchistes locaux.ales ? […]

Les anarchistes de la région BUR sont éparpillé.es dans le monde entier. La plupart des anarchistes de la BUR vivent en Pologne et en Allemagne. À notre connaissance, c’est en Pologne que les anarchistes biélorusses coopèrent le plus étroitement avec le mouvement local. Comme tou.tes les émigrant.es, elles/ils ont des problèmes de papiers, pour apprendre la langue locale et pour trouver un travail. Et certain.es compas ont des troubles de stress post-traumatique. […]

 

Comment voyez-vous l’avenir? Pensez-vous que la nouvelle administration états-unienne, dirigée par Trump, pourrait mener à une paix viable ? Des partis d’extrême droite, pro-Poutine (comme le FpÖ en Autriche, l’AfD en Allemagne, la Lega en Italie et le RN ici en France, pour ne pas parler du régime d’Orban en Hongrie et de celui de Fico en Slovaquie) gagnent de plus en plus de pouvoir dans les pays de l’UE. Alors, quelle sorte de cessez-le-feu pourrait être possible ? Une vraie paix ou une situation comme auparavant, ce genre de « guerre tiède » qui rampe dans le Donbass depuis 2014, mais dans une plus grande partie de l’Ukraine ?

Nous aimerions vraiment que cette guerre se termine rapidement. Il est tout à fait possible que Trump arrive à obtenir un accord de paix ou qu’un cessez-le-feu soit signé et nous croyons à cette dernière option plus qu’à la première. Une vraie paix nécessite une révolution, en Russie et au Bélarus, qui détruise l’empire. Une révolution, non pas dans les termes d’un coup d’État armé et d’un changement de pouvoir, mais un processus de masse de changement profond du système des valeurs humaines et des relations socio-économiques. Un cessez-le-feu temporaire et une trêve imposée n’arrêteront pas la Russie dans ses plans de reprendre au moins les territoires qu’elle a possédé pendant 300 ans et au mieux d’en saisir de nouveaux. Quant aux États-Unis, Trump est l’archétype du capitaliste et de l’homme d’affaires ; le genre d’oligarque occidental qui fera tout pour l’Amérique (en tant que machine d’État et empire, non en tant que peuple). Il est dans son intérêt de soumettre l’Ukraine économiquement, autant que possible (tout comme les pays de l’UE, de l’Amérique latine ou du Moyen-Orient), il est dans l’intérêt de la Russie de faire des Ukrainien.nes des esclaves, non seulement économiquement, mais aussi spirituellement et mentalement. C’est là l’une des différences entre les deux empires, dans cette guerre. Nous aimerions voir la victoire de l’Ukraine et la défaite finale du Kremlin, mais en regardant les faits de manière réaliste, nous craignons que les prévisions pour les prochaines années ne soient pas très réjouissantes. Même si les Ukrainien.nes le souhaitent, nous doutons que le retour des territoires occupés après 2022, de Lougansk et de Donetsk et encore plus de la Crimée, soit réalisable dans les prochaines années. Pour le dire gentiment, l’Occident a eu un temps de retard dans la compréhension de ce que préparait le Kremlin et dans la fourniture d’aide militaire, qui aurait dû être livrée tout de suite. Maintenant, après trois ans, alors que la situation est dans une impasse, il est peu probable que quelque chose change. Bon, peut-être que Poutine va crever en s’étouffant avec un sandwich au caviar, et ensuite… :)))

 

Que pourraient faire les anarchistes d’Europe occidentale pour aider les anarchistes de la région BUR ? Auriez-vous quelque chose à leur dire ?

Les anarchistes en Europe occidentale traversent une période difficile, les gouvernements utilisent la guerre pour attaquer les droits et les libertés et tout manque de loyauté est présenté comme une activité dans l’intérêt de la Russie. Les opportunités d’activités illégales sont réduites et les mesures de sécurité sont renforcées. Dans ces conditions, il est très difficile pour les anarchistes qui sont obligé.es de fuir la Russie et le Bélarus d’obtenir un statut légal, on leur refuse souvent l’asile. Malheureusement, dans la plupart des cas nous ne pouvons pas nous passer des contacts avec l’État et l’administration, notamment pour les régularisations, c’est un processus long et compliqué, le soutien des compas est très important. Aidez vos compas non seulement à s’installer dans un nouvel endroit, mais à trouver leur place dans les luttes que vous menez. Ce serait génial que les compas occidentaux.les ne regardent pas la propagande du Kremlin, comme RT, mais saisissent et attaquent les yachts, les manoirs et les bureaux appartenant à des oligarques russes, en Europe. Nous savons que de tels cas se sont produits, mais ce n’est pas encore suffisant.

De plus, il y a besoin d’aide pour les anarchistes ukrainien.nes au front, ainsi que pour les volontaires à l’arrière ; ils/elles écrivent à propos de leur travail de combat et de l’aide qui est nécessaire sur plusieurs chaînes Telegram, comme Solidarity Collectives (@SolidarityCollectives) et GNIP (t.me/gnimperialpride). Malheureusement, nous devons encore expliquer à beaucoup de compas occidentaux.les, qui ne connaissent pas le contexte politique ou historique de la région BUR, à quel point l’héritage impérial de la Russie est fort ici. Il y a toujours la possibilité de le découvrir, de demander aux compas originaires de la BUR pourquoi elles/ils font cela et comment ils/elles le font. C’est seulement dans le dialogue et le respect mutuel que la compréhension fraternelle peut être atteinte. À cet égard, il est important de traiter la notion d’« impérialisme » de manière plus approfondie et plus polyvalente, sans se fixer sur le scintillement occidental. Nous avons aussi besoin d’un soutien matériel constant pour les anarchistes biélorusses en prison et leurs familles. Vous pouvez aider en faisant un don à l’ABC biélorusse.

 

 

Notes d’Attaque :
* Viktor Ianoukovytch, président de l’Ukraine de 2010 à 2014, quand il s’est enfuit en Russie suite à la révolution de Maïdan.
** Entre l’automne 2017 et le début de l’année 2018, une douzaine de personnes ont été arrêtées à Penza et Saint-Petersbourg) , tandis que d’autres ont réussi s’enfuir. Les flics les accusaient d’avoir constitué une organisation terroriste. Tous les interpellés ont été durement torturés, pour leur faire signer des aveux (seulement deux ont tenu bon et refusé de coopérer). Des journalistes et activistes des droits de l’homme qui documentaient ou dénonçaient ces abus ont également été pris pour cible. Les personnes arrêtées à Penza ont été condamnées à des peines allant de six à dix-huit ans de prison, celles de Saint-Petersbourg à des peines légèrement plus courtes. Des compas russes ont par la suite dénoncé le fait que la plupart des inculpés de Penza étaient impliqués dans un important trafic de drogue, ce qui a fait que l’un d’entre eux a assassiné deux personnes qui voulaient s’en éloigner.
*** La Confédération révolutionnaire des anarcho-syndicalistes [Революційна Конфедерація Анархістів-Синдикалістів, RKAS] fondée à Donetsk en 1994 et par la suite active dans toute l’Ukraine. Elle s’est auto-dissoute en 2014, suite à la prise du pouvoir, dans le Donbass, par les séparatistes pro-russes. On pourra trouver ici (en italien) un entretien avec deux anciens membres, qui parlent de cette organisation (et de leur actuel engagement dans la résistance ukrainienne).
**** En août 2022, la police a interpellé deux anarchistes, dans la ville sibérienne de Tioumen. Lors des perquisitions, les flics auraient trouvé des explosifs. Quatre autre compagnons ont été interpellés et, sous la torture, certains des six ont fait des aveux (comme leur volonté d’effectuer des sabotages de lignes ferroviaires et des attaques contre des bureaux de recrutement de l’armée et des postes de police), qu’ils ont retirés par la suite. Un seul a maintenu ses déclarations, en passant un marché avec les flics. Les cinq autres, accusés de « création et participation à une organisation terrorisme », de « préparation d’un acte de terrorisme », de « fabrication et de possession d’explosif », se trouvent actuellement en prison, dans l’attente de leur procès.

Émeutes pour la victoire du PSG : Paris brûle pour bien plus qu'un score

Publié le 2025-06-03 08:24:16

Nous le savions. Hier soir, deux camps s’affrontaient : ceux qui ont compris en quoi les actes commis pendant la soirée étaient politiques, et les autres.



Ces autres, remplis de préjugés moraux, méprisants ou racistes, nous expliquent de manière bien paternaliste que ce qu’on faisait était contre-productif, que ça n’avait aucun sens, ou que ça justifiait toute la répression subie.
Ces autres, on les baise fort. Ils sont du même camp que ceux qui nous tabassaient, que ceux qui nous insultent à la télé ou ceux qui ont été pillés et cassés. Ils sont du côté des dominants, de ceux qui possèdent, organisent, contrôlent.

Ce soir-là aura révélé chez chacun d’entre nous de quel côté nous sommes. C’était un soulèvement dans les rues d’une capitale qui se rêve morte, propre, rentable. C’était l’irruption d’un peuple trop souvent nié, qui refuse de se taire, même dans la fête.
Prenons en note. On ne célèbre pas de la même manière selon le camp auquel on appartient.
Oui, nous étions a Bastille, à Répu, Place d’ltalie, au Trocadéro ou sur les Champs Elysées. Oui, nous avons participé à ces liesses populaires dans toute la capitale, fêtant la victoire du PSG entre feux d’artifice, govas brûlées, slogans, tambours, drapeaux et confrontations avec la police.
Et oui, tous ces actes étaient politiques. Ils ont brisé les lois bourgeoises qui pèsent sur le football et sur nous. Ils ont piétiné la vision aseptisée d’un sport réduit à ses sponsors, à ses loges VIP, à ses millions d’euros.

lls ont rendu le foot à celles et ceux qui vivent et vibrent pour lui, pas à ceux qui l’achètent. Et ils l’ont fait là où ça dérange, dans les beaux quartiers, contre ceux qui croient pouvoir continuer de fixer les limites de l’acceptable, de définir ce qu’est un “bon” supporter, un “bon” citoyen, un “bon” arabe. Ne venez pas nous dire que brûler une Porsche c’est gâcher le dur travail d’un étudiant en galère.
Vous ne nous aurez pas : c’est toujours les privilèges des puissants que vous défendez derrière la fausse compassion.
Ce qu’il y avait dans les rues hier, c’était aussi une autre colère, un autre cri. À côté des torches, des chants et des saccages, flottaient des drapeaux palestiniens, des keffiehs et des slogans pour Gaza.
Aucun hasard. Ceux qui étaient là savent que ce que subit la Palestine, ce que subissent les peuples qu’on écrase, qu’on méprise, qu’on bombarde ou qu’on efface.
C’était un soulèvement de ceux qui refusent d’oublier, qui savent faire le lien entre les bombes larguées là-bas et les coups de matraque ici. Du stade à la rue, un cri international, un cri de solidarité. Une fête de la victoire, oui - mais surtout une fête contre l’oubli, contre la résignation, contre ordre établi.

Si tant d’entre vous s’indignent contre ceux qui se sont levés hier soir, c’est parce que vous en avez peur. Parce que vous préférez les compromis, la respectabilité, les appels au calme et à l’ordre. Vous cherchez à faire partie des puissants, pendant que nous les défions. Votre indignation ne dit rien de nous. Elle ne fait que révéler ce que vous êtes : des alliés objectifs de ceux qui nous piétinent.

Pour un football à nous.
Pour un Paris à nous.
Et pour que la prochaine fois, on soit encore plus nombreux qu’hier soir.

Article piqué à @zga.media

Mettmann (Allemagne) : trois antennes en fumée, « Switch Off Everything » !

Publié le 2025-06-03 11:46:12

[Dans la septième plus grande ville d’Allemagne, Düsseldorf, située dans la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le « Commando Angry Birds » fait régulièrement parler de lui depuis quelques années. En août 2024, il a par exemple revendiqué un incendie de câbles de signalisation ferroviaires à Mettmann, qui est venu se rajouter à ses précédents sabotages déjà menés contre le trafic ferroviaire : l’un à Düsseldorf en janvier 2024, et cinq autres dans la même ville revendiqués en mai 2023.

Après la traduction en janvier 2025 de son texte « Switch off Deutsche Bahn – Communiqué n°4 » qui revenait sur la vision de l’effondrement du Commando Angry Birds , nous livrons ci-dessous celle de leur communiqué suivant, concernant le sabotage de trois antennes de télécommunication dans l’arrondissement de Mettmann, sorti le 1er juin 2025 sur de.indymedia]


Switch Off Everything – Antennes-relais sabotées
Communiqué de revendication n°5

Au cours des 200 dernières années la société industrielle a acquis des capacités jusqu’alors inédites. Elle a sans aucun doute prouvé son incapacité absolue à faire face à cette responsabilité en provoquant la sixième extinction de masse, processus qui pourrait potentiellement dépasser de loin tous les autres phénomènes d’extinction de l’histoire de la vie.

Ce potentiel de destruction apocalyptique se manifeste dans le changement climatique, la menace atomique et les nombreuses autres choses épouvantables dont nous ne pouvons pour le moment que pressentir les conséquences. La génétique, les nano-technologies, l’Intelligence Artificielle, la surveillance totale et la géo-ingénierie n’en sont que quelques exemples. Cela repose sur la combinaison entre capacités technologiques et la pression de la concurrence qui oblige à les employer. Les différents courants du spectre politique établi se sont positionnés sur cette combinaison conformément à ce qu’ils sont. Leurs attitudes ne peuvent certes être caractérisées que grossièrement, il faut néanmoins tenter de le faire afin de s’en démarquer.

Dans la vision du monde de droite, la concurrence a une place prépondérante. Conservateurs et libéraux la mettent en tête de liste pour ses propriétés qui favoriseraient l’innovation; à l’extrême-droite, certain-e-s parlent même sans scrupules de sélection. La stratégie d’extrême-droite consiste donc essentiellement à rassembler pour constituer un groupe le plus fort possible (« Nation », « Race » etc.). La concurrence au sein du propre groupe doit se limiter uniquement au strict nécessaire (« communauté du peuple »). Il s’en suit naturellement que, contre toute rationalité, les personnes de droite doivent nier les effets de la technologie tels que le changement climatique. Dans l’affrontement des États modernes seuls ceux qui usent et abusent de la technique peuvent finalement subsister. Le fait que des soi-disant conservateurs déplorent la disparition de valeurs et de modes de vie traditionnels, alors même qu’ils investissent avec zèle dans la technologie pour être plus compétitifs et rester sur le pied de guerre, manifeste leur courte vue. Et lorsqu’à la marge du spectre de droite on reconnaît l’avancée de la destruction de l’environnement, c’est uniquement pour s’en servir comme prétexte pour intensifier un comportement concurrentiel face à un inéluctable déclin.

Dans le spectre de gauche, toutes les conséquences négatives de la technologie sont immédiatement attribuées au capitalisme qui serait à l’origine de la concurrence. C’est parfois même le beaucoup plus récent néo-libéralisme qui est identifié comme responsable. On pense de manière optimiste qu’on pourrait mettre un terme aux luttes liées à la concurrence sur la terre, pour ensuite utiliser pacifiquement les merveilles de la technologie, oui, cela pourrait même « ôter les chaînes » des forces productives. Non merci !

Un coup d’œil rapide dans un livre de biologie suffit pour voir que la concurrence ne date pas de 40 ou de 400 ans mais remonte à 3 milliards d’années. Des preuves incontestables attestent de sa présence au moins depuis l’explosion Cambrienne, il y a 540 millions d’années. Sans tomber dans le darwinisme social vulgaire, il fat reconnaître qu’elle fait partie à part entière de la vie. Cette composante de millions d’années de tous les êtres vivants doit désormais être abolie, au choix soit en changeant le régime de propriété des moyens de production, soit par un langage plus sympathique (!).

Notre critique des gauchistes ne porte pas sur leur tentative de remplacer la concurrence par la solidarité ! Le problème est qu’à la longue même des rivalités minimes poussent à l’épuisement et à l’extension des moyens technologiques de pouvoir, et ainsi à une escalade du cercle vicieux. Tous les efforts dans cette direction ne seront donc couronnés de succès qu’à court terme, tant qu’on ne résoudra pas la question technologique.

Tout aussi rapidement que ces tentatives pitoyables se brisent au contact avec la réalité, le coupable est trouvé – c’est la faute de l’humain. Il faut un « nouvel homme », l’homme du futur ! Ils sont tous et toutes d’accord sur ce point; de gauche à droite, du rêveur à la cynique, de l’ésotérique New-Age à la scientifique, du naïf woke au tech-bro, de l’eugéniste nazi jusqu’à la garde rouge de la révolution culturelle, de Nietzsche à Skinner, de Harari à Kurzweil. Au bout du compte, il s’agit d’adapter l’humain aux besoins de la machine sociale, et donc de domestication. Il s’agit d’une existence indigne en tant que rouage de l’engrenage.

Et en effet notre psychisme actuel (ainsi que nos corps !) sont le résultat de violentes adaptations passées. Les changements radicaux dans notre rapport au temps depuis que les horloges et la lumière électrique se sont répandues, avec le stress qui y est lié, n’en sont qu’un exemple. Quiconque ne peut s’adapter, se retrouve vite en hôpital psychiatrique. Comme la concurrence exponentielle entre États va les pousser dans un proche avenir à des coupes budgétaires toujours plus drastiques dans le système social, on peut s’attendre à ce que la situation de celles et ceux qui ne veulent qui ne peuvent pas s’adapter empire. Dans le contexte de gel social croissant, le sort qui menace les « inutiles » est pour le moins clair.

Pour notre part, nous disons : laissez l’humain tel qu’il a toujours été, libérez-le juste de la machinerie dont il a perdu le contrôle depuis longtemps !

En guise de petite contribution symbolique à cela, fin mai nous avons placé des dispositifs incendiaires contre 3 antennes-relais à Langenfeld, Erkrath et entre les zones industrielles « Auf dem Sand » et « Hülsen » à Hilden. Contrairement à ce qui s’est passé avec nos actions en janvier, de cette année et de l’année passée, rien n’est paru dans les médias. Puisque la presse locale relate chaque semaine avec grand intérêt des incendies de poubelles et de pneus de voitures, l’absence de couverture médiatique peut clairement être attribué à des considérations policières tactiques.

Un grand merci à toutes celles et ceux qui diffusent et traduisent nos textes ! C’est très important pour nous.

Kommando Angry Birds

Fire at Data Center – Hillsboro, OR

Publié le 2025-06-03 22:48:20

On Thursday, May 23rd, a thick cloud of putrid black smoke rose over Hillsboro, OR. The smoke was from an early morning fire at one of the massive data centers based in the city. According to local media, the fire originated from batteries inside the Digital Realty (PDX 11) data center. Unfortunately, the flames did not spread to the rest of the data center and the damage was minimal. Firefighters let the fire burn itself out for five hours. The fire caused major disruptions on the web, including big outages to X/Twitter, which was reportedly one of the companies leasing space at the data center. There is currently no public information about the cause of the fire.

Hillsboro, Portland's Western neighbor, is home to several major data centers that are the engines of digital control and technological domination. Incentivized by tax breaksand lax regulations, Hillsboro (AKA the Silicon Forest) has become an important international hub for the tech industry. Data centers and chip manufacturer like Intel have expanded their footprint there in recent years, and the AI boom is likely to bring in more new construction. This rapid expansion requires hugely increased power supply; the upgrade of existing transmission infrastructure, the installation of new "green" energy facilities in Eastern Oregon, and even proposals to construct nuclear power plants along the Columbia river. Portland General Electric (PGE) planned on clearcutting several acres in Forest Park to make way for new high-voltage pylons. From Against the Silicon Forest: "These power lines are designed to bring power to the Silicon Forest, most notably given the timing of this expansion, to Intel, whose largest operating hub lies just a short distance west of Forest Park." The project is currently in limbo, awaiting the next action from PGE (PGE can choose to appeal the land use ruling and win approval from the Oregon Land Use Board of Appeals).

Data centers in Hillsboro, Oregon.

The Hillsboro data center network is connected to critical subsea fiber lines that land off the Oregon coast to the West. The fiber network heads East, where it hits a junction of sorts in downtown Portland. The Pittock Internet exchange (921 SW Washington Street) is a major "carrier hotel" where fiber optic lines meet. From there, long haul fiber lines carry information to other parts of the state and country. Even though the internet can feel like an invisible beast, like any other machine, it is really just a bunch of wires and parts, which can be made visible with a little bit of research.

Map showing data centers and the fiber network that connects the "Silicon Ring" in Hillsboro, Oregon.

Fires like the one that burned on Thursday are pleasant reminders that the realm of technological control is not just digital; that the megamachine, no matter how massive and impenetrable it may feel, is still just a machine that can be destroyed like any other. Although Thursday's fire may have been accidental, it still is a glimmer of hope and a suggestion of a path for attack. In March, anarchists torched several pieces of heavy machinery at the construction site for a new data center East of Atlanta. News of claimed and unclaimed attacks against internet and telecommunication infrastructure are more and more frequent. As the techno-industrial world grows evermore connected at breakneck speed, opportunities for sabotage are everywhere, if we dare. Let's arm our desire for a world beyond ecocide and alienation and strike where it hurts!

No possibility of liberation is conceivable without stopping the machinery of death, without its desertion and destruction.

Some resources:

Against the Silicon Forest: https://actforfree.noblogs.org/2024/11/04/against-the-silicon-forest-usa/

No Trace Project: https://www.notrace.how/

Warrior Up (Site with recipes for sabotage. Recently updated. View with Tails (https://tails.net/) or a similar system): https://warriorup.noblogs.org/

 

Found on Rose City Counter-Info

Dernière sommation contre la tenue des “Nuits du bien commun” à Nantes

Publié le 2025-06-03T12:21:12+02:00

Alors qu’un large appel de toutes les organisations nantaises à empêcher la tenue des « Nuits du bien commun » – galas de bienfaisance pour le gratin fasciste nantais- a été lancé pour ce jeudi 5 juin, cette nuit on est venu lancer une dernière sommation à la Cité des Congrès.

Non, ces galas de charité créés par un milliardaire en croisade contre le « wokisme » et l’Islam n’ont pas leur place à Nantes, ville antifasciste.

La très détestée Christelle Morançais est venue apporter son soutien plein et entier à la tenue de cette soirée. Elle s’est dit « révoltée que des groupuscules d’extrême gauche, ouvertement relayés par des élus de la République, menacent physiquement les participants à la La Nuit du Bien Commun ». Nous, on est révolté par le meurtre raciste d’un homme de 35 ans à Puget-sur-Argens, qui est la conséquence directe de l’islamophobie d’État que toi et les tiens promouvez. On est révolté par le génocide du peuple palestinien qui se déroule sous nos yeux, sous tes yeux. Et on est révolté qu’un homme comme Pierre-Edouard Stérin, dont le projet porte en son centre la lutte à mort contre l’islam et l’immigration, et participe de la déshumanisation des personnes racisées et musulmanes, puisse tenir son gala de fachos.

Alors, si toi tu apportes ton « soutien à la Nuit du Bien Commun, qui sera, j’en suis certaine, un nouveau succès », nous on est venu donner une dernière sommation à la Cité des congrès. Cette soirée ne doit pas avoir lieu, sous peine de sanction. A chaque fois que l’extrême-droite tentera de mettre un pied ici, nous reviendrons. Et on appelle toutes les villes où ces galas ont lieu à s’organiser pour les empêcher.

« Cet hôtel est un centre de rétention » : Un témoignage du front de la lutte contre les expulsions en France, 1999

Publié le 2025-06-04 09:30:00
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Ce récit reprend là où le précédent article sur le Collectif contre les expulsions s’est arrêté, en relatant des scènes du mouvement contre les expulsions à Paris à la fin des années 1990.

Alors que Donald Trump cherche à consacrer 45 milliards de dollars à l’expansion d’un système de goulag pour détention d’immigrés aux États-Unis, il est crucial d’apprendre comment les habitants d’autres pays ont résisté à la violence de l’État contre les sans-papiers dans un passé récent.

Cette histoire vraie est adaptée des mémoires à paraître dans Another War Is Possible (Une autre guerre est possible), un récit du mouvement mondial contre le fascisme et le capitalisme au tournant du siècle. Vous pouvez le soutenir sur Kickstarter jusqu’au 11 avril et suivre l’auteur ici .

Le Collectif Anti-Expulsions a explicitement indiqué que notre soutien aux sans-papiers est intrinsèquement lié à nos principes anarchistes. Nous avons souligné que nos intérêts étaient liés aux leurs dans notre désir d’abolir les états et les frontières, de mettre fin à l’exploitation capitaliste du travail, pour la liberté et l’autonomie des êtres humains. En même temps, nous avons travaillé main dans la main avec les collectifs de sans-papiers qui étaient largement autonomes par rapport aux structures des partis ou des ONG et qui accueillaient très favorablement la solidarité sous la forme d’actions directes.

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Hôtel Ibis de l’aéroport Charles de Gaulle, 23 janvier 1999, midi

L’hôtel Ibis de l’aéroport Charles de Gaulle à Paris est à peu près ce que l’on attend d’un hôtel deux ou trois étoiles, accolé à un aéroport. Extérieur terne et architecture de bureau peu spectaculaire, intérieur composé d’hommes d’affaires à l’air maussade et de familles stressées stéréotypées avec 2 ou 3 enfants qui courent dans le hall. Le hall est la seule et unique particularité architecturale de l’établissement. Il s’agit d’une structure de plain-pied avec un toit plat qui relie les bâtiments beaucoup plus hauts où se trouvent les chambres d’hôtel.

Ce qui rend cet hôtel unique se trouve à l’intérieur. Et c’est ce qui s’y trouve qui fait la raison pour laquelle deux cents personnes s’apprêtent à franchir les portes principales, à accéder à l’une des tours (avec l’aide d’un camarade entré incognito pour tenir ouverte une porte d’accès stratégiquement importante), à monter les escaliers, à briser une fenêtre et à prendre le contrôle du toit qui surplombe le hall d’entrée.

Ce qui rend cet hôtel unique, c’est qu’il témoigne de la nature banale de l’oppression dans la société de consommation capitaliste. Dans cet hôtel, à côté de l’agitation des hommes d’affaires et de la joie des familles européennes blanches en vacances, il y a le désespoir d’autres êtres humains qui sont retenus ici contre leur volonté.

Une aile entière de cet hôtel Ibis est une prison, où les sans-papiers sont détenus avant leur expulsion définitive dans un avion d’Air Afrique ou d’Air France. Une prison rendue possible par la collaboration du groupe hôtelier Accor avec l’appareil d’expulsion de l’Etat français.

Alors que nous nous déployons sur le toit du premier étage par la fenêtre brisée, quelques camarades déploient une grande banderole « Stop aux expulsions » et l’accrochent sur la façade du bâtiment, recouvrant le logo Ibis, sous les applaudissements nourris des quelques dizaines de sympathisants restés à l’extérieur du bâtiment. Sophie et moi parvenons à nous hisser sur le toit, où nous faisons une découverte déterminante. La prison - ou « zone d’attente », comme le gouvernement socialiste prétendument soucieux des droits de l’homme préfère l’appeler - se trouve apparemment au même étage, juste en face de l’endroit où nous sommes entrées sur le toit ! Nous pouvons distinguer à travers les fenêtres des ombres de personnes qui lancent des signes de paix. Nous les voyons frapper sur les fenêtres.

Notre réaction est viscérale et instinctive. Quinze ou vingt d’entre nous se mettent à courir vers l’autre côté. Nous avons à peine atteint les fenêtres - les premiers coups de pied et de coude volent contre elles - que nous entendons des gens crier : « Arrêtez ! Arrêtez ! ». Ils font partie du groupe d’action qui a planifié cette action. “Je sais ce que vous pensez, mais ça ne marchera probablement pas, et surtout, les immigrés eux-mêmes nous ont demandé de ne pas le faire ». Ce que nous pensons, c’est évidemment… l’évasion de prison ! Il n’y a toujours pas de flics ici, alors qu’attendons-nous pour mettre un terme à cette action largement symbolique et s’enfuir ici tout en donnant une couverture à ceux qui voudraient profiter de l’occasion pour s’échapper ? S’ils réussissent, l’action tout entière sera de toute façon un succès global. Accor serait publiquement couvert de honte, le centre de détention serait percé, certains individus auraient une nouvelle chance concrète d’être libérés.

Le groupe d’action de notre collectif, le Collectif Anti-Expulsions, a pris contact avec un collectif en lien avec ces détenus. « Nous leur avons expliqué que les chances de réussite d’une évasion sont faibles », expliquent-ils. Malheureusement, c’est objectivement vrai, puisque nous sommes en dehors de la ville et dans un aéroport. Il n’y a qu’un seul train qui arrive, ainsi que quelques bus et une autoroute, ce qui rend presque impossible une fuite en groupe. “Ils savent que s’ils tentent de s’échapper et qu’ils échouent, ils seront soumis à des sanctions ; cela permettra une prolongation légale de leur temps de détention, et cela leur vaudra peut-être une interdiction du territoire français. Ils ont dit qu’ils préféraient tenter leur chance avec les passagers de l’avion”.

Je respire profondément, ce qui n’est pas dans mes habitudes, et j’analyse calmement mes sentiments de colère, de frustration et de tristesse. L’idée ne me quitte pas tout à fait, mais il y a de fortes chances qu’ils n’aient pas tort. Mon camarade fait référence à la stratégie consistant à faire appel à la solidarité des passagers afin de faire sortir les personnes expulsées des avions, un outil que nous avons souvent utilisé avec succès pour empêcher les expulsions et mettre fin à la détention d’une personne.1 Mais cela ne rend pas la situation moins frustrante.

D’autres camarades, cependant, sont moins introvertis que moi, et une dispute éclate. “Qu’est-ce que c’est que cette merde ? Ce n’est pas censé être un groupe de pression ! Nous sommes devant les fenêtres d’une putain de prison non gardée et vous me dites que je ne devrais pas y toucher parce que des gens que je ne connais pas et à qui je n’ai jamais parlé sont contre ? Quel genre de processus est-ce là ? Vous pensez que c’est de l’autonomie ? Si je voulais qu’on me dise ce que je dois faire sans me demander mon avis, j’aurais adhéré à un parti ou je serais devenue flic”.

La camarade qui parle, Alice, est l’un des totos classiques parmi nous. Toto est l’abréviation francophone, affectueuse ou désobligeante, des autonomes anarchistes. Pour dire les choses simplement, elle et le groupe affinitaire qui l’entoure ne sont pas des adeptes de la délégation ou de la modération des messages ou des tactiques pour tenir compte de la tactique ou apaiser les autres.

« S’ils ne veulent pas s’échapper par les fenêtres ouvertes, personne ne va les forcer, mais je ne vois pas le rapport avec le fait que je les brise ou non », crache-t-elle, avant de se retourner furieusement et de s’éloigner. La tension entre les membres du collectif s’apaise pour le reste de la journée, mais elle est révélatrice d’une fracture stratégique croissante au sein du groupe.

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L’homme d’âge moyen qui se penche à travers la fenêtre brisée et tente de nous parler est un stéréotype vivant et ambulant du détective français. Une chemise en flanelle sur une bedaine de bière notable, une veste en daim marron clair, une calvitie et une moustache proéminente. Il lui manque les obligatoires lunettes d’aviateur qui complèteraient son look, mais je suppose que des lunettes de soleil seraient un peu exagérées puisqu’il est plus de 16 heures par un après-midi nuageux et pluvieux au cœur de l’hiver parisien - autrement dit, en fait, la nuit.

Et en effet, malgré ses promesses peu convaincantes qu’il n’y aura pas d’arrestations si nous partons rapidement et pacifiquement, nous sommes sur le point de sortir. Cela fait maintenant quelques heures que nous sommes sur ce toit, et depuis que l’excitation initiale d’être là (et de se crier dessus) s’est dissipée, nous avons passé les dernières heures à nous agiter et à discuter dans le froid glacial. La monotonie n’a été rompue que lorsque des camarades sont arrivés avec des boissons et des sandwiches, qu’ils nous ont tendus. Il n’y a pas d’autre objectif pratique ou symbolique à atteindre par notre présence continue sous la pluie sur ce toit balayé par le vent.

Le seul moyen de quitter le toit est de passer par la même fenêtre cassée que celle que nous avons utilisée pour monter dessus. Elle est à peine assez large pour accueillir une personne à la fois, de sorte que toute tentative de sortir simultanément en masse d’ici est totalement exclue. Plus inquiétant encore, lorsque nous passons la tête par la fenêtre pour regarder le couloir de l’hôtel, nous constatons que c’est un véritable comité d’accueil qui nous attend. Le hall est rempli de part et d’autre d’une véritable brochette de flics anti-émeutes. Nous nous concertons entre nous, décidés à ne pas nous laisser diviser, à nous protéger les uns les autres contre des arrestations ciblées. Nous nous mettons rapidement d’accord pour entrer dans le couloir par la fenêtre et commencer à nous y masser, afin de nous diriger ensuite vers le couloir et les escaliers en groupe compact.

Alors que les premières âmes courageuses passent par la fenêtre et pénètrent dans le couloir rempli de flics, il devient évident que les flics ont autre chose en tête. Ils commencent à pousser et à bousculer les gens, essayant de les pousser dans le couloir et vers les escaliers. Préférant s’en tenir au plan initial, nos camarades répondent aux coups de matraque par des coups de pied et des coups de poing. Ceux d’entre nous qui sont restés sur le toit hésitent, ne sachant pas s’il vaut mieux utiliser la menace de notre présence continue ici comme levier - à ce jour, je n’ai aucune idée de la façon dont ils nous auraient évacués de là si nous avions décidé de rester indéfiniment - ou si nous devrions nous dépêcher de faire entrer autant de personnes que possible dans le couloir pour défendre nos camarades.

Quelqu’un crie au policier moustachu que s’il ne fait pas reculer les autres flics pour permettre à tout le monde d’entrer dans le couloir, nous resterons tous sur le toit. Incroyablement, la manœuvre fonctionne et les flics reculent partiellement, ce qui nous permet à tous d’entrer dans le couloir, ensemble et sans être touchés. Nous commençons à descendre les escaliers, une fois de plus encadrés par les flics anti-émeutes. Alors que la plupart d’entre nous atteignent le rez-de-chaussée et commencent à sortir du bâtiment, j’entends des cris et je ressens immédiatement une avalanche de personnes poussées par derrière, comme dans un stade de football. Nous nous déversons dans la rue en une masse désorganisée.

“Ils ont commencé à nous frapper avec des matraques par derrière et à arrêter des gens au milieu des escaliers. C’est Sophie, qui a été l’une des dernières personnes à descendre du toit.

Au milieu de nulle part, avec des flics partout, il est alors clair qu’il n’y a plus rien à faire ici. Alors que nous nous dirigeons à la hâte vers la gare, quelqu’un propose l’idée habituelle : « Nous devrions aller au commissariat de police jusqu’à ce qu’ils les relâchent. » Une femme prend la parole. C’est Alice, la toto de la dispute du début de l’occupation. “Oui, nous pourrions aller au commissariat et les supplier de les relâcher. Ou nous pourrions rendre visite à d’autres Ibis de la ville jusqu’à ce qu’ils nous supplient d’arrêter, afin de forcer la police à relâcher nos camarades.”

Quelques minutes plus tard, ils font irruption dans le premier des trois hôtels Ibis de la soirée, où une équipe masquée de dix personnes coince un concierge à l’air effrayé.

“Prends ce putain de téléphone et appelle ton patron. Tout de suite. Dis-lui que ça ne s’arrêtera pas tant que nos camarades n’auront pas été libérés sans inculpation.”

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Épilogue : Strasbourg, 4 avril 2009

Nous sommes dans le feu de l’action, en plein sommet annuel de l’OTAN. Un bloc noir d’environ un millier de personnes, principalement originaires d’Allemagne et de France, a mené d’intenses batailles avec la police tout au long de la journée. Le bloc vient de repousser les flics d’un viaduc ferroviaire, et nous disposons maintenant d’un arsenal inépuisable de pierres provenant des voies ferrées. Les flics, manifestement dépassés, reculent devant la férocité de l’attaque. Quinze mille robocops ont été affectés à la protection de ce sommet, dans le but de rendre impossible toute résistance militante. Pour le deuxième jour consécutif, ils échouent de manière spectaculaire.

Alors que nous avançons dans le quartier du Port du Rhin, des révolutionnaires se joignent aux habitants du quartier pour piller une pharmacie, puis y mettre le feu. La veille, de jeunes immigrés locaux ont guidé des militants du black bloc dans le quartier pour qu’ils érigent des barricades, se battent avec les flics anti-émeutes et attaquent une jeep militaire. À leur tour, les militants du black bloc ont aidé les jeunes du quartier à forcer les portes d’un entrepôt de la police où étaient stockés les scooters saisis, et à les rendre à la communauté.

Nous sommes maintenant arrivés à la frontière ; seule une rivière nous sépare de l’Allemagne. Les flics anti-émeutes allemands se trouvent à l’autre bout du pont, et le bloc se contente de construire des barricades pour les empêcher de traverser, tout en lançant de temps en temps des pierres dans leur direction. Je m’éloigne de la ligne de front pour prendre une pause bien méritée et j’observe la scène derrière nous.

La première chose que je remarque, c’est le poste de police des frontières, aujourd’hui abandonné et complètement en flammes. Schengen a rendu cette frontière obsolète, du moins pour un temps, mais la valeur symbolique d’un poste frontière en feu est énorme.

Non loin derrière le poste-frontière, des flammes commencent à sortir d’un immeuble de cinq étages. Quelques minutes plus tôt, une centaine de militants vêtus de noir ont saccagé le hall d’entrée et transformé le mobilier en barricades enflammées dans la rue. C’est un signe que notre mouvement n’oublie pas facilement et un rappel que la collaboration ne paie pas. L’hôtel Ibis de Strasbourg est en flammes.

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La carcasse brûlée de l’hôtel Ibis de Strasbourg, conséquence de l’exploitation de l’enlèvement et de l’expulsion d’immigrés par l’entreprise.

Si l’hôtel Ibis a dû brûler, ce n’est pas en tant qu’acte de destruction insensé, mais en tant que protestation concrète contre la marque Accor (qui possède, entre autres, la chaîne Ibis) et sa complicité dans l’expulsion des immigrés « illégaux » à travers la location de ses chambres à l’État comme dernier lieu de « logement » pour les immigrés avant leur expulsion.

La couverture du texte de l’Antifascistische Link International « Riots, Destruction, and Senseless Violence » (émeutes, destruction et violence insensée), avec l’inscription “Offensive. Militant. Succès”.

Thanks to la Grappe for the French translation.

À l’époque, l’État français ne pouvait retenir les sans-papiers que pour une période de dix jours, à l’issue de laquelle, s’ils n’avaient pas encore été expulsés, ils devaient être remis en liberté jusqu’à la date de leur éventuelle expulsion. ↩



CHARLOTTE COP CITY CONTRACTORS – NC

Publié le 2025-06-04 12:06:43

These contractors for Cop City Charlotte have been identified by reviewing public documents, and by witnessing their trucks and equipment participate in the ongoing destruction of the forest.

Faulconer Construction

Headquarters:
Charlottesville, VA
2496 Old Ivy Road, 22903
434-295-0033
Equipment Shops:
Louisa, VA
8350 Three Notch Road, 23093
434-973-3908

Raleigh, NC
8201 Old McCuller Road, 27603
984-742-7142

Office Locations:
Culpeper, VA
13224 Lovers Lane, 22701
540-825-1434

Salem, VA
2160 Salem Industrial Drive, 24153
540-585-4919

Cary, NC
113 Edinburgh South, Suite 110, 27511
919-380-9293

Concord, NC
7120 Weddington Road. Unit 136 & 140, 28027
980-500-1095

Jacksonville, NC
123 Pompano Place, Suite. 200, 28546
910-939-5178

CLH Design

Cary, NC
400 Regency Forest Drive, Suite 120, 27518
919-319-6716

Mid-Atlantic Erosion Control

Denver, NC
3377 Denver Drive, 28037
704-483-1100

Boomerang Design

Charlotte, NC
1230 West Morehead Street, Suite 214, 28208
704-731-7000

Raleigh, NC
6131 Fallls of Neuse Road, Suite 204, 27609
919-573-6400

Shelby, NC
207 South Trade Street, 28150
704-406-6000

CON PAOLO IN SCIOPERO DELLA FAME CONTRO TUTTE LE GALERE

Publié le 2025-06-04 12:55:05

CON PAOLO IN SCIOPERO DELLA FAME
CONTRO TUTTE LE GALERE
Il nostro compagno Paolo, prigioniero, in custodia cautelare con l’accusa di rapina dal 23 ottobre scorso, il 25 aprile ha iniziato uno sciopero della fame insieme ad altri prigionieri per protesta contro le condizioni di vita del carcere di Uta, tra le peggiori d’Italia secondo i dati del rapporto periodico del garante nazionale dei detenuti. Ma i numeri non possono rappresentare lo stato di sottile, vera e propria tortura a cui sono sottoposti i prigionieri. L’intervento dei garanti, con le loro vuote ed inutili promesse, ha fatto sì che lo sciopero venisse interrotto dopo meno di una settimana e Paolo lo riprendesse da solo l’8 maggio con il chiaro intento di portarlo sino alla fine.
Paolo condivide con noi l’odio per le galere e la società che le produce e di cui sono l’immagine e non è mai indifferente di fronte alle continue violenze e prevaricazioni degli sbirri. Per lo Stato farlo tacere o eliminarlo serve da monito per chi combatte contro il sistema e per tutti i prigionieri che si ribellano alla galera. Per questo è sottoposto a continue provocazioni e infamie da parte degli sbirri come bloccarli la corrispondenza, l’ingresso di denaro, non permettergli di effettuare le videochiamate con la scusa che non c’è linea, portarlo con grande ritardo ai colloqui, fare cadere, nei secchi in cui lava la roba, libri, corrispondenza e tutto ciò che può rovinarsi, etc.
Tutte queste violenze si aggiungono alla situazione che Paolo denuncia da mesi. Infatti, a Uta, l’acqua non è potabile, non può essere utilizzata neppure per cucinare, dopo che l’amministrazione l’ha mescolata al cloro per eliminare il grave inquinamento da colibatteri fecali che la rende inadatta anche per l’igiene personale. Le celle sovraffollate (sono rinchiusi 140 prigionieri in più della capienza massima) sono chiuse 22 ore al giorno, l’accesso alla biblioteca e al campo di calcetto sono contingentati, le temperature estive raggiungono i 43 gradi, l’assistenza sanitaria è inesistente, le provocazioni degli sbirri sono continue tanto sui prigionieri che sui loro familiari e spesso si traducono in pestaggi.
Una vita di questo genere è insopportabile, per qualunque essere umano, e ancora di più per chi in tutta la sua vita non ha mai piegato la testa ed è sempre stato solidale con i nemici del sistema. Paolo, come Alfredo, ha iniziato, a rischio della vita, una lotta immensa che potrà conseguire risultati solo se siamo in grado di condurre, con la stessa determinazione, una battaglia di solidarietà.
Ribadendo la nostra solidarietà ed il nostro impegno ad estendere la lotta perché l’amministrazione non possa avere pace, ricordiamo ai funzionari, agli sbirri e ai vari garanti, tutti corresponsabili della situazione attuale, che gli oppress* hanno una lunga memoria e che se a Paolo dovesse accadere qualcosa, dovranno assumersene tutte le conseguenze.

Non lasciamo solo Paolo in questa sua battaglia. Chi volesse scrivergli può farlo all’indirizzo: Paolo Todde; C.C. “E. Scalas”; 09068 Uta (CA)

CONTRO LO STATO ASSASSINO, CHIUDERE UTA, CHIUDERE TUTTE LE GALERE, PAOLO LIBERO, TUTTX LIBERX

Anarchicx contro carcere e repressione

CON PAOLO IN SCIOPERO DELLA FAME CONTRO TUTTE LE GALERE

Publié le 2025-06-04 12:55:06

CON PAOLO IN SCIOPERO DELLA FAME
CONTRO TUTTE LE GALERE
Il nostro compagno Paolo, prigioniero, in custodia cautelare con l’accusa di rapina dal 23 ottobre scorso, il 25 aprile ha iniziato uno sciopero della fame insieme ad altri prigionieri per protesta contro le condizioni di vita del carcere di Uta, tra le peggiori d’Italia secondo i dati del rapporto periodico del garante nazionale dei detenuti. Ma i numeri non possono rappresentare lo stato di sottile, vera e propria tortura a cui sono sottoposti i prigionieri. L’intervento dei garanti, con le loro vuote ed inutili promesse, ha fatto sì che lo sciopero venisse interrotto dopo meno di una settimana e Paolo lo riprendesse da solo l’8 maggio con il chiaro intento di portarlo sino alla fine.
Paolo condivide con noi l’odio per le galere e la società che le produce e di cui sono l’immagine e non è mai indifferente di fronte alle continue violenze e prevaricazioni degli sbirri. Per lo Stato farlo tacere o eliminarlo serve da monito per chi combatte contro il sistema e per tutti i prigionieri che si ribellano alla galera. Per questo è sottoposto a continue provocazioni e infamie da parte degli sbirri come bloccarli la corrispondenza, l’ingresso di denaro, non permettergli di effettuare le videochiamate con la scusa che non c’è linea, portarlo con grande ritardo ai colloqui, fare cadere, nei secchi in cui lava la roba, libri, corrispondenza e tutto ciò che può rovinarsi, etc.
Tutte queste violenze si aggiungono alla situazione che Paolo denuncia da mesi. Infatti, a Uta, l’acqua non è potabile, non può essere utilizzata neppure per cucinare, dopo che l’amministrazione l’ha mescolata al cloro per eliminare il grave inquinamento da colibatteri fecali che la rende inadatta anche per l’igiene personale. Le celle sovraffollate (sono rinchiusi 140 prigionieri in più della capienza massima) sono chiuse 22 ore al giorno, l’accesso alla biblioteca e al campo di calcetto sono contingentati, le temperature estive raggiungono i 43 gradi, l’assistenza sanitaria è inesistente, le provocazioni degli sbirri sono continue tanto sui prigionieri che sui loro familiari e spesso si traducono in pestaggi.
Una vita di questo genere è insopportabile, per qualunque essere umano, e ancora di più per chi in tutta la sua vita non ha mai piegato la testa ed è sempre stato solidale con i nemici del sistema. Paolo, come Alfredo, ha iniziato, a rischio della vita, una lotta immensa che potrà conseguire risultati solo se siamo in grado di condurre, con la stessa determinazione, una battaglia di solidarietà.
Ribadendo la nostra solidarietà ed il nostro impegno ad estendere la lotta perché l’amministrazione non possa avere pace, ricordiamo ai funzionari, agli sbirri e ai vari garanti, tutti corresponsabili della situazione attuale, che gli oppress* hanno una lunga memoria e che se a Paolo dovesse accadere qualcosa, dovranno assumersene tutte le conseguenze.

Non lasciamo solo Paolo in questa sua battaglia. Chi volesse scrivergli può farlo all’indirizzo: Paolo Todde; C.C. “E. Scalas”; 09068 Uta (CA)

CONTRO LO STATO ASSASSINO, CHIUDERE UTA, CHIUDERE TUTTE LE GALERE, PAOLO LIBERO, TUTTX LIBERX

Anarchicx contro carcere e repressione

Enrayer la machine extractiviste

Publié le 2025-06-04T23:15:59+02:00

Ces modestes pages s’adressent aussi bien à qui s’intéresse déjà à l’extractivisme qu’à n’importe qui d’autre n’ayant qu’une vague connaissance du sujet, et ne contiennent d’ailleurs pas de définition de ce terme si propice au bégaiement autant qu’aux fautes de frappes.

Pour commencer donc, des textes écrits depuis l’Italie, la plupart extraits de La Megamacchina devastatrice, publié à l’occasion de deux journées contre l’extractivisme et le monde qui en a besoin, au squat Bencivenga à Rome, les 16 et 17 décembre 2023.
Suivent quelques brèves du désordre des quinze dernières années, en espérant qu’elles puissent donner le sourire – pas celui « de l’arrogance industrielle », mais celui offert par la malice et l’inspiration – à celles et ceux qui cherchent quelques bouffées d’air dans l’ambiance irrespirable du moment.

Sommaire
Pour l’intransigeance (page 1)
Comment ça marche (page 2)
Et la géothermie ? (page 3)
Rien à défendre que nos vies (page 4)
Même les data centers peuvent brûler… (page 6)
Comment ça marche plus. Agir contre l’extractivisme et le monde qui en a besoin (page 7)

Fichier imprimable 28 pages A5 : enrayer_la_machine_pageparpage

Arrondissement de Mettmann (Allemagne) : Switch Off Everything – Des antennes-relais sabotées

Publié le 2025-06-05 00:00:00

de.indymedia.org / dimanche 1er juin 2025

Revendication n°5.

Dans les 200 dernières années, la société industrielle a acquis des capacités sans précédent. Elle a incontestablement démontré son incapacité absolue à faire face à cette responsabilité, en provoquant la sixième extinction de masse, un événement qui pourrait peut-être faire de l’ombre à toutes les autres extinctions d’espèces de l’histoire de la vie.

Ce potentiel de destruction apocalyptique se manifeste par le changement climatique, par la menace nucléaire et de nombreux autres horreurs, dont, jusqu’à présent, nous ne pouvons que pressentir les conséquences. Le génie génétique, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle, la surveillance totale et le géoingénierie ne sont que quelques exemples. Cela est fondé sur la combinaison de compétences technologiques et de pression concurrentielle, qui rend leur utilisation inévitable. Les différents courants de l’échiquier politique établi se sont positionnées en fonction de leur orientation vis-à-vis de cette combinaison. Leurs attitudes peuvent être décrites ici seulement dans leurs grandes lignes, mais la tentative de les distinguer doit être entreprise.

Dans la vision du monde de la droite, la concurrence détient la place la plus importante. Elle est surestimée par les conservateurs et les libéraux en raison de ses propriétés, qui favorisent l’innovation ; certains extrémistes de droite parlent même, ouvertement, de sélection. La stratégie de droite consiste donc essentiellement à se regrouper en un groupe (la « nation », la « race » etc.) le plus fort possible. Seule la concurrence interne au groupe (la « communauté populaire ») doit être limitée au strict nécessaire. Il s’ensuit, naturellement que les personnes de droite doivent, contre toute logique, nier les conséquences de la technologie, comme le changement climatique. En fin des comptes, dans la confrontation entre les États modernes, seulement celui qui utilise la technologie sans scrupules peut survivre. Le fait que les soi-disant conservateurs pleurent la disparition des valeurs et modes de vie traditionnels, pendant qu’ils investissant assidûment dans la technologie, pour des raisons de compétitivité et de défense, révèle leur myopie. Quand, dans les marges de la droite, la dégradation progressive de l’environnement est admise, elle sert seulement de prétexte pour une concurrence accrue, face à un déclin inexorable.

À gauche, tous les effets négatifs de la technologie sont d’emblée attribués au capitalisme, qui serait la cause de la concurrence. Parfois même, le néolibéralisme, qui est beaucoup plus récent, est identifié comme le coupable. On se montre optimiste quant au fait de pouvoir, sur Terre, mettre fin aux luttes liées à la concurrence, pour ensuite utiliser les merveilles de la technologie de manière pacifique, voire de « déchaîner » les forces productives. Non merci !

Un coup d’œil rapide dans un livre de biologie montre que la concurrence n’a pas 40 ou 400, mais plus de 3 milliards d’années. Au moins depuis l’explosion cambrienne, il y a 540 millions d’années, il en existent des preuves claire. Sans tomber dans un darwinisme social vulgaire, il faut reconnaître qu’elle est un élément important de la vie en soi. Cette composante propre à tous les êtres vivants, vieille de millions d’années, devrait maintenant être supprimée par un changement de propriété des moyens de production ou par un langage plus amical (!), au choix.

Notre critique des gens de gauche n’est pas qu’ils/elles essayent de remplacer la concurrence par la solidarité ! Le problème est que même des rivalités minimes poussent, à la longue, les parties impliquées à exploiter et à étendre leurs moyens technologiques, entrant ainsi dans un cercle vicieux d’escalade. Toutes les tentatives allant dans cette direction seront donc couronnées seulement d’un succès éphémère, tant que la question de la technologie ne sera pas résolue.

Aussi vite que ces tentatives lamentables se brisent au contact de la réalité, on trouve le coupable – le coupable est justement l’être humain. Il faut un « homme nouveau », l’homme de l’avenir ! Quoi qu’il en soit, tout le monde est d’accord là-dessus : de la gauche à la droite, du rêveur à la cynique, de l’ésotériste new-age à la scientifique, du niais woke au Tech-bro, de l’eugéniste nazi aux gardes rouges de la révolution culturelle, de Nietzsche à Skinner, de Harari à Kurzweil. En fin de compte, il s’agit d’adapter les êtres humains aux besoins de la machine sociale, c’est-à-dire à la domestication. Il s’agit d’une existence sans dignité aucune, comme un rouage dans l’engrenage.

Et en effet, notre psychisme actuel (et notre corps !) est aussi le résultat d’adaptations violentes passées. Les changements radicaux dans notre rapport au temps depuis la diffusion des horloges et de la lumière électrique, ainsi que le stress corrélatif, n’en sont qu’un exemple. Qui ne peut pas s’adapter se retrouve rapidement dans un hôpital psychiatrique. Puisque la concurrence croissante entre les États les poussera, dans un avenir proche, à réduire de plus en plus le système de sécurité sociale, il faut s’attendre à ce que les choses aillent de mal en pire, pour celles/ceux qui ne sont pas prêt.es à s’adapter ou n’en sont pas capables. Dans un contexte de froideur social croissant, il est clair quel sort attend les « inutiles ».

Nous disons : laissez l’être humain comme il a toujours été, seulement libérez-le de la machinerie sur laquelle, depuis longtemps, il a perdu le contrôle !

Comme petite contribution symbolique à cet effet, fin mai nous avons placé des engins incendiaires sur trois antennes-relais, à Langenfeld, à Erkrath et à Hilden, entre les zones industrielles « Auf dem Sand » et « Hülsen ». Contrairement à nos actions de janvier de cette année et de l’année dernière, il n’y avait rien là-dessus dans les médias. Puisque, dans la presse locale, on fait, avec un grand intérêt, chaque semaine, le compte-rendu des feux de poubelles et de pneus de voitures crevés, l’absence de couverture médiatique peut clairement être due à des considérations tactiques policières.

Merci à tou.tes ceux/celles qui diffusent et traduisent nos textes ! Cela signifie beaucoup pour nous.

Kommando Angry Birds

Soirées d'information antinucléaire

Publié le 2025-06-05 11:02:00

Le mardi 3 juin a L’impasse (Toulouse), le mercredi 5 juin à la bibliothèque la Mauvaise Foix (Foix) et le jeudi 6 juin à Patate 2000 (Saint-Girons).

Au programme de cette soirée d’information sur la lutte à Bure (55) contre le projet de méga-poubelle nucléaire : projection de vidéos qui retracent l’histoire de la lutte, discussion ouverte et projection de « Sur les barricades », mini-série pleine d’autodérision sur les milieux anti-autoritaires



En Meuse, l’État va très prochainement commencer les travaux préparatoires au projet CIGEO d’enfouissement de déchets radioactifs. Symbole d’un délire industriel, l’état prévoit un chantier de plus de 130 ans pour creuser 300 km de galeries à 500m de profondeur tout en y enfouissant progressivement les déchets nucléaires.

Il n’y a toujours pas de déchets nucléaires à Bure et il n’y en aura pas avant 2050 même dans leurs projections. Il est encore plus que temps de lutter contre l’industrie nucléaire et contre les travaux préparatoires de CIGEO. C’est pour cela que nous organisons un infotour qui rayonne dans toute la France pour parler d’antinucléaire, de l’actualité de la lutte à Bure, des événements à venir (notamment de la menace d’expulsion prochaine d’un de nos lieux de vie, d’une manifestation le 20 septembre ainsi que d’un camp antiautoritaire d’un mois), etc. Pour plus d’informations sur le projet cigeo, le nucléaire et la lutte à Bure, n’hésitez pas à consulter notre site internet : https://bureburebure.info

Pendant la soirée d’informations, on aura des vidéos récentes à projeter sur la lutte à Bure et une mini-série humoristique tournée à la gare de Luméville [1] qui s’intitule « Sur les barricades ». Et on pourra discuter du nucléaire, du camp à venir à Bure en septembre et de plein d’autres choses !

Venez nombreuxes !!

Les soirées dans les environs de Toulouse auront lieux :

[Bure] La manif' du futur

Publié le 2025-06-05 21:28:25

Le futur s’est donné rendez-vous en 2025 et a bloqué la date du 20 septembre pour empêcher que le monstre vorace Cigéo nous exproprie aujourd’hui et confisque notre avenir. La lutte d’hier à demain vous invite ainsi à une grande manif contre la poubelle nucléaire ! ☢️

Parce qu’à Bure, c’est aujourd’hui que tout se joue : retrouvons-nous le 20 septembre contre Cigéo, le nucléaire et son monde pour faire bifurquer le futur !
👉 Plus d’infos : https://manifbure.fr/
👉 Pour nous écrire : manifbure@riseup.net



Article initialement publié sur bureburebure.info.

Aider à diffuser la manif :

Le texte d’appel à la manifestation :

Tout le monde à Bure, pour la manif’ du futur !

À Bure, ce n’est pas demain mais aujourd’hui que ça se passe !

C’est après-demain que le monstre Cigéo va se mettre en mouvement et qu’il sera alors difficile de l’entraver tandis qu’il avalera forêts et champs et se terrera ensuite profondément dans le sol pour y accumuler son butin toxique, celui de décennies d’une industrie nucléaire qui n’a su quoi faire de ses déchets radioactifs les plus toxiques et mortels.

C’est demain qu’il projette de dérouler ses routes, ses rails et ses lignes électriques dans le paysage meusien, qu’il dévorerait le Bois Lejuc pour en faire un amas de terre au cœur duquel s’élèveront les cheminées qui recracheront les effluves des profondeurs radioactives. Demain aussi qu’il prévoit de transformer une vaste étendue des terres agricoles en un camp retranché de béton, ferrailles et machineries destiné à accueillir les colis empoisonnés avant de les expédier dans les souterrains.

Mais c’est bien aujourd’hui que ces tréfonds et les terres situées à l’aplomb, en surface, sont menacés d’expropriation et que l’étau se resserre doucement sur les habitant.es, qui résistent. Notamment l’ancienne Gare de Luméville-en-Ornois située sur le tracé de la future voie d’acheminement des wagons irradiés.

A contrario du désert que le monstre Cigéo crée autour de lui, la lutte a su faire exister localement une diversité d’autres conceptions de l’avenir, projeter des futurs désirables pour les habitant.e.s et des générations d’opposant.es venues manifester là et s’installer dans les villages environnants, y multiplier les lieux et projets de vie collectifs.

Au croisement de tous ces lieux et ces enjeux, la lutte est devenue indissociable de « la Gare », sa riche histoire militante et foisonnante enracinée profondément en elle. Énumérer tous les moments forts, profondément beaux comme terriblement tristes qui ont imprégné là chaque infime recoin ne rendrait pas encore justice à tout ce que plusieurs générations de lutte contre Cigéo, et antinucléaire au-delà d’elle, doivent à cet endroit. L’expulser, c’est expulser nos souvenirs, la défendre c’est venir les défendre !

Que ce soient les vestiges du néolithique déjà figés dans les fondations bétonnées du laboratoire actuel ou les vestiges que des milliers de générations futures laisseraient à ce territoire si on leur en laissait la possibilité, ou encore la spoliation de l’héritage des vies présentes, c’est tout à la fois le passé, le présent et le futur que le monstre vorace Cigéo exproprie et confisque pour une éternité.

Dans un monde qui, 80 ans après l’horreur d’Hiroshima et Nagasaki, s’arme et brandit à nouveau la terrifiante menace des armes nucléaires, dans un monde qui voudrait faire fleurir des centrales au cœur d’un chaos d’inconséquence belliciste et vénale, dans ce monde-là l’éternité est un bien lourd gage laissé à l’humanité.

C’est pourquoi nous invitons celles et ceux qui viendront demain, qui étaient là hier et qui le peuvent aujourd’hui à manifester toutes ensemble à Bure le 20 septembre, contre Cigéo, contre le nucléaire, pour un autre avenir !

Reprenons l’imaginaire à l’Andra, l’avenir au nucléaire, et laissons leur la projection d’un triste lendemain, indésirable pour les Générations futures, tandis que notre imagination et notre créativité convoqueront la manifestation antinucléaire du futur !

À lire aussi :

[Bure] Gare à la revanche ! Appel autonome pour la Manif du Futur à Bure

Nous soutenons l’appel "LA MANIF’ DU FUTUR", à la manifestation antinucléaire unitaire du 20 septembre 2025 près de Bure (55) ! Nous appelons à la mobilisation et à rejoindre le bloc autonome : Pour la défense de "la Gare", contre le nucléaire et son monde de merde ! Gare à la revanche !

Affaire de l’association de malfaiteurs de Bure : RELAXE GÉNÉRALE !

Publié le 2025-06-05T21:32:12+02:00

Des années qu’on se tue à leur dire qu’il n’y a rien dans ce dossier, rien que de l’obsession policière, de la surveillance acharnée, de la répression politique bornée, du gâchis d’argent public… Des années qu’on leur dit qu’à la fin il ne restera rien de toute cette montagne de papiers et de l’avalanche de charges qui pesaient au premier jour contre la dizaine de mis en examens. Eh bien ça y est, nous y voilà : il ne reste rien ! Zéro charge retenue, zéro coupable : relaxe générale pour les 3 derniers prévenus de cette « lamentable épopée judiciaire », pour reprendre les mots de l’un de nos avocats devant la cour d’appel de Nancy.

CE JUGEMENT EST UNE VICTOIRE COLLECTIVE

Ce jour, en début d’après-midi, nous avons en effet pris connaissance de notre jugement suite à ce second passage devant la Cour d’Appel de Nancy, le 24 avril dernier (après que la Cour de Cassation a annulé le premier jugement en appel) dans le cadre de l’affaire qui nous préoccupe depuis bien trop longtemps. Une fois n’est pas coutume, ce jugement est très clair : c’est une relaxe générale, pour l’ensemble des prévenus, sur l’ensemble des accusations qui pesaient encore sur elle et eux.

Cette relaxe tant attendue, c’est d’abord une victoire de la lutte, celle que nous avons mené ensemble et que nous continuerons de mener contre le projet d’enfouissement des déchets radioactifs, contre le nucléaire et son monde. C’est aussi une victoire de la défense collective, magnifiquement portée, avec détermination et souvent avec panache, par nos avocat·es et nos soutiens : UN ÉNORME MERCI À TOUTES ET TOUS !

8 ANNEES D’UNE PROCEDURE POLITIQUE

Cette relaxe, c’est enfin la défaite de tout un système étatique qui piétine la démocratie et instrumentalise la justice pour passer en force en frappant durement une contestation. Une débauche policière et judiciaire qui a pesé sur des dizaines d’entre nous, nos proches, nos familles, nos ami·es, pendant 8 ans et a tenté de paralyser la contestation.

Déjà 8 ans que l’État a attaqué  la lutte de Bure à coup de millions d’euros de gendarmes et de moyens d’enquêtes disproportionnés, d’intimidations, de harcèlement et de violences à l’encontre des opposants. La justice, quant à elle, a continué jusqu’à aujourd’hui et avec une obstination consternante de chercher la petite bête pour justifier cette débauche d’argent public.

Dans une étonnante coïncidence, c’est hier, 4 juin 2025, que la Cour des Comptes a rendu un rapport sur le sujet : « Cette sécurisation représente une charge financière importante pour l’Andra, de l’ordre de 10 M€ / an depuis

2018, liés à la présence permanente sur place des gendarmes et à la location de bungalows ; auxquels pourrait s’ajouter un investissement supplémentaire de 11 M€ sur la période (2023 – 2028) pour améliorer les locaux d’accueil des gendarmes«

Et encore, doit-on ajouter que ceci ne prend pas en compte le million d’euros que l’instruction de notre affaire a coûté (https://reporterre.net/L-Etat-a-depense-un-million-d-euros-contre-les-antinucleaires-de-Bure)

Pour autant, nous sommes resté⋅es debout, ensemble, et nous avons fait face.

Maintenant – et si tant est que le Parquet ne se couvre pas de ridicule en se pourvoyant en Cassation dans les dix jours qui viennent – nous allons pouvoir continuer pleinement notre combat. Durant des années, nous avons vécu constamment avec, au dessus de nos têtes, l’épée de Damoclès de la justice et de ses peines abusives.

Aujourd’hui libéré·es de ce poids indu que l’on a fait peser sur nos épaules, nous allons persister à faire ce qui nous a toujours animé sur ce territoire du sud meusien : nous allons lutter, de toutes nos forces, avec notre joie et notre créativité – avec notre colère aussi – contre ce monde de ruines et de contamination que prépare l’industrie nucléaire. Nous allons organiser des manifestations, rassembler des gens, retrouver des ami·es et en rencontrer d’autres, nous allons défendre les lieux que nous aimons et empêcher leur destruction. Nous allons avancer collectivement. Et puisque c’est précisément cela qui nous a été reproché durant tant d’années, nous pourrions tout aussi bien l’exprimer ainsi : aujourd’hui, nous allons récidiver.

Rendez-vous est d’ores et déjà pris dès le 20 septembre pour réunir la lutte d’hier, d’aujourd’hui et de demain à Bure dans une large manifestation d’opposition au projet Cigéo !  (https://manifbure.fr)

Contact : noussommestousdesmalfaiteurs@riseup.net

https://noussommestousdesmalfaiteurs.noblogs.org/relaxe-generale/

Lectures Anarchistes : Emile Pouget

Publié le 2025-06-06 04:30:00

Lecture des articles « Le sabotage. A mauvaise paye...Mauvais travail ! » et "Capitalisme implique sabotage !" d’Emile Pouget



Nous vous proposons de nous retrouver une fois par mois pour discuter autour d’un texte d’un auteur anarchiste. La discussion pourra porter sur le texte lui-même mais aussi sur ses implications ou effets sur les pratiques politiques et/ou militantes.

Nous mettrons les textes choisis à disposition au comptoir du bar des clameurs un mois avant. Pour la dernière de l’année, nous avons choisi « Le sabotage. A mauvaise paye...Mauvais travail ! » et "Capitalisme implique sabotage !" d’Emile Pouget.

L’équipe de la bibliothèque des clameurs et des lectures anarchistes

[Pakistan] 200 évasions suite à un séisme

Publié le 2025-06-06 09:34:13

Volé dans la presse, le 03/06/2025.

Dans la nuit du lundi 02 au mardi 03 juin, plus de 200 prisonniers ont profité d’un séisme pour s’évader de la prison de haute sécurité de Karachi, dans la province du Sindh au sud du Pakistan.

Le maton en chef (licencié depuis l’évasion) avait déclaré dans son rapport que les prisonniers étaient devenus agités à cause des tremblements de terre, et avaient commencé à faire du bruit et à crier depuis leurs cellules. Tandis que les matons se précipitaient pour aller « contrôler la situation », beaucoup de détenus ont brisé les serrures et les fenêtres de leurs cellules, ont secoué un peu lesdits matons, et se sont précipités vers la porte principale pour se faire la malle.

D’après la presse locale, il n’y avait que 28 matons de garde pour surveiller toute la prison. Pas de chance : les caméras de sécurité ne fonctionnaient même pas ce jour là !

Parmi les 216 personnes qui ont réussi à s’évader, 105 d’entre elles ont malheureusement été retrouvées par les autorités. Une douzaine de matons ont été blessés dans les violences. Un prisonnier a aussi été abattu alors qu’il tentait de s’échapper.

La taule de Karachi est la deuxième plus grande de la province du Sindh. Au moins 5 000 personnes y sont actuellement enfermées.

Accueil - La Manif du Futur

Publié le 2025-06-06 12:45:10

La manif’

Le pourquoi de cette manif et les ressources …

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Quelques nouvelles de la mobilisation !

Fil info de la manif du futur !

Situation antirep à 19h : Pas d’arrestations à notre connaissance à[…]

Nombreux contrôles ! (page mise à jour)

Cette page infotraflics sera mise va suivre toutes les infos en[…]

L’automédia de Bure s’enflamme pour la manif du futur !

En moins de 2 mois, l’automédia de Bure a sorti 5[…]

La manif du futur : le programme définitif est paru !

Les pages sur la manifestation et des informations pratiques du site[…]

Communiqué de presse du 15 septembre 2025

Déchets atomiques : cadeau pour les générations futures ! Cigéo, quand[…]

[Manif du Futur à Bure, 20/09] info 6/10

📝 La nouveauté de la semaine : 📮 Action CAPSULES TEMPORELLES[…]

Tout le monde à Bure, pour la manif’ du futur !

À Bure, ce n’est pas demain mais aujourd’hui que ça se passe ! 

C’est après-demain que le monstre Cigéo va se mettre en mouvement et qu’il sera alors difficile de l’entraver tandis qu’il avalera forêts et champs et se terrera ensuite profondément dans le sol pour y accumuler son butin toxique, celui de décennies d’une industrie nucléaire qui n’a su quoi faire de ses déchets radioactifs les plus toxiques et mortels.


C’est demain qu’il projette de dérouler ses routes, ses rails et ses lignes électriques dans le paysage meusien, qu’il dévorerait le Bois Lejuc pour en faire un amas de terre au cœur duquel s’élèveront les cheminées qui recracheront les effluves des profondeurs radioactives. Demain aussi qu’il prévoit de transformer une vaste étendue des terres agricoles en un camp retranché de béton, ferrailles et machineries destiné à accueillir les colis empoisonnés avant de les expédier dans les souterrains. 


Mais c’est bien aujourd’hui que ces tréfonds et les terres situées à l’aplomb, en surface, sont menacés d’expropriation et que l’étau se resserre doucement sur les habitant.es, qui résistent. Notamment l’ancienne Gare de Luméville-en-Ornois située sur le tracé de la future voie d’acheminement des wagons irradiés. 


A contrario du désert que le monstre Cigéo crée autour de lui, la lutte a su faire exister localement une diversité d’autres conceptions de l’avenir, projeter des futurs désirables pour les habitant.e.s et des générations d’opposant.es venues manifester là et s’installer dans les villages environnants, y multiplier les lieux et projets de vie collectifs.


Au croisement de tous ces lieux et ces enjeux, la lutte est devenue indissociable de « la Gare », sa riche histoire militante et foisonnante enracinée profondément en elle. Énumérer tous les moments forts, profondément beaux comme terriblement tristes qui ont imprégné là chaque infime recoin ne rendrait pas encore justice à tout ce que plusieurs générations de lutte contre Cigéo, et antinucléaire au-delà d’elle, doivent à cet endroit. L’expulser, c’est expulser nos souvenirs, la défendre c’est venir les défendre !


Que ce soient les vestiges du néolithique déjà figés dans les fondations bétonnées du laboratoire actuel ou les vestiges que des milliers de générations futures laisseraient à ce territoire si on leur en laissait la possibilité, ou encore la spoliation de l’héritage des vies présentes, c’est tout à la fois le passé, le présent et le futur que le monstre vorace Cigéo exproprie et confisque pour une éternité. 


Dans un monde qui, 80 ans après l’horreur d’Hiroshima et Nagasaki, s’arme et brandit à nouveau la terrifiante menace des armes nucléaires, dans un monde qui voudrait faire fleurir des centrales au cœur d’un chaos d’inconséquence belliciste et vénale, dans ce monde-là l’éternité est un bien lourd gage laissé à l’humanité (qui viendra).


C’est pourquoi nous invitons celles et ceux qui viendront demain, qui étaient là hier et qui le peuvent aujourd’hui à manifester toutes ensemble à Bure le 20 septembre, contre Cigéo, contre le nucléaire, pour un autre avenir ! 


Reprenons l’imaginaire à l’Andra
, l’avenir au nucléaire, et laissons leur la projection d’un triste lendemain, indésirable pour les Générations futures, tandis que notre imagination et notre créativité convoqueront la manifestation antinucléaire du futur !

Les communiqués & tribunes

Si vous êtes journalistes et souhaitez nous contacter, écrivez à manifbure@riseup.net

Tribune inter-orgas d’appel à la manifestation

L’orga de la Manif du Futur

Appel « Gare à la Revanche »

Collectif, publié sur Indymedia Lille

Appel « Pour un avenir paysan et écologiste – CIGEO, c’est toujours non ! »

Collectif, « La Bande Fleurie »

Appel à la mobilisation du 20 septembre contre le projet Cigéo

Syndicat Solidaires

Appel à la mobilisation du 20 septembre contre le projet Cigéo

Syndicat Solidaires

Venir à Bure

Coordonnées GPS 48.5041154,5.3567737

En ce moment sur la lutte …

Avant la manif de septembre il y a plein de moments pour venir à Bure ou nous retrouver dans d’autres endroits partout en France !

Plus d’infos sur la lutte

Pour en savoir plus sur la lutte contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs

Bure Bure Bure

Site des opposant.es mobilisées à Bure et autour contre le projet Cigéo et son monde

Coordination Stop-Cigéo

Site de la coordination des collectifs et associations d’opposant.es à Cigéo

Bure Stop

Site de l’association meusienne d’opposition au projet d’enfouissement Cigéo

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Cedra 52

Site de l’association haut-marnaise d’opposition au projet d’enfouissement Cigéo

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Haute-Marne et Haut-Rhin : Des miradors de chasse vandalisés

Publié le 2025-06-07 00:00:00

À Maranville (Haute-Marne)

JHM / samedi 7 juin 2025

Lors d’une promenade en forêt, le président de la société de chasse communale de Maranville a eu la désagréable surprise de constater des dégradations sur les miradors (chaises hautes) installés en bordure de forêt pour la pratique de la chasse en battue. Ces installations, ainsi que des pancartes, sont posées pour la sécurité de tout usager de la forêt en période de chasse. Ce sont cinq d’entre elles qui se retrouvent à terre ou cassées. Après remise en état, des caméras seront posées à différents endroits. Le maire, Aurélien Joly, l’ONF et la gendarmerie ont été prévenus de ces actes de dégradation.


 *****

Dans le Haut-Rhin

L’Alsace / vendredi 6 juin 2025

Luemschwiller, Hirsingue, Tagolsheim, Walheim, Durmenach… Notamment dans le Sundgau au cours des dernières semaines, les actes de vandalisme commis sur les miradors sont nombreux et réguliers. [article payant ; NdAtt.]



Ambiance pédale contre la prison !

Publié le 2025-06-07 06:19:36

Yo, le mercredi 18 Juin à 19h à ambiance pédale (rendez-vous régulier entre personnes qui se retrouvent derrière le terme de pédé.e) on va parler de thématiques pas supers glamours mais qui ont touché et touchent encore une bonne partie des personnes queers : la répression, la justice et la prison.



Même si en France le crime de sodomie à été envoyé aux oubliettes, que nous ne sommes plus considérés légalement comme un fléau social, qu’on ne nous condamne plus parce qu’on entrave les bonnes mœurs bourgeoises et judéo-chrétiennes ... La prison reste une réalité pour beaucoup d’entre nous : les plus précaires qui doivent se démerder pour vivre dans ce monde de fric, les personnes racisées qui subissent le racisme de la police et de l’état, les personnes qui n’ont pas les bons papiers, les travailleureuses du sexe, les personnes en lutte contre ce système merdique ...

Parce que cela nous concerne, on a envie d’en parler dans le cadre d’une de nos soirées. Ce moment sera composé de deux temps :

"Homotopia", film de 2007 réalisé par Eric A. Stanley et Chris Vargas. Il est une critique queer radicale du projet politique qui prône le mariage gay et l’assimilation. Cette fiction aborde les questions du racisme, du colonialisme, du SIDA et de l’état.

"Criminal queer" des mêmes réalisateurs met en scène en 2015 une lutte radical des personnes trans et queer contre le complexe industriel carcéral et pour un monde sans murs. Ce film développe notre libération collective en travaillant à l’abolition des multiples façons dont nos cœurs, nos genres et nos désirs sont confinés.

Hésites pas à ramener de quoi grignoter (du pop corn ça serait le best !) et à boire. Pour rappel on remet le texte d’invit d’ambiance pédale en dessous !

Et au fait, comment ça va les pédé.es ? Elles se portent comment les
tapettes ? Ce n’est pas une blague, on a envie de prendre le temps de
nous la poser vraiment, cette question : comment on la vit notre vie
d’homo ?
Vu d’un peu loin, tout va pour le mieux pour les hommes qui aiment les
hommes : le sida ne tue (presque) plus dans nos contrées, (presque) plus personne ne remet en question le mariage pour tous, Drag Race cartonne à la télé, un grand nombre de députés RN à l’Assemblée Nationale sont gays - le droit d’être des fachos comme les autres, ne serait-ce pas là l’étape ultime de notre « intégration » ?

Cette vision stéréotypée de la normalisation gay est partagée par nombre de LGBT. Le besoin de se serrer les coudes face à l’homophobie appartiendrait au passé. Le temps des combats politiques serait terminé, puisqu’il n’y aurait plus rien à gagner. Avec l’arrivée des trithérapies du VIH qui ont relégué les questions de santé au second plan ; mais aussi avec Grindr et autres réseaux, plus besoin de quitter notre canapé pour se rencontrer. Nous n’aurions plus besoin d’espaces spécifiques pour débattre, se battre, se soigner, se rencontrer.

Conséquence : on a l’impression que de nombreux lieux de sociabilisation dépérissent. Qu’il s’agisse de lieux commerciaux (on ne compte pas le nombre de bars et de boites gay qui ont fermé en 20 piges), associatifs (les assos sont toujours là, les pédés dedans, moins) ou informels (certains lieux de drague en extérieur se vident, quand ils ne sont pas dégagés par la gentrification). Seuls semblent rester des événements festifs ponctuels comme la Gayguette à Toulouse qui, preuve que le besoin d’être ensemble est toujours présent, font le plein comme jamais.

Dans les milieux plus radicaux, une partie des transpédégouines
(TPG) a également acquis l’idée que les pédés étaient désormais des
"hétéros comme les autres" : on y a vu se systématiser ces dix
dernières années les zones en mixité choisie « sans mecs cis »,
écartant les pédés cis et obligeant les trans à justifier de leur
transidentité (pratiques heureusement plutôt en reflux).

Sauf qu’en fait non, qu’on le veuille ou non, nous ne sommes pas devenus des hétéros comme les autres. L’héritage des luttes passées et la culture qui leur est propre continuent de forger nos manières de vivre et de nous définir. L’homophobie, certes moins palpable qu’autrefois, ne cessera jamais de nous agresser, ne serait-ce que parce qu’on en a intériorisé une partie.

Nous sommes, comme l’ensemble des personnes LGBTI, toujours
surreprésentés parmi les personnes ayant des troubles psy, parmi celles
qui font des tentatives de suicide ou des overdoses. Ou encore à être
victimes d’agressions sexuelles, de (cyber-)harcèlement ou de
guet-apens. Car qu’on se la soit infligée à nous même, ou qu’elle vienne des autres, la violence et la solitude font partie de nos constructions depuis l’enfance. Réprimer nos attirances, nos amours, nos manières, nos jeux, nos envies, contrôler notre façon de nous habiller ou de marcher, s’empêcher d’être démonstratif avec son partenaire dans l’espace public est ou a été notre lot quotidien. Même si tout le monde ne l’a pas subi de la même manière, cette peur laisse des traces. Et on a besoin de s’en parler.

Une des conséquences de la honte et de l’isolement qui nous traverse est l’explosion de la pratique du chemsex dans les milieux gays. Si elle est en partie liée au besoin de se retrouver et et d’assumer ses envies en faisant sauter tout un tas de barrières mentales, on en connaît aussi
les dangers. Pour la personne qui ne vit plus sa sexualité et ses
relations sociales qu’au travers des drogues, la perte de contrôle n’est
jamais loin, et c’est ainsi que l’on apprend presque chaque semaine que X est parti à l’hosto, ou que Z est décédé. Drames invisibles qui sont un véritable enjeu de santé communautaire aujourd’hui.

On a aussi envie d’interroger un certain nombre de normes que l’on
trouve parfois enfermantes. Le culte du corps jeune et bien foutu, du
membre bien monté, de la multiplicité des partenaires comme seule forme de sexualité épanouie, de la virilité, le rejet ou la fétichisation des personnes fems, trans, racisées... Mais aussi une certaine indifférence
que l’on retrouve parfois à l’égard des questions de consentement.

Alors on a envie de se rencontrer autrement. Sans avoir besoin de
prendre la fête, le cul ou les drogues comme prétexte. Se parler juste
pour se parler. Partager nos bonheurs, nos peines, nos questionnements.
Ramener un peu à bouffer et à boire. Échanger sur nos vécus et nos
constructions. Se faire de nouveaux potes. Débattre. Parler de notre
santé. Et puis se marrer, aussi !
On appellerait ça les rendez-vous « Ambiance Pédale ». Ça serait
pour toutes les personnes qui se sentent pédé, qu’elles soient homo ou
bi, cis ou trans, dans le placard, sur la scène, ou même encore en
questionnement. Pour les super virils et les folles jusqu’au bout des
(faux) ongles. Ça serait un temps rien que pour nous et ça nous
ferait du bien.

Si tu as lu ce texte jusqu’au bout, et même si tu n’es pas forcément
d’accord avec tout, tu te sens peut-être concerné. Tu viens ?

Chili : Un Mai noir, seize ans après la mort de Mauricio Morales

Publié le 2025-06-08 00:00:00

Santiago (Chili) : Affiche à la mémoire du compagnon anarchiste Mauricio Morales

Contra Info / jeudi 22 mai 2025

Seize ans après la mort en action du compagnon anarchiste Mauricio Morales, alors qu’il voulait placer un engin explosif dans la dégoûtante école des matons, dans le quartier de Matta.

À celui qui a élevé l’intensité du conflit, à celui qui a mis dans le viseur l’institution bâtarde des matons, que nous pouvons reconnaître ouvertement aujourd’hui comme des ennemis, à celui qui a décidé d’affronter le Pouvoir avec détermination et fougue ; nous le porterons toujours dans chaque geste que nous voulons réaliser.

En ce Mai noir, on trouve dans les rues des affiches à la mémoire de notre compagnon/ami/frère. De la propagande qui se positionne sur le chemin de la confrontation avec le Pouvoir, qui justifie la pratique historique de violence politique et ramène au présent celui qui l’a exercée dans sa vie.

Mauricio Morales présent !
La violence insurrectionnelle ne t’oublie pas.

Mai noir 2025
Santiago, Chili.

 

Le texte de l’affiche :

« L’anniversaire de la mort de « Punki Mauri » réactive le placement de bombes et les attaque incendiaires dans la région métropolitaine de Santiago.

Le 22 mai est une date importante pour les mouvements et les cellules anarchistes. En ce jours, ils rappellent la mort de Mauricio Morales Duarte (de 27 ans), alias « le Punki Mauri », mort ce même jour, en 2009, alors qu’il transportait dans son sac à dos une bombe, qui a explosé avant qu’il ne puisse la placer à l’École de la Gendarmeria [l’Administration pénitentiaire chilienne ; NdAtt.] de Santiago. Son décès a fait que les différents groupes anti-système ont baptisé cette même date « jour du chaos ». C’est pourquoi la police fait attention à ce qui se passe… »

La Tercera PM [un important quotidien chilien ; NdAtt.]

POUR L’EXPANSION DU CHAOS
FAIS EN SORTE QUE L’ANARCHIE VIVE

Le 22 mai 2009, le compagnon anarchiste Mauricio Morales meurt, quand l’engin explosif qu’il voulait placer à l’école des matons détone en avance.
Nous prenons la défense de la mémoire de Mauri et de son parcours le long des chemins de la confrontation illégale pour l’Anarchie, en contribuant toujours à son expansion, par des multiples initiatives antiautoritaires.
La mémoire anarchiste continue à être dangereuse, alors qu’elle se traduit par des faits concrets, par des actions irrécupérables de la part du Pouvoir.
Ainsi, nos frères et sœurs, tel Mauri et tant d’autres qui son parti.es, continuent à vivre.

MAURICIO MORALES « PUNKI MAURI » PRÉSENT
L’OFFENSIVE INSURRECTIONNELLE NE T’OUBLIE PAS

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Cerro Navia : Attaque incendiaire contre un bus de la RED, en souvenir de Mauricio Morales

Informativo Anarquista / jeudi 29 mai 2025

Le vendredi 23 mai, dans le cadre des activités en commémoration du compagnon Mauricio Morales, au croisement de l’avenida Mapocho avec la rue Huelén, un groupe de personnes à visage couvert a complètement incendié un bus de la RED [les transports en commun de la région métropolitaine de Santiago ; NdAtt.], à l’aide de cocktails Molotov et de liquide inflammable. Après le déploiement de la police, un jeune de 17 ans a été arrêté, car il aurait participé à l’action.

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Communiqué de revendication d’une action directe à l’Université de Santiago

La Zarzamora / mardi 3 juin 2025

Santiago, mai noir 2025

« Je crois que la dignité d’une personne passe d’abord par le fait de ne pas céder par rapport à ses idées, de rester ferme, que, plus ils essayent de nous écraser avec des adversités, avec une violence malsaine (je considère qu’il y a une violence saine), avec les punitions, bref, avec tout ; si tu te conformes et tu te tais et tu cèdes et tu doutes, tu es liquidé… Les idées sans actions ne valent rien, c’est de la merde théorique, par conséquent l’idée et l’action doivent être et sont une seule et même chose. » [Mauricio Morales]

Aux premières heures du 22 mai 2009, le compagnon anarchiste Mauricio Morales tombait au combat, à cause de la détonation anticipée d’un engin explosif qui devait être placé dans la dégoûtante école de la Gendarmeria du Chili.

En tant qu’affines, nous nous souvenons de la vie et du dévouement d’un jeune cohérent avec ses idées, qui a fait vivre des espaces communautaires, des bibliothèques, des centres sociaux, des ateliers, des activités pour les enfants et des médias de communication.

De même, nous nous souvenons de son courage, de sa bravoure et de sa détermination dans l’attaque contre les matons, en assumant tous les risques et les conséquences que comporte l’opposition à ce système.

Les bombes continuent de retentir, les coups de feu continuent à être tirés, nous continuons à être leur cauchemar et leur éternel mal de tête…

Même si on nous poursuit… nous continuerons avec l’offensive.

ACTION :

Dans l’après-midi, en tant qu’affinités anarchistes, nous avons fait irruption dans le quotidien de l’université, pour couper la circulation et affronter la police dégoûtante, en mémoire de notre compagnon Mauricio Morales (Punky Mauri).

Au cours de l’action, on a attaqué physiquement les « héros citoyens » qui ont osé intervenir, comme un chauffeur de taxi qui a enlevé l’un des miguelitos [des clous pliés pour crever les pneus – voir le bon tuto ici ; NdAtt.] en essayant d’avancer au milieu de la barricade. Le même sort a été réservé aux personnes qui ont tenté de filmer et d’insulter sans gêne les compas qui se trouvaient à quelques mètres.

Que les citoyens « corrects », les amoureux de l’ordre, de la sécurité et de la loi sachent que ceux qui s’interposent et agissent comme des policiers seront traités avec la même haine que ceux derniers nous inspirent…

Au milieu de la fumée, qu’on pouvait voir depuis plusieurs pâtés de maisons, le convoi de l’anti-émeute des carabiniers qui s’approchait a été accueilli par une attaque a coup, alternativement, de cocktails Molotov et de feux d’artifice.

C’est dans ce contexte que, après la manœuvre désespérée du conducteur d’un des véhicules équipés de lanceurs de gaz, on a fini par amener d’autres miguelitos, en faisant en sorte que son véhicule reste inutilisable jusqu’à la fin de l’action.

Après un affrontement bref et fugace, on pouvait voir qu’un grand groupe de carabiniers se regroupait derrière le canon à eau (guanaco), avec un coupe-boulons, pour entrer rapidement.

À ce moment-là, nous avions déjà pris la décision de tenir bon avec le dernier matériel qui nous restait.

Leur assaut ne s’est pas faite attendre et ils ont chargé avec des lacrymos, de l’eau et du gaz au poivre contre le portail de l’université, mais ils ont été accueillis énergiquement, avec des insultes, des pierres et des cocktails Molotov, pour retarder autant que possible leur entrée.

Nous les avons vus, face à face, tapant du pied, criant, insultant, courant, s’agrippant entre eux pour ne pas tomber, avec leurs boucliers et leurs uniformes en flammes.

Ils n’ont pas réussi [à entrer].

Au moment de lancer presque le dernier cocktail qui nous restait, nous nous sommes rapidement replié.es du lieu, sans être pris.es.

Ils oublient…

Que s’ils continuent à essayer,

Ils auront la même réponse.

Aujourd’hui, de l’essence a coulé sur leurs uniformes…

demain, quelque part, ce sera le sang de leurs corps.

Aujourd’hui, des cocktails Molotov ont volé…

demain, ce sera des balles.

QUE LES MATONS TREMBLENT.

PARCE QU’IL RESTE ENCORE DES SACS À DOS COMME CELUI DE MAURI ET DES ESPRITS COMME CELUI DE KEVIN.

UNE MORT EN ACTION EST UN APPEL ÉTERNEL À LA GUERRE SOCIALE.

Cellules Autonomes et Incendiaires
Bande Insurrectionnelle Lune Noire
[Células Autónomas e Incendiarias
Banda Insurreccional Luna Negra]

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Revendication d’une action réalisée sur le campus Juan Gómez Milla, à Ñuñoa

La Zarzamora / lundi 2 juin 2025

Santiago, mai noir 2025

Seize ans après la mort en action du compagnon anarchiste Mauricio Morales, qui est décédé suite à la détonation accidentelle de l’engin explosif qu’il portait à l’école de la Gendarmeria, la lutte contre la prison continue et le compagnon vit toujours dans la mémoire combative, présent dans l’approfondissement du conflit.

Au cours de l’après-midi, réuni.es par affinité, nous avons mené une longue journée de combat, avec des barricades enflammées sur l’une des artères de la ville, en plus des affrontements avec la police, en comptant plus d’une centaine de cocktails Molotov et de feux d’artifice, qui ont répondu efficacement aux assauts des voitures de police et ont mis en fuite les lâches de la COP [l’anti-émeute Carabineros ; NdAtt.] qui essayaient de s’approcher à pied.

Pendant l’action, un soin particulier a été apporté à la diffusion d’une propagande qui précise les idées qui, naturellement, vont de pair avec nos actions. Ainsi, il n’y a eu ni cadenas ni barrière de protection que nous ne pouvions pas briser ou couper pour placer nos banderoles. De la même manière, nous avons réussi à neutraliser tous les « protocoles » de la « sécurité » interne du campus, pour utiliser au mieux et en notre faveur ce lieu, y compris les toits, les balcons et les portails, pour le combat et pour la sécurité de l’action.

En plein affrontement, devant les spectateurs de cette action et les étudiants présents sur place, on a procédé à la lecture d’un discours, tandis que l’on remettait aux mêmes spectateurs une publication intitulée « Faisons des idées une menace réelle », une publication réalisée sur papier au cours de ce mois par l’autoproclamée « coopérative d’antagonistes », qui constitue une invitation à réfléchir sur le système carcéral et qui, comme on l’a mentionné à ce moment-là, loin de vouloir railler les masses pour attendre éternellement, derrière un bureau, le fameux pouvoir populaire, propose de nourrir et de construire la lutte anarchiste à partir de la tension permanente et du conflit contre le pouvoir.

Et c’est le pari que nous faisons, pour remplir notre lutte de force et de contenu significatif, en rejetant complètement le conformisme, le réformisme et la volonté de « faire sécession », afin de nous jeter dans la lutte auto-organisée, dans l’action directe, dans les rues, dans le sabotage des sources du capital, mais surtout dans la cohérence entre les mots et l’action.

« Ici, dans l’offensive, nous trouvons le développement, l’expansion et la généralisation du conflit, en combinant la critique tant des structures spécifiques que de l’État, de sa répression et de sa violence. »

Depuis cette tranchée, nous voulons aussi envoyer un salut complice aux compagnons Francisco Solar, Aldo et Lucas Hernandez, aux compas de l’affaire du 6 juillet [voir ici ; NdAtt.], aux prisonnier.es politiques mapuches de l’affaire de Quilleco [affaire répressive qui a suivi l’incendie d’engins forestiers dans cette commune du centre-sud du Chili ; NdAtt.] et à chaque prisonnier.e anarchiste, subversif.ve et mapuche.

L’appel est toujours à continuer à multiplier l’auto-organisation, dans chaque espace et dans chaque territoire, en affirmant l’autonomie et en faisant de la liberté une réalité palpable, construite avec nos propres mains et notre volonté inébranlable de résister. À continuer à multiplier la solidarité, le combat et l’action contre le pouvoir, ses prisons et ceux qui les soutiennent.

Jusqu’à ce que tout explose, mort à l’État et vive l’anarchie!

Affinités en conflit
[Afinidades en conflicto]

Leipzig (Allemagne) : Une banque attaquée pour Maja

Publié le 2025-06-08 00:00:00

Knack Punkt News / samedi 7 juin 2025

Une banque attaquée pour Maja – Appel à un accompagnement militant de sa grève de la faim

Le soir du 6 juin, nous avons fracassé une banque dans le sud de Leipzig et y avons laisse, à l’aide de bombes de peinture, la requête « Liberté pour Maja ». Il s’agissait de la Caisse d’épargne du quartier Lößnig.

Notre ami.e et compa antifasciste Maja est en grève de la faim depuis jeudi 5 juin. Maja demande d’être ramené.e en Allemagne, aux arrestations domiciliaires, pour participer au procès d’ici. En outre, toutes les autres extradition de nos camarades vers la Hongrie doivent être suspendues. Ce dernier moyen de lutter derrière les barreaux – jeter son propre corps sur le ring – est la tentative désespérée de trouver une issue à la misère évidente de la torture par l’isolement.
Maja est enterré.e vivant.e dans les cachots de Budapest depuis onze mois et nous n’avons aucune perspective de pouvoir faire quelque chose. Faire connaître cette affaire, parler de Maja et collecter de l’argent sont des choses qui ont toute leur place dans une campagne de soutien, mais cela semble bien trop peu, par rapport aux images qui nous parviennent du tribunal et aux mots émouvants dans les lettres de Maja [voir par exemple ici ; NdAtt.]. Notre position défensive ne doit pas consister à rester inactif.ves et à laisser les camarades seul.es. Précisément quand nos prisonnier.es doivent mettre leur vie en jeu avec une grève de la faim, le temps des « actions créatives », des photos de solidarité ou des fêtes et éventements arrosés est terminé. Toute personne qui se sent liée à Maja et qui est prête à prendre un certain risque pour le succès de sa grève de la faim devrait maintenant réfléchir à la manière dont elle peut participer. Comme toujours, il y aura des rassemblements et des manifestations (spontanées). Nous suggérons toutefois de s’organiser en tant que campagne de soutien militant.

Tout le monde peut – comme nous l’avons fait hier – prendre son cœur en main et défoncer la banque la plus proche, sans effort et avec les quelques précautions de sécurité nécessaires (bien se masquer, des gants et du matériel propres, une courte réunion de coordination, pas d’appareils techniques, pas de bavardage par la suite). Notre proposition serait de ne pas miser sur la qualité des attaques, mais sur la quantité de nos petites piqûres. Si, au niveau de l’Allemagne entière, chaque groupe sort tous les quelques jours, fracasse quelque chose, fait référence à Maja avec de la peinture et écrit un court texte sur Indy, il pourrait se développer un effet de synergie, qui pourrait contaminer les autres et montrer clairement à ceux qui ont voix au chapitre, dans l’affaire de Maja, que nous ne nous arrêterons pas avant que Maja ne soit de retour. Nous appelons à sortir dans la rue et à faire tinter les vitres le plus souvent possible, tant que la grève de la faim de Maja se poursuit – Pour que notre pression soit suffisante pour mettre fin à cette situation intolérable !

« Si on jette une pierre, c’est un comportement répréhensible. Si mille pierres sont jetées, c’est une action politique. »
Ulrike Meinhof (antifasciste torturée avec l’isolement)

Nous avons le destin de Maja dans nos mains ! Soutenons tou.tes celles/ceux qui se mettent de travers face aux conditions fascistes, que ce soit avec un marteau ou avec un drapeau arc-en-ciel, que ce soit dans une grande ville, dans l’arrière-pays saxon ou lors de la Pride, à Budapest, le 28 juin.

Liberté pour tou.tes les antifascistes ! Mort au fascisme !

Groupes Autonomes
[Autonome Gruppen]

Programme de juin de la BARK, bibliothèque anarchiste queer à Montreuil !

Publié le 2025-06-08 09:29:33

Ce mois-ci à la BARK : de l’écriture de lettres et diffusion de textes solidaires pour la journée internationale de solidarité avec Marius Mason et les prisonnier-es anarchistes de longues peines, le lancement d’un cycle de lecture de Contre le Léviathan, Contre son His-toire, un atelier de traduction collective, et des permanences chaque mercredi !



La BARK, c’est une bibliothèque anarchiste et queer au local du Schlass, à la Parole Errante, à Montreuil (5 rue françois debergue, il faut rentrer par le petit portillon gris à gauche de l’entrée principale de la Parole !). On a des permanences tous les mercredi de 16h à 19h (et parfois plus !) pour venir emprunter des livres, se servir dans l’infokiosque ou le remplir, ou venir chiller sur les canapés et dans le jardin. En plus, on a de nouvelles bibliothèques toutes neuves et bien rangées depuis le début du mois !

Mercredi 11 juin 16h : Journée internationale de solidarité avec Marius Mason et les prisonnier-es anarchistes de longue peine

Chaque 11 juin a lieu la journée internationale de solidarité avec Marius Mason et les prisonnier-es anarchistes de longue peine (voir l’appel ici). Il nous semble particulièrement important de contribuer à créer complicités et solidarités avec toustes celleux enfermé-es par des États pour leur participation à la guerre sociale et à des actions directes pour l’intensification de celle-ci jusqu’à la destruction de ce monde. Cette journée nous paraît particulièrement importante à l’heure où les politiques anti-trans de trump ont conduit aux transferts transphobes de Marius et de tant d’autres prisonnier-es trans. Il nous paraît essentiel aussi de l’étendre à des prisonnier-es anarchistes, tel-les que des prisonnier-es sous la menace de la peine de mort suite à des assassinats politiques (Luigi Mangione, Rodney Hinton Jr, Elias Rodriguez...) ou dans des geôles coloniales (les déportés Kanak en France, les prisonnier-es palestinien-nes en Israël, les prisonnier-es des luttes de libération noire et indigène aux États-Unis...). Tout le long de la permanence, on écrira des lettres à ces prisonnier-es, arpentera ensemble des brochures sur certain-es d’entre elleux, diffusera tracts et affiches solidaires.

Mercredi 18 juin 17h30 : Contre le Léviathan, Contre son His-toire : lecture collective. Épisode 1

Le livre Contre le Léviathan, Contre son His-toire a récemment été retravaillé et réimprimé. Pour (re)découvrir ce livre, on lance le début d’un cycle de lecture collective. Pour cette fois-ci, il s’agira de lire et discuter des premiers chapitres et décider ensemble de l’organisation des prochains moments de lecture.

Perlman y conte une contre his-toire de l’avènement des États et de la Civilisation. Librement reprises aux historiens et anthropologues, les histoires enchevêtrées tissent des liens entre la genèse des plus balbutiants aux plus génocidaires des émanations de la figure monstrueuse du Léviathan - allégorie de la puissance civilisatrice. Ce contre-récit redonne toute leur place aux résistances et fugues hors du monstre que les apologistes modernes, propagandistes du Capital et de la Technologie, qualifieront de Progrès et de Civilisation.

Le lire ensemble, pour la premiere ou la dixième fois, c’est se partager nos clefs de compréhension, nos impressions, nos critiques ou nos ressentis vis-à-vis d’un livre qui a participé à faire émerger l’idée - dans les espaces anarchistes - qu’abolir l’état ne suffit pas. Il s’agit d’attaquer tous les rouages de la domination, qui se logent jusque dans nos esprits. Il nourrit nos désirs de désordre vers l’horizon inconnu hors de la civilisation, nos tentatives d’évasion, de déviation et d’attaque, vers une vie toujours plus libre.

Le but de ce cycle est aussi de rendre accessible une texte qui peut être difficile à aborder, et qu’il est déjà possible de feuilleter ou de choper en distro à la bark.

Mercredi 25 juin 17h : Atelier de traduction collective

Venez avec (ou sans !) un zine, une brochure ou un texte que vous avez envie de traduire, et on s’entraide en traduisant collectivement, se relisant ou se donnant des conseils. Il n’y a pas besoin d’avoir de quelconques compétences en traduction, ça peut être un moyen d’apprendre ou de s’y mettre ! On veut surtout proposer un moment d’entraide pour se motiver, s’entraider et traduire tout plein de choses qui nous intéressent.

Programme (pdf - N&B)
Programme (pdf - couleur)

Programme de mai de la BARK, bibliothèque anarchiste tpg à Montreuil !

Publié le 2025-06-08 09:34:16

Ce mois-ci à la BARK : une soirée frites de lancement de la réimpression du livre Contre Le Léviathan, Contre son His-toire, deux projections d’anime autour du lesbianisme et des dissidences de genre (avec atelier fabrication de zines et discussions), un atelier de traduction collective, et des permanences chaque mercredi !



La BARK, c’est une bibliothèque anarchiste et transpédégouine au local du Schlass, à Montreuil (5 rue françois debergue). On a des permanences tous les mercredi de 16h à 19h (et parfois plus !) pour venir emprunter des livres, se servir dans l’infokiosque, ou venir chiller sur les canapés et dans le jardin. A savoir qu’il n’y aura pas de permanence ce mercredi 7 mai, par contre on a prévu un programme bien rempli pour le reste du mois !

Vendredi 9 Mai dès 18h : Soirée frites contre le Léviathan

Le livre Contre le Léviathan, Contre son His-toire de Perlman a été retravaillé et reimprimé ces dernières semaines. Initialement publié en anglais dans les années 80, les éditions en français étaient devenues plutôt galères à obtenir. On voit toujours un intérêt et une pertinence au texte aujourd’hui, c’est pourquoi on souhaite le diffuser plus largement et de manière accessible. Venez manger une BARKette de frites pour participer au remboursement des frais d’impression et diffuser le livre, manger des bonnes frites et commencer à en discuter ensemble au coin de la friteuse. Un groupe de lecture débutera aussi avec une première séance le 18 juin à la BARK pour appréhender et lire collectivement l’entièreté du livre.

Perlman conte une contre his-toire de l’avènement des États et de la Civilisation. Librement reprises aux historiens et anthropologues, l‘enchevêtrement des histoires tisse des liens entre la genèse des plus balbutiants aux plus génocidaires des émanations de la figure monstrueuse du Léviathan. Ce contre-récit redonne toute leur place aux résistances et fugues hors du monstre que les apologistes modernes, propagandistes du Capital et de la Technologie, qualifieront de Progrès et de Civilisation. Il nourrit nos désirs de désordre vers l’horizon inconnu hors de la civilisation, nos tentatives d’évasion, de déviation et d’attaque Contre la domination du Léviathan pour nous en libérer.

Plus d’information sur la réimpression du livre ici.

Ouaf Club, lesbianisme & dissidence de genre : mercredi 14 mai 18h et dimanche 18 mai 16h

Le chevalier queerboy Oscar (1972), le prince boygirl Utena (1997) et la pilote boywife Suletta (2022) sont autant de figures d’animes cultes qui proposent des explorations complexes du genre et des relations homosexuelles. Une filiation directe apparaît dans l’écriture de chacune de leurs oeuvres respectives, ouvrant un espace de contestation du patriarcat qui mène, volontairement ou non, à un espace de rebellion contre le genre et l’hétérosexualité. Oscar ridiculisera les normes de genre comme de l’hétérosexualité dans ses relations homoérotiques avec des hommes comme avec des femmes, dans ses rôles masculins comme féminins. Utena et Suletta abattront toute une hiérarchie patriarcale de contrôle des femmes par leurs familles abusives, se frayant un chemin à travers l’hétérosexualité forcée, l’oppression adulte, l’horreur de la guerre et les violences sexuelles et de l’inceste pour finalement apparaître comme le prince au secours de leur fiancée.

Ces figures motivent nos imaginaires révolutionnaires et enrichissent notre propre rapport à notre lesbianisme, ainsi qu’aux dissidences de genre qu’il implique. Nos désirs de passer comme lesbiennes plutôt que femme ou homme motivent nos transitions et nos modes de relation. Ils motivent notre rejet de l’identité et du genre, nos tentatives de s’extraire de leur contrôle par toutes les subversions possibles et d’attaquer inlassablement la domination du genre jusqu’à sa destruction totale. C’est un lesbianisme qui ne serait de fait pas une catégorie identitaire assimilable, mais bien une fluidité qui échappe à tous les dispositifs de capture de l’État et de la société cishétérosexuelle. C’est un lesbianisme qui naît de nos affinités insaississables et ingouvernables que nous désirons faire exister à travers deux moments à la BARK cette semaine !

Mercredi 14 mai à 18h : Fabrique de zines, projection d’Utena et de Witch from Mercury

On propose de d’abord se retrouver dès 18h pour fabriquer ensemble des zines sur tout ce que le sujet peut nous inspirer. Amenez des choses à découper, des trucs à photocopier et tout matériel artistique ou papeterie qui pourra servir ! À 19h30, on regardera des épisodes de deux animes lesbiens (Utena, la fillette révolutionnaire & Mobile Suit Gundam : Witch from Mercury, le deuxième étant une réécriture moderne du premier) autour desquels on pourra déjà commencer à papoter, ou regarder davantage d’épisodes selon les envies du moment.

Dimanche 18 mai à 16h : Projection de la Rose de Versailles

À 16h, on se retrouve pour le goûter (amenez des trucs vegans !) ! et regarder le nouveau film anime adapté de La Rose de Versailles, qui est sorti fin avril. On poursuivra avec un moment plus long pour discuter ensemble des animes projetés et de nos imaginaires, de nos désirs et de nos affinités.

Mercredi 28 mai à 17h30 : Atelier de traduction collective

Venez avec (ou sans !) un zine, une brochure ou un texte que vous avez envie de traduire, et on s’entraide en traduisant collectivement, se relisant ou se donnant des conseils. Il n’y a pas besoin d’avoir de quelconques compétences en traduction, ça peut être un moyen d’apprendre ou de s’y mettre ! On veut surtout proposer un moment d’entraide pour se motiver et s’entraider à traduire tout plein de choses qui nous intéressent.
L’atelier débutera pendant la permanence mais pourra se prolonger après selon les envies !