Vive l'Anarchie - Semaine 23, 2017

Sommaire

Dépassement

Publié le 2017-06-05 15:33:05
“Notre métier: jouer les cowboys dans la A parce qu’on a loupé 3 fois notre entrée chez les CRS“
Mai 2017

“Notre métier: jouer les cowboys dans la A parce qu’on a loupé 3 fois notre entrée chez les CRS“

Mai 2017

paris france 2017 intérieur transports mai 2017

  1. depassement posted this

Nancy (Lorraine) : Solidarité contre les flics à coups de caillasses !

Publié le 2017-06-05 15:33:06

L’Est Républicain / Dimanche 4 juin 2017

Caillassés et pris à partie par une cinquantaine d’individus, les policiers avaient dû faire usage de leur lanceur de balles de défense (LBD) 40 mm, jeudi soir, dans le quartier du Haut-du-Lièvre. Depuis plusieurs mois, pour une minorité d’habitants ou d’usagers du quartier, les policiers ne sont pas les bienvenus au pied des barres d’immeubles.

Jeudi vers 20 h, les fonctionnaires du Groupe de sécurité publique patrouillaient dans le secteur de l’avenue Pinchard quand une pocket-bike percutait leur portière. Le motard tentait de fuir à pied, mais était interpellé. S’ensuivait un regroupement d’une cinquantaine de personnes, hostiles à l’intervention policière. Deux autres individus suspectés d’avoir lancé des pierres seront interpellés. Les trois jeunes hommes – deux mineurs et un jeune majeur – ont été présentés samedi au parquet. Avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Après l’interpellation du trio, deux véhicules avaient été incendiés dans le quartier, vers 1 h.

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-06-05 15:33:06

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Madrid, Espagne : Attaque incendiaire contre la police nationale

Publié le 2017-06-05 15:33:06

Dans la nuit du 24 au 25 mars 2017, après des mois de préparation, nous sommes entrés dans l’enceinte de l’Unité de Cavalerie de la Police Nationale à Madrid, en sautant par-dessus le grillage et avons laissé un engin incendiaire sous un de leurs véhicules tout-terrain.

Nous avons réalisé cette attaque contre le sommet du G20 et nous la dédions à tous les anarchistes incarcérés.

[Traduit de l’espagnol d’Instinto Salavaje, 02.06.2017]

Samedi 10 juin 2017 : Manifestation 18e Quartier populaire Quartier sans frontières

Publié le 2017-06-05 15:33:06

Samedi 10 juin 2017 contre la guerre aux pauvres, contre la chasse aux migrant-es, contre l’occupation policière, manifestations au départ de la Porte de la Chapelle à 18h30 dans les quartiers Évangile – Marx Dormoy – La Chapelle - Pajol



Samedi 10 juin : Manifestation 18e Quartier populaire Quartier sans frontières

18h30 – départ de la Porte de la Chapelle pour manifester dans les quartiers Évangile – Marx Dormoy – La Chapelle - Pajol

Ces dernières semaines on a assisté à une offensive raciste et sécuritaire sur le quartier la Chapelle (18e) largement relayée par les médias. Orchestrée par des associations de quartier comme SOS La Chapelle, et leurs alliés politiques de gauche comme de droite, l’objectif de ce genre de campagne à quelques jours d’une élection est toujours le même : nous faire croire que le problème c’est la sécurité. Depuis le quartier est encore plus que d’habitude occupé par les flics.

Pour nous le problème c’est la guerre aux pauvres

Politiciens et investisseurs veulent faire de nos quartiers, de Barbès à La Chapelle, des quartiers branchés capables d’attirer une nouvelle population plus riche et des touristes prêts à consommer. C’est dans cette optique que la Halle Pajol a été rénovée il y a quelques années, avec son auberge de jeunesse, ses boutiques et terrasses branchées hors de prix.

Pour que les nouveaux venus se sentent en « sécurité », « il faut virer tous les indésirables qui squattent les trottoirs, vendent des trucs à la sauvette, font du bruit, et salissent les rues », disent ensemble mairie, préfecture et aménageurs. Un des prochains grands chantiers est d’ailleurs l’aménagement d’une « promenade urbaine végétale » sous les rails de la ligne 2 du métro.

Joli projet ! Mais ne nous y trompons pas, quand il est écrit dans la plaquette de présentation « développer des axes civilisés », c’est bien de faire la guerre aux pauvres dont il s’agit. Occuper l’espace vide pour empêcher que d’autres puissent s’y installer (il en va de même pour les gros containers posés par la mairie).

Pour nous le problème c’est la chasse aux migrant-es

Cela fait des années que le quartier de la Chapelle est un refuge pour les migrant-es, car l’entraide et la solidarité y sont fortes.

Depuis l’été 2015, les opérations de police se sont multipliées : rafles, expulsions de campements sous couvert d’opération « humanitaire »… Et ce malgré la forte solidarité concrète d’habitant-e-s, de militant-e-s du quartier.

La mairie et les businessman de l’humanitaire (type Emmaüs) ont voulu faire croire avec l’ouverture du centre « Hidalgo » à la porte de la Chapelle que des meilleurs conditions d’accueil seraient offertes aux migrant-e-s.

En réalité, dans ce camp éloigné de la vue de tous, les migrant-e-s sont trié-e-s entre ceux, peu nombreux, qui ont la chance d’accéder à l’asile et le plus grand nombre contraint à vivre à la rue, dans l’illégalité et/ou la crainte de l’expulsion.

Dans le même temps, les foyers de travailleurs immigrés sont attaqués, du foyer de la rue Marc Séguin à celui de la rue Riquet.

L’occupation policière du quartier n’est pas une solution

Ce qui nous paraît insupportable, ce n’est donc pas la présence des vendeurs-euses à la sauvette et des migrant-e-s mais bien celle des flics et le harcèlement qu’ils font subir aux pauvres. C’est que l’État et les promoteurs immobiliers veulent faire des rues de nos quartiers où les rencontres ne sont plus possibles, à moins de consommer dans un restaurant ou un café hors de prix. La police est là pour protéger les riches.

Pour nous la solution c’est la solidarité !

Ici tout le monde se connaît. Contre la guerre aux pauvres, contre la chasse aux migrant-e-s, contre l’occupation policière, des gens ont toujours agi dans le quartier, en organisant des manifestations, en distribuant de la nourriture ou des vêtements, en prévenant des contrôles de police, en s’entraidant face aux galères.

Face à la montée des idées réactionnaires ne nous laissons pas faire : amplifions et propageons cette solidarité.

Manifestons dans le quartier samedi 10 juin 2017 :
18h30 départ Porte de la Chapelle (métro 12)
20h musique et prises de parole : halle pajol
22h repas solidaire et projections : halle pajol

La rue est à toutes et tous !

Zone de solidarité populaire 18e et des habitant-es du quartier

english version

Saturday June 10th : Demonstration
18th arrondissement : Neighborhood for the people, neighborhood without borders

6:30pm – leave from Porte de la Chapelle to march through Évangile – Marx Dormoy – La Chapelle - Pajol

These past few weeks we’ve seen a racist and security-centered offensive in the neighborhood of La Chapelle (18th) largely contributed to by the media. Orchestrated by neighborhood associations like SOS La Chapelle and their political allies on the left and the right, the objective of this type of campaign, a few days from the election, is always the same : make us believe that our problem is public safety. Ever since, the neighborhood has become more and more occupied by cops.

For us the problem is the war on the poor
Politicians and investors want to turn our neighborhoods, from Barbès to La Chapelle, into hip areas capable of attracting a new, richer and more touristy population : “better” consumers. This is why the Halle Pajol was renovated several years ago, with its youth hostel, boutiques, and pricey sidewalk cafes.
To make these newcomers feel “safe”, “we need to kick out all the undesirables who squat the sidewalks, illegally peddle goods, make noise, and dirty the streets”, say the mayor, Prefecture and developers. One of the next big public works is the creation of a “green urban walkway” under the rails of the line 2 metro.
Nice project ! But we’re not fooled, because it’s written on the presentation brochure “development of civilized axes” - it’s all about making war on the poor. Their goal is to occupy empty space so that others can’t be there (just like the large containers the mayor installed).

For us the problem is the migrant-hunt
For years the neighborhood of la Chapelle has been a refuge for immigrants because of the strength of the mutual aid and solidarity found there.
Since the summer of 2015, police operations have multiplied : raids, expulsions of camps disguised as “humanitarian” operations...and all of this despite the strong, concrete solidarity of the inhabitants and activists of the area.
The mayor’s office and the humanitarian businessmen (see Emmaüs) wanted us to believe that with the creation of the “Hidalgo” center at the Porte de la Chapelle, better conditions would be offered to immigrants.
In reality, in this camp far out of sight, immigrants are divided up and few of them have access to asylum, leaving a vast majority constrained to living in the street in illegality and/or fear of deportation.
Simultaneously, immigrant worker dormitories have been attacked, from the one on rue Marc Séguin to the one on rue Riquet.

Neighborhood police occupation is not a solution
It’s not the presence of illegal peddlers or the presence of immigrants that we find unlivable, but the presence of cops and the harassment that they inflict upon the poor. What we find unlivable is that the State and developers want to turn the streets of our neighborhoods into spaces where meeting people is no longer possible unless you’re consuming in an overpriced restaurant or café. The police are here to protect the rich.

For us the solution is solidarity !
Here everyone knows each other. Against the war on the poor, against the immigrant-hunt, against the police occupation, we have always been active in this neighborhood, organizing demonstrations, distributing food or clothing, and warning others of upcoming police actions while mutually helping one another in hard times.
Faced with an increase in reactionary ideas, we won’t be taken advantage of : amplify and spread this solidarity.

Demonstration in the neighborhood Saturday June 10 2017 :

6:30pm leave from Porte de la Chapelle (metro 12)
8:00pm music and speechs : halle pajol
10:00pm meal and projections : halle pajol


The streets are for one and for all !

Zone de Solidarité Populaire 18è
And neighborhood residents

A mort les banquiers !

Publié le 2017-06-07 12:54:22

Retour d’une belle nuit. (31/05 au 01/06)



Le cri enfle violemment et prend de l’ampleur. Dans la pénombre, une lueur.
S’impose petit à petit la rumeur d’un feu de rage qui gronde. Il semble sans fin.
Ces langues incandescentes engloutissent la carcasse sans lui laisser l’ombre d’une chance. Se dessine petit à petit une figure brûlante à son tour. Six lettres se devinent encore M-A-C-R-O-N.
Les cigales ont arrêté de chanter, remplacées par le chuintement de la gomme fondant sur le bitume. L’avertissement des impertinents résonne.
Et pendant que Sandrine Morch dort toujours, le feu couve encore.
A force de courir on dépasse ceux qui restent en marche.
Ils font du neuf avec du vieux.
On fait du neuf avec du feu.
Macron gros cacaboudin, en plus c’est trop nul ta campagne d’abord ! Nananananère !

Macron, tu viens de passer, tu vas vite déchanter.

Les journalistes t’acclament, ton consensus dégueulasse a payé, toi qui a su réconcilier la droite et la gauche institutionnelles pour mieux soumettre la politique aux miasmes du libéralisme. Au final, tu incarnes parfaitement ce que l’idéologie dominante nous vend : de la croissance, de l’emploi, de la sécurité, saupoudrés des paillettes de la parité et du développement durable. Nous, on crache sur cette politique à deux balles. On a vu ce que ce système donne, et ce vers quoi il nous mène.

Tranquillise-toi, ce ne sont pas que toi et ton sourire de requin que l’on vise, c’est l’ordre que tu représentes de manière quasi-parfaite et que tu perpétues.
Tu la joues fine, tu évites les scandales constitutifs du gouvernement, mais ce coup-ci, y aura pas besoin d’un 49.3 pour qu’on prenne la rue. Parce qu’en fait, on y est déjà. Dans la rue, dans la nuit, dans le jour ; on est encore là. On y était pendant la loi travail, toujours plus nombreux, toujours plus déter’ pour changer radicalement le cours des choses et créer nos propres modalités, d’actions, de rencontres, de vies. On y était encore pendant toute cette campagne, à conspuer Le Pen aussi bien que les ordures de la poubelle électorale dans laquelle elle batifole. On s’est trouvés, on continue de se renforcer, et on va plus se lâcher.
Hier soir, on a trashé les symboles putrides que tu nourris. Ce n’était ni la première pierre lancée, ni la dernière. Ton mandat se place sous le signe astrologique du feu, et de la barricade.

On sera toujours là, contre l’État, sa Police, qui tuait avant-hier encore à Toulouse un homme dans une course-poursuite. Contre le libéralisme et l’ordre régnant.

Mort aux banquiers.

De l’« appropriation » émotionnelle et familiale de certaines causes ou actions… et de ce qui s’ensuit

Publié le 2017-06-07 12:54:22

Clément Méric montrant le mauvais exemple.

J’ai relayé sur ce blogue l’appel aux débats et à la manifestation de samedi dernier, rencontres et manif placées sous le signe de l’antiracisme, de l’antifascisme et de la mémoire de Clément Méric.

J’avais survolé, assez rapidement je dois dire, un texte publié sur Paris Luttes. info, par lequel les organisateurs signifiaient leur désir d’une manifestation « calme » qui ne tourne pas immédiatement au simulacre d’émeute et à la débandade généralisée. N’étant pas fétichiste de la baston, j’avais trouvé l’idée plutôt positive, tout en me doutant que cela éloignerait un certain nombre de camarades (à moins qu’ils & elles viennent quand même et que le débat tourne – éventuellement – mal.

Après un après-midi agréable à tenir avec le reste du gang Libertalia une table de livres qui suscita intérêt et échanges variés (et avec le regret que d’autres éditeurs et revues ne nous aient pas rejoints) c’était le départ d’une manifestation réunissant 800 personnes [1].

Dès le début, quelques organisateurs (AL, Solidaires, etc.) se glissaient dans le cortège pour sermonner un groupe de jeunes gens et jeunes filles qui portaient cagoules et/ou foulards et capuchons. Le fait que la recommandation de se découvrir le visage ait été accompagnée de gestes agressifs est ici un détail.

J’ai échangé quelques propos peu amènes avec un jeune homme – dont on me dit que nous sommes confrères en édition chez Libertalia – lequel se recommandait de la famille de Clément Méric pour imposer cette consigne. Tandis que j’exprimais un sentiment assez vif sur l’institution de la famille et le rôle que je lui attribue dans les mobilisations, le jeune homme me jugea « complètement déconnecté ».

Le tout est de savoir de quoi.

La loi bourgeoise (récente) interdit à quiconque de se masquer le visage dans ou aux abords d’une manifestation [2]. C’est une disposition policière dont l’objectif – explicite – est de criminaliser les résistances au fichage des militant(e)s politiques (même principe à propos des prélèvements d’ADN).

Les organisateurs de la manifestation avaient négocié avec la police une manifestation « sans incidents » contre une manifestation « sans provocations policières » (les termes sont de mon cru).

J’ignore si le fait d’apparaître masqué(e) était explicitement compté parmi les comportements pouvant susciter une intervention répressive, ou s’il s’agit d’un excès de zèle ou d’angoisse des organisateurs.

Dans l’un ou l’autre cas, le comportement consistant – pour des militants – à exiger de manifestant(e)s de défiler le visage découvert est inacceptable politiquement.

C’est faire le travail des flics : se substituer à eux.

La question de la liberté de se masquer a été posée dans toutes les récentes manifestations, notamment celles contre la loi « Travaille ! ». On sait que les flics ont confisqué des centaines de foulards aux personnes arrivant en manif, comme ils ont confisqué des centaines de dosettes de sérum physiologique.

Il s’agit d’interdire aux manifestant(e)s de se protéger 1) contre le fichage policier, journalistique et fasciste ; 2) contre les divers gaz employés par la police et la gendarmerie.

Ce point reste un point de tension, une marge de manœuvre à conquérir et à sauvegarder dans les manifestations à venir.

Les militant(e)s qui prendraient, pour n’importe quelle raison, le parti de la police dans son travail de désarmement des manifestant(e)s sont des ennemie(e)s.

Revenons à la famille.

J’ai eu le plaisir de rencontrer le père d’Audry Maupin, un homme charmant, après la mort de son fils dans un échange de tirs avec la police. Il ne m’est pas venu à l’idée de lui demander de me dicter un communiqué sur l’affaire de Vincennes, et je me suis payé la tête des jeunes de la CNT étudiante qui ont attendu de savoir « ce-que-les-familles-pensaient » avant de pondre le leur. Je n’ai pas répondu aux appels démocratiques et assemblée-nationalesque du Docteur Coupat, sous prétexte que j’avais croisé son fils dans des assemblées générales de chômeurs. Je me souviens de m’être demandé qui me nassait le mieux, des CRS ou des costauds en tee-shirt noirs proches de la famille Traoré, lors d’une manif coincée durant des heures à quelques dizaines de mètres de la gare du Nord.

Je veux bien imaginer la peine insondable et le désarroi des parents de Clément Méric.

Comme la plupart des familles concernées, ils sont « de-gauche » et considèrent la mort tragique de leur enfant, non seulement comme un drame personnel, mais comme une anomalie de l’ordre démocratique, dont il importe de faire en sorte qu’elle soit dénoncée comme telle, qu’elle demeure exceptionnelle et qu’elle ne donne pas lieu à d’autres « incidents » ou à d’autres violences.

Cette non-analyse façon conte de fées ne peut évidemment être partagée par un(e) révolutionnaire.

Par ailleurs, que les parents de Clément Méric et ses proches souhaitent organiser chaque année une cérémonie publique en sa mémoire ne me regarde ni ne me gêne.

Il suffit de ne pas mélanger les genres. Cette cérémonie, aux conditions qui ont été négociées avec la police cette année, ou au moins intimées aux personnes présentes, ne saurait être qualifiée de « manifestation contre l’extrême droite et tous les racismes ».

Si c’est une cérémonie, je reste chez moi, sans remords et sans aigreur.

Si c’est une manifestation et que je décide d’y participer, je casserai la tête de quiconque prétend me dicter ma tenue et ma conduite.

______________

[1] Chiffre approximatif, mais non « gonflé ».

[2] Décret n° 2009-724 du 19 juin 2009, créant l’art. R. 645-14 du Code pénal.

Toulouse, France : A mort les banquiers ! (communiqué revendiquant l’incendie du véhicule de campagne d’En Marche)

Publié le 2017-06-07 12:54:24

Retour d’une belle nuit. (31/05 au 01/06)



Le cri enfle violemment et prend de l’ampleur. Dans la pénombre, une lueur.
S’impose petit à petit la rumeur d’un feu de rage qui gronde. Il semble sans fin.
Ces langues incandescentes engloutissent la carcasse sans lui laisser l’ombre d’une chance. Se dessine petit à petit une figure brûlante à son tour. Six lettres se devinent encore M-A-C-R-O-N.
Les cigales ont arrêté de chanter, remplacées par le chuintement de la gomme fondant sur le bitume. L’avertissement des impertinents résonne.
Et pendant que Sandrine Morch dort toujours, le feu couve encore.
A force de courir on dépasse ceux qui restent en marche.
Ils font du neuf avec du vieux.
On fait du neuf avec du feu.
Macron gros cacaboudin, en plus c’est trop nul ta campagne d’abord ! Nananananère !

Macron, tu viens de passer, tu vas vite déchanter.

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-06-07 12:54:24

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Rennes: petit retour de bâton chez bagelstein

Publié le 2017-06-07 12:54:25

Et cette fois, dans la nuit de dimanche à lundi, on a été défoncé les vitrines du Bagelstein.*

Bagelstein, cible parmis d’autres, qui voudrait contrôler avec qui et comment on baise, à quoi devrait ressembler nos corps, qui voudrait que le blanc soit une couleur supérieure, et tant d’autres merdes qui nous enferment au quotidien.

On l’a fait aussi parce que cette marche de la gay pride nous laisse un goût amer, polissé et fade.

Alors ce geste, c’est pour kiffer notre fin de week-end. Pour nous, d’abord, et aussi pour les autres queers, les putes, les pédés, les moches, les travelots, les arabes, les gros.ses, les fous, les noir.es, les gouines, les roms, les pas normal.e.s … qu’on pas envie de s’intégrer mais de défoncer toutes les cases.

Sortons notre rage du placard !

P.S: Des salons d’ésthéticiennes jusqu’aux églises, des médias aux hôpitaux psy, du connard qui mate dans la rue aux matons… vous êtes dans notre ligne de mire !

 

* Dont le connard de patron, soutenu par ses potes keufs et juge, ont foutu 4 personnes en taule pour avoir collé un autocollant contre le sexisme l’année dernière à Rennes. Un trou, quelques éclats, comme un retours de bâton dans ta face de collabo !

[nantes – 10 juin] rejoignez le cortège révolutionnaire à la pride

Publié le 2017-06-07 12:54:25

Nos colères nous appartiennent.

Juin 1969, New-York.
La police fait une descente dans le bar gay Le Stonewall. Une fois de trop. Une résistance s’oppose aux flics et à leur harcèlement, résistance menée principalement par les plus précarisé.e.s, drag queen latinas et noires, jeunes gays sans-abri. Les trois jours d’émeutes qui s’en suivent sont devenus le symbole de la naissance d’une lutte queer révolutionnaire, et ont inspiré les premières Gay Pride. Près de 50 ans plus tard, nous avons parfois du mal à retrouver cette force politique dans les Pride actuelles, devenues des parades festives et folkloriques, où chacun.e peut acheter son t-shirt ou son bracelet rainbow-flag. Nos revendications sont étouffées dans un cortège tonitruant, au rythme de la musique des boites de nuit qui cherchent à s’enrichir sur une clientèle LGBT, pendant que les hétéros nous prennent en photo dans toute notre « extravagance ». Nous avons choisi d’organiser un cortège révolutionnaire, parce que nous voulons faire de la Pride un endroit de rencontres et de discussions politiques, où nous pouvons partager nos visions du monde.

Le dernier gouvernement a prétendu nous faire un cadeau en nous « offrant » le Mariage pour Tous, comme si nos revendications pouvaient se limiter à cela. Derrière cette façade « LGBT friendly », ce même gouvernement a pourtant reculé, abandonné l’accès à la PMA, et autorisé les maires à refuser de célébrer les fameux mariages. Parmi ces maires plus que réticent.e.s à l’idée de permettre ces unions « contre-nature », Gérald Darmanin, Gérard Collomb et Édouard Philippe, qui tous les trois font leur entrée dans le nouveau gouvernement. Nous avons subi pendant des mois les discours haineux de la Manif pour Tous et de leurs allié.e.s, largement relayés par les médias. Banal.

En mai, un présentateur télé (Cyril Hanouna) piège des homos sur des sites de rencontre avant de les ridiculiser à l’antenne. Un canular il appelle ça : nous on appelle ça un guet-apens. Et ça met en danger des personnes qui se trouvent visibilisées comme gays contre leur volonté. Banal. C’est une technique utilisée depuis des décennies par ceux qui ont envie de « casser du pédé ».

L’état français essaie bien de nous utiliser comme caution politique, pour gonfler les rangs des électeur.ice.s. Défendre les droits des LGBT comme il dit, quand ça l’arrange.

Parce que quand des gays sont arrêtés, torturés et tués par centaines en Tchétchénie, ces mêmes représentant.e.s politiques ne font rien pour exiger des autorités russes et tchétchènes une action ferme pour que cessent ces massacres. Parce que défendre les droits des LGBT, c’est important quand ça leur sert à renforcer les liens avec l’état d’Israël, qui utilise le prétexte des LGBT pour justifier sa politique de colonisation des territoires palestiniens. Parce qu’on entend des hommes politiques défendre les droits des LGBT quand ça permet de taper sur les musulmans, et les arabes. Comme à Orlando en juin 2016 quand 49 personnes ont été assassinées dans une boîte de nuit gay, une boîte de nuit qui avait une réputation militante de lutte contre le VIH et qui accueillait principalement un public latino-américain. Mais des victimes, les médias et les dirigeant.e.s n’en ont pas vraiment parlé. Non, ce qui leur importait c’était de montrer que le tueur était un « dangereux islamiste ».

Nous ne voulons pas construire des solidarités qui renforcent les dégueulasseries de ce monde. Nous ne voulons pas que nos voix et nos vies soient utilisées pour coloniser et réduire au silence des groupes minorisés.

En france, les réacs et fachos continuent à bien se porter : FN, groupuscules d’extrême-droite, manif pour tous, fillonistes, etc. ont le vent en poupe. Régulièrement, médias et politiques demandent aux « citoyen.ne.s » de glorifier la police, de rendre honneur à son travail. Une police dont on connaît le racisme : plus de 50 % de policiers et militaires votent front national et l’écrasante majorité des personnes tuées par les flics ne sont pas blanches. Une police également homophobe comme nous le rappelle le viol de Théo par la BAC en février 2017. Nous ne comptons plus les insultes et les violences homophobes subies en manif, en contrôle d’identité ou en garde à vue. Certain.e.s nous demandent de rendre hommage à Xavier Jugelé, le flic homosexuel tué en avril 2017 à Paris. Nous ne pleurerons jamais pour un flic. Nous ne défilerons jamais avec le flag, association de policiers et gendarmes LGBT ; parce que nous n’avons rien à faire ensemble. Aujourd’hui comme hier, la police mutile, viole, assassine.

Le gouvernement Macron-Philippe ne fera que nous précariser davantage à grands coups de libéralisme et d’ordre moral. Le racisme, qu’il soit d’état ou ordinaire, les lois criminalisant le travail du sexe, les mesures anti-squat, anti-récup, anti-vol, la répression des mouvements sociaux, l’occupation policière des quartiers populaires et le contrôle des centre-villes, l’accusation de «communautarisme » dès qu’on se réunit entre nous, l’injonction à se justifier de son genre dans tous les actes de la vie quotidienne pour les personnes trans’ et intersexes, le renforcement des frontières et la chasse aux migrant.e.s – toutes ces merdes sont autant de coups de massue que nous subissons de plus en plus intensément. Et ça ne va pas aller en s’arrangeant.

C’est aussi pour cela que nous avons voulu ce cortège à la Pride. Car nos identités sont multiples et absolument pas résumables à la seule étiquette « LGBT ». Car le « droit » de se marier et de reproduire un modèle familial calqué sur la norme hétérosexuelle ne nous satisfait pas. Les revendications partielles et leur récupération par les politicien.ne.s de tous bords ne doivent pas invisibiliser cette réalité ; nous ne voulons pas être toléré.e.s ni intégré.e.s à ce système. Nous ne nous laisserons pas instrumentaliser par celleux qui veulent notre bulletin de vote ou notre pouvoir d’achat.

Détruisons ce système qui nous détruit.

Rejoignez-nous samedi à partir de 13h30 devant la Poste de la place Bretagne!

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-06-07 12:54:26

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Clôture du dossier de l’affaire de la voiture de police incendiée à paris en mai 2016

Publié le 2017-06-09 09:36:17

 

Un an après l’incendie bien mérité d’une voiture de police sur le quai de Valmy au cours d’une manifestation sauvage en réaction au rassemblement de flics qui se déroulait au même moment sur la place de la République, la Juge d’Instruction a clôturé l’enquête. La justice a traduit dans ses mots froids sa vision de cette histoire, et renvoie neuf personnes devant le tribunal correctionnel. Les juges Lucie Berthezene et Aline Batoz ont suivi les réquisitions du procureur qui désire venger les parties civiles, Kévin Philipy, Allison Barthélémy et Alliance, dont les avocats respectifs sont Michèle Lauynay , Sonia De Magalhaes et Delphine des Villettes, de la destruction de leur outil de travail.

Tou-te-s sont accusé-e-s d’avoir « volontairement participé à un groupement même formé de facon temporaire en vue de la préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels de violences volontaires contre les personnes ou de destruction ou dégradation de bien en réunion en l’espèce en prenant part à une manifestation interdite dont les membres ont dissimulé leur visage par des cagoules, écharpes ou capuches et se sont emparés d’armes par destination telles bouteilles en verre, plots métalliques et barre de fer dans le but de procéder à des dégradations diverses ou à des violences sur les forces de l’ordre ».

Six sont accusé-es d’avoir « Volontairemment commis des violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours, en l’espèce 10 jours pour Kevin Philipy et 30 jours pour Allison Barthelemy, avec pour circonstance que les faits ont été commis sur des personnes dépositaires de l’autorité publique dans l’exercice de leur fonction, en réunion, avec l’usage d’une arme par des personnes dissimulant volontairement en tout ou partie de leur visage afin de ne pas être identifiées, avec préméditation en l’espèce en prenant activement part à l’attaque des deux fonctionnaires de police par un groupe d’individus ».

Les mêmes sont aussi accusé-e-s d’avoir « détruit par l’effet d’un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes un véhicule de police ».

Enfin l’un d’entre elleux est aaccusé d’avoir « refusé de se soumettre à un prélèvement biologique destiné à permettre l’analyse et l’identification de son empreinte génétique ».

Les chefs d’inculpation les plus graves (tels que la tentative d’homicide et l’association de malfaiteurs) ont été écartés mais auront permis de justifier des détentions provisoires de longues durées (deux sont emprisonné-e-s depuis maintenant un an). D’autres chefs ont été requalifiés. Le procès se tiendra donc devant une chambre correctionnelle, la peine maximale étant de 10 ans pour la destruction par incendie. La justice, tant que des personnes sont en préventive, doit audiencer le procès dans un délai maximal de 6 mois à compter du renvoi, daté ici du 24 mai. Les juges ont émis des ordonnances de maintien en détention pour garder jusqu’au procès les trois personnes qui sont encore écrouées. À notre connaissance, au moins deux ont fait appel de cette décision et l’un sera extrait au palais de justice dans les semaines à venir pour l’audience, une occasion de plus de se rassembler pour exiger leur libération.

D’ici là, continuons à exprimer notre solidarité autour de cette affaire,
Liberté pour tous !

 

 

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-06-09 16:36:20

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Compte-rendu de la comparution immédiate du camarade antifa suite au rassemblement contre le squat du GUD

Publié le 2017-06-09 16:36:21

Ce mardi 6 juin, un camarade est passé en comparution immédiate. Arrêté au début du rassemblement contre le « bastion social » le 2 juin, il a fait deux jours de garde-à-vue puis deux jours de détention préventive à Corbas. Le motif de l’arrestation et de la détention ? Le jeune homme se trouvait en possession d’un mégaphone, de tracts, de pétards et d’un fumigène.



La salle G des comparutions immédiates est remplie en ce début d’après-midi. Une quarantaine de personnes est venue soutenir Mickaël [1], le camarade arrêté quelques jours plus tôt. Pour contre-carrer cette présence amie, les flics ont trouvé un bon prétexte : ils interdisent l’entrée dans la salle dès que toutes les places assises sont occupées (ce qu’ils ne faisaient pas quelques années en arrière). Ceux qui n’ont pas de place restent donc devant le tribunal.

Après une affaire de violences conjugales bien sordide, c’est au tour de Mickael d’être amené à la barre par les policiers du tribunal. Depuis quatre jours, il n’a pas pu rentrer chez lui [2] ni entrer en contact avec ses proches.

L’unique chef d’accusation sur lequel repose toute la procédure est lu : « Transport de substances explosives. détention ou le transport de substances ou produits incendiaires ou explosifs ». Un délit sanctionné par une peine « pouvant aller jusqu’à sept ans de prison » [3] comme ne se prive pas de le rappeler le juge, pour bien imprimer dans les cerveaux du public que malgré les apparences, on est face à une affaire somme toute assez grave [4].

« Les faits sont simples » commence le juge. C’est sûr. Mais il arrive à trouver le moyen de raconter n’importe quoi. Selon lui, Mickaël serait un « contre-manifestant », parce qu’en fait, vendredi dernier, il n’y avait pas moins de deux manifestations dans la presqu’île lyonnaise : « Une de l’extrême droite, et l’autre des anarchistes ». On comprend qu’en prenant autant de libertés avec la réalité, le reste du procès va être salé.

La manifestation, continue le juge, a été interdite par la préfecture [5] Les policiers étaient donc déployés en nombre et ont procédé à des « contrôles préventifs », le nom euphémisé pour « contrôle au faciès de ce qui ressemble à un manifestant ». Mickaël est connu par la police pour son engagement antifasciste. Il s’est donc rapidement fait arrêter.

Le juge lit les procès-verbaux et notamment celui qui mentionne ce qui a été trouvé sur Mickaël : un sac de sport avec des pétards et un méga, ainsi qu’un fumigène et des tracts. Mais attention, le fumigène n’a pas été trouvé dans le sac de sport mais sur lui. Et on ne lui l’a fait pas à monsieur le juge. Le détail troublant lui a immédiatement sauté au visage :

Le juge : « Pourquoi le fumigène n’était pas dans le sac comme les pétards ?
Mickaël : [un peu interloqué par la question] : bah je sais pas, je l’avais avec moi, comme ça.
J. : N’était-ce pas parce que vous apprêtiez à vous en servir immédiatement, avant que les policiers ne procèdent à votre interpellation ?
M. : Non ».

Le juge continue : la police a aussi trouvé un mégaphone « qui appartient à un groupe antifasciste auquel vous appartenez ». Mais là aussi, un détail a sauté aux visages des policiers. L’oeil averti des fonctionnaires de police a pu déceler un auto-collant sur ledit porte-voix. Lequel sticker représente un CRS qui prend feu. Il y a donc matière à enquêter, à questionner.
J. : « À qui appartient ce mégaphone ?
M. : C’est le mégaphone du groupe, c’est pas le mien.
J. : Qu’est-ce que vous avez à nous dire sur cet auto-collant ?
M. : Ça fait longtemps qu’il est là. »

Le juge rappelle ensuite le « contexte » : un rassemblement contre un squat réservé aux SDF français de « race blanche ».
J : « Qu’est-ce que vous vouliez faire avec cette manifestation ?
M. : Je voulais alerter la population sur l’ouverture d’un squat de fascistes dans le centre-ville de Lyon. C’est tout, je n’y allais que pour ça. 
J. : Ah bon ? Et pourquoi y aller avec des pétards et un fumigène ? Si c’était pour alerter simplement, des tracts et un mégaphone suffisent. Point barre.
M. : Ça, c’était pour le folklore, être visible.
J. : Vous savez que vous risquez jusqu’à sept ans de prison pour ce que vous venez de faire ? »

Un dernier détail n’a pas échappé aux fins limiers qui ont arrêté Mickaël : il était en possession de pétards. Mais pas n’importe lesquels. Des pétards qui méritent une petite enquête. Pour en avoir le cœur net, les policiers sont allés dans un magasin d’artifices. Et le commerçant a été catégorique. Ces pétards ne sont pas vendus dans le commerce. Parce qu’ils font plus de bruits que les autres. Ils ont été donc été achetés sur Internet. Un tel travail d’enquête et une conclusion aussi révélatrice méritent bien d’être mentionnés dans le dossier d’accusation.

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Et le fumigène ? Il faut aussi creuser de ce coté là. Le juge est on fire et son raisonnement implacable. On peut certes en trouver (des fumis) dans des commerce en France mais ils sont interdits dans les enceintes sportives. On ne voit pas bien le rapport. Mais pour le magistrat, tout est clair et limpide. Si l’objet (dont la fonction est de faire de la fumée) est interdit dans les stades, et bien c’est interdit partout en fait. « C’est pour éviter que ça dégénère. Souvent il y a des heurts dans les rassemblements d’extrémistes, souvent ça se termine avec des blessés. » Dans la vision policiaro-judiciaire, Mickaël est un extrémiste, il venait avec de quoi faire en sorte que ça dégénère et qu’il y ait des blessés. Heureusement la police l’a arrêté à temps. On n’est pas dans Minority Report, mais au tribunal de Lyon avec un camarade qui risque de retourner en prison.

Bref tout ça pour dire que n’importe quel élément dans un dossier d’accusation est transformé dans le délire de la machine judiciare en preuve incriminante, en circonstance aggravante. Comme par exemple avec la question du travail : le chômage des prévenus irrite souvent les magistrats et est reproché aux inculpés (parfois explicitement : « monsieur passe son temps à ne rien faire »). Ici, face à quelqu’un qui est en CDI, le fait de travailler dans un métier « au service des gens » devenait incriminant car il est censé « protéger la population » et non pas « la mettre en danger » avec un fumigène (dixit le juge).

Une autre affabulation dans le même genre mérite d’être citée. C’est celle du procureur concernant le caractère politique de l’arrestation. Le procureur à Mickaël : « Je ne vous reproche pas d’infraction à caractère politique mais de droit commun ». Mickaël a en effet fait une courte grève de la faim pour protester contre son arrestation. Ça n’a pas bien plu au procureur [6]. C’est qu’il n’aime pas qu’on lui rappelle son rôle politique dans la machine à briser les manifestations qu’est ce tribunal.

Résumons les éléments sur lesquels s’appuie l’appareil judiciaire : un fumi était prêt à être utilisé (c’est tellement dangereux que c’est interdit dans les stades de football). Des pétards d’importation qu’on ne trouve pas en France. Un mégaphone avec un auto-collant anti-police. Avec tout ça, la justice doit sévir. Et c’est sans rire et le plus sérieusement du monde que le procureur annonce « compte-tenue de de la gravité des faits, je vous demanderai [au juge] de prononcer une peine de 3 à 5 mois d’emprisonnement ferme ». Avec l’emploi du terme « gravité » pour qualifier le fait de se pointer à un rassemblement avec de quoi mettre de l’ambiance, on serait tenté de se demander quel mot ils vont employer pour juger des meurtres ou des viols. Mais on n’a pas le temps de se poser ce genre de question que déjà l’avocat de la défense prend la parole et entame sa plaidoirie lamentable où il finit par demander... la même peine que le procureur. Mais en sursis avec mise à l’épreuve. On croit rêver.

Finalement Mickaël est condamné à 100 jours-amende à 12 euros par jour, soit 1200 euros d’amende. Il ne retournera pas dormir dans la taule de Corbas. Le cauchemar prend fin (provisoirement puisque le parquet a fait appel un jour après).

Il faut mettre en lien cette histoire avec d’autres pour arriver à percevoir comment sinstalle progressivement un certain climat de neutralisation des manifestations remuantes sur Lyon (et ailleurs en France). On voit se dessiner un acharnement contre certains manifestants pris isolément mais qui à chaque fois vise l’ensemble d’un mouvement. Il y a l’histoire de cette manifestante qui s’est vue convoquée dernièrement par la police puis la justice pour des slogans en manifestation tout le monde déteste la police », « la police assassine, la justice acquitte », etc.). Ou ces manifestants rennais, accusés d’avoir « agressé » un policier avec… un pommeau de douche lors d’une manif Ni Lepen ni Macron et qui se sont fait perquisitionner la semaine dernière et placés collectivement en détention. Aujourd’hui, c’est un camarade condamné pour avoir amené dans un rassemblement politique de quoi mettre de l’ambiance.

Dans ces affaires-là, à chacune de leurs arrestations et de leurs condamnations, les machines policière et judiciaire se figurent remporter une petite victoire. Se faisant, elles espèrent rogner tout ce qui fait la joie de prendre la rue à plein, tout ce qui fait le sel des manifestations, l’aspect enivrant des cortèges, la haine de la police qui s’y déploie joyeusement, le fait d’inverser brièvement les rapports de force et d’arriver (parfois) à faire reculer la flicaille. Comme dirait un syndicaliste, protégeons nos acquis.

Depuis un an et demi que l’état d’urgence a été proclamé, le pouvoir ne fait que se durcir : interdictions de manifestation, nouvel arsenal législatif anti-terroriste, réforme de la « légitime défense » des policiers, etc. C’est comme si en face, ils avaient repris à leur compte un vieux slogan de l’autonomie italienne des années 70 et qui affirmait (face au Capital et aux flics) : « vous payerez tout, vous payerez cher ». Leur stratégie est : en frapper un, pour en terroriser cent.

C’est pourquoi s’il est nécessaire d’être solidaires avec les inculpés et de faire front ensemble, il est tout aussi nécessaire de ne pas se laisser impressionner. Le pouvoir est minable. Parce qu’en face, ils aimeraient que nos manifs ressemblent à des enterrements, il faut répondre à la provocation que constitue cette condamnation et ne pas hésiter une seule seconde à pimenter les prochaines manifestations – comme celle du 19 juin avec le Front social (ou celles de la rentrée qui ne vont pas manquer de se produire contre le gouvernement Macron) – à l’aide d’une marée de fumigènes et de pétards.

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté vous écoute.



Notes

[1Le prénom a été changé.

[2À l’issu de sa garde-à-vue, il a été présenté à un juge des libertés et de la détention (JLD), qui devait statuer sur le fait de l’envoyer ou non à la prison de Corbas jusqu’à son procès. Souvent dans les « petites affaires », quand il n’y a pas de « violences » et que l’inculpé a des garanties de représentation, ce qui est le cas ici, le gardé-à-vue est relâché jusqu’à son procès. Mais là, au vu du fichage politique de Mickaël (il est connu par la police en tant que militant), le début de la peine est immédiatement prononcé : c’est direction la prison.

[3La peine était avant de cinq ans, elle a été durcie avec une des dernières lois sécuritaires.

[4Jusqu’à maintenant, les gens qui se faisaient fouiller aux abords de manifestations avec du matériel sur eux, que ce soit pétards, fumis,sérum phy ou mallox se voyaient en général confisquer le matériel et pouvaient repartir. C’était une (petite) manifestation de l’arbitraire policier.

[5Même là il se plante, seul un rassemblement avait été appelé, ce qui peut se faire sans déposer en préfecture... ah mais nous sommes en état d’urgence, c’est vrai qu’ils ont maintenant le droit d’interdire tout rassemblement pouvant « troubler l’ordre public ».

[6Ça n’a pas plu, non plus, à l’avocat de Mickaël, qui une fois sorti de sa somnolence se lance dans une plaidoirie assez navrante où il ne fait que s’écraser sans remettre en cause une seule seconde cette sinistre farce. Il réussit ainsi à placer : « Il [Mickaël] n’y a plus cette idée de détenu politique. C’est un énorme bond en avant. Il ne referait pas la même chose. Il a finalement compris que ce n’était pas pour des raisons politiques qu’il était détenu. » Et un mensonge de plus !

Des militantes accusées de faux témoignage pour avoir contredit la version policière

Publié le 2017-06-09 16:36:21

Lors d’un procès à Rennes deux personnes ayant témoigné à la barre pour défendre un pote ayant été arrêté abusivement se sont retrouvées embarquées pour faux témoignage



Hier avait lieu à Rennes le procès d’un militant arrêté arbitrairement a proximité d’une manif il ya quelques temps. Deux camarades qui ont témoigné pour le défendre ont été embarquées pour faux témoignage tandis que l’accusé était condamné, malgré un dossier vide et une défense en béton appuyée par une vidéo...
Donc les voix des militants n’ont plus seulement plus de valeur pour la justice, on va maintenant les condamner pour avoir osé afficher une certaine solidarité, même avec leurs méthodes !

Pas de justice pas de paix !

Besançon : Procès de la solidarité avec les migrants

Publié le 2017-06-09 16:36:22

Indymedia Nantes / vendredi 9 juin 2017

Retour sur le procès du 7 juin contre l’auteur du blog « Le Libertaire Bisontin », poursuivi pour « diffamation et injure publique » à l’encontre du secrétaire général de la Préfecture de Doubs, Jean-Philippe Setbon. Quelques heures avant, des passant-e-s ont pu remarquer quelques pochoirs faisant écho à cette affaire.

Rappel des faits.

Fin août/début septembre, de nombreuses manifs ont lieu à Besançon contre les avis d’expulsion distribués à la pelle à l’encontre de migrants, seuls et en famille, alors que la rentrée des classes approche. Début octobre, le domicile de deux anarchistes, impliqué-e-s dans la solidarité locale avec les migrants, est perquisitionné au petit matin. Les flics justifient leur intrusion à la suite d’un article paru dans le n°8 du journal anarchiste « Séditions » contre le secrétaire général de la Préf’, Jean-Philippe Setbon, qui gère les OQTF au niveau local. Ils ressortiront libres après quelques heures de GAV. Dans les deux semaines qui suivent, trois autres lieux (qui sont les points de distribution du journal « Séditions ») reçoivent la visite des flics afin de remettre en mains propres des convocations au commissariat : il s’agit de la gérante du bar « Ze Music All » (fermé depuis), d’un « Atelier » Rue de Dole, ainsi que du directeur de l’association « la SPAM ». Malgré les coups de pression des flics, leurs recherches restent vaines. Au même moment, le verso du n°8 du journal, sur lequel figure l’article incriminé, est collé un peu partout sur les vitres de commerces et murs de la ville et sa distribution continue de plus belle. Montrer que les tentatives d’intimidation de l’État ne marchent pas est nécessaire pour garder une dynamique de lutte.

Mi-avril 2017, les flics envoient de nouveau une convocation au blogueur « Le Libertaire Bisontin » afin de lui remettre une convocation devant le tribunal correctionnel pour « injures et diffamation à l’encontre d’un représentant de l’État ».

Déroulement du procès.

Une vingtaine de personnes est présente en soutien dans la salle du tribunal. Après un rapide rappel des faits et des poursuites judiciaires par le président, celui-ci précise quand même que ce n’était pas « Le Libertaire Bisontin » qui était visé mais bien le ou les rédacteurs du journal « Séditions ». Faute d’avoir mieux, l’État se rabat sur ce qu’il a entre ses mains. Hormis le fait que la procureure Edwige Roux-Morizot (à l’initiative des poursuites) et les juges aient passé le temps à tenter de sauver la face de leur « Etat de droit » et de leur « République », à voler au secours de leur petit protégé de la préfecture (qui, parce qu’il signe chaque avis d’expulsion contre des gamins et leurs familles, est un homme « courageux ») et rappeler ses origines – famille immigrée, de « Hussard de la République », comme si ça déterminait un individu dans les choix qu’il fait plus tard – le pouvoir a surtout tenu à faire une leçon de citoyenneté à l’accusé, à le rappeler à l’ordre, à l’humilier. La fonction normale de tout tribunal. C’est bien sûr l’État qui est attaqué à travers le fait de cibler un de ses représentants, mais également sa politique migratoire, ses frontières et ses gardiens. En rappelant la publication de la photo de J-P Setbon dans l’article du journal « Séditions » (que l’on trouve bien sûr partout sur le net), la proc’ évoque le fait qu’un anonyme puisse être pris d’un désir de vengeance en s’en prenant à un responsable de la machine à expulser.

Bien que le passage incriminé de l’article « Il paraît que Setbon se balade souvent dans Besançon, et notamment dans le quartier Battant. Il ne reste plus qu’à l’empêcher de dormir sur ses deux oreilles… » ne soit en aucun cas une « menace de mort » (dans ce cas-là, comment pourrait-il être empêché de dormir?) comme juges et flics l’affirment, ce procès rappelle que les écrits peuvent parfois être tout aussi violents que certains actes, et que les deux font la paire, comme le disait un anarchiste d’une autre époque. La peur profonde du pouvoir réside notamment dans le fait que cette subversion contre l’ordre établi se propage.

Le délibéré du tribunal est fixé au 21 juin prochain.

La meilleure solidarité reste de poursuivre la lutte contre les frontières et la machine à expulser.

Rappelons que de nombreuses personnes passent en procès le 23 juin à Paris pour avoir, en guise de solidarité offensive avec les révoltés du CRA de Vincennes à partir de 2008, attaqué entreprises et institutions qui constituent des rouages de la machine à expulser et à enfermer. Renouons avec la solidarité révolutionnaire !

[besançon] procès de la solidarité avec les migrants

Publié le 2017-06-09 16:36:23

 

 

 

Rappel des faits.

 

Fin août/début septembre, de nombreuses manifs ont lieu à Besançon contre les avis d’expulsion distribués à la pelle à l’encontre de migrants, seuls et en famille, alors que la rentrée des classes approche. Début octobre, le domicile de deux anarchistes, impliqué-e-s dans la solidarité locale avec les migrants, est perquisitionné au petit matin. Les flics justifient leur intrusion à la suite d’un article paru dans le n°8 du journal anarchiste « Séditions » contre le secrétaire général de la Préf’, Jean-Philippe Setbon, qui gère les OQTF au niveau local. Ils ressortiront libres après quelques heures de GAV. Dans les deux semaines qui suivent, trois autres lieux (qui sont les points de distribution du journal « Séditions ») reçoivent la visite des flics afin de remettre en mains propres des convocations au commissariat : il s’agit de la gérante du bar « Ze Music All » (fermé depuis), d’un « Atelier » Rue de Dole, ainsi que du directeur de l’association « la SPAM ». Malgré les coups de pression des flics, leurs recherches restent vaines. Au même moment, le verso du n°8 du journal, sur lequel figure l’article incriminé, est collé un peu partout sur les vitres de commerces et murs de la ville et sa distribution continue de plus belle. Montrer que les tentatives d’intimidation de l’État ne marchent pas est nécessaire pour garder une dynamique de lutte.

 

Mi-avril 2017, les flics envoient de nouveau une convocation au blogueur « Le Libertaire Bisontin » afin de lui remettre une convocation devant le tribunal correctionnel pour « injures et diffamation à l’encontre d’un représentant de l’État ».

 

Déroulement du procès.

 

Une vingtaine de personnes est présente en soutien dans la salle du tribunal. Après un rapide rappel des faits et des poursuites judiciaires par le président, celui-ci précise quand même que ce n’était pas « Le Libertaire Bisontin » qui était visé mais bien le ou les rédacteurs du journal « Séditions ». Faute d’avoir mieux, l’État se rabat sur ce qu’il a entre ses mains. Hormis le fait que la procureure Edwige Roux-Morizot (à l’initiative des poursuites) et les juges aient passé le temps à tenter de sauver la face de leur « Etat de droit » et de leur « République », à voler au secours de leur petit protégé de la préfecture (qui, parce qu’il signe chaque avis d’expulsion contre des gamins et leurs familles, est un homme « courageux ») et rappeler ses origines – famille immigrée, de « Hussard de la République », comme si ça déterminait un individu dans les choix qu’il fait plus tard – le pouvoir a surtout tenu à faire une leçon de citoyenneté à l’accusé, à le rappeler à l’ordre, à l’humilier. La fonction normale de tout tribunal. C’est bien sûr l’État qui est attaqué à travers le fait de cibler un de ses représentants, mais également sa politique migratoire, ses frontières et ses gardiens. En rappelant la publication de la photo de J-P Setbon dans l’article du journal « Séditions » (que l’on trouve bien sûr partout sur le net), la proc’ évoque le fait qu’un anonyme puisse être pris d’un désir de vengeance en s’en prenant à un responsable de la machine à expulser.

Bien que le passage incriminé de l’article « Il paraît que Setbon se balade souvent dans Besançon, et notamment dans le quartier Battant. Il ne reste plus qu’à l’empêcher de dormir sur ses deux oreilles… » ne soit en aucun cas une « menace de mort » (dans ce cas-là, comment pourrait-il être empêché de dormir?) comme juges et flics l’affirment, ce procès rappelle que les écrits peuvent parfois être tout aussi violents que certains actes, et que les deux font la paire, comme le disait un anarchiste d’une autre époque. La peur profonde du pouvoir réside notamment dans le fait que cette subversion contre l’ordre établi se propage.

Le délibéré du tribunal est fixé au 21 juin prochain.

La meilleure solidarité reste de poursuivre la lutte contre les frontières et la machine à expulser.

Rappelons que de nombreuses personnes passent en procès le 23 juin à Paris pour avoir, en guise de solidarité offensive avec les révoltés du CRA de Vincennes à partir de 2008, attaqué entreprises et institutions qui constituent des rouages de la machine à expulser et à enfermer. Renouons avec la solidarité révolutionnaire !

Solidarité avec les inculpées du 18 mai, d’aachen et les autres

Publié le 2017-06-09 16:36:23

Aujourd’hui, j’étais énervé-e.
Énervé-e par la condamnation à 7 ans de taule qui vient de tomber sur la compagnonne anarchiste accusée d’une expropriation de banque à Aachen.
Énervé-e d’apprendre que les juges ont décidé du maintien en détention de Kara et de Krème.

Une bouteille de gel hydroalcoolique vidée sur la roue avant et un allume-feu auront suffit à faire partir en fumée une voiture d’Eiffage, qui construit leurs cages, mais n’auront pas eu raison de ma colère.

Solidarité anarchiste, pour un mois de juin dangereux

Eglise badigeonné

Publié le 2017-06-09 16:36:24

 

En passant à proximité du cimetière des Chaprais ce mercredi 8 juin, j’ai remarqué que la façade terne de l’église St-Martin des Chaprais, en rénovation depuis de nombreux mois, s’était fait bombarder d’oeufs de peinture. Au total, plus d’une dizaine de tâches. qui m’ont rappelé qu’il y a quelques semaines, des tags du genre « Nos vies, nos corps nous appartiennent » ou encore le classique « Ni Dieu ni maître » recouvraient les murs de cette même église. Dans une période où la critique de la religion est plutôt faible au sein du milieu révolutionnaire, je trouve qu’il est important de parler de ces modestes actions.

Aachen, Allemagne : La compagnonne condamnée à sept ans et demi de prison / Le compagnon acquitté [+ Solidarité active en Espagne]

Publié le 2017-06-09 20:22:57

Paroles solidaires depuis Aachen

Aujourd’hui, le 7 juin 2017, la juge a rendu le verdict dans l’affaire contre nos compagnon-ne-s accusé-e-s d’avoir braqué une agence de la PaxBank à Aachen en 2014. Si le compagnon est ressorti libre, notre sœur et compagnonne a été condamnée à sept ans et demi de prison.

Ce que cette sentence a montré clairement, c’est qu’on a voulu condamner non seulement des faits, mais aussi des idées, nos idées anarchistes, la solidarité et l’attitude de non collaboration avec le pouvoir.

Malgré leur intention de frapper et de réprimer nos idées et nos pratiques anarchistes, pour notre part, nous restons et resterons fier-e-s et convaincu-e-s de ce que nous sommes et de ce pourquoi nous luttons.

C’est ce que nous avons démontré avec nos cris de rage et de solidarité dans la salle, en réponse à la dignité de notre compagnonne qui nous a salué la tête haute et le poing levé alors qu’on l’amenait. Nous avons exprimé tout le mépris au tribunal pour ce qu’il représente. Nous espérons que cette tempête de rage, de haine et d’amour pour la compagnonne souffle fort et s’étende à travers ce maudit monde.

Liberté pour nos compagnonnes, guerre à nos ennemis !

Des anarchistes solidaires

[Traduit du catalan d’Indy Barcelone par Brèves du Désordre, 07 jun 2017]


Barcelone : Sabotage de deux camions DHL en solidarité

Ce mardi 6 juin à midi, nous avons crevé les pneus de deux camions de DHL Multinational, en solidarité avec les anarchistes incarcéré-e-s et actuellement en procès en Allemagne accusé-es de l’expropriation d’une banque. Par cette action symbolique, nous voulions pointer du doigt une des plus grosses entreprises du capital allemand, qui tirent profit du business de la guerre et des frontières et saluons les compagnon-nes qui passeront demain devant le tribunal le dernier jour de leur procès à Aachen.

Liberté pour les prisonniers anarchistes !

Nous les voulons dans les rues !

[Traduit de l’anglais de solidariteit.noblogs.org – source en catalan]


Barcelone : Blocage en solidarité avec les anarchistes de l’affaire de Aachen

Au petit matin du 7 juin, un blocage de rue a été réalisé en mettant le feu à des poubelles et des pneus afin de paralyser la circulation à l’entrée et à la sortie de Barcelone par le tunnel de la rovira.

Cette action est en solidarité avec les compagnonnes anarchistes dans l’affaire d’Aachen le jour de leur verdict.

Nous voulons leur envoyer une accolade chaleureuse et combative !
Liberté pour les anarchistes emprisonné-e-s !

[Traduit de l’espagnol d’Indy Barcelone par Brèves du Désordre, 07 jun 2017]


Attaque à la peinture de la Chambre de Commerce allemande à Barcelone en réponse au verdict du procès de Aachen

Après le verdict de ce matin qui condamne une compagnonne anarchiste accusée de braquage de banque à 7 ans et demie de prison …
Ce midi, nous avons rendu visite à la Chambre de Commerce allemande dans
la rue Còrsega au numéro 301.
Nous avons repeint l’imposante porte en clarifiant une chose : « CAP
CONDEMNA ENS FARÀ CREURE (A) » ( aucune condamnation ne nous fera croire »
(A) ».)

Nous voulons avec cette action exprimer notre solidarité avec la compagnonne, lui envoyer une accolade, ainsi qu’à ses proches et signaler le réseau entrepreneurial allemand.

Vos condamnations ne pourront jamais arrêter nos idées, nos vies, ni le monde que nous portons au cœur !
La violence ce n’est pas voler une banque, mais la fonder !
Vive l’anarchie !

[Traduit du catalan d’Indy Barcelone par Brèves du Désordre, 07 jun 2017]


Madrid : Slogans en solidarité avec la compagnonne condamnée à Aachen

Dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 juin, profitant du fait qu’une zone du quartier Lavapiés avait été préparée pour le tournage d’une série télévisée, divers slogans ont été réalisés en solidarité avec la compagnonne condamnée à Aachen.

Nous espérons que ce petit geste contribue à l’expansion de la solidarité.

A bas les murs des prisons !

Liberté pour les prisonniers anarchistes !

[Traduit de l’espagnol de barcelona indymedia,  09 Jun 2017]

Dimanche: Votez Auguste VAILLANT!

Publié le 2017-06-09 20:22:57

Autocollant trouvé à Caen (2017).

Auguste Vaillant, un candidat vraiment insoumis!

Affaire des tÉmoins mis en examen : mais que s’est il passé ce mercredi 7 juin a la cité judiciaire de rennes ?

Publié le 2017-06-09 20:22:58

DESCRIPTION DÉTAILLÉE DE L’AUDIENCE DU 7 JUIN :Le juge Léger, entouré de ses deux assesseurs, préside la séance.
Il commence par énoncer les charges retenues contre l’accusé : jets de projectiles sur deux agents de la Brigade Anti-Criminalité (au moins l’un d’eux est présent dans la salle comme partie civile). Il demande ensuite que les deux témoins de la défense se présente à la barre, il relève leur identité et confisque leurs portables, elles prêtent serment devant le juge qui leur indique les risques encourus pour faux témoignages (5 ans d’emprisonnement et 75 000 d’amendes). Elles sont conduites par des policiers (et non par un huissier comme il convient d’habitude) en salle d’isolement pour qu’il n’y ai pas de concordances entre les témoignages.Il enchaine par la lecture du procès-verbal : – Le juge rappel le contexte de la manifestation, décrit le dispositif policier mise en place pour contenir le cortège manifestant. – Les policiers de la BAC qui ont interpellés l’accusé décrivent son comportement, ses va-et-vient entre le cortège et la rue. Ils l’accusent de jets de projectiles à leur encontre sans pour autant que des pierres ne les atteignent. – Ils décrivent la caméra GO PRO que porte l’accusé, au moment de l’interpellation ils ne la retrouvent pas…et en concluent que des camarades à lui l’ont récupérés.
Puis le juge Léger somme l’accusé de se présenter à la barre et lit le PV d’audition de l’inculpé, non sans ironie. Il lui demande si sa version des faits a changé, l’accusé lui répond que non, qu’il n’était pas dans le cortège au moment des faits et qu’il n’a pas jeté de projectiles sur les forces de l’ordre. Arrive le moment ou la vidéo de la défense est dévoilée, le juge explique que le procureur a également eu accès à cette vidéo et qu’il l’a même éclaircit. Le public se lève et se rapproche pour percevoir les détails de la vidéo, l’avocat de la défense est à la manœuvre pour rendre lisible la lecture image par image de la scène. La vidéo décrit les minutes précédant l’interpellation, l’inculpé est reconnu sur les images, il demeure essentiellement immobile durant ces instants, sur un trottoir à une vingtaine de mètres de la manif qui passe de l’autre coté du pont de Nantes. Il filme avec sa main gauche, tient une chaise pliante de l’autre. Quelques échanges entre policiers et manifestants sont visibles, rien qui puisse pour autant égaler l’intensité de certaines manifs du printemps 2016. La circulation n’est même pas interrompue par la dizaine de policiers présents, des véhicules civils passent au milieu des échanges. Des personnes extérieures à l’action y assiste, notamment les témoins de la défense, ils sont derrière la ligne de policiers. L’un de ces spectateurs prend la vidéo qui est diffusée au tribunal.Le juge demande à l’accusé si il ramasse quelque chose. L’accusé répond qu’il récupère une coque de grenade. On voit clairement sur la vidéo que l’objet roule en direction de l’accusé qui est alors sur le trottoir en train de filmer, il fait quelques mètres pour récupérer avec nonchalance l’objet et retourne à sa position. L’attention se porte sur l’objet. L’avocat apporte au tribunal un modèle de ce que l’on peut voir sur la vidéo, une coque grise de grenade lacrymogène, cylindrique et haute d’une dizaine de centimètre. A mesure que l’audience avance, on comprend qu’il ne s’agit pas de délibérer de la personnalité de l’inculpé, ni même d’établir formellement le fait qu’il ait réellement jeté des pierres ou non sur les flics.
Les débats sur cette question sont très progressivement évacués, et pour cause :

Le juge pose alors la question qui sera centrale dans l’établissement de sa culpabilité : comment l’inculpé a-t-il pu se retrouver avec des pierres dans sa fouille sans qu’il ne s’en rende compte ?Et c’est là où les témoignages entrent en jeu, lorsque les deux femmes (qui ne se connaissent ni ne connaissent l’inculpé) se présentent à la barre pour décrire la scène : arrivées avant les affrontements de l’autre côté du barrage policier, elles expliquent sans la moindre hésitation que l’inculpé n’est pas arrivé avec le cortège et qu’il est resté filmer passivement la scène (y compris lors de son arrestation musclée), et que l’objet qu’il ramasse est bien une coque en plastique d’une grenade jetée par la BAC. Plus grave encore, elles affirment sans le moindre doute qu’elle ont vu les policiers placer une pierre dans la poche d’une personne interpellée (sans être certaine de reconnaître l’inculpé qui a été traîné entre des véhicules) alors qu’elle était menotté. Elles racontent ainsi que choqués par la scène, un groupe de passants (dont elles faisaient partie) qui observait les affrontements de l’autre côté des flics ont alors interpellé les bacqueux sur ce qu’ils mettaient dans la poche de l’interpellé. L’un de ces derniers, dans un pur geste créateur de vérité judiciaire, leur aurait alors répondu en leur exhibant le caillou (avant de leur remettre dans la poche de l’arrêté) : « c’est ce qu’il nous a jeté ! ».
A partir de là, la tension monte très fortement et tout le débat va se concentrer sur leurs déclarations et devenir l’enjeu majeur de l’audience. Tour à tour, le juge et l’avocat des flics (le procureur et l’avocat sont plutôt en retrait) vont cuisiner les deux jeunes femmes sur les moindres détails de leur témoignage : la taille de la pierre montrée par le policier, la couleur de la chaise pliante de l’inculpé, le fait que l’une d’entre elle l’appelle par son prénom et la suspicion de leur connaître… le tout ponctué de menaces systématiques sur le risque de faux témoignage, ce à quoi l’une d’entre elle répondra par un cinglant : « j’ai juré ! ».
Le juge est clairement hors de lui : pour lui, il est absolument improbable que ces pierres aient pu atterrir dans les proches du prévenu sans que ce dernier ne l’ait mentionné dans sa déclaration en GAV. Il renvoie brutalement les témoins au secret, et demande à l’inculpé de se justifier sur le geste des policiers. Ce dernier explique qu’il a été sévèrement molesté durant son interpellation, et qu’il n’a pas senti le policier placer une pierre dans sa poche. – « Impossible ! », martèle le juge Léger. – « Vous étiez assis dans un véhicule banalisé de la BAC ? » demande l’avocat de la partie-civile à l’inculpé, qui confirme. – « Dans ce cas comment pourriez vous ne pas sentir une pierre dans votre poche arrière ? » insiste le juge d’un ton très menaçant. L’inculpé indique qu’il ne s’en souvient pas, le juge coupe court, la messe est dite.
C’est au tour de l’avocat des policiers de prendre la parole. Son but est explicite : récupérer un maximum en indemnités de préjudice moral pour ses clients qui n’ont pas été blessés. Il commence par s’indigner dans sa plaidoirie contre « cette caricature du fonctionnaire pourri et véreux », avant de traiter l’accusé de menteur. Selon lui les policiers auraient autre chose à faire que de « s’abaisser à mettre des pierres dans les poches des interpellés« . Son rêve nous raconte t-il, serait d’enfin entendre des accusés déclarer « je me suis laissé emporter » et « je suis prêt à vous dire la vérité« . Aucun élément technique ou sérieux n’est avancé. Il réclame pour ses clients 300€ chacun au titre du préjudice moral et 250€ d’amende …
Le procureur, discret jusqu’alors étant donné que le juge Léger occupe son rôle dans ce procès, se cantonne quant à lui a sa vision du pacifisme, en insistant lourdement sur le fait qu’il défend à la fois le droit à la contestation (« je suis même pour» nous dit-il), et réaffirme le droit de manifester comme une composante essentielle de notre modèle social, même « lorsque celle-ci n’a pas forcément fait l’objet d’une déclaration auprès des institutions »… Nous nous trouvons donc en présence d’un procureur qui défend les manifs non déclarées dans son réquisitoire, face à un juge qui lui se charge de mettre sous pression et de démonter la crédibilité des témoignages. L’hallucination est de courte durée : sans avoir mené la moindre argumentation sur le fond, il réclame 6 mois de prison dont 3 avec sursis, avec une interdiction de participer à des manifestations sur Rennes pendant 3 ans, tout en suggérant une possible conversion de la peine d’emprisonnement ferme en sursis TIG (Travail d’Intérêt Général).
L’avocat de la défense prend la parole dans un climat difficile : il évoque “la tension autour de ce dossier” et “les questions délicates” que cela soulève à l’endroit des versions contradictoires. Il relève l’inconsistance du dossier, le problème d’objectivité des policiers qui interpellent l’accusé qui sont auditionnés par leurs collègues, et non par des gendarmes ou des personnels d’autres services. Il rappelle qu’en qualité de partie civile dans l’affaire, les déclarations des deux agents de la BAC n’ont pas une valeur supérieure à celle de l’inculpé et des témoins. Il verse également deux témoignages écrits en défense, qui seront complètement occultés lors de l’audience. Dans un mépris total pour la défense, le juge Léger va interrompre à deux reprises la plaidoirie de l’avocat pour signaler la mauvaise tenue du public, évoquant des gens qui mangent dans la salle et se tiennent assis dans des positions contraires à « une éducation de base »… Tant bien que mal, l’avocat reprend sa plaidoirie et démonte progressivement la chronologie établie par les flics, l’absurdité des déplacements de l’inculpé décrits dans les PV d’arrestation, et le caractère complètement improbable des jets de pierre.
Au vu de la tension énorme autour des témoignages des jeunes femmes, son axe de défense concerne avant tout les actes de l’inculpé lui même, dont il rappelle le casier vierge, qu’il était à visage découvert et à quelques mètres des policiers en train de filmer, un comportement plutôt inhabituel pour un émeutier, surtout lorsqu’il s’agit d’une personne notoirement identifié par les flics . Il note également que les forces de l’ordre, malgré la centralité de la fouille dans la culpabilité du jeune homme, n’ont pas jugé nécessaire de faire des vérifications d’empreintes sur les pierres pour prouver leurs accusations.Le juge Léger, écarlate, semble complètement déconnecté de la plaidoirie de l’avocat, dont il ne relèvera quasiment aucun élément.À nouveau, les témoins sont rappelées dans la salle et sommées de confirmer leurs déclaration pour la troisième fois consécutive. La tension est à son comble, il leur explique que l’inculpé ne se souvient pas s’être fait mettre une pierre dans la poche, et que dans une situation comme celle-çi, quelqu’un ment délibérément. À nouveau, il leur martèle les enjeux du faux témoignage, et leur somme de rester sous escorte dans le tribunal.S’ensuit moins d’une demi heure de délibération où un groupe d’une douzaine de flics hilares vont s’agglutiner devant la porte du tribunal. « Ça sent le sapin » ricane leur chef de troupe.
Le verdict tombe : l’accusé est reconnu coupable et condamné à six mois de sursis et à trois ans d’interdiction de manifestation en Ille-et-Vilaine. Il est également condamné à verser à chacun des deux flics 550 euros pour le préjudice moral subit. Encore une fois, les procès permettent de leur offrir un complément de salaire sur le dos des camarades. Dans une ambiance insupportable, Léger poursuit sa boucherie : les deux témoins sont alors accusées de faux témoignages (ce qui peut être puni au maximum de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende), elles sont menottées en plein tribunal et conduites à l’étage pour être présentées devant un juge d’instruction. L’incompréhension est totale, aussi bien chez les avocats, l’auditoire, que chez les policiers (visiblement pas préparés à une telle situation), ou encore pour le procureur qui quitte le tribunal alors qu’il est chargé de la mise en examen des témoins devant un juge d’instruction rappelé en urgence à la cité judiciaire. Et pour cause : au-delà de l’absurdité de la situation (il n’a mené aucune enquête sérieuse pour justifier cette mise en examen), il appelle à infliger aux témoins une peine supérieure à celle de l’inculpé jugé pour des jets de projectile, qui sont passés complètement au second plan tout au long de l’audience.Elle seront auditionnées comme témoins assistées dans le cadre de l’information judiciaire (témoins assistées pour juger de la véracité de leur propre témoignage, on est au-delà du n’importe quoi), et libérées sans aucun contrôle judiciaire ni mesure de sûreté. Seule obligation : leurs téléphones portables sont placés sous scellés « en attente d’éléments permettant d’établir leur culpabilité ». POUR TENTER D’ANALYSER LA SITUATION :Une fois sortis de la stupeur, on finit par comprendre que ce qui devait être défendu à tout prix par le juge lors de ce procès, c’est avant tout la méthodologie policière qui a mené à l’interpellation et l’inculpation : celle-là même qui a été mise en cause par les PV incohérents des deux officiers de la BAC parties-civiles, par la vidéo très explicite projetée dans la salle, et surtout par les récits accablants des deux jeunes femmes venues témoigner à la barre. Pour le juge Léger, c’est l’idée même de remettre en cause la version policière qui apparaît comme dangereuse et insupportablement paradoxale, comme si remettre en cause la police aujourd’hui à Rennes pourrait constituer en soi un risque de trouble à l’ordre public.
Soyons clairs : la tentative de Léger de s’en prendre aux témoins en pleine audience (du jamais vu à Rennes pour du correctionnel), de mépriser le récit de l’inculpé et de perturber grossièrement la plaidoirie de l’avocat, résulte directement d’une incapacité à pouvoir faire face à une défense plus structurée que l’abattage ordinaire du tribunal.
Elle s’inscrit dans une stratégie à court terme de châtiment des opposants menée aussi bien par les magistrats du parquet (les procureurs), du siège (les juges), que par les forces de l’ordre sur le terrain depuis bientôt deux ans à Rennes, avec des épisodes répressifs comme le carnaval de la ZAD, le mouvement sur la loi Travail, les arrestations du mois de novembre, ou les récentes manifs contre Macron et Le Pen.
Mais si elle reste aussi spectaculaire que scandaleuse, cette politique masque de plus en plus mal le contenu misérable des enquêtes des flics et des réquisitoires des procureurs : que ce soit l’instruction autour de l’affaire des 20 du métro, l’affaire du Bagelstein, les enquêtes préliminaires ayant abouties aux arrestations de novembre dernier, ou les récents passages de militants au tribunal, les avocats comme les camarades sont unanimes sur le vide abyssal des dossiers, la plupart du temps bâclés à partir d’informations vagues fournies par le renseignement local et des investigations de très courte durée. Mais comme les sentences ne sont pas toutes tombées (hormis plusieurs relaxes et des peines de sursis plutôt faibles), il reste difficile de mesurer la part de bluff dans ces procédures marquées par la violence des perquisitions et l’emprisonnement préventif.
La manœuvre du Juge Léger contre les témoins est à l’image de ce constat : au risque de se répéter, les deux femmes qu’il a mené devant le juge d’instruction (alors que le procureur a préféré s’éclipser du tribunal devant une aussi grosse aberration) ont été auditionnées comme témoins assistées (et non mise en examen), et remises directement en liberté sans le moindre contrôle judiciaire. En clair, dans l’attente d’éléments probants, elles ne sont pas considérées comme des suspects avérés et peuvent donc continuer librement leurs activités.
Ce qui nous semble de plus en plus évident aujourd’hui, c’est que ce ne sont pas tant les gestes des manifestants qui sont visés par la répression, que le fait qu’ils cherchent à s’organiser pour se défendre, aussi bien dans la rue qu’au tribunal. Le cas de l’inculpé est édifiant à cet égard : alors qu’il passe après un voleur de portable qui a pris un an de prison ferme pour le recel d’un téléphone à 200 euros en récidive, il écope de six mois de prison avec sursis pour violence sur agent, assortie d’une peine de trois ans d’interdiction de manifester en Ille-et-Vilaine. On est donc évidemment face à une sanction visant avant tout à désorganiser les militants, et qui fait écho aux innombrables contrôles judiciaires (interdiction de manifester, interdiction de rentrer en contact, pointage régulier etc.) prononcées depuis deux ans contre les camarades assorties d’interdictions administratives très opportunistes.
Nous sommes donc à la croisée des chemins :

Comme pendant le mouvement contre la loi Travail, nous affirmons la nécessité de s’organiser sur le long cours face à la police, la justice, et de se donner les moyens de mener ces batailles par delà l’urgence du court terme. Au vu de la situation répressive à Rennes et en France, alors qu’un mouvement d’ampleur contre les futures lois Macron semble aussi vital qu’inévitable, il nous semble donc absolument fondamental de se donner les moyens de pouvoir citer des témoins à la barre sans aucune pression. Il ne s’agit pas là de défendre une approche morale de la Justice, mais d’arracher une garantie indispensable dans la tactique de la défense, parce qu’il s’agira certainement d’une des seules possibilités de remettre en causes des versions policières systématiquement à charge et purement créées pour emprisonner et financer indirectement le salaire des flics.
CONTRE LES COUPS DE PRESSIONS DES JUGES ET DES PROCUREURS, ORGANISONS-NOUS !DÉFENDONS LA GARANTIE DE POUVOIR TÉMOIGNER SANS MENACES NI CONTRAINTES ! La Défense Collective de Rennes

Une répression qui s’emballe : récit de mes 4 jours d’enfermement

Publié le 2017-06-10 14:27:02

Arrêté vendredi lors du rassemblement contre le squat néo-nazi dans le centre de Lyon, un camarade antifa a passé 4 jours en détention provisoire dans l’attente de son procès.



Le 2 juin 2017, un rassemblement antifasciste était appelé place des Jacobins à Lyon, par le groupe antifasciste de Lyon et relayé par le milieu militant de Lyon, des environs et de France.

Je me rendais donc au rassemblement avec du matériel militant afin d’alerter la population lyonnaise de l’installation d’un squat occupé par le GUD Lyon qui, d’après leur propagande, celui-ci serait réservé pour accueillir des SDF « français » donc comprendre SDF blancs, en plein centre ville proche de la place des Jacobins.

Pour alerter la population nous avions prévu plusieurs centaines de tracts qui se trouvaient dans le sac que je transportais, avec aussi un mégaphone afin de faire plusieurs prises de paroles, et pour le folklore et les photos des fumigènes et des pétards. Tout ce matériel se trouvait dans mon sac.

Je suis alors intercepté par les CRS pour un contrôle d’identité et une fouille de mon sac, 30m avant la place des Jacobins. J’ouvre mon sac et présente mes papiers d’identité. Mais voilà, première trouvaille des CRS qui les fait frémir : le mégaphone, les tracts et le drapeaux du groupe antifasciste de Lyon. S’en suit la découverte des pétards (une quinzaine) et d’un fumigène.

Je suis alors accompagné par les CRS vers un camion que nous connaissons sous le nom panier à salade, je comprends alors qu’on veut m’emmener en garde à vue. Je me fait donc interpeller alors que des nazillons me tournent autour, avec croix celtique en tatouage sur l’avant bras tranquille.

On me notifie que ma garde à vue commence pour « participation à une manifestation interdite ». Arrivé au commissariat Marius Berliet la procédure de garde à vue se met en place, avocat, médecin, déposition, emprunte et enfermement.

Mon premier interrogatoire a tourné à 80% autour du groupe antifasciste, comment sommes-nous organisés ? Y-a t’il des chefs ? Une hiérarchie ? Qui écrit les tracts ? Avons-nous des locaux ? Comment nous nous finançons le matériel militant qui était en ma possession ce jours là ?

Ensuite des questions sur les pétards : où est-ce que nous les achetons ? Et pourquoi j’avais ces pétards et fumigènes sur moi ? Puis retour au matériel militant, où ils bloquent sur un autocollant se trouvant sur le mégaphone représentant un policier recevant un cocktail molotov pendant la loi travail, avec marqué « PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX ». Ils me demandent qui les à fait et qu’est-ce que j’en pense.

Ensuite le policier m’accompagne à ma cellule et me dit « Bon, demain avant midi max tu es dehors je pense » Je savais pas que la machine allait s’emballer.

Le lendemain, après une nuit de merde dans les cellules de Marius, toujours pas de nouvelles, je ne prends pas mes repas car ça m’énervait d’être là pour rien et j’étais sûr de sortir avant midi.

Mais les heures passent sans nouvelles et le samedi à 17h l’OPJ vient me chercher ( ça fait 23h que je suis en garde à vue ) et me dit assis toi tu vas faire une visio conférence avec le procureur pour qu’il me notifie que ma garde à vue est prolongée de 24H pour être présenté en comparution immédiate mardi ( et oui j’ai pas de chance lundi est férié ).

Là je comprends pas et je lui dis « Juste pour une manifestation et quelques pétards ? » L’OPJ me dit c’est pas nous, faut assumer, les ordres viennent de plus haut, c’est POLITIQUE. Ensuite il me rajoute que les pétards sont considérés comme une arme (après qu’il ait fait une journée d’enquête chez des artificiers de Lyon pour confirmer leurs doutes) donc on me reproche maintenant « manifestation interdite avec armes ». Je signale donc au magistrat en visio-conférence que j’ai arrêté de m’alimenter et que je ferai une grève de la faim jusqu’à ce qu’on me libère.

Et c’est reparti pour une nuit à Marius Berliet.

Le lendemain, direction le palais de justice afin de savoir si je serais libéré entre le dimanche et le mardi ou alors écroué à la maison d’arrêt de Corbas.

Mon passage devant le procureur est tendu, je lui dis que cette arrestation est politique et qu’ils tentent d’effacer tout le contexte de mon arrestation. Sa réponse est que je suis « à coté de la plaque » et que je suis poursuivi seulement pour transport de matière explosive en l’occurrence des pétards polonais et un fumigène de bateaux et donc rien à voir avec la politique.

AH BON ? Alors pourquoi il a ordonné la destruction du mégaphone et du drapeau Antifasciste, ainsi que la saisie de plusieurs de nos tracts ?

Avant de passer devant la juge d’application des peines je lui fais savoir que je continuerai ma grève de la faim jusqu’à ma liberté, et il me répond en me disant que si j’essaye de faire pression j’ai vraiment rien compris.

Malheureusement, le passage devant la juge d’application des peines confirme leur acharnement à me voir tomber : je suis écroué à la maison d’arrêt de Corbas de dimanche à mardi jour de ma comparution immédiate sous le prétexte, « risque de récidive » en ayant pourtant toutes les garanties de représentations (travail, domicile).

Un passage en maison d’arrêt n’est pas facile car nous sommes pas en attente mais écroué comme tout ceux enfermés et on te laisse peu d’espoir sur une probable libération, y compris les surveillants, médecins, détenus… tout le monde te parle comme si tu allais rester plusieurs mois, tu prends ton package, ta cantine, j’avais aussi obtenu des rendez vous programmés avec la psy la semaine qui suivait et j’étais inscrit pour les activités culturelles, bref mentalement avant une comparution immédiate ça te détruit et en règle générale le peu que j’ai vu en deux jours et deux nuit là-bas c’est que la prison est une machine à détruire l’humain.

Mardi, jour de la comparution immédiate, mon avocat commis d’office (car mon avocat habituel n’était pas en France), me dit qu’il faut que j’accepte la comparution immédiate car le procureur veut mon maintien en détention.
Ayant pas mon avocat habituel et étant mentalement fatigué par les 48hde GAV et les deux jours à Corbas, j’accepte de me faire juger même si ce n’est pas forcément une bonne idée, mais dans ma tête à ce moment là je voulais juste sortir et rejoindre ma famille, mes ami-es et tout les militant-es venus par dizaines me soutenir au tribunal.
Alors, je renonce à me défendre politiquement n’ayant pas la force, pas le temps de préparer ma défense et pas mon avocat.
Me sentant me rabaisser, le procureur demande la levée de la détention mais demande quand même 3 à 5 mois de prison ferme.
Le délibéré est plutôt de mon coté, je suis reconnu coupable et je dois payer 100 jours d’amende à 12 euros soit 1200 euros avant les 100 jours qui suit le procès sinon retour en prison.

Je suis soulagé, je vais revoir tout le monde ce soir, un magnifique comité d’accueil m’attends à ma sortie de la maison d’arrêt de Corbas avec une très belle banderole.

Une pause bien méritée mais le combat continu, le lendemain j’apprends par mon avocat que le parquet a fait appel de la condamnation.
Je vous ferais savoir la suite.

Je tiens vraiment à remercier vous toutes et tous qui m’avez soutenu pendant ce week-end qui a dû être long pour vous aussi, ma famille très présente, et les potes et camarades de toute la France et de l’étranger aussi, merci à ceux et celles qui continuent à m’écrire pour savoir comment me soutenir financièrement et à ceux et celles qui ont prévus des initiatives comme des concerts de soutien.

Si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez me contacter via les camarades du groupe antifascistes Lyon et environs sur Facebook.

La Lutte continue.

La solidarité est une arme.

Bruxelles, Belgique : Des nouvelles du procès anti-terroriste à l’encontre de 12 anarchistes

Publié le 2017-06-10 14:27:03

Le 30 mai 2017, la chambre du conseil devait décider si elle confirmait ou pas la tenue d’un procès anti-terroriste contre 12 anarchistes à qui l’on reproche d’avoir pris part à différentes luttes contre les prisons, les frontières, l’esclavage salariale, la morale bien pensante,…

Après une plaidoirie plus qu’évasive de la part du procureur qui ne s’est même pas fatigué à étayer chaque chef d’inculpation, une « mise en continuation » a été demandée afin de pouvoir préparer la défense. Dans sa grande mansuétude, la juge a accordé un délai de 13 jours pour ce faire. Comme quoi la justice peut être rapide quand elle veut…

Le 12 juin, nous serons donc fixés sur la décision du maintien du procès.

Nous invitons toutes les personnes intéressées à venir :
Le 17 juin à 18h à la bibliothèque Acrata (32, rue de la grande ile – 1000 Bruxelles). Un point d’info y sera donné où seront notamment partagées les accusations retenues.
Ce moment sera suivi d’un concert de deux compagnonnes qui interpréteront à leur sauce des chants de lutte en espagnol.

Contre toute autorité, solidarité active !

Plus d’infos sur cette affaire ici et

[Publié sur Indymedia Bxl, mardi 6 juin 2017]

Gurgaon/Gurugram (Inde): un village en révolte contre la dépossession de ses terres

Publié le 2017-06-11 10:42:47

Gurgaon/Gurugram (Inde): un village en révolte contre la dépossession de ses terres

Le mardi 7 juin 2017, dans le village de Ramgarh situé à côté de Badshahpur, en banlieue de Gurugram/Gurgaon, dans le nord de l’Inde, plus d’une centaine d’habitant-e-s ont affronté la police de Gurugram.

En cause, le projet de construction de la société immobilière indienne Ansal qui vise à s’approprier une bonne partie du territoire de ce village.

Lors des affrontements, plus d’une douzaine d’officiers de police ont été blessés, dont le commissaire Rajendra Yadav qui a été touché à la tête par une brique (et cinq ou six autres emmenés à l’hôpital). L’ordre capitaliste a été restauré après plusieurs heures d’émeutes.
Au moins deux villageois-es ont été blessé-e-s au point d’être emmené-e-s à l’hôpital. Trois autres ont été arrêté-e-s et placé-e-s en gardav.

Selon les villageois-es révolté-e-s, la société Ansal leur avait promis des compensations financières conséquentes pour l’appropriation de leurs terrains, mais ces compensations sont bien en-dessous de ce qui a été promis. Donc quand illes ont vu des employés installer des grilles et des murs de délimitation de chantier, les esprits se sont vite échauffés et les travaux n’ont pas pu réellement commencer. Assez vite, les flics ont ramené leurs sales faces, et la foule les a accueillis à coups de pierres.

Mais selon les autorités, ces affrontements sont le fruit d’un malentendu. Un flic a déclaré à un journaliste du Millennium Post que « les villageois-es se sentaient trahi-e-s, mais ce n’est pas le cas ». Un autre flic a dit à un journaliste de The Tribune que lorsqu’ils ont « demandé aux habitants de [leur] montrer des documents prouvant qu’ils pouvaient légalement faire cesser les travaux, ils sont devenus violents ». Les riches capitalistes prennent possession du peu que possèdent les gens, et les gens se révoltent. Comme c’est bizarre…

[Sources: Millennium Post | Nyoooz | The Tribune.]

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-06-11 10:42:48

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Paris : Un 2e procès de la lutte contre la machine à expulser

Publié le 2017-06-11 10:42:49

Indymedia Nantes / samedi 10 juin 2017

Le 30 mai 2017, la juge d’instruction Gendre a rendu sa propre ordonnance de renvoi contre sept nouveaux compagnons et camarades devant le tribunal suite à la lutte contre la machine à expulser à Paris.

Un premier procès concernant une des instructions judiciaires sur la lutte contre la machine à expulser se déroulera le 23 juin 2017 à Paris, contre quatre personnes. Après diverses requalifications et autres non-lieu, trois sont accusées d’avoir « tracé en réunion des inscriptions sur des façades et mobiliers urbains » (soit des tags) en janvier 2011, et deux d’avoir « volontairement détérioré un distributeur bancaire au préjudice de la Banque Postale » (un collage d’affiches) en février 2010 lors d’une balade.

Parallèlement à cela, le 30 mai 2017, la juge d’instruction Gendre a rendu sa propre ordonnance de renvoi contre sept nouveaux compagnons et camarades devant le tribunal. Si la date de ce procès-là sera fixée ultérieurement (peut-être ces prochaines semaines), on peut d’ores et déjà en dire quelques mots.

Ce deuxième procès concerne la seconde instruction judiciaire qui avait abouti aux cinq perquisitions de juin 2010, puis à l’arrestation de deux personnes supplémentaires les 28 octobre 2010 et 19 janvier 2011 (l’une d’elle effectuant une semaine de prison préventive). Les chefs d’inculpation allaient de « dégradations ou destructions volontaires graves de bien commises en réunion » aux refus ADN et d’empreintes, en passant par des « violences volontaires en réunion », suite aux visites inamicales à l’agence Air France de Bastille et à la boutique SNCF de Belleville, ainsi que d’une pauvre vitrine d’un magasin Bouygues redécorée dans un même élan. Ces deux actions se sont produites le 17 mars 2010, quelques heures après la condamnation de dix sans-papiers à des années de prison ferme pour l’incendie du centre de rétention de Vincennes.

Plus largement, elles s’inscrivent au sein d’une lutte contre la machine à expulser qui, de 2006 à 2011, a touché des centaines d’objectifs de manière variée, par le feu ou le marteau, le sabotage à l’acide ou à la colle, sans compter les balades sauvages, les manifestations et les discussions publiques, les collages d’affiches ou la diffusion de tracts et autres propositions de lutte adressées à la rue. Une lutte sans sujet ni centre politique, qui proposait à chacun l’auto-organisation sans médiation et l’action directe diffuse à partir d’un angle particulier, la machine à expulser, une lutte au nom de la «  liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers ».

Désormais, après cinq années d’instruction (2009-2014) et des contrôles judiciaires levés en octobre 2015, alors que les recherches des petits soldats de la section anti-terroriste de la brigade criminelle sont restées vaines contre les auteur-e-s de toutes ces attaques, c’est surtout une lutte avec ses contenus et ses propositions sans concession qui seront jugés lors de ce second procès, sept ans après les faits. Après une série de non-lieu partiels rendus en bout de course, les sept camarades et compagnon-ne-s sont finalement tous renvoyé-e-s en procès pour les refus ADN et de signalétique (dont quatre uniquement pour cela), deux pour avoir « volontairement dégradé ou détérioré des locaux professionnels de la société Air France » et un pour avoir « volontairement dégradé ou détérioré des locaux professionnels de la SNCF et de Bouygues Télécom ». D’autres informations et textes suivront plus tard.

De la Méditerranée devenue un gigantesque cimetière marin à la mise en camps des migrants qui forcent les frontières terrestres, de la construction de 33 nouvelles prisons aux technologies de la ville-prison et à l’extension du contrôle et des frontières intérieures,…
… saboter la machine à expulser et à enfermer reste plus que jamais d’actualité.

Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers,
La solidarité c’est l’attaque,

Quelques anarchistes,
10 juin 2017

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Voiture de flics incendiée en mai 2016 à Paris, rien n'est fini !

Publié le 2017-06-11 17:14:57

Un an après qu’à l’occasion de la loi « travaille ! » l’hostilité contre la loi, le travail et le monde qui a besoin des deux se soit manifestée de nombreuses manières,
Un an après que les zélés chiens de garde de cet état des choses soient venus protester contre la "haine anti-flics" sur la Place de la République,
Un an après qu’au cours d’une manif sauvage se déroulant au même moment une voiture de police a été incendiée non loin de là, Quai de Valmy,
Un an après que différentes personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir contribué à neutraliser cet outil de travail des forces de l’ordre,



Les raisons de la colère n’ont pas disparu, d’autant que la machine à broyer judiciaire continue son sale boulot.

L’instruction de ce que le Pouvoir voudrait réduire à une simple « affaire » vient d’être clôturée, 9 personnes seront renvoyées en procès, dont 5 se trouvent sous contrôle judiciaire, 1 est recherchée et 3 sont encore en taule, pour deux d’entre elles depuis plus d’un an.

Le 16 juin 2017, le compagnon incarcéré en préventive depuis 4 mois à Fleury sera amené au TGI de Paris pour une demande de mise en liberté (et non pas pour l’appel du renouvellement de son maintien en détention comme annoncé précédemment).
Même s’il est fort probable que le huis-clos soit décrété, ce sera de toute façon, une occasion de faire entendre notre solidarité.

Un rendez-vous est donc prévu le 16 juin à 13h30 devant la 14e chambre du Palais de Justice de Paris.

Nous proposons en outre de nous retrouver le même jour à 21h, Place des Fêtes (M° Place des Fêtes), notamment pour un point info.

Parce que les moments répressifs ne sont pas séparés de la lutte, que la solidarité s’exprime de mille et une manières contre ce monde d’exploitation et domination !

Liberté pour toutes et tous !

Crest, France : Attaque incendiaire des bureaux d’Enedis

Publié le 2017-06-11 17:14:58

A propos de dialogue, de solidarité et d’attaque

Attaque incendiaire pour un mois de juin dangereux

En tant qu’individualistes il est difficile de parler de solidarité parce que nous ne voulons pas l’exprimer à un groupe mais à des individualités desquelles nous nous sentirions suffisement proches pour vouloir établir un dialogue.

Nous nous sentons solidaires des personnes qui de part leurs actes et leurs discours nous semblent transmettre une volonté de combattre ici et maintenant le pouvoir sous toutes ses formes.

Pour nous la manière la plus sincère de soutenir des individu.es en révolte c’est de se révolter soi – même et d’attaquer. Que des personnes qui s’envisagent comme potentiellement complices se transmettent de la force peut permettre que se soit nos éthiques et nos passions qui guident nos actes et non pas la peur et la résignation qu’amène la répression.
Au travers de l’attaque nous voulons briser l’isolement et exprimer nos colères et nos tristesses. Dans des moments où l’on ne compte plus les prises de distances, nous réaffirmons des positions offensives et irrécupérables.

Nous pensons que si nous voulons aiguiser des pratiques et critiques il peut être intéressant de partager, de se confronter aux autres. Nous ne sommes pas intéressé.es par l’idée de produire des idées labellisées « Anarchistes » que tout le monde pourrait accepter et adapter à son discours ou contexte local. Nous aimons le dissensus et le conflit qui nous permettent de prendre position. Nous sommes autant dégouté.es de l’apathie omniprésente que profondemment touché.es par la beauté de celleux qui se révoltent sans attendre ni les conditions objectives ni le terrain social favorable ni le moment stratégique. Nos choix ne seront jamais opportuns puisque toujours en décalage. Nous n’avons personne à convaincre, ni à attendre nous n’avons qu’un milliers de plan, l’envie de rencontrer d’autres complices dans l’impatience et l’irrépressible besoin d’en découdre.

L’attaque peut prendre de multiples formes et pour nous les dominations interpersonnelles doivent être au moins autant attaquées que cet existant qui nous étouffe. Nous ne voulons pas privilégier l’un sur l’autre. Nous refusons cette logique et voulons visibiliser chaque aspect de notre insoumission. En soutien donc avec celleux qui se mettent en jeu face à la répression, dans leurs affects, leurs amitiés, leurs sexualités.

Nous ne vivons pas dans le passé, nous ne voulons rien espérer du futur, nos révoltes n’ont pas d’avenir, elles ne peuvent donc pas être repoussées à demain.

Même si nous prônons la conflictualité, nous pensons que les débats sur la praxis se sont trop souvent cristalisés autour de positions polarisées qui ne permettent pas de refléter la complexité des points de vues. Nous refusons le consensus à tous prix mais ne voulons pas participer à un combat dogmatique. Nous trouvons réellement enthousiasmante l’idée que les attaques soient variées et nous ne nous contentons pas de certains clivages (signatures récurentes ou non par exemple). Même s’il nous semble vraiment important de communiquer sur nos actes et que nous ne nous retrouvons pas pas des perspectives insurrectionnelles nous ne ressentons pas pour autant l’envie de faire rupture avec des personnes dont les attaques s’inscrivent dans cette finalité.

Nous répondons à l’appel d’un mois de Juin dangereux parce qu’il exprime bien ces nuances.

Dans la nuit de jeudi nous avons pénetré dans l’enceinte du bâtiment ENEDIS à Crest, fournisseur de l’énergie qui permet notamment à ce monde de merde de tourner. Nous avons déversé 10 litres d’essence à l’intérieur et allumé avec des feux à mains (avoir un plan B au cas où les feux à mains seraient défaillants). 10 litres d’essence ça fait un sacrée souffle. Quand on a repassé la grille, le bâtiment était en proie aux flammes. Nous apprîmes plus tard qu’elles l’avaient en grande partie ravagé.

Une petite pensée pour les incendiaires de Grenoble, on a trouvé particulèrement pertinente votre manière d’attaquer et de communiquer. Votre critique est très justement articulée, on aurait pas pu faire aussi bien. Mais on a envie de profiter de l’occasion pour soulever quelques points, et par là participer à la création d’un dialogue au travers de l’attaque.

Nous partageons votre constat sur les nuisances de la technologie. Néanmoins elle n’est qu’une facette des nouvelles formes de domination. Pour nous, à la genèse de ces nuisances il y a la civilisation même. Nous ne voulons donc pas attaquer la technologie comme étant un des excès du système, que nous pourrions transformer/remplacer mais bien comme étant un des aspect de la domestication du vivant. Nous ne voulons pas nous contenter d’une critique du capitalisme mais bien remettre en cause le concept même de société (aussi juste et égalitaire soit-elle). Nous sommes contre toutes les sociétés parce qu’elles ne peuvent exister sans la soumission des êtres vivants qui la compose. Que se soit au travers des smartphones, des compteurs Linky mais aussi par le travail, la famille, la culture, la morale, la justice, l’exploitation de la faune et de la flore…

Pour lutter contre la technologie il nous semble nécessaire de remettre en cause le processus de domestication qui fait de nous des êtres civilisé.es. On avait envie que cette critique sorte de discussion interpersonnelle, et de la partager avec vous. Trouvons-nous toujours de nouveaux angles d’attaques, de nouvelles failles, de nouvelles cibles.

La joie que nous avons ressentie cette nuit là, nous voulons la partager avec d’autres.

A Krèm, parce qu’il a toujours su garder le silence.

A Kara, parce que même si elle n’a pas su garder le silence, elle a eu le courage de revenir sur ces déclarations.

A Damien, parce que ces mots et sa détermination nous donne de la force.

Aux anarchistes de Bruxelles qui font face à un procès anti – terroriste pour avoir lutté sans médiation contre toutes les prisons.

Aux inculpé.es de Scripta Manent, qui refusent d’endosser un rôle de victimes.

A Nicolas Gai et Alfredo Cospito qui ont su assumer des positions fermes malgrè les risques, et qui se sont donné les moyens de leurs ambitions.

A celleux qui veulent s’envoler quitte à se bruler les ailes.

Konspiration d’Individualités Complices et Kaotiques

K.I.C.K.

 

[Publié sur Indy Nantes, dimanche 11 juin 2017]

Brême, Allemagne : Voiture de flic en civil incendiée

Publié le 2017-06-11 17:14:58

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, une bagnole non sérigraphiée des flics en civil de Brême est incendiée.

Ceci doit être compris comme un signe de solidarité avec tous les compagnon-nes qui luttent contre la nation et le capital.

Les flics sont des larbins volontaires d’une politique meurtrière d’expulsions.Ils tyrannisent les personnes de couleur par le délit au faciès. Ainsi, l’Etat assure leurs arrières concernant tous leurs comportements de merde en renforçant une fois de plus les lois actuelles.

Par l’incendie d’un de leurs véhicules, les flics de Brême doivent se rappeler que tout ça ne tombe pas dans l’oubli.

Coulons le G20 !

[Traduit de l’allemand de chronik.blackblogs.org, 1. Juni 2017]