Vive l'Anarchie - Semaine 25, 2023

Sommaire

[France] Ivan est sorti de prison

Publié le 2023-06-20 22:10:11

Ivan avait été arrêté par les services anti-terroristes samedi 11 juin 2022. Il est inculpé de six incendies de véhicules qui ont eu lieu à Paris et Montreuil entre janvier et juin, souvent revendiqués en solidarité avec des prisonnier.e.s anarchistes (la dernière, la voiture d’une ambassade, a été incendiée le soir de son interpellation, dans le 17e).



Il a été arrêté après des mois d’enquête, de filatures, d’écoutes téléphoniques, d’espionnage via une caméra installée dans l’entrée de son immeuble, etc. Il est en liberté provisoire depuis le 12 juin. La juge d’instruction a émis une ordonnance le plaçant sous contrôle judiciaire (interdiction de se rendre en Île-de-France ; interdiction de sortir de France métropolitaine ; pointage chez les gendarmes une fois par semaine ; remise au greffe du tribunal de son passeport et de sa pièce d’identité). Au moment de la sortie, le greffe de la prison de Villepinte lui a remis un gros paquet de courrier qui « trainait ». Il y avait aussi un colis le 22 juillet 2022 (avec des periodiques anarchistes et des livres en italien) et que la prison avait décidé de ne pas lui donner.

photo : La prison de Villepinte



Montreuil (93): perquisition et cinq interpellations le lundi 5 juin 2023

Publié le 2023-06-20 22:15:05

Montreuil (93): perquisition et cinq interpellations le lundi 5 juin 2023

À 6h [lundi 5 juin], une dizaine de camions de police étaient présents dans le quartier (Sous Direction Anti Terroriste, Brigade de Recherche et d’Intervention, police technique et scientifique, Groupe de Soutien Opérationnel) pour entrer dans le bâtiment. Ils cherchaient 6 ou 7 personnes, 5 ont été interpellées. Des ordinateurs, téléphones, clés USB, disques durs et carnets ont été saisis. Les chefs d’inculpation seraient association de malfaiteurs et dégradation en bande organisée, la GAV peut donc durer jusqu’à 96h.

Tout ça s’inscrit a priori dans une série de 10 perquisitions et 15 arrestations ayant eu lieu dans toute la France lundi matin, dans le cadre d’une enquête sur une action contre Lafarge datant de décembre 2022.

🔥💫 Nous appelons à un RDV mercredi à 19h, à mairie de Montreuil. 💫🔥

Solidarité et soutien à toustes les camarades interpellé.es et perquisitionné.es !
Des copaines des personnes interpellées <33

Carapatage #51 : Les expulsions locatives, sanctions contre l’entourage des personnes condamnées (17.05.23)

Publié le 2023-06-20 22:20:03

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On parle des expulsions locatives, ou des velléités, des tentatives d’expulsion de logements qui visent l’entourage des personnes condamnées. Cette émission s’inscrit à la suite de plusieurs émissions qu’on a faites sur comment les proches sont touché-e-s par la prison et l’enfermement de manière générale. On y parle plus précisément de comment les offices de logements sociaux s’organisent pour mettre la pression et parfois réussir même à expulser des familles de personnes qui ont eu affaire à la justice

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Athens, Greece: Solidarity with G. Michailidis – Taking responsibility for the burning of vehicles of confinement and surveillance of the speculators, by Anarchists

Publié le 2023-06-20 22:30:04

Athens, Solidarity with G. Michailidis – Taking responsibility for the burning of vehicles of confinement and surveillance of the speculators, by Anarchists

Comrade Giannis Michailidis is again putting his body as a barrage against the State revenge that he has been experiencing for almost a decade, choosing to fight for his freedom once again. Despite the fact that he has served the necessary conditions for his release and almost a year ago he spent 66? days on hunger strike without having his request met practically, the comrade is still declared a preventive detainee. On the legal-judicial pretext that he is not “sufficiently corrected”. With the main demand being for his immediate release, the comrade started a new hunger strike on 12/5 in the midst of a rather difficult situation.

As an anarchist solidarity movement outside and against the prisons of democracy, we have a responsibility and duty through militant and practical solidarity to fight back against the regime of exception and stand in solidarity with the prisoners’ struggles. We are part of this militant effort and the ongoing struggle against prisons. We support the comrade’s hunger strike attempting to break the total isolation and silencing of the struggles of all prisoners. We believe that the hunger strike of the anarchist comrade Giannis Michailidis, as well as many of the prisoners’ hunger strikes, can trigger militant campaigns of a multifaceted movement against prisons and imprisonment, which promotes and disseminates the revolutionary perspective of total liberation.

The speculators of incarceration, the arms companies, their vehicles with their glass windows and the entire body responsible for civil justice must pay the price for their actions. For this reason we set fire to a KONE vehicle in the area of Kaisariani at dawn on 3/6 and a vehicle of ESA security solutions in Kypseli at dawn on 6/6. Not just to cause a little damage to these two companies but to try to return a bit of antiviolence to some of our oppressors and some of those responsible for profiting on our bodies and our lives. KONE is a company that manufactures elevators, escalators and door security systems, with construction and maintenance contracts with prisons and military bases worldwide, including prisons in France and the US and the NATO air base in Aviano, northern Italy. ESA is a security company based in Athens and Thessaloniki, with a number of contracts with public bodies and private individuals, indeed an intrinsic part of the control and surveillance society.

Once again, the establishment has drawn a veil of silence over the action, part of an overall strategy of silencing our comrade’s struggle. Obviously we are not surprised by the specific political choice of the regime to silence the struggle against the State and capital yet again. All the more so during an election period, when the political agenda of the rulers is being imposed and dominates, targeting as many people as are attached to their screens. So once again it becomes clear on which side of this perpetual social war the mass (mis)information media stand, structured to serve the cold logic of profit and exploitation.

We believe that circumstances such as this one must find us with prepared fighting reflexes and plans so that we can manage to return a piece of antiviolence to all the responsible mechanisms and persons responsible immediately. To highlight our struggles through militant and practical solidarity and turn the metropolises into battlefields against the oppression of the State and capital.

Militant and comradely greetings to Georgia Voulgaris, Panos Kalatzis, and to the captured member of the Anarchist Action Organization Thanos Chatzianggelou.

Solidarity and strength to comrades Fotis, Iasonas, Lambros and Panagiotis who are being prosecuted for the attack on the Piraeus traffic police.

NEITHER CRIMINAL, NOR POLITICAL – OUTBREAK (BOURLOTO) AND FIRE IN EVERY PRISON

IMMEDIATE RELEASE OF ANARCHIST HUNGER STRIKER FROM 12/5 /23 GIANNIS MICHAILIDIS

Anarchists

https://athens.indymedia.org/post/1625601/
Translated by Act for freedom now!

Chili : triple attaque explosive contre des infrastructures critiques

Publié le 2023-06-20 22:35:03
Los Álamos (Chili), 9 juin 2023. Le pylône de la ligne à haute-tension n’a pas tenu le choc face à l’attaque

En l’espace d’un long week-end, trois attaques explosives sont venues frapper différentes infrastructures critiques du Chili, et pas n’importe lesquelles. Le vendredi 9 juin 2023, ce sont en effet deux pylônes de lignes à haute tension qui ont d’abord été touchés. L’un à l’aube sur la commune de Placilla, située à une dizaine de kilomètres à l’est de Valparaíso, où se trouvent précisément les plus grandes installations portuaires et industrielles du Chili. Et le second vers 23h sur la commune de Los Álamos (région de Bío Bío), qui n’est autre que la commune où se trouvent les bases des forces spéciales des carabiniers et de la marine, soit un des centres de la politique répressive chilienne. Si le premier pylône, dont deux des quatre barres de soutien ont été endommagées, est resté debout, le second s’est par contre effondré au sol, coupant le courant entre Cañete et Tirúa dans la zone de Los Álamos.

Quant à la troisième attaque, elle s’est produite mardi 13 juin vers 3h du matin contre le pont ferroviaire qui passe au-dessus de la rivière Itata, situé dans la région de Ñuble. Ce dernier, dont les traverses ont sauté et des rails été brisés par l’explosion, sert au passage de trains de marchandises, et en particulier à la circulation des matières premières comme les milliers d’eucalyptus industriels destinés à alimenter l’usine de pâte à papier Nueva Aldea de l’entreprise Arauco (groupe Angelini). Cette ligne de train propriété de la société de chemin de fer nationale chilienne (EFE) était exploitée par Ferrocarril del Pacífico (Fepasa), principale entreprise de transport ferroviaire de marchandises dans la zone centre-sud du pays.

Région de Ñuble (Chili), 13 juin 2023. Le pont ferroviaire de l’industrie de la pâte à papier ne répond plus

Suite à cette série d’attaques coordonnées dans trois différentes régions du Chili contre des infrastructures stratégiques, le président (de gôche) Gabriel Boric en a profité pour convoquer une réunion extraordinaire de l’ensemble des branches du pouvoir, à laquelle il a fixé l’objectif d’effectuer une proposition de réforme sous 30 jours, afin de simplifier la Loi antiterroriste pour faciliter les poursuites. Comme à chaque fois en pareil cas, il s’agit d’une part pour le pouvoir de faire un effet d’annonce pour affirmer qu’il ne reste pas les bras croisés, et d’autre part de renforcer le visage autoritaire de l’Etat en ressortant un vieux projet qui était déjà dans ses cartons. Enfin, de leur côté, les enquêteurs du groupe OS-9 des carabiniers ont annoncé qu’ils étudieraient les images des péages routiers situés à proximité des lieux attaqués, et qu’ils étaient aussi en train de collecter auprès des compagnies de téléphonie mobile les signaux activés à proximité des infrastructures touchées, les jours et heures des attaques.

Le 14 juin 2023, à travers un communiqué envoyé à la presse, ces trois attaques successives ont été revendiquées par une nouvelle coordination venue s’inscrire dans le panorama de la guérilla diffuse déjà présente au Chili (notamment en territoire mapuche) : il s’agit du Movimiento 18 de Octubre, soit le Mouvement du 18 octobre, dont le nom est une référence explicite au soulèvement chilien qui a éclaté ce jour-là il y a quatre ans, suite à l’augmentation du prix du ticket. Le 18 octobre 2019, premier jour du soulèvement, 77 des 136 stations de métro de la capitale Santiago avait été détruites (dont 20 entièrement incendiées), avant qu’il ne s’étende pendant plusieurs mois*.

Placilla (Chili), 9 juin 2023. Le pylône endommagé de la ligne à haute-tension près de Valparaíso

Dans son communiqué, le Mouvement du 18 octobre, commence par prendre la responsabilité des « trois attaques à l’explosif contre des infrastructures capitalistes : les sabotages perpétrés à Valparaíso par le Comando Mauricio Arenas Bejas, à Bío Bío par le Comando Lafkenche Pilmaiquen et à Ñuble par le Comando Luisa Toledo ».
Si l’un de ses groupes tire ainsi son nom d’un territoire mapuche (la rivière Pilmaiquen coule sur le territoire des mapuche de la côte, les Lafkenche), le second porte le nom de Mauricio Arenas Bejas, un des responsables de la tentative d’assassinat du général-dictateur Pinochet le 7 septembre 1986, qui a été arrêté et transpercé de sept balles dans le corps par la police l’année suivante, puis s’est évadé de la prison Púbica en 1990, avant de décéder l’année suivante à 33 ans. Quant à Luisa Toledo, décédée en 2021 à l’âge de 82 ans, il s’agit d’une militante de gauche respectée par de nombreux milieux révolutionnaires, notamment pour son combat sous la dictature de Pinochet (mais pas que) pour la mémoire de ses deux fils assassinés par des carabiniers en 1985 (ils étaient membres du MIR), et aussi pour sa participation/défense des manifestations émeutières sous la démocratie, y compris celles du soulèvement d’octobre 2019.

Los Álamos (Chili), 9 juin 2023. Sur la commune où se trouvent les bases des forces spéciales des carabiniers et de la marine…

Quant au contenu plus précis de cette première revendication du Mouvement du 18 octobre, qui se conclut par « Liberté pour tous les prisonniers politiques de la révolte, pour les Mapuches, pour les anarchistes et pour les subversifs. Un nouveau fantôme hante le Chili », en voici un large extrait traduit de l’espagnol :

« Tout ce cadre juridico-politique [celui de la rédaction d’une nouvelle Constitution] cherche sans aucun doute à consolider le nouveau processus d’accumulation capitaliste par la dépossession, où la terre et l’eau sont devenues les nouvelles marchandises au détriment des populations sous prétexte de croissance économique. Et là encore, le gouvernement, qui se prétend de gauche, a marqué de son empreinte l’approbation du TPP11 [Traité de libre-échange entre 11 pays de la zone Pacifique signé en 2018], avec l’expansion de l’entreprise minière Los Bronces, la pollution industrielle Quintero-Puchuncavi et son déni grossier du désastre écologique que l’industrie forestière a généré dans le Wallmapu… Le nouvel ordre conçu par la classe politique et la classe des affaires cherche à anéantir la digne résistance mapuche qui, jour après jour, affronte les entreprises forestières et les propriétaires terriens qui usurpent leur territoire historique. Ces dernières semaines, nous avons vu comment le gouvernement et la droite ont orchestré une opération visant à punir les prisonniers politiques mapuches de la prison d’Angol, en les dispersant dans différentes prisons et en les éloignant de leurs communautés et de leurs familles. Nous comprenons que la résistance des Mapuches dérange les capitalistes, qui ont leurs intérêts en territoire mapuche, et c’est pourquoi ils ont besoin de frapper leur moral pour tenter de les subordonner. Mais nous savons aussi qu’ils n’y parviendront pas malgré l’état d’urgence, la militarisation sans précédent et le programme législatif de la classe politique qui a adopté la loi contre le vol de bois et promulguera bientôt la Ley de usurpaciones, qui vise à protéger la propriété privée contre les occupations de terres [en allongeant la durée du flagrant délit et en facilitant l’incarcération des occupants illégaux]. Dans ce contexte, nous adressons nos salutations fraternelles à la population de la nation mapuche, à ses prisonniers politiques en grève de la faim et à ses communautés en résistance, et qu’elles comptent sur nous pour de futures conspirations. »

Et pour finir, il aurait été dommage d’oublier la déclaration officielle du procureur général du Chili, Ángel Valencia, interviewé le mardi 20 juin sur T13 Radio, dans laquelle il a commenté cette triple attaque : « Jusqu’à présent, nous avons enquêté sur des incidents liés à des engins explosifs situés dans des zones urbaines. Le fait que ces derniers se soient trouvés dans des zones rurales représente pour nous un défi supplémentaire en matière de preuves. Dans les zones urbaines, nous disposons en effet de caméras de surveillance ou de cartes Bip ! [les cartes de transport urbain] et d’autres éléments électroniques qui nous aident à localiser les auteurs des attaques. En pleine campagne, il est beaucoup plus difficile de trouver ce genre d’indices. Il s’agit ici d’attaques contre des infrastructures critiques, et il ne fait aucun doute que la situation est préoccupante. »

[Synthèse de la presse chilienne, 8-20 juin 2023]

Note
* Sur le soulèvement chilien du 18 octobre 2019 et ses suites, on pourra notamment relire  : Danser avec les flammes. Une chronique de la révolte en cours au Chili (octobre – novembre 2019), in Avis de tempêtes n°23bis, novembre 2019, 60 pages A4

Indymedia Lille

Publié le 2023-06-20 22:40:03

Pendant le week-end contre la construction d’une nouvelle prison à Entraigues, nous avons profité d’être quelques un.e.s pour aller crier notre solidarité aux personnes prisonnières de la prison du Pontet juste à côté, parce que, si nous sommes contre la construction de nouvelles prisons nous sommes aussi pour la destruction de celles qui existent déjà. Le lendemain, on a décidé d’aller bloquer l’entrée des cadres de Spie Batignolles, entreprise qui n’hésite jamais à participer, quand ils’agit de mettre sa pierre à l’édifice de nouvelles prisons. On en a profité pour leur dire que ce n’est pas seulement la prison qu’on veut détruire mais aussi le monde qui va avec, fait de capitalisme, de culture du viol, et de toutes les dominations. Nous nous sommes mis.e.s devant le portail avec des banderoles qui disaient « Spie construit des prisons. Bloquons les » « Non à la prison ni à Entraigues ni ailleurs » pendant 40 minutes environ.

On sait qu’il y a d’autres responsables de la prison dans le coin, on reviendra !


Carapatage #52 : Les CRA enferment, expulsent et tuent… Retour sur les situations à Vincennes et Mayotte (07/06/23)

Publié le 2023-06-20 22:45:03

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Le 26 mai 2023 M. a été tué par les matons du CRA de Vincennes. Ils l’ont tabassé et ses co-retenus l’ont retrouvé mort le lendemain matin. Dans la foulée, les autorités se sont empressées de dire dans la presse qu’il était mort d’une overdose… En réaction les retenus du centre se sont révoltés et plusieurs actions de solidarité ont eu lieu aux abords du CRA.
De l’autre côté du globe, à Mayotte, l’Etat cherche aussi à faire disparaitre tou.te.s celleux qu’il considère comme des étranger.e.s indésirables. Les flics détruisent leurs habitations, les enferment en CRA et les expulsent, pour la plupart vers les autres îles des Comores.
Dans cette émission on revient sur ces deux situations et, plus généralement, sur la violence de l’enfermement en CRA. Bonne écoute !

Sommaire :

00.03.26 Brèves :

00.24.06 Partie 1 : Décès de M. après avoir été tabassé par les flics au CRA de Vincennes

00.43.29 Partie 2 : Opération Wuambushu et CRA de Mayotte

Playlist :

Ressources :

Vantaa (Finlande) : Attaque incendiaire contre Saga Furs

Publié le 2023-06-20 22:50:03

Dark Nights / samedi 10 juin 2023

Nos vies et nos environnements sont constamment sous attaque, c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas d’autres choix que de nous défendre, par l’attaque contre les forces qui nous détruisent.

Le jeudi 1er juin, avant l’aube, nous avons percé un trou dans la clôture de [l’entreprise de fourrures ; NdT] Saga Furs, à Vantaa, en Finlande, et avons mené une attaque incendiaire contre leurs structures.

Saga Furs n’a aucune raison d’exister. En tant qu’entreprise, elle produit des profits pour des riches propriétaires et elle provoque des souffrances atroces aux animaux élevés pour l’industrie des fourrures. Cela ne s’arrêtera pas par des requêtes ou de l’espoir.

Jusqu’à ce que Saga Furs soit transformée en engrais pour nos jardins.

Athènes (Grèce) : Revendication de l’attaque au marteau de deux concessionnaires de véhicules italiens

Publié le 2023-06-20 23:20:06

Dark Nights / dimanche 14 mai 2023

L’anarchiste Alfredo Cospito, prisonnier politique de l’État italien, a commencé le 20 octobre 2022 une grève de la faim (qu’il a arrêté depuis) contre le régime de détention très dur appelé 41 bis. Le compagnon est en prison depuis plus de dix ans, dans des sections de sécurité maximale. Le régime 41 bis inclut une série de systèmes de surveillance sophistiqués et l’isolement sensoriel du/de la prisonnier.e accusé.e de « terrorisme », une torture qui vise la vengeance et l’extermination des prisonnier.es.

Les prisons, et notamment de tels régimes de détention, en tant que mécanismes les plus violents de privation de la liberté, sont un prolongement des politiques répressives des États, des endroits censés agir comme déterrent pour quiconque ose défier le pouvoir de l’État et du capital. Un entrepôt d’âmes, où des milliers de personnes mijotent dans des conditions très mauvaises, pour servir d’exemple à elles mêmes et, plus en général, aux gens « d’en bas ».

En tant qu’anarchistes, nous luttons contre toute forme d’oppression et de pouvoir, contre tout ce qui limite notre liberté. Nous nous levons en solidarité avec les prisonnier.es, en joignant nos voix contre la brutalité carcérale. Nous lutterons jusqu’à ce que la dernière prison soit rasée.

En solidarité avec Cospito, nous avons attaqué, avec des marteaux, deux concessionnaires de véhicules italiens, dans les quartiers athéniens de Agios Eleftherios et de Caesariani, le 2 avril.

LUTTE POUR LA DESTRUCTION DE LA DERNIÈRE PRISON.

PAS DE CRIMINEL, PAS DE POLITIQUE, RAVAGEONS ET BRÛLONS CHAQUE PRISON.

SOLIDARITÉ AVEC LES QUATRE COMPAS EN DÉTENTION POUR L’ATTAQUE DE LA GARE DU PIRÉE, QUI PASSENT À PROCÈS CES JOURS-CI.

Anarchistes

Barcelone (Espagne) : Un engin incendiaire placé sur une camionnette Amazon

Publié le 2023-06-20 23:30:44

Indymedia Barcelona / lundi 22 mai 2023

Solidarité révolutionnaire internationaliste avec tou.tes les prisonnier.es anarchistes et subversif.ves.
Contre les longues peines.

L’aube du 18 mai s’est levée sur une camionnette d’Amazon qui brûlait, sur un parking, dans le secteur de Pubilla Casas. Ceci est une petite contribution solidaire avec tou.tes les prisonnier.es anarchistes et subversif.ves.
Claudio Lavazza, Gabriel Pombo Da Silva, Ivan Alocco, Juan Sorroche, Anna Beniamino, Alfredo Cospito, Marcelo Villaroel, liberté pour tou.tes.
Une salutation spéciale pour Monica et Francisco, qui sont dans l’attente de leur jugement.

Nous profitons de cette contribution solidaire pour rappeler que le 22 mai 2009 mourait Mauricio Morales, à cause de l’explosion de la bombe qu’il voulait placer à l’école pour surveillants pénitentiaires.

Arme-toi et sois violent.e, magnifiquement violent.e.
Jusqu’à ce que tout explose, parce que, rappelle-toi, chaque action violente contre les promoteurs de l’inégalité est pleinement justifiée par les siècles de violence infinie de ceux qui nous ont soumis… arme-toi et combats le terrorisme, brûle, conspire, sabote et sois violent.e, magnifiquement violent.e, naturellement violent.e, librement violent.e.*

Des individualités aux tendances anarchistes

* NdT : Ce dernier paragraphe est tiré des paroles d’une chanson de Mauricio.

Barcelone (Espagne) : Solidarité active et insurgée avec les squats Kubo et Ruin

Publié le 2023-06-21 01:20:07

Indymedia Barcelona / vendredi 19 mai 2023

Nous prenons la responsabilité d’avoir ouvert quelques brèches de liberté, la nuit du 15 mai. La première, en niquant le rideau du Puro Impacto, une salle de sport de nazis. La deuxième, en brisant la baie vitrée d’un local de Solvia [une grande entreprise immobilière, liée au secteur bancaire à travers la Sareb, une entreprise publique-privée établie pour « sauver » des banques en crise ; NdT], qui gère le parc immobilier de la Sareb.

Dans ce cirque médiatique, on veut nous faire passer ou par de violent.es sans justification ou par de victimes passives. Nous sommes et nous serons toujours la fière demande du conflit, un babillage dans le langage du pouvoir.

Nous sommes conscient.es que la société bourgeoise et ses fausses idoles, sauvegardées par des vitrines, des camionnettes et des caméras, se combattent avec nos armes les meilleures : marteaux, pierres, bâtons et haches.

Celle-ci est notre humble action pour contribuer à l’élargissement de la solidarité combative avec les squats Kubo et Ruina [deux squats de Barcelone, installés dans un immeuble appartenant à la Sareb et menacés d’expulsion suite à des pressions de l’extrême droite ; NdT], avec nos
espaces libérés et contre leur société pacifiée.

Nous encourageons tou.tes nos affin.es à élargir le feu anarchiste de la vengeance.

Nous reviendrons.

La résistance anarchiste dans le cœur bourgeois de Barcelone

Loreto (Pérou) : à l’assaut des barges pétrolières

Publié le 2023-06-21 01:25:14

Pérou : deux navires pétroliers pris d’assaut par des militants
indigènes

AFP/Libé, 9 juin 2023

Les groupes écologistes se radicalisent à travers le monde. Au Pérou, le groupe indigène Aidecobap (l’association indigène pour le développement et la préservation du Bajo Puinahua) a pris le contrôle de deux tankers du groupe PetroTal, mardi 6 juin. La compagnie canadienne affirme que les deux barges ont été prises d’assaut à l’aide de pirogues et de cocktails molotov, mardi 6 juin, sur une rivière du district de Puinahua, dans la région de Loreto (nord-est du Pérou).

Le premier bateau, sous pavillon brésilien, est vide et compte six membres d’équipage. Le second, péruvien, transporte 40 000 barils de pétroles et huit membres d’équipages. L’un d’entre eux aurait été blessé à la tête par une lance, mais sa blessure ne nécessitait qu’une «attention médicale légère», selon PetroTal. Le groupe dénonce un blocage fluvial qui l’empêche d’exploiter le champ de production de Loreto. Les deux bateaux seraient gardés près d’une ville appelée 7 de Julio. La société a évoqué des partisans de l’Association indigène pour le développement et la conservation du Bajo Puinahua (Aidecobap), qui, sur leur page Facebook, accusent PetroTal de détruire l’environnement «en toute impunité». Les deux barges transportent du brut vers le Brésil depuis le champ de production de PetroTal à Loreto.

Il ne s’agit pas de la première action du genre dans la région. Des militants autochtones, dénonçant des dégâts environnementaux causés à leur territoire par la compagnie pétrolière nationale Petroperu, avaient occupé en mars une plateforme pétrolière en Amazonie péruvienne. En novembre, dans la région de Loreto, des indigènes avaient bloqué une rivière pour protester contre le déversement de brut provoqué par la rupture d’un oléoduc. Ils avaient notamment pris en otage des touristes présents sur un bateau. Selon Reuters, la compagnie donne 2,5 % de ses profits sur la production locale aux populations autochtones. La compagnie est habituée aux heurts. En 2020, trois indigènes avaient été tués par la police lors de manifestations contre les abus du groupe pétrolier.

Le Pérou a été touché par une série de marées noires ces dernières années, entraînant la fermeture de plages et d’entreprises touristiques et privant les habitants de leurs moyens de subsistance, notamment la pêche. Par ailleurs, l’exploitation du pétrole est l’une des causes du réchauffement climatique qui provoque, en ce moment même, des feux gigantesques au Canada et une sécheresse importante en France.

Hélicon (Grèce) : sabotages de mâts de mesure des futures éoliennes

Publié le 2023-06-21 01:30:12

Megali Loutsa (Hélicon) : sabotage éolien

Ces dernières années, on assiste à une attaque extrême de l’État et du capital contre l’environnement avec l’installation d’éoliennes. L’Eubée et la Béotie (région de la Grèce centrale) en sont les meilleurs exemples, avec plus de 50 % des éoliennes déjà installées à l’échelle nationale. Sur le massif d’Hélicon par exemple, il est prévu de détruire presque tous les sommets montagneux, y compris les sites archéologiques, tandis que les prix de l’électricité (les fournisseurs d’énergie sont souvent les mêmes que ceux qui installent les éoliennes) sont passés au rouge en raison du tarif de l’énergie.

Nous avons donc décidé de faire un geste symbolique et de déposer le mât éolien (qui mesure le vent et ensuite l’installation des éoliennes) sur le pic de Megali Loutsa, dans le massif d’Hélicon.

Des loups de l’Hélicon*

* NdT : L’Hélicon (Elikonas) est un massif montagneux de la Béotie (région de la Grèce centrale), culminant à 1 748 mètres.

[Publié sur Indymedia Athènes le 21 janvier 2023 avec deux vidéos du sabotage du mât de mesure (ici et ), et traduit de l’anglais via Act for freedom]


Tsiveri (Hélicon) : Sabotage contre le pillage de la nature

Poursuivant les actions contre l’installation d’éoliennes qui submergent l’Hélicon, nous avons décidé d’abattre le mât éolien (qui mesure le vent avant l’installation des éoliennes) au sommet du Tsiveris (1562m). Ce sommet est abrupt, escarpé et rocheux, ce qui conduira à son aplanissement. Enfin, il faut noter qu’à Tsiveri vivent en liberté des troupeaux de chèvres sauvages, que nous avons rencontrées lors de notre ascension.

Des loups de l’Hélicon

[Publié sur Indymedia Athènes le 30 mai 2023 avec une vidéo du sabotage du mât de mesure (ici), et traduit de l’anglais via Act for freedom]

Lozanne (Rhône) : Attaque Lafarge

Publié le 2023-06-21 01:40:08

Flash info :
Dans la nuit du 4 au 5 juin un pylône électrique a pris feu. Les cables qui descendent du pylône ont cramé. C’était à Lozanne.

On visait la cimenterie et la carrière de Lafarge. Ce site est un des plus polluants de France. Lafarge veut agrandir ce site.
On a suivi la ligne puis on a trouvé le point faible.

Ce matin-là les flics faisaient des perquisitions aux quatre coins de la France pour le saccage d’un site de Lafarge en décembre 2022.
Silence radio malgré le boum du court-circuit. Maintenant vous êtes au courant.

[Trouvé sur Indymedia Lille, 12 juin 2023]

Trente (Italie) : les fenêtres du procureur en miettes

Publié le 2023-06-21 01:45:10

Tags sur les murs et volée de pierres contre deux fenêtres du Parquet, qui se trouvent via Pilati. L’attaque c’est produite la nuit de mardi à mercredi 24 mai 2023 contre le tribunal de la ville de Trente.

Les slogans tracés sur les murs Nordio boia – No 41 bis (« Nordio bourreau – Non au 41bis ») concernent le ministre de la Justice Carlo Nordio  et le régime pénitentiaire d’isolement 41bis.

[Synthèse de la presse italienne, 24 mai 2023]

Privas (Ardèche) : huit mois avec sursis pour l’antenne cramée pendant le sommet du G7 de Biarritz

Publié le 2023-06-21 02:10:04

Ardèche et Vaucluse. Dix personnes condamnées pour
avoir incendié une antenne relais
Le Dauphiné/France Bleu, 13 juin 2023

Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), 24 août 2019. L’antenne TDF part en fumée pendant le sommet du G7

Mardi 13 juin, le tribunal correctionnel de Privas a condamné dix personnes pour l’incendie criminel d’une antenne relais de TDF à Bourg-Saint-Andéol (Sud-Ardèche), la nuit du 23 au 24 août 2019. Les réseaux téléphoniques SFR, Bouygues et Free ainsi que les réseaux de la TNT et de la radio avaient été perturbés sur un rayon d’environ 30 kilomètres. Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient été privées de réseau téléphonique portable ainsi que de télévision.

Grâce à l’analyse des téléphones portables, 9 personnes dans la mouvance des gilets jaunes avaient été arrêtées dans le cadre d’une information judiciaire et mises en examen pour destruction de biens appartenant à autrui et une pour complicité de destruction de biens appartenant à autrui. Tous ont rapidement reconnu leur participation à une réunion le 23 août à Bollène chez celle qui avait élaboré cette action. L’instigatrice de cette action avait expliqué qu’elle voulait marquer les esprits alors que s’ouvrait à Biarritz ce 24 août 2019 une réunion du G7. La cible avait été décidée parce que facile d’accès : l’antenne relai de Bourg-Saint-Andéol se trouve au bord de la départementale.

Huit prévenus ont été condamnés à huit mois de prison avec sursis, soit la peine requise par le ministère public et un autre homme à 210 heures de travail d’intérêt général. Un dernier individu, poursuivi pour complicité, a été condamné à quatre mois de réclusion avec sursis. Par ailleurs, ils doivent conjointement verser 169 313,26 euros de dommages et intérêts à TDF pour le préjudice.

Berlin (Allemagne) : attaque contre la centrale électrique à charbon « Reuter »

Publié le 2023-06-21 02:50:06

[Lundi 12 juin au petit matin, saisissant l’occasion d’un chantier ouvert dans la zone industrielle de Berlin le long de la rivière Spree, le groupe Volcan Lützerath a incendié une douzaine de gros câbles à haute-tension enterrés et désormais mis à nu… câbles qui alimentaient la centrale électrique à charbon Reuter.
On se souvient que les premières attaques de groupes Volcan contre des infrastructures électriques ou de fibre optique (en prenant le nom de volcans islandais comme « Le grondement du Eyjafjallajökull », « Hekla » ou « Grimsvötn ») remontent à mai 2011 à la gare de Berlin-Ostkreuz, provoquant une perturbation de la circulation des trains pendant plusieurs jours, puis en mai 2013 contre un conduit de câbles à Berlin-Zehlendorf, perturbant encore une fois le trafic ferroviaire. En mars 2018, un groupe Volcan avait également incendié sous le pont Mörschbrücke (à Berlin-Charlottenburg) deux grosses liaisons de fibres optiques et de câbles électriques appartenant à différents gros opérateurs civils et militaires, avec des dégâts conséquents. Enfin, le 15 avril 2020 à Berlin-Charlottenburg, un groupe Volcan avait cramé les gros câbles de communication qui alimentaient notamment le «Heinrich Herz Institute », l’institut alors chargé par l’État de travailler sur une application pour smartphone de type pass sanitaire dans le contexte du Covid-19. Ou encore le 26 mai 2021 à Berlin-Grünheide, un groupe Volcan avait incendié avec succès six câbles électriques à haute tension qui alimentaient le chantier de construction de la Giga-Factory de l’entreprise Tesla.
Nous livrons ci-dessous la traduction de l’allemand du très long communiqué de revendication de l’attaque du Vulkangruppe Lützerath contre la centrale électrique à charbon berlinoise, paru le 13 juin sur Indymedia allemagne.]


Attaque contre une centrale électrique au charbon à Berlin
Le sabotage comme grève – la vie comme sabotage

Notre action est un salut puissant à l’appui des luttes indigènes en Colombie contre l’exploitation du charbon et un sabotage de la politique climatique et industrielle allemande. Contre l’expulsion de Lützerath, cette action est une forme de facture différée. Et une manifestation de solidarité avec « Dernière Génération ».


Le enviamos saludos de apoyo, solidaridad y libertad. Nous vous envoyons des salutations de soutien, de solidarité et de liberté.
No estáis solos : ¡juntos liberaremos la Tierra ! Vous n’êtes pas seuls : ensemble, nous allons libérer la Terre !
Rendez la Terre ! ¡Devuelvan la tierra
Attaquer Glencore, RWE, Steag.

Ce matin du 12 juin 2023 à Berlin, nous avons déposé un engin incendiaire contre la centrale électrique à charbon Reuter et y avons mis le feu
. Nous n’avons pas laissé de superglue sur place [référence aux militants pour le climat qui collent leurs mains sur des routes ou des périphériques urbains, NdT], mais avons simplement allumé un engin incendiaire plus important au petit matin. Nous voulions ainsi frapper la centrale à charbon Reuter dans la zone industrielle et commerciale autour des rues « Wiesendamm » et « Freiheit » : nous n’avons pas trouvé de « Wiesen » [Prairie] ni de « Freiheit » [Liberté] à cet endroit-là, seulement un trou de chantier d’environ trois à quatre mètres de profondeur, dans lequel plus de dix câbles à haute tension étaient mis à nu. Pour lancer l’incendie, nous sommes descendus avec une échelle dans le puits d’environ deux mètres de large sur deux.

Notre objectif principal était la centrale à charbon Reuter et une partie de son alimentation électrique, qui compte un imposant pont de câbles à hauteur de l’excavation, passant au-dessus de la rivière Spree et allant dans l’enceinte de la centrale électrique, et ce presque depuis l’existence de cette dernière. Ce pont de câbles, qui n’est pas sans importance, ne figure pas sur les cartes analogiques et numériques actuelles et anciennes ! Il se trouve à la hauteur du tournant de la rue « Wiesendamm », là où des travaux de construction sont actuellement en cours sur l’alimentation électrique, et traverse les jardins familiaux situés en contrebas au-dessus de la rivière Spree. L’exploitant de la centrale, Vattenfall, n’aura aucun intérêt à commenter les conséquences de l’attaque, de peur d’avouer sa vulnérabilité face à l’activisme climatique militant.

Si le village de Lützerath est expulsé au profit du géant de l’énergie RWE, et si des personnes meurent au nom du « charbon de sang » en Colombie pour les géants de l’énergie Steag, Glencore et RWE, nous attaquons ici des parties de la grande centrale à charbon comme mesure de légitime défense. Contrairement aux groupes énergétiques, nous n’avons pas mis de vies humaines en danger par cette action.

Autour de la rue « Freiheit », la camelote de la civilisation est recyclée pour l’industrie. Des usines de béton et de ciment (Cemex, Deutag, Deutsche Teer- und Asphaltschotterwerke, etc.) sont également implantées ici. Plus de 4,6 milliards de tonnes de ciment sont utilisées chaque année dans le monde. Or, sa production génère 2,8 milliards de tonnes de CO². Cela représente près de 8 % des émissions mondiales, soit plus que le trafic aérien et les data centers réunis. CEMEX est loin d’être un petit poisson. Nous avons également rencontré dans ce quartier industriel, des entreprises de sécurité (comme le Sicherungsgruppe Berlin) ou des entreprises de logistique comme Tanklager Berlin ou Train Truck, chargées du transport des produits pétroliers.

Nous considérons notre action comme un frein à la destruction de notre environnement et de nos conditions de vie.
Nous ressentons chaque jour que la ligne rouge du tolérable est franchie. Nous sommes témoins de la glorification sans limite de la croissance économique brutale, du progrès illimité et des ravages incommensurables qui en découlent dans le monde.
Nous voyons, entendons et lisons sans cesse des situations horribles pour les hommes, les animaux et l’environnement, provoquées par la destruction de l’environnement et les guerres.

Manque-t-on d’arguments ? Ou de connaissances ? Faut-il encore convaincre les gens ? Et vis-à-vis de qui ? Ne faut-il pas passer à la résistance active ? Tout a déjà été dit mille fois à travers la voix de femmes, d’enfants, d’hommes, d’un nombre incalculable de personnes. Des paroles dites, criées, désespérées ou muettes. La peau de ces voix était brune, elle était noire, elle était rouge ou jaune, et parfois elle était claire. Ce n’est pas non plus d’hier que tout a été dit, mais depuis des siècles.

L’exemple de la Colombie :

Ici, chez nous, la prétendue fin du charbon est célébrée comme un exemple de durabilité écologique, tandis qu’en Colombie, la mort et la destruction sont échangées en vert contre de l’énergie pour l’industrie allemande : c’est le colonialisme d’aujourd’hui.

La mine « El Cerrejón« , en Colombie, était déjà un crime contre l’humain et la nature avant l’attaque russe contre l’Ukraine. Cette mine de charbon s’étend sur près de 70.000 hectares dans une région semi-désertique de Colombie. Les expropriations forcées, les expulsions, les menaces et les assassinats de militants écologistes indigènes ne sont pas inconnus des Yukpa et d’autres groupes indigènes. Une plaie béante a été creusée sur leurs terres. A cela s’ajoute le meurtre par empoisonnement environnemental. La mortalité infantile est extrêmement élevée. Les membres du groupe ethnique indigène Wayuu décrivent la pollution de l’environnement par la mine de charbon El Cerrejón et par le port maritime connexe de Puerto Bolívar comme une menace pour leur existence.
Chaque jour (!), la mine, appelée « monstre » dans le langage populaire local, engloutit plus de 30 millions de litres d’eau et pollue la nappe phréatique. Tout le charbon qui y est arraché est destiné à l’exportation vers l’Europe, la Chine et les États-Unis. Pour que nous puissions assouvir ici notre soif d’énergie, 30 millions de tonnes de charbon étaient déjà exportées et brûlées chaque année en Allemagne avant la guerre en Ukraine. Selon rbb [média public berlinois], un simple appel téléphonique du chancelier Scholz au président colombien le 6 avril 2022 a suffit pour conduire à l’agrandissement d’une mine de charbon controversée en Colombie

Le jour même de l’entretien entre Scholz et le président Duque, des communautés indigènes ont été « informées » par le ministère de « l’environnement » qu’elles devaient désormais partir pour faire place à l’extension du « monstre« . L’Allemagne  a ainsi sécurisé l’exportation de charbon avec des accords conclus depuis la guerre d’Ukraine en acceptant une nouvelle augmentation de CO2. Les communautés indigènes, afro-colombiennes et paysannes sont en revanche dos au mur, par exemple dans leur lutte pour l’eau et la protection de la rivière Bruno à La Guajira. « La rivière Bruno est le plus grand affluent du seul fleuve de la région Río Ranchería. Selon le [journal degôche] « taz », ils doivent déjà « forer de plus en plus profond, et certains puits sont déjà contaminés. L’eau du ruisseau est sacrée pour eux, elle a une signification spirituelle et culturelle. »

L’un des profiteurs est l’une des plus grandes entreprises suisses. Glencore, active dans le secteur des matières premières, qui possède ses propres mines dans le monde entier. C’est le cas du « monstre » en Colombie. Dans le sillage de la guerre, Glencore a pu augmenter sa production de charbon de 14 pour cent entre janvier et juin 2022 pour atteindre les 53 millions de tonnes. Cela est principalement dû à l’extraction dans la mine d’El Cerrejón en Colombie.

Il y a 500 ans, les Wayuu ont été parmi les premiers à être envahis par les conquistadores européens. Plus tard, ils ont été parmi les premières victimes des cartels de la drogue, rackettés, chassés et assassinés, notamment pour le marché de la drogue nord-américain et européen. Aujourd’hui, les Wayuu, les Yukpas et d’autres groupes indigènes vivent à nouveau dangereusement en raison de la proximité de l’or noir, également appelé « charbon de sang » : le colonialisme prend à chaque fois de nouvelles formes, seuls changent les signes avant-coureurs. Il s’agit toujours pour les conquérants de puissance matérielle – d’or, de cocaïne et aujourd’hui d’énergie. Le business que la Colombie réalise avec le charbon s’élèvent à plusieurs milliards d’euros, puis les groupes énergétiques doublent et triplent encore ce bénéfice.
Depuis la guerre d’Ukraine et la visite ultérieure de Scholz en Colombie, les importations de charbon en Allemagne ont atteint 690.000 tonnes en mars – (environ trois fois plus que le mois précédent). Il va de soi que le projet énergétique colonial est accompagné d’un accord économique et de l’accord militaire correspondant ; la guerre et l’économie ne sont pas des phénomènes indépendants l’un de l’autre – ce sont des caractéristiques du colonialisme. La conquête des marchés, l’extorsion de main-d’œuvre et de ressources, l’exploitation de la nature sont des rapports de guerre. Nous voyons les luttes contre ces conditions dans d’autres pays – par exemple celles des Yukpas et des Wayuu – et nous voulons contribuer maintenant – ici et maintenant – à interrompre cette interaction destructrice de vie.

Le géant suédois de l’énergie Vattenfall veut encore et toujours continuer avec le charbon et ses deux centrales thermiques implantées dans la ville de Berlin. Ainsi, Vattenfall (aux côtés des géants de l’énergie Glencore, RWE et Steag) doit également être considéré comme un vainqueur de la guerre. Steag, par exemple, exploite des centrales à charbon sur six sites en Allemagne, représentant environ cinq pour cent de la production totale d’électricité en Allemagne. Le groupe, dont le siège est à Essen, est le cinquième producteur d’électricité allemand ; il est dirigé par la société Kommunale Beteiligungsgesellschaft GmbH & CoKG. Derrière ce groupe se cachent Stadtwerke Duisburg AG (19%), Dortmunder Stadtwerke AG (36%), Stadtwerke Bochum (18%), Stadtwerke Essen (15%) et d’autres.

Dans son premier rapport trimestriel de 2023, Vattenfall fait état d’une augmentation de 62 % de son chiffre d’affaires – le bénéfice du groupe suédois est donc également en hausse. La guerre est rentable. Le commerce meurtrier de l’énergie fossile ne doit pas être rentable un jour de plus ! Nous n’attendrons pas que Vattenfall  ferme (peut-être !) ses deux centrales de cogénération au charbon de Berlin en 2030. Nous n’avons pas ce temps.

En Allemagne, le 4 mai est le « Earth Overshoot Day » (jour de la surcharge de la Terre). En ce qui concerne les ressources naturelles, à partir de cette date nous vivons en Allemagne aux dépens de la planète. En matière de comparaison internationale, nous faisons ainsi partie des plus grands tueurs de climat.

Notre soif d’énergie est également alimentée en permanence par de nouvelles technologies intelligentes dont nous aurions soi-disant besoin. La fabrication du béton, la production et la transformation de l’acier et de l’aluminium, l’imperméabilisation des sols, la destruction des terres agricoles, les chaînes d’approvisionnement et logistiques gourmandes en énergie, les SUV, le trafic aérien (croissant), les yachts de luxe, les « smart cities » et tant d’autres choses encore attisent le réchauffement climatique. Dans le domaine des affaires, les vols court-courriers atteindront un total de 100.000 en 2022.
La numérisation de tous les domaines de la vie crée une nouvelle soif d’énergie. L’individu fait l’objet d’une exploitation et d’une surveillance (auto)optimisée. Le fait que le contrôle de l’humain par des systèmes autoritaires peut également conduire à l’anéantissement, par exemple lorsque les personnes sont étiquetées comme « sans valeur », devrait davantage être rappelé dans ce pays. Si le navire de fortune « Summerlove » chavire en Méditerranée centrale [le 26 février 2023, avec à son bord 200 migrants originaires d’Afghanistan et de Syrie qui tentaient de rejoindre la Calabre, faisant 94 morts, NdT] ou si le droit d’asile est encore plus dénaturé et déshumanisé, c’est notamment à cause des « doubles standards » en matière de vies humaines. Nous appelons cela du racisme flagrant.

Des problèmes dans la salle des machines ? par exemple :

Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec la logique du profit, avec la croyance dans le progrès comme promesse de bonheur, ni (non plus) avec un contrat social non écrit de « prospérité au détriment des autres ».

Mais aucune vie, aussi consciente soit-elle, ne nous libérera. Nous ne nous échapperons pas en émigrant sur une île ou sur Mars, ni en nous exilant intérieurement, ni en mangeant bio et équitable, ni en participant aux élections ou en les boycottant. Nous ne sortirons pas de la dynamique de nos conditionnements issus du système si nous ne y opposons pas radicalement.

Nous sommes nous-mêmes assis dans la salle des machines, au sein des métropoles ou dans le Nord global – souvent même sans nous en rendre compte. A travers chaque opération de paiement, à travers chaque utilisation de smartphone, à travers chaque participation volontaire et productive au contrat social non écrit qui cimente l’inégalité et la domination comme une loi naturelle immuable, nous devenons des rouages de la machine.
Et avec beaucoup d’autres, nous avons beaucoup outils à portée de main dans la vie quotidienne pour arrêter la machine !
Ici, nous faisons référence au débat et au travail préparatoire d’autres Groupes Volcan comme les nôtres. Assis dans la salle des machines, notre sabotage est une forme de grève pour arrêter le moteur. La vie comme sabotage, le sabotage comme grève. Le sabotage est un excellent moyen d’intervenir et d’attaquer : au sein de l’économie, au sein de l’exploitation et de l’exploitation néocoloniale, et de destruction globale. Exercé à grande échelle, il peut soutenir les luttes.
Qui, sinon nous, peut arrêter la machine en tant que lieu d’extraction de la plus-value économique. La révolution est permanente. Et elle est sociale. Ensemble ! nous pouvons refuser la collaboration quotidienne. Ou pour reprendre les mots du Commando Angry Birds à Düsseldorf : « Notre loyauté ne doit plus être achetée avec des joujoux bon marché et des divertissements à l’eau de rose, ni être forcée par une violence grossière. Chaque grain de sable dans les rouages contribue à bloquer l’expansion de la machine. »
Dans notre cas : si personne ne veut retirer une centrale électrique au charbon du réseau, alors nous le faisons. Si plusieurs groupes le font, nous pouvons faire trébucher les machines.

Nous voulons discuter du sabotage de l’infrastructure au sein de la mouvance, comme forme moderne de l’assaut contre les machines.
Dans sa fonction de lieu économique, la salle des machines est parcourue de fils, de faisceaux de câbles, d’autoroutes de l’information, de faisceaux de rails, de centrales de commande, de nœuds, d’unités administratives et de surveillance.
Mettre hors service, arrêter, détruire les antennes-relais, les télécommunications, les centrales électriques, le trafic de marchandises, les transformateurs et les lignes électriques de manière ciblée et intentionnelle interrompt le fonctionnement dans la salle des machines, arrête brièvement l’engrenage à des points choisis et peut aussi, à plus grande échelle, forcer la fin de projets destructeurs. L’exploitation destructrice des ressources de la Terre, bien au-delà de l’utilisation de l’énergie fossile, exige avant tout de nous le courage d’agir.

Avec notre action, nous nous plaçons dans la continuité des groupes Volcan. Nous avons également choisi ce nom parce que l’expulsion de Lützerath devait avoir une conséquence pour nous tous. Nous saluons les quelque 35.000 personnes qui ont tenté, par tous les temps, de défendre Lützerath avec leurs corps et leur ingéniosité, même si nous n’avons pas tout osé à Lützerath. Nous saluons tous ceux qui ont construit la résistance pendant des années.
RWE et l’économie doivent payer cher l’expulsion de Lützerath. Et avec eux les hypocrites de la politique et les robocops.

Notre action était une petite contribution parmi tant d’autres. Avec notre peur – mais aussi avec notre courage – nous sommes sortis dans la nuit.

La superglue est une arme de guérilla ? Par exemple :

Les tentatives de criminalisation contre les activistes climatiques se multiplient actuellement. Le fait de s’être collé les mains dans la rue a déjà été dénoncé comme… l’émergence d’une « RAF climatique » ! La sénatrice à la Justice de Berlin examine sérieusement si « Dernière génération » est une organisation criminelle. Le syndicat des policiers de choc « GdP » affirme de son côté que les activistes pour le climat « sont devenus encore plus radicaux dans leurs actions de guérilla au cours des dernières semaines ».
Cela a été suivi par une série de perquisitions des enquêteurs (anti-)terroristes en Bavière et dans d’autres régions contre « Dernière génération ». Il est clair que l’attaque contre le mouvement climatique est motivée politiquement et couverte par des instances supérieures.
La justice, en tant qu’arme de la politique, de l’économie et des rapports de propriété injustes, intervient parce qu’une structure organisée ose sortir des formes d’action symboliques pour stopper la mobilité « naturelle » du transport individuel et paralyser les villes. Et ce dans un pays où la voiture est reine. On tente déjà d’éliminer les débuts d’une « désobéissance civile » qui ne s’est pas laissée intimider jusqu’à présent, avec un paragraphe comme le §129 [« constitution ou soutien à une organisation criminelle », NdT].

Cette attaque contre une partie du mouvement pour la justice climatique nous concerne tous, bien au-delà des luttes pour le climat. Car la criminalisation est le signe avant-coureur d’un État de plus en plus autoritaire, lorsque les tensions sociales augmentent suite aux destructions climatiques et aux guerres. Relier les luttes du mouvement pour la justice climatique à d’autres luttes, par exemple celles de l’antifascisme, fait du §129 une arme émoussée (nous envoyons des salutations solidaires à Lina et à tous les antifas qui luttent ou qui sont poursuivis).

En effet, les attaques de l’État contre les actions climatiques très médiatisées ont, selon nous, au moins deux fonctions : diviser le mouvement, le désolidariser de ses soutiens, l’affaiblir de la sorte et pousser une partie du mouvement dans la clandestinité afin de mieux pouvoir le traiter comme un problème isolé.
Mais c’est au mouvement révolutionnaire de décider du moment de l’action militante ou des activités de guérilla selon ses propres critères politiques, et pas la répression !
La défense contre les attaques de l’Etat peut réussir grâce à l’extension des actions radicales et publiques d’une part, et d’autre part au soutien radical de groupes comme le nôtre.

Et la deuxième fonction de l’attaque de l’Etat contre les activistes : le tir de grenades aveuglantes. On détourne l’attention des véritables distorsions sociales dans la société et du mécontentement à leur égard, on efface les conséquences sociales de la destruction du climat et on construit une image de l’ennemi. La colle forte devient alors l’outil de « criminels » sur lesquels on peut tirer, et la colère est canalisée. Ce concept est éprouvé depuis longtemps – par exemple contre les réfugiés. Ce ne sont pas les responsables des injustices sociales mondiales qui sont visés – pas ces riches impitoyables qui s’enrichissent démesurément au détriment de la planète et qui provoquent des mouvements de migration à l’échelle mondiale, mais des groupes comme « Dernière génération » qui défendent des positions très modérées et pacifiques, mais qui le font avec insistance. Ils n’ont pas peur de la superglue, de quelques embouteillages, de revendications tout à fait gérables – mais du fait que cela pourrait être le début de quelque chose de plus grand, et que c’est même peut-être déjà le cas. Du journal Bild au chancelier Scholz, qui déclare que les activistes sont « fous », en passant par les partis FDP, les Verts et l’AfD, tout le monde est d’accord pour vilipender cet ennemi.

L’antidote est ici ; élargir les activités et relier les luttes, par exemple avec les luttes des groupes indigènes en Colombie. Contre les conditions de vie précaires et la destruction du climat, contre la misogynie, contre les alliances patriarcales comme celles des fascistes, de nombreuses forces peuvent être rassemblées pour s’opposer à la domination dans son ensemble. Si un mouvement pour le climat thématise également les autres exclusions sociales, ou s’allie à d’autres mouvements, les tentatives de division par la criminalisation des militant-e-s tombent à l’eau. Et si nous nous soutenons mutuellement, si nous communiquons nos intentions à la société et si nous nous autorisons différentes formes d’action, l’accusation de terrorisme tombe à l’eau. Dans le cas de notre action, discutez de l’intention politique présente derrière l’acte, mais moquez-vous des politiciens, des flics et des chefs de mouvement qui vous demandent de dénoncer les actions.
Il n’y a aucune raison de se distancier de quelque chose que l’on n’a pas fait soi-même. Surtout : politiquement, ne nous distançons pas de nous-mêmes, en tant qu’activistes climatiques, nous avons des stratégies politiques différentes et nous ne devrions rien laisser passer pour sauver la Terre de la destruction. Notre force réside dans la diversité de la résistance.

Ce sont ceux qui brûlent la terre pour un profit sans limite qui sont criminels, pas la résistance contre eux. Les terroristes portent des costumes et siègent dans les conseils de surveillance et les étages de direction de RWE, de Vattenfall, d’Amazon, de Bayer et de Rheinmetall et regardent tour à tour sur leurs écrans les cours de la bourse qui montent et les robocops qui détruisent Lützerath.
Nous leur renvoyons l’accusation d’association de malfaiteurs et de terrorisme avec des salutations enflammées.

Dans ce pays, la « liberté » est professée abondamment, mais les fondations de la « liberté » sont construites sur une terre volée, tandis que son simple échafaudage a été et est toujours construit à partir de vies volées.

Par exemple :

Défendre la vie des indigènes en Colombie
« Rendez la terre ! ¡Devuelvan la tierra ! »
Défendons la vie des indigènes au Mexique – Stop Train Maya
Alto a la guerra contra los pueblos zapatistas ! – Stop à la guerre contre les pueblos zapatistas !
Si tocan a un@, nos tocan a tod@s – S’ils touchent à l’un d’entre nous, ils nous touchent tous.

Arrêter la production d’énergie fossile par le sabotage
Attaquer Glencore, RWE, Steag
Impunité pour tous les activistes climatiques
Impunité pour tous les antifascistes

Le sabotage comme grève – la vie comme sabotage

Friends of the last generation – Groupe Volcan Lützerath

Paillaco (Chili) : les camions du futur parc éolien réduits en cendres

Publié le 2023-06-21 03:05:09

Vendredi 16 juin 2023 à la tombée de la nuit, sur la commune chilienne de Paillaco (région de Los Ríos), un petit groupe cagoulé et armé s’introduit sur le chantier de construction d’un parc éolien. Après avoir neutralisé les vigiles, le feu est ensuite bouté aux 14 camions-toupille et à un chargeur frontal présents sur place.

Le futur parc éolien Caman, où la multinationale Mainstream Renewable Power (au capital norvégien, japonais et irlandais) entend construire en territoire mapuche pas moins de 44 aérogénérateurs industriels d’une puissance de 150 Mégawatts, avait déjà subi une attaque incendiaire le 16 janvier dernier, lorsqu’un premier camion était parti en fumée. En août 2022, sur la commune de Angol (région de La Araucanía), un autre chantier de construction d’un champ d’éoliennes industrielles avait également vu ses engins partir en fumée. Et en juillet 2022, sur la commune d’Arauco (Région de Bío Bío), ce sont les deux bâtiments techniques de maintenance d’un champ d’éoliennes en fonction qui avaient été livrés aux flammes.

Le 18 juin, c’est l’Organe de résistance territoriale (ORT) Williche Millalikan, membre de la CAM (Coordinadora Arauco Malleco), qui a revendiqué la destruction de ces quinze engins de chantiers, en précisant notamment « Entreprises forestières et tout investissement capitaliste, hors du Wallmapu ! En mémoire du weychafe Toño*, deux ans après son exécution par des carabiniers au service de l’entrepreneuriat forestier. »

[Synthèse de la presse chilienne, 20 juin 2023]

* Note :
Toño (surnom de Pablo Marchant)  a été assassiné le 9 juillet 2021 par un carabinier à Carahue, lors d’une attaque contre des engins de l’entreprise Forestal Mininco, une filiale du géant de la cellulose CMPC. Sur les vengeances suite à l’assassinat de Toño, on pourra relire : Chili : la zone mapuche s’enflamme après l’assassinat de Pablo Marchant, 13 juillet 2021 / Chili : un mois de juillet enflammé dans les territoires mapuche, 19 juillet 2022

Buenos Aires (Argentine) : Attaque incendiaire contre un véhicule du Service Pénitentiaire de la prison de Devoto

Publié le 2023-06-21 03:50:08

Contra Info / jeudi 8 juin 2023

En me promenant autour de la prison de Villa Devoto, j’ai placé un engin incendiaire, qui, après quelques minutes, s’est enflammé et a atteint l’objectif recherché, en dessous d’un véhicule utilisé pour le transfert des prisonnier.es.

Cela s’est produit la nuit du dimanche 7 mai 2023, vers 3 heures, au coin des rues Pedro Lozano et Bermúdez, dans le quartier Villa Devoto, à Buenos Aires.

Anarchiste

Call for Digital Solidarity Actions Against the Cop City Complex (USA)

Publié le 2023-06-21 03:55:09

Call for Digital Solidarity Actions Against the Cop City Complex

Computers and the Internet form a battleground dominated by global capitalism, white supremacy, anti-Blackness, cis-hetero-patriarchy, and eugenicist ableism. Yet any militant struggle involves operating on enemy territory.

This is a call to take creative and destructive action against the computer systems of the organizations building cop city. Websites can be defaced or decommissionsed; servers can be broken into; accounts can be compromised. Hackers, let’s fucking go.

Extensive lists of cop city supporters can be found here and here.

If you like, you may coordinate your attacks with the upcoming week of action. Or maybe you’d prefer to coordinate with another, non-u.s.ian struggle, because global domination calls for global rebellion. Whatever works.

Distribute this call widely: share wherever people who do cool shit with computers hang out. Translate it to reach global audiences. Get creative and go HAM on cybernetic colonial structures.

COP CITY WILL NEVER BE BUILT
ALL EMPIRES FALL
FREE WEST PAPUA AND FREE PALESTINE
via: scenes.noblogs.org

Athens,Greece : Banner hung and stencils sprayed in solidarity with anarchist comrade Giannis Michailidis

Publié le 2023-06-21 07:39:57

Athens: Banner hung and stencils sprayed in solidarity with comrade Giannis Michailidis

On Friday 2/5/23 we put up banners in the area of Agia Paraskevi/Geraka areas of athens and painted stencils in the area of Kypseli andVictoria in solidarity with the anarchist comrade Giannis Michailidis who has been on hunger strike since 12/5/23

Solidarity with all those who are incarcerated until we destroy all cells/cages.
Until total liberation
Fire to all cells/cages

Anarchists

————

athens.indymedia.

Translated by Act for freedom now!

Athens,Greece : Banner hung and stencils sprayed in solidarity with anarchist comrade Giannis Michailidis

Publié le 2023-06-21 07:39:57

Athens: Banner hung and stencils sprayed in solidarity with comrade Giannis Michailidis

On Friday 2/5/23 we put up banners in the area of Agia Paraskevi/Geraka areas of athens and painted stencils in the area of Kypseli andVictoria in solidarity with the anarchist comrade Giannis Michailidis who has been on hunger strike since 12/5/23

Solidarity with all those who are incarcerated until we destroy all cells/cages.
Until total liberation
Fire to all cells/cages

Anarchists

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athens.indymedia.

Translated by Act for freedom now!

[Genève] Jérémy* sorti de prison, une victoire d’étape !

Publié le 2023-06-21 07:45:01

C’est une bonne, et même une excellente nouvelle : Jérémy est sorti aujourd’hui (jeudi 8 juin) de la prison de Champ-Dollon, près de Genève. Victoire d’étape, mais la lutte continue !



Jeudi 8 juin avait lieu une audience entre Jérémy et la procureure Victoria de Haller. Elle a prononcé sa libération avec effet immédiat, bien que la Chambre pénale de recours ait rejetté le recours contre la prise illicite de son ADN et s’entête dans son fichage des militant.exs politiques. Malgré cela, la procureure a été forcée de reconnaître que l’enquête n’avançait pas, qu’aucun indice probant n’a été versé au dossier, et que malgré le risque de collusion qui persistait (sic) elle ne pouvait pas maintenir notre camarade plus longtemps en prison. Elle a donc été obligée, à contrecœur, de le libérer, confirmant par la même occasion que Jérémy était détenu pour l’exemple.

Jérémy peut maintenant retrouver ses proches. Nous remercions chaleureusement tous les soutiens qui se sont manifestés ces derniers mois.

La prison continue à briser des vies dedans et en dehors de ses murs, et on n’oublie pas que des centaines de personnes restent enfermées à Champ-Dollon aussi pour des motifs politiques. Mais ces motifs ne sont jamais politisés car ils concernent des personnes majoritairement pauvres, non-blanches, étrangères et/ou sans-papiers. La lutte pour la libération de Jérémy reste encore une lutte pour la critique intransigeante et l’abolition finale de toutes les prisons.

La lutte pour Jérémy reste aussi la lutte pour un mouvement écologiste fort, déterminé, et solidaire face à la répression d’Etat. L’actualité récente durant la détention de Jérémy confirme ce que nous, comme d’autres, avancions : les effets terrifiants du dérèglement climatique se font sentir aux quatre coins du globe. La planète brûle et New-York est recouverte d’un inquiétant brouillard jaune-orange. Pendant ce temps-là, Holcim réalise des bénéfices records et reçoit des certifications “Nature & économie” pour ses gravières favorisant soi-disant la biodiversité. Les autorités et milieux politiques complices continuent d’encourager les entreprises climaticides à poursuivre leurs actes de destruction, tandis que la justice préfère cibler les militant.exs qui visent justement à la protection du vivant. On pense ici aux blessé.exs de Sainte-Soline, à l’évacuation de la ZAD du Rümstadt contre Holcim à Zürich, aux récentes arrestations en France liées au sabotage d’une entreprise de Lafarge-Holcim, mais aussi en Allemagne avec Letzte Generation.

Doit-on faire confiance à la justice dans ces conditions ? La réponse est bien entendu négative et la mobilisation pour Jérémy va continuer jusqu’au procès et après, jusqu’à la clôture totale de la procédure. Jusqu’à ce que la justice comprenne qu’il est temps de d’abandonner toute volonté répressive contre le mouvement écologiste.

Comité de soutien à Jérémy

Chronologie autour de la répression contre Jérémy :



PS :

Tous les articles à retrouver sur freejeremy.noblogs.org.
soutienjeremy@riseup.net
@free_jeremy_

Récit d’une arrestation arbitraire : « si on vous stresse trop, vous la lâchez, on en trouvera une autre. »

Publié le 2023-06-21 11:30:08

Récit d’une arrestation, garde-à-vue et expulsion du territoire suite à la manif du 1er mai à Paris.



Témoignage Arrestation/ Gedächnisprotokoll

L’arrestation s’est faite vers 16h encore sur le parcours de la manif, plus très loin de Nation. Une rangée de CRS rentre dans la manif, charge et commence à courir vers notre côté. Tout le monde commence à courir, moi inclue. Je trébuche et je sens déjà les coups de matraques sur mes épaules et,mon dos. Un ami essaye de me tirer vers lui et reçoit un gros coup sur la tête. Je me fais matraquer par terre et trois CRS se mettent sur moi, genoux sur la nuque. On me met un serflex.

Assez vite, ils me remettent debout et nous marchons direction Nation pour après rentrer dans la prochaine rue débouchant sur la Place, où des voitures de police sont garées. Tout le long du chemin, un des CRS qui me tient, essaye de me provoquer avec des remarques du genre « Tu es quoi toi, homme ou femme ? Ça ne se voit pas et on a besoin de savoir. Je dis salope ou pas ? » ou « J’ai fracassé la tête de ton pote ». À un moment, la manif se rapproche de nous et met la pression aux CRS qui sont en train de m’emporter. Ils me remontent les bras dans le dos, pour pouvoir me manier rapidement, chaque petite résistance de ma part produit une douleur dans les épaules. Leur chef de compagnie leur dira juste après cette situation : « Si on vous stresse trop, vous la lâchez, on en trouvera une autre. »

Pendant la marche, nous passons dans des nuées de gaz lacrymo et je n’arrive plus à respirer, comme on m’a enlevé toutes les protections, les CRS en portent toujours. À un moment, je crache devant moi, à cause du gaz et le CRS, qui me provoquait déjà sans cesse dit qu’il avait pris le crachat comme un outrage à sa personne. Il notera sur la fiche d’interpellation que je lui ai craché sur les chaussures.
On arrive aux voitures de police et on m’oblige à m’asseoir par terre contre une des voitures. Je m’accroupis pour ne pas m’asseoir sur le sol mouillé, ils me poussent à terre. Ils vident mes affaires et parlent « d’explosifs » en trouvant des petits pétards. Ils noteront cela sur la fiche d’interpellation. Puis ils me remettent à trois policiers de la gendarmerie qui m’embarquent dans une voiture. Un de ces policiers lit ma fiche d’interpellation et s’énerve, parce que ses collègues n’ont pas coché les faits qui me sont reprochés. Au final, c’est lui qui va les cocher, en débattant avec ses collègues, quelles cases cocher : « On va pas lui mettre le port d’armes, non ? Par contre, on lui met jet de projectiles ». Tout cela me semble complètement arbitraire. Ils mettent la sirène sur le toit et on roule à 100 km/h dans les rues de Paris. À chaque voiture, qui ne sort pas assez vite du chemin les trois agents s’énervent et lancent des insultes : « petit connard », « bâtard », etc. Je me sens mal à l’aise.

La Garde à Vue

Arrivés au commissariat, je demande où on se retrouve et on me dit seulement que je suis dans le 8e. Mes affaires sont à nouveau fouillées et une policière me fouille à nu. Elle garde mes lacets et mon soutien gorge (qui n’a pas de partie en plastique/métal). Je ne sais plus exactement dans quel ordre temporel se font les choses. Mais en tout cas, on m’emmène pour des photos. La première fois je tire des grimaces (en Allemagne cela fonctionne parfois) et le policier s’énerve et se chauffe en m’insultant : « Petite conne, ne fais pas chier », « Tu vas rester ici longtemps ». Il me ramène en cellule. L’OPJ (officier de police judiciaire) vient me voir pour l’appel d’un proche et le nom d’une avocate. Je lui donne un numéro allemand, il dit qu’il va voir mais que probablement ça ne sera pas possible, parce que l’appel va coûter plus cher. J’essaye de lui donner le numéro de la legal team (le seul numéro français que j’ai en tête), mais il le reconnaît et me dit que se n’est pas un proche. C’est ainsi que je me retrouve sans appel. En tant que choix d‘avocates, je lui donne les noms d’Alice Becker et de Hannah Rajbenbach. Il semble les reconnaître, car il fait le commentaire qu’elles doivent être débordées en ce moment. Il a donc bien reconnu le noms des avocates de la legal team.
On me met dans une cellule prévue pour une personne avec une deuxième femme, qui elle est déjà là depuis le matin pour une bagarre avec son amoureuse. La cellule est immonde, il y a des déchets de personnes antérieures qui jonchent le sol. Les toilettes dans la cellule sont dégueulasses et on a pas de chaussures pour y aller. Il y a un banc qui fait peut-être 70 cm avec un matelas et un plaid pour deux. On va passer la nuit allongées l’une à côté de l’autre sur les 70 cm pour pouvoir partager le plaid. On nous donne aucun kit hygiénique. Aucune lumière du jour ne rentre dans les cellules et le couloir, du coup on a aucune notion du temps.

On me ressort de la cellule et je les laisse prendre des photos et mes empreintes. Plus tard, je dormais déjà, l’agent qui avait pris les photos et les empreintes entre dans la cellule avec un bâtonnet dans la main. Il me dit d’ouvrir la bouche. En demi-sommeil, je ne capte pas directement et j’ouvre la bouche en pensant que c’est un test covid. Ce n’est que quand j’ai déjà le bâton de coton dans la bouche, que je réalise, que c’est une prise d’ADN. Il ne l’a annoncée à aucun moment. Je lui prends le bâton des mains et je dis que je refuse. Il essaye de me reprendre le bâton et une petite échauffourée éclate entre nous. Il me sort de la cellule. J’ai le bâton de coton dans la main et je répète que je refuse, en essayant d’essuyer le bâton sur tout ce qui passe. Au final, je le lance dans une poubelle, qu’il y a à côté de moi. Le policier m’insulte tout au long en me disant que ça allait me coûter cher et que j’allais rester plusieurs jours. Je ne sais pas s’il a ressorti le bâton de la poubelle. Je me retrouve dans la cellule, complètement abasourdie par toute la situation.

Vers 10h le lendemain (le 2 mai), on m’annonce que j’ai 30 minutes pour parler avec une avocate commise d’office, comme ils n’ont pas pu joindre mon avocate désignée. Je ne me rappelle pas du nom de l’avocate, elle est correcte et me soutient dans ma décision de garder le silence sur l’arrestation. Elle m’encourage à répondre aux questions en rapport avec mon séjour en France. Camille la félicitera plus tard pour cela. Puis vient l‘audition par une agent de police, qui bien sûr s’énerve quand je ne réponds pas aux questions et me dit que dans ce cas là, je vais sûrement être déférrée et que je vais passer en comparution immédiate et que tout cela rallongerait ma remise en liberté.

Le déferrement

Vers 13h, on vient me chercher pour me déférrer au tribunal. On me remet en cellule là-bas et je ne reçois aucune réponse à ma question, quand j’allais passer en comparution immédiate. Je n’en peux plus d’attendre seule dans une cellule, sans notion de temps. À aucun moment je ne suis avertie de la procédure qui m’attend. Ce n’est que lorsqu’on vient me chercher et qu’on me met dans un petit box vitré et que le délégué du procureur arrive que je réalise que je ne passe pas en comparution immédiate. Le délégué me fait comprendre, dès la première minute, qu’il n’a pas de temps à perdre. Il me dit qu’il n’allait pas me lire tous les faits qui me sont reprochés parce que ça allait trop durer, que je risquais 2 ans de prison et 30 000 € d’amende si je ne signais pas l’APP (avertissement pénal probatoire) qu’il me met sous le nez. Je lui dis que je n’allais rien signer avant d’avoir parlé à mon avocate. Il me dit qu’il a déjà téléphoné à Hannah Rajbenbach avant de me voir. Je répète que je n’allais rien faire avant de ne pas avoir pu parler avec elle. Il s’énerve et me demande si je ne savais pas prendre de décision toute seule. Je m’énerve à mon tour en lui disant que j’ai le droit de parler à une avocate et que non, je ne connaissais pas le droit pénal français par cœur. Il finit pas appeler Hannah. Elle me soutient dans mon choix de refuser l’APP. On raccroche et d’abord le délégué veut me faire signer l’APP sans avoir noté sur le papier que je refuse. Il s’énerve encore et finit par noter le refus sur l’APP, je signe. Il me dit que j’allais être libérée. Puis il passe dans le prochain box vitré, à côté de moi. En moins de 30 minutes, il fait signer des APP à trois personnes, qui, elles, peuvent partir directement après avoir signé. Du coup, je demande pourquoi je ne suis pas libérée et c’est là qu’on m’annonce, que le préfet a signé une OQTF et que j‘allais être transférée en centre de rétention administrative. Je me retrouve en apathie.

Le CRA

Je suis remise en voiture et on m’emmène au CRA du Mesnil-Amelot. Les policiers dans la voiture parlent de bouffe et de musique et ça m’énerve. La seule femme du groupe essaye de relier avec moi contre les deux agents mecs et ça me fait encore plus chier. On arrive au CRA, re-fouille, re-palpation (3e fois). On refait une photo de moi pour ma carte, sinon aucune explication de règlement. Je reçois un téléphone, mais pas de carte SIM. Je leur dis que ma carte ne fonctionne pas et ils me disent : « Faudra que tu empruntes aux femmes alors ». Si je me souviens bien, ils ne me disent pas que je peux acheter une carte SIM le lendemain. En chemin, vers la cour des femmes et vers ma chambre, un des agents de la PAF (police aux frontières) veut me faire peur en disant : « Donc toi tu as fais la manif du 1er mai ? Tu as lancé des projectiles sur les collègues, c’est ça ? Tu es donc anti-flics ? Faudra faire attention ici, ici il y a plein de flics. Fais attention à toi. »... Welcome.

Un autre article analyse la parodie de procès dont Julie a fait l’objet.

L’OQTF, un outil pour réprimer la solidarité internationale

Publié le 2023-06-21 11:35:06

Julie a participé à la manifestation du 1er mai dernier à Paris. Dans la cohue, elle est violemment interpellée par les flics. S’ensuit une série d’actes honteux. Mensonges, insultes sexistes, intimidations, tentative de prise d’ADN sans consentemment et pour finir placement en CRA montrent ce qu’est la définition de la justice de l’État français et de ses sbires face à quiconque s’oppose à eux. Julie nous a transmis son témoignage.



Julia a été arrêtée au gré de la vindicte policière lors du 1er mai dernier à Paris. Son témoignage sur sa gav est publié ici. Elle a fait l’objet d’une OQTF et été placée en CRA, des prisons illégales qui servent déjà depuis trop longtemps à enfermer les exilé.e.s. On fait le point ici sur les moyens employés par l’État pour intimider et enfermer celleux qui s’opposent à lui.

Mardi 18 mai. Cela faisait désormais une semaine que notre camarade Julia*, ressortissante européenne non-française, était enfermée au CRA du Mesnil Amelot. Elle en sort tout juste. On connaissait le rôle abject de ces traumatisantes quasi-prisons pour le traitement des « étrangers en situation irrégulière », notons désormais qu’ils servent aussi à réprimer les militants internationaux. À l’occasion d’une charge de CRS, Julia trébuche. Elle est attrapée, un ami qui tente de l’aider reçoit un violent coup de matraque sur le crâne. Les policiers s’asseyent à trois sur elle, la frappent au sol, genoux sur la nuque et l’immobilisent avec un serflex. Emmenée hors du cortège, les insultes sexistes fusent : « T’es quoi toi ? homme ou femme ? Ça se voit pas et on a besoin de savoir. Je dis salope ou pas ? » « J’ai fracassé la tête de ton pote. »

Si les circonstances violentes et arbitraires de son interpellation sont communes par des dizaines de manifestant-es français-es, Julia ne subira pourtant pas le même traitement. Après son arrestation, elle est placée en garde à vue (gav). Celle-ci ne s’éternisera pas, il faut dire qu’il n’y avait pas grand-chose contre elle. Elle est donc déférrée dès le lendemain midi et comparait devant un délégué du procureur (DPR) au TGI de porte de Clichy. Comme beaucoup, elle reçoit un simple avertissement pénal probatoire. Mais au lieu de sortir du tribunal, elle est isolée dans un box sans aucune justification. On ne lui notifie que bien plus tard qu’elle est sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire Français (OQTF) ainsi qu’une ICTF (Interdiction de circuler sur le territoire Français) pour une durée maximale de 3 ans – équivalent à l’IRTF pour les ressortissant-es non européen-nes – qui n’ont été délivrées par la préfecture qu’après son entrevue avec le DPR. Si une observation stricte du droit avait été respectée, Julia aurait dû être libérée. Sa rétention dans le box aura été arbitraire et témoigne d’une largesse certainement accordée par le parquet à la préfecture en attendant d’éditer l’OQTF.

Si représenter une menace à l’ordre public constitue un motif d’OqtF pour un-e étranger-e résidant en France, il faut néanmoins que celle-ci soit qualifiée de « menace réelle, sérieuse et suffisamment grave à un intérêt fondamental de la société » pour que l’OQTF soit délivrée. Déclarer qu’un.e étranger-re interpellée à l’aveugle dans le cadre d’une manifestation constituerait une telle menace est alarmant. Pour l’État, s’engager dans une telle voie, c’est affirmer ouvertement aux étranger-es participant à des manifestations en France qu’iels représentent une menace et qu’iels sont passibles d’expulsion. Pour un État n’ayant que faire d’avoir récemment été maintes fois épinglé par des acteurs étrangers pour son non-respect des droits humains dans la gestion des conflits sociaux, c’est la position-miroir sur le territoire d’un pouvoir qui, à échelle mondiale, se
replie sur lui-même. Cela ne vise rien de moins qu’à criminaliser la solidarité internationale.

A sa sortie du TGI, Julia est placée en Centre de rétention administrative (CRA). Si « l’éloignement » (bel euphémisme) n’a pas pu avoir lieu dans les 48 heures, le Juge des libertés et de la détention (JLD) peut être sollicité pour prolonger la détention de 28 jours renouvelables deux fois (90 jours en tout maximum). Les recours et demandes d’appel étant suspensifs, la rétention de Julia sera prolongé une première fois, celle-ci ayant immédiatement contesté l’OQTF et l’ICTF devant le tribunal administratif.

Un premier juge statuera sur le respect du cadre légal de la procédure de placement en CRA ; un second, sur le volet pénal et la légitimité d’attribution de « mesures d’éloignements » (ici OQTFet ICTF) aux vu des éléments retenus contre elle.

Lors du premier jugement en cour d’appel, la défense pointe trois vices de procédure.

Premier vice (et non des moindres) : Julia a demandé à voir une avocate, elle donne les noms de deux professionnelles du barreau de Paris, on lui rit au nez en disant que ces avocates sont en ce moment probablement sous l’eau et qu’elles ne pourront pas s’occuper d’elle. Il faut noter ici que cette pratique se généralise : de plus en plus de manifestant-es interpellé-es se voient privé-es du droit de recourir à l’avocat-e de leur choix. Une bavure judiciaire en somme. En somme on lui refuse son avocate. Elle aura une avocate commise d’office qui, heureusement, fait état des insultes que Julia a reçues. Plus gros encore, le mensonge est doublé d’un faux en écriture publique : il sera notifié dans le PV que l’avocate désignée sous un nom légèrement différent a été avisée d’une demande alors que l’avocate en question n’a jamais reçu aucun appel de ces policiers.

Second vice de procédure : la rétention de Julia dans le box correspond, comme nous l’avons détaillé plus haut, à une détention arbitraire et illégale puisqu’elle ne faisait pas encore l’objet d’une obligation de quitter le territoire avant d’y entrer.

Enfin, un troisième vice de procédure qui aurait pu rendre l’ensemble nul est souligné : la police n’a pas émis d’avis du parquet pour notifier du placement en Gav de Julia. Cet avis est normalement obligatoire. C’est la garantie que le parquet (pouvoir judiciaire) est informé de la Gav et se porte garant du respect des droits de la personne détenue. Une simple formalité mais qui, lorsqu’elle est traitée comme telle au point d’être littéralement esquivée, en dit long sur la liberté et les marges de manœuvre accordées à la police pour la conduite des Gav.

Au rendu du délibéré, la juge, bien qu’ayant soigneusement pris note des différents arguments (solides) avancés par la défense, n’a daigné revenir sur aucun d’entre eux. Elle s’est simplement contentée de marteler son accord avec la décision prise par le tribunal en première instance.

Il en sera autrement le lendemain, au tribunal administratif de Melun. La seconde juge donnera finalement le coup d’arrêt aux sanctions judiciaires. Elle s’étonne de la vacuité du dossier, les quelques éléments incriminant contre Julia ne permettent heureusement pas, aux yeux de la Justice, de conclure à une menace sérieuse à l’ordre public. Tombent donc l’OQTF et l’interdiction de séjour.

Conclusion : les entraves administratives aux allées et venues de Julia en France sont annulées. Les frais d’avocat seront à la charge du préfet de Paris. Tout semble rentrer dans l’ordre. Pourtant, il n’en reste pas moins que, du fait de sa nationalité étrangère, Julia aura subi une semaine de rétention.

Finalement, on observe que, « lorsqu’une narration d’État fonctionne » (des étrangers sont venus ce premier mai pour dévaster le pays, les manifestants sont là pour tuer du flic, des migrants abusent du droit d’asile pour coloniser la France etc.), on a, subitement, une perméabilité du judiciaire au profit d’une répression commandée par l’exécutif qui en obtient complaisances et faveurs. La matraque, c’est un travail dur. À côté, le droit c’est pas si grave, ça peut permettre au passage d’infliger adroitement quelques jours de prison.. Cette rétention arbitraire qui s’apparente drôlement à une peine punitive de rétention sans motif légitime sera-t-il un outil de répression judiciaire que l’exécutif pourra désormais dégainer habituellement ? La responsabilité est à la discrétion des JLD.

* le nom a été changé

Ci après : le fameux faux en écriture publique. Hanna Rajbenbach n’a jamais été notifiée de la
demande de Julia et Ana HAGENBACH n’existe pas.

Bordeaux (Gironde) : trou d’air à la nouvelle permanence du RN

Publié le 2023-06-22 06:15:12

Bordeaux : la permanence du Rassemblement National dégradée
France Bleu/Le Figaro, 21 juin 2023

C’est un militant, venu tenir la permanence, qui a constaté les dégâts. Dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 juin 2023, le local du Rassemblement national à Bordeaux, situé 138, boulevard Georges-V à Bordeaux a été la cible d’un gros pavé qui a explosé la vitrine.

« Un pavé de chantier qui a fait de lourds dégâts, décrit Jimmy Bourlieux, délégué départemental du RN en Gironde. Avec un préjudice financier pour remplacer et sécuriser la vitre et un préjudice d’image ». C’est la première fois que la nouvelle permanence du RN, inaugurée il y a seulement un mois, est visée par une dégradation de cette ampleur à Bordeaux.

ATMs Destroyed by Unit Nemesis in Indonesia

Publié le 2023-06-22 07:35:04

Unit Nemesis claimed responsibility for the destruction of ATMs in Palembang City, South Sumatra Province and Sidoarjo Regency, East Java in Indonesia. The following is a selection from their communique:

“Above all one thing must be clear, one is only part of the FAI-FRI in the moment of the action, then each one returns to their life as anarchist, nihilist, individualist, to their own projects and rebel or revolutionary perspectives with all their adjuncts of assemblies, coordinations, affinity nuclei, occupations, communes, struggles in the territory and so on and so forth.”

-Alfredo Cospito[¹]

[¹]https://tracesoffire.espivblogs.net/2016/08/25/stop-protesting-and-become-a-revolutionary-how-to-join-the-fai/

After hundreds of nights spent, after being in a sea of individual adventures, we returned to our basement to continue the urban guerrilla warfare by enabling all methods of action, even though our footsteps were previously heavy enough to make the consistency of our aggressiveness towards social relations overlaid by a civilized moral society and the odious hierarchy and authority of the rulers and the bourgeoisie of the financiers! We still will attack as we are able to do at any time and anywhere! We are a threat to authoritarians and bourgeois financiers who love the monster of democracy for its profit!

On Monday June 12, 2023 at 02:56 AM we vandalized a Bank Negara Indonesia ATM located in front of Sekip Ujung Market, Jl. Amphibi, Palembang City, South Sumatra Province. And an act of vandalism from our conspirators on Wednesday June 21, 2023 at 00:30 AM in the morning at the Bank Tabungan Negara ATM located on Jl. Bibis Bunder, Gesikan, Krian, Krian District, Sidoarjo Regency, East Java and at 00:59 AM WIB at the Bank Negara Indonesia ATM on Jl. Raya Kalijaten, Taman District, Sidoarjo Regency, East Java.

Attack and Solidarity

We as informal anarchists also participated in the June 11 solidarity campaign with long-term anarchist prisoners. For us as anarchists it is a must to fight against all existing authorities. There is no need to manipulate the law and ask for negotiations in the greedy scales of the justice system! How can we hate the Existing system of authority and yet we choose the legal path and hide in the faces of idiots whose hearts are full of fear! We as anarchists who are outside prison need to reflect on when the actions of our brothers and sisters who are in prison are so persistent and courageous and merciless to repent even to never regret. This is what we mean by illegality as self-dignity and “What I am”, this is why we distance ourselves from the reformist social-anarchists who follow every legality and hide behind civilized laws!

About attacks in solidarity: why did we choose an object like an ATM? Because it is a symbol of accumulation and a means of power from capital obtained through social democratic conventions that are obeyed by civilized society, there is a poison that spreads to every citizen to make transactions without knowing at all that his life has been eaten up by productivity and consumerism and the impact of other civilizational foundations such as the existence of 3R seduction which only aims to reintegrate into the system (solution of naive reformers ) under the pretext of being environmentally friendly or the issue of Green Energy which is the main topic of the results of the G20 Summit which proposes an energy transition, for example the emergence of the Waste Power Plant⁹ project as the most ecological energy, the fact is that solutive projects like this apart from continuing to expand the system’s profits actually have a more significant impact on global warming with the burning of waste to be broken down into electrical energy and besides that we know that banks are one of the products of civilization that play an important role in funding projects for natural extraction or running the wheel of the techno-industrial system, therefore for us there is no solution and the only is a path of destruction to take revenge by destroying several ATMs. On the other hand every fire and crack against the symbol of power will send fire to our physically imprisoned comrades, no matter how big the explosion is or even if it can trigger people to do similar actions, but for us it is the only way to turn words into actions is not co-opted by the system!

Power to Alfredo Cospito who is recovering after ending his hunger strike after 6 months! We miss the times you contributed well as an anarchist in prison!

Solidarity to Anna Beniamino from the Narodnaya Volya cell, you always seem to be coherent with your thoughts and we see you as the revolutionaries you were in the past. Yes, like Vera Figner!

Solidarity to Monica Caballero and Fransisco Solar who are awaiting their trial! We send love and firmness from the flames of anarchy to you both!

Solidarity to Toby Shone who is being controlled by the authorities and has gone on his hunger strike last December to participate in solidarity with Cospito and Anna! We read your message and it means a lot to us!

Solidarity to Marius Mason from Earth Liberation Front, you are someone we will always be proud of!

A warm hug for Archer Sintagama aka Giannis Michaildis from Greece who has won the action of his hunger strike!

Solidarity to all anarchist prisoners around the world!

Nothing is forgotten!

Always praxis!

Death to the state!

Long live FAI-IRF!

Long live Anarchy!

– Unit Nemesis FAI-IRF (In conspiration Nihilis Antagonist Cell & Negation of Conformity Cell)

Originally post in Indonesian: Insendier/Received by email.

Refusons la militarisation les frontieres les nations

Publié le 2023-06-22 07:40:10

L’état français fait tourner plein pot les campagnes de recrutement afin d’essayer d’embrigader les jeunes à faire le SNU, et recrutement pour la police, l’armée , la marine ... Continuons à saboter leurs campagnes (caravane, stand, affiches de pub,réseaux sociaux) !



Pour détourner leurs affiches de recrutement par exemple voici une proposition de contre-affiche ! a coller et partager sans modération !

Two Cop Cars Decommissioned – Atlanta GA

Publié le 2023-06-22 07:55:02

June 13, 2023,

"Last week two APD police vehicles were totally decommissioned in ATL & made unuseable in solidarity with the DTF struggle; this action was effective because it was done in a small group and had nothing to do with the fanfare and surveillance and cop attention around something like a Week of Action (WOA). #FindYourPeopleAndGetShitDone"

Reposted in part from Scenes From The Atlanta Forest

Machines Constructing A Vivisection Lab Sabotaged- Philadelphia PA

Publié le 2023-06-22 08:00:03

On June 1, under the moonlight, some feral gnomes poured grit into the lubrication system of an earth destroying machine – paralyzing it before it kills more of the post-industrial wild habitat in Bartram's. The goal of this earth destroyer, and the developers in power of it, is to raze the land, killing and displacing all of the wild and free life from the area in order to make way for a Biotec Campus who markets a sanitized version of life. That life includes the torture of nonhumans and displacement of humans and nonhumans alike for it's concrete pathways and steel buildings.

 

We will oppose every destroyer, every tool of power and development that seeks to capture, kill, torture, and displace all our lives. The feral land, trees, nonhuman and human animals will not be bulldozed with ease.

Reposted from Philly Anti-Capitalist

Argentré-du-Plessis (Ille-et-Vilaine) : finir l’année scolaire en beauté

Publié le 2023-06-22 20:35:03

Six bus scolaires incendiés en Ille-et-Vilaine :
« un acte volontaire », annonce le procureur
Ouest France, 22 juin 2023

L’important incendie qui a eu lieu le jeudi 18 mai dernier à Argentré-du-Plessis (Ille-et-Vilaine) n’est pas d’origine accidentelle. Six autocars scolaires ont pris feu en pleine nuit sur le parking situé entre le collège La-Salle-Saint-Joseph et la piscine municipale Aquatide. Les flammes s’étaient propagées à la toiture de la piscine.

« Les premières investigations laissent entrevoir qu’il s’agit d’un acte volontaire, l’incendie d’un premier bus s’étant par ailleurs propagé aux autres véhicules », indique ce jeudi 22 juin, Philippe Astruc, le procureur de la République de Rennes. « Les investigations confiées à la brigade de recherche de Vitré pour identifier le ou les auteurs de ces faits sont toujours en cours », ajoute-t-il.

En memoire des réfugié.e.s disparu.e.s, détruisons Frontex !

Publié le 2023-06-22 20:40:06

Depuis 2004, l’agence Frontex se charge de surveiller les frontières de la forteresse Europe, en accord avec les politiques nationales. Alors que Darmanin nous prévoit un nouveau projet de loi qui n’a rien à envier aux idées de l’extrême droite la plus rance, retour sur une action locale dans le cadre de la Journée Internationale de solidarité avec les réfugié.e.s et de la campagne Abolish Frontex.



C’est un cercueil aux couleurs de l’Europe qui brûle dans un canal parisien, mardi matin. Sur le dessus, le drapeau de l’UE dont les étoiles se sont transformées en barbelés. Des fleurs les recouvrent ensuite : des promesses humanistes de l’UE, il ne reste que le deuil.

Sur les côtés du cercueil, l’inscription « Frontex Murder Force » et « Darmanin complice » - car le Ministre de l’intérieur en France prépare une nouvelle loi immigration qui fragilise les libertés fondamentales des personnes migrantes (renforcement des contrôles et de l’encadrement de la procédure d’asile, instrumentalisation du droit de séjour, rétention administrative des mineurs…).

Après avoir accroché sur un pont une banderole (Frontières : 50.000 morts connues en 30 ans. Abolish Frontex) et d’autres fleurs, en hommage à toutes ces personnes disparues, le cercueil est mis à l’eau, comme un bateau. Il part en fumée sous la banderole et continue sa route emporté par le courant pendant un temps. Des passants peuvent l’observer pendant que des pochoirs sont réalisés autour du lieu de l’action (et plus tard ailleurs dans Paris) : Frontex tue, Frontex finance des dictatures, détruisons Frontex.

Dichiarazioni di Anna Beniamino e Alfredo Cospito al processo di Torino

Publié le 2023-06-22 21:00:02

Dichiarazioni di Anna Beniamino e Alfredo Cospito al processo di Torino

41bis

Pubblichiamo le dichiarazioni rilasciate da Anna e da Alfredo all’udienza del 19 giugno 2023 presso il tribunale d’appello di Torino, nell’ambito del processo Scripta Manent in cui entrambi sono stati condannati per istigazione a delinquere per la rivista “Croce Nera Anarchica”, per vari attacchi a firma FAI, per associazione sovversiva e per “strage politica” per gli ordigni alla caserma allievi carabinieri di Fossano del 2006, a firma Fai/Rat.
Il 26 giugno 2023, a partire dalle ore 12, ci saranno le repliche e, successivamente, verrà emessa la sentenza.
Ricordiamo che il pm ha nuovamente richiesto l’ergastolo e 12 mesi di isolamento diurno per Alfredo e 27 anni e 1 mese per Anna.

Qui di seguito i pdf:

Dichiarazione_Anna_19.06.23

Dichiarazione Alfredo 19.06.2023

Anna Beniamino

Dichiarazione all’udienza del 19 giugno 2023 presso la corte d’assise d’appello di Torino

Dichiarazione spontanea per udienza 19/06/2023

presso Corte d’Assise d’Appello di Torino

Dopo anni di processo, decine di udienze, non mi stanco di continuar a ribadire quanto dichiarato finora, ad affermare alcune semplici e tautologiche verità, contro l’esercizio del falso perpetrato con metodo scientifico nelle aule di tribunale.

Gli anarchici sono antiautoritari. Gli anarchici non sono stragisti e tanto meno difendono azioni stragiste.

Le stragi che sono state perpetrate in questo Paese sono state il frutto avvelenato dell’intrecciarsi di potere politico ed economico, quanto di più lontano dal pensiero e dalle pratiche antiautoritarie.

Siamo in un processo politico per cui non vale la realtà dei fatti ma la potenza delle suggestioni, tanto più è abnorme ed assiomatica l’accusa, tanto è vanificata la difesa.

Si continua a straparlar di stragi ma quella vera è quella compiuta sulla realtà dei fatti. Vi siete inventati i “capi” anarchici, le “associazioni” funzionanti a singhiozzo o strutturate come scatole cinesi in cui non si capisce neppure più quali siano i contenitori e quali i contenuti, le perizie grafiche “probabilistiche” per attribuire i fatti, l’ultima chicca in ordine di tempo è stata la collusione tra anarchici e mafiosi.

I meccanismi argomentativi nell’attribuzione dei reati e nella creazione di profili biografici ad hoc rendono gli scenari orwelliani qualcosa di squisitamente retrò.

Gli inquisitori mentono sapendo di mentire e facendosi scudo della refrattarietà degli anarchici al mercato della giustizia. Giocano sul fatto che l’etica anarchica non è in vendita al miglior offerente.

La macchina infernale della DNA (Direzione Nazionale Antimafia) diventata DNAA (Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo) ha bisogno di scalpi per macinar consenso e per fortificare l’impalcatura della repressione preventiva: servono nemici interni, non importa se costruiti ad arte con falsità storiche, politiche, fattuali e processuali, se no la macchina rimane senza benzina ed i regimi speciali sguarniti di carne e d’anime.

Oggi è rimasta solo la nostra testa sul piatto, ma non va dimenticato che per anni decine di compagne e compagni sono stati inquisiti e incarcerati in questo ed in procedimenti paralleli che si autoalimentano. Così come è successo per i procedimenti che hanno portato al 41 bis per Alfredo Cospito: crollano le impalcature delle operazioni Bialystok e Sibilla, non ci sono capi e istigatori… però il 41 bis rimane.

Colgo una tragica ironia in tutto questo: i vari inquisitori si impappinano non conoscendo bene neppure la sostanza dell’accusa, infarciscono le loro carte di palesi falsità e contraddizioni, basta arrivare al risultato. Nulla di strano: è l’etica malata di quest’epoca dove si santifica il profitto assassino e si criminalizza la povertà.

Roma, 19 giugno 2023

Anna Beniamino

Alfredo Cospito

Dichiarazione all’udienza del 19 giugno 2023 presso la corte d’assise d’appello di Torino

Questa mia dichiarazione è strettamente legata al processo perché entra nel merito del trattamento sanzionatorio che mi avete inflitto. Trattamento sanzionatorio incostituzionale e che contraddice le vostre stesse leggi. Trattamento sanzionatorio, il 41 bis, che stravolge il senso stesso della mia carcerazione, imponendomi una censura insensata che limita il mio diritto alla difesa.

È evidente a tutti come la mia vicenda processuale sia stata usata come una sorta di clava da una parte politica, “il governo”, contro un’altra parte politica, la cosiddetta “opposizione”. Il mio trasferimento all’ultimo momento da una sezione a un’altra in previsione dell’arrivo dei parlamentari PD ne è un esempio lampante. Che dimostra come siano stati strumentalizzati il DAP e il 41 bis per fini politici.

Questi fatti sono strettamente legati a questo processo perché sono il prodotto delle dinamiche politiche passate che hanno portato alla nostra accusa e condanna spropositata per strage politica. Il tapparmi ora la bocca, nell’unico momento in cui posso difendermi vorrebbe dire avallare questa deriva pericolosa e totalitaria. Prima di parlare di Fossano e della cosiddetta “strage” (anche se c’è poco da dire, basterebbe guardare le immagini dei danni della tremenda esplosione) per soli due minuti mi toccherà accennare a tre morti, di due delle quali in qualche modo sono responsabile, la terza morte quella di Cosimo è avvenuta al centro clinico di Opera, reparto 41 bis.

Sono tutte morti legate alla mia vicenda perché legate all’impunità del regime in cui da un anno mi tocca lottare e sopravvivere per non soccombere. Non posso tacere, lo devo ai condannati a morte rinchiusi in quel centro clinico, lo devo a chi è stato lasciato morire e a chi in questo momento nel carcere di Sassari si sta lasciando morire per far sentire la propria voce. Lo devo a Domenico Porcelli in sciopero della fame da quattro mesi. Al suo fianco i figli e Maria Pintus, il suo avvocato. A sostenerlo sono quei pochi rivoluzionari anarchici, comunisti e indipendentisti sardi che a costo di galera e repressione si battono contro il 41 bis. Domenico per lo Stato è un mafioso, quindi indifendibile carne da macello, per lui la costituzione non vale. Per lui nessuna stucchevole passerella di politici, nessuna attenzione dei media. Ne sono certo, Domenico non farà notizia neanche da morto. Come d’altronde è già successo a due poveri cristi morti uno dietro l’altro di sciopero della fame nel carcere di Augusta. E di cui mi sento responsabile, perché influenzati dalla canea mediatica che ha seguito il mio sciopero hanno azzardato scivolando velocemente verso la morte. Le loro morti non hanno destato alcuno scalpore, un silenzio complice e osceno le ha avvolte. Uno di loro era un cittadino russo e chiedeva semplicemente di essere rimpatriato. Immaginate cosa sarebbe successo se a morire di fame in un carcere russo fosse stato un italiano… associazioni umanitarie e media avrebbe scatenato il finimondo. Invece la sua morte è passata inosservata, l’indifferenza è stata totale, rivelando la faccia ipocrita, razzista, imperialista dell’Occidente. La faccia ipocrita dello stesso Stato etico che per tenere nascoste sue vecchie complicità mantiene in piedi il baraccone degli orrori del 41 bis. Un segreto di Pulcinella che sono 30 anni che resiste, che nessuno ha il coraggio di affrontare, chi tocca muore… e che finirà, nella volontà di chi l’ha ideato, solo quando l’ultimo testimone di quell’accordo fra Stato e mafia sarà morto e seppellito tra queste mura.

Certe volte ho il dubbio che è il sistema stesso che voglia essere raccontato, perché altrimenti trasferirmi a Opera in quello che Nordio ha avuto il coraggio di definire come una struttura medica di eccellenza. Un caotico e mortale baraccone dove vecchi e moribondi vengono parcheggiati in solitudine in attesa della morte. In questa sottospecie di manicomio nei corridoi piove, l’estate si muore dal caldo, l’aria condizionata non funziona, l’inverno si muore dal freddo. Alle finestre bocche di lupo, scarafaggi, formiche, zanzare impazzano tormentando persone allettate, paralizzate, anziani, moribondi, ciechi.

Tra il giugno e l’ottobre del 2022, in un centro clinico che può “ospitare” 12 persone, in sei non ce l’hanno fatta, non sono sopravvissuti. Se si è fortunati qualche giorno od ora prima dalla morte si viene traferiti in ospedale dove il trattamento è più umano, ma dove si muore sempre tra estranei senza l’affetto dei propri cari. Tutto è sulle spalle dei ragazzi e delle ragazze che si occupano di pulire e si arrabattano tra pannoloni e medicinali, e gli infermieri-e che cercano di fare del loro meglio ma sono in pochi. La dottoressa responsabile scarica la responsabilità sugli infermieri, dandosi spesso per malata, cosa abbastanza imbarazzante. Naturalmente parlando di detenuti in situazioni sanitarie precarie dove basta essere trascurati un tantino in più per vederti scivolare verso la morte, le obiezioni da parte dei malati scarseggiano. Ma qualche detenuto impavido ha protestato e i tribunali gli hanno dato ragione, ma parlando di 41 bis, di un mondo a parte e di figli di un dio minore, tutto è rimasto invariato.

Nessuno dovrebbe morire isolato in una cella, sotto l’occhio freddo di una telecamera che lo filma in stanza 24 ore su 24. Come è successo nel giugno del 2022 a Cosimo Di Lauro. Questo detenuto è morto di inedia, non era in sciopero della fame, semplicemente aveva smesso di bere e mangiare, secondo le testimonianze che ho ascoltato, e non solo da detenuti, “non ci stava con la testa”. Una mattina la guardia lo trova morto, monitorato in cella da una telecamera, la sua agonia filmata, senza che nessuno muovesse un dito. Di Lauro non arrivò mai in ospedale, al contrario del sottoscritto, trasportato in ospedale al minimo accenno di malore anche se non in pericolo immediato di vita. Cosimo, un semplice “mafioso” e in più non in grado di ragionare e di far valere i propri diritti, venne lasciato morire. Venne aperta un’indagine, vennero prese delle testimonianze, anche quelle di un coraggioso detenuto, ma tutto venne insabbiato, fino a oggi almeno…

Quante cose ho visto in questo mio anno di 41 bis. Non sono solo le morti a essere insabbiate ma può capitare che il 41 bis sia strumentalizzato per altri fini. E questo uso “improprio” insabbiato. A essere insabbiato il fin troppo chiaro uso del DAP da parte del governo per dare addosso alla cosiddetta “opposizione”. Sto parlando della passerella dei deputati del PD a Sassari e l’uso strumentale da parte del governo delle informative del DAP che mi riguardavano per dare addosso al PD. Per capirci, la stupida piazzata di Fratelli d’Italia in parlamento. È indicativo il mio trasferimento appena qualche giorno prima dell’arrivo dei parlamentari (di cui sono certo, il governo era a conoscenza) da una sezione “tranquilla” in cui passavo le giornate in solitudine in una sezione dove nell’ottica distorta del DAP vi erano i pezzi “grossi” di Sassari, i cosiddetti boss. Che detto tra parentesi hanno fatto di tutto per convincermi a smettere lo sciopero, e che poi sono stati messi alla gogna mediatica per colpa mia. Nessuno mi toglierà dalla testa che il DAP sia stato “ispirato” dal governo. Appena dopo la visita dei parlamentari la sezione fu smembrata e io trasferito a Opera.

Quante ingenue trappole mi sono state tese che poi regolarmente si sono ritorte contro il sistema stesso. Sequestro di appunti processuali trasformati in pizzini, l’accusa ridicola di un’alleanza fra mafia e anarchici, l’accusa surreale di aver fatto finta di fare lo sciopero.

La convinzione che mi sono fatto in questo anno è che il 41 bis non abbia il reale obiettivo di spezzare il fenomeno delle organizzazioni criminali. Ma mettere il bavaglio a una generazione di mafiosi, che lo Stato 30 anni fa ha usato e poi tradito. Rinchiudendoli qui dentro fino alla morte che gli tapperà la bocca per sempre, e questo per la paura che una volta fuori i segreti oscuri della repubblica possano essere svelati. Questo è come dicevo il segreto di Pulcinella che sta dietro l’intoccabilità di questo regime.

Il 41 bis verrà tolto quando l’ultimo testimone scomodo di quell’epoca sarà morto. Questo naturalmente se non verrà esteso al resto del cosiddetto “sistema giustizia”, la barbarie tende a dilagare, e può sfuggire di mano. Tra mafia e Stato molte similitudini, volontà egemonica, monopolio della violenza, gerarchia, autoritarismo. Ma poi una volta qui dentro mi sono reso conto che oltre a queste caratteristiche comuni indubbie si aggiunge una sorta di “peccato originale” che abbisogna di un sistema liberticida come il 41 bis per tenere insieme i cocci, senza il quale il sistema nel suo complesso si sfalderebbe. Consiste proprio in questo l’intoccabilità del 41 bis, il suo essere diventato il punto nevralgico di tutto il sistema democratico totalitario, la vera faccia della repubblica italiana.

Per il resto che dire… nulla è cambiato, le foto dei miei genitori sequestrate un anno fa qui a Sassari, e restituite col timbro della censura al mio arrivo a Opera, di nuovo trattenute al mio arrivo a Sassari. Niente musica, la mia richiesta di comprare un lettore cd rigettata dalla direzione del carcere. A quanto pare libri e musica continuano a essere visti dal DAP come qualcosa di sovversivo e in fondo non hanno tutti i torti.

Da quando sono al 41 bis non tocco un filo d’erba, un albero, un fiore, solo cemento, sbarre e tv. Negli ultimi mesi con grande fatica sono riuscito a comprare un solo libro, e solo perché di me parlavano i media. I colloqui una sola volta al mese col vetro e con la voce metallica dei citofoni. Le mie sorelle e mio fratello, che sono gli unici che possono venire a trovarmi, vengono al loro arrivo incerottati sui tatuaggi e sugli orecchini, perché potrebbero comunicare messaggi criptici attraverso i disegni tatuati.

Comunque queste mie rimostranze diventano ridicole, dopo quello che ho visto al centro clinico di Opera. Ho visto con i miei occhi lo Stato che si pretende etico applicare la legge della ritorsione su vecchi e malati, inermi e seminfermi di mente.

La mia richiesta ingenua di libri, musica, periodici anarchici, scientifici, storici e un prato dove correre e di qualche albero diventa risibile, quasi stucchevole. Me ne rendo conto.

Abolire il 41 bis.

Grazie compagni e compagne.

Sempre per l’anarchia.

Alfredo Cospito

[In videoconferenza dal carcere di Bancali, Sassari, 19 giugno 2023]

Livadiá/mont Hélicon (Grèce) : Sabotage d’éoliennes – vol. 1 et 2

Publié le 2023-06-23 06:15:03

Act for Freedom Now! / samedi 10 juin 2023

Vol. 1 – Sabotage d’éolienne

21 janvier 2023. Ces dernières années, nous avons assisté à une forte
attaque contre l’environnement, de la part de l’État et du capital, avec
l’installation d’éoliennes. Les régions d’Eubée et de Béotie (dans la
Grèce centrale, son chef lieu est Livadiá et la ville la plus importante
Thèbes) sont des parfaits exemples, avec le 50% des éoliennes grecques
qui y sont installées.

Précisément sur le mont Hélicon, presque tous les sommets, y compris des
sites archéologiques, sont censés être détruits, alors que les prix de
l’électricité sont passés dans le rouge à cause des tarifs énergétiques
(les fournisseurs d’énergie sont souvent les mêmes qui installent les
éoliennes).

Nous avons donc décidé d’effectuer une action symbolique et de faire
tomber le mat (qui mesure la force du vent et permet ensuite
l’installation des éoliennes) sur le sommet Megali Loutsa, dans le mont
Hélicon.

Loups de l’Hélicon

Vol. 2 – Sabotage d’une éolienne, contre le saccage de la nature

30 mai 2023. Pour continuer les actions contre l’installation
d’éoliennes, qui submergent le mont Hélicon, nous avons décidé d’abattre
le mât de vent (qui mesure le vent avant que les éoliennes soient
installées) sur le sommet Tsiveri (1562 m). Ce sommet est escarpé, très
escarpé, et rocheux, ce qui nécessiterait son aplanissement [pour y
installer de éoliennes ; NdT]. Enfin, il faut souligner que sur le
Tsiveri vivent des troupeaux libres de chèvres sauvages, que nous avons
croisé pendant notre ascension.

Loups de l’Hélicon

Ouverture d’une enquête pour les actions des derniers mois en solidarité avec la lutte d’alfredo

Publié le 2023-06-23 08:20:03

Ouverture d’une enquête pour les actions des derniers mois en solidarité avec la lutte d’alfredo

Le 17 juin 2023, les carabiniers de Bologne ont notifié à certains compagnons (de Bologne et de Rovereto) l’ouverture d’une enquête par le ROS [Groupe d’opérations spéciales des carabiniers] pour 270 bis et d’autres délits spécifiques liés à la récente mobilisation à Bologne contre le 41 bis et l’emprisonnement à vie en solidarité avec Alfredo en grève de la faim. Six compagnons sont impliqués, mais d’autres inculpé-es sont en cours d’identification.

L’ouverture de l’enquête a été déposée le 13/06/2023 et signée par le procureur antiterroriste Gustapane.

Nous reproduisons ci-dessous le chapitre (a) pour faire connaître le cadre donné par les enquêteurs à cette enquête.

« Crimes de l’article 270 bis du Code Pénal. en ce qu’ils ont organisé une association anarcho-insurrectionnelle visant à commettre des actes de violence dans le but de renverser l’ordre démocratique, structurée de manière non hiérarchique et spontanée, agissant selon le « pacte de soutien mutuel » et par le biais de « campagnes de lutte révolutionnaire » et de « communication de solidarité révolutionnaire ». Des « campagnes de lutte révolutionnaire » et des « communications entre groupes/individus » par le biais d’un « réseau de cellules » opérant au niveau national et international, en s’accordant sur des actions directes menées par l’utilisation de tous les moyens tels que l’essence, les matériaux incendiaires, les engins incendiaires, suivies de communiqués revendiquant l’action et expliquant les raisons de l’attentat. En particulier, dans le cadre de la campagne révolutionnaire de lutte antimilitariste et anti-prison, l’association entend mener des actions directes et/ou des sabotages, tous caractérisés par la « violence politique », dans le but ultime de mettre fin aux politiques menées par les grandes multinationales italiennes, également en raison du récent conflit russo-ukrainien, de la « libération » de toutes les « prisons » et de la « libération » du militant Cospito Alfredo du régime carcéral prévu par l’art. 41 bis de l’O.P. – à Bologne à partir d’avril 2022″.

Les faits examinés concernent l’attaque de répéteurs de télécommunications au cours de l’été 2022, l’interruption de la messe à l’église du Sacré-Cœur de Bologne en novembre 2022, l’occupation d’une grue dans le centre de la ville et la journée de rassemblement concomitante organisée à proximité à la mi-décembre 2022, la tentative d’incendie des véhicules de transport de la société MARR à l’automne 2022 et l’interruption de la circulation sur la Via Emilia en mettant le feu à des poubelles à la fin décembre 2022. Ce dernier est accusé de l’infraction 280 bis (attentat terroriste [acte de terrorisme utilisant des engins meurtriers ou explosifs]). Toutes les infractions contestées sont aggravées par l’article 270 bis, association subversive dans le but de troubler l’ordre démocratique, visant à exercer un chantage sur l’État avec les actions susmentionnées pour obtenir la libération d’Alfredo du 41 bis.

Il était évident dès le départ que la mobilisation en faveur d’Alfredo avait déconcerté les appareils d’État. La répression dévoile aujourd’hui les cartes en envoyant un signal clair à tous les compagnons qui ont exprimé une solidarité active avec Alfredo au cours des derniers mois.

Nous ne savons pas sur quoi débouchera cette enquête, mais nous savons qu’il s’agit d’une enquête de plus qui vise à frapper la solidarité, tout comme nous savons qu’il était et qu’il est toujours juste et nécessaire de soutenir activement Alfredo, Anna, Juan, Zac, Davide et tous les prisonnier-es qui luttent dans les prisons du monde entier.

Notre lutte contre la prison, la guerre et la militarisation sociale qui en résulte ne sera pas arrêtée par cette énième enquête.

Quelques inculpé-es et solidaires

Traduit de lanemesi

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Réquisition du procureur et déclarations d’Anna et d’Alfredo à la Cour d’appel de turin

Publié le 2023-06-23 08:30:03

Réquisition du procureur et déclarations d’Anna et d’Alfredo à la Cour d’appel de turin

Nous transmettons les déclarations faites par Anna et Alfredo lors de l’audience du 19 juin 2023 à la Cour d’appel de Turin, dans le cadre du procès Scripta Manent, dans lequel ils ont tous deux été condamnés pour incitation à commettre des infractions pénales pour la revue Croce Nera Anarchica, pour divers attentats sous la signature de la FAI, pour association subversive et pour massacre politique, pour l’attentat à la bombe contre la caserne des carabiniers de Fossano en 2006, sous la signature de la Fai/Rat.
Le 26 juin 2023, à partir de 12 heures, il y aura les réponses et ensuite la sentence sera prononcée.
Nous rappelons que le procureur a de nouveau requis la réclusion à perpétuité et 12 mois d’isolement de jour pour Alfredo et 27 ans et 1 mois pour Anna.

Déclaration spontanée  d’Anna pour l’audience du 19/06/2023 à la Cour d’Assises d’Appel de Turin

Après des années de procès, des dizaines d’audiences, je ne me lasse pas de continuer à réitérer ce que j’ai déclaré jusqu’à présent, d’affirmer quelques vérités simples et tautologiques, contre l’exercice du mensonge perpétré avec la méthode scientifique dans les salles d’audience.

Les anarchistes sont anti-autoritaires. Les anarchistes ne sont pas des meurtriers de masse, et encore moins des défenseurs d’actions meurtrières de masse.

Les massacres perpétrés dans ce pays sont le fruit empoisonné de l’imbrication du pouvoir politique et économique, ce qui est très éloigné de la pensée et des pratiques anti-autoritaires.

Nous sommes dans un procès politique où ce n’est pas la réalité des faits mais la force des suggestions qui compte, plus l’accusation est anormale et axiomatique, plus la défense est vaine.

On parle sans cesse de massacres, mais le vrai est celui qui se fait sur la réalité des faits. Vous avez inventé des « chefs » anarchistes, des « associations » qui fonctionnent en hoquetant ou qui sont structurées comme des boîtes chinoises dont on ne sait même plus qui sont les contenants et qui sont les contenus, des expertises graphiques « probabilistes » pour attribuer les faits, le dernier joyau en date étant, dans l’ordre chronologique, la collusion entre anarchistes et mafieux.

Les mécanismes argumentatifs dans l’attribution des crimes et la création de profils biographiques ad hoc font des scénarios orwelliens quelque chose d’exquisément rétro.

Les inquisiteurs mentent en sachant qu’ils mentent et se protègent de la réfractarité des anarchistes au marché de la justice. Ils jouent sur le fait que l’éthique anarchiste n’est pas à vendre au plus offrant.

La machine infernale de la DNA (Direction Nationale Anti-Mafia) devenue DNAA (Direction Nationale Anti-Mafia et Anti-Terrorisme) a besoin de scalps pour moudre le consensus et fortifier l’échafaudage de la répression préventive : il faut des ennemis intérieurs, même savamment construits avec des mensonges historiques, politiques, factuels et procéduraux, sinon la machine s’essoufflera et les régimes spéciaux seront privés de chair et d’âmes.

Aujourd’hui, il ne reste plus que nos têtes sur le plateau, mais il ne faut pas oublier que pendant des années, des dizaines de camarades ont fait l’objet d’enquêtes et ont été emprisonnés dans le cadre de cette procédure et d’autres procédures parallèles qui s’autoalimentent. Comme cela s’est produit avec les procédures qui ont conduit au 41 bis pour Alfredo Cospito : l’échafaudage des opérations de Bialystok et de Sibilla s’est effondré, il n’y avait pas de dirigeants et d’instigateurs… mais le 41 bis est resté.

Je perçois une ironie tragique dans tout cela : les différents inquisiteurs se débattent sans même bien connaître la substance de l’accusation, ils bourrent leurs papiers de faussetés et de contradictions flagrantes, ils arrivent juste au résultat. Rien d’étrange : c’est l’éthique malade de cette époque où le profit meurtrier est sanctifié et la pauvreté criminalisée.

Rome, 19 juin 2023
Anna Beniamino

Traduit de la nemesi

 

Alfredo Cospito : Déclaration à l’audience du 19 juin 2023 à la Cour d’Assises d’Appel de Turin

Déclaration à l’audience du 19 juin 2023 à la Cour d’Assises d’Appel de Turin

Cette déclaration est étroitement liée au procès car elle porte sur le bien-fondé du traitement de sanction qui m’a été infligé. Un traitement punitif qui est inconstitutionnel et qui contredit vos propres lois. Un traitement punitig, le 41 bis, qui dénature le sens même de mon emprisonnement, en m’imposant une censure insensée qui limite mon droit à la défense.

Il est clair pour tout le monde que mon procès a été utilisé comme une sorte de matraque par un parti politique, le « gouvernement », contre un autre parti politique, la soi-disant « opposition ». Mon transfert de dernière minute d’une section à l’autre en prévision de l’arrivée des parlementaires du PD ( opposition, ndt) en est un exemple flagrant. Il montre comment la DAP ( direction de l’administration penitentiaire, ndt) et le 41 bis ont été instrumentalisés à des fins politiques.

Ces faits sont étroitement liés à ce procès parce qu’ils sont le produit de dynamiques politiques passées qui ont conduit à notre poursuite et à notre condamnation disproportionnées pour massacre politique. Me taire maintenant, au seul moment où je peux me défendre, reviendrait à cautionner cette dérive dangereuse et totalitaire. Avant de parler de Fossano et du soi-disant « massacre » (bien qu’il n’y ait pas grand-chose à dire, il suffirait de regarder les images des dégâts causés par la formidable explosion), je dois mentionner pendant deux minutes trois décès, dont deux dont je suis en quelque sorte responsable, le troisième décès, celui de Cosimo, étant survenu au centre clinique de l’Opéra, pavillon 41 bis.

Ce sont toutes des morts liées à mon histoire parce qu’elles sont liées à l’impunité du régime dans lequel j’ai dû me battre et survivre pendant un an pour ne pas succomber. Je ne peux pas me taire, je le dois aux condamnés à mort enfermés dans ce centre clinique, je le dois à ceux que l’on a laissé mourir et à ceux qui, en ce moment, dans la prison de Sassari, se laissent mourir pour faire entendre leur voix. Je le dois à Domenico Porcelli qui fait une grève de la faim depuis quatre mois. À ses côtés, ses enfants et Maria Pintus, son avocate. Il est soutenu par les quelques révolutionnaires anarchistes, communistes et indépendantistes sardes qui luttent contre le 41 bis au prix de la prison et de la répression. Domenico pour l’Etat est un mafioso, donc de la chair à canon indéfendable, pour lui la constitution ne s’applique pas. Pour lui, pas de défilé de politiciens, pas d’attention des médias. J’en suis certain, Domenico ne fera pas la une des journaux, même lorsqu’il sera mort. Comme c’est déjà arrivé à deux pauvres christs qui sont morts l’un après l’autre en grève de la faim à la prison d’Augusta. Et dont je me sens responsable, car influencés par l’acharnement médiatique qui a suivi ma grève, ils ont parié et glissé rapidement vers la mort. Leur mort n’a pas fait de bruit, un silence complice et obscène les a enveloppés. L’un d’eux, citoyen russe, a simplement demandé à être rapatrié. Imaginez ce qui se serait passé si c’était un Italien qui était mort de faim dans une prison russe… les associations humanitaires et les médias en auraient fait leurs choux gras. Au lieu de cela, sa mort est passée inaperçue, l’indifférence a été totale, révélant le visage hypocrite, raciste et impérialiste de l’Occident. Le visage hypocrite de ce même État éthique qui, pour ne pas dévoiler ses anciennes complicités, entretient le spectacle de l’horreur du 41 bis. Un secret de polichinelle qui résiste depuis 30 ans, que personne n’a le courage d’affronter, qui y touche meurt… et qui ne prendra fin, selon la volonté de ceux qui l’ont conçu, que lorsque le dernier témoin de cet accord entre l’État et la mafia sera mort et enterré entre ces murs.

Parfois, je doute que c’est le système lui-même qui veut être raconté, sinon pourquoi me déménager à Opera dans ce que Nordio a eu le courage de décrire comme un établissement médical d’excellence. Un bidonville chaotique et mortel où les vieux et les mourants sont parqués dans la solitude en attendant la mort. Dans cette sous-espèce d’asile, il pleut dans les couloirs, en été on meurt de chaleur, l’air conditionné ne fonctionne pas, en hiver on meurt de froid. Aux fenêtres, les gueules de loup, les cafards, les fourmis, les moustiques se déchaînent et tourmentent les grabataires, les paralysés, les personnes âgées, les mourants, les aveugles.

Entre juin et octobre 2022, dans un centre clinique qui peut « accueillir » 12 personnes, six n’ont pas tenu le coup, n’ont pas survécu. Si vous avez de la chance, quelques jours ou quelques heures avant la mort, vous êtes transféré à l’hôpital où le traitement est plus humain, mais où vous mourrez toujours parmi des étrangers, sans l’affection de vos proches. Tout repose sur les épaules des garçons et des filles qui nettoient et se démènent entre les couches et les médicaments, et des infirmières qui essaient de faire de leur mieux mais qui sont peu nombreuses. Le médecin responsable rejette la responsabilité sur les infirmières et se fait souvent porter pâle, ce qui est assez embarrassant. Bien entendu, s’agissant de détenus dont l’état de santé est précaire et qu’il suffit de négliger un peu plus pour les voir glisser vers la mort, les objections des malades sont rares. Mais quelques détenus intrépides ont protesté et les tribunaux leur ont donné raison, mais en ce qui concerne le 41 bis, un monde à part pour les parias, tout est resté inchangé.

Personne ne devrait mourir isolé dans une cellule, sous l’œil froid d’une caméra qui le filme dans sa chambre 24 heures sur 24. C’est ce qui est arrivé en juin 2022 à Cosimo Di Lauro. Ce détenu est mort de faim, il n’était pas en grève de la faim, il avait simplement arrêté de boire et de manger, selon les témoignages que j’ai entendus, et pas seulement de la part de détenus, « il n’était pas dans son état normal ». Un matin, le gardien l’a trouvé mort, surveillé dans sa cellule par une caméra, son agonie filmée, sans que personne ne lève le petit doigt. Di Lauro n’est jamais allé à l’hôpital, contrairement à moi qui ai été transporté à l’hôpital au moindre signe de maladie, même si sa vie n’était pas en danger immédiat. Cosimo, simple « mafioso » et de surcroît incapable de raisonner et de faire valoir ses droits, a été laissé à l’abandon. Une enquête a été ouverte, des témoignages ont été recueillis, dont celui d’un prisonnier courageux, mais tout a été étouffé, jusqu’à aujourd’hui en tout cas…

Que de choses j’ai vues en un an de 41 bis. Il n’y a pas que les morts qui sont dissimulées, il peut arriver que le 41 bis soit instrumentalisé à d’autres fins. Et cette utilisation « inappropriée » est dissimulée. C’est l’utilisation trop évidente du DAP par le gouvernement pour blâmer la soi-disant « opposition » qui est dissimulée. Je parle du défilé des députés du PD à Sassari et de l’utilisation instrumentale par le gouvernement des informations de la DAP qui me concernaient pour s’en prendre au PD. En clair, le placement stupide de Fratelli d’Italia au Parlement. Il est révélateur de mon transfert, quelques jours avant l’arrivée des députés (dont je suis sûr que le gouvernement était au courant), d’une section « tranquille » où je passais mes journées dans la solitude à une section où, dans la vision déformée du DAP, se trouvaient les « gros » de Sassari, les soi-disant patrons. Qui, d’ailleurs, ont tout fait pour me convaincre d’arrêter la grève, et qui ont ensuite été cloués au pilori dans les médias à cause de moi. Personne ne m’ôtera de la tête que le DAP a été « inspiré » par le gouvernement. Juste après la visite des députés, la section a été démembrée et j’ai été transféré à Opera.

Combien de pièges naïfs m’ont été tendus, qui se sont ensuite régulièrement retournés contre moi. La confiscation des notes de justice transformées en pizzini, l’accusation ridicule d’une alliance entre la mafia et les anarchistes, l’accusation surréaliste d’avoir fait semblant de se mettre en grève.

La conviction que je me suis forgée depuis un an est que le 41 bis n’a pas pour objectif réel de briser le phénomène des organisations criminelles. Mais de bâillonner une génération de mafiosi, que l’Etat a utilisée puis trahie il y a 30 ans. Les enfermer ici jusqu’à ce qu’ils meurent, leur fermer la bouche à jamais, et ce de peur qu’une fois dehors, les sombres secrets de la république ne soient révélés. C’est, comme je l’ai dit, le secret de polichinelle qui se cache derrière l’intouchabilité de ce régime.

Le 41 bis sera levé lorsque le dernier témoin gênant de cette époque sera mort. A condition bien sûr de ne pas l’étendre au reste de ce qu’il est convenu d’appeler la « justice », car la barbarie a tendance à se répandre, et elle peut devenir incontrôlable. Entre la Mafia et l’Etat, beaucoup de similitudes, volonté hégémonique, monopole de la violence, hiérarchie, autoritarisme. Mais une fois sur place, je me suis rendu compte qu’en plus de ces caractéristiques communes indéniables, il y a une sorte de « péché originel » qui a besoin d’un système liberticide comme le 41 bis pour maintenir les morceaux ensemble, sans quoi le système dans son ensemble s’écroulerait. C’est précisément l’intouchabilité du 41 bis, devenu le centre névralgique de tout le système démocratique totalitaire, le vrai visage de la république italienne.

Pour le reste, que dire… rien n’a changé, les photos de mes parents saisies il y a un an ici à Sassari, et rendues avec le tampon de la censure à mon arrivée à Opera, retenues à nouveau à mon arrivée à Sassari. Pas de musique, ma demande d’achat d’un lecteur de CD ayant été rejetée par la direction de la prison. Apparemment, les livres et la musique continuent d’être considérés par la DAP comme quelque chose de subversif, et après tout, ils n’ont pas tort.

Depuis que je suis au 41 bis, je n’ai pas touché un brin d’herbe, un arbre, une fleur, seulement du ciment, des barreaux et la télévision. Au cours des derniers mois, je n’ai pu acheter qu’un seul livre, avec beaucoup de difficultés, et uniquement parce que les médias parlaient de moi. Les parloirs ne se font qu’une fois par mois avec la vitre et la voix métallique de l’interphone. Mes sœurs et mon frère, qui sont les seuls à pouvoir me rendre visite, doivent recouvrir de pansement leurs tatouages et leurs boucles d’oreilles lorsqu’ils arrivent, parce qu’ils pourraient communiquer des messages cryptiques à travers les motifs tatoués.

Cependant, ces griefs deviennent ridicules après ce que j’ai vu au centre clinique d’Opera. J’ai vu de mes propres yeux l’État prétendre appliquer de manière éthique la loi du talion à des personnes âgées et malades, sans défense et à moitié démentes.

Ma demande naïve de livres, de musique, de périodiques anarchistes, scientifiques, historiques, d’une pelouse pour courir et de quelques arbres est devenue risible, presque étouffante. Je m’en rends compte.

Abolissez le 41 bis.

Merci compagnons et compagnonnes.

Toujours pour l’anarchie.

Alfredo Cospito

[En vidéoconférence depuis la prison de Bancali, Sassari, 19 juin 2023]

Traduit de lanemesi

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Athènes (Grèce) : Des attaques coordonnées en solidarité avec Giannis Michailidis

Publié le 2023-06-24 08:25:04

Act for freedom now! / jeudi 8 juin 2023

Secteur de Kaisariani : des attaques coordonnées contre les vitres et
les portes du ΚΕΠ (le bureau étatique de conseils aux citoyens) et de
l’ELΤΑ (la Poste).

Samedi 27 mai, à 1 heure du matin, nous avons attaqué en même temps le
ΚΕΠ (le bureau étatique de conseils aux citoyens) et l’ELΤΑ (la Poste),
dans le secteur de Kaisariani [ville de la banlieue est d’Athènes ;
NdT], en détruisant leurs vitres et leurs portes. Nous avons mené cette
action en solidarité avec Giannis Michailidis, anarchiste en grève de la
faim depuis le 12 mai 2023.

Notre compagnon souffre aux mains de l’État, à cause de ses idées et de
ses actions, et a été la cible de nombreux coups tordus de la part de
l’appareil bureaucratique. C’est pourquoi, aussi, nous avons choisi
comme cibles deux rouages de cette machine.

Nous joignons le texte de déclaration de la grève de la faim de notre
compagnon [ici en anglais].

Victoire pour la grève de la faim de Giannis Michailidis !

solidaires

Patras (Grèce) : Un véhicule de AB Vassilopoulos incendié en solidarité avec l’anarchiste G. Michailidis

Publié le 2023-06-24 08:30:03

Act for Freedom now! / jeudi 15 juin 2023

Nous revendiquons l’incendie d’un véhicule de AB Vassilopoulos (une
chaîne de supermarchés), un geste de solidarité avec le compagnon
anarchiste G. Michailidis, qui est en grève de la faim depuis le 12 mai
et, depuis 9 juin 2023, aussi en grève de la soif [le compagnon a arrêté
sa grève le 16 juin, ses requêtes ayant été acceptées ; NdT], pour
demander sa libération de prison, en plaçant encore une fois son corps
comme une barrière face à la vengeance de l’État. Nous avons attaqué AB
Vassilopoulos, une entreprise qui est l’un des piliers de l’attaque
capitaliste qui mène à la pauvreté, à des vies misérables et à leur
pillage, chaque jour plus insupportable.

Parce que la liberté s’épanouira dans les décombres de la dernière
prison, ce qui viendra avec l’élimination de l’exploitation, de la
barbarie étatique/capitaliste, de la destruction du monde naturel, avec
la construction d’un monde de liberté, d’égalité, de solidarité.

Liberté pour le compagnon anarchiste Giannis Michailidis.
La passion pour la liberté est plus forte que toute cellule.

Lutte continuelle contre l’État et le capital.

(A)

Nuova inchiesta per 270bis e altri reati a Bologna [aggiornamento importante]

Publié le 2023-06-24 09:10:03

Nuova inchiesta per 270bis e altri reati a Bologna [aggiornamento importante]

cassonetti

Riceviamo e diffondiamo:

[23 giugno 2023] AGGIORNAMENTO IMPORTANTE: 

Oltre all’avviso di garanzia che informa gli/le indagati/e di essere sottoposti a indagini per 270bis e altri reati, è stato notificato un “Avviso relativo all’espletamento di accertamenti tecnici non ripetibili ex art 360 c.p.p”. Evidentemente è  questo il motivo che ha portato i carabinieri a “scoprire le carte” sulle indagini in corso.
Gli accertamenti sul materiale repertato verranno fatti il 5 luglio presso il R.I.S. di Parma e i/le compagni/e indagati/e potranno nominare un avvocato e un consulente di parte.

Nuova inchiesta per 270bis e altri reati a Bologna

Il 17 giugno 2023 i carabinieri di Bologna hanno notificato ad alcunx compagnx anarchicx (di Bologna e Rovereto) l’apertura di un’indagine del ROS per 270bis e altri reati specifici inerenti la recente mobilitazione in territorio bolognese contro il 41bis e l’ergastolo ostativo in solidarietà ad Alfredo in sciopero della fame. 6 compagnx sono coinvoltx ma ci sono altrx indagatx in fase di identificazione.
L’apertura indagine è stata depositata il 13/06/2023 e firmata dal PM dell’antiterrorismo Gustapane.
Riportiamo di seguito il capo a) per rendere nota la cornice data dagli inquirenti a quest’indagine.

«Delitto p. e p. dell’art 270 bis c.p in quanto organizzavano un’associazione di stampo anarco-insurrezionalista che si propone il compimento di atti di violenza con finalità di eversione dell’ordine democratico, strutturata in modo non gerarchico e spontaneista, che agisce secondo il “patto di mutuo appoggio” ed attraverso la “solidarietà rivoluzionaria”, “le campagne di lotta rivoluzionarie” e la “comunicazione tra gruppi/singoli” attraverso una “rete di cellule” operanti in ambito nazionale e internazionale, con l’accordo sull’azione diretta compiuta mediante l’uso di ogni mezzo come benzina, materiali incendiari, ordigni incendiari, poi seguita da comunicati con cui viene rivendicata la responsabilità dell’azione e spiegati i motivi dell’attacco. In particolare data associazione si prefigge, nell’ambito dell’indetta campagna di lotta rivoluzionaria in chiave antimilitarista e anticarceraria, il compimento di azioni dirette e/o di sabotaggio, tutte connotate da “violenza politica”, aventi come fine ultimo la cessazione delle politiche perseguite dalle grandi multinazionali italiane anche in ragione del recente conflitto russo-ucraino, la “liberazione” da tutte le “carceri” e la “liberazione” del militante Cospito Alfredo dal regime detentivo previsto dall’art. 41bis dell’o.p. in Bologna dall’aprile 2022 in avanti».

I fatti oggetto d’indagine riguardano un attacco ad alcuni ripetitori di telecomunicazione nell’estate 2022, l’interruzione della messa alla chiesa del Sacro Cuore di Bologna nel novembre 2022, l’occupazione di una gru in centro città e la contestuale giornata di presidio svoltasi nei pressi a metà dicembre 2022, il tentativo di incendio ai mezzi di trasporto della ditta MARR nell’autunno 2022 e l’interruzione del traffico della via Emilia mediante incendio di cassonetti a fine dicembre 2022. Per quest’ultimo fatto viene contestato il reato di 280 bis (attentato con finalità di terrorismo). Tutti i reati contestati sono aggravati dall’art 270 bis, associazione sovversiva con finalità di eversione dell’ordine democratico, tesa a sua volta a ricattare lo Stato con le azioni di cui sopra per spingere all’uscita di Alfredo dal 41bis.
Che la mobilitazione a sostegno di Alfredo avesse stizzito gli apparati dello Stato è risultato evidente dal principio. La repressione ora scopre le carte mandando un chiaro segnale a tuttx lx compagnx che in questi mesi hanno espresso solidarietà attiva con Alfredo.
Non sappiamo a cosa porterà quest’indagine, ma sappiamo che è l’ennesima che mira a colpire la solidarietà, così come sappiamo che è stato ed è tuttora giusto e necessario essere attivamente al fianco di Alfredo, Anna, Juan, Zac, Davide e di tuttx lx prigionierx che lottano nelle carceri in ogni parte del globo.
La nostra lotta contro il carcere, la guerra e la conseguente militarizzazione sociale non si farà fermare da quest’ennesima inchiesta.

Alcunx indagatx e solidali

Scarcerato Greg

Publié le 2023-06-24 15:25:03

Scarcerato Greg

th (81)

Riceviamo e volentieri diffondiamo:

Nell’udienza di ieri, giovedì 22 giugno, la Corte di Limoges ha giudicato il complemento di documentazione arrivato dalla procura italiana insufficiente per prendere decisioni in merito all’estradizione in Italia.
Per questo motivo ha quindi richiesto ulteriori informazioni rispetto alle sentenze per le quali sono stati emessi i mandati di arresto europeo a carico di Greg e predisposto una nuova udienza il 6 luglio sempre presso il tribunale di Limoges.
Ha infine accolto la richiesta di scarcerazione presentata dalla difesa. Greg è quindi uscito dal carcere ieri pomeriggio ed è in libertà con obbligo di firma bisettimanale nella zona di Bordeaux e divieto di lasciare il territorio francese.
Ci rallegra sapere che Greg non dovrà attendere questa data ancora rinchiuso.
Libertà per tutte e per tutti!

Valence (Drôme) : passer la deuxième couche

Publié le 2023-06-25 17:10:06

Valence : un poste de la police municipale vandalisé
Le Dauphiné, 25 juin 2023

Dans la nuit du samedi au dimanche, plusieurs individus s’en sont pris au poste de la police municipale du quartier Valensolles, à Valence. Alors que la veille, les locaux en question avaient déjà fait l’objet de jets de pierres , cette fois-ci, les individus ont réussi à fracturer la porte vitrée, et sont entrés à l’intérieur.

Là, ils s’en sont pris au mobilier, notamment celui de la salle de repos, dégradant réfrigérateur, micro-ondes, tables et chaises… On ignore tout des motivations des personnes qui ont commis ces dégradations. Une enquête a été ouverte par la police, afin de retrouver les malfaiteurs. Des relevés d’empreintes ont notamment été effectués.

Le chiffre du jour : 89 502 mesures d’espionnage préventif

Publié le 2023-06-25 17:15:06

Parmi les fastidieuses publications que sort chaque année l’Etat français pour offrir un semblant de vernis démocratique, se trouve le rapport annuel de la Commission nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR), l’organisme créé en 2015 pour contrôler le bon usage des mesures d’espionnage déployées par lesdits services. Le 15 juin dernier, la sortie de son Rapport annuel 2022 est certes passée un peu inaperçue, mais mérite tout de même d’en extraire quelques infos. Et ce, d’autant plus que ce rapport détaille la panoplie officielle de mesures de surveillance effectuées de leur propre chef, en amont et à titre préventif, par l’ensemble des services de renseignements, en nous laissant imaginer comment cette inflation peut ensuite se traduire en surveillances supplémentaires prolongées dans un cadre non plus administratif mais judiciaire (sous forme d’ouverture d’enquête préliminaire ou d’instruction dont l’intéressé.e n’aura pas immédiatement connaissance).

Pour commencer, rappelons tout de même la liste des services concernés par les chiffres qui vont suivre, et qui sont la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), la Direction du Renseignement et de la Sécurité de la Défense (DRSD), la Direction du Renseignement militaire (DRM), la Direction nationale du Renseignement et des Enquêtes douanières (DNRED) et l’unité de Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits financiers clandestins (Tracfin), auxquels s’ajoutent les services dits du second cercle, à savoir la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police de Paris (DRPP) ; le Service central du Renseignement territorial (SCRT, ex-RG), la Sous-Direction de l’Anticipation opérationnelle (SDAO) et le Service national du Renseignement pénitentiaire (SNRP). Et précisons aussi que ces chiffres sont bien entendu la partie émergée de l’iceberg, soit ceux inscrits dans le cadre « légal » du contrôle par la CNCTR, et pas la réalité brute dans sa complexité qui est évidemment supérieure.

Porter gravement atteinte à la paix publique

Dans un premier temps, il n’étonnera personne que le nombre de personnes suivies annuellement et officiellement par les services de renseignements ne baisse bas, en étant passé de 22 038 personnes en 2018 à 22 958 en 2021, avec une marge d’erreur que la CNCTR évalue tout de même « à moins de 10 % », puisqu’il s’agit en réalité de ses petits comptes d’apothicaire à rebours, vu que « les demandes tendant à la mise en œuvre de techniques de renseignement sont présentées par technique et non par personne ». Bref, ce qui est un peu plus notable que le nombre global, est la hausse continue des personnes sous surveillance préventive non pas au seul  titre du « terrorisme » (30 %), des « intérêts majeurs de la politique étrangère » et du contre-espionnage  (20 %) ou de la « criminalité organisée » (25 %), mais d’une catégorie qui monte depuis le mouvement des gilets jaunes et l’agitation autour de l’écologie et du climat, à savoir la « prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions… et des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique » (12 %).

C’est par exemple ce dernier point qui a provoqué quelques titres faussement indignés dans la presse, comme « Renseignement : la hausse des demandes sur l’activisme politique inquiète la commission de contrôle » (Ouest France, 16/6), « Renseignements : la hausse de l’espionnage des milieux politiques et syndicaux alarme la CNCTR » (Huffington Post, 15/6) ou « Renseignement : la commission de contrôle s’alarme de la hausse des demandes concernant l’activisme politique » (Le Monde, 15/6). Ouh là là, se dit-on peut-être, mais de quoi parle-t-on exactement ?

Captations de paroles prononcées à titre privé
& autres joyeusetés

Concrètement, cette vingtaine de milliers de personnes au nombre officiellement plus ou moins constant, ont fait l’objet de près de 89 500 mesures de surveillance, soit une augmentation de + 22% entre 2018 et 2022, ce qui signifie une intensification de la pression mise sur chacun des individus ciblés.

Et quand on regarde les barbants tableaux de la CNCTR au détail, les bonds les plus spectaculaires en matière de techniques employées sont sur cette période les « Accès aux données de connexion en temps réel » (+ 322 %), les « Géolocalisations en temps réel » (+ 110%), les « Recueils de données de connexion par IMSI catcher » (+ 135 %), mais également des techniques d’espionnage qui ne concernent pas que les laisses électroniques volontaires, comme les « Localisations des personnes ou des objets (balisages) » (+ 29%), les  « Introductions dans des lieux privés » (+17%), les « Captations d’images dans un lieu privé » (+ 81% de 2021 à 2022) ou les « Captations de paroles prononcées à titre privé ou confidentiel » (+61 %), ce dernier point concernant de façon générale à la fois des lieux  clos (domicile, locaux, véhicules), mais aussi les vols de conversations en extérieur (bar, resto, parc, promenades,…). Et également l’activation à distance des micros et caméras présents sur les téléphones portables ou tout autre objet connecté, même éteint, qui est une vieille technique d’écoute que le Parlement est en train de légaliser en dehors des services de renseignement, cette fois pour les procureurs et les juges d’instruction, dans le cadre de la Loi Justice (en son article 3) en cours de vote.

Que chacun se le tienne donc pour dit en termes de responsabilités : lorsqu’on introduit volontairement un tel objet connecté doté de micro et/ou caméra (téléphone portable, babyphone, ordinateur, GPS de voiture, montre connectée, etc.), même éteint, près d’une conversation où des « paroles sont prononcées à titre privé ou confidentiel » et doivent le rester, on devient soi-même un potentiel mouchard d’Etat…

RTL, 8 juin 2023. Une mesure en cours de vote à destination des procureurs et des juges d’instruction en matière judiciaire, qui est déjà largement pratiquée en amont par les services de renseignement…

Le cas de la « surveillance des extrémismes violents« 

Enfin, on notera que la CNCTR a tenu à ajouter en annexe de son Rapport 2022, deux études de cas pratiques destinées à promouvoir son utilité vis-à-vis de l’insatiable gourmandise des services de renseignement, dont l’une concerne justement le cas « de la surveillance des extrémismes violents ». On vous en livre ici un premier paragraphe, qui a surtout le mérite de mettre en évidence et en creux les critères proposés quotidiennement par les services de renseignement pour justifier une mise en place de techniques de surveillance listées plus haut : « Prise isolément, l’appartenance à une mouvance ou un groupuscule appelant de ses vœux un renversement des institutions, la participation à des manifestations contestataires, l’hostilité affichée envers les valeurs républicaines et l’État français, l’installation de formes communautaires « expérimentales » ne sont pas non plus, en elles-mêmes, suffisantes pour justifier qu’une technique de renseignement soit mise en œuvre sur le fondement de cette finalité. Dans ces différents cas, la CNCTR a estimé qu’en dépit de la radicalité du discours éventuellement prôné par la cible, il existait un trop grand écart entre les capacités d’action de celle-ci et la réalité de la menace d’un renversement des institutions. » (p.80)

Par contre, dans cette même étude de cas sur les « extrémismes violents », la CNCTR ne se prive de vanter sa bienveillance vis-à-vis des services quant à la recevabilité du motif d’ « atteinte portée à la paix publique », qui ne concerne pas que la question des violences physiques ou des intimidations, mais notamment « la prévention d’atteintes à la vie économique du pays, sous forme de sabotage ou d’intrusions violentes dans des implantations industrielles ». Ce qui nous vaut un autre paragraphe plutôt explicite en la matière : « La commission distingue l’inscription de graffiti sur un bâtiment et les dégradations sérieuses dont la gravité montre la détermination de leur auteur et le risque d’une escalade dans la violence… L’atteinte aux biens peut également justifier une surveillance lorsque la personne a participé [selon les services] à des dégradations ayant engendré un préjudice économique, social et financier particulièrement important et compromettant l’exercice normal d’une activité légale (destruction de machines, sabotages d’envergure, etc.). » (p.86)

Les 18 bouffons d’Etat

Pour terminer cette note succincte et certainement inutile sinon à titre de piqûre de rappel, ajoutons que les refus prononcés par la CNCTR sur les demandes d’espionnage des services, se sont montés au chiffre faramineux de… 1% en 2022 (soit 974 sur 89 502), tout en sachant que son avis n’est de toute façon que bêtement consultatif ! Ainsi, lorsqu’une demande émanant de quelque officine du ministère de l’Intérieur est présentée à Matignon (plus précisément au Groupement interministériel de contrôle, GIC), c’est en réalité ce service-là rattaché au Premier ministre qui est chargé de donner son autorisation, mais certes après « entendu » l’avis favorable à 99% rendu par la CNCTR.

Et le plus beau est encore ailleurs, puisque des techniques largement utilisées comme l’interception des données de connexion par IMSI catcher ou l’absorption à distance de données informatiques ne sont quant à elles pas centralisées au sein du GIC/CNCTR (seules le sont les « écoutes » classiques), et directement autogérées sans quota par les serveurs de la DGSI et de la DGSE. Ce qui donne une idée un peu plus réaliste du rôle de bouffons des 18 membres de cette commission-caution du plus froid des monstres froids, et surtout du nombre bien plus vaste d’individus qui bénéficient quotidiennement des attentions préventives de l’Etat en dehors des enquêtes judiciaires.

A bon entendeurs…

Quelques ennemis du meilleur des mondes
25 juin 2023

[Grèce] Giannis Michailidis en liberté conditionnelle

Publié le 2023-06-25 17:45:16

Le 14 juin, le Conseil judiciaire d’Amfissa a décidé le militant anarchiste Giannis Michailidis devait être mis en liberté conditionnelle.



La libération a eu lieu deux jours plus tard. Giannis, après une lutte acharnée au cours de laquelle il a fait une grève de la faim de 33 jours et une grève de la soif de 4 jours, a donc réussi à obtenir ce à quoi il avait droit et qu’il réclamait depuis l’année dernière.

La solidarité allait croissante avec Giannis. Parmi les dernières initiatives nous pouvons mentionner l’incendie d’un véhicule de la chaîne de supermarché AB Vassilopoulos (photo), le ΚΕΠ (le bureau étatique de conseils aux citoyens) et l’ELΤΑ (la Poste) du secteur de Kaisariani (banlieue d’Athènes) avient été attaqués.



À propos de la mutinerie de Wagner, communiqués d’anarchistes russes

Publié le 2023-06-25 17:50:31

Prises de parole de trois organisations anarchistes



Dans la matinée du 24 juin, Vladimir Poutine s’est exprimé sur la rébellion alors encore en cours de la compagnie militaire privée Wagner, déclarant que l’initiative de Yevgeny Prigozhin « poussait le pays vers l’anarchie et le fratricide ».

Voilà un bien mauvais usage des mots. Le fratricide est la règle depuis longtemps sous le règne de Poutine. La torture et l’assassinat de dissidents constituaient déjà un fratricide. L’invasion de l’Ukraine était un fratricide. Le groupe Wagner et l’armée russe ont toutes deux fait du fratricide leur profession. L’anarchie est le contraire du fratricide : c’est la condition qui règne quand les gens ne rivalisent pour se dominer les uns les autres. Le totalitarisme mène toujours à de sanglants conflits pour le pouvoir.

En observant la situation en Russie, on ne peut s’empêcher de penser à la guerre civile qui a éclaté au Soudan entre l’armée et les Forces de soutien rapide plus tôt cette année. Cherchant à réprimer les puissants mouvements sociaux de libération, le gouvernement avait équipé les mercenaires des Forces de soutien rapide, pour finir par les combattre pour le contrôle du pays.

Ce type de violence généralisée est le résultat inévitable du processus de militarisation. Alors que les gouvernements et les corporations comptent de plus en plus sur la force pour réprimer l’agitation sociale, et dirigent de plus en plus de ressources vers la police et la sécurité privée, ils créent les conditions pour d’ignobles guerres civiles, d’échelles toujours plus importantes. Les guerres civiles qui éclatent aujourd’hui au Soudan et en Russie pourraient bien éclater ailleurs si nous ne parvenons pas à infléchir les tendances de notre société à grande échelle.1

Nous avons traduit à la hâte trois déclarations émanant de groupes anarchistes russes. Tous sont clandestins par nécessité. Le premier est basé en Sibérie, le second est l’Organisation de combat anarcho-communiste, que nous avions interviewé l’année dernière, et le troisième est le collectif éditorial Avtonom, sans doute la plus importante plate-forme de publication anarchiste encore en ligne.


Mouvement des anarchistes d’Irkoutsk

Publié en russe ici.

Dans le contexte de mutinerie du groupe Wagner, nous ne pouvons choisir aucun autre camp que le nôtre.

Le constat est le même pour la majorité de la population – ni le régime de Poutine ni ceux qui le concurrencent pour l’autorité n’agiront dans l’intérêt de toutes les personnes en Russie.

Aujourd’hui, nous nous préparons à plusieurs scenarios. En cas de guerre civile, il est possible que des groupes d’autodéfense populaires se forment, dont la tâche principale sera d’organiser la défense des populations, et d’assurer un réseau logistique d’approvisionnement en eau et en denrées essentielles. Personne ne doit rester totalement sans défense contre les groupes mercenaires et l’armée russe, et l’une des principales forces dont nous disposons toustes est notre solidarité et l’aide mutuelle qui en découle.

Dans le même temps, il faut que pensions à ce que nous ferions si l’autorité étatique actuelle s’effondrait dans la ville d’Irkoutsk ou dans la région toute entière.

Nous plaidons pour l’organisation de conseils populaires, d’assemblées, de forums sur tous les enjeux les plus importants de la vie publique comme l’économie, l’approvisionnement, la conservation de la nature, les droits humains, l’autodéfense, l’éducation, et les services municipaux. Dans toutes ces structures, nous aimerions voir exister des comités indépendants de femmes et de personnes autochtones.2

En attendant, nous observons comment la situation évolue. Poutine prend déjà la parole à la télévision, et dit craindre la destruction du système étatique et le début de l’« anarchie » ! En tant qu’anarchistes, nous pouvons affirmer que le dictateur a bien raison d’avoir peur de l’anarchie : après tout, elle implique que son pouvoir et l’idée d’un « monde russe » cesseront d’exister, et qu’à la place, la société commencera à fonctionner selon les principes de l’autogestion, de la décentralisation et du fédéralisme.

Nous voyons bien que l’anarchie est encore loin dans ce pays. Mais nous ne sommes pas pour autant impuissant⋅es dans la situation actuelle, nous pouvons nous préparer à toute éventualité et observer avec attention si un moment favorable advient pour toutes celles et ceux qui, fatigué⋅es du régime de Poutine, aspirent à la liberté. Nous aimerions que toutes celles et ceux qui se retrouvent dans nos paroles pensent à ce qu’iels feraient dans un tel cas de figure, et s’organisent avec d’autres personnes dignes de confiance.

C’est la moindre et pourtant le plus élémentaire des choses que nous pouvons faire actuellement.


Organisation de combat anarcho-communiste

Publié en russe ici.

Nous sommes entré⋅es dans une nouvelle phase de point de bascule dans l’histoire. Il est clair depuis longtemps que ceux au sommet de la structure du pouvoir finiraient par s’entredévorer ; ce n’était qu’une question de temps.

Aujourd’hui, la principale tâche des mouvements anarchistes et de libération, en Russie et ailleurs, est de consolider les forces disponibles, de réunir ce qui est nécessaire, d’analyser la situation, de rétablir les canaux de communications qui se sont effondrés, et de se tenir prêts à agir.

Nous ne nous leurrons pas : l’avènement de ce moment pourrait prendre un certain temps. Entre la révolution de février (au cours de laquelle les généraux ont contribué à destituer le tsar) et la révolution d’octobre, neuf mois ont passé. Entre la rébellion de Kornilov et octobre, deux mois.

Mais une chose est claire. D’abord, le moment de la confrontation armée directe est plus proche que jamais. Ensuite, ni le régime de Poutine ni Prigozhinsky ne sont nos amis. Dans ce combat entre deux cannibales, les anarchistes ne doivent pas s’impliquer – laissons les se saigner l’un l’autre autant que possible. Ainsi, ils ne pourront plus importuner personne à l’avenir.

Mais cette période d’attente du moment opportun doit être mise à profit. En tout temps, à chaque instant nous devons nous préparer et améliorer notre capacité d’action, analyser la situation en continu, être prêt⋅es à agir, à tout laisser derrière nous, même si nous ne sommes pas suffisamment prêt⋅es. Car il vaut mieux commencer trop tôt, se précipiter, que laisser passer le moment où nous pourrions faire basculer l’histoire dans la bonne direction.

Nous aimerions aussi dire un mot sur les appels à attaquer les bureaux d’enregistrement et d’enrôlement des militaires et d’autres bâtiments gouvernementaux en ce moment même.

Nous nous opposons fermement à cet appel. À l’heure qu’il est, l’ennemi se prépare à repousser une attaque – non pas de partisans, mais de mutins armés. Attaquer de tels objectifs en ce moment revient à gaspiller nos ressources, et presque à attaquer à mains nues les forteresses de l’ennemi.

La guérilla doit frapper là où l’empire est vulnérable, pas là où il est le plus protégé. Frapper là où l’ennemi ne l’attend pas. En ce moment même, il est possible d’attaquer des objectifs loin des villes. L’ennemi a regroupé ses forces pour se défendre ? Cela signifie qu’il a exposé ses frontières distantes et les voies d’accès. Attaquons les pipelines de gaz et de pétrole, attaquons les voies ferrées qui mènent aux installations militaires (mais loin de celles-ci), attaquons les lignes électriques et les conduites d’eau qui alimentent les bases policières et militaires. Mais pas les bâtiments en eux-mêmes, où l’ennemi attend.

Ou, si le risque est trop grand – consacrons ce temps à nous préparer à une insurrection armée.

Un⋅e partisan⋅e vivant⋅e et prêt⋅e au combat, en capacité de participer à de futures confrontations, est aujourd’hui cent fois plus important⋅e qu’un⋅e partisan⋅e qui a lancé un explosif improvisé sur un flic et s’est fait abattre par son collègue.

Et n’oublions pas le régime d’Opération anti-terroriste.3 Même si vous ne décidez pas d’attaquer un flic, mais une ligne électrique 5 kilomètres plus loin, les risques d’être pris en flagrant délit augmentent significativement sous le régime d’Opération antiterroriste. Évaluez la situation avec soin et ne prenez pas de risques inutiles.


Avtonom / Action Autonome

Publié en russe ici.

Aujourd’hui, au moment où nous publions ce communiqué, nous ne pouvons pas encore prédire avec certitude le développement des événements entourant la « rébellion Wagner » dans une perspective à long terme. Mais nous pouvons certainement anticiper deux tendances apparemment opposées : premièrement, une répression accrue à l’encontre des citoyens ordinaires, et pas seulement de la part des forces de sécurité, et dans un second temps une augmentation du chaos, quand les forces opposées laisseront les gens face aux problèmes qu’elles auront créés.

Bien sûr, Prigozhin ne vaut pas mieux que Poutine : en ce moment, des fascistes s’affrontent les uns les autres. Tout pouvoir autoritaire finit fatalement par donner naissance à des conflits sanglants.

Dans une telle situation, la volonté d’auto-organisation, de création et de renforcement des liens sociaux de base, et l’assistance mutuelle se répandront. Les gens vont créer de nouvelles initiatives, de nouveaux mouvements. La tâche des anarchistes est de faire tous les efforts possibles pour aider à créer et à participer aux structures populaires, en créant de nouvelles associations et en renforçant les interactions entre celles qui existent déjà.

Nous avions déjà écrit qu’il n’y a pas de « notre camp » dans l’affrontement entre les « wagnériens » et les structures d’État « officielles ». Dans la querelle en cours, chacun ne poursuit que ses propres intérêts et ne se défend que lui même. Il vaut mieux pour toustes les autres ne pas se risquer dans leurs combats et, si possible, rester à l’écart des points de friction.

Mais si nous voulons créer une alternative à ces monstres, nous devons apprendre à nous unir pour résoudre nos problèmes, soutenir la lutte pour mettre fin à la guerre et à la répression, nous défendre contre leur violence, et défendre nos intérêts et nos droits. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons participer à la construction d’une nouvelle société pour remplacer le régime en faillite et les bandes de voyous qu’il a fait naître.

Nous soutenons nos camarades d’Irkoutsk qui ont écrit :

Poutine prend déjà la parole à la télévision, et dit craindre la destruction du système étatique et le début de l’« anarchie » ! En tant qu’anarchistes, nous pouvons affirmer que le dictateur a bien raison d’avoir peur de l’anarchie : après tout, cela implique que son pouvoir et l’idée d’un « monde russe » cesseront d’exister, et qu’à la place, la société commencera à fonctionner selon les principes de l’autogestion, de la décentralisation et du fédéralisme.

Là où la répression et le contrôle de l’État sur la société s’affaibliront, les anarchistes devront utiliser les opportunités qui s’offrent à elles et eux pour répandre leurs idées en paroles et en actes. En ce moment même, les nouvelles d’émeutes dans les prisons coloniales et les centres de détention provisoires nous parviennent. Nous devons faire pression pour la libération des prisonniers politiques et des autres victimes du pouvoir arbitraire.

Quelque soit l’issue de la rébellion actuelle, une nouvelle vie doit naître d’en dessous, depuis les revendications de larges secteurs de la société. Pour que cela soit possible, nous avons toustes besoin de structures d’autogestion et d’auto-organisation. Unissons-nous.

  1. Rétrospectivement, les événements du 6 janvier 2021 à Washington, DC peuvent nous donner un léger avant-goût de ce à quoi pourrait ressembler un conflit opposant des policiers et militaires d’extrême-droite au gouvernement étasunien. 

  2. La région connue sous le nom d’Irkoutsk est située dans le sud-est de la Sibérie et est habitée par plusieurs peuples autochtones ; l’histoire de la colonisation de la Sibérie coïncide à peu près avec la chronologie et les événements de la colonisation de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler les États-Unis. 

  3. À Moscou, dans la région de Moscou et dans la région de Voronej, le gouvernement a mis en place un régime d’Opération antiterroriste le 24 juin, en réponse à la mutinerie de Yevgeny Prigozhin et du groupe Wagner. 

Voir en ligne : Crimethinc



  1. Rétrospectivement, les événements du 6 janvier 2021 à Washington, DC peuvent nous donner un léger avant-goût de ce à quoi pourrait ressembler un conflit opposant des policiers et militaires d’extrême-droite au gouvernement étasunien. 

  2. La région connue sous le nom d’Irkoutsk est située dans le sud-est de la Sibérie et est habitée par plusieurs peuples autochtones ; l’histoire de la colonisation de la Sibérie coïncide à peu près avec la chronologie et les événements de la colonisation de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler les États-Unis. 

  3. À Moscou, dans la région de Moscou et dans la région de Voronej, le gouvernement a mis en place un régime d’Opération antiterroriste le 24 juin, en réponse à la mutinerie de Yevgeny Prigozhin et du groupe Wagner.