Vive l'Anarchie - Semaine 24, 2019

Sommaire

Uta (Italie) : Maddalena aussi a fait une grève de la faim

Publié le 2019-06-17 09:48:05

Round Robin / samedi 15 juin 2019

Extraits d’une lettre de Maddalena, datée du 8 juin, depuis la prison de Uta (la lettre est arrivée le 14 juin à la Cassa Antirepressione delle Alpi Occidentali) :
Moi aussi j’envoie une accolade à Anna et Silvia, en faisant une grève de la faim pendant les journées du 10, 11 et 12 juin, en solidarité avec leur protestation contre les conditions de détention auxquelles elles sont soumises.
Contre les régimes différenciés et toute forme d’isolement!
Une accolade de cœur à tous les rebelles de partout, avec ceux qui essayent de garder leur dignité et ceux qui se battent pour la vraie liberté!
Une salutation à tou.te.s les compas!
Une accolade pour la liberté!

Madda


Pour lui écrire :

Maddalena Calore
Casa Circondariale di Cagliari « Ettore Scalas »
Zona Industriale Macchiareddu
Seconda Strada Ovest
09010 – Uta (Italie)

Thessalonique (Grèce) : Des nouvelles des trois compas arrêté.e.s pour braquage

Publié le 2019-06-17 12:57:05

Déclaration de Giannis, Kostas et Dimitra

Act for Freedom Now ! / dimanche 16 juin 2019

Depuis les geôles du quartier général de la police de Thessalonique, nous envoyons nos salutations fraternelles à nos compas qui, encore une fois, se sont montré.e.s solidaires lors de nos nouvelles aventures sous le couperet policier-judiciaire.

Nous proclamons que nous restons fort.e.s, notre dignité est intacte, nos principes et nos valeurs guident notre existence. Nous résisterons aux nouveaux tourments que les patrons de ce monde sont en train de nous préparer.

Pas un pas en arrière !
Le terrorisme c’est l’esclavage salarial – aucune paix avec les patrons.
Les terroristes et les bandits sont les États et les capitalistes.
La solidarité est notre arme.

Giannis Dimitrakis
Kostas Sakkas
Dimitra Syrianou

16 juin 2019

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Rassemblement solidaire

Act for Freedom Now ! / dimanche 16 juin 2019

Vendredi 15 juin, à 21h, plus de 50 compas se sont rendu.e.s sur le pont en face du siège de la police, où on peut avoir un contact visuel avec les cellules.
Elles/ils ont exposé une grosse banderole où était écrit « Dégagez, balances – les compas dehors », allumé des fusée d’artifice et hurlé des slogans en solidarité avec les trois arrêté.e.s du 13 juin.

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Des nouvelles et rendez-vous

extrait d’Act for Freedom Now ! / samedi 15 juin 2019

Nos compas ont été présenté.e.s au juge d’instruction ; Giannis Dimitrakis et Kostas Sakkas sont accusés de braquage, tandis que la compagnonne Dimitra seulement de complicité. […]

Rendez-vous au tribunal de Thessalonique mardi 18 juin à 10h, quand les juges statueront sur l’incarcération préventive des trois compas.

Grenoble : Huit véhicules en moins pour EDF

Publié le 2019-06-17 12:58:04

Mise à jour du 18 juin : avant de lire ce que disent les journaflics, on trouvera ici la revendication de cette magnifique action directe

Le Dauphiné Libéré / lundi 17 juin 2019

Huit véhicules (voitures et utilitaires) ont été détruits ce lundi vers 3 heures par incendie survenu sur un parking de la Division technique générale d’EDF, avenue de l’Europe à Grenoble, a-t-on appris ce lundi.
Cet incendie, très probablement volontaire, fait écho à un autre sinistre qui avait provoqué la destruction d’une douzaine de véhicules techniques sur un parking d’Enedis, en mai 2017.

L’incendie avait été revendiqué par des activistes libertaires, ainsi, d’ailleurs, que de nombreux autres incendies dans la région grenobloise, parmi lesquels deux incendies de gendarmerie [la caserne Vigny-Musset à Grenoble et celle de Meylan; NdAtt.].

Belcodène (Bouches-du-Rhône) : L’ALF détruit des miradors de chasse

Publié le 2019-06-17 13:01:07

Bite Back / lundi 10 juin 2019

L’Animal Liberation Front a détruit plusieurs miradors de chasse à Belcodène (Bouches-du-Rhône).

l’association ALF a signé leur vandalisme

 

Italie : Encore sur la solidarité avec les anarchistes en grève de la faim

Publié le 2019-06-17 15:57:11

Turin : 18 jours

Macerie (rubrique “Diritto e rovescio”) / dimanche 16 juin 2019

15 juin : une banderole a été exposée en Piazza Castello, sur un échafaudage, lors du 18ème jour de grève de la faim de Silvia et Anna.


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Rome : Une visite à Radio Radicale en solidarité avec Anna, Silvia et les compagnons en grève de la faim

Rete Evasioni / jeudi 13 juin 2019

Rome, 13 juin, seizième jour de la grève de la faim
Ce soir, un groupe de compagnonnes et de compagnons a rendu visite à Radio Radicale [la radio du minuscule, libéral, radical-chic Partito Radicale; NdAtt.], avec la demande de lire en directe la déclaration de Silvia et Anna à propos du début de leur grève de la faim.
Après quelques moments agités, le chef de la rédaction a accepté qu’on lise la déclaration après le journal radio, puisque la transmission suivante Radio Carcere, a dit qu’ils ne pouvaient pas le passer.

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Bologne : RV pour un rassemblement solidaire aujourd’hui lundi 17 juin

Rete Evasioni / mercredi 12 juin 2019

Solidarité avec les prisonnières et les prisonniers anarchistes en grève de la faim.
Fermer l’AS2 de la prison de L’Aquila.
Rassemblement lundi 17 juin à 18h, Piazza Verdi (Bologne)

Nouvelle parution : Sabaté. Guérilla urbaine en Espagne (1945-1960) Antonio Telléz Solá

Publié le 2019-06-20 10:31:04

Un nouveau livre vient de paraître chez les éditions Tumult.

Antonio Telléz Solá

SABATÉ. GUERILLA URBAINE EN ESPAGNE (1945-1960)

Après que l’insurrection révolutionnaire de 1936 ait été étouffée dans une guerre civile, les troupes franquistes prennent possession de l’ensemble du territoire espagnol en 1939. Afin d’échapper à cette réaction meurtrière, de nombreux rebelles prennent le chemin de l’exil forcé ou de la clandestinité. Envers et contre tout, des groupes d’action et de guérilla décident alors de relancer la lutte subversive contre un ennemi implacable.

À travers le récit de la vie de Francisco Llopart Sabaté, un de ceux qui empoignera les armes pour tenter d’abattre le nouveau régime, c’est le portrait de toute une génération de combattants anarchistes qui est dressé ici. Sabaté fut de ces hommes et femmes qui mirent leurs vies en jeu au cours d’un long combat courageux contre la dictature de Franco, pour la liberté et la révolution sociale.

130 x 190 mm – Couverture sérigraphiée – 400 pages
10 euros
7 euros pour distros

Pour commander, il suffit de se mettre en contact via le mail
tumult_anarchie@riseup.net

D’autres livres sur:
tumult.noblogs.org

De quoi « Nantes Révoltée » est-il le nom ?

Publié le 2019-06-20 10:31:10

Nantes Révoltée et « le complot fasciste »

Depuis plusieurs mois, bon nombre de tags contre les flics, les frontières et les papiers viennent fleurissent au sommet des montagnes des Hautes-Alpes. Des bagnoles personnelles de flics de la PAF ont elles aussi été pris pour cible en mai dernier.

D’après les reporters de Nantes Révoltée, il y a de grande chance qu’il s’agisse en réalité d’un coup monté par les fascistes pour décrédibiliser les vrais anarchistes. Vous savez, ces mêmes personnes qui ont pleuré les vitres d’une institution de l’État qui soigne, brisées par quelques « égarés pavloviens » en juin 2016 à Paris ; qui ont fait le coup de poing lors de l’émeute à Rennes pour la ZAD, alors que le comité organisateur avait décrété toute attaque contre le capital interdite.

Les derniers tags en date réalisés à Névache ont eu une large couverture médiatique. Ces révoltés nantais autoritaires, qui commentent tout type d’infos des médias par avidité de cliques et de reconnaissance du monde virtuel, n’ont pas tardé à réagir lorsqu’ils ont appris qu’une stèle en hommage à un bataillon d’antifascistes ayant combattu les nazis avait été recouverte de tags contre les flics. Et, pire que tout pour nos vrais « anarchistes », une chapelle affichait des messages contre les frontières et en solidarité avec les migrants.

Merde, les anarchistes seraient en fait des blasphémateurs. Ils n’auraient même pas de parti, même imaginaire. Le comité plus du tout invisible m’aurait donc menti.

Il a suffi de quelques slogans tracés à la peinture noire sur des lieux sacrés appartenant à des institutions telles que l’église et l’État pour se lancer dans une rhétorique des plus dégueulasses : celle qui consiste à y voir un complot de l’ennemi, forcément fasciste, pour décrédibiliser La Cause.

Ce qui est défendu ici par Nantes Révoltée, ce sont les vieilles théories complotistes de la gauche et de l’extrême-gauche.

Depuis 1933 et l’incendie du Reichstag par un communiste conseilliste, Marinus Van der Lubbe, présenté par le parti communiste allemand comme « agent provocateur des nazis », les thèses de complot visant à jeter l’opprobre sur des actes de révolte individuelle sont monnaie courantes chez les gauchistes (à chaque mouvement social de révolte, on a droit à cette théorie diffusée par les staliniens, trotskistes et autres gauchistes…)

Par ailleurs, Nantes Révoltée participe à la martyrologie des personnes ayant combattu le fascisme. Ce collectif n’est pourtant pas censé ignorer que ces monuments d’hommage sont érigés et entretenus par l’État, cette Nation tricolore sanguinaire. Ce sont des sanctuaires de l’État visant à glorifier la Résistance, qui a toujours été synonyme de patriotisme : gaullistes et PCF ont construit ce mythe d’une Nation antifasciste opposée à l’occupant allemand : à partir de la rupture du pacte germano-soviétique, le Parti Communiste appellera à saboter les infrastructures et intérêts de l’Occupant allemand (pas nazi), sans jamais s’attaquer directement aux collaborationnistes du régime de Vichy. Par patriotisme justement.

On n’oublie pas non plus les antifascistes anti-autoritaires et anarchistes qui seront fusillés par ces staliniens dans divers groupes de lutte contre les fascistes.

Répandre de telles affirmations concernant des compagnons et camarades qui agissent contre les frontières depuis plusieurs années dans les Alpes est purement dégueulasse.

Cette nouvelle réaction de dissociation et de complotisme vient compléter la liste d’immondices commises depuis plusieurs années par ces autoritaires, soucieux de leur image médiatique, qui font sans cesse le tri entre les bons et les méchants révoltés.

Plus que jamais, à bas l’État, le patriotisme, les flics et les frontières !

[Publié sur indymedia nantes, 15.06.2019]

Italie : Des nouvelles des compas en grève de la faim

Publié le 2019-06-20 10:31:15

Dans la prison de Ferrara

Anarhija.info / mardi 18 juin 2019

Alfredo Cospito, en grève de la faim depuis le 29 mai en solidarité avec les compagnonnes Anna et Silvia, a déjà perdu 15 kilos, mais il dit qu’il va assez bien et qu’il a commencé a prendre du sucre.
Il confirme qu’il ne va pas arrêter sa grève de la faim jusqu’à quand les deux compagnonnes enfermées à L’Aquila continueront.
Par contre Stecco (Luca Dolce), lui aussi en grève de la faim depuis le 29 mai, a arrêté hier, 17 juin, parce qu’il avait perdu trop de poids.

Tous les compagnons et compagnonnes demandent des nouvelles des autres prisonniers et prisonnières en grève de la faim.

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Note d’Attaque : on peut lire sur Macerie que Marco, enfermé à Alessandria, continue lui aussi sa grève de la faim. Silvia et Anna vont bien. Silvia, en préventive pour l’opération Scintilla, avait fait une demande d’assignation à résidence, qui lui a été refusée, notamment en raison de son « profil »…

Grenoble : Trois mois après, la rage est toujours là

Publié le 2019-06-20 10:31:15

France3 / mercredi 19 juin 2019

Un bâtiment d’entreprise a pris feu vers 9 heures ce mercredi 19 juin. Le méfait serait d’origine criminelle, selon les enquêteurs de la police de Grenoble. Deux jeunes suspects, vus en train d’escalader une grille, sont actuellement recherchés.
Ce n’est pas la première fois qu’un incendie se déclare dans ce bâtiment, rue Anatole France à Grenoble. La pépinière d’entreprises du quartier du Mistral a déjà été incendié il y a quelques mois, en mars 2019, lors des violences qui avaient suivi la mort des deux jeunes de la cité. Tous deux avaient été tués en scooter en tentant d’échapper à la police, ce qui avait conduit à des échauffourées pendant plusieurs jours en banlieue grenobloise.

Et c’est ce mercredi 19 juin, jour anniversaire de l’un des jeunes décédé (il aurait eu 18 ans), qu’intervient un nouvel incendie qui serait d’origine criminel, selon les enquêteurs. Deux individus auraient été vus escaladant les grilles de protection du bâtiment pour se rendre au premier étage. C’est là qu’ils auraient mis le feu avant de prendre la fuite, explique-t-on à la DDSP de Grenoble. […]

Teich (Gironde) : Trois passages à niveau sabotés sur la ligne Bordeaux-Arcachon

Publié le 2019-06-20 10:31:15

FranceBleu / mercredi 19 juin 2019

Du retard ce mercredi matin pour les TER qui circulaient entre Bordeaux et Arcachon. De 20 à 30 minutes selon la SNCF. Trois passages à niveau ont été mis hors-service pendant la nuit suite à un acte de vandalisme sur une installation électrique en bordure de voie non loin de la gare du Teich.

Dès 5h00 des opérateurs de la SNCF ont du se déployer sur les trois passages en question pour fermer et descendre manuellement les barrières à l’approche des trains.  Les techniciens de la SNCF ont pu rétablir le courant en fin de matinée.
[…] Le maire du Teich avait déjà saisi la gendarmerie au sujet de tags et de dégradations commises récemment dans la gare de sa commune. Il y a 15 jours de cela le distributeur automatique de billets SNCF de la gare a été vandalisé et la gare recouverte à plusieurs reprises d’inscriptions à la bombe. Parmi les tags peints sur les murs, « RIC » ou Référendum d’Initiative Citoyenne. Pour autant, à ce stade de l’enquête, ni la mairie ni la gendarmerie ne mettent en cause directement une action des gilets jaunes.

11 juin : La voiture du vice-président de Lemay brûlée

Publié le 2019-06-20 13:30:06
Juin 182019
 

 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Sur la journée de solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes de longues peines, le BMW appartenant à André Cardinal, stationné devant chez lui à NDG, a été mis en feu. André Cardinal est vice-président de Lemay, la compagnie d’architecture responsable du design de la prison pour migrant-e-s à Laval.

Que le feu brille en hommage à tout ce que le monde de prisons et de frontières nous a volé.

Gard : Des problèmes récurrents pour le réseau internet (et les rongeurs s’y mettent aussi)

Publié le 2019-06-20 13:30:11

Midi-Libre / mardi 18 juin 2019

Les équipes d’Orange ont travaillé une grosse partie de la journée de mardi pour résoudre des coupures internet, sur le réseau filaire, sur une un vaste secteur au nord d’Alès, ce mardi, sur les commmunes de Barjac, Saint-Ambroix, Allègre-les-Fumades, Lussan, Bessèges, Les Mages, Méjannes-le-Clap, Molières-sur-Cèze.

«On a eu connaissance des problèmes lundi en fin d’après-midi. On a un trafic interrompu pour 5400 clients internets. On a une suspicion de pannes, prélocalisées dans le secteur de Salindres. Des câbles de fibre optique enterrés seraient endommagés », expliquait, mardi matin, Cristian Gesbert, responsable communication d’Orange.  Les équipes sur place ont repéré des câbles contenant de la fibre optique endommagés du côté de Salindres, (« on présume qu’il s’agit de rongeurs », note Orange), mais ont également constaté un acte de malveillance en bordure de voie ferrée. Le rétablissement, initialement prévu à la mi-journée, a dû être repoussé à 15 heures, puis 17 heures. Finalement, le réseau a pu être rétabli sur l’ensemble des communes en fin d’après-midi, aux alentours de 17 heures, indiquait Orange.
A noter que le week-end dernier, sur la commune de Saint-Jean-de-Valériscle, un nouvel acte de malveillance avait également occasionné des coupures de réseau, pour la quatorzième fois en deux ans et demi.

Un film

Publié le 2019-06-20 13:30:11

Le 5 mars 1998, trois anarchistes accusés d’avoir saboté les chantiers du TAV en Val de Susa sont arrêtés à Turin.
Le 28 mars 1998, l’un d’eux, Edoardo Massari, dit Baleno, est retrouvé pendu à la prison de Turin.
Le 11 juillet 1998, sa compagne Maria Soledad Rosas dira elle aussi adieu à cette existence, alors qu’elle se trouve assignée à résidence.
En 2003, Amor y Anarquia, est diffusé en Argentine, le roman que l’écrivain Martin Caparròs a tiré de la mort tragique de Sole et Baleno. Pour la rédaction du livre, qui n’hésite pas à s’attarder morbidement sur les détails les plus intimes de la courte vie de l’anarchiste argentine morte en Italie, le vautour argentin a profité de la collaboration de quelques chacals (encore) présents chez les anarchistes de Turin.
Le 22 novembre 2015, Mauricio Macri est élu 57ème Président de l’Argentine. Il a été marié plusieurs fois et a des enfants. Sa fille aînée, dont le prénom est Agustina, après des études de sociologie se consacre au septième art.
Le 1er août 2017, l’anarchiste argentin Santiago Maldonado se volatilise dans la nature, à Cushamen. Ce jour-là, il a participé à des barrages routiers en solidarité avec la lutte des Mapuches, une population indigène qui se bat depuis des années après l’achat de ses terres par la famille Benetton (qui veut la libérer de l’inutile présence humaine pour la destiner uniquement à l’élevage de bétail lainier). La manifestation est dispersée par l’intervention énergique des forces de l’ordre, la gendarmerie nationale, sous les ordres directs du ministre de la Sécurité (lui-même sous le contrôle du président Macri). Certains témoins voient Santiago Maldonado entouré d’agents durant les charges. Son corps torturé sera retrouvé après 78 jours au fond d’un puits. Ce n’est pas le premier et ne sera pas le dernier des desaparecido [disparus, ndt] du pays sud-américain.
En octobre 2017, le tournage du premier film en tant que réalisatrice d’Agustina Macri commence à Turin, d’après le roman Amor y Anarquia. La fille du chef d’État argentin dira que le livre de son compatriote Caparròs « a été pour moi la porte d’entrée pour faire le film. Par la suite, j’ai également découvert un autre livre très utile, Le scarpe dei suicidi, et de nombreux autres documents que j’ai utilisés pour Soledad. Ce qui m’a le plus frappé, c’est l’amour. Se battre pour l’amour à travers une idée, l’anarchie ». Elle sera néanmoins obligée de déménager son tournage à Gênes, après les dures protestations qui l’ont prises de court : « Je ne m’attendais pas à toutes ces protestations. Je suis de leur côté et je pense que la seule façon de faire connaître une histoire est de la raconter. Nous avons tous droit à la liberté d’expression. Nous avons essayé plusieurs fois de parler aux anarchistes, mais ils ne voulaient pas entendre parler d’une confrontation. Mais nous restons ouverts au dialogue ».
En février 2018, le roman de Martin Caparròs a été publié en Italie par les éditions Einaudi. Le titre complet est Amore e anarchia: La vita urgente di Soledad Rosas 1974-1998.
En septembre 2018, « Soledad » film de lancement entant que réalisatrice de la fille du président Macri, sort dans les salles argentines.
Le 28 novembre 2018, la famille de Santiago Maldonado reçoit un appel téléphonique du magistrat qui enquête sur le décès de leur proche. La mère et le frère sont informés que l’affaire est close, en partie à cause de pressions excessives exercées d’en haut.
Le 13 juin 2019, la première œuvre d’Agustina Macri « Soledad » est sortie dans des dizaines de cinémas italiens. La réalisatrice ne cache pas sa satisfaction : « C’était un film fort et émouvant, nous avons ressenti tout ce que nous avons fait. Lorsque nous fait les prises au tribunal, chaque fois que je disais stop et que je me tournais, je voyais qu’il y avait quelqu’un qui pleurait. Et même quand on a fait la scène où ils s’embrassaient, toute l’équipe pleurait ».
Ainsi, retenant avec peine la nausée et le dégoût, les vomissements, la honte et la colère, nous tremblons à l’idée de ce qui pourrait arriver dans un avenir qui ne semble vraiment ne laisser aucun avenir. Qui sait, peut-être qu’en 2037, le premier fils de Matteo Salvini, Federico, ira en Argentine pour tourner le film qui marquera ses débuts comme réalisateur. Le film s’inspirera de la mort tragique de l’anarchiste Santiago Maldonado, 20 ans plus tôt. Ce qui le poussera à faire face à un tel sujet sera la solidarité, la lutte pour la solidarité avec une population indigène à travers une idée, l’anarchie. Ce sera un film fort et émouvant, évidemment financé par Brando Benetton, le dernier fils du fondateur de la célèbre marque.
Pourquoi pas, tout le monde a droit à la liberté d’expression. Il faut être « des fanatiques intolérants » – comme Severino Di Giovanni, l’anarchiste italien qui justement fît sauter en Argentine l’usine qui avait commercialisé les cigarettes « Sacco e Vanzetti » – pour ne pas réussir à le comprendre.

Depuis finimondo.org

 

Bordeaux : All Cathos Are Bastard

Publié le 2019-06-20 13:30:14

extrait du site facho TVLibertés / mercredi 19 juin 2019

Samedi 15 juin, veille de la fête des pères, l’association « Trace ta route » organisait une course dans les rues de Bordeaux intitulée #BougePourTonPère. Cet évènement avait le soutien de La Manif pour Tous et des Associations familiales catholiques et avait pour but de « rappeler [leur merde réactionnaire; NdAtt.].
À quelques heures de la course, de nombreux tags pro PMA et anti-catholiques (« tous les catholiques sont des bâtards » [sans oublier les illuminé.e.s de toutes les autres réligions; NdAtt.]) ont alors fleuri dans les rues de Bordeaux, sur de nombreuses maisons du centre-ville, dans le quartier Saint-Seurin. […]

Espagne : Communiqué de la compagnonne Lisa en solidarité avec les compas en grève de la faim en Italie

Publié le 2019-06-20 13:30:22

Anarquia.info / dimanche 16 juin 2019

Barcelone, fin 2018 – début 2019

Cher.e.s compas,
Je tiens à envoyer un grand salut solidaire et rebelle aux compas anarchistes emprisonné.e.s qui sont actuellement en grève de la faim dans les prisons italiennes, ainsi qu’à tou.te.s celles/ceux qui sont poursuivi.e.s et aux solidaires dehors.

Il est évidemment nécessaire de lutter contre la prison, l’isolement et toutes les mesures de sécurité de plus en plus dures qui sont appliquées à tou.te.s les détenu.e.s supposé.e.s conflictuel.le.s, dangereux.ses ou socialement inadapté.e.s, particulièrement ceux/celles qui se battent.

Le contrôle (social, physique et psychologique), la punition et l’isolement sont les piliers fondamentaux du système carcéral, ici et dans le monde entier. Les règles du pouvoir sont très simples et quiconque les enfreint, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la prison, sera puni.e et isolé.e dans un environnement plus socialisé et plus calme….c’est à dire enfermé.e en prison, y compris dans des sections d’isolement, qui ne sont rien d’autre qu’une prison dans la prison. Parfois ce sont des sections à part, qui n’ont aucun contact avec les sections normales ; dans d’autres endroits il s’agit de cellules de punition qui se trouvent dans la section normale, et où les les prisonnier.e.s peuvent interagir, montrer leur solidarité, communiquer mais aussi menacer, ignorer ou stigmatiser les puni.e.s.

Dans l’État espagnol, il y a le système FIES (fichier interne de suivi spécial), un système qui contrôle, enregistre et conditionne l’enfermement des prisonnier.e.s politiques ou conflictuel.le.s. Le FIES III est conçu pour les prisonnier.e.s appartenant.e.s à des groupes armés, il e été pensé à l’origine pour ETA et d’autres groupes organisés, mais on y enferme aussi les anarchistes condamné.e.s, accusé.e.s ou sous enquête pour terrorisme.

Évidemment, l’application des normes du FIES, ainsi que la prison où on est envoyé.e, dépend beaucoup du degré de dangerosité que l’État nous attribue… cela peut être un isolement assez léger et similaire au régime fermé normal ou au contraire un isolement très dur et très strict.

En principe, on passe d’abord par le module d’isolement de Soto del Real (Madrid). Il y a 4 sections – 3 pour les hommes et une pour les femmes. La section des femmes a dix cellules et selon la classification de chacune des prisonnières, on va à la promenade ensemble ou séparément. La cour est minuscule, avec du filet métallique au-dessus. Il n’y a absolument rien d’autre qu’un évier de merde et des déchets.

Dans les cellules, le lit, l’armoire, la table et la douche sont fixés au sol. Seuls quelques effets personnels sont autorisés dans la cellule, notamment 2 livres maximum, qu’on ne peut changer qu’une fois par semaine.

On ne peut avoir d’objets « dangereux », comme des rasoirs, des coupe-ongles ou des pinces à épiler, que pendant une demi-heure au maximum (après ils sont repris). On peut cantiner une fois par jour, mais il a très peu de produits. Les formulaires et les lettres sont collectés une fois par jour, du coup si on veut consulter ou modifier quelque chose, on doit attendre le lendemain. La lumière peut être allumée ou éteinte de l’intérieur de la cellule, mais seulement si les maton.ne.s sont d’accord, autrement ils/elles l’allument ou l’éteignent de l’extérieur.

Le nombre de fouilles dépend des maton.ne.s : l’heure et la raison sont à leur discrétion, mais il y en a beaucoup, comme le sont les contrôles avec détecteur de métaux ou scanners à métaux, de fait chaque fois que l’on quitte la cellule.

La « chose positive », ici – surtout par rapport à l’isolement dans d’autres pays – est qu’ils ont tendance à être plus permissifs avec la communication, tant avec l’extérieur (appels quotidiens, parloirs, cabines téléphoniques aussi dans les sections FIES) qu’entre prisonnier.e.s (on peut parler des heures durant à travers les fenêtres, faire passer des lettres entre prisonnier.e.s…), du coup on ne vit pas son isolement de façon si strict que cela peut être le cas par exemple dans les pays nord-européens.

Mais s’ils veulent punir quelqu’un, ils peuvent le garder dans des modules d’isolement beaucoup plus durs, aménager des sections d’isolement total….

La nourriture passe par un trou à la hauteur de la taille et c’est seulement de là qu’on peut communiquer avec les maton.ne.s – ce qui n’est rien d’autre qu’une humiliation de plus, pour essayer de briser la force de la personne emprisonnée.

Après une période d’observation pendant lequel on est provisoirement isolé.e.s durant quelques mois, généralement on passe à des modules de premier degré, qui sont conçus pour y « vivre » pendant des années. Mais ils peuvent aussi maintenir les prisonnier.e.s particulièrement puni.e.s – généralement ceux accusé.e.s de terrorisme – dans un isolement total, sans aucun contact avec les autres prisonnier.e.s, ou appliquer des articles de sécurité maximale, dans le cas de personnes supposées être particulièrement dangereuses… comme toujours : punir ou prévenir…..

En Allemagne aussi il y a des sections d’isolement. À Cologne par exemple, mais seulement pour les hommes… cependant les femmes aussi peuvent se retrouver isolées dans ces sections ou isolées dans des sections de régime normal. Ensuite, il y a des cellules de punition extrêmes, appelées « bunker », où il est permis d’avoir seulement un vêtement fourni par la prison, où l’on passe 24 heures seul.e, sans fenêtres et sans le moindre contact avec l’extérieur… mais normalement on ne reste pas là plus de quelques jours ou au maximum quelques semaines. Malgré cela, la sensation d’injustice et d’impuissance qui y est vécue est énorme.

L’isolement laisse toujours de fortes séquelles, c’est quelque chose que celle/celui qui l’a vécu n’oubliera jamais, et la folie et la rage de l’avoir vécu ne font qu’augmenter. Il y a beaucoup de gens qui n’y survivent pas. Tout dépend de la force mentale (et physique) de chacun.e mais aussi beaucoup du soutien et de la solidarité de l’extérieur.

Sur le plan politique, il est plus qu’évident qu’on essaye de nous isoler, non seulement de la société extérieure, mais aussi des autres prisonnier.e.s avec lesquel.le.s on pourrait créer des complicités et de la conscience de lutte contre ce système de punition, de prison et d’autorité. Cependant, chaque geste de camaraderie et de solidarité vécu à l’intérieur ou venant de l’extérieur, toute détermination à s’opposer à leur isolement, ainsi qu’à l’ensemble de leur système d’oppression et de misère, prouvent qu’ils ne pourront jamais en finir avec nous, notre combat et notre passion pour la liberté totale.

FORCE, CHALEUR, AFFECTION ET SOLIDARITÉ POUR LES COMPAS EN GRÈVE DE LA FAIM EN ITALIE !
VOUS N’ÊTES PAS SEUL.E.S ! LA LUTTE CONTINUE !
CONTRE LES PUNITIONS, L’ISOLEMENT, LES PRISONS ET TOUTE FORME D’AUTORITÉ !
JUSQU’À CE QUE NOUS SOYONS TOU.TE.S LIBRES !

LISA
C.P Brians 1
juin 2019

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Pour écrire à Lisa :

Lisa Dorfer
C.P. Brians I
Carretera de Martorell a Capellades, km 23
08635 SANT ESTEVE SESROVIRES
ESPAGNE

Bardonecchia et Claviere (Italie) : En solidarité avec les anarchistes en grève de la faim

Publié le 2019-06-21 10:36:04

Bardonecchia : Dimanche nuit

Round Robin / jeudi 20 juin 2019

Dimanche nuit une voiture des carabiniers a été endommagée à Bardonecchia, en solidarité à Anna e Silvia, et pour la fermeture de la section AS2 de la prison.

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Claviere : Dommages pour le camp de golf

Round Robin / jeudi 20 juin 2019

Dimanche nuit le camp de golf international entre Montegenèvre et Clavière, propriété de la Lavazza, a été endommagé avec du vernis et du désherbant.
En solidarité à Anna, Silvia, et à tout-es les détenu-es, qu’elles soient enfermé-es dans une prison ou dans un centre de rétention, ainsi qu’aux luttes de ce territoire.

Comuniqué :
CONTRE TOUTES LES FRONTIERES
Contre la Lavazza qui devaste et profite
Sur un camp où le jour les riches jouent au golf
Pendant que les migrants sont poursuivis et repoussés
Contre cette sélection qui tue
Contre toutes les formes de réclusion
En solidarité à Anna, Silvia et tout-es les compagnons en grève de la
faim.

Pour la fermeture de la section AS2 de l’Aquila

Italie : Des nouvelles depuis la prison de L’Aquila

Publié le 2019-06-21 16:38:04

Anarhija.info / jeudi 20 juin 2019

Anna et Silvia (en grève de la faim depuis le 29 mai) vont bien, à niveau santé.
Aujourd’hui, la directrice de la prison est venue les voir à nouveau, leur disant qu’elle a fait pression sur l’Administration Pénitentiaire pour que leur situation change.

Malheureusement, aujourd’hui même Natascia a été transférée elle aussi à L’Aquila.

Les compagnonnes disent qu’aujourd’hui aussi elle ont entendu les autres détenu.e.s cogner sur les barreaux de leurs cellules. Le battage a commencé lundi, après que la nouvelle de leur grève de la faim a été transmise par le JT régional. Du coup hier, à l’heure du déjeuner, il y a eu du bruit, et aujourd’hui aussi. On pourra en savoir un peu plus de ce qui se passe à l’intérieur de la prison seulement après les prochains parloirs.
Bientôt d’autres nouvelles.

Entre-temps, le rendez-vous est pour le rassemblement devant la prison de L’Aquila, dimanche 23 juin à 15h.

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Pour écrire aux trois compagnonnes :

Anna Beniamino
Silvia Ruggeri
Natascia Savio

Via Amiternina, 3
Località Costarelle di Preturo
67100 – L’Aquila (Italie)

Allemagne : Incendie d’un centre de dressage canin de la police

Publié le 2019-06-22 14:07:05

Act for Freedom Now ! / vendredi 21 juin 2019

Combattons la police, combattons le système spéciste!

Le 5 juin, en tant que membres de l’Animal Liberation Front, on a incendié un centre de dressage canin de la police.
Pour nous, la légitimité de cette action réside dans le fait que la police, une institution classiste, sexiste et raciste, n’a aucun droit d’utiliser des animaux comme outils d’oppression.

Nous rappelons que la police sert le capitalisme et, de ce fait, elle est une ennemie dans la lutte pour la libération des humains et des animaux.

Avec cette action, nous voulons montrer qu’on est en train de grandir et de nous répandre; pas seulement en nombre, mais aussi stratégiquement; que nous nous en prenons aux problèmes fondamentaux à la place de nous focaliser sur les symptômes ; que nous n’acceptons pas la complicité entre la police et l’industrie de l’exploitation animale.

Chaque fois que la police arrête un.e de nous (que ce soit pour avoir brisé une vitrine ou pour avoir perturbé un McDonald’s), ils/elles collaborent avec l’industrie de l’exploitation animale et elles/ils s’en prennent à nous tou.te.s. C’est l’heure que cela s’arrête.

Nous voulons voir cette action comme une « célébration de rage » pour le 11 juin, « journée internationale de solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes purgeant des longue peines » et envoyer des salutations notamment à Matthias, qui est incarcéré en Suisse depuis plus de six mois en l’attente de son procès, accusé d’avoir brisé les vitrines d’une boucherie.

Pour un monde sans oppression, sans capitalisme et sans police – enflammons une révolution !
N’oublions pas nos ami.e.s casseur.euses de McDonald’s [voir par exemple ici et ; NdAtt.] ; que les vitres brisées puissent nous apporter la liberté !
Feu aux prisons, feu à la police, feu aux McDonald’s feu au système spéciste !

Animal Liberation Front

Rome (Italie) : Une antenne relais incendiée en solidarité avec la grève de la faim

Publié le 2019-06-22 17:06:08

Anarhija.info / vendredi 21 juin 2019

Rome, 12 juin.
Incendie des pneus d’un camion-antenne relais.
En solidarité avec Anna et Silvia et les prisonniers anarchistes en grève de la faim.
Pour la fermeture de la section AS2 de L’Aquila.
Non au régime 41bis.
Non à la visioconférence

Note d’Attaque : les journaflics parlent d’un incendie d’un camion-atenne relais, vers 21h30 du 12 juin, en via di Villa Spada, dans le secteur de Fidene.

N’appelle pas les flics!

Publié le 2019-06-22 17:57:07
Juin 222019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Tôt le matin du lundi 10 juin, la police de Montréal a tiré sur un homme. Un voisin avait une crise. Plutôt que de faire quelque chose d’utile, les flics l’ont harcelé pendant des heures. Leurs armes étaient pointés vers sa tête. Ils lui ont finalement tiré dans la jambe à travers la porte de son propre appartement tôt lundi matin. Dimanche le 17 juin, des anarchistes du quartier St-Henri à Montréal ont collé des affiches rappelant au quartier d’y penser à deux fois avant d’appeler la police.

St-Henri est actuellement dans un processus d’embourgeoisement rapide et brutal. L’embourgeoisement va de paire avec le nettoyage sociale. Cela signifie les arrestations et les relocalisations de personnes ayant des troubles de santé mentale, de pauvres, d’utilisateur.trice.s de drogue, de travailleur.euse.s du sexe et de tous.tes celleux d’entre-nous qui essaient de s’en sortir dans un monde cruel. Un façon de résister au poliçage et à l’embourgeoisement de notre quartier est d’arrêter d’appeler les osti de flics. On a fait des affiches qui nomment toutes les personnes non-armées ayant été tuées par le SPVM depuis les dernières années, parce que c’est sérieux. Les flics escaladeront toujours la situation. Nous ne pouvons pas leur faire confiance. Bâtissons plutôt des relations de confiance entre voisins : rendons la police inutile! SVP téléchargez et partager ces affiches — faites savoir à vos voisins que LES FLICS TUENT et partagez des alternatives à appeler la police pour que plus personne n’ait le sang de leur voisin sur les mains.

À imprimer (11 x 17″)

Douze alternatives (en anglais)

Hong Kong: Anarchists in the Resistance to the Extradition Bill

Publié le 2019-06-22 22:44:03

Hong Kong: Anarchists in the Resistance to the Extradition Bill

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An Interview

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Since 1997, when it ceased to be the last major colonial holding of Great Britain, Hong Kong has been a part of the People’s Republic of China, while maintaining a distinct political and legal system. In February, an unpopular bill was introduced that would make it possible to extradite fugitives in Hong Kong to countries that the Hong Kong government has no existing extradition agreements with—including mainland China. On June 9, over a million people took the streets in protest; on June 12, protesters engaged in pitched confrontations with police; on June 16, two million people participated in one of the biggest marches in the city’s history. The following interview with an anarchist collective in Hong Kong explores the context of this wave of unrest. Our correspondents draw on over a decade of experience in the previous social movements in an effort to come to terms with the motivations that drive the participants, and elaborate upon the new forms of organization and subjectivation that define this new sequence of struggle.

In the United States, the most recent popular struggles have cohered around resisting Donald Trump and the extreme right. In France, the Gilets Jaunes movement drew anarchists, leftists, and far-right nationalists into the streets against Macron’s centrist government and each other. In Hong Kong, we see a social movement against a state governed by the authoritarian left. What challenges do opponents of capitalism and the state face in this context? How can we outflank nationalists, neoliberals, and pacifists who seek to control and exploit our movements?

As China extends its reach, competing with the United States and European Union for global hegemony, it is important to experiment with models of resistance against the political model it represents, while taking care to prevent neoliberals and reactionaries from capitalizing on popular opposition to the authoritarian left. Anarchists in Hong Kong are uniquely positioned to comment on this.

The front façade of the Hong Kong Police headquarters in Wan Chai, covered in egg yolks on the evening of June 21. Hundreds of protesters sealed the entrance, demanding the unconditional release of every person that has been arrested in relation to the struggle thus far. The banner below reads “Never Surrender.” Photo by KWBB from Tak Cheong Lane Collective.


“The left” is institutionalized and ineffectual in Hong Kong. Generally, the “scholarist” liberals and “citizenist” right-wingers have a chokehold over the narrative whenever protests break out, especially when mainland China is involved.

In the struggle against the extradition bill, has the escalation in tactics made it difficult for those factions to represent or manage “the movement”? Has the revolt exceeded or undermined their capacity to shape the discourse? Do the events of the past month herald similar developments in the future, or has this been a common subterranean theme in popular unrest in Hong Kong already?

We think it’s important for everyone to understand that—thus far—what has happened cannot be properly understood to be “a movement.” It’s far too inchoate for that. What I mean is that, unlike the so-called “Umbrella Movement,” which escaped the control of its founding architects (the intellectuals who announced “Occupy Central With Love And Peace” a year in advance) very early on while adhering for the most part to the pacifistic, citizenist principles that they outlined, there is no real guiding narrative uniting the events that have transpired so far, no foundational credo that authorizes—or sanctifies—certain forms of action while proscribing others in order to cultivate a spectacular, exemplary façade that can be photographed and broadcast to screens around the world.

The short answer to your question, then, is… yes, thus far, nobody is authorized to speak on behalf of the movement. Everybody is scrambling to come to terms with a nascent form of subjectivity that is taking shape before us, now that the formal figureheads of the tendencies you referenced have been crushed and largely marginalized. That includes the “scholarist” fraction of the students, now known as “Demosisto,” and the right-wing “nativists,” both of which were disqualified from participating in the legislative council after being voted in.

Throughout this interview, we will attempt to describe our own intuitions about what this embryonic form of subjectivity looks like and the conditions from which it originates. But these are only tentative. Whatever is going on, we can say that it emerges from within a field from which the visible, recognized protagonists of previous sequences, including political parties, student bodies, and right-wing and populist groups, have all been vanquished or discredited. It is a field populated with shadows, haunted by shades, echoes, and murmurs. As of now, center stage remains empty.

This means that the more prevalent “default” modes of understanding are invoked to fill the gaps. Often, it appears that we are set for an unfortunate reprisal of the sequence that played itself out in the Umbrella Movement:

  • appalling show of police force
  • public outrage manifests itself in huge marches and subsequent occupations, organized and understood as sanctimonious displays of civil virtue
  • these occupations ossify into tense, puritanical, and paranoid encampments obsessed with policing behavior to keep it in line with the prescribed script
  • the movement collapses, leading to five years of disenchantment among young people who do not have the means to understand their failure to achieve universal suffrage as anything less than abject defeat.

Of course, this is just a cursory description of the Umbrella Movement of five years ago—and even then, there was a considerable amount of “excess”: novel and emancipatory practices and encounters that the official narrative could not account for. These experiences should be retrieved and recovered, though this is not the time or place for that. What we face now is another exercise in mystification, in which the protocols that come into operation every time the social fabric enters a crisis may foreclose the possibilities that are opening up. It would be premature to suggest that this is about to happen, however.

In our cursory and often extremely unpleasant perusals of Western far-left social media, we have noticed that all too often, the intelligence falls victim to our penchant to run the rule over this or that struggle. So much of what passes for “commentary” tends to fall on either side of two poles—impassioned acclamation of the power of the proletarian intelligence or cynical denunciation of its populist recuperation. None of us can bear the suspense of having to suspend our judgment on something outside our ken, and we hasten to find someone who can formalize this unwieldy mass of information into a rubric that we can comprehend and digest, in order that we can express our support or apprehension.

We have no real answers for anybody who wants to know whether they should care about what’s going on in Hong Kong as opposed to, say, France, Algeria, Sudan. But we can plead with those who are interested in understanding what’s happening to take the time to develop an understanding of this city. Though we don’t entirely share their politics and have some quibbles with the facts presented therein, we endorse any coverage of events in Hong Kong that Ultra, Nao, and Chuang have offered over the years to the English-speaking world. Ultra’s piece on the Umbrella Movement is likely the best account of the events currently available.

Our banner in the marches, which is usually found at the front of our drum squad. It reads “There are no ‘good citizens’, only potential criminals.” This banner was made in response to propaganda circulated by pro-Beijing establishmentarian political groups in Hong Kong, assuring “good citizens” everywhere that extradition measures do not threaten those with a sound conscience who are quietly minding their own business. Photo by WWS from Tak Cheong Lane Collective.

If we understand “the left” as a political subject that situates questions of class struggle and labor at the center of its politics, it’s not entirely certain that such a thing even properly exists in Hong Kong. Of course, friends of ours run excellent blogs, and there are small grouplets and the like. Certainly, everybody talks about the wealth gap, rampant poverty, the capitalist class, the fact that we are all “打工仔” (jobbers, working folk) struggling to survive. But, as almost anywhere else, the primary form of subjectivity and identification that everyone subscribes to is the idea of citizenship in a national community. It follows that this imagined belonging is founded on negation, exclusion, and demarcation from the Mainland. You can only imagine the torture of seeing the tiresome “I’m a Hong Konger, not Chinese!” t-shirts on the subway, or hearing “Hong Kongers add oil!” (essentially, “way to go!”) chanted ad nauseam for an entire afternoon during recent marches.

It should interest readers from abroad to know that the word “left” in Hong Kong has two connotations. Obviously, for the generation of our parents and their parents before them, “Left” means Communist. Which is why “Left” could refer to a businessman who is a Party member, or a pro-establishment politician who is notoriously pro-China. For younger people, the word “Left” is a stigma (often conjugated with “plastic,” a word in Cantonese that sounds like “dickhead”) attached to a previous generation of activists who were involved in a prior sequence of social struggle—including struggles to prevent the demolition of Queen’s Ferry Pier in Central, against the construction of the high-speed Railway going through the northeast of Hong Kong into China, and against the destruction of vast tracts of farmland in the North East territories, all of which ended in demoralizing defeat. These movements were often led by articulate spokespeople—artists or NGO representatives who forged tactical alliances with progressives in the pan-democratic movement. The defeat of these movements, attributed to their apprehensions about endorsing direct action and their pleas for patience and for negotiations with authority, is now blamed on that generation of activists. All the rage and frustration of the young people who came of age in that period, heeding the direction of these figureheads who commanded them to disperse as they witnessed yet another defeat, yet another exhibition of orchestrated passivity, has progressively taken a rightward turn. Even secondary and university student bodies that have traditionally been staunchly center-left and progressive have become explicitly nationalist.

One crucial tenet among this generation, emerging from a welter of disappointments and failures, is a focus on direct action, and a consequent refusal of “small group discussions,” “consensus,” and the like. This was a theme that first appeared in the umbrella movement—most prominently in the Mong Kok encampment, where the possibilities were richest, but where the right was also, unfortunately, able to establish a firm foothold. The distrust of the previous generation remains prevalent. For example, on the afternoon of June 12, in the midst of the street fights between police and protesters, several members of a longstanding social-democratic party tasked themselves with relaying information via microphone to those on the front lines, telling them where to withdraw to if they needed to escape, what holes in the fronts to fill, and similar information. Because of this distrust of parties, politicians, professional activists and their agendas, many ignored these instructions and instead relied on word of mouth information or information circulating in online messaging groups.1

It’s no exaggeration to say that the founding myth of this city is that refugees and dissidents fled communist persecution to build an oasis of wealth and freedom, a fortress of civil liberties safeguarded by the rule of law. In view of that, on a mundane level, it could be said that many in Hong Kong already understand themselves as being in revolt, in the way they live and the freedoms they enjoy—and that they consider this identity, however vacuous and tenuous it may be, to be a property that has to be defended at all costs. It shouldn’t be necessary to say much here about the fact that much of the actual ecological “wealth” that constitutes this city—its most interesting (and often poorest) neighborhoods, a whole host of informal clubs, studios, and dwelling places situated in industrial buildings, farmland in the Northeast territories, historic walled villages and rural districts—are being pillaged and destroyed piece by piece by the state and private developers, to the resounding indifference of these indignant citoyens.

In any case, if liberals are successful in deploying their Cold War language about the need to defend civil liberties and human rights from the encroaching Red Tide, and right-wing populist calls to defend the integrity of our identity also gain traction, it is for these deep-rooted and rather banal historical reasons. Consider the timing of this struggle, how it exploded when images of police brutalizing and arresting young students went viral—like a perfect repetition of the prelude to the umbrella movement. This happened within a week of the annual candlelight vigil commemorating those killed in the Tiananmen Massacre on June 4, 1989, a date remembered in Hong Kong as the day tanks were called in to steamroll over students peacefully gathering in a plea for civil liberties. It is impossible to overstate the profundity of this wound, this trauma, in the formation of the popular psyche; this was driven home when thousands of mothers gathered in public, in an almost perfect mirroring of the Tiananmen mothers, to publicly grieve for the disappeared futures of their children, now eclipsed in the shadow of the communist monolith. It stupefies the mind to think that the police—not once now, but twice—broke the greatest of all taboos: opening fire on the young.

In light of this, it would be naïve to suggest that anything significant has happened yet to suggest that to escaping the “chokehold” that you describe “scholarist” liberals and “citizenist” right-wingers maintaining on the narrative here. Both of these factions are simply symptoms of an underlying condition, aspects of an ideology that has to be attacked and taken apart in practice. Perhaps we should approach what is happening right now as a sort of psychoanalysis in public, with the psychopathology of our city exposed in full view, and see the actions we engage in collectively as a chance to work through traumas, manias, and obsessive complexes together. While it is undoubtedly dismaying that the momentum and morale of this struggle is sustained, across the social spectrum, by a constant invocation of the “Hong Kong people,” who are incited to protect their home at all costs, and while this deeply troubling unanimity covers over many problems,2 we accept the turmoil and the calamity of our time, the need to intervene in circumstances that are never of our own choosing. However bleak things may appear, this struggle offers a chance for new encounters, for the elaboration of new grammars.

Graffiti seen in the road occupation in Admiralty near the government quarters, reading “Carry a can of paint with you, it’s a remedy for canine rabies.” Cops are popularly referred to as “dogs” here. Photo by WWS from Tak Cheong Lane Collective.

What has happened to the discourse of civility in the interlude between the umbrella movement and now? Did it contract, expand, decay, transform?

That’s an interesting question to ask. Perhaps the most significant thing that we can report about the current sequence that, astonishingly, when a small fringe of protesters attempted to break into the legislative council on June 9 following a day-long march, it was not universally criticized as an act of lunacy or, worse, the work of China or police provocateurs. Bear in mind that on June 9 and 12, the two attempts to break into the legislative council building thus far, the legislative assembly was not in session; people were effectively attempting to break into an empty building.

Now, much as we have our reservations about the effectiveness of doing such a thing in the first place,3 this is extraordinary, considering the fact that the last attempt to do so, which occurred in a protest against development in the North East territories shortly before the umbrella movement, took place while deliberations were in session and was broadly condemned or ignored.4 Some might suggest that the legacy of the Sunflower movement in Taiwan remains a big inspiration for many here; others might say that the looming threat of Chinese annexation is spurring the public to endorse desperate measures that they would otherwise chastise.

On the afternoon of June 12, when tens of thousands of people suddenly found themselves assaulted by riot police, scrambling to escape from barrages of plastic bullets and tear gas, nobody condemned the masked squads in the front fighting back against the advancing lines of police and putting out the tear gas canisters as they landed. A longstanding, seemingly insuperable gulf has always existed between the “peaceful” protesters (pejoratively referred to as “peaceful rational non-violent dickheads” by most of us on the other side) and the “bellicose” protesters who believe in direct action. Each side tends to view the other with contempt.

Protesters transporting materials to build barricades. The graffiti on the wall can be roughly (and liberally) translated as “Hong Kongers ain’t nuthin’ to fuck wit’.” Photo by WWS from Tak Cheong Lane Collective.

The online forum lihkg has functioned as a central place for young people to organize, exchange political banter, and circulate information relating to this struggle. For the first time, a whole host of threads on this site have been dedicated to healing this breach or at least cultivating respect for those who do nothing but show up for the marches every Sunday—if only because marches that number in the millions and bring parts of the city to a temporary standstill are a pretty big deal, however mind-numbingly boring they may be in actuality. The last time the marches were anywhere close to this huge, a Chief Executive stepped down and the amending of a law regarding freedom of speech was moved to the back burner. All manner of groups are attempting to invent a way to contribute to the struggle, the most notable of which is the congregation of Christians that have assembled in front of police lines at the legislative council, chanting the same hymn without reprieve for a week and a half. That hymn has become a refrain that will likely reverberate through struggles in the future, for better or worse.

Are there clear openings or lines of flight in this movement that would allow for interventions that undermine the power of the police, of the law, of the commodity, without producing a militant subject that can be identified and excised?

It is difficult to answer this question. Despite the fact that proletarians compose the vast majority of people waging this struggle—proletarians whose lives are stolen from them by soulless jobs, who are compelled to spend more and more of their wages paying rents that continue to skyrocket because of comprehensive gentrification projects undertaken by state officials and private developers (who are often one and the same)—you must remember that “free market capitalism” is taken by many to be a defining trait of the cultural identity of Hong Kong, distinguishing it from the “red” capitalism managed by the Communist Party. What currently exists in Hong Kong, for some people, is far from ideal; when one says “the rich,” it invokes images of tycoon monopolies—cartels and communist toadies who have formed a dark pact with the Party to feed on the blood of the poor.

So, just as people are ardent for a government and institutions that we can properly call “our own”—yes, including the police—they desire a capitalism that we can finally call “our own,” a capitalism free from corruption, political chicanery, and the like. It’s easy to chuckle at this, but like any community gathered around a founding myth of pioneers fleeing persecution and building a land of freedom and plenty from sacrifice and hard work… it’s easy to understand why this fixation exerts such a powerful hold on the imagination.

This is a city that fiercely defends the initiative of the entrepreneur, of private enterprise, and understands every sort of hustle as a way of making a living, a tactic in the tooth-and-nail struggle for survival. This grim sense of life as survival is omnipresent in our speech; when we speak of “working,” we use the term “搵食,” which literally means looking for our next meal. That explains why protesters have traditionally been very careful to avoid alienating the working masses by actions such as blockading a road used by busses transporting working stiffs back home.

While we understand that much of our lives are preoccupied with and consumed by work, nobody dares to propose the refusal of work, to oppose the indignity of being treated as producer-consumers under the dominion of the commodity. The police are chastised for being “running dogs” of an evil totalitarian empire, rather than being what they actually are: the foot soldiers of the regime of property.

What is novel in the current situation is that many people now accept that acts of solidarity with the struggle, however minute,5 can lead to arrest, and are prepared to tread this shifting line between legality and illegality. It is no exaggeration to say that we are witnessing the appearance of a generation that is prepared for imprisonment, something that was formerly restricted to “professional activists” at the forefront of social movements. At the same time, there is no existing discussion regarding what the force of law is, how it operates, or the legitimacy of the police and prisons as institutions. People simply feel they need to employ measures that transgress the law in order the preserve the sanctity of the Law, which has been violated and dishonored by the cowboys of communist corruption.

However, it is important to note that this is the first time that proposals for strikes in various sectors and general strikes have been put forward regarding an issue that is, on the surface of it, unrelated to labor.

Our friends in the “Housewives Against Extradition” section of the march on June 9. The picture shows a group of housewives and aunties, many of whom were on the streets for the first time. Photo by WWS from Tak Cheong Lane Collective.

How do barricades and occupations like the one from a few days ago reproduce themselves in the context of Hong Kong?

Barricades are simply customary now. Whenever people gather en masse and intend to occupy a certain territory to establish a front, barricades are built quickly and effectively. There is a creeping sense now that occupations are becoming routine and futile, physically taxing and ultimately inefficient. What’s interesting in this struggle is that people are really spending a lot of time thinking about what “works,” what requires the least expenditure of effort and achieves the maximum effect in paralyzing parts of the city or interrupting circulation, rather than what holds the greatest moral appeal to an imagined “public” watching everything from the safety of the living room—or even, conversely, what “feels” the most militant.

There have been many popular proposals for “non-cooperative” quotidian actions such as jamming up an entire subway train by coordinating groups of friends to pack the cars with people and luggage for a whole afternoon, or cancelling bank accounts and withdrawing savings from savings accounts in order to create inflation. Some have spread suggestions regarding how to dodge paying taxes for the rest of your life. These might not seem like much, but what’s interesting is the relentless circulation of suggestions from all manner of quarters, from people with varying kinds of expertise, about how people can act on their own initiative where they live or work and in their everyday lives, rather than imagining “the struggle” as something that is waged exclusively on the streets by masked, able-bodied youth.

Whatever criticisms anybody might have about what has happened thus far, this formidable exercise in collective intelligence is really incredibly impressive—an action can be proposed in a message group or on an anonymous message board thread, a few people organize to do it, and it’s done without any fuss or fanfare. Forms circulate and multiply as different groups try them out and modify them.

In the West, Leninists and Maoists have been screaming bloody murder about “CIA Psyop” or “Western backed color revolution.” Have hegemonic forces in Hong Kong invoked the “outside agitator” theme on the ground at a narrative level?

Actually, that is the official line of the Chief Executive, who has repeatedly said that she regards the events of the past week as riotous behavior incited by foreign interests that are interested in conducting a “color revolution” in the city. I’m not sure if she would repeat that line now that she has apologized publicly for “creating contradictions” and discord with her decisions, but all the same—it’s hilarious that tankies share the exact same opinion as our formal head of state.

It’s an open secret that various pro-democracy NGOs, parties, and thinktanks receive American funding. It’s not some kind of occult conspiracy theory that only tankies know about. But these tankies are suggesting that the platform that coordinates the marches—a broad alliance of political parties, NGOs, and the like—is also the ideological spearhead and architect of the “movement,” which is simply a colossal misunderstanding. That platform has been widely denounced, discredited, and mocked by the “direct action” tendencies that are forming all around us, and it is only recently that, as we said above, there are slightly begrudging threads on the Internet offering them indirect praise for being able to coordinate marches that actually achieve something. If only tankies would stop treating everybody like mindless neo-colonial sheep acting at the cryptic behest of Western imperialist intelligence.

That said, it would be dishonest if we failed to mention that, alongside threads on message boards discussing the niceties of direct action tactics abroad, there are also threads alerting everyone to the fact that voices in the White House have expressed their disapproval for the law. Some have even celebrated this. Also, there is a really wacky petition circulating on Facebook to get people to appeal to the White House for foreign intervention. I’m sure one would see these sorts of things in any struggle of this scale in any non-Western city. They aren’t smoking guns confirming imperialist manipulation; they are fringe phenomena that are not the driving force behind events thus far.

Have any slogans, neologisms, new slang, popular talking points, or funny phrases emerged that are unique to the situation?

Yes, lots, though we’re not sure how we would go about translating them. But the force that is generating these memes, that is inspiring all these Whatsapp and Telegram stickers and catchphrases, is actually the police force.

Between shooting people in the eye with plastic bullets, flailing their batons about, and indiscriminately firing tear gas canisters at peoples’ heads and groins, they also found the time to utter some truly classic pearls that have made their way on to t-shirts. One of these bons mots is the rather unfortunate and politically incorrect “liberal cunt.” In the heat of a skirmish between police and protesters, a policeman called someone at the frontlines by that epithet. All our swear words in Cantonese revolve around male and female genitalia, unfortunately; we have quite a few words for private parts. In Cantonese, this formulation doesn’t sound as sensible as it does in English. Said together in Cantonese, “liberal” and “cunt” sounds positively hilarious.

Does this upheaval bear any connections to the fishball riots or Hong Kong autonomy from a few years ago?

The “fishball riots” were a demonstrative lesson in many ways, especially for people like us, who found ourselves spectators situated at some remove from the people involved. It was a paroxysmic explosion of rage against the police, a completely unexpected aftershock from the collapse of the umbrella movement. An entire party, the erstwhile darlings of right-wing youth everywhere, “Hong Kong Indigenous,” owes its whole career to this riot. They made absolutely sure that everyone knew they were attending, showing up in uniform and waving their royal blue flags at the scene. They were voted into office, disqualified, and incarcerated—one of the central members is now seeking asylum in Germany, where his views on Hong Kong independence have apparently softened considerably in the course of hanging out with German Greens. That is fresh in the memory of folks who know that invisibility is now paramount.

What effect has Joshua Wong’s release had?

We are not sure how surprised readers from overseas will be to discover, after perhaps watching that awful documentary about Joshua Wong on Netflix, that his release has not inspired much fanfare at all. Demosisto are now effectively the “Left Plastic” among a new batch of secondary students.

Are populist factions functioning as a real force of recuperation?

All that we have written above illustrates how, while the struggle currently escapes the grasp of every established group, party, and organization, its content is populist by default. The struggle has attained a sprawling scale and drawn in a wide breadth of actors; right now, it is expanding by the minute. But there is little thought given to the fact that many of those who are most obviously and immediately affected by the law will be people whose work takes place across the border—working with and providing aid to workers in Shenzhen, for instance.

Nobody is entirely sure what the actual implications of the law are. Even accounts written by professional lawyers vary quite widely, and this gives press outlets that brand themselves as “voices of the people”6 ample space to frame the entire issue as simply a matter of Hong Kong’s constitutional autonomy being compromised, with an entire city in revolt against the imposition of an all-encompassing surveillance state.

Perusing message boards and conversing with people around the government complex, you would think that the introduction of this law means that expressions of dissent online or objectionable text messages to friends on the Mainland could lead to extradition. This is far from being the case, as far as the letter of the law goes. But the events of the last few years, during which booksellers in Hong Kong have been disappeared for selling publications banned on the Mainland and activists in Hong Kong have been detained and deprived of contact upon crossing the border, offer little cause to trust a party that is already notorious for cooking up charges and contravening the letter of the law whenever convenient. Who knows what it will do once official authorization is granted.

Paranoia invariably sets in whenever the subject of China comes up. On the evening of June 12, when the clouds of tear gas were beginning to clear up, the founder of a Telegram message group with 10,000+ active members was arrested by the police, who commanded him to unlock his phone. His testimony revealed that he was told that even if he refused, they would hack his phone anyway. Later, the news reported that he was using a Xiaomi phone at the time. This news went viral, with many commenting that his choice of phone was both bold and idiotic, since urban legend has it that Xiaomi phones not only have a “backdoor” that permits Xiaomi to access the information on every one of its phones and assume control of the information therein, but that Xiaomi—by virtue of having its servers in China—uploads all information stored on its cloud to the database of party overlords. It is futile to try to suggest that users who are anxious about such things can take measures to seal backdoors, or that background information leeching can be detected by simply checking the data usage on your phone. Xiaomi is effectively regarded as an expertly engineered Communist tracking device, and arguments about it are no longer technical, but ideological to the point of superstition.

This “post-truth” dimension of this struggle, compounded with all the psychopathological factors that we enumerated above, makes everything that is happening that much more perplexing, that much more overwhelming. For so long, fantasy has been the impetus for social struggle in this city—the fantasy of a national community, urbane, free-thinking, civilized and each sharing in the negative freedoms that the law provides, the fantasy of electoral democracy… Whenever these affirmative fantasies are put at risk, they are defended and enacted in public, en masse, and the sales for “I Am Hong Konger” [sic] go through the roof.

This is what gives the proceedings a distinctly conservative, reactionary flavor, despite how radical and decentralized the new forms of action are. All we can do as a collective is seek ways to subvert this fantasy, to expose and demonstrate its vacuity in form and content.

At this time, it feels surreal that everybody around us is so certain, so clear about what they need to do—oppose this law with every means that they have available to them—while the reasons for doing so remain hopelessly obscure. It could very well be the case that this suffocating opacity is our lot for the time being, in this phase premised upon more action, less talk, on the relentless need to keep abreast of and act on the flow of information that is constantly accelerating around us.

In so many ways, what we see happening around us is a fulfillment of what we have dreamt of for years. So many bemoan the “lack of political leadership,” which they see as a noxious habit developed over years of failed movements, but the truth is that those who are accustomed to being protagonists of struggles, including ourselves as a collective, have been overtaken by events. It is no longer a matter of a tiny scene of activists concocting a set of tactics and programs and attempting to market them to the public. “The public” is taking action all around us, exchanging techniques on forums, devising ways to evade surveillance, to avoid being arrested at all costs. It is now possible to learn more about fighting the police in one afternoon than we did in a few years.

In the midst of this breathless acceleration, is it possible to introduce another rhythm, in which we can engage in a collective contemplation of what has become of us, and what we are becoming as we rush headlong into the tumult?

As ever, we stand here, fighting alongside our neighbors, ardently looking for friends.


Hand-written statements by protesters, weathered after an afternoon of heavy rain. Photo by WWS from Tak Cheong Lane Collective.

Further Reading

Other Voices from the Anti-Extradition Movement

  1. After discussing the preliminary draft of this article, one of us raised reservations about this statement, stating that it wasn’t an entirely accurate representation of events. While quite a few people ignored the directions of those holding the microphones, others were receptive to them, taking them into account while also receiving information streams from various messaging channels. One must remember that a significant proportion of people who have taken to the streets are out there for the first time, and quite often can be overwhelmed by panic—there were scenes, for example, of young people who broke down in fits of tears in front of the police lines, and had to be taken out of the line of fire by others. It is also worth describing our own experiences on June 21, when several blockades of government buildings were organized by protesters following the failure of the chief executive to respond to a popular ultimatum. That afternoon involved hundreds of protesters who were quick to propose, discuss, evaluate, and make decisions in a spontaneous fashion, giving the lie to suggestions that this new generation simply spurns discussion for fear of co-optation. Of course, there are dubious phenomena in this endeavor to create decision-making forms in a popular struggle—the occupation of the entrance of the Hong Kong police headquarters, which stretched into the evening, turned into a bit of a debacle when a debate over whether the occupation should continue was put to a contested vote. Also, one wonders whether the acephalous, amorphous nature of the movement, composed of novices who are making things up as they go, renders it vulnerable to capture—on the afternoon of the 21st, it was Joshua Wong who gathered scattered units of protesters together to assemble in front of the police headquarters. We suspect that this had more to do with the fact that everybody had showed up to the area without any clear idea of what they could do, rather than the person of Joshua Wong himself, but one still wonders. 

  2. In reflecting on the problems concealed by the apparent unanimity of the “Hong Kong people,” we might start by asking who that framework suggests that this city is for, who comprises this imaginary subject. We have seen Nepalese and Pakistani brothers and sisters on the streets, but they hesitate to make their presence known for fear of being accused of being thugs employed by the police. 

  3. “The places of institutional power exert a magnetic attraction on revolutionaries. But when the insurgents manage to penetrate parliaments, presidential palaces, and other headquarters of institutions, as in Ukraine, in Libya or in Wisconsin, it’s only to discover empty places, that is, empty of power, and furnished without any taste. It’s not to prevent the “people” from “taking power” that they are so fiercely kept from invading such places, but to prevent them from realizing that power no longer resides in the institutions. There are only deserted temples there, decommissioned fortresses, nothing but stage sets—real traps for revolutionaries.” –The Invisible Committee, To Our Friends 

  4. Incidentally, that attempt was a good deal more spontaneous and successful. The police had hardly imagined that crowds of people who had sat peacefully with their heads in their hands feeling helpless while the developments were authorized would suddenly start attempting to rush the council doors by force, breaking some of the windows. 

  5. On the night of June 11, young customers in a McDonald’s in Admiralty were all searched and had their identity cards recorded. On June 12, a video went viral showing a young man who was transporting a box of bottled water to protesters being brutalized by a squad of policemen with batons. 

  6. To give two rather different examples, this includes the populist, xenophobic, and vehemently anti-Communist Apple Daily, and the “Hong Kong Free Press,” an independent English online rag of the “angry liberal” stripe run by expatriates that has an affinity for young localist/nativist leaders. 

Que reste-t-il du champ des possibles ouvert par la zad ?

Publié le 2019-06-23 10:54:04

Une critique de la normalisation des activités à la zad, et du déploiement du fonds de dotation visant à acheter terres et bâtis.



La lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été menée par un large mouvement composite aux tendances anticapitaliste, écologiste, paysanne, anarchiste etc. Des dizaines de milliers de personnes dans toute la France et au-delà y ont pris part pendant des années jusqu’à l’abandon du projet d’aéroport le 17 janvier 2018, ce qui fut une victoire historique.


La zad avait ceci de particulier qu’il y était possible entre 2009 et 2018, de construire une cabane ou faire de l’agriculture selon ses propres règles, d’élever des chèvres en groupe sans les identifier avec des puces électroniques, de tester des formes de poly-activité, de bricoler etc. tout ça, parti de rien. Or, dans ce monde, toutes ces choses sont rendues très difficiles si l’on n’est pas privilégié socialement, propriétaire ou héritier. 



Qu’est-ce qui a changé depuis un an ? Que penser des perspectives actuelles d’achat des terres et d’installation paysanne sur la zad ? Quelle est la portée politique des batailles en cours ?



L’auteur de ces lignes est lié au mouvement des zad. Il a participé durant des mois à l’occupation contre le barrage de Sivens et a été membre d’un comité de soutien à la zad de NDDL. Aujourd’hui, il est paysan boulanger bio. Ce texte s’intéresse surtout à la question agricole à la zad et n’est donc qu’une analyse partielle de la situation. Ce n’est qu’une modeste contribution à un nécessaire bilan critique sur la zad. Il appelle à des réponses.

Le pari des COPs ou la porte ouverte à la normalisation



Avec une violente phase d’expulsions et de destruction des habitats - qu’ils soient sauvages (les cabanes à l’Est) ou plus présentables (les 100 noms) - l’Etat a, en avril 2018, envoyé un message clair : acceptez nos conditions ou nous allons vous écraser. C’est ainsi qu’une partie du mouvement a décidé de se soumettre aux règles du jeu dictées par l’Etat : remplir des fiches administratives débouchant sur l’obtention de Conventions d’Occupation Précaires (COP). Une quarantaine de fiches est déposée en mai 2018, puis ne sont retenus en juin 2018 que 15 projets aboutissant à la signature de 11 COP - 4 projets se trouvant sur des terres convoitées par d’autres exploitants. Ce processus de tri exclue donc la majeure partie des 200 habitant.e.s. Ces COP couvrent 170 ha de terres sur les 1500 ha de l’ancienne zad.

L’idée de s’engager collectivement dans cette voie de la régularisation via les COP, a été défendue par des occupant.e.s parmi lesquels le CMDO (Comité pour le Maintien des Occupations [1].), les Naturalistes en lutte, les paysans anti-aéroport au sein de COPAIN 44 et l’association Poursuivre Ensemble.



“Le bénéficiaire s’engage à informer immédiatement l’État, par tout moyen, de toutes occupations par des tiers des Terrains (occupations ou constructions illicites, entreposage de matériaux, stationnement de véhicules, ...)” Extrait d’une COP signée en 2018

Contrairement à un fermage qui est reconduit perpétuellement par tacite reconduction, et protège ainsi le fermier, ces COP sont très contraignantes et non sécurisantes. Il faut par exemple informer l’Etat si les terres sont occupées. Elles ne sont pas reconductibles et le contrat peut être rompu à tout moment. Si le signataire ne quitte pas les terrains en cas de rupture de bail, des astreintes financières sont prévues à son encontre. 

La promesse d’un bail de fermage plus pérenne est conditionnée à la normalisation des activités dont l’avancement est régulièrement discuté durant les Comités de Pilotage (COPIL) entre syndicats agricoles, administrations agricoles, services de l’Etat, communauté de communes et associations d’exploitants agricoles historiques. Les occupant.e.s ne sont pas présents dans ces réunions.



Concernant l’agriculture à la zad, la normalisation recouvre le processus administratif aboutissant à l’obtention d’un statut d’exploitant agricole. Ce statut nécessite de travailler une superficie minimale, de respecter des règles très contraignantes notamment en élevage (normes sanitaires pour les bâtiments, déclaration de mouvement dans le troupeau, identification électronique des bêtes etc.), et de payer plus de 3000 € de cotisations sociales par an. Tout ceci contraint l’activité qui doit se développer, devenir rentable. En contre-partie, on a droit à un statut social, à toucher les primes PAC, à obtenir des prêts bancaires et une aide financière à l’installation. En somme, les COP permettent à l’Etat d’orienter, contrôler et contraindre les activités des bénéficiaires.



Fin du printemps 2018, les occupant.e.s promouvant cette stratégie tentent de rassurer les soutiens extérieurs sceptiques :

“Cette signature doit prolonger notre volonté de nous tenir collectivement dans ce pari risqué, c’est à dire de continuer collectivement la défense administrative tout en ayant la capacité à se mobiliser largement sur le terrain à divers niveaux (...) Bien entendu, la stratégie administrative est une défense menée conjointement à la confrontation sur le terrain, et sans assignation binaire à tel ou tel type de barricades, qu’elles soient de pneus ou de papier.” A propos de la signature des COP, juin 2018



Un an après, force est de constater que cette volonté affichée de favoriser une complémentarité des modes d’action est révolue. En mars 2019, l’Etat organise l’expulsion et la destruction de 5 cabanes “hors-norme” : la cabane et la plate-forme de Lama fâché, Youpi youpi 2, la Cabane sur l’eau et le Port. Le site zad.nadir (tenu par des occupant.e.s pro-normalisation) ne relaie pas l’appel à soutien et à ré-occupation et se justifie par des arguments diplomatiques : en réoccupant la zad, on risque de se brouiller entre occupant.e.s, mieux vaut ne rien faire... On peut imaginer que la crainte réelle des adminstrateurs de zad.nadir était plutôt de ne pas plaire à la préfecture... En réponse, l’accès au site zad.nadir est détourné vers le site Indymedia Nantes, pour que l’appel à réoccupation puisse être lu malgré la censure initiale.



“Nous redoutons de nouvelles « opérations policières » dans les jours qui viennent. Nous vous invitons dès à présent à nous rejoindre sur place entre l’Est, La Grée, le Rosier, la Wardine et Bellevue, puis particulièrement à partir du 6 avril, pour lancer des chantiers de constructions, plantations, discussions et bien plus... (...) Nous tenons à l’accueil inconditionnel de toute personne et nous souhaitons que ces terres et ces idées, pour lesquelles nous avons risqué nos vies et nos libertés, restent celles de possibles infinis et d’expériences de vies, sociales et politiques, librement choisies. “ Invitation à nous rejoindre, mars 2019



Cette anecdote montre une rupture de solidarité provenant des occupant.e.s pro-normalisation ainsi qu’une tentative de leur part d’étouffer les voies dissonantes. Tout d’abord, certains lieux de vie ont vus dès avril 2018 des COPs être déposées sur leurs terres alors que tous les habitant.e.s n’étaient pas d’accord pour cela (c’est par exemple le cas du moulin de Rohanne, de la Wardine et du Rosier) : c’est l’accaparement. Ensuite, on tempère ou on s’oppose à des appels à réoccupation, squat, installation sauvage : c’est la pacification. Au final, ces pratiques tendent à rendre hégémonique la dynamique de normalisation.



De nombreuses personnes soutiennent la thèse - difficilement vérifiable mais jamais démentie - que ce n’est pas un hasard si les personnes victimes d’expéditions punitives sur la zad en 2018 comptaient parmi les récalcitrants les plus téméraires à la normalisation [2].


Aujourd’hui, seule une partie des 13 COPs finalement signées ont été transformées en baux de fermage par le Conseil Départemental, nouveau propriétaire de 895 ha de terres agricoles rétrocédés par l’Etat. Certaines COPs n’ont pas été converties car toujours dans l’attente d’autorisations administratives (Autorisation d’Exploiter). 



La fraction du mouvement pro-régularisation réclame aujourd’hui la mise en place de Clauses Environnementales pour tous les nouveaux baux qui seront signés suite à des départs en retraite ou sur les terres “non historiques”. En mai 2019, un agriculteur de l’Amelaza (association d’une trentaine d’agriculteurs ayant cédé leurs terres à Vinci et qui veulent aujourd’hui les récupérer) arrache une haie et traite un champ à l’Est de la zad avec du glyphosate. Un communiqué sur le site officiel de la zad NDDL : [3] s’indigne de ces pratiques et en appelle au Conseil Départemental pour imposer des baux de niveau 2 (respectant à minima l’Agriculture Biologique). Une nouvelle fois, la lutte administrative a pris totalement le dessus sur un rapport de force de terrain. Peut-être y aurait-il eu plus de chances de s’opposer aux pratiques destructrices des agriculteurs de l’Amelaza si les modes de vie hors-norme de l’Est de la zad avaient reçu du soutien ? Si une partie des ancien.ne.s occupant.e.s ne s’étaient pas opposé.e.s à l’appel à ré-occupation de mars 2019 ?



Toutes ces normes, qu’elles soient environnementales ou sanitaires, qu’elles concernent les bâtiments agricoles ou la certification des semences, nécessitent de rentrer dans des cases, de remplir toujours plus de paperasses, de rendre des comptes à des gens déconnectés du terrain. Toutes les activités déclarées sont soumises à une surveillance administrative tatillonne, étroitement réglementée. Qui dit norme dit contrôle. Le respect de ces normes conditionne l’obtention des primes et diminue la liberté de mener son activité comme bon nous semble. Il faut saisir qu’il n’y a pas d’un côté les bonnes normes environnementales et de l’autre les mauvaises normes sur les semences, elles font toutes partie d’un même système qui rend aujourd’hui difficile l’installation paysanne [4]. 



Interrogée par France 3, une habitante de la zad témoigne. Sarah possède un diplôme d’ingénieur agronome (...) "On doit investir en aveugle, dans des clôtures, des tracteurs, du matériel de tonte, et il faudrait quelques dizaines de milliers d’euros pour aménager une fromagerie... Si on ne le faisait pas, nous aurions été balayés, avec nos projets, et pourtant, tous ces investissements ne garantissent en rien notre pérennité."  
Erwan Joyeau, ingénieur agronome, et quelques autres, ont accepté de suivre une formation d’une vingtaine d’heures à la chambre d’agriculture. "On nous a expliqué les aspects administratifs, les normes....” Depuis l’été, il s’est aussi inscrit à la Mutuelle Sociale Agricole. Pour 2018, il cotisait uniquement pour les accidents du travail, soit 260 €, mais en 2019, il devra verser près de 3000 € de cotisations. "On sait que 2019 sera un cap difficile à passer, et nous sommes tous en train de travailler sur des budgets prévisionnels" précise Erwan [5]. 


Une illustration de la pression normative et fiscale qui pousse à de lourds investissements financiers ayant pour effet de contraindre l’activité avec la nécessité de se développer économiquement. Quantifier, rationaliser, optimiser. Tout ce qui a fait disparaître la paysannerie et qui décourage les agriculteurs. Ce qui fait que le rapport à la terre est remplacé par une vision d’ingénieur... Tout l’inverse de ce que la zad avait permis comme rapport au monde jusqu’à présent.



Si Zad will survive (plaquette éditée par le CMDO diffusée à plusieurs milliers d’exemplaires en février 2018) ambitionnait “de créer des précédents qui continuent à repousser le seuil de ce que les institutions peuvent accepter en espérant que ces coins enfoncés dans la rigidité du droit servent à bien d’autres que nous à l’avenir”, le pari des COPs débouche pour l’instant sur le droit de s’installer dans des conditions très précaires avec pour seul horizon de rentrer dans les normes avec les mêmes contraintes réglementaires et financières que partout ailleurs. 



Force est de constater qu’à aucun moment, les 200 comités de soutien français à la lutte contre l’aéroport n’ont été appelés, depuis la zad, à occuper partout les administrations agricoles avec des revendications claires. A aucun moment, il n’y a eu une volonté de perturber le Comité de Pilotage pour essayer de changer les règles du jeu. Il n’y avait pas de volonté politique d’agir en ce sens. Il n’y a eu aucun discours public à ce sujet.



Il est primordial de noter que cette vision, qu’on peut qualifier de cogestionnaire [6] - optant pour la négociation en délaissant le rapport de force -, a été imposée par une fraction du mouvement et qu’elle n’était pas la seule possibilité. On peut citer le texte du groupe d’agriculteurs et agricultrices contre les normes qui pose un pose un diagnostic limpide :



“Nous vivons actuellement dans les campagnes, dans les fermes, des situations catastrophiques. Harcèlement réglementaire, normatif et judiciaire, contrôles administratifs avec des gendarmes à répétition, saisies de troupeaux, interdictions de vente sur les marchés pour non-respect des normes administratives, sanctions pour refus de contrôle, internements forcés dans le cadre des « protocoles suicide »... Du coup plus de 10 000 fermes disparaissent chaque année laissant derrière elles des ruines, des vies de salariés ou des morts et bien sur des sociétés agricoles qui s’agrandissent en employant des opérateurs. Les suicides se multiplient ces deux dernières années, étouffés par les médias et l’administration. Plus de 1 000 par an (3 fois plus que dans toutes les autres catégories professionnelles). (...) Ne croyez pas que cette pression administrative et industrielle n’atteint que les systèmes agricoles enchaînés aux banques et aux coopératives. Toutes les fermes la subissent et en meurent ou s’y plient, subvention à la clef ou pas.“ À Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, seul un territoire en lutte peut s’opposer à la normalisation industrielle agricole, comité de soutien 63 livradois forez, février 2018



Les membres de ce groupe ont proposé des discussions sur le sujet de la normalisation agricole au moment de la victoire en février 2018. Cela a suscité très peu d’intérêt sur la zad. Ensuite, en mars-avril 2018, une nouvelle tentative de rencontre a échoué du fait des expulsions et des tensions internes à la zad. L’appel de ce groupe d’agriculteurs à occuper les administrations agricoles pour les tenir à distance de la zad a été ignoré par les occupant.e.s pro-régularisation. La question de savoir comment s’organiser et résister face au rouleau compresseur administratif n’a pas été abordée publiquement par la suite, bien au contraire, la stratégie a plutôt été de “montrer patte blanche” en se fondant dans les cases de l’administration.



Ainsi, en novembre 2018, la DDTM de Loire-Atlantique a été occupée par 200 personnes. Le communiqué de presse [7] met en avant le sérieux administratif des anciens occupant.e.s. Il est mis en avant que les projets sont inscrits au Centre de Formalités des Entreprises, à la MSA, plusieurs porteurs de projet ont des diplômes agricoles et vont payer leurs cotisations sociales. Bref, ils et elles respectent en bon élève tous les devoirs demandés aux agriculteurs et demandent d’avoir les mêmes droits qu’eux. Un diagnostic du foncier ainsi qu’une répartition équitable étaient aussi demandés. On voit qu’on est bien loin d’essayer d’ “enfoncer des coins dans la rigidité du droit”. 

Or c’était bien parce que la zad représentait une brèche, un espoir pour ouvrir des possibles face à l’implacable normalisation industrielle, pour créer des espaces de liberté, de vie autonome loin des dispositifs administratifs que tant de personnes ont soutenu cette expérience.

Avec cette normalisation subie voire promue par une partie du mouvement, la zad a perdu ce qui faisait son intérêt et sa spécificité et on a du mal à voir pourquoi il faudrait mettre plus d’énergie à défendre l’ex-zad qu’à soutenir les petits agriculteurs bio, artisans ou collectifs autonomes plus proches de chez nous.

La fraction du mouvement qui négocie l’avenir des terres de la zad n’a aucune volonté politique de résister à la normalisation. Ainsi, s’installer sur un territoire qui a pendant longtemps été ouvert et inclusif, le lieu de nombreux possibles, devient tout aussi difficile et décourageant qu’ailleurs. Tout est mis en oeuvre afin que seules les personnes détentrices de capital financier et capables de vivre avec une pression administrative importante puissent rester vivre sur l’ex-zad.






















Un fonds de dotation pour la zad, c’est l’anti-réforme agraire



En parallèle des limites ou de l’échec de la stratégie des COPs, une structure juridique a été créée par la fraction du mouvement pro-normalisation (pour rappel : CMDO, les Naturalistes en lutte, les paysans anti-aéroport au sein de COPAIN 44 et l’association Poursuivre Ensemble). L’ambition est d’acheter le plus de terres et bâtis possibles. L’Etat est l’actuel propriétaire de ces biens et serait vendeur. Le fonds de dotation permet à ses contributeurs de défiscaliser leur don. Il permet aux bénéficiaires du fonds d’être usagers du bien sans en être propriétaires : usage et propriété sont dissociés.

La “terre en commun” se définit comme un “fonds de dotation au service du commun pour des projets allant dans le sens d’une protection de la biodiversité, (...) de l’agriculture paysanne et (...) des valeurs d’utilité sociale et de solidarité.” encommun.eco, site du fonds de dotation “la terre en commun”


D’emblée, l’usage sans nuance du terme “commun” pose question. La normalisation des activités sur la zad ainsi que la mise en place du fonds de dotation se sont faites malgré les réticences et désaccords formulés par des occupant.e.s du bocage [8]. Ainsi, peut-on parler d’une structure au service du “commun” quand des dizaines de personnes habitant un territoire s’opposent à son déploiement ? De nombreux échos provenant de la zad relatent des tensions entre des porteurs de projets soutenus par le fonds de dotation qui ont obtenu des baux sur des terres agricoles et d’autres personnes qui squattent ces espaces. Il serait plus honnête de dire que le fonds de dotation sert certains projets individuels et certains autres projets collectifs, et qu’il exclue bon nombre d’autres occupant.e.s. Mais parler sans nuance d’un commun abstrait relève de la ré-écriture de l’Histoire de cette lutte. Cela invisibilise de nombreuses personnes et pratiques.


“Ensemble, nous réussirons à atteindre notre objectif : obtenir 3 millions d’euros pour acquérir les bâtiments, terres et parcelles boisées sur lesquelles poursuivre l’aventure collective qu’est la zad de Notre Dame des Landes.” encommun.eco, site du fonds de dotation “la terre en commun”

Cette solution ne peut se mettre en oeuvre que parce que la zad a accumulé pendant des années une notoriété et un fort capital symbolique. Elle nécessite d’avoir un réseau de soutien constitué, avec en son sein des gens fortunés, il faut pouvoir manier les codes de la communication marketing et se rendre sexy.



Si une lutte semble s’ouvrir sur la question de l’habitat léger et du Plan Local D’urbanisme, les arguments avancés sont une nouvelle fois centrés sur le caractère exceptionnel du bocage :

“En initiant le dialogue avec les pouvoirs publics nous proposons une réponse exceptionnelle à une situation qui l’est tout autant : imaginer, comment pérenniser des habitats construits dans l’urgence, souvent dans la précarité” (S’abriter par temps de PLUi, avril 2019).

La force de la lutte et de l’imaginaire qui se développait à Notre-Dame-Des-Landes était d’articuler une lutte locale à des enjeux plus larges. Le problème est que les batailles actuelles ne partent pas d’une condition commune faite aux paysans ou aux néo-ruraux de toutes sortes pour créer des marges de manoeuvre qui pourraient bénéficier à tou.te.s. Au contraire, on revendique le côté exceptionnel de ce territoire pour organiser sa survie.

Par ce geste, on rompt la solidarité avec toutes celles et ceux qui ont défendu cet endroit et qui ne pourront jamais créer des dispositifs administratifs complexes et collecter des grosses sommes d’argent pour s’installer à la campagne. La dotation initiale pour créer un fonds de dotation est par exemple de 15000 €, ce qui est dissuasif pour bon nombre de personnes aspirant à vivre de la terre/avec la terre. Cette solution n’est donc pas reproductible pour le plus grand nombre et fait de la zad un territoire qui ne peut survivre que du fait de son histoire exceptionnelle.

De plus, le projet qui est promu en utilisant cette structure capitaliste est en rupture avec l’imaginaire véhiculé par dix ans d’occupation. En effet, une agriculture qui se soumet aux normes et qui nécessite des capitaux, voilà tout l’inverse de ce qui faisait l’intérêt de la zad. En lisant la plaquette de promotion du fonds de dotation, on a plus l’impression que le devenir de la zad se situe dans la ligne des oasis du mouvement des Colibris : on achète des lieux très cher, on obéit à l’administration et on y prend collectivement soin des “communs”.

“Le MST ne lutte pas seulement pour la terre mais pour la réforme agraire juste et non commerciale (pour l’expropriation et l’attribution des terres aux personnes qui la travaillent et non la vente des terres et l’endettement des paysans comme le proposent le gouvernement et la Banque mondiale (Banco da terra, novo mundo rural).)” Premier congrès du Mouvement des Sans Terre

Le Mouvement des Sans Terre au Brésil tout comme les paysans zapatistes au Chiapas revendiquent l’accès légitime à la terre et au territoire, en créant des rapports de force pour y accéder. Il aurait été possible de réclamer une réforme agraire à la zad, conduisant à l’expropriation des plus gros agriculteurs de certaines parcelles et à la redistribution de leurs terres ou à des baux de fermage gratuits pour les petits agriculteurs bio. Faire cela aurait permis d’ouvrir des pistes pour la zad tout en participant à une réflexion plus globale sur la transmission des terres agricoles. On sait que 50% des exploitants agricoles vont partir à la retraite dans les années à venir et vont donc céder leurs terres. Seuls les héritiers, les rentiers ou les porteurs de projet à qui la banque veut bien prêter de l’argent pourront-ils avoir accès à ces terres ou veut-on créer d’autres chemins politiques pour que des paysan.ne.s nombreus.es puissent s’installer ? L’achat (direct ou indirect) est-il la seule alternative à la précarité ? Pourquoi ne pas revendiquer l’accès aux terres avec des arguments politiques ou philosophiques ?



“Une lutte pour l’accès à la terre continue de se jouer pour que le foncier aille en priorité, non pas à l’agrandissement de fermes conventionnelles alentour, mais à des projets agricoles issus du mouvement. (...) La signature d’une première série de baux ruraux environnementaux de 9 ans avec le Conseil Départemental sur environ 300 ha (...) rendra les usager.e.s de ces terres prioritaires à l’achat en cas de cession à moyen terme. Ces usager.es pourront alors remettre ces terres dans le pot commun.” Communiqué - zad - fonds de dotation, une mise au point sur la campagne de levée de fonds et les objectifs d’achats à court et moyen terme, juin 2019

Faire passer une collecte de fonds pour acheter des terres pour une “lutte pour l’accès à la terre” relève de l’escroquerie intellectuelle. Le fonds de dotation n’ouvre aucune piste, il ne fait que convertir un capital symbolique énorme en propriété immobilière. Pour accéder à la terre, il faudrait pouvoir aligner le prix dicté par le marché ou par la SAFER. C’est combien l’hectare ? 10000 € ? Pas de problème, on allonge. Le fonds de dotation alimente le jeu de la valorisation capitaliste de la terre, de la spéculation. Mais au jeu des gros sous, les industriels de la terre seront toujours plus forts que tous les néo-paysans qui veulent vivre différemment, avec des pratiques d’autonomie.



Entendons-nous bien : utiliser le fonds de dotation pour fédérer et sécuriser des lieux existants ayant déjà recours à des structures du même type (Société Civile Immobilière, Groupement Foncier Agricole, Propriété individuelle etc.) peut se défendre. Mais foncer tête baissée pour faire rentrer dans le système capitaliste de la valorisation marchande, un territoire qui avait pour spécificité d’être en partie en dehors est une ânerie. Ce n’est pas tant l’outil en tant que tel qui est critiqué mais son usage pour la zad.

“Une réforme agraire populaire, une réforme agraire non seulement destinée aux paysan.ne.es sans terre, mais également à toutes les classes laborieuses et à toute la société. Celle-ci ne peut avoir lieu que par la lutte des classes et par la confrontation du projet capitaliste. (...) La nouvelle stratégie est une alliance “entre pauvres”, à la place d’une “alliance capitaliste entre paysan.ne.s et populations urbaines (propriétaires des usines et autres segments du capital national)” Réforme agraire populaire : le nouvel appel pour une réforme agraire du 21e siècle, Via Campesina, avril 2019



A l’opposé de l’idée d’une alliance “entre pauvres”, le fonds de dotation est une alliance entre pauvres (les paysans sans terre) et riches (personnes payant suffisamment d’impôts pour pouvoir défiscaliser leur don). Le projet de la réforme agraire tel qu’explicité par la Via Campesina a une portée populaire et anti-capitaliste. Il s’adresse à tous les petits paysans et tous ceux qui veulent avoir accès à la terre mais qui n’ont rien. Il remet en cause la dynamique même de l’industrialisation agricole et de la concentration foncière. A l’inverse, le projet de fonds de dotation promu sur la zad est élitiste - il ne peut être mis en oeuvre que par une classe à fort capital culturel - et totalement inoffensif vis-à-vis du capitalisme agricole.



La notoriété de la lutte de Notre-Dame-des-Landes induisait une responsabilité tant tous les regards y ont été portés. Ce qui s’y passe crée un précédent pour d’autres luttes. Opter pour la propriété privée (collective et non plus individuelle) comme futur désirable, se normaliser à grands pas, sans réellement se donner les moyens de tenter autre chose, sans porter de discours politique public aspirant à autre chose que la norme, voilà une défaite majeure, voilà un net recul dans les brèches, dans les imaginaires qu’avait ouverts la zad de Notre-dame-des-Landes. Pour sauver quelques meubles, on essuie une lourde défaite idéologique. 



“Les 3 ans à venir sont déterminants : un tiers des agriculteurs vont partir à la retraite, et libérer une grande partie des terres arables françaises. Aujourd’hui, alors que seulement 6 % de la SAU française est en bio, les institutions agricoles continuent d’attribuer les terres aux agro-industriels, la consommation de pesticide augmente sans cesse (+12% depuis 2014), l’agriculture est toujours la source d’un quart des émissions de carbone au niveau mondial et nos élu.s.es favorisent aveuglément l’urbanisation au nom de l’activité économique alors que les écosystèmes sont au bord de l’effondrement. Ouvrons les institutions agricoles, prenons les mairies, exigeons la préemption pour installer des jeunes !” Appel : Pour sauver la Terre, Tous Paysan.ne.s !, collectif Terres Communes, avril 2019



La partie du mouvement ayant proposé et imposé les choix de la régularisation et de l’achat a choisi de ne pas se poser certaines questions. Dans quelles conditions une réforme agraire, une réelle redistribution des terres pourrait avoir lieu afin qu’y accéder ne soit pas un privilège mais une possibilité pour le plus grand nombre ? Analyser la structure de l’accumulation capitaliste et foncière en agriculture. Questionner les statuts sociaux des travailleurs de la terre et lutter contre leur précarité. Inventer des formes d’accès à la terre, d’usage ne nécessitant pas de passer par la propriété privée et de s’endetter. Remettre en cause le fonctionnement de la SAFER. Se demander à quelles conditions la terre peut être synonyme de liberté et non d’enfermement. Et plus largement, veut-on que ce territoire reste anticapitaliste et qu’est-ce que cela implique ? Jusqu’où peut-on négliger les moyens au regard des fins ? 



Tout cela était beaucoup plus difficile que de récolter les fruits de la lutte passée, mais aussi beaucoup plus exaltant et intéressant, cela pouvait ouvrir des perspectives de lutte immenses. Il est certain que de nombreuses personnes, comités de soutien, organisations auraient pu participer à des batailles allant dans ce sens. Il n’est pas question d’une radicalité hors-sol, seulement de perspectives de lutte se posant de bonnes questions avec l’ambition de changer les choses dans la direction de plus d’autonomie et de liberté.



Depuis un an, la zad a organisé sa survie matérielle via l’installation d’exploitations agricoles normalisées et via des perspectives d’acquisitions foncières et immobilières en parallèle de sa mort politique en renonçant à défendre des modes de vie et de cultiver hors-norme, en choisissant de devenir une zone d’exception. Le refus des normes et la réforme agraire étaient des horizons désirables et largement partageables à même de renouveler l’intérêt politique de l’expérience de la zad.





Notes

[1le CMDO est un groupe d’occupant.e.s issus de divers lieux de vie, qui était au départ secret, il se concentre sur l’organisation d’événements spectaculaires, sur la coordination avec les autres composantes du mouvement et sur la réflexion sur des futurs souhaitables après l’abandon de l’aéroport. Il s’est petit à petit “autonomisé” du reste des occupant.e.s

[2Vivre le pouvoir, répandre les barbouzeries, ceci est un programme, avril 2018

[3Les pratiques que le conseil départemental ne pourra empêcher demain dans le bocage, avril 2018

[4Voir à ce sujet Le paysan impossible, Yannick Ogor & Le ménage des champs, Xavier Nouilhanne, Editions du bout de la ville

[5Notre-dame-des-Landes, un an après, la zad en voie de normalisation, janvier 2019

[6La cogestion désigne une attitude de dialogue, de compromis et de coopération avec des autorités considérées non comme des ennemies, mais comme des partenaires ou, au mieux, comme des adversaires au sein d’un système auquel on adhère, voir à ce sujet Contester ou cogérer ? Sur la lutte contre le barrage du Testet à Sivens, et les leçons que l’on peut en tirer pour l’avenir des luttes territoriales, octobre 2017

[7Rassemblement et occupation des locaux de la DDTM pour l’avenir de la zad, novembre 2018

[8recensés dans les brochures Zadissidences 1, 2 et 3

Op. Panico (Italie) : Ghespe assigné à résidence

Publié le 2019-06-23 11:36:03

Le 21 juin 2019, après près de 2 ans de détention préventive, la demande d’assignation à résidence de Ghespe a été acceptée, avec toutes les restrictions, mais avec la possibilité d’une entrevue d’une heure trois fois par semaine pour lui apporter des courses.

Il envoie un forte accolade à tout le monde!

Depuis anarhija.info

Nouvelles de la vengance d’Etat contre le mouvement de révolte en cours – Juin 2019

Publié le 2019-06-23 13:02:06

Besançon, 22 juin : les blocages continuent, les amendes tombent

« Ils n’ont pas attendu leur rendez-vous hebdomadaire du samedi à 14 h 30, pour manifester et débuter ce 32e acte. Ce samedi matin, à 9 h 30, une trentaine de Gilets jaunes ont pris possession du principal rond-point d’accès à la zone commerciale de Châteaufarine. À l’aide de palettes en bois et de pneus, ils parvenaient à rapidement perturber la circulation mais également empêchaient la sortie de la station-service Casino. Devant l’entrave manifeste à la circulation, devant leur refus d’obtempérer et outragés à plusieurs reprises, les policiers faisaient usage de gaz lacrymogène pour disperser les plus véhéments et interpellaient deux individus. Rebelote ce samedi après-midi. On reprenait les mêmes ou presque. Cette fois, une cinquantaine de manifestants est venue assurer les revendications courantes, Place de la Révolution. Et faute de pouvoir défilé comme d’habitude, par petits groupes et à plusieurs reprises les Gilets jaunes s’installaient sur les voies du Tram, perturbant ponctuellement le trafic. La police nationale intervenait alors pour permettre aux rames de circuler. Et à l’aide du réseau de caméras de vidéoprotection après identification verbalisait six d’entre-eux. À 16 h tout était rentré dans l’ordre. »
(Source: l’est républicain, 22.06.2019)

Nantes, 19 juin : perquiz et gav pour une street medic

Extrait : « ce mercredi matin, alors qu’elle s’apprêtait à quitter son domicile pour se rendre au travail, une membre du collectif Street Medic Nantes a subi une perquisition de son appartement par quatre policiers. Après avoir minutieusement fouillé dans son intimité, retourné ses affaires, photographié des éléments et saisi du matériel, ces derniers l’ont finalement emmenée jusqu’au commissariat central pour y être auditionnée. Elle y a alors été placée en garde à vue, après avoir découvert être ciblée par une enquête préliminaire pour des faits d’exercice illégal de la médecine, ainsi que de participation à un groupement en vue de commettre des violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ou des dégradations.
Après une dizaine d’heures de garde à vue, elle a finalement été libérée en fin de journée. Dans l’attente d’une éventuelle date de procès, elle s’est toutefois vu signifier une interdiction de quitter le territoire français.
[La suite ici]


Saint-Etienne, 14 juin : un des accusés (en cavale) d’avoir saccagé le Mc Do se rend

A la suite du saccage-éclair du MacDonalds de Saint-Priest du samedi 30 mars, une dizaine de personnes avaient été interpellées début juin, toutes inculpées de « dégradations en réunion ». Ayant reconnu les faits en GAV, six d’entre elles seront reconvoquées ultérieurement devant la justice.

Mais le principal suspect dans cette attaque, accusé d’avoir commis le plus de dégâts matériels (notamment d’avoir détruit les bornes tactiles à coup de marteau), était toujours activement recherché par les gendarmes. Vendredi 14 juin, il s’est rendu de lui-même à la gendarmerie d’Andrézieux-Bouthéon.

« L’homme en question, qui aurait entre 35 et 40 ans et réside à Andrézieux-Bouthéon a été remis à la police. Il a été placé en garde à vue dans les locaux du commissariat de police du cours Fauriel à Saint-Etienne ». Il a été incarcéré à la suite de sa garde à vue en raison du fait qu’il avait été condamné dans une autre affaire il y a peu.
(Sources: Leprogres.fr et France bleu)


Var, 15 juin : jetés en prison à l’issue de leur garde à vue, soupçonnés d’avoir saboté par le feu antennes relais, radars et supermarché

« Interpellés le 13 mai, deux « gilets jaunes » ont été incarcérés pour destruction par incendie en bande organisée deux jours plus tard.
La justice les soupçonne d’avoir détruit des
radars et antennes relais au Cannet-des-Maures et au Muy, et incendié la station-service de l’Hyper U aux Arcs-sur-Argens.
L’affaire avait fait les gros titres dans la presse mi-mai en raison de la décision du juge d’instruction de saisir le patrimoine de l’un d’eux (en réalité, des apparts qu’il achetait à crédit, qu’il rénovait et revendait après). Un mois après, alors que l’enquête suit son cours, les deux suspects sont toujours en détention provisoire. » (Source: Var Matin, 15.06.2019)

Marmande (Gironde), 18 juin : 8 mois dont 3 ferme pour le gilet jaune SDF qui a insulté le maire

« Lundi 17 juin à 19h, c’était séance de conseil municipal à Marmande. Quelques Gilets Jaunes sont installés pacifiquement devant la mairie.

L’un d’eux a cependant cru bon de prendre place dans la salle et au bout d’un moment, de demander à prendre la parole. Refus catégorique du maire, la loi obligeant le public à ne pas intervenir. Le gilet jaune s’est alors levé, à commencer à parler de sa condition de SDF mais n’aura pas le temps d’en dire plus. Il sera évacué de la salle, la police municipale ayant été appelée à la rescousse pour gérer la situation devenue houleuse sur le parvis de la mairie.

Placé en garde à vue pour avoir proféré des menances de mort au maire, il a ensuite écopé de 8 mois de prison en comparution immédiate au tribunal d’Agen.
(Source: Le Républicain (Lot-et-Garonne), 18.06.2019)


Toulouse, 12 juin : du ferme pour l’ingénieur qui avait trouvé et diffusé l’adresse de la commissaire

« Un ingénieur toulousain a été condamné ce mardi 12 juin à 10 mois de prison, dont un ferme, pour avoir diffusé l’adresse d’une commissaire de police. L’homme, âgé de 30 ans, avait été arrêté et placé en garde à vue la semaine dernière par le groupe d’enquêteurs spécialisés dans les «gilets jaunes», mais les faits qui lui sont reprochés remontent au 30 mars.

Ce samedi-là, en pleine mobilisation, une « gilet jaune » handicapée a une altercation avec la policière. La militante prend la fonctionnaire en photo et diffuse un appel sur les réseaux sociaux demandant des informations à son sujet. L’ingénieur prend le message au pied de la lettre et retrouve son adresse et la partage sur les réseaux sociaux.

Selon une source policière jointe par l’AFP, ce trentenaire n’est que le premier d’une longue liste puisque « toutes les personnes ayant émis des commentaires outrageants et menaçants » à l’encontre de la commissaire « ont été identifiées et seront poursuivies ».
La militante handicapée à l’origine de l’appel doit être jugée à l’automne par le tribunal correctionnel de Toulouse, notamment pour avoir bousculé la policière avec son fauteuil ».
(Source: 20minutes, 12.06.2019)

Pour écrire aux prisonniers « gilets jaunes » toulousains:


Rouen, 5 juin : 6 mois ferme pour l’attaque des journaflics de LCI

« Les faits s’étaient déroulés en marge d’une manifestation des Gilets jaunes à Rouen, le 12 janvier dernier. Durant ces événements, deux journalistes de LCI et leurs deux agents de protection avaient été violemment agressés. L’un des agents, notamment, s’était vu prescrire une incapacité totale de travail de 20 jours, souffrant d’une fracture du nez et d’un enfoncement de la pommette.
Mercredi 5 juin, le tribunal correctionnel a condamné cinq personnes à six mois de prison ferme dans cette affaire, pour violences aggravées commises en réunion. Les cinq agresseurs devront également verser, solidairement, 3.000 euros à l’un des agents de sécurité, pour préjudice moral. Si tous ont été condamnés pour des faits de violence contre cet agent, ils ont en revanche été relaxés pour certains faits, faute de charges suffisantes, sur les trois autres victimes ». (Source: lci, 05.06.2019)


Partout, 12 juin : De Guadeloupe en Bretagne, les souscripteurs à la cagnotte Leetchi (Crédit Mutuel) pour Dettinger convoqués par les flics

«Sur réquisition, Leetchi a fourni son fichier donateurs à la cagnotte Dettinger à la police judiciaire de Paris saisie par le parquet pour abus de confiance. Les donateurs sont actuellement convoqués un à un.» (message d’un journaliste du Point qui a obtenu l’info)

Lors de l’acte VIII du mouvement des gilets jaunes, au mois de janvier, à Paris, l’ancien boxeur Christophe Dettinger avait frappé deux gendarmes. Il s’était ensuite rendu à la police, et avait écopé en février d’un an de prison ferme et de dix-huit mois de sursis avec mise à l’épreuve. Entre-temps, une cagnotte en ligne, sur la plateforme Leetchi, avait été ouverte par un proche, avant d’être rapidement fermée par la filiale du Crédit mutuel.

De source judiciaire, CheckNews (Libé) a appris que le parquet de Paris a ouvert une enquête – confiée à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse – le 9 mai pour abus de confiance, sur le fondement d’une plainte déposée par 55 souscripteurs qui voulaient «montrer la solidarité du peuple des gilets jaunes» en aidant financièrement la famille Dettinger. Dans leur plainte consultée par l’AFP, ces participants à la cagnotte estiment que la société Leetchi, «se comporte comme un véritable censeur moral» en retenant «abusivement» l’argent. De sources concordantes, de nombreux participants n’ont en effet pour l’heure pas récupéré la somme cotisée.

Le 11 juin, des souscripteurs ont été convoqués par les enquêteurs afin d’être auditionnés. Selon une source judiciaire, certains le sont en tant que plaignants, d’autres en tant que témoins. […]

Les convocations, selon Laurence Léger, font écho aux propos de la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui estimait en janvier que Leetchi devait suspendre la cagnotte, accusant les participants d’«être complice de cet acte et [d’]encourager [les violences]». Le soir même, la collecte était suspendue.

L’affaire du «boxeur gilet jaune», après sa condamnation de février, était revenue sur la scène judiciaire le 3 juin, concernant la cagnotte, mais dans un autre volet que celui de la plainte pour abus de confiance. Le juge des référés du TGI de Paris était chargé de statuer sur deux procédures intentées par les parties. D’un côté, la plateforme Leetchi, qui a demandé à la justice de l’autoriser à bloquer le versement des fonds, au motif que le bénéficiaire aurait changé – l’argent n’étant plus destiné au compte commun de Christophe et Karine Dettinger, mais uniquement à cette dernière – et que l’objet de la cagnotte n’était pas clairement précisé. De l’autre, le couple Dettinger et l’organisateur de la cagnotte (un ami des Dettinger), qui souhaitent le versement d’une provision en attendant le jugement au fond de cette affaire. Le délibéré des deux procédures en référé est attendu le 19 juin. «Les quelques remboursements réalisés ont été effectués avant l’ouverture de toutes les procédures de référé, précise à ce sujet Leetchi. La grande majorité des contributions est actuellement toujours sur la cagnotte et c’est bien sur la destination de cette somme que le juge des référés doit statuer le 19 juin.»
(Source: Libération, 12.06.2019)


Caen, 27 février : 3 ans et 3 mois ferme pour le passionné de lance-pierre

« Serge, chômeur de 43 ans, a comparu ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Caen, pour son implication dans des violences commises lors de trois manifestations de « gilets jaunes ». Le 8 décembre à Mondeville puis les deux premiers samedis de janvier à Caen. L’accusation s’est appuyée sur des images de vidéo-protection montrant à chaque fois le même homme équipé d’un masque, de chaussures rouges et blanches très reconnaissables, et… d’un lance-pierre.

« J’ai bugué quand j’ai vu à la télé les violences policières contre les ‘gilets jaunes' » explique-t-il devant le tribunal. « J’ai pris mon lance-pierre pour aller dans les manifs. Pour viser les forces de l’ordre, les faire reculer pour permettre d’évacuer les manifestants blessés » dit-il. Une participation organisée : il était équipé d’un casque, d’un masque chirurgical et, sur Facebook, il lançait des appels aux autres manifestants pour qu’ils le fournissent en projectiles. « Venez avec de petites billes et des boulons, rendez-vous à 13 heures, j’ai un casque gris » disait-il sur le réseau social. Au total il reconnait avoir lancé des centaines de billes et d’écrous sur les forces de l’ordre. Quand la présidente lui fait remarquer que ces projectiles étaient dangereux il répond « mais non, les CRS et les gendarmes mobiles ont des casques et des boucliers, ils ne risquaient rien !’ Mais un policier, blessé à un pouce, s’est vu prescrire dix jours d’ITT. Le prévenu ne retient pas un soupir d’agacement… avant de se faire sèchement reprendre par la présidente du
tribunal.
(Source: France Bleu, 27.02.2019)


Dijon, 12 juin : deux manifestants se prennent du ferme, l’un avait tenté de cramer la porte de la prison

« Suite à l’Acte 30, ce samedi à Dijon, deux « gilets jaunes » ont été interpellés puis condamnés ce mercredi 12 juin à de la prison ferme.
Aucun des deux n’est jugé pour avoir commis directement des dégradations, mais du matériel a été retrouvé dans leur sac à dos lors de l’interpellation (des explosifs pour l’un, un marteau pour l’autre). Si le premier affirme être pacifiste, le second, la vingtaine à peine, admet s’être rendu dans le centre-ville de Dijon déterminé à « tout casser ».

Les deux écopent de peines de prison ferme. Le plus jeune est condamné à neuf mois de prison, dont sept avec sursis. Il venait d’être condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir tenté d’incendier la porte de la maison d’arrêt de Dijon, lors d’une précédente manifestation, quelques semaines auparavant.

L’autre manifestant, sans emploi à la suite d’un accident du travail, est condamné à trois mois de prison, dont deux avec sursis. Son casier judiciaire était jusqu’ici vierge, malgré une participation à tous les samedi de manifestation depuis le début du mouvement. Les deux militants sont interdits de manifestation à Dijon et Paris, pendant deux ans ».
(Source: France Bleu, 12.06.2019)

 

 

 

Cruas (Ardèche), France : En deux temps contre La Poste – 22 juin 2019

Publié le 2019-06-23 13:02:06

Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 juin, des véhicules de La Poste, garés sur le parking du gymnase de Cruas, ont été incendiés.

Les voitures avaient été stationnées là pour faciliter l’organisation de la Fête de la musique dans le centre du village, à l’endroit où elles sont habituellement. Un peu avant une heure du matin, un employé municipal a signalé qu’elles avaient fait l’objet d’actes de vandalisme, notamment des pneus crevés.

Avant que les forces de l’ordre n’arrivent sur place, deux d’entre elles ont été incendiées, et une troisième, garée à côté, a été très endommagée, en raison de la propagation de l’incendie. Le courrier qui se trouvait à l’intérieur a été brûlé. Les forces de l’ordre ont sauvé ce qui pouvait l’être dans le troisième véhicule. La Poste a déposé plainte à la gendarmerie du Teil. Une enquête est en cours afin de déterminer qui est à l’origine de l’incendie.

[Repris du Dauphiné, 23.06.2019]

Saint-Affrique (Aveyron) : Shlag on tour

Publié le 2019-06-23 14:35:06

Midi-Libre / samedi 22 juin 2019

Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 juin, après la fête de la musique, un ou plusieurs tageurs ont dessiné avec une bombe de peinture de nombreuses inscriptions sur les murs ainsi que sur les vitrines et les distributeurs des agences bancaires de Saint-Affrique.
Côté banques, les tags ont été rapidement nettoyés et enlevés par les employés le samedi matin. Sur une porte vitrée de la Banque populaire on pouvait lire « Voleurs« . Sur la façade de la Caisse d’Epargne, était inscrit : « L’argent n’a pas de prix, l’argent n’a pas d’odeurs« .

Au centre-ville, deux inscriptions ont été faite sur l’église et deux autres sur le bâtiment de la police municipale au jardin public. Rue de l’industrie, une douzaine d’inscriptions ont été dessinées sur les façades des immeubles comme « Brûle tout et crame le reste« , « Pas res no arresta » ou « Earth first (no compromise)« .

Le mur du cimetière neuf, sur l’avenue du docteur Blancard, n’a pas été épargné avec six inscriptions : « Brûlons les éoliennes », « Crassous la crasse » ou « RTE dégage »Deux inscriptions ont été peintes sur la chaussée  : « Amassada » et « Acab« . […]

*****

aveyrondigitalnews / samedi 22 juin 2019

« Wesh pourquoi tu as peur de ce qui est différent ? » ; « Pas res nos arresta » ; « On n’a pas peur des ruines » ; « Brûle tout et crame le reste » ; « Brûlons les éoliennes » ; « Crassous la crasse » ; « RTE dégage » ; « Amassada » ; « Acab » ; « Notre Dame rends l’argent »… ou encore « La pomme n’a jamais été le fruit du pêcher ». En centre-ville de Saint-Affrique, de nombreux tags sont apparus dans la nuit de vendredi 21 à samedi 22 juin.

La rue de l’Industrie, les murs de l’église, le bâtiment de la police municipale, des distributeurs et des vitrines d’agences bancaires et les murs du cimetière bordant l’avenue du docteur Blancard, la chaussée à proximité ont fait les frais des bombes de peinture. Au total, il a été recensé une vingtaine de bâtiments touchés par ces dégradations colorées.


Paris, France : Après les scooters, les vélos – Juin 2019

Publié le 2019-06-23 16:01:05

Depuis plusieurs semaines, dans tous les arrondissements parisiens, un grand nombre de vélos en libre-service de la société ‘Oribiky’ ont été vandalisés : des câbles de frein sectionnés ou même volés avec leurs gaines.

Il y a quelques semaines, ce sont les scooters électriques COUP et Cityscoop qui ont été vandalisés, à tel point que le 7 juin, COUP avait dû suspendre son activité à Paris. D’après Yann Poincloux, tous les quartiers parisiens sont concernés par ces actes de vandalisme. Des plaintes ont été déposées.

[Repris de france bleu, 19.06.2019]

Alès et sa région (Gard), France : Recrudescence de sabotages des artères de l’Etat et du capital – 17 juin 2019

Publié le 2019-06-23 16:01:05

Lundi 17 juin, le réseau internet d’Orange a subi de grosses perturbations après que des câbles de fibre-optique ont été sectionnés. Plus de 5400 personnes ont été impactées par ce sabotage.
Ce nouveau sabotage des flux de données a poussé la presse locale (le midi libre, 18.06.2019) à confirmer que d’autres actes similaires ont eu lieu dans la région.

« Entre Salindres, Saint-Ambroix, et même jusqu’à un large secteur Nord-Nord-est du Gard, des clients Orange ont signalé des pannes sur le réseau internet filaire.
Joint, le service communication d’Orange indique avoir eu connaissance de problèmes lundi en fin d’après-midi : « On a un trafic interrompu pour 5400 clients internets. On a une suspicion de pannes, prélocalisées dans le secteur de Salindres. Des câbles de fibre optique enterrés seraient endommagés. », explique Cristian Gesbert, responsable communication d’Orange ».
Pour l’interruption des télécommunications du côté de Salindres, l’opérateur de téléphone/internet accuse les rongeurs, mais confirme qu’un autre sabotage s’est produit le long des voies ferrées (sans préciser l’endroit).

Des équipes de techniciens sont sur place pour « changer les supports endommagés et rétablir la continuité », ajoute Orange, qui estime que le résau sera rétabli en fin de journée (annoncé dans un premier temps pour 15h, puis 17h).

Les communes concernées : Barjac, Saint-Ambroix, Allègre-les-Fumades, Lussan, Bessèges, Les Mages, Méjannes-le-Clap, Molières-sur-Cèze

A noter que le week-end dernier, sur la commune de Saint-Jean-de-Valériscle, un nouvel acte de malveillance avait également occasionné des coupures de réseau, pour la quatorzième fois en deux ans et demi.