Vive l'Anarchie - Semaine 24, 2017

Sommaire

Chants de fête depuis des terres lointaines

Publié le 2017-06-12 06:45:15

Un écho de chants de fête résonne depuis des terres lointaines. Ce sont les chants des Aguarunas sur les cendres de l’entreprise minière Afrodita dans la Cordillère du Condor, zone forestière àla frontière entre le Pérou et l’Equateur. Terres amazoniennes qui ont toujours inspiré tant les rêves que les cauchemars des prédateurs européens. Terres peuplées de gens qui en sont pas encore complètement soumis au rythme et àla grisaille de la production industrielle ni aux chaînes du contrôle technologique.



Et pourtant on avait mis le paquet. Cinquante ans d’endoctrinement intensif : d’abord les commerçants, puis les soldats, puis les prêtres, les enseignants, les syndicalistes et les politiciens. Un demi siècle pour implanter le langage de la bible, les graines de la nation, les paperasses et les règles de la démocratie, les illusions et les drogues du marché. Ils appellent ça civilisation, progrès, développement. Quand elle arrive, il semble impossible et insensé de la freiner. Et les conséquences sont toujours les mêmes partout : dévastation et misère, faim et maladies, empoisonnement et mort lente et inexorable.

Et si les Etats vendent l’Amazonie aux seigneurs du pétrole, de l’or et du diamant, du biodiesel et de l’hydroélectrique, les ONG, les politiciens et les avocats, eux, se donnent du mal pour tenter de diriger, canaliser et circonscrire toute opposition dans les chemins stériles du droit et de la légitimité. Et ainsi, les chaînes de la domination démocratique s’allongent et se consolident. Tellement de recours et de conférences de presse et d’appels aux cours internationales, et si peu de résultats. Comme d’habitude, tout cela sert de tremplin pour de nouveaux politiciens soucieux de s’asseoir àla table des négociations. La pieuvre de la politique qui érode et bouleverse les rapports sociaux, permettant l’émergence de nouvelles hiérarchies.

Il y a dix ans, l’entreprise minière Afrodita, propriété de quelques riches canadiens et péruviens, s’installait dans la Cordillère du Condor, contre la volonté des habitants de la zone. Pendant dix ans, elle a empoisonné la rivière avec des litres de cyanure et de mercure, déboisé et creusé le terrain, massacrant l’existence d’une quantité incalculable d’êtres vivants. Dix ans d’opposition démocratique sans arriver àrien d’autre que des paperasses et des promesses. Une lente agonie, une impuissance croissante, le harassement et la résignation après des centaines d’assemblées inutiles.

Mais ce mois de mars, excédés de cet immobilisme, un groupe d’Aguarunas a empoigné les lances. Trois jours et trois nuits de marche pour arriver aux installations de cette maudite entreprise. Des bidons d’essence, utilisés cette fois non pas pour alimenter les moteurs du commerce, de l’école et de l’armée, mais pour allumer le feu de la libération. Aucune machine, aucun bâtiment n’a été épargné par l’incendie. Pas même les habitations des travailleurs. Après tant d’années de recours inutiles, l’entreprise a cessé d’exister en seulement quelques heures, grâce àla détermination d’un groupe d’individus.

Peut-être que cette histoire lointaine pourrait enseigner quelque chose àceux qui, ici, sont empêtrés dans la recherche d’un consensus inutile, transformant leur rage contre l’oppression en un marécage d’immobilisme et de résignation.

Peut-être que cette histoire lointaine pourrait nous rappeler que la domination étatique et capitaliste prend ses racines dans la domestication, dans l’incapacité docile des gouvernés àagir, dans le renoncement progressif àtoute liberté.

Peut-être que cette histoire lointaine pourrait être une inspiration pour agir ici, àla première personne, contre ce qui empoisonne et détruit nos vies. Tribunaux et prisons, usines et casernes, églises et palais, pylônes de lignes haute tension, laboratoires et centres commerciaux, toutes les structures et les infrastructures nécessaires àla survie et àla reproduction du pouvoir. Que l’écho de ces chants de fête accompagne partout l’incendie de la civilisation capitaliste. Détruisons ce qui nous détruit.

[Extrait de Paris sous tension n°9 – Avril/Mai 2017.]

Hambourg, Allemagne : Attaque de l’hôtel de luxe ‘Mövenpick’ pour son 10ème anniversaire

Publié le 2017-06-12 06:45:15

Le 5 juin 2017, l’hôtel de luxe 4 étoiles dans le quartier ‘Schanzen’ a été attaqué à Hambourg. A cette occasion, la façade vitrée de la salle du restaurant a été partiellement détruite.

Pour rappel: entre 2005 et 2007, l’ancien Château d’Eau a été transformé en un hôtel de luxe. Ceci devait aussi servir à une nouvelle revalorisation du quartier ‘Schanzen’. En raison d’une opposition constante, le chantier n’a pourtant pu se faire que grâce à une présence policière massive pendant deux ans. Il y a quelques années, dix ans exactement, en juin 2007, l’hôtel a été inauguré en toute discrétion. Depuis lors, les gérant-es ont constamment été surpris par diverses formes d’action à des invervalles irréguliers.

Pour le sommet du G20 prévu les 7 et 8 juillet à Hambourg, cet hôtel de luxe, situé tout près du Parc des Expositions, lieu principal de l’organisation de l’événement, fait partie de la liste des « biens menacés ». Il y a plusieurs mois déjà, les gérant-es ont fait installer plusieurs caméras.

Et cela les a aidés? Non ! Nous attaquons où et quand ça nous convient !

Nous en avons ras le bol de l’arrogance méprisante des riches et des puissants, du « Gruselkabinett » [1] des autorités qui sont responsables du dénuement, de la misère et de la mort de millions de gens à travers le monde.

Nous considérons aussi cette action comme une contribution à la mobilisation contre le sommet du G20 et nous souhaitons à tous une période marquée de rébellion.

Salut à Mövenpick [2] : Amitiés pour ses 10 ans !

On dit bye-bye à Hambourg !

Un Groupe autonome

NdT:

[1] Traduit littéralement, ça correspondrait au « Cabinet du Frisson ». Célèbre série radiophonique en Allemagne, faisant place aux genres de l’épouvante-horreur, du thriller et de la science-fiction. Elle adapte de nombreuses oeuvres d’auteurs célèbres tels qu’Edgar Allan Poe, Arthur Conan Doyle, etc…

[2] Appellation de l’hôtel de luxe.

[Traduit de l’allemand de Chronik, 5. Juni 2017]

Dépassement

Publié le 2017-06-12 06:45:15
“Les flics, les fachos, les machos, je ne les aime qu’avec la tête coupée“
Métro Père Lachaise, Paris (XXe), juin 2017

“Les flics, les fachos, les machos, je ne les aime qu’avec la tête coupée“

Métro Père Lachaise, Paris (XXe), juin 2017

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Bâle, Suisse : Récit de la manif du 27 mai contre la prison pour sans-papiers de Bässlergut

Publié le 2017-06-13 11:38:06

Samedi 27 mai, environ 200 personnes ont déambulé du Dreirosenpark en direction de la prison pour migrants de Bässlergut. En chemin, des slogans ont été scandés, des affiches collées et des inscriptions taguées. La manif s’est dissoute dans la prairie, après que les flics ont tenté d’encercler le cortège. Il n’y a pas eu d’arrestation.

Ce samedi était seulement une journée, seulement une manif [1]. La lutte contre le camp de Bässlergut, de son extension et de toute la logique pour laquelle les prisons sont érigées, continuera.

Pour une lutte directe, auto-organisée et diversifiée contre le monde de murs et de prisons.

Abattons ‘Bässlergut’ !

« Bässlergut doit tomber ! »

« Abattons Bässlergut »

[Traduit de l’allemand de Barrikade.info via Aus dem Herzen der Festung, 31. Mai 2017]

NdT:

[1] Petite chronologie (non exhaustive) des actions directes qui ont eu lieu à Bâle contre les entreprises qui collaborent à l’agrandissement du camp de rétention de Bässlergut:

Caen (Calvados) : Et de sept pour la permanence des fachos !

Publié le 2017-06-13 11:38:06

Ouest-France / Dimanche 11 juin 2017

Ce dimanche 11 juin 2017, jour du 1er tour des élections législatives, la permanence du Front national, située rue de Vaucelles, à Caen, a été vandalisée. Un gros impact est notamment visible sur l’une des trois vitrines.

Les policiers étaient sur place. Ils viennent de finir les premières constatations.

Le local est régulièrement la cible de dégradations depuis son ouverture, en septembre 2015. Le 30 janvier 2017, un projectile avait été lancé sur la vitrine,  « pour la 5e fois », précisait la secrétaire départementale du FN dans le Calvados, Christelle Lechevalier. [Le 20 avril, quelques heures avant le début du 1er tour des présidentielles, cette même permanence a eu sa vitrine démolie, tout comme la permanence PS de Benoît Hamon, NdA]

Reims : Aucune résignation face à la prolifération des caméras surveillance

Publié le 2017-06-15 06:57:37

Deux des trois caméras de vidéosurveillance urbaine installées dans le quartier Orgeval ont été dégradées. Les vandales ont été filmés, mais ils étaient masqués.

Leur présence ne plaît pas à tout le monde. Deux des trois de caméras de surveillance urbaine installées cet hiver dans le quartier Orgeval ont été détruites il y a une dizaine de jours, l’une place Pierre-de-Fermat, l’autre rue de Docteur-Lucien-Bettinger. Les auteurs ont agi rapidement, visages masqués. Certains d’entre eux ont escaladé le mât sur lequel se trouvent les caméras, à quatre mètres de hauteur, pour les casser en tapant dessus. Le temps d’intervenir, les vandales étaient déjà repartis. […]


Reims: une ville sous surveillance

France Bleu Champagne-Ardenne / Mardi 12 juillet 2016

Le Centre de Supervision Urbain (CSU), installé au sein de l’hôtel de police municipale, centralise et traite les images des caméras de vidéosurveillance de la ville de Reims. Il y en aura près de 200 d’ici 2018.

C’était une promesse d’Arnaud Robinet pendant sa campagne: développer la vidéosurveillance dans la ville de Reims. En tant que maire il poursuit donc le déploiement de caméras. Il y en aura 80 nouvelles d’ici la fin de l’année, puis 40 en 2017 et 40 autres en 2018 pour atteindre le chiffre total de 196 caméras. Toutes les images récoltées sont désormais centralisées à l’hôtel de police municipale, où s’est installé le Centre de Supervision Urbain (CSU).

Objectif: être plus efficace

90 agents de police travaillent dans le Centre de Supervision Urbain, mais à terme ils seront 120, pour observer les images 24h/24 et 7 jours sur 7. « La présence du CSU au sein de l’hôtel de police va nous permettre de gagner du temps et donc d’être plus efficace », explique Rémi Journaux, chef de service de la police municipale. Et le dispositif a prouvé son importance lors de la demi finale et de la finale de l’Euro. Jeudi 7 juillet, à l’issue du match face à l’Allemagne, la place d’Erlon a très vite été envahie et une cinquantaine de casseurs s’en sont pris aux forces de l’ordre « **Dans un cas comme ça, les agents de terrain nous appellent pour nous signaler des événements et des individus à suivre, mais ça va aussi dans l’autre sens, nous les appelons pour les prévenir des mouvements de foule »**, poursuit Rémi Journaux. Cinq interpellations ont été rendues possibles grâce notamment à cette vidéosurveillance.

Le CSU pourrait centraliser les images de toute l’agglomération

Seul ce qui se passe sur le domaine public est filmé par les caméras de vidéosurveillance: « Dès qu’un zoom est fait sur une zone privée, un immeuble d’habitation, l’image est floutée et devient inutilisable », explique Rémi Journaux, chef de service de la police municipale. Toutes les images arrivent sur un mur de huit télés divisées en plusieurs écrans, elles sont conservées deux semaines avant d’être détruites. Pour le moment, seules les images de la ville de Reims sont traitées dans ce Centre de Supervision Urbain (CSU), mais potentiellement il pourrait centraliser les images de 250 caméras, soit de toutes les communes de l’agglomération rémoise « Certains maires de l’agglo ont déjà fait les démarches pour installer des caméras, ce qui nous permettra d’être encore plus efficace », conclut Xavier Albertini, adjoint au maire de Reims en charge de la sécurité.

Brême, Allemagne : Les flics en civil perdent encore leurs outils de travail !

Publié le 2017-06-15 06:57:38

[Une nouvelle attaque incendiaire a détruit l’outil de travail des flics en civil à Brême. Dans la nuit de ce lundi 12 juin, deux de leurs voitures, garées sur un parking sécurisé, ont été réduites en cendres. La précédente attaque avait eu lieu il y a un peu plus d’une semaine]


De façon furtive et habituelle, nous avons mis le feu au parking « Weserkurier » à Woltmershausen au cours d’une nuit estivale. Ce parking clôturé et surveillé est utilisé par les flics de Brême et d’Oldenbourg pour garer en toute sécurité leurs bagnoles en civil. Que dalle !

Les flics en civil harcèlent les manifs et espionnent dans nos quartiers. Ils nous observent et nous prennent en filature. Ils ne s’arrêteront certainement pas seulement parce que nous illuminons leur parc automobile. A l’approche du sommet du G20, les services de sécurité se trouvent au bord de leurs limites. En vue des affrontements à Hambourg, notre objectif est de les pousser au-delà de leurs limites et de les frapper à quelques endroits. Leur surmenage nous donne un peu plus de liberté pour lutter.

Personne ne doit être flic. Les gars et meufs qui frappent ont une bonne paye afin de se mettre au service de l’État. L’intérêt de ce dernier réside dans le maintien de la pauvreté, de la concurrence et de l’exploitation. Le nôtre réside lui dans la suppression de cet existant merdique. Lorsque les flics se mettent en travers notre chemin, ils en sont pleinement responsables. Aucun texte de loi ne peut les protéger en cas de situation de crise.

Des milliers de flics qui seront envoyés en Juillet à Hambourg en état d’urgence, défendent un monde d’expulsions locatives et de déportations, un monde de taules et de frontières. Nous combattons dans l’espoir de changer ce monde.

Pour plus de Bullenschubsen [1] ! Nous sommes tous des délinquants des § 113/ 114 [2] !

Saluts solidaires à la compagnonne qui a été condamnée pour braquage à Aachen [3].

[Traduit de l’allemand de linksunten indymedia, 12. Juni 2017]

NdT :

[1] Bullen signifiant « flics » et « schubsen » bousculer, on peut le traduire comme des « bousculeurs de condés ».

[2] Paragraphes de loi prévoyant les peines pour les attaques contre les flics et autres agents de force de l’ordre (soldats de la Bundeswehr) au niveau fédéral. Les peines ont récemment été renforcées en février dernier. Le paragraphe 113 concernant « les menaces de violence ou acte de violence envers fonctionnaires ou agents de la force publique » prévoit notamment une peine allant jusqu’à 3 ans de taule. Les peines peuvent varier de 6 mois à 5 ans de prison s’il y a des circonstances aggravantes, à savoir : si la personne porte une arme ou un outil considéré comme dangereux sur lui ; si les coups portés contre le fonctionnaire agressé entraîne de graves séquelles physique ou le met en danger de mort) ; si l’agression a été commise avec au moins une autre personne.

[3] La compagnonne anarchiste a été condamnée à 7 ans ½ de prison pour le braquage d’une agence de la Pax bank le 7 juin dernier à Aachen en Allemagne.

Madrid, Espagne : Attaque incendiaire contre une banque en solidarité

Publié le 2017-06-15 06:57:38

Dans la nuit du 7 juin, un engin explosif incendiaire a été placé dans une agence bancaire Bankia, située dans le secteur ‘Mirasierra’ de Madrid, perturbant la tranquillité de la classe moyenne supérieure qui y réside. Cette zone urbaine est pleine de pavillons équipées de caméras de vidéo-surveillance et de patrouilles de sécurité privée, loin de la misère qui fonde le niveau de vie de ses habitants.
Cette action a été réalisée après le procès ayant visé notre compagnonne reconnu coupable d’expropriations en Allemagne, à qui nous voulons envoyer toute la chaleur de notre feu.

Nous incluons également notre action dans l’appel contre le sommet financier du G20 à Hambourg.

Durant cette même nuit, notre colère et notre dégoût ont éclaté devant l’impuissance du quotidien, en tentant de rompre avec la passivité et de rendre une partie de la violence que nous subissons. Nous en avons ras le bol de la vie programmée et de l’activité politique, qui également programmée; par cet acte, nous voulons enlacer tous ceux qui sont tombés dans l’action et lutte contre la mort dans laquelle nous maintient la passivité.

Que la solidarité entre anarchistes ne se limite pas seulement à des mots ! Pour l’anarchie !

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 13 junio 2017]

Un peu de rage contre la machine à expulser et à enfermer

Publié le 2017-06-15 06:57:39

 

Nous avons repensé aussi à celles et ceux qui vont passer devant les tribunaux pour s’en être pris à la machine à expulser et ses responsables.

C’est donc tout naturellement que deux véhicules de Securitas (qui assurent la sécurité dans les camps) se sont retrouvés à plat. Comme quoi, ils sont pas si verisure en réalité^^

Notre deuxième attaque s’est porté sur un véhicule de la mairie, toujours prête à rendre cette ville propre, aseptisée, accordant toujours plus d’espace à la consommation, à l’abrutissement de masse. Elle s’est dernièrement manifestée en refoulant les migrants toujours plus loin du centre-ville, à coups de flics ou de mobilier anti-squat: que ce soit ceux qui dormaient sur la place Granvelle, ou ceux qui trouvaient un abri à Chamars. Alors que touristes et consommateurs commencent à affluer, il s’agit de refouler les indésirables que les bourgeois pourraient voir…

 

Alors qu’on rentrait de notre balade, une agence immobilière a vu sa serrure engluée. Cela s’est fini pareil pour une agence intérim ADECCO, réputée pour exploiter les sans-pap et les balancer aux flics. Et puis bon, faut dire qu’on déteste le travail et la propriété, et vu que la ville regorge de leurs promoteurs…

New Letter From Anarchist Prisoner Damien Camelio

Publié le 2017-06-15 06:57:39

It’s May 18th, the date of my parole, but I’m still in the slammer and I’m going to be staying here.

Sentence judge Catherine Ardaillon, left-wing trade unionist, activist at the Evry tribunal and at Fléury-Mérogis prison, has decreed that all the same, for cases like mine, its lucky that there are prisons and therefore adjusting my sentence is out of the question.

Unlike my last sentence, I am not under the yoke of the anti-terrorist law, but in practice it is still applied to me.

This is why the application for permission to go to a job interview ( which can not be refused at the end of a sentence), which I handed over to my SPIP, Jean-Baptiste, miraculously transformed into a simple request for ‘permission to maintain family ties’, so that it could be rejected by JAP Catherine Ardaillon.

For several weeks now, I have been subjected to numerous searches, searches of my cell, searches of my body, etc. They found nothing until an informant (who must have been very close to me, to give such precise information) told them where I was hiding my SIM cards. So a few days ago they found 3 SIM cards hidden inside a packet of new rolling papers. They were hidden intersperesed between the papers at the bottom of the packaging. During the search, the guard reacted in a way that netrayed that they had an informant: just before the search, when I emptied my pockets before undressing, he immediately took my 2 packets of rolling papers aside, but he seemed disinterested by the rest. I knew I was done, and indeed, at the end of the search, he said to me: “And here, there is nothing?” Then he pulled out all the sheets one by one until the SIM cards appeared.

In the days that followed, some of the prisoners who I am close to have undergone similar searches.

Last night on May 17th, an ERIS intervention squad broke into my cell at around 8PM. For those unfamiliar with the ERIS, they are squads that receive the same training as the GIGN, GIPN and RAID, overtrained and equipped with various protections similar to those of the CRS – bulletprooof versts, plastic shields, hoods under their helmets so they cannot be recognized, reinforced gloves, shin guards, etc, etc. They are usually armed with batons and flashballs which they shoot at point black range, of course, since a cell is not bigger than 9m².

In short they shocked us and threw us into the corridor, glued to the wall with our hands on our heads and then handcuffed. Myself and my co-detainee were then dragged into seperate search rooms. For the rest, we know the story, thorough strip search, with the particularity this time that one of them forcibly lifted one of my legs to keep them apart as much as possible so that his colleague who was squatting could look at my anus better, with his Mag-lite so close to my ass that I could feel the heat produced by the bulb.

At the time it made me think of the Theo affair, but I found nothing better than to say to him with a sly air: “Well my pig, you are doing a good job!”. When I think about it, it was a little silly to say that, because even though I wanted to be ironic, to push the zeal until you sabotage the foundations, there is no doubt that this pig really took pleasure!

After the strip-tease, they threw us into the waiting room. They had blocked the windows with sheets of paper glued to the outside, but as one of them was slightly torn, I could see what was going on in the corridor.

There were a large number of people: matrons, ERIS, all the lieutenants, the director, plainclothes cops and the prosecutor.

They completely emptied the contents of the cell into boxes that were loaded into a truck to take them to the scanner. Then I saw them go into the cell with dogs. Later my cell neighbours told me that they even heard them dismantling parts of the cell  with a screwdriver.

Meanwhile, my cell mate, who is far from being a good strategist, was trying to break everything, banging everywhere and playing hide and seek by crouching right under the windows when they lifted the paper to see what was going on. Well, of course, the director ordered the ERIS to forcibly remove him to solitary.

In these cases, I prefer to make myself as discreet as possible in order to observe and listen to everything that happens and is said, the people present, etc.

I was left alone in the waiting room until 1:30AM. The search took approximately 5.5 hours.

When they took me out of the waiting room, they conducted a rather strange search: this time they searched in my mouth! The Mag-lite so they could see and then “put your tongue to the left, top, right, bottom, spread your cheek with your finger,” etc. For a moment I wondered if they were going to take me to the scanner itself, these idiots!

Then I understood: they were looking for a SIM card. The first three they already had, they had to analyze them and see whether there was anything interesting to find.

A few hours later, the lieutenant confirmed my suspicions: during the search they found 2 phones, a charger and a SIM. The lieutenant told me that everything had been sent off to be analyzed to determine who it belongs to.

He asked me some questions and I said I did not know who it belongs to. He did not insist, something that did not surprise me, because I knew that the result of the analysis would be for my part negative.

The cell was like Chernobyl! A real rubbish dump! Something that if you did not see it with your own eyes you would not believe me! Well, so I cleaned and cleaned until 7AM, then I slept a little, then finished cleaning this afternoon before writing this letter.

In reality, they did not succeed in finding anything concrete, and yet they put the package in. But that did not prevent them from rejecting my parole.

I learned that today when I was able to call my girlfriend.

Perhaps the new Minister of Justice, the bastard of Bayrou, remembers the attack on the church in Pau, the town of which he is the mayor, made with a Molotov cocktail and claimed by the GADI (International Direct Action Group) in January 2014. An action and cell for which I claimed responsibility and participation following my arrest on charges of terrorism.

Since I have not given any news for a long time, I will quickly recollect the sabotage of the prison workshops that I was accused of. As for the judicial procedure, which was not very interesting, I will simply say that they could not determine who was responsible. What is interesting is that the economic damage caused from inside the prison was not negligible. In fact, many Post-it customers would have been impacted in Norway, Sweden, Holland, Switzerland, Austria, France and England. It seems that the delivered merchandise was in some case not what had been ordered, and in the other cases was badly made and therefore unsellable.

It is possible that following the debates surrounding the collage of anti-election posters that were pasted up in the courtyard, some prisoners wish to pout into practice in the here and now the anarchist proposals that emerged from it.

I hope this letter is not too long or too boring to read.

I have tried to be as accurate as possible, because it is important for me that comrades on the outside have all the information.

I want to salute the Greek comrades and say that the Nemesis Project is an exciting proposal.

A wink of solidarity to Kara and Krèm!

For a dangerous June!

Damien,
Fleury-Merogis prison, somewhere in the world.

PS: I still have not been able to make public the whole procedure for which I am imprisoned, because the French State have classified the file as internal security, which means I have to make a special request in order to have access to it. I mad the request but it was rejected.

[Translated by Insurrection News]

[en français] [Español] [in italiano]

Bâle, Suisse : Visite au domicile d’un collabo du chantier de la prison de Bässlergut

Publié le 2017-06-15 06:57:40

Dans la nuit de mardi 13 juin 2017, nous avons fait signe à un de ceux qui profitent du système carcéral. Depuis des années, Peter Berger (Gotthardstrasse 23) propose ses services en tant qu’expert en protection incendie et ne recule pas devant le fait de travailler directement pour les flics mais aussi pour l’agrandissement du centre de rétention de ‘Bässlergut’ il y a peu. C’est pourquoi, dans la nuit de mardi, nous avons hanté le quartier idyllique de Neubad et avons laissé d’amicales salutations sur les murs de sa jolie maison individuelle. Nous espérons que la nouvelle lui est parvenue. Nous publions ci-joint le numéro de téléphone de Peter Berger afin que d’autres personnes puissent personnellement lui passer le bonjour: +4178 919 40 35.

Pas de nouvelles prisons.

[Traduit de l’allemand de linksunten, 14. Juni 2017]

Portland, OR: June 11th Day Of Solidarity Report Back

Publié le 2017-06-15 06:57:41

From Its Going Down

The flyers said 12PM. The Facebook event page (how I hate myself for typing those words) said 12PM. We had every intention of being there by 12PM. At 12:20, we finally rolled up.

The open spot on the street right in front of the staging area was like a sign of fate – and we considered ourselves forgiven for our tardiness (damn lazy anarchists!!). For those of you who’ve tried finding parking in any metro downtown, you know what a tax on one’s patience this usually is. Even showing up 20 minutes late, we were still the first people there. Just before arriving, our other comrade had called us to give us the heads up that it was technically illegal to set up a table in the park.

We saw the pigs 50 feet away and debated if we should just try setting up on the sidewalk instead. (The point of our action was to hand out zines and food, not fight with the cops, and for once we thought it best not to antagonize.) One in our group remembered that another comrade was bringing a banner with posts to dig into the ground, so we figured we’d take our chances in the park. Glad we went with that hunch, because the pigs paid us (almost) no mind after all.

Shortly after carting all the supplies over to the staging area, a human walked up and introduced themselves to us as a friend of a trusted comrade. We welcomed them, and they helped us setup the table with all the food and zines. Soon, other comrades arrived with another table and more food. Then our banner arrived in all it’s glory to truly make our event feel official. We battled hardily with the wind to get that banner raised, but in the end we were triumphant. Thanks to some liberated bookends from a designer store, our zines managed to mostly stay on the table as well.

We had Fleet Week as our backdrop, so there were lots of young Navy sailors walking by as well as families come to tour the guts of the giant war machines parked in our river. The crowd was surprisingly diverse and not as capital R republican as one would expect. We even managed to get some lit into the hands of some sailors. Many people seemed baffled at the idea of a free lunch (anarchists know no other kind!), and we had to fend off a number of attempts to hand us cash. “Who just gives out food?” “What’s the catch!?” “But somebody had to pay for it, right?” “Well, can I give you a donation?”

We managed to get zines into most people’s hands, with an emphasis on lit focusing on the flaws and failures of democracy, as well as basics of what anarchism means. My favorite moment was handing a comic explaining the failings of capitalism to a kid no older than 5 and his dad asking if he wanted to read it together later.

Most people were receptive, if not outright thankful, and the few jerks in the crowd mostly kept their comments to themselves. At one point, a socialist Sikh came to my personal defense as a guy got in my face about getting a real job. (I work in food service, he does construction. I commented that many people would say construction wasn’t a “real job” either, at which he got indignant that I bite my thumb at his heaps and heaps of money.) We didn’t convert the socialist, but at least he’ll think better of us next time he watches the 5 O’clock news. In fact, we had quite a bit of luck opening dialogues with people who were ignorant of what we were really about.

Turns out lots of people trust everything they see the news say about us, so this was a great opportunity to bash liberals together and champion no taxes and generally confuse the right wingers who confused us anarchists with run-of-the-mill Dems (Blechh!!). Of course, since we took this action to show solidarity with anarchist prisoners, we had lots of literature on folx behind bars as well. Sean Swain’s story in particular is a good one to tell fence sitting conservatives to at least get them to listen to what you’ve got to say. Show mothers the picture of Jeremy Hammond and you can see them become visibly moved. Sunday was immensely humbling as we got to share the stories of our comrades with people who may have never heard of their struggles otherwise. From the octogenarian couple who stopped for granola bars and left with a handful of zines to the crust punk from Salt Lake City who wants to start a collective and an infoshop, we reached so many different types of people who hopefully feel empowered to fight the State or at least support those of us who do.

We were starting to run out of reading material and food when reinforcements came in the form of more zines and a couple cases of Lara Bars. With the added supplies, we managed to hold the space from about 12:30 to 6:30. We ran through most of the food we had, excepting about a dozen bagels. We also managed to deplete the bulk of our zines, with only a small reserve left over.

As one comrade pointed out, since people were actively coming to our table as opposed to just taking what was being handed out the likelihood that they’ll get read is significantly better. On top of all the people we reached just because they passed by us, we had several people tell us they intentionally came back after passing by earlier. We also had a couple pigs come over to chat. They didn’t hassle us or ask us to move on, and we managed to get some literature into their hands. Maybe, if we’re real lucky, they’ll trade in those blue uniforms for black masks, but I’m not gonna hold my breath.

Lots of folks were interested in how to get involved or how to start actions in their own town. Luckily, we had several zines on how to organize marches, etc., as well as a stack of zines explaining affinity groups. Here’s hoping our action resulted in more people joining us in the street. To wrap everything up, below we’ve broken down all the numbers (if you’re the wonky kind of anarchist who enjoys that sort of thing…). All numbers are rough estimates, on the conservative side.

$1000
Amount in USD of food given away. All food was dumpstered or expropriated from gentrifying chains.

15
Number of meaningful interactions and discussions lasting over 5 minutes

25
Number of positive interactions involving some sort of praise of anarchists

100+
Number of positive interactions involving individual taking food

100+
Number of positive interactions involving individual taking zines

4
Number of negative interactions with individual expressing anti-anarchist sentiments

Kara maintenue en détention dans l’affaire de la voiture brulée.

Publié le 2017-06-15 10:19:22

Kara a fait appel de cette décision de maintien en détention et cet appel a été rejeté vendredi 9 juin au prétexte que les garanties de représentation n’étaient pas assez sérieuses et que Kara présentait un risque de fuite et de récidive.

Faut-il rappeler que Kara, comme de nombreuses autres étrangers en détention, ne peut évidemment pas apporter de garanties de représentation émanant de sa famille puisque celle-ci réside hors de France ? Les garanties de représentation sont un instrument de la justice de classe : la personne bien insérée socialement est avantagée par rapport à celle qui ne l’est pas. Elles induisent aussi une forme de xénophobie institutionnalisée : les personnes qui ne résident pas habituellement en France sont pénalisées.

De plus, Kara est une jeune femme transgenre. Cela lui vaut d’être détenue à l’isolement dans la maison d’arrêt pour hommes de Fleury depuis maintenant un an. Tout le monde sait que l’isolement est un régime de détention plus dur qu’un régime ordinaire : pourtant, la cour d’appel a refusé de considérer qu’il s’agissait là d’un traitement inhumain et dégradant.

Une deuxième personne détenue dans cette affaire doit passer demain (16 juin) devant le tribunal pour une demande de mise en liberté, et un appel à deux rassemblements est lancé : http://paris-luttes.info/voiture-de-flics-incendiee-en-mai-…

Enfin, rappelons que dans la perspective des procès à venir il est toujours possible de faire un don à Defcol pour aider à la prise en charge des frais de défense : https://www.donnerenligne.fr/cadecol/faire-un-don/2

PS. Les garanties de représentation:

Les « garanties de représentation » sont aux yeux de la justice des assurances que, parce que la personne poursuivie a un boulot et un logement, il y a moins de risque qu’elle se sauve. Celles et ceux qui n’ont pas de justificatifs de boulot ou de logement sont plus facilement flanqués ou maintenus en prison. Dans tous les cas, ces papiers, même de simples attestation d’hébergements ou des promesses d’embauche, sont précieux et doivent absolument être fournis par les proches à l’avocat.

Marseiile, France: Sur le chemin vive la belle, escape!

Publié le 2017-06-17 16:15:29

4 prisonniers  se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux  par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.

Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.

ABRAZO

[ reçu  d’une compagnonne]

Besançon : Tags anarchistes sur la cathédrale Saint-Jean

Publié le 2017-06-17 16:15:29

L’Est Républicain / Jeudi 15 juin 2017

La façade de l’édifice religieux a été taguée dans la nuit de mercredi à jeudi. Au grand dam de l’abbé Bruard.
Ces écritures n’ont rien de saintes. « Nos vies, nos corps nous appartiennent », suivi de « à bas la charité, vive la solidarité ». En ce jour de bac de philo, voilà qui pourrait faire office d’énoncé de dissertation, mais il est peu probable que leur auteur soit mû d’un tel esprit éducatif. Un grand « A », peint à deux reprises, notamment sur la porte d’entrée, renvoie par ailleurs à la mouvance anarchiste.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, ces tags ont noirci la façade de la cathédrale Saint-Jean de Besançon, dont la première pierre avait été posée ici même, au pied de la Citadelle, dès le IIIe siècle. L’édifice est classé monument historique. Propriétaire, l’État a porté plainte.

« Ça ne nous laisse pas neutre », réagit le père Bruard, recteur de la cathédrale, « nous sommes attaqués sur des sujets comme la vie et la charité, on a du mal à comprendre. Toute l’œuvre de charité a toujours été mise au service des hommes, c’est l’expression de l’amour de nos frères. L’Église a porté dans son histoire un message dont elle peut être fière. Alors pourquoi attaquer nos bâtiments ? »

C’est le troisième méfait de ce genre visant des édifices chrétiens de Besançon en quelques semaines, après des projections constatées sur l’église Saint-Martin des Chaprais et d’autres tags similaires visant, fin mai, l’église Saint-Joseph. Une enquête de police est menée pour identifier le ou les auteurs.

[voiture de flic brûlée mai 2016] refus de la demande de mise en liberté.

Publié le 2017-06-17 16:15:33

Vendredi 16 juin 2017 se tenait une demande de remise en liberté du compagnon incarcéré depuis février dans l’affaire de la voiture de police incendiée quai de Valmy en mai 2016.

Sans grande surprise, le juge a refusé sa demande. Alors que les arguments du parquet se limitaient à sa présence à des manifestations ultérieures aux faits et sa possible fuite avant le procès, le juge a suivi sans sourciller, expliquant que le copain ne s’était pas exprimé sur le fond de l’affaire et qu’il risquait de ne pas se présenter au procès. Tout ceci justifiant sa mise à disposition de la justice, c’est à dire, la prison.

Au détour d’un des monologues du juge, on a appris que le 27 juin se tiendra une audience qui fixera la date du procès, ce qui d’après lui laissait présager un procès sur plusieurs jours à la rentrée.

Au moment de l’énoncé du verdict, et alors que le juge désirait nous expliquer qu’il fallait rester calme, la quarantaine de personnes présentes dans et hors la salle ont exprimé leur colère et des slogans ont retenti. Au bout de quelques dizaines de secondes, la bleusaille se faisant pressante, nous avons quitté la salle et nous nous sommes dirigé-es vers la sortie du tribunal au cris de « liberté » et « tout le monde deteste la justice », sous l’oeil bienveillant des nombreux-ses justiciables présent-e-s et celui anxieux des gendarmes defendant juges, procs, et touristes…

Ne laissons pas justice se faire en silence !
Solidarité contre la justice et la police !
Liberté pour toutes et tous !