Vive l'Anarchie - Semaine 23, 2018

Sommaire

Vaulx-en-Velin (Rhône) : Vengeance contre la flicaille

Publié le 2018-06-04 13:19:06

France 3 Auvergne-Rhône-Alpes /Vendredi 1er juin 2018

La tension ne retombe pas à Vaulx-en-Velin où de sérieux incidents se multiplient depuis plusieurs semaines. Après les caillassages de bus et les réglements de comptes aux abords des écoles, ce sont les bâtiments de la police qui sont maintenant visés.

Cette nuit, un poste de police municipale et le commissariat de la ville, situés Mas du Taureau ont essuyé des jets de projectile [dont des engins incendiaires, NdA]. Des impacts ont été relevés ici et là sur les facades. Des vitres ont été fissurées. Des dégâts ont aussi été constatés sur une boutique d’optique dans le même quartier. Ces agissements sont attribués à un groupe de plusieurs dizaines d’individus qui auraiet (sic, NdA) voulu se vendre [sic; comprendre « se venger »; NdA] d’un contrôle de police opéré un peu plus tôt sur le conducteur d’un scooter.

La compagnie départementale d’intervention a sécurisé le quartier où les incidents ont pris fin vers 2 h du matin. Il n’y pas eu d’interpellations.

Le matin même, Héléne Geoffroy, maire PS de Vaulx-en-Velin annoncait un plan de renforcement de la sécurité. Des mesures qui passent par l’armement de sa police municipale, la création d ‘une brigade de nuit et plus de caméras de vidéo-surveillance. Elle avait justifié ces dispositions par l’escalade de la violence et une « transformation urbaine qui bouscule ce qui est enraciné ». […]

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Le Progrès / Samedi 2 juin 2018

Des jets de projectiles sur des patrouilles de police entre 22h40 et 1h du matin, deux bus TCL caillassés, une poubelle incendiée. Si la nuit n’a pas été de toute repos dans le quartier du Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin, elle a aussi été bien moins mouvementée que la nuit précédente où un magasin avait été incendié et le poste de police caillassé.

La police était présente en force , avec des renforts de CRS. La municipalité s’était également efforcée de faire passer des messages, s’appuyant notamment sur le réseau associatif pour cela. Vaulx-en-Velin est le théâtre de dégradations nocturnes depuis deux semaines. Jeudi, sa maire, Hélène Geoffroy (PS) a annoncé que la police municipale allait dorénavant être plus nombreuses et armée.

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Déjà le week-end précédent:

Le Progrès / Lundi 28 mai 2018

[…] Sur le front des violences, dans la nuit de samedi à dimanche, une trentaine de jeunes a pris à partie une patrouille après le contrôle du conducteur d’un scooter. La bande a lancé des projectiles sur des policiers, qui ont riposté à l’aide de grenades lacrymogènes, ce qui a eu pour effet de disperser les assaillants.

Le lendemain, vers 19 h 30, environ trente individus ont de nouveau jeté des projectiles sur les fonctionnaires, rue Matoub Lounes. Les policiers ont refait usage de grenades lacrymogènes afin de les éloigner. Un peu plus tard dans la soirée vers 20 h 50, une autre patrouille a été prise pour cible place Guy-Môquet. […]

Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) : La sortie nature pour regagner la liberté

Publié le 2018-06-04 13:19:07

France Bleu / Mardi 29 mai 2018

[…] Dans l’après-midi, alors qu’il était en visite à la maison de la baie à Hillion avec des encadrants, ce détenu bien connu des services de police pour des faits de droit commun, a réussi à prendre la poudre d’escampette. La gendarmerie qui aurait été prévenue 45 minutes après les faits a mis en place dans le secteur de la plage de Bon Abri à Hillion un dispositif de recherche avec un hélicoptère et des chiens.  Le dispositif a été levé à 18h30. Alertée, la police a également engagé des recherches.

Cette affaire d’évasion intervient alors le détenu fiché S qui s’était évadé de la prison de Brest a été interpellé la nuit dernière à Saint-Sébastien en Espagne. Ce sont « deux profils complètement différents« , tempère une source proche de l’enquête.

Slutwalk 2018

Publié le 2018-06-04 21:17:08

Marche féministe et militante contre les violences sexistes et sexuelles



Parce que le blan-cis-hétéro-patriar-capitalisme ne va pas s’effondrer tout seul, Slutwalk Suisse is back pour une journée badass et sororaire de militance féministe, de revendications, d’émotions, de partages de force et d’amour, de témoignages et de fête !

Samedi 16 juin - Marche Slutwalk - 13h - Plaine de Plainpalais (côté skate park)

Marche féministe, festive et militante contre les violences sexistes et sexuelles à l’encontre des femmes et des personnes MOGAI*(banderoles, slogans, prises de parole, playlist chanmé, choré féministe, espace sans mecs cis**, ...)

Dress code : y en n’a pas !

Voilà le lien de la choré qu’on vous a préparée, on vous encourage à l’apprendre comme ça on pourra la faire tous.te.x.s ensemble pendant la marche et ça sera trop bien :-)

Chorégraphie Slutwalksuisse 2018

Nous avons essayé de faire un parcours le plus accessible possible pour les personnes en chaise roulante. N’hésitez pas à nous contacter pour toutes questions ou si nous pouvons vous aider à participer à la Marche d’une quelconque manière (le parcours définitif sera publié sous peu).

Samedi 16 juin - Espace de témoignages - dès 15h30 environ - Parc des Cropettes

Espace de témoignages libre et solidaire pour offrir à toute personne qui le souhaiterait la possibilité de venir témoigner de son vécu en tant que victime.x/survivant.e.x de violence sexiste ou sexuelle, de discrimination de genre ou d’orientation sexuelle, dans une démarche de résilience, avec l’assurance d’une écoute active et bienveillante pour sortir du silence. Vous pouvez dire, lire, faire lire, ou performer votre témoignage, à votre gré, dans l’anonymat ou pas. Un espace post-témoignage sera également mis a disposition.

Pour toutes questions, vous pouvez nous contacter par mail à slutwalksuisse@gmail.com.

Samedi 16 juin - L’After-Marche - 21h à 04h - TU (Théâtre de l’Usine)

Soirée en mixité choisie meufs, gouines, lesbiennes, bi.e.x.s, femmes, pansexuel.le.x.s, personnes trans, personnes non-binaires, queer, SANS MECS CIS** !

Entrée à prix libre

Cocktail en soutien à la Slutwalk

Zinothèque et matériel de Nuit Blanche à disposition

Line up à suivre !

Le lieu de la soirée est accessible aux personnes en chaise roulante.

*Marginalized Orientations, Gender identities and Intersex. Personnes marginalisées en fonction de leur identité/expression de genre et de leur orientation sexuelle et personnes intersexes.

**Cisgenre désigne une personne dont le genre assigné à la naissance correspond au genre avec lequel la personne se définit actuellement



course poursuite à la ric'... « plus un centime de sentiment »

Publié le 2018-06-04 21:19:04


U. circulait sur un quad à la ric’ vendredi, quand des motards ont tenté de l’intercepter. Les versions diffèrent, mais des témoignages indiquent que les motards auraient heurté le quad pour le stopper.

Cette méthode trop fréquemment utilisée par les keufs, s’appellent le « parchocage ». Elle a déjà tué notamment à Villier le Bel en 2007.

U. a perdu le contrôle de son quad et a heurté la barrière du pont. Il est tombé en contrebas sur les voix de chemin de fer. Les blessures sont graves : plusieurs fractures et un traumatisme crânien.

Dans des communiqués les flics justifient leur intervention car U. roulait sans casque et son quad n’était pas immatriculé. En quoi cela justifie d’accidenter quelqu’un au risque de le tuer ? Des témoignages indiquent aussi que les flics auraient tenté de maquiller la scène.

Suite à cela dans la nuit de vendredi à samedi 18 départs de feu ont eu lieu à la Ricamarie et au Chambon Feugerolles. La nuit suivantes de nouveau plusieurs incendies et des tags ont fleuris. Plusieurs interpellations (4 selon le progrès) ont eu lieu durant ces nuits et notamment pour caillassage sur des flics.

Ce dimanche un rassemblement de 200 personnes s’est déroulé à l’endroit de l’accident. sur place la colère et la tension sont fortes. La famille réclame que la justice soit faite.

Que ce soit à La Ric, sur la ZAD, à Villies le Bel ou ailleurs la police tue, mutile et blesse !

La zad est morte

Publié le 2018-06-04 21:23:02

J’y ai vu l’égoïsme de celleux se sentant à l’abri de toute expulsion, le mépris envers les personnes venues soutenir un projet, un rêve, car oui la candeur que nous avons réussi à préserver nous permet de rêver, de rêver d’un autre futur. Mais cette candeur vous l’avez tuée, anéantie, détruite. Tout comme les GM détruisent nos cabanes et essayent de mettre à mal nos ambitions .

J’y ai vu cette masse oligarchique bien pensante, s’exprimant d’une lympide parole narcissique et faussement humble qui prend le monopole en AG. AG dans lesquelles les petites gentes n’ont pas ou très peu le droit de s’exprimer car leurs codes sont différents des vôtres et qu’il n’est pas légitime pour une/un « touriste » d’exprimer son avis alors qu’un regard neuf sur une situation ne peut qu’apporter matière à reflexion.

Mais j’y ai aussi trouvé ce que j’y cherchais, loin de vous, aux abords d’une barricade ou d’une cabane, des moments de bienveillance, d’amour et de partage sans pareil. Ces personnes qui m’ont fait rester si longtemps et que j’ai eu du mal à quitter. Ces personnes qui m’ont énormément appris dans la détermination et dans la joie. Ces personnes qui sont dans l’acceptation. Avec qui j’ai pu être moi-même.  

Il y a une question que je tiens tout de même à vous poser :  Vous critiquez ces soutients, ces pariats de votre société, car oui vous ne faites guère mieux que babylon lorsqu’il s’agit de stigmatiser une partie de la population. Mais qu’auriez vous fait si en 2012 nous n’avions pas été là ? Nous les « barricadier.e.s, black bloc, punks à chien » appelez-nous comme vous le souhaitez.  Mais nous restons néamoins votre chaire à canon, un outil dont vous usez à votre guise, que vous délaissez et méprisez par la suite. Mais vous oubliez une chose essentielle dans votre cheminement légaliste pro-térrien. La ZAD n’est pas à vous elle est à toutes et à tous. Même si vous vous l’êtes appropriée, même si vous nous l’avez volée, même si vous, habitantes et habitants, vous vous sentez plus à même de décider et de gérer cet espace. Et quel beau management que de « négocier », si l’on peut nommer cela ainsi, avec l’ennemi commun de toutes les composantes du mouvement, ce monstre étatique qui a mis en place les règles du jeu dans lesquelles vous excellez.

Je vous méprise autant que vous nous méprisez et je vous laisse dans la situation dans laquelle vous vous êtes engagés, tête baissée droit dans le mur! Je ne reviendrez plus dans cette zone. Gardez vos soutients extérieurs qui sont si importants à vos yeux, faites des consensus absurdes, baissez votre froc’, marchez avec la France, ça n’a plus d’importance! Le domaine de lutte et large, et je n’arrêterai pas de me battre. Mais je m’y refuse pour des fascistes qui virent des gentes des lieux qu’ielles se sont appropriés dès qu’ielles n’en ont plus besoin.

Démerdez-vous, je vous emmerde, vous n’êtes et ne serez jamais la ZAD, vous avez abimé mes rêves de décroissance et de communauté. Mais l’espoir persiste et loin de vous nous créerons, partagerons et élargirons le domaine de lutte!

https://zadresist.antirep.net/article137-La-ZAD-est-morte

Verout (Loire-Atlantique) : Un week-end prolongé en cadeau aux collegiens

Publié le 2018-06-04 21:25:05

20 Minutes / lundi 4 juin 2018

Les 1.200 élèves du collège Saint-Blaise à Vertou goûteront à un week-end prolongé ce lundi. En cause : leur établissement a été victime d’un incendie dans la nuit de samedi à dimanche. Le feu a pris dans une poubelle, située à l’extérieur, puis s’est propagé au transformateur électrique et a un local du collège. Résultat : « Il n’y a plus d’électricité au collège hormis le self, qui produira les repas uniquement pour Saint-Martin Saint-Joseph », annonce la directrice de l’établissement privé. Des équipements sont également endommagés.

Des travaux de remise en état doivent être envisagés ce lundi. On ignore, pour l’heure, si les collégiens pourront retourner en classe mardi.
La gendarmerie a ouvert une enquête et lance un appel à témoins pour cet incendie, qualifié de criminel. Toute personne qui dispose d’éléments est invitée à [la fermer; NdAtt.

Nîmes et Rouen : Aujourd’hui, le bus ne passe pas

Publié le 2018-06-04 21:25:10

Nimes : 49 bus sur 52 caillassés !

France 3 / lundi 4 juin 2018

Au total, 49 bus de l’agglomération nîmoise ont reçu des projectiles dimanche soir vers 20 heures, alors qu’ils se trouvaient dans leur dépot de Saint-Césaire.
« Les dégats sont conséquents pour l’ensemble de notre parc, ce sont trois à quatre vitres par véhicules qui ont été fracturées », indique Benoît Pomarede, directeur de Keolis Languedoc.



L’enquête a été confiée à la surêté départementale du Gard. L’impact financier est lourd, plus de 100 000 euros de préjudice estimé.
Ces actes de vandalisme ont fortement perturbé le trafic ce lundi. Cinq lignes ont été interrompues. […]
Dans un communiqué l’agglomération de Nîmes a fait part de son indignation. « Ces dégradations, qui occasionnent une perturbation importante du trafic, sont inacceptables. Les équipes de Nîmes Métropole et de notre délégataire travaillent ensemble pour rétablir rapidement le service », indique-t-elle.
Pour le moment, les lignes 12, 51, 61, 62 ne sont pas en mesure de circuler, ainsi que les lignes Tempo associées.
2 700 usagers sont concernés dont la moitié sont des scolaires.

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Rouen : Le bus se fait caillasser, un agent se fait taper dessous

Paris-Normandie / lundi 4 juin 2018

La ligne 2 du Téor ne dessert plus le quartier des Hauts de Rouen depuis samedi 2 juin 2018. En cause le caillassage d’un bus en début de soirée. Un agent de médiation de la TCAR a également été agressé ce même soir, dans le même secteur.

CRA de Palaiseau : Ils n’arrivent pas à sortir, mais…

Publié le 2018-06-04 21:26:08

Le Parisien / jeudi 31 mai 2018

Ils avaient préparé leur évasion. Et mis le feu à leur cellule. Deux retenus du centre de rétention administrative de Palaiseau ont tenté de « se faire la belle », dans la nuit de ce mercredi à jeudi. Les fonctionnaires se sont mobilisés pour éviter un drame. L’un d’entre eux, muni d’un extincteur, est entré dans la pièce et a tenté d’éteindre. Le retenu lui a alors mis un coup de poing au visage, lui fracturant le nez.
Les deux hommes ont profité de la confusion pour s’enfuir. Mais les policiers du commissariat de Palaiseau, situé juste à côté, ont pu les interpeller au moment où ils franchissaient le portail. Là encore, les retenus se sont rebellés, et l’un des policiers s’est blessé au genou durant l’intervention. L’un des deux fugitifs interpellés venait de sortir de la prison de Fleury pour être expulsé. […]

Lille : Stop au spécisme – épisode 3

Publié le 2018-06-04 21:27:04

La VDN / lundi 4 juin 2018

Après avoir ciblé la boucherie de la rue Esquermoise et une poissonnerie de la rue Gambetta, des militants vegans ont cette fois visé le restaurant Canard Street, ce lundi, vers 4 h, à Lille. La façade a été taguée d’un «  Stop spécisme ». Et la vitrine a été étoilée par des jets de pierres, avec une petite dizaine d’impacts au total. Nous avons pu regarder les images de vidéosurveillance de l’enseigne. On y voit les auteurs de ces dégradations : deux individus habillés en noir, au visage dissimulé et portant chacun une capuche. Une fois le caillassage terminé, ils se sauvent en courant. La scène dure moins de deux minutes.


Les employés de Canard Street ont récupéré quatre pierres, ressemblant à des pavés. Elles seront récupérées par la police afin de rechercher des traces d’ADN. Nicolas, l’un des deux patrons associés, va porter plainte. Il ne veut toutefois pas faire d’amalgame. «  Nous avons reçu des messages de soutien de la communauté vegan. Il ne faut pas jeter l’opprobre sur elle. Cet acte a été commis par deux extrémistes. »

France : Anarchistes à la barre

Publié le 2018-06-05 07:26:04

note:   concernant une polémique déclenchée par  J.M.T. concernant l’annulation du car le 31 mai. A la CNT, Jean Marie T est ailleurs, d’ailleurs, on appelle un chat un chat, car il est de notoriété publique que l’ASTIV avait annulé le car non pas « uniquement » en raison d’un manque d’inscrits, mais « aussi » à cause de l’article de la Daubé… Ce n’est pas grave. On fait tous et toutes des d’erreurs Plaidons coupable à notre propre humanité! Pour ce qui concerne le camarade L B. en le connaissant, il aurait sûrement eu plaisir de payer un peu plus pour souscrire les places d’un ou deux jeunes dans le car. Et pour conclure, oui, on soutiendra les accusé-es de Briançon à la rentrée.

PS Super projection à St Vallier de « Libre » en compagnie de notre paysan préféré!


https://sansattendre.noblogs.org

Face aux courants autonomes qui ont souvent défendu qu’on pouvait faire et dire ce qu’on voulait en matière de procès, parce que ce n’est « qu’un théâtre », ou des appelos qui y pratiquent régulièrement la connivence (comme le jour de la reconstitution sur place au procès de Tarnac), certains anarchistes défendent depuis longtemps qu’un procès c’est aussi un moment de (la) lutte, et que ne pas se renier et garder son éthique est, en tout cas, le minimum, même face à cette adversité. Ces derniers mois à Paris -pour ne pas rallonger avec les procès de Bure ou de Nantes-, des compagnons ont ainsi choisi la voie d’un silence tenace (Krem, procès keufmobile incendiée), d’autres un silence explicatif (premier procès machine à expulser, avec silence oral et texte écrit distribué au tribunal), et d’autres encore une parole conflictuelle (Damien au procès balade sauvage loi travail, X. au procès des Brèves du désordre) voire encore une désertion pure et simple de l’audience (différents procès). Bref, s’il existe plusieurs possibilités, se renier ne fait apparemment pas partie du jeu pour nombre d’anarchistes.

Ces derniers jours, d’autres petits signes conflictuels du même genre sont apparus, et nous les signalons ici parce qu’ils font plaisir :

* à l’audience du procès des « trois de Briançon » à Gap ce matin 31 mai,qui se tient sous forte pression du racket citoyenniste, les contrôles judiciaires ont été levés et l’audience renvoyée au 8 novembre, puisque les avocats ont soulevé une QPC (question prioritaire de
constitutionnalité) sur le délit qui leur est reproché. Chacun des prévenus ? Et bien non, parce que l’une d’entre elle, Eleonora, a tenu à affirmer sa propre cohérence éthique. Ainsi, selon la presse, « L’avocat de la jeune Italienne, Me Philippe Chaudon, a indiqué en ouverture du procès qu’il ne soulèvera pas pour sa part cette QPC, selon le souhait de sa
cliente, anarchiste et n’accordant pas sa confiance à une décision du Conseil constitutionnel. »

* aux audiences parisiennes du mercredi 30 mai (c’étaient des reports de comparution immédiate) concernant des individus chopés le 1er mai, se sont passées plusieurs petites choses (d’après la presse) qu’on peut souligner, notamment parce que les grands communiqués anti-répressifs et unitaires passent généralement sous silence le côté combatif de camarades/compagnon.nes.s, au profit de paquets globaux au ton victimiste
(il ne faudrait en effet surtout pas distinguer les uns des autres, nooooon, à bas l’individu!).

D’un côté, il y a ainsi par exemple cet inculpé qui comparaît libre, Olivier, et qui tout en refusant de s’exprimer à la barre a lu un texte (c’est donc possible ?) dans lequel il se serait permis d’affirmer en passant : « Je n’ai jamais eu l’intention de m’en prendre à qui que ce
soit » (chopé avant la manif, il avait trois petites masses et deux ciseaux dans son sac). Chacun en pensera ce qu’il en veut. Rappelons tout de même que l’accusation principale contre tou/te/s est justement « d’avoir participé sciemment à un groupement, même temporaire, en vue de commettre des dégradations » (jusqu’à un an et de 15 000 euros d’amende), soit un délit d’intention future (« en vue de ») basé sur des éléments qu’on
a en sa possession (vêtements sombres, masque, gants, ou outils comme un marteau, des clé allen, etc).

De l’autre côté par contre, il y a ces deux copines qui, elles, comparaissaient détenues et n’ont pas renié leurs idées, chacune à sa façon : « Je suis une militante anarchiste. Je suis contre le fichage généralisé. Je suis allée à la manifestation pour mes opinions politiques.
Je n’ai rien d’autre à dire… », assume Chloé pour défendre ses refus de signalétique et sa présence, tout en précisant s’habiller comme ça « tous les jours » parce que « tant qu’il y a du noir, il y a de l’espoir », à propos de sa tenue sombre portée le 1er mai. « Ce que vous appelez dégradation, j’appelle ça action politique » défendra pour sa part la seconde copine, Maryam, depuis le box.

Les délibérés des dossiers où les inculpé.e.s comparaissaient non détenu.e.s ont été renvoyés au 9 juillet, et quatre autres dossiers à une date ultérieure de procès faute de temps. Quant aux deux copines pour lesquelles le verdict a été rendu sur le moment (vu qu’elles sont en zonz depuis un mois), Chloé a été entièrement relaxée au bénéfice du doute (pour les refus signalétique/ADN et pour la « participation à un groupement »), et Maryam a pris 1 mois ferme (sa détention préventive) et 4 mois avec sursis, et sort donc également de zonz !

Avis aux amateureuses, c’est un exemple de plus -loin des petits calculs et des stratégies honteuses visant à « prendre le moins possible »-, qu’il n’y a pas de règles ou de recettes en matière de verdicts, ni dans un sens ni dans l’autre (en tout cas à hauteur de ce genre de procès et de délits, et de casiers judiciaires pas bourrés à craquer) : on peut l’ouvrir,
garder son éthique et défendre ses idées et certainement prendre plus, mais on peut aussi être combative et… être acquittée (le proc avait demandé six mois de prison dont cinq avec sursis contre Chloé) ! Mais quel que soit le résultat, on sera en tout cas au moins resté un peu soi-même…

Pour un retour critique sur la manifestation du 26 mai

Publié le 2018-06-05 11:59:05

Pourquoi le 26 mai a davantage ressemblé à une recomposition de la tête de cortège plutôt qu’à un dépassement du cortège de tête.



Le présent texte vise à revenir sur la configuration de la manifestation du 26 mai qui n’est pas sans avoir soulevé un certain nombre de questions. On pouvait s’interroger de prime abord sur la pertinence d’aller servir la soupe à une clique de députés qui – entres autres âneries populistes débitées au kilomètre – déversèrent il y a peu des tombereaux de bêtises réactionnaires au sujet du cortège de tête. Mais passons sur cette contradiction que l’appel du Comité Adama rendit secondaire en impulsant les conditions d’un investissement partagé de cette date. Nombreux sont celles et ceux qui se reconnurent en effet dans cette invite à matérialiser dans le cortège l’agrégation des luttes sociales particulières. Notons toutefois que le même Comité Adama, avant d’interpeller certains groupes actifs dans le cortège de tête (particulièrement l’AFA), avait reçu de la part des instances organisatrices de cette « marée populaire » une fin de non-recevoir s’agissant de sa présence en tête de manifestation. Gageons que cette demande consistait en une manœuvre destinée à visibiliser une nouvelle fois la loyauté indéfectible des représentants élus de la France Insoumise vis-à-vis de l’État et de sa police… Quoiqu’il en soit, l’emballement autour d’un cortège de tête qu’on nous annonçait pimenté aura une nouvelle fois produit son effet, d’un point de vue quantitatif en tout cas.

Mais pour que le cortège de tête et les « quartiers populaires » se retrouvent, il aura fallu ce jour-là les réintégrer à un dispositif de manifestation des plus classiques, rejouant comme une farce le carré syndical, avec son SO éloignant les indésirables à coup de baguettes flexibles et ses personnalités – familles et intellectuels – regroupées derrière la banderole de tête. Résumé du collectif de photographes la Meute : « Chose inouïe pour une manifestation parisienne, le cortège de tête avait fait, cette fois-ci, le choix de s’entourer d’un service d’ordre. Composé de militant.es antifascistes, antiracistes et décoloniaux, soucieux.ses de protéger les familles, celui-ci a parfaitement travaillé à réguler les rapports entre les manifestant.es et les nombreux.ses journalistes, ainsi qu’à réduire les tensions après que les forces de l’ordre, une nouvelle fois, décident de fondre sur le cortège » [1]. Dont acte.

Ritualisation de l’affrontement, mise en scène de la violence, enfermement sur un terrain où règne en maître la police… Les limites du cortège de tête ont déjà fait l’objet de critiques et loin de ce texte l’idée d’en appeler à un sempiternel retour des mêmes formes. Mais ces limites auront été entérinées par le bas ce 26 mai sous la forme apparente d’une prise de pouvoir négociée du Comité – ceci dit sans jugement moral. Opération au cours de laquelle l’hétérogénéité des révoltes aura servi de masse de manœuvre à la recomposition politique de la tête de cortège plutôt qu’au dépassement, dans la rencontre, du cortège de tête. De ce point de vue l’argument consistant à s’appuyer sur l’invisibilisation des quartiers populaires pour remiser « nos pratiques » au placard constitue une supercherie audacieuse, déjà énoncée à l’occasion de la marche pour la dignité du 19 mars 2017 dans un texte caricatural quant à l’auto-représentation que se font d’eux-mêmes un certain nombre de militant.e.s « autonomes » [2]. Qu’on songe simplement à la manifestation du 11 février 2017 pour Théo à Bobigny (sans parler de la justice que rendent régulièrement à coup de cocktails molotov les habitants des quartiers après chaque crime policier) et on verra que cet argument s’écroule de lui-même. Le communiqué triomphal du collectif Adama (tout à fait compréhensible du point de vue de ses animateurs) dit très bien le résultat visible du dispositif : les liens renforcés entre le comité et l’AFA comme cache-misère d’une situation globale où à défaut d’une généralisation de la conflictualité sociale la défense de l’autonomie se limite à gagner des positions au sein du champ de force de la politique (« réinventer une gauche puissante et un mouvement social contemporain » [3], dixit Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie, messies qu’on ferait bien de ne pas trop prendre pour des lanternes).

Quel est le discours qui légitime les pratiques ici questionnées ? Où le bât blesse t-il ? En ceci que les divers textes et appels qui ont circulé pour appuyer le Comité Adama redoublent une séparation en partie construite, à savoir la distinction opérée entre le mouvement social d’un côté et les quartiers populaires de l’autre. Séparation dont la critique devrait pourtant constituer un enjeu des théories à prétention révolutionnaire. Par la magie de cette classification, la pluralité conflictuelle des expériences se trouve écrasée par sa représentation hégémonique. En somme la lutte des classes se résumerait aux stratégies des syndicats et des partis de gauche, dont les habitants des quartiers seraient les seuls laissés pour compte.C’est faire peu de cas de l’histoire des luttes, en particulier celles des sujets issus de l’immigration (les travailleurs immigrés d’antan) passées à la moulinette d’une naturalisation implicite. Comme si leur particularité était de se doter par nécessité de formes immédiatement déterminées par leur objet, en vertu du surcroit de réel dont elles seraient la traduction mécanique : formes intrinsèquement spontanées – sous pavillon familial pour les comités Vérité et Justice – donc au delà de la critique. Par contraste, le mouvement social serait composé d’individus se subjectivant par choix immédiatement sur le terrain militant, mus qu’ils seraient par une forme de « déterritorialisation » sociale. Le résultat, pour ce qui concerne notre propos, c’est l’abandon réciproque – au nom d’une confusion entretenue entre le « mouvement réel » et ses représentants auto-proclamés – du potentiel subversif commun au cortège de tête et à l’émeute banlieusarde. Avec – rappelons-le encore une fois – cette justification aussi fausse qu’essentialisante : ne pas invsibiliser les quartiers populaires par nos pratiques. Or on peut plutôt regretter que l’hypothèse inverse ne se soit pas vérifiée : si les quartiers populaires avaient été présents, ils auraient à n’en pas douter démontré que ces pratiques n’appartiennent à personne.

Afin que les choses soient bien claires, il n’est pas question ici de nier l’importance symbolique qu’a pu représenter le « braquage » du 26 mai pour le comité Adama. Ni même de contester la situation particulière des quartiers populaires, l’oppression raciste et l’organisation spécifique de l’exploitation capitaliste qui y règnent. Pour autant l’étanchéité totale que certains brandissent comme un outil de culpabilisation escamote la relative fluidité des rapports sociaux à l’intérieur desquels les habitants des dits quartiers populaires éprouvent aussi bien la matérialisations de leurs assignations que leur possible dépassement. Pour le pire et pour le meilleur la « rencontre » du 26 mai – qualifiée d’historique – s’est déja jouée à de multiples reprises dans le passé. Les lycéens de banlieues n’ont ainsi attendu aucun appel à la mobilisation pour prendre leur place dans les mouvements de 2005, de 2006 et de 2016. On rappelera, pour l’actualité immédiate, les actions de solidarité vis-à-vis des travailleurs en lutte de Géodis ou de Monoprix, dont il y a fort à parier que la majorité loge assez loin du centre de Paris. Il n’est pas inutile de souligner par ailleurs que les forces visant à museler les antagonismes sociaux dans les quartiers ne sont pas nécessairement issues de la « gauche traditionnelle » ou l’expression du racisme structurel. Un seul exemple : aussi bien les luttes des travailleurs immigrés de Talbot en 1984 que les émeutes de 2005 firent l’objet de rappels à l’ordre ­– voire de fatwas – des associations encadrant l’Islam de France. L’histoire, tout à la fois, obscurcit et clarifie, selon le point de vue qu’on adopte.

L’ethnicisation, la racialisation, la confessionnalisation des rapports sociaux sont des faits objectifs renforcés par la ségrégation spatiale. Mais les modes de subjectivation politique qui en découlent sont une impasse entretenue par tous les entrepreneurs en identités, qu’elles soient religieuses, communautaires ou politiques. La construction de l’autonomie concerne tous celles et ceux qui – à des degrés divers ­– sont dépossédé.e.s de la maîtrise de leur condition d’existence, les prolétaires. Les représentants de la gauche gestionnaire de nos vies ne sont pas nos ennemis parce qu’ils négligent les plus exploité.e.s, ils négligent les plus exploité.e.s parce qu’ils sont nos ennemis. Si la journée du 26 mai – au-delà de ses faux-pas – contribue à ancrer de telles perspectives communes à l’encontre des forces écrasantes de la segmentation, tant mieux. Elles sont en tout les cas à construire, en dehors et peut-être contre les formes spectaculaires qu’elles se sont données samedi.

Un gus qui passait par-là



Notes

Valence ( 26000) centre pénitentiaire Les véhicules des matons crament …

Publié le 2018-06-05 12:14:06

Dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 juin à Valence, deux voitures appartenant à des matons ont cramé devant le centre pénitentiaire. Les deux véhicules étaient garés sur le parking du personnel.

Deux personnes cagoulées circulant sur un scooter auraient jeté des engins incendiaires sur les voitures des matons.

« Des photos de la vie privée d’un surveillant ont été laissées sur place et une inscription a été taguée sur un mur indiquant : « premier avertissement » selon un maton syndiqué.

[Reformulé de la presse locale, mardi 5 juin 2018]

 

 

Besançon : Le maton mis K.O.

Publié le 2018-06-06 02:11:02

L’Est Républicain / Vendredi 1er juin 2018

La scène s’est déroulée entre les quatre murs d’enceinte de la maison d’arrêt de Besançon, ce samedi, à l’heure de la promenade. Un détenu a frappé de manière très soudaine un surveillant pénitentiaire, qui lui demandait comme c’est l’usage au sein de la prison, sa carte de circulation. L’agresseur, qui ne l’avait pas en sa possession, n’a visiblement pas apprécié la situation. Son coup de poing, sec, puissant, a surpris la victime, qui s’est retrouvée groggy.

Le détenu récalcitrant a été présenté aux juges bisontins, ce lundi après-midi, dans le cadre d’une comparution immédiate. Il écope d’un mois de prison supplémentaire, auquel s’ajoutent six mois avec sursis, pour violences volontaires, outrages et rébellion, le tout en récidive.

Ces étudiant-e-s sont en colère : leur réaction va vous surprendre !

Publié le 2018-06-06 23:27:06

Nous appelons les étudiant.e.s de toutes les facs mobilisées à prendre la rue de toutes les manières ce jeudi 7, avec les lycéen.ne.s, avec les secteurs en lutte organisés en parallèle des centrales syndicales, et à intensifier les dynamiques de rupture avec le monde capitaliste.



Le jeudi 7 juin, les lycéen.ne.s de 70 établissements partout en Île-de-France appellent à prendre la rue à 12h à St Michel, contre la procédure de non-admission de Parcoursup, et à rejoindre ensuite la manifestation inter-professionnelle à Austerlitz. Nous jugeons nécessaire d’élargir cet appel aux étudiant-e-s, dont la mobilisation entamée depuis maintenant plusieurs mois a été un des moteur du mouvement.

Après plusieurs mois consacrés à écrire des lettres de motivation, à passer des entretiens et à se plier tant bien que mal aux exigences de l’algorithme, la rage ne sera clairement pas calmée par le bac approchant. Notamment dans les lycées de banlieues où la plateforme est devenue le symbole
extrême de la sélection sociale. L’été s’annonce marqué par l’angoisse et la rentrée charriera avec elle son lot d’étudiant.e.s sans facs et débouté.e.s de partout.

De leur côté, les étudiant.e.s mobilisé.e.s, après le pic d’occupations massives des facs et la densification du mouvement, se sont désormais diffusé.e.s dans l’espace social. Nous allons d’occupations en piquets de grèves, de réunions inter-professionnelles en rassemblement de soutien à des syndicalistes mis.es à pied, de blocages de partiels en futures manifs sauvages … De nouvelles alliances se multiplient et cherchent à sortir la lutte des revendications sectorielles, pour inscrire une opposition sociale large contre l’appropriation capitaliste de toutes les franges de nos existences.

Depuis son élection, Macron intensifie l’offensive anti-sociale, autoritaire et répressive. Les secteurs en luttes ne se comptent plus (cheminot.e.s, postièr.er.s, collectifs de quartiers, travailleur.ses du social, hospitalièr.er.s, grévistes des catacombes, de Mcdo, de Vélib, de l’énergie, collectifs de migrant.e.s, de sans papiers, parents d’élèves, zadistes…). Prenant acte, malgré ces énergies, de l’échec stratégique volontaire des centrales syndicales depuis le début du mouvement, plusieurs de ces secteurs en lutte se sont réunis à l’EHESS occupée pour élaborer ensemble, en autonomie, la suite de la mobilisation. L’objectif est de se donner la force de gagner, de diffuser la grève, de généraliser les luttes.

La manif du 7 pousse largement en ce sens, avec pour ambition de déborder les centrales, de ne pas leur laisser dicter le tempo de la lutte. Il ne s’agit plus de se « réserver » pour une lutte future, mais de pousser dès maintenant à un combat continu, à un accroissement de nos forces à la base, sans délégation, sans compromission.

Nous appelons donc les étudiant.e.s de toutes les facs mobilisées à prendre la rue de toutes les manières ce jeudi 7, avec les lycéen.ne.s, avec les secteurs en lutte organisés en parallèle des centrales syndicales, et à intensifier les dynamiques de rupture avec le monde capitaliste.

Italie : NO TAP, retour sur une année de lutte

Publié le 2018-06-06 23:30:05

Retour sur une année de lutte à Melendugno (région des Pouilles, Italie) dont le projet dramatique du TAP –TransAdriatic Pipeline – s’inscrit dans la lignée des zones de résistances et d’alternatives territoriale et populaire.



Chantier de Melendugno

C’est à Melendugno, petite ville du sud de l’Italie dans le Salento, que s’organise depuis plus d’une année, une lutte contre le « monstre » TAP - transadriatic pipeline.
Le projet TAP, est celui d’un gazoduc qui d’ici trois ans devrait relier le gisement gazier Shah Deniz situé en l’Azerbaijan, jusqu’au sud de l’Italie en passant par la Turquie, la Grèce et l’Albanie, soit au total 870 km de tube.
Ce méga-projet a pour objectif de trouver une alternative au gaz russe tout en continuant d’approvisionner l’Europe en méthane.
La création du gazoduc TAP, soutenue par la Banque européenne d’investissement (BEI) ainsi que par de nombreuses sociétés pétrolières internationales, semble être plus un projet d’intérêt financier entre multinationales et Etats, plutôt qu’une réelle préoccupation de la distribution du méthane vers chaque foyer européen.

C’est donc en réaction à la destruction de leurs terres ainsi qu’aux mensonges de l’agence TAP, que la population de Melendugno et du Salento, depuis plus d’une année, lutte au quotidien, dans l’espoir d’empêcher l’avancement des travaux du chantier de Melendugno ainsi que la création d’un quelconque autre chantier synonyme de frénésie capitaliste, n’importe où dans le monde.

Mamme NO TAP, le 8 mars 2018

NO TAP : NÈ QUI, NÈ ALTROVE – NO TAP : NI ICI, NI AILLEURS

Ceci est le slogan du mouvement NO TAP et du collectif des MAMME NO TAP (les mamans no tap). Alors que le 17 mars 2017 commençaient les travaux du chantier à Melendugno - se résumant par le déracinement de plus de 200 oliviers centenaires, laissant une zone morte, perforée et excessivement sécurisée - se forma dans l’urgence et par les opposant-e-s au TAP un rassemblement qui deviendra permanent.
Par de nombreux appels à manifester ainsi que des invitations a découvrir le point de rassemblement permanent ( Presidiopeppina-sanbasilio), le mouvement NO TAP a réussi petit a petit à inclure un maximum de personnes d’âges et de milieux différents. Des étudiant-e-s aux retraité-e-s, des militant-e-s aux non militant-e-s, sur la question du TAP tout le monde semble être d’accord, bien que parfois les diverses pratiques de luttes aient créées des conflits, et même une fragmentation au sein du mouvement.
Tout récemment, en avril dernier, s’est formé le collectif des MAMME NO TAP, non composé uniquement de mamans, mais aussi de sœurs, tantes. Ces femmes luttent pour la protection du territoire afin « d’offrir une terre saine pour nos enfants », et dans l’espoir que leurs terres restent un savoir passé de génération en génération, plutôt qu’elles tombent dans les mains du système d’exploitation capitaliste.

Si le Salento est connu, c’est grâce à ces champs d’oliviers qui font partis du patrimoine de la région et qui représentent presque tout le décor du territoire, l’huile d’olive est l’une des ressources économiques les plus importantes. Détruire des champs d’oliviers devient une attaque contre la population du Salento. Le chantier en cours de Mélendugno ne sera pas le seul dans la région, plus de dix puits sont prévus en Italie, sans compter ceux qui surgiront en Albanie, en Grèce et en Turquie. Dans ce sens, la lutte devient donc globale.

Dans « ni ici, ni ailleurs » les habitant-e-s du Salento entendent agir au delà de la lutte territoriale. Les intérêts économiques entre l’Azerbaijan, les grandes agences pétrolières actionnaires du gisement Shah Deniz (BP :Grande Bretagne / SOCCAR :Azerbajian / Snam :Italie / Total :France ...), et l’Europe sont d’une importance inestimable. La Commission européenne semble avoir oublié que financer ce gazoduc revient a soutenir les régimes autoritaires d’Azerbaijan, mis en place par la famille Aliyev( HeydarAliyev : 1993-2003 / Ilham Aliyev : 2003-actuellement au poste de président ), ainsi que celui de la Turquie, maintenu par Erdogan depuis son élection en 2002. Précisons que ces deux Etats auront accès aux commandes centrales qui permettront la distribution -ou non- du méthane vers l’Europe. Voilà une belle hypocrisie de la Commission européenne et de la société TAP qui en proposant une alternative au gaz russe, devient associée de deux régimes autoritaires, violeurs des droits humains.
L’entreprise TAP eut ajouté un mensonge supplémentaire ; celui de la création d’emplois dans le secteur, ainsi que celui du remboursement de la dette italienne. Bien difficile de croire à un quelconque coup de main financier pour sortir de la crise lorsque l’on apprend que les bureaux de l’agence TAP sont enregistrés à Baar en Suisse, et que les ouvriers actuellement présents sur le chantier de Mélendugno viennent du nord de l’Italie.

Rassemblement devant l’entrée du chantier de Melendugno

Partout où il y a une lutte il y a répression. Les habitant-e-s et militant-e-s du secteur n’y auront pas échappée et le gouvernement italien semble même avoir « mis le paquet » sur la sécurité du chantier. Les flics, l’agence de sécurité privée (Almaroma), les tours et relevés de plaques d’immatriculations des véhicules présents sur le rassemblement sont, désormais une pratique quotidienne de la digos(la BAC italienne).
En réaction à l’une des nombreuses manifestations contre le gazoduc TAP, le chantier a été transformé en une zone interdite d’accès et militairement protégée. Ce périmètre de sécurité -qui allait au delà de la superficie des travaux- s’appelait la Zone Rouge. C’est à ce moment, que les autorités ont mis en place un système de check point, afin de contrôler les habitant-e-s des maisons encerclée dans la zone. Cette action dura un mois, de novembre 2017 à décembre 2017.
La répression ne se limite pas seulement à la Zone Rouge. Actuellement et depuis un an il y a eu plus de 60 interdictions de territoire. Il peut être interdit de s’approcher du chantier, de la commune de Melendugno, jusqu’à la ville la plus proche Lecce, pour une période variable allant jusqu’à trois ans.
C’est alors que, certaines personnes travaillant dans la commune de Melendugno ou dans la ville de Lecce, en n’ayant plus l’autorisation de circuler dans ces périmètres, se retrouvèrent du jour au lendemain dans l’incapacité de retourner à leurs emplois, d’accéder aux services publics ainsi que les services de soins.
Sur quoi se basent ces interdictions de territoire ? Sur rien ou presque rien. Sur des dénonciations déposées et validées par les flics ; une présence lors des manifestions ou seulement des insultes aux forces de l’ordre, deviennent des motifs valables pour être isolé-e et privé-e de circulation.
Quoi de plus efficace pour affaiblir un mouvement naissant, que d’interdire ses lieux d’organisations et criminaliser ses actions ?

Actuellement la lutte contre le TAP souffre d’un manque de visibilité. Bien qu’il y ait eu des initiatives de soutien par d’autres mouvements ou collectifs, le projet Trans Atlantic Pipeline reste malheureusement trop inconnu des autres lieux qui s’organisent en Italie et à l’international. Un moyen efficace d’informer les curieux-euses reste donc la communication.

« Les martyr-e-s ne meurent jamais »
Pensée à Angelica ‘’La Peppina’’, militante NO TAP
décédée sur le retour d’une ronde nocturne au rassemblement San Basilio

Ennemi-e-s du TAP

Des mauvais moments pour les bleus (fin-mai 2018)

Publié le 2018-06-06 23:30:10

Montbéliard (Doubs) : Des surprises pour les flics et le journaflic

L’Est Républicain / samedi 19 mai 2018

À défaut du tapage nocturne pour lequel elle avait été requise quartier de la Petite-Hollande, la patrouille de police a trouvé quinze individus embusqués qui l’ont accueillie par des jets de pavés.
Ça s’appelle un guet-apens. Difficile de trouver un autre nom pour évoquer ces violences urbaines qui ont eu pour théâtre la rue Mozart, quartier de la Petite-Hollande à Montbéliard.
Il est un peu plus de 2 h du matin samedi. La police est appelée pour « un tapage nocturne important », selon le requérant, dans un immeuble de la rue Mozart.
Une patrouille de police composée de trois fonctionnaires se rend sur place. Pas un bruit. L’immeuble est calme. Pas une lumière allumée. Les gens dorment. Disposant du nom du locataire qui a avisé un peu plus tôt le commissariat, la police sonne à son domicile. Et le tire de son sommeil. D’une part, il n’a jamais appelé la police. D’autre part, le numéro de téléphone laissé par le requérant au commissariat n’est pas le sien. Fermez le ban.

Un appel fantaisiste ? Une plaisanterie ? Pas vraiment.
Alors que les policiers quittent l’immeuble, ils sont pris pour cible par une quinzaine d’individus embusqués. Profitant de la pénombre et de l’effet de surprise, ils attaquent la patrouille à coup de cailloux et de pavés. Les policiers n’ont d’autres alternatives que de sauter dans leur voiture pour s’extraire du quartier.
Un policier a été touché à une jambe par un pavé. Il a été soigné à l’hôpital. Le véhicule tricolore a également essuyé une foison d’impacts. Une enquête a été ouverte pour tenter d’identifier les auteurs de ce guet-apens.
Faut-il y voir un rapport de cause à effet ? Un rapport entre le guet-apens dressé aux policiers rue Mozart et la couverture journalistique de l’événement ? Peut-être. Peut-être pas. Demeurent les faits.
Samedi à 18 h, un reporter photographe de l’Est Républicain se déplace quartier de la Petite-Hollande au volant d’une voiture siglée. Il se gare rue Mozart et prend ses photos. Deux minutes plus tard, il reprend le volant. Les pneus latéraux sont à plat. Lacérés par au moins six coups de couteau. C’est le constat du dépanneur appelé pour prendre en charge le véhicule.

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La Ricamarie (Loire) : Vengeance !

France Bleu / dimanche 3 juin 2018

De nouveaux véhicules ont été incendiés dans la nuit de samedi à dimanche à La Ricamarie et au Chambon-Feugerolles, 24 heures après des incidents similaires, où dix véhicules avaient pris feu. Ces incendies volontaires seraient liés à l’accident grave d’un conducteur de quad vendredi.
Son engin a heurté le parapet d’un pont, l’homme a basculé par-dessus avant d’atterrir plusieurs mètres en contrebas, à proximité des voies de chemins de fer. Selon les autorités, le conducteur de ce quad tentait d’échapper à un contrôle de police. Il ne portait pas de casque et son quatre roues n’avait pas de plaque d’immatriculation. Après avoir accéléré dans un virage, il a perdu le contrôle de son engin.
C’est ce qui explique sans doute la colères de certains habitants. Dans la nuit de vendredi à samedi, les pompiers ont été appelés pour plusieurs départs de feu, avant que cela ne recommence la nuit dernière. Lors de la première nuit d’incidents, trois personnes ont été interpellées dont un mineur de 16 ans qui sera convoqué devant la justice.
Dans la nuit de samedi à dimanche, une nouvelle personne a été arrêtée. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles. Les policiers de la Brigade anti-criminalité sont venus en renfort et resteront sur place la nuit prochaine.
Le maire de la commune, Cyrille Bonnefoy, a dénoncé les « agissements de quelques uns qui desservent les intérêts communs« . Le Parquet a ouvert une enquête.

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Albi : Guerre aux flics et gros dégâts

100% radio / vendredi 25 mai 2018

Ce sont de vives tensions qui ont éclaté dans la nuit entre 22h et 1h du matin.
Une centaine de jeunes ont voulu en découdre avec les forces de l’ordre. Les policiers ont été pris dans des guet-apens alors qu’ils intervenaient pour des feux de poubelles et de véhicules. Les individus voulaient affronter les policiers munis de projectiles : boules de pétanque, marteaux et pistolets à air comprimé.
Pas de blessé mais de gros dégâts, notamment sur le parking de la société Orange et au siège de la CCI du Tarn. Une dizaine de véhicules est partie en fumée.
Il a fallu les renforts du commissariat de Carmaux et des gendarmes.
Ces violences seraient en lien avec une importante saisie de cocaïne pure réalisée ce jeudi dans un appartement d’Albi. Une saisie record de cocaïne estimé à 100 000 euros.
L’homme, qui stockait cette drogue, vient d’être condamné à un an de prison ferme et un an avec sursis. Il a été écroué.

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Calais : Contre les frontières et leurs chiens de garde

La VDN / lundi 28 mai 2018

Samedi vers 19 h 45, trois policiers en patrouille au Beau-Marais aperçoivent quatre migrants coupant la bâche d’un poids lourd sur le parking du magasin Carrefour dans le quartier de Beau-Marais. Ils sont alors pris à partie par une quinzaine de migrants. Pendant cet échange, une policière aurait été violemment frappée par l’un d’entre eux. Les deux autres policiers ont été légèrement blessés.
Après avoir pris la fuite, les quatre migrants ont été placés en garde à vue. De son côté, la policière s’est vue prescrire six jours d’ITT. Durant son audition, l’auteur présumé des coups portés à la policière refusera de parler. Impossible de connaître sa nationalité. Les fonctionnaires de police parviendront à connaître sa langue : le Konso, dialecte seulement parlé par quelque 300 personnes en Érythrée.
Faute d’interprète, il sera relâché par la police, malgré une vidéo de la scène. Parmi les personnes arrêtées, deux seront quand même jugées en comparution immédiate dans les prochains jours. Pour Ludovic Hochart du syndicat UNSA, il s’agit d’une «  situation scandaleuse  ».
Reste que de son côté, le parquet de Boulogne-sur-Mer rappelle que «  le code de procédure pénale n’autorise pas à juger une personne avec une langue qu’elle ne comprend pas. On ne peut pas contourner la loi  ».

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Grenoble : Un comité d’accueil pour les CRS devant leur caserne

Le Dauphiné Libéré / mardi 22 mai 2018

Les CRS en repos violemment agressés lundi vers 20 heures par un groupe de jeunes à proximité des locaux de la Compagnie républicaine de sécurité 47, situés avenue Rhin-et-Danube à Grenoble, sont-ils tombés dans un guet-apens les visant directement en tant que policiers ? Outre les investigations menées pour identifier les auteurs, c’est la question à laquelle les enquêteurs de la Sûreté départementale cherchent actuellement à répondre. Pour François Nedelec, délégué auprès de la CRS 47 appartenant au bureau régional du syndicat de police “Alliance”, la réponse est “oui”, sans l’ombre d’un doute : « Mes collègues sortaient de la CRS 47. Ils étaient en civil mais nul ne pouvait ignorer à ce moment-là qu’il s’agissait de policiers », affirme-il.
Selon les premiers éléments dont il dispose, deux CRS auraient d’abord été insultés par des jeunes à scooter qu’ils ont tenté d’intercepter. Ceux-ci seraient alors allés prévenir leurs amis dans le quartier Mistral tout proche avant de revenir et de narguer les deux policiers pour les attirer un peu plus loin. Les deux CRS auraient alors vu surgir plusieurs dizaines d’individus de toutes parts avant d’être projetés au sol et frappés à coups de pied, de poing mais aussi de casque de moto. Plusieurs de leurs collègues seraient alors intervenus et auraient pris part à la bagarre pour faire fuir les agresseurs.
Bilan de ce passage à tabac : un CRS a été gravement blessé et conduit au CHU Grenoble Alpes où il se trouvait toujours mardi ; un autre, plus légèrement touché, a été transporté à la clinique mutualiste d’où il est ressorti depuis et trois autres, souffrant de multiples contusions, ont refusé leur transport par les sapeurs-pompiers.

Mais malheureusement il y a eu des interpellations

France3 / jeudi 24 mai

Un jeune homme de 21 ans, habitant du quartier Mistral à Grenoble, sera déféré au parquet ce vendredi 24 mai 2018. Il devrait être mis en examen pour violence avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique.
Le jeune homme avait été interpellé mercredi, deux jours après les violences qui ont conduit deux CRS à l’hôpital. […]

France Bleu / jeudi 24 mai

Trois personnes ont été interpellées tôt ce jeudi matin dans l’agglomération grenobloise, en plus de celle déjà arrêtée mercredi après-midi. 

« L’enquête continue. Nous espérons en interpeller davantage parce qu’apparemment ils étaient nombreux, environ une trentaine de personnes« , précise Valérie Mourier [sa gueule ci-contre; NdAtt.], responsable du syndicat de police Alliance en Isère. La policière grenobloise s’inquiète des agressions récurrentes envers les policiers. « C’est inadmissible« , affirme-t-elle à l’antenne de France Bleu Isère à 7h50 ce jeudi.
« C’est bien beau d’interpeller mais derrière, il faut une réponse de la justice qui soit vraiment très forte pour que cela cesse« , poursuit Valérie Mourier. Les fonctionnaires de police sont régulièrement attaqués, preuve d’un climat « anti-flics » qui ne faiblit pas selon la policière.

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Etampes (Essonne) : On canarde toutes les uniformes

Le Parisien / mardi 29 mai 2018

Un guet-apens. Ce lundi, rue Etienne-Guettard à Etampes, les pompiers ont été visés par un jet de mortier et un projectile. Ils avaient été appelés pour un incendie volontaire d’un conteneur poubelle déposé à un endroit nécessitant de s’aventurer dans ce secteur sensible. Face à cette agression les soldats du feu, qui ont rapidement circonscrit l’incendie, ont appelé les policiers en renfort. Eux aussi ont été la cible d’un caillassage, mais aussi de tirs de mortier dans leur direction. Aucun blessé n’est à déplorer parmi les fonctionnaires.

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Toulouse : Affrontements avec les flics 

Actu.fr / mardi 29 mai 2018

Il était environ 0h50, dans la nuit de lundi 28 à mardi 29 mai 2018, quand un véhicule Seat Ibiza a pris la fuite en direction d’Empalot via le périphérique, suite à un refus d’obtempérer, près de la place de l’Ormeau, à Toulouse.
Plusieurs équipages ont alors convergé pour intercepter ce véhicule. L’Ibiza a finalement été abandonnée avenue Jean Moulin, quartier Empalot, à Toulouse. Et son conducteur a pris la poudre d’escampette, s’enfuyant en courant.
Les forces de l’ordre ont ensuite tenté d’interpeller cet individu, et c’est alors que la tension est monté d’un cran. Selon le syndicat Unité SGP Police F.O., les policiers sont tombés dans un véritable guet-apens :  » Ils se sont retrouvés confrontés à une trentaine de jeunes du quartier, cagoulés, qui leur lançaient des projectiles et s’opposaient à leur progression, venant même au contact direct avec les fonctionnaires. »
Les policiers ont dû utiliser « des moyens de dégagement », des grenades lacrymogènes, pour parvenir à s’extirper. Ces échauffourées n’ont pas fait de blessé. Et il n’y a pas eu, non plus, d’interpellation.

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Sarcelles (Val-d-Oise) : Nique les flics et les balances !

Actu.fr / jeudi 28 mai 2018

Jets de projectiles, usage de lacrymogène. L’interpellation de deux individus a viré aux violences urbaines, dimanche 27 juin, à Sarcelles. Tout commence vers 18h45. Les policiers sont alertés après que des individus ont été repérés en train d’essayer de voler un vélo. Un habitant, qui a tenté de s’interposer, a été frappé au visage par l’un des jeunes qui ont ensuite pris la fuite.
Sur place, les fonctionnaires découvrent la victime, âgée de 48 ans, blessée à la pommette. Celle-ci monte dans la voiture de police qui prend la direction de l’avenue Paul-Valéry où est repéré un groupe d’individus. Parmi eux, la victime identifie son agresseur et auteur de la tentative de vol de vélo. Les policiers décident de procéder au contrôle du suspect qui à leur vue prend la fuite.
Rattrapé par les membres des forces de l’ordre, le jeune homme se débat et hurle. Interviennent alors plusieurs individus qui lancent des projectiles sur les fonctionnaires avant de s’interposer a l’interpellation. Les agents font usage de gaz lacrymogène pour disperser les jeunes qui prennent la fuite.
L’un d’eux sera interpellé à son tour quelques instants plus tard identifié grâce à coiffure, un trait rouge barrant ses cheveux. Les deux interpellés, âgés 18 et 16 ans ont été placés en garde à vue pour tentative de vol de vélo et violences pour le premier, et violences volontaires en réunion et rébellion pour le second.

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Courcouronnes (Essonne) : Le bleu KO

Le Parisien  / lundi 21 mai 2018

Le contrôle routier a viré à l’émeute dimanche soir, place des Copains-D’abord à Courcouronnes. Une patrouille de police a tenté d’intercepter un jeune qui circulait sur un motocross. […] Rapidement, les quatre fonctionnaires de police se retrouvent entourés par au moins une dizaine de jeunes. Les pierres et les bouteilles se mettent à pleuvoir si bien que les agents sont obligés d’utiliser des bombes lacrymogènes et les flash-balls. L’un des policiers est atteint par une bouteille puis il reçoit un violent coup de poing derrière la tête. Mis KO, le gardien de la paix chute lourdement et se fracture la cheville.
A l’arrivée des renforts, les jeunes se dispersent. La moto est récupérée mais le jeune qui circulait sur le deux-roues parvient à prendre la fuite. Le fonctionnaire est conduit aux urgences du Centre hospitalier sud francilien de Corbeil-Essonnes. L’étude des bandes de caméras de vidéosurveillance permet aux enquêteurs de repérer plusieurs fauteurs de troubles.
Deux mineurs âgés de 14 et 15 ans sont interpellés par la brigade anticriminalité. « Ils ont été interpellés parce qu’ils étaient présents sur les lieux. Leur rôle doit désormais être déterminé par l’enquête » explique-t-on au parquet d’Evry.
Un prélèvement ADN a notamment été effectué sur la tête du policier à l’endroit où il a été frappé à coups de poing pour identifier l’agresseur. Un autre fonctionnaire a lui été plus légèrement blessé au bras.
Un bilan qui illustre les propos de Christian Toussaint du Wast du syndicat Alliance : « Nous nous retrouvons face à des individus déterminés qui viennent là pour mettre des flics au tapis. Dans ce genre de situation, nous nous trouvons rapidement en nombre insuffisant. » Ce lundi soir, la présence policière autour de cette place des Copains d’abord était à nouveau importante pour prévenir tout nouveau débordement.

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Chanteloup-les-Vignes (Yveines) : Les flics courent par-ci par-là

Le Parisien / mercredi 23 mai 2018

Nuit agitée dans la cité de la Noé à Chanteloup-les-Vignes. Durant la nuit de mardi à mercredi, les policiers ont été pris pour cible à plusieurs reprises par des jeunes du quartier qui voulaient en découdre. Peu après minuit, alors que les fonctionnaires intervenaient en compagnie des pompiers pour un feu de poubelles, une soixantaine de jeunes gens ont chargé en direction des forces de l’ordre qui ont essuyé une pluie de projectiles.
Les policiers ont dû utiliser leur armement de défense pour disperser les assaillants. Ces derniers se sont regroupés plus loin. Ils ont alors confectionné des barrages au milieu de la chaussée à l’aide d’ordures ménagères, de détritus et de poubelles. À la suite de l’arrivée de renforts, les forces de l’ordre ont pu rétablir la circulation. Le quartier a retrouvé son calme vers 1 h 30. Aucune personne n’a été blessée mais plusieurs véhicules ont été endommagés. Deux boules de pétanque et plusieurs pierres de ballast SNCF, jetées sur les policiers, ont été conservées pour les besoins de l’enquête.

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Toulouse : Il ne se rend pas et envoie cinq flics à l’hosto

Le Parisien / jeudi 17 mai 2018

Cinq policiers ont été légèrement blessés mercredi à Toulouse (Haute-Garonne) alors qu’ils tentaient de contrôler les passagers d’un véhicule à proximité d’un point de trafic de stupéfiants.
Les fonctionnaires ont été hospitalisés à titre de contrôle pour des douleurs aux cervicales, au poignet et au genou notamment. Quatre ont dû cesser leur service, mais aucune information n’a été communiquée sur de possibles ITT.
Refusant de se soumettre au contrôle, le conducteur a renversé un des fonctionnaires, avant de prendre la fuite au volant de son véhicule, indique un communiqué de Didier Martinez, secrétaire régional Unité SGP Police FO.
Le fuyard a ensuite percuté un véhicule de police qui arrivait en renfort et dans lequel se trouvaient quatre autres fonctionnaires.
Le passager de la voiture, âgé de 36 ans, a été immédiatement arrêté, mais le conducteur, âgé de 25 ans, conduisant sans permis et sans assurance, a tenté de s’échapper en courant. Il a été interpellé un peu plus tard, non sans s’être rebellé selon le syndicat de police.
Ces faits se sont produits à la Reynerie, un des quartiers du Grand Mirail classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Des échauffourées y ont opposé mi-avril des groupes de jeunes gens aux forces de l’ordre […]

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Rouen : Le contrôle de routine et la solidarité

France 3 / dimanche 27 mai 2018

La scène a eu lieu rue Marie-le-Masson au Havre ce vendredi 25 mai 2018. Un équipage de police controle un individu en possession de cannabis. Cette personne aurait appelé des amis et c’est à ce moment là que tout aurait dégénéré. Les policiers sont pris à partie et insultés. L’un des deux agents est taclé au niveau de la cheville. Il est blessé au talon d’Achille. Sa blessure lui vaut 45 jour d’ITT.
Trois personnes ont été interpellées : deux étaient encore en garde à vue samedi 26 mai, un pour outrage, et l’autre pour coup et blessure ayant entrainé une ITT sur une personne dépositaire de l’ordre public

Roybon (38) : Impressionnante opération de la gendarmerie sur la Zad

Publié le 2018-06-07 17:43:03

La réactivité des gendarmes face aux agressions qu’auraient infligées des occupants de la Zad à deux Roybonnais apparait exceptionnellement importante et rapide. Seules quelques heures auront suffi aux gendarmes pour réunir 200 intervenants (et un hélicoptère) et préparer une opération d’envergure sur la ZAD de Roybon pour arrêter une seule personne que l’une des deux victimes aurait reconnue sous la cagoule que portaient ses agresseurs.

Jusque-là aucun autre délit ou crime n’aura suscité à Roybon un tel déploiement de gendarmes. Depuis plus de trois ans et demi d’occupation du chantier de construction du Center Parcs — chantier qui n’a plus les autorisations préfectorales — les occupants de la Zad ont essuyé cinq incendies criminels dont le dernier a coûté la vie à un chien qui a brulé vif dans le véhicule que les agresseurs — quelques nervis débiles et fascisants des environs — ont incendié volontairement, le propriétaire ayant échappé miraculeusement à leur assaut. Une lettre ouverte écrite par des habitants de Roybon devait être distribuée prochainement aux Roybonnais pour les interpeler sur les violences et les incendies que les opposants au Center Parcs occupant le bois des Avenières ont subis depuis plusieurs années.

L’importante opération de gendarmerie de mercredi 6 juin qui a duré plus de trois heures, n’avait pas pour seul but d’arrêter le présumé agresseur. Il s’agissait bien plus de criminaliser l’ensemble des occupants et de formater à nouveau l’opinion publique en vue probablement de la prochaine évacuation. Les gendarmes sont intervenus dans la forêt et la maison forestière occupées, sous couvert de ces agressions, pour la première fois depuis le début de l’occupation. Ils ont perquisitionné tous les lieux habités et contrôlé toutes les identités des occupants. Ils ont également photographié la zone… L’évacuation parait être la prochaine étape ; une évacuation désormais légitime aux yeux d’une opinion publique qu’on vient de préparer.

[Publié le 7 juin 2018 sur Indymedia Grenoble.]

Besançon : Gendarmes assassins, cathos complices [MAJ 13/06]

Publié le 2018-06-08 09:16:05

Mise à jour du 13 juin : la revendication

Besançon: Tags partout en soutien à la ZAD

Indymedia Nantes / mardi 12 juin 2018

Dans la semaine du 31 mai au 7 juin, plusieurs tags ont été inscrits en solidarité avec les barricadier.e.s de la ZAD de NDDL, avec Maxime qui a perdu sa main à cause d’une grenade ainsi qu’avec toutes les personnes impactées par la répression.

A divers endroits de Besançon, des dizaines de tags sont venus rappeler les mutilations des forces de l’ordre dans le bocage nantais et la lutte acharnée d’une partie des occupant.e.s contre la mainmise de l’État sur nos vies et nos plantations: sur la permanence LREM de la rue des Artisans, on pouvait lire « Ah ZAD ira, ZAD ira, les politicards à la lanterne… » sur le long de la façade. Un gros « ZAD » en noir a été inscrit sur la façade blanche écarlate de l’église du Sacré-cœur. Dans le même temps, l’église Saint-Joseph s’est fait décorer d’un « Plutôt agitateur que prêcheur » et d’un « ¨Pour Maxime ». La veille du rassemblement annoncé « Contre les violences d’État, pour des ZAD partout ! », trois statues ont eu leurs mains repeintes à la peinture rouge, comme cela a été fait à Rennes il y a quelques jours : Jouffroy d’Abbans sur le pont Battant, la fontaine du Doubs au carrefour de la rue Mégevand et de la rue Ronchaux, mais aussi l’Homme et l’Enfant dans la promenade des Glacis (à côté de la Gare Viotte). Enfin, les murs de la cathédrale Saint-Jean, ainsi que sa partie en chantier ont été recouverts de slogans: « ZAD vaincra ; ZAD partout ; la police mutile; Feu aux aménageurs » ou encore « Gendarmes assassins, cathos complices ».

D’autres inscriptions ont vu le jour sur la promenade au bord du Doubs.

En période estival et touristique, repeignons les centre-ville de nos rages, de nos solidarités acerbes contre le pouvoir et ses flics !

Cultivons notre aversion pour l’Etat et ses divers collabos !

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L’Est Républicain / jeudi 7 juin 2018

Il y a un an, presque jour pour jour (c’était le 15 juin 2017), des tags avaient sali les murs vénérables de la cathédrale Saint-Jean.
Nouvel épisode, tout aussi peu artistique et également imbécile, découvert ce jeudi matin sur ces mêmes murs. En caractères verts, moins gros que l’an dernier, sont écrits ces mots : « Gendarmes assassins, cathos complices ». Difficiles à décoder. [peut-être que les journaleaus ne connaissent pas les histoires de Remy Fraisse, d’Adama Traoré, d’Angelo Garand et de tant d’autres, ainsi que de tou.te.s les blessé.e.s par les GM… NdAtt.]



En 2017, c’était, disons, peut-être plus clair, mais tout aussi délictuel : « Nos vies, nos corps nous appartiennent », et « A bas la charité, vive la solidarité »,
Les auteurs n’assument pas leurs propos, puisqu’ils opèrent de nuit, à la sauvette.
L’an dernier encore, des tags avaient vandalisé l’église Saint-Martin des Chaprais et l’église Saint-Joseph, avenue Villarceau.

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D’autres tags sont apparus en ville (source : La rue ou rien) :

Fontaine du Doubs, à l’angle de la rue Ronchaux et de la rue Mégevand

 

D81- chicane de bitume ou dos d’âne ?

Publié le 2018-06-08 11:36:05

Ce jeudi 7 juin au soir, quelques personnes ont décidé d’enlever le bîtume fraîchement réalisé sur la D81. Voilà depuis Janvier que le mouvement contre l’aéroport demande la mise en place de ralentisseur. Notamment à travers le « Communiqué du mouvement sur la D281, 20 janvier 2018 » signé par l’ensemble des composantes du mouvement contre l’aéroport. La préfète avait d’ailleurs déclaré publiquement qu’une circulation ralentie était à envisager sur ce tronçon qui est aussi une zone d’habitation dense et traversée. Comme la ZAD reste un lieu de vie et de passage, nous demandons la mise en place de ralentisseurs au niveau du « domaine », du carrefour de la saulce et sur la D281. Ces dernières années, plusieurs animaux ont déjà perdu la vie sur ces axes. Faire ce geste serait un signe d’apaisement dans le contexte actuel de la ZAD après les multiples destructions des lieux de vies. Afin que la préfète Naomie Klein tienne sa parole : tant qu’il n’y aura pas de dos d’âne, le bitûme sera chicane ! Quelques personnes de la ZAD

Eric fallet, directeur de l’hôpital joseph ducuing, s’essaie au maintien de l’ordre

Publié le 2018-06-09 10:56:06

Au sein de ce conseil d’administration siégeaient les cadres de l’établissement, le directeur de l’hôpital Eric Fallet ainsi que les représentants des « Amis de la Médecine Sociale », association qui possède cet hôpital. Nous sommes rentrés dans le Conseil d’Administration avec deux banderoles «  Ducuing fait du social ? Pas pour ses ouvrières » et « Eric, Fallet pas externaliser les ASH ». Alors que le conseil avait débuté, nous avons demandé, en tant que personnes solidaires de la lutte des ASH, l’arrêt du processus d’externalisation. Les Amis de la Médecine Sociale sont pour beaucoup des membres du PCF, syndiqués, syndicalistes ou militants à la CGT. Il semblait donc possible qu’ils comprennent que l’externalisation des ASH signifiait la dégradation des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs de l’hôpital.

Alors qu’on leur demandait de se positionner, ils ont été expéditifs : « le processus est validé et on le soutient ». Quoi ? Des cocos à l’ancienne qui acceptent d’écraser des prolétaires ? Oui, oui, pas de soucis, si c’est pour le bien de l’hôpital, en nous invoquant des chiffres de merde pour légitimer leur attaque patronale. Parce que c’est ce qu’ils sont, des patrons, le cul posé sur leurs chaises, qui valident les décisions d’un technocrate mis sur ce poste pour « nettoyer » Ducuing.

Après nous avoir dit autant de conneries qu’il est possible de dire quand on est mis face à ses contradictions, ces derniers n’ont pas trouvé d’autres moyens que d’appeler la police pour expulser ces intrus qui empêchaient les mesures à la Macron de se mettre en place en silence.

A l’arrivée de la police, nous avons décidé de quitter les lieux, en rappelant que la lutte ne faisait que débuter et qu’on n’allait pas lâcher. Là, la police, après nous avoir demandé de quitter les lieux, n’avait qu’une seule chose en tête, ne pas nous laisser partir. Ils ont tenté de bloquer les camarades à l’intérieur avec le soutien explicite et manuel des membres du conseil d’administration, dont une est allée jusqu’à déchirer un sac à dos. Pendant que nous protestions devant le conseil d’administration pour libérer les personnes restées coincées à l’intérieur de ce « caveau », un flic a commencé à distribuer des coups de poing, tout seul comme un grand.

Dans le bordel provoqué par ce fonctionnaire visiblement en manque d’action, les flics ont décidé d’arrêter une personne et l’ont embarquée. Mais vous savez pas la meilleure ? Fallet, le directeur de l’hôpital, est sorti pour aider les flics à arrêter le copain. Ce cravateux n’en est pas à sa première prouesse. Déjà, le Mardi 5 juin, jour de grève des ASH, il avait décidé de toutes les assigner à leur poste de travail, les empêchant de faire grève. Puis il avait appelé vigiles et huissier pour empêcher le personnel non-assigné d’aller voir leurs collègues avec menaces et caméra pointée sur les grévistes.

L’objectif de ce type est clair : il veut terroriser les travailleuses et travailleurs, les isoler et les écraser. Sauf que non, y a du monde dehors, on ne lâchera pas et on va ensemble bloquer l’externalisation des ASH. Dès la semaine prochaine, les actions vont se poursuivre, avec encore plus de vigueur. Face à un patron qui a la matraque facile et des « communistes » devenus patrons, la seule solution, c’est la grève, les actions, le bordel.

La question de l’externalisation est un classique dans le milieu médical, où l’on cherche constamment les économies en coupant des bras aux ouvrières et ouvriers. C’est le cas dans les cliniques privées, les hôpitaux publics ou les établissements à statut associatif. Face à cet écrasement en règle, nous devons continuer à établir un soutien sans faille aux travailleuses en lutte à Ducuing, et ainsi, par la solidarité, être à même d’envisager les mêmes types d’actions pour d’autres camarades en lutte sur les lieux de travail du soin à Toulouse et alentours.

Dès qu’on a la date de la prochaine action, on vous tient au courant. Pareil pour le copain qui ce soir au moins, passera la nuit en GAV.

Une attaque contre l’un ou l’une d’entre nous est une attaque contre tous ! Solidarité et Autodéfense de Classe.

Collectif Classe

Une visite de courtoisie à la Station F aux cris de « Tout le monde déteste la start-up nation »

Publié le 2018-06-09 10:58:07

Après la manif lycéenne et étudiante qui a ouvert cette journée de lutte du jeudi 7 juin et une manif interpro qui s’est prolongée par l’envahissement des quais de la gare de Montparnasse, deux cent travailleur.se.s en lutte, chomeur.se.s, précaires, étudiant.e.s et lycéen.ne.s ont bièvement occupé la Station F, la « plus grande pépinière de start-up au monde ». À l’arrivée des très nombreuses forces de police mobilisées à cette occasion, les manifestants avaient déjà quitté les lieux. Aucune arrestation pour « attroupement armé », détention de lunettes de piscine ou instruction en cours sur l’assassinat d’Henri IV n’a donc eu lieu à cette heure.



Dans le 13e, au bord du métro aérien, une ancienne gare hors-service, autrefois propriété de la SNCF, remise à neuf par le magnat de la télécommunication Xavier Niel, patron de Free mobile : la « plus grande pépinière de start-up au monde ».
Elle a été inaugurée le 29 juin 2017, au lendemain de sa prise de fonction, par Emmanuel Macron, avec un discours provocateur qui cristallise l’idéologie de la « start-up nation », devant deux mille cadres dynamiques des plus grosses boites du tertiaire avancé mais aussi d’armement, provenant des quatre coins du monde : BNP, Thales, Orange, Google, Apple, Facebook, Amazon, etc. [1].

Quel meilleur lieu pour un envahissement après une manif auto-organisée, réunissant travailleur.se.s mobilisé.e.s, étudiant.e.s, précaires, chômeur.se.s ?

Macron l’a rappelé lors du discours d’inauguration de cet espace hautement emblématique : entreprenariat et gouvernement mènent un même combat. Mais nous aussi, celles et ceux qui portent une lutte dont la gauche populiste ne veut pas entendre parler, sommes engagés dans un combat contre cet hydre à mille têtes.

Entrepreneur is the new French, a osé affirmer Macron ici-même. Même Macron même combat ! lui répondons nous. L’« immense ambition », les « rêves illimités », la détermination de notre génération, toutes ces choses qu’il a invoqué devant les anciens et les nouveaux riches nous conduisent en effet à affirmer : tout le monde déteste la start-up nation !

Car nous attribuons une toute autre signification à cette volonté de dire « je décide pour moi », « j’écris moi-même ma vie ». Ici, l’été dernier, il a été dit que les gares sont un lieu de transit, un lieu de passage, où l’on fait des rencontres, dans un esprit d’ouverture vis-à-vis des autres, prêts à explorer le monde. C’est dans des lieux comme celui-ci, que se coaguleraient les envies et les désirs de faire bouger les choses, de changer la société, et pour longtemps. C’est dans ces lieux que peuvent se rassembler les intelligences et les énergies. Prenons-le au mot ! Micron a raison : aujourd’hui les étudiant.e.s, les chômeur.se.s et les précaires, les travailleur.se.s vénères et les autonomes qui aiment les « surenchères », convergent ici pour signer une alliance à égalité.

Car le signal est donné : il est grand temps de reconnaître que la pluralité de nos luttes - syndicales, antiracistes, féministes, de la jeunesse précarisée - ont un ennemi commun. Il ne s’agit pas, bien évidemment, de les juxtaposer, mais de partir de leur autonomie respective, de les faire grandir ensemble, les unes avec les autres. C’est seulement à partir du renforcement réciproque de ces luttes que l’on pourra espérer bouleverser les rapports de force.

Nous sommes donc ici, dans ce lieu mystique ou l’État et le grand capital ont célébré leur sainte alliance en toute transparence, pour en finir avec les appels creux à la convergence des luttes, et passer aux actes. Non plus se limiter à une, deux, dix belles manifs ; mais pour implanter des formes d’auto-organisation capables de se reproduire dans le temps et de proliférer dans l’espace, bien au-delà des séquences du mouvement social, pour faire en sorte que grèves et manifestations, blocages et occupations fleurissent partout.

Dans ce temple du capitalisme de plateforme qui symbolise le pouvoir et l’idéologie macroniennes, nous le (re)disons haut et fort : nous ne serons jamais des winners, connard !



Notes

[1C’est à la Nation F que Macron a déclaré : « Une gare, c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien », comme on peut l’entendre sur cette vidéo.

Italie : NO TAP, retour sur une année de lutte

Publié le 2018-06-09 22:02:06

Retour sur une année de lutte à Melendugno (région des Pouilles) dont le projet dramatique du TAP –TransAdriatic Pipeline – s’inscrit dans la lignée des zones de résistances et d’alternatives territoriale et populaire.



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Chantier de Melendugno

C’est à Melendugno, petite ville du sud de l’Italie dans le Salento, que s’organise depuis plus d’une année, une lutte contre le « monstre » TAP - transadriatic pipeline.
Le projet TAP, est celui d’un gazoduc qui d’ici trois ans devrait relier le gisement gazier Shah Deniz situé en Azerbaijan, jusqu’au sud de l’Italie en passant par la Turquie, la Grèce et l’Albanie, soit au total 870 km de tube.
Ce méga-projet a pour objectif de trouver une alternative au gaz russe tout en continuant d’approvisionner l’Europe en méthane.
La création du gazoduc TAP, soutenue par la Banque européenne d’investissement (BEI) ainsi que par de nombreuses sociétés pétrolières internationales, semble être plus un projet d’intérêt financier entre multinationales et Etats, plutôt qu’une réelle préoccupation de la distribution du méthane vers chaque foyer européen.

C’est donc en réaction à la destruction de leurs terres ainsi qu’aux mensonges de l’agence TAP, que la population de Melendugno et du Salento, depuis plus d’une année, lutte au quotidien, dans l’espoir d’empêcher l’avancement des travaux du chantier de Melendugno ainsi que la création d’un quelconque autre chantier synonyme de frénésie capitaliste, n’importe où dans le monde.

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Mamme NO TAP, le 8 mars 2018

NO TAP : NÈ QUI, NÈ ALTROVENO TAP : NI ICI, NI AILLEURS

Ceci est le slogan du mouvement NO TAP et du collectif des MAMME NO TAP (les mamans no tap). Alors que le 17 mars 2017 commençaient les travaux du chantier à Melendugno - se résumant par le déracinement de plus de 200 oliviers centenaires, laissant une zone morte, perforée et excessivement sécurisée - se forma dans l’urgence et par les opposant-e-s au TAP un rassemblement qui deviendra permanent.
Par de nombreux appels à manifester ainsi que des invitations a découvrir le point de rassemblement permanent ( Presidio peppina-san basilio), le mouvement NO TAP a réussi petit a petit à inclure un maximum de personnes d’âges et de milieux différents. Des étudiant-e-s aux retraité-e-s, des militant-e-s aux non militant-e-s, sur la question du TAP tout le monde semble être d’accord, bien que parfois les diverses pratiques de luttes aient créées des conflits, et même une fragmentation au sein du mouvement.
Tout récemment, en avril dernier, s’est formé le collectif des MAMME NO TAP, non composé uniquement de mamans, mais aussi de sœurs, tantes ... Ces femmes luttent pour la protection du territoire afin « d’offrir une terre saine pour nos enfants », et dans l’espoir que leurs terres restent un savoir passé de génération en génération, plutôt qu’elles tombent dans les mains du système d’exploitation capitaliste.

Si le Salento est connu, c’est grâce à ces champs d’oliviers qui font partis du patrimoine de la région et qui représentent presque tout le décor du territoire, l’huile d’olive est l’une des ressources économiques les plus importantes. Détruire des champs d’oliviers devient une attaque contre la population du Salento. Le chantier en cours de Mélendugno ne sera pas le seul dans la région, plus de dix puits sont prévus en Italie, sans compter ceux qui surgiront en Albanie, en Grèce et en Turquie. Dans ce sens, la lutte devient donc globale.

Dans « ni ici, ni ailleurs » les habitant-e-s du Salento entendent agir au delà de la lutte territoriale. Les intérêts économiques entre l’Azerbaijan, les grandes agences pétrolières actionnaires du gisement Shah Deniz (BP : Grande Bretagne / SOCCAR : Azerbajian / Snam : Italie / Total : France ...), et l’Europe sont d’une importance inestimable. La Commission européenne semble avoir oublié que financer ce gazoduc revient a soutenir les régimes autoritaires d’Azerbaijan, mis en place par la famille Aliyev( HeydarAliyev : 1993-2003 / Ilham Aliyev : 2003-actuellement au poste de président ), ainsi que celui de la Turquie, maintenu par Erdogan depuis son élection en 2002. Précisons que ces deux Etats auront accès aux commandes centrales qui permettront la distribution -ou non- du méthane vers l’Europe.
Voilà une belle hypocrisie de la Commission européenne et de la société TAP qui en proposant une alternative au gaz russe, devient associée de deux régimes autoritaires, violeurs des droits humains.

L’entreprise TAP ajoute un mensonge supplémentaire ; celui de la création d’emplois dans le secteur, ainsi que celui du remboursement de la dette italienne. Bien difficile de croire à un quelconque coup de main financier pour sortir de la crise lorsque l’on apprend que les bureaux de l’agence TAP sont enregistrés à Baar en Suisse, et que les ouvriers actuellement présents sur le chantier de Mélendugno viennent du nord de l’Italie.

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Rassemblement devant l’entrée du chantier de Melendugno

Partout où il y a une lutte il y a répression.
Les habitant-e-s et militant-e-s du secteur n’y auront pas échappée et le gouvernement italien semble même avoir mis le paquet sur la sécurité du chantier. Les flics, l’agence de sécurité privée (Almaroma), les tours et relevés de plaques d’immatriculations des véhicules présents sur le rassemblement sont, désormais une pratique quotidienne de la digos(la BAC italienne).

En réaction à l’une des nombreuses manifestations contre le gazoduc TAP, le chantier a été transformé en une zone interdite d’accès et militairement protégée. Ce périmètre de sécurité -qui allait au delà de la superficie des travaux- s’appelait la Zone Rouge. C’est à ce moment, que les autorités ont mis en place un système de check point, afin de contrôler les habitant-e-s des maisons encerclée dans la zone. Cette action dura un mois, de novembre 2017 à décembre 2017.
La répression ne se limite pas seulement à la Zone Rouge. Actuellement et depuis un an il y a eu plus de 60 feuilles d’interdictions de territoire. Il peut être interdit de s’approcher du chantier, de la commune de Melendugno, jusqu’à la ville la plus proche Lecce, pour une période variable allant jusqu’à trois ans. C’est alors que, certaines personnes travaillant dans la commune de Melendugno ou dans la ville de Lecce, en n’ayant plus l’autorisation de circuler dans ces périmètres, se retrouvèrent du jour au lendemain dans l’incapacité de retourner à leurs emplois, d’accéder aux services publics ainsi que les services de soins.

Sur quoi se basent ces interdictions de territoire ? Sur rien ou presque rien. Sur des dénonciations déposées et validées par les flics ; une présence lors des manifestions ou seulement des insultes aux forces de l’ordre, deviennent des motifs valables pour être isolé-e et privé-e de circulation. Quoi de plus efficace pour affaiblir un mouvement naissant, que d’interdire ses lieux d’organisations et criminaliser ses actions ?

Actuellement la lutte contre le TAP souffre d’un manque de visibilité. Bien qu’il y ait eu des initiatives de soutien par d’autres mouvements ou collectifs, le projet Trans Atlantic Pipeline reste malheureusement trop inconnu des autres lieux qui s’organisent en Italie et à l’international. Un moyen efficace d’informer les curieux-euses reste donc la communication.

« Les martyr-e-s ne meurent jamais »
Pensée à Angelica ‘’La Peppina’’, militante NO TAP
décédée sur le retour d’une ronde nocturne au rassemblement San Basilio

Ennemi-e-s du TAP

Strasbourg : Se venger de cette société d’opulence et de fric…

Publié le 2018-06-09 22:47:05

DNA / Mercredi 4 avril 2018

Les dégradations ont été commises mardi vers 22h50. Un SDF âgé d’une cinquantaine d’années a été interpellé sur place par les policiers. Il aurait jeté des pierres contre les vitres des Galeries Lafayette [6 au total, d’après les journaflics, NdAtt.]. L’individu très alcoolisé a été incapable de souffler dans l’éthylomètre. Il a passé la nuit en cellule de dégrisement au commissariat de Strasbourg. Son audition par les policiers devrait avoir lieu ce mercredi en fin de matinée. Plusieurs gros impacts ont endommagé les vitres, qui ont résisté mais sont sérieusement étoilées. Un périmètre de sécurité a été mis en place devant l’aile du grand magasin, en face du cinéma Odyssée et de la librairie Kléber. Les articles en vitrine ont été retirés, et les stores baissés.

Les Galeries Lafayette doivent ouvrir à 9h30. Une enquête de police est en cours pour déterminer les auteurs et les circonstances des dégradations.

Montpellier : « Zéro blabla…. »

Publié le 2018-06-09 22:49:04

Lengadoc.info (site faf) / Vendredi 8 juin 2018

Un établissement d’assurances visé, des affiches avec le portrait de Macron comme revendication
Un commerce a été vandalisé cette nuit en centre-ville de Montpellier. Une dégradation qui semble visiblement motivée par des raisons politiques. La police soupçonnerait des casseurs d’extrême gauche comme ceux qui ont ravagé le centre-ville à plusieurs reprises ces dernier mois.

Aux alentours de quatre heures du matin, un groupe de personnes habillées en noir et cagoulées pénètrent dans la rue Rondelet. Un témoin assiste à la scène et les remarque. Aussitôt le groupe, composé de filles et de garçons attaquent à coup de marteau la vitrine d’un commerce et taguent un slogan « zéro blabla + de traca » [sic]. Pendant ce temps, d’autres collent des affiches sur la vitrine et les murs environnants en guise de revendication puisqu’on peut y lire des slogans anti-Macron.
Le commerce visé est un établissement d’assurance et bancaire.

La zad est morte vive les zad

Publié le 2018-06-10 09:59:02

TOUTE LA MISÈRE DU MONDE.

Je suis un-e habitant-e androgyne d’ici et d’ailleurs venu-e de nulle part et qui va partout.
Je ne suis pas un-e habitant-e de la ZAD, ni un historique, ni politicien autant qu’analyste, j’y ai juste séjourné-e à plusieurs reprises et participé-e à des actions de soutien la concernant depuis son occupation en 2009.

Ce texte s’adresse à tous les habitant-e-s de cette zone, aussi tous ces non-habitant-e-s, aux canailles, et aux pas sages, aux gens de passages et des voyages, aux sauvages, aux volages qui ont soutenu et soutiennent que la boue est bonne pour la solidarité.
Niveau études j’ai eu la BAC mais pas le BEP ce qui explique la simplicité dialectique, le manque de vocabulaire et de structure dans le texte qui va suivre mais il y réside cependant une idée et un fil conducteur : la légitimité de ma parole vaut autant que la votre… Et la leur autant que la mienne.

J’ai pas risqué-e ma vie pour un label et puisque je n’ai rien à perdre j’ai tout à gagner à ne pas les laisser négocier !
Hey!!!La vie ne se négocie pas.
Dorénavant, cette phrase représente le point de rupture au sein de la ZAD .

Les premières négociations laissant déjà entrevoir la conjuration de l’ appel fomentée par une élite intellectuelle ayant verrouillée le processus décisionnaire puis participé aux pourparlers avec l’état.

Car c’est en accueillant TOUTE la misère du monde que la ZAD deviendra synonyme de victoire. Ma révolte contre ce monde je la tiens de tout ce que l’on a choisi à ma place et je parle de ces personnes qui se sont permises de négocier mon avenir, de spéculer avec ma vie, mes envies et mes sentiments.

Ces mêmes gens qui prétendent savoir ce qui est bon et nécessaire pour les autres quitte à employer la violence.
Je parle aussi des autorités, de l’état et des institutions en particulier qui m’ont entre autre violé-e et enfermé-e !

Ces états qui mutilent, tuent, exploitent, expulsent, excluent, créent la misère et en tirent profit en l’entretenant.
Des autorités qui se déguisent en pères, patrons, flics, docteurs, curés, chefs bienveillants sexistes et paternalistes le plus souvent blancs afin de nous enrôler en tant qu’esclaves dans leur enfer capitaliste.

Travailler pour manger, manger pour mourir, mourir pour du fric.
Notre vie est régie dès la maternité, par l’école, le boulot, la banque, les assurances, l’hôpital, le supermarché, la maison de retraite.
Une vie de protocole.
Le remède : la conscience, le savoir, le partage, la solidarité, une envie de rompre les tabou et d’expérimenter.

La ZAD a su matérialiser ces expériences en mettant en œuvre avec beaucoup de créativité et d’inventivité des formes et des méthodes de résistances inédites et innovantes pouvant combiner dans ses aspects les plus diverses différentes luttes et horizons provoquant une vague de soutien à l’échelle planétaire.

Des méthodes d’actions directes pacifiques impliquant des choix concrets pour la remise en cause du système !

Voila ce qu’il y a d’unique dans cette lutte et le message est clair : « on ne va pas se laisser faire et nous avons les solutions pour ne plus être dépendants de vous ».

 

Un message d’espoir puissant qui retentit partout dans le monde où la misère existe, un symbole qui exprime que nous pouvons résister et que nous devons résister car cette perspective donne un sens à tout ceux qui se battent contre l’injustice.

Parce que la ZAD représente cet espoir pour la Palestine, pour le Chiapas, pour Atenco, pour Rojava, pour les sans papiers, les quartiers, les lycéen-es, les universitaires, les victimes de l’état, les cheminots, les postiers, les infirmières et tous les opprimé-es qui ne veulent plus que leur vie soit régie.
Sachons nous défendre car ils nous condamnent à la guerre et il n’y aura pas de paix avant la fin de tout les états.
Mourir pour des idées oui, mais pas pour une permission.
Lorsque je décide de défendre la ZAD je me bats contre l’injustice et pour mon droit à vivre comme je l’entend, c’est à dire en respectant chaque être vivant.

Celui qui se prétend être plus légitime que son alter-égo à peur de la projection que celui-ci lui renvoie, il préfère nourrir son égo et occulter la conversation, dénigrer l’existence et la raison de celles et ceux qu’ils considèrent comme des dangers.
Je ne crois pas aux élites mais plutôt à la transmission du savoir, celui qui permet le partage sincère dans la communication par un nivellement de classe.

Sans parler de tolérance, un des traits de l’intelligence n’est-il pas de la rendre accessible aux personnes qui n’en n’ont pas encore l’usage en évitant qu’elles puissent ressentir une infériorité ou de se sentir redevable ?

Rendre accessible l’information et la parole est la base de toute relation et nous nous étions pourtant entendu à ce sujet : pour l’humanité nous prendrons les décisions ensemble à l’unanimité !
Il n’est jamais trop tard, la ZAD vaincra et elle ne peut mourir car elle est organique et incontrôlable et que son esprit insoumis et sa soif de justice se propage tel un virus informatique.

Les zadistes de demain sauront comprendre la leçon sur la négociation et la ZAD continuera de vivre ici et partout.

Continuons de bloquer, barricader, de se rencontrer, de parler, de construire, communiquer, de soutenir cette lutte et tous-tes celles et ceux qui nous ferons avancer vers un avenir plus libertaire. Reprenons nos vies, nos rues, libérons les terres, les mères.
Liberté et amnistie pour tous-tes les camarades réprimés et enfermés.

ZAD partout, grève générale ! 

du son qui met la pression contre toutes les prisons.

Publié le 2018-06-10 10:00:04

Alors qu’on est toujours plus nombreu.ses à être confronté.es à la prison, que l’Etat planifie la construction de nouvelles taules et qu’il étend toujours plus hors les murs son contrôle sur nos vies grâce aux contraintes judiciaires et aux peines « alternatives », affirmons notre désir de ne jamais voir une autorité décider de notre liberté !

10 ans après l’incendie à Vincennes de la plus grande prison pour étranger de France,
retrouvons nous, contre toutes les prisons et le monde qui les produit,

le 21 juin sur la place des fêtes (Paris 19ème)
rassemblement à 19h
déambulation à 21h

 

L’affront du mouvement

Publié le 2018-06-10 20:18:02

Une partie des personnes soutenant la lutte contre ou se disant contre l’ex-aéroport ou contre l’ex-aéroport et son monde utilisent encore cette même allégorie de l’union sacrée, celle du Mouvement.
Le mouvement. Certes, un temps, il était encore justifié d’utiliser cette métaphore pour désigner l’ensemble des forces qui s’opposaient de diverses manières au projet d’aéroport concocté par la technocratie économique typique de l’époque dans laquelle nous vivons. Le mouvement ; cette chimère unificatrice, rappelant les heures déprimantes de la France pré-14-18, soit honnie, soit idolâtrée, soit les deux à la fois, par la grande partie des personnes vivant sur zone, de leurs soutiens et plus généralement, des mouvements révolutionnaires ou en quête d’ « alternatives ». Aujourd’hui – et ce n’est pas neuf, le mouvement est mort. Doit-on le pleurer ? Doit-on jeter l’opprobre sur les voix qui actent cet état de fait, en arguant qu’elles ne font qu’abattre notre lutte et jeter un voile de pessimisme poussant vers le bas toutes nos initiatives ? Non, les termes sont mal posés.

Le mouvement contre l’aéroport a gagné. Et à cet instant, le mouvement contre l’aéroport est mort car il n’avait plus lieu d’être. Toutes les bonnes choses ont une fin, et le mouvement contre l’aéroport en fait partie. Il est entré dans les histoires de luttes, ses objectifs ont été atteints, qu’y a-t-il à en espérer d’autre ?
Ce que par contre l’Histoire n’a pas capturé et ne pourra pas capturer, ce sont les alliances élaborées, les amitiés tissées, les conflits résolus ou non, les ententes franches ou cordiales, le partage libre, la joie propulsée comme une fusée, la colère qui explose tel un coco sur un blindé, les tristesses refoulées, les deuils, les compromissions idéales, les rages contenues puis balancées sur les lignes de flics et le parvis de la préfecture nantaise, les cassages de gueules de voisin-e-s, les euphories, les lignes de fuite empruntées, les lignes dures abandonnées, et tous ces trucs qui ont existé en parallèle du mouvement, et qui existent encore pour la plupart, même maintenant.

le cagoulé débattant avec l’écologiste ex-soixante-huitard à quelques dizaines de mètres de la barricade
le péage gratuit réussi dans le sud-ouest du territoire français avec le soutien de personnes qui n’auraient jamais fait de trucs répréhensibles par la loi « mais là quand même merde, c’est pour la zad ! »
le type pas à l’aise dans ses baskets, avec des réactions bizarres, qui serait probablement taxé de n’importe quel terme psychophobe à l’extérieur de la zone mais qui peut vivre une vie un peu plus peinard-e ici
la cadreuse d’une grande chaîne télé qui sourit quand un point est marqué côté zad
l’antispéciste qui rigole avec le voisin éleveur
une cantine de la zone offrant bouffe à prix libre place de la République à Paris
la féministe qui engueule ses alliés qui jouent le jeu de ses oppresseurs
le « zadiste de l’est » qui passe chez le « zadiste légaliste dans l’équipe presse-délégation préfectorale-gestion de liste intercomités » pour grignoter un bout
le cagoulé du début qui bine un bout de parcelle de potager collectif
l’occupante qui a vécu en squat urbain de manière consciente et revendiquée toute sa vie et qui est lancée maintenant dans une signature de convention d’occupation précaire
les prolos, précaires, grévistes, intérimaires, zonard-e-s qui visitent la zone pour la première fois et qui n’avaient jamais foutu un pied en dehors de la ville avant
la « zadiste légaliste » d’avant qui s’entraîne à la fronde toute seule dans un champ dégagé

Quand on parle de l’esprit de la zad, c’est de ça dont on parle. Ce truc un peu fourre-tout, qui se vit par bribes à bien d’autres endroits. Mais ce truc imprécis et bizarre, il n’y a qu’à la zad qu’on voit ça. Mais malgré la romance qu’on pourrait en faire et les simplifications utiles à une communication extérieure, ça ne représente ni la composition, ni le mouvement.

J’ai l’impression (et j’imagine qu’elle est partagée) que petit à petit, les discours parlant de composition, des différentes composantes du mouvement, que petit à petit, toute cette dialectique s’étiole et quand auparavant celle-ci était minoritairement rejetée, dorénavant les esprits de toutes et tous commencent à s’habituer à ce changement de paradigme, ou alors sont déjà clairement passés de l’autre côté de cette ligne qui rendait réelle, presque palpable, ces notions développées par la lutte contre l’aéroport.
Oui, c’était un pari incroyable que d’imaginer des alliances entre anarchistes et élus parlementaires, entre squatteureuses et propriétaires terriens, entre hippies et mécanistes, entre militant-e-s anticolonialeux et milieu militant blanc, entre artisan-e-s de la bricole et boucleurs de brebis. C’était la force de la composition, mais dans le même temps la faiblesse des communautés de lutte comprises à l’intérieur : en luttant pour un objectif commun, malgré les divergences politiques, il est possible de gagner, quitte à laisser ses idéaux de côté.
Maintenant que l’aéroport a été déclaré comme abandonné, les forces en présence ne sont plus les mêmes. Il ne reste plus que « et son monde », morcelé par les coups de pression de la préfecture, les craintes de quelques-un-e-s à vouloir garder leurs acquis et à avancer avec pragmatisme, les actes des lutteureuses pour qui la lutte ne s’arrêtera jamais tant que la guerre sera là et tant d’autres tiroirs que les influenceurs ont su tirer et tirent encore afin de transformer cet espace d’émancipation collective en une zone de conflits irréconciliables.

Dans un contexte de dépolitisation dans la vie publique où on nous a toujours dit de nous méfier des idéologies, où on s’est habitué à utiliser un vocabulaire discernable pour les médias voulant bien diffuser nos faits d’armes, d’auto-défense administrative, de vie commune et de philosophie libertaire, ce qu’il nous manque aujourd’hui sont les mots. Nous ne sommes pas seul-e-s, le monde nous regarde et vue la voie sur laquelle nous sommes lancé-e-s, il n’attend plus rien de nous de radicalement révolutionnaire. Il n’y a plus qu’à le prendre par surprise.
Alors allons-nous maintenant clairement discuter positionnements politiques et mettre des mots empreints d’histoires de luttes sur tout ça et un peu éclaircir cette merde ? Plutôt que d’utiliser des passerelles linguistiques comme la construction des communs, osons utiliser le mot communisme. Au lieu d’écrire sur les dérives anti-autoritaires ayant lieu dans les milieux militants et à la zad, osons utiliser le mot anarchisme. Au tag ZAD PARTOUT, osons vider la bombe et ajouter internationalisme. Blocage, sabotage, émeute, réquisition, indépendance, sécession, révolte, libération, …
Réimprégnons-nous de cet imaginaire et diffusons-le en nous-mêmes et vers l’extérieur. Quoiqu’en disent les relais médiatiques, c’est à nous et nous seul-e-s qui vivons à la zad, ici ou ailleurs, de redonner du sens à ces pratiques et de s’appuyer sur les victoires et défaites de luttes passées pour l’émancipation qui ont donné à cette Zone d’Autonomie Définitive son corpus, habitant les esprits de tou-te-s, consciemment ou non : solidarité, autogestion, humilité, déconstruction des rapports sociaux, amour.

Assumons les divergences d’opinions politiques sur la zone et au-delà, prenons en acte et sautons dans l’inconnu, avec ou sans eux. Ici ou ailleurs, il nous faut reconstruire les habitats, la fougue en nos idéaux, nos cercles de solidarité et reconstruire envers nous la confiance des révolutionnaires permanent-e-s qui ont cru que nous nous étions tou-te-s soumis-e.

Camille

Saint-Jean-du-Gard (Gard) : Morts pour la France, morts pour rien

Publié le 2018-06-10 20:19:04

Le Midi Libre / dimanche 10 juin 2018

Samedi 9 juin, des individus ont tagué le monument aux morts de la place Carnot à Saint-Jean-du-Gard, avec différentes inscriptions et des A cerclés (symbole traditionnel anarchiste).
« On va essayer de le remettre en état », a indiqué le maire Michel Ruas, qui envisage de porter plainte. D’autres tags ont été réalisées sur plusieurs bâtiments de la ville.

[auf Deutsch]

Quelques récentes attaques anarchistes en Ukraine

Publié le 2018-06-10 20:19:06

Une petite compilation d’attaques anarchistes qui ont eu lieu en Ukraine cette dernière année

Act for Free ! / lundi 28 mai 2018

Kiev, le 21 mai 2018. La cellule « Fedos Shchus » de la Fédération Anarchiste Informelle a incendié une voiture Lexus RX appartenant à Sergei Grachov, vice-président du Parti européen d’Ukraine. Cette revendication contient aussi un appel à brûler les propriétés des riches en réponse à l’incendie des tentes de Roms de la part de nationalistes ukrainiens dans la banlieue de Kiev mi-mai.

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Anarchy Today  / mai 2018

Kiev, le 19 mai 2018 : une voiture de bourges, Acura MDX a été incendiée dans une parking fermé, déjouant la vigilance d’un gardien avec son chien. Action revendiquée par le Groupe de représailles anarchiste “Svyatoshino raggery”.
Dans le communiqué est aussi dit que le 14 juillet 2017 une Range Rover Evoque a déjà été incendiée dans le même secteur par le groupe « Vengeance de Marusya Nikiforova / FAI ». [une vidéo de l’action ici]

Kiev, 14 juillet 2017

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Act for Free ! / vendredi 5 janvier 2018

Kiev, le 1er janvier 2018. Un individu qui se revendique Groupe anarchiste « Vengeance de Marusya Nikiforova / FAI » s’est baladé dans des quartiers des riches, tirant des coups de feu contre des voitures de luxe.

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Act for Free ! / mercredi 28 juin 2017

Kiev, 23 juin 2017. Deux excavatrices à benne traînante sont incendiées, une autre dégradée, pendant que des vigiles sont dans leur cabine. Action signée par « des anarchistes / FAI » en défense de la nature.

Une vidéo de l’attaque.

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Kiev 28 mai 2018

Kiev 28 mai 2018

Kiev 28 mai 2018

Hé connard, c'est à toi que j'parle.

Publié le 2018-06-10 20:53:04

Je suis la toquée et la mal lunée. Celle qui pour un rien c’met à chialer, quand toi tout n’fais que t’marrer. J’suis la meuf qui t’prend en charge, parce que t’es pas foutu d’le faire seul. J’suis ta daronne alors que j’ai jamais voulu d’gosses. J’suis celle qui s’énerve trop, tout le temps, l’amoureuse du conflit que tu voudrais raisonner. Je suis celle qui rend nos embrouilles publiques, politiques. Et toi, ça, ça t’fait chier ça. Parce que j’entend encore aujourd’hui que le privé n’est pas politique.



Mais c’est quoi que t’as pas compris en fait ? C’est pas parce que tu fermeras la porte de ta chambre à clés, ta caravane, ton camion, ou n’importe quelle autre porte, autre espace d’ailleurs... que ça restera entre toi et moi ! T’as peur de quoi ? De moins briller ? Qu’on réalise qui tu es ? Tu crois qu’on peut dissimuler la merde combien de temps ? Là où je serai le privé ne restera pas privé. Il n’y pas de simples embrouilles interpersonnelles. Il y a des mécanismes. Qui se répétent, et re répétent tant que personnes n’a décidé de ne rien changer. Et étrangement c’est encore aux personnes qui ont envie que ça change de se barrer. Parce que ça n’fait pas mal aux oppresseurs. C’est bien connu. Mais le mot vas sûrement te paraître fort, et inapproprié. Puisque c’est finalement moi l’oppresseuse ! La vilaine qui t’a martelé de changer, de faire attention aux autres, d’arrêter de penser qu’à ta petite gueule de connard de mecs-cis-blancs-bourgeois (souvent). L’oppression suprême, t’sais. Et en plus je suis sarcastique et même ça, ça t’emmerde.

Je, c’est moi, elle, elles et les autres. Je suis celle qui est partie de chez elle. Je suis celle qui a pleuré, eu mal. Qui a mangé des coups, des insultes, qui s’est fait agressé et violé. Je suis celle qui a la rage et qu’on a fait passer pour folle. Parce que c’est plus pratique de m’envoyer manger des médocs et voir un psy. Moins engageant pour ta p’tite gueule.

Et toi, c’est pas juste toi. C’est vous. Toi, toi, toi et toi. Ici ou là. Partout. Le faux gentil, qui ferait tout pour être aimés. Avec ton p’tit sourire, ton besoin de plaire sans fin/faim. Ton égo surdimensionné. Tes blagues et ta grande gueule. Et cette façon que tu as de faire semblant de te taire. Tes non-dits, tes silences, tes bouderies. Ton air supérieur. Ta façon de manipuler les gens, les utiliser, les sucer jusqu’à la moelle. Tes mensonges. C’est toi qui a croisé mon chemin en disant que c’était moi le problème. J’y ai cru, je t’avoue. J’ai baissé la tête, j’ai mangé des claques en silence, sans rien dire. En alimentant mes maux de ventres. En alimentant mon mal être.

On ne se remet jamais totalement de la première giffle. J’ai appris à encaisser les autres. Et aujourd’hui, je sais que je ne suis pas le problème. Je sais que je déchire, que mes copines déchirent. Je sais que c’est pas moi le problème. Et que le problème c’est toi. J’voudrais te mettre, toi et tes potes tous dans l’même endroit. Lancer une allumette et que vous arrêtiez de nuire. Vous comprenez pas, c’est ça le pire de l’histoire. C’est ça que j’arrive pas à comprendre. Comment on peut tant manquer d’empathie ? Parce que si ton but c’est d’briller en société ou de "serrer" un max de meufs, tu t’es gourré d’endroit. J’comprends pas... Comment peut-on se foutre autant des gens ? N’en n’avoir tellement rien à foutre. Alors anarchistes, individualistes, toto, insu, même appelistes, jesépakoi, mon cul. Tu peux toto-proclamé ce que tu voudras je toto-proclame CONNARD et tu le resteras.

Moi, j’ai assez perdu de temps .

XOXO. Un meuf pas contente encore.