Lors de mouvements de contestations, au cours de luttes auxquelles nous pouvons participer, ou dans notre vie de tous les jours, nous pouvons être confronté-es aux flics, et à la justice. Ceux-là ont pour fonction de réprimer, de faire disparaître la déviance et la contestation... pour que chacun-e accepte le monde tel qu’il est mais, la peur et l’isolement nous affaiblissent. C’est pourquoi nous proposons un temps d’échange et de discussion, pour partager nos expériences et nos réflexions le mardi 20 juin de 19h00 à 21h30 rdv sur le quai de la gare du clapier
Suite à un premier rendez vous en mai, voici un deuxième moment de discussion et d’échanges.
Lors de mouvements de contestations, au cours de luttes auxquelles nous pouvons participer, ou dans notre vie de tous les jours, nous pouvons être confronté-es aux flics, et à la justice.
Ceux-là ont pour fonction de réprimer, de faire disparaître la déviance et la contestation... pour que chacun-e accepte le monde tel qu’il est.
Interpellation, convocation, garde-à-vue, procès, incarcération...
Dans ces situations on ne sait pas toujours ce qu’il est possible de faire, ce qui nous rend encore plus vulnérables.
La peur et l’isolement nous affaiblissent aussi.
C’est pourquoi nous proposons un temps d’échange et de discussion, pour partager nos expériences et nos réflexions.
Nous ne sommes pas des spécialistes et ne voulons pas non plus déléguer ces questions à des spécialistes, car nous pensons qu’elles font partie des luttes.
Nous voulons mettre en avant la résistance à la répression, la solidarité, l’autonomie dans nos pratiques et nos luttes, et des fonctionnements anti-autoritaires.
Rencontrons-nous pour évoquer nos expériences, questionnements, afin de nous enrichir mutuellement, et nous renforcer !
Comment se renforcer face à la police et à la justice ?
Mardi 20 juin de 19h00 à 21h30
Rdv sur le quai de la gare du clapier
Ce vendredi 16 juin, le premier ministre se rendait à Besançon pour une petite visite du centre-ville, mais aussi de l’école privée d’ingénierie informatique promouvant le mérite et la réussite, « l’Access Code School », localisée en plein coeur du quartier populaire de Planoise. D’après la presse, plusieurs tags hostiles [1] au nouveau gouvernement sont venus recouvrir la façade extérieure de l’établissement au cours de la nuit.
[1] dont on ne connaît pas le contenu; Les gratte-papiers du pouvoir précisent seulement que ces slogans ont été réalisés « par des militants d’extrême-gauche ».
Quelques personnes à qui il est reproché d’avoir distribué le journal « Fernweh » il y a quelques temps à Munich sont sur le point d’être jugées. Les textes de lois des juges, leur bureaucratie et leurs cérémonies ridicules mettant en scène le pouvoir ne nous intéressent pas. Ce qui nous intéresse, c’est la révolte contre leur monde d’autorité, contre leur État divin, leur propriété sacrée et les frontières qu’ils imposent à nos vies dès la naissance. Les mots qui seraient déclencheurs d’annonce, se dirigent contre les flics et les fascistes. Mais c’est une idée qui est mise sur le banc des accusés : l’idée que nous ne devons ni parler avec les politiques ni avec les juges pour changer quoi que ce soit. Nous préférons porter notre attention sur nos prochains, nos amis et complices et construire avec eux. Pour vivre dignement et se révolter, il n’y a besoin d’aucune organisation ni d’aucun chef. Nous n’avons besoin d’aucune idéologie ni d’aucune politique – la révolte est anti-politique.
Le journal « Fernweh » véhicule l’idée qu’à chaque seconde de notre vie, nous pouvons sauter sur l’occasion pour tout foutre en l’air – et cette pensée n’a rien d’abstrait. Elle retentit à travers les actes de tout un tas de gens qui décident de prendre eux-mêmes leurs vies en mains. Elle se reflète dans les conflits de cette société et c’est donc une pensée que nous parvenons à partager, qui peut se répandre, qu peut être reprise par chacun.e au sein de la guerre sociale. Et au sein de cette guerre sociale – une guerre entre les collaborateurs de ce système et celles et ceux qui ne font rien pour le maintenir – cette idée, celle d’une révolte sans politique ni négociation, s’épanouit en tant que proposition: comme une proposition de composer et de conspirer avec les compagnons et proches contre ce monde assourdissant fait d’humiliation et de soumission. Afin de refuser leur monde et leurs contraintes, de développer une praxis de sabotage anonyme et diffus qui met en évidence le fossé et la confrontation entre deux mondes inconciliables. Deux mondes sont antagonistes : celui dans lequel tu te soumets à un projet de vie tout tracé (et tu t’en félicites car tu sembles épanoui) et celui dans lequel tu risques quelque chose de complètement différent : la tentative d’attaquer directement, à travers l’action directe, les institutions du pouvoir ayant une emprise sur ta propre vie ; de vivre selon tes propres besoins et de les satisfaire avec tes compagnons ; et où tous ceux qui veulent seulement t’exploiter, t’utiliser ou se foutre de ta gueule sont accueilli avec ignorance, moquerie et par un conflit combatif.
Concernant le procès au tribunal toujours en cours, il ne s’agit pas de la façon dont les formulations isolées peuvent être désormais interprétées. Il doit mettre face à un dilemme ceux qui sont réceptibles à une telle proposition s’exprimant ouvertement et honnêtement pour une vie de révolte, de liberté et d’obstination : soit à l’avenir vous vous taisez, soit vous continuez à vous organiser – de manière illégale – et vous garderez un pied dans la clandestinité et l’autre en taule. Les autorités voient la dangerosité que représente apparemment le journal, non dans les insultes adressées aux fonctionnaires et aux fachos, mais dans la propagation possible d’une attitude conflictuelle offensive envers l’État. Car aucun groupe isolé ne peut représenter un danger pour l’État.
L’autorité est remise en question, seulement si la proposition (appelant à la révolte), soumise en permanence, par le journal « Fernweh » entre autres, se propage et s’épanouit sous différentes formes. Nous parviendrons à faire s’écrouler ce monde d’autorité, seulement si des personnes diverses rompent de différentes manières avec son modèle de pensée, seulement si elles mettent le feu aux quatre coins de ce monde et conçoivent leur propre univers d’amour et de vie libre. Même si l’État agite le spectre de ses guerres et renforce ses lois qui planent telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous ceux qui, au sein de cette société, sont considérés comme improductifs, marginaux et anarchiques; même si les uniformes, flics et militaires, bénéficient de toujours plus de protection et d’habilitation à agir et même si l’Etat punit de manière draconienne tout mot qui s’exprime pour la révolte et la liberté, a contrario une vie de servitude volontaire et d’oppression ne sera jamais davantage nécessaire et intelligente. Car si le fait d’insister sur la nécessité de la révolte et le désir d’une vie en liberté ainsi que de le crier haut et fort est un crime, rester silencieux est la chose la plus stupide que l’on puisse faire : propageons la révolte contre ce monde d’autorité, leurs flics et leurs fascistes !
[Article traduit de l’allemand du journal anarchiste Fernweh, anarchistische Strassenzeitung, Ausgabe 26 – Juni 2017]
4 prisonniers se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.
Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.
Mardi 13 juin, Pierre-Marie Abadie, le directeur général de l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs, était accueilli dans les locaux de la revue Passages, situés dans une petite ruelle du riche 6e arrondissement parisien, pour parler de Bure et du projet de stockage Cigéo devant un parterre de nucléocrates conquis. Un groupe de bruyant.es enfarineur-euses a donc profité de l’occasion pour témoigner de sa solidarité avec les hiboux du Grand Est. Petit récit d’action.
Si l’on manquait encore d’exemple de l’extrême collusion (pour ne pas dire confusion) entre les industries du nucléaire civil et militaire, Pierre-Marie Abadie en est un bon. Ce polytechnicien décoré de l’ordre du mérite (s’il vous plaît !) a en effet travaillé comme conseiller pour les affaires industrielles auprès du ministère de la Défense et piloté des programmes d’armement, avant de prendre la tête de l’Andra en 2014. Certes ses collègues du centre Meuse – Haute-Marne (les Baillet, Mazoyer et autres Emmanuel Hance) l’ont un peu dépassé en réputation ces derniers mois, mais ce nucléocrate au costume austère et au regard vitreux n’en méritait pas moins sa petite demi-heure d’attention. Nous nous sommes employé.es à réparer l’injustice.
Fragments d’un discours amoureux (du nucléaire)
Comme nous aussi nos projets ont des phases pilotes, ce sont d’abord deux citoyennistes embusqués qui tâtent le terrain aux abords de la librairie Passages pour mieux cerner le public et l’ambiance. Cette première étape est l’occasion rêvée de voir défiler toute une clique de nucléocrates plus ou moins condescendant.es. Si vous n’avez jamais assisté à une réunion du lobby nucléaire, cela en vaut la peine. La chose a comme une odeur de vieille fRance…
Il y a d’abord cette bourgeoise en chapeau, médecin en santé publique, qui nous explique que, contrairement à nous, elle « vient d’une famille qui a fait la France » et que son père « a construit des écoles en Algérie » ; mais aussi – preuve qu’elle n’a rien à nous envier ! – qu’elle pourrait se passer du nucléaire car elle « a été scout », « sait faire du feu » et « ramasser des pissenlits » : de la graine de zadiste, on vous dit. Et puis derrière elle il y a cette cohorte de nucléocrates retraités dont l’âge n’a en rien entamé l’amour inconditionnel de l’atome : ex-responsables du [CSM|Centre de stockage de la Manche], de l’[IRSN|Institut de radioprotection et de sécurité nucléaire], du [CEA|Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables], de l’[ASN|Autorité de sûreté nucléaire], de ceci ou de cela… toute une enfilade de technocrates sur le retour, à peine rajeunie par la présence de quelques chargés de projets chez EDF, d’une journaliste, et de deux ou trois étudiant.es égaré.es.
Les discussions avec tout ce beau monde sont indigestes. Certain.es s’illustrent néanmoins par leur honnêteté – et leur cynisme –, comme celui qui nous déclare qu’ « il n’y a pas de problèmes des déchets radioactifs, seulement un problème d’acceptation », ou encore que « oui, c’est vrai, il y a eu un programme de recherche visant à déposer les déchets au fond de l’océan. Mais écoutez-moi, vous allez bondir, mais c’était le meilleur endroit où les mettre : on a dû arrêter parce que c’était mal accepté par l’opinion publique ». D’autres brillent davantage dans la contradiction, comme celui qui nous vante la « parfaite légitimité démocratique » de l’industrie nucléaire, acquise par trois décisions parlementaires étalées sur une vingtaine d’année, tandis que son voisin sanglote que « le problème, c’est que tout le monde est contre... alors que c’est fiable ». Mais s’il n’y a pas de légitimité démocratique ou de transparence, c’est parce que « malgré tous [leurs] efforts pour organiser des débats publiques, il y a toujours des voyous pour les empêcher d’avoir lieu ou les censurer ! »
Enfin, on a le spécimen du nucléocrate paternaliste : « Le WIPP je l’ai visité, et je peux vous dire, je suis prêt à y retourner, et même à y emmener les enfants, c’est sans risque ». Un autre se vante de l’avoir visité trois fois. « Avant ou après l’accident ? » demandons nous. « Eh bien avant ! plus personne n’y va »… Nous voilà donc rassuré.e.s.
En tout cas, tous et toutes affichent le même mépris des « idées » : eux sont des experts et les idées, chacun le sait, c’est bon pour les bolcheviques. D’ailleurs, s’il y a jamais eu le moindre souci avec le nucléaire, c’est parce que « les Russes ont travaillé comme des cochons ». Cqfd.
Contre la douce quiétude des nucléocrates : farine et vuvuzela !
Leur logorrhée s’est trouvée opportunément interrompue par l’enfarinage très réussi de Pierre-Marie Abadie (et d’un hippie en sarouel présent sur place), lequel arrivait nonchalamment devant la porte de la librairie sans se douter une seconde qu’on viendrait lui chercher noise à plus de 250km de Bure… « De Bure à Paris, prends ta farine ! » Le groupe frappe, filme et se disperse instantanément tandis que le directeur de l’Andra, enfin blanchi de ses méfaits, demande un tract anti-Cigéo pour se donner une contenance. Mission accomplie.
La conférence commencera donc en retard et ne se déroulera au premier étage de la libraire que dans la cacophonie des percussions, trompes et slogans anti-cigéo. Eh oui, autant que la dispersion, le groupe maîtrisait le rassemblement bruyamment intempestif ! Une banderole est déployée et la vitrine de la librairie redécorée de quelques autocollants jaunes contre la poubelle nucléaire.
Nous n’avons peut-être pas assez pris le temps d’expliquer l’action à tou.te.s les passant.es, mais nous recevons quand même ici et là quelques questions intéressées et mots de sympathie, et le conducteur d’un scooter salue la banderole d’un coup de klaxon. A l’intérieur de l’immeuble, les nucléocrates enragent, et nous rions de les imaginer.
De Paris à Bure : résistance, sabotages, enfarinages !
Dans la nuit du 18 au 19 juin, à l’aide de quelques allumes feu, nous avons mis le feu à deux véhicules appartenant à la mairie de Gaillac.
Cet acte n’a rien à voir avec les élections législatives, dont on se fout.
Ce n’était pas cette mairie en particulier qui était visée.
Tous les jours sont opportuns pour attaquer le pouvoir, quel qu’il soit.
Ceci dit, on se sent tout de même un peu menacées par l’installation future de caméras de surveillance par Gausserand, maire de Gaillac ; on ne se laissera pas contrôler, étouffer, sans réagir. Il y aurait beaucoup à dire à propos de la vidéosurveillance, nous nous limiterons à affirmer qu’elle fait partie des innombrables moyens de limiter les mouvements de celles et ceux qui ne baissent pas la tête face à l’autorité. Et parfois, participe à les envoyer en taule.
Gros bisous, (pour peu que vous y consentiez) à celles et ceux qui gardent la tête haute dans les moments difficiles.
Kara et Krem, accusées d’avoir cramé une caisse de flics l’année passée.
Damien dont les correspondances nous font toujours plaisir.
La compagnonne espagnole, qui est sortie du tribunal le poing levé lorsque la sentence de 7 ans et demi lui est tombée dessus.
Aux anarchistes italiennes, qui malgré la violence de la répression continuent à se battre.
On espère que celles et ceux qui courrent continueront à le faire encore longtemps.
4 prisonniers se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.
Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.
Toute la misère, tous les migrants, les marginaux, les criminels, les rebelles sont d’ores et déjà repoussés en périphérie de Bâle, très loin des yeux de la masse qui réussit. Jour après jour, des gens sont enfermés à « Bässlergut », leurs rêves enterrés sous des murs froids. Semaine après semaine, ici, des gens sont déportés contre leur volonté.
En ces temps où face à l’Europe forteresse, la guerre a été déclarée à la masse indésirable de gens qui ne promettent aucun profit à l’Europe « paradis de la marchandise » et en ces temps où bat son plein la chasse à ceux qui sont parvenus à atteindre le continent européen malgré tous les barbelés et les camps, les flics et les organisations humanitaires, l’agence Frontex et les militaires; en ces temps où la folie sécuritaire donne naissance à diverses formes de surveillance, est prévu l’aménagement de « Bässlergut » en un gigantesque complexe de différents camps et prisons.
La prison est en cours d’agrandissement du fait de la construction d’un nouveau bâtiment qui offrira finalement plus de places de détention, aussi bien pour des courtes peines d’emprisonnement que pour des rétentions administratives. Le centre d’accueil doit être transformé en un centre fédéral pour demandeurs d’asile, dans lequel les demandes seront traitées de manière plus rapide et plus efficace, tout en maximisant ainsi le contrôle.
Si à l’heure actuelle les frontières aux confins de l’Europe ont été fermées et ne cessent même d’être renforcées, il est impossible d’oublier qu’il y a partout, même ici à Bâle, des frontières aménagées et renforcées nous séparant d’une vie libre.
Les frontières sont partout, combattons-les ici comme partout ! Luttons contre « Bässlergut » et son extension !
Nous encourageons tous ceux qui veulent perturber le régime migratoire européen, qui cherchent à mettre des bâtons dans les roues de la machine à expulser, qui cherchent à en finir avec le contrôle quotidien de nos vies, qui eux-même ne veulent pas être enfermés dans ces cages dégueulasses, qui cherchent à renverser cette société fondée sur la domination et la soumission, qui se défendent contre ce complexe carcéral par tous les moyens.
Nous encourageons tout le monde à s’unir avec des amis et des sympathisants, à s’organiser, à fomenter des plans, à pourrir et à attaquer tous ceux qui veulent nous voir en spectateurs devant le renforcement permanent du pouvoir.
Car contrairement à ce que les dominants cherchent à nous faire croire, à savoir qu’ils seraient intouchables et tout-puissants, nous affirmons que la révolte est possible, que le feu de la liberté vit tant qu’il y a des individus pleins de détermination et de joie qui s’opposent à leur propre soumission.
« À défaut de faire des gros dégâts, ça fera demain matin quelques personnes qui ne bosseront pas. »
Comme on s’ennuyait un lundi soir dans la métropole asceptisée de Toulouse, on a décidé de flâner dans les rues équipées d’un petit tournevis et d’un marteau brise-vitre.
Nous avons crevé les pneus d’une douzaine de voitures sérigraphiées de constructeurs de taules, d’acteurs de la gentrification et de la communication: Orange, Eiffage, Engie, GRDF, SPIE, Bouygues, promoteurs immobiliers et architectes. Puis tant qu’à faire, lorsque l’occasion s’est présentée, nous avons éclaté deux sucettes de feu JC Décaux.
Les rues et les places ne sont plus des lieux de vie mais des lieux de passage et de consommation vidéosurveillés et fliqués. D’un même mouvement, nos vies sont de plus en plus numérisées, traquées et fichées avec l’élargissement des réseaux télécom’. On gerbe sur vos ramblas, on déteste votre contrôle, votre état de droit d’urgence et tou.te.s celleux qui y participent.
Ces petites promenades improvisées ne sont qu’une modeste contribution, un caillou dans la chaussure de nos ennemi.e.s.
Les 7 et 8 juillet prochains se tient le sommet du G20 à Hambourg. Ces dernières jours, les attaques et sabotages montent d’un cran. L’un des objectifs de foutre le feu à ce monde de domination et d’oppression en dehors du rendez-vous programmé et surfliqué par les puissants a été détaillé dans un des appels au contre-sommet.
Ci-dessous plusieurs communiqués revendiquant les dernières attaques (par ordre chronologique) se référant au sommet du G20 (On pourra jeter un oeil aux précédentes attaques, qui remontent à mai 2016 ici et là). Le dernier (sabotages incendiaires coordonnés sur le réseau ferroviaire de la DB) est accompagné d’informations complémentaires issues des médias dominants germanophones.
Hambourg, Allemagne : Sabotage incendiaire d’un pylône électrique du métro
Le symbole de la domination, le lieu des gouvernants est protégé par les forces de sécurité. Doit être transmise une image de sécurité, de contrôle et de l’impossibilité de les remettre en question. Pas moins de 13.000 policiers contrôleront la ville dans les prochaines semaines, ou du moins ils doivent le montrer. Mais souvent, le contrôle se caractérise peu par des images et des symboles, mais plutôt par la garantie du bon déroulement et du fonctionnement de ce système. Pourtant, à y regarder de plus près, ce sont rarement les grands lieux symboliques et individus devant les caméras ou dans les têtes, mais plutôt tous les infrastructures qui, dans l’ombre, font leur travail et permettent de faire fonctionner ce système. Ce sont les câbles, les routes, les rails, les ondes radio, les serveurs qui maintiennent tout en marche, qui font que la misère sociale, l’oppression quotidienne, à petite comme à grande échelle, perdure et ne s’arrête jamais. Les endroits où se trouvent ces fonctions capitales garantissant la marche perpétuelle de la machine sont omniprésents et il leur est impossible de les surveiller. Ce sont des câbles qui ont partout leurs interfaces, ce sont des noeuds de communication, dont on comprend mieux leurs fonctions lorsque ceux-ci ne fonctionnent plus. Ce sont des connexions et des réseaux qui doivent toujours être en place afin qu’il n’y ait aucune lacune, aucun espace incontrôlé. Et souvent, ce n’est pas très compliqué de saboter leur fonctionnement.
Comme par exemple une antenne de la station de métro de la Kellinghusenstraße à Hambourg, que des anonymes ont incendié le 12 juin 2017. Comme on pu le lire ce lundi matin dans une dépêche de la MDR (qui a vraisemblablement été de nouveau effacée entre-temps si l’on pense au silence médiatique concernant les actions menées dans le cadre du sommet du G20), le pylône a dû être retiré du circuit électrique et donc du réseau. En soi, ce n’est qu’un sabotage d’une partie de l’infrastructure de la normalité, mais cela illustre bien la vulnérabilité de leurs réseaux fragiles, une praxis révolutionnaire presque toujours réalisable et reproductible, que ce soit à plusieurs ou à quelques-uns, que ce soit pendant l’état d’urgence ou sous la grisaille du quotidien.
[Traduit de l’allemand de linksunten, 18. Juni 2017]
Leipzig (Saxe) Sabotages incendiaires en marge du contre-sommet du G20 – Jeudi 15 juin 2017
Voitures du conseil municipal cramées.
Markkleeberg est une de ces zones résidentielles agréables à vivre dans le Speckgürtel de Leipzig. Ici, c’est un quartier calme est pacifié. Nous avons brûlé quatre voitures de la municipalité de Markkleeberg parce qu’elle aussi fait partie de l’ordre que nous combattons. L’État se déploie dans la vie des gens de différentes façons. Que ce soit à travers les frontières, les impôts, les contrôles, la formation ou bien à petite échelle par la municipalité et ses institutions: l’État tente d’imposer ses règles dans de nombreux aspects de notre vie, de soumettre les gens par les taxes, ou plutôt par le pouvoir des flics. L’ordre maintenue est partout présent et conduit les gens à l’obéissance et la servitude.
C’est donc pour cela que les règles fonctionnent souvent à de multiples égards de façon parallèle à l’exploitation capitaliste. Prenons par exemple le cas de la ville capitaliste: les flics municipaux et la mairie veillent à ce que l’économie bourdonne en ville. Si c’est compatible avec les besoins des gens qui habitent ici, ça joue un seconde rôle. Le plus important étant le travail, la sécurité et l’ordre. Les gorilles traversent la ville et sont tenus en haleine par l’ordre, terrorisent les groupes marginaux et réclament de la thune pour chaque chewing-gum collé sur le trottoir. Celui qui ne peut ou ne veut pas s’y conformer est combattu sans pitié. Mairie, flics et agents de sécurité chassent ceux qui ne correspondent pas à l’image de la ville capitaliste. Les façades chics, les places propres, les rues ordonnées et plus simplement les parcs à contrôler font partie de leurs objectifs.
Cela nous paraissait opportun d’attaquer l’ennemi là où il est faible. L’État définit l’ordre dominant et l’impose – nous l’attaquons. A Markkleeberg, la plupart des gens n’auront aucun problème avec la police municipale ou la mairie, mais ici aussi il y a des « zones et des groupes à problème » qui, du moins, esquisseront un sourire en ayant vent de notre petit feu.
Par cette attaque, nous soutenons les objectifs d’une campagne contre le G20 à Hambourg formulés dans certains textes, qui ne cherche justement pas à se limiter à une campagne temporaire mais veut faire jaillir une explosion diffuse et continue de rage contre l’ordre existant au-delà des limites thématiques et nationales.
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Parce que l’entreprise « FB Aufzüge » prend part au chantier d’agrandissement de la taule à Bâle, nous avons livré aux flammes un de leurs véhicules d’entreprise à Leipzig. Quiconque s’enrichit grâce au système carcéral – aussi grâce au régime migratoire dans le cas de la prison de « Bässlergut » à Bâle – devrait se soucier chaque nuit de ses outils de travail. La taule bâloise de « Bässlergut » est pour un régime migratoire méprisant l’humain ainsi que pour le contrôle et l’enfermement des personnes qui ne correspondent pas aux catégories et aux normes de cette société ou qui n’en tiennent pas compte. Juste à côté de la prison se trouve un camp et un centre de rétention administrative qui est en phase d’agrandissement est aussi censé prendre place.
Participez aussi à la lutte contre la construction de prisons (vous trouverez les entreprises qui en tirent profit à ces deux adresses : I & II)
Nous continuerons à lutter pour une société sans prisons.
Allemagne: Courte interruption des flux ferroviaires à l’occasion du sommet du G20 à Hambourg
A l’aube du 19 juin 2017, des engins incendiaires ont été déposés dans des puits de câbles et sur des dispositifs de signalétiques le long des rails de la société ferroviaire allemande (DB) dans les environs de Leipzig, Berlin, Hambourg, Cologne, Dortmund et Bad Bevensen (Basse-Saxe), perturbant le trafic ferroviaire pour une grande partie de la journée. La police a fait état de 13 départs de feu sur l’ensemble du réseau ferroviaire.
De nombreux trains régionaux au départ de Leipzig en direction de Wurzen, de Dresde (et Halle), de Geithain et Erfurt ont été fortement impactés, tout comme les trains internationaux en direction de la République Tchèque depuis la capitale saxonne.
En raison de ce sabotage visiblement coordonné sur le territoire fédéral, plusieurs services de police de la Saxe (dont le centre spécialisé de défense opérationnel et la protection d’État) se sont saisis de l’enquête. Des dysfonctionnements ont également été rapportés dans le système électrique des postes d’aiguillage à la gare de Neustadt et à la gare centrale de Dresde.
A Hambourg, il y aurait eu deux incendies détruisant de nombreux câbles le long des voies, l’un dans le quartier Eidelstedt et l’autre dans le secteur d’Höltigbaum, provoquant l’interruption totale des trains entre Rahlstedt et Ahrensburg sur la ligne Hambourg-Lübeck.
Concernant le sabotage incendiaire en Rhénanie du Nord-Westphalie, celui-ci aurait eu lieu à proximité de la ville de Dortmund, ce qui a conduit à des perturbations du trafic (des retards de 15-20 min) sur la ligne Dortmund-Bochum et sur trois autres lignes.
A Berlin, c’est essentiellement la circulation des trains de banlieue qui a été perturbée. L’incendie d’un câble à la station RER de ‘Treptower Park’ a paralysé la circulation de cinq lignes (S41, S42, S8, S85 et S9) à l’heure de pointe.
Ci-dessous le communiqué de revendication:
Ce matin (lundi 19 juin 2017), nous avons incendié les conduits de câbles le long des principales voies ferrées. La Bahn [la société ferroviaire Deutsche Bahn] utilise les canaux de câbles à côté des voies non seulement pour la transmission de signal interne, mais loue aussi des puits à d’autres exploitants de réseau de données. Nous interrompons l’exploitation économique totale. Et ainsi de la dévaluation de la vie si fortement assimilée. Nous mettons la main dans l’un des systèmes nerveux centrales du capitalisme : plus de 10.000 km de voies ferrées. Ici s’écoulent des marchandises, des mains d’œuvre, en particulier les données.
Des données comme base d’enregistrement pour l’évaluation et l’exploitation de tout. Des données qui sont nécessaires en tant que flux pour l’optimisation de tout processus pour une machine emmagasinant des connaissances, s’optimisant en permanence. En Allemagne, on l’appellera à l’avenir l’industrie 4.0.
Le G20 se rencontre en juillet afin que la machine tourne le plus possible à plein régime. Il est question de la stabilité mondiale. Comme toujours. Et il s’agit de l’Afrique en tant qu’extension néo-coloniale de la machine. Non plus uniquement pour la mainmise sur les matières premières, mais pour l’aménagement de nouvelles possibilités d’exploitation, de nouveaux marchés, de nouvelles mains-d’œuvre. Et pour le déplacement des frontières extérieures de l’UE vers l’Afrique du Nord afin de repousser ceux qui se mettent sur le chemin de l’exil à la suite de la destruction de leurs conditions de vie par le G20. « Le partenariat avec l’Afrique » doit aboutir par la contrainte économique à un mur de sécurité, reprenant ainsi le travail de protection des frontières européennes. Afin que la machine tourne encore mieux et produise moins d’images laides.
Nous n’arrêterons pas les machinistes, pas encore.
Mais nous démontrons la façon dont il est possible, de mener au balbutiement de la machine, bien que nous sommes nous-mêmes censés être intégrés à une partie de la machine.
Nous rappelons notre opposition à la mémoire des machinistes.
Ainsi qu’en juillet au sommet du G20 à Hambourg.
La contestation massive sera visible pour le monde entier.
Et encourager.
A ne pas attendre plus longtemps.
A ne plus seulement espérer.
Agir.
Essayer, échouer. Réessayer, mieux échouer.
Gagner peut-être.
Dans tous les cas, aller de l’avant.
Suivons notre chemin.
Vivons donc.
Maintenant !
« L’unique outil de mesure pour la crise du capitalisme est le degré de l’organisation des forces qui veulent le détruire. »
On April 20th of this year, Wil Floyd was stopped in the Denver airport and questioned about his involvement in the Seattle anti-capitalist march on May 1st 2016. During that stop the FBI questioned and collected fingerprints and DNA from Wil. Three days before May Day this year Wil was arrested at a residence in Wisconsin and charged with one count of unlawful possession of a destructive device after allegedly throwing a molotov cocktail at police on May Day 2016. News articles that were released soon after Wil’s arrest said that FBI Joint Terrorism Task Force Investigator Mike Baldino told the Seattle Times that Wil had cooperated with their investigation by admitting that he had manufactured and later thrown unlit Molotov cocktails on May 1st 2016.
Puget Sound Prisoner Support became aware of Wil’s stop and arrest when he was taken into custody, and since then we have been trying to get more information on the nature of his self-incrimination and his conversations with the FBI in an attempt to ascertain if we would be able to offer him support. Unfortunately, We have recently learned that Wil has given information to the FBI about people other than himself. The fine details of this information are not clear, but since his initial questioning, Wil confided in at least one person that he has given information about other individuals in relation to his case. Whether this information was directly or indirectly incriminating, we don’t know. And everyone who was spoken of that we know of has been told of this fact.
This information might have come at the end of a long interrogation process, or because he thought he could outwit the investigators, or for any number of common reasons that people mistakenly implicate others. Regardless of the reason, giving information about others to law enforcement makes our communities less safe and has the potential to seriously endanger both the specific individuals who were named and the broader community. For this reason, we are forced to publicly state that we will not be supporting Wil through his legal process, and we want those we work with and our broader communities to understand why.
Who is Puget Sound Prisoner Support?
You probably haven’t heard of us unless we’ve met you at court after a demo or protest in the Seattle area within the last few years. We are an ad hoc group of friends that informally come together based on need. We’re not lawyers, paralegals, law students or professionals of any kind. Our knowledge and understanding of the legal system is based on experience from doing support for arrestees and being the arrestees in the past. There is no NGO or non-profit paying us to be in court, therefore we’re not responsible to anyone but ourselves and those we are supporting.
We offer support to people facing charges, their families, and their crew in a handful of different ways. We can help provide you with physical support at your court dates; we’ll show up, and promote it as far as you want to get other people to show up as well. We can also provide money for bail or commissary; sometimes we throw benefits or fundraisers to help people pay their legal fees. We can also offer useful information on court proceedings for you and your crew; we aren’t lawyers, but we do know some and we can put you in touch with them. Need a ride to court? We can try and get that taken care of also, along with other direct material needs.
We’re all anarchists, but you don’t need to be for us to support you. All you need is to adhere to some basic ideas of solidarity. We don’t support people who cooperate with the prosecution, either through directly incriminating others or indirectly through giving information they deem is “unimportant” to an investigation. Our support is not based on a person’s innocence or guilt, but our intention is to keep everyone as safe as and as free as possible. We don’t support people who have conversations with the prosecutor or DA’s office. We don’t support people who provide other people’s names to the police, the state or the media. Those who talk about other people help create more repression in the long run and we believe it is an important to set a precedent that that those who aid in the state’s repressive efforts do not receive support.
Resources
Here are some resources to read in case you ever find yourself face-to-face with a federal or state law enforcement agent…
Suffice to say, the main ideas are: *Don’t agree to speak to them or answer even simple questions. *Request the presence of a/your lawyer immediately if you are taken into custody *If you are free to leave, do so. *Do not lie in an attempt to outsmart them, their job is to get information from you and they are very good at what they do. Also lying to an FBI Agent is a federal crime. *Lawyer up and contact your comrades and friends immediately, we are all safer knowing what kind of agents are lurking around.
If you have been contacted by the FBI/JTTF/SPD please let us know and we will try and find you appropriate legal help and aid you in navigating that process. [email protected]
Nous encourageons tout le monde à s’unir avec des amis et des sympathisants, à s’organiser, à fomenter des plans, à pourrir et à attaquer tous ceux qui veulent nous voir en spectateurs devant le renforcement permanent du pouvoir.
Dans la matinée de ce mercredi 21 juin à Besançon, une banderole a été suspendue à proximité de la gare SNCF Viotte en solidarité avec celles et ceux qui passent au tribunal vendredi pour le premier volet de la dite « affaire machine à expulser ». Y était écrit : « Sabotons la machine à expulser et à enfermer – Solidarité avec les 4 en procès le 23 juin à Paris ».
Par ailleurs, quelques affiches, dont celle résumant rapidement l’affaire et ses 7 ans ½ d’instruction, ont été collées à travers le quartier Battant. Certaines clamaient haut et fort « Ni cages ni frontières – solidarité avec Dan, Olivier, Camille et François – Paris 23 juin / solidarité dans la révolte » ou encore « Feu aux centres de rétention et à tous ceux qui les érigent »…
Ne les laissons pas juger en silence !
Dedans comme dehors, solidarité dans la révolte !
[Publié sur indymedia Bruxelles, mercredi 21 juin 2017]
« La bonne nouvelle, c’est qu’on peut changer les normes »« On sait ce que c’est l’argument de l’individualisation, y a rien de plus dépolitisant. Si on dit que chaque personne a son identité de genre ou son genre parce que chaque personne est différente, on ne fait même pas de politique, ni même de féminisme » Sam Bourcier, Université de Toulouse II-Le Mirail, Décembre 2012
On ne détruit pas un rapport de pouvoir en gardant et réformant ses institutions. Le genre soumet les individus à des entités abstraites auxquelles ils devront se conformer. Cette hiérarchisation s’établit arbitrairement sur les attributs génitaux. C’est en présumant l’existence de sexes « fort » et « faible » que le patriarcat s’érige en norme. Les sciences et la médecine moderne ont repris cette bicatégorisation mais ne l’ont pas créée. En s’impliquant dans les protocoles de réassignation de sexe, les médecins ont défini au début du XXe siècle ce qui se nommait le « rôle de genre ». Selon eux, les enfants qui témoignaient d’une « ambiguïté sexuelle » devaient (et doivent encore) être identifiables comme « mâle » ou « femelle ». Ainsi, l’individu assigné au « bon sexe » devra être conforme aux rôles de genre et au comportement sexuel dominant (hétérosexualité).
L‘organisation sociale sexiste (le patriarcat) ne disparaîtra pas en arrêtant seulement de parler du genre, puisque cette forme de gouvernement et ses injonctions à la féminité/ masculinité ont été intériorisés. Répondre à son genre peut être terriblement frustrant et violent parce que notre existence est cantonnée dans des rôles et des comportements pré-définis. C’est au quotidien que les sexistes nous rappelle que nous devons être des « femmes » ou des « hommes », que nous devons correspondre à l’assignation de sexe imposée par les médecins. Lutter contre le sexisme c’est donc lutter contre tout ce qui nous réduit à un sexe.
Il y a un peu plus d’un an, une foule de gens masqués a exproprié la marchandise de l’épicerie yuppie attachée au restaurant “3734” sur la rue Notre-Dame et a redistribué la nourriture aux gens du quartier. Voilà une des actions contre la gentrification parmi les dizaines s’étant produites dans les dernières années. L’épicerie a fermé ses portes il y a quelques mois, mais nous avons remarqué que le restaurant 3734 servait encore des lunchs aux gens d’affaires et des soupers onéreux aux yuppies du coin. Alors mercredi dernier, nous leur avons rendu visite, avons brisé une fenêtre et couvert l’intérieur du restaurant de peinture à l’aide d’un extincteur.
« Mais qu’est-ce que le vandalisme accomplit contre des commerces? » Lorsque ces commerces participant à la gentrification ont été pris pour cible, les médias de masse ont affirmé que les vandales étaient à côté de la plaque parce que ces commerces ne jouent qu’un petit rôle dans le processus plus large de la gentrification. Ceuzes d’entre nous opposé.es à la gentrification pouvons tirer la conclusion opposée: ça ne veut pas dire que les cibles sont sans intérêt, mais que nous devons simplement les accompagner de cibles plus diversifiées et que les actions doivent se généraliser! Nous sommes prêt.es à parier que des actes répétés de vandalisme et l’augmentation des primes d’assurance peut faire une différence pour les petits commerces branchés qui ont de la difficulté à garder la tête hors de l’eau, et pour dissuader des investissements futurs qui solidifient la gentrification. Avez-vous entendu? Après des attaques dégentrificatrices, des commerces de St-Henri continuent à fermer : Campanelli, le bar à jus de Shapiro, et l’épicerie du 3734. En voilà trois qui ferment dans la dernière année et demi.
La gentrification est une opération de déplacement, aux côtés de processus sur un temps plus long comme le colonialisme et l’incarcération de masse, que ceux au pouvoir utilisent contre quiconque fait obstacle au développement, au contrôle, et au “progrès”. Nous sabotons les commerces gentrificateurs de nos quartier(s) pour les mêmes raisons qui en poussent d’autres à attaquer la police, à faire du sabotage contre les projets de développements industriels, à rendre les frontières incontrôlables, et à insulter les fascistes.
On nous dit que si on veut changer les choses, on a juste à aller voter, à écrire aux représentants élus, ou à manifester paisiblement, mais tout le monde sait qu’il ne faut pas croire à ce mensonge usé. Nous désirons changer infiniment plus qu’il ne sera jamais possible en performant le rôle du bon citoyen ou en obtenant une bonne couverture médiatique pour une liste de demandes adressée à ceux au pouvoir. Les canaux “légitimes” offerts par cette société peuvent amener des réformes par rapport à certains détails spécifiques reliés aux systèmes d’oppressions, mais elles ne font rien pour démanteler les systèmes d’oppression eux-mêmes, et ces canaux sont souvent conçus pour que nous soyions plus dépendant face à eux. Voilà pourquoi nous refusons le dialogue avec les commerces gentrificateurs, et que nous allons plutôt briser leurs fenêtres et leur marchandise. Des actions qui ont un impact direct sur notre environnement, sans la médiation des politiciens et de leur monde. Dans une société où la valeur de la propriété est plus grande que celle de la vie, nous devons détruire la propriété pour pouvoir vivre.
Tanné.es des réunions inutiles ou de rester assis.es à la maison devant votre mur Facebook? Essayez une balade nocturne avec un.e ami.e, un masque et une massue. C’est possible d’attaquer, peu importe qui vous êtes, et si vous faites attention vous pourriez faire beaucoup sans vous faire prendre – pour lire des conseils, allez regardez cette recette pour des actions nocturnes. Rendons St-Henri hostile aux commerces yuppies, aux développeurs, à la police, et aux riches qu’elle sert!
4 prisonniers se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.
Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.
Dans la nuit du 20 juin, un engin incendiaire a été placé sous une camionnette de l’entreprise IMPLENIA. IMPLENIA s’implique dans le chantier d’agrandissement de la prison de Bässlergut à Bâle. Toutes les entreprises, institutions et individus qui dessinent les plans, construisent et gèrent camps et prisons sont coresponsables du maintien des structures répressives.
La Tribune de Genève d’hier nous apprend que trois nouvelles tentatives d’évasion ont eu lieu à la prison de la Favra, une centre de détention administrative situé aux abords de Champ-Dollon.
La Tribune de Genève d’hier nous apprend que trois nouvelles tentatives d’évasion ont eu lieu à la prison de la Favra, une centre de détention administrative situé aux abords de Champ-Dollon.
Il y a quelques semaines, deux détenus avaient réussi à s’évader au même endroit : après avoir saboté une serrure et bloqué une porte avec une chaise, ils ont cassé la vitre du réfectoire avec une boule de billard pour sortir du bâtiment. Puis, ils ont passé les barbelés à l’aide de couvertures sous les cris de joie des autres pensionnaires.
Selon Philippe Bertschy, directeur général de l’Office cantonal de la détention (OCD), le problème avec la Favra c’est « la structure vieillissante ». Or, nous savons bien que le problème avec la Favra, c’est que l’on y enferme des personnes simplement parce qu’elles n’ont pas de titre de séjour. La bonne nouvelle, c’est que « cet établissement est destiné à être détruit d’ici à quatre ans. Nous ne pouvons pas demander des millions pour le rénover. » Par contre, la mauvaise nouvelle est qu’il sera remplacé par l’établissement la Brenaz 2 - où des cellules pour familles sont notamment prévues - dès que la prison Les Dardelles sera construite.
Les trois hommes qui ont tenté de s’évader ont été placés en cellule forte, à la Favra et à Champ-Dollon. L’évasion ne constituant pas un délit dans le droit Suisse , sur quelle base un détenu peut il être déplacé d’un centre de détention administratif à une prison ? Si les enfants des cellules familiales de la Brenaz ne sont pas sages, seront-ils aussi transférés à Champ-Dollon ?
[…] ce mercredi à l’aube des hibouxes ont rendu visite à l‘hotel-restaurant trois étoiles du laboratoire de l’Andra. Une barricade de pneu a été enflammée en avant. Puis se rendant compte que la porte était grande ouverte, plusieurs personnes eurent vite fait de se retrouver a l’intérieur et d’y casser les vitres, le bar avec les précieuses bouteilles d’alcool. Tandis que l’alarme résonnait allégrement et que le chaos régnait dans cet espace aseptisé, d’autres joyeux bandits démolissaient les habituelles barrières autour de ce fameux hôtel qui accueille régulièrement toute la pourriture des nucléocrates. Les hiboux rentrèrent finalement vers le bois Lejuc, repus et heureux. Il semblerait encore une fois que l’infaillible sûreté nucléaire… à failli.
France Bleu Lorraine Nord & Sud Lorraine / Mercredi 21 juin 2017
Une dizaine d’individus ont pénétré dans l’hôtel-restaurant Bindeuil, situé à côté du laboratoire de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à Bure, ce mercredi matin. Ils ont saccagé l’établissement et tenté d’y mettre le feu. Cette semaine les opposants au projet Cigéo, projet d’enfouissement de déchets radioactifs fêtent un anniversaire : ça fait un an que ces militants antinucléaires occupent le Bois-Lejuc, à Bure dans la Meuse. Dans ce contexte, 37 de ces activistes se sont dirigés vers le site de l’Andra (l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) mercredi 21 juin, au petit matin. Il y ont installé un barrage de fortune à l’entrée.
Une dizaine d’entre eux s’est ensuite détachée du groupe. Vers 7h, ils ont pénétré dans l’hôtel-restaurant de Bindeuil, juste à côté du site de l’Andra. Munis de gants et de cagoules, ils ont alors retourné l’établissement de fond en comble. Ils ont tenté d’y mettre le feu alors que douze personnes dormaient à l’étage.
François Maltrud, le gérant de l’hôtel-restaurant est désespéré :
Ils ont bousillé la machine à café, tous les verres qui ont été pendus ont été détruits, les tables dans le restaurants, les tables des terrasses, les fûts de bière aussi : ils avaient ouvert tous les robinets et tout coulait à flot, partout. Et surtout, ils ont épandu une bouteille et demi d’essence qu’ils ont allumé. Si on compte tout : les planchers, les peintures, les vitres et tout, c’est plusieurs dizaines milliers d’euros, évalue François Maltrud. Il poursuit, la gorge serrée : « qui c’est qui va payer ? » .
[..] Cette tentative d’incendie criminel est condamné par le procureur de la République de Bar-le-Duc, Olivier Gandy. Il établit une nette distinction entre « *_les délinquants_ »* et ceux qui « *_manifestent des idées et défendent leurs idéaux écologistes_. »* Une enquête est ouverte. Les coupables risquent dix ans d’emprisonnement.
L’Est Républicain / Mercredi 21 juin 2017
En arrivant sur le site par la D960, à Bure, l’écothèque dégradée en février. À droite, une clôture nouvellement à terre sur une bonne vingtaine de mètres, ainsi que la trace de pneus brûlés. Près de l’établissement, des chaises lancées sur l’herbe depuis la terrasse. En s’approchant, un pot de fleurs cassé. Sur les portes : des impacts, des vitres étoilées. À l’intérieur, un champ de bataille. Des tables renversées, des chaises cassées, du verre sur le sol. Et deux traces noires, vestiges de deux débuts d’incendie. L’alerte incendie avait bien retenti. C’est ce qu’ont découvert les gendarmes lorsqu’ils sont arrivés sur les lieux ce mercredi matin, à l’hôtel-restaurant du Bindeuil, qui jouxte le laboratoire de l’ANDRA. Le chef-cuisinier était sur place au moment de l’attaque. Il venait d’allumer les machines à café et autres appareils avant le lever des clients de l’hôtel. Peu après, « j’ai entendu du bruit, des gling-gling, comme de la vaisselle. Puis le bruit a augmenté en un quart de seconde », témoigne-t-il sous le choc. En sortant de sa cuisine, il a aperçu trois ou quatre personnes cagoulées en « train de tout dégommer ». Il s’est mis à l’abri et a prévenu la gendarmerie. Peu après, le bruit a cessé. Les assaillants n’étaient plus là. Il était 6 h 45. « Ça a duré une minute, une minute trente. » Il s’interroge : « Que ce serait-il passé si un client était au bar ?… »
Le maire de Bure, Antoine Gérard, est un peu abasourdi en observant les dégâts, l’établissement étant propriété de la commune : « Là, je n’ai pas compris. » Puis ajoutait : « Je vais aller discuter avec eux. » Sous-entendu les opposants. […] Cette semaine, les occupants du Bois Lejuc célèbrent leur première année de lutte contre le projet Cigéo. Du 19 au 25 juin, des ateliers, des formations, des concerts sont notamment organisés. Ouvert depuis trois ans, l’établissement, qui emploie sept personnes, n’avait jamais subi une telle attaque. Mais il avait déjà été pris pour cible par des jets de peinture. Le maire de la commune va porter plainte. Tout comme le gérant et l’ensemble des gens qui y dormait ce mercredi.
La préfecture de la Meuse a mentionné, ce mercredi, des troubles à l’ordre public, survenus également ce mardi 20 juin. En milieu de journée, une dizaine d’individus cagoulés s’était rendue à Bure et avait dérobé du matériel de chantiers. Vers 21 h, une vingtaine de personnes, toujours cagoulée, s’est rendue à Mandres-en-Barrois. Des gendarmes ont été dépêchés sur place pour sécuriser les lieux. Depuis plusieurs semaines, le maire est victime d’intimidation sur sa famille et de dégradations sur ses biens.
La veille déjà…
France 3 Grand-Est (Meuse) / Jeudi 22 juin 2017
Mardi 20 juin en milieu de journée, une dizaine d’individus cagoulés et muni de bâtons s’est rendu à Bure pour dérober du matériel sur un chantier en cours appartenant à une entreprise indépendante de l’Andra, maître d’ouvrage du projet CIGEO.
Une caisse à outil, une pince, plusieurs dizaines de mètres de câbles en acier de type élingue ont été volés sans que les ouvriers n’aient pu, sans se mettre en danger, y résister.
Un dispositif de gendarmerie a été déployé. A l’arrivée des militaires, une quinzaine d’individus cagoulés, armés de bâtons et parfois de boucliers ont élevé une barricade à 200 mètres environ avant l’entrée du bois Lejuc.
Aux alentours de 21h 00, une vingtaine d’individus cagoulés s’est rendue dans les rues de Mandres dont le maire est victime depuis plusieurs semaines d’action d’intimidation sur sa famille et de dégradation sur ses biens. Des patrouilles de gendarmerie ont été dépêchées sur place pour sécuriser la population [mais bien sûr, on y croit tous!, NdA].
Après une instruction de 2010 à 2014 confiée à la section anti-terroriste concernant des centaines d’attaques (notamment incendiaires), ces 4 personnes étaient donc renvoyées aujourd’hui devant la 12e chambre du tribunal correctionnel. En plus des refus ADN, 2 étaient accusées d’un collage d’affiche sur un distributeur de La poste lors d’une balade sauvage le 6 février 2010, et 3 (dont une personne accusée des deux faits) d’une dizaine de tags réalisés la nuit du 12 au 13 janvier 2011.
Le procureur a reconnu d’emblée la prescription pour le collage (dégradation légère qui risque une contravention) de l’affiche, et réclamé 8 mois avec sursis pour les dégradations en réunion (les tags). De leur côté, les différents avocats ont soulevé plusieurs nullités (sur pour la violation du délai raisonnable à être jugé, plus de six ans après les faits, ou sur l’ordonnance de renvoi en procès) et demandé la relaxe.
Les juges ont donc relaxé des 2 personnes pour le collage en raison de la prescription, mais condamné les 3 accuséEs de tags à 500 euros pour le refus d’ADN et 4 mois avec sursis pour les dégradations en réunion (sachant que deux avaient alors effectué un peu plus de deux mois à La Santé, et une avait passé une semaine dedans).
On verra si quelqu’un (condamnés ou procureur) fait appel. En attendant, un 2e procès de la lutte contre la machine à expulser est toujours prévu contre sept autres personnes (certainement à la rentrée).
La lutte contre la machine à expulser et à enfermer continue.
La logique de cette séquence répressive est claire : une instruction montée sur la base de la jonction de multiples enquêtes de la Section Anti Terroriste (SAT) de la Brigade Criminelle pour de nombreuses attaques de natures variées, qui permet des perquisitions, des mises en examen, des contrôles judiciaires et plusieurs incarcérations [1]. Un passage par l’antiterrorisme a offert alors des moyens d’enquête et de surveillance supplémentaires et particuliers. Il s’agit alors de valider l’hypothèse de la « circulaire Dati » et des rodomontades d’Alliot-Marie à propos de la dangerosité d’une prétendue « mouvance anarcho-autonome », qui aurait la particularité d’être « terroriste ». Sept ans plus tard, la circulaire a été jetée aux oubliettes et étant établi qu’aucune preuve matérielle ne permet de relier quiconque aux sabotages à la base de l’instruction [2], ils resteront donc, probablement pour toujours, sans auteurs. Ce sera une des seules réjouissances de ce parcours du combattant judiciaire, une bonne chose de prise. Malgré sa taille extraordinaire, le dossier se révèle donc tellement vide en substance que les chefs d’inculpation les plus sérieux sont tous tombés. Et pourtant…
C’est donc toute honte bue que la justice a jugé aujourd’hui quatre personnes pour des délits mineurs dont la réunion reste totalement incohérente : trois pour des tags en solidarité avec les insurgés du Maghreb et du Machrek commis un an après le début de l’instruction (qui concernait donc, elle, la machine à expulser) ainsi que le refus des prélèvements ADN, et l’un d’eux ainsi qu’un quatrième pour un collage d’affiche sur une banque lors d’une balade. La montagne a accouchée d’une souris…
La défense, plutôt concertée, a soulevé diverses nullités importantes (délai déraisonnable, incohérences dans les procédures et dans la qualification du refus ADN, prescription du collage d’affiche, etc.), mais elle a surtout démontré l’absurdité globale de cet édifice mal ficelé et sa logique manifeste de répression d’une lutte offensive à travers la désignation de mis en examen aux intentions forcément coupables, sans base matérielle et à partir de suspicions des services de renseignements. Qu’une d’entre eux soit passée à autre chose depuis des années tandis que d’autres sont encore aujourd’hui considérés par le tribunal (donc par les renseignements) comme actifs dans la dite « mouvance » ne les intéresse guère, au final ils seront tous traités à la même enseigne.
Tout est d’ailleurs traité par dessus la jambe avec une certaine allure de sérieux. Le fond n’est abordé que pour construire un climat et une narration à charge plutôt que pour transcrire un contexte, et la lutte est évidemment évacuée dans ce qu’elle a pu avoir de vivant et de subversif sous les délits qui prétendent en donner une traduction judiciaire. Voir une lutte à travers les lunettes malades de la justice est un spectacle nauséabond.
Pour tenir la barre de ce fiasco, un tout petit procureur s’est évertué à colmater les brèches de ce dossier tout en rajoutant de nouvelles incohérences. Il reconnaît que l’instruction ne tient plus la route mais « assume » (!), comme un Matamore tirant sa gloire du simple fait de prétendre faire face à des combats qu’il ne mène pas. Son réquisitoire emprunte les chemins attendus, mais rarement énoncés ainsi sans vergognes, de l’incrimination par les idées : c’est parce qu’il s’agit d’« anarcho-autonomes » qu’il faut les condamner. Le plaidoyer du procureur dans le procès des anarchistes d’Haymarket ne paraît plus si lointain. Mos Maiorum ? Il parait clair à ce moment que les faits n’ont aucune importance et que la vacuité du dossier ne pèse pas lourd face à ce procès d’intention. Le réquisitoire ne s’embarrasse même plus de démontrer qui fait quoi, il s’agit de pérorer sur qui est qui et d’en faire une base suffisante pour requérir… huit mois avec sursis pour quelques tags (dont la qualification ne fait pourtant pas encourir de peine de prison), 1000 € d’amende pour l’ADN, tout en concédant pour finir que le collage terroriste d’affiche est prescrit…
Les juges bravent l’incohérence du dossier en commençant par (longuement…) égrainer en détail des faits n’ayant objectivement rien à voir avec les délits jugés et dont plus personne n’est accusé, mais qui vont justifier de facto les condamnations courues d’avance. Face à ces inanités assumées comme telles, deux des inculpés ont décidé de garder le silence alors qu’un autre ne s’est pas présenté à l’audience (il sera représenté par un avocat). Un des inculpés a remis au tribunal une déclaration nommée « Ça ne va pas se passer comme ça », en affirmant à la barre « refuser de participer à un dialogue avec la justice », elle sera également diffusée à la quarantaine de personnes présentes en solidarité. Sa première et dernière page stabilo-bossées à la va vite sont utilisées par le procureur pour convaincre la présidente de prononcer un outrage contre le compagnon. Sans succès, mais il semble vouloir poursuivre lui-même pour outrage (à suivre donc…) ; choqué sans doute aussi par cet irrespect manifesté par l’inculpé lorsqu’il obtient sans la demander une interruption de séance pour aller uriner, alors que la juge passait son cas en revue (en se levant et se dirigeant vers la sortie jusqu’à être stoppé par un gendarme et apostrophé par la présidente).
A la reprise, le procès continue dans toute sa normalité absurde. Les antécédents judiciaires sont passés en revue, puis vient le tour des enquêtes de personnalité (refusée par un des inculpés). Une des avocates évoque la lutte et la solidarité autour du centre de rétention de Vincennes, on parle d’un « procès de la solidarité avec les exilés ». Mais il semble que plus de trois heures d’audience, de plaidoiries, de réquisitions, etc. n’ont jamais existé lorsque tombe le verdict comme un couperet. Celui-ci est visiblement préétabli puisque rien de ce qui a été soulevé par aucun des avocats lors du procès n’est retenu ou pris en compte (exceptée la non-inscription au casier pour une personne) : quatre mois de prison avec sursis pour les tags et 500 euros d’amende pour l’ADN, relaxe pour le collage d’affiche sur DAB car prescrit, donc relaxe pour le quatrième. Les trois premiers avaient pourtant déjà été incarcéré préventivement suite à l’arrestation pour les tags de janvier 2011. Leurs trois stratégies de défense étaient différentes, alors que l’une d’entre eux n’avait jamais été mise en examen dans cette affaire (ou dans une autre) pour d’autres faits que pour ces tags – pourtant sans rapports et ajoutés sur le tard au dossier « machine à expulser » -, tous les trois ont été logés à la même enseigne malgré les grandes différences de situations et de tactiques.
Un second procès concernant sept personnes (quatre pour refus ADN et trois pour dégradations légères et ADN) aura lieu dans le cadre de la même affaire, sans toutefois qu’une date n’ait été fixée pour le moment. La logique semble être la mème puisque là aussi, les faits les plus graves sont tombés pour laisser place à un procès dépouillé de substance comme celui d’aujourd’hui. Nous souhaitons plus de réussite à la seconde vague.
Sabotons la machine à expulser ! Feu à toutes les prisons ! Liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers !
23 juin 2017. pafledab@distruzione.org
Notes
[1] On trouvera dans la chronologie de la brochure pré-citée les attaques directes et les balades contre la machine à expulser qui ont donné lieux à toutes ces procédures.
[2] Tombent notamment les accusations criminelles les plus graves de destruction par incendie contre des DAB de la Poste qui étaient jusque-là retenues contre deux des inculpés d’aujourd’hui, mais qui serviront de toile de fond à la condamnation d’aujourd’hui, qui supposément n’a plus rien à voir avec ces incendies. On se perd dans ce labyrinthe de logique parallèle dont la justice est spécialiste absolue.